Présidence Macron: Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir (French-German broadcaster drops documentary for spilling the beans on the inherently anti-Semitic nature of anti-Zionism)

14 juin, 2017

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a "pro-Israel" light.

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The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings. The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves. The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003. The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ (…) In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation. In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts. That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation. By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum. (…) The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact. Amy Elman
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Mais est ce-que quelqu’un peut penser raisonnablement que élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ? Moi je n’y crois pas. Mais non seulement ça n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, car ce serait un hold-up. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. Corinne Lepage (2004)
« Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire. Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires. Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique. Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite. Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique. C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. (…) Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus. « On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ». De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles. La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. (…) Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul. Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019? Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen. The Huffington Post
The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives. These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us. Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities? In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges. Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all? The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance. In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent. Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.” Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists). But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”. (…) We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations. Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society. So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood. We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all. The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives. Melanie Phillips
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Souvenez-vous, le 25 mars dernier, un camion avait roulé sur une dizaine de tombes juives dans le cimetière de Pantin. Des sites communautaires avaient alors crié au scandale, même s’il avait été clairement établi qu’il ne s’agissait que d’un simple accident. Le 4 avril, soit une semaine plus tard, on apprend la mort de cette femme. Cette affaire intervient dans un moment de doute et de peur du FN. Les sites communautaires basculent en faveur de Macron. Médias et institution judiciaire se montrent alors extrêmement prudents sur ce meurtre. Au fond, tout le monde redoute que cette affaire ne fasse exploser les votes en faveur du FN. Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption. (…) L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits. (…) Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister… Céline Pina
L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules. C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée. Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables. C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».  (…) Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière… Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public. Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…» Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes». Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république. Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique» On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire. (…) Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique. Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…» Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche. C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier. Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés. Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter. Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs. À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive». De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux. Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison. Gilles-William Goldnadel 
Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. Ahmad Mansour (psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé)
Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée. Marco Nassivera (directeur de l’information d’Arte)
Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé. Alain Le Diberder (directeur des programmes d’Arte)
Ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.(…) cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter. Catherine Dupeyron
La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme. On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders. Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs. Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes. Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (…)  Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord (…) Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (…), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris… Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune… (…) Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle … Luc Rosenzweig
Je vais donner un exemple français. Parce qu’on ne voit plus que la Shoah, on ne comprend pas que l’antisémitisme qui se développe en France n’est pas de même nature. Ca n’est pas nazi, ça n’est pas la Nuit de Cristal, c’est autre chose. Je vous donnerai un exemple. Dans ce domaine, qui illustre mon propos au moment du meurtre d’Ilan Halimi en 2006, qui est un meurtre crapuleux mais aussi un meurtre antisémite. Non, on a du mal à comprendre que l’histoire ne se répète jamais, absolument jamais, et que donc que les formes de l’antisémitisme et ou de tout autre phénomène d’ailleurs, sont toujours nouvelles. Ca nous empêche de penser le présent, si vous voulez. C’est ça, le paradoxe. Ce qui était normalement une leçon d’histoire qui nous permettrait de mieux comprendre le présent, nous empêche aujourd’hui de le comprendre. c’est à force de l’enseignement de ne présenter les juifs que comme des victimes, on finit par croire qu’il n’y a pas de civilisation juive et que les juifs n’ont pas de raison d’existence que pour mourir. (…) L’histoire du sionisme est totalement inculpé. Finalement, à force de présenter les juifs essentiellement comme de victimes, on les socialise comme des victimes et c’est une façon qu’en les défendant on finit presque par justifier la persécution à venir demain. Georges Bensoussan
Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter. (…) Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France (…) la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien … Valeurs actuelles

Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir !

Alors qu’après le hold up électoral que l’on sait à la présidentielle

Entre, au premier comme au deuxième tour, assassinat politique et excommunication des adversaires …

Et la mise à l’écart de plus de la moitié des électeurs qui a suivi au premier tour des législatives …

La machine infernale médiatico-juridique est en train de dévorer à son tour ceux là mêmes qu’elle avait portés au pouvoir

Y compris, l’histoire est décidément sans pitié, le nouveau ministre de la justice

Au moment même où il s’apprête à présenter sa loi de moralisation de la vie publique …

Quel meilleur et plus inquiétant exemple …

De la continuation sous la présidence Macron …

De ce déni du réel devenu devoir civique

Après l’occultation pendant la campagne de la défenestration par l’un de ses voisins musulmans d’une vieille dame juive en plein coeur de Paris …

Que ce reportage qu’Arte vient de déprogrammer …

Pour ne s’être pas « cantonné à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite » …

Et d’avoir révélé derrière la nouvelles alliance entre les gauchistes en perte de vitesse idéologique et leur nouveau prolétariat messianique chez les enfants d’immigrés musulmans …

La nature intrinsèquement antisémite de l’antisionisme actuel ?

CACHEZ CET ANTISÉMITISME QUE JE NE SAURAIS VOIR
Allegra
On sait maintenant la chape de plomb médiatique qui a pesé sur l’affaire du meurtre atroce de Sarah Halimi. Cet antisémitisme-là ne peut pas être mis en lumière. Parce qu’il l’avait illustré, Georges Bensoussan en a fait les frais. Comme on doit faire silence sur la traite négrière quand elle n’est pas le fait de l’Occident. Sinon, il vous en coûtera. Vous serez mis sur la sellette, et accusé de racisme.Ce que l’on connaît moins  c’est que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive…(celle qui sévit dans certains pays et dans une partie de la population française, pas celle qui existe souvent à l’extrême droite qui peut être nommée sans problème) était trop mise en lumière…Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.Luc Rosenzweig, ex-journaliste à Libération, devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite, explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»  (d’après William Goldnadel ici).Rosenzweig, qui a visionné le film, explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».Marlène Schiappa, la nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes, s’empresse également  de pousser une certaine crasse antisémite sous le tapis, et elle peut alors bravement annoncer qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans les quartiers populaires.Nos idéologues sont pris le nez dans le pot de confiture, et pourtant ils disent qu’ils n’ont jamais vu ce pot.Mais le déni de réalité est un dangereux cancer continuellement alimenté par des choix idéologiques. Les cancers tuent. Jusqu’où nous conduira celui-ci ?
Voir aussi:

Censure. Un documentaire portant sur l’antisémitisme arabo-musulman aurait dû être diffusé prochainement sur Arte. Mais la chaine franco-allemande a décidé de le déprogrammer. Outre-Rhin, la polémique enfle et on demande les images.
Rachel Binhas 
Valeurs actuelles
12 juin 2017

Depuis quelques semaines, la controverse autour du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe (Auserwählt und ausgegrenzt – Der Hass auf Juden in Europa) ne faiblit pas au pays de Goethe, bien au contraire. Bild, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Spiegel… autant de titres allemands qui se sont emparés de l’affaire.

Le 26 avril dernier, Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte, prenait la décision de ne pas diffuser un documentaire pourtant commandé deux ans auparavant. Ecrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner, le projet, financé par la chaine allemande WDR, avait pourtant reçu la bénédiction d’Arte lors de la conférence des programmes. De l’Allemagne à la France, en passant par Israël et les territoires palestiniens, le documentaire dresse le tableau de l’antisémitisme qui a cours dans les milieux d’extrême droite et arabo-musulmans, à Gaza ou dans les banlieues françaises. Et c’est là où le bât blesse…

La chaine, à l’aise quand il s’agit de dénoncer l’Holocauste, n’aurait pas apprécié l’accent mis sur l’antisémitisme qui se cache derrière une obsession antisioniste.

Bras de fer avec Arte

Déjà, en 2015, Joachim Schroeder s’était heurté aux objections d’Arte France qui voyait d’un mauvais œil la production d’un film dont la ligne éditoriale semblait diverger avec celle de la chaine. “Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée” confiera le directeur de l’information d’Arte, Marco Nassivera, au cinéaste. Si Arte France est plus que réservé, Arte Allemagne appuie le projet. Cherchant à se rassurer, Alain Le Diberder exige un coauteur au film : Ahmad Mansour, psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé. Par manque de temps, celui-ci proposera à Joachim Schroeder d’assurer une mission de consultant à chaque étape de la réalisation. Sophie Hafner cosignera les 90 minutes.

En décembre 2016, le film est envoyé à la direction de l’information d’Arte qui refuse de le traduire. Le couperet tombe : “Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé” affirme Alain Le Diberder. Une première pour les réalisateurs.

Les images interdites

Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter.

“Je suis surpris qu’une chaîne publique renommée comme Arte ait un problème avec la réalité” réagit Ahmad Mansour. Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France, “ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.” Selon elle, la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien : “cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, regrette-t-elle, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter.”

Seul espoir à présent, que la chaine WDR, voyant la polémique grandir, trouve un accord avec Alain Le Diberder pour diffuser les 90 minutes. “J’ai espoir que les choses évoluent” confie Joachim Schroeder. Désormais, la balle est dans le camp d’Arte.

Voir également:

Antisémitisme en banlieue: Arte censure un documentaire

Pas en adéquation avec sa ligne éditoriale…

Luc Rosenzweig
Causeur

01 juin 2017

La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme.

On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte.

Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande.

Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders.

Sur Arte, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à parler du nazisme et à mettre en accusation toutes les déclinaisons de l’extrême droite, du FN à Geert Wilders

Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs.

Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes.

Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (Cet extrait est une traduction de la lettre adressée en allemand aux responsables du pôle allemand d’Arte, dont la direction, contactée par nos soins, a refusé de nous transmettre sa version originale en français.) Précisons qu’Alain Le Diberder ne parle pas un mot d’allemand, et que le film qu’il condamne n’a pas de version française…

Un film remarquable

Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord, il poursuit : « Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. »

Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (dont nous publions ci-dessous la réponse à nos questions), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris…

Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune…

Une mise au pas idéologique d’Arte

Cette lamentable affaire pourrait être une péripétie, un dérapage isolé au sein d’une institution médiatique publique, comme il ne peut manquer de s’en produire dans un monde soumis aux tensions et pressions à l’œuvre dans les sphères du pouvoir et dans la société.

Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle depuis le départ de Jérôme Clément et de ses principaux collaborateurs de la direction d’Arte. En témoigne l’exclusion des programmes de Daniel Leconte, producteur depuis deux décennies de documentaires pour des soirées Thema qui abordaient, sans complexes ni inhibitions, ce type de sujets dérangeants. La nouvelle présidente d’Arte, Véronique Cayla, voulait explicitement la peau de Leconte dès son arrivée. Et elle l’a eue. Dans le milieu des auteurs et producteurs de documentaires, il est maintenant acté qu’il y a des sujets impossibles à faire passer sur Arte. Seules la dureté du marché et la rareté des cases documentaires sur les chaînes de télé les retiennent, pour l’instant, de dénoncer publiquement cet état de fait.

Sabine Rollberg, elle aussi, jette l’éponge. Elle a demandé sa mise en retraite anticipée de la WDR, qui interviendra cet automne. Cette parfaite francophone, qui a participé à l’aventure d’Arte depuis sa création en 1992, est fatiguée de se battre, telle la chèvre de M. Seguin, contre le pôle allemand d’Arte qui considère cette chaîne comme une vache à lait destinée à financer des programmes conçus pour le seul public allemand, et une direction française qui a une conception du pluralisme dans la culture et l’information plus proche de celles d’unVladimir Poutine et d’un Recep Tayyip Erdogan que d’une grande démocratie occidentale.

Réponse d’Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte GEIE, à Causeur

Strasbourg, 5 mai 2017

ARTE, chaîne franco-allemande, n’est pas une chaîne comme les autres, au sens où ses programmes proviennent de plusieurs pôles, répartis sur une quinzaine de sites en France et en Allemagne. Dès lors, depuis 25 ans, elle a dû adopter un fonctionnement original par rapport à ses confrères, certes plus lourd mais tout à fait transparent et contrôlable par tous. Une conférence des programmes, composée de quatre Allemands et de quatre Français, se réunit une fois par mois et accepte des projets après concertation. Par ses textes fondateurs, ARTE s’interdit de diffuser un programme qui n’a pas été accepté par la conférence, ou qui ne serait pas tel qu’il a été accepté par la conférence.

ARTE, chaîne résolument engagée contre l’antisémitisme, comme 25 ans de programmation en font foi, a ainsi accepté la proposition de la chaîne allemande WDR d’un programme présentant un panorama de la montée récente de l’antisémitisme en Europe. Il devait s’intégrer aux nombreuses émissions qu’ARTE consacre à l’Europe, autre thème cher à la chaîne, en particulier en cette année 2017 aux enjeux particulièrement importants. Le programme qui a été livré porte essentiellement sur le Moyen-Orient. Nous ne pouvions donc pas l’accepter. Cette position n’a rien à voir avec un quelconque jugement sur la qualité du film, et encore moins sur les thèses qu’il défend. Mais nous ne pouvons pas laisser l’initiative à un tiers de ne pas respecter nos procédures, quel que soit le thème du film, et de décider tout seul ce que nous devons ou pouvons diffuser. Ces « procédures » ne sont pas bureaucratiques, mais sont destinées au contraire à éviter tout arbitraire. Il ne s’agit donc pas d’un « blocage de la diffusion » ni d’un quelconque jugement de fond, mais bien de l’exercice de nos responsabilités collectives, dans le cadre de nos textes fondateurs. 

Voir de plus:

Franco-German TV network drops film on antisemitism because it is ‘pro-Israel’

Benjamin Weinthal
The Jerusalem Post
June 7, 2017

Television network ARTE is facing some serious backlash after deciding to drop a film it commissioned about antisemitism in Europe.

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a « pro-Israel » light. . (photo credit:screenshot)

Editors from the Franco- German TV network ARTE have reneged on showing a widely acclaimed documentary on the explosion of lethal antisemitism in Europe, because the film is considered pro-Israel.

ARTE commissioned the 90-minute documentary, Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe, in 2015.

Joachim Schroeder, who filmed the documentary, told The Jerusalem Post on Tuesday that the editors failed to recognize that “modern antisemitism is anti-Zionism.”

He added that there is fierce opposition within European television outlets to refrain from bashing Israel.

“You can’t make a film on antisemitism without saying every three minutes that the Palestinians are the victims of Israelis.”

Le Monde wrote in its headline about the row: “ARTE, a hint of the censor.”

Schroeder, along with Sophie Hafner from his Munich-based Preview Production company, covered the most serious outbreaks of violent antisemitism in Europe in the film, including the Islamic-animated murders of French Jews and Israelis in Belgium and France.

European political support of antisemitism targeting Israel is presented in the film, including a speech by the Palestinian Authority’s Mahmoud Abbas who told European lawmakers that rabbis urged Israel’s government to poison Arab water supplies.

The European Parliament rewarded Abbas with a standing ovation.

According to The New York Times, Abbas’s speech of June 23, 2016, recalled “antisemitic claims that led to the mass killings of European Jews in medieval times.” Martin Schulz, then-president of the European Parliament and currently the Social Democratic challenger to Chancellor Angela Merkel for the leadership of the German government, praised Abbas’s speech.

The film shows the growth of the BDS campaign targeting the Jewish state. The research into the film covered a BDS event in Munich, which in 2015 provided city-funded space to Christoph Glanz, a leading BDS advocate, to call for the boycott of Israel.

The Simon Wiesenthal Center cited Glanz, a public school teacher in the northern city of Oldenburg, in its list of the Top Ten Worst Anti-Semitic/ Anti-Israel Incidents in 2016.

“Glanz, who has tried posing as a Jew to avoid charges of antisemitism, recently called for the eradication of the State of Israel and relocation of its Jews to southwestern Germany,” the Wiesenthal Center noted.

Leading experts on antisemitism, Islamism and German history endorsed the film as an outstanding exposé on the new forms of antisemitism plaguing Europe.

Writing in the Berliner Zeitung daily, Götz Aly, a German historian who has written books about antisemitism, said ARTE’s decision to not show the film “stinks to high heaven.” He spoke of a censor at work. ARTE and its sister outlet in Germany, WDR, are publicly funded outlets.

Israeli-Arab psychologist Ahmed Mansour, in an email to Sabine Rollberg, the Cologne-based editor-in-chief of WDR/ARTE, said the film was “great” and “long-overdue.”

Mansour lives in Germany and is an expert on radicalization among Muslims.

Rollberg faced massive criticism because she voted at an editorial meeting to show the film. According to German media reports, ARTE editors ultimately decided not to show Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe because “The film is a provocation,” “The film pours oil into the fire,” “The film shouldn’t be shown because of terrorism,” “The film is anti-Protestant, anti-Muslim and pro-Israeli,” “The film is biased.”

ARTE, in a statement on Tuesday, said the accusation of antisemitism leveled against it is “grotesque,” and that for it “can attest to its engagement against antisemitism for the past 25 years and it will continue to do so in the future.”

ARTE claimed that Schroeder violated its program plan and focused largely on the Middle East, and did not address antisemitism in Norway, Sweden, the UK, Hungary and Greece.

Schroeder flatly denied ARTE’s account, saying that he delivered by filming antisemitism in Germany and France. A 90-minute film can’t possibly cover antisemitism “from Oslo to Minsk,” he added.

WDR said it “respects ARTE’s decision” and “rejects the accusation of antisemitism.”

Alex Feuerherdt, a journalist who has written extensively on German antisemitism, rejected ARTE’s assertion that it fights antisemitism. “ARTE has always in the past showed films in its program that present Israel in a dark light,” he noted.

A Post query to Tom Buhrow, the head of WDR in Cologne, was not immediately returned.

Voir encore:

G-W Goldnadel : « Ce que révèle l’indifférence vis-à-vis de la mort de Sarah Halimi »
Gilles William Goldnadel
Le Figaro
22/05/2017

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Dans sa chronique, Gilles-William Goldnadel dénonce l’occultation de la réalité qui entoure le « nouvel antisémitisme » en France. Avocat de la famille de Sarah Halimi, il revient notamment sur son assassinat, d’une violence inouïe.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules.

C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée.

Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables.

C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».

Son auteur s’appelle Luc Rosenzweig. Après avoir officié longtemps dans les colonnes du journal Libération, il est devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite.

Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière…

Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.

Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»

Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».

Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république.

Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique»

On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire.

Je précise, pour mettre en perspective, que le CSA ne s’était pas saisi, pas plus qu’il n’a encore répondu à ma saisine, des appels au meurtre d’un président démocratiquement élu à la présidence des Etats-Unis tenus par Laurent Ruquier sur la deuxième chaîne nationale de service public.

Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique.

Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…»

Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche.

C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier.

Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés.

Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter.

Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs.

À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive».

De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux.

Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison.

Mais ce qui serre le plus le cœur de l’homme et de l’avocat, ce qui révolte son esprit, ce qui fait chavirer son âme pourtant douloureusement habituée, s’appelle l’indifférence publique.

Je ne parle pas de l’opinion. La malheureuse est égarée depuis trop longtemps par ceux qui la font et la trompent, et lui montrent ce qu’ils veulent, et lui cachent ce qu’ils ne veulent montrer.

L’idéologie est un mauvais génie.

Elle s’appelait Sarah Halimi.

Voir par ailleurs:

Meurtre de Sarah Halimi : un appel pour que la lumière soit faite

Une quinzaine d’intellectuels français ont signé un appel pour que la vérité autour de ce meurtre soit enfin dite. L’essayiste Céline Pina nous explique pourquoi.

Le Point

02/06/2017

Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption.

Pensez-vous que l ‘institution judiciaire a fait preuve d ‘un doute coupable sur ce dossier ?

L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits.

Est-ce un meurtre à caractère antisémite ? Un acte terroriste ? Un coup de folie ?

Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister…

Voir aussi:

Ferrand, Sarnez, Bayrou… La spirale sans fin de la moralisation

Même sans suite judiciaire, les soupçons sur l’exemplarité des ministres sont devenus un motif d’appel à la démission. Pour le meilleur et pour le pire
Geoffroy Clavel
The Huffington Post
31/05/2017

POLITIQUE – « Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires.

Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique.

La polémique Ferrand n’est pas l’affaire Fillon: et alors?

Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite.

Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique.

C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. « La loi, elle ne suffit pas, il faut un climat de confiance. Il faut trouver un moyen d’éradiquer le doute », a renchéri la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les Français ne leurs donnent pas tort. 70% des personnes interrogées par Harris Interactive pour RMC et Atlantico estiment que le ministre de la Cohésion des territoires doit démissionner contre 30% qui estiment qu’il peut rester en place. D’après cette enquête, 73% des personnes interrogées jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves.

Une dénonciation politique se mue en motif de démission

Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus.

« On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ».

De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles.

La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. Selon l’étude Harris Interactive, 65% des Français jugent que les faits qui lui sont reprochés sont graves. 62% estiment qu’elle devrait démissionner.

La mise en examen, un critère bancal de démission

Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul.

Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019?

Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen.

Voir de même:

Gilles Kepel : « Les islamo-gauchistes, ces charlatans ! »

Dans l’entretien qu’il nous accordait à l’occasion de la sortie de son livre « la Fracture », Gilles Kepel accusait une partie des intellectuels de gauche, idéologues utiles des islamistes, de minimiser le phénomène djihadiste. Une cécité criminelle, dénonce le spécialiste de l’islam.

Sara Daniel
L’Obs
02 novembre 2016

Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’Ecole normale supérieure et professeur à Sciences-Po, Gilles Kepel publie cette semaine chez Gallimard « la Fracture », un livre conçu autour des chroniques radiophoniques qu’il a tenues chaque semaine sur France-Culture. Entretien.

Dans votre livre, vous dénoncez violemment « les autruches de la pensée dénégationniste », qui situent la cause du mal absolu dans l’islamophobie, notion que les islamistes et leurs compagnons de route ont fini par imposer pour interdire, dites-vous, tout débat sur la deuxième religion de France. A l’heure où le débat politique sur l’islam n’en finit pas de se crisper, y avait-il urgence à dénoncer le fonctionnement de ceux que vous qualifiez d' »islamo-gauchistes » ?

Oui, car ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ».

Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe.

Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche.

Selon vous, la fracture culturelle et civilisationnelle de la société française apparaît à la faveur des attentats du 7 janvier?

Précisément, ce qui fait que, du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ».

Dans votre livre, vous revisitez l’incroyable enchaînement des faits de l’été 2016 : de l’attentat de Nice à l’irruption de la question du burkini dans le débat public.

L’attentat à Nice le 14 juillet tue 86 personnes sur la promenade des Anglais, parmi lesquels du reste plus du tiers sont des musulmans (30 personnes). La cible est double. D’un côté, c’est le symbole de la « fête païenne » du 14-Juillet. La Révolution française se produit au même moment que l’émergence du wahhabisme en Arabie saoudite, c’est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, et en est l’exact contraire. Une victoire de la laïcité détestée. En même temps, l’attentat survient sur le lieu emblématique de l’hédonisme mondialisé. La promenade des Anglais, comme son nom l’indique, c’est international, c’est connu dans le monde entier. La French Riviera, la Côte d’Azur… Un attentat contre la civilisation hédoniste européenne.

Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau.

Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes.

Vous dites que se produit alors un refoulement psychanalytique, qui est l’occultation des attentats?

Oui, ce qui me ramène à une expérience personnelle. Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan.

Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar.

Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

C’est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix.

Certains positionnements par rapport à l’affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l’affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d’une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral?

Oui, et aussi, pour certains politiciens, par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental.

Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite.

D’ailleurs, dans un de vos livres précédents, « Passion française », vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012…

Oui, ils s’inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d’une « alliance anticapitaliste et antisioniste ». Lorsque Daech égorge des gens dans des vidéos, Soral et Dieudonné se gaussent de l’horreur que ressent la société en disant : mais, après tout, ça nous rappelle quelque chose, la « Terreur » n’était-elle pas le fondement de la Révolution ? Et la démocratie, la laïcité dont on se gargarise, sont bâties sur la décapitation de Louis XVI. Rachid Kassim, qui tient les têtes des chiites qu’il a exécutés, avant de faire un slam qu’il adresse à François Hollande, s’inscrirait dans cette continuité.

Comment expliquer l’omniprésence de l’islam dans les débats de la campagne électorale?

Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité.

A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues.

En 2012, les électeurs se déclarant musulmans ont voté majoritairement à gauche. Et, en 2017, comment vont-ils voter?

En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement.

La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme.

C’est la grande question qui déchire les spécialistes de l’islam : le salafisme conduit-il au jihadisme ? Peut-on dire qu’il est en expansion en France ?

Le mouvement salafiste émerge en France dans les années 1990, après que beaucoup de jeunes musulmans de l’époque ont soutenu Saddam Hussein contre l’Arabie saoudite, qui pourtant avait abondamment financé les mosquées. Pour regagner les cœurs, les Saoudiens vont envoyer de nombreux prédicateurs avec beaucoup d’argent pour développer des allégeances au salafisme en France. Ils ciblent les populations fragiles et en particulier les enfants de harkis, que ceux du FLN stigmatisent comme des agents de la France. Certains jeunes descendants de harkis, à ce moment-là, vont voir dans l’exacerbation de l’identité islamique une occasion de se défendre contre les gosses du FLN en se drapant dans le manteau du salafisme. Ce salafisme va se répandre dans la jeunesse en même temps que la situation sociale se dégrade dans les quartiers populaires. Lorsque j’ai publié en 1987 « les Banlieues de l’islam », les marqueurs de la salafisation (barbes, djellabas et niqabs) étaient inexistants. Un quart de siècle plus tard, ils sont monnaie courante.

Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront.

Olivier Roy réfute la thèse selon laquelle le jihadisme découle d’une radicalisation religieuse, et vous accuse de tout islamiser…

Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays.

Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène.

Donc vous rejetez complètement la thèse qui explique la tentation jihadiste par l’islamisation de la radicalité d’une partie de la jeunesse, et dont le meilleur argument, semble-t-il, réside dans le constat de l’analphabétisme doctrinal des terroristes ?

Mais au nom de quoi les jihadistes devraient-ils tous être des docteurs d’université !? Ça n’a jamais été le cas. Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément.

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde.

Comment combattre cette tentation jihadiste ?

En posant d’abord un diagnostic juste sur ce qui se passe en France. Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites.

Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent…

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans…

Propos recueillis par Sara Daniel

* Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Sciences-Po.

Voir aussi:

The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all?

The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam. Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing some of them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”.

In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

The chances of any of these measures being taken, though, are slim. There will be inevitable claims that judge-made human rights law, which has often protected the “rights” of extremists rather than their victims, cannot be set aside without “destroying British values”.

Jihadist terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

 Voir également:

What must be done to stop terror in Londonistan

June 7, 2017

In the wake of the latest Islamist atrocities in Britain, the murderous vehicular rampage on London Bridge and then the frenzied stabbing of people enjoying a Saturday night out in local eateries, the ensuing blame game has merely highlighted the need to start facing up to what it takes to defend a free society.

Join me here for my take on these grievous events and what Britain should now be doing. A transcript follows below the video.

Does the Prime Minister read my column? In yesterday’s Times, I wrote that the chances of Theresa May doing what needs to be done to tackle Islamist extremism and terrorism are slim because of the constraints of human rights law.

Lo and behold: last night Mrs May announced she would take further condign measures, such as making it easier to deport extremists and restricting the movements of terrorism suspects when there was evidence they posed a threat but which wasn’t enough to present to a court.

“If human rights laws get in the way of doing those things,” she said, “we will change those laws to make sure we can do them”.

Well, I’ll believe that when I see it. The hue and cry that she is proposing to “rip up human rights laws”, as the Guardian put it in its usual tendentious manner, has already started.

The former Director of Public Prosecutions and Labour’s shadow Brexit spokesman, Sir Keir Starmer, claimed on the Today programme this morning (0810) that human rights law had never prevented any Islamist extremist from being properly dealt with. Yet in case after case human rights law has prevented deportations from taking place on the grounds that the suspect’s right to family life takes precedence, or the absence of human rights in the country to which he would be deported meant he couldn’t be sent there, and so on.

The Labour leader, Jeremy Corbyn, says would-be terrorists won’t be deterred by restricting our rights at home. Instead he’s been blaming Mrs May for failing to keep Britain safe from terrorist attacks.

Coming from him, this charge is just astounding. For Corbyn and his Labour party colleagues, backed by the judiciary and the civil liberties lobby, opposed just about every single attempt over the years to beef up security on the grounds that these measures supposedly eroded fundamental human rights. The human rights, that is, of the extremists and terrorists rather than their victims’ right to life and safety.

Faced with the courts’ refusal to deport, the government wanted to lock upon foreign terror suspects. Faced with protests that such detention without trial breached suspects’ human rights, the government introduced control orders. Face with protests that control orders breached suspects’ human rights, the government introduced the deeply inadequate T-PIM restrictions. Yet despite having helped emasculate, cripple and paralyse Britain’s security, the Corbyn Labour party has the gall to pose, on the eve of the general election, as the guardians of public safety.

In the wake of the recent atrocities in London and Manchester there are indeed legitimate and necessary questions to be asked about intelligence and policing mistakes. We’ve learned, for example, that some of these terrorists were on the security radar for a while but then dropped off.

But the police and security service have been foiling plot after Islamist plot: five over the last three months, in addition to the three attacks that tragically did succeed during this period. Maybe there are just too many Islamists in Britain nowadays to cope with. MI5 is monitoring no fewer than 3,500 homegrown terrorist suspects. So it’s not surprising that Britain’s top counter-terrorism police officer, Mark Rowley, says Britain needs to radically rethink its strategy because the terrorism threat is now at a “completely different” level of danger.

But any such new strategy will also fail unless basic assumptions change. Because the elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge attack, Britain is still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers” or “sick cowards”, as some have described them. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In an article in The Times, the Communities Secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions” and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s really the case then why should Muslims need to do anything at all?

The west views Islam through its own cultural prism which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

In Australia Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia Muslim cleric who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadi Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world.

Which is why in 2015 Egypt’s President Abdel Fattah al Sisi remarkably told the imams of al Azhar university in Cairo – the epicentre of Islamic doctrinal edicts – that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants” and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam.

Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. A poll of British Muslims last year found that nearly a quarter wanted sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent – equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. Only one in three would report to the police someone supporting terrorism in Syria.

In other words, we need to see jihadi Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw sharia courts because, since sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

Subversion is the attempt to undermine and overthrow our free society. But the very concept of subversion has become identified with a suppression of free speech. The website of MI5 states:

“During much of the 20th century, subversion was a major concern for MI5. This threat diminished sharply following the end of the Cold War. We no longer undertake counter-subversion work, and would only resume doing so if our monitoring of emerging threats suggested an increase in the subversive threat”.

But the Islamic jihad aims to overthrow and conquer western society through both violence and cultural takeover. The Muslim Brotherhood has a stated programme of infiltrating western institutions to achieve that end. I’d say that represented a pretty major increase in the subversive threat, wouldn’t you? Isn’t it time the government banned the Muslim Brotherhood from Britain? Isn’t it time MI5 woke up from its politically-correct torpor to bring counter-subversion back from exile?

As I’ve said, though, any such measures will be opposed with inevitable claims that they will “cause social division” or “destroy British values”. Such protests are already being made.

Jihadi terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

Voir enfin:

Macron: “La langue française n’a pas à être protégée”

Notre entretien exclusif sur la France (1/2)

Causeur

12 avril 2017

Causeur. Après la polémique suscitée par vos déclarations en Algérie, vous avez tenu à revenir sur la question identitaire avec une tribune dans Le Figaro et un entretien auJDDC’est que, vous le savez, définir et préserver ce qui fait de nous un peuple importe à beaucoup de Français. Toutefois, on a l’impression que ces sujets ne vous passionnent pas et ne vous parlent guère. Vous dites que « notre nation est faite d’enracinement et d’ouverture » mais, au-delà de quelques gestes symboliques, vous êtes plus perçu comme le candidat de la nouveauté et de l’ouverture que comme celui de l’enracinement historique. Acceptez-vous ce diagnostic ?

Emmanuel Macron. Je ne l’accepte pas, mais il ne me surprend guère ! D’abord, sommes-nous si sûrs que l’identité n’est pas au cœur de la campagne ? J’entends, moi, le discours deMme Le Pen sur les frontières ou les propos de M. Fillon sur le « racisme antifrançais ». Si vous avez l’impression que ce discours ne prospère pas, c’est qu’il n’atteint pas les profondeurs du peuple français. Le génie français n’est pas dans ce culte rétréci d’une identité idéalisée. Il ne réside pas non plus dans le multiculturalisme, cette superposition de communautés hermétiques. Le génie français, c’est un imaginaire partagé. Cet imaginaire s’ancre dans notre langue commune. C’est notre premier enracinement. Il s’ancre dans une histoire, des territoires, des paysages. C’est notre second enracinement. Mais notre langue, notre histoire, nos territoires, nos paysages ne sont pas univoques. Ils ne sont pas une serge brute ni un patchwork mal cousu. La culture française est une moire. Alors oui, je le concède, la stérile opposition entre identité et multiculturalisme dans laquelle on veut nous enfermer et qui ne correspond à rien ne me passionne guère. La culture française me passionnelorsqu’elle est ce carrefour de sensibilités, d’expériences et d’influences. C’est ce que j’appelle l’ouverture. Je vois bien cependant l’usage politique que certains veulent faire de notre héritage commun pour l’opposer aux communautarismes : la passion de certains pour une identité française univoque et transhistorique est un geste de résistance aux dissolvants du multiculturalisme mondialisé. Eh bien, en ce qui me concerne, je ne souhaite pas transiger : je prends la culture française telle qu’elle est, avec ses complexités et ses confluences, et je l’oppose fièrement aux communautarismes rétrécis comme aux nationalismes simplistes.

Donc, vous aimez la culture comme carrefour. « Le fondement de la culture française,écrivez-vous, c’est une ouverture sans pareil. » Nous, c’est l’Autre. Alain Finkielkraut s’interroge et vous interroge : « Que partage-t-on quand on partage une ouverture ? »Vous dites aussi que la culture française est « un fleuve avec de nombreux confluents », mais vous semblez refuser l’idée que le fleuve, même ainsi enrichi, suit son propre cours…

Il est impossible de faire un pas dans notre culture sans tomber sur l’Autre. Cela en navrera certains mais c’est une vérité historique. Faut-il mentionner la civilisation romaine qui nous a façonnés ? Les invasions diverses qui ont irrigué nos territoires ? L’irruption de l’Italie au cœur de notre art ? La fascination de nos écrivains pour l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, la Russie, le Japon, le Maghreb, les États-Unis et tant d’autres cultures ? Nous nous sommes construits dans un tressage infini d’influences et d’attirances vertigineuses. Nous sommes un grand pays de passeurs et de traducteurs. Nous n’avons eu de cesse de sonder le génie de Shakespeare avec Stendhal et Hugo, celui de Dostoïevski avec Gide et Sartre, celui de Joyce avec Larbaud… mais notre creuset ultime reste la langue française, ce grand fleuve qu’alimentent tous ces confluents. Il y a influence, donc confluence. Ce n’est pas être multiculturaliste, cela. C’est regarder en face la vérité de notre culture. Les adeptes du repli identitaire trahissent notre génie national lorsqu’ils réduisent le panthéon de nos références culturelles à un corpus amaigri, excluant ce qui ne colle pas avec le projet politique qu’ils veulent porter. Voilà ce qu’on partage lorsqu’on partage l’ouverture : cette curiosité insatiable, cette recherche de l’autre qui n’est autre qu’une quête inlassable de l’universel. C’est cela, notre humanisme. D’autres cultures ont préféré explorer leurs racines, leur folklore, et s’inventer une identité où prime l’enracinement des générations, le legs ancestral d’une mémoire linéaire. Ils ont forgé une mythologie du sol et du sang. Le génie français ne repose pas sur le droit du sang.

Notre pays triomphe, dites-vous, avec des écrivains contemporains appelés Marie NDiaye, Leïla Slimani, Alain Mabanckou. Votre bibliothèque, comme le premier gouvernement de Sarkozy, ressemble à un casting. Et si on parle d’écrivains contemporains, il semble étonnant d’oublier des noms comme Houellebecq ou Carrère…

Permettez-moi de sourire devant tant d’assurance normative… Je vous laisse libre de votre jugement mais vous m’autoriserez à n’y pas souscrire. Ndiaye (dont la mère est française), Slimani (dont la mère est franco-algérienne), Mabanckou (qui est franco-congolais) sont advenus à la culture française par la langue française et ils y occupent une place éminente. C’est cela qui me semble essentiel. On devient français par la langue française. Michel Houellebecq fait par ailleurs partie des écrivains pour lesquels j’ai une admiration sincère car ses œuvres décryptent les vertiges et les peurs contemporains. Dans la même phrase, j’ai cité Kessel, Troyat et Apollinaire (sans doute encore un « casting »). J’aurais pu ajouter ici Alain Finkielkraut. Il est lui-même la preuve que sans avoir derrière soi des générations d’enracinés, on advient à la culture française d’éminente manière. Dans la langue française il a trouvé une mémoire, une sensibilité, une vision du monde, des valeurs qu’il a faites siennes et dont il est aujourd’hui un thuriféraire zélé et inquiet. Que l’Académie française l’ait accueilli dans ses rangs aux côtés d’héritiers patentés – qu’on songe à la longue histoire des d’Ormesson – est un motif de fierté nationale. Nous devons donc chérir notre héritage, mais faut-il oublier qu’il agrège des mémoires diverses ? La culture française n’a eu de cesse de se construire dans la contre-culture, de Villon à Artaud en passant par Sade et Baudelaire. La même année, Les Fleurs du mal et Madame Bovary furent condamnés et censurés par la justice. C’est cela, aussi, la France. Faut-il que la peur de la désagrégation nous fasse renoncer aux aspects subversifs de notre culture ? Faut-il que le désir d’opposer une identité marmoréenne aux aléas de la mondialisation nous fasse reconstruire une culture et une mémoire officielles ? On tombe dans les travers du casting lorsqu’on asservit notre culture à la visée politique de répliquer aux dérives multiculturalistes. Charles Péguy et Jeanne d’Arc deviennent les porte-enseignes de combats qu’ils n’ont jamais voulu livrer. Dans ma bibliothèque, comme vous dites, Saint-Simon côtoie Beckett, Ionesco fréquente Corneille, Proust voisine avec Kundera. Il n’y a là aucun relativisme culturel : simplement la certitude que notre culture, dont le socle est notre langue, n’a rien à gagner en s’efforçant de se réduire aux critères contemporains d’une « identité », c’est-à-dire à se ravaler elle-même au rang d’une communauté. Il n’y a pas de « communauté française », mais une nation et une culture qui transcendent absolument la géométrie réductrice des communautarismes.

Justement, vous affirmez la langue française est notre trésor commun. Fort bien. Que ferez-vous pour la protéger ? Que pensez-vous du slogan « Made for sharing » choisi pour la candidature de Paris aux JO ? Tout le monde a ricané sur la « clause Molière » mais si elle est une mauvaise réponse, n’y a-t-il pas une bonne question ?

La langue française n’a pas à être « protégée » : elle est la troisième langue la plus parlée dans le monde. Mais elle doit être enseignée avec intransigeance, car la cohésion nationale repose sur la maîtrise de la langue. Lire et écrire le français n’est pas seulement un passeport pour le marché du travail. C’est le vecteur premier d’intégration dans notre société. C’est pourquoi je souhaite que la lecture et l’écriture soient le premier combat de l’école. C’est pourquoi aussi j’assume une discrimination positive à l’égard de ceux qui sont les plus éloignés de la langue : c’est là un enjeu de reconquête républicaine comparable à celle menée dans nos campagnes reculées par les hussards noirs de Ferry. Ce combat, nous ne devons pas le perdre. Si nous ne partageons pas tous la langue française et ce qu’elle charrie de notre culture, notre pays se fragmentera en communautés hermétiques. La langue française est le remède antighetto. C’est pourquoi aussi je rétablirai l’enseignement du grec et du latin, qui en sont l’armature. C’est pourquoi enfin je souligne souvent la nécessité de revenir à l’histoire « chaude », celle des grandes figures et des héros de notre histoire : autour de ces figures, qu’il s’agisse de Bayard ou de Jean Moulin, nous construisons du commun. Je souhaite également que l’obtention de la nationalité repose sur la maîtrise de notre langue ; j’y veillerai. Enfin, je crois que la puissance publique doit donner l’exemple de l’amour et du soin de la langue française. J’ai ainsi proposé que l’emblématique château de Villers-Cotterêts, aujourd’hui laissé dans un état d’abandon contre lequel la mairie Front national se mobilise bien peu, devienne un haut lieu de la langue française et de la francophonie. Cela répond à votre question sur le choix fait par la Mairie de Paris. Quant à la clause dite Molière, elle me semble relever de Tartuffe : elle n’a rien à voir avec la promotion de la langue française et tout à voir avec la lutte contre les travailleurs détachés illégaux. Prenons ce problème économique à la racine au lieu de le faire par des voies de contournement un peu absurdes. Un travailleur détaché parlant français reste un travailleur détaché et cela ne résout pas le problème de fond.

Macron: “La France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle”

Notre entretien exclusif sur la France (2/2)

Causeur. On a souvent l’impression que vous tentez de satisfaire des aspirations opposées, ce qui est peut-être louable quand on prétend représenter et protéger l’intérêt général. Néanmoins, sur ce qui fait la cohésion culturelle de notre société, toutes les options ne sont pas conciliables. Historiquement, la France a préféré le modèle républicain (assimilation, puis intégration), qui demande aux nouveaux arrivants et à leurs enfants de s’adapter, au multiculturalisme, ce qui signifie que l’égalité entre les individus n’entraîne pas l’égalité entre les cultures. Ce modèle est-il rendu obsolète par la diversité de notre société ? Devons-nous rompre avec cette tradition pour accueillir des populations musulmanes venant de cultures plus « lointaines » ?

Emmanuel Macron. Le modèle républicain français repose sur l’intégration. Cela ne saurait être remis en cause. À son origine, il a pris pour s’imposer des mesures coercitives. Il a éliminé les parlers régionaux, uniformisé et centralisé les programmes scolaires, délégué dans les provinces nos hussards noirs. Puis, nous avons séparé l’Église et l’État pour asseoir la laïcité. Ce fut la République de conquête et de combat ; il le fallait. La victoire de la morale républicaine est passée par une certaine réécriture de l’histoire nationale, par la formation de canons littéraires un peu figés. La vision de l’identité nationale par la IIIe République, jacobine et laïque, put certes vaincre les communautarismes mais elle fit grincer des dents : l’Action Française lui opposa les beautés du félibrige et d’une France millénaire bâtie par la chrétienté. Il y a quelque miracle aujourd’hui à trouver dans le même camp des héritiers de Lavisse et des héritiers de Maurras. Les cris de joie des maurrassiens lorsque la IIIeRépublique s’effondra devraient à jamais séparer ces lignées. Mais la crainte du multiculturalisme communautariste aujourd’hui les réunit, et notamment le communautarisme musulman. Aux uns il semble défier radicalement les lois de la République, aux autres il semble contradictoire avec les racines chrétiennes de la France. Et lorsque je dis que je ne fais pas de la laïcité une arme de combat mais une arme de liberté, lorsque je dis que la France n’existe pas uniquement par ses racines chrétiennes, je déplais simultanément à M. Finkielkraut et à M. Buisson. Je suis en butte à la fois à Jacques Julliard et à Éric Zemmour. N’est-ce pas étonnant ?

Mais si vous êtes un défenseur de la langue française et de la laïcité, qu’est-ce qui vous distingue d’eux ?

La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique.

Tout de même, quand vous déclarez qu’il n’y a pas de culture française mais une culture en France, vous penchez vers le modèle multiculturel. Voilà ce qu’a écrit Alain Finkielkraut dans Causeur : « Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. Autrement dit, pour ceux qui se retrouvent sous cette bannière, la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace. L’espace-France accueille la diversité et sur cette diversité des goûts, des pratiques, des musiques, des origines, nulle antériorité ne saurait prévaloir, nulle hiérarchie n’est en droit de s’exercer. Tout est égal et puisque tout est différent, tout est pareil. De “français” à “en France”, il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle. Au nom du progrès, Emmanuel Macron nous invite à franchir ce pas. Au lieu de s’inquiéter de la désintégration française qui se produit sous nos yeux, il l’accompagne, il la conceptualise, il en recouvre la violence par l’éloge du multiple. » Que lui répondez-vous ?

Je regrette que le grand lecteur qu’est M. Finkielkraut n’ait pas fourni l’effort de lire mes propos plus attentivement. Il aurait constaté de lui-même que ce fantasme de l’égalisation culturelle, du « tout se vaut », du déracinement ne fait pas partie de mes valeurs ni de mes propositions. Il aurait vu combien le devenir de la langue française m’importe. Il m’aurait entendu dire combien j’aspire à ce que les enfants les plus éloignés de la culture s’en rapprochent – et non sous les dehors d’une culture adaptée à leur sociologie comme le rap ou le hip-hop, mais à travers le contact véritable avec les grandes œuvres. Si M. Finkielkraut m’avait lu, il saurait d’où je viens et sur quoi je fonde ma vision de la culture française. Il saurait par exemple que mon propos sur la « culture en France » s’oppose justement à la réduction par les identitaristes de notre culture à un arbre sans branches. André Chastel, dans son Introduction à l’histoire de l’art français, dit-il autre chose que cela ? Je le cite : « La France filtre. Elle reçoit et elle tamise. De tous les côtés, elle est pénétrable. Ses ouvriers, sûrs d’eux-mêmes, se servent à droite et à gauche, comme si tout leur appartenait de droit. En art, il n’y a jamais lieu d’établir des factures et de s’inquiéter de ses dus. On va de l’avant, outil en main. Cette démarche est constante dans le pays composite et riche de contraires qu’est la France. Si on la néglige, si on cherche une définition de l’art français en dehors de ces mouvements d’acquisitions et de filtrage, on n’arrive qu’à une notion pauvre et plutôt décevante, qui s’épuise vite dans la célébration de la finesse et de la clarté. » Ainsi, M. Finkielkraut a raison : je ne m’inquiète pas de la désagrégation française. Nous restons ces ouvriers sûrs d’eux-mêmes qui ne craignent pas de se dissoudre dans le divers, parce que nous avons derrière nous une histoire, un héritage, une force enfin qui nous préservent de la désagrégation. À nous de faire valoir cette force et cette volonté de poursuivre ensemble ce qui nous a fait. Craindre, s’inquiéter, redouter n’a jamais conduit à rien.

Si, à voir la réalité telle qu’elle est, y compris quand elle nous déplaît. Un certain nombre de Français pensent que notre identité collective est menacée par la montée de l’islam radical. Ont-ils tort ? Est-ce de l’islamophobie ?

Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille.

Cela suffira-t-il à endiguer la montée d’une forme de piété et de rigorisme qui tend à isoler du reste de la société. Au-delà du terrorisme, il y a un séparatisme pacifique. Le combattrez-vous et comment ? 

Le rôle d’un président de la République n’est pas de combattre les croyances mais de combattre les propos et les pratiques qui se placent en dehors de l’ordre public républicain. Si les courants religieux que vous décrivez aboutissent à remettre en cause l’ordre républicain, notamment dans la place qu’ils assignent à la femme, ils seront sanctionnés durement. Certains le sont déjà. Il faudra poursuivre. Pour détecter ces dérives, nous avons besoin de rétablir une police et des services de renseignements au plus proche du terrain. Je les rétablirai.

Notre pays est fracturé, là-dessus tout le monde est d’accord. Que proposez-vous pour faire aimer la France à tous les Français, ceux des banlieues et ceux de la Manif pour tous… ?

Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable.

Voir par ailleurs:

How European Agencies Suppress Key Anti-Semitism Data

Interview with Professor Amy Elman: The EU Agency repeatedly asked the Center for Research on Anti-Semitism to alter their ‘divisive’ findings connecting Muslims with the phenomenon.

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Dr. Manfred Gerstenfeld
Israel national news
23/09/14 06

“From the year 2000 on, anti-Semitic incidents in many European Union member states increased substantially. They were fired up by the second Palestinian intifada, the anti-Israel incitement at the 2001 Durban world anti-racism conference and 9/11. Admission by official European bodies of this ‘new’ anti-Semitism’s impact, and exposure of the originators was slow and often distorted.

“The European Monitoring Center for Racism and Xenophobia (EUMC) was officially established through a European Council Regulation in 1997. Its creation coincided with the 1997 Year against Racism, an outgrowth of the 1994/5 Commission on Racism and Xenophobia (the Kahn Commission).  In 2002, the EUMC embarked on a study on anti-Semitism. Its handling of the findings led to an international scandal.”

R. Amy Elman is the Weber Professor in Social Science at Kalamazoo College, Michigan. Her upcoming book The European Union, Anti-Semitism and the Politics of Denial explores the EU’s efforts against anti-Semitism and their consequences.[1]

“The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings.

“The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves.

“The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003.

“The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ The CRA also suffered as the EUMC had characterized its research – of which the EUMC itself had established the parameters – as ‘methodologically unsound.’

“In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation.

“In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts.

“That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation.

“By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum.

“Nowadays, the EUMC’s successor, the European Agency for Fundamental Rights (FRA) also seems reluctant to identify anti-Semitism and classify its perpetrators. In 2013, the FRA disavowed its predecessor’s working definition of anti-Semitism months before releasing its own report on anti-Semitism. Furthermore in a fact sheet summary of the methodology and key findings of the 2013 report (‘Jewish people’s experience of discrimination and hate crime in European Union Member States’) data pertaining to the perceived perpetrators is conspicuously absent.

“The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact.”

Sources:

[1] University of Nebraska Press, 2015


Terrorisme: L’islam est-il en train de réaliser la prophétie d’Enoch Powell ? (Is the Tide of Hope reverting to Rivers of Blood ?)

5 juin, 2017
https://i1.wp.com/www.dreuz.info/wp-content/uploads/2017/06/unnamed-1-2.jpgNul n’est prophète en son pays. Jésus
Vous plairait-il de trouver une nation d’une telle humeur barbare qui éclatant en violence hideuse ne vous permettrait pas d’habiter la terre ? Que penseriez-vous d’être ainsi utilisé?  (…) C’est le cas des étrangers et telle est votre inhumanité monstrueuse. Shakespeare
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
40 years ago, Enoch Powell’s speech in this hotel, made to a handful of activists, electrified Britain. It elated some. It terrorised others. Its timing was a tragedy for our nation. Historically we are diverse, open-minded, and anti-racist. But every now and again we forget our true character. And April 20 1968 was the start of a forty year aberration for which we have since paid dearly. Just at the moment when we were about to pass what were then the most progressive race relations laws in Europe we were plunged into a forty-year bout of racial introspection. In the year that four young British musicians captivated the planet with their charm, confidence and their talent, our politicians were forced to wrestle with the fears of an anxious majority convinced that their rights were about to be usurped by a greedy minority. And in the past forty years, when we could justifiably have been boasting of our success in creating a multicultural, multiethnic society, we found ourselves mired in a ghastly stand-off about race relations which has spawned unnecessary division and inequality. Yet in spite of all this, today, I believe that Britain remains, at heart, that open-minded, anti-racist nation. And that this 20th of April offers us a chance to throw off the shadow of the past forty years. I want to tell you why I believe that right now, the urgency of change demands a new social contract in which we the British people reap the benefits of managed migration by pursuing a positive policy of active integration. In my lifetime there has never been a more vital moment for such a profound shift in thinking. There are no rivers of blood in prospect. Rather there is today a tide of hope that is carrying 200 million and more migrants across the globe in search of a better life. Some are British. Many are highly-skilled and qualified. They look in our direction, but they have choices. Like every other prosperous developed nation we know that if we don’t get our share of this wave of talent we risk becoming an economic backwater. But we also know that with the benefits of migration come costs. So my speech today is about how, we maximise the benefits and minimise the costs. If we fail, our children and our grandchildren won’t be arguing about how many immigrants we can take into Britain; they’ll be wondering how they can get a work permit to the dominant economies of China, India and Brazil. (…) So why, given its impact, did Powellism fail so dismally? I think there are three reasons. First the doctrine utterly failed to understand the essential attitude of British people to difference. We are not racists. How could we be? We are an ancient multilingual state forged from at least four different ethnicities, with a people built on and used to intermarriage, compromise and negotiation. (…) I think the second reason for the Powellites’ failure is that they wanted to promote a British identity rooted in an Empire that by 1968 was already in rapid decline. And finally, perhaps most important of all, the Powellites fatally confused race and immigration. We can see today why this is a mistake. In the last decade, when we have had higher net immigration than at any time in the past forty years, large numbers – over half a million between 2004 and 2006 of immigrants are white. (…) The warning of the River Tiber foaming with much blood comes from the Cumaean Sybil, one of the prophetesses of Roman legend. Virgil says that she told Aeneas, the Trojan, not to go to Rome because there’d be trouble. In fact he ignored the warning, he went on to found the dynasty that built Rome – we remember Romulus and Remus – the centre of arguably the most successful multiethnic and multi-faith empire in the history of the world. Perhaps what happened to the Sybil is a warning. She was granted eternal life by the God Apollo, but forgot to ask for an eternal body. So though she still had the gift of prophecy, she withered away until she was just a disembodied voice. Eventually she disappeared never to be heard from again. I think that’s food for thought for all aspiring prophets. So in short, after forty years I think we can say with confidence that we don’t need to ask if Powellism was ever right. All we need to know is that it wrong now. That story is over. Goodbye Alf Garnett. But that does not mean that the political challenge of immigration is over. On the contrary. We’ve only just begun to prepare the ground to debate the greatest challenge of our time. I believe that there are two fundamental challenges facing western nations today. One is how we live with our planet. The other is how we live with each other. The second – in Sir Isaiah Berlin’s phrase – « living together graciously » – is in my view the more urgent. If we cannot get along with our neighbours we have no hope of taking the concerted action we need to reverse climate change. There’s just no mileage in talking about car pools if you loathe your neighbours so much that you can’t bear to share a car ride with them. (…) So I want to propose first that we simply abandon the unproven Powellite assertion that if we get immigration numbers down, we’ll have less trouble. Instead I want to argue that our history shows that immigration and integration are reciprocal. That is to say, that if we needed, perhaps for economic reasons, to admit more immigrants we would have to work harder at integration; but equally, that if we are better at our integration, we can probably accommodate more immigrants. And just as Powellism had its three central principles – assimilation, separation and domination – I want to propose three new principles for an integrated society, based on our Commission’s core values – equality, human rights and good relations. (…) We cannot allow discussion of race and immigration forever to be seen as playing into the hands of extremists. The forty-year old shockwave of fear has gagged us all for too long. Our aim is the integrated society – one built on fairness, respect and dignity, confident in all aspects of its diversity. We need to start a new conversation about how we get there, a dialogue has to be guided not by fear, but by hope. Trevor Phillips (2008)
Le discours des fleuves de sang est un discours prononcé le 20 avril 1968 par Enoch Powell, parlementaire conservateur britannique, critiquant le multiculturalisme et opposé à l’immigration venant des pays du Commonwealth. Le discours a été prononcé devant une réunion régionale du Conservative Political Centre, au moment où la loi Race Relations Bill 1968 était en discussion au Parlement à majorité travailliste. Son auteur l’appelait « discours de Birmingham ». Il tire son nom de cet extrait : « Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant ». Le sujet du discours était l’immigration ; Powell désirait avertir le peuple que, selon lui, celle-ci menaçait le Royaume-Uni. Il déplorait le fait que des Anglais ne trouvassent pas d’emploi à cause de la main-d’œuvre que constituaient les immigrés (principalement des Jamaïcains), dénonçant le comportement de ceux-ci à l’aide de nombreux exemples destinés à marquer l’auditoire. Le discours provoqua une vaste polémique dans la classe politique, la presse et la société britannique, mais un sondage de l’organisation Gallup réalisé fin avril 1968 montra que 74 % de la population était d’accord avec lui. Sous la pression de ses collègues, il dut démissionner du cabinet fantôme conservateur où il occupait le poste de ministre de la Défense. Dans son livre Reflections on the Revolution in Europe: Immigration, Islam and the West (2009), traduction Une révolution sous nos yeux (2011), Christopher Caldwell relève que les prévisions chiffrées d’Enoch Powell sont assez exactement réalisées, mais pas les catastrophes annoncées. Wikipedia
Europe could face a new wave of migrant arrivals this summer, a leaked German government report has warned. Up to 6.6m people are waiting in countries around the Mediterranean to cross into Europe, according to details of the classified report leaked to Bild newspaper. They include more than 2.5m in North Africa waiting to attempt the perilous crossing by boat. Angela Merkel’s government has not commented on the report, which the newspaper says was marked for internal use only. There are fears of a dramatic rise in arrivals as the summer weather turns favourable for sea crossings. Growing numbers of migrants are known to be attempting to reach Europe by boat in the wake of the closure of the Balkan land route last year. They include refugees fleeing the turmoil in Syria and Iraq as well as economic migrants from Africa, the Middle East and Asia. The report warns the number waiting to cross into Europe has risen by 650,000 since the end of January alone — an increase of 12 per cent. It says 1m are waiting in Libya, where smugglers use small and often unseaworthy boats to carry migrants to outlying Italian islands. Another 1m are waiting in Egypt, 430,000 in Algeria, 160,000 in Tunisia, and 50,000 in Morocco. Others are waiting in transit countries along the route, with up to 720,000 in Jordan. The numbers also include 3.3m waiting in Turkey, most of whom are currently prevented from crossing into Europe by the EU’s migrant deal with President Recep Tayyip Erdogan’s government. The Telegraph
Les penseurs sunnites qui ont soutenu que le Coran pouvait servir à la modernisation se sont empêtrés dans un bourbier conceptuel, ce qui explique la crise de la pensée islamique aujourd’hui. Le Coran légitime nombre de choses embarrassantes pour les musulmans modernistes: l’esclavage, le djihad armé, le contrôle des femmes, la polygamie et des aberrations scientifiques. Suleiman Mourad
Cessons de parler d’État Islamique, ils trahissent la religion qu’ils prétendent servir. Ce sont juste des assassins. Christophe Castaner (porte-parole du gouvernement Philippe)
Ce n’est pas la première fois que l’on hésite à qualifier cette organisation terroriste par autre chose que par un acronyme. Laurent Fabius quand il était au quai d’Orsay avait affirmé une préférence pour Daech plutôt que pour État Islamique. Barack Obama n‘a jamais parlé de terrorisme islamiste et François Hollande non plus, sauf dans les confidences faîtes à Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans le livre Un président ne devrait pas dire ça. La pudeur linguistique n’est donc pas le seul fait de M. Castaner. (…) Elle est essentielle. Camus l’a dit et nous le répétons sans cesse «Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde». Dire que ce terrorisme n’est lié a aucune religion c’est tout simplement faux. Le calife et ses soutiens se revendiquent de l’islam. C’est un des visages, fort heureusement pas le seul et pas le principal, mais c’est un des visages de l’islam. En outre, si toutes les religions comptent dans leurs rangs des criminels et des assassins, la systématisation de la terreur n’appartient aujourd’hui qu’à la sphère islamique. Le nier c’est se priver du moyen de désigner ceux qui veulent nous tuer et qui le font comme à Londres «au nom d’Allah». Personne aujourd’hui ne tue au nom de Jésus, Vishnou ou Moïse. Rachid Kassim, l’un des organisateurs des attentats en France l’avait déclaré avant d’être tué par un drone américain: ses motivations n’étaient ni sociales, ni idéologiques (colonisation) mais religieuses. On ne peut en rien exonérer l’islam des crimes qui sont commis en son nom. Ceux qui le font rejoignent le discours de Tariq Ramadan qui veut noyer la singularité d’une grande confession dans la masse des crimes mondiaux, dans la nuit de l’équivalence. (…) C’est l’esprit d’une motion que Trudeau a fait voter il y a quelques semaines au Canada et qui, en substance, empêche toute critique de l’islam. L’islam est en train d’acquérir un brevet de religion intouchable. La confession la plus gangrenée par la violence est repeinte en religion de tolérance et d’amour. On ne peut pas continuer à rester dans le conte de fées pour échapper à l’accusation de racisme et d’amalgame. Adonis, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Abdenour Bidart pourtant ne cessent de nous mettre en garde. Au fond, cette rhétorique est très anglo-saxonne. Pour les Américains et les Anglais, toute religion est bonne en soi. Mais l’islam n’a pas connu les lumières et la réforme interne. La vérité que nous sommes obligés de répéter sans cesse est la suivante: ces massacres n’ont pas de causes sociales, économiques, pathologiques mais bien théologiques. Garder les yeux grands fermés comme M. Castaner augure mal de la politique du gouvernement. Pascal Bruckner
Le modèle assimilationniste accorde un privilège à la culture de la société d’accueil, sans être ni culturaliste ni inégalitaire. C’est même tout le contraire puisqu’il suppose une capacité d’adaptation des migrants et de leurs descendants à un environnement culturel différent du leur. Le multiculturalisme est un modèle asymétrique d’un autre type. Il favorise le séparatisme et l’entre-soi, mais seulement pour les nouveaux venus. Cet entre-soi ne peut, en effet, être étendu aux autochtones, sous peine de susciter des discriminations. Les « minorités » reçoivent alors un traitement qui ne peut être concédé aux autochtones. C’est un modèle culturaliste et inégalitaire qui renverse l’asymétrie du modèle assimilationniste. Il ne reconnaît pas de droit à la persistance culturelle de la société d’accueil. L’assimilation nécessite un certain nombre de conditions et, notamment, l’engagement du corps social dans son entier, élites comprises. La pression sociale exercée par les autochtones, généralement ceux des catégories populaires qui voisinent avec les populations aux modes de vie dépaysants, doit être considérée comme légitime et encouragée. Selon Paul Collier (Exodus, dont une traduction est à paraître à l’Artilleur l’année prochaine), les autochtones doivent être « les prosélytes de leur propre nation ». Pour être convaincant, ce prosélytisme nécessite une certaine fierté. Si j’insiste sur ces caractéristiques, c’est parce qu’elles dessinent, en creux, tout ce qui manque aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans une disposition d’esprit propre à susciter l’assimilation. L’ascendant culturel des catégories populaires, autrefois motrices dans l’assimilation, est désormais contesté. Elles ont cessé d’être les prosélytes de la nation, d’espérer que leurs voisins s’adapteront et préfèrent vivre dans des lieux où il leur sera plus facile de maintenir leur propre mode de vie. Elles se sont éloignées des grands centres urbains (voir Christophe Guilluy), évitement qui a renforcé les concentrations ethniques, lesquelles favorisent l’entre-soi et le maintien des habitudes culturelles. On a là un cercle vicieux sur lequel les exhortations à la mixité sociale (euphémisme pour mixité ethnique) ont peu de prise. L’autodénigrement a remplacé le prosélytisme. Pourquoi chercherait-on à s’assimiler à un pays aussi détestable dont on ressasse avec gourmandise les tares passées ? (…) la politique fondée sur des droits encourage, paradoxalement, la migration irrégulière. Une fois qu’on a mis le pied en Europe, on a de bonnes chances de pouvoir y demeurer. En France, la perception du phénomène est obscurcie par des discours mal informés sur le régime migratoire actuel. Récemment, dans Libération, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration, a justifié l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle par le fait qu’ « on a accueilli très peu de migrants ces dernières années ! ». Je laisse le lecteur en juger à la lumière de ce graphique. J’ai, par ailleurs, montré que le taux d’accroissement de la proportion d’immigrés depuis le début des années 2000 est voisin de celui observé pendant les Trente Glorieuses. (…) Si l’option assimilationniste a été abandonnée très tôt en France (on peut remonter jusqu’en 1991 pour situer la bifurcation diversitaire de l’intégration théorisée par le Haut Conseil à l’intégration), c’est dans le cadre européen qu’a été élaborée plus finement l’option multiculturaliste à laquelle la France a souscrit. Je n’ai pas eu d’écho d’une opposition française aux onze principes de base communs adoptés par le Conseil européen du 19 novembre 2004. La France n’avait d’ailleurs dépêché, pour l’occasion, que son représentant permanent. L’intégration est désignée, dans le premier principe, comme « un processus à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres ». La littérature européenne nous éclaire sur le but de l’intégration : tolérance et respect ! L’UE, par construction, est favorable au développement du multiculturalisme. S’y ajoutent les craintes alimentées par les projections démographiques d’Eurostat, qui incitent l’UE à voir dans l’immigration la solution pour éviter un déclin démographique trop marqué. (…)  L’islam change la donne par la taille de la population musulmane, l’importance que les musulmans accordent à la religion, une tendance à la désécularisation, une transmission religieuse qui s’est améliorée et une endogamie religieuse très forte. Le tout dans un contexte que je vous ai décrit plus haut. Les mariages mixtes ont toujours été le carburant de l’assimilation : en épousant des autochtones, les migrants ou leurs descendants s’inscrivent dans l’héritage historique français. Éric Kaufmann considère que l’exogamie des musulmans est « l’épreuve de vérité de l’assimilation ». Pourtant, l’endogamie est la règle. Elle vaut pour toutes les religions, a fortiori pour l’islam : parmi les musulmans présents en 2008 et âgés de 18-50 ans, 90 % des premiers mariages des hommes et des femmes nés en France ou qui y sont venus alors qu’ils étaient encore enfants ont été célébrés avec un conjoint musulman. Paradoxalement, cette endogamie est plus faible chez les migrants arrivés célibataires à l’âge adulte qui ne se sont pas frottés à la société française dans leur jeune âge. (…)  Lorsque les Polonais sont arrivés en France il y a bien longtemps, il passaient pour inassimilables. Mais il étaient catholiques et ont pu, au fil du temps et des générations, finalement, « trouver chaussure à leur pied » parmi les catholiques autochtones. Paradoxalement, l’endogamie religieuse a favorisé l’exogamie ethnique. Le catholicisme faisait partie des éléments culturels communs. Tel n’est pas le cas des musulmans qui apportent l’islam dans leurs bagages. Par ailleurs, la société, jusque dans les années 1960-70, n’était guère encline à célébrer la diversité comme on le fait aujourd’hui. (…) Nous avons actuellement la plus mauvaise combinaison : immigration étrangère importante + multiculturalisme mâtiné d’une rhétorique républicaine. Comme l’explique très bien Paul Collier dans son livre, le développement de diasporas (populations qui n’ont pas été absorbées par la population du pays d’accueil) favorise les flux d’immigration fondés sur les liens diasporiques. L’assimilation limite ce développement alors que le multiculturalisme le favorise. L’existence de larges diasporas n’est pas non plus propice à l’assimilation. Des flux plus modérés et une politique d’assimilation résolue constitueraient une meilleure combinaison. C’est d’autant plus vrai que les étrangers nouvellement accueillis sont plus difficiles à assimiler que prévu. Mais ce n’est pas la route sur laquelle nous cheminons. La régulation des flux migratoires est du ressort des pays d’accueil et il faut cesser de se bercer d’illusions avec le développement des pays de départ qui serait la solution miraculeuse. Leur développement est une bonne chose en soi, mais ne participera pas à réduire les candidats à la migration, bien au contraire. L’amélioration du niveau de vie fournira, en effet, à plus de candidats les moyens de partir. Il faut savoir que la politique migratoire est une compétence partagée avec l’UE. La Cour de justice de l’UE (CJUE) veille au respect des divers règlements et directives et élabore une jurisprudence qui encadre la politique des États. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme et des Cours nationales. Michèle Tribalat
Cette enquête est troublante. Elle révèle quelque chose que l’on n’a pas reconnu jusque-là : l’apparition d’une nation dans la nation, avec sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre avenir. (…) il faut abandonner le multiculturalisme soft et adopter une approche d’intégration beaucoup plus musclée. Trevor Phillips (2016)
Pendant longtemps, je pensais que les musulmans (…) abandonneraient petit à petit leurs coutumes ancestrales, qu’ils se fondraient dans le paysage britannique divers. Mais j’ai eu tort. Trevor Phillips (2016)
In the wake of the jihadi human bomb attack in Manchester, Britain’s Prime Minister Theresa May said: “We struggle to comprehend the warped and twisted mind that sees a room packed with young children not as a scene to cherish but an opportunity for carnage.” Germany’s Chancellor Angela Merkel said: “ It is unbelievable that somebody has used a joyful pop concert to kill or seriously injure so many people.” A headline in the Washington Post read: “In suburban Manchester, a search for what might have motivated the attacker”. “Struggle to comprehend”? “Unbelievable”? “What might have motivated the attacker”? Really?? In 2006 I published my book Londonistan which analysed the supine response of the British political, legal and religious establishment to Islamic jihadi terrorism and the Islamisation of Britain. What follows below is the concluding chapter of that book. As the army patrols the streets of Britain to guard against further expected terrorist attacks, my warning about the deadly failure to face up to the true nature of the threat facing the west is surely even more urgent today. (…) Britain is in denial. Having allowed the country to turn into a global hub of the Islamic jihad without apparently giving it a second thought, the British establishment is still failing even now — despite the wake-up calls of both 9/11 and the London bomb attacks of 2005 — to acknowledge what it is actually facing and take the appropriate action. Instead, it is deep into a policy of appeasement of the phenomenon that threatens it, throwing sops to both radical Islamism and the Muslim community in a panic-stricken attempt to curry favour and buy off the chances of any further attacks. This disastrous policy ignores the first law of terrorism which is that it preys on weakness. The only way to defeat it is through strength — the strength of a response based on absolute consistency and moral integrity, which arises in turn from the strength of belief in the values that are being defended. By choosing instead the path of least resistance, Britain is advertising its fundamental weakness and is thus not only greatly enhancing the danger to itself but is also enfeebling the alliance in the defence of the west. Britain has a long and inglorious history of appeasing terrorism, thus bringing true the aphorism in which its ruling class so cynically believes that ‘terrorism works’. Now, however, this dubious national trait has been cemented even more firmly into the national psyche by the governing doctrine of multiculturalism, which has made it all but impossible even to acknowledge that this is a problem rooted within the religion of a particular minority community. The fervent embrace of ‘victim culture’ means instead that this minority has to be treated on its own assessment as a victim of the majority and its grievances attended to on the basis that it is these grievances which are the cause of terrorism. At the same time, however, this minority disavows any connection with terrorism and vilifies anyone who dares suggest to the contrary. Thus Britain is being forced to act on the basis that if it does not do so it will be attacked — by people who claim that terrorism runs totally counter to the values of their religion, but then demand that the grievances of members of that religion are addressed as the price of averting further attacks. This deeply manipulative and mind-twisting behaviour is the equivalent of holding a gun to Britain’s head while denying that this is being done, and threatening to run out of town anyone who points it out. The intersection of an aggressive religious fanaticism with the multicultural ideology of victimhood has created a state of paralysis across British institutions. The refusal to admit the religious character of the threat means not only that Britain is failing to take the action it should be taking but, worse still, is providing Islamist ideologues with an even more powerful platform from which to disseminate the anti-western views which have so inflamed a section of Britain’s Muslims. The refusal to acknowledge that this is principally a war of religious ideology, and that dangerous ideas that can kill are spread across a continuum of religious thought which acts as a recruiting-sergeant for violence, is the most egregious failure by the British political and security establishment. The deeply-rooted British belief that violence always arises from rational grievances, and the resulting inability to comprehend the cultural dynamics of religious fanaticism, have furthermore created a widespread climate of irrationality and prejudice in which the principal victims of the war against the west, America and Israel, are demonised instead as its cause. This mindset and the corresponding terror of being thought ‘Islamophobic’ have prevented the British from acknowledging the eruption of Islamist violence not just in Britain but around the western world. The British media either ignore it — as with disturbances in Sweden or Belgium — or, when they do report it, insist that Islam has nothing to do with it. (…) One of the reasons why people shy away from acknowledging the religious aspect of this problem is, first, the very proper respect that should be afforded to people’s beliefs and, second, the equally proper fear of demonising an entire community. There is indeed a risk of such a discussion exposing innocent Muslims to attack. But there is a greater risk to the whole community if the roots of the problem are censored and never dealt with. The key issue is the inability to grasp that, just because a problem has a religious character, this does not mean that all members of that religion suffer from that problem. There is a distinction to be drawn between Muslims and Islamists. Islamism is the politicised interpretation of the religion which aims to Islamicise societies. Many Muslims in Britain and elsewhere would not subscribe to this ideology. But it is the dominant strain throughout the Muslim world, and there has been so far no serious challenge to it — not least because those who do speak out against it run the risk of being killed. Because it is so dominant, backed by powerful Muslim states and even more crucially by Islamic religious authorities, it constantly spreads its extremist messages of religious fanaticism and political sedition. That is why the development of the Muslim Brotherhood infrastructure in Britain was so calamitous. It is also why the most bitter criticism of the government’s subsequent appeasement of the Brotherhood has come from liberal British Muslims, who feel understandably betrayed as the ground is cut from under their feet. The charge that pointing out the religious nature of this extremism is an act of bigotry against Muslims is deployed to shut down a vital debate which urgently needs to be had, not least within the Muslim community itself. The claim is a form of crude intimidation, and the fact that Britain is so cowed by it in itself shows how far it has already travelled down this dangerous path. It also ignores the fact that some Muslims themselves are speaking out in similar vein. (…) Such courageous Muslims are being betrayed by Britain’s pusillanimity. The Muslim community has got to come up with a different response from blaming Britain and the west. While no-one has the right to tell it how to organise its own religion, it does have a responsibility to address those aspects of its culture which threaten the state. Britain does this community no favours by pandering to its own tendency to self-delusion. For Britain to start to address this properly, it would have to take a number of steps which showed unequivocally that it was refusing to compromise not just with terror but with the ideology that fuels it. That would mean showing that, while it had no problem with the practice of Islam as a minority faith that observed the same rules as all other minority faiths, it would not countenance the practice of Islamism, or clerical fascism, and would take steps to stop it. (…) Next, a properly motivated nation would set about the remoralisation and re-culturation of Britain by restating the primacy of British culture and citizenship. To do this, it would recognise that British nationhood has been eviscerated by the combination of three things: mass immigration, multiculturalism and the onslaught mounted by secular nihilists against the country’s Judeo-Christian values. It would institute tough controls on immigration while Britain assimilates the people it has already got. The principal reason behind the cultural segregation of Britain’s Muslims is their practice of marrying their young people to cousins from the Indian subcontinent. That has got to stop because it is simply a threat to social cohesion. The usual charges of racism would be faced down by reaffirming two things simultaneously: that Britain values its immigrants who make a great contribution to the country; and that in order to integrate them properly into British society, their numbers must be controlled. It would abolish the doctrine of multiculturalism by reaffirming the primacy of British values. It would ensure that British political history is once again taught in schools, and that Christianity is restored to school assemblies. It would stop the drift towards the creation of a parallel Islamic jurisdiction under Sharia and would no longer turn a blind eye to the practice of polygamy, following the recommendation of Dr Ghayasuddin Siddiqui that imams should only be allowed to officiate at marriages upon the production of a civil marriage certificate. (…) Unfortunately, there is very little chance of any of this happening. Britain is currently locked into such a spiral of decadence, self-loathing and sentimentality that it is incapable of seeing that it is setting itself up for cultural immolation. In the short term, this is likely to lead to the increasing marginalisation of British Jews, Hindus, Sikhs and other minorities caught in a pincer movement between radical Islamists on the one hand and a craven establishment on the other that is pandering to Islamist extremism. So much for the multicultural nirvana. (…) The cultural deformities of moral relativism and victim culture that have done such damage in Britain are present in American society too. At present, they are locked in conflict with traditional values in America’s culture wars. But it doesn’t take too much imagination to envisage that, if a different administration were installed in the White House, Britain’s already calamitous slide into cultural defeatism might boost similar forces at play in the United States. Britain is the global leader of English speaking culture. It was Britain which first developed the western ideas of the rule of law, democracy and liberal ideals and exported them to other countries. Now Britain is leading the rout of those values, allowing its culture to become vulnerable to the predations of militant Islam. If British society goes down under this twin assault, the impact will be incalculable — not just for the military defence of the west against radical Islamism, but for the very continuation of western civilisation itself. The west is under threat from an enemy which has shrewdly observed the decadence and disarray in Europe where western civilisation first began. And the greatest disarray of all is in Britain, the very cradle of western liberty and democracy, but whose cultural confusion is now plain for all to see in Londonistan. The Islamists chose well. Britain is not what it once was. Whether it will finally pull itself together and stop sleepwalking into cultural oblivion is a question on which the future of the west may now depend. Melanie Phillips
Donald Trump, le zozo de service selon le camp du Bien, mène contre le terrorisme islamique une politique aux effets spectaculaires. Ce lundi, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahrein et les Emirats arabes unis ont, tour à tour, annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ce partenaire de la France est accusé de « soutien au terrorisme », dont Al-Qaïda, l’Etat islamique et les Frères musulmans. Lors de son discours du 21 mai à Riyad (Arabie saoudite), tenu devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans, le président américain avait invité à vaincre « l’extrémisme islamiste », alimenté notamment par l’Iran, selon lui. Trump avait incité à la création d’une « coalition de peuples qui se liguent pour éradiquer le terrorisme ». Il avait mis les leaders musulmans devant leur responsabilité. « Chassez (les terroristes) de vos lieux de culte, de vos terres sacrées, de vos communautés et de vos territoires ». L’Arabie saoudite, berceau du salafisme, se serait-elle soudainement convertie à la tolérance ? Le doute reste de mise pour l’instant. Néanmoins, cet engagement de quatre pays musulmans à vaincre la violence djihadiste met fin à la négation du lien entre l’islam et le terrorisme mené au nom d’Allah. Ce mensonge sert de prétexte commode en Europe, et surtout en France, à exonérer l’islam de toute responsabilité et de tout effort de réforme. La bonne nouvelle est d’observer un réveil venu de musulmans eux-mêmes. Parions que la trumpophobie médiatique, cette autre pensée unique, aura du mal à admettre que Trump a marqué un point important dans l’incitation à la lucidité face aux dérives de l’islam politique. Ce matin, sur Europe 1, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a préféré parler « d’assassins et de voyous » pour désigner les trois britanniques islamistes qui ont une nouvelle fois attaqué Londres, samedi soir (7 morts, 50 blessés), au nom de l’Etat islamique. (…) En France, les yeux restent clos devant la contre-société qui se consolide dans les cités, au risque de constituer demain une nation dans la nation, si ne n’est déjà le cas. Cette évolution démographique et identitaire devrait être au cœur des préoccupations politiques. Il n’en est rien avec Emmanuel Macron, qui ne voit la France que comme une addition de communautés bienveillantes. Vendredi, après la décision de Trump de se retirer des accords de Paris sur le climat, le président français a déclaré : « La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’homme tout entier. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant garde de la lutte contre le changement climatique ». La posture consensuelle est facile. En France, les Frères musulmans, jugés terroristes par l’Arabie, l’Egypte, Bahrein et les Emirats, se portent bien, merci. Ivan Rioufol
Aucune leçon n’a été tirée par le gouvernement britannique des deux premières attaques. On peut s’attendre à ce qu’aucune leçon ne soit tirée cette fois encore.  Il y aura sans doute des bougies, des fleurs, des petits cœurs en papier rose, des paroles disant que les terroristes sont répugnants et que la vie va continuer comme avant. C’est précisément là le problème : la population britannique est une population devenue incapable de colère et incapable de soutenir les mesures qui s’imposeraient. Theresa May est à l’image de la population britannique et n’est pas même une pâle copie de Margaret Thatcher. Son adversaire, Jeremy Corbyn, le gauchiste antisémite et sympathisant de causes islamistes est encore plus inquiétant qu’elle, et de loin. Il ne sera vraisemblablement pas en position de devenir Premier ministre, mais ce que décidera Theresa May a peu d’importance.  Le Royaume Uni compte moins de Musulmans en son sein que la France, mais il est plus infesté qu’elle. On y trouve des zones de non droit qui s’affirment explicitement zones d’application de la charia. On y trouve aussi des écoles islamiques financées par le gouvernement, et j’en passe. On peut y rencontrer quelques intellectuels lucides, tels Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe). Il y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, etl’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière

L’islam est-il en train de réaliser la prophétie d’Enoch Powell ?

Au lendemain d’un troisième attentat islamique en Grande-Bretagne en moins de trois mois …

Qui sur fond d‘israélisation forcée et derrière son désormais habituel flot d’images de bougies et d’ours en peluche …

Ne fait que confirmer tant la folie migratoire d’Angela Merkel et de ses amis …

Que la justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires

Ou du double ou triple jeu de nos prétendus alliés arabes

Comment ne pas repenser …

Au fameux et si décrié discours il y a bientôt 50 ans dit « des fleuves de sang » de l’ancien député conservateur Enoch Powell …

Dont jusqu’ici seulement les chiffres s’étaient confirmés …

Mais qui avec l’essor de l’islam radical …

Comme l’émergence d’un discours politiquement correct toujours plus aveugle …

Semble désormais se vérifier littéralement et presque quotidiennement sous nos yeux ?

Moins de deux semaines après l’attentat djihadiste de Manchester, et moins de trois mois après un autre attentat djihadiste à Londres, la ville de Londres a été à nouveau frappée

Guy Millière
 Dreuz
4 juin 2017

Aucune leçon n’a été tirée par le gouvernement britannique des deux premières attaques. On peut s’attendre à ce qu’aucune leçon ne soit tirée cette fois encore.

Il y aura sans doute des bougies, des fleurs, des petits cœurs en papier rose, des paroles disant que les terroristes sont répugnants et que la vie va continuer comme avant. C’est précisément là le problème : la population britannique est une population devenue incapable de colère et incapable de soutenir les mesures qui s’imposeraient. Theresa May est à l’image de la population britannique et n’est pas même une pâle copie de Margaret Thatcher. Son adversaire, Jeremy Corbyn, le gauchiste antisémite et sympathisant de causes islamistes est encore plus inquiétant qu’elle, et de loin. Il ne sera vraisemblablement pas en position de devenir Premier ministre, mais ce que décidera Theresa May a peu d’importance.

Le Royaume Uni compte moins de Musulmans en son sein que la France, mais il est plus infesté qu’elle. On y trouve des zones de non droit qui s’affirment explicitement zones d’application de la charia. On y trouve aussi des écoles islamiques financées par le gouvernement, et j’en passe. On peut y rencontrer quelques intellectuels lucides, tels Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe). Il y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes :

  • l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et
  • l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.

Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas.

La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.

L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.

Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam.

Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.

Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs.

Pour ce qui me concerne, je regarde tout cela de loin, avec tristesse, depuis le pays de Donald Trump, et je préfère être au pays de Donald Trump que dans un pays régi par Theresa May, Emmanuel Macron, le roi soleil de carton pâte, ou Angela Merkel.

Voir aussi:

Denial still flows over Londonistan

May 25, 2017

In the wake of the jihadi human bomb attack in Manchester, Britain’s Prime Minister Theresa May said: “We struggle to comprehend the warped and twisted mind that sees a room packed with young children not as a scene to cherish but an opportunity for carnage.”

Germany’s Chancellor Angela Merkel said: “ It is unbelievable that somebody has used a joyful pop concert to kill or seriously injure so many people.”

A headline in the Washington Post read: “In suburban Manchester, a search for what might have motivated the attacker”.

“Struggle to comprehend”? “Unbelievable”? “What might have motivated the attacker”? Really??

In 2006 I published my book Londonistan which analysed the supine response of the British political, legal and religious establishment to Islamic jihadi terrorism and the Islamisation of Britain. What follows below is the concluding chapter of that book. As the army patrols the streets of Britain to guard against further expected terrorist attacks, my warning about the deadly failure to face up to the true nature of the threat facing the west is surely even more urgent today.

LONDONISTAN CONCLUSION

Britain is in denial. Having allowed the country to turn into a global hub of the Islamic jihad without apparently giving it a second thought, the British establishment is still failing even now — despite the wake-up calls of both 9/11 and the London bomb attacks of 2005 — to acknowledge what it is actually facing and take the appropriate action. Instead, it is deep into a policy of appeasement of the phenomenon that threatens it, throwing sops to both radical Islamism and the Muslim community in a panic-stricken attempt to curry favour and buy off the chances of any further attacks.

This disastrous policy ignores the first law of terrorism which is that it preys on weakness. The only way to defeat it is through strength — the strength of a response based on absolute consistency and moral integrity, which arises in turn from the strength of belief in the values that are being defended. By choosing instead the path of least resistance, Britain is advertising its fundamental weakness and is thus not only greatly enhancing the danger to itself but is also enfeebling the alliance in the defence of the west.

Britain has a long and inglorious history of appeasing terrorism, thus bringing true the aphorism in which its ruling class so cynically believes that ‘terrorism works’. Now, however, this dubious national trait has been cemented even more firmly into the national psyche by the governing doctrine of multiculturalism, which has made it all but impossible even to acknowledge that this is a problem rooted within the religion of a particular minority community. The fervent embrace of ‘victim culture’ means instead that this minority has to be treated on its own assessment as a victim of the majority and its grievances attended to on the basis that it is these grievances which are the cause of terrorism. At the same time, however, this minority disavows any connection with terrorism and vilifies anyone who dares suggest to the contrary. Thus Britain is being forced to act on the basis that if it does not do so it will be attacked — by people who claim that terrorism runs totally counter to the values of their religion, but then demand that the grievances of members of that religion are addressed as the price of averting further attacks. This deeply manipulative and mind-twisting behaviour is the equivalent of holding a gun to Britain’s head while denying that this is being done, and threatening to run out of town anyone who points it out.

The intersection of an aggressive religious fanaticism with the multicultural ideology of victimhood has created a state of paralysis across British institutions. The refusal to admit the religious character of the threat means not only that Britain is failing to take the action it should be taking but, worse still, is providing Islamist ideologues with an even more powerful platform from which to disseminate the anti-western views which have so inflamed a section of Britain’s Muslims. The refusal to acknowledge that this is principally a war of religious ideology, and that dangerous ideas that can kill are spread across a continuum of religious thought which acts as a recruiting-sergeant for violence, is the most egregious failure by the British political and security establishment. The deeply-rooted British belief that violence always arises from rational grievances, and the resulting inability to comprehend the cultural dynamics of religious fanaticism, have furthermore created a widespread climate of irrationality and prejudice in which the principal victims of the war against the west, America and Israel, are demonised instead as its cause.

This mindset and the corresponding terror of being thought ‘Islamophobic’ have prevented the British from acknowledging the eruption of Islamist violence not just in Britain but around the western world. The British media either ignore it — as with disturbances in Sweden or Belgium — or, when they do report it, insist that Islam has nothing to do with it. When Muslim riots engulfed France in November 2005, the reaction of most of the British (and European) media was that they were caused by the poverty, unemployment and discrimination endured by the alienated youths who torched the country from Normandy to Toulouse. One writer suggested that those who saw Islamism on the march in France were merely exponents of a particularly virulent form of conservative thinking, expressed variously around the world through Russian racism, demagogic Hindu nationalism, Gallic exceptionalism, US Christian fundamentalism and Muslim fundamentalism which were all marching shoulder to shoulder in an attempt to stop the clock of history.

Yet the vast majority of the French rioters were Muslims; the rioters screamed ‘Allahu akhbar’, talked about jihad and expressed admiration for Osama bin Laden; and, more pertinently still, the French government asked Muslim imams to calm the unrest, which they did ‘in the name of Allah’ and issued a fatwa telling the rioters that such behaviour went against the religion. Yet despite all this evidence, British commentators insisted that Islam was irrelevant.

There was a similar reaction to the riots in Australia involving Lebanese Muslims in December 2005. Trouble flared on Cronulla beach in New South Wales when thousands of drunken white youths went on the rampage, attacking police and people of Middle Eastern appearance. It spread later with retaliatory attacks by groups of Arab youths who stabbed one man and smashed dozens of cars. Almost universally, the media described what happened as white racists attacking Arabs and described the disturbances, which went on for several days, as ‘race riots’.

But race was not the issue here. It was culture. There had never been any trouble with Lebanese Christians in Australia who had integrated well and were prospering. While white racists were certainly involved, the unrest was actually sparked by Lebanese Muslim attacks on two white Australian lifeguards, the tip of an iceberg of aggression by this minority which had gone all but unreported. It was the Muslim community which had been giving rise for years to a major problem of aggression but which Australia’s rigid multiculturalist mindset had transformed into Muslim grievances and never properly addressed.

One of the reasons why people shy away from acknowledging the religious aspect of this problem is, first, the very proper respect that should be afforded to people’s beliefs and, second, the equally proper fear of demonising an entire community. There is indeed a risk of such a discussion exposing innocent Muslims to attack. But there is a greater risk to the whole community if the roots of the problem are censored and never dealt with.

The key issue is the inability to grasp that, just because a problem has a religious character, this does not mean that all members of that religion suffer from that problem. There is a distinction to be drawn between Muslims and Islamists. Islamism is the politicised interpretation of the religion which aims to Islamicise societies. Many Muslims in Britain and elsewhere would not subscribe to this ideology. But it is the dominant strain throughout the Muslim world, and there has been so far no serious challenge to it — not least because those who do speak out against it run the risk of being killed.

Because it is so dominant, backed by powerful Muslim states and even more crucially by Islamic religious authorities, it constantly spreads its extremist messages of religious fanaticism and political sedition. That is why the development of the Muslim Brotherhood infrastructure in Britain was so calamitous. It is also why the most bitter criticism of the government’s subsequent appeasement of the Brotherhood has come from liberal British Muslims, who feel understandably betrayed as the ground is cut from under their feet.

The charge that pointing out the religious nature of this extremism is an act of bigotry against Muslims is deployed to shut down a vital debate which urgently needs to be had, not least within the Muslim community itself. The claim is a form of crude intimidation, and the fact that Britain is so cowed by it in itself shows how far it has already travelled down this dangerous path.

It also ignores the fact that some Muslims themselves are speaking out in similar vein. Sheikh Abd Al-Hamid Al-Ansari, the former Dean of the Faculty of Sharia at the University of Qatar, wrote in the London-based Arabic-language daily Al-Hayat:

‘Why won’t we take the opportunity of the appearance of the 9/11 Commission’s report to ponder why destructive violence and a culture of destruction have taken root in our society? Why won’t we take this opportunity to reconsider our educational system, our curricula, including the religious, media, and cultural discourse that cause our youth to live in a constant tension with the world?’

Aisha Siddiqa Qureshi wrote in Muslim World Today that ‘radical Islam threatens to subjugate the world and murder, enslave or convert all non-Muslims’, that radical Muslims ‘share Hitler’s goal’, and that liberals were not willing to defend their own institutions against this threat.

And Mansoor Ijaz wrote in the Financial Times shortly after the first set of London attacks:

‘It is hypocritical for Muslims living in western societies to demand civil rights enshrined by the state and then excuse their inaction against terrorists hiding among them on grounds of belonging to a borderless Islamic community. It is time to stand up and be counted as model citizens before the terror consumes us all.’

Such courageous Muslims are being betrayed by Britain’s pusillanimity. The Muslim community has got to come up with a different response from blaming Britain and the west. While no-one has the right to tell it how to organise its own religion, it does have a responsibility to address those aspects of its culture which threaten the state. Britain does this community no favours by pandering to its own tendency to self-delusion.

For Britain to start to address this properly, it would have to take a number of steps which showed unequivocally that it was refusing to compromise not just with terror but with the ideology that fuels it. That would mean showing that, while it had no problem with the practice of Islam as a minority faith that observed the same rules as all other minority faiths, it would not countenance the practice of Islamism, or clerical fascism, and would take steps to stop it.

It would first have to take robust steps to counter the specific threat posed by Islamist terrorism. To do this properly, it needs to recognise that this particular threat really is something new and does not properly correspond either to our definition of terrorism or to our definition of war but sits somewhere between the two. Consequently, it needs to develop new structures and new principles to deal with this new phenomenon. A start would be to construct special courts to deal with particularly sensitive cases in which intelligence could safely be brought forward as evidence, which is not the case at present.

To enable it to expel foreign radicals, it would repeal its Human Rights Act and either derogate or withdraw from both the European Convention on Human Rights and the UN Convention on Refugees, drafting its own legislation defining refugee status. The claim that abolishing human rights legislation would be a regressive move that would leave Britain a less free society is very wide of the mark. Britain was arguably a freer society before European human rights law eroded the foundation of British liberty, the common law.

A properly motivated Britain would put a stop to the funding and recruitment for terrorism taking place under the umbrella of charitable work through intensive investigations of such organisations. It would shut down newspapers and TV stations spreading incitement to terrorism and war against the west. It would ban extremist organisations like Hizb ut Tahrir and the Muslim Association of Britain, recognising that while they may not advocate terrorism their advocacy of Islamification creates a conveyor belt to violence. It would certainly not grant Sheikh Qaradawi an entry visa. And it would introduce surveillance of subversives on campus through targeted covert work, as suggested by Professor Anthony Glees and Chris Pope.

Recognising that Islamist ideology is a conveyor belt to terror, it would end its strategy of cosying up to Islamist radicals. Instead, any materials advocating an Islamic takeover of the west would be treated as subversion, sedition or even treason and prosecuted. The curricula used in Muslim schools would be inspected by Arabic speakers and if contained similar incitement would be similarly dealt with. Imams would be regulated and monitored. Extremist imams would be expelled and extremist mosques closed down.

The message conveyed by all such moves would be that Britain has no problem with Islam as long as it poses no danger to the state. Since the Muslim community insists that it is moderate and has no truck with extremism, it should have no objection to such measures which would ensure that this would be the case.

Next, a properly motivated nation would set about the remoralisation and re-culturation of Britain by restating the primacy of British culture and citizenship. To do this, it would recognise that British nationhood has been eviscerated by the combination of three things: mass immigration, multiculturalism and the onslaught mounted by secular nihilists against the country’s Judeo-Christian values. It would institute tough controls on immigration while Britain assimilates the people it has already got. The principal reason behind the cultural segregation of Britain’s Muslims is their practice of marrying their young people to cousins from the Indian subcontinent. That has got to stop because it is simply a threat to social cohesion. The usual charges of racism would be faced down by reaffirming two things simultaneously: that Britain values its immigrants who make a great contribution to the country; and that in order to integrate them properly into British society, their numbers must be controlled.

It would abolish the doctrine of multiculturalism by reaffirming the primacy of British values. It would ensure that British political history is once again taught in schools, and that Christianity is restored to school assemblies. It would stop the drift towards the creation of a parallel Islamic jurisdiction under Sharia and would no longer turn a blind eye to the practice of polygamy, following the recommendation of Dr Ghayasuddin Siddiqui that imams should only be allowed to officiate at marriages upon the production of a civil marriage certificate.

It would halt the drift towards social suicide by ending the culture of equal entitlement ushered in by the application of secular human rights doctrine. An agenda that seeks to destroy western values by abolishing moral norms altogether and replacing them by transgressive behaviour has been serviced by human rights law. An end to this victim culture is essential both to restore social order to Britain and give it back its sense of its own identity. While it is being undermined from within it is not able properly to defend itself against the threat from without.

Finally, it would undertake a major educational exercise for both Muslims and non-Muslims. It would teach Muslims what being a minority means, and that certain ideas to which they may subscribe are simply unacceptable or demonstrably untrue. It would say loud and clear that the double standards from which Muslims think they suffer are actually a form of double-think. Any administration that was really concerned to fight racism would educate the nation in the historical truths about Israel and the Arabs, and tell Muslims in terms that they have systematically been fed a diet of lies about Israel and the Jews.

If Britain really understood the threat to the west, this is the kind of programme it would now be introducing. Unfortunately, there is very little chance of any of this happening. Britain is currently locked into such a spiral of decadence, self-loathing and sentimentality that it is incapable of seeing that it is setting itself up for cultural immolation. In the short term, this is likely to lead to the increasing marginalisation of British Jews, Hindus, Sikhs and other minorities caught in a pincer movement between radical Islamists on the one hand and a craven establishment on the other that is pandering to Islamist extremism. So much for the multicultural nirvana.

America’s principal ally is currently at a crossroads. With Islamist terrorism having erupted in London and still worse atrocities feared to be in the offing, the British government has even now only tightened up a few procedures. If there were to be more attacks, it is possible that it would finally be forced to take a more tough-minded approach. But to date, Londonistan still flourishes. Yes, a few more extremists have been locked up. Yes, a few thinkers have now questioned the wisdom of multiculturalism. But the push for Islamisation continues, British Muslims are still being recruited for the jihad, and the country’s elites are still in the grip of the nation-busting, universalist mindset that has hollowed out Britain’s values and paralysed it in the face of the assault by Islamism. A liberal society is in danger of being destroyed by its own ideals.

The emergence of Londonistan should be of the greatest concern to America, for which it poses acute dangers. Clearly, the fact that Britain has become Europe’s Islamist terror factory presents immediate and obvious risks to America’s physical security. On another level, there is the danger that Britain might cease to play such a staunch role in the continuing defence against the war upon the west. Tony Blair has said he will not stand again as Labour’s leader. Given the hostility of his party towards America, Israel and Iraq his successor is unlikely to share his passion for the cause. As for the Conservative party, which might come to power instead, it has lost its ideological way with many in its ranks having come to share the shrill prejudices of the left and a new leader, David Cameron, who has announced that he ‘loves Britain as it is, not as it once was’.

At a deeper, cultural level there is now a risk of the special relationship between Britain and America fracturing as Britain slides further into appeasement. But there is a more subtle peril still for America. After all, if Britain slept on its watch, so too did America and for similar reasons. Like British politicians and British intelligence, successive American administrations along with the CIA and FBI similarly failed to pay attention to or understand the rise of fanatical Islamism and what this meant for the world. Like their British counterparts, American officials dismissed the warnings they were given by occasional far-sighted officials and other players who did understand that a religious war was brewing. Indeed, America has an even greater horror than Britain of encroaching on religion’s private space. It too has gone to great lengths to avoid referring to the religious nature of the war declared on the west, calling the struggle instead — absurdly — a ‘war on terrorism’. As a Pentagon briefing paper observed:

‘America’s political leaders still think Muslim terrorists, even suicide bombers, are mindless ‘criminals’ motivated by ‘hatred of our freedoms’ rather than religious zealots motivated by their faith. And as a result, we have no real strategic plan for winning a war against jihadists.’

The cultural deformities of moral relativism and victim culture that have done such damage in Britain are present in American society too. At present, they are locked in conflict with traditional values in America’s culture wars. But it doesn’t take too much imagination to envisage that, if a different administration were installed in the White House, Britain’s already calamitous slide into cultural defeatism might boost similar forces at play in the United States.

Britain is the global leader of English speaking culture. It was Britain which first developed the western ideas of the rule of law, democracy and liberal ideals and exported them to other countries. Now Britain is leading the rout of those values, allowing its culture to become vulnerable to the predations of militant Islam. If British society goes down under this twin assault, the impact will be incalculable — not just for the military defence of the west against radical Islamism, but for the very continuation of western civilisation itself.

The west is under threat from an enemy which has shrewdly observed the decadence and disarray in Europe where western civilisation first began. And the greatest disarray of all is in Britain, the very cradle of western liberty and democracy, but whose cultural confusion is now plain for all to see in Londonistan. The Islamists chose well. Britain is not what it once was. Whether it will finally pull itself together and stop sleepwalking into cultural oblivion is a question on which the future of the west may now depend.

Voir aussi:

KATIE HOPKINS: You’re right, Theresa. We cannot go on like this. But do you have the balls to do what’s REALLY needed and lock up the 3,000 terror suspects tomorrow?

Two weeks ago, in the wake of the Manchester bombing, I mistweeted and it cost me.

Everyone knows what I said and I’m not going to repeat it here.

The wording was horrible. Loaded with unintended meaning. Quickly deleted, amended to make clear, and apologised for live on TV and radio.

I have no excuses. And I take full accountability — disasters, triumphs, I must treat them just the same.

In truth, I woke up to the news of the terror attack in Manchester on our young girls and I saw red. As a mum, I felt fear. And I raged.

And now I am raging again. And now, more than ever, I stand by what I MEANT those words to say. This. Cannot. Go. On.

Whatever we are doing now is clearly not working. We need a radical rethink.

It is a pure rage against a leadership so castrated by fear of offending anyone not specifically wielding a machete or a bomb, that they are impotent to take action.

So frightened someone might cry Islamophobia, they peddle anything but the facts. They talk about ‘the evil’ that motivated the attacker, they talk about hate. They condemn ‘the attack’.

But still refuse to acknowledge the massive elephant in the room. They refuse to acknowledge any link between these attacks and Islamic extremism. Imagining that by failing to give such horror a label, they can somehow mystify it away — and distance Islamic extremism from blame.

Even when ISIS called for these attacks in the ninth, Ramadan edition of their magazine, Rumiyah, urging their supporters to target civilians with edged weapons, firearms, vehicle ramming and fire, in locations such as shopping malls, restaurants and clubs.

Our process for dealing with terror cannot be words or vigils. It must be internment and deportation, writes Katie Hopkins

Even when an eyewitness, Eric, heard the attacker cry, ‘This is for Allah,’ we are supposed to swallow the news feed that the motive is unclear.

Decent Brits are capable of understanding that these individuals do not represent all Muslims. (Though it would help us if ALL imams would stand up to denounce unequivocally these attacks committed in the name of their religion.)

But the terrorists do represent a strand of Islamic extremism and the twisted beliefs of ISIS. They are motivated, determined, and not limited by fear of their own mortality.

I say again: we need a lasting solution to terror.

It is urgent. Imperative. We cannot go on like this. No one is carrying on as normal when our own Met police tweet for us to RUN, HIDE, TELL.

Can you kid yourself you are ‘carrying on as normal’ as you are evicted from a bar with your hands on your head, running for your life? When our hospitals are in lock-down to protect even the sick from terror, no target is too soft. There is no humanity here.

We have reached the ultimate tipping point, where even the hardy believers have lost hope, and those keen to cling to the narrative ‘we stand defiant’ are lying heartbroken on the floor. Even the most tolerant liberals are emailing me privately to let me know they doubt everything they believed before, that they can’t tell their friends, but we have made mistakes and are paying the price.

But you can take action. You are in control of your truth.

Do not let them tell you we stand united. Do not let them tell you we are not cowed. Do not let them tell you we fight cowardice with British spirit. Do not buy into this propaganda, circulated by those who have failed us, the fascist liberals.

Their words are meaningless.

If this is terror losing, I don’t think victory matters. It is time to fight back.

The question is, how do we ensure this never happens again?

Today Theresa May stood outside Downing Street and articulated what everyone feels today. Enough is enough. We can’t go on this way.

What she DIDN’T offer was much concrete to change things on the home-front beyond a crackdown on Islamic extremism, tougher sentences and another assault on the social media giants’ role in allowing terrorists the means of communication and propaganda.

But I’m sorry, Prime Minister, neither of the last two things is going to make much difference at all and the first will only work if you follow through with real, tough action.

Before the Bank Holiday weekend Mark Rowley, the UK’s most senior counter-terrorism officer suggested they’d rounded up much of the Manchester bomber’s ‘network’ and advised us all to: ‘Go out and enjoy yourselves.’

Today Theresa May stood outside Downing Street and articulated what everyone feels today. Enough is enough. We can’t go on this way.

Well that’s exactly what the victims of last night’s attack were doing. Enjoying the multicultural heart of London, drinking and eating. Right up until someone stormed into the restaurant and stabbed them in the face with a 12-inch hunting knife.

We can’t just respond again by organising a benefit concert and waiting for a sympathetic world to light up its landmarks in red, white and blue. We, the British people, the good people of Britain, need to stand united in demanding drastic measures.

Firstly, as Tarique Ghaffur – Assistant Commissioner at Scotland Yard when the 7/7 bombings took place – proposed last weekend, we need to round up the terror watch list, all 3,000 of them, and intern the lot.

And secondly, we need to lock down the 650 jihadis we allowed to return to the UK or get them out. If they went to Saudi or Syria to train, they can go back there. And their passport and right to British nationality hits the incinerator on their way out.

I know all the arguments against internment – the camps become universities for terror, it will alienate other Muslims and help radicalise extremist sympathisers.

And a few weeks ago I’d probably have said that tipped the balance. But we are way beyond that now.

Our security services clearly cannot cope in monitoring all the threats out there against us so it’s time we took the most obvious ones off the streets.

If we breed more homegrown terror, we incarcerate or deport. A or B.

Thirdly, Theresa has to mean what she says about cracking down on extremism.

She has to drain the swamps of hate. That means zero tolerance of the people in the Muslim community peddling this breed of hatred, the ultra-conservative imams, the extremist mosques that encourage new Jihadi recruits to seek vengeance on the British way of life. Close down Saudi-funded mosques, charge ultra-conservative imams; incarcerate or deport.

Do not let the liberals speak to you of protecting British values of tolerance and decency. Many extreme Islamists are fighting against the very values we cherish. They want to oppress and frighten our women and girls indoors. Islamic extremists are at war with our culture. They have no wish to integrate and are proud to live apart in ghettos of extremist hate.

And they signpost themselves clearly. They are not hard to find. They are against the Prevent Strategy. They are the sickening preachers of CAGE, given platform by fawning liberals. They are monsters hiding in plain sight. And they are known to the authorities.

To the police, the politicians, the people in power, I say this: we are sick, SICK, of hearing that these animals are known to the authorities.

Why are we the casualties in a game of war where the human rights of the terrorists are prioritised above the right to life of our baby girls and regular Brits out with their families for a meal and a drink?

Our process for dealing with terror cannot be words or vigils. It must be internment and deportation. And we keep deporting until our house is in order.

And broader than that, we need to rebuild broken Britain into a secular nation that is host to many religions and none. Where true leadership from those who integrate — such as the beautiful Sikh community — is rewarded. And those who seek to carve out enclaves guided by their religious identity are not housed or funded by the British taxpayer.

If leaders think our fantastic emergency services are the ANSWER to co-ordinated terror attacks, they are asking the wrong question. If Sadiq believes, as he said, that voting on Thursday shows we are not cowed, we are scraping new depths of desperation. London Bridge has fallen down on his watch, and the whole world sees us fail.

We are under attack. It is co-ordinated and determined, and the attackers’ own mortality is no deterrent.

It is time to begin the fight back for Britain

Voir également:

Europe could face a new wave of migrant arrivals this summer, a leaked German government report has warned. Up to 6.6m people are waiting in countries around the Mediterranean to cross into Europe, according to details of the classified report leaked to Bild newspaper.

They include more than 2.5m in North Africa waiting to attempt the perilous crossing by boat. Angela Merkel’s government has not commented on the report, which the newspaper says was marked for internal use only.

There are fears of a dramatic rise in arrivals as the summer weather turns favourable for sea crossings. Growing numbers of migrants are known to be attempting to reach Europe by boat in the wake of the closure of the Balkan land route last year.

They include refugees fleeing the turmoil in Syria and Iraq as well as economic migrants from Africa, the Middle East and Asia. The report warns the number waiting to cross into Europe has risen by 650,000 since the end of January alone — an increase of 12 per cent.

It says 1m are waiting in Libya, where smugglers use small and often unseaworthy boats to carry migrants to outlying Italian islands. Another 1m are waiting in Egypt, 430,000 in Algeria, 160,000 in Tunisia, and 50,000 in Morocco. Others are waiting in transit countries along the route, with up to 720,000 in Jordan.

The numbers also include 3.3m waiting in Turkey, most of whom are currently prevented from crossing into Europe by the EU’s migrant deal with President Recep Tayyip Erdogan’s government.

Mrs Merkel’s Christian Democrat party (CDU) is reportedly to call for similar deals with North African countries in its manifesto ahead of September’s elections.

The manifesto will include plans for “those who are rescued from drowning” while attempting the crossing to be returned to where they set out, according to Bild. The German chancellor is currently riding high in the opinion polls, discontent at her “open-door” refugee policy behind her.

But any repeat of the chaotic scenes of 2015 could threaten her chances of re-election. More than 50,000 migrants have arrived in Italy by boat so far this year, an increase of 45 per cent compared to last year, though still far fewer than in 2015. More than half are reportedly economic migrants from Nigeria, Bangladesh, Guinea, Cote d’Ivoire and the Gambia.

The Italian government at the weekend signed an agreement with Libya, Niger and Chad to stem the flow by boosting border controls and setting up reception centres for asylum-seekers in North Africa. But conditions in asylum-seekers’ camps in Libya have come under heavy criticism. Filippo Grandi, the UN High Commissioner for Refugees, said he was “shocked” after visiting a camp in Tripoli at the weekend.

“Killings, rape and torture are allegedly commonplace” in Libyan camps, according to Fatou Bensouda, chief prosecutor at the International Criminal Court.

Voir de même:

Musulmans britanniques : une “nation dans la nation” ?
Judith Sinnige
Courrier international
13/04/2016

L’intégration des musulmans britanniques a échoué. C’est ce qu’affirme un récent sondage, qui a fait l’objet d’un documentaire diffusé à la télévision britannique et qui a aussitôt déclenché une polémique dans la presse.

“Que pensent vraiment les musulmans britanniques ?” C’est le titre d’un documentaire diffusé sur la chaîne britannique Channel 4 à la suite d’un sondage d’opinion réalisé auprès de Britanniques de confession musulmane. Le documentaire se conclut sur l’idée que l’intégration des musulmans est insuffisante et que leurs valeurs se heurtent aux valeurs britanniques.

Principal intervenant du documentaire, Trevor Phillips, ancien président de la commission Egalité et Droits humains (EHCR) au Royaume-Uni, commente les résultats de l’enquête dans The Times, les qualifiant de “frappants” :
“Cette enquête est troublante. Elle révèle quelque chose que l’on n’a pas reconnu jusque-là : l’apparition d’une nation dans la nation, avec sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre avenir.”

“L’homosexualité devrait être illégale”

Certes “8 musulmans sur 10 se sentent Britanniques”, mais “1 musulman britannique sur 3 soutient l’idée que l’homme devrait avoir le droit d’avoir plusieurs épouses”, “52 % estiment que l’homosexualité devrait être illégale” et “23 % soutiennent l’idée d’introduire la charia au Royaume-Uni”. Trevor Phillips en conclut que leur intégration a largement échoué :

Pendant longtemps, je pensais que les musulmans (…) abandonneraient petit à petit leurs coutumes ancestrales, qu’ils se fondraient dans le paysage britannique divers. Mais j’ai eu tort.”

Des résultats qui l’amènent aussi à dire qu’“il faut abandonner le multiculturalisme soft et adopter une approche d’intégration beaucoup plus musclée”.

Le titre du documentaire “Que pensent vraiment les musulmans” dérange Miqdad Versi, secrétaire général du Conseil musulman britannique. Dans The Guardian, il regrette que “cette question implique qu’il ne faut pas croire ce que vous disent vos voisins musulmans, quoi qu’ils vous disent”.

“Une enquête biaisée”

Il contredit avec fermeté la conclusion du documentaire selon laquelle les musulmans sont mal intégrés et forment “une nation dans la nation”.

On compte treize députés musulmans, un candidat musulman pour la mairie de Londres [Sadiq Khan], un entrepreneur musulman dans “Dragons’ Den” [compétition télévisée où des entrepreneurs cherchent des investisseurs], et un gagnant musulman au “Great British Bake Off” [équivalent du “Meilleur pâtissier” sur M6]. Il me semble que les musulmans font bel et bien partie de la société britannique.”

M. Versi dénonce aussi la méthodologie “biaisée” du sondage. Exemple : elle révèle que 34 % seulement des musulmans seraient prêts à dénoncer une personne qui a des liens avec le terrorisme en Syrie, sans préciser que dans le groupe de tous les Britanniques confondus, ce pourcentage est encore plus bas : 30 %.

En outre, il estime que l’enquête n’est pas représentative de la population musulmane britannique : “Elle a été menée dans des régions où les musulmans représentent plus de 20 % de la population. Or il se trouve qu’il s’agit des quartiers les plus démunis de Grande-Bretagne […], pauvres et conservateurs sur le plan religieux. Les résultats de l’enquête parlent pour ces endroits-là, mais pas pour les musulmans britanniques au niveau national.”

“Non à l’agrandissement de la communauté musulmane”

Au contraire, le magazine conservateur The Spectator félicite M. Phillips d’avoir “brisé un tabou” et estime même qu’il ne va pas assez loin. Il aurait dû tirer la conclusion qui fâche, à savoir qu’il faut réduire l’immigration de gens de confession musulmane au Royaume-Uni :

Quand une communauté met [notre société] face à de nombreux défis, pourquoi diable ne chercherait-on pas à circonscrire l’accroissement de cette communauté ? La seule réponse, c’est la crainte de passer pour un islamophobe.”

Le journal prévoit que “dans dix ans M. Phillips sera d’accord avec moi pour dire que c’est de la folie de laisser la migration faire croître une population qui pose autant de problèmes d’intégration”.

 Voir aussi:

Trevor Phillips: political correctness ushered in the populist wave

The equality expert has taken flak for challenging ideals he used to champion

A former president of the National Union of Students and chair of the Equality and Human Rights Commission, Trevor Phillips was once a leading member of what might be called the metropolitan liberal elite. He had the ear of everyone who mattered in the Labour party, and on matters of race and equality he was the go-to guy.

But then he began to have doubts about many of the political positions he held and started confronting what he saw as right-on shibboleths. Pretty soon he was being denounced as a turncoat in the same terms that he had once denounced others. In recent years, he has made several documentaries, with attention-grabbing titles such as Things We Won’t Say About Race That Are True, that have aimed to challenge received wisdoms. The latest, which sounds like a homage to a Daily Telegraph letters page correspondent, is entitled Has Political Correctness Gone Mad?

I meet Phillips at his production office in Kentish Town, north London. Now 63, with greying hair and a slight stoop, he’s no longer the youthfully strutting figure who seemed to be everywhere in the 1990s. But as soon as he gets talking, the eyes light up and the old passion comes pouring out.

Political correctness is one of those terms that mean different things to different people. What does it mean to him? “The title is not mine,” he says, a little defensively. “It’s a Channel 4 title. I do not normally ever use the term political correctness, except with a heavy dose of doubt about its usefulness, because basically it has become a stick with which the right beats everyone else.”

In fact Phillips has used the term before. Two years ago he wrote in the Daily Mail and Sunday Times of “po-faced political correctness that cramps all conventional parties”. Still, his thesis in the film is that by trying to corral political debate into a tightly policed acceptability, the political establishment has created the conditions for insurgent figures such as Nigel Farage, Jeremy Corbyn and Donald Trump.

It’s a perfectly reasonable argument but the programme is a little too wide-ranging in its targets to make its case. It jumps from the anti-Islamic group Pegida to censorious transgender activists to social media trolls to students banning sombreros. Although worthy subjects for investigation, they don’t quite gel as an explanation for the rise of Corbyn, let alone Trump.

But what they do point to is Phillips’s increasing frustration with the conviction that if we can only control the expression of ideas, we will all be able to live together in peace and harmony. October 2000 saw the publication of a report commissioned by Phillips, then chair of the Runnymede Trust, called The Future of Multi-Ethnic Britain. It marked perhaps the high-water mark of multicultural thinking, and suggested that Britain should become a “community of communities” in which each community would respect the other by avoiding causing offence.

“Well I think it would be fair to say that I made a big mistake,” he says now. “It was a clear statement that some groups can play by their own rules. That to me runs counter to my own political beliefs. Why I am still a supporter of the Labour party is because I believe fundamentally in solidarity and reciprocity, and I think most on the left have forgotten both of those things.”

Four years after that report, Phillips wrote an article in which he compared a critique by David Goodhart of multiculturalism to the “jottings from the BNP leader’s weblog”. Two months later, he suddenly announced the end of multiculturalism and called for “a core of Britishness” to be asserted. Not long afterwards, Ken Livingstone suggested that Phillips had swung so far to the right that he would soon be joining the BNP.

Goodhart and Phillips are now good friends. “I think Trevor has been intellectually and morally brave,” says Goodhart. “He took a lot of flak for looking past the cliches of the anti-racist left. He is regarded as a curious Uncle Tom figure by a lot of the black and ethnic minority establishment. Trevor still thinks of himself as a somewhat sceptical member of the left family and at times has, I think, felt quite wounded by the attacks.”

I ask Phillips if the threat of expulsion from his political tribe does act as a disincentive to speak out about what he really thinks.

“Depends how much of your life you want to spend lying to yourself,” he says. “I think it’s pretty wearying to get up each day and tell yourself to go advocate for something that you know not to be true. And what is even worse is if you’re in public office or politics and everyone you’re telling this to also knows it isn’t true. Not only are you a liar, you’re also an idiot.”

If, as Goodhart says, he has been wounded by his ostracising, he doesn’t appear to nurture any regrets. “I have lost lots and lots of friends. My view is if you can’t tolerate that I want to have this discussion, then we can’t really be friends. What you’re asking me to do is collude in a lie with you rather than argue it out. A big part of it is that on the left, if you look like me, you’re supposed to think in a particular way. And they just hate it if a black person isn’t the person they want him to be.”

He believes that we all have to get used to and get over being offended. “I don’t care about offending people,” he says. “And I don’t really care about being offended. There are quite a lot of people I actually want to offend. And I want to offend them all the time. But if somebody stands on the other side of the street and shouts nigger at me – I’m not going to be thrilled, but I’m not going to argue for him to get locked up.”

Then why was he “appalled” at what he saw as antisemitic bigotry in the Labour party? Surely by his own reckoning, he shouldn’t much care. “Oh the problem with that,” he says, “is not that people were using the word Zio, but that people were making it impossible for Jewish students to have meetings. There is an important distinction between words and actions.”

But his complaints were not just about actions, I suggest. Was he not also concerned that the Labour party had played down antisemitic attitudes by some of its members? “Yes,” he agrees. “There are people who believe there is no real distinction between Jews, Zionists and Israelis. And the party doesn’t want to get into that at all because, let’s be frank, it’s increasingly dependent on a demographic group – Muslims – within which a sizable minority subscribes to that view.”

Phillips studied chemistry at Imperial College, London, and, he says, it’s his science training that made him change his mind about how race was discussed in this country. By the turn of the millennium, he says, it was obvious that it made little sense to classify people as black, brown and white. He has little time for designations such as BAME (black, Asian and minority ethnic).

“If you look at Indians and Pakistanis, they have completely different life chances. It’s the same with Afro-Caribbeans and West Africans. I’m not clever enough to have a Damascene conversion. I just look at the numbers and if they clash with how I think the world should be working, I’ve got to change the picture.”

Fair enough, but his critics will say that Phillips is making straw man arguments. After all, who is stopping him from saying what he wants? He’s got a TV documentary and coverage in national newspapers. Where is this politically correct establishment that’s trying to stifle him?

“A ruling elite maintains an idea of what’s good and reasonable by a whole series of methods,” he counters. “Who gets advancement, rewards and status? If you don’t hold to the orthodoxy, you stop being invited to meetings. There’s a phrase that people in centre-left politics use: oh he’s very good. What they actually mean is: I agree with him.”

Phillips has grown used to people not agreeing with him. Perhaps a little too used to it. As one old comrade says: “He can’t resist tweaking the nose of the bien pensant.”

But in these disagreeable times, dissenting voices will make themselves heard. The liberal consensus has broken down, and rehashing the old pieties won’t put it back together again. Whether or not he receives an invitation, Phillips is determined to have his say.

Has Political Correctness Gone Mad? Channel 4, 9pm, Thursday 23 February

This article orginally contained some editing errors, amended on 21 February 2017. The headline put quote marks around words he did not say in the interview. When discussing alleged antisemitism within Labour he referred to the use of the term “Zio” [a shorthand for Ziocon, a perjorative abbreviation of Zionist neoconservative]. This was mistakenly changed in subediting to Zion, a synonym for Jerusalem.

Voir aussi:

Britain risks “flames” of racial and religious conflict because of a “liberal self-delusion” over the impact of mass immigration, the former head of the equality watchdog Trevor Phillips claims today.

In a startling assault on decades of official multiculturalism and diversity policy, the founding  chair of the Equality and Human Rights Commission argues the UK is being allowed to “sleepwalk to catastrophe” by leaders too “touchy”, “smug”, “complacent” and “squeamish” to talk about race.

Drawing a direct parallel with Enoch Powell’s notorious “rivers of blood” speech, he likens Britain’s politicians, media and educated elite in general to the Emperor Nero fiddling while Rome burned, unable even to recognise the “dark side of the diverse society”.

Ominous “muttering in the pub or grumbling at the school gate” about foreigners could, he insists, be the first signs of a backlash many thought could not happen in Britain because of a history of relative success in integrating new arrivals.

Significantly, he claims the arrival of some Muslim groups in particular who are actively “resistant to the traditional process of integration” threatens to shake the foundations of “liberal democracy” itself.

In a 100-page paper, published by the think-tank Civitas set to provoke uproar, he argues that a new brand of “superdiversity” is bringing challenges to the Western way of life, far removed from those of immigration of the past.

Crucially, he says, race is no longer a “purely black and white affair” but a divide between the majority and people with different “values and behaviours”.

But, he argues, liberal opinion in Britain has been almost unique in its unwillingness even to speak about the issue – possibly because of the backlash to Enoch Powell a generation ago.

Rome may not yet be in flames, but I think I can smell the smouldering whilst we hum to the music of liberal self-delusionTrevor Phillips

“Squeamishness about addressing diversity and its discontents risks allowing our country to sleepwalk to a catastrophe that will set community against community, endorse sexist aggression, suppress freedom of expression, reverse hard-won civil liberties, and undermine the liberal democracy that has served this country so well for so long,” he insists.

Race does, he says, rear its head in rows about the use of supposedly racist language or concerns about practices such as female genital mutilation.

“But these are not the topics that generate public unease,” he says.

“Rather it is the appearance of non-English names above the shop-fronts in the high street; the odd decision to provide only halal meat in some schools; evidence of corruption in municipal politics dominated by one ethnic group or another.

“Such headlines, frequently misreported, but often grounded in some real change, provoke muttering in the pub, or grumbling at the school gate.

“They become gathering straws in a stiffening breeze of nativist, anti-immigrant sentiment.

“And still, our political and media elites appear not to have scented this new wind.

“We maintain a polite silence masked by noisily debated public fictions such as ‘multiculturalism’ and ‘community cohesion’.

“Rome may not yet be in flames, but I think I can smell the smouldering whilst we hum to the music of liberal self-delusion.”

He pointedly draws comparisons between his remarks and those of Enoch Powell.

“He too summoned up echoes of Rome with his reference to Virgil’s dire premonition of the River Tiber ‘foaming with much blood’,” said Mr Phillips.

“This much-studied address is, simultaneously, lauded as an epic example of the use of political rhetoric – and also as a ghastly testament to the power of unbridled free speech. Either way, it effectively put an end to Powell’s career as an influential leader.

“Everyone in British public life learnt the lesson: adopt any strategy possible to avoid saying anything about race, ethnicity (and latterly religion and belief) that is not anodyne and platitudinous.”

Citing the examples of the Rotherham and Rochdale grooming scandals, the sexual assaults in Cologne at New Year and earlier findings from Sweden he calls for frank and open discussion of the possibility of a link between rape and the perpetrators’ “cultural background”.

“The typical response of Britain’s political and media elite confronted with awkward facts has been evasion, because – we say – talking about these issues won’t solve the problem; instead, it will stigmatise vulnerable minority groups,” he said.

“Any attempt to ask whether aspects of minority disadvantage may be self-inflicted is denounced as ‘blaming the victim’.

“Instead, we prefer to answer any difficult questions by focusing on the historic prejudices of the dominant majority.

The picture is by no means as grim as Phillips paintsHope Not Hate

“In short, it’s all about white racism.”

A spokesman for the anti-racism campaign group Hope Not Hate said: « Attention does need to be paid to extremists on all sides, and also to the plight of the white working class in de-industrialised areas, who are often abandoned to the likes to Ukip.

« But the picture is by no means as grim as Phillips paints. »

He added:  » Yes, a diverse society does face problems and yes we do need to talk openly about the issues ahead.

« But people are already talking, across the divide.

« Certainly we believe that the majority of people want to solve the problems our society faces constructively and peacefully, and the Muslim community – or rather, the Muslim communities – are also evolving rapidly. »

Voir également:

 
The Guardian

Trevor Phillips asked us on Channel 4 last week whether political correctness had gone mad. He ended the programme with the insight: “The path to real progress may include learning to live with offence.”

It is hard to imagine just how – in a climate where politicians openly assert that a nation produces rapists and black women are compared to apes wearing lipstick – Phillips thinks political correctness has stifled rightwing views too much. But it’s easy to understand why he might think it has become irrelevant.

Political correctness was, after all, supposed to be about the creation of a social code to define what is acceptable in a society that wants to be open, non-prejudiced, and inclusive. Right now society feels anything but those things. It has become acceptable to harass me in an airport because of the colour of my skin or the sound of my surname – even in the “land of the free”. The issue in my life isn’t having to live with offence, it’s having to get used to it. It’s the reason why, when my friends ask whether the numbers marching against Trump make me optimistic, I respond with a decisive “no”. Tens of thousands of protesters do not fill me with hope – I feel scared that so many feel they have to take to the streets.

Perhaps a better question for Phillips would have been whether the path to progress requires us to actually partake in the soul-searching that political correctness originally intended. Not to say, as Phillips did in his Daily Mail article, that because of political correctness, he was not surprised to be called a racist even as a black man. But instead to accept how deeply sad it is that as people of colour, we can hold racist views ourselves. That we, too, might make judgments about how much more “competent” a white candidate seems for a role, because the image of success we are so often fed is prepackaged in a white, male, heterosexual form. The question is not whether political correctness is mad, but whether its binary distinction between “correct” and “incorrect” doesn’t allow us to have an ongoing discussion about all of the grey areas in between.

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Trevor Phillips discusses oversensitivity towards race on This Morning

Racism is not just calling me a “Paki”. It’s the thing that makes you ask how mentally stable a terrorist was only when he has skin a different colour than mine. But to understand that, we have to accept that all “isms” are insidious, shape-shifting creatures that follow us and cling on whenever they can. And they affect all of us. Even those who believe ourselves to be the most upstanding, liberal members of society. Even those of us who are women. Even those of us who are non-white. Even those in the LGBT community.

Accepting that doesn’t need to make us haughty, as Phillips seems to suggest; instead, it gives us a place in common from which to speak. To admit that I chose to play with the white girls in my school as a child because, somewhere deep down inside, I knew that they might help me to escape some of the social-tarring of my own skin colour. Or how I mocked my dad’s Bangladeshi accent among my white friends because it ingratiated me with them, and indicated to them: “I’m one of you, honest.”

Of course, admitting that can be hard. It can be hard in the way that requires getting over the childish, human instinct that you feel when you’ve been caught doing something wrong, that urges you to say, “stop being offended”, rather than to think about what you’ve actually done. Instead of going on the defensive, and shifting the emphasis to take action on to those who feel under attack themselves, we should be asking: where does that take us? How can we move on? Because Phillips responding to the death and rape threats that Caroline Criado-Perez received online by asking why she doesn’t just quit the internet, doesn’t feel like moving forward. It feels horribly similar to exactly what Phillips claims he is complaining about: shutting the conversation down.

Voir encore:

Trevor Phillips is finally discovering the pitfalls of the term ‘Islamophobia’

Douglas Murray

The former head of the UK Equality and Human Rights Commission has once again said the ‘unsayable’.  In a piece for the Sunday Times (ahead of a Channel 4 documentary to go out on Wednesday) Trevor Phillips unveils an in-depth new poll carried out by ICM (which can be viewed here).

The findings include the facts that:

  • 23 percent of British Muslims polled support the idea of there being areas of the UK where sharia law is introduced instead of British law.
  • 39 percent believe wives should always obey their husbands.
  • 31 percent believe it is acceptable for British Muslims to keep more than one wife.
  • 52 percent think homosexuality should be illegal in the UK.

The usual people are trying to find ways to quibble with the authority or depth of this poll.  Their effort only proves once again that however bad the facts, some people remain so sectarian that they will continue to blame everything except the problem for the problem (‘How dare that bigoted polling company discover our dirty laundry?’)

But in some ways the Phillips piece is most important for what he himself admits.  Among other things Phillips confesses that Britain has for years been telling itself a lie in relation to its Muslim populations – not least in pretending that they will blend in just like everyone else.  Phillips writes:

‘Britain desperately wants to think of its Muslims as versions of the Great British Bake Off winner Nadiya Hussain, or the cheeky-chappie athlete Mo Farah. But thanks to the most detailed and comprehensive survey of British Muslim opinion yet conducted, we now know that just isn’t how it is.

He even recognises that the authority for these views may in fact come from Muslim scriptures and traditions.  After a discussion of British Muslim attitudes towards women he says:

‘We didn’t get to discuss whether the injunction at sura 4:34 of the Koran to chastise your wife falls under this rubric. I have no doubt that many husbands will claim that it does. The bland Koranic platitude, in my view, hides a clear invitation to legitimise domestic violence.

For all of which – and more – Trevor Phillips deserves considerable praise.  Once again he has proved able to break taboos which too many liberals in the UK are keen to continue enforcing in the face of all available evidence.

But a problem remains which Trevor Phillips himself continues to be a part of.  While admitting to the fact that he and others woefully misunderstood the nature of Muslim attitudes in the UK, and while admitting that many British liberals continue to be too frightened to face up to the facts, he says near the outset of his piece:

‘When I was chairman of the Equality and Human Rights Commission, I played a principal role in the creation of UK laws against religious discrimination — and it was a report that I commissioned exactly 20 years ago that first introduced the term Islamophobia to Britain.’

Later on he says:

‘Twenty years ago, when, as chair of the Runnymede Trust, I published the report titled Islamophobia: A Challenge for Us All, we thought that the real risk of the arrival of new communities was discrimination against Muslims.’

And then:

‘Non-Muslims who live and work in areas with a large Muslim presence have been uneasily aware of the emerging differences for a long time, but many are too worried about being tagged as Islamophobes to raise the debate.

Well isn’t that the problem right there? I am as happy as anyone to see the liberal dams cracking when it comes to the big issues of our time.  But it is harder to celebrate those causing those cracks when they are the very people who put up those dams in the first place.

It was the mainstreaming of the fraudulent concept of ‘Islamophobia’ and the whole grievance-industry set up by Trevor Phillips, the Equalities and Human Rights Commission and their ilk that made Britain so incapable of answering this problem any earlier.  Even now Trevor Phillips remains principally helpful in waking up to things just a few years too late.  So although his proscriptions for how to deal with this problem may be helpful, even this late in the day, they miss perhaps the biggest remaining ‘unsayable’.

So having mapped the fact that Muslims are uniquely unwilling to integrate into Britain, Phillips writes:

‘There are now nearly 3m Muslims living in Britain. Half of them were born abroad, and their numbers are being steadily reinforced by immigration from Africa, the Middle East, eastern Europe and the Far East, as well as the traditional flow from the Indian subcontinent. The best projections suggest that, by the middle of the century, the number of Muslims in Britain and elsewhere in Europe will at least double, given the youthfulness of the communities.

Now if you accept the reality that Phillips now does accept – and that mainstream opinion across Europe is coming to accept – would one particular answer not stand out as eminently sensible at this juncture?  Such as turning that flow into the merest trickle?  If a community is currently causing a lot of challenges and looks like posing them for many generations to come, why on earth would you not slow that ‘steady reinforcement’?  Other than out of fear that you might be branded an ‘Islamophobe’?

I know from experience what an honourable and decent man Trevor Phillips is.  So here is a prediction.  In ten years time he will agree with people like me that the numbers matter, and that it is purest insanity to continue encouraging through migration the growth of a population which raises so many problems of integration once it is here.  Of course for another ten years those of us who do say that will be pelted with the same insults Phillips and some of his colleagues set in motion all those years ago.  And when he does say it there will be as much rejoicing as there is today for these latest statements.  The only snag is that ten years from now, when Trevor finds it comfortable to say this, it will be even later in the day to turn these trends around.

Voir enfin:

What do British Muslims really think?

Should homosexuality be illegal? Should wives always obey their husbands? And can a man have more than one wife? The most comprehensive survey of British Muslims ever conducted reveals controversial attitudes. Trevor Phillips argues that the time has come for a more muscular approach to integration

As a doctrine of religious belief, Islam has never held any terrors for me. I was born in London but grew up in a developing country, now called Guyana, where one in 10 people worshipped Allah — roughly twice the proportion in Britain today. To me, the Muslims were just boys with names like Mohammed and Ishmael; in most things that mattered — could they play cricket or do calculus, for example — they seemed no different from the rest of us.

Liberal opinion in Britain has, for more than two decades, maintained that most Muslims are just like everyone else, but with more modest dress sense and more luxuriant facial hair; any differences would fade with time and contact. Britain desperately wants to think of its Muslims as versions of the Great British Bake Off winner Nadiya Hussain, or the cheeky-chappie athlete Mo Farah. But thanks to the most detailed and comprehensive survey of British Muslim opinion yet conducted, we now know that just isn’t how it is.

The survey of British Muslim opinion — What British Muslims Really Think — will be published in full by Channel 4 later this week. I was asked to examine the results and interpret them. When I was chairman of the Equality and Human Rights Commission, I played a principal role in the creation of UK laws against religious discrimination — and it was a report that I commissioned exactly 20 years ago that first introduced the term Islamophobia to Britain.

I thought this latest exercise would be intriguing. In fact, it has turned out to be astonishing. The data collected by the respected research firm ICM shows what the polling experts call “a chasm” opening between Muslims and non-Muslims on such fundamentals as marriage, relations between men and women, schooling, freedom of expression and even the validity of violence in defence of religion. And the chasm isn’t going to disappear any time soon; indeed, the gaps between Muslim and non-Muslim youngsters are nearly as large as those between their elders.

The good news is that the new survey tells us that the majority of British Muslims probably do identify with Nadiya and Mo — albeit with some worrying exceptions. What British Muslims Really Think reveals a Britain we normally don’t hear from. Too often, this section of society is spoken for by self-styled community leaders, or interpreted by academic experts. What’s different about this survey is that it reveals British Muslims speaking for themselves.

To start with, the research was conducted in the old-fashioned way — face to face. The pollster, ICM, was determined to avoid the failures associated with phone and internet polls that led to the political miscalculations in both last year’s general election and the Scottish referendum. It also wanted to avoid the perils of “code-switching”: the all-too-human minority impulse to fit in, to shape your response to meet the expectations of the majority population and to disguise the answer that you think will be too disturbing for people from a different culture to hear. The ICM methodology makes this probably the most revealing inquiry into Muslim opinion yet conducted in this country.

Its findings are striking. And they provide the sternest test yet for diverse Britain’s moral agenda: do we still believe in diversity — even when it collides head-on with our national commitment to equality, between men and women, gay and straight, believers and non-believers? For many years we’ve dodged the tough questions, so this research makes for troubling reading. What it reveals is the unacknowledged creation of a nation within the nation, with its own geography, its own values and its own very separate future.

Wives should always obey their husbands — 39% agree (strongly agree 15%, tend to agree 24%)

There are now nearly 3m Muslims living in Britain. Half of them were born abroad, and their numbers are being steadily reinforced by immigration from Africa, the Middle East, eastern Europe and the Far East, as well as the traditional flow from the Indian subcontinent. The best projections suggest that, by the middle of the century, the number of Muslims in Britain and elsewhere in Europe will at least double, given the youthfulness of the communities.

More than eight in 10 Muslims say that they are happy living here, and feel British. Their preoccupations aren’t that different from most people’s: family life, their children ’s future, economic security. But Muslims also prize the British way of life for a reason increasingly unimportant to non-Muslims: freedom to practise their religion any way they see fit. In the Indian subcontinent, Muslims are subject to Hindu persecution. In Nigeria, north Africa and the Middle East, the brutal Islamists of Boko Haram, Isis and al-Qaeda make the slightest deviation a potential suicide mission.

As a young stand-up comic, Aatif Nawaz, told me: “It’s a privilege to live in a country like the UK, which lets us practise our belief. I firmly take this as a privilege. We’re free to go to the mosque, we can pray, we can dress the way we want. We’ve got halal food pretty much everywhere in the UK now — what a time to be alive!”

But while Muslims clearly like Britain, many are not as enthusiastic about their non-Muslim compatriots. Levels of intermarriage are extremely low compared with other minorities: according to the ONS, fewer than one in 10 Muslim Britons of Pakistani or Bangladeshi heritage are in inter-ethnic relationships. (Whereas more than four in 10 African-Caribbeans are in a mixed relationship.) Even fewer relationships between Muslims and non-Muslims produce children — just 3% of Pakistani or Bangladeshi-heritage children live in mixed households. According to ICM, more than half mix with non-Muslims daily, probably at work or college — but 30% never translate that into a friendship that would take them into a non-Muslim’s house more than once a year. One in five never enter a non-Muslim home.

I have some sympathy for this apparent standoffishness. This isn’t always a deliberate policy of self-segregation. As a child, I had some friends whose homes were effectively barred to me — kids I’d played football with all day would be bustled inside at tea time with no invitation to cross the threshold. One of my sisters discovered that her “best” friend had somehow forgotten to invite her to her 17th birthday party. But the separation here isn’t just down to white bigotry. It’s also a consequence of the entrenched residential segregation of which I warned over a decade ago, when I spoke of Britain “sleepwalking to segregation”. Today, according to Policy Exchange’s David Goodhart, author of The British Dream, more than half of ethnic-minority children attend schools where white British children are in the minority.

The social costs are still to be reckoned. Anjum Anwar cuts an unlikely figure when we meet her in Blackburn Cathedral, in an elegant dark suit and close-fitting headscarf. But she is a key figure in the local effort to shed the town’s unenviable status as one of Britain’s most segregated towns. She told us that the Muslim population, now approaching 30%, barely mixed with whites.

“There are certain areas that are wholly Asian, others wholly white. So if you have a child who’s attending a school in an area that is predominantly Asian, where would that child meet children and people of other faiths? They’re restricted, aren’t they? So you have a child who goes to school from nine o’clock till about four o’clock, then he will go to mosque maybe, and then Monday to Friday he is in that area. So where would an Asian and a white child actually meet?”

It’s not as though we couldn’t have seen this coming. But we’ve repeatedly failed to spot the warning signs. Twenty years ago, when, as chair of the Runnymede Trust, I published the report titled Islamophobia: A Challenge for Us All, we thought that the real risk of the arrival of new communities was discrimination against Muslims. Our 1996 survey of recent incidents showed that there was plenty of it around. But we got almost everything else wrong. We estimated that the Muslim population of the UK would be approaching 2m by 2020. We underestimated by nearly a million. We predicted that the most lethal threat to Muslims would come from racial attacks and social exclusion. We completely failed to foresee the urban conflicts of 2001 that ravaged our northern cities. And of course we didn’t dream of 9/11 and the atrocities in Madrid, Paris, Istanbul, Brussels and London.

For a long time, I too thought that Europe’s Muslims would become like previous waves of migrants, gradually abandoning their ancestral ways, wearing their religious and cultural baggage lightly, and gradually blending into Britain’s diverse identity landscape. I should have known better.

It is acceptable for a British Muslim to keep more than one wife — 31% agree (strongly agree 14%, tend to agree 16%)

Just months after I had taken over as head of the Commission for Racial Equality in 2003, I visited the town of Oldham, where some one in five of the population are British Muslims. Two years earlier the town had been torn apart by some of the worst race riots Britain had seen in my lifetime. An official government report had spoken of white and Asian communities living “parallel lives”. It couldn’t really be as bad as that, I thought. In fact, it was worse. Speaking to a hall of more than 200 students, one thing was immediately obvious: groups of white and Asian students sat in the same hall — but the groups didn’t mix. It was like looking at a living chess board. And to drive it home, one of the white students made no bones about what was going on. He told me, without rancour or aggression: “When we’re here it’s fine, we get on. But when we leave here on Friday, we won’t see them [Asians] until Monday.” No one dissented.

After the northern riots of 2001, wise heads, such as Professor Ted Cantle, who had written the “parallel lives” report, warned that we could not afford to allow things to drift. But not even Cantle — much less me — foresaw just how divisive the consequences of this kind of segregation would become. Today, we can see that on certain key issues Britain is nurturing communities with a complete set of alternative values. None is more alarming than attitudes towards women.

The contempt for white girls among some Muslim men has been highlighted by the recent scandals in Rotherham, Oxford, Rochdale and other towns. But this merely reflects a deeply ingrained sexism that runs through Britain’s Muslim communities.

Most people think that some Muslim men’s attitudes to women may be a little antediluvian. But it comes as a shock to hear a respected Asian head teacher, Noshaba Hussain, soberly recount the behaviour of small boys in her school — which they had surely picked up from the men in their families.

“The boys used to act as thought police. You know, they would go around and actually hit the girls on their heads if their heads weren’t covered. I even had one boy, one nine-year-old boy, say to me, ‘Why haven’t you covered your head? It is only slags who don’t cover their head.’ ”

Would you support or oppose there being areas of Britain in which Sharia law is introduced instead of British law? — 23% support (strongly support 7%, tend to support 17%)

The ICM survey provides a torrent of data that backs up the impression that this is a community whose idea of women’s equality lies eons away from the mainstream. Two out of five Muslims — men and women — say they believe that a woman should always obey her husband. Nusrat, a highly intelligent and scholarly student, Sudanese in origin, told me: “If the husband is saying ‘obey’ in the context of asking me to do things that are pleasing to Allah, then by all means, because ultimately my faith teaches me — and teaches many Muslims — that our duty is to Allah first.”

We didn’t get to discuss whether the injunction at sura 4:34 of the Koran to chastise your wife falls under this rubric. I have no doubt that many husbands will claim that it does. The bland Koranic platitude, in my view, hides a clear invitation to legitimise domestic violence.

One in three British Muslims supports the right of a man to have more than one wife, even though it is illegal in the UK. While the support for such a policy is strongest among older Muslims, they are nearly matched in their enthusiasm for polygamy by young Muslims aged 18 to 24. Such unions, of course, would be recognised by sharia law. Amra, a female sharia court judge, says: “In my experience, it’s not men who have demanded it; it’s women. I personally have met women who have said to me, ‘I do not want a full-time husband. I don’t want him under my feet.’ For a man it’s a huge responsibility. For a woman it’s a privilege. ”

The ever-pragmatic Nusrat chimed into our conversation with some advice for the aspirant bigamist: “You have to make sure that you are actually treating your wives in a fair way. I think even Islam says, that even within the Koran, if you have more than one wife, if you can’t do justice to them, don’t have them at all. So you have to actually make sure that you are doing justice by them.”

More than half of the sample reported that they believe that homosexuality should be illegal. Even more opposed gay marriage, and nearly half thought that it was unacceptable for a gay person to teach their children. A quarter supported the introduction of sharia law in parts of the UK — presumably those areas where they thought Muslims constitute a majority — instead of the common statute laid down by parliament. Allah’s law, apparently, need take no heed of democracy.

Homosexuality should be legal in Britain — 18% agree (strongly agree 8%, tend to agree 10%) and 52% disagree (strongly disagree 38%, tend to disagree 14%)

It should come as no surprise that Muslim liberals are in despair. They knew all of this long ago. And unlike the political elite and the liberal media, they recognise that British Muslim opinion is hardening against them. The journalist Yasmin Alibhai-Brown, who has had to seek police protection because of her liberal views, argues that the optimistic belief that time and social contact will naturally lead to the integration of Muslims is mistaken: “You know, we [liberal Muslims] are a dying breed — in 10 years there will be very few of us left unless something really important is done.”

The results of the Channel 4 survey are hard to argue with. While the majority of Muslims are keen on Britain, a significant minority really would prefer to live their own lives further away from the rest of us. Non-Muslims who live and work in areas with a large Muslim presence have been uneasily aware of the emerging differences for a long time, but many are too worried about being tagged as Islamophobes to raise the debate.

Many people, however, are just unaware. Not long ago, I had an exchange with a leading newspaper columnist who airily assured me that he had many Muslim friends, and that they were integrating just as his Irish Catholic forebears did a couple of generations ago. He could not accept that his own circle of acquaintances — probably doctors, lawyers, journalists — might not be typical of the British Muslim experience.

The problem with Britain’s liberal white elite is twofold. First, they find it hard to grasp that people of colour may not want to reveal their true selves to people who do not share their backgrounds. The fact is that most people of colour are raised to expect that white folks will let them down. And to be frank, most black and Asian Britons will tell you that their expectations are seldom confounded.

Second, Britain’s increasingly deracinated opinion-forming classes are puzzled by the fierce attachment to religion among ethnic minorities. The number of places of worship attended mostly by Muslims and black evangelicals is rising. The fact that Britain’s ethnic minorities are intensely committed to their religious beliefs and practices seems baffling to secular liberals — indeed, somewhat threatening. Some of my journalist friends imagine that, with time, the Muslims will grow out of it. They won’t.

“What I eat is according to my sharia, how I pray is according to my sharia, how I dress is according to my sharia, how I treat the stranger and family members is according to sharia,” says Anjum Anwar. “I think people misunderstand the concept of sharia law. Their only thinking is, uh-oh, once you’ve got the sharia you’ll be chopping heads off and hands off. That is not the case.”

She’s saying to faithless modern hipsters that she isn’t going to give it up. Anwar spends her time actively working to promote integration. But for her that doesn’t mean adoption of non-Muslim ways. The chasm discovered by ICM isn’t going to close any time soon.

Little of this will surprise Britain’s Muslims, even if many would rather it were not said in public. In our northern cities, many of the non-Muslims I’ve met will also recognise the picture we are painting. It won’t be easy to change. Britain’s Muslims are a diverse group; but, rich or poor, British-born or not, most have a deep commitment to their faith. Many are distressed by what they see as white Britain’s increasing secularism, low morals and loss of confidence in many of its own values. Those who told ICM’s researchers that they would prefer to live a more separate life in Britain are sending a clear signal: they really don’t want to adopt much of our decadent way of life.

Oddly, the biggest obstacles we now face in addressing the growth of this nation-within-a-nation are not created by British Muslims themselves. Many of our (distinctly un-diverse) elite political and media classes simply refuse to acknowledge the truth. Any undesirable behaviours are attributed to poverty and alienation. Backing for violent extremism must be the fault of the Americans. Oppression of women is a cultural trait that will fade with time, nothing to do with the true face of Islam.

Tell me whether you sympathise with or condemn people who take part in stoning those who commit adultery — 79% condemn (completely condemn 66%, condemn to some extent 13%) and 5% sympathise (completely sympathise 2%, tend to sympathise 3%)

Even when confronted with the growing pile of evidence to the contrary, and the angst of the liberal minority of British Muslims, clever, important people still cling to the patronising certainty that British Muslims will, over time, come to see that “our” ways are better. And since there are so few Muslims in the corridors of power, they seldom run into anyone who can show them the reality. Those who do want to make a difference are often consumed by fear that they will be seen as prejudiced. So while our liberal elite wrings its hands in anguish and makes school children celebrate Eid, Diwali, Hanukkah — and Easter — hundreds of young people are being seduced to join Islamist fanatics abroad, thousands of young girls are shipped off to have their genitals mutilated, and many more are pressured into marriages they do not want.

I passionately believe that our society is one of the most open and adaptable on Earth. For centuries we have managed to absorb people of many different backgrounds; Britain has changed them and they have changed us, both almost always for the better. But the integration of Muslims will probably be the hardest task we’ve ever faced. It will mean abandoning the milk-and-water multiculturalism still so beloved of many, and adopting a far more muscular approach to integration.

We’ve been here before. When I was head of the equalities commission, it never occurred to me that we should not take action where people claimed their cultural sensitivities required them to discriminate — for example, the Islington registrar who refused to sanction civil partnerships, or the Bristol relationship counsellor sacked for refusing to give advice to gay couples. Both these individuals were black, like me, and cited their profoundly held religious beliefs in defence of their actions. I understood their background, as I share much of it. But my respect for their sincerity did not for a second deter me from opposing what they did.

While many of us are comfortable condemning less numerous and less powerful minorities, we are reluctant to speak clearly when it comes to Muslims. I know that the muscular integration I want to see will be difficult to implement.

It will mean halting the growth of sharia courts and placing them under regulation, even perhaps insisting that they sit in public. It will mean ensuring that, whatever the composition of a school, its governance never falls into the hands of a single-minority group, as in the “Trojan horse” episode in Birmingham.

It will also mean ensuring mosques that receive a steady flow of funds from foreign governments such as Saudi Arabia, however disguised, are forced to reduce their dependency on Wahhabi patronage. And it will mean an end to the silence-for-votes understanding between local politicians and Muslim leaders — the sort of Pontius Pilate deal that had such catastrophic outcomes in Rotherham and Rochdale.

If we really want to create a society in which Muslims and non-Muslims share the burdens and benefits of our democracy, we have a lot of work to do. And that work has to begin by listening to, and hearing, what British Muslims really think, working out how to support them where possible — and deciding how to confront their thinking where it collides with our fundamental values.

Methodology

  • ICM Unlimited interviewed a random sample of 1,081 adults aged 18+ who self-identified as belonging to the Muslim faith. Interviews were carried out face to face, in the home, in geographical areas in which the minimum proportion of Muslims was confirmed by census to be 20%. Interviews took place between April 25 and May 31, 2015, and the data has been weighted to be representative of all Muslims by age, gender, work status and region. A nationally representative control sample of 1,008 adults aged 18+ was also conducted, by telephone, on June 5-7, 2015. Interviews were conducted across the country and the results have been weighted to the profile of all adults.

What British Muslims Really Think is on Channel 4 at 10pm on Wednesday

Voir de plus:

Not A River of Blood, But A Tide of Hope
Managed Immigration, Active Integration
Speech by Trevor Phillips, Birmingham, April 20 2008
« A week or two ago, I fell into conversation……the black man will have the whip hand over the white man…..How dare I say such a horrible thing…..I do not have the right not to do so. » – Enoch Powell, Birmingham, April 20 1968.

The Legacy of April 20 1968

40 years ago, Enoch Powell’s speech in this hotel, made to a handful of activists, electrified Britain.

It elated some. It terrorised others.

Its timing was a tragedy for our nation.

Historically we are diverse, open-minded, and anti-racist. But every now and again we forget our true character. And April 20 1968 was the start of a forty year aberration for which we have since paid dearly.

Just at the moment when we were about to pass what were then the most progressive race relations laws in Europe we were plunged into a forty-year bout of racial introspection.

In the year that four young British musicians captivated the planet with their charm, confidence and their talent, our politicians were forced to wrestle with the fears of an anxious majority convinced that their rights were about to be usurped by a greedy minority.

And in the past forty years, when we could justifiably have been boasting of our success in creating a multicultural, multiethnic society, we found ourselves mired in a ghastly stand-off about race relations which has spawned unnecessary division and inequality.

Yet in spite of all this, today, I believe that Britain remains, at heart, that open-minded, anti-racist nation. And that this 20th of April offers us a chance to throw off the shadow of the past forty years.

I want to tell you why I believe that right now, the urgency of change demands a new social contract in which we the British people reap the benefits of managed migration by pursuing a positive policy of active integration.

In my lifetime there has never been a more vital moment for such a profound shift in thinking. There are no rivers of blood in prospect. Rather there is today a tide of hope that is carrying 200 million and more migrants across the globe in search of a better life. Some are British. Many are highly-skilled and qualified.

They look in our direction, but they have choices. Like every other prosperous developed nation we know that if we don’t get our share of this wave of talent we risk becoming an economic backwater.

But we also know that with the benefits of migration come costs.

So my speech today is about how, we maximise the benefits and minimise the costs. If we fail, our children and our grandchildren won’t be arguing about how many immigrants we can take into Britain; they’ll be wondering how they can get a work permit to the dominant economies of China, India and Brazil.

Powell and Powellism
During the past four decades it has become common to suggest that the views in that speech on April 20 1968 were those of just one man. Powell himself suggested that he was the only public figure prepared to « speak for England ».

But the truth is, these sentiments were not unique to Powell. What he said reflected one aspect of an underlying unease about race amongst Britons of all kinds. That didn’t make him right, but it would be wrong not to acknowledge that Powell’s public rhetoric reflected the private thoughts of many white Britons.

This unease was felt very differently by black families like my own. And felt to the extent that the year before, my own parents decided that the friendly shore to which they had sailed in 1960 had turned into a hostile frontier.

My family had arrived with the brightest of hopes. They went to work with gusto in the Post office, in North London sweatshops and the NHS. I don’t think that my parents quite expected me to arrive, I was their seventh child; but like most immigrants they made the best of a bad break. They were used to bad breaks. For many who came much of what they found in the promised land was not streets paved with gold, but drudgery, disappointment, and discrimination.

By the mid nineteen sixties, my mother, who had coped with years of Rachman style landlords, and dreary shift work decided she’d had enough. After all, she reasoned that if you found yourself at a party where you weren’t welcome you shouldn’t hang around.

In 1967 my family left for the United States. They sent me back to Guyana.

So on April 20th 1968, I, and most of my siblings had already departed for what seemed like less menacing territory. But when we read about Mr Powell’s speech, we knew exactly what was happening.

The Britain of 1968 was a very different place. This was a Britain which had recently emerged from National Service and rationing. The nation had just discovered colour TV and we were hiding behind the sofas from the Daleks the first time around.

It was a country in which fewer women worked, and where the Chief Prosecutor could ask the jury at the trial of the publishers of Lady Chatterley’s Lover « Is this a book you would wish your wife or your servants to read? »

Disabled, lesbian and gay people, to all intents and purposes, did not exist in polite society.

The sentiments in Powell’s speech had been muttered quietly in workplaces, painted surreptitiously on walls, blustered openly in pubs for years. They were daily translated into the language of the playground, that christened every black or brown-skinned child « coon-features » or « nig-nog » or « wogface ».

My brother was chased home by Teddy Boys. We learned quickly about the unspoken subtleties of racism. Some houses you just couldn’t go into, some kids just weren’t allowed to come to yours. My sister found the girl she thought was her best friend had thrown a birthday party and somehow forgotten to invite her.

Some of it wasn’t subtle at all. As a skinny, opinionated, possibly too-clever by half black kid, one of only half a dozen or so in my grammar school, I learnt the value of knuckledusters from my friend – let’s call him Winston – at the secondary modern across the way. You could borrow them for those days when you thought the bigger boys might corner you in the playground and you wouldn’t be able to talk your way out of trouble. I know that some people in this room are familiar with this scenario.

So even though I was thousands of miles away at the time, I understood the Britain into which this speech was launched only too well.

Much has been already been said this week about Enoch Powell’s words that day. But though the moment that took place here forty years ago mattered, I believe that what took place in the years afterwards mattered much more. Not because there were rivers of blood, or ever likely to be; but because the shockwave of fear that followed still reverberates through our society today.

As far as the facts are concerned, we know now that some of his forecasts were within hailing distance of reality. He suggested that there would be five to seven million Commonwealth immigrants in the UK by the year 2000; official figures say that there are today six million or so foreign-born residents in the UK.

But what was important in that speech was not the predictions but the principles it set out. In the years that followed others created a doctrine in his name that tried to build on and justify those principles. Today we would call that doctrine Powellism, and it is Powellism that I want to address rather than Powell himself.

At the heart of this doctrine are three key propositions.

First – racial integration is impossible. Powell called it « a dangerous delusion ». Powellism argued that people of different races and traditions cannot, by their very nature, ever enjoy good relations unless the majority race or tradition is numerically so dominant that the minority eventually gives up all aspects of its special identity. We would today call this assimilation.

In effect Powellites believed that we are all prisoners of our race, our heritage or our religious beliefs. And just as they lost sleep over interracial relationships, I guess we could see a parallel with people who are today consumed with fear at sharing the planet with lesbian or gay people.

The second article of the Powellite faith, was that every single immigrant , no matter what skills or resource they bring, is one too many and adds to social fragmentation. Now there’s no evidence or logic here, but neither is a feature of this particular doctrine. And the corollary is that if you can get rid of some – or all – immigrants by repatriation then you are on the way to creating a better society.

Third, if for some reason you are forced to accommodate different kinds of people in one society, then you must ensure, by any means necessary, an overwhelming cultural domination by the majority, so that all other traditions wither on the vine. This is socially engineered assimilation pure and simple, and it goes with repugnance for any law that protects the rights of minorities.

So how have these principles survived the past forty years?

Well we have certainly seen violent incidents involving different racial groups. Some have been monstrous. For example we will this week mark the fifteenth anniversary of the murder of Stephen Lawrence by racist thugs. But have we as a nation been consumed by racial war?

I don’t think so. Let me clear. I do not underestimate the significance of some of the events that have taken place. This issue of racial violence is not an abstraction for me. As a student leader and a journalist over the past thirty years I have had cause on three separate occasions to wonder if I had personally contributed, however indirectly, to the death of someone else by not taking the danger of racial conflict seriously enough.

The first occasion followed the death of a young student, Kevin Gately, from Warwick University, killed in an anti-racist demonstration at Red Lion Square in 1978. As the then President of the NUS I had given the instruction to mobilise students, and had consented to the arrangements for the demonstration. Should I have been more aware of the risks?

Second, In 1983, as a young television producer, I made a film about the Broadwater Estate in Tottenham. In it young black men we interviewed prophesied that there could be lethal racial violence at any time. Two years later, in October 1985, PC Keith Blakelock, the beat police officer for the road in which I myself lived in Haringey was hacked to death during a ferocious riot on that estate. Had it been irresponsible, as some in our company believed, to broadcast those interviews in ’83?

And also in 1985, David Hodge, a fellow journalist and good friend from my student days, was killed whilst covering the Brixton riots that year – riots which I too was reporting.

So I’ve had real reason to wonder whether I underestimated the significance of the racial conflict in Britain.

But the fact is that we know that almost all these disturbances were not about black against white.

Kevin Gately was a young white man, who died protesting against racism arm in arm with black and Asian students.

Keith Blakelock was the victim of an appalling crime that would repulse any decent person of any race – and did.

And David died because like the courageous journalist he was, he chose to cover the story from the no man’s land between two sides of a vicious conflict.

Even if I hadn’t had to reflect on it personally I think I would take the word of Mr Powell’s most famous protégé, that the racial rivers of blood never materialised.

Margaret Thatcher robustly refused to attribute the riots in 1981 and 1985 to a fundamental incompatibility between races. She instead cited economic causes – unemployment and urban decay. Indeed it was she who memorably said on the night of her 1987 election victory that her government’s first task would be to regenerate the inner cities.

Our true British instinct has been shown time and again in times of crisis – after the eighties disturbances, the Northern riots in 2001, after the 7/7 bombings, we chose not to isolate and attack the minority, but to respond with unity and compassion rather than conflict.

Yet the fear that followed Powellism still stalks Britain.

The gap between people’s real experience and their politically-inspired fears is illustrated in virtually every survey of opinion. Asked about their own experience British people always describe a country that is tranquil where people that they know get along with each other. Asked about Britain as a whole they describe a country awash with conflict and tension.

Yet the principles that underlie Powellism still govern political debate about immigration and race.

And the forty year shadow persists even though it has largely achieved the opposite of what the Powellites hoped.

To begin with, they wanted to make immigration the touchstone political issue. In fact, for four decades serious political debate about immigration has been suppressed in every part of the political spectrum with smears and name calling standing in for genuine debate.

On the right immigration has remained a taboo subject. Conservatives fear being associated with Powellism and condemned as racist. The right’s public justification for reticence is usually that political correctness has unfairly silenced them. Somewhat comically, this point of view has been widely and consistently peddled by writers and publications which hardly ever stop yelling about immigration, only pausing from time to time to complain that they are being gagged, before resuming a deafening roar of outrage.

But the left too has played its part in this deadly silence. Centre left politicians have, since the late 1960s persuaded themselves that immigration is an issue which favours the right. The left still fears that a free and open debate on these issues would lead to the release of a caged beast of an essentially reactionary public opinion.

So for forty years we have, by mutual consent, sustained a political silence on the one issue where British people most needed articulate political leadership.

But the shockwave of fear hasn’t just affected what politicians said. It also critically determined what they did. And that too has mostly been the opposite of what the Powellites hoped.

To start with by closing down debate about immigration, they allowed successive governments to avoid having much of a policy at all. In essence Powellism so discredited any talk of planning that we’ve limped along with an ad-hoc approach to immigration whose only consistent aspect has been its racial bias; a non-policy that may have led to Britain admitting more immigrants rather than fewer over this period.

Worse still, the Powellite attack on integration so scared lazy officialdom that they colluded with old-guard ethnic leaders to warp a progressive and very British recognition of diversity in the early nineteen eighties into a bureaucratic version of multiculturalism which today keeps many communities closed and separate. We know the result – people who want to scale the cultural walls that separate them, are blocked by institutions which insist on pigeonholing them by their race, colour and religion.

And in the end Powellism failed in its most important aim – to demonstrate the prophetic vision that ethnic diversity would lead to chaos and hatred. It just hasn’t happened.

This week’s survey from for the BBC shows that the perception of racial prejudice is down yet again with just 20% of British people admitting to feeling any prejudice.

According to the government’s citizenship survey in 2007, 81 per cent of people in England agreed that their local area is a place where people of different backgrounds get on well together. Of course this may well reflect the English propensity to get on with other people by not talking to them at all – but I’ll return to that later.

And though I am always cautious about interpreting the popularity of marriage as an indicator of goodwill, it must stand for something that rates of intermarriage in this country are a) rising and b) higher than anywhere else in Europe and of course the United States.

So why, given its impact, did Powellism fail so dismally?

I think there are three reasons.

First the doctrine utterly failed to understand the essential attitude of British people to difference. We are not racists. How could we be? We are an ancient multilingual state forged from at least four different ethnicities, with a people built on and used to intermarriage, compromise and negotiation.

Our defining monarch, Elizabeth 1 set out the doctrine of toleration, asserting according to Sir Francis Bacon that she would not open a window into men’s souls – that is to say that this is a nation which would not judge people according to their faith, as long as they followed the rule of law and observed the common good. This lies at the heart of the live and let live philosophy that makes cities like London and Birmingham vibrant, multicultural places.

And when we get it right, British tolerance isn’t some grim passive acceptance of difference. It is an active enjoyment of different food, music and ways of worship for example. And at its finest it is allied to a passion for justice that has become part of our culture, perhaps best summed up in the expression « standing up for the underdog ».

Our greatest playwright, William Shakespeare, wrote a famous speech which he put in the mouth of one of our sturdiest advocates of the British tradition of dissent, Sir Thomas More. More quells a London mob bent on violence against asylum seekers with these words:

« Would you be pleased
To find a nation of such barbarous temper
That breaking out in hideous violence
Would not afford you an abode on earth….
…what would you think
To be thus used? This is the strangers’ case,
And this your mountainish inhumanity »

I think the second reason for the Powellites’ failure is that they wanted to promote a British identity rooted in an Empire that by 1968 was already in rapid decline.

And finally, perhaps most important of all, the Powellites fatally confused race and immigration. We can see today why this is a mistake. In the last decade, when we have had higher net immigration than at any time in the past forty years, large numbers – over half a million between 2004 and 2006 of immigrants are white.

On the basis of Powellite doctrine we should welcome today’s immigrants, since they dilute even further the non-white presence here. A true Powellite should today be encouraging more, not less migration from eastern Europe. In fact, anti-immigrant groups still don’t quite know what to say about the Poles.

Because I am a pedant, and had the benefit of the sort of British colonial education that Mr Powell would have valued, I can’t resist pointing out that even the Latin reference that gave Powell’s original speech its name does not in reality point to discord.

The warning of the River Tiber foaming with much blood comes from the Cumaean Sybil, one of the prophetesses of Roman legend. Virgil says that she told Aeneas, the Trojan, not to go to Rome because there’d be trouble. In fact he ignored the warning, he went on to found the dynasty that built Rome – we remember Romulus and Remus – the centre of arguably the most successful multiethnic and multi-faith empire in the history of the world.

Perhaps what happened to the Sybil is a warning. She was granted eternal life by the God Apollo, but forgot to ask for an eternal body. So though she still had the gift of prophecy, she withered away until she was just a disembodied voice. Eventually she disappeared never to be heard from again. I think that’s food for thought for all aspiring prophets.

So in short, after forty years I think we can say with confidence that we don’t need to ask if Powellism was ever right. All we need to know is that it wrong now.

That story is over. Goodbye Alf Garnett.

Immigration Now : The New World
But that does not mean that the political challenge of immigration is over. On the contrary. We’ve only just begun to prepare the ground to debate the greatest challenge of our time.

I believe that there are two fundamental challenges facing western nations today. One is how we live with our planet. The other is how we live with each other. The second – in Sir Isaiah Berlin’s phrase – « living together graciously » – is in my view the more urgent.

If we cannot get along with our neighbours we have no hope of taking the concerted action we need to reverse climate change. There’s just no mileage in talking about car pools if you loathe your neighbours so much that you can’t bear to share a car ride with them.
So how should we approach this great challenge?

A New Social Contract: Managed immigration, Active Integration
Let me start with some straight views of my own.

I do not believe in an open door immigration policy. I support unreservedly, for example the government’s managed migration points system. I welcome how Liam Byrne is cutting through the paralysis of the last 40 years. However, though we might want to be more selective about who comes into Britain, managing immigration is not automatically the same as reducing numbers of immigrants.

Nor do I believe that good race relations has to be dependent on reducing migrant numbers. There is no evidence that reducing numbers has anything to do with better race relations. And the so-called commonsense view that « we can’t take any more » is daily refuted by the migrants who have added to the richness and prosperity of our society.

So I want to propose first that we simply abandon the unproven Powellite assertion that if we get immigration numbers down, we’ll have less trouble.

Instead I want to argue that our history shows that immigration and integration are reciprocal. That is to say, that if we needed, perhaps for economic reasons, to admit more immigrants we would have to work harder at integration; but equally, that if we are better at our integration, we can probably accommodate more immigrants.

And just as Powellism had its three central principles – assimilation, separation and domination – I want to propose three new principles for an integrated society, based on our Commission’s core values – equality, human rights and good relations.

But first, central to any approach to immigration today is an acceptance of reality, recognised even by Enoch Powell’s own heirs.

Last October here is what David Cameron had to say:
« The gaps in the labour market are very naturally being filled by migrant workers. That in itself is a good thing, not a bad thing. We should not try to unlock the potential of our own citizens by locking out the citizens of other countries… skilled foreign workers expand our economy and make us more competitive. »

Whatever we feel about immigrants, immigration is part of our future. The real question will be whether we can, as a modern economy, seize the restless tide of talent that is currently sweeping across the globe in search of a place to deploy its skills and its ambitions. So far we are lagging behind our competitors.

According to a World Bank study of 52 million migrants in 20 rich countries, one in three migrants worldwide has a university education. But while we cower in fear and fret about whether to admit clever foreigners from other nations – America, Australia and Canada are already sailing on that tide of talent.

Canada for example predicts that by 2011 all long term population growth will be due to immigration; and by 2021 every single extra worker in Canada will be an immigrant – already the case in the booming city of Toronto. The Canadians are making it easier, not harder for immigrants to become citizens so that they can compete with the pull of the US.

Yet our businesses are being asked to compete for talent against a background of politically inspired anti immigrant noise which risks discouraging the very people we want to coax here.

Curiously we ignore the fact that we have here in Britain probably the clearest example anywhere in the world of why any country with its act together will want to attract talented immigrants. And it’s an example that illustrates some of the principles by which we could marry a policy of managed migration with active integration and gain popular support for both.

Imagine a British business whose revenues have risen tenfold in the past fifteen years, making it the largest of its kind outside the USA. Consider a business whose exports are so lucrative that it has a presence in more than 200 countries. Think of a sector in which 62% of the key employees are immigrants, some here for the long term, some here just for a few years. And marvel that though the non-whites in this business were once the subject of vicious abuse, today, they are the idols of millions.

Beginning to get the picture?

Britain’s Premier league football is watched each week by half a billion people in over two hundred countries. It is the most successful sporting league outside America. Its revenues are touching two billion. Its foreign stars can earn in excess of in excess of 100,000 pounds every week – but their good fortune does not depress the wages of the home-grown talent.

We have an effective system of controlling entry; and none of the teams for which the foreigners play needs some kind of bureaucratic multiculturalism to effect their integration to their club. No-one has had to abandon their flair and brilliance in order to fit in. In fact the migrant players have for the most part played by the rules, learnt our habits, and I would say many have become better at their jobs for learning British ways.

Didier Drogba (my own team is Chelsea) has learnt that he should try not fall over when a defender breathes too heavily in his direction. Cristiano Ronaldo finally grasped that it wasn’t smart to get someone sent off. And far from displacing the best of our players these immigrants have lifted the standards and the earnings of the game. Today three out of Europe’s top four sides are English. Eight of the richest twenty clubs in the world play in the Premier League.

I’ll go further. These people don’t just take the money and run. The best of the foreign players set a wonderful example in their contribution to British life. Many do charitable work with young people.

And for those who worry that promoting the use of English is somehow an imposition on immigrants, I wish you could have seen, as I did, the recent pregame pep talk by William Gallas the French Arsenal captain, delivered in English and with the passion ironically that we usually associate with Henry V before Agincourt.

Foreign players like Eric Cantona stood together with Brits, in launching the campaign to kick racism out of football. A few years back a drive led by Thierry Henry and others to sell anti racist wrist bands resulted in a fund of a million pounds which we were able to give to local amateur sports clubs for activity directed at racial equality and integration.

One result of all this is that in spite of legitimate worries about the quality of the English team there is no real appetite for limits on the numbers of foreign players in British football. And no-one has seriously questioned the appointment of foreigners to manage our national side because they are foreign.We probably should have had Jose Mourinho but there you go.

I’m not naive. Football is a metaphor not a model. We are talking about a few hundred incredibly privileged men who are more likely to buy a bus for their children than ride in one. They aren’t jostling with us for space in the Tube and they won’t be standing in front of us at our GP’s surgery. Their children won’t be adding to the churn confronting many teachers in our inner city schools.

But the metaphor does suggest some lessons about immigration in the 21st century world that we would do well to heed.

First that the need of the market for skilled labour is more important than anxieties about cultural difference. No-one asks players where they come from; clubs and fans only ask what they bring. Our immigration laws have therefore made it relatively easy to bring in these talented people without too much trouble.

Second, the shared desire to win status and rewards means that players find ways of communicating and accepting that they need to make some compromises for the common good. Those that don’t accept that don’t stay long.

Third, the fact that we have foreign players in our game does not make our own home-grown heroes less bankable or less part of the game. And our country as a whole has benefited in a way that no-one could have imagined just twenty years ago.

Fourth none of this happens by accident. There has been control and regulation that governs who is admitted. We know what the facts about numbers of players are. Everyone plays to the same rule book; there is no special treatment for any cultural group.

And there has been a relentless effort by the authorities to put a stop to the kind of abusive and discriminatory treatment that used to be doled out to foreign and minority players – led by the way by one of our Commission’s forerunners, the CRE.

It hasn’t all been sweetness and light. We still don’t have very many minority authority figures in the game – managers or referees for example.

But it shows that we can manage this new world.

However we have urgently to get our house in order, because that world is changing by the day. We read anxiously about the millions poised to come to the UK. But we shouldn’t kid ourselves. We are not the automatic destination of choice for this wave of talent.

A study of Polish immigrants in Britain, conducted by Warsaw’s Centre for International Relations showed that we weren’t their first choice – a third, for example, sought jobs in Germany before turning to Britain.

And in case we ever become arrogant enough to believe that once people have tasted the delights of a British summer they’ll never return to their homelands, the same survey showed that though a quarter wanted to stay, 51% had no intention of remaining permanently in Britain. Their target would probably be to return home or to move on to richer pastures like the USA.

So in the coming years, the key question we will be asking ourselves is not how many of the wrong sort of immigrants we can afford; it will be how many of the right sort immigrants we can attract.

This wave of human talent carries huge benefits for us.

But it also carries some costs.

The Cost of Immigration
It may be true that as suggested by the recent report by the Select Committee of the House of Lords on Economic Affairs that each of us individually would be hard put to identify the addition to the Gross Domestic Product of our own households, made possible by recent migration.

But as much as I respect the economic expertise of their Lordships, I think we should also pay attention to the opinion of people who actually create wealth. Bill Gates, the boss of Microsoft, frustrated by what he sees as the restrictive immigration policies of the United States Congress, has decided to expand the company’s vital research and development operations not in the USA but across the border in immigration friendly Canada.
And what their Lordships didn’t do was to address what is nowadays called the counterfactual: what would life for our society as a whole be like without the immigrants?

In the real world we know some real people who would have their lives transformed and not for the better. Take three examples which apply to millions of British people.

To start with many families have benefited from the fact that they now have two salaries coming in – mostly because women have joined the workforce. But that was made possible for some only by of the availability of capable and qualified immigrant carers.

In the next twenty years our need for personal care for the elderly will double. Unless women are forced out of work, we know who will fill the void. Tens of thousands of qualified care workers from the rest of Europe, Africa and elsewhere.

Immigration is also changing some of our public services for the better. We all know that there would be no NHS without foreign doctors, nurses, cleaners and administrators. We all know that there will be no Crossrail in London, no Olympics, no new wave of housing starts without immigrant carpenters, electricians and bricklayers.

And many of our schools are benefiting from the presence of clever immigrant children. For example, Paul McAteer, the Head of Slough’s Langleywood School , described a few years back by the Daily Mail as « the worst school in Britain » now says that migrant pupils have been a « big factor » in transforming its performance. He goes on to say that « Foreign children have improved our results…white British parents who live close to the school want their children to come here again ».

So as a nation we have travelled a long way from the view that immigration is in and of itself a danger to our social tranquillity.

The Political Costs of Immigration
But it would be a return to the worst days of our forty-year silence to ignore the fact that many people are deeply unsettled by the pace and nature of change.

It is true that the small minority of people in this country who are genuine racists are obsessed with immigration. But that does not mean that the large number of people who do worry about immigration are all racists.

Any policy of managed migration and active integration has to be a policy embraced by the whole nation.

And that policy has to acknowledge the pressures that come with the benefits of immigration.

To deal effectively with those pressures we need to confront four key problems.

First, the poverty of timely information about the impact migration is having on our communities. We can see on the ground that the systems of funding for local services are not keeping up with the rate of change; leading to irresponsible rumour mongering about immigrants committing more crime and cheating the housing system.

Most of this is froth and nonsense. Police chiefs this week said there was no basis for the first allegation; independent research commissioned by ourselves and the Local Government Association show there’s no evidence of the second. But we do need more timely, and independent information so that ordinary people can see what is true and what is not.

Second, though there are benefits to migration, they aren’t shared out equally. The problem is that though the inequality may actually be caused by a lack of public investment, it may be attributed to the presence of immigrants.

Thus, for every professional woman who is able to go out to work because she has an Eastern European nanny, there is probably a young mother who watches her child struggle in a classroom where a harassed teacher faces too many children with too many languages between them.

Wanting a better deal for her child doesn’t make her anti-immigrant – but if we can’t find a better response for her frustration, then she soon will be.

For every boss whose bacon is saved by the importation of skilled IT professionals or skilled craftspeople or health professionals, there are a thousand people who are wondering every morning why they have to put up with the misery of a packed train carriage or bus – if they can get on in the first place.

Wanting an infrastructure that doesn’t make getting to work daily hell does not make someone a natural voter for an anti-immigrant party. But it soon will.

As the novelist Rose Tremain told the Guardian yesterday in describing Britain as « bipolar » on immigration « I do worry about immigration. Just the sheer crowds….it certainly feels vexing when you can’t even get a doctor’s appointment. Yet I don’t like the fact that I worry about it. »

Third, there is unfairness in the workplace. There is very little evidence that home-grown workers’ wages are depressed because of migration, so the likelihood is that there has been little impact on current workers. If there is an economic slowdown, that may change. But we’re not there yet.

There are however, two major issues which do demand action now.

One is the sheer exploitation of some low paid immigrants, illustrated by the fate of cockle pickers who died in Morecambe Bay in 2004. They were just the tip of an iceberg of human-trafficking and near-slavery, which can only be held in check by better policing and sharper regulation.

The other major issue is the question of why employers should invest in training and skills for home-grown workers when they can get the readymade thing from abroad? Easyjet delivers easymigrant to your door with all his or her skills, readiness to work over the hours and probably a university degree to boot. How can our million or so young people who are not in education, employment or training possibly compete?

The fourth key problem is the ever-present challenge of how to keep communities which are changing faster ever year from fragmenting. Powell predicted « hot » conflict and violence. We don’t see too much of that, and where it does occur it tends to be within specific communities – gun crime in some black communities for example.

However we have seen the emergence of a kind of cold war in some parts of the country, where very separate communities exist side by side, increasing the likelihood of little interaction and with poor communication across racial or religious lines. This is not purely an old style anti-black phenomenon. There are divisions between minority communities as we saw here in Lazelles two and a half years ago and increasingly there is little difference in attitudes to immigration between ethnic minorities and the majority. So how do we reconcile good relations and stable communities with our need to ride the tide of global migration?

There is perhaps another way to put all these questions.

How can we use a policy of managed migration and active integration to create a Britain that is fairer, built on dignity and respect, and where people are confident in all aspects of their diversity?

The Commission’s mandate and brief don’t run to controlling the immigration system, I’m happy to say. That’s someone else’s job. But our job is above all fostering good relations, and within that to make a reality of a policy of active integration.

So I want to end this morning by briefly setting out three key principles for our integrated society.

Three Principles for An Integrated Society.
The First Principle is that Integration is a two-way street
I know that some people are nervous about the use of the word integration. But most British people know what it means, and frankly, I can’t help feeling that if Powellites were against it I should be for it. But let me say what I mean by it in practice.

Immigrants change us, mostly for the better. They don’t just bring their labour with them – they create more choice for everyone – of food, of music, of literature – all aspects of the benefits of two-way integration. They compete hard, they lift our standards. And in a global economy they are beginning to give us the edge in markets – India for example – that we would not otherwise enjoy.

Most immigrants change too. We expect those who come to Britain to play by the rules and to do their best to share in the responsibilities of living together as well as enjoying the rights – for example by learning English so that they can participate fully in the workplace and in the life of the community. And if people want the rules to be different they campaign to change them by the democratic means we have available.

But an integrated society isn’t only the sum of what individuals do. It’s also what governments and civil society do too. So that means we all – immigrant and home-grown – have the right to expect that we will be treated fairly, not exploited and that our dignity is respected.

That means we need to redouble our efforts to stamp out trafficking and exploitation at work. Our Commission is already starting to work closely with trades unions on these issues and I look forward to sitting down with employers too.

It means that the Equality and Human Rights Commission has launched a 10 million pound grants programme much of which is going to local voluntary organisations dedicated to bringing different groups together.

It means that this summer we will pilot a programme of summer camps expressly designed to get young people of different backgrounds to learn more about each other.

And it means that when we talk about active integration let me repeat: we are not talking about assimilation. But because integration is a two way street, we know that on this two way street, that there will sometimes be friction.

It is our job as a Commission, to help to minimise those frictions by establishing some rules of the road. These need to be more than traditional British courtesy and good manners – though frankly that would be a good place to start these days.

We need some more fundamental agreement on common values. These in my view are best based on our human rights principles.

I don’t mean by this the distorted view of human rights in which clever and malicious people take advantage of the rest of the community.

I mean the commonsense approach to human rights that is deeply ingrained in our British history, that tells us for example, that while free speech cannot be traded for cultural sensitivity, the right to offend does not imply an obligation to insult.

I also mean that these basic values and freedoms must apply to all. For example, that while the equality of women and the protection of children can never be modified in any way by cultural tradition, where fundamental protections are not undermined, we have to be ready to accept that minorities of which we are not a part ourselves have the right to be different.

For example we make a legal distinction between forced marriage – illegal – and arranged marriage, perfectly legal. I guess arranged marriages are unlikely to catch on in a big way outside some communities, they are now a legitimate part of British life. That is what being at ease with our diversity means.

And it also means that where law may not compel we have to find new ways of creating change.

For example our political parties remain desperately unrepresentative. They need to change. Pronto.

What legitimacy is there in a Parliament which makes crucial decisions on immigration with just fifteen ethnic minority MPs when there should be more than sixty? How can a House of Commons expect its decisions on counter-terrorism to be taken seriously by Muslim communities when there are only four Muslim MPs in the House of Commons?

I also believe that we should take opportunities to celebrate those new neighbours on our two-way street who make it a better place.

Our system of honours currently does not fully recognise those who have made a contribution here if they were born outside the Commonwealth. Bob Geldof, for example can’t properly be addressed as Sir Bob because he is not a Commonwealth citizen – surely a relic of our imperial past.

Well, we can’t change that but later this year our Commission intends to announce a special annual scheme that will celebrate the contribution to British life of individuals who were born elsewhere but have made the UK their home.

The Second Principle: Fairness is not just for minorities
We can no longer identify those who are not flourishing in our society by colour-coding them. For example, it has recently become clear that when it comes to educational failure and that million young people I mentioned earlier, the people with whom the system is having least success and who should today most concern us are young white men emerging into adulthood with no qualifications, no skills and in some cases no aspirations.

Our equality effort should be directed at them too, especially at a time when so many jobs that are available are going to immigrants simply because they are better qualified.

Our equality work should deal with mainstream issues. So when the government’s welcome plan to build 3 million more homes and five new eco-towns by 2020 is put into practice, good relations must be the heart of the design of those homes and those towns – so that they become mixed communities that bring people together rather than drive them apart.

We will only win popular support for an integrated society if we are seen to be fair to everyone, majority and minority. That is why we need better, more transparent information about the impact of immigration.

That is why I intend to propose to our Commissioners that we should publish, every year from next year, an annual good relations barometer which sets out honestly the state of relations, positive and negative, in communities across the country. It will draw on independent survey evidence, the experience of our frontline networks and the views of our voluntary sector partners.

And in our effort to provide a better evidence base, the Commission today publishes on its website a series of maps that show exactly where migrant communities are concentrated across Britain. (you can view the maps here)

We see this kind of openness as a platform for a no doubt difficult, but ultimately honest and better informed debate about how we live together graciously.

The Third Principle: We Must Share the benefits and burdens of migration fairly
Much of the reason for unease over immigration is no longer about foreigners’ difference. It is about whether those who benefit from their presence are also bearing their share of cost. There are two aspects to this.

One is whether all parts of the country are benefiting in the same way. All the evidence suggests that they aren’t. Many areas of England are accommodating many migrants for economic reasons without having had the time or resource to build up the necessary infrastructure. On the other hand some parts of the country aren’t getting enough migrants. That is why we think balancing measures are vital – such as incentives under the points system that will draw migrants to under-populated Scotland; and we’d like to see more funds going faster to parts of the country which are experiencing population surges.

The other aspect is the question of how we share the costs between settled communities, migrants and employers; to what extent should those who benefit from immigrants’ presence including immigrants themselves also bear some of the increased costs.

The government has recently acknowledged this by suggesting that whilst English lessons might be made free for those who intend to settle here, it is right that those who come just work – the easymigrant – and their employers should bear the cost of their English classes. I believe that this is right.

In other countries, many experts are considering whether there is value in the idea of a migrant tax, which would be used to defray some infrastructure costs.

But there are many complex issues here, and I believe that our Commissioners would object to anything which smacked of back-door discrimination. And anything which actually turned the tide of talent away from Britain would be utterly counterproductive.

So we need to do some thinking. Later this year the Commission, in partnership with the Migration Policy Institute of Washington, will hold an international summit of bodies like our own and NGOs which will consider these issues. We will draw on the expertise of people here and abroad to try to understand how we can start to reconcile the claims of those who are settled with those who come to support us and our economy for a period.

Conclusion
These are just some of my own ideas to start with. There will be many more as we debate these issues, starting this morning.

But the best ideas will emerge if we are now willing to have an open, honest and informed debate about a new social contract, about managed migration and active integration.
I believe that the more we talk about immigration the better. Many think that this isn’t the time or place for this debate. And I understand their anxieties.

I know that I will somehow be misquoted.
I know, without doubt some people will misuse the opportunity of open debate to cloak their racist motives.

But if not now, when?

We cannot allow discussion of race and immigration forever to be seen as playing into the hands of extremists. The forty-year old shockwave of fear has gagged us all for too long.

Our aim is the integrated society – one built on fairness, respect and dignity, confident in all aspects of its diversity.

We need to start a new conversation about how we get there, a dialogue has to be guided not by fear, but by hope.

Voir enfin:

Des fleuves de sang

Boulevard Voltaire

Alors qu’en 1968, le gouvernement travailliste s’apprête à voter des lois contre la discrimination raciale, Enoch Powell, figure majeure du parti conservateur, premier ministrable potentiel, respecté de tous pour son intégrité, prononce — sans consulter son parti — un discours sur l’immigration qui enflamme le pays. Ce discours du 20 avril 1968 marque un tournant dans l’histoire politique de la Grande-Bretagne.

A la suite de ses déclarations, Enoch Powell est exclus du Shadow Cabinet (les conservateurs sont alors dans l’opposition). Une véritable fièvre s’empare du pays et un élan populaire massif lui apporte son soutien. Powell reçoit 100.000 lettres dont seule une infime partie lui sont hostiles. Toutes réclament la fin de l’immigration. Un mouvement anti-raciste nait en réaction et se manifeste avec une égale ardeur.

A la suite de remous importants et de l’élection en 1970 de Edward Heath au poste de 1er ministre, la brillante carrière politique de Powell s’achève. Tournant le dos à la volonté populaire, les gouvernements successifs s’engagent dans une voie opposée à celle défendue par Powell : c’est l’avènement du multi-culturalisme qui, théorisé, devient la politique officielle de la Grande-Bretagne.

« Des fleuves de sang »
Discours d’Enoch Powell du 20 avril 1968

La fonction suprême de l’homme d’état est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…»

Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi.

Les hommes politiques qui s’y soustraient en connaissance de cause méritent — et reçoivent d’ailleurs fréquemment — les critiques de leurs successeurs. Il y a 1 à 2 semaines, je discutais dans ma circonscription avec un homme d’une quarantaine d’années qui travaille dans l’une de nos entreprises nationalisées. Après quelques mots sur la pluie et le beau temps, il me dit soudainement : « Si j’avais les moyens, je quitterais le pays. » Je lui fis quelques reproches, lui faisant remarquer que le gouvernement actuel ne durerait pas éternellement. Mais il n’y prêta pas attention et poursuivit : « J’ai trois enfants. Ils ont tous le bac [grammar school], deux d’entre eux sont mariés et ont une famille. Mais je ne serai heureux que lorsque je les aurai tous vu partir à l’étranger. Dans ce pays, dans 15 à 20 ans, les noirs domineront les blancs. »

J’entends déjà les cris d’orfraie. Comment puis-je dire une chose aussi horrible ? Comment puis-je jeter le trouble et déchaîner les passions en relatant une telle conversation ? Ma réponse est que je m’interdis de ne pas le faire. Dans ma propre ville, au grand jour, un brave et honnête compatriote me dit à moi, son député, qu’il ne fera pas bon vivre dans son pays pour ses propres enfants. Je n’ai tout simplement pas le droit de hausser les épaules et de passer à autre chose. Ce que dit cet homme, des milliers, des centaines de milliers de gens le pensent et le disent. Peut-être pas dans tout le pays, mais partout où s’opère la transformation radicale à laquelle nous assistons aujourd’hui, et qui n’a aucun parallèle connu en 1000 ans d’histoire.

Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée.

Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures.

Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%.

La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur.

Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée.

J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. Nous sommes devenus fous au point de permettre à des célibataires d’immigrer ici dans le but de fonder une famille avec des conjoints ou des fiancés qu’ils n’ont jamais vus. Ne croyez pas que cet afflux de population diminuera de lui-même. Bien au contraire. Même au rythme actuel de 5 000 admissions par an et par quota, ce chiffre est suffisant pour faire croître le nombre de personnes à charge de 25 000 par an, et à l’infini, sans compter l’immense réservoir des liens familiaux existant avec le pays d’origine – et tout cela sans parler de l’immigration clandestine.

Dans de telles circonstances, la seule mesure adaptée est de réduire, toutes affaires cessantes, le rythme de l’immigration jusqu’à des chiffres négligeables, et de prendre sans délai les mesures législatives et administratives qui s’imposent.

J’en viens maintenant au retour au pays. Si toute immigration cessait demain, la croissance de la population immigrée ou d’origine immigrée serait substantiellement réduite, mais l’importance numérique de ces populations ne modifierait pas les fondamentaux du danger qui nous préoccupe. Et cet aspect du problème ne peut être traité que lorsqu’une proportion importante des populations immigrées est encore composée de personnes arrivées récemment, durant les 10 dernières années. D’où l’urgence de mettre en œuvre dès aujourd’hui ce second volet de la politique du Parti conservateur : encourager la ré-émigration. Personne n’est en mesure d’estimer le nombre de ceux qui, moyennant une aide généreuse, choisiraient soit de retourner dans leur pays d’origine, soit d’aller dans d’autres pays désireux de recevoir main d’œuvre et savoir-faire. Personne ne le sait, car jusqu’à présent, aucune politique de cet ordre n’a été mise en œuvre. Tout ce que je puis dire, c’est qu’actuellement encore, des immigrés de ma circonscription viennent me voir de temps à autre pour me demander de bénéficier d’une aide au retour. Si une telle politique était adoptée et mise en place, avec la détermination que justifie la gravité de la situation, les flux sortants pourraient sensiblement modifier les perspectives d’avenir.

Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement.

Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.

Rien n’est plus trompeur que de comparer la situation de l’immigré du Commonwealth [ancien empire britannique] qui arrive en Grande-Bretagne avec celle du noir américain. Les noirs, qui étaient déjà présents avant que les Etats-Unis ne deviennent une nation, ont d’abord été des esclaves, au vrai sens du terme. Le droit de vote, et d’autres, leurs ont été accordés seulement par la suite, droits qu’ils ne sont parvenus à exercer que peu à peu, et encore incomplètement. L’immigré du Commonwealth lui, est arrivé en Grande-Bretagne comme citoyen à part entière, dans un pays qui ne pratique pas la discrimination, un pays où il obtient immédiatement les mêmes droits que tout le monde, du droit de vote à la gratuité des soins de la Sécurité sociale. Les difficultés rencontrées par les immigrés ne proviennent ni des lois, ni de la politique du gouvernement ou de l’administration, mais de leur situation personnelle, et des événements fortuits qui font, et feront toujours, que le destin et l’expérience d’un homme ne sont pas ceux d’un autre.

Mais alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays.

Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables.

Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé.

Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. Et je vais donner l’occasion à l’une de ces personnes de parler à ma place :

« Il y a 8 ans, dans une rue paisible de Wolverhampton, une maison a été vendue à un noir. Aujourd’hui, il ne reste plus dans cette rue qu’une femme blanche, une retraitée, et voici son histoire : cette femme a perdu son mari et ses deux fils, morts à la Guerre. Elle a transformé sa maison de 7 pièces, son seul bien, en chambres à louer. Elle y a mis toute son énergie et elle a bien réussi, remboursant son emprunt et commençant à épargner pour ses vieux jours. Puis des immigrés sont venus s’installer. Avec une appréhension croissante, elle a vu les maisons se faire racheter les unes après les autres. La rue, autrefois paisible, est devenue bruyante et chaotique. A regret, elle a vu ses locataires blancs partir un à un.

Le lendemain du jour où son dernier locataire est parti, elle a été réveillée à 7 heures du matin par deux hommes noirs qui, disaient-ils, voulaient utiliser son téléphone pour appeler leur employeur. Elle a refusé, comme elle aurait refusé à n’importe qui à cette heure matinale. Elle a alors été injuriée. Sans la chaîne qui bloquait sa porte, elle a craint d’être agressée. Depuis, des familles d’immigrés ont essayé de lui louer des chambres, mais elle a toujours refusé. Ses petites économies se sont épuisées, et après avoir payé ses impôts, il ne lui reste que 2 livres par semaine. Elle a demandé une réduction d’impôts et a été reçue par une jeune femme qui, voyant qu’elle possédait une maison de 7 pièces, lui a conseillé d’en louer une partie. Quand elle a répondu que les seuls locataires qui se présentaient étaient noirs, la jeune employée lui a répondu : « Les préjugés raciaux ne vous mèneront nulle part dans ce pays. » Elle est rentrée chez elle.

Le téléphone est son seul lien avec l’extérieur. Sa famille paye la facture, et l’aide autant qu’elle peut. Des immigrés lui ont proposé d’acheter sa maison, pour un prix que les acheteurs potentiels pourraient récupérer en la louant en quelques semaines, ou du moins en quelques mois. Elle a désormais peur de sortir. Ses fenêtres sont cassées. Elle trouve des excréments dans sa boîte aux lettres. Quand elle sort faire ses courses, elle est suivie par de charmants petits noirs, très souriants. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais il existe un mot qu’ils connaissent très bien : « Raciste ! » scandent-ils derrière elle. Lorsque cette nouvelle loi sur les relations interraciales sera votée, cette femme est convaincue qu’elle ira en prison. A-t-elle tort ? Je commence moi aussi à me poser la question…

L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît.

Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. Les mots que je vais citer ne sont pas les miens, je les reprends tels quels de la presse locale du 17 février [1968], ils sont d’un député travailliste, ministre du gouvernement actuel : « Il faut déplorer la campagne menée par la communauté Sikh pour conserver des coutumes inadéquates. Ils travaillent en Grande-Bretagne, dans la fonction publique qui plus est. Ces personnes doivent accepter les conditions liées à leur emploi. Réclamer des droits particuliers pour leur communauté (ou devrait-on parler de rites ?) mène à un dangereux clivage au sein de la société. Ce communautarisme est un chancre : qu’il soit revendiqué par un camp ou par un autre, il faut le condamner sévèrement. » Il faut remercier John Stonehouse pour sa lucidité et pour avoir eu le courage d’évoquer ce sujet.

Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis.

Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure.

Voir encore:

Michèle Tribalat : « L’Europe nous a imposé un modèle multiculturel auquel la France n’a jamais vraiment cherché à s’opposer »
La démographe republie « Assimilation, la fin du modèle français. » Selon elle, il manque plusieurs facteurs pour que l’assimilation fonctionne de nouveau en France..
Atlantico
5 Juin 2017

Vous republiez « Assimilation : la fin du modèle français » (Editions de l’Artilleur). Qu’est-ce qui vous fait faire ce constat de la défaite du modèle français en matière d’intégration aujourd’hui ?

Michèle Tribalat : L’assimilation ne relève pas d’une législation. Elle ne s’ordonne pas par la loi. C’est un processus social de convergence des comportements dans lequel la mixité des unions joue un rôle fondamental. L’assimilation, comme le multiculturalisme à sa manière, s’effectue dans un rapport asymétrique entre la société d’accueil et les nouveaux venus. Le modèle assimilationniste accorde un privilège à la culture de la société d’accueil, sans être ni culturaliste ni inégalitaire. C’est même tout le contraire puisqu’il suppose une capacité d’adaptation des migrants et de leurs descendants à un environnement culturel différent du leur. Le multiculturalisme est un modèle asymétrique d’un autre type. Il favorise le séparatisme et l’entre-soi, mais seulement pour les nouveaux venus. Cet entre-soi ne peut, en effet, être étendu aux autochtones, sous peine de susciter des discriminations. Les « minorités » reçoivent alors un traitement qui ne peut être concédé aux autochtones. C’est un modèle culturaliste et inégalitaire qui renverse l’asymétrie du modèle assimilationniste. Il ne reconnaît pas de droit à la persistance culturelle de la société d’accueil.

L’assimilation nécessite un certain nombre de conditions et, notamment, l’engagement du corps social dans son entier, élites comprises. La pression sociale exercée par les autochtones, généralement ceux des catégories populaires qui voisinent avec les populations aux modes de vie dépaysants, doit être considérée comme légitime et encouragée. Selon Paul Collier (Exodus, dont une traduction est à paraître à l’Artilleur l’année prochaine), les autochtones doivent être « les prosélytes de leur propre nation ». Pour être convaincant, ce prosélytisme nécessite une certaine fierté.

Si j’insiste sur ces caractéristiques, c’est parce qu’elles dessinent, en creux, tout ce qui manque aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans une disposition d’esprit propre à susciter l’assimilation. L’ascendant culturel des catégories populaires, autrefois motrices dans l’assimilation, est désormais contesté. Elles ont cessé d’être les prosélytes de la nation, d’espérer que leurs voisins s’adapteront et préfèrent vivre dans des lieux où il leur sera plus facile de maintenir leur propre mode de vie. Elles se sont éloignées des grands centres urbains (voir Christophe Guilluy), évitement qui a renforcé les concentrations ethniques, lesquelles favorisent l’entre-soi et le maintien des habitudes culturelles. On a là un cercle vicieux sur lequel les exhortations à la mixité sociale (euphémisme pour mixité ethnique) ont peu de prise. L’autodénigrement a remplacé le prosélytisme. Pourquoi chercherait-on à s’assimiler à un pays aussi détestable dont on ressasse avec gourmandise les tares passées ?

La question des flux migratoires est souvent très débattue car très incertaine. Entre les deux extrêmes du Grand Remplacement et d’une société mondiale ouverte, quelle observation peut-on faire ?

C’est, paradoxalement, lorsque le gouvernement a souhaité arrêter l’immigration, au milieu des années 1970, que s’est dessiné un régime juridique très favorable à l’immigration. Les velléités de suspendre, pour un temps l’immigration, n’ont été possibles que pour la migration directement économique. Le Conseil d’État, avant les Cours européennes, a forcé le gouvernement de l’époque à laisser ouvert le canal de l’immigration familiale. S’est ensuite développé un régime juridique fondé sur des droits ouverts aux étrangers respectant un certain nombre de conditions. Si l’immigration étrangère a été freinée jusqu’au milieu des années 1990, une nouvelle vague migratoire de grande ampleur s’est alors développée. Comme l’écrit Paul Collier, les standards selon lesquels les Cours européennes jugent que l’on peut renvoyer un immigrant, contre sa volonté, dans son pays d’origine, sont incroyablement élevés. Si bien que la politique fondée sur des droits encourage, paradoxalement, la migration irrégulière. Une fois qu’on a mis le pied en Europe, on a de bonnes chances de pouvoir y demeurer. En France, la perception du phénomène est obscurcie par des discours mal informés sur le régime migratoire actuel. Récemment, dans Libération, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration, a justifié l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle par le fait qu’ « on a accueilli très peu de migrants ces dernières années ! ». Je laisse le lecteur en juger à la lumière de ce graphique. J’ai, par ailleurs, montré que le taux d’accroissement de la proportion d’immigrés depuis le début des années 2000 est voisin de celui observé pendant les Trente Glorieuses.

image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/u71369/2017/06/capture_0.jpg

Entrées d’immigrés (Insee) et admissions au séjour, en fonction de la définition et des organismes producteurs ou diffuseurs de l’information (chiffres provisoires en 2014 et 2015 pour l’Insee et en 2016 pour le ministère de l’Intérieur). Champ : France métropolitaine pour le ministère de l’Intérieur ; France (hors Mayotte jusqu’en 2013, avec Mayotte ensuite) pour l’Insee et probablement aussi pour Eurostat. Les entrées estimées par l’Insee ne se limitent pas à celles en provenance de pays tiers à l’Union européenne. EAR = enquête annuelle de recensement.
Qu’est ce qui vous fait dire que le cadre européen est peu propice à une amélioration de la situation actuelle (on revient à l’assimilation, je suppose ) ?

Si l’option assimilationniste a été abandonnée très tôt en France (on peut remonter jusqu’en 1991 pour situer la bifurcation diversitaire de l’intégration théorisée par le Haut Conseil à l’intégration), c’est dans le cadre européen qu’a été élaborée plus finement l’option multiculturaliste à laquelle la France a souscrit. Je n’ai pas eu d’écho d’une opposition française aux onze principes de base communs adoptés par le Conseil européen du 19 novembre 2004. La France n’avait d’ailleurs dépêché, pour l’occasion, que son représentant permanent. L’intégration est désignée, dans le premier principe, comme « un processus à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres ». La littérature européenne nous éclaire sur le but de l’intégration : tolérance et respect ! L’UE, par construction, est favorable au développement du multiculturalisme. S’y ajoutent les craintes alimentées par les projections démographiques d’Eurostat, qui incitent l’UE à voir dans l’immigration la solution pour éviter un déclin démographique trop marqué.

Pourquoi déclarez-vous qu’en terme d’intégration, l’Islam « change la donne » ?

L’islam change la donne par la taille de la population musulmane, l’importance que les musulmans accordent à la religion, une tendance à la désécularisation, une transmission religieuse qui s’est améliorée et une endogamie religieuse très forte. Le tout dans un contexte que je vous ai décrit plus haut. Les mariages mixtes ont toujours été le carburant de l’assimilation : en épousant des autochtones, les migrants ou leurs descendants s’inscrivent dans l’héritage historique français. Éric Kaufmann considère que l’exogamie des musulmans est « l’épreuve de vérité de l’assimilation ». Pourtant, l’endogamie est la règle. Elle vaut pour toutes les religions, a fortiori pour l’islam : parmi les musulmans présents en 2008 et âgés de 18-50 ans, 90 % des premiers mariages des hommes et des femmes nés en France ou qui y sont venus alors qu’ils étaient encore enfants ont été célébrés avec un conjoint musulman. Paradoxalement, cette endogamie est plus faible chez les migrants arrivés célibataires à l’âge adulte qui ne se sont pas frottés à la société française dans leur jeune âge.

Comment est-ce qu’évolue la population musulmane en France ? Pourquoi l’immigration actuelle est différente de l’immigration que l’on a connue précédemment ?
Nous avons eu, exceptionnellement, en 2008, dans l’enquête Trajectoires et origines réalisée par l’Ined et l’Insee, des informations sur les affiliations religieuses qui ont permis une estimation de la population musulmane. J’ai estimé à 4,2 millions, le nombre de musulmans fin 2008. Mais, nous n’avons rien de solide depuis 2008. J’ai pu évaluer le taux d’accroissement dans l’année 2008 à 3,7 %. Si ce rythme d’accroissement s’est maintenu dans les années qui suivent, la population musulmane devrait être proche de 5,6 millions fin 2016.

Les enquêtes menées par les instituts sondages privés ne sont vraiment représentatives que sur les variables qui ont servi à établir les quotas (sexe, catégorie socio-professionnelle du chef de ménage, critères géographiques généralement) et ne sont pas un bon outil. Les estimations au doigt mouillé non plus. Lorsque François Héran, qui a pourtant été directeur de l’Ined pendant dix ans, prétend qu’un habitant sur huit, soit environ 8 millions, est d’origine musulmane, c’est au pifomètre, sans aucune justification méthodologique. Il faut donc attendre une nouvelle enquête publique recueillant l’affiliation religieuse pour se faire une idée sérieuse sur l’évolution du nombre de musulmans.

Lorsque les Polonais sont arrivés en France il y a bien longtemps, il passaient pour inassimilables. Mais il étaient catholiques et ont pu, au fil du temps et des générations, finalement, « trouver chaussure à leur pied » parmi les catholiques autochtones. Paradoxalement, l’endogamie religieuse a favorisé l’exogamie ethnique. Le catholicisme faisait partie des éléments culturels communs. Tel n’est pas le cas des musulmans qui apportent l’islam dans leurs bagages. Par ailleurs, la société, jusque dans les années 1960-70, n’était guère encline à célébrer la diversité comme on le fait aujourd’hui.

Comment la France peut-elle tenter de reprendre la main sur sa politique migratoire aujourd’hui ?

Nous avons actuellement la plus mauvaise combinaison : immigration étrangère importante + multiculturalisme mâtiné d’une rhétorique républicaine. Comme l’explique très bien Paul Collier dans son livre, le développement de diasporas (populations qui n’ont pas été absorbées par la population du pays d’accueil) favorise les flux d’immigration fondés sur les liens diasporiques. L’assimilation limite ce développement alors que le multiculturalisme le favorise. L’existence de larges diasporas n’est pas non plus propice à l’assimilation. Des flux plus modérés et une politique d’assimilation résolue constitueraient une meilleure combinaison. C’est d’autant plus vrai que les étrangers nouvellement accueillis sont plus difficiles à assimiler que prévu. Mais ce n’est pas la route sur laquelle nous cheminons.

La régulation des flux migratoires est du ressort des pays d’accueil et il faut cesser de se bercer d’illusions avec le développement des pays de départ qui serait la solution miraculeuse. Leur développement est une bonne chose en soi, mais ne participera pas à réduire les candidats à la migration, bien au contraire. L’amélioration du niveau de vie fournira, en effet, à plus de candidats les moyens de partir.

Il faut savoir que la politique migratoire est une compétence partagée avec l’UE. La Cour de justice de l’UE (CJUE) veille au respect des divers règlements et directives et élabore une jurisprudence qui encadre la politique des États. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme et des Cours nationales. Je ne sais pas quand et comment la France gagnera la maîtrise de sa politique migratoire, mais je suis sûre que l’on aurait intérêt à faciliter le débat sur la question. Sauf à considérer que les flux migratoires sont comme le climat et qu’il faut faire avec. Alors, bannissons de notre vocabulaire et de nos discussions la notion même de politique migratoire.

Voir par ailleurs:


Accord de Paris: Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre ! (Pittsburgh finally gets its say on Paris climate accord)

4 juin, 2017
Poignée de main musclée entre Donald Trump et Emmanuel Macron, le 25 mai 2017, en marge du sommet de l'Otan, à Bruxelles. L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://i2.wp.com/a57.foxnews.com/media2.foxnews.com/BrightCove/694940094001/2017/05/25/780/438/694940094001_5448810511001_Obama-takes-shot-at-Trump-with-wall-comment.jpg
La démocratie, c’est aussi la grande question par rapport à la tentation autoritaire que l’on voit surgir et notamment aux Etats-Unis. François Hollande
J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de Paris. Donald Trump
Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité. Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus. Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter. Emmanuel Macron
Il est difficile de taxer Emmanuel Macron de racisme ou de légèreté. Il a eu l’occasion de s’exprimer sur ces sujets, notamment au cours de la campagne lors de son déplacement à Mayotte. C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être. Quant à l’idée qu’il y aurait deux poids deux mesures : la différence c’est que contrairement à certaines autres personnes, Emmanuel Macron a une ligne claire vis-à-vis de l’immigration clandestine et des migrants. Il a par exemple été l’un des premiers à saluer la politique migratoire d’Angela Merkel. Cellule de communication de l’Élysée
Tout ce que j’ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent. Je ne suis pas inquiété par la justice, j’ai ma conscience pour moi. Richard Ferrand
Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. Un président en fonction, la première dame et sa famille tentent de ruiner ma vie. Vous le connaissez, il n’arrêtera pas. C’est l’Amérique, nous ne sommes pas censés mourir pour ça. Aujourd’hui, c’est moi, et demain, ça pourrait être vous. Je fais de l’humour provocateur, je vais continuer de me moquer de Trump. Je l’ai fait sous Bush et Clinton, et personne n’a essayé de me tuer. Kathy Griffin
Les médias sont unanimes : Emmanuel Macron est sorti vainqueur de sa poignée de main avec Donald Trump. La scène, filmée jeudi dernier à Bruxelles lors du sommet de l’OTAN, est passée en boucle sur les télévisions, avec arrêts sur image et gros plans sur les doigts du président américain : ils lâchent prise mais restent enserrés encore une seconde. Interrogé sur cette insignifiance par le JDD, le président français a déclaré : « Ma poignée de main avec lui ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique, mais un moment de vérité (…) Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques ». Dans cet univers artificiel, fait de signes prémédités, Macron confirme ses dons d’acteur et de communicant. « Un sans-faute », ont dit les choeurs. Reste que ce recours au théâtre muet, intrusion du mime Marceau en politique, infantilise un peu plus la chose publique. Macron n’a évidemment pas vaincu Trump ce jour-là. Mais le président a décidé d’écrire son épopée. Le pire est que ce narcissisme fait mouche. La presse est majoritairement conquise par le personnage. Est-elle encore un contre-pouvoir? Pour l’instant, elle est tout contre. « Nous n’avons jamais eu ce climat de béatitude », grinçait, lundi, Bernard Cazeneuve, l’ancien premier ministre. Mais les limites de l’euphorie sont visibles. L’envoûtement que Macron croyait avoir eu sur l’Américain n’empêchera pas Trump de garder sa liberté sur l’accord sur le climat. Il aura également incité l’Otan à se concentrer sur la lutte contre l’immigration et le terrorisme djihadiste, ces sujets délaissés par l’Union européenne, obnubilée par le danger russe. Ivan Rioufol
Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family. And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is. Republican White House insider
I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.  They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream. Trump adviser
Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in. Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue. White House official
The early few months of the Trump presidency are, in many ways, Claudian. Trump is likewise an outsider who, in the view of the Washington aristocracy, should never have been president. The thrice-married Trump was supposedly too old, too crude, too coarse, and too reckless in his past private life. His critics now allege that the blunt-talking Trump suffers from some sort of psychological or physical ailment, given that his accent, diction, grammar, and general manner of speaking, as well as his comportment, just don’t seem presidential. If Claudius constantly scribbled down observations on imperial life (unfortunately now mostly lost), Trump is an incessant tweeter, who daily issues forth a litany of impromptu impressions, half-baked thoughts, and assertions—that are likewise the stuff of ridicule by journalists. The media and the Washington establishment—like Claudius’s elite critics, Seneca, Suetonius, and Tacitus—focus mostly on the psychodramas of the president. But while they obsess over the frequent absence of First Lady Melania, Trump’s two-scoop ice cream deserts, the supposed undue and sinister influence of Trump’s daughter Ivanka and son-in-law Jared Kushner, the insider spats between the New York moderates and the Steve Bannon true-blue populists, the assorted firings of former Obama appointees, and investigations of Trump associates—the American government, like Rome under Claudius, goes on. Critics also miss the fact that Trump is not a catalyst but a reflection of contemporary culture, in the way that the world portrayed in Petronius’s Satyricon both pre- and postdated Claudius. The Neroian crudity, obscenity, and vulgarity of a Madonna, Bill Maher, or Steven Colbert—or DNC head Tom Perez or California Senator Kamala Harris—had nothing to do with Donald Trump. The real story of the Trump administration is not the messy firing of James Comey or the hysterical attacks on Trump by the media, or even his own shoot-from-the-hip excesses. Rather Trump, also like Claudius, has assembled a first-rate team of advisors and cabinet officials. Secretary of State Rex Tillerson, Defense Secretary James Mattis, National Security Advisor H.R. McMaster, and Homeland Security Director John Kelly—and the dozens of professionals who work for them—comprise the most astute and experienced group of strategists, diplomats, world travelers, and foreign policy thinkers since the Truman and Eisenhower administrations. Never have so many cabinet officers been given such responsibility and autonomy. It is unlikely that a Mattis or McMaster—outsiders who lack bureaucratic portfolios—would have ever held such office under either a progressive Democratic president or an establishment Republican one. A mercurial and unpredictable president gives a Secretary of Defense or State more leverage abroad than does an apologetic sounding and predictably complacent Commander in Chief. The result is a recovering military and a slow restoration of American deterrence abroad that will ultimately make the world safer and the need for America to intervene less likely. Trump’s Justice Department under former Senator Jeff Sessions and his Deputy Rod Rosenstein is likewise a vast improvement over the one headed by Eric Holder and Loretta Lynch, which politicized and even nullified federal law. So far, any diagnosis of what our contemporary Claudius has done in his first three months rather than what he has said—or what the media says he has said or done—suggests national improvement. The stock market is up over the last four months. Unemployment is down. Labor participation is inching up. Business confidence polls stronger. Illegal immigration has dropped by 70 percent. Federal revenues are increasing while federal spending is declining. Neil Gorsuch and other federal judicial appointees are being roundly praised. Local police and federal law enforcement officials are re-enthused after years of demoralization. Trump’s executive orders on the Keystone and Dakota pipelines, and the reenergized support for the coal industry, will bring more jobs and lower energy costs. Industries like steel, aluminum, and beef are talking about exporting and hiring in a way that they have not in years. While the media caricatures Trump’s propensity to jawbone companies about outsourcing jobs abroad, corporations themselves see executive orders on deregulation, promises of tax reform, and a new attitude of “America first” as incentives to stay home and hire Americans. (…) In the end, Claudius was likely murdered by dynastic rivals and relatives who thought that a young, glib, handsome, intellectual, and artistic Nero would be a pleasant relief from the awkwardness, bluntness, and weirdness of Claudius. What followed was the triumph of artists, intellectuals, stylish aristocrats, obsequious dynastic insiders, and flatterers—many of them eventually to be consumed by the reign of terror they so eagerly helped to usher in. Victor Davis Hanson
Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress. On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord. Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him. Ryan Lizza
On April 29th Donald Trump rang Rodrigo Duterte, the president of the Philippines. According to a leaked transcript, he said: “I just want to congratulate you because I am hearing of the unbelievable job on the drug problem.” Since Mr Duterte was elected in June last year, his anti-drugs campaign has led to the killing of around 9,000 people, mainly petty dealers and users. A couple of weeks earlier, Mr Trump had called the Turkish president, Recep Tayyip Erdogan, to congratulate him on winning a referendum granting him sweeping new powers. Since an attempted coup last year, more than 100,000 Turks have been arrested or detained: the judiciary has been shredded, journalists jailed and media outlets shut down Last week, in Saudi Arabia on the first leg of a nine-day foreign trip, Mr Trump praised Egypt’s president, Abdel Fattah al-Sisi (pictured). “Safety seems to be very strong” in Egypt, he gushed. Mr Sisi’s regime has locked up tens of thousands of dissidents. Not once in Saudi Arabia did Mr Trump raise the kingdom’s habit of flogging, torturing and not letting people choose their government, preferring to trumpet a $110bn arms deal: “Hundreds of billions of dollars of investments into the United States and jobs, jobs, jobs.” Mr Trump’s meetings later in his trip with NATO and G7 heads of government were, by contrast, sour affairs. The pattern is clear: this is a president who gets on better with authoritarian regimes than America’s traditional democratic partners. (…) This represents a rupture with at least four decades of bipartisan consensus in favour of liberal internationalism. Far from conflicting with America’s interests, argues Ted Piccone, a former foreign policy adviser in the Clinton administration now at the Brookings Institution, advancing normative values is essential to those interests, and is the basis for America’s national prestige and international legitimacy. (…) Barack Obama did not resile from the human-rights agenda. But he became increasingly doubtful about using military force to buttress it. Ms Green, who served in the American agency for international development under Mr Obama, says he set great store by “civic-society engagement” to push authoritarian regimes towards international norms. He also believed that speaking out on human rights when meeting autocrats boosted campaigners, even when his lecturing grated. Mr Obama was more of a Wilsonian than a neo-Wilsonian; his idealism tempered by a cool realism that verged on cynicism. For him the Middle East, exemplified by Libya, was a “shit show” that America could do little to change. But critics saw his reluctance to intervene in Syria as an abdication of American responsibility. Mr Obama reflected a loss of confidence in the certainties of the neolibs and neocons. He may have allowed the pendulum to swing back too far, but he reflected the mood of war-weary voters. Mr Trump stands for something different and darker: a contemptuous repudiation of the use of American strength in the service of anything other than self-interest. His enthusiasm for a brute like Mr Duterte gives heart to brutes everywhere. The consequences for America’s power and influence are likely to be grave. The Economist
On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord. Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué. Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe. Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus. Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens. Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias. Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques. (…) Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème. Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien. Patrick Aulnas
President Obama signed the agreement last September, albeit by ducking the two-thirds majority vote in the Senate required under the Constitution for such national commitments. The pact includes a three-year process for withdrawal, which Mr. Trump could short-circuit by also pulling out of the United Nations Framework Convention on Climate Change. Paris was supposed to address the failures of the 1997 Kyoto protocol, which Bill Clinton signed but George W. Bush refused to implement amid similar outrage. The Kyoto episode is instructive because the U.S. has since reduced emissions faster than much of Europe thanks to business innovation—namely, hydraulic fracturing that is replacing coal with natural gas. While legally binding, Kyoto’s CO 2 emissions targets weren’t strictly enforced. European countries that pursued aggressive reductions were engaging in economic masochism. According to a 2014 Manhattan Institute study, the average cost of residential electricity in 2012 was 12 cents per kilowatt hour in the U.S. but an average 26 cents in the European Union and 35 cents in Germany. The average price of electricity in the EU soared 55% from 2005 to 2013. Yet Germany’s emissions have increased in the last two years as more coal is burned to compensate for reduced nuclear energy and unreliable solar and wind power. Last year coal made up 40% of Germany’s power generation compared to 30% for renewables, while state subsidies to stabilize the electric grid have grown five-fold since 2012. But the climate believers tried again in Paris, this time with goals that are supposedly voluntary. China and India offered benchmarks pegged to GDP growth, which means they can continue their current energy plans. China won’t even begin reducing emissions until 2030 and in the next five years it will use more coal. President Obama, meanwhile, committed the U.S. to reducing emissions by between 26% and 28% below 2005 levels by 2025. This would require extreme changes in energy use. Even Mr. Obama’s bevy of anti-carbon regulations would get the U.S. to a mere 45% of its target. Meeting the goals would require the Environmental Protection Agency to impose stringent emissions controls on vast stretches of the economy including steel production, farm soil management and enteric fermentation (i.e., cow flatulence). Don’t laugh—California’s Air Resources Board is issuing regulations to curb bovine burping to meet its climate g oal. (…) The Big Con at the heart of Paris is that even its supporters concede that meeting all of its commitments won’t prevent more than a 0.17 degree Celsius increase in global temperatures by 2100, far less than the two degrees that is supposedly needed to avert climate doom. It’s also rich for Europeans to complain about the U.S. abdicating climate leadership after their regulators looked the other way as auto makers, notably Volkswagen , cheated on emissions tests. This allowed Europeans to claim they were meeting their green goals without harming the competitiveness of their auto makers. The EPA had to shame the EU into investigating the subterfuge. Ruth King
Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. » But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens. All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees. Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior. Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better. In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate (né global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money »? I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009. (…) So I (…) asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. Roger L Simon
Yes, there’s a threat to civilization and it’s not global warming, manmade or otherwise.  And anyone who isn’t comatose should know what it is. Islam, like cancer, needs a cure. And we all  have to participate in the search for one before it’s too late. Yes, this is about Islam, not « radical » Islam or some other off-shoot, real or imagined, because the tenets that have inspired the non-stop spate of terrorism across the world in recent years are spelled out clearly in sections of the Koran and the Hadith and other holy works of Islam. They provide justification for ISIS and a hundred other groups that may or may not replace them, now and in the future. This cannot continue — unless we really do want to destroy ourselves. To be clear, this is not about bad people (many Muslims are fine human beings), but about a malignant ideology from the seventh century that must be expunged for the survival of all. But the majority of Western leaders don’t want to know that.  In fact, I’d wager that most have not even bothered to educate themselves in any serious way about Islam nearly sixteen years after 9/11 and with all the constant carnage that has gone on since and has been increasing significantly, not just in London and Manchester but virtually everywhere. These Westerners are not only willfully blind, they are suicidal.  But we cannot let them commit suicide for the rest of us.  They have to go. Similarly, the recent Paris climate accord is not only based on bad or « cooked » Climategate science, it is a deliberate conscious/unconscious deflection from the genuine « present danger » in front of us.  It is no more than obfuscation allowing moral narcissists to feel good about themselves, virtue signaling about an environmental armageddon that hasn’t happened and may never happen while, in real life, people are actually murdered on London bridges and in Cairo churches. What we need now is an international terrorism accord — and, unlike the climate accord, a binding one — that would commit the world, including the Muslim nations themselves, to the complete reformation of Islam that is the necessary basis for an end to this terrorism. President Trump made a good start in Riyadh in his address to the Sunni leaders, but we must go much further.  It is correct that the Islamic world should be the ones to change their religion, but the rest of us on the planet are too affected by the results to stand by and wait.  From the horrifying (London this weekend) to the daily (the constant of indignity of being scanned at airports, concerts, museums, etc.), we are all victims of Islamic ideology.  We have a right, indeed an obligation, to participate in and demand its change. Otherwise, it will only get worse. Since Trump had the courage to open the discussion in Saudi Arabia, he should attempt to expand the dialogue and create this global accord. Egypt’s el-Sisi would be a good partner because he already had the guts to criticize his own religion.  All should be invited, even those who would never come (like the mullahs).  All must confront the question of why Islam, unique among the world’s religions today, has so much violence committed in its name. What is it about Islam that attracts this?  What therefore has to be changed, both in behavior and ideology ? (…) The time for diplomatic politesse is long over. Islam must be forced to join modernity. Reactionary multiculturalists among us must be ignored, along with their hypocritical (and nonsensical) belief that all religions are equal.  To do otherwise would be to treat Muslim people like children.  And that is what the West has been doing for some time — with atrocious results for all. Roger L Simon

Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre !

Alors qu’avec un troisième attentat en moins de trois mois en Grande-Bretagne, l’actualité se charge de rappeler …

Contre l’angélisme d’une Merkel qui avait engagé tout un continent sans consulter personne dans la folie migratoire que l’on sait …

La justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires …

Et que pour protéger leur propre camp après le déni de justice et de démocratie que nous venons de vivre en France, l’on voit nos nouveaux Fouquier-Tinville reprendre les mêmes arguments que leur ancienne victime …

Qui prend la peine, avec Roger L Simon, de rappeler …

Entre photos délirantes de tête ensanglantée et duels dérisoires de poignées de main

Qu’à l’instar de l’accord nucléaire avec l’Iran comme de la mise sur mise sur écoutes massive et secrète d’une bonne partie de ses compatriotes

Et sans parler de l’Obamacare qui n’avait obtenu aucune voix de l’opposition …

Son refus de punir Pittsburgh pour ne pas désespérer Paris

Se trouve être l’un trois domaines où son prédécesseur avait justement choisi de court-circuiter l’aval du Congrès ?

Paris: Trump Blocks First of Obama’s ‘Three Authoritarianisms’

Roger L Simon
PJ media
June 1, 2017

Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. »

But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens.

All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees.

Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior.

Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better.

In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate ( global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money« ?

I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009.  That the event occurred in near-blizzard conditions with temperatures hovering close to single digits was the least of it.  As we all know, that’s weather, not climate. Right?

Naturally, most of the conference was deadly dull — except for watching junketing U.S. politicians scarfing down modernist Danish jewelry in the Marriott gift shop. But during one of the tedious panel discussions, I found myself sitting next to the representative of one of the Pacific islands said to be on the edge of being submerged.  A pleasant fellow, I engaged him in conversation, attempting to commiserate with him about the fate of his homeland. The diplomat started laughing. « Don’t you believe in global warming? » I asked.  « It’s nonsense, » he said.  He went to explain that his island was just fine.  They had some bad weather and had put up sandbags, but now they were gone.  So I then asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. (Okay, I wouldn’t have been the first.)

Voir aussi:

Accord sur le climat : Trump face à l’hypocrisie

Le Président Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retiraient de l’Accord de Paris. Le tollé qu’il suscite est-il vraiment justifié ?

Patrick Aulnas

Contrepoints

4 juin 2017

On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord.

L’accord de Paris, un engagement purement moral

Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué.

Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe.

Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus.

L’honnêteté de Trump

Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens.

La réalité économique résiste

Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias.

Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques.

Les bons et les méchants

Il en résulte qu’obliger les États à s’engager moralement a une grande importance pour les idéologues de l’écologisme militant. Même si les engagements de l’accord de Paris restent flous, il sera possible à l’avenir de stigmatiser publiquement les pécheurs.

Par exemple, dans cinq ans, un premier bilan permettra de trier le bon grain de l’ivraie : les bons seront les pays ayant progressé (réduit leurs émissions) et les mauvais tous les autres. La propagande pourra ainsi se poursuivre sur les bases statistiques donnant un semblant de scientificité aux idéologues.

Une méthode éprouvée

Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème.

Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien.

Avec l’accord de Paris, l’enjeu était beaucoup plus important. Il s’agissait de permettre au clergé écologiste de classer les États eux-mêmes du côté du diable ou du côté du bon Dieu. On comprend la déception des dévots qui n’auront plus la suprême jouissance de faire des États-Unis le grand Satan.

Puissance idéologique de l’écologisme

La puissance de l’écologisme résulte ainsi de sa capacité à synthétiser une dimension religieuse, une dimension idéologique et une dimension scientifique. L’aspect religieux réside dans le manichéisme : le bien écologique s’oppose au mal industriel. L’aspect idéologique consiste à théoriser la société future puis à chercher à la construire par l’influence politique.

Cette société aura une caractéristique dominante : la science, la technique et l’économie seront entièrement déterminées par le politique (lois, normes, fiscalité, etc.). En général, les individus n’ayant pas perdu toute capacité de réflexion qualifient de dictature un tel régime politique. Mais la capacité de réflexion recule…

La science elle-même vient au secours de l’écologisme car elle lui fournit de multiples observations dans de très nombreux domaines. Il suffit de choisir les observations les plus significatives et de les compiler conformément à un résultat imposé idéologiquement pour obtenir les rapports du GIEC.

Relativiser le dogme écologiste

Trump, le rustre bien connu, n’a pas respecté le subtil agencement juridico-politico-éthique de l’écologisme militant. S’il ne s’agissait que de Trump, nos idéologues ne s’alarmeraient pas. Mais il s’agit de la première puissance économique mondiale. L’économie aurait-elle l’audace de relativiser le dogme écologiste ?

Voir également:

How Climate Change Saved Steve Bannon’s Job
Ryan Lizza
The New Yorker
June 2, 2017

Trump makes decisions that align with Steve Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

Reports of Steve Bannon’s death were greatly exaggerated. Just a few weeks ago, President Trump’s chief political adviser and the most controversial figure in the West Wing was considered a spent force. Some reports said he was going to resign. Others predicted Trump was about to fire him. “Bannon is on his way out,” a person close to Bannon, who worked on the Trump campaign, predicted to me last month. “He’ll probably go back to Breitbart or do something with the Mercers”—the billionaire political donors who have funded Breitbart and several of Bannon’s other political projects—“but I think it’s sort of a fait accompli at this point, because of the infighting.”

Trump himself strongly suggested, in mid-April, that Bannon’s White House service was approaching its end. He told the Wall Street Journal that Bannon was simply “a guy who works for me.” When the New York Post asked Trump if he “still has confidence in Bannon,” Trump declined to say yes. “I like Steve, but you have to remember he was not involved in my campaign until very late,” the President told the newspaper. “I had already beaten all the senators and all the governors, and I didn’t know Steve. I’m my own strategist, and it wasn’t like I was going to change strategies because I was facing crooked Hillary.”

The roots of Bannon’s alleged demise were the long-running battle he was waging with the so-called “globalist” faction in the White House, led by Trump’s son-in-law, Jared Kusher. For the past two years, one rule has defined Trumpland: if you cross Kushner or his wife, Ivanka Trump, you get fired. That’s how Bannon got his job in the first place. Kushner ousted Trump’s first campaign manager, Corey Lewandowski, who was replaced by Paul Manafort. Eventually, Manafort lost Kushner’s confidence and was replaced by the team of Bannon and Kellyanne Conway, who were strongly backed by the Mercers. “When Corey was leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Corey Lewandowski,” the Trump adviser said. “So Steve is leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Steve Bannon.”

Earlier this spring, when the press was filled with accounts of Bannon’s looming dismissal, other Trump advisers noted that the stories were overblown. “Everyone is saying, ‘Oh, there’s been a shift, Bannon is on his way out,’ ” a Republican close to the White House told me at the time, referring sarcastically to the rumors. “No, he’s not. Bannon is still there. And he’s still the main adviser to the President of the United States. And I believe that there’s always going to be this fight between these different wings of really different philosophies for him. And that’s how the President wants it.”

More recently, there have been nearly weekly reports of a dramatic White House shakeup. Trump’s senior advisers—people like Sean Spicer, Reince Priebus, Conway, and Bannon—are routinely described as being on their way out. Much of this information comes from Trump advisers in competing factions, inside and outside the White House, who are trying to push rivals to the exits. Reporting on Trump’s inner circle is akin to writing dispatches from inside a hall of mirrors. Aides regularly lie, distort, and feed journalists misinformation. “It’s easier to understand the papal elections than to understand these fucking nut cases,” the Trump adviser who believed Bannon would soon be fired said.

Two important things changed since the “Bannon is dead” narrative took hold, in April. The first is the Russia investigation. So far, Bannon has not been connected to the investigation. He joined the campaign after Carter Page and Roger Stone, two early Trump campaign advisers caught up in the probe, left, and right before Manafort, who is a major focus of the F.B.I. investigation, resigned. Bannon is close to Michael Flynn—Trump’s former national-security adviser and the person who so far seems to be in the most legal jeopardy—but no reports have emerged that he was involved in Flynn’s meetings with the Russians.

That’s not the case for Kushner. Just as Bannon seemed to reach a low point in his relationship with Trump, Kushner’s role in the Russia probe emerged as the most important piece of White House intrigue. Kushner, though he didn’t have the title, was the Trump campaign’s de-facto campaign manager. He was at Trump’s side through the eras of Stone, Page, and Manafort. And more important, as we learned last Friday, Kushner was working closely with Flynn, during the transition, on his dealings with the Russians, and he has attracted a similar level of interest from the F.B.I.

The second change since Bannon’s low point was that a decision on whether to withdraw from the Paris climate accord finally needed to be made. It was the most important fight pitting Bannon against Jared and Ivanka yet. And it played to all of Bannon’s strengths. The first Trump adviser described Kushner and Ivanka as “more or less Trump’s conscience,” and as “more pragmatic, a little less ideological,” or perhaps “multi-ideological.” Bannon, he said, “speaks to Trump’s id.”

A third Trump adviser, more closely aligned with the Bannon faction, was less charitable. “I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.” He added, “They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream.”

A White House official insisted that Jared and Ivanka’s role in the climate debate has been misunderstood and exaggerated. “Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in,” the White House official said. “Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue.”

Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress.

On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord.

Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

The Republican close to the White House described Bannon and Trump’s relationship metaphorically: “Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family,” the Republican said. “And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ ”

“So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is.”


Présidence Macron: Cachez ce réel que je ne saurai voir ! (It’s postnationalism, stupid !)

28 mai, 2017

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Deux policières portant le hijab devant le siège de Scotland Yard à Londres.L'enseigne américaine Gap provoque la polémique avec la photo d'une en hijab en vitrine de ses magasins, dans le monde entier, aux côtés d'autres visages d'origines et de styles divers. DR
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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Les Etats-Unis étaient allés au Viêt-nam pour porter un coup d’arrêt à ce qu’ils estimaient être un complot communiste centralisé, et ils échouèrent. De l’échec de l’Amérique, Moscou déduisit ce que les tenants de la théorie des dominos avaient tant redouté, à savoir que la corrélation historique des forces avait tourné en sa faveur. En conséquence, l’URSS essaya d’étendre son hégémonie au Yémen, en Angola, en Ethiopie, et enfin en Afghanistan. Mais elle découvrit, ce faisant, que les réalités géopolitiques s’appliquaient autant aux sociétés communistes qu’à leurs soeurs capitalistes. De fait, étant moins élastique, le surengagement soviétique n’engendra pas une catharsis, comme en Amérique, mais la désintégration. Les événements auraient-ils évolué dans la même direction si l’Amérique s’était contentée de rester passive en comptant sur l’évolution de l’histoire pour se charger du défi communiste ? Ou bien cette démission aurait-elle créé un élan et une certitude de l’inéluctabilité de la victoire, chez les communistes, suffisants pour retarder, voire conjurer, l’effondrement soviétique ? La question reste posée. Quelle que soit la réponse des experts, l’homme d’Etat ne peut adopter la démission comme principe d’action politique. Il peut apprendre à modérer sa confiance dans ses évaluations et à faire la part des imprévus; mais compter sur la chute éventuelle d’un adversaire menaçant est une politique qui n’offre aucun réconfort aux millions de victimes immédiates et transforme l’art de gouverner en un pari téméraire sur l’intuition. Henry Kissinger (1994)
Last Sunday President Trump stood before Muslim leaders in Riyadh and declared: “America is a sovereign nation, and our first priority is always the safety and security of our citizens. We are not here to lecture. We are not here to tell other people how to live, what to do, who to be, or how to worship.” Amid the journalistic uproar that greets nearly everything Mr. Trump says, few noted the connection he made between these two concepts: We are sovereign, and we don’t want to lecture. By putting them together, the president scrambled the pattern that has long shaped the West’s relations with Islam. For decades, the West has seen itself as an empire of rights and liberal norms. There were borders and nations, but these were fast dissolving. Since rights were universal, the empire would soon encompass the planet. Everyone would belong, including Muslims, who were expected to lose their distinctness. It didn’t work, as the latest jihadist attack, at a concert for teens in Manchester, England, attests. So it makes sense to consider alternatives. Judging by his Saudi speech, Mr. Trump wants to revive the nation-state as the primary political vehicle for encountering Islam. The nation has clear—and limited—territorial and cultural boundaries. It says we are this, and you are that. To the French philosopher Pierre Manent, such thinking is the beginning of wisdom. “We have a big problem with Islam,” he tells me. “And it’s impossible to solve it through globalist, individualist, rights-of-man mantras.” (…) Here in France, the government has vowed to counter Islamist terror with a military and intelligence surge. But newly elected President Emmanuel Macron generally eschews the more profound, unresolved questions of community and belonging that haunt French society. “There is no such thing as a single French culture,” he said in February. “There is culture in France, and it is diverse. These glib assertions lead Mr. Manent to conclude that Mr. Macron has fully imbibed the “acceptable opinions, or the PC opinions,” about Islam and nationhood that prevail among trans-Atlantic elites. In these circles, even to suggest a problem with Islam is to invite “scowls,” he says. “Everything they say about the situation is determined by their purpose, which is to prove that there is no problem with Islam—against their own anxiety.” Not to mention the evidence. He regards Islam as a powerful and “starkly objective” faith. Wherever it spreads, it brings a set of “authoritative mores,” whose adherents constitute the faithful community, or ummah. This is in contrast to Christianity, with its emphasis on subjective, inner assent to the Redeemer, distinctions between the visible and invisible church, Caesar and God, and so on. Islam instead rests on a political geography that divides the world, Mr. Manent has written, between the “house of submission,” where the faith reigns, and the “house of war,” where it doesn’t. (…) Meanwhile, the liberal West has grown tired of the older forms of “communion” that used to define it. Liberals in Europe, and to a lesser extent the U.S., wish to dispense with both the modern nation-state, the political communion that once gave concrete shape to the open society, and Judeo-Christianity, the sacred communion that used to provide the moral and spiritual frame. For the West’s professional classes, Mr. Manent contends, the only acceptable sources of political communion are the autonomous individual, on the one hand, and humanity as a whole, on the other. He understands the jet-setters’ impulse: “We can go anywhere on the planet, work anywhere on the planet—these new liberties are inebriating.” Better, then, “to be a citizen of the world.” But Mr. Manent, a Catholic and classical liberal in the tradition of Alexis de Tocqueville, thinks this attitude breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world. To wit, for most people everywhere, humanity is “too large and too diverse” to provide meaningful communion. “I cannot prove that the nation-state is the only viable form,” he says. “But what I’m sure about is that to live a fully human life, you need a common life and a community. This is a Greek idea, a Roman idea, a Christian idea.” It’s why 19th-century liberals such as Tocqueville were so enthralled by the modern democratic nation-state. It was committed to universal human rights, but it housed them within a pre-existing “sacred community” that had its own inherited traditions—and boundaries. It’s also why in the 21st century, Mr. Manent says, the “small, damaged” nations of Central Europe react most viscerally against transnational liberalism. Hungary fears “it couldn’t have endured and would have disappeared,” he continues, if it faced the same multicultural pressures as, say, France. The European Union’s efforts to punish voters in such countries for electing the wrong kind of government will therefore intensify the backlash. (…) The West has relegated faith to a purely private sphere, in which the believer, in his inner depths, communes with the Almighty. But to adherents of Islam, Christianity’s public, political dimension still shines forth. (…) By being honest about these differences, the West could clarify the terms of the encounter and ease tensions. As for the West’s often ill-assimilated native Muslim populations, like the British community that produced the Manchester bomber, here too Mr. Manent prefers a “national solution.” For starters, he says, “we must accept that the Muslims who are among us will remain Muslims.” It follows that the West must “do things so that Muslims feel that they can be reasonably happy Muslims” in a non-Muslim environment. The basic bargain: “We accept Muslims, but they also have to accept us.” In France that might mean dialing back laïcité, the official secularist dogma that restricts many public expressions of faith. “We won’t bother you about your veils or the way you eat,” Mr. Manent says. “In school lunches, meat without pork will be available. It’s silly and mean to say, ‘They will eat pork or they won’t eat.’ Muslims shouldn’t always be under suspicious eyes.” But then, he continues, the French would demand reciprocity of Muslims: “You really belong to France. You turn toward it and your life will be centered on this European country, which is not and will never be a Muslim country.” (…) His grand-bargain vision has detractors on the left, who call it discriminatory, and the right, who find the offer too generous. Others think it’s too late. But Mr. Manent is optimistic that the combination of political liberty and nationalism is more resilient than most people suppose. Then again, the 19th-century marriage of liberalism and nationalism ended in a very ugly divorce in the first half of the 20th century. What about the dangers of reviving nationalism today? “There is no a priori guarantee that it could not devolve into something nasty,” Mr. Manent says. “But if we don’t propose a reasonable idea of the nation, we will end up with an unreasonable idea of the nation. Because simply: However weakened the idea of the nation, nations do not want to die.” Then there is the example across the Atlantic. Like Tocqueville, Mr. Manent sees much to admire in the American experiment. Even as Europeans have sought to pool or even abandon their sovereignty, he says, “Americans remained very much attached to the idea of a people making its laws to protect itself. True, “this people was open to the world, since of course it was formed by immigration. But people came from all over the world, not to be human beings but to be citizens of the United States, which had a keen sense of its exceptionalism and unique character.” In the Second Amendment, the persistence of the death penalty, and the reluctance of U.S. courts to follow foreign precedents, Mr. Manent sees “not a proof of American barbarism” but of democratic vigor. And realism. Europeans, he says, imagined the world was so safe for liberty that they could discard the harsh, Hobbesian elements of power. Americans recognize that the modern world still has one foot in the state of nature, and this calls for the sovereign prerogatives of self-preservation: We are sovereign—we don’t lecture. The Wall Street Journal
The cult of multiculturalism is a paradox. The West that birthed globalization is now in an open revolt over its own offspring, from here in Eastern Europe to southern Ohio. About half of the population in Europe and the United States seems to want to go back to the world that existed before the 1980s, when local communities had more control of their own destinies and traditions. The Czech Republic, to take one example, joined the European Union in 2004. But it has not yet adopted the euro and cannot decide whether the EU is wisely preventing wars of the past from being repeated or is recklessly strangling freedom in the manner of the old Soviet Union — or both. In places devastated by globalization — such as southern Michigan or Roubaix, France – underemployed youth in their mid 20s often live at home in prolonged adolescence without much hope of enjoying the pre-globalized lifestyles of their parents. Eastern Europeans are now discovering those globalized trade-offs that are so common in Western Europe, as they watch rates of marriage, home ownership, and child-rearing decline. One half of the West — the half that lives mostly on the seacoasts of America and Western Europe — loves globalization. The highly educated and cosmopolitan “citizens of the world” have done well through international finance, insurance, investments, technology, education, and trade, as the old Western markets of 1 billion people became world markets of 6 billion consumers. These coastal Westerners often feel more of an affinity with foreigners like themselves than with fellow countrymen who live 100 miles inland. And they are not shy in lecturing their poorer brethren to shape up and get with their globalized program. Late-20th-century globalization — a synonym for Westernization — brought a lot of good to both poorer Western countries and the non-Western world. Czech farmers now have equipment comparable to what’s used in Iowa. Even those who live in the Amazon basin now have access to antibiotics and eyeglasses. South Koreans have built and enjoyed cars and television sets as if they invented them. But all that said, we have never really resolved the contradictions of globalization. Does it really bring people together into a shared world order, or does it simply offer a high-tech and often explosive veneer to non-Western cultures that are antithetical to the very West that they so borrow from and copy? An Islamic State terrorist does not hate the United States any less because he now wears hoodies and sneakers and can text his girlfriend. More likely, Western fashion and high-tech toys only empower radical Islamic hatred of Western values. (…) Iran is desperate for nuclear technology originally spawned from the “Great Satan” in order to better destroy the Great Satan. Another paradox of globalization is a new passive-aggressive attitude inside the West. Elites who benefit from Westernized globalization often gain enough wealth and leisure to have the latitude to trash it almost as a way of dealing with their own guilt over their exalted status. At no time in the history of Western civilization have American college students ever been so pampered — with latte bars, trauma counselors, rock-climbing walls, and upscale student unions — and yet so critical of the very global civilization that guaranteed them such bounty. Those in the former Third World constantly berate the West for its supposed sins of imperialism, colonialism, and exploitation, while millions of their own citizens risk their very lives to cross the Mediterranean or the U.S.–Mexico border to enter and live in the West. Is the message “I hate the West, so please let me in”? Victor Davis Hanson
Aux yeux de Dieu, un enfant de l’autre côté de la frontière n’est pas moins digne d’amour et de compassion que mon propre enfant. (…) Nous devons reconnaître que tout ce qui se passe de l’autre côté du monde nous affecte aussi bien. S’il y a conflit, s’il y a la guerre, s’il y a la pauvreté, nous ne pouvons pas nous isoler, nous ne pouvons pas nous cacher derrière un mur. Barack Hussein Obama
Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles. (…) Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas ! Emmanuel Macron
Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Guillaume Perrault
Quant au “jeu du FN”, c’est ceux qui font la sourde oreille devant les problèmes de sécurité des Français qui le poursuivent. (…)  Le président Macron n’a pas du tout pris la mesure de la dérive dans certains territoires de la République où ses lois et ses principes sont piétinés. Pierre Liscia
La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles. Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça. (…) La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Claude Ashkolovitch
Cachez ce réel que je ne saurais voir… De Paris à Albi en passant par Arras, le catéchisme fut partout le même. Sur fond de drapeaux européens et de tee-shirts fluorescents, « celles et ceux » qui reçurent à chaque sermon leur dose d’optimisme crurent au rassemblement enjôleur commandé par les avant-gardes de la jeunesse, des associations et des ONG en applaudissant à tout rompre. La colère de la majorité des Français devant l’insécurité semble n’avoir compté pour rien dans ces déclinaisons bienveillantes de la méthode Coué, “en marche” pour l’oblitération pure et simple de ce qui mine le pays. Attentat commis par Dae’ch sur les Champs-Élysées le 20 avril, désignation par les électeurs de la candidate d’extrême droite en challenger le 23 avril — les raisons d’un tel choix se fixent, on s’en doute, sur l’immigration et l’insécurité, loin devant la sortie de l’euro… —, mais rien, aucune réponse sur ces thèmes apportée par le candidat Macron. Qu’en est-il du président ? Lui suffit-il de descendre l’avenue des Champs-Élysées à bord d’un command car de l’armée le jour de son investiture pour endosser la fonction du protecteur de la nation ? Sa visite aux troupes françaises basées au Mali vendredi 19 mai s’inscrit encore dans cette stratégie de communication visant à renforcer sa stature d’homme d’État, capable dans le domaine régalien. Des questionnements légitimes accompagnent pourtant la nomination du nouveau gouvernement sur les questions de sécurité et de lutte contre le communautarisme, à commencer par celle du Premier ministre. Proche d’Alain Juppé, Édouard Philippe a défendu, comme maire du Havre, une conception pour le moins hétérodoxe de la laïcité, conduisant à s’adapter toujours plus aux exigences de la communauté musulmane. En 2012, sur ordre de la mairie, 8 200 mousses au chocolat arrivées dans les cantines scolaires avaient été jetées car elles auraient contenu de la gélatine de porc… Rien de très rassurant, surtout, dans le choix de Gérard Collomb pour le ministère de l’Intérieur. Soutien de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) dirigé par Kamel Kabtane — recteur de la grande mosquée de Lyon, en lien avec des figures liées aux Frères musulmans connues —, le ministre s’était prononcé contre la loi interdisant le voile intégral (niqab et burqa) dans les rues de France… Sa nomination laisse présager l’aggravation d’une situation déjà intolérable en France en matière de recul des lois de la République, notamment dans le domaine de la dégradation de la condition féminine, dont les médias ne se font que rarement l’écho. Quand ils s’y risquent, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis) à l’automne dernier, où France 2 nous montrait des bars où les femmes n’avaient pas droit de cité, ou en plein Paris dans le quartier de La Chapelle dans le Parisien le 18 mai, où les agressions sexistes sont légion, ils prennent le risque d’être accusés de “faire le jeu du Front national”, un réflexe pavlovien dont l’ère Macron assurera sans mal la pérennité. En février dernier, Valeurs actuelles a fait paraître un reportage sur le secteur La Chapelle-Pajol et révélait déjà, sans que nul ne s’en émeuve, la conjonction explosive des migrants, passeurs, militants associatifs en tout genre et vendeurs à la sauvette. Même si le contexte migratoire n’est pas pour aider, Pierre Liscia, élu de l’opposition (LR) à la mairie du XVIIIe arrondissement et habitant du quartier, soutient que la recrudescence des violences envers les femmes seules est principalement le fait de ces seuls trafiquants agressifs qui occupent tout l’espace aux alentours du square et sous le métro aérien, et rendent le quotidien des femmes seules dans la rue insupportable. S’il a donné l’alerte à la journaliste du Parisien le 3 mai, c’est parce que les remontées alarmantes des riverains n’en finissaient pas. Valeurs actuelles

Cachez ce réel que je ne saurai voir !

Dénonciation des derniers dinosaures et de leur obsession néendertalienne des murs, courageuse prise de position cannoise contre le terrorisme néonazi, refus de la chasse aux sorcières au nom d’une prétendue moralisation de la vie politique, apologie du hijab de nos grandes enseignes du vêtement ou de nos forces de police

A l’heure où après leur casse du siècle, nos bobos et nos médias s’extasient du « sans-faute » de leur nouveau président

Et  contre leurs stupides opposants à la modernité à la veille d’une nouvelle élection n’ont pas de mots assez durs pour fustiger …

Le « prurit identitaire », le « poison mental » et la « saleté idéologique » …

Comme naturellement « l’obsession de l’islam irréductible à la France » …

Devinez ce qui menace de faire son grand retour

Quelque part entre Paris et Manchester

Dans « l’identité heureuse » de premiers de la classe 

De ceux qui ont oublié que comme l’avait pourtant bien montré René Girard

« Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement » ?

La Chapelle-Pajol, ce symbole que Macron voudrait cacher

Communautarisme. Tandis que le président nouvellement élu réalise un sans-faute sur la forme, le mal français, lui, demeure dans ses déclinaisons bien connues — islamisme et communautarisme, insécurité, migrants. Une conjonction dont l’exclusion des femmes du quartier de La Chapelle à Paris est le triste symbole.

Solange Bied-Charreton

Valeurs actuelles

28 mai 2017

Cachez ce réel que je ne saurais voir… De Paris à Albi en passant par Arras, le catéchisme fut partout le même. Sur fond de drapeaux européens et de tee-shirts fluorescents, « celles et ceux » qui reçurent à chaque sermon leur dose d’optimisme crurent au rassemblement enjôleur commandé par les avant-gardes de la jeunesse, des associations et des ONG en applaudissant à tout rompre. La colère de la majorité des Français devant l’insécurité semble n’avoir compté pour rien dans ces déclinaisons bienveillantes de la méthode Coué, “en marche” pour l’oblitération pure et simple de ce qui mine le pays. Attentat commis par Dae’ch sur les Champs-Élysées le 20 avril, désignation par les électeurs de la candidate d’extrême droite en challenger le 23 avril — les raisons d’un tel choix se fixent, on s’en doute, sur l’immigration et l’insécurité, loin devant la sortie de l’euro… —, mais rien, aucune réponse sur ces thèmes apportée par le candidat Macron.

Derrière la com’, les questionnements

Qu’en est-il du président ? Lui suffit-il de descendre l’avenue des Champs-Élysées à bord d’un command car de l’armée le jour de son investiture pour endosser la fonction du protecteur de la nation ? Sa visite aux troupes françaises basées au Mali vendredi 19 mai s’inscrit encore dans cette stratégie de communication visant à renforcer sa stature d’homme d’État, capable dans le domaine régalien. Des questionnements légitimes accompagnent pourtant la nomination du nouveau gouvernement sur les questions de sécurité et de lutte contre le communautarisme, à commencer par celle du Premier ministre. Proche d’Alain Juppé, Édouard Philippe a défendu, comme maire du Havre, une conception pour le moins hétérodoxe de la laïcité, conduisant à s’adapter toujours plus aux exigences de la communauté musulmane. En 2012, sur ordre de la mairie, 8 200 mousses au chocolat arrivées dans les cantines scolaires avaient été jetées car elles auraient contenu de la gélatine de porc…

Rien de très rassurant, surtout, dans le choix de Gérard Collomb pour le ministère de l’Intérieur. Soutien de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) dirigé par Kamel Kabtane — recteur de la grande mosquée de Lyon, en lien avec des figures liées aux Frères musulmans connues —, le ministre s’était prononcé contre la loi interdisant le voile intégral (niqab et burqa) dans les rues de France… Sa nomination laisse présager l’aggravation d’une situation déjà intolérable en France en matière de recul des lois de la République, notamment dans le domaine de la dégradation de la condition féminine, dont les médias ne se font que rarement l’écho. Quand ils s’y risquent, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis) à l’automne dernier, où France 2 nous montrait des bars où les femmes n’avaient pas droit de cité, ou en plein Paris dans le quartier de La Chapelle dans le Parisien le 18 mai, où les agressions sexistes sont légion, ils prennent le risque d’être accusés de “faire le jeu du Front national”, un réflexe pavlovien dont l’ère Macron assurera sans mal la pérennité.

Les remontées alarmantes des riverains n’en finissent pas

En février dernier, Valeurs actuelles a fait paraître un reportage sur le secteur La Chapelle-Pajol et révélait déjà, sans que nul ne s’en émeuve, la conjonction explosive des migrants, passeurs, militants associatifs en tout genre et vendeurs à la sauvette. Même si le contexte migratoire n’est pas pour aider, Pierre Liscia, élu de l’opposition (LR) à la mairie du XVIIIe arrondissement et habitant du quartier, soutient que la recrudescence des violences envers les femmes seules est principalement le fait de ces seuls trafiquants agressifs qui occupent tout l’espace aux alentours du square et sous le métro aérien, et rendent le quotidien des femmes seules dans la rue insupportable. S’il a donné l’alerte à la journaliste du Parisien le 3 mai, c’est parce que les remontées alarmantes des riverains n’en finissaient pas.

Face à Anne Hidalgo qui promet sur Twitter qu’un « processus de marche exploratoire va être lancé », Pierre Liscia et l’opposition optent pour le concret. « Nous demandons depuis très longtemps la création d’une police municipale à Paris pour répondre à la délinquance et à l’insécurité du quotidien. Placée sous l’autorité du maire, elle déchargerait la Police nationale, qui n’a ni le temps ni les moyens de s’en occuper. Enfin, les zones de sécurité prioritaires de la capitale doivent être repensées et le secteur de La Chapelle pris en compte. » Autre chose que la “brigade anti-incivilités”, dispositif superficiel que la mairie de Paris a mis en place à l’automne dernier…

La lutte contre le harcèlement […] doit faire l’objet d’une politique publique générale

« Quant au “jeu du FN”, ajoute Liscia, c’est ceux qui font la sourde oreille devant les problèmes de sécurité des Français qui le poursuivent. » Comme Héloïse Duché, fondatrice de l’association Stop harcèlement de rues, qui défend l’idée que le sexisme est partout, sans distinction, par crainte de stigmatiser un groupe plus qu’un autre. Ou encore l’historienne Laurence De Cock, qui explique quant à elle que « la lutte contre le harcèlement […] doit faire l’objet d’une politique publique générale et adossée aux questions d’accueil, de mixité sociale, d’aménagement urbain ». Des féministes représentatives d’une certaine gauche aveuglée par l’antiracisme et qui ressert ad nauseam son discours sur le drame des agressions de Cologne… « Le président Macron n’a pas du tout pris la mesure de la dérive dans certains territoires de la République où ses lois et ses principes sont piétinés », prévient Pierre Liscia, à la lumière des troubles de La Chapelle.

Un avertissement qui en dit plus long que la fameuse “journée de la jupe”, conduite par des lycéens que rien ne met en danger. Porte-étendards d’un macronisme réjouissant, ils en constituent le symbole emblématique, tant dans la “com” que dans l’inutilité de l’action.

Voir aussi:

La droite qui ne va pas avec Macron est idiote

Claude Askolovitch

16.05.2017

La seule chose qui puisse séparer les Républicains d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister.

Ce n’est pas pour faire joli qu’un quadragénaire portant beau la barbe et la modération est venu lundi 15 mai sur TF1 nous parler du gaullisme, des maires et du président Macron, avant de composer un gouvernement «de rassemblement de compétences», aussi efficace et dévoué qu’un conseil municipal. À s’émerveiller (ou s’offusquer, toutes les sottises sont dans la nature) de la transgression Edouard Philippe, on rate l’essentiel de ce qui s’installe; une logique absolue; une adéquation lumineuse; un projet énoncé, qui précède la «recomposition» dont le commentaire fait ses délices.

Philippe et Macron mean business, et lundi 15 mai, jour un du nouveau pouvoir, ils l’ont dit. Edouard Philippe, sur TF1, évoquant le printemps 2002, qui vit Jacques Chirac, triomphalement réélu face à Jean-Marie Le Pen, composer un gouvernement avec la seule droite et le centre, eut ce regret:

«Il a fait le choix de rester dans une tradition; beaucoup de gens se sont demandés si l’on n’aurait pas dû etre plus audacieux pour mettre en œuvre, dès 2002, les réformes qui ont été mises ailleurs et qui ont permis de faire avancer le pays.»

Plus tôt dans la journée, en Allemagne, entre amitié poétique et refondations possibles, Emmanuel Macron avait donné le cadre, si on l’oubliait: il est élu pour «conduire des réformes en profondeur pour restaurer la confiance», son agenda est «un agenda de réformes dans les prochains mois, en matière économique, sociale et éducative, non pas parce que l’Europe le demande, parce que la France en a besoin».

La recomposition n’est que politique

Comprenons bien, et passons sur les narrations idiotes qui nous empoisonnent, sur la France aux ordres de «Muti» Merkel ou sur les nostalgies de l’union nationale que le nouveau pouvoir ranimerait. La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles.

Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça.

On n’avance pas seul

Nous sommes, Français, des gens charmants de prudence. Pour chambouler son pays, Schröeder n’avait pas pratiqué une recomposition politique. Il était à la tête d’un gouvernement rose-vert à peine majoritaire, et mina durablement son SPD en affrontant, brutalement, syndicats et mécontents de gauche. Ensuite seulement, le socio-démocrates, épuisés du travail accompli, se lovèrent en partenaires minoritaires des Chrétiens-démocrates de Mme Merkel.

En France, on ne se suicide pas par sentiment du devoir. On n’avance pas seul. On a besoin de ce mythe du rassemblement. On n’est pas très courageux en somme: rien n’aurait empêché Chirac de faire du Schröeder, avec une assemblée à sa main. Sauf l’angoisse qui saisit le gouvernant français à l’approche de l’orage. Chez nous, les réformes libérales (sociales-libérales, libérales-sociales, de flexi-sécurité, whatever, juste name it et n’y revenons plus) se sont opérées jusqu’ici imparfaitement, dans la douleur et le malentendu. Initiées par la droite, elles se polluaient de jactance mauvaise, sentant trop la revanche des classes aisées contre les salopards, et les gauches mécaniquement freinaient le processus, dans le verbe ou dans la rue. Venues de la gauche, elles n’osaient pas dire leur nom, et, sous Hollande ou Valls, se perdaient dans les règlements de comptes internes à la social-démocratie cocufiée (ou accomplie), et la droite, confite en méchant sectarisme, regardait l’ennemi se perdre en se trahissant.

Ainsi le PS hollandais s’opposait en congrès à la réforme des retraites de 2003, et puis sabotait, par ses jeunes, qui seraient ensuite les gardes roses de Hamon, les tentatives villepinistes d’assouplir le marché du travail en faveur des jeunes générations. Ainsi la droite ne leva pas le petit doigt à l’assemblée pour construire un consensus sur la fameuse Loi macron, et préféra souligner les reculades de la loi El Khomri que ses avancées (on parle de son point de vue).

Il faut revenir à l’origine du macronisme. C’est dans le blocage de sa loi que Macron a décidé de s’affranchir des codes d’un monde déjà mort. C’est dans le refus de Hollande et de Valls d’aller à marche forcée, ensuite vers une grande loi d’urgence économique, qu’il avait soupesé ce que valaient ses amis d’alors: des vélléitaires, politiciens, conservateurs, qui n’oseraient pas, se gargariseraient de discours pour ne pas accomplir leur tâche. La droite ne valait pas mieux, qui n’avait pas osé être d’accord, publiquement, avec ce qu’elle approuvait. Les hystéries du 49.3, en 2015, témoignaient simplement du blocage manœuvrier du vieux système. On y avait vu des sarko-centristes dissuader leurs parlementaires de concourir à la réforme, pour acculer le pouvoir à la faute. Belle réussite.

Prendre Edouard Philippe, démontrer publiquement qu’on est de la droite, aussi bien que de la gauche, c’est la réparation qu’offre le Président au ministre qu’il fût. C’est la revanche et l’antidote à l’échec politique de la Loi Macron. Pourquoi s’en étonner? Macron avait tenté en vain, au parlement, sur quelques dizaines d’élus de droite, ce qu’il accomplit désormais avec Philippe. Lors d’une discussion au Sénat, à propos d’un dispositif de «suramortissement des investissements productifs industriels», l’alors ministre s’était un peu fait plaisir, célébrant le capital et titillant les gauches:

«Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles.»

Et à la sénatrice communiste qui lui lançait, «Regardez qui vous applaudit», il avait rétorqué:

«Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit, lui rétorquait M. Macron. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas !»

La droite avait adoré, sur le moment. Une gauche, aussi, embarrassée peut-être? Ce qui arrive désormais reprend l’histoire. De droite, et de gauche. Du libéralisme. Il n’y aura plus de faux prétexte entre les libéraux?

La revanche du capitalisme

Emmanuel Macron prolonge des lignes; il accomplit ce que Giscard ne sut faire, qui aurait tant aimé agréger des socialistes à ses libéraux, et concrétise ce que Mitterrand mima, dans son ouverture cosmétique, sous le gouvernement Rocard, et solidifie ce que le même Rocard, en dépit des ruses de son président, tentait dans les discussions parlementaires. Il abouti les modernités de la Fondation Saint-Simon, qui naquit en 1982, quand il était enfant. Un projet européen, une démocratie sociale rénovée…

C’est magnifique, ou pervers, si l’on pense que ces réformes sont le masque d’une simple revanche du capitalisme sur un siècle et plus de régulations. C’est en tous cas attendu. Cela éclaircit les clivages. Depuis le temps que la gauche et la droite étaient fracturées, en interne, sur le modèle social à réinventer et sur l’ouverture au monde, il ne s’agissait que d’entendre la logique. Macron et Philippe se contentent d’être eux-mêmes. La difficulté conceptuelle du Premier ministre à se définir «de droite», évoquant un attachement aux libertés dont chacun peut faire son miel, témoigne du monde enfoui. Ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre. S’en extasier est une habitude politicienne. Ils n’ont rien fait qu’acter une évidence. L’urgence les a aidé. Les fronts du refus du libéralisme et de l’Euripe composent une petite moitié de l’électorat. La séparation politicienne entre droite ouverte et gauche réformiste est un luxe artificiel. Macron et Philippe vont accomplir le programme commun de Rocard et Giscard, au moment où celui-ci est menacé comme jamais.

A cette aune, les absents ont tort. La droite qui n’y va pas est idiote et le parti socialiste absurde. Et l’absurdité comme l’idiotie peuvent devenir deux formes de suicide, si la France sociologiquement acquise ou résignée au social-libéralisme, valide le pouvoir. Le PS chougnant à Edouard Philippe pour se réinventer une nécessité, feint d’ignorer qu’il gouverna cinq ans selon les canons du juppéo-rocardisme, et eut gagné à le revendiquer. La droite rage de voir son utilité politique préemptée par d’autres; elle n’est, dans sa séquence Baroin, qu’un syndicat d’élus gagnés par l’obsolescence, qui s’échine à conserver son existence bureaucratique; disons autrement: ses places, l’assiette au beurre de ses bruyants inutiles. Tout ceci est curieux pour des gaullistes, qui nient le primat de l’élection présidentielle, et absurde pour des libéraux-centristes, dont les idées, au pouvoir depuis si longtemps, sont désormais assumées par un chef d’État. Ils n’y vont pas. C’est dommageable. Elle peut aussi, cette droite, ne pas s’en remettre, ou s’abandonner à ses penchants les plus laids. Le prurit identitaire, l’obsession du passé, la grande exaltation de Clovis et de nos racines et l’obsession de l’islam irréductible à la France, a envahit le discours politique, parce qu’il fallait distraire salement une opinion à qui on ne disait rien, sur la vérité sociale et ce que les pouvoirs comptaient en faire. Aussi bien le buissonisme de Sarkozy, le républicano-laïcisme de Valls, le conservatisme néo-maurrassien de Fillon –gaulliste libéral égaré par l’ambition– furent des prétextes, des poisons mentaux, que l’on a instillés à l’opinion, aux médias, au débat public, parce qu’il était plus simple de déblatérer sur nos décadences que d’expliquer l’économie, et d’en tirer les conséquences.

La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Les mots sont parfaitement pesés.

Il y aura des opposants à Macron, à Philippe. Heureusement. Ils seront indignes, ou de bonnes raisons. Ils seront sans doute syndicalistes, qui n’admettront pas un bouleversement social né d’une simple certitude technocratique, imposé pour son bien à la société. Ils seront politiques, chez les tenants, sincères ou de calcul, d’un keynésianisme de protection. Ils seront simplement démocrates, qui s’étonneront d’un gouvernement, à peine installé, qui décide de mettre entre parenthèses une assemblée qu’il contrôle. Tout cela se mesurera, dans les élections, au Parlement, dans la rue, dans l’assentiment, dans nos pauvretés ou nos confiances retrouvées. La recomposition ne justifie pas l’impérium du nouveau pouvoir, et le mariage idéal n’est pas une preuve en soi. Mais à juger Macron et Philippe, jeunes, minces, convaincus, parlant juste, boxeurs amateurs, que sais-je, on fera désormais l’économie de ceci: ils n’ont réalisé aucun exploit en choisissant de s’unir. La France, depuis lundi, est un peu mieux rangée. C’est déjà ça.

Voir également:

Valeurs actuelles

  28 mai 2017 à 08:28 0

 

Valeurs Actuelles. Emmanuel Macron, le candidat du progressisme, a remporté la présidentielle. Est-ce la mort du conservatisme ?
Guillaume Perrault. La défaite de Fillon ne signifie nullement que les conservateurs ont échoué. Une partie des électeurs naturels du candidat de la droite l’ont rejeté en raison des “affaires”. En outre, Fillon défendait un programme libéral dont la rigueur a fait peur aux salariés.

En novembre, Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Aussi, la sensibilité conservatrice n’a pas été rejetée par le pays et demeure un espoir pour la droite.

Lors de la primaire, Fillon avait su parler de la France

Une majorité de Français de tous milieux sociaux peut adhérer à un projet conservateur, à condition d’expliquer ce qu’on entend par là. Être conservateur, c’est considérer avec reconnaissance l’héritage qu’on a reçu en dépôt, apprécier sa valeur, lui prodiguer ses soins et le remettre, autant que possible, intact à ses successeurs. Ce n’est pas seulement une sensibilité personnelle, mais aussi une boussole pour l’art du gouvernement.

VA. La droite traditionnelle est-elle en voie de disparition ?
GP. La droite française ne sait plus qui elle est. Le ralliement des juppéistes à Macron doit être l’occasion d’un travail intellectuel : que veut-elle vraiment ? En Grande-Bretagne, les différents courants du Parti conservateur sont fédérés par un héritage qui les dépasse et qui discipline leurs affrontements. Considérons la façon remarquable dont ce parti a assumé le résultat inattendu du référendum sur le Brexit. Nous n’avons pas affaire seulement, outre-Manche, à un cartel d’élus professionnels, mais à une véritable famille de pensée qui surplombe ses leaders successifs.

Le problème de la droite française, au contraire, est qu’elle s’est définie en grande partie, depuis 1945, non par rapport à des idées, mais pour ou contre de Gaulle. Depuis la disparition de l’intéressé, en 1970, cette sensibilité ne sait plus se nommer et a perdu le souvenir de ses racines. On devrait s’attacher moins aux personnes, si exceptionnelles soient-elles, et davantage aux traditions qui les dépassent et les nourrissent. Redonner ses lettres de noblesse au conservatisme me paraît donc salutaire pour l’avenir de la France.

VA. Quelles sont ses perspectives pour les législatives ?
GP. L’hypothèse d’une cohabitation n’est pas la plus plausible. Les électeurs dont le candidat a été battu à la présidentielle tendent à se démobiliser aux législatives. Les indécis, pour leur part, jugent naturel de donner au nouveau président les moyens de gouverner. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise une large victoire en sièges pour le parti arrivé en tête en voix, fût-ce de peu.

On ne peut exclure que les Français désignent une Assemblée sans majorité absolue

Cela dit, une surprise est toujours possible. En mai 1988, Mitterrand a été réélu dans un fauteuil face à Chirac. Pourtant, un mois plus tard, aux législatives, droite et centre ont bien résisté et les députés PS n’ont obtenu qu’une majorité relative. Le Premier ministre de l’époque, Rocard, a dû, pour gouverner, recourir à l’appui ponctuel des communistes ou des centristes. Il a utilisé le 49.3 plus de vingt-cinq fois en trois ans, ce qui serait d’ailleurs impossible aujourd’hui.

Or, on ne peut exclure que les Français désignent en juin une Assemblée sans majorité absolue. En ouvrant sa majorité aux juppéistes, Macron n’a pas seulement pour objectif de fracturer la droite, mais aussi d’éviter ce scénario embarrassant pour lui.

Conservateurs, soyez fiers !, de Guillaume Perrault, Plon, 248 pages, 15,90 €.

Voir encore:

How Nationalism Can Solve the Crisis of Islam
Transnational liberalism breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world
Sohrab Ahmari
The Wall Street Journal
May 26, 2017
Paris

Last Sunday President Trump stood before Muslim leaders in Riyadh and declared: “America is a sovereign nation, and our first priority is always the safety and security of our citizens. We are not here to lecture. We are not here to tell other people how to live, what to do, who to be, or how to worship.”

Amid the journalistic uproar that greets nearly everything Mr. Trump says, few noted the connection he made between these two concepts: We are sovereign, and we don’t want to lecture. By putting them together, the president scrambled the pattern that has long shaped the West’s relations with Islam.

For decades, the West has seen itself as an empire of rights and liberal norms. There were borders and nations, but these were fast dissolving. Since rights were universal, the empire would soon encompass the planet. Everyone would belong, including Muslims, who were expected to lose their distinctness.

It didn’t work, as the latest jihadist attack, at a concert for teens in Manchester, England, attests. So it makes sense to consider alternatives. Judging by his Saudi speech, Mr. Trump wants to revive the nation-state as the primary political vehicle for encountering Islam. The nation has clear—and limited—territorial and cultural boundaries. It says we are this, and you are that.

To the French philosopher Pierre Manent, such thinking is the beginning of wisdom. “We have a big problem with Islam,” he tells me. “And it’s impossible to solve it through globalist, individualist, rights-of-man mantras.”

I meet Mr. Manent, 68, in his office at the prestigious School for Advanced Social Studies in Paris. For years he has been associated with the school’s Raymond Aron Center for Political Research, named for the great Cold War liberal who denounced Soviet tyranny even as most French thinkers grew addicted to what Aron called the “opium of the intellectuals”—Marxism and radicalism. Aron was Mr. Manent’s mentor.

Although Mr. Manent has retired from teaching, he still writes and lectures across Europe, mainly on how to preserve political freedom and liberal order in the face of globalization, mass migration and Islam. His ideas have wide application in the West.

Here in France, the government has vowed to counter Islamist terror with a military and intelligence surge. But newly elected President Emmanuel Macron generally eschews the more profound, unresolved questions of community and belonging that haunt French society. “There is no such thing as a single French culture,” he said in February. “There is culture in France, and it is diverse.”

These glib assertions lead Mr. Manent to conclude that Mr. Macron has fully imbibed the “acceptable opinions, or the PC opinions,” about Islam and nationhood that prevail among trans-Atlantic elites. In these circles, even to suggest a problem with Islam is to invite “scowls,” he says. “Everything they say about the situation is determined by their purpose, which is to prove that there is no problem with Islam—against their own anxiety.” Not to mention the evidence.

He regards Islam as a powerful and “starkly objective” faith. Wherever it spreads, it brings a set of “authoritative mores,” whose adherents constitute the faithful community, or ummah. This is in contrast to Christianity, with its emphasis on subjective, inner assent to the Redeemer, distinctions between the visible and invisible church, Caesar and God, and so on.

Islam instead rests on a political geography that divides the world, Mr. Manent has written, between the “house of submission,” where the faith reigns, and the “house of war,” where it doesn’t. As a political form, Islam thus most closely resembles an empire, he argues. The trouble—for Muslims and for the West—is that since the Ottoman collapse in 1924, it “has been an empire without an emperor.”

Meanwhile, the liberal West has grown tired of the older forms of “communion” that used to define it. Liberals in Europe, and to a lesser extent the U.S., wish to dispense with both the modern nation-state, the political communion that once gave concrete shape to the open society, and Judeo-Christianity, the sacred communion that used to provide the moral and spiritual frame.

For the West’s professional classes, Mr. Manent contends, the only acceptable sources of political communion are the autonomous individual, on the one hand, and humanity as a whole, on the other. He understands the jet-setters’ impulse: “We can go anywhere on the planet, work anywhere on the planet—these new liberties are inebriating.” Better, then, “to be a citizen of the world.”

But Mr. Manent, a Catholic and classical liberal in the tradition of Alexis de Tocqueville, thinks this attitude breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world.

To wit, for most people everywhere, humanity is “too large and too diverse” to provide meaningful communion. “I cannot prove that the nation-state is the only viable form,” he says. “But what I’m sure about is that to live a fully human life, you need a common life and a community. This is a Greek idea, a Roman idea, a Christian idea.”

It’s why 19th-century liberals such as Tocqueville were so enthralled by the modern democratic nation-state. It was committed to universal human rights, but it housed them within a pre-existing “sacred community” that had its own inherited traditions—and boundaries.

It’s also why in the 21st century, Mr. Manent says, the “small, damaged” nations of Central Europe react most viscerally against transnational liberalism. Hungary fears “it couldn’t have endured and would have disappeared,” he continues, if it faced the same multicultural pressures as, say, France. The European Union’s efforts to punish voters in such countries for electing the wrong kind of government will therefore intensify the backlash.

But there is a bigger wrinkle in the transnationalist pattern: It isn’t universalistic at all. When the house of Islam looks at Europe, it doesn’t see a union with procedural norms, trade ties and kaleidoscopic lifestyles. It sees a collection of particular nation-states. More important, it sees the cross.

In its communiqués claiming credit for terror attacks, Islamic State never fails to mention that the “soldiers of the Caliphate” targeted this or that nation, which “carries the banner of the cross in Europe.” Such statements puzzle secular Europeans, Mr. Manent says, because they think: “Well, perhaps the Americans who intervened in Iraq, but we French are not Crusaders!”

The West has relegated faith to a purely private sphere, in which the believer, in his inner depths, communes with the Almighty. But to adherents of Islam, Christianity’s public, political dimension still shines forth.

This leads to another turn in Mr. Manent’s thought: “In the present circumstances, relations between Europe and the Muslim world will be less fraught if we accepted this Christian mark, while of course guaranteeing that every citizen, whatever his religion and lack of religion, has equal rights.” In other words, the Muslim world would more easily come to terms with the West if Westerners acknowledged who they are.

Take Turkey’s accession to the EU. European leaders for decades have contorted themselves to justify their reluctance to admit Ankara. If it were purely a matter of “rights,” then Ankara would be correct to demand entrance ASAP. But, says Mr. Manent, “Europe” is also a cultural and political community, and it matters that Turkey is a large Sunni Muslim nation with Turkish mores. By being honest about these differences, the West could clarify the terms of the encounter and ease tensions.

As for the West’s often ill-assimilated native Muslim populations, like the British community that produced the Manchester bomber, here too Mr. Manent prefers a “national solution.” For starters, he says, “we must accept that the Muslims who are among us will remain Muslims.” It follows that the West must “do things so that Muslims feel that they can be reasonably happy Muslims” in a non-Muslim environment.

The basic bargain: “We accept Muslims, but they also have to accept us.” In France that might mean dialing back laïcité, the official secularist dogma that restricts many public expressions of faith. “We won’t bother you about your veils or the way you eat,” Mr. Manent says. “In school lunches, meat without pork will be available. It’s silly and mean to say, ‘They will eat pork or they won’t eat.’ Muslims shouldn’t always be under suspicious eyes.”

But then, he continues, the French would demand reciprocity of Muslims: “You really belong to France. You turn toward it and your life will be centered on this European country, which is not and will never be a Muslim country.”

What he wants to combat is the widespread sense of alienation, particularly among young Muslims who are “paper French”—citizens without political attachment. In practice, this would involve the government’s insisting that mosques and cultural associations cut their ties with Algeria, Tunisia and other foreign countries and instead actively promote an indigenous French Islam.

His grand-bargain vision has detractors on the left, who call it discriminatory, and the right, who find the offer too generous. Others think it’s too late. But Mr. Manent is optimistic that the combination of political liberty and nationalism is more resilient than most people suppose.

Then again, the 19th-century marriage of liberalism and nationalism ended in a very ugly divorce in the first half of the 20th century. What about the dangers of reviving nationalism today? “There is no a priori guarantee that it could not devolve into something nasty,” Mr. Manent says. “But if we don’t propose a reasonable idea of the nation, we will end up with an unreasonable idea of the nation. Because simply: However weakened the idea of the nation, nations do not want to die.”

Then there is the example across the Atlantic. Like Tocqueville, Mr. Manent sees much to admire in the American experiment. Even as Europeans have sought to pool or even abandon their sovereignty, he says, “Americans remained very much attached to the idea of a people making its laws to protect itself.”

True, “this people was open to the world, since of course it was formed by immigration. But people came from all over the world, not to be human beings but to be citizens of the United States, which had a keen sense of its exceptionalism and unique character.” In the Second Amendment, the persistence of the death penalty, and the reluctance of U.S. courts to follow foreign precedents, Mr. Manent sees “not a proof of American barbarism” but of democratic vigor.

And realism. Europeans, he says, imagined the world was so safe for liberty that they could discard the harsh, Hobbesian elements of power. Americans recognize that the modern world still has one foot in the state of nature, and this calls for the sovereign prerogatives of self-preservation: We are sovereign—we don’t lecture.

Mr. Ahmari is a Journal editorial writer in London.

Voir enfin:

Has Globalism Gone Off the Rails?

Victor Davis Hanson

National Review

The cult of multiculturalism is a paradox.

Prague — The West that birthed globalization is now in an open revolt over its own offspring, from here in Eastern Europe to southern Ohio.

About half of the population in Europe and the United States seems to want to go back to the world that existed before the 1980s, when local communities had more control of their own destinies and traditions.

The Czech Republic, to take one example, joined the European Union in 2004. But it has not yet adopted the euro and cannot decide whether the EU is wisely preventing wars of the past from being repeated or is recklessly strangling freedom in the manner of the old Soviet Union — or both.

In places devastated by globalization — such as southern Michigan or Roubaix, France – underemployed youth in their mid 20s often live at home in prolonged adolescence without much hope of enjoying the pre-globalized lifestyles of their parents.

Eastern Europeans are now discovering those globalized trade-offs that are so common in Western Europe, as they watch rates of marriage, home ownership, and child-rearing decline.

One half of the West — the half that lives mostly on the seacoasts of America and Western Europe — loves globalization. The highly educated and cosmopolitan “citizens of the world” have done well through international finance, insurance, investments, technology, education, and trade, as the old Western markets of 1 billion people became world markets of 6 billion consumers.

These coastal Westerners often feel more of an affinity with foreigners like themselves than with fellow countrymen who live 100 miles inland. And they are not shy in lecturing their poorer brethren to shape up and get with their globalized program.

Late-20th-century globalization — a synonym for Westernization — brought a lot of good to both poorer Western countries and the non-Western world. Czech farmers now have equipment comparable to what’s used in Iowa. Even those who live in the Amazon basin now have access to antibiotics and eyeglasses. South Koreans have built and enjoyed cars and television sets as if they invented them.

But all that said, we have never really resolved the contradictions of globalization.

Does it really bring people together into a shared world order, or does it simply offer a high-tech and often explosive veneer to non-Western cultures that are antithetical to the very West that they so borrow from and copy?

An Islamic State terrorist does not hate the United States any less because he now wears hoodies and sneakers and can text his girlfriend. More likely, Western fashion and high-tech toys only empower radical Islamic hatred of Western values.

If an airport in Denver looks like one in Beijing, or if a grenade launcher in Syria seems similar to those used at Fort Bragg, are China and the radical Islamic world therefore becoming more like the United States? Or are they adopting Western ideas and weapons while accentuating their far deeper cultural and historical differences?

Iran is desperate for nuclear technology originally spawned from the “Great Satan” in order to better destroy the Great Satan.

Another paradox of globalization is a new passive-aggressive attitude inside the West.

Elites who benefit from Westernized globalization often gain enough wealth and leisure to have the latitude to trash it almost as a way of dealing with their own guilt over their exalted status.

At no time in the history of Western civilization have American college students ever been so pampered — with latte bars, trauma counselors, rock-climbing walls, and upscale student unions — and yet so critical of the very global civilization that guaranteed them such bounty.

Those in the former Third World constantly berate the West for its supposed sins of imperialism, colonialism, and exploitation, while millions of their own citizens risk their very lives to cross the Mediterranean or the U.S.–Mexico border to enter and live in the West.

Is the message “I hate the West, so please let me in”?

The cult of multiculturalism is also a paradox.

Under globalization, the West seeks to spread its values along with its iPhones, as if Western values were far preferable to the alternatives.

But a chief tenet of globalized multiculturalism is to not judge other cultures by “arbitrary” Western standards. Many Western elites implicitly believe that their own ideas about democracy, treatment of minority groups, and equality under the law are superior to the alternatives elsewhere — and some expect the rest of the world to eventually look like Malibu, Palo Alto, or the Upper West Side of Manhattan.

So if Iran or Chechnya oppresses gays, or if traditional Arab societies institutionalize female genital mutilation, are they homophobic and misogynist, or merely different?

And do Westerners look the other way at phobias and oppression abroad, even though they would never do so at home?

In truth, globalization is a mere amphetamine. It speeds things up and alters superficial behavior. But let us not fool ourselves into thinking that globalization has fundamentally altered the nature and culture of those it hooks.


Présidence Macron: Cherchez la femme ! (Face à la révolution des dupes, qui saura réunir la droite populaire libérale et sociale ?)

20 mai, 2017
Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques
Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville. Marie-Christine (retraitée, 78 ans)
Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante. Élisa (étudiante, 19 ans)
Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable. Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité. Mère de famille
Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner. Militante
Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris. Anne Souyris (groupe écologiste de Paris)
«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. Le Figaro
Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris. ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…” ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine. Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles. Cela doit cesser. Pétition de femmes du quartier parisien de la Chapelle
Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer le portrait dans une sorte d’entonnoir. On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ? C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Daniel Schneidermann
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
La diffusion sur France Télévisions – qui est une télévision publique financée en très grande partie par l’argent public -, des messes et différents programmes religieux (…) est une infraction à la laïcité (…). C’est de la théologie et c’est finalement la promotion du fait religieux et de l’oppression des femmes. Marlène Schiappa (future secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes)
Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut « partager » des désaccords. Emmanuel Macron
Je suis favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Emmanuel Macron
Nous ouvrirons la PMA à toutes les femmes et combattrons l’homophobie du quotidien grâce à des tests aléatoires au travail. Benjamin Griveaux (porte-parole d’En Marche !)
Il [François Fillon] a fait tout ce qu’il a pu. Mais il reconnaît quelques erreurs, notamment de ne pas avoir envoyé assez de signaux vis-à-vis des classes populaires dans son programme. Elu parisien
Le soutien de l’Allemagne ne peut pas se substituer à la politique en France. La France doit prendre ses propres décisions et prendra ses propres décisions. Angela Merkel
Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit. Jean-Claude Juncker
Les critères d’attribution des logements sociaux doivent être revus parce que dans certains quartiers périphériques, on risque de créer des ghettos avec un tiers d’Italiens et un tiers d’étrangers hors Union européenne. (…) Le modèle français des banlieues est un échec. (…) Les familles rom qui n’envoient pas leurs enfants à l’école doivent être punies. Et parmi les punitions, on retire aussi le logement. Ce n’est pas une question de racisme, c’est une question de civilisation. Dario Nardella (maire de Florence)
Le monde virtuel a eu beau agir sur le monde réel, la fâcheuse sphère électronique en a limité considérablement les effets. Les foules, sans doute dans leur souvenir confus des meurtres de masse, n’ont pas eu le cœur à faire la liesse. La parenthèse magique et anesthésique va bientôt se refermer. Déjà, dans quelques jours, une autre consultation aura lieu, où la part artistique sera plus congrue. La pleine saison va reprendre pour la délinquance et l’immigration forcée de masse, et l’islam radical comme la dette n’accorderont aucun délai de grâce. Le multiculturalisme n’a pas encore définitivement gagné la partie, mais en dépit de l’opposition d’une majorité du pays, par la grâce médiatique et artistique, il n’a pas perdu. Quand l’heure sera venue de lui dire vraiment non, c’est peut-être parce qu’il sera trop tard. Gilles-William Goldnadel
Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger. Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires. Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus. Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori. (…) Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN. (…) Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. (…) L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice. Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. (…) Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement. Céline Pina
Le nouveau président, après avoir mis KO debout le Parti socialiste, est en train de faire éclater la droite. Nul n’ignore que la nomination d’Edouard Philippe, que l’on présente en un saisissant oxymore comme un «héritier spirituel d’Alain Juppé», vient habilement redonner au camp du centre-droit désavoué par les électeurs des primaires, de nouvelles perspectives. Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Jean-Louis Borloo ont affiché depuis quelques jours leur volonté de saisir la perche tendue par Emmanuel Macron, et Bruno Lemaire a franchi le Rubicon en héritant d’un portefeuille-clef avec Bercy, mais qui mouille habilement la droite dans la responsabilité de la lutte contre le chômage. En réalité, ce centre-droit est cohérent: rien, absolument rien, ne le distingue du centre-gauche que Macron a miraculeusement sorti du bourbier dans lequel le désastreux quinquennat de François Hollande l’avait enlisé. Un même libéralisme économique doctrinaire et rigide, soumis aux injonctions de Bruxelles, un même refus de remettre en question le dévoiement d’une construction européenne qui est allée dans le mur, une même volonté de progressisme sociétal, un même manque d’imagination et de volonté pour réduire la fracture sociale. Cette situation serait pain bénit pour le Front national, si le débat du 3 mai n’avait fait éclater la grande supercherie en faisant la démonstration de l’incompétence et de la vulgarité de Marine Le Pen. Si l’on ajoute le retrait de Marion Maréchal Le Pen – dont on peut souhaiter qu’il lui permettra de prendre du champ face à une histoire politique et familiale dont elle semble prisonnière – on assiste peut-être au début du déclin de ce parti qui depuis plus de trente ans a d’abord servi à distiller de l’amertume, à déconsidérer l’amour de la patrie et à stériliser toute tentative de refuser la logique impérialiste de la grande marchandisation. Le FN aura beau revendiquer la justesse de son analyse sur «l’UMPS», il n’est pas certain qu’il soit en état de profiter de cette situation aux prochaines législatives. Paradoxalement, le gouvernement nommé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe pourrait au contraire permettre à la droite de procéder à une saine clarification. Le scénario optimiste pour celle-ci serait que le traditionnel attelage entre ce qu’on appelait le RPR et l’UDF montre son caractère bancal et oblige à une recomposition en profondeur. A côté de ce centre-droit logiquement rallié (si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain) à la majorité présidentielle, une droite au discours résolument patriote, décidée à refonder l’Europe sur le respect des nations, faisant de la réduction de la fracture sociale une priorité, conservatrice sur les valeurs qui fondent notre société (amour de la France, défense de la famille, refondation de l’école) a un boulevard théorique devant elle: entre, d’un côté, le sentiment des électeurs de droite d’avoir été volés de «leur élection» avec l’explosion en plein vol de la fusée Fillon, d’avoir été trahis par ses élites, et, de l’autre, la décrédibilisation du Front National, la marge de manœuvre est réelle. C’est ce qu’a bien compris par exemple Laurent Wauquiez. Mais c’est là où le bât blesse. A part ce dernier, dont la sincérité politique manque de crédibilité, aucune grande voix à droite ne vient porter un projet de rupture. Celle de François Fillon est devenue inaudible, et, comme je l’avais écrit ici au sortir des primaires, avant les affaires, son discours était trop imprécis par rapport à sa conception de l’Europe, et trop peu volontariste sur la question sociale, pour avoir pu parfaitement incarner cette aspiration à un changement en profondeur. Toujours est-il que celui que les électeurs des primaires avaient plébiscité est aujourd’hui discrédité. Il faut bien le reconnaître: depuis la disparition de Philippe Séguin, plus personne n’incarne cette droite gaulliste, patriote et sociale. Pour se recomposer, la droite doit avoir de vrais leaders. Elle en manque cruellement. Le scénario catastrophe pour elle serait d’être aspirée dans le sillage de la nouvelle donne imposée par Macron. Soit elle échouera avec lui, et elle sera d’autant plus affaiblie qu’elle hérite de la responsabilité de l’économie dans le gouvernement Philippe ; et alors, la route sera réellement ouverte aux extrêmes de droite et de gauche. Soit le président réussira et il se pourrait qu’il en recueille toute la gloire. Dans les deux cas, ce pourrait être une recomposition manquée et une décomposition plus ou moins complète. (…) Réussir pour la France signifierait rien moins que de restaurer le sens du politique, le souci du bien commun, l’amour du pays, la protection des plus fragiles ; reprendre sur de nouvelles bases la construction européenne, au service des nations ; avoir le courage de réformer l’Etat en reconstruisant et en préservant les plus pauvres. François Huguenin
Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. C’était la synergie qu’avait réussie Nicolas Sarkozy en 2007. Indéniablement, il y a des gagnants et des perdants de la mondialisation, une fracture territoriale, une France périphérique, une fracture mondialistes-patriotes, mais je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social. L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. Et ce ciment social a été brisé à plusieurs égards. L’enjeu essentiel de civilisation, à mon sens, est de savoir comment conserver, protéger, transmettre et vivifier ce ciment social. C’est là qu’intervient la question de l’école, de la transmission, de la culture, de nos traditions, de notre patrimoine, d’un certain mode de vie. (…) La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. Ces deux dimensions sont complémentaires. Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun.(…) Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite. C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie. Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation. (…) je défends la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire, je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français. (…) Je pense que les courants de droite et de gauche continuent d’exister et de structurer la vie politique, car il y a des héritages philosophiques, culturels, des références et des logiciels qui continuent d’irriguer la vie politique française. C’est un clivage qui continue d’exister mais qui est inexact dans la structuration actuelle des partis. Pour caricaturer un peu, je reprendrais la phrase de l’historien Ghislain de Diesbach : « Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite. » Pour être plus exacte, je dirais que les deux grands partis, Les Républicains et le PS, se retrouvent aujourd’hui dans un grand bloc centre droit, centre gauche en accord sur tous les sujets fondamentaux. (…) Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cette union patriotique que j’appelle de mes vœux n’a pas de sens en prenant en compte les partis actuels : je ne vois pas comment le FN pourrait faire une alliance nationale avec Les Républicains au regard de la façon dont ils gouvernent et du logiciel qui est le leur. (…) Ce qui reste possible, c’est l’union des hommes. Il existe aujourd’hui une zone blanche, entre certains courants chez Les Républicains, que je qualifierais de droite nationale conservatrice, Nicolas Dupont-Aignan, ceux qui sortent du champ politique, comme Philippe de Villiers, certains élus et cadres de la droite, et le FN. Dans cette zone blanche, il y a une recomposition à opérer, qui s’apparenterait à l’union de certaines droites. Mais sans doute pas avec cette droite des Républicains, qui est une droite reniée. (…) La présence du FN contraint la droite à mener une certaine politique et à se remettre en question. La réalité, c’est que la droite a été sous la coupe psychologique de la gauche pendant des années et que le poids du FN la force aujourd’hui à se repositionner. [la tentative de structurer une droite “hors les murs”, à mi-chemin entre Les Républicains et le FN]  ne pouvait marcher que dans l’optique d’être une passerelle entre la droite et le FN, or Les Républicains ne sont pas suffisamment en difficulté électorale pour accepter de bouger. La droite a une clientèle électorale, notamment chez les personnes âgées, qui lui reste très fidèle, lui permettant de survivre, en l’empêchant d’envisager cette recomposition. Les choses seront peut-être différentes dans dix ans. La génération qui vient a déjà mis un bulletin FN dans l’urne, elle est complètement décomplexée, plus du tout sensible à la diabolisation, n’a pas baigné dans le rêve européen et n’a rien à perdre. Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues… (…) Je crois que nous sommes confrontés aujourd’hui à une élite d’émigrés spirituels, au sens où, spirituellement, ceux qui nous dirigent ne sont plus nos compatriotes. Leur vie est à l’échelle mondiale, ils passent leur temps dans les business class entre New York, Doha et Singapour, la France est étriquée à leurs yeux, ils ne raisonnent plus à l’échelle nationale. Leur cynisme est d’autant plus fort que ces gens se sont évertués à briser les frontières des Français pour fabriquer de nouvelles frontières à leur profit grâce à l’argent. Ils ont, eux, des frontières géographiques, vivent dans les meilleurs quartiers en se préservant des problèmes liés à l’immigration et aux tensions culturelles qu’ils imposent aux Français. Ils ont, eux, des frontières sociales, se cooptent aux meilleurs postes, alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de fils d’ouvriers dans les grandes écoles. Ils ont, eux, des frontières scolaires, mettent leurs enfants dans les écoles privées quand les enfants des Français doivent subir les lamentables programmes et méthodes qu’ils ont mis en place. Et je trouve cela profondément injuste. En face, les patriotes sont tout simplement les partisans de l’enracinement, ce qui n’empêche pas d’être lucide sur les défis de la mondialisation. (…) Macron en est une belle incarnation. J’aime la formule de Finkielkraut : pour Macron, « la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace ». À ses yeux, la France est une start-up multiculturelle, un business, qui doit être le plus rentable possible. S’il faut faire rentrer un million d’immigrés dans le pays parce que c’est rentable, quelles que soient les conséquences sociales, il le fera. Pour lui, la France est un territoire, pas une patrie ; c’est une population, pas un peuple ; ce sont des individus, pas des personnes. (…) Macron accomplit Mai 68. Avec lui, c’est l’idéologie du progrès, le culte du renouveau, qui implique nécessairement de faire table rase du passé. C’est l’idée soixante-huitarde selon laquelle l’homme ne peut s’émanciper que s’il se délie de tout héritage, de toute autorité, de tout cadre culturel. Je pense que c’est une erreur fondamentale. (…) Macron considère que la société apaisée, qui fonctionne, est celle dans laquelle les liens sociaux sont uniquement régis par les liens économiques, les liens égoïstes, le contrat. L’État est réduit au minimum, c’est le libéralisme intégral, une idéologie née à gauche, où l’individu prime sur toute autre considération. Macron ne voulait d’ailleurs pas avoir de programme, mais proposait un « contrat avec la nation ». Cela a des conséquences politiques très claires : quand vous avez une distension brutale du lien social, avec le terrorisme par exemple, que répond M. Macron ? Qu’il faut deux points de PIB en plus, qu’il faut réduire le chômage et investir dans les banlieues françaises. Il apporte une réponse strictement économique, alors qu’en fait, cette distension du lien social ne relève pas principalement de l’économie, mais du domaine moral et culturel. Ces gens-là n’arriveront pas à répondre à ces défis, ils sont à côté de la plaque, ils sont dans la négation anthropologique. Ce qui fait un peuple, ce n’est pas le contrat, c’est la pure gratuité. C’est, selon la formule de Renan, « d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ». C’est ce sentiment commun qui permet naturellement le civisme, la politesse et la solidarité sans y avoir nécessairement un intérêt égoïste. Marion Maréchal-Le Pen
Contrairement aux «quinze membres maximum» qu’il avait annoncés, le président a nommé un gouvernement composé de dix-huit ministres. Il a également renoncé au «ministère plein et entier des Droits des femmes». (…) «Il y aura un ministère plein et entier des Droits des Femmes», avait également assuré Emmanuel Macron en avril sur Twitter, promettant de faire de cette question une «cause nationale du quinquennat». Il s’est pourtant «contenté» d’un secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, confié à Marlène Schiappa. Le Figaro
Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016. (…) Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire. (…) Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays. (…) Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.  (…) La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…  (…) À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République ! Jérome Fourquet
Il existe une différence importante entre le fait d’incarner arithmétiquement la première force d’opposition, ce qui est à ce stade le cas du FN, et incarner, aux yeux des électeurs, l’alternance la plus souhaitée. Sans une stratégie d’union des droites, dont la mise en œuvre ne dépend d’ailleurs pas que de lui, le FN est encore loin du pouvoir. Parce que le mode de scrutin législatif limite le nombre des sièges qu’il peut gagner à un seuil inférieur à son poids réel. Mais aussi parce que, face à une recomposition politique visant a dépasser le clivage droite-gauche, celui qui sera à la tête de l’opposition doit se situer résolument à droite, pas «ailleurs». La constitution d’un groupe parlementaire serait déjà une réussite. Ensuite, si c’est pour que ledit groupe se retrouve, comme en 1986-88, totalement isolé dans le travail parlementaire, cela limite forcément le résultat à une visibilité accrue et a la rétribution symbolique de ceux qui sont élus. À moins que certains élus Républicains acceptent de travailler avec les élus frontistes . C’est possible sur les enjeux identitaires, presque impossible sur la sortie de l’UE. [la «ligne Philippot» a gagné] À court terme, sans doute, puisque c’est celle des deux campagnes. Mais avec un coût, qui est de crédibilité (un débat télévise absolument manqué) et de contestation interne, avec la mise en retrait de Marion Maréchal-Le Pen. Car il ne fait aucun doute qu’elle n’est pas encore sortie du jeu. Elle a une ligne politique, une popularité et le temps devant elle. Nous pourrons mesurer en juin les effets électoraux de son départ dans la région qu’elle avait choisie, et plus tard si elle et ses proches ont l’intention de se préparer pour 2022 en créant une structure propre. Si c’est son choix au moins, elle n’aura pas dégainé la première, puisque Florian Philippot a lancé la sienne. Les changements de nom sont monnaie courante en politique! Ce qui compte, c’est la ligne idéologique, qui peut être soit nationale-républicaine avec l’entourage présent de Marine Le Pen, soit libérale-identitaire avec Marion Maréchal-Le Pen. Sur la base de ce qu’on voit ailleurs en Europe, en Autriche en particulier, c’est le second positionnement qui marche le mieux. Or le FPO n’a pas changé de nom. Son passé et celui de ses dirigeants sont assumés. Et les électeurs suivent. Laurent Wauquiez n’a pas lancé de signaux en direction de Marion Maréchal-Le Pen et (…) n’est pas celui qui tire la campagne des Républicains! La grande implosion de ceux-ci est l’espoir du FN. Il ne se réalise pas pour l’instant car les électeurs de droite croient dans leur majorité, que leur parti est réformable de l’intérieur. C’est bien pour cela que Fillon a gagné la primaire. Jean-Yves Camus
Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre. (…) Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste. Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui. Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes. (…)  Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences. (…) L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles. L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol. Barbara Lefebvre
La France qui gagne a gagné. (…) Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président. (…) Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français. (…) pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale. (…) à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. (…) Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme. (…) Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens. (…) Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine. (…) En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs. (…) [Marine Le Pen] aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai. Elisabeth Lévy
C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission. Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République. Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique ».  Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ? (…) La duperie (…) a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien ». (…) Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ? Ivan Rioufol

Cherchez la femme !

A l’heure où après la farce démocratique et la comédie antifasciste que l’on sait …

Comme le déluge hagiographique qui a suivi …

Nos nouveaux dirigeants redécouvrent, entre sondages trumpiens et rappels à l’ordre européens,  la dure réalité qu’ils croyaient avoir quittée …

Et où, entre plan secret du refus éventuel du résultat des urnes, dénonciation des messes à la télévision ou imposition de la PMA pour tous, le nouveau pouvoir commence à montrer ses vraies couleurs

Pendant qu’à l’instar de la si discrète parité de la photo du nouveau gouvernement, les femmes se voient littéralement exclues de certains quartiers

Comment ne pas voir avec l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol

Contre la « révolution » des dupes et la capitulation préventive en cours face  au totalitarisme islamique …

Et le fourvoiement gauchisant que l’on sait de la droite nationale-républicaine …

Pour commencer à réunir enfin …

Une droite populaire à la fois et authentiquement libérale et sociale …

L’option qui devrait logiquement s’imposer …

Bientôt débarrassée peut-être de son désormais encombrant héritage …

De la future ex-plus jeune députée de la Ve République ?

La Chapelle & Pajol : Les femmes, espèce en voie de disparition au coeur de Paris

Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris

ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…”
ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine.

Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants.

Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles.

Cela doit cesser!

Nous demandons aux autorités, Mairie de Paris, Préfecture de Police, Procureur de la République, de faire enfin respecter lois et règlements, notamment dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières, de renforcer le nombre et les moyens des policiers affectés à ce secteur
Les femmes de la Chapelle et leurs ami(e)s, compagnons, maris, pères, enfants et voisins des 10ème et 18ème arrondissements

Pétition soutenue par les Associations Demain La Chapelle et SOS La Chapelle

A l’attention de :

Monsieur Emmanuel Macron – Président de la République Française

Monsieur Edouard Philippe – Premier Ministre

Monsieur Gérard Collomb – Ministre de L’Intérieur

Monsieur François Bayrou – Garde des Sceaux Ministre de la Justice

Madame Marlène Schiappa –Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les Femmes et les Hommes

Monsieur François Molins – Procureur de la République

Monsieur Michel Delpuech – préfet de police de Paris

Madame Anne Hidalgo – Maire de Paris

Monsieur Eric Lejoinde – Maire du 18ème arrondissement de Paris

Monsieur Rémi Féraud- Maire du 10ème arrondissement de Paris

Voir aussi:

Femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol : le cri d’alarme de Céline Pina

  • Céline Pina
  • Le Figaro
  • 19/05/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Alors que les lycées organisent une « journée de la jupe » pour dénoncer le sexisme, Céline Pina rappelle que dans certains quartiers de Paris, sortir de chez elle pour une femme est une provocation, et dénonce l’indifférence des élus.


Céline Pina est ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France. Elle s’intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l’égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales. Elle est l’auteur de Silence Coupable (éditions Kero).


Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger.

Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires.

Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus.

Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori.

À Cologne, la Maire conseilla aux femmes de se faire discrètes et de se tenir à l’écart des hommes. Comme si elles étaient en partie responsable des violences qu’elles subissaient. Et aujourd’hui, savez-vous ce que l’on répond, en France, à ces femmes qui, habitant la capitale de notre pays, ne jouissent déjà plus des droits que la loi est censée accorder à tous les citoyens? D’abord que porter plainte ne sert à rien. Donc, en France, on peut vous ôter la liberté de vous déplacer parce que vous êtes une femme dans la plus totale indifférence. Nul ne peut rien y faire, parce que les autorités publiques s’en moquent et que cette question est anecdotique pour le pouvoir. Voilà ce que signifie le «porter plainte ne sert à rien». On parle bien d’opérations de police à répétition dans l’article, plus de 110 depuis janvier mais elles n’ont aucun effet. Pourtant, si celles-ci se traduisaient plus souvent par des expulsions ou de véritables sanctions, nul doute qu’elles changeraient la donne. Mais si les interpellés en sont quittes pour revenir quelques heures ou jours après, cela devient un jeu qui signe plus l’impuissance des autorités que leur utilité et finit par valider ce qu’il est censé empêcher.

Il y a bien une élue citée dans le reportage, l’adjointe à l’égalité hommes-femmes de la mairie de XVIIIeme. Elle conseille d’organiser une marche exploratoire pour faire le repérage des lieux où les femmes sont indésirables et maltraitées. Il parait même que «leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention». Je suis sûre que cette personne est consciente du caractère dérisoire de cette injonction qui invite ces femmes à se mettre en danger pour effectuer un tel relevé topographique et qu’elle a conscience que rien ne saurait moins incarner la loi et le devoir de protection qu’ont les élus envers leur population, qu’une telle attitude, mais elle n’a probablement rien d’autre à proposer. Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN.

Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. Et s’ils se sentent autorisés à le faire, c’est aussi parce que nul ne se soucie, chez ceux qui nous représentent, ni d’expliquer les règles aux nouveaux arrivants, encore moins de les faire respecter. Ceux-ci alors essaient de recréer un environnement qui leur est familier et, marginalisés et sans grandes perspectives, ils se donnent un sentiment de virilité et de prise sur le monde en exerçant leur pouvoir sur les femmes. Ils sont encouragés dans ces attitudes par les prédicateurs bas de plafond dont ils sont la cible et qui ont table ouverte dans notre pays. Alors il ne s’agit pas ici de dire que tous les migrants sont ainsi, ce serait aussi injuste qu’insultant, mais de s’interroger sur notre réticence à défendre ce que nous sommes face à des comportements qui ne sont ni respectables ni tolérables et nous renvoient à un obscurantisme et à une violence intrinsèquement méprisable et face à laquelle nos autorités ne devraient pas être tétanisées.

L’air est connu: souvenez-vous du reportage d’Antenne 2 tourné à Sevran et à Villeurbanne où un homme chassait des femmes d’un café en leur expliquant: «Ici c’est pas Paris, c’est comme au bled».

Ce qui signifie, non seulement cette zone nous appartient et tu dois savoir rester à ta place, donc chez toi. Mais aussi que sur certains territoires, la France n’existe plus et ses lois ne s’appliquent pas. Ainsi, l’espace public n’est plus partagé, commun. Sur certains territoires, il est réservé à ceux qui ont une existence sociale, donc aux mâles, pas à celles qui leur appartiennent et n’existent que dans la sphère de l’intime. Pour avoir dénoncé ces phénomènes dont seuls ceux qui nous représentent semblent totalement inconscients, la journaliste de France 2 et Nadia Remadna de la brigade des mères, ont été violemment attaquées par le Bondy Blog et ceux qui ont relayé ce reportage ont été comme d’habitude accusés de mensonges, de racisme et d’appartenir à la fachosphère. Et ce quand bien même les témoignages de cette tentative d’imposer un apartheid sexuel en France se multiplient.

L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice.

Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. Une des phrases que l’on entend le plus dans les zones sous influence des islamistes et des identitaires, c’est «chez nous, c’est comme ça» et ce «chez nous» n’évoquent pas la France, alors même que ceux qui tiennent ce discours sont Français, pas même forcément les règles du pays d’origine, mais ce mélange de tradition et de religion dont les islamistes entendent faire le fond d’écran des mentalités qu’ils façonnent. C’est ainsi que les passages à l’acte se multiplient, rite d’initiation du refus de la citoyenneté et de l’affirmation des valeurs patriarcales validées par les représentations religieuses, le tout sur fond d’impunité des agresseurs et de mise en accusation de ceux qui dénoncent l’abandon des autorités comme une faute politique majeure.

Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement.

Voir également:

Paris : des femmes victimes de harcèlement dans les rues du quartier Chapelle-Pajol
Cécile Beaulieu
Le Parisien
18 mai 2017

Des femmes de ce quartier de l’est de Paris se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer sans essuyer des remarques et des insultes de la part des hommes. Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol, à Paris (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes.

REACTIONS

Révoltées, des habitantes du quartier ont décidé de lancer une vaste pétition pour dénoncer la situation. Et un quotidien de plus en plus oppressant. Celui des jeunes filles, qui ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d’injures : l’une d’elles raconte avoir subi un jet de cigarette allumée dans les cheveux.

«Des réflexions incessantes»

«Nous avons toutes droit à un traitement insupportable», souligne Nathalie, 50 ans, qui revendique trente années dans le quartier, et un climat «inédit» ces derniers mois : «Ce sont des injures, des réflexions incessantes. L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles». A l’image de cette vieille dame de 80 ans, agressée sexuellement alors qu’elle rentrait dans son immeuble, et désormais retranchée dans son appartement.

«Un repaire masculin»

Aurélie, une jeune femme de 38 ans, avoue ne pas reconnaître le quartier où elle vit depuis 15 ans, rue Perdonnet (Xe) : «Le simple fait de circuler est devenu problématique. Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s’est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé : j’ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d’autant plus qu’ils boivent énormément : il y a quelques jours, le simple fait de me mettre à ma fenêtre a déclenché un flot d’injures, et j’ai dû m’enfermer dans mon appartement. Il y a quelque temps encore, j’empruntais le boulevard de la Chapelle depuis Stalingrad, même tard le soir… C’est impensable aujourd’hui».

Le métro Chapelle, Laure l’évite soigneusement. Comme la place du même nom : «Ces dernières semaines, j’ai été prise au milieu d’une bagarre de vendeurs à la sauvette. Affolée, je me suis mise à crier, et deux d’entre eux ont sorti des couteaux pour me menacer. J’ai cru que ma dernière heure était arrivée. Et ça fait des mois que ma fille de 12 ans ne va plus seule au collège, ni nulle part dans le quartier, d’ailleurs».

Porter plainte aurait peu d’effet
Comment lutter contre le phénomène ? Les femmes de La Chapelle le savent : porter plainte aurait peu d’effets. Alors, d’un commun accord, et sur les conseils de Nadine Mezence, adjointe à l’égalité hommes-femmes du maire (PS) du XVIIIe, elles ont décidé d’organiser prochainement une marche exploratoire. Ensemble, elles parcourront tous les lieux du quartier où elles sont indésirables. Puis, rendront compte, aux pouvoirs publics de leurs observations… En espérant être entendues. A la mairie d’arrondissement, on assure que leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention.

110 opérations de police depuis le mois de janvier
La question du harcèlement des femmes, et notamment celle de la présence de dizaines de migrants rue Pajol, sera évoquée ce lundi en conseil d’arrondissement par l’élu (LR), Pierre Liscia. Tandis qu’au cabinet du maire (PS) du XVIIIe, Eric Lejoindre, on reconnaît la complexité de la situation : «Les femmes ont un sentiment de vulnérabilité devant cette violence, souvent associée à l’alcoolisation, mais la réponse publique est essentiellement policière».

Précisément, depuis lancement du dispositif «Barbès respire», au mois de janvier, par le préfet de police avec déploiement de renforts sur le secteur, 110 opérations ont donné lieu à plus de 19 000 évictions de vendeurs à la sauvette et 884 personnes ont été arrêtées. Mais les habitantes, elles, veulent des opérations de plus vaste ampleur pour retrouver leur sérénité perdue…
Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris «Désormais, notre quartier est abandonné aux seuls hommes : plus une femme dans les cafés. Pas un enfant dans le square Louise-de-Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles».

Les habitantes de la Chapelle-Pajol viennent de rédiger une pétition, intitulée «Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris», qu’elles espèrent voir parapher par de nombreux soutiens et victimes avant de l’envoyer à la mairie, à la préfecture de police et au procureur de la République. Leur demandant de «faire enfin respecter lois et règlement dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières et de renforcer le nombre de moyens policiers affectés au secteur».

«Il y a les insultes dans toutes les langues, les vols, l’alcoolisme de rue. Les trafics qui s’enracinent, et les employés de ces trafics, qui nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Cela doit cesser.»

Voir de plus:

«Macron, ou la “révolution” des dupes»
Ivan Rioufol
Le Figaro
18/05/2017

CHRONIQUE – Le courant juppéiste et centriste a toute sa place dans le camp Macron, qui a renoncé à assimiler les minorités culturelles.

Le savoir: Édouard Phillippe, choisi lundi par Emmanuel Macron comme premier ministre, pratique la laïcité flexible. Maire (LR) du Havre, il avait en 2012 fait jeter 8500 desserts destinés aux cantines parce qu’ils contenaient de la gélatine de porc. Plutôt que de s’en tenir à la neutralité républicaine, l’élu s’était soumis à l’interdit alimentaire de la charia (loi islamique). L’anecdote est à retenir: elle laisse craindre d’autres détournements de la laïcité, un des piliers de la civilisation française. Macron, élu par beaucoup pour faire échec au «fascisme» de Marine Le Pen, a promis une «bienveillance exigeante» avec l’idéologie islamique. Ce choix de l’apaisement guide, mezzo voce, la recomposition politique en cours. Philippe, proche d’Alain Juppé, partage avec lui la mondialisation heureuse, l’accommodement raisonnable, la discrimination positive. Le chef de l’État est sur cette même vision « inclusive ». « Je veux accompagner les mutations », a-t-il dit dimanche lors de sa prise de fonctions. Son gouvernement libéral mondialiste accélérera la cadence.

La marginalisation de Manuels Valls, qui voit la laïcité comme rempart à l’islamisme, confirme la stratégie arrangeante du macronisme. La République en marche a refusé son investiture à l’ancien premier ministre socialiste, qui n’aura néanmoins pas de concurrent face à lui. Commentaire de Valls (dans le JDD) : « Macron est méchant (…), il n’a pas de codes, donc pas de limites (…). Autant sur les questions économiques et sociales il n’y a pas de différence entre Macron et moi, autant sur l’identité on a un vrai désaccord. » Malek Boutih (PS), remarqué pour ses alertes contre l’emprise des prêcheurs de haine dans les cités, s’est pareillement vu écarter du parti gouvernemental, qui présentera un candidat face à lui. Durant sa campagne, Macron s’était gardé de désavouer le soutien de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), classée parmi les organisations terroristes par les Émirats arabes unis.

C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission . Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République.

Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique » .

Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ?

L’artifice de la théâtrocratie La théâtrocratie que privilégie le chef de l’État, maître des horloges et de ses  gestes, lui permet de demeurer dans  l’ambiguïté. C’est ainsi que la question  identitaire n’arrive pas à être abordée  de face. Les courtisans rappellent  l’homme de lettres et de culture qu’il  est. Son premier ministre ne raffole-t-il  pas de la série des  Trois Mousquetaires ,  qu’il dit relire tous les dix ans ? D’autres  thuriféraires croient reconnaître la  silhouette du premier consul dans son  « regard au profil d’aigle » . N’y a-t-il pas aussi, tant qu’on y est, un Bonaparte  dans cette manière qu’à Macron de  prendre l’oreille de ses grognards ?  Dimanche, Gérard Collomb (devenu  ministre de l’Intérieur) avait les larmes  aux yeux, tandis que le chef passait ses  briscards en revue en leur caressant  nuque et joue. Pour le téléspectateur  distrait, ces scénographies sur la  continuité historique font leur effet.  Il n’empêche : la vigilance devra être  de tous les instants, tant est grande  la tentation du président de voir dans  les  « quartiers  populaires »  l’unique  expression du peuple français et de son  destin. Dimanche, il a d’ailleurs boudé  la grande parade parisienne.

Là aussi est la duperie : dans l’artifice qui s’attache au macroniste quand il  parle de  « clarté » . Elle a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur ,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien » . Quant  à l’exigence de transparence et  de moralité qui ouvre ce quinquennat,  elle pèche aussi par ses exceptions.  Vouloir éviter les conflits d’intérêts en  exigeant des politiques qu’ils dévoilent  leurs éventuelles relations d’affaires est  une bonne chose. Cependant, le chef de  l’État ne dit rien de son réseau d’amis  banquiers, responsables du CAC 40,  créateurs de start-up, hommes  d’influence qui ont financé sa campagne  jusqu’à 15 millions d’euros  (voir mon  blog) . Par qui Macron a-t-il été soutenu  et pour quel objectif ? Question sans  intérêt probablement.

Clivage élitaire-populaire Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite  laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ?

Voir de même:

Polémique autour du retrait des grilles supposées empêcher l’installation de migrants
Alicia.Paule
Le Figaro
07/04/2017

REPORTAGE – La mairie de Paris va enlever en juin les grillages installés depuis plusieurs mois le long de la voie du métro entre Stalingrad et la Chapelle. Cette décision suscite l’inquiétude parmi les riverains qui craignent l’installation de nouveaux campements sauvages.

«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. «Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris», explique Anne Souyris, co-présidente du groupe écologiste de Paris.

Une initiative saluée par plusieurs associations humanitaires dont le collectif Solidarité Migrants Wilson. «Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner», confie au Figaro une militante.

Parmi les riverains du XIXème arrondissement de Paris, confrontés depuis plusieurs mois à l’arrivée massive de migrants dans leur arrondissement, la décision ne fait pas l’unanimité et suscite de nombreuses inquiétudes. «Elles sont indispensables! Si la mairie les enlève, les campements sauvages vont revenir et ça, ce n’est vraiment pas possible», s’insurge Didier, patron d’un bistrot situé près de la place de Stalingrad, qui a vu son chiffre d’affaires chuté de 12%.

«La mairie peut enlever les grilles, cela ne changera rien au problème. Les migrants reviendront se poser là. Je n’ai rien contre eux. Mais il faut être honnête depuis qu’ils se sont installés dans le coin, c’est devenu l’enfer pour nous. On a dû fermer plusieurs fois la pharmacie après que des bagarres ont éclaté entre eux et les forces de police», confie Myriam, qui travaille à la pharmacie située à l’angle de la rue d’Aubervilliers.

Colère partagée par Marie-Christine, qui habite sur l’avenue de Flandre (XIXe). «Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville», affirme la retraitée de 78 ans, membre de l’association Demain la Chapelle.

Élisa, étudiante qui loue une chambre depuis plus d’un an près du métro Stalingrad, estime quant à elle «avoir honte» de vivre dans ce quartier. «Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante», confie la jeune fille de 19 ans. Le long des grilles, des débris de verre, des sacs plastique, des restes de nourritures jonchent les trottoirs.

Deux centres d’accueil ouverts

«Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable», déplore une mère de famille. Pour elle, cette situation n’est pas la faute des migrants mais bien celle des politiques qui ne font rien pour les aider. «Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité», ajoute-t-elle.

Depuis le démantèlement de la «Jungle» de Calais en octobre 2016, la capitale a vu l’arrivée de plusieurs milliers de migrants. Ils sont originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée ou encore du Soudan. Les exilés ont établi des campements sur les trottoirs et sous les ponts de Paris. Leur point de chute: au carrefour du Xe, VIIIe et XIXe arrondissement, où se situe l’association France terre d’asile. Des installations précaires qui sont quotidiennement évacuées par les forces de police.

Face à cette crise, la mairie de Paris a ouvert depuis novembre deux centres d’accueil: l’un situé à Porte de la Chapelle, l’autre à Ivry-sur-Seine. Tout deux déjà dépassé par l’afflux des réfugiés. Amahr, un Syrien de 19 ans qui est arrivé en France il y a six mois, fait la queue tous les jours pour tenter d’avoir un hébergement pour lui et son jeune frère. «Je dors dans une tente juste à côté du centre d’accueil. Chaque jour, j’y vais pour obtenir une place pour mon frère, il n’a que dix ans à peine. Moi, je peux rester dehors, mais pour lui c’est dur», confie-t-il dans un français approximatif lors d’un repas solidaire organisé jeudi par l’association Positive Planet. Aujourd’hui, près de «8000 migrants sont actuellement hébergés en Ile-de-France, dont 90 % relèvent de la demande d’asile», selon les estimations de la préfecture de Paris.

Mais la mesure est jugée «bien trop insuffisante» pour Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile. «La situation ne s’arrangera pas tant qu’il n’y aura pas une politique publique adaptée. Il est nécessaire de créer des centres pour migrants plus grands et surtout répartis à travers la France».

Voir de plus:

Elisabeth Lévy : «Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre»

  • Alexandre Devecchio
  • le Figaro
  • 20/05/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie du dernier numéro de la revue Causeur, Elisabeth Lévy revient pour FigaroVox sur le sacre d’Emmanuel Macron. Son analyse est caustique et sans concession.


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro consacre un dossier à l’élection d’ Emmanuel Macron


Emmanuel Macron est donc le huitième président de la Ve République. Sa victoire n’est-elle pas un peu votre échec?

En tout cas, la France qui gagne a gagné. Le système est mort, vive le système!, pourrait-on ajouter. En effet, nous n’assistons pas à une révolution, plutôt à un changement de dynastie. Le président de la République incarne, avec talent, et surtout avec clarté, ce qu’on a appelé la «pensée unique», et le «cercle de la Raison», expression inventée je crois par Alain Minc. Il ne prétend pas renverser la table, en l’occurrence la technostructure – économique, administrative, culturelle – qui, derrière les élus, participe à la conduite de la société, il veut la sauver en lui donnant de nouveaux visages. Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président.

Qu’entendez-vous par «perdants», les pauvres, les chômeurs? Et que devrait faire le Président pour les rassurer?

Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français.

La France qui gagne, la France qui perd: n’est-ce pas un peu caricatural?

Peut-être, mais pas plus que le score réalisé par Macron à Paris: 90 %! Cependant, rassurez-vous, la frontière entre les deux France n’est pas étanche: même à Causeur, où règne cette aimable pagaille idéologique que l’on appelle pluralisme, il y a quelques macronistes du premier tour et de la première heure (j’espère qu’on s’en rappellera quand nous serons jugés pour dissidence). Ils ont essuyé force blagues pendant nos réunions de rédaction et maintenant, ils se paient notre tête. Ce sont les amusements de la démocratie. Plus sérieusement, pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale.

En attendant, il n’y a rien de très nouveau dans l’incantation européenne.

Sauf que, à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. Le mois dernier, l’excellent Basile de Koch écrivait ceci dans Causeur: «Non seulement il n’y a qu’une politique possible, mais personne n’a jamais réussi à l’appliquer.» Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme.

Au-delà de la synthèse libérale-libertaire réalisé depuis longtemps par des rebelles devenus publicitaires, comment définiriez-vous le progressisme de Macron?

En partie comme une façon de feindre d’organiser les mystères qui nous dépassent, c’est-à-dire d’adhérer au changement qui survient et que l’on tient pour inéluctable. Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens.

Que voulez-vous dire? Que cacherait ce déni?

Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine.

En attendant, il a gagné. Votre diagnostic sur la société française n’était-il pas complètement à côté de la plaque?

Voulez-vous dire, comme Zemmour l’a lancé à Finkielkraut l’autre soir, que nous sommes devenus désuets, ringards, et que la France, revigorée par un grand bol d’optimisme macronien, n’a que faire des attachements dont nous nous encombrons? Ringard vous-même! On verra si Macron est un antidote à la dépression identitaire. En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs.

Les questions identitaires ont été très peu abordées durant cette campagne. Est-ce seulement la faute des journalistes ou intéressent-elles finalement moins les Français que les questions économiques et sociales?

Il est difficile de répondre à cette question de poule et d’œuf mais le résultat est là. J’ai été atterrée par la focalisation de la campagne, en particulier des débats télévisés, sur les questions économiques ou plutôt micro-économiques, comme si on votait en fonction de ses seuls intérêts matériels: combien d’impôts, quelle retraite, quelles charges? Il est normal de se soucier de son niveau de vie et de celui de sa famille, mais la contribution de nos générations à l’histoire humaine sera-t-elle d’avoir inventé un homme qui se nourrisse exclusivement de pain? Que l’économie, c’est-à-dire l’organisation de la production, des échanges et de la redistribution, qui modèle l’ensemble de la société, soit au cœur de l’action publique, c’est légitime. Qu’elle en soit l’unique finalité, le seul critère, est un brin déprimant car cela entretient le feu croisé des ressentiments, chacun étant sans cesse invité à compter ce qu’il n’a pas, donc à recenser ce que son pays devrait faire pour lui. François Hollande a installé comme une évidence l’idée que sa réussite se mesurerait exclusivement à l’inversion de la courbe du chômage. Si, pour vaincre le chômage, la France devait devenir une petite province du marché mondial, parlerait-on de réussite? Pardon de sortir les grands mots, mais l’avenir de notre civilisation ne pourrait-il pas être l’un des horizons de la politique? L’élection présidentielle n’est pas l’entretien d’embauche d’un chef de service.

Emmanuel Macron a plutôt réussi ses premiers pas. Le soir de sa victoire, il a su s’adresser aux perdants de la mondialisation qui n’avaient pas voté pour lui. Lors de la passation de pouvoir, il a également fait preuve d’une verticalité qu’on ne lui connaissait pas. Pourriez-vous être séduite? Et si vous vous étiez trompée sur son compte …

Je serais enchantée d’être déçue en bien, comme on dit en Suisse. Et je ne l’exclus pas. Il faut peut-être rappeler que l’opposition n’a nullement besoin de détestation. Durant l’entre-deux tours, on a assisté à un déferlement de haines concurrentes: des «fachos» – ça c’est un devoir citoyen -, des ni-nistes, traqués comme traîtres à la sainte cause. Emmanuel Macron en a eu plus que sa part, que l’on songe à la tribune dans laquelle François Ruffin, auteur de Merci Patron et héros de la France insoumise, répète avec délectation: «Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï». Et pourquoi tant de haine? Parce que le chef de l’Etat a été banquier, un crime intolérable, et qu’il est «riche» – ce qui est assez relatif et parfaitement autorisé. Au-delà même de son projet, on peut trouver son côté premier de la classe – ou gendre idéal – agaçant et ses tics de langage insupportables. La haine, je n’achète pas.

Mais vous me demandez si je pourrais être séduite. On verra: on ne m’a pas si facilement, avec quelques jolies phrases! Je ne me lasse pas du spectacle de tous ces routiers du pouvoir s’extasiant et s’attendrissant sur la jeunesse et sur les innombrables qualités du jeune prince. Certes, cette jeunesse lui permet d’apprendre vite. De fait, il n’a pas répété au soir du 7 mai les erreurs qu’il avait commises le 23 avril. Et comme la verticalité est largement affaire de rituels, je vous accorde qu’il se verticalise, même si, comme l’observe Régis Debray, en même temps, il s’américanise. Cependant, nous n’allons pas passer le quinquennat à commenter les symboles du Président d’autant plus que, sur ce terrain là, le syndrome «en même temps» joue à plein, il suffit de gratifier chaque groupe de sa petite dose. Allez, je vous fais un aveu. Après François Hollande qui gouvernait sous la surveillance du Monde, que Macron tienne la dragée haute aux journalistes m’amuse beaucoup. Les sociétés de rédacteurs s’étranglent de rage parce que l’Elysée prétend, semble-t-il, choisir des interlocuteurs compétents, ce qui est assez outrecuidant, et, plus généralement, ne manifeste pas à l’égard de la profession la déférence à laquelle elle est habituée. Je trouve cette ingratitude très présidentielle. Et pour le coup passablement verticale.

Marine Le Pen s’est montrée brouillonne, agressive, grossière lors du débat. Ne vous étiez vous pas trompée également sur son compte? Comment expliquez-vous un tel naufrage?

La démocratie, c’est l’espace de l’engueulade civilisée. Ce soir-là, Emmanuel Macron avait l’air de quelqu’un avec qui on peut s’engueuler. Pas elle. Elle aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai.

Macron se dit, «Et de droite et de gauche» et refuse ainsi de confondre la gauche avec le camp du bien. Une absence de manichéisme qui devrait vous plaire …

Ah oui, quel grand Président! Blague à part, je sais gré à Emmanuel Macron d’avoir brisé le sortilège sémantique qui obligeait la plupart de ses anciens amis à attester régulièrement la ferveur de leur foi «de gauche». Quand Manuel Valls, cédant à l’intimidation, a longtemps donné des gages de la sienne, Macron, en avance sur ses camarades, se fichait de l’Église et de son clergé. Le plus triste est que la gauche laïque ait disparu dans la bataille: si République en marche ne présente pas de candidat face à Manuel Valls, ce n’est pas grâce à sa singularité laïque, mais malgré elle. Et que Malek Boutih n’ait pas bénéficié du même traitement est de fort mauvais augure. Reste que le mot magique qui a fait la pluie et le beau temps dans la vie intellectuelle – et empêché pas mal de monde de penser -, autrement dit, le mot «gauche», est en passe d’être sérieusement démonétisé. Il ne mordra plus personne. Tant mieux.

Le macronisme a également le mérite de clarifier le débat politique et de révéler les vrais clivages au-delà des petites guerres partisanes…

En effet, la recomposition qui commence est une clarification et je m’en félicite. Après avoir clamé pendant des années que la droite de la gauche et la gauche de la droite partageaient l’essentiel, et menaient, peu ou prou, la même politique dont tous assuraient que c’était la seule possible tout en jurant qu’elle tranchait radicalement avec celle de leurs adversaires, je ne vois pas comment on peut hurler à la trahison au prétexte que Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire et pourquoi pas demain NKM ou Juppé travaillent ensemble sous la houlette d’Emmanuel Macron. Reste à savoir ce qui se passera dans le reste du champ politique.

L’élection est également un défi pour Causeur et les idées que la revue défend. Sa victoire vous invite-t-elle à vous réinventer? La dérision et la contestation doivent-elles davantage laisser la place à la persuasion et la proposition?

D’abord nous ne pratiquons pas la dérision mais l’ironie et la critique. Nous ne sommes ni cyniques, ni méchants. Ensuite, cette élection et la situation qu’elle crée sont au contraire un puissant excitant pour qui aime réfléchir à la chose publique et au mouvement des idées. La seule question du libéralisme pourrait nous occuper tout le quinquennat. Et puis nous comptons bien jouer un rôle de vigie sur le front de la laïcité, de la République, des territoires perdus. Bref, Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre. D’ailleurs, grâce à lui nous avons connu les disputes les plus animées de toute l’histoire de Causeur. C’est un bon début, non?

Voir encore:

Macron a incarné le «dégagisme soft»

Entretien avec le sondeur Jérôme Fourquet

Daoud Boughezala
Causeur

19 mai 2017

Le président élu a su faire fructifier l’aspiration au renouvellement et l’espoir d’un retour à une certaine unité nationale. Mais il aurait tort d’oublier les inquiétudes identitaires des Français.

Propos recueillis par Daoud Boughezala

Causeur. Depuis plusieurs années, vous observez la droitisation de la société française. Or les scores cumulés de Marine Le Pen, François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan atteignent à peine 45 % au premier tour…

Jérôme Fourquet.1Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016.

Qu’entendez-vous par là ?

Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire.

Malgré cette forte demande d’autorité, Marine Le Pen a réalisé une performance en demi-teinte. Faut-il l’imputer à sa stratégie gauchisante ?

Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays.

Passons au tracé de la carte électorale. Pour être élu, notre nouveau président n’a pas séduit que des traders…

Quels que soient les couches sociales et les territoires, Emmanuel Macron a bénéficié d’un matelas minimum d’à peu près 15 % partout, avec des pointes beaucoup plus élevées dans les segments acquis. Cela tient au fait que ce vote s’est appuyé sur des ressorts très présents et assez consensuels dans la société française. On a ainsi un candidat qui se positionne comme l’incarnation du renouvellement. Dans un esprit de « dégagisme soft », il s’agissait avant tout de virer toutes les vieilles badernes. Deuxième élément, les enquêtes d’opinion montrent depuis longtemps qu’il y a une très forte aspiration à ce que tous les humanistes de bonne volonté se donnent la main et forment une grande coalition à l’allemande pour sortir le pays de l’ornière. Grâce au ralliement de socialistes, de centristes, de libéraux, Macron a alors incarné ce que Bayrou n’avait pas réussi à faire par le passé. Troisième élément: il a été le seul candidat à brandir le drapeau européen. Ce n’est pas quelque chose qui est très à la mode aujourd’hui, mais il reste une frange conséquente de la population attachée à l’idéal européen.

Y compris au sein de la France périphérique, que Christophe Guilluy estime très hostile à l’ UE ?

Certainement. Même à Vierzon, certes dans des proportions moindres qu’à Paris, on rencontre des profs qui ont fait Erasmus et trouvent ça génial. Là où je me distingue un peu de Christophe Guilluy, dont la grille d’analyste reste cependant pleinement opérante, c’est que les chiffres que je recueille ne s’inscrivent pas totalement dans une logique de système. Quand on regarde en détail les résultats électoraux, on a rarement du 90 %-10 % mais plutôt du 60 %-40 % ou 70 %-30 %. Même dans la France périphérique, il y a toujours un « résidu » au sens statistique du terme. 50 % des Français pensent que l’avenir du pays est sombre quand 50 % sont optimistes. Or on retrouve des optimistes partout même s’ils sont nettement moins nombreux dans la France périphérique qu’au cœur de Paris. Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.

C’est-à-dire ?

La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…

Les législatives arrivent. En marche ! et le président Macron auront-ils une majorité ?

À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République !…

Voir également:

Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques

L’idée n’est pas absurde, mais ce n’est pas au pouvoir d’en décider.

Daniel Schneidermann
Le Nouvel Obs
19 mai 2017

Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer     le portrait dans une sorte d’entonnoir.

On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ?

C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Evincer les journalistes politique

Son portrait tiré, le gouvernement ayant manifestement du temps libre, et sans doute pas assez de sujets sérieux à traiter, il s’est mis en tête de réformer le travail de la presse accréditée.

En substance, comme vous l’avez lu ici hier, de décider à la place des rédactions quels journalistes seraient autorisés à suivre John Fitzgerald Macron dans ses déplacements triomphaux. Objectif avoué : évincer les journalistes politiques au bénéfice des journalistes spécialisés (le rubricard santé dans une visite d’hôpital, le rubricard oenologie dans une exploitation viticole, etc).

Objectif, selon le communicant de l’Elysée Sylvain Fort, interrogé par @si : répondre à des questions « plus techniques, plus pertinentes ». Cet évincement des journalistes politiques est un fantasme ancestral des responsables politiques. Précisons : des politiques une fois parvenus au pouvoir. Autant le journaliste politique est indispensable à l’opposant, ou au challenger, pour « exister » médiatiquement, autant il est alors suralimenté en confidences, en offs, en gossips, en dézingages des rivaux, autant il devient encombrant aux yeux de l’homme de pouvoir, qui n’a plus pour objectif que de faire valoriser son « action », ses projets, ses plans, et ses rataplans.

La presse est assez grande

En elle-même, l’idée n’est pas absurde. Le poids des journalistes politiques, dans les rédactions, au détriment de tous les autres spécialistes, est une des raisons (la principale ?) de la superficialité de cette presse. 99 fois sur cent, les reportages sur un voyage ou un déplacement politiques se réduisent à une petite phrase sur la péripétie politicienne du jour, au détriment de l’usine pilote, du quartier réhabilité, de la ferme modèle, du service hospitalier innovant, sur lesquels on voulait attirer l’attention, et qui se réduisent à une sorte de vague décor estompé.

C’est totalement idiot, abêtissant pour les citoyens, et on comprend que ce soit rageant pour le pouvoir. Mais ce n’est évidemment pas au pouvoir d’en décider. Ce n’est pas au pouvoir de choisir le type de traitement médiatique dont il souhaite bénéficier.

Dans la nouvelle ère comme dans l’ancienne, la presse est bien assez grande pour se sauver, ou pour couler, toute seule.

Voir encore:

Non, cher Manuel Valls, les quartiers populaires ne sont pas antisémites
Huffington Post

22/07/2014
Marlène Schiappa Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ». Comme vous, j’ai grandi dans des quartiers que l’on qualifie pudiquement de « sensibles » et qui ont l’honneur de passer régulièrement dans des émissions du style: « Dans l’enfer des cités parisiennes où la police ne va plus ». Mon collège se trouvait en ZEP, et j’ai vécu à Lupino, un quartier chaud de Bastia, présenté comme « périphérique, difficile ». Façon polie de dire qu’il est ravitaillé par les corbeaux et que les enfants jouent dans les carcasses de voitures le soir en bas des barres d’immeubles.

Dans Le Livre de la Jungle, Kipling écrit « on peut sortir l’enfant du cœur de la jungle, mais on ne peut pas sortir la jungle du cœur de l’enfant. » Aujourd’hui, on peut sortir l’enfant du cœur du « quartier populaire », mais on ne peut pas sortir le « quartier populaire » du cœur de l’enfant. C’est pourquoi, même après être passée par un lycée du 16e arrondissement de Paris et même après avoir pris l’ ascenseur social jusqu’aux banlieues dorées des Hauts-de-Seine, j’ai toujours continué à travailler avec, pour et dans les « quartiers populaires ». Et quinconque a grandi dans une banlieue, dans une cité, ne peut s’empêcher de répondre quand son quartier est interpellé.

Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires.

L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athés vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. Voltaire parlait au XVIIIe siècle des Juifs comme du « peuple le plus abominable de la terre » et, si les Voltairiens évoquent l’ironie, il n’en reste pas moins que les écrits témoignent d’une haine des Juifs en France à son époque. En 1886, Edouard Drumont, alors directeur du journal Le Monde, publie « La France Juive », vendu à plus de 150.000 exemplaires et considéré comme une des bases de l’antisémitisme français. Il affirme par exemple que « La Révolution [française] a profité au Juif. Tout vient du Juif, tout revient au Juif. »

Dreyfus au XIXème siècle, condamné par qui? Par les habitants des quartiers populaires? Sont-ce les quartiers populaires qui gouvernaient sous Vichy? Qui ont édicté, de leur propre chef, des lois comme: Exclure les Juifs de la fonction publique, confisquer leurs biens, les dénaturaliser, les acheminer vers les camps… Non, monsieur le Premier Ministre, ces actes horribles que vous avez vous-même dénoncés hier ne sont pas le fait des habitants des quartiers populaires. Et ne sont pas plus tolérables quand ils viennent des beaux quartiers.

Les quartiers dits populaires sont les plus métissés de France. Dans le quartier des Sablons, au Mans, 27 nationalités vivent ensemble. Les habitants des quartiers populaires n’ont pas créé le communautarisme, ils en sont les victimes. Et quand enfin ils et elles pensent avoir un peu de répit, enfin, une trêve pour eux aussi, une pause dans les insoutenables rejets, refus, stigmatisations; non pas de logement pour vous, non pas de travail non plus, et pas d’entrée en soirées; quand enfin, les habitants des quartiers populaires s’imaginent avoir droit au respect et à une vie sereine, une loi interdit aux mères de famille voilées d’accompagner les sorties scolaires au nom de la laïcité dévoyée!

L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.

D’après l’Observatoire des Inégalités, le chômage est 2,5 fois plus élevé dans les quartiers populaires que partout ailleurs sur le territoire, atteignant 24% de la population. Les habitants des quartiers populaires subissent la discrimination à l’embauche concernant leur adresse, en plus parfois de leur origine ou de leur genre, voire de leur religion réelle ou supposée: « Français ou immigré, je ne recrute personne qui vienne de quartiers chauds, on va pas se mentir ce sont des fouteurs de merde et leurs RER sont toujours en retard » avait ainsi déclaré le DRH d’une grosse PME en marge d’une conférence sur l’emploi, l’an dernier.

Pour ces raisons ou parce que l’accès à une formation qualifiante y est plus difficile qu’ailleurs, chez les moins de 24 ans, dans les quartiers populaires, le chômage atteint même 45% de la classe d’âge! Le taux de pauvreté y atteint 40% d’après une étude du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales pour la Gazette des communes. Et que dire de l’image renvoyée par certains grands médias? Acrimed note ainsi « En dépit de leur diversité, la plupart des médias diffusent une représentation tellement partielle et partiale des quartiers et des classes populaires que celle-ci renforce, en les justifiant ou en les banalisant, les formes d’injustice ou de discrimination dont elles sont par ailleurs l’objet. »

Oui, monsieur le Premier Ministre, les habitants des quartiers populaires vivent dans des conditions matérielles, financières, humaines, extrêmement difficiles; de Roubaix aux quartiers Nord de Marseille. Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine: « Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. » A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président.

On ne lutte pas contre l’intolérable stigmatisation des Juifs de France en stigmatisant tout aussi intolérablement les habitants des quartiers populaires. Les Roms, les Musulmans, les habitants des quartiers populaires ne doivent pas, pas plus que les Juifs, être désignés comme les ennemis publics de la République. Il devient urgent de nous souvenir de notre dénominateur commun, de ce qui nous fait vivre ensemble dans une République une et indivisible.

Non, monsieur le Premier Ministre, on ne répare pas une discrimination par une autre discrimination.

Voir de même:

Barbara Lefebvre : « L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France »

Co-auteure de « Une France soumise. Les voix du refus*», un recueil de témoignages et d’expertises sur l’offensive de l’islam radical, cette professeure d’histoire-géographie examine la sécession culturelle à l’œuvre sur le territoire.

Actualité Juive : En quinze ans, ce qui était alors des « territoires perdus » de la République se sont étendus plus largement dans le pays. Quelles ont été les dates charnières de ce pourrissement social et idéologique ?

Barbara Lefebvre : Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre.

A.J.: « Une France soumise » décrit par le menu la stratégie de grignotement des islamistes pour accroître leur domination dans les esprits mais aussi sur des pans entiers de territoire. « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession », s’alarme la philosophe Elisabeth Badinter, dans la préface au livre. Comment les « voix du refus » auxquelles vous avez tendu l’oreille résistent-elles à cette offensive ?

B. L. : Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste.

Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui.

Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes.

A.J.: La fameuse injonction « pas de vague »…

B. L. : Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences.

Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol

A.J.: Ces quinze dernières années ont également vu progresser en France ce que vous qualifiez d’ « antisémitisme décomplexé ». De quelle manière cette judéophobie s’articule-t-elle au phénomène plus global de désagrégation que vous dénoncez ?

B. L. : L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles.

L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol.

Voir enfin:

Si Le Pen avait été élue… le plan secret pour « protéger la République »

Les pouvoirs publics, qui redoutaient, en cas de victoire du Front national, des manifestations violentes, avaient imaginé un scénario politique totalement inédit. Révélations.

Mathieu Delahousse
Nouvel Obs
17 mai 2017

Le plan n’a jamais été écrit noir sur blanc, mais tout était fin prêt. Son déroulé était si précisément envisagé qu’une poignée de membres du gouvernement, de directeurs de cabinet et de très hauts responsables de l’Etat peuvent encore le décrire de tête, étape par étape. Ce plan, qui pourrait s’intituler « Protéger la République », a été construit de façon informelle alors que la candidate du Front national grimpait dans les sondages et que des remontées d’informations faisaient craindre des troubles majeurs à l’ordre public si elle était élue. Un des hommes mis au courant de ce projet commente anonymement :

« C’était une fusée à plusieurs étages. La philosophie, et la priorité impérative, c’était de maintenir la paix civile en respectant totalement nos règles constitutionnelles. »

Pour en donner les détails, « l’Obs » a recoupé les éléments auprès de trois sources, au sein du gouvernement sortant et d’institutions de l’Etat.

Le pays au bord du chaos

Les stratèges qui ont conçu ce plan B anticipent qu’au lendemain de la victoire du Front national le pays risque de se retrouver au bord du chaos. Etat de sidération, manifestations républicaines, mais surtout violences extrêmes, notamment …

Sondage : Macron et Philippe privés d’état de grâce

  • Tristan Quinault Maupoil
  • Le Figaro
  • 18/05/2017

Le couple exécutif n’a pas la confiance de la majorité des Français au lendemain de sa victoire.

Un premier sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique (*) indique jeudi que les Français ne sont pas prêts à faire confiance les yeux fermés au nouveau couple exécutif. Le président de la République bénéficie de 45% de cote de confiance. 46% des Français ne lui font pas confiance, 9% sont sans opinion. Au même stade de son mandat, François Hollande obtenait, en 2012, un meilleur taux de confiance (58%). De même pour Nicolas Sarkozy en 2007 (59%) ou encore Jacques Chirac (61% en 1995 et 53% au début de son deuxième mandat en 2002). «On sent un certain attentisme des Français et face à eux, un président de la République et un premier ministre qui vont avant tout devoir faire leurs preuves», commente Yves-Marie Cann, le directeur des études politiques d’Elabe cité par Les Echos.

Sans surprise, c’est chez ses électeurs du premier tour qu’Emmanuel Macron obtient sa meilleure cote de confiance (92%). Viennent ensuite les électeurs de Benoît Hamon (56%) puis les électeurs de François Fillon (49%). «La double déception, suite à la fois au quinquennat de Nicolas Sarkozy à droite et celui de François Hollande à gauche, fait que les Français ne se contentent plus des promesses et ne s’attendent pas à ce que la situation s’améliore sous le seul effet de l’élection», juge Yves-Marie Cann.

Le score d’Edouard Philippe n’est pas plus positif, loin de là. Le premier ministre obtient seulement 36% de confiance. A noter que 21% des personnes interrogées se disent «sans opinion» à son egard, preuve que le maire du Havre pâtit d’un manque de notoriété. Lorsque Jean-Marc Ayrault est arrivé à Matignon, il bénéficiait d’une cote de 56%.

Issu des rangs de la droite, Edouard Philippe ne parvient pas à obtenir la confiance de tous les électeurs de François Fillon. 45% lui font confiance, quand 40% ne la lui accordent pas. C’est chez les électeurs d’Emmanuel Macron qu’il obtient le meilleur score (73%).

Législatives: la majorité présidentielle en hausse

Si les taux de confiance du couple exécutif ne sont pas très élevés, cela n’empêche pas les électeurs d’envisager de voter pour la majorité présidentielle aux élections législatives de juin. 32% envisagent de le faire selon une enquête Harris Interactive pour France télévisions, publiée jeudi (**). C’est trois points de plus que lors de la précédente enquête du 11 mai et six points de plus que dans l’enquête du 7 mai. Surtout, c’est huit points de plus que le score d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle.

À l’inverse, les Républicains et l’UDI sont crédités de 19% des voix (-3 points par rapport au 7 mai). Un score et une tendance identiques pour le Front national. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon progresse (15%; +2 points) et le Parti socialiste continue sa descente infernale, crédité de 6% des voix (-2points).

(*) Sondage réalisé les 16 et 17 mai auprès d’un échantillon de 999 personnes, par Internet, selon la méthode des quotas.

(**) Enquête réalisée en ligne du 15 au 17 mai 2017 (après la nomination d’Édouard Philippe comme premier ministre, et avant la présentation du nouveau gouvernement), auprès d’un échantillon 5 015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus comprenant un échantillon de 4 598 inscrits sur les listes électorales.


Présidentielle 2017: Quand le déni du réel devient devoir civique (In bruising TV debate, Emmanuel Macron denounces the candidate for France’s clingers and deplorables as unworthy and parasitic)

4 mai, 2017
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
J’ai toujours été reconnaissant de l’amitié du peuple français et du travail que nous avons accompli ensemble quand j’étais président des Etats-Unis. Je n’ai pas l’intention de m’impliquer dans beaucoup d’élections, maintenant que je ne me présenterai plus en tant que candidat. Mais l’élection française est d’une importance capitale pour l’avenir de la France et les valeurs que nous chérissons, parce que la réussite de la France importe au monde entier. J’admire la campagne qu’Emmanuel Macron a menée. Il a défendu des valeurs libérales [progressistes, ndlr]. Il a mis en avant le rôle important que la France joue dans l’Europe et dans le monde. Il s’est engagé pour un avenir meilleur pour les Français. Il s’adresse à leurs espoirs, et non à leurs peurs. Et j’ai récemment eu le plaisir de parler avec Emmanuel de son mouvement et de sa vision pour l’avenir de la France. Je sais que vous faites face à de nombreux défis et je veux que tous mes amis en France sachent à quel point je veux votre réussite. Parce que cette élection est trop importante, je veux que vous sachiez que je soutiens Emmanuel Macron pour aller de l’avant. En marche. Vive la France », conclut l’ancien président démocrate. Barack Hussein Obama
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit. Je veux mener la politique qui n’a jamais été menée ces trente dernières années. Emmanuel Macron
On ne va pas s’allier avec le FN, c’est un parti de primates. Il est hors de question de discuter avec des primates. Claude Goasguen (UMP, Paris, 2011)
A la limite, je préfère la savoir dans un arbre qu’au ministère de la Justice. Anne-Sophie Leclère
Pourquoi on tolérerait tous ces chanteurs de cantiques de l’Internationale et pas les autres? Jean-Claude Gaudin
Faire le jeu de Le Pen, qui l’a fait mieux et avec une science plus consommée que le mortifère Mitterrand en son temps ? Il y a d’ailleurs eu quelque chose de profondément déplaisant à voir la fille de celui-ci venir sur un plateau déclarer avec candeur qu’elle allait voter Chirac en se bouchant le nez, sans qu’aucun serf médiatique ose lui rappeler que s’il y a bien quelqu’un qui a savamment peloté à son profit pendant quatorze ans la boule puante qui vient de nous exploser au nez c’est son père. De même, par la bouche mielleuse de ses représentants, la gauche sublime et fracassée, mais toujours aussi magnifique, ne s’est-elle pas privée de reprocher tartuffiennement à la droite de ne pas manifester à ses côtés dans la rue. Et personne n’a osé lui répondre que d’abord c’était sa rue, gloubiboulguisée à son image et ressemblance, et transformée en espaces de création, en zones franches pour le libre tapage des teufeurs sacrés de la scène techno ; et, surtout, que c’était son Le Pen. On leur laisse tout ça. Qui d’autre en a l’usage ?Pour comprendre dans ses tréfonds l’extase anti-lepéniste de ces derniers jours, il suffit de se souvenir, a contrario, de l’enthousiasme très modéré qu’avait suscité chez ces mêmes anti-lepénistes, à la fin de 1998, la brutale scission du Front national. L’éditorialiste Serge July, sous le coup de cette surprise, qui aurait dû être considérée, et à bon droit cette fois, pour divine, mais qui ne le fut pas du tout, alla jusqu’à écrire avec mélancolie : « Jean-Marie Le Pen est devenu bizarrement indispensable au bon fonctionnement de la démocratie française. »Il fallait comprendre que la modernité emballée en avait besoin pour rendre ses surenchères de toute façon plus aimables que lui ; et que s’il n’existait plus, il fallait le réinventer. Eh bien ça y est. Le malheur des temps l’a ressuscité in extremis. Philippe Muray (2002)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
C’est le comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Jean-Luc Mélenchon (sur Pierre Moscovici, 23.03.13)
Ce jour est un jour de deuil pour nous et pour de très nombreux peuples et militants. Nous nous sentons liés de cœur. Chavez a été la pointe avancée d’un processus large dans l’Amérique latine qui a ouvert un nouveau cycle pour notre siècle, celui de la victoire des révolutions citoyennes. (…) Ce qu’est Chavez ne meurt jamais. C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution. (…) Il n’a pas seulement fait progresser la condition humaine des Vénézuéliens, il a fait progresser d’une manière considérable la démocratie.  (…) Les Européens si prétentieux, arrogants, méprisants, l’infecte social-démocratie qui depuis 24 heures se répand en injure contre les figures progressistes d’Amérique latine feraient bien de se souvenir qu’au Venezuela contrairement à la France (…) on a fait reculer la pauvreté de manière spectaculaire, éradiqué ce qui est classé comme extrême pauvreté (…) l’analphabétisme a été éradiqué (…) on est parvenu à faire progresser de 70% la scolarisation des enfants. Voilà le bilan que nous portons fièrement à l’heure où l’image d’Hugo Chavez va se retirer. J’ai honte pour nous tous en Europe du niveau lamentable des commentaires que j’ai vus. Comment pouvez-vous être aussi infâmes et aussi bas? Comment pouvez-vous être devenus à ce point aussi insensibles à ce que représente le progressisme latino-américain dans ces moments de l’histoire pour avoir pour tout commentaire des insultes ?. (…) Les cendres de Chavez sont chaudes, sont brûlantes, et nous avons au cœur non seulement l’idée que nous continuons ce combat mais la haine intacte que nous avons contre les puissants et les puissances qui même à l’heure de la mort sont incapables du respect qu’ils manifestent pour tant d’autres qui le méritent moins. Jean-Luc Mélenchon (2013)
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique Reynié
Toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans, et bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes. Roger Cukierman
En octobre 2004, dans son rapport intitulé Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Jean-Christophe Rufin notait une diminution du rôle de l’extrême droite dans la responsabilité des violences antisémites et, en revanche, une augmentation de celui d’une frange de la jeunesse issue de l’immigration. (…) L’intérêt de la seconde enquête est de vérifier l’hypothèse d’un nouvel antisémitisme, avancée il y a presque quinze ans par Pierre-André Taguieff et reprise par Jean-Christophe Rufin dans son rapport de 2004. Il s’agit donc de savoir si les musulmans vivant en France sont plus ou moins susceptibles que la moyenne de la population nationale à partager des préjugés contre les Juifs, voire à développer une vision antisémite. (…) Enfin, pour comprendre ce regain des mauvaises pensées, il faut compter avec l’influence majeure d’un nouvel acteur, le Web, dont le rôle est rapidement devenu déterminant dans le domaine de l’information mais aussi de l’engagement politique, de la mobilisation militante et de la prise de parole en général et de type protestataire en particulier. La force du Web est décuplée par ses vertus apparentes et pour partie réelles: égalitarisme, spontanéisme, authenticité, immédiateté, universalité… Mais ce nouvel espace public est fortement porté par la possibilité singulière d’émettre des messages, des opinions, de les recevoir, de les partager, sans avoir nécessairement à décliner son identité, c’est-à-dire sans devoir engager sa responsabilité. Dans toute l’histoire de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion, c’est une situation inédite. Ces outils offrent aux antisémites et aux racistes un statut d’extraterritorialité et, finalement, une impunité de fait, qui ne permet plus aux États de droit ni d’assurer la défense des valeurs humanistes ni de punir ceux qui se rendent coupables de les transgresser. (…) Il y a les opinions et il y a les agressions. En France, jamais nous n’avons réussi à descendre au-dessous de la barre de 400 actes antisémites par an depuis le début des années 2000, et l’année 2014 connaît une augmentation impressionnante (+ 91 %). Ainsi, de janvier à juillet 2014, comparativement à la même période en 2013, on a relevé 527 actes antisémites contre 276. La moitié des actes racistes sont des actes contre les Juifs, qui représentent probablement moins de 1 % de la population. Sur le Web, on note l’installation d’un antisémitisme déchaîné. Au cours de l’été 2014, lors des manifestations contre l’intervention israélienne dans la bande de Gaza, des slogans «Mort aux Juifs !» ont été entendus à Paris, place de la République; à Sarcelles, ces cris ont débouché sur la mise à sac de commerces au motif qu’ils appartenaient à des Juifs. Une synagogue a été attaquée. Il en va de même pour les actes atroces commis récemment: l’assassinat, en 2006, d’Ilan Halimi par le gang de Youssouf Fofana; celui, en 2012, de Jonathan Sandler et des enfants Gabriel Sandler, Arieh Sandler et Myriam Monsonego par Mohammed Merah, également meurtrier des malheureux Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf; puis, en 2014, la tuerie de Bruxelles perpétrée par Mehdi Nemmouche. Ne confondons pas ces drames avec des faits sans cause. Ils sont de notre époque et nous disent donc nécessairement de quoi elle est faite. (…) Parmi les informations que nous apporte cette enquête, l’un des points à retenir est certainement le fait que 16 % seulement des personnes interrogées se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle, en France, «il y a plus de problèmes d’antisémitisme que de problèmes de racisme». Autrement dit, 59 % des personnes estiment le contraire, ce qui s’oppose à l’évidence des données sur les agressions antisémites. En France, les actes antisémites constituent 50 % de tous les actes racistes, tandis que la communauté juive représente moins de 1 % de la population nationale. Il faut donc noter que, du point de vue du public, les agressions antisémites ne suscitent pas l’écho et la mémorisation auxquelles on pourrait s’attendre compte tenu de la nature des faits et de leur gravité (…) Selon notre enquête, de tous les partis politiques et des publics qu’ils fédèrent autour d’eux, les sympathisants du Front national et les électeurs de Marine Le Pen constituent l’univers politique et partisan où l’on trouve, et de très loin, le plus d’opinions antisémites et xénophobes. Les sympathisants du FN et ses électeurs ressemblent davantage au discours du fondateur du parti qu’au discours plus policé que sa nouvelle présidente s’efforce de mettre en scène. (…) Les musulmans répondants sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne à partager des préjugés contre les Juifs. La proportion est d’autant plus grande que la personne interrogée déclare un engagement plus grand dans la religion. Ainsi, lorsque 19 % de l’ensemble des personnes interrogées indiquent adhérer à l’idée selon laquelle «les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique», le taux grimpe à 51 % pour l’ensemble des musulmans. Cette question permet d’illustrer les effets de la pratique religieuse sur l’adhésion aux items antisémites: en effet, l’adhésion à cet item est de 37 % chez les personnes qui déclarent une «origine musulmane», de 49 % chez les musulmans croyants» et de 63 % chez les «musulmans croyants et pratiquants». (…) l’idée selon laquelle le sionisme « est une organisation internationale qui vise à influencer le monde», si typique de la vision antisémite, suscite un niveau d’approbation très élevé parmi les musulmans interrogés (44 %), contre 16 % en moyenne de la population âgée de 16 ans et plus. On voit encore ici que la proportion croît avec le degré d’implication religieuse. L’existence d’un complot sioniste est de 30 % chez ceux qui déclarent une «origine musulmane», de 42 % chez les « musulmans croyants » et de 56% chez les «musulmans croyants et pratiquants ». (…) Les préjugés contre les Juifs sont plus répandus au sein de la mouvance du Front de gauche que dans l’ensemble de la société française, mais ils sont moins répandus que dans la mouvance du Front national. Dominique Reynié
Les musulmans sont pris pour cible, ça suffit ! L »‘islamo-fascisme » cautionné par Roger Cukierman, c’est une « terminologie d’une autre siècle et d’autres horizons que les nôtres. Dalil Boubakeur
Considérer que toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulman sont des déclarations irresponsables et inadmissibles qui contreviennent au principe même du vivre ensemble. Communiqué du Conseil français du Culte Musulman (CFCM)
Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons d’être méfiant à l’égard de Dominique Reynié, politocrate omniprésent, et de sa tambouille sondagière. Ses attaques assez ignobles contre Mélenchon, proférées sur le complaisant plateau de France Inter (1) sans déclencher d’autre réaction qu’une timide objection de Thomas Legrand. Les questions à la mords moi le noeud de son sondage Internet. Ses phrases qu’il faudrait découper au scalpel pour en analyser les manipulations, comme par exemple sa dénonciation de « cette idée que les juifs contrôlent l’économie, qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite ». Ces trois propositions (relisez-les bien) énoncées toutes les trois dans la même phrase, passez muscade, sans déclencher, cette fois, la moindre objection de Patrick Cohen. Daniel Schneidermann
Dans la série « les grands vieillards se lâchent », après Tesson, après Dumas, voici Roger Cukierman. Roger Cukierman, 79 ans, est le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Qui représente-t-il exactement ? Qui l’a élu ? Qui le renouvelle à son poste ? Personne ne le sait exactement, mais il est là, il a micro ouvert, et une fois l’an, c’est lui qui invite à un dîner de gala les huiles de la République (largement aux frais du contribuable, d’ailleurs. Le carton d’invitation, mentionnant le prix de 900 euros par couvert, ouvrant droit à une déduction fiscale de 800 euros, fait les délices d’une partie de l’islamosphère. Cukierman, lundi matin, est donc invité d’Elkabbach. Et entre autres énormités, il dit deux choses. Premièrement que sur le plan de l’antisémitisme, Marine Le Pen est « personnellement irréprochable », même si quelques légers antécédents dans son parti empêchent malencontreusement son invitation au dîner annuel. Deuxièmement, que les violences antisémites sont toutes « commises par des jeunes musulmans », même si c’est « une toute petite minorité des musulmans français ». N’empêche qu’il faut absolument que « les musulmans eux-mêmes se mobilisent pour les contrer ».(…) Si on était très mauvais esprit, on serait tenté de conclure que « tous les dérapages islamophobes sont commis par des gérontes juifs ». Ce n’est certes « qu’une toute petite minorité de la communauté juive française ». N’empêche qu’il serait bienvenu « que les Juifs eux-même se mobilisent pour les contrer ». Daniel Schneidermann
Et voilà que Roger Cukierman s’avise soudainement (…) de dire des banalités : d’abord, les violences antijuives sont très majoritairement commises par des musulmans, deuxio que Marine Le Pen, sur ce point est irréprochable – bon, je n’aurais peut-être pas dit irréprochable, mais je dois être plus politique que lui. Ces propos déclenchent un charivari indescriptible et la défection bruyante de Boubakeur. Mais le véritable scandale, celui qui déclenche des réactions furibardes de Jack Lang à Sarkozy, c’est le quitus accordé à Cukierman à Marine Le Pen, comme si, en la lavant du soupçon d’antisémitisme, il risquait de faire sauter la dernière digue qui empêche pas mal d’électeurs, et pas seulement les juifs, de voter FN. L’indignation enfle de toutes parts jusqu’à ce que, le lendemain, Cukierman fasse piteusement repentance en jurant qu’on l’a mal compris et en affirmant que Marine Le Pen n’est finalement pas si irréprochable que cela. La franchise de Cukierman me semble à vrai dire plus honorable que sa reddition. Qu’il ait été lynché pour avoir dit des vérités ou en tout cas des choses raisonnables prouve, si besoin est, que le déni de réel est en passe de devenir un devoir civique. Elisabeth Lévy
The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased. (…) The immediate reason for Jewish pessimism in France (…) may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population. There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year. (…) The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same. (…) Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…) to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. Michel Gurfinkiel
Le président du CRIF crève, enfin, l’abcès (…) Aujourd’hui, il n’y a pas de tuerie au nom de Jésus ou de YHVH, ni même au nom d’Israël puisque si morts d’enfants il y a eu à Gaza comme le dénoncent les tueurs de juifs en France, à Copenhague, à Bruxelles, ces morts n’ont jamais été fait sciemment mais par accidents non voulus suite au refus forcené des Arabes à refuser le fait juif pensé en tant que Nation indépendante et non pas seulement en tant que peuple du « livre » qui doit être toléré mais dominé parce que déviant comme l’indiquent les textes coraniques ; rappelons que c’est bien les arabo-musulmans qui ont refusé la partition de 1947 et non les Juifs, et, aujourd’hui, en Syrie il y aurait 210.000 tués, 3 millions de Syriens exilés, 10 millions en exode au sein même du pays, soit une situation bien pire qu’en 47 en Palestine ; aussi, dire déjà cette vérité, là, de la part de ces dirigeants musulmans seraient un bien grand pas en avant vers ce fameux « vivre ensemble » dont se réclament ces dirigeants musulmans français. Car si, en effet, il n’y a pas eu, en France, de délation opérée par des musulmans sous Vichy contre les Juifs, il ne s’ensuit pas qu’en Algérie, en Égypte, en Syrie, en Irak, au Maroc, et ce sous loi islamique, il n’y ait pas eu des délations et des meurtres de Juifs ; la preuve ? Outre ces divers pogromes dont a parlé un Albert Memmi, des centaines de milliers ont dû s’enfuir d’Algérie parce qu’ils ne voulaient pas devenir des citoyens de seconde zone comme le sont devenus les Algériens eux-mêmes qui l’ont prouvé en venant massivement en France (…). N’oublions pas tous les juifs qui ont été jetés dehors des pays arabo-musulmans depuis la naissance d’Israël. Lucien Oulahbib
Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ? Brice Couturier
Roger Cukierman (…) n’a fait que dire une triste évidence – tous les islamistes étant musulmans (…) Je vis ce qui s’est passé hier comme une régression intellectuelle et politique surréaliste après une saignée de janvier qui a montre dramatiquement ce que je dis depuis des lustres: la violence anti-juive est le produit de l’islamo-gauchisme. La détestation d’Israël (comme l’a reconnu enfin Hollande hier) est son moteur moderne. L’antisémitisme issu de l’extrême droite, pour exister encore, est subalterne. Ce qui est scandaleux, c’est que les propos de Roger Cukierman fassent encore scandale: cela prouve la force de frappe de l’idéologie gauchisante: depuis qu’elle est présidente du FN, Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père, elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah. Ne pas en prendre acte c’est se montrer, en creux, nostalgique de l’extrême droite d’antan et des petits frissons shoatiques. En ce qui concerne le FN, en revanche, celui ci n’a pas achevé son aggiornamento. Il conserve en son sein des personnalités notoirement antisémites ou proches du Hezbollah. Il doit choisir. (…) Le CRIF (…) paie a présent son tribut au politiquement correct et au fait d’avoir choisi de faire, à chaque fois, un pas en avant, un pas en arrière. J’exhorte depuis trop longtemps la communauté organisée à sortir de son hémiplégie morale et politique. Il est littéralement insensé après tout ce qui s’est passé, que le Parti Communiste (dont de nombreuses municipalités ont fait citoyens d’honneur des terroristes tueurs de juifs) et les Verts (dont certains membres ont participé aux manifestations sur Gaza qui ont viré a la haine et aux exactions anti juives) soient invités et pas le FN! Gilles-William Goldnadel
Les données du rolling Ifop-Fiducial indiquent (…) une proportion nettement plus importante (37% des électeurs de la France insoumise) s’oriente vers l’abstention ou le vote blanc et cette proportion semble se renforcer. On constate la même tendance dans l’électorat filloniste, la part des adeptes du «bonnet blanc et blanc bonnet» étant passée de 26% à 28% en une semaine. Dans cet électorat également, le principe du front républicain ne semble pas aller de soi. Les électeurs fillonistes seraient même encore moins enclins que ceux de Jean-Luc Mélenchon à soutenir Emmanuel Macron: 41% contre 51%. (…) Les générations plus âgées (les 35-64 ans), elles, étaient en âge de voter et ont sans doute massivement glissé un bulletin Chirac dans l’urne il y a 15 ans. Pour ces générations de gauche, qui étaient relativement jeunes à l’époque, le 21 avril 2002 et la mobilisation contre Jean-Marie Le Pen ont constitué des évènements particulièrement marquants. Or, il semble que ce qui suivit ce moment historique (des gouvernements de droite sous les présidences Chirac puis Sarkozy et enfin Hollande, sur fond d’une progression régulière du FN) n’ait pas laissé que de bon souvenirs dans ces générations. Le goût amer laissé par cet épisode semble fonctionner dans une partie de cette génération comme un puissant verrou contre la participation au front républicain sur le thème «on ne se fera pas avoir deux fois». Les 35-64 ans représentent ainsi 59% des électeurs de la France insoumise voulant voter FN au second tour et 58% des abstentionnistes potentiels contre seulement 43% de ceux qui ont l’intention de voter pour Emmanuel Macron. Un clivage générationnel est également à l’œuvre dans les rangs fillonistes mais il ne fonctionne pas selon la même logique. Si la proportion de moins de 35 ans est identique (et faible) dans les trois segments, on observe que les tranches d’âges intermédiaires (35-64 ans) sont surreprésentées (49%) parmi les électeurs optant pour Emmanuel Macron et qu’à l’inverse, les plus de 65 ans, qui constituent la part la plus importante de l’électorat filloniste (45%) sont plus nombreux parmi les personnes envisageant de s’abstenir (57%) ou de voter Le Pen (47%) que parmi celles qui penchent pour un vote Macron (36%). L’électorat de droite âgé, dont la socialisation politique s’est effectuée à une période où le clivage gauche/droite était encore extrêmement prégnant, semble donc moins adepte du dépassement de ce clivage proposé par Emmanuel Macron. (…) La différence d’attitude pour le second tour des électeurs fillonistes selon leur statut social laisse entrevoir que le clivage entre les deux France (aisée versus plus populaire et fragilisée) apparue au premier tour au travers de la sociologie des électorats Macron et Le Pen pourrait s’affirmer de manière beaucoup plus nette au second tour. (…) Au premier tour, Marine Le Pen a très nettement dominé Emmanuel Macron chez les moins diplômés quand il la surclassait symétriquement parmi les plus diplômés. Or, cette dichotomie sera sans doute encore plus caricaturale au second tour. On constate en effet que les choix des électeurs mélenchonistes et fillonistes pour le second tour sont clairement indexés sur le capital culturel. Parmi les mélenchonistes, les diplômés du supérieur pèsent en effet 40% des macronistes du second tour contre seulement 23% des lepenistes du second tour. Ces derniers sont à l’inverse 68% à n’avoir que le bac ou un niveau scolaire inférieur contre seulement 49% des futurs électeurs d’Emmanuel Macron. Comme le montre le graphique suivant, on retrouve le même phénomène dans l’électorat filloniste. Les diplômés du supérieur comptent pour 47% du segment macronien contre 38% du segment lepeniste et inversement, les moins diplômés constituent 57% de ce segment contre 45% chez les macroniens. Jérome Fourquet
La position de Mélenchon (…) va à l’encontre de celle des communistes qui constituent pourtant une portion importante de ses soutiens au premier tour de cette élection présidentielle. Les communistes ont appelé à voter Macron au second tour (…) Ce point de discorde met en exergue deux approches inconciliables : celle des communistes et celle de l’ancien trotskiste qu’est Mélenchon. (…) Ce refus ne fait que s’inscrire dans une attitude idéologique que les trotskistes ont adoptée face aux nazis. Si une partie minoritaire des trotskistes franchit la ligne en rejoignant la Collaboration, la majorité d’entre eux se cantonne dans une forme de neutralité. Ils voient la Seconde Guerre mondiale comme une répétition de celle de 1914-1918. Il s’agit d’une guerre entre deux impérialismes. Le prolétariat n’a donc pas à prendre position pour les parties engagées dans cette guerre. Ni l’impérialisme anglo-américain de Churchill et Roosevelt, ni l’impérialisme allemand d’Hitler. Les trotskistes appliquent donc à la Seconde Guerre mondiale la grille analytique de la Première Guerre. Il en résulte qu’il ne faut pas résister face à l’occupant nazi. Ils se lancent dans des activités surréalistes de distribution de tracts aux soldats « prolétariens » allemands, car « Derrière un soldat « nazi » se cache un travailleur allemand ». Ils pensent pouvoir favoriser la fraternisation internationaliste contre les impérialismes. Les trotskistes distribuent des tracts aux soldats allemands que les communistes, engagés dans la Résistance, s’efforcent de tuer ! Cette attitude absurde consistant à considérer les alliés anglo-américains et l’Allemagne nazie comme deux ennemis de la classe ouvrière qui se valent entraine donc les trotskistes à ne pas prendre position dans cette guerre contre l’occupant nazi, en dehors de rares exceptions entrées dans la Résistance. Et avec le fameux « Ils se valent » publié en juin 1944 par le journal La Vérité (alors que les alliés viennent de débarquer en Normandie pour libérer l’Europe), ils ne font que confirmer qu’ils estiment que Roosevelt et Hitler se valent. (…) Evidemment et cette attitude sera lourde de conséquences. La formule « ils se valent » et l’assimilation de Roosevelt à Hitler dicte leur attitude après la Guerre. Les trotskistes ne peuvent pas parler de la Shoah. S’ils commencent à parler de la Shoah et des atrocités nazies, il leur est difficile, voire impossible, de continuer à tenir la ligne « ils se valent » de l’équivalence. Ils ne peuvent alors plus prétendre que les impérialistes américains et les impérialistes allemands sont pareils. Cela revient précisément à mettre en évidence ce qui les distingue. C’est ce qui a entraîné les trotskistes à ne pas aborder l’extermination des Juifs d’Europe. Dans les textes trotskistes des années 1950, on ne parle pas de la Shoah. Laurent Schwartz, le mathématicien français trotskiste, a même admis sans ses mémoires qu’ils parlaient de la Seconde Guerre mondiale sans jamais dire un mot sur la Shoah. Parce que la Shoah détruit complètement l’édifice fondé sur le « ils se valent ». Tout homme normalement constitué ne peut reconnaitre que les Etats-Unis et l’Allemagne nazie se valent si on lui parle de la Shoah. C’est la raison principale pour laquelle la Shoah, des années 1950 aux années 1980, ne figure ni dans les discours, ni dans la presse, ni dans les publications, ni dans les programmes de formation militante, ni dans les commémorations des diverses chapelles trotskistes. Si la Shoah et les horreurs hitlériennes resteront délibérément ignorées des trotskistes, ces derniers n’auront pas de mots assez durs pour dénoncer les « crimes impardonnables » commis par l’impérialisme américain aux quatre coins du monde. (…) Pour les trotskistes, il est inimaginable que des bourgeois s’en prennent à des bourgeois. En raison de la lutte des classes, ces derniers ne peuvent massacrer que des prolétaires, un point c’est tout. Ce qui rend l’antisémitisme et la Shoah illogiques à leurs yeux. Il est évident que ce type de raisonnement apparaît comme complètement tordu, mais il ne faut pas oublier qu’on est face à des dogmatiques. Dans le meilleur des cas, et le plus souvent, cela se traduit par le silence. Et dans le pire des cas, et c’est plus rare, certains finiront négationnistes. (…) mais (…) quand le besoin s’en fait sentir, ils sont prêts à introduire la Shoah dans leurs thématiques et leurs mobilisations. Observons deux cas, lourds de signification l’un comme l’autre, et qui procèdent d’une même logique. Le premier cas s’est manifesté lors de la réémergence électorale de l’extrême droite française, dans la foulée des succès initiaux du Front national de Jean-Marie Le Pen, en 1984. La Shoah fut donc utilisée dans l’idée que son souvenir conduirait la jeunesse française à comprendre les dangers liés à l’essor d’un parti d’extrême droite. Auparavant indifférents au malheur juif et insensibles à la Shoah, certains intellectuels se mirent soudain à s’indigner des atrocités hitlériennes, dans le but de combattre le racisme anti-arabe. Dans l’esprit des trotskistes, et plus généralement dans l’esprit de l’extrême gauche française, la Shoah avait enfin trouvé son utilité historique. Elle permettait de flétrir l’ignominie du racisme et donc de protéger les communautés afro-maghrébines contre l’extrême droite française. Une deuxième occasion d’exhumer la Shoah et de l’introduire dans l’arsenal argumentaire trotskiste leur a été fournie par la première et surtout par la deuxième Intifada. Cette fois, il s’agissait de donner libre cours à un antisionisme radical, en expliquant que les Israéliens font aujourd’hui aux Palestiniens, en gros, ce que les nazis firent aux Juifs pendant la guerre. Il s’agit de retourner la Shoah contre les Juifs et de diaboliser les Israéliens, tout en diffusant une vue aberrante et fantasmée du conflit proche-oriental. Simon Epstein
Emmanuel Macron (…) est souvent aussi entré dans son jeu, coupant la parole et plaçant ses formules. Hier soir, de part et d’autre, on était dans un bingo des éléments de langage qu’il fallait placer absolument. Autrefois, les finalistes du second tour de la présidentielle avaient une ou deux formules choc à placer pour marquer les esprits. Quand on tente d’en placer une douzaine, on n’est plus dans un débat présidentiel de second tour de la cinquième puissance mondiale. On est dans la foire d’empoigne. Mais pouvait-il en être autrement au terme de cette campagne de piètre qualité? David Desgouilles
La presse française et étrangère salue avec raison la qualité de ce débat de second tour, projet contre projet, entre Alain Juppé et Jean-Luc Mélenchon. La manière dont l’écologie et l’avenir de la France en Europe ont été abordés, de même que, sans invectives ni intox, les problèmes du travail et de la situation internationale, ont manifestement redonné aux Français le goût de la politique. Un grand moment démocratique alors que les sondages restent toujours aussi serrés. Les deux hommes revenaient de très loin et devaient impérativement se montrer à la hauteur des enjeux après une campagne de premier tour marquée par des affrontements violents et les affaires qui ont plombé le camp des Républicains. (…) Pédagogue, rassurant, citant Hugo, il a plaidé à la surprise générale pour « les Etats-Unis d’Europe » en clarifiant sa position devant un Alain Juppé surpris par cette sortie. Jérome Leroy

Attention: une violence peut en cacher une autre !

Alors qu’au lendemain d’un débat de deuxième tour …

Que les mêmes belles âmes et champions de l’antiracisme qui avaient tant vanté …

Les imprécations, entre Hugo et Jaurès, du néo-léniniste et chavéziste de la France insoumise

N’ont pas de mots assez durs pour dénoncer comme violent du seul fait d’une Marine Le Pen …

Qui manifestement dépassée par un programme économique non maitrisé …

En a même oublié l’immigration et donné l’euro à la Grande-Bretagne …

Comment ne pas voir …

Le véritable racisme de classe d’un candidat …

Pour qui, après le casse du siècle que l’on sait contre le candidat de la véritable alternance, nous sommes désormais moralement sommés de voter …

Et qui, à l’instar d’un Obama ou d’une Hillary Clinton, traite son adversaire d’ « indigne et de « parasite » ?

Mais surtout cette autre violence dont la dénonciation avait valu à d’autres avant elle les foudres de la bienpensance …

A savoir dans les banlieues dominées par les islamistes …

Dont les voix comptent tant pour le candidat du ni droite ni gauche …

La véritable source de l’antisémitisme et de la violence terroriste actuels ?

J’ai rêvé d’un autre débat…

…entre Alain Juppé et Jean-Luc Mélenchon

Jérôme Leroy
est écrivain

Causeur

04 mai 2017

Jérôme Leroy a fait un rêve…

La presse française et étrangère salue avec raison la qualité de ce débat de second tour, projet contre projet, entre Alain Juppé et Jean-Luc Mélenchon. La manière dont l’écologie et l’avenir de la France en Europe ont été abordés, de même que, sans invectives ni intox, les problèmes du travail et de la situation internationale, ont manifestement redonné aux Français le goût de la politique. Un grand moment démocratique alors que les sondages restent toujours aussi serrés. Les deux hommes revenaient de très loin et devaient impérativement se montrer à la hauteur des enjeux après une campagne de premier tour marquée par des affrontements violents et les affaires qui ont plombé le camp des Républicains.

Mélenchon en challenger rassurant

Jean-Luc Mélenchon, sorti en tête du premier tour, était pourtant dans une situation paradoxale, celle du challenger. Que faire de ses surprenants 24,3% alors que sa réserve de voix est assez faible même en comptant le ralliement logique de Benoît Hamon et de ses 5,3% et celui, plus surprenant de NDA avec le même score ? D’abord éviter de se laisser enfermer dans l’image d’un candidat d’extrême gauche, fréquemment accusé de populisme par ses adversaires. La poussée spectaculaire qu’il avait enregistrée dans les dernières semaines du scrutin ne lui avait-elle pas fait atteindre une forme de plafond de verre dans une France pas forcément tentée par le changement radical de société auquel il aspire ? Ensuite, affiner une stature présidentielle que d’aucuns lui dénient. On peut dire qu’il a relevé le pari, au moins en partie. Pédagogue, rassurant, citant Hugo, il a plaidé à la surprise générale pour « les Etats-Unis d’Europe » en clarifiant sa position devant un Alain Juppé surpris par cette sortie.

« Ne prenez pas cet air étonné, monsieur Juppé, les millions d’électeurs de la France Insoumise ne sont pas les nationalistes de gauche que vous avez dénoncés lors de votre dernier meeting au Zénith de Lille. Notre finalité est loin de cette caricature et je sais que vous n’êtes pas l’homme de la caricature. Je suis convaincu que l’avenir du continent est celui d’un espace de paix et d’un futur modèle social. Mais pour cela, avant, ce que nous voulons, c’est renégocier les traités. Il ne s’agit pas de claquer la porte, il s’agit de repenser l’Europe, non plus comme vous et vos amis, à la manière d’un simple espace de libre échange des marchandises mais, à la manière de la Grèce de Syriza, en janvier 2015, comme le refus du régime austéritaire bruxellois. La différence, c’est que la France n’est pas la Grèce et qu’elle pourra imposer un autre rapport de forces avec l’Allemagne notamment dont le modèle économique est en contradiction avec un développement social harmonieux, car l’homme ne peut se réduire à être un simple agent économique. »

« Pas une voix pour Alain Juppé ! »

Alain Juppé, pour sa part, qui est donné légèrement favori, devait relever d’autres défis. Quand il a remplacé en catastrophe François Fillon, après avoir longtemps refusé de jouer les remplaçants de luxe, il a dû passer beaucoup de temps à gérer les doutes de l’aile droite des Républicains, et notamment le poids excessif qu’avait pris Sens Commun, sans pour autant s’aliéner la partie la plus conservatrice et identitaire de son électorat représentée par un Laurent Wauquiez. Mais aussi convaincre les 12,3% des voix d’Emmanuel Macron qui a apporté son soutien dès le soir du premier tour avant d’aller se consoler à La Rotonde, un Macron associé étroitement à la campagne du maire de Bordeaux depuis plus d’une semaine.

Il a donc d’abord attaqué Jean-Luc Mélenchon sur le financement de son programme : « Vous vivez dans un monde utopique, monsieur Mélenchon. Le lyrisme ne peut rien contre les chiffres. Je vais vous étonner, mais moi aussi, j’aime l’utopie et je crois moi aussi à vos Etats-Unis d’Europe. Le problème est que pour atteindre cet idéal, il faudra faire avec des règles. Nous ne les avons pas choisies, c’est vrai, mais notre modèle social est à bout de souffle et en le rénovant par le pacte que je veux passer avec les Français, moi aussi, car vous n’avez pas le monopole du cœur, je veux soulager la souffrance sociale qui a généré, encore une fois le score élevé de l’extrême-droite de madame Le Pen. Il s’en est fallu de quelques centaines de milliers de voix pour que ce soit-elle qui soit en face de vous. Je ne suis pas sûr que le débat démocratique y aurait gagné en qualité et que vous auriez préféré ce cas de figure. »  Alain Juppé qui est passé de justesse devant Marine Le Pen avec 20,2% des voix contre 19,7% a ainsi devancé les critiques de l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, sur le « candidat de repêchage du système ».

Jean-Luc Mélenchon a encaissé le coup d’autant plus que Marine Le Pen, il y a 48h, lui a donné le baiser de la mort en appelant ses électeurs à un retentissant : « Pas une voix pour Alain Juppé ! » Jean-Luc Mélenchon, a paru, à ce moment-là, sur la défensive. Est-il sorti du piège en précisant que les électeurs de Marine Le Pen se trompaient de colère et qu’il les distinguait du programme antisocial du Front national ? Et que l’absence de préoccupations écologiques comme l’obsession de la préférence nationale chez MLP étaient des marqueurs bien suffisants pour faire exister une opposition radicale entre la France Insoumise et l’idéologie frontiste ?

La (seule) bonne surprise de la campagne

De nombreux points d’accords ou de diagnostics partagés entre Juppé et Mélenchon sont par ailleurs apparus : la fermeté face à l’évasion fiscale, estimée par les deux candidats à 80 milliards d’euros, qui devaient pour l’un servir à financer la retraite à 60 ans et pour l’autre, baisser les charges des entreprises qui jouent vraiment le jeu de la création d’emplois. Mais aussi sur la lutte contre le terrorisme, le retour d’une police de proximité, le mariage pour tous ou encore le refus de la GPA.

Reste à savoir, maintenant, lequel des deux aura le plus convaincu. Mais il demeure certain, d’après les observateurs et les premières enquêtes d’opinion que les deux hommes ont affirmé, par leur retenue, leur souci de rassembler plus que de s’opposer frontalement, qu’ils feraient l’un comme l’autre, des présidents possibles. Ce débat est, de fait, la bonne surprise d’une campagne qui avait un peu désespéré les Français par sa médiocrité.

Voir aussi:

Le débat Macron – Le Pen, un « combat de rue violent de bout en bout »

REVUE DE PRESSE. Les journaux français déplorent la faible qualité des échanges entre les deux candidats du second tour.

L’Obs
04 mai 2017

Que retenir du débat télévisé qui a réuni, mercredi soir sur TF1 et France 2, Marine Le Pen et Emmanuel Macron à quatre jours du second tour ? Pour la presse française, c’est la brutalité inédite et la confusion dans les échanges qui ont été remarquables.

Les deux candidats se sont affrontés « au cours d’un débat d’entre-deux-tours d’une brutalité inédite qui a souvent manqué de hauteur et sans parvenir à instaurer un dialogue à la hauteur de l’enjeu », résume en une « le Figaro ». Pour Paul-Henri du Limbert, éditorialiste du quotidien, « il est malaisé de qualifier de ‘débat’ le pugilat d’hier soir ».

Un « débat brutal, violent de bout en bout », juge aussi « le Monde ». « Jamais un débat de l’entre-deux-tours n’aura été aussi vif », écrit en une « le Parisien.

« On attendait un débat tendu, il fut brutal. Pas une seconde de courtoisie ou d’amabilité ou tout simplement de politesse », poursuit en pages intérieures le quotidien pour qui « pour le fond des programmes, on reste sur sa faim ».

Dans « Libération », Laurent Joffrin s’emporte :

« Il y a beaucoup à dire sur les projets d’Emmanuel Macron mais pas comme cela. Pas avec une grosse artillerie qui tire au hasard toujours le même boulet. »

« On savait que ce serait du lourd et du brutal », ironise aussi Patrice Chabanet, du « Journal de la Haute-Marne ». Avant de poursuivre plus sérieusement :

« On a été servi. Le débat a été violent et l’électeur n’a rien appris de nouveau sur le fond. Il a assisté à un combat de rue. »

« Plus broyant qu’éclairant »

Le thème du combat de boxe inspire les éditorialistes. Les deux candidats se sont rendu « coups pour coups sur le ring explosif du débat présidentiel », relève Philippe Palat, du « Midi Libre ». Et pour lui, c’est « sans doute l’une des confrontations télévisées les plus brutales, les plus chaotiques ».

Xavier Brouet, du « Républicain lorrain », a vu lui aussi un « rude combat » dans lequel « ne manquait que les gants de boxe ». Il ajoute :

« Le match a bien eu lieu. Celui des idées ? Pas sûr. »

« Tels deux boxeurs, ils ont commencé par quelques uppercuts. Au total, les échanges tenaient largement du dialogue de sourds », enrage Hubert Coudurier, du « Télégramme ». Ce fut « un duel au corps à corps, fougueux, direct, parfois cafouilleux à force de parole coupée », s’indigne Dominique Jung, des « Dernières nouvelles d’Alsace ».

Michel Urvoy, de « Ouest-France », a assisté pour sa part à « un dialogue assez confus sur la forme, plus bruyant qu’éclairant et sur le fond, rien de nouveau ». « On attendait un échange de haut niveau, on a eu des invectives », constate avec une certaine amertume, Bernard Stephan, dans « la Montagne ». Hervé Chabaud, de « l’Union/l’Ardennais », a assisté lui à « une cacophonie assommante, un brouhaha insupportable ». Et Philippe Marcacci, de « l’Est républicain », de regretter que « le débat que mérite l’élection présidentielle n’ait pas lieu ».

(Avec AFP)

Voir également:

Débat MLP/EM=la tête à Toto
Lucien SA Oulahbib
Résilience TV
4 mai 2017

Zemmour (sur RTL le 4 mai au matin face à l’inaltérable et toujours si imbu Alain Duhamel) pense bien sûr que c’était mieux avant (les fameux « grands » débats des anciens Présidents qui nous ont mené là où nous en sommes) et il était assez d’accord Zemmour sur le côté supposé « incompétent » de MLP en matière économique critiquant néanmoins le côté « technocrate » de Macron. Arrêtons-nous là : j’y ajouterai l’image du technocrate fêtard qui vient s’asseoir à califourchon sur sa chaise en attendant son manteau chez Castel et tente de comprendre en attendant pourquoi madame pipi qui autrefois vendait aussi cigarettes et confiseries vient de l’apostropher durement dès le début du débat.

Condescendant (les dames pipi sont adorables, j’ai connu celle des Bains Douches autrefois qui était extraordinaire) il l’écoute, Mister Castel, avec de grands airs (versus Mister Hyde), il absorbe toute sa « colère », oh là là, imaginez-le en train de se dandiner même sur sa chaise sur laquelle il est assis à califourchon le haut de forme un peu en arrière faisant des ronds de fumée en attendant aussi Bobonne qui vient de lui apporter à l’instant son manteau flanelle son écharpe blanche cachemire et sa canne à pommeau.

Et puis le fêtard Macron se lève, sourit, oeillade ici et là, ajuste son monocle, mais veut faire un dernier tour de bonneteau avec la réduction des charges sociales et l’augmentation de la CSG, sauf qu’il critique MLP lorsqu’elle fait aussi le même tour avec sa taxe de contribution sociale alors il lui répond qu’elle ne « propose rien »  » rien rien rien » il en fait même une ritournelle, qu’elle est « indigne » etc ajoute-t-il à la cantonade, les autres fêtards l’approuvent bruyamment. Mais c’est vrai qu’au préalable comme on l’a dit plus haut quand Madame pipi l’a vu avec son ticket chercher son manteau elle l’avait un peu invectivé en effet lui rappelant comment lui avec son passif peut-il s’occuper tant que cela des plus démunis, rappelant au public que EM aurait pu sinon stopper au moins vilipender Vivendi lors de la vente de SFR. Alors il rigole, dit qu’il n’était pas encore en charge à cette époque sauf qu’en tant que conseiller de Tsoin-tsoin, il avait la haute main sur ces choses, le président se comportant de plus en plus en hyper Premier Ministre depuis la réforme du septennat passant en quinquennat.

En fait, j’ai été assez soulagé après ce débat, sans doute que je n’aurais pas attaqué bille en tête comme l’a fait MLP, mais EM n’a pas été si fort que cela, plutôt léger même, sans épaisseur, y compris au niveau économique, et, d’ailleurs, sur la chaîne parlementaire LCP les commentateurs mettaient au moins match nul alors que, ailleurs, l’écrasante majorité des journalistes et « experts » Yves Calvi en tête (très décevant le 4 mai au matin) a au contraire été dans le sens habituel du tressage de lauriers à EM ; or, il n’a fait au fond que proposer plus d’huile dans les rouages en espérant, comme Hollande, que la croissance repartant, tout ira bien mieux, alors qu’il ne s’agit pas seulement de mettre de l’huile mais de changer les rouages voire même changer de machine puisque celle-ci, la même depuis des décennies, nous a mené là où nous en sommes au risque de me répéter.

Il ne suffit pas en effet de jouer avec des hausses ou des baisses de tel ou tel paramètre économique politique social culturel sans prendre la mesure de ce qui se passe en France en Europe dans le monde. Regardons l’Europe, ou disons plutôt l’Union Européenne : l’Allemagne est passée d’un extrême à l’autre : d’un hyper nationalisme racialiste ravageur à un hyper-consumérisme nihiliste actant la disparition à la fois ethnique et culturel du peuple allemand au lieu de prendre à bras le corps le pourquoi de son effondrement démographique. Car l’Allemagne n’est pas les USA qui a pu absorber en effet des millions d’immigrants, mais déjà en les intégrant à la Nation autour du drapeau et de la Constitution, ensuite la majorité de ces immigrés ne venait pas pour être assisté mais pour avoir leur chance leur place dans le « rêve américain ».

Où est le « rêve français » en la matière ? Sinon dans cette énième rengaine de l’État nounou que Macron a en réalité bien plus avancé que MLP… Car l’UE, si elle a pu être bénéfique un moment, en particulier pour les pays issus des dictatures (Portugal, Espagne, pays de l’Est) aujourd’hui a basculé dans l’extrême technocratisme que l’actuelle « force » de l’Euro masque en réalité ; ce qui ne veut cependant pas dire que les failles immenses de l’économie française en sont les conséquences ; elles ont été plutôt accélérées par ledit dumping social.

Ainsi, quand le porc allemand concurrence le porc français grâce à l’abattage moins cher opéré en Pologne, le fait de taxer en retour celui-ci lorsqu’il reviendrait en France ne suffira pas si en même temps tout le poids de la protection sociale assis sur le travail n’est pas réformé en profondeur ; ce que pense certes faire Macron sauf qu’il fait payer son jeu de bonneteau par la CSG et donc les retraités fortunés et les classes moyennes supérieures au lieu de réformer en profondeur la SS que MLP tente de proposer mais sans aller très loin non plus puisqu’il faudrait réfléchir à distinguer cotisations assurantielles (santé, retraite, chômage) et cotisations universelles (famille, apl, etc) et donc penser à élargir leur assiette, les droits de propriété (les actions et la participation), la manière de penser la retraite qui n’a pas à être seulement par répartition.

Tout cela n’a pas été abordé hélas, les journalistes, intimidés, n’ont pas forcé les débatteurs à préciser, aussi l’invective a été bien plus constante que la démonstration. Mais de là à dire comme Yves Calvi que EM a « dominé de la tête et des épaules MLP » il y a là un pas qu’il ne faut surtout pas franchir. Car MLP, dans sa vive diatribe, s’est en fait adressée aux électeurs du Chavez français, aux abstentionnistes, et aussi aux classes salariées modestes et moyennes inférieures, la majorité du peuple. Mais ceci sera-t-il suffisant pour remporter l’élection alors que les classes intellectuelles déclassés et/ou profiteuses des grosses villes restent farouchement contre elle et vont plutôt s’engouffrer dans le vote EM et dans l’abstention en attendant un hypothétique troisième tour que les nervis antifa tentent d’illustrer de plus en plus ?…

Ce qui aura été le plus agaçant, enfin, dans ce débat, fut, pour moi, cette menace à peine voilée de EM stipulant que s’il n’était pas élu il y aurait la « guerre civile » avec les djihadistes, supputant ainsi que lui saura mieux les amadouer en leur donnant les « accommodements raisonnables » qu’ils désirent, mais oubliant que lorsque l’on donne le doigt la main puis le bras et ainsi de suite, le corps entier est ensuite exigé. C’est sans doute bien là que EM a été de loin le plus faible, en plus de ses non réponses sur ce qu’il a dit concernant le soit disant « crime contre l’humanité » français, la disparition de l’idée même de culture française, tous ces manques, ces naïvetés (comme cette histoire d’amendes et sa volonté de redresser une justice à l’abandon) qui, je pense, peuvent sinon lui coûter l’élection (une énorme surprise peut toujours survenir dimanche soir, ce qui sera piquant à observer) du moins rétrécir profondément l’écart entre EM et MLP.

En tout cas, même si la probabilité actuelle donnant le premier gagnant se trouve confirmée dimanche, EM et tous ses amis, ne pourront pas mettre au pas les nervis ultra-énervés de la « gauche » Chavez versus Notre dame des Landes, d’une part, d’autre part les islamophiles vont faire feu de tout bois accentuant leurs menaces voilées sur la guerre civile s’ils n’ont pas l’application de la loi travail sur le voile et les prières dans les entreprises, tandis que les réformes indispensables se feront mal ou peu, tant les résistances actuelles vont être décuplées à la fois par l’approfondissement multiforme de la crise de régime et l’absence de réelle légitimité d’un vote par défaut.

Dans ces conditions, en 2022, et même avant, le basculement du pays vers la non gouvernementalité sera tel que l’arrivée au pouvoir de MLP ne sera plus qu’un cautère sur une jambe sans même plus assez de bois pour le maintenir tant il aura été rongé, la jambe en chair et en os ayant disparu, elle, depuis longtemps remplacée par des hologrammes et autres simulacres.

Voir de plus:

David Desgouilles : « Ce débat n’était qu’un bingo d’éléments de langage»
Eugénie Bastié
Le Figaro
04/05/2017

FIGAROVOX/ENTRETIEN- David Desgouilles réagit au débat qui a opposé Marine Le Pen à Emmanuel Macron. Pour lui, la confrontation n’a pas été à la hauteur de l’événement, les deux candidats étant davantage soucieux de placer des éléments de langages que de faire preuve d’une stature présidentielle.

David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. Il a publié Le bruit de la douche, une uchronie qui imagine le destin de DSK sans l’affaire du Sofitel (éd. Michalon, juin 2015), et Dérapage (éd. du Cerf, 2017).@

FIGAROVOX.- Tout le monde ou presque s’accorde à dire que la prestation de Marine Le Pen n’a pas été à la hauteur hier soir. Quel est son principal problème: l’économie qu’elle ne maîtrise pas ou bien son agressivité?

David DESGOUILLES.- Marine Le Pen a en effet raté complètement son débat, ce qui tranchait avec la bonne campagne de second tour entamée dès le lundi 24 avril. En fait, c’est davantage son comportement qui est en cause. Ces derniers mois, on avait pu constater que Marine Le Pen pouvait se montrer convaincante en matière économique devant des journalistes. Mais elle le faisait avec le ton adéquat. Ces sujets pointus nécessitent précisément du calme et de la pédagogie. En demeurant dans la caricature, elle se condamnait à ne pas convaincre. Son souci était ailleurs: elle souhaitait «coller son adversaire contre le mur». Après des années d’effort dans le sens de la dédiabolisation, cette tactique est proprement incompréhensible. On n’a pas vu seulement de l’agressivité, mais aussi des moments gênants où elle pouffait, ricanait. Il est possible qu’elle ait même déçu une bonne partie de ses électeurs du premier tour qui attendait d’elle une posture présidentielle.

Est-ce qu’elle ne paye pas sa position sur l’euro, tranchée il y a un an, mais qui ne fait pas l’unanimité dans son propre camp?

Je ne pense pas. Cette position -celle de la monnaie commune (versus monnaie unique)- était à l’origine préconisée par des hommes comme John Major, premier ministre britannique au début des années 1990 et par Édouard Balladur. Elle a aussi figuré parmi les propositions d’un homme comme Jean-Pierre Chevènement. Ces trois personnalités sont connues pour être nuancées et d’une grande qualité intellectuelle. Mais je le répète, ce domaine nécessite de la pédagogie, du calme et de la maîtrise. Tout le contraire de ce qui a été montré hier soir. Je note que Marion Maréchal Le Pen a expliqué la position avec davantage de brio dans un débat dimanche sur Europe 1 face à un porte-parole d’Emmanuel Macron, alors qu’elle n’a jamais fait de la question monétaire une priorité personnelle. C’est d’autant plus impardonnable pour Marine Le Pen.

Au lendemain du débat, le ralliement de Dupont-Aignan vous apparait-il comme d’autant plus risqué, ou bien peut-il au contraire se présenter comme une alternative plus crédible?

Je pense qu’il apparaît d’autant plus risqué. Il apparaît même davantage pour ce qu’il est: une faute politique. Jean-Luc Mélenchon lui avait montré la voie: dans un monde où les électeurs se fichent des consignes de vote, il vaut mieux ne pas prendre position et inviter les candidats en lice à convaincre ses électeurs. Au lieu de cela, Nicolas Dupont-Aignan a conclu un accord politique, en forme d’aller sans retour, provoquant la démission de plusieurs dirigeants de son mouvement mettant ce dernier en danger d’éclatement. Il a désormais partie liée avec Marine Le Pen. S’il avait adopté le positionnement de Jean-Luc Mélenchon, il pourrait aujourd’hui prendre à témoin les électeurs du Front national et leur répéter ce qu’il leur disait depuis des années: «Vous voyez bien que le vote FN est une impasse pour faire gagner vos idées».

Emmanuel Macron a-t-il seulement profité des faiblesses de son adversaire ou bien a-t-il véritablement gagné une stature présidentielle?

Le premier terme de l’alternative me semble plus fidèle à la réalité. Il est apparu moins caricatural que son adversaire, en effet, ce qui n’était guère difficile. Mais il est souvent aussi entré dans son jeu, coupant la parole et plaçant ses formules. Hier soir, de part et d’autre, on était dans un bingo des éléments de langage qu’il fallait placer absolument. Autrefois, les finalistes du second tour de la présidentielle avaient une ou deux formules choc à placer pour marquer les esprits. Quand on tente d’en placer une douzaine, on n’est plus dans un débat présidentiel de second tour de la cinquième puissance mondiale. On est dans la foire d’empoigne. Mais pouvait-il en être autrement au terme de cette campagne de piètre qualité?

Voir encore:

Vu de l’étranger. “Le pire débat télévisé de l’histoire de la Ve République”
Courrier international
04/05/2017

Le débat d’entre-deux-tours entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a été très suivi en France et à l’étranger. Les médias internationaux se montrent interloqués par la violence entre les candidats, mercredi 3 mai, et donnent l’avantage à l’ancien ministre de l’Économie.


Présidentielle 2017: Vous avez dit danseur mondain ? (High-society dancer: Guess what France is to choose to revive the EU’s fortunes ?)

30 avril, 2017
C’est une fête toute napolitaine, monseigneur ; nous dansons sur un volcan. Comte de Salvandy
Après la révolution française, observe Marx, les aristocrates dont tout le capital incorporé consistait en un art de vivre désormais dépourvu de marché, devinrent les maitres à danser de l’Europe. Bourdieu
La majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections. Jean Mistler
La  plupart  d’entre  nous  persistent à croire que tous les choix, et même  les  choix  politiques,  se  font  entre  le  bien  et   le  mal,  et  que  du  moment  qu’une  chose  est   nécessaire,  elle  doit  aussi  être  bonne.  Il   nous   faudrait,   je   pense,   dépouiller   cette    croyance qui relève du jardin d’enfants. En  politique, on ne peut jamais opter que pour  un moindre mal. George  Orwell
La question du négationnisme demande tout autre chose qu’une halte rue Geoffroy L’Asnier pour mobiliser l’électorat juif contre Marine Le Pen car ce ne sont pas des jeunes militants du FN qui rendent impossible l’enseignement de la Shoah dans les écoles ou qui vont chercher des faits alternatifs aux camps de la mort. De cette terrible réalité, je ne vois guère d’écho dans la campagne d’Emmanuel Macron. Il ne cesse de faire des clins d’œil aux jeunes de banlieues et réserve ses coups à la bonne vieille bête immonde … Alain Finkielkraut
Le ralliement pourtant tout à fait prévisible de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen suscite assez curieusement un tonnerre médiatique au nom du soi-disant front républicain. Le moment est venu de traiter sur le fond ce qu’est la vraie nature de ce front : l’une des illustrations du bannissement oligarchique, une technique de remise au pas de l’opinion qui explique largement la montée des extrêmes en France. Il faudrait donc pratiquer le front républicain, c’est-à-dire creuser et maintenir un cordon sanitaire permanent autour du Front National. Oh ! la belle rente électorale qui permet aux partis en place de faire tout et n’importe quoi en étant sûrs de ne jamais perdre les élections. Dans tous les cas, les partis de gouvernement s’allieront toujours pour empêcher un parti nouveau d’arriver aux responsabilités. Bien entendu, c’est au nom de la démocratie que ce viol caractérisé de la démocratie, consistant à interdire à une partie de l’opinion de faire valoir ses idées, est commis. La succession d’élections qui se déroulent en France depuis six mois illustre à merveille les contre-effets de la stratégie du front républicain. Au lieu d’endiguer la montée du Front National et de consolider les partis auto-proclamés démocratiques (on se souviendra ici des déchirements après l’élection de Martine Aubry au poste de Premier Secrétaire du PS en 2008, et ceux qui ont suivi la confrontation Fillon-Copé à la tête de l’UMP pour mesurer la distance qui sépare ces partis de la démocratie, m’enfin bon !), le front républicain favorise la montée du Front National, mais aussi, à gauche, des Insoumis. Dans le même temps, il a permis d’éliminer consciencieusement tous ses apôtres : Sarkozy, Juppé, Fillon, Montebourg, Valls, Hamon, etc. François Fillon à part, les candidats qui ont recueilli le plus de voix à la présidentielle sont ceux qui ne sont pas directement issus du front républicain. Cherchez l’erreur ! Et le Front National n’a jamais bénéficié d’autant de suffrages qu’auparavant. Le front républicain est le père de tous les dégagismes à venir. Si le Front National est vraiment anti-démocratique, s’il fait peser une menace sur les libertés publiques et les droits de l’homme, il faut l’interdire. La dissolution des groupes politiques dangereux pour la démocratie est prévue par la loi depuis 1936 ! (…) Sinon, qu’on le laisse, une bonne fois pour toutes, concourir normalement à la vie démocratique. Cette façon de bannir un parti sans l’interdire clairement comme la loi le permet a un effet général d’affaiblissement de nos institutions. D’un côté, les Français ont le sentiment que la démocratie réelle leur est refusée parce que le vote est orienté en faveur de quelques partis, sous peine de stigmatisation et de mise à l’index. De l’autre, ils sanctionnent durement les institutions que le front républicain est supposé protéger. (…) En 2007 comme en 2012, les deux premiers candidats avaient recueilli plus de suffrages que l’abstention. En 2002 comme en 2017, l’abstention est le premier parti de France. Depuis 10 ans, le premier candidat à l’issue du premier tour recueille de moins en moins de suffrages. Autrement dit, la stratégie du front républicain menée notamment sous le mandat de François Hollande, produit des résultats contraires à ceux attendus. Plus on fait « barrage au Front National », plus le Front National progresse, et moins les électeurs adhèrent à l’ensemble des institutions, notamment en manifestant une véritable désaffection pour les candidats qui s’opposent au second tour. (…) Personne, sur le fond, n’est dupe ! Lorsque les élites de ce pays bannissent le Front National de la vie démocratique, elles envoient un message simple : bonnes gens, la République existe, mais nous en sommes les usufruitiers. Nous prendrons de sévères mesures de rétorsion contre tous ceux qui ne suivraient pas nos choix ou contrediraient nos intérêts. Nous les clouerons au pilori et les humilieront en place de grève. C’est ce qu’on appelle la réaction nobiliaire. (…) Le bannissement comme réponse sociale à toute contestation politique visant les règles du jeu (ou l’élite qui en tire profit en toute impunité) est devenu une sanction de plus en plus dangereuse à pratiquer. Dans la troupe, la peine suscite des murmures de plus en plus houleux. La campagne pour le second tour montre la difficulté de plus en plus forte à ramener l’ordre et le calme dans les rangs par cette technique humiliante. Il faut dire qu’à force de bannir, le groupe des « dissidents » devient de plus en plus important. Avec Internet, ce groupe peut s’exprimer malgré le boycott des médias, et il peut disséminer ses idées à l’abri des regards et répandre son parfum avec une grande liberté. De plus en plus de dissidents signifie de plus en plus de « grandes gueules » qui ont un intérêt objectif à nouer des alliances tactiques contre une réaction nobiliaire de plus en plus grotesque. Prenez Mélenchon. Depuis vingt ans, les socialistes l’humilient, lui font sentir que son côté populo est insupportable, le méprisent pour ses origines et pour son éloquence qui leur fait de l’ombre et les renvoient à leur propre médiocrité. Quel Tartuffe peut s’étonner de le voir jouer avec le feu aujourd’hui ? Le drame de la réaction nobiliaire est que, année après année, elle ne cesse de grossir les rangs des Mélenchon et de faire maigrir les rangs des fidèles au régime. (…) Et tel est le cancer qui se métastase aujourd’hui dans l’opinion : entre un chaos nommé Marine Le Pen et une désespérance appelée l’immobilisme macronien, fait de phrases creuses, de déclarations péremptoires bâties sur le sable des opinions à la mode, des éléments de langage rédigés par une boîte de com payée à prix d’or, de dénis insupportables et de leçons de morale à trois balles, le choix ne coule plus de source. Eric Verhaeghe
L’antisystème  est  une  réaction  symptomatique  à  l’ignorance  et  au  mépris  dont   fait  preuve  une  partie  des  élites  vis-à-vis   des  préoccupations  et  des  angoisses  des   perdants de la mondialisation. Le discours  démagogique   fonctionne   sur   le   même    type de schéma : il met en exergue les situations  les  plus  dramatiques,  les  injustices  les  plus  criantes,  les  dysfonctionnements   démocratiques   bien   réels…   qu’il    érige  en  exemples  à  valeur  universelle,   pour  les  imputer  aussitôt  à  des  responsables qui sont toujours les mêmes et que l’on accuse  de  tous  les  maux  :  les nantis,   les   riches,   les puissants… qui eux-mêmes   sont   inféodés   au « système »   qualifié   de « financier »,  de  « capitaliste »,   de   « néolibéralisme »,  de  « politico-médiatique »…  C’est selon ou c’est tout à la fois. Sans oublier les  États-Unis  qui  condenseraient  toutes  ces   tares,  continueraient  de  régner  en  maître   absolu  sur  le  monde  et  tireraient  les  ficelles des États-marionnettes et des États- nations…   Le   complotisme   n’est   jamais    loin. L’Union européenne entre désormais  dans ce schéma. Ce n’est pas la façon dont  s’est  construite  l’Union  européenne,  la   bureaucratie, la réalité de sa crise qui sont  en question, mais l’exploitation qui en est  faite qui joue sur toutes les frustrations, les  ressentiments  et  les  haines  pour  faire  va- loir la logique du bouc émissaire et du « il  n’y   a   qu’à   »…   Les   discours   de   Marine    Le Pen et Jean-Luc Mélenchon me paraissent typiques de ce registre démagogique,  sans  parler  de  leurs  propositions  économiques  irresponsables  et  du  changement   des alliances au profit de la Russie de Vladimir Poutine. Ces discours populistes entraînent  un  peu  plus  le  pays  et  l’Union   européenne dans la dislocation et le chaos. (…) Ces oppositions caricaturales verrouillent  d’emblée   le   débat   démocratique   et   la    libre  réflexion.  Ce  sont  des  schèmes  de   communication  bien  adaptés  aux  nouvelles   techniques   d’information   et   de    communication qui favorisent les formulations  sommaires  et  la  réactivité  à  tous   crins.  On  n’entre  plus  dans  l’examen  du   contenu  des  significations  des  idées  et   dans l’argumentaire ; on en reste à la surface  des  mots  qui  fonctionnent  comme   des signes identitaires et d’appartenance  au bon ou au mauvais camp. Une fois les  étiquettes  accolées,  il  est  difficile  de  s’en   défaire  ;  ce  sont  des  tics  de  langage  qui   passent en boucle dans les médias et vous  collent à la peau.  Il est ainsi difficile d’aborder les questions anthropologiques, l’insécurité culturelle,  l’inquiétude   identitaire,   l’immigration    sauvage…  qui  sont  au  cœur  du  malaise   démocratique   sans   être   soupçonné   de    flirter  avec  l’extrême  droite  ou  de  faire   son  jeu.  Ce  genre  de  tabou  jeté  sur  ces   questions  par  une  gauche  médiatique  a   abouti  aux  résultats  que  l’on  sait  :  elle  a   permis  à  l’extrême  droite  de  se  les  approprier à sa manière.  On  ne  doit  pas  craindre  d’aborder  librement  ces  questions.  L’alternative  au  nationalisme  xénophobe  et  chauvin  n’est   pas  l’évocation  d’une  patrie  désincarnée   et  encore  moins  d’une  citoyenneté  du   monde invertébrée. Elle suppose une histoire un « héritage de gloire et de regrets  à  partager  »  et  «  dans  l’avenir  un  même   programme  à  réaliser  ».  L’identité  d’un   pays  et  d’une  civilisation  n’est  pas  une   substance immuable et fermée, mais elle  ne signifie pas pour autant une recomposition constante et indéfinie. Elle suppose  un   cadre   structurant, une   interprétation de l’histoire  qui  structure les    événements,    leur donne une signification et met en valeur les acquis de notre héritage. Jean-Pierre Le Goff
S’agissant  de l’évolution du PIB par habitant de sa population, la France voit en effet sa  situation diverger de celle des États-Unis et des autres pays de l’Union européenne  à quinze, au point qu’elle accuse  aujourd’hui un retard notable par rapport  à ces nations.  (…)  Si l’on s’attache aux facteurs  explicatifs du différentiel de prospérité  entre la France et ses voisins européens,  ce sont avant tout les faibles taux  d’activité et d’emploi de sa population  au regard des autres économies avancées  qui en constituent les principales causes,  au-delà même de leurs implications  humaines et sociales. Rapport McKinsey
Un constat s’impose lorsque l’on se penche sur un diagnostic socio-économique comparé de la France : notre pays souffre avant tout d’une panne durable de prospérité. Au-delà de tous les débats portant sur la répartition de la richesse, c’est la production de cette richesse qui doit aujourd’hui être placée en tête des priorités. S’agissant de l’évolution du PIB par habitant de sa population, la France voit en effet sa situation diverger de celle des Etats- Unis et des autres pays de l’UE à 15, au point qu’elle accuse aujourd’hui un retard notable par rapport à ces nations. Alors qu’elle figurait, jusqu’au milieu des années 1990, dans le peloton de tête européen en matière de prospérité, la France est passée en 1996 sous la moyenne européenne et a chuté depuis 2010 à la 11ème place parmi les Quinze, ne devançant plus que l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. A contrario, l’Allemagne est parvenue sur la même période à accentuer son avance. Si l’on s’attache aux facteurs explicatifs du différentiel de prospérité entre la France et ses voisins européens, ce sont avant tout les faibles taux d’activité et d’emploi de sa population au regard des autres économies avancées qui en constituent les principales causes, au-delà même de leurs implications humaines et sociales. Dans une moindre mesure, l’atonie de la productivité explique le recul relatif de la France. Une comparaison avec les pays d’Europe du Nord – Danemark, Finlande, Allemagne, Pays- Bas et Suède – révèle qu’au cours des années 1970 et 1980, la France s’est adjugé un solide avantage sur ces pays en matière de productivité, qui s’est toutefois érodé depuis les années 2000. Il apparaît donc que c’est en premier lieu sur le front du développement massif de l’emploi et, en parallèle, sur les gains de productivité que doivent porter les efforts de notre pays à l’heure de redresser la courbe historique de son PIB par habitant. (…) La France gagnerait à axer résolument la réforme de l’Etat sur la notion de performance du service public, c’est-à-dire sa capacité à produire un service public offrant un haut degré de qualité de service au citoyen à un coût moindre pour le contribuable. Opposer ces deux objectifs participe d’ailleurs à une forme de statu quo qui obère les capacités d’investissement du pays. Au-delà même des aspects liés à la pression des prélèvements obligatoires et donc de la compétitivité du travail et de l’attractivité économique du territoire, cet enjeu de performance devient brûlant au regard de deux facteurs dont la conjonction crée un effet ciseau entre explosion des sources de dépenses et pression croissante sur les recettes : ▪ Les effets du vieillissement de la population et les déséquilibres structurels en matière de finances publiques que celui-ci va générer. ▪ Le niveau du stock de dettes public (atteignant près de 110 % du PIB en Europe), qui réduit toute marge de manœuvre budgétaire et surtout d’investissement de la part des acteurs publics. Pour les services publics, il devient impératif de faire mieux avec moins. A ce titre, une analyse comparée de la performance des grandes politiques publiques dans plusieurs économies matures révèle que la qualité du service rendu au citoyen mesurée par des indicateurs internationaux (OCDE, Banque Mondiale, ONU, OMS…) n’est pas directement corrélée au niveau de la dépense. Ainsi, la France et l’Allemagne obtiennent des profils et des résultats très comparables en termes de performance sur bon nombre de périmètres majeurs des services publics, alors que la France consacre 57 % de son PIB à la dépense publique, contre 44 % pour l’Allemagne. En procédant à une analyse des grands programmes de réforme publique ayant fortement amélioré le ratio coût-qualité du service public dans le monde, on observe que trois catalyseurs de la transformation ont systématiquement été mis en place, sur lesquels devrait se fonder la réforme en France : ▪ Fixer des objectifs ambitieux en matière de qualité de service comme l’ont fait l’Allemagne sur les résultats Pisa ou le Royaume-Uni avec son système de santé. ▪ Maximiser la transparence sur les résultats pour donner aux utilisateurs, aux agents et à la tutelle les moyens de contrôler la qualité et la performance, mais aussi pour favoriser une dynamique d’émulation et de progrès continu. Ces dynamiques sont particulièrement observables s’agissant de l’éducation et de la santé, lorsque l’Etat favorise l’accès des citoyens à des indicateurs factuels de qualité ou d’excellence. ▪ Responsabiliser le terrain, c’est-à-dire confier un maximum de liberté et de marges d’initiatives aux responsables de la « production et de la distribution » du service public, par exemple les chefs d’établissements scolaires, les directeurs d’hôpitaux, les directeurs de laboratoire dans la recherche. (…) Comme l’illustrent les 10 enjeux, la France a peiné à négocier le tournant de la mondialisation : elle l’a davantage subi qu’elle n’a su l’anticiper. Aujourd’hui, elle ne peut manquer le virage, tout aussi fondamental, de la transformation digitale et doit faire en sorte que cette lame de fond porte nos entreprises et notre société. A l’heure où l’Europe commence à enregistrer les signes d’un redémarrage de la croissance dans les pays scandinaves, au Royaume-Uni et en Allemagne, la France doit impérativement parvenir à s’arrimer à ce train des économies renouant avec le dynamisme. Si elle parvient à se délester des pesanteurs entourant les 10 grands enjeux mis en lumière, elle pourra pleinement tirer parti de ses atouts indéniables pour relancer le moteur de création de valeur ajoutée et d’emploi de son économie. Car notre pays dispose encore de solides points d’ancrage pour bâtir sa santé future au sein d’une Europe retrouvant la voie de la croissance. Elle conserve ainsi un niveau élevé d’attractivité pour les investissements directs étrangers, qui s’appuie certes sur des indicateurs de qualité de vie pour lesquels elle figure parmi les nations les plus avancées de l’UE, mais aussi sur la fiabilité de ses infrastructures, ou encore le niveau d’éducation d’une large fraction de son capital humain. L’envergure mondiale et la performance de ses grandes entreprises la distinguent également parmi les autres pays d’Europe, tandis que plusieurs de ses secteurs de pointe (à commencer par le luxe ou l’aéronautique) ont su conserver ou consolider leur avantage compétitif… pour ne citer que certaines de ses forces. Sur les dimensions structurelles que nous mettons en lumière, un effet de « déblocage » doit donc se produire pour libérer ce potentiel et permettre à la France de retrouver la place qu’elle occupait encore il y a 20 ans dans la première moitié des pays de l’Eurozone en matière de prospérité. Au-delà des pistes évoquées une démarche prometteuse consisterait pour notre pays à s’inspirer des meilleures pratiques européennes sur les diverses dimensions socio-économiques qui fondent la compétitivité et la qualité de vie. Car notre continent héberge des leaders mondiaux sur chacune de ces dimensions, si bien qu’analyser et adapter certaines approches de nos voisins immédiats nous permettrait d’engager une bonne part des réformes structurelles nécessaires. Comme le démontrait une de nos récentes études1, une telle démarche d’alignement par le haut à l’échelle européenne permettrait de relancer une croissance durable de l’ordre de 2 à 3 % par an. Au fond, il s’agirait là d’une double opportunité majeure, à la fois pour la France et pour offrir un dessein porteur à une Europe aujourd’hui essoufflée et contestée par les opinions publiques, alors même qu’elle constitue une source de renouveau potentiel majeure pour notre économie. Rapport McKinsey
La France travaille moins que ses voisins et compte trop d’inactifs. Le problème, c’est que les partis qui ont prospéré dimanche dernier sur la colère des Français proposent de travailler encore moins. Jamais le monde n’aura été aussi prospère que sous ces deux décennies de libre-échange, de développement des nouvelles technologies et de croissance exponentielle.  Voici donc la France touchée, après les États-Unis et la Grande-Bretagne, par  cette curieuse vengeance des peuples,  par ce désir de démondialisation, et par  cette conviction que le quart de siècle  écoulé depuis la chute du mur de Berlin  aura affaibli l’Occident. Ce qui est une  lubie ! Ces années de mondialisation  et de « village planétaire » ont permis  à un milliard d’êtres humains de sortir  de la très grande pauvreté. Jamais  le monde n’aura été aussi prospère  que sous ces deux décennies de libre échange, de développement des  nouvelles technologies et de croissance  exponentielle des pays dits émergents. Malgré la crise financière de 2008,  d’ampleur séculaire, l’Europe est plus  prospère aujourd’hui qu’il y a dix ans.  La France aussi. Cela se mesure par un chiffre, toujours aussi abstrait pour la  plupart des Français : le produit  intérieur brut qui compte l’ensemble  des richesses créées par un pays. En  2016, notre pays affichait une richesse  collective de 2 200 milliards d’euros  supérieure de plus de 10 % à ce qu’elle  était en 2008 (1995 milliards).  Le problème, c’est que de tous les pays  européens, la France est celui dont  la démographie a été la plus prospère.  Si bien que le PIB par habitant n’a cessé  de se dégrader au cours des dernières  années. Comme l’a très bien montré la  semaine passée un passionnant rapport  établi par McKinsey (…)  Alors que notre pays  figurait, jusqu’au milieu des années  1990, dans le peloton de tête européen  en matière de prospérité, la France est  passée en 1996 sous la moyenne  européenne et a chuté depuis 2010 à la  11 e  place parmi les Quinze, ne devançant  plus que l’Italie, l’Espagne, le Portugal  et la Grèce. A contrario, l’Allemagne  est parvenue sur la même période  à accentuer son avance. La France s’est donc bien enrichie,  au cours de ces dernières années, grâce  notamment à la bonne santé de ses  grands groupes privés. Mais chaque  Français s’est appauvri. Et cela est hélas  incontestable sur le plan statistique.  D’où la conviction chez beaucoup de nos  concitoyens que cela est le fait de la  mondialisation (qui est pour certains  synonyme d’immigration), de l’absence  de protections nationales et de  l’incapacité de l’Europe à faire émerger  un dessein collectif. Car il est toujours  plus facile de trouver les boucs  émissaires à l’extérieur plutôt que  de regarder ce qui ne va pas chez nous  et qui fonctionne bien mieux chez nos  voisins. (…)  En clair, (…) nous travaillons moins que  nos voisins et que notre pays compte trop d’inactifs. Un phénomène qui a  débuté avec la décennie 2000 lorsque  les 35 heures ont été imposées aux  entreprises et au secteur public. En faisant cette erreur magistrale,  puis en décidant de ne reculer l’âge de la  retraite qu’à 62 ans, quand nos voisins  plaçaient ce curseur entre 65 et 67 ans,  nous avons globalement fait le choix  de travailler moins et donc de produire  moins, alors que notre population  gonflait, principalement du fait d’une  forte fécondité des Français d’origine  étrangère. Le problème c’est que les  mêmes partis qui ont prospéré dimanche  dernier sur la colère – légitime – des  Français face à cet appauvrissement  proposent tous de travailler encore  moins. Et ce n’est pas le programme  insipide d’Emmanuel Macron qui va  permettre à chaque Français de renouer  avec la prospérité. Yves de Kerdrel
The man who set up his own party to challenge the system, En Marche! (his own initials), is in fact a perfect insider-outsider. A graduate of the top administrative college, l’ENA, he made a fortune organising mergers and acquisitions for the Rothschild bank, earning €2.9 million in one takeover and getting the nickname of ‘the Mozart of finance’. In the seamless way of the French elite, he gravitated to the Elysée Palace as a Hollande adviser and became economics minister in 2014, lasting two years before resigning and setting his sights on returning as president of the republic. Macron, immaculately groomed, exudes confidence and seems to have an answer for everything, including the need not to make concessions to the UK over Brexit. He has determination and ambition, but he’d be wise to remember how lucky he’s been too. Given the Socialist Hollande’s abject unpopularity, this looked like the year when the centre-right Republicans were bound to regain the presidency. But their candidate, François Fillon, ran into fatal allegations that he arranged big payments from state funds to his wife and family for work they did not do. The Socialists split, choosing the left-winger Benoît Hamon and prompting a walk-out by social democrats like former premier Manuel Valls, who backed Macron despite bad blood between them when they were in government together. Two of the party’s important provincial figures, Lyons mayor Gérard Collombe and Jean-Yves Le Drian, president of the Regional Council of Brittany, swung behind the pretender. The rise of the hard-left Jean-Luc Mélenchon in the first round campaign, addressing huge crowds and using a hologram to appear at two rallies at a time, provided an alternative pole to Marine Le Pen for angry voters. As her polls ratings declined, she focused on her core electorate and thus limited her ability to broaden her appeal. Macron had only to ensure that the swelling ranks of En Marche! supporters remained pumped up. (…) The immediate problem is the June legislative elections. En Marche! has no members of parliament — it plans to run candidates in all 577 constituencies, but when voters choose their National Assembly representatives they often stick to candidates they know. And Macron’s movement lacks a national organisation. Last Sunday he scored well in big cities and western France but his opponents did better in swaths of the north and south. (…) That will mean a lot of old-fashioned horse-trading. The outlines of such an alliance are: social democrats and centrists plus the liberal wing of the Republicans under former prime minister Alain Juppé. But apart from requiring a lot of minding, coalitions tend not to be resolute in offering the kind of radical changes in economic and social policy Macron has offered, and which he needs to keep En Marche! mobilised. The Republican leadership will want to avoid being sucked into the new president’s orbit. The Socialists, who had a disastrous first round with only 6 per cent of the vote, will struggle for survival and will resist a Macron takeover. In short, building a new reformist, liberal, pro-Europe Jerusalem looks like being more a matter of forging alliances with skittish, self-protective partners. It is a great mistake to imagine that the anti-Le Pen line-up on 7 May will endure. The single aim of stopping the Front will be replaced by a myriad of party, regional and personal interests. The idealists of En Marche! may find that hard to stomach. A movement that came from nowhere could all too easily dissolve like snowflakes in the sun. Macron’s task is made all the more tricky by the legacy of another element in the voting last Sunday. Almost half the voters supported anti-establishment parties. Their parliamentary representation will be well short of their popular backing. That is likely to fuel street action encouraged by Mélenchon and Le Pen, whose Front is the principal political vehicle for industrial workers and has made inroads into depressed rural areas. The big CGT union federation will try to make up for declining membership by increased militancy. Vested interests, from farmers to pharmacists, will be up in arms. A rentrée chaude is on the cards for the autumn. The first-round vote showed a sharply divided nation. Le Pen took nine departments among those with the highest jobless rates. They are not likely to fall for the Macron charm or his liberal ‘open to the world’ policies. So France will come out of one election and approach another split between the haves and have-nots with two articulate rabble-rousers confronting the political start-up of the decade. Jonathan Fenby
At the height of the financial crisis, Rothschild & Cie. assigned one of its veteran bankers to groom a new hire named Emmanuel Macron. Mr. Macron had no experience in banking. Instead, he had powerful mentors who had recommended him to Rothschild as a danseur mondain—literally, high-society dancer—who could drum up business. “He was identified as being a very singular person with lots of contacts,” recalls Cyrille Harfouche, the veteran assigned to shepherd Mr. Macron. By the time Mr. Macron left Rothschild four years later, he had negotiated a multibillion-dollar deal and become one of its youngest-ever partners. Mr. Macron’s banking career followed a playbook that now has upended the political order and placed the French presidency within his grasp, with a final-round election against Marine Le Pen on May 7. Mr. Macron made friends in high places who propelled him to ever-higher echelons of French society. Along the way he acquired a repertoire of skills, from piano and philosophy to acting and finance, that helped impress future mentors. The approach allowed Mr. Macron to shortcut the traditional political path. Rather than run for office in his hometown, gradually building a constituency, he proceeded straight to Paris, where he became an expert on banking and European technocracy. He acquired a mastery of arcane regulations, from the 3,334-page French national labor code to the plumbing of the European Union’s single market, that made him a valuable potential aide to politicians being whipsawed by the EU’s complexity and the gyrations of global markets. Now the future of France, and in considerable measure of the EU itself, could be in the hands of a 39-year-old who was little-known to much of the world until this year. His duel with Ms. Le Pen over France’s place in Europe has redrawn French politics, sweeping aside mainstream candidates and the traditional left-right divide they represent. Mainstream French parties have called on their supporters to rally behind Mr. Macron in the contest against Ms. Le Pen, the far-right nationalist who would withdraw France from the EU’s common currency. A Macron win would put Europe’s second-largest economy under an outspoken EU supporter who wants to establish a command center for the Continent’s defense, create a border police force, loosen France’s rigid labor rules, cut payroll taxes and reduce French public-sector employment by 120,000. Mr. Macron is a political pragmatist who has long cast himself as an outsider. He was musician to his banking colleagues and a capitalist inside a Socialist government before squaring off with nationalists as a pro-Europe candidate. The WSJ

Vous avez dit danseur mondain ?

Au lendemain d’un premier tour qui entre machination juridico-médiatique et règlements de compte politiques …

A éliminé rien de moins que les candidats des deux principaux partis

Dont le seul représentant, à l’économique comme au régalien, d’une véritable alternance

Au profit de deux outsiders aux naïvetés et cécités presque exactement croisées ….

Pendant que pour étoffer leurs lourds dossiers contre le drôle de paroissien pilleur de troncs nos juges-justiciers en sont à faire les poubelles des journaux de province

Et qu’oubliant l’origine largement musulmane du nouvel antisémitisme, la Shoah devient argument de campagne pour racoler les électeurs juifs contre le seul Front national …

Devinez qui va se choisir …

Après cinq années d’immobilisme d’un autre président accidentel …

Une France cigale qui entre la semaine de 35 heures et la retraite à 62 ans …

Ne cesse, depuis vingt ans et entre deux attentats islamistes, de perdre du terrain par rapport à ses principaux concurrents  …

Pour danser comme en témoignent le refus du prétendu « front républicain » (étrangement silencieux sur le lénino-chaveziste de service Mélenchon) …

Ou les ralliements qui ont commencé à la candidate de la droite radicale …

Sur le volcan de la colère qui monte de toute une population marginalisée par la mondialisation ?

The Calculated Rise of France’s Emmanuel Macron

French presidential candidate skipped electoral politics, instead connecting with the elite and acquiring market experience; at stake, the future of Europe

Stacy Meichtry and William Horobin

The Wall Street Journal
April 28, 2017
PARIS—At the height of the financial crisis, Rothschild & Cie. assigned one of its veteran bankers to groom a new hire named Emmanuel Macron.
Mr. Macron had no experience in banking. Instead, he had powerful mentors who had recommended him to Rothschild as a danseur mondain—literally, high-society dancer—who could drum up business.
“He was identified as being a very singular person with lots of contacts,” recalls Cyrille Harfouche, the veteran assigned to sh