Nos ancêtres les Gaulois: Attention, une ignorance peut en cacher une autre ! (Our ancestors the Gauls: With the growing challenges of globalization, mass immigration and terrorism, France rediscovers its own version of the Mayflower story)

22 septembre, 2016
francais_gaulois des-supporters-finisteriens-au-bresil
supporter-equipe-de-france-18333789-1-fre-frFrench fans sporting gauls' helmets sing prior to the men's semifinal handball match France vs Germany for the Rio 2016 Olympics Games at the Future Arena in Rio on August 19, 2016. / AFP / afp / JAVIER SORIANO (Photo credit should read JAVIER SORIANO/AFP/Getty Images)France supporters watch on giant screen the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Marseille Fan Zone, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / BORIS HORVATBORIS HORVAT/AFP/Getty Images ORIG FILE ID: 553893376Et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Jésus (Matthieu 3: 9)
BluewhiteredNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
I was riding on the Mayflower when I thought I spied some land … Robert Zimmerman (alias Bob Dylan)
Et puis, je crois que ce n’est pas le seul cas d’invention d’un peuple. Je pense par exemple qu’à la fin du XIXe siècle, on a inventé le peuple français. Le peuple français n’existe pas en tant que tel depuis plus de 500 ans, comme on a alors essayé de le faire croire. Shlomo Sand
Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois. Ernest Lavisse (cours élémentaire, 1, 1884)
le président du Front national, candidat pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen, salue des militants, le 01 mai 2002 place de l'Opéra à Paris, lors de son discours à l'occasion du défilé du FN. AFP PHOTO MAXIMILIEN LAMYIl y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c’est un malheur que nos légendes s’oublient, que nous n’ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie. Ernest Lavisse (Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887)
SarkoBlackBlancbeurtunisie-publicZwastiskaRepubliqueparis-is-burningPar un épais brouillard de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. Augustine Fouillée  (alias G. Bruno, Le Tour de France par deux enfants, 1877)
Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la Préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs. Charles De Gaulle (1959)
Nous sommes français: « Nos ancêtres les Gaulois ».  Un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais et …je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes. Voici une phrase imprudente, c’est celle qui sera épinglée … François Mitterrand (1987)
Nos ancêtres les Gaulois, cheveux blonds et têtes de bois, longues moustaches et gros dadas (…) Nos ancêtres les Gaulois eurent le tort d’être grand papas et c’est pour ça qu’on est là … Boris Vian-Henri Salvador (Faut rigoler)
Vous savez la France, historiquement, a une origine plurielle. Nous revendiquons en permanence nos origines judeo-chrétiennes, latines, le fait que nous descendons des gaulois, ce qui n’a rien à voir. Et nous avons un pays, dont le nom, la France, est emprunté à d’autres tribus, les Francs. Ce qui était très différent. Il y a donc un ensemble partagé qui fait que la France était peut être le pays qui a le mieux ressenti, compris, la nécessité de l’intégration. Jacques Chirac (14 juillet 1998)
»,Oui, il y a parmi nos ancêtres des Gaulois. Il y a aussi des Romains, des Normands, des Celtes, des Burgondes, (…) des Niçois, des Corses, des Franc-Comtois, la Guadeloupe, la Martinique, des Arabes, des Italiens, des Espagnols… C’est ça la France. La ministre de l’Éducation que je suis connaît parfaitement les premières phrases de ce livre, Tour de France par deux enfants, d’Ernest Lavisse, sous la IIIe République : Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et les habitants les Gaulois. Depuis la IIIe République, on sait que ça n’est pas un roman que l’on doit raconter aux enfants, c’est l’histoire véridique telle qu’elle est. Faut-il faire un cours d’histoire à monsieur Sarkozy qui visiblement en a besoin ? Najat Vallaud-Belkacem (ministre français de l’Education nationale)
Quand j’étais écolier, nos maîtres nous parlaient de nos ancêtres les Gaulois. Ni les maîtres, ni les élèves n’étaient dupes. Chacun savait bien qu’à Arles, à Nîmes, à Narbonne ou à Perpignan il n’y avait pas eu beaucoup d’ancêtres gaulois. A Oran, à Tunis ou à Dakar encore moins. Mais c’était un acte de foi. Nicolas Sarkozy
 (Nimes, 9 mai 2006)
Je veux rendre hommage à Achille Peretti, grand résistant, qui me confia mon premier mandat de conseiller municipal. Comme je veux dire mon amitié à Edouard Balladur qui m’a fait confiance en me donnant mes premières responsabilités ministérielles alors que j’étais si jeune encore. Je veux dire mon respect à Jacques CHIRAC qui en 1975 à Nice m’a offert mon premier discours. Ils m’ont enseigné, à moi petit Français au sang mêlé, l’amour de la France et la fierté d’être français. (…) A Tibhirine, j’ai compris ce qu’est la force invincible de l’amour et le sens véritable du mot  » tolérance « . A Tibhirine, le frère Christian m’a enseigné, par-delà la mort, que ce que les grandes religions peuvent engendrer de meilleur est plus grand ce qu’elles peuvent engendrer de pire, que les extrémismes et les intégrismes ne doivent jamais être confondus avec le sentiment religieux qui porte une part de l’espérance humaine. Opposer ce sentiment religieux à la morale laïque serait absurde. Nous sommes les héritiers de deux mille ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé. La laïcité à laquelle je crois, ce n’est pas le combat contre la religion. C’est le respect de toutes les religions. (…) La France (…) elle a 56 ans, le visage noir d’un petit-fils d’esclave devenu gouverneur du Tchad et premier résistant de la France d’Outre-Mer. Elle s’appelle Félix Eboué. (…) Ma France, c’est celle de tous les Français sans exception. C’est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des croisades et de Valmy. Celle de Pascal et de Voltaire. Celles des cathédrales et de l’Encyclopédie. Celle d’Henri IV et de l’Edit de Nantes. Celle des droits de l’homme et de la liberté de conscience. (…) Ma France, c’est une nation ouverte, accueillante, c’est la patrie des droits de l’homme. C’est elle qui m’a fait ce que je suis. J’aime passionnément le pays qui m’a vu naître. Je n’accepte pas de le voir dénigrer. Je n’accepte pas qu’on veuille habiter en France sans respecter et sans aimer la France. Je n’accepte pas qu’on veuille s’installer en France sans se donner la peine de parler et d’écrire le Français. Je respecte toutes les cultures à travers le monde. Mais qu’il soit entendu que si on vit en France alors on respecte les valeurs et les lois de la République. La soumission de la femme c’est le contraire de la République, ceux qui veulent soumettre leurs femmes n’ont rien à faire en France. La polygamie c’est le contraire de la République. Les polygames n’ont rien à faire en France. L’excision c’est une atteinte à la dignité de la femme, c’est le contraire de la République, ceux qui veulent la pratiquer sur leurs enfants ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. Ma France, c’est une nation qui revendique son identité, qui assume son histoire. On ne construit rien sur la haine des autres, mais on ne construit pas davantage sur la haine de soi. On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères. (…) Au peuple de notre ancien empire nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité. A tous ceux qui veulent devenir Français nous offrons non de nous repentir mais de partager la liberté, l’égalité et la fierté d’être Français. Gardons-nous de juger trop sévèrement le passé avec les yeux du présent. (…) Comment penser que l’on pourra un jour faire aimer ce que l’on aura appris à détester ? Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. Je refuse le communautarisme qui réduit l’homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c’est la loi de la force brutale et systématique. (…)  Il ne s’agit pour personne d’oublier sa propre histoire. Les enfants des républicains espagnols parqués dans des camps de réfugiés, les enfants des Juifs persécutés par la Milice, les descendants des camisards des Cévennes, les fils des harkis n’ont rien oublié de leur histoire. Mais ils ont pris, comme moi, fils d’immigré, la culture, la langue et l’histoire de la France en partage, pour pouvoir mieux vivre une destinée commune. (…) La République de Jules Ferry n’était pas celle de Danton. Celle du Général De Gaulle n’était pas celle de Jules Ferry. Mais c’était toujours le même idéal poursuivi par des moyens différents. La République n’est pas une religion. La République n’est pas un dogme. La République est un projet toujours inachevé. Nicolas Sarkozy
Nous devons relancer une vaste politique d’assimilation des populations récemment issues de l’immigration et cette politique passe par l’Ecole de la République.Entendons-nous, il ne peut pas être question de faire réciter à tous les enfants de France, « nos ancêtres les gaulois », selon l’expression chère à Ernest Lavisse, mais il n’est plus acceptable de laisser effacer l’histoire de la Gaule au profit de l’Histoire des premiers empires éloignés du continent européen car cette histoire, aussi intéressante qu’elle soit, n’est pas l’Histoire de la France. Nicolas Sarkozy (colloque France fière, mai 2016)
La France, c’est un miracle, auquel chacun d’entre nous a décidé de croire. Un miracle millénaire, qui aurait pu dix fois, cent fois, être brisé par l’histoire. Un miracle qui a fait de la beauté un cadre de vie et de la liberté une raison de vivre. C’est quoi l’identité de la France?Ce sont d’abord ses paysages, une langue le français, ciment culturel de notre nation. C’est une histoire épique, glorieuse, tragique, dont le récit a construit la nation, c’est l’accumulation d’un héritage qui va du Mont-Saint Michel à la Sainte Chapelle. Nous ne sommes pas une page blanche. (…) Il n’est pas nécessaire d’avoir son nom sur un monument aux morts pour vibrer au récit de l’identité nationale. Il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour aimer Bossuet, Péguy, Bernanos, et Mauriac. Il n’est pas nécessaire d’être gaulliste pour aimer Malraux, ni communiste pour aimer Aragon, c’est ça l’identité nationale. Aucun idéologue ne peut comprendre ça. (…) Tout est à reconstruire. Cette fierté d’habiter la France doit retrouver le chemin de l’école. Les manuels scolaires ne sont pas là pour dénigrer la France. Mais pour la faire connaître et aimer. Dans quel pays pourrait-on accepter que l’école enseigne autre chose que la fierté? Refuser cette civilisation, c’est s’exclure de la communauté nationale. La France, ce n’est pas un self-service. L’assimilation n’est pas une possibilité, c’est une condition à tout séjour de longue durée et à toute naturalisation. Nicolas Sarkozy (colloque France fière, mai 2016)
Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons leur aimer les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroy de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes. Nicolas Sarkozy
Pendant des décennies, l’intégration, c’était le devoir pour le nouvel arrivant sur notre territoire de se fondre dans la communauté nationale, d’adopter notre langue, notre culture, nos mœurs. Le minoritaire s’intégrait dans la majorité et devenait à son tour le légataire de la mémoire et de l’histoire collectives. Nous n’étions pas tous les héritiers directs de Clovis, mais tous nous nous reconnaissions dans cet ancêtre commun parce que tous, nous étions Français. Nicolas Sarkozy
Si on veut devenir français, bienvenue ! Mais dans ce cas, on aime la France, on parle français, on épouse l’histoire de la France, on vit comme un Français et on n’essaie pas de changer le mode de vie qui est le nôtre depuis tant d’années. Si l’on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. (…) Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation. Nicolas Sarkozy
La fraternité, c’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam. (…) On n’en a jamais fait un projet politique. Elle devrait en être la première valeur. Abdennour Bidar
Pour la première fois, en novembre, on va fêter la fraternité. Un mot symbole de la République et qu’on connaît tous. Mais une valeur dont on a besoin de rappeler qu’elle est essentielle. C’est un mot qui, au même titre que la liberté et l’égalité, est inscrit en lettres capitales sur les frontons des mairies et des écoles. Partie intégrante de notre devise nationale, la fraternité est un principe républicain qu’un mouvement apolitique baptisé Fraternité générale ! entend promouvoir et surtout « incarner  ». Mise à mal ces derniers mois par les attentats, la fraternité va, en effet, s’inviter chaleureusement en novembre prochain dans nombre d’événements culturels et citoyens ouverts à tous lors d’une opération nationale dévoilée ce matin et dont « le Parisien » – « Aujourd’hui en France » est partenaire. L’initiative, présidée par le philosophe Abdennour Bidar, compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin ou l’astrophysicien Hubert Reeves. L’objectif, c’est de « mettre en acte  » une notion parfois abstraite aux yeux du grand public. Unissez vous pour la célébrer Du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels, sportifs et citoyens pour lutter contre les peurs et encourager la tolérance. Cafés et restaurants offriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs, des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télé, des cinémas et des stades diffuseront, dès le 15 octobre, une série de vidéoclips « Fraternité ». Cet événement national appartient à tout le monde. Sur un site Internet dédié (www.fraternite-generale.fr), particuliers, mairies, écoles… sont invités à annoncer dès maintenant leurs actions et à illustrer l’opération au travers d’ « une image pour la fraternité ». Le Parisien
Désormais, il ne saurait y avoir de fraternité pour les ennemis de la fête. La Fraternité Générale passe par l’expression culturelle. Elle n’est pas une devise morale mais une injonction artistique. Fraterniser, c’est adhérer à la festivalisation du pays, changé pour une semaine en une gigantesque Fête de l’Huma, Fête de la Musique ou Nuit Debout. (…) Pas une seule fois la patrie n’est citée par les promoteurs du mouvement. La fraternité selon Bidar peut très bien s’en passer car elle n’est pas nationale mais universelle. Sa fraternité à lui n’est pas celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais celle de la religion des droits de l’homme. Cette solidarité souriante et antiraciste revendiquée par le milieu culturel semble relever de la pensée magique. Assister à un concert tribal ou à un slam urbain produirait mécaniquement un sentiment fraternel. Pourtant, la fraternité républicaine est autrement plus farouche et plus exigeante. Si la fratrie familiale est une évidence de naissance, la fratrie nationale se construit. On ne nait pas frère de nation, on le devient. Et souvent par la violence – celle des guerres révolutionnaires ou celle de l’assimilation, qui est toujours un renoncement contraignant à l’identité première dans le but de se fondre dans l’identité nationale, qui seule est capable de produire une fraternité publique pérenne. Fustigeant le « repli identitaire », Abdennadour Bidar exalte au contraire la différence et l’ouverture. Elles sont pourtant les deux plus grandes ennemies de l’idéal fraternel de la Nation qui a toujours cherché à définir ses contours identitaires et territoriaux, ayant compris depuis toujours que les différences sont fratricides. Ainsi, au lieu de chercher le dénominateur commun que seule la patrie peut incarner, le mouvement cultive les particularismes, qui sont toujours source de conflit. Rechercher la concorde grâce à nos seules différences est une gageure. Au fond, pour Abdennour Bidar, nous devrions être frères par le simple fait de n’avoir rien en commun. Fraternité générale ressemble davantage à un réflexe antiraciste qu’une réflexion civique sérieuse. Alors que la grande interrogation nationale consiste à savoir si l’Oumma est oui ou non plus forte que la communauté nationale aux yeux des musulmans, une poignée d’intellectuels nous divertissent avec un projet du niveau d’une campagne publicitaire Benetton. Thomas Clavel
Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience. (…) Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. (…) Avant d’être une posture politique, le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste. Patrick Buisson
Ce concept de “droitisation” est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la “droitisation” consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se “droitise” en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du “transfrontiérisme” n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices. Patrick Buisson
Si on avait fait une autre campagne, si on avait adopté une autre stratégie, Sarkozy était à 22 %, Marine Le Pen à 23 %, et c’était un 21 avril à l’envers ! Il n’y a pas besoin d’être un expert en politologie pour comprendre cela. Comment voulez-vous que des électeurs qui hésitent entre Le Pen et Sarkozy le choisissent, lui, s’il ne fait pas campagne au peuple ? On a eu la bonne stratégie. On a bien senti ce qui se passait dans le pays. (…) Ce sont les couillons qui ont parlé de nommer Bayrou Premier ministre. Vous savez bien : Juppé, Raffarin et Pécresse…(…) Le président a perdu du terrain quand il s’est mis à parler d’ouverture. Tout ça nous a fait perdre 2 points. (..)  On ne peut pas se faire élire sur un programme de droite décomplexée et prétendre gouverner avec des socialistes. Patrick Buisson (09.05.12)
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
Aujourd’hui, dès que l’on ose parler de récit national cela provoque des polémiques sans fin. En effet je pense avec Nicolas Sarkozy qu’un récit national se proposant d’apprendre à tous à aimer la France, en faisant découvrir la permanence de nos héritages doublement millénaire est possible. Et cet enseignement est indispensable à l’intelligence du temps présent et au fameux «vivre ensemble». Le récit national est une part importante et même décisive de la conscience civique. Un récit se doit d’être objectif et de restituer l’Histoire, avec ses lumières, mais aussi avec ses ombres. Malheureusement, face à nous les tenants d’une Histoire de France en perpétuelle mutation tiennent le haut de pavé que ce soit à l’université (très marquée à gauche) ou bien dans l’entourage du président Hollande. (…) La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle. À ce terme aujourd’hui dévalorisé, on préfère celui d’intégration qui vise à absorber chaque individu dans la société d’accueil par le brassage de l’école, de l’emploi, du mariage. Comme le sous-entend si bien Nicolas Sarkozy le système d’intégration «à la française» a été une grande réussite pendant 200 ans. C’est avant tout notre culture française qui est la base de notre vivre ensemble et cette culture est fondée sur la connaissance de l’Histoire du pays qui vous accueille, celui où vous vivez et travaillez et dont vous possédez la nationalité quelle que soit votre origine géographique. La bonne connaissance de l’Histoire est donc une garantie d’intégration car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société française. On peut donc véritablement parler d’un creuset français qui a réussi à amalgamer en une création originale les migrations successives avec les populations les plus anciennes. (…) Là ou Sarkozy a raison c’est qu’il faut effectivement créer un grand récit national, fédérateur et équilibré, qui rassemble toutes les composantes de notre nouvelle société et lui redonne confiance. Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part pour pouvoir avoir de nouveau confiance en l’avenir et ressouder au sein d’une communauté de destin. Si l’on veut marcher vers le futur il faut toujours retourner à ses racines… Donnons aux nouveaux venus l’amour et la passion de notre histoire et nous leur ferons aimer la France au lieu de la détester, nous réglerons ainsi bien des problèmes. (…) Ce phénomène date d’une trentaine d’années depuis que la montée du communautarisme et du fondamentalisme ronge de l’intérieur la nation française. Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale. L’intelligentsia française très orientée à gauche à l’échiquier politique a imposé obstinément, une idéologie dominante: le paradigme de la repentance coloniale et de la pensée unique. On le voit à cette hargne qu’ont nos élites à déconstruire notre passé pour faire croire à nos enfants que les Français ont tous été d’horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle… On joue la carte de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. À l’effacement de notre culture classique, du grec et du latin, vient s’ajouter le saccage des derniers pans d’histoire de France à tenir encore debout après les réformes scolaires catastrophiques du dernier quinquennat. (…) Ce que l’on critique aujourd’hui comme étant un enseignement colonialiste qui voulait faire oublier aux peuples colonisés leur passé en cherchant à les assimiler de force n’a tout bonnement pas existé. Cette repentance qualifiant de «génocide culturel» l’œuvre éducative des colonies fait l’impasse sur les dernières recherches historiques qui montrent les efforts d’adaptation systématique réalisés par les instituteurs colons, appelés officiellement à valoriser l’héritage autochtone. Rappelons les travaux poursuivis par l’École française d’Extrême-Orient et par l’École des hautes études berbères de Rabat qui réapprirent leur propre histoire aux Annamites et aux Marocains. L’objectif des dirigeants français de la IIIe République tel qu’Albert Sarraut était de «changer l’homme» par l’éducation, de le faire accéder à une partie du savoir et de l’univers européen… Dimitri Casali
La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges. De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis. De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes. La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire. La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays. Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie. L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture. Car ce grand récit est profondément républicain Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème. L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César. De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça. Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes. Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques. Yves Roucaute
Il est très frappant de constater que cette question de l’apprentissage du grand récit ne posait aucun problème aux gens qui arrivaient en France avant les années 1960. Sous l’influence du tournant des années 1960-1970, au nom du respect de la différence, c’est devenu soudainement un problème. Et, dans les années 80, les « demi-habiles » se sont emparés du pays avec le politiquement correct. Nous avons alors vu des gens qui ont commencé à dire qu’il fallait accepter les différences de ces gens-là, qu’on ne pouvait pas imposer un modèle unique aux immigrés et qu’il fallait respecter au même titre toutes les civilisations. Je note en passant qu’aucun autre pays d’où venaient ces migrants ne tient ce discours-là ! Dans ces pays, on part du principe qu’il y a des histoires propres, et on demande à ces gens d’apprendre et d’assimiler l’histoire de ces pays pour devenir des citoyens. En France, nous avons eu ce courant déstabilisant depuis les années 1970, où l’on a demandé aux Français un effort pour accepter des cultures qui n’étaient pas assimilables. Qu’un Algérien musulman ne mange pas de porc ou qu’un Hindouiste ne mange pas de viande ne pose aucun problème aux Français. Ce qui pose problème aux Français, c’est qu’on veuille imposer son mode de vie sur le leur et que l’on viole les valeurs sur lesquelles est fondée leur civilisation, telle que l’égale dignité des hommes et des femmes. Les Français considèrent qu’on doit globalement vivre en français. Ils ne veulent pas qu’on leur impose des modes de vie qui ne sont pas les leurs. Et ils comprennent parfaitement que la femme qui porte un burkini, qui met un niqab, est dans une position cde provocation et d‘agression de la France. Aujourd’hui, nous confondons un peu tout. Il faut donc hiérarchiser. Il y a des choses fondamentales où l’on ne peut pas négocier : l’égalité homme-femme, le respect de la dignité humaine, les droits individuels, le mode d’organisation sociale, etc. Le problème du multiculturalisme, c’est qu’il ne différencie rien. il mélange tout, les différences acceptables de celles qui ne le sont pas et le fait qu’il existe un mode de vie français, avec ses obligations et ses sanctions. Nous avons eu ce phénomène pendant 40 ans, surtout à gauche, mais la droite, par peur de la gauche et d’être traitée de raciste ou d’islamophobe, a suivi un peu le mouvement – et on le voit aujourd’hui encore. Il est temps qu’on apprenne à un certain nombre de gens vivant en France qu’il y a des règles à respecter en France. Et, ceux qui n’aiment pas la France doivent soit partir, si c’est possible, soit se plier à nos règles, par la force si possible. Nous manquons d’un Clémenceau. Yves Roucaute
Comme souvent, le buzz masque la teneur exacte du propos, qui est pourtant dans le cas présent assez limpide. Nicolas Sarkozy fait référence à un cliché du « roman national » – lequel a pour vertu de « parler » à tout le monde – afin d’afficher un parti-pris en faveur de l’assimilation. Il s’inscrit dans un débat en effet nécessaire, qui n’est toutefois pas le débat « récit historique ou valeurs communes » mais celui qui oppose multiculturalisme et assimilationnisme. Si on veut donner sens aux termes du débat en circulation, il faut considérer que l’assimilation et le multiculturalisme sont les deux modèles d’intégration entre lesquels il faut nécessairement choisir. Ensuite, se pose évidemment la question des modalités et, dans le cas de l’assimilation, de la conception de l’identité nationale qui fonde le projet d’assimilation. On peut vouloir l’assimilation à une conception ethnique de la nation ou l’assimilation à une conception républicaine, qui associe identité nationale et principes universels. Je suis d’ordinaire plutôt « Sarkophobe », mais je dois avouer que je suis consterné par la malveillance et la bêtise des réactions que suscite un propos dont le seul tort est d’être impeccablement républicain. Nicolas Sarkozy est peut-être inculte, mais tout de même pas au point de penser qu’un néo-Français issue de l’immigration subsaharienne descend en ligne directe des Gaulois ! Son propos est parfaitement républicain et antiraciste puisqu’il signifie qu’être Français n’est pas une question de race, d’ethnie, de racines, de souche ou que sais-je, mais exclusivement une affaire d’engagement personnel par lequel on s’inscrit volontairement dans un nouveau destin collectif. Paradoxalement (mais le paradoxe n’est qu’apparent), ce sont les réactions critiques qui véhiculent une conception raciste ou ethnique de l’identité, en évoquant notamment la notion de « racines » ou en interprétant la formule toute faite « nos ancêtres les Gaulois » dans le sens d’une lignée génétique ou culturelle. Ces réactions témoignent d’une adhésion plus ou moins confuse à un modèle multiculturaliste qui conçoit la France comme une identité informe ou métissée composée de multiples souches, races ou ethnies. Il est intéressant d’observer, à travers les réactions provoquées par un propos pourtant clair et net, à quel point les esprits sont embrouillés sur cette question de l’identité. Que l’histoire de France (comment qu’on la conçoive) soit l’histoire de tous les Français, ou le devienne s’il s’agit de nouveaux arrivants, quoi de plus incontestable ! Bien entendu, les immigrés arrivent avec dans leur bagage une histoire, une culture, des traditions. On est cependant en droit de considérer que la volonté de vivre en France et de devenir Français vaut adhésion à l’identité collective de la France. Ou alors, mais il faut l’assumer clairement, c’est qu’on considère la France comme un territoire neutre, sans identité, une nation sans histoire ni destin, exclusivement destinée à accueillir une multiplicité de traditions, d’identités ethniques et de modes de vie venus d’ailleurs. Eric Deschavanne
Comme beaucoup de Français je pense, la question de l’intégration ne me paraît pas insoluble pour peu qu’on fasse preuve d’un peu de bon sens. En effet, l’intégration n’est possible que par un effort conjoint de la population qui intègre et de celle qui s’intègre. Le débat porte aujourd’hui principalement sur l’islam. Il est évident que si l’on s’arqueboute sur une conception ethnique de la nation en considérant l’islam comme une religion par essence incompatible avec les valeurs de la République ou définitivement étrangère, l’intégration des musulmans devient impensable et impossible. Il est également évident que les musulmans qui choisissent une interprétation de l’islam et un mode de vie en rupture avec les valeurs et les moeurs françaises peuvent difficilement espérer s’intégrer sans heurts. Être équitable consiste à mes yeux à refuser aussi bien la xénophobie des identitaires que la xénophilie débile de ceux qui vous expliquent que le burkini est un vêtement comme un autre. L’argument multiculturaliste le plus dangereux, fort bien exploité par les islamistes, est celui qui consiste, en récusant la problématique de l’intégration, à affirmer que c’est la carte d’identité qui fait le Français, de sorte que si on peut montrer que les salafistes sont des Français de troisième génération (parfois, on le sait, ce sont même des convertis), cela implique de considérer désormais le salafisme comme une tradition française ou une partie de la culture française. C’est là qu’on mesure l’importance et l’intérêt de défendre l’idée qu’il existe une identité culturelle de la France. Ce qui n’a rien à voir avec le racisme, lequel consiste à estimer que seuls les Français de souche sont aptes à assimiler cette identité. Eric Deschavanne
Le mythe des Gaulois est en effet inventé par « la gauche », si on veut, ou, plus exactement, il est d’origine révolutionnaire : les aristocrates descendant des Francs, il fallait que le peuple eût une autre origine, ancrée dans un passé plus ancien, et donc une légitimité historique plus grande. La question n’est cependant pas là. On se trompe si on imagine que l’on réussira l’intégration en réactivant le roman national du 19e siècle ou en ressuscitant le service militaire. Ces billevesées polluent de débat. On peut être assimilationniste sans être bêtement réactionnaire. L’histoire de France doit être enseignée à tous, sous la forme d’un récit, certes, mais pas d’un « roman » – ni roman national, ni roman anti-national du reste. On peut et on doit faire – comme le suggère Mara Goyet dans la lignée des « Lieux de mémoire » de Pierre Nora – la pédagogie du « roman national » (lequel fait partie de l’histoire de France), afin par exemple de comprendre la place des « Gaulois » dans l’imaginaire national. Mais l’enseignement doit absolument faire prévaloir la vérité historique sur les considérations morales, idéologiques et politiques. Najat Vallaud-Belkacem, qui vient dire aujourd’hui à la télévision que l’histoire doit être véridique, avait au début du quinquennat co-signé avec Vincent Peillon un appel à rectifier les manuels d’histoire pour y faire figurer davantage de femmes – non pas par souci de vérité historique, mais pour faire progresser la cause de l’égalité hommes/femmes, pour donner aux petites filles davantage de supports d’identification. L’enseignement de l’histoire n’a pas à être progressiste ou réactionnaire, il doit se garder d’être édifiant, de prétendre cultiver l’amour de la patrie ou celui de l’égalité. Le culte de la science et de son idéal de vérité est un des marqueurs de l’identité française, héritage des Lumières, de Condorcet et du positivisme. Il faut y tenir car la vérité, par définition universelle, est une valeur commune, un Bien commun qui rassemble les hommes, tandis que l’idéologie divise. Où l’on voit que l’identité française est inséparable du culte de l’universel. Le gouvernement algérien vient de faire retirer des écoles un manuel de géographie au motif qu’il contenait non pas une erreur factuelle, mais au contraire un fait indéniable, une carte où figurait l’État d’Israël. Une telle conception idéologique du savoir scolaire s’inscrit dans un roman national, mais elle est en rupture avec l’idée d’humanité. Un tel modèle ne peut être ni multiculturaliste ni assimilationniste : il rend purement et simplement l’intégration de l’étranger impossible. L’assimilation, il ne faut pas l’oublier, est l’assimilation de l’autre, ce qui suppose l’ouverture et la reconnaissance du commun. On ne peut assimiler en opposant le particulier au particulier, en se coupant de l’universel. Nous assimilerons d’autant mieux si nous récusons la tentation du particularisme ethnique et de la partialité idéologique. Eric Deschavanne

C’est Buisson qui avait raison, imbécile !

A l’heure où sous la double menace de la mondialisation et de l’immigration de masse …

Et dans la foulée de leur lot de violence islamique …

Pendant que pour ce qui est des flux migratoires, l’actualité confirme chaque jour un peu plus les analyses tant du Front national que de l’ancien conseiller honni de Nicolas Sarkozy …

La France semble peu à peu redécouvrir les bienfaits oubliés de l’Etat-nation …

Comme de ses expressions concrètes jusqu’ici abandonnées à la seule extrême-droite ou aux tribunes de nos stades …

Après s’en être si longtemps gaussé chez nos alliés américains avec leurs histoires de Mayflower, Thanksgiving ou serments d’allégence au drapeau …

Tout en continuant à la dénier à nos seuls amis israéliens qualifiés systématiquement de « colons » pour leur volonté de continuer à vivre sur leurs terres ancestrales …

Comment ne pas voir …

Dans la levée de boucliers qui a suivi la reprise par l’ancien chef de l’Etat et actuel candidat à la primaire de la droite pour 2017 …

De la fameuse phrase, après l’avoir quelque peu oubliée lui-même lors de sa première campagne de 2007, des manuels d’histoire de la IIIème République « nos ancêtres les Gaulois » …

Tant l’insuffisance et l’abstraction creuse des mantras politiquement corrects avec lesquels on nous bassine depuis plus de 30 ans (laïcité, républicain, métissage, culture) …

Que la continuation comme le rappellent avec le politologue Yves Roucaute et le philosophe Eric Deschavane …

De la longue et si coûteuse ignorance …

De la nécessité et de l’importance du récit national dans la construction de l’identité française ?

« Nos ancêtres les Gaulois » ou le redoutable piège tendu par Nicolas Sarkozyx à ses adversaires de tout poil
En faisant référence dans une réunion publique à l’héritage historique de nos ancêtres gaulois, Nicolas Sarkozy s’est attiré une pluie de critiques venues du monde politique. Des critiques qui oublient bien vite l’importance du récit national dans la construction de l’identité française.

Atlantico : En déclarant ce lundi à Franconville qu’à partir du moment où l’on est français, « on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois« , Nicolas Sarkozy s’est attiré de nombreuses critiques, certains l’accusant d’inculture voire de racisme. Pourtant, cette « polémique » ne révèle-t-elle pas simplement deux conceptions de l’identité nationale française, l’une basée sur le mythe du récit historique et national comme ciment du vivre-ensemble, et l’autre basée sur l’acceptation de valeurs communes ? Ce débat n’est-il pas nécessaire dans notre démocratie ? Opposer nécessairement récit et valeurs a-t-il vraiment du sens ?

Yves Roucaute : Terrible puissance des demi-habiles ou demi-savants, dont se moquait Pascal. Les propos de Nicolas Sarkozy n’auraient pas dû soulever une telle polémique. Il est étonnant d’ailleurs que cette polémique ait été en particulier soulevée par la gauche. Historiquement, la gauche (radicale et socialiste) a toujours soutenu la thèse qu’il fallait donner aux enfants de France dans les écoles une culture commune au centre de laquelle se trouvait un grand récit, celui des origines, en particulier celui de nos ancêtres les Gaulois. Les instituteurs de la IIIème République ne se posaient pas la question de savoir s’ils avaient en face d’eux des enfants d’origine italienne, portugaise, basque, créole, maghrébine, ils se posaient la question de savoir comment ils allaient cimenter l’unité de la nation et ils avaient à leur disposition des manuels qui disaient eux aussi cette histoire de la Guyane à La Rochelle.

Il est assez facile de rire en se disant qu’un enfant noir ne peut pas être d’origine gauloise ou qu’un enfant venu d’une famille maghrébine n’a rien à voir avec les Gaulois. Mais ce ricanement montre seulement l’étendue de l’ignorance d’une grande partie de notre personnel politique qui aurait mieux fait d’apprendre comment fonctionne la politique et l’imaginaire au lieu de se croire intelligents parce qu’ils manquent d’intelligence politique.

La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges.  De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis.  De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes.

La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire.

La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays.

Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie.

L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture.

Car ce grand récit est profondément républicain

Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème.

L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César.

De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça.

Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes.

Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques.

 Voir aussi:

Sarkozy et les Gaulois : pourquoi le récit national est devenu tabou
Le Figaro
20/09/2016
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Nicolas Sarkozy a créé une polémique en évoquant le mythe de «nos ancêtres les Gaulois» pour justifier le modèle de l’assimilation. Pour Dimitri Casali, les deux mille ans d’histoire de France sont indispensables à l’intelligence du temps présent.

Historien, ancien professeur en «ZEP», Dimitri Casali a notamment publié Notre histoire: tout ce que nos enfants devraient apprendre à l’école (éd. La Martinière, préface de J.P. Chevènement) ; L’altermanuel d’histoire de France (éd. Perrin, 2011) ; L’histoire de France interdite (éd. JC Lattès, 2013) et dernièrement Désintégration française (éd. JC Lattès, 2016).

FIGAROVOX. – Nicolas Sarkozy a déclenché une polémique en déclarant: «Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois». Le roman national est-il devenu un tabou?

Dimitri CASALI. – Tout à fait, mais j’utiliserai plutôt le terme plus juste scientifiquement de «récit national». La France n’a pas besoin de «romancer» son Histoire, elle est suffisamment riche telle qu’elle est. Oui aujourd’hui, dès que l’on ose parler de récit national cela provoque des polémiques sans fin. En effet je pense avec Nicolas Sarkozy qu’un récit national se proposant d’apprendre à tous à aimer la France, en faisant découvrir la permanence de nos héritages doublement millénaire est possible. Et cet enseignement est indispensable à l’intelligence du temps présent et au fameux «vivre ensemble». Le récit national est une part importante et même décisive de la conscience civique. Un récit se doit d’être objectif et de restituer l’Histoire, avec ses lumières, mais aussi avec ses ombres. Malheureusement, face à nous les tenants d’une Histoire de France en perpétuelle mutation tiennent le haut de pavé que ce soit à l’université (très marquée à gauche) ou bien dans l’entourage du président Hollande.

L’ancien président de la République a continué: «Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation». Est-ce une bonne définition du modèle de l’assimilation?

La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle. À ce terme aujourd’hui dévalorisé, on préfère celui d’intégration qui vise à absorber chaque individu dans la société d’accueil par le brassage de l’école, de l’emploi, du mariage. Comme le sous-entend si bien Nicolas Sarkozy le système d’intégration «à la française» a été une grande réussite pendant 200 ans. C’est avant tout notre culture française qui est la base de notre vivre ensemble et cette culture est fondée sur la connaissance de l’Histoire du pays qui vous accueille, celui où vous vivez et travaillez et dont vous possédez la nationalité quelle que soit votre origine géographique. La bonne connaissance de l’Histoire est donc une garantie d’intégration car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société française. On peut donc véritablement parler d’un creuset français qui a réussi à amalgamer en une création originale les migrations successives avec les populations les plus anciennes.

Certains ont considéré les propos de Nicolas Sarkozy comme la marque d’une identité biologique. Ne s’agit-il pas au contraire d’une identité davantage politique fondée sur la volonté d’un peuple de se réunir autour d’un passé mythologique commun?

Là ou Sarkozy a raison c’est qu’il faut effectivement créer un grand récit national, fédérateur et équilibré, qui rassemble toutes les composantes de notre nouvelle société et lui redonne confiance. Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part pour pouvoir avoir de nouveau confiance en l’avenir et ressouder au sein d’une communauté de destin. Si l’on veut marcher vers le futur il faut toujours retourner à ses racines… Donnons aux nouveaux venus l’amour et la passion de notre histoire et nous leur ferons aimer la France au lieu de la détester, nous réglerons ainsi bien des problèmes.

Votre dernier essai* est sous-titré: «Pourquoi notre pays renie son histoire et nos enfants perdent leurs repères». De quand date ce phénomène de reniement?

Ce phénomène date d’une trentaine d’années depuis que la montée du communautarisme et du fondamentalisme ronge de l’intérieur la nation française. Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale. L’intelligentsia française très orientée à gauche à l’échiquier politique a imposé obstinément, une idéologie dominante: le paradigme de la repentance coloniale et de la pensée unique. On le voit à cette hargne qu’ont nos élites à déconstruire notre passé pour faire croire à nos enfants que les Français ont tous été d’horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle… On joue la carte de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. À l’effacement de notre culture classique, du grec et du latin, vient s’ajouter le saccage des derniers pans d’histoire de France à tenir encore debout après les réformes scolaires catastrophiques du dernier quinquennat.

Quand «Nos ancêtres les Gaulois» ont-ils disparu des manuels scolaires?

La formule exacte est issue du manuel d’histoire primaire Le Petit Lavisse écrit par le grand historien Ernest Lavisse, édité en 1884 et réédité cinquante fois jusqu’en 1950: «Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois». Cependant les petits indigènes des colonies récitant par cœur cette formule ne correspond pas du tout à la réalité historique de l’époque. Ce que l’on critique aujourd’hui comme étant un enseignement colonialiste qui voulait faire oublier aux peuples colonisés leur passé en cherchant à les assimiler de force n’a tout bonnement pas existé. Cette repentance qualifiant de «génocide culturel» l’œuvre éducative des colonies fait l’impasse sur les dernières recherches historiques qui montrent les efforts d’adaptation systématique réalisés par les instituteurs colons, appelés officiellement à valoriser l’héritage autochtone. Rappelons les travaux poursuivis par l’École française d’Extrême-Orient et par l’École des hautes études berbères de Rabat qui réapprirent leur propre histoire aux Annamites et aux Marocains. L’objectif des dirigeants français de la IIIe République tel qu’Albert Sarraut était de «changer l’homme» par l’éducation, de le faire accéder à une partie du savoir et de l’univers européen…

* Dimitri CASALI, Désintégration française, éd. Jean-Claude Lattès, 2016.

Voir également:

Nos ancêtres les Gaulois » ou le redoutable piège tendu par Nicolas Sarkozyx à ses adversaires de tout poil

En faisant référence dans une réunion publique à l’héritage historique de nos ancêtres gaulois, Nicolas Sarkozy s’est attiré une pluie de critiques venues du monde politique. Des critiques qui oublient bien vite l’importance du récit national dans la construction de l’identité française.

Atlantico : En déclarant ce lundi à Franconville qu’à partir du moment où l’on est français, « on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois« , Nicolas Sarkozy s’est attiré de nombreuses critiques, certains l’accusant d’inculture voire de racisme. Pourtant, cette « polémique » ne révèle-t-elle pas simplement deux conceptions de l’identité nationale française, l’une basée sur le mythe du récit historique et national comme ciment du vivre-ensemble, et l’autre basée sur l’acceptation de valeurs communes ? Ce débat n’est-il pas nécessaire dans notre démocratie ? Opposer nécessairement récit et valeurs a-t-il vraiment du sens ?

Yves Roucaute : Terrible puissance des demi-habiles ou demi-savants, dont se moquait Pascal. Les propos de Nicolas Sarkozy n’auraient pas dû soulever une telle polémique. Il est étonnant d’ailleurs que cette polémique ait été en particulier soulevée par la gauche. Historiquement, la gauche (radicale et socialiste) a toujours soutenu la thèse qu’il fallait donner aux enfants de France dans les écoles une culture commune au centre de laquelle se trouvait un grand récit, celui des origines, en particulier celui de nos ancêtres les Gaulois. Les instituteurs de la IIIème République ne se posaient pas la question de savoir s’ils avaient en face d’eux des enfants d’origine italienne, portugaise, basque, créole, maghrébine, ils se posaient la question de savoir comment ils allaient cimenter l’unité de la nation et ils avaient à leur disposition des manuels qui disaient eux aussi cette histoire de la Guyane à La Rochelle.

Il est assez facile de rire en se disant qu’un enfant noir ne peut pas être d’origine gauloise ou qu’un enfant venu d’une famille maghrébine n’a rien à voir avec les Gaulois. Mais ce ricanement montre seulement l’étendue de l’ignorance d’une grande partie de notre personnel politique qui aurait mieux fait d’apprendre comment fonctionne la politique et l’imaginaire au lieu de se croire intelligents parce qu’ils manquent d’intelligence politique.

La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges.  De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis.  De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes.

La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire.

La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays.

Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie.

L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture.

Car ce grand récit est profondément républicain

Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème.

L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César.

De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça.

Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes.

Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques.

Eric Deschavanne : Comme souvent, le buzz masque la teneur exacte du propos, qui est pourtant dans le cas présent assez limpide. Nicolas Sarkozy fait référence à un cliché du « roman national » – lequel a pour vertu de « parler » à tout le monde – afin d’afficher un parti-pris en faveur de l’assimilation. Il s’inscrit dans un débat en effet nécessaire, qui n’est toutefois pas le débat « récit historique ou valeurs communes » mais celui qui oppose multiculturalisme et assimilationnisme. Si on veut donner sens aux termes du débat en circulation, il faut considérer que l’assimilation et le multiculturalisme sont les deux modèles d’intégration entre lesquels il faut nécessairement choisir. Ensuite, se pose évidemment la question des modalités et, dans le cas de l’assimilation, de la conception de l’identité nationale qui fonde le projet d’assimilation. On peut vouloir l’assimilation à une conception ethnique de la nation ou l’assimilation à une conception républicaine, qui associe identité nationale et principes universels.

Je suis d’ordinaire plutôt « Sarkophobe », mais je dois avouer que je suis consterné par la malveillance et la bêtise des réactions que suscite un propos dont le seul tort est d’être impeccablement républicain. Nicolas Sarkozy est peut-être inculte, mais tout de même pas au point de penser qu’un néo-Français issue de l’immigration subsaharienne descend en ligne direct des Gaulois ! Son propos est parfaitement républicain et antiraciste puisqu’il signifie qu’être Français n’est pas une question de race, d’ethnie, de racines, de souche ou que sais-je, mais exclusivement une affaire d’engagement personnel par lequel on s’inscrit volontairement dans un nouveau destin collectif. Paradoxalement (mais le paradoxe n’est qu’apparent), ce sont les réactions critiques qui véhiculent une conception raciste ou ethnique de l’identité, en évoquant notamment la notion de « racines » ou en interprétant la formule toute faite « nos ancêtres les Gaulois » dans le sens d’une lignée génétique ou culturelle. Ces réactions témoignent d’une adhésion plus ou moins confuse à un modèle multiculturaliste qui conçoit la France comme une identité informe ou métissée composée de multiples souches, races ou ethnies. Il est intéressant d’observer, à travers les réactions provoquées par un propos pourtant clair et net, à quel point les esprits sont embrouillés sur cette question de l’identité. Que l’histoire de France (comment qu’on la conçoive) soit l’histoire de tous les Français, ou le devienne s’il s’agit de nouveaux arrivants, quoi de plus incontestable ! Bien entendu, les immigrés arrivent avec dans leur bagage une histoire, une culture, des traditions. On est cependant en droit de considérer que la volonté de vivre en France et de devenir Français vaut adhésion à l’identité collective de la France. Ou alors, mais il faut l’assumer clairement, c’est qu’on considère la France comme un territoire neutre, sans identité, une nation sans histoire ni destin, exclusivement destinée à accueillir une multiplicité de traditions, d’identités ethniques et de modes de vie venus d’ailleurs.

Le discours d’acceptation de valeurs communes est-il équitablement adressé à tous les Français selon vous ? Alors qu’une partie de la gauche semble demander des efforts d’acceptation d’autrui, qu’en est-il de la population française issue de l’immigration ? En fait-elle assez pour s’inscrire justement dans ce « moule républicain », dans le respect de ces valeurs qui contribuent à façonner l’identité française ?

Yves Roucaute : Il est très frappant de constater que cette question de l’apprentissage du grand récit ne posait aucun problème aux gens qui arrivaient en France avant les années 1960. Sous l’influence du tournant des années 1960-1970, au nom du respect de la différence, c’est devenu soudainement un problème.  Et, dans les années 80, les « demi-habiles » se sont emparés du pays avec le politiquement correct.

Nous avons alors vu des gens qui ont commencé à dire qu’il fallait accepter les différences de ces gens-là, qu’on ne pouvait pas imposait un modèle unique aux immigrés et qu’il fallait respecter au même titre toutes les civilisations.

Je note en passant qu’aucun autre pays d’où venaient ces migrants ne tient ce discours-là ! Dans ces pays, on part du principe qu’il y a des histoires propres, et on demande à ces gens d’apprendre et d’assimiler l’histoire de ces pays pour devenir des citoyens.

En France, nous avons eu ce courant déstabilisant depuis les années 1970, où l’on a demandé aux Français un effort pour accepter des cultures qui n’étaient pas assimilables. Qu’un Algérien musulman ne mange pas de porc ou qu’un Hindouiste ne mange pas de viande ne pose aucun problème aux Français. Ce qui pose problème aux Français, c’est qu’on veuille imposer son mode de vie sur le leur et que l’on viole les valeurs sur lesquelles est fondée leur civilisation, telle que l’égale dignité des hommes et des femmes. Les Français considèrent qu’on doit globalement vivre en français. Ils ne veulent pas qu’on leur impose des modes de vie qui ne sont pas les leurs. Et ils comprennent parfaitement que la femme qui porte un burkini, qui met un niqab, est dans une position cde provocation et d‘agression de la France.

Aujourd’hui, nous confondons un peu tout. Il faut donc hiérarchiser. Il y a des choses fondamentales où l’on ne peut pas négocier : l’égalité homme-femme, le respect de la dignité humaine, les droits individuels, le mode d’organisation sociale, etc. Le problème du multiculturalisme, c’est qu’il ne différencie rien. il mélange tout, les différences acceptables de celles qui ne le sont pas et le fait qu’il existe un mode de vie français, avec ses obligations et ses sanctions.

Nous avons eu ce phénomène pendant 40 ans, surtout à gauche, mais la droite, par peur de la gauche et d’être traitée de raciste ou d’islamophobe, a suivi un peu le mouvement – et on le voit aujourd’hui encore. Il est temps qu’on apprenne à un certain nombre de gens vivant en France qu’il y a des règles à respecter en France. Et, ceux qui n’aiment pas la France doivent soit partir, si c’est possible, soit se plier à nos règles, par la force si possible. Nous manquons d’un Clémenceau.

Voir encore:

Pour Nicolas Sarkozy, «dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois»
Le Figaro/AFP
19/09/2016

LE SCAN POLITIQUE – En campagne pour la primaire Les Républicains, l’ancien chef de l’État a tenu un discours depuis Franconville, dans le Val-d’Oise, dans lequel il promet d’être le président de «la communauté nationale» contre la «tyrannie des minorités».

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire Les Républicains, s’est fendu d’une phrase qui risque de faire du bruit. Lors d’un meeting à Franconville, dans le Val-d’Oise, ce lundi, l’ancien chef de l’État a affirmé qu’à partir du moment où l’on devient Français, «l’on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois». L’ex-président de la République a également dénoncé «l’islam extrémiste et politique», dont le but est de «provoquer la République», lors d’une réunion publique.

Promettant de mener «une guerre impitoyable» au terrorisme islamiste, Nicolas Sarkozy a promis qu’il serait, s’il est élu, «le président de l’action», et a ajouté qu’il n’acceptait pas «les 238 morts», victimes des attentats depuis janvier 2015. «Je n’accepterai pas les comportements moyenâgeux qui veulent qu’un homme se baigne en maillot de bain, quand les femmes sont enfermées» dans des burkinis, a-t-il également affirmé.

Dénonçant à nouveau «la tyrannie des minorités», il a assuré que s’il gagnait en 2017, il serait «le président de la communauté nationale car en France, la seule communauté qui vaille est la communauté française». «Si l’on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. J’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je vis comme un Français», doit se dire celui qui devient français, a-t-il ajouté.

«Le porte-parole de la majorité silencieuse»

«La situation de la France est grave. C’est un combat extraordinairement difficile. Nous avons à combattre la gauche, qui fera de moi son adversaire habituel, nous avons à combattre l’extrême droite qui fera de moi son adversaire privilégié. Elle a compris que j’étais le plus dangereux», a-t-il également déclaré. Selon lui, il faut donc «combattre la pensée unique dans ce qu’elle a de plus insupportable (…) Si on dit que l’islam pose un problème d’intégration, comme à l’époque, les catholiques ont posé un problème à la République, on est islamophobe. C’est insupportable. Si on dit qu’on ne peut plus continuer avec l’immigration (…) alors on est traité de raciste. C’est insupportable».

«Quand on dit qu’on n’est pas de gauche, on se demande si vous avez un cœur qui bat. Si vous avez des questions à me poser, France Télévisions, posez-les!», a-t-il ironisé, faisant allusion à L’Émission politique, sur France 2, dont il a été le premier invité jeudi. «Je veux être le porte-parole de la majorité silencieuse», a-t-il ajouté, sous les applaudissements du public.

Voir encore:

«Nos ancêtres les Gaulois», un vieux credo de Nicolas Sarkozy
Aymeric Misandeau
Le Figaro
20/09/2016

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉOS – Une partie du discours prononcé par le candidat à la primaire de la droite lundi soir a créé la polémique. Ça n’est pourtant pas la première fois que l’ancien chef de l’Etat invoque le roman national lorsqu’il donne sa version de l’assimilation.

«Dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois», a asséné Nicolas Sarkozy à Franconville, dans le Val d’Oise lundi soir. Une manière de défendre l’assimilation plutôt que l’intégration. Si la phrase a connu un important retentissement, force est de constater que l’ancien chef de l’Etat a fait de nombreuses assertions similaires depuis au moins 2006 et sa première candidature à l’élection présidentielle.

Pour trouver une évocation récente des Gaulois dans les discours de Nicolas Sarkozy, pas besoin de chercher bien loin. Lors d’un colloque organisé par le think-tank «France fière» en mai dernier, celui qui n’était pas encore candidat reprenait le dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire publié en 1887 par Ernest Lavisse: «Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons leur aimer les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroy de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes», reprenait l’ancien chef de l’Etat.

En juin dernier, face aux militants rassemblés à Saint-André-lez-Lille, dans la banlieue lilloise, pour un discours sur l’identité nationale, l’ancien président des Républicains avait fait appel à une autre grande figure du roman national, Clovis, pour faire passer la même idée. «Pendant des décennies, l’intégration, c’était le devoir pour le nouvel arrivant sur notre territoire de se fondre dans la communauté nationale, d’adopter notre langue, notre culture, nos mœurs, expliquait Nicolas Sarkozy. Le minoritaire s’intégrait dans la majorité et devenait à son tour le légataire de la mémoire et de l’histoire collectives. Nous n’étions pas tous les héritiers directs de Clovis, mais tous nous nous reconnaissions dans cet ancêtre commun parce que tous, nous étions Français».

Mais la rhétorique est bien plus ancienne: dans un discours du 9 mai 2006, à Nîmes, celui qui était encore ministre de l’Intérieur rôdait déjà ses arguments. «Quand j’étais écolier, nos maîtres nous parlaient de nos ancêtres les Gaulois. Ni les maîtres, ni les élèves n’étaient dupes. Chacun savait bien qu’à Arles, à Nîmes, à Narbonne ou à Perpignan il n’y avait pas eu beaucoup d’ancêtres gaulois. A Oran, à Tunis ou à Dakar encore moins. Mais c’était un acte de foi», avait alors expliqué le rival de Dominique de Villepin.

L’argument du «petit Français de sang-mêlé»

Pour appuyer son propos, Nicolas Sarkozy s’est aussi servi de son vécu de «petit Français de sang-mêlé», comme il se définissait lui même lors de son discours d’investiture de 2007. «Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation», expliquait-il. Une référence à son propre passé qu’on retrouve dans son discours à Nîmes en 2006. «Fils d’immigré hongrois, je sais ce que cela signifie de prendre en partage une histoire qui n’est pas celle de ses ancêtres et d’épouser la cause de la France comme une évidence qui s’impose d’elle-même», disait-il déjà.

Là encore, rien de nouveau dans l’argumentaire sarkozyste. Le 9 juin, invité de la matinale d’Europe 1, Nicolas Sarkozy avait déjà récité: «Mon père est hongrois, mon grand-père maternel était grec. On ne m’a pas appris le hongrois et je n’ai pas appris l’histoire de la Hongrie, ni l’histoire de la Grèce. J’ai appris l’histoire de France. Et quand on a des parents d’origine étrangère, notamment maghrébine, on n’apprend pas l’histoire de l’Algérie ou du Maroc. Quand on vient en France, on adopte le mode de vie français. L’identité française, nous ne voulons pas que ça disparaisse».

Voir par ailleurs:

Sarkozy fustige les «idéologues du multiculturalisme»
Eugénie Bastié
Le Figaro
24/05/2016

Invité mardi soir au colloque organisé par «France Fière», un think-tank de droite qui veut s’adresser aux quartiers populaires, l’ex-président de la République a donné sa définition de l’identité française.

«Hier encore, affirmer publiquement qu’il existait une identité française était considéré comme une insupportable provocation. Aujourd’hui, la fierté de la France est un drapeau. On peut organiser un colloque sur ce sujet. Nous avons gagné un combat culturel et politique majeur» a commencé Nicolas Sarkozy, invité par le think-tank «France Fière» qui consacrait mardi soir un colloque ayant pour thème l’identité française. Dans le sous-sol des Invalides, à quelques mètres du tombeau de Napoléon, une centaine de personnes, pour la plupart issues de la «diversité» était présente pour débattre sur le thème de l’identité française, dont Nicolas Sarkozy avait fait un cheval de bataille en 2007 et 2012.

«La France, c’est un miracle, auquel chacun d’entre nous a décidé de croire. Un miracle millénaire, qui aurait pu dix fois, cent fois, être brisé par l’histoire. Un miracle qui a fait de la beauté un cadre de vie et de la liberté une raison de vivre.», a-t-il commencé. «C’est quoi l’identité de la France?» s’est interrogé le patron des Républicains: «Ce sont d’abord ses paysages, une langue le français, ciment culturel de notre nation. C’est une histoire épique, glorieuse, tragique, dont le récit a construit la nation, c’est l’accumulation d’un héritage qui va du Mont-Saint Michel à la Sainte Chapelle. Nous ne sommes pas une page blanche.»

Un discours aux tonalités buissoniennes

Nicolas Sarkozy, qui a tenu à rappeler ses origines de «Français de sang-mêlé» a poursuivi dans un discours aux tonalités buissoniennes, plaidant pour le «culte de la transmission de l’identité», à travers notamment «l’école de la République». «Il n’est pas nécessaire d’avoir son nom sur un monument aux morts pour vibrer au récit de l’identité nationale. Il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour aimer Bossuet, Péguy, Bernanos, et Mauriac. Il n’est pas nécessaire d’être gaulliste pour aimer Malraux, ni communiste pour aimer Aragon, c’est ça l’identité nationale», a-t-il martelé. «Aucun idéologue ne peut comprendre ça.»

Fustigeant les «idéologues du multiculturalisme», et «les sociologues des inégalités», il a qualifié d’«erreur monumentale» le fait d’avoir renoncé à l’assimilation. «Tout est à reconstruire», a-t-il affirmé. «Cette fierté d’habiter la France doit retrouver le chemin de l’école. Les manuels scolaires ne sont pas là pour dénigrer la France. Mais pour la faire connaître et aimer. Dans quel pays pourrait-on accepter que l’école enseigne autre chose que la fierté?» «Refuser cette civilisation, c’est s’exclure de la communauté nationale, a-t-il poursuivi. La France, ce n’est pas un self-service. L’assimilation n’est pas une possibilité, c’est une condition à tout séjour de longue durée et à toute naturalisation.»

L’ex-président a plaidé pour «un nouveau pacte d’assimilation». «Je n’ai pas changé. L’addition des différences s’inscrit dans le temps long.» Il s’est mis du côté des «récents Français qui l’aiment sans doute plus que les autres.» . Dans son discours d’une trentaine de minutes, il a évité soigneusement toute référence à la «laïcité».

Plusieurs personnalités issues de la «diversité» étaient conviés à ce colloque, parmi lesquelles l’historien Mohamed Mekada, l’ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances Yazid Sabeg, ou encore l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou. La maire du 7ème arrondissement de Paris, Rachida Dati, avait ouvert la soirée en rappelant que son «élection dans cet arrondissement est l’illustration de ce colloque.». Elle s’est dite personnellement «pas favorable à l’assimilation» «A l’identité heureuse, je préfère l’identité de conviction», a-t-elle affirmé. Parmi les politiques, on trouvait aussi l’entrepreneur Charles Beigbeder, l’adjoint à la mairie de Versailles François Xavier Bellamy, le député Olivier Marleix et le candidat aux primaires Hervé Mariton.

«On vise l’ISF, pas le RSA»

Cette soirée était organisée par le think-tank «France Fière» qui se dit lui «patriote, libéral et laïc». Il a été fondé par Hayette Hamidi et Yassin Lamaoui en juin 2015. «Nous voulons être un espace de réflexion pour proposer des solutions concrètes aux quartiers populaires» tient à rappeler, au Figaro, Hayette Hamidi, actuellement secrétaire nationale des Républicains. Cette jeune femme de 32 ans appartient au mouvement Sens commun issu de la Manif pour Tous. Élue du Blanc-Mesnil en Seine Saint-Denis et avocate de formation, cette native de Drancy, petite fille d’Algériens et fille de Français ambitionne d’attirer l’électorat musulman dans le giron de la droite. «Depuis 30 ans on assiste à un échec de la gauche qui se sentait propriétaire d’un certain électorat de banlieue», diagnostique-t-elle. «Le basculement a eu lieu lors des municipales de 2014. L’électorat des quartiers populaires a découvert qu’il n’était pas de gauche, ni sur le plan sociétal ni sur le plan économique». «L’identité française n’est pas multiculturelle. Il faut transmettre une culture française forte pour une intégration sereine», ajoute celle qui a eu «la chance» d’effectuer sa scolarité dans un établissement catholique qui lui a transmis «l’amour de la France.»
«France Fière» se veut aussi résolument libéral. Comme le résume Yassin Lamaoui, son vice-président: «On vise l’ISF, pas le RSA».

Ce think-tank revendique 300 membres, pour la plupart élus locaux ou entrepreneurs. Il ne choisira pas de poulain pour les primaires ni pour la présidentielle, se contentant de faire des propositions que tout le monde pourra reprendre. Le groupe, soutenu à ses débuts par Alain Juppé, a rencontré aussi Jean-François Copé et aimerait bien rencontrer Emmanuel Macron.

Voir par ailleurs:

Fraternité générale: Sans patrie ni frontières?

Bidar et Jardin sur un chemin pavé de bonnes intentions

Thomas Clavel

Causeur

22 septembre 2016

Alexandre Jardin et Abdennour Bidar lancent le mouvement « Fraternité générale » qui espère ressouder la société à coups de projections de films, concours de poésie et affiches exaltant les différences. La fraternité s’appuie pourtant sur un socle culturel commun, non sur la base d’un antiracisme hors-sol.

Présidé par le philosophe Abdennour Bidar, le projet Fraternité Générale prévoit une semaine d’animations culturelles partout en France en novembre prochain afin de mettre en acte « cette grande oubliée de la devise républicaine » a précisé l’auteur de Self Islam sur BFM TV et RMC le 20 septembre dernier. L’association, qui compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin et des personnalités du monde audiovisuel se revendique comme un mouvement « apolitique et participatif » visant une « mobilisation générale » suite aux attentats qui ont ensanglanté la France afin que le peuple fraternise et se réapproprie la troisième vertu nationale. Selon son président, « on n’a jamais eu l’audace de faire de la fraternité un vrai projet politique ». Le philosophe en donne d’ailleurs une définition légèrement remaniée: « C’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam ». En somme, il s’agit de chanter « l’ouverture à l’autre » et la « tolérance vis-à-vis de toutes les différences ».

Une fraternité culturelle

Ainsi, du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels et sportifs pour  « lutter contre les peurs ». Cafés et restaurants ouvriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs offerts par les municipalités des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télévision diffuseront une série de vidéoclips. L’école ne sera pas épargnée avec force projections de films, concours de poésie et réalisation d’affiches qui exalteront les différences. Toutes ces initiatives sont recensées sur un site consacré.

En France, la fraternité républicaine s’est toujours faite à coups d’épée. Ou plutôt de sabres, de canonnades et de guillotines tandis que la Commune de Paris imposait d’inscrire en 1793 sur tous les édifices publics « La République une et indivisible – Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ». A chaque fois que le terme de fraternité est brandi, c’est que la nation est au bord de la guerre civile. En ce sens, l’intuition d’Abdennour Bidar n’est peut-être pas mauvaise.

Mais pour le philosophe, la fraternité sera désormais festive ou ne sera pas. En effet, « ce mouvement spontané, issu d’un groupe d’amis et de cinéastes veut largement promouvoir la solidarité à travers la culture, le lien le puisant entre les gens ». Ainsi, le philosophe nous apprend que la chose culturelle serait le vrai ciment de la chose publique et de la fraternité nationale.

Il est certain que le programme de la huitaine s’annonce moins sanglant qu’une pleine semaine place de Révolution.

En décembre 1790, dans un discours à l’Assemblée Nationale, Robespierre déclarait: « Voyez comme partout, à la place de l’esprit de domination ou de servitude, naissent les sentiments de l’égalité, de la fraternité, de la confiance, et toutes vertus douces et généreuses qu’ils doivent nécessairement enfanter. » En matière de douceur, les années qui suivirent ne furent probablement pas les plus fécondes. Car il ne pouvait pas y avoir de fraternité pour les ennemis de l’égalité et les adversaires de la liberté.

Désormais, il ne saurait y avoir de fraternité pour les ennemis de la fête. La Fraternité Générale passe par l’expression culturelle. Elle n’est pas une devise morale mais une injonction artistique. Fraterniser, c’est adhérer à la festivalisation du pays, changé pour une semaine en une gigantesque Fête de l’Huma, Fête de la Musique ou Nuit Debout.

Culte des différences, l’impossible fraternité 

Pas une seule fois la patrie n’est citée par les promoteurs du mouvement. La fraternité selon Bidar peut très bien s’en passer car elle n’est pas nationale mais universelle. Sa fraternité à lui n’est pas celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais celle de la religion des droits de l’homme. Cette solidarité souriante et antiraciste revendiquée par le milieu culturel semble relever de la pensée magique. Assister à un concert tribal ou à un slam urbain produirait mécaniquement un sentiment fraternel.

Pourtant, la fraternité républicaine est autrement plus farouche et plus exigeante. Si la fratrie familiale est une évidence de naissance, la fratrie nationale se construit. On ne nait pas frère de nation, on le devient. Et souvent par la violence – celle des guerres révolutionnaires ou celle de l’assimilation, qui est toujours un renoncement contraignant à l’identité première dans le but de se fondre dans l’identité nationale, qui seule est capable de produire une fraternité publique pérenne.

Fustigeant le « repli identitaire », Abdennadour Bidar exalte au contraire la différence et l’ouverture. Elles sont pourtant les deux plus grandes ennemies de l’idéal fraternel de la Nation qui a toujours cherché à définir ses contours identitaires et territoriaux, ayant compris depuis toujours que les différences sont fratricides.

Ainsi, au lieu de chercher le dénominateur commun que seule la patrie peut incarner, le mouvement cultive les particularismes, qui sont toujours source de conflit.

Rechercher la concorde grâce à nos seules différences est une gageure. Au fond, pour Abdennour Bidar, nous devrions être frères par le simple fait de n’avoir rien en commun.

Fraternité générale ressemble davantage à un réflexe antiraciste qu’une réflexion civique sérieuse. Alors que la grande interrogation nationale consiste à savoir si l’Oumma est oui ou non plus forte que la communauté nationale aux yeux des musulmans, une poignée d’intellectuels nous divertissent avec un projet du niveau d’une campagne publicitaire Benetton.

La fraternité, c’est quoi au juste ?
Vincent Mongaillard

Le Parisien

20 septembre 2016

Pour la première fois, en novembre, on va fêter la fraternité. Un mot symbole de la République et qu’on connaît tous. Mais une valeur dont on a besoin de rappeler qu’elle est essentielle.

C’est un mot qui, au même titre que la liberté et l’égalité, est inscrit en lettres capitales sur les frontons des mairies et des écoles. Partie intégrante de notre devise nationale, la fraternité est un principe républicain qu’un mouvement apolitique baptisé Fraternité générale ! entend promouvoir et surtout « incarner  ».

Mise à mal ces derniers mois par les attentats, la fraternité va, en effet, s’inviter chaleureusement en novembre prochain dans nombre d’événements culturels et citoyens ouverts à tous lors d’une opération nationale dévoilée ce matin (lire l’encadré) et dont « le Parisien » – « Aujourd’hui en France » est partenaire.

L’initiative, présidée par le philosophe Abdennour Bidar, compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin ou l’astrophysicien Hubert Reeves. L’objectif, c’est de « mettre en acte  » une notion parfois abstraite aux yeux du grand public.

Parce que la fraternité, c’est quoi au juste ? « C’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam  », analyse Abdennour Bidar.

Du latin fraternitas, qui désigne les relations entre frères, entre peuples, la fraternité est, selon le Petit Larousse illustré 2016, le « lien de solidarité et d’amitié entre des êtres humains, entre les membres d’une société  ».

C’est lors de la Révolution française que cette notion est entrée dans le langage courant : entre citoyens, le bonjour d’alors se dit « Salut et fraternité ». Pour autant, elle est absente de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Mais lors de la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, à l’occasion du premier anniversaire de la prise de la Bastille, La Fayette, commandant de la garde nationale, la consacre lorsqu’il prête serment : « Nous jurons de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité.  » Il faudra attendre 1848 et la constitution de la Deuxième République pour que cette valeur donne naissance au triptyque Liberté, Egalité, Fraternité.

« De cette idée de fraternité découle celle des droits sociaux du citoyen à qui la République doit un travail et une assistance », décrypte l’historien Jean Guarrigues.

Ces dernières semaines, ce spécialiste a observé dans les débats un retour en force de cette valeur. « La fraternité, c’est tout le contraire du clivage communautaire, il y a l’idée de rassemblement et d’obligation d’une solidarité collective  », explique-t-il.

Abdennour Bidar, chef d’orchestre de l’association Fraternité générale !, regrette, lui, qu’elle soit devenue « un idéal un peu vide », qu’elle soit « la grande oubliée » de notre devise républicaine. « On n’en a jamais fait un projet politique. Elle devrait en être la première valeur  », prône l’intellectuel, favorable à la création d’un ministère de la Fraternité.

Unissez vous pour la célébrer
Du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels, sportifs et citoyens pour lutter contre les peurs et encourager la tolérance. Cafés et restaurants offriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs, des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télé, des cinémas et des stades diffuseront, dès le 15 octobre, une série de vidéoclips « Fraternité ». Cet événement national appartient à tout le monde. Sur un site Internet dédié (www.fraternite-generale.fr), particuliers, mairies, écoles… sont invités à annoncer dès maintenant leurs actions et à illustrer l’opération au travers d’« une image pour la fraternité  ».

SARKOZY, UN ÉMIGRÉ QUI S’ASSIMILE MAIS N’ASSIMILE PAS L’HISTOIRE

 Toussain Sauveur Felix

Cabrinato

21 Septembre 2016

Nous le savions peu cultivé, mais là il est inculte à moins qu’il ne veuille, aujourd’hui, favoriser une vision simpliste de l’Histoire qu’hier il vilipendait.

Tout historien sait que nos ancêtres n’étaient pas les Gaulois. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de Gaulois. La Gaulle de cette époque était peuplée de tribus et peuplades diverses. Ce n’était pas encore une nation mais un territoire d’invasion. La notion de France-nation date du XI ème siècle. Et le nom même de notre pays vient, évidemment, des Francs qui n’étaient pas des Gaulois. La Gaule ne fut la Gaule que parce que les Romains, qui l’envahirent à leur tour, la nommaient ainsi et leurs habitants furent appelés d’un terme générique les Gaulois pour regrouper une ensemble hétéroclite venu d’ailleurs, et notamment de ce que ces mêmes Romains, nommaient Germanie, mais aussi d’Helvétie, de la péninsule italienne…. (Jules César « de bello galico » ). Sous l’ancien régime la monarchie cherchait en permanence ses origines Franques, jamais ses origines gauloises. Sous les premiers Capétiens encore, on aspirait au mariage avec des « princesses de bonne race franque ».

C’est pour accélérer une unité républicaine et nationale que la troisième République réécrit l’Histoire, comme elle tua les langues locales aussi. Ce fut le fameux manuel d’Ernest Lavisse* qui créa la notion de « nos ancêtres les Gaulois ». Il fallait une origine simple et assimilable (décidément) pour les petits français. Une origine aussi moins centrée sur la mythologie d’une monarchie plus « franque » que gauloise. Une origine qui ne s’oppose pas au développement de l’idée républicaine à une époque ou la République renaissait à peine et avait à combattre les survivances d’une domination religieuse et conservatrice de l’ancien régime. La « Gueuse »** devait se défendre et fit donner les « hussards noirs de la République » qu’étaient les instituteurs.

On se rappellera que dans un accès de lucidité le petit Nicolas dit un jour à Libération
« Entendons-nous, il ne peut être question de faire réciter à tous les enfants , « nos ancêtres les Gaulois », selon l’expression chère à Ernest Lavisse……..».

C’était en mai 2016 !

Oui mais aujourd’hui il faut revaloriser la notion d’identité nationale, qui était l’apanage du Front National, fut-ce au prix de la reprise de mensonges historiques. Mais si ces mensonges étaient condamnables ils avaient, tout de même, un but louable : l’unité nationale et la consolidation de l’idée répubicaine. Aujourd’hui leur utilisation n’a qu’un but tristement électoral.

Sarkozy ne sera jamais un homme d’État. Tout au plus un bateleur de foire.

* Mathilde Larrère / Maitre de conférence en histoire et Laurence de Cock / professeure d’histoire et chercheuse en sciences de l’éducation

** Nom donné à la République par ses adversaires

 


Burkini: Aussi symbolique de l’islam que le col Mao de la culture chinoise (Look what they’ve done to our nuns’s coiffe, Ma !)

22 août, 2016
KabulIranFemale_hijab_in_Islamburkini-not-allowedcol-mao LangJack_Lang_MottakiFencingJe suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin  
Le tourisme halal est une sous-catégorie du tourisme religieux qui s’adresse aux familles musulmanes se conformant aux règles de l’islam. Les hôtels de ces destinations ne servent pas d’alcool et ont des piscines et spas séparés pour les hommes et les femmes. La Malaisie, la Turquie ainsi que beaucoup d’autres pays tentent d’attirer les touristes musulmans du monde entier en leur proposant des services conformes à leurs convictions religieuses. L’industrie du tourisme Halal offre aussi des vols où l’on ne sert ni alcool ni produits à base de porc, où les horaires de prière sont annoncés et où des émissions religieuses font partie des divertissements proposés à bord de l’avion. Wikipedia
En Turquie, les hôtels répondant aux règles islamiques voient leur fréquentation croître de façon exponentielle. Cet engouement va de pair avec l’enrichissement de classes sociales amatrices d’un tourisme de loisir mais aussi culturel. Saphir news
Austria‘s alpine towns of Zell am See and Kaprun have been criticised for producing an eight-page guide for Middle Eastern tourists, featuring « cultural advice » on how to behave. The booklet, in English and Arabic, features tips such as the idea that Austrian shopkeepers do not expect haggling over prices, and that eating on the floor in hotel rooms is a « no-no ». Drivers are informed that wearing seatbelts is compulsory, and they will be given guidance on understanding road signs, to reduce their risks while driving. Visitors are also advised not to wear burkas, and to « adopt the Austrian mentality ». (…) It explains that there are many restaurants where Halal meat is served, and with Arabic-speaking staff, but that Austrians also pride themselves on their food. (…) Alpine destinations are exceedingly popular in the summer with Middle Eastern travellers, who look to escape the extreme heat of their home countries. (…) Leo Bauernberger, executive director of the Salzburger Land Tourism company, told the Austria Press Agency that « Arabs are here in the summer for more than 470,000 nights, making them the second largest visitor group after Germans ». But Peter Padourek, mayor of Zell am See, said that tourists wearing the burka was a cause of friction in the area.(…) But other hotel operators have criticised the leaflets, saying that it unfairly stigmatised Arab visitors – who spend an average of £195 per person per day; more than double the daily amount dispensed with by European tourists. Telegraph
SURFERS Paradise and Broadbeach will convert to Islam and feature more prayer rooms, halal restaurants and extended trading hours, says Mayor Tom Tate. On his return from the Middle East, Cr Tate will meet with traders, restaurant owners, hotels and marketing bodies to look at how both tourism areas can better cater for high-yield Middle Eastern tourists. He also wants to extend trading hours during Ramadan to cater for the later rising and dining tourists as one of the major criticisms was the early closing hours of many Gold Coast restaurants. About 20,000 Gulf tourists visit the region each year, staying on average for about a month with combined spending of between $53 million and $75 million.  Gold coast.com
C’est en fait un bikini deux pièces islamique, ce qui peut sembler idiot. Aheda Zanetti 
Le climat politique actuel n’est pas facile, les musulmans sont scrutés à la loupe et j’espère que les gens comprennent à travers moi ce que veut dire être musulmane. Ibtihaj Muhammad
In 2009, a public swimming pool in Emerainville excluded a burkini-wearing woman, on the grounds that she violated pool rules by wearing street clothes. But burkinis only erupted into a national political issue on Aug. 12 when the mayor of Cannes, a resort town on the French Riviera, banned burkinis (without legally defining what exactly they are) on the Cannes beaches because it represents Islamism. (…) This development astonishes me, someone who has argued that the burqa (and the niqab, a similar article of clothing that leaves a slit for the eyes) needs to be banned from public places on security grounds. Those formless garments not only hide the face, permitting criminals and jihadis to hide themselves but they permit the wearer to hide, say, an assault rifle without anyone knowing. Men as well as women use burqas as accessories to criminal and jihadi purposes. Indeed, I have collected some 150 anecdotes of bank robberies, abductions, murders, and jihadi attacks since 2002; Philadelphia has become the Western capital of burqas and niqabs as criminal accessories, with at least 34 incidents in 9 years. In contrast, the burkini poses no danger to public security. Unlike the burqa or niqab, it leaves the face uncovered; relatively tight-fitting, it leaves no place to hide weapons. Men cannot wear it as a disguise. Further, while there are legitimate arguments about the hygiene of large garments in pools (prompting some hotels in Morocco to ban the garment), this is obviously not an issue on the coastal beaches of France.Accordingly, beach burkinis should be allowed without restriction. Cultural arguments, such as the one made by Valls, are specious and discriminatory. If a woman wishes to dress modestly on the beach, that is her business, and not the state’s. It’s also her prerogative to choose unflattering swimwear that waterlogs when she swims. The Islamist threat to the West is very real, from the Rushdie rules to sex gangs, taharrush, polygyny, honor killings, partial no-go zones, and beheadings. With the influx to Europe of millions of unvetted Muslim migrants, these problems will grow along with the number of Islamists. Nerves are on edge and the political scene is changing rapidly, as symbolized by half the vote for president of Austria recently going to a hardline anti-immigration politician.Issues concerning Islam are arguably Europe’s number-one concern, ahead even of the European Union and the financial crisis; they need to be dealt with by confronting real problems, not by focusing on symbolic irrelevancies such as burkinis, halal shops, and minarets. Burqas and niqabs must be banned (as the German government may soon do), freedom of speech about Islam and Muslims must be reconfirmed, Saudi and Iranian funding for religious purposes must be cut, and a single legal code must apply to all. So, my advice: focus on these real problems and let Muslims wear what they wish to the beach. Daniel Pipes
« What is it about Philadelphia, burqas, and robberies? » (…) The demographics of Philadelphia, whose Muslim population is among the largest in the U.S., make it particularly fertile ground. While only a very small percentage of Philadelphians wear niqabs, they are sufficiently numerous to be seen with regularity. Desensitizing the public to this radical attire opens many doors. (…) Simply put, the increasing prevalence of face-cloaking Islamic garb is rendering traditional masks obsolete. Both provide anonymity, but a niqab grants the wearer access that a mask does not. Whereas spotting a masked individual entering a bank or business strongly indicates a robbery, someone in a niqab doing so may represent just another patch in Philadelphia’s multicultural quilt. Indecision about the wearer’s motives — indeed, most women in niqabs do not have criminal intent — buys crucial time for a heist to unfold on the perpetrator’s terms. The relatively common sight of niqabs, as opposed to masks, also enables a robber to travel to the crime scene in the same face-blocking apparel, further lowering the chances of being identified. Moreover, they take advantage of political correctness, which cautions against scrutinizing people who don such clothes. (…) Islamists promote this cultural paralysis. Case in point: the victimhood narrative pushed in the wake of the latest Philadelphia robberies. One imam declared them « a hate crime against Muslims, » as they allegedly put Muslim women « in danger of being stereotyped, victimized, and ostracized. » City Councilman Curtis Jones Jr. doubled down on the persecution theme: « In many ways I’m reminded of the shooting of Trayvon Martin, stereotyped because of a garment called a hoodie. » Ibrahim Hooper of the Council on American-Islamic Relations (CAIR) chimed in as well. « Islamophobes love to see this sort of thing, because it gives them fuel to express their hatred, » he claimed. « Now they can say, ‘See, this is why Muslim women shouldn’t dress the way they do.' » Therefore, banks must run the gauntlet of « Islamophobia » charges if they pursue a seemingly obvious remedy: forbidding attire that hides customers’ faces from security cameras. Financial institutions nationwide have worked to deter more conventional robberies, reportedly with some success, by implementing dress codes that ban hats, hoods, and sunglasses, but Islamists have fought restrictions on headgear. When disputes arose several years ago over women being asked to remove headscarves or be served in alternate areas, CAIR characteristically demanded more sensitive policies and issued dubious calls for federal probes. Just as predictably, the banks and credit unions tended to cave and exempt hijabs. No doubt robbers note the deference toward Islam enforced by Islamists — a phenomenon exacerbated in cities like Philadelphia with copious Muslims and an aggressive CAIR chapter. (…) How to proceed? The ultimate solution would entail proscribing face-covering apparel everywhere in public, as France and Belgium have done. Yet American banks enjoy plenty of leeway to ban it on their premises right now, assuming that they ignore CAIR’s specious threats and frequently bogus tales of Muslim victimhood. The First Amendment may protect niqabs on the streets, but banks are private entities and thus not bound by it. They also are not listed in Title II of the 1964 U.S. Civil Rights Act among « places of public accommodation » where religiously discriminating against clients is illegal — not that faith-neutral dress codes are « discriminatory » anyway, regardless of Islamists’ pleas. In addition, though numerous states, including Pennsylvania, have civil rights laws that are more expansive than the federal version, the various requirements to accommodate religious practices of customers or employees are not absolute and typically must be balanced against the hardships imposed on others. One can debate whether banks should tolerate hijabs, which often obscure less of the face than hoodies or caps, but it is inconceivable that banks are somehow obligated to welcome niqabs that purposefully hide the face and burden others by undermining safety in a venue where security is paramount. If ski masks are not permitted, niqabs should not be either. Drawing the line with clear policies that prohibit all criminal-friendly garments on bank property would be a significant step in the appropriate direction — and almost certainly a legal one. Situated at the leading edge of this problem in the U.S., Philadelphians have a special responsibility to find effective solutions. Other American cities must stay alert as well, because the ingredients that make Philadelphia a prime target exist elsewhere; Detroit comes to mind. If Philadelphia manages to curtail the trend, its approach can be a template for comparable cities to follow. But if it fails, criminals in the country’s niqab-heavy metropolitan areas may soon thank the trailblazing burqa bandits of Philadelphia for having provided a successful model of their own. David J. Rusin
Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. (…) À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.» Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016. (…) D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues. Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants. Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020. Le Figaro
Contraction de « bikini » et « burqa », le burkini est un costume de bain qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles. Son invention est attribuée à l’Australienne Aheda Zanetti, qui a lancé sa gamme de tenues pratiques pour le sport et « religieusement correctes » en 2003. En Australie, où la plage est une véritable « culture », que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait « un vide qu’il fallait combler », expliquait-elle à l’Agence France-Presse en 2007. (…) Dans le livre sacré des musulmans, explique Franck Fregosi, spécialiste de l’islam, « il y a des éléments relatifs aux règles de pudeur, mais pas de codification ». Si plusieurs versets du Coran mentionnent le voile, son port n’est pas explicitement exigé, et les avis divergent quant à l’interprétation des textes. (…) Le burkini ne cache pas le visage. Comme le voile, il est donc autorisé en France dans les lieux publics. Seul le voile dissimulant le visage (niqab) est proscrit dans l’espace public depuis 2011. Les municipalités côtières qui ont récemment pris des arrêtés prohibant le burkini sur les plages ont mis en avant le risque de « troubles à l’ordre public » dans le contexte de menaces d’attentats. Le Point
Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes
Amid all this intellectual and moral confusion, Ian Buruma and Avishai Margalit have deftly proposed the notion of « Occidentalism. » This is a play on « Orientalism, » the formulation advanced by the late Edward Said, whereby a society or its academics and intellectuals can be judged by their attitude to the « other. » Avishai Margalit is a professor at the Hebrew University of Jerusalem and has been very much identified with the secular and internationalist wing of the Israeli peace camp. Ian Buruma is known to a large audience for his witty and profound studies of Asia, Germany and England. Both authors had in common a friendship with, and a strong admiration for, Isaiah Berlin. … The authors demonstrate that there is a long history of anti-Western paranoia in the intellectual tradition of the « East, » but that much of this is rooted in non-Muslim and non-Oriental thinking. Indeed, insofar as the comparison with fascism can be made, it can be derived from some of the very origins and authors that inspired fascism itself. In many areas of German, Russian and French culture, one finds the same hatred of « decadence, » the same cultish worship of the pitiless hero, the same fascination with the infallible « leader, » the same fear of a mechanical civilization as opposed to the « organic » society based on tradition and allegiance. Christopher Hitchens
We generally understand « radical Islam » as a purely Islamic phenomenon, but Buruma and Margalit show that while the Islamic part of radical Islam certainly is, the radical part owes a primary debt of inheritance to the West. Whatever else they are, al Qaeda and its ilk are revolutionary anti-Western political movements, and Buruma and Margalit show us that the bogeyman of the West who stalks their thinking is the same one who has haunted the thoughts of many other revolutionary groups, going back to the early nineteenth century. In this genealogy of the components of the anti-Western worldview, the same oppositions appear again and again: the heroic revolutionary versus the timid, soft bourgeois; the rootless, deracinated cosmopolitan living in the Western city, cut off from the roots of a spiritually healthy society; the sterile Western mind, all reason and no soul; the machine society, controlled from the center by a cabal of insiders, often jews, pulling the hidden levers of power versus an organically knit-together one, a society of « blood and soil. » The anti-Western virus has found a ready host in the Islamic world for a number of legitimate reasons, they argue, but in no way does that make it an exclusively Islamic matter. The Economist
They are not expressions of an outburst in the West of the [Israeli-Palestinian] conflict in the Middle East. It is truly modern, aimed against American imperialism, capitalism, etc. In other words, they occupy the same space that the proletarian left had thirty years ago, that Action Directe had twenty years ago. . . . It partakes henceforth of the internal history of the West. (…) It can feel like a time-warp, a return to the European left of the 1970s and early 1980s. Europe’s radical-mosque practitioners can appear, mutatis mutandis, like a Muslim version of the hard-core intellectuals and laborers behind the aggrieved but proud Scottish National party in its salad days. (…) In the last three centuries, Europe has given birth and nourishment to most of mankind’s most radical causes. It shouldn’t be that surprising to imagine that Europe could nurture Islamic militancy on its own soil. (…) In Europe as elsewhere, Westernization is the key to the growth and virulence of hard-core Islamic radicalism. The most frightening, certainly the most effective, adherents of bin Ladenism are those who are culturally and intellectually most like us. The process of Westernization liberates a Muslim from the customary sanctions and loyalties that normally corralled the dark side of the human soul. (…) It would be a delightful irony if the more progressive political and religious debates among the Middle East’s Muslims saved their brethren in the intellectually backward lands of the European Union. Reuel Marc Gerecht
Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. It is a war against a particular idea of the West – a bourgeois society addicted to money, creature comforts, sex, animal lusts, self-interest, and security – which is neither new nor unique to Islamist extremism. This idea has historical roots that long precede any form of ‘U.S. imperialism’ . (…) Blood, soil, and the spirit of the Volk were what German romantics in the late 18th and early 19th centuries invoked against the universalist claims of the French Enlightenment, the French Revolution, and Napoleon’s invading armies. This notion of national soul was taken over by the Slavophiles in 19th-century Russia, who used it to attack the « Westernizers, » that is, Russian advocates of liberal reforms. It came up again and again, in the 1930s, when European fascists and National Socialists sought to smash « Americanism, » Anglo-Saxon liberalism, and « rootless cosmopolitanism » (meaning Jews). Aurel Kolnai, the great Hungarian scholar, wrote a book in the 1930s about fascist ideology in Austria and Germany. He called it War Against the West. Communism, too, especially under Stalin, although a bastard child of the Enlightenment and the French Revolution, was the sworn enemy of Western liberalism and « rootless cosmopolitanism. » Many Islamic radicals borrowed their anti-Western concepts from Russia and Germany. The founders of the Ba’ath Party in Syria were keen readers of prewar German race theories. Jalal Al-e Ahmad, an influential Iranian intellectual in the 1960s, coined the phrase « Westoxification » to describe the poisonous influence of Western civilization on other cultures. He, too, was an admirer of German ideas on blood and soil. Clearly, the idea of the West as a malign force is not some Eastern or Middle Eastern idea, but has deep roots in European soil. Defining it in historical terms is not a simple matter. Occidentalism was part of the counter-Enlightenment, to be sure, but also of the reaction against industrialization. Some Marxists have been attracted to it, but so, of course, have their enemies on the far right. Occidentalism is a revolt against rationalism (the cold, mechanical West, the machine civilization) and secularism, but also against individualism. European colonialism provoked Occidentalism, and so does global capitalism today. But one can speak of Occidentalism only when the revolt against the West becomes a form of pure destruction, when the West is depicted as less than human, when rebellion means murder. Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. Isaiah Berlin once described the German revolt against Napoleon as « the original exemplar of the reaction of many a backward, exploited, or at any rate patronized society, which, resentful of the apparent inferiority of its status, reacted by turning to real or imaginary triumphs and glories in its past, or enviable attributes of its own national or cultural character. » The same thing might be said about Japan in the 1930s, after almost a century of feeling snubbed and patronized by the West, whose achievements it so fervently tried to emulate. It has been true of the Russians, who have often slipped into the role of inferior upstarts, stuck in the outer reaches of Asia and Europe. But nothing matches the sense of failure and humiliation that afflicts the Arab world, a once glorious civilization left behind in every respect by the post-Enlightenment West. Humiliation can easily turn into a cult of the pure and the authentic. Among the most resented attributes of the hated Occident are its claims to universalism. Christianity is a universalist faith, but so is the Enlightenment belief in reason. Napoleon was a universalist who believed in a common civil code for all his conquered subjects. The conviction that the United States represents universal values and has the God-given duty to spread democracy in the benighted world belongs to the same universalist tradition. Some of these values may indeed be universal. One would like to think that all people could benefit from democracy or the use of reason. The Code Napoleon brought many benefits. But when universal solutions are imposed by force, or when people feel threatened or humiliated or unable to compete with the powers that promote such solutions, that is when we see the dangerous retreat into dreams of purity. Not all dreams of local authenticity and cultural uniqueness are noxious, or even wrong. As Isaiah Berlin also pointed out, the crooked timber of humanity cannot be forcibly straightened along universal standards with impunity. The experiments on the human soul by Communism showed how bloody universalist dreams can be. And the poetic romanticism of 19th-century German idealists was often a welcome antidote to the dogmatic rationalism that came with the Enlightenment. It is when purity or authenticity, of faith or race, leads to purges of the supposedly inauthentic, of the allegedly impure, that mass murder begins. The fact that anti-Americanism, anti-Zionism, anti-Semitism, and a general hostility to the West often overlap is surely no coincidence. Even in Japan, where Jews play no part in national life, one of the participants at the 1942 Kyoto conference suggested that the war against the West was a war against the « poisonous materialist civilization » built on Jewish financial capitalist power. At the same time, European anti-Semites, not only in Nazi Germany, were blaming the Jews for Bolshevism. Both Bolshevism and capitalism are universalist systems in the sense that they do not recognize national, racial, or cultural borders. Since Jews are traditionally regarded by the defenders of purity as the congenital outsiders, the archetypal « rootless cosmopolitans, » it is no wonder that they are also seen as the main carriers of the universalist virus. To be sure, Jews had sound reasons to be attracted to such notions as equality before the law, secular politics, and internationalism, whether of a socialist or capitalist stamp. Exclusivity, whether racial, religious, or nationalist, is never good for minorities. Only in the Middle East have Jews brought their own form of exclusivity and nationalism. But Zionism came from the West. And so Israel, in the eyes of its enemies, is the colonial outpost of « Westoxification. » Its material success only added to the Arab sense of historic humiliation. The idea, however, that Jews are a people without a soul, mimics with no creative powers, is much older than the founding of the State of Israel. It was one of the most common anti-Semitic slurs employed by Richard Wagner. He was neither the first to do so, nor very original in this respect. Karl Marx, himself the grandson of a rabbi, called the Jews greedy parasites, whose souls were made of money. The same kind of thing was often said by 19th-century Europeans about the British. The great Prussian novelist Theodor Fontane, who rather admired England, nonetheless opined that « the cult of the Gold Calf is the disease of the English people. » He was convinced that English society would be destroyed by « this yellow fever of gold, this sellout of all souls to the devil of Mammon. » And much the same is said today about the Americans. Calculation — the accounting of money, interests, scientific evidence, and so on — is regarded as soulless. Authenticity lies in poetry, intuition, and blind faith. The Occidentalist view of the West is of a bourgeois society, addicted to creature comforts, animal lusts, self-interest, and security. It is by definition a society of cowards, who prize life above death. As a Taliban fighter once put it during the war in Afghanistan, the Americans would never win, because they love Pepsi-Cola, whereas the holy warriors love death. This was also the language of Spanish fascists during the civil war, and of Nazi ideologues, and Japanese kamikaze pilots. The hero is one who acts without calculating his interests. He jumps into action without regard for his own safety, ever ready to sacrifice himself for the cause. And the Occidentalist hero, whether he is a Nazi or an Islamist, is just as ready to destroy those who sully the purity of his race or creed. It is indeed his duty to do so. When the West is seen as the threat to authenticity, then it is the duty of all holy warriors to destroy anything to do with the « Zionist Crusaders, » whether it is a U.S. battleship, a British embassy, a Jewish cemetery, a chunk of lower Manhattan, or a disco in Bali. The symbolic value of these attacks is at least as important as the damage inflicted. What, then, is new about the Islamist holy war against the West? Perhaps it is the totality of its vision. Islamism, as an antidote to Westoxification, is an odd mixture of the universal and the pure: universal because all people can, and in the eyes of the believers should, become orthodox Muslims; pure because those who refuse the call are not simply lost souls but savages who must be removed from this earth. Hitler tried to exterminate the Jews, among others, but did not view the entire West with hostility. In fact, he wanted to forge an alliance with the British and other « Aryan » nations, and felt betrayed when they did not see things his way. Stalinists and Maoists murdered class enemies and were opposed to capitalism. But they never saw the Western world as less than human and thus to be physically eradicated. Japanese militarists went to war against Western empires but did not regard everything about Western civilization as barbarous. The Islamist contribution to the long history of Occidentalism is a religious vision of purity in which the idolatrous West simply has to be destroyed. The worship of false gods is the worst religious sin in Islam as well as in ancient Judaism. The West, as conceived by Islamists, worships the false gods of money, sex, and other animal lusts. In this barbarous world the thoughts and laws and desires of Man have replaced the kingdom of God. The word for this state of affairs is jahiliyya, which can mean idolatry, religious ignorance, or barbarism. Applied to the pre-Islamic Arabs, it means ignorance: People worshiped other gods because they did not know better. But the new jahiliyya, in the sense of barbarism, is everywhere, from Las Vegas and Wall Street to the palaces of Riyadh. To an Islamist, anything that is not pure, that does not belong to the kingdom of God, is by definition barbarous and must be destroyed. Just as the main enemies of Russian Slavophiles were Russian Westernizers, the most immediate targets of Islamists are the liberals, reformists, and secular rulers in their own societies. They are the savage stains that have to be cleansed with blood. But the source of the barbarism that has seduced Saudi princes and Algerian intellectuals as much as the whores and pimps of New York (and in a sense all infidels are whores and pimps) is the West. And that is why holy war has been declared against the West. Ian Buruma
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear
Le multiculturalisme c’est justement accepter que l’autre soit culturellement différent, et l’on ne peut imposer une culture exclusive sans aliéner ceux qui s’en sentent exclus. Annika
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear. In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers. All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam. That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet. This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community. In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.) Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon. Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands. In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment. By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America. Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.) The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out. Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries. These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others. All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go topless.) Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam. This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization. It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it. It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war. The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab. Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law. (…) The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine. Amir Taheri

Attention: une coiffe peut en cacher une autre !

A l’heure où la température du débat sur le burkini va bientôt dépasser celle du soleil sur nos plages …

Et que de l’autre côté de l’Atlantique, l’on présente comme une grande avancée de l’émancipation féminine une musulmane qui pousse la pudeur jusqu’à porter le masque sous son masque d’escrimeuse …

Pendant que pour  fustiger une France qui a dix fois plus de musulmans, le NYT lui-même monte au créneau …

Pendant que de l’autre côté de la Méditerranée l’on interdit tranquillement dans les piscines des grands hôtels …

Ou qu’entre la Turquie et la Malaisie ou l’Autriche ou l’Australie se développe le « tourisme halal »

Peut-être faudrait-il aussi rappeler avec le politologue irano-américain Amir Taheri …

Qu’au-delà des radicaux qui récupèrent ou tirent plus ou moins les ficelles derrière …

Ou, contrairement au burkini légalement non-sanctionnable, des petits malins qui s’en servent pour commettre des délits

Et bien après les pratiques ancestrales qu’elles sont censées reprendre et sans compter les fantasmes de nos orientalistes …

Le hijab comme la version plage de la burkha (c’est l’étymologie proprement oxymorique – voire « idiote » du propre aveu de sa créatrice libano-australienne – du terme burkini) sont, comme l’islamisme, toutes des inventions récentes inspirées et imitées d’inventions occidentales (la tunique, le voile et la guimpe de nos religieuses, notamment au Liban pour le premier, les tenues de plongée moderne pour le second) …

Par des musulmans immigrés en Occident ou occidentalisés redécouvrant et faisant redécouvrir à leurs contemporains, en réaction avec l’Occident qui les fascine et donc comme nouveau marqueur identitaire à la manière de nos « born again » et avec le zèle du nouveau converti (voire, pour les plus intellos, comme l’équivalent féminin de la vareuse, de la casquette ou du col du Grand Timonier aux 30 millions de morts qu’appréciaient tant nos jeunes gens engagés des années 60 ou du keffieh des terroristes palestiniens si tendance d’aujourd’hui) …

Une pratique de l’islam largement et souvent volontairement oubliée comme rétrograde par la génération de leurs parents à leur âge, Iran comme Algérie ou Afghanistan compris …

Et donc que l’on est et que l’on reste effectivement en plein multiculturalisme, invention aussi occidentale que récente !

This is Not Islam

FRANCE’S Prime Minister Jean-Pierre Raffarin has just appointed a committee to draft a law to ban the Islamist hijab (headgear) in state-owned establishments, including schools and hospitals. The decision has drawn fire from the French “church” of Islam, an organization created by Raffarin’s government last spring.

Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear.

In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers.

All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam.

That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet.

This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community.

In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.)

Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon.

Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands.

In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment.

By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America.

Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.)

The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out.

Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries.
These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others.

All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go Topless.)

Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam.

This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization.

It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it.
It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war.

The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab.

Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law.

Last year, the Islamist regime authorized a number of girl colleges in Tehran to allow students to discard the hijab while inside school buildings. The experiment was launched after a government study identified the hijab as the cause of “widespread depression and falling academic standards” and even suicide among teenage girls.

The Ministry of Education in Tehran has just announced that the experiment will be extended to other girls schools next month when the new academic year begins. Schools where the hijab was discarded have shown “real improvements” in academic standards reflected in a 30 percent rise in the number of students obtaining the highest grades.

Meanwhile, several woman members of the Iranian Islamic Majlis (parliament) are preparing a draft to raise the legal age for wearing the hijab from six to 12, thus sparing millions of children the trauma of having their heads covered.

Another sign that the Islamic Republic may be softening its position on hijab is a recent decision to allow the employees of state-owned companies outside Iran to discard the hijab. (The new rule has enabled hundreds of women, working for Iran-owned companies in Paris, London, and other European capitals, for example, to go to work without the cursed hijab.)

The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine.

The hijab-wearing militants have a right to promote their political ideology. But they have no right to speak in the name of Islam.

Voir aussi:

France’s Burkini Bigotry

By THE EDITORIAL BOARD
The NYT

After bans on full-face veils, head scarves in schools and rules about students’ skirt lengths, France’s perennial problem with Muslim women’s attire has taken its most farcical turn yet with a new controversy over the “burkini,” body-covering swimwear whose name is an amalgam of burqa and bikini. As of Thursday, five French mayors had banned the burkini, calling it, variously, a threat to public order, hygiene, water safety and morality, tantamount to a new weapon of war against the French republic. Thierry Migoule, an official with the city of Cannes, the first to ban the burkini, declared the swimwear “clothing that conveys an allegiance to the terrorist movements that are waging war against us.”

This hysteria threatens to further stigmatize and marginalize France’s Muslims at a time when the country is listing to the Islamophobic right in the wake of a series of horrific terrorist attacks. And with presidential elections scheduled for next spring and the right-wing National Front’s popularity on the rise, French officials and politicians have leapt to support the mayors.

Prime Minister Manuel Valls on Wednesday called the burkini a symptom of “the enslavement of women” that “is not compatible with the values of France” and said “the nation must defend itself.” France’s women’s rights minister, Laurence Rossignol, declared the burkini “the beach version of the burqa” and said “it has the same logic: Hide women’s bodies in order to better control them.”

Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear.

The fact that French parents are increasingly dressing their toddlers in remarkably similar suits to protect them from the sun, or that a wet suit also covers the head and body, adds to the hypocrisy of this debate. But at the heart of the dispute is something far darker: French politicians’ paternalistic pronouncements on the republic’s duty to save Muslim women from enslavement — by dictating to them what they can and can’t wear. The burkini rumpus is also a convenient distraction from the problems France’s leaders have not been able to solve: high unemployment, lackluster economic growth and a still very real terrorist threat.

Voir également:

Burkini®, une marque déposée en 2006 en Australie

La société Ahiida a été créé en Australie en 2004 par Aheda Zanetti. Elle est aujourd’hui implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. D’autres marques se sont lancées sur ce créneau.

Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. En pleine polémique sur le burkini en France -qui s’étend en Espagne-, des voix s’élèvent pour demander une loi afin d’interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes. À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.»

Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016.

À l’international, Ahiida a désormais un pied sur chaque continent. L’entreprise est, d’après son site, implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. «Nous sommes ravis du volume de commandes internationales, passées par des femmes en quête de tenues de bain et de sports pudiques», commente Aheda Zanetti. «Nos marchés les plus importants sont les États-Unis, le Canada et l’Europe.» Selon elle, les ventes de l’entreprise ne souffrent pas des interdictions prononcées dans certains pays, comme cela a été le cas au Maroc. «Nous pensons que les femmes européennes, notamment, ont adhéré à nos lignes Burkini Swimwear et Hijood Sportwear et à ce qu’elles représentent.» D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues.

Boom de la consommation musulmane

Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants.

Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020.

Voir encore:

Histoire du burkini, des origines aux polémiques

Après la polémique, retour sur l’histoire du burkini : son invention, son apparition en France, et le marché qu’il représente aujourd’hui.

Source AFP

 Le Point
17/08/2016|

Aubervilliers: A quand le racisme anti-grand-mères ? (Like their cash-laden tourist cousins from the mainland, Chinese-French find out the hard way they too have become easy targets for muggers)

19 août, 2016
ChineseYou can’t turn the ghetto into black Korea. Ice cube
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. (…) Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur. (…) Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme. (…) Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. » (…) De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre. (…) C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer. « Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. » La Voix du nord (16.01.2016)
Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables. Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire. Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ». S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  (…) Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple). Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros. Le Messager (2012)
A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion. Li Lang (marketing manager of Guangzhou-based travel agency)
Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average. « There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. » Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said. Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said. (…) Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash. (…) The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital. Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe. South China Morning Post
One explanation is that Chinese tourists often carry large amounts of cash. Chinese and Japanese tourists are also known to spend freely, with an average of between €800-€1,200 ($1,000-$1,500), mostly in luxury Champs Elysées boutiques. With expensive brand names on their shopping bags, they are an easy prey for thieves, especially in the suburban hotels where many stay. The most audacious thefts can occur even before Chinese visitors set foot in the city, on the A1 motorway from the airport, which is notorious for traffic jams. On at least two occasions, organised gangs attacked tourist minibuses. They wait for the bus to reach a standstill, break the windows and snatch bags from terrified occupants. (…) In central Paris the pickpockets are mainly young eastern Europeans controlled by criminal networks that are hard to dismantle, especially since the thieves are teenagers and don’t carry IDs. Being under age, they are released very quickly. Furthermore, Asian tourists (…) rarely file complaints. The police station by the Eiffel Tower only gets between 60 and 80 per month. « The tourists are usually with tour operators and simply don’t have two hours to spend in a police station, » said Serge Leduc, head of security at the Louvre.In 2010, the Chinese diaspora in the Belleville district of Paris demonstrated against the attacks, especially those during weddings when people traditionally offer cash gifts. Now complaint forms are available in Chinese. (…)  The regional tourist office says that the figures show no drop in Asian visitors but the chairman, Jean-Pierre Blat, has long-term concerns: « With the growth of emerging countries, we could see between 10-15 million more tourists by 2020, and we just don’t have the capacity to deal with them. » One problem is the lack of security in suburban hotels. In central Paris, hotel capacity is at saturation point and new ones can only be built outside the ring road, in precisely the areas now avoided by the Chinese tour operators. Jean-François Zhou, the founder of Ansel Travel, says that the Chinese blacklist hotels whose clients have been the victims of theft. He now tries to get his clients into central hotels, even if it raises the cost of his services. (…) The long-term aim is to change their cash habits by promoting awareness and working with the Chinese, Japanese and South Korean embassies. The Guardian
Chaolin Zhang, un couturier de 49 ans, était hospitalisé depuis lundi dernier à la fondation Rothschild à Paris (XIXe) dans un état de santé désespéré. Selon ses proches, il aurait succombé à une hémorragie cérébrale. Dans l’agression, un coup violent au sternum l’a projeté à terre. Les premiers éléments de l’enquête montrent que cette chute serait à l’origine d’une grave blessure à la tête.La deuxième victime s’est remise de ses blessures. Selon son témoignage, trois jeunes garçons seraient les auteurs de l’agression. L’enquête, confiée à la sûreté territoriale, n’a pas encore abouti à l’arrestation de suspects. Le Parisien
Ce crime est d’autant plus odieux que son mobile crapuleux se double d’un ciblage raciste. Meriem Derkaoui (maire PCF, Aubervilliers)
La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider. Lei
Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches. J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac !  Fang (étudiante d’Aubervilliers)
Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien. Epouse de Chaolin Zhang
Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. Rui Wang
Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes. Denis
Ici, toutes les communautés sont touchées, mais les Chinois sont particulièrement stigmatisés. Habitante d’Aubervilliers
La situation actuelle est l’illustration de la transformation d’un racisme latent en racisme ordinaire.  Rui Wang
C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. Rui Wang (président de l’association des jeunes Chinois en France)
L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidents et de touristes, bouleverse profondément cette image. Changhang Wu
La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres.  Xuewu Long (secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France)
Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. » Le Parisien
La communauté chinoise (…) est (…) de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics. (…) Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Licra
Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés. « Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique. Le Parisien
Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter. Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue. Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration. La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne. Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles» Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis. Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé. Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine. La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage. Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente. Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler. (…) Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation. Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini. Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique. Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques. Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit. C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel
C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux… Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !” Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts ! « Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire… (…) Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite. Amaury Grandgil
« La violence, c’est un problème pour tout le quartier. Rui Wang (président de l’Association des Jeunes Chinois de France)
À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture. Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle. Le Point

Crime raciste », « crime au ciblage raciste », « ciblage raciste », « meurtre à caractère raciste », « violences racistes », « racisme anti-asiatiques », « racisme silencieux », référence à l’affaire Halimi …

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

Au lendemain du tragique décès d’un ressortissant chinois d’Aubervilliers suite à sa chute apparemment contre un trottoir après une tentative de vol de sacoche …

Et des qualifications de crime raciste qui, des associations chinoises, de la Licra ou de la maire d’Aubervilliers elle-même, ont fusé dans la presse …

Pendant que sur fond d’attentats et de coups de force plagiers, djihadistes violents comme culturels poussent leurs pions …

Comment ne pas voir …

Non seulement le triste état de la sécurité des personnes et des relations inter-communautaires actuellement en France …

Mais aussi l’étrange confusion de certains esprits …

Face à l’apparente émergence, suite notamment à la meilleure protection des commerçants comme le reconnait elle-même une conseillère municipale de la ville, d’une nouvelle vulnérabilité d’une population …

Qui, à l’instar des personnes âgées ou des touristes voire des sans-papiers ou des travailleurs clandestins, semble posséder en fait nombre des caractéristiques de la proie idéale pour ce genre de vols …

A savoir, la  moindre familiarité avec les lieux, la moindre tendance à se défendre ou à porter plainte et surtout le port fréquent de sommes importantes d’argent liquide  ?

Violence anti-asiatique : où sont passés les antiracistes ?

  • Gilles William Goldnadel
    Le Figaro
  • 15/08/2016

FIGAROVOX/HUMEUR – Dimanche 14 août à Aubervilliers, plusieurs milliers de personnes, dénonçant une violence anti-asiatique, ont rendu hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel s’étonne du silence des associations antiracistes.

Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter.

Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue.

Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration.

La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne.

Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles»

Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis.

Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé.

Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine.

La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage.

Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente.

Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler.

Comme je l’écrivais la semaine dernière: trop simple et indiscutable pour intéresser un monde médiatique idéologique précisément séduit par la spéculation polémique.

Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation.

Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini.

Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique.

Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques.

Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit.

C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» J’ai évidemment trop de respect obséquieux pour notre radio nationale de service public pour oser lui demander si elle n’avait pas par hasard obliqué de la gauche vers son extrême. Il faut dire que cette thématique orientée de notre antenne radiophonique n’a fait que reprendre l’antienne socialiste que cette semaine a entonné désespérément M. Cambadélis.

Celui-ci a en effet reproché à Nicolas Sarkozy de «tutoyer» de plus en plus le Front National. De la part d’un ancien trotskiste à tu et à toi avec les communistes, en ce compris électoralement, la grosse ficelle est usée jusqu’à la corde avec laquelle les antifascistes et antiracistes d’opérette pourront bientôt se pendre.

Car oui, le dévoilement de la réalité est aujourd’hui tel, que les dénis oui -oui peuvent à présent être démasqués sans que ceux qui les démasquent se retrouvent expédiés dans un goulag moral.

N’en déplaise à tous les antiracistes subventionnés, à la gauche morale démoralisée et à toutes les radios actives cultivées.

Voir aussi:

Pas d’indignation pour les Asiatiques de France
L’idéologie de la diversité face à ses tabous
Amaury Grandgil
Causeur
16 août 2016

Un couturier de 49 ans, Chaolin Zhang, a été assassiné sauvagement à Aubervilliers il y a quelques jours au cours d’une agression par des « jeunes » selon le terme pudique en vigueur, sans doute de jeunes dépressifs fragilisés. Il a été vraisemblablement agressé en raison de son origine chinoise. Dimanche, 500 personnes ont défilé calmement dans une atmosphère de colère sourde, scandalisés par l’indifférence des gouvernants et de la plupart des observateurs politiques assermentés.

C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux…

Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !”

Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts !

« Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire…

Je ne ferai pas d’eux non plus évidemment un portrait idéal, il existe aussi une délinquance dans les quartiers marqués par l’Extrême-Orient dans Paris comme il y en a partout là où se trouvent des être humains car « là où il y a de l’homme il y a de l’hommerie » pour reprendre la phrase de saint François de Sales.

On me rétorquera également que de nombreux humoristes et comiques douteux de gauche, à l’humour engagé et concerné, le fameux « humour de combat » de Jean-Michel Ribes, n’hésitent jamais devant une bonne blague sur les Vietnamiens, les Chinois, les Japonais. Avec un accent caricatural et une élégance dans le trait à faire rougir de confusion Michel Leeb lui qui « imitait » les Africains dans les années 80. Là par contre, dans son cas, les arbitres des élégances politiques poussaient les hauts cris, en appelaient au risque de retour des fameuses heures les plus sombres de notre histoire etc….

Dans les films des comiques de cette obédience, tels ceux d’Eric et Ramzy, on trouve toujours des bonnes blagues racistes d’une manière souvent très primaire : dans La Tour Montparnasse Infernale dans Halal police d’état. Mais ces grasses plaisanteries ne déclenchent jamais aucune manifestation, aucune indignation vertueuse alors que ce racisme est d’une abjection aussi intolérable…
À moins qu’il ne s’agisse de la fameuse dérision citoyenne…

Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite.

Voir également:

Aubervilliers : le racisme anti-asiatiques tue
Zhang Chaolin, homme de 49 ans d’origine chinoise, est décédé vendredi 12 août des suites des blessures liées à l’agression qu’il a subie en pleine rue, à Aubervilliers, le 7 août dernier.

La communauté chinoise et la maire d’Aubervilliers ont dénoncé le caractère raciste de cette agression. Cette communauté est en effet de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics.

Il est essentiel désormais que l’enquête fasse la lumière au plus vite sur les circonstances ayant conduit à la mort de Zhang Chaolin. La commission juridique de la LICRA est immédiatement saisie afin d’examiner au plus vite les conditions d’une constitution de partie civile dans cette affaire.

Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Il suffit d’entendre certains commentateurs des Jeux Olympiques devant des athlètes asiatiques pour comprendre le poids des idées reçues et de la bêtise à l’égard de nos compatriotes d’origine asiatique.

Voir encore:

Aubervilliers : le deuil et la colère après la mort de Chaolin Zhang
Floriane Louison

Le Parisien

14 août 2016

« La communauté chinoise meurt en silence », a-t-il écrit en rouge sur son t-shirt maculé de fausses taches de sang. Maike Song, un Parisien d’origine chinoise, est venu, ce dimanche, rendre hommage à Chaoling Zhang. Vendredi dernier, cet homme de 49 ans, père de deux enfants, est décédé de ses blessures après une agression cinq jours plus tôt, rue des Ecoles à Aubervilliers. Devant la mairie, ils étaient au moins 500, selon la préfecture, à se recueillir et, aussi, à dire leur colère.

« La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider », exprime une jeune fille, Lei. Devant le portrait de la victime, entouré de ses proches, elle attend son tour pour déposer une bougie et une fleur.

Dans cette foule en deuil, surveillée par un important dispositif policier, la tension est palpable, et le mot est lâché : « agression anti-asiatique ». Il est relayé par la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui. Elle n’était pas présente à l’hommage mais dans un communiqué, elle dénonce « le ciblage raciste du crime. »

Son épouse attend que « justice soit rendue »

Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés.

100 vols depuis novembre contre les Chinois d’Aubervilliers

« Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique.

« Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches », estime Fang, une étudiante d’Aubervilliers. « J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac ! »

Après l’hommage, la famille et ses soutiens ont marché jusqu’à la rue des Ecoles. « Il y a déjà eu des dizaines d’agressions ici ! », interpelle le comité de soutien qui réclame des mesures concrètes, notamment l’installation de caméras supplémentaires. Ils seront reçus, ce mercredi, par la préfecture pour examiner leurs demandes. « Nous souhaitons aussi préparer un travail, ensemble, pour faire mieux connaître la communauté chinoise », précise aussi la préfecture. La Région a elle aussi réagi en proposant son aide pour sécuriser la ville d’Aubervilliers.

Voir  de même:

Agression d’Aubervilliers : les Chinois disent stop à la violence
Floriane Louison

Le Parisien

17 août 2016

Il est rare que les représentants de la communauté chinoise montent au créneau sur la place publique. « Mais, cette fois, c’est trop grave », lance Hua Qin Cao, président de l’association de l’amitié chinoise en France qui a participé ce mercredi à une réunion en préfecture de Seine-Saint-Denis, avec d’autres représentants de la communauté, après avoir été reçu mardi au conseil régional.

Vendredi dernier, Chaolin Zhang, un couturier chinois de 49 ans travaillant en France, a succombé à ses blessures après une agression, cinq jours plus tôt, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « Un drame prévisible », dénonce Hua Qin Cao. Dans cette ville, depuis janvier, il recense, au sein de sa communauté, des victimes quasi quotidiennes de vols violents.

Son association ne se contente pas de compter les blessés mais elle les accompagne aussi à l’hôpital, au commissariat et jusqu’au tribunal si les suspects sont arrêtés. Surtout, elle organise « l’auto-défense » de la communauté chinoise d’Aubervilliers. Hua Qin Cao est alerté par les victimes après toutes les agressions ou presque via le réseau social chinois WeChat. A chaque fois, il se déplace. « En Seine-Saint-Denis, différents groupes de protection se sont ainsi mis en place », décrit-il. Mais la série noire continue. « Alors, maintenant, il faut nous aider ! »

Une liste alarmante de victimes

Sur son téléphone, il fait défiler des noms et des photos. Une liste alarmante qui commence le 27 décembre. Le 3 janvier, il y a déjà onze victimes : Y. et F., les visages contusionnés après un vol de portefeuille, Mme Wu, délestée de son sac à main, S., agressée, avec ses deux filles. « Les voleurs l’ont suivi depuis le métro jusqu’à sa maison », se rappelle le représentant qui a consigné « 105 cas similaires, la plupart dans le seul quartier des Quatre-Chemins à Aubervilliers. » Un chiffre confirmé par la préfecture de Seine-Saint-Denis qui constate une augmentation du phénomène dans cette ville.

Une explosion des violences

5 %.

Aubervilliers compte 3 000 à 4 000 habitants chinois ou originaires de Chine, soit près de 5 % de sa population de 80 000 habitants.

105.

Entre janvier et août, le nombre de vols avec violence ciblant les Chinois à Aubervilliers a été multiplié par trois par rapport à l’année dernière sur la même période, passant de 35 (2015) à 105 agressions (2016).

16 %.

Depuis janvier, sur les 666 vols avec violence dénombrés à Aubervilliers — soit presque trois par jour —, environ 16 % touchent la communauté chinoise. L’an dernier, sur les 466 vols violents sur la même période, seuls 7 % concernaient des Chinois.

« Et Aubervilliers n’est pas la seule ville touchée », assure Wansheng Chi, président de l’association des Chinois résidants en France qui cite aussi, en Seine-Saint-Denis, La Courneuve et Pantin. « Plus généralement, un sentiment d’insécurité grandit au sein de la communauté chinoise en France depuis environ cinq ans. Il est également ressenti très fortement par les touristes chinois (lire ci-dessous). »

Le mot « psychose » est lâché. « Tout le monde a peur, j’ai déjà été agressée trois fois, je ne sors même plus avec un sac dans la rue », expliquait dimanche dernier, Fang, une étudiante d’Aubervilliers, lors d’un hommage à Chaolin Zhang. Après son décès, la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, a dénoncé le « ciblage raciste » de l’agression. Rui Wang, président de l’association des jeunes Chinois en France partage cette analyse : « C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. »

« Un racisme latent qui se transforme en racisme violent »

« Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien », répète son épouse dévastée. « A Aubervilliers, la plupart des victimes sont, comme lui, des travailleurs modestes », ajoute Ling Lenzi, conseillère municipale (LR) à Aubervilliers et seule élue de la communauté. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi » (NDLR : un jeune juif enlevé et tué en 2006 par un gang qui espérait une rançon), dénonçait la Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), mardi, s’inquiétant de la montée d’un racisme anti-asiatique.

« Cette hausse de la violence » effraie le comité de soutien à la famille de Chaolin Zhang, créé après son décès. Il réclame « justice », mais aussi des « mesures concrètes pour la sécurité avant un autre mort ». A Aubervilliers, le travail est déjà engagé depuis plusieurs mois avec, entre autres, l’embauche d’un interprète sinophone au commissariat pour aider les victimes à porter plainte. Les représentants de la communauté chinoise demandent des mesures plus fortes.

Pour tenter de rassurer cette comunauté effrayée par tant de violence, la préfecture a annoncé hier une première série de mesure à l’issue de la réunion avec les associations. Au menu : extension de la vidéoprotection à Aubervilliers, réunion sur place en septembre avec le commissariat et les asssociations, et cofinancement d’actions pour « faire connaître et impliquer la communauté ». « Cette connaissance contribuera à lutter contre les clichés, eux-mêmes souvent source des agressions », estime la préfecture, qui évaluera ce dipositif de prévention deux fois par an avec les asssociations.

« Ces agressions bouleversent l’image de la France » « Tous les médias chinois m’ont appelé ces derniers jours ! » explique Changhang Wu, journaliste à « Huarenjiebao », un journal en chinois publié en France. En Chine, l’agression de Chaolin Zhang a été suivie de près. « Toute la presse en parle, des médias plus nationalistes et pro-gouvernementaux, comme « Xinhua » ou « Global News », aux journaux en ligne très suivis par les jeunes comme « Sina » ou « NetEase », en passant par RFI », précise une journaliste d’origine chinoise travaillant en France. « Quand se termineront ces crimes racistes ? » titre par exemple, « Xinhua ».

Pour Changhang Wu, « il y aura des conséquences ». « L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidants et de touristes, bouleverse profondément cette image. » Xuewu Long, secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France souligne l’impact fort de ces agressions sur le tourisme chinois en France. « La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres. »

Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. »

Voir de plus:

A Aubervilliers, la colère sourde de la communauté chinoise
Le Monde.fr avec AFP

14.08.2016

« Mort pour rien. » Un rassemblement silencieux a été organisé par le comité de soutien à la famille de Zhang Chaolin, dimanche 14 août à 15 heures, devant la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Ce Chinois de 49 ans est mort, vendredi en fin d’après-midi, après cinq jours de coma. Il avait été agressé le 7 août par trois individus alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, d’origine chinoise, dans cette ville du nord-est de Paris, où vit une importante communauté asiatique, active, notamment, dans le secteur du textile.

Les agresseurs auraient voulu voler la sacoche de l’autre homme, qui s’est vu prescrire cinq jours d’interruption totale de travail, selon une source proche du dossier.

Dans les quartiers chinois, la peur s’installe
Dimanche après-midi, une file d’une centaine de mètres s’est formée devant la mairie d’Aubervilliers où les soutiens déposaient, chacun à leur tour, un cierge et une fleur. Dans ce rassemblement, pas de slogan, de simples pancartes en carton où l’on pouvait lire au feutre « Sécurité pour tous ».

Un important dispositif policier attendait le millier de personnes rassemblées sur le parvis de l’hôtel de ville. La colère s’est exprimée au sujet des agressions dont sont victimes des membres de la communauté chinoise. Dans la ville, des réseaux se sont d’ailleurs mis en place pour escorter des personnes seules jusqu’au métro. Plusieurs témoins, notamment, affirment ne plus rentrer seuls à la nuit tombée.

Elodie raconte ainsi qu’un agresseur a voulu voler le sac de sa mère : « Elle était dans une voiture avec une fenêtre entrouverte. Une main a voulu se glisser, mais on a réussi à l’empêcher de voler le sac. » Elle-même déclare adopter certains réflexes et éviter certaines rues.

Les habitants des quartiers chinois détaillent avec émotion la peur qui s’installe depuis quelques années, avec, selon eux, une violence qui augmente lors des agressions. « Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches, détaille Rui Wang, à l’origine d’un collectif de soutien à la famille endeuillée. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. »

« Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes », s’agace Denis, d’origine chinoise, qui habite, lui, dans le sud de Paris.

« Ciblage raciste »
« Les habitants de Seine-Saint-Denis et plus particulièrement ceux d’origine chinoise (…) sont les victimes quotidiennes d’agressions, de vols, de plus en plus violents à leur encontre », a dénoncé le comité dans un communiqué, ajoutant qu’« aujourd’hui, devant l’inefficacité des mesures prises par les autorités, la colère des habitants monte, la tension entre les communautés est palpable ».

La maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui (Parti communiste), a dénoncé, samedi, un crime au « mobile crapuleux » et au « ciblage raciste », appelant à ne pas « céder à la division et à la stigmatisation », tout en réclamant des renforts policiers. A l’initiative de la municipalité, une centaine de personnes s’étaient déjà réunies, jeudi soir, devant la mairie.

Voir aussi:

Aubervilliers : la communauté chinoise s’organise face aux agressions

La recrudescence des crimes à caractère raciste oblige les quelque 4 000 Chinois ou personnes d’origine chinoise que compte la ville à se mobiliser.

Source AFP

Le Point
16/08/2016

Messages d’alerte en cas d’agression, escortes autour du métro, manifestations… La communauté chinoise d’Aubervilliers se mobilise après des actes de violence répétés qui ont coûté la vie à l’un de ses membres vendredi.

Lors d’un rassemblement organisé dimanche en mémoire de Zhang Chaolin, plusieurs personnes présentes ont ainsi témoigné leur ras-le-bol face aux violences racistes : « j’ai été agressé deux fois cette année », « je ne sors plus avec un sac à main », « aujourd’hui c’était lui, demain, ça peut être moi »…

Une hausse du « racisme anti-asiatique »

Zhang Chaolin, couturier de 49 ans et père de deux enfants, est mort le 12 août, après avoir été agressé cinq jours plus tôt en pleine rue par trois hommes qui voulaient voler le sac d’un ami, lui aussi d’origine chinoise. Un drame « prévisible », qui « aurait pu être évité », estime-t-on au parmi les 3 000 à 4 000 personnes originaires de Chine qui vivent dans cette ville de 80 000 habitants.

Ils dénoncent une « situation qui se dégrade », avec des agressions « de plus en plus violentes » motivées par des « préjugés » selon lesquels les Chinois seraient porteurs d’importantes sommes d’argent liquide. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi », a regretté la Licra mardi dans un communiqué, pointant un « racisme anti-asiatique » qui « a pris une ampleur inédite dans certains quartiers ».

Des agressions qui se concentrent sur « les petites gens »

À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture.

Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle.

Les associations se mobilisent

Depuis le début de l’année, l’Association de l’amitié chinoise en France se consacre exclusivement à la prise en charge des victimes d’agressions. Quand certains habitants s’organisent pour faire à plusieurs le chemin du métro à leur domicile, l’association a, elle, mis en place des groupes de discussions sur la messagerie instantanée chinoise WeChat. « Si quelqu’un se fait attaquer, il peut poster un appel au secours », explique le président Cao Hua Qin. « Nous nous chargeons de l’amener à l’hôpital et de prévenir la police ou d’organiser un rendez-vous au commissariat pour déposer une plainte », ajoute-t-il.

Dimanche, le comité de soutien à la famille de M. Zhang a réclamé « au moins 10 caméras supplémentaires dans les rues sensibles » et un renfort de policiers. Une demande également formulée par la maire PCF de la ville, Meriem Derkaoui, qui a écrit en ce sens en juillet au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Dénonçant un « crime au ciblage raciste », elle a assuré que le fonctionnement de la police municipale serait « revu » à la rentrée. La préfecture a de son côté annoncé la tenue mercredi d’une réunion de travail « avec les associations qui le souhaitent ». Certaines associations soulignent toutefois que l’insécurité touche toutes les communautés. « La violence, c’est un problème pour tout le quartier », souligne Rui Wang, président de l’Association des Jeunes Chinois de France. Il se félicite d’ailleurs d’avoir vu dans le rassemblement en mémoire de M. Zhang « des militants noirs et arabes venus en solidarité ».

Voir également:

Agressions à domicile: des voleurs de plus en plus violents?

Depuis le début du mois, plusieurs agressions ont eu lieu, visant des personnes âgées et vulnérables. Les auteurs de ces home-jackings n’ont pas hésité à utiliser la torture pour obtenir ce qu’ils étaient venus chercher : argent liquide, objets de valeur, voitures.

Robert Lefebvre, avec nos rédactions locales

La Voix du nord

16/01/2016

La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. Décryptage.

1. Un phénomène ancien

Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur.

2. Les personnes âgées ou aisées, principales cibles

Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme.

3. La violence liée aux auteurs

Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. »

4. Se prémunir

De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre.

«C’est comme de la science-fiction»
C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer.

« Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. »

Ils réclamaient 30 000 euros

Le but des malfaiteurs : récupérer une rançon de 30 000 euros auprès des parents de la victime. « L’objectif était de lui mettre la pression afin qu’il leur donne une somme d’argent, lors d’un rendez-vous quelques jours plus tard », dit une source judiciaire qui évoque des « faits complexes ». Finalement, rien n’a été donné aux voyous.

L’un des suspects a été interpellé en septembre, rue Nationale à Lille. Recherché par la justice pour deux condamnations à quatre et six ans de prison, dans des affaires de trafic de drogue, dégradations et port d’arme, ce Lillois d’une trentaine d’années a été placé en détention provisoire.

Voir par ailleurs:

Chablais

Les personnes âgées, cibles privilégiées des voleurs et des escrocs
Amélie Lécoyer
Le Messager

03/05/2012

Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables.

Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire.
Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ».
S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  Entre octobre 2011 et début avril, nous avons eu trois cas de faux voisins, deux cas de faux éboueurs et deux cas de faux plombiers  », détaille l’officier.

Délinquance ou criminalité organisée
Une personne qui se présente comme étant un voisin se contente généralement, une fois entrée au domicile de sa victime, et profitant d’un moment d’inattention de cette dernière, de lui dérober son porte-monnaie, voire quelques bijoux s’ils sont à portée de main (lire ci-dessous). Dans le cas des faux plombiers ou faux éboueurs, l’organisation fait moins preuve d’amateurisme. Ces personnes bénéficient en effet du soutien d’un réseau qui lui apporte notamment une aide logistique (vêtements, véhicules…) « Contrairement aux faux voisins, il s’agit de d élinquance, voire de criminalité organisée, affirme le commissaire Maniglier. Ce sont des personnes qui présentent bien et qui parlent bien. Lorsqu’elles s’introduisent au domicile d’une victime, la valeur de ce qu’elles dérobent peut s’élever à plusieurs milliers d’euros ». « Ces personnes agissent rarement seules mais sont généralement par groupe de 2 ou 4 , poursuit l’officier de police. Elles restent sur une commune ou un groupe de communes pas plus de 5 jours. Elles peuvent, par exemple, être à Thonon, puis partir sur Annecy, puis Aix, avant de filer sur Paris… » Et de rappeller : « Il ne faut jamais laisser entrer une personne qui ne peut justifier de sa qualité. De toute façon, un plombier n’intervient jamais sans qu’on l’appelle…»
Isoler toujours plus sa victime
Itinérants, ces délinquants sont donc particulièrement difficiles à interpeller. Ces affaires exigent, pour être résolues, une coordination, a minima départementale, entre police et gendarmerie. « La dernière arrestation date de 2008 », remarque ainsi le commissaire.
S’agissant des abus de faiblesse, ils touchent plus globalement les personnes vulnérables, que ce soit en raison de leur âge ou de leur maladie. Le principe  ? Profiter de l’isolement d’une personne plutôt aisée pour gagner sa confiance et bénéficier de sa fortune. « L’individu va croiser une personne âgée dans la rue, va essayer de créer un lien de confiance, de se faire inviter chez elle, et profiter de ses largesses  », explique le commissaire Maniglier. Dans des cas plus rares, il peut aussi s’agir d’une aide à domicile qui « un jour, va franchir la ligne rouge ». « Dans le premier cas, ce sont des spécialistes, dans le second cas ce ne sont pas forcément des personnes chevronnées », précise l’officier.
Les victimes sont des personnes seules et le but de ces individus peu scrupuleux est de les isoler davantage. « Habiles à jouer sur les sentiments, ces individus gagnent la confiance de la victime en écartant petit à petit tous ses contacts et amis jusqu’à devenir indispensables, poursuit-il.  La difficulté dans ce genre d’affaires est qu’il ne s’agit pas d’un fait délinquant unique mais de petits ponctionnements d’argent sur une longue période ».
Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple).
Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros.

Voir aussi:

«Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe» par Aalam Wassef
L’éditeur égyptien Aalam Wassef met en garde contre l’influence en France du wahhabisme, dont le burkini serait l’un des symboles.

Libération

17 août 2016

Au lendemain de l’interdiction du port du burkini à Cannes puis en Corse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) a dénoncé un acte islamophobe et une atteinte à la liberté d’expression des femmes musulmanes. Cette dénonciation mérite qu’on s’y attarde et qu’on l’explique.

En adoptant cette position le CCIF s’érige en défenseur non pas «des musulmans de France», mais d’une mouvance extrémiste très singulière, le wahhabisme de France. Si le CCIF est libre de s’associer au wahhabisme par choix ou par ignorance, il est en revanche du devoir de l’État français d’en protéger l’ensemble de ses citoyens.

Pour des raisons historiques et idéologiques le mot wahhabisme est interchangeable avec celui de salafisme, plus connu des Français. Les wahhabis eux-mêmes préfèrent se décrire comme «salafistes» pour se distancier d’une appellation péjorative deux fois centenaire. Au milieu du XVIIIe siècle, quand il émerge dans les zones arides du Najd, de l’actuelle Arabie saoudite, le wahhabisme est immédiatement mis au ban de l’Islam. Puritains autoproclamés, les wahhabis promeuvent en effet un rejet total et meurtrier de toute forme d’Islam ou de pratique religieuse différente de la leur.

Le wahhabisme, le courant religieux le plus riche du monde
Dès les années 1970, l’Arabie saoudite modernisée, désormais à la tête de la plus grande fortune au monde, s’emploie à exporter son idéologie: universités, écoles, livres, cassettes, DVD, universités, bourses d’études, fondations caritatives, formation d’imams, chaînes satellites, mode de vie, mode vestimentaire, voile, niqab, burkini, lieux de rencontre et de culte, sites Internet, quotidiens et hebdomadaires… Depuis 1970, on évalue les sommes investies dans la propagation du wahhabisme à 100 milliards de dollars. C’est à ce prix que le wahhabisme donne l’illusion d’être l’Islam «le plus authentique», «le plus pur». Ni plus authentique, ni plus pur, le wahhabisme est simplement le courant religieux le plus jeune, et le plus riche au monde.

Occupés à convertir le monde entier depuis moins de quarante ans, les pétro-wahhabis ne se laissent pas pour autant divertir et se préoccupent tout particulièrement des femmes, de leur corps, de leurs devoirs, de leur pudeur et, peut-on entendre aussi, de leur honneur. En 2016 une femme saoudienne digne de ce nom ne circule qu’en compagnie d’un homme, dissimule son corps tout entier et ne conduit pas. Son apparence et son comportement public sont les unités de mesure par lesquelles s’évalue la dignité de son mari et de sa communauté tout entière. Les écarts sont sanctionnés lourdement. Derrière le niqab ou le burkini, c’est aussi cela qui s’exporte en France, mais dans des versions nécessairement édulcorées parce que la loi française protège les femmes.

Confronté à la juridiction française le wahhabisme militant doit composer avec un contexte qui lui résiste, mais dans lequel les brèches semblent nombreuses. La première d’entre elles, et la plus dangereuse, c’est la culture contemporaine des «droits individuels» ou s’est abîmée la liberté. Il est fréquent d’entendre que le niqab, le voile ou le burkini relèvent de «la liberté d’expression» ou du «droit des femmes à disposer de leur corps». S’y opposer, c’est être «islamophobe», c’est-à-dire s’attaquer à tous les musulmans. L’objectif est naturellement que toute condamnation justifiée du wahhabisme institutionnel en particulier soit rapidement perçue et narrée comme visant les musulmans français en général.

Barrer la route à l’extrémisme islamiste
Bien sûr toutes les femmes qui portent des burkinis en France ne sont pas des émissaires wahhabites mais ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe. Il n’y a aucune honte à condamner l’extrémisme islamiste et à lui barrer la route par tous les moyens légaux possibles. Il n’y a là rien de politiquement incorrect ou de comparable au discours raciste et antimusulman du Front National. Cela ne revient pas non plus à ignorer que des actes antimusulmans sont perpétrés en France. Leur nombre de 140 en 2014 a triplé durant la triste année 2015. David Lisnard, le maire de Cannes, a fait dans sa ville ce qu’il fallait faire. Interdire les burkinis dont le nom s’amuse jusqu’à la nausée de la burqa des talibans n’est pas un acte islamophobe. C’est plutôt le signe que nous n’avons pas peur de dire qu’Islam et wahhabisme sont deux choses radicalement distinctes, et que le second menace le premier depuis plus de deux siècles.

Voir par ailleurs:

Saint-Denis : des touristes coréens s’égarent dans une cité et se font dévaliser
Quatre touristes coréens qui rejoignaient leur hôtel vendredi soir se sont apparemment égarés dans une cité de Saint-Denis, où ils ont été dévalisés.

EH

France 3
06 août 2016

Entre 21h30 et 22h00, ces vacanciers ont été délestés par « un groupe d’individus » de leurs effets personnels dans la cité Gabriel-Péri qui se situe à un kilomètre de la basilique où reposent les rois de France, principale attraction touristique
de la plus grande ville de Seine-Saint-Denis. Ils ont été ont reçu molestés mais n’ont pas souhaité se rendre aux urgences.

Mardi, « entre cinq et dix individus », selon une source policière, avaient détroussé un car de touristes chinois devant un hôtel de Gonesse (Val-d’Oise), non loin de l’aéroport de Roissy, au nord de Paris.

Voir aussi:

Robberies of cashed-up Chinese tourists rise steeply in Paris

Mainlanders’ preference for carrying large amounts of cash makes them easy targets

Teddy Ng

South China Morning Post

30 May, 2013

A sharp increase in robberies of Chinese tourists in Paris has prompted calls for the French government to step up security and for shoppers to use credit cards instead of carrying large amounts of cash.

The number of reports of such crimes is up by « more than 10 per cent » since last year, said Li Ping , head of consular affairs at the Chinese embassy in Paris.

Two cases this week grabbed headlines. On Tuesday, a crew of China Central Television reporters covering the French Open tennis tournament had their car windows smashed and their wallets, phones and passports grabbed, mainland media reported. A source familiar with the situation confirmed the incident to the South China Morning Post.

A day earlier, film producer Dong Dake , returning from the Cannes Film Festival, was robbed at his hotel in Paris. He was said to have lost equipment worth about 200,000 yuan (HK$250,000) and « countless photos » taken at private parties.

The Chinese embassy in Paris said they were not isolated cases.

« We have made representations to the French government, » Li said. « We hope the French side will take proper measures to protect the safety of tourists and curb illegal behaviour. »

France, battling with unemployment and an economic downturn, has witnessed a surge in crime. French newspaper Le Figaro reported that the number of reported thefts in January had risen 50 per cent year on year, while burglaries had jumped by nearly 60 per cent.

Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average.

A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion
Li Lang, marketing manager of Guangzhou-based travel agency

« There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. »

Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said.

Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said.

A Singaporean tourist, who did not want to be named, recalled the terror as she and her sister were robbed inside a taxi taking them from the airport to a hotel in the heart of the city on May 13.

« Two men suddenly came up, smashed the car windows and snatched our bags. We were bleeding, » she said. There was further frustration when they had to spend more than three hours filing a report at a police station.

« The French police did not speak English and offered no help, » she said. « They just asked us to go to the police station in the damaged taxi, even though we were hurt and bleeding. »

Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash.

The French embassy in Beijing said the French government was determined to ensure the safety of all foreign tourists.

« The vast majority of Chinese visitors’ trips go on without trouble, » the embassy said.

The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital.

Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe.

 Voir de même:

Now it is China’s turn to face the brunt of complaints. The grievances are familiar — they gawk, they shove, they eschew local cuisine, and last year, 83 million mainland Chinese spent $102 billion abroad — overtaking Americans and Germans — making them the world’s biggest tourism spenders, according to the United Nations World Tourism Organization.

Their numbers have also placed them among the most resented tourists. Mainland Chinese tourists, often laden with cash and unfamiliar with foreign ways, are tumbling out of tour buses with apparently little appetite for hotel breakfast buffets and no concept of lining up.

The frustrations with the new tourists were summed up on a Thai online message board last spring, when users posted complaints about Chinese tourists using outdoor voices inside and spitting in public, among other transgressions.

Last year, Thierry Gillier, a French fashion designer who founded the Zadig and Voltaire label, caused a small scandal when he told Women’s Wear Daily that Chinese tourists would not be welcome at his new Parisian boutique hotel. A barrage of international criticism persuaded him to apologize.

Like their predecessors, the Chinese are newly wealthy and helpless with foreign languages, a combination complicated by their developing country’s historical isolation.

Despite these faux pas, countries are practically tripping over themselves to attract Chinese tourists. Wedding companies in South Korea are trying to lure Chinese couples with bling-heavy ceremonies inspired by the viral music video “Gangnam Style.” A coastal county outside Sydney, Australia, is building a $450 million Chinese theme park centered on a full-size replica of the gates to the Forbidden City and a nine-story Buddhist temple. France, one of the most popular destinations for Chinese tourists already — 1.4 million visited in 2012 — is working to further bolster its appeal.

Parisian officials recently published a manual for the service industry that offers transliterated Mandarin phrases and cultural tips for better understanding Chinese desires, including this tidbit: “They are very picky about gastronomy and wine.”

To judge from the grumbling across the globe, such guidelines may be necessary. But the greatest opprobrium seems to be coming from fellow Chinese. In May, a mainland Chinese tourist in Luxor, Egypt, discovered that a compatriot had carved his own hieroglyphics on the wall of a 3,500-year-old temple. “Ding Jinhao was here,” it declared. A photo of the offending scrawl spread rapidly on Chinese social media, and outraged citizens tracked down the 15-year-old vandal. The uproar subsided after his parents issued a public apology.

Embarrassed by the spate of bad press that month, Wang Yang, China’s vice premier, publicly railed against the poor “quality and breeding” of Chinese tourists who tarnish their homeland’s reputation. “They make loud noises in public, scratch graffiti on tourist attractions, ignore red lights when crossing the road and spit everywhere,” he said, according to People’s Daily.

Despite his admonition, articles with headlines like “Chinese Bride Brawls in French Lavender Field” continue to appear in the state media.

Ms. Hung, the blogger, blames the Communist Party’s tumultuous rule for China’s uncivilized behavior abroad. “There’s an entire generation who learned you don’t pay attention to grooming or manners because that’s considered bourgeois,” she said. While Chinese are more open to Western ideas now, that has not necessarily sunk in when actually interacting with the outside world. “They think, ‘The hell with etiquette. As long as I have money, foreigners will bow to my cash.’ ”

Most mainland Chinese vacationers have a splendid time abroad. In May, Huang Honglin, 53, and his wife paid $8,000 for a 16-day group tour of the United States, a country he last visited on a business trip 25 years ago. That was long before he joined China’s growing middle class as the owner of a trading company.

This time around, Mr. Huang had money to burn.

“We went shopping for gems in Hawaii and bought Prada bags in New York,” he recalled. Mr. Huang never made it to the chic boutiques of Manhattan. Instead, he traveled an hour north to the Woodbury Common Premium Outlets, where many designer stores have recently hired employees who speak Chinese.

His only complaint was that they had to race through the racks before the bus departed. “Time was so short, it felt like war,” he said.

According to a McKinsey & Company report, nearly 70 percent of Chinese luxury consumers buy their Tiffany baubles and Hermès scarves abroad to avoid higher sales tax on such goods at home, which can reach 60 percent. Take the black Louis Vuitton “Neverfull” handbag, a hefty status symbol with straps that costs 14,400 renminbi in China, or $2,335 — over $350 more than the same item in the United States.

In 2007, China granted the United States “approved destination status,” which opened the doors to Chinese group leisure travel to America beginning in 2008. Last year, 1.5 million Chinese arrived on American shores, spending nearly $8.8 billion, according to the Commerce Department. Today, around 150 travel agencies in the United States have the approval of the National Tour Association, an American trade group, to organize trips from China, many of them owned and operated by Chinese-Americans.

But the industry has experienced growing pains. Despite years of meetings in China and decades of leading motor coach tours across the United States, the travel agency AmericanTours International learned that Chinese tourists required a special touch. For one, people from Beijing and Shanghai cannot travel on the same bus.

“They clashed,” recalled Nick Hentschel, the company’s director of business development.

Last year, 1,500 Chinese took the company’s “Hollywood to Broadway” bus tour, a 20-day cross-country journey intended for mainlanders with stops that included a Las Vegas casino; the bridges of Madison County, Iowa; Niagara Falls; the White House; and the Empire State Building.

If the sights are crowd-pleasers, the overnight stays can sometimes prove challenging. “Smoking in hotel rooms is always a problem,” Mr. Hentschel said, a habit that can cost tourists hundreds of dollars in hotel cleaning bills. Then there was the episode last summer, he said, when a tour group caused a scene at a hotel in Cody, Wyo., after mistakenly thinking another busload of compatriots had been given preference at breakfast. The police were called to escort them out of town, he said.

More often, Chinese tourists find themselves victims of unscrupulous tour operators. On a weeklong guided tour through Thailand in 2009, Qi Lingfeng, 27, was one of several people in his group who refused to sign up for costly excursions like speedboat rides and concerts. As punishment, he said, the local guide locked them out of their hotel rooms. Other tourists at the same hotel, he said, were forced off their bus for the same transgression.

“It was so crazy, we even thought about calling the Chinese embassy in Bangkok,” he said.

During a group tour of the Siberian city of Vladivostok in January, Chen Xu, 47, a scientist from the coastal city of Xiamen, said the “ethnic Russian dancing” excursion, which cost $80, turned out to be a woman in a bikini twirling around a stripper pole.

“When the parents saw what was happening, they took their kids and left the room,” he said.

Surrounded by so many foreign stimuli, many yearn for a taste of home while abroad. Xie Nuoyan, 20, a college student from Beijing, felt as much during a recent visit to New York. While she appreciated the drinkable tap water, she said Chinatown was a letdown.

“I was really disappointed to see it’s not like in the movies, where there are lots of lanterns and performances everywhere,” she said.

On the upside, finding an abundance of Chinese food after days of consuming only strange Western concoctions redeemed the neighborhood.

“The sight of rice moved me to tears,” she said.

 Voir de plus:
Tear gas attack on 27 Chinese tourists in Paris, robbed by gang aboard airport bus
Two tourists injured by raiders who stole visitors’ luggage
Reuters/ South China Post
03 August, 2016Twenty-seven Chinese tourists were assaulted on Tuesday by half a dozen men as they boarded a bus that was to take them to Paris’s Charles de Gaulle airport, a French police source said.The assailants stole some pieces of luggage and injured two of the tourists, who were taken to hospital for treatment.“They sprayed the driver with tear gas and hit two tourists,” the source said.

The value of the goods stolen could not immediately be established.

Attacks on Chinese, Korean and Japanese tourists are frequent in the French capital as robbers believe they carry large sums in cash and their suitcases are stuffed with luxury goods purchased in Paris.

In May, Paris Mayor Anne Hidalgo travelled to Beijing to reassure Chinese authorities that the world’s most visited city had taken measures to beef up its security.

Chinese tourists shun western Europe in wake of violence as travel to France drops 15 per cent

Tourist traffic in Paris has dropped significantly since bloody attacks by Islamist militants last November, leading to sharp declines in sales for luxury goods makers but also for the capital’s retailers, hotels and restaurants.

Big luxury brands such as LVMH’s Dior and Louis Vuitton and Richemont’s Cartier have been hit hard by the drop in the number of free-spending Asian tourists in Paris as they make a significant proportion of their annual sales in the French capital.

Voir enfin:

POP VIEW; Rap After the Riot: Smoldering Rage And No Apologies

Ice Cube does some gloating on his new album, « The Predator. » « Anything you wanted to know about the riot was in the records before the riot, » he says in an interview-style interlude. « All you had to do was go to the Ice Cube library and pick a record. »

He’s right: « Death Certificate, » released on Halloween in 1991, not only articulated the rage surrounding the beating of Rodney King, but showed exactly where the flashpoint would be in the April riots in Los Angeles. The album included « Black Korea, » which revealed the deep resentment between Korean shopkeepers (whom Ice Cube, in one ignorant flourish, described as « chop-suey-eatin’ « ) and blacks, who felt they were being treated more like potential criminals than customers; when the riots came, Korean businesses became targets.

The album was vengeful and divisive, airing deep-seated prejudices and treating ethnic groups as if they were warring gangs that could never share turf. But it was also prophetic, which may be one reason « The Predator » shot to No. 1 on Billboard’s album chart upon release at the end of November. In the wake of the riot, people had been waiting for rap’s next bulletin from the front.

Before South-Central Los Angeles went up in a billion dollars’ worth of flames, the only voices from the area that most Americans had heard were the swaggering storytellers of gangster rap. Taking violence for granted, flaunting ugly attitudes toward women and homosexuals, savoring gory details, gangster rappers weren’t documentarians or responsible spokesmen; they were pulp auteurs, exploiting America’s appetite for violent entertainment while dropping enough local details or « reality » to sound credible.

When Los Angeles burned, the reality dwarfed gangster rap’s tales of drive-by shootings and petty but deadly feuds. Yet amid the violence, the rappers suddenly seemed like experts. And as the immediacy of the riots faded, rappers are again the voices most likely to be heard outside the ghetto. They are not diplomatic or conciliatory with the outside world; they have little to say about the riot victims or about rebuilding burned-out areas. That’s for politicians and community leaders to take care of. Rappers talk about how they feel.

Hip-hop is by far the most topical zone of popular music, so it was inevitable that the riots would make their way into rap’s fall releases. For the most part, Los Angeles rappers have preferred to stay with their usual postures and material, with increasingly redundant tales of crime, sex and battling machismo. Although explicit post-riot raps are greatly outnumbered by more typical gangster material, they have been emerging on new recordings over the last month. They suggest that the acquittal of the police officers who beat Rodney King has left enduring anger and that racial and ethnic polarization has only increased.

There are no apologies, just a few second thoughts. On recent releases, gangster rappers like Ice Cube vent rage and vow retribution, while noting with approval the post-riot truce between the two most entrenched Los Angeles gangs, the Crips and the Bloods. More politically inclined rappers, like Paris (from Oakland, Calif.), ricochet between fantasizing about terrorism and trying to draw broader lessons from the carnage.

The usually outspoken Public Enemy (from New York) plays defense. In « Tie Goes to the Runner » on the new album « Greatest Misses, » Chuck D says he’s « not suprised at all about the riots, » but his only word about the situation is to insist that raps like « Black Korea » didn’t create the problems: « This was predicted, not self-inflicted/ By the rap out of the ‘hood that kicked it good. » Sound bites from news coverage of the riots also appear as signs of authenticity on efforts like « Whut? Thee Album » by Redman, a performer from Newark who starts the album by placing himself in a « psycho » ward, talking out his sociopathic fantasies. The album includes « News Break, » in which a fictitious interviewer asks Redman about reaction to the riots. « Yeah, they still mad, » he says, and threatens the interviewer.

As with the rest of hip-hop, pluralism reigns. But the sentiment they share is that it took an all-out insurrection to get the attention of a white power structure.

Ice Cube, the best-known voice of South-Central, is involved not just on « The Predator » but on a forthcoming album by a rapper called Kam, due in February, and on an all-star post-riot single called « Get the Fist, » which Mercury Records released but made little effort to promote. Sales of the single, a sequence of snippets by Ice Cube, Yo-Yo, Cypress Hill, Kam and others, benefit the Brotherhood Movement, which was formed in the aftermath of the 1965 Watts riots and is currently working to rebuild South-Central. But it’s obvious why Mercury didn’t try to turn it into another « We Are the World »; « Get the Fist » is probably the most belligerent charity single ever made.

It starts with on-the-spot defiance — « I’m black and I’m proud to be lootin’ in your face » — and moves on to calls for black unity against the police and whites: « Not black on black/ The other color gets beat. » « Get the Fist » also includes part of Ice Cube’s riot commentary from « The Predator, » « We Had to Tear This — Up. » In the complete song, between news bulletins about the verdict and the riots, Ice Cube raps about looting (« Now I got a laptop computer ») and fantasizes about killing the policemen who beat Mr. King and the jury members who acquitted them. His conclusion is that the riots were necessary for blacks « to get some respect. »

Kam’s single « Peace Treaty, » due in January, praises the gang truce but starts out discussing the riots: « It wasn’t just the blacks, everybody was looting and had each other’s backs. . . . We all had a hand in the cookie jar and took it far enough to make a statement. »

Paris echoes that sentiment on his second album, « Sleeping With the Enemy »: « Don’t be tellin’ me to get the nonviolent spirit/ When I’m violent is the only time you devils hear it. » Those lines are part of « Bush Killa, » Paris’s vision of assassinating the President, a calculated provocation to draw attention to what he sees as genocide against American blacks (« I hope he thinks of how he done us when he’s laid to waste/ From guns given to my people for my own kind »).

Talking about the riots themselves, in a simulated telephone conversation that opens « Long Hot Summer, » Paris and a friend dismiss those who are looting sneaker stores as « tired » and worries that in the aftermath of the riots, blacks will benefit as little as they did after the Watts riots. « If we don’t think about things that we need to do for ourselves, » he says, « this is just going to happen again and again and again and again. » But in the rap that follows, he plays a gun-toting guerrilla stalking cops, with a chorus of « rat-a-tat-tat from my gat. »

In cities where pistols are used to settle schoolyard arguments, it’s pointless to wish for gun control in rap lyrics. And while no one should take such songs literally, they do reflect a pathology born of all-American myths and of smoldering frustrations. Weaned on the image of the frontier gunslinger who can single-handedly clean up a town, or the Rambo who can refight and win the Vietnam War without a shirt, rappers aren’t the only ones who long for decisive action backed by armed force.

Rappers have all sorts of motives, ethical and unethical, to remind the outside world about their frustration, and in the commercial realm of popular culture, no motives are entirely unmixed. A rapper can identify with his or her community, hoping to shock listeners into paying attention to real troubles, and simultaneously realize that contention and notoriety and sensationalism will publicize and sell recordings. For rappers who portray their characters as gunslingers and guerrillas, there’s also a large component of machismo, the determination to convince the archetypal street-level listener that the performer is as « hard » as the competition.

Post-riot raps don’t offer practical solutions to urban unemployment, declining education, drugs and crime, any more than governmental bodies have. Instead, they shout and snarl about an escalating desperation that makes all sides seek scapegoats, raising friction and shutting off the possibility of dialogue.

Amid the gunplay and vengeance fantasies, the raps make one thing clear. While April’s flames may have been quenched, the hostility that ignited them has not gone away. « I do want the white community to understand our community more, » Ice Cube says on « The Predator. » « I’ve given so many warnings on what’s gonna happen if we don’t get these things straight in our lives. » His conclusion: « Armageddon is near. »


Humanisme: Le monde moderne est bien trop bon (Making the decisions while bearing none of the costs: It’s the decriminalization, stupid !)

16 août, 2016
Merkel Merkel2
heroin
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Jésus (Matthieu 12 : 43-45)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine. There was generally a relationship between the organization’s political cause and its violent activities. Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West. Some commentators claim that an attack like the one in Nice is “blowback” from Western foreign policy, but it’s difficult to discern any rational relationship between Western policy in Iraq or Libya and the murder of revelers on a promenade. (…) Whatever one thinks of the activities of groups like the I.R.A. or the P.L.O., those activities were governed by certain norms and contained a rational kernel. It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying. What defines jihadist violence today is not righteous anger or political fury but a sense of inchoate, often personal, rage. Such rage is not uniquely Islamist. (…) In the past, the distinction between political violence and sociopathic rage was relatively clear. No longer. There seems today almost a continuum between ideological violence, disjointed fury and some degree of sociopathy or mental illness. What constitutes ideological violence has decayed; instead, amorphous rage has become a persistent feature of public life. One reason is the breakdown of social and moral boundaries that once acted as firewalls against such behavior. Western societies have become more socially atomized and more riven by identity politics. The influence of institutions from the church to labor unions that once helped socialize individuals and inculcate them with a sense of obligation to others has declined. As broader identities have eroded, and traditional social networks and sources of authority have weakened, people’s sense of belonging has become more parochial. Progressive movements that gave social grievance a political form have faded. Instead, the new oppositional movements are often rooted in religious or ethnic identity and take sectarian or separatist forms. There is a growing disaffection with anything “mainstream,” and a perception of the world as out of control and driven by malign forces. All this has helped incubate a sense of rage without an outlet, undermined people’s ties to others as human beings, and weakened the distinction between sociopathy and political violence. It is a world in which, as Chancellor Angela Merkel of Germany observed last week, the “taboos of civilization” are too easily broken. It is not so much the acts of violence themselves as the seeming fragility of our social and moral orders that makes contemporary terrorism so threatening. Kenan Malik
Palestinian culture encourages suicidal youngsters to kill by offering a simple bargain: Murder a Jew, and you instantly become a hero. While the West has long turned a blind eye to this behavior, its refusal to look reality in the face is now coming back to haunt it. For today, the Islamic State is making the very same tempting offer to distraught Muslims in Western countries–murder a Westerner, and you can instantly become a hero instead of a failure. It’s no accident that several recent terror attacks in Western countries have been carried out by people who apparently had histories of mental illness, including Nice, Orlando, and several attacks in Germany. Nor is it any accident that the Islamic State is cultivating such people. As with many other terrorist techniques pioneered by the Palestinians, ISIS has copied this one precisely because it proved successful–and not just as a means of recruiting assailants.This tactic also serves two other important purposes. First, it encourages an already strong Western tendency to ignore the terrorists’ true aims. I discussed this with regard to the Palestinians in my previous post; a classic example concerning the Islamic State was Kenan Malik’s op-ed in the New York Times on Tuesday. “In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine,” Malik wrote. “Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West.” In reality, Islamic State is quite open about its aims: It wants to destroy the West and establish a global Islamic caliphate. Indeed, being open about its goals is part of how it attracts new recruits, just as Palestinian organizations attract support by boasting of their efforts to destroy the Jewish state. But at the same time, both the Palestinians and ISIS would prefer that the West not take their goals too seriously since, if it did, it might stop supporting the Palestinians or actually get serious about destroying ISIS. The use of emotionally distressed recruits is an ideal way for terrorists to foster confusion about their aims because it makes it even easier for well-meaning Westerners to reassure themselves that Islamist death cults, which exploit such distress to turn people into killers, aren’t actually the problem. The real issue, they tell themselves, is mental health or social alienation.Second, this tactic helps divide the West and turn it against itself, because it reinforces another existing tendency of many well-meaning Westerners–blaming the victim for having driven the attacker to such a dreadful deed. Westerners have been blaming Palestinian terror on Israel for years, and now, many are blaming themselves for ISIS. (…) Using assailants with a history of mental or emotional problems is an ideal way for terrorists to reinforce this tendency as well, because it enables people to focus on the assailant’s distress, and society’s failure to deal with it, rather than on the evil intent of those who incited him to kill by telling him he would thereby become a hero instead of a loser. Yet both gambits are working for ISIS now precisely because Westerners were conditioned for decades to believe them by the way their own journalists, academics, and political leaders insistently treated Palestinian terror as Israel’s fault. Some Westerners, like the young Parisians (…) have so internalized this attitude that they simply transfer it to their own countries; asserting that their society, too, must be to blame for the attacks against it. Others, like Malik, perform a kind of inversion: Indoctrinated to believe that terror is the victim’s fault, yet unable to believe their own societies evil enough to merit such attacks, they resolve the dilemma by asserting that unlike Palestinian violence–which Malik deems “rational” and “governed by certain norms”– jihadist violence must be senseless than rather than purposeful. “It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying,” he proclaimed (he evidently thinks murdering random civilians in Israel is well within moral bounds). But whichever approach they choose, the one thing people like Malik and those young Parisians aren’t doing is putting the blame where it belongs: on the terrorist leaders who groom perpetrators to commit mass murder by indoctrinating them to believe that the road to glory runs through killing others. Terror can never be defeated until Westerners recognizes the crucial role played by this glorification of murder. And that won’t happen as long as the West keeps giving it a pass among the Palestinians, for they are the ones who pioneered this culture of death and inspired all the subsequent copycats. Evelyn Gordon
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Une piscine située dans un hôtel à Marrakech a décidé d’interdire le port du burkini. (…) L’établissement hôtelier, qui n’a pas souhaité être mentionné dans cet article, justifie cette interdiction par des « raisons de sécurité et d’hygiène ». L’administration a donc exigé que les femmes désirant nager dans les piscines portent un maillot de bain et a même installé un panneau interdisant l’usage du burkini. Face à cette interdiction inhabituelle, certains internautes ont exprimé leur colère: « La femme voilée est devenue interdite telle un chien dans un hôtel ! » D’autres ont posé des questions sur l’application des droits de l’homme et des libertés individuelles au Maroc. Ce n’est pas la première fois qu’un incident de ce genre arrive dans le royaume. L’année dernière, une piscine de Casablanca avait aussi interdit le burkini et avait imposé le maillot de bain comme seule possibilité pour les femmes. D’autres hôtels et piscines avaient également prohibé la « combinaison islamique ». L’hôtel Ibis d’El Jadida et de nombreux hôtels à Marrakech appliquent cette interdiction. Le Tamaris Aqua Park, situé à quelques kilomètres de Casablanca s’était également opposé au port du burkini pour des raisons officiellement liées à l’hygiène. Une polémique qui refait surface chaque été au Maroc. Site info
Aujourd’hui, dans le contexte d’un affrontement de civilisations donnant lieu à un conflit armé ayant fait en un an des centaines de victimes sur le territoire national, il est logique que reviennent au premier plan les exigences de l’ordre public, et le juge des référés a d’ailleurs invoqué «le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats» pour justifier sa décision en la fondant sur «un risque de troubles à l’ordre public».  (…) L’islam est, par nature, politique. On ne saurait trop le rappeler: l’islam est un système total qui mêle le religieux, le politique, le juridique, la civilisation. L’islam est un code de droit qui prétend remplacer le droit du pays d’accueil. Si bien que toute concession faite à l’islam comme religion est un abandon consenti à l’islam comme système politico-juridique ainsi qu’à la civilisation islamique. Face à l’islam, la laïcité conçue comme neutralité ne suffit pas. Le cas de figure n’est pas le même qu’avec le catholicisme. Notre laïcité s’est certes construite contre l’Église, mais en accord avec les paroles fondatrices du christianisme: rendre à César et à Dieu ce qui leur revient respectivement. L’islam est au contraire l’anti-laïcité par excellence, si bien que notre État laïque devrait le combattre beaucoup plus durement qu’il n’a combattu le catholicisme. [La Corse] C’est un exemple des troubles à l’ordre public que peut entraîner cet étalage sur les plages françaises des pratiques identitaires islamiques. Surtout dans le contexte des récents massacres commis par des islamistes au nom de leur dieu. Par ailleurs, il est clair qu’en Corse où la population est restée plus près de son sol, plus ancrée dans ses villages, elle se montre plus réactive face au processus de la conquête islamiste non dite mais bien réelle dont l’Europe occidentale est l’objet. Cependant, même dans l’Hexagone, de plus en plus de gens ont conscience du lien qui existe entre les carnages des terroristes islamistes et le folklore identitaire arabo-musulman qui est le terreau où se nourrit le djihadisme. (…) Notre pays est actuellement en guerre, et s’il ne veut pas être vaincu dans cette guerre, il doit savoir contre qui et contre quoi il se bat. Pour ne pas perdre une guerre, il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double: d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie. À moyen et long terme, le plus grand danger pour les Français est la conquête feutrée de la France par le djihadisme civilisationnel, conquête qui s’opère au nom des droits de l’homme. Les femmes qui portent des vêtements de bain islamiques sont des militantes de la conquête de notre pays par un groupe humain porteur d’une civilisation antagoniste. Cet été, les plages sont la nouvelle partie de notre territoire que visent à s’approprier les islamistes. Jean-Louis Harouel
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Le 1er août 2016, les ministres de l’Intérieur et du Logement ont publié un communiqué passé totalement inaperçu dans la torpeur de l’été mais d’une importance capitale sur le plan de l’évolution des mentalités et de l’idéologie politique française. Ce texte marque une inflexion de la conception française de l’immigration. Jusqu’alors, celle-ci était fondée sur la distinction entre l’immigration régulière et l’immigration illégale. La première, conforme à la loi, était destinée par exemple à accueillir des travailleurs dont la France peut avoir besoin, à former des étudiants dans l’intérêt de la France ou du pays d’origine, ou bien à assurer le principe d’unité familiale. Elle était évaluée à environ 200 000 personnes par an. En revanche, les migrants en situation irrégulière, entrés ou séjournant en infraction avec la loi, devaient impérativement repartir dans leur pays, volontairement ou par la contrainte. Tel était le principe. Cette différence, pour la première fois depuis que l’immigration est devenue un sujet politique au début des années 1980, semble désormais ni par l’Etat. Le migrant en situation irrégulière n’a plus vocation à être reconduit dans son pays, mais à être accueilli en France et pris en charge par la puissance publique, au même titre qu’un étranger en situation régulière ou qu’un citoyen français en difficulté. (…) Ce communiqué enterre donc de fait toute notion d’immigration irrégulière. Il abolit le clivage entre légalité et illégalité en matière d’immigration. Il va dans le sens de la loi du 7 mars 2016, dont les dispositions reviennent à rendre très difficiles l’application des mesures d’éloignement. Il proclame que la France a le devoir d’accueillir et de prendre en charge tout étranger sur son territoire, qu’il soit autorisé à entrer et à séjourner ou qu’il ne le soit pas. De facto, le principe ainsi proclamé abroge l’idée de frontière ou de respect du droit de l’entrée et de séjour. Les associations humanitaires, les idéologues, les partisans de la liberté totale d’immigrer en rêvaient depuis au moins quarante ans. M. Cazeneuve et Mme Cosse l’ont fait. La question est de savoir quel sera l’ampleur de l’appel d’air que cette transformation profonde de tous les fondements de la politique d’immigration française est susceptible provoquer à terme. Le communiqué annonce une France ouverte, qui n’éloigne plus ses migrants illégaux mais au contraire les accueille. Le potentiel d’émigration est élevé: des centaines de millions de personnes déshéritées et désœuvrées, dans ce monde en ébullition, ne songent qu’à trouver un point d’accueil. Reste à savoir si la France, qui compte cinq millions de chômeurs, de gigantesques problèmes de logement, des centaines de milliers de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, un millier de cités sensibles dévastées par la violence, l’exclusion, le communautarisme, l’islamisme radical, si cette France a les moyens d’accueillir une immigration supplémentaire. Mais pour M. Cazeneuve et Mme Cosse, c’est une autre affaire. Et ce n’est visiblement pas la leur. Alexis Théas
The heroin epidemic was caused by the legalization of marijuana. We wanted legal weed, and for the most part, we got it. Four states have legalized it outright, others have decriminalized it, and in many jurisdictions police refuse to enforce the laws that are on the books, creating a de facto street legalization. Good news, right? Not for the Sinaloa Cartel, which by the time Colorado passed Amendment 64 in 2012 had become the dominant cartel in Mexico. Weed was a major profit center for them, but suddenly they couldn’t compete against a superior American product that also had drastically lower transportation and security costs. In a single year, the cartel suffered a 40 percent drop in marijuana sales, representing billions of dollars. Mexican marijuana became an almost worthless product. They’ve basically stopped growing the shit: Once-vast fields in Durango now lie fallow. More good news, right? Yeah, no. Guzmán and his boys are businessmen. They’re not going to take a forty-point hit and not do something about it. They had to make up those profits somewhere. Looking at the American drug market as it existed, Guzmán and his partners saw an opportunity. An increasing number of Americans were addicted to prescription opioids such as Oxycontin. And their addiction was expensive. One capsule of Oxy might sell on the street for thirty dollars, and an addict might need ten hits a day. Well, shit, they thought. We have some of the best poppy fields in the world. Opium, morphine, Oxy, heroin—they’re basically the same drug, so … The Sinaloa Cartel decided to undercut the pharmaceutical companies. They increased the production of Mexican heroin by almost 70 percent, and also raised the purity level, bringing in Colombian cooks to create « cinnamon » heroin as strong as the East Asian product. They had been selling a product that was about 46 percent pure, now they improved it to 90 percent. Their third move was classic market economics—they dropped the price. A kilo of heroin went for as much as $200,000 in New York City a few years ago, cost $80,000 in 2013, and now has dropped to around $50,000. More of a better product for less money: You can’t beat it. At the same time, American drug and law-enforcement officials, concerned about the dramatic surge in overdose deaths from pharmaceutical opioids (165,000 from 1999 to 2014), cracked down on both legal and illegal distribution, opening the door for Mexican heroin, which sold for five to ten bucks a dose. But pill users were not accustomed to the potency of this new heroin. Even heroin addicts were taken by surprise. As a result, overdose deaths have skyrocketed, more than doubling from 2000 to 2014. More people—47,055—died from drug overdoses in 2014 than in any other year in American history. (Perhaps the most famous of these, Philip Seymour Hoffman, died on February 2, 2014, right at the height of the epidemic.) That’s 125 people a day, more than five lives every hour, a fatality level that matched the AIDS epidemic’s peak in 1995. (…)  Just as this mess was heating up, a new drug—actually an old drug—entered the scene. Fentanyl is a synthetic opioid that is thirty to fifty times as strong as heroin. It was developed in 1960 by Janssen Pharmaceuticals (now a division of Johnson & Johnson) as a treatment for the severe pain caused by terminal cancer. Fentanyl is so powerful that the DEA warns police that they can be injured just by touching it, and it can be taken as a pill (brand names: Duragesic, Actiq, and Fentora), a spray, snorted, shot, used as a transdermal patch, mixed with heroin, you name it. Prince died from an overdose of fentanyl; as many as seven hundred Americans overdosed on the drug last year. (…) In New Orleans, The Times-Picayune reported that fentanyl deaths exceeded the number of murders for the first month of 2016. In Connecticut, fentanyl-related deaths increased by 151 percent between 2014 and 2015 and are expected to rise another 77 percent in 2016. For the narcos, the advantages of fentanyl over heroin are enormous. First of all, it’s made in a lab, so you don’t need fields of poppies that can be raided, fumigated, or seized. You don’t need hundreds of campesinos to harvest your crop and you don’t need to take or control territory. (Well, not territory for cultivation—you still have to control access to smuggling turf, hence the renewed violence in Baja, where the murder rate has tripled.) But it’s the profits that will make fentanyl the new crack cocaine, which created the enormous wealth of the Mexican cartels in the eighties and nineties. A kilo of fentanyl can be stepped on sixteen to twenty-four times to create an astounding return on investment of $1.3 million per kilo, compared with $271,000 per kilo of heroin. No wonder the DEA estimates that the importation of fentanyl from Mexico is up by 65 percent from 2014. Because fentanyl is now often mixed with heroin to increase the latter’s potency, unaware heroin users are dying from the same doses that used to just get them well. EMTs, ER personnel, and cops don’t know what they’re looking at, or that they need twice the dosage of naloxone, or Narcan, to revive an addict whose respiratory system has been shut down by fentanyl. Those who survive become more addicted. The cartels mix fentanyl with heroin because once an addict has shot that mix, they won’t go back to « just heroin, » since they can’t get high on it anymore. The combination of lab-produced illegal fentanyl and the fracturing of the Sinaloa Cartel is a catastrophe for law enforcement and American society as a whole but an absolute boon for the narcos seeking to supplant the old order. Splinter groups such as CJNG can easily use the enormous profit potential of fentanyl to fund their rebellions, and those same profits will encourage them toward violence to control the smuggling routes. ISIS is waning in Iraq largely because it can no longer pay its fighters. Fentanyl assures the new narcos that they will not have that problem. All they’ll need is the will for violence, and they already have that, in spades. Mexico has done little to fill the vacuum created by Guzmán’s fall. As a result, there will not be three groups seeking to fill that gap, there will be dozens. On the American side, the rise of splinter groups makes it all the harder for law enforcement to track and intercept the drug. We’ll no longer know where’s it coming from, and worse, what’s in it. First responders will not be able to tell if they’re dealing with pure heroin, heroin laced with fentanyl, pure fentanyl, fentanyl cut with God knows what … there will be pharmacological chaos. We talk about the heroin epidemic. Fentanyl will be the plague. (…) In the Middle East, we traded the devil we knew for the devils we didn’t. In Mexico, the devils we know will be replaced by a multiplicity of devils we’ll never know. The ability to hide production (unlike marijuana or poppy fields) and the anonymity of communicating on social media will create anarchy. The era of the cartel might be coming to an end. (…) So Guzmán is behind bars, it’s over, and we won. Just like we won when Hussein literally reached the end of his rope. The Los Angeles Times estimates that two thirds of Mexican drug lords have been either killed or imprisoned. And what’s the result? Drugs are more plentiful, more potent, and cheaper than ever. Deaths from overdoses are at an all-time high. Violence in Mexico, once declining, is starting to rise again. Just last week, I looked at photographs of the bodies of four people stuffed into a car trunk in Tijuana. The bodies showed signs of torture. Gang violence is on the rise in every major American city, most notably Chicago and New York, and the cowardly lions in Congress will do exactly shit about either the drugs or the guns that fuel and enable the killings and deaths—more than ISIS ever dreamed of. Seems like old times. There will be more phone calls and more overdoses. Someone will replace El Chapo, just as he replaced his predecessors. My bet’s on El Mencho, but it really doesn’t matter. That’s the lesson we seem to have to learn over and over and over again, world without end, amen. Guzmán was right: « If there was no consumption, there would be no sales. » I’m always amazed that progressive young millennials will picket a grocery chain for not buying fair-trade coffee but will go home and do drugs that are brought to them by the killers, torturers, and sadists of the cartels. We’re as addicted to the War on Drugs as we are to the drugs themselves. Our justice system is a machine fueled by hundreds of thousands of arrests, trials, and imprisonments. As long as the U. S. and Europe continue to buy billions of dollars’ worth of drugs a year while at the same time spending billions to intercept them, we will create an endless succession of Chapos and Menchos. An entire economy is based on drug prohibition and punishment, something to the tune of $50 billion a year, more than double the estimated $22 billion we spend on heroin. Don Winslow
There was a fundamental problem with the decision that you can see rippling now throughout the West. Ms. Merkel had put the entire burden of a huge cultural change not on herself and those like her but on regular people who live closer to the edge, who do not have the resources to meet the burden, who have no particular protection or money or connections. Ms. Merkel, her cabinet and government, the media and cultural apparatus that lauded her decision were not in the least affected by it and likely never would be. Nothing in their lives will get worse. The challenge of integrating different cultures, negotiating daily tensions, dealing with crime and extremism and fearfulness on the street—that was put on those with comparatively little, whom I’ve called the unprotected. They were left to struggle, not gradually and over the years but suddenly and in an air of ongoing crisis that shows no signs of ending—because nobody cares about them enough to stop it. The powerful show no particular sign of worrying about any of this. When the working and middle class pushed back in shocked indignation, the people on top called them “xenophobic,” “narrow-minded,” “racist.” The detached, who made the decisions and bore none of the costs, got to be called “humanist,” “compassionate,” and “hero of human rights.” The larger point is that this is something we are seeing all over, the top detaching itself from the bottom, feeling little loyalty to it or affiliation with it. It is a theme I see working its way throughout the West’s power centers. At its heart it is not only a detachment from, but a lack of interest in, the lives of your countrymen, of those who are not at the table, and who understand that they’ve been abandoned by their leaders’ selfishness and mad virtue-signalling. On Wall Street, where they used to make statesmen, they now barely make citizens. CEOs are consumed with short-term thinking, stock prices, quarterly profits. They don’t really believe that they have to be involved with “America” now; they see their job as thinking globally and meeting shareholder expectations. In Silicon Valley the idea of “the national interest” is not much discussed. They adhere to higher, more abstract, more global values. They’re not about America, they’re about . . . well, I suppose they’d say the future. In Hollywood the wealthy protect their own children from cultural decay, from the sick images they create for all the screens, but they don’t mind if poor, unparented children from broken-up families get those messages and, in the way of things, act on them down the road. From what I’ve seen of those in power throughout business and politics now, the people of your country are not your countrymen, they’re aliens whose bizarre emotions you must attempt occasionally to anticipate and manage. In Manhattan, my little island off the continent, I see the children of the global business elite marry each other and settle in London or New York or Mumbai. They send their children to the same schools and are alert to all class markers. And those elites, of Mumbai and Manhattan, do not often identify with, or see a connection to or an obligation toward, the rough, struggling people who live at the bottom in their countries. In fact, they fear them, and often devise ways, when home, of not having their wealth and worldly success fully noticed. Affluence detaches, power adds distance to experience. I don’t have it fully right in my mind but something big is happening here with this division between the leaders and the led. It is very much a feature of our age. But it is odd that our elites have abandoned or are abandoning the idea that they belong to a country, that they have ties that bring responsibilities, that they should feel loyalty to their people or, at the very least, a grounded respect. I close with a story that I haven’t seen in the mainstream press. This week the Daily Caller’s Peter Hasson reported that recent Syrian refugees being resettled in Virginia, were sent to the state’s poorest communities. Data from the State Department showed that almost all Virginia’s refugees since October “have been placed in towns with lower incomes and higher poverty rates, hours away from the wealthy suburbs outside of Washington, D.C.” Of 121 refugees, 112 were placed in communities at least 100 miles from the nation’s capital. The suburban counties of Fairfax, Loudoun and Arlington—among the wealthiest in the nation, and home to high concentrations of those who create, and populate, government and the media—have received only nine refugees. Some of the detachment isn’t unconscious. Some of it is sheer and clever self-protection. At least on some level they can take care of their own. Peggy Noonan

Attention: une ignorance peut en cacher une autre !

Ouverture à tout va allemande des vannes face à l’immigration majoritairement musulmane, célèbration par le Pape lui-même de l’invasion qui s’en est suivi,  abolition discrète française, sous la menace désormais constante des djihadistes tant violents que « civilisationnels », de la frontière entre immigration régulière et irrégulière, accès du mariage et bientôt de l’adoption et de la gestation pour autrui aux couples de même sexe, légalisation rampante de l’inceste, véritable explosion aux Etats-Unis, suite entre autres à la dépénalisation du cannabis, de la consommation d’héroïne et du nombre de victimes de surdoses …

Y a-t-il une mesure aberrante que nos apprentis sorciers de gouvernants n’auront pas prise ?

Et de mots assez durs, dans la bouche des mêmes et de leur claque médiatique, pour qualifier ces masses prétendument ignorantes …

Qui comme le rappelle très judicieusement l’éditorialiste du Wall Street Journal Peggy Noonan …

Vont seules en subir les conséquences ?

How Global Elites Forsake Their Countrymen
Those in power see people at the bottom as aliens whose bizarre emotions they must try to manage.
Peggy Noonan
The Wall Street Journal
Aug. 11, 2016

This is about distance, and detachment, and a kind of historic decoupling between the top and the bottom in the West that did not, in more moderate recent times, exist.

Recently I spoke with an acquaintance of Angela Merkel, the German chancellor, and the conversation quickly turned, as conversations about Ms. Merkel now always do, to her decisions on immigration. Last summer when Europe was engulfed with increasing waves of migrants and refugees from Muslim countries, Ms. Merkel, moving unilaterally, announced that Germany would take in an astounding 800,000. Naturally this was taken as an invitation, and more than a million came. The result has been widespread public furor over crime, cultural dissimilation and fears of terrorism. From such a sturdy, grounded character as Ms. Merkel the decision was puzzling—uncharacteristically romantic about people, how they live their lives, and history itself, which is more charnel house than settlement house.

Ms. Merkel’s acquaintance sighed and agreed. It’s one thing to be overwhelmed by an unexpected force, quite another to invite your invaders in! But, the acquaintance said, he believed the chancellor was operating in pursuit of ideals. As the daughter of a Lutheran minister, someone who grew up in East Germany, Ms. Merkel would have natural sympathy for those who feel marginalized and displaced. Moreover she is attempting to provide a kind of counter-statement, in the 21st century, to Germany’s great sin of the 20th. The historical stain of Nazism, the murder and abuse of the minority, will be followed by the moral triumph of open arms toward the dispossessed. That’s what’s driving it, said the acquaintance.

It was as good an explanation as I’d heard. But there was a fundamental problem with the decision that you can see rippling now throughout the West. Ms. Merkel had put the entire burden of a huge cultural change not on herself and those like her but on regular people who live closer to the edge, who do not have the resources to meet the burden, who have no particular protection or money or connections. Ms. Merkel, her cabinet and government, the media and cultural apparatus that lauded her decision were not in the least affected by it and likely never would be.

Nothing in their lives will get worse. The challenge of integrating different cultures, negotiating daily tensions, dealing with crime and extremism and fearfulness on the street—that was put on those with comparatively little, whom I’ve called the unprotected. They were left to struggle, not gradually and over the years but suddenly and in an air of ongoing crisis that shows no signs of ending—because nobody cares about them enough to stop it.

The powerful show no particular sign of worrying about any of this. When the working and middle class pushed back in shocked indignation, the people on top called them “xenophobic,” “narrow-minded,” “racist.” The detached, who made the decisions and bore none of the costs, got to be called “humanist,” “compassionate,” and “hero of human rights.”

And so the great separating incident at Cologne last New Year’s, and the hundreds of sexual assaults by mostly young migrant men who were brought up in societies where women are veiled—who think they should be veiled—and who chose to see women in short skirts and high heels as asking for it.

Cologne of course was followed by other crimes.

The journalist Chris Caldwell reports in the Weekly Standard on Ms. Merkel’s statement a few weeks ago, in which she told Germans that history was asking them to “master the flip side, the shadow side, of all the positive effects of globalization.”

Caldwell: “This was the chancellor’s . . . way of acknowledging that various newcomers to the national household had begun to attack and kill her voters at an alarming rate.” Soon after her remarks, more horrific crimes followed, including in Munich (nine killed in a McDonald’s ) Reutlingen (a knife attack) and Ansbach (a suicide bomber).

***

The larger point is that this is something we are seeing all over, the top detaching itself from the bottom, feeling little loyalty to it or affiliation with it. It is a theme I see working its way throughout the West’s power centers. At its heart it is not only a detachment from, but a lack of interest in, the lives of your countrymen, of those who are not at the table, and who understand that they’ve been abandoned by their leaders’ selfishness and mad virtue-signalling.

On Wall Street, where they used to make statesmen, they now barely make citizens. CEOs are consumed with short-term thinking, stock prices, quarterly profits. They don’t really believe that they have to be involved with “America” now; they see their job as thinking globally and meeting shareholder expectations.

In Silicon Valley the idea of “the national interest” is not much discussed. They adhere to higher, more abstract, more global values. They’re not about America, they’re about . . . well, I suppose they’d say the future.

In Hollywood the wealthy protect their own children from cultural decay, from the sick images they create for all the screens, but they don’t mind if poor, unparented children from broken-up families get those messages and, in the way of things, act on them down the road.

From what I’ve seen of those in power throughout business and politics now, the people of your country are not your countrymen, they’re aliens whose bizarre emotions you must attempt occasionally to anticipate and manage.

In Manhattan, my little island off the continent, I see the children of the global business elite marry each other and settle in London or New York or Mumbai. They send their children to the same schools and are alert to all class markers. And those elites, of Mumbai and Manhattan, do not often identify with, or see a connection to or an obligation toward, the rough, struggling people who live at the bottom in their countries. In fact, they fear them, and often devise ways, when home, of not having their wealth and worldly success fully noticed.

Affluence detaches, power adds distance to experience. I don’t have it fully right in my mind but something big is happening here with this division between the leaders and the led. It is very much a feature of our age. But it is odd that our elites have abandoned or are abandoning the idea that they belong to a country, that they have ties that bring responsibilities, that they should feel loyalty to their people or, at the very least, a grounded respect.

I close with a story that I haven’t seen in the mainstream press. This week the Daily Caller’s Peter Hasson reported that recent Syrian refugees being resettled in Virginia, were sent to the state’s poorest communities. Data from the State Department showed that almost all Virginia’s refugees since October “have been placed in towns with lower incomes and higher poverty rates, hours away from the wealthy suburbs outside of Washington, D.C.” Of 121 refugees, 112 were placed in communities at least 100 miles from the nation’s capital. The suburban counties of Fairfax, Loudoun and Arlington—among the wealthiest in the nation, and home to high concentrations of those who create, and populate, government and the media—have received only nine refugees.

Some of the detachment isn’t unconscious. Some of it is sheer and clever self-protection. At least on some level they can take care of their own.

Voir aussi:

Le communiqué qui nie la notion d’immigration illégale
Alexis Théas
Le Figaro
12/08/2016

FIGAROVOX/OPINION – Une communiqué du ministère de l’Intérieur et du Logement nie de fait la distinction entre immigration régulière et immigration illégale. Alexis Théas redoute l’appel d’air que pourrait suciter cette évolution de la politique d’immigration française.

Alexis Théas est universitaire et juriste.

Le 1er août 2016, les ministres de l’Intérieur et du Logement ont publié un communiqué passé totalement inaperçu dans la torpeur de l’été mais d’une importance capitale sur le plan de l’évolution des mentalités et de l’idéologie politique française. Ce texte marque une inflexion de la conception française de l’immigration. Jusqu’alors, celle-ci était fondée sur la distinction entre l’immigration régulière et l’immigration illégale. La première, conforme à la loi, était destinée par exemple à accueillir des travailleurs dont la France peut avoir besoin, à former des étudiants dans l’intérêt de la France ou du pays d’origine, ou bien à assurer le principe d’unité familiale. Elle était évaluée à environ 200 000 personnes par an. En revanche, les migrants en situation irrégulière, entrés ou séjournant en infraction avec la loi, devaient impérativement repartir dans leur pays, volontairement ou par la contrainte. Tel était le principe. Cette différence, pour la première fois depuis que l’immigration est devenue un sujet politique au début des années 1980, semble désormais ni par l’Etat. Le migrant en situation irrégulière n’a plus vocation à être reconduit dans son pays, mais à être accueilli en France et pris en charge par la puissance publique, au même titre qu’un étranger en situation régulière ou qu’un citoyen français en difficulté.

Communiqué du 1er août 2016 : «Créé le 25 février dernier à l’initiative de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et d’Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, le comité de suivi du plan de mise à l’abri des migrants sans-abri s’est à nouveau réuni mardi 26 juillet 2016. Présidée par Emmanuelle Cosse, en présence de représentants du Ministère de l’Intérieur, du Ministère de la Famille, de l’Enfance et des Droits des Femmes et de la Préfecture du Pas- de-Calais, cette séance a rassemblé une trentaine d’associations engagées dans l’accompagnement des migrants. Les pouvoirs publics ont tenu à saluer leur travail et leur mobilisation pour faire face à cette crise migratoire sans précédent. A cette occasion, le ministère de l’Intérieur et le ministère du Logement et de l’Habitat durable ont présenté aux associations la Charte de fonctionnement des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO). Répondant à un souhait partagé de l’Etat et des acteurs associatifs, et rédigée au terme de plusieurs semaines de dialogue avec les opérateurs des CAO, cette charte édicte des règles claires de fonctionnement et décrit les principales prestations délivrées aux migrants sans-abri qui y sont accueillis: conditions d’accueil et de localisation, taux d’encadrement, restauration, évaluation – juridique, sociale et médicale – de la situation des personnes accueillies et accompagnement adapté, sécurité, etc. La prise en charge en CAO doit ainsi permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d’un temps de répit et d’engager, si elles le souhaitent, une démarche de demande d’asile. Elle leur permet également d’avoir accès à une offre de soins adaptée et d’être orientées rapidement vers des structures qui correspondent à leur situation (CADA pour les demandeurs d’asile, etc.). Depuis le 27 octobre dernier, 148 Centres d’accueil et d’orientation ont été ouverts sur l’ensemble du territoire national pour un total de près de 2000 places qui ont permis de mettre l’abri plus de 4700 personnes dans des délais très resserrés.»

Ce communiqué enterre donc de fait toute notion d’immigration irrégulière. Il abolit le clivage entre légalité et illégalité en matière d’immigration. Il va dans le sens de la loi du 7 mars 2016, dont les dispositions reviennent à rendre très difficiles l’application des mesures d’éloignement. Il proclame que la France a le devoir d’accueillir et de prendre en charge tout étranger sur son territoire, qu’il soit autorisé à entrer et à séjourner ou qu’il ne le soit pas. De facto, le principe ainsi proclamé abroge l’idée de frontière ou de respect du droit de l’entrée et de séjour. Les associations humanitaires, les idéologues, les partisans de la liberté totale d’immigrer en rêvaient depuis au moins quarante ans. M. Cazeneuve et Mme Cosse l’ont fait. La question est de savoir quel sera l’ampleur de l’appel d’air que cette transformation profonde de tous les fondements de la politique d’immigration française est susceptible provoquer à terme. Le communiqué annonce une France ouverte, qui n’éloigne plus ses migrants illégaux mais au contraire les accueille. Le potentiel d’émigration est élevé: des centaines de millions de personnes déshéritées et désœuvrées, dans ce monde en ébullition, ne songent qu’à trouver un point d’accueil. Reste à savoir si la France, qui compte cinq millions de chômeurs, de gigantesques problèmes de logement, des centaines de milliers de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, un millier de cités sensibles dévastées par la violence, l’exclusion, le communautarisme, l’islamisme radical, si cette France a les moyens d’accueillir une immigration supplémentaire. Mais pour M. Cazeneuve et Mme Cosse, c’est une autre affaire. Et ce n’est visiblement pas la leur.

Voir encore:

Jean-Louis Harouel : «Les femmes qui portent le burkini sont des militantes»

Alexandre Devecchio

Le Figaro

16/08/2016

FIGAROVOX/ANALYSE – Pour Jean-Louis Harouel, l’interdiction du burkini sur certaines plages est parfaitement conforme au droit. Pour lui, le port du vêtement islamique traduit une volonté politique d’imposer une culture et des modes de vie contraires à notre histoire et nos valeurs.


Jean-Louis Harouel est professeur agrégé de droit à Paris II et auteur de «La grande falsification. L’art contemporain», «Le vrai génie du christianisme» et «Revenir à la nation» (Editions Jean-Cyrille Godefroy). Son dernier ouvrage Les droits de l’homme contre le peuple est paru aux éditions Desclée de Brouwer.


LE FIGARO – La justice a validé ce week-end l’arrêté municipal interdisant le port du burkini à Cannes. Des associations «anti-islamophobie» réclamant en urgence la suspension de l’arrêté municipal cannois du 28 juillet se sont vues déboutées par le tribunal administratif de Nice. Cette décision est-elle surprenante? Vous semble-t-elle conforme au droit français?

Jean-Louis HAROUEL – Cette décision n’est aucunement surprenante car parfaitement conforme à la jurisprudence du Conseil d’État, sachant que celle-ci n’a pas été statique à travers le temps mais a évolué en fonction du contexte politique et social. Dans des périodes relativement apaisées, cette jurisprudence était résolument libérale et faisait passer les libertés avant les soucis de l’ordre public, comme en témoigne le célèbre arrêt Benjamin de 1933. Cependant, dans la seconde moitié des années 1930, les passions politiques s’exacerbant et l’ordre public étant sans cesse plus menacé, intervient en 1936 le tournant de l’arrêt Bucard, par lequel le Conseil d’État a abandonné cette jurisprudence libérale pour faire prévaloir les impératifs de l’ordre public. Et il faudra attendre 1953 pour que s’opère avec l’arrêt Naud un retour au libéralisme de la jurisprudence Benjamin.

Aujourd’hui, dans le contexte d’un affrontement de civilisations donnant lieu à un conflit armé ayant fait en un an des centaines de victimes sur le territoire national, il est logique que reviennent au premier plan les exigences de l’ordre public, et le juge des référés a d’ailleurs invoqué «le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats» pour justifier sa décision en la fondant sur «un risque de troubles à l’ordre public».

Le juge note en outre que «sont respectées les dispositions de l’article 1er de la Constitution («La France est une République laïque»), qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers.»

Certes, mais en l’occurrence, il ne s’agit pas d’un service public, mais d’une plage…

Le fait d’administrer et gérer au bénéfice des usagers une portion du domaine public affectée à l’usage du public constitue une activité exercée dans l’intérêt général, et relève donc de la notion de service public.

Est-ce un premier pas vers l’interdiction de tous les signes religieux dans l’espace public? N’est-ce pas une vision de la laïcité excessive? Cette dernière sert-elle de cache-sexe à un combat plus spécifique contre l’islam politique?

L’islam est, par nature, politique. On ne saurait trop le rappeler: l’islam est un système total qui mêle le religieux, le politique, le juridique, la civilisation. L’islam est un code de droit qui prétend remplacer le droit du pays d’accueil. Si bien que toute concession faite à l’islam comme religion est un abandon consenti à l’islam comme système politico-juridique ainsi qu’à la civilisation islamique.

Face à l’islam, la laïcité conçue comme neutralité ne suffit pas. Le cas de figure n’est pas le même qu’avec le catholicisme. Notre laïcité s’est certes construite contre l’Église, mais en accord avec les paroles fondatrices du christianisme: rendre à César et à Dieu ce qui leur revient respectivement. L’islam est au contraire l’anti-laïcité par excellence, si bien que notre État laïque devrait le combattre beaucoup plus durement qu’il n’a combattu le catholicisme.

Ainsi que je le préconise dans mon récent livre Les droits de l’homme contre le peuple, il faut pour l’islam un régime dérogatoire comme en Suisse où la construction de minarets est interdite alors qu’on peut bien sûr y construire des clochers.

Cela vient après l’affaire du parc aquatique privatisé pour les salafistes dans les Bouches-du-Rhône. Ce genre de pratique est tolérée dans certaines villes pour la communauté juive par exemple. Que répondez-vous à ceux qui dénoncent le «deux poids, deux mesures»?

Peut-on citer le nom de quelqu’un ayant opéré un massacre en France au nom d’une quelconque mouvance du judaïsme?

En Corse, la baignade de jeunes filles en burkini a provoqué une violente rixe entre jeunes corses et jeunes d’origine maghrébine. Que cela vous inspire-t-il?

C’est un exemple des troubles à l’ordre public que peut entraîner cet étalage sur les plages françaises des pratiques identitaires islamiques. Surtout dans le contexte des récents massacres commis par des islamistes au nom de leur dieu.

Par ailleurs, il est clair qu’en Corse où la population est restée plus près de son sol, plus ancrée dans ses villages, elle se montre plus réactive face au processus de la conquête islamiste non dite mais bien réelle dont l’Europe occidentale est l’objet. Cependant, même dans l’Hexagone, de plus en plus de gens ont conscience du lien qui existe entre les carnages des terroristes islamistes et le folklore identitaire arabo-musulman qui est le terreau où se nourrit le djihadisme.

Après l’arrêté de Cannes, pris le 28 juillet, une autre commune des Alpes-Maritimes interdit la baignade en burkini: Villeneuve-Loubet. Cela est-il le signe d’une prise de conscience face au danger de l’islam politique, au-delà de la menace terroriste?

On peut l’espérer. Notre pays est actuellement en guerre, et s’il ne veut pas être vaincu dans cette guerre, il doit savoir contre qui et contre quoi il se bat. Pour ne pas perdre une guerre, il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double: d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie.

À moyen et long terme, le plus grand danger pour les Français est la conquête feutrée de la France par le djihadisme civilisationnel, conquête qui s’opère au nom des droits de l’homme. Les femmes qui portent des vêtements de bain islamiques sont des militantes de la conquête de notre pays par un groupe humain porteur d’une civilisation antagoniste. Cet été, les plages sont la nouvelle partie de notre territoire que visent à s’approprier les islamistes.

Voir enfin:

El Chapo and the Secret History of the Heroin Crisis
If you wonder why America is in the grips of a heroin epidemic that kills two hundred people a week, take a hard look at the legalization of pot, which destroyed the profits of the Mexican cartels. How did they respond to a major loss in revenue? Like any company, they created an irresistible new product and flooded the market. The scariest part: this might not have happened with El Chapo in charge.
Don Winslow
Esquire
Aug. 9, 2016

The phone rang. It was July 2014, and I was in a motel room in Tucumcari, New Mexico, about to step into the shower. My wife and I were two days into a cross-country drive from our home in California, and I wanted to clean up before we went to a sports bar across the parking lot to grab something to eat.

Looking at the phone, I recognized the number and felt my heart drop. The woman was a close friend. Her twenty-three-year-old son had struggled with heroin addiction for several years.

I knew the young man. He was smart, talented, funny—and charming when he wasn’t high or jonesing. He was supposed to have called me that day to discuss getting back into school.

I didn’t get that call.

It was his mother on the phone, sobbing, barely able to stammer out the words that I already knew she was going to say. « He’s gone. »

That afternoon, she told me, he was walking to a treatment center that finally had a bed for him, but he stopped for one last « get well » fix. He died on the sidewalk.

His mother and I were on the phone for quite a while. Mostly I listened, because what was there to say? Then I got into the shower and cried.

I’ve been writing about and researching the so-called War on Drugs for more than twenty years. During that time I’ve been to funerals, I’ve sat with the families of teenage hitmen, I’ve explained to people why their loved ones were killed, providing information that the government would not. I’ve analyzed autopsy photos, trying to put names to anonymous victims. I’ve watched the atrocity videos. I thought I was inured to it, hardened to insensitivity by the numbing sameness of this never-ending tragedy. I thought I was beyond tears.

This one hurt. It was personal (why hadn’t he called me, why the fuck hadn’t he called me?), and, moreover, I knew how it had happened.

It was his mother on the phone, sobbing, barely able to stammer out the words that I already knew she was going to say. « He’s gone. »
The heroin that killed him came from Mexico. The people who grew the poppies, manufactured the drug, and shipped it north were members of Mexico’s most powerful drug-trafficking organization, and the death of my friend’s son came as a direct result of a business decision made by several of these men.

One of them was Joaquín Guzmán Loera.

The jefe of the Sinaloa Cartel, the largest drug trafficker in the world. Aka « El Chapo. »

Yeah, him.

Guzmán and I go way back. (I resist calling him El Chapo because the diminutive makes him seem like some sort of cute Disney dwarf who whistles while he works rather than the mass murderer he is.) I remember the days when young Joaquín was learning the pista secreta as an errand boy/driver for the old giants of the trade, such as Pedro Avilés Pérez and Rafael Caro Quintero.

Guzmán had worked and killed his way up to the big leagues by the time he first went to prison, in 1993. While he was running his business from his suite inside Puente Grande federal prison, I was working on a book called The Power of the Dog, the first of three novels I’ve written about the evolution of the Mexican drug scene. I was talking to cops and convicts, drug traffickers and addicts, gangbangers and their families. I was in the prisons and on the streets, in the archives and the courts, on the border and across it. I was still working on that book when Guzmán made his first escape in 2001.

At the time, Mexican drug traffic was divided among several major and a dozen minor groups, the most important being the Juárez Cartel, the Tijuana Cartel, and the Gulf Cartel, with its hyperviolent armed wing, the Zetas.

When Guzmán got out of Puente Grande, he sought to control the entire Mexican drug business under the name of the Sinaloa Cartel. Over the next ten years, he went to war against the other traffickers.

That war took more than a hundred thousand lives in Mexico, with more than twenty-two thousand people still « missing. » It’s been a catastrophe on this side of the border, too, directly causing, among other things, the recent heroin epidemic that has killed thousands, among them my friend’s son.

Last summer I went on a book tour for my novel The Cartel. At every stop on that tour, I met people who had lost a loved one to drug-related violence in Mexico or to a drug overdose here in the U. S. In Scottsdale a woman asked me if I knew anything about her best friend’s murder. (I did.) In Seattle a man asked if I had any information about his brother-in-law’s kidnapping. (I didn’t.)

One night was the anniversary of my friend’s son’s death. I called her from outside a bookstore in a Los Angeles mall and then went in to talk about the damn novel.

THE POT PARADOX
Okay, I’m going to say it: The heroin epidemic was caused by the legalization of marijuana.

We wanted legal weed, and for the most part, we got it. Four states have legalized it outright, others have decriminalized it, and in many jurisdictions police refuse to enforce the laws that are on the books, creating a de facto street legalization.

Good news, right?

Not for the Sinaloa Cartel, which by the time Colorado passed Amendment 64 in 2012 had become the dominant cartel in Mexico. Weed was a major profit center for them, but suddenly they couldn’t compete against a superior American product that also had drastically lower transportation and security costs.

In Scottsdale a woman asked me if I knew anything about her best friend’s murder. (I did.) In Seattle a man asked if I had any information about his brother-in-law’s kidnapping. (I didn’t.)
In a single year, the cartel suffered a 40 percent drop in marijuana sales, representing billions of dollars. Mexican marijuana became an almost worthless product. They’ve basically stopped growing the shit: Once-vast fields in Durango now lie fallow.

More good news, right?

Yeah, no. Guzmán and his boys are businessmen. They’re not going to take a forty-point hit and not do something about it. They had to make up those profits somewhere.

Looking at the American drug market as it existed, Guzmán and his partners saw an opportunity. An increasing number of Americans were addicted to prescription opioids such as Oxycontin.

And their addiction was expensive. One capsule of Oxy might sell on the street for thirty dollars, and an addict might need ten hits a day.

Well, shit, they thought. We have some of the best poppy fields in the world. Opium, morphine, Oxy, heroin—they’re basically the same drug, so …

The Sinaloa Cartel decided to undercut the pharmaceutical companies. They increased the production of Mexican heroin by almost 70 percent, and also raised the purity level, bringing in Colombian cooks to create « cinnamon » heroin as strong as the East Asian product. They had been selling a product that was about 46 percent pure, now they improved it to 90 percent.

Their third move was classic market economics—they dropped the price. A kilo of heroin went for as much as $200,000 in New York City a few years ago, cost $80,000 in 2013, and now has dropped to around $50,000. More of a better product for less money: You can’t beat it.

At the same time, American drug and law-enforcement officials, concerned about the dramatic surge in overdose deaths from pharmaceutical opioids (165,000 from 1999 to 2014), cracked down on both legal and illegal distribution, opening the door for Mexican heroin, which sold for five to ten bucks a dose.

But pill users were not accustomed to the potency of this new heroin. Even heroin addicts were taken by surprise.

As a result, overdose deaths have skyrocketed, more than doubling from 2000 to 2014. More people—47,055—died from drug overdoses in 2014 than in any other year in American history. (Perhaps the most famous of these, Philip Seymour Hoffman, died on February 2, 2014, right at the height of the epidemic.) That’s 125 people a day, more than five lives every hour, a fatality level that matched the AIDS epidemic’s peak in 1995.

PANDORA’S NEW BOX
On February 21, 2014, after thirteen years of being the most wanted man in Mexico (despite frequent appearances at restaurants, concerts, and holiday parties), Guzmán was recaptured.

When journalists called to get my comment, I had a one-word answer: Iraq.

« What do you mean? » they asked. I reminded them that in the power vacuum that followed Saddam Hussein’s capture and subsequent execution, Iraq splintered into sectarian violence, Shiite against Sunni. ISIS came into being, overran Iraqi and Syrian cities, and launched a reign of terror.

Look, I shed no tears for either Hussein or Guzmán. Both were killers and torturers. But the fact is that the horrific violence of Guzmán’s war of conquest had largely abated by 2014, precisely because he had won the war (with at least the passive assistance of the Mexican and U. S. governments) and established what’s come to be called the Pax Sinaloa.

The Sinaloan Peace.

Historically, the Sinaloa Cartel has been the least violent of the Mexican drug-trafficking organizations. Admittedly, this isn’t a high bar to clear, but it has long been axiomatic that the Mexican government felt that it could at least talk to Guzmán and his partners in ways it never could with, for instance, the Zetas.

Many journalists and writers, myself among them, believe that the Mexican government eventually supported the Sinaloa Cartel during the worst years of the drug war in an attempt to establish some modicum of order. The numbers back this theory—the Sinaloa Cartel, while by far the largest group, makes up only 12 percent of the thousands of police and military arrests and killings of narcos.

Guzmán and his partners were famously averse to violence against civilians (again, this is all relative). For instance, Guzmán prohibited his people from carrying out kidnappings, a lucrative business for the other cartels.

The overwhelming power of the Sinaloa Cartel, led by Guzmán and his partners Ismael « El Mayo » Zambada García and (the possibly late) Juan Jose Esparragoza-Moreno, was holding together a fragile peace among scores of smaller trafficking organizations.

Which is why the Mexican government was, shall we say, ambivalent about Guzmán’s capture in the first place. And let’s face it—if corruption were an Olympic event, Mexico would be a perennial gold-medal winner. The Sinaloa Cartel had simply purchased elements of the Mexican government on the local, state, and federal levels. Zambada in particular was the political connection between the cartel and the Mexican government and business powers.

That, coupled with the fact that the cartels control somewhere between 8 and 12 percent of the Mexican economy, gave the Sinaloans enormous power and influence. With billions of dollars in drug profits invested in legitimate business, the economy of Mexico is simply dependent on the drug trade.

Just seven months after Guzmán’s capture, as the Sinaloan Peace faltered, Mexico saw its highest-profile massacre in years. On September 26, 2014, forty-three students from the Ayotzinapa teachers college went missing in Iguala, Mexico, a town three hours south of Mexico City.

International outrage and mass protests forced the government to launch a cover-up—er, investigation, which eventually determined that Mexican police took the students off four buses they had commandeered to travel to a protest in Mexico City and turned them over to an up-and-coming drug-trafficking organization with the vainglorious name of Guerreros Unidos (United Warriors).

The students were taken to a dump on the outskirts of the nearest town. Fifteen died of suffocation on the drive there. The rest were interrogated and then killed, their bodies burned with gasoline and old tires.

The students’ crime? One version has it that the local mayor simply didn’t like the students’ left-wing politics. Okay, so they had their police turn them over to…narcos? Sure, that makes sense, about as much sense as any of the other cover stories that Mexican president Enrique Peña Nieto’s government has asked us to accept.

The second explanation is a Mexican classic that gets reheated every time there’s a massacre—the narcos of Guerreros Unidos suspected some of the students of being associated with a rival trafficking group, Los Rojos.

It’s possible, and this is where the Iraq analogy plays out. Just as Hussein’s demise unleashed ancient hatreds, Guzmán’s capture revived old blood feuds, the complexity of which could fill a season of Game of Thrones.

The condensed version: Guzmán and the four Beltrán Leyva brothers were once close friends, but they had a falling out after Guzmán had one of the brothers arrested and another was killed during an arrest attempt. One of the battlefields of the ensuing war between the Beltrán Leyva Organization and the Sinaloa Cartel was Guerrero State, where the students were massacred. The Sinaloa Cartel took it from BLO after bloody fighting.

The Guerreros Unidos narcos who murdered the students were a faction loyal to BLO who only reluctantly gave their fealty to the Sinaloans after being defeated in the war. Now, in the aftermath of Guzmán’s capture, the remnants of BLO saw the opportunity for a comeback.

Los Rojos, the other insurgent group fighting for Guerrero, also has scores to settle, both with Guerreros Unidos and the Sinaloans. A faction of the old Gulf Cartel, it had fought against BLO when it was still part of the Sinaloa coalition. In the perceived vacuum created by Guzmán’s arrest, it saw its chance to recapture territory.

Sunni versus Shiite.

In a Sinaloa Cartel–controlled Guerrero, the murders of forty-three college students would have required Guzmán’s explicit permission, which he would not have given. That Guerreros Unidos felt free to perpetrate this massacre is deeply problematic for the future of a peaceful Mexico.

EL CHAPO’S « ESCAPE »
The end of the Pax Sinaloa probably also had something to do with Guzmán’s second escape from prison, on July 12, 2015.The details of the caper were catnip to the media—the story was that Guzmán had gone through a trapdoor in his shower (yes, he had a private shower, complete with a « privacy wall »; I will leave you to ponder the concept of a privacy wall in a maximum-security prison) into a mile-long tunnel through which he rode a motorcycle, right under the noses of oblivious prison authorities who apparently heretofore believed they had a wicked gopher problem.

For the record, Guzmán did not go out that tunnel on a motorcycle. Steve McQueen escapes on motorcycles. My money says that Guzmán didn’t go into that tunnel at all; anyone who can afford to pay $50 million in bribes and finance the excavation of a mile-long tunnel can also afford not to use it.

Gentle reader, the man is worth $1 billion. He was thinking about buying the Chelsea Football Club. He went out the front door.

After Chapo Guzmán became a household name, the media was voracious for details about his life. He grew up poor, harvesting opium in the fields when he was eight years old. He started selling his own cocaine at age fifteen. All of this is true. He gave money to the poor. (True.) He built schools, clinics, churches. (True, true, true.) He was good to his mother. (True.)

He had escaped before. (Sort of true.) We’d better run this down here, because the history of Guzmán’s various arrests and escapes gets a bit confusing:

1993: Guzmán was arrested and sentenced to twenty years at a maximum-security prison, which he ran as his personal country club, replete with call girls, gourmet food and wine, and weekly movie nights.

2001: Guzmán made his first « escape, » which, like his most recent one, wasn’t an escape at all. (An escape generally doesn’t involve the active participation of one’s jailers.) The cover story that year was that he went out in a laundry cart, but insiders allege he actually went off the roof in a helicopter.

2014: Guzmán was recaptured, probably in a deal that his partner Zambada made to get Zambada’s son out of a ten-to-life cocaine-trafficking rap in Arizona. (The son has disappeared from any U. S. federal-prison registries—read: Witness Protection Program.)

2015: Guzmán escaped again, the cover story this time being the tunnel.

I gave the same explanation to the media over and over again: Guzmán didn’t escape; he was let out so that he could try to reestablish order.

THE ISIS OF MEXICO
If Mexico has become Iraq, then the Jalisco New Generation Cartel (CJNG) is the country’s ISIS. Even its name suggests that it considers itself something different, a new breed of narco ready to take over and correct the failures of the previous generation. There’s some truth to that viewpoint—one of the Sinaloa Cartel’s problems is indeed generational. The frankly brilliant leadership that brought it to prominence is dead or graying.

The Jalisco New Generation Cartel used to be a wing of the Sinaloa Cartel under the leadership of Ignacio « Nacho » Coronel. But Nacho’s organization broke in half after he was killed in a shootout with the Mexican army in 2010, and one of those factions, Los Torcidos (the Twisted Ones), evolved into CJNG.

The CJNG boss, Nemesio Oseguera Cervantes, « El Mencho, » did three years in a California prison for heroin trafficking and then came back to Mexico to head up the assassination squad of the Torcidos. At the time, their major target was the rival Zetas, and El Mencho carried out the 2011 massacre of thirty-five of them in Veracruz, then another thirty-two a month later.

El Mencho’s son, inevitably glossed « El Menchito, » was once a close Guzmán ally, but he was captured in January 2014. A month later, Guzmán was arrested and El Mencho saw his opportunity to split from the Sinaloa Cartel.

What makes CJNG so ISIS-like is that they just don’t give a shit. To consolidate power, El Mencho allegedly authorized the murder of Jalisco’s tourism secretary and the assassination of a congressman.
In March 2015, lugging assault rifles and grenade launchers, CJNG gunmen rolled into a town and killed five police officers. Two weeks later, they ambushed a police convoy and killed fifteen officers. The next day, they murdered the police chief of another town.

In April 2016, they shot down a military helicopter with a rocket launcher. Now they are taking on the Sinaloa Cartel in Baja, threatening the stability of the border region. Law-enforcement sources tell me that CJNG has also allied with a revived Beltrán Leyva group to take on their old bosses in Acapulco, leading to renewed violence in that resort town.

Just as this mess was heating up, a new drug—actually an old drug—entered the scene. Fentanyl is a synthetic opioid that is thirty to fifty times as strong as heroin. It was developed in 1960 by Janssen Pharmaceuticals (now a division of Johnson & Johnson) as a treatment for the severe pain caused by terminal cancer.

Fentanyl is so powerful that the DEA warns police that they can be injured just by touching it, and it can be taken as a pill (brand names: Duragesic, Actiq, and Fentora), a spray, snorted, shot, used as a transdermal patch, mixed with heroin, you name it. Prince died from an overdose of fentanyl; as many as seven hundred Americans overdosed on the drug last year.

It’s a versatile killer.

Crystal Sharee Moulden’s body was found in a Baltimore alley last June. The straight-A student had shot a dose of fentanyl-laced heroin. She was sixteen years old. Photos on her obituary page show a smiling girl with her cheerleading squad.

In New Orleans, The Times-Picayune reported that fentanyl deaths exceeded the number of murders for the first month of 2016. In Connecticut, fentanyl-related deaths increased by 151 percent between 2014 and 2015 and are expected to rise another 77 percent in 2016.

For the narcos, the advantages of fentanyl over heroin are enormous.

First of all, it’s made in a lab, so you don’t need fields of poppies that can be raided, fumigated, or seized. You don’t need hundreds of campesinos to harvest your crop and you don’t need to take or control territory. (Well, not territory for cultivation—you still have to control access to smuggling turf, hence the renewed violence in Baja, where the murder rate has tripled.)

But it’s the profits that will make fentanyl the new crack cocaine, which created the enormous wealth of the Mexican cartels in the eighties and nineties. A kilo of fentanyl can be stepped on sixteen to twenty-four times to create an astounding return on investment of $1.3 million per kilo, compared with $271,000 per kilo of heroin.

No wonder the DEA estimates that the importation of fentanyl from Mexico is up by 65 percent from 2014.
Because fentanyl is now often mixed with heroin to increase the latter’s potency, unaware heroin users are dying from the same doses that used to just get them well. EMTs, ER personnel, and cops don’t know what they’re looking at, or that they need twice the dosage of naloxone, or Narcan, to revive an addict whose respiratory system has been shut down by fentanyl.

Those who survive become more addicted. The cartels mix fentanyl with heroin because once an addict has shot that mix, they won’t go back to « just heroin, » since they can’t get high on it anymore.

The combination of lab-produced illegal fentanyl and the fracturing of the Sinaloa Cartel is a catastrophe for law enforcement and American society as a whole but an absolute boon for the narcos seeking to supplant the old order. Splinter groups such as CJNG can easily use the enormous profit potential of fentanyl to fund their rebellions, and those same profits will encourage them toward violence to control the smuggling routes.

ISIS is waning in Iraq largely because it can no longer pay its fighters. Fentanyl assures the new narcos that they will not have that problem. All they’ll need is the will for violence, and they already have that, in spades. Mexico has done little to fill the vacuum created by Guzmán’s fall. As a result, there will not be three groups seeking to fill that gap, there will be dozens.

On the American side, the rise of splinter groups makes it all the harder for law enforcement to track and intercept the drug. We’ll no longer know where’s it coming from, and worse, what’s in it. First responders will not be able to tell if they’re dealing with pure heroin, heroin laced with fentanyl, pure fentanyl, fentanyl cut with God knows what … there will be pharmacological chaos.

We talk about the heroin epidemic.

Fentanyl will be the plague.

SEAN PENN WHO?
Guzmán’s months of freedom after July 2015 were a farce. As the media played an endless game of « Where’s Waldo? » (he’s in Colombia, he’s in Costa Rica, he’s in Los Angeles, he’s in Donald Trump’s hair), Mexican and American intelligence almost certainly had a line on Guzmán’s whereabouts from the moment that he didn’t emerge from the tunnel.

Certainly by the fall, Mexican authorities knew that Guzmán was frequenting the coastal town of Los Mochis, in Sinaloa State, where he was eventually captured. The house he was living in wasn’t remote but on a four-lane boulevard around the corner from the mother of Sinaloa’s governor.

(Shades of Abbottabad, anyone?)

There is no question that Guzmán got overconfident and sloppy, starting to believe his own press. He let his son Ivan, who makes Anthony Junior in The Sopranos look like Michael Corleone in The Godfather, put a photo of him out on social media with the location identified as Costa Rica. This led to breathless speculation that Guzmán had fled Mexico, although as a few of us tried to point out, Costa Rica is also the name of a town in Sinaloa.

At one point he threatened to have Donald Trump whacked. (Oddly enough, Trump didn’t respond with a dismissive nickname, maybe because, of all the Mexicans who would scratch a check for the wall, Guzmán would have jumped at the chance, as it would increase his profits.)

Then Guzmán pissed off a lot of people by trying to take over the domestic sale of drugs, especially heroin, from the independent storefront sellers in Sinaloa. This uncharacteristically stupid move caused an uprising in the southern half of Sinaloa and constricted Guzmán’s freedom of movement. The gangs who controlled the local markets wanted Guzmán’s hands out of their pockets and were ready to go to the AKs to do it, threatening to derail the whole gravy train—tens of billions of dollars that Guzmán’s partners were making from international trafficking of heroin, cocaine, methamphetamine, and, to a shrinking extent, marijuana.

Guzmán’s partners in the Sinaloa Cartel were getting fed up with his high-profile antics—Ismael Zambada, for instance, cannot have been pleased by Guzmán’s new media stardom—and were ready to have their old cuate back behind bars where it would be harder for him to mess up their business.

The deal the cartel made with the Mexican government probably went something like this: Please get the guy out of our hair, but whatever you do, don’t kill him. He’s made us a lot of money and we still have strong ties with his family and with loyalists.

The only people not shot in the raid that recaptured Guzmán were the guy himself and his right-hand man, and if you think that’s a coincidence, I have a tunnel you can bid on.

In the interim came the squalid burlesque involving Sean Penn and Kate del Castillo.

Del Castillo had been vocal in her praise of Guzmán, declaring on social media that she believed in Guzmán more than she believed in governments and urging him to become a modern-day Robin Hood, in which case he would « become a hero of heroes. »

She added, « Let’s traffic in love, you know how. » Guzmán was definitely interested in trafficking in love.

Look, he wasn’t the first guy to get taken in by a beautiful, ambitious actress who wanted to further her career, and he won’t be the last, but the sorry fact is that the most powerful drug lord in the world, a man who had created a multibillion-dollar empire, got suckered by a pretty face.

You almost feel bad for Guzmán. His texts to del Castillo are pathetic: « I really want to meet you and become good friends. You are the best thing in the world. » He asks her to visit him. « Have faith that you’ll be comfortable. I’ll watch you more than I do my own eyes. »

Del Castillo plays him. « I’m so moved you say you’ll look after me. No one ever has. »

Guzmán worked with his lawyer to facilitate communications with del Castillo, insisting that the attorney get her a pink BlackBerry, which, tragically, the company didn’t make.

Then del Castillo told the lawyer she wanted to bring Sean Penn along.

Guzmán didn’t know who Penn was, but he wasn’t going to let that get in the way. « Have her bring the actor. If she needs to bring more people, bring them. As she wishes. »

Their meeting took place on October 2, 2015. A few days later, in a move that Mexican authorities later said was « helped » by the del Castillo-Penn visit but was more likely a result of American cell-phone intercepts, the Mexican marines raided the ranch where Guzmán fled with his two personal chefs. Marine snipers have said that they had him in their sights but were ordered not to fire, as our hero had a little girl in his arms as a shield.

On January 8, 2016, he was captured in Los Mochis. All the authorities had to do was follow the monkey.

That’s right. It wasn’t a Hollywood actor that did Chapo Guzmán in. It wasn’t even a sexy soap-opera star that got him recaptured a year after his « dramatic, » « daring » (read: « bullshit ») « escape » from a maximum-security (I’d hate to see a minimum-security) Mexican prison. It was a monkey.

The story goes that Guzmán asked for his twin daughters’ pet monkey, Boots, to be sent to the not-so-safe house where he was hiding, and the Mexican authorities had a line on the little bastard. So Mexican and American intelligence were already monitoring Guzmán when Sean Penn and Kate del Castillo made their farcical pilgrimage, after which Guzmán, always the optimist, reportedly visited Tijuana for erectile-dysfunction surgery. (You can’t make this shit up. I try, but it’s futile.)

Whether it was the monkey or the soap-opera star or American cell-phone intercepts, the deal was in place, and the Mexican marines went in shooting. A few hours later you had one of the most powerful men in the world popping up out of a sewer lid in the middle of a street like some sort of narco whack-a-mole game. Two cops picked him up and then realized—holy shit—what they had on their hands and were so scared they actually turned him over rather than negotiate a Get out of Jail for a Million card.

In the Middle East, we traded the devil we knew for the devils we didn’t. In Mexico, the devils we know will be replaced by a multiplicity of devils we’ll never know. The ability to hide production (unlike marijuana or poppy fields) and the anonymity of communicating on social media will create anarchy. The era of the cartel might be coming to an end.

Where does this leave Guzmán? If you didn’t know the things he’s done, it would be tempting to view him as a tragic figure, a Gabriel García Márquez character living out his twilight years in the shadows of his lost hopes.

He’s been moved to a prison in Juárez, Cefereso #9, a facility known for its violence, in a city where he has many enemies. Mexico’s Ministry of Foreign Affairs has cleared the way for his extradition to the United States, but there are still many court challenges to go. Some Mexican legal experts I spoke to said that it will be at least two years, if it happens at all. I doubt that he’ll ever be extradited, but you never know. He might push for it now rather than face the threat of an assisted suicide in a Mexican cell.

The prison now has dogs taste Guzmán’s food in case it’s been poisoned (personally, I wouldn’t sacrifice Spot to save Guzmán), and two « elite » guards with GoPro cameras on their helmets watch him 24/7.

MONEY MONSTER
So Guzmán is behind bars, it’s over, and we won. Just like we won when Hussein literally reached the end of his rope.

The Los Angeles Times estimates that two thirds of Mexican drug lords have been either killed or imprisoned. And what’s the result? Drugs are more plentiful, more potent, and cheaper than ever. Deaths from overdoses are at an all-time high. Violence in Mexico, once declining, is starting to rise again. Just last week, I looked at photographs of the bodies of four people stuffed into a car trunk in Tijuana. The bodies showed signs of torture.

Gang violence is on the rise in every major American city, most notably Chicago and New York, and the cowardly lions in Congress will do exactly shit about either the drugs or the guns that fuel and enable the killings and deaths—more than ISIS ever dreamed of.

Seems like old times. There will be more phone calls and more overdoses. Someone will replace El Chapo, just as he replaced his predecessors. My bet’s on El Mencho, but it really doesn’t matter. That’s the lesson we seem to have to learn over and over and over again, world without end, amen. Guzmán was right: « If there was no consumption, there would be no sales. » I’m always amazed that progressive young millennials will picket a grocery chain for not buying fair-trade coffee but will go home and do drugs that are brought to them by the killers, torturers, and sadists of the cartels.

We’re as addicted to the War on Drugs as we are to the drugs themselves. Our justice system is a machine fueled by hundreds of thousands of arrests, trials, and imprisonments. As long as the U. S. and Europe continue to buy billions of dollars’ worth of drugs a year while at the same time spending billions to intercept them, we will create an endless succession of Chapos and Menchos.

An entire economy is based on drug prohibition and punishment, something to the tune of $50 billion a year, more than double the estimated $22 billion we spend on heroin.

That’s a lot of money. There will inevitably be another Guzmán, but he’ll be a distraction, too. Don’t follow the monkey. Follow the money.

Voir par ailleurs:

Le burkini interdit dans une piscine de Marrakech

Une piscine située dans un hôtel à Marrakech a décidé d’interdire le port du burkini. Cette mesure semble ne pas plaire à tout le monde…

L’établissement hôtelier, qui n’a pas souhaité être mentionné dans cet article, justifie cette interdiction par des « raisons de sécurité et d’hygiène ». L’administration a donc exigé que les femmes désirant nager dans les piscines portent un maillot de bain et a même installé un panneau interdisant l’usage du burkini.

Face à cette interdiction inhabituelle, certains internautes ont exprimé leur colère: « La femme voilée est devenue interdite telle un chien dans un hôtel ! » D’autres ont posé des questions sur l’application des droits de l’homme et des libertés individuelles au Maroc.

Ce n’est pas la première fois qu’un incident de ce genre arrive dans le royaume. L’année dernière, une piscine de Casablanca avait aussi interdit le burkini et avait imposé le maillot de bain comme seule possibilité pour les femmes. D’autres hôtels et piscines avaient également prohibé la « combinaison islamique ».

L’hôtel Ibis d’El Jadida et de nombreux hôtels à Marrakech appliquent cette interdiction. Le Tamaris Aqua Park, situé à quelques kilomètres de Casablanca s’était également opposé au port du burkini pour des raisons officiellement liées à l’hygiène. Une polémique qui refait surface chaque été au Maroc.

These Days of Rage
Kenan Malik
The New York Times
Aug. 9, 2016

LONDON — On July 14, Bastille Day, in Nice, France, 85 people died after being mowed down on the promenade by a man driving a truck. Four days later, a 17-year-old man attacked passengers with an ax on a train near Würzburg, Germany. Four days after that, an 18-year-old man shot dead nine people in a Munich shopping mall.

Two days later, a 27-year-old man blew himself up outside a music festival in Ansbach, in southern Germany. That same day, a 21-year-old Syrian refugee hacked a woman to death in Reutlingen, near Stuttgart, also in Germany.

Two days after that, two young men stormed a church in St.-Étienne-du-Rouvray, in northern France, and slit a priest’s throat. Last week, one person was killed when a man with a knife went on the rampage in Central London.

Little wonder that an article last month in the German newsmagazine Der Spiegel asked “Has the world gone mad?” We seem to be living in an age of psychopathic violence and political rage. “Many of us,” the article concluded, “simply don’t understand the world anymore.”

It is not that Europe has suddenly become susceptible to terrorist attacks. The Global Terrorism Database shows that in Western Europe, deaths from terrorism have decreased since the early 1990s. What’s changed is the character of terrorism.

In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine. There was generally a relationship between the organization’s political cause and its violent activities.

Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West. Some commentators claim that an attack like the one in Nice is “blowback” from Western foreign policy, but it’s difficult to discern any rational relationship between Western policy in Iraq or Libya and the murder of revelers on a promenade.

Of course, in the mind of the perpetrators, there is always a relationship; they are waging a righteous war against the West, which they see as an almost mythical, all-encompassing monster. That is why a jihadist act is rarely linked to a political demand but is seen rather as an existential struggle to cut the monster down, in which almost any act becomes acceptable.

Whatever one thinks of the activities of groups like the I.R.A. or the P.L.O., those activities were governed by certain norms and contained a rational kernel. It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying.

What defines jihadist violence today is not righteous anger or political fury but a sense of inchoate, often personal, rage. Such rage is not uniquely Islamist.

When a gunman of Iranian origin went berserk in a Munich shopping mall last month, it was immediately assumed that he was an Islamist terrorist. The man, Ali David Sonboly, might have been a terrorist, but he was no Islamist. He was apparently a mentally disturbed young man proud of sharing his birthday with Hitler and obsessed with mass shootings and in particular with Anders Breivik, the Norwegian neo-Nazi who killed 77 people in 2011.

Mr. Sonboly is not unique in being a non-Islamist killer driven by rage. In June, a British member of Parliament, Jo Cox, was shot and stabbed to death in the Yorkshire town of Birstall while campaigning ahead of the referendum on Britain’s membership in the European Union. When asked his name in court, the man accused of killing her, Thomas Mair, responded, “My name is death to traitors, freedom for Britain.”

A year earlier, Dylann Roof, a 21-year-old American obsessed with white supremacist ideas, shot dead nine African-American worshipers in a church in Charleston, S.C. Last month, Micah Xavier Johnson, an African-American Army veteran, fatally shot five police officers in Dallas, apparently in revenge for police shootings of black people.

Neither the attack in London nor the one near Stuttgart was politically driven; both seem rather the actions of mentally disturbed individuals. Some people, however, refused to believe that they were not jihadist attacks, warning darkly of a conspiracy to hide the truth. This may be irrational, but it also reflects the shifting character of public violence.

In the past, the distinction between political violence and sociopathic rage was relatively clear. No longer. There seems today almost a continuum between ideological violence, disjointed fury and some degree of sociopathy or mental illness. What constitutes ideological violence has decayed; instead, amorphous rage has become a persistent feature of public life.

One reason is the breakdown of social and moral boundaries that once acted as firewalls against such behavior. Western societies have become more socially atomized and more riven by identity politics. The influence of institutions from the church to labor unions that once helped socialize individuals and inculcate them with a sense of obligation to others has declined.

As broader identities have eroded, and traditional social networks and sources of authority have weakened, people’s sense of belonging has become more parochial. Progressive movements that gave social grievance a political form have faded. Instead, the new oppositional movements are often rooted in religious or ethnic identity and take sectarian or separatist forms.

There is a growing disaffection with anything “mainstream,” and a perception of the world as out of control and driven by malign forces. All this has helped incubate a sense of rage without an outlet, undermined people’s ties to others as human beings, and weakened the distinction between sociopathy and political violence.

It is a world in which, as Chancellor Angela Merkel of Germany observed last week, the “taboos of civilization” are too easily broken. It is not so much the acts of violence themselves as the seeming fragility of our social and moral orders that makes contemporary terrorism so threatening.

Kenan Malik is the author, most recently, of “The Quest for a Moral Compass: A Global History of Ethics” and a contributing opinion writer.

Voir enfin:

ISIS Copies a Palestinian Tactic
Evelyn Gordon

Commentary

Aug. 15, 2016

In my last post, I discussed how Palestinian culture encourages suicidal youngsters to kill by offering a simple bargain: Murder a Jew, and you instantly become a hero. While the West has long turned a blind eye to this behavior, its refusal to look reality in the face is now coming back to haunt it. For today, the Islamic State is making the very same tempting offer to distraught Muslims in Western countries–murder a Westerner, and you can instantly become a hero instead of a failure.

It’s no accident that several recent terror attacks in Western countries have been carried out by people who apparently had histories of mental illness, including Nice, Orlando, and several attacks in Germany. Nor is it any accident that the Islamic State is cultivating such people. As with many other terrorist techniques pioneered by the Palestinians, ISIS has copied this one precisely because it proved successful–and not just as a means of recruiting assailants.

This tactic also serves two other important purposes. First, it encourages an already strong Western tendency to ignore the terrorists’ true aims. I discussed this with regard to the Palestinians in my previous post; a classic example concerning the Islamic State was Kenan Malik’s op-ed in the New York Times on Tuesday. “In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine,” Malik wrote. “Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West.”

In reality, Islamic State is quite open about its aims: It wants to destroy the West and establish a global Islamic caliphate. Indeed, being open about its goals is part of how it attracts new recruits, just as Palestinian organizations attract support by boasting of their efforts to destroy the Jewish state. But at the same time, both the Palestinians and ISIS would prefer that the West not take their goals too seriously since, if it did, it might stop supporting the Palestinians or actually get serious about destroying ISIS.

The use of emotionally distressed recruits is an ideal way for terrorists to foster confusion about their aims because it makes it even easier for well-meaning Westerners to reassure themselves that Islamist death cults, which exploit such distress to turn people into killers, aren’t actually the problem. The real issue, they tell themselves, is mental health or social alienation.

Second, this tactic helps divide the West and turn it against itself, because it reinforces another existing tendency of many well-meaning Westerners–blaming the victim for having driven the attacker to such a dreadful deed. Westerners have been blaming Palestinian terror on Israel for years, and now, many are blaming themselves for ISIS.

A classic example of this tendency emerged the day after deadly attacks killed 129 people at the Bataclan concert hall and other venues around Paris last November. Anshel Pfeffer of Haaretz visited the 11th arrondissement, one of the neighborhoods where attacks took place and discovered that people “aren’t angry, at least not at the perpetrators.”

The terrorists are “stupid, but they aren’t evil,” a woman who works at one of the district’s theaters told him. “They are victims of a system that excluded them from society, that’s why they felt this doesn’t belong to them and they could attack. There are those who live here in alienation, and we are all to blame for this alienation.”

Some of the others blamed French or American foreign policy. But “no one wanted to talk about Islamists or the Islamic State, even after it took responsibility for the attacks,” Pfeffer wrote. “It was hard to find anyone at this gathering who would say a bad word about the attackers.”

Using assailants with a history of mental or emotional problems is an ideal way for terrorists to reinforce this tendency as well, because it enables people to focus on the assailant’s distress, and society’s failure to deal with it, rather than on the evil intent of those who incited him to kill by telling him he would thereby become a hero instead of a loser.

Yet both gambits are working for ISIS now precisely because Westerners were conditioned for decades to believe them by the way their own journalists, academics, and political leaders insistently treated Palestinian terror as Israel’s fault.

Some Westerners, like the young Parisians interviewed by Pfeffer, have so internalized this attitude that they simply transfer it to their own countries; asserting that their society, too, must be to blame for the attacks against it. Others, like Malik, perform a kind of inversion: Indoctrinated to believe that terror is the victim’s fault, yet unable to believe their own societies evil enough to merit such attacks, they resolve the dilemma by asserting that unlike Palestinian violence–which Malik deems “rational” and “governed by certain norms”– jihadist violence must be senseless than rather than purposeful. “It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying,” he proclaimed (he evidently thinks murdering random civilians in Israel is well within moral bounds).

But whichever approach they choose, the one thing people like Malik and those young Parisians aren’t doing is putting the blame where it belongs: on the terrorist leaders who groom perpetrators to commit mass murder by indoctrinating them to believe that the road to glory runs through killing others.

Terror can never be defeated until Westerners recognizes the crucial role played by this glorification of murder. And that won’t happen as long as the West keeps giving it a pass among the Palestinians, for they are the ones who pioneered this culture of death and inspired all the subsequent copycats.


Euro 2016: Il est des immigrations heureuses (Model minority: With Portugal’s Euro win, France rediscovers its Portuguese-French community)

11 juillet, 2016

PARIS, FRANCE - JULY 10: Cristiano Ronaldo of Portugal lies injured as teammate Adrien Silva of Portugal (L) checks on him during the UEFA EURO 2016 Final match between Portugal and France at Stade de France on July 10, 2016 in Paris, France. (Photo by Laurence Griffiths/Getty Images)

Portugal PortugueseEiffelXilTunisianFlagEuro-2016-incidents
AlgerianFlag
Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Jésus (Matthieu 10: 16)
La noble idée de « la guerre contre le racisme » se transforme graduellement en une idéologie hideusement mensongère. Et cet antiracisme sera, pour le XXIe siècle, ce qu’a été le communisme pour le XXe. Alain Finkielkraut
Mais si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète: avec ses clans, ses divisions ethniques, sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence. (…) On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen. Alain Finkielkraut (juin 2010)
 Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport. […] Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre.  Michel Platini (Le Monde, 2008)
Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités. Alain Finkielkraut
Voyant que 25 % des médailles gagnées par les Etats-Unis [aux JO de Berlin de 1936] l’avaient été par des Afro-Américains, les autorités sportives françaises de l’époque et L’Auto [ancêtre de L’Equipe] se sont dit qu’il serait stupide de ne pas faire la même chose. Une mission en Afrique occidentale française a été organisée, des milliers de gamins ont été réunis torse nu dans des stades. Cela n’a rien rapporté sur le coup, mais cela a semé une idée. Des clubs pro ont vite compris l’intérêt de regarder en direction de ce potentiel composé de joueurs coûtant peu cher. Une dynamique s’est installée. Dont l’équipe de France a ensuite profité. Pascal Blanchard
Les spectateurs étaient surpris. Ils imaginaient l’équipe de France… différente. Lilian Thuram (après un match de l’équipe de France en Afrique du Sud,  2000)
Foot français: les dirigeants veulent moins de noirs et d’arabes Moins de noirs et moins d’arabes sur les terrains de foot ! Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale de la Fédération française de football, dont le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. Objectif: limiter le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains. Pour les plus hautes instances du football français, l’affaire est entendue: il y a trop de noirs, trop d’arabes et pas assez de blancs sur les terrains. Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), dont le sélectionneur des Bleus en personne, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation de la fédération, les écoles de foot du pays, selon une enquête de Mediapart. L’objectif avoué au sein de la DTN, mais inavouable au grand public, est de limiter, en les triant dès l’âge de 12-13 ans, le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains. Une authentique ségrégation appliquée au football. Mediapart
Même fermement démenties, les intentions prêtées par Mediapart aux instances dirigeantes du football français n’auront malheureusement pas surpris les amateurs de cuir, témoins traumatisés de la crise traversée par les Bleus lors du Mondial sud-africain. Pire que le fond de jeu, fadasse, offert par l’équipe nationale, c’est le fond de sauce, nauséabond, dans lequel elle aura été contrainte d’évoluer qui aura, de fait, durablement marqué les esprits. Le sociologue Stéphane Beaud l’a brillamment déglacé dans un essai récent, réhabilitant du même coup ces «traîtres à la nation» qui avaient osé se mettre en grève. Ce fond de l’air moisi ne date pas d’hier, et dépasse de loin les lignes blanches des rectangles engazonnés. Il est le produit d’une série de dérapages et de tacles, de hors-jeu malsains menés au nom de l’anti-politiquement correct par tous ceux qui voudraient nous faire croire que l’antiracisme est devenu un problème plus grave que le racisme, ou que le racisme anti-Blanc serait désormais autrement préoccupant que celui qui vise les Noirs et les Arabes. Loin d’être l’apanage des classes populaires, le racisme est sans doute l’une des choses les mieux partagées dans ce pays. Et, de ce point de vue, la responsabilité de certains segments des élites politiques, intellectuelles et télévisuelles apparaissait déjà décisive. Si ces révélations se confirment, il faudra se rendre à l’évidence : le football, autrefois creuset efficace et visible de l’intégration à la française, sera devenu une marmite peu ragoûtante. Libération
Je ne retire rien aux propos que j’ai tenus hier. Que certains termes employés au cours d’une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l’admets et si, pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse. Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j’ai participé n’avait évidemment pas pour objectif de « diminuer le nombre de noirs et d’arabes dans le football français » comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l’article, mais uniquement d’envisager le futur du football français et donc d’aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu. Que cela ait des incidences, à moyen ou long terme, sur les différents profils de joueurs en préformation ou en formation, c’est l’évidence, mais il n’y a là aucun lien, strictement aucun, avec une préférence ou un rejet de telle ou telle nationalité. Mon seul souci est d’avoir de bons joueurs pour une bonne équipe de France, qu’ils soient petits ou grands, quels que soient leur lieu de naissance ou leurs ascendances. C’est assez facile à comprendre sauf, apparemment, pour ceux qui, pour des motifs qui m’échappent, mais avec des procédés douteux, mélangent tout et font un mal considérable, et pas seulement au football français. Laurent Blanc
C’est le problème des sélections avec des joueurs à double ou triple nationalité: ce sont des nombres qui augmentent et qui font qu’on ne peut plus assurer le fonctionnement des sélections. C’est bien pour eux de pouvoir choisir, mais ça pose un problème de gestion des effectifs. Quand on voit sur une génération entre 10 et 30% de joueurs de 18 à 21 ans nous quitter, c’est un problème. On a 45% de joueurs dans les sélections qui ont la possibilité de nous quitter, on pense que c’est beaucoup. On veut essayer de le réduire. C’est un problème dans la gestion de l’effectif. (…) L’idée était de dire: ‘Faites attention à ne pas avoir trop de joueurs binationaux’. On s’est aperçu que ce n’était pas une bonne solution: cette histoire nous aurait amenés à éliminer des joueurs d’avenir. On a envisagé de limiter cette situation pour ne pas nous mettre en danger, mais à partir du moment où ce n’est pas une bonne solution, on l’a éliminée. On va travailler sur l’accompagnement relationnel pour évaluer la motivation des joueurs à jouer pour l’équipe de France et les accompagner éventuellement pour faire leur choix. Nous avons abandonné cette idée de pourcentage, mais nous avons demandé d’être vigilants sur la motivation des joueurs. François Blaquart
La FIFA s’est copieusement vendue aux nations africaines. Ce sont des enjeux électoraux. Ces pays se sont débrouillés pour qu’il y ait beaucoup plus de souplesse et d’ouverture au niveau de la réglementation. (…) Actuellement, en moyenne, 50 % des jeunes des sélections nationales sont des binationaux. (…) En France, on reproche aux joueurs de ne pas chanter la Marseillaise. Mais là, ils ne connaissent même pas l’hymne. (…) Ce qui me choque, c’est que nous faisons un gros travail, et ils viennent prendre ce travail tel qu’il est fait. C’est un rôle facile. (…) Un joueur de 20 ans comme Boudebouz qui joue dans un club pro en France va devoir attendre cinq ans pour gagner sa place en équipe de France. Là, le pays l’appelle et lui propose de jouer une Coupe du monde tout de suite. Derrière, il y a aussi l’agent et la famille qui peuvent mettre une pression. (…) Jusque-là, on avait pas trop bougé, parce que les cas étaient particuliers et rares. Aujourd’hui, le système s’amplifie, donc ça nous pose des problèmes. (…) Il faut que l’on travaille avec ceux dont on est sûr. Il s’agit pour nous de réguler l’approche, mais sans être discriminant. (…) C’est très prononcé en France [car le pays] a été une terre d’immigration, à une époque où d’autres grandes nations du foot ne l’étaient pas. (…) Ces dernières années, l’Espagne a accueilli massivement des immigrés marocains et roumains. Et la sélection allemande des moins de 17 ans, par exemple, compte 7-8 joueurs d’origine turque. François Blaquart (directeur technique national)
Vendredi, c’est le nouveau DTN, François Blaquart, qui est venu expliquer une idée qui aurait été mal interprétée. Pour lui, la fameuse formation à la française, encensée du temps où ça rigolait pour les Bleus, se serait en fait fourvoyée, en privilégiant chez les gamins les capacités physiques aux facilités techniques. Dans les centres de formation des clubs, il est de fait interdit de dribbler. D’où la volonté de revenir sur cette doxa. D’autant que les succès de l’Espagne et du FC Barcelone, avec des joueurs de poche, prouvent que l’on peut gagner au foot sans aligner des équipes de Golgoths. En France, les Barcelonais Xavi (1,70 m) et Iniesta (1,69 m) se seraient sans doute vus claquer au nez la porte des centres de formation, a reconnu Laurent Blanc. «Nos critères de sélection doivent désormais être liés au potentiel des joueurs, défend Blaquart. Nous estimons qu’il y a des joueurs qui passent à côté, trop souvent à cause du gabarit et d’une maturité physique moins précoce. Ce retard dans leur formation physique les pénalise. Je rappelle qu’avant l’âge de 16 ou 17 ans, on ne sait rien d’un joueur. Alors imaginez à 12 ou 13 ans… c’est un moment où on leur dit surtout d’être patients… » Libération
Vouloir changer le type de joueur qui sort des centres de formation, très bonne initiative, parce que tout le foot français en a marre des grands bourrins (…) à cause des centres de formations français qui ont pendant des années, après la coupe du monde 98, privilégié ce type de joueur « noir costaud » (la couleur de peau faisant parti du profil (…) suite aux succès des Desailly, Thuram, Viera, Henry, etc) Le petit noir technique il passait à la trappe autant que le petit blanc technique. Ali (forum arrêt sur images)
L’Espagne est fougueuse, l’Espagne joue remarquablement au football (61% de possession du ballon, selon la Fifa), mais l’Espagne ne bat jamais l’équipe de France dans les compétitions qui comptent. L’Equipe (juin 2006)
En France, on s’est aperçu que les clubs s’étaient trop attachés à former des athlètes pour les transformer en footballeurs privilégiant ainsi le physique sur la technique, contrairement à ce que fait le Brésil ou l’Espagne. En se privant de joueurs très techniques qui n’avaient pas un gabarit assez imposant, on a mis à la trappe d’excellents jeunes. En France, Messi ne serait peut-être pas devenu professionnel. (…) On a remarqué, après avoir décortiqué les images à la vidéo, que certains buts de l’Espagne pendant la Coupe du monde en Afrique du Sud étaient clairement d’inspiration futsal de par le jeu de passes rapides, les mouvements et les centres en retrait notamment. Franck Ferrier (FFF)
Depuis vingt ans, une des caractéristiques principales de l’équipe de France est la puissance physique et athlétique de ses joueurs, développée de manière consciente et volontaire dès le plus jeune âge. Un atout unanimement souligné par les observateurs après la victoire contre l’Espagne et ses petits gabarits techniques en huitième de finale de la Coupe du monde 2006. Mais cinq ans plus tard, deux fiascos consécutifs des Français et deux victoires indiscutables de l’Espagne en 2008 et 2010 ont bouleversé les certitudes. Les responsables du football français se demandent désormais si des joueurs comme Xavi ou Iniesta, grands artisans des succès espagnols, auraient eu leur chance dans le système de formation français où le physique est le critère de sélection numéro un. Pour remédier à cette situation, François Blaquart cherche à rendre obligatoire des séances de futsal, discipline très pratiquée chez les jeunes en Espagne et au Brésil et qui fait travailler la technique, au programme des clubs formateurs. Slate.fr
« Islamistes », « gris », « sarrasins »: selon Mediapart, il ne serait pas rare d’entendre ainsi désigner les joueurs maghrébins dans les couloirs de la Fédération. Où, toujours selon le site, nombreux sont ceux qui imputent le fiasco du Mondial aux Blacks et/ou aux musulmans : les Evra, Abidal, Anelka, Ribéry, supposés être les meneurs de la mutinerie. Les problèmes de la FFF avec les Bleus ne sont pas récents. En 2008, après un Euro piteux, la fédé reprochait aux internationaux qui snobaient la Marseillaise, d’être «peu attachés à leur identité française». A tel point qu’on avait même imaginé leur faire signer une charte rappelant «les devoirs qu’impose l’appartenance à une équipe de France et cela dès les premières sélections de jeunes : respect du maillot, de l’arbitre, de l’adversaire, du public, et de l’hymne national. » Libération
Mediapart mêle deux sujets : la question de la discrimination selon des critères ethniques et celle de la binationalité des joueurs et du choix du pays d’origine de leurs parents comme équipe nationale. Ils n’ont, à mon avis, rien à voir. Le fait que la FFF, conformément au vœu tôt formulé par Laurent Blanc, s’empare de ce problème posé par le départ en nombre croissant de jeunes joueurs français très doués, formés dans les meilleurs clubs formateurs français, qui ont joué pour les équipes françaises de jeunes, ne me paraît pas illégitime : ce n’est pas faire preuve de nationalisme étroit que de clarifier cette question, d’encadrer le choix de cette nationalité sportive et de les inciter à jouer pour leur pays de naissance (la France). (…) Cette grève des Bleus a provoqué un séisme non seulement dans le football professionnel, mais pour l’ensemble du football amateur. En 2010-2011, il y aurait 8% de licenciés en moins. C’est considérable. La DTN a dû se demander à la hâte comment, à l’avenir, éviter un tel fiasco. Le vrai problème que doivent aujourd’hui affronter à tous les niveaux (amateur comme professionnel) les dirigeants et éducateurs de foot, ce n’est pas la couleur de la peau des joueurs, mais la difficulté croissante d’adapter ces joueurs, venus pour beaucoup de cités, aux contraintes du football en club. Et c’est un travail de tous les jours, ingrat, difficile, qui renvoie aux conditions de socialisation des jeunes de milieux populaires. (…) J’ai du mal à imaginer que ces personnes qui ont consacré leur vie professionnelle au foot, qui ont passé des heures et des heures avec ces différentes générations de joueurs plus ou moins «colorés» puissent tenir des discours, au sens propre du terme, «racistes». Qu’ils puissent être exaspérés par certains comportements, qu’ils reprennent parfois des expressions discutables («sarrasins», dans quel contexte est-ce dit ?….), certes ! Mais de là à les accuser de racisme, c’est un pas que je ne franchirai certainement pas. (…) si on pouvait cesser d’instrumentaliser le football et surtout de «projeter» à ce point sur cette équipe de France de foot les graves problèmes sociaux et politiques de notre nation en crise… Stéphane Beau
Sans doute même les plus chauds supporters des Bleus étaient un peu gênés, et surtout frustrés : la partie venait de perdre subitement et rapidement le sel du grand affrontement annoncé, le choc des titans, la superbe affiche de gladiateurs placardée sur tous les écrans depuis trois jours : Cristiano contre Antoine, le champion consacré contre le champion naissant, le roi multi-couronné contre le petit prince, l’âme du Portugal contre l’âme de la France. Des commentateurs, plus embarrassés, évoquaient l’hypothèse dérangeante d’un « contrat sur Ronaldo » comme il en existait, paraît-il, jadis au football : éliminer d’emblée le meilleur joueur adverse est évidemment une solution tentante dans un match aussi capital qu’incertain. Mais, juré-craché, ces temps sont révolus… Et la version « footballistiquement correcte » s’est imposée très vite, tant les enjeux commerciaux et nationaux étaient considérables : « Ronaldo sorti sur blessure à la 25ème minute » ; « coup dur pour Ronaldo » etc. Et de verser des larmes de crocodile sur la « sortie prématurée du meilleur joueur du monde ». A entendre ces commentaires, si l’on n’avait pas vu le début de la première mi-temps, l’on pouvait croire à une glissade malheureuse, à un genou tordu dans un crochet manqué, à une chute mal amortie sur ces maudites pelouses… Ah oui certes, il y avait eu un » « gros contact » (sic) avec Payet (et Evra, coutumier des chocs rudes et curieusement oublié dans le récit) à la 8e minute. Un accident sans responsable en somme. La fatalité pour tout dire. En rhétorique cela s’appelle un euphémisme ou plutôt un déni. Déni d’image aussi, tant l’action coupable sera la grande oubliée des innombrables « replay » : toujours et partout le spectacle d’un Ronaldo en larmes ; mais rien sur ce qui les aura causées. Les images – qu’il fallait aller chercher sur les chaînes étrangères –  ne laissent hélas aucun doute sur l’agression caractérisée contre Ronaldo. Le football en donne encore trop souvent l’exemple. Mais l’on croyait au moins que l’arbitre était là pour sanctionner. Eh bien non, rien. Ni carton, pas plus jaune que rouge, ni même coup-franc. L’on ne comprend toujours pas le refus têtu de la vidéo, qui rend tant service au tennis et plus encore au rugby où « les gros contacts » ne manquent pas. A moins que cette absence ne permette justement les grands et les petits arrangements ? L’arbitraire en lieu et place de l’arbitrage, en somme ? En tout cas l’on ne s’y prendrait pas autrement si l’on voulait revenir au calamiteux catenaccio d’autrefois, dont cet Euro 2016 semble d’ailleurs annoncer le triste retour. L’affaire laisse un goût d’autant plus amer que la France est hantée depuis plus de 30 ans par le souvenir d’un autre « gros contact », lui aussi non sanctionné : celui de Schumacher avec Battiston lors de la coupe du monde 1982. De ce choc-là, les images continuent à tourner en boucle. (…) En tout cas la fête a été gâchée … le beau football n’est pas revenu avec lui. Comme parti en même temps que l’un de ses héros. Comme si les Dieux du sport se détournaient d’un match qui ne respectait pas les règles. Il est vrai, dira-t-on, que le football n’est pas vraiment un sport mais une forme adoucie de la guerre : l’aveuglement chauvin qui s’est emparé du public et de certains commentateurs pour qui « ce qui est arrivé à Ronaldo fait, hélas, partie du jeu » n’en est-il pas la preuve ? Mais même la guerre a ses règles : Achille ne faisait pas de croche-pied à Hector et David, de tacle par derrière à Goliath. Les Dieux ont donc fini par se fâcher contre la France : en prenant un malin plaisir à dévier les tirs les mieux cadrés ; en accordant leur toute-puissance au gardien portugais qui ne touchait plus terre. Et en donnant in extremis le but de la victoire à l’équipe victime. Christophe de Voogd

Parfois, il faut savoir être pragmatique pour gagner un match. Nous aimerions jouer de façon plus spectaculaire, mais ce n’est pas toujours de cette manière que vous gagnez un tournoi. Fernando Santos (sélectionneur du Portugal et précédemment de la Grèce)

Nous avons été simples comme des colombes mais prudents comme des serpents. Fernando Santos
Dans la nuit de dimanche à lundi, sur les Champs-Elysées, la célébration de la victoire du Portugal a été perturbée par divers incidents et marquée par une grande confusion. Après la finale, des centaines de supporters portugais ont afflué vers l’Arc de Triomphe : à pied ou en voiture, ils ont fait retentir leurs chants, brandi leurs drapeaux et allumé fumigènes et feux d’artifice pour fêter le premier titre international de leur équipe. Mais comme un peu plus tôt autour de la fan-zone de Paris, puis près du Trocadéro, plusieurs incidents ont éclaté et les forces de l’ordre sont intervenues à diverses reprises, suite notamment à des jets de projectiles, de pétards et d’engins pyrotechniques ainsi que des incendies de poubelles. D’incessants mouvements de foule ont gâché la fête. Plusieurs individus ont été interpellés, et au moins une personne a été blessée. En plus des supporters portugais, la foule était composée de nombreux supporters français et de groupes de jeunes habillés aux couleurs du PSG et de clubs anglais, certains brandissant des drapeaux algériens et marocains. L’Equipe
Je vois là la marque du succès récent de l’Atlético Madrid. Sans avoir une des meilleures équipes mais en jouant bien regroupé et en lançant des contres, Diego Simeone a mené les Colchoneros en finale de la Ligue des champions. Forcément, ça a donné des idées à toutes les petites équipes de l’Euro. Nestor Subiat
Donc, la France espère en Griezmann. « Attaquant, option gendre idéal » titrait même M le magazine ce week end. Griezmann, espoir d’une France du football qui désespère de Cantona, Benzema et les autres. Griezmann, ce brave petit, bien chez nous. Griezmann, sérieux, appliqué, travailleur, sympathique, courageux, tenace, volontaire et talentueux. Griezmann, ce joueur si Français. La France aime Griezmann. De quoi Griezmann est-il le nom ? Du footballeur idéal à la française. Seulement voilà. Griezmann est un paradoxe. Si l’on parle football, seulement football, culture football, Griezmann est tout sauf un produit de l’école française. Et pire encore, il est le symbole de tous les échecs possibles de la formation à la française du début des années 2000. On explique. Quand il est âgé de 13 ans, pas un centre de formation français de futurs footballeurs professionnels ne veut de Griezmann. Trop petit. Trop fragile. Trop frêle. Trop technique. (…) Par hasard, un recruteur de la Real San Sebastian croise la route du gamin. Eric Olhats (c’est le nom du recruteur) prend le pari. Et voilà Griezmann en Espagne. A l’école du football espagnol. Formé comme un espagnol. Eduqué comme un espagnol. Il finit par humilier le pauvre OL d’Aulas en Ligue des Champions, avec la Real Sociedad (quelle revanche) et s’en va pour l’Atlético, grandir encore avec Simeone. Et jouer une finale de Ligue des Champions. Et devenir le grand espoir du football français. Ainsi se mesure le paradoxe Griezmann. Benzema, Nasri, Menez et les autres ont naufragé, Ben Arfa n’a pas su convaincre Deschamps de la réalité de sa rédemption, et voici que Griezmann est célébré comme l’incarnation des valeurs du football français alors qu’il est le produit le plus achevé des valeurs espagnoles du football, entre rage de vaincre et soif de victoires, détermination et travail, tenacité et volonté. (…) La France du football est étonnante, qui ne parait même pas réaliser qu’en célébrant Griezmann, à le voir si beau, si grand, si fort, elle confesse un aveu d’échec considérable. Elle se berce d’illusions. Nous avons Griezmann, tout est possible, sans admettre qu’elle n’est pour rien dans l’accomplissement de Griezmann. Cet aveuglement, en forme de déni de réalité, laisse pantois tant il signe les symptomes de ce mal français qui consiste, en tous lieux et toutes époques, à se voir plus beau que l’on est. Et à ne tirer aucune conséquence des échecs avérés et répétés. Hélas ! Balzac s’est trompé, la France n’est toujours pas le pays des illusions perdues. Bruno Roger-Petit
Bravo, mais que c’est laid ! (…) Les avocats autoproclamés de la très décriée sélection portugaise la défendent d’une curieuse manière. (…) Jamais une équipe nationale n’avait remporté un titre majeur en alignant trois matches nuls en phase de groupe. Qui eût cru que les héritiers d’Eusébio, Luís Figo et Rui Costa allaient prendre pour modèle l’équipe qui les a privés du titre en finale de l’Euro 2004, leur Euro organisé chez eux, en terre lusitanienne ? La rancoeur est tenace, et pourtant, ils ont tout fait comme eux. Sauf que cette Grèce ne comptait pas dans ses rangs un joueur de la trempe de Cristiano Ronaldo, ni même de celle de Nani et de Renato Sanches. La stratégie était claire : on bétonne littéralement en défense, quitte à broyer la dimension spectaculaire du football, et on compte sur l’individualité et la réussite pour marquer, en prolongation le plus souvent – contre la Croatie et la France –, une fois que l’adversaire est usé de faire le jeu, seul, et contre un mur. Sinon, on s’en remet à la loterie des tirs au but, comme ce fut le cas contre la Pologne en quart de finale de cet Euro. Comme la Grèce en 2004, le Portugal de 2016 a défait l’hôte de la compétition en finale sur le score de 1-0, mais au terme des prolongations, confirmant par là sa propension dans cet Euro à ne gagner aucun match dans le temps réglementaire, exception faite de la demi-finale contre le pays de Galles. Le hasard faisant bien les choses, le sélectionneur portugais Fernando Santos a entraîné de nombreuses équipes dans sa carrière, dont Porto, Benfica et – eurêka ! – l’équipe de Grèce entre 2010 et 2014. L’homme est un fin connaisseur du football grec puisqu’il a entraîné trois clubs grecs au total : l’AEK Athènes, le Panathinaïkos et le PAOK Salonique. On comprend mieux pourquoi les champions d’Europe 2016 ressemblent autant aux champions d’Europe 2004. Joli coup signé Fernando Santos ! C’est tant mieux pour le Portugal et c’est tant pis pour le football. Le Point
S’il y a bien un enseignement à tirer de cet Euro à vingt-quatre, c’est qu’il n’y a plus de «petites» équipes. À l’image de l’Islande quart de finaliste, qui aurait cru avant la compétition que le pays de Galles intégrerait le dernier carré ? Personne. Et pourtant, il n’y a rien de plus logique quand on analyse le jeu des Gallois. Organisé en 3-5-2, le pays de Galles fait preuve de discipline tactique et de rigueur défensive, une des clés pour pouvoir rivaliser avec les «grandes» nations. Même s’ils laissent majoritairement le ballon à leurs adversaires (47% de possession de balle en moyenne, le plus petit total des demi-finalistes), les Gallois respectent leur position. Leur bloc équipe est compact, coulissant parfaitement de gauche à droite et inversement. Les Britanniques n’ont pas peur d’aller au duel, au sol et dans les airs, dans le plus pur style anglo-saxon (dix-sept duels aériens gagnés par match en moyenne, seule la France fait mieux dans le dernier carré). Bref, les hommes du sélectionneur Chris Coleman sont solides. De plus, ils se connaissent parfaitement. Huit joueurs ont démarré tous les matches du pays de Galles dans cet Euro. Les automatismes sont nombreux et renforcent leur solidarité. «La star, c’est l’équipe. On lutte ensemble, on tacle et on s’entend comme des frères», avouait Gareth Bale en conférence de presse lundi. (…)  Au pays de Galles, il y a un collectif mais aussi des individualités. Parmi celles-ci, il y a bien sûr Gareth Bale. Le Madrilène est capable de faire la différence sur une attaque rapide, grâce à sa pointe de vitesse ; sur une attaque placée grâce à sa qualité de passe et de centre, et aussi sur coup de pied arrêté (déjà deux buts sur les trois à son actif) grâce à sa frappe de balle flottante. Il a cadré treize tirs, le total le plus élevé de la compétition. Juste derrière lui, Aaron Ramsey oriente chaque offensive galloise. Son aisance technique offre des temps de conservation de balle importants, qui soulagent ses partenaires. Il est toujours proche des attaquants pour leur délivrer des caviars (meilleur passeur du tournoi avec quatre passes décisives en cinq matches, à égalité avec Eden Hazard). Le Figaro
L’Islande, c’est l’équipe hype de cet Euro. Un petit pays exotique qui se qualifie pour les 8es de finale, un public qui suit en nombre et des joueurs qui ont un bon look. Un bon look au point d’ériger l’Islande au rang d’équipe la plus stylée de la compétition. (…) Ils ont de belles barbes (…) Ils ont des coiffures soignées (…) Ils aiment les tatouages et bien se saper. 20 minutes
Tout plaidait en faveur d’un succès de l’équipe de France dans son jardin, à Saint-Denis. Ses triomphes à domicile à l’Euro 1984 et au Mondial 1998. Ses performances depuis le début du tournoi (meilleure attaque avec treize buts marqués). La forme de ses leaders (Antoine Griezmann, six buts pendant le tournoi dont cinq à partir des huitièmes de finale). L’alignement des planètes semblait parfait, à un petit détail près: depuis le début, la compétition affichait un visage singulier, une logique propre. Et la finale remportée dimanche soir par le Portugal résume parfaitement toutes les grandes tendances observées en un mois intensif de football. La fin de l’efficacité du jeu de possession à l’espagnole, qui a permis à la Roja de remporter un Mondial et deux Euros entre 2008 et 2012, est un thème récurrent depuis quelques années. A la Coupe du monde 2014, les champions du monde en titre avaient été éliminés dès le premier tour, mais l’Allemagne – qui allait lui succéder – prolongeait son influence en ajoutant à sa palette tactique une capacité à changer de rythme pour mener des attaques très directes. Cet été en France, les équipes qui gardaient le ballon n’ont pas nécessairement gagné, à l’instar des Bleus en finale (53% de possession de balle). Elargi à 24 équipes, l’Euro accueillait de nombreuses équipes peu habituées aux grands rendez-vous. Elles ne nourrissaient pas l’ambition de soulever le trophée Henri Delauney promis au vainqueur, mais clairement celle de traverser le tournoi sans être ridicule. Et elles ont fait d’un football sans prise de risque le paradigme de l’été.  Conséquences: les stars les plus attendues ont eu mille peines à briller dans le ciel de l’Euro. Tout un symbole, la blessure et la sortie dès la 25e minute de jeu de Cristiano Ronaldo – qui n’avait pas quitté le terrain une minute jusqu’alors – n’ont pas empêché le Portugal de remporter le premier titre majeur de son histoire. Décisif lors de la demi-finale contre le Pays de Galles, l’attaquant du Real Madrid avait été plutôt en retrait jusque-là. Il y a quelques exceptions au relatif mutisme des footballeurs européens les plus en vue du moment, dont le très remarqué Antoine Griezmann (six buts, meilleur joueur du tournoi aux yeux de l’UEFA) ou Gareth Bale. Mais l’ailier du Pays de Galles a moins fait l’unanimité par ses trois buts que parce qu’il s’est mis corps et âme au service de son équipe. A l’instar du Portugal en finale, de nombreuses formations se sont montrées bien organisées, solidaires, patientes et dures au mal. Les équipes d’Islande, d’Irlande du Nord et de République d’Irlande ont, par leur vaillante résistance opposée aux «grandes» équipes, offert à ce tournoi de belles histoires. Elles ont été reçues de manière assez paradoxale par les amateurs de football, qui d’un côté se prenaient de passion pour les besogneux «Vikings» de Reykjavik tout en regrettant de l’autre un Euro trop fermé, trop défensif, pas assez enlevé. (…) Mais au cours de la compétition, les surprises se sont succédé, la loi des séries a été mise à mal et les bookmakers ont dû s’en arracher les cheveux. L’Euro 2016 a rappelé que le football est un sport qui se joue à onze contre onze et qu’à la fin, on ne sait jamais vraiment qui va gagner. Le Temps
Après le drame d’Orlando, inutile de chercher dans les oraisons présidentielles la raison islamiste. Le «la» du diapason était ainsi donné aux médias bien disposés pour l’unisson: la faute aux armes à feu, à l’homophobie (et tant pis pour les orientations sexuelles du terroriste) mais pas question de réclamer des comptes à l’Autre es qualité de musulman radical. Après le carnage cruel de Dallas, un mot manquait cruellement au discours du premier Américain: «raciste». Un Noir, adepte du suprématisme noir, déclarait avoir massacré des policiers blancs pour venger des crimes commis par d’autres policiers blancs. Mais le mot qui serait venu naturellement aux lèvres de n’importe qui si, par exemple improbable, un Français voulait tuer un musulman intégriste pour venger le 13 novembre ou un délinquant noir parce qu’il aurait été volé par un autre Noir, manquait. Comme si, ici, l’évocation du racisme d’un noir, forcément victime par essence, était impossible à dire. Et comme si le blanc, par essence raciste, n’était jamais totalement innocent. (…) À ce stade du devoir parler vrai et sans crainte, les mots sont impuissants pour dire l’échec calamiteux du premier président noir des États-Unis d’Amérique dans sa tentative alléguée d’avoir voulu apaiser les tensions raciales. Sans doute, le ver était logé dans le fruit racialiste de ceux qui exultaient au soir de son élection, non en raison de son habileté oratoire incontestable, de son intelligence, de son élégance et de sa prestance, mais à raison essentiellement essentialiste de la couleur de sa peau. Et ce président n’aura eu de cesse depuis le début de sa présidence d’accuser la police d’être raciste envers les noirs et de s’en prendre particulièrement aux policiers blancs ou, plus largement, à tous les blancs susceptibles de se défendre contre des criminels. (…) À chaque fois qu’une polémique a défrayé la chronique policière et criminelle (Trayvon Martin à Stanford en Floride, Michael Brown à Ferguson dans le Missouri ou Freddy Gray à Baltimore), à chaque fois Obama, pour le plus grand plaisir de la presse de gauche et des démocrates gauchisants, a pris parti systématiquement contre la police. On a vu plus tard que la justice voyait les choses moins simplement et moins systématiquement. (…) Et pourtant, dans l’hypothèse spéculative, on affirme le racisme, et dans le cas indiscutable, on le passe sous silence… (…) par une dynamique perverse et dialectique, une sorte de choc en retour et d’un excès l’autre, les vecteurs principaux d’agrandissement du cercle vicieux se nomment racialisme obsessionnel et antiracisme professionnel, avec leur cortège de culture de l’excuse et de victimisation systématiques a priori. (…) Mais on aurait tort de penser que ces deux fléaux n’ont pas franchi allègrement l’Atlantique. Que penser par exemple, puisqu’il faut parler vrai, de cet article publié sans le moindre recul le 5 juillet dans notre vespéral national et intitulé: «Dans les banlieues populaires, l’absence de Benzema ne passe (toujours) pas»?: «On veut pas de reubeus en équipe de France, on l’entend beaucoup. Il y a une identification aux joueurs exclus» (…) «Bien sûr, il y a Sissoko, Pogba qui viennent de la région parisienne, mais ma génération est déçue qu’il n’y ait pas de reubeus des quartiers, des mecs qui nous ressemblent» fait dire la journaliste à des figures de l’immigration arabo-maghrébine. Bref de l’ethnicisme tranquille et assumé: c’est bien qu’il y ait des Noirs mais il faudrait aussi des Arabes. Quant à savoir la répartition quantitative entre marocains et algériens, l’article ne le dit pas. Heureusement, il n’y a pas que cela. Le Portugal a battu la France. Les Franco-Portugais n’ont pas caché, pour leur majorité, leur préférence lusitanienne. Et pourquoi non? Une intégration réussie n’impose pas une assimilation forcée. Battus, ils ne se seraient certainement pas vengés sur le matériel urbain. Il est des immigrations heureuses quand elles sont légales, paisibles et librement acceptées par la population d’accueil. L’immigration portugaise est une chance pour la France. Gilles William Goldnadel
Après l’épisode Domenech-Ribery-Anelka, comment expliquer que nos compatriotes se reconnaissent à nouveau dans une équipe qui leur fait plaisir ? Nul ne peut nier que les joueurs choisis par Didier Deschamps sont des garçons polis, bien élevés, respectueux, même s’il faut sans doute surveiller Paul Pogba comme le lait sur le feu. Ils ont compris (ou on leur a fait comprendre) que La Marseillaise était un symbole incontournable, pour le public français. L’attitude méprisante, pendants les hymnes, des Ribery-Benzema-Nasri ne passait plus, quand les Italiens chantaient à tue-tête « Fratelli d’Italia », et que toutes les autres équipes montraient leur attachement à leur pays. Ils ont fait cet effort, même si on sent que La Marseillaise, pour Giroud, Griezmann ou Matuidi, c’est autre chose que pour Pogba, mais ce dernier fait tout de même l’effort. Et puis, sachons le dire, la victoire contre l’Allemagne, jeudi dernier, a fait plaisir à toute la France, et à de nombreux anciens qui n’oublieront jamais le formidable match de Séville, en 1982, et son issue aussi cruelle qu’injuste. Pour dire les choses crûment, les Français en avaient marre de toujours perdre, en compétition officielle, contre les « casques à pointe », et ils sont contents que les hommes de Deschamps aient mis fin à cette malédiction. N’oublions pas un autre phénomène : la vedette de l’équipe, c’est Antoine Griezmann. Il a 25 ans, il est humble, il ramène toujours ses performances à celles du collectif, à celles de l’équipe. Quand il avait 15 ans, personne n’en voulait, en France. C’était la dictature du gabarit, du physique, donc de ce qu’on appelle « les gros Blacks ». Griezmann, jugé trop fluet, n’intéressait aucun recruteur français. C’est pour avoir osé remettre en cause ces critères, et le phénomène de la double nationalité, que certains dirigeants du football français ont été, en 2011, qualifiés de racistes par Thuram et Plenel. Moins stupides, moins dogmatiques, les Espagnols ne sont pas passés à côté d’un tel joyau. Aujourd’hui à l’Atletico de Madrid, Griezmann est considéré comme un des meilleurs joueurs du monde. Et cela fait plaisir aux Français. Les journaleux, qui marquent une préférence pour la diversité, ont beau rabaisser de manière scandaleuse les exploits de Koscielny (pourtant le vrai patron de la défense) et de Giroud (coupable d’avoir remplacé, avantageusement, leur chouchou Benzema), les Français sont ravis de constater que, même minoritaires, les « tauliers » de l’équipe leur ressemblent. Une fois qu’on a dit tout cela, faut-il vraiment pleurer de cette énorme déception ? En cas de victoire, les crapules socialistes auraient instrumentalisé cet événement pour faire oublier leurs brillants résultats à la tête de la France. Ils nous auraient fait le coup de la société multiculturelle, et nous auraient expliqué que c’est grâce à notre diversité (où les « Beurs » sont absents) que la France est championne d’Europe. Et ce Guignol de Hollande aurait été capable de gagner quelques points de popularité, comme au lendemain d’attentats islamistes. Mais il y a une contradiction majeure, autour d’un football mondialisé, souvent pratiqué par des mercenaires. Nos dirigeants ont eu beau vouloir remplacer le nom de « Coupe d’Europe des Nations » par « Euro » (quel symbole), le patriotisme des peuples européens n’a jamais été aussi fort, et le football y contribue. Il suffisait, à chaque match, de voir le nombre de drapeaux dans les tribunes, et la ferveur des hymnes nationaux, pour mieux s’en rendre compte. On n’a pas vu un drapeau européen pendant un mois, dans aucun stade. Nos dirigeants ont beau nous raconter que l’Europe, c’est la diversité et le multiculturalisme, mis à part la France et quelques pays d’Europe de l’ouest, la plupart des équipes étaient homogènes, blanches, avec, parfois, une ou deux exceptions. Et les sympathiques Islandais ont envoyé une image identitaire et patriotique qui est juste le contraire du discours dominant des dirigeants européens. N’en déplaise aux enseignants gauchistes, des millions d’enfants ont entendu leurs parents chanter La Marseillaise, et l’ont apprise à cette occasion. Conclusion : le pas regretté Rocard, Attali, Hollande, Merkel et autres traîtres qui dirigent nos pays ont beau raconter, au lendemain du Brexit, qu’il faut davantage d’Europe, et donc moins de souveraineté et de nations, il demeure, chez une grande partie des peuples européens, une appartenance identitaire qui va compliquer la vie de ceux qui veulent en finir avec nos pays, et la France en premier. Cela s’appelle l’amour charnel de notre pays, de sa civilisation et de sa terre. Tout ce qu’ils veulent détruire. Mais à condition, pour les fêtards, qui ont sorti les drapeaux bleu-blanc-rouge et chanté La Marseillaise durant un mois, de virer Hollande, à la prochaine présidentielle, sans remettre à la place ses clones républicains… Sinon, à quoi servirait d’honorer la France, le temps d’un match de football, pour élire, dix mois plus tard, ses pires fossoyeurs… Riposte laïque

Où l’on redécouvre qu’il y  a des immigrations heureuses …

Au lendemain du premier trophée européen, acquis dans la douleur que l’on sait, de nos amis portugais …

A l’heure où, comme vient de le démontrer le Brexit, nombre d’Européens n’en peuvent plus du mépris et de l’irresponsabilité de certaines de nos élites européennes …

Et où, de l’autre côté de l’Atlantique, un président post-racial auto-proclamé et chasseur d’ambulances patenté qui ne perd pas une occasion d’agiter la question raciale au premier incident venu (quand il s’agit de blancs) …

Déploie des trésors d’éloquence pour la dissimuler quand elle est indiscutable (quand il s’agit de noirs ou de musulmans) …

Comment bouder son plaisir avec l’avocat Gilles William Goldnadel ou le site Riposte laïque …

Au-delà de l’amère déception de la défaite et après les frasques d’une génération de racailles et de donneurs de leçons …

Devant le talent comme l’humilité bienvenue, après une suspension d’un an pour virée nocturne non autorisée à la veille d’un match perdu, d’un joueur que son gabarit avait contraint à s’expatrier en Espagne …

Mais aussi derrière le « football d’épiciers » tour à tour décrié ou encensé par nos médias (l’effet de l’arrivée de petites nations avec l’extension de la compétition à 24 équipes ?) …

La tranquille fierté d’une « immmigration heureuse » parce que « légale, paisible et librement acceptée par la population d’accueil » …

De toute une génération de Franco-Portugais qui n’ont jamais senti le besoin, eux, toutes les fois qu’ils ont été battus, de siffler l’hymne national, envahir le terrain ou « se venger sur le matériel urbain » ?

Après Dallas, la consternante absence du mot «racisme»
Gilles William Goldnadel
Le Figaro

11/07/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Pour Gilles-William Goldnadel, le drame de Dallas est révélateur d’une racialisation inquiétante des rapports sociaux accompagnée d’un antiracisme à géométrie variable.
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.
Ceux qui veulent bien me lire chaque semaine dans ces colonnes savent que je suis de ceux qui pensent que non seulement toute vérité est bonne à dire, mais encore que le mal à dire aggrave la maladie.

Autrement dit, en matière de non-dits, les lois de la psychologie collective sont identiques à celles de la psychologie individuelle.

Commençons par les non-dits de Monsieur Obama. Il est des mots qui lui écorcheraient sa bouche pourtant prolixe.

Après le drame d’Orlando, inutile de chercher dans les oraisons présidentielles la raison islamiste. Le «la» du diapason était ainsi donné aux médias bien disposés pour l’unisson: la faute aux armes à feu, à l’homophobie (et tant pis pour les orientations sexuelles du terroriste) mais pas question de réclamer des comptes à l’Autre es qualité de musulman radical.

Après le carnage cruel de Dallas, un mot manquait cruellement au discours du premier Américain: «raciste». Un Noir, adepte du suprématisme noir, déclarait avoir massacré des policiers blancs pour venger des crimes commis par d’autres policiers blancs. Mais le mot qui serait venu naturellement aux lèvres de n’importe qui si, par exemple improbable, un Français voulait tuer un musulman intégriste pour venger le 13 novembre ou un délinquant Noir parce qu’il aurait été volé par un autre Noir, manquait.

Comme si, ici, l’évocation du racisme d’un noir, forcément victime par essence, était impossible à dire. Et comme si le blanc, par essence raciste, n’était jamais totalement innocent.

C’est dans le creux vertigineux de ce manque que niche une grande partie du drame racial qui enlaidit la vie.

À ce stade du devoir parler vrai et sans crainte, les mots sont impuissants pour dire l’échec calamiteux du premier président noir des États-Unis d’Amérique dans sa tentative alléguée d’avoir voulu apaiser les tensions raciales.

Sans doute, le ver était logé dans le fruit racialiste de ceux qui exultaient au soir de son élection, non en raison de son habileté oratoire incontestable, de son intelligence, de son élégance et de sa prestance, mais à raison essentiellement essentialiste de la couleur de sa peau.

Le ver était logé dans le fruit racialiste de ceux qui exultaient au soir de son élection, non en raison de son habileté oratoire, de son intelligence, de son élégance et de sa prestance, mais à raison essentialiste de la couleur de sa peau.
Et ce président n’aura eu de cesse depuis le début de sa présidence d’accuser la police d’être raciste envers les noirs et de s’en prendre particulièrement aux policiers blancs ou, plus largement, à tous les blancs susceptibles de se défendre contre des criminels. Comme le rappelle Guy Milliere dans un article du 9 juillet (Dreuz), Obama s’est appuyé pour cela sur les professionnels de la tension raciale tel Al Sharpton, et a accordé ces derniers mois son soutien à des organisations extrémistes ouvertement anti policières telles que Black Lives Matter.

À chaque fois qu’une polémique a défrayé la chronique policière et criminelle (Trayvon Martin à Stanford en Floride, Michael Brown Ferguson dans le Missouri ou Freddy Gray à Baltimore), à chaque fois Obama, pour le plus grand plaisir de la presse de gauche et des démocrates gauchisants, a pris parti systématiquement contre la police. On a vu plus tard que la justice voyait les choses moins simplement et moins systématiquement.

Je ne veux pas caricaturer ma propre pensée: je ne sous-estime pas la violence de la police américaine, à l’image de la société américaine. Je ne sous-estime pas le racisme de certains policiers blancs, pas plus que je ne sous-estime le racisme de certains délinquants noirs.

Mais j’affirme que considérer l’ensemble des faits divers précités comme le résultat d’un racisme évident plutôt que celui de l’instinct de peur ou même de la défense légitime relève d’une spéculation intellectuelle infiniment plus oiseuse que lorsqu’il s’agit de caractériser l’acte d’un criminel qui fait un carton sur des policiers blancs uniquement parce qu’ils sont blancs.

Et pourtant, dans l’hypothèse spéculative, on affirme le racisme, et dans le cas indiscutable, on le passe sous silence…

De même, je réfute par principe l’évidence propagée ad nauseam de ce que la justice américaine aurait, à chaque fois qu’elle a relaxé un policier mis en cause, fait montre de partialité. Après tout, en France aussi, des politiciens spéculant façon Benoît Hamon ont critiqué des décisions bien fondées en droit comme en fait comme dans l’affaire Ziad et Bounia.

À la suite de ces spéculations médiatiques et politiques, on imagine avec quelle sérénité intellectuelle les prochains juges américains appréhenderont les prochains «dérapages policiers» qui seront déférés devant eux.

L’opinion publique, cette catin, n’a rien à faire dans le prétoire déclarait autrefois mon confrère Moro-Giafferi… C’est loin.

Dans ce cadre intellectuel vicié, un cercle culturel vicieux s’est agrandi sans fin. Bien sûr que la question noire américaine a été mal réglée.

Les préjugés contre les noirs, pendant des années et contrairement à ce qu’on pouvait espérer se sont envenimées après la suppression de l’esclavagisme. Les stigmates anti- noirs se sont renforcés et ont été traduits en un système de lois et de normes dites «Jim Crow» destiné à préserver l’ordre racial. Interdiction faite aux noirs de voter, d’étudier dans les écoles blanches, d’aller dans les magasins, les restaurants fréquentés par les blancs. Comme l’indique pertinemment Yuval N. Harari (Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Albin-Michel): «au milieu du XXe siècle, la ségrégation dans les anciens états confédérés était probablement pire qu’à la fin du XIXe siècle. Clennon King, l’étudiant noir qui voulut entrer à l’université du Mississippi en 1958, fut interné de force dans un

Les préjugés contre les noirs, pendant des années et contrairement à ce qu’on pouvait espérer se sont envenimées après la suppression de l’esclavagisme.
asile psychiatrique. Le juge trancha qu’un noir était forcément fou s’il imaginait pouvoir y être admis».

Il n’en demeure pas moins que le sort des Noirs américains, leur situation sociale et culturelle se sont, depuis les années 60, très considérablement améliorés.

J’affirme qu’aujourd’hui, que par une dynamique perverse et dialectique, une sorte de choc en retour et d’un excès l’autre, les vecteurs principaux d’agrandissement du cercle vicieux se nomment racialisme obsessionnel et antiracisme professionnel, avec leur cortège de culture de l’excuse et de victimisation systématiques a priori.

De ce point de vue, Barack Obama en aura été à la fois le triste héros et la victime consentante.

Mais on aurait tort de penser que ces deux fléaux n’ont pas franchi allègrement l’Atlantique.

Que penser par exemple, puisqu’il faut parler vrai, de cet article publié sans le moindre recul le 5 juillet dans

Barack Obama en aura été à la fois le triste héros et la victime consentante.
notre vespéral national et intitulé: «Dans les banlieues populaires, l’absence de Benzema ne passe (toujours) pas»?: «On veut pas de reubeus en équipe de France, on l’entend beaucoup. Il y a une identification aux joueurs exclus» (…) «Bien sûr, il y a Sissoko, Pogba qui viennent de la région parisienne, mais ma génération est déçue qu’il n’y ait pas de reubeus des quartiers, des mecs qui nous ressemblent» fait dire la journaliste à des figures de l’immigration arabo-maghrébine.

Bref de l’ethnicisme tranquille et assumé: c’est bien qu’il y ait des Noirs mais il faudrait aussi des Arabes. Quant à savoir la répartition quantitative entre marocains et algériens, l’article ne le dit pas.

Les mêmes qui n’avaient pas de mots assez durs pour Nadine Morano…

Heureusement, il n’y a pas que cela. Le Portugal a battu la France. Les Franco-Portugais n’ont pas caché, pour leur majorité, leur préférence lusitanienne. Et pourquoi non? Une intégration réussie n’impose pas une assimilation forcée. Battus, ils ne se seraient certainement pas vengés sur le matériel urbain. Il est des immigrations heureuses quand elles sont légales, paisibles et librement acceptées par la population d’accueil. L’immigration portugaise est une chance pour la France.

C’est dit.

Voir aussi:

Quand le football mondialisé réhabilite le patriotisme français
Cyrano

Riposte laïque

10 juillet 2016

Grosse déception, l’équipe de France n’a pas été capable de battre le Portugal, en finale de l’Euro foot 2016, malgré la blessure de la vedette Ronaldo. Même si nombre de lecteurs, voire de contributeurs, de Riposte Laïque, comme Paul Le Poulpe, Josiane Filio ou Gérard Brazon, ont essayé d’expliquer les enjeux de cet Euro 2016 de football, et son instrumentalisation par le pouvoir et ses propagandistes, il est un phénomène incontournable : les Français aiment le foot, et préfèrent voir la France gagner que perdre ! D’où l’énorme déception de tout le pays.

Certains diront, à juste titre, que cette équipe, d’aspect très africaine, ne ressemble pas à la réalité de la vraie France. C’est sans doute vrai, mais elle est proche, hélas, de nombreuses écoles de la région parisienne et de périphéries urbaines. On pourrait, malgré tout, ajouter que ces joueurs, souvent possesseurs d’une double nationalité, ont choisi de jouer pour la France, sont passés par des centres de formation de notre pays, et sont donc tous assimilés, ce qui est devenu tellement rare qu’il faut le faire remarquer. D’autres affirmeront, ce qui n’est pas faux, qu’aucun joueur de cette équipe ne joue en France, à l’exception de Blaise Matuidi, qui joue au Paris Saint-Germain (appelé le Paris Qatar), et de Samuel Umtiti, lyonnais cette année, mais barcelonais l’an prochain. On pourrait encore évoquer les salaires exorbitants des footballeurs français, et constater que ce magnifique sport échappe à présent, dans les stades, aux classes populaires, vu le prix des places. C’est encore vrai. Et les sponsors de l’épreuve s’appellent, entre autres, McDonalds, Coca Cola ou Turkish Airlines… Les Français savent tout cela, mais aux yeux d’une majorité d’entre eux, le plus important, c’est que la France gagne, que les Bleus leur fassent plaisir et les rendent fiers d’une France qui gagne. D’où encore l’énorme déception.

Il n’y a eu qu’une seule période où les Français souhaitaient viscéralement la défaite de leur pays : celle de la période Domenech, quand les islamo-racailles Ribery et Anelka avaient pris le contrôle des vestiaires, avec la complicité d’un sélectionneur, militant de la diversité, entre les années 2006 et 2010. Cela se termina par la mascarade de l’Afrique du Sud. Les années suivantes, celle de Laurent Blanc et des racailles Ribery-Benzema-Nasri, n’arrangèrent pas ce profond désamour.

Historiquement, les Français ont connu trois grands champions : Raymond Kopa, fils de mineur polonais, Michel Platini, fils d’un footballeur italien, et Zinedine Zidane, fils d’un immigré algérien. Tous trois sont nés en France. Mais les deux premiers ont des prénoms français, pas le troisième. Quand les deux premiers rencontraient leur pays d’origine, ils n’y avait aucune ambiguïté, ils étaient français avant d’être polonais ou italiens. Le troisième disait qu’il souhaitait un match nul. Les enfants de Polonais et d’Italiens chantaient La Marseillaise, les enfants d’Algériens la siffleront en 2001, au Stade de France, comme les Marocains et les Tunisiens quelques années plus tard.

Zidane fut champion du monde, en 1998. On parlait, de manière propagandiste, d’une équipe black-blanc-beur. Mais c’était avant tout encore l’équipe de l’assimilation. Les chefs s’appelaient Aimé Jacquet et Roger Lemerre, ils avaient été ouvriers. Sur le terrain, les patrons s’appelaient Didier Deschamps et Laurent Blanc. Les Français se retrouvaient encore en eux.

Après l’épisode Domenech-Ribery-Anelka, comment expliquer que nos compatriotes se reconnaissent à nouveau dans une équipe qui leur fait plaisir ? Nul ne peut nier que les joueurs choisis par Didier Deschamps sont des garçons polis, bien élevés, respectueux, même s’il faut sans doute surveiller Paul Pogba comme le lait sur le feu. Ils ont compris (ou on leur a fait comprendre) que La Marseillaise était un symbole incontournable, pour le public français. L’attitude méprisante, pendants les hymnes, des Ribery-Benzema-Nasri ne passait plus, quand les Italiens chantaient à tue-tête « Fratelli d’Italia », et que toutes les autres équipes montraient leur attachement à leur pays. Ils ont fait cet effort, même si on sent que La Marseillaise, pour Giroud, Griezmann ou Matuidi, c’est autre chose que pour Pogba, mais ce dernier fait tout de même l’effort.

Et puis, sachons le dire, la victoire contre l’Allemagne, jeudi dernier, a fait plaisir à toute la France, et à de nombreux anciens qui n’oublieront jamais le formidable match de Séville, en 1982, et son issue aussi cruelle qu’injuste. Pour dire les choses crûment, les Français en avaient marre de toujours perdre, en compétition officielle, contre les « casques à pointe », et ils sont contents que les hommes de Deschamps aient mis fin à cette malédiction.

N’oublions pas un autre phénomène : la vedette de l’équipe, c’est Antoine Griezmann. Il a 25 ans, il est humble, il ramène toujours ses performances à celles du collectif, à celles de l’équipe. Quand il avait 15 ans, personne n’en voulait, en France. C’était la dictature du gabarit, du physique, donc de ce qu’on appelle « les gros Blacks ». Griezmann, jugé trop fluet, n’intéressait aucun recruteur français. C’est pour avoir osé remettre en cause ces critères, et le phénomène de la double nationalité, que certains dirigeants du football français ont été, en 2011, qualifiés de racistes par Thuram et Plenel. Moins stupides, moins dogmatiques, les Espagnols ne sont pas passés à côté d’un tel joyau. Aujourd’hui à l’Atletico de Madrid, Griezmann est considéré comme un des meilleurs joueurs du monde. Et cela fait plaisir aux Français. Les journaleux, qui marquent une préférence pour la diversité, ont beau rabaisser de manière scandaleuse les exploits de Koscielny (pourtant le vrai patron de la défense) et de Giroud (coupable d’avoir remplacé, avantageusement, leur chouchou Benzema), les Français sont ravis de constater que, même minoritaires, les « tauliers » de l’équipe leur ressemblent.

Une fois qu’on a dit tout cela, faut-il vraiment pleurer de cette énorme déception ? En cas de victoire, les crapules socialistes auraient instrumentalisé cet événement pour faire oublier leurs brillants résultats à la tête de la France. Ils nous auraient fait le coup de la société multiculturelle, et nous auraient expliqué que c’est grâce à notre diversité (où les « Beurs » sont absents) que la France est championne d’Europe. Et ce Guignol de Hollande aurait été capable de gagner quelques points de popularité, comme au lendemain d’attentats islamistes.

Mais il y a une contradiction majeure, autour d’un football mondialisé, souvent pratiqué par des mercenaires. Nos dirigeants ont eu beau vouloir remplacer le nom de « Coupe d’Europe des Nations » par « Euro » (quel symbole), le patriotisme des peuples européens n’a jamais été aussi fort, et le football y contribue. Il suffisait, à chaque match, de voir le nombre de drapeaux dans les tribunes, et la ferveur des hymnes nationaux, pour mieux s’en rendre compte. On n’a pas vu un drapeau européen pendant un mois, dans aucun stade.

Nos dirigeants ont beau nous raconter que l’Europe, c’est la diversité et le multiculturalisme, mis à part la France et quelques pays d’Europe de l’ouest, la plupart des équipes étaient homogènes, blanches, avec, parfois, une ou deux exceptions.

Et les sympathiques Islandais ont envoyé une image identitaire et patriotique qui est juste le contraire du discours dominant des dirigeants européens.

N’en déplaise aux enseignants gauchistes, des millions d’enfants ont entendu leurs parents chanter La Marseillaise, et l’ont apprise à cette occasion.

Conclusion : le pas regretté Rocard, Attali, Hollande, Merkel et autres traîtres qui dirigent nos pays ont beau raconter, au lendemain du Brexit, qu’il faut davantage d’Europe, et donc moins de souveraineté et de nations, il demeure, chez une grande partie des peuples européens, une appartenance identitaire qui va compliquer la vie de ceux qui veulent en finir avec nos pays, et la France en premier. Cela s’appelle l’amour charnel de notre pays, de sa civilisation et de sa terre. Tout ce qu’ils veulent détruire.

Mais à condition, pour les fêtards, qui ont sorti les drapeaux bleu-blanc-rouge et chanté La Marseillaise durant un mois, de virer Hollande, à la prochaine présidentielle, sans remettre à la place ses clones républicains…

Sinon, à quoi servirait d’honorer la France, le temps d’un match de football, pour élire, dix mois plus tard, ses pires fossoyeurs…

Voir par  ailleurs:

Euro : le paradoxe Griezmann, quand la France adore un pur produit du foot espagnol
Bruno Roger-Petit

Les blogs du Figaro

6 juin 2016

Donc, la France espère en Griezmann. « Attaquant, option gendre idéal » titrait même M le magazine ce week end. Griezmann, espoir d’une France du football qui désespère de Cantona, Benzema et les autres. Griezmann, ce brave petit, bien chez nous. Griezmann, sérieux, appliqué, travailleur, sympathique, courageux, tenace, volontaire et talentueux. Griezmann, ce joueur si Français. La France aime Griezmann. De quoi Griezmann est-il le nom ? Du footballeur idéal à la française.

Seulement voilà. Griezmann est un paradoxe. Si l’on parle football, seulement football, culture football, Griezmann est tout sauf un produit de l’école française. Et pire encore, il est le symbole de tous les échecs possibles de la formation à la française du début des années 2000.

On explique. Quand il est âgé de 13 ans, pas un centre de formation français de futurs footballeurs professionnels ne veut de Griezmann. Trop petit. Trop fragile. Trop frêle. Trop technique. Le grand OL de l’arrogant Aulas n’en veut pas. Et le FC Metz non plus, club qui aura réussi l’exploit de manquer en quarante ans et Platini et Griezmann. Par hasard, un recruteur de la Real San Sebastian croise la route du gamin. Eric Olhats (c’est le nom du recuteur) prend le pari. Et voilà Griezmann en Espagne. A l’école du football espagnol. Formé comme un espagnol. Eduqué comme un espagnol. Il finit par humilier le pauvre OL d’Aulas en Ligue des Champions, avec la Real Sociedad (quelle revanche) et s’en va pour l’Atlético, grandir encore avec Simeone. Et jouer une finale de Ligue des Champions. Et devenir le grand espoir du football français.

Ainsi se mesure le paradoxe Griezmann. Benzema, Nasri, Menez et les autres ont naufragé, Ben Arfa n’a pas su convaincre Deschamps de la réalité de sa rédemption, et voici que Griezmann est célébré comme l’incarnation des valeurs du football français alors qu’il est le produit le plus achevé des valeurs espagnoles du football, entre rage de vaincre et soif de victoires, détermination et travail, tenacité et volonté.

Oui, en reportant sur Griezmann sa volonté de célébrer un footballeur bien sous tous rapports, la France du football applaudit un chef d’oeuvre issu de l’école espagnole du football. Et acte, par contre coup, que les centres de formation à la française, entre conceptions tactiques à côté de la plaque et incapacité à former des hommes émancipés, ont été à la ramasse. L’Espagne a fait Griezmann, la France a fait Benzema. Ce qui nous inclinerait à penser que Benzema n’est pas le seul responsable de la dérive de Benzema et qu’à ce titre, quelques circonstances atténuantes doivent lui être accordées (ce qui n’excuse pas l’inexcusable).

La France du football est étonnante, qui ne parait même pas réaliser qu’en célébrant Griezmann, à le voir si beau, si grand, si fort, elle confesse un aveu d’échec considérable. Elle se berce d’illusions. Nous avons Griezmann, tout est possible, sans admettre qu’elle n’est pour rien dans l’accomplissement de Griezmann. Cet aveuglement, en forme de déni de réalité, laisse pantois tant il signe les symptomes de ce mal français qui consiste, en tous lieux et toutes époques, à se voir plus beau que l’on est. Et à ne tirer aucune conséquence des échecs avérés et répétés. Hélas ! Balzac s’est trompé, la France n’est toujours pas le pays des illusions perdues.

Voir encore:

Euro 2016 : le Portugal a oublié le football
La Selecção das Quinas a déviergé son palmarès hier en faisant main basse sur le trophée Henri Delaunay, au terme d’un parcours éminemment critiquable.
Emmanuel Amma

Le Point

11/07/2016

Bravo, mais que c’est laid ! Le Portugal n’a pas « volé » cet Euro, ni lésé quiconque, sauf peut-être la totalité des amateurs de football et des esthètes du sport. Si la légalité sportive de ce succès paraît indiscutable, sa légitimité demeure contestable pour ceux qui se font une certaine idée du mérite. Quand on prend le parti de mépriser le jeu, on se doit au moins de gagner, même petitement, la victoire étant le seul juge de paix du football s’il y en a un. La troupe de Fernando Santos ne s’est pas embarrassée un seul instant de ces considérations puisqu’elle a trouvé le moyen de mettre la main sur un trophée majeur en remportant à peine plus de la moitié de ses rencontres dans cet Euro. Et il faut voir de quelle façon !

7 matches, 4 victoires
Les avocats autoproclamés de la très décriée sélection portugaise la défendent d’une curieuse manière. Cette équipe serait, paraît-il, devenue une gagnante cynique pour conjurer son passé de perdante magnifique. Encore faut-il gagner pour mériter cette étiquette. Pour rappel, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo se sont hissés en phase finale de la compétition sans compter le moindre succès dans une poule facilissime et grâce à une troisième place étonnamment qualificative. Et il leur a fallu trois électrochocs – l’Autriche, l’Islande, puis la Hongrie – pour commencer à gagner… en prolongation contre la Croatie en huitième de finale et hériter par la même occasion d’une partie de tableau en forme de boulevard jusqu’en finale avec un dernier carré rêvé contre les néophytes gallois.

D’ordinaire, les compétitions internationales exigent d’être performant d’entrée de jeu pour qui prétend à la victoire finale, et il n’y a pas de séance de rattrapage. Le hasard des chiffres et la bizarrerie du système de qualification pour les huitièmes dicté par l’UEFA pour cet Euro ont permis au Portugal de déroger à la norme. Jamais une équipe nationale n’avait remporté un titre majeur en alignant trois matches nuls en phase de groupe.

Le Portugal se prend pour la Grèce de 2004
Qui eût cru que les héritiers d’Eusébio, Luís Figo et Rui Costa allaient prendre pour modèle l’équipe qui les a privés du titre en finale de l’Euro 2004, leur Euro organisé chez eux, en terre lusitanienne ? La rancoeur est tenace, et pourtant, ils ont tout fait comme eux. Sauf que cette Grèce ne comptait pas dans ses rangs un joueur de la trempe de Cristiano Ronaldo, ni même de celle de Nani et de Renato Sanches. La stratégie était claire : on bétonne littéralement en défense, quitte à broyer la dimension spectaculaire du football, et on compte sur l’individualité et la réussite pour marquer, en prolongation le plus souvent – contre la Croatie et la France –, une fois que l’adversaire est usé de faire le jeu, seul, et contre un mur. Sinon, on s’en remet à la loterie des tirs au but, comme ce fut le cas contre la Pologne en quart de finale de cet Euro.

Comme la Grèce en 2004, le Portugal de 2016 a défait l’hôte de la compétition en finale sur le score de 1-0, mais au terme des prolongations, confirmant par là sa propension dans cet Euro à ne gagner aucun match dans le temps réglementaire, exception faite de la demi-finale contre le pays de Galles. Le hasard faisant bien les choses, le sélectionneur portugais Fernando Santos a entraîné de nombreuses équipes dans sa carrière, dont Porto, Benfica et – eurêka ! – l’équipe de Grèce entre 2010 et 2014. L’homme est un fin connaisseur du football grec puisqu’il a entraîné trois clubs grecs au total : l’AEK Athènes, le Panathinaïkos et le PAOK Salonique. On comprend mieux pourquoi les champions d’Europe 2016 ressemblent autant aux champions d’Europe 2004. Joli coup signé Fernando Santos ! C’est tant mieux pour le Portugal et c’est tant pis pour le football.

Voir de plus:

Les secrets gagnants du pays de Galles
Alexandre Kotowski

Sport 24-Figaro

05/07/2016

Le pays de Galles, l’une des surprises de cet Euro 2016, défie le Portugal ce mercredi à Lyon (21h) et peut légitimement rêver à une place en finale.

S’il y a bien un enseignement à tirer de cet Euro à vingt-quatre, c’est qu’il n’y a plus de «petites» équipes. À l’image de l’Islande quart de finaliste, qui aurait cru avant la compétition que le pays de Galles intégrerait le dernier carré ? Personne. Et pourtant, il n’y a rien de plus logique quand on analyse le jeu des Gallois.

Une organisation bien huilée
Organisé en 3-5-2, le pays de Galles fait preuve de discipline tactique et de rigueur défensive, une des clés pour pouvoir rivaliser avec les «grandes» nations. Même s’ils laissent majoritairement le ballon à leurs adversaires (47% de possession de balle en moyenne, le plus petit total des demi-finalistes), les Gallois respectent leur position. Leur bloc équipe est compact, coulissant parfaitement de gauche à droite et inversement. Les Britanniques n’ont pas peur d’aller au duel, au sol et dans les airs, dans le plus pur style anglo-saxon (dix-sept duels aériens gagnés par match en moyenne, seule la France fait mieux dans le dernier carré). Bref, les hommes du sélectionneur Chris Coleman sont solides.

De plus, ils se connaissent parfaitement. Huit joueurs ont démarré tous les matches du pays de Galles dans cet Euro. Les automatismes sont nombreux et renforcent leur solidarité. «La star, c’est l’équipe. On lutte ensemble, on tacle et on s’entend comme des frères», avouait Gareth Bale en conférence de presse lundi. Il suffit de voir la triple occasion de la Belgique dans les premières minutes du quart de finale (3-1). Derrière le portier Hennessey sorti devant Ferreira Carrasco, ils sont six quasiment sur leur ligne de but pour empêcher le ballon d’entrer. Le seul point négatif, c’est un temps de cadrage parfois trop long sur le porteur de balle adverse. C’était le cas sur le deuxième but encaissé contre l’Angleterre mais aussi celui contre la Belgique. Une frappe lointaine de Radja Nainggolan, spécialiste du genre et pourtant seul dans l’axe aux trente mètres.

Des individualités qui subliment l’équipe
Au pays de Galles, il y a un collectif mais aussi des individualités. Parmi celles-ci, il y a bien sûr Gareth Bale. Le Madrilène est capable de faire la différence sur une attaque rapide, grâce à sa pointe de vitesse ; sur une attaque placée grâce à sa qualité de passe et de centre, et aussi sur coup de pied arrêté (déjà deux buts sur les trois à son actif) grâce à sa frappe de balle flottante. Il a cadré treize tirs, le total le plus élevé de la compétition.

Juste derrière lui, Aaron Ramsey oriente chaque offensive galloise. Son aisance technique offre des temps de conservation de balle importants, qui soulagent ses partenaires. Il est toujours proche des attaquants pour leur délivrer des caviars (meilleur passeur du tournoi avec quatre passes décisives en cinq matches, à égalité avec Eden Hazard). Suspendu pour la demi-finale, tout comme le défenseur Ben Davies, il va manquer à ses coéquipiers. Mais c’est l’occasion pour d’autres joueurs de se révéler, à l’instar d’Hal Robson-Kanu, buteur face à la Belgique au prix d’une magnifique feinte, ou du capitaine Ashley Williams. À n’en pas douter, les Gallois n’ont pas fini de montrer leurs talents.

Voir de plus:

Euro 2016: Barbes, tatouages… Pourquoi l’Islande est l’équipe la plus stylée de la compétition
Marc Nouaux

20 minutes

27.06.2016

L’Islande, c’est l’équipe hype de cet Euro. Un petit pays exotique qui se qualifie pour les 8es de finale, un public qui suit en nombre et des joueurs qui ont un bon look. Un bon look au point d’ériger l’Islande au rang d’équipe la plus stylée de la compétition. Avant son match historique face à l’Angleterre (lundi à 21h), on vous explique pourquoi.

Ils ont de belles barbes
Ils n’ont pas tous une pilosité hors du commun mais certains joueurs se distinguent par de belles barbes. Exemple avec le capitaine, Aron Gunnarsson, symbole de la combativité de l’équipe. Derrière sa barbe, le milieu de terrain dégage une agressivité et un côté assez rugueux qui peut avoir tendance à « effrayer » l’adversaire. Du côté de Runar Sigurjonsson ou de Birkir Bjarnason, on n’est pas en reste non plus.

Ils ont des coiffures soignées
Hipsters, les Islandais ? Si on se dégage du mot au sens strict du terme (qui qualifie des habitudes culturelles, vestimentaires, de style ou de consommation…), on peut se dire que les Islandais en ont en tout cas des allures. « C’est sans doute l’équipe la plus hipster de la compétition, sourit Guillaume qui a effectué plusieurs [longs] séjours en Islande. Mais attention, la Belgique aussi c’est pas mal mais l’Islande plus que tout. » A l’image de leurs coiffures telle celle du jeune Hordur Magnusson.

Gunnar, supporter islandais de 30 ans nous éclaire sur cette pratique. « Une grande partie de la jeune génération islandaise suit cette tendance mais ce n’est pas la majorité de la population. » A l’image du vieux, Eidur Gudjohnsen (37 ans), qui lui, préfère rester classique.

Ils aiment les tatouages et bien se saper
Les Islandais ont vraiment de la gueule. Si on a tendance à remarquer que nombreux sont les footballeurs tatoués, en Islande, il y a un vrai phénomène de mode. Les joueurs dégagent un vrai style viking avec leurs tatouages et les affichent sur les bras. Ainsi, Ari Skulason, le défenseur, est plutôt impressionnant.

Le bras tatoué d’Hordur Magnusson, le jeune défenseur de l’Islande. – B. Horvar / AFP
Niveau sape, on aime aussi se démarquer chez les Vikings. « Vous pouvez le voir en France pendant l’Euro. Les Islandais sont avant-gardistes en termes de tenues vestimentaires et de look. Tous les jours de la semaine ils portent des costumes sur mesure. » C’est sûr que ça contraste avec les costards mal taillés de Wayne Rooney…

Voir enfin:

Islande, Pays de Galles, Roumanie… En Europe, ce sont les « petites nations » qui font la loi
Alessandro Pitzus
Eurosport

04/09/2015

QUALIFICATIONS EURO 2016 – Plusieurs équipes inattendues jouent les premiers rôles depuis le début des éliminatoires. L’Islande, le Pays de Galles, la Slovaquie ou encore la Roumanie sont proches d’obtenir un aller direct pour la France en juillet prochain et ils ne l’ont pas volé.
Il fut un temps où se qualifier pour l’Euro était beaucoup plus difficile qu’obtenir sa place en Coupe du monde. Mais ça, c’était avant. En ouvrant la porte à 24 nations contre 16 lors des précédentes éditions, l’UEFA a choisi d’être moins élitiste. Les deux premiers de chaque groupe composteront leur billet, le meilleur troisième aussi et pour les autres trainards, il y aura une séance de rattrapage sous forme de barrages traditionnels.

La nouvelle formule a ouvert la porte mais le règlement novateur n’est pas forcément surexploité par les « petites nations ». Les Pays-Bas, l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne n’occupent pas les premières places de leurs groupes respectifs à trois journées de la fin. Relâchements inconscients, mises en route difficiles, il y a plusieurs raisons pour expliquer les défaillances relatives des grands d’Europe. Ils s’appellent Islande, Pays de Galles, Pologne, Roumanie ou encore Autriche et ils sont proches de décrocher un aller simple amplement mérité pour l’Euro 2016.

L’Islande cartonne devant les Tchèques et les Néerlandais
C’était l’une des grosses côtes au début des éliminatoires et l’Islande joue parfaitement son rôle de trublion dans le groupe A. Quinze points dans la besace, une première place, des succès bien construits, les Nordiques n’en espéraient pas tant. En battant pour la première fois de son histoire les Pays-Bas, l’équipe islandaise, guidée par un irréprochable Gylfi Sigurdsson (4 buts) s’est donnée les moyens de ses ambitions.

Petite particularité : l’Islande est la seule sélection dirigée par deux sélectionneurs. Ce n’est peut-être pas qu’un détail. Le tandem Heimir Hallgrimsson – Lars Lagerbäck pourrait offrir à l’Islande sa première participation à une grande compétition majeure. Une qualification serait synonyme de continuité pour cette équipe qui aligne les bons résultats internationaux depuis trois ans et qui avait échoué en barrages lors des derniers éliminatoires du Mondial.

Pour le moment, le Pays de Galles de Bale effectue un sans faute
Avec la nouvelle réforme, voir le Pays de Galle à l’Euro était une possibilité tout à fait envisageable. Aujourd’hui, elle est en passe de se réaliser. L’équipe de Chris Coleman est toujours invaincue (14 points, 4 victoires, 2 nul). En revanche, pas grand monde n’imaginait les Gallois devant les Belges dans un groupe B où les Bosniens se sont écroulés.
Sous l’impulsion d’un Gareth Bale toujours plus impressionant (5 buts en 6 matches), le Pays de Galles n’enchaine pas les scores fleuves (8 buts marqués) mais il fait le « job » sobrement. Sa dernière victoire contre la Belgique à Cardiff (1-0 but de Bale) lui a permis de faire un pas important vers une éventuelle première qualification de son histoire pour un championnat d’Europe.

Carton plein pour la Slovaquie
Difficile de faire mieux que la Slovaquie (6 victoires). Les hommes de Jan Kozak présentent un bilan parfait en tête du groupe C devant l’Espagne. A défaut d’être spectaculaires, les Slovaques font preuve d’une efficacité redoutable. Leur victoire inattendue contre l’Espagne (2-1) lors de la 2e journée a lancé la machine. Elle ne s’est pas arrêtée depuis.

La grande force de cette équipe est aussi sa plus grande faiblesse : Marek Hamsik. Dans ses bons jours, le milieu offensif napolitain peut faire la pluie et le beau temps (3 buts en 6 matches). Pour l’instant, le joueur de 28 ans est régulier et ça paye.

Invaincue, la Pologne continue de tenir tête à l’Allemagne
L’époque où la Pologne prenait des fessés contre l’Allemagne semble révolue. Son succès contre la Mannschaft (2-0, 2e journée) a complètement décomplexé la bande à Robert Lewandowski. Le meilleur buteur des qualifications (7 buts) a inscrit l’intégralité de ses buts en deux rencontres. Contre Gibraltar (4) et la Géorgie (3).

La Pologne, attaque la plus prolifique des éliminatoires, a suivi l’exemple de son artificier bavarois en marquant 15 de ses 20 buts contre les deux bonnets d’âne du groupe D. Avec un point d’avance sur l’Allemagne, les Polonais auront du mal à conserver leur première place mais ils ont toutes les chances de décrocher un aller simple pour l’Euro.

La Roumanie en position idéale, l’Irlande du Nord en embuscade
Dans le groupe le moins relevé (et le moins attractif) de ces qualifications, la Roumanie et l’Irlande du Nord sont en train de tirer leur épingle du jeu. Pendant que les Grecs et les Finlandais sombraient, les Roumains faisaient le plein (14 points et invaincus) s’appuyant sur une défense de fer (la meilleure de la zone Euro avec un but encaissé).

Côté nord-irlandais (13 points), on s’accroche à Kyle Lafferty. Le buteur de Norwich est impliqué sur 6 des 8 buts de son équipe (5 buts, 1 passe). La formation de Michael O’Neill jouera sa qualification directe contre la Hongrie (3e avec 11 points). Dans le pire des cas, elle passera par la case barrages pour tenter de participer au premier Euro de son histoire.

L’Autriche touche au but
Absente des grandes compétitions depuis 2008 et l’Euro co-organisé sur ses terres, l’Autriche est proche de la délivrance. Son effectif, plus mature, a parfaitement géré l’adversité. Les Autrichiens ont profité des faux pas à répétition de la Suède de Zlatan Ibrahimovic et de la Russie pour s’installer confortablement en tête du groupe G (16 points).

La polyvalence et le leadership de David Alaba (3 buts) sont des atouts précieux. Mais il n’y a pas que ça. Quand le latéral du Bayern s’est retrouvé sur le flanc, les Autrichiens ont pris leur responsabilité, comme Marc Janko (3 buts), afin d’enregistrer deux succès sans leur leader.

L’Albanie a encore son mot à dire
D’habitude, l’Albanie fait de la figuration lors des qualifications continentales. La donne va bientôt changer. Assurée de terminer au moins à la 3e place d’un groupe I qui ne comptabilise que cinq équipes, la bande à Lorik Cana sera au pire barragiste. Un minimum pour une sélection qui présente le même nombre de points que le Danemark (2e avec 10 points) et seulement deux longueurs de retard sur le Portugal (1er).

Les Albanais ne sont pas arrivés là par hasard. La série de matches amicaux face aux Bleus (1 victoire, 1 nul) à montrer à quel point cette équipe était difficile à manœuvrer. Leur victoire contre le Portugal (1-0) en ouverture est là aussi pour le rappeler.

COMPLEMENT:

Le Portugal signe la victoire d’un football sans prise de risque
Peu spectaculaire, remportée par l’équipe qui avait moins le ballon au bout du suspense, la finale gagnée dimanche par le Portugal contre la France a parfaitement résumé le tournoi. Les équipes bien organisées, solidaires, patientes et dures au mal ont été à l’honneur

Lionel Pittet
Le Temps

12 juillet 2016

«Les Portugais sont champions. S’ils ont gagné ce tournoi, c’est qu’ils le méritent. Après, on peut toujours discuter de la manière dont ils jouent mais ça reste efficace et il faut les féliciter.» Pour le gardien des Bleus Hugo Lloris comme pour ses coéquipiers et leurs supporters, la défaite en finale de l’Euro (1-0 après prolongations, but d’Eder) était difficile à accepter. Tout plaidait en faveur d’un succès de l’équipe de France dans son jardin, à Saint-Denis. Ses triomphes à domicile à l’Euro 1984 et au Mondial 1998. Ses performances depuis le début du tournoi (meilleure attaque avec treize buts marqués). La forme de ses leaders (Antoine Griezmann, six buts pendant le tournoi dont cinq à partir des huitièmes de finale).

L’alignement des planètes semblait parfait, à un petit détail près: depuis le début, la compétition affichait un visage singulier, une logique propre. Et la finale remportée dimanche soir par le Portugal résume parfaitement toutes les grandes tendances observées en un mois intensif de football.

La marque de l’Atletico Madrid
La fin de l’efficacité du jeu de possession à l’espagnole, qui a permis à la Roja de remporter un Mondial et deux Euros entre 2008 et 2012, est un thème récurrent depuis quelques années. A la Coupe du monde 2014, les champions du monde en titre avaient été éliminés dès le premier tour, mais l’Allemagne – qui allait lui succéder – prolongeait son influence en ajoutant à sa palette tactique une capacité à changer de rythme pour mener des attaques très directes. Cet été en France, les équipes qui gardaient le ballon n’ont pas nécessairement gagné, à l’instar des Bleus en finale (53% de possession de balle). L’équipe de Suisse en sait aussi quelque chose. Elle a eu le ballon 55% du temps ou plus lors de chacune de ses quatre rencontres, ce qui n’a pas empêché son élimination en huitièmes de finale contre la Pologne (5-4 aux tirs au but).

Sans avoir une des meilleures équipes mais en jouant bien regroupé et en lançant des contres, Diego Simeone a mené les Colchoneros en finale de la Ligue des champions.
Elargi à 24 équipes, l’Euro accueillait de nombreuses équipes peu habituées aux grands rendez-vous. Elles ne nourrissaient pas l’ambition de soulever le trophée Henri Delauney promis au vainqueur, mais clairement celle de traverser le tournoi sans être ridicule. Et elles ont fait d’un football sans prise de risque le paradigme de l’été. «Je vois là la marque du succès récent de l’Atlético Madrid. Sans avoir une des meilleures équipes mais en jouant bien regroupé et en lançant des contres, Diego Simeone a mené les Colchoneros en finale de la Ligue des champions. Forcément, ça a donné des idées à toutes les petites équipes de l’Euro», estimait l’ancien attaquant international Nestor Subiat dans Le Temps, après le premier tour.

Conséquences: les stars les plus attendues ont eu mille peines à briller dans le ciel de l’Euro. Tout un symbole, la blessure et la sortie dès la 25e minute de jeu de Cristiano Ronaldo – qui n’avait pas quitté le terrain une minute jusqu’alors – n’ont pas empêché le Portugal de remporter le premier titre majeur de son histoire. Décisif lors de la demi-finale contre le Pays de Galles, l’attaquant du Real Madrid avait été plutôt en retrait jusque-là. Il y a quelques exceptions au relatif mutisme des footballeurs européens les plus en vue du moment, dont le très remarqué Antoine Griezmann (six buts, meilleur joueur du tournoi aux yeux de l’UEFA) ou Gareth Bale. Mais l’ailier du Pays de Galles a moins fait l’unanimité par ses trois buts que parce qu’il s’est mis corps et âme au service de son équipe

Le paradoxe viking
A l’instar du Portugal en finale, de nombreuses formations se sont montrées bien organisées, solidaires, patientes et dures au mal. Les équipes d’Islande, d’Irlande du Nord et de République d’Irlande ont, par leur vaillante résistance opposée aux «grandes» équipes, offert à ce tournoi de belles histoires. Elles ont été reçues de manière assez paradoxale par les amateurs de football, qui d’un côté se prenaient de passion pour les besogneux «Vikings» de Reykjavik tout en regrettant de l’autre un Euro trop fermé, trop défensif, pas assez enlevé.

Lire aussi: L’Islande, sensation de l’Euro 2016

«Parfois, il faut savoir être pragmatique pour gagner un match. Nous aimerions jouer de façon plus spectaculaire, mais ce n’est pas toujours de cette manière que vous gagnez un tournoi», déclarait le sélectionneur du Portugal Fernando Santos après le huitième de finale chichement gagné par son équipe contre la Croatie (1-0 après prolongations). Ses protégés ont enchaîné avec une qualification via les tirs au but contre la Pologne, puis une victoire contre le Pays de Galles en demi-finale. La seule acquise par les Portugais en 90 minutes lors de l’Euro 2016. Au premier tour, ils avaient concédé trois matches nuls (1-1 contre l’Islande, 0-0 contre l’Autriche, 3-3 contre la Hongrie) qui ne laissaient en rien présager de leur succès en finale.

Mais au cours de la compétition, les surprises se sont succédé, la loi des séries a été mise à mal et les bookmakers ont dû s’en arracher les cheveux. L’Euro 2016 a rappelé que le football est un sport qui se joue à onze contre onze et qu’à la fin, on ne sait jamais vraiment qui va gagner.


Les émeutes raciales de Chicago: Attention, un racisme peut en cacher un autre (France gets long overdue translation of Sandburg’s 1919 Chicago race riot but still no answer as to why it managed to avoid for so long the anti-black racism it loves to denounce in the US)

7 juillet, 2016

Lawrence_Panel-1migrants_at_Budapest_station

affiche-expo-coloniale-parisbal negreBanjoRedSummerChicago-race-riotChicago_Race_Riot_Walgreenschicago-race-riot-starts-red-summer-1919-old-newspaper-Slave-tableIf we must die, let it not be like hogs
Hunted and penned in an inglorious spot,
While round us bark the mad and hungry dogs,
Making their mock at our accursèd lot.
If we must die, O let us nobly die,
So that our precious blood may not be shed
In vain; then even the monsters we defy
Shall be constrained to honor us though dead!
O kinsmen! we must meet the common foe!
Though far outnumbered let us show us brave,
And for their thousand blows deal one death-blow!
What though before us lies the open grave?
Like men we’ll face the murderous, cowardly pack,
Pressed to the wall, dying, but fighting back!
If We Must Die (Claude McKay, 1922)
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Barack Hussein Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Les gens pensaient que parce que nous avions élu Obama, la société américaine était devenue post-raciale, que la couleur de la peau n’avait plus aucune importance. Avec l’affaire Trayvon Martin, nous assistons à un réveil et à une mobilisation.  Geraldine Thompson (historienne et représentante démocrate de l’Etat de Floride)
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Would Trayvon be alive today had he been walking home—Skittles and ice tea in hand—wearing a polo shirt with an alligator logo? Possibly. And does this make the ugly point that dark skin late at night needs to have its menace softened by some show of Waspy Americana? Possibly. (…) Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Drame raciste aux Etats-Unis : les stars dénoncent le meurtre d’Alton Sterling Une vidéo d’une violence inouïe tourne sur la Toile depuis ce mardi 5 juillet. On y voit deux policiers de Bâton-Rouge, en Louisiane, brutalement interpeller un Afro-Américain, Alton Sterling, et lui tirer une balle dans la tête. Des images insoutenables qui ont choqué à travers la planète. En première ligne aux Etats-Unis : Zendaya, Olivia Wilde ou encore Amy Schumer ont réagi. Il y a quelques jours, le discours édifiant de Jesse Williams, acteur de la série « Grey’s Anatomy » avait fait un tollé aux États-Unis. Celui qui dénonçait sur la scène des BET Awards les bavures policières contre les Afro-Américains avait fini par être accusé de racisme anti-blanc. Une pétition demandait même son renvoi des écrans télé. Mardi 5 juillet, la donne avait déjà changé outre-Atlantique, alors que l’on apprenait que la police américaine avait fait sa 558ème victime aux États-Unis (source The Guardian). La victime s’appelle Alton Sterling, âgé de 37 ans, et c’est encore un Afro-Américain. Il a trouvé la mort après une altercation brutale avec les forces de l’ordre. La police avait été alertée sur place par un témoin qui avait assuré que cet homme portant un t-shirt rouge et vendant des CD devant un magasin, l’avait menacé avec une arme à feu. Une vidéo de la scène a été tournée et partagée sur la Toile, on y voit le suspect malmené par la police. Le suspect se débat pendant quelques secondes avant d’être mis à terre et qu’un policier n’ouvre le feu sur lui « à quatre ou six reprises » rapporte la presse. Un « lynchage légal » ont commenté de nombreux internautes horrifiés qui ont repris les mots dièses #AltonSterling et #BlackLivesMatter pour dire toute leur émotion et leur colère sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Zendaya, Olivia Wilde ou encore Amy Schumer ont envoyé leurs prières et ont appelé à une réaction massive du grand public. Public.fr
The offender said, ‘I hate white people’ and threw a punch. There is no evidence either way about what the offender meant or whether . . . she holds or promotes an ideology which would explain why this assault was aimed at this victim. I am not satisfied beyond a reasonable doubt that this offence was, even in part, motivated by racial bias. Provincial court Judge Harry Van Harten (Calgary, Canada)
Le Brexit sera-t-il un choc salutaire ou le début de la fin d’une grande aventure collective ? Je n’ai pas de réponse. Mais, ce que je peux d’ores et déjà affirmer, c’est que les eurocrates ne l’ont pas volé, car ils se sont acharnés à faire de l’Union européenne le cheval de Troie de la déseuropéanisation. Ces politiciens et ces fonctionnaires ne se vivent pas comme les dépositaires d’une grande civilisation, mais comme les héritiers du « plus jamais ça » : plus jamais la guerre, plus jamais le racisme hitlérien ni colonial. Pour éviter le retour des discours ou des comportements maléfiques, ils emploient donc les grands moyens. Ils refusent d’incarner l’Europe, par son histoire, ses paysages, ses monuments, ses villes, ses cafés, ses œuvres, une forme de vie, un mode de présence sur Terre, car ce serait tracer une ligne de partage entre un dedans et un dehors, entre un nous et un eux. Ils ne veulent pas mettre le doigt dans cet engrenage fatal. Ils effacent donc le passé. Ils s’offensent, avec Pierre Moscovici, quand on parle des racines chrétiennes de l’Europe. Le « plus jamais ça » exige que l’Europe ne soit rien de substantiel, qu’elle n’affirme que des valeurs, qu’elle ne se définisse que par des droits et des procédures, afin de pouvoir s’ouvrir sans discrimination à tous et à tout. C’est ce que disait textuellement le grand sociologue allemand Ulrich Beck. (…) La veille du référendum, j’ai vu un reportage sur la ville de Peterborough, en Angleterre. On découvrait des rues commerçantes avec des magasins afghans, pakistanais et polonais. Les habitants disaient que les Britanniques étaient désormais minoritaires et on apprenait qu’il n’y avait plus qu’un seul pub dans toute la ville. J’ai pris conscience, en regardant ces images, de la nouvelle grande division des sociétés européennes. Elles se partagent désormais entre les planétaires et les sédentaires, les globaux et les locaux, les hors-sol et les autochtones. Les premiers sont non seulement mieux lotis économiquement, mais ils se croient politiquement et moralement supérieurs. Ils traitent les autochtones de « ploucs », voire de « salauds », ils soulignent élégamment leur âge avancé, ils font tomber sur eux le triple diagnostic d’europhobie, de xénophobie et de passéisme, alors même que, ce qu’ils leur opposent, c’est un cosmopolitisme de galerie marchande et, en guise de déracinement, une complète absorption dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le village global est un village, avec ses fausses évidences, ses œillères, sa mentalité étriquée. Les pubs font partie intégrante de la civilisation européenne. Ils sont la version anglaise du café. Ceux qui refusent la transformation de l’Angleterre ne sont pas antieuropéens, ils veulent juste que l’Angleterre reste l’Angleterre et que l’Europe reste l’Europe. (…) L’immigration a été un thème central de la campagne britannique, mais ce serait le cas dans tous les pays européens qui choisiraient la voie du référendum. L’Union européenne a voulu combiner la morale humanitaire et l’intérêt économique. Puisque nos pays se dépeuplent et vieillissent, elle a cru qu’il suffisait d’importer les enfants et les travailleurs qu’ils n’ont plus. Mais les hommes ne sont pas interchangeables. Il y a des mondes, il y a des civilisations. L’autarcie n’est certes pas la solution, les frontières ne doivent pas devenir hermétiques. Il reste que, comme l’a écrit un grand philosophe américain de gauche, Michael Walzer : « Abattre les murs de l’État, ce n’est pas créer un monde sans murs, c’est créer un millier de petites forteresses. » Nous voyons les sociétés européennes se fragmenter en communautés hostiles. Même si la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace européen ne pose pas les mêmes problèmes que l’immigration arabo-musulmane, il faut savoir respecter les proportions. (…) La pluralité est essentielle à l’Europe. Pluralité des langues et des nations. En même temps, il existe une histoire commune : la Bible, la Grèce, Rome, la féodalité, la Renaissance, la Réforme, les Lumières et le romantisme. (…) J’ai vu que Donald Trump, allant inaugurer un golf en Écosse, s’est réjoui du vote britannique. Mais il représente autre chose : il est la Némésis du politiquement correct. Goya a dessiné une gravure intitulée Le sommeil de la raison engendre des monstres. On pourrait adapter cette formule à notre situation : le déni de réalité produit des monstres comme Trump. Si le danger islamiste n’est pas nommé surgit un candidat républicain qui souhaite interdire aux musulmans d’entrer sur le sol américain. Je ne suis pas sûr que le vote anglais relève exactement du même phénomène. Cette vieille démocratie européenne manifeste par ce vote sa volonté de reprendre son destin en main. Alain Finkielkraut
Il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain ». Géraldine Smith
Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. Joséphine Baker
La position la plus sûre et qui doit permettre d’écarter tout risque de modifier profondément la population française et tout déboire du point de vue culturel, est certainement celle qui consiste à rechercher des immigrants dont le type ethnique est déjà présent dans la mosaïque française. Georges Mauco (1945)
Le manque d’hommes et la faiblesse de la natalité française sont la cause profonde de nos malheurs… et l’obstacle principal qui s’oppose à notre redressement. (….) Afin d’appeler à la vie les douze millions de beaux bébés qu’il faut à la France en dix ans, de réduire nos taux absurdes de mortalité et de morbidité infantile et juvénile, d’introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française, un grand plan est tracé […] pour qu’à tout prix soit obtenu le résultat vital et sacré. Charles de Gaulle (3 mars 1945)
Le Haut Comité consultatif de la Population et de la Famille étudie actuellement des projets qui constitueront son avis en ce qui concerne la politique du Gouvernement en matière d’immigration. Dès à présent il importe que les naturalisations soient effectuées selon une directive d’ensemble. Il conviendrait notamment de ne plus les faire dépendre exclusivement de l’étude des cas particuliers, mais de subordonner le choix des individus aux intérêts nationaux dans les domaines ethnique, démographique, professionnel et géographique. a) Sur le plan ethnique, limiter l’afflux des Méditerranéens et des Orientaux qui depuis un demi-siècle ont profondément modifié la structure humaine de la France. Sans aller jusqu’à utiliser comme aux États-Unis [qui ont connu les mêmes préoccupations]* un système rigide de quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Luxembourgeois, Hollandais, Suisses, Danois, Scandinaves, Islandais, Anglais, Allemands, etc.). [Si on se réfère à la composition de la population étrangère aux recensements de 1881-1891, où les sources d’émigration s’équilibraient]. Étant donné le grand nombre de dossiers actuellement en instance dans les préfectures, on pourrait envisager une proportion de 50 % de ces éléments. b) Sur le plan professionnel, la France a surtout besoin de travailleurs directement producteurs : agriculteurs, mineurs, ouvriers du bâtiment, etc. D’autre part, pour conserver au pays son pouvoir d’assimilation, il est souhaitable que les professions libérales, commerciales, banquières, etc. ne soient pas trop largement ouvertes aux étrangers. C’est dans la mesure où les étrangers peuvent se donner en France des cadres intellectuels et économiques – même naturalisés – qu’ils conservent davantage leur particularisme. Il y a intérêt à limiter les naturalisations dans ces professions, et d’une manière plus générale, dans les professions urbaines. c) Sur le plan démographique, il importe de naturaliser des individus jeunes ou ayant des enfants.  [Il n’est pas souhaitable d’accorder la nationalité française à des individus de plus de 70 ans.] d) Sur le plan géographique, limiter [très] strictement les naturalisations dans les villes, spécialement à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable pour de multiples raisons. Par contre, les naturalisations doivent être suscitées et multipliées en province et spécialement dans les milieux ruraux. Je vous prie de vouloir bien donner des instructions aux préfectures pour que l’étude et l’envoi des dossiers s’inspirent de ces directives et pour que soient suscitées au besoin les naturalisations désirables. Général de Gaulle (lettre à Pierre-Henri Teitgen, garde des Sceaux, 12 juin 1945 – sont barrés entre crochets les passages du projet de Mauco qui n’ont pas été repris dans la lettre de Charles de Gaulle)
C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !  Ch. de Gaulle (Conversation rapportée par Alain Peyrefitte le 5 mars 1959 suite aux événements d’Algérie)
Marseille offrait cependant un charme barbare et international qui incarnait de façon étonnante le grand flux de la vie moderne. Peu étendue, avec une population manifestement trop nombreuse, porte de service de l’Europe, chargeant et déchargeant son commerce avec l’Orient et l’Afrique, port préféré des matelots en bordée sans permission, infestée de toute la racaille des pays méditerranéens, grouillante de guides, de putes, de maquereaux, repoussante et attirante dans son abjection aux longs crocs sous ses dehors pittoresques, cette ville semblait proclamer au monde entier que la chose la plus merveilleuse de la vie moderne était le bordel. Claude McKay (Banjo)
Dans ce bouillonnement créatif, le jazz, l’art, la photographie, la mode et, bien sûr, la littérature furent plus que des expressions privilégiées pour raconter les multiples vies de l’homme noir, de véritables armes au service de la reconquête d’une identité. Celle de Claude McKay est multiple, clochard céleste, journaliste militant, bourlingeur marxiste – il résida en URSS dans les années 30, où il rencontra Trotski lors de la 4e Internationale communiste -, chroniqueur de la rue. C’est de tout cela qu’est fait son verbe vagabond. Celui de Home To Harlem, qui lui vaut, en 1928, le Harmon Gold Award Of Literature, et celui de Banjo, en 1929, où il dépeint le Marseille cosmopolite où il vécut. Banjo – du surnom de son héros, un docker noir qui, dans les bas-fonds de la cité phocéenne, s’évertue à monter un groupe de jazz -, croque un Marseille qui n’existe plus, un quartier interlope, la Fosse, situé entre le Vieux-Port et la Joliette, que l’occupant nazi rasera en 1943 pour purifier le « cloaque » du « chancre de l’Europe ». Car ce quartier réservé, à l’image du French Quarter de La Nouvelle-Orléans, est depuis 1865 le lieu de tous les plaisirs, de tous les dangers et de l’amarrage, dans les années 20, de cette « infernale musique noire qui rythme tous les bruits », comme l’écrira le romancier marseillais André Suarès. « Bars à passe en toile de fond, cafés de quartier qui émettent le son d’un « fox-trot populaire » provenant de pianos mécaniques çà et là dans « Boody Lane » qui semble proclamer au monde entier que la chose la plus merveilleuse était le bordel. […] Oh, Shake That Think, Jelly r-o-o-o-o-oll ! Tem, tem, ti-toum, tim-ti-tim, toum, tem… » Claude McKay n’a pas son pareil pour dire la bouillonnante ville-monde, ce « petit Harlem », où vivent, aiment et meurent voyous provençaux, bandits corses et italiens, dockers africains, marins, filles de joie et artistes du monde entier. Son écriture visionnaire, chaloupée et enivrante, construite, avec ses solos, comme un air de jazz, assène, près de quatre-vingt-dix ans plus tard, des questionnements toujours actuels. Ceux de la citoyenneté et du vivre-ensemble. Sa lecture ne s’en révèle que plus indispensable. Marianne (2015)
Banjo: A Story without a Plot was published by Claude McKay in 1929, between the World Wars. In the novel, McKay draws on his personal experiences living in France to depict dockworkers and drifters in the port town of Marseilles. The novel follows one group of “beach boys,” combining semi-autobiographical accounts of their pleasure-seeking lifestyle with their conversations about race relations and race politics, in France and abroad. The men in the novel represent various positions on race politics. Below are the four most prominent categories of positions in the novel—remember that each character nuances his views differently, and there are many distinctions to be made within these categories. (You might recognize some of the oppositions between these positions from later conflicts within the Civil Rights movement; they have some features in common with, for example, the political disagreements between Martin Luther King, Jr., and Malcolm X.) – Black Internationalism—This political culture linked blacks from around the world by connecting struggles against slavery, colonialism, and racism. Many of these connections are made in Banjo, like when Ray notes the similarities between the list of atrocities the French were committing in the colonies and the treatment endured by blacks in the United States. – Racial Assimilationism/Integrationism—During the early 20th century, assimilation was one possible answer to the question of how black people were to recover their full humanity: by being fully integrated into existing white society. Assimilation might include pursuing higher education and joining the professions, two things that were seen as allowing blacks to move out of their marginal position and into the respectable middle classes, as discussed in Banjo. – Black Nationalism—Opposed to assimilationists, black nationalists argued that black people should affirm and fight for their own culture and values, demanding their rights on their own terms rather than gaining a place in the existing system that had excluded them. W.E.B. Du Bois was associated with this position, which reflects the views of many of the characters in Banjo. – Black Separatism and Garveyism—These two positions are subsets of black nationalism that advocate the creation of essentially separate societies for black and white people. Whereas some black separatists thought that these two nations could be created within the United States, Marcus Garvey sought to bring blacks “Back to Africa,” a position represented in the novel by Taloufa. Berkeley university
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la France n’a pas fait appel à ses territoires d’outre-mer, colonies et DOM confondus, pour combler son déficit de main-d’oeuvre bon marché. Pourquoi ? la réponse à cette question, rarement soulevée, est moins évidente qu’il n’y parait. Pour sa reconstruction, l’hexagone n’avait-il pas besoin de bras valides, de gens – de préférence francophones – taillables et corvéables ? dès lors pourquoi se priver de la « Force noire », qui venait de faire ses preuves sur le champ de bataille ? En raison d’un présupposé censément « naturel », d’un sous-entendu qui est alors au coeur des débat public sur l’immigration sans remonter à la surfacce explicite du discours: la question raciale. Quand le 3 mars 1945 devant l’Assemblée consultative, de Gaulle invoque « l’impératif migratoire », quand il précise qu’ « il faut introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française », il n’est pas dit mais entendu que ces « bons éléments » ne sauraient être des Africains ou des Antillais – des Noirs. Géraldine Faès et Stephen Smith
They were separated by a line unseen and a law unwritten: The 29th Street beach was for whites, the 25th Street beach for blacks. An invisible boundary stretched from the sand into Lake Michigan, parting the races like Moses’ staff parted the Red Sea. On this stifling hot summer Sunday, Eugene Williams, a black teenager, drifted south of that line while swimming with friends. Whites picked up rocks and let fly. Some accounts say Williams was hit on the head and went under. Others say he became tired and was too afraid to come ashore. Either way, he drowned, touching off the deadliest episode of racial violence in Chicago history. For five days it raged, mostly on the South Side. White mobs attacked isolated blacks. Blacks attacked isolated whites. John Mills, a black Stockyards worker, was riding home when a mob stopped his streetcar and beat him to death. Casmero Lazeroni, a white peddler, was pulled from his horse-drawn wagon and stabbed to death. Thirty-eight people died–23 blacks and 15 whites. By the time the National Guard and a rainstorm brought the riots to an end, more than 500 people had been injured, wounded blacks outnumbering whites by a ratio of about 2-1. Several factors had heightened tension between the races. Drawn by the promise of employment and dignity, Chicago’s black population more than doubled from 1916 to 1918. Blacks had balked at joining white-controlled unions, and in the face of violence, black leaders had begun preaching self-defense instead of self-control. But, most important of all, housing in the city’s narrow « Black Belt, » which stretched south of the Loop, had not kept pace. When blacks began moving into white neighborhoods, whites responded violently, bombing 26 homes in the two years preceding the riot. The Chicago Tribune
En avril 1919, les forces de police arrêtent un complot visant à l’envoi 36 bombes à des membres éminents de l’establishment américain politique et économique : JP Morgan, John D. Rockefeller, le juge de la Cour suprême Oliver Wendell Holmes ou encore le procureur général des États-Unis Alexander Mitchell Palmer. Le 2 juin 1919, dans sept villes du Nord-Est des États-Unis, huit bombes de fortes puissances ont explosé quasi simultanément à la même heure (une église catholique de Philadelphie étant la cible de deux bombes). L’un des objectifs était la maison, à Washington, D.C., du procureur général Palmer. L’explosion tue le poseur de bombe, qui sera la seule victime, et des témoignages confirment qu’il s’agit d’une organisation radicale d’origine italienne dont l’antenne américaine se trouverait à Philadelphie, mais l’affaire n’a jamais été résolue. C’est après, entre 1919 et 1921, que le procureur général lance les Palmer Raids. Des avocats notables dénoncent l’inconstitutionnalité de ces mesures, dont le futur juge à la Cour suprême Felix Frankfurter (notamment les quatrième, cinquième, sixième et huitième de la Constitution des États-Unis). Palmer perd de sa crédibilité lorsqu’il annonce qu’un risque de révolution est possible, le 1er mai 1920. Dès 1918, le président Woodrow Wilson avait fait pression sur le Congrès afin qu’il légifère contre les immigrés anarchistes (concrétisé par le Sedition Act of 1918 (en)) afin de protéger le moral du pays pendant la guerre. Le 1er septembre 1920, des bombes explosent à Wall Street, près de Federal Hall et de la Banque JP Morgan. Bien que deux anarchistes et des communistes soient soupçonnés d’être responsables de l’attentat, aucun n’est inculpé. On dénombre 38 morts et 141 blessés. En conséquence, l’opinion publique évolue et des organisations de gauche telles que l’Industrial Workers of the World et le Parti communiste des États-Unis perdent plusieurs de leurs militants. Entre 1919 et 1920, plusieurs états ont jugé le syndicalisme « criminel ». Cela implique alors des restrictions de la liberté d’expression. Des procès ont lieu (dont la célèbre affaire Sacco et Vanzetti), ainsi que des déportations hors du territoire américain. Wikipedia
La grande migration afro-américaine est le mouvement qui a conduit six millions d’Afro-Américains du Sud des États-Unis vers le Middle West, le Nord-Est et l’Ouest de 1910 à 1930. Les estimations du nombre de migrants varient selon les repères temporels choisis. Les Afro-Américains émigraient pour échapper au racisme et essayer de trouver du travail dans les villes industrielles. Certains historiens font une distinction entre la Première Grande Migration (de 1910 à 1940), et qui a porté sur environ 1,6 million migrants, et la Seconde Grande Migration, de 1940 à 1970. (…) Entre 1910 et 1930, la population afro-américaine s’accrut d’environ 40 % dans les États du Nord, principalement dans les grandes villes. Des villes comme Chicago, Détroit, New York et Cleveland connurent quelques-unes des plus fortes hausses dans la première partie du siècle. Du fait que cette évolution se concentrait dans les villes, les tensions urbaines augmentèrent à mesure que les Afro-Américains et les immigrants européens nouveaux ou récents, groupes qui tous les deux étaient issus de sociétés rurales, entraient en concurrence pour les emplois et le logement avec la classe ouvrière blanche d’origine. Les tensions étaient souvent les plus vives entre les Irlandais ethniques, soucieux de défendre leurs positions, et les immigrants récents et les noirs. Les Afro-Américains migraient individuellement ou en petits groupes familiaux. Ils ne recevaient aucune aide du gouvernement, mais souvent les industries du Nord, comme les chemins de fer, le conditionnement de la viande et l’élevage du bétail, avaient besoin de main-d’œuvre. Le principal facteur de la migration était le climat raciste dans le Sud et la violence généralisée qui se manifestait par des lynchages. Dans le Nord, on pouvait trouver de meilleures écoles et les hommes adultes avaient le droit de vote (ainsi que les femmes après 1920). L’essor des industries montrait qu’il y avait possibilité de trouver des emplois. (…) L’énorme expansion des industries de guerre créa pour les noirs des possibilités d’emploi, non dans les usines, mais dans les postes laissés vacants par les ouvriers appelés à y travailler. La Première Guerre mondiale et la Loi d’immigration Johnson-Reed de 1924 mirent brutalement un terme à l’afflux d’immigrants européens vers les centres industriels qui apparaissaient au Nord-Est et dans le Middle West, ce qui provoqua une pénurie de main-d’œuvre dans les usines. (…) La Grande Migration des Afro-Américains a créé les premières grandes communautés noires urbaines dans le Nord. On estime traditionnellement à 400 000 le nombre de ceux qui ont quitté le Sud pendant la période de deux années allant de 1916 à 1918, pour profiter de la pénurie de main-d’œuvre qu’avait créée la Première Guerre mondiale. (…) En 1910, la population afro-américaine de Détroit était de 6 000. Dès le début de la Grande Dépression en 1929, ce chiffre était monté à 120 000. En 1900, Chicago avait une population totale de 1 698 575 habitants. En 1920 elle avait augmenté de plus d’un million d’habitants. (…) Alors que la Grande Migration aidait les Afro-Américains instruits à obtenir des emplois, permettant à terme de mesurer la mobilité sociale, les migrants se heurtaient à des discriminations importantes. Du fait qu’un si grand nombre de personnes avaient migré dans un laps de temps assez bref, les migrants afro-américains se heurtaient souvent au ressentiment de la classe ouvrière américaine d’origine européenne, craignant que ses salaires ou la sécurité de ses emplois fût menacée par l’afflux de nouveaux travailleurs qui lui ferait concurrence. Les plus craintifs ou les plus hostiles étaient parfois les derniers en date des immigrants du XIXe siècle et les nouveaux immigrants du XXe siècle. Dans de nombreuses villes, la classe ouvrière a essayé de défendre ce qu’elle considérait comme « son » territoire. Néanmoins, les Afro-Américains ont pu gagner suffisamment d’argent dans les emplois industriels, en particulier dans la sidérurgie, l’automobile, la construction navale et les industries de préparation de la viande. Entre 1910 et 1920, le nombre de noirs employés dans l’industrie a presque doublé passant de 500 000 à 901 00010. (…) Les migrants ont découvert la discrimination raciale dans le Nord, même si elle se présentait parfois de façon plus subtile que dans le Sud. La population avait augmenté si rapidement tant chez les migrants afro-américains que chez les nouveaux immigrants venant d’Europe, qu’il y avait pénurie de logements, et les nouveaux groupes devaient rivaliser, même pour obtenir les logements les plus anciens, délabrés la plupart du temps. Les groupes ethniques se créaient des territoires qu’ils défendaient contre le changement. Souvent la discrimination forçait les Afro-Américains à rester dans les quartiers surpeuplés, comme à Chicago. Dans les villes, les populations plus à l’aise avaient tendance à se déplacer vers de nouveaux logements qui se développaient dans la périphérie. Les refus de prêts et les discriminations liées à l’habitat limitaient pour les Afro-Américains arrivés le plus récemment la possibilité de choisir leur propre logement, ou de l’obtenir à un prix raisonnable. (…) Pour de nombreux Afro-Américains cette période a marqué un profond changement dans le mode de vie : de travailleurs ruraux ils sont devenus ouvriers des industries installées dans les villes. La migration a donc eu pour eux un double effet : d’une part ils se sont intégrés de plus en plus dans la société, d’autre part le fait de vivre et de travailler en contact plus étroit avec les Américains d’origine européenne n’a cessé d’élargir le fossé qui existait entre eux. De fait, lors de la migration, les migrants se heurtaient souvent à des discriminations dans l’habitat car les propriétaires de race blanche et les agents immobiliers essayaient de les empêcher d’acheter des maisons ou de louer des appartements dans les quartiers blancs. En outre, quand des noirs allaient s’installer dans de tels quartiers, il arrivait souvent que les blancs réagissent violemment contre ces nouveaux voisins, par exemple avec une foule en émeute qui venait devant leurs domiciles, et qui allait jusqu’au jet de pierres et même jusqu’à l’assassinat. Ces tendances ont contribué à maintenir la « fracture raciale » dans le Nord et peut-être même à l’accentuer. Dans des villes comme Chicago et Omaha, le boom immobilier d’après-guerre a développé la création de banlieues réservées aux populations blanches. Le résultat est qu’à la fin des années 1950 et 1960, les Afro-Américains se sont retrouvés hyper-urbanisés et concentrés de façon beaucoup plus dense que les autres groupes dans les quartiers défavorisés. Du fait que les migrants afro-américaine avaient conservé un grand nombre de traits culturels et linguistiques du Sud, ces différences de culture ont créé chez ceux qui les avaient précédé dans les villes le sentiment qu’ils étaient des étrangers. Les stéréotypes attribués aux personnes noires au cours cette période et pendant les générations remontent souvent aux traditions culturelles rurales des migrants afro-américains, qui s’opposaient à l’environnement urbain dans lequel ils résidaient. Wikipedia
Sous la pression de la crise démographique la plus grave qu’aucune race et aucune nationalité aient connue au sein d’un quartier de Chicago, la population du secteur déborde, ou plutôt est irrésistiblement expulsée, vers d’autres quartiers. (…) Quel avenir pour les gens de couleur ? La réponse qui revient le plus souvent et semble faire consensus est celle-ci : Nous avons fait l’ultime sacrifice ; ils n’ont pas eu besoin de nous contraindre ; nos états de service, tout comme Old Glory, le drapeau que nous aimons car il symbolise notre liberté, n’ont pas une seule tâche ; nous sortons des hostilités “blanc comme neige” ; à présent, nous souhaitons voir notre nation honorer la Constitution et la Déclaration d’indépendance. (…) De meilleurs emplois, le droit de voter et de voir son vote comptabilisé lors du dépouillement, l’absence de ségrégation sur la voie publique et dans les transports, une moindre discrimination raciale, une attitude plus tolérante de la part des Blancs, l’égalité des droits en termes d’éducation : voilà quelques-unes des raisons qui attirent un flot continu de gens de couleurs fuyant le Sud. (…) Les articles de presse sur ce qui se passe à Washington citent souvent comme cause des affrontements des agressions de femmes blanches par des soldats noirs. Si cette accusation grave et sordide est répétée jour après jour dans les dépêches qui inondent le pays, elle n’est pourtant fondée sur aucune de ces preuves, éléments de connaissance ou d’information nécessaires à tout tribunal ou toute personne sensée pour parvenir à un verdict ou se forger une opinion. Carl Sandburg
Les articles qui suivent reprennent ceux publiés dans les pages du Chicago Daily News, qui avait missionné l’auteur pour enquêter sur la situation trois semaines avant le début des émeutes. Publiée depuis deux semaines, la série arrivait au stade où un ensemble de recommandations constructives aurait été le bienvenu, lorsque les émeutes ont éclaté. Et comme toujours, tout le monde, ou presque, s’est davantage intéressé à la guerre qu’à ce qui l’avait provoquée. (…) Tant que nous n’aurons pas appris à loger tout le monde, à employer tout le monde à un salaire décent et avec un statut professionnel valorisant, à garantir à chacun ses libertés civiles et lui prodiguer une éducation et des divertissements dignes de ce nom, tout ce que nous pourrons dire au sujet du « problème racial » ne restera qu’une sinistre mythologie. Walter Lippmann (août 1919)
Je lis ce rapport sur les émeutes de Chicago en 1919 et c’est comme si je lisais le rapport de la commission d’enquête sur les désordres à Harlem en 1935, le rapport de la commission d’enquête sur ceux de 1943, le rapport de la commission McCone sur les émeutes de Watts. Je dois sincèrement vous dire, Membres de la commission, qu’on se croirait dans Alice au pays des merveilles, avec le même film qu’on nous repasse éternellement : même analyse, mêmes recommandations, même inaction. Kenneth Clark (1968)
Sandburg … prend le parti de ne pas décrire sur le vif le détail saisissant des émeutes, et pas davantage de les rattacher, comme le font bon nombre de journaux d’alors, à d’obscures menées de bolchéviks poussant sourdement les Noirs à la révolte. Lui opère autrement. Il s’efforce de les rendre intelligibles, ces émeutes ; de soutirer à la cruauté de ce qui s’y joue quelque chose des conditions sociales qui les ont fait naître. (…) mais s’il faut le lire encore, si loin après sa parution initiale, c’est peut-être moins pour ce qu’il nous restitue de son époque que pour ce qu’il nous dit de la nôtre. (…) Les émeutes raciales, on le comprend mieux, ne sont pas un passage dans l’histoire américaine. Elles n’ont rien, pas plus hier qu’aujourd’hui, d’un dérèglement passager de l’ordre ordinaire des choses. Elles sont au contraire l’arête vive d’un monde d’inégalité, de misère et de violences savamment organisé. Elles sont le produit et le symptôme de ce contre quoi elles se lèvent. Christophe Granger
Chicago, juillet 1919 : un jeune Noir se noie, terrorisé par des adolescents blancs qui commençaient à lui jeter des pierres, sur une plage partagée par une frontière raciale invisible. La police refuse d’intervenir, ouvrant la voie à plusieurs jours d’émeutes qui, dans la ville, laissent derrière eux 23 morts parmi les Noirs, 15 parmi les Blancs et des dizaines d’immeubles dévastés. Rapidement, durant ce  » Red Summer « , des dizaines de villes américaines connaissent à leur tour des émeutes raciales. Carl Sandburg prend le parti d’expliquer. Il décrit l’oppression organisée des Noirs, l’immigration imposée, la ségrégation ordinaire, les logements de seconde zone et l’habitude des lynchages. A l’heure où les émeutes raciales tenaillent toujours les Etats-Unis, ce petit livre oublié éclaire l’une des périodes les plus troublées de l’Amérique – celle qui, tenaillée par la question raciale, accompagne la recrudescence du Ku Klux Klan. Il éclaire aussi une pratique journalistique, celle du reportage, qui ne cède jamais au voyeurisme de la violence, d’un auteur et poète qui, par la suite, a obtenu le prix Pulitzer. Babelio

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

A l’heure où sort enfin pour la première fois en France avec près d’un siècle de retard …

La traduction des fameuses chroniques de l’écrivain suédo-américain Carl Sandberg pour le Chicago news sur la première émeute noire de l’histoire américaine …

Les treize jours de terreur qui avant de s’étendre à des dizaines de villes dans tous les Etats-Unis (le tristement fameux « été rouge ») feront 23 victimes noires et 15 blanches sans compter les centaines de blessés et dévasteront des quartiers entiers suite à la noyade provoquée d’un jeune Noir au large d’une plage du lac Michigan réservée aux Blancs …

Sur fond de migration massive de noirs issus du sud (500 000 en quelques années), concurrence pour les emplois et le logement avec la classe ouvrière blanche d’origine, utilisation de briseurs de grève noirs, surpeuplement suite au doublement de la population noire en deux ans, plus grand activisme de soldats noirs revenus du front « pour préserver la démocratie », série d’attentats anarchistes et grèves massives suite à la Révolution bolchévique

Publication accompagnée comme il se doit des habituels couplets de nos chasseurs d’ambulances patentés sur « les brutalités policières et émeutes qui embrasent toujours aussi fréquemment le pays » et « viennent de rappeler »,  pour ceux qui « aiment se bercer d’illusions sur l’Amérique ‘post-raciale’, « la triste réalité de ce problème sans fin » …

Pendant que mis à part les groupes protégés, la moindre agression ou brutalité policière sont dénoncées comme racistes face à des suspects qui refusent souvent d’optempérer par les mêmes qui font et vivent confortablement de l’apologie de la violence à longueur de séries télé et de films …

Et qu’avec tant le référendum britannique que la candidature d’un Donald Trump le déni de réalité de nos belles âmes et de nos bons esprits et la véritable invasion migratoire qu’ils ont provoquée viennent de recevoir la réponse que l’on sait …

Qui se souvient …

Que la France « négrophile » qui allait célébrer, sur fond d’exposition coloniale et de zoos humains et à moitié nue dans sa ceinture de sauvageonne, l’égérie des cubistes

Ou les bas fonds si pittoresques du port de Marseille décrits comme un « petit Harlem » « de la citoyenneté et du vivre-ensemble » par  le « clochard céleste, journaliste militant, bourlingeur marxiste » Claude McKay …

Et qui ne trouvait pas, loin de ses anciens esclaves parqués discrètement dans ses DOMTOM (1, 6 million quand même: 14% vs. 500 000 pour les Etats-Unis: 4% et 4 millions pour le Brésil: 35% !) et entre deux massacres coloniaux (dans les deux sens), de mots assez durs déjà pour fustiger le « racisme américain » …

Ne comptait alors pas plus de 5.000 Noirs sur son territoire métropolitain ?

Et qui rappelle …

Les raisons pour lesquelles une France saignée 25 ans plus tard par une nouvelle guerre mondiale …

Avait décidé de « se priver » pour sa reconstruction de « la Force noire » de ses territoires d’outre-mer qui « venait de faire ses preuves sur le champ de bataille » …

A savoir, comme l’avait souligné le général de Gaulle lui-même, qu’il fallait « introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française » ?

Les émeutes raciales de Chicago, juillet 1919 publiées chez Anamosa
Mohamed
Addict-Culture
9 mai 2016

Les émeutes raciales de Chicago, juillet 1919, est le troisième livre de la toute nouvelle maison d’édition Anamosa. Il s’agit là de la première traduction française (effectuée par Morgane Saysana) des articles que Carl Sandburg a consacré à Chicago avant et après le Red Summer de 1919.

Dans cette série d’articles, Sandburg fait moins oeuvre de journalisme que de sociologie, comme l’indique Christophe Granger dans la préface :

“Il prend le parti de ne pas décrire sur le vif le détail saisissant des émeutes, et pas davantage de les rattacher, comme le font bon nombre de journaux d’alors, à d’obscures menées de bolchéviks poussant sourdement les Noirs à la révolte. Lui opère autrement. Il s’efforce de les rendre intelligibles, ces émeutes ; de soutirer à la cruauté de ce qui s’y joue quelque chose des conditions sociales qui les ont fait naître”

Et c’est ainsi que l’on déambule dans les rues de Chicago pour découvrir pas à pas la condition des Noirs Américains.

Depuis 1916 les États-Unis doivent faire face à la Grande Migration des Noirs du sud vers les grandes villes industrielles du nord. Ce mouvement est qualifié par Loic Wacquant comme “le plus important de l’Histoire contemporaine”. Ce dernier écrit par ailleurs :

“Ce transfert de population a alimenté la formation des grands ghettos urbains et la première poussée des revendications pour l’accès à la pleine citoyenneté des Américains de couleurs”.

Il ne dit rien d’autre que ce que Sandburg avait écrit un siècle plus tôt :

“Sous la pression de la crise démographique la plus grave qu’aucune race et aucune nationalité aient connue au sein d’un quartier de Chicago, la population du secteur déborde, ou plutôt est irrésistiblement expulsée, vers d’autres quartiers.”

et un peu plus loin :

“Quel avenir pour les gens de couleur ? La réponse qui revient le plus souvent et semble faire consensus est celle-ci : Nous avons fait l’ultime sacrifice ; ils n’ont pas eu besoin de nous contraindre ; nos états de service, tout comme Old Glory, le drapeau que nous aimons car il symbolise notre liberté, n’ont pas une seule tâche ; nous sortons des hostilités “blanc comme neige” ; à présent, nous souhaitons voir notre nation honorer la Constitution et la Déclaration d’indépendance.”

Chicago, tout comme d’autres villes du nord, représente pour les Noirs une terre promise loin des agressions raciales et semble aussi incarner une promesse d’emploi.

“De meilleurs emplois, le droit de voter et de voir son  vote comptabilisé lors du dépouillement, l’absence de ségrégation sur la voie publique et dans les transports, une moindre discrimination raciale, une attitude plus tolérante de la part des Blancs, l’égalité des droits en termes d’éducation : voilà quelques-unes des raisons qui attirent un flot continu de gens de couleurs fuyant le Sud.”

Carl Sandburg constate donc au fil de ses enquêtes que les villes du nord ne sont pas aussi tolérantes que les Noirs eux-mêmes auraient pu le croire. La ségrégation, même si elle n’est pas aussi démonstrative que dans les villes du sud, n’en n’est pas moins réelle et plus pernicieuse. A commencer dans l’immobilier, où l’accession à la propriété n’est pas chose aisée :

“Vous autres, vous n’êtes pas admis dans notre société. Personnellement je n’ai rien contre eux (…) mais, vous savez on prévoit de rénover les abords du lac, le réseau de chemins de fer de l’Illinois, et pour le reste ; on ne peut pas se permettre de laisser ces gens là s’installer ici. (…)Loin de nous l’idée de lancer des menaces, mais il faut faire quelque chose, nous tenons à le signaler”

Ce sont ici les mots du porte-parole des intérêts immobiliers.

Sur le marché de l’emploi, les Noirs ne sont pas mieux traités. La ville profite de cette arrivée massive de travailleurs pour remplacer ceux qui sont parti en Europe. Cependant ils n’ont d’autres choix que d’occuper les métiers pénibles que les Blancs refusent d’accomplir.

Donc, dès 1919, Carl Sandburg démontre la dimension tragique, à travers cet environnement social des grandes villes, Chicago en particulier, que les Noirs doivent affronter. Il montre que cette communauté cherche à s’implanter durablement dans une société qui ne les désire pas. Ils nous parle des ces personnes de couleurs qui réussissent, certes, mais aussi des marginaux, de ceux qui demeurent dans les pires conditions de vie et ceux qui s’adonnent aux activités criminelles.

Sandburg démontre aussi la responsabilité de la presse qui n’a de cesse de colporter des rumeurs sans réel fondement sur des agressions, alimentant ainsi la haine envers les Noirs :

“Les articles de presse sur ce qui se passe à Washington citent souvent comme cause des affrontements des agressions de femmes blanches par des soldats noirs. Si cette accusation grave et sordide est répétée jour après jour dans les dépêches qui inondent le pays, elle n’est pourtant fondée sur aucune de ces preuves, éléments de connaissance ou d’information nécessaires à tout tribunal ou toute personne sensée pour parvenir à un verdict ou se forger une opinion.”

Carl Sandburg aborde donc tous les aspects de la vie des afro-américains : de l’emploi en passant par la vie religieuse et associative. Il met l’accent sur une vie qui semble paisible mais qui repose sur un équilibre fragile. Autrement dit, si les Noirs restent à leur place… tout va bien. Il traite aussi les dangers de s’aventurer hors de la “black belt”, ce territoire aux frontières imaginaires et pourtant si bien défini dans la pensée des Blancs. Pour preuve, lorsque le jeune Eugène Williams se retrouve sur un bout de plage qui n’est pas celui qui revient aux Noirs, il est alors assassiné à coup de jets de pierres par la jeunesse blanche. L’équilibre factice est rompu. Toutes ces tensions inhérentes à cette société inégalitaire finissent par devenir de fortes émeutes qui ont pour résultats des centaines de victimes et d’immenses dégâts.

Le travail de Carl Sandburg est particulièrement éclairant sur une situation qui se répète encore de nos jours, non seulement aux États-Unis mais aussi dans d’autres parties du monde où l’étranger est mal ou peu considéré.

Lors d’une allocution devant la commission Kerner sur les émeutes raciales de 1968 à Chicago, le sociologue Kenneth Clark déclare :

“Je lis ce rapport sur les émeutes de Chicago en 1919 et c’est comme si je lisais le rapport de la commission d’enquête sur les désordres à Harlem en 1935, le rapport de la commission d’enquête sur ceux de 1943, le rapport de la commission McCone sur les émeutes de Watts. Je dois sincèrement vous dire, Membres de la commission, qu’on se croirait dans Alice au pays des merveilles, avec le même film qu’on nous repasse éternellement : même analyse, mêmes recommandations, même inaction»

Chicago, Washington, New York 1919, Harlem 1935, Harlem 1943, New York 1964, Philadelphie 1964, Watts 1965, Detroit 1967, Washington, Chicago, Baltimore 1968, Los Angeles 1992, Baltimore 2015.

Voilà donc depuis presque un siècle la ritournelle des soulèvements de la population Afro-Américaine et démontre que la question raciale est toujours présente aux Etats-Unis.

Lorsque Walter Lippman  rédige son introduction à propos du travail de Carl Sandburg il en arrive à la même conclusion :

“Les articles qui suivent reprennent ceux publiés dans les pages du Chicago Daily News, qui avait missionné l’auteur pour enquêter sur la situation trois semaines avant le début des émeutes. Publiée depuis deux semaines, la série arrivait au stade où un ensemble de recommandations constructives aurait été le bienvenu, lorsque les émeutes ont éclaté. Et comme toujours, tout le monde, ou presque, s’est davantage intéressé à la guerre qu’à ce qui l’avait provoquée.”

Carl Sandburg a accompli un travail d’enquête d’une grande justesse, dans un style précis étayé par les chiffres mais aussi une réflexion pleine d’humanisme.

Il parvient à “émouvoir non seulement pour susciter l’indignation, bien que cela soit nécessaire, mais aussi pour faire réfléchir”.

Voir aussi:

LES ÉMEUTES RACIALES DE CHICAGO JUILLET 1919 de Carl Sandburg / Editions Anamosa.
clete

Nyctalopes

juin 2, 2016

Traduction: Morgane Saysana.

Troisième publication de la toute nouvelle maison d’édition Anamosa spécialisée dans les sciences humaines « les émeutes raciales de Chicago » de 1919 est un bien bel ouvrage inédit puisque l’ensemble des textes de Carl Sandburg n’avait jamais été traduit en français.

Chicago, juillet 1919 : un jeune Noir se noie, terrorisé par des adolescents blancs qui commençaient à lui jeter des pierres, sur une plage partagée par une frontière raciale invisible. La police refuse d’intervenir, ouvrant la voie à plusieurs jours d’émeutes qui, dans la ville, laissent derrière eux 23 morts parmi les Noirs, 15 parmi les Blancs et des dizaines d’immeubles dévastés. Rapidement, durant ce  » Red Summer « , des dizaines de villes américaines connaissent à leur tour des émeutes raciales.

L’ouvrage qui se décline en plusieurs parties forme un beau livre où préface, texte proprement dit, puis cahier annexe de fin d’ouvrage avec cartes, photographies et mémorial des victimes offrent un panorama complet des tragiques événements de juillet 1919 à Chicago qui ne sont néanmoins qu’une petite partie des émeutes qui ont secoué et endeuillé le pays cet été là.

La partie centrale et majeure du livre est bien sûr l’écrit de Carl Sandburg qui décrit la condition des Afro-Américains à Chicago au sortir de la guerre. Ils arrivent en grand nombre en pensant que la vie au Nord sera moins difficile que dans le terrible Sud où ils ne sont que les descendants d’esclaves et où les droits minimum ne leur sont pas garantis sans compter l’accès au travail et à la même éducation que la population blanche. Cet afflux à Chicago et dans les grandes métropoles industrielles du Nord se fait sans aucune organisation des autorités qui se contrefoutent bien des conditions de vie des arrivants qui seront forcément mieux lotis dans l’ Illinois que dans le Mississipi ou autres états moyen-moyenâgeux où les lynchages sont monnaie courante. Carl Sandburg explique d’ailleurs que chaque cas de lynchage dans un état du sud est suivi d’arrivées massives en gare de Chicago dans les jours qui suivent.

Carl Sandburg va ainsi montrer les différents aspects de la vie sociale et économique de ces arrivants qui s’ils ne sont pas haïs et méprisés comme en dessous de la ligne Mason-Dixon sont néanmoins largement exploités dans leurs conditions de vie,de travail et dans leurs accès à la propriété ou à un logement décent. Cette partie du livre qui date de l’époque fera le bonheur, bien sûr, des historiens et des sociologues mais aussi de toutes les personnes intéressées par l’Amérique, ses maux, ses fractures et ses paradoxes.

Profane, je vais sûrement faire hurler les puristes mais la partie inoubliable, brillante, c’est l’introduction écrite en février 2016 par Christophe Granger historien, membre du centre d’Histoire sociale du XXème siècle qui réussit un formidable travail de didactique pour les béotiens comme moi en démarrant son propos intitulé « L’Amérique et le démon de la race » par cette phrase : « mais s’il faut le lire encore, si loin après sa parution initiale, c’est peut-être moins pour ce qu’il nous restitue de son époque que pour ce qu’il nous dit de la nôtre ».Un siècle plus tard, on ne compte plus les émeutes raciales qui ont ensanglanté l’histoire des USA avec toujours les mêmes raisons, la ghettoïsation, les différences économiques entre les groupes, le laxisme des autorités, les inégalités sociales, la volonté universelle de médiocres d’écraser pour montrer qu’ils existent.

Si Sandburg, dans cette compilation d’articles qu’il avait écrits pour le Chicago Daily News à l’époque, explique, démontre les conditions qui ont permis l’horreur, Granger, lui, tout en nous apprenant à apprendre de l’Histoire montre les événements avec le recul de l’Historien et donne ainsi des clés indispensables à la compréhension des écrits de Sandburg et du déroulement des jours d’effroi.

On pourrait se dire que ce n’est qu’un phénomène ricain et pourtant l’universalité des maux saute aux yeux.

« Tant que nous n’aurons pas appris à loger tout le monde, à employer tout le monde à un salaire décent et avec un statut professionnel valorisant, à garantir à chacun ses libertés civiles et lui prodiguer une éducation et des divertissements dignes de ce nom, tout ce que nous pourrons dire au sujet du « problème racial » ne restera qu’une sinistre mythologie. »Walter Lippmann août 1919.

Très belle initiative des éditions Anamosa, ouvrage essentiel.

Voir également:

Les émeutes de Chicago en 1919
Zones subversives

3 Juillet 2016

En 1919, des émeutes raciales éclatent à Chicago. Mais les Noirs se révoltent surtout contre leurs conditions de vie. Cet épisode historique fait écho à la situation actuelle.

Les émeutes de Ferguson et de Baltimore s’inscrivent dans une histoire longue. Celle de la révolte des ghettos noirs des Etats-Unis. Le journaliste Carl Sandburg analyse Les émeutes raciales de Chicago de juillet 1919. Ce texte réédité décrit une situation qui n’a pas changé : misère, ségrégation, violence et injustice sociale. Carl Sandburg ne se contente pas de décrire, il analyse les émeutes et leurs causes sociales.

L’historien Christophe Granger présente le contexte d’un récit qui conserve toute son actualité. Durant le « Red Summer », les agressions racistes se multiplient. Des jeunes Blancs attaquent aveuglement des passants noirs. Les émeutes de Chicago sont déclenchées par la noyade d’un jeune Noir agressé par des Blancs. Le policier présent ne réagit pas. Dans les jours qui viennent, les affrontements se multiplient. Les Blancs et les Noirs se battent, avec des morts de chaque côté. L’émeute prend l’allure d’une « guerre raciale ».

Ce Red Summer s’inscrit dans une histoire longue des violences raciales. Les Etats du Sud ont longtemps pratiqué l’esclavage. Des émeutes raciales éclatent pendant la guerre de Sécession. Dans les années 1870, cette violence raciale participe au maintien de la ségrégation et des rapports sociaux. Ces agressions visent à faire fuir les élites noires.

Dans les années 1910, Chicago devient le centre de la « question raciale ». Cette métropole accueille les familles noires qui fuient les Etats ségrégationnistes du Sud. Mais la « terre promise » devient le ghetto noir de Chicago. La misère, des logements dégradés et des mauvaises conditions de travail installent les Noirs dans une marginalité. Ils intériorisent une infériorité par rapport aux Blancs.

Racisme et exploitation

Au début du XXe siècle, la population noire fuit les Etats du Sud avec leur racisme et leur passé esclavagiste. Les gens de couleurs se réfugient dans les grandes villes du Nord comme Chicago. Ils fuient la misère et le racisme. « Pour beaucoup de ceux qui ont gagné le Nord, la promesse d’un salaire et d’un emploi vient après le désir de fuir les lynchages », décrit Carl Sandburg. Les population noire espère trouver davantage d’égalité et d’opportunités dans les villes du Nord.

Les populations noires ont des difficultés d’accès au logement. Leur arrivée massive peut influencer le prix de l’immobilier. Les propriétaires rénovent les logements pour augmenter les prix. Inversement, l’arrivée massive d’une population noire peut contribuer à la diminution des loyers dans un quartier. Les agents immobiliers peuvent alors s’opposer à la présence des Noirs. Ils instrumentalisent l’antagonisme racial à des fins commerciales.

Les personnes de couleur doivent se contenter d’accepter les emplois les moins qualifiés et rémunérés. Les postes à pourvoir se situent dans les fonderies, les aciéries, le bâtiment et les usines qui demandent en permanence des travailleurs peu qualifiés. Les travailleurs immigrés issus des pays européens aspirent à revenir dans leur pays d’origine pour retrouver leur famille. Pour reconstituer la main d’œuvre à exploiter, le patronat doit désormais puiser dans la population noire. « L’essentiel de ce qu’on considère comme une question raciale est au fond un problème de main d’œuvre », analyse Carl Sandburg. L’accès au marché de l’emploi et l’égalité salariale pour les travailleurs noirs se situent au cœur de la « question raciale ».

Les écrits des personnes de couleur insistent sur l’importance de l’égalité économique pour régler le problème racial. Les gens de couleur insistent sur l’accès à l’emploi et à un revenu décent. « Ils tiennent en horreur la ségrégation dans les transports issue des lois Jim Crow, mais aussi les lynchages et tous les actes de discrimination raciale, parce que derrière cela, ils savent bien que, même dans le Nord, hommes et femmes de couleur ont peu de chances d’obtenir des emplois qualifiés, et même non qualifiés », observe Carl Sandburg.

Race et inégalités sociales

Les femmes de couleur travaillent surtout dans l’industrie manufacturière. « Les chapeaux de poupée, les abat-jour, la mercerie : voilà trois branches de l’industrie manufacturière où la main d’œuvre de couleur s’est introduite dans les usines et s’est aussi mise à travailler à domicile », décrit Carl Sandburg. Les hôtels et les restaurants embauchent également des aides de cuisine, des serveuses et des femmes de ménage. L’industrie de la viande emploie aussi des travailleuses de couleur. Les femmes noires doivent souvent se contenter des travaux mécanisés ou manuels. « Les ouvrières de couleur interviennent aux étapes de fabrication que les femmes blanches refusent d’effectuer », commente un observateur du monde industriel. Les femmes de couleur effectuent les tâches les plus ingrates et les moins bien rémunérées.

Les propriétaires des logements augmentent les loyers lorsque leurs locataires sont noirs. Quelles que soient les causes économiques, « le Nègre à Chicago, moins bien payé que les travailleurs blancs et plus limité dans les emplois qui s’offrent à lui, paie un loyer relativement plus élevé », indique une enquête sur le logement. Des travailleurs noirs s’organisent dans des syndicats et luttent pour l’égalité économique. « Leur hypothèse est que, une fois l’égalité des races admise sur le plan économique, elle s’imposera ensuite sans difficultés aux plans social, immobilier, dans les transports, le logement et l’éducation », souligne Carl Sandburg.

Ce livre montre bien les causes sociales de la révolte. Ces émeutes ne s’expliquent donc pas par une dimension raciale. « On le voit : invoquer la « race » pour expliquer les émeutes de Chicago, et toutes celles qui leur ressemble, c’est prendre l’effet pour la cause », analyse Christophe Granger. Une racialisation des relations sociales s’impose. C’est la façon « dont les différences raciales, loin de relever de vérités biologiques ou naturelles, ont été érigées en principe légitime d’organisation, de description et de classification des faits sociaux », observe Christophe Granger.

La race est devenue un problème pour mieux occulter les inégalités sociales. Une enquête sociologique montre au contraire les causes sociales et politiques des émeutes. Le maire de Chicago, lié à la mafia, a mis en place un véritable système clientéliste pour attribuer les logements et les emplois. Ces émeutes s’expliquent également par les gangs de jeunes blancs qui saisissent l’occasion pour se déchaîner. Mais la dimension ouvertement raciste n’est pas évidente.

Révolte sociale contre racialisation

La description de Carl Sandburg tranche avec le bavardage postmoderne des racialisateurs qui dominent désormais l’extrême gauche. Toute une mouvance sous-gauchiste, incarnée par le Parti des Indigènes de la République (PIR), insiste sur une vision raciale de la société à travers une idéologie identitaire. L’esclavage et le colonialisme suffisent alors à expliquer la situation des quartiers populaires. Les « racisés » sont simplement les victimes de représentations postcoloniales. Mais, dans le monde réel, ce sont les inégalités sociales qui expliquent les émeutes dans les quartiers populaires.

Le PIR et ses amis gauchistes gomment les clivages sociaux et les rapports de classe pour ne voir que des différences entre les races. Le PIR comprend surtout une petite bourgeoisie intellectuelle qui a trouvé un créneau pour obtenir des postes de pouvoir et de reconnaissance dans les partis de gauche. Ils n’évoquent jamais les problèmes concrets des quartiers populaires comme la précarité ou le mal-logement. Ils préfèrent pérorer sur une affirmation identitaire. Mais la véritable révolte reste toujours sociale.

L’approche identitaire du PIR ne débouche logiquement vers aucune lutte sociale. Ils proposent uniquement une Marche de la dignité pour affirmer un statut de « racisé ». La posture postmoderne consiste surtout à pleurnicher sur son sort et à cumuler les oppressions pour organiser un colloque sur l’intersectionalité. En revanche, il existe aussi de véritables révoltes comme à Ferguson ou à Baltimore, mais aussi en région parisienne en 2005. Les analyses de Carl Sandburg peuvent s’appliquer également à ces émeutes récentes. La misère, la précarité, le mépris des institutions, le mal-logement, la ségrégation sociale expliquent la colère.

Les émeutes et les révoltes ne relèvent pas uniquement de l’évènement ponctuel voué à l’oubli. « Elles sont au contraire l’arête vive d’un monde d’inégalités, de misère et de violences savamment organisé. Elles sont le produit et le symptôme de ce contre quoi elles se lèvent », analyse Christophe Granger. Des mouvements de révolte spontanée vont éclater à nouveau. Mais cette contestation doit embraser l’ensemble des classes populaires. Les races servent aussi à diviser les prolétaires qui ont pourtant le même intérêt à abattre la société marchande. Une solidarité de classe, au-delà des races, se construit dans les révoltes sociales.

Source : Carl Sandburg, Les émeutes raciales de Chicago. Juillet 1919, traduit par Morgane Saysana, Anamosa, 2016

Voir encore:

Trois romans et quelques centaines de poèmes seulement auront suffi à Claude McKay, écrivain noir américain d’origine jamaïquaine, pour devenir l’une des figures de proue du mouvement Harlem Renaissance, qui dans l’entre-deux-guerres amorça l’émancipation culturelle et politique de la communauté afro-américaine et influença le courant de la négritude d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor.

Dans ce bouillonnement créatif, le jazz, l’art, la photographie, la mode et, bien sûr, la littérature furent plus que des expressions privilégiées pour raconter les multiples vies de l’homme noir, de véritables armes au service de la reconquête d’une identité. Celle de Claude McKay est multiple, clochard céleste, journaliste militant, bourlingeur marxiste – il résida en URSS dans les années 30, où il rencontra Trotski lors de la 4e Internationale communiste -, chroniqueur de la rue. C’est de tout cela qu’est fait son verbe vagabond. Celui de Home To Harlem, qui lui vaut, en 1928, le Harmon Gold Award Of Literature, et celui de Banjo, en 1929, où il dépeint le Marseille cosmopolite où il vécut.

Banjo – du surnom de son héros, un docker noir qui, dans les bas-fonds de la cité phocéenne, s’évertue à monter un groupe de jazz -, croque un Marseille qui n’existe plus, un quartier interlope, la Fosse, situé entre le Vieux-Port et la Joliette, que l’occupant nazi rasera en 1943 pour purifier le « cloaque » du « chancre de l’Europe ». Car ce quartier réservé, à l’image du French Quarter de La Nouvelle-Orléans, est depuis 1865 le lieu de tous les plaisirs, de tous les dangers et de l’amarrage, dans les années 20, de cette « infernale musique noire qui rythme tous les bruits », comme l’écrira le romancier marseillais André Suarès. « Bars à passe en toile de fond, cafés de quartier qui émettent le son d’un « fox-trot populaire » provenant de pianos mécaniques çà et là dans « Boody Lane » qui semble proclamer au monde entier que la chose la plus merveilleuse était le bordel. […] Oh, Shake That Think, Jelly r-o-o-o-o-oll ! Tem, tem, ti-toum, tim-ti-tim, toum, tem… »

Claude McKay n’a pas son pareil pour dire la bouillonnante ville-monde, ce « petit Harlem », où vivent, aiment et meurent voyous provençaux, bandits corses et italiens, dockers africains, marins, filles de joie et artistes du monde entier. Son écriture visionnaire, chaloupée et enivrante, construite, avec ses solos, comme un air de jazz, assène, près de quatre-vingt-dix ans plus tard, des questionnements toujours actuels. Ceux de la citoyenneté et du vivre-ensemble. Sa lecture ne s’en révèle que plus indispensable.

Banjo, de Claude McKay, L’Olivier, 380 p., 14,90 €.

Voir de plus:

Etats-Unis : deux Afro-Américains tués par la police en deux jours
Euronews

07/07/16

Les tensions raciales sont une fois encore exacerbées aux Etats-Unis après de nouvelles bavures policières. Deux jours seulement après le drame survenu en Louisiane, un autre Afro-Américain a été tué par la police dans le Minesota. Arrêté après avoir passé un feu rouge, Philando Castile, un homme de 32 ans a été abattu dans sa voiture. Selon sa compagne, qui a commencé à filmer avec son téléphone portable juste après le tir, le conducteur venait d’avertir l’agent qu’il détenait une arme avec licence et cherchait ses papiers.

Dans la ville de Bâton-Rouge, en Louisiane, l‘émotion et l’indignation sont tout aussi fortes. C’est sur le parking d’un centre commercial qu’un vendeur à la sauvette afro-américain a été abattu de plusieurs balles par des policiers. Des dizaines de personnes ont manifesté pour réclamer justice.

“Nous allons prier pour la paix, pour l’unité. Mais je veux que vous sachiez que cela ne s’arrêtera pas là, leur a promis Denise Marcelle, une élue de la chambre des Représentants. Nous voulons que justice soit faite, nous voulons de la transparence. Je n’arrêterai pas jusqu‘à ce que je découvre ce qui s’est passé, et les responsables seront poursuivis.”

Sans attendre une enquête locale, le département américain de la Justice a ouvert une enquête à l‘échelle fédérale pour déterminer les responsabilités des deux policiers, qui ont été suspendus.

Les forces de l’ordre avaient été alertées par un appel indiquant qu’un homme brandissait une arme sur le parking. Interpellé et plaqué au sol, Alton Sterling, un vendeur ambulant de 37 ans, a tenté de résister et a été tué à bout portant.

Dans la vidéo-amateur, on entend l’un des policiers s‘écrier “il est armé !” avant que son collègue n’abatte l’homme de plusieurs coups de feu.

Voir de plus:

Un réfugié nigérian battu à mort en Italie lors d’une agression raciste
Europe 1

07 juillet 2016

Emmanuel Chidi, 36 ans, a été pris à partie et battu à mort à Formi par un supporter « ultra » du club de football local.
Un réfugié nigérian, âgé de 36 ans, a été battu à mort lors d’une agression racisteà Fermo dans le centre de l’Italie, a indiqué mercredi le maire de la ville Paolo Calcinaro.

Le maire effondré. « En tant que maire d’une ville accueillante et ouverte depuis toujours à l’intégration, j’ai l’impression de plonger dans un cauchemar », a déclaré le maire peu après l’annonce de la mort de ce jeune réfugié, Emmanuel Chidi. Ce dernier se promenait mardi dans le centre de cette petite ville des Marches, accompagné de sa fiancée âgée de 24 ans, lorsqu’il a été violemment pris à partie par un homme identifié comme un supporter « ultra » de l’équipe de football local, selon l’agence italienne Agi.

Frappé à la tête. Insulté par des propos racistes, lui et sa jeune compagne, il a répondu verbalement à ces provocations, avant d’être frappé à la tête par cet homme dont l’identité n’a pas été révélée. Ce dernier a continué à le frapper alors que le jeune Nigérian se trouvait à terre. Hospitalisé dans un état grave, ce dernier est mort mercredi sans avoir repris connaissance.

Soutenu par une ONG catholique. Emmanuel Chidi et sa compagne se trouvaient à Fermo depuis huit mois, accueillis dans un centre de réfugiés de la Caritas, ONG catholique. Ils avaient fuit leur pays et la jeune femme avait perdu son bébé juste après une difficile traversée de la Méditerranée. Des centaines de réfugiés arrivent presque chaque jour sur les côtes italiennes, dont de nombreux Nigérians.

Sur le même sujet :
Royaume-Uni : les incidents racistes en hausse depuis le référundum
Insultes racistes dans un tram de Manchester, la vidéo qui choque l’Angleterre

Voir enfin:

La France après la guerre

La politique de la France en matière de naturalisation

L’abrogation des lois de Vichy suscite de nombreuses polémiques sur la conception des textes à adopter, sur les critères de leur mise en œuvre et sur la détermination des autorités compétentes. Dans les débats sur la politique d’immigration et de naturalisation, l’approche ethnique reste souvent présente et s’oppose aux conceptions égalitaires.

La loi qui avait permis de déchoir de la nationalité les résistants (dont de Gaulle…) est abrogée dès avril 1943 par la France Libre, et les personnes déchues sont réintégrées. L’abrogation de la loi de dénaturalisation provoque davantage de controverses. Le ministre de la Justice de la France Libre, de Menthon, considère en 1943 que l’annulation des dénaturalisations « pourrait dans certains cas présenter les plus sérieux inconvénients… Les naturalisations trop nombreuses, dans les années qui ont immédiatement précédé la guerre, d’éléments israélites douteux, ont donné prétexte à un antisémitisme qui peut poser au jour du retour un certain problème. Ce ne serait pas y parer par avance que d’annuler a priori toutes les mesures de retrait qui sont intervenues. »

Le Comité juridique de la France Libre adopte début 1944 un texte qui contredit ce point de vue et propose l’abrogation pure et simple des textes de Vichy. Les allers-retours entre les structures débouchent finalement sur un texte le 24 mai 1944 qui va dans le sens du Comité juridique et tous les dossiers de dénaturalisation sont réexaminés.

Les points de vue sur les nouvelles naturalisations sont encore plus contradictoires. Les dossiers s’accumulent (200 000 en 1944) dans les préfectures et le Garde des Sceaux demande leur remontée au ministère. Une Commission interministérielle est créée le 17 mars 1945 pour dégager les principes à adopter.

Se mêlent les débats sur les naturalisations et sur l’immigration. De Gaulle déclare en 1945 que « Le manque d’hommes et la faiblesse de la natalité française sont la cause profonde de nos malheurs… et l’obstacle principal qui s’oppose à notre redressement. » Il trace un grand plan afin « d’appeler à la vie les douze millions de beaux bébés qu’il faut à la France en dix ans … et d’introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française. » Un Haut Comité consultatif de la population et de la famille est créé en avril 1945. Il est dirigé par Mauco, qui s’est distingué avant et surtout pendant la guerre par ses points de vue racistes et antisémites. Aux principes égalitaires de la politique de l’immigration de la Troisième République, il oppose la nécessité d’un objectif de protection ethnique. Il collabore à L’Ethnie française jusqu’en 1943, où il publie en 1942 un article hallucinant sur les caractéristiques ethniques des Russes, des Arméniens et des Juifs – qui les rendent bien sûr inassimilables1 –, avant de rejoindre les FFI au début de 1944. Il est désormais chargé de mettre en place la nouvelle politique de l’immigration. Il utilise des études anthropologiques pour déterminer l’assimilabilité et donc la sélection des immigrés selon leur origine. Il conclut que puisqu’il est impossible de mener avec certitude une politique d’immigration totalement objective, « la position la plus sûre et qui doit permettre d’écarter tout risque de modifier profondément la population française et tout déboire du point de vue culturel, est certainement celle qui consiste à rechercher des immigrants dont le type ethnique est déjà présent dans la mosaïque française », c’est-à-dire celle de 1881-1891, considérée comme équilibrée ! Le Haut Comité décide que l’entrée des immigrés se fera selon un ordre de « désirabilité » déterminé, selon les nationalités, et des pourcentages sont fixés pour chacune d’entre elles. Les réfugiés politiques et les fugitifs sont considérés comme suspects.

En matière de naturalisation, il prône les mêmes principes. Le bureau du Sceau naturalise en priorité les résistants et les combattants de la France Libre. Mauco envoie une note pour souligner que cela conduit à naturaliser une proportion considérable de Méditerranéens, Arméniens et Israélites russes ou polonais. Il faut au contraire une politique d’ensemble qui privilégie les Nordiques, les travailleurs agricoles et les mineurs. De Gaulle tranche en faveur d’une politique d’ensemble et s’adresse en juin 1945 au nouveau garde des sceaux, Teitgen, « pour que les naturalisations soient effectuées selon une directive d’ensemble. Il conviendrait notamment de ne plus les faire dépendre exclusivement de l’étude de cas particuliers, mais de subordonner le choix des individus aux intérêts nationaux dans les domaines ethnique, démographique, professionnel et géographique. »

Lettre adressée par le Général de Gaulle à Pierre-Henri Teitgen,
garde des Sceaux, le 12 juin 1945

Le Haut Comité consultatif de la Population et de la Famille étudie actuellement des projets qui constitueront son avis en ce qui concerne la politique du Gouvernement en matière d’immigration.
Dès à présent il importe que les naturalisations soient effectuées selon une directive d’ensemble. Il conviendrait notamment de ne plus les faire dépendre exclusivement de l’étude des cas particuliers, mais de subordonner le choix des individus aux intérêts nationaux dans les domaines ethnique, démographique, professionnel et géographique.

a) Sur le plan ethnique, limiter l’afflux des Méditerranéens et des Orientaux qui depuis un demi-siècle ont profondément modifié la structure humaine de la France. Sans aller jusqu’à utiliser comme aux États-Unis [qui ont connu les mêmes préoccupations]* un système rigide de quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Luxembourgeois, Hollandais, Suisses, Danois, Scandinaves, Islandais, Anglais, Allemands, etc.). [Si on se réfère à la composition de la population étrangère aux recensements de 1881-1891, où les sources d’émigration s’équilibraient]. Étant donné le grand nombre de dossiers actuellement en instance dans les préfectures, on pourrait envisager une proportion de 50 % de ces éléments.

b) Sur le plan professionnel, la France a surtout besoin de travailleurs directement producteurs : agriculteurs, mineurs, ouvriers du bâtiment, etc. D’autre part, pour conserver au pays son pouvoir d’assimilation, il est souhaitable que les professions libérales, commerciales, banquières, etc. ne soient pas trop largement ouvertes aux étrangers. C’est dans la mesure où les étrangers peuvent se donner en France des cadres intellectuels et économiques – même naturalisés – qu’ils conservent davantage leur particularisme. Il y a intérêt à limiter les naturalisations dans ces professions, et d’une manière plus générale, dans les professions urbaines.

c) Sur le plan démographique, il importe de naturaliser des individus jeunes ou ayant des enfants.
[Il n’est pas souhaitable d’accorder la nationalité française à des individus de plus de 70 ans.]

d) Sur le plan géographique, limiter [très] strictement les naturalisations dans les villes, spécialement à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable pour de multiples raisons. Par contre, les naturalisations doivent être suscitées et multipliées en province et spécialement dans les milieux ruraux.
Je vous prie de vouloir bien donner des instructions aux préfectures pour que l’étude et l’envoi des dossiers s’inspirent de ces directives et pour que soient suscitées au besoin les naturalisations désirables.

Ch. de Gaulle

* Sont barrés entre crochets les passages du projet de Mauco qui n’ont pas été repris dans la lettre de Charles de Gaulle.

La Commission interministérielle fixe à 45 000 le nombre de naturalisations, soit 130 000 acquisitions de nationalité en incluant les procédures automatiques ou déclaratives. Cela correspond au nombre de nouveaux immigrés, de sorte que la proportion Français/étrangers reste identique… Elle tente de dégager les principes d’attribution. Chaque ministère pondère différemment les critères de situation de famille, de profession ou de nationalité d’origine. Finalement, les instructions publiques données aux préfectures fixent une priorité pour :

  • Les anciens combattants de 1939-45 et ceux qui ont joué un rôle dans la résistance.
  • Les parents de trois enfants et étrangers et âgés de moins de 25 ans aptes au service militaire.
  • Les parents de deux enfants et étrangers et âgés de 25 à 30 ans aptes au service militaire.

Un critère complémentaire de nationalité d’origine est ajouté.

Une circulaire du Haut Comité demande au ministère de la Justice d’accélérer les naturalisations particulièrement désirables et utiles : éléments nordiques, travailleurs directement productifs, en limitant l’étude des candidatures moins désirables : professions commerciales, libérales, artisanales, urbaines, en particulier des grandes villes.
Circulaires, instructions, notes et réponses traduisent la poursuite des débats entre Mauco, du Haut Comité, et Teitgen, du ministère de la Justice.

Un nouveau code de la nationalité est élaboré en 1945 et remplace celui de 1927. Très détaillé, il reflète les préoccupations démographiques et la volonté de renforcer le contrôle préalable de l’Etat sur les acquisitions de nationalité. Le délai de résidence est porté de trois à cinq ans (sauf exceptions), et quatre critères de recevabilité s’ajoutent : résidence effective, moralité, assimilation et bon état de santé. La gestion des naturalisations est retirée au ministère de la Justice et attribuée au ministère de la Population, créé en décembre 1945.

À cette date, il y a :
200 000 dossiers de naturalisations en instance
500 000 dossiers de déclaration en instance
90 000 dossiers à instruire annuellement
36 000 consultations juridiques
30 000 changements de noms
plus les interventions des cabinets, des parlementaires, etc.

Le rythme des naturalisations s’accélère considérablement : 17 351 en 1946, 83 317 en 1947, année-record, 58 823 en 1948. Le total des acquisitions de la nationalité française atteint 38 869 en 1946, 111 736 en 1947, 70 925 en 1948. Priorité absolue est donnée aux résistants, aux mineurs polonais, puis aux travailleurs agricoles. Mais l’impératif démographique conduit à des naturalisations massives. Les dossiers sont traités par les préfectures, puis transmis au ministère de la Population qui les traite selon l’ordre de priorité établi par le Haut Comité. D’abord ceux des ouvriers mineurs, des combattants et des familles de trois enfants, puis les autres selon l’âge, la situation familiale et professionnelle. En 1947, le taux de décision positive s’élève à 93,3 %. Cette même année, les industriels, commerçants et ouvriers de la petite industrie représentent 42,2 % du total des hommes naturalisés, les agriculteurs et ouvriers agricoles 17,2 %, les mineurs 9 %.

Le rythme se ralentit à partir de 1947-48. Au début des années cinquante, la Guerre froide et la réintégration du critère ethnique (favoriser les ressortissants d’Europe septentrionale) conduisent à faire chuter le taux de décision positive : 80 % en 1950-51 ; 63,5 % en 1952-53-54. À partir de 1953 cependant, de nouvelles directives plus libérales (abandon du critère de l’origine nationale) sont données et le taux d’acceptation remonte.

Les documents sur la naturalisation de Mendel et Mirla Milewski sont visibles dans la section documents.

Sources :
La France et ses étrangers. L’aventure d’une politique de l’immigration de 1938 à nos jours, Patrick Weil, Folio actuel, 1995.
Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Patrick Weil, Grasset, 2002.

1. Voir Patrick Weil, Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Grasset, 2002

Voir par ailleurs:

The 1919 race riots

Ken Armstrong

The Chicago Tribune

They were separated by a line unseen and a law unwritten: The 29th Street beach was for whites, the 25th Street beach for blacks. An invisible boundary stretched from the sand into Lake Michigan, parting the races like Moses’ staff parted the Red Sea. On this stifling hot summer Sunday, Eugene Williams, a black teenager, drifted south of that line while swimming with friends. Whites picked up rocks and let fly. Some accounts say Williams was hit on the head and went under. Others say he became tired and was too afraid to come ashore. Either way, he drowned, touching off the deadliest episode of racial violence in Chicago history.

For five days it raged, mostly on the South Side. White mobs attacked isolated blacks. Blacks attacked isolated whites. John Mills, a black Stockyards worker, was riding home when a mob stopped his streetcar and beat him to death. Casmero Lazeroni, a white peddler, was pulled from his horse-drawn wagon and stabbed to death. Thirty-eight people died–23 blacks and 15 whites. By the time the National Guard and a rainstorm brought the riots to an end, more than 500 people had been injured, wounded blacks outnumbering whites by a ratio of about 2-1.Several factors had heightened tension between the races. Drawn by the promise of employment and dignity, Chicago’s black population more than doubled from 1916 to 1918. Blacks had balked at joining white-controlled unions, and in the face of violence, black leaders had begun preaching self-defense instead of self-control. But, most important of all, housing in the city’s narrow « Black Belt, » which stretched south of the Loop, had not kept pace. When blacks began moving into white neighborhoods, whites responded violently, bombing 26 homes in the two years preceding the riot.

One of the riot’s great mysteries is whether the city’s future boss of bosses, Richard J. Daley, participated in the violence. At the time, Daley belonged to the Hamburgs, a Bridgeport neighborhood club whose members figured prominently in the fighting. In later years, Daley repeatedly was asked what he did during the riots. He always refused to answer.

Voir aussi:

“Chicago and Its Eight Reasons”: Walter White Considers the Causes of the 1919 Chicago Race Riot

History matters

As U.S. soldiers returned from Europe in the aftermath of World War I, scarce housing and jobs heightened racial and class antagonisms across urban America. African-American soldiers, in particular, came home from the war expecting to enjoy the full rights of citizenship that they had fought to defend overseas. In the spring and summer of 1919, murderous race riots erupted in 22 American cities and towns. Chicago experienced the most severe of these riots. The Crisis, published by the NAACP, responded to the Chicago race riot with a major article in October 1919, “Chicago and Its Eight Reasons.” Author Walter White, then assistant executive secretary of the NAACP, described eight causes of the riot and concluded that tensions had increased in the city partially in response to the influx of African Americans. Though sympathetic to the new migrants’ plight, White’s article criticized both African-American newcomers to Chicago and the city’s black politicians. White also concluded, approvingly, that some black citizens, with a newfound spirit of independence, chose to retaliate against the pervasive attacks by white Chicagoans rather than remain passive victims. In this October 1919 article in the Crisis, the NAACP national magazine, the organization’s assistant executive secretary, Walter White, asserts that the black population had been made the scapegoat in the wake of the violence. He lists eight causes for the riot, with “race prejudice” being the foremost.

Many causes have been assigned for the three days of race rioting, from July 27 to 30 in Chicago, each touching some particular phase of the general condition that led up to the outbreak. Labor union officials attribute it to the action of the packers, while the packers are equally sure that the unions themselves are directly responsible. The city administration feels that the riots were brought on to discredit the [William Hale] Thompson forces, while leaders of the anti-Thompson forces, prominent among them being State’s Attorney Maclay Hoyne, are sure that the administration is directly responsible. In this manner charges and counter-charges are made, but, as is usually the case, the Negro is made to bear the brunt of it all—to be “the scapegoat.” A background of strained race relations brought to a head more rapidly through political corruption, economic competition and clashes due to the overflow of the greatly increased colored population into sections outside of the so-called “Black Belt,” embracing the Second and Third Wards, all of these contributed, aided by magnifying of Negro crime by newspapers, to the formation of a situation where only a spark was needed to ignite the flames of racial antagonism. That spark was contributed by a white youth when he knocked a colored lad off a raft at the 29th Street bathing beach and the colored boy was drowned.

Four weeks spent in studying the situation in Chicago, immediately following the outbreaks, seem to show at least eight general causes for the riots, and the same conditions, to a greater or less degree, can be found in almost every large city with an appreciable Negro population. These causes, taken after a careful study in order of their prominence, are:

1. Race Prejudice.

2. Economic Competition.

3. Political Corruption and Exploitation of Negro Voters.

4. Police Inefficiency.

5. Newspaper Lies about Negro Crime

6. Unpunished Crimes Against Negroes.

7. Housing.

8. Reaction of Whites and Negroes from War.

Some of these can be grouped under the same headings, but due to the prominence of each they are listed as separate causes.

Prior to 1915, Chicago had been famous for its remarkably fair attitude toward colored citizens. Since that time, when the migratory movement from the South assumed large proportions, the situation has steadily grown more and more tense. This was due in part to the introduction of many Negroes who were unfamiliar with city ways and could not, naturally, adapt themselves immediately to their new environment. Outside of a few sporadic attempts, little was done to teach them the rudimentary principles of sanitation, of conduct or of their new status as citizens under a system different from that in the South. During their period of absorption into the new life, their care-free, at times irresponsible and sometimes even boisterous, conduct caused complications difficult to adjust. But equally important, though seldom considered, is the fact that many Southern whites have also come into the North, many of them to Chicago, drawn by the same economic advantages that attracted the colored workman. The exact figure is unknown, but it is estimated by men who should know that fully 20,000 of them are in Chicago. These have spread the virus of race hatred and evidences of it can be seen in Chicago on every hand. This same cause underlies each of the other seven causes.

With regard to economic competition, the age-long dispute between capital and labor enters. Large numbers of Negroes were brought from the South by the packers and there is little doubt that this was done in part so that the Negro might be used as a club over the heads of the unions. John Fitzpatrick and Ed Nockels, president and secretary, respectively, of the Chicago Federation of Labor, and William Buck, editor of the New Majority, a labor organ, openly charge that the packers subsidized colored ministers, politicians and Y. M. C. A. secretaries to prevent the colored workmen at the stockyards from entering the unions. On the other hand, the Negro workman is not at all sure as to the sincerity of the unions themselves. The Negro in Chicago yet remembers the waiters’ strike some years ago, when colored union workers walked out at the command of the unions and when the strike was settled, the unions did not insist that Negro waiters be given their jobs back along with whites, and, as a result, colored men have never been able to get back into some of the hotels even to the present day. The Negro is between “the devil and the deep blue sea.” He feels that if he goes into the unions, he will lose the friendship of the employers. He knows that if he does not, he is going to be met with the bitter antagonism of the unions. With the exception of statements made by organizers, who cannot be held to accountability because of their minor official connection, no statements have been made by the local union leaders, outside of high sounding, but meaningless, protestations of friendship for the Negro worker. He feels that he has been given promises too long already. In fact, he is “fed up” on them. What he wants are binding statements and guarantees that cannot be broken at will.

With the possible exception of Philadelphia, there is probably no city in America with more of political trickery, chicanery and exploitation than Chicago. Against the united and bitter opposition of every daily newspaper in Chicago, William Hale Thompson was elected again as mayor, due, as was claimed, to the Negro and German vote. While it is not possible to state that the anti-Thompson element deliberately brought on the riots, yet it is safe to say that they were not averse to its coming. The possibility of such a clash was seen many months before it actually occurred, yet no steps were taken to prevent it. The purpose of this was to secure a two-fold result. First, it would alienate the Negro set from Thompson through a belief that was expected to grow among the colored vote when it was seen that the police force under the direction of the mayor was unable or unwilling to protect the colored people from assault by mobs. Secondly, it would discourage the Negroes from registering and voting and thus eliminate the powerful Negro vote in Chicago. Whether or not this results remains to be seen. In talking with a prominent colored citizen of Chicago, asking why the Negroes supported Thompson so unitedly, his very significant reply was:

“The Negro in Chicago, as in every other part of America, is fighting for the fundamental rights of citizenship. If a candidate for office is wrong on every other public question except this, the Negroes are going to vote for that man, for that is their only way of securing the things they want and that are denied them.”

The value of the Negro vote to Thompson can be seen in a glance at the recent election figures. His plurality was 28,000 votes. In the second ward it was 14,000 and in the third 10,000. The second and third wards constitute most of what is known as the “Black Belt.”

The fourth contributing cause was the woeful inefficiency and criminal negligence of the police authorities of Chicago, both prior to and during the riots. Prostitution, gambling and the illicit sale of whisky flourish openly and apparently without any fear whatever of police interference. In a most dangerous statement, State’s Attorney Maclay Hoyne, on August 25, declared that the riots were due solely to vice in the second ward. He seemed either to forget or to ignore the flagrant disregard of law and order and even of the common principles of decency in city management existing in many other sections of the city.

All of this tended to contribute to open disregard for law and almost contempt for it. Due either to political “pull” or to reciprocal arrangements, many notorious dives run and policemen are afraid to arrest the proprietors.

During the riots the conduct of the police force as a whole was equally open to criticism. State’s Attorney Hoyne openly charged the police with arresting colored rioters and with an unwillingness to arrest white rioters. Those who were arrested were at once released. In one case a colored man who was fair enough to appear to be white was arrested for carrying concealed weapons, together with five white men and a number of colored men. All were taken to a police station; the light colored man and the five whites being put into one cell and the other colored men in another. In a few minutes the light colored man and the five whites were released and their ammunition given back to them with the remark, “You’ll probably need this before the night is over.”

Fifth on the list is the effect of newspaper publicity concerning Negro crime. With the exception of the Daily News, all of the papers of Chicago have played up in prominent style with glaring, prejudice-breeding headlines every crime or suspected crime committed by Negroes. Headlines such as “Negro Brutally Murders Prominent Citizen,” « Negro Robs House“ and the like have appeared with alarming frequency and the news articles beneath such headlines have been of the same sort. During the rioting such headlines as ”Negro Bandits Terrorize Town,“ « Rioters Burn 100 Homes—Negroes Suspected of Having Plotted Blaze” appeared. In the latter case a story was told of witnesses seeing Negroes in automobiles applying torches and fleeing. This was the story given to the press by Fire Attorney John R. McCabe after a casual and hasty survey. Later the office of State Fire Marshall Gamber proved conclusively that the fires were not caused by Negroes, but by whites. As can easily be seen such newspaper accounts did not tend to lessen the bitterness of feeling between the conflicting groups. Further, many wild and unfounded rumors were published in the press—incendiary and inflammatory to the highest degree, a few of them being given below in order to show their nature. Some are:

Over 1,000 Negroes had been slain and their bodies thrown in “Bubbly Creek” and the Chicago River.

A Negro had been lynched and hanged from a “Loop” building overlooking Madison Street.

A white woman had been attacked and mutilated by a Negro on State Street.

A Negro woman had been slain, her breasts cut off and her infant had been killed by having its brains dashed out against a wall.

A white child had been outraged by a colored man.

A white child had been kidnapped by a band of colored men and its body later found, badly mutilated and dismembered.

Immediately following the riots, a white woman was murdered in Evanston, Ill. Immediately the crime was laid at the door of a colored man with whom the woman had been intimate a number of years. Pitiful stories were told of the woman waiting for hours on street corners for “just one look at her Billiken-like, mulatto lover.” played up under headlines such as “Confession Expected Today From Negro Suspect,” « Negro Suspect Rapidly Weakening“ and the like which clearly led one to believe that the colored man was guilty. A few days later, in an obscure item on an inside page, a short account was given of the release of the colored suspect ”because insufficient evidence to hold him » existed. A long period of such publicity had inflamed the minds of many people against Negroes who otherwise would have been unprejudiced. Much of the blame for the riots can be laid to such sources.

For a long period prior to the riots, organized gangs of white hoodlums had been perpetrating crimes against Negroes for which no arrests had been made. These gangs in many instances masqueraded under the name of “Athletic and Social Clubs” and later direct connection was shown between them and incendiary fires started during the riots. Colored men, women and children had been beaten in the parks, most of them in Jackson and Lincoln Parks. In one case a young colored girl was beaten and thrown into a lagoon. In other cases Negroes were beaten so severely that they had to be taken to hospitals. All of these cases had caused many colored people to wonder if they could expect any protection whatever from the authorities. Particularly vicious in their attacks was an organization known locally as “Regan’s Colts.”

Much has been written and said concerning the housing situation in Chicago and its effect on the racial situation. The problem is a simple one. Since 1915 the colored population of Chicago has more than doubled, increasing in four years from a little over 50,000 to what is now estimated to be between 125,000 and 150,000. Most of them lived in the area bounded by the railroad on the west, 30th Street on the north, 40th Street on the south and Ellis Avenue on east. Already overcrowded this so-called “Black Belt” could not possibly hold the doubled colored population. One cannot put ten gallons of water in a five-gallon pail. Although many Negroes had been living in “white” neighborhoods, the increased exodus from the old areas created an hysterical group of persons who formed “Property Owners‘ Association” for the purpose of keeping intact white neighborhoods. Prominent among these was the Kenwood-Hyde Park Property Owners’ Improvement Association, as well as the Park Manor Improvement Association. Early in June the writer, while in Chicago, attended a private meeting of the first named at the Kenwood Club House, at Lake Park Avenue and 47th Street. Various plans were discussed for keeping the Negroes in “their part of the town,” such as securing the discharge of colored persons from positions they held when they attempted to move into “white” neighborhoods, purchasing mortgages of Negroes buying homes and ejecting them when mortgage notes fell due and were unpaid, and many more of the same calibre. The language of many speakers was vicious and strongly prejudicial and had the distinct effect of creating race bitterness.

In a number of cases during the period from January, 1918, to August, 1919, there were bombings of colored homes and houses occupied by Negroes outside of the “Black Belt.” During this period no less than twenty bombings took place, yet only two persons have been arrested and neither of the two has been convicted, both cases being continued.

Finally, the new spirit aroused in Negroes by their war experiences enters into the problem. From Local Board No. 4, embracing the neighborhood in the vicinity of State and 35th Streets, containing over 30,000 inhabitants of which fully ninety per cent are colored, over 9,000 men registered and 1,850 went to camp. These men, with their new outlook on life, injected the same spirit of independence into their companions, a thing that is true of many other sections of America. One of the greatest surprises to many of those who came down to “clean out the niggers” is that these same “niggers” fought back. Colored men saw their own kind being killed, heard of many more and believed that their lives and liberty were at stake. In such a spirit most of the fighting was done.

Source: Walter F. White, “N.A.A.C.P.—Chicago and Its Eight Reasons,” Crisis 18 (October 1919): 293–297.

See Also: »Says Lax Conditions Caused Race Riots »: Chicago Daily News and Carl Sandburg Report the Chicago Race Riot of 1919
« A Crowd of Howling Negroes »: The Chicago Daily Tribune Reports the Chicago Race Riot, 1919
« Ghastly Deeds of Race Rioters Told »: The Chicago Defender Reports the Chicago Race Riot, 1919
« The Problem » and « Family Histories »: Charles Johnson Analyzes the Causes of the Chicago Race Riot

Voir enfin:

Race Riots

Chicago developed a reputation as a cauldron of specifically “racial” conflict and violence largely in the twentieth century. The determination of many whites to deny African Americans equal opportunities in employment, housing, and political representation has frequently resulted in sustained violent clashes, particularly during periods of economic crisis or postwar tension.
Chicago’s most famous race riot of this type occurred between July 27 and August 3, 1919. The violence was precipitated by the drowning of an African American teenager who had crossed an invisible line at 29th Street separating customarily segregated “white” and “black” beaches. Soon, white and black Chicagoans, especially in the South Side residential areas surrounding the stockyards, engaged in a seven-day orgy of shootings, arsons, and beatings that resulted in the deaths of 15 whites and 23 blacks with an additional 537 injured (342 black, 195 white). The police force, owing both to understaffing and the open sympathy of many officers with the white rioters, was ineffective; only the long-delayed intervention of the state militia brought the violence to a halt, and heavenly intervention in the form of rain was probably an important factor as well. The passions of this outbreak were rooted in pent-up tensions surrounding the massive migration of southern blacks during World War I: sometimes hired as strikebreakers, their increased industrial presence was viewed by many white workers as a threat to their own livelihoods, fueling attempts to impose rigid physical boundaries beyond which blacks could not penetrate.

The aftermath of World War II saw a revival of white attacks on black mobility, mostly on the city’s South and Southwest Sides, but also in the western industrial suburb of Cicero. Aspiring African American professionals seeking to obtain improved housing beyond the increasingly overcrowded South Side ghetto, whether in private residences or in the new public housing developments constructed by the Chicago Housing Authority, were frequently greeted by attempted arsons, bombings, and angry white mobs often numbering into the thousands. The 1951 Cicero riot, in particular, lasting several nights and involving roughly two to five thousand white protesters, attracted worldwide condemnation. By the end of the 1950s, with black residential presence somewhat more firmly established, the battleground in many South Side neighborhoods shifted to clashes over black attempts to gain unimpeded access to neighborhood parks and beaches.Since the mid-1960s, the nature of race riots in Chicago (as elsewhere) has significantly shifted. Although violent black/white clashes continued into the mid-1970s, the term’s use shifted during the 1960s to refer to the uprisings of poorer blacks (or Latinos) protesting ghetto conditions, especially police brutality. Chicago has experienced several noteworthy outbreaks of this type, including the confrontation between police and the largely Puerto Rican communities of West Town and Humboldt Park during the summer of 1966, but most notably the massive 1968 West Side riots following the assassination of Martin Luther King. No clashes of this magnitude have occurred since (even following the 1992 Rodney King verdict in Los Angeles), but the continued salience of many of the protesters’ expressed grievances—inferior housing, lack of meaningful employment, and inequitable law enforcement—suggests that the issues surrounding racial violence are by no means a finished chapter in Chicago history.Steven EssigBibliographyGrossman, James R. Land of Hope: Chicago, Black Southerners, and the Great Migration. 1989.Hirsch, Arnold R. Making the Second Ghetto: Race and Housing in Chicago, 1940–1960. 1983.Tuttle, William M., Jr. Race Riot: Chicago in the Red Summer of 1919. 1970.


Josephine Baker Day/65e: La seule femme – et Française ! – à avoir eu droit à son discours aux côtés de Monsieur I have a dream lui-même (How colonial Paris totem of primeval sex turned March on Washington only woman speaker gave the world its first Rainbow tribe theme park)

20 mai, 2016

human_zooHumanZooaffiche-expo-coloniale-parischemin_fer_fr

Josephine_Baker4Baker_2JosephineBakerBurlesqueJosephine2josephine-baker-cheetah-fashion-1920sjosephine-baker-parisbal negreBaker1josephine-baker-bakerfixBakerfix

JosephineGuerreJosephineDCJosephine-Baker-and-Beyonce

Josephine Baker and the 'rainbow tribe' in the kitchen at Les Milandes
Angelina-Jolie-KidsExhibitB2ExhibitB

Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Comment savoir si nous ne sommes pas en train de distraire le public de la même façon que les zoos humains le faisaient ? Intervenant local d’Exhibit B
Comment être certain que ce n’est pas seulement par curiosité de voir des Noirs que viennent les Blancs ? Intervenant local d’Exhibit
What interests me about human zoos is the way people were objectified. Once you objectify people, you can do the most terrible things to them. But what we are doing here is nothing like these shows, where black people were brought from all over Africa and displayed in villages. I’m interested in the way these zoos legitimised colonial policies. But other than that, they are just a catalyst. (…)  It’s very difficult to get it right. The performers are not asked to look with any anger at all. They must work with compassion. (…) People have said, ‘White boy, you are messing with my culture. You have no right to tell the story of our spiritual practices or our history, because you are getting it all wrong.’ And I can’t defend those works today in the same way I could back then. For all I know, I could look back at Exhibit B in 10 years and say, ‘Oh my God, I am doing exactly what they are accusing me of.’ But that’s the risk you take. It comes with the territory. Brett Bailey
Qu’une exposition au Musée du quai Branly s’attache à nommer les créateurs de la cour royale d’Abomey est important du point de vue de la connaissance historique. Mais surtout d’un point de vue politique et moral, parce que c’est l’une des premières fois qu’une telle tentative est osée en France. Le temps de l’indistinction et de l’anonymat s’achèverait-il enfin? (…) Le temps de l’art « nègre » ou « africain » finit; celui des artistes africains commence. Le Monde
Cette nouvelle et passionnante approche peut s’appliquer aux artistes d’Abomey, parce que les collections françaises sont d’une exceptionnelle richesse. Elles le sont parce que la France a envahi et détruit le royaume d’Abomey en deux guerres, en 1890 et en 1892, et forcé le roi Béhanzin à l’exil. Ses palais ont été pillés et c’est le produit de ces pillages que l’on étudie avec tant d’intérêt. Le Monde
Vous savez, plus l’Etat et nos adversaires se radicalisent, plus on se radicalise. Sihama Assbague
Le programme est construit autour de l’axe du racisme d’Etat et des outils pour y faire face et construire des résistances. Les ateliers et formations serviront à la transmission de connaissances et de pratiques aussi bien pour les militant.e.s d’organisations que pour les personnes voulant s’impliquer de façon plus ponctuelles. Camp d’été décolonial
La logique folle et prétendument «anti-système» qui préside à l’organisation de ce type d’événement [L’organisation de «Paroles non-blanches à Paris 8] est exactement la même qui conduit les identitaires d’extrême droite à l’affirmation d’une France «blanche»: les extrêmes, chacun à leur manière, organisent le séparatisme et véhiculent la même logique d’apartheid. Sous couvert d’antiracisme, notre pays risque de voir émerger des «Ku Klux Klan inversés» où le seul critère qui vaille sera la couleur de peau. Encore une fois, les identitaires testent la République et, par glissements successifs, tentent d’affaiblir ses fondements et ses valeurs. (…) Si nous nous taisons aujourd’hui, alors dans quelques semaines, dans quelques mois, nous verrons apparaître des conférences interdites aux blancs et aux juifs, des écoles privées réservées aux « colored people ». Avec de prétendus héritiers de cette nature, Rosa Parks va se retourner dans sa tombe. Alain Jakubowicz
Cette transformation des luttes remonte aux années 1970 aux États-Unis avec une radicalisation du mouvement des droits civiques, qui va se transformer en mouvements beaucoup plus violents, comme les Blacks Panters. Cette radicalité va déteindre sur tous les mouvements gauchistes qui vont revendiquer la lutte au nom d’un critère identitaire. Cette dérive identitaire, qui consiste à penser que certains critères de notre identité sont surdéterminants est commune à l’extrême droite et à l’extrême-gauche, qui s’entretiennent dans une surenchère. C’est le signe d’une déstructuration complète de la politique. Laurent Bouvet
Le principe de «non-mixité» provient directement des études féministes et postcoloniales des universités américaines. Elle doit permettre aux «opprimés» de s’«auto-émanciper» sans l’aide, jugée «paternaliste» des «oppresseurs». Elle se pratique aussi bien dans les milieux dit «antiracistes» que dans les mouvements féministes. Ainsi la commission «féminisme» de Nuit Debout revendique ouvertement la non-mixité. Sont exclus de certains débats les hommes cisgenres (hétérosexuels). Les militantes débattent dans un secteur délimité par des ficelles tendues que n’ont pas le droit de franchir les hommes. (…)«La non-mixité choisie, ce n’est pas pour se retrouver entre femmes mais entre personnes socialement dominées et opprimées, explique au Monde Matt, une des organisatrices de «Féminisme debout». «Il faut des espaces pour que les dominés puissent prendre conscience ensemble des pratiques d’oppression et s’exprimer, sans la présence des dominants.» Eugénie Bastié
Si le fait colonial — premier contact de masse entre l’Europe et le reste du monde — induit encore aujourd’hui une relation complexe entre Nous et les Autres ; ces exhibitions en sont le négatif tout aussi prégnant, car composante essentielle du premier contact, ici, entre les Autres et Nous. Un autre importé, exhibé, mesuré, montré, disséqué, spectularisé, scénographié, selon les attentes d’un Occident en quête de certitudes sur son rôle de « guide du monde », de « civilisation supérieure ». Aussi naturellement que le droit de « coloniser », ce droit d’« exhiber » des « exotiques » dans des zoos, des cirques ou des villages se généralise de Hambourg à Paris, de Chicago à Londres, de Milan à Varsovie… Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Éric Deroo et Sandrine Lemaire
Le concept de « zoo humain » est apparu au début des années 2000 pour décrire une attitude culturelle qui a prévalu au temps des empires coloniaux (États-Unis inclus) jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, attitude qui perdure aujourd’hui mais sous d’autres formes. Il a été popularisé par la publication en 2002 de l’ouvrage Zoos humains ; De la Vénus Hottentote aux reality show, sous la direction de Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Éric Deroo et Sandrine Lemaire, historiens français spécialistes du phénomène colonial. Sous prétexte d’exotisme, les expositions coloniales, et d’une manière générale, les expositions universelles, ont été l’occasion de présenter aux publics des métropoles occidentales un échantillon des divers peuples non-occidentaux, chacun mis en situation forcée dans leur environnement reconstitué. Le phénomène d’exhibition apparaît dès l’Antiquité (les Grecs ont leurs sauvages, les Égyptiens ramènent des nains du Soudan pour les exhiber) mais le phénomène de spectacle se développe surtout avec les Grandes découvertes. Christophe Colomb ramène en 1492 six Indiens qu’il présente à la cour d’Espagne. En 1550, des Indiens Tupinamba défilent à Rouen devant Henri II, en 1644 des Groenlandais sont enlevés pour être exposés au roi Frédéric III de Danemark. Les ambassadeurs siamois (en) sont présentés comme un spectacle exotique sous Louis XIV en 1686, comme le Tahitien Omai à la cour d’Angleterre en 17743. Le premier « zoo humain », en Amérique, semble avoir été celui de Moctezuma à Mexico, qui, en plus d’exhiber de vastes collections d’animaux, montrait aussi des êtres humains présentant des difformités : albinos, nains, bossus. À partir du XIXe siècle, ces exhibitions ne sont plus réservées aux élites et se démocratisent, devenant extrêmement populaires, sur le modèle des grands spectacles de foire, avec notamment le développement d’attractions calquées sur le plan de la scénographie, sur celui du zoo itinérant des cirques Barnums, puis allant délibérément réinvestir des zoos existants. Les exemples les plus éloquents sont celui du pygmée congolais Ota Benga placé dans le zoo du Bronx en 1906, des Amérindiens employés lors des Wild West Shows) et du « freak show » où furent exhibés William Henry Johnson, et surtout Saartjie Baartman, surnommée la « Vénus hottentote », dont l’exposition marqua un tournant : l’exotisme laisse alors la place au racialisme, lequel s’appuie sur un discours « scientifique ». Une véritable industrie du spectacle se met en place dès cette époque : au bout du compte, plus d’un milliard quatre cent millions de visiteurs ont pu voir 35 000 figurants dans le monde, entre 1800 à 1958, depuis les petites manifestations de cirque jusqu’aux grandes expositions coloniales et universelles pouvant mobiliser plusieurs millions de spectateurs. À la suite de l’exposition coloniale de 1931 organisée à Paris, qui montrait entre autres des villages indigènes reconstitués où leurs habitants étaient obligés d’être leur propres acteurs sous l’œil curieux de millions de visiteurs, des personnalités issues de communautés religieuses et et d’organismes sociaux divers se mobilisèrent et permirent de mettre fin à ces exhibitions que l’on jugeait malsaines. « Le scandale ne tarda pas à éclater. En ce qui concerne les Kanaks, des plaintes se multiplièrent, d’abord de la part des Kanaks eux-mêmes, relayées par tous les familiers de la Nouvelle-Calédonie, les « hommes d’Église, des Calédoniens de Paris et même une bonne partie des Européens de Nouvelle-Calédonie », parmi lesquels on compte le pasteur Maurice Leenhardt, le père Bazin et les Maristes, puis par la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, et par le pasteur Soulier, député de Paris. Par contre, « la presse politique demeura en revanche à peu près muette, à l’image de L’Humanité ». Il en fut de même pour Le Canard enchaîné. Seul le PCF, farouche opposant au colonianisme, organisa aux buttes-Chaumont une contre exposition, mais qui n’eut aucun succès. (…) Depuis 1999, avec entre autres l’émission Big Brother, la télévision est devenu le principal vecteur de création de zoos humains contemporains : c’est la thèse que défendent des chercheurs comme Nicolas Bancel, avec son équipe, mais aussi Olivier Razac. Le principe de ces télés réalité est d’enfermer un groupe d’hommes et de femmes observés en direct par le biais des caméras d’une chaîne de télévision. Les « acteurs » de ces shows sont le plus souvent des jeunes peu éduqués, issus de régions ou de milieux « stigmatisés ». (…) En 2014, Brett Bailey présente Exhibit B, une série de tableaux vivants qui évoquent les zoos humains. L’installation-performance de l’artiste sud-africain, qui tourna dans plus de 15 pays européens, a entraîné à Londres puis à Paris une polémique, certaines personnes jugeant l’œuvre raciste et déshumanisante. Le 28 novembre 2013, la télévision nationale japonaise (NHK) a été condamnée à payer 1 000 000 de yens à la fille d’une membre de l’ethnie Paiwan de Taiwan, qui avait été envoyée par le Japon à l’exposition anglo-japonaise de 1910 ; le juge a estimé que l’emploi répété de l’expression « Zoo humain » (…) dans le programme documentaire Asia no Ittokoku d’avril 2009 était diffamant à l’égard d’elle-même et sa descendance. Wikipedia
La France est le seul pays au monde à utiliser le mot «nègre» dans le sens d’esclave littéraire. Ce terme, dont la connotation raciste est tellement qu’évidente que plus personne n’ose l’utiliser au sens littéraire qu’avec des guillemets, fait en effet allusion au statut d’esclave du collaborateur surexploité qui fait le travail d’un autre. Il est apparu au XVIIIe siècle, au moment où la France surexploitait ses colonies en y déportant des millions d’Africains qui mouraient en quelques années. En ce sens, il véhicule la glorification la plus éhontée de l’esclavage et du racisme le plus primaire, car l’expression «nègre littéraire» est également un terme de mépris, correspondant au mépris qu’on vouait aux esclaves et qui s’attache encore trop souvent aux personnes à la peau noire, bien longtemps après que l’esclavage a été aboli. L’expression «nègre» au sens de collaborateur littéraire a été répandue en France en 1845 par Maison Alexandre Dumas & Cie, fabrique de romans, un pamphlet raciste du prêtre défroqué Jean-Baptiste Jacquot qui se faisait appeler Eugène de Mirecourt. Ce texte ordurier et calomnieux, qui visait Alexandre Dumas, a valu à son auteur, à la demande d’Alexandre Dumas, d’être condamné à six mois de prison et à une forte amende, alors que n’existait même pas encore le délit de diffamation à caractère raciste. Mirecourt éprouvait évidemment une jouissance particulière à utiliser le mot «nègre» à propos d’Alexandre Dumas, homme à la peau colorée et fils d’esclave. On a vu récemment réapparaître la même jouissance dans les textes de journalistes racistes qui défendaient le recours à Gérard Depardieu pour interpréter le rôle de Dumas et prenaient un plaisir évident à colporter les thèses de Mirecourt selon lesquelles Dumas n’aurait pas été capable d’écrire ses livres sans l’aide d’hommes à la peau blanche. On sait que ces débordements, qui font appel aux instincts les plus abjects des Français, ont eu pour effet direct de faire monter de plus de deux points les intentions de vote pour le Front national aux élections régionales. Ces dérives doivent à présent cesser. Près de dix ans après que la France a déclaré l’esclavage crime contre l’humanité, il n’est plus supportable que l’expression de «nègre» soit encore utilisée au sens d’esclave dans un film destiné au grand public, alors que l’usage est d’avoir désormais recours au terme de «plume», de «collaborateur», d’écrivain fantôme ou de «ghost writer». Il me semble qu’au XXIe siècle, il est plus que temps de faire entrer dans la tête des Français que le mot « nègre » ne peut plus, en aucun cas, être utilisé impunément pour désigner un être humain qu’on exploite d’une manière ou d’une autre et qui serait méprisé du fait de cette exploitation. Je demande donc au producteur et au distributeur du film The Ghost Writer d’appliquer aux sous-titres et à la version française la même doctrine que celle qu’ils ont appliquée au titre et de s’abstenir de véhiculer gratuitement en France un racisme qui n’est pas dans l’esprit de l’œuvre dont est tiré le film. Faute de rectification immédiate dans ce sens, j’en appelle toutes celles et tous ceux qui luttent contre le racisme a ne pas aller voir ce film et à lui appliquer le même boycott qu’à L’Autre Dumas qui a été un échec retentissant dès la première semaine. Claude Ribbe
Faut-il se débarrasser du mot « nègre » ? Cette question en appelle d’autres : quel mot « nègre » ? Celui de Théodore Canot ou celui de l’abbé Grégoire ? Celui qu’employait Maurice Barrès, celui utilisé par Simone de Beauvoir, ou encore celui que s’est approprié Aimé Césaire ? Expiera-t-on le passé esclavagiste de la France en se débarrassant d’un mot et de tous ses dérivés ? Rappelons que les Noirs ne sont pas plus noirs que les Blancs sont blancs, et que le premier homme à avoir associé une couleur à la peau des Africains ne l’a pas fait innocemment. Le noir n’est pas n’importe quelle couleur. Notre langue est truffée d’expressions héritées des brutalités de l’Histoire. Peut-on mettre fin aux atrocités du passé tout en continuant à parler leur langue ? Claude Ribbe a le mérite d’engager cette réflexion. Peut-être cherche-t-il un peu trop vite à la clore. David Caviglioli
It isn’t unusual for British or Canadian books to change titles when entering the American market. It happened to JK Rowling – Harry Potter has no « philosopher’s » stone in the USA; and to Alice Munro, whose fabulous collection of short stories went from Who Do You Think You Are? in Canada to The Beggar Maid in the USA. « Negroes » would not fly, or be allowed to fly, in American bookstore. At first, I was irritated, but gradually I’ve come to make my peace with the new title, Someone Knows My Name. Perhaps the best way to examine the issue is to examine the evolution of the word « Negro » in America. I descend (on my father’s side) from African-Americans. My own father, who was born in 1923, fled the United States with my white mother the day after they married in 1953. As my mother is fond of saying, at the time even federal government cafeterias were segregated. It was no place for an interracial couple to live. My parents, who became pioneers of the human rights movement in Canada, used the word Negro as a term of respect and pride. My American relatives all used it to describe themselves. I found it in the literature I began to consume as a teenager: one of the most famous poems by Langston Hughes, for example, is The Negro Speaks of Rivers. When my own father was appointed head of the Ontario Human Rights Commission in 1973, the Toronto Globe and Mail’s headline noted that a « Negro » had been appointed. The term was in vogue right into the 1970s. For a time, the word « Negro » took a back seat in popular language culture to newer terms, such as « Afro-American », « African-Canadian », « people of colour » (a term I have always disliked, for its pomposity) or just plain « black. » (…) In the last 20 or so years in urban America, we have witnessed more changes in racial terminology. For one thing, and regrettably in my view, many hip-hop artists have re-appropriated the word « nigger », tried to tame it, and use it so vocally and frequently as to strip it of its hateful origins. We are all products of our generation. Given that I was born in 1957 and taught to ball my fists against anybody using that N-word, I can’t quite get my head around using it these days in any kind of peaceful or respectful manner. Just as the very word « nigger » has risen in popular usage over the last decade or two, however, the word « Negro » has become viscerally rude. In urban America, to call someone a Negro is to ask to for trouble. It suggests that the designated person has no authenticity, no backbone, no individuality, and is nothing more than an Uncle Tom to the white man. (…) I used The Book of Negroes as the title for my novel, in Canada, because it derives from a historical document of the same name kept by British naval officers at the tail end of the American Revolutionary War. It documents the 3,000 blacks who had served the King in the war and were fleeing Manhattan for Canada in 1783. Unless you were in The Book of Negroes, you couldn’t escape to Canada. My character, an African woman named Aminata Diallo whose story is based on this history, has to get into the book before she gets out. In my country, few people have complained to me about the title, and nobody continues to do so after I explain its historical origins. I think it’s partly because the word « Negro » resonates differently in Canada. If you use it in Toronto or Montreal, you are probably just indicating publicly that you are out of touch with how people speak these days. But if you use it in Brooklyn or Boston, you are asking to have your nose broken. When I began touring with the novel in some of the major US cities, literary African-Americans kept approaching me and telling me it was a good thing indeed that the title had changed, because they would never have touched the book with its Canadian title. I’d rather have the novel read under a different title than not read at all, so perhaps my editor in New York made the right call. After all, she lives in the country, and I don’t. I just have one question. Now that the novel has won the Commonwealth writers’ prize, if it finds a British publisher, what will the title be in the UK? Lawrence Hill
The Book of Negroes is this British, military document, this ledger that the British navy keeps that’s recording details about thousands of blacks who are fleeing Manhattan at the end of the war—the Revolutionary war … and coming to Nova Scotia. This document was just absolutely stunning and riveting and it’s pretty well forgotten. I’m sure there are not more than 50 Canadians who have looked at it. So it’s sitting there waiting to be loved and waiting to be discovered. (…) Some parts of it were totally seductive in their power because the documents spoke for themselves so richly, (…) It’s a history that’s sensational and that’s almost completely unknown and that seems to be what has drawn readers to the story. It’s the story of the black Loyalists who came to Canada after fighting for the British in the American Revolutionary War and who were treated so miserably in Nova Scotia that they turned around and left and went to Africa, forming the first exodus of Africans back to Africa in the history of the world. This was a story I really needed to tell and wanted to tell. … It’s not about attributing blame; it’s about recognizing the drama and the sadness in our own history and bringing it to life. Lawrence Hill
The Eiffel Tower looked very different from the Statue of Liberty, but what did that matter? What was the good of having the statue without the liberty? Joséphine Baker
Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. Joséphine Baker
When I was a child and they burned me out of my home, I was frightened and I ran away.  Eventually I ran far away.  It was to a place called France.  Many of you have been there, and many have not.  But I must tell you, ladies and gentlemen, in that country I never feared.  It was like a fairyland place. And I need not tell you that wonderful things happened to me there. (…) when I was young in Paris, strange things happened to me.  And these things had never happened to me before.  When I left St. Louis a long time ago, the conductor directed me to the last car.  And you all know what that means. But when I ran away, yes, when I ran away to another country, I didn’t have to do that.  I could go into any restaurant I wanted to, and I could drink water anyplace I wanted to, and I didn’t have to go to a colored toilet either, and I have to tell you it was nice, and I got used to it, and I liked it, and I wasn’t afraid anymore that someone would shout at me and say, “Nigger, go to the end of the line.”  But you know, I rarely ever used that word.  You also know that it has been shouted at me many times. So over there, far away, I was happy, and because I was happy I had some success, and you know that too. Then after a long time, I came to America to be in a great show for Mr. Ziegfeld, and you know Josephine was happy.  You know that.  Because I wanted to tell everyone in my country about myself.  I wanted to let everyone know that I made good, and you know too that that is only natural. But on that great big beautiful ship, I had a bad experience.  A very important star was to sit with me for dinner, and at the last moment I discovered she didn’t want to eat with a colored woman.  I can tell you it was some blow. (…) And when I got to New York way back then, I had other blows—when they would not let me check into the good hotels because I was colored, or eat in certain restaurants.  And then I went to Atlanta, and it was a horror to me.  And I said to myself, My God, I am Josephine, and if they do this to me, what do they do to the other people in America? You know, friends, that I do not lie to you when I tell you I have walked into the palaces of kings and queens and into the houses of presidents.  And much more. But I could not walk into a hotel in America and get a cup of coffee, and that made me mad.  And when I get mad, you know that I open my big mouth.  And then look out, ‘cause when Josephine opens her mouth, they hear it all over the world. So I did open my mouth, and you know I did scream, and when I demanded what I was supposed to have and what I was entitled to, they still would not give it to me. So then they thought they could smear me, and the best way to do that was to call me a communist.  And you know, too, what that meant.  Those were dreaded words in those days, and I want to tell you also that I was hounded by the government agencies in America, and there was never one ounce of proof that I was a communist.  But they were mad.  They were mad because I told the truth.  And the truth was that all I wanted was a cup of coffee.  But I wanted that cup of coffee where I wanted to drink it, and I had the money to pay for it, so why shouldn’t I have it where I wanted it? (…) Ladies and gentlemen, my friends and family, I have just been handed a little note, as you probably say.  It is an invitation to visit the President of the United States in his home, the White House. I am greatly honored.  But I must tell you that a colored woman—or, as you say it here in America, a black woman—is not going there. It is a woman.  It is Josephine Baker. This is a great honor for me.  Someday I want you children out there to have that great honor too.  And we know that that time is not someday.  We know that that time is now. Josephine Baker
I want you to find me a little baby, a pure-bred Japanese, a little boy of two years I can adopt. I will adopt five small boys of two years each,” including a “dark-skinned black” from South Africa, “an Indian from Peru, a Nordic and an Israelite. These small children will be like brothers, live together as a symbol of democracy. Josephine Baker
I will make every effort so that each shows the utmost respect for the opinions and beliefs of the other. I want to show people of colour that not all whites are cruel and mean. I will prove that human beings can respect each other if given the chance. Josephine Baker
 We knew that we were brothers from different countries. [We] had the sense that we had to show the world that the union of races, religions, whatever, was possible. Jarry Bouillon
La famille était un véritable projet pour maman. Elle voulait créer des oppositions : le juif et le musulman, le chrétien et l’animiste, etc.  Akio Bouillon
 Pour éviter des attirances charnelles plus tard, maman et papa avaient décidé de se cantonner à un sexe. Pour Marianne, puis Stellina, elle a transgressé la règle. Brian Bouillon
Bien que peu au courant des exploits de leur mère, ses enfants vivent une enfance hors normes. Quand ils jouent dans la piscine des Milandes, c’est avec Dalida, Bécaud ou Hervé Vilard. Quand ils voyagent, ils sont accueillis par le maréchal Tito, Jackie Kennedy, le pape Paul VI ou la reine de Suède. «  Je revois encore Koffi tirer la barbe de Fidel Castro à Cuba », s’amuse Brian, qui était dans la même classe qu’Albert de Monaco au lycée. Quant à Akio, il se souvient comme si c’était hier de l’enterrement de JFK à Washington. Emportée par une attaque cérébrale le 12 avril 1975, Joséphine Baker a droit à des funérailles nationales. Il y a deux ans, Régis Debray demandait même son entrée au Panthéon. France Dimanche
Après la Deuxième Guerre mondiale, n’ayant pas d’enfant, Joséphine Baker (1906-1975) forme le projet de constituer une famille de toutes les couleurs : « un enfant jaune, un blanc, un noir et un rouge », et de les élever dans la fraternité et l’universalisme. En fait, dans les années 1950, avec son mari Jo Bouillon, elle adopte douze enfants de nationalités, cultures et religions variées : Teruya et Akio ramenés du Japon, Jari (Finlande), Luis (Colombie), Jean-Claude, Moïse et Noël (France), Brahim -devenu Brian- et Marianne (Algérie), Koffi (Côte d’Ivoire), Mara (Venezuela), Stellina (Maroc). (…) En faisant grandir en frères et sœurs tous ces enfants au sein de la « Tribu Arc-en-ciel » comme elle la nommait, Joséphine Baker veut prouver « que toutes les races peuvent vivre ensemble dans une harmonie parfaite ». Son idéal la pousse à transformer le château des Milandes où vit la famille en « Village de la fraternité ». Sur des routes de la Dordogne, des panneaux publicitaires guident les touristes vers le « Village du monde », la « Capitale de la fraternité »… (…) Tous les enfants de la fratrie sont élevés dans le respect de leurs origines et de leurs religions, ce qui suppose plusieurs précepteurs capables de leurs enseigner leurs cultures respectives. A l’adolescence, des troubles de l’identité et des problèmes d’intégration touchent ces enfants de star très médiatisés. Difficultés qui ne semblent pas avoir mis en cause la fraternité et la solidarité créées entre les enfants. Yves Denéchère
Long before Angelina Jolie, Mia Farrow and Madonna made headlines with their adoptive families, 1920s star Josephine Baker tried to combat racism by adopting 12 children of various ethnic backgrounds from around the world. Today the members of her « rainbow tribe » are still searching for their identity. (…) Misfortune often begins with visions, and Josephine Baker had her own vision. She did something that many celebrities would later emulate: She adopted children from poor countries to give them the opportunity of a better life. Adoption is supposed to be an opportunity for children like Maddox, a boy that actress Angelina Jolie adopted in Cambodia, and Mercy, a girl from Malawi the singer Madonna recently adopted after the country’s highest court approved the contested adoption — even though Mercy still has a father in her native village. Madonna told the court that she could offer Mercy a better life — a common argument. The stars want to set an example and use their celebrity status to do good. Sometimes it’s about big ideas, promoting understanding among nations or putting an end to racism. Perhaps Josephine Baker began adopting children as a way to compensate for her own unhappy childhood. (…) In 1926, she bent over in her banana skirt, practically nude, in a revue at the Folies-Bergère in Paris. The audience was ecstatic. It was the roaring 20s, and in Europe’s cities, where people celebrated with abandon, Josephine Baker, as a nude, exotic woman, satisfied their lust for pleasure. Baker was a sex symbol, a role she relished, sleeping with men and women — thousands, as she would later say. But none of this love-making gave her what she wanted most. She married a third time, but she still couldn’t get pregnant. She was infertile. She threw herself into her work, discovering a new passion in World War II. She supported the French resistance movement, and was given a uniform and awarded many decorations. By then, Baker was rich and famous, and yet there was still a gaping hole in her life. The war ended. Baker, now in her 40s, was no longer a sex symbol. She needed a new role. Like Madonna decades later, she felt the need to constantly reinvent herself. In 1947, Baker married her fourth husband, French orchestra leader Jo Bouillon. She bought a Renaissance castle in Périgord, the Château des Milandes, with more than 30 rooms, surrounded by 400 hectares (1,000 acres) of land. She was practically royalty by then, but she was still black. When she visited the United States, she could only enter some hotels through a back entrance. She was determined to fight this racism. And now she owned a chateau. A plan began to take shape in Baker’s mind. In early 1954, she gave a talk in Copenhagen. She wanted to make a gesture of humanity, she said, explaining that she wanted to « adopt five little boys » — one from each continent. (…) Baker (…) took them to Château des Milandes, where more than 100 employees were hired to transform the estate into a center of brotherliness, and a place where celebrities and weekend guests could meet. The main attraction would be Baker’s new family, in its splendid array of skin colors. Baker called the family her « Rainbow Tribe. » It was front-page news. Baker’s husband, Jo Bouillon, managed her affairs at Les Milandes and struggled to raise the children. His wife was constantly on tour, bringing home a new child from practically every trip. But she was only interested in adopting boys, fearing that romantic attachments could develop between the children. (…) A rotating assortment of nannies looked after the children until Baker fired them. She would occasionally storm around the estate, furiously ordering gardeners to replant shrubs, only to slap them afterwards for having done so. She redecorated the chateau, hosted wild parties and took off again. Child number eight, a white boy from France, arrived in 1957. Baker told the press that he was from Israel. She had been missing a Jew in her tribe. In photos taken at the time, the chateau looks more like an orphanage than a real home. The children slept in a room in the attic, in eight small beds lined up in a row. Whenever Baker returned home, even if it happened to be at 3 a.m., she would wake the children and demand affection. (…) On the surface, the children seemed to have a dream childhood. They were living in a castle, like children in a fairy tale. They played with knights’ armor tucked into nooks along the spiral steps to the tower, romped in the gardens, built tree houses and frolicked with the dogs. (…) Every year at Christmas, the presents were piled high to the ceiling in the castle. Monstrous, says Jarry. It was Baker’s way of showing affection for the children. Their duty, in return, was to allow themselves to be shown off to the public. On the occasional Sunday when she was there, Baker would dress the children in white and have them line up in the courtyard, where tourists and the press were waiting behind a fence to take pictures. Jarry says that he and the other children sometimes felt like pet monkeys. Child number 10, a small indigenous boy from Venezuela, came in 1959. The global mother needed to complete her collection. (…) Baker was a star. She had influential friends, like Princess Grace of Monaco, and she had money. Not all of her children were orphans. In some cases, she simply bought babies from their destitute parents. (…) It had all become too much for Baker’s husband. After years of her escapades and their arguments, Bouillon left the chateau, and in 1963 he moved to Buenos Aires. Without him and his business acumen, the estate was doomed to financial ruin. The children lost their father figure, the only person who had given them some structure in Baker’s chaotic world. (…) Baker traveled the world with the children. They met the pope and vacationed with Cuban leader Fidel Castro. The situation at the chateau spun out of control. All the employees, private tutors, monkeys and other animals she had acquired were eating up Baker’s fortune. She managed to fend off bankruptcy for a few more years, stubbornly living her dream, an aging regent who tolerated no back talk and treated the children like subjects. She wrote reports about them, described their characters in detail and drafted plans for their future. Akio was to become a diplomat, Jari a hotelier. Another child was supposed to be a doctor. But none of them were to be artists. She even banned music instruction. After they had received their education and training, the children were to return to the countries where they had come from and make themselves useful there, as Baker’s envoys and as the loyal executors of her ideas. None of the children stuck to the plan. (…) She lost the chateau in 1969, and when she refused to leave she was carried out against her will. She sat on the steps in the rain for two days, covered with only a plaid wool blanket. The photo quickly appeared in newspapers around the world. Baker wanted to make sure that the children would never search for their biological families, and in some cases she even withheld information. (…) Sometimes Bouillon flips through magazines and sees the photos of today’s rainbow tribes, of Madonna with her children from Malawi, of Brad Pitt and Angelina Jolie, traveling around the world with their six small children and their nannies, in the glare of the media spotlight. But he doesn’t feel taken aback by the images. In fact, they make him feel proud. « It’s great, » he says. « These stars are following in my mother’s footsteps. » Of course, he adds, the paparazzi are a problem, as is their constant quest for pictures of the children. But when Jolie adopts a baby from the Third World, says Bouillon, there is also a higher principle at work. « When these children grow up, they’ll understand. » (…) Josephine Baker — the bisexual revue star, darling of gays and drag queens, civil rights activist — banished her son because he loved men. (…) Jean-Claude Baker, 66, was one of Josephine’s companions — a gay man, like many of her friends. They performed together in the last years of her life. She called him her 13th child; he took on her name. But the two had a falling-out before her death. He still lives in her world today. He has named his restaurant after her and decorated it with images of her. He has also written the most detailed biography of Baker to date. Like many who were very close to her, he seems caught in her shadow. Merlind Theile
Before Josephine Baker was 20 years old, she was a totem of primeval sex. On the high-end stages of Paris, wearing a banana skirt or a ring of palm fronds, she arched, shimmied, twisted and smiled all at once. The “wicked Josephine Baker”, as one writer archly described her, was a “lubricious idol”, the embodiment of “carnal splendour” who “drives males to despair”. The poet EE Cummings, a member of the “Lost Generation” of writers drifting across Europe in the Twenties, remembered her as a “wand of golden flesh” to be loved, loathed and feared. At the peak of this sexualised celebrity, she would stroll down the Champs-Élysées with a cheetah on a leash, two exotic creatures, objects of obsession and dread, spectacularly out of place amid the neoclassical buildings that lined the grand boulevard. Baker used her race as a fetish to lure white audiences, got rich fast and became a superstar. Late in life, she decided to change her image and change the world. She did something so unexpected and so dramatic that it still resonates today. In 1953, after a decade of planning, Josephine Baker built a family from scratch. She set out to adopt a cadre of what she imagined as racially diverse children from around the world, bringing them to south-west France in what was the start of an extraordinary experiment. Out of the French countryside, she created a vast theme park-cum-circus – complete with hotels, a collective farm, rides and, of course, singing and dancing – that would focus on the family of the future, which she vaingloriously named the “Rainbow Tribe”. Baker trained the children to be racial exemplars, to represent specific continents, religions and histories. She dispatched them as walking, talking and sometimes costumed icons of racial typecasting, over the sprawling campus surrounding Les Milandes, her name for the 15th-century castle at the centre of this enterprise. And she used them, collectively, as a blunt instrument in her war against racism and prejudice. No one had seen a black woman adopt a white child before. No one had seen a black woman adopt 12 children. Or raise them in a castle. Or house them in a theme park. Or use them in advertisements. Or portray them as soldiers in a struggle for justice. (…) The creation of such a mixed family required diversity that could be easily seen and understood. This was no time for subtlety or nuance. What Baker needed were representative types, human metaphors who could be displayed together for visual contrast, and whose play together could make a bigger point about common humanity and the roots of racism. (…),Baker’s original plans had included a Jewish child, and she laboured to procure one, but these plans got scrambled. Bouillon and Baker ultimately adopted a French orphan – “a dark-skinned baby”, Bouillon recalled — assigned him a Jewish identity and named him Moïse. In 1956, Marianne and Brahim, both from Algeria, arrived. “Look at them, Jo,” Baker exclaimed, composing improbable backstories for them. “He’s a Berber, probably the son of a wet nurse; she undoubtedly is a colonialist’s daughter.” Baker chose to raise one as a Muslim and the other as a Catholic, a perfect example of her use of hardline means to secure utopian ends. (…) All 12 children, in the end, would be stereotypes brought to life. (…) The colourful spectacle of Les Milandes was meant to be seen. Outside, Baker built up the grounds, installed car parks, established facilities for guests and set up an advertising campaign. She installed games and rides for children, and inscribed the entire place with her personality and celebrity. The result was an enclosed, self-contained theme park, a vision of an alternate world in which magic and fantasy were real and thematically organised around a positive vision of the racial future. The entire point of visiting Les Milandes was to see the children. They seemed like outsized Disney characters, performing scripted and rehearsed roles for a public they would never truly meet, escorted around the park by their parents. (…) Visitors came in their thousands, though not, Baker was disappointed to learn, in numbers large enough to ensure the long-term profitability of Les Milandes. (…) Baker did nothing to hide her orchestration of their performance from the children. (…) For Jarry, speaking to the German magazine Der Spiegel in 2009, this meant that the children often felt like “pet monkeys”.  (…) Most of the children were sent to their homelands after Les Milandes. (…) Baker envisioned the family as a United Nations, rich with linguistic, religious, racial and national diversity. Her emphasis was always on extraordinary variety, a diversity that went far beyond skin tone. But by the Seventies, her family was a political liability. Her parenting seemed to trivialise the children, to turn them into rich adornments for their mother. To activists, it was no longer clear what problems were best addressed by the gaudy spectacle of the Rainbow Tribe. The age of idealistic marches was over, and the age of riots, deteriorating cityscapes and white flight had arrived. It wasn’t just that the civil rights consensus had been fractured or that de Gaulle was gone; it was, instead, that the world was drifting toward a future in which Josephine Baker and the Rainbow Tribe seemed like a quaint reminder of the past. Matthew Pratt Guterl

Attention: un zoo humain peut en cacher un autre !

Vénus d’ébène et danse sauvage, plumes et ceinture de bananes, sirène des tropiques et léopard, égérie des cubistes et art nègre, Revue nègre et Renaissance Nègre, Théâtre des Champs Elysées et Folies Bergère, jazz et charleston, mata hari et croix de guerre, fausses couches et hystérectomie, château de Dordogne et gouffre financier,  entrées payantes pour venir lorgner, 40 ans avant Angelina Jolie et Madonna, sa petite tribu-arc-en-ciel de petits orphelins, funérailles nationales télévisées et église de la Madeleine …

En cette 65e Journée Josephine Baker

Dans notre série étranges destinées inversées

Où y compris pour désigner des réalité historiques certains mots se voient systématiquement éradiqués du langage …

En attendant notre premier camp décolonial

Qui se souvient …

Que la petite bête curieuse de 19 ans qui avait toute dénudée dans sa ceinture de sauvageonne …

Conquis le Tout-Paris des Années folles et de l’Exposition coloniale …

Assoiffé, loin de ses anciens esclaves parqués eux discrètement dans les DOMTOM, de jazz et de musiques noires …

Et qui avait finit par ouvrir dans un petit château de Dordogne son propre contre-zoo de la diversité …

Avait aussi été dans une terre natale qui l’avait finalement rejetée

Engoncée près de 40 ans plus tard dans son uniforme des FFI et ses décorations d’ancien combattant …

La seule femme – et la seule Française ! – à avoir eu droit à son discours

Aux côtés de Monsieur I have a dream lui-même ?

Joséphine Baker : “40 ans après sa mort, maman dérange toujours”

Stars inoubliables

Benoît Franquebalme

France Dimanche

26 octobre 2015

La mythique meneuse de “ La revue nègre ”, Joséphine Baker est morte en 1975 d’une attaque cérébrale mettant un terme à une vie de combats et laissant orphelins ses douze enfants adoptés. Souvenirs de deux de ses fils.

Ils nous ont donné rendez-vous à ­l’hôtel Scribe. Quoi de plus normal ? En janvier 1969, ruinée, Joséphine Baker avait installé sa famille dans cet établissement luxueux situé près de l’Opéra Garnier à Paris. À l’époque, la chanteuse et sa tribu viennent d’être expulsées du château des Milandes, leur propriété du Périgord. Magnanime, le Scribe invite l’artiste et ses douze enfants adoptifs.

Grace de Monaco, amie de la chanteuse, leur offrira plus tard l’hospitalité sur le Rocher.

Placés en internat la semaine, les frères et sœurs se retrouvent au Scribe le week-end. « Ici, maman faisait partie des meubles », sourit Akio, dans un couloir du 2e étage, baptisé « étage Joséphine Baker » où trône une grande fresque de la star. « Quand ils ont appris qu’elle était ruinée, ils ont fait un geste. »

La mythique meneuse de La revue nègre commença en effet à fréquenter le Scribe dans les années 50. L’hôtel jouxte l’Olympia où elle connut de si nombreux triomphes.

Confortablement installés dans le bar du palace, Brian (59 ans) et Akio (62 ans) sont là pour nous parler de leur mère, morte il y a quarante ans. Mais par où commencer ?

Née misérable dans le Missouri, Joséphine débarque à Paris en 1925 pour danser dans la scandaleuse Revue nègre. Cinq ans plus tard, elle conquiert définitivement la France en chantant J’ai deux amours (« mon pays et Paris »).

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’ex-maîtresse de Simenon, Hemingway et Colette devient une grande résistante, ce qui lui vaudra plus tard d’être faite chevalier de la Légion d’honneur. Après la guerre, ­l’artiste reprend ses droits (elle était encore sur les planches de Bobino quelques jours avant sa mort) et fonde son incroyable famille.

Ayant subi une ablation de l’utérus pendant le conflit, Joséphine Baker sait qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfants. Avec son mari, le chef d’orchestre Jo Bouillon, ils décident donc de se composer une « tribu arc-en-ciel », pour vivre pleinement leur idéal de fraternité universelle.

Akio est leur premier fils adoptif : « En tournée au Japon en 1954, maman a visité un orphelinat et m’y a trouvé, alors âgé de 18 mois, raconte cet employé de banque. Je ne connais pas mes parents biologiques. Je sais juste que je suis mi-japonais, mi-je-ne-sais-pas-quoi ! » Joséphine rentre en France avec Akio et Teruya, qu’elle a aussi adopté.

Sacré caractère
Dans les dix années suivantes, ils sont rejoints par, dans l’ordre : Jari (Finlande), Luis (Colombie), Jean-Claude, Moïse et Noël (France), Brian et Marianne (Algérie), Koffi (Côte d’Ivoire), Mara (Venezuela) et Stellina (Maroc). Ouf !

« Normalement, les enfants découvrent leurs cadets à la maternité, explique Akio. Moi, je les rencontrais à la gare de Souillac près des Milandes ! La famille était un véritable projet pour maman. Elle voulait créer des oppositions : le juif et le musulman, le chrétien et l’animiste, etc. »

« Moi, je suis né Brahim en Algérie en 1956, poursuit Brian, devenu comédien. Elle a appris que mes parents étaient morts dans des combats entre Français et fellaghas et que j’étais venu au monde le même jour qu’elle. J’avais 6 mois, j’ai souri, elle m’a pris. »

Aux Milandes en 1957, Joséphine Baker et son mari Jo Bouillon, entourés par leur ‘tribu arc-en-ciel » dont Akio, l’aîné et Brian dans les bras de sa mère, entre Jo et Joséphine.

Vous l’aurez noté, les huit premiers membres de la fratrie sont des garçons. Rien d’innocent à cela. « Pour éviter des attirances charnelles plus tard, maman et papa avaient décidé de se cantonner à un sexe, raconte Brian. Pour Marianne, puis Stellina, elle a transgressé la règle. »

Il faut dire que Joséphine Baker – dont Maurice Chevalier disait à Mistinguett : « C’est ta bête noire » – avait un sacré caractère ! Jugeant la carrière artistique trop aléatoire, elle ne dit rien de son passé et de son métier à ses petits, espérant qu’ils deviendront notaires ou avocats.

« Elle s’est plutôt bien débrouillée car je suis le seul artiste, note Brian. Les autres sont hôtelier, inspecteur des impôts, assureur, secrétaire médicale… » À eux douze, ils ont donné naissance à quatorze petits-enfants, dont une Joséphine qui va se marier l’été prochain.

Bien que peu au courant des exploits de leur mère, ses enfants vivent une enfance hors normes. Quand ils jouent dans la piscine des Milandes, c’est avec Dalida, Bécaud ou Hervé Vilard. Quand ils voyagent, ils sont accueillis par le maréchal Tito, Jackie Kennedy, le pape Paul VI ou la reine de Suède.

« Je revois encore Koffi tirer la barbe de Fidel Castro à Cuba », s’amuse Brian, qui était dans la même classe qu’Albert de Monaco au lycée. Quant à Akio, il se souvient comme si c’était hier de l’enterrement de JFK à Washington.

Emportée par une attaque cérébrale le 12 avril 1975, Joséphine Baker a droit à des funérailles nationales. Il y a deux ans, Régis Debray demandait même son entrée au Panthéon. « C’est une mauvaise idée, elle l’aurait refusée, tranche Akio. Ce qui est sûr, c’est qu’elle dérange toujours ceux qui combattent ses idéaux. »

En revanche, les deux frères travaillent actuellement à une adaptation pour le cinéma (ou la télévision) de la vie de leur mère. Dans le passé, on a parlé de Beyoncé ou Sonia Rolland pour interpréter Joséphine Baker. Aujourd’hui, ses petits-enfants rêvent plutôt de Rihanna. Une chose est sûre, le mythe reste intact…

Voir aussi:

Vivre un idéal de fraternité universelle : la « Tribu Arc-en-ciel » de Joséphine Baker / Yves Denéchère

Vivre un idéal de fraternité universelle : la « Tribu Arc-en-ciel » de Joséphine Baker / Yves Denéchère. In « Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours« , colloque international organisé par le laboratoire France Méridionale et Espagne: histoire des sociétés, du Moyen Âge à l’époque contemporaine (Framespa) de l’Université Toulouse II-Le Mirail et par le le Centre de recherches historiques de l’Ouest (Cerhio), Toulouse : Université Toulouse II-Le Mirail, 22-23 mars 2012. (Ce colloque de Toulouse constitue la seconde partie d’un double colloque international dont la première partie s’est tenue à Rennes, les 1er et 2 décembre 2011).
Session 4 : Fratrie/fraternité, le lien rêvé, 23 mars 2012.

Après la Deuxième Guerre mondiale, n’ayant pas d’enfant, Joséphine Baker (1906-1975) forme le projet de constituer une famille de toutes les couleurs : « un enfant jaune, un blanc, un noir et un rouge », et de les élever dans la fraternité et l’universalisme. En fait, dans les années 1950, avec son mari Jo Bouillon, elle adopte douze enfants de nationalités, cultures et religions variées : Teruya et Akio ramenés du Japon, Jari (Finlande), Luis (Colombie), Jean-Claude, Moïse et Noël (France), Brahim -devenu Brian- et Marianne (Algérie), Koffi (Côte d’Ivoire), Mara (Venezuela), Stellina (Maroc). Deux filles font donc partie de la fratrie, malgré la volonté initiale de n’avoir que des garçons afin d’éviter tout problème de relation entre frères et sœurs d’adoption. De Belgique, Joséphine ramène une petite Rama d’origine Hindoue pour sa sœur Margaret qui s’occupe de toute la famille. Deux générations de frères et sœurs cohabitent donc, l’une biologique, l’autre constituée au fil des adoptions successives.

En faisant grandir en frères et sœurs tous ces enfants au sein de la « Tribu Arc-en-ciel » comme elle la nommait, Joséphine Baker veut prouver « que toutes les races peuvent vivre ensemble dans une harmonie parfaite ». Son idéal la pousse à transformer le château des Milandes où vit la famille en « Village de la fraternité ». Sur des routes de la Dordogne, des panneaux publicitaires guident les touristes vers le « Village du monde », la « Capitale de la fraternité »… Après la vente dramatique des Milandes, grâce à la princesse de Monaco, la Tribu Arc-en-ciel va trouver refuge sur la Côte d’Azur.

Tous les enfants de la fratrie sont élevés dans le respect de leurs origines et de leurs religions, ce qui suppose plusieurs précepteurs capables de leurs enseigner leurs cultures respectives. A l’adolescence, des troubles de l’identité et des problèmes d’intégration touchent ces enfants de star très médiatisés. Difficultés qui ne semblent pas avoir mis en cause la fraternité et la solidarité créées entre les enfants. Devenus adultes, les « enfants Arc-en-ciel » ont témoigné des plus belles années de la Tribu, que ce soit dans les médias ou par des livres, ce qui permet d’analyser le lien créé entre eux.

Voir également:

JOSEPHINE BAKER
Enfance pauvre

Joséphine Baker, de son vrai nom Freda Joséphine McDonald, naît le 3 juin 1906, à Saint Louis (Missouri). Elle est métisse noire et amérindienne ; ses parents avaient monté un numéro de chant et de danse. Mais, un an après la naissance de Joséphine, son père quitte le domicile familial ; sa mère, Carrie, aura ensuite trois autres enfants, qu’elle élèvera avec Joséphine dans la pauvreté et la sévérité. Après avoir été placée à huit ans dans une famille blanche pour y travailler, Joséphine s’assume dès l’âge de treize ans en gagnant son pain comme serveuse. Parallèlement, elle s’intéresse à la danse, et remporte son premier concours à l’âge de dix ans. Elle rejoint le Jones Family Band, un groupe de musiciens de rue. Les Jones sont embauchés pour combler le vide à l’entracte du spectacle des Dixie Steppers, une troupe en tournée à Saint Louis. Joséphine fait ses premiers pas sur une vraie scène et le directeur des Dixie Steppers l’embauche… comme habilleuse. La jeune fille suit la troupe à travers le pays et apprend réellement le métier du spectacle. En 1921, elle saisit une opportunité : remplaçant une danseuse blessée, elle intègre la revue pour tenir des emplois de «girl » comique. Mais son très jeune âge la freine encore dans ses ambitions : aussi décide-t-elle de tenter sa chance à New York. Elle finit par intégrer le spectacle Shuffle Along, une comédie musicale à succès intégralement interprétée par des Noirs. Multipliant les singeries, Joséphine Baker impose un personnage à la fois comique et sexy : de 1922 à 1924, elle a atteint une vraie notoriété.

La Revue Nègre

En 1925, c’est la grande occasion qui va permettre à Joséphine Baker d’entrer dans la légende : le Théâtre des Champs-Elysées, à la recherche de nouveaux spectacles, met sur pied la « Revue Nègre », interprétée par des artistes noirs américains (dont Sidney Bechet), qui apportent à la scène française le jazz, le ragtime et la fougue d’une musique que l’on n’appelle pas encore « afro-américaine ». Joséphine, désireuse de passer au-delà des emplois de girl comique, se laisse convaincre de s’expatrier. Le 2 octobre 1925, la Revue Nègre, mélange d’imagerie coloniale et de folklore américain, signe le début de Joséphine Baker sur une scène parisienne : vêtue d’une ceinture de bananes qui restera légendaire, elle danse de manière frénétique sur un air de Charleston – musique alors largement inconnue en France. La nouveauté totale de cette apparition dans l’événement artistique de 1925 apporte à la chanteuse une célébrité éclatante : elle est aussitôt l’attraction des cercles artistiques et intellectuels parisiens, allant jusqu’à faire figure d’« égérie des cubistes ». La danse extrêmement suggestive – et pour l’époque, à la limite de l’obscène – de Joséphine Baker, sa coupe de cheveux à la garçonne, en font à la fois une sorte d’emblème du féminisme et de la modernité, en même temps qu’un objet scénique résolument non identifié en France.

Les Folies Bergère

Elle se signale également par une vie privée quelque peu mouvementée, qui inspirera à son secrétaire, le futur écrivain Georges Simenon, un roman quelque peu égrillard. La Revue Nègre réalise une tournée européenne, à l’issue de laquelle sa vedette va tout simplement laisser tomber la troupe : Joséphine Baker a en effet décroché un contrat de meneuse de revue aux Folies-Bergère. Désormais star absolue de la scène parisienne, Joséphine se rend célèbre par ses apparitions sur la scène des Folies-Bergère. Représentée sur d’innombrables illustrations (portraits, cartes postales), la star à la ceinture de bananes, désormais plus emplumée au dernier degré, est devenue une image incontournable des Années Folles. Sur les conseils de son manager Giuseppe « Pepito » Abatino, Joséphine Baker entretient sa popularité par une tournée européenne qui suscite quelque controverse du fait des tenues légères de la vedette. Revenue à Paris, elle est engagée comme meneuse de revue au Casino de Paris, où  elle fait sensation en promenant sur scène, en laisse, un impressionnant léopard. Elle s’impose en rivale très sérieuse pour Mistinguett sur la scène parisienne. Parallèlement, Joséphine se diversifie et se lance dans la chanson : la célèbre chanson « J’ai deux amours », composée par Vincent Scotto, est un grand succès de l’année 1931.

Avec Jean Gabin

Passer du statut de danseuse à celui de chanteuse lui permet d’abandonner progressivement celui de «petite sauvage » pour une image de diva plus prestigieuse et gratifiante. Elle tourne plusieurs films, mais se révèle une comédienne assez médiocre : sur le plateau du film Zouzou, pour pallier à ses insuffisances, le metteur en scène Marc Allégret fait la part belle au partenaire de Joséphine, un jeune premier nommé Jean Gabin, qui bénéficiera très nettement de cette exposition. Mais Joséphine Baker va connaître une rude rebuffade en 1936 : désireuse de s’imposer dans son pays natal, elle participe aux Ziegfeld Follies, mais les critiques sont désastreuses. Privée, aux yeux des américains, de l’exotisme qu’elle représente pour les européens, Joséphine n’est plus qu’une «négresse aux dents de lapin» et son accent, devenu hybride après tant d’années à l’étranger, déconcerte quelque peu. Malgré le succès d’un club qu’elle ouvre en parallèle à New York, elle finit par rentrer en France pour un nouvel engagement comme meneuse de revue aux Folies-Bergère. Elle acquiert la nationalité française en épousant Jean Lion, un riche marchand de sucre dont elle se séparera assez rapidement.

La Légion d’Honneur

En 1939, à la déclaration de guerre, Joséphine Baker est engagée comme agent de renseignement, chargée de surveiller la haute société, par les services secrets français. Réfugiée au Maroc durant l’Occupation, elle continue de transmettre des messages, parfois cachés dans des partitions musicales, pour le compte de la France Libre et de l’Armée de l’air. Elle se verra décerner la Légion d’Honneur pour ses services. En 1947, elle épouse le chef d’orchestre Jo Bouillon et achète avec lui un château en Dordogne, le Domaine des Milandes. En 1951, elle obtient enfin le succès dans son pays natal, avec une série de concerts où elle avait exigé que soit autorisée la mixité raciale du public. Très engagée contre les discriminations, Joséphine Baker, fantasque, se laissera cependant aller peu après à des déclarations politiques malencontreuses qui lui fermeront un temps le public des Etats-Unis.

Les Milandes

Joséphine Baker recueille et élève aux Milandes des enfants de toutes origines, qu’elle appelle sa « tribu arc-en-ciel ». Mais le domaine se révèlera malheureusement au fil des années un gouffre financier, où Joséphine Baker engloutira l’essentiel de sa fortune. En désaccord sur la gestion du domaine, Jo Bouillon et son épouse finissent par se séparer. Joséphine multiplie les concerts pour payer ses dettes et renflouer son domaine. Un temps considérée comme has been, elle se produit régulièrement à l’Olympia dans les années 1950-60 et s’impose, diva toujours vaillante, auprès d’une nouvelle génération de spectateurs. Elle obtient un grand succès en 1959 avec la revue Paris mes amours, qui permet à « The Fabulous Joséphine Baker » de retourner se produire aux Etats-Unis. Mais le stress de la gestion des Milandes et l’éducation de ses très nombreux enfants adoptifs a son effet sur la santé de Joséphine, qui ne cesse de se produire à un rythme accéléré pour éviter de devoir vendre son domaine. Elle obtiendra le soutien de personnalités comme Bruno Coquatrix ou Dalida pour maintenir les Milandes à flot mais finira par en être expulsée en 1969. Elle rebondit grâce à son activité artistique : elle se produit à La Goulue, au bal de la Croix-Rouge Monégasque. Avec l’aide de Grace de Monaco, elle s’installe à Roquebrune avec sa tribu. En 1973, elle se produit avec succès au Carnegie Hall de New York. Le 8 avril 1975, elle entame à Bobino, devant un parterre de personnalités et un public venu en masse, un spectacle célébrant ses cinquante ans de carrière. Mais cette apothéose sera brève : le 12 avril 1975, s’étant endormie pour une sieste, elle ne se réveille pas et meurt d’une hémorragie cérébrale. Ses funérailles, suivies par la télévision, attirent un immense cortège.

Diva aujourd’hui statufiée, Joséphine Baker aura contribué à introduire en Europe, de manière fracassante, la musique noire américaine et une forme de sensualité débridée alors inédite pour le grand public. Au-delà de l’image d’Epinal du régime de bananes, Joséphine Baker aura été, plus encore qu’une chanteuse et danseuse excentrique, une authentique personnalité, dont la portée humaine éclipse le mérite artistique. Elle aura été néanmoins au confluent des modes et des imageries, incarnant une vision idéalisée du nègre, puis une nostalgie du glamour hollywoodien, sans cesser avant tout, de représenter jusqu’au bout, un type de femme de spectacle libre et magistral.

Voir encore:

Would the perfect family contain a child from every race?
Josephine Baker thought so – and adopted a ‘rainbow tribe’ of children to prove her point. This is the story of an extraordinary 20th-century experiment
Matthew Pratt Guterl
The Telegraph
19 Apr 2014

Before Josephine Baker was 20 years old, she was a totem of primeval sex. On the high-end stages of Paris, wearing a banana skirt or a ring of palm fronds, she arched, shimmied, twisted and smiled all at once. The “wicked Josephine Baker”, as one writer archly described her, was a “lubricious idol”, the embodiment of “carnal splendour” who “drives males to despair”. The poet EE Cummings, a member of the “Lost Generation” of writers drifting across Europe in the Twenties, remembered her as a “wand of golden flesh” to be loved, loathed and feared. At the peak of this sexualised celebrity, she would stroll down the Champs-Élysées with a cheetah on a leash, two exotic creatures, objects of obsession and dread, spectacularly out of place amid the neoclassical buildings that lined the grand boulevard.

Baker used her race as a fetish to lure white audiences, got rich fast and became a superstar. Late in life, she decided to change her image and change the world. She did something so unexpected and so dramatic that it still resonates today.

In 1953, after a decade of planning, Josephine Baker built a family from scratch. She set out to adopt a cadre of what she imagined as racially diverse children from around the world, bringing them to south-west France in what was the start of an extraordinary experiment. Out of the French countryside, she created a vast theme park-cum-circus – complete with hotels, a collective farm, rides and, of course, singing and dancing – that would focus on the family of the future, which she vaingloriously named the “Rainbow Tribe”. Baker trained the children to be racial exemplars, to represent specific continents, religions and histories. She dispatched them as walking, talking and sometimes costumed icons of racial typecasting, over the sprawling campus surrounding Les Milandes, her name for the 15th-century castle at the centre of this enterprise. And she used them, collectively, as a blunt instrument in her war against racism and prejudice.

No one had seen a black woman adopt a white child before. No one had seen a black woman adopt 12 children. Or raise them in a castle. Or house them in a theme park. Or use them in advertisements. Or portray them as soldiers in a struggle for justice.

In early 1953, Le Monde reported that Baker was on the verge of becoming “the mother of a family of all colours”. Speaking to the press from Monte Carlo, Baker described her new family of adopted children, drawn to France from around the world, but especially from the global south — south-east Asia, north and west Africa, and Latin America. Describing Baker as “an ardent proselyte of the antiracial struggle”, the paper emphasised the political function of the family, noting that the children would be “raised like brothers”, though each would “maintain the language, the dress, the customs and the religion of his/her country”.

“I will make every effort so that each shows the utmost respect for the opinions and beliefs of the other,” Baker claimed. “I want to show people of colour that not all whites are cruel and mean. I will prove that human beings can respect each other if given the chance.”

Baker’s autobiography suggests that the decision to adopt had nothing to do with radical politics, at least at first. As her former husband Jo Bouillon explained later, she was on a tour of the Americas after the war when her quest to have a child came to an end. The tour had been a triumphant return to the stage, and she had danced and sung her way from Argentina to Peru. “I think I’m pregnant, Jo!” she said one day, bursting with excitement. Bouillon, worried about her health, tried to cancel the tour, but Baker, ever the self-sacrificing star, reminded him that “a contract’s a contract” before adding that she felt “marvellous”.

The talk of babies had put Bouillon in a reflective mood. There were so many needy children in the world, he mused. “Why not adopt?” Baker asked, newly pregnant but also plotting her future quest for more. “Why not, chérie,” the agreeable Bouillon responded, saying: “What we can’t manufacture, we’ll find ready made.”

The innocent dream of a fairy-tale prince (or princess) and his adopted sibling, Bouillon tells us, ended in Mexico. There, Baker enjoyed a day of singing with children who were members of a travelling French choir. “That night the pains began,” he remembered, and by morning, “her hopes of motherhood had been destroyed, probably for good”.

By the end of 1953, Baker had settled the first of her children into her restored chateau in Castelnaud-Fayrac. The eager partnership of her husband, the pliant and accompanying bandleader Bouillon, made it easier for her to adopt.

Writing to her friend Miki Sawada in May that year, Baker outlined her plans to visit Japan in July. Sawada had become involved in the care and adoption of war orphans – chiefly mixed-race children, assumed to be outcasts in Japan because of their impure birth – and, in 1948, she founded the Elizabeth Saunders Home, named after an Englishwoman who had served as a governess in her family.

After addressing some logistics of the trip, Baker got to the heart of the matter: she wanted Sawada to find her a son. “I want you,” she said, with great specificity, “to find me a little baby, a pure-bred Japanese, a little boy of two years I can adopt.” She continued: “I will adopt five small boys of two years each,” including a “dark-skinned black” from South Africa, “an Indian from Peru, a Nordic and an Israelite. These small children will be like brothers, live together as a symbol of democracy.”

A short while later, she was in Sawada’s orphanage, surrounded by “children with straight black hair and dancing, slanting eyes”. Drawn to one young child who was “as supple as a little fish”, she asked about his background and was told that he was Korean and had been “found beneath an open umbrella that sheltered him from the elements”. The child, named Akio, was carrying a decorative plaque “engraved with the precepts of Buddhism”. “You won’t regret it,” Sawada told her, endorsing the selection. “He’s a sweet, loving child.”

Then, turning to leave, Baker spied “a grave-face baby” sitting by a tree. “He was tiny, much smaller than Akio, with solemn eyes,” she remembered. Struck by something in the child’s gaze, she announced: “I’ll take him, too.” Named Teruya, he was part Japanese and of the Shinto religion, a complement to the half-Korean, Buddhist Akio. (Once back in France, however, Baker would change his name to Janot, which she found easier to pronounce.)

As she presented the pair to Bouillon at the Souillac rail station, she was asked by her husband: “Which one is it?” “Both,” she answered. “You were right to order a double helping,” Bouillon replied. After taking a moment to catch his breath, he said: “This way we’ll be twice as happy.”

Soon after adopting Akio and Janot, Josephine found herself on a lecture tour in Scandinavia and hoping for a third child. Miraculously, a “towheaded, chubby, pink- and-white baby boy”, in an orphanage, “kicked back his covers and held his arms out to me”. She had good timing, too, she wrote, because it seemed that the boy was only days away from being turned out of the orphanage.

Another child had been saved. Baker renamed him Jarry and had him baptised a Protestant, then brought him back to Les Milandes. She had great plans to educate the children in their native tongues, but that proved difficult. When Jarry was reunited with his Finnish-speaking birth mother years later, they needed to speak through a translator. Baker’s autobiography gives the story of Jarry’s adoption a veneer of truth. His story, though, was messier than she knew.

One-year-old Jarry had been placed in the orphanage as a temporary matter, a consequence of an infant sister at home who was ill. Baker had been guided to the orphanage by a wealthy friend and driven there by Jarry’s birth father, an ambitious chauffeur in the midst of a marital dispute with his wife. “My father arranged everything,” Jarry later said. He tricked his wife into signing release papers for the boy, presented the infant to Baker as an ideal type and pocketed the cash for the transaction. He made sure that young Jarry was in just the right place at just the right time, ready to kick off those covers and hold out those arms. “I leant over the blue-eyed Finn,” Baker remembered, “certain that he was the one.” Hoodwinked to make her “choice”, she had unwittingly stolen away a child.

The creation of such a mixed family required diversity that could be easily seen and understood. This was no time for subtlety or nuance. What Baker needed were representative types, human metaphors who could be displayed together for visual contrast, and whose play together could make a bigger point about common humanity and the roots of racism. “She wanted a doll,” Jean-Claude Baker, a later addition to the Tribe, said.

Soon Luis joined the family from Colombia. Then, in late 1955, the younger Jean-Claude (originally Phillippe) and Moïse arrived. Baker’s original plans had included a Jewish child, and she laboured to procure one, but these plans got scrambled. Bouillon and Baker ultimately adopted a French orphan – “a dark-skinned baby”, Bouillon recalled — assigned him a Jewish identity and named him Moïse.

In 1956, Marianne and Brahim, both from Algeria, arrived. “Look at them, Jo,” Baker exclaimed, composing improbable backstories for them. “He’s a Berber, probably the son of a wet nurse; she undoubtedly is a colonialist’s daughter.” Baker chose to raise one as a Muslim and the other as a Catholic, a perfect example of her use of hardline means to secure utopian ends.

Then Koffi came from Côte d’Ivoire and Mara from Venezuela. Poor Noël, found in a rubbish dump on Christmas Eve, was brought to Les Milandes in 1959. And the last was little Stellina, the child of a Moroccan émigré to Paris, arriving in 1964. All 12 children, in the end, would be stereotypes brought to life. “Akio,” Bouillon later said, summarising the children once they were adults, was a typical Korean, “almond-eyed, sensitive, serious”. Jarry was possessed of “Nordic fairness and stamina”. Jean-Claude (or Phillippe), “our blond Frenchman”, was “blessed with innate equilibrium”. Brahim, “the son of an Arab”, and Marianne, the granddaughter of a pied-noir, captured the two sides at war in Algeria. Luis, the Colombian, was already married with children by that time, a fecund Latin through and through.

The colourful spectacle of Les Milandes was meant to be seen. Outside, Baker built up the grounds, installed car parks, established facilities for guests and set up an advertising campaign. She installed games and rides for children, and inscribed the entire place with her personality and celebrity. The result was an enclosed, self-contained theme park, a vision of an alternate world in which magic and fantasy were real and thematically organised around a positive vision of the racial future.

The entire point of visiting Les Milandes was to see the children. They seemed like outsized Disney characters, performing scripted and rehearsed roles for a public they would never truly meet, escorted around the park by their parents. “We were living in that castle by ourselves, all together,” Jarry said, “and then suddenly everything is open and everyone is on top of my mother and talking to me.”

Visitors came in their thousands, though not, Baker was disappointed to learn, in numbers large enough to ensure the long-term profitability of Les Milandes.

If a family is a collection of individuals, Baker’s assemblage presented itself as something quite distinct. But it also worked differently. “I was one in the family,” Jarry remembered. “There was no independence. It was everybody or nobody.” In Monaco, years after Les Milandes, when the older boys wanted to see a movie, they had to choose a film that would also satisfy five-year-old Stellina.

Baker did nothing to hide her orchestration of their performance from the children. One morning, she brought them into the dorm for a family meeting. “I adopted you because I cannot have children,” she began. “I united all of you,” Jarry recalled her saying, because “in the world they are always fighting between countries and races, coloured, white and black”. Going around the room, she told each child the reason for their adoption, citing abandonment or, in Jarry’s case, the divorce of his parents. “That is why I want you to be a family,” she continued, turning them into stakeholders in her project. “We knew that we were brothers from different countries,” Jarry said. “[We] had the sense that we had to show the world that the union of races, religions, whatever, was possible.”

For Jarry, speaking to the German magazine Der Spiegel in 2009, this meant that the children often felt like “pet monkeys”. Sometimes they would be at the big metal gates of the chateau. Sometimes they would sneak away to a lower tier of the garden, though there was often a wall of faces above, watching and taking pictures. Sometimes they would be with their mother inside the brasserie, greeting their public through a glass door. “We grew in Les Milandes like a regular family,” Jarry said. “We had fights. When you are kid, when you are obliged to do things, you go out with your mother and father, and suddenly you have all these people taking pictures, you get tired.” Being a “family” was one thing, he said, but “show business” was different. At Les Milandes, he said, the family was show business. And it was endlessly tiring.

Most of the children were sent to their homelands after Les Milandes. Koffi’s return to Côte d’Ivoire was supposed to last for two years. Arriving from France, he was labelled a “faux noir”, his only connection to the cultures and peoples of his homeland coming from books. Mara, for his part, had not been back to Venezuela since he was two months old. On the flight to Caracas, Baker explained soberly that if Mara wanted “to stay with them” – with his family – she would understand. Landing at the newly opened La Chinita airport, Mara found the runway mobbed with relatives and friends of relatives. Like Koffi, he walked away from the experience with a profound sense of the vast distance between his life and that of his birth family. He noted the “obvious poverty” of his relatives and his shock at their repeated requests for money. “You can’t blame them,” Baker explained, “they’re desperate.”

Jarry’s story was different. When he was discovered one afternoon in the bathtub with another boy, Baker marched the teenager out in front of the Tribe. Raising the problem of “contamination”, she asked for a family vote on whether he could stay, since queerness was a serious crime for Baker. And then, the court martial complete, she shipped him off to Buenos Aires.

The tumultuous Seventies featured a rebelliousness of affect and aesthetic, slogans and symbols. Knowing this, Baker policed her children’s sexuality, homing in on the clothing, moustaches and long hair of the boys. However, they refused to bend to her will. She imported male authority figures, without any luck. She declined to discuss her own youthful rebellions. She drew lines in the sand, fought for authority on every issue and engaged in extreme parental brinkmanship. And eventually, after one too many arguments and fights, she just plain old “gave up”.

Baker envisioned the family as a United Nations, rich with linguistic, religious, racial and national diversity. Her emphasis was always on extraordinary variety, a diversity that went far beyond skin tone. But by the Seventies, her family was a political liability. Her parenting seemed to trivialise the children, to turn them into rich adornments for their mother. To activists, it was no longer clear what problems were best addressed by the gaudy spectacle of the Rainbow Tribe. The age of idealistic marches was over, and the age of riots, deteriorating cityscapes and white flight had arrived. It wasn’t just that the civil rights consensus had been fractured or that de Gaulle was gone; it was, instead, that the world was drifting toward a future in which Josephine Baker and the Rainbow Tribe seemed like a quaint reminder of the past.

‘Josephine Baker and the Rainbow Tribe’ by Matthew Pratt Guterl (Harvard University Press, RRP £21.95) is available to order from Telegraph Books at £19.95 + £1.35 p&p.

Voir de plus:

Adopting the World

Josephine Baker’s Rainbow Tribe

Merlind Theile

Der Spiegel online

10/02/2009

Long before Angelina Jolie, Mia Farrow and Madonna made headlines with their adoptive families, 1920s star Josephine Baker tried to combat racism by adopting 12 children of various ethnic backgrounds from around the world. Today the members of her « rainbow tribe » are still searching for their identity.

He is trying to describe what it was like to grow up here, to trace the vestiges of his childhood, but not much of that remains in this chateau that was once his home.

Today Akio Bouillon, a slight, affable man of Japanese origin, can only serve as a guide through an exhibit that pays tribute to his dead mother. In the former living room, a dozen of her robes are now displayed on headless mannequins, and in the study lies a semi-nude wax figure of Bouillon’s mother, with a string of flowers draped around the neck. The « banana skirt » that made her famous hangs in a glass case; strips of gold material in the shape of bananas are attached to a narrow belt. His mother was the singer and entertainer Josephine Baker.

Bouillon, her oldest adopted son, turned 57 in July. He walks across creaking floorboards and into Baker’s bathroom, with its black tiles and Dior bottles, and then into a series of rooms filled with photos, posters and her jewelry. Somewhere in this labyrinth is the small room where Bouillon slept as a child. Today, the bed is cordoned off from the hallway with a velvet rope, and a sign admonishes visitors not to touch anything.

He stands in front of the bed, smiles faintly and says that it was a nice childhood, for him and his 11 siblings.

Bouillon points to a poster on the wall, made from an old, black-and-white photo. It depicts little Akio, age 6, smiling at the camera, holding a white cat on his arm.

It is the only image visitors see of Baker’s 12 adopted children, and Bouillon is the only one of them who still travels, once a year, to Château des Milandes in France’s southwestern Périgord region. One of his brothers has already died, and the other 10 siblings avoid the chateau, which was purchased by strangers long ago. They don’t want their photos to be exhibited here. They are tired of being put on display.

Vision of a Better Life

Jarry Baker, the third adopted son, hasn’t been to the chateau in two decades. Now 55, he is a short, blonde man of Finnish descent with reddish cheeks. He moved far away, to New York, because it was the place where he could be himself.

Every day at noon, he takes the train from New Jersey to the Port Authority station in Manhattan, and walks a few blocks to « Chez Josephine » on 42nd Street, where he works as a waiter. The restaurant pays tribute to his dead mother, with pictures, photos and posters on its walls. The restaurant is near Broadway, and many of its customers are artists and gays.

Jarry Baker, who is also gay, likes the place. He was the opposite of what his adoptive mother had expected, and that was his undoing.

Misfortune often begins with visions, and Josephine Baker had her own vision. She did something that many celebrities would later emulate: She adopted children from poor countries to give them the opportunity of a better life.

Adoption is supposed to be an opportunity for children like Maddox, a boy that actress Angelina Jolie adopted in Cambodia, and Mercy, a girl from Malawi the singer Madonna recently adopted after the country’s highest court approved the contested adoption — even though Mercy still has a father in her native village. Madonna told the court that she could offer Mercy a better life — a common argument. The stars want to set an example and use their celebrity status to do good. Sometimes it’s about big ideas, promoting understanding among nations or putting an end to racism.

Looking for a Way Out

Perhaps Josephine Baker began adopting children as a way to compensate for her own unhappy childhood. Her life offered her many reasons to yearn for fame and family. Her mother, a black laundress from St. Louis, Missouri, was impregnated by a white man, and she kept his identity a secret. In the United States in 1906, a relationship, let alone marriage, with Josephine’s father would have been unthinkable.

The mother had three more children and raised them on her own. From the age of eight, Josephine had to work, for example in kitchens where she cleaned and washed dishes. At 11, she witnessed race riots directed against African-Americans in which dozens of people were murdered, the sort of thing that was not uncommon in the southern United States at the time. When she was 13, her mother found her a husband so that she would be taken care of.

But Josephine wanted a way out of her life in St. Louis. She had taught herself to dance and sing as a child, and she wanted to be on stage.

She joined a vaudeville troupe at 14, and at 15 she married her second husband, William Baker, the son of a Philadelphia restaurant owner.

She would later keep his name, because she wanted to be known as Josephine Baker. She worked hard, danced on Broadway and was determined to become a star.

The Lust for Pleasure

In 1926, she bent over in her banana skirt, practically nude, in a revue at the Folies-Bergère in Paris. The audience was ecstatic. It was the roaring 20s, and in Europe’s cities, where people celebrated with abandon, Josephine Baker, as a nude, exotic woman, satisfied their lust for pleasure.

Baker was a sex symbol, a role she relished, sleeping with men and women — thousands, as she would later say. But none of this love-making gave her what she wanted most. She married a third time, but she still couldn’t get pregnant. She was infertile.

She threw herself into her work, discovering a new passion in World War II. She supported the French resistance movement, and was given a uniform and awarded many decorations. By then, Baker was rich and famous, and yet there was still a gaping hole in her life.

The war ended. Baker, now in her 40s, was no longer a sex symbol. She needed a new role. Like Madonna decades later, she felt the need to constantly reinvent herself.

In 1947, Baker married her fourth husband, French orchestra leader Jo Bouillon. She bought a Renaissance castle in Périgord, the Château des Milandes, with more than 30 rooms, surrounded by 400 hectares (1,000 acres) of land.

Fighting Racism

She was practically royalty by then, but she was still black. When she visited the United States, she could only enter some hotels through a back entrance.

She was determined to fight this racism. And now she owned a chateau. A plan began to take shape in Baker’s mind.

In early 1954, she gave a talk in Copenhagen. She wanted to make a gesture of humanity, she said, explaining that she wanted to « adopt five little boys » — one from each continent.

When Baker traveled to Japan in the spring to pick up her first child, Akio had been in an orphanage for 18 months. He had been abandoned in Yokohama shortly after birth, on a rainy day in September 1952. A woman had walked into a small shop carrying a bundle in her arms and asked if she could leave the baby there for a moment so that she could get an umbrella.

Baker adopted Akio and another baby and took them to Château des Milandes, where more than 100 employees were hired to transform the estate into a center of brotherliness, and a place where celebrities and weekend guests could meet. The main attraction would be Baker’s new family, in its splendid array of skin colors. Baker called the family her « Rainbow Tribe. » It was front-page news.

In that same year, she adopted her third child, a 12-year-old Finnish boy from Helsinki with pale skin and light-blonde hair. His name was Jari, but he would later call himself Jarry after she rejected him.

Child number four was a black baby from Columbia. Child number five: a white baby from France.

Growing Family

Baker’s husband, Jo Bouillon, managed her affairs at Les Milandes and struggled to raise the children. His wife was constantly on tour, bringing home a new child from practically every trip. But she was only interested in adopting boys, fearing that romantic attachments could develop between the children.

Then, in 1956, came the sixth and seventh children: a male baby and the first female infant, both from Algeria.

Enough, Bouillon told his wife. Who is going to raise them all? he asked.

A rotating assortment of nannies looked after the children until Baker fired them. She would occasionally storm around the estate, furiously ordering gardeners to replant shrubs, only to slap them afterwards for having done so. She redecorated the chateau, hosted wild parties and took off again.

Child number eight, a white boy from France, arrived in 1957. Baker told the press that he was from Israel. She had been missing a Jew in her tribe.

Demanding Affection

In photos taken at the time, the chateau looks more like an orphanage than a real home. The children slept in a room in the attic, in eight small beds lined up in a row. Whenever Baker returned home, even if it happened to be at 3 a.m., she would wake the children and demand affection.

Jari, the Finn, was a quiet boy, but Akio, the eldest, was the quietest of them all, not speaking at all until he was four.

Today, he knows quite a lot about the trauma of adopted children, and about the special care they need, especially if they are from faraway countries. They are doubly homeless from the beginning, not knowing where they belong, and some crumble under the strain. They are more susceptible to addiction and emotional disorders than children who grow up with their biological parents.

Every adopted child needs the full attention of his or her new parents. By this time, Baker had eight children, and there were more to come.

The ninth child, a black baby from the Ivory Coast, came in 1958.

A Dream Childhood?

On the surface, the children seemed to have a dream childhood. They were living in a castle, like children in a fairy tale. They played with knights’ armor tucked into nooks along the spiral steps to the tower, romped in the gardens, built tree houses and frolicked with the dogs. Akio remembers that he and his brothers often caught flying beetles and tied them to strings to keep them from flying away. The children carried them around like balloons.

Every year at Christmas, the presents were piled high to the ceiling in the castle. Monstrous, says Jarry. It was Baker’s way of showing affection for the children. Their duty, in return, was to allow themselves to be shown off to the public.

On the occasional Sunday when she was there, Baker would dress the children in white and have them line up in the courtyard, where tourists and the press were waiting behind a fence to take pictures. Jarry says that he and the other children sometimes felt like pet monkeys.

Child number 10, a small indigenous boy from Venezuela, came in 1959. The global mother needed to complete her collection.

Financial Ruin

Today there are regulations governing international adoptions. Before a child is given up for adoption, authorities must verify that all options to keep the child from being removed from the country have been exhausted. This is always seen as the better solution.

The situation was different half a century ago. Besides, Baker was a star. She had influential friends, like Princess Grace of Monaco, and she had money. Not all of her children were orphans. In some cases, she simply bought babies from their destitute parents. For example, to adopt blonde Jari, the diminutive Finn, she simply paid his parents in Helsinki a few thousand dollars and the deal was sealed.

In 1960, she got child number 11: a white infant from France.

It had all become too much for Baker’s husband. After years of her escapades and their arguments, Bouillon left the chateau, and in 1963 he moved to Buenos Aires. Without him and his business acumen, the estate was doomed to financial ruin. The children lost their father figure, the only person who had given them some structure in Baker’s chaotic world.

In 1964, child number 12, the last child, was acquired: a little girl from Morocco.

Vacations with Castro

Baker traveled the world with the children. They met the pope and vacationed with Cuban leader Fidel Castro.

The situation at the chateau spun out of control. All the employees, private tutors, monkeys and other animals she had acquired were eating up Baker’s fortune. She managed to fend off bankruptcy for a few more years, stubbornly living her dream, an aging regent who tolerated no back talk and treated the children like subjects.

She wrote reports about them, described their characters in detail and drafted plans for their future. Akio was to become a diplomat, Jari a hotelier. Another child was supposed to be a doctor. But none of them were to be artists. She even banned music instruction. After they had received their education and training, the children were to return to the countries where they had come from and make themselves useful there, as Baker’s envoys and as the loyal executors of her ideas.

None of the children stuck to the plan.

Teenage Rebellion

They rebelled when they reached puberty. Baker had acquired 10 sons, with only seven years separating the youngest and the oldest, and they turned into a horde of hyperactive teenagers — going out at night, falling in love, staying away for days at a time, rattling around the neighborhood on their mopeds, getting drunk, taking drugs, stealing and wearing hippy clothes that their mother didn’t like. But her slaps no longer intimidated them. They were as wild and unruly as a pack of young wolves, and Baker had little experience as a mother.

She lost the chateau in 1969, and when she refused to leave she was carried out against her will. She sat on the steps in the rain for two days, covered with only a plaid wool blanket. The photo quickly appeared in newspapers around the world.

The children went to boarding schools or, like Akio and Jari, moved to Buenos Aires to live with their adoptive father, whose surname most of them have kept. Akio had a falling out with his mother a few months before Baker’s sudden death in 1975. His Christmas present had arrived too late, causing an argument that the two would never resolve. Akio was the only child not to attend the funeral in Monaco, which was hosted by Princess Grace.

‘Nobody’s Perfect’

Akio now lives in an apartment building on the outskirts of Paris, works in a bank, smokes large numbers of cigarillos and likes to watch animated films. He relates information about streets and squares as we walk through the city. He often walks around aimlessly, without any destination in mind, he says.

And he is often alone. He was in a relationship with an alcoholic for 15 years, until she finally left him, and he has been single since then. He knows nothing about his Japanese mother. Baker wanted to make sure that the children would never search for their biological families, and in some cases she even withheld information.

A Japanese journalist who recently investigated Akio’s story found the woman who had worked in the small shop in Yokohama where he was left as a baby in 1952. He gave Bouillon the information and suggested that the woman might know something about his biological mother. All he had to do was contact her, perhaps by writing her a letter. Bouillon has been carrying around the address for a year now. He says he doesn’t know how to begin the letter.

Did Baker do the right thing? « She was a great artist, and she was our mother, » says Akio Bouillon. « Mothers make mistakes. Nobody’s perfect. »

Bouillon says that his mother proved that people of different skin colors could live together as equals. « I love my brothers and sisters, » says Bouillon. They all keep in touch by telephone. He says he feels closest to Jarry, because they were together when their adoptive father died in 1984.

Ordinary Lives

The last time all 12 children were together in one place was in 1976, shortly after the death of their famous mother. Even in the last year of her life, Baker, to earn money, performed on a Paris stage, wearing a sequined dress and a towering feather headdress.

The children never wanted to be celebrities. They live ordinary lives — working as gardeners, greengrocers or insurance agents. Child number eight died of cancer 10 years ago. Child number 11 became schizophrenic and now lives in an institution. Some of the siblings married and had children, while others remained single.

None of them adopted children.

« We are completely normal people, » says Akio Bouillon. He and his siblings want to feel like a family, not a project.

Media Spotlight

Sometimes Bouillon flips through magazines and sees the photos of today’s rainbow tribes, of Madonna with her children from Malawi, of Brad Pitt and Angelina Jolie, traveling around the world with their six small children and their nannies, in the glare of the media spotlight. But he doesn’t feel taken aback by the images. In fact, they make him feel proud.

« It’s great, » he says. « These stars are following in my mother’s footsteps. » Of course, he adds, the paparazzi are a problem, as is their constant quest for pictures of the children. But when Jolie adopts a baby from the Third World, says Bouillon, there is also a higher principle at work. « When these children grow up, they’ll understand. »

Bouillon feels that his adoptive mother made a great and enduring contribution, and that our impression of Josephine Baker should not be clouded by her weaknesses. She was, as he says, a child of her time, a time when even stricter morals applied. That helps to explain why she and Jari didn’t get along, he says.

The Banished Son

Jarry Baker is sitting in Chez Josephine in New York, talking about his dead mother, a subject that makes him visibly uncomfortable. Although it is still morning and the air-conditioned room is cold, Baker’s cheeks are flushed and his hands are trembling.

« She was too possessive, » he says. « We weren’t allowed to develop the way we wanted to. » He knew he was gay by the time he was seven or eight. When Jari was 15, Baker caught him in the bathtub with another boy. She called together the family, reprimanded him in front of everyone else and sent him to live with his father in Buenos Aires. She was afraid that he could infect his brothers.

Josephine Baker — the bisexual revue star, darling of gays and drag queens, civil rights activist — banished her son because he loved men.

When asked whether he has forgiven her, Jarry Baker waves his hand dismissively and says: « Yes, who cares. She didn’t want us to grow. Maybe she was afraid that we would out-grow her. » At times he seems almost thankful for having been rejected by his mother. « It was like being liberated. »

Caught in Baker’s Shadow

In New York, restaurateur Jean-Claude Baker gave him a job and a place to stay. Most of all, Jarry was now living somewhere where he could openly kiss his lover on the street. He doesn’t mind working in the restaurant, says Baker. In fact, he says, he is pleased that the owner is preserving Josephine’s memory.

Jean-Claude Baker, 66, was one of Josephine’s companions — a gay man, like many of her friends. They performed together in the last years of her life. She called him her 13th child; he took on her name. But the two had a falling-out before her death.

He still lives in her world today. He has named his restaurant after her and decorated it with images of her. He has also written the most detailed biography of Baker to date. Like many who were very close to her, he seems caught in her shadow.

Child of a Rainbow Tribe

On a hot Sunday in July in New York, the city’s annual Gay Pride Parade slowly makes its way south along Fifth Avenue. At the front of the parade are lesbians on their Harleys, followed by gay police officers, firefighters and doctors, and above it all flies the rainbow flag, the symbol of the gay and lesbian movement.

Jarry Baker, the child of a rainbow tribe, stands on the sidewalk with a flag in his hand. He likes watching the parade — not every year, as he did at the start, but once in a while. He watches the floats, listens to the music and waves to the hooting, beaming parade-goers as they pass by.

He doesn’t know how much longer he will stay in New York. He says he would like to move to Australia or New Zealand and set up a farm. Then he says that he’d like to return to Argentina. And then, later, he says that he feels very comfortable in Finland, where he has family.

A Finnish journalist tracked down Jarry Baker’s mother and his siblings and flew with him to Helsinki. It was 14 years ago. Jarry says that they got along marvelously, and that he felt close to them. He has visited them twice since then. Three visits in 14 years.

The last of the floats pass by. « Those people look so happy, » says Jarry Baker, as he stands on the sidewalk, looking down the street at the parade, waving his rainbow flag.

Translated from the German by Christopher Sultan

Voir encore:

Josephine Baker’s Rainbow Tribe

To prove that racial harmony was possible, the dancer adopted 12 children from around the globe—and charged admission to watch them coexist.

Rebecca Onion
Slate
April 18 2014

Beginning in 1953, almost 30 years after her first successful performances on the Paris stage, the singer and dancer Josephine Baker adopted 12 children from different countries, ranging from Finland to Venezuela. She installed what she called her “Rainbow Tribe” in a 15th-century chateau in the South of France and charged admission to tourists who came to hear them sing, to tour their home, or to watch them play leapfrog in their garden.

This little-known chapter in Baker’s life is an uncomfortable one. “I would begin to tell the story of Josephine Baker, and people would start to laugh,” says Matthew Pratt Guterl, the author of a new book on Baker’s later life, Josephine Baker and the Rainbow Tribe. “And I would start to wonder what that laughter signified.” Guterl, a professor of Africana studies and American studies at Brown University, has in essence written two books in one: the story of Baker’s family, and a meditation on the meaning of that laughter.

Baker was born in St. Louis but moved to France in 1925. Her danse sauvage, famously performed in a banana skirt, brought her international fame. During World War II, she worked for the Red Cross and gathered intelligence for the French Resistance. After the war, married to her fourth husband, Jo Bouillon, she struggled to conceive a child. Meanwhile, her career waned. Guterl’s book is about this period of Baker’s life, as she built her large adopted family, became ever more active on behalf of the nascent civil rights movement in the United States, and re-emerged into fame.

Baker purchased her estate, known as Les Milandes, after marrying Bouillon in 1947. In addition to the chateau, the property boasted a motel, a bakery, cafés, a jazz club, a miniature golf course, and a wax museum telling the story of Baker’s life. As Guterl makes clear, the place was over-the-top, but its ostentation was a political statement. Les Milandes, with its fairy-tale setting, announced to the world that African-American girls born poor could transcend nation and race and find wealth and happiness.

At the center of the attractions were Baker’s adopted children, from Finland, Japan, France, Belgium, Venezuela. During their school-age years, the 10 boys and two girls grew up in public. Just by existing as a multiracial, multinational family, they demonstrated Baker’s belief in the possibility of equality. They sang songs for paying visitors, appeared in print advertisements, gave interviews to curious press, and played in a courtyard in full view of what Guterl describes as “a wall of faces, watching and taking pictures.”

You can see why this chapter of Baker’s story provokes laughter. First, there’s a deep discomfort at her unapologetic marshaling of children to act out her own utopian racial narrative. Second, we think we understand what’s going on here; we see early incarnations of celebrity eccentricities from our own time. In the big adoptive family, we see Angelina or Madonna; in the celebrity theme park, we see Michael Jackson’s Neverland Ranch. “The language of the strange and famous is readily available to us,” Guterl writes in the book’s prologue. “This same easy familiarity makes it harder to understand Les Milandes, not easier, because we rarely allow celebrity egocentrism to be serious or important.”

What would the Rainbow Tribe look like if we took it seriously? Guterl steps back, seeing the Tribe from Baker’s point of view. Baker was always an activist, wielding her international fame in the service of the civil rights movement in the United States. When she visited the States in the 1950s, she demanded that she be allowed to stay at the best hotels and play to integrated audiences.

Another bit of context: The Rainbow Tribe wasn’t the first, or the only, project of its kind. As Guterl notes, large, public, transracial families were a Cold War phenomenon in the United States. At a time when Americans worried about spreading communist influence in Asia, Africa, and Latin America, these “U.N. families,” featuring members from all continents, showed that “everyone, really, could be brought into the Western system.”

Guterl points to 1951 Life magazine coverage of the family of Helen and Carl Doss, a religious couple who adopted nine children, many of whom were from Asian countries; the story of the novelist Pearl S. Buck, who adopted seven children of different races and became a public advocate for interracial adoption; even the early history of the infamous Rev. Jim Jones, who adopted an interracial group that he nicknamed the Rainbow Family and that formed the core of his utopian cult.

Like these groups, Baker’s Rainbow Tribe was the product of careful planning for symbolic value. Children were renamed and raised in different religious traditions so they could be more typical of the racial and national types that Baker had decided should be represented in the Tribe. Some kids received new backstories. Baker wanted an Israeli child, but the Israeli welfare minister refused (telling her, “We cannot sanction taking a child away from Israel when great efforts are being made to bring children to Israel”). Undaunted, Baker adopted a French orphan, named him Moïse (French for “Moses”), and decided that he would be raised Jewish.

By dressing the children up in strong national, ethnic, and religious identities, Baker could make a political point about the human capacity to get along despite differences. In reading the historical record—Baker’s correspondence, contemporary media coverage, other documentation—Guterl found it hard to discern the children’s individuality. “Their voices were significantly less important,” he writes, “than their performance as an ensemble, their presentation as part of a single object.”

The performance was difficult to sustain, however. As her adoptive children aged, Baker ran out of money and was forced to sell Les Milandes. The last few chapters of Guterl’s book, which tell the story of what happened to the Tribe as they grew older, are tinged with tragedy. Baker struggled with health problems and became less relevant to the American civil rights movement as it moved into high visibility in the late 1960s. She still performed, but any kind of rigorous schedule was a strain, and her career couldn’t generate enough money to sustain the large family she had created.

As Baker’s finances crumbled, she moved the Rainbow Tribe to Monaco to live in a less grand home paid for by Baker’s friend and patron Princess Grace. Here the kids, now entering their teenage years and, in some cases, chafing at their public lives, began to resist Baker’s authority. Baker looked for ways to farm the children out to others. Bouillon, Baker’s husband at the time of the adoptions, was now her latest ex; some of the kids went to live with him. Others went to boarding schools. Baker sent a small group—including Marianne (adopted from France), whose teenage love affairs drove Baker to distraction—to live with a longtime Baker fan in the U.K. In perhaps the saddest and most puzzling outcome, when Baker found out that Jarry (adopted from Finland) was gay, she chastised him in front of his siblings before sending him away to live with Bouillon in Buenos Aires.

But Guterl’s is not a book to read if you want to revel in the downfall of what seems like an ill-conceived experiment. The author, who told me that he grew up in a large, multiracial adopted family himself, is close to the subject matter. “This was a very hard book to write,” he told me. While Guterl did interview three members of the Tribe, he resists offering up all of the gory details.

In Guterl’s book, and in other interviews they’ve given, the grown-up adoptees generally remember their childhoods at Les Milandes with fondness. As for their relationships with their mother, they are reluctant to comment. Interviewed by Der Spiegel in 2009, Jarry said, “She was too possessive. We weren’t allow to develop the way we wanted to.” Akio (adopted from Japan) offered a more charitable assessment: “She was a great artist, and she was our mother. Mothers make mistakes. Nobody’s perfect.”

Voir enfin:

(1963) Josephine Baker, “Speech at the March on Washington”
Josephine Baker is remembered by most people as the flamboyant African American entertainer who earned fame and fortune in Paris in the 1920s.  Yet through much of her later life, Baker became a vocal opponent of  segregation and discrimination, often initiating one-woman protests against racial injustice.  In 1963, at the age of 57, Baker flew in from France, her adopted homeland, to appear before the largest audience in her career, the 250,000 gathered at the March on Washington.  Wearing her uniform of the French Resistance, of which she was active in World War II, she was the only woman to address the audience.  What she said appears below.

Friends and family…you know I have lived a long time and I have come a long way.  And you must know now that what I did, I did originally for myself.  Then later, as these things began happening to me, I wondered if they were happening to you, and then I knew they must be.  And I knew that you had no way to defend yourselves, as I had.

And as I continued to do the things I did, and to say the things I said, they began to beat me.  Not beat me, mind you, with a club—but you know, I have seen that done too—but they beat me with their pens, with their writings.  And friends, that is much worse.

When I was a child and they burned me out of my home, I was frightened and I ran away.    Eventually I ran far away.  It was to a place called France.  Many of you have been there, and many have not.  But I must tell you, ladies and gentlemen, in that country I never feared.  It was like a fairyland place.

And I need not tell you that wonderful things happened to me there.  Now I know that all you children don’t know who Josephine Baker is, but you ask Grandma and Grandpa and they will tell you.  You know what they will say.  “Why, she was a devil.”  And you know something…why, they are right.  I was too.  I was a devil in other countries, and I was a little devil in America too.

But I must tell you, when I was young in Paris, strange things happened to me.  And these things had never happened to me before.  When I left St. Louis a long time ago, the conductor directed me to the last car.  And you all know what that means.

But when I ran away, yes, when I ran away to another country, I didn’t have to do that.  I could go into any restaurant I wanted to, and I could drink water anyplace I wanted to, and I didn’t have to go to a colored toilet either, and I have to tell you it was nice, and I got used to it, and I liked it, and I wasn’t afraid anymore that someone would shout at me and say, “Nigger, go to the end of the line.”  But you know, I rarely ever used that word.  You also know that it has been shouted at me many times.

So over there, far away, I was happy, and because I was happy I had some success, and you know that too.

Then after a long time, I came to America to be in a great show for Mr. Ziegfeld, and you know Josephine was happy.  You know that.  Because I wanted to tell everyone in my country about myself.  I wanted to let everyone know that I made good, and you know too that that is only natural.

But on that great big beautiful ship, I had a bad experience.  A very important star was to sit with me for dinner, and at the last moment I discovered she didn’t want to eat with a colored woman.  I can tell you it was some blow.

And I won’t bother to mention her name, because it is not important, and anyway, now she is dead.

And when I got to New York way back then, I had other blows—when they would not let me check into the good hotels because I was colored, or eat in certain restaurants.  And then I went to Atlanta, and it was a horror to me.  And I said to myself, My God, I am Josephine, and if they do this to me, what do they do to the other people in America?

You know, friends, that I do not lie to you when I tell you I have walked into the palaces of kings and queens and into the houses of presidents.  And much more. But I cold not walk into a hotel in America and get a cup of coffee, and that made me mad.  And when I get mad, you know that I open my big mouth.  And then look out, ‘cause when Josephine opens her mouth, they hear it all over the world.

So I did open my mouth, and you know I did scream, and when I demanded what I was supposed to have and what I was entitled to, they still would not give it to me.

So then they thought they could smear me, and the best way to do that was to call me a communist.  And you know, too, what that meant.  Those were dreaded words in those days, and I want to tell you also that I was hounded by the government agencies in America, and there was never one ounce of proof that I was a communist.  But they were mad.  They were mad because I told the truth.  And the truth was that all I wanted was a cup of coffee.  But I wanted that cup of coffee where I wanted to drink it, and I had the money to pay for it, so why shouldn’t I have it where I wanted it?

Friends and brothers and sisters, that is how it went.  And when I screamed loud enough, they started to open that door just a little bit, and we all started to be able to squeeze through it.  Not just the colored people, but the others as well, the other minorities too, the Orientals, and the Mexicans, and the Indians, both those here in the United States and those from India.

Now I am not going to stand in front of all of you today and take credit for what is happening now.  I cannot do that.  But I want to take credit for telling you how to do the same thing, and when you scream, friends, I know you will be heard.  And you will be heard now.

But you young people must do one thing, and I know you have heard this story a thousand times from your mothers and fathers, like I did from my mama.  I didn’t take her advice.  But I accomplished the same in another fashion.  You must get an education.  You must go to school, and you must learn to protect yourself.  And you must learn to protect yourself with the pen, and not the gun.  Then you can answer them, and I can tell you—and I don’t want to sound corny—but friends, the pen really is mightier than the sword.

I am not a young woman now, friends.  My life is behind me.  There is not too much fire burning inside me.  And before it goes out, I want you to use what is left to light that fire in you.  So that you can carry on, and so that you can do those things that I have done.  Then, when my fires have burned out, and I go where we all go someday, I can be happy.

You know I have always taken the rocky path.  I never took the easy one, but as I get older, and as I knew I had the power and the strength, I took that rocky path, and I tried to smooth it out a little.  I wanted to make it easier for you.  I want you to have a chance at what I had.  But I do not want you to have to run away to get it.  And mothers and fathers, if it is too late for you, think of your children.  Make it safe here so they do mot have to run away, for I want for you and your children what I had.

Ladies and gentlemen, my friends and family, I have just been handed a little note, as you probably say.  It is an invitation to visit the President of the United States in his home, the White House.

I am greatly honored.  But I must tell you that a colored woman—or, as you say it here in America, a black woman—is not going there. It is a woman.  It is Josephine Baker.

This is a great honor for me.  Someday I want you children out there to have that great honor too.  And we know that that time is not someday.  We know that that time is now.

I thank you, and may god bless you.  And may He continue to bless you long after I am gone.

Sources:

Stephen Papich, Remembering Josephine (New York: The Bobbs-Mererill Company, Inc.: 1976), 210-213.

– See more at: http://www.blackpast.org/1963-josephine-baker-speech-march-washington#sthash.uepYA0eM.dpuf

Voir par ailleurs:

Raciste, « Exhibit B » ? Visite guidée d’une œuvre controversée

L’oeuvre de Brett Bailey sur le colonialisme et les zoos humains fait polémique. Mercredi soir, au 104, les spectateurs ont ressenti une véritable gifle.
L’Obs

11 décembre 2014

Ce soir, je suis « Numéro 16″. Comme les autres spectateurs d' »Exhibit B », le spectacle du sud-africain Brett Bailey sur le thème des zoos humains et du colonialisme, je suis devenue un chiffre le temps de la représentation. En silence, j’attends que l’on me convoque pour découvrir l’oeuvre – accueillie au Centquatre du 7 au 12 décembre – qui a fait l’objet de nombreuses critiques et fantasmes depuis son retour en France fin novembre. Une œuvre qualifiée de raciste à l’encontre de la communauté noire, par ses détracteurs, qui ont vainement tenté d’obtenir son interdiction en justice.

Le dispositif de sécurité déployé à l’entrée du Centquatre depuis le début des représentations – en concertation avec la préfecture de police de Paris – plonge le spectateur dans une ambiance anxiogène avant même qu’il ne mette un pied dans l’espace culturel du XIXe arrondissement. Quatre personnes se relayent pour amener le public de la grille d’entrée jusqu’au sous-sol, où a lieu la représentation. Il faut alors se séparer de ses affaires au vestiaire et passer par un détecteur de métaux, semblable à ceux que l’on trouve dans les aéroports.

Derrière, un petit groupe d’une vingtaine de personnes attend les instructions dans la froideur d’une pièce tout en béton. « Sur chaque chaise il y a un numéro. Asseyez-vous sur une chaise et attendez que l’on appelle votre numéro. » J’avance à tâtons dans un bunker obscur, prête à découvrir cette œuvre. L’expérience commence.

« Vous ne pourrez pas revenir en arrière »
La voix solennelle, une femme d’une trentaine d’années, explique à un public intimidé le déroulement de la représentation.

Ne faites pas attention à la personne qui se tiendra derrière vous. Vous pouvez prendre tout le temps qu’il vous faudra. Seul contrainte : vous ne pourrez pas revenir en arrière. »
Le spectateur-numéro évolue à son rythme de performance en performance dans une lumière tamisée. Chaque « tableau vivant » est pensé comme une oeuvre à part entière, racontant les corps d’hommes et de femmes meurtris par l’histoire.

Larmes, visages figés, malaise
La première performance frappe comme une gifle. Sur la droite, dès l’entrée, un homme et une femme sont mis en scène, immobiles, parmi des têtes d’animaux empaillés. Leur regard glaçant, presque défiant, est difficilement soutenable.

Arrivée à la troisième installation vivante, une spectatrice d’une trentaine d’années a les larmes aux yeux. A chaque ligne descriptive qu’elle lit devant l’œuvre, l’effroi fige un peu plus son visage. La violence du silence des acteurs contraste avec les horreurs décrites sur les pancartes.

Parfois même deux mots suffisent. « #Objet trouvé », peut-on sobrement lire devant une performance d’une femme assise sur une chaise, les mains sur les genoux, le regard toujours transperçant.

Les spectateurs sont muets eux aussi, comme abasourdis par ce qu’ils voient.

Une dizaine de performances s’enchaînent sans que l’on puisse s’y habituer. Chaque instant passé devant un acteur est un échange. Certains restent même des dizaines de minutes devant une performance, qu’ils finissent par quitter douloureusement. Des chants namibiens interprétés par des acteurs, invisibles jusqu’à la dernière pièce, occupent l’espace sonore.

Les Noirs ne sont pas en cage
Au fur et à mesure que l’on découvre « Exhibit B », les arguments avancés par ses détracteurs s’effondrent. L’esthétisme de l’oeuvre ne laisse aucun doute sur l’aspect artistique du travail de Brett Bailey, à 1.000 lieux de celui d’un historien.

Pas une seule cage, si ce n’est un grillage ouvert qui entoure le spectateur sur une des performances. Pas d’approximation historique non plus, mais des panneaux explicatifs qui replacent chaque oeuvre dans son contexte. Les Noirs d' »Exhibit B » ne sont pas des sous-hommes mis en cage et réduits au silence. Les acteurs incarnent ces corps autrefois meurtris et déshumanisés, avec une présence telle, qu’il est impossible de considérer qu’ils puissent êtres passifs.

D’ailleurs, s’ils sont silencieux durant la représentation, ils expriment à l’écrit leur démarche artistique, leur analyse de l’oeuvre et les raisons qui les ont poussé à jouer pour « Exhibit B », sur des feuilles disposées dans la pièce qui clôture la représentation. Les descendants des colonisés ne sont pas privés de leur histoire, mais ont au contraire une opportunité de l’incarner pour mieux en mesurer le poids. «  »Exhibit B » est un processus de guérison », explique un acteur noir.

Le spectateur, resté à son tour silencieux pendant toute la performance, peut aussi s’exprimer à la fin du spectacle. Dans la même salle, les visiteurs se servent en papier et en stylos pour laisser couler leur pensée librement et anonymement. « Pour la première fois je me suis rendue compte de la souffrance causée », peut-on lire sur une des feuilles.

Il faut voir « Exhibit B » avant de prendre position
A la sortie, les spectateurs restent muets pendant plusieurs secondes, incapables de verbaliser l’expérience qu’ils viennent de vivre. Après avoir repris leurs esprits, un petit groupe débat. Ils ont entre 13 et 25 ans et font partis du conseil local des jeunes d’Aubervilliers. Tous sont touchés et émus par ce qu’ils viennent de voir.

« Moi qui suis Sri Lankaise d’origine, je suis choquée d’avoir vu le nom d’un Sri Lankais dans la liste des esclaves tués », raconte Subhatha T., une lycéenne de 18 ans.

L’apartheid : on a un petit peu étudié ça en anglais. Mais là c’est différent, on se rend vraiment compte que ça a existé. On se retrouve dans des conditions proches du réel », explique Sheima, 16 ans.
« J’ai appris beaucoup de choses et puis ce n’est pas une question de blanc ou noir, c’est universel », renchérit Samy 24 ans. Le jeune homme considère qu’interdire ce spectacle reviendrait à se voiler la face.

Clément, un graphiste breton de 29 ans venu avec des amis, reconnait avoir ressenti une gêne :

Je me suis positionné en Blanc. J’avais honte. »
« Le spectacle m’a dérangée », affirme quant à elle Khadi Cissaka, une étudiante en marketing et négociations de 21 ans. La jeune femme ajoute :

En tant que Noire, on a du mal à se dire que l’on a fait l’objet d’études destinées à prouver que l’on était moins intelligents que les Blancs. Que l’on a été déshumanisés à ce point. »
« Je comprends les détracteurs », poursuit Khadi. « Moi-même j’y allais avec un peu d’appréhension. Mais je suis partie du principe qu’il fallait que je voie l’oeuvre avant de me rallier à une cause ». L’étudiante conclut :

Je ne pense pas que ceux qui sont contre « Exhibit B » puissent le rester une fois sortis de l’exposition. »

Voir encore:

Edinburgh’s most controversial show: Exhibit B, a human zoo
South Africa’s fearless theatre-maker Brett Bailey has made a career out of tackling the most difficult aspects of race. His new show features black people in cages, in reference to real 19th-century human zoos – and even some of the performers are uneasy about it
Brett Bailey human zoo show Exhibit B

John O’Mahony

The Guardian

11 August 2014

It’s the first Edinburgh rehearsal of Exhibit B and there’s mutiny in the air. The work, a highly controversial installation by the South African theatre-maker Brett Bailey, is based on the grotesque phenomenon of the human zoo, in which African tribespeople were displayed for the titillation of European and American audiences under the guise of “ethnological enlightenment”.

The zoos, which blossomed in the 19th century and continued right up to the first world war, sometimes took place in entirely transplanted tribal villages, but also in the freak show context of local fairs, where the infamous Hottentot Venus, as Sara Baartman was called, was poked and gawked at because of her large buttocks and “exotic” physical form. Perhaps the most extreme case was that of the Congolese pygmy Ota Benga who, in 1906, was put on display at the Bronx zoo in New York alongside the apes and giraffes. Bailey’s installation aims to subvert the premise of the zoos by replacing its exhibits with powerful living snapshots depicting racism and colonialism: a black woman chained to the bed of a French colonial officer; a Namibian Herero woman scraping brain tissue out of human skulls; the slowly revolving silhouette of Baartman.

The only problem is that the young black performers, cast locally at every stop along the tour, aren’t quite getting it. “How do you know we are not entertaining people the same way the human zoos did?” asks one. “How can you be sure that it’s not just white people curious about seeing black people?” adds another. As the temperature in the room begins to rise, the group cries out in unison: “How is this different?”

As a director who has courted controversy at almost every step of his career, Bailey is no stranger to this kind of confrontation. A white South African from an affluent background, his only early contact with his black countrymen was as servants. But after the collapse of apartheid in 1994, he trekked off alone into the rural Xhosa villages where Nelson Mandela had grown up. Living for three months among sangoma shamans, he drew on African ritual and music as the inspiration for his first works: Ipi Zombie, in 1996, based on a witchhunt that followed the death of 12 black schoolboys in a minibus crash; and iMumbo Jumbo, a year later, about the quest of an African chieftain to recover the skull of his ancestor from a Scottish trophy-hunter.

His 2001 work Big Dada, which drew comparisons between the regimes of Robert Mugabe and Idi Amin, marked a shift into darker, grainier territory; and in 2006, with the unflinching Orfeus, he bussed his audience off to a post-colonial underworld of sweatshops and human trafficking. That was when he began to shun conventional spaces. “Theatres feel to me pretty antiseptic,” he says. “Working in a deserted factory or a Nazi concentration camp, the associations are deeper and wider.”

All this has led to a reputation as “Africa’s most fearless theatre-maker”, and eventually to Exhibit B, which will fill the vast cloistered space of the Edinburgh University library, not just with searing visions of past racism, but also with contemporary tableaux that Bailey calls “found objects”. These are representations of refugees and asylum-seekers that link today’s “deportation centres, racial profiling and reduction of people to numbers” to the dehumanising ethos of the human zoos.

Already seen in various European capitals, the work has proved incendiary, particularly in Berlin, where it caused fury among leftwing anti-racism campaigners, who questioned the authority of a white director to tackle the story of black exploitation. Bailey seems to relish the entire spectrum of reaction: “I’m creating a journey that’s embracing and immersive, in which you can be delighted and disturbed, but I’d like you to be disturbed more than anything.”

Back in the rehearsal room, sporting a striped beanie hat and a very pointy, ginger-flecked beard, the director looks somewhere between a new-age wizard and a children’s TV presenter. His entrance is suitably dramatic, sweeping into the room unannounced to fix each performer in turn with a gimlet-eyed gaze. There follows a gruelling programme of psychological exercises to perfect the show’s single dramatic device: the steely stare that each performer locks on to the spectator. “It’s very difficult to get it right,” he explains. “The performers are not asked to look with any anger at all. They must work with compassion.”

All the while, Bailey is an uneasy, almost abrasive presence, making unhelpful comments about the revealing nature of the costumes and spouting the n-word provocatively in his clipped South African intonation. “He’s a badass! He gets it done,” says Cole Verhoeven, a previous performer, hinting that his spikiness may be a strategy to weed out the non-committal. “His intention is clear. And our intentions had to be clear in order to do the work with any authenticity.”

But when one of the female performers breaks down in tears due to the intensity of the process, Bailey is quick to move in with gentle reassurance. And as the mutinous insubordination and squabbling reach fever pitch, his response is firm and decisive. “What interests me about human zoos,” he tells the group, “is the way people were objectified. Once you objectify people, you can do the most terrible things to them. But what we are doing here is nothing like these shows, where black people were brought from all over Africa and displayed in villages. I’m interested in the way these zoos legitimised colonial policies. But other than that, they are just a catalyst.”

To craft each living image in the installation, Bailey conducted intensive research, sometimes taking three months or more to build a single tableau from photos, letters, biographies, official documents, paintings. One of the most harrowing, titled A Place in the Sun, was extrapolated from an account he came across of a French colonial officer who kept black women chained to his bed, exchanging food for sexual services. “It’s a picture of unimaginable suffering,” says Bailey. “She is sitting there looking in the mirror and waiting to be raped. It’s the only way she can feed her family.”

Perhaps the most chilling, though, is Dutch Golden Age, which combined Bailey’s interest in still-life paintings with a court document detailing the horrific punishments meted out to escaped slaves. “Among the overflowing bowls of fruit,” says Bailey, “we have a slave forced to wear a perforated metal mask covering his face and a pin going through his tongue. It is about the silencing of marginalised black voices, the silencing of histories.”

And it was while sifting through thousands of photographs in the Namibian National Archives that Bailey found the subject that would be the climax of his work – the four singing decapitated heads of Nama tribesmen. “After the heads were cut off,” says Bailey, “they were mounted on these strange little tripods that were custom-made. Then I found these songs that referenced the genocide of the 1920s. So it became a set of four heads singing songs and lamentations.”

Bailey does not consider any of the pieces complete without the addition of the spectator – the labels on each work even mention “spectator/s” as one of their “materials”. And they have found audience interaction to be a profound element. “We were playing a festival in Poland,” says Berthe Njole, who had the part of Sara Baartman. “A bunch of guys came in. They were laughing and making comments about my boobs and my body. They didn’t realise I was a human being. They thought I was a statue. Later, they returned and each one apologised to me in turn.”

Bailey is unsure how the piece will go down in the UK, which has its own long and chequered colonial history. Cole Verhoeven certainly believes in Bailey’s right to ruffle feathers in telling these uncomfortable stories. “Exhibit B is monumental,” he says. “And Brett’s whiteness perhaps gives him a degree of distance necessary for wading around in this intensely painful material.”

But, looking back at some of his earlier work, Bailey is now the first to admit that pushing too hard and being too bold is an occupational hazard. “People have said, ‘White boy, you are messing with my culture. You have no right to tell the story of our spiritual practices or our history, because you are getting it all wrong.’ And I can’t defend those works today in the same way I could back then. For all I know, I could look back at Exhibit B in 10 years and say, ‘Oh my God, I am doing exactly what they are accusing me of.’ But that’s the risk you take. It comes with the territory.”

• Exhibit B is at the Playfair Library Hall, University of Edinburgh, until 25 August; then at the Barbican, London EC2, 23-27 September.

Voir de plus:

Why I’m not allowed my book title
It’s called The Book of Negroes in Canada – but Americans won’t buy that term

Lawrence Hill

The Guardian

20 May 2008

It isn’t unusual for British or Canadian books to change titles when entering the American market. It happened to JK Rowling – Harry Potter has no « philosopher’s » stone in the USA; and to Alice Munro, whose fabulous collection of short stories went from Who Do You Think You Are? in Canada to The Beggar Maid in the USA.

But I didn’t think it would happen to me. When my novel, The Book of Negroes, came out last year with HarperCollins Canada, I was assured by my American publisher that the original title would be fine by them. However, several months later, I got a nervous email from my editor in New York.
Sign up to our Bookmarks newsletter
Read more

She mentioned that the book cover would soon be going to the printer and that the title had to change. « Negroes » would not fly, or be allowed to fly, in American bookstore. At first, I was irritated, but gradually I’ve come to make my peace with the new title, Someone Knows My Name.

Perhaps the best way to examine the issue is to examine the evolution of the word « Negro » in America. I descend (on my father’s side) from African-Americans. My own father, who was born in 1923, fled the United States with my white mother the day after they married in 1953. As my mother is fond of saying, at the time even federal government cafeterias were segregated. It was no place for an interracial couple to live.

My parents, who became pioneers of the human rights movement in Canada, used the word Negro as a term of respect and pride. My American relatives all used it to describe themselves. I found it in the literature I began to consume as a teenager: one of the most famous poems by Langston Hughes, for example, is The Negro Speaks of Rivers. When my own father was appointed head of the Ontario Human Rights Commission in 1973, the Toronto Globe and Mail’s headline noted that a « Negro » had been appointed.

The term was in vogue right into the 1970s. For a time, the word « Negro » took a back seat in popular language culture to newer terms, such as « Afro-American », « African-Canadian », « people of colour » (a term I have always disliked, for its pomposity) or just plain « black. »

In the last 20 or so years in urban America, we have witnessed more changes in racial terminology. For one thing, and regrettably in my view, many hip-hop artists have re-appropriated the word « nigger », tried to tame it, and use it so vocally and frequently as to strip it of its hateful origins. We are all products of our generation.
Advertisement

Given that I was born in 1957 and taught to ball my fists against anybody using that N-word, I can’t quite get my head around using it these days in any kind of peaceful or respectful manner. Just as the very word « nigger » has risen in popular usage over the last decade or two, however, the word « Negro » has become viscerally rude. In urban America, to call someone a Negro is to ask to for trouble. It suggests that the designated person has no authenticity, no backbone, no individuality, and is nothing more than an Uncle Tom to the white man.

I used The Book of Negroes as the title for my novel, in Canada, because it derives from a historical document of the same name kept by British naval officers at the tail end of the American Revolutionary War. It documents the 3,000 blacks who had served the King in the war and were fleeing Manhattan for Canada in 1783. Unless you were in The Book of Negroes, you couldn’t escape to Canada. My character, an African woman named Aminata Diallo whose story is based on this history, has to get into the book before she gets out.

In my country, few people have complained to me about the title, and nobody continues to do so after I explain its historical origins. I think it’s partly because the word « Negro » resonates differently in Canada. If you use it in Toronto or Montreal, you are probably just indicating publicly that you are out of touch with how people speak these days. But if you use it in Brooklyn or Boston, you are asking to have your nose broken. When I began touring with the novel in some of the major US cities, literary African-Americans kept approaching me and telling me it was a good thing indeed that the title had changed, because they would never have touched the book with its Canadian title.

I’d rather have the novel read under a different title than not read at all, so perhaps my editor in New York made the right call. After all, she lives in the country, and I don’t. I just have one question. Now that the novel has won the Commonwealth writers’ prize, if it finds a British publisher, what will the title be in the UK?

Voir de même:

La supercherie antiraciste

Lutter contre le racisme, c’est défendre l’universalité de nos valeurs, l’unité du genre humain. A l’exact opposé de l’offensive antirépublicaine actuellement à l’œuvre.

Alain Jakubowicz, Président de la Licra

Libération

11 avril 2016

Il y a encore trente ans, la cartographie de la haine était simple à établir : le racisme et l’antisémitisme étaient d’extrême droite. D’un côté, les héritiers de la Résistance, et de l’autre, ceux de Vichy. L’antiracisme avait son propre «mur de Berlin».

Depuis, le monde a changé, les murs sont tombés, les fronts se sont multipliés. Le mouvement antiraciste est resté figé dans des réflexes et des pratiques datées. Faute d’avoir mesuré ces changements profonds, il a manqué la mise à jour de son logiciel et son adaptation aux nouvelles frontières de la haine. A contrario de ses adversaires, il n’a pas su s’adapter à la révolution numérique. Il a tardé à comprendre que l’extrême droite n’avait plus le monopole du racisme et de l’antisémitisme et a laissé le champ libre à l’expression de nouvelles radicalités. Ce retard à l’allumage tient aussi à la mystification, qui s’est présentée à l’opinion sous les traits d’un antiracisme adapté aux identités plurielles – issues de l’immigration, marquées par la mémoire de l’esclavage, la colonisation – et affilié à la gauche. C’est sous ce masque pervers que la haine a, par effraction, trouvé refuge.

Le 4 avril, Libération consacrait justement son numéro aux «Visages contestés de l’antiracisme». L’éditorial de Laurent Joffrin a parfaitement analysé «le piège grossier» qui nous est tendu. Pourtant, à la faveur de cette «plongée chez les nouveaux antiracistes», on comprend facilement comment l’appropriation d’un combat peut conduire à son détournement et à sa dénaturation. Si l’on n’y prend pas garde, on risque d’attribuer sans discernement à ces faussaires des brevets d’antiracisme. Le moment est venu de bien nommer les choses, de cesser de faire capituler le langage devant des évidences et dire clairement que ces gens-là ne sont rien d’autre que des racistes et des antisémites. Il est temps de rappeler que la politisation de l’antiracisme est une imposture et une impasse derrière laquelle se cachent «l’anticapitaliste, l’anticolonialisme, l’anti-impérialisme», «l’antisionisme», «la lutte des races sociales». Elle porte en elle les ferments d’un nouveau totalitarisme, reconstruisant des murs que nous avions détruits de haute lutte.

Le racisme et l’antisémitisme ont changé. Face à nous désormais, des cumulards de la haine des juifs, des homosexuels, des Blancs et, d’une certaine manière, des femmes. Désigner «le Blanc» comme symbole dominateur d’un prétendu «racisme d’Etat» qui sévirait en France, c’est être raciste. Quitter une réunion féministe en raison du trop grand nombre «de meufs blanches et assimilationnistes», c’est aussi être raciste. Revendiquer le communautarisme et accueillir à bras ouverts le fondamentalisme religieux pour «guérir la France de l’islamophobie», c’est offrir à l’extrême droite un boulevard pour promouvoir une conception contre-nature de la laïcité.

Une offensive antirépublicaine est à l’œuvre. Elle est puissante car elle bénéficie de la montée des populismes et des communautarismes qui exploitent, chacun de leur côté, le business de la peur et du repli identitaire. Ces deux extrémismes sont les deux faces d’une même pièce, celle de la haine qui conduit à la division et à l’affrontement. Elle appelle la même réprobation et les mêmes réponses.

Etre antiraciste, c’est défendre l’universalité de nos valeurs et l’unité du genre humain. C’est défendre le caractère indivisible de la Nation. Il n’existe pas d’antiracisme à la découpe ou à la carte. Etre antiraciste, c’est savoir être «de la couleur de ceux qu’on persécute» (Lamartine). L’idée qu’il faudrait être concerné par une discrimination pour la combattre est la négation même du combat antiraciste. Le silence assourdissant de ces prétendus «nouveaux visages» face à la condamnation de l’antisémitisme est l’aveu de leur supercherie «antiraciste». Il suffit de les voir applaudir les charlatans du négationnisme ou théoriser le «philosémitisme de l’Etat» pour s’en rendre compte.

Le mouvement antiraciste, le vrai, a désormais fait son aggiornamento en allant, pour reprendre Jaurès, vers son idéal en comprenant le réel. Sur les réseaux sociaux et sur le terrain, aux côtés des victimes, de toutes les victimes, black, blanc, ou beur, juive, athée, chrétienne, musulmane, de banlieue, des beaux quartiers ou d’un village rural, hétérosexuelle ou homosexuelle. Qu’on se le dise une fois pour toutes : l’antiracisme est universel, il vaut pour tous ou il ne vaut rien.

Alain Jakubowicz Président de la Licra

Voir enfin:

« La non-mixité racisée » : un racisme qui ne dit pas son nom

Alain Jakubowicz

14 April 2016

Je dénonçais mardi dans une tribune publiée dans Libération « les nouveaux visages du racisme et de l’antisémitisme ». Nous y sommes. Cette semaine, un nouveau palier a encore été franchi par ces pseudos-antiracistes. En effet, depuis lundi 11 avril se tient à Saint-Denis dans les murs de l’Université Paris 8 un événement au nom évocateur : « Paroles non-blanches : rencontres autour des questions de race. Travail et mobilisation » organisé par le collectif « Groupe de réflexion non-mixité racisée ». Au programme, une obsession de « la blanchité des médias » et de « l’islamophobie », le prétendu « racisme d’Etat », de la République et de l’Ecole, le tout baignant dans une sémantique coloniale absolument délirante.

La logique folle et prétendument « anti-système » qui préside à l’organisation de ce type d’événement est exactement la même qui conduit les identitaires d’extrême-droite à l’affirmation d’une France « blanche » : les extrêmes, chacun à leur manière, organisent le séparatisme et véhiculent la même logique d’apartheid. Sous couvert d’antiracisme, notre pays risque de voir émerger des « Ku Klux Klan inversés » où le seul critère qui vaille sera la couleur de peau.

Encore une fois, les identitaires testent la République et, par glissements successifs, tentent d’affaiblir ses fondements et ses valeurs. L’initiative de ce groupuscule n’est pas acceptable et doit nous faire prendre conscience de la gravité de la situation. Si nous nous taisons aujourd’hui, alors dans quelques semaines, dans quelques mois, nous verrons apparaître des conférences interdites aux blancs et aux juifs, des écoles privées réservées aux « colored people ». Avec de prétendus héritiers de cette nature, Rosa Parks va se retourner dans sa tombe.


%d blogueurs aiment cette page :