Médias: Attention, une meute peut en cacher une autre (Boys on the bus redux: What elite media bubble ?)

11 mars, 2017

tract-fillon
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Stéphane Hessel
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Dans les médias de la communication, une chambre d’écho, ou chambre d’écho médiatique est une description métaphorique d’une situation dans laquelle l’information, les idées, ou les croyances sont amplifiées ou renforcées par la communication et la répétition dans un système défini. Il s’agit d’une analogie avec la chambre d’écho acoustique, ou chambre réverbérante, dans laquelle les sons sont réverbérés par les murs. À l’intérieur d’une chambre d’écho médiatique, les sources ne sont généralement pas remises en question et les points de vues opposés sont censurés ou sous-représentés. John Scruggs, lobbyiste chez le cigarettier Philip Morris, décrit en 1998 deux mécanismes de ce qu’il appelle les «chambres d’écho». Le premier consiste en la répétition d’un même message par différentes sources. Le second mécanisme consiste en la diffusion de messages similaires mais complémentaires par une seule source. Scruggs décrit la chambre d’écho comme stratégie pour augmenter la crédibilité de certaines informations au regard d’une audience cible. Avec la démocratisation de l’internet et l’arrivée des médias sociaux, les chambres d’écho se sont multipliées. Les algorithmes des réseaux sociaux agissent comme des filtres et engendrent ce qu’on a nommé des bulles de filtres. L’utilisateur à l’intérieur d’une telle bulle obtient de l’information triée à son insu en fonction de son activité sur un réseau. L’accessibilité accrue aux informations correspondant aux opinions des individus fait que ces derniers sont moins exposés à des opinions différentes des leurs. Dans les chambres d’échos, les opinions opposées à celles de la majorité sont peu diffusées et, lorsqu’elles le sont, sont souvent la cible d’attaques par cette majorité pour les discréditer. Lorsqu’une information est reprise par de nombreux médias, elle peut être déformée, exagérée, jusqu’à être plus ou moins dénaturée. En augmentant l’exposition à une fausse rumeur, sa crédibilité a tendance à augmenter. À l’intérieur d’une chambre d’écho, il peut ainsi arriver qu’une majorité d’individus croient en une version dénaturée d’une information véridique, ou en une information carrément fausse. Wikipédia
Les journalistes moyens à qui nous parlons ont 27 ans et leur seule expérience de journaliste, c’est de suivre les campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. (…) Nous avons créé une chambre d’écho. Ils disaient des choses qui validaient ce que nous leur avions donné à dire.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Une nouvelle couche de scandale est venue s’ajouter lundi aux soucis du président américain, lorsque l’agence de presse Associated Press a annoncé que deux mois de relevés d’appels de certains de ses journalistes avaient été saisis à l’instigation du parquet fédéral. L’agence a dénoncé une « intrusion massive et sans précédent », tandis que le département de la Justice s’est retranché derrière la nécessité de préserver « l’intégrité de l’enquête » dont les motifs restent encore flous. La Maison-Blanche a assuré n’avoir « aucune connaissance » de cette investigation. Toujours est-il que l’administration est « sous le feu » des critiques, constatait mardi le gros titre du journal USA Today. (…) Les services fiscaux américains (IRS) ont affirmé vendredi avoir ciblé environ 75 groupes proches de la mouvance conservatrice et anti-impôts du Tea Party. Lois Lerner, une responsable du fisc américain, a expliqué que des groupes comportant les mots « Tea Party » et « patriote » avaient été sélectionnés par les fonctionnaires d’une cellule centralisatrice à Cincinnati pour un examen approfondi, selon plusieurs médias. Les républicains ont bondi sur l’affaire et parlent déjà de scandale politique. « L’admission par l’administration Obama que le fisc a ciblé des opposants politiques fait écho à certains des abus de pouvoir les plus honteux de l’histoire américaine du 20e siècle », a déclaré John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants. Des enquêtes parlementaires vont être lancées au Congrès, y compris au Sénat, contrôlé par les alliés de Barack Obama. Certains conservateurs, élus ou éditorialistes, n’hésitent plus à évoquer ouvertement le fantôme du scandale du « Watergate » qui avait coûté sa présidence à Richard Nixon en 1974. Une enquête a été ouverte pour déterminer si l’administration fiscale américaine avait enfreint la loi, a annoncé mardi le ministre de la Justice, Eric Holder. Europe 1 (15 mai 2013)
The Guardian has learned that the FBI applied for a warrant from the foreign intelligence surveillance (FISA) court over the summer in order to monitor four members of the Trump team suspected of irregular contacts with Russian officials. The FISA court turned down the application asking FBI counter-intelligence investigators to narrow its focus. According to one report, the FBI was finally granted a warrant in October, but that has not been confirmed, and it is not clear whether any warrant led to a full investigation. The Guardian
With only days until Donald Trump takes office, the Obama administration on Thursday announced new rules that will let the NSA share vast amounts of private data gathered without warrant, court orders or congressional authorization with 16 other agencies, including the FBI, the Drug Enforcement Agency, and the Department of Homeland Security. The Intercept
Only days before the inauguration, President Obama also signed an executive order that allows the National Security Agency to share raw intercepts and data with the 16 other agencies in the intelligence community. NSA analysts used to filter out irrelevant information and minimize references to Americans. Now such material is being leaked anonymously. The Wall Street Journal
What you see in these leaks—David Ignatius of The Washington Post and others—are the intelligence agencies being manipulated by the left to destroy the Trump presidency and everybody around him. (…) The people that report on national intelligence at all the networks, including Fox—and I love Fox News—are scared of taking on the intelligence agencies because their sources will be cut off and they won’t have a profession anymore. Larry Klayman (Freedom Watch)
Les experts politiques ne sont pas un groupe très diversifié et ont tendance à accorder beaucoup de confiance aux opinions de leurs confrères et des autres membres de l’establishment politique. Une fois établi, le consensus tend à se renforcer jusqu’à et à moins que ne viennent l’interrompre des preuves absolument irréfutables. Les médias sociaux, Twitter en particulier, ne peuvent qu’aggraver encore le phénomène de pensée de groupe jusqu’à la création d’une véritable chambre d’écho. (…) Depuis au moins l’époque des « Boys on the bus, » le journalisme politique souffre d’une mentalité de meute. Les événements tels que les conventions et les débats rassemblent dans la même salle des milliers de journalistes; il suffit d’assister à l’un de ces événements pour presque littéralement sentir la nouvelle doxa se fabriquer en temps réel.  Nate Silver
Political experts aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber. James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” argues that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions: Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.” Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.” Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.” Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.” Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter. But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions. Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much. And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971. The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media. Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions. Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over. Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially. There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade: The share of total exposure for the top five news sources climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation. All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots. That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way. Nate Silver
La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement». Jean-Marie Pottier

Ce dont est victime François Fillon, c’est d’un système qui a été mis en place depuis des années au Parlement et qui consiste à rémunérer ou à accorder des compléments de rémunération aux parlementaires à travers le système des collaborateurs.

Patrick Stefanini (ancien directeur de campagne de Fillon)

Il décrit quelque chose qui est bien ce qu’il a dit, pas spécialement pour Fillon. Mais quand vous avez l’indemnité du parlementaire plus la rémunération du collaborateur qui atterrit dans le même ménage et assez largement sur le même compte en banque…Je vais dire quelque chose qui n’est pas politiquement correct du tout, qui a été abordée maladroitement par Alain Minc ou Henri Guaino: y a-t-il une question sur le niveau de la rémunération des parlementaires en France? La réponse est oui! Je le pense, et je le dis! C’est très difficile à expliquer mais ce salaire, qui est confortable, met les parlementaires français parmi les moins payés en Europe, je le dis.

Hervé Mariton

Quand payera-t-on décemment le métier politique? (…) Non ce n’est pas assez compte tenu des contraintes. Je pense qu’il faudrait indexer la rémunération des parlementaires sur celle des plus hauts fonctionnaires. C’est de l’ordre de 10.000 euros. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui est là pour faire la loi est moins payé que quelqu’un qui est payé pour appliquer la loi.

Alain Minc

Il a existé un système, ou une absence de contrôles, c’est vrai, jusqu’à il y a quelques années à l’Assemblée nationale, puisque le système de gestion était différent au Sénat, et notamment pour les collaborateurs familiaux.. Il y avait la capacité, jusqu’à une somme dont je n’ai pas le chiffre en mémoire, de récupérer le solde de crédit qui était affecté aux collaborateurs, puisqu’il n’était pas géré, comme au Sénat par une association. Ce système, il y a été mis fin à l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs à la fois Bernard Accoyer et Claude Bartolone qui me l’ont expliqué.

Gérard Larcher

Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. La première chose à faire, c’est d’interdire aux parlementaires toute autre fonction que la leur. Donc impossible pour un député ou un sénateur d’exercer une profession, de diriger une boîte de conseil, sauf à travailler à titre gratuit. Je pense, par exemple, aux médecins qui pourraient continuer à opérer pour ne pas perdre la main. Mais, dans ce cas, ils ne seraient pas payés. (…) Quand on aura fait ça, alors on pourra proposer d’allouer une rémunération de 9 000 euros net aux parlementaires et une enveloppe de 3 000 euros mensuel de frais divers. C’est le montant que nous avions estimé il y a quelques années quand on s’était penché sur la question.
Julien Dray
Les députés disposent d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros destinée à rémunérer de 1 à 5 assistants. La répartition et l’usage de cette somme sont à discrétion de chaque député. Avant le 1er janvier 2013, comme l’indique le site de l’Assemblée Nationale, les députés pouvaient effectivement conserver les montants non dépensés, dans la limite d’un plafond de 5958 euros par an. Soit moins de 6% de l’enveloppe, relève Le Monde. Reste la question de l’enrichissement personnel par proximité familiale de l’employeur et de son assistant. La pratique existe, bien qu’elle soit contrôlée. Le règlement, mis à jour en 2011, indique que la rémunération d’un emploi familial ne peut pas excéder la moitié de l’enveloppe annuelle du député. La France n’est en effet pas en tête des pays où les parlementaires sont les mieux payés: elle se classe au neuvième rang en Europe, si l’on se reporte au comparatif dressé en décembre 2016 par le site d’information irlandais The Journal. Avec un salaire de base de 85 713 euros bruts par an pour les députés du Palais Bourbon, la France est largement derrière le trio de tête composé par l’Italie (125 220 euros), l’Autriche (121 608 euros) et l’Allemagne (108 984 euros). Tout en bas du classement on retrouve la Roumanie et la Bulgarie, dont les parlementaires gagnent autour de 20 000 euros bruts par an.  Le Figaro  
L’ouvrage-choc de Christian Chesnot et Georges Malbrunot sur les liens ambigus entre certains politiques français et les richissimes monarchies du Golfe persique fait des vagues. Des personnalités ont contacté, en vain, l’ambassade du Qatar à Paris pour que celle-ci démente les accusations contenues dans le livre. Le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen et la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet sont les seuls, jusqu’ici, à avoir déposé plainte pour diffamation contre les auteurs du livre « Nos très chers émirs » (ed. Michel Lafon). Ils font partie des personnalités -de droite comme de gauche- épinglées par Christian Chesnot et Georges Malbrunot qui les accusent d’avoir profité des largesses de l’ambassade du Qatar à Paris. Dans leur liste non exhaustive, les deux grand reporters, ex-otages en Irak, désignent aussi Rachida Dati, le député socialiste du Pas-de-Calais Nicolas Bays ou Dominique de Villepin, qui exigeait de voyager en « First ». «De 2007 à 2013, à l’époque de l’ancien ambassadeur Al-Kuwari, la représentation qatarie en France était devenue la boutique du Père Noël », affirment les auteurs. Cette générosité a été bien mal récompensée. Le petit émirat supporte mal le « Qatar bashing », sa mise en cause dans le financement du terrorisme islamiste, y compris par des politiques français. Le filon va se tarir avec l’avènement du jeune émir Tamin qui a ordonné au nouvel ambassadeur Meshal de mettre un terme à cette politique des « petits cadeaux ». Aujourd’hui, le Qatar cherche à redorer son blason et « le distributeur à billets de 500 euros » est fermé. Dès sa publication, l’enquête de Chesnot et Malbrunot a mis en effervescence le petit monde des « amis » français de l’émirat qui pleurent leur mise à l’écart et la diète qui s’en est suivie. Le lendemain de la sortie du livre, le 21 octobre, l’ex-ministre Rachida Dati a envoyé deux émissaires à l’ambassade du Qatar qui ont exigé d’être reçus par l’ambassadeur Meshal. (…) Du côté de Jean-Marie Le Guen, c’est un proche qui a contacté l’ambassade qatarie à Paris avec en substance ce message: « Ce n’est pas bien de balancer auprès de la presse. Après cela, la France va lâcher le Qatar quand il y aura des accusations contre le terrorisme. On ne vous soutiendra plus ». (…) «Entre les partis politiques, c’est l’omerta, confie un parlementaire. Des gens de droite et d’autres de gauche sont mouillés. Il y a un intérêt commun à étouffer l’affaire. » Seul le député non inscrit Nicolas Dupont-Aignan a réclamé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée, tout en reconnaissant qu’il y avait peu de chance qu’elle aboutisse. Le député-maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromentin a posé pour sa part une question écrite au Premier ministre Manuel Valls. Depuis sa rupture avec l’UDI, il figure également parmi les indépendants à l’Assemblée. Quant au nouveau Parquet national financier, chargé de lutter contre la fraude et la corruption, il ne s’est encore saisi des graves accusations lancées par les deux journalistes. Paris Match
Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls. Medhi Meklat  (octobre 2012, sept mois après les meurtres de Merah)
Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde. Medhi Meklat (décembre 2002)
Cette génération qui vit sur Internet (…) et s’autorise les pires dérapages idéologiques sous prétexte qu’ils sont libres. Medhi Meklat (Minute)
J’espère qu’on m’accordera le crédit de la fiction,explique-t-il. Ce personnage [de Marcelin Deschamps] n’a pu exister que sur Twitter parce que c’était justement l’endroit de la fiction. (…) C’était un travail littéraire, artistique, on peut parler de travail sur l’horreur, en fait. Mehdi Meklat
Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif. Ils sont les invités de “Télérama” cette semaine. Télérama
Mise à jour : Que savions nous des tweets de Mehdi Meklat lorsque nous l’avons interviewé, avec son compère Badroudine, en octobre 2015 ? En aucun cas, nous n’avions eu connaissance de ses messages antisémites, homophobes et racistes, récemment ressurgis des tréfonds de Twitter. Sinon, nous ne l’aurions pas cautionné. Cela va sans dire. Alors pourquoi le préciser ? Parce qu’au regard de ce qu’on sait aujourd’hui, une remarque, publiée dans cet entretien vieux d’un an et demi, prête malheureusement à confusion : « vous participez au bruit ambiant, disions-nous, en publiant sur Twitter des blagues parfois limites »… Sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, Mehdi Meklat postait en effet des plaisanteries en cascade. Beaucoup étaient très drôles, mais d’autres étaient lestées d’une provocation aux franges de l’agressivité, ou d’une pointe de misogynie potache. C’est à cela que nous faisions allusion en parlant de « blagues limite ». A rien d’autre. Avons-nous à l’époque manqué de prudence ? Nous aurions pu passer des heures, voire des jours, à fouiller parmi ses dizaines de milliers de tweets déjà publiés, afin de vérifier qu’il ne s’y trouvait rien d’inacceptable. Mais pourquoi l’aurions-nous fait ? Tout, alors, dans sa production professionnelle (chroniques radio, documentaire, livre), témoignait au contraire d’un esprit d’ouverture qui nous a touchés. En octobre 2015, à nos yeux, Mehdi Meklat n’était absolument pas suspect d’intolérance. Découvrir aujourd’hui ses tweets haineux fut un choc pour nombre de nos lecteurs. Pour nous aussi. Ils sont aux antipodes des valeurs que Télérama défend numéro après numéro, depuis plus de soixante ans. Télérama
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Mehdi Meklat, écrivain talentueux de 24 ans, « issu des cités », promu et encensé depuis 2012 par la presse culturelle unanime sur son talent littéraire et qui abreuvait Twitter de sentences ultraviolentes à caractère antisémite, homophobe, misogyne. Il appelait également à des agressions physiques contre certaines personnalités et fit l’apologie du génocide nazi et du terrorisme, le tout sous couvert d’un pseudonyme (« Marcelin Deschamps ») connu de tous ceux qui continuaient de le soutenir. Cela dans la période où le pays subissait l’assassinat de militaires et d’enfants juifs, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes et la Belgique la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Citons quelques-uns de ces Tweet pour prendre la mesure de ce que cela signifie. « Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls », écrivait-il en octobre 2012 (sept mois après les meurtres de Merah), quand « madame Valls », de confession juive, passait pour« influencer » les positions de son mari sur la laïcité.« Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde »,trouve-t-on en décembre de la même année. (…) Les réseaux ­sociaux ont fait le relais. En d’autres ­termes, sans ces nouveaux médias, l’omerta serait restée entière. La faillite morale et professionnelle journalistique est totale. La question qui se pose est celle-ci : où, exactement, se trouve le vrai scandale ? Tâchons de raisonner de façon littéraire. Ouvrons Minute. Le livre imagine plusieurs personnages issus de classes sociales diverses dans la minute précédant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il commence ainsi : « A quoi devaient servir les écrivains ? A apporter du temps et du style. Le temps était effréné, tellement présent dans nos vies ordinaires qu’il en devenait absent, dissous. » Le personnage s’exprimant de cette façon, « l’Ecrivain », n’est pas sans évoquer Renaud Camus (et parfois Houellebecq), dans la mesure où il a été au centre d’un scandale littéraire et est membre du Front national. Plus tard dans le livre, il croise « deux jeunes romanciers », Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, lesquels le jugent « raciste », tandis que lui ne voit en eux que les représentants « d’une génération qui vit sur Internet et s’autorise les pires dérapages ». Dans la réalité, bien sûr, tous ont raison. Plus troublant encore, c’est par un ­raisonnement fort proche de celui de Renaud Camus autrefois que Meklat a tenté de justifier ses Tweet, notamment dans l’interview donnée au site de Télérama dans les jours suivant le scandale. Marc Weizman
« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’étend au mal », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Meh­di Meklat n’a pas seulement été toléré, il a été porté au pinacle par les organes du gauchisme culturel. Ceux-ci l’avaient élevé au rang de chantre ­semi-officiel de la «  culture de banlieue  ». Soit, pour eux, un mélange de cynisme roublard et de vulgarité ; la banalisation de l’insulte et de la menace ; le sens du «  respect  » dû au plus fort, au plus menaçant, au plus dangereux ; le mépris des femmes et des faibles, la haine des homosexuels. Bref, le côté «  racaille  » dans lequel ces journalistes à faible niveau culturel imaginent reconnaître les héritiers de la bohème antibourgeoise d’antan. Et qui sait  ? Une nouvelle avant-garde pleine de promesses. Il y avait un créneau. De petits malins dotés d’un fort sens du marketing se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont compris qu’il y avait des places à prendre dans les médias pour peu que l’on puisse étaler une origine outre-­méditerranéenne et que l’on se conforme aux stéréotypes construits par le gauchisme culturel : «  racaille  », mais politisé. De la gauche qu’il faut. Pas celle qui a hérité des Lumières le goût de la raison droite et du savoir qui émancipe. Non, la gauche branchouille qui a métamorphosé l’antiracisme en multiculturalisme ; l’indifférence envers les origines et les couleurs de peau en autant d’«  identités  » reposant étrangement sur des détails anatomiques ; l’émancipation envers les origines en assignations identitaires. Une gauche aussi into­lérante et violente que ce «  fascisme  » dont elle ne cesse de poursuivre le fantôme. (…) Depuis longtemps, un certain nombre d’intellectuels, comme Pierre-André Taguieff, Alain Finkielkraut ou Georges Bensoussan, tentent de mettre en garde contre un des aspects les plus exécrables de cette soi-disant «  culture de banlieue  » : le racisme, l’antisémitisme. Mais leurs voix étaient couvertes, leurs propos dénoncés, quand ils n’étaient pas traînés en justice, comme Bensoussan et Pascal Bruckner, pour avoir dit que le roi est nu. (…) Il est entendu que, en Europe, en France, le racisme ne saurait provenir que de la société d’accueil. Du côté de l’immigration, il est convenu qu’on en est indemne et qu’on «  lutte pour ses droits  ». En outre, la théorie de la «  convergence des luttes  » implique que les combats des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques se recoupent et se conjuguent, sous la direction éclairée d’une extrême gauche qui a trouvé dans ces «  minorités  » son prolétariat de substitution. (…) Mehdi Meklat avait franchi à une vitesse accélérée tous les échelons de la notoriété médiatique : rond de serviette chez Pascale Clark à France Inter, couverture de Télérama avec son compère Badrou («  les révoltés du Bondy Blog  »), «  textes  » publiés aux éditions du Seuil, adoubement par Christiane Taubira, qui a accepté de poser en couverture des Inrocks avec les deux compères sans se renseigner plus avant sur eux. Cette carrière fulgurante vient de dérailler alors qu’elle semblait toucher au sommet. Invité à La Grande Librairie sur France 5, l’«  enfant prodigue de Bondy  » est démasqué pour ses dizaines de milliers de tweets. Le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié ont lancé une alerte : le héraut de la culture de banlieue avait tweeté des milliers de messages injurieux, menaçants, antisémites. Sous un pseudonyme – Marcelin Deschamps, que bien des gens connaissaient –, il avait appelé à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, à «  enfoncer un violon dans le cul de madame Valls  », à «  enfoncer des ampoules brûlantes dans le cul de Brigitte Bardot. Jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang  ». Il appelait à «  casser les jambes  » d’Alain Finkiel­kraut. Ajoutant : «  J’opte pour l’effet béquille pour Finkielkraut, car ainsi il pourra être immobilisé et souffrir dans l’indifférence générale.  » Il a tweeté : «  Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent.  » Et «  LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP  » (pour as soon as possible – dès que possible). On en est là  ? Oui, on en est là. Lentement mais sûrement, le niveau de tolérance envers les intolérants avait monté. La cote d’alerte était atteinte et nous ne l’avions pas vue. Si l’affaire Meklat pouvait au moins servir d’avertissement… Comme on le sait de triste expérience, le sort réservé aux juifs, dans toutes les sociétés, est comparable à ces canaris que les mineurs emportaient dans les mines de charbon. Le canari succombe par asphyxie avant que les mineurs aient pris conscience de la présence de gaz dans la galerie. Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée. C’est pourquoi il faut refuser absolument la banalisation de l’anti­judaïsme. Brice Couturier

Attention: un effet de meute peut en cacher un autre !

A l’heure où derrière les cris d’orfraie qui ont suivi les allégations du président Trump concernant la surveillance de ses communications pendant sa campagne électorale …

De la part d’une administration qui en son temps – qui s’en souvient ? –  n’avait pas hésité à lancer le fisc sur ses ennemis ou faire écouter certains journalistes …

Se confirme, jour après jour et fuite après fuite, la véritable campagne de déstabilisation de la nouvelle administration américaine par la collusion des services secrets et de la presse …

Comment ne pas saluer le courageux mea culpa d’un des analystes électoraux les plus respectés pour le véritable accident industriel qu’a constitué pour la presse américaine aussi bien que pour ses collègues l’élection totalement imprévue de Donald Trump …

Alors que l’on redécouvre 40 ans après sa mise au jour par le fameux livre du journaliste de Rolling Stone Timothy Crouse sur le convoi de la presse présidentielle sous Nixon (The Boys on the Bus, 1974) …

Que la sorte de syndrome de Stockholm qu’avait alors généré, de bus en avions et d’un site de campagne à l’autre, leur cohabitation étroite et forcée a désormais fait place ….

A l’image de la fameuse chambre d’écho dont était si fier le conseiller à la sécurité d’Obama Ben Rhodes pour son tristement fameux accord sur le nucléaire iranien …

A une véritable mentalité de meute, renforcée tant par l’incroyable consanguinité de ses membres (pas plus de 7 % de Républicains déclarés) que par l’effet homogénéisant des médias sociaux et notamment Twitter ?

Mais comment aussi ne pas voir le parallèle de ce côté-ci de l’Atlantique …

Avec les longues semaines de véritable chasse à l’homme médiatico-judiciaire dont vient d’être victime, à quelques mois d’une élection présidentielle où la gauche était logiquement donnée perdante, le seul candidat crédible de la droite ?

Comme avec l’incroyable emballement médiatique dont a si longtemps bénéficié jusqu’à sa découverte par une enseignante anonyme il y a un mois …

Le jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes Mehdi Meklat ?

Mehdi Meklat, l’enfant gâté du gauchisme culturel

Quels mécanismes peuvent expliquer l’ascension médiatique du jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes ? Enquête.

Brice Couturier*

03/03/2017
Le Point

Terrorisme: Attention, un aveuglement peut en cacher un autre (Rhetorical tricks aside, the reality is that during Obama’s tenure scores of innocent Americans have been murdered on U.S. soil by jihadists, mostly inspired by or acting under the direction of foreign terror groups)

26 février, 2017
https://pibillwarner.files.wordpress.com/2016/12/26581-terrorthreatsnapshot_sept_website.png?w=450&h=428https://counterjihadnews.files.wordpress.com/2016/02/terrorthreatsnapshot_february_social-media-862x1024.png?w=450&h=535
https://i2.wp.com/inhomelandsecurity.com/wp-content/uploads/2016/12/Terror-threat-snapshot-December.jpghttps://infogram.io/p/dea9a0118ed0319648c2609ed7d0088a.png
https://swedishsurveyor.files.wordpress.com/2014/11/immigrationeurope.jpg?w=451&h=353
https://www.gatestoneinstitute.org/pics/932.jpg
Daech dispose d’équipements militaires nombreux, rustiques mais aussi lourds et sophistiqués. Plus que d’une mouvance terroriste, nous sommes confrontés à une véritable armée encadrée par des militaires professionnels. Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les Etats-Unis. Général Vincent Desportes (17.12.2014)
We should take great pride in the progress that we’ve made over the last eight years. That’s the bottom line. No foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland. (…) The most deadly attacks on the homeland over the last eight years have not been carried out by operatives with sophisticated networks or equipment directed from abroad. “They’ve been carried out by home-grown and largely isolated individuals who were radicalized online. Barack Hussein Obama (MacDill Air Force Base, Tampa, Fla., Dec. 6, 2016)
L’Amérique est un endroit meilleur et plus fort qu’il ne l’était quand nous avons commencé. (…) Si je vous avais dit il y a huit ans que l’Amérique renverserait une grande récession, redémarrerait notre industrie automobile et entammerait la plus longue période de création d’emplois de notre histoire … si je vous avais dit que nous ouvririons un nouveau chapitre avec le peuple cubain , que nous fermerions le programme d’armes nucléaires de l’Iran sans tirer un coup de feu, et tuer le cerveau des attentats du 9/11 … si je vous avais dit que nous gagnerions l’égalité au mariage et le droit à l’assurance maladie pour 20 millions de nos concitoyens – Vous auriez pu dire que nos objectifs étaient un peu trop élevés. (…) Les relations raciales sont meilleures qu’avant, croyez-moi, mais nous se sommes pas encore où nous devons être. (…) En raison de l’extraordinaire courage de nos hommes et de nos femmes en uniforme, des officiers du renseignement, des forces de l’ordre et des diplomates qui les soutiennent, aucune organisation terroriste étrangère n’a planifié et exécuté avec succès une attaque dans notre pays ces huit dernières années. Et bien que Boston et Orlando nous rappellent à quel point la radicalisation peut être dangereuse, nos forces de l’ordre sont plus efficaces et plus vigilantes que jamais. Barack Hussein Obama (Chicago, 10.01.2017)
Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l’aurait cru ? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l’auraient jamais pensé. Donald Trump
La sécurité nationale commence par la sécurité aux frontières. Les terroristes étrangers ne pourront pas frapper l’Amérique s’ils ne peuvent entrer dans notre pays. Regardez ce qui se passe en Europe! Regardez ce qui passe en Europe! J’adore la Suède mais les gens là-bas comprennent que j’ai raison. J’ai un ami, c’est quelqu’un de très très important. Il adore la Ville lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa femme et sa famille. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps et j’ai dit “Jim, comment va Paris?”; “Je n’y vais plus. Paris n’est plus Paris. Il n’aurait jamais raté une occasion. Aujourd’hui, il n’envisage même plus d’y aller. Donald Trump
Je ne ferai pas de comparaison, mais ici il n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule. François Hollande
Examinant mon passeport, il relève que j’ai bénéficié récemment d’un visa « J1 », accordé notamment aux universitaires. J’ai été, en effet, professeur invité à l’Université Columbia de New York, de septembre 2016 à janvier 2017. Il conclut que je suis donc revenu travailler « illégalement » avec un visa expiré. J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait. N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction. La décision sera confirmée plus tard par son supérieur hiérarchique – que je n’aurai pas la possibilité de rencontrer. (…) Vers 21h, il reste une demi-douzaine de personnes, somnolentes et inquiètes, un Africain ne parlant pas bien l’anglais, les autres sans doute d’origine latino-américaine. Je suis apparemment le seul Européen – le seul « blanc ». Arrivent alors deux officiers de police. Ils se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut-être un Mexicain, bien mis de sa personne. Ils lui montrent un billet d’avion et lui disent qu’ils vont l’emmener. Invité à se lever, il est alors menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit: la policière qui lui met les fers aux pieds est une Africaine-Américaine, vaguement gênée. J’imagine le temps qu’il va mettre pour rejoindre la porte d’embarquement. Je me demande surtout si c’est le même sort qui nous attend. Je préfère croire que lui a commis un délit sérieux. J’apprendrai par la suite que « c’est la procédure ». Cette façon de faire – proprement indigne – serait exigée par les compagnies aériennes. Je ne suis pas sûr, au demeurant, que les conditions d’expulsion soient plus humaines chez nous.A 1h 30 du matin – cela fait plus de 26 heures que j’ai quitté mon domicile parisien – je vois une certaine agitation. Une policière vient vers moi et me demande quelle est ma destination finale aux États-Unis et si quelqu’un m’attend à l’aéroport. (…) Quelques minutes plus tard, un policier au ton cette fois amical me rend mon téléphone et mon passeport, dûment tamponné, et me déclare autorisé à entrer aux États-Unis. Les restrictions qui m’ont été imposées sont levées, ajoute-t-il, sans que je puisse savoir ce qui va rester dans leurs fichiers. Il m’explique que le fonctionnaire qui a examiné mon dossier était « inexpérimenté » et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception et pouvaient parfaitement être menées avec un simple visa touristique. « Il ne savait pas ». Abasourdi, je lui demande, ou plutôt je déclare que c’était donc une erreur. Il ne me répond pas. Il me laisse simplement entendre qu’ayant, lui, une longue expérience, il a vu le problème en prenant son poste en début de nuit. Il aura l’amabilité de me raccompagner à la sortie d’un aéroport totalement désert, m’indiquant l’adresse d’un hôtel dans la zone portuaire. À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés. En réalité, ma libération n’a rien eu de fortuit. Elle est la conséquence de l’intervention de mon collègue auprès du président de l’université Texas A & M, d’une professeure de droit chargée des questions d’immigration, et de plusieurs avocats. Sans eux, j’aurais été conduit menotté, enchaîné, et entravé à l’embarquement pour Paris. Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier. J’y pense d’autant plus que j’ai connu l’expulsion et l’exil dans mon enfance. Pour expliquer ce qui s’est passé, j’en suis rendu aux conjectures. Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ». Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis. Henry Rousso
La chancelière allemande Angela Merkel et les Premiers ministres des 16 Landers allemands ont conclu jeudi un accord visant à faciliter les expulsions de réfugiés dont la demande d’asile a été rejetée. Les expulsions sont normalement du ressort des landers, mais Merkel souhaite coordonner un certain nombre de choses au niveau fédéral pour accélérer les procédures. Le gouvernement fédéral veut s’accaparer plus de pouvoirs pour refuser des permis de séjour et effectuer lui-même les expulsions. L’un des objectifs centraux du plan en 16 points est de construire un centre de rapatriement à Potsdam (Berlin) qui comptera un représentant pour chaque lander. En outre, il prévoit la création de centres d’expulsion à proximité des aéroports pour faciliter les expulsions collectives. Un autre objectif est de faciliter l’expulsion des immigrants qui présentent un danger pour la sécurité du pays et de favoriser les «retours volontaires» d’autres migrants par le biais d’incitations financières s’ils acceptent de quitter le pays avant qu’une décision ait été prise au regard de leur demande d’asile. Une somme de 40 millions d’euros est consacrée à ce projet. Selon le ministère allemand de l’Intérieur, 280.000 migrants ont sollicité l’asile en Allemagne en 2016. C’est trois fois moins que les 890.000 de l’année précédente, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe. Près de 430 000 demandes d’asile sont encore en cours d’instruction. L’Express
When President Trump last week raised Sweden’s problematic experience with open door immigration, skeptics were quick to dismiss his claims. Two days later an immigrant suburb of Stockholm was racked by another riot. No one was seriously injured, though the crowd burned cars and hurled stones at police officers. Mr. Trump did not exaggerate Sweden’s current problems. If anything, he understated them. Sweden took in about 275,000 asylum-seekers from 2014-16—more per capita than any other European country. Eighty percent of those who came in 2015 lacked passports and identification, but a majority come from Muslim nations. Islam has become Sweden’s second-largest religion. In Malmö, our third-largest city, Mohamed is the most common name for baby boys. The effects are palpable, starting with national security. An estimated 300 Swedish citizens with immigrant backgrounds have traveled to the Middle East to fight for Islamic State. Many are now returning to Sweden and are being welcomed back with open arms by our socialist government. In December 2010 we had our first suicide attack on Swedish soil, when an Islamic terrorist tried to blow up hundreds of civilians in central Stockholm while they were shopping for Christmas presents. Thankfully the bomber killed only himself. Riots and social unrest have become a part of everyday life. Police officers, firefighters and ambulance personnel are regularly attacked. Serious riots in 2013, involving many suburbs with large immigrant populations, lasted for almost a week. Gang violence is booming. Despite very strict firearm laws, gun violence is five times as common in Sweden, in total, as in the capital cities of our three Nordic neighbors combined. Anti-Semitism has risen. Jews in Malmö are threatened, harassed and assaulted in the streets. Many have left the city, becoming internal refugees in their country of birth. The number of sex crimes nearly doubled from 2014-15, according to surveys by the Swedish government body for crime statistics. One-third of Swedish women report that they no longer feel secure in their own neighborhoods, and 12% say they don’t feel safe going out alone after dark. A 1996 report from the same government body found that immigrant men were far likelier to commit rape than Swedish men.  (…) Our nation’s culture hasn’t been spared either. Artists accused of insulting Islam live under death threats. Dance performances and art exhibitions have been called off for fear of angering Islamists. Schools have prohibited the singing of traditional Christian hymns because they don’t want to “insult” non-Christian immigrants. Yet reports made with hidden cameras by journalists from Swedish public media show mosques teaching fundamentalist interpretations of Islam. Sweden’s government now spends an incredible amount of money caring for newly arrived immigrants each year. The unemployment rate among immigrants is five times as high as that of native Swedes. Among some groups, such as Somalis, in places like Malmö unemployment reaches 80%. Jimmie Åkesson and Mattias Karlsson
Sweden has the highest rape rate in Europe, author Naomi Wolf said on the BBC’s Newsnight programme recently. (…) The Swedish police recorded the highest number of offences – about 63 per 100,000 inhabitants – of any force in Europe, in 2010. The second-highest in the world. This was three times higher than the number of cases in the same year in Sweden’s next-door neighbour, Norway, and twice the rate in the United States and the UK. It was more than 30 times the number in India, which recorded about two offences per 100,000 people. On the face of it, it would seem Sweden is a much more dangerous place than these other countries. But that is a misconception, according to Klara Selin, a sociologist at the National Council for Crime Prevention in Stockholm. She says you cannot compare countries’ records, because police procedures and legal definitions vary widely. « In Sweden there has been this ambition explicitly to record every case of sexual violence separately, to make it visible in the statistics, » she says. « So, for instance, when a woman comes to the police and she says my husband or my fiance raped me almost every day during the last year, the police have to record each of these events, which might be more than 300 events. In many other countries it would just be one record – one victim, one type of crime, one record. » The thing is, the number of reported rapes has been going up in Sweden – it’s almost trebled in just the last seven years. In 2003, about 2,200 offences were reported by the police, compared to nearly 6,000 in 2010. So something’s going on. But Klara Selin says the statistics don’t represent a major crime epidemic, rather a shift in attitudes. The public debate about this sort of crime in Sweden over the past two decades has had the effect of raising awareness, she says, and encouraging women to go to the police if they have been attacked. The police have also made efforts to improve their handling of cases, she suggests, though she doesn’t deny that there has been some real increase in the number of attacks taking place – a concern also outlined in an Amnesty International report in 2010. « There might also be some increase in actual crime because of societal changes. Due to the internet, for example, it’s much easier these days to meet somebody, just the same evening if you want to. Also, alcohol consumption has increased quite a lot during this period. « But the major explanation is partly that people go to the police more often, but also the fact that in 2005 there has been reform in the sex crime legislation, which made the legal definition of rape much wider than before. » The change in law meant that cases where the victim was asleep or intoxicated are now included in the figures. Previously they’d been recorded as another category of crime. BBC
Comment se fait-il, alors, qu’en 2008, le Danemark, voisin de la Suède, avait seulement 7,3 viols pour cent mille habitants par rapport à 53,2 en Suède ? La législation danoise n’est pas très différente de celle de la Suède et il n’y a aucune raison évidente pour laquelle les femmes danoises auraient moins tendance à signaler un viol que les femmes suédoises. En 2011, six mille cinq cent neuf viols ont été signalés à la police suédoise – mais seulement trois cent quatre vingt douze au Danemark. La population du Danemark est d’environ la moitié de celle de Suède et, même ajustée à ces chiffres, la différence est donc significative. En Suède, les autorités font ce qu’elles peuvent pour dissimuler l’origine des violeurs. Au Danemark, l’Office Statistique Officiel de l’État, Statistics Denmark, a révélé qu’en 2010, plus de la moitié des violeurs condamnés étaient issus de l’immigration. Depuis 2000, il n’y a eu qu’un seul rapport de recherche sur la criminalité des immigrants. Cela a été fait en 2006 par Ann-Christine Hjelm de l’Université Karlstads. Il est apparu que, en 2002, 85% des personnes condamnées à au moins deux ans de prison pour viol par Svea hovrätt, une cour d’appel, étaient nées à l’étranger ou étaient des immigrants de deuxième génération. Un rapport de 1996 du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime est arrivé à la conclusion que les immigrants en provenance d’Afrique du Nord (Algérie, Libye, Maroc et Tunisie) étaient vingt-trois fois plus susceptibles de commettre des viols que les Suédois. Les chiffres pour les hommes venus d’Irak, de Bulgarie et de Roumanie étaient, respectivement de vingt, dix-huit et dix-huit. Les hommes venant du reste de l’Afrique étaient seize fois plus susceptibles de commettre un viol ; et les hommes originaires d’Iran, du Pérou, de l’Équateur et de Bolivie, dix fois plus enclins à en commettre que les Suédois. Une nouvelle tendance a frappé la Suède de plein fouet au cours des dernières décennies : le viol collectif – pratiquement inconnu auparavant dans l’histoire criminelle suédoise. Le nombre de viols collectifs a augmenté de façon spectaculaire entre 1995 et 2006. Depuis lors, aucune étude n’a été faite à ce sujet. L’un des pires cas s’est produit en 2012, quand une femme de trente ans a été violée par huit hommes dans une cité pour demandeurs d’asile, dans la petite ville de Mariannelund. Cette femme était une connaissance d’un Afghan qui avait vécu en Suède pendant un certain nombre d’années. Il l’a invitée à sortir avec lui. Elle avait accepté. Cet Afghan l’avait emmenée dans une cité pour réfugiés et l’y avait laissée, sans défense. Pendant la nuit, elle a été violée à plusieurs reprises par des demandeurs d’asile et quand son « ami » est revenu, il l’a violée aussi. Le lendemain matin, elle a réussi à appeler la police. Le Procureur de la Suède a qualifié cet incident de « pire crime de viol de l’histoire criminelle suédoise. » Gatestone institute
Depuis les Attentats du 11 septembre 2001, la France doit faire face, comme d’autres pays, à une menace plus diffuse et qui n’émane plus d’États bien identifiés. Les attentats les plus récents sont généralement revendiqués par l’État islamique. Eric Denécé évalue à 102 morts le nombre de victimes françaises du terrorisme islamiste entre 2001 et le 5 mai 20156. Les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban font un total de 8 morts dont l’agresseur. Les attentats de janvier 2015 à Paris et dans sa région (au siège de Charlie Hebdo, à Montrouge, à Dammartin-en-Goële et la prise d’otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes) font un total de 20 morts dont les trois terroristes. Le 19 avril 2015 Sid Ahmed Ghlam assassine Aurélie Châtelain à Villejuif et se blesse avant de pouvoir attaquer plusieurs églises. Le 26 juin 2015, attentat de Saint-Quentin-Fallavier: Yassin Salhi décapite son patron et fait deux blessés. Il se suicide en prison 6 mois plus tard. Lors des attentats du 13 novembre 2015 en France, deux kamikazes font détoner leur ceinture d’explosifs au Stade de France, faisant une victime ; en même temps, diverses fusillades à la Kalachnikov visent des restaurants situés dans le 10e et 11e arrondissements de Paris, suivies d’une nouvelle fusillade puis d’une prise d’otages au Bataclan, qui se soldera après assaut des forces de l’ordre par la mort de 89 otages et des trois terroristes impliqués. Au total, le bilan s’élève à 130 morts et 415 blessés7. Les attentats seront revendiqués par l’État islamique8. Tous les terroristes sont abattus par les forces de l’ordre ou meurent dans ce qui sont les premiers attentats suicides en France, sauf Salah Abdeslam qui sera capturé 4 mois plus tard en Belgique Le 13 juin 2016, un terroriste, Larossi Abballa (Français d’origine marocaine), ayant fait allégeance à l’État islamique perpètre un double meurtre sur des fonctionnaires de police, un commandant et sa compagne, agent administratif, par arme blanche, à leur domicile9. Le bilan est de trois morts, dont l’assassin, abattu lors de l’assaut du RAID. Le couple laisse un jeune enfant. Lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel fonce délibérément sur la promenade des Anglais à Nice, au volant d’un poids lourd de 19 tonnes avec lequel il écrase de nombreux passants qui regardaient la fin du feu d’artifice lors de la fête nationale française. L’attentat fait 86 morts et 434 blessés, dont de nombreux enfants. Le terroriste est abattu par la police à bord de son véhicule. Le père Jacques Hamel est égorgé le mardi 26 juillet 2016 lors de l’attentat de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ses deux assassins sont abattus par la police alors qu’il sortaient avec des otages. Le 3 février 2017 se déroule une attaque au Musée du Louvre à Paris. Des militaires sont agressés par un homme les attaquant avec deux machettes. L’un d’eux est légèrement blessé et ses camarades neutralisent l’assaillant en ouvrant le feu. Plusieurs projets d’attentats sont déjoués en 2015, notamment contre des églises et des bases militaires10. Le plus spectaculaire est l’attentat du train Thalys le 21 août 2015 où Ayoub El Khazzani est arrêté dans sa tentative par un français et des militaires américains en permission. Une tentative d’attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris par des femmes est déjoué en septembre 2016. En 2016, de nombreux projets sont également déjoués dans le pays11. En France, la région parisienne, la région Rhône-Alpes et l’agglomération Roubaix-Tourcoing sont considérées comme des « viviers du terrorisme islamique » selon Claude Moniquet, codirecteur de l’European strategic Intelligence and Security Center. En France, environ 5000 personnes font l’objet d’une fiche « S » (Sûreté de l’État) et la majorité des terroristes de la seconde vague d’attentats qui ont touché la France étaient fichés « S » eux aussi. Wikipedia
Les déclarations controversées de Donald Trump associant immigration et criminalité en Suède ont involontairement ravivé le débat dans le pays scandinave sur les réussites et les échecs de sa politique d’intégration. Deux jours après les propos du président américain samedi en Floride, des émeutes dans un quartier nord de Stockholm où vit une majorité de personnes issues de l’immigration ont semblé mettre en pièces l’argumentaire déployé pour lui répondre. (…) Lundi soir en effet, plusieurs dizaines de jeunes ont affronté les policiers venus procéder à l’arrestation d’un trafiquant de drogue, incendiant des voitures, pillant des commerces. Les forces de l’ordre ont effectué un tir à balles réelles pour se dégager, a indiqué à l’AFP Lars Byström, porte-parole de la police de la capitale. Les images ont fait le tour du monde, brouillant la réponse des autorités suédoises à Donald Trump et à la chaîne Fox News qui a diffusé un reportage sur l’insécurité en Suède dont le président républicain s’était inspiré. Pour Tove Lifvendahl, éditorialiste du quotidien Svenska Dagbladet, il existe bel et bien « une once de vérité dans ce qu’a dit Trump ». « Que cela nous plaise ou non, c’est l’occasion de se demander si la perception que l’étranger a de nous et la perception que nous avons de nous-mêmes coïncident », écrivait-elle mercredi. Les contradicteurs de M. Trump font valoir que la Suède n’a pas connu d’attentat depuis 2010, qu’elle n’enregistre pas d’inflation criminelle depuis l’accueil de 244.000 migrants en 2014 et 2015 –un record en Europe par habitant –, et qu’elle demeure au total un pays parmi les plus sûrs du monde. Parmi les plus riches aussi. Si la Suède n’est pas épargnée par les difficultés de l’intégration, elle est loin de connaître les tensions entre communautés, les inégalités, la pauvreté et la violence à l’oeuvre aux États-Unis, soulignent-ils. Une autre vision met en avant la surreprésentation des personnes d’origine étrangère dans les statistiques de la délinquance, leur sous-activité professionnelle, les règlements de compte, les quelque 300 jeunes partis faire le jihad en Syrie et en Irak, le repli religieux, l’existence présumée de zones de non-droit… (…) Benjamin Dousa, un élu local conservateur d’origine turque, dénonce lui dans une tribune « une émeute par mois, un incendie de voitures par jour et le plus fort taux d’homicides par balles au niveau national » par habitant. En tout état de cause, le président américain a tort de stigmatiser une population en raison de son origine ethnique ou religieuse, estiment les sociologues Susanne Urban et Oskar Adenfelt. La clé de l’intégration est sociale et passe par « l’accès à l’État-providence, aux services sociaux, à l’emploi, à une école de qualité, à la mixité et au droit de peser sur la vie locale », défendaient-ils mercredi dans le grand quotidien Dagens Nyheter. Le Point/AFP

Attention: un aveuglement peut en cacher un autre !

Alors qu’après ses récentes allusions aux problèmes soulevés par l’immigration et le terrorisme islamiques en Europe nos médias se sont dument gaussés de la prétendue ignorance du président Trump …

Inspiré certes pour la Suède d’un reportage quelque peu sensationaliste sur un pays qui, sans compter un attentat-suicide d’un immigré irakien heureusement sans victimes il y a sept ans, tout en ayant apparemment dramatiquement sa définition du viol se trouve avoir ces dernières années le record du nombre de viols comme de migrants par habitant …

Et que refusant toute « comparaison » après, sans parler il y a deux mois ou encore hier en une Allemagne en pleine révision de sa politique migratoire, la quarantaine d’attentats et projets d’attentats islamistes depuis 2012 pour quelque 240 morts et 800 blessés, un président français nous assure qu’ « ici (…) il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule »

Pendant qu’apparemment victime du zèle d’un employé inexpérimenté et d’un contrôle de sécurité prolongé à un aéroport américain un mois à peine après un attentat à l’aéroport de Fort Lauderdale ayant fait cinq morts et six blessés, un universitaire français né en Egypte, porteur d’un ancien visa de travail et en route pour une conférence rémunérée se fend d’une tribune entière déplorant avec force « images d’esclaves » que « les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis » …

Comment ne pas repenser à un autre président américain

Qui au terme de deux mandats qui, suite à l’abandon d’un Irak alors sécurisé, ont vu pas moins de 124 attentats ou tentatives d’attentats islamiques

Dont une douzaine, entre Little Rock, Fort Hood, Boston, Moore (Oklahoma), Queens, Brooklyn, Garland, Chattanooga, San Bernardino, Orlando, St. Cloud (Minnesota), New York,  Columbus, d’attaques majeures …

Nous annonçait tranquillement il y a un mois qu’ « aucune organisation terroriste étrangère n’a planifié et exécuté avec succès une attaque dans notre pays ces huit dernières années » ?

A Complete List of Radical Islamic Terror Attacks on U.S. Soil Under Obama

James Barrett

Dailywire
December 7, 2016

In a speech at MacDill Air Force Base in Tampa, Florida on Tuesday, President Obama declared that « [n]o foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland. » The claim earned perfunctory applause, but a closer look at the reaction of many of the servicemen and women there made clear what they really thought about the administration’s handling of national security.

The President’s claim — which he has repeated in some form or fashion over the last few years — is an obvious rhetorical attempt to gloss over the reality of the threat of radical Islamic terror on American soil. The attempt to disconnect « lone wolf » terrorists from the terror organizations who often inspire them does nothing to alleviate the pain of those who have suffered at the hands of jihadists and only hurts prevention efforts. Rhetorical tricks aside, the reality is that during Obama’s tenure scores of innocent Americans have been murdered on U.S. soil by jihadists, most of whom were inspired by or acting under the direction of foreign terror groups, particularly the Islamic state.

Below is a list of the major, verifiable radical Islamic terror attacks « successfully planned and executed » on U.S. soil since Obama first took office in 2009 (the first section provided by Daily Wire’s Aaron Bandler):

Little Rock, Arkansas, June 1, 2009. Abdulhakim Mujahid Muhammad shot and murdered one soldier, Army Pvt. William Andrew Long, and injured another, Pvt. Quinton Ezeagwula, at a military recruiting station in Little Rock. Muhammad reportedly converted to Islam in college and was on the FBI’s radar after being arrested in Yemen–a hotbed of radical Islamic terrorism–for using a Somali passport, even though he was a U.S. citizen. In a note to an Arkansas judge, Muhammad claimed to be a member of al-Qaeda in the Arab Peninsula, the terror group’s Yemen chapter.

Fort Hood, Texas, November 5, 2009. Major Nidal Malik Hasan shot up a military base in Fort Hood and murdered 14 people. Hasan was in contact with al-Qaeda terrorist Anwar al-Awlaki prior to the attack and shouted « Allahu Akbar! » as he fired upon the soldiers on the Fort Hood base. After being sentenced to death, Hasan requested to join ISIS while on death row. It took six years for Obama to acknowledge the shooting as a terror attack instead of « workplace violence. »

Boston, Massachusetts, April 15, 2013. Tamerlan and Dhozkar Tsarnaev set off two bombs at the 2013 Boston marathon, killing three and injuring over 260 people. The Tsarnaev brothers later shot and murdered Massachusetts Institute of Technology police officer Sean Collier. The Tsarnaev brothers were self-radicalized through online jihadist propaganda and through a mosque with ties to al-Qaeda.

Moore, Oklahoma, September 24, 2014. Alton Nolen beheaded a woman, Colleen Huff, at a Vaughan Foods plant and stabbed and injured another person. While Nolen’s motives are unclear, he appears to have been another radicalized Muslim who was obsessed with beheadings.

Queens, New York, October 23, 2014. Zale Thompson, another self-radicalized Muslim, injured two police officers with a hatchet before being shot dead by other cops. Thompson reportedly indoctrinated himself with ISIS, al-Qaeda and al-Shabab–a Somali jihadist terror group–websites and was a lone wolf attacker.

Brooklyn, New York, December 20, 2014. Ismaayil Brinsley shot and murdered two police officers execution-style and his Facebook page featured jihadist postings and had ties to a terror-linked mosque.

Garland, Texas, May 3, 2015. Two gunmen shot up the Curtis Culwell Center in Garland, where a Mohammed cartoon contest was taking place, and were killed by a police officer. ISIS claimed responsibility for the attack.

Chattanooga, Tennessee, July 16, 2015. Muhammad Youssef Abdulazeez shot and killed four Marines and a sailor at a military base in Chattanooga and was believed to have been inspired by ISIS.

San Bernardino, California, December 14, 2015. Two radical Islamists, Syed Farook and Tashfeen Malik, shot and murdered 14 people and injured 22 others at an office holiday party.

Orlando, Florida, June 12, 2016. Omar Mateen, 29, opened fire at a gay nightclub, killing 49 and injuring 53. The FBI investigated Mateen twice before his rampage, but did not take any substantive action. Officials believe Mateen was self-radicalized but he pledged fealty to ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi before his death. « The real muslims will never accept the filthy ways of the west, » Mateen posted on his Facebook page after committing his heinous act at Pulse nightclub. « I pledge my alliance to (ISIS leader) abu bakr al Baghdadi..may Allah accept me, » he wrote.

St. Cloud, Minnesota, September 17, 2016. Dahir Ahmed Adan, a 20-year-old Somali refugee, began hacking at people with a steak knife at a Minnesota mall, injuring nine people before he was shot dead by off-duty police officer Jason Falconer. The FBI said numerous witnesses heard Adan yelling « Allahu akbar! » and « Islam! Islam! » during the rampage. He also asked potential victims if they were Muslims before inflicting wounds in their heads, necks, and chests. The FBI believe he had recently become self-radicalized. (As the Daily Wire highlighted, the Minneapolis Star Tribune attempted to blame « anti-Muslim tensions » for his murderous actions.)

New York City/New Jersey, September 17, 2016. Ahmad Khan Rahami, a 28-year-old naturalized citizen from Afghanistan, set off multiple bombs in New York and New Jersey. In Chelsea, his bomb resulted in the injury of over 30 people. Rahami wrote in his journal that he was connected to « terrorist leaders, » and appears to have been heavily influenced by Sheikh Anwar, Anwar al-Awlaki, Nidal Hassan, and Osama bin Laden. « I pray to the beautiful wise ALLAH, [d]o not take JIHAD away from me, » Rahami wrote. « You [USA Government] continue your [unintelligible] slaught[er] » against the holy warriors, « be it Afghanistan, Iraq, Sham [Syria], Palestine … « 

Columbus, Ohio, November 28, 2016. Abdul Razak Ali Artan, an ISIS-inspired 20-year-old Somali refugee who had been granted permanent legal residence in 2014 after living in Pakistan for 7  years, attempted to run over his fellow Ohio State students on campus. After his car was stopped by a barrier, he got out of the vehicle and began hacking at people with a butcher knife before being shot dead by a campus police officer. He injured 11 people, one critically. ISIS took credit for the attack, describing Artan as their « soldier. » Just three minutes before his rampage, Artan posted a warning to America on Facebook that the « lone wolf attacks » will continue until America « give[s] peace to the Muslims. » He also praised deceased al-Qaeda cleric Anwar Al-Awlaki as a « hero. »

Voir aussi:

Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis?
Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale.
Henry Rousso
Historien, directeur de recherches au CNRS (Institut d’histoire du temps présent)
Le Hugffington Post

26.02.2017

Le 22 février dernier, j’ai atterri vers 14h30 à l’aéroport de Houston, aux États-Unis, en provenance de Paris. Je devais me rendre à un colloque de la Texas A&M University (College Station), où j’ai été invité à plusieurs reprises ces dernières années. Au guichet de l’immigration, une fonctionnaire me refuse l’entrée et m’emmène dans une salle attenante pour contrôle, sans explications. Une trentaine de personnes y attendent que l’on statue sur leur sort. J’observe machinalement une certaine fréquence dans les entrées et sorties. Au bout de trois quarts d’heure, alors que la plupart de ceux qui attendent repartent sans problèmes, un jeune officier de police me demande de le suivre dans un bureau particulier. Commence alors un interrogatoire informel. Je lui demande ce qui me vaut d’être là. Il me répond : « contrôle aléatoire » (random check). Il me demande ce que je viens faire aux États-Unis. Je lui présente alors la lettre d’invitation de l’université. Cette intervention doit-elle être rémunérée ? Je confirme – c’est la règle dans beaucoup universités Nord-américaines. Il m’objecte alors que je n’ai qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail. Je lui réponds que je n’en ai pas besoin, que l’université s’est occupée comme d’habitude des formalités et, surtout, que je fais cela depuis plus de trente ans sans jamais avoir eu le moindre ennui. Son attitude se fait alors encore plus suspicieuse. Examinant mon passeport, il relève que j’ai bénéficié récemment d’un visa « J1 », accordé notamment aux universitaires. J’ai été, en effet, professeur invité à l’Université Columbia de New York, de septembre 2016 à janvier 2017. Il conclut que je suis donc revenu travailler « illégalement » avec un visa expiré. J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait. N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction. La décision sera confirmée plus tard par son supérieur hiérarchique – que je n’aurai pas la possibilité de rencontrer.

On bascule alors dans une autre dimension. Le policier me fait prêter serment et me soumet à un interrogatoire étendu : questions sur mon père, ma mère, ma situation familiale, me posant près d’une dizaine de fois les mêmes questions: qui m’emploie, où j’habite, etc. J’ai la copie du procès-verbal. Il relève toutes mes empreintes digitales, pourtant déjà enregistrées dans le système comme pour tous les visiteurs. Il opère une fouille au corps en règle, malgré mes protestations. « C’est la procédure », me rétorque-t-il. Il m’informe ensuite que je vais être refoulé (deported) et mis dans le prochain avion en partance pour Paris. Il ajoute que je ne pourrai plus jamais entrer dans le pays sans un visa particulier. Je suis stupéfait mais ne peux rien faire sinon prévenir mon collègue de l’université. Le policier me demande si je veux contacter le Consulat de France à Houston. Je réponds par l’affirmative mais c’est lui qui se charge de composer le numéro, plusieurs heures après, aux alentours de 19h, appelant le standard et non le numéro d’urgence, donc sans résultat. Il m’indique également qu’il n’arrive pas à contacter Air France pour mon billet. Cela fait déjà près de cinq heures que je suis détenu et je comprends alors que rien ne se passera avant le lendemain.

Je m’apprête donc à passer encore entre une dizaine ou une vingtaine d’heures installé sur une chaise, sans téléphone – l’usage en est interdit –, avant de pouvoir occuper un fauteuil un peu plus adapté à la situation de personnes ayant effectué un long voyage. Toutes les heures, un fonctionnaire vient nous proposer à boire ou à manger, et nous fait signer un registre comme quoi nous avons accepté ou refusé. Malgré la tension, j’observe ce qui se passe dans ce lieu insolite, à la fois salle d’attente anodine et zone de rétention. Si la plupart des policiers adoptent un ton réglementaire, non discourtois, quelques-uns ricanent discrètement en observant cette population hétéroclite sous leur contrôle. Une policière engueule une femme dont le garçon de trois ans court dans tous les sens. Un homme se lève pour demander ce qu’il en est de sa situation. Trois policiers lui hurlent de s’asseoir immédiatement.

Vers 21h, il reste une demi-douzaine de personnes, somnolentes et inquiètes, un Africain ne parlant pas bien l’anglais, les autres sans doute d’origine latino-américaine. Je suis apparemment le seul Européen – le seul « blanc ». Arrivent alors deux officiers de police. Ils se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut-être un Mexicain, bien mis de sa personne. Ils lui montrent un billet d’avion et lui disent qu’ils vont l’emmener. Invité à se lever, il est alors menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit: la policière qui lui met les fers aux pieds est une Africaine-Américaine, vaguement gênée. J’imagine le temps qu’il va mettre pour rejoindre la porte d’embarquement. Je me demande surtout si c’est le même sort qui nous attend. Je préfère croire que lui a commis un délit sérieux. J’apprendrai par la suite que « c’est la procédure ». Cette façon de faire – proprement indigne – serait exigée par les compagnies aériennes. Je ne suis pas sûr, au demeurant, que les conditions d’expulsion soient plus humaines chez nous.

L’attente continue, cette fois avec une réelle angoisse. A 1h 30 du matin – cela fait plus de 26 heures que j’ai quitté mon domicile parisien – je vois une certaine agitation. Une policière vient vers moi et me demande quelle est ma destination finale aux États-Unis et si quelqu’un m’attend à l’aéroport. Je réponds avec un début d’énervement – à éviter absolument dans ce genre de situations – que le chauffeur de l’université, qui se trouve à deux heures de route, est sans doute reparti… Elle me prie alors de ne pas me rendormir car je vais être appelé. Quelques minutes plus tard, un policier au ton cette fois amical me rend mon téléphone et mon passeport, dûment tamponné, et me déclare autorisé à entrer aux États-Unis. Les restrictions qui m’ont été imposées sont levées, ajoute-t-il, sans que je puisse savoir ce qui va rester dans leurs fichiers. Il m’explique que le fonctionnaire qui a examiné mon dossier était « inexpérimenté » et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception et pouvaient parfaitement être menées avec un simple visa touristique. « Il ne savait pas ». Abasourdi, je lui demande, ou plutôt je déclare que c’était donc une erreur. Il ne me répond pas. Il me laisse simplement entendre qu’ayant, lui, une longue expérience, il a vu le problème en prenant son poste en début de nuit. Il aura l’amabilité de me raccompagner à la sortie d’un aéroport totalement désert, m’indiquant l’adresse d’un hôtel dans la zone portuaire. À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés.

En réalité, ma libération n’a rien eu de fortuit. Elle est la conséquence de l’intervention de mon collègue auprès du président de l’université Texas A & M, d’une professeure de droit chargée des questions d’immigration, et de plusieurs avocats. Sans eux, j’aurais été conduit menotté, enchaîné, et entravé à l’embarquement pour Paris.

Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier. J’y pense d’autant plus que j’ai connu l’expulsion et l’exil dans mon enfance. Pour expliquer ce qui s’est passé, j’en suis rendu aux conjectures. Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ». Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.

 Voir aussi:
Valeurs actuelles

25 février 2017 

Irrespect. Suite à une nouvelle critique du président américain sur la situation sécuritaire de la France et de sa capitale, François Hollande a de nouveau dérapé. Une faute que la droite n’a pas manqué de souligner.

François Hollande a sans doute la mémoire courte. Alors que Donald Trump citait vendredi “un ami” effrayé par l’insécurité qui règne à Paris, le chef de l’État a tenté de répliquer, samedi 25 février, affirmant qu’en France il “n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule”.

“Comment François Hollande peut-il ainsi effacer les victimes ?”

Passablement remontée contre cette réponse fallacieuse, qui fait fi des dizaines de victimes récentes du terrorisme dans l’Hexagone, la droite a confronté le président socialiste à ses incohérences. François Fillon a par exemple rappelé les drames de “Toulouse, Charlie, Bataclan, Nice” et dénoncé un “effacement” des victimes.

Du côté du Front national, Florian Philippot s’est insurgé contre le “manque de respect pour les familles des victimes des attentats” et l’“indécence” du locataire de l’Élysée, quand Nicolas Bay a fustigé un “oubli [des victimes] du Bataclan et de Charlie Hebdo”.

Voir également:

L’effet Trump? La Suède s’interroge sur sa politique d’intégration

Le Point/ AFP

22/02/2017

Voir de même:

Trump Is Right: Sweden’s Embrace of Refugees Isn’t Working

The country has accepted 275,000 asylum-seekers, many without passports—leading to riots and crime.

Jimmie Åkesson and Mattias Karlsson
The Wall Street Journal
Feb. 22, 2017

When President Trump last week raised Sweden’s problematic experience with open door immigration, skeptics were quick to dismiss his claims. Two days later an immigrant suburb of Stockholm was racked by another riot. No one was seriously injured, though the crowd burned cars and hurled stones at police officers.

Mr. Trump did not exaggerate Sweden’s current problems. If anything, he understated them. Sweden took in about 275,000 asylum-seekers from 2014-16—more per capita than any other European country. Eighty percent of those who came in 2015 lacked passports and identification, but a majority come from Muslim nations. Islam has become Sweden’s second-largest religion. In Malmö, our third-largest city, Mohamed is the most common name for baby boys.

The effects are palpable, starting with national security. An estimated 300 Swedish citizens with immigrant backgrounds have traveled to the Middle East to fight for Islamic State. Many are now returning to Sweden and are being welcomed back with open arms by our socialist government. In December 2010 we had our first suicide attack on Swedish soil, when an Islamic terrorist tried to blow up hundreds of civilians in central Stockholm while they were shopping for Christmas presents. Thankfully the bomber killed only himself.

Riots and social unrest have become a part of everyday life. Police officers, firefighters and ambulance personnel are regularly attacked. Serious riots in 2013, involving many suburbs with large immigrant populations, lasted for almost a week. Gang violence is booming. Despite very strict firearm laws, gun violence is five times as common in Sweden, in total, as in the capital cities of our three Nordic neighbors combined.

Anti-Semitism has risen. Jews in Malmö are threatened, harassed and assaulted in the streets. Many have left the city, becoming internal refugees in their country of birth.

The number of sex crimes nearly doubled from 2014-15, according to surveys by the Swedish government body for crime statistics. One-third of Swedish women report that they no longer feel secure in their own neighborhoods, and 12% say they don’t feel safe going out alone after dark. A 1996 report from the same government body found that immigrant men were far likelier to commit rape than Swedish men. Last year our party asked the minister of justice to conduct a new report on crime and immigration, and he replied: “In light of previous studies, I do not see that a further report on recorded crime and individuals’ origins would add knowledge with the potential to improve the Swedish society.”

Our nation’s culture hasn’t been spared either. Artists accused of insulting Islam live under death threats. Dance performances and art exhibitions have been called off for fear of angering Islamists. Schools have prohibited the singing of traditional Christian hymns because they don’t want to “insult” non-Christian immigrants. Yet reports made with hidden cameras by journalists from Swedish public media show mosques teaching fundamentalist interpretations of Islam.

Sweden’s government now spends an incredible amount of money caring for newly arrived immigrants each year. The unemployment rate among immigrants is five times as high as that of native Swedes. Among some groups, such as Somalis, in places like Malmö unemployment reaches 80%.

Our party, the Sweden Democrats, wants to put the security and welfare of Swedish citizens first. We are surging in the opinion polls and seem to have a good chance of becoming the country’s largest party during the elections next year. We will not rest until we have made Sweden safe again.

For the sake of the American people, with whom we share so many strong historical and cultural ties, we can only hope that the leaders in Washington won’t make the same mistakes that our socialist and liberal politicians did.

Mr. Åkesson is party chairman of the Sweden Democrats. Mr. Karlsson is the party’s group leader in Parliament.

Voir par ailleurs:

Hommage national aux victimes du terrorisme: Trois décennies d’attentats en France

Laure Cometti

20 minutes

L’hommage national aux victimes du terrorisme, qui a lieu chaque année le 19 septembre, depuis 1998, prend ce lundi un écho particulier. Depuis janvier 2015, 236 personnes sont mortes dans des attentats en France, sur un total de 271 en trente ans. 20 Minutes revient sur les attaques terroristes perpétrées dans l’Hexagone au cours des trois dernières décennies.

1986

Cette année est marquée par neuf attaques terroristes, dont six sont meurtrières. Elles s’inscrivent dans une vague d’attentats, de décembre 1985 à septembre 1986, dont certains seront imputés au Hezbollah.

Le mois de septembre est particulièrement meurtrier. Le 8, une explosion fait un mort et dix-huit blessés dans le bureau de poste de l’Hôtel de Ville à Paris. Le 12, plus d’une cinquantaine de personnes sont blessées par une bombe placée dans un magasin Casino à la Défense. Le 14, une nouvelle explosion tue deux personnes dans le pub Renault des Champs-Elysées. Le lendemain, c’est la préfecture de police de Paris qui est visée : une bombe fait un mort et 51 blessés. Le 17, ce mois de septembre meurtrier s’achève par un attentat à la bombe devant le magasin Tati de la rue de Rennes, toujours à Paris. Le bilan est de sept morts et une cinquantaine de blessés.

1995

Entre juillet et novembre, l’Hexagone est le théâtre d’une série d’attaques à la bombe imputées à l’organisation terroriste algérienne du Groupe islamique armé (GIA). La seule attaque meurtrière est celle de la station de RER B Saint-Michel à Paris, le 25 juillet. Le bilan est de huit tués et plus d’une centaine de blessés.

Près de Lyon, une bombe est découverte le 26 août sur une ligne de TGV. Les empreintes digitales de Khaled Kelkal sont retrouvées sur l’engin explosif. Le jeune homme, impliqué dans l’attentat de la station Saint-Michel, est abattu par la police le 29 septembre. Arrêté deux jours auparavant, son complice Karim Koussa a été jugé et condamné à de la prison. Deux autres membres du GIA ont été arrêtés le 1er novembre dans le cadre de l’enquête sur cette vague d’attentats, Boualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem, tous deux jugés et incarcérés.

Le 3 septembre, une bombe blesse quatre personnes sur un marché du boulevard Richard Lenoir à Paris.

Les transports en commun de la capitale sont ciblés à deux autres reprises, sans faire de morts : le 6 octobre à Maison-Blanche (seize blessés) et le 17 octobre dans une rame du RER C, entre les stations Saint-Michel et Quai d’Orsay (une trentaine de blessés).

1996

Le 3 décembre, une explosion tue quatre personnes et en blesse plus de 90 à la station de RER B de Port-Royal. Les auteurs de l’attaque n’ont pas été identifiés.

2000

Le 19 avril, une bombe explose dans un restaurant de la chaîne McDonald’s à Quévert (ôtes-d’Armor), tuant une employée. L’enquête démontrera plus tard que la bombe devait exploser pendant la nuit. Trois hommes appartenant à la mouvance indépendantiste bretonne seront jugés puis acquittés dans cette affaire qui n’a pas été élucidée à ce jour.

2007

Le 6 décembre, un colis piégé explose dans un cabinet d’avocat au 52, boulevard Malesherbes à Paris. La secrétaire du cabinet est tuée sur le coup. L’affaire n’est pas élucidée à ce jour.

2012

En mars, Mohamed Merah tue sept personnes par balle à Toulouse et Montauban. Il s’agit de trois militaires et de  trois élèves et un professeur d’une école juive. Le terroriste islamiste est abattu le 22 mars après une intervention du Raid dans le quartier de Côte Pavée à Toulouse.

2015

Le début de l’année est marquée par la tuerie au siège de Charlie Hebdo. Les frères Saïd et Chérif Kouachi, qui affirment agir au nom de l’organisation Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), abattent le 7 janvier huit membres de la rédaction de l’hebdomadaire, un dessinateur invité à la conférence du journal, deux policiers et un agent de maintenance de l’entreprise Sodexo. Les terroristes sont tués deux jours plus tard à Dammartin-en-Goële.

Le lendemain, une policière municipale est tuée à Montrouge par Amédy Coulibaly qui mènera la prise d’otages du magasin Hypercacher de la Porte de Vincennes, le 9 janvier. Le terroriste, qui se revendique du groupe Etat islamique (EI) dans une vidéo, est abattu après avoir tué un employé et trois clients de la boutique vendant des produits casher.

Le 26 juin, Yassin Salhi décapite son patron sur le site de l’usine AirProducts. Fiché S pour ses liens avec l’islam radical, le présumé coupable s’est suicidé en prison le 23 décembre de la même année.

Le 13 novembre au soir, des attaques simultanées à Saint-Denis et Paris font 130 morts et plus de 400 blessés. Il s’agit des pires attaques terroristes de l’histoire de la France. Tous les auteurs de ces attentats, revendiqués par Daesh, sont morts en kamikazes. Salah Abdeslam, l’unique membre encore vivant des commandos, a été arrêté en le 18 mars 2016 en Belgique et remis à la France où il a été écroué.

2016

Le 13 juin, un policier de Magnanville et sa compagne employée au commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sont assassinés chez eux par  Larossi Abballa, qui avait revendiqué son action sur Twitter et Facebook au nom de Daesh. Le terroriste est abattu par le Raid.

Le soir de la fête nationale, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, au volant d’un camion, fonce dans la foule quelques instants après le feu d’artifice du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice. Le bilan est de 86 morts et plus de 300 blessés. L’attaque est revendiquée par Daesh.

Le 26 juillet, un prêtre est tué lors d’une prise d’otages pendant la messe dans une église catholique à Saint-Etienne-du-Rouvray. Les auteurs, deux djihadistes sont abattus par les forces de l’ordre. Cette attaque est aussi revendiquée par Daesh..

Voir de même:

Nordactu.fr

19/07/2016

Alors que le bilan humain de l’attentat de Nice du 14 juillet n’est pas encore définitif, Nord Actu a dressé la liste chronologique des attentats terroristes islamistes qui ont touché la France depuis début 2012, ainsi que les tentatives déjouées par les services de sécurité dont nous avons eu connaissance. La liste des projets d’attentats est donc non-exhaustive, mais permet de se faire une idée sur la quantité d’actions islamistes entreprises depuis 4 ans en France. Le bilan humain provisoire de cette guerre fait état de 254 morts et 684 blessés.

(NDLR: les attentats ayant « abouti » apparaissent en gras)

Attentats de mars 2012 par Mohammed Merah : 8 morts et 6 blessés.

Attentat du 25 mai 2013, un individu tente d’égorger un militaire à la Défense : 1 blessé.

Attentat déjoué en octobre 2013 : Un homme arrêté à Lille après son retour de Syrie.

Attentat déjoué en février 2014 : Le carnaval de Nice.

Attentat déjoué en juillet 2014 : Des lieux chiites à Créteil.

Attentat déjoué en août 2014 : Des synagogues à Lyon.

Attentat déjoué en septembre 2014 : Une réunion du CRIF à Lyon.

Attentat du 20 décembre 2014 à Joué les Tours, un individu attaque le commissariat à l’arme blanche, il est abattu : 1 mort et 3 blessés.

Attentat du 21 décembre 2014 à Dijon, un individu fonce dans la foule avec son véhicule au cri d’ «Allah Ahkbar» : 13 blessés.

Attentat du 22 décembre 2014 à Nantes, modus operandi similaire à l’attaque de Dijon : 1 mort et 10 blessés.

Attentats de janvier 2015 (Charlie hebdo + Montrouge + Hyper Kasher) : 17 morts et 22 blessés.

Attentat du 3 février 2015 à Nice, Moussa Coulibaly attaque des militaires à l’arme blanche : 3 blessés.

Attentat du 19 avril 2015 : Meurtre d’Aurélie Châtelain à Villejuif par Sid Ahmed Ghlam lors du vol de son véhicule devant servir à des actions contre des églises (voir ci-dessous) : 1 mort.

Attentat déjoué en avril 2015 : Une ou plusieurs églises en région parisienne par Sid Ahmed Ghlam (le suspect avait effectué des repérages autour du Sacré Cœur  de Montmartre et de deux églises de Villejuif).

Attentat de Saint-Quentin-Fallavier 26 juin 2015 : 1 mort et 2 blessés.

Attentat déjoué en juillet 2015 : Une base militaire dans les Pyrénées-Orientales.

Attentat du 21 août 2015 (attaque d’un train Thalys entre Bruxelles et Paris) : 3 blessés.

Attentat déjoué en octobre 2015 : Hakim Marnissi voulait attaquer la base navale de Toulon.

Attentat déjoué en octobre 2015 : Arrestation à Fontenay-sous-Bois, Salim et Ahmed M., deux frères « velléitaires pour le jihad syrien » qui ont planifié de s’en prendre à « des militaires, des policiers et/ou des juifs ».

Attentats du 13 novembre 2015 (Bataclan + terrasses de cafés + Stade de France + St Denis) : 137 morts et 413 blessés.

Attentat déjoué en novembre 2015 : Le quartier de la Défense.

Attentat déjoué en décembre 2015 : « Des représentants de la force publique » dans la région d’Orléans. Les deux suspects voulaient s’en prendre notamment au préfet du Loiret et à une centrale nucléaire.

Attentat déjoué en décembre 2015 : Interpellation d’un couple à Montpellier, la femme aurait dû commettre un attentat suicide à l’aide d’un faux-ventre de femme enceinte rempli d’explosifs.

Attentat du 1er janvier 2016 à Valence : un individu fonce sur des militaires avec son véhicule. Il doit être neutralisé par des tirs, un passant est blessé : 3 blessés au total.

Attentat du 7 janvier 2016 au commissariat de la Goutte d’Or à Paris : 1 mort (l’assaillant).

Attentat du 11 janvier 2016 à Marseille, un kurde de 15 ans attaque un enseignant juif à la machette : 1 blessé. Des policiers étaient également visés.

Attentat déjoué en janvier 2016 : Fort Béar dans les Pyrénées orientales, un gradé devait être kidnappé puis décapité. 3 interpellés.

Attentat déjoué du 2 février 2016 : Arrestation à Lyon de 6 individus qui projetaient d’attaquer des « clubs échangistes en France ».

Attentat déjoué du 9 mars 2016 : Un individu radicalisé d’une trentaine d’années a embarqué à l’aéroport de Nantes en direction de Fès. Il a été arrêté au Maroc par les autorités marocaines. Il était en possession de plusieurs armes blanches et une bonbonne de gaz.

Attentat déjoué du 9 mars  2016 : Un franco-algérien a délibérément lancé sa voiture contre la façade d’un commissariat de police à Firminy. D’après Noëlle Deraime, directrice départementale de la sécurité publique, il ne s’agit pas d’un accident.

Attentat déjoué en mars 2016 : 4 jeunes femmes devaient attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris.

Attentat déjoué en mars 2016: Quatre personnes (3 hommes et 1 femme) ont été interpellées par la DGSI dans le XVIIIe arrondissement de Paris ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Elles sont suspectées de s’être préparées à commettre des attentats dans la capitale.

Attentat déjoué en mars 2016 : Arrestation de Rada Kriket à Boulogne Billancourt, d’Anis B. à Rotterdam et d’Abderahmane Ameuroud  à Bruxelles pour « risque imminent d’action terroriste ».

Attentat déjoué le 8 avril 2016: Arrestation de Mohamed Abrini, recherché depuis les attentats du 13 novembre, à Anderlecht. Il révèle que le commando des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles devait à nouveau frapper la France.

Attentat du 24 avril 2016: Un militaire de l’opération Sentinelle est agressé au cutter par un individu tenant des propos en arabe à Strasbourg. L’agresseur prend la fuite et est interpellé le 4 mai 2016. Bilan : 1 blessé.

Attentat contre un couple de policiers du 13 juin 2016 à Magnanville par Larossi Abballa : 3 morts.

Attentat du 14 juin 2016 à Rennes, une lycéenne âgée de 19 ans est agressée à coups de couteau par un homme de 32 ans connu des services de police qui voulait procéder à un « sacrifice » au cours du ramadan, selon ses propres termes. Bilan : 1 blessé.

Attentat déjoué le 16 juin 2016: Un jeune homme de 22 ans arrêté par la DGSI à la gare de Carcassonne en possession d’un couteau et d’une machette projetant un attentat en s’attaquant à des touristes américains et anglais ainsi qu’aux forces de l’ordres et « mourir en martyr ».

Attentat déjoué le 17 juin 2016: À Béziers, un détenu converti à l’islam et radicalisé voulait commettre un attentat contre un club naturiste au Cap d‘Agde car il n’aimait pas les « culs-nus ». L’individu s’est fait allonger sa peine de 6 mois supplémentaires.

Attentat du 14 juillet 2016 à Nice : 84 morts et 202 blessés

Le détail des attentats déjoués en France depuis un an

INFO LE FIGARO – Des projets d’assassinats et d’attentats, visant notamment un centre commercial, une salle de spectacle ou encore une centrale nucléaire, ont été révélés devant la commission d’enquête parlementaire.

«Nous avons tout eu»: le 18 mai, devant la commission d’enquête, le coordonnateur national du renseignement, Didier Le Bret, résume en une formule les multiples attaques, contrecarrées ou non, qui ont visé le pays. Pour la première fois, le rapport de Sébastien Pietrasanta fournit le détail d’une dizaine d’attentats déjoués en France en un an. Certains, comme celui ciblant la base militaire de Port Vendres où trois djihadistes voulaient filmer la décapitation d’un haut gradé ou celui en octobre contre des militaires de la base de Toulon, sont connus. D’autres sont restés plus confidentiels. Ainsi, le document révèle que, le 16 mars, «quatre jeunes femmes, dont trois mineures (…) ont été interpellées à Roubaix, Lyon et Brie-Comte-Robert» alors qu’«elles avaient formé le projet d’attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris».

Ce coup de filet a lieu huit jours avant que la DGSI interpelle Reda Kriket à Boulogne-Billancourt et découvre à Argenteuil une «cache» remplie d’armes de guerre et d’explosifs susceptible de perpétrer une attaque au nom de Daech. Les 15 et 16 décembre dernier, la DGSI arrêtait Rodrigue D. et Karim K., deux terroristes en puissance qui «projetaient de s’attaquer à des militaires et des policiers orléanais». Le rapport dévoile que «tout en minimisant son implication dans ce projet», Karim K. a «reconnu vouloir assassiner le préfet du Loiret et s’attaquer à une centrale nucléaire». Avant de préciser que «les deux mis en cause ont confirmé le rôle d’Anthony D., djihadiste français de l’EI évoluant en Syrie depuis fin 2014, comme soutien financier».

Communications cryptées

Au même moment, la DGSI, toujours elle, appréhendait, à Tours, Issa Khassiev, un Russe d’origine tchétchène «susceptible d’avoir rejoint la Syrie en 2013» et qui envisageait de «réaliser une action violente en France avant de regagner la zone syro-irakienne pour y mourir en martyr». Lors d’une perquisition, celui qui a prêté «allégeance à l’EI» avait «proféré des menaces à l’encontre des fonctionnaires de police présents». Outre le cas d’un radicalisé en prison projetant d’assassiner une députée parisienne interpellé en octobre «après s’être lui-même dénoncé (…)», le document évoque aussi l’arrestation, à Fontenay-sous-Bois, de Salim et Ahmed M., deux frères «velléitaires pour le djihad syrien» qui voulaient s’en prendre à des «militaires, des policiers et/ou des juifs». Ces réussites policières ne peuvent cependant obérer les échecs des attentats de janvier et de novembre qui enseignent que «les terroristes ne relèvent plus d’aucune logique nationale ni dans leur profil ou leur recrutement, ni dans leur mode opératoire et la conception de leurs attaques».

Rappelant que «les commandos ne se sont effectivement rendus sur le territoire français que la veille des attaques, un délai peut-être trop bref pour être repérés par les seuls services français», Sébastien Pietrasanta considère que «cette tactique a également si bien fonctionné parce que les terroristes ont encore accru leur mobilité par une bien plus grande furtivité que par le passé». Le directeur général de la sécurité extérieure, Bernard Bajolet, l’a concédé devant la commission Fenech: «La difficulté à laquelle nous nous heurtons est que ces terroristes sont rompus à la clandestinité et font une utilisation très prudente, très parcimonieuse, des moyens de communication: les téléphones ne sont utilisés qu’une seule fois, les communications sont cryptées et nous ne pouvons pas toujours les décoder.» «Pour connaître leurs projets, il faut avoir des sources humaines directement en contact avec ces terroristes, décrit le patron de la DGSE. Or ces réseaux sont très cloisonnés, ils peuvent recevoir des instructions de caractère général, mais avoir ensuite une certaine autonomie dans la mise en œuvre de la mission qui leur est confiée.» (…). Et le rapporteur Pietrasanta de conclure: «L’explosion des communications électroniques, le développement du darknet, la mise à portée de tous de moyens de communication bénéficiant de puissants chiffrements – telle que l’application de messagerie Telegram – rendent les terroristes plus furtifs aux yeux des services de renseignements et leur imposent d’opérer des sauts capacitaires réguliers.»

Voir de plus:

Sweden’s rape rate under the spotlight

  • 15 September 2012

The Julian Assange extradition case has put Sweden’s relatively high incidence of rape under the spotlight. But can such statistics be reliably compared from one country to another?

Which two countries are the kidnapping capitals of the world?

Australia and Canada.

Official figures from the United Nations show that there were 17 kidnaps per 100,000 people in Australia in 2010 and 12.7 in Canada.

That compares with only 0.6 in Colombia and 1.1 in Mexico.

So why haven’t we heard any of these horror stories? Are people being grabbed off the street in Sydney and Toronto, while the world turns a blind eye?

No, the high numbers of kidnapping cases in these two countries are explained by the fact that parental disputes over child custody are included in the figures.

If one parent takes a child for the weekend, and the other parent objects and calls the police, the incident will be recorded as a kidnapping, according to Enrico Bisogno, a statistician with the United Nations.

Comparing crime rates across countries is fraught with difficulties – this is well known among criminologists and statisticians, less so among journalists and commentators.

Sweden has the highest rape rate in Europe, author Naomi Wolf said on the BBC’s Newsnight programme recently. She was commenting on the case of Julian Assange, the Wikileaks founder who is fighting extradition from the UK to Sweden over rape and sexual assault allegations that he denies.

Is it true? Yes. The Swedish police recorded the highest number of offences – about 63 per 100,000 inhabitants – of any force in Europe, in 2010. The second-highest in the world.

This was three times higher than the number of cases in the same year in Sweden’s next-door neighbour, Norway, and twice the rate in the United States and the UK. It was more than 30 times the number in India, which recorded about two offences per 100,000 people.

On the face of it, it would seem Sweden is a much more dangerous place than these other countries.

But that is a misconception, according to Klara Selin, a sociologist at the National Council for Crime Prevention in Stockholm. She says you cannot compare countries’ records, because police procedures and legal definitions vary widely.

« In Sweden there has been this ambition explicitly to record every case of sexual violence separately, to make it visible in the statistics, » she says.

« So, for instance, when a woman comes to the police and she says my husband or my fiance raped me almost every day during the last year, the police have to record each of these events, which might be more than 300 events. In many other countries it would just be one record – one victim, one type of crime, one record. »

The thing is, the number of reported rapes has been going up in Sweden – it’s almost trebled in just the last seven years. In 2003, about 2,200 offences were reported by the police, compared to nearly 6,000 in 2010.

So something’s going on.

But Klara Selin says the statistics don’t represent a major crime epidemic, rather a shift in attitudes. The public debate about this sort of crime in Sweden over the past two decades has had the effect of raising awareness, she says, and encouraging women to go to the police if they have been attacked.

The police have also made efforts to improve their handling of cases, she suggests, though she doesn’t deny that there has been some real increase in the number of attacks taking place – a concern also outlined in an Amnesty International report in 2010.

« There might also be some increase in actual crime because of societal changes. Due to the internet, for example, it’s much easier these days to meet somebody, just the same evening if you want to. Also, alcohol consumption has increased quite a lot during this period.

« But the major explanation is partly that people go to the police more often, but also the fact that in 2005 there has been reform in the sex crime legislation, which made the legal definition of rape much wider than before. »

The change in law meant that cases where the victim was asleep or intoxicated are now included in the figures. Previously they’d been recorded as another category of crime.

So an on-the-face-of-it international comparison of rape statistics can be misleading.

Botswana has the highest rate of recorded attacks – 92.9 per 100,000 people – but a total of 63 countries don’t submit any statistics, including South Africa, where a survey three years ago showed that one in four men questioned admitted to rape.

In 2010, an Amnesty International report highlighted that sexual violence happens in every single country, and yet the official figures show that some countries like Hong Kong and Mongolia have zero cases reported.

Evidently, women in some countries are much less likely to report an attack than in others and are much less likely to have their complaint recorded.

UN statistician Enrico Bisogno says surveys suggest that as few as one in 10 cases are ever reported to the police, in many countries.

« We often present the situation as kind of an iceberg where really what we can see is just the tip while the rest is below the sea level. It remains below the radar of the law enforcement agencies, » he says.

Naomi Wolf has also written that Sweden has the lowest conviction rate in Europe.

She was relying on statistics from a nine-year-old report, which calculated percentage conviction rates based on the number of offences recorded by the police and the number of convictions. But this is a problematic way of analysing statistics, as several offences could be committed by one person.

The United Nations holds official statistics on the number of convictions for rape per 100,000 people and actually, by that measure, Sweden has the highest number of convictions per capita in Europe, bar Russia. In 2010, 3.7 convictions were achieved per 100,000 population.

Though it’s still the case, as Wolf pointed out to the BBC, that women in Sweden report a high number of offences – and only a small number of rapists are punished.

So there’s a lot that official statistics don’t tell us. They certainly don’t reveal the real number of rapes that happen in Sweden, or any other country. And they don’t give a clear view of which countries have worse crime rates than others.

Rape is particularly complex, but you’d think it would be straightforward to analyse murder rates across different countries – just count up the dead bodies, and compare and contrast.

If only, says Enrico Bisogno. « For example, if I punch somebody and the person eventually dies, some countries can consider that as an intentional murder, others as a manslaughter. Or in some countries, dowry killings are coded separately because there is separate legislation. »

What’s more, a comparison of murder rates between developed and less developed countries may tell you as much about health as crime levels, according to Professor Chris Lewis, a criminologist from Portsmouth University in the UK.

The statistics are to some unknown degree complicated by the fact that you’re more likely to survive an attack in a town where you’re found quickly and taken to a hospital that’s well-equipped.


Présidence Trump: Attention, un fascisme peut en cacher un autre (Behind the Left’s constant crying wolf, Trump’s actions are largely an extension of prior temporary policies and a long-overdue return to sanity)

14 février, 2017
no-borders http://cdn3.i-scmp.com/sites/default/files/styles/landscape/public/images/methode/2017/02/03/21099374-e933-11e6-925a-a992a025ddf7_1280x720.JPG?itok=IYzRzJ5Zhttps://refusefascism.org/wp-content/uploads/IMG_0881.jpghttps://assets.metrolatam.com/cl/2015/10/21/18gnguw7qnrvujpg-1200x800.jpghttp://www.bigbendnewswire.com/wp-content/uploads/2016/07/1123US_Sunrise_haze_fence_up_hill-Kopie.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2014/05/image.jpeg?w=1200&h=http://atlantablackstar.com/wp-content/uploads/2014/04/Deportation-Obama-HuffPost.jpg
deporter-in-chief
o-deportations
o-deportations-stats
http://cdn.static-economist.com/sites/default/files/images/2014/02/blogs/graphic-detail/20140208_gdc296.png
Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Churchill
Normally intercepts of U.S. officials and citizens are some of the most tightly held government secrets. This is for good reason. Selectively disclosing details of private conversations monitored by the FBI or NSA gives the permanent state the power to destroy reputations from the cloak of anonymity. This is what police states do. (…) Flynn was a fat target for the national security state. He has cultivated a reputation as a reformer and a fierce critic of the intelligence community leaders he once served with when he was the director the Defense Intelligence Agency under President Barack Obama. Flynn was working to reform the intelligence-industrial complex, something that threatened the bureaucratic prerogatives of his rivals. He was also a fat target for Democrats. Remember Flynn’s breakout national moment last summer was when he joined the crowd at the Republican National Convention from the dais calling for Hillary Clinton to be jailed. In normal times, the idea that U.S. officials entrusted with our most sensitive secrets would selectively disclose them to undermine the White House would alarm those worried about creeping authoritarianism. Imagine if intercepts of a call between Obama’s incoming national security adviser and Iran’s foreign minister leaked to the press before the nuclear negotiations began? The howls of indignation would be deafening. In the end, it was Trump’s decision to cut Flynn loose. In doing this he caved in to his political and bureaucratic opposition. Nunes told me Monday night that this will not end well. « First it’s Flynn, next it will be Kellyanne Conway, then it will be Steve Bannon, then it will be Reince Priebus, » he said. Put another way, Flynn is only the appetizer. Trump is the entree. Eli Lake
There does appear to be a well orchestrated effort to attack Flynn and others in the administration. From the leaking of phone calls between the president and foreign leaders to what appears to be high-level FISA Court information, to the leaking of American citizens being denied security clearances, it looks like a pattern. Devin Nunes (House Permanent Select Committee on Intelligence)
The United States is much better off without Michael Flynn serving as national security adviser. But no one should be cheering the way he was brought down. The whole episode is evidence of the precipitous and ongoing collapse of America’s democratic institutions — not a sign of their resiliency. Flynn’s ouster was a soft coup (or political assassination) engineered by anonymous intelligence community bureaucrats. The results might be salutary, but this isn’t the way a liberal democracy is supposed to function. Unelected intelligence analysts work for the president, not the other way around. Far too many Trump critics appear not to care that these intelligence agents leaked highly sensitive information to the press — mostly because Trump critics are pleased with the result. « Finally, » they say, « someone took a stand to expose collusion between the Russians and a senior aide to the president! » It is indeed important that someone took such a stand. But it matters greatly who that someone is and how they take their stand. Members of the unelected, unaccountable intelligence community are not the right someone, especially when they target a senior aide to the president by leaking anonymously to newspapers the content of classified phone intercepts, where the unverified, unsubstantiated information can inflict politically fatal damage almost instantaneously. President Trump was roundly mocked among liberals for that tweet. But he is, in many ways, correct. These leaks are an enormous problem. And in a less polarized context, they would be recognized immediately for what they clearly are: an effort to manipulate public opinion for the sake of achieving a desired political outcome. It’s weaponized spin. But no matter what Flynn did, it is simply not the role of the deep state to target a man working in one of the political branches of the government by dishing to reporters about information it has gathered clandestinely. It is the role of elected members of Congress to conduct public investigations of alleged wrongdoing by public officials. In a liberal democracy, how things happen is often as important as what happens. Procedures matter. So do rules and public accountability. The chaotic, dysfunctional Trump White House is placing the entire system under enormous strain. That’s bad. But the answer isn’t to counter it with equally irregular acts of sabotage — or with a disinformation campaign waged by nameless civil servants toiling away in the surveillance state. Those cheering the deep state torpedoing of Flynn are saying, in effect, that a police state is perfectly fine so long as it helps to bring down Trump. It is the role of Congress to investigate the president and those who work for him. If Congress resists doing its duty, out of a mixture of self-interest and cowardice, the American people have no choice but to try and hold the government’s feet to the fire, demanding action with phone calls, protests, and, ultimately, votes. That is a democratic response to the failure of democracy. Sitting back and letting shadowy, unaccountable agents of espionage do the job for us simply isn’t an acceptable alternative. Down that path lies the end of democracy in America. Damon Linker
The model of the imperial Obama presidency is the greater fear. Over the last eight years, Obama has transformed the powers of presidency in a way not seen in decades. Obama, as he promised with his pen and phone, bypassed the House and Senate to virtually open the border with Mexico. He largely ceased deportations of undocumented immigrants. He issued executive-order amnesties. And he allowed entire cities to be exempt from federal immigration law. The press said nothing about this extraordinary overreach of presidential power, mainly because these largely illegal means were used to achieve the progressive ends favored by many journalists. The Senate used to ratify treaties. In the past, a president could not unilaterally approve the Treaty of Versailles, enroll the United States in the League of Nations, fight in Vietnam or Iraq without congressional authorization, change existing laws by non-enforcement, or rewrite bankruptcy laws. Not now. Obama set a precedent that he did not need Senate ratification to make a landmark treaty with Iran on nuclear enrichment. He picked and chose which elements of the Affordable Care Act would be enforced — predicated on his 2012 reelection efforts. Rebuffed by Congress, Obama is now slowly shutting down the Guantanamo Bay detention center by insidiously having inmates sent to other countries (…) One reason Americans are scared about the next president is that they should be. In 2017, a President Trump or a President Clinton will be able to do almost anything he or she wishes without much oversight — thanks to the precedent of Obama’s overreach, abetted by a lapdog press that forgot that the ends never justify the means. Victor Davis Hanson
Key to the strategy of change is to remind citizens that the present action is a corrective of past extremism, a move to the center not to the opposite pole, and must be understood as reluctantly reactive, not gratuitously revolutionary. Such forethought is not a sign of timidity or backtracking, but rather the catalyst necessary to make change even more rapid and effective. Take Trump’s immigration stay. In large part, it was an extension of prior temporary policies enacted by both Presidents Bush and Obama. It was also a proper correction of Trump’s own unwise and ill-fated campaign pledge to temporarily ban Muslims rather than take a pause to vet all immigrants from war-torn nations in the Middle East. Who would oppose such a temporary halt? Obviously Democrats, on the principle that the issue might gain political traction so that they could tar Trump as an uncouth racist and xenophobe, and in general as reckless, incompetent, and confused. Obviously, the Left in general sees almost any restriction on immigration as antithetical to its larger project of a borderless society run by elites such as themselves. Obviously Republican establishmentarians fear any media meme suggesting that they are complicit in an illiberal enterprise. Perhaps the Trump plan was, first, to ensure that radical Islamist terrorists and their sympathizers do not enter the U.S., as they so often enter Europe; second, to send a message to the international community that entry into the country is a privilege not an entitlement; and, third, symbolically to reassert the powers of assimilation, integration, and intermarriage as we slow and refine legal immigration. (The U.S. currently has about 40 million foreign-born residents, or a near record 14 percent of the population; one in four Californians was not born in the United States.) (…) Take the wall with Mexico and the campaign promise to make “Mexico pay.” (…) The aim again is to remind the country that the action is a reaction to past excess and extremism. To take another example, if we are going to get into a minor tiff with Australia over its refugee problem, then it might be wise to explain that Australia’s own refugee policies are among the most restrictive in the world, and that, on principle, the United States cannot involve itself in the internal immigration affairs of other nations and therefore must allow Australia free rein to determine its own immigration future. And we carefully would explain the consequences of that decision of non-interference. In truth, Australia, not Trump, was the more culpable. (Immigrants, many from the Middle East, heading toward Australia will undergo vetting that permits them entry into the U.S. but not into Australia — in a deal that was understandably not much publicized by the lame-duck Obama administration?) In terms of strategy, the Trump people surely grasp the rationale of their opponents: to react hysterically to every presidential act, raising the volume and chaos of dissent to such a level that moderate Republicans go into a fetal position and sigh, “Please just make all this go away” — and thus turn their animus upon their own. Trump may think that the Left’s crying wolf constantly will imperil their authenticity and turn their shrieks into mere background noise Or he may wager that the protesters will raise the temperature so high they themselves will melt down before the administration does. Perhaps. But just as likely, the Left is gambling that each outrage is a small nick to the capillaries of the Trump administration — after a few months the total blood loss will match the fatal damage of an aneurysm. The result will then be such a loss of public credibility that the Trump administration will become paralyzed (think Watergate, Iran-Contra, or the furor over Iraq), or so deterred that it will shift course and fall into line. Trump needs to carefully consider the full effect of executive orders and the certain reactions against them to the second and third degree — not because he should cease issuing them (so far the orders have almost all been inspired), but to ensure that they are effective and understood. In this way, they may win rather than lose public support, especially if the relevant cabinet secretaries are on board and out front with the media. In other words, only by taking actions deliberately and with forethought can he bring about not so much change as a long-overdue return to sanity. Victor Davis Hanson
La chancelière allemande Angela Merkel et les Premiers ministres des 16 Landers allemands ont conclu jeudi un accord visant à faciliter les expulsions de réfugiés dont la demande d’asile a été rejetée. Les expulsions sont normalement du ressort des landers, mais Merkel souhaite coordonner un certain nombre de choses au niveau fédéral pour accélérer les procédures. Le gouvernement fédéral veut s’accaparer plus de pouvoirs pour refuser des permis de séjour et effectuer lui-même les expulsions. L’un des objectifs centraux du plan en 16 points est de construire un centre de rapatriement à Potsdam (Berlin) qui comptera un représentant pour chaque lander. En outre, il prévoit la création de centres d’expulsion à proximité des aéroports pour faciliter les expulsions collectives. Un autre objectif est de faciliter l’expulsion des immigrants qui présentent un danger pour la sécurité du pays et de favoriser les «retours volontaires» d’autres migrants par le biais d’incitations financières s’ils acceptent de quitter le pays avant qu’une décision ait été prise au regard de leur demande d’asile. Une somme de 40 millions d’euros est consacrée à ce projet. Selon le ministère allemand de l’Intérieur, 280.000 migrants ont sollicité l’asile en Allemagne en 2016. C’est trois fois moins que les 890.000 de l’année précédente, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe. Près de 430 000 demandes d’asile sont encore en cours d’instruction. L’Express
Jamais les Etats-Unis n’ont expulsé autant d’immigrés clandestins. Au point où « The Economist  » n’hésite pas à qualifier Barack Obama de « deporter-in-chief » (le chef des expulseurs). Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, quelque 2 millions de clandestins ont été expulsés, soit à un rythme neuf fois plus élevé qu’il y a vingt ans et un record pour un président américain. Et la « machine infernale à expulser  » coûte cher aux Etats-Unis, plus que tout autre budget fédéral destiné à la lutte contre la criminalité. La conséquence de ces expulsions est lourde. Non seulement elles conduisent à des séparations familiales déchirantes, mais elles appauvrissent l’Amérique, affirme l’hebdomadaire. Le nouveau patron de Microsoft, Satya Nadella, né en Inde, est évidemment l’exemple des bienfaits de l’immigration pour l’économie. La moitié en outre des doctorats universitaires sont obtenus par des immigrés, ainsi que quatre cinquièmes des brevets dans le domaine pharmaceutique. Les refus de plus en plus fréquents d’accorder des permis de séjour à des étudiants réduisent les chances de former de nouveaux Nadella. Sans oublier les clandestins non qualifiés qui acceptent des emplois dont les Américains ne veulent pas… et qui paient leurs impôts. Pour Obama, il s’agit d’un paradoxe qui s’explique peut-être par sa volonté de faire porter le chapeau à son opposition républicaine hostile à son projet de réforme visant à légaliser 12 millions d’immigrés illégaux. Mais le président ne devrait pas utiliser une telle stratégie et plutôt s’employer à enrayer la machine infernale des expulsions. Les Echos (10/02/2014)
Washington s’inquiète de voir la violence liée à la guerre contre les narcotrafiquants empiéter sur les États-Unis (…) La guerre contre le narcotrafic menée par le président Felipe Calderon a provoqué une explosion de violence (plus de 7 200 morts officiellement en 2008). Barack Obama s’est dit mardi «préoccupé par le niveau accru de la violence (…) et son impact sur les communautés vivant de part et d’autre de la frontière.» Dans la foulée, la Maison-Blanche a dévoilé une nouvelle stratégie pour endiguer la montée en puissance des gangs mexicains, qui gagnent des milliards de dollars en exportant la drogue vers les États-Unis, où ils se fournissent en armes et en argent liquide. Washington prévoit d’augmenter les effectifs des agents des ministères de la Justice, du Trésor et de la Sécurité intérieure et ­d’installer de nouveaux outils de surveillance aux postes frontières. L’Administration Obama compte aussi s’appuyer sur les 700 millions de dollars d’aide aux forces de sé­curité mexicaines alloués pour 2008 et 2009. Parallèlement, les États-Unis en­visagent de placer des troupes en état d’alerte, probablement des réservistes de la Garde nationale, qui seraient envoyés à la frontière en cas d’urgence. Ils souhaitent aussi imposer un nouvel accord militaire au Mexique. Le Figaro (25/03/2009)
Newly obtained congressional data shows hundreds of terror plots have been stopped in the U.S. since 9/11 – mostly involving foreign-born suspects, including dozens of refugees. The files (…) give fresh insight into the true scope of the terror threat and cover a wide range of cases, including: A Seattle man plotting to attack a U.S. military facility An Atlantic City man using his “Revolution Muslim” site to encourage confrontations with U.S. Jewish leaders “at their home An Iraq refugee arrested in January, accused of traveling to Syria to “take up arms” with terror groups While the June 12 massacre at an Orlando gay nightclub marked the deadliest terror attack on U.S. soil since 2001, the data shows America has been facing a steady stream of plots. For the period September 2001 through 2014, data shows the U.S. successfully prosecuted 580 individuals for terrorism and terror-related cases. Further, since early 2014, at least 131 individuals were identified as being implicated in terror. Across both those groups, the senators reported that at least 40 people initially admitted to the U.S. as refugees later were convicted or implicated in terror cases. Among the 580 convicted, they said, at least 380 were foreign-born. The top countries of origin were Pakistan, Lebanon and Somalia, as well as the Palestinian territories. (…) Specifically, they show a sharp spike in cases in 2015, largely stemming from the arrest of suspects claiming allegiance to the Islamic State. (…) The allegations detailed in the subcommittee’s research pertain to a range of cases, involving suspects caught traveling or trying to travel overseas to fight, as well as suspects ensnared in controversial sting operations which civil-liberties groups including the ACLU have criticized. In a 2014 report, Human Rights Watch said nearly half of the federal counterterror convictions at the time came from “informant-based cases,” many of them sting operations where the informants played a role in the plot. (…) But even in some of those cases, federal agents got involved after learning of a serious suspected plot. In the case of the Seattle suspect, Abu Khalid Abdul-Latif, authorities said he approached someone in 2011 about attacking a military installation. That citizen alerted law enforcement and worked with them to capture Latif and an accomplice. Fox news (June 2016)
A review of information compiled by a Senate committee in 2016 reveals that 72 individuals from the seven countries covered in President Trump’s vetting executive order have been convicted in terror cases since the 9/11 attacks. These facts stand in stark contrast to the assertions by the Ninth Circuit judges who have blocked the president’s order on the basis that there is no evidence showing a risk to the United States in allowing aliens from these seven terror-associated countries to come in. In June 2016 the Senate Subcommittee on Immigration and the National Interest, then chaired by new Attorney General Jeff Sessions, released a report on individuals convicted in terror cases since 9/11. Using open sources (because the Obama administration refused to provide government records), the report found that 380 out of 580 people convicted in terror cases since 9/11 were foreign-born. (…) The Center has extracted information on 72 individuals named in the Senate report whose country of origin is one of the seven terror-associated countries included in the vetting executive order: Iran, Iraq, Libya, Somalia, Sudan, Syria, and Yemen. (…) According to the report, at least 17 individuals entered as refugees from these terror-prone countries. Three came in on student visas and one arrived on a diplomatic visa. At least 25 of these immigrants eventually became citizens. Ten were lawful permanent residents, and four were illegal aliens. These immigrant terrorists lived in at least 16 different states, with the largest number from the terror-associated countries living in New York (10), Minnesota (8), California (8), and Michigan (6). Ironically, Minnesota was one of the states suing to block Trump’s order to pause entries from the terror-associated countries, claiming it harmed the state. At least two of the terrorists were living in Washington, which joined with Minnesota in the lawsuit to block the order. Thirty-three of the 72 individuals from the seven terror-associated countries were convicted of very serious terror-related crimes, and were sentenced to at least three years imprisonment. The crimes included use of a weapon of mass destruction, conspiracy to commit a terror act, material support of a terrorist or terror group, international money laundering conspiracy, possession of explosives or missiles, and unlawful possession of a machine gun. Some opponents of the travel suspension have tried to claim that the Senate report was flawed because it included individuals who were not necessarily terrorists because they were convicted of crimes such as identity fraud and false statements. About a dozen individuals in the group from the seven terror-associated countries are in this category. Some are individuals who were arrested and convicted in the months following 9/11 for involvement in a fraudulent hazardous materials and commercial driver’s license scheme that was extremely worrisome to law enforcement and counter-terrorism agencies, although a direct link to the 9/11 plot was never claimed. The information in this report was compiled by Senate staff from open sources, and certainly could have been found by the judges if they or their clerks had looked for it. Another example that should have come to mind is that of Abdul Razak Ali Artan, who attacked and wounded 11 people on the campus of Ohio State University in November 2016. Artan was a Somalian who arrived in 2007 as a refugee. Center for immigration studies

Attention: un fascisme peut en cacher un autre !

Gouvernement par décrets, ouverture virtuellement complète des vannes de l’immigration mexicaine, amnisties par fait du prince, villes-refuges quasiment soustraites à la loi fédérale, court-circuitage du Congrès accordant l’accès à l’arme nucléaire à un pays appelant à l’annihilation d’un de ses voisins, explosion complètement inouïe du budget fédéral, loi calamiteuse sur la sécurité sociale, élargissement non maitrisé et caché de terroristes notoires, record largement secret d’exécutions parajudiciaires, dénonciation systématique du prétendu racisme policier privant de fait les plus démunis de leur droit à la sécurité la plus élémentaire  …

A l’heure où, quand ce n’est pas l’ancien président lui-même, nos beaux esprits et nos belles âmes des médias et du monde du spectacle (ou même apparemment de la fonction publique ou des services secrets ?)

Multiplient, entre révélations d’écoutes secrètes ou analyses de poignées de mains, les fuites, obstructions et  dénigrements pour saboter les premières semaines, certes quelque peu cahotiques, de l’Administration Trump …

(Contrairement à ce que nos médias paresseux et partiaux nous rabâchent, ce n’est pas pour « contacts inappropriés » avec l’ambassadeur russe mais pour mensonge à ses chefs – du moins officiellement – que Flynn démissionne et que – vendetta personnelle ? – le FBI n’a pas hésité à confirmer, pour ceux qui ne le savaient pas encore, la mise sur écoute systématique de tous les contacts des citoyens américains avec l’étranger, hauts fonctionnaires et ambassadeurs compris) …

Pendant que se confirme l’origine majoritairement musulmane des auteurs d’attentats sur le sol américain depuis ou avant le 11 septembre …

Et qu’alors que la fameuse générosité européenne semble se heurter elle aussi au dur mur de la réalité de ce côté-ci de l’Atlantique, se poursuit l’hallali contre la seule véritable alternance aux cinq années de gâchis socialiste …

Comment ne pas voir …

En creux pour ceux qui ont encore un peu de mémoire …

Et au-delà de l’évident correctif face à la véritable radicalité d’une administration ayant battu tous les records, si l’on ajoute les « memorandums », de décrets présidentiels …

L’incroyable indulgence complice qui avait suivi l’élection de Barack Obama il y a huit ans …

Mais aussi la non moins incroyable amnésie …

Pour une administration qui non seulement appliqua plusieurs moratoires sur l’immigration de certains pays musulmans  …

Mais poursuivit, au moins jusqu’en 2010 et sur fond d’intensification du trafic de drogue, la construction d’un des pas moins de douze murs que compte la planète

Et, entre deux promesses d’amnistie, battit en son temps le record toutes catégories d’expulsions de clandestins ?

Entre les États-Unis et le Mexique, un mur très politique
Philippe Gélie

Le Figaro

02/10/2006

LES ÉTATS-UNIS vont ériger une barrière de 1 120 kilomètres de long sur leur frontière avec le Mexique. La loi adoptée en ce sens par le Sénat vendredi soir, juste avant la fin de la session parlementaire, ignore la volonté du président d’introduire une réforme globale de l’immigration, dans laquelle le volet répressif aurait été complété par un programme d’accueil des travailleurs étrangers. Mais, à cinq semaines des élections de mi-mandat, George W. Bush a annoncé son intention de ratifier la loi telle qu’elle est, plutôt que d’offrir un spectacle de division dans son propre parti.

Le texte prévoit l’érection d’au moins deux rangées de palissades et de grillages sur un peu plus de la moitié des 3 200 kilomètres de frontière entre les États-Unis et le Mexique, principal point d’entrée des immigrants clandestins. Il donne 18 mois au département de la Sécurité du territoire pour prendre «le contrôle opérationnel» de la frontière, notion définie par l’arrêt de «tous» les passages illégaux. En moyenne, 1,2 million de clandestins sont arrêtés chaque année du côté américain, un chiffre constant depuis dix ans malgré le renforcement incessant des contrôles.

Des obstacles juridiques

Cent vingt kilomètres de palissades existent déjà, le nombre de gardes-frontière a été triplé et 6 000 soldats de la Garde nationale ont été déployés en renfort l’été dernier. Le seul résultat visible jusqu’ici a été de repousser les candidats à l’immigration toujours plus loin dans des zones désertiques, faisant passer le nombre de morts d’une douzaine à 400 par an. Selon les autorités d’Arizona, la fortification de la frontière a donné le jour à une nouvelle criminalité organisée, plus sophistiquée que les passeurs d’autrefois. À raison de 1 600 dollars par immigrant, son chiffre d’affaires atteindrait 2,5 milliards de dollars par an.

La réponse du Congrès a été de budgéter 1,2 milliard de dollars pour lancer un projet qui devrait en coûter au total 7 milliards d’ici à son achèvement fin 2008. Il prévoit la multiplication des drones, des radars, des caméras de surveillance et des plaques sensibles enfouies dans le sol. Les zones concernées par ce «mur» de haute technologie s’étendent sur une partie de la Californie, la quasi-totalité de la frontière sud de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, ainsi que deux tronçons le long du Rio Grande au Texas. Le terrain, extrêmement difficile par endroits, jette le doute sur la faisabilité de l’opération : il faudra gravir des sommets escarpés, plonger au fond de canyons ou traverser des rivières rapides.

Des obstacles juridiques sont également prévisibles, la barrière étant censée traverser plusieurs réserves indiennes dont les tribus sont opposées à sa construction. Des associations de protection de la nature prévoient d’introduire des recours en justice au nom du respect de la vie sauvage. Même les ranchers du Texas s’inquiètent de l’impact sur leur main-d’oeuvre de travailleurs frontaliers. «Ce n’est pas réalisable, estime le sénateur de l’Arizona Jim Kolbe, c’est juste une déclaration politique avant les élections.»

Voir aussi:

Barack Obama veut sécuriser la frontière avec le Mexique

Lamia Oualalou, à Rio de Janeiro
Le Figaro

25/03/2009

Washington s’inquiète de voir la violence liée à la guerre contre les narcotrafiquants empiéter sur les États-Unis, alors que Hillary Clinton est attendue mercredi à Mexico.

La secrétaire d’État Hillary Clinton doit s’attendre à un accueil plutôt froid en arrivant au Mexique mercredi. Sa visite, la première d’une série de visites de hauts fonctionnaires avant le voyage du président Barack Obama, prévu à la mi-avril, a pour objectif de panser les plaies alors que les relations entre les deux pays, qui partagent une frontière de 3 000 kilomètres, traversent une phase délicate.

La guerre contre le narcotrafic menée par le président Felipe Calderon a provoqué une explosion de violence (plus de 7 200 morts officiellement en 2008). Barack Obama s’est dit mardi «préoccupé par le niveau accru de la violence (…) et son impact sur les communautés vivant de part et d’autre de la frontière.» Dans la foulée, la Maison-Blanche a dévoilé une nouvelle stratégie pour endiguer la montée en puissance des gangs mexicains, qui gagnent des milliards de dollars en exportant la drogue vers les États-Unis, où ils se fournissent en armes et en argent liquide.

Washington prévoit d’augmenter les effectifs des agents des ministères de la Justice, du Trésor et de la Sécurité intérieure et ­d’installer de nouveaux outils de surveillance aux postes frontières. L’Administration Obama compte aussi s’appuyer sur les 700 millions de dollars d’aide aux forces de sé­curité mexicaines alloués pour 2008 et 2009.

Parallèlement, les États-Unis en­visagent de placer des troupes en état d’alerte, probablement des réservistes de la Garde nationale, qui seraient envoyés à la frontière en cas d’urgence. Ils souhaitent aussi imposer un nouvel accord militaire au Mexique. «La question de la sécurité a pris une place excessive et exclusive, il faut que les États-Unis se recentrent sur la relation commerciale, qui est fondamentale», dit Laura Carlsen, directrice des Amérique au Centre de politique internationale – CIP, basé à Washington.

Représailles commerciales
La semaine dernière, le gouvernement de Felipe Calderon a établi une liste de 90 produits américains qui seront surtaxés à l’entrée du territoire mexicain. Une décision prise en représailles à une mesure du Congrès américain mettant fin à la circulation de camions mexicains au-delà du Rio Grande, comme le prévoyait l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), qui unit les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le Congrès estime que les véhicules mexicains ne répondent pas aux normes de sécurité américaines. «C’est une mesure protectionniste, dictée par le puissant syndicat de camionneurs Teamsters», tranche Leo Zuckermann, analyste au Cide, un centre d’études politiques et économiques à Mexico.

«En ces moments de crise économique, alors qu’il faut éviter le protectionnisme, les États-Unis envoient un signal négatif au Mexique et au reste du monde», estime le ministre de l’Économie Gerardo Ruiz Mateos. La liste des produits frappés de surtaxe – fruits, légumes, shampoings – exclut les denrées de première nécessité afin de ne pas pénaliser le consommateur. Mexico a également tenu à ce qu’ils proviennent de 40 États américains. «Le but est de montrer à la Maison-Blanche que la relation commerciale pèse dans les deux sens, et qu’elle est fondamentale pour certains États», explique Laura Carlsen.

Pour Barack Obama, la crise avec le Mexique vire au casse-tête. «Il a promis pendant sa campagne de renégocier l’Alena à l’avantage des travailleurs américains, une proposition rejetée par Mexico, rappelle Tomas Ayuso, chercheur au Coha (Conseil sur les affaires hémisphériques) de Washington. Mais il est dangereux de froisser le Mexique, qui est son troisième partenaire commercial.»

Obama semble l’avoir compris. Il a changé de discours, substituant aux critiques des éloges sur «l’ex­tra­ordinaire travail» de Felipe Calderon.

Voir également:

Le mur États-Unis-Mexique en 15 images

Le reportage de Christian Latreille

Radio Canada

7 juin 2016

L’immigration est un sujet controversé de la campagne présidentielle américaine. Le candidat républicain Donald Trump promet notamment de bâtir un mur plus haut et plus long entre les États-Unis et le Mexique. Nous sommes allés voir ce fameux mur.

Le mur entre les deux pays se construit par étapes. Le fondateur de l’association des Anges de la frontière, Enrique Morones, montre deux générations de murs. La première atteint trois mètres et a été fabriquée sous Bill Clinton avec de la tôle recyclée de la guerre du Vietnam. La deuxième, d’environ cinq mètres de hauteur, a été construite sous George W. Bush.

Derrière Enrique Morones, une brèche dans le mur. En fait, le mur n’est pas uniforme et ne s’étend que sur 1120 km des 3200 km de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Plus souvent une montagne, une rivière ou un désert séparent les deux pays.

Après le mur, le désert. Les bénévoles des Anges de la frontière, un groupe né en 1986, déposent des bouteilles d’eau pour aider ceux qui doivent survivre dans le désert aride après avoir franchi le mur.

Les clandestins attachent des morceaux d’étoffe sous leurs souliers pour éviter de laisser des traces de pas facilement détectables par les gardes-frontières.

La zone de San Diego-Tijuana comprend un des systèmes de sécurité les plus sophistiqués le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Mur, clôture, caméras, détecteurs et barbelés. Il y a aussi les patrouilleurs qui surveillent continuellement le mur. Malgré tout cet arsenal, de nombreux immigrants réussissent à passer illégalement chaque semaine.

Les clandestins parviennent à percer le mur avec des scies mécaniques. Selon les gardes-frontières, seulement 30 % des clandestins qui tentent d’entrer illégalement au pays se font prendre. « On fait du mieux qu’on peut, avec ce qu’on nous donne », dira l’un d’eux.

Le syndicat des gardes-frontières a appuyé le candidat Donald Trump. Le vice-président, Terence Shigg, apporte des nuances à la position de Trump sur l’immigration. Le candidat républicain propose notamment de déporter les quelque 11 millions de sans-papiers qui se trouvent aux États-Unis. Selon Terence Shigg, la déportation massive n’est pas la solution; il faut plus de gens pour traiter les demandes d’asile, plus de juges en immigration, plus de centres de détention.

Christopher Harris, du syndicat des gardes-frontières, se tient du côté américain de la frontière. À quelques pas de là, il a tué un clandestin; un douloureux souvenir qui le hante encore. Il aime citer une ancienne patronne : « Montrez-moi un mur de 15 pieds, et je vous montrerai une échelle de 16 pieds ».

On estime à près de 11 000 le nombre de personnes mortes depuis 1994 en tentant d’entrer illégalement aux États-Unis. Plusieurs centaines d’entre elles sont enterrées ici, dans ce cimetière de fortune.

Les corps de nombreuses personnes n’ont pas été réclamés. Elles restent donc anonymes. Des « John Doe », comme l’indique l’inscription sur la pierre. C’est pour éviter que les victimes ne tombent dans l’oubli que les Anges de la frontière entretiennent régulièrement le cimetière.

Jeune enfant, Walfred a été abandonné au Guatemala par sa mère, qui a tenté sa chance aux États-Unis. Après quatre ans d’attente, il a réussi à franchir la frontière illégalement pour la rejoindre. Pour le moment, il est protégé par un décret présidentiel signé par Barack Obama en 2012.

Walfred et sa mère connaissent des jours plus heureux. Elle gère une petite entreprise d’entretien ménager, tout en vivant dans la clandestinité. Un sacrifice qu’elle accepte volontiers pour être avec son seul enfant.

Voir encore:

The Obama Administration Stopped Processing Iraq Refugee Requests For 6 Months In 2011

Although the Obama administration currently refuses to temporarily pause its Syrian refugee resettlement program in the United States, the State Department in 2011 stopped processing Iraq refugee requests for six months after the Federal Bureau of Investigation uncovered evidence that several dozen terrorists from Iraq had infiltrated the United States via the refugee program.

After two terrorists were discovered in Bowling Green, Kentucky, in 2009, the FBI began reviewing reams of evidence taken from improvised explosive devices (IEDs) that had been used against American troops in Iraq. Federal investigators then tried to match fingerprints from those bombs to the fingerprints of individuals who had recently entered the United States as refugees:

An intelligence tip initially led the FBI to Waad Ramadan Alwan, 32, in 2009. The Iraqi had claimed to be a refugee who faced persecution back home — a story that shattered when the FBI found his fingerprints on a cordless phone base that U.S. soldiers dug up in a gravel pile south of Bayji, Iraq on Sept. 1, 2005. The phone base had been wired to unexploded bombs buried in a nearby road.

An ABC News investigation of the flawed U.S. refugee screening system, which was overhauled two years ago, showed that Alwan was mistakenly allowed into the U.S. and resettled in the leafy southern town of Bowling Green, Kentucky, a city of 60,000 which is home to Western Kentucky University and near the Army’s Fort Knox and Fort Campbell. Alwan and another Iraqi refugee, Mohanad Shareef Hammadi, 26, were resettled in Bowling Green even though both had been detained during the war by Iraqi authorities, according to federal prosecutors.

The terrorists were not taken into custody until 2011. Shortly thereafter, the U.S. State Department stopped processing refugee requests from Iraqis for six months in order to review and revamp security screening procedures:

As a result of the Kentucky case, the State Department stopped processing Iraq refugees for six months in 2011, federal officials told ABC News – even for many who had heroically helped U.S. forces as interpreters and intelligence assets. One Iraqi who had aided American troops was assassinated before his refugee application could be processed, because of the immigration delays, two U.S. officials said. In 2011, fewer than 10,000 Iraqis were resettled as refugees in the U.S., half the number from the year before, State Department statistics show.

According to a 2013 report from ABC News, at least one of the Kentucky terrorists passed background and fingerprint checks conducted by the Department of Homeland Security prior to being allowed to enter the United States. Without the fingerprint evidence taken from roadside bombs, which one federal forensic scientist referred to as “a needle in the haystack,” it is unlikely that the two terrorists would ever have been identified and apprehended.

“How did a person who we detained in Iraq — linked to an IED attack, we had his fingerprints in our government system — how did he walk into America in 2009?” asked one former Army general who previously oversaw the U.S. military’s anti-IED efforts.

President Barack Obama has thus far refused bipartisan calls to pause his administration’s Syrian refugee program, which many believe is likely to be exploited by terrorists seeking entry into the United States. The president has not explained how his administration can guarantee that no terrorists will be able to slip into the country by pretending to be refugees, as the Iraqi terrorists captured in Kentucky did in 2009. One of those terrorists, Waad Ramadan Alwan, even came into the United States by way of Syria, where his fingerprints were taken and given to U.S. military intelligence officials.

Obama has also refused to explain how his administration’s security-related pause on processing Iraq refugee requests in 2011 did not “betray our deepest values.”

Voir de même:

Study Reveals 72 Terrorists Came From Countries Covered by Trump Vetting Order

Jessica Vaughan
Center for immigration studies
February 11, 2017

A review of information compiled by a Senate committee in 2016 reveals that 72 individuals from the seven countries covered in President Trump’s vetting executive order have been convicted in terror cases since the 9/11 attacks. These facts stand in stark contrast to the assertions by the Ninth Circuit judges who have blocked the president’s order on the basis that there is no evidence showing a risk to the United States in allowing aliens from these seven terror-associated countries to come in.

In June 2016 the Senate Subcommittee on Immigration and the National Interest, then chaired by new Attorney General Jeff Sessions, released a report on individuals convicted in terror cases since 9/11. Using open sources (because the Obama administration refused to provide government records), the report found that 380 out of 580 people convicted in terror cases since 9/11 were foreign-born. The report is no longer available on the Senate website, but a summary published by Fox News is available here.

The Center has obtained a copy of the information compiled by the subcommittee. The information compiled includes names of offenders, dates of conviction, terror group affiliation, federal criminal charges, sentence imposed, state of residence, and immigration history.

The Center has extracted information on 72 individuals named in the Senate report whose country of origin is one of the seven terror-associated countries included in the vetting executive order: Iran, Iraq, Libya, Somalia, Sudan, Syria, and Yemen. The Senate researchers were not able to obtain complete information on each convicted terrorist, so it is possible that more of the convicted terrorists are from these countries.

The United States has admitted terrorists from all of the seven dangerous countries:

  • Somalia: 20
  • Yemen: 19
  • Iraq: 19
  • Syria: 7
  • Iran: 4
  • Libya: 2
  • Sudan: 1
  • Total: 72

According to the report, at least 17 individuals entered as refugees from these terror-prone countries. Three came in on student visas and one arrived on a diplomatic visa.

At least 25 of these immigrants eventually became citizens. Ten were lawful permanent residents, and four were illegal aliens.

These immigrant terrorists lived in at least 16 different states, with the largest number from the terror-associated countries living in New York (10), Minnesota (8), California (8), and Michigan (6). Ironically, Minnesota was one of the states suing to block Trump’s order to pause entries from the terror-associated countries, claiming it harmed the state. At least two of the terrorists were living in Washington, which joined with Minnesota in the lawsuit to block the order.

Thirty-three of the 72 individuals from the seven terror-associated countries were convicted of very serious terror-related crimes, and were sentenced to at least three years imprisonment. The crimes included use of a weapon of mass destruction, conspiracy to commit a terror act, material support of a terrorist or terror group, international money laundering conspiracy, possession of explosives or missiles, and unlawful possession of a machine gun.

Some opponents of the travel suspension have tried to claim that the Senate report was flawed because it included individuals who were not necessarily terrorists because they were convicted of crimes such as identity fraud and false statements. About a dozen individuals in the group from the seven terror-associated countries are in this category. Some are individuals who were arrested and convicted in the months following 9/11 for involvement in a fraudulent hazardous materials and commercial driver’s license scheme that was extremely worrisome to law enforcement and counter-terrorism agencies, although a direct link to the 9/11 plot was never claimed.

The information in this report was compiled by Senate staff from open sources, and certainly could have been found by the judges if they or their clerks had looked for it. Another example that should have come to mind is that of Abdul Razak Ali Artan, who attacked and wounded 11 people on the campus of Ohio State University in November 2016. Artan was a Somalian who arrived in 2007 as a refugee.

President Trump’s vetting order is clearly legal under the provisions of section 212(f) of the Immigration and Nationality Act, which says that the president can suspend the entry of any alien or group of aliens if he finds it to be detrimental to the national interest. He should not have to provide any more justification than was already presented in the order, but if judges demand more reasons, here are 72.

Voir aussi:

Homeland Security

Anatomy of the terror threat: Files show hundreds of US plots, refugee connection

Now PlayingWhy are Democrat women so rattled by Trump?

Newly obtained congressional data shows hundreds of terror plots have been stopped in the U.S. since 9/11 – mostly involving foreign-born suspects, including dozens of refugees.

The files are sure to inflame the debate over the Obama administration’s push to admit thousands more refugees from Syria and elsewhere, a proposal Donald Trump has vehemently opposed on the 2016 campaign trail.

“[T]hese data make clear that the United States not only lacks the ability to properly screen individuals prior to their arrival, but also that our nation has an unprecedented assimilation problem,” Sens. Jeff Sessions, R-Ala., and Ted Cruz, R-Texas, told President Obama in a June 14 letter, obtained by FoxNews.com.

The files also give fresh insight into the true scope of the terror threat and cover a wide range of cases, including:

  • A Seattle man plotting to attack a U.S. military facility
  • An Atlantic City man using his “Revolution Muslim” site to encourage confrontations with U.S. Jewish leaders “at their homes”
  • An Iraq refugee arrested in January, accused of traveling to Syria to “take up arms” with terror groups

While the June 12 massacre at an Orlando gay nightclub marked the deadliest terror attack on U.S. soil since 2001, the data shows America has been facing a steady stream of plots. For the period September 2001 through 2014, data shows the U.S. successfully prosecuted 580 individuals for terrorism and terror-related cases. Further, since early 2014, at least 131 individuals were identified as being implicated in terror.

Across both those groups, the senators reported that at least 40 people initially admitted to the U.S. as refugees later were convicted or implicated in terror cases.

Among the 580 convicted, they said, at least 380 were foreign-born. The top countries of origin were Pakistan, Lebanon and Somalia, as well as the Palestinian territories.

Both Sessions and Cruz sit on the Senate Judiciary Subcommittee on Immigration and the National Interest, which compiled the terror-case information based on data from the Justice Department, news reports and other open-source information. The files were shared with FoxNews.com.

The files include dates, states of residence, countries of origin for foreign-born suspects, and reams of other details.

Specifically, they show a sharp spike in cases in 2015, largely stemming from the arrest of suspects claiming allegiance to the Islamic State. They also show a heavy concentration of cases involving suspects from California, Texas, New York and Minnesota, among other states.

The senators say the terror-case repository still is missing critical details on suspects’ immigration history, which they say the Department of Homeland Security has “failed to provide.” Immigration data the senators compiled came from other sources.

Sessions and Cruz asked the president in their letter to order the departments of Justice, Homeland Security and State to « update » and provide more detailed information. The senators have sent several letters to those departments since last year requesting immigration histories of those tied to terror.

“The administration refuses to give out the information necessary to establish a sound policy that protects Americans from terrorists,” Sessions said in a statement to Fox News.

Asked about the complaints, DHS spokeswoman Gillian M. Christensen told FoxNews.com the department “will respond to the senators’ request directly and not through the press.”

“More than 100 Congressional committees, subcommittees, caucuses, commissions and groups exercise oversight and ensure accountability of DHS and we work closely with them on a daily basis. We’ve received unprecedented requests from a number of senators and representatives for physical paper files for more than 700 aliens,” she said, adding that officials have to review each page manually for privacy and other issues.

Cruz ran unsuccessfully this year for the Republican presidential nomination. Sessions, an ardent critic of the administration’s immigration policies, is supporting presumptive GOP nominee Trump.

The allegations detailed in the subcommittee’s research pertain to a range of cases, involving suspects caught traveling or trying to travel overseas to fight, as well as suspects ensnared in controversial sting operations which civil-liberties groups including the ACLU have criticized.

In a 2014 report, Human Rights Watch said nearly half of the federal counterterror convictions at the time came from “informant-based cases,” many of them sting operations where the informants played a role in the plot.

The report said: “In some cases the Federal Bureau of Investigation may have created terrorists out of law-abiding individuals by conducting sting operations that facilitated or invented the target’s willingness to act.”

But even in some of those cases, federal agents got involved after learning of a serious suspected plot. In the case of the Seattle suspect, Abu Khalid Abdul-Latif, authorities said he approached someone in 2011 about attacking a military installation. That citizen alerted law enforcement and worked with them to capture Latif and an accomplice.

FoxNews.com’s Liz Torrey contributed to this report. 

Voir par ailleurs:

La guerre des cartels mexicains franchit la frontière des Etats-Unis

Déjà, l’Arizona subit une hausse alarmante de la criminalité. Selon différentes sources, l’Etat frontalier serait devenu la principale plaque tournante nord-américaine de l’immigration illégale et du narcotrafic. Ailleurs, sur l’ensemble du territoire, les cartels mexicains contrôleraient la plupart du marché, d’après un rapport du Centre national de renseignement des drogues. Liés aux gangs américains, ils seraient parvenus à s’implanter dans 230 villes des Etats-Unis.

Nicolas Bourcier

EL PASO (TEXAS) ENVOYÉ SPÉCIAL

Le Monde

24.03.2009

« N ‘y allez pas. » D’emblée, l’injonction de Ramon Bracamontes prend des allures de mise en garde. Les mots, le ton de ce journaliste texan d’El Paso, enquêteur reconnu, calme et d’habitude souriant, en disent long sur le degré d’inquiétude qui prévaut de ce côté-ci de la frontière.

Evoquer le Mexique et la ville d’en face, Ciudad Juarez, située juste de l’autre côté du Rio Grande et de son « rideau de fer », c’est prendre le risque de subir une logorrhée interminable de crimes et d’horreurs liés à la guerre des narcotrafiquants et leurs sicaires. « Moi-même, j’ai peur, insiste-t-il. Les autorités américaines au Mexique m’ont affirmé qu’elles ne pouvaient plus assurer la protection des ressortissants des Etats-Unis. Et de ce côté-ci, nous assistons, chaque jour un peu plus, au débordement de cette violence. »

C’est dire l’importance de la première visite, prévue les mercredi 25 et jeudi 26 mars, de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton au Mexique. Sa venue a été placée sous le signe de la lutte contre la drogue. Plus de 800 policiers et militaires y ont été tués depuis décembre 2006. Quelque 6 000 assassinats y ont été recensés l’année dernière (le double de 2007). Avant Noël, les autorités ont découvert dans la petite ville de Chilpancingo, enveloppées dans des sacs en plastique, huit têtes décapitées de soldats puis trois autres dans une glacière à Ciudad Juarez en janvier. Quelques jours plus tard, c’était au tour du responsable de la police locale de démissionner sous la pression des cartels de la drogue. Le maire de la ville frontière, lui, a fini par s’installer avec sa famille en face, à El Paso.

Déjà, en décembre 2006, lors de son élection, le président mexicain, Felipe Calderon, avait admis que « le crime organisé était devenu hors de contrôle ». Depuis, le chef de l’Etat, conservateur et partisan d’une stratégie musclée contre le crime organisé, a déployé sur le territoire 45 000 soldats contre les gangs des narcotrafiquants, dont près de 5 000, cagoulés de noir et lourdement armés, pour la seule ville de Ciudad Juarez.

Les arrestations se sont multipliées – souvent de façon arbitraire, d’après les organisations de défense des droits de l’homme. Les règlements de compte dans les prisons ont atteint de nouveaux sommets. Tout comme les attaques contre des domiciles, les extorsions, les saisies de cocaïne, les prises d’otages et les meurtres avec plus de 1 100 homicides pour les seules huit premières semaines de l’année.

Les autorités mexicaines assurent que le pouvoir central est en train de gagner. A les en croire, l’explosion de violence serait paradoxalement le fruit des efforts de l’Etat pour désorganiser le trafic de drogue. En novembre 2008, Noe Ramirez, le procureur en charge de l’unité spécialisée dans le crime organisé, n’a-t-il pas été inculpé pour avoir fourni des informations au cartel de Sinaloa contre un demi-million de dollars par mois ? Et Francisco Velasco Delgado, le chef de la police de Cancun, arrêté pour avoir protégé le cartel dit du Golfe, commanditaire présumé de l’assassinat en janvier d’un général ?

Pour Washington, l’effort reste insuffisant. Rendu public il y a quelques semaines, un document du Pentagone concluait que deux grands pays pouvaient connaître un effondrement rapide de l’Etat : le Pakistan et, précisément, le voisin mexicain. Un avis rejeté fermement par Mexico, mais alimenté depuis par de nombreuses voix. Barry McCaffrey, général à la retraite et « M. Drogue » de Bill Clinton, affirme que les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre d’avoir « un narco-Etat à leur porte« , ajoutant que « les dangers et les problèmes croissants du Mexique menacent la sécurité nationale de notre pays ».

Déjà, l’Arizona subit une hausse alarmante de la criminalité. Selon différentes sources, l’Etat frontalier serait devenu la principale plaque tournante nord-américaine de l’immigration illégale et du narcotrafic. Ailleurs, sur l’ensemble du territoire, les cartels mexicains contrôleraient la plupart du marché, d’après un rapport du Centre national de renseignement des drogues. Liés aux gangs américains, ils seraient parvenus à s’implanter dans 230 villes des Etats-Unis.

C’est dans ce contexte que le général Victor Renuart, le chef du commandement de la zone Amérique du Nord, a expliqué, lors d’une audition au Sénat, le 17 mars, que Washington envisageait d’envoyer plus de troupes ou d’agents spécialisés à la frontière. Selon lui, toutes les composantes des forces de l’ordre et de l’armée seront probablement concernées dans ce combat sans pour autant donner une estimation chiffrée des besoins.

Deux semaines auparavant, Rick Perry, le gouverneur républicain du Texas, avait exigé l’envoi de 1 000 hommes supplémentaires. « Je me fiche de savoir s’il s’agit de militaires, de gardes nationaux ou d’agents des douanes, a-t-il lâché. Nous sommes très préoccupés par le fait que le gouvernement fédéral ne s’occupe pas de la sécurité à la frontière de façon adéquate. »

Une équipe formée de représentants de plusieurs agences gouvernementales s’est réunie la semaine dernière afin d’épauler Mexico. Une initiative qui fait suite au déjeuner, le 12 janvier à Washington, entre Barack Obama et le président mexicain. D’après l’hebdomadaire The Economist, citant des sources mexicaines, M. Calderon aurait proposé un « partenariat stratégique » et la mise en place rapide d’un groupe binational d’experts afin d’améliorer la coopération entre les deux pays.

Devant l’éventualité d’une nouvelle militarisation de la frontière, le président mexicain a exhorté, il y a quelques jours, Washington à surveiller, de son côté, plus étroitement ses importations d’armes et leur vente aux particuliers. Il a demandé des contrôles plus stricts à la frontière d’où les cartels reçoivent leur arsenal et des millions de dollars en espèces en provenance des Etats-Unis.

Après Hillary Clinton, le président américain effectuera à son tour une visite officielle, les 16 et 17 avril, au Mexique. La première en Amérique latine depuis son accession à la Maison Blanche.

Nicolas Bourcier – EL PASO (TEXAS) ENVOYÉ SPÉCIAL

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/03/24/la-guerre-des-cartels-mexicains-franchit-la-frontiere-des-etats-unis_1171893_3222.html#Z3v6zkJA11su7rMg.99

Ce que peut (encore) faire Barack Obama avant la fin de son mandat

Le président sortant a jusqu’au 20 janvier 2017, date de l’investiture de Donald Trump, pour prendre ses dernières mesures.

Lucas Wicky

Le Monde

28.12.2016

Barack Obama entre dans la dernière ligne droite de son mandat présidentiel. Le 20 janvier 2017, Donald Trump, dont l’élection a été confirmée le 19 décembre par le vote des grands électeurs, prêtera serment et s’installera à la Maison Blanche. Le président sortant se trouve ainsi placé dans la position inconfortable du « lame duck » (canard boiteux), selon l’expression consacrée outre-Atlantique : celle d’un élu dont le mandat arrive à terme et qui est toujours en poste, alors que son successeur est déjà élu mais n’occupe pas encore le poste.

Pour autant, M. Obama ne semble pas disposé à faire « profil bas » durant cette période de transition officielle, qui limite, théoriquement, ses marges de manœuvre. Pour preuve, le 20 décembre, il a décrété l’interdiction des forages gaziers et pétroliers dans de vastes zones de l’Arctique et de l’Atlantique. Les observateurs y ont vu une sorte de coup de force avant l’arrivée de M. Trump, tant cette disposition s’inscrit à rebours des orientations de ce dernier, qui, au contraire, a promis de déréguler l’extraction pétrolière pendant son mandat.

Barack Obama va-t-il profiter des prochaines semaines pour faire passer d’autres mesures avant de quitter la fonction présidentielle ? En a-t-il les moyens ? Voici un tour d’horizon des leviers dont il dispose encore, ou pas, et de la pérennité des mesures qu’il pourrait prendre.

Peut-il faire voter de nouvelles réformes ?

Non

En tout cas, pas en passant par le Congrès (pouvoir législatif). Depuis deux ans, M. Obama n’y dispose pas d’une majorité. C’est pourquoi toutes les réformes d’ampleur du président sortant ont été bloquées. Les élections de mi-mandat avaient en effet permis aux républicains d’obtenir la majorité au Sénat, tandis qu’ils contrôlaient la Chambre des représentants depuis 2010. Les démocrates n’ont pas réussi à renverser ce rapport de force lors des dernières élections, en novembre.

Peut-il « contourner » les parlementaires ?

Oui, dans certains cas

Des leviers ont notamment permis à M. Obama d’agir sur la question des armes, de promouvoir la diversité au sein de la Sécurité nationale ou de protéger une partie de la mer de Bering. Il s’agit des executive actions, en l’occurence des décrets présidentiels (executive orders) ou des mémorandums, qui viennent préciser la manière dont une loi existante doit s’appliquer (les décrets doivent nécessairement mentionner la loi concernée, à la différence des mémorandums).

Le président dispose d’un troisième outil afin de se passer de la validation du Sénat : les accords exécutifs. M. Obama y a eu recours en politique étrangère. Par exemple pour « signer l’accord de Paris sur le changement climatique et conclure l’accord controversé sur le programme nucléaire iranien », note John Copeland Nagle, professeur de droit à l’université Notre Dame law school.

M. Obama a toutefois eu moins recours aux décrets présidentiels que ses prédécesseurs républicains, Ronald Reagan et George W. Bush, mais à plus de mémorandums, selon USA Today.

Les décisions prises à travers des « actes exécutifs » sont-elles irréversibles ?

Non

L’utilisation de ces executive actions n’est pas explicitement prévue par la Constitution des Etats-Unis. Leur utilisation a plusieurs fois été jugée abusive ou « anticonstitutionnelle » par les républicains. En réalité, il revient aux tribunaux fédéraux (s’ils sont saisis par un plaignant) ou à la Cour suprême (en cas d’appel) de juger si ces actes exécutifs respectent ou non la Constitution.

Quoi qu’il en soit, la plupart de ces actes exécutifs peuvent être « instantanément défaits par Donald Trump », prévient Vincent Michelot, professeur de civilisation américaine à Sciences Po Lyon.

C’est d’ailleurs ce que promet le futur locataire de la Maison Blanche, qui a l’intention de revenir sur plusieurs réformes de son prédécesseur. Dans son contrat présidentiel, on peut lire ce qu’il compte faire dès son premier jour de mandat :

« Premièrement, abroger toutes les actions exécutives inconstitutionnelles, mémorandums et décrets mis en place par le président Obama. »

Certains actes présidentiels pris par M. Obama peuvent-ils contraindre son successeur ?

Oui

Face au risque de détricotage par son successeur, M. Obama possède une marge de manœuvre : appliquer, à travers des executive actions, des lois n’étant pas prévues pour être réversibles. C’est ce qu’il a fait pour interdire les forages offshore en Arctique et Atlantique : il s’est appuyé sur l’Outer Continental Shelf Lands Act, loi sur les terres du plateau continental, qui donne au président le pouvoir de protéger les eaux fédérales et rend cette protection permanente dans le temps.

Le texte actuel ne permet pas d’autoriser à nouveau l’exploitation d’hydrocarbures une fois qu’une zone a été sanctuarisée. Et Vincent Michelot de préciser :

« Certaines règles édictées ces derniers jours seront très difficiles à abroger […] et consommatrices de temps parlementaire. Elles donnent aussi la possibilité aux associations de défense de l’environnement de porter le débat devant le judiciaire, ce qui signifie des procédures d’une durée de deux à quatre ans. »

Ce type de mesure pourrait-il être multiplié dans les prochains jours ? Vincent Michelot n’exclut pas cette possibilité :

« Si d’autres décisions similaires sont dans les tuyaux, notamment en matière d’environnement, M. Obama a tout intérêt à ne pas les annoncer à l’avance, pour bénéficier de l’effet de surprise et surtout mettre l’administration Trump au pied du mur. »

Le président sortant dispose-t-il d’autres pouvoirs en cette fin de mandat ?

Oui

Barack Obama a par exemple la possibilité de suspendre des dirigeants de l’administration ou de l’armée et de rendre publics des programmes confidentiels. L’hebdomadaire de gauche The Nation l’a appelé, début décembre, à utiliser une partie de ces pouvoirs. Notamment pour « déclassifier des documents secrets, gracier des lanceurs d’alertes [comme Chelsea Manning ou Edward Snowden] et punir des hauts responsables ayant abusé de leur pouvoir ». Pour l’heure, le président démocrate n’a pas donné suite à leur demande.

Par ailleurs, l’article II de la Constitution des Etats-Unis confère au président le pouvoir « d’accorder […] des grâces pour crimes contre les Etats-Unis ». Il s’agit d’une prérogative que M. Obama a largement utilisée au cours des derniers jours.

Pour la seule journée du 19 décembre, il a accordé 153 « commutations » (réduction ou suppression de peine) et 78 « pardons » (oubli de la condamnation après que celle-ci a été effectuée et plein rétablissement des droits civils – le vote par exemple). Il a d’ores et déjà battu le record historique du nombre de grâces accordées par un président en exercice.

« Il y aura d’autres grâces présidentielles pour certains condamnés », pronostique Vincent Michelot. L’administration Obama redoute un tournant sécuritaire avec M. Trump. Ce mouvement de grâces est donc également un message politique. Le dernier communiqué de la Maison Blanche sur le sujet est explicite :

« Nous devons rappeler que la grâce est un outil de dernier ressort et que seul le Congrès peut mettre en place les réformes plus larges nécessaires pour assurer à long terme que notre système de justice pénale fonctionne plus équitablement et plus efficacement au service de la sécurité publique. »


Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)

10 février, 2017
deracinement
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
À en croire, par ordre d’entrée en scène, Enzo Traverso, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Edwy Plenel, Philippe Corcuff, Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut: les années 1930 sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Tous les auteurs que j’ai cités observent, comme l’écrit Luc Boltanski: «la présence de thèmes traditionalistes et nationalistes issus de la rhétorique de l’Action française et la réorientation contre les musulmans d’une hostilité qui fut dans la première moitié du XXe siècle principalement dirigé contre les juifs». Cette analogie historique prétend nous éclairer: elle nous aveugle. Au lieu de lire le présent à la lumière du passé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Il n’y avait pas dans les années 1930 d’équivalent juif des brigades de la charia qui patrouillent aujourd’hui dans les rues de Wuppertal, la ville de Pina Bausch et du métro suspendu. Il n’y avait pas d’équivalent du noyautage islamiste de plusieurs écoles publiques à Birmingham. Il n’y avait pas d’équivalent de la contestation des cours d’histoire, de littérature ou de philosophie dans les lycées ou les collèges dits sensibles. Aucun élève alors n’aurait songé à opposer au professeur, qui faisait cours sur Flaubert, cette fin de non-recevoir: «Madame Bovary est contraire à ma religion.» Il n’y avait pas, d’autre part, de charte de la diversité. On ne pratiquait pas la discrimination positive. Ne régnait pas non plus à l’université, dans les médias, dans les prétoires, cet antiracisme vigilant qui traque les mauvaises pensées des grands auteurs du patrimoine et qui sanctionne sous le nom de «dérapage» le moindre manquement au dogme du jour: l’égalité de tout avec tout. Quant à parler de retour de l’ordre moral alors que les œuvres du marquis de Sade ont les honneurs de la Pléiade, que La Vie d’Adèle a obtenu la palme d’or à Cannes et que les Femen s’exhibent en toute impunité dans les églises et les cathédrales de leur choix, c’est non seulement se payer de mots, mais réclamer pour l’ordre idéologique de plus en plus étouffant sous lequel nous vivons les lauriers de la dissidence. (…) Pour dire avec Plenel et les autres que ce sont les musulmans désormais qui portent l’étoile jaune, il faut faire bon marché de la situation actuelle des juifs de France. S’il n’y a pratiquement plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, c’est parce que, comme le répète dans l’indifférence générale Georges Bensoussan, le coordinateur du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et Une Nuits), l’antisémitisme y est devenu un code culturel. Tous les musulmans ne sont pas antisémites, loin s’en faut, mais si l’imam de Bordeaux et le recteur de la grande mosquée de Lyon combattent ce phénomène avec une telle vigueur, c’est parce que la majorité des antisémites de nos jours sont musulmans. Cette réalité, les antiracistes officiels la nient ou la noient dans ses causes sociales pour mieux incriminer au bout du compte «la France aux relents coloniaux». Ce n’est pas aux dominés, expliquent-ils en substance, qu’il faut reprocher leurs raccourcis détestables ou leur passage à l’acte violent, c’est à la férocité quotidienne du système de domination. (…) Au début de l’affaire Dreyfus, Zola écrivait Pour les juifs. Après m’avoir écouté sur France Inter, Edwy Plenel indigné écrit Pour les musulmans. Fou amoureux de cette image si gratifiante de lui-même et imbu d’une empathie tout abstraite pour une population dont il ne veut rien savoir de peur de «l’essentialiser», il signifie aux juifs que ceux qui les traitent aujourd’hui de «sales feujs» sont les juifs de notre temps. Le racisme se meurt, tant mieux. Mais si c’est cela l’antiracisme, on n’a pas vraiment gagné au change. Et il y a pire peut-être: l’analogie entre les années 1930 et notre époque, tout entière dressée pour ne pas voir le choc culturel dont l’Europe est aujourd’hui le théâtre, efface sans vergogne le travail critique que mènent, avec un courage et une ténacité admirables, les meilleurs intellectuels musulmans. (…) Pendant ce temps, tout à la fierté jubilatoire de dénoncer notre recherche effrénée d’un bouc émissaire, les intellectuels progressistes fournissent avec le thème de «la France islamophobe» un bouc émissaire inespéré au salafisme en expansion. En même temps qu’il fait de nouveaux adeptes, l’Islam littéral gagne sans cesse de nouveaux Rantanplan. Ce ne sont pas les années 1930 qui reviennent, ce sont, dans un contexte totalement inédit, les idiots utiles. (…) Autrefois, on m’aurait peut-être traité de «sale race», me voici devenu «raciste» et «maurrassien» parce que je veux acquitter ma dette envers l’école républicaine et que j’appelle un chat, un chat. Entre ces deux injures, mon cœur balance. Mais pas longtemps. Mon père et mes grands-parents ayant été déportés par l’État dont Maurras se faisait l’apôtre, c’est la seconde qui me semble, excusez-moi du terme mais il n’y en a pas d’autres, la plus dégueulasse. (…) J’attends d’avoir fini le livre d’Eric Zemmour pour réagir. Mais d’ores et déjà, force m’est de constater que ceux qui dénoncent jour et nuit les amalgames et les stigmatisations se jettent sur l’analyse irrecevable que Zemmour fait du régime de Vichy pour pratiquer les amalgames stigmatisants avec tous ceux qu’ils appellent les néoréactionnaires et les néomaurrassiens. Ils ont besoin que le fascisme soit fort et même hégémonique pour valider leur thèse. Le succès de Zemmour pour eux vient à point nommé. Mais je le répète, ce n’est pas être fasciste que de déplorer l’incapacité grandissante de la France à assumer sa culture. Et ce n’est surement pas être antifasciste que de se féliciter de son effondrement. Alain Finkielkraut 
L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale (c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970. Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj». (…) En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison [sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier]. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France. Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…» (…) Mais ces lois [mémorielles] ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan, tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance. (…) Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne. (…) A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé. (…) A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours? Georges Bensoussan
En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. (…)  la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme. Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme? Georges Bensoussan
Nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion. (…) à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile. (…) Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941. (…) L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada. Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet. (…) il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs. (…) Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence. (…) Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante. Georges Bensoussan
La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi. Saïd Ghallab (Les Temps modernes, 1965)
Cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ». Smain Laacher
L’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ». Georges Bensoussan
L’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit ». Il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant. Nacira Guénif (Paris VIII)
Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? Avocat du CCIF
Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! Alain Finkielkraut
Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pierre Nora
Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel. (…)  Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée. Boualem Sansal
Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! (…) Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? M° Michel Laval
La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles. (…) On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. (…) Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. (…) Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations. L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. (…) Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade. (…) Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». (…) Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice. Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement? Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste. Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ». Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits. Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste. Jacques Tarnero

Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires !

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote largement Trump

Et qu’après le lynchage médiatique du seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle …

La nouvelle coqueluche des médias pour mai prochain en est à nier l’existence même d’une culture française

Pendant que pris à son tour entre kippa, burkha et double nationalité dans les fausses équivalences morales dont raffolent nos médias, le parti des bonnes questions s’enferre à nouveau dans les mauvaises réponses

Et qu »à l’ONU sur fond d’épuration religieuse du Moyen-Orient, c’est la présence même des juifs sur leurs lieux les plus sacrés qu’on dénie …

Devinez qui désormais l’on traine, entre deux attentats ou menaces islamistes, devant nos tribunaux débordés …

Pour après les « territoires perdus » de nos écoles et les « territoires interdits » de nos services publics …

Avoir osé évoquer le secret de polichinelle de l’origine proprement familiale de l’antisémitisme de nombre de nos chères têtes blondes ?

Affaire Bensoussan: au bal des faux-culs antiracistes

SOS Racisme et la Licra au secours du CCIF

Jacques Tarnero est essayiste et auteur de documentaires.

Causeur

04 février 2017

Georges Bensoussan et Pascal Brucker sont traînés devant les tribunaux pour avoir dénoncé l’antisémitisme culturel d’une partie du monde arabo-musulman, banlieues françaises comprises. C’est affligeant. Mais que dire des authentiques antiracistes qui se joignent au choeur des pleureuses?

La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles.

Le procès d’une métaphore 

Cette audience de douze heures devant la 17ème chambre correctionnelle est à marquer d’une pierre noire : la justice fit procès, au nom de l’antiracisme, à un historien ayant dénoncé par ses travaux, l’antisémitisme. On retiendra ce moment symbolique: ce Durban-sur-Seine, en tous points semblable à ce qui s’est déroulé l’été 2001, à Durban, en Afrique du sud, lors d’une conférence de l’ONU, censée dénoncer le racisme, ce sont des « mort aux juifs » qui furent scandés au nom de l’antiracisme. Cette agonie de la lucidité, drapée  dans les vertueux habits de la justice et de la vérité, signifie une effroyable défaite intellectuelle, morale et politique. Les derniers mots de Georges Bensoussan, à la fin de l’audience, ont donné toute l’intensité symbolique à ce moment : « Ce soir, Madame la présidente, pour la première fois de ma vie, j’ai eu la tentation de l’exil. » On ne saurait mieux dire l’accablement ressenti car il était déjà minuit passé dans ce siècle qui commence.

Du début de l’après-midi jusqu’à une heure du matin, ce fut un concentré des mauvaises passions de l’époque qui fut exposé, trituré, contesté, plaidé. « L’antisémitisme n’est pas une pensée, c’est une passion. », ces mots de Sartre conservaient toute leur pertinence au Palais de justice. De ces passions toujours vives, cette audience en fut le miroir. Toute l’œuvre de l’historien Georges Bensoussan a consisté à démasquer, à révéler, à mettre à jour, à raconter l’antisémitisme. Directeur éditorial de la Revue d’histoire de la Shoah, Bensoussan fouille depuis trente ans les labyrinthes multiples de cette passion. Mais ce que Bensoussan ne savait peut-être pas, c’est qu’il existait en France, en 2017, des interdits de penser.

Un antisémitisme tabou

On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. On a cru un temps que l’immense manifestation du 11 janvier où tout le monde fut « Charlie », c’était sans compter avec la Nuit debout des cervelles éteintes.

Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. C’est bien connu. Depuis Mohamed Merah, depuis le Bataclan et l’Hyper casher, ce vivre-ensemble s’épanouit de jour en jour. C’est donc pour réinjecter l’espoir et la fraternité dans la République, que le MRAP, la Licra, SOS Racisme et la LDH se sont associés au  CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), pour poursuivre devant la XVIIe chambre correctionnelle ce raciste voilé nommé Georges Bensoussan.

De quoi Bensoussan était-il présumé coupable ?

Dans l’émission Répliques du 10 octobre 2015, produite et animée par Alain Finkielkraut sur France Culture, Georges Bensoussan débattait avec Patrick Weil de l’état de la France. Les propos mis en cause furent les suivants : « (…) l’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ».

En octobre 2015, à la suite d’une pétition hébergée par Mediapart et signée par une quinzaine de personnes, le MRAP déclarait qu’il entendait  « faire citer Georges Bensoussan devant le tribunal correctionnel pour injures racistes et provocation à la haine et à la violence raciste ». De leur côté, les sites internet Palestine solidarité et Oumma.com s’étaient associés à ces dénonciations dans des termes d’une extrême violence. Oumma.com avait publié un texte signé Jacques-Marie Bourget dont on peut aujourd’hui saisir toute la menace: «  Je n’ai pas entendu dire que le CSA ou la direction de France Culture, s’ils existent encore, avaient rappelé Finkielkraut à ne pas propager haine et mensonge. Car si l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit, il doit en aller de même de l’islamophobie la plus grotesque et primaire. À Smaïn Laacher, qui n’est pas Gandhi, on pourrait faire remarquer que ce que les musulmans français « tètent », ce n’est pas l’antisémitisme mais d’abord le lait d’amertume, celui de l’injustice historique faite au peuple palestinien. Si personne ne vient crier « halte à la haine », armons-nous et préparons dès maintenant la guerre civile ».

Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations.

Crime contre la pensée juste

L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. Il ne faisait qu’exprimer à travers une métaphore ce que celui-ci déclarait: “donc cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ».

Nulle part on ne peut trouver trace d’arguments « biologiques» pour nourrir ces constats et leur prêter une valeur « raciste ». L’expression “téter avec le lait de la mère”, est d’un usage courant dans la langue française depuis plusieurs siècles. Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». Ce crime contre « la pensée juste », Bensoussan, douze heures durant, va en savourer les effets.

Ce procès fut un grand moment judiciaire

Georges Bensoussan fut donc d’abord interrogé par la Présidente du Tribunal, Fabienne Siredey-Garnier, sur ses propos mais aussi sur ses travaux. Rappelant qu’il travaille depuis vingt-cinq ans sur les sujets liés à la Shoah, au nazisme, à l’antisémitisme et plus généralement aux mécanismes conduisant à la haine de l’autre. Il a élargi son champ de recherches, notamment, sur le statut des juifs dans les pays musulmans. Bensoussan devait citer l’expression utilisée en 1965 dans la revue les Temps modernes par l’auteur marocain Saïd Ghallab. Sous le titre Les juifs vont en enfer, qui écrivait alors : « ... la pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi… ». Désormais, en France, toutes les enquêtes réalisées sur l’antisémitisme par la Fondation pour la recherche politique, comme les témoignages multiples recueillis dans son enquête collective Les territoires perdus de la République ou son dernier ouvrage Une France soumise, attestent d’une croissance des préjugés antijuifs chez les jeunes de culture musulmane. La récente enquête de l’Institut Montaigne révélant que 28% de ces mêmes publics estiment que la loi islamique (la charia) prime les lois françaises, confirme la radicalisation en cours.

Bensoussan rappelait le contexte du moment : l’enlèvement et l’assassinat de Ilan Halimi, en 2006, dont la justice avait nié dans un premier temps le caractère antisémite, les crimes de Mohamed Merah, les attentats de l’Hypercasher et du Bataclan. Les élèves juifs désertent les écoles et les lycées publics des quartiers dits « sensibles ». Bensoussan conclut cette première déposition par ces mots : « Est-ce moi qui dois me trouver devant ce tribunal aujourd’hui ? N’est-ce pas l’antisémitisme qui nous a conduits à la situation actuelle qui devrait être jugé ? »

Des parties civiles très politiquement correctes

Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade.

Quelques perles à charge contre Bensoussan méritent d’être rapportées : une éminente universitaire de Paris VIII, Nacira Guénif, déclara pour commenter les propos de Smain Laacher, que l’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit », et qu’il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant »….

Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». Plus tard, dans sa plaidoirie, l’avocat du CCIF interpellera l’historien : « Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? »

Les choses sont dites. Sous Bensoussan, l’ennemi subliminal est nommé : Israël, dont Bensoussan a écrit l’histoire du mouvement national, le sionisme. En attribuant à Bensoussan une volonté de destruction de «  tous les moments positifs entre juifs et arabes. N’est-il pas en train d’écrire une histoire qui peut servir à des milieux douteux ? C’est un destructeur des ponts entre juifs et arabes. » En rejoignant à son tour le camp du déni du réel la Licra et Sifaoui effectuent un inquiétant retournement.

Ce fut surtout un grand moment politique

Cité en défense de Bensoussan, Alain Finkielkraut présentait tout l’enjeu de ce procès: « Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! » La jeune procureure de la République, dans son réquisitoire, était-elle du côté de ceux qui essaient de penser la complexité du moment présent ou bien s’est-elle conformée aux mécanismes du politiquement correct, à  l’idéologie dominante ? On peut craindre le pire tant son propos était empreint des mots et des clichés déjà énoncés par les parties civiles. Revendiquant fièrement qu’elle était l’auteur de la décision de poursuivre Bensoussan en justice, elle justifiait ce choix par « le passage à l’acte dans le champ lexical » opéré par Bensoussan. Ce très chic déplacement du propos juridique vers le jargon linguistique, est un indicateur de la finesse intellectuelle de l’accusation.

En rappelant que Georges Bensoussan avait dirigé deux publications de la Revue d’Histoire de la Shoah, consacrés au génocide des Arméniens et à celui commis au Rwanda contre les Tutsis, Elisabeth de Fontenay tint à mettre en valeur dans son témoignage, les qualités d’ouverture intellectuelle de l’historien : son travail n’obéit pas à une vision communautariste des choses, bien au contraire, il a su mettre en valeur la folie universelle du XXe siècle comme siècle des crimes contre l’humanité, des massacres de masse et des totalitarismes génocidaires. C’est aussi ce que Yves Ternon vint confirmer. Pour cet ancien chirurgien ayant soutenu le FLN pendant la guerre d’Algérie, le soutien aux victimes des fascismes, du colonialisme ne se partage pas. Le crime contre l’humanité et sa négation forment un ensemble problématique pour penser les parts maudites de histoire contemporaine. Georges Bensoussan fait ce travail de fouilles ? quitte à exhumer des vérités dérangeantes. Regarder au plus près les discours ayant conduit au crime ou pouvant y conduire, est-ce cela qui est reproché à Bensoussan ? Elisabeth de Fontenay et Yves Ternon disent leur stupéfaction devant l’accusation faite à Bensoussan. C’est ce que le témoignage écrit de Pierre Nora, lu par la présidente du tribunal, vint confirmer : « Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ».

Faut-il désespérer de la justice de la République ?

Dans sa plaidoirie en défense de Bensoussan, M° Michel Laval fit d’abord part de sa stupéfaction devant le moment qu’il était en train de vivre : « Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! »

Il fit aussi remarquer plusieurs erreurs bien plus ordinaires dans la citation à comparaitre signifiée à Bensoussan : il y était question d’une émission de radio nommée « les Répliques » qui aurait eu lieu en novembre 2015 (et non pas en octobre)

En assimilant les propos de Bensoussan à ceux d’Eric Zemmour, Madame la procureure ne fit pas preuve de finesse. Sans doute les grandes causes ne s’embarrassent pas de détails, portées qu’elles sont par le souffle puissant de leur générosité. En voulant caricaturer Georges Bensoussan, en le présentant comme un réactionnaire raciste, le ministère public s’est aligné sur l’idéologie du célèbre « mur des cons » bien connu pour son impartialité.

De cette accumulation d’accusations diffamatoires, M° Laval, fit son miel. Le ton se fit ensuite plus ironique devant la sottise et la posture morale de l’accusation, devant la « traque des mots » alors que « dans ce palais de justice la valeur la plus importante c’était la liberté de penser ! » M° Laval dénonça le moment présent, celui de la « perversion du système judiciaire par l’idéologie » « Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? »

Le témoignage du grand écrivain algérien Boualem Sansal, lue par la présidente, vint conclure la défense de Bensoussan : « Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel… » Boualem Sansal écrit ensuite : « Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée ». Sera-t-il poursuivi à la XVIIe chambre ?

Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice.

L’étrange défaite

Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement?

Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste.

Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ».

Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits.

Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste.

Voir aussi:

GEORGES BENSOUSSAN : »Si les juifs ont quitté en masse le Maroc, c’est parce qu’ils avaient peur »
Le Point

24/01/2017

INTERVIEW. Pour Georges Bensoussan, la tolérance de l’islam n’est qu’un mythe. La preuve, les souffrances subies par les juifs en terre musulmane.
PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE GOLLIAU

Mercredi 25 janvier, Georges Bensoussan passe devant un tribunal pour avoir dit que l’antisémitisme des musulmans était une transmission familiale. À tort ou à raison ? Ce spécialiste de l’histoire des juifs d’Europe de l’Est et de la Shoah est un historien engagé. En 2002, il rédigeait la postface des Territoires perdus de la République (Fayard), où des professeurs de collège témoignaient de la violence des adolescents, de leur racisme, leur antisémitisme et leur sexisme. Lui-même sort chez Albin Michel Une France soumise, un ouvrage collectif préfacé par Élisabeth Badinter « herself », où enseignants, policiers, travailleurs sociaux disent pourquoi ils ne peuvent plus exercer leur métier dans les écoles et les banlieues. Toujours à cause de cette violence et de ce rejet de l’autre – et particulièrement du Juif – , qui ne font que s’accentuer. Mais cette haine, d’où vient-elle ? Pour l’historien, comme il l’explique dans Les Juifs du monde arabe. La question interdite, qui paraît également cette semaine chez Odile Jacob, elle est directement liée au statut du dhimmi, imposé par le Coran au juif et au chrétien, soumission imposée qui s’est perpétuée jusqu’à la période coloniale, et qui est resté dans les consciences, même s’il a officiellement disparu des États modernes.

Le Point.fr : Pour vous, contrairement à ce qu’affirment nombre d’historiens, les juifs n’ont pas été bien traités dans le monde musulman…
Georges Bensoussan : Oui, nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion.

Vous ne pouvez nier pourtant que les sionistes ont largement œuvré pour que les juifs viennent s’installer en Israël…
Bien évidemment, et comment le leur reprocher ? Ils voulaient renforcer leur jeune État. Mais à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile.
L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme que l’attitude du sultan du Maroc, par contraste, en apparaissait presque bienveillante !

Le sultan du Maroc a pourtant la réputation d’avoir protégé les juifs entre 1939 et 1945, quand le pays était contrôlé par le gouvernement de Vichy…
Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941.

Si c’est une légende, elle est pourtant entretenue dans les milieux juifs d’origine marocaine…
En partie, oui, et pour plusieurs raisons. L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada.
Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman
Le statut de « dhimmi » imposé aux chrétiens et aux juifs par le Coran explique-t-il l’antisémitisme que vous dénoncez ?
Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet.

Mais leur situation était-elle la même partout ? Les Juifs de Salonique ont prospéré sous les Turcs et ont vu leur statut se détériorer quand les Grecs orthodoxes ont pris le contrôle de la ville, en 1922…
En effet, il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs.
Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux

Vous dénoncez l’antisémitisme des émigrés de la troisième génération en France, ce qui vous vaut d’ailleurs un procès pour racisme intenté par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).
J’ai effectivement été assigné pour « propos racistes », parce que, lors d’une émission de France Culture, et à propos d’une partie de l’immigration maghrébine, j’ai usé de la métaphore d’un « antisémitisme tété avec le lait de sa mère ». Je ne faisais pourtant, par cette formule, que reprendre celle utilisée par le sociologue Smaïn Laacher qui, dans un documentaire diffusé sur France 3, parlait d’un antisémitisme « quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue […]. Bon, mais ça toutes les familles arabes le savent ! C’est une hypocrisie monumentale de ne pas voir que cet antisémitisme, il est d’abord domestique […] comme dans l’air qu’on respire ». Ces deux métaphores disaient la même chose, une transmission culturelle et non génétique : le lait n’est pas le sang. À ceci près que l’une est dite par un Arabe, l’autre par un juif. L’indignation est sélective… Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence.

Vos collègues vous reprochent de manquer de l’objectivité indispensable à l’historien…
Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante.

Les Juifs du monde arabe. La question interdite, Odile Jacob, 167 pages, 21,90 euros
Une France soumise – Les voix du refus, Albin Michel, 2017, 664 pages, 24,90 euros

Voir également:

Valeurs actuelles

8 février 2017

Islamisation. Selon une étude de l’institut britannique Chatham House repérée par RT, plus de la moitié des Européens sont d’accord avec l’idée de stopper l’immigration en provenance des pays à majorité musulmane.

 C’est ce que Donald Trump avait promis pendant la campagne présidentielle, et qui avait fait hurler tant de commentateurs : stopper l’immigration en provenance de certains pays à majorité musulmane, pour réduire la menace terroriste qui pèse sur les Etats-Unis. Depuis son élection, le décret pris par le président suscite l’indignation et l’opposition d’une large partie de la classe politique américaine, malgré le sceau apposé par le suffrage.

“Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”

Une telle mesure pourrait-elle être prise en Europe ? Le vieux continent a été touché depuis deux ans par une série d’attentats terroristes, commis le plus souvent par des individus visés par le controversé décret anti-immigration.

Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant.

“Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir”

Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”.

Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ.

Voir enfin:

The Jewish Chronicle

February 7, 2017

French Jewish scholar Georges Bensoussan is being sued by Muslim anti-racism groups for saying in a radio debate: “In French Arab families, babies suckle antisemitism with their mothers’ milk.”

Mr Bensoussan, who is the editor of the magazine The Shoah History Review, said he was roughly quoting Algerian sociologist Smain Laacher, but the groups suing him claim his statements amounted to incitement to hatred.

In a Paris court last week, Mr Bensoussan argued that many Muslim scholars “have said the same things that I have but they’re not being sued”.

Several scholars testified at the stand, some saying they were outraged to see Mr Bensoussan in court, others saying the historian had crossed red lines.

“I was shocked by his words. I am an Arab and I’m not an anti-Semite. My family has never taught me to hate Jews,” said journalist Mohamed Sifaoui. “I sent emissaries to Georges Bensoussan to ask him to apologize to those he has hurt but he refused. He’s a historian he should be more subtle. Of course many Muslims are anti-Semitic. Saying otherwise would be dishonest. But there are also Muslims who fight antisemitism. Denying that is also dishonest.”

But the judge noted that Mr Sifaoui himself had written in an article that “Arabs don’t visit Auschwitz” and that Arabs are either “swamped by a culture of indifference” or “they suckle on anti-Semitic hatred nipples”.

“My expression is completely different from the one Bensoussan used,” replied Mr Sifaoui.

“Many Muslim scholars have said the same things that I have but they’re not being sued. That’s racism!” argued Mr Bensoussan.

“I’m surprised I have to defend him in front of a court,” said philosopher Alain Finkielkraut who hosts the radio show on which Mr Bensoussan made the controversial statement. “Anti-racist groups want to ban all thought and debate. They say we’re accusing a whole community but Bensoussan says he’s fighting for integration. He’s quoting Arab scholars. If he’s convicted it would be an intellectual and moral catastrophe. Denying reality will only bring more division and hatred.”

“Georges Bensoussan is not a bigot. He signed petitions for peace in the Middle East. He dedicated several issued of the Shoah memorial magazine to the Armenian and Rwandan genocides. He’s denouncing a problem that exists. All those who cherish democracy should thank him,” said retired Professor Elisabeth de Fontenay.

Historian Yves Ternon, who has studied the Armenian genocide said he admired Mr Bensoussan. “We’ve worked together for decades, studying the scientific similarities between genocides,” said Ternon. “You know revisionists have tools: one of them is to accuse those who accuse them. Bensoussan is a whistleblower. When hatred against Jews spreads, everyone gets hurt.”

The judge read out a study showing that the far-right and Muslims tend to have antisemitic beliefs.

He said: “Nineteen per cent of the French population believes Jews have too much political power. The share is at 51 per cent among Muslims and 63 per cent among religious Muslims.”

“I don’t believe in that study but it’s true that among Muslims we use the expression ‘Jew – sorry!’ to disapprove of something. However that’s not really hatred. It’s an old expression which isn’t really considered as a hate insult today,” said Nacera Guenif, a sociologist testifying against the historian. “What’s important is that Mr Bensoussan is spreading a dangerous theory. When you say all Muslims behave in a bad way, you encourage suspicion that can lead to hate and violence. When you’re a historian, when you have a popular radio show you also have responsibilities.”

Mr Bensoussan told the court he had apologised several times to those who were hurt by his comments. He said he did not mean to generalise his remarks to all Muslims.

The court is due to rule on March 7.

Voir par ailleurs:

La victoire de l’Orientalisme
Richard Landes
(publié dans le Middle-East Quarterly du site Middle East Forum)
Hiver 2017
Traduction Magali Marc/Dreuz
The Augean Stables
29 janvier 2017

Que l’on considère l’impact d’Edward Saïd (1935-2003) sur le monde universitaire comme un grand triomphe ou comme une tragique catastrophe, peu de gens peuvent remettre en question l’étonnante portée et la pénétration de son magnum opus, L’Orientalisme.

En une génération, une transformation radicale a dominé les études du Moyen-Orient : une nouvelle catégorie d’universitaires «post-coloniaux», ayant une perspective libératrice et anti-impérialiste, a remplacé une génération d’érudits que Saïd a dénigrés en les traitant d’«Orientalistes».

Cette transformation ne se limitait pas aux études du Moyen-Orient : Saïd et son paradigme post-colonial réunissaient un large éventail d’acolytes dans de nombreux domaines des sciences sociales et humaines.

Pourtant, quand on examine les événements des deux dernières décennies, on peut dire que les héritiers académiques de Saïd se sont plantés de façon spectaculaire dans leurs analyses et prescriptions concernant la façon dont il fallait s’y prendre pour régler les problèmes du Moyen-Orient.

Nulle part cela n’a été aussi évident que dans la lecture erronée du désastreux «processus de paix» israélo-palestinien d’Oslo et des fameux «printemps arabes» qui se sont rapidement détériorés en vagues de guerres tribales et sectaires, créant des millions de réfugiés, dont beaucoup ont littéralement détruit les malheureux rivages de l’Europe.

Une grande partie de cet échec peut être attribuée aux restrictions imposées par la pensée postcoloniale sur la capacité de discuter de la dynamique sociale et politique du Moyen-Orient. Si les experts et les journalistes ont été hypnotisés par les perspectives de paix arabo-israélienne et le mirage d’une vague de démocratisation arabe, c’est en partie parce qu’ils avaient systématiquement sous-estimé le rôle de la culture d’honneur et de honte dans les sociétés arabes et musulmanes et son impact sur la religiosité islamique.

La dynamique «honneur-honte» dans les dimensions politique et religieuse
Les termes honneur-honte désignent des cultures où l’acquisition, l’entretien et la restauration de l’honneur public triomphent de toutes les autres préoccupations.

Alors que tout le monde se soucie de ce que les autres pensent et veut sauver la face même si cela signifie mentir, dans les cultures d’honneur et de honte, ces préoccupations dominent le discours public : il n’y a pas de prix trop élevé à payer– y compris la vie– pour préserver l’honneur.

Dans de telles cultures politiques, l’opinion publique accepte, attend, exige même que le sang soit versé pour l’honneur.

Dans de telles sociétés, quand les gens critiquent publiquement ceux qui sont au pouvoir– ceux qui ont l’honneur– ils attaquent leur être même. Si ces derniers ne répondaient pas– de préférence par la violence– ils perdraient la face.

Les sociétés autoritaires permettent donc à leurs mâles dominants de supprimer violemment ceux dont les paroles les offensent.

Conséquemment, les cultures d’honneur et de honte ont une immense difficulté à tolérer la liberté d’expression, de religion, de la presse tout autant que de traiter avec les sociétés qui pratique cette tolérance.

Dans les cultures où les gens se font eux-mêmes justice, cette insistance sur l’honneur peut signifier tuer quelqu’un qui a tué un parent, et dans la culture japonaise, l’honneur peut signifier se suicider.

Cependant, dans certaines cultures d’honneur, cette préoccupation signifie tuer un membre de la famille pour sauver l’honneur de la famille. Le «jugement public», dont le verdict détermine le sort de la communauté demeure le vecteur qui motive le besoin de sauver la face, et définit les façons de faire. Le terme arabe pour «commérage» est kalam an-nas, (la parole du peuple), qui est souvent sévère dans son jugement des autres.

À ce sujet, le psychologue Talib Kafaji a écrit :

«La culture arabe est une culture de jugement, et tout ce qu’une personne fait est sujet au jugement… induisant de nombreuses peurs… avec de graves conséquences sur la vie individuelle. Éviter ce jugement peut être la préoccupation constante des gens, presque comme si toute la culture était paralysée par le kalam [an] –nas.»

Autrement dit, dans la société arabe, tous les individus sont les otages les unes des autres.

En dépit de sa résonnance «orientaliste», cette attention à un jugementalisme paralysant et omniprésent fournit des aperçus importants sur les dysfonctionnements du monde arabe d’aujourd’hui.

Les cultures d’honneur et de honte ont tendance à être à somme nulle : les hommes d’honneur gardent jalousement leur honneur et considèrent l’ascension des autres comme une menace pour eux-mêmes. Dans les cultures à somme nulle de «bien limité», l’honneur pour une personne signifie la honte pour les autres. Si l’autre gagne, vous perdez. Afin que vous ayez le dessus, l’autre doit perdre.

Ceux qui sont juste en dessous continuent de défier ceux qui sont juste au-dessus, et l’ascension n’est possible que par l’agression. Tu n’es pas un homme tant que tu n’as pas tué un autre homme. La prise des biens d’autrui –par le vol ou le pillage– est supérieure à la production. Domine ou soit dominé. Le visage noirci (de la honte) est lavé dans le sang (de l’honneur).

Cette même mentalité dite «à somme nulle», «gouverne-ou-soit-gouverné», qui domine la plupart des interactions dans la politique des cultures d’honneur et de honte, a son analogie dans la religiosité du triomphalisme, la croyance que la domination de sa religion sur les autres constitue la preuve de la vérité de cette religion.

De la même manière que les chrétiens ont pris la conversion de l’Empire romain au Christianisme comme un signe que leurs revendications sur les Juifs avaient triomphé ; les musulmans triomphalistes, dans une expression suprême de la religiosité inspirée par l’honneur, croient que l’islam est une religion de domination destinée à gouverner le monde.

Cette dynamique d’honneur et de honte explique en grande partie l’hostilité arabe et musulmane envers Israël, ainsi qu’envers l’Occident.

Israël, un État de Juifs libres (c’est-à-dire, des infidèles non-dhimmis), vivant à l’intérieur du Dar al-Islam historique (royaume de la soumission), constitue un blasphème vivant. La capacité d’Israël à survivre aux efforts répétés des Arabes pour le détruire constitue un état permanent de honte arabe devant toute la communauté mondiale. Cela fait de l’hostilité musulmane triomphaliste envers Israël un cas particulièrement grave d’une hostilité généralisée envers les infidèles et les musulmans «modérés».

Tout effort pour comprendre ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui doit tenir compte de cette dynamique religio-culturelle.

Pourtant, dans l’ensemble, cette dynamique n’est pas seulement ignorée, mais ceux qui en parlent sont réprimandés pour (prétendument) contribuer à aggraver le conflit plutôt que de le comprendre.

Une grande partie de cette ignorance (à la fois active et intransitive) remonte à Saïd, qui a fait de l’analyse «honneur-honte» un péché «orientaliste» particulièrement impardonnable.

Avant même que n’arrive la contribution de Saïd, l’anthropologie s’était éloignée de cette analyse. Lui en a fait un dogme. A tel point que, dans le dernier tiers du XXe siècle, il est devenu paradoxalement honteux– voire raciste– qu’un anthropologue discute de l’«honneur et de la honte» arabe ou musulmane.

La honte de Saïd et la désorientation de l’Occident
L’Orientalisme de Saïd a exploité une tendance occidentale à l’autocritique morale concernant l’analyse des autres cultures, dans le but de protéger son peuple de la honte. Pour lui, la critique des Arabes ou des musulmans reflète les préjugés ethnocentriques de l’Occident et de son projet culturel discriminatoire de domination impérialiste.

Ce n’était pas ce que les orientalistes croyaient faire, eux pensaient qu’ils offraient des observations précises concernant les caractéristiques et les conditions d’une autre culture et de son histoire.

Pour Saïd, au contraire, tout contraste entre les cultures de l’Occident démocratique et celles des Arabes et des musulmans– certainement ceux qui montraient ces derniers sous une lumière peu flatteuse– étaient des exemples lamentables de xénophobie hostile dirigée contre des «inférieurs», et ne pouvaient pas constituer une réflexion sur une réalité sociale.

À propos du dix-neuvième siècle, Saïd a écrit : «Tout Européen qui parlait de l’Orient était raciste, impérialiste et presque totalement ethnocentrique».

Saïd a lancé un plaidoyer en faveur d’une alternative : il fallait à tout prix éviter d’orientaliser l’Orient, encore et encore.

Sans l’«Orient» il y aurait des érudits, des critiques, des intellectuels, des êtres humains pour lesquels les distinctions raciales, ethniques et nationales seraient moins importantes que l’entreprise commune dans la promotion de la communauté humaine.

Bien compris, cet appel demande aux chercheurs de ne pas parler de différences ethniques, raciales ou religieuses, alors que la plupart des moyen-orientaux vous diront que ce sont des questions culturelles très importantes pour eux.

Ainsi, dans la nouvelle édition d’«Orientalisme» publiée en 1994, SaÏd se plaignait-il de la focalisation croissante de l’Occident sur le danger que représente l’islam : «les médias électroniques et imprimés ont été inondés par des stéréotypes dégradants qui amalgament l’islam et le terrorisme, les Arabes et la violence, l’Orient et la tyrannie.»
Ces phénomènes, insistait Saïd, ne faisaient pas partie de l’ensemble de l’image et se concentrer sur eux «était humiliant et déshumanisant pour les gens en situation d’infériorité… qui se trouvaient niés, supprimés, déformés.»

En substance, Saïd exhortait ses collègues non-musulmans à ignorer les questions mêmes qu’ils avaient le plus besoin de comprendre afin de suivre les développements du XXIe siècle.

De ce fait, les facteurs qui prédominent aujourd’hui dans la culture politique arabe et musulmane– le zèle religieux, la violence, le terrorisme, l’autoritarisme débridé et l’exploitation des faibles, y compris des femmes, des réfugiés et bien sûr de ces victimes permanentes de la culture politique arabe, les Palestiniens, ne doivent pas être mentionnés parce que cela déprécierait les Arabes et les musulmans et les heurterait dans leur sensibilité.

Ceux qui violent ces nouvelles directives anti-orientalistes déclenchent la colère de ceux qu’ils critiquent et les protestations véhémentes, quoique moins violentes, de leurs concitoyens, les accusant lorsqu’ils critiquent l’islam de faire preuve de racisme et de rejeter le blâme sur les victimes. Ceux qui critiquent le discours haineux musulman sont accusés d’aggraver le conflit.

Ainsi, les traits que les esprits racistes ont développés en Orient et qui font leur force, ne sont discutés qu’à contrecœur par les mandarins des études du Moyen-Orient et les universitaires post-coloniaux, et seulement quand ils sont poussés à le faire, principalement pour les minimiser. Avec pour conséquence, que les auditoires occidentaux demeurent à ce jour mal informés sur les Arabes et sur les musulmans.

Alors que Saïd a formulé sa critique de l’Occident en termes postmodernistes et humanistes, elle pourrait bien être reformulée en fonction de la dynamique culturelle de l’honneur et de la honte. Le «kalam an-nas»– l’opinion publique dont la désapprobation est si douloureuse– contribue à expliquer la direction qu’a prise la pensée de Saïd menant à l’orientalisme.

En tant qu’Arabe qui a connu un grand succès en se servant des règles occidentales, entouré de collègues admiratifs (son «monde d’honneur»), Saïd a vécu la défaite arabe catastrophique de la guerre des Six Jours de 1967 comme une «punition du destin».

Le tissu de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui règne chez les Arabes ou les musulmans est très fort, et c’est ce tissu que chaque Palestinien en est venu à ressentir comme étant son destin exclusif et punitif.

Aucun universitaire américain ne s’était identifié sans réserve avec les Arabes culturellement et politiquement.

Il y a certainement eu des identifications à un certain niveau, mais elles n’ont jamais pris une forme «acceptable» comme l’a fait l’identification de la gauche américaine avec le sionisme.

En tant que «Palestinien», Saïd avait perdu la face dans cette catastrophe. Sa réponse d’honneur ne fut pas de porter un regard autocritique sur les attitudes et les acteurs arabes qui avaient contribué à la fois à cette guerre inutile et à cette défaite catastrophique, mais fut plutôt d’exprimer sa colère envers ceux qui pensaient du mal des Arabes et qui prétendaient occuper le haut du pavé en matière de morale.

En conséquence, il ne s’est pas préoccupé de savoir si la cause palestinienne qu’il soutenait «sans réserve» en souhaitant que les autres suivent reflétait (ou dédaignait) les valeurs de la gauche auxquelles il avait fait appel.

Pour celui qui défend son honneur, la défense d’un côté ou un autre dans un conflit n’est pas basée sur l’intégrité ou sur les valeurs de la gauche, mais sur l’idée de sauver l’honneur, sur la façon dont on sauve la face.

Il n’est donc pas surprenant que peu de sujets aient autant enflammé Saïd que la discussion sur le rôle de la culture arabe dans la recherche, le maintien et la reconquête de l’honneur et l’évitement et l’élimination de la honte.

Étant donné que des traits culturels tels que le patriarcat misogyne, les homicides d’honneur, les querelles sanglantes, l’esclavage, les massacres de civils, etc., ne semblaient pas très bons aux gauchistes occidentaux, Saïd devait sauver la face arabe en évitant ce regard occidental hostile.

Il a eu l’idée brillante de rendre honteux pour les universitaires occidentaux le fait même de se référer à ces questions dans la discussion du monde arabe, en qualifiant ce type de questionnement de raciste.

Ses règles du jeu de l’orientalisme, au contraire, exigeaient une action positive et morale. En conséquence, Saïd et ses acolytes réprimandaient quiconque osait expliquer l’obsession périlleuse musulmane arabe de détruire Israël en termes de questions culturelles. «Comment osez-vous les traiter comme un groupe de sauvages, d’irréductibles, de fous superstitieux qui se nourrissent de fantasmes de vengeance génocidaire pour rétablir l’honneur perdu et retrouver leur situation de domination ?!»

Au contraire, disait Saïd «la relation entre Arabes, musulmans et terrorisme» que tant d’orientalistes établissent est «entièrement factice».

Pour tout outsider, soupçonner les dirigeants palestiniens (ou Arabes ou musulmans) de comportements belliqueux constitue pour les post-coloniaux, une agression inacceptable, une forme de racisme. Selon eux, le conflit concerne l’impérialisme israélien et la résistance naturelle qu’il provoque.

Grâce à cette brillante sauvegarde de la «face» arabe, à cette façon d’utiliser le kalam an-nas, l’orientalisme de Saïd a su contourner les vecteurs du jugement négatif paralysant.

D’une part, cette défense protégeait les Arabes des critiques publiques, de l’autre, elle faisait de l’Occident «impérialiste» (et de son avant-garde supposée les «colons» israéliens), l’objet d’une critique implacable.

Son succès à cet égard a donné naissance à une génération de spécialistes du Moyen-Orient, y compris des universitaires, qui ont décrit les mondes arabe et musulman comme des «sociétés civiles florissantes», d’imminentes «démocraties» tout en décrivant l’Occident comme un monde raciste, impérialiste, qui a besoin d’être déconstruit, théoriquement et pratiquement.

Un tel mouvement a peut-être flatté l’image que les Arabes et les Occidentaux (gauchistes) avaient d’eux-mêmes, mais il a eu pour prix l’ignorance des réalités plus sombres sur le terrain.

Pourtant, pour beaucoup, cette ignorance semblait être un faible prix à payer. Après tout, le cadre de référence de Saïd offrait aux progressistes pacifistes un moyen d’éviter le choc des civilisations.

Donner aux Arabes et aux musulmans le bénéfice du doute, les traiter avec honneur plutôt que de les inciter gratuitement à la critique, voilà la façon de résoudre les conflits et d’apporter la paix.

Les éducateurs occidentaux qui adoptaient le discours de Saïd considéraient ses thèses comme une sorte de récit thérapeutique qui, en accentuant le positif et en dissimulant le négatif, encourageait l’autre plutôt que de l’aliéner.

Il s’agissait, entre autres, de traiter les Arabes et les musulmans comme si leur culture politique avait déjà atteint ce niveau de modernité, d’engagement sociétal envers les droits universels de l’homme, de paix par la tolérance, d’égalitarisme. Tout cela dans le but de favoriser les relations positives– alors qu’en réalité, une telle évaluation n’était pas objective.

Le monde postmoderne ne peut pas être (est même très éloigné) de toute évaluation objective (ce que, présumément, il prétend être).

De la «Paix» d’Oslo au Jihad
Peu de débâcles illustrent mieux la folie qui consiste à ignorer la dynamique de la honte et de l’honneur que le «processus de paix» d’Oslo qui a fondé sa logique sur le principe d’un échange de «terre pour la paix» : Israël céderait des terres aux Palestiniens (la plus grande partie de la Judée/Samarie et Gaza) afin de créer un État indépendant et les Palestiniens enterreraient la hache de guerre puisqu’ils obtiendraient ce qu’ils voulaient sans avoir à se battre.

Ainsi, les accords d’Oslo changeraient l’engagement palestinien défini par leur charte, de reconquérir l’honneur arabe et musulman en effaçant la honte qu’est Israël, et les amèneraient à accepter la légitimité de l’existence de l’État hébreu.

Un tel changement dépendait de la compréhension de ce que cette concession promise à Israël amènerait, étant donné que les Palestiniens «aspirent», à la liberté de se gouverner dans la paix et la dignité. Cela semblait être un contrat gagnant-gagnant si évident, que, comme Gavin Esler de la BBC l’avait déclaré, «le conflit allait être résolu avec un courriel.»

Ce que les architectes d’Oslo et leurs partisans occidentaux ont si complètement sous-estimé, c’est l’emprise que l’univers basé sur l’honneur aurait sur le président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat.

Ce manque de perspicacité a non seulement dominé la pensée dans les cercles occidentaux (eux qui n’étaient pas mis en danger par un tel pari), mais avait aussi cours dans les cercles politiques et du renseignement israélien, qui eux avaient beaucoup à perdre.

Il est clair que ce n’est pas seulement la direction politique d’Israël qui a été prise en otage par la conception chimérique de l’instauration d’une ère de paix avec l’Autorité palestinienne. Le système de sécurité militaire et le service de sécurité Shin Bet ont eu des difficultés à se libérer du même sentiment. Les fonctionnaires du renseignement n’étaient pas toujours disposés à laisser les faits perturber leur perception idéalisée de la réalité.

Le simple fait que les analystes occidentaux et israéliens aient négligé de leur prêter attention, cependant, ne signifie pas que les règles d’honneur et de honte aient cessé d’opérer.

Après la cérémonie de signature de l’entente sur la pelouse de la Maison-Blanche, le président de l’OLP, Arafat, s’est trouvé la cible d’une immense hostilité de la part de son groupe d’honneur arabe et musulman pour avoir porté la honte à tous les Arabes et à tous les musulmans.

Lorsqu’il est arrivé à Gaza en juillet 1994, le Hamas l’a dénoncé en ces termes : «Sa visite est honteuse et humiliante, car elle se produit dans l’ombre de l’occupation et à l’ombre de la soumission humiliante d’Arafat devant le gouvernement ennemi et sa volonté. Il veut présenter une défaite comme une victoire.»

Edward Saïd, fier membre du Conseil national palestinien, semi-parlement de l’OLP, a fait écho aux paroles du Hamas : les compromis impliquaient un acte humiliant et «dégradant… d’obéissance… Une capitulation… qui a produit un état d’abjection et d’obéissance… se soumettant honteusement à Israël.»

Ainsi l’intellectuel «post-colonial» a utilisé le langage tribal à somme nulle d’honneur et de honte arabe et musulmane, attaquant la négociation comme déshonorante. C’était la langue même dont les Occidentaux évitaient de discuter de peur qu’ils n’«orientassent l’Orient».

Et pourtant Arafat a utilisé le même langage d’honneur et de honte en arabe, dès que les accords ont été signés et que le Prix Nobel a été accordé.

Six mois après son retour de Tunisie en juillet 1994 à ce qui était devenu un territoire sous contrôle palestinien grâce aux accords d’Oslo, il a défendu sa politique devant des musulmans d’Afrique du Sud, non pas en parlant de la «paix des braves», mais plutôt en invoquant le traité de Mahaybiya de Muhammad, signé quand il était en position de faiblesse, rompu quand il fut en position de force.

Dans la mesure où les Arabes avaient accepté le processus d’Oslo, ils le considéraient comme un cheval de Troie, non pas comme une concession (nécessairement) humiliante. Un projet de guerre honorable et non pas de paix ignominieuse.

Dans les cultures où, pour l’honneur, «ce qui a été pris par la force doit être repris par la force», toute négociation est forcément honteuse et lâche.

De façon générale, les journalistes et les décideurs occidentaux, y compris le «camp de la paix» en Israël, et même les services de renseignement, ont ignoré les invocations répétées d’Arafat à Hudaybiya.

Les partisans de la paix les considéraient comme des railleries conçues pour apaiser l’opinion publique (en elle-même une chose qui méritait qu’on y réfléchisse) et étaient persuadés que, finalement, l’appel plus mature de la communauté internationale placerait Arafat du côté de la raison positive. Les praticiens du «journalisme de paix» en Israël, par exemple, ont délibérément évité des nouvelles décourageantes de ce genre et le sens de Hudaybiya en particulier.

Dans son mémoire de 800 pages sur l’échec d’Oslo, Dennis Ross, l’envoyé américain du Moyen-Orient le plus impliqué dans les négociations avec la direction palestinienne, n’a pas eu un mot à dire sur la controverse de Hudaybiya, en dépit du fait qu’il avait correctement jugé le comportement problématique d’Arafat et son «échec à préparer son peuple aux compromis nécessaires à la paix».

Le péché d’Arafat n’était pas d’omission, mais de commission : il préparait systématiquement son peuple à la guerre sous le nez des Israéliens et de l’Occident.

Plutôt que d’examiner les conséquences de cette contre-preuve, ceux qui appuyaient le processus attaquaient quiconque y attirait l’attention.

Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), une soi-disant organisation de défense des droits civils musulmans ayant des liens avec les mêmes confréries musulmanes dont le Hamas est une branche, a mené l’attaque au nom de la protection de la réputation du prophète Muhammad.

Daniel Pipes a écrit plusieurs textes concernant le discours de la mosquée de Johannesburg et le sens du traité de Hudaybiya, ainsi que sur les problèmes rencontrés par les Occidentaux quand ils osaient soulever ce sujet.

En dépit de son insistance à se montrer juste envers le prophète musulman sur des bases historiques, les écrits de Pipes lui ont amené une volée de condamnations furieuses et une accusation précoce d’islamophobie.

Les protestataires interdisaient essentiellement aux critiques d’examiner les preuves pertinentes à leurs préoccupations pressantes. Au lieu de cela, les enthousiastes de la paix voyaient Arafat et les dirigeants palestiniens comme des acteurs modernes à part entière qui souhaitaient avoir leur propre pays et leur liberté, et auxquels on pouvait faire confiance pour le respect de leurs engagements.

La plupart pensaient qu’Arafat, quand l’occasion se présenterait, choisirait l’imparfait, la somme positive, le gagnant-gagnant, plutôt que la somme nulle, tout ou rien, gagnant-perdant.

Ils «avaient foi» en la direction palestinienne et faisaient honte à quiconque osait suggérer que les Palestiniens s’accrochaient encore fermement à leur désir atavique de vengeance.

Ainsi, alors que Jérusalem et Washington se préparaient à une grande finale du processus de paix à Camp David à l’été 2000, alors même que les médias israéliens préparaient leur peuple à la paix, les médias d’Arafat préparaient les Palestiniens à la guerre. Et aucun des principaux décideurs n’y a porté attention.

L’incapacité à comprendre la dynamique du maintien de l’honneur (en luttant contre Israël) et à éviter la honte (provoquée par le compromis avec Israël) a condamné Oslo à l’échec dès le départ.

Les gens impliqués, qui pensaient que les deux parties étaient «si proches» et que si seulement Israël avait donné plus, les accords auraient réussi, ont été dupés.

Pour les décideurs palestiniens, ils n’ont jamais été proches. Même une entente réussie aurait mené à plus de guerres.

En effet, selon cette logique, plus l’accord favorisait les Palestiniens– c’est-à-dire, plus les Israéliens étaient affaiblis– plus l’agression accompagnerait leur mise en œuvre.

Une fois qu’Oslo a explosé, les Occidentaux qui se sont accrochés à leurs fantasmes ont continué à mal comprendre les événements ultérieurs.

Au lendemain du «non» retentissant mais prévisible d’Arafat à Camp David en juillet 2000, et à plusieurs reprises après le déclenchement de sa guerre de terreur (minimisée en tant qu’«Intifada al-Aqsa») fin septembre, les apologistes ont fait des efforts héroïques afin d’interpréter son comportement comme étant rationnel et d’ignorer sa planification délibérée de la guerre de terreur, et ont blâmé Israël.

Dans le cadre de la contre-attaque, les critiques à l’encontre d’Arafat, en particulier pour son comportement caractéristique de la culture d’honneur et de honte, ont suscité des cris de racisme.

Par exemple, lors d’une interview avec l’universitaire israélien Benny Morris, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak se plaignait des mensonges systématiques d’Arafat, qui faisait de chaque discussion un calcul entre la dénonciation des mensonges ou l’idée de les ignorer et d’accepter de se mettre en position de faiblesse.

Ces remarques ont agacé les observateurs du Moyen-Orient, Hussein Agha et Robert Malley :

Les mots de [Barak] dans l’entretien initial étaient sans équivoque. «Ils sont le produit d’une culture dans laquelle dire un mensonge… ne crée pas de dissonance». «Ils ne souffrent pas du problème du mensonge tel qu’il existe dans la culture judéo-chrétienne. La vérité est perçue comme non pertinente.» etc. Mais, clairement, la précision factuelle et la cohérence logique n’étaient pas souhaitées par Morris et Barak. Ce qui importe, c’est l’autojustification de quelqu’un qui a choisi de faire carrière– et peut-être de revenir– en se livrant à la vilification d’un peuple tout entier».

C’est du classique Edward Saïd : attaquez les motifs de vos critiques (souvent par projection) ; clamez que vous subissez une blessure morale à cause de l’insulte, et dans le processus, détournez l’attention de la précision des remarques orientalistes.

Bien qu’appuyées sur des preuves tangibles de l’utilisation étendue et typiquement palestinienne de mensonges évidents lors des négociations, l’accusation de Barak devenait, dans les mains des apologistes d’Arafat, la «vilification d’un peuple entier».

Le succès de cette utilisation de ce que l’on pourrait appeler la «carte raciste» signifie que la littérature académique sur le mensonge dans la culture arabe, qui devrait couvrir les murs des bibliothèques (du moins dans les bibliothèques de nos services de renseignement) est sérieusement sous-développée. Si Oslo a échoué, c’est principalement parce que les Israéliens et les Américains ont refusé de croire que les Palestiniens leur mentaient –d’un bout à l’autre du processus.

Ignorance de la quête du califat
Pour cette raison, et bien des raisons analogues, lorsque les djihadistes sont sortis du ventre du cheval d’Oslo à la fin de septembre 2000, trop d’Occidentaux, désireux d’interpréter la violence comme le «désespoir» des combattants de la liberté dont les droits ont été niés, ont ignoré les preuves à l’effet qu’Arafat avait planifié la guerre, et ont jeté le blâme sur Israël.

En conséquence, de nombreux journalistes et spécialistes, qui ont dit à leurs auditoires occidentaux que l’Intifada al-Aqsa était un soulèvement national de libération contre l’occupation, semblaient n’avoir aucune idée (ou s’ils en avaient une, ont choisi de ne pas la révéler) que dans l’esprit de plusieurs de ces combattants l’intifada al-Aqsa était le lancement d’une nouvelle phase de djihad global apocalyptique dont l’objectif messianique était un califat mondial pour lequel la terreur des attaques suicides constituait l’arme la plus nouvelle et la plus puissante.

La réaction indifférente, voire négative, de la communauté d’experts aux premières études de la pensée apocalyptique du Hamas dans les années 1990, signifiait que la sphère publique occidentale allait devoir attendre la seconde décennie du XXIe siècle pour découvrir que le djihad global qui a créé un califat dans des parties substantielles de la Syrie et de l’Irak et qui ciblait les infidèles dans leur propre pays, était issu des mêmes visions apocalyptiques.

En fait, la plupart des observateurs ne savent toujours pas comment les djihadistes mondiaux ont exploité l’Intifada al-Aqsa pour alimenter leurs campagnes et leur recrutement.

Ainsi, au lieu de se méfier de ce nouvel impérialisme religieux violent et de condamner les opérations de martyre sauvage du djihad, les journalistes européens diffusent sa propagande de guerre antisioniste en tant que nouvelle tandis que les progressistes européens le saluent et l’encouragent.

Désinformés par les reportages des médias en avril 2002 du massacre supposé des forces de défense israéliennes à Jénine, les manifestants occidentaux marchaient dans les rues avec des simulations de ceintures explosives pour montrer leur solidarité avec les «martyrs» du Hamas.

Après la guerre du Liban en 2006, des savants comme la pacifiste Judith Butler, ont accueilli le Hamas et le Hezbollah dans la «gauche progressiste mondiale» en tant que «camarades dans la lutte anti-impérialiste».

Les progressistes malheureusement mal informés ont accueilli avec enthousiasme un djihad qui frappait alors Israël, mais qui maintenant hante le monde entier, et en particulier le monde musulman.

Les professionnels de l’information occidentaux– journalistes, experts, analystes politiques, même traducteurs– ont été tellement aveuglés par leur propre rhétorique post-coloniale, qu’ils ont été incapables d’identifier l’islam triomphaliste qui a constamment augmenté son élan vers un califat mondial dans cette génération et ce siècle.

S’ils se sont rendu compte de la présence de ces musulmans impérialistes, ils refusent d’en parler et attaquent quiconque le fait. Cette attitude prédominante a gravement endommagé la capacité de l’Occident à distinguer entre les faux modérés qui veulent réduire les infidèles du monde entier à la dhimmitude et les modérés qui veulent vraiment vivre en paix avec les non-musulmans.

Presque tout le monde conviendra que ces djihadistes qui recourent à l’épée, comme Al-Qaïda ou l’État islamique, ne sont pas des modérés.

Mais qu’en est-il de ceux qui s’en tiennent au da’wa (sommation à la conversion), et qui travaillent de manière non violente dans le même but ultime de rétablir le califat ?

Quand Yusuf Qaradawi des Frères Musulmans dit que «les États-Unis et l’Europe seront conquis non pas par le djihad, mais par le da’wa», cela fait-il de lui un modéré ? Et si le prédicateur du da’wa jouait juste au bon flic pendant que le djihadiste joue au méchant flic ? (NDT : good cop, bad cop)

Du point de vue de l’objectif millénaire d’un califat mondial, la différence entre les islamistes radicaux et les «modérés» est moins une question de vision que de calendrier, moins une question de buts différents que de tactiques différentes.

De telles connexions, cependant, ne s’inscrivent pas sur les écrans radars des professionnels de l’information qui demeurent fidèles aux réticences anti-orientalistes de Saïd. Ils nous poussent plutôt à les voir comme étant clairement distincts. Une telle approche tombe dans le piège djihadiste classique.

Lorsque les partisans du da’wa du califat dénonce les violences d’Al-Qaïda ou de l’ÉI, insistant sur le fait que ces djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, ils le font comme une tactique de guerre cognitive trompeuse.

Ils savent très bien que l’Islam qu’ils ont adopté est une religion de conquête. Ils ne veulent tout simplement pas que les «infidèles» occidentaux, leurs ennemis jurés et leurs cibles, reconnaissent cette hostilité implacable et impérialiste, du moins tant que le djihad mondial est militairement faible.

Ils préfèrent que les décideurs occidentaux renoncent au discours «islamophobe» de la domination mondiale et, apaisent plutôt les griefs des musulmans.

Beaucoup trop d’Occidentaux se sont conformés –en partant du discours de George W. Bush sur l’«Islam, religion de paix» juste après les attentats terroristes du 11 septembre, aux grands efforts de l’administration Obama pour ignorer, refuser et sublimer tout ce qui ressemble à de la violence islamique, jusqu’à une longue série d’universitaires qui auraient dû se hâter de corriger le dossier après la concession rhétorique de Bush et ont plutôt fait des efforts pour souligner la nature pacifique de l’Islam.

Les choses s’aggravent progressivement. L’insistance sur la similitude fondamentale de la culture arabe/musulmane et de la culture occidentale (la «grande majorité» des musulmans pacifiques, les «sociétés civiles dynamiques» en Syrie et en Irak) est passée d’une expérience thérapeutique à une formule dogmatique : la remettre en question est raciste et «islamophobe».

Ceux qui violent cette norme et qui discutent de ces choses désagréables sont punis, exclus, exilés. En effet, la crainte de l’accusation d’«islamophobie» est si forte qu’elle est venue jouer le rôle du serpent de mer qui a étranglé Laocoon quand il a essayé d’avertir les Troyens de la ruse du Cheval de bois offert par les Grecs.

Les politiciens, les policiers et les journalistes britanniques, par exemple, n’ont rien fait pour protéger des milliers de jeunes filles contre l’exploitation sexuelle pendant plus d’une décennie, afin d’éviter d’être qualifiés d’«islamophobes».

Peu d’incidents illustrent mieux cette cécité et cette incompétence auto-induites que la façon dont les professionnels de l’information occidentaux ont traité les soulèvements arabes de 2010-11. Dans une interprétation erronée des manifestations populaires, propulsées dans les médias sociaux, qui ont chassé certains dictateurs arabes de leurs perchoirs, les érudits ont interprété les soulèvements à la lumière des révolutions démocratiques européennes : le «Printemps des Nations» de 1848 et la libération de l’Europe de l’Est et de la Russie en 1989.

Rejetant systématiquement le danger que les Frères musulmans puissent prendre le pouvoir lors d’élections démocratiques, les commentateurs et les décideurs ont appelé à soutenir le mouvement islamiste, considéré par les professionnels de l’information post-coloniaux comme leur miroir, leur compagnon d’armes.

Si les «Orientalistes» pré-Saïd n’avaient (soi-disant) vu que le mauvais côté (des islamistes) par projection, après eux, les post-orientalistes ne pouvaient voir que le bien.

Cette approche politiquement correcte a même infecté les services de renseignements américains.

En février 2011, juste au moment où l’administration Obama prenait des décisions cruciales (et trompeuses) sur la façon de faire face à la crise égyptienne, James Clapper, directeur des renseignements au niveau national, a présenté une étonnante évaluation devant le Congrès (qu’il a reniée par la suite) :

«Le terme “Fraternité musulmane”… est un terme générique pour une variété de mouvements, dans le cas de l’Égypte, c’est un groupe très hétérogène, largement laïque, qui a évité la violence et a dénoncé Al Qaïda comme une perversion de l’islam ..»

Il est difficile de cataloguer les idées fausses impliquées dans cette déclaration étonnamment stupide. Elle traduit un manque de compréhension du comportement religieux triomphaliste et une application superficielle d’une terminologie inappropriée qui laisse l’observateur se demander s’il s’agissait d’un acte délibéré de désinformation ou d’un véritable produit de la collecte et de l’évaluation des renseignements des États-Unis.

Il est aussi difficile de séparer cette évaluation opérationnelle totalement désorientée de la discussion académique qui la sous-tend, largement influencée par le paradigme pénitentiel auquel Saïd exhortait l’Occident. Ici les dupes occidentaux doivent interpréter la non-violence comme un signe de modération musulmane et attribuer la violence musulmane à la provocation occidentale. Nous devons supposer que lorsque les musulmans dénoncent la violence, ils sont avec «nous» et non avec «eux», qu’ils ne partagent pas l’objectif djihadiste d’un califat mondial.

Plutôt que de combattre un ennemi aspirant à la domination mondiale, les islamistes exhortent l’Occident à s’attaquer au sentiment d’impuissance des musulmans en les habilitant.

Les résultats de cette méconnaissance aveugle de la réalité sur le terrain– le pouvoir des mouvements religieux inspirés par l’honneur ; le calcul variable de la violence selon que l’on se sent faible ou fort ; les réponses à la faiblesse perçue et à l’absence de détermination de la part des ennemis signifient que ce que les leaders de la pensée occidentale prenaient pour un printemps démocratique, qu’ils accueillaient avec enthousiasme, était en réalité le printemps de la guerre tribale et apocalyptique. Un djihad d’Oslo à grande échelle. Une guerre générationnelle, cataclysmique, «une Guerre des Trente ans» qui ne fait que commencer.

Où l’Occident est intervenu (Libye, Egypte), il a échoué, et où il n’est pas intervenu (la Syrie), la situation a explosé.

Alors que des millions de réfugiés sont jetés sur les rivages européens par ces bouleversements, les décideurs occidentaux restent captifs de leurs clichés suicidaires («nous ne pouvons simplement pas leur refuser l’entrée») qui témoignent d’une profonde ignorance de la culture arabe et musulmane, de ceux qui les font fuir, et de ceux qui ont le pouvoir, mais pas le désir de s’attaquer à cette destruction de leurs sociétés sous les coups du califat.

Conclusion
A travers la porte dérobée d’une préoccupation pour les «autres», sans réciprocité, les Occidentaux éduqués ont permis à un discours hostile, intimidant basé sur l’honneur et la honte d’occuper une grande partie de leur espace public : c’est l’«islamophobie», et non l’islamisme qui est le problème.

Les Palestiniens continuent de sauver la face et de retrouver leur honneur en salissant Israël qui, par son existence même et son succès, leur fait honte.

Pendant ce temps, de nombreux guerriers de la justice sociale, remplis de culpabilité post-coloniale et craignant le label «islamophobe», unissent leurs forces à la «brigade d’honneur» afin de pousser Israël au-delà des limites acceptables.

Dans le cadre plus large du développement civilisationnel, c’est lamentable. Il a fallu un millénaire d’efforts constants et douloureux pour que la culture occidentale apprenne à sublimer la libido dominandi de l’homme au point de créer une société tolérante à la diversité, qui résout les différends avec un discours d’équité plutôt que de violence et où l’échange est gagnant-gagnant. Les échanges à somme positive sont la norme souhaitée.

Insister, comme le font beaucoup de gauchistes, pour que cette réussite exceptionnelle soit considérée comme le mode par défaut de l’humanité, indépendamment de la mesure dans laquelle l’autre est éloigné de cet objectif précieux et de manière à exempter les ennemis de la démocratie de la responsabilité civique de l’autocritique au prix de redoubler son propre fardeau, fini par saper les libertés que la civilisation occidentale s’est données au cours des siècles.

À moins que les universitaires et les professionnels de l’information ne s’emparent et ne cultivent les champs de connaissance tels que la dynamique de la honte et de l’honneur et le triomphalisme islamiste, les Occidentaux ne pourront pas comprendre les sociétés arabes et islamiques et continueront d’accuser les critiques et non l’objectif légitime des critiques au risque de perdre leurs valeurs démocratiques et leurs intérêts nationaux.

L’incapacité de s’engager dans l’autocritique est la plus grande faiblesse des cultures basées sur l’honneur et la honte, et la capacité de le faire est la plus grande force de ceux qui croient fermement à l’intégrité.

Pourtant, maintenant, paradoxalement, l’incapacité des islamistes est devenue leur force, et notre surempressement à compenser est devenu notre faiblesse.


Réfugiés: Attention, une préférence peut en cacher une autre (Refugee madness: Our tradition has never been an unlimited open-door policy)

29 janvier, 2017
byanymeans

open-borders

christians_muslims_convert_die_syria_1
syrian_refugee_graph
no-jews mecca-muslims-only-road-signNous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu’êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en œuvre par tous les moyens nécessaires. Malcom X (1964)
Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces. Jean-Paul Sartre (les mains sales, II, 5, 1963)
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Ils ont été horriblement traités. Savez-vous que si vous étiez chrétien en Syrie, il était impossible, ou du moins très difficile d’entrer aux États-Unis ? Si vous étiez un musulman, vous pouviez entrer, mais si vous étiez chrétien, c’était presque impossible et la raison était si injuste, tout le monde était persécuté… Ils ont coupé les têtes de tout le monde, mais plus encore des chrétiens. Et je pensais que c’était très, très injuste. Nous allons donc les aider. Donald Trump
L’amour du prochain est une valeur chrétienne et cela implique de venir en aide aux autres. Je crois que c’est ce qui unit les pays occidentaux. Sigmar Gabriel (ministre allemand des Affaires étrangères)
Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique. Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses. Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci. Evelyne Joslain
Christians are believed to have constituted about 30% of the Syrian population as recently as the 1920s. Today, they make up about 10% of Syria’s 22 million people. Hundreds of thousands of Christians have been displaced by fighting or left the country. Melkite Greek Catholic Patriarch Gregorios III Laham said last year that more than 1,000 Christians had been killed, entire villages cleared, and dozens of churches and Christian centres damaged or destroyed. Many fear that if President Assad is overthrown, Christians will be targeted and communities destroyed as many were in Iraq after the US-led invasion in 2003. They have also been concerned by the coming to power of Islamist parties in post-revolutionary Egypt and Tunisia. Patriarch Gregorios said the threat to Christianity in Syria had wider implications for the religion’s future in the Middle East because the country had for decades provided a refuge for Christians from neighbouring Lebanon, Iraq and elsewhere. BBC
The Orlando nightclub shooter, the worst mass-casualty gunman in US history, was the son of immigrants from Afghanistan. The San Bernardino shooters were first and second generation immigrants from Pakistan. Nidal Hassan, the Fort Hood killer, was the son of Palestinian immigrants. The Tsarnaev brothers who detonated bombs at the 2013 Boston marathon held Kyrgyz nationality. The would-be 2010 Times Square car bomber was a naturalized immigrant from Pakistan. The ringleader of the Paris attacks of November 2015, about which Donald Trump spoke so much on the campaign trail, was a Belgian national of Moroccan origins. President Trump’s version of a Muslim ban would have protected the United States from none of the above. (…) As ridiculous as was the former Obama position that Islamic terrorism has nothing to do with Islam, the new Trump position that all Muslims are potential terrorists is vastly worse. What Trump has done is to divide and alienate potential allies—and push his opponents to embrace the silliest extremes of the #WelcomeRefugees point of view. By issuing his order on Holocaust Remembrance Day, Trump empowered his opponents to annex the victims of Nazi crimes to their own purposes. The Western world desperately needs a more hardheaded approach to the issue of refugees. It is bound by laws and treaties written after World War II that have been rendered utterly irrelevant by a planet on the move. Tens of millions of people seek to exit the troubled regions of Central America, the Middle East, West Africa, and South Asia for better opportunities in Europe and North America. The relatively small portion of that number who have reached the rich North since 2013 have already up-ended the politics of the United States, the United Kingdom, and the European Union. German chancellor Angela Merkel’s August 2015 order to fling open Germany’s doors is the proximate cause of the de-democratization of Poland since September 2015, of the rise of Marine LePen in France, of the surge in support for Geert Wilders in the Netherlands, and—I would argue—of Britain’s vote to depart the European Union. The surge of border crossers from Central America into the United States in 2014, and Barack Obama’s executive amnesties, likewise strengthened Donald Trump. (…) without the dreamy liberal refusal to recognize the reality of nationhood, the meaning of citizenship, and the differences between cultures, Trump would never have gained the power to issue that order. (…) When liberals insist that only fascists will defend borders, then voters will hire fascists to do the job liberals won’t do. This weekend’s shameful chapter in the history of the United States is a reproach not only to Trump, although it is that too, but to the political culture that enabled him. Angela Merkel and Donald Trump may be temperamental opposites. They are also functional allies. David Frum
Trump isn’t making this up; Obama-administration policy effectively discriminated against persecuted religious-minority Christians from Syria (even while explicitly admitting that ISIS was pursuing a policy of genocide against Syrian Christians), and the response from most of Trump’s liberal critics has been silence (…) Liberals are normally the first people to argue that American policy should give preferential treatment to groups that are oppressed and discriminated against, but because Christians are the dominant religious group here — and the bêtes noires of domestic liberals — there is little liberal interest in accommodating U.S. refugee policy to the reality on the ground in Syria. So long as Obama could outsource religious discrimination against Christian refugees to Jordan and the U.N., his supporters preferred the status quo to admitting that Trump might have a point. On the whole, 2016 was the first time in a decade when the United States let in more Muslim than Christian refugees, 38,901 overall, 75 percent of them from Syria, Somalia, and Iraq, all countries on Trump’s list — and all countries in which the United States has been actively engaged in drone strikes or ground combat over the past year. Obama had been planning to dramatically expand that number, to 110,000, in 2017 — only after he was safely out of office. This brings us to a broader point: The United States in general, and the Obama administration in particular, never had an open-borders policy for all refugees from everywhere, so overwrought rhetoric about Trump ripping down Lady Liberty’s promise means comparing him to an ideal state that never existed. In fact, the Obama administration completely stopped processing refugees from Iraq for six months in 2011 over concerns about terrorist infiltration, a step nearly identical to Trump’s current order, but one that was met with silence and indifference by most of Trump’s current critics. Only two weeks ago, Obama revoked a decades-old “wet foot, dry foot” policy of allowing entry to refugees from Cuba who made it to our shores. His move, intended to signal an easing of tensions with the brutal Communist dictatorship in Havana, has stranded scores of refugees in Mexico and Central America, and Mexico last Friday deported the first 91 of them to Cuba. This, too, has no claim on the conscience of Trump’s liberal critics. After all, Cuban Americans tend to vote Republican. Even more ridiculous and blinkered is the suggestion that there may be something unconstitutional about refusing entry to refugees or discriminating among them on religious or other bases (a reaction that was shared at first by some Republicans, including Mike Pence, when Trump’s plan was announced in December 2015). There are plenty of moral and political arguments on these points, but foreigners have no right under our Constitution to demand entry to the United States or to challenge any reason we might have to refuse them entry, even blatant religious discrimination. Under Article I, Section 8 of the Constitution, Congress’s powers in this area are plenary, and the president’s powers are as broad as the Congress chooses to give him. If liberals are baffled as to why even the invocation of the historically problematic “America First” slogan by Trump is popular with almost two-thirds of the American public, they should look no further than people arguing that foreigners should be treated by the law as if they were American citizens with all the rights and protections we give Americans. Liberals are likewise on both unwise and unpopular ground in sneering at the idea that there might be an increased risk of radical Islamist terrorism resulting from large numbers of Muslims entering the country as refugees or asylees. There have been many such cases in Europe, ranging from terrorists (as in the Brussels attack) posing as refugees to the infiltration of radicals and the radicalization of new entrants. The 9/11 plotters, several of whom overstayed their visas in the U.S. after immigrating from the Middle East to Germany, are part of that picture as well. Here in the U.S., we have had a number of terror attacks carried out by foreign-born Muslims or their children. The Tsarnaev brothers who carried out the Boston Marathon bombing were children of asylees; the Times Square bomber was a Pakistani immigrant; the underwear bomber was from Nigeria; the San Bernardino shooter was the son of Pakistani immigrants; the Chattanooga shooter was from Kuwait; the Fort Hood shooter was the son of Palestinian immigrants. All of this takes place against the backdrop of a global movement of radical Islamist terrorism that kills tens of thousands of people a year in terrorist attacks and injures or kidnaps tens of thousands more. There are plenty of reasons not to indict the entire innocent Muslim population, including those who come as refugees or asylees seeking to escape tyranny and radicalism, for the actions of a comparatively small percentage of radicals. But efforts to salami-slice the problem into something that looks like a minor or improbable outlier, or to compare this to past waves of immigrants, are an insult to the intelligence of the public. The tradeoffs from a more open-borders posture are real, and the reasons for wanting our screening process to be a demanding one are serious. Like it or not, there’s a war going on out there, and many of its foot soldiers are ideological radicals who wear no uniform and live among the people they end up attacking. If your only response to these issues is to cry “This is just xenophobia and bigotry,” you’re either not actually paying attention to the facts or engaging in the same sort of intellectual beggary that leads liberals to refuse to distinguish between legal and illegal immigrants. Andrew Cuomo declared this week, “If there is a move to deport immigrants, I say then start with me” — because his grandparents were immigrants. This is unserious and childish: President Obama deported over 2.5 million people in eight years in office, and I didn’t see Governor Cuomo getting on a boat back to Italy. (…) A more trenchant critique of Trump’s order is that he’s undercutting his own argument by how narrow the order is. Far from a “Muslim ban,” the order applies to only seven of the world’s 50 majority-Muslim countries. Three of those seven (Iran, Syria, and Sudan) are designated by the State Department as state sponsors of terror, but the history of terrorism by Islamist radicals over the past two decades — even state-sponsored terrorism – is dominated by people who are not from countries engaged in officially recognized state-sponsored terrorism. The 9/11 hijackers were predominantly Saudi, and a significant number of other attacks have been planned or carried out by Egyptians, Pakistanis, and people from the various Gulf states. But a number of these countries have more significant business and political ties to the United States (and in some cases to the Trump Organization as well), so it’s more inconvenient to add them to the list. Simply put, there’s no reason to believe that the countries on the list are more likely to send us terrorists than the countries off the list. That said, the seven states selected do include most of the influx of refugees and do present particular logistical problems in vetting the backgrounds of refugees. If Trump’s goal is simply to beef up screening after a brief pause, he’s on firmer ground. (…) But our tradition has never been an unlimited open-door policy, and President Trump’s latest moves are not nearly such a dramatic departure from the Obama administration as Trump’s liberal critics (or even many of his fans) would have you believe. Dan McLaughlin
Experts say another reason for the lack of Christians in the makeup of the refugees is the makeup of the camps. Christians in the main United Nations refugee camp in Jordan are subject to persecution, they say, and so flee the camps, meaning they are not included in the refugees referred to the U.S. by the U.N. “The Christians don’t reside in those camps because it is too dangerous,” Shea said. “They are preyed upon by other residents from the Sunni community, and there is infiltration by ISIS and criminal gangs.” “They are raped, abducted into slavery and they are abducted for ransom. It is extremely dangerous; there is not a single Christian in the Jordanian camps for Syrian refugees,” Shea said. Fox news
Les États-Unis ont accepté 10 801 réfugiés syriens, dont 56 chrétiens. Pas 56 pour cent; 56 au total, sur 10 801. C’est-à-dire la moitié de 1 pour cent. Newsweek

Attention: une préférence peut en cacher une autre !

Alors qu’après l’accident industriel Obama qui a mis avec l’abandon de l’Irak le Moyen-Orient à feu et à sang …

Et sa version Merkel qui a déversé sur l’Europe, avec son lot d’attentats, une véritable invasion musulmane …

Sans compter après l’expulsion des juifs et leur interdiction d’accès dans nombre de pays musulmans, la menace de la disparition de son berceau historique de la totalité de la population chrétienne …

Nos belles âmes n’ont pas, entre deux appels plus ou moins subtils à l’assassinat du nouveau président américain, de mots assez durs …

Pour condamner – même s’il oublie étrangement les fourriers saoudiens et qataris ou pakistanais dudit terrorisme – le moratoire de trois mois de ce dernier …

Sur l’entrée des citoyens de sept pays particulièrement à risque (Syrie, Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yemen) …

Et de quatre mois sur l’accueil de réfugiés de pays en guerre ainsi que la priorité aux réfugiés chrétiens de Syrie …

Devinez combien de chrétiens figuraient dans les quelque 10 000 réfugiés syriens que les Etats-Unis ont accueillis l’an dernier ?

Tollé international après le décret anti-réfugiés de Donald Trump
Les Echos
28/01 / 17

Au lendemain de la signature d’un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, la communauté internationale a fait part de son indignation.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Au lendemain de la signature d’un décret suspendant l’entrée aux Etats-Unis des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, la communauté internationale n’a pas dissimulé son indignation.

A commencer par François Hollande qui a exhorté l’Europe à « engager avec fermeté » le dialogue avec le président américain. Le chef de l’Etat français a d’ailleurs fait cette déclaration quelques heures avant son premier entretien téléphonique avec son homologue américain.

Ce samedi soir, à l’occasion d’un appel prévu entre les deux présidents, Hollande en a profité pour rappeler à Trump que « le repli sur soi est une réponse sans issue », a rapporté l’Elysée. Il a par ailleurs invité le président américain au « respect » du principe de « l’accueil des réfugiés ».

L’Allemagne et la France sur la même ligne

Plus tôt dans la journée, les chefs de la diplomatie française et allemande ont aussi exprimé leur inquiétude. « Nous avons des engagements internationaux que nous avons signés. L’accueil des réfugiés qui fuient la guerre, qui fuient l’oppression, ça fait partie de nos devoirs », a martelé Jean-Marc Ayrault.

« L’amour du prochain est une valeur chrétienne et cela implique de venir en aide aux autres. Je crois que c’est ce qui unit les pays occidentaux », a renchérit Sigmar Gabriel, nommé ministre allemand des Affaires étrangères vendredi.

Côté Royaume-Uni, Theresa May a quant à elle refusé de condamner la décision de Donald Trump. « Les Etats-Unis sont responsables de la politique américaine sur les refugiés. Le Royaume-Uni est responsable de la politique britannique sur les réfugiés », a-t-elle répondu. « Nous ne sommes pas d’accord avec ce type d’approche », a néanmoins précisé un porte-parole, indiquant que le gouvernement britannique interviendrait si la mesure venait à avoir un impact sur les citoyens de son pays.

Réactions des principaux concernés

Concerné par le décret, l’Iran a vivement réagi ce samedi. La République islamique « prendra les mesures consulaires, juridiques et politiques appropriées », a expliqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, parlant d' »un affront fait ouvertement au monde musulman et à la nation iranienne ».

L’exécutif iranien a aussi déclaré que « tout en respectant le peuple américain et pour défendre les droits de ses citoyens », il a décidé « d’appliquer la réciprocité après la décision insultante des Etats-Unis concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n’aura pas été levée. »

Pour l’instant, les autres pays visés par ce décret, à savoir l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen, n’ont pas réagi publiquement. En revanche, le Premier ministre turc a affirmé que la crise des réfugiés ne serait pas résolue « en érigeant des murs ». La Turquie est le premier pays à subir de plein fouet les conséquences de la guerre civile en Syrie et l’afflux de réfugiés.

Le Canada continuera d’accueillir des réfugiés « indépendamment de leur foi »

Sans commenter directement la décision américaine, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé la volonté de son pays d’accueillir les réfugiés « indépendamment de leur foi ».

Répondant d’autre part à des inquiétudes sur l’impact du décret sur le Canada, le bureau du Premier ministre a affirmé tard dans la soirée avoir reçu des assurances de Washington que les Canadiens possédant la double nationalité des pays visés ne seraient pas affectés par l’interdiction.

Soutien israélien

Le président américain a en revanche été applaudi par le président tchèque Milos Zeman qui s’est félicité de que le président américain « protège son pays » et se soucie « de la sécurité de ses citoyens. Exactement ce que les élites européennes ne font pas », a tweeté son porte-parole.

De même pour le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a écrit sur son compte twitter : « Président Trump a raison. J’ai fait construire un mur aux frontières sud d’Israël. Ca a empêché l’immigration illégale. Un vrai succès. Une grande idée. »

Indignation aux Etats-Unis

Sur le sol américain, le décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis » a déjà fait déjà l’objet d’une plainte déposée par plusieurs associations de défense des droits civiques américaines, dont la puissante ACLU, qui veulent le bloquer.

L’opposition démocrate aux Etats-Unis a de son côté dénoncé un décret « cruel » qui sape « nos valeurs fondamentales et nos traditions, menace notre sécurité nationale et démontre une méconnaissance totale de notre strict processus de vérification, le plus minutieux du monde » selon les mots du sénateur démocrate Ben Cardin, membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Ces mesures figuraient en bonne place dans le programme du candidat républicain, qui avait un temps envisagé d’interdire à tous les musulmans de se rendre aux Etats-Unis.

Voir aussi:

Trump annonce la suspension du programme d’accueil des réfugiés le 27 janvier 2017 dans les locaux du Pentagone à Washington. © Carlos Barria/Reuters

Donald Trump tient ses promesses de campagne. Cette fois, c’est sur la protection du territoire contre la menace terroriste qu’il a signé deux décrets. L’un interdit l’accès aux citoyens de sept pays arabes, l’autre met en pause l’accueil de réfugiés de pays en guerre.

Les ressortissants de sept pays sont désormais persona non grata aux Etats-Unis. Ainsi en a décidé le nouveau président Donald Trump en fermant temporairement l’accès de son pays aux citoyens de Syrie, de l’Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et du Yemen. Objectif affirmé par Donald Trump, «maintenir les terroristes islamistes radicaux hors des Etats-Unis d’Amérique».

Il a annoncé que de nouvelles mesures de contrôle seraient mises sur pied, sans préciser lesquelles. «Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l’étranger.»
Dans le même temps le président annonce que priorité sera donnée aux réfugiés chrétiens de Syrie.

Washington va également arrêter pendant quatre mois le programme d’accueil des réfugiés de pays en guerre. Pour l’année 2016, l’administration américaine avait admis près de 85.000 réfugiés, dont 10.000 Syriens. Elle s’était donné pour objectif d’accueillir 110.000 réfugiés en 2017, un chiffre ramené à 50.000 par l’administration Trump. Ce programme date de 1980 et n’a été interrompu qu’une fois, après les attentats du 11 septembre 2001.

Réactions indignées
Les murs qui se dressent, les barrières qui se ferment, partout dans le monde, les réactions aux premières mesures de Donald Trump se multiplient.
La plus symbolique est surement celle de la jeune Pakistanaise Malala Yousafzaï, cible des fondamentalistes talibans et prix Nobel de la paix en 2014. Elle a déclaré avoir «le coeur brisé de voir l’Amérique tourner le dos à son fier passé d’accueil de réfugiés et de migrants».

Onze autres prix Nobel et des universitaires renommés ont également lancé une pétition réclamant la reprise de l’accueil des visiteurs des sept pays visés. «Une épreuve injustifiée pour des gens qui sont nos étudiants, nos collègues, nos amis et des membres de notre communauté.»

Deux ONG, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR), ont appelé Donald Trump à maintenir l’accueil aux Etats-Unis. «Les besoins des réfugiés et des migrants à travers le monde n’ont jamais été aussi grands et le programme américain de réinstallation est l’un des plus importants du monde», écrivent les deux ONG dans un communiqué commun.

Même le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s’en est indigné sur sa page, rappelant que les Etats-Unis sont un pays de migrants, à commencer par sa famille.

Conséquences
Selon A. Ayoub, directeur juridique du Comité arabo-américain contre les discriminations, les conséquences sont immédiates. Ces mesures frappent notamment des Arabo-Américains dont des proches étaient en route pour une visite aux Etats-Unis. Le regroupement de familles séparées par la guerre va aussi devenir impossible.

Voir également:

Middle East

‘Gross injustice’: Of 10,000 Syrian refugees to the US, 56 are Christian

September 02, 2016

The Obama administration hit its goal this week of admitting 10,000 Syrian refugees — yet only a fraction of a percent are Christians, stoking criticism that officials are not doing enough to address their plight in the Middle East.

Of the 10,801 refugees accepted in fiscal 2016 from the war-torn country, 56 are Christians, or .5 percent.

A total of 10,722 were Muslims, and 17 were Yazidis.

The numbers are disproportionate to the Christian population in Syria, estimated last year by the U.S. government to make up roughly 10 percent of the population. Since the outbreak of civil war in 2011, it is estimated that between 500,000 and 1 million Christians have fled the country, while many have been targeted and slaughtered by the Islamic State.

In March, Secretary of State John Kerry said the U.S. had determined that ISIS has committed genocide against minority religious groups, including Christians and Yazidis.

“In my judgment, Daesh is responsible for genocide against groups in territory under its control, including Yazidis, Christians and Shia Muslims,” Kerry said at the State Department, using an alternative Arabic name for the group.

He also accused ISIS of “crimes against humanity” and « ethnic cleansing. »

Yet, despite the strong words, relatively few from those minority groups have been brought into the United States. A State Department spokesperson told FoxNews.com that religion was only one of many factors used in determining a refugee’s eligibility to enter the United States.

Critics blasted the administration for not making religion a more important factor, as the U.S. government has prioritized religious minorities in the past in other cases.

“It’s disappointingly disproportional,” Matthew Clark, senior counsel at the American Center for Law and Justice (ACLJ), told FoxNews.com. “[The Obama administration has] not prioritized Christians and it appears they have actually deprioritized them, put them back of the line and made them an afterthought.”

“This is de facto discrimination and a gross injustice,” said Nina Shea, director of the Hudson Institute’s Center for Religious Freedom.

Experts say another reason for the lack of Christians in the make-up of the refugees is the make-up of the camps. Christians in the main United Nations refugee camp in Jordan are subject to persecution, they say, and so flee the camps, meaning they are not included in the refugees referred to the U.S. by the U.N.

“The Christians don’t reside in those camps because it is too dangerous,” Shea said. “They are preyed upon by other residents from the Sunni community and there is infiltration by ISIS and criminal gangs.”

“They are raped, abducted into slavery and they are abducted for ransom. It is extremely dangerous, there is not a single Christian in the Jordanian camps for Syrian refugees,” Shea said.

However, Kristin Wright, director of advocacy for Open Doors USA – a group that advocates for Christians living in dangerous areas across the world – told FoxNews.com that another reason is many Christians are choosing to stick it out in Syria, or going instead to urban areas for now.

“Many have fled to urban areas instead of the camps, so they may be living in Beirut instead of living in a broader camp, meaning many are not registering as refugees,” Wright said. “They may still come to the U.S. but may come through another immigration pathway.”

However, others called on the Obama administration, in light of its genocide declaration, to do more to assist Christians, including setting up safe zones in Syria or actively seeking out Christians via the use of contractors to bring them to safety.

In March, Sen. Tom Cotton, R-Ark., introduced legislation that would give special priority to refugees who were members of persecuted religious minorities in Syria.

“We must not only recognize what’s happening as genocide, but also take action to relieve it, » Cotton said.

“The administration did the right thing by recognizing genocide, but by not taking action, it deflates it and makes it so Christians and others are not receiving any help,” Clark said. “So it’s all words and no actions, it’s just lip service on the issue of the genocide.”

This week, the ACLJ filed a lawsuit against the State Department for not responding to Freedom of Information Act requests about what the administration is doing to combat the genocide.

For Shea, the question is not just about helping refugees, but the very survival of Christianity in the 2,000-year community that has existed since the apostolic era of Christianity.

« This Christian community is dying, » she said. « I fear that there will be no Christians left when the dust settles. »

Adam Shaw is a Politics Reporter and occasional Opinion writer for FoxNews.com. He can be reached here or on Twitter: @AdamShawNY.

 Voir encore:
Refugee Madness: Trump Is Wrong, But His Liberal Critics Are Crazy
Dan McLaughlin
January 28, 2017
The anger at his new policy is seriously misplaced.

President Trump has ordered a temporary, 120-day halt to admitting refugees from seven countries, all of them war-torn states with majority-Muslim populations: Iraq, Iran, Syria, Yemen, Sudan, Libya, and Somalia. He has further indicated that, once additional screening provisions are put in place, he wants further refugee admissions from those countries to give priority to Christian refugees over Muslim refugees. Trump’s order is, in characteristic Trump fashion, both ham-handed and underinclusive, and particularly unfair to allies who risked life and limb to help the American war efforts in Iraq and Afghanistan. But it is also not the dangerous and radical departure from U.S. policy that his liberal critics make it out to be. His policy may be terrible public relations for the United States, but it is fairly narrow and well within the recent tradition of immigration actions taken by the Obama administration.

First, let’s put in context what Trump is actually doing. The executive order, on its face, does not discriminate between Muslim and Christian (or Jewish) immigrants, and it is far from being a complete ban on Muslim immigrants or even Muslim refugees. Trump’s own stated reason for giving preference to Christian refugees is also worth quoting:

Trump was asked whether he would prioritize persecuted Christians in the Middle East for admission as refugees, and he replied, “Yes.” “They’ve been horribly treated,” he said. “Do you know if you were a Christian in Syria it was impossible, at least very tough, to get into the United States? If you were a Muslim you could come in, but if you were a Christian it was almost impossible. And the reason that was so unfair — everybody was persecuted, in all fairness — but they were chopping off the heads of everybody, but more so the Christians. And I thought it was very, very unfair. “So we are going to help them.”

Trump isn’t making this up; Obama-administration policy effectively discriminated against persecuted religious-minority Christians from Syria (even while explicitly admitting that ISIS was pursuing a policy of genocide against Syrian Christians), and the response from most of Trump’s liberal critics has been silence:

The United States has accepted 10,801 Syrian refugees, of whom 56 are Christian. Not 56 percent; 56 total, out of 10,801. That is to say, one-half of 1 percent. The BBC says that 10 percent of all Syrians are Christian, which would mean 2.2 million Christians. . . . Experts say [one] reason for the lack of Christians in the makeup of the refugees is the makeup of the camps. Christians in the main United Nations refugee camp in Jordan are subject to persecution, they say, and so flee the camps, meaning they are not included in the refugees referred to the U.S. by the U.N. “The Christians don’t reside in those camps because it is too dangerous,” [Nina Shea, director of the Hudson Institute’s Center for Religious Freedom] said. “They are preyed upon by other residents from the Sunni community, and there is infiltration by ISIS and criminal gangs.” “They are raped, abducted into slavery and they are abducted for ransom. It is extremely dangerous; there is not a single Christian in the Jordanian camps for Syrian refugees,” Shea said.

Liberals are normally the first people to argue that American policy should give preferential treatment to groups that are oppressed and discriminated against, but because Christians are the dominant religious group here — and the bêtes noires of domestic liberals — there is little liberal interest in accommodating U.S. refugee policy to the reality on the ground in Syria. So long as Obama could outsource religious discrimination against Christian refugees to Jordan and the U.N., his supporters preferred the status quo to admitting that Trump might have a point.

On the whole, 2016 was the first time in a decade when the United States let in more Muslim than Christian refugees, 38,901 overall, 75 percent of them from Syria, Somalia, and Iraq, all countries on Trump’s list — and all countries in which the United States has been actively engaged in drone strikes or ground combat over the past year. Obama had been planning to dramatically expand that number, to 110,000, in 2017 — only after he was safely out of office.

This brings us to a broader point: The United States in general, and the Obama administration in particular, never had an open-borders policy for all refugees from everywhere, so overwrought rhetoric about Trump ripping down Lady Liberty’s promise means comparing him to an ideal state that never existed. In fact, the Obama administration completely stopped processing refugees from Iraq for six months in 2011 over concerns about terrorist infiltration, a step nearly identical to Trump’s current order, but one that was met with silence and indifference by most of Trump’s current critics.

Only two weeks ago, Obama revoked a decades-old “wet foot, dry foot” policy of allowing entry to refugees from Cuba who made it to our shores. His move, intended to signal an easing of tensions with the brutal Communist dictatorship in Havana, has stranded scores of refugees in Mexico and Central America, and Mexico last Friday deported the first 91 of them to Cuba. This, too, has no claim on the conscience of Trump’s liberal critics. After all, Cuban Americans tend to vote Republican.

Even more ridiculous and blinkered is the suggestion that there may be something unconstitutional about refusing entry to refugees or discriminating among them on religious or other bases (a reaction that was shared at first by some Republicans, including Mike Pence, when Trump’s plan was announced in December 2015). There are plenty of moral and political arguments on these points, but foreigners have no right under our Constitution to demand entry to the United States or to challenge any reason we might have to refuse them entry, even blatant religious discrimination. Under Article I, Section 8 of the Constitution, Congress’s powers in this area are plenary, and the president’s powers are as broad as the Congress chooses to give him. If liberals are baffled as to why even the invocation of the historically problematic “America First” slogan by Trump is popular with almost two-thirds of the American public, they should look no further than people arguing that foreigners should be treated by the law as if they were American citizens with all the rights and protections we give Americans.

Liberals are likewise on both unwise and unpopular ground in sneering at the idea that there might be an increased risk of radical Islamist terrorism resulting from large numbers of Muslims entering the country as refugees or asylees. There have been many such cases in Europe, ranging from terrorists (as in the Brussels attack) posing as refugees to the infiltration of radicals and the radicalization of new entrants. The 9/11 plotters, several of whom overstayed their visas in the U.S. after immigrating from the Middle East to Germany, are part of that picture as well. Here in the U.S., we have had a number of terror attacks carried out by foreign-born Muslims or their children. The Tsarnaev brothers who carried out the Boston Marathon bombing were children of asylees; the Times Square bomber was a Pakistani immigrant; the underwear bomber was from Nigeria; the San Bernardino shooter was the son of Pakistani immigrants; the Chattanooga shooter was from Kuwait; the Fort Hood shooter was the son of Palestinian immigrants. All of this takes place against the backdrop of a global movement of radical Islamist terrorism that kills tens of thousands of people a year in terrorist attacks and injures or kidnaps tens of thousands more.

There are plenty of reasons not to indict the entire innocent Muslim population, including those who come as refugees or asylees seeking to escape tyranny and radicalism, for the actions of a comparatively small percentage of radicals. But efforts to salami-slice the problem into something that looks like a minor or improbable outlier, or to compare this to past waves of immigrants, are an insult to the intelligence of the public. The tradeoffs from a more open-borders posture are real, and the reasons for wanting our screening process to be a demanding one are serious.

Like it or not, there’s a war going on out there, and many of its foot soldiers are ideological radicals who wear no uniform and live among the people they end up attacking. If your only response to these issues is to cry “This is just xenophobia and bigotry,” you’re either not actually paying attention to the facts or engaging in the same sort of intellectual beggary that leads liberals to refuse to distinguish between legal and illegal immigrants. Andrew Cuomo declared this week, “If there is a move to deport immigrants, I say then start with me” — because his grandparents were immigrants. This is unserious and childish: President Obama deported over 2.5 million people in eight years in office, and I didn’t see Governor Cuomo getting on a boat back to Italy.

Conservatives have long recognized these points — which is another way of saying that a blank check for refugee admissions is no more a core principle of the Right than it is of the Left.

A more trenchant critique of Trump’s order is that he’s undercutting his own argument by how narrow the order is. Far from a “Muslim ban,” the order applies to only seven of the world’s 50 majority-Muslim countries. Three of those seven (Iran, Syria, and Sudan) are designated by the State Department as state sponsors of terror, but the history of terrorism by Islamist radicals over the past two decades — even state-sponsored terrorism – is dominated by people who are not from countries engaged in officially recognized state-sponsored terrorism. The 9/11 hijackers were predominantly Saudi, and a significant number of other attacks have been planned or carried out by Egyptians, Pakistanis, and people from the various Gulf states. But a number of these countries have more significant business and political ties to the United States (and in some cases to the Trump Organization as well), so it’s more inconvenient to add them to the list. Simply put, there’s no reason to believe that the countries on the list are more likely to send us terrorists than the countries off the list.

That said, the seven states selected do include most of the influx of refugees and do present particular logistical problems in vetting the backgrounds of refugees. If Trump’s goal is simply to beef up screening after a brief pause, he’s on firmer ground.

The moral and strategic arguments against Trump’s policy are, however, significant. America’s open-hearted willingness to harbor refugees from around the world has always been a source of our strength, and sometimes an effective tool deployed directly against hostile foreign tyrannies. Today, for example, the chief adversary of Venezuela’s oppressive economic policies is a website run by a man who works at a Home Depot in Alabama, having been granted political asylum here in 2005. And the refugee problem is partly one of our own creation. My own preference for Syrian refugees, many of them military-age males whom Assad is trying to get out of his country, has been to arm them, train them, and send them back, after the tradition of the Polish and French in World War II and the Czechs in World War I. But that requires support that neither Trump nor Obama has been inclined to provide, and you can’t seriously ask individual Syrians to fight a suicidal two-front war against ISIS and the Russian- and Iranian-backed Assad without outside support. So where else can they go?

Also, some people seeking refugee status or asylum may have stronger claims on our gratitude. Consider some of the first people denied entry under the new policy:

The lawyers said that one of the Iraqis detained at Kennedy Airport, Hameed Khalid Darweesh, had worked on behalf of the United States government in Iraq for ten years. The other, Haider Sameer Abdulkhaleq Alshawi, was coming to the United States to join his wife, who had worked for an American contractor, and young son, the lawyers said.

These specific cases may or may not turn out to be as sympathetic as they appear; these are statements made by lawyers filing a class action, who by their own admission haven’t even spoken to their clients. But in a turn of humorous irony that undercut some of the liberal narrative, it turns out that Darweesh told the press that he likes Trump. Trump’s moves are not as dramatic a departure from the Obama administration as his critics would have you believe.

Certainly, we should give stronger consideration to refugee or asylum claims from people who are endangered as a result of their cooperation with the U.S. military. But such consideration can still be extended on a case-by-case basis, as the executive order explicitly permits: “Notwithstanding a suspension pursuant to subsection (c) of this section or pursuant to a Presidential proclamation described in subsection (e) of this section, the Secretaries of State and Homeland Security may, on a case-by-case basis, and when in the national interest, issue visas or other immigration benefits to nationals of countries for which visas and benefits are otherwise blocked.”

Trump also seems to have triggered some unnecessary chaos at the airports and borders around the globe by signing the order without a lot of adequate advance notice to the public or to the people charged with administering the order. That’s characteristic of his early administration’s public-relations amateur hour, and an unnecessary, unforced error. Then again, the core policy is one he broadcast to great fanfare well over a year ago, so this comes as no great shock.

The American tradition of accepting refugees and asylees from around the world, especially from the clutches of our enemies, is a proud one, and it is a sad thing to see that compromised. And while Middle Eastern Christians should be given greater priority in escaping a region where they are particularly persecuted, the next step in this process should not be one that seeks to permanently enshrine a preference for Christians over Muslims generally. But our tradition has never been an unlimited open-door policy, and President Trump’s latest moves are not nearly such a dramatic departure from the Obama administration as Trump’s liberal critics (or even many of his fans) would have you believe. — Dan McLaughlin is an attorney in New York City and an NRO contributing columnist.

Voir enfin:

The Roots of a Counterproductive Immigration Policy
The liberal scorn for nationhood and refusal to adapt immigration policy to changing circumstances enables the rise of extremism in the West.
David Frum
The Atlantic monthly
Jan 28, 2017

The Orlando nightclub shooter, the worst mass-casualty gunman in US history, was the son of immigrants from Afghanistan. The San Bernardino shooters were first and second generation immigrants from Pakistan. Nidal Hassan, the Fort Hood killer, was the son of Palestinian immigrants. The Tsarnaev brothers who detonated bombs at the 2013 Boston marathon held Kyrgyz nationality. The would-be 2010 Times Square car bomber was a naturalized immigrant from Pakistan. The ringleader of the Paris attacks of November 2015, about which Donald Trump spoke so much on the campaign trail, was a Belgian national of Moroccan origins. President Trump’s version of a Muslim ban would have protected the United States from none of the above.

If the goal is to exclude radical Muslims from the United States, the executive order Trump announced on Friday seems a highly ineffective way to achieve it. The Trump White House has incurred all the odium of an anti-Muslim religious test, without any attendant real-world benefit. The measure amounts to symbolic politics at its most stupid and counterproductive. Its most likely practical effect will be to aggravate the political difficulty of dealing directly and speaking without euphemisms about Islamic terrorism. As ridiculous as was the former Obama position that Islamic terrorism has nothing to do with Islam, the new Trump position that all Muslims are potential terrorists is vastly worse.
What Trump has done is to divide and alienate potential allies—and push his opponents to embrace the silliest extremes of the #WelcomeRefugees point of view. By issuing his order on Holocaust Remembrance Day, Trump empowered his opponents to annex the victims of Nazi crimes to their own purposes.

The Western world desperately needs a more hardheaded approach to the issue of refugees. It is bound by laws and treaties written after World War II that have been rendered utterly irrelevant by a planet on the move. Tens of millions of people seek to exit the troubled regions of Central America, the Middle East, West Africa, and South Asia for better opportunities in Europe and North America. The relatively small portion of that number who have reached the rich North since 2013 have already up-ended the politics of the United States, the United Kingdom, and the European Union. German chancellor Angela Merkel’s August 2015 order to fling open Germany’s doors is the proximate cause of the de-democratization of Poland since September 2015, of the rise of Marine LePen in France, of the surge in support for Geert Wilders in the Netherlands, and—I would argue—of Britain’s vote to depart the European Union. The surge of border crossers from Central America into the United States in 2014, and Barack Obama’s executive amnesties, likewise strengthened Donald Trump.

It’s understandable why people in the poor world would seek to relocate. It’s predictable that people in the destination nations would resist. Interpreting these indelible conflicts through the absurdly inapt analogy of German and Austrian Jews literally fleeing for their lives will lead to systematically erroneous conclusions.

We need a new paradigm for a new time. The social trust and social cohesion that characterize an advanced society like the United States are slowly built and vulnerable to erosion. They are eroding. Trump is more the symptom of that erosion than the cause.

Trump’s executive order has unleashed chaos, harmed lawful U.S. residents, and alienated potential friends in the Islamic world. Yet without the dreamy liberal refusal to recognize the reality of nationhood, the meaning of citizenship, and the differences between cultures, Trump would never have gained the power to issue that order.

Liberalism and nationhood grew up together in the 19th century, mutually dependent. In the 21st century, they have grown apart—or more exactly, liberalism has recoiled from nationhood. The result has not been to abolish nationality, but to discredit liberalism.

When liberals insist that only fascists will defend borders, then voters will hire fascists to do the job liberals won’t do. This weekend’s shameful chapter in the history of the United States is a reproach not only to Trump, although it is that too, but to the political culture that enabled him. Angela Merkel and Donald Trump may be temperamental opposites. They are also functional allies.

 


Election américaine: Attention, une incompétence peut en cacher une autre ! (Sick and tired of hearing about your damn bathrooms: Guess who alone passed the Castro death test)

30 novembre, 2016
tear-down-this-stall-copy
Manifestation contre Donald Trump, président élu, à New York, le 9 novembre.
Je suis un peu dépassé en ce qui concerne Reagan. Je me suis trompé sur son compte à tous les coups ! Je n’ai pas cru qu’il obtiendrait l’investiture (…) Je me sens disqualifié pour parler de Reagan. Je l’ai d’abord traité de tête de linotte. Mais, quand il a obtenu l’investiture, j’ai dû réviser mon jugement, et je l’ai appelé la super-tête de linotte, Après le débat avec Carter, j’ai pensé que c’était un acteur de troisième catégorie. Cet homme a du mal à retenir même les mots qu’on utilise en politique. Quant à comprendre les idées politiques, cela le dépasse. (…) Si Reagan était démocrate, je crois que je le préférerais à Carter. S’il partageait la philosophie de Carter, ce serait un gain non négligeable puisqu’un homme doué d’une personnalité malheureuse a été remplacé par un homme qui a une personnalité agréable. Mais il y a aussi des problèmes politiques véritables, et je ne pense pas que Reagan soit équipé pour les affronter. Il faudra attendre. (…) Je pense que nous allons connaître la loi martiale. Non pas demain, mais dans quelques années.(…) Une autre chose m’inquiète en Amérique, c’est que les gens deviennent non pas fascistes, mais qu’ils se rapprochent de plus en plus des phases qui précèdent le fascisme. Norman Mailer (1980)
Le candidat républicain n’est pas qualifié pour être président. Je l’ai dit la semaine dernière. Il n’arrête pas de le démontrer. Le fait que Donald Trump critique une famille ayant fait des sacrifices extraordinaires pour ce pays, le fait qu’il ne semble pas avoir les connaissances de base autour de sujets essentiels en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, signifient qu’il est terriblement mal préparé pour ce poste. Barack Hussein Obama
Les Américains en ont marre de vos satanés e-mails, parlons des vrais problèmes aux Etats-Unis. Bernie Sanders
Pour paraphraser Bernie Sanders, les Américains en ont marre des satanés toilettes des progressistes. Mark Lilla
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
Notre pays est en colère, je suis en colère et je suis prêt à endosser le manteau de la colère. Donald Trump
Aujourd’hui, le monde marque le passage d’un dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple pendant près de six décennies. L’héritage de Fidel Castro, ce sont les pelotons d’exécution, le vol, des souffrances inimaginables, la pauvreté et le déni des droits de l’homme. Même si les tragédies, les morts et la souffrance provoquées par Fidel Castro ne peuvent pas être effacées, notre administration fera tout ce qu’elle peut pour faire en sorte que le peuple cubain entame finalement son chemin vers la prospérité et la liberté. Même si Cuba demeure une île totalitaire, mon espoir est que cette journée marque un éloignement avec les horreurs endurées trop longtemps et une étape vers un avenir dans lequel ce magnifique peuple cubain vivra finalement dans la liberté qu’il mérite si grandement. Donald Trump
Dans une époque où des nations opprimées sont privées des droits humains fondamentaux, de la justice et de la liberté, il reste heureusement des hommes libres qui restent dans la lutte jusqu’à leurs tout derniers jours. Hassan Rohani
J’adresse mes condoléances au gouvernement révolutionnaire et à la nation de Cuba après la mort de son excellence Fidel Castro, le dirigeant de la Révolution cubaine et personnalité centrale de la lutte contre le colonialisme et l’exploitation et symbole de la lutte pour l’indépendance des nations opprimées. Mohammad Javad Zarif
Fidel Castro était un exemple stimulant pour beaucoup de pays. Fidel Castro était un véritable ami de la Russie. Vladimir Poutine
Fidel a défendu son territoire et affermi son pays alors qu’il subissait un blocus américain éprouvant. Malgré cela, il a mené son pays sur la voie de l’autosuffisance et du développement indépendant. Mikhail Gorbatchev
Le peuple chinois a perdu un camarade proche et un ami sincère. Xi Jinping
Cuba, notre amie, a réussi sous sa conduite à résister aux sanctions et aux campagnes d’oppression les plus fortes jamais vues dans notre histoire récente, devant un flambeau de la libération des peuples d’Amérique du Sud et du monde entier. Le nom de Fidel Castro vivra à jamais dans l’esprit des générations et inspirera ceux qui aspirent à une véritable indépendance et à une libération du joug du colonialisme et de l’hégémonie. Bachar Al Assad
L’Histoire sera comptable et jugera de l’impact énorme de cette figure singulière sur le peuple et le monde qui l’entourent. Barack Hussein Obama
Rosalynn et moi partageons nos sympathies avec la famille Castro et le peuple cubain à la mort de Fidel Castro. Nous nous souvenons avec tendresse de nos visites avec lui à Cuba et de son amour pour son pays. Nous souhaitons aux citoyens cubains la paix et la prospérité dans les années à venir. Jimmy Carter
C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris aujourd’hui la mort du président cubain ayant le plus longtemps exercé cette fonction. Fidel Castro, leader plus grand que nature, a consacré près d’un demi-siècle au service du peuple cubain. Révolutionnaire et orateur légendaire, M. Castro a réalisé d’importants progrès dans les domaines de l’éducation et des soins de santé sur son île natale. Bien qu’il était une figure controversée, ses supporters et ses détracteurs reconnaissaient son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain, qui éprouvait une affection profonde et durable pour “el Comandante”. Je sais que mon père était très fier de le considérer comme un ami, et j’ai eu l’occasion de rencontrer Fidel lorsque mon père est décédé. Ce fut aussi un véritable honneur de rencontrer ses trois fils et son frère, le président Raúl Castro, au cours de ma récente visite à Cuba. Au nom de tous les Canadiens, Sophie et moi offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis de M. Castro ainsi qu’aux nombreuses personnes qui l’appuyaient. Aujourd’hui, nous pleurons avec le peuple de Cuba la perte d’un leader remarquable. Justin Trudeau
 Fidel Castro était une des figures historiques du siècle dernier et l’incarnation de la Révolution cubaine. Avec la mort de Fidel Castro, le monde perd un homme qui était pour beaucoup un héros. Il a changé le cours de l’histoire et son influence s’est propagée bien au-delà. Fidel Castro demeure une des figures révolutionnaires du XXe siècle. Il appartiendra à l’histoire de juger son héritage. Jean-Claude Juncker
Fidel Castro était une figure du XXe siècle. Il avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquées. Acteur de la guerre froide, il correspondait à une époque qui s’était achevée avec l’effondrement de l’Union soviétique. Il avait su représenter pour les cubains la fierté du rejet de la domination extérieure. François Hollande
Fidel Castro était un géant de la scène internationale. Aux yeux des militants de ma génération, il incarnait l’esprit de résistance à l’impérialisme américain et la volonté de construire par la révolution une société plus juste. (…) Son oeuvre contrastée sera longtemps discutée ou contestée. Mais on ne peut oublier qu’il restera pour des milliers de latinos américains le Libertador, celui qui aura réussi à faire fasse opiniâtrement à la toute puissance américaine. Jack Lang
Fidel ! Fidel ! Mais qu’est-ce qui s’est passé avec Fidel ? Demain était une promesse. Fidel ! Fidel ! L’épée de Bolivar marche dans le ciel. Jean-Luc Mélenchon
Avec la mort de Fidel Castro disparait  une énorme figure de l’histoire moderne, de l’indépendance nationale et du socialisme du XXe siècle. De la construction d’un système de santé et d’éducation de premier ordre à l’impressionnant bilan de sa politique étrangère, les réalisations de Castro ont été nombreuses. Malgré tous ses défauts, le soutien de Castro à l’Angola a joué un rôle crucial pour mettre fin à l’Apartheid en Afrique du Sud et il restera dans l’histoire comme à la fois un internationaliste et un champion de la justice sociale. Jeremy Corbyn
Sometimes I wonder if Jeremy Corbyn even knows what he’s saying half the time. So often, he appears to be operating on some kind of 1980s student-union auto-pilot. But this is no joke. The latest example of Corbyn’s arrested development is the most serious yet. We now have to recognise that a major political party in Britain is being led by a teenage romantic revolutionary who just happens to be in his sixties. Martin Bright
L’appareil de propagande de l’organisation terroriste Daech a diffusé une séquence vidéo mettant en scène un terroriste parlant français, qui appelle ceux qu’il a été convenu d’appeler les loups solitaires de l’organisation, de perpétrer des attaques au couteau et de poignarder les gens au hasard dans les lieux de grande affluence, dans les capitales et villes des pays qui participent à la coalition qui combat Daech au moyen orient. La vidéo appelle les éléments terroristes à se contenter des attaques à l’arme blanche et à ne pas s’encombrer des attaques aux armes lourdes. C’est, apparemment, ce qu’a décidé de faire l’homme qui a attaqué le campus d’Ohio, ce lundi. Tunisie numérique
Notre volonté, c’est qu’au terme de ses études, chaque étudiant du secondaire ait au minimum été confronté à l’histoire de la colonisation et de la décolonisation au Congo. Mais aussi à celle d’un autre pays ‘à la carte’, en fonction du public scolaire. Catherine Moureaux (députée PS Molenbeeck, Belgique)
Obama will be remembered by historians as the man who turned over the White House to Donald Trump, the man who let Putin unleash the forces of Hell in Syria and Ukraine, and the man who honored European values but made the world steadily less safe for them. That Putin took the occasion of Obama’s final tour to open a wide new air offensive in Syria and withdraw from the ICC even as his allies celebrated victories in Estonia, Moldova and Bulgaria only underlines what a foreign policy disaster the 44th President has been. Many world leaders like Obama; some pity him; few respect him as a leader (rather than as a man); none fear him. Most are too busy coping with the consequences of his failures to spend a lot of time thinking about him at this point in his presidency. Even Germany, whose cheering crowds once greeted Obama as an enlightened internationalist in the mold of John F. Kennedy, has gradually lost faith in the President.The early signs of struggle and factionalism in the Donald Trump transition, meanwhile, are leading many foreigners to suppose that the next American President will be another inconsequential bumbler. We must hope that they are wrong; not even the power of the United States can survive a long string of failed Presidents unscathed. Walter Russell Mead
Une statistique plus brutale marque pourtant mieux que les autres la marque de fabrique du vote républicain. C’est le vote du white male, de l’homme blanc. Seuls 37 % d’entre eux ont voté pour Kerry, contre 62 % pour Bush, un écart considérable qui est près du double de celui enregistré pour les femmes blanches. Bill Clinton avait lancé le concept des soccer moms, ces femmes qui emmènent leurs enfants au soccer(football au sens où nous l’entendons, mais qui est plus chic aux Etats-Unis que le football américain) et qui votent démocrate. Bush capture le vote du nascar dad, qu’on pourrait traduire par le « papa-bagnole, qui se passionne pour les courses automobiles d’Indianapolis et de Daytona. Dans le langage des stratèges électoraux, les nascar dads sont les électeurs mâles, sans études supérieures, qui votaient jadis pour les démocrates et votent désormais pour les républicains. Grâce au Watergate et à la diffusion des enregistrements faits à la Maison Blanche, on sait que Nixon avait clairement saisi l’opportunité de rallier à la cause républicaine les cols bleus choqués par Woodstock et autres manifestations du « déclin de la civilisation occidentale ». C’est Reagan qui pousse à son paroxysme cette capture du vote ouvrier, dont Bush junior récolte les fruits bien mieux que son père. Dans un article publié par la New York Review of Book, « The White Man Unburdened », l’homme blanc privé de son fardeau, l’écrivain Norman Mailer faisait la liste de tout ce que l’homme blanc a perdu au cours des trente dernières années : son statut, son salaire, son autorité, ses athlètes (blancs) préférés…, pour expliquer le ralliement à la guerre irakienne de Bush (voir aussi le texte d’Arlie Hochschild « Let them eat war » sur tomdispatch.com). Il n’est pas besoin d’une longue démonstration pour voir apparaître, derrière un langage différent (la religion, le droit au port d’armes…), les mêmes traits qui ont expliqué en France le vote ouvrier en faveur de Le Pen. Loin d’apparaître comme un continent bizarre, si loin désormais de l’Europe, l’Amérique est soumise à un processus identique. Les mots pour le dire ne sont pas les mêmes, mais c’est le même désamour entre la gauche et la classe ouvrière qui s’est joué des deux côtés de l’Atlantique, qui marque dans les deux cas l’aboutissement d’un long processus de déracinement du monde ouvrier. Daniel Cohen
Il n’y a de compétences que s’il y a des connaissances (…) la société française utilise la loi et le dogme républicains pour éviter toute transparence. La société française est malade de son rapport à la réalité. Tous ceux qui refusent les statistiques sont du côté de l’égalité formelle et veulent que rien ne change. Laurent Bigorgne (Institut Montaigne)
La vérité qui dérange, (…) c’est l’enquête de l’IFOP menée par l’Institut Montaigne sur les musulmans de France. Elle dérange tant que nul n’ose s’indigner. L’enquête est présentée avec une distance embarrassée. Rien à dire a priori sur un sondage réalisé en juin à partir d’un échantillon de 15 459 personnes et qui a isolé 874 personnes de religion musulmane. Et certains résultats laissent pantois. 29 % des musulmans interrogés pensent que la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République, 40 % que l’employeur doit s’adapter aux obligations religieuses de ses salariés, 60 % que les filles devraient avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée. 14 % des femmes musulmanes refusent de se faire soigner par un médecin homme, et 44 % de se baigner dans une piscine mixte. L’Institut Montaigne et leurs rédacteurs Hakim El Karoui et Antoine Jardin ressemblent un peu à Alain Juppé, qui rêve d’une identité heureuse, et affirment qu’« un islam français est possible ». Mais le constat est inquiétant sur la sous-catégorie musulmane la plus « autoritaire » : « 40 % de ses membres sont favorables au port du niqab, à la polygamie, contestent la laïcité et considèrent que la loi religieuse passe avant la loi de la République », écrit l’Institut Montaigne. Cette sous-catégorie représenterait 13 % de l’ensemble des musulmans. L’IFOP chiffrant les musulmans à 5,6 % de la population de plus de 15 ans, nous en déduisons que l’effectif concerné atteint plusieurs centaines de milliers de personnes. Le chiffre qui dérange. L’intégration correcte de la très grande majorité des musulmans ne doit pas non plus conduire à nier une réalité qui, si elle est minoritaire, ne semble pas marginale. (…) Les populations sont sages lorsqu’elles sont traitées en adultes. Les Britanniques multiplient à outrance les comptages ethniques. Le gouvernement allemand publie chaque année les statistiques de criminalité par nationalité. On y constate une surcriminalité des étrangers, mais dont les causes sont expliquées, et les Allemands se concentrent sur leur évolution. En France, on est livrés aux diatribes d’un Eric Zemmour, qui séduira tant qu’on sera incapable d’objectiver sereinement les faits. (…) Les élites ont perdu de leur crédibilité, en minimisant les inégalités délirantes aux Etats-Unis, tardivement mises en évidence par Thomas Piketty, et en ne prêtant pas attention aux perdants de la mondialisation. L’essentiel est de prendre à bras-le-corps les batailles de demain, pour que les populistes ne puissent pas dire « Je vous l’avais bien dit ». Ainsi, ne sous-estimons pas Nicolas Sarkozy, qui cherche pour des raisons électoralistes à évacuer le réchauffement climatique par une autre vérité qui dérange, l’explosion démographique de l’Afrique. Ne pas traiter ce sujet sérieusement, c’est redonner la main aux populistes. Arnaud Leparmentier (Le Monde)
Les élites « qui apprécient le dynamisme et l’authenticité des quartiers ethniques avec leurs merveilleux restaurants (…) n’envoient pas leurs enfants dans les écoles pleines d’enfants immigrés qui ressemblent à des centres de détention juvénile. Matthew B. Crawford (Esprit, octobre 2016)
La tragique élection de Trump a l’avantage de clarifier la situation politique d’ensemble. Le Brexit n’était pas une anomalie. Autant qu’on le sache et qu’on se prépare pour la suite. Chacune des grandes nations qui ont initié le marché mondial se retire l’une après l’autre du projet. Le prolongement de cette démission volontaire est d’une clarté terrible : d’abord l’Angleterre ; six mois plus tard les Etats Unis, qui aspirent à la grandeur des années 1950. Et ensuite ? Si l’on suit les leçons de l’histoire, c’est probablement, hélas, au tour de la France, avant celui de l’Allemagne. Les petites nations se sont déjà précipitées en arrière : la Pologne, la Hongrie et même la Hollande, cette nation pionnière de l’empire global. L’Europe unie, ce prodigieux montage inventé après la guerre pour dépasser les anciennes souverainetés, se retrouve prise à contre-pied. C’est un vrai sauve-qui-peut : « Tous aux canots ! » Peu importe l’étroitesse des frontières pourvu qu’elles soient étanches. Chacun des pays qui ont contribué à cet horizon universel de conquête et d’émancipation va se retirer des institutions inventées depuis deux siècles. Il mérite bien son nom, l’Occident, c’est devenu l’empire du soleil couchant… Parfait, nous voilà prévenus et peut-être capables d’être un peu moins surpris. Car enfin, c’est bien l’incapacité à prévoir qui est la principale leçon de ce cataclysme : comment peut-on se tromper à ce point ? Tous les sondages, tous les journaux, tous les commentateurs, toute l’intelligentsia. C’est comme si nous n’avions aucun des capteurs qui nous auraient permis d’entrer en contact avec ceux que l’on n’a même pas pu désigner d’un terme acceptable : les « hommes blancs sans diplôme », les « laissés-pour-compte de la mondialisation » — on a même essayé les « déplorables ». C’est sans doute une forme de peuple, mais à qui nous n’avons su donner ni forme ni voix. Je reviens de six semaines sur les campus américains, je n’ai pas entendu une seule analyse un peu dérangeante, un peu réaliste sur ces « autres gens », aussi invisibles, inaudibles, incompréhensibles que les Barbares aux portes d’Athènes. Nous, « l’intelligence », nous vivons dans une bulle. Disons sur un archipel dans une mer de mécontentements. Bruno Latour
Un conseil aux candidats à la présidentielle en France : fuyez les artistes et les intellectuels. Ne leur demandez pas de faire campagne, ne les faites pas monter sur l’estrade. Surtout si vous avez envie de l’emporter. On doutait déjà qu’une actrice ou qu’un rockeur fassent gagner des voix. Mais on ne savait pas qu’ils pouvaient en faire perdre. C’est une leçon de l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Jamais on n’a vu le monde culturel s’engager à ce point, en l’occurrence pour Hillary Clinton. Aucun candidat n’avait reçu autant d’argent. De cris d’amour aussi – sur scène, à la télévision, sur les réseaux sociaux. On a même eu droit à la chanteuse Katy Perry qui se déshabille dans une vidéo pour inciter à voter Clinton, ou Madonna promettre de faire une fellation aux indécis. En face, Trump n’avait personne ou presque. Il n’a reçu que 500 000 dollars (environ 470 000 euros) d’Hollywood contre 22 millions de dollars pour la candidate démocrate. Alors il a moqué ce cirque à paillettes, dénoncé le star system, donc le système. Et il a gagné. Clinton a joué à fond les étoiles les plus brillantes, et elle a perdu. Prenons sa fin de campagne. Le 4 novembre, elle monte sur scène avec le couple Beyoncé et Jay Z (300 millions d’albums vendus à eux deux), à Cleveland, dans l’Ohio. Le 5, Katy Perry chante pour elle à Philadelphie (Pennsylvanie). Le 7, veille du scrutin, elle apparaît dans un meeting/concert de Jon Bon Jovi et de Bruce Springsteen devant 40 000 personnes, toujours à Philadelphie, puis finit la soirée à minuit avec Lady Gaga à Raleigh, en Caroline du Nord. Dans tous ces Etats clés, elle a perdu. Dans le même temps, Donald Trump a multiplié les meetings sur les tarmacs d’aéroports en disant qu’il n’a pas besoin de célébrités, puisqu’il a « le peuple des oubliés » – du pays et de la culture – avec lui. L’historien américain Steven Laurence Kaplan s’est indigné des mots de Trump qualifiant untel de stupide, de débile, de névrosé ou de raté, et traitant des femmes de « grosses cochonnes ». Il a raison. Mais il aurait pu ajouter que des notables culturels ont qualifié le candidat républicain de brute (Chris Evans), d’immonde (Judd Apatow), de porc (Cher), de clown (Michael Moore) ou de psychopathe (Moby). Robert De Niro, avant le scrutin, voulait lui mettre son poing dans la gueule. Chaque injure a fait grossir le camp conservateur et fait saliver son candidat. Car deux mondes s’ignorent voire se méprisent, séparés par un Grand Canyon de haine. Non pas les riches face aux pauvres. La fracture est culturelle et identitaire. Ceux qui ont gagné se sentent exclus du champ culturel et universitaire, et souvent le méprisent. Les perdants leur rendent bien ce mépris, les jugeant réactionnaires, racistes, etc., sans même voir que le monde se droitise.(…) L’autocritique du vaste champ culturel pourrait aller plus loin, sur le terrain de l’hypocrisie. Celle des artistes d’abord, dont l’engagement, souvent imprégné de pathos, apaise leur conscience, mais est souvent perçu comme faisant partie de leur spectacle permanent, dont ils tirent profit, et dont ils se détachent aussi vite pour retrouver, une fois déculpabilisés, leur monde ultra-protégé. Le meilleur exemple est Madonna qui, durant la soirée qui précède le vote, s’est mêlée à des badauds new-yorkais (des convaincus) pour improviser un bref concert en finissant par « demain sauvez ce pays en votant Hillary ». Les intellectuels des campus, quant à eux, insupportent le vote Trump par leur façon de lui faire la morale, de défendre un modèle multiculturel comme s’il s’agissait d’un paradis de fleurs. Ils font culpabiliser les riches en leur disant d’être plus généreux et les pauvres en leur disant d’accepter leurs voisins étrangers, sans vraiment montrer l’exemple. (…) On l’aura compris, la France culturelle et multiculturelle – c’est la même – a beaucoup à apprendre de cette élection passée, et à craindre de celle de 2017. Si elle ne se bouge pas. Michel Guerrin
If progressives will not heed principle, then maybe they will heed arithmetic. Make identity politics the main operational model in a country that is two-thirds white and 50 percent or so male, and what do you expect? President-elect Trump might have some thoughts on that. Kevin D. Williamson
L’immigration massive ayant été érigée en dogme moral et en nécessité économique, les classes moyennes occidentales ont vu surgir au sein de leurs villes, de leurs quartiers et de leurs écoles, parfois jusqu’à les dominer, des populations dont la culture est certes respectable mais, dans le cas de l’islam, radicalement distincte de la leur, dans son rapport aux femmes, à la liberté de conscience, à la démocratie. Cette immigration, dans la réalité des faits, n’est pas choisie, mais subie. Quand, après trente années de ce régime migratoire, les mêmes « gens ordinaires » constatent que des candidats à la migration se pressent toujours plus nombreux à leurs frontières, ils se posent légitimement la question de la perpétuation de leur mode de vie. Comment s’étonner que le dogme de l’immigration anarchique soit rejeté ? Cela indépendamment de la question du terrorisme (alors qu’il est par exemple établi que dix des douze auteurs des effroyables attentats de Paris, le 13 novembre 2015, se sont inflitrés en Europe comme migrants, cfr. Le Figaro, 12 novembre 2016). Pour compléter la tableau, relevons la guerre culturelle qui est menée aux classes moyennes, sur la seule foi du sexe et de la couleur de la peau. Examinons les deux aspects de ce Kulturkampf. D’abord, la théorie du genre, selon laquelle la distinction des sexes masculin et féminin est une invention culturelle (Judith Butler, Anne Fausto-Sterling). Au nom de cette idéologie, dans l’infini chatoiement de ses variétés académiques et médiatiques, des minorités sexuelles en sont venues à exiger l’éradication de la référence à l’hétérosexualité, vécue comme oppressive et stigmatisante. La revendication est de brouiller les genres, en les multipliant à l’infini, et de quitter la notion — statistiquement incontestable — de « normalité » hétérosexuelle. D’où ces polémiques, souvent émaillées de violences, pour décider de la question de savoir si les « queer » et transgenres peuvent, ou pas, accéder aux vestiaires sportifs, scolaires et toilettes de leur sexe biologique, ou de leur sexe choisi, ou les deux, et comment vérifier ? Des parents se posent légitimement la question de savoir si leur petite fille de six ou sept ans risque de croiser dans les toilettes une « femme » de 45 ans avec ce que l’on appelait autrefois un sexe masculin entre les jambes. Se fédère à ces polémiques l’hostilité de principe témoignée au garçon hétérosexuel, institué en dépositaire de la sexualité « du passé », ce qui justifie qu’il soit rééduqué dès la plus tendre enfance — à l’école —, discriminé lors de son entrée éventuelle à l’université, et que le moindre de ses gestes et paroles soit justiciable des tribunaux. Cette guerre du genre est menée avec autant d’âpreté que d’efficacité : la grande majorité des diplômés de l’enseignement supérieur américain et européen sont des femmes, et la réalité biologique de la binarité sexuelle est battue en brèche jusque dans nos textes de loi (Convention d’Istanbul, Conseil de l’Europe, 2011). Vient enfin la résurgence du racisme. D’abord, il y eut le discours anti-raciste, réprouvant le rejet d’une personne sur la seule foi de sa race. L’écrasante majorité des Occidentaux ont acquiescé à ce discours. Toutefois une rhétorique subtile s’est enclenchée, particulièrement dans des pays comme les Etats-Unis et la France, jusqu’à permettre, puis encourager, la mise en accusation des populations blanches. Ainsi des « safe spaces » se sont-ils multipliés sur les campus américains, c’est-à-dire des espaces réservés aux minorités, pour leur permettre de se soustraire à la présence réputée suffocante des Américains « caucasiens ». Dit autrement, les étudiants blancs se voient refuser l’accès de certaines zones du campus sur la seule foi de la couleur de leur peau. Paradoxal retournement d’un discours anti-raciste qui en vient à légitimer, souvent par la violence, des pratiques racialistes au sens strict. Ainsi du discours sur le « white privilege », soit l’idée qu’un Américain blanc est privilégié du seul fait de la couleur de sa peau, quels que soient ses origines et milieu social, et que la loi doit donc discriminer en sa défaveur, toujours sur la seule foi de la couleur de sa peau. Considérons ce répertoire de journalistes récemment créé sous l’égide du gouvernement francophone belge, dont l’objet est d’inclure d’une part les femmes, d’autre part les « hommes et femmes issus de la diversité », ce qui exclut qui ? Les hommes blancs, avec pour seul critère la couleur de leur peau. Racisme, vous avez dit proto-fascisme ? Qui ne voit que ces discours et pratiques reposent sur les notions de responsabilité raciale collective, et de responsabilité à travers les âges, soit très exactement les concepts qui ont, de tout temps, fondé l’antisémitisme, comme Sartre l’a montré dans ses Réflexions sur la question juive ? Ce racisme au nom de l’anti-racisme, les classes moyennes occidentales n’y consentent plus. Il est à noter que cette guerre sexuelle et racialiste menace les gens ordinaires, non seulement dans leurs conditions d’existence (impôt, normes, quartiers), mais dans leur être naturel (sexe, couleur de la peau). Qu’un rejet radical — une révolution, selon Stephen Bannon, éminence grise du nouveau président américain — se dessine, est-ce surprenant ? Drieu Godefridi
Nous sommes devenus habités par l’idée que nous ne sommes pas des citoyens qui ont été modelés par un certain nombre de pratiques et de traditions que nous chérissons parce que nous sommes membres d’un Etat qui est notre maison. Nous nous voyons plutôt comme les porteurs de telle ou telle identité, qui serait la seule chose importante à dire sur nous. Si l’on suit ce chemin, le but de l’Etat n’est plus d’être le médiateur des intérêts des citoyens, mais le distributeur de ressources basées sur ce qui vous est dû, en raison de votre identité. (…) Si vous êtes afro-américain, ne mentionnez pas s’il vous plaît  que vous croyez en Dieu et allez à l’église; la politique de l’identité ne laisse aucune place au christianisme – bien qu’elle s’incline devant une pureté imaginaire de l’islam. Femmes? Vous pouvez avoir des craintes sur la façon dont la prolifération des «identités» de genre pèse sur votre lutte unique pour équilibrer et pour donner un sens aux exigences conflictuelles de la vie familiale et professionnelle. Vous ne devez cependant rien dire. Toute identité de genre imaginée doit être respectée. Vous pensiez que vous étiez spéciales, mais vous ne l’êtes pas. Nous vivons dans un monde où tout est possible. Quiconque parle de limites, de contraintes, est «phobique» d’une manière ou d’une autre. L’esprit bourgeois qui a construit l’Amérique, l’intérêt de gagner beaucoup d’argent, d’avoir «réussi», de prendre des risques – avant tout la force de l’âme nécessaire pour affronter l’échec et revenir plus fort – sont méprisés. Personne n’ose parler dans un monde politiquement correct. Les sentiments pourraient être blessés; les gens peuvent se sentir «mal à l’aise». Les avertissements de contenus sensibles et les «espaces sûrs» occupent notre attention. La tâche dans le monde hautement chorégraphié de la «politique de l’identité» n’est pas de durcir mais de domestiquer. Pas de combats. Pas d’insultes auxquelles nous répondons avec force et confiance en soi et assurance. Même par le rire! Partout: les protections rendues possibles par le Grand Protecteur – l’Etat – car nous ne pouvons pas nous montrer à la hauteur de l’occasion. La grandeur importe; si nous voulons l’avoir, personnellement et en tant que pays, nous devons rejeter le discours politiquement correct qui, en nous protégeant de la souffrance, fait de nous sa victime à perpétuité. Sur chacune de ces questions – les frontières, l’immigration, l’intérêt national, l’esprit d’entreprise, le fédéralisme et le discours politiquement correct – Hillary Clinton répond avec la novlangue de « la mondialisation et de la politique de l’identité », le langage qui nous a donné un monde qui est à présent épuisé, vicié et irrécupérable. C’est contre ce genre de monde que les citoyens se révoltent. Et pas seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et en Grande-Bretagne. Les idées de «mondialisation» et de «politique de l’identité» qui nous ont fascinés après la guerre froide appartiennent maintenant à la poubelle de l’histoire. La question, plus importante que la question des personnalités de Hillary Clinton et de Donald Trump, est de savoir si nous aurons une nouvelle administration qui les autorise et essaie de résoudre nos problèmes à travers leur objectif. Joshua Mitchell
One of the many lessons of the recent presidential election campaign and its repugnant outcome is that the age of identity liberalism must be brought to an end. Hillary Clinton was at her best and most uplifting when she spoke about American interests in world affairs and how they relate to our understanding of democracy. But when it came to life at home, she tended on the campaign trail to lose that large vision and slip into the rhetoric of diversity, calling out explicitly to African-American, Latino, L.G.B.T. and women voters at every stop. This was a strategic mistake. If you are going to mention groups in America, you had better mention all of them. If you don’t, those left out will notice and feel excluded. Which, as the data show, was exactly what happened with the white working class and those with strong religious convictions. Fully two-thirds of white voters without college degrees voted for Donald Trump, as did over 80 percent of white evangelicals. (…) the fixation on diversity in our schools and in the press has produced a generation of liberals and progressives narcissistically unaware of conditions outside their self-defined groups, and indifferent to the task of reaching out to Americans in every walk of life. At a very young age our children are being encouraged to talk about their individual identities, even before they have them. By the time they reach college many assume that diversity discourse exhausts political discourse, and have shockingly little to say about such perennial questions as class, war, the economy and the common good. In large part this is because of high school history curriculums, which anachronistically project the identity politics of today back onto the past, creating a distorted picture of the major forces and individuals that shaped our country. (The achievements of women’s rights movements, for instance, were real and important, but you cannot understand them if you do not first understand the founding fathers’ achievement in establishing a system of government based on the guarantee of rights.) When young people arrive at college they are encouraged to keep this focus on themselves by student groups, faculty members and also administrators whose full-time job is to deal with — and heighten the significance of — “diversity issues.” Fox News and other conservative media outlets make great sport of mocking the “campus craziness” that surrounds such issues, and more often than not they are right to. Which only plays into the hands of populist demagogues who want to delegitimize learning in the eyes of those who have never set foot on a campus. How to explain to the average voter the supposed moral urgency of giving college students the right to choose the designated gender pronouns to be used when addressing them? How not to laugh along with those voters at the story of a University of Michigan prankster who wrote in “His Majesty”? This campus-diversity consciousness has over the years filtered into the liberal media, and not subtly. Affirmative action for women and minorities at America’s newspapers and broadcasters has been an extraordinary social achievement — and has even changed, quite literally, the face of right-wing media, as journalists like Megyn Kelly and Laura Ingraham have gained prominence. But it also appears to have encouraged the assumption, especially among younger journalists and editors, that simply by focusing on identity they have done their jobs. (…) How often, for example, the laziest story in American journalism — about the “first X to do Y” — is told and retold. Fascination with the identity drama has even affected foreign reporting, which is in distressingly short supply. However interesting it may be to read, say, about the fate of transgender people in Egypt, it contributes nothing to educating Americans about the powerful political and religious currents that will determine Egypt’s future, and indirectly, our own. (…) The media’s newfound, almost anthropological, interest in the angry white male reveals as much about the state of our liberalism as it does about this much maligned, and previously ignored, figure. A convenient liberal interpretation of the recent presidential election would have it that Mr. Trump won in large part because he managed to transform economic disadvantage into racial rage — the “whitelash” thesis. This is convenient because it sanctions a conviction of moral superiority and allows liberals to ignore what those voters said were their overriding concerns. It also encourages the fantasy that the Republican right is doomed to demographic extinction in the long run — which means liberals have only to wait for the country to fall into their laps. The surprisingly high percentage of the Latino vote that went to Mr. Trump should remind us that the longer ethnic groups are here in this country, the more politically diverse they become. Finally, the whitelash thesis is convenient because it absolves liberals of not recognizing how their own obsession with diversity has encouraged white, rural, religious Americans to think of themselves as a disadvantaged group whose identity is being threatened or ignored. Such people are not actually reacting against the reality of our diverse America (they tend, after all, to live in homogeneous areas of the country). But they are reacting against the omnipresent rhetoric of identity, which is what they mean by “political correctness.” Liberals should bear in mind that the first identity movement in American politics was the Ku Klux Klan, which still exists. Those who play the identity game should be prepared to lose it. (…) To paraphrase Bernie Sanders, America is sick and tired of hearing about liberals’ damn bathrooms. Mark Lilla (Columbia)
The death of Fidel Castro was the first foreign policy test for President-elect Donald Trump and he acquitted himself brilliantly. For anyone who thought that his tough talk was just campaign bluster, witness the incredibly strong statement made about the bloody Cuban strongman (…) For those of us used to President Barack Obama’s bland, milquetoast amorality on world affairs, and his practiced refusal to condemn evil, Trump’s words are a breath of fresh air and, God willing, portend a new American foreign policy based on the American principles of holding murderers accountable. Contrast Trump’s words with Obama’s perfection in saying absolutely nothing (…) This neutral nonsense betrays a cowardly refusal to condemn Castro as a tyrant. Most memorable is President Obama’s unique ability to make Castro’s death about himself and his own presidency. Perhaps President Obama forgot that he is leader of the free world and could have used the death of a dictator to say something about the importance of human liberty and human rights. But why, after eight years of Obama cozying up to Erdogan of Turkey and, worse, Ayatollah Khameini of Iran, should we expect anything else? (…) I have long said that President Obama’s greatest failure as a leader is his refusal to hate and condemn evil. Could there be any greater confirmation than this, and just six weeks before he leaves office? But while Trump distinguished himself as a leader prepared to bravely express his hatred of evil, virtually every other world leader followed President Obama instead, disgracing themselves to various degrees. I put them in three categories: brownnosers, appeasers, and suckups. Taking the pole position of brown-noser-in-chief is Canadian Prime Minister Justin Trudeau. His obsequiousness to the murderous Castro was so great that it read like parody (…) Here you have the leader of one of the Western world’s greatest democracies saying that an autocrat who murdered his people and ruled over them with an iron fist was loved by them. (…) Then there are the appeasers, those world leaders with no backbone, and who have probably set their sights on their countries opening up a beach resort in Cuba, or who will use Castro’s crimes to cover up their own. Bashar Assad of Syria, a man better known for gassing Arab children than writing eloquent eulogies said, “The name Fidel Castro will remain etched in the minds of all generations, as an inspiration for all the peoples seeking true independence and liberation from the yoke of colonization and hegemony.” U.N. Secretary-General Ban Ki Moon, a man who never met a dictator he couldn’t coddle, expressed how « at this time of national mourning, I offer the support of the United Nations to work alongside the people of the island. » I would never have thought Vladimir Putin of Russia a suckup, but how else to explain hailing Fidel Castro as a « wise and strong person » who was « an inspiring example for all countries and peoples.” Kind of stomach-turning.  But perhaps the most disappointing comment came from Pope Francis who sent a telegram to Raúl Castro: « Upon receiving the sad news of the passing of your beloved brother, the honorable Fidel Castro … I express my sadness to your excellency and all family members of the deceased dignitary … I offer my prayers for his eternal rest.” If there is any spiritual justice in the world the only place Castro will rest is in a warm place in Hell. The Pope, to whom so many millions, including myself, look to for moral guidance, on this occasion can look to the president-elect of the United States for the proper response in the confrontation with evil.  
La réaction de Barack Obama, l’islamo-gauchiste encore présent à la Maison Blanche, au moment de l’annonce du décès de Fidel Castro a été digne d’un disciple de Fidel Castro : prétendre tendre la main au peuple cubain tout en évoquant le statut “historique” d’un abject dictateur est méprisable. Le peuple cubain souffre sous le joug totalitaire depuis près de six décennies et lui tendre la main ne passe pas par l’évocation du statut “historique” du principal responsable de la souffrance subie. La réaction de Donald Trump a été infiniment plus digne, et a été celle d’un vrai Président des Etats Unis. Donald Trump a appelé le dictateur par son nom de dictateur, a rappelé ses multiples crimes, et a dit souhaiter la liberté pour les Cubains. La presse internationale, tout particulièrement en France, a, de manière générale, usé de mots élogieux pour décrire le mort. Elle continue, ce qui n’est pas étonnant. (…) L’ »ouverture” voulue ces dernières années par le pape François, pratiquée par Barack Obama, et, aussi, par le crétin de l’Elysée, est une façon de renflouer les caisses de la dictature, sans que rien n’ait changé aux pratiques de la dictature : c’est donc une assistance à dictature en danger, et un crime supplémentaire contre le peuple cubain. (…) La nostalgie de ceux qui parlent de Fidel le “révolutionnaire” est obscène : mais les gens de gauche sont souvent obscènes et n’ont aucun sens des valeurs éthiques les plus élémentaires. Ils marchent chaque jour sur des millions de cadavres suppliciés. Ils détestent Trump, élu démocratiquement, mais admirent l’assassin Fidel Castro comme ils ont admiré tant d’autres assassins : Lénine, Ho Chi Minh, Arafat, etc. Guy Millière

Et si pour une fois c’était les peuples qui avaient vu juste ?

A l’heure où après les avertissements des peuples qu’ont constitué, coup sur coup et contre tous les pronostics, les résultats du référendum britannique comme du véritable plébiscite de Trump ou de Fillon

Et la confirmation du véritable désastre qu’auront été, entre abandon criminel du Moyen-Orient et campagne aussi insignifiante que futile pour le mariage ou les toilettes pour tous, les politiques complètement déconnectées du réel de nos Obama, Hollande ou Merkel …

Nos donneurs de leçons en rajoutent sur l’incompétence du président-élu américain et, à défaut de pouvoir changer le peuple, appellent des deux côtés de l’Atlantique à contester dans la rue le résultat des urnes  …

Et qu’entre première présentatrice de télévision voilée au Canada et première candidate à l’élection de Miss America en burkini (ou était-ce homosexuelle ?) …

Ou entre deux attaques à la voiture-bélier ou pyromanes de nos chers réfugiés – pardon – loups solitaires auto-radicalisés via les consignes numériques de l’Etat islamique  …

Nos médias et nos élus (à quand après les cours islamiques  anglaises, les cours d’histoire aménagée selon l’origine des élèves ?) continuent à coup de « premières » leur matraquage multiculturaliste …

Devinez qui parmi l’ensemble des dirigeants de la planète …

Contre l’incroyable déni et auto-aveuglement de toute une génération d’élites nourries au petit lait de la mondialisation et de l’identité heureuses …

Et les tomberaux d’hommages qui ont salué la mort d’un des plus notoires dictateurs de la planète  ..

Aura eu le courage – ou le simple bon sens – d’appeler un chat un chat !

Fidel Castro, criminel contre l’humanité
Guy Millière

Dreuz

29 novembre 2016

La réaction de Barack Obama, l’islamo-gauchiste encore présent à la Maison Blanche, au moment de l’annonce du décès de Fidel Castro a été digne d’un disciple de Fidel Castro : prétendre tendre la main au peuple cubain tout en évoquant le statut “historique” d’un abject dictateur est méprisable.

Le peuple cubain souffre sous le joug totalitaire depuis près de six décennies et lui tendre la main ne passe pas par l’évocation du statut “historique” du principal responsable de la souffrance subie. La réaction de Donald Trump a été infiniment plus digne, et a été celle d’un vrai Président des Etats Unis. Donald Trump a appelé le dictateur par son nom de dictateur, a rappelé ses multiples crimes, et a dit souhaiter la liberté pour les Cubains.

La presse internationale, tout particulièrement en France, a, de manière générale, usé de mots élogieux pour décrire le mort. Elle continue, ce qui n’est pas étonnant.

Il faut donc le souligner une fois de plus.

Fidel Castro a été un dictateur féroce, dès son arrivée au pouvoir en 1959. Il s’est emparé de Cuba par la force des armes, y a installé un régime destructeur et barbare à la solde de l’Union Soviétique (et je le souligne : d’emblée à la solde de l’Union Soviétique). Il a fait assassiner des milliers d’opposants, en usant au commencement d’un exécuteur des basses oeuvres cruel et sadique appelé Ernesto Che Guevara, parti ensuite pratiquer le terrorisme en Afrique et en Amérique latine. Il a ravagé une économie qui, avant lui, était prospère, a provoqué une chute vertigineuse du niveau de vie du pays, aboli toutes les libertés, suscité l’exode de centaines de milliers de Cubains vers les Etats-Unis, volé des propriétés immobilières et des entreprises par centaines, transformé l’île en une grande prison.

Il faut le rappeler, Fidel Castro a failli provoquer une guerre mondiale en octobre 1962 quand il a accepté (ce qui était logique puisqu’il était un agent soviétique) l’installation de missiles nucléaires soviétiques à Cuba, missiles braqués vers les Etats Unis en un temps où l’Union Soviétique affichait ses intentions destructrices vis-à-vis de la principale puissance du monde libre. Fidel Castro a demandé explicitement à l’époque à l’Union Soviétique d’utiliser les missiles nucléaires installés à Cuba pour détruire les Etats-Unis. Nikita Khrouchtchev a refusé.

Il faut le rappeler aussi, Fidel Castro est le seul et unique responsable de la rupture de toute relation commerciale ou autre entre Cuba et les Etats-Unis. A l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir, les Etats-Unis ont eu une attitude neutre, voire positive, vis-à-vis du nouveau régime : l’antipathie est vite venue, avec les exécutions sommaires, l’instauration de la dictature, la confiscation de toutes les entreprises américaines, la transformation de l’île en base soviétique.

Et il faut le dire : l’absence de toute relation entre Cuba et les Etats-Unis n’a jamais empêché Cuba sous Castro de commercer avec le reste du monde. La ruine économique de Cuba a une cause et une seule : la destruction de l’économie de marché et des structures de production du pays par des criminels sanguinaires, incompétents, vicieux, et méprisants envers l’être humain. Des gens tels qu’Hugo Chavez au Venezuela ou Jean-Luc Mélenchon s’il arrivait au pouvoir en France. Le crétin de l’Elysée, après avoir qualifié (comme Obama) Fidel Castro de grande figure historique, a incriminé l’embargo américain. Il aurait mieux fait d’incriminer les causes de la ruine de Cuba et de demander comme Trump un retour à la liberté à Cuba, mais le crétin en question étant socialiste, ce serait trop lui demander.

Il faut le dire : l’expédition de la Baie des Cochons fut une expédition libératrice qui aurait pu permettre au peuple cubain de retrouver la liberté face à la férocité qui s’abattait déjà sur lui. Elle a échoué à cause de la pusillanimité de John Kennedy, qui a retiré aux forces cubaines libres les moyens logistiques et l’appui qui leur avait été promis, cela au moment même où elles débarquaient. Si John Kennedy n’était pas mort à Dallas en 1963, le monde aurait fini par s’apercevoir qu’il était, outre un obsédé sexuel, un mauvais Président. Les Cubains de Floride se souviennent et savent que les démocrates sont, en général, des traîtres.

Il faut l’ajouter : le discours qui imprègne les grands médias aujourd’hui disant que, sous Battista, Cuba était un lieu de débauche et de prostitution est particulièrement infect. Cuba sous Battista avait un niveau de vie équivalent à celui de l’Italie de l’époque, et La Havane était une ville de casinos où la prostitution existait, une sorte de Las Vegas tropical. Des clubs de vacance existaient, les salaires allaient aux employés. Ces dernières années, quand les frères Castro ont eu besoin d’argent, des clubs de vacance ont ouvert, les salaires sont versés par les entreprises qui ont ouvert les clubs au gouvernement cubain, qui donne une pitance (20 dollars) équivalant à deux pour cent des salaires aux employés cubains utilisés, qui n’ont pas l’autorisation de ramener de la nourriture jetée dans les poubelles des clubs à leurs familles qui crèvent de faim. Les jeunes filles se prostituent pour un prix modique parce qu’elles crèvent de faim elles aussi.

Il faut l’ajouter : Fidel Castro n’a rien apporté au peuple cubain, sinon la souffrance et la mort. La médecine cubaine pour les Cubains est digne de celle du pire pays du tiers-monde (même les médicaments de base tels l’aspirine sont rationnés) tandis que des hôpitaux traitent, pour des sommes élevées de riches clients étrangers, tous les bénéfices allant au régime. Cuba était un pays très alphabétisé avant Castro, la différence est que l’alphabétisation désormais est totalement imprégnée de propagande léniniste monolithique.

L’ »ouverture” voulue ces dernières années par le pape François, pratiquée par Barack Obama, et, aussi, par le crétin de l’Elysée, est une façon de renflouer les caisses de la dictature, sans que rien n’ait changé aux pratiques de la dictature : c’est donc une assistance à dictature en danger, et un crime supplémentaire contre le peuple cubain.

La joie des Cubains de Floride est très logique et pleinement légitime. Les Cubains encore à Cuba ne peuvent exprimer la moindre joie sans risquer d’avoir à le payer cher.

La nostalgie de ceux qui parlent de Fidel le “révolutionnaire” est obscène : mais les gens de gauche sont souvent obscènes et n’ont aucun sens des valeurs éthiques les plus élémentaires. Ils marchent chaque jour sur des millions de cadavres suppliciés. Ils détestent Trump, élu démocratiquement, mais admirent l’assassin Fidel Castro comme ils ont admiré tant d’autres assassins : Lénine, Ho Chi Minh, Arafat, etc.

Que les cendres de Fidel Castro soient destinées à reposer là où se trouve la sépulture de José Marti, qui était un libéral, un démocrate, un défenseur de la liberté de parole, et qui est mort lors de la décolonisation de Cuba, menée grâce aux Etats-Unis en 1895, est une insulte à la mémoire de José Marti, dont Fidel Castro a piétiné l’héritage.

Voir aussi:

 While others fawn, Trump buries Castro with the truth

The death of Fidel Castro was the first foreign policy test for President-elect Donald Trump and he acquitted himself brilliantly.

For anyone who thought that his tough talk was just campaign bluster, witness the incredibly strong statement made about the bloody Cuban strongman:

Today, the world marks the passing of a brutal dictator who oppressed his own people for nearly six decades. Fidel Castro’s legacy is one of firing squads, theft, unimaginable suffering, poverty and the denial of fundamental human rights.

While Cuba remains a totalitarian island, it is my hope that today marks a move away from the horrors endured for too long, and toward a future in which the wonderful Cuban people finally live in the freedom they so richly deserve.

For those of us used to President Barack Obama’s bland, milquetoast amorality on world affairs, and his practiced refusal to condemn evil, Trump’s words are a breath of fresh air and, God willing, portend a new American foreign policy based on the American principles of holding murderers accountable.

Contrast Trump’s words with Obama’s perfection in saying absolutely nothing:

Today, we offer condolences to Fidel Castro’s family, and our thoughts and prayers are with the Cuban people. For nearly six decades, the relationship between the United States and Cuba was marked by discord and profound political disagreements.

During my presidency, we have worked hard to put the past behind us, pursuing a future in which the relationship between our two countries is defined not by our differences but by the many things that we share as neighbors and friends — bonds of family, culture, commerce, and common humanity.

This neutral nonsense betrays a cowardly refusal to condemn Castro as a tyrant. Most memorable is President Obama’s unique ability to make Castro’s death about himself and his own presidency.

Perhaps President Obama forgot that he is leader of the free world and could have used the death of a dictator to say something about the importance of human liberty and human rights. But why, after eight years of Obama cozying up to Erdogan of Turkey and, worse, Ayatollah Khameini of Iran, should we expect anything else?

Indeed, his Secretary of State John Kerry, whose tenure has been distinguished by near-total capitulation to Iran, the world’s foremost state sponsor of terrorism, said of Castro: « We extend our condolences to the Cuban people today as they mourn the passing of Fidel Castro … He played an outsized role in their lives, and he influenced the direction of regional, even global affairs.”

I’d be outraged if I were not already asleep.

I have long said that President Obama’s greatest failure as a leader is his refusal to hate and condemn evil. Could there be any greater confirmation than this, and just six weeks before he leaves office?

But while Trump distinguished himself as a leader prepared to bravely express his hatred of evil, virtually every other world leader followed President Obama instead, disgracing themselves to various degrees. I put them in three categories: brownnosers, appeasers, and suckups.

Taking the pole position of brown-noser-in-chief is Canadian Prime Minister Justin Trudeau. His obsequiousness to the murderous Castro was so great that it read like parody:

“Fidel Castro was a larger than life leader who served his people for almost half a century.” Trudeau added that Castro was “Cuba’s longest serving President.”

Notice that Castro “served” rather than ruled, and that he was “President” and not « dictator.”

But Trudeau’s just getting started.

“While a controversial figure, both Mr. Castro’s supporters and detractors recognized his tremendous dedication and love for the Cuban people who had a deep and lasting affection for ‘el Comandante…” He continued. Castro was “a legendary revolutionary and orator” and that his death at 90 had brought him “deep sorrow.”

Here you have the leader of one of the Western world’s greatest democracies saying that an autocrat who murdered his people and ruled over them with an iron fist was loved by them.

As an American who loves Canada and has the privilege of hosting a national TV show there, “Divine Intervention,” I am embarrassed for the good people of Canada.

Trudeau’s revolting comments were rightly exposed by Senator Marco Rubio as “shameful and embarrassing,” and by Senator Ted Cruz as “slobbering adulation.”

Then there are the appeasers, those world leaders with no backbone, and who have probably set their sights on their countries opening up a beach resort in Cuba, or who will use Castro’s crimes to cover up their own.

Bashar Assad of Syria, a man better known for gassing Arab children than writing eloquent eulogies said, “The name Fidel Castro will remain etched in the minds of all generations, as an inspiration for all the peoples seeking true independence and liberation from the yoke of colonization and hegemony.”

U.N. Secretary-General Ban Ki Moon, a man who never met a dictator he couldn’t coddle, expressed how « at this time of national mourning, I offer the support of the United Nations to work alongside the people of the island. »

I would never have thought Vladimir Putin of Russia a suckup, but how else to explain hailing Fidel Castro as a « wise and strong person » who was « an inspiring example for all countries and peoples.” Kind of stomach-turning.

But perhaps the most disappointing comment came from Pope Francis who sent a telegram to Raúl Castro: « Upon receiving the sad news of the passing of your beloved brother, the honorable Fidel Castro … I express my sadness to your excellency and all family members of the deceased dignitary … I offer my prayers for his eternal rest.”

If there is any spiritual justice in the world the only place Castro will rest is in a warm place in Hell.

The Pope, to whom so many millions, including myself, look to for moral guidance, on this occasion can look to the president-elect of the United States for the proper response in the confrontation with evil.

Boteach, “America’s Rabbi,” whom the Washington Post calls “the most famous Rabbi in America,” is founder of The World Values Network and is the international best-selling author of 31 books, including “The Israel Warrior,” which has just been published. Follow him on Twitter @RabbiShmuley.

Voir encore:

Fidel Castro: A Litmus Test Of American Political Thinking

Paul Roderick Gregory

Miami residents celebrate the death of Fidel Castro on November 26, 2016 in Miami, Florida. Cuba’s current President and younger brother of Fidel, Raul Castro, announced in a brief TV appearance that Fidel Castro had died at 22:29 hours on November 25 aged 90. (Gustavo Caballero/Getty Images)

Fidel Castro is dead at age 90. In power for more than a half century, his regime ruled the last planned socialist economy. (Unless we include quirky North Korea). In 1957, when Castro launched his Cuban revolution, Cuban GDP per capita equaled the Latin American average. On the day of Fidel’s death, it has fallen to less than half that average.  Over the fifty years of Castro’s communist rule, Cuba went from being among the more prosperous countries of Latin America to being among its poorest. When Fidel marched victoriously into Havana, it had fifty-eight national newspapers. Now it has six, all published by the Cuban communist party and its affiliates.

When Communism fell in the Soviet Union and Eastern Europe, advocates of Communism throughout the world shrugged. They argued that the Communist system is sound. The problem is that Communist countries have had the wrong leaders. Communist true believers, the world over, had to put their faith in Fidel and to hope that his example would spread Communism beyond Cuba’s shores – to countries like Venezuela and Nicaragua. Communist true believers looked at Fidel’s Cuba and praised its health-care and education systems, its income equality, and the fact that Cuba survived the U.S. embargo. They ignored the fact the Fidel remained in power thanks to repression of political opponents, his willingness to lose his most ambitious citizens as boat people to the US, and cheap oil as a client state of the USSR and then Venezuela.

Two decades back, only ten percent of Americans viewed Cuba favorably. On the day of Fidel’s death, more than half of Americans have a positive view of Cuba. The party divide is enormous: Three quarters of Democrats and one third of Republicans hold positive views of Cuba. In the 1960s, the New Left, with its ubiquitous Che posters, was enraptured by Castro and the Cuban model. More recent assessments by socialists fret that Cuba is not striving for a true form of socialism.

The American Left views Fidel as a veteran, battle-scarred in his battle against a US imperialism, bent on Cuba’s destruction. Despite all these obstacles, as stated by Bernie Sanders in 1985, people “forget that Castro educated their kids, gave their kids healthcare, and totally transformed society” in a “revolution of values.” The American Right sees Fidel’s Cuba as an oppressive one-party state that permits no dissent. It is managed by a regime that has run the economy into the ground, despite accomplishments in education and health care. Equality in Cuba means an equal right to poverty.

An oppressive dictator who imprisons opponents and forces his best-and-brightest to flee or a heroic leader thumbing his nose in the face of the global hegemon while providing his people with education and health, one thing is clear:  The Castro planned socialist economy has doomed the Cuban people to lives of poverty. If Cuba had simply matched the lackluster performance of Latin America, the Cuban people would have double the living standard they have today.

The rise in favorable American opinion about Cuba, especially among Democrats, reflects the leftward tilt of their thinking, and a naïve belief, as expressed by the Sanders campaign, that Democratic Socialism is possible. If so, let them give one real-world example, and not the phony Scandinavian model. Fidel knew otherwise and did not tinker with democracy, and he died in power. Gorbachev did not, and he was unceremoniously dumped from power. I imagine Raul Castro is aware of these facts.

Voir également:

The death of Fidel Castro is the perfect Rorschach test for our times.

Ryu Spaeth

The New Republic

November 26, 2016

What you thought of Castro, who died at the age of 90 on Friday, has always been a reflection of your politics, your nationality, and your age. He was a hero of the revolutionary left in Latin America, proving that a ragtag band of guerrillas could overthrow the Western Hemisphere’s hegemon. He was a communist stooge to the American officials who repeatedly tried to kill him, presiding over an outpost of the Soviet Union just off the coast of Florida. To Cubans themselves he was a dictator who impoverished the country, jailed and killed thousands of dissidents, and stripped citizens of their basic rights. And to those who came of age in the post-Cold War era, he was simultaneously a retro figure on a T-shirt and a cranky old man in an Adidas tracksuit.

The disintegration of the post-Cold War order—culminating in Brexit in Great Britain and the election of Donald Trump in the United States—has been mirrored in the chaotic response to Castro’s death. Jeremy Corbyn, the leader of Britain’s Labour Party, hailed Castro as a “champion of social justice,” which is decidedly more sympathetic than anything Tony Blair might have said. Paeans have poured in from predictable quarters (Brazil’s Dilma Rousseff, herself a one-time revolutionary) and those less so (Canada’s Justin Trudeau, the scion of a former prime minister). In the United States, a Democratic president who ushered in a new relationship with Cuba largely based on free market liberalization is being succeeded by a Republican businessman who has threatened to roll back this progress for a “better deal.”

What Trump and Cuban President Raul Castro plan to do now is the ultimate question hanging over Cuba in the wake of Fidel’s death. So far, Trump has indicated nothing more than that he is aware of the news, which we can all agree, even in these divided times, is a good start.

Voir encore:

Drieu Godefridi
Dreuz Info
24 novembre 2016
Le 8 novembre 2016 est une date historique. Elle marque l’accession prochaine à la présidence des Etats-Unis d’un homme, Donald J. Trump, qui, après le Brexit, incarne le surgissement sur la scène politique et culturelle occidentale d’une force nouvelle : les classes moyennes.

Ne sont-ce pas les classes moyennes qui, par définition, dominent la scène depuis les Trente Glorieuses ? Certes, mais la spécificité de la situation actuelle est que ces « gens ordinaires » que désigne le sociologue canadien Mathieu Bock-Côté se comportent désormais de façon politiquement cohérente. Avec une solidarité, une conscience de classe, comme disent les marxistes. Bref, elles votent en masse et en tant que telles.

« La démocratie est lente », constatait le communiste espagnol Denis Fernandez Récatala. De la survenance d’un problème à sa résolution par le mode démocratique — appropriation de la problématique par un parti, accession de ce parti au pouvoir, mise en œuvre d’une politique — s’écoulent souvent de longues années. Particulièrement lorsque le diagnostic est lui-même disputé.

Toutefois, certaines réalités économiques et culturelles sont devenues si prégnantes qu’elles ne peuvent plus être niées. Je soutiens que la révolte des classes moyennes occidentales est le fruit de la détérioration de ses conditions d’existence, dont les motifs sont similaires des deux côtés de l’Atlantique.

La taxation, dans nos pays, est confiscatoire. Depuis 1945, la part de richesse prélevée par l’Etat n’a cessé de croître. Même s’ils ignorent l’aphorisme de Frédéric Bastiat selon lequel « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde », les citoyens « sentent » que le système tourne à leurs dépens. Que l’Etat, pour octroyer telle prime, tel encouragement ou service, perçoit un impôt plus lourd que ne le serait le prix du service sans son intervention, car il doit rémunérer une pléthore d’agents, de partenaires et de clientèles. Cette réalité est d’autant moins tolérée qu’elle s’inscrit dans le contexte d’un « capitalisme de connivence » qui compense, avec l’argent des contribuables, et à coup de dizaines de milliards, les pertes abyssales d’un secteur financier dont les bénéfices sont privés.

Ayant payé son écot — de 50 à 65% de ses revenus, dans la plupart de nos pays — le citoyen dispose d’un capital résiduel. Ce capital, en principe il en use à sa guise, car nos régimes restent fondés sur le principe de l’autonomie de la volonté. Mais seulement en théorie. Car, à chaque instant le citoyen doit louvoyer et se glisser sous les clôtures électrifiées de normes toujours plus nombreuses. La gauche culturelle a longtemps soutenu, jusqu’à nos jours, que nous évoluons dans un univers capitaliste « dérégulé », dont la généalogie remonterait au règne de M. Reagan et de Mme Thatcher. Rien n’est plus faux. Que l’on regarde les chiffres de la production législative et réglementaire — disons normative — dans les pays européens et aux Etats-Unis, et l’on verra qu’aucun individu dans l’histoire de l’humanité ne s’est trouvé aussi étroitement sanglé de normes. L’Occidental est tel un Gulliver auquel on donne la liberté en titre, mais que l’on paralyse par mille liens. Ce n’est pas le lieu de produire des chiffres — je le ferai dans une étude comparative et historique à paraître — contentons-nous de relever que la France produit autant de normes chaque année que durant les cinq cent années qui vont du 13e siècle de Saint-Louis à la révolution de 1789. À ce formidable magma normatif en croissance exponentielle, vient encore s’agglutiner l’épaisse gangue des régulations que sécrètent les institutions européennes. Outre son caractère anti-économique, cette prolifération normative contraint, force et entrave les citoyens jusque dans les détails infimes et intimes de leur vie quotidienne.

La fiscalité et l’hyperinflation normative s’aggravent de la dégradation urbaine et scolaire. L’immigration massive ayant été érigée en dogme moral et en nécessité économique, les classes moyennes occidentales ont vu surgir au sein de leurs villes, de leurs quartiers et de leurs écoles, parfois jusqu’à les dominer, des populations dont la culture est certes respectable mais, dans le cas de l’islam, radicalement distincte de la leur, dans son rapport aux femmes, à la liberté de conscience, à la démocratie. Cette immigration, dans la réalité des faits, n’est pas choisie, mais subie. Quand, après trente années de ce régime migratoire, les mêmes « gens ordinaires » constatent que des candidats à la migration se pressent toujours plus nombreux à leurs frontières, ils se posent légitimement la question de la perpétuation de leur mode de vie. Comment s’étonner que le dogme de l’immigration anarchique soit rejeté ? Cela indépendamment de la question du terrorisme (alors qu’il est par exemple établi que dix des douze auteurs des effroyables attentats de Paris, le 13 novembre 2015, se sont inflitrés en Europe comme migrants, cfr. Le Figaro, 12 novembre 2016).

Pour compléter la tableau, relevons la guerre culturelle qui est menée aux classes moyennes, sur la seule foi du sexe et de la couleur de la peau. Examinons les deux aspects de ce Kulturkampf.

D’abord, la théorie du genre, selon laquelle la distinction des sexes masculin et féminin est une invention culturelle (Judith Butler, Anne Fausto-Sterling). Au nom de cette idéologie, dans l’infini chatoiement de ses variétés académiques et médiatiques, des minorités sexuelles en sont venues à exiger l’éradication de la référence à l’hétérosexualité, vécue comme oppressive et stigmatisante. La revendication est de brouiller les genres, en les multipliant à l’infini, et de quitter la notion — statistiquement incontestable — de « normalité » hétérosexuelle. D’où ces polémiques, souvent émaillées de violences, pour décider de la question de savoir si les « queer » et transgenres peuvent, ou pas, accéder aux vestiaires sportifs, scolaires et toilettes de leur sexe biologique, ou de leur sexe choisi, ou les deux, et comment vérifier ? Des parents se posent légitimement la question de savoir si leur petite fille de six ou sept ans risque de croiser dans les toilettes une « femme » de 45 ans avec ce que l’on appelait autrefois un sexe masculin entre les jambes. Se fédère à ces polémiques l’hostilité de principe témoignée au garçon hétérosexuel, institué en dépositaire de la sexualité « du passé », ce qui justifie qu’il soit rééduqué dès la plus tendre enfance — à l’école —, discriminé lors de son entrée éventuelle à l’université, et que le moindre de ses gestes et paroles soit justiciable des tribunaux. Cette guerre du genre est menée avec autant d’âpreté que d’efficacité : la grande majorité des diplômés de l’enseignement supérieur américain et européen sont des femmes, et la réalité biologique de la binarité sexuelle est battue en brèche jusque dans nos textes de loi (Convention d’Istanbul, Conseil de l’Europe, 2011).

Vient enfin la résurgence du racisme. D’abord, il y eut le discours anti-raciste, réprouvant le rejet d’une personne sur la seule foi de sa race. L’écrasante majorité des Occidentaux ont acquiescé à ce discours. Toutefois une rhétorique subtile s’est enclenchée, particulièrement dans des pays comme les Etats-Unis et la France, jusqu’à permettre, puis encourager, la mise en accusation des populations blanches. Ainsi des « safe spaces » se sont-ils multipliés sur les campus américains, c’est-à-dire des espaces réservés aux minorités, pour leur permettre de se soustraire à la présence réputée suffocante des Américains « caucasiens ». Dit autrement, les étudiants blancs se voient refuser l’accès de certaines zones du campus sur la seule foi de la couleur de leur peau. Paradoxal retournement d’un discours anti-raciste qui en vient à légitimer, souvent par la violence, des pratiques racialistes au sens strict. Ainsi du discours sur le « white privilege », soit l’idée qu’un Américain blanc est privilégié du seul fait de la couleur de sa peau, quels que soient ses origines et milieu social, et que la loi doit donc discriminer en sa défaveur, toujours sur la seule foi de la couleur de sa peau. Considérons ce répertoire de journalistes récemment créé sous l’égide du gouvernement francophone belge, dont l’objet est d’inclure d’une part les femmes, d’autre part les « hommes et femmes issus de la diversité », ce qui exclut qui ? Les hommes blancs, avec pour seul critère la couleur de leur peau. Racisme, vous avez dit proto-fascisme ? Qui ne voit que ces discours et pratiques reposent sur les notions de responsabilité raciale collective, et de responsabilité à travers les âges, soit très exactement les concepts qui ont, de tout temps, fondé l’antisémitisme, comme Sartre l’a montré dans ses Réflexions sur la question juive ? Ce racisme au nom de l’anti-racisme, les classes moyennes occidentales n’y consentent plus.

Il est à noter que cette guerre sexuelle et racialiste menace les gens ordinaires, non seulement dans leurs conditions d’existence (impôt, normes, quartiers), mais dans leur être naturel (sexe, couleur de la peau). Qu’un rejet radical — une révolution, selon Stephen Bannon, éminence grise du nouveau président américain — se dessine, est-ce surprenant ?

Tels sont les facteurs dont la conjugaison explique, selon moi, à la fois la détérioration des conditions de vie des classes moyennes occidentales, et leur révolte politique.

Voir de même:

The End of Identity Liberalism
Mark Lillanov
The New York Times
Nov. 18, 2016

It is a truism that America has become a more diverse country. It is also a beautiful thing to watch. Visitors from other countries, particularly those having trouble incorporating different ethnic groups and faiths, are amazed that we manage to pull it off. Not perfectly, of course, but certainly better than any European or Asian nation today. It’s an extraordinary success story.

But how should this diversity shape our politics? The standard liberal answer for nearly a generation now has been that we should become aware of and “celebrate” our differences. Which is a splendid principle of moral pedagogy — but disastrous as a foundation for democratic politics in our ideological age. In recent years American liberalism has slipped into a kind of moral panic about racial, gender and sexual identity that has distorted liberalism’s message and prevented it from becoming a unifying force capable of governing.

One of the many lessons of the recent presidential election campaign and its repugnant outcome is that the age of identity liberalism must be brought to an end. Hillary Clinton was at her best and most uplifting when she spoke about American interests in world affairs and how they relate to our understanding of democracy. But when it came to life at home, she tended on the campaign trail to lose that large vision and slip into the rhetoric of diversity, calling out explicitly to African-American, Latino, L.G.B.T. and women voters at every stop. This was a strategic mistake. If you are going to mention groups in America, you had better mention all of them. If you don’t, those left out will notice and feel excluded. Which, as the data show, was exactly what happened with the white working class and those with strong religious convictions. Fully two-thirds of white voters without college degrees voted for Donald Trump, as did over 80 percent of white evangelicals.

The moral energy surrounding identity has, of course, had many good effects. Affirmative action has reshaped and improved corporate life. Black Lives Matter has delivered a wake-up call to every American with a conscience. Hollywood’s efforts to normalize homosexuality in our popular culture helped to normalize it in American families and public life.

Have you changed anything in your daily life since the election? For example, have you tried to understand opposing points of view, donated to a group, or contacted your member of Congress? Your answer may be included in a follow up post.

But the fixation on diversity in our schools and in the press has produced a generation of liberals and progressives narcissistically unaware of conditions outside their self-defined groups, and indifferent to the task of reaching out to Americans in every walk of life. At a very young age our children are being encouraged to talk about their individual identities, even before they have them. By the time they reach college many assume that diversity discourse exhausts political discourse, and have shockingly little to say about such perennial questions as class, war, the economy and the common good. In large part this is because of high school history curriculums, which anachronistically project the identity politics of today back onto the past, creating a distorted picture of the major forces and individuals that shaped our country. (The achievements of women’s rights movements, for instance, were real and important, but you cannot understand them if you do not first understand the founding fathers’ achievement in establishing a system of government based on the guarantee of rights.)

When young people arrive at college they are encouraged to keep this focus on themselves by student groups, faculty members and also administrators whose full-time job is to deal with — and heighten the significance of — “diversity issues.” Fox News and other conservative media outlets make great sport of mocking the “campus craziness” that surrounds such issues, and more often than not they are right to. Which only plays into the hands of populist demagogues who want to delegitimize learning in the eyes of those who have never set foot on a campus. How to explain to the average voter the supposed moral urgency of giving college students the right to choose the designated gender pronouns to be used when addressing them? How not to laugh along with those voters at the story of a University of Michigan prankster who wrote in “His Majesty”?

This campus-diversity consciousness has over the years filtered into the liberal media, and not subtly. Affirmative action for women and minorities at America’s newspapers and broadcasters has been an extraordinary social achievement — and has even changed, quite literally, the face of right-wing media, as journalists like Megyn Kelly and Laura Ingraham have gained prominence. But it also appears to have encouraged the assumption, especially among younger journalists and editors, that simply by focusing on identity they have done their jobs.

Recently I performed a little experiment during a sabbatical in France: For a full year I read only European publications, not American ones. My thought was to try seeing the world as European readers did. But it was far more instructive to return home and realize how the lens of identity has transformed American reporting in recent years. How often, for example, the laziest story in American journalism — about the “first X to do Y” — is told and retold. Fascination with the identity drama has even affected foreign reporting, which is in distressingly short supply. However interesting it may be to read, say, about the fate of transgender people in Egypt, it contributes nothing to educating Americans about the powerful political and religious currents that will determine Egypt’s future, and indirectly, our own. No major news outlet in Europe would think of adopting such a focus.

But it is at the level of electoral politics that identity liberalism has failed most spectacularly, as we have just seen. National politics in healthy periods is not about “difference,” it is about commonality. And it will be dominated by whoever best captures Americans’ imaginations about our shared destiny. Ronald Reagan did that very skillfully, whatever one may think of his vision. So did Bill Clinton, who took a page from Reagan’s playbook. He seized the Democratic Party away from its identity-conscious wing, concentrated his energies on domestic programs that would benefit everyone (like national health insurance) and defined America’s role in the post-1989 world. By remaining in office for two terms, he was then able to accomplish much for different groups in the Democratic coalition. Identity politics, by contrast, is largely expressive, not persuasive. Which is why it never wins elections — but can lose them.

The media’s newfound, almost anthropological, interest in the angry white male reveals as much about the state of our liberalism as it does about this much maligned, and previously ignored, figure. A convenient liberal interpretation of the recent presidential election would have it that Mr. Trump won in large part because he managed to transform economic disadvantage into racial rage — the “whitelash” thesis. This is convenient because it sanctions a conviction of moral superiority and allows liberals to ignore what those voters said were their overriding concerns. It also encourages the fantasy that the Republican right is doomed to demographic extinction in the long run — which means liberals have only to wait for the country to fall into their laps. The surprisingly high percentage of the Latino vote that went to Mr. Trump should remind us that the longer ethnic groups are here in this country, the more politically diverse they become.

Finally, the whitelash thesis is convenient because it absolves liberals of not recognizing how their own obsession with diversity has encouraged white, rural, religious Americans to think of themselves as a disadvantaged group whose identity is being threatened or ignored. Such people are not actually reacting against the reality of our diverse America (they tend, after all, to live in homogeneous areas of the country). But they are reacting against the omnipresent rhetoric of identity, which is what they mean by “political correctness.” Liberals should bear in mind that the first identity movement in American politics was the Ku Klux Klan, which still exists. Those who play the identity game should be prepared to lose it.

We need a post-identity liberalism, and it should draw from the past successes of pre-identity liberalism. Such a liberalism would concentrate on widening its base by appealing to Americans as Americans and emphasizing the issues that affect a vast majority of them. It would speak to the nation as a nation of citizens who are in this together and must help one another. As for narrower issues that are highly charged symbolically and can drive potential allies away, especially those touching on sexuality and religion, such a liberalism would work quietly, sensitively and with a proper sense of scale. (To paraphrase Bernie Sanders, America is sick and tired of hearing about liberals’ damn bathrooms.)

Teachers committed to such a liberalism would refocus attention on their main political responsibility in a democracy: to form committed citizens aware of their system of government and the major forces and events in our history. A post-identity liberalism would also emphasize that democracy is not only about rights; it also confers duties on its citizens, such as the duties to keep informed and vote. A post-identity liberal press would begin educating itself about parts of the country that have been ignored, and about what matters there, especially religion. And it would take seriously its responsibility to educate Americans about the major forces shaping world politics, especially their historical dimension.

Some years ago I was invited to a union convention in Florida to speak on a panel about Franklin D. Roosevelt’s famous Four Freedoms speech of 1941. The hall was full of representatives from local chapters — men, women, blacks, whites, Latinos. We began by singing the national anthem, and then sat down to listen to a recording of Roosevelt’s speech. As I looked out into the crowd, and saw the array of different faces, I was struck by how focused they were on what they shared. And listening to Roosevelt’s stirring voice as he invoked the freedom of speech, the freedom of worship, the freedom from want and the freedom from fear — freedoms that Roosevelt demanded for “everyone in the world” — I was reminded of what the real foundations of modern American liberalism are.

Mark Lilla, a professor of the humanities at Columbia and a visiting scholar at the Russell Sage Foundation, is the author, most recently, of “The Shipwrecked Mind: On Political Reaction.”

Voir de plus:

An End of Identity Liberalism?
Kevin D. Williamson
The National review
November 27, 2016
Don’t count on it.
The New York Times, like Walt Whitman, contains multitudes and necessarily contradicts itself. In the Sunday edition there is an intelligent essay by Mark Lilla titled “The End of Identity Liberalism.” In the Times magazine is an essay by Alexander Fury asking “Can a Corset Be Feminist?” Lilla argues that the tiresomely omphaloskeptic identity politics of the contemporary Left is counterproductive, standing in the way of a genuine liberalism of principle and cosmopolitan broad-mindedness. He writes: “How often, for example, the laziest story in American journalism — about the ‘first X to do Y’ — is told and retold. Fascination with the identity drama has even affected foreign reporting, which is in distressingly short supply. However interesting it may be to read, say, about the fate of transgender people in Egypt, it contributes nothing to educating Americans about the powerful political and religious currents that will determine Egypt’s future, and indirectly, our own. No major news outlet in Europe would think of adopting such a focus.” If we were feeling generous, we could overlook the fact that such sterling progressives as Jonathan Chait began to question the value of identity politics right around the time that “Shut up, white man!” came to be accepted as an all-purpose response to columns by Jonathan Chait. Lilla’s understandably Europhilic column does not grapple with the demographic facts — that Switzerland is full of Swiss people and Mississippi isn’t — but his prescription for liberal reform is the right one, one that certainly would please conservatives even if it made no impression on the Left, which does not have very many liberals anymore. A liberal education system, Lilla writes, would acquaint students with the structures and dynamics of American government and prepare them for the duties of citizenship. A liberal press would take more than an “anthropological interest in the angry white male” and “would begin educating itself about parts of the country that have been ignored, and about what matters there, especially religion.” (Learning the elementary facts about firearms would be something, too.)
The most interesting and insightful part of Lilla’s essay is his argument that the right-leaning rural and small-town Americans are not in fact revolting against the fact of American diversity but against the “omnipresent rhetoric of identity, which is what they mean by ‘political correctness.’” That is exactly right. He ends with a salute to Franklin Roosevelt’s “Four Freedoms,” without getting into the messy fact that the Democratic party has declared open war on two of them — freedom of speech and freedom of worship — with Harry Reid’s Senate caucus having gone so far as to vote for repealing the First Amendment. Make identity politics the main operational model in a country that is two-thirds white and 50 percent or so male, and what do you expect? How different is Alexander Fury’s essay on the corset, by comparison. Fury’s piece is the usual exercise in progressive moral panic: How should the right sort of people feel about corsets? (Kale? Juice cleanses? Whole Foods? Tesla automobiles?) The corset, Fury says, is not just another article of clothing, and one can feel a dreadful premonition of the abuse of the word “literally” before Fury gets around to writing it: “As opposed to merely transforming our perceptions of the figure, as with the padding and extensions of 18th-century pannier skirts, or the 19th-century bustle, the corset acted — and still acts — directly on the form, kneading and shifting flesh to literally carve out a new body for its wearer, no situps required.” We are all good liberals here, but I am confident that literally carving the human body remains a crime, even in New York. RELATED: Identity Politics Are Ripping Us Apart Fury’s version of things is the opposite of Lilla’s tolerant liberalism: To be the right sort of people, we must be feminists, and to be feminists, we must have opinions on . . . everything, and assign to the entirety of the universe moral gradations based upon the feminist position that all of the right sort of people must assume. Fury ultimately comes down as a corset libertarian: “A woman wearing a corset today is a symbol of empowerment, of sexual freedom, of control. She’s the one holding the laces, the one constructing her own femininity.” But the problem is less the answer than the question, and the question-begging — the identification of feminism with virtue and the hunt for heresy. More P.C. Culture Football and Fallacies Enemies of Language If You Need a Hotline to Handle Thanksgiving, Then You Actually Need to Get Over Yourself Lilla’s plea is probably doomed to fall upon deaf ears — or ears that are at the very least not listening. There is almost nothing that people enjoy so much as talking about themselves and all of the splendid ways in which they and their experiences are utterly unique, and it is very difficult to listen to others while talking about one’s self. Sir Richard Francis Burton wasn’t entirely wrong to conclude that “man never worshipped anything but himself.” But if progressives will not heed principle, then maybe they will heed arithmetic. Make identity politics the main operational model in a country that is two-thirds white and 50 percent or so male, and what do you expect? President-elect Trump might have some thoughts on that. — Kevin D. Williamson is the roving correspondent for National Review.

Voir encore:

After Globalism and Identity Politics
Joshua Mitchell
Providence
August 29, 2016

Since the end of the Cold War, America has been mesmerized by two ideas that have given hazy coherence to the post-1989 world: “globalism” and “identity politics.” Formidable political movements in America and in Europe, still raucous and unrefined, now reject both ideas. Political and intellectual elites dismiss these movements because they believe the post-1989 world as they have understood it is still intact, and that no thoughtful person could think otherwise. Hence, the only-dumb-white-people-vote-for-Trump trope.

The “globalization” idea has expressions on both the Left and Right: on the Left, the emphasis has been on so-called “global norms” and culture; on the Right, the emphasis has been on so-called “free-trade” and democracy promotion through military means. Both sides believe in the inevitability of their idea of globalization. We live, however, in a world of states. In that world, the movement of cultural information and material goods has not been free-flowing, and really can never be. Regulatory agencies within the state, often captured by corporations who by virtue of economies of scale can afford large back-office compliance staff, determine what comes in and what stays out. NAFTA is hundreds of pages long. TPP is thousands of pages long. The real beneficiaries of these arrangements are state regulators and large corporations. They will always be in favor of so-called “free trade.” They both gain; but American workers generally do not. Consumers get cheaper goods, but a chasm opens up between those who are in on the game and those who are not. Standards of living fall for all but the few. Government grows. Corporations get rich. What happens to everybody else?

“Globalization” suggests a world where states matter little. If states matter little, then citizenship matters little. To assist in this diminishment of the importance of the state, we have become enthralled by the idea that we are not citizens who have been encultured into a certain set of practices and traditions that we hold dear because we are legal members of a state in which we find our home. Rather, we are bearers of this or that “identity,” which is the only really important thing about us. With this idea, the purpose of the state shifts from mediating the interests of lawful citizens (with a view to defending liberty and property) to disseminating resources based on what you deserve because of your “identity.” The “aggrieved” person is not an active citizen, encouraged to build a common world with his or her neighbors, but a passive victim who is to receive assistance from the state. The real debt of money does not matter, for the U.S. Government can go deeper into debt without cost. All that matters is that educators and politicians continue to chant about the debt you are owed because of your “identity.” In exchange, you, the identity-bearing citizen, must continue to chant about “global norms” and “free trade” that elites promise will redound to the benefit of all. And if it doesn’t, all is not lost, because even if the crony-capitalists and state regulators don’t do anything but line their own pockets, you will at least get the satisfaction that you are owed something because of your victim-status. They, who are getting rich while you are getting poor, tell you so. Indeed, the price of admission to their world, is that you should continue to be mesmerized by “globalization” and “identity politics.” Here, parenthetically, is the corruption at the heart of the American University, without which this configuration of ideas could not have come to prevail in the post-1989 world.

The upcoming Presidential campaign is about many things, not least the persons of Donald Trump and Hillary Clinton. In the midst of a world that longs for perfection, we find ourselves with two human-all-too-human candidates.

Beyond the lure or abhorrence of their character is the singular question: will the next Administration double-down on the mesmerizing configuration of “globalization” and “identity politics,” and in the process fortify the crony-capitalist class and those who think they profit from identity politics? Hillary Clinton and The Clinton Foundation are ground-zero for this configuration. Donald Trump opposes that configuration, on a good day gives inchoate expression of a genuine alternative, on a bad day blunders horribly, and will probably lose the upcoming national election.

The outlines of a genuine alternative involve the following correlated ideas, some of which have been clearly formulated in Trump’s campaign, while others have been lurking in it or are merely encouraged by it:

Because States are territories within which specific laws are enforced, borders matter. Borders mark where one set of laws begins and another set of laws ends. Tender-hearted sentiments about “universal humanity” cannot overrule this consideration. If mercy is shown, it is as an exception to generally-binding law, and not a repudiation of it. Borders matter.

Because the laws of States work only when people are acculturated to them and adopt them as their own, legal immigration of people from cultures not accustomed to the laws of the State and their practical foundation must proceed slowly, and with the understanding that it takes several generations to acculturate them. Immigration policy matters.
Because we live in a world of States, there will always be war. Therefore we must firmly establish who our allies are, and what we will do to defend them. In keeping with a somber view of the world, we cannot be driven by the dreamy ideals of universal world-around democracy in choosing our allies. Foreign policy is for the purpose of defending our own nation, not spending blood and treasure trying to persuade other nations to imitate our laws and ways. National interests, not so-called universal interests, matter.

Because the United States is composed of immigrants, admission into the Middle Class, made possible by robust economic growth, must be among the highest domestic priorities. Crony-capitalism diminishes growth by pre-determining permanent winners and permanent losers. So-called “free trade” agreements that benefit crony-capitalists eventually slow growth. Also slowing growth is the ever-increasing state regulation of nearly every aspect of daily life, which purports to protect us from harm. What good is such protection, however, when citizens cease to believe that they are responsible for themselves, their families, and their neighbors; and when the very spirit of entrepreneurship is undermined by it? The spirit of entrepreneurship, not just state-sponsored “care” of docile citizens, matters.

Because the sway of lobbyists in national politics grows in proportion to the growth of the federal government, the distorting power of lobbyists cannot be curtailed until the Constitutional limits on the federal government, established by the Founding Fathers, are observed anew. The federal government was set up to adjudicate certain issues, but not others. Those other issues—issues pertaining to the daily life of citizens—were to be adjudicated by state and local governments. When the purview of the federal government is extended beyond its original bounds, it becomes dysfunctional, and the power of the Executive and the Courts extends to compensate. This invites the tyranny of the Executive. The greater danger is not the person holding the Presidential office at any given time; the greater danger is the nature of the Executive office when the federal government grows disproportionally. Federalism and the decentralization of power matters.

Because “identity politics” undermines the idea of citizens who must engage one-another based not on their identity, but on “the content of their character” as Martin Luther King famously said, the politically correct speech that destroys citizenship and the possibility of any common accord about what personal and national greatness may involve must be roundly repudiated. PC speech is corrosive to the soul of America. It is humorless; it reduces all real “differences” to highly contrived, orchestrated, and controlled categories, the cost of straying from which is ostracism or worse. The Salem witch trials of 1692-93 have nothing on us today. America: ever involved in casting out the impure and the doubting. If you are African-American, please don’t mention that you believe in God and go to Church; identity politics allows no room for Christianity—though it bows before an imagined purity of Islam. Women? You may have apprehensions about how the proliferation of gender “identities” bears on your unique struggle to balance and to make sense of the conflicting demands of family and professional life. You, however, must say nothing. Every imagined gender identity is to be equally respected. You thought you were special, but you are not. We live in a world where all things are possible. Anyone who speaks of limits, of constraints, is “phobic” in one way or another. The bourgeois spirit that built America, the interest in making lots of money, in being “successful,” in taking risks—above all the strength of soul necessary to face failure and come back from it, stronger—these are held in contempt. No one dares speak up in a PC world. Feelings might be hurt; people may feel “uncomfortable.” Trigger warnings and “safe spaces” occupy our attention. The task in the highly choreographed world of “identity politics” is not to toughen up but to domesticate. No fights. No insults to which we respond with strength and self-assurance and overweening confidence. Indeed, with laughter! Everywhere: protections made possible by The Great Protector—the State—for by ourselves we cannot rise to the occasion. Greatness matters; if we are to have it, personally and as a country, we must cast off PC speech that in “protecting” us from suffering causes us to be its victim in perpetuity.

On each of these issues—borders, immigration, national interest, the spirit of entrepreneurship, federalism, and PC speech—Hillary Clinton responds with “globalization-and-identity-politics-SPEAK,” the language that has given us a world that is now exhausted, stale, and unredeemable. It is against this sort of world that citizens are revolting. And not just in the United States, but in Europe and Britain as well. The ideas of “globalization” and “identity politics” that mesmerized us in the aftermath of the Cold War now belong in the dust-bin of history. The question, bigger than the question of the personalities of Hillary Clinton and Donald Trump, is whether we will have one more Administration that authorizes them and tries to solve our problems through their lens.

Joshua Mitchell is a Professor of Government at Georgetown University. His most recent book is Tocqueville in Arabia: Dilemmas in a Democratic Age.

Voir de plus:

« Entre globalisés et passéistes, le match reste nul »

L’utopie d’un retour au passé et aux nations fortes des partisans de Donald Trump est aussi obsolète que celle de la mondialisation, estime le philosophe Bruno Latour.

Bruno Latour (Philosophe)

Le Monde

12.11.2016

La tragique élection de Trump a l’avantage de clarifier la situation politique d’ensemble. Le Brexit n’était pas une anomalie. Autant qu’on le sache et qu’on se prépare pour la suite. Chacune des grandes nations qui ont initié le marché mondial se retire l’une après l’autre du projet.

Le prolongement de cette démission volontaire est d’une clarté terrible : d’abord l’Angleterre ; six mois plus tard les Etats Unis, qui aspirent à la grandeur des années 1950. Et ensuite ? Si l’on suit les leçons de l’histoire, c’est probablement, hélas, au tour de la France, avant celui de l’Allemagne. Les petites nations se sont déjà précipitées en arrière : la Pologne, la Hongrie et même la Hollande, cette nation pionnière de l’empire global.

L’Europe unie, ce prodigieux montage inventé après la guerre pour dépasser les anciennes souverainetés, se retrouve prise à contre-pied. C’est un vrai sauve-qui-peut : « Tous aux canots ! » Peu importe l’étroitesse des frontières pourvu qu’elles soient étanches. Chacun des pays qui ont contribué à cet horizon universel de conquête et d’émancipation va se retirer des institutions inventées depuis deux siècles. Il mérite bien son nom, l’Occident, c’est devenu l’empire du soleil couchant…

Parfait, nous voilà prévenus et peut-être capables d’être un peu moins surpris. Car enfin, c’est bien l’incapacité à prévoir qui est la principale leçon de ce cataclysme : comment peut-on se tromper à ce point ? Tous les sondages, tous les journaux, tous les commentateurs, toute l’intelligentsia. C’est comme si nous n’avions aucun des capteurs qui nous auraient permis d’entrer en contact avec ceux que l’on n’a même pas pu désigner d’un terme acceptable : les « hommes blancs sans diplôme », les « laissés-pour-compte de la mondialisation » — on a même essayé les « déplorables ».

C’est sans doute une forme de peuple, mais à qui nous n’avons su donner ni forme ni voix. Je reviens de six semaines sur les campus américains, je n’ai pas entendu une seule analyse un peu dérangeante, un peu réaliste sur ces « autres gens », aussi invisibles, inaudibles, incompréhensibles que les Barbares aux portes d’Athènes. Nous, « l’intelligence », nous vivons dans une bulle. Disons sur un archipel dans une mer de mécontentements.

Deux bulles d’irréalisme

La vraie tragédie, c’est que ces autres vivent eux aussi dans une bulle, dans un monde du passé que la mutation climatique ne viendra pas déranger, qu’aucune science, aucune étude, aucun fait ne viendront ébranler. La preuve, c’est qu’ils ont avalé tous les mensonges de cet appel à la restauration d’un ordre ancien sans qu’aucun « fact-checker » n’émousse leur enthousiasme. Un Trump, ça trompe énormément, mais quel plaisir de se laisser tromper. Il ne faut pas compter sur eux pour jouer le rôle du bon peuple plein de bon sens et les pieds sur terre. Leurs idéaux sont encore plus éthérés que les nôtres.

Nous nous retrouvons donc avec des pays coupés en deux, chaque moitié devenue incapable de capter sa réalité aussi bien que celle de l’autre. Les premiers, disons les globalisés, croient encore que l’horizon de l’émancipation et de la modernité (souvent confondu avec le règne de la finance) ne va cesser de s’étendre en recouvrant la planète.

Les seconds ont décidé de se retirer sur l’Aventin en rêvant au retour d’un monde passé. Deux utopies par conséquent ; celle de l’avenir affrontée à celle du passé. Ce que figurait plutôt bien le choc Trump contre Clinton. Deux bulles d’irréalisme. Pour le moment, l’utopie du passé triomphe. Rien ne prouve que les choses se seraient arrangées durablement si l’utopie du futur avait triomphé.

Il s’est passé en effet quelque chose depuis vingt ans qui explique cette frénésie de déconnexions. Si l’horizon du globe ne peut plus attirer les masses, c’est que tout le monde a compris plus ou moins clairement qu’il n’y a pas de planète, je veux dire de vie réelle, matérielle correspondant à ces visions de terres promises. Il y a juste un an, la COP21 aura servi de déclaration solennelle à cette impossibilité : le global est trop vaste pour la terre.

Au-delà de ces limites, nos tickets ne sont plus valables. Quant au retour aux terroirs des anciens pays, il n’y faut pas compter davantage. Ils ont tous disparu. De toute façon, ils sont trop riquiqui pour y faire tenir la nouvelle terre. La mutation écologique est passée par là. Pas étonnant que les deux parties fassent assaut d’irréalisme.

L’éléphant est dans la pièce

Toute la question est maintenant de savoir si la tragédie du 8 novembre venant après celle du Brexit peut nous rendre capable d’éviter la suite. Autrement dit, peut-on s’éloigner des deux utopies, celle du global comme celle du retour à l’ancien sol ? Il faudrait pouvoir atterrir sur une terre un peu solide, réaliste et durable. Pour le moment hélas la crise écologique est l’éléphant dans la pièce mais on fait comme si de rien n’était, comme si le choix était de continuer courageusement à marcher en avant vers le futur ou à s’accrocher au passé. Trump et les siens ont même choisi de nier l’existence de cette crise.

Pourtant, à ma connaissance, personne n’a expliqué clairement que la globalisation était terminée et qu’il fallait de toute urgence se rapatrier vers une terre qui ne ressemble pas plus aux frontières protectrices des Etats-nations qu’à l’horizon infini de la mondialisation. Le conflit des utopies du passé et du futur ne doit plus nous occuper.

Ce qui compte, c’est comment apparier deux sortes de migrants : ceux qui se voient obligés par la mutation écologique de changer de monde en traversant les frontières et ceux qui se voient obligés de changer de monde sans pour autant avoir bougé — et que les frontières ne protègent plus.

Si nous ne parvenons pas à donner forme à cette terre et à rassurer ceux qui y migrent, jamais elle n’aura assez de puissance d’attraction pour contrebalancer les forces opposées de ceux qui rêvent encore de l’ancien globe ou de l’ancienne nation. Dans ce cas, une chose est sûre : en 2017, ce sera au tour de la France de rendre son tablier.

Voir encore:

« Conseil aux candidats à la présidentielle : fuyez les artistes et les intellectuels »

Aux Etats-Unis, les élites ignorent les partisans de Donald Trump. Mais sa victoire montre que le monde intellectuel a tout intérêt à faire une autocritique.

Michel Guerrin

Le Monde
18.11.2016

Un conseil aux candidats à la présidentielle en France : fuyez les artistes et les intellectuels. Ne leur demandez pas de faire campagne, ne les faites pas monter sur l’estrade. Surtout si vous avez envie de l’emporter.

On doutait déjà qu’une actrice ou qu’un rockeur fassent gagner des voix. Mais on ne savait pas qu’ils pouvaient en faire perdre. C’est une leçon de l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Jamais on n’a vu le monde culturel s’engager à ce point, en l’occurrence pour Hillary Clinton. Aucun candidat n’avait reçu autant d’argent. De cris d’amour aussi – sur scène, à la télévision, sur les réseaux sociaux. On a même eu droit à la chanteuse Katy Perry qui se déshabille dans une vidéo pour inciter à voter Clinton, ou Madonna promettre de faire une fellation aux indécis.

En face, Trump n’avait personne ou presque. Il n’a reçu que 500 000 dollars (environ 470 000 euros) d’Hollywood contre 22 millions de dollars pour la candidate démocrate. Alors il a moqué ce cirque à paillettes, dénoncé le star system, donc le système. Et il a gagné.

Un Grand Canyon de haine

Clinton a joué à fond les étoiles les plus brillantes, et elle a perdu. Prenons sa fin de campagne. Le 4 novembre, elle monte sur scène avec le couple Beyoncé et Jay Z (300 millions d’albums vendus à eux deux), à Cleveland, dans l’Ohio. Le 5, Katy Perry chante pour elle à Philadelphie (Pennsylvanie). Le 7, veille du scrutin, elle apparaît dans un meeting/concert de Jon Bon Jovi et de Bruce Springsteen devant 40 000 personnes, toujours à Philadelphie, puis finit la soirée à minuit avec Lady Gaga à Raleigh, en Caroline du Nord.

Dans tous ces Etats clés, elle a perdu. Dans le même temps, Donald Trump a multiplié les meetings sur les tarmacs d’aéroports en disant qu’il n’a pas besoin de célébrités, puisqu’il a « le peuple des oubliés » – du pays et de la culture – avec lui.

L’historien américain Steven Laurence Kaplan s’est indigné des mots de Trump qualifiant untel de stupide, de débile, de névrosé ou de raté, et traitant des femmes de « grosses cochonnes ». Il a raison. Mais il aurait pu ajouter que des notables culturels ont qualifié le candidat républicain de brute (Chris Evans), d’immonde (Judd Apatow), de porc (Cher), de clown (Michael Moore) ou de psychopathe (Moby). Robert De Niro, avant le scrutin, voulait lui mettre son poing dans la gueule. Chaque injure a fait grossir le camp conservateur et fait saliver son candidat.

Car deux mondes s’ignorent voire se méprisent, séparés par un Grand Canyon de haine. Non pas les riches face aux pauvres. La fracture est culturelle et identitaire. Ceux qui ont gagné se sentent exclus du champ culturel et universitaire, et souvent le méprisent.

Les perdants leur rendent bien ce mépris, les jugeant réactionnaires, racistes, etc., sans même voir que le monde se droitise. Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et proche de Donald Trump, surfe sur cette fracture quand il dit que les campus américains sont truffés « de véritables crétins de gauchistes ».

Monde ultra-protégé

Dans une tribune publiée dès le 23 juillet sur le Huffington Post, le cinéaste Michael Moore a compris que hurler était contre-productif, et annoncé la victoire de Trump, en expliquant que le monde intellectuel vivait dans « une bulle ».

Dans nos pages, l’essayiste Paul Berman ajoute que cette élection traduit un « effondrement culturel » : les voix qui structurent une société ne sont plus écoutées. Toujours dans nos pages, le sociologue Bruno Latour a évoqué sa récente tournée des campus américains : « Je n’ai pas entendu une seule analyse un peu dérangeante, un peu réaliste sur ces autres gens, aussi invisibles, inaudibles, incompréhensibles que les barbares aux portes d’Athènes. Nous, l’intelligence, nous vivons dans une bulle. Disons sur un archipel dans une mer de mécontentements. »

L’autocritique du vaste champ culturel pourrait aller plus loin, sur le terrain de l’hypocrisie. Celle des artistes d’abord, dont l’engagement, souvent imprégné de pathos, apaise leur conscience, mais est souvent perçu comme faisant partie de leur spectacle permanent, dont ils tirent profit, et dont ils se détachent aussi vite pour retrouver, une fois déculpabilisés, leur monde ultra-protégé.

Le meilleur exemple est Madonna qui, durant la soirée qui précède le vote, s’est mêlée à des badauds new-yorkais (des convaincus) pour improviser un bref concert en finissant par « demain sauvez ce pays en votant Hillary ».

« Parler à des gens différents »

Les intellectuels des campus, quant à eux, insupportent le vote Trump par leur façon de lui faire la morale, de défendre un modèle multiculturel comme s’il s’agissait d’un paradis de fleurs. Ils font culpabiliser les riches en leur disant d’être plus généreux et les pauvres en leur disant d’accepter leurs voisins étrangers, sans vraiment montrer l’exemple.

Notre confrère Nicolas Truong racontait très bien cela dans Le Monde du 14 novembre. Il citait le philosophe Matthew B. Crawford (revue Esprit, octobre 2016), pour qui les élites « qui apprécient le dynamisme et l’authenticité des quartiers ethniques avec leurs merveilleux restaurants (…) n’envoient pas leurs enfants dans les écoles pleines d’enfants immigrés qui ressemblent à des centres de détention juvénile ».

On l’aura compris, la France culturelle et multiculturelle – c’est la même – a beaucoup à apprendre de cette élection passée, et à craindre de celle de 2017. Si elle ne se bouge pas.

Le directeur de la rédaction du New York Times, Dean Baquet, écrit qu’il faut aller sur le terrain pour « parler à des gens différents de ceux à qui nous parlons ». C’est vrai aussi, en France comme ailleurs, pour les gens de culture et les universitaires. D’autant qu’en France, nous avons une politique culturelle publique dont la priorité est de s’adresser à tous mais qui, toujours plus, bénéficie essentiellement aux riches. On l’a déjà écrit dans cette chronique. L’élection de Trump le confirme, hélas.

Voir de même:

Wasted Words

Obama’s Never-Ending Lecture Tour

Les vérités qui dérangent

Certains résultats de l’enquête de l’IFOP menée par l’Institut Montaigne sur les musulmans de France « laissent pantois ». D’autres études devraient être menées pour savoir si une partie de la population est en « rébellion idéologique vis-à-vis du reste de la société française ».

Arnaud Leparmentier

Le Monde

Une vérité qui dérange. Chacun se rappelle le film d’Al Gore sur le réchauffement climatique, sorti en 2006. Prouver à force de graphiques et d’études, contre les lobbys, l’origine humaine du phénomène. La vérité qui dérange, c’est un peu la plume portée dans la plaie d’Albert Londres, une nécessité démocratique.

Et la vérité de la semaine, c’est l’enquête de l’IFOP menée par l’Institut Montaigne sur les musulmans de France. Elle dérange tant que nul n’ose s’indigner. L’enquête est présentée avec une distance embarrassée. Rien à dire a priori sur un sondage réalisé en juin à partir d’un échantillon de 15 459 personnes et qui a isolé 874 personnes de religion musulmane. Et certains résultats laissent pantois. 29 % des musulmans interrogés pensent que la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République, 40 % que l’employeur doit s’adapter aux obligations religieuses de ses salariés, 60 % que les filles devraient avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée. 14 % des femmes musulmanes refusent de se faire soigner par un médecin homme, et 44 % de se baigner dans une piscine mixte.

L’Institut Montaigne et leurs rédacteurs Hakim El Karoui et Antoine Jardin ressemblent un peu à Alain Juppé, qui rêve d’une identité heureuse, et affirment qu’« un islam français est possible ». Mais le constat est inquiétant sur la sous-catégorie musulmane la plus « autoritaire » : « 40 % de ses membres sont favorables au port du niqab, à la polygamie, contestent la laïcité et considèrent que la loi religieuse passe avant la loi de la République », écrit l’Institut Montaigne. Cette sous-catégorie représenterait 13 % de l’ensemble des musulmans. L’IFOP chiffrant les musulmans à 5,6 % de la population de plus de 15 ans, nous en déduisons que l’effectif concerné atteint plusieurs centaines de milliers de personnes. Le chiffre qui dérange. L’intégration correcte de la très grande majorité des musulmans ne doit pas non plus conduire à nier une réalité qui, si elle est minoritaire, ne semble pas marginale.

« La société française est malade de son rapport à la réalité »

Tabou brisé

C’est toutefois insuffisant. Il convient, tel Al Gore, de multiplier les enquêtes pour en savoir plus. Le gouvernement serait avisé de dépenser 150 000 euros pour poser une batterie de questions plus précises, pour savoir si la supériorité de la charia relève d’une conviction intime ou d’une volonté de supplanter l’ordre républicain ; si la polygamie est une revendication d’immigrants récents qui s’estompe bien vite, etc. Bref, savoir si une partie de la population est en « rébellion idéologique vis-à-vis du reste de la société française ».

Viendra ensuite l’analyse des causes – celles sociales, sont évidentes, lorsqu’on découvre que 30 % des musulmans de France sont inactifs non retraités et que l’on lit l’édifiante étude de France Stratégie sur les discriminations – puis les solutions. L’Institut Montaigne a fait ses propositions, très inclusives, d’autres peuvent être présentées. L’essentiel est d’accepter de travailler sur des données et de sortir du « on-fait-dire-aux-chiffres-ce-que-l’on-veut », gri-gri des obscurantistes des temps modernes.

Laurent Bigorgne, directeur général de l’Institut Montaigne, qui combat sans relâche les discriminations, voit bien le tabou brisé. « Il n’y a de compétences que s’il y a des connaissances, explique-t-il, déplorant que la société française utilise la loi et le dogme républicains pour éviter toute transparence. La société française est malade de son rapport à la réalité. Tous ceux qui refusent les statistiques sont du côté de l’égalité formelle et veulent que rien ne change. »

Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Les populations sont sages lorsqu’elles sont traitées en adultes. Les Britanniques multiplient à outrance les comptages ethniques. Le gouvernement allemand publie chaque année les statistiques de criminalité par nationalité. On y constate une surcriminalité des étrangers, mais dont les causes sont expliquées, et les Allemands se concentrent sur leur évolution. En France, on est livrés aux diatribes d’un Eric Zemmour, qui séduira tant qu’on sera incapable d’objectiver sereinement les faits.

L’essentiel est de prendre à bras-le-corps les batailles de demain

Déni populiste

C’est l’objectif poursuivi par Jean Pisani-Ferry, directeur de France Stratégie : réduire le champ des désaccords aux remèdes, mais pas aux constats, comme c’est le cas désormais grâce aux chiffres du Conseil d’orientation des retraites. L’effort est parfois douloureux. « Sur les diagnostics, il ne faut pas avoir peur. Longtemps, le politiquement correct disait que l’euro nous avait protégés. Or la Suède se porte mieux que la zone euro », concède Pisani-Ferry, qui met en garde : « Avoir des zones d’ombre sur des phénomènes sociaux ou économiques qu’on ne regarde pas crée de la défiance. Aujourd’hui, la distance entre perception et réalité est énorme. » Ainsi, les Français ont le plus peur de tomber dans la pauvreté, alors que le taux de pauvreté y est l’un des plus faibles de la zone euro.

Cette exigence est d’autant plus forte que le monde occidental entre, selon Pisani, dans une « grande régression », avec les mensonges du Brexit et le phénomène Trump : « Le fact-checking sur Trump ne donne rien. Faire fortune en politique en niant la réalité, c’est très impressionnant, et cela va faire école. »

Certes, mais le déni populiste ne vient pas de nulle part. Les élites ont perdu de leur crédibilité, en minimisant les inégalités délirantes aux Etats-Unis, tardivement mises en évidence par Thomas Piketty, et en ne prêtant pas attention aux perdants de la mondialisation. L’essentiel est de prendre à bras-le-corps les batailles de demain, pour que les populistes ne puissent pas dire « Je vous l’avais bien dit ». Ainsi, ne sous-estimons pas Nicolas Sarkozy, qui cherche pour des raisons électoralistes à évacuer le réchauffement climatique par une autre vérité qui dérange, l’explosion démographique de l’Afrique. Ne pas traiter ce sujet sérieusement, c’est redonner la main aux populistes.

Voir encore:

Voir enfin:

Norman Mailer, le président et le bourreau

Norman Mailer, le romancier du  » rêve américain « , a une passion pour les personnages-limites, auxquels il s’identifie volontiers : par exemple le président des États-Unis ou l’assassin Gary Gilmore, héros de son dernier livre.

Pierre Dommergues

Le Monde

01.12.1980

NORMAN MAILER, c’est d’abord un romancier. Comme cous les romanciers américains, il rêve d’écrire le  » grand roman américain « , cette mère qu’aucun d’eux n’a jamais rencontrée, mais qu’ils recherchent tous Mailer a néanmoins écrit plusieurs  » grands romans américains  » : les Nus et les Morts, en 1948, il avait alors vingt-cinq ans et ce fut la gloire du jour au lendemain. Puis Un rêve américain (1965), et Pourquoi sommes-nous au Vietnam ? (1967) Enfin, le plus accessible de tous, le Chant du bourreau, qui sort cette semaine aux éditions Laffont, où Mailer évoque l’histoire de Gary Gilmore, cet assassin qui refusa de faire appel et exigea d’être exécuté (1).

Mailer est aussi l’un des observateurs les plus attentifs de la scène américaine, dont il décrit les vibrations, les contradictions infinies. C’est toute l’Amérique que l’on retrouve dans ses interviews, ses articles, ses essais, ses romans – reportages. Le phénomène beatnik (Advertisements for Myself, 1959), les luttes contre la guerre du Vietnam (les Armées de la nuit, 1968), les conventions politiques (Miami and the Siege of Chicago, 1968), le problème du féminisme (le Prisonnier du sexe, 1971), l’impact sur l’imaginaire américain du débarquement sur la Lune (Bivouac sur la Lune, 1969).

 » Vous êtes le seul grand écrivain américain à vous être intéressé – jusqu’à l’obsession – aux présidents des États-Unis. Dès 1948, vous faisiez campagne pour Henry Wallace. Au début des années 60, vous écriviez un essai enthousiaste sur J.F. Kennedy (Presidential Papers 1963). Le spectre de Lyndon Johnson plane sur les Armées de la nuit (1968). Dans Saint George and the Godfather (1972), McGovern est le saint, Nixon le parrain. En 1976, vous publiez un entretien avec le président Carter dans le New York Times. Pourquoi cette fascination pour la race des présidents ?

– Je n’y ai encore jamais pensé. Ce sont sans doute les circonstances particulières de ma vie. Mon premier succès avec les Nus et les Morts (1948), mon brusque passage de l’obscurité à ce qui m’est apparu comme la lumière spectrale de la célébrité. Ma vie m’a toujours semblé étrange, différente de celle des autres. J’ai toujours été fasciné par ces gens qui pouvaient avoir mes problèmes, de façon parfois encore plus aiguë. Les présidents ont des existences artificielles. À vingt-cinq ans, j’ai découvert que ma vie était devenue parfaitement artificielle. Les gens ne réagissaient plus envers moi parce qu’ils m’aimaient ou qu’ils me détestaient. Tant qu’on est inconnu, les amitiés se forment sur une base organique. Les amis poussent sur le même terrain que vous. Ils ont la compatibilité des légumes qui ont levé côte à côte dans le même potager. Avec la célébrité, c’est comme si l’on vous transplantait dans la stratosphère. Vous devenez une plante hydroponique.

 » Une autre explication ? Ma conception de l’écrivain qui, pour moi, n’est rien d’autre qu’un calculateur – comme l’est un joueur professionnel. Il évalue sans cesse ses chances, examine les occasions, cherche à laisser sa trace. Les écrivains sont les derniers entrepreneurs du neuvième siècle. Donc, de mon point de vue de calculateur, j’avais une position idéale sur écrire sur ces gens. J’étais capable de les voir du dedans, alors que ceux qui écrivent sur les personnalités politiques ou sur les présidents acceptent généralement les airs que ces derniers se donnent. La terminologie, médiocre et ridicule, utilisée par les politiciens est, de surcroît, reprise par ces commentateurs qui tentent d’expliquer ces hommes politiques à la nation.

 » Les politiciens ne s’intéressent pas aux problèmes politiques, ce sont des acteurs. C’est encore plus vrai aux États-Unis qu’en Europe, où il y a une tradition politique. En Amérique, la politique est un sport à l’usage des très ambitieux. En Europe, où elle procède moins du vedettariat, la politique est aussi pus professionnelle. C’est une carrière raisonnable. On y trouve une certaine sécurité, absente de la vie américaine.

De l’audace

– Plus précisément, qu’est-ce qui vous a fasciné chez un Kennedy, un Johnson ou un Nixon ?

– Chez Kennedy, c’était une certaine audace. Dans les années 50, le seul fait de dire :  » Je veux me présenter à l’élection présidentielle, et j’ai mes chances  » était une hypothèse tout à fait remarquable. Kennedy a pris des risques. À l’époque, les hommes politiques étaient beaucoup plus circonspects en ce qui concerne la sexualité. Bien longtemps avant qu’on ait entendu parler de Kennedy, en tant que  » grand homme politique « , on connaissait le  » grand amant « .

 » Johnson avait potentiellement bien plus de valeur qu’il ne voulait le montrer. Mais c’était un hypocrite, et il avait un tel mépris du public que ça en devenait stupide. Malgré son intelligence et son astuce, il n’a jamais compris ce que Kennedy a réussi Ni que Kennedy l’avait battu parce qu’il était plus passionnant que lui. Johnson faisait tout pour maintenir les Américains dans l’ennui. C’est tout ce qu’il avait appris au Texas : ennuyer les gens ; et il a transposé cette pratique sur le plan national. Johnson a desservi le peuple américain. Pour moi, un président a le devoir d’être intéressant. C’est pour cela que Carter a été repoussé par les électeurs : il traitait le public américain comme une vache. Il prédigérait la nourriture avant de l’enfourner dans la panse de la bête.

 » Nixon ? Un jour que j’interviewais Kissinger – c’était à l’époque du Watergate, – il me dit combien il était dommage que je ne rencontre pas le président. Nixon, disait-il, m’aurait fasciné. C’était un homme sur lequel il faudrait écrire. Si lui, Kissinger, avait été écrivain, ajoutait le secrétaire d’État (c’est un des charmes de Kissinger : quand il est avec un écrivain, il lui donne l’impression qu’il aimerait écrire, et quand il est avec P.-D. G., qu’il aimerait, etc.). Bref, il me déclara que Nixon était aux portes de la grandeur, non seulement pour son époque, mais à l’égard de l’histoire, car il allait conclure la paix dans le monde, pour cinquante ans, pour un siècle peut-être. Ce petit Watergate, ce misérable grain de poussière dans un œil, allait le détruire pouce après pouce. Kissinger parlait avec une grande tristesse, car, en fin de compte, si Nixon avait fait la paix. Kissinger en aurait été le principal architecte.

 » J’ai beaucoup écrit sur Nixon, mais je ne suis pas d’accord avec Kissinger. Pour écrire un roman sur Nixon, il faudrait pouvoir vider sa propre tête. Je ne crois pas que j’en serai capable. Je ne le comprends pas suffisamment. De l’extérieur, oui, Mais c’est une chose de comprendre un personnage du dehors et une autre de pénétrer dans sa tête. C’est un saut périlleux. Je ne comprends pas comment un homme de sa trempe a pu se laisser flétrir. Chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour faire un discours, c’était un échec esthétique. Il était particulièrement terne. Il aurait été l’un des plus mauvais acteurs du monde, car il était incapable de communiquer une émotion ou un sentiment sans l’afficher grossièrement. S’il disait que l’Amérique devait être forte, il brandissait le poing. S’il voulait exprimer sa joie à l’annonce d’une bonne nouvelle. Il souriait de toutes ses dents. Il faisait tout ce que les jeunes acteurs apprennent à ne plus faire après un premier cours d’art dramatique. Pourtant, quand il était jeune, il rêvait d’être acteur !

 » L’histoire des États-Unis aurait pu être différente si Nixon avait eu une personnalité agréable. Il a sans doute été le président le plus profond que nous ayons jamais eu. Oui, même s’il est aussi un fils de pute et une pourriture ! Il avait au moins une appréhension globale des réalités politiques. Seul Nixon pouvait faire la paix avec la Chine. Ce fut une étape extraordinaire.

Tête de linotte

– Et Reagan, le président élu ?

– Je suis un peu dépassé en ce qui concerne Reagan. Je me suis trompé sur son compte à tous les coups ! Je n’ai pas cru qu’il obtiendrait l’investiture, je pensais que Connally serait le gagnant. Je pensais aussi que ce serait un combat entre Kennedy et Connally. Je me sens disqualifié pour parler de Reagan. Je l’ai d’abord traité de tête de linotte. Mais, quand il a obtenu l’investiture, j’ai dû réviser mon jugement, et je l’ai appelé la super-tête de linotte, Après le débat avec Carter, j’ai pensé que c’était un acteur de troisième catégorie. Cet homme a du mal à retenir même les mots qu’on utilise en politique. Quant à comprendre les idées politiques, cela le dépasse.

 » Reagan concrétise une autre de mes idées, à savoir que le président dont l’Amérique a besoin est un leader et non plus un politicien. Il y a des limites à ce que peut faire un homme politique. La fonction de président relève en partie du cérémonial et en partie de l’organisation. Mais, en dernière analyse, le rôle principal du président est de donner un peu de chaleur, un peu d’humour, un peu d’énergie au peuple américain…

– Mais n’est-ce pas là ce que Reagan peut apporter ?

– Peut-être ! Si Reagan était démocrate, je crois que je le préférerais à Carter. S’il partageait la philosophie de Carter, ce serait un gain non négligeable puisqu’un homme doué d’une personnalité malheureuse a été remplacé par un homme qui a une personnalité agréable. Mais il y a aussi des problèmes politiques véritables, et je ne pense pas que Reagan soit équipé pour les affronter. Il faudra attendre.

– Si vous deviez rencontrer Reagan, quelles questions lui poseriez-vous ?

– On ne peut pas obtenir de réponse de Reagan. Beaucoup ont essayé. Comment peut-on parler de réduire les impôts et, en même temps, d’augmenter les dépenses militaires ? Si vous ne pouvez pas mener de front ces deux objectifs (et, pour l’instant, personne n’a montré comment), il est évident que l’on commencera par la remilitarisation qui apportera à l’Amérique un peu de prospérité pour quelque temps. Mais cela va également accroître le taux d’inflation et aussi l’impôt si on prétend équilibrer le budget. Alors va-t-on renverser la vapeur et renoncer au sacro-saint équilibre budgétaire, ou va-t-on, au contraire, réduire les dépenses sociales ?

 » Dans le second cas, cela équivaudrait à supprimer les ressources d’un très grand nombre de Noirs, et les villes américaines connaîtraient – disons dans deux ans peut-être – une situation critique. En effet, le libéralisme a acheté la colère des Noirs au cours des deux dernières décennies. Ils en ont maintenant pris l’habitude. Ils ont grandi avec un nouveau style de vie, que vous leur enlèveriez sans rien leur donner de substantiel à la place. Ils sont des millions. Et l’industrie de guerre ne va pas fournir l’équivalent sous forme d’emplois nouveaux. Alors que faire si les villes bougent une fois encore ?

 » Avec Reagan, je ne pourrais jamais aller aussi loin dans les questions. Il faudrait un entretien de cinq heures ! C’est un politicien qui connaît ses faiblesses mieux que son interlocuteur, et qui a l’art de la dérive. Mais la véritable réponse, je crois, serait la suivante :  » Que ces Noirs durcissent leurs positions, et on les matera.  » Je pense que nous allons connaître la loi martiale. Non pas demain, mais dans quelques années.

 » Je dois ajouter que je ne sais pas grand-chose en économie et que, comme la plupart des grands économistes d’aujourd’hui, je ne comprends pas ce qui se passe. Aussi n’est-il pas impossible que l’économie fonctionne un petit peu mieux, que l’Amérique émerge de certaines de ses difficultés et que, dans ce cas, l’ère de Reagan ne soit pas pire que celle d’Eisenhower. Une autre chose m’inquiète en Amérique, c’est que les gens deviennent non pas fascistes, mais qu’ils se rapprochent de plus en plus des phases qui précèdent le fascisme.

 » Ma bête noire  »

– Vous avez toujours été hostile aux idéologies. Mais, aujourd’hui, alors que le libéralisme, le christianisme, le judaïsme, le radicalisme sont attaqués aussi violemment par la droite que par la gauche, en France comme aux États-Unis, quelle est votre attitude à leur égard ?

– Je ne pense pas qu’il existe une idéologie, quelle qu’elle soit, qui ait aujourd’hui la moindre utilité. Sa seule fonction est de permettre aux gens de poursuivre leur vie quotidienne en se raccrochant à quelques lambeaux. La plupart des gens ne peuvent pas vivre sans idéologie. Elles servent de garde-fou aux psychismes de millions de personnes. Mais, en ce qui concerne la façon de résoudre les problèmes à venir, il va falloir trouver de nouvelles sources, de nouvelles idées politiques.

 » Si je me représentais à des élections (2), je ne le ferais certainement pas sur la base d’idées reçues. Je choisirais un thème dément. Par exemple, l’impôt unique, un peu à la manière de Henry George (3), qui se proposait de substituer un impôt sur la terre à l’impôt sur le revenu et aux diverses taxes locales. Bien sûr, il ne s’agirait pas aujourd’hui d’un impôt sur la terre, ce serait injuste pour ceux qui en vivent, cela avantagerait systématiquement les revenus industriels. Je serais pour ma part, favorable à un impôt unique qui frappe, par exemple, les plastiques. Je considère que le plastique détruit notre niveau de vie, qu’il dégrade notre existence. C’est la peste des temps modernes. Il dilue la substance la plus intime de notre être. C’est ma bête noire (4). En s’appuyant sur la sensibilité écologique, nous pourrions concevoir une politique fondée sur l’idée que les gens se déterminent en fonction de la nocivité des substances qui les entourent. Les produits considérés comme les plus nocifs par consensus démocratique seraient les plus fortement imposés. Telle serait l’assiette de l’impôt.

 » Je ne veux même pas prendre en compte l’idée de communisme ou de capitalisme. Je suis prêt à m’accommoder du capitalisme, non pas parce que j’en suis épris, mais parce que le capitalisme est plus existentiel que le communisme. Pour certains, la gestion de leurs petites entreprises est le seul élément de créativité dans l’existence. J’en viens à l’idée que tout être qui mène une vie un tant soit peu créative est légèrement moins malheureux que celui qui mène une existence totalement dépourvue de créativité. C’est en ce sens que je peux m’entendre avec le petit capitalisme.

 » Je pense, par contre, que les sociétés multinationales ne sont que des vaisseaux de guerre, versions miniaturisées du communisme. Ce sont des États collectivistes, des enclaves dans la nation. De même que le communisme crée les principales difficultés en Union soviétique, de même le capitalisme multinational est à l’origine des principaux problèmes de l’Amérique. Il ne cesse de nous gaver de produits que nous n’aimons pas. Il nous impose des styles de vie. Il faut commencer par attaquer le mal à la racine. Un nouveau modèle d’imposition peut être une des voies pacifiques pour atteindre cet objectif.

 » Pourquoi pas moi ?  »

– Considérez-vous que l’on assiste, aujourd’hui, à un essor du conservatisme aux États-Unis et que Reagan a été élu par une nouvelle coalition qui exprime ce courant ?

– Il y a autour de Reagan quelques conservateurs sérieux qui ont des idées intéressantes. Le député Jack Kemp, par exemple, que, selon moi, Reagan aurait dû choisir comme vice-président. Je ne suis d’accord avec lui que sur très peu de points, mais c’est un conservateur intelligent.

– Un conservateur à la Edmund Burke ?

– Un jour, je me suis défini comme un  » conservateur de gauche « . J’avais dit que si l’on devait me demander : doit-on fusiller ces cinq hommes ou abattre ces cinq arbres, je répondrais : montrez-les-moi, mettez les hommes à gauche les arbres à droite… Le véritable conservatisme nous vient de Burke : il considérait que les grands chênes de la vieille Angleterre constituaient un héritage humain plus important que l’homme moderne lui-même.

 » Et pourtant, que croient les conservateurs américains d’aujourd’hui ? Que le gouvernement en soi est un mal et que moins il y en aura, plus grandes seront les chances de voir renaître la productivité et les activités créatrices ! Et ils sont prêts à dépouiller l’État d’une grande partie de ses pouvoirs.

 » Je ne pense pas que Reagan soit un conservateur véritable. Il représente tous ceux qui, en Amérique, ont pillé la nation depuis quarante ans et qui veulent la piller encore davantage. C’est le chef de file des  » Je veux ma part de gâteau, Joe « , dans un style un peu nouveau avec un saupoudrage de conservatisme, mais au fond, Reagan est un centriste, un homme de gouvernement. Il veut tout simplement que l’État donne encore plus aux super-riches et moins au super-pauvres. Le problème est que les gens qui sont au haut de l’échelle et qui s’approprient les trois quarts des dépouilles, du surplus si vous préférez, veulent désormais récupérer le dernier quart. Ils acceptent mal l’idée que ceux qui sont au bas de l’échelle aient, eux aussi, droit à une partie du gaspillage. Ils n’ont pas la moindre culpabilité à l’endroit des Noirs qu’ils ont maintenus en esclavage pendant des siècles. Mais les Noirs se sont habitués depuis les vingt dernières années à ce que le gouvernement les aide.  » Mec, pourquoi pas moi, pensent-ils, pourquoi je n’aurais pas ma part du gaspi ! « . Et, à mon avis, ils ont parfaitement raison.

Punks

– Et la classe moyenne dans ce schéma ?

– Elle a le grand avantage de prendre peu de risques et d’avoir beaucoup de sécurité. Son plus grand problème est de se mesurer au vice et de résister à son emprise. La classe moyenne ressemble à la race des prisonniers à vie : ou bien votre vie s’améliore, ou bien elle se détériore. Je n’ai pas de grande sympathie pour cette Amérique moyenne qui a pourtant subventionné le haut et le bas de l’échelle. J’aurai beaucoup plus d’estime à son endroit lorsqu’elle se rendra compte que l’élite lui prélève une part plus importante de ses ressources que les pauvres.

– Quels sont, aujourd’hui, les facteurs de revitalisation ? Dans la gamme des personnages qui, dans votre œuvre, vont du saint au psychopathe – et dont le  » White Negro  » (le Blanc au comportement de nègre) était pour vous le prototype dans les années 60, – quel serait aujourd’hui l’équivalent de ce héros existentiel sauvé par son ancrage dans le présent ?

– Je ne sais pas. Peut-être les adolescents qui vont dans les concerts punks. J’y suis allé trois ou quatre fois à New-York. Et j’y ai senti une sorte de ferment sauvage et révolutionnaire. J’ai été surpris de voir à quel point j’éprouvais de la sympathie pour eux, alors que, pour moi, cette musique est bruyante, vraiment assourdissante. Ces jeunes ont été élevés dans le boucan de la télé interrompue toutes les sept minutes par les publicités. Ils doivent trouver une forme de transgression à écouter du bruit ininterrompu. Le punk est la valve de sécurité de leurs nerfs déchiquetés. C’est une nouvelle explosion, encore plus intense, qui pulvérise les débris de la première. C’est là que subsiste une forme de rébellion qui ne peut pas être étouffée.

 » Je voudrais revenir à une autre raison pour laquelle je ne peux pas m’imaginer président des États-Unis. Cela voudrait dire en effet que les Américains auraient opté contre le réarmement. Un de mes thèmes serait de montrer qu’il est ridicule de poursuivre la course aux armes nucléaires. Il vaudrait mieux inviter les Soviétiques à venir chez nous. Rien ne détruirait plus rapidement leur système qu’une tentative de nous gouverner d’en haut et de l’extérieur. L’Amérique organiserait le plus puissant réseau de résistance que l’histoire ait jamais connu. Le communisme serait détruit de l’intérieur. Les Russes n’ont en fait aucun désir de contrôler les États-Unis. Ils sont trop préoccupés par la croissance de leur propre empire. Ils sont notoirement sous-équipés pour lutter contre les idéologies étrangères, et aucune ne l’est davantage que la nôtre avec sa profonde tradition individualiste.

Un roman

– La première partie de votre nouveau roman – le Chant du bourreau – est une très belle histoire d’amour entre un Roméo et une Juliette qui partagent leur temps entre la cavale et le pénitencier. Gary Gilmore, le protagoniste principal, n’est-il pas également une sorte de dissident, l’homme qui résiste aux manipulations des avocats qui veulent le sauver contre son gré et des journalistes qui veulent faire un scoop avec le récit en direct de son exécution ?

– C’est absolument exact. Gary est constamment manipulé. En prison, les processus de manipulation sont concentrés. Vous êtes manipulés par les autorités pénitentiaires, par certains codétenus, par des cliques à l’intérieur, par la famille à l’extérieur. Les prisonniers finissent par se considérer comme des condamnés plutôt que comme des détenus. Et ils partagent avec Gilmore cet élan de résistance.

 » Mais je me méfie de la dissidence. C’est un autre piège qui renforce encore le bras des fascistes à venir. Beaucoup de jeunes cassent tout ce qu’ils voient et détruisent toutes les idées. Est-ce parce que je vieillis ? Mais je ne trouve plus cela très amusant. Et puis on nous rabâche la vieille rengaine d’il y a cinquante ou cent ans : éduquez les masses afin qu’elles comprennent ce qui leur arrive. Comment les éduquer quand on sait à peine ce qui se passe, quand on comprend si mal ce qui arrive. Le monde était plus simple, il y a trente ans.

– Cette complexité explique-t-elle la place importante de la réalité dans votre fiction ? Le Chant du bourreau, comme le précise le sous-titre anglais, est l’histoire réelle de Gary Gilmore, exécuté en janvier 1977 dans le pénitencier de l’Utah.

– Dans ce livre, mon projet est de mettre à nu la réalité, 1e l’enregistrer telle qu’elle est, au mieux de mes capacités. J’ai voulu écrire un livre où l’on puisse reconnaître des détails sur l’espace, le temps, l’atmosphère. Quelques détails suffisent parfois à remettre un peu d’ordre dans le monde. S’il y avait cinq ou six livres comme celui-ci qui présentent différents aspects de la vie américaine, nous aurions peut-être une idée plus nette de l’Amérique. C’est ce que Balzac a entrepris pour la société française, à lui seul. Zola a poursuivi la tâche. Flaubert a hérité d’une vision restée globale jusqu’à Proust, qui lui ajoute encore une dimension nouvelle. C’est pourquoi les Français, à la différence des Américains, ont une vision d’ensemble de leur monde.

– On est frappé par la ressemblance entre Gary, ce condamné à mort qui avait fait la couverture de Newsweek il y a quatre ans, et vous-même tel que vous vous présentez dans vos essais et récits autobiographiques. Avez-vous tenté de  » maile-riser  » votre personnage ?

– Oui, au début. J’ai pensé que si j’avais commis un meurtre comme le sien, j’aurais agi comme lui – peut-être, car il est prétentieux d’affirmer qu’on pourrait être aussi courageux que lui. Peu de gens comprennent le courage qu’il faut pour aller jusqu’au bout de sa propre exécution. C’est un peu comme si vous étiez l’acteur principal d’une pièce et que, à la fin de la première, après avoir connu toutes les épreuves, vous vous avanciez vers le public pour que l’on vous exécute. C’est un geste ambitieux, même s’il y a quelque chose de tordu dans ce comportement. Au cours de mes recherches, après neuf mois de travail, j’ai su que je n’essaierais pas de façonner Gary à mon image. Au contraire, j’ai voulu qu’il ait une existence totalement indépendante de la mienne.

– Comment s’effectue pour vous le passage de la réalité, de l’autobiographie et de la biographie (les divers matériaux que vous utilisez) à la fiction ?

– Je viens de publier sur Marilyn Monroe un nouveau livre que j’appelle une  » fausse autobiographie  » ou  » pseudo-Mémoires « . J’essaie de raconter l’histoire de quelques années de sa vie, comme si elle parlait à son scribe ou à elle-même. C’est un exemple de l’imbrication biographie-fiction.

 » Les Armées de la nuit offre un deuxième cas de figure : c’est un reportage, si vous voulez, bien que je n’aime pas le terme. Il s’agit plutôt d’impressions en profondeur. La première partie, la plus longue, généralement considérée comme la plus réussie, est centrée autour de ce qui m’est arrivé pendant la marche sur le Pentagone en 1967. La seconde partie, plus courte, totalement objective, tente de cerner ce qui s’est passé à Washington au cours de la manifestation.

 » Le Chant du bourreau est totalement différent. Il n’y a rien d’autobiographique, c’est un véritable morceau d’écriture romanesque. La seule différence avec un roman traditionnel, c’est que les éléments constitutifs ne sont pas  » fictifs « , ils ne sont pas sortis de mon imagination. Mais l’essentiel de l’œuvre d’art est l’agencement de ces éléments, quelle que soit leur origine. En ce sens, le Chant du bourreau est un roman au sens le plus strict du terme, le travail d’un romancier qui fonctionne, j’ose l’espérer, à pleine vapeur ou presque…

Dieu

– Que signifie le titre ?

– Il y a deux significations principales sans rapport, l’une et l’autre, avec le problème de la peine capitale, ni avec l’exécution de Gilmore, au sens littéral. La première, c’est que Gilmore est le bourreau, le livre est donc le chant de Gilmore. La seconde, c’est que, en fin de compte, Dieu est notre exécuteur à tous, il choisit le moment de notre mort. Mais dans ce livre, que j’ai essayé d’écrire avec le maximum de distanciation, il ne s’agit pas d’un Dieu qui médite sur les événements, mais plutôt d’une voix romanesque qui vient de loin, qui émerge de ces merveilleux romans du dix-neuvième siècle écrits à la troisième personne, comme ceux de Thomas Hardy. On sent que ce n’est pas Dieu qui est présent, mais l’œil de la providence qui jette son regard sur le monde.

– Ce regard de Dieu, ce chant, n’est-ce pas aussi celui de Mailer, l’artiste ?

– Non, sauf si vous considérez que tout artiste, tout romancier, est à la fois une incarnation personnelle et une représentation de l’esprit. On ne peut pas écrire pendant trente ou quarante ans, comme je l’ai fait, sans participer à cette spiritualité abstraite. Il n’est pas impossible que tout ce que j’ai appris au cours de ces années sur le détachement de la voix de l’auteur se trouve en quelque sorte concentré dans cet ouvrage. Mes précédents romans sont plus personnels, plus individuels. Dans celui-ci, la distance est plus grande que jamais entre le matériau que j’ai utilisé et moi-même. C’est sans doute cette part neuve et inutilisée de moi-même qui explique ce détachement nouveau.  »


(1) Voir P. Dommergues,  » Un  » roman-vérité  » de Norman Mailer  » le Monde des livres, 28 décembre 1979.

(2) En 1969, Mailer est candidat à la mairie de New-York.

(3) Henry George est un économiste réformiste américain du dix-neuvième siècle, qui propose un système de l’impôt unique sur la terre, à une époque où commencent les grandes spéculations foncières en Californie

(4) En français dans l’entretien

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/archives/article/1980/12/01/norman-mailer-le-president-et-le-bourreau_2808528_1819218.html#D25wVIPCx1m7iuqv.99

Voir enfin:

Eric Brunet

18 novembre 2016

Je me souviens de ce célèbre expert des États-Unis, croisé dans les allées de BFM TV la veille de l’élection présidentielle américaine : « Éric, j’ai eu mes contacts à Washington. C’est plié : Hillary l’emporte avec plus de 55 % des voix. » J’en ris encore… Qui avait pris la peine, dans les semaines qui précédaient l’élection américaine, d’inviter les représentants de la campagne de Donald Trump en France ? Personne. Nous avons découvert leur visage le lendemain du 8 novembre. Alors que les démocrates se bousculaient sur nos plateaux de télévision depuis plus de quinze jours…

Aujourd’hui encore, l’état de sidération est total. Sondeurs et journalistes américains rasent les murs. Et avec eux, les soi-disant experts français. Pour calmer l’opinion publique, on esquisse quelques explications (les mêmes à chaque fois qu’un institut de sondage se trompe) : “un sondage est une photographie de l’opinion à un instant ‘t’, pas une prédiction” ; “les intentions de vote ne sont pas figées” ; “une fraction de l’électorat du candidat républicain n’a pas déclaré son vote, comme c’est parfois le cas pour le Front national en France” ; “il y avait beaucoup d’indécis…”

Pourtant, cet échec à capter le désarroi de l’électorat américain témoigne de l’hallucinant décalage entre un pays et ses élites médiatiques… « Comme tout le monde, nous nous sommes trompés », avouait Tony Romando, le propriétaire de Newsweek. Son magazine, comme la plupart des médias américains, n’avait même pas envisagé la victoire de Donald Trump (le jour de l’élection, 84 % des médias prédisaient la victoire de la candidate démocrate)… Rappelons que le site FiveThirtyEight.com estimait que Mme Clinton avait 70 % de chances de l’emporter. Rappelons que le Wisconsin et la Pennsylvanie étaient “journalistiquement” acquis à Hillary Clinton : le New York Times leur donnait respectivement 93 % et 89 % de chances de s’offrir à la candidate démocrate… et c’est Trump qui l’a emporté dans ces deux États. Rappelons que le lundi 7 novembre, veille de l’élection américaine, le Huffington Post donnait 1,6 % de chances de victoire à Donald Trump ! Et que la une de Newsweek, “Madam President”, était déjà imprimée. Il a fallu en fabriquer une autre en urgence…

« Les médias sont passés à côté […]. Les chiffres n’étaient pas seulement un mauvais guide, […] ils étaient comme une bretelle de sortie qui nous écarte de la réalité », confesse Jim Rutenberg, le critique média du New York Times. Certains journalistes se dédouanent en rejetant la faute sur les instituts de sondage, impuissants à anticiper la déferlante Trump : « J’ai cru dans les données en politique pendant trente ans et les données sont mortes ce soir », assène sur Twitter Mike Murphy de la chaîne NBC, ajoutant : « Je n’aurais pas pu me tromper davantage à propos de cette élection. »

Le plus étonnant, c’est que les journalistes américains ont labouré les États républicains pendant des mois. Ils ont rencontré des mineurs, interviewé des chômeurs, côtoyé la misère et le déclassement. Pourtant, aveuglés par le discours policé du biotope new-yorkais, par leur foi idéologique dans la candidate des élites, ils n’ont pas pris au sérieux ces “deplorables”. Selon le milliardaire Peter Thiel, soutien de Donald Trump, c’est une grossière erreur : « Les journalistes prennent toujours Trump au pied de la lettre mais sans le prendre au sérieux. Ses électeurs, en revanche, le prennent au sérieux mais ne le prennent pas au pied de la lettre. Par exemple, quand il propose de construire un mur à la frontière mexicaine, les journalistes exigent des détails, veulent savoir comment il va s’y prendre. Ses électeurs comprennent qu’il ne veut pas vraiment édifi er un mur. Ils entendent simplement qu’il propose une politique migratoire plus saine et plus intelligente. »

Les médias français devraient en prendre de la graine, car d’importantes élections se profilent dans notre pays…


Primaire de la droite: Attention, une campagne dégueulasse peut en cacher une autre ! (In France’s deeply ingrained statist culture, guess who is denounced as an ultra-liberal and medieval reactionary Thatcherite !)

23 novembre, 2016
 fillonthatcher ali-juppe2
collectivite
fillon-not-a-chancejuppe-deja-gagneQu’est-ce que c’est, dégueulasse ? Patricia
Quand j’ai lu le livre de Houellebecq, quelques jours après les assassinats à Charlie Hebdo, il m’a semblé que ses intuitions sur la vie politique française étaient tout à fait correctes. Les élites françaises donnent souvent l’impression qu’elles seraient moins perturbées par un parti islamiste au pouvoir que par le Front national. La lecture du travail de Christophe Guilluy sur ces questions a aiguisé ma réflexion sur la politique européenne. Guilluy se demande pourquoi la classe moyenne est en déclin à Paris comme dans la plupart des grandes villes européennes et il répond: parce que les villes européennes n’ont pas vraiment besoin d’une classe moyenne. Les emplois occupés auparavant par les classes moyennes et populaires, principalement dans le secteur manufacturier, sont maintenant plus rentablement pourvus en Chine. Ce dont les grandes villes européennes ont besoin, c’est d’équipements et de services pour les categories aisées qui y vivent. Ces services sont aujourd’hui fournis par des immigrés. Les classes supérieures et les nouveaux arrivants s’accomodent plutôt bien de la mondialisation. Ils ont donc une certaine affinité, ils sont complices d’une certaine manière. Voilà ce que Houellebecq a vu. Les populistes européens ne parviennent pas toujours à développer une explication logique à leur perception de l’immigration comme origine principale de leurs maux, mais leurs points de vues ne sont pas non plus totalement absurdes. (…) ce qui se passe est un phénomène profond, anthropologique. Une culture – l’islam – qui apparaît, quels que soient ses défauts, comme jeune, dynamique, optimiste et surtout centrée sur la famille entre en conflit avec la culture que l’Europe a adoptée depuis la seconde guerre mondiale, celle de la «société ouverte» comme Charles Michel et Angela Merkel se sont empressés de la qualifier après les attentats du 22 Mars. En raison même de son postulat individualiste, cette culture est timide, confuse, et, surtout, hostile aux familles. Tel est le problème fondamental: l’Islam est plus jeune, plus fort et fait preuve d’une vitalité évidente. (…) Pierre Manent (…) a raison de dire que, comme pure question sociologique, l’Islam est désormais un fait en France. Manent est aussi extrêmement fin sur les failles de la laïcité comme moyen d’assimiler les musulmans, laïcité qui fut construite autour d’un problème très spécifique et bâtie comme un ensemble de dispositions destinées à démanteler les institutions par lesquelles l’Église catholique influençait la politique française il y a un siècle. Au fil du temps les arguments d’origine se sont transformés en simples slogans. La France invoque aujourd’hui, pour faire entrer les musulmans dans la communauté nationale, des règles destinées à expulser les catholiques de la vie politique. Il faut aussi se rappeler que Manent a fait sa proposition avant les attentats de novembre dernier. De plus, sa volonté d’offrir des accomodements à la religion musulmane était assortie d’une insistance à ce que l’Islam rejette les influences étrangères, ce qui à mon sens ne se fera pas. D’abord parce que ces attentats ayant eu lieu, la France paraîtrait faible et non pas généreuse, en proposant un tel accord. Et aussi parce que tant que l’immigration se poursuivra, favorisant un établissement inéluctable de l’islam en France, les instances musulmanes peuvent estimer qu’elles n’ont aucun intérêt à transiger. (…) L’Europe ne va pas disparaître. Il y a quelque chose d’immortel en elle. Mais elle sera diminuée. Je ne pense pas que l’on puisse en accuser l’Europe des Lumières, qui n’ a jamais été une menace fondamentale pour la continuité de l’Europe. La menace tient pour l’essentiel à cet objectif plus recent de «société ouverte» dont le principe moteur est de vider la société de toute métaphysique, héritée ou antérieure (ce qui soulève la question, très complexe, de de la tendance du capitalisme à s’ériger lui-même en métaphysique). A certains égards, on comprend pourquoi des gens préfèrent cette société ouverte au christianisme culturel qu’elle remplace. Mais dans l’optique de la survie, elle se montre cependant nettement inférieure. Christopher Caldwell
Il n’y en aura que deux, Juppé et Sarkozy. Fillon n’a aucune chance. Non parce qu’il n’a pas de qualités, il en a sans doute; ni un mauvais programme, il a le programme le plus explicite; non parce qu’il n’a pas de densité personnelle … Mais son rôle est tenu par Juppé. C’est-à-dire pourquoi voter Fillon alors qu’il y a Juppé ? il n’y aurait pas Juppé, je dirais, oui, sans doute que Fillon est le mieux placé pour disputer à Sarkozy l’investiture. Mais il se trouve qu’il y a Juppé. François Hollande
Le masque d’Alain Juppé va tomber tôt ou tard quand les Français s’apercevront qu’il est le même qu’en 1986, le même qu’en 1995. À savoir, un homme pas très sympathique qui veut administrer au pays une potion libérale. François Hollande
C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement. François Hollande
Chirac, c’est l’empathie avec les gens, avec le peuple, c’est la capacité d’écoute. C’est un peu l’exemple que je cherche à suivre». (…) Je veux poursuivre l’œuvre de Jacques Chirac. Alain Juppé
Je relis les magnifiques pages des Mémoires d’Outre-Tombe que Chateaubriand consacre à l’épopée napoléonienne. Alain Juppé (16/10/2016)
Nous devons (…) gagner pour sortir la France du marasme où elle stagne aujourd’hui. (…) La première condition sera de rassembler dès le premier tour les forces de la droite et du centre autour d’un candidat capable d’affronter le Front national d’un côté et le PS ou ce qui en tiendra lieu de l’autre. Si nous nous divisons, l’issue du premier tour devient incertaine et les conséquences sur le deuxième tour imprévisibles. Alain Juppé (20/08/2014)
Est-ce vraiment un revenu universel ? Est-ce que tout le monde va le toucher, de Madame Bettencourt (…) à la vendeuse de Prisunic. Alain Juppé
Je vais mettre toute la gomme ! Alain Juppé
J’ai la pêche et avec vous, j’ai la super pêche ! Alain Juppé
Je suis baptisé, je m’appelle Alain Marie, je n’ai pas changé de religion. Alain Juppé
Je suis candidat pour porter un projet de rupture et de progrès autour d’une ambition : faire de la France la première puissance européenne en dix ans. François Fillon
Quand ma maman allait à la messe, elle portait un foulard. Alain Juppé
J’aurais aimé qu’un certain nombre de mes compétiteurs condamnent cette campagne ignominieuse, je le répète. Mais lorsque la calomnie se cache derrière l’anonymat, la bonne foi est impuissante et je vous demande de vous battre contre ces messages parce qu’ils ont fait des dégâts.  Et j’ai des témoignages précis, dans les queues au moment du bureau de vote la semaine dernière, de personnes qui parfois ont changé leur vote parce qu’elles avaient été impressionnées par cette campagne dégueulasse, je n’hésite pas à le dire ! Alain Juppé
Il y a un discours privé et un discours public très différents l’un de l’autre. Il n’assume pas et il omet. Il faut qu’il clarifie les choses. Évoquer la Manif pour tous comme si elle était infréquentable, quand il nous a reçus, tout à fait à l’écoute, en acceptant des pistes de travail communes, notamment sur la question de la filiation et de l’adoption, et de l’intérêt supérieur de l’enfant, je trouve ça étonnant. J’ai rencontré tous les candidats à la primaire (de la droite). Le dernier, c’était Juppé. Est-il purement électoraliste ? (…) S’il traite François Fillon de traditionaliste pour sa proximité avec la Manif pour tous, le lien est exactement le même avec lui. Ludivine de la Rochère (Manif pour tous)
 Il y a beaucoup à dire sur les naïvetés d’Alain Juppé en matière de lutte contre l’intégrisme, catholique ou musulman. On a raison de s’inquiéter de sa complicité, ancienne, avec l’imam de Bordeaux. Tareq Oubrou a beau passer pour un modéré sur toutes les antennes, il n’a jamais renié son appartenance à l’UOIF, ni ses maîtres à penser, et joue les entremetteurs entre les islamistes et l’extrême droite. Pas vraiment un atout contre la radicalisation. Caroline Fourest
Suppression des 35 heures et de l’ISF, coupes dans la fonction publique, détricotage des lois Taubira, rétablissement de la double peine… Le programme ultraconservateur et ultralibéral de François Fillon. Libération
Journée des dupes. Beaucoup d’électeurs ont voulu écarter un ancien président à leurs yeux trop à droite. Impuissants devant la mobilisation de la droite profonde, ils héritent d’un candidat encore plus réac. C’est ainsi que le Schtroumpf grognon du conservatisme se retrouve en impétrant probable. «Avec Carla, c’est du sérieux», disait le premier. Avec Fillon, c’est du lugubre. Bonjour tristesse… La droitisation de la droite a trouvé son chevalier à la triste figure. C’est vrai en matière économique et sociale, tant François Fillon en rajoute dans la rupture libérale, décidé à démolir une bonne part de l’héritage de la Libération et du Conseil national de la Résistance. Etrange apostasie pour cet ancien gaulliste social, émule de Philippe Séguin, qui se pose désormais en homme de fer de la révolution conservatrice à la française. Aligner la France sur l’orthodoxie du laissez-faire : le bon Philippe doit se retourner dans sa tombe. On comprend le rôle tenu par les intellectuels du déclin qui occupent depuis deux décennies les studios pour vouer aux gémonies la «pensée unique» sociale-démocrate et le «droit-de-l’hommisme» candide : ouvrir la voie au meilleur économiste de la Sarthe, émule de Milton Friedman et de Vladimir Poutine. Nous avions l’Etat-providence ; nous aurons la providence sans l’Etat. C’est encore plus net dans le domaine sociétal, où ce chrétien enraciné a passé une alliance avec les illuminés de la «manif pour tous». Il y a désormais en France un catholicisme politique, activiste et agressif, qui fait pendant à l’islam politique. Le révérend père Fillon s’en fait le prêcheur mélancolique. D’ici à ce qu’il devienne une sorte de Tariq Ramadan des sacristies, il n’y a qu’un pas. Avant de retourner à leurs querelles de boutique rose ou rouge, les progressistes doivent y réfléchir à deux fois. Sinon, la messe est dite. Libération
François Fillon est triplement coupable d’être de droite, d’être croyant et, pour parachever le mauvais goût, d’avoir été soutenu par le mouvement catholique Sens commun. (…) Tous les coups bas sont permis, y compris en provenance des alliés politiques. Alain Juppé, chassé de son piédestal de grand favori consensuel, ne se prive pas de patauger dans les mesquineries boueuses de ce terrain glissant, jusqu’à faire passer son rival pour un affreux réac. Il l’accuse même d’avoir bénéficié des voies de la fachosphère, comme s’il y pouvait quelque chose. Que ne ferait-on pour draguer le camp d’en face. De celui qui fut lui-même Premier ministre il y a plus de vingt ans, on attendait une hauteur de vue qu’on n’espérait plus de la part de Nicolas Sarkozy. Erreur. Le second a ravalé la rancœur de la défaite derrière un discours digne, responsable et, osons le mot, élégant, appelant à voter Fillon ; tandis que le premier s’est cramponné à ses avidités électorales et ratisse tous azimuts. Aurait-il dû se retirer de la course? Dans l’absolu, c’eût été l’attitude la plus respectable: faire bloc autour du vainqueur. (…) Ce deuxième tour aura toutefois l’avantage de permettre à François Fillon de clarifier son projet et de court-circuiter les critiques de la gauche et du FN qui ne manqueront pas de pleuvoir durant la campagne de 2017. La tactique usée jusqu’à la corde est déjà perceptible. Le débat sera déplacé vers le registre de l’affect: Fillon deviendra l’émissaire du Malin qui veut anéantir le modèle social français et le service public, en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires. Manuel Valls fourbit ses armes, au cas où. Sait-on jamais. Il dénonce des «solutions ultralibérales et conservatrices» qui déboucheront sur «moins de gendarmes, moins de profs, moins de police». Comme si la fonction publique à la sauce socialiste, totalement désorganisée par les 35 heures, avait gagné en efficacité. Ultralibéral, Fillon? Non, libéral. L’économiste Marc de Scitivaux voit dans ses objectifs une «remise à niveau» consistant à accomplir «avec vingt ans de retard tout ce que les autres pays ont fait». 40 milliards de baisse de charges pour les entreprises, ses 10 milliards d’allègements sociaux et fiscaux pour les ménages et ses 100 milliards de réduction des dépenses publiques sur cinq ans: la méthode Fillon se veut le défibrillateur qui réanimera un Hexagone réduit à l’état végétatif par les Trente Frileuses d’une gouvernance bureaucratique. Sa France sera «celle de l’initiative contre celle des circulaires». Il joue franc-jeu: les deux premières années, à l’issue desquelles s’opérera le retournement, seront difficiles – elles devraient en outre coûter 1,5 % de PIB, prévient Emmanuel Lechypre. Le redressement sera effectif au bout du quinquennat et fera de la France la première nation de l’Europe au terme d’une décennie, annonce le candidat en meeting près de Lyon. Ambitieux, flamboyant. Et irréaliste, tancent ses opposants, conditionnés dans l’idée qu’il est urgent de ne rien faire ou si peu. Eloïse Lenesley
Mr. Fillon (…) says France “for 40 years hasn’t understood that it is private firms that create jobs—not the state.” His solution is to reverse the balance of power between state and citizens. He proposes cutting €100 billion ($105.92 billion) in public spending over five years, reducing government expenditure as a share of gross domestic product to less than 50% from 57% (the comparable figure is 44% in Germany and 38% in the U.S.). He proposes to abolish the 35-hour workweek and a wealth tax that are the bane of job creators in France. Mr. Fillon also wants to cut €40 billion in corporate taxes and “social fees” and €10 billion in personal taxes. And he calls for a €12 billion expansion in defense and security spending in response to Europe’s perilous security climate. Many of Mr. Fillon’s economic plans track those of Mr. Juppé, who also has been a longtime critic of the French welfare state. Where the two men mainly differ is on foreign policy. Mr. Juppé is more of a traditional Atlanticist, while Mr. Fillon seems to have a fondness for Russia’s Vladimir Putin and says he favors Bashar Assad in Syria’s civil war. He also indulges the French tendency to disparage the U.S. on foreign and trade policy, and he rails against a European free-trade agreement with America. These columns endorse ideas, not candidates, and we’ve long been disappointed in center-right French politicians promising economic reforms but never delivering. Still, if Sunday’s primary says anything, it’s that France’s center-right voters are eager for a leader who will deliver a smaller government and faster growth, not another subsidy to a favored constituency. That’s progress. WSJ
Alors que la France devrait baisser le nombre de fonctionnaires pour diminuer son déficit et ses dépenses publiques, leur nombre augmente. Nous avons le plus grand pourcentage (24 %) de fonctionnaires (avec statut) par rapport à la population active de tous les pays membres de l’OCDE (en moyenne, 15 %). En France, il y a 90 fonctionnaires pour 1000 habitants alors qu’il y en a seulement 50 pour 1000 en Allemagne ! L’explication est simple : nous sommes incapables de créer des emplois et nous continuons à augmenter la taille de l’Etat et des collectivités locales. Et nous avons perdu le contrôle. (…) Il existe des difficultés car dans de nombreux pays les fonctionnaires ne bénéficient plus d’un statut comme en France. Plus d’emploi à vie, ni de privilèges. Prenons un exemple. Dans le tableau de l’OCDE, en Suède, la proportion de fonctionnaires par rapport à la population active serait encore plus élevée qu’en France (27 % contre 24 %). Or, en Suède, il n’y a plus de statut, ni d’emploi à vie. Ces fonctionnaires sont employés comme dans le privé et peuvent être licenciés. (…)  La France reste pratiquement le seul pays à ne pas avoir touché au statut ! (…)  Partout, le nombre de fonctionnaires baisse et on transfère au privé des missions de l’Etat. Le Canada et la Suède l’ont fait dans les années 1990, l’Allemagne au début des années 2000. En Grande-Bretagne par exemple, depuis 2010 et l’arrivée au gouvernement des conservateurs, le secteur public a vu entre 500 000 et 600 000 emplois publics supprimés. Entre 2009 et décembre 2012, sous Obama, le nombre de fonctionnaires territoriaux a connu une chute spectaculaire aux Etats-Unis : – 560 000 (- 4%). Sur (presque) la même période (2009-déc. 2011), le nombre de fonctionnaires des collectivités locales françaises a augmenté de… 70 000 personnes (+ 4%). Au total, plus de 720 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés aux Etats-Unis depuis 2009. D’autres pays comme l’Irlande, le Portugal, l’Espagne ou même la Grèce ont drastiquement baissé le nombre de fonctionnaires. L’Irlande  a réduit leurs salaires jusqu’à 20% tandis que l’Espagne est allé jusqu’à 15% et, comme le Portugal, a choisi de remplacer seulement 1 fonctionnaire sur 10 ! Contrairement à la France, ces Etats qui ont décidé de tailler dans le vif montrent – Grande-Bretagne, Etats-Unis et Irlande en tête – affichent de vrais signes de reprise économique. (…) La sécurité sociale et l’Education sont les secteurs avec la plus grande bureaucratie. C’est là qu’on pourrait économiser plusieurs milliards en coupant dans les effectifs. Mais tout cela ne peut être réalisé que grâce à des réformes structurelles : ouverture à la concurrence du secteur de la santé, privatisation des écoles… C’est ce qui a été fait aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suède ou en Suisse. Mais ce n’est pas la voie empruntée par le gouvernement socialiste… (…) J’ai déjà écrit sur Météo-France qu’il faudrait fermer car depuis Internet, la météo est fournie par de nombreux organismes beaucoup moins chers. Mais on peut s’attaquer à de plus grands organismes qui coûtent encore plus cher : la Banque de France par exemple, où les frais de personnel sont 2 fois plus élevés que ceux de la Bundesbank (4000 employés de plus !),  les salaires, 24 % de plus qu’à la Bundesbank et le coût des retraites, 300 Millions d’euros de plus. (…)  Dans les années 1990, la Suède, le Canada ou les Pays-Bas ont fait des coupes drastiques dans leurs dépenses et ont diminué le nombre de fonctionnaires. Des ministères ont eu leur budget divisé par deux et les postes de fonctionnaires par trois ou quatre. Le statut des fonctionnaires a même été supprimé, en Suède par exemple, et certaines administrations sont devenues des organismes mi-publics, mi-privé. Il faut noter aussi que ces réformes ont été menées par des gouvernements de centre-gauche ou de gauche comme en Suède ou au Canada, pays terriblement étatisés et au bord de la faillite au début des années 1980. Au Canada, on a adopté à l’époque la règle suivante : 7 dollars d’économies pour 1 dollar d’impôts nouveaux (en France, le chiffre est plus qu’inversé aujourd’hui : 20 euros d’impôts nouveaux pour 1 euro d’économie). Dans ces pays, les fonctionnaires n’ont pas été mis à la porte du jour au lendemain. On a privilégié les retraites anticipées avec des primes au départ. Mais, en même temps, les nouveaux venus perdaient tous les avantages de leurs prédécesseurs : plus de statut, ni de privilèges. C’est un bon exemple pour la France. Nicolas Lecaussin
La France est en effet l’un cinq des pays de l’OCDE où la part des employés publics (ce qui est plus large encore car il faut inclure de nombreux emplois qui ne sont pas fonctionnaires) dans le total des personnes employées est la plus forte. Cela s’explique certainement par une tradition d’interventionnisme public très fort en France depuis la fin de Seconde guerre mondiale. L’augmentation continue de la dépense publique est allée de pair avec des recrutements massifs, qui représentent environ un quart de la dépense publique (c’est à dire de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale). Les rémunérations des seuls fonctionnaires représentent 13% du PIB et un tiers du budget de l’Etat. Or un fonctionnaire représente une dépense rigide de très long terme : le contribuable doit payer son salaire et sa retraite. Le poids de l’emploi public s’explique également, comme le montre la note de l’INSEE, par la multiplication des échelons administratifs : départements, régions, communes, intercommunalités … à chaque niveau cela suppose des agents (pour la sécurité, l’entretien, le secrétariat, le suivi des dossiers). (…) Dans les autres pays de l’Union européenne, la tendance n’est pas vraiment à la hausse de l’emploi public, faute de moyens. En Grande-Bretagne par exemple, le Gouvernement avait annoncé dès 2010 la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires… La question qui se pose réellement est celle de l’efficacité de ce poids des fonctionnaires. D’un point de vue économique, elle n’est pas évidente. Les fonctionnaires ont plus de vacances (INSEE), partent à la retraite plus tôt (DREES) et sont en moyenne mieux payés (INSEE). Est-ce justifié par une efficacité claire pour la collectivité ? Plus largement, le poids des fonctionnaires dans l’économie entretient les connivences et le copinage, ce qui nuit à la performance économique et à l’équité sociale. Au-delà, ce poids des fonctionnaires pose des questions démocratiques. Ils sont surreprésentés à l’Assemblée Nationale et leur engagement dans la vie politique pose clairement des conflits d’intérêts : comment comprendre qu’un magistrat administratif, qui doit juger en toute impartialité, affiche des préférences politiques. (…) L’Etat a eu tendance, ces dernières années, à baisser le nombre de ses fonctionnaires, alors que les collectivités locales ont fait exploser tous les plafonds. En ce sens, la rationalisation du nombre d’échelons administratifs, comme l’a proposé Manuel Valls, est une bonne chose. Pour autant, il faut aller plus loin et se poser la question de l’efficacité de la dépense publique. Le Président Hollande, jusqu’à maintenant, a fait le choix de partir du principe que la quantité d’agents publics était une réponse pertinente : c’est ce qu’il fait par exemple avec le dogme des « 60 000 postes » dans l’Education nationale. Or, ce n’est absolument pas évident. En Grande-Bretagne, David Cameron a tenu le discours suivant en matière d’éducation : gardons la dépense publique, pour autant qu’elle soit efficace ; pour cela, l’Etat pourra se tourner vers des partenaires privés pour fournir les services scolaires. En l’occurrence, il a fait appel aux parents, qui ont créé leurs propres écoles. La France doit faire une révolution mentale. Même Terra Nova a défendu l’idée qu’on peut très bien avoir un service public rendu par une entreprise privée et des salariés privés. Ce qui importe, c’est la qualité du service rendu à l’usager, pas la nature du contrat de l’agent qui le fournit ni la nature juridique (publique ou privée) du prestataire. Erwan Le Noan
La dépense publique n’a (…) pas reculé en valeur en France depuis 1960, date des premières statistiques de l’Insee dans ce domaine. En revanche, il est possible de réduire le poids relatif de l’Etat dans l’économie. La Suède ou le Canada ont enregistré des succès en la matière au début des années 1990. « Mais ces pays ont dû effectuer des arbitrages. Ils ont choisi que telle ou telle fonction ne dépendrait plus de l’Etat mais relèverait désormais de la sphère privée « , selon Olivier Chemla, économiste à l’Association française des entreprises privées (Afep). En clair, la politique du rabot ne peut suffire à faire maigrir l’Etat. Dans leur ouvrage « Changer de modèle » paru l’an passé, les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen calculaient que, entre 1995 et 2012, les pays rhénans (Allemagne, Belgique et Pays-Bas) avaient réduit la part des dépenses publiques dans le PIB de 7 points, à 48,8 %. Sur la même période, celle des pays scandinaves (Suède, Danemark et Finlande) a reculé de 6 points, à 56 %. En Suède, la part des prestations sociales dans le PIB est passée de 22,2 % en 1994 à 18,5 % en 1997. Le nombre de fonctionnaires est passé de 400.000 à 250.000 entre 1993 et 2000. Les réformes sont donc douloureuses. Elles interviennent à chaque fois après une crise et après qu’un nouveau gouvernement a été mis en place, notent les trois auteurs. Seulement, à chaque fois aussi, les politiques sont coordonnées : la couronne suédoise et le dollar canadien se sont beaucoup dépréciés au moment où les réformes ont été entreprises, afin de relancer l’activité. L’Allemagne aussi, qualifiée d’« homme malade de l’Europe » au début des années 2000, a profité de la bonne santé économique de ses partenaires commerciaux pour entamer ses réformes… pour finir en excédent budgétaire cette année. Toute la difficulté de la politique économique réside entre une rigueur nécessaire pour les finances publiques sans pour autant casser l’activité. Ce qui signifie une coordination entre la politique budgétaire et la politique monétaire, dont l’absence dans la zone euro n’a pas cessé d’être critiquée par Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Comme le disait l’économiste John Maynard Keynes, « les périodes d’expansion, et non pas de récession, sont les bonnes pour l’austérité « . (…) Dans la zone euro, outre l’Allemagne, le seul grand pays à avoir réellement réussi à faire baisser l’importance de ses dépenses publiques est l’Espagne, au prix d’un effort drastique. Les Echos
Notre pays est probablement le seul parmi les membres les plus riches de l’OCDE à ne pas avoir touché au nombre de fonctionnaires et à leurs privilèges. Et pourtant, plus de 23 % de la population active travaille pour l’Etat et les collectivités locales contre 14 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Nous avons 90 fonctionnaires pour 1 000 habitants contre 50 pour 1 000 en Allemagne. Notre Etat dépense en moyenne 135 Mds d’euros de plus par an que l’Etat allemand. Et, d’après les calculs de Jean-Philippe Delsol, 14.5 millions de Français vivent, directement ou indirectement, de l’argent public. Il y a donc urgence à faire de vraies réformes. D’autant plus que tout le monde l’a fait ou est en train de le faire. Un Rapport (Economic Policy Reforms 2014) de l’OCDE qui vient de sortir (février 2014) montre que pratiquement tous les pays membres (à l’exception de plusieurs émergents) ont mis en place depuis le début de la crise de 2008 des réformes structurelles importantes. Parmi ceux qui ont agi le plus figurent aussi les plus touchés par la crise : l’Irlande, l’Espagne, le Portugal ou bien la Grèce. L’Irlande par exemple a été l’un des pays les plus touchés par la crise de 2008. Les dépenses publiques et le chômage ont explosé, par l’effet direct de l’écroulement du secteur immobilier et des faillites bancaires. Fin 2010, l’économie du pays était à l’agonie, dont la dette et les déficits récurrents le prédestinaient à un avenir toujours plus morose. Dès 2011, le Fonds monétaire international et l’Union européenne venaient à son secours et débloquaient 85 Md€ d’aides financières, soit plus de la moitié de son PIB. Dès 2010, l’Irlande décide de réduire sont budget de 10 Md€, soit 7 % du PIB (l’Irlande est d’ailleurs championne d’Europe de la baisse des dépenses publiques). Par comparaison, c’est l’équivalent d’une réduction de la dépense publique de l’ordre de 120 Md€ en France ! Pour y parvenir, l’Irlande sabre dans les services publics, et réduit de 20 % les traitements de ses fonctionnaires, ainsi que les pensions de retraites. De plus, l’Irlande décide de ne pas céder au chantage de l’Union européenne et de garder son taux d’IS (Impôt sur les sociétés) à 12.5 %. Cet entêtement a porté ses fruits : Il y a trois ans, le marché de l’emploi détruisait 7 000 emplois par mois. Aujourd’hui, on assiste à une création nette mensuelle de 5 000 postes. En Espagne, pour économiser 50 Mds d’euros sur trois ans, le Premier ministre de l’époque, Zapatero a annoncé en 2010 une réduction en moyenne de 5 % des salaires des fonctionnaires (le gouvernement s’appliquera une réduction de 15%), le renouvellement d’un seul fonctionnaire sur 10 partant à la retraite et la baisse de l’investissement public de 6 Mds d’euros en 2010 et en 2011. En 2012, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, décide de frapper fort en baissant drastiquement les dépenses publiques. Les budgets des ministères espagnols sont réduits de 17 % en moyenne et les salaires des fonctionnaires restent gelés. On prévoit aussi la suppression de la plupart des niches fiscales et une amnistie fiscale pour lutter contre l’économie au noir qui représenterait environ 20 % du PIB. Les communautés autonomes sont aussi obligées de baisser leurs dépenses afin d’arriver à l’équilibre budgétaire. Le Portugal a baissé le nombre de fonctionnaires et leurs salaires (jusqu’à 20 % de réduction sur la fiche de paye). Même la Grèce l’a fait : 150 000 postes de fonctionnaires supprimés entre 2011 et 2014, soit 20 % du total ! En Grande-Bretagne on ne parle que du chiffre de 700.000. C’est le nombre de fonctionnaires que le gouvernement anglais a programmé de supprimer entre 2011 et 2017 : 100.000 par an. Par comparaison, la France a supprimé, au titre de la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, seulement 31 600 en 2011. Trois fois moins qu’en Grande-Bretagne qui a – déjà – beaucoup moins de fonctionnaires que la France : 4 millions contre 6 millions… Depuis 2010, et l’arrivée au gouvernement des conservateurs, le secteur public a vu entre 500 000 et 600 000 emplois publics supprimés (et cela continue) là où le secteur privé a créé 1,4 millions. La Grande-Bretagne ne fait pas aussi bien que les Etats-Unis (1 emploi public supprimé et 5 emplois créés dans le privé) mais elle se situe nettement au-dessus de la France : 2.8 emplois créés dans le privé pour 1 emploi supprimé dans le public entre 2010 et 2013. Aux Etats-Unis donc, sous Obama, entre 2010 et début 2013, on a supprimé 1.2 millions d’emplois dans le secteur public ! Plus de 400 000 postes de fonctionnaire centraux ont été supprimés et aussi plus de 700 000 postes de fonctionnaires territoriaux. A titre de comparaison, sur la même période (2010-2013), le nombre d’agents publics a augmenté de 13 000 en France (surtout au niveau local) et on a compté 41 000 emplois privés détruits tandis que l’Amérique en créait 5.2 millions ! Toutes ces réformes ont été provoquées par la crise de 2008 mais aussi par les exemples canadien et suédois. Ces pays ont déjà diminué le poids de l’Etat dès le début des années 1990. Et cela s’est vu car les deux pays ont plutôt été épargnés par la crise comme l’Allemagne qui a aussi réformé durant les années Gerhart Schroeder. Une comparaison mérite l’attention. Le Canada a supprimé environ 23 % de sa fonction publique en trois ans (entre 1992 et 1995). Si la France faisait la même réforme et dans les mêmes proportions, 1.3 millions de fonctionnaires français devraient quitter leurs postes ! Mais les réformes ont concerné aussi la fiscalité. (…) Il y a deux ans, la Grande-Bretagne avait annoncé une baisse de l’impôt sur les sociétés de 28 à 24 %. Mais le gouvernement de David Cameron veut aller encore plus loin et annonce une baisse jusqu’à 22 % d’ici 2015. Moins 6 points en 3 ans seulement. En janvier 2013, l’impôt sur les sociétés a baissé de 26.3 à 22 % en Suède. Une baisse sensible, qui suit l’exemple d’autres pays comme l’Allemagne (de 30 à 26 %). La Finlande l’a fait aussi (de 28 à 26 %). Et le Danemark : son taux d’impôt sur les sociétés passera d’ici 2016 de 25 à 22 %. Tous les pays ont d’ailleurs compris qu’il faut soulager les entreprises sauf… la France. Dans le classement des taux d’imposition sur les sociétés, la France est championne européenne avec un taux à plus de 36 %. L’IREF a même montré que parmi les membres de l’OCDE, c’est en Norvège que l’IS génère le plus de rentrées fiscales (11 % du PIB). Et pourtant, le taux de l’IS se situe à 24 %, plus de 10 points de moins que l’IS français (36 %) qui ne fait rentrer que… 2.5 % du PIB. Voici d’autres exemples : au Luxembourg, le taux d’IS est à 17.1 % mais les recettes générées représentent 5 % du PIB, le double de ce qu’elles génèrent en France. En Grande-Bretagne, c’est 3 % du PIB pour un IS à 26,7 %. En Belgique, c’est 3 % du PIB pour un IS à 17 %. Faut-il encore rappeler le 12,5 % de l’Irlande qui avec 2,6 % du PIB rapporte davantage que ce que nous vaut le taux français, trois fois supérieur ! IREF
La Suède a supprimé le statut de fonctionnaire. Il y en a encore, mais sans la garantie de l’emploi. Elle a licencié 20% des effectifs. Une cure deux fois plus sévère que celle proposée par François Fillon dans son programme. Elle l’a fait en dix ans dans les années 90. Au Royaume-Uni, ce sont 15% des effectifs des fonctionnaires qui ont été supprimés par David Cameron de 2010 à 2014, notamment dans la police, la défense et les transports. Au Canada, ce sont plus de 20% des fonctionnaires qui ont été licenciés en seulement trois ans dans les années 2000. Chaque ministère a dû couper dans ses budgets et là encore privatisation des chemins de fer et des aéroports. Conséquences, des dysfonctionnements dans les urgences à cause des fermetures d’hôpitaux au Canada. Au Royaume-Uni, le nombre d’élèves par classe a augmenté. La dette a néanmoins été divisée par deux en dix ans au Canada. Jean-Paul Chapel
Le refrain de « l’ultra-libéralisme » est en effet entonné dans tous les médias de gauche et par Manuel Valls lui-même à l’encontre de François Fillon. Notons d’abord la connotation doublement polémique de ce terme dans notre culture politique : « ultra » renvoie aux aristocrates réactionnaires de la Restauration qui, selon le mot de Talleyrand, n’avaient « rien appris, ni rien oublié ». Quant à « libéral », on sait qu’il est chez nous l’équivalent de « loi de la jungle » de « droit du plus fort » et d’ »anti-social ». François Hollande vient ainsi de tweeter que le « libéralisme, c’est la liberté des uns contre celle des autres ». Notre tradition étatiste et égalitariste nous a fait largement oublié que le libéralisme est d’abord une philosophie de la liberté qui a inspiré notamment la Déclaration des droits de l’homme, l’instruction publique et l’émancipation féminine. Autrement dit, personne n’est plus « anti-ultra » que les libéraux ! La dénonciation de « l’ultra-libéralisme » est donc, en même temps qu’une double charge polémique, un double contre-sens historique et idéologique. A quoi s’ajoute que, de Montesquieu à Revel en passant par Tocqueville, Bastiat, Alain et Aron, la France est très riche de cette pensée libérale.  Mais nos lycéens et même nos étudiants n’ont pas le droit de le savoir… Dans votre question, il y a le mot « remise en ordre » : de fait la volonté d’ordre est plus typique de l’horizon politique de la droite conservatrice que de celle du libéralisme qui croit davantage à l’ordre spontané du marché, sous réserve d’une régulation juridique de l’Etat, ce que l’on oublie toujours. Quant au sérieux budgétaire, il n’a rien de libéral en soi : tout dépend des circonstances. Poincaré, Rueff, Barre ou Bérégovoy y croyaient parce qu’ils constataient l’impasse de la gabegie budgétaire. Il est vrai que la chose s’est un peu perdue depuis les années 2000. Allons plus loin : en bon libéral, je m’interroge sur les motivations de tant commentateurs qui hurlent au loup (c’est-à-dire à « l’ultra-libéralisme ») devant le programme de F. Fillon. Et je constate que ces hurlements viennent des innombrables rentiers de l’Etat qui s’inquiètent naturellement de la perspective d’une baisse des dépenses publiques et défendent non moins naturellement leurs intérêts : fonctionnaires, syndicats, classe politique, audiovisuel public et une bonne partie de la presse…Pour certains, comme Libération, c’est une question de survie : on comprend leur violence anti-Fillon. Cette hostilité de « l’establishment d’Etat » va rendre la tâche très difficile à ce dernier, dès cette semaine et plus encore lors de la campagne présidentielle, s’il franchit les primaires. (…) François Fillon l’a dit lui-même : son libéralisme n’est pas un « choix idéologique » mais un « constat » : l’excès des charges pesant sur les entreprises et sur le travail est l’une des causes majeures du déclin français. Le taux de prélèvements obligatoires est passé de 30 à 45% du PIB depuis 1960. Il n’y nulle contradiction dans son nouveau positionnement qui est simplement lié à l’évolution des choses et notamment du niveau de la dépense publique. J’observe que les commentaires de la plupart des médias présentent ce programme comme « dur », « violent ». Mais pour qui ? Certainement pas pour les entreprises qui vont connaître une baisse sans précédent de leurs charges sociales et fiscales (40 milliards), ni pour les familles des classe moyennes ; ni pour les millions de chômeurs qui sont évincés d’un marché du travail hyper-rigide ; ni pour les commerçants et indépendants dont le régime fiscal et social sera aligné sur le statut d’autoentrepreneur . Demandez-leur s’ils redoutent davantage « l’ultralibéralisme » supposé de Fillon ou la spoliation actuelle du RSI ? Curieusement, on ne parle jamais de ces catégories fort nombreuses lorsqu’on aborde l’impact des « mesures Fillon » sur les uns ou les autres… Pour le reste, le parcours de F. Fillon est celui d’un gaulliste social. Son programme vise à mettre en place des coopérations renforcées en Europe, nullement un Etat supranational. De plus, son indulgence pour Poutine ne traduit pas, c’est le moins qu’on puisse dire, un penchant libéral. Pas plus que ces positions dans le domaine sociétal. François Fillon est donc non pas un libéral mais un PRAGMATIQUE en matière économique, un conservateur en matière sociétale (mais non un réactionnaire puisqu’il ne reviendra ni sur le mariage pour tous ni sur l’avortement) et un champion de « l’intérêt national » sur le plan extérieur. En somme, la parfaite définition d’un gaulliste qui raisonne et agit, comme disait le Général, « les choses étant ce qu’elles sont ». Avec un léger penchant russophile, comme de Gaulle lui-même au demeurant. (…) On mesure ici le non-libéralisme de Fillon qui ne croit pas aux vertus du libre-échange. Celui-ci n’est pas un « dogme » mais une démonstration économique que l’on doit à Ricardo et un constat des résultats positifs de l’intégration économique européenne sur notre pouvoir d’achat ou de la mondialisation en matière de baisse spectaculaire de la pauvreté (ce que les Français ignorent). F. Fillon se méfie de la mondialisation, même s’il ne propose pas -pragmatisme là encore oblige- de « démondialisation ». Il s’oppose au TAFTA, comme… Trump, qui n’est pas non plus un libéral. La bonne position aurait été de défendre bec et ongles les intérêts français et européens – ce que l’on n’a pas assez fait avec la Chine – mais non de renoncer dès à présent au TAFTA. Le risque de surenchère protectionniste est réel et devrait nous alerter quand on connaît les précédents, tant au XIXème siècle que dans les années 30. L’un dans l’autre, Génération libre n’avait mis que 12/20 à Fillon en matière de libéralisme. Il est vrai qu’avec cette note il arrivait quand même en deuxième position derrière NKM. Ce qui en dit long sur le libéralisme de nos hommes politiques, droite comprise… Christophe de Voogd
La droite française depuis plus de 20 ans est beaucoup plus à gauche et antilibérale que les droites classiques européennes, et même que certaines gauches sociales-démocrates (Blair et même Schroeder plus libéraux que Chirac, etc.). Et dans ce contexte franchouillard, oui, Fillon est libéral. Mais le fait que Gorbatchev était plus libéral que Brejnev et beaucoup plus libéral que Staline n’en faisait pas pour autant un authentique libéral. C’est l’histoire du borgne aux pays des aveugles : Fillon est un poil plus libéral que l’archétype des énarques (Juppé), que l’idéal-type des énarques (Le Maire) et que le prince des interventionnistes (Sarkozy). Mais il ne faut pas avoir peur du ridicule pour le comparer à Margareth Thatcher. Cette dernière avait un programme, des troupes, du courage. On est aussi assez loin de Jacques Rueff. A moins que Fillon nous étonne sur le tard, c’est plus un « budgétariste » et éventuellement un réformateur qu’un libéral. Il est plus proche de Juppé que de Madelin (regardez sur son site internet le chapitre « créer des géants européens du numérique », par exemple, on est bien loin de la Sillicon Valley, idem sur la culture, le logement, l’agriculture, etc.). Ce sera un bon administrateur, il a un track record de cinq ans en la matière, pas un libéral, là il n’y a guère que la privatisation de France Telecom à son actif. Mais dans l’opinion cela suffira peut-être : après cinq années de hollandisme, n’importe quelle présidence même centriste apparaîtra comme très libérale.  (…) Séguiniste à 18 ans (mais pas après, faut pas déconner…), je suis sans doute mal placé pour critiquer le sombre passé politique du futur président. Il y a tout de même des passés plus troubles que celui là (Chirac ancien communiste pas vraiment repenti, Jospin ancien trotsko pas vraiment repenti, Mitterrand ancien pétainiste pas vraiment repenti, etc.). Ce n’est certes pas le parcours d’un pur libéral, mais c’est logique puisqu’un libéral intransigeant ne rassemblerait pas 44% des voix dans une primaire de la droite en France. Il faudra juger sur les actes, et ce n’est certainement pas en promettant de monter la TVA que Fillon deviendra le grand président libéral de notre pays socialiste. (…) En déclarant qu’il ne considère pas « le libre-échange comme l’alpha et l’oméga de la pensée économique », Fillon joue un jeu dangereux. Cela s’accompagne comme toujours de la petite musique traditionnelle selon laquelle « les USA, eux, savent défendre leurs intérêts », musique idiote dans la mesure où : a) ce n’est pas parce que les autres se tirent une balle dans le pied qu’il faut impérativement en faire autant, b) on fait mine ainsi de penser que nous avons les marges de manœuvre d’un pays cinq fois plus peuplé, six fois plus riche et cinquante fois plus libre monétairement,  c) ce sont souvent les mêmes qui dénoncent le néoprotectionnisme américain et qui soulignent dans le même temps leur activisme dans les instances libre-échangistes globales et/ou l’amplitude de leurs déficits commerciaux ; comprenne qui pourra. (…) Toujours, bien entendu, pour protéger les plus démunis, alors que ce sont les rentiers qui demandent et qui obtiennent des protections. Mais Fillon, comme Hollande ou Merkel, sait surfer sur ce qui marche et éviter les combats impopulaires, et il se trouve que le TAFTA n’est pas en odeur de sainteté par les temps qui courent. Pas sûr qu’il ait lu Bastiat, comme Ronald Reagan. Pas sûr par conséquent qu’il reste très « libéral » entre 2017 et 2022 si les vents de l’opinion deviennent (comme c’est probable) trop défavorables à cette orientation, a fortiori s’il veut rassembler sa famille puis donner quelques gages à la gauche après une victoire au 2e tour contre Le Pen. Mathieu Mucherie

Vous avez dit dégueulasse ?

Alors qu’au lendemain d’un premier tour d’une primaire qui, fidèle au scénario inauguré par le référendum du Brexit et la présidentielle américaine, a bousculé tous les pronostics

Le lecteur exalté des Mémoires d’Outre-Tombe et héritier chiraquien revendiqué qui peine, entre « Prisunic », « gomme » et « super pêche », à faire oublier ses vénérables 71 ans

Dénonce, tout en jouant sur tous les tableaux, la « France nostalgique de l’ordre ancien » prétendument personnifiée par son adversaire …

Mais aussi, pour sa notoire complaisance avec l’islam politique, la « campagne dégueulasse » et « ignominieuse » dont il est l’objet de la part de sites d’extrême-droite …

Pendant que l’ancien banquier d’affaires et ministre d’un gouvernement socialiste ne nous sort rien de moins que la « Révolution » …

Comment ne pas voir …

Avec le site Atlantico

La véritable campagne de désinformation de nos dûment stipendiés médias …

Face au prétendu, Libération et sa couverture de Fillon Thatcherisé dixit, « programme ultraconservateur et ultralibéral » et « Tariq Ramadan des sacristies » …

D’un  candidat ancien séguiniste et anti-TAFTA que l’actuel président n’arrivait même pas à distinguer d’Alain Juppé lui-même ?

Comme les côtés autant surréalistes que révélateurs d’un tel débat …

Dans un pays qui alors qu’après le Canada et la Suède dans les années 90 la plupart des pays occidentaux ont réduit drastiquement leur fonction publique …

Continue à employer quelque 5,5 millions de fonctionnaires soit un Français sur cinq (24 % de la population active contre 15 % en moyenne pour l’OCDE) ?

Pourquoi François Fillon n’est pas l’ultra-libéral que veulent voir ses opposants de tous bords
Si l’accusation d’ultra-libéral revient souvent dans la bouche des opposants à François Fillon, le parcours politique du candidat LR à la primaire de la droite et ses prises de position sur certains sujets majeurs sont pourtant loin de coller avec la pensée « ultra-libérale »

Atlantico

22 novembre 2016

Atlantico : En termes de vision économique, François Fillon est souvent taxé d’ultra-libéral par une partie de ses opposants. Est-ce vraiment un « procès » qu’on peut lui faire ? Le sérieux budgétaire et la volonté de remise en ordre qu’il incarne sont-ils vraiment une marque « d’ultra-libéralisme » ?

Christophe de Voogd : Le refrain de « l’ultra-libéralisme » est en effet entonné dans tous les médias de gauche et par Manuel Valls lui-même à l’encontre de François Fillon. Notons d’abord la connotation doublement polémique de ce terme dans notre culture politique : « ultra » renvoie aux aristocrates réactionnaires de la Restauration qui, selon le mot de Talleyrand, n’avaient « rien appris, ni rien oublié ». Quant à « libéral », on sait qu’il est chez nous l’équivalent de « loi de la jungle » de « droit du plus fort » et d’ »anti-social ». François Hollande vient ainsi de tweeter que le « libéralisme, c’est la liberté des uns contre celle des autres ». Notre tradition étatiste et égalitariste nous a fait largement oublié que le libéralisme est d’abord une philosophie de la liberté qui a inspiré notamment la Déclaration des droits de l’homme, l’instruction publique et l’émancipation féminine. Autrement dit, personne n’est plus « anti-ultra » que les libéraux ! La dénonciation de « l’ultra-libéralisme » est donc, en même temps qu’une double charge polémique, un double contre-sens historique et idéologique. A quoi s’ajoute que, de Montesquieu à Revel en passant par Tocqueville, Bastiat, Alain et Aron, la France est très riche de cette pensée libérale.  Mais nos lycéens et même nos étudiants n’ont pas le droit de le savoir…

Dans votre question, il y a le mot « remise en ordre » : de fait la volonté d’ordre est plus typique de l’horizon politique de la droite conservatrice que de celle du libéralisme qui croit davantage à l’ordre spontané du marché, sous réserve d’une régulation juridique de l’Etat, ce que l’on oublie toujours. Quant au sérieux budgétaire, il n’a rien de libéral en soi : tout dépend des circonstances. Poincaré, Rueff, Barre ou Bérégovoy y croyaient parce qu’ils constataient l’impasse de la gabegie budgétaire. Il est vrai que la chose s’est un peu perdue depuis les années 2000.

Allons plus loin : en bon libéral, je m’interroge sur les motivations de tant commentateurs qui hurlent au loup (c’est-à-dire à « l’ultra-libéralisme ») devant le programme de F. Fillon. Et je constate que ces hurlements viennent des innombrables rentiers de l’Etat qui s’inquiètent naturellement de la perspective d’une baisse des dépenses publiques et défendent non moins naturellement leurs intérêts : fonctionnaires, syndicats, classe politique, audiovisuel public et une bonne partie de la presse…Pour certains, comme Libération, c’est une question de survie : on comprend leur violence anti-Fillon. Cette hostilité de « l’establishment d’Etat » va rendre la tâche très difficile à ce dernier, dès cette semaine et plus encore lors de la campagne présidentielle, s’il franchit les primaires.

Mathieu Mucherie : La droite française depuis plus de 20 ans est beaucoup plus à gauche et antilibérale que les droites classiques européennes, et même que certaines gauches sociales-démocrates (Blair et même Schroeder plus libéraux que Chirac, etc.). Et dans ce contexte franchouillard, oui, Fillon est libéral. Mais le fait que Gorbatchev était plus libéral que Brejnev et beaucoup plus libéral que Staline n’en faisait pas pour autant un authentique libéral. C’est l’histoire du borgne aux pays des aveugles : Fillon est un poil plus libéral que l’archétype des énarques (Juppé), que l’idéal-type des énarques (Le Maire) et que le prince des interventionnistes (Sarkozy). Mais il ne faut pas avoir peur du ridicule pour le comparer à Margareth Thatcher. Cette dernière avait un programme, des troupes, du courage. On est aussi assez loin de Jacques Rueff.

A moins que Fillon nous étonne sur le tard, c’est plus un « budgétariste » et éventuellement un réformateur qu’un libéral. Il est plus proche de Juppé que de Madelin (regardez sur son site internet le chapitre « créer des géants européens du numérique », par exemple, on est bien loin de la Sillicon Valley, idem sur la culture, le logement, l’agriculture, etc.). Ce sera un bon administrateur, il a un track record de cinq ans en la matière, pas un libéral, là il n’y a guère que la privatisation de France Telecom à son actif. Mais dans l’opinion cela suffira peut-être : après cinq années de hollandisme, n’importe quelle présidence même centriste apparaîtra comme très libérale.

Le parcours politique de François Fillon (opposition au traité de Maastricht, filiation séguiniste…) est-il vraiment en accord avec ce que l’on pourrait attendre d’un « ultra-libéral » ?

Mathieu Mucherie : La plupart des authentiques libéraux ont trouvé que le traité de Maastricht était un carcan incompatible avec les libertés à long terme et avec l’efficience économique à tous les horizons ; surtout l’idée de taux de changes nominaux fixes « pour l’éternité » avec en plus une gestion de la monnaie par une banque centrale indépendante (indépendante des autres sphères, autant dire un État dans l’État). Ce n’est pas une histoire de droite ou de gauche : quand des gens aussi éloignés que Paul Krugman, Milton Friedman ou Martin Feldstein arrivent grosso modo à la même conclusion, on peut se douter que l’édifice construit par nos élites européennes n’est peut-être pas très libéral, quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme. Les pays les plus libéraux (Angleterre, Suisse…) ne s’y sont pas trompés.

Séguiniste à 18 ans (mais pas après, faut pas déconner…), je suis sans doute mal placé pour critiquer le sombre passé politique du futur président. Il y a tout de même des passés plus troubles que celui là (Chirac ancien communiste pas vraiment repenti, Jospin ancien trotsko pas vraiment repenti, Mitterrand ancien pétainiste pas vraiment repenti, etc.). Ce n’est certes pas le parcours d’un pur libéral, mais c’est logique puisqu’un libéral intransigeant ne rassemblerait pas 44% des voix dans une primaire de la droite en France. Il faudra juger sur les actes, et ce n’est certainement pas en promettant de monter la TVA que Fillon deviendra le grand président libéral de notre pays socialiste.

Christophe de Voogd : François Fillon l’a dit lui-même : son libéralisme n’est pas un « choix idéologique » mais un « constat » : l’excès des charges pesant sur les entreprises et sur le travail est l’une des causes majeures du déclin français. Le taux de prélèvements obligatoires est passé de 30 à 45% du PIB depuis 1960. Il n’y nulle contradiction dans son nouveau positionnement qui est simplement lié à l’évolution des choses et notamment du niveau de la dépense publique. J’observe que les commentaires de la plupart des médias présentent ce programme comme « dur », « violent ». Mais pour qui ? Certainement pas pour les entreprises qui vont connaître une baisse sans précédent de leurs charges sociales et fiscales (40 milliards), ni pour les familles des classe moyennes ; ni pour les millions de chômeurs qui sont évincés d’un marché du travail hyper-rigide ; ni pour les commerçants et indépendants dont le régime fiscal et social sera aligné sur le statut d’autoentrepreneur . Demandez-leur s’ils redoutent davantage « l’ultralibéralisme » supposé de Fillon ou la spoliation actuelle du RSI ? Curieusement, on ne parle jamais de ces catégories fort nombreuses lorsqu’on aborde l’impact des « mesures Fillon » sur les uns ou les autres…

Pour le reste, le parcours de F. Fillon est celui d’un gaulliste social. Son programme vise à mettre en place des coopérations renforcées en Europe, nullement un Etat supranational. De plus, son indulgence pour Poutine ne traduit pas, c’est le moins qu’on puisse dire, un penchant libéral. Pas plus que ces positions dans le domaine sociétal.

François Fillon est donc non pas un libéral mais un PRAGMATIQUE en matière économique, un conservateur en matière sociétale (mais non un réactionnaire puisqu’il ne reviendra ni sur le mariage pour tous ni sur l’avortement) et un champion de « l’intérêt national » sur le plan extérieur. En somme, la parfaite définition d’un gaulliste qui raisonne et agit, comme disait le Général, « les choses étant ce qu’elles sont ». Avec un léger penchant russophile, comme de Gaulle lui-même au demeurant.

En quoi la position de François Fillon sur le libre-échange, et notamment le controversé traité TAFTA, s’inscrit-elle en faux avec la pensée des économistes et politiques « ultra-libéraux » ?

Christophe de Voogd : Après tout ce qui précède, vous admettrez que j’écarte ce mot « d’ultralibéral » ! On mesure ici le non-libéralisme de Fillon qui ne croit pas aux vertus du libre-échange. Celui-ci n’est pas un « dogme » mais une démonstration économique que l’on doit à Ricardo et un constat des résultats positifs de l’intégration économique européenne sur notre pouvoir d’achat ou de la mondialisation en matière de baisse spectaculaire de la pauvreté (ce que les Français ignorent). F. Fillon se méfie de la mondialisation, même s’il ne propose pas -pragmatisme là encore oblige- de « démondialisation ». Il s’oppose au TAFTA, comme… Trump, qui n’est pas non plus un libéral. La bonne position aurait été de défendre bec et ongles les intérêts français et européens – ce que l’on n’a pas assez fait avec la Chine – mais non de renoncer dès à présent au TAFTA. Le risque de surenchère protectionniste est réel et devrait nous alerter quand on connaît les précédents, tant au XIXème siècle que dans les années 30.

L’un dans l’autre, Génération libre n’avait mis que 12/20 à Fillon en matière de libéralisme. Il est vrai qu’avec cette note il arrivait quand même en deuxième position derrière NKM. Ce qui en dit long sur le libéralisme de nos hommes politiques, droite comprise…

Mathieu Mucherie : En déclarant qu’il ne considère pas « le libre-échange comme l’alpha et l’oméga de la pensée économique », Fillon joue un jeu dangereux. Cela s’accompagne comme toujours de la petite musique traditionnelle selon laquelle « les USA, eux, savent défendre leurs intérêts », musique idiote dans la mesure où :

a) ce n’est pas parce que les autres se tirent une balle dans le pied qu’il faut impérativement en faire autant,
b) on fait mine ainsi de penser que nous avons les marges de manœuvre d’un pays cinq fois plus peuplé, six fois plus riche et cinquante fois plus libre monétairement,
c) ce sont souvent les mêmes qui dénoncent le néoprotectionnisme américain et qui soulignent dans le même temps leur activisme dans les instances libre-échangistes globales et/ou l’amplitude de leurs déficits commerciaux ; comprenne qui pourra.

En vérité, le meilleur test consiste à demander : êtes-vous favorable, partout et tout le temps, au désarmement douanier le plus total et le plus unilatéral ? un non-économiste cherchera toujours à négocier sur ce point, à tergiverser, à éluder ou à inventer des contre-exemples historiques ou théoriques, tous foireux (dans le best of, l’argument des droits de douane américains élevés au XIXe siècle, qui se garde bien de préciser où en étaient la fiscalité et la réglementation aux USA à l’époque, sans parler de la mobilité des hommes et des capitaux). Toujours, bien entendu, pour protéger les plus démunis, alors que ce sont les rentiers qui demandent et qui obtiennent des protections. Mais Fillon, comme Hollande ou Merkel, sait surfer sur ce qui marche et éviter les combats impopulaires, et il se trouve que le TAFTA n’est pas en odeur de sainteté par les temps qui courent. Pas sûr qu’il ait lu Bastiat, comme Ronald Reagan. Pas sûr par conséquent qu’il reste très « libéral » entre 2017 et 2022 si les vents de l’opinion deviennent (comme c’est probable) trop défavorables à cette orientation, a fortiori s’il veut rassembler sa famille puis donner quelques gages à la gauche après une victoire au 2e tour contre Le Pen.

Voir aussi:

Primaire
Qui veut la peau d’«Ali Juppé» ?
Laure Equy et Dominique Albertini

Libération

22 novembre 2016

Cible d’une campagne grotesque mais efficace sur sa supposée complaisance envers l’islam politique, le challenger de Fillon à la primaire de droite s’est résolu à contre-attaquer.

«Cette histoire de mosquée, ça le met dans une colère noire», soufflent ses conseillers depuis le début de la campagne. Depuis des mois, Alain Juppé a les sites et twittos d’extrême droite aux basques. Un harcèlement viral parti de sa ville de Bordeaux et qui a pris, avec la primaire, une dimension nationale. S’il a longtemps laissé courir, le candidat dénonce désormais avec force une «campagne de caniveau», «ignominieuse», «des attaques franchement dégueulasses». C’est que – son équipe et lui en sont convaincus – ces caricatures et intox relayées sur les réseaux sociaux et via des chaînes de mails ont fait dimanche de sérieux dégâts dans les urnes.

Quelle forme prend la cabale ?
A l’origine de cette campagne de diffamation, l’extrême droite et une partie de la droite dite «classique» – mais désormais alignée sur le FN en matière identitaire. Sur Internet, des représentants de ces milieux ne désignent plus le maire de Bordeaux que par le surnom d’«Ali Juppé», l’accusant de compromissions avec les franges les plus rétrogrades de l’islam.

Parce qu’il permet l’anonymat et la circulation virale de ces attaques, Internet est devenu le terrain privilégié de ce procès en islamophilie. C’est la «fachosphère» qui est à l’œuvre : un ensemble confus et mouvant de blogueurs, d’utilisateurs des réseaux sociaux ou de commentateurs des sites d’information, dont l’islamophobie est l’un des combats fédérateurs. Au sein de cette nébuleuse décentralisée, on partage avec enthousiasme les rumeurs les plus fantaisistes, mais aussi les productions les plus «réussies», notamment les images. Telle cette caricature d’un Juppé léchant la babouche de Tariq Ramadan, ou ce photomontage le représentant barbu et vêtu d’un kamis musulman.

De manière moins visible, ces attaques ont aussi atterri dans les boîtes mails de nombreux électeurs, via des «chaînes de messages» que chaque récepteur est invité à partager avec ses contacts. «Il s’agit d’un procédé de diffusion dont l’audience n’est pas quantifiable, contrairement aux réseaux sociaux, explique Jonathan Chibois, chercheur en anthropologie politique. C’est très souterrain. Ces chaînes de mails fonctionnent toutefois très bien chez ceux qui n’utilisent pas Twitter ou Facebook, notamment les personnes âgées. Quand on vit à la campagne, on s’en aperçoit bien. Même lorsque ces récits ne sont pas pris au sérieux, ils installent une ambiance, en jouant sur l’adage populaire « il n’y a pas de fumée sans feu ».»

Cette campagne a même trouvé un relais chez Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire, qui a repris le couplet, évoquant une proximité entre Juppé et «des organisations directement liées aux Frères musulmans». Idem pour l’hebdo très droitier Valeurs actuelles, qui a décrit un Juppé «aux petits soins avec les Frères musulmans».

D’où viennent ces accusations ?
C’est un projet de «centre culturel et cultuel musulman», lancé au milieu des années 2000 par la Fédération musulmane de la Gironde (FMG), qui a enflammé la fachosphère. Censé répondre aux besoins des musulmans locaux, le bâtiment doit réunir une salle de prière, une bibliothèque, un restaurant ou encore une salle d’exposition. Le maire de Bordeaux n’est pas opposé au projet : «Nous sommes en discussion avec la communauté musulmane, indique-t-il en 2008. Nous avons d’excellentes relations avec ses principaux leaders. J’ai déjà indiqué qu’un terrain leur serait proposé.»

Cette ouverture vaut à Juppé d’être ciblé par l’extrême droite. En 2009, des militants du mouvement Génération identitaire occupent le toit d’un parking bordelais et y suspendent une banderole proclamant : «Ce maire commence à poser un vrai problème». Le Front national local ne tarde pas à embrayer, accusant faussement la municipalité de vouloir financer la construction de la mosquée. Et un site à la dénomination apparemment neutre, «Infos Bordeaux» – en réalité relais d’opinion pour l’extrême droite – agite depuis des années le spectre d’une «mosquée-cathédrale».

Aujourd’hui, pourtant, la «grande mosquée de Bordeaux» n’est pas sortie de terre. Selon la première adjointe, Virginie Calmels, Alain Juppé aurait exigé que le projet ne reçoive pas de financement étranger et aucun permis de construire n’a été déposé.

L’offensive contre l’édile bordelais s’était intensifiée pendant la campagne municipale de 2014 puis aux dernières régionales contre Virginie Calmels. Un tract du FN, titré «Non au centre islamique à Bordeaux», accusait la candidate (LR) pour la région Nouvelle Aquitaine et Alain Juppé de préparer «une islamisation de Bordeaux» et de vouloir financer le projet «d’un coût de 22 millions d’euros en grande partie avec l’argent des contribuables». Calmels a porté plainte pour diffamation, sans succès.

Ce n’est pas tout : c’est aussi sur ses liens avec l’imam bordelais Tareq Oubrou qu’Alain Juppé est attaqué par l’extrême droite. Probable recteur du futur lieu de culte, si celui-ci existe un jour, Obrou est membre de l’Union des organisations islamiques de France (l’UOIF), vitrine française des Frères musulmans. L’homme entretient de cordiales relations avec le maire de Bordeaux. Il n’en fallait pas plus pour que ce dernier soit accusé de connivence avec le fondamentalisme musulman – voire d’antisémitisme. «Tareq Oubrou serait-il le Premier ministre d’Ali Juppé ?» questionnait en juillet le site xénophobe et anti-islam Riposte laïque, accusant l’imam de vouloir «imposer la charia en Europe et en France». Tareq Obrou a par le passé défendu une stricte orthodoxie religieuse. Mais il promeut aujourd’hui une conception libérale de l’islam, affirmant par exemple qu’«une musulmane qui ne se couvre pas les cheveux est aussi musulmane que celle qui se couvre», ou laissant femmes et hommes prier ensemble dans sa mosquée. Peu importe pour les détracteurs de l’imam (et du maire de Bordeaux), convaincus que ce dernier dissimulerait ses vraies convictions.

Quel impact sur la campagne ?
Alors que l’ex-Premier ministre a fait le pari d’assumer son objectif de «l’identité heureuse», cette offensive visant à le faire passer pour un faible à l’égard des islamistes a pu troubler certains électeurs, «des esprits mal informés», dixit Juppé. Qu’importe si le candidat prône l’expulsion des imams radicaux ou l’obligation du prêche en français, la puissance de la charge rend parfois inaudible les déclarations du candidat et les éléments de programme.

«Cela a été un bruit de fond qui a parasité toute la campagne», soupire Aurore Bergé, responsable de la campagne numérique de Juppé, qui reconnaît la difficulté de mettre sur pied une riposte : «C’est très compliqué d’établir la bonne stratégie. On peut tenter d’opposer des arguments mais clairement, ces attaques ne parlent pas à la rationalité des gens.» Poursuivre pour diffamation ? Selon elle, beaucoup de ces comptes Twitter sont hébergés à l’étranger. Et n’est-ce pas risquer d’amplifier l’écho de leurs allégations ? Interpellés régulièrement, Juppé et son entourage ont dénoncé cette «propagande sur les réseaux sociaux», notamment au JT de TF1 en juin, mais ont préféré ne pas faire mousser leurs détracteurs. «On a considéré qu’il valait mieux traiter par le mépris car le truc est tellement invraisemblable», explique un membre de son équipe. Après avoir subi le même dénigrement en 2014, «il a été élu au premier tour à 61 %. Juppé s’est dit que les Bordelais savaient que tout cela était complètement diffamatoire, rappelle sa première adjointe, Virginie Calmels. Mais le problème est qu’on a changé d’échelle.» Pour Aurore Bergé, il faudra, si Juppé devient dimanche le candidat de la droite à la présidentielle, «trouver des modes d’action pour déconstruire la parole d’extrême droite, et pas seulement des gentils Tumblr. Même si on doit sourcer, être rigoureux sur les contenus qu’on produit».

Depuis quelques jours, et particulièrement après le premier tour, Juppé hausse le ton. Dans l’Express, il va jusqu’à souligner son pedigree catholique : «Je suis baptisé, je m’appelle Alain Marie, je n’ai pas changé de religion.» Lundi sur France 2, il concédait que «la bonne foi est souvent impuissante contre la calomnie, surtout quand elle est anonyme». Mais il s’en prend aussi à ses concurrents, remarquant mardi matin sur Europe 1 qu’aucun «n’a condamné» cette campagne contre lui. Son équipe observe d’ailleurs que des militants sarkozystes ou fillonistes n’ont pas manqué de faire tourner ces intox sur les réseaux sociaux.

Et ces attaques ne devraient pas disparaître d’ici à dimanche. «Pour contrer le vote musulman, votons Fillon en masse !» exhorte le site Riposte laïque, où l’on présente Juppé comme «le plus islamo-collabo, le plus francophobe, le plus immigrationniste» des candidats de la primaire. Jusqu’alors épargné, Fillon, désormais favori, devrait toutefois être ciblé à son tour. Depuis lundi, remontent sur Twitter des photos de lui inaugurant en 2010 la mosquée d’Argenteuil (Val-d’Oise). Un autre site islamophobe entend épingler «ces membres de l’équipe Fillon qui collaborent avec des mosquées en mairie».

Voir également:

Juppé «observe» des «soutiens d’extrême droite» pour Fillon
Libération/AFP

22 novembre 2016

Alain Juppé a observé mardi que «depuis quelques jours les soutiens d’extrême droite arrivent en force» en faveur de François Fillon, son adversaire au second tour de la primaire de la droite.

Evoquant lors d’un meeting à Toulouse «la reconstitution de l’équipe 2007-2012», M. Juppé a dit : «J’observe que depuis quelques jours d’ailleurs les soutiens de l’extrême droite arrivent en force pour cette équipe».

Interrogée, son équipe a cité les noms de Jacques Bompard et de Carl Lang, ancien secrétaire général du FN et président du Parti de la France, qui a souhaité dimanche «confirmer au deuxième tour le rejet d’Alain Juppé». Mais M. Lang a précisé à l’AFP qu’il n’entendait pas voter dimanche.

Une autre groupe d’extrême droite, Riposte laïque, a lancé un appel contre le maire de Bordeaux mardi: «pour contrer le vote musulman, votons Fillon en masse!».

Alain Juppé a lancé pour sa part: «Moi je suis soutenu par une grande partie de LR, par l’UDI, le MoDem, le rassemblement qui nous a toujours permis de gagner».

«François Fillon a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy, ce qui reconstitue l’équipe de 2007-2012», a-t-il ajouté.

«Il paraît que François Fillon a été choqué que je lui demande de clarifier sa position sur l’IVG – c’était quand même nécessaire puisqu’il y a quelque temps il écrivait dans un livre que c’était un droit fondamental de la femme, avant de changer d’avis puis de donner un sentiment personnel et de dire qu’il ne changerait rien à la législation actuelle».

«Et je vous le dis, je ne renoncerai pas à poser d’autres questions», a-t-il lancé. «L’IVG est un droit fondamental, durement acquis par les femmes», a-t-il ajouté.

François Fillon s’est indigné mardi que son concurrent lui demande de «clarifier» sa position.

Alain Juppé s’est par ailleurs ému face aux «attaques personnelles ignominieuses» émanant des réseaux sociaux le baptisant «Ali Juppé, grand mufti de Bordeaux» et aux calomnies sur le «salafisme et l’antisémitisme». Le maire de Bordeaux s’était déjà insurgé à plusieurs reprises contre ces calommnies.

«Ca a fait des dégâts, j’ai des témoignages précis dans des queues de personnes qui parfois ont changé leur vote parce qu’ils ont été impressionnés par cette campagne dégueulasse!», s’est-il emporté. «J’aurais aimé que certains de mes compétiteurs condamnent cette campagne ignominieuse», a-t-il lancé.

Alain Juppé, arrivé près de 16 points derrière François Fillon au premier tour alors qu’il était le favori du scrutin, a de nouveau pointé «la brutalité» du programme «mal étudié» qui n’a «pas de sens» de son adversaire. «On ne supprimera pas 500.000 fonctionnaires en 5 ans», a-t-il dit. «Cela ne se fera pas», a-t-il assuré, opposant au contraire la «crédibilité» de son programme.

«J’ai dans mon conseil municipal un représentant de +Sens Commun+ (mouvement hostile au mariage pour tous qui soutient Fillon), qui appartient à ma majorité, parce que je l’ai embarqué dans ma liste – voyez que je suis ouvert d’esprit- eh bien chaque fois qu’il y a une subvention — pas souvent, de temps en temps — qui va à une association d’homosexuels eh bien il refuse de voter», a-t-il expliqué. «Ce n’est pas ma conception de la société», a-t-il déclaré.

Jean-François Copé, qui a rallié le maire de Bordeaux, a loué son «sang froid» ainsi que son «courage». Nathalie Kosciusko-Morizet avait également fait le déplacement, ralliée «pas par calcul» mais «pas par hasard». «Je me suis battue et je continuerai à le faire contre les conservatismes de droite et de gauche et aujourd’hui, c’est toi, Alain, qui portes la tête de ce combat», a-t-elle lancé.

Voir encore:

Sacristie

Laurent Joffrin
Libération
21 novembre 2016 
Édito

Journée des dupes. Beaucoup d’électeurs ont voulu écarter un ancien président à leurs yeux trop à droite. Impuissants devant la mobilisation de la droite profonde, ils héritent d’un candidat encore plus réac. C’est ainsi que le Schtroumpf grognon du conservatisme se retrouve en impétrant probable. «Avec Carla, c’est du sérieux», disait le premier. Avec Fillon, c’est du lugubre. Bonjour tristesse… La droitisation de la droite a trouvé son chevalier à la triste figure. C’est vrai en matière économique et sociale, tant François Fillon en rajoute dans la rupture libérale, décidé à démolir une bonne part de l’héritage de la Libération et du Conseil national de la Résistance. Etrange apostasie pour cet ancien gaulliste social, émule de Philippe Séguin, qui se pose désormais en homme de fer de la révolution conservatrice à la française. Aligner la France sur l’orthodoxie du laissez-faire : le bon Philippe doit se retourner dans sa tombe. On comprend le rôle tenu par les intellectuels du déclin qui occupent depuis deux décennies les studios pour vouer aux gémonies la «pensée unique» sociale-démocrate et le «droit-de-l’hommisme» candide : ouvrir la voie au meilleur économiste de la Sarthe, émule de Milton Friedman et de Vladimir Poutine. Nous avions l’Etat-providence ; nous aurons la providence sans l’Etat. C’est encore plus net dans le domaine sociétal, où ce chrétien enraciné a passé une alliance avec les illuminés de la «manif pour tous». Il y a désormais en France un catholicisme politique, activiste et agressif, qui fait pendant à l’islam politique. Le révérend père Fillon s’en fait le prêcheur mélancolique. D’ici à ce qu’il devienne une sorte de Tariq Ramadan des sacristies, il n’y a qu’un pas. Avant de retourner à leurs querelles de boutique rose ou rouge, les progressistes doivent y réfléchir à deux fois. Sinon, la messe est dite.

Voir de plus:

Alain Juppé: « La vision de François Fillon me paraît tournée vers le passé »
Presidentielle 2017
Propos recueillis par Corinne Lhaïk

Libération

22/11/2016

Alain Juppé revient dans une longue interview à L’Express sur son programme et sa vision de la France alors qu’il est confronté à François Fillon, très en avance dans les sondages, pour le second tour de la primaire à droite.
Vous décrivez une différence de degré avec vous, pas de nature…

Il y a une différence de nature quand, moi, je veux une France moderne, ouverte sur l’avenir. Sa vision me paraît beaucoup plus traditionaliste et tournée vers le passé. Sur les questions sociales, sur l’évolution des moeurs, la prise en compte de deux enjeux fondamentaux – l’égalité entre les femmes et les hommes ou la conception d’une nouvelle croissance pour sauver la planète du réchauffement climatique -, il s’est peu exprimé.

Vos positions sur des sujets de société peuvent susciter l’incompréhension de certains électeurs de droite. Que leur dites-vous?

Je leur ai toujours dit que je respectais leurs convictions. Je suis moi-même catholique, contrairement à l’ignominieuse campagne développée par je ne sais qui et qui me présente comme converti à l’islam et complaisant vis-à-vis de l’islamisme. Cette campagne de caniveau a fait des dégâts sur certains esprits mal informés. Je suis catholique, je suis baptisé, je m’appelle Alain Marie, je n’ai pas changé de religion et je comprends parfaitement le point de vue de mes coreligionnaires catholiques. Certains sont plus intégristes, moi, je me reconnais davantage dans la vision du pape François.

Voir de même:

La victoire de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite, dimanche, a surpris jusqu’à l’Elysée, où le président n’avait pas vu venir la défaite de Nicolas Sarkozy.

Europe 1

21 novembre 2016

Un résultat sans appel qui a surpris tout le monde. Personne n’avait imaginé une telle avance pour François Fillon au premier tour de la primaire de la droite, dimanche soir. Encore moins le président de la République. François Hollande n’avait pas non plus vu venir la défaite de Nicolas Sarkozy. Dans cette soirée électorale, le chef de l’Etat a perdu son ennemi préféré et il n’a surtout plus grand-chose à quoi se raccrocher. Explications.

Hollande ne l’avait pas vu venir. Chez les proches du président, c’est l’abattement en fin de soirée. « Regardez Fillon, glisse l’un de ses proches, il était dans les choux à la rentrée. Ça prouve que rien ne se passe jamais comme prévu ». L’analyse peut paraître ironique quand on sait que le président ne prédisait pas du tout ce résultat il y a encore quelques mois. « Fillon n’a aucune chance », prophétisait-il à Gérard Davet et Fabrice Lhomme, dans le fameux livre d’entretiens Un président ne devrait pas dire ça (éditions Stock).

Fillon, le plus réactionnaire pour Hollande. Dimanche soir, devant sa télévision, dans ses appartements privés de l’Elysée, le chef de l’Etat a échangé frénétiquement par SMS avec ses conseillers, ses amis. Le message est désormais clair : François Fillon est le plus libéral, le plus réactionnaire, selon François Hollande. Face à cet adversaire, il peut encore incarner la défense du modèle social.

Personne ne veut d’un remake de 2012. Mais une partie de la gauche fait déjà une toute autre lecture du scrutin, persuadée que le résultat de dimanche montre surtout une chose : personne ne veut d’un remake de 2012. Un député proche de Manuel Valls sort déjà les crocs : « Hollande n’aura pas son match retour avec Sarkozy, c’est un signe de plus qu’il faut laisser la place ».

Voir aussi:

Hollande pense que « le masque de Juppé va tomber »

En petit comité, le chef de l’État explique que la popularité d’Alain Juppé explosera à la lumière de la primaire, quand « le masque va tomber ».

Emmanuel Berretta

Le Point
09/03/2016