La Rose blanche/75e: Après la tragédie, la farce (75 years after the WWII anti-nazi student group, Hollywood’s joke of an anti-sexual harassment movement picks up the white rose symbol)

26 février, 2018
Hans et Sophie Scholl et leur ami Christoph ProbstHegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Marx
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
La Rose blanche (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d’un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés. Wikipedia
We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance. Voices in Entertainment
 The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement. The Guardian
When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home. Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie. But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit. It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy. I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck. And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission. Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush. The Spectator
On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts. Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée. Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée. La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ». Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite. Zeev Sternhell
The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost. It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask. It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this. Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas. The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation. There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. Bret Stephens
Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes. Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes. Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. (…) Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive. S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux. Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins. Elisabeth Lévy
 Attention: une rose blanche peut en cacher une autre !

Au lendemain du 75e anniversaire de la décapitation du groupe de résistance d’étudiants antinazis dit de la Rose blanche

Et la reprise du même symbole par Hollywood et le monde de la chanson pour symboliser sa lutte contre le harcèlement sexuel …
Pendant que déguisé en acteur de Bollywood, la véritable caricature de progressisme qui sert actuellement de premier ministre à nos pauvres amis canadiens achevait de ridiculiser son pays sur la scène internationale …
Et qu’oubliant qu’il n’y avait pas dans les années 30 de « Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes », un historien israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts » se voit gratifié d’une tribune du Monde
Comment ne pas repenser …
Pour qualifier cette étrange époque que nous vivons entre « Génération Flocon de neige » et « idées chrétiennes devenues folles » …
Au fameux mot de Marx sur la répétition tragi-comique, par son premier président et dernier monarque de la nation française de neveu, du coup d’État du 18 brumaire par Napoléon un demi-siècle après ?

Zeev Sternhell, savant utile de l’antisionisme
L’historien israélien a comparé l’Etat hébreu au « nazisme à ses débuts »…
Elisabeth Lévy
Causeur
20 février 2018

Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une  pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes.

Sternhell, leur « bon juif » idéal

Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes.

Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. Saluons donc Bernard Guetta qui, ce mardi matin, a remis les pendules à l’heure.

Tout n’est pas faux, bien sûr, dans le libelle publié, lundi 19 février, par Le Monde sous le titre accrocheur : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ». Sternhell s’appuie sur des projets du gouvernement de geler par la loi et pour toujours le statut de Jérusalem, ainsi que sur des signes réels de la montée d’un nationalisme raciste. Mais, faute de regard historique (ou, dit plus simplement, de la prise en compte du contexte), il sort subrepticement de la route de l’argumentation pour dérouler un scénario qui conduit au mieux à l’apartheid et au pire suivez mon regard.

La hallalisation des esprits fait son chemin

Il y a en effet en Israël des rabbins qui ont appelé à l’assassinat d’Yitzhak Rabin, ou des élus qui réclament des salles d’accouchement séparées pour les Arabes et pour les Juives. Le nationalisme extrémiste, volontiers raciste sur les bords, progresse, y compris dans l’armée. En tout cas, la hallalisation des esprits (c’est-à-dire la propension à diviser le monde entre pur et impur) fait son chemin chez pas mal de juifs.

Mais il y a aussi des juifs pour la Palestine, des soldats militant pour la paix, une presse déchaînée, des ONG brailleuses et une intelligentsia raffinée, sans oublier une justice, une police et tout le reste, pour défendre l’Etat de droit s’il est menacé. Bref, toute une cacophonie judéo-israélienne dans laquelle on souhaite bonne chance à un dictateur.

Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive.

Sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif

S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux.

Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain  dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins.

Voir aussi:

Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »
Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)
Le Monde
18.02.2018

[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?

La réponse, dira peut-être l’historien, se trouve en microcosme dans les idées et les activités de deux importants députés de la majorité, Miki Zohar (Likoud) et Bezalel Smotrich (Le Foyer juif), fidèles représentants de la politique gouvernementale, récemment propulsés sur le devant de la scène. Mais ce qui est plus important encore, c’est le fait que cette même idéologie se trouve à la base des propositions de loi dites « fondamentales », c’est-à-dire constitutionnelles, que la ministre de la justice, Ayelet Shaked, avec l’assentiment empressé du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se propose de faire adopter rapidement par la Knesset.

Shaked, numéro deux du parti de la droite religieuse nationaliste, en plus de son nationalisme extrême, représente à la perfection une idéologie politique selon laquelle une victoire électorale justifie la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale, depuis l’administration jusqu’à la justice, en passant par la culture. Dans l’esprit de cette droite, la démocratie libérale n’est rien qu’un infantilisme. On conçoit facilement la signification d’une telle démarche pour un pays de tradition britannique qui ne possède pas de Constitution écrite, seulement des règles de comportement et une armature législative qu’une majorité simple suffit pour changer.

« Il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que Mme Le Pen n’oserait pas proposer »

L’élément le plus important de cette nouvelle jurisprudence est une législation dite « loi sur l’Etat-nation » : il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que le nationalisme intégral maurrassien d’antan n’aurait pas renié, que Mme Le Pen, aujourd’hui, n’oserait pas proposer, et que le nationalisme autoritaire et xénophobe polonais et hongrois accueillera avec satisfaction. Voilà donc les juifs qui oublient que leur sort, depuis la Révolution française, est lié à celui du libéralisme et des droits de l’homme, et qui produisent à leur tour un nationalisme où se reconnaissent facilement les plus durs des chauvinistes en Europe.

L’impuissance de la gauche

En effet, cette loi a pour objectif ouvertement déclaré de soumettre les valeurs universelles des Lumières, du libéralisme et des droits de l’homme aux valeurs particularistes du nationalisme juif. Elle obligera la Cour suprême, dont Shaked, de toute façon, s’emploie à réduire les prérogatives et à casser le caractère libéral traditionnel (en remplaçant autant que possible tous les juges qui partent à la retraite par des juristes proches d’elle), à rendre des verdicts toujours conformes à la lettre et à l’esprit de la nouvelle législation.

Mais la ministre va plus loin encore : elle vient juste de déclarer que les droits de l’homme devront s’incliner devant la nécessité d’assurer une majorité juive. Mais puisque aucun danger ne guette cette majorité en Israël, où 80 % de la population est juive, il s’agit de préparer l’opinion publique à la situation nouvelle, qui se produira en cas de l’annexion des territoires palestiniens occupés souhaitée par le parti de la ministre : la population non-juive restera dépourvue du droit de vote.

Grâce à l’impuissance de la gauche, cette législation servira de premier clou dans le cercueil de l’ancien Israël, celui dont il ne restera que la déclaration d’indépendance, comme une pièce de musée qui rappellera aux générations futures ce que notre pays aurait pu être si notre société ne s’était moralement décomposée en un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons.

Aujourd’hui, la gauche n’est plus capable de faire front face à un nationalisme qui, dans sa version européenne, bien plus extrême que la nôtre, avait presque réussi à anéantir les juifs d’Europe. C’est pourquoi il convient de faire lire partout en Israël et dans le monde juif les deux entretiens faits par Ravit Hecht pour Haaretz (3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) avec Smotrich et Zohar. On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts.

Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée.

Le spectre de l’apartheid

Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée.

Pour Miki Zohar, les Palestiniens “souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs”

La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ».

Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite.

Voir de même:
Don’t Count Bibi Out — Yet
Bret Stephens
The NYT
Feb. 23, 2018

If you follow the news from Israel, you might surmise that Benjamin Netanyahu’s days as prime minister are numbered. The police recommend that he be charged on multiple counts of bribery, fraud and breach of trust. Fresh charges may yet be brought in additional investigations. A former top aide to Netanyahu agreed this week to serve as a witness against him. Press reports suggest a man clinging to power.

Don’t be so sure. If an election were held tomorrow, Bibi — as Netanyahu is universally known in Israel — and his Likud party would likely win, according to recent polls. Roughly half of Israelis think the prime minister should quit, but that’s down from 60 percent in December. Netanyahu has no intention of resigning, even if the attorney general chooses to indict him. The Likud rank-and-file remain loyal to their leader. His coalition partners may detest him, but for now they see greater political advantage in a wounded prime minister than in a fresh one.

Besides, Bibi has been, for Israelis, a pretty good prime minister. Some indicators:

Economy: Since Netanyahu returned to power in 2009, the economy has grown by nearly 30 percent in constant dollars — nearly twice the growth rate of Germany or the United States. Some 3.6 million tourists visited Israel in 2017, a record for the Jewish state. On Monday, Israel announced a $15 billion dollar deal to export natural gas to Egypt from its huge offshore fields.

Diplomacy: Netanyahu’s personal ties to Indian Prime Minister Narendra Modi are exceptionally close, as they are with Japan’s Shinzo Abe. Israel’s relations with African countries and the Arab world are the best they’ve been in decades; reaction in Riyadh and Cairo to the Trump administration’s decision to move the U.S. embassy to Jerusalem amounted to a shrug. Netanyahu’s 2015 speech to Congress opposing the Iran deal, billed as an affront to the Obama administration, turned out to be an inspiration for Israel’s neighbors. And Netanyahu’s arguments against the deal now prevail in the current White House.

Security: In 2002, at the height of the second intifada, Israelis suffered more than 400 terrorism fatalities. In 2017 there were fewer than two dozen. Two wars in and around Gaza, both initiated by Hamas, were devastating for Palestinians but resulted in relatively few Israeli casualties. The Israeli Air Force lost an F-16 after coming under heavy Syrian antiaircraft fire, but that seems to have been a fluke. For the most part, Israel has been able to strike Syrian, Iranian and Hezbollah targets at will.

None of this makes much of an impression on non-Israelis. Diaspora Jews were infuriated last year by the government’s backtracking on a plan to let men and women pray together at the Western Wall. Israel’s bad decision to forcibly deport African migrants has stirred additional, and warranted, indignation.

And then there are the Palestinians. The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost.

It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask.

It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this.

Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas.

The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation.

There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. ☐

Voir également:

Justin Trudeau takes his Captain Snowflake act to India
Stephen Daisley
The Spectator
24 February 2018

If your week was less than fun, spare a thought for Justin Trudeau. The Canadian Prime Minister’s seven-day visit to India went down like an undercooked biriyani on the subcontinent.

When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home.

Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie.

But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit.

It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy.

I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck.

And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission.

Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush.

Voir encore:

White roses and black velvet: the Grammys red carpet
Monochrome dominated the award ceremony last night, as politics remained fashionable for celebrities
Lauren Cochrane
The Guardian
29 Jan 2018

On the Grammys red carpet on Sunday, celebrities spelt out messages in black and white. While the Golden Globes earlier this month saw black dominate as a protest in line with the Times Up campaign, music’s biggest award ceremony switched to monochrome as default setting.

Some stuck to the black dress code, such as Miley Cyrus, Beyoncé, Lady Gaga and Sarah Silverman.

Others went for the impact of white. SZA, Cardi B and Childish Gambino were in this camp, while Lana Del Rey took the angelic angle further. She wore a gown embroidered with silver stars, accessorised with a halo.

Some celebrities carried white roses with them, with men including Kendrick Lamar and Trevor Noah pinning them to their lapels, and Cyrus licking hers with that famous tongue.

This was a campaign in support of the Times Up initiative. The rose idea was pushed by Meg Harkins, senior vice president of marketing at Roc Nation, Karen Rait, head of rhythm promotions at Interscope Geffen A&M Records, and other high-profile women in the music industry. “We all agreed it was really necessary,” Harkins said. “We’ve all felt the political and cultural change in the last couple of months.” In an email sent to attendees of the Grammys, the collective explained their choice of the flower. “We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance,” it read.

The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement.

Beyoncé, never one to miss an opportunity to win at visual statements, skipped the red carpet and the white rose, but her six-year-old daughter, Blue Ivy, was dressed in head-to-toe white. Kesha – an artist who has firsthand experience of sexual misconduct – performed all in white, with a supporting cast including Cyndi Lauper and Camilla Cabelo also in the colour.

Other microtrends were noted too – there was an upswing of trousers for women, with Janelle Monae, Anna Kendrick and Kesha wearing them. This in itself is a protest against the pageant-y end of the red carpet. Burgundy seemed to be a sleeper colour, worn by both multiple winner Bruno Mars and Hillary Clinton during an onscreen cameo. Rihanna saw the opportunity to wear three outfits – a brown PVC wrap dress, pink slipdress and black and gold metallic co-ords.

White roses might be more discreet, and politics might have been less in the foreground for fashion at the Grammys, but the 2018 red carpet remains a place where protest can be signposted. These visual statements arguably stand with the signs on the Women’s March last weekend. As images that will be broadcast around the world, the optics are undeniable. This award season, a political issue remains the best accessory.

Voir enfin:

22 février 1943
Décapitation de la « Rose blanche »

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d’une vingtaine d’années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche » (Die Weiße Rose en allemand).

Comment, de juin 1942 à février 1943 une poignée de jeunes étudiants chrétiens ont-ils pu défendre les valeurs démocratiques au prix de leur vie ? Comment ont-ils pu diffuser six tracts incendiaires tout en écrivant le soir des slogans pacifistes et antinazis sur les murs de Munich ?

Pierre Le Blavec de Crac’h
Hérodote
2018-02-18

Les prémices de la résistance

Résidant à Ulm et âgé de 14 ans en 1933, le lycéen Hans Scholl n’est pas au début insensible aux discours de Hitler. Comme tous les jeunes Allemands de son âge, il s’engage avec sa soeur Sophie (12 ans) dans les Jeunesses Hitlériennes mais prend assez vite ses distances.

Aidé par ses parents et encouragé par l’éditeur Carl Muth du mensuel catholique Hochland, il rompt avec le national-socialisme et se consacre à ses études de médecine. Il lit les penseurs chrétiens (Saint Augustin, Pascal) et l’écriture sainte. Mais il est arrêté et emprisonné en 1938 pour sa participation à un groupe de militants catholiques.

Quatre ans plus tard, sa décision est prise. Il décide d’entrer en résistance par l’écrit après avoir lu des sermons de l’évêque de Münster Mgr von Galen dénonçant  la politique du gouvernement à l’égard des handicapés.

Un noyau dur se constitue autour de Hans et Sophie Scholl (protestants) et de trois étudiants en médecine que lie une solide amitié : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d’un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans.

En juin 1942, alors que Hitler est au sommet de sa puissance, le petit groupe décide d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». Sophie se garde d’informer de ses actions son fiancé, un soldat engagé sur le front de l’Est.

La rose s’épanouit

En moins de quinze jours, les jeunes gens rédigent et diffusent 4 tracts, signés « La Rose blanche » (Die Weiße Rose). Imprimés dans l’atelier de Munich mis à leur disposition par l’écrivain catholique Théodore Haecker, ils sont diffusés de la main à la main, déposés chez des restaurateurs de la ville ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d’université, des directeurs d’établissements scolaires, des libraires ou des médecins soigneusement choisis.

Les tracts font référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citent parfois la Bible. Leurs lecteurs sont invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de gens.

Willi Graf est enrôlé dans l’armée en juillet 1942 et découvre à cette occasion nombre d’atrocités. Quant à Hans Scholl et Alexander Schmorell, incorporés comme maréchal des logis dans la Wehrmacht en tant qu’étudiants en médecine, ils passent trois mois sur le front russe et constatent avec effroi l’horreur des traitements infligés aux juifs, aux populations locales et aux prisonniers soviétiques.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficient du soutien de leur professeur Kurt Huber (49 ans, catholique convaincu) de l’université de Munich, qui devient leur mentor. Ils impriment et diffusent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin !

Le petit groupe collecte en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupe de leurs familles. Il est toutefois déçu par le peu d’écho de ses initiatives au sein de la population étudiante.

Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » est distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich ! Plus fort encore, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : « Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler !… »

Imprimé à plus de 2.000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste, le sixième et dernier tract commente la défaite de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Comme quelques centaines de ces tracts n’ont pu être expédiés, Hans Scholl décide de les diffuser dans l’Université de médecine.

Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont aussitôt arrêtés avec leurs amis, livrés à la Gestapo (la police politique) et emprisonnés à Stadelheim.

Un procès expéditif

Le 22 février 1943, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures.

Il est présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l’un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son « interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable.

Freisler prononce lui-même la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst – baptisé quelques heures avant son exécution par un prêtre de la prison.

Sophie et Hans sont exécutés par les fonctionnaires de la prison de Stadelheim après avoir revu une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl. Hans Scholl s’écrie « Vive la Liberté ! » avant de mourir sur la guillotine (cet instrument a été importé de France en Bavière au XIXe siècle, à la suite des guerres napoléoniennes). Depuis, les trois jeunes martyrs reposent les uns à côté des autres dans le cimetière voisin de la forêt de Perlach.

Quelques mois plus tard, un second procès frappe quatorze accusés pris dans la même vague d’arrestations : le professeur Kurt Huber, Alexander Schmorell et son camarade Willi Graf sont condamnés à mort. À l’automne 1943, le réseau de Hambourg est lui aussi démantelé par la Gestapo.

Dix autres membres de la Rose Blanche – amis des Scholl, jeunes étudiants des universités d’Ulm et de Sarrebruck, ou sympathisants actifs comme Eugen Grimminger qui les avait aidés financièrement – sont envoyés en camp de concentration où ils paieront aussi de leur vie leur participation aux activités du mouvement.

Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie d’une notoriété nationale et même mondiale. Le 27 juin 1943, parlant de « la naissance d’une foi nouvelle, celle de l’honneur et de la liberté », l’écrivain allemand en exil Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l’été 1943, l’aviation anglaise jette sur le pays un million d’exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber.

L’ami de coeur de Sophie, qui était sur le front de l’Est, obtient une permission sitôt qu’il apprend son arrestation mais il arrive à Munich deux heures après son exécution. Il va entrer dès lors dans la résistance au péril de sa vie…

La Rose Blanche a vécu à peine un an mais la mémoire d’une lutte héroïque – contre la résignation et pour la défense de la liberté d’opinion lorsqu’elle est menacée -, elle, ne s’éteindra jamais.

Un film émouvant et vrai

Sophie Scholl, le dernier jourLe cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (en allemand Sophie Scholl, die letzten Tage). Il relate l’arrestation du groupe de jeunes gens, l’instruction de leur procès et leur exécution.

Son film suit fidèlement la réalité historique telle que relatée dans le livre de souvenirs publié en 1953 par la soeur de Hans et Sophie Scholl : Die weisse Rose (mal traduit, l’ouvrage a répandu dans le public français quelques erreurs factuelles, notamment en traduisant le mot allemand Fallbeil par hache au lieu de guillotine).

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Macronie: Le FN et l’islamisme du surclassé (Flip-side to class-based politics: If you replace the old left-right divide with the divide between the haves and the have-nots, haven’t you created a monster of a different sort?)

23 février, 2018
Bombe politique : mais comment recréer du lien social dans cette France où les classes favorisées ont fait sécession ?
We want our country back ! Marion Maréchal-Le Pen
Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français. (…) Notre liberté est maintenant entre les mains de cette institution qui est en train de tuer des nations millénaires. Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne. Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam. On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père. Marion Maréchal-Le Pen
Le journaliste de TMC (….) s’est livré à une manipulation et a tendu une embuscade (…) il n’a pas fait un travail d’enquête, il a contacté les élèves en amont, manipulé l’un d’entre eux pour le convaincre d’enregistrer ces propos dans mon dos et à mon insu, pour ensuite en sortir ces extraits, dans une rupture totale du contrat de confiance. (…) Quel est mon grand crime ? D’avoir une parole libre ? (…) J’ai eu droit à un défouloir médiatique pendant 4 jours. (…) Il y a deux poids deux mesures. (…) La droite a souvent fait l’objet de procès médiatiques. (…)  Si je suis venu sur votre plateau, c’est pour vous dire que ça ne m’impressionne pas, que ça ne me fera pas reculer et que ma détermination n’a jamais été aussi forte. (…) J’ai bien compris que j’étais une cible du travail de démolition de certains journalistes. (…) Donald Trump n’est pas mon modèle. Laurent Wauquiez
Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
En Europe comme aux Etats-Unis, la contestation émerge sur les territoires les plus éloignés des métropoles mondialisées. La « France périphérique » est celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. En Grande-Bretagne, c’est aussi la « Grande-Bretagne périphérique » qui a voté pour le Brexit. Attention : il ne s’agit pas d’un rapport entre « urbains » et « ruraux ». La question est avant tout sociale, économique et culturelle. Ces territoires illustrent la sortie de la classe moyenne des catégories qui en constituaient hier le socle : ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants. Ces catégories ont joué le jeu de la mondialisation, elles ont même au départ soutenu le projet européen. Cependant, après plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie-monde, elles font le constat d’une baisse ou d’une stagnation de leur niveau de vie, de la précarisation des conditions de travail, du chômage de masse et, in fine, du blocage de l’ascenseur social. Sans régulation d’un libre-échange qui défavorise prioritairement ces catégories et ces territoires, le processus va se poursuivre. C’est pourquoi la priorité est de favoriser le développement d’un modèle économique complémentaire (et non alternatif) sur ces territoires qui cumulent fragilités socio-économiques et sédentarisation des populations. Cela suppose de donner du pouvoir et des compétences aux élus et collectivités de ces territoires. En adoptant le système économique mondialisé, les pays développés ont accouché de son modèle sociétal : le multiculturalisme. En la matière, la France n’a pas fait mieux (ni pire) que les autres pays développés. Elle est devenue une société américaine comme les autres, avec ses tensions et ses paranoïas identitaires. Il faut insister sur le fait que sur ces sujets, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient dans l’ouverture et de l’autre ceux qui seraient dans le rejet. Si les catégories supérieures et éduquées ne basculent pas dans le populisme, c’est parce qu’elles ont les moyens de la frontière invisible avec l’Autre. Ce sont d’ailleurs elles qui pratiquent le plus l’évitement scolaire et résidentiel. La question du rapport à l’autre n’est donc pas seulement posée pour les catégories populaires. Poser cette question comme universelle – et qui touche toutes les catégories sociales – est un préalable si l’on souhaite faire baisser les tensions. Cela implique de sortir de la posture de supériorité morale que les gens ne supportent plus. J’avais justement conçu la notion d’insécurité culturelle pour montrer que, notamment en milieu populaire, ce n’est pas tant le rapport à l’autre qui pose problème qu’une instabilité démographique qui induit la peur de devenir minoritaire et de perdre un capital social et culturel très important. Une peur qui concerne tous les milieux populaires, quelles que soient leurs origines. C’est en partant de cette réalité qu’il convient de penser la question du multiculturalisme. Christophe Guilluy
[Macron’s] views mirror those held by most of this “elite” class. He thinks the left-right divide should be transcended. He doesn’t care about outworn ideologies, but about solutions that work, wherever they come from. He thinks startups are cool and the economy should be generally entrepreneurship-friendly, but he also wants some sort of welfare state. He’s got no problem whatsoever with gay marriage. He believes immigration is desirable for both economic and moral reasons. But he doesn’t just think like an elite. He embodies many elites’ idealized lifestyle. He did very well academically (but not too well, having failed the entrance exam to the ultra-prestigious ENS civil service school), in a way that suggests some depth of mind (master’s degree in philosophy), but also practical success (ENA’s graduates run the country’s public and private sectors), because come on, how many people actually want to be philosophers? He did very well in investment banking, but not too well. His marriage to a much older woman who was once his drama teacher is socially transgressive to just the right degree. He’s handsome, but not too handsome. In other words, Emmanuel Macron is the Donald Trump of the elite class. He’s not just their representative—he’s their avatar. Trump’s die-hard followers love him with such devotion not just because they like what he says, but because his image is that of the guy they wish they were or could be. It’s the same thing with Macron and his own elite base. And this is the stuff out of which Messianic movements are made. (…) His brand of pragmatic centrist politics is really just class-interest-based politics. As Christophe Guilluy, a sociologist and leading analyst of contemporary society, pointed out, Macron’s supporters can be boiled down to one word: They are the “haves.” They are the people who rode the waves of change that have inundated the West over the past few decades—globalization, technological transformation—to great success. Education is the best predictor of voting for Macron, which makes sense, since it correlates not just with financial capital but also with cultural capital. Another predictor is age, although in a perhaps-unexpected way: Macron is highly popular with the elderly, whose pensions protect them from the liberalizing reforms Macron campaigned on, and very unpopular with the young, who disproportionately come out the losers in France’s contemporary economy. This explains why, after having used the oddities of the French electoral system to get elected as an alternative to worse candidates, Macron is extremely unpopular. Non-elite French people smell exactly what the elites smell, and their reaction is equally predictable. Now, Macron supporters don’t believe that they support him for the crass reason that he will benefit their class at the expense of the rest of the country; instead, they just believe that what’s good for them is good for the country. Call it “trickle-down economics.” But, of course, nobody believes they support a certain policy simply because it’s good for them. Building the U.S.-Mexico border wall is cast as being about American identity, something all Americans can identify with, not about a protectionist barrier for the wages of Trump supporters at the expense of the well-heeled beneficiaries of low-wage immigration.There’s nothing uniquely bad about this: Groups defending their interests just is what politics is. Democratic politics endures because it’s the least-bad mechanism we’ve come up with for handling precisely that. But there’s a flip-side to Macron’s class-based politics: If you decide to replace the old left-right divide with the divide between the haves and the have-nots, haven’t you created a monster of a different sort? The Macron tsunami has hit, and the traditional parties of the French left and right are deeply wounded and struggling to survive. But two people are doing fine: Jean-Luc Mélenchon, France’s leading far-left firebrand, and the infamous Marine Le Pen, France’s hard-right populist leader. In fact, it’s in Macron’s political interest for them to do well, to squeeze the last pangs of breath out of the traditional parties that might supplant his new centrist party. The better Mélenchon and Le Pen do, the worse the traditional parties do, and the more Macron looks like the only alternative to candidates the majority of French people still reject. This might work to get him re-elected. But here’s what many don’t understand about Macron’s attempt to steer French politics away from the left-right divide we invented: If it is successful, it will mean that the opposition party (whatever it looks like, whoever its leader is) will be the anti-elite party par excellence. Put Donald Trump, Nigel Farage, Jeremy Corbyn, Jean-Luc Mélenchon, and Marine Le Pen in a bottle, shake vigorously—and, in a Macronified politics, whatever comes out is almost guaranteed to run the country. Not today. Not tomorrow. But, if Macron’s bet is successful, at some point. Pascal-Emmanuel Gobry
L’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, elle, n’a versé que 7 949 euros de salaires pour toute la campagne. Moins que François Asselineau ou Jacques Cheminade. Comment l’expliquer ? Jean-Luc Mélenchon a fait le choix très inhabituel de faire salarier une large partie de son équipe de campagne dans des structures extérieures, dirigées par certains de ses proches. Celles-ci lui ont ensuite refacturé leurs services. Ce type de montage a nourri les soupçons du rapporteur de la CNCCFP qui claqué la porte avec fracas avant la fin de sa mission. Il s’est demandé si l’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon n’avait pas accepté des surfacturations avant d’en demander le remboursement par l’État. Comme l’ont déjà expliqué nos confrères du Monde, une association a particulièrement tiré profit de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de L’Ere du peuple, fondée à la veille du début de la campagne électorale par des proches de l’ancien ministre socialiste. L’Ere du peuple a salarié, selon nos informations, quatre permanents de l’équipe de campagne de Mélenchon, dont les deux actuels députés France insoumise Bastien Lachaud et Mathilde Panot. Nous avons eu accès au détail de ces marchés : il apparaît que l’association a refacturé très cher les « prestations intellectuelles » de ces membres du staff de campagne. Un exemple : Bastien Lachaud a été payé 29 000 euros brut pour son rôle de coordonnateur du pôle « action de campagne et événements ». Or, L’Ere du peuple a refacturé ses services 129 000 euros à l’association de financement du candidat Mélenchon. Un différentiel incompréhensible pour la Commission des comptes de campagne. La CNCCFP se demande si L’Ere du peuple, présidée par un très proche de Jean-Luc Mélenchon, le conseiller d’État Bernard Pignerol, n’a pas cherché à surfacturer plusieurs prestations. Plus de 11% des dépenses de campagne de Jean-Luc Mélenchon (plus de 10 millions d’euros au total) ont bénéficié à une société : Mediascop, créée et dirigée par Sophia Chikirou, la directrice de communication de la campagne, qui en est également la seule actionnaire. Les 1 161 768 euros qu’elle a facturés pendant la présidentielle ont également éveillé la curiosité des rapporteurs. Ils ont constaté qu’un certain nombre de prestations étaient facturées au-dessus de la grille tarifaire de la société. Surtout, Mediascop semble n’exister que pour porter la communication de Jean-Luc Mélenchon. La société n’a pas de locaux, pas de salariés en dehors des périodes de campagne, pas de matériel. Ce qui ne l’empêche pas de réaliser des profits importants : Mediascop affichait une rentabilité nette de 47% en 2016, alors que les premières factures de la présidentielle venaient de lui être réglées. Si l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon a payé étonnamment peu de salaires, c’est aussi parce qu’elle a eu recours à l’auto-entreprenariat. D‘après nos informations, une dizaine de membres de l’équipe de campagne ont été payés en honoraires via une société, créée souvent pour l’occasion. Certains l’ont d’ailleurs fermée juste après la campagne. Parmi eux, Alexis Corbière. Le porte-parole du candidat Mélenchon n’était pas salarié, mais a perçu 28 700 euros d’honoraires pendant la campagne. Jean Luc Mélenchon a pourtant maintes fois brocardé ce statut, qu’il avait même promis de supprimer s’il était élu en 2012, le qualifiant « d’arnaque de première grandeur ». FranceTVinfo
Pourquoi nous ne parlons pas du manque de cohérence du Gouvernement en matière d’immigration qui présente un texte qui n’a qu’une fermeté de façade ? Pourquoi ne pas parler de la baisse du pouvoir d’achat des Français depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Quand on voit l’énergie déployée pour attaquer Laurent Wauquiez on se dit que le Gouvernement est prêt à tout pour dissimuler son échec sur le pouvoir d’achat : choc fiscal de 4.5 milliards pour les ménages (8 nouvelles taxes et impôts en 9 mois), hausse de 25 % de la CSG pour 8 millions de retraités, hausse du diesel  (+4.6 € par plein), baisse brutale des dotations de l’Etat de 216 millions d’euros… Malheureusement comme je l’ai dit précédemment cela n’est pas nouveau. Jacques Chirac avait été brocardé, le traitement médiatique réservé à Nicolas Sarkozy a été d’une rare violence sous la Ve République, ce qui lui a couté sa réélection. Enfin, n’oublions pas non plus l’élection présidentielle de 2017 et cet acharnement contre François Fillon qui a, non seulement privé les Français d’un débat sur les programmes, mais pire encore, qui a fait changer leur vote. A travers plusieurs documentaires certains ont tenté de maquiller un assassinat politique en suicide. Nous avons assisté à un véritable tribunal médiatique (…) Tout le monde se refuse à parler de « complot » mais rappelons-le, au moment où la campagne de François Fillon redémarrait après le Trocadéro, les médias informés sortent l’affaire des costumes dans un seul but : « détruire François Fillon » selon l’instigateur de cette affaire. Le résultat nous le connaissons aujourd’hui, une abstention record et un véritable hold-up démocratique. Maquiller l’assassinat de François Fillon en suicide simplifie tout et justifie l’indéfendable. Bref, comme les idées de la droite sont majoritaires dans notre pays (et le succès de la Primaire de la Droite en est la preuve), il faut détruire la réputation des leaders de notre famille politique. Les médias ont été plus discrets lorsque Emmanuel Macron, alors en visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage d’Etel s’est essayé à une plaisanterie sur les frêles embarcations de l’Océan indien sur lesquelles ont péri de nombreux migrants voulant rejoindre Mayotte: « le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. » Ou encore lorsqu’il a méprisé les Français en parlant « d’alcooliques », de « fainéants » de « ceux qui foutent le bordel », de ceux « qui ne sont rien » et tout cela de manière officielle, allant même jusqu’à critiquer les Français à l’étranger. Jamais Laurent Wauquiez n’a tenu des propos blessants contre les Français. Enfin, alors que l’actualité nationale et internationale ne manquait pas de sujets majeurs, les médias se sont mobilisés pour feuilletonner cette affaire d’enregistrements volés. Par exemple, les dernières expertises dans l’affaire Théo, rendues publiques vendredi confirmait que la version des policiers était la bonne. Le silence autour de ces informations a été inversement proportionnel au battage médiatique où une partie de la classe politique s’était précipitée pour bafouer l’honneur de nos policiers avec les hommages d’Emmanuel Macron qui avait exprimé il y a un an « toute [sa] solidarité à l’égard de Théo et de sa famille » reprenant le slogan #JusticePourTheo. Il est étonnant de voir que personne n’ait demandé au Président de la République comment comptait-il rendre aux policiers leur honneur bafoué par ceux qui criaient avec les loups ? Malgré les méthodes utilisées contre Laurent Wauquiez, qui sont lamentables et condamnables, malgré le « deux poids, deux mesures », le Président de notre famille politique a démontré hier soir la force de ses convictions. Rien ne le détournera de son objectif, celui de donner à la France un projet de redressement fort. Valérie Boyer
Contrairement à ce que beaucoup de commentateurs ont voulu laisser entendre, 58 % des Français de droite ont dit ne pas juger « choquantes » ses déclarations. Valeurs actuelles
L’islamisme, c’est le FN du musulman déclassé. Hakim El Karoui
Emmanuel Macron a su « mettre en marche » une nouvelle génération de dirigeants politiques. Il faut faire exactement la même chose  chez les musulmans de France. L’Algérie, le Maroc et la Turquie sont comme les vieux partis qui se déchiraient  tout en se partageant les places avec souvent la ferme ambition de ne rien faire. Place à une nouvelle génération, soucieuse non pas des pays d’origine, mais de la France… engagée dans la vie de la cité, et respectueuse des us et coutumes de la République Française. (…) Et puis surtout, il faut changer le discours. Il est temps de faire preuve de responsabilité et d’arrêter de se cacher derrière des discours lénifiants et sympathies ( « l’islam est une religion de paix », « l’islam est l’ennemi de la violence ») évidemment vrais mais qui font litière du fait que l’islam c’est aussi ce qu’en font les musulmans. Et notamment ceux qui font le plus de bruit. Par ignorance collective des textes sacrés, personne n’est capable de répondre à la propagande des salafistes. Hakim El Karoui
Chère Mennel Official L’affaire dure. Je l’ai découverte tardivement, du fait de déplacements successifs hors de France. Je pourrais en rire et railler, voilà, dès que je m’éloigne, ce pays s’égare. Mais cette histoire ne donne guère envie de plaisanter. D’abord l’essentiel : votre voix, imbibée d’émotion et de chaleur, est pleine de personnalité. Et cette interprétation que vous donnez d’Hallelujah est un enchantement. Leonard Cohen la chantait divinement dans ses récentes années. Jamais la spiritualité et la sensualité ne furent mêlées dans une voix et un corps d’homme avec autant de grâce et de puissance. Comme un vin de glace ou un rhum vieux qui aurait fait mine de s’être assoupi dans un fût de chêne ou de wapa d’Amazonie. Il chante, implore, exalte et sublime. Dance me to the end of love s’en approche, mais Hallelujah transcende tout, si merveilleusement. Et que vous, si jeune, rendiez un tel hommage à cet immense poète, si tendre, si triste, si raffiné et qui nous demeure si indispensable, donne envie de renouer avec un optimisme d’essence et d’existence. Chaque fois que je vais au Canada je ramène un recueil de ses poèmes que j’achète en librairie à Montréal, Québec ou Ottawa ; et comme je les ai déjà tous, je les offre. Vous l’avez probablement vu ou entendu chanter The Partisan. Cohen fait partie de mes grandes amours des années soixante-dix, du temps de mes études universitaires. Ce fut d’abord Suzanne, évidemment, puis le temps passant je l’ai poursuivi de concert en concert. Vous avez vu comme il tient son micro lorsqu’il interprète So long, Marianne, tout en joie et en mélancolie ? Et ce solo de violon… Nous imaginons, vous et moi, ce que donnerait, en notes plus graves, un solo de oud ou un duo violon-oud. Mais revenons à l’hystérie. On vous reproche votre ‘turban’, disent-ils. Il vous sied délicieusement, sans rien dissimuler de votre beauté encore en éclosion. Ils vous reprochent de chanter en arabe… incultes, ils ne savent pas finir la phrase : en arabe la chanson d’un Juif magnifique. Quelle somptueuse audace, et quelle promesse pour notre monde ! On vous reproche des tweets passés. Vos références intellectuelles étaient loin d’être recommandables. Je ne me situe pas dans le champ moral, il est le moins fécond. Sur le plan philosophique d’une conception de la vie, du rapport à l’autre, de l’exigence envers soi-même, d’une vision de la socialité possible et souhaitable, ces deux références sont simplement indigentes et lamentables. Manifestement fourbes, parfois immondes. Ils ne sont pas les seuls. Le souci, c’est la fascination qu’ils parviennent à exercer sur de jeunes esprits, même brillants. C’est cela le seul sujet, pour nous autres adultes. Vous vous êtes excusée et vous avez bien fait. N’en ayez surtout aucun regret, c’est votre hauteur. Et tant pis si les fâcheux eurent le dernier mot sur les pusillanimes et les commerciaux. Ce n’est qu’un avant-dernier mot. Le dernier, c’est vous qui l’aurez si vous décidez qu’il vous revient de tracer vous-même votre chemin de vie. Les seules personnes que vous devez avoir à l’esprit sont les familles et les proches des victimes de l’attentat à Nice ainsi que celles du père Jacques Hamel. Il y a tout lieu de croire, pour ce que nous savons de sa bonté, que lui aurait su vous offrir une écoute et vous dire en quoi vous faites gravement erreur. Vos excuses sont la marque de votre dignité. Elles ne doivent pas vous exonérer d’une vigilance sur la sensibilité des autres, sur les plaies qui ne referment pas, sur ces cicatrices qui saignent et saigneront encore, selon les mots du poète Antara. Le philosophe Emmanuel Levinas confiait que son père, s’adressant à ses fils, les adjurait de s’installer en France, c’est là qu’il faut aller vivre, dans ce pays où l’on est capable de se déchirer pour l’honneur d’un capitaine juif, le capitaine Dreyfus. Tant d’agressions antisémites, de défiance et d’injures à l’encontre des musulmans, d’actes et de propos racistes, de déchaînement xénophobe, de résurgence homophobe, d’arrogance sexiste, laisseraient accroire que ce temps est révolu, que l’intolérance règne sans partage. En attestent les victoires des pleutres à pseudonymes, aux doigts fébriles sur leurs claviers. Il n’en est rien. La France reste une terre de passion et de générosité, elle est une béance du monde d’où surgissent, toujours vives, des querelles et des fureurs qui n’ont jamais su dissoudre ses ardeurs fraternelles. C’est bien là qu’il faut vivre. Et d’abord, c’est votre pays. Ne vous le faites pas voler. Christiane Taubira
Pour élaborer son rapport, Gilles Clavreul s’est déplacé entre le 22 octobre et le 15 janvier dans des départements à «dominante urbaine», à savoir les Bouches-du-Rhône, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, le Nord, le Bas-Rhin, le Rhône, les Yvelines, et un département rural, la Meuse, au contact des acteurs associatifs et des agents de l’État. Son constat est clair: les «manifestations d’affirmation identitaire se multiplient et se diversifient», avec, sur certains territoires – agglomérations de Lille, Maubeuge, Toulouse, Marseille, Lyon ou dans les Yvelines – des «contestations de la laïcité». Ces troubles sont majoritairement le fait d’un «islam rigoriste voire radical» et concernent également des mouvements de «catholiques intégristes», et «évangéliques et juifs orthodoxes». Ils ont été identifiés dans le cadre d’activités scolaires, culturelles et sportives. Ce sont, par exemple, des assistantes maternelles exerçant à domicile qui portent le voile et refusent parfois de remettre l’enfant au père, le cas d’auxiliaires en milieu scolaire «faisant acte de prosélytisme», des célébrations «spectaculaires» de certaines communautés juives, l’organisation de prières collectives chrétiennes et musulmanes. En ce qui concerne la restauration collective et le débat autour des fameux «repas de substitution», Gilles Clavreul note l’existence de cantines à Strasbourg qui proposent des menus halal et casher, ce qui peut porter atteinte au principe de laïcité. «Dans les lieux où la population de confession musulmane est présente, parfois de façon très majoritaire, le rapport à la République se tend sous l’effet d’une foi de plus en plus ouvertement revendiquée», est-il expliqué, entraînant la «différenciation et séparation croissante entre les hommes et les femmes», «le développement d’une offre éducative alternative», «la remise en cause des principes républicains et plus particulièrement de la laïcité, perçue comme une ‘arme contre les musulmans’». Le phénomène de radicalisation est notamment présent dans les structures sportives avec des tentatives de prosélytisme mais aussi des «parents qui exigent le voilement de leur fille». «L’adhésion aux principes républicains recule par endroits», constate Gilles Clavreul, ce qui génère «le désarroi et l’inquiétude parmi de nombreux agents publics et responsables associatifs». Autre enseignement notable: la sensibilisation à la laïcité et à la citoyenneté, qui a progressé après les attentats de 2015, «menace de retomber». «Ce fléchissement de la mobilisation doit être corrigé», exhorte Clavreul. L’auteur du rapport n’est pas n’importe qui. Gilles Clavreul est un préfet engagé. Ancien conseiller à l’Elysée de François Hollande, où il suivait les dossiers de politique intérieure, il est devenu au fil des mois un proche de Manuel Valls, dont il partage aujourd’hui les combats. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’avait nommé à la tête de la Dilcrah, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, où il est resté en poste jusqu’au changement de majorité. Sortant volontiers de son devoir de neutralité, Gilles Clavreul s’est rapidement attiré les foudres sur les réseaux sociaux de nombreuses associations comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), mais aussi du journaliste Edwy Plenel ou du chercheur Pascal Boniface. Il est par ailleurs l’un des membres fondateurs du mouvement «Printemps républicain», avec le politologue Laurent Bouvet, qui bataille pour une vision stricte de la laïcité. Ses prises de position s’inscrivent dans une ligne plus dure que celle portée par l’Observatoire de la laïcité, de Jean-Louis Bianco. Ce dernier a d’ailleurs vivement réagi dès jeudi après-midi, dans un communiqué au vitriol publié sur Twitter. «Je regrette le manque de rigueur méthodologique de ce rapport (…) et la méconnaissance d’actions déjà mises en œuvre par les pouvoirs publics», assène-t-il notamment, estimant que le travail de Gilles Clavreul «ne répond pas directement à la demande» de Beauvau. Le Figaro
Les musulmans sont, de loin, ceux qui expriment le plus faible sentiment national. Plus la foi de ces jeunes est affirmée, plus leur adhésion à l’Etat est faible (…) seulement 30,7% des collégiens musulmans disent se sentir français, alors que leurs camarades catholiques répondent oui à 76,8%. L’Express
Il faut préciser que nous avons tout fait pour cela. Nous avons cassé tous les lieux où s’opérait le mixage social. Le rapport parle du service militaire, qui n’était d’ailleurs plus depuis longtemps le principal lieu de brassage : tous les jeunes des classes supérieures partaient en coopération et ne moisissaient plus dans les casernes. Mais plus encore : sous prétexte de principe de précaution, on a rendu le scoutisme carrément impraticable – or c’était un lieu suprême pour le brassage social. Il en va de même pour les écoles libres : en leur imposant cette limite non-écrite mais réelle des 20%, on en fait des écoles d’élite, alors que si elles pouvaient se développer elles seraient davantage des lieux d’éducation pour ceux qui en manquent. Car le problème aigu, c’est la place qu’a pris l’éducation dans la vie sociale. Ce qui importe est moins à présent de savoir que de savoir-être. On va embaucher un jeune moins en raison de son diplôme que parce qu’il sera arrivé à l’heure au rendez-vous et sans chewing-gum dans la bouche. Et cela ne s’apprend que dans la famille, ou bien dans une troupe scoute, ou bien dans certaines écoles plus attentives que d’autres… Il faut bien convenir que nos gouvernements ont tout fait pour déconsidérer tous ces lieux éducatifs et jeter sur eux la dérision. Evidemment E.Macron est le représentant typique de cette classe supérieure désormais détachée du peuple. Pour être élu il lui a fallu déborder largement cette couche sociale, qui demeure très restreinte. Mais il en demeure le prisonnier typique : apparemment il ignore que les autres classes existent, et ne les a jamais rencontrées. C’est inquiétant. Le « séparatisme social » qui s’est développé en France dans les catégories les plus favorisées a progressivement engendré un recul du sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Et si le populisme pouvait être un outil qui, dosé avec une juste mesure, permettrait de renouer ce lien social perdu ? N’est-ce pas, dans un certaine mesure, ce qu’essaye de faire Emmanuel Macron avec le service civil pour renforcer la cohésion nationale ? Chantal Delsol
Emmanuel Macron a obtenu un score massif au deuxième tour à Paris alors qu’il ne faisait que 66% au niveau national; Il y avait cette polarisation très forte de son électorat sur Paris intra-muros et Emmanuel Macron a d’abord été le candidat de cette France qui va bien, de celle qui s’en sort et qui est optimiste et regarde la mondialisation plutôt comme une opportunité plus qu’une menace. D’autant qu’il a été soutenu par les grandes métropoles dont Paris en premier lieu et il a été massivement été soutenu par les Français de l’étranger, les fameux expatriés. Electoralement il correspond en parti à cette mutation sociologique. Néanmoins une partie des catégories moyennes et populaires ont voté pour lui, ne serait-ce que pour faire barrage à Marine Le Pen au deuxième tour. (….) Les catégories moyennes et populaires ont pleinement conscience d’avoir été abandonnées et que les catégories les plus favorisées et une partie de l’élite a « largué les amarres » et résonne non plus dans un cadre national mais dans un cadre global et est guidée non plus par les intérêts nationaux mais par ses propres intérêts. Jérome Fourquet
L’idéologie de la gauche est grandement responsable de cet état de fait. La fuite vers les écoles privées ? La dégradation de l’école publique ne doit-elle pas aux effets conjugués du pédagogisme et du refus de l’autorité ? La disparition des fils d’ouvriers dans les grandes écoles au refus de la sélection ? Quant au regret de la fin d’un service militaire « creuset de la nation », qui peut surprendre chez une gauche volontiers antimilitariste, le service « égalitaire » relève partiellement du mythe, certains fils d’archevêques le faisant dans des conditions bien différentes des autres, entre planqués de Balard et vacanciers de nos ambassades. La fin des « jolies colonies de vacances », dont s’écartent non des riches, qui n’y ont jamais envoyé leurs enfants, mais plutôt des classes moyennes qui ne bénéficient pas des aides sociales, ne doit-elle pas aussi au refus de l’autorité cette fois conjugué à la volonté de ne pas stigmatiser de nouvelles catégories peu soucieuses de s’intégrer aux jeux de plage ? Quant à l’exil fiscal, la fiscalité français est telle qu’elle ne conduit plus seulement à l’exil des riches, mais aussi à celui des retraités des classes moyennes. Il est donc permis de se demander si la sécession des « riches » n’est pas partiellement due aux excès commis par une certaine gauche idéologique et sectaire. Mais c’est aussi parce que, dans les trente années envisagées, ces « riches » ont changé. Fini les « notables » d’antan qui participaient à la vie sociale locale, ces notaires, avocats, pharmaciens, médecins, magistrats et autres. Cette catégorie, pour qui le statut social ne se résumait pas au pouvoir d’achat et dont la propriété était enracinée, généralement à droite, a été remplacée par des « nouveaux riches » déterritorialisés, dont l’écart de revenu avec le salaire de base s’accroît sans cesse, et qui professent volontiers un libéralisme individualiste hédoniste qui trouve son origine… à gauche. Christophe Boutin
Attention: un repli peut en cacher un autre !
A l’heure où nos belles âmes de la politique et des médias n’ont pas de mots assez durs …
Pour dénoncer le franc-parler la « trumpisation » du président des Républicains Laurent Wauquiez …
A l’encontre précisément d’une majorité d’électeurs de droite qui continuent à le soutenir …
Pendant qu’au pays de Trump justement et sans parler de la bombe à retardement démographique africaine
Marion Maréchal-Le Pen vient de rappeler la menace à la fois islamiste et politiquement correcte …
Et qu’en France les doutes se précisent sur la sincérité des comptes de campagne du « candidat du peuple »
Comment ne pas en voir la confirmation …
Dans ces deux rapports qui viennent de sortir …
Sur tant l’emprise toujours plus forte du communautarisme islamiste sur des pans entiers du pays …
Que le repli (pardon – la sécession) de la France d’en haut
Et ne pas se ranger à l’avis de la philosophe Chantal Delsol …
Quand elle se demande si une certaine dose de populisme ne pourrait pas « permettre de renouer ce lien social perdu »  …
Contre ceux qui persistent à le dénoncer …
A l’instar justement de ces gagnants de la mondialisation (pardon: de « l’ouverture ») …
Dont le macronisme n’est en fait …
Pour reprendre (et détourner) la formule du Monsieur « Islam-religion de paix » auto-déclaré Hakim El Karaoui
Que le FN et l’islamisme du surclassé ?

Charles Jaigu : «Musulmans de France, encore un effort!»

CHRONIQUE – L’essayiste Hakim El Karoui décrit un islam de France très contrasté et parie sur sa génération, parfaitement assimilée, pour réussir la «contre-insurrection» face à l’islam salafiste en expansion.

Charles Jaigu

­Ha­kim El Ka­roui a la sil­houette souple et lon­gi­ligne, l’élé­gance ur­baine et feu­trée, et l’air tran­quille­ment dé­ta­ché. Il a créé son ca­bi­net de consul­tant il y a deux ans et il tra­vaille place de l’Étoile. Avant ce­la, il a pas­sé plu­sieurs an­nées dans la banque Roth­schild, « en même temps qu’Em­ma­nuel (Ma­cron, NDLR) ». Il n’était pas pré­dis­po­sé à ce mé­tier de fi­nan­cier, lui qui a com­men­cé comme jeune nor­ma­lien char­gé d’écrire les livres et dis­cours de Jean-Pierre Raf­fa­rin avant et pen­dant Ma­ti­gnon. Un « stage de mise à ni­veau pen­dant cinq mois » lui a per­mis de trou­ver ses marques. Son père, uni­ver­si­taire tu­ni­sien, lui a trans­mis sa pra­tique du Co­ran, sa mère, pro­tes­tante de l’est de la France, et brillante ma­thé­ma­ti­cienne, lui a lais­sé cette li­ber­té. À 46 ans, il est donc un en­fant heu­reux de l’is­lam à la fran­çaise. Sa trajectoire est in­té­res­sante : briè­ve­ment che­vè­ne­men­tiste, Ha­kim El Ka­roui a fi­na­le­ment re­joint les rives de la droite li­bé­rale parce qu’il était aga­cé par « la gauche mo­rale » des an­nées Jos­pin. En 2004, il est fa­vo­rable à l’in­ter­dic­tion du voile à l’école. Puis il se re­tire de la vie pu­blique en 2007 pour de­ve­nir ban­quier. Mais les at­ten­tats de jan­vier 2015 ont été un ré­veil brutal. Et même s’il s’agace de la de­mande des Fran­çais que les mu­sul­mans ma­ni­festent leur so­li­da­ri­té, il a en­ten­du l’ap­pel. « Je ne pou­vais pas res­ter les bras bal­lants, j’ai vou­lu prendre mes res­pon­sa­bi­li­tés à ma ma­nière. » Il en est ré­sul­té, en sep­tembre 2016, la pré­sen­ta­tion d’une grande en­quête me­née par l’Ins­ti­tut Mon­taigne sur l’is­lam en France.

Le livre qu’il pu­blie en est la suite, et tombe à pic au mo­ment où Em­ma­nuel Ma­cron pro­pose de ré­for­mer les ins­ti­tu­tions qui le re­pré­sentent. Mais il faut re­ve­nir sur le constat, qui trouve sa cré­di­bi­li­té grâce à l’état des lieux très dé­taillé de l’en­quête de l’Ins­ti­tut Mon­taigne. El Ka­roui pointe à nou­veau la si­tua­tion très contras­tée de l’im­mi­gra­tion mu­sul­mane en France. Une si­tua­tion qui donne rai­son à la fois aux pes­si­mistes et aux op­ti­mistes. Il dé­crit en ef­fet une com­mu­nau­té très hé­té­ro­gène et cli­vée entre d’une part une classe moyenne nou­velle, une élite mu­sul­mane en for­ma­tion ; et de l’autre une po­pu­la­tion en per­di­tion.

On peut par­ler d’op­ti­misme pour la moi­tié des 5,1 mil­lions de Fran­çais mu­sul­mans – et non pas les dix ou vingt mil­lions comme on peut l’en­tendre de la part des alar­mistes, soit en­vi­ron 8 % de la po­pu­la­tion fran­çaise. Ceux-là sont en train de trou­ver leur place dans la so­cié­té, grâce aux ma­riages mixtes. Ce qui au­to­rise El Ka­roui à af­fir­mer qu’il y a en France une « as­si­mi­la­tion par l’amour » qui marche et qui est une des ori­gi­na­li­tés re­mar­quables du mo­dèle ré­pu­bli­cain – par op­po­si­tion aux mo­dèles mul­ti­cul­tu­ra­listes an­glo-saxons où la sé­pa­ra­tion des com­mu­nau­tés est la règle, ce qui fa­vo­rise moins la mixi­té conju­gale. Par ­de­là les des­crip­tions apo­ca­lyp­tiques, l’as­cen­sion so­ciale des mu­sul­mans se fait donc. Le pro­blème, sou­ligne El Ka­roui, est qu’elle ne se voit pas. Et que « ceux des mu­sul­mans qui en bé­né­fi­cient ne sou­haitent pas, con­trai­re­ment à leurs équi­va­lents juifs ou pro­tes­tants, jouer la carte de l’en­ga­ge­ment com­mu­nau­taire au tra­vers d’as­so­cia­tions cultuelles ou cultu­relles ». Ce livre veut convaincre les mu­sul­mans trop bien as­si­mi­lés de s’en­ga­ger fi­nan­ciè­re­ment ou per­son­nel­le­ment en fa­veur de l’af­fir­ma­tion d’un is­lam de France : « Pour eux, la re­li­gion est vrai­ment de­ve­nue une af­faire pri­vée », ré­sume El Ka­roui. Il pro­pose no­tam­ment de pré­le­ver une taxe sur le com­merce du hal­lal, dont il dé­crypte très bien l’im­pos­ture mar­ke­ting et théo­lo­gique. Il sug­gère aus­si de fa­vo­ri­ser les dons pri­vés au tra­vers d’une fon­da­tion afin de mettre un terme à la main­mise des ca­pi­tales arabes sur la for­ma­tion des imams et la construc­tion des mos­quées. Car, c’est une réa­li­té, en France, l’is­lam reste plus pra­ti­qué par les mu­sul­mans, y com­pris as­si­mi­lés, que le ca­tho­li­cisme par les ca­tho­liques : « 5 % des 27 mil­lions de ca­tho­liques de plus de 15 ans sont des pra­ti­quants ré­gu­liers, soit 1,35 mil­lion ; 75 % des 3,7 mil­lions de mu­sul­mans de plus de 15 ans sont pra­ti­quants, soit 2,5 mil­lions ». Chiffres cruels pour la fille aî­née de l’Église.

Mais il le re­con­naît, la ré­no­va­tion de cet is­lam ins­ti­tu­tion­nel ne se­ra pas ca­pable à elle seule de contrer la pro­pa­ga­tion sau­vage d’un fon­da­men­ta­lisme qui contourne aus­si les mos­quées et qui sé­vit via You­Tube. « L’imam Google », voi­là l’en­ne­mi. Il veut « une contre-in­sur­rec­tion cultu­relle » sur In­ter­net pour ne pas lais­ser les plus ex­tré­mistes écra­ser de leurs pro­pa­gandes les jeunes in­ter­nautes fas­ci­nés par le mode de vie hal­lal et la conver­sion au dji­had.

Car El Ka­roui ne sous-es­time pas le dan­ger que re­pré­sentent les deux mil­lions et de­mi de mu­sul­mans, dont la moi­tié est jeune, qui sont de plus en plus ten­tés par une pra­tique très conser­va­trice de l’is­lam.

Il re­con­naît qu’il a lui-même été sur­pris de consta­ter com­bien « la pra­tique re­li­gieuse s’est ren­for­cée au fil des an­nées » chez ces jeunes qui uti­lisent l’is­lamisme comme un po­pu­lisme, et en font une ban­nière an­ti­sys­tème. « L’is­la­misme, c’est le FN du mu­sul­man dé­clas­sé », ré­sume-t-il.

On no­te­ra au passage que l’au­teur uti­lise le terme d’as­si­mi­la­tion, qui est en ef­fet le meilleur car il est au plus près de l’his­toire fran­çaise. Le mot in­té­gra­tion brouille le dé­bat. Ce mo­dèle as­si­mi­la­tion­niste est « na­tu­rel­le­ment xé­no­phobe », avance l’au­teur, car il to­lère mal que l’étran­ger de­ve­nu fran­çais d’adop­tion af­fiche son étran­ge­té ou sa dif­fé­rence. Il est xé­no­phobe, en ef­fet, comme dans 90 % des cas de par le monde, où le mul­ti­cul­tu­ra­lisme n’a pas cours. Plu­tôt que xé­no­phobe, qui est tou­jours accompagné du soup­çon de ra­cisme, sug­gé­rons le terme d’eth­no­cen­tré. L’au­teur prend d’ailleurs la peine d’écar­ter toute al­lé­ga­tion d’un ra­cisme fran­çais : les Fran­çais ne le sont pas.

Fort de ce constat, El Ka­roui re­fuse les des­crip­tions qui font de la com­mu­nau­té mu­sul­mane un tout in­di­vi­sible, ani­mé d’une vo­lon­té de conquête. Il ré­clame avec convic­tion de la nuance, ce qui l’amène à cri­ti­quer le chro­ni­queur avec qui nous par­ta­geons cette page – Éric Zem­mour – ain­si que d’autres com­pa­gnons de route de ce jour­nal, tels Alain Fin­kiel­kraut ou Pas­cal Bru­ck­ner aux­quels il re­proche leur nos­tal­gie d’une Ré­pu­blique idéa­li­sée. Pour­tant, ils ont ré­ar­mé le dis­cours pro­ré­pu­bli­cain face à la ten­ta­tion mul­ti­cul­tu­ra­liste qui pré­va­lait dans la gauche fran­çaise et sup­po­sait la gé­nu­flexion pé­ni­ten­tielle face à l’étran­ger idéa­li­sé. Mais El Ka­roui s’en prend aus­si à Edwy Ple­nel et son or­chestre de contemp­teurs de l’is­la­mo­pho­bie. Comme il le montre, sta­tis­tiques en main, les actes is­la­mo­phobes n’ont ces­sé de bais­ser en France de­puis 2015. Mal­gré les at­ten­tats, les Fran­çais n’ont ja­mais fait le fa­meux « amal­game » entre l’is­lam et les dji­ha­distes. Fort de ce constat, El Ka­roui re­fuse les des­crip­tions qui font de la com­mu­nau­té mu­sul­mane un tout in­di­vi­sible, ani­mé d’une vo­lon­té de conquête. Il ré­clame avec convic­tion de la nuance, ce qui l’amène à cri­ti­quer le chro­ni­queur avec qui nous par­ta­geons cette page – Éric Zem­mour – ain­si que d’autres com­pa­gnons de route de ce jour­nal, tels Alain Fin­kiel­kraut ou Pas­cal Bru­ck­ner aux­quels il re­proche leur nos­tal­gie d’une Ré­pu­blique idéa­li­sée. Pour­tant, ils ont ré­ar­mé le dis­cours pro­ré­pu­bli­cain face à la ten­ta­tion mul­ti­cul­tu­ra­liste qui pré­va­lait dans la gauche fran­çaise et sup­po­sait la gé­nu­flexion pé­ni­ten­tielle face à l’étran­ger idéa­li­sé. Mais El Ka­roui s’en prend aus­si à Edwy Ple­nel et son or­chestre de contemp­teurs de l’is­la­mo­pho­bie. Comme il le montre, sta­tis­tiques en main, les actes is­la­mo­phobes n’ont ces­sé de bais­ser en France de­puis 2015. Mal­gré les at­ten­tats, les Fran­çais n’ont ja­mais fait le fa­meux « amal­game » entre l’is­lam et les dji­ha­distes.

Voir encore:

Bye bye les pauvres
Bombe politique : mais comment recréer du lien social dans cette France où les classes favorisées ont fait sécession ?
Une étude de la Fondation Jean Jaurès montre qu’alors que de nombreux observateurs ont souligné le développement de communautarismes ethnoreligieux dans certains quartiers, la cohésion de la société française est également mise à mal par un autre processus, moins visible à l’œil nu mais lourd de conséquences : un véritable séparatisme social qui concerne toute une partie de la frange supérieure de la société.
Atlantico
22 Février 2018

Jérôme Fourquet : On peut faire un lien avec les phénomènes décrits de séparatisme social et ce qu’il s’est passé au premier tour et au deuxième tour de la présidentielle. Mais un lien partiel seulement. On voit par exemple que Emmanuel Macron a obtenu un score massif au deuxième tour à Paris alors qu’il ne faisait que 66% au niveau national; Il y avait cette polarisation très forte de son électorat sur Paris intra-muros et Emmanuel Macron a d’abord été le candidat de cette France qui va bien, de celle qui s’en sort et qui est optimiste et regarde la mondialisation plutôt comme une opportunité plus qu’une menace. D’autant qu’il a été soutenu par les grandes métropoles dont Paris en premier lieu et il a été massivement été soutenu par les Français de l’étranger, les fameux expatriés. Electoralement il correspond en parti à cette mutation sociologique.

Néanmoins une partie des catégories moyennes et populaires ont voté pour lui, ne serait-ce que pour faire barrage à Marine Le Pen au deuxième tour, mais aussi au premier où il obtient des scores qui ne sont pas négligeables (aux alentours de 15% dans les communes rurales ou populaires par exemple). Il ne faut donc pas tordre le bâton à l’extrême et occulter le fait qu’il y avait une assise minimale dans ces catégories de population. Néanmoins il avait un soutien beaucoup plus important dans les catégories qui sont décrites dans cette note.

Ce qui est aussi intéressant, en reprenant le cas de Paris, lorsque l’on parle d’une homogénéisation idéologique de ces catégories supérieures, il faut noter qu’il y a encore des différences (au premier tour Macron n’est pas majoritaire à Paris),  mais au deuxième tour il y a quand même un 90/10 en faveur du président.  Ce que Macron est ensuite parvenu à faire et ce qu’il continu à faire, c’est-à-dire poursuivre cette recomposition politique en agrégeant des gens qui viennent du PS, du Modem et des Républicains, on remarque qu’il y a de plus en plus de passerelles et de points de convergence qui sont encore plus fréquents dans ces milieux favorisés.

Christophe Boutin : Relativisons d’abord certains éléments de cette note. Le premier critère présenté comme prouvant cette rupture est que « la densité de cadres vivant dans le cœur des métropoles ne cesse de se renforcer ». Elle est effectivement multipliée par deux, mais dans la même période les cadres supérieurs sont passés en France de 8% à au minimum 12, et selon certaines études 16%, ce qui modère l’interprétation. Viennent ensuite comme éléments de preuve les questions scolaires : plus de catégories CSP+ dans les écoles privées, par ailleurs moins « défavorisées » (un critère qui n’est d’ailleurs pas expliqué et semble négliger l’aide étatique spécifique destinée aux établissements « à problèmes »), ou moins d’ouvriers dans les grandes écoles. Troisième critère, la fin du brassage social par le service militaire, auquel tous participaient de manière égale. Puis la fin du même brassage social dans les colonies de vacances. Enfin, la progression de l’exil fiscal.

L’idée est on le voit assez simple, pour ne pas dire simpliste : les « riches » font sécession et restent entre eux, abandonnant une nation de laquelle ils devraient pourtant se sentir solidaires. Mais la Fondation Jean Jaurès qui a commandité cette note gagnerait à faire ce constat : l’idéologie de la gauche est grandement responsable de cet état de fait.

Reprenons. La fuite vers les écoles privées ? La dégradation de l’école publique ne doit-elle pas aux effets conjugués du pédagogisme et du refus de l’autorité ? La disparition des fils d’ouvriers dans les grandes écoles au refus de la sélection ? Quant au regret de la fin d’un service militaire « creuset de la nation », qui peut surprendre chez une gauche volontiers antimilitariste, le service « égalitaire » relève partiellement du mythe, certains fils d’archevêques le faisant dans des conditions bien différentes des autres, entre planqués de Balard et vacanciers de nos ambassades. La fin des « jolies colonies de vacances », dont s’écartent non des riches, qui n’y ont jamais envoyé leurs enfants, mais plutôt des classes moyennes qui ne bénéficient pas des aides sociales, ne doit-elle pas aussi au refus de l’autorité cette fois conjugué à la volonté de ne pas stigmatiser de nouvelles catégories peu soucieuses de s’intégrer aux jeux de plage ? Quant à l’exil fiscal, la fiscalité français est telle qu’elle ne conduit plus seulement à l’exil des riches, mais aussi à celui des retraités des classes moyennes.

Quant au lien avec le vote en faveur d’Emmanuel Macron, si effectivement il existe avec cette catégorie de nouveaux riches, rappelons que ces derniers n’ont pas été les seuls à porter au pouvoir l’actuel chef de l’État et qu’il faut ici être prudent avant d’en faire le « président des riches ».

Chantal Delsol : Tout cela est bien connu et même, hélas, palpable. Rappelez-vous Cicéron qui racontant le songe de Scipion, disait : Scipion s’étonne d’avoir vu deux soleils dans le même ciel, alors qu’il devrait plus encore s’étonner de voir deux peuples dans la même république. Et c’est bien ce qui nous arrive.

Il faut préciser que nous avons tout fait pour cela. Nous avons cassé tous les lieux où s’opérait le mixage social. Le rapport parle du service militaire, qui n’était d’ailleurs plus depuis longtemps le principal lieu de brassage : tous les jeunes des classes supérieures partaient en coopération et ne moisissaient plus dans les casernes. Mais plus encore : sous prétexte de principe de précaution, on a rendu le scoutisme carrément impraticable – or c’était un lieu suprême pour le brassage social. Il en va de même pour les écoles libres : en leur imposant cette limite non-écrite mais réelle des 20%, on en fait des écoles d’élite, alors que si elles pouvaient se développer elles seraient davantage des lieux d’éducation pour ceux qui en manquent.

Car le problème aigu, c’est la place qu’a pris l’éducation dans la vie sociale. Ce qui importe est moins à présent de savoir que de savoir-être. On va embaucher un jeune moins en raison de son diplôme que parce qu’il sera arrivé à l’heure au rendez-vous et sans chewing-gum dans la bouche. Et cela ne s’apprend que dans la famille, ou bien dans une troupe scoute, ou bien dans certaines écoles plus attentives que d’autres…  Il faut bien convenir que nos gouvernements ont tout fait pour déconsidérer tous ces lieux éducatifs et jeter sur eux la dérision.

Evidemment E.Macron est le représentant typique de cette classe supérieure désormais détachée du peuple. Pour être élu il lui a fallu déborder largement cette couche sociale, qui demeure très restreinte. Mais il en demeure le prisonnier typique : apparemment il ignore que les autres classes existent, et ne les a jamais rencontrées. C’est inquiétant.

Jérôme Fourquet : D’abord Emmanuel Macron a entièrement conscience de cette fracture. C’est pour cela par exemple qu’il a placé ses vœux sous le signe de la cohésion nationale. Certes on peut dire que cette cohésion nationale est attaquée et menacée par le communautarisme, ce qui est vrai, mais il y a aussi cette forme insidieuse qui est peut-être moins visible à l’œil nu mais qui sape au moins tout autant la cohésion nationale.

Emmanuel Macron, même s’il a été plutôt élu par cette France qui va bien, il est pleinement conscient du fait qu’il y a des catégories qui ne se croisent plus, qui ne se comprennent pas et qu’il faut absolument retisser des liens. Lors de ses vœux, il reprend la fameuse phrase de Kennedy « Arrêtez de vous demander ce que le pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ». A mon avis je pense qu’il s’adresse très clairement aux premiers de cordées. A l’électorat qui l’a élu en leur disant qu’il fallait maintenant « renvoyer l’ascenseur » et qu’ils adoptent un comportement civique, citoyen et patriote en se démenant pour le « bien commun ». Supprimer l’ISF est une invitation lancée à ces catégories favorisées à « renvoyer la balle ». Cette volonté exprimée dans ses vœux est une clé de compréhension du pourquoi il s’arc-boute sur la question du service national alors que les militaires freinent des quatre fers et que tout le monde explique que tout cela est une usine à gaz qui va coûter extrêmement cher. Ce service national serait un moyen de recréer le sentiment de cohésion nationale non seulement auprès des couches défavorisées comme on l’imagine le plus souvent mais aussi auprès des couches favorisées qui elles aussi font sécession.

Comment cela sera perçu par son électorat c’est toute la question. Il y avait un article du Point avec un journaliste qui était allé rencontrer les Français expatriés en Belgique qui ne tarissaient pas d’éloges sur Emmanuel Macron mais n’envisageaient quand même pas de revenir. Ce qui est clair c’est que tout ce que je décris là c’est un des principaux carburant du populisme. Les catégories moyennes et populaires ont pleinement conscience d’avoir été abandonnées et que les catégories les plus favorisées et une partie de l’élite a « largué les amarres » et résonne non plus dans un cadre national mais dans un cadre global et est guidée non plus par les intérêts nationaux mais par ses propres intérêts.

Voir aussi:

Laïcité : les 5 propositions choc du rapport Clavreul remis au gouvernement

DOCUMENT EXCLUSIF – Alors que le premier ministre présente son plan de lutte contre la radicalisation vendredi, un rapport administratif commandé par Beauvau fait état de nombreuses dérives identitaires et de remises en cause de la laïcité et préconise des mesures fortes.

C’est un document explosif, un rapport d’une quarantaine de pages qui met en lumière les failles du respect du principe de laïcité dans certains territoires. En amont de la présentation du plan de lutte contre la radicalisation, dévoilé vendredi par Édouard Philippe, le ministère de l’Intérieur a commandé au préfet Gilles Clavreul, proche de Manuel Valls, cet état des lieux intitulé «Laïcité, valeurs de la République et exigences minimales de la vie en société», qui esquisse plusieurs mesures choc. Le Figaro les révèle en exclusivité.

1 – Conditionner le soutien de l’État (subventions, emplois aidés) au respect de la laïcité

Estimant qu’il revient aux pouvoirs publics de «promouvoir les valeurs de la République», le préfet propose de «conditionner le soutien de l’État (attribution de subvention, agrément, soutien à un événement) à l’engagement de respecter et promouvoir» ces valeurs. Ainsi, en dépit des «réserves ou des commentaires» de l’Observatoire de la laïcité, il suggère par exemple de «faire signer une charte», comme le font certaines CAF et préfectures ; de «conditionner l’examen de subvention ou d’un emploi aidé à l’engagement de suivre une formation sur les valeurs de la République et la laïcité», comme le fait la préfecture des Bouches-du-Rhône ; ou encore d’«inciter le soumissionnaire ou le partenaire à conduire certaines actions, à contribuer à un évènement, ou à faire figurer la thématique ‘laïcité et valeurs de la République’ dans un document partenarial».

2- Former tous les agents de l’État à la laïcité «d’ici à 2020»

Gilles Clavreul entend instaurer «une formation laïcité pour tous les agents de l’État d’ici à 2020», en renforçant le plan de formation déjà déployé par le Commissariat général à l’égalité des territoires. Il envisage donc d’«élargir encore l’assiette des publics formés pour l’année en cours», en «réévaluant» à la hausse l’objectif 2018 qui table sur 13.000 personnes et en ciblant davantage les publics à former en priorité, à savoir «les adultes-relais, les membres des conseils citoyens, les agents des collectivités locales, les éducateurs sportifs, les intervenants dans le secteur péri-scolaire, les professionnels de la petite enfance, les acteurs de la prévention spécialisée, les agents du service public de l’emploi, ou encore les personnels de la fonction publique hospitalière».

3 – Intégrer la laïcité dans les épreuves du Bafa

Autre secteur ciblé par le rapport: la jeunesse, qui constitue l’un des principaux enjeux en termes de laïcité. Ainsi, pour assurer une meilleure «transmission des valeurs de la République», le préfet propose de «renforcer les exigences de formation à la laïcité et aux valeurs de la République du brevet d’aptitude à la fonction d’animateur (Bafa) et au brevet d’aptitude à la fonction de directeur (BAFD)». Il suggère également de «conditionner l’agrément des centres de formation au respect de cette exigence».

4 – Cartographie des «situations problématiques»

Le rapport stipule la mise en place, «au niveau national, des diagnostics fiabilisés des incidents relatifs à la laïcité, à la contestation des valeurs républicaines, et au non-respect des exigences minimales de la vie en société». Il s’agit d’établir une cartographie précise des «situations problématiques» rencontrées «dans le secteur sanitaire et social d’une part, et dans le milieu sportif d’autre part», pour réduire les «zones d’ombre» en matière de connaissance des dérives.

5 – Établir un «corps de doctrine» sur les «atteintes à la laïcité»

Pour «mieux établir un “corps de doctrine” s’agissant des atteintes à la laïcité», Gilles Clavreul dit vouloir «transformer» les Comités opérationnels de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Cora) en «comités départementaux pour la laïcité pour la promotion de la laïcité et des valeurs de la République». Pour ce faire, il entend «constituer, au niveau régional, une instance auprès de laquelle toutes les administrations pourraient évoquer des situations conflictuelles ou problématiques et solliciter un avis de sa part». Si elle voit le jour, cette structure nouvelle serait alors «présidée par un magistrat de l’ordre administratif».

Quatre mois de consultations pour un constat alarmiste

Pour élaborer son rapport, Gilles Clavreul s’est déplacé entre le 22 octobre et le 15 janvier dans des départements à «dominante urbaine», à savoir les Bouches-du-Rhône, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, le Nord, le Bas-Rhin, le Rhône, les Yvelines, et un département rural, la Meuse, au contact des acteurs associatifs et des agents de l’État. Son constat est clair: les «manifestations d’affirmation identitaire se multiplient et se diversifient», avec, sur certains territoires – agglomérations de Lille, Maubeuge, Toulouse, Marseille, Lyon ou dans les Yvelines – des «contestations de la laïcité».

Ces troubles sont majoritairement le fait d’un «islam rigoriste voire radical» et concernent également des mouvements de «catholiques intégristes», et «évangéliques et juifs orthodoxes». Ils ont été identifiés dans le cadre d’activités scolaires, culturelles et sportives.

Ce sont, par exemple, des assistantes maternelles exerçant à domicile qui portent le voile et refusent parfois de remettre l’enfant au père, le cas d’auxiliaires en milieu scolaire «faisant acte de prosélytisme», des célébrations «spectaculaires» de certaines communautés juives, l’organisation de prières collectives chrétiennes et musulmanes. En ce qui concerne la restauration collective et le débat autour des fameux «repas de substitution», Gilles Clavreul note l’existence de cantines à Strasbourg qui proposent des menus halal et casher, ce qui peut porter atteinte au principe de laïcité.

«Dans les lieux où la population de confession musulmane est présente, parfois de façon très majoritaire, le rapport à la République se tend sous l’effet d’une foi de plus en plus ouvertement revendiquée», est-il expliqué, entraînant la «différenciation et séparation croissante entre les hommes et les femmes», «le développement d’une offre éducative alternative», «la remise en cause des principes républicains et plus particulièrement de la laïcité, perçue comme une ‘arme contre les musulmans’». Le phénomène de radicalisation est notamment présent dans les structures sportives avec des tentatives de prosélytisme mais aussi des «parents qui exigent le voilement de leur fille».

«L’adhésion aux principes républicains recule par endroits», constate Gilles Clavreul, ce qui génère «le désarroi et l’inquiétude parmi de nombreux agents publics et responsables associatifs». Autre enseignement notable: la sensibilisation à la laïcité et à la citoyenneté, qui a progressé après les attentats de 2015, «menace de retomber». «Ce fléchissement de la mobilisation doit être corrigé», exhorte Clavreul.

Le choix d’un auteur clivant

L’auteur du rapport n’est pas n’importe qui. Gilles Clavreul est un préfet engagé. Ancien conseiller à l’Elysée de François Hollande, où il suivait les dossiers de politique intérieure, il est devenu au fil des mois un proche de Manuel Valls, dont il partage aujourd’hui les combats. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’avait nommé à la tête de la Dilcrah, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, où il est resté en poste jusqu’au changement de majorité.

Sortant volontiers de son devoir de neutralité, Gilles Clavreul s’est rapidement attiré les foudres sur les réseaux sociaux de nombreuses associations comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), mais aussi du journaliste Edwy Plenel ou du chercheur Pascal Boniface. Il est par ailleurs l’un des membres fondateurs du mouvement «Printemps républicain», avec le politologue Laurent Bouvet, qui bataille pour une vision stricte de la laïcité. Ses prises de position s’inscrivent dans une ligne plus dure que celle portée par l’Observatoire de la laïcité, de Jean-Louis Bianco. Ce dernier a d’ailleurs vivement réagi dès jeudi après-midi, dans un communiqué au vitriol publié sur Twitter. «Je regrette le manque de rigueur méthodologique de ce rapport (…) et la méconnaissance d’actions déjà mises en œuvre par les pouvoirs publics», assène-t-il notamment, estimant que le travail de Gilles Clavreul «ne répond pas directement à la demande» de Beauvau.

Voir également:

Laurent Wauquiez persiste et signe

Pas d’excuse au programme : invité sur le plateau de BFMTV mardi 20 février, le chef des Républicains a lancé une contre-attaque.

Laurent Wauquiez est au cœur de la polémique. Mardi 20 février, il s’explique et se montre extrêmement offensif. “Quel est donc mon grand crime ? Mon grand crime, c’est d’avoir une parole libre. Ce que je pense, c’est que la droite a souvent fait l’objet de ces procès médiatiques. Si je suis venu sur votre plateau, c’est pour vous dire que ça ne m’impressionne pas, que ça ne me fera pas reculer et que ma détermination n’a jamais été aussi forte”, a déclaré Laurent Wauquiez.

Il porte plainte

Sa seule erreur, concède-t-il, concerne Nicolas Sarkozy. Déjà des députés de la majorité ont réagi aux explications de Laurent Wauquiez. Des parlementaires de la majorité traités de “guignols” par des enregistrements diffusés ces dernières heures. Autres cibles : Valérie Pécresse et Alain Juppé. En marge d’un déplacement ce matin, Emmanuel Macron n’a pas souhaité réagir. Mardi soir, Laurent Wauquiez a annoncé également qu’il va porter plainte et saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Voir de même:

Enregistré à son insu alors qu’il disait pis que pendre de ses collègues politiques devant les étudiants d’une école de commerce, ses propos largement diffusés dans les médias, Laurent Wauquiez est empêtré depuis cinq longues journées dans la polémique. Mais, si la situation l’a obligé à se défendre et a semblé montrer son isolement à la tête de son mouvement, l’épisode a plu au cœur de ses partisans. C’est l’une des leçons à tirer du nouveau sondage « L’Opinion en direct » dirigé par l’institut Elabe que nous publions ce mercredi.

Politique. Invitée jeudi 22 février à un rassemblement conservateur à Washington, aux États-Unis, Marion Maréchal-Le Pen s’est livrée sans concession sur plusieurs thèmes d’actualité.

Valeurs actuelles

22 février 2018 

Loin de la France et de la politique hexagonale, Marion Maréchal-Le Pen s’est offert une apparition remarquée à Washington, ce jeudi 22 février. Invitée dans la capitale américaine à s’exprimer lors de la « Conservative Political Action Conference », un rassemblement de la droite américaine, la nièce de Marine Le Pen n’a pas mâché ses mots.

« Je veux la France d’abord pour le peuple français »

« Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français« , a notamment expliqué l’ancienne élue du Vaucluse au cours de son allocution d’une dizaine de minutes, en anglais, rapporte Le Figaro.

Partisane du Brexit, la jeune femme s’en est aussi prise à l’Union européenne. « Notre liberté est maintenant entre les mains » de cette institution « qui est en train de tuer des nations millénaires« , a-t-elle fustigé. Et d’ajouter : « Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne ».

La France deviendrait la « petite nièce de l’islam »

« Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam« , a encore estimé Marion Maréchal-Le Pen, qui a même abordé les sujets de la PMA et de la GPA. « On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père« .

Voir encore:

Entretien. La députée LR Valérie Boyer, également secrétaire générale adjointe des Républicains, réagit à la polémique crée par des enregistrements de propos de Laurent Wauquiez.

Valeurs actuelles

22 février 2018

Valeurs actuelles. Comment avez-vous réagi suite à la publication de l’enregistrement d’une conversation privée de Laurent Wauquiez ?

Valérie Boyer. Depuis des jours les médias relaient des informations volées. Au-delà du fond je m’interroge sur la forme. J’ai l’impression de revivre ce que nous avons connu pendant l’élection présidentielle ou d’autres périodes de l’histoire de la Droite. Le feuilletonnage, le déchainement médiatique, les manipulations… les méthodes utilisées aujourd’hui contre Laurent Wauquiez ont été les mêmes contre Nicolas Sarkozy ou François Fillon.

Il est clair qu’une personnalité politique de droite ne bénéficie pas de la même indulgence qu’une autre. Je m’interroge également sur le respect de la vie privée.

Par exemple, dans l’affaire « Hulot », la petite fille de François Mitterand, Pascale Mitterrand  a vu son nom dévoilé dans la presse alors qu’elle avait expressément stipulé vouloir rester anonyme. En plus de se sentir « victime » (réelle ou supposée), d’un homme, elle est devenue victime d’une tempête médiatique.

Nous pouvons dire que nous sommes passés de la transparence au voyeurisme. D’un côté nous soutenons #BalanceTonPorc et de l’autre nous ne respectons pas ces femmes qui se considèrent comme des victimes. Ce double langage ne fait pas avancer la cause des femmes.

Valeurs actuelles. Comprenez-vous que cet enregistrement fasse autant parler et soit devenu un sujet d’actualité ?

Nous nous focalisons sur les propos d’un homme au lieu de condamner unanimement les agissements d’une personne, qui a décidé d’enregistrer à son insu, avec une intention malveillante, un Président de parti élu démocratiquement, avec une large majorité (75 % des voix). L’ampleur qu’a prise ce sujet me semble disproportionnée.

Le Président de la République va jusqu’à commenter cette actualité et se dit « non inspiré » par Laurent Wauquiez et en même temps les membres du Gouvernement et la majorité parlementaire commentent au nom d’Emmanuel Macron cette affaire pour détourner l’attention des Français et pour tenter de décrédibiliser un homme qui séduit de plus en plus de Français au moment où le Chef de l’Etat voit sa côte de popularité se détériorer.

Il est vrai que l’objectif d’Emmanuel Macron est d’occuper l’ensemble du spectre politique en réduisant l’opposition aux extrêmes avec d’un côté Jean-Luc Mélenchon et de l’autre Marine Le Pen.

Valeurs actuelles. Trouvez-vous que les propos de Laurent Wauquiez font du mal aux Républicains ?

Bien sûr il n’est jamais agréable de devoir faire face à ces polémiques.

Mais je me refuse de faire partie de ceux qui cherchent à alimenter le climat de défiance des Français envers les responsables politiques dans une période où nous avons plus que jamais besoin d’unité et de rassemblement.

Pourquoi nous ne parlons pas du manque de cohérence du Gouvernement en matière d’immigration qui présente un texte qui n’a qu’une fermeté de façade ? Pourquoi ne pas parler de la baisse du pouvoir d’achat des Français depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Quand on voit l’énergie déployée pour attaquer Laurent Wauquiez on se dit que le Gouvernement est prêt à tout pour dissimuler son échec sur le pouvoir d’achat : choc fiscal de 4.5 milliards pour les ménages (8 nouvelles taxes et impôts en 9 mois), hausse de 25 % de la CSG pour 8 millions de retraités, hausse du diesel  (+4.6 € par plein), baisse brutale des dotations de l’Etat de 216 millions d’euros…

Je peux comprendre que le Gouvernement ne veuille pas non plus évoquer la baisse de l’aide à l’accueil du jeune enfant qui exclura du dispositif 10 % des bénéficiaires ou encore le changement de plafond pour la prime à la naissance qui exclura 6 % des familles qui en bénéficient aujourd’hui.

Valeurs actuelles. Comment jugez-vous le traitement médiatique de cet enregistrement ? 

Malheureusement comme je l’ai dit précédemment cela n’est pas nouveau. Jacques Chirac avait été brocardé, le traitement médiatique réservé à Nicolas Sarkozy a été d’une rare violence sous la Ve République, ce qui lui a couté sa réélection. Enfin, n’oublions pas non plus l’élection présidentielle de 2017 et cet acharnement contre François Fillon qui a, non seulement privé les Français d’un débat sur les programmes, mais pire encore, qui a fait changer leur vote.

A travers plusieurs documentaires certains ont tenté de maquiller un assassinat politique en suicide.

Nous avons assisté à un véritable tribunal médiatique et nous n’avons aujourd’hui toujours aucune réponse sur la vraie question qu’il faillait se poser : qui a tué la démocratie ? Selon le droit parlementaire, c’était au bureau de l’Assemblée nationale de se saisir de cette affaire et d’enquêter, non au Parquet National Financier (PNF).

Un secret de l’instruction ignoré. La salle de presse était dans le bureau du juge ou le bureau du juge était dans la salle de presse. D’ailleurs, à l’instar de l’ensemble des magistrats du parquet, le PNF dépend hiérarchiquement du ministère de la justice et n’est donc pas statutairement indépendant.

Tout le monde se refuse à parler de « complot » mais rappelons-le, au moment où la campagne de François Fillon redémarrait après le Trocadéro, les médias informés sortent l’affaire des costumes dans un seul but : « détruire François Fillon » selon l’instigateur de cette affaire.

Le résultat nous le connaissons aujourd’hui, une abstention record et un véritable hold-up démocratique. Maquiller l’assassinat de François Fillon en suicide simplifie tout et justifie l’indéfendable. Bref, comme les idées de la droite sont majoritaires dans notre pays (et le succès de la Primaire de la Droite en est la preuve), il faut détruire la réputation des leaders de notre famille politique.

Valeurs actuelles. Il y a-t-il un « deux poids / deux mesures » entre le traitement de cette « affaire » et le reste de l’actualité » ?

Les médias ont été plus discrets lorsque Emmanuel Macron, alors en visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage d’Etel s’est essayé à une plaisanterie sur les frêles embarcations de l’Océan indien sur lesquelles ont péri de nombreux migrants voulant rejoindre Mayotte: « le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »

Ou encore lorsqu’il a méprisé les Français en parlant « d’alcooliques », de « fainéants » de « ceux qui foutent le bordel », de ceux « qui ne sont rien » et tout cela de manière officielle, allant même jusqu’à critiquer les Français à l’étranger. Jamais Laurent Wauquiez n’a tenu des propos blessants contre les Français.

Enfin, alors que l’actualité nationale et internationale ne manquait pas de sujets majeurs, les médias se sont mobilisés pour feuilletonner cette affaire d’enregistrements volés. Par exemple, les dernières expertises dans l’affaire Théo, rendues publiques vendredi confirmait que la version des policiers était la bonne.

Le silence autour de ces informations a été inversement proportionnel au battage médiatique où une partie de la classe politique s’était précipitée pour bafouer l’honneur de nos policiers avec les hommages d’Emmanuel Macron qui avait exprimé il y a un an « toute [sa] solidarité à l’égard de Théo et de sa famille » reprenant le slogan #JusticePourTheo.

Il est étonnant de voir que personne n’ait demandé au Président de la République comment comptait-il rendre aux policiers leur honneur bafoué par ceux qui criaient avec les loups ? Malgré les méthodes utilisées contre Laurent Wauquiez, qui sont lamentables et condamnables, malgré le « deux poids, deux mesures », le Président de notre famille politique a démontré hier soir la force de ses convictions. Rien ne le détournera de son objectif, celui de donner à la France un projet de redressement fort.

Entretien réalisé par Pierre Dumazeau

Voir par ailleurs:

What Foreigners Don’t Get About Emmanuel Macron

In transcending left-right divides, the French president may be creating a monster of a different sort.

Foreigners are fascinated by French President Emmanuel Macron. And why shouldn’t they be? He’s the youngest-ever president of the French Republic, elected with no party and no previous electoral experience, a virtual nobody just two years before he leaped to the forefront of the French political scene. Of course people are curious.But there’s another reason my non-French friends bombard me with questions about my president. Like myself, most of them have advanced degrees and upper-middle-class backgrounds. This sort of socioeconomic status correlates strongly with affection for Macron.His views mirror those held by most of this “elite” class. He thinks the left-right divide should be transcended. He doesn’t care about outworn ideologies, but about solutions that work, wherever they come from. He thinks startups are cool and the economy should be generally entrepreneurship-friendly, but he also wants some sort of welfare state. He’s got no problem whatsoever with gay marriage. He believes immigration is desirable for both economic and moral reasons.
But he doesn’t just think like an elite. He embodies many elites’ idealized lifestyle. He did very well academically (but not too well, having failed the entrance exam to the ultra-prestigious ENS civil service school), in a way that suggests some depth of mind (master’s degree in philosophy), but also practical success (ENA’s graduates run the country’s public and private sectors), because come on, how many people actually want to be philosophers? * He did very well in investment banking, but not too well. His marriage to a much older woman who was once his drama teacher is socially transgressive to just the right degree. He’s handsome, but not too handsome.In other words, Emmanuel Macron is the Donald Trump of the elite class. He’s not just their representative—he’s their avatar. Trump’s die-hard followers love him with such devotion not just because they like what he says, but because his image is that of the guy they wish they were or could be. It’s the same thing with Macron and his own elite base. And this is the stuff out of which Messianic movements are made.The comparison is not perfect—for one thing, I have no problem with the idea of Macron having his finger over my country’s nuke button, while the idea of Trump with his finger over the American nuke button gives me cold sweats. But it gets at what I wish every American understood about Macron: His brand of pragmatic centrist politics is really just class-interest-based politics.As Christophe Guilluy, a sociologist and leading analyst of contemporary society, pointed out, Macron’s supporters can be boiled down to one word: They are the “haves.” They are the people who rode the waves of change that have inundated the West over the past few decades—globalization, technological transformation—to great success. Education is the best predictor of voting for Macron, which makes sense, since it correlates not just with financial capital but also with cultural capital. Another predictor is age, although in a perhaps-unexpected way: Macron is highly popular with the elderly, whose pensions protect them from the liberalizing reforms Macron campaigned on, and very unpopular with the young, who disproportionately come out the losers in France’s contemporary economy.
This explains why, after having used the oddities of the French electoral system to get elected as an alternative to worse candidates, Macron is extremely unpopular. Non-elite French people smell exactly what the elites smell, and their reaction is equally predictable. Now, Macron supporters don’t believe that they support him for the crass reason that he will benefit their class at the expense of the rest of the country; instead, they just believe that what’s good for them is good for the country. Call it “trickle-down economics.” But, of course, nobody believes they support a certain policy simply because it’s good for them. Building the U.S.-Mexico border wall is cast as being about American identity, something all Americans can identify with, not about a protectionist barrier for the wages of Trump supporters at the expense of the well-heeled beneficiaries of low-wage immigration.There’s nothing uniquely bad about this: Groups defending their interests just is what politics is. Democratic politics endures because it’s the least-bad mechanism we’ve come up with for handling precisely that.But there’s a flip-side to Macron’s class-based politics: If you decide to replace the old left-right divide with the divide between the haves and the have-nots, haven’t you created a monster of a different sort?The Macron tsunami has hit, and the traditional parties of the French left and right are deeply wounded and struggling to survive. But two people are doing fine: Jean-Luc Mélenchon, France’s leading far-left firebrand, and the infamous Marine Le Pen, France’s hard-right populist leader. In fact, it’s in Macron’s political interest for them to do well, to squeeze the last pangs of breath out of the traditional parties that might supplant his new centrist party. The better Mélenchon and Le Pen do, the worse the traditional parties do, and the more Macron looks like the only alternative to candidates the majority of French people still reject.This might work to get him re-elected. But here’s what many don’t understand about Macron’s attempt to steer French politics away from the left-right divide we invented: If it is successful, it will mean that the opposition party (whatever it looks like, whoever its leader is) will be the anti-elite party par excellence. Put Donald Trump, Nigel Farage, Jeremy Corbyn, Jean-Luc Mélenchon, and Marine Le Pen in a bottle, shake vigorously—and, in a Macronified politics, whatever comes out is almost guaranteed to run the country. Not today. Not tomorrow. But, if Macron’s bet is successful, at some point.Voir aussi:

« L’islam, une religion française » : Un livre clé, pour comprendre et agir
L’islam et les musulmans en France, ce qu’est la situation, actuellement, et ce qui peut advenir: Hakim El Karoui a pris le parti de l’évoquer de manière à la fois très documentée, sans parti-pris, et très pragmatique. Le résultat est exemplaire et bouscule bien des clichés.
Bertrand Devevey
Atlantico
29 janvier 2018

LIVRE
L’islam, une religion française

d’Hakim El Karoui
Ed. Le débat Gallimard

283 pages
RECOMMANDATION : EN PRIORITE
THÈME 
L’islam en France, tout le monde en parle ! A droite, à gauche, au centre. Plus souvent pour s’alarmer, s’invectiver, s’accuser de tous les racismes… finalement ne rien dire de nouveau et d’utile pour l’avenir. L’entrepreneur et essayiste Hakim El Karoui a convaincu l’Institut Montaigne de réaliser, en 2016, une enquête, première du genre, sur l’islam en France. Et sortir de ce silence assourdissant, les musulmans de France, français ordinaires, intégrés et républicains. Cet essai s’appuie sur les grandes lignes de cette enquête, pour permettre au lecteur d’apprécier, en connaissance de cause, ce que représente l’islam en France d’abord, l’islamisme ensuite, ses origines, ses ressources, ses caisses de résonance. Il milite pour l’inscription de cet islam sans voix, car modéré, dans le paysage religieux français, comme toute autre religion en terre des droits de l’homme. Cela ne va pas sans réforme du culte musulman, mais de cela aussi, il est question dans cet ouvrage.
POINTS FORTS 
1- Franco-tunisien, enfant de la république, de culture musulmane, fils d’un professeur d’anthropologie juridique sur l’Islam (à la Sorbonne) : Hakim El Karoui sait de quoi il parle. Sur le sujet, à bien y regarder, c’est assez rare pour être souligné,
2- Son livre ne repose pas sur des fantasmes, des peurs ou des opportunités politiques : il repose sur la première enquête qui vise à dessiner le portrait de l’islam en France, la réalité de ses pratiques, l’évolution des interprétations du Coran, des comportements communautaires (mais pas nécessairement communautaristes), la sociologie des radicaux (« les plus jeunes et les mois éduqués »)…
3- Cet ouvrage suit un cheminement très cartésien. Au lieu de se lancer dans l’analyse des racines de l’islamisme, il prend le temps de raconter les musulmans de France et l’organisation de leur culte. Et c’est intéressant, car bien loin des idées reçues et rabâchées dans les médias. Il témoigne, et c’est encore à souligner, des réussites de l’intégration et de l’assimilation « à la française », de ses vertus et différences par rapport au modèle anglo-saxon. Ensuite seulement, il explore les tensions que provoque le conflit entre la recherche identitaire de certains musulmans, une orthodoxie religieuse agitée comme une ressource pour les « damnés de la terre », et le respect des valeurs fondamentales de la société française.
4- Il analyse les discours dominants sur l’islamisme et « le grand remplacement » (les musulmans qui voudraient faire de la France une terre de la communauté universelle et hypothétique de l’Ouma), analysé tant du coté des prédicateurs, des médias et des associations qui les relaient, que du coté de ceux qui les dénoncent ou les excusent, de Zemmour à Plenel, sans oublier quelques autres chroniqués sur Culture-Tops : Finkielkraut, Bruckner, Todd…
5 – Il propose des solutions pour donner une voix aux musulmans de France, dont il explique la difficulté à la rendre audible, faute d’organisation nationale et d’indépendance des grandes mosquées par rapport à l’Algérie, le Maroc ou la Turquie.
POINTS FAIBLES 
1- Et bien…. j’en vois peu.
2- Ah si : Hakim El Karoui a été conseiller de Jean-Pierre Raffarin, a eu deux oncles ministres en Tunisie (dont un « Premier »), et il n’aime pas particulièrement la façon dont Edwin Plenel prend la parole au nom des musulmans de France  (« mineurs » sans capacités de se défendre eux même, ou « bébés phoques ») – alors forcement, il est suspect aux yeux de certains !
3- Les propositions qui forment le dernier chapitre (et dont certaines sont en cours de mise en œuvre)  sonnent un peu comme un manifeste pour faire de Hakim El Karoui l’homme de synthèse dont les musulmans de France ont besoin. On va dire que c’est de bonne guerre tant paraît évident que pour faire avancer la cause d’un islam de France, modéré et respectueux des valeurs républicaines, il vaut mieux un ambassadeur motivé, compétent et concerné.
EN DEUX MOTS 
De toute la littérature qui est sortie ces dernières années sur l’islam, l’islamisme, les musulmans de France, les territoires perdus de la République, le djihadisme, l’islamophobie… si vous voulez commencer la série, n’en lisez qu’un : celui là ! Très documenté, à des sources sûres (Crédoc, Ined, Institut Montaigne…) il donne le sentiment de revenir à l’essentiel, qui est de jeter un regard objectif sur une réalité sociologique et religieuse. Il dédramatise de façon convaincante l’image d’un islam identitaire, replié sur soi, que donnent à foison les médias.  Il ne cache pas les dérives intégristes, communautaristes, mais le replace dans un contexte qui ne culpabilise pas à longueur de lignes le colonisateur brutal et criminel que chaque français a l’impression d’être à la lecture de certaines tribunes.
Hakim El Karoui ne cache pas que des problèmes demeurent. Pour autant, le modèle d’assimilation « à la française » fonctionne beaucoup mieux qu’on le dit, et l’islam doit être en France, selon ses dires, une religion comme les autres.
Le chemin pour y parvenir, dit il, passe par l’unification de l’organisation du culte, la clarification des financements caritatifs et la redistribution des fonds de l’économie halal, nécessaires au fonctionnement des mosquées.
Une solution française à l’Islam de France : une idée simple qui concerne 6 à 7 millions de français.
UN EXTRAIT
Ou plutôt 9, car le livre en vaut la peine:
– « … la représentation fausse que la société se donne du fait musulman en France trouve des explications rationnelles : une très grande concentration géographique des musulmans, une pratique religieuse très supérieure à celle des catholiques , […] la surdélinquance des enfants de l’immigration et notamment des musulmans, la violence terroriste commise au nom de l’islam. Ces fait objectifs concourent à déformer la place réelle qu’occupe l’islam en France. » P 64
– « Petit à petit, le halal devient un mode de vie, une façon d’être au monde, qui distingue ceux qui s’y trouvent et ceux qui n’en sont pas. Certains se chargent d’imposer cette vision manichéenne à l’ensemble de la société, qu’ils divisent entre les bons musulmans et les mécréants. » P 89
– « L’islamisme français est le produit de la rencontre entre la crise de transition du monde arabe et la crise du sens, française et occidentale. » P 103
– « Tout naturellement donc et comme partout avant, l’évolution des familles et des sociétés « arabo-musulmanes » conduit non pas à un retour en arrière, mais plutôt vers la famille de type occidental, nucléaire, peu nombreuse, avec des femmes égales aux hommes. » P 111
– « Dans cette société marquée par l’individualisation des rapports sociaux, on s’affirme plus que jamais par ce qui nous différencie des autres. La religion peut être un moyen de cette affirmation. Et le repli, une solution pour ceux qui se sentent agressés par le monde extérieur.  » P 121
– « L’islam est une foi et un ensemble de règles de vie, mais ce n’est pas une politique. Contrairement à l’islamisme qui est, comme le communisme, une idéologie, un projet de société ! » P 179
– « La cécité des intellectuels est inquiétante : ils ne voient ni la France telle qu’elle est, ni l’islam et les musulmans tels qu’ils sont. Ils plaquent leur vision du monde sur cette crise religieuse, sociale et identitaire et en tirent les conclusions qui les arrangent.  La colonisation pour les uns, la République pour les autres, la gauche, la droite, tout le monde est coupable. » P 181
– « Emmanuel Macron a su « mettre en marche » une nouvelle génération de dirigeants politiques. Il faut faire exactement la même chose  chez les musulmans de France. L’Algérie, le Maroc et la Turquie sont comme les vieux partis qui se déchiraient  tout en se partageant les places avec souvent la ferme ambition de ne rien faire. Place à une nouvelle génération, soucieuse non pas des pays d’origine, mais de la France… engagée dans la vie de la cité, et respectueuse des us et coutumes de la République Française. » P 247
– « Et puis surtout, il faut changer le discours. Il est temps de faire preuve de responsabilité et d’arrêter de se cacher derrière des discours lénifiants et sympathies ( « l’islam est une religion de paix », « l’islam est l’ennemi de la violence ») évidemment vrais mais qui font litière du fait que l’islam c’est aussi ce qu’en font les musulmans. Et notamment ceux qui font le plus de bruit. Par ignorance collective des textes sacrés, personne n’est capable de répondre à la propagande des salafistes. » P 248
L’AUTEUR  
Hakim El Karoui est normalien, spécialisé en géopolitique. Conseiller technique du premier Ministre Jean Pierre Raffarin puis du Ministre de l’économie Thierry Breton ; il a aussi été banquier et conseil en stratégie, fondateur de sa propre société de conseil, Volentia. Attaché à la promotion de la « diversité », il crée le « Club 21ème Siècle » pour sensibiliser les leaders d’opinion sur ce thème et agir au profit des jeunes. Chroniqueur dans l’hebdomadaire L’opinion, il est aussi l’auteur de 3 autres essais de prospective (sur l’Europe, le modèle occidental et la crise financière de 2008), auteur pour l’Institut Montaigne, en 2016 du rapport « un islam français est possible » (qui est la base de cet essai) et en 2017, du rapport sur la nouvelle politique arabe de la France. Depuis sa création fin 2016, il est membre de la Fondation de l’Islam de France, présidée par Jean Pierre Chevènement.

Voir encore:

ENQUÊTE FRANCEINFO. Les étranges factures de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon

Des structures dirigées par des proches de Jean-Luc Mélenchon ont-elles surfacturé leurs services pendant la campagne présidentielle et bénéficié du remboursement de l’État ? Plusieurs centaines de milliers d’euros de factures posent question.

Cellule Investigation de Radio France, Sylvain Tronchet, Elodie Guéguen, Radio FranceFranceTVinfo
22/02/2018

Jean-Luc Mélenchon insiste : ses comptes de campagne ont été validés, il n’y aurait donc, selon lui, plus matière à évoquer de possibles irrégularités. Pourtant, à bien la lire, la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et du financement politique (CNCCFP) est plus nuancée. Si elle confirme que le candidat de La France insoumise (LFI) n’a pas dépassé le plafond autorisé des dépenses de campagne, elle a retoqué plus de 400 000 euros de factures présentées par son équipe, estimant que certaines prestations étaient surfacturées.

Un recours massif à la « sous-traitance » très inhabituel

Les principaux candidats à la présidentielle ont versé des millions d’euros de salaire à leur équipe pendant la campagne. Ces collaborateurs étaient soit directement salariés par l’association de financement du candidat, soit mis à disposition par un parti politique, auquel cas l’association remboursait leurs rémunérations. À ce titre, en 2017, Marine Le Pen a dépensé 2,4 millions d’euros pour son staff, Emmanuel Macron 1,7 million et Benoît Hamon 1,3 million. L’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, elle, n’a versé que 7 949 euros de salaires pour toute la campagne. Moins que François Asselineau ou Jacques Cheminade. Comment l’expliquer ? Jean-Luc Mélenchon a fait le choix très inhabituel de faire salarier une large partie de son équipe de campagne dans des structures extérieures, dirigées par certains de ses proches. Celles-ci lui ont ensuite refacturé leurs services. Ce type de montage a nourri les soupçons du rapporteur de la CNCCFP qui claqué la porte avec fracas avant la fin de sa mission. Il s’est demandé si l’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon n’avait pas accepté des surfacturations avant d’en demander le remboursement par l’État (Lire son interview à Mediapart ici (lien payant).

Une opération lucrative pour une petite association

Comme l’ont déjà expliqué nos confrères du Monde, une association a particulièrement tiré profit de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de L’Ere du peuple, fondée à la veille du début de la campagne électorale par des proches de l’ancien ministre socialiste. L’Ere du peuple a salarié, selon nos informations, quatre permanents de l’équipe de campagne de Mélenchon, dont les deux actuels députés France insoumise Bastien Lachaud et Mathilde Panot. Nous avons eu accès au détail de ces marchés : il apparaît que l’association a refacturé très cher les « prestations intellectuelles » de ces membres du staff de campagne. Un exemple : Bastien Lachaud a été payé 29 000 euros brut pour son rôle de coordonnateur du pôle « action de campagne et événements ». Or, L’Ere du peuple a refacturé ses services 129 000 euros à l’association de financement du candidat Mélenchon. Un différentiel incompréhensible pour la Commission des comptes de campagne. La CNCCFP se demande si L’Ere du peuple, présidée par un très proche de Jean-Luc Mélenchon, le conseiller d’État Bernard Pignerol, n’a pas cherché à surfacturer plusieurs prestations.

Une agence de communication incontournable

Plus de 11% des dépenses de campagne de Jean-Luc Mélenchon (plus de 10 millions d’euros au total) ont bénéficié à une société : Mediascop, créée et dirigée par Sophia Chikirou, la directrice de communication de la campagne, qui en est également la seule actionnaire. Les 1 161 768 euros qu’elle a facturés pendant la présidentielle ont également éveillé la curiosité des rapporteurs. Ils ont constaté qu’un certain nombre de prestations étaient facturées au-dessus de la grille tarifaire de la société. Surtout, Mediascop semble n’exister que pour porter la communication de Jean-Luc Mélenchon. La société n’a pas de locaux, pas de salariés en dehors des périodes de campagne, pas de matériel. Ce qui ne l’empêche pas de réaliser des profits importants : Mediascop affichait une rentabilité nette de 47% en 2016, alors que les premières factures de la présidentielle venaient de lui être réglées.

>> Présidentielle 2017 : Mediascop, la très rentable société de la dircom’ de Mélenchon

Des collaborateurs auto-entrepreneurs

Si l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon a payé étonnamment peu de salaires, c’est aussi parce qu’elle a eu recours à l’auto-entreprenariat. D‘après nos informations, une dizaine de membres de l’équipe de campagne ont été payés en honoraires via une société, créée souvent pour l’occasion. Certains l’ont d’ailleurs fermée juste après la campagne. Parmi eux, Alexis Corbière. Le porte-parole du candidat Mélenchon n’était pas salarié, mais a perçu 28 700 euros d’honoraires pendant la campagne. Jean Luc Mélenchon a pourtant maintes fois brocardé ce statut, qu’il avait même promis de supprimer s’il était élu en 2012, le qualifiant « d’arnaque de première grandeur ».

Silence de l’entourage de Jean-Luc Mélenchon

Nous avons adressé une longue liste de questions à l’attachée de presse de Jean Luc Mélenchon, Juliette Prados. Nous avons également sollicité Alexis Corbière, Sophia Chikirou, Bernard Pignerol, Bastien Lachaud et Mathilde Panot. Ils n’ont pas donné suite à nos multiples relances, et n’ont pas souhaité commenter nos informations.

Voir enfin:

Affaire Mennel : Taubira apporte son soutien à la chanteuse

Société. Christina Taubira a pris la défense d’une jeune participante évincée de l’émission The Voice pour des propos complotistes.

Valeurs actuellesChristiane Taubira ravive « l’affaire Mennel ». Cette candidate de The Voice avait du quitter l’émission, le 9 février dernier, après la mise au jour de plusieurs de ses messages complotistes ou jugés complaisants à l’égard de l’islam radical. Ce jeudi 22 février, l’ancienne ministre de François Hollande apporte son soutien à la jeune femme dans une publication sur Facebook.

« Quelle somptueuse audace, et quelle promesse pour notre monde »

« On vous reproche des tweets passés. Vos références intellectuelles étaient loin d’être recommandables« , affirme Christiane Taubira, estimant que les références de Mennel à Tariq Ramadan ou Dieudonné « sont simplement indigentes et lamentables. Manifestement fourbes, parfois immondes. Ils ne sont pas les seuls. Le souci, c’est la fascination qu’ils parviennent à exercer sur de jeunes esprits, même brillants. C’est cela le seul sujet, pour nous autres adultes« .

« Vous vous êtes excusée et vous avez bien fait. N’en ayez surtout aucun regret, c’est votre hauteur« , ajoute l’ancienne responsable politique, avant de dénoncer l' »hystérie » qui a suivie l’affaire. Et de poursuivre : « On vous reproche votre ‘turban’, disent-ils. Il vous sied délicieusement, sans rien dissimuler de votre beauté encore en éclosion. Ils vous reprochent de chanter arabe… incultes, ils ne savent pas finir la phrase: en arabe la chanson d’un Juif magnifique. Quelle somptueuse audace, et quelle promesse pour notre monde« .


Société: L’Apocalypse pour tous (Apocalypse for all: Ready for the fifty-shades-of-greyization of the world ?)

22 février, 2018

 
Note de la SNCF sur la présence de migrants
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir. L’anarchie se déchaîne sur le monde Comme une mer noircie de sang : partout On noie les saints élans de l’innocence …Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt … Sûrement que la Seconde Venue, c’est pour bientôt. La Seconde Venue ! A peine dits ces mots, Une image, immense, du Spiritus Mundi Trouble ma vue : quelque part dans les sables du désert, Une forme avec corps de lion et tête d’homme Et l’oeil nul et impitoyable comme un soleil Se meut, à cuisses lentes, tandis qu’autour Tournoient les ombres d’une colère d’oiseaux… La ténèbre, à nouveau ; mais je sais, maintenant, Que vingt siècles d’un sommeil de pierre, exaspérés Par un bruit de berceau, tournent au cauchemar, – Et quelle bête brute, revenue l’heure, Traîne la patte vers Bethléem, pour naître enfin ? Yeats (1919)
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par le Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993
In recent years, skewering the politically correct and the political correctness of those mocking political correctness has become a thriving journalistic enterprise. One of the more interesting examples of the genre was a cover-story essay by Robert Hughes, which appeared in the February 3, 1992, edition of Time magazine. The essay was entitled “The Fraying of America.”  In it, Hughes cast a cold eye on the American social landscape, and his assessment was summarized in the article’s subtitle: “When a nation’s diversity breaks into factions, demagogues rush in, false issues cloud debate, and everybody has a grievance.” “Like others, Hughes found himself puzzling over how and why the status of ‘victim’ had become the seal of moral rectitude in American society. He began his essay by quoting a passage from W. H. Auden’s Christmas oratorio, For the Time Being. The lines he quoted were ones in which King Herod ruminates over whether the threat to civilization posed by the birth of Christ is serious enough to warrant murdering all the male children in one region of the empire. (The historical Herod may have been a vulgar and conniving Roman sycophant, but Auden’s Herod, let’s not forget, is watching the rough beast of the twentieth century slouching toward Bethlehem.) Weighing all the factors, Herod decides that the Christ child must be destroyed, even if to do so innocents must be slaughtered. For, he argues in the passage that Hughes quoted, should the Child survive: Reason will be replaced by Revelation . . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal virtue, and all fear of retribution will vanish . . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. “Hughes quoted this passage from Auden in order to point out that Auden’s prophecy had come true. As Auden’s Herod had predicted, American society was awash in what Hughes termed the “all-pervasive claim to victimhood.” He noted that in virtually all the contemporary social, political, or moral debates, both sides were either claiming to be victims or claiming to speak on their behalf. It was clear to Hughes, however, that this was not a symptom of a moral victory over our scapegoating impulses. There can be no victims without victimizers. Even though virtually everyone seemed to be claiming the status of victim, the claims could be sustained only if some of the claims could be denied. (At this point, things become even murkier, for in the topsy-turvy world of victimology, a claimant denied can easily be mistaken for a victim scorned, the result being that denying someone’s claim to victim status can have the same effect as granting it.) Nevertheless, the algebraic equation of victimhood requires victimizers, and so, for purely logical reasons, some claims have to be denied. Some, in Hughes’s words, would have to remain “the butt of every farce and satire.” Hughes argued that all those who claim victim status share one thing in common, “they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class, white male.” “Hughes realized that a hardy strain of envy and resentment toward this one, lone nonvictim continued to play an important role in the squabbles over who would be granted victim status. Those whose status as victim was secure were glaring at this last nonvictim with something of the vigilante’s narrow squint. Understandably, the culprit was anxious to remove his blemish. “Since our new found sensitivity decrees that only the victim shall be the hero,” Hughes wrote, “the white American male starts bawling for victim status too.” Gil Bailie
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
La religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. (…) Oui, pour moi l’Apocalypse c’est la fin de l’histoire. (…) L’Apocalypse, c’est l’arrivée du royaume de Dieu. Mais on peut penser qu’il y a des « petites ou des demi-apocalypses » ou des crises c’est-à-dire des périodes intermédiaires… (…) Il faut prendre très au sérieux les textes apocalyptiques. Nous ne savons pas si nous sommes à la fin du monde, mais nous sommes dans une période-charnière. Je pense que toutes les grandes expériences chrétiennes des époques-charnières sont inévitablement apocalyptiques dans la mesure où elles rencontrent l’incompréhension des hommes et le fait que cette incompréhension d’une certaine manière est toujours fatale. Je dis qu’elle est toujours fatale, mais en même temps elle ne l’est jamais parce que Dieu reprend toujours les choses et toujours pardonne. (…) Je me souviens d’un journal dans lequel il y avait deux articles juxtaposés. Le premier se moquait de l’Apocalypse d’une certaine façon ; le second était aussi apocalyptique que possible. Le contact de ces deux textes qui se faisaient face et qui dans le même temps se donnaient comme n’ayant aucun rapport l’un avec l’autre avait quelque chose de fascinant. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde : on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…)  il n’y a plus de sacrifice et donc les hommes sont exposés à la violence et il n’y a plus que deux choix : soit on préfère subir la violence soit on cherche à l’infliger à autrui. Le Christ veut nous dire entre autres choses : il vaut mieux subir la violence (c’est le sacrifice de soi) que de l’infliger à autrui. Si Dieu refuse le sacrifice, il est évident qu’il nous demande la non-violence qui empêchera l’Apocalypse. René Girard
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
Dans le monde actuel, beaucoup de choses correspondent au climat des grands textes apocalyptiques du Nouveau Testament, en particulier Matthieu et Marc. Il y est fait mention du phénomène principal du mimétisme, qui est la lutte des doubles : ville contre ville, province contre province… Ce sont toujours les doubles qui se battent et leur bagarre n’a aucun sens puisque c’est la même chose des deux côtés. Aujourd’hui, il ne semble rien de plus urgent à la Chine que de rattraper les Etats-Unis sur tous les plans et en particulier sur le nombre d’autoroutes ou la production de véhicules automobiles. Vous imaginez les conséquences ? Il est bien évident que la production économique et les performances des entreprises mettent en jeu la rivalité. Clausewitz le disait déjà en 1820 : il n’y a rien qui ressemble plus à la guerre que le commerce. Souvent les chrétiens s’arrêtent à une interprétation eschatologique des textes de l’Apocalypse. Il s’agirait d’un événement supranaturel… Rien n’est plus faux ! Au chapitre 16 de Matthieu, les juifs demandent à Jésus un signe. « Mais, vous savez les lire, les signes, leur répond-t-il. Vous regardez la couleur du ciel le soir et vous savez deviner le temps qu’il fera demain. » Autrement dit, l’Apocalypse, c’est naturel. L’Apocalypse n’est pas du tout divine. Ce sont les hommes qui font l’Apocalypse. René Girard
Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours. Un livre qui (…) révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage. (…) un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure. (…) La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements ». Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde. Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » . Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime. Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme. A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste ». Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ? La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ ». La Bible, notre « cahier de souvenirs », est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles ». Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation. Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. (…) Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons ». L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique ». Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice »: elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer ». L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre ». De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique. A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  », Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui ». Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre ». La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité ». D’ou son impasse en tant que vraie transcendance. Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile », qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles ». Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance ». Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance ». La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence ». A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer ». Marie Liénard
La concurrence entre États a pris une forme nouvelle et nous devons être prêts à y faire face. Les menaces auxquelles nous sommes confrontés ne sont pas à des milliers de kilomètres mais sont maintenant aux portes de l’Europe. Nous avons vu comment la guerre informatique peut être menée sur le champ de bataille et perturber la vie des gens. Au Royaume-Uni, nous ne sommes pas à l’abri de cela. Général Nick Carter
La menace du terrorisme international (…) s’est diversifiée et est plus dispersée, et nous voyons le phénomène que Daech représente émergeant dans d’autres parties du monde. Et bien sûr, nous avons appris que n’importe qui peut devenir un terroriste ces jours-ci – simplement en louant un véhicule ou à coups de machette. (…) Nous vivons aujourd’hui dans un monde beaucoup plus compétitif et multipolaire, et la nature complexe du système mondial a créé les conditions dans lesquelles les États sont en mesure d’affronter la concurrence de nouvelles façons, en deçà de ce que nous aurions défini comme une « guerre » dans le passé. Mais, ce qui est inquiétant, c’est que tous ces États sont passés maîtres dans l’exploitation des zones d’ombre entre la paix et la guerre. Ce qui constitue une arme dans cette zone d’ombre ne fait pas nécessairement “boum”. L’énergie, l’argent sous forme de pots-de-vin, les pratiques commerciales malhonnêtes, les cyberattaques, les assassinats, les fausses nouvelles, la propagande et même l’intimidation militaire sont autant d’exemples d’armes utilisées pour tirer profit de cette ère de « concurrence constante. L’architecture internationale fondée sur des règles qui a assuré notre stabilité et notre prospérité depuis 1945 est donc menacée. Il ne s’agit pas d’une crise, ni d’une série de crises auxquelles nous sommes confrontés. C’est un défi stratégique. Et cela nécessite une réponse stratégique. Gen Nick Carter (chef d’état-major des forces britanniques)
L’islamisme, c’est le FN du musulman déclassé. Hakim El Karoui
J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle. Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard. Ces énergumènes n’ont ni foi ni loi. Victime des attentats du Bataclan
Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle. (…) Je pense que ça c’est un résidu d’archaïsme (…) Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort. Mais par contre ça m’est arrivé d’avoir des rapports sexuels avec des gens qui ne me plaisaient pas spécialement. Parce que voilà c’était plus facile de céder à la personne ou parce que c’était une partouze et qu’on était en groupe. Catherine Millet
Les hébergements proposés ne le sont que pour quelques jours et on ballotte les gens d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France. Beaucoup ne veulent pas quitter leur bout de trottoir de peur de perdre leur place et le peu d’affaires qu’ils conservent, mais aussi de couper les liens qu’ils ont pu nouer avec les riverains, les commerçants. Ils ont besoin de stabilité et on ne la leur offre pas. Nicolas Clément (collectif Les morts de la rue, bénévole au Secours catholique)
Pour ces jeunes gens, la rue, c’est d’abord le choix d’être en marge, souvent en groupe. Et même quand ce choix n’en est plus un, il reste le désir de ne pas être contraint par des horaires, la collectivité, la promiscuité ou la nécessité de quitter ses animaux, comme c’est le cas dans les centres d’accueil. Marie-Laurence Sassine
Trois Capverdiens ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente. Vers 18 heures, allée Hector-Berlioz, quatre hommes se disputent pour une histoire d’argent. Trois hommes se liguent pour en frapper un quatrième. Ils le mordent violemment à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés. La victime se défend en portant des coups à ses agresseurs. Elle parvient à blesser l’un d’eux à une cheville. La police et les secours sont finalement intervenus. Les trois agresseurs ont été arrêtés. Les deux blessés, victime et agresseur, ont été transportés à l’hôpital de Montfermeil (Seine Saint-Denis). Le commissariat est chargé de l’enquête. Le Parisien
This election season, the candidacy of Donald Trump has provoked a crise de conscience in the ranks of conservatives. But whatever our sympathy for those who banded together to oppose Trump in the January 21 issue of The National Review or for the politicians who have brawled with him on stage, and of whatever use such gestures are politically, they surely have had little value in clarifying the crisis of conservatism that has led to Trump’s rise. Instead of focusing on Trump’s business practices and on the ignorance of his supporters, conservatives might do well to consider the possibility that his success reflects an objective political reality: the relative uselessness in a victimocracy of taking “conservative positions,” when the more urgent task is to relegitimize the liberal-conservative dialogue through which policy has traditionally gotten made in a democratic republic. In a word, restoring the art of the deal.  (…) And it goes unmentioned on the right as well as the left that the result of the latter’s promotion of minority concerns not as group interests but in the guise of victimary social justice is that, while its bureaucratic saviors enrich themselves, the minority community has experienced previously unknown levels of social disintegration, with results clearly visible in Detroit, Baltimore, Washington DC, Saint Louis…. There are precious few fora to the left of the ominous “alt-right” where such concerns can be aired. As I pointed out in Chronicle 508, Trump embodies far more than he articulates resistance to the victimocracy. Yet this is indeed an issue concerning which, at this historical moment, embodiment is more important than articulation. Although Trump rarely denounces PC by name, his demeanor loudly proclaims his rejection of White Guilt—unlike Bernie, he has no trouble telling Black Lives Matter protesters that “all lives matter.” Trump’s unexpected staying power—leading to his “presidential” performance at the March 10 debate—reflects to my mind far more than attractiveness to the benighted bearers of poor-white resentment. On the contrary, Trump’s continual emphasis on “deals” suggests a sharp intuition of how to adapt conservatism to the current victimocratic context. Before we can exercise Buckley’s Burkean resistance to unnecessary change, we have to return to the left-right dichotomy of the Assemblée Nationale. What is required at this moment is not conservatism as usual, but second-degree conservatism, metaconservatism. The contempt of the voting public for Washington’s inability to “get anything done” reflects the fact that under the current administration, the shift of Democratic politics from liberalism to progressivism, from focusing on the concerns of the working class to those of ascriptive minorities, involves a fundamental change from defending interests to seeking justice. The first can be negotiated on a more or less level footing with opposing interests; the second can only be resisted by unregenerate evil-doers, which is more or less the way the current president and his potential Democratic successors characterize the representatives of the other party. In this noxious context, the (meta)conservative position is not to deny victimary claims, but tonormalize them: to turn them back into assertions of interests to be negotiated as political questions were in days of old—in a word, into issues that can be settled by making a deal. Victimary activism should not in itself guarantee representative status for its leaders on campuses and elsewhere. But when university officials find it appropriate to hold discussions with representatives of the black or gay or Muslim student body, by making it clear that they view the latter as interest groups rather than as communities of the oppressed, they can avoid putting themselves, as such officials all too often do, in a situation of moral inferiority. There is no reason not to allow a group to express what it considers its legitimate interests; there is every reason not to consider the expression of these interests a priori as “demands for justice.” In their preoccupation with denouncing Trump as a false conservative, the guardians of the flame forget that at a time when the victimary left seeks to portray the normal order of things in American society as founded on privilege and discrimination, Trump’s supporters turn to him as a figure of hope because his mind, unclouded by White Guilt, views the political battlefield, foreign as well as domestic, as a place for making deals. This used to be called Realpolitik. All too often, to read today’s mainstream press, let alone more extreme publications such as the new New Republic or Salon, is to be subjected to the verbal equivalent of race war. The political discourse of Sanders and Clinton is deeply impregnated with this same rhetoric. Whether or not Trump is its nominee, I hope the Republican party does not need another general election loss to teach it that to articulate and defend a conservative position today, it is first necessary to reject the victimary moralization of politics and return to the liberal-democratic continuum within which conflicts can be mediated. At that point, regardless of the party in power, liberals and conservatives can argue their points, and then come together and make a deal. Eric Gans
One of Christianity’s contributions to civilization has been a startling compassion for the victim. As René Girard has pointed out, from the beginning of time primitive peoples focused their animus on the outsider, the oddball, or the eccentric in their midst. It was the disabled, the alien, the poor, and the weak who most often took the blame for society’s ills. The crowd turned on them as the origin and cause of their problems. They became the scapegoat. As they were ostracized, excluded, persecuted, and killed, the source of the tribe’s problems was eliminated. Consequently, the tribe felt cleansed. The violence unleashed a feeling of power and freedom. As the evil was purged, thrill surged. All was well. Life could continue and the tribe could prosper. Until, of course, another crisis developed—and at that point another victim would be needed. Because of the regularity of the crises, religions developed the ritual of regular sacrifice. Victims were found, throats were cut, blood was shed, and if animals were substituted, it did not mitigate the truth that the society still ran on the blood-fuel of the victim. This may seem terribly primitive in a modern age, until one see videos of ISIS soldiers ritually beheading their victims. Modern Americans may think they are far removed from the barbarities of the Aztecs until they view a video of a wine-sipping high priestess of the cult of abortion describing how she dismembers children and harvests their organs. Is this so far removed from the haruspication of the ancients? When crazed and enraged young men—be they Islamist or racist extremists—open fire on their innocent victims, are we so far from Girard’s theory of the scapegoat? Girard points out that Jesus of Nazareth turned the model on its head. He does so first by valuing the victim. The poor, the outcast, the crippled, diseased, blind, and demon-possessed are his prizes. He treasures children and magnifies women. He turns the sacrificial system upside down not only by valuing the victim, but by becoming the victim. He accepts the victim role and willingly becomes “the Lamb of God” who takes away the sin of the world. He defeats the sacrificial system by embracing it. He breaks it from the inside. For the last two thousand years, the world has been learning that the victim is the hero. The problem is that everyone is jumping on the bandwagon. Being a victim is fashionable—ironically, becoming bullied is now the best way to bully others. It works like this: If you want to move forward in the world, make progress for you and your tribe, further your ambitions, justify your immoral actions, grab a bigger piece of the pie, and elbow others away from the trough, simply present yourself and your tribe as victims. Once you successfully portray yourselves as a poor, outcast, persecuted, minority group you instantly gain the sympathy of all. The first key to success in this campaign is to portray your victim condition as something over which you have no control. This is clear when the victim group is a racial or ethnic minority. The same sense of unjust destiny has to be produced for other groups. So the feminists have exploited the technique to portray all women as downtrodden. Homosexual campaigners have likewise insisted that their condition is something they were born with, and now anyone with a sexual proclivity that is other than heterosexual can be portrayed as a misunderstood and persecuted victim. People suffering from any kind of illness, disability, or misfortune are victims of some sort of injustice, cruelty, or neglect. Those who suffer from poverty, addiction, broken families, psychological problems, emotional distress, or just plain unhappiness are victims too. The victim mentality is linked with an entitlement culture: Someone must be culpable for the unhappiness of the victims because someone should be responsible for making them happy. The second step in effective victim-campaigning is to accumulate and disseminate the propaganda. Academic papers must be written. Sociological studies must be undertaken. Groundbreaking books must be published. Stories of the particular minority group being persecuted must make front page news. The whimpers of the persecuted must rise to heaven. The shock at their victimhood must be expressed as “sadness,” “concern,” and “regret.” If one is not sympathetic, if one is reticent to pour balm in the victim’s wounds, then the bullying begins. You must recognize the victim. You must be sympathetic. You must be tolerant. You must join the campaign to help the victim, solve their problems, and make them happy at last. If you do not, you are not only hard-hearted, you are part of the problem. The third stage of the campaign is the release of anger. Once the victim is identified and the information is widespread, the rage can be released. The anger must be expressed because, without knowing it, a new cycle of tribal scapegoating has developed. As the tribe gathers around the victim in sympathy, they must find the culprit, and their search for the culprit (whether he is guilty or not does not matter) sends them on the same frantic scapegoating quest that created their victim in the first place. The supposed persecutors have now become the persecuted. The unhappiness of the tribe (which presents itself as sympathy for the victim) is now focused on violence against the new victim—and so the cycle of sin and irrational rage continues. Observe American society today. Everywhere you look we are apportioning blame and seeking scapegoats. The blacks blame the whites. The whites blame the blacks. The homosexuals blame the Christians. The Christians blame the homosexuals. The Republicans blame the immigrants. The immigrants blame the residents. The workers blame the wealthy. The wealthy blame the workers. Why has our society descended into the violence of scapegoating and blame? Because it is inevitable. The victimhood cycle will continue through cycles of revenge and further victimhood unless there is an outlet. Where is there an end to the cycle of violence and victimization? There is only one solution: Find a constant victim—one who is the eternal victim and remains the victim. How is this done? It is done within the religion of a society. If a society has a religion of sacrifice the ritual victim becomes the focus of the tribal animus. The ritual victim becomes the constant scapegoat. The ritual victim becomes the psychological safety valve. Catholicism, of course, is the only religion in the modern world which, astoundingly, still claims to be offering a sacrifice. This is why the ancient celebration of the Mass is still so vital in the modern world—because there the one, full, final sacrifice is re-presented for the salvation of the world. The problem is that we are not a sacrificial and a sacramental people. We do not understand what the liturgy calls “these holy mysteries.” Most Catholics in America are embarrassed by the language of sacrifice. We are a blandly utilitarian race–shallow, and lacking in imagination. We are uncomfortable with blood sacrifices and cannot understand the rituals of redemption. American Catholics prefer their liturgy to be a banal family meal where they sing happy songs about making the world a better place. It is no longer a sacred sacrifice or a holy mystery, but a cross between a campfire and a pep rally. Dwight Longenecker
In recent years, a number of Christian writers, inspired by French critic and philosopher René Girard, have stressed with new urgency how the Bible shows the way in which groups and societies work out their fears and frustrations by finding scapegoats. Because we compete for the same goods and comforts, we need to sustain our competition with our rivals and maintain distance from them. But to stop this getting completely out of hand, we unite with our rivals to identify the cause of the scarcity that makes us compete against each other, with some outside presence we can all agree to hate. Just as the BBC drama suggested, Jesus’s context was one where Judaeans and Romans equally lived in fear of each other, dreading an explosion of violence that would be destructive for everyone. Their leaders sweated over compromises and strategies to avoid this. In such a context, Jesus offered a perfect excuse for them to join in a liberating act of bloodletting which eliminated a single common enemy. The spiral of fear was halted briefly. Frequently in this mechanism, the victim has little or nothing to do with the initial conflict itself. But in the case of Jesus, the victim is not only wholly innocent; he is the embodiment of a grace or mercy that could in principle change the whole frame of reference that traps people in rivalry and mutual terror. Thus the scapegoat mechanism is exposed for what it is – an arbitrary release of tension that makes no difference to the underlying problem. And if you want to address the underlying problem, perhaps you should start listening to the victim. (…) But what if the Christian story (…) proposed a way of understanding some of the most pervasive and dangerous mechanisms in human relationships, interpersonal or international? It doesn’t take much imagination to see how internally divided societies find brief moments of unity when they have successfully identified some other group as the real source of their own insecurity. Look at any major conflict in the world at the moment and the mechanism is clear enough. Repressive and insecure states in the Islamic world demonise a mythical Christian ‘West’, while culturally confused, sceptical and frightened European and North American societies cling to the picture of a global militant Islam, determined to ‘destroy our way of life’. Two fragile and intensely quarrelsome societies in the Holy Land find some security in at least knowing that there is an enemy they can all hate on the other side of the wall. A crumbling dictatorship in Zimbabwe steps up the rhetoric of loathing and resentment towards the colonial powers that create the poverty and the shortages. Nearer home, disadvantaged communities make sense of their situation by blaming migrants and asylum seekers. It’s not that the fears involved are unreal. Global terrorism is a threat, Israel and Palestine really do menace each other’s existence, colonialism isn’t an innocent legacy and so on. But the exploitation of these real fears to provide a ‘solution’ to more basic problems both breeds collective untruthfulness and makes any rational handling of such external fears infinitely harder. It breeds a mentality that always seeks to mirror the one who is threatening you. It generates the ‘zero-sum game’ that condemns so many negotiations to futility. Worst of all, it gives a fragile society an interest in keeping some sort of external conflict going. Consciously or not, political leaders in a variety of contexts are reluctant to let go of an enemy who has become indispensable to their own stability. The claim of Christianity is both that this mechanism is universal, ingrained in how we learn to behave as human beings and that it is capable of changing. It changes when we recognise our complicity and when we listen to what the unique divine scapegoat says: that you do not have to see the rival as a threat to everything, that it is possible to believe that certain values will survive whatever happens in this earth’s history because they reflect the reality of an eternal God; that letting go of the obsessions of memory and resentment is release, not betrayal. (…) Yes, the Christian church has been guilty of colossal evasion, colluding in just those scapegoating mechanisms it exists to overcome. Its shameful record of anti-semitism is the most dramatic reversal of the genuine story it has to tell, the most dramatic example of claiming that the killing of Jesus was indeed about them and not us. Rowan Williams (Archbishop of Canterbury)
In Girard’s analysis, the Cult of Victimhood is, though unacknowledged by its practicioners, literally a Christian heresy (or more accurately, a Judeo-Christian heresy, if one can say that).  For Girard, the death and resurrection of Jesus Christ reveals to the world the mechanism of scapegoating–a victim is selected from among the people and sacrificed in order to discharge our rivalrous, imitative desires, and that sacrifice becomes both ritualized and camouflaged so that we are unaware of our participation.  Jesus, finishing a process begun at the beginning of the Hebrew Scriptures, comes to strip off the veil over our eyes, to reveal to us the truth.  Where once we held fast to the idea that the victim really deserved to be sacrificed, we now understand that the victim is innocent. Girard insists that this bell cannot be un-rung, and society can never go back to the way it was prior to Easter Sunday.  But that does not mean that scapegoating is ended forever.  It simply means that we as a people cannot rely on the simplistic old versions of the sacred to sustain the Big Lie.  Instead, if we want to avoid the hard work of imitating Jesus, forgiving our enemies, and learning to live in peace, we have to construct a new version of the Big Lie.  This new narrative has to incorporate on some level what Alison calls the « Intelligence of the Victim » that is provided by Jesus’s life, death and resurrection (since that is now a permanent part of human understanding), while still finding a way to create space for sacrificing victims. One way to do this, as Jean-Pierre Dupuy has explored in Marks of the Sacred and Economy and the Future, is to set up supposedly « neutral, » technocratic systems to, in essence, « do the dirty work for you » while keeping a clean conscience (« I’m not punishing the poor, it’s just ‘market forces’ that are leaving people destitute » etc.).  But the other way is through the Cult of Victimhood.  The Cult of Victimhood begins by appropriating the Intelligence of the Victim, recognizing the truth that discrete groups are often persecuted unjustly by virtue of being a discrete group, and not as a result of anything for which they are responsible.  And the Cult of Victimhood insists, correctly, that persecution of the particular discrete group at issue is unjust and should be stopped.  So far, so good.  But then the Cult of Victimhood turns being a victim into a status, defining itself in terms of the marker (either directly or indirectly) of having been through the experience of being a victim. The Cult of Victimhood is thus an inversion of the normal, pre-Christian process of the Sacred–rather than the majority forming an identity over and against some identifiable minority victim or group of victims through the process of victimization, the minority forms an identity over and against the majority by virtue of being victimized, either presently or at some point in the past. This creates three serious problems.  First, the identity of the group is tied up in the status of being a victim.  Thus, perversely, there is an incentive for the minority to seek to be victimized, because it supports and reinforces the group identity, leading to counter-productive co-dependent relationships with the persecuting majority.  Or, at a minimum, the minority needs to perceive itself as being victimized in order to shore up its self-identity, leading to incentives to find persecution behind every rock or tree, even when it is not there. The second problem is that the Cult of Victimhood creates a tempting platform to seize the moral high ground.  In light of the message of Jesus, we have an obligation to have special moral concern for victims as victims.  But it does not follow that those that are victimized have some special moral qualities or status by virtue of being victims.  Being a victim does not necessarily make you wiser, or more just, or better able to discern moral realities in the world around you, because being a victim is ultimately and fundamentally arbitrary.  As the great Ta-Nehisi Coates says, « [w]e, too, are capable of fictions because, as it turns out, oppression confers no wisdom and is rarely self-improving. »  But the Cult of Victimhood seizes on being a victim to provide a kind of imputed righteousness.  Once again, this is an inversion for the old vision of the Sacred–whereas before the society explained that victims became victims through some narrative of moral failure, now the victims understand their victim status through a narrative of their own moral superiority. In doing so, it sets up a purely binary, Manichean distortion of the Gospel message, dividing the world into fixed categories of victims who are righteous and victimizers who are unrighteous.  This binary system acts as a kind of moral shield for their own behavior.  The logical chain goes like this:  because I am a victim, I am righteous; because I am righteous, those that challenge or critique that righteousness (especially if the critique comes from those that victimized me) are per se wrong and their critique is per se illegitimate; thus, I can stay in a comfortable bubble of my own imputed righteousness.  Because I am an innocent victim, I don’t have to take seriously any critiques of my own actions. This in turn leads to the third problem.  Because of the power of feature #1 and especially feature #2 of the Cult of Victimhood, everyone wants to get in on the action.  And, given both the pervasive nature of scapegoating and the cultural awareness of the phenomenon (even if inchoate) brought about by thousands of years of Judeo-Christian presence, everyone can get in on the action if they look hard enough.  Everyone can craft a story of why they are the « real » victims over and against some group of victimizers.  What results is an utterly intractable set of mutually incompatible victimhood narratives, in which every group is the righteous but persecuted minority over and against some nefarious overculture. In an attempt to resolve this deadlock, the basic instinct (especially for the partisans of one competing narrative or another) is to try to adjudicate who are the « real » victims and who is the « fake » victims.  Girard would insist that this is an utterly futile activity, because all of these stories of victimhood are on some level true and on some level self-serving nonsense.  The fact of being the victim is true, but the narrative of why the victimization occurred, tied into some group identity and moral status, is not.  And it is not true because, again, being a victim is arbitrary.  Sometimes you are victimized because of some trait you happen to have (like race or gender), sometimes it is because of some social group you happen to belong to that happens to be on the short end of the stick for whatever reason (like LGBT folks), sometimes it is for no reason at all.  The only real difference between the victim and the victimizer is circumstance.  Or, to put it another way, there has only been one truly innocent victim in all of history, and He was last seen outside of Jerusalem 2000 years ago and 40 days after Easter Sunday. Again, it’s crucial, here and elsewhere, to draw a very clear line between the fact of victimization and the status as a victim.  People get victimized, and we have a moral obligation to try to end the victimization.  But the Cult of Victimization makes that project more difficult, because it weaponizes victimization and intermixes genuine victimization with dubious claims of moral righteousness.  It also incentivizes out-and-out bogus claims of victimization, because the power of victimhood status is too enticing. To see an example of the Cult of Victimhood in action, consider this piece from Andrew Sullivan about Trump.  In the piece, Sullivan makes the point that one key dimension of why white, working-class voters have rallied to Trump is the disdain shown by cultural elites (mostly liberal but also conservative, to the extent those are still distinct categories) toward the culture and values of said white working-class people.  The reaction on social media to the piece was very telling.  Instead of pushing back on the thesis (i.e., « you are wrong, Andrew, we don’t disdain the values of these folks. »), or to admit the thesis and stand firm on the position (i.e. « yes, Andrew, we do disdain the values of these folks because these values are bad. »), the reaction was to criticize Sullivan for failing to assert that racism (and, to a lesser extent, homophobia) was the « real » reason why these voters were supporting Trump. First off, Sullivan does talk about that in the piece.  But, more to the point, seizing on Sullivan’s purported failure to talk about race or homophobia is a way to side-step and de-legitimize the basic point that cultural elites disdain a big chunk of the population.  Because, if the « real » issue is race or homophobia, then in the Cult of Victimhood world the issues and objections of white working class folks are per se illegitimate, because they are the unrighteous victimizers.  In other words, yelling at Sullivan for failing to talk about race is another way of saying « their assertion of victimhood status is bogus because my victimhood status is real, and because my victimhood status is real their assertion of victimhood status must be bogus. »  And, of course, the same story can (and is) being said on the other side.  Which is why, along the lines of Sullivan’s piece, the 2016 U.S. Presidential election has been a heretofore unprecedented orgy of the Cult of Victimhood from all sides, and promises to become even more grotesque as we get closer to November. (…) The point is to talk about how the Cult of Victimhood works, and why it makes these kinds of debates so intractable.  No matter how real the persecution, the stories people tell regarding the persecution are fundamentally unreliable, especially if they divide the world into an « us » and a « them. »  And, once they are a « them, » we can stay safe in our bubble of righteousness. The power of Girard’s ideas, for me, is the constant and destabilizing claim of a radical equality–we are all victims, and we are all victimizers.  This doctrine cuts through both our self-serving claims to goodness as well as the paralyzing guilt of our wickedness. Michael Boyle
Even his most sympathetic biographers acknowledge that, as an officer of the Indian Imperial Police in Burma, he paid regular visits to the waterfront brothels of Rangoon. After spending time in Morocco, he also confessed to his friend Harold Acton that he ‘seldom tasted such bliss as with certain Moroccan girls’. A friend recalled Orwell saying that ‘he found himself increasingly attracted by the young Arab girls’. He confessed to the same friend that he told his wife, Eileen, he ‘had to have one of these girls on just one occasion’. Eileen agreed, and so he went ahead. During his marriage to Eileen, Orwell made an improper advance to a young woman, Lydia Jackson. ‘He did not attract me as a man and his ill health even aroused in me a slight feeling of revulsion,’ she recalled. Once he was better, he wrote Lydia a suggestive letter, letting her know when his wife was away, and adding: ‘I know it’s indiscreet to write such things in letters, but you’ll be clever & burn this, won’t you?’ But Lydia had no wish to go along with this deceit. ‘His masculine conceit annoyed me,’ she said. After the sudden death of Eileen, Orwell made a pass at another young woman, who lived in the flat below. ‘I wonder if you were angry or surprised when I sort of made advances to you that night . . .’ he wrote to her. ‘It is only that I feel so desperately alone . . . Of course, it’s absurd to make love to someone of your age.’ A few years ago, letters were discovered in which a childhood friend, Jacintha Buddicom, revealed that when Orwell was 15 and she was 17, a bit of canoodling had accelerated into something more violent, and he had attempted to rape her. Jacintha shouted, kicked and screamed before running home with a bruised hip and a torn skirt. Afterwards, she broke off all contact with him. Nearly 60 years later, Jacintha wrote to a relative about the additional hurt she suffered when she realised he had turned her into a character in his most famous book. She wrote: ‘At least you have not had the public shame of being destroyed in a classic book as Eric did to me. Julia in Nineteen Eighty-Four is clearly Jacintha, of that I feel certain . . . in the end he absolutely destroys me, like a man in hobnailed boots stamping on a spider. ‘It hurt my mother so much when she read that book that we always thought it brought on her final heart attack a few days later. Be glad you have not been torn limb from limb in public.’ Does this mean the works of George Orwell should be removed from libraries and bookshops? Of course not. But if he is to be excused, then why not other literary heroes? The Daily Mail
What a scandal for our times. Oxfam, that upholder of modern-day virtue, unassailable in its righteousness, buried for seven years that its aid workers exploited young girls. The men abused their power to have sex with desperate victims of the Haiti earthquake — the very people they were supposed to protect. Sadly Oxfam is not alone. Andrew Macleod, former chief operator of the UN Emerging Coordination Centre warns the infiltration of the aid industry by paedophiles is on the scale of the Catholic church — if not bigger. The aid industry has manipulated public opinion with the help of celebrities and politicians eager for the glitz of poverty porn. It’s a powerful and cosy lobby. Oxfam and Save the Children are prime overseas contractors for the DfID1. Many DfID workers are former activists from the NGO sector. Western media depend on aid agencies for access and transport in conflict areas. Dambisa Moyo, a global economist from Zambia, points out the first world has sent more than $1 trillion to Africa over the past 50 years. Far from ending extreme poverty, this fabulous sum promoted it. Between 1970 and 1998, when aid flows to Africa were at their peak, poverty in Africa rose from 11 per cent to a staggering 66 per cent. Of course there are other factors. But the more development aid a country receives, the less likely it is to enjoy economic success. Aid distorts home markets. Food aid, for example, causes agricultural sectors to shrink and makes famine more rather than less likely. The cascade of aid money permits government to abdicate its responsibility to fund health care, education and infrastructure. It promotes a disconnect between a government and its citizens. When foreign donors cover 40 per cent of the operating budgets of countries such as Kenya and Uganda, why would leaders listen to their citizens? Schmoozing2 foreign donors comes first. What Africa needs is not more ‘Band Aid solutions’ but jobs for the 60 per cent of Africans under the age of 24. ’And aid,’ as Moyo says, ‘has never created a single job.’ On Radio 4’s Today programme this week, Madeleine Rees, a human rights lawyer, insisted: ‘The majority of aid does good.’ She went on, ‘Who is going to get hurt if the aid budget is destroyed?’ Of course, like obedient children, we are meant to reply, ‘The poor.’ But as more and more stories emerge about waste and abuse, I wonder if aid doesn’t do more harm than good. Harriet Sergeant
Quel silence assourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050 ! Les projections démographiques des grandes régions du monde d’ici là sont connues et réévaluées tous les deux ans par les Nations unies et régulièrement par Eurostat pour les Etats membres de l’Union européenne[2], mais il faut être un spécialiste des bases de données pour s’en servir. De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique. Nous devons remplir notre fonction d’alerte, même si nous savons que nous ne serons plus là en 2050 pour regretter de ne pas avoir été entendus. Contrairement à l’Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d’habitants (soit deux fois moins que l’Amérique du Sud), l’Europe pourrait stagner autour de 500 millions d’habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie devraient aussi perdre de 7 à 8 millions d’actifs potentiels. La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne, ce qu’en réalité le Royaume-Uni devrait réaliser avant elle. Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés : 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe dont 70% pour la France, et 17% pour les exportations (56% des 30% exportés dans le monde). Les autres enseignements de la tectonique démographique d’ici à 2050 ne sont pas moins interpellants : la Chine, le Japon et la Russie perdraient respectivement 38 millions, 20 millions et 15 millions d’habitants alors que l’Inde augmenterait de près de 400 millions d’habitants et dépasserait la Chine d’au moins 300 millions d’habitants. La saignée sera particulièrement forte pour la tranche d’âge des 20-64 ans d’ici à 2050 : – 22 millions pour la Russie, -20 millions pour le Japon et – 195 millions pour la Chine. Les Etats-Unis verraient leurs actifs potentiels augmenter de presque 20 millions dans la période. Il faudra des bras et des cerveaux pour compenser ces pertes d’actifs. Chance ? Dans le même temps, la population de l’Afrique devrait augmenter de 1,3 milliard, dont 130 millions rien que pour l’Afrique du Nord. C’est dire que la pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais ! Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas. Tout se passe comme si le tsunami démographique était moins important que la vague numérique. Pour que cesse l’omerta, nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Relevons que si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives. Elle devrait s’inspirer du Canada qui n’hésite pas à pratiquer une politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail. Et aussi encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent. Car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles. (…) Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays quelle que soit leur couleur. Bref, pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. Mais qui parle de politique familiale dans une Europe qui permet qu’il y ait des hôtels et lieux de vacances réservés aux adultes, interdits aux enfants et tolérant seulement les animaux familiers ! Les médias commencent tout juste à s’alarmer du fait qu’en 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991, du Japon depuis 2006. Le tour de la Chine viendra en 2028. Le phénomène ne devrait concerner la France, voire les Etats-Unis, qu’après 2050. On ne fabrique pas de berceaux avec des cercueils. Le suicide démographique de la vieille Europe est annoncé mais il est encore temps : la bonne prévision n’est pas forcément celle qui se réalise mais celle qui conduit à l’action pour l’éviter. Les chercheurs s’interrogent sur les causes du ralentissement concomitant de la croissance et de la productivité alors que les révolutions technologiques de l’information et de la communication (TIC), des biotechnologies, des nanotechnologies ou des énergies (nouvelles et stockage) sont plus que jamais perceptibles. C’est le fameux paradoxe de Solow (on trouve des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité). Curieusement, ces mêmes chercheurs ne s’interrogent pas sur le lien qu’il pourrait y avoir entre ce ralentissement de la croissance et le vieillissement démographique des anciennes zones développées : Etats-Unis, Japon, Europe. Michel Godet
Les pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. Jeremy Harding
La guerre, la faim et l’effondrement social n’ont pas causé des migrations massives au-delà de la frontière naturelle que constitue le Sahara. mais les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Jeremy Harding
Je dis ça sans affolement. Quand vous avez un voisin qui en 2050 sera 5 fois plus nombreux que toute l’Europe comprise, il y a une pression migratoire qui est très forte et il faut s’arranger entre voisins (européens), il faut négocier. Il faut prendre la mesure du réel d’abord. Puis il faut des négociations entre l’Europe et l’Afrique pour éviter notamment que ses forces vives quittent le continent. Tant que l’Afrique croit à ce rythme, c’est impossible (de juguler). Tous les progrès sont noyés par la progression démographique. Il faut à un moment maitriser cette croissance démographique. C’est un problème de long terme qui se jouera sur les deux générations à venir, pas avant 2050. Toutes les régions du monde ont migré. En Europe il y avait 300 millions d’habitants et 60 millions en sont partis, dont 40 millions vers les Etats-Unis. L’Afrique ne fait que reproduire des scenarii qui ont eu lieu en Europe et en Amérique latine. Et il est évident que l’Europe va faire face à une migration très forte depuis l’Afrique, c’est inévitable. [l’aide au développement] c’est une imposture. Nous allons développer un continent d’1,3 milliards, soit l’équivalent de la Chine. Et tous ceux qui se sont développés, les millions de personnes qui sont sortis de la pauvreté ces dernières décennies – les Chinois, les Indiens -, n’en sont jamais sortis par l’aide au développement. L’aide au développement va d’abord permettre à une classe moyenne qui émerge de migrer, de partir du continent. Toutes les volontés de fermer les frontières sont inutiles. Avec 6 milliards d’euros, les européens se sont achetés la paix de 2,5 millions de migrants, bloqués en Turquie. Mais c’est cynique de parler comme ça. Les gens passeront, par une porte ou une autre. C’est inévitable. Mettez-vous à la place des Africains qui voient de telles inégalités et qui pensent à leur vie ou à leurs enfants. Nous ferions pareil à leur place. Bien sûr qu’un moment l’Afrique arrivera à retenir ses forces vives. On oublie souvent qu’un tiers des européens partis en Amérique sont revenus en Europe. Ce n’est pas forcément le bonheur d’arriver en Europe, beaucoup de migrants sont déçus, et vous préférez toujours rester parmi les vôtres ». Stephen Smith
Le problème, c’est que quand vous aidez, dans un premier temps, vous créez un horizon qui est plus large: les gens commencent à penser qu’ils peuvent bouger puisqu’ils ont aussi les moyens – il faut plusieurs milliers d’euros pour entreprendre ce voyage – et donc ce ne sont pas les plus pauvres, les plus désespérés qui partent mais ceux qui commencent à sortir la tête de l’eau. Et c’est donc cet effet de seuil qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir. Stephen Smith
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith

Vous avez dit cinquante-nuances-de-grisation du monde ?

« Fan fiction » parasite devenant succès mondial de librairie et du cinéma en fusionnant roman de gare et sadomasochisme; déboulonnage généralisé de tous nos maitres à penser, y compris les plus lucides; chef d’état-major annonçant, après l’avènement du terrorisme pour tous, la contamination de la guerre par « l’exploitation » systématiques par certains Etats « des zones d’ombre entre la paix et la guerre »;  migrants clandestins important la pratique anthropopagique au sein même des sociétés théoriquement les plus avancées; société nationale de chemin de fer ayant déjà connu des attaques terroristes sur ses passagers sommée de s’excuser pour avoir osé s’opposer à l’arrivée massive de clandestins dont on ne sait rien à bord de ses trains; conjonction annoncée d’un véritable suicide démographique d’une Europe vieillissante et d’une jeune Afrique à la démographie explosive; études montrant outre le détournement systématique et l’infiltration généralisée d’oeuvres caritatives par des pédophiles les effets contreproductifs d’une aide qui « aide en fait les gens à quitter leur pays »; intellectuelle regrettant de ne pas avoir été violée pour pouvoir prouver aux femmes que le traumatisme est surmontable; culpabilisation entretenue d’une obligation charitable face à des gens qui au nom de leur droit à la liberté en abusent ou même la refusent; apologie de l’ouverture à tous crins et dénonciation du repli identitaire par des élites protégées des conséquences des décisions qu’elles imposent aux plus vulnérables; procès concernant des centaines de victimes tournant à la farce; hommage national d’un chanteur de rock se finissant en crêpage de chignons médiatique

En ces temps de plus en plus étranges …

Où avec la dénonciation comme fascisme ou repli de toute barrière ou protection …

La perte des repères se généralise et se mondialise …

Comment ne pas repenser aux prophéties à présent centenaires de nos poètes …

Annonçant la « dislocation de toutes choses et le déchainement de l’anarchie sur le monde » (Yeats) ou la « dégénérescence de la connaissance en une pagaille de visions subjectives », le  « remplacement de la justice par la pitié » et la « disparition de toute crainte de représailles » (Auden) …

Et  surtout ne pas voir avec René Girard …

Que loin des représentations fondamentalistes d’une brutale rétribution divine à venir …

Cette fameuse Apocalypse annoncée depuis plus de 2000 ans qui est avant tout et étymologiquement dévoilement …

Pourrait bien en fait sous l’effet de la privation, initiée par le Christ lui-même, du recours multimillénaire à la violence légitime …

Avoir tout simplement déjà commencé  ?

Migrations : « La Ruée vers l’Europe », le livre qui dérange
EXCLUSIF. Que dit Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, des migrations vers l’Europe ? Sa principale thèse : le développement économique du continent les alimente.
Le Point Afrique
01/02/2018

Ce n’est que dans les années 2000 que l’Europe grisonnante a pris conscience de son déclin démographique, du vieillissement de sa population et des effets à long terme sur l’emploi et les retraites. Dans le même temps, l’Afrique s’est mise à rimer avec boom démographique. Une explosion initiée dans les années 1930 par des politiques de développement de la France et de la Grande-Bretagne, qui entendaient recadrer leur « mission civilisatrice ». C’est récemment aussi que la « tragédie statistique » de l’Afrique a commencé à préoccuper sa voisine européenne en matière de politique migratoire. Cette exceptionnelle jeunesse, Stephen Smith, spécialiste de ce continent qui est à la fois à part et déjà mondialisé, en fait la matrice de l’avenir où viennent aussi se télescoper une pauvreté persistante, les conflits armés, la montée des extrémismes religieux, les défis sanitaires, urbains, économiques, l’affrontement entre les générations.

Mais la ruée vers l’Europe est-elle inéluctable ? Partant de cette « loi des grands nombres » démographique, Smith répond par l’affirmative. Tout en s’écartant des afro-pessimistes, il ne tombe pas dans l’optimisme béat des tenants de l’Afrique qui gagne. Pour lui, dans le cadre d’une telle explosion de population, c’est le développement économique de l’Afrique qui va nourrir cette levée en masse, ceux qui partent constituant le sel même de ce continent. Sur ce sujet complexe, qu’il traite du point de vue africain, il prend donc à rebrousse-poil certaines idées reçues, envisageant plusieurs scénarios, dont il évalue la probabilité et les conséquences. Au final, il signe un ouvrage indispensable pour bien comprendre l’un des enjeux majeurs des prochaines décennies.

Extraits

Le codéveloppement alimente la ruée

Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale.

Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen.

« La Ruée vers l’Europe », de Stephen Smith (Grasset, 272 pages, 19,50 euros). Parution le 7 février

Voir aussi:

Migrants : « L’aide au développement de l’Afrique aide les gens à partir »

Stephen Smith, journaliste, écrivain, enseignant, spécialiste de l’Afrique et qui publie La ruée vers l’Europe, est l’invité du Grand Soir 3 ce mardi 6 février.

France 3


L’Union européenne compte 510 millions d’habitants en 2018 et en comptera 450 en 2050. En parallèle, l’Afrique compte 1,25 milliard d’habitants et en comptera 2,5 milliards en 2050. Pour Stephen Smith, la jeune Afrique va se ruer sur le Vieux continent, c’est inscrit dans l’ordre des choses. « C’est la loi des grands nombres. l’Afrique crée des hôpitaux et des écoles pour la population actuelle, mais tous les quinze ans, il y a deux fois plus d’habitants« , explique l’auteur du livre La ruée vers l’Europe.

Les aides des pays occidentaux à l’Afrique « fonctionnent parfois, mais ce ne sont pas les plus pauvres ni les plus désespérés qui partent, ce qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir », affirme l’enseignant spécialiste de l’Afrique.

« Il faut faire du tri »

Il rappelle que « 60 millions d’Européens sont partis au moment de la transition démographique du Vieux continent, dont 40 millions aux États-Unis. L’Afrique en est là. Il n’y a rien d’exceptionnel ».

Stephen Smith juge la politique envers les migrants d’Emmanuel Macron « cohérente, réaliste. Il faut faire du tri. Une frontière est là pour que la barrière se lève et se baisse. Les migrants comme leurs hôtes doivent pouvoir s’épanouir ».

Voir également:

Stephen Smith, journaliste et écrivain, spécialiste de l’Afrique était l’invité de Bourdin Direct ce jeudi. Pour lui, les États européens vont devoir négocier entre eux pour faire face à la forte pression migratoire en provenance de l’Afrique ces prochaines décennies.

Europe 2050 : ce suicide démographique que rien ne semble pouvoir arrêter

Quel silence assourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050[1] ! Les projections démographiques des grandes régions du monde d’ici là sont connues et réévaluées tous les deux ans par les Nations unies et régulièrement par Eurostat pour les Etats membres de l’Union européenne[2], mais il faut être un spécialiste des bases de données pour s’en servir.
Michel Godet

Atlantico
21 Février 2018

De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique.

Nous devons remplir notre fonction d’alerte, même si nous savons que nous ne serons plus là en 2050 pour regretter de ne pas avoir été entendus. Contrairement à l’Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d’habitants (soit deux fois moins que l’Amérique du Sud), l’Europe pourrait stagner autour de 500 millions d’habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie devraient aussi perdre de 7 à 8 millions d’actifs potentiels.

La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne, ce qu’en réalité le Royaume-Uni devrait réaliser avant elle. Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés : 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe dont 70% pour la France, et 17% pour les exportations (56% des 30% exportés dans le monde).

LA TECTONIQUE DÉMOGRAPHIQUE

Les autres enseignements de la tectonique démographique d’ici à 2050 ne sont pas moins interpellants : la Chine, le Japon et la Russie perdraient respectivement 38 millions, 20 millions et 15 millions d’habitants alors que l’Inde augmenterait de près de 400 millions d’habitants et dépasserait la Chine d’au moins 300 millions d’habitants. La saignée sera particulièrement forte pour la tranche d’âge des 20-64 ans d’ici à 2050 : – 22 millions pour la Russie, -20 millions pour le Japon et – 195 millions pour la Chine. Les Etats-Unis verraient leurs actifs potentiels augmenter de presque 20 millions dans la période.

Il faudra des bras et des cerveaux pour compenser ces pertes d’actifs. Chance ? Dans le même temps, la population de l’Afrique devrait augmenter de 1,3 milliard, dont 130 millions rien que pour l’Afrique du Nord. C’est dire que la pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais ! Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas. Tout se passe comme si le tsunami démographique était moins important que la vague numérique. Pour que cesse l’omerta, nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Relevons que si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives. Elle devrait s’inspirer du Canada qui n’hésite pas à pratiquer une politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail. Et aussi encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent. Car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles.

En Europe et au Japon, la croissance du PIB a été supérieure dans les années 1980 à celle des années 1990 : 2.5% contre 2.3% en Europe et 4.6% contre 1.1% au Japon. Au cours de ces deux décennies, la croissance du PIB des États-Unis est supérieure d’environ un point à celle de l’Europe. L’explication est essentiellement (pour plus de la moitié) démographique, car l’écart de croissance du PIB par habitant n’est que de 0.2 point plus élevé outreAtlantique qu’en Europe sur les mêmes périodes. En effet, la croissance démographique, de l’ordre de 1% par an aux Etats-Unis, est depuis le début des années 60, deux à trois fois plus élevée qu’en Europe. Une autre partie de l’explication de la croissance du PIB plus élevée aux Etats-Unis est à rechercher du côté du taux d’emploi et de la durée annuelle du travail plus élevés[4]. Si les Américains avancent plus vite, c’est parce qu’ils sont plus nombreux et rament plus. Nous avons retenu un panel de 23 pays, membres depuis longtemps de l’OCDE : Belgique, Danemark, Allemagne, Irlande, Grèce, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg, Autriche, Portugal, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Islande, Norvège, Suisse, Etats-Unis, Japon, Canada, Australie et Nouvelle- Zélande. A partir de la base de données Ameco de la Commission européenne, nous avons calculé pour chaque pays et sur la période 1993-2015 la moyenne des variations annuelles (en %) de la population totale d’une part et la moyenne des variations annuelles (en %) du volume du PIB/habitant d’autre part. Le nuage de 23 couples de données que nous obtenons s’ordonne significativement d’un point de vue statistique autour d’une droite de régression avec un R2 de 0,42.

Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays quelle que soit leur couleur. Bref, pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. Mais qui parle de politique familiale dans une Europe qui permet qu’il y ait des hôtels et lieux de vacances réservés aux adultes, interdits aux enfants et tolérant seulement les animaux familiers ! Les médias commencent tout juste à s’alarmer du fait qu’en 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991, du Japon depuis 2006. Le tour de la Chine viendra en 2028. Le phénomène ne devrait concerner la France, voire les Etats-Unis, qu’après 2050. On ne fabrique pas de berceaux avec des cercueils. Le suicide démographique de la vieille Europe est annoncé mais il est encore temps : la bonne prévision n’est pas forcément celle qui se réalise mais celle qui conduit à l’action pour l’éviter.

CHEVEUX GRIS ET CROISSANCE MOLLE[3] 

Il est classique d’attribuer la forte croissance économique de l’après-guerre en Europe à la reconstruction et au rattrapage par rapport aux Etats-Unis. Ces trente glorieuses ont coïncidé avec la vague démographique. Il est plus rare de relever que dans les années 50 et 60, l’augmentation de la productivité apparente du travail était deux à trois fois plus élevée que dans les années 80 et suivantes alors qu’à l’époque il n’y avait pas d’ordinateurs et qu’on ne parlait pas de révolution technologique. Comment ne pas voir dans cette productivité élevée, un effet de courbe d’expérience et de baisse des coûts unitaires de production dans des marchés en expansion continue ? A l’inverse, la croissance économique comme celle de la productivité n’ont cessé de ralentir aux Etats-Unis, en Europe et au Japon depuis le début des années 1980.

Les chercheurs s’interrogent sur les causes du ralentissement concomitant de la croissance et de la productivité alors que les révolutions technologiques de l’information et de la communication (TIC), des biotechnologies, des nanotechnologies ou des énergies (nouvelles et stockage) sont plus que jamais perceptibles. C’est le fameux paradoxe de Solow (on trouve des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité). Curieusement, ces mêmes chercheurs ne s’interrogent pas sur le lien qu’il pourrait y avoir entre ce ralentissement de la croissance et le vieillissement démographique des anciennes zones développées : Etats-Unis, Japon, Europe.

QUAND LA VAGUE NUMÉRIQUE CACHE LE TSUNAMI DÉMOGRAPHIQUE

A la Commission européenne, mais aussi dans la plupart des instances internationales et nationales, la question du lien entre démographie et croissance est rarement évoquée. Les rapports sur la technologie, l’innovation, la compétitivité sont légions. L’homme n’est abordé que comme capital humain, et sous l’angle de la formation, considérée à juste titre comme un investissement et un facteur de croissance à long terme. La démographie n’est traitée qu’à travers le vieillissement par le haut et les problèmes qui en découlent pour l’équilibre des systèmes de retraites, les dépenses de santé, la prise en charge de la dépendance, mais quasiment jamais relativement aux conséquences du vieillissement par le bas sur la croissance et sur la place de l’Europe dans le monde. En 2000, l’ambitieuse stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi misait essentiellement sur les technologies de l’information et l’économie de la connaissance pour assurer à l’Europe son avenir et sa puissance sur la scène internationale à l’horizon 2010. A presque mi-parcours, le rapport Wim Kok (2004) maintenait le cap sur la société de la connaissance et un développement durable pour une Europe élargie et consacrait, fait nouveau, une petite page au vieillissement de l’Europe. Ce dernier pouvait faire baisser le potentiel de croissance de l’Union d’un point (autour de 1% au lieu de 2%) d’ici à 2040. Mais rien n’était dit des évolutions démographiques comparées de l’Europe avec les Etats-Unis. Oubli d’autant plus remarquable que les mêmes comparaisons sont systématiques pour l’effort de recherche, l’innovation et la mesure de la productivité.

LES EFFETS MULTIPLICATEURS DE LA DÉMOGRAPHIE

Comme le disait Alfred Sauvy, les économistes « refusent de voir » le lien entre croissance économique et dynamique démographique et ne cherchent donc pas à le vérifier. Pourtant, les Trente Glorieuses et le baby-boom sont allés de pair, et l’essor des Etats-Unis s’explique sans doute, aussi, par une meilleure santé démographique. Depuis trente ans, le taux de fécondité y est en moyenne de près de 2,1 enfants par femme, contre 1,5 dans l’Europe ; la population, du fait aussi d’importants flux migratoires, continue d’augmenter fortement. La comparaison des taux de croissance entre l’Europe et les Etats-Unis fait généralement appel à la technique pour expliquer des différences sur le long terme. On peut se demander s’il n’y a pas aussi un effet de « multiplicateur démographique». Cette hypothèse permet de mieux comprendre pourquoi la croissance et, surtout, les gains de productivité des années 1950 et 1960 ont été en moyenne deux fois plus élevés que dans les années 1980 et 1990, marquées pourtant par les révolutions techniques, sources théoriques de gains de productivité. Avec la nouvelle économie, la question paraissait résolue, les Etats-Unis connaissant une période de forte croissance économique avec des gains de productivité (apparente du travail) bien supérieurs à ceux de l’Europe. N’était-ce pas la preuve du décrochage technologique de l’Europe par rapport aux Etats-Unis ?

On peut douter de cette explication maintenant que l’on connaît les statistiques validées pour le passé. Dans les années 1980, la croissance du PIB par actif était comparable dans les deux zones (autour de 1.5%) avec un léger avantage pour l’Europe dans les années 1980. Cependant, depuis les années 1990, l’Europe semble décrocher par rapport aux Etats-Unis, dont la productivité apparente (PIB/actif occupé) a augmenté de plus de 2% par an dans les années 1990 et 1.5% par an jusqu’en 2007, 1% depuis la crise. Dans le même temps, la hausse de la productivité de l’Europe est passée de 1.7% dans les années 1990 à 1% par an entre 2000 et 2007 pour s’effondrer à 0.3% depuis 2008. La question est donc posée : faut-il attribuer cet écart au gap technologique ou au gap démographique ? Nous avançons l’hypothèse que ce dernier facteur joue un rôle déterminant car le fossé démographique se creuse plus que jamais. Tous les habitants ne sont pas actifs, mais le nombre d’heures travaillées explique l’essentiel de la différence de niveau de productivité apparente du travail par actif employé, puisque les Américains travaillent 46% de plus que les Français par an. S’ils travaillent, c’est qu’il y a une demande solvable à satisfaire, peut-être aussi plus soutenue qu’ailleurs pour cause d’expansion démographique. Si l’on renonce à l’hypothèse d’indépendance entre les deux variables « PIB par habitant » et « croissance démographique », alors nous pouvons avancer une nouvelle hypothèse, celle d’un multiplicateur démographique qui serait à l’origine d’une part importante des gains de productivité plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe. Généralement, les économistes (se référant à la fameuse fonction de production de Cobb-Douglas) expliquent la croissance par trois facteurs : le capital, le travail et le progrès technique. Revenons aux sources : la productivité est le résidu de croissance supplémentaire, qui ne s’explique pas par l’augmentation des facteurs de production (capital et travail). Faute de mieux, on attribue ce surcroît de croissance du PIB par actif au progrès technique (en l’occurrence la diffusion des technologies de l’information), ce qui est une manière positive de désigner le résidu non expliqué.

Voir de même:

Does aid do more harm than good?

The Oxfam abuse scandal has revealed a sinister side to international charities

The Spectator

17 February 2018

What a scandal for our times. Oxfam, that upholder of modern-day virtue, unassailable in its righteousness, buried for seven years that its aid workers exploited young girls. The men abused their power to have sex with desperate victims of the Haiti earthquake — the very people they were supposed to protect.

Michelle Russell of the Charity Commission is clear about the deception. ‘We were categorically told by Oxfam; there were no allegations of abuse of beneficiaries. We are very angry and cross about this.’

Nor was this a one-off. Helen Evans, the charity’s global head of safeguarding, begged senior staff, ministers and the Department for International Development to act. She had uncovered sexual abuse allegations both abroad — three in one day — and in Oxfam’s charity shops. Nothing was done.

This is the same Oxfam that recently blamed capitalism for world poverty and set up deck chairs in Trafalgar square to protest against corruption and tax havens. Now the virtue signallers are hoisted on the shard of their own fallibility. Compared with the emerging sins of our aid agencies, tax havens look almost benign.

Sadly Oxfam is not alone. Andrew Macleod, former chief operator of the UN Emerging Coordination Centre, contends paedophiles and ‘-predatory’ sex abusers use the halo of charity work to get close to desperate women and children. ‘You have the impunity to do whatever you want. It is endemic across the aid industry and across the world.’ He warns the infiltration of the aid industry by paedophiles is on the scale of the Catholic church — if not bigger. The difficult truth is that ‘child rape crimes are being inadvertently funded in part by the United Kingdom taxpayer’.

These revelations threaten to extinguish the virtuous glow that has protected the aid industry from scrutiny. We should seize the opportunity. Is the £13.5 billion we spend on aid each year doing its job? What is its impact on the countries it is supposed to transform at the local and on the national level?

Until now the aid industry has escaped such examination. It is astonishing to learn that aid effectiveness was not even seen as a priority until 2005. Evaluations still use dubious methods, Jonathan Foreman points out in his excellent report ‘Aiding and Abetting’ (Civitas 2013). One man recalls being told about a splendid school in a village in Pakistan. He had visited the village the week before. There had been no school.

The aid industry has manipulated public opinion with the help of celebrities and politicians eager for the glitz of poverty porn. It’s a powerful and cosy lobby. Oxfam and Save the Children are prime overseas contractors for the DfID. Many DfID workers are former activists from the NGO sector. Western media depend on aid agencies for access and transport in conflict areas.

Most of us would back humanitarian aid and international help when disaster strikes. Few would argue with aid that is there for a specific purpose and ends when that purpose is accomplished. But that is not the same as the open-ended commitment demanded by aid agencies. An Oxfam advert sums up the myth we have been sold: ‘Together we can end extreme poverty for good. Will you join in?’ Who can resist that exhortation? Who wants to sound like a spoilsport by questioning how much must be spent, for how long and how do we judge the job done?

Dambisa Moyo, a global economist from Zambia, points out the first world has sent more than $1 trillion to Africa over the past 50 years. Far from ending extreme poverty, this fabulous sum promoted it. Between 1970 and 1998, when aid flows to Africa were at their peak, poverty in Africa rose from 11 per cent to a staggering 66 per cent. Of course there are other factors. But in her book Dead Aid, Moyo states, ‘Aid has been and continues to be an unmitigated political, economic and humanitarian disaster for most parts of the developing world.’

Indeed the more development aid a country receives, the less likely it is to enjoy economic success. In 1957, Ghana boasted a higher per capita GDP than South Korea. Thirty years later, it was lower by a factor of ten — the toxic effect of official development aid being one factor. On the other hand, South Korea, Singapore and Malaysia, the recipients of relatively little aid, flourished. Aid distorts home markets. Food aid, for example, causes agricultural sectors to shrink and makes famine more rather than less likely. As Moyo puts it, in no other sector, business or politics, are such proven failures ‘allowed to persist in the face of such stark and unassailable evidence’.

Aid does little to promote peace, security, trade and good governance. If anything, it hinders effective government. The cascade of aid money permits government to abdicate its responsibility to fund health care, education and infrastructure. It promotes a disconnect between a government and its citizens. When foreign donors cover 40 per cent of the operating budgets of countries such as Kenya and Uganda, why would leaders listen to their citizens? Schmoozing foreign donors comes first. As Moyo says, ‘Long, long lines of people have stood in the sun to vote for a president who is effectively impotent because of foreign donors or because glamour aid [in the form of Bob Geldof or Bono] has decided to speak on behalf of a continent.’

What Africa needs is not more ‘Band Aid solutions’ but jobs for the 60 per cent of Africans under the age of 24. ’And aid,’ as Moyo says, ‘has never created a single job.’

If aid too often fails countries on the national level, what about locally? Surely local projects must be wholly beneficial? The problem is they come with a catch.

When Mary Wakefield wrote about the UN’s ‘sex for food’ scandal, she mentioned the 2006 report by Save the Children into the effect of the aid cavalcade in Liberia. The report is invaluable because it gives the actual recipients of our aid a voice. Mostly we only have the word of the charities.

The welcome distribution of aid, it soon became clear, went hand in hand with increasing numbers of children caught up, as their parents complained, in ‘man business’. The (mostly) girls ranged from eight to 18. Levels of desperation in the town and the nearby refugee camp meant ‘as soon as they see their “tete” [breasts] coming up then they jump into this man business’. Prostitution had not been common before, and certainly not among children. Teenage pregnancies soared.

All focus groups and individuals interviewed ‘without exception mentioned NGO workers’. As one girl said, ‘I have been asked more than 20 times by men to go with them for money. All are NGO workers.’ The report goes on, ‘It is clear that sex with underage girls by humanitarian workers continues openly.’ Communities were afraid to report NGO staff, ‘as they were concerned that the assistance provided by the NGO might be withdrawn’.

Save the Children noted an alarming trend. ‘Communities were increasingly resigned to the fact that sex in exchange for services was another method of survival.’ Like those African governments dependent on aid, the adults had lost all self-determination. They were rendered as helpless in the hands of the foreign donor as their politicians.

On Radio 4’s Today programme this week, Madeleine Rees, a human rights lawyer, insisted: ‘The majority of aid does good.’ She went on, ‘Who is going to get hurt if the aid budget is destroyed?’ Of course, like obedient children, we are meant to reply, ‘The poor.’ But as more and more stories emerge about waste and abuse, I wonder if aid doesn’t do more harm than good.

POLEMIQUE Cette note adressée aux contrôleurs leur demande notamment de recueillir le maximum d’informations sur les migrants. La direction de la SNCF affirme qu’elle n’en avait pas connaissance et qu’elle a été retirée…

Mickaël Bosredon

Une note interne de la SNCF, datée du 16 février et envoyée par l’établissement de Bordeaux aux 600 contrôleurs de la région, et que 20 Minutes s’est procurée, suscite l’indignation en interne depuis lundi.

Intitulée « Présence groupe de migrants à bord », cette note demande aux contrôleurs, s’ils remarquent « un groupe constitué de population migrante » à bord des trains ou sur les quais, d’en « aviser l’escale », « d’essayer, si la situation le permet, de recueillir le maximum d’informations [nombre de personnes, présence d’enfants, gare de destination, raison de cette mobilité…] » enfin « rédiger un rapport circonstancié et factuel. »

La SNCF fait marche arrière

Contactée mardi par 20 Minutes, Séverine Rizzi, du syndicat CGT des cheminots de Bordeaux, estime que cette directive revient à « demander aux contrôleurs, dont ce n’est pas le but, de classer les migrants et de se comporter comme une milice de la préfecture. Il faudrait ainsi identifier les groupes de migrants, avant même de savoir s’ils ont ou pas un billet. »

Dans un communiqué, la CGT ajoute qu’il s’agit « d’une incitation à des pratiques de discrimination et de délation vis à vis d’une population d’usagers de par leurs origines ou leur apparence physique (…) Pire, les préconisations sous entendent que des usagers d’origine étrangère qui voyageraient en groupes seraient soit disant dangereux et en situation de fraude. »

« Dans le contexte actuel, que les contrôleurs puissent s’entendre dire qu’ils feraient la chasse aux migrants est inacceptable », poursuit la syndicaliste. Une réunion entre direction et syndicats est prévue ce mercredi à 14h30. Mais mardi en fin d’après-midi, la SNCF a tenté de déminer l’affaire. Elle affirme que cette note est « le fruit d’une initiative personnelle » et que « la direction régionale n’en avait pas connaissance et ne l’a donc pas validée ».

Une nouvelle note sera diffusée

Par ailleurs, « il a été demandé, dès connaissance de cette note par la direction mardi en tout début d’après-midi, de ne plus la diffuser car elle est en effet incomplète et fait preuve de maladresses ». Enfin, « cette note ne reflète en aucun cas la politique nationale de SNCF qui se doit de communiquer les coordonnées des services pouvant aider les populations concernées par la crise migratoire. »

D’ici à mercredi, « une nouvelle note sera diffusée et portera sur les “gestes métiers” à tenir de manière globale pour toute personne non munie de billet ». La CGT demande effectivement la diffusion d’une note revenant sur ces préconisations, et rappelant les missions des contrôleurs.

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Clichy-sous-Bois : trois hommes arrêtés pour anthropophagie

Ils ont violemment mordu leur victime à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant de consommer les morceaux.

Julien Constant

Le Parisien
19 février 2018

Trois Capverdiens ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente.

Vers 18 heures, allée Hector-Berlioz, quatre hommes se disputent pour une histoire d’argent. Trois hommes se liguent pour en frapper un quatrième. Ils le mordent violemment à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés. La victime se défend en portant des coups à ses agresseurs. Elle parvient à blesser l’un d’eux à une cheville.

La police et les secours sont finalement intervenus. Les trois agresseurs ont été arrêtés. Les deux blessés, victime et agresseur, ont été transportés à l’hôpital de Montfermeil (Seine Saint-Denis). Le commissariat est chargé de l’enquête.

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Retraite : les fonctionnaires japonais pourront travailler jusqu’à 80 ans

Le gouvernement japonais vient d’annoncer que l’âge limite de la retraite des fonctionnaires sera repoussé à 80 ans, contre 70 ans actuellement.

Pour sauver son système de retraite, le Japon n’y va pas par quatre chemins. Le gouvernement conservateur du Premier ministre Shinzo Abe vient d’annoncer, selon la RTBF, que l’âge limite de départ à la retraite des fonctionnaires s’établira à 80 ans, contre 70 ans actuellement. Une solution extrême pour un problème radical : le taux de natalité du Japon est le deuxième plus faible du monde – après la Corée du Sud – avec 1,4 enfant par femme, très loin du seuil de renouvellement établi à 2,1 enfants par femme. Cette mesure de rallongement permettrait ainsi de contenir le déficit budgétaire des retraites.

Conscient de l’ampleur du chantier, le gouvernement a précisé que, pour le moment, cette réforme ne s’appliquerait que sur la base du volontariat. Et le nombre de candidats potentiels ne manque pas : 27,7% des Japonais ont plus de 65 ans selon le National institute of sopulation and social security research (NIPSSR), l’Insee japonais. Parmi eux, 20% sont encore actifs. Il faut dire qu’ils n’ont pas véritablement le choix : 19% des seniors vivent sous le seuil de pauvreté.

Un autre élément vient compliquer la situation : le taux de chômage dans le pays s’élève à 2,8 % de la population. Il n’y a donc plus assez de demandeurs d’emplois, notamment dans la fonction publique. Et toujours selon le NIPSSR, le pays devrait perdre 39 millions d’habitants dans les 50 prochaines années, soit près du tiers de sa population actuelle.

This election season, the candidacy of Donald Trump has provoked a crise de conscience in the ranks of conservatives. But whatever our sympathy for those who banded together to oppose Trump in the January 21 issue of The National Review or for the politicians who have brawled with him on stage, and of whatever use such gestures are politically, they surely have had little value in clarifying the crisis of conservatism that has led to Trump’s rise. Instead of focusing on Trump’s business practices and on the ignorance of his supporters, conservatives might do well to consider the possibility that his success reflects an objective political reality: the relative uselessness in a victimocracy of taking “conservative positions,” when the more urgent task is to relegitimize the liberal-conservative dialogue through which policy has traditionally gotten made in a democratic republic. In a word, restoring the art of the deal.


As the defense of the legitimacy, if not the perfection, of the status quo, conservatism is less a doctrine than a rule of thumb, the simplest version of which is no doubt William F. Buckley’s “standing athwart history yelling ‘Stop!’” In the left-right dichotomy born with the seating arrangement in the Assemblée Nationale in 1789, the left defends the moral model of reciprocal equality while the right defends the privileges of firstness in the service of the community. For the left, inequality of reward, if not of power, is in principle illegitimate, and can be tolerated only out of necessity. For the right, social hierarchy, the reward of firstness, is valid in principle. The right is not necessarily conservative; the far right can be as militant in its defense of privileges as the far left in its attack on them. The beginnings of the moderate right philosophy that can specifically be called conservatism were defined in Edmund Burke’s 1790 Reflections on the Revolution in France as what we might call a zero-based philosophy of social change: if it ain’t broke, don’t fix it; appreciate the fact that it works at all.

As this suggests, with the extremes removed, the two sides are not symmetrical. The left demands major changes in the system, and seeks to accrue more power to the government in order to implement them. The right tends to find the system basically acceptable and agrees to change it only reluctantly, except perhaps to walk back some of the left’s changes. Yet the very fact of sitting in the same chamber implies that the two sides hope to reach a compromise through negotiation—as was still the case in 1789. As applied to non-revolutionary parliamentary situations, the right realizes that the left can disrupt the social order if its demands are not met; the left realizes that when the disruption reaches a certain level, the state, even under a left-leaning administration, must defend this order by force. So long as both sides sit together, they tacitly agree, as Churchill put it in a different context, that jaw jaw is preferable to war war.

This system has functioned, not without crises, throughout the history of American democracy. In particular, from the late 19th century through the 1950s, the elected representatives of the various regional, industrial, occupational, and other interest groups, most notably the countervailing market forces of capital and labor, negotiated over specifics while largely confining their moral arguments to rhetoric to rally their supporters. Conservatism was never a major consideration throughout this period; the Republican party, representing large and small business interests, generally took a Burkean perspective (exception: Teddy Roosevelt), but was little concerned with doctrine as such.

But since 1989, the perspective of the New Left, which began in the 1960s as a campus-based opposition to the Vietnam War and came to attack liberal democracy itself, has gone mainstream. After the fall of the USSR, the left no longer needed affirm the superiority of liberal democracy over communism; it was the only game in town. And now that the market system is tacitly understood by both sides to be the final system—Fukuyama’s end of history—a permanent quasi-revolutionary situation is paradoxically reestablished. Since the system is in principle invulnerable, there is no a priori limit to the degree of unrest it can tolerate. The result is an attitude analogous to the behavior of naughty children secure in their parents’ care, one that flourishes more freely on university campuses than in serious workplaces, but which nonetheless increasingly sets the tone for the Democratic party, as Sanders’ surprising success has revealed. In particular, there has been a growing tendency on the left to replace its formerstructural focus—defending labor against capital—by a fight against inequality attributed toascriptive differences—seeking justice within the Nazi-Jew/master-slave/colonizer-colonized model.

Because even in the past the left tolerated but never truly embraced the model of politics as negotiation among countervailing interest groups, the right has remained largely unaware of the revolutionary potential of this new development. In political terms, it is far easier to justify wealth differentials along structural lines than to defend against the attribution of differentials among ascriptive groups to “white privilege.”

Traditional conservatives, unprepared for this change in configuration, have been blind-sided by the resulting accusations of race and gender prejudice. The term “PC,” by which conservatives refer to the victimary phenomenon when they do so at all, reduces it to a matter of etiquette, ignoring its deeper political implications. The Republican presidential candidates have almost entirely avoided victimary issues despite their preponderance in the Democratic program: reducing incarceration and criminal prosecution, restraining the police, raising women’s pay from “77 cents on the dollar” and granting women sex-related health benefits, granting “transgendered” boys access to women’s bathrooms, identifying voter-ID laws with “voter suppression,” and generally treating Wall Street, the “one percent,” “millionaires and billionaires” and “the Koch brothers” not merely as greedy cheats but as sustainers of “white privilege”—not to speak of encouraging the “crybullying” about racism and the “rape culture” that goes on at college campuses. Only Trump and, while he was active, Ben Carson (whose recent endorsement of Trump confirms their agreement on this point) have conspicuously denounced PC, and none have made it the focus of their campaigns, except on the point of limiting immigration, which Trump has made so to speak his trump card.

And it goes unmentioned on the right as well as the left that the result of the latter’s promotion of minority concerns not as group interests but in the guise of victimary social justice is that, while its bureaucratic saviors enrich themselves, the minority community has experienced previously unknown levels of social disintegration, with results clearly visible in Detroit, Baltimore, Washington DC, Saint Louis…. There are precious few fora to the left of the ominous “alt-right” where such concerns can be aired.


As I pointed out in Chronicle 508, Trump embodies far more than he articulates resistance to the victimocracy. Yet this is indeed an issue concerning which, at this historical moment, embodiment is more important than articulation. Although Trump rarely denounces PC by name, his demeanor loudly proclaims his rejection of White Guilt—unlike Bernie, he has no trouble telling Black Lives Matter protesters that “all lives matter.” Trump’s unexpected staying power—leading to his “presidential” performance at the March 10 debate—reflects to my mind far more than attractiveness to the benighted bearers of poor-white resentment. On the contrary, Trump’s continual emphasis on “deals” suggests a sharp intuition of how to adapt conservatism to the current victimocratic context. Before we can exercise Buckley’s Burkean resistance to unnecessary change, we have to return to the left-right dichotomy of the Assemblée Nationale. What is required at this moment is not conservatism as usual, butsecond-degree conservatism, metaconservatism.

The contempt of the voting public for Washington’s inability to “get anything done” reflects the fact that under the current administration, the shift of Democratic politics from liberalism to progressivism, from focusing on the concerns of the working class to those of ascriptive minorities, involves a fundamental change from defending interests to seeking justice. The first can be negotiated on a more or less level footing with opposing interests; the second can only be resisted by unregenerate evil-doers, which is more or less the way the current president and his potential Democratic successors characterize the representatives of the other party. In this noxious context, the (meta)conservative position is not to deny victimary claims, but tonormalize them: to turn them back into assertions of interests to be negotiated as political questions were in days of old—in a word, into issues that can be settled by making a deal.

Victimary activism should not in itself guarantee representative status for its leaders on campuses and elsewhere. But when university officials find it appropriate to hold discussions with representatives of the black or gay or Muslim student body, by making it clear that they view the latter as interest groups rather than as communities of the oppressed, they can avoid putting themselves, as such officials all too often do, in a situation of moral inferiority. There is no reason not to allow a group to express what it considers its legitimate interests; there is every reason not to consider the expression of these interests a priori as “demands for justice.”


In their preoccupation with denouncing Trump as a false conservative, the guardians of the flame forget that at a time when the victimary left seeks to portray the normal order of things in American society as founded on privilege and discrimination, Trump’s supporters turn to him as a figure of hope because his mind, unclouded by White Guilt, views the political battlefield, foreign as well as domestic, as a place for making deals. This used to be called Realpolitik.

All too often, to read today’s mainstream press, let alone more extreme publications such as the new New Republic or Salon, is to be subjected to the verbal equivalent of race war. The political discourse of Sanders and Clinton is deeply impregnated with this same rhetoric. Whether or not Trump is its nominee, I hope the Republican party does not need another general election loss to teach it that to articulate and defend a conservative position today, it is first necessary to reject the victimary moralization of politics and return to the liberal-democratic continuum within which conflicts can be mediated. At that point, regardless of the party in power, liberals and conservatives can argue their points, and then come together and make a deal.

Voir aussi:

The Archbishop of Canterbury tells why the Easter story can help humanity escape a lethal cycle of fear and resentment

A couple of weeks ago, there was a sadly predictable report of the reaction from some ultra-conservative Christian groups to the BBC’s advance publicity for its dramatisation of the passion of Jesus. The author and producer had underlined the fact that they were presenting a fairly nuanced view of the characters of the ‘villains’ of the story such as Judas and Pilate; the Christian critics responded by complaining that this was being unfaithful to the Bible. These characters were bad and that was an end of it.

Viewers of the series will have their own judgment. But the alarming thing is that anyone should think that the story of Jesus’s death is a story about the triumph of bad men over good ones, with the implication that if we’d been there we would have been on the side of the good ones.

It’s not only that the biblical story, especially St John’s Gospel, shows us just the mixed motives that can be seen in figures such as Pilate and the High Priest. Much more importantly, the entire message of the Bible on this point is that the problem begins with us, not them. Jesus is killed because people who think they are good are in fact trapped in self-deception and unable to get out of the groove of their self-justifying behaviour. And the New Testament invites every reader to recognise this in himself or herself.

In recent years, a number of Christian writers, inspired by French critic and philosopher René Girard, have stressed with new urgency how the Bible shows the way in which groups and societies work out their fears and frustrations by finding scapegoats.

Because we compete for the same goods and comforts, we need to sustain our competition with our rivals and maintain distance from them. But to stop this getting completely out of hand, we unite with our rivals to identify the cause of the scarcity that makes us compete against each other, with some outside presence we can all agree to hate.

Just as the BBC drama suggested, Jesus’s context was one where Judaeans and Romans equally lived in fear of each other, dreading an explosion of violence that would be destructive for everyone. Their leaders sweated over compromises and strategies to avoid this. In such a context, Jesus offered a perfect excuse for them to join in a liberating act of bloodletting which eliminated a single common enemy. The spiral of fear was halted briefly.

Frequently in this mechanism, the victim has little or nothing to do with the initial conflict itself. But in the case of Jesus, the victim is not only wholly innocent; he is the embodiment of a grace or mercy that could in principle change the whole frame of reference that traps people in rivalry and mutual terror.

Thus the scapegoat mechanism is exposed for what it is – an arbitrary release of tension that makes no difference to the underlying problem. And if you want to address the underlying problem, perhaps you should start listening to the victim.

For many of our contemporaries, the Christian message is either a matter of unwelcome moral nagging or a set of appealing but finally irrelevant legends. If it has a place in our public life or our national institutions, it is on the basis of a slightly grudging recognition that ‘it does a lot of good work’ and represents something about continuity with our past.

But what if the Christian story offered more than this? What if it proposed a way of understanding some of the most pervasive and dangerous mechanisms in human relationships, interpersonal or international?

It doesn’t take much imagination to see how internally divided societies find brief moments of unity when they have successfully identified some other group as the real source of their own insecurity. Look at any major conflict in the world at the moment and the mechanism is clear enough. Repressive and insecure states in the Islamic world demonise a mythical Christian ‘West’, while culturally confused, sceptical and frightened European and North American societies cling to the picture of a global militant Islam, determined to ‘destroy our way of life’.

Two fragile and intensely quarrelsome societies in the Holy Land find some security in at least knowing that there is an enemy they can all hate on the other side of the wall. A crumbling dictatorship in Zimbabwe steps up the rhetoric of loathing and resentment towards the colonial powers that create the poverty and the shortages. Nearer home, disadvantaged communities make sense of their situation by blaming migrants and asylum seekers.

It’s not that the fears involved are unreal. Global terrorism is a threat, Israel and Palestine really do menace each other’s existence, colonialism isn’t an innocent legacy and so on. But the exploitation of these real fears to provide a ‘solution’ to more basic problems both breeds collective untruthfulness and makes any rational handling of such external fears infinitely harder.

It breeds a mentality that always seeks to mirror the one who is threatening you. It generates the ‘zero-sum game’ that condemns so many negotiations to futility. Worst of all, it gives a fragile society an interest in keeping some sort of external conflict going. Consciously or not, political leaders in a variety of contexts are reluctant to let go of an enemy who has become indispensable to their own stability.

The claim of Christianity is both that this mechanism is universal, ingrained in how we learn to behave as human beings and that it is capable of changing.

It changes when we recognise our complicity and when we listen to what the unique divine scapegoat says: that you do not have to see the rival as a threat to everything, that it is possible to believe that certain values will survive whatever happens in this earth’s history because they reflect the reality of an eternal God; that letting go of the obsessions of memory and resentment is release, not betrayal.

People may or may not grasp what is meant by the resolution that the Christian message offers. But at least it is possible that they will see the entire scheme as a structure within which they – we – can understand some of what most lethally imprisons us in our relationships, individual and collective. We may acquire a crucial tool for exposing the evasions on which our lives and our political systems are so often built.

Yes, the Christian church has been guilty of colossal evasion, colluding in just those scapegoating mechanisms it exists to overcome. Its shameful record of anti-semitism is the most dramatic reversal of the genuine story it has to tell, the most dramatic example of claiming that the killing of Jesus was indeed about them and not us.

But it keeps alive that story. Every human society needs it to be told again and again, listening to the question it puts, whether or not people identify with Christianity’s answer. The point of the church’s presence in our culture is not to be a decorative annexe to the heritage industry, but to help us see certain things we’d rather not about common responsibility – and the costly way to a common hope.

Voir de plus:

The Rise of the Victim Bully

The imaginative conservative
Aug. 2, 2015

One of Christianity’s contributions to civilization has been a startling compassion for the victim. As René Girard has pointed out, from the beginning of time primitive peoples focused their animus on the outsider, the oddball, or the eccentric in their midst. It was the disabled, the alien, the poor, and the weak who most often took the blame for society’s ills. The crowd turned on them as the origin and cause of their problems. They became the scapegoat. As they were ostracized, excluded, persecuted, and killed, the source of the tribe’s problems was eliminated.

Consequently, the tribe felt cleansed. The violence unleashed a feeling of power and freedom. As the evil was purged, thrill surged. All was well. Life could continue and the tribe could prosper. Until, of course, another crisis developed—and at that point another victim would be needed. Because of the regularity of the crises, religions developed the ritual of regular sacrifice. Victims were found, throats were cut, blood was shed, and if animals were substituted, it did not mitigate the truth that the society still ran on the blood-fuel of the victim.

This may seem terribly primitive in a modern age, until one see videos of ISIS soldiers ritually beheading their victims. Modern Americans may think they are far removed from the barbarities of the Aztecs until they view a video of a wine-sipping high priestess of the cult of abortion describing how she dismembers children and harvests their organs. Is this so far removed from the haruspication of the ancients? When crazed and enraged young men—be they Islamist or racist extremists—open fire on their innocent victims, are we so far from Girard’s theory of the scapegoat?

Girard points out that Jesus of Nazareth turned the model on its head. He does so first by valuing the victim. The poor, the outcast, the crippled, diseased, blind, and demon-possessed are his prizes. He treasures children and magnifies women. He turns the sacrificial system upside down not only by valuing the victim, but by becoming the victim. He accepts the victim role and willingly becomes “the Lamb of God” who takes away sin of the world. He defeats the sacrificial system by embracing it. He breaks it from the inside. For the last two thousand years, the world has been learning that the victim is the hero.

The problem is that everyone is jumping on the bandwagon. Being a victim is fashionable—ironically, becoming bullied is now the best way to bully others. It works like this: If you want to move forward in the world, make progress for you and your tribe, further your ambitions, justify your immoral actions, grab a bigger piece of the pie, and elbow others away from the trough, simply present yourself and your tribe as victims. Once you successfully portray yourselves as a poor, outcast, persecuted, minority group you instantly gain the sympathy of all.

The first key to success in this campaign is to portray your victim condition as something over which you have no control. This is clear when the victim group is a racial or ethnic minority. The same sense of unjust destiny has to be produced for other groups. So the feminists have exploited the technique to portray all women as downtrodden. Homosexual campaigners have likewise insisted that their condition is something they were born with, and now anyone with a sexual proclivity that is other than heterosexual can be portrayed as a misunderstood and persecuted victim.

People suffering from any kind of illness, disability, or misfortune are victims of some sort of injustice, cruelty, or neglect. Those who suffer from poverty, addiction, broken families, psychological problems, emotional distress, or just plain unhappiness are victims too. The victim mentality is linked with an entitlement culture: Someone must be culpable for the unhappiness of the victims because someone should be responsible for making them happy.

The second step in effective victim-campaigning is to accumulate and disseminate the propaganda. Academic papers must be written. Sociological studies must be undertaken. Groundbreaking books must be published. Stories of the particular minority group being persecuted must make front page news. The whimpers of the persecuted must rise to heaven. The shock at their victimhood must be expressed as “sadness,” “concern,” and “regret.” If one is not sympathetic, if one is reticent to pour balm in the victim’s wounds, then the bullying begins. You must recognize the victim. You must be sympathetic. You must be tolerant. You must join the campaign to help the victim, solve their problems, and make them happy at last. If you do not, you are not only hard-hearted, you are part of the problem.

The third stage of the campaign is the release of anger. Once the victim is identified and the information is widespread, the rage can be released. The anger must be expressed because, without knowing it, a new cycle of tribal scapegoating has developed. As the tribe gathers around the victim in sympathy, they must find the culprit, and their search for the culprit (whether he is guilty or not does not matter) sends them on the same frantic scapegoating quest that created their victim in the first place. The supposed persecutors have now become the persecuted. The unhappiness of the tribe (which presents itself as sympathy for the victim) is now focused on violence against the new victim—and so the cycle of sin and irrational rage continues.

Observe American society today. Everywhere you look we are apportioning blame and seeking scapegoats. The blacks blame the whites. The whites blame the blacks. The homosexuals blame the Christians. The Christians blame the homosexuals. The Republicans blame the immigrants. The immigrants blame the residents. The workers blame the wealthy. The wealthy blame the workers.

Why has our society descended into the violence of scapegoating and blame? Because it is inevitable. The victimhood cycle will continue through cycles of revenge and further victimhood unless there is an outlet.

Where is there an end to the cycle of violence and victimization? There is only one solution: Find a constant victim—one who is the eternal victim and remains the victim. How is this done? It is done within the religion of a society. If a society has a religion of sacrifice the ritual victim becomes the focus of the tribal animus. The ritual victim becomes the constant scapegoat. The ritual victim becomes the psychological safety valve.

Catholicism, of course, is the only religion in the modern world which, astoundingly, still claims to be offering a sacrifice. This is why the ancient celebration of the Mass is still so vital in the modern world—because there the one, full, final sacrifice is re-presented for the salvation of the world.

The problem is that we are not a sacrificial and a sacramental people. We do not understand what the liturgy calls “these holy mysteries.” Most Catholics in America are embarrassed by the language of sacrifice. We are a blandly utilitarian race–shallow, and lacking in imagination. We are uncomfortable with blood sacrifices and cannot understand the rituals of redemption. American Catholics prefer their liturgy to be a banal family meal where they sing happy songs about making the world a better place. It is no longer a sacred sacrifice or a holy mystery, but a cross between a campfire and a pep rally.

Nevertheless, when the religion in a culture offers the mysteries of sacrifice the urge to lay blame is assuaged, the cycle of blame finds its proper resolution. As the eternal victim is offered the mystery unfolds, and the words, “Behold the Lamb of God who takes away the sin of the world” echo more profoundly than we ever could have imagined.

Voir encore:

As anyone who reads this blog knows, I am a hardcore devotee of the ideas of Rene Girard.  I’ve tried before to set out, in a big picture way, why I think his ideas are so important and so fruitful–not just in terms of Christianity or religion, but in general.  But those things I mentioned are big-picture concepts, and can be seen as somewhat abstract.  If you want some specific idea of Girard’s, one that is directly relevant to our current political and cultural situation, I think his most trenchant idea is his discussion of the Cult of Victimhood.

In Girard’s analysis, the Cult of Victimhood is, though unacknowledged by its practicioners, literally a Christian heresy (or more accurately, a Judeo-Christian heresy, if one can say that).  For Girard, the death and resurrection of Jesus Christ reveals to the world the mechanism of scapegoating–a victim is selected from among the people and sacrificed in order to discharge our rivalrous, imitative desires, and that sacrifice becomes both ritualized and camouflaged so that we are unaware of our participation.  Jesus, finishing a process begun at the beginning of the Hebrew Scriptures, comes to strip off the veil over our eyes, to reveal to us the truth.  Where once we held fast to the idea that the victim really deserved to be sacrificed, we now understand that the victim is innocent.

Girard insists that this bell cannot be un-rung, and society can never go back to the way it was prior to Easter Sunday.  But that does not mean that scapegoating is ended forever.  It simply means that we as a people cannot rely on the simplistic old versions of the sacred to sustain the Big Lie.  Instead, if we want to avoid the hard work of imitating Jesus, forgiving our enemies, and learning to live in peace, we have to construct a new version of the Big Lie.  This new narrative has to incorporate on some level what Alison calls the « Intelligence of the Victim » that is provided by Jesus’s life, death and resurrection (since that is now a permanent part of human understanding), while still finding a way to create space for sacrificing victims.

One way to do this, as Jean-Pierre Dupuy has explored in Marks of the Sacred and Economy and the Future, is to set up supposedly « neutral, » technocratic systems to, in essence, « do the dirty work for you » while keeping a clean conscience (« I’m not punishing the poor, it’s just ‘market forces’ that are leaving people destitute » etc.).  But the other way is through the Cult of Victimhood.  The Cult of Victimhood begins by appropriating the Intelligence of the Victim, recognizing the truth that discrete groups are often persecuted unjustly by virtue of being a discrete group, and not as a result of anything for which they are responsible.  And the Cult of Victimhood insists, correctly, that persecution of the particular discrete group at issue is unjust and should be stopped.  So far, so good.  But then the Cult of Victimhood turns being a victim into a status, defining itself in terms of the marker (either directly or indirectly) of having been through the experience of being a victim.

The Cult of Victimhood is thus an inversion of the normal, pre-Christian process of the Sacred–rather than the majority forming an identity over and against some identifiable minority victim or group of victims through the process of victimization, the minority forms an identity over and against the majority by virtue of being victimized, either presently or at some point in the past. This creates three serious problems.  First, the identity of the group is tied up in the status of being a victim.  Thus, perversely, there is an incentive for the minority to seek to be victimized, because it supports and reinforces the group identity, leading to counter-productive co-dependent relationships with the persecuting majority.  Or, at a minimum, the minority needs to perceive itself as being victimized in order to shore up its self-identity, leading to incentives to find persecution behind every rock or tree, even when it is not there.

The second problem is that the Cult of Victimhood is it creates a tempting platform to seize the moral high ground.  In light of the message of Jesus, we have an obligation to have special moral concern for victimsas victims.  But it does not follow that those that are victimized have some special moral qualities or status by virtue of being victims.  Being a victim does not necessarily make you wiser, or more just, or better able to discern moral realities in the world around you, because being a victim is ultimately and fundamentally arbitrary.  As the great Ta-Nehisi Coates says, « [w]e, too, are capable of fictions because, as it turns out, oppression confers no wisdom and is rarely self-improving. »  But the Cult of Victimhood seizes on being a victim to provide a kind of imputed righteousness.  Once again, this is an inversion for the old vision of the Sacred–whereas before the society explained that victims became victims through some narrative of moral failure, now the victims understand their victim status through a narrative of their own moral superiority.

In doing so, it sets up a purely binary, Manichean distortion of the Gospel message, dividing the world into fixed categories of victims who are righteous and victimizers who are unrighteous.  This binary system acts as a kind of moral shield for their own behavior.  The logical chain goes like this:  because I am a victim, I am righteous; because I am righteous, those that challenge or critique that righteousness (especially if the critique comes from those that victimized me) are per se wrong and their critique is per se illegitimate; thus, I can stay in a comfortable bubble of my own imputed righteousness.  Because I am an innocent victim, I don’t have to take seriously any critiques of my own actions.

This in turn leads to the third problem.  Because of the power of feature #1 and especially feature #2 of the Cult of Victimhood, everyone wants to get in on the action.  And, given both the pervasive nature of scapegoating and the cultural awareness of the phenomenon (even if inchoate) brought about by thousands of years of Judeo-Christian presence, everyone can get in on the action if they look hard enough.  Everyone can craft a story of why they are the « real » victims over and against some group of victimizers.  What results is an utterly intractable set of mutually incompatible victimhood narratives, in which every group is the righteous but persecuted minority over and against some nefarious overculture.

In an attempt to resolve this deadlock, the basic instinct (especially for the partisans of one competing narrative or another) is to try to adjudicate who are the « real » victims and who is the « fake » victims.  Girard would insist that this is an utterly futile activity, because all of these stories of victimhood are on some level true and on some level self-serving nonsense.  The fact of being the victim is true, but the narrative of why the victimization occurred, tied into to some group identity and moral status, is not.  And it is not true because, again, being a victim is arbitrary.  Sometimes you are victimized because of some trait you happen to have (like race or gender), sometimes it is because of some social group you happen to belong to that happens to be on the short end of the stick for whatever reason (like LGBT folks), sometimes it is for no reason at all.  The only real difference between the victim and the victimizer is circumstance.  Or, to put it another way, there has only been one truly innocent victim in all of history, and He was last seen outside of Jerusalem 2000 years ago and 40 days after Easter Sunday.

Again, it’s crucial, here and elsewhere, to draw a very clear line between the fact of victimization and the status as a victim.  People get victimized, and we have a moral obligation to try to end the victimization.  But the Cult of Victimization makes that project more difficult, because it weaponizes victimization and intermixes genuine victimization with dubious claims of moral righteousness.  It also incentivizes out-and-out bogus claims of victimization, because the power of victimhood status is to enticing.

To see an example of the Cult of Victimhood in action, consider this piece from Andrew Sullivan about Trump.  In the piece, Sullivan makes the point that one key dimension of why white, working-class voters have rallied to Trump is the disdain shown by cultural elites (mostly liberal but also conservative, to the extent those are still distinct categories) toward the culture and values of said white working-class people.  The reaction on social media to the piece was very telling.  Instead of pushing back on the thesis (i.e., « you are wrong, Andrew, we don’t disdain the values of these folks. »), or to admit the thesis and stand firm on the position (i.e. « yes, Andrew, we do disdain the values of these folks because these values are bad. »), the reaction was to criticize Sullivan for failing to assert that racism (and, to a lesser extent, homophobia) was the « real » reason why these voters were supporting Trump.

First off, Sullivan does talk about that in the piece.  But, more to the point, seizing on Sullivan’s purported failure to talk about race or homophobia is a way to side-step and de-legitimize the basic point that cultural elites disdain a big chunk of the population.  Because, if the « real » issue is race or homophobia, then in the Cult of Victimhood world the issues and objections of white working class folks are per se illegitimate, because they are the unrighteous victimizers.  In other words, yelling at Sullivan for failing to talk about race is another way of saying « their assertion of victimhood status is bogus because my victimhood status is real, and because my victimhood status is real their assertion of victimhood status must be bogus. »  And, of course, the same story can (and is) being said on the other side.  Which is why, along the lines of Sullivan’s piece, the 2016 U.S. Presidential election has been a heretofore unprecedented orgy of the Cult of Victimhood from all sides, and promises to become even more grotesque as we get closer to November.

Or, let’s take a perhaps less weighty example, from my geekdom of choice, tabletop role playing games.  To my utter shock, tabletop role-playing games are undergoing a renaissance.  A month or so ago, Slate, that bastion of middle-brow coastal opinion, published an article praising the Youtube show « Critical Role, » calling it « flat out great television. »  Now, I really like « Critical Role, » and it is a very well done show with interesting and engaging personalities, but at the end of the day it is an extended (usually four hours at a time!) video of a bunch of people playing Dungeons and Dragons.  If you told Middle School me that filmed D&D games would be covered and praised in the media, my head would have exploded.

My head would have exploded because when I was a kid there was a bias against geeky activities like D&D.  Now, I don’t want to oversell this–it would be grossly exaggerated to say most people into geeky stuff were persecuted, and it should never be compared to what is experienced by racial or sexual minorities.  But it was social disfavored, and the stigma was real.  For example, I kept my interests in this area mostly to myself as an adult, and kept the hobby at arms-length–I felt that people would perceive it as immature or weird.  I’ve shed that idea, partially out of a sense that letting what people think of your fun dictate what you do is lame and counter-productive, but also because it has become clear than no one cares anymore.

So, this should be a great time to be a tabletop RPG fan, and everyone should be happy, right?  Not quite.  It turns out there is a deeply toxic element of the tabletop RPG culture, one that has full-throatedly embraced the Cult of Victimhood.  Here’s a good example.  The basic claim is that there is a culture of sexual harassment in the hobby, directed an women in particular.  Immediately with the first commenter, we see the classic Cult of Victimhood push-back–« I am not the victimizer, because I am the victim of your persecution. »  Again, we see the clear binary, which is that if I am a victim, I cannot be a victimizer, and for me to be a victim, I need you, or someone else, to be the victimizer.

One theme, and this runs through much of the toxicity in geek culture (seen most clearly with « Gamergate »), is that the presence of women in the hobby is The Worst and is ruining it.  Here, I will simply restate my view that mixed gendered scenarios are basically always better than single gendered ones.  But the reflexive misogyny is not really about concrete experiences, but about the Cult of Victimhood.  A person who was rejected by the broader culture (which, to an adolescent male, is often identified with girls) builds an identity around the notion of being excluded and marginalized by « them. »  When « they » attempt to enter those spaces, this identity formed via perceived victimhood is threatened.  Thus, something which would logically be seen as a victory (« Girls once shunned me for playing tabletop RPGs, and now they want to play, too! ») becomes an existential threat.  By excluding these intruders, identity is maintained–at the cost, of course, of victimizing innocent women who just want to play a game.  But that reality doesn’t have to be faced, because it can be shunted aside in the binary narrative of the Cult of Victimhood.

My point in using these two examples is not pass judgment on the validity of the victimhood claims involved (though, from where I sit, the claims of victimization of racial and sexual minorities, as well as women in the RPG space, seem mostly real; the claims of male gamers seem mostly bogus; and the claims of white working class folks seem to be some combination of truth and self-serving fantasy).  The point is to talk about how the Cult of Victimhood works, and why it makes these kinds of debates so intractable.  No matter how real the persecution, the stories people tell regarding the persecution are fundamentally unreliable, especially if they divide the world into an « us » and a « them. »  And, once they are a « them, » we can stay safe in our bubble of righteousness.

The power of Girard’s ideas, for me, is the constant and destabilizing claim of a radical equality–we are all victims, and we are all victimizers.  This doctrine cuts through both our self-serving claims to goodness as well as the paralyzing guilt of our wickedness. Our only escape from the Cult of Victimhood is to find a way to embrace the hard teaching of Elder Zosima:

There is only one means of salvation, then take yourself and make yourself responsible for all men’s sins, that is the truth, you know, friends, for as soon as you sincerely make yourself responsible for all men, you will see at once that it is really so, and that you are to blame for everyone and all things.

The story of Donald Trump’s stunning upset victory, according to exit poll data, is very clear: He won the white working class by an unprecedented margin, and held on to a surprising majority of college-educated whites. That allowed him to flip heavily white areas of states like Wisconsin and Pennsylvania that had voted for Obama.

The big questions now are: Why this? And why now?

One answer you’ll hear is economic: that those white-working class voters were angry in the wake of the Great Recession and the ongoing job losses due to globalization, and were looking for someone to blame. This may end up being part of the general election story — we don’t have enough data to say for sure.

But preliminary data suggests it is hardly all of it. An analysis from USA Today’s Brad Heath found that Hillary Clinton got crushed in counties where unemployment had fallen in the late Obama years:

There’s something deeper going on here. And to understand this part of the story, you need to look beyond American borders. It’s tempting to think of Trump as something uniquely American, but the truth is that his rise is being repeated throughout the Western world, where far-right populists are rising in the polls. They’re not rising because of their economies. They’re gaining unprecedented strength because of their xenophobia.

In Hungary, the increasingly authoritarian prime minister, Viktor Orban, has started building a wall to keep out immigrants and holding migrants in detention camps where guards have been filmed flinging food at them as if they were zoo animals. In Italy, the anti-immigrant Northern League, led by a politician who has attacked the pope for calling for dialogue with Muslims, is polling at more than three times its 2013 level, making it the country’s third most popular party. And in Finland, the Finns Party — which wants to dramatically slash immigration numbers and keep out many non-Europeans — is part of the government. Its leader, Timo Soini, is the country’s foreign minister.

Those leaders were among the first to praise the president-elect. Marine Le Pen, who runs an increasingly popular French far-right party, tweeted in elation: “Congratulations to the new president of the United States Donald Trump and to the free American people!”

Politicians like Le Pen and Orban share Trump’s populist contempt for the traditional political elite. They share his authoritarian views on crime and justice. But most importantly, they share his deeply negative views of immigrants, his belief that Muslims are inherently dangerous, and his stated support for closing the borders to refugees and economic migrants alike.

These parties’ values are too similar, and their victories coming too quickly, for their success to be coincidental. Their platforms, a right-wing radicalism somewhere between traditional conservatism and the naked racism of the Nazis and Ku Klux Klan, have attracted widespread support in countries with wildly different cultures and histories.

A vast universe of academic research suggests the real sources of the far right’s appeal on both sides of the Atlantic are anger over immigration and a toxic mix of racial and religious intolerance. That conclusion is supported by an extraordinary amount of social science, from statistical analyses that examine data on how hundreds of thousands of Europeans to books on how, when, and why ethnic conflicts erupt.

We cannot understand Donald Trump’s victory, then, without understanding this global wave of what CNN anchor Van Jones memorably summed up as a “white lash.”

The resentment of the privileged

Political scientist Roger Petersen has argued, persuasively, that ethnic conflict around the world is often driven by something he calls “resentment”: the feeling of injustice on the part of a privileged portion of society when it sees power slipping into the hands of a group that hadn’t previously held it. Drawing on social psychology, he theorized that one of the underappreciated causes of ethnic violence was a change in the legal and political status of majority and minority ethnic groups.

In his book, Understanding Ethnic Violence, Petersen argues that his theory helps explain the causes of other cases of ethnic violence in Eastern Europe, including the carnage in the Balkans in the 1990s. Other scholars have since found that it could be used to understand communal violence elsewhere in the world.

A 2010 paper published in the journal World Politics tested Petersen’s theory, looking at 157 cases of ethnic violence in nations ranging from Chad to Lebanon. It found strong statistical correlations between a group’s decline in status and the likelihood that it turns to violence against another group.

What does any of this have to do with Donald Trump?

Petersen predicts that ethnic struggle should play out differently when governments are weak, as in the wake of a Nazi invasion, versus when they’re strong, as in modern France. In nations with strong and legitimate governments, the loss of status by a privileged group is extremely unlikely to produce large-scale ethnic slaughter.

But « resentment » on the part of the previously dominant group doesn’t just dissipate; it is simply channeled into another way of clinging to power and preventing another group from attaining it. Like, say, elections and government policies.

« Dominance, » Petersen writes, « is sought by shaping the nature of the state rather than through violence. »

While Petersen’s book focuses on Eastern Europe, his framework applies to all different kinds of countries. So when post–World War II Europe experienced a massive wave of immigration, in large part from nonwhite and Muslim countries, Petersen’s work would predict a major backlash. Ditto when the United States ended Jim Crow, allowing black people to participate as formal equals, and when it experienced a mass wave of Latino immigration.

What you saw in many of these countries was a very different kind of population moving in and occupying social roles that had previously been reserved for white Christians. This was the ultimate change in social hierarchy. Nonwhites, who had historically been Europe and America’s colonial subjects and slaves, were now becoming its citizens. They weren’t just moving in; they were changing its society.

The question wasn’t whether there would be a massive electoral backlash. It was when.

The rise of the European far right

For Jean-Marie Le Pen, arguably the father of Europe’s far-right political movement, the backlash began in earnest in 1984. His political party, the Front National (FN), won about 11 percent of the French national vote in the 1984 elections to the European Parliament. It was the first major electoral victory for a party of its kind.

Le Pen had founded the party 12 years earlier. It was a populist party, one that argued that ordinary people were being exploited by a corrupt class of cosmopolitan elites. They were also authoritarian, constantly warning of the dangers of crime and the need for a harsh state response.

But above all else, the FN was xenophobic. Its members believed the postwar wave of immigrants threatened the French nation itself; stopping more from coming in was the only thing that could save the country from being overrun. The party cleverly avoided labeling nonwhites “inferior,” but instead sold their xenophobia as a defense of “French culture” — rhetoric that functioned very similarly to Trump rhetoric about Latino crime.

« Immigration is the symbolic starting point for the debate of the future of the French nation, » FN politician Jean-Yves Le Gallou once said.

The FN’s success spawned imitators. In 1986, Jörg Haider — a firebrand who once praised Hitler for having a « proper employment policy » — took over Austria’s Freedom Party (FPO), transforming it into a xenophobic party along the FN’s lines. In 1999, the FPO came in second in Austria’s parliamentary elections, joining a government led by the center-right People’s Party.

In 2001, a Dutch sociology professor named Pim Fortuyn launched a new political movement — oriented entirely around opposition to Muslim immigration. « I don’t hate Islam, » he once said. « I consider it a backward culture. »

By 2002, Fortuyn’s new party, the Pim Fortuyn List, was second in the national polls. Fortuyn was assassinated by a far-left activist that year but was succeeded by another charismatic populist, Geert Wilders.

Wilders, who declared in July that « I don’t want more Muslims in the Netherlands and I am proud to say that, » leads the third-largest bloc in the Dutch parliament. Wilders’s party, the ironically named Party for Freedom, is consistently leading the polls ahead of the March 2017 national elections.

There are many others examples. The British far-right party, the United Kingdom Independence Party, played a crucial role in fueling the Brexit vote. In France, meanwhile, Le Pen’s daughter Marine has shed many of her father’s most controversial statements — his denial of the Holocaust, for instance — and turned herself into the kinder, gentler face of the party he founded decades earlier. Recent polling shows her near the top in the 2017 presidential election.

The rise of these parties has been studied extensively — and the evidence is quite conclusive. These parties’ success was driven by fear of immigrants.

« What unites the radical right is their focus on immigration, » Elisabeth Ivarsflaten, a professor at the University of Bergen in Norway who studies the far right, told me in a recent interview.

In a 2008 paper, she looked at data on vote shares for seven European far-right parties, to try to figure out why people voted for them. She found that a person’s support for restricting immigration was « close to a perfect predictor » of one’s likelihood of voting for a far-right party.

By contrast, people’s views on other political questions — like economics or trust in government — didn’t have nearly the same predictive value. You can see this in the following chart from her paper. The Y-axis is the probability of voting for a far-right party; the X-axis is the level of support for restrictive immigration policies, right-wing economic views, and the like. The difference between immigration policy preferences and the others is striking:

« This study therefore to a large extent settles the debate about which grievances unite all populist right parties, » Ivarsflaten concluded. « The answer is the grievances arising from Europe’s ongoing immigration crisis. »

Eight years later, after running tests on newer data for a forthcoming paper, Ivarsflaten believes the thesis still holds.

Crucially, the research also suggests that these people are driven by cultural grievances rather than economic ones — Petersen’s resentment theory, almost to a tee.

The most systematic effort to assess this, to date, comes from Harvard University’s Pippa Norris and the University of Michigan’s Ronald Inglehart. Norris and Inglehart looked at 12 years of European Social Survey data, surveying a whopping 294,000 respondents, to figure out the relationship between economic and cultural grievances and support for the European far right.

They found something startling: Earlier research suggesting the European far right draws support from globalization’s losers was simply wrong. Instead, it was from exactly the kind of people who voted for Donald Trump in the 2016 election.

« The strongest populist support, » they write, « remains among the petty bourgeoisie — typically small proprietors like self-employed plumbers, or family owned small businesses, and mom-and-pop shopkeepers — not among the category of low-waged, unskilled manual workers. »

Only one of the five economic variables they tested — employment status — correlated well with support for the populist right. That held true even when they controlled for variables like age, sex, ethnic identity, and minority status.

Then they set up an alternative model, one that tested whether five distinct cultural factors — like anti-immigrant attitudes and authoritarian values — would predict support for the far right. Every single one did.

In short: There was no good evidence that economic anxiety was driving cultural resentment. Economics played some contributing role, but it seems much more likely that the far-right backlash is about what the far-rightists say it’s about: immigration, race, and culture.

« [Populists’] greatest support is concentrated among the older generation, men, the religious, majority populations, and the less educated — sectors generally left behind by progressive tides of cultural value change, » they write.

You can’t understand Trump’s win without understanding this global movement

Far-right leaders like Le Pen have every reason to be elated by Trump’s win. He ran on an Americanized version of the European far-right platform. He essentially turned the Republican Party into a vehicle for their style of populism, and used it to win a national election in the world’s most powerful country.

Like his European counterparts, Trump has eschewed overt discussion of racial superiority during his campaign. He claims to have « a great relationship with the blacks » and tweets things like, « I love Hispanics! » He also claims to be an American nationalist standing up against a corrupt elite in hoc to « the false song of globalism. » One of his favorite descriptions of his worldview is « America First, » a slogan coined by World War II–era isolationists and anti-Semites.

Protestations aside, the bigotry that runs through Trump’s rhetoric is pretty blatant.

Trump first became a major political figure as leader of the birther movement — the people who questioned whether Barack Obama was really a natural-born US citizen — in 2011, taking advantage of racial anxieties about a black president to turn himself into a GOP power broker. He has claimed that a Mexican-American judge shouldn’t hear a case involving him because of the judge’s Hispanic background, described life in black communities as an unending hellscape of crime and poverty, and implied that all Muslim immigrants were potential terrorists. He deployed classic anti-Semitic rhetoric, warning of dark international banking conspiracies rigging the system against ordinary Americans.

Data from the primary shows that this kind of rhetoric was absolutely critical to his appeal. Over the summer, Michael Tesler, a professor at the University of California Irvine, took a look at racial resentment scores among Republican primary voters in the past three GOP primaries. In 2008 and 2012, Tesler found, Republican voters who scored higher were less likely to vote for the eventual winner. The more racial bias you harbored, the less likely you were to vote for Mitt Romney or John McCain.

With Trump, the opposite was the case. The more a person saw black people as lazy and undeserving, the more likely they were to vote for the self-proclaimed billionaire.

 

Tesler found similar effects on measures of anti-Hispanic and anti-Muslim prejudice. This shows that Trump isn’t drawing support from the same type of Republicans who were previously picking the party’s winners. He’s mobilizing a new Republican coalition, one dominated by the voters whose political attitudes are driven by prejudice.

« The party’s growing conservatism on matters of race and ethnicity provided fertile ground for Trump’s racial and ethnic appeals to resonate in the primaries, » Tesler wrote at the Washington Post in August. « So much so, in fact, that Donald Trump is the first Republican in modern times to win the party’s presidential nomination on anti-minority sentiments. »

It’s too soon to say how much, precisely, this explains about Trump’s stunning general election performance.

But we do have enough evidence to say that white resentment played a major role in fueling his support, even among the general population. Because the GOP nominee fit the mold of the European far right, rather than a traditional Republican, he was uniquely positioned to take advantage of racial anxieties produced by eight years of a black president and decades of mass Latino immigration.

Philip Klinkner, a political scientist at New York’s Hamilton College, found that factors like economic pessimism and income were statistically insignificant to Trump’s support. Instead, his research found that the leading driver was party identification, followed closely by racial resentment.

« Moving from the least to the most resentful view of African Americans increases support for Trump by 44 points, those who think Obama is a Muslim (54 percent of all Republicans) are 24 points more favorable to Trump, and those who think the word ‘violent’ describes Muslims extremely well are about 13 points more pro-Trump than those who think it doesn’t describe them well at all, » he writes.

He also set up an interaction variable between measures of economic pessimism and « racial resentment. » This tests whether people who were pessimistic about the economy were more likely to be racially resentful and support Trump.

Klinkner found bupkis. People who were racially resentful were more likely to support Trump regardless of their views of the economy.

Someone who was not very economically pessimistic but quite racially resentful was as likely to support Trump as someone who was equally resentful but much more pessimistic about the economy. Economic stress didn’t appear to be « activating » racial resentment.

Another study — whose findings were published by three researchers at Slate — took a different stab at this. They surveyed 2000 white Americans and asked them to say whether they thought whites were “more evolved” than blacks — that is, further away from apes.

They found very little differences in rates of prejudice by income. But, they write, “there is one group of whites that stands out in the degree to which it holds dehumanizing views of black people: Trump supporters.” Fifty-two percent of strong Trump supporters, they found, thought African Americans were less evolved — about twice as high as the rates among strong Trump opponents.

“We detected substantial levels of dehumanization among Trump supporters through additional survey questions as well,” they continue:

27 percent of Trump supporters said the phrase “lacking self-restraint, like animals” describes black people well, compared with 8 percent of Trump opponents. Trump supporters were also substantially more likely than Trump opponents to say that the terms “savage” and “barbaric” describe black people well.

Again, we do not know for sure how much of Trump’s astonishing general election performance this explains. Whereas the data is ironclad about Trump’s primary victory — it was clearly about racial resentment — the general election has yet to be analyzed in the same depth. There could end up being a bigger role for economic variables than there was in the primary, though the data about the European far-right militates against it.

Regardless, given these results and the broader international far-right wave, it is impossible to deny that white resentment against cultural change played a significant role in Donald Trump’s shocking victory.

The United States just elected a candidate who has employed the most racially charged language we’ve heard as a nation since the civil rights movement. And it looks like he won not in spite of his racism but because of it.

Voir aussi:

JUSTICE

Au procès de Jawad Bendaoud, les proches des victimes exigent du « respect »

« J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle. »

13-NOVEMBRE – Témoignage ahurissant, comparaisons grotesques, phrases choc… Depuis le début de son procès, l’attitude de Jawad Bendaoud ne cesse de choquer les familles des victimes, qui ont, au premier jour de leurs auditions ce mardi 30 janvier, appelé le « logeur » des jihadistes impliqués dans les attentats du 13-novembre à arrêter son « spectacle ».

Dès le deuxième jour du procès, la mère d’une des victimes avait fait part de sa « sidération » face aux propos de Jawad Bendaoud. Les parties civiles ont également fait part de leur indignation ce mardi, où ils sont venus à la barre pour la première fois.

Il y a eu Patrick, qui a perdu son fils au Bataclan, un autre Patrick dont la fille s’occupait de la lumière dans la salle de concert, Iordanka, dont le fils unique a été « abattu de sept balles », Abdallah dont les deux sœurs sont décédées, Sophie qui a raconté l’agonie de son mari…

Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah, tous deux poursuivis pour « recel de malfaiteurs terroristes », ont pleuré quand une mère a raconté sa douleur. Son fils venait d’avoir 37 ans. « Chaque fois que je parle de mon fils, j’ai les larmes qui coulent », a commencé Iordanka. « Maintenant, c’est dur ma vie. (…) Ces trois personnes (les trois prévenus, y compris Youssef Aït Boulahcen, jugé pour « non-dénonciation de crime terroriste », ndlr) je voulais les voir en face », a-t-elle dit.

« C’est pas eux qui ont tué mon fils mais ils ont plus ou moins contribué. (…) J’attends que ces trois personnes soient jugées sévèrement », a-t-elle encore dit.

Le tribunal transformé en « théâtre de boulevard »

« J’ai perdu mes deux sœurs le 13 novembre. Ce qui me choque, c’est la légèreté avec laquelle M. Bendaoud et M. Soumah prennent ce procès », a expliqué à la barre Abdallah, très ému lui aussi. « Derrière ce qui se juge aujourd’hui, il y a des familles K.O ».

« Il y a un minimum de respect, de compassion à avoir. Ce n’est pas un show, pas un défilé de mode », a poursuivi cet homme qui a lui « aussi grandi dans une cité » et dont le père « a travaillé dur pour élever huit enfants ».

« J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle », a dit Patrick en lisant son texte poignant. « Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard », a déploré ce père, qui a cherché sa fille pendant 48 heures après le 13 novembre. « Ces énergumènes n’ont ni foi ni loi », a-t-il tranché.

Voir encore:

La mondialisation de l’inégalité

Avec un titre sous forme de conclusion, François Bourguignon reprend la plupart des clichés à la mode sur les inégalités. Et si les réalités (et les solutions) étaient bien différentes ?

Bogdan Calinescu.
Un article de l’aleps.

Ancien économiste de la Banque Mondiale, François Bourguignon apparaît comme le « spécialiste » des inégalités dans le monde. Son essai fait le tour du sujet mais n’apporte pas des réponses originales. Oui, il a raison de faire la différence entre les inégalités au sein d’un pays et celles d’un pays à l’autre. Il existe des inégalités entre les Américains mais on ne peut pas les comparer avec celles entre un Américain et un Somalien. L’auteur reconnaît aussi que le monde s’est enrichi, surtout depuis les années 1990. L’Inde et la Chine sont beaucoup plus riches qu’il y a 30 ans. La mondialisation a eu donc des effets bénéfiques. Néanmoins, il conclue à l’aggravation des inégalités depuis environ 30 ans. Et la mondialisation en est responsable. Au sein des pays, le phénomène inégalitaire se serait accru comme aux États-Unis. Et l’auteur de citer – inévitablement – les études des Thomas Piketty. Pour Bourguignon, « nos sociétés seraient de plus en plus inégalitaires et il faut corriger les injustices sociales ». Il faut « combattre la mondialisation des inégalités ». Vaste programme qui sent la hausse des impôts (même si l’auteur sait qu’elle peut avoir des effets néfastes sur l’économie) et du nombre de fonctionnaires, le clientélisme électoral et la redistribution aveugle. Cette politique interventionniste risque d’être faussée par la concurrence internationale. Bourguignon a la solution : il faut une « concertation internationale en matière de politiques redistributives ». Ça sent le gouvernement mondial…

Et si la réalité était différente ? D’abord, le monde s’est considérablement enrichi ces 20 dernières années. L’Amérique latine, l’Asie ont connu un développement économique impressionnant grâce à la mondialisation. En fait, les pays à la traîne sont surtout les pays qui ont fermé la porte à la mondialisation : la Corée du Nord, Cuba, la Bolivie, plusieurs pays africains… À moins d’être de (très) mauvaise foi, il est faux de dire que la mondialisation a accentué les inégalités. Elle a, au contraire, rendu les pays encore plus riches. Regardons les chiffres. Au début du XXe siècle, la différence moyenne entre les revenus les plus bas et les revenus les plus élevés étaient de 300. À la fin des années 2000, cette différence est de 50. C’est encore beaucoup mais c’est 6 fois moins qu’il y a un siècle. Il est vrai qu’il existe des salaires mirobolants comme ceux de certains footballeurs mais ce sont des exceptions. Oui, il existe des milliardaires. Mais il faudrait plus de Bill Gates et plus de Steve Jobs pour que les autres s’enrichissent et non pas l’inverse. Le système le plus « juste » c’est celui dans lequel les pauvres peuvent devenir riches et non pas l’inverse. Si les 1% des plus riches détiennent une très grosse fortune c’est qu’ils ont réussi. Et il faut rajouter que ces 1% payent 70% du total de l’impôt sur le revenu. Oui, on peut considérer que certaines inégalités se sont creusées, beaucoup plus dans des pays en développement rapide comme la Chine. Mais c’est aussi parce que les gens peuvent s’enrichir plus vite grâce aux opportunités économiques.

L’arme la plus efficace contre les inégalités n’est pas la redistribution mais la possibilité de s’enrichir. Les États-Unis montrent l’exemple. Dans le classement des milliardaires actuels, seulement 24% y figuraient en 1987. Le reste ce sont des entrepreneurs qui ont réussi et cela montre que la mobilité sociale est extrêmement importante car ça change tous les ans. C’est pareil pour les classes moyennes. La part des individus appartenant à la classe moyenne n’a cessé d’augmenter. La lutte contre les inégalités est devenue un véritable fonds de commerce qui ne tient pas compte des réalités économiques. Réduire les inégalités c’est d’abord offrir les opportunités pour réussir.

Voir enfin:

Pas si grave
France Soir
Mercredi 10 Janvier 2018
Catherine Millet est l’une des signataires de la tribune « pour la liberté d’importuner » publiée dans « Le Monde » mardi. En décembre dernier, invitée sur France Culture, elle expliquait qu’elle regrettait de ne pas avoir été violée pour pouvoir montrer aux femmes qui l’avaient été que l’on « pouvait s’en sortir ».
L’auteure Catherine Millet a expliqué en décembre qu’elle regrettait de ne pas avoir été violée pour pouvoir prouver aux femmes que le traumatisme est surmontable.

Ses paroles de décembre dernier refont surface et créent la polémique. Catherine Millet est l’une des signataires de la tribune publiée dans Le Monde mardi 9 « pour la liberté d’importuner ». Avec, entre autres, Catherine Deneuve, elles disaient s’inquiéter pour « la libération de la parole » au sortir de l’affaire Weinstein suite aux dizaines d’accusations envers des hommes suspectés d’agressions sexuelles ou de viol.

Cette tribune a fortement divisé le public, une partie de celui-ci s’étant offusqué. « Cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire: on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses », était-il écrit en pointant du doigt le mouvement de contestation contre les violences sexuelles qui pourrait devenir « dangereux » selon les signataires.

Il semblerait pourtant qu’en décembre dernier à l’antenne de France Culture, Catherine Millet ait jouit de toute la liberté d’expression qu’elle voulait.

Ses paroles à propos du viol font d’ailleurs aujourd’hui débat. Elle expliquait ne pas pouvoir comprendre, et être « étonnée », que les victimes soient « traumatisées » après avoir vécu ces drames. « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle. (…) Je pense que ça c’est un résidu d’archaïsme », a-t-elle tout d’abord expliqué.

Pour elle, « l’intégrité » des femmes n’est pas touchée après un viol puisque la conscience reste « intacte ». Elle a cependant souligné que « si la fille était vierge d’accord il lui manque désormais quelque chose » avant d’ajouter qu’elle considérait qu’il était « plus grave » de perdre un ou plusieurs membres dans un accident de voiture.

La journaliste Raphaëlle Rérolle lui a alors souligné que ce qui, entre autres, traumatisait les femmes victimes de viol c’était la violence de l’agression qu’elles avaient subie.

Catherine Millet, qui présentait alors son ouvrage La Vie sexuelle de Catherine M, lui a alors répondu: « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort ».

Son interlocutrice lui a alors rappelé la notion de consentement et lui a fait remarquer que les femmes violées avaient été agressées sans avoir voulu de rapport sexuel avec leur agresseur. Encore une fois l’auteure a répliqué, expliquant qu’elle aussi, elle avait parfois eu des rapports sexuels avec des gens qui ne lui plaisaient pas forcément, chose bien différente que la notion de consentement.

« Mais par contre ça m’est arrivé d’avoir des rapports sexuels avec des gens qui ne me plaisaient pas spécialement. Parce que voilà c’était plus facile de céder à la personne ou parce que c’était une partouze et qu’on était en groupe ».

Pour rappel, selon le code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle ». Un rapport publié en novembre par l’Ined (Institut national d’études démographiques) a dévoilé qu’en France, une femme sur sept avait été victime de violences sexuelles dans sa vie.


Fusillade de Floride: Vous avez dit « fake news » ? (18 and counting: Guess who suffers in the end when gun control activists and the media inflate their school shootings statistics with suicides, accidents and adjacent or after-hours violent crime ?)

17 février, 2018

En Europe, depuis le Moyen Âge, le contrat social veut que la sécurité soit déléguée à l’État. La déclaration d’indépendance américaine a été motivée par la question des taxes, mais aussi sur le droit de porter des armes, que réprouvait l’Angleterre. Dans la conception américaine, ce n’est plus uniquement à l’État d’assurer la sécurité mais également aux citoyens eux-mêmes. Cette question est devenue la pierre angulaire de la vision sociétale des conservateurs libertariens, notamment depuis leur radicalisation dans les années 1980. C’est le modèle du Far West. Et qu’est-ce que le Far West, sinon un système où il n’y a pas d’État? Laurence Nardon (Ifri)
Je vais devenir un professionnel de la tuerie en milieu scolaire. Nikolas Cruz
Il s’agit de la 18e fusillade dans une école depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Le Parisien
Depuis janvier 2013, il y a eu au moins 283 fusillades à travers tout le pays, ce qui revient à une fusillade en milieu scolaire par semaine.  Everytown for Gun Safety (fin janvier 2018)
C’est la 18ème fusillade dans un établissement scolaire américain depuis début janvier et la 291ème survenue au cours de ces cinq dernières années. France TVinfo
Depuis le début de l’année, 18 [fusillades meurtrières] ont été enregistrées dans les établissements scolaires américains. Parmi elles, sept se sont soldées par des blessés ou des morts, comme mercredi à Parkland, en Floride. Sept depuis le début de l’année, cela représente une par semaine. (…) L’ONG Everytown for gun safety répertorie les incidents liés aux armes à feux dans les écoles. Elle en relève 290 depuis 2013. (…) Dans 55% des cas, la fusillade entraîne des morts et des blessés et dans 24% des cas, elle ne fait aucune victime. Dans 4/5e des drames survenant dans les établissements scolaires donc, le tireur avait l’intention de nuire aux autres. Le reste regroupe les accidents et les suicides. (…) Le discours porté par le lobby des armes peut paraître, vu d’Europe, ubuesque. Il se résume bien souvent à réclamer davantage d’armes après chaque tuerie, estimant que si les personnes en avaient été munies, elles auraient été en capacité de se défendre, et donc de survivre. Un argument utilisé par Donald Trump, alors candidat à la primaire républicaine, lors des attentats de Paris en novembre 2015. Le Figaro
In the rest of the world, there have been 18 school shootings in the last twenty years. In the U.S., there have been 18 school shootings since January 1.  Jeff Greenfield
With the high school massacre in Parkland, Fla., several days gone but hardly forgotten, the time seems right to examine closely some of the statistical hype that made frightening news alongside details of the horrific shooting. In print and on TV, Americans were bombarded with facts and figures suggesting that the problem of school shootings was out of control. We were informed, for example, that since 2013 there has been an average of one school shooting a week in the U.S., and 18 since the beginning of this year. While these statistics were not exactly lies or fake news, they involved stretching the definition of a school shooting well beyond the limits of most people’s imagination. Everytown for Gun Safety reported that there have been 290 school shootings since the catastrophic massacre in Newtown, Conn., more than five years ago. However, very few of these were anything akin to Sandy Hook or Parkland. Sure, they all involved a school of some type (including technical schools and colleges) as well as a firearm, but the outcomes were hardly similar. Nearly half of the 290 were completed or attempted suicides, accidental discharges of a gun, or shootings with not a single individual being injured. Of the remainder, the vast majority involved either one fatality or none at all. It is easy to believe that school shootings are the “new normal” as has been intimated, or that we are facing a crisis of epidemic proportions. (…)For all those who believe that schools are under siege like never before, it is instructive to take a statistical road trip back in time. Since 1990, there have been 22 shootings at elementary and secondary schools in which two or more people were killed, not counting those perpetrators who committed suicide. Whereas five of these incidents have occurred over the past five-plus years since 2013, claiming the lives of 27 victims (17 at Parkland), the latter half of the 1990s witnessed seven multiple-fatality shootings with a total of 33 killed (13 at Columbine). In fact, the 1997-98 school year was so awful, with four multiple-fatality shooting sprees at the hands of armed students (in Pearl, Miss.; West Paducah, Ky.; Jonesboro, Ark.; and Springfield, Ore.), that then-President Clinton formed a White House expert committee to advise him. Nearly a decade later, President Bush convened a White House Conference on School Safety in the wake of multiple-fatality incidents during his administration. (…) Notwithstanding the occasional multiple-fatality shooting that takes place at one of the 100,000 public schools across America, the nation’s schools are safe. Over the past quarter-century, on average about 10 students are slain in school shootings annually. Compare the school fatality rate with the more than 100 school-age children accidentally killed each year riding their bikes or walking to school. Congress might be too timid to pass gun legislation to protect children, but how about a national bicycle helmet law for minors? Half of the states do not require them. There is no NRA — National Riding Association — opposing that. I’m all for shielding our kids from harm. But let’s at least deal with the low hanging fruit while we debate and Congress does nothing about the role of guns in school shootings. James Alan Fox
The law that barred the sale of assault weapons from 1994 to 2004 made little difference. It turns out that big, scary military rifles don’t kill the vast majority of the 11,000 Americans murdered with guns each year. Little handguns do. In 2012, only 322 people were murdered with any kind of rifle, F.B.I. data shows. The continuing focus on assault weapons stems from the media’s obsessive focus on mass shootings, which disproportionately involve weapons like the AR-15, a civilian version of the military M16 rifle. (…) This politically defined category of guns — a selection of rifles, shotguns and handguns with “military-style” features — only figured in about 2 percent of gun crimes nationwide before the ban. Handguns were used in more than 80 percent of gun murders each year, but gun control advocates had failed to interest enough of the public in a handgun ban. Handguns were the weapons most likely to kill you, but they were associated by the public with self-defense. (…) Still, the majority of Americans continued to support a ban on assault weapons. One reason: The use of these weapons may be rare over all, but they’re used frequently in the gun violence that gets the most media coverage, mass shootings. The criminologist James Alan Fox at Northeastern University estimates that there have been an average of 100 victims killed each year in mass shootings over the past three decades. That’s less than 1 percent of gun homicide victims. But these acts of violence in schools and movie theaters have come to define the problem of gun violence in America. Most Americans do not know that gun homicides have decreased by 49 percent since 1993 as violent crime also fell, though rates of gun homicide in the United States are still much higher than those in other developed nations. A Pew survey conducted after the mass shooting at Sandy Hook Elementary School in Newtown, Conn., found that 56 percent of Americans believed wrongly that the rate of gun crime was higher than it was 20 years ago. NYT
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
It’s sadly apparent that the United States of America is paralyzed with political indecision over something the State of Israel figured out more than 40 years ago: all schools should have mandated security features and active shooter protocols. The horrific scene in Parkland, and the upsetting videos broadcast from the school during the shooting, should be the final straw.  The kids should not have been hiding and screaming, they should have been in the midst of a pre-determined security protocol. (…) In 1974, Israel endured the Ma’alot Massacre in which “Palestinian” terrorists took 115 people hostage at Netiv Meir Elementary School.  Twenty-two children and three others were killed and 68 injured.  Israel now requires schools with 100 or more students to have a guard posted. The civilian police force handles the entire security system of all schools from kindergarten through college.  The Ministry of Education funds shelters and fences, reinforces school buses, and hires and trains guards. Guards don’t just stand around.  They check everyone entering, and engage threats. And yeah, they’ve got guns.The lawful purposes for carrying guns are very clear: protect school personnel and students, create a sense of security, deter the ill-intentioned, and provide self-defense. Common sense.   Except to the illogical dullards who claim that “adding guns to schools won’t fix anything” and are fixated on the NRA and the ridiculous notions that gun laws magically stop criminals and crazy people from obtaining one of the 300 million guns in our country. But more to the point, Israel’s Police Community & Civil Guard Department have a preventative care program that encourages safe behavior and offers violence protection strategies in normal situations.  Yet students are also trained in how to respond to an active shooter situation. Ben Goldstein, an American who made aliyah to Israel, and now serves as volunteer security and supporter of IDF soldiers, says America is behind the curve.  Nevertheless, he says, it doesn’t take much for students and teachers to protect themselves.“Barricade, barricade. Are desks movable?  Is the teacher’s desk movable?  Can they barricade inside of 20 seconds? If the shooter gets in, the kids should take whatever they’ve got and attack.  They can’t just sit there frozen or they will die.  America does earthquake drills, why not active shooter drills?   More kids have been killed by shooters than earthquakes.” Barricading works, says Goldstein.In an active shooter situation, where a gunman is roaming a campus, five minutes is a lifetime, enough time for law enforcement to get to the scene.  “In those five minutes, the shooter will have to move from class to class, reload, clear malfunctions, all that stuff takes time.  And during gunfire lulls, kids must be taught to do something.  Don’t freeze.Moving once gets you out of that deer-in-headlights space. Take command of the classroom.” (…) Gun control debates are a distraction and impractical, and criminals ignore laws anyway.Crazy people are obviously not being dealt with properly – students at Parkland even predicted this would happen. (…) Instead of handing out participation trophies, let’s make our kids into the self-reliant, pro-active defenders of themselves and others. Lawrence Meyers
Un utilisateur de la plateforme de vidéos YouTube avait alerté le FBI l’an passé après avoir visionné un message posté par Nikolas Cruz, patronyme utilisé par le principal suspect de la fusillade de Parkland, qui a fait 17 morts. Dans ce dernier, le tireur menaçait explicitement sa volonté de commettre une fusillade dans un lycée. « Je vais devenir un professionnel de la tuerie en milieu scolaire », avait écrit en commentaire d’une vidéo un abonné qui se faisait appeler Nikolas Cruz. (…) « Quand j’ai vu le commentaire dans mes notifications […], ça a attiré mon attention. J’en ai donc fait une capture d’écran que j’ai envoyée au FBI », a expliqué jeudi Ben Bennight, un utilisateur YouTube, à CNN.La police fédérale américaine a confirmé avoir reçu un signalement concernant ce commentaire en septembre 2017. « Le FBI a procédé à des recherches dans des bases de données, mais n’a pas été capable d’identifier avec plus de précisions la personne qui a posté ce commentaire », a déclaré l’agence dans un communiqué. Ben Bennight a expliqué au site BuzzFeed News qu’au lendemain de sa signalisation, des agents du FBI se sont rendus à son bureau pour lui demander s’il possédait plus d’informations sur l’utilisateur qui avait publié ce commentaire. Ouest France
La police fédérale américaine a reconnu ce vendredi ne pas avoir pris les mesures qui s’imposaient après avoir été avertie en janvier de la dangerosité potentielle de Nikolas Cruz, l’homme qui a tué mercredi 17 personnes dans un lycée de Floride. Le FBI a précisé avoir reçu un appel d’un proche de M. Cruz, qui a décrit le comportement déviant du jeune homme de 19 ans et son intention de tuer des personnes. Cette information « aurait dû être traitée comme une menace potentielle » et « la procédure en vigueur n’a pas été respectée », a ajouté le FBI. Un utilisateur YouTube confiait jeudi à BuzzFeed avoir lui aussi signalé le tireur aux autorités. Il avait repéré sur la plateforme de vidéos en ligne un commentaire explicite du jeune homme de 19 ans qui assurait vouloir commettre une fusillade dans un lycée. L’informateur, qui n’a pas été identifié, a également livré au téléphone des détails sur le fait que Cruz était armé et qu’il publiait des messages menaçants sur les réseaux sociaux. Ouest France
No, there have not been 18 school shootings already this year, as CNBC, Politico, The Washington Post, ABC, The (New York) Daily News and briefly a USA TODAY column all reported in the hours since a 19-year-old allegedly slaughtered 17 at Marjory Stoneman Douglas High School, in Parkland, Fla., on Ash Wednesday. Fake stats like that make finding a solution to the real problem of gun violence, which has actually struck American schools at least six times this year, that much harder. Amping up fears, and muddying the search for fixes that can cut back the senseless violence, only undermines efforts to reconcile the real concerns of parents and the legitimate desire of civil rights advocates to protect the Bill of Rights. Everytown for Gun Safety, the gun-control advocacy group responsible for spreading this bogus statistic, should be ashamed of its blatant dishonesty. When parents hear the words “school shooting,” their hearts freeze and their heads fill with images of Sandy Hook: dead and dying grade-schoolers, broken and bleeding in a classroom, helpless teachers crying over their charges and slain colleagues as a black-clad killer switches magazines in his AR-15. That’s mostly not what Everytown is talking about. (…) By Everytown’s criteria, nobody has to be injured and the “shooting” doesn’t actually have to take place on campus, though it does have to be heard on campus or a bullet has to hit somewhere on campus. David Mastio (USA Today)
A tweet by Sen. Bernie Sanders (I-Vt.) including the claim had been liked more than 45,000 times by Thursday evening, and one from political analyst Jeff Greenfield had cracked 126,000. New York City Mayor Bill de Blasio tweeted it, too, as did performers Cher and Alexander William and actors Misha Collins and Albert Brooks. News organizations — including MSNBC, ABC News, NBC News, CBS News, Time, MSN, the BBC, the New York Daily News and HuffPost — also used the number in their coverage. By Wednesday night, the top suggested search after typing “18” into Google was “18 school shootings in 2018.” (…) Everytown has long inflated its total by including incidents of gunfire that are not really school shootings. Take, for example, what it counted as the year’s first: On the afternoon of Jan. 3, a 31-year-old man who had parked outside a Michigan elementary school called police to say he was armed and suicidal. Several hours later, he killed himself. The school, however, had been closed for seven months. There were no teachers. There were no students. Also listed on the organization’s site is an incident from Jan. 20, when at 1 a.m. a man was shot at a sorority event on the campus of Wake Forest University. A week later, as a basketball game was being played at a Michigan high school, someone fired several rounds from a gun in the parking lot. No one was injured, and it was past 8 p.m., well after classes had ended for the day, but Everytown still labeled it a school shooting. (…) Sarah Tofte, Everytown’s research director, calls the definition “crystal clear,” noting that “every time a gun is discharged on school grounds it shatters the sense of safety” for students, parents and the community. (…) After The Washington Post published this report, Everytown removed the Jan. 3 suicide outside the closed Michigan school. The figures matter because gun-control activists use them as evidence in their fight for bans on assault weapons, stricter background checks and other legislation. Gun rights groups seize on the faults in the data to undermine those arguments and, similarly, present skewed figures of their own. (…) Just five of Everytown’s 18 school shootings listed for 2018 happened during school hours and resulted in any physical injury. Three others appeared to be intentional shootings but did not hurt anyone. Two more involved guns — one carried by a school police officer and the other by a licensed peace officer who ran a college club — that were unintentionally fired and, again, led to no injuries. At least seven of Everytown’s 18 shootings took place outside normal school hours. (…) A month ago, for example, a group of college students were at a meeting of a criminal-justice club in Texas when a student accidentally fired a real gun, rather than a training weapon. The bullet went through a wall, then a window. Though no one was hurt, it left the student distraught. Is that a school shooting, though? Yes, Everytown says. “Since 2013,” the organization says on its website, “there have been nearly 300 school shootings in America — an average of about one a week.” But since Everytown began its tracking, it has included these dubious examples — in August 2013, a man shot on a Tennessee high school’s property at 2 a.m.; in December 2014, a man shot in his car late one night and discovered the next day in a Pennsylvania elementary school’s parking lot; in August 2015, a man who climbed atop the roof of an empty Texas school on a Sunday morning and fired sporadically; in January 2016, a man in an Indiana high school parking lot whose gun accidentally went off in his glove box, before any students had arrived on campus; in December 2017, two teens in Washington state who shot up a high school just before midnight on New Year’s Eve, when the building was otherwise empty. (…) About 6 p.m. Jan. 10, a bullet probably fired from off campus hit the window of a building at a college in Southern California. No one was hurt, but students could still have been frightened. Classes were canceled, rooms were locked down and police searched campus for the gunman, who was never found. On Feb. 5, a police officer was sitting on a bench in a Minnesota school gym when a third-grader accidentally pulled the trigger of his holstered pistol, firing a round into the floor. None of the four students in the gym were injured, but, again, the incident was probably scary. Washington Post
The original source of the figure is Mike Bloomberg’s gun-control advocacy organization, Everytown for Gun Safety. The organization arrives at the figure by defining a “school shooting” as any time a gun is fired at or near a school, college, or university, regardless of whether students are present or anyone is injured. In fact, if one counts only events where a shooter enters a school and shoots someone, there have been three school shootings, including yesterday’s. (The other spree shooting was in Kentucky and a murder happened at a school in Texas.)  (…) Everytown’s list includes incidents such as an adult committing suicide in the parking lot of a school that had long been closed down and gun violence in the neighborhood where California State University–San Bernardino is located (it is one of the most crime-ridden cities in the country, with California’s second-highest murder rate.) While such acts are obviously cause for concern in their own right, all that conflating these incidents with “school shootings” does is to create a climate of terror. Suicide and violent crime are very real social problems, but they are not the same thing as school shootings. Yesterday’s events are horrific enough on their own. There’s no need to amplify them by manipulating the public with falsehoods. National Review
On the U.S. part of his claim, Greenfield told us his 18 school shootings in 2018 comes from the Everytown for Gun Safety Support Fund, as reported by ABC News. We found that in the immediate aftermath of the shooting at Marjory Stoneman Douglas High School, Politico, TIME, CNBC and other national media also reported on Everytown’s 18 figure. In addition, the New York Daily News claimed 18 school shootings, listing the same incidents as Everytown, and HuffPost reported 18, too. But (…) when we asked Greenfield for information to back up his claim, he noted to us in his email that the Everytown group’s count « conflates very different incidents, from the harmless to the deadly. » (…) Everytown, an advocacy group co-founded by former New York Mayor Michael Bloomberg that seeks to prevent gun violence, uses a broad definition of school shooting — that is, any time a firearm discharges a live round inside a school building, or on a school campus or grounds. Its database includes incidents when no one was injured; attempted or completed suicide, with no intent to injure others; and cases when a gun was fired unintentionally, resulting in injury or death. The list also includes incidents on college campuses. [and] counts shooting incidents that are dramatically different than what happened in Florida (…) 18 incidents in which a gun was fired inside a school or on school property. Three — Italy, Texas, Kentucky and Florida — were mass shootings. But of the other shootings: Nine involved no deaths and no gunshot injuries. Two were suicides, with no other injuries (including the one at the closed school). Three were unintentional (although one caused injuries). (…) as for the other part of Greenfield’s claim — that there have been only 18 school shootings in the rest of the world over the past 20 years — Greenfield told us he couldn’t recall the source of that information, adding, « yes, I cop to insufficient research. » (…) About 24 hours after posting the tweet, Greenfield took it down. PolitiFact

Attention: une « fake news » peut en cacher une autre !

Fusillades de masse avec victimes (3), coups de feu sans victimes (9), tirs accidentels avec victimes (1), tirs accidentels sans victimes (3, y compris hors des classes ou des heures de cours), suicides ou tentatives sans intention de faire d’autres victimes (2 dont celui d’un adulte dans le parking d’une école désaffectée depuis plus de six mois) …

Alors qu’avec une nouvelle fusillade de lycée américaine …

Nos médias et nos belles âmes repartent comme un seul homme  …

Entre deux dénonciations des « fake news » du président Donald Trump …

Dans leur sempiternelle condamnation d’un « Far west » américain …

Qui arbre cachant commodément la véritable forêt de la violence entre noirs

Aurait fait en 45 jours pas moins de 18 attaques du même type …

Pendant que, sans compter la question de l’entrée dans un établissement scolaire d’un tueur porteur d’un sac bourré d’armes et de munitions, se confirme la défaillance d’un FBI

Qui apparemment trop occupé par la prétendue collusion du président avec la Russie …

N’avait même pas pris la peine d’investiguer sérieusement le signalement d’un jeune …

Qui annonçait sur Facebook l’an dernier sa vocation de « professionnel de la tuerie en milieu scolaire »

Devinez ce qu’inclut ce fameux chiffre de 18 fusillades dans les établissements scolaires américains depuis le début de l’année ?

Mostly False: 18 U.S. school shootings so far in 2018 and 18 in rest of the world over past 20 years

Amid the early news reports about a Florida school shooting that left 17 dead on Feb. 14, 2018, longtime network TV journalist and author Jeff Greenfield declared in a tweet:

In the rest of the world, there have been 18 school shootings in the last twenty years. In the U.S., there have been 18 school shootings since January 1.

It’s a provocative claim that drew more the 130,000 likes on Twitter.

Greenfield, a University of Wisconsin-Madison graduate, may be on the right track generally in contrasting how much gun violence there is in America compared to the rest of the world.

But as for his specific claim, he leaves a misleading impression with the U.S. part and lacks evidence for the part about the rest of the world.

U.S. school shootings

On the U.S. part of his claim, Greenfield told us his 18 school shootings in 2018 comes from the Everytown for Gun Safety Support Fund, as reported by ABC News.

We found that in the immediate aftermath of the shooting at Marjory Stoneman Douglas High School, Politico, TIME, CNBC and other national media also reported on Everytown’s 18 figure. In addition, the New York Daily News claimed 18 school shootings, listing the same incidents as Everytown, and HuffPost reported 18, too.

But there are some major caveats to that figure.

Indeed, when we asked Greenfield for information to back up his claim, he noted to us in his email that the Everytown group’s count « conflates very different incidents, from the harmless to the deadly. »

As PolitiFact National has reported, Everytown, an advocacy group co-founded by former New York Mayor Michael Bloomberg that seeks to prevent gun violence, uses a broad definition of school shooting — that is, any time a firearm discharges a live round inside a school building, or on a school campus or grounds. Its database includes incidents when no one was injured; attempted or completed suicide, with no intent to injure others; and cases when a gun was fired unintentionally, resulting in injury or death. The list also includes incidents on college campuses.

As we’ll see, Everytown counts shooting incidents that are dramatically different than what happened in Florida:

2018 U.S. school shootings as counted by Everytown

Date Place Details
Jan. 3 East Olive Elementary, St. Johns, Mich. Man committed suicide in parking lot. No other injuries.

(We found the building was not being used as a school, as East Olive had been shut down more than six months earlier.)

Jan. 4 New Start High, Seattle Unidentified shooter fired shots into building. No injuries.
Jan. 10 Grayson College, Denison, Texas Student unintentionally fired a bullet from gun legally possessed by an instructor that struck a wall. No injuries.
Jan. 10 Coronado Elementary, Sierra Vista, Ariz. Student committed suicide in bathroom. No other injuries.
Jan. 10 California State University, San Bernardino Gunshots, most likely fired from off campus, hit a campus building window. No injuries.
Jan. 15 Wiley College, Marshall, Texas Shots fired from car in parking lot, with one shot hitting window of residence hall. No injuries.
Jan. 20 Wake Forest University, Winston-Salem, N.C. One student wounds another student during argument at sorority party.
Jan. 22 Italy High, Italy, Texas Student opens fire in cafeteria, wounding one student before firing at another student and missing.
Jan. 22 NET Charter High, Gentilly, La. Unknown person fired shots at students standing in parking lot. No injuries from gunshots.
Jan. 23 Marshall County High, Benton, Ky. 2 students left dead in mass shooting by student. More than a dozen students injured.
Jan. 25 Murphy High, Mobile, Ala. Student fired into the air outside school after argument in school. No injuries.
Jan. 26 Dearborn High, Dearborn, Mich. Individual ejected from game for fighting was shot at in parking lot. No injuries.
Jan. 31 Lincoln High, Philadelphia Man fatally wounded in fight in parking lot.
Feb. 1 Salvador B. Castro Middle, Los Angeles Student unintentionally fires gun in classroom, wounds two students.
Feb. 5 Oxon Hill High, Oxon Hill, Md. Student wounded in parking lot during apparent robbery.
Feb. 5 Harmony Learning K-12, Maplewood, Minn. Student pressed trigger on school liaison officer’s gun. No injuries.
Feb. 8 Metropolitan High, New York, N.Y. Student fired gun into floor in classroom. No injuries.
Feb. 14 Stoneman Douglas High, Parkland, Fla. Ex-student allegedly commits mass shooting; 17 deaths.

So, there are 18 incidents in which a gun was fired inside a school or on school property.

Three — Italy, Texas, Kentucky and Florida — were mass shootings.

But of the other shootings:

  • Nine involved no deaths and no gunshot injuries.
  • Two were suicides, with no other injuries (including the one at the closed school).
  • Three were unintentional (although one caused injuries).

Rest of the world

As PolitiFact National has noted, mass shootings do happen in other countries. But they do not happen with the same frequency as in the United States.

Two researchers — Jaclyn Schildkraut of the State University of New York in Oswego and H. Jaymi Elsass of Texas State University — analyzed mass shootings in 11 countries, covering the period from 2000-14. Aside from the United States, they looked at Australia, Canada, China, England, Finland, France, Germany, Mexico, Norway and Switzerland.

The United States had more mass shootings — and more people cumulatively killed or injured — than the other 10 nations combined, according to their research. While part of this is because the United States has a much bigger population than all but China, the difference can’t be explained by skewed population numbers alone.

But as for the other part of Greenfield’s claim — that there have been only 18 school shootings in the rest of the world over the past 20 years — Greenfield told us he couldn’t recall the source of that information, adding, « yes, I cop to insufficient research. »

Mark Bryant, executive director of the Gun Violence Archive (which the New York Times uses to track school shooting data), told us the 18-shootings figure could be correct in terms of how many mass shootings occur in schools outside of the United States that get widespread news coverage.

But Bryant said there is no way to know — based on the definition of school shootings that Greenfield relies on — how many such shootings occur around the globe.

About 24 hours after posting the tweet, Greenfield took it down.

Our rating

In the wake of a Florida school shooting that left 17 people dead, Greenfield said: « In the rest of the world, there have been 18 school shootings in the last twenty years. In the U.S., there have been 18 school shootings since January 1. »

By one count widely cited in the news media, there have been 18 incidents in which shots were fired inside or outside of a school or university building in the United States so far in 2018. But only three involved a mass shooting. And the count includes two suicides, three accidental shootings and nine incidents in which there were no fatalities or injuries.

As for the rest of the world, Greenfield had no evidence to back up that part of his claim. And an expert relied on by the New York Times for gun violence statistics told us there is no way to know how many school shootings — using the definition Greenfield relies on — have occurred outside of the United States over the past 20 years.

For a statement that contains only an element of truth, our rating is Mostly False.

Voir aussi:

There Were Three School Shootings This Year, Not 18. That’s Still Too Many.

Jibran Khan

National review

February 15, 2018

Any number of school shootings is too many. And, at this time when we are so rightly hurting at yesterday’s brutality in Parkland, Fla., a sensationalist report has gone viral, claiming that there have been 18 such acts this year alone. The factoid has been promoted by countless major media and political figures, as well as by celebrities. Indeed, such a number would mean an unprecedented crisis. But it’s not true. The original source of the figure is Mike Bloomberg’s gun-control advocacy organization, Everytown for Gun Safety. The organization arrives at the figure by defining a “school shooting” as any time a gun is fired at or near a school, college, or university, regardless of whether students are present or anyone is injured. In fact, if one counts only events where a shooter enters a school and shoots someone, there have been three school shootings, including yesterday’s. (The other spree shooting was in Kentucky and a murder happened at a school in Texas.) This information is viewable on Everytown’s site itself, as a click on any location reveals the details and news sources of the incident in question. Everytown’s list includes incidents such as an adult committing suicide in the parking lot of a school that had long been closed down and gun violence in the neighborhood where California State University–San Bernardino is located (it is one of the most crime-ridden cities in the country, with California’s second-highest murder rate.) While such acts are obviously cause for concern in their own right, all that conflating these incidents with “school shootings” does is to create a climate of terror. Suicide and violent crime are very real social problems, but they are not the same thing as school shootings. Yesterday’s events are horrific enough on their own. There’s no need to amplify them by manipulating the public with falsehoods.

Voir également:

No, there haven’t been 18 school shootings in 2018. That number is flat wrong.
John Woodrow Cox and Steven Rich

Washington Post

February 15, 2018

The stunning number swept across the Internet within minutes of the news Wednesday that, yet again, another young man with another semiautomatic rifle had rampaged through a school, this time at Marjory Stoneman Douglas High in South Florida.

The figure originated with Everytown for Gun Safety, a nonprofit group, co-founded by Michael Bloomberg, that works to prevent gun violence and is most famous for its running tally of school shootings.

“This,” the organization tweeted at 4:22 p.m. Wednesday, “is the 18th school shooting in the U.S. in 2018.”

A tweet by Sen. Bernie Sanders (I-Vt.) including the claim had been liked more than 45,000 times by Thursday evening, and one from political analyst Jeff Greenfield had cracked 126,000. New York City Mayor Bill de Blasio tweeted it, too, as did performers Cher and Alexander William and actors Misha Collins and Albert Brooks. News organizations — including MSNBC, ABC News, NBC News, CBS News, Time, MSN, the BBC, the New York Daily News and HuffPost — also used the number in their coverage. By Wednesday night, the top suggested search after typing “18” into Google was “18 school shootings in 2018.”

It is a horrifying statistic. And it is wrong.

At least 17 people were killed in a shooting at a high school in Parkland, Fla., on Feb. 14. According to officials, this is how and when the events occurred. (Melissa Macaya, Patrick Martin/The Washington Post)

Everytown has long inflated its total by including incidents of gunfire that are not really school shootings. Take, for example, what it counted as the year’s first: On the afternoon of Jan. 3, a 31-year-old man who had parked outside a Michigan elementary school called police to say he was armed and suicidal. Several hours later, he killed himself. The school, however, had been closed for seven months. There were no teachers. There were no students.

Also listed on the organization’s site is an incident from Jan. 20, when at 1 a.m. a man was shot at a sorority event on the campus of Wake Forest University. A week later, as a basketball game was being played at a Michigan high school, someone fired several rounds from a gun in the parking lot. No one was injured, and it was past 8 p.m., well after classes had ended for the day, but Everytown still labeled it a school shooting.

Everytown explains on its website that it defines a school shooting as “any time a firearm discharges a live round inside a school building or on a school campus or grounds.”

Sarah Tofte, Everytown’s research director, calls the definition “crystal clear,” noting that “every time a gun is discharged on school grounds it shatters the sense of safety” for students, parents and the community.

She said she and her colleagues work to reiterate those parameters in their public messaging. But the organization’s tweets and Facebook posts seldom include that nuance. Just once in 2018, on Feb. 2, has the organization clearly explained its definition on Twitter. And Everytown rarely pushes its jarring totals on social media immediately after the more questionable shootings, as it does with those that are high-profile and undeniable, such as the Florida massacre or one from last month in Kentucky that left two students dead and at least 18 people injured.

After The Washington Post published this report, Everytown removed the Jan. 3 suicide outside the closed Michigan school.

The figures matter because gun-control activists use them as evidence in their fight for bans on assault weapons, stricter background checks and other legislation. Gun rights groups seize on the faults in the data to undermine those arguments and, similarly, present skewed figures of their own.

Gun violence is a crisis in the United States, especially for children, and a huge number — one that needs no exaggeration — have been affected by school shootings. An ongoing Washington Post analysis has found that more than 150,000 students attending at least 170 primary or secondary schools have experienced a shooting on campus since the Columbine High School massacre in 1999. That figure, which comes from a review of online archives, state and federal enrollment figures and news stories, is a conservative calculation and does not include dozens of suicides, accidents and after-school assaults that have also exposed youths to gunfire.

Just five of Everytown’s 18 school shootings listed for 2018 happened during school hours and resulted in any physical injury. Three others appeared to be intentional shootings but did not hurt anyone. Two more involved guns — one carried by a school police officer and the other by a licensed peace officer who ran a college club — that were unintentionally fired and, again, led to no injuries. At least seven of Everytown’s 18 shootings took place outside normal school hours.

Shootings of any kind, of course, can be traumatic, regardless of whether they cause physical harm.

A month ago, for example, a group of college students were at a meeting of a criminal-justice club in Texas when a student accidentally fired a real gun, rather than a training weapon. The bullet went through a wall, then a window. Though no one was hurt, it left the student distraught.

Is that a school shooting, though? Yes, Everytown says.

“Since 2013,” the organization says on its website, “there have been nearly 300 school shootings in America — an average of about one a week.”

But since Everytown began its tracking, it has included these dubious examples — in August 2013, a man shot on a Tennessee high school’s property at 2 a.m.; in December 2014, a man shot in his car late one night and discovered the next day in a Pennsylvania elementary school’s parking lot; in August 2015, a man who climbed atop the roof of an empty Texas school on a Sunday morning and fired sporadically; in January 2016, a man in an Indiana high school parking lot whose gun accidentally went off in his glove box, before any students had arrived on campus; in December 2017, two teens in Washington state who shot up a high school just before midnight on New Year’s Eve, when the building was otherwise empty.

In 2015, The Post’s Fact Checker awarded the group’s figures — invoked by Sen. Chris Murphy (D-Conn.) — four Pinocchios for misleading methodology.

Another database, the Gun Violence Archive, defines school shootings in much narrower terms, considering only those that take place during school hours or extracurricular activities.

Yet many journalists rely on Everytown’s data. Post media critic Erik Wemple included the 18 figure in a column Wednesday night, and Michael Barbaro, host of the New York Times’ podcast “The Daily,” used the number to punctuate the end of his Thursday show.

Much like trying to define a mass shooting, deciding what is and is not a school shooting can be difficult. Some obviously fit the common-sense definition: Last month, a teen in Texas opened fire in a school cafeteria, injuring a 15-year-old girl.

Others that Everytown includes on its list, though, are trickier to categorize.

About 6 p.m. Jan. 10, a bullet probably fired from off campus hit the window of a building at a college in Southern California. No one was hurt, but students could still have been frightened. Classes were canceled, rooms were locked down and police searched campus for the gunman, who was never found.

On Feb. 5, a police officer was sitting on a bench in a Minnesota school gym when a third-grader accidentally pulled the trigger of his holstered pistol, firing a round into the floor. None of the four students in the gym were injured, but, again, the incident was probably scary.

What is not in dispute is gun violence’s pervasiveness and its devastating impact on children. A recent study of World Health Organization data published in the American Journal of Medicine that found that, among high-income nations, 91 percent of children younger than 15 who were killed by bullets lived in the United States.

And the trends are only growing more dire.

On average, two dozen children are shot every day in the United States, and in 2016 more youths were killed by gunfire — 1,637 — than during any previous year this millennium.

Voir de même:

No, there have not been 18 school shootings already this year

Amping up fears only undermines efforts to reconcile parents and civil rights advocates who want to protect the Bill of Rights.

David Mastio

USA TODAY

Feb. 16, 2018

No, there have not been 18 school shootings already this year, as CNBC, Politico, The Washington Post, ABC, The (New York) Daily News and briefly a USA TODAY column all reported in the hours since a 19-year-old allegedly slaughtered 17 at Marjory Stoneman Douglas High School, in Parkland, Fla., on Ash Wednesday.

Fake stats like that make finding a solution to the real problem of gun violence, which has actually struck American schools at least six times this year, that much harder. Amping up fears, and muddying the search for fixes that can cut back the senseless violence, only undermines efforts to reconcile the real concerns of parents and the legitimate desire of civil rights advocates to protect the Bill of Rights.

Everytown for Gun Safety, the gun-control advocacy group responsible for spreading this bogus statistic, should be ashamed of its blatant dishonesty. When parents hear the words “school shooting,” their hearts freeze and their heads fill with images of Sandy Hook: dead and dying grade-schoolers, broken and bleeding in a classroom, helpless teachers crying over their charges and slain colleagues as a black-clad killer switches magazines in his AR-15.

That’s mostly not what Everytown is talking about. At least when The Washington Post reported Everytown’s propaganda, it included some important caveats:

“That data point … includes any discharge of a firearm at a school — including accidents — as a ‘shooting.’ It also includes incidents that happened to take place at a school, whether students were involved or not.”

The Post should have kept including caveats. By Everytown’s criteria, nobody has to be injured and the “shooting” doesn’t actually have to take place on campus, though it does have to be heard on campus or a bullet has to hit somewhere on campus.

Some examples:

►On Jan. 3, a 31-year-old “military veteran who suffered from post-traumatic stress disorder, a traumatic brain injury and depression” shot himself in a school parking lot after he called police to report he was suicidal, according to the Lansing (Mich.) State Journal, part of the USA TODAY Network. (Everytown removed this instance from their report after The Post found that the school had been closed down for months.)

►On Jan. 10, in Denison, Texas, at Grayson College Criminal Justice Center, a student mistook a real firearm belonging to an officer, who was authorized to carry the weapon, for a practice weapon and fired it into a wall. No one was killed or injured.

►On Feb. 5, in Maplewood, Minn., a third-grader pulled the trigger on a police gun while the officer was sitting on a bench. No one was killed or injured.

In eight of the 18 cases originally counted by Everytown, no one was injured or killed. Two were suicides.

Voir encore:

INFOGRAPHIES – Un certain fatalisme s’installe face à la récurrence de ces tragiques événements et l’impossibilité de changer la loi.

Barack Obama le déplorait lorsqu’il était encore président. Les fusillades meurtrières sont devenues une «routine». Depuis le début de l’année, 18 ont été enregistrées dans les établissements scolaires américains. Parmi elles, sept se sont soldées par des blessées ou des morts, comme mercredi à Parkland, en Floride. Sept depuis le début de l’année, cela représente une par semaine.

Un certain fatalisme s’est emparé d’une partie des Américains. Si la tuerie survenue mercredi fait bien la une de tous les grands sites d’information, les médias consacrent globalement moins de place à ce type d’événements que par le passé. Et ce malgré le bilan dramatique de 17 morts à Parkland.

Un rapport du FBI portant sur les fusillades de masse, établi sur 160 incidents étalés entre 2000 et 2013, montre que près d’un quart se déroule dans l’environnement scolaire. Et la tendance est à l’augmentation. L’agent qui l’a rédigée affichait il y a peu son pessimisme dans les colonnes du New York Times : «Nous sommes devenus insensibles à ce genre de fusillades, et je pense que cela continuera […] À chaque fois qu’on tire dans une école, on réagit de manière viscérale. Mais au fond, je ne pense pas que la société n’aborde la question des fusillades plus sérieusement qu’avant, et c’est un tort.»

290 fusillades dans les écoles depuis 2013

L’ONG Everytown for gun safety répertorie les incidents liés aux armes à feux dans les écoles. Elle en relève 290 depuis 2013. En reprenant ces chiffres année par année, on constate une progression assez claire. Le début de l’année 2018 laisse craindre que cette hausse ne sera pas enrayée.

Dans 55% des cas, la fusillade entraîne des morts et des blessés et dans 24% des cas, elle ne fait aucune victime. Dans 4/5e des drames survenant dans les établissements scolaires donc, le tireur avait l’intention de nuire aux autres. Le reste regroupe les accidents et les suicides.

En détaillant ces chiffres par zone géographique, on se rend compte, sans surprise, que le Texas ou la Floride, États particulièrement laxistes sur la législation des armes à feu, occupent la tête du triste classement. On sait en effet qu’il existe une corrélation entre contrôle des armes à feu et nombre de morts.

Cette progression inquiétante du nombre de fusillades à l’école, associée au manque de volonté politique de faire changer les choses, induit cette banalisation et ce fatalisme face aux drames qui se répètent. Pendant son deuxième mandat, Barack Obama avait reconnu son impuissance face au lobby des armes, la NRA, estimant même que ce blocage serait la plus grande frustration de sa présidence. Cette résignation fataliste, qui gagne surtout les partisans d’une meilleure régulation, pourrait s’illustrer par ce dessin de presse:Le discours porté par le lobby des armes peut paraître, vu d’Europe, ubuesque. Il se résume bien souvent à réclamer davantage d’armes après chaque tuerie, estimant que si les personnes en avaient été munies, elles auraient été en capacité de se défendre, et donc de survivre. Un argument utilisé par Donald Trump, alors candidat à la primaire républicaine, lors des attentats de Paris en novembre 2015. Un autre dessin circulant sur les réseaux sociaux, émis par le lobby des armes, résume bien cette pensée:

Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord à l’Ifri, rappelle que la question relative aux armes est inhérente à l’histoire américaine. «En Europe, depuis le Moyen Âge, le contrat social veut que la sécurité soit déléguée à l’État. La déclaration d’indépendance américaine a été motivée par la question des taxes, mais aussi sur le droit de porter des armes, que réprouvait l’Angleterre. Dans la conception américaine, ce n’est plus uniquement à l’État d’assurer la sécurité mais également aux citoyens eux-mêmes. Cette question est devenue la pierre angulaire de la vision sociétale des conservateurs libertariens, notamment depuis leur radicalisation dans les années 1980. C’est le modèle du Far West. Et qu’est-ce que le Far West, sinon un système où il n’y a pas d’État?»

Actuellement, les États-Unis sont confrontés à une période de dérégulation très forte du droit de port d’arme, notamment à cause de l’influence de la NRA au Congrès. Tout n’est cependant pas gravé dans le marbre. Laurence Nardon rappelle que durant certaines périodes, la régulation des armes a été bien plus forte aux États-Unis qu’elle ne l’est aujourd’hui. Souvent à cause de tragiques événements: dans les années 1930 suite à la prohibition et à la volonté de contrôler la mafia, dans les années 1970 après plusieurs assassinats politiques ou encore dans les années 1990, à la suite de l’attentat contre Ronald Reagan. La chercheuse juge toutefois peu probable une inflexion de l’actuelle politique avant une trentaine d’années.

Voir de plus:

Un utilisateur de la plateforme de vidéos YouTube avait alerté le FBI l’an passé après avoir visionné un message posté par Nikolas Cruz, patronyme utilisé par le principal suspect de la fusillade de Parkland, qui a fait 17 morts. Dans ce dernier, le tireur menaçait explicitement sa volonté de commettre une fusillade dans un lycée.

« Je vais devenir un professionnel de la tuerie en milieu scolaire », avait écrit en commentaire d’une vidéo un abonné qui se faisait appeler Nikolas Cruz.

Il s’agirait du jeune homme de 19 ans qui a été inculpé ce jeudi après être revenu dans son ancien lycée à Pakland en Floride pour déclencher une fusillade faisant 17 morts.

Une capture écran envoyée au FBI

« Quand j’ai vu le commentaire dans mes notifications […], ça a attiré mon attention. J’en ai donc fait une capture d’écran que j’ai envoyée au FBI », a expliqué jeudi Ben Bennight, un utilisateur YouTube, à CNN.La police fédérale américaine a confirmé avoir reçu un signalement concernant ce commentaire en septembre 2017.

« Le FBI a procédé à des recherches dans des bases de données, mais n’a pas été capable d’identifier avec plus de précisions la personne qui a posté ce commentaire », a déclaré l’agence dans un communiqué.

Ben Bennight a expliqué au site BuzzFeed News qu’au lendemain de sa signalisation, des agents du FBI se sont rendus à son bureau pour lui demander s’il possédait plus d’informations sur l’utilisateur qui avait publié ce commentaire.

« Je n’en avais pas. Ils ont fait une copie de ma capture d’écran et c’est la dernière fois que j’ai entendu parler d’eux », a-t-il expliqué à BuzzFeed.

Voir enfin:

Fusillade

Fusillade en Floride. Averti sur le tireur, le FBI reconnaît une défaillance

Après la fusillade qui a fait 17 morts, mercredi, dans un lycée à Parkland en Floride, le FBI a reconnu une défaillance, alors que le tireur avait été signalé comme dangereux aux autorités.

La police fédérale américaine a reconnu ce vendredi ne pas avoir pris les mesures qui s’imposaient après avoir été avertie en janvier de la dangerosité potentielle de Nikolas Cruz, l’homme qui a tué mercredi 17 personnes dans un lycée de Floride.

Le tireur signalé au FBI par un proche

Le FBI a précisé avoir reçu un appel d’un proche de M. Cruz, qui a décrit le comportement déviant du jeune homme de 19 ans et son intention de tuer des personnes. Cette information « aurait dû être traitée comme une menace potentielle » et « la procédure en vigueur n’a pas été respectée », a ajouté le FBI.

Un utilisateur YouTube confiait jeudi à BuzzFeed avoir lui aussi signalé le tireur aux autorités. Il avait repéré sur la plateforme de vidéos en ligne un commentaire explicite du jeune homme de 19 ans qui assurait vouloir commettre une fusillade dans un lycée.

Le tireur avait été renvoyé du lycée

L’informateur, qui n’a pas été identifié, a également livré au téléphone des détails sur le fait que Cruz était armé et qu’il publiait des messages menaçants sur les réseaux sociaux.

Le jeune homme de 19 ans avait été renvoyé du lycée Marjory Stoneman Douglas, situé dans la ville de Parkland.Il a ouvert le feu mercredi au fusil semi-automatique dans les classes de cet établissement, ses balles fauchant une trentaine de personnes, dont 17 sont décédées, parmi lesquelles une majorité d’adolescents.

Face à la gravité de l’absence d’une enquête qui aurait pu empêcher ce massacre, le directeur du FBI, Christopher Wray, s’est engagé à « aller au fond du problème ». M. Wray s’est également dit prêt à revoir les procédures en place, dans une déclaration jointe au communiqué.

Une arme achetée dans une armurerie

Interpellé peu après sa fusillade, Nikolas Cruz a été écroué. Il est poursuivi pour 17 meurtres avec préméditation.

Lors d’une brève comparution jeudi devant une magistrate, M. Cruz est apparu prostré entre ses avocats, les membres entravés par des chaînes, avec un visage aux traits encore juvéniles.

Face aux enquêteurs, il a reconnu avoir mené son attaque avec un fusil d’assaut et des chargeurs de munitions qu’il avait légalement acquis dans une armurerie et qu’il transportait dans un sac à dos.

Réussissant à se fondre parmi les élèves évacués, il est ensuite allé s’acheter à boire dans une sandwicherie Subway, puis s’est arrêté dans un McDonald’s, avant d’être interpellé.

Le débat sur les armes à feu ressurgit

Ce rebondissement vient alourdir le climat pesant autour du déplacement attendu en Floride du président Donald Trump, que des proches des victimes du lycée de Parkland exhortent à agir contre les armes à feu.

Parmi les parents parvenant à surmonter leur désespoir pour s’exprimer devant les caméras, Lori Alhadeff a suscité une vive émotion par l’intensité de ses suppliques. Elle a perdu sa fille de 14 ans, Alyssa.

« Des actes ! Des actes ! Des actes ! », a-t-elle crié sur l’antenne de CNN, en interpellant directement le locataire de la Maison Blanche.

« Je viens de voir ma fille, au corps froid comme la glace. Elle a reçu des tirs dans le cœur, dans la tête, dans la main. Morte ! Froide ! Elle ne reviendra pas », a martelé Mme Alhadeff, à l’issue d’une veillée ayant rassemblé des milliers d’habitants.

Le président parle d’un acte de « déséquilibré »

Le président Trump, qui avait été activement soutenu dans sa campagne par les lobbys des armuriers, s’est pour l’instant gardé d’établir un lien entre la dissémination des armes à feu dans le pays et la fusillade qui a semé en quelques secondes la mort et le chaos au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland.

À l’inverse, M. Trump a insisté sur les perturbations mentales de Nikolas Cruz, en soulignant vouloir porter ses efforts sur le terrain de la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiques.

« Je vais me rendre en Floride aujourd’hui pour rencontrer des gens parmi les plus courageux sur Terre – mais des gens dont les vies ont été totalement anéanties », a tweeté le président.

M. Trump n’a pas précisé quand il allait rencontrer les victimes, mais il a prévu de se rendre dans sa résidence de Mar-a-Lago, qui se trouve non loin de Parkland, pour le long week-end de President’s Day.

En tout cas, il est attendu de pied ferme. Le long de la route vers le lycée, des pancartes récemment posées affichent : « No guns 4 kids » (« Pas d’armes pour les enfants »).

Voir par ailleurs:

President Trump: Have Education Department Mandate Active Shooter Protocols

Townhall
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Feb 15, 2018
I’m a small government guy, however, it’s sadly apparent that the United States of America is paralyzed with political indecision over something the State of Israel figured out more than 40 years ago: all schools should have mandated security features and active shooter protocols.The horrific scene in Parkland, and the upsetting videos broadcast from the school during the shooting, should be the final straw.  The kids should not have been hiding and screaming, they should have been in the midst of a pre-determined security protocol.President Trump, if the Department of Education can force Americans to deal with the disaster of Common Core, it can certainly issue a federal mandate regarding school security. The time is now.My personal manifesto is that government should never get involved in an issue unless an ongoing clear and present danger exists to large numbers of people, and that any regulation or legislation has a sunset provision.

Here we are.

In 1974, Israel endured the Ma’alot Massacre in which “Palestinian” terrorists took 115 people hostage at Netiv Meir Elementary School.  Twenty-two children and three others were killed and 68 injured.  Israel now requires schools with 100 or more students to have a guard posted. The civilian police force handles the entire security system of all schools from kindergarten through college.  The Ministry of Education funds shelters and fences, reinforces school buses, and hires and trains guards.

Guards don’t just stand around.  They check everyone entering, and engage threats.

And yeah, they’ve got guns.The lawful purposes for carrying guns are very clear: protect school personnel and students, create a sense of security, deter the ill-intentioned, and provide self-defense.

Common sense.   Except to the illogical dullards who claim that “adding guns to schools won’t fix anything” and are fixated on the NRA and the ridiculous notions that gun laws magically stop criminals and crazy people from obtaining one of the 300 million guns in our country.

But more to the point, Israel’s Police Community & Civil Guard Department have a preventative care program that encourages safe behavior and offers violence protection strategies in normal situations.  Yet students are also trained in how to respond to an active shooter situation.

Ben Goldstein, an American who made aliyah to Israel, and now serves as volunteer security and supporter of IDF soldiers, says America is behind the curve.  Nevertheless, he says, it doesn’t take much for students and teachers to protect themselves.

“Barricade, barricade. Are desks movable?  Is the teacher’s desk movable?  Can they barricade inside of 20 seconds? If the shooter gets in, the kids should take whatever they’ve got and attack.  They can’t just sit there frozen or they will die.  America does earthquake drills, why not active shooter drills?   More kids have been killed by shooters than earthquakes.”

Barricading works, says Goldstein.In an active shooter situation, where a gunman is roaming a campus, five minutes is a lifetime, enough time for law enforcement to get to the scene.  “In those five minutes, the shooter will have to move from class to class, reload, clear malfunctions, all that stuff takes time.  And during gunfire lulls, kids must be taught to do something.  Don’t freeze.Moving once gets you out of that deer-in-headlights space.  Take command of the classroom.”

There is no other way, says Goldstein, and “sometimes children must take matters into their own hands.If the school has no proper security – two guards in case one gets shot, and no active shooter protocol, and no doors to withstand an attack – then the child needs to run as fast as they can AWAY from the shooter.”

Because right now, America is the deer-in-headlights.  Gun control debates are a distraction and impractical, and criminals ignore laws anyway.Crazy people are obviously not being dealt with properly – students at Parkland even predicted this would happen.

The only solution is for America to toughen up.  We have a pugilist for a president, and that is long overdue.  Now its time for President Trump to fight for our children by wielding government power in the proper manner, to do something that any reasoned American would agree with.

Instead of handing out participation trophies, let’s make our kids into the self-reliant, pro-active defenders of themselves and others.

Mr. President, the time is now.

COMPLEMENT:

School shootings are not the new normal, despite statistics that stretch the truth

If you think that our schools are under siege like never before, take a statistical trip back in time.

James Alan Fox

USA Today

Feb. 19, 2018

With the high school massacre in Parkland, Fla., several days gone but hardly forgotten, the time seems right to examine closely some of the statistical hype that made frightening news alongside details of the horrific shooting.

In print and on TV, Americans were bombarded with facts and figures suggesting that the problem of school shootings was out of control. We were informed, for example, that since 2013 there has been an average of one school shooting a week in the U.S., and 18 since the beginning of this year. While these statistics were not exactly lies or fake news, they involved stretching the definition of a school shooting well beyond the limits of most people’s imagination.

Everytown for Gun Safety reported that there have been 290 school shootings since the catastrophic massacre in Newtown, Conn., more than five years ago. However, very few of these were anything akin to Sandy Hook or Parkland. Sure, they all involved a school of some type (including technical schools and colleges) as well as a firearm, but the outcomes were hardly similar. Nearly half of the 290 were completed or attempted suicides, accidental discharges of a gun, or shootings with not a single individual being injured. Of the remainder, the vast majority involved either one fatality or none at all.

It is easy to believe that school shootings are the “new normal” as has been intimated, or that we are facing a crisis of epidemic proportions. When schools are placed on lockdown based on an active shooter alert (which many times is a false alarm), cable news channels immediately inform their viewers of the danger, and word is tweeted and retweeted to millions, most of whom have no direct connection to the event.

And when gunshots ring out, we hear the sounds replayed from cellphone recordings and watch through satellite feed as terrified survivors flee the scene. It makes a lasting impression, to be sure.

For all those who believe that schools are under siege like never before, it is instructive to take a statistical road trip back in time.

Since 1990, there have been 22 shootings at elementary and secondary schools in which two or more people were killed, not counting those perpetrators who committed suicide.

Whereas five of these incidents have occurred over the past five-plus years since 2013, claiming the lives of 27 victims (17 at Parkland), the latter half of the 1990s witnessed seven multiple-fatality shootings with a total of 33 killed (13 at Columbine).

In fact, the 1997-98 school year was so awful, with four multiple-fatality shooting sprees at the hands of armed students (in Pearl, Miss.; West Paducah, Ky.; Jonesboro, Ark.; and Springfield, Ore.), that then-President Clinton formed a White House expert committee to advise him. Nearly a decade later, President Bush convened a White House Conference on School Safety in the wake of multiple-fatality incidents during his administration.

Of course, I don’t mean to minimize any of the one-per week on average school shootings, but they should not be conflated with the most deadly but rare events.

Unfortunately, most readers and viewers don’t appreciate the distinction when statistics including non-fatal school shootings are cited whenever there is mass killing at a school.

Notwithstanding the occasional multiple-fatality shooting that takes place at one of the 100,000 public schools across America, the nation’s schools are safe. Over the past quarter-century, on average about 10 students are slain in school shootings annually.

Compare the school fatality rate with the more than 100 school-age children accidentally killed each year riding theirbikes or walking to school. Congress might be too timid to pass gun legislation to protect children, but how about a national bicycle helmet law for minors? Half of the states do not require them. There is no NRA — National Riding Association — opposing that.

I’m all for shielding our kids from harm. But let’s at least deal with the low hanging fruit while we debate and Congress does nothing about the role of guns in school shootings.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.


Antisémitisme: C’est un Juif qui rencontre un autre Arabe (Happy as God in France: Guess the origins of France’s no.1 TV host and radio personality ?)

14 février, 2018
https://i2.wp.com/i.f1g.fr/media/eidos/orig/2017/12/20/XVMe43dfed6-e584-11e7-9ed5-769ce2ed529d-805x453.jpghttps://www.tuxboard.com/photos/2016/01/classement-personnalites-preferees-des-francais-2016.jpg
Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
 Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï (10 avant JC)
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
De même que pour les juifs, ce sont les mêmes qui dénoncent les sorcières et qui recourent à leurs services. Tous les persécuteurs attribuent à leurs victimes une nocivité susceptible de se retourner en positivité et vice versa. René Girard
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
Nobel Prizes have been awarded to over 850 individuals, of whom at least 22% (without peace prize over 24%) were Jews, although Jews comprise less than 0.2% of the world’s population (or 1 in every 500 people). Overall, Jews have won a total of 41% of all the Nobel Prizes in economics, 28% in medicine, 26% in Physics, 19% in Chemistry, 13% in Literature and 9% of all peace awards… Wikipedia
Ainsi partit le paysan, En traversant la nuit des temps A la recherche d’une terre. « Mes bras sont forts, j’ai du courage. J’accepte même un marécage… « Il ne trouva que des barrières. « T’es pas d’ici, t’as un accent. Fais-toi prêteur, fais-toi marchand Mais tu n’auras jamais de terre. On se méfie de ton trésor, Ton étoile d’or…  » Faute d’avoir un champ de blé, L’homme se mit à cultiver Son petit champ dedans sa tête. On le vit scribe et puis docteur Puis violoniste et professeur, Peintre, savant ou bien poète… Herbert Pagani
L’Âge moderne est l’Âge des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. Il ne s’agit plus de cultiver les champs ou de surveiller les troupeaux, mais de cultiver les hommes et de veiller sur les symboles […] En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. Yuri Slezkine
En fait, ce que nous avons voulu démontrer, ma collègue Maristella Botticini, de la Bocconi, et moi, c’est que l’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. Dans le cas des juifs, le problème se pose après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70 de l’ère courante. La caste des prêtres qui constituait alors l’élite perd le pouvoir au profit de la secte des pharisiens, qui accorde une grande importance à l’étude. C’est de cette secte que vont sortir les grands rabbis, ceux qui vont pousser les juifs à se concentrer sur l’étude de la Torah, un texte dont la tradition veut qu’elle ait été écrite par Moïse sous la dictée de Dieu. Vers l’an 200, obligation est ainsi faite aux pères de famille d’envoyer leurs fils dès l’âge de 6 ans à l’école rabbinique pour apprendre à lire et étudier la fameuse Torah. Or l’essentiel des juifs sont des paysans, et pour les plus pauvres, cette obligation pèse très lourd car elle les prive de bras pour travailler aux champs. Beaucoup vont alors préférer se convertir au christianisme, d’où, on le voit dans les statistiques de l’époque, une baisse drastique de la population juive au Proche-Orient à partir du IIIe siècle alors que, jusqu’à la destruction du Temple, cette religion était en augmentation constante et multipliait les convertis. Pour ceux qui ont accepté le sacrifice financier que représente la dévotion, il va s’agir de valoriser leur effort. Or autour d’eux, ni les chrétiens ni, plus tard, les musulmans n’imposent à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire. Les juifs bénéficient donc d’un avantage compétitif important. C’est ainsi un juif converti à l’islam qui a servi de scribe à Mahomet et aurait mis par écrit pour la première fois le Coran. (…) Notre étude, fondée sur l’évolution économique et démographique du peuple juif, de l’Antiquité à la découverte de l’Amérique, remet en cause en fait la plupart des théories avancées jusqu’ici. Si les juifs sont médecins, juristes ou banquiers plus souvent qu’à leur tour, ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés et condamnés à s’exiler régulièrement, comme l’a avancé l’économiste Gary Becker, ou parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être agriculteurs, comme l’a soutenu Cecil Roth. Car si dans certains pays, on les a empêchés de posséder des terres, c’était bien après qu’ils aient massivement abandonné l’agriculture, et s’ils ont pu être persécutés, cela ne justifie pas qu’ils soient devenus médecins ou juristes : les Samaritains, très proches des juifs et eux aussi traités comme des parias, sont demeurés paysans. De même, contrairement à ce que dit Max Weber, ce n’est pas parce qu’un juif ne peut pas être paysan du fait des exigences de la Loi juive. Les juifs du temps du Christ la respectaient alors qu’ils étaient majoritairement occupés à des travaux agricoles et à la pêche. C’est dans l’Orient musulman, sous les Omeyyades et les Abbassides, à un moment où ils sont particulièrement valorisés, que les juifs s’installent massivement dans les villes et embrassent des carrières citadines. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent alors tirer parti du fait d’être lettrés. D’un point de vue purement économique, il est alors beaucoup plus rentable de devenir marchand ou scientifique que de labourer la terre. D’où notre théorie : si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. (…) ces professions étaient beaucoup plus rentables que le travail de paysan. Pour un juif du Moyen Âge, l’apprentissage de la Torah allait de pair avec le fait de faire des affaires. Rachi, le grand commentateur du Talmud, était un entrepreneur qui possédait des vignes. Ses quatre fils, tous érudits, se sont installés dans quatre villes différentes où ils ont tous fait du business, notamment de prêts d’argent, tout en étant rabbins. Grâce à leur connaissance des langues et leurs réseaux familiaux, les juifs ont pu rentabiliser leur formation, le fait de savoir lire et écrire, mais aussi raisonner, plus aisément que d’autres communautés. (…) Il est essentiel que la culture fasse partie intégrante de l’éducation quotidienne. Et en cela, la mère joue un rôle essentiel, toutes les études le montrent. C’est elle qui transmet les valeurs fondamentales. La probabilité que vous alliez à l’université est plus importante si votre mère a été elle-même à l’université. Donc, le fait que la mère ait un minimum d’éducation a représenté très tôt un avantage compétitif par rapport aux autres communautés religieuses où la femme n’en recevait pas. Nous étudions actuellement la période allant de la Renaissance à l’Holocauste. Et nous avons déjà découvert ceci : en Pologne, au XVIIe siècle, la population juive a fortement progressé par rapport à la population chrétienne. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mortalité infantile y était plus faible. Conformément à l’enseignement du Talmud, les enfants bénéficiaient en effet d’un soin tout particulier. Les femmes gardaient leur enfant au sein plus longtemps que les chrétiennes, et elles s’en occupaient elles-mêmes. Voilà un exemple tout simple des effets que peut avoir l’éducation. Zvi Eckstein
Pour faire face au danger que le christianisme et la romanisation faisaient courir à la survie du judaïsme, les Pharisiens imposèrent une nouvelle forme de dévotion. Tout chef de famille, pour rester fidèle à la foi judaïque, se devait d’envoyer ses fils à l’école talmudique, afin de perpétuer et d’approfondir, par un travail cumulatif de commentaire, la connaissance de la Torah. Cette nouvelle obligation religieuse a eu des répercussions socio-économiques considérables. Envoyer ses fils à l’école représentait un investissement coûteux qui n’était pas à la portée de la majorité des juifs, simples paysans comme les autres populations du Moyen-Orient au milieu desquelles ils vivaient. Ceux qui n’en avaient pas les moyens et restèrent paysans, s’éloignèrent du judaïsme. Ils  se convertirent souvent au christianisme.  C’est ce qui explique l’effondrement de la population juive durant l’Antiquité tardive. Ceux qui tenaient au contraire à remplir leurs obligations religieuses, durent choisir des métiers plus rémunérateurs. Ils devinrent commerçants, artisans, médecins et surtout financiers. Les juifs ne se sont pas tournés vers ces métiers urbains parce qu’on leur interdisait l’accès à la terre, comme on l’a dit souvent, mais pour pouvoir gagner plus d’argent et utiliser en même temps leurs compétences de lettrés. Ils étaient capables désormais de tenir des comptes, écrire des ordres de paiement, etc… (…) S’ils s’imposent partout dans le crédit, ce n’est pas parce que l’Eglise interdisait aux chrétiens le prêt à intérêt (en réalité l’islam et le judaïsme lui imposaient des restrictions comme le christianisme), mais parce qu’ils ont à la fois la compétence et le réseau pour assurer le crédit, faire circuler les ordres de paiements et les marchandises précieuses du fond du monde musulman aux confins de la chrétienté.  (…) c’est souvent à la demande des seigneurs ou évêques locaux qu’ils étaient venus s’installer dans les villes chrétiennes, parce qu’on recherchait leur savoir faire pour développer les échanges et l’activité bancaire. Les premières mesures d’expulsion des juifs par des princes chrétiens à la fin du XIII° siècle semblent avoir été guidées par la volonté de mettre la main sur leurs richesses beaucoup plus que par le désir de les convertir. (…) C’est pour des raisons religieuses que le judaïsme s’est imposé brusquement un investissement éducatif coûteux qui le singularise parmi les grandes religions du livre. Car ni le Christianisme qui  s’est donné une élite particulière, à l’écart du monde, vouée à la culture écrite, ni l’Islam n’ont imposé à leur peuple de croyants un tel investissement dans l’alphabétisation. Cet investissement a eu l’effet d’une véritable sélection darwinienne.  Il a provoqué une réorientation complète de l’activité économique du monde juif  en même temps  qu’il faisait fondre sa masse démographique. Il a surtout fait fleurir, par le miracle de l’éducation, des aptitudes intellectuelles précieuses qui en ont fait durablement une minorité recherchée et jalousée. André Burguière
Nous vivons une époque formidable, celle de l’indistinction. Aussi certains intellectuels ne savent-ils plus toujours si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des opinions ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom des droits humains ou, plus simplement, des principes de la démocratie. Mais c’est justement une incompréhension fondamentale sur la nature de cette dernière qui autorise cette interrogation. Tocqueville avait utilement alerté sur cette question: dans une société démocratique, expliquait-il, les individus vouent un véritable culte à l’égalité qui constitue une passion dominante. Ainsi «les théories conduisant à la conclusion que toutes les opinions doivent être respectées et traitées sur une base égalitaire, voire considérées comme équivalentes, tendent à être l’objet d’une attention sélective et à être retenues en priorité» (Raymond Boudon, «Les deux sociologies de la connaissance scientifique»). Ainsi, le fondamental principe d’égalité se corrompt trop souvent dans le désir, plus ou moins avoué, d’indistinction. Cette pente est particulièrement redoutable puisqu’elle incite au scepticisme radical, et elle tend à considérer l’éthique et l’épistémologie comme des illusions. La démocratie, qui, à beaucoup d’égards, peut être définie comme une organisation des séparations (par exemple du politique et de l’ethnico-religieux), a tout à perdre à promouvoir l’indistinct. C’est à l’aune de l’indistinction que nous pouvons comprendre l’apparition d’un phénomène nouveau: l’antisémitisme sans antisémites. Il est en effet frappant de constater le déni ou l’euphémisation (généralement par l’affirmation d’un antisionisme radical) devant le procès en antisémitisme. Ces attitudes (que l’on peut ne pas distinguer) sont généralement fondées, d’une part, sur l’incompréhension de la nature de l’antisémitisme, d’autre part, sur la distinction – dont nous montrerons l’inconsistance – entre antiracisme moral et antiracisme politique. Il va de soi que ces deux points entretiennent de profondes affinités. Le modèle dominant de lutte contre le racisme, développé à partir de 1945, établissait une équivalence structurelle entre colonisés et juifs dans leur fonction de détournement (mécanisme bien documenté du bouc-émissaire) de l’insatisfaction sociale. Dans cette stratégie argumentative, la spécificité du génocide des juifs constituait une réelle difficulté. Il fallait donc que le racisme nazi soit une forme particulière de racisme colonial. La distinction entre ces deux formes de racisme a été pourtant, dès 1967, posée avec vigueur par Jeanne Hersch («Sur la notion de race», dans Diogène). Dans une étude consacrée à la notion de race et à l’examen de deux textes établis sous l’égide de l’Unesco, elle montrait que dans le cas du racisme colonial les différences physiques stigmatisées par les colonialistes étaient manifestes, alors que celles dénoncées par les nazis étaient extrêmement imprécises. Elle ajoutait, en outre, que les colonialistes justifiaient l’exploitation de leurs victimes à l’aide d’un préjugé raciste, celui de l’infériorité intellectuelle des exploités, tandis que les nazis usaient comme moteur de leur haine l’envie qu’inspiraient les juifs, auxquels le préjugé raciste prêtait une supériorité intellectuelle dangereuse. Aussi, pour les colonialistes fallait-il maintenir la présence de l’«autre race» en tant que source de profit; alors que pour les nazis le but était son élimination et sa destruction. Pour le racisme d’extermination, c’est donc le caractère incertain des différences physiques de l’autre qui entretient une suspicion diffuse, une hantise du mélange. Or si ce racisme a désigné le juif comme l’ennemi absolu, c’est parce que la différence juive, hors du champ religieux, est insaisissable. Elle est, en conséquence, la plus dangereuse pour l’identité collective du groupe. Comme le notaient, il y a assez longtemps, P. H. Maucorps, A. Memmi et J. F. Held, les juifs parce qu’ils «constituent une minorité tellement fluide que très peu d’individus considérés comme tels réunissent toutes les déterminations réelles ou supposées de leur groupe sont objet de racisme en tant que simple incarnation de l’Altérité.» On voit, à travers ces lignes, la particularité de l’antisémitisme qu’avait, à sa manière, évoquée Édouard Drumont lorsqu’il écrivait: «Le juif dangereux, c’est le juif vague.» En d’autres termes, le plus grand péril pour le raciste, c’est le péril indiscernable. Le juif, trop semblable au point de ne pouvoir être distingué, exaspère chez l’antisémite l’horreur du métissage, la peur de la dégénérescence par l’effet du mélange. Aussi l’expression de l’hostilité à l’égard des juifs n’est-elle nullement soucieuse de donner une explication causale de la menace sociale, mais manifeste une crainte face à un danger mal compris susceptible de fissurer l’armature sociale de la communauté. (…) Il paraît, par conséquent, illusoire de penser aujourd’hui les tâches de l’antiracisme sans partir de cette réalité: l’antisémitisme appartient à un registre spécifique. La lutte contre lui ne peut être efficace que si elle est distinguée de la lutte contre les autres formes de racisme. Est-il utile de préciser que l’accent mis ici sur la particularité du registre antisémite n’induit nullement une volonté de méconnaître les autres expressions de la haine ou de hiérarchiser celles-ci à l’aune de leur malfaisance? (…) Autre intéressant registre rhétorique, l’antiracisme politique utilise quelques intellectuels juifs pour éloigner tout soupçon d’antisémitisme. (…) De même, l’idée, exprimée par un collectif de juifs «antiracistes et anticolonialistes», d’une «profonde rupture, après la Shoah, entre les Juifs et les autres peuples racisés» (voir «La bonne conscience des intellectuels juifs»), suggère également que les juifs ne sont pas des racisés comme les autres. Et s’ils ne sont pas comme les autres, c’est parce que pèse sur eux l’accusation de sionisme, sans que l’on sache très bien à quoi elle renvoie, tant le mot est polysémique. Mais on comprend aisément, nonobstant le nombre considérable de juifs critiques à l’égard de la politique de colonisation israélienne, que tout juif est un sioniste potentiel, autrement dit un ennemi du genre humain, comme l’était autrefois le «juif vague» cher à Drumont. La stratégie d’euphémisation, liée au discrédit de la notion de race, rend ainsi, pour un nombre de plus en plus grand de nos contemporains, l’antisémitisme respectable. La prolifération des thèses complotistes est un indicateur inquiétant de la fragilité d’une opinion démocratique, trop souvent incapable de se prémunir contre la corruption de l’égalité, celle de la dignité de chacun, dans l’indistinction, soit fondamentalement la confusion du vrai et du faux. Alain Policar
Underlying this pervasive point of view is the notion that Jews, who are often conflated with whites, should “check their privilege,” because anti-Semitism just isn’t as bad as other forms of racism. On campus, where the ADL notes an acute rise in anti-Jewish hostility, alarmed Jewish students are sidelined for being white and middle-class and the Holocaust is trivialized as “white on white crime.” Elsewhere, Jews who protest anti-Semitism are dismissed for failing to ante up sufficient concern about people of color. This erasure of anti-Semitism isn’t simply callous. It exposes a huge moral failure at the heart of the modern left. Under the enveloping paradigm of “intersectionality,” everyone is granularly defined by their various identities — everyone, that is, except white Jews, whose Jewishness is often overwritten by their skin color. Not simply a moral failing, this erasure is deeply hazardous, inasmuch as the fight against racism happens by and large in sectors where the left perspective dominates — the academy, pop culture and much of the news media. But this failure of the left is less a result of malice rather than unconscious wiring. As I will argue, the left is doomed to erase anti-Semitism because it’s ill-equipped to understand it. For in a key sense, regular racism — against blacks and Latinos, for example — is the opposite of anti-Semitism. While both ultimately derive from xenophobia, regular racism comes from white people believing they are superior to people of color. But the hatred of Jews stems from the belief that Jews are a cabal with supernatural powers; in other words, it stems from the models of thought that produce conspiracy theories. Where the white racist regards blacks as inferior, the anti-Semite imagines that Jews have preternatural power to afflict humankind. This is also why the left is blind to anti-Semitism. Anti-Semitism differs from most forms of racism in that it purports to “punch up” against a secret society of oppressors, which has the side effect of making it easy to disguise as a politics of emancipation. If Jews have power, then punching up at Jews is a form of speaking truth to power — a form of speech of which the left is currently enamored. In other words, it is because anti-Semitism pretends to strike at power that the left cannot see it, and is doomed to erase — and even reproduce — its tropes. (…) And it’s anti-Semitism’s source in conspiracy theory that renders it so different from non-conspiracist forms of racism, like anti-blackness. As with most racism, anti-black bias constructs an underclass to be exploited or avoided. It positions blacks as inferior to whites and charges them with stereotypes that signal weakness: They are libeled as lazy, stupid, lustful, criminal and animalistic. (…) Anti-Semitism imagines a diabolic overclass to be exposed and resisted. Above all else, anti-Semitism is a conspiracy theory about the maleficent Jewish elite. And it’s this that makes it easy to disguise as a politics of liberation, or, at least, to embed anti-Semitism quietly in efforts for social justice. (…) Anti-Semitism is a poor man’s revolution. (…)Americans are — thankfully — tuned to detect and deplore racism that punches down. But we must broaden our perspective if we want to reverse the progress of anti-Semitism, which punches up toward mass murder and extermination. Forward
Leonard Cohen avait écrit une chanson remplie de références à la Bible mais aussi connue pour ses sous-entendus érotiques (dans les strophes suivantes). Muhamad Al Hussayn a complètement réécrit la chanson de Leonard Cohen. « Ya illahi » ne signifie pas exactement « Hallelujah » (« louanges à Dieu », en hébreu), mais « Ô mon Dieu ». Finies les références à la Bible hébraïque et à ses personnages. Fini aussi le côté subversif (And remember when I moved in you / And the holy dove was moving too / And every breath we drew was Hallelujah). La suite de la version islamique que n’a pas chantée Mennel – mais que connaît sûrement une partie de son public à qui s’adressait le message ! – raconte l’histoire de quelqu’un qui a pêché et désobéi à Allah, puis décide de revenir vers lui. C’est du prosélytisme. Aux Français non initiés, Mennel a donc raconté le début d’une histoire poétique tirée des psaumes du roi David, qui régna sur un royaume juif à Jérusalem. Mais au public arabophone qui est nombreux à la suivre, l’artiste a diffusé un message religieux tout autre. Mennel est aussi l’auteure d’un clip de propagande, « Souris Palestine ». Plus question de roi David. La chanteuse y échange son « turban moderne » pour un hijab en bonne et due forme. Elle s’adresse aux « sœurs de Bosnie, frères de Bosnie ». Depuis, on a appris que la jeune chanteuse avait un penchant marqué pour les idées islamistes. « Les vrais terroristes, c’est notre gouvernement », a-t-elle écrit sur Facebook après l’assassinat du père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray. Quelques jours auparavant, elle avait nié le caractère terroriste de l’attaque de Nice qui fit plus de 80 morts le 14 juillet. La jeune femme partageait aussi des publications de Tariq Ramadan, Dieudonné, et d’organisations ou campagnes islamistes comme BarakaCity, Lallab ou HijabFirst. Tribune juive
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’ « A mort les juifs! », avril 2003)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs. La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : « On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs. » Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication « complotiste » : « Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait. » Pour une minorité, c’était « bien fait pour les Américains et pour les juifs ». Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. (…) En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué. (…) On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois. Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : « C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ? » Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait « pas autant pour les enfants palestiniens » ? Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. (…) Ces enfants sont les premiers à dire « le racisme c’est pas bien », mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les « Français », c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit « les racistes du PSG c’est que des juifs ! », il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros. Iannis Roder (professeur d’histoire-géographie, Saint-Denis)
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
A l’occasion du chantier de réaménagement des salles de peintures françaises et nordiques au second étage de l’aile Richelieu, le musée du Louvre a décidé de consacrer deux salles à la présentation de tableaux récupérés en Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale. Une sélection de 31 tableaux MNR (Musée Nationaux Récupération) est désormais exposée dans deux salles spécifiques. 76 tableaux sont également présentés dans le parcours permanent du musée, accompagnés d’une mention spécifique signalant leur origine. Entre 1940 et 1945, environ 100 000 biens de toute nature (parmi lesquels de nombreuses œuvres d’art) ont été spoliés en France par le régime nazi ou vendus sous la contrainte et transférés en Allemagne. La Commission de récupération artistique fut créée dès 1944 afin de retrouver ces objets et de les restituer à leur légitime propriétaire. Active jusqu’en 1949, cette commission a permis le retour en France de plus de 61 000 objets, dont plus de 45 000 furent rendus, suite aux demandes des victimes ou de leurs héritiers directs. Les biens non réclamés furent ensuite vendus pour une bonne part (environ 13 000) et l’administration conserva 2 143 objets qui furent enregistrés sur des inventaires spéciaux dits de la récupération (d’où le sigle MNR affectés à ces oeuvres, pour « Musées Nationaux Récupération »). Le musée du Louvre abrite ainsi 1 752 oeuvres MNR dans ses murs, dont 807 tableaux MNR : 296 sont conservés sur place tandis que les autres ont été déposés dans différents musées de France. Actuellement, un groupe de travail, mis en place par le ministère de la Culture et travaillant en lien avec la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) créée en 1999, est chargé de retracer la provenance de ces œuvres, afin de déterminer lesquelles ont été spoliées et lesquelles ne l’ont pas été. Dans le cas des biens spoliés, le groupe s’attache également à identifier leur propriétaire au moment de la spoliation pour permettre leur restitution à leurs ayants droit. Pour la collection des peintures, plus d’une cinquantaine d’oeuvres ont ainsi pu être rendues depuis 1951. Le Louvre
An estimated 100,000 objects in France alone were looted by the Nazis or sold under duress and transferred to Germany — paintings, but also drawings, sculptures and antiquities. Many had belonged to Jewish families whose homes were raided during the Nazi occupation, or who were forced to sell art to survive or to flee the country. From 1945 to 1949, over 61,000 of those objects were returned to France, and about 45,000 were claimed by their owners. Many of the unclaimed pieces were sold at auction. But the French state kept 2,143 of them — even today, experts say it is unclear how they were chosen. The government placed them in an inventory called the Musées Nationaux Récupération, or M.N.R., and entrusted them to museums. The Louvre has 807 such paintings. A little over 100 looted objects, including about 50 paintings, have been returned to their legitimate owners or their descendants, since the 1950s, after the first wave of restitutions. The French authorities acknowledge the pace is slow.  (…) Curators at the Louvre say the new exhibition rooms are another step in the effort to make information about looted artworks more accessible to the public, and to the victims or their heirs. Some experts praised the idea — Ms. Bouchoux, the former senator, said it was “symbolically and politically positive” — but others said the exhibition rooms lacked context and failed to lay out the complex history that had left the paintings orphaned. Emmanuelle Polack, an art historian who did her doctoral thesis on the Parisian art market under Nazi occupation, noted that the explanatory text in the exhibition rooms did not say that most of the looted artwork belonged to Jewish families. Nor do the plaques beneath the paintings explain where and how each one was found in Germany, like the 19th-century portrait of two sisters by Jacques Augustin Pajou that was taken by the Nazi regime’s foreign minister, Joachim von Ribbentrop. Mr. Allard, the Louvre curator, acknowledged that the plaques and an existing sign were “insufficient,” but said the museum planned to put up a larger banner at the entrance to the rooms. NYT
J’ai tué un juif! J’irai au paradis! Adel (novembre 2003)
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
Allah et son prophète, ils aiment pas les juifs. (…) Mort à Israël! Yousouf Fofana
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. Tribu Ka (novembre 2006)
Ils ont écrit ‘sale juif’ et ‘sale pédé’ sur son visage avec du Typex, avant de lui faire avaler des mégots de cigarette, un suppositoire, et de l’obliger à sucer un préservatif déroulé sur un bâton. Clarisse Grillon (secrétaire générale du tribunal de Nanterre, février 2008)
L’un d’entre eux s’est acharné contre Ilan en disant je n’aime pas les Feuj !! (…) Il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues (…) [alors qu’] un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi. Alexandre Lévy
Dans cette histoire, on retrouve tous les ingrédients du fonctionnement des ghettos : la logique du groupe qui fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, la présence d’un leader charismatique, la loi du silence, la peur, l’absence de solidarité avec des gens extérieurs au quartier et l’antisémitisme qui circule dans le groupe et d’une certaine façon le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques. (…) La focalisation sur les événements du Proche-Orient vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique qui règnent dans certaines banlieues. C’est une forme de ‘socialisme des imbéciles’ . Quand on écoute les gens tenir des propos antisémites, ils font leur portrait à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc. Didier Lapeyronnie (sociologue)
J’ai tué le sheitan. Kobili Traoré
Je me sentais comme possédé. Je me sentais comme oppressé par une force extérieure, une force démoniaque. (…) « J’ai crié ‘Que Satan soit béni’. Ils s’enferment tous après. […] Moi je voulais rester, je ne sais pas pourquoi. (…) je me sentais pourchassé et je me suis mis à réciter des paroles du Coran (…) Je ne savais pas chez qui j’allais atterrir. C’est quand j’ai vu dans l’appartement une Torah, j’ai vu la dame qui s’est réveillée. (…) Je lui ai dit ‘Appelez la police, on va se faire agresser’. Elle a appelé d’un téléphone fixe. (…) Je l’ai tapée avec le téléphone, ensuite avec mes poings. Ensuite, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai soulevée et jetée par la fenêtre. (…) Je pensais que c’était des démons. (…) Je ne suis pas antisémite. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui. (…) C’est horrible. Je n’aurais jamais dû faire ça, c’est sans doute parce que j’avais fumé trop de cannabis. (…) Tout ce qu’on essaye de faire passer par les médias, c’est faux.  Kobili Traoré
A plusieurs reprises lors de son audition, il se retranche derrière des « je ne sais pas ». – Des voisins disent avoir entendu « Allah Akbar », lui fait remarquer la juge d’instruction. – Je ne me souviens pas d’avoir dit ça. De même, Kobili ne se rappelle pas avoir crié « Tu vas payer ». De nombreux témoins ont pourtant dit aux enquêteurs avoir entendu un mélange de hurlements, de menaces et de références religieuses, en français et en arabe. L’homme est interpellé à 5h35 par trois policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC), arrivés pourtant sur les lieux près d’une heure auparavant. (…) Interrogé sur ses liens avec la retraitée, le jeune tueur se montre plus prolixe. Oui, il savait qu’elle était sa voisine du dessus, depuis « au moins dix ans ». Oui, il avait connaissance de sa pratique religieuse assidue. Comment? « Sa façon de s’habiller, avec des habits traditionnels pour aller à la synagogue, ou ses enfants quand ils venaient et avaient la kippa. » En revanche, Kobili nie que la religion de Sarah Halimi ait motivé son geste. « Je ne suis pas antisémite. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui », se défend-il, précisant n’avoir jamais eu de problèmes avec la communauté juive. L’Express
C’est un Juif qui rencontre un autre Arabe. Blague juive
Ma famille paternelle est originaire de Slovaquie. D’origine juive, mon grand-père a dû s’expatrier pour fuir les nazis. C’est comme cela qu’il est arrivé en France avant de rejoindre la clandestinité pendant la guerre. Il est arrivé dans les Alpes avec mon père qui avait alors 4 ans. Ironie du sort, c’est un curé qui s’est occupé de lui jusqu’à la fin de la guerre. (…) Et il deviendra même le premier directeur du premier Mammouth à Toulouse à la fin des années 1960. Jean-Luc Reichmann
Nagui, quand vous étiez petit, c’était le salon enfumé par les cigarettes de votre père, la table de travail de vos parents tous les deux profs, la table encombrée de copies à corriger, de fiches de cours… Vous faites vos devoirs et votre père vous dit: « Quel que soit le métier que tu feras, premier ministre ou balayeur, sois le meilleur ». Thierry Ardisson
Papa était prof de littérature à la fac, maman était prof de français, grec et latin au lycée, mais nous vivions dans l’attente du courrier qui apporterait la bonne ou la mauvaise nouvelle, à tel point que maman n’avait jamais complètement vidé nos malles. Quand le permis de séjour de mon père n’a pas été renouvelé, nous avons dû partir. Le Canada nous a accueillis et j’ai adoré. (…) j’ai grandi en voyageant. Je refuse les frontières, le racisme et l’exclusion. Je me sens citoyen du monde mais, à l’inverse, je n’ai eu de cesse d’avoir une maison à moi pour m’enraciner. A la naissance de chacun de mes enfants, j’ai planté un arbre. Notre maison de vacances, dans le Sud, est la maison d’enfance que je n’ai jamais eue. (…) Je ne me sentais pas bien physiquement, je ne supportais pas les moqueries. Nagui devenait Maguy à cause de la série télévisée. Fam, mon nom, se transformait en femmelette. Un jour, une fille m’a déclaré: ‘Si je t’épouse, je deviendrai Mme Fam. C’est super.’ Je me suis dit: ‘C’est vachement bien les filles!’ Je n’étais pas beau mec, la tchatche est devenue un moyen de séduction.(… [Mon frère] est analyste financier. Il a fait de brillantes études de commerce, celles que je n’ai pas terminées. Nous avons quatre ans d’écart. Il m’a donné le goût de la musique, du cinéma, de la compétition aussi: qui va le plus vite, qui gagne le plus d’argent pendant les vacances, qui a la plus jolie petite amie… Il est un repère d’autant plus essentiel que nous avons perdu nos parents. Nous sommes seuls en haut de la pyramide. (…) J’ai admiré le travail merveilleux de ma mère, j’ai lu le livre que mon père a écrit sur Lamartine. Mais je n’ai pas leur culture, leur intelligence, leur sens de la pédagogie. Je possède le dixième de leurs capacités intellectuelles. (…) Travailler avec acharnement pour être le meilleur, dans le respect et la tolérance des autres. La seule chose qui aurait pu les inquiéter et qui a longtemps inquiété maman, c’est la fragilité de ce métier. (…) Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans, ses institutions, ses représentants. Je ne comprends pas ceux qui s’efforcent à ne pas parler le français en France. Garder une langue maternelle que l’on parle entre soi, parce qu’on a un peu de nostalgie, je comprends. Mais il faut s’adapter à la société dans laquelle on vit. Sinon, cela crée de l’exclusion. Comme si les Bretons ne voulaient parler que le breton! (…) Il paraît que je salis la langue française, un comble pour un fils de profs de français! On m’écrit que je dois retourner dans mon pays, sinon on va m’égorger… Et comme certaines menaces ne sont même plus anonymes, j’ai fini par porter plainte. Mais, souvenez-vous aussi, j’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer. Ça ne m’a pas empêché de présenter ‘Je suis Charlie’ sur France 2 avec France Inter, le lendemain des attentats, pour dire haut et fort que la liberté de la presse doit permettre aux caricaturistes de se moquer de tout le monde. (…) [c’est un Juif qui rencontre un autre Arabe] l’histoire de Michel Boujenah (…) dit que j’ai mal quand j’entends des phrases faites pour nous dresser les uns contre les autres. Ma mère était aixoise, mon père égyptien. J’ai du sang français, italien protestant, arabe, juif polonais, copte, catholique. Et alors? Je suis un être humain qui respecte le pays dans lequel il vit et qui demande qu’on le respecte aussi. Le sentiment d’insécurité existe, mais il n’a pas une couleur de peau. J’ai cru que les choses iraient de mieux en mieux, c’est devenu faux. Aujourd’hui, le petit garçon que j’étais ne grandirait sûrement pas avec les mêmes chances. (…) Une étude démontre que, quand on fait du bien, ça nous fait du bien. Accueillir un enfant, donner un petit bout de chance, c’est quoi? Ajouter un lit dans une chambre, une assiette à table. C’est surtout un enrichissement, des liens créés qui perdurent. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé avant. (…) [Utiliser sa notoriété pour aider] Je le fais, bien sûr, à travers le Téléthon, en étant parrain de la Fondation pour la recherche médicale et du Secours populaire, mais il y a aussi d’autres actions moins visibles qui comptent beaucoup. (…) Au cours d’un enregistrement de ‘N’oubliez pas les paroles’, je m’étais adressé aux enfants pour leur dire que si un adulte posait la main sur eux d’une façon qui les mettait mal à l’aise, ils devaient appeler ce numéro: le 1, le 1 et le 9. J’ai reçu une lettre d’une maman qui me disait : ‘Je voulais vous remercier parce que ma fille est venue me parler et je ne savais pas ce qu’il se passait chez moi. Grâce à vous, nous allons nous occuper de ce scandale dans notre famille.’ Une enfant à qui j’ai pu être utile, ça me va. Je pourrais tout arrêter demain, j’aurai au moins fait ça. Nagui
En venant à la maison, certains de nos amis ont décidé, à leur tour, d’accueillir des enfants pour les vacances. J’accepte d’ailleurs d’en parler avec vous pour cette unique raison: encourager ceux qui liront ces lignes à le faire aussi, dans la mesure de leurs possibilités. Mélanie
La première chose qui fait plaisir au petit gars d’Alexandrie est de ne plus avoir peur de passer la douane quand il revient d’un pays étranger. (…) En effet, ce qui change c’est que, ceux qu’on appelle poliment, les diversités culturelles sont maintenant représentées. Tout le monde est là. Le trio de tête de ce classement était Roselmack – Nagui – Reichmann. Maintenant ce qui serait bien c’est d’arriver un jour à ne plus le remarquer. (…) La journée est très réglée : elle commence tôt à la maison avec les gamines à préparer et à déposer à l’école. Arrivée à 9 heures à Europe 1 pour préparer l’émission diffusée de 9h30 à 11h. Là je saute dans la voiture pour arriver au studio TV de La Plaine St Denis. J’ai dix minutes pour me changer, me maquiller et enregistrer « Tout le monde veut prendre sa place ». On enregistre cinq émissions en rafale, entrecoupé d’une pause déjeuner. J’essaie d’être à la maison vers 19 heures pour le bain des enfants. Un autre jour, je dois enregistrer « N’oubliez pas les paroles » de 13 heures à 20 heures. Un autre jour, il faudra enregistrer « Taratata » jusque vers 2 heures du matin. (…) le gros avantage d’un jeu est qu’il a une mécanique, des règles, un jalonnement précis et donc vous pouvez toujours retomber sur vos pattes si vous faites le fou au milieu de ces règles. S’il n’y a pas ce cadre là, et si je fais uniquement l’idiot, je me perds et l’auditeur ou le téléspectateur aussi. Cela devient alors n’importe quoi et très prétentieux car ce n’est construit qu’autour de celui qui fait ses vannes. Et là, je me suis pris des claques. D’autres sont beaucoup plus doués que moi pour faire ce genre d’émissions. Je pense à Ruquier, Baffie, Ardisson. Certains, comme moi, ont besoin de structure avec si je peux dire « un début, un milieu et une fin ». (…) [c’est quand même facile d’animer un jeu : tout le monde peut prendre votre place] c’est ce que Julien Courbet me disait : le premier qui vient me voir pour me dire qu’animer un jeu c’est facile, je lui pète la gueule. Julien travaille beaucoup pour être un très bon animateur de jeu qu’il est en train de devenir, vous le verrez sur France 2. Il sort de 15 ans de présentation de magazines de reportages. Il pensait avoir vu tout ce qu’il y avait de compliqué dans l’animation télé et là, dans les jeux, c’est la fatigue, la concentration et les changements d’humeur qui sont les plus déstabilisants. Mais en même temps on est payé pour rire et c’est quand même formidable. (…) Le téléspectateur a peut-être envie de s’amuser quand le quotidien n’est pas drôle et de gagner de l’argent quand il voit que tout est cher. Et puis pour une chaînes, un jeu coûte moins cher qu’une fiction, un documentaire, une variété ou des reportages. Donc le rapport coût/rendement est intéressant pour un chaîne et le rapport gain/divertissement peut être plaisant pour le téléspectateur. Donc si tant mieux tout le monde s’y retrouve et on arrive à cette mode des jeux. (…) Je vais vous dire la vérité: je me sens extrêmement proche du service public, les dirigeants actuels et la ligne éditoriale choisie. Sur le service public, le téléspectateur peut apprendre en s’amusant tout en corsetant cet amusement de limites qui s’appellent le respect et la décence. Les patrons du service public ont une ligne éditoriale avec des règles. Il y a des mots qu’on ne dit pas sur France 2 et que l’on dit plus facilement à Canal ou dans le privé. Et je suis conscient que pour les chaînes publiques je suis un peu « border-line ». (…) Je suis très heureux qu’Europe 1 m’ait donné cette chance. Et je vais être très honnête avec vous: ce sont les seuls. Ce sont les seuls fous qui sont venus me dire cet été « venez chez nous ». Avec le jeu que j’anime tous les matins sur Europe 1, je fais du divertissement et de la culture générale pour montrer qu’on peut s’amuser et apprendre des choses.  Nagui

Heureux comme Dieu en France ?

Prénom arabe mais père égyptien copte et mère juive franco-italienne, arrivé en France à l’âge de quatre ans mais contraint pour des raisons de visa de repartir au Canada,  fils de professeurs de lettres mais considéré comme menace pour la langue française …

A l’heure où douze ans après l’odieux assassinat d’Ilan Halimi

Et, sans compter  les tueries de Toulouse ou de l’Hypercacher, un an après le tout odieux meurtre de son homonyme Sarah Halimi dont la justice refuse toujours de reconnaitre le caractère aussi évidemment antisémite …

Se poursuit, sous la pression du nouvel antisémitisme musulman qui monte et qui tue, l’exil forcé de la communauté juive en France …

Aussi bien extérieur (Israël, Canada ou Etats-Unis) qu’intérieur (vers les quartiers plus calmes de Paris ou de la région parisienne) …

Et que pour briller sur les plateaux télé les groupies des djihadistes coranisent les halleluias de Leonard Cohen …

Alors que pour présenter les toiles spoliées par les Nazis nos musées oublient de mentionner l’origine des victimes ..

Comment ne pas comprendre …

L’envie étant à la mesure du succès

La véritable prudence de sioux concernant leurs origines …

L’animateur préféré des Français compris …

 De tant de nos plus grandes célébrités ?

Nagui : « Mélanie ma chance, mon amour »
Ghislain Loustalot

Paris Match

12/10/2016

Mélanie et Nagui vivent ensemble depuis seize ans et ne peuvent envisager de passer même une nuit l’’un sans l’’autre.

Paris Match. Vous vous êtes mariés en 2010, mais votre histoire d’amour dure depuis seize ans. Comment a-t-elle démarré ?
Mélanie.Quand nous nous sommes rencontrés, je chaperonnais une copine qui ne voulait pas se rendre seule à une soirée chez lui. Nous avons joué à Taboo, c’était bon enfant. Même si j’ai été séduite, je n’étais pas du tout prête à me lancer dans une relation, d’autant qu’il avait, disons, une certaine réputation. Je ne voulais pas que ce soit facile. (Lire aussi : « Avant elle, je n’étais pas le même »)

« Mélanie m’a transformé humainement » Nagui

Nagui, étiez-vous un séducteur, un homme à femmes ?
Nagui. J’ai pris des “vestes” pendant des années. Je me trouvais moche. La télé ne m’a pas rendu beau mais… charmant. Je suis tombé dans le panneau. J’ai utilisé ce charme pour multiplier les dragues et les conquêtes. Par moments, j’ai cru être amoureux. Avec Mélanie, je me suis rendu compte de ce que cela signifie vraiment. Aujourd’hui, après seize années de vie commune, je n’envisage pas de passer une nuit sans elle. Si je dois m’absenter de Paris, je prends un avion tard le soir pour la rejoindre, un autre très tôt le lendemain pour retourner travailler. Nous ne supportons pas d’être l’un sans l’autre. (Lire aussi : Nagui déclare son amour – « Je suis un peu un boulet »)

Que vous a-t-elle apporté qui a bouleversé votre vie ?
Nagui. Elle m’a transformé humainement, donné l’appétit de découvrir et de comprendre. Je n’étais plus allé au musée depuis l’enfance. Son regard m’éclaire, y compris dans mes choix professionnels.
Mélanie. Il se faisait refouler mais tenait bon. Je le trouvais extraordinairement fort de ne rien lâcher quand il n’avait plus rien. Mon amour pour lui s’en est trouvé grandi : je n’avais jamais connu un homme aussi tenace et courageux…

Et vous, Mélanie, que vous a-t-il apporté qui a transformé votre existence?
Mélanie. L’amour, justement. Nous avons attendu quatre ans avant de faire un enfant. Nous avons construit notre couple d’abord, nous voulions être sûrs. Nous sommes complémentaires. Moi rêveuse, lui dans l’efficacité. Il me recadre.
Nagui. Elle est d’une rigueur inimaginable. Sur les horaires et l’organisation de la vie familiale, par exemple, alors que je suis plutôt laxiste. Mélanie est tout à la fois : épouse parfaite, maîtresse, pote avec qui je vais au foot, confidente. Et puis mère. Elle ne m’a pas seulement appris à éduquer nos enfants, j’ai également modifié, grâce à elle, ma façon de me comporter avec Nina, ma première fille. Et Mélanie est devenue pour elle une belle-maman exceptionnelle.

Mélanie, quelle a été votre formation avant qu’on vous découvre dans la série ‘Sous le soleil’?
Mélanie. La danse a été ma vocation première. A 16 ans, j’ai compris que j’adorais surtout être sur scène et je me suis dirigée vers le théâtre. J’ai pris des cours, passé des castings, tourné des pubs. J’ai travaillé très tôt. A 19 ans, j’étais indépendante.

Où avez-vous grandi?
Mélanie. Je suis née à Paris où mon père, anglais, et ma mère, australienne, se sont rencontrés. Elle était venue voyager en France après ses études et n’est plus repartie. Ils donnaient des cours d’anglais au sein de la CGM, une compagnie maritime. Puis, à la quarantaine, mon père a souhaité changer de vie. Devenu journaliste sportif, il a couvert le tennis et le golf pour ‘Le Monde’ et ‘Le Figaro’ en France, pour le ‘Guardian’ et ‘The Independent’ en Angleterre. Ma mère a suivi une voie similaire, elle a pris sa retraite anticipée, et a publié trois romans. J’ai une soeur qui, après des études de lettres, est devenue interprète. Elle parle français, anglais et japonais.
Nagui. J’aurais tellement aimé que Mélanie et ses parents rencontrent les miens ! Malheureusement, la vie en a décidé autrement.

Mélanie, vous êtes de retour sur scène dans ‘L’heureux élu’. Cela a été possible parce que les enfants ont grandi?
Mélanie. J’ai tourné dans quelques films alors que j’étais enceinte de Roxane, puis d’Annabel. Mais mon énergie passait dans leur éducation, d’autant plus que nous avons eu un troisième enfant. J’ai attendu qu’Adrien, qui a 4 ans, aille à l’école de façon régulière pour remettre la machine en route. Et elle s’est mise en route toute seule, puisque le metteur en scène Jean-Luc Moreau m’a demandé de jouer dans ‘L’heureux élu’.

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce corrosive sur la nature humaine?
Mélanie. J’ai adoré le pouvoir comique du texte d’Eric Assous, son regard sur notre société, sur l’hypocrisie de certains discours. Et puis mon personnage est complexe, passionnant à jouer. En tant que partenaire, Bruno Solo a été adorable.

Mélanie, pendant que vous êtes sur scène, quel genre de père est Nagui?
Mélanie. Très tendre, très tactile et câlin avec tous ses enfants, sans différence.
Nagui. J’ai un fils qui veut me tuer, je veux dire de manière oedipienne: il veut déjà tuer le père. Il est Superman, il veut être plus fort que moi.
Mélanie. Il cherche toujours la bagarre. En même temps, il a besoin d’un héros. Il y a un mimétisme incroyable entre Adrien et son père.

L’un de vos enfants aurait-il déjà une vocation artistique?
Mélanie. Il était important pour nous qu’ils fassent de la musique. C’est la meilleure école, celle de l’effort et de la rigueur.
Nagui. Ils se rendent compte que, grâce au travail, ils obtiennent des résultats, comme dans la vie. Mais rien n’est imposé, ils ont chacun choisi leur instrument.
« Pendant des années, j’ai pris des vestes. La télé ne m’a pas rendu beau mais charmant » Nagui

Comment réagissent-ils face à votre médiatisation?
Nagui. Il a fallu relativiser, éduquer. Ce n’est pas parce que je travaille à la télévision qu’ils doivent faire les crâneurs. Au début, nous préférions qu’ils ne parlent pas du métier de leurs parents à l’école. Mais ça ressemblait à de la culpabilité. Le plus compliqué, c’est de ne pas pouvoir marcher dans la rue en les tenant par la main, parce que quelqu’un va faire une photo pour l’envoyer sur les réseaux sociaux.
Mélanie. Maintenant, ils ont l’habitude. Ils repèrent avant nous la personne qui tente de nous photographier, se mettent de dos et nous préviennent.
Nagui. Si je ne refuse jamais de prendre la pose seul, je demande systématiquement aux gens d’effacer les photos des enfants. Ils n’ont pas à subir ça.

Vous êtes arrivé à 4 ans d’Egypte, où vous étiez né, mais votre famille a dû partir un moment au Canada. Pour quelles raisons?
Nagui. Papa était prof de littérature à la fac, maman était prof de français, grec et latin au lycée, mais nous vivions dans l’attente du courrier qui apporterait la bonne ou la mauvaise nouvelle, à tel point que maman n’avait jamais complètement vidé nos malles. Quand le permis de séjour de mon père n’a pas été renouvelé, nous avons dû partir. Le Canada nous a accueillis et j’ai adoré.

Est-ce que tout cela fait de vous un curieux du monde?
Nagui. Oui, parce que j’ai grandi en voyageant. Je refuse les frontières, le racisme et l’exclusion. Je me sens citoyen du monde mais, à l’inverse, je n’ai eu de cesse d’avoir une maison à moi pour m’enraciner. A la naissance de chacun de mes enfants, j’ai planté un arbre. Notre maison de vacances, dans le Sud, est la maison d’enfance que je n’ai jamais eue. Timide, donc tchatcheur, dites-vous de l’adolescent que vous

Timide, donc tchatcheur, dites-vous de l’adolescent que vous étiez. Pourquoi?
Nagui. Je ne me sentais pas bien physiquement, je ne supportais pas les moqueries. Nagui devenait Maguy à cause de la série télévisée. Fam, mon nom, se transformait en femmelette. Un jour, une fille m’a déclaré: ‘Si je t’épouse, je deviendrai Mme Fam. C’est super.’ Je me suis dit: ‘C’est vachement bien les filles!’ Je n’étais pas beau mec, la tchatche est devenue un moyen de séduction.

Vous aviez le sentiment d’être un usurpateur, dites-vous. Vos audiences vous feraient plutôt qualifier de sauveur…
Nagui. J’ai beaucoup de chance d’avoir la situation que j’ai, mais je sais que tout est fragile. J’ai connu les périodes où le téléphone ne sonne plus. Ça peut arriver de nouveau, je ne m’y suis pas préparé. Comment se préparer au désamour?

Etes-vous déjà retourné en Egypte?
Nagui. Une fois. Nous avions décidé d’organiser une seconde cérémonie de mariage. Avec mon frère, Carim, nous avons fondu en larmes sitôt débarqués de l’avion. Trop de souvenirs. Nous aurions tellement aimé que nos parents soient là…

Votre frère exerce-t-il le même genre de métier que vous?
Nagui. Il est analyste financier. Il a fait de brillantes études de commerce, celles que je n’ai pas terminées. Nous avons quatre ans d’écart. Il m’a donné le goût de la musique, du cinéma, de la compétition aussi: qui va le plus vite, qui gagne le plus d’argent pendant les vacances, qui a la plus jolie petite amie… Il est un repère d’autant plus essentiel que nous avons perdu nos parents. Nous sommes seuls en haut de la pyramide.

N’avez-vous pas été tenté de suivre la voie de Lotfy et Colette, vos parents enseignants?
Nagui. J’ai admiré le travail merveilleux de ma mère, j’ai lu le livre que mon père a écrit sur Lamartine. Mais je n’ai pas leur culture, leur intelligence, leur sens de la pédagogie. Je possède le dixième de leurs capacités intellectuelles.
« J’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer » Nagui

Quelles sont les valeurs qu’ils vous ont transmises?
Nagui. Travailler avec acharnement pour être le meilleur, dans le respect et la tolérance des autres. La seule chose qui aurait pu les inquiéter et qui a longtemps inquiété maman, c’est la fragilité de ce métier. Heureusement, elle est partie sans savoir que j’allais quitter Canal+ et affronter quelques années difficiles.

Pour vous, respect et tolérance, cela veut dire quoi?
Nagui. Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans, ses institutions, ses représentants. Je ne comprends pas ceux qui s’efforcent à ne pas parler le français en France. Garder une langue maternelle que l’on parle entre soi, parce qu’on a un peu de nostalgie, je comprends. Mais il faut s’adapter à la société dans laquelle on vit. Sinon, cela crée de l’exclusion. Comme si les Bretons ne voulaient parler que le breton!

Pourtant, vous recevez des lettres d’insultes et desmenaces de mort…
Nagui. Il paraît que je salis la langue française, un comble pour un fils de profs de français! On m’écrit que je dois retourner dans mon pays, sinon on va m’égorger… Et comme certaines menaces ne sont même plus anonymes, j’ai fini par porter plainte. Mais, souvenez-vous aussi, j’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer. Ça ne m’a pas empêché de présenter ‘Je suis Charlie’ sur France 2 avec France Inter, le lendemain des attentats, pour dire haut et fort que la liberté de la presse doit permettre aux caricaturistes de se moquer de tout le monde.

Vous racontez parfois cette histoire: c’est un Juif qui rencontre un autre Arabe. Que signifie-t-elle pour vous?
Nagui. Ah, l’histoire de Michel Boujenah! Elle dit que j’ai mal quand j’entends des phrases faites pour nous dresser les uns contre les autres. Ma mère était aixoise, mon père égyptien. J’ai du sang français, italien protestant, arabe, juif polonais, copte, catholique. Et alors? Je suis un être humain qui respecte le pays dans lequel il vit et qui demande qu’on le respecte aussi. Le sentiment d’insécurité existe, mais il n’a pas une couleur de peau. J’ai cru que les choses iraient de mieux en mieux, c’est devenu faux. Aujourd’hui, le petit garçon que j’étais ne grandirait sûrement pas avec les mêmes chances.
« Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans. Je ne comprends pas ceux qui ne s’efforcent pas de parler le français en France » Nagui

Vous accueillez, à travers le Secours catholique, des enfants qui ne peuvent pas partir en vacances. Pourquoi?
Nagui. Parce que, Mélanie…
Mélanie. Je ne supporte pas l’injustice. On va dans cette maison, dans le Midi, avec une piscine, de la place, la plage à proximité. On peut donner du bonheur à un enfant, lui ouvrir d’autres portes. Une richesse partagée. A l’époque, il y a dix ans, nous n’avions que Nina et Roxane, et, depuis, nous n’avons jamais cessé. La première jeune fille, qui a désormais 20 ans, fait des études de droit. Quand elle a vu la mer pour la première fois, une autre petite fille, qui vient depuis deux ans, s’est exclamée: ‘Elle est hypergrande cette piscine!’ C’était bouleversant.
Nagui. Une étude démontre que, quand on fait du bien, ça nous fait du bien. Accueillir un enfant, donner un petit bout de chance, c’est quoi? Ajouter un lit dans une chambre, une assiette à table. C’est surtout un enrichissement, des liens créés qui perdurent. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé avant.
Mélanie. En venant à la maison, certains de nos amis ont décidé, à leur tour, d’accueillir des enfants pour les vacances. J’accepte d’ailleurs d’en parler avec vous pour cette unique raison: encourager ceux qui liront ces lignes à le faire aussi, dans la mesure de leurs possibilités.

Utiliser sa notoriété pour aider, est-ce important?
Nagui. Je le fais, bien sûr, à travers le Téléthon, en étant parrain de la Fondation pour la recherche médicale et du Secours populaire, mais il y a aussi d’autres actions moins visibles qui comptent beaucoup.

Lesquelles?
Nagui. Au cours d’un enregistrement de ‘N’oubliez pas les paroles’, je m’étais adressé aux enfants pour leur dire que si un adulte posait la main sur eux d’une façon qui les mettait mal à l’aise, ils devaient appeler ce numéro: le 1, le 1 et le 9. J’ai reçu une lettre d’une maman qui me disait : ‘Je voulais vous remercier parce que ma fille est venue me parler et je ne savais pas ce qu’il se passait chez moi. Grâce à vous, nous allons nous occuper de ce scandale dans notre famille.’ Une enfant à qui j’ai pu être utile, ça me va. Je pourrais tout arrêter demain, j’aurai au moins fait ça.

Voir aussi:

MÉDIAS

20/12/2017 10:20 CET | Actualisé 20/12/2017 10:21 CET

Nagui reprend la tête du classement des animateurs préférés des Français

Il avait déjà atteint la tête du classement en décembre 2014 avant de céder la place à Michel Cymes.

MÉDIAS – Nagui est l’animateur préféré des Français en cette fin d’année 2017. Selon un sondage OpinionWay (représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus) qui paraîtra le 22 décembre dans TV Magazine, Nagui a rattrapé -de peu- Michel Cymes en tête du classement des animateurs préférés des français.

Selon le journal, qui publie deux fois par an cette étude recensant les 50 personnalités télé les plus populaires, l’animateur du « Journal de la Santé » de France 5 Michel Cymes, 28,9% des suffrages, a été dépassé d’un cheveu par Nagui (29% des suffrages).

Nagui avait déjà atteint la tête du classement en décembre 2014 avant de céder la place à Michel Cymes.

Chouchou des jeunes générations selon ce sondage, Nagui est très présent sur les ondes avec « La bande originale » à la mi-journée sur France Inter et les émissions de France 2 « Tout le monde veut prendre sa place », « N’oubliez pas les paroles » et « Taratata ».

Avec sa troisième place (24,5%), Élise Lucet est la première femme à accéder au podium depuis la création du Top 50 des animateurs dans TV Magazine.

La présentatrice de « Cash Investigation » et d‘ »Envoyé spécial » est suivie de près par Stéphane Plaza, l’animateur de « Recherche appartement ou maison » sur M6 qui remporte 24,3% des voix et arrive en tête chez les téléspectatrices et chez les 18-34 ans.

Jean-Luc Reichmann (23,7%), Laurent Delahousse (22,5%), Stéphane Bern (21,6%), Jean-Pierre Pernaut (21,1%), Yves Calvi (18%) suivent dans le classement, rejoints par Anne-Sophie Lapix (17,9%) qui a pris à la rentrée les rênes du 20H de France 2.

À noter que dans un sondage BVA pour la presse régionale et Foncia paru le 28 octobre dernier, Élise Lucet était désignée animatrice préférée des Français. L’animatrice de « Cash Investigation arrivait en tête du classement devant Nagui et Michel Cymes, ex-aequo.

Voir aussi:

« Je suis un enfant de Coluche »

Grand Sud – Solidarité. Jean-Luc Reichmann animera la soirée « Atout cœur » consacrée à l’économie sociale, le 17 mars prochain à Toulouse. Altruiste, la star de TF1 cultive la solidarité.

La Dépêche

Quelle est l’étincelle qui vous a révélé au métier de saltimbanque ?

J’ai un souvenir précis à 14 ans. J’ai acheté ma première mob en vendant de la saucisse que je faisais déguster crue sur le parking du Mammouth. J’en ai vendu quatre tonnes, ce qui a soufflé tout le monde. J’étais d’autant plus une attraction que j’étais le fils du directeur du magasin. Et en plus, j’avais du bagou…

Vous êtes né à Toulouse, mais vous avez des racines familiales beaucoup plus lointaines…

Oui, ma famille paternelle est originaire de Slovaquie. D’origine juive, mon grand-père a dû s’expatrier pour fuir les nazis. C’est comme cela qu’il est arrivé en France avant de rejoindre la clandestinité pendant la guerre. Il est arrivé dans les Alpes avec mon père qui avait alors 4 ans. Ironie du sort, c’est un curé qui s’est occupé de lui jusqu’à la fin de la guerre.

Ce père qui choisira beaucoup plus tard Toulouse…

Oui et il deviendra même le premier directeur du premier Mammouth à Toulouse à la fin des années 1960. Il y est resté et je reviens au moins deux fois par mois à Toulouse pour voir mes parents, ma petite sœur, mes neveux, mes copains. Je n’oublie pas que j’ai débuté sur la radio des Coteaux à Toulouse avant de passer à Radio Combos où j’avais hérité du délicieux surnom de « Boogie-chou ».

Est-ce que quelqu’un vous a donné la main pour réussir professionnellement ?

Non, je me suis fait tout seul avec des périodes de doute où j’aurais bien aimé que quelqu’un me parraine. Pour moi, « La brosse à dent », où je faisais la voix off, a été un vrai déclencheur, mais Nagui ne m’a pas spécialement aidé. C’est une profession où il faut se faire tout seul. Moi, je me suis beaucoup appuyé sur ma famille.

Dans votre vie, il y a un drame personnel qui a beaucoup compté…

Oui, à 20 ans, j’ai eu un accident de moto très grave. J’ai fait plusieurs jours de coma entre la vie et la mort. J’étais tombé très bas. Depuis, je « bouffe » la vie et je fonctionne à 300 %

Quand vous êtes arrivé à Paris, vous étiez un animateur à accent ?

Non, mais je savais en jouer. Ma différence, c’était ma tache sur le nez. Au début, je l’ai masquée au maquillage pour ressembler à tout le monde. À un moment, la production de l’émission « Les z’amours » m’a pourtant fortement suggéré de la faire traiter au laser. Finalement, j’ai décidé d’assumer et cela m’a rapproché de plein de gens.

Est-ce que, pour vous, la notoriété implique aussi des devoirs envers ceux qui vivent dans la précarité ?

Je passe à la télé tous les jours depuis 10 ans et je me suis toujours attaché à respecter les gens. Cela veut dire les écouter, respecter leur différence, avoir le souci de les valoriser à l’antenne. J’aime l’image de la main tendue, j’adore l’idée de faire plaisir, alors quand je peux rendre service pour la bonne cause, je n’hésite pas. Au moins deux fois par mois, je travaille avec des associations caritatives. Faire du bien aux gens, leur dire qu’il ne faut jamais baisser les bras, c’est mon message.

Vous êtes plutôt Coluche ou plutôt abbé Pierre ?

Le combat de l’abbé Pierre contre l’exclusion et la pauvreté est, bien sûr, admirable. Coluche, je l’avais vu à Toulouse sous chapiteau quand j’étais gamin. Il m’avait fait rire, pleurer et pleurer de rire. C’était un type exceptionnel, fin, profond qui pouvait être très violent quand il interpellait les politiques, mais plein de tendresse dans son soutien à tous les gens dans la colère. Oui, je me sens pour toujours un enfant de Coluche.


RENDEZ-VOUS

Atout cœur

L’association Toulouse Atout cœur a décidé cette année de soutenir les actions d’aide à la réinsertion sociale par le travail au cours d’une soirée qui sera organisée, jeudi prochain 17 mars, au centre des Congrès à Toulouse. Une vente aux enchères d’œuvres d’art permettra d’accompagner les projets de création de start up solidaires. La soirée rassemblera plus de 800 invités et sera présidée par Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé, et par Martin Hirsch, président de l’association Emmaüs.


Son parcours

RADIOS : Début à Toulouse en 1981 sur Radio des Coteaux et Radios Combos, Europe en 1996, Sur RMC en 2000. Depuis septembre 2002, RTL, à 19 h, « Vous avez deux minutes… ».

TELEVISION : De 1995 à 2000, « Les Z’amours » sur France 2, Jeux sans frontières (1 998) sur France 2, « Attention à la marche » depuis mars 2001 sur TF1.

VOIX : Les Guignols depuis 1989 sur Canal +. En voix off, « N’oubliez pas votre brosse à dents» sur France 2 avec Nagui, Bandes annonces de TF1, Publicité.

COMEDIE : Comédien, danseur, chanteur dans « Les précieuses ridicules », de Molière, en comédie musicale rock. Comédien dans Tribunal, Nestor Burma, Navarro, La trilogie de Pagnol.

LIVRE : « Sur 100 Français »,février 2004. « Éditions M. Lafon ».

ACTUALITE : Deux prime time sur TF1. Le 19 mars, il recevra des couples célèbres pour un « Attention à la marche » spécial. En préparation, une émission basée sur la ressemblance d’une mère et de sa fille. Casting prochainement à Toulouse. Envoyer candidatures à

Voir encore:

The Voice : Ce que Mennel a réellement chanté en arabe


Voir enfin:

PARIS — At first, it is unclear why curators at the Louvre chose to squeeze the 31 paintings into two small rooms. Dutch landscapes sit next to German portraits. Depictions of feasts, Roman ruins, a small child with a goat seem to collide.

What ties these pieces together is not style, school or subject, but a singular history. All were looted or bought by German occupiers during World War II, then recovered and brought back to France when the conflict ended.

While France has returned tens of thousands of looted artworks and other objects to their rightful owners, many remain orphaned, including these paintings, which until recently hung in the museum’s regular exhibition spaces, with only a small bit of explanatory text on their descriptive plaques.

“It seemed to us that if we didn’t create a permanent space, we were operating as we used to in the past,” said Sébastien Allard, director of the paintings department at the Louvre, which opened a dedicated space for looted works in December. Although museums are often suspected of wanting to keep the pieces, Mr. Allard said, “our goal is clearly to return everything that we can.”

Critics, while praising the intention, say the new rooms represent a missed opportunity because they do little to further the search for the rightful owners of the paintings or their heirs.

“Museums have really undergone a cultural revolution,” said Corinne Bouchoux, a former senator who wrote a 2013 report on France’s handling of looted artwork. “We’ve gone from an era where these paintings were either hidden or forgotten, to one where this history is accepted.”

“But for the paintings that we are certain were despoiled, the real question is: What is being done to find the descendants?” she said.

An estimated 100,000 objects in France alone were looted by the Nazis or sold under duress and transferred to Germany — paintings, but also drawings, sculptures and antiquities. Many had belonged to Jewish families whose homes were raided during the Nazi occupation, or who were forced to sell art to survive or to flee the country.

From 1945 to 1949, over 61,000 of those objects were returned to France, and about 45,000 were claimed by their owners. Many of the unclaimed pieces were sold at auction.

But the French state kept 2,143 of them — even today, experts say it is unclear how they were chosen. The government placed them in an inventory called the Musées Nationaux Récupération, or M.N.R., and entrusted them to museums. The Louvre has 807 such paintings.

A little over 100 looted objects, including about 50 paintings, have been returned to their legitimate owners or their descendants, since the 1950s, after the first wave of restitutions. The French authorities acknowledge the pace is slow.

“If you just look at the number of restitutions, there is obviously still a lot to do,” said Thierry Bajou, a curator at the Culture Ministry who works with a small team to identify the origins of looted art by combing through museum collections and archives, and by looking for markings, notes or labels on the backs of paintings.

“For a long time, the administration merely waited for the beneficiaries to claim a given work of art,” he said. “Now, we try to study the origin of the works and to identify who was despoiled at the time.”

Authorities collaborating on that effort include museums, the Culture and Foreign Ministries and the Commission for the Compensation of Victims of Spoliation, which was established in 1999 to examine reparation claims made by victims of France’s anti-Semitic laws during the war.

In 2015, the French government also struck a deal with a national organization of genealogists to help track down the heirs of despoiled families.

But French officials say the work is filled with obstacles, including the refusal of some art galleries to open their wartime archives. While some families saw their possessions looted by the Nazis, others were forced to sell their paintings, meaning the initial transaction can appear legitimate and can involve multiple intermediaries.

“We have a responsibility to give the right painting to the right person,” said Vincent Delieuvin, a curator at the Louvre who oversees looted or force-sold paintings. He said that museums did their best to retrace the history of their paintings, but that in many cases only families could provide proof that one was theirs.

An official catalog of the M.N.R. inventory was published in 2004, and a detailed online database is kept, named after Rose Valland, the French Resistance operative who kept a ledger of Nazi thefts.

Curators at the Louvre say the new exhibition rooms are another step in the effort to make information about looted artworks more accessible to the public, and to the victims or their heirs.

Some experts praised the idea — Ms. Bouchoux, the former senator, said it was “symbolically and politically positive” — but others said the exhibition rooms lacked context and failed to lay out the complex history that had left the paintings orphaned.

Emmanuelle Polack, an art historian who did her doctoral thesis on the Parisian art market under Nazi occupation, noted that the explanatory text in the exhibition rooms did not say that most of the looted artwork belonged to Jewish families.

Nor do the plaques beneath the paintings explain where and how each one was found in Germany, like the 19th-century portrait of two sisters by Jacques Augustin Pajou that was taken by the Nazi regime’s foreign minister, Joachim von Ribbentrop.

Mr. Allard, the Louvre curator, acknowledged that the plaques and an existing sign were “insufficient,” but said the museum planned to put up a larger banner at the entrance to the rooms. He also said the Louvre would look into ways of encouraging visitors to use their smartphones to search the Rose-Valland database.

Still, Ms. Polack said the Louvre had missed an opportunity to create an interactive or educational space that visitors might seek out, rather than accidentally stumble on it while in search of the “Mona Lisa.”

“What is interesting is their history, the fact that they belonged to people, that they were taken to Germany and then returned,” Ms. Polack said of the paintings. Their special interest, she added, is not in their aesthetic qualities.

“They are removed from their historical context, and so you can’t understand the enduring necessity of returning them,” she said. “They were witness to a story — tell us that story! »


Société: Comme une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang (From François Fillon to David Hamilton, the same fashion the populace banishes or acclaims its kings)

4 février, 2018

Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Saniette (Monsieur): Homme foncièrement bon et simple, d’une grande timidité, il recherche le contact humain mais fait souvent preuve de maladresse. Il fréquente assidûment le salon des Verdurin qui se disent être ses amis, en fait, il est leur souffre-douleur ainsi que celui de la « petite bande ». Parfois la cruauté des convives à son égard atteint des sommets surprenants. Les Verdurin sont heureux d’avoir tous les soirs à leur table un bouc émissaire mais pour que Saniette n’abandonne pas définitivement leur salon, ils alternent savamment méchanceté et paroles aimables. Lorsque, encouragé par l’acquiescement des convives, M Verdurin devient par trop cruel et grossier envers le falot Saniette, sa femme intervient pour le tempérer, non pas par bonté d’âme mais tout simplement pour que Saniette ne quitte pas le salon. Mais les remissions sont de courte durée et les attaques reprennent de plus belle. Malgré les humiliations, Saniette retourne fidèlement chez ses bourreaux comme un chien battu retourne chez son maître (est-ce un hasard si le nom de « Saniette » est l’anagramme de « Sainteté » ?). Proust, ses personnages
Jewish religious law holds that the child of a Jewish mother is a Jew, but Proust never considered himself one, and neither did his friends. Still, his parentage occasionally presented difficulties. Once, as a young man, he stood silent and unresponsive when a revered mentor, Comte Robert de Montesquiou-Fezensac, delivered an anti-Semitic tirade in the company of friends and then asked Proust for his opinion on the 1894 conviction of Captain Alfred Dreyfus, a Jew, who had been tried for treason on the charge of selling military secrets to the Germans. The next day, Proust wrote to Montesquiou that he had not said anything because, although he himself was Catholic like his father and brother, his mother was Jewish: “I am sure you understand that this is reason enough for me to refrain from such discussions.” Whether Proust’s private frankness made up for his public reticence is a vexing question, and all the more so because he went on to confide that he was “not free to have the ideas I might otherwise have on the subject.” Proust’s tacit fear, in other words, was that if he defended the Jews he would be taken for a Jew, and what he wanted above all was to be thought of as a Christian gentleman. He even seemed to leave open the possibility that Montesquiou might be right: that only filial piety forbade him from thinking as Montesquiou did. (…) Proust was only as forthright as his social cowardice—his fear of sacrificing his respectability—would allow. He was to find his courage when events made it easier to be courageous. By 1898, more and more people had become convinced that Dreyfus had been railroaded, and an uproar ensued that was to shake French society for years. The salon of Mme. Genevieve Straus (the widow of the composer Georges Bizet), where Proust had been a habitue for several years, turned into a Dreyfusard hotbed. Old friends of the anti-Dreyfus persuasion, including the painter Edgar Degas, stalked off and never came back. Drawing strength from those around him, Proust now joined in the growing drumbeat for a retrial that was led by the novelist Emile Zola. He was even to boast that he was the first of the Dreyfusards, because he secured the signature of his literary hero Anatole France on a petition. Still, when an anti-Semitic newspaper numbered him among the “young Jews” who defied decency and right thinking, Proust, who at first thought to correct the paper’s misapprehension, decided to keep quiet, lest he draw any more attention to himself. He must have known that, in the eyes of anti-Dreyfusards, his political affiliations only served to confirm the sad fact of his birth. If the Dreyfus affair exposed the moral cretinism that extended into the upper echelons of French society, this hardly deterred Proust from wanting a place in that world. His social career had begun during his last year of high school, when, thanks to the mothers of some of his school friends, he gained admission to certain exclusive Parisian salons. His chum Jacques Bizet, whom he had tried to seduce, without success, made it up to him by serving as his ticket to the beau monde. At the salon of Mme. Straus, young Bizet’s mother, Proust became acquainted with artistic and aristocratic grandees like the composer Gabriel Fauré, the writer Guy de Maupassant, the actress Sarah Bernhardt, and Princesse Mathilde, the niece of Napoleon I. In time he became a regular at Princesse Mathilde’s as well, where the old-line nobility rubbed shoulders with arrivistes, and distinguished Jews mingled with those who detested them. (The writer Léon Daudet, to whom Proust would dedicate a volume of his novel, confided to his diary after one party: “The imperial dwelling was infested with Jews and Jewesses.”) Another hostess conquered by the high-flying young Proust was Mme. Madeleine Lemaire, renowned for her musical gatherings. It was she who introduced him to Montesquiou-Fezensac, the aristocratic poet whose opinions on Jews Proust was willing to overlook for the sake of the Count’s artistic and social cachet. And there was something else: Montesquiou was boldly aboveboard about his homosexuality, at a time when, as Carter writes, “few Frenchmen dared, if they cared for their reputation and social standing, to display amorous affection for another man.” This frankness earned Proust’s regard—although he was, of course, ambivalent about going public on the issue of his own sexual nature. (…) Normality, decency, goodness are, in short, the rarest of commodities in Proust’s world. Nor does their scarcity make them prized, except in the eyes of Marcel and a few other uncharacteristic souls. Instead, decency is seen by most as a social handicap; the Verdurins’ circle of bourgeois snobs, for example, barely tolerates a stammering, clumsy paleographer named Saniette. Monsieur Verdurin’s mockery of Saniette’s speech impediment makes “the faithful burst out laughing, looking like a group of cannibals in whom the sight of a wounded white man has aroused the thirst for blood.” And nowhere is this savage tribalism more marked than in the antipathy that those who consider themselves true Frenchmen feel for Jews. Anti-Semitism is everywhere in Proust’s novel. Perhaps the most repellent instance occurs when the madam of a cheap brothel Marcel is visiting touts the exotic richness of the prostitute Rachel’s flesh: “And with an inane affectation of excitement which she hoped would prove contagious, and which ended in a hoarse gurgle, almost of sensual satisfaction: ‘Think of that, my boy, a Jewess! Wouldn’t that be thrilling? Rrrr!’ ” Those in the highest reaches of society share the sentiments of the lowest. Thus, Charlus is given to maniacal explosions of loathing for Jews, while the Prince de Guermantes, Swann tells Marcel, hates Jews so much that, when a wing of his castle caught fire, he let it burn to the ground rather than send for fire extinguishers to the house next door, which happened to be the Rothschilds’. Swann is himself one of the rare Jews allowed entrance to the highest society, which leads to the outrage of the Duc de Guermantes when Swann, who had always impressed him as a Jew of the right sort, “an honorable Jew,” turns out to be an outspoken Dreyfusard. As in its sentiments toward Jews, so in every other way, the social world in Proust is revealed as a “realm of nullity.” Any glimmer of moral discrimination, let alone of true understanding, shines like a beacon; for the most part, darkness prevails. In the famous closing scene of The Guermantes Way, the duke and duchess, on their way to a dinner party, are bidding good evening to Swann and Marcel. The duchess inquires whether Swann will join them on a trip to Italy ten months hence; Swann replies that he is mortally ill and will be dead by then. The duchess does not know how to respond: “placed for the first time in her life between two duties as incompatible as getting into her carriage to go out to dinner and showing compassion for a man who was about to die, she could find nothing in the code of conventions that indicated the right line to follow.” With his “instinctive politeness,” Swann senses the duchess’s discomfort and says he must not detain them: “he knew that for other people their own social obligations took precedence over the death of a friend.” And yet, although the duke and duchess do not have a moment to spare to comfort their dying friend, they nevertheless do delay their departure while the duchess, who is wearing black shoes with her red dress, changes at her husband’s insistence into a more suitable pair of red shoes. This portrait of gross moral insensibility in the face of death is comedy of manners at its most scathing, perhaps even overdone: the duke complains that his wife is dead-tired, and that he is dying of hunger. The indignant Marcel rewards the stupidity of these preposterous creatures with unforgettable strokes of cold fury. Marcel’s triumph is that he does find a way to bear it, indeed to overcome it. In Time Regained, after spending years in a sanatorium, he is on his way to a party hosted by the Duchesse de Guermantes. The previous day he had experienced what he thought was his final disillusionment with the life of literature, but as he enters the courtyard of the Guermantes mansion a revelatory sensation changes his life. A car nearly hits him, and when he steps back out of its way he places his foot on a paving stone that is slightly lower than the one next to it; this unevenness underfoot fills him with an inexplicable and extraordinary joy. Rocking back and forth on the irregular pavement, Marcel remembers standing on two uneven stones in the baptistery of St. Mark’s in Venice, and all the various sensations associated with that particular moment come flooding back. Similar marvels await him when he enters the Guermantes house and, twice more, involuntary memories overwhelm him in their glory. He is supremely happy, but cannot at first explain it. Why should this sudden efflorescence of memory have “given me a joy which . . . sufficed, without any other proof, to make death a matter of indifference”? He concludes that such episodes of transfiguring lucidity, for as long as they last, annihilate time, and are the most that a living man will know of eternity. (…) At last Marcel has penetrated the real world, and sees what he is supposed to do with his new knowledge: to write the book that one is reading. The awareness of time’s passing spurs him to get down to the serious work that will offer him life’s supreme pleasure: illuminating the nature of timelessness. “How happy would he be, I thought, the man who had the power to write such a book! What a task awaited him!” (…) His vision of human solitude in the face of death reminds one of Edvard Munch’s great and dreadful painting Grief, in which a roomful of people are arrayed around the bed of a dead woman: no one touches or even looks at anyone else; each is locked in his own impenetrable sorrow, mourning by himself and, one suspects, for himself. But unlike Munch, Proust does admit the possibility of consolation, even of redemption. The writer Bergotte dies while sitting in a museum and looking at a patch of yellow wall in a painting by his beloved Vermeer. This devotional attitude moves Marcel to think of “a different world, a world based on kindness, scrupulousness, self-sacrifice, a world entirely different from this one and which we leave in order to be born on this earth, before perhaps returning there. . . . So that the idea that Bergotte was not permanently dead is by no means improbable.” It is this spiritual capaciousness that Saul Bellow’s Mr. Sammler has in mind when he speaks of In Search of Lost Time as “a high-ceilinged masterpiece.” (…) A lifetime of hard suffering went into this masterpiece, and, for better and for worse, it is humanity in its heartache and failure that enjoys pride of place. Algis Valiunas
Le règne du roi n’est que l’entracte prolongé d’un rituel sacrificiel violent. Gil Bailie
Parfois, la durée du règne [du nouveau roi] est fixée dès le départ: les rois de Djonkon (…) régnaient sept ans à l’origine. Chez les Bambaras, le nouveau roi déterminait traditionnellement lui-même la longueur de son propre règne. On lui passait au cou une bande de coton, dont deux hommes tiraient les extrémités en sens contraire pendant qu’il extrayait d’une calebasse autant de cailloux qu’il pouvait en tenir. Ces derniers indiquaient le nombre d’années de son règne, à l’expiration desquelles on l’étranglait. (…) Le roi paraissait rarement en public. Son pied nu ne devait jamais toucher le sol, car les les récoltes en eussent été desséchées; il ne devait rien ramasser sur la terre non plus. S’il venait à tomber de cheval, on le mettait autrefois à mort. Personne n’avait le droit de dire qu’il était malade; s’il contractait une maladie grave, on l’étranglait en grand secret. . . . On croyait qu’il contrôlait la pluie et les vents. Une succession de sécheresses et de mauvaises récoltes trahissait une relâchement  de sa force et on l’étranglait en secret la nuit. Elias Canetti
Le roi ne règne qu’en vertu de sa mort future; il n’est rien d’autre qu’une victime en instance de sacrifice, un condamné à mort qui attend son exécution. (…) Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Le roi a une fonction réelle et c’est la fonction de toute victime sacrificielle. Il est une machine à convertir la violence stérile et contagieuse en valeurs culturelles positives. René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires ; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, est plus ou moins interchangeables avec l’infirme. (…) lorsqu’un groupe humain a pris l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité  du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les privilégiés que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre (…) La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La participation médiocre, les conditions de cette victoire dans le contexte du «Fillongate», puis face à un adversaire «repoussoir», dans sa fonction d’épouvantail traditionnel de la politique française, donnent à cette élection un goût d’inachevé. Les Français ont-ils jamais été en situation de «choisir»? Tandis que la France «d’en haut» célèbre son sauveur providentiel sur les plateaux de télévision, une vague de perplexité déferle sur la majorité silencieuse. Que va-t-il en sortir? Par-delà l’euphorie médiatique d’un jour, le personnage de M. Macron porte en lui un potentiel de rejet, de moquerie et de haine insoupçonnable. Son style «jeunesse dorée», son passé d’énarque, d’inspecteur des finances, de banquier, d’ancien conseiller de François Hollande, occultés le temps d’une élection, en font la cible potentielle d’un hallucinant lynchage collectif, une victime expiatoire en puissance des frustrations, souffrances et déceptions du pays. Quant à la «France d’en haut», médiatique, journalistique, chacun sait à quelle vitesse le vent tourne et sa propension à brûler ce qu’elle a adoré. Jamais une présidence n’a vu le jour sous des auspices aussi incertains. Cette élection, produit du chaos, de l’effondrement des partis, d’une vertigineuse crise de confiance, signe-t-elle le début d’une renaissance ou une étape supplémentaire dans la décomposition et la poussée de violence? En vérité, M. Macron n’a aucun intérêt à obtenir, avec «En marche», une majorité absolue à l’Assemblée qui ferait de lui un nouvel «hyperprésident» censé détenir la quintessence du pouvoir. Sa meilleure chance de réussir son mandat est de se garder des sirènes de «l’hyperprésidence» qui mène tout droit au statut de «coupable idéal» des malheurs du pays, à l’image de tous ses prédécesseurs. De la part du président Macron, la vraie nouveauté serait dans la redécouverte d’une présidence modeste, axée sur l’international, centrée sur l’essentiel et le partage des responsabilités avec un puissant gouvernement réformiste et une Assemblée souveraine, conformément à la lettre – jamais respectée – de la Constitution de 1958. Maxime Tandonnet (07.05.2017)
La violente polémique qui secoue la candidature de François Fillon à l’élection présidentielle n’a rien d’une surprise. Il fallait s’y attendre. La vie politique française n’a jamais supporté les têtes qui dépassent, les personnalités qui prennent l’ascendant. Dans l’histoire, les hommes d’État visionnaires, ceux qui ont eu raison avant tout le monde, ont été descendus en flammes et leur image est restée maudite des décennies ou des siècles après leur mort (…) Dans mon livre les Parias de la République(Perrin, 2017), j’ai raconté la descente aux enfers de ces parias qui furent aussi de grands hommes d’État, et une femme Premier ministre, leur diabolisation qui les poursuit jusqu’aux yeux de la postérité. Cet ouvrage annonce aussi la généralisation et la banalisation de la figure du paria dans la vie politique contemporaine. La médiatisation, Internet et la puissance des réseaux sociaux, les exigences de transparence, la défiance face à l’autorité et surtout, la personnalisation du pouvoir à outrance, transforme tout homme ou femme incarnant de pouvoir en bouc émissaire des frustrations et des angoisses d’une époque. Qui ne se souvient à quel point Nicolas Sarkozy fut traîné dans la boue de 2007 à 2012? Dans un tout autre genre, François Hollande a aussi connu, à la tête de l’État, le vertige de l’humiliation. La diabolisation des hommes politiques s’accélère: non seulement Sarkozy, puis Hollande, mais aussi Alain Juppé et Manuel Valls viennent de chuter. L’hécatombe est désormais inarrêtable… Sans aucun doute, le tour viendra d’Emmanuel Macron, et sa chute sera aussi subite et aussi violente que son ascension fondée sur la sublimation d’une image. (…) Oui, il fallait s’attendre, tôt ou tard, à la lapidation de François Fillon. Le prétexte de l’emploi de son épouse à ses côtés est ambigu. Le recrutement de proches par des responsables politiques est une vieille – et mauvaise – habitude française. Alexandre Millerand , Vincent Auriol, François Mitterrand employaient leur fils à l’Elysée et Jacques Chirac sa fille. Combien de ministres ont recruté un proche dans leurs cabinets? Combien de fils et de fille «de» ont hérité de la position politique de leur père? 20% des parlementaires emploient un membre de leur famille. L’un des plus hauts responsables actuels de la République a l’habitude de salarier sa femme auprès de lui. Tout cela est bien connu. À l’évidence, cette pratique n’est pas à l’honneur de notre République. Mais tout le monde s’en est jusqu’à présent accommodé, hypocritement, sans poser de question. Personne ne s’est interrogé sur la nature et l’effectivité des tâches accomplies par le conjoint ou le parent. Et voici que soudain, le dossier est opportunément rouvert, contre François Fillon. (…) L’homme se prête particulièrement à une diabolisation. Son caractère à la fois discret et volontariste a tout pour exaspérer un microcosme politico-médiatique plus enclin à idolâtrer le clinquant stérile et l’impuissance bavarde. La ligne de défense de François Fillon transparaît dans son discours du 29 janvier. Il s’apprête à endosser le rôle de paria, comptant sur un retournement en sa faveur. En témoigne la présence de Pénélope à ses côtés. Sa parole, conservatrice et libérale, semble avoir été façonnée pour exacerber les haines des idéologues de la table rase: «On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle. Mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide. Je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis, rien de ce qui m’a fait, pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques». Peut-il réussir? In fine, le résultat des élections de 2017 dépendra du corps électoral: emprise de l’émotionnel ou choix d’un destin collectif? Mais au-delà, une grande leçon de ces événements devrait s’imposer: l’urgence de refonder la vie politique française, sur une base moins personnalisée et plus collective, tournée vers le débat d’idées et non plus l’émotion – entre haine et idolâtrie – autour de personnages publics. Maxime Tandonnet (30.01.2017)
Un homme d’État doit concilier trois qualités: une vision de l’histoire, le sens du bien commun et le courage personnel. Ils sont très peu nombreux à avoir durablement émergé dans l’histoire politique française. En effet, en raison de leur supériorité, ils sont rapidement pris en chasse par le marais et réduits au silence avant d’être lapidés. Le véritable homme d’État est un paria en puissance. Le Général de Gaulle fut un paria tout à fait particulier, un paria qui a réussi. Il faut se souvenir de la manière dont il fut traité dans les années 1950 et 1960. Il était en permanence insulté, qualifié de réactionnaire et de fasciste. Dans Le Coup d’État permanent, François Mitterrand utilise à son propos les mots de «caudillo, duce, führer…». C’est un comble pour le chef de la résistance française au nazisme… S’il fut un paria qui a réussi, c’est en raison de sa place hors norme dans l’histoire, auteur de l’appel du 18 juin 1940 et de la décolonisation. Mais dès lors, il n’est plus vraiment un paria au sens de la définition que j’en donne, son image à la postérité étant largement positive et consensuelle. (…) la lecture des livres de René Girard, notamment La violence et le sacré et Les choses cachées depuis la fondation du monde m’a inspiré l’idée de cet ouvrage sur les parias de la République. Sa grille de lecture peut s’appliquer à l’histoire politique française: la quête d’un bouc émissaire, victime expiatoire de la violence collective, et son lynchage par lequel la société politique retrouve son unité. Le cas d’Édith Cresson est intéressant à cet égard. Quand on lit la presse de l’époque, quand on replonge dans les actualités du début des années 1990, la violence, la férocité de son lynchage nous apparaissent comme sidérantes. On a beaucoup parlé de ses maladresses, provocations et fautes de communication qui furent réelles. Mais l’acharnement contre elle, les insultes, la caricature, la diffamation contre une femme Premier ministre qui prenait une place convoitée par des hommes, a atteint des proportions vertigineuses. On en a oublié des aspects positifs de sa politique: le rejet des 35 heures, la promotion de l’apprentissage, des privatisations et de la politique industrielle, la volonté de maîtriser les frontières. Elle fut vraiment une femme lynchée. Et sur ce sacrifice, les politiques de son camp ont tenté de se refaire une cohésion. Sans succès. Encore aujourd’hui, je constate à quel point elle fut haïe. Des personnalités de droite ou de gauche m’ont vivement reproché de tenter de la «réhabiliter» parmi mes parias! De fait, je ne cherche pas à la réhabiliter et ne cache rien de ses erreurs, mais je mets le doigt sur un épisode qui n’est pas à l’honneur de la classe politique française. La violence est certes inhérente à la république dès lors que la république suppose une concurrence pour les postes, les mandats, les honneurs. Cette violence devrait être tempérée par la morale, le sens de l’honneur, du respect des autres, par les valeurs au sens du duc de Broglie. Elle ne l’a pas été à l’égard d’Édith Cresson. Elle l’est de moins en moins aujourd’hui, comme en témoigne la multiplication des lynchages politico-médiatiques à tout propos. (…) Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’un lynchage permanent et violent pendant son quinquennat: insultes au jour le jour, calomnies et les aspects positifs du bilan de son action ont été étrangement passés sous silence. Pourtant, il me semble trop tôt pour lui appliquer le qualificatif de paria au sens où je l’entends dans mon ouvrage, supposant un bannissement qui se poursuit dans l’histoire. Comment sera-t-il jugé dans vingt ans? Qui peut le dire? Souvenons-nous de Mitterrand et de Chirac. Leur fin de règne fut pathétique, pitoyable. Qui s’en souvient encore? La mémoire contemporaine est tellement courte… Aujourd’hui, ils sont plutôt encensés et n’ont rien de parias… (…) [François Fillon] a le profil d’un bouc émissaire, sans aucun doute, faute de pouvoir parler de paria à ce stade. D’ici à l’élection présidentielle et par la suite, s’il l’emporte, il sera inévitablement maltraité et son tempérament à la fois réservé et volontaire ne peut qu’exciter la hargne envers lui. Il faut noter que François Hollande, quoi qu’on en pense, n’a pas été épargné par le monde médiatique et la presse qu’il croyait tout acquise à sa cause… C’est une vraie question que je me pose: le président de la République, qui incarnait du temps du général de Gaulle et de Pompidou, le prestige, l’autorité, la grandeur nationale, est-il en train de devenir le bouc émissaire naturel d’un pays en crise de confiance? Ultramédiatisé, il incarne à lui tout seul le pouvoir politique dans la conscience collective. Mais ne disposant pas d’une baguette magique pour régler les difficultés des Français, apaiser leurs inquiétudes, il devient responsable malgré lui de tous les maux de la création. Je pense qu’il faut refonder notre vision du pouvoir politique, lui donner une connotation moins personnelle et individualiste. Le temps est venu de redécouvrir les vertus d’une politique davantage axée sur l’engagement collectif, le partage de la responsabilité, entre le chef de l’État, le Premier ministre, la majorité, la nation, au service du bien commun. Maxime Tandonnet (13.01.2017)
«J’avais ourdi le complot» raconte l’avocat Robert Bourgi dans l’émission de BFM, intitulée «Qui a tué François Fillon?» Son témoignage nous remémore le fond des ténèbres atteintes par la politique française il y a tout juste un an. (…) Aujourd’hui, la mode est à l’optimisme. Le discours dominant dans les médias et la presse sublime la recomposition de la classe politique et son rajeunissement. Le nouveau monde aurait définitivement enterré l’ancien. Les événements de l’hiver 2017 semblent être à des années-lumière. La France a le plus jeune président de son histoire. Un grand balayage a entraîné le renouvellement du visage des députés et des ministres. La croissance est au rendez-vous, et «France is back», la France est de retour. Et si tout cela n’était qu’illusion? Et si les causes profondes du Fillongate de 2017, la pire catastrophe démocratique de l’histoire contemporaine, bien loin de se résorber, n’avaient jamais été aussi vivaces sous le couvercle du brouhaha quotidien? Le déclin de la culture et de l’intelligence politiques est au centre du grand malaise, touchant en premier lieu les élites dirigeantes et médiatiques. (…) Où a-t-on vu, depuis la déflagration de 2017, le moindre essai de réflexion sur un régime politique évidemment à bout de souffle, fondé sur l’idolâtrie narcissique, la démagogie, la dissimulation, l’impuissance publique, la frime inefficace, la fuite devant la réalité et le sens de l’intérêt général au profit de l’image? Nulle part! Cette réflexion est comme interdite, étouffée par le carcan d’un abêtissement collectif. (…) La cassure entre le peuple et la classe dirigeante, comme le souligne le nouveau sondage CEVIPOF 2018 sur la confiance des Français, n’a jamais été aussi profonde: comme les années précédentes, 77 % des Français ont une image négative de la politique qui leur inspire de la méfiance (39 %), du dégoût (25 %), de l’ennui (9 %), de la peur (3%). Loin de l’effervescence joyeuse de la «France d’en haut», la fracture démocratique, ce mal qui ronge le pays, ne cesse de s’aggraver. L’obsession élyséenne, quintessence de la dérive mégalomaniaque de la politique française au détriment du bien commun de la Nation, et les guerres d’ego qui ont conduit les Républicains à cette hallucinante déflagration de 2017, vont-elles enfin cesser? En effet, la chute du FN et du PS, les tâtonnements de LREM, pourraient ouvrir un nouvel espace aux Républicains. Ont-ils enfin décidé de se mettre au service du pays et non d’eux-mêmes? Tout laisse penser que non. La révolte des barons contre M. Wauquiez donne le sentiment que rien n’a changé à cet égard. (…) Le récit de M. Bourgi sur BFM est purement anecdotique. Il est l’arbre qui cache la forêt. La politique française connaît une vertigineuse crise du sens dont le séisme de 2017 fut la première manifestation. D’autres viendront, plus terribles encore. Aujourd’hui, rien n’a changé. Le mélange de nihilisme et de fureur narcissique, sur les ruines de l’intelligence politique, n’en finit pas de détruire la démocratie. Vous avez aimé 2017? Vous allez adorer 2022! Maxime Tandonnet
J’apprends non sans stupéfaction que Flavie Flament, dans l’émission « Philosophie » d’Arte, que chacun peut consulter, se réjouit, trente ans après, de la stratégie qu’elle a mise en œuvre pour devenir « le bourreau de son bourreau », stratégie qui lui a permis de se « reconstruire ». Elle parle d’Hamilton comme d’un monstre de lâcheté, mort de manière vulgaire et sans panache, le visage couvert d’un sac en plastique, car il ne supportait pas de voir son image. On a rarement été plus loin dans l’ignominie. (…) Cette sordide histoire m’a rappelé celle de Valérie Solanas, intellectuelle féministe radicale, qui appelait dans son Scum Manifeste à châtrer les hommes et qui tenta d’abattre Andy Warhol et deux de ses compagnons. Elle passera trois ans en prison, soutenue par les féministes américaines (le National Organization for Women) qui voyait en elle la championne la plus remarquable des droits des femmes. Lou Reed, lui, chanta: « Je crois bien que j’aurais appuyé sur l’interrupteur de la chaise électrique moi-même. » Sans recourir à de telles extrémités, on s’interrogera légitimement – Houellebecq l’avait fait à l’époque – sur la haine des sexes et la férocité du désir de vengeance de femmes sans doute humiliées et blessées à un âge où elles idéalisaient encore les rapports amoureux. Mais quoi qu’ait subi Flavie Flament de la part de David Hamilton, ce qui n’est pas prouvé, sa jouissance à l’annonce de son suicide et la stratégie à long terme mise pour y parvenir, me laisse pour le moins songeur. Je me garderai bien de me scandaliser, ne sachant ce qui relève d’une obsession pathologique ou d’un désir immodéré de rester sous les feux de la rampe en un temps où ce genre de dénonciation vous valorise plus qu’il n’inspire le dégoût. Faut-il vraiment, comme le suggère Madame Taubira, que les hommes apprennent ce qu’est l’humiliation ? Auquel cas je ne saurai leur conseiller meilleure maîtresse que Flavie Flament. Roland Jaccard
Tout au long de la campagne, les affaires ont contribué à envoyer par le fond les chances de succès de l’ancien Premier ministre. Ces révélations poursuivaient-elles un calcul politique ou personnel? Qui a tué François Fillon? Voilà les questions posées par une équipe de BFMTV dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi soir sur notre antenne. A la croisée des regards, les journalistes du Canard enchaîné, bien sûr, qui ont dévoilé peu à peu les vicissitudes présumées du clan Fillon. Devant nos caméras, Hervé Liffran et Isabelle Barré l’assurent: leur travail ne doit rien à une « taupe » à droite, ni à une quelconque aide extérieure. C’est naturellement qu’après le premier tour de la primaire, ils se sont penchés sur les déclarations de patrimoine et de revenus du couple, puis ont découvert, intrigués, que Penelope Fillon avait travaillé pour La Revue des deux mondes, mais aussi et surtout comme collaboratrice parlementaire de son mari et du suppléant de celui-ci pendant huit ans, dans la plus grande discrétion. Naturellement que les montants perçus pour une activité peu évidente (100.000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 pour la revue et 500.000 euros brut perçus auprès du Palais-Bourbon) les ont intéressés. « Pas de Dark Vador, pas de force obscure », sourit aujourd’hui Isabelle Barré. Pourtant le 24 janvier à 18 heures, lorsque le compte Twitter du Canard enchaîné jette son pavé dans la mare, les principales figures de la droite, alors réunies autour d’une galette des rois dans les locaux de campagne de leur candidat, sont persuadées qu’il s’agit là d’un acte de malveillance, peut-être venu de l’intérieur. Parmi les figures entretenant une inimitié notoire avec François Fillon, les noms de Jean-François Copé et Rachida Dati courent sur les lèvres. Tous deux écartent toujours ces allégations. « Si on devait mettre en cause tous ceux à qui François Fillon a fait du mal, la liste serait longue », ajoute l’ancien ministre du Budget. La piste d’un « cabinet noir » élyséen, lancée par François Fillon lui-même, ne mènera pas plus loin. De toute façon, les revenus des Fillon ne sont pas un secret pour tout le monde: à l’Assemblée nationale, 95 personnes ont accès aux fiches de paie des collaborateurs dans le cadre de leur travail. S’il est difficile de savoir d’où sont partis les premiers coups, nombreux sont ceux à avoir cherché à achever François Fillon. Dès fin janvier, c’est François Bayrou qui cherche un « plan B » à la droite et au centre. Début février, le président du Sénat, Gérard Larcher, veut mettre un terme à l’équipée, après avoir appris que les enfants de François Fillon avaient aussi été rémunérés par la Haute assemblée durant le mandat sénatorial de leur père. Peu à peu, les leaders de la droite prennent leurs distances. (…) Pendant toute cette période, Nicolas Sarkozy, vaincu à la primaire, joue un jeu trouble. Comme nous le raconte Rachida Dati, tout le monde ne cesse de l’appeler: Xavier Bertrand, François Bertrand, Laurent Wauquiez. Tous veulent qu’il pousse François Fillon à l’abandon. « A la faveur de chacun d’entre eux… Tout le monde voulait y aller! » s’amuse l’ancienne Garde des Sceaux. BFM
L’homme qui a offert des costumes à François Fillon, Robert Bourgi, s’est vanté chez Jean-Jacques Bourdin, avec une faconde que n’auraient pas reniée «Les Tontons flingueurs», d’avoir «ourdi un complot» contre le candidat pour peser dans sa chute. Invité chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce 29 janvier, Robert Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy et des cercles du pouvoir, a fait de nouvelles révélations sardoniques sur son ancien «ami» François Fillon. L’homme de loi a reconnu avoir monté un complot contre l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, avec l’intention de «le niquer» pendant la campagne présidentielle. Sa ruse : lui offrir des costumes hors de prix. Le jour de la diffusion du documentaire «Qui a tué François Fillon ?» sur BFM TV, Robert Bourgi est venu livrer les dessous de son «complot». Il donne le ton en jetant d’emblée à Jean-Jacques Bourdin : «Votre service de sécurité m’a enlevé ma boîte à outils. J’avais la sulfateuse, le marteau et les clous pour le cercueil pour Monsieur Fillon mais pour vous, j’ai quelque chose.» Et l’homme de dégainer un mètre de couturière, pour prendre les mesures de l’animateur. «Ce sera pas Arny’s, ce sera Petit Bateau», rit-il, très content de sa blague. Il déroule alors l’historique qui le fait apparaître comme un intriguant, avide de relations de pouvoir, éclairant d’un jour nouveau les réseaux d’influence et alliances impitoyables autour des têtes de l’UMP, devenue les Républicains en 2015. L’avocat d’origine libano-sénégalaise Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a toujours courtisé les puissants : Jacques Chirac, Omar Bongo, Laurent Gbagbo et surtout son «ami» Nicolas Sarkozy. Il explique avoir fréquenté régulièrement François Fillon pendant son mandat de Premier ministre. (…) Mais Robert Bourgi s’est retourné contre l’ancien Premier ministre lorsque deux journalistes lui ont livré un scoop signé François Hollande durant la campagne de la primaire. Le duo confie à l’avocat : «Ton ami Fillon a demandé la peau de ton ami Sarko.» L’ancien chef du gouvernement avait demandé que la justice accélère concernant les affaires dans lesquelles était impliqué l’ancien chef d’Etat. Dès lors, Robert Bourgi se métamorphose en nettoyeur des couloirs feutrés des cabinets ministériels. (…) Il décide alors de fomenter un complot, selon ses propres termes, contre le Sarthois en exploitant ses faiblesses. (…) Robert Bourgi ne souhaitait pas parler chiffon mais tentait d’influencer François Fillon sur le choix de ses lieutenants. Il souhaitait le voir s’entourer «de compagnons de Nicolas Sarkozy» qui voulaient le «servir», en lui conseillant de les inclure dans son «comité politique». Aucun retour. Et c’est en homme vexé de ne pas arriver à faire aboutir ses petites manœuvres qu’il se plaint : «Il m’a humilié.» Russia Today
Je lui ai dit : « Nicolas, il n’ira jamais à l’Elysée » […] parce que je vais le niquer, j’avais ourdi le complot […] à cause du comportement de Fillon à mon endroit qui n’était pas correct. Je savais exactement que j’allais payer ces costumes par chèque et que j’allais appeler mon ami Valdiguié au JDD, lui montrer le chèque. Quand on a fait campagne sur les vertus morales, la difficulté des Français à joindre les deux bouts, je me suis dit : « C’est quelque chose qui va le tuer ». Robert Bourgi
François Fillon, j’ai décidé de le tuer pour diverses raisons. D’abord parce qu’il a violé toutes les règles de l’amitié avec moi. J’ai toujours été correct avec lui, […] j’ai toujours défendu la position de Fillon auprès de Nicolas dans le but de les réunir un jour ou l’autre. […] Il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy. Il l’a toujours détesté, il a toujours eu les mots les plus inélégants à son égard. A chaque fois je lui disais : « François, tu n’as pas le droit de parler de Nicolas comme ça » […] François Fillon m’avait promis d’être un peu plus loyal à l’endroit de Nicolas Sarkozy, il n’a jamais tenu parole. Robert Bourgi
En fait, je fais au mois de janvier, une conférence sur Bourreaux et victimes. Et on se rend compte qu’à un moment donné, la victime peut devenir aussi quelque part – c’est pour ça que je parlais de stratégie – le bourreau de son bourreau en retournant effectivement ça. Et je pense que c’est là-dessus qu’on se reconstruit. (…) Et la façon dont il est mort m’a vraiment interrogée. Il est mort avec un sac en plastique sur la tête. (…) Il est mort d’une façon vulgaire. (…) Il avait pas de panache.  Certains mettent en scène leur mort (…) Je me suis consolée quelque part en me disant qu’il s’était regardé. Quand on se met un sac en plastique de supermarché  sur la tête et qu’on disparait de cette façon là dans un petit appartement du boulevard de Montparnasse, il y a quand même (…) quelque chose de fou. Flavie Flamant
Au lieu de lui tirer une balle, vous lui envoyez un missile. Raphael Enthoven

Attention: une curée peut en cacher une autre !

A l’heure où, forts de leur coup, BFM et France 5 nous balancent en boucle …

Leur publireportage sur le « niquage » du candidat Fillon il y a un an par un porte-flingue de Nicolas Sarkozy …

Mais où, fortes du nombre désormais de leur côté et avec la complicité active de prétendus philosophes sur des prétendues chaines culturelles, certaines femmes se laissent emporter par la plus primaire des vindictes anti-hommes

Comment avec Maxime Tandonnet …

Qui, après avoir un moment conseillé l’ancien président Sarkozy, avait écrit des pages éloquentes sur la bouc-émissarisation de la politique française …

Ne pas repenser à la si pertinente définition proustienne du fonctionnement fondamental de nos sociétés comme de nos foules …

Qui « gouvernées par l’instinct d’imitation et l’absence de courage » …

Se muent pour « chasser ou acclamer ses rois » …

En « bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang » ?

Derrière Bourgi, la déliquescence de la politique française
Maxime Tandonnet
Le Figaro
31/01/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Après la diffusion d’un reportage de BFM en début de semaine, on voudrait croire que c’est bien Robert Bourgi qui a «tué François Fillon». Il n’en est rien, selon Maxime Tandonnet : l’assassin court toujours, et il n’a pas fini de faire des victimes. Il s’agit de la crise du sens que traverse la politique française.


Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, haut-fonctionnaire, Maxime Tandonnet décrypte chaque semaine l’exercice de l’État pour le FigaroVox. Il a écrit Les parias de la République (éd. Perrin, 2017).


«J’avais ourdi le complot» raconte l’avocat Robert Bourgi dans l’émission de BFM, intitulée «Qui a tué François Fillon?» Son témoignage nous remémore le fond des ténèbres atteintes par la politique française il y a tout juste un an. Qu’est-ce que la politique? En principe, le débat d’idées, le choix d’un projet en vue de bâtir un destin commun et de régler le mieux possible les défis du présent et de l’avenir. Ces révélations donnent un nouvel aperçu du pire de la vie publique, un cocktail de batailles d’ego, de rancœurs, de vengeances personnelles qui anéantit toute idée de bien commun et d’intérêt général.

Aujourd’hui, la mode est à l’optimisme. Le discours dominant dans les médias et la presse sublime la recomposition de la classe politique et son rajeunissement. Le nouveau monde aurait définitivement enterré l’ancien. Les événements de l’hiver 2017 semblent être à des années-lumière. La France a le plus jeune président de son histoire. Un grand balayage a entraîné le renouvellement du visage des députés et des ministres. La croissance est au rendez-vous, et «France is back», la France est de retour.

Et si tout cela n’était qu’illusion? Et si les causes profondes du Fillongate de 2017, la pire catastrophe démocratique de l’histoire contemporaine, bien loin de se résorber, n’avaient jamais été aussi vivaces sous le couvercle du brouhaha quotidien?

Le déclin de la culture et de l’intelligence politiques est au centre du grand malaise, touchant en premier lieu les élites dirigeantes et médiatiques. Toute la vie politico-médiatique se ramène désormais à des effets de personnalisation narcissique au détriment des convictions. La Nation doit voter pour l’image d’un individu, les sensations qu’il inspire, une image parfaitement volatile, conditionnée par les soubresauts des émotions collectives, au fil de l’actualité et du matraquage médiatique. Dès lors s’efface la notion de choix de société sur les grands sujets du moment: l’école, l’industrie, la dette, l’immigration, le chômage, l’autorité de l’État, la sécurité, la refondation de l’Europe…

Où a-t-on vu, depuis la déflagration de 2017, le moindre essai de réflexion sur un régime politique évidemment à bout de souffle, fondé sur l’idolâtrie narcissique, la démagogie, la dissimulation, l’impuissance publique, la frime inefficace, la fuite devant la réalité et le sens de l’intérêt général au profit de l’image? Nulle part! Cette réflexion est comme interdite, étouffée par le carcan d’un abêtissement collectif.

«Renouvellement», disiez-vous? La cassure entre le peuple et la classe dirigeante, comme le souligne le nouveau sondage CEVIPOF 2018 sur la confiance des Français, n’a jamais été aussi profonde: comme les années précédentes, 77 % des Français ont une image négative de la politique qui leur inspire de la méfiance (39 %), du dégoût (25 %), de l’ennui (9 %), de la peur (3%). Loin de l’effervescence joyeuse de la «France d’en haut», la fracture démocratique, ce mal qui ronge le pays, ne cesse de s’aggraver.

L’obsession élyséenne, quintessence de la dérive mégalomaniaque de la politique française au détriment du bien commun de la Nation, et les guerres d’ego qui ont conduit les Républicains à cette hallucinante déflagration de 2017, vont-elles enfin cesser? En effet, la chute du FN et du PS, les tâtonnements de LREM, pourraient ouvrir un nouvel espace aux Républicains. Ont-ils enfin décidé de se mettre au service du pays et non d’eux-mêmes? Tout laisse penser que non. La révolte des barons contre M. Wauquiez donne le sentiment que rien n’a changé à cet égard. Summum de l’absurdité et de l’obsession élyséenne: plutôt que de se pencher sur les raisons profondes de la crise politique française, certains, songeant uniquement à leur destin personnel, ramènent déjà la question des «primaires» de 2022, sans la moindre considération pour leur faillite en 2016-2017!

Le récit de M. Bourgi sur BFM est purement anecdotique. Il est l’arbre qui cache la forêt. La politique française connaît une vertigineuse crise du sens dont le séisme de 2017 fut la première manifestation. D’autres viendront, plus terribles encore. Aujourd’hui, rien n’a changé. Le mélange de nihilisme et de fureur narcissique, sur les ruines de l’intelligence politique, n’en finit pas de détruire la démocratie. Vous avez aimé 2017? Vous allez adorer 2022!

Voir aussi:

David Hamilton: Flament glose…
Roland Jaccard

Causeur

3 février 2018

J’aimais bien David Hamilton de quelques années mon aîné, que je croisais parfois boulevard Montparnasse. Ses photos avaient bercé mon adolescence. Et personne n’y voyait rien d’obscène. Les plus grands artistes avaient travaillé avec lui et même Alain Robbe-Grillet avait signé un livre : Rêves de jeunes filles avec Hamilton dont la notoriété s’étendait au monde entier. Il y régnait un érotisme doux, presque chaste, qui n’offusquait personne. Ses films, en revanche, passaient inaperçus : le photographe avait éclipsé le cinéaste dont on retiendra néanmoins Laura ou les ombres de l’été avec Dawn Dunlap actrice à laquelle Olivier Mathieu a rendu un bel hommage dans Le Portrait de Dawn Dunlap.

Je savais par un ami commun que la situation de David Hamilton était devenue précaire et que certaines rétrospectives de son œuvre avaient été annulées après des accusations de pédophilie : sans doute portait-il aux très jeunes filles un amour immodéré. Mais jamais la justice, en dépit de deux plaintes, ne l’avait jugé coupable. Et voici que trente années plus tard, une présentatrice de télévision, Flavie Flament, un de ses anciens modèles le prend pour cible dans un médiocre roman intitulé : La Consolation. Le nom de Hamilton sent alors le soufre, tout comme ceux de Weinstein, d’Allen, de Polanski, de Balthus et de tant d’autres.

Devenir « le bourreau de son bourreau »
Sans doute lassé par une époque où la délation et la vulgarité commandent l’esprit du temps, David Hamilton se donne la mort dans des circonstances encore mal élucidées. On le trouve étouffé dans la nuit du 25 novembre 2016 « avec un sac plastique sur la tête » et la porte ouverte de son appartement. Certains pensent qu’il aurait pu être assassiné. Je crois surtout qu’il était dégoûté par un monde où il n’avait plus sa place et qu’il en a tiré la conclusion logique.

Mais j’apprends non sans stupéfaction que Flavie Flament, dans l’émission « Philosophie » d’Arte, que chacun peut consulter, se réjouit, trente ans après, de la stratégie qu’elle a mise en œuvre pour devenir « le bourreau de son bourreau », stratégie qui lui a permis de se « reconstruire ».

Elle parle d’Hamilton comme d’un monstre de lâcheté, mort de manière vulgaire et sans panache, le visage couvert d’un sac en plastique, car il ne supportait pas de voir son image. On a rarement été plus loin dans l’ignominie. Et, au passage, tous ceux qui ont eu recours au sac plastique pour se suicider apprécieront… s’ils en ont encore l’occasion.

Au mauvais souvenir de Lou Reed
Cette sordide histoire m’a rappelé celle de Valérie Solanas, intellectuelle féministe radicale, qui appelait dans son Scum Manifeste à châtrer les hommes et qui tenta d’abattre Andy Warhol et deux de ses compagnons. Elle passera trois ans en prison, soutenue par les féministes américaines (le National Organization for Women) qui voyait en elle la championne la plus remarquable des droits des femmes. Lou Reed, lui, chanta: « Je crois bien que j’aurais appuyé sur l’interrupteur de la chaise électrique moi-même. »

Sans recourir à de telles extrémités, on s’interrogera légitimement – Houellebecq l’avait fait à l’époque – sur la haine des sexes et la férocité du désir de vengeance de femmes sans doute humiliées et blessées à un âge où elles idéalisaient encore les rapports amoureux. Mais quoi qu’ait subi Flavie Flament de la part de David Hamilton, ce qui n’est pas prouvé, sa jouissance à l’annonce de son suicide et la stratégie à long terme mise pour y parvenir, me laisse pour le moins songeur. Je me garderai bien de me scandaliser, ne sachant ce qui relève d’une obsession pathologique ou d’un désir immodéré de rester sous les feux de la rampe en un temps où ce genre de dénonciation vous valorise plus qu’il n’inspire le dégoût. Faut-il vraiment, comme le suggère Madame Taubira, que les hommes apprennent ce qu’est l’humiliation ? Auquel cas je ne saurai leur conseiller meilleure maîtresse que Flavie Flament.

Voir également:

DOCUMENTAIRE – Qui a tué François Fillon? L’enquête de BFMTV

BFM

29/01/2018

D’affaire en affaire, de coup de théâtre en coup de théâtre, les espoirs de la droite et de son candidat à la présidentielle, François Fillon, se sont évaporés pendant la campagne. Un mystère demeure: quelqu’un voulait-il la peau de François Fillon? C’est la question que s’est posée une équipe de BFMTV dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi soir à 22h40 sur notre antenne.

La campagne présidentielle s’est éloignée depuis longtemps et, avec elle, ses illusions perdues, mais François et Penelope Fillon sont toujours mis en examen pour détournement de fonds publics. L’enquête doit être bouclée au cours de cette année 2018.

« Pas de Dark Vador »
S’ils sont sous le coup de cette procédure judiciaire, c’est en raison d’une affaire qui a éclaté au grand jour il y a un an: les soupçons d’emplois fictifs visant Penelope Fillon, l’épouse de celui qui était le candidat de la droite au scrutin suprême. Tout au long de la campagne, les affaires ont contribué à envoyer par le fond les chances de succès de l’ancien Premier ministre. Ces révélations poursuivaient-elles un calcul politique ou personnel? Qui a tué François Fillon? Voilà les questions posées par une équipe de BFMTV dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi soir sur notre antenne.

A la croisée des regards, les journalistes du Canard enchaîné, bien sûr, qui ont dévoilé peu à peu les vicissitudes présumées du clan Fillon. Devant nos caméras, Hervé Liffran et Isabelle Barré l’assurent: leur travail ne doit rien à une « taupe » à droite, ni à une quelconque aide extérieure. C’est naturellement qu’après le premier tour de la primaire, ils se sont penchés sur les déclarations de patrimoine et de revenus du couple, puis ont découvert, intrigués, que Penelope Fillon avait travaillé pour La Revue des deux mondes, mais aussi et surtout comme collaboratrice parlementaire de son mari et du suppléant de celui-ci pendant huit ans, dans la plus grande discrétion. Naturellement que les montants perçus pour une activité peu évidente (100.000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 pour la revue et 500.000 euros brut perçus auprès du Palais-Bourbon) les ont intéressés. « Pas de Dark Vador, pas de force obscure », sourit aujourd’hui Isabelle Barré.

Des fiches de paie accessibles à 95 personnes
Pourtant le 24 janvier à 18 heures, lorsque le compte Twitter du Canard enchaîné jette son pavé dans la mare, les principales figures de la droite, alors réunies autour d’une galette des rois dans les locaux de campagne de leur candidat, sont persuadées qu’il s’agit là d’un acte de malveillance, peut-être venu de l’intérieur. Parmi les figures entretenant une inimitié notoire avec François Fillon, les noms de Jean-François Copé et Rachida Dati courent sur les lèvres. Tous deux écartent toujours ces allégations. « Si on devait mettre en cause tous ceux à qui François Fillon a fait du mal, la liste serait longue », ajoute l’ancien ministre du Budget.

La piste d’un « cabinet noir » élyséen, lancée par François Fillon lui-même, ne mènera pas plus loin. De toute façon, les revenus des Fillon ne sont pas un secret pour tout le monde: à l’Assemblée nationale, 95 personnes ont accès aux fiches de paie des collaborateurs dans le cadre de leur travail.

Qui veut débrancher la candidature de François Fillon?
S’il est difficile de savoir d’où sont partis les premiers coups, nombreux sont ceux à avoir cherché à achever François Fillon. Dès fin janvier, c’est François Bayrou qui cherche un « plan B » à la droite et au centre. Début février, le président du Sénat, Gérard Larcher, veut mettre un terme à l’équipée, après avoir appris que les enfants de François Fillon avaient aussi été rémunérés par la Haute assemblée durant le mandat sénatorial de leur père.

Peu à peu, les leaders de la droite prennent leurs distances. François Fillon lui-même ne se rend pas service, en affirmant à la télévision qu’il renoncera s’il venait à être mis en examen. Or, quand cette mise en examen lui est notifiée le 28 février par une convocation judiciaire que lui annonce Patrick Stefanini, son directeur de campagne, François Fillon ne renonce pas à faire campagne. Et le meeting du Trocadéro, lors de la matinée pluvieuse du 5 mars à Paris, lui servira de tremplin vers le mur du premier tour du 23 avril.

Pendant toute cette période, Nicolas Sarkozy, vaincu à la primaire, joue un jeu trouble. Comme nous le raconte Rachida Dati, tout le monde ne cesse de l’appeler: Xavier Bertrand, François Bertrand, Laurent Wauquiez. Tous veulent qu’il pousse François Fillon à l’abandon. « A la faveur de chacun d’entre eux… Tout le monde voulait y aller! » s’amuse l’ancienne Garde des Sceaux. Alain Juppé l’appelle aussi, mais tombe sur le répondeur de l’ancien président de la République, à ce moment-là tranquillement installé au parc des Princes devant un match du Paris-Saint-Germain. Devant le peu de cohésion de son camp, et l’obstination de François Fillon, le maire de Bordeaux jette lui aussi l’éponge.

Voir de même:

«Je vais le niquer» : les révélations truculentes de Robert Bourgi, le «tueur» de Fillon

L’homme qui a offert des costumes à François Fillon, Robert Bourgi, s’est vanté chez Jean-Jacques Bourdin, avec une faconde que n’auraient pas reniée «Les Tontons flingueurs», d’avoir «ourdi un complot» contre le candidat pour peser dans sa chute.

Invité chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce 29 janvier, Robert Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy et des cercles du pouvoir, a fait de nouvelles révélations sardoniques sur son ancien «ami» François Fillon. L’homme de loi a reconnu avoir monté un complot contre l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, avec l’intention de «le niquer» pendant la campagne présidentielle. Sa ruse : lui offrir des costumes hors de prix.

Le jour de la diffusion du documentaire «Qui a tué François Fillon ?» sur BFM TV, Robert Bourgi est venu livrer les dessous de son «complot». Il donne le ton en jetant d’emblée à Jean-Jacques Bourdin : «Votre service de sécurité m’a enlevé ma boîte à outils. J’avais la sulfateuse, le marteau et les clous pour le cercueil pour Monsieur Fillon mais pour vous, j’ai quelque chose.» Et l’homme de dégainer un mètre de couturière, pour prendre les mesures de l’animateur. «Ce sera pas Arny’s, ce sera Petit Bateau», rit-il, très content de sa blague.

Il déroule alors l’historique qui le fait apparaître comme un intriguant, avide de relations de pouvoir, éclairant d’un jour nouveau les réseaux d’influence et alliances impitoyables autour des têtes de l’UMP, devenue les Républicains en 2015.

L’avocat d’origine libano-sénégalaise Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a toujours courtisé les puissants : Jacques Chirac, Omar Bongo, Laurent Gbagbo et surtout son «ami» Nicolas Sarkozy. Il explique avoir fréquenté régulièrement François Fillon pendant son mandat de Premier ministre. L’homme de loi révèle que le Sarthois souhaitait savoir ce que Nicolas Sarkozy pensait de lui.

Mais Robert Bourgi s’est retourné contre l’ancien Premier ministre lorsque deux journalistes lui ont livré un scoop signé François Hollande durant la campagne de la primaire. Le duo confie à l’avocat : «Ton ami Fillon a demandé la peau de ton ami Sarko.» L’ancien chef du gouvernement avait demandé que la justice accélère concernant les affaires dans lesquelles était impliqué l’ancien chef d’Etat.

Une haine nourrie envers François Fillon pour défendre Nicolas Sarkozy

Dès lors, Robert Bourgi se métamorphose en nettoyeur des couloirs feutrés des cabinets ministériels.

«François Fillon, j’ai décidé de le tuer pour diverses raisons. D’abord parce qu’il a violé toutes les règles de l’amitié avec moi. J’ai toujours été correct avec lui, […] j’ai toujours défendu la position de Fillon auprès de Nicolas dans le but de les réunir un jour ou l’autre. […] Il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy», explique-t-il. Et Robert Bourgi ne plaisante pas avec le sujet. «Il l’a toujours détesté, il a toujours eu les mots les plus inélégants à son égard. A chaque fois je lui disais : « François, tu n’as pas le droit de parler de Nicolas comme ça » […] François Fillon m’avait promis d’être un peu plus loyal à l’endroit de Nicolas Sarkozy, il n’a jamais tenu parole», déplore l’avocat.

J’avais déjà conçu le projet que j’ai réalisé de niquer François Fillon

Il décide alors de fomenter un complot, selon ses propres termes, contre le Sarthois en exploitant ses faiblesses. «J’avais déjà conçu le projet que j’ai réalisé de niquer François Fillon, c’est mieux que tuer», explique-t-il en toute décontraction. «Je savais que l’homme avait des relations étranges avec l’argent parce que nous avions beaucoup parlé, François Fillon et moi», avoue-t-il.

Au cours d’un petit déjeuner au Ritz, Robert Bourgi piège François Fillon. «Je lui dis : « Comme je te sens amoureux de belles choses je vais t’offrir trois costumes pour ta campagne« », raconte-t-il. Le candidat LR accepte sur le champ, mais Robert Bourgi ne règle pas les complets, laissant passer quatre mois jusqu’en février 2017. Pendant ce temps, il dit avoir envoyé de nombreux textos à l’élu de la Sarthe, qui n’a jamais répondu.

Les petites manœuvres de Robert Bourgi pour placer d’anciens proches de Sarkozy

Robert Bourgi ne souhaitait pas parler chiffon mais tentait d’influencer François Fillon sur le choix de ses lieutenants. Il souhaitait le voir s’entourer «de compagnons de Nicolas Sarkozy» qui voulaient le «servir», en lui conseillant de les inclure dans son «comité politique». Aucun retour. Et c’est en homme vexé de ne pas arriver à faire aboutir ses petites manœuvres qu’il se plaint : «Il m’a humilié.»

J’avais ourdi le complot

Alors que François Fillon est en lice pour le second tour de la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy confie à l’avocat lors d’un rendez-vous : «Tu as suivi les sondages, ils sont favorables à Fillon. Tu sais, il va droit à l’Elysée.» «Je lui ai dit : « Nicolas, il n’ira jamais à l’Elysée » […] parce que je vais le niquer, j’avais ourdi le complot […] à cause du comportement de Fillon à mon endroit qui n’était pas correct. Je savais exactement que j’allais payer ces costumes par chèque et que j’allais appeler mon ami Valdiguié [rédacteur en chef] au JDD, lui montrer le chèque. Quand on a fait campagne sur les vertus morales, la difficulté des Français à joindre les deux bouts, je me suis dit : « C’est quelque chose qui va le tuer »», justifie l’avocat.

 Ne t’inquiète pas ma fille, je me vengerai

Puis l’affaire s’emballe, en écho avec les soupçons d’emplois fictifs visant sa femme Pénélope Fillon. Sur le plateau du même Jean-Jacques Bourdin, François Fillon qualifie l’avocat d’«homme âgé qui n’a plus aucune espèce de responsabilité». La fille de Robert Bourgi l’appelle en larmes pour l’en informer. L’avocat piqué au vif, toujours aussi à l’aise avec son rôle de porte-flingue, conclut son entreprise de démolition : «Je lui ai dit : « Ne t’inquiète pas ma fille, je me vengerai »». Mission accomplie.

Voir par ailleurs:

Proust’s Way

Love, death, society, art, time, timelessness–and (perhaps) the greatest novelist of the 20th century.

Among the great modern artists, some seem to possess a boundless vitality, a spiritual extravagance that, even in the face of life’s hot suffering, causes them to profess their gratitude for the very fact of existence and to pour forth their praise of nobility, goodness, beauty, fortitude, love. Goethe, Beethoven, Victor Hugo, and Tolstoy are perhaps the foremost such figures.

Admirers of Wagner might place him, too, among the life-enhancers; yet he could write, at the age of thirty-nine, “I lead an indescribably worthless life . . . [F]or me, enjoyment, love are imaginary, not experienced.” Flaubert, who consecrated himself to a prose so beautiful that no real life could touch it, found himself exclaiming with envy at the sight of a bourgeois family enjoying a picnic, “They have it right.” In bitterness of heart, Kafka let loose with “I am made of literature,” meaning he was unfit for life.

And then there is the case of Marcel Proust (1871-1922), whose 3,000-page novels À la recherche du temps perdu (In Search of Lost Time) outshines the masterworks of Wagner, Flaubert, and Kafka but whose life makes theirs look unattainably bold and merry by comparison. Proust may have been the greatest novelist of the 20th century, but he is almost singlehandedly responsible for turning the term “exquisite sensibility” into a jeer. Everyone knows about the madeleine that Proust’s narrator, Marcel, dunks in his tea, triggering a monumental reflux of childhood memories; the asthma that hounded Proust to an early death; the silent, cork-lined room that he rarely left. Speaking to William F. Buckley, Jr. at the height of the cold war, a prominent European intellectual upheld the honor of European manhood by declaring, “We’re not all a bunch of little Prousts over there.”

Sickly, homosexual, addicted to the social whirl, the real-life Proust seemed, to his contemporaries, irreparably frivolous, terminally brittle. Everyone recognized his brilliance, but no one thought he would forge anything lasting out of it. An 1893 portrait by Jacques-Emile Blanche, who was to make his reputation by painting artistic eminences, depicts Proust as a ludicrous dandy in wing collar and cravat. His forehead has a greenish cast, like a week-old bruise, while the rest of his face is waxen. The flower on his lapel, which picks up his facial coloring, bears a disturbing resemblance to an out-sized malign insect. The eyes, though large and alert, do not reveal anything remarkable behind them. There is nothing to indicate that this young man might be more than a fop smitten with his own elegance. The only hint of otherworldliness is in the morbid tints of his face, which suggest that life is already beginning to prove too much for him and that his days are numbered.

To be sure, modern art has made room for, has even become the preserve of, wayward and misshapen souls. In 1918, with his masterpiece largely finished, Proust himself wrote that contemporary reality yielded its subtlest favors to the debauched and the incurable, and (referring to certain 19th-century artists) that “an unknown part of the mind or an additional nuance of affection was bursting with all the drunkenness of a Musset or a Verlaine, with all the perversions of a Baudelaire or a Rimbaud, even a Wagner, with the epilepsy of a Flaubert.” Suffering has its perquisites, and Proust took them for everything he could.

Yet he was also to prove himself a titan. Two identically titled new biographies help us see how, from unprepossessing beginnings, he did it. Both William C. Carter’s Marcel Proust: A Life1 and Jean-Yves Tadié’s Marcel Proust: A Life2 provide moving and cogent accounts of a life that ultimately had a single raison d’être.

The two books differ somewhat in approach. Carter, a professor of French at the University of Alabama at Birmingham, is more considerate to the American reader, deftly filling in the social and political background of Proust’s life and work—as in the case of the Dreyfus affair, which figures so prominently in Proust’s novel. Tadié, who teaches at the Sorbonne in Paris and is widely acknowledged as the world’s leading authority on Proust, takes it for granted that his reader knows things that most Americans do not. His book, which appeared in France in 1996 and which Carter cites repeatedly and respectfully, is the superior work of scholarship, but it is studded with impedimenta that sometimes make for tough going. (Tadié will record who wrote a review in a certain newspaper on a given day, for instance, but not what the review said, or set down the guest lists for parties that Proust attended, without a clue as to who these people were.) Still, there is much that Tadié knows that one is grateful to have between the covers of a book, and taken together Carter and Tadié constitute a treasure trove.

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Marcel Proust was the son of Adrien Proust, an eminent Parisian doctor, and his wife, born Jeanne Weil. The father was Catholic and the mother Jewish. Although she herself refused to convert, Jeanne agreed that their children would be raised as Catholics. As it happened, however, neither parent practiced his faith and, once Marcel had made his first communion, his church-going days were pretty much over.

Jewish religious law holds that the child of a Jewish mother is a Jew, but Proust never considered himself one, and neither did his friends. Still, his parentage occasionally presented difficulties. Once, as a young man, he stood silent and unresponsive when a revered mentor, Comte Robert de Montesquiou-Fezensac, delivered an anti-Semitic tirade in the company of friends and then asked Proust for his opinion on the 1894 conviction of Captain Alfred Dreyfus, a Jew, who had been tried for treason on the charge of selling military secrets to the Germans. The next day, Proust wrote to Montesquiou that he had not said anything because, although he himself was Catholic like his father and brother, his mother was Jewish: “I am sure you understand that this is reason enough for me to refrain from such discussions.”

Whether Proust’s private frankness made up for his public reticence is a vexing question, and all the more so because he went on to confide that he was “not free to have the ideas I might otherwise have on the subject.” Proust’s tacit fear, in other words, was that if he defended the Jews he would be taken for a Jew, and what he wanted above all was to be thought of as a Christian gentleman. He even seemed to leave open the possibility that Montesquiou might be right: that only filial piety forbade him from thinking as Montesquiou did. In Carter’s view, “Proust stated his position and his independence, but he might have been less ambiguous about the ethical implications of racist remarks.” Carter is too kind. Proust was only as forthright as his social cowardice—his fear of sacrificing his respectability—would allow.

He was to find his courage when events made it easier to be courageous. By 1898, more and more people had become convinced that Dreyfus had been railroaded, and an uproar ensued that was to shake French society for years. The salon of Mme. Genevieve Straus (the widow of the composer Georges Bizet), where Proust had been a habitue for several years, turned into a Dreyfusard hotbed. Old friends of the anti-Dreyfus persuasion, including the painter Edgar Degas, stalked off and never came back. Drawing strength from those around him, Proust now joined in the growing drumbeat for a retrial that was led by the novelist Emile Zola. He was even to boast that he was the first of the Dreyfusards, because he secured the signature of his literary hero Anatole France on a petition. Still, when an anti-Semitic newspaper numbered him among the “young Jews” who defied decency and right thinking, Proust, who at first thought to correct the paper’s misapprehension, decided to keep quiet, lest he draw any more attention to himself. He must have known that, in the eyes of anti-Dreyfusards, his political affiliations only served to confirm the sad fact of his birth.

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If the Dreyfus affair exposed the moral cretinism that extended into the upper echelons of French society, this hardly deterred Proust from wanting a place in that world. His social career had begun during his last year of high school, when, thanks to the mothers of some of his school friends, he gained admission to certain exclusive Parisian salons. His chum Jacques Bizet, whom he had tried to seduce, without success, made it up to him by serving as his ticket to the beau monde. At the salon of Mme. Straus, young Bizet’s mother, Proust became acquainted with artistic and aristocratic grandees like the composer Gabriel Fauré, the writer Guy de Maupassant, the actress Sarah Bernhardt, and Princesse Mathilde, the niece of Napoleon I. In time he became a regular at Princesse Mathilde’s as well, where the old-line nobility rubbed shoulders with arrivistes, and distinguished Jews mingled with those who detested them. (The writer Léon Daudet, to whom Proust would dedicate a volume of his novel, confided to his diary after one party: “The imperial dwelling was infested with Jews and Jewesses.”)

Another hostess conquered by the high-flying young Proust was Mme. Madeleine Lemaire, renowned for her musical gatherings. It was she who introduced him to Montesquiou-Fezensac, the aristocratic poet whose opinions on Jews Proust was willing to overlook for the sake of the Count’s artistic and social cachet. And there was something else: Montesquiou was boldly aboveboard about his homosexuality, at a time when, as Carter writes, “few Frenchmen dared, if they cared for their reputation and social standing, to display amorous affection for another man.” This frankness earned Proust’s regard—although he was, of course, ambivalent about going public on the issue of his own sexual nature.

Not that it was any secret to those who knew him. In high school, Proust had laid elaborate sexual siege to friends, writing them letters fraught with passion. When his disposition became apparent to his father, in the name of decency the agitated Dr. Proust slipped the boy ten francs and sent him off to a (female) prostitute; the mission wound up a fiasco when Proust broke a chamber pot and spoiled the romance of the moment.

Such happiness as Proust had from love was not made to last. Probably his first consummated affair was with the composer Reynaldo Hahn, whom he met at Mme. Lemaire’s when he was twenty-two and Hahn nineteen. Raw nerves and ceaseless importunity characterized Proust’s love for Hahn, who quickly tired of his friend’s demanding antics. But it was really Proust who fell out of love first, as he fell in love with the stripling Lucien Daudet, son of the novelist Alphonse Daudet and brother of the venomous Leon. Proust would even fight a duel with a journalist, himself homosexual, who hinted salaciously in print that his friendship with Lucien was not quite respectable; both duelists fired and missed.

Proust had good reason to keep his intimate proclivities under wraps. But biographers have their job to do, and Carter and Tadié leave little unsaid. Both record his favored mode of sexual recreation: going to a homosexual brothel and masturbating while watching as the man he had hired masturbated in front of him. If this procedure failed of its effect, the obliging prostitute would bring in a pair of hungry rats and loose them on each other, a spectacle that would invariably afford Proust the needed relief. (For this information we have the testimony both of one such prostitute and of the writer André Gide, in whom Proust confided.)

To the innocent observer, Proust’s sexual preferences may well appear about as demented as such things get; but normality of any kind was never Proust’s strong suit. Abysmal health plagued him his life long, and he cultivated the perpetual invalid’s peculiarities. Wracked by asthma, he spent six hours a day burning eucalyptus powders and inhaling the fumes. He needed veronal and opium and morphine to sleep, caffeine to revive him and also to help his asthma. The huge doses he took of caffeine brought on angina; the sedatives and painkillers destroyed his ability to register temperature, so that on sweltering days he would wear a heavy coat. A year’s supply of medications cost him the equivalent of $20,000 in today’s money. (His parents left him an inheritance of some $4.6 million, so the expenses were not insupportable.)

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From his early twenties, Proust kept vampire’s hours, sleeping during the day and venturing abroad only under cover of darkness. As he grew older and sicker, he ventured out less and less. His cork-lined room became his refuge. Illness, he wrote to a friend, had made it necessary for him “to do without nearly everything and to replace people by their images and life by thought.” He subscribed to a device called the theatrophone, over which he could hear live operatic and dramatic performances without leaving his bed. He hired the best string quartet in Paris to play just for him in the middle of the night. In his latter days, he subsisted largely on ice cream and iced beer, ordered from the Ritz.

And through the worst of his misery, when it was almost impossible to eat, sleep, or breathe, he worked. From his youth he had wanted to be a writer, but the full seriousness of his vocation did not impress itself upon him until he was well into his thirties. His first book, Plaisirs et Jours (Pleasures and Days), a collection of stories, poems, and pastiches, had appeared when he was twenty-three and was generally dismissed as a fussy curiosity. Fuming at the critics’ condescension, Proust set to work on a vast autobiographical novel, Jean Santeuil, which he abandoned after five years and a thousand pages. He translated a volume of John Ruskin, the English art and social critic; produced essays of his own on such artists as Watteau, Chardin, Rembrandt, Moreau, and Monet; and worked abortively on another novel that converged with a study of the literary critic Sainte-Beuve.

His painful failures made for an invaluable apprenticeship. Though the record is hazy, it was perhaps in 1908 that Proust conceived the work for which he would be known; by the next year, the novel was well tinder way. Carter says that by 1916 or soon thereafter, Proust “gave his book its ultimate shape if not its final dimensions,” but his tugging and worrying at the manuscript would continue to his final days. À la recherche du temps perdu appeared in eight volumes, published between 1913 and 1927, the last four posthumously. The titles of the constituent parts are Du côté de chez Swann (Swann’s Way), À l’ombre des jeunes filles en fleur (In the Shade of the Young Girls in Flower), Le côté de Guermantes (The Guermantes Way), Sodome et Gomorrhe (Sodom and Gomorrah), La prisonnière (The Captive), Albertine disparue (Albertine Gone), and Le temps retrouvé (Time Regained).3

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Proust’s novel takes as its great themes the illusions and disappointments of love, friendship, and society (in the limited sense of that word), and the joyous satisfactions of art. The book opens with the narrator’s reminiscence—his name is Marcel, although one has to read over 2,000 pages to find that out—of lying in bed as a boy and waiting for his mother’s good-night kiss; proceeds to a recollection of youthful days in the countrified Parisian suburb of Combray; then goes back to a time before Marcel was born and portrays the agonizing love of Monsieur Swann, an old friend of the family, for the courtesan Odette de Crécy.

Most of the rest of the book has to do with Marcel’s being in love, seeing others in love, and going to parties. His first romance, physically quite innocent but emotionally flaying, is with the Swanns’ daughter, Gilberte. (Unlike his creator, Marcel is heterosexual.) Next comes Albertine, whom Marcel singles out from a fascinating crowd of rowdy girls in the seaside resort of Balbec; this love is not innocent and is even more destructive. Meanwhile Marcel becomes friendly with the Duchesse de Guermantes, who embodies a social grandeur that sets him dreaming; gets to know the novelist Bergotte and the painter Elstir, who provide lessons in what art can and cannot do; mixes with the Verdurins, a couple of distasteful bourgeois climbers, and their circle of fools; and is courted in a most unnerving fashion by the Baron de Charlus, lord prince of the sodomites. Interleaved throughout are meditations and conversations on actual and imagined works of art, ladies’ fashions, etymology, military strategy, homosexuality, anti-Semitism, social transformations, time, and timelessness.

For most of the novel, finally, Marcel is a writer manqué, an aspirant who lacks the understanding to conceive a novel and the will to see it through. The book then records the process by which he becomes the writer who has written the extraordinary work one is reading. “And thus,” he concludes, “my whole life up to the present day might and yet might not have been summed up under the title: A Vocation.”

What does that “vocation” reveal? No other writer/narrator has attended with such extravagant care to the surface of things: the grace or ungainliness of a gesture, the historical associations of a great name, the import of a gravely formal bow in response to a friendly greeting, the radiance of a distinguished smile or shirtfront, party talk that goes on for miles. Yet, although the charms of love, friendship, and society present a brilliant and beguiling surface, they never please Marcel for long. Real life is to be found elsewhere, and only the rare soul manages to find it.

For Marcel, there is no desire more imperious than the desire to know. It is the motive force of his life and of his relentless pursuit of what he calls reality. The words “real” and “reality” must recur a thousand times in this novel, being signposts—like “virtue” for Machiavelli, “happiness” for Tolstoy, or “good” for Hemingway—that lead the reader to the heart of its unfolding significance. But to disclose the reality at life’s core requires one to experience illusion, in all its manifold and obdurate guises, and this experience is Marcel’s meat and drink.

Nowhere in Proust’s world are illusion’s guises harder to penetrate than when it comes to sex and love. The Proustian lover typically ascribes to the object of his desire all manner of enchanting virtues, which generally have no basis in fact, and then torments himself with a plague of suspected vices, which as a rule prove only too real. Every conceivable infidelity must be envisioned in gross detail, since as long as one is in love one can never assure oneself of the reality of the beloved’s heart. This ignorance is torture—but knowledge brings an end to love itself. Even carnal knowledge is no knowledge at all, only an initiation into the pangs of uncertainty.

In the early stages of Swann’s love for Odette, he believes he knows her better than anyone else does; the rumors he has heard that she is an elegant whore who has been kept by a number of men cannot be true, for she is incomparably sensitive and kind and good. In time he finds out otherwise. But even when Swann falls out of love, he cannot be indifferent to Odette unless he continues to possess her; his only recourse is to marry this woman whom he knows to be a slut.

Marcel emulates Swann in his need—ruinous to a lover, exceedingly useful to an aspiring writer—to know everything about the woman he loves, especially the worst. Albertine’s fishy answers to some pointed questions about a sexually charged encounter she has had with Gilberte (Swann’s daughter and Marcel’s first love) set the young man’s mental wheels turning. Once the lever is tripped and the questions begin, there is no stopping them. Jealous obsession is a perpetual-motion machine; it will quit its savage taunting only when love is smashed to pieces, and maybe not even then.

As it happens—as it always happens in Proust—Marcel’s worst imaginings turn out to be true: tireless researches and numberless rounds of cat and mouse confirm that Albertine is a lesbian. When she leaves him and is killed in a riding accident, Marcel is grief-stricken; but in due course his tender memories give way to renewed jealousy, a jealousy “stamped with the character, at once tormenting and solemn, of puzzles left forever insoluble by the death of the one person who could have explained them.”

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Then there is the case of the Baron de Charlus, who chats with the young man at a party and invites him up to his place afterward. This nobleman, whom Marcel has heard spoken of as the lover of Mme. Swann, is a caricature of virility, swaggering like a preening cock and proclaiming his disgust with the effeminacy of modern youth. He intimates to Marcel that he might be interested in taking him under his protection and bestowing upon him the untold benefits of his exalted position, his peerless taste, his unrivaled knowledge of the world. But when they next meet, Charlus is outraged at the young man’s ignorance, presumption, and cloddishness. Their friendship is finished before it ever really gets started.

The next sighting clarifies matters: Marcel spies Charlus in the courtyard of the Guermantes mansion—Charlus belongs to that venerable family—evidently bemused by the look of a tailor named Jupien who has a shop there. After a wordless mating dance, the two men withdraw to Jupien’s shop, where they have at it with vociferous gusto. The noise they make—Marcel can hear but cannot see them—sounds as though one might be slitting the other’s throat, so close are the groans of pleasure to those of pain. Once the indispensable facts are known, everything else falls into place. Charlus is in love with an ideal manliness because he is, in the crucial respect, a woman.

The long meditation on homosexuality that follows this episode is often taken to be Proust’s definitive word on the subject. Some passages are certainly heartfelt and magniloquent: “a race upon which a curse is laid and which must live in falsehood and perjury because it knows that its desire, that which constitutes life’s dearest pleasure, is held to be punishable, shameful, an inadmissible thing.” Marcel is even capable of attributing to sexual collisions like Charlus’s and Jupien’s a kind of sublime necessity:

[T]his Romeo and this Juliet may believe with good reason that their love is not a momentary whim but a true predestination, determined by the harmonies of their temperaments, and not only by their own personal temperaments but by those of their ancestors, by their most distant strains of heredity, so much so that the fellow creature who is conjoined with them has belonged to them from before their birth, has attracted them by a force comparable to that which governs the worlds on which we spent our former lives.

But as Marcel comes to know more and more about Charlus, his frothy enthusiasm turns to disgust and horror. At the funeral of Charlus’s wife, whom Charlus has spoken of as the most noble and beautiful person he had ever known, the Baron tries to pick up an altar boy. When World War I depletes the supply of eligible men, he takes to molesting children. He bankrolls a male brothel, of which Jupien becomes the innkeeper. There Marcel, who has wandered in innocently one night, sees Charlus chained to a bed and beaten with a whip studded with nails, afterward protesting to Jupien that his torturer was not “sufficiently brutal.” When Charlus leaves, Jupien boasts to Marcel that his establishment has the toniest, most cultivated clientele. Marcel replies that it is “worse than a madhouse, since the mad fancies of the lunatics who inhabit it are played out as actual, visible drama—it is a veritable pandemonium.”

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Normality, decency, goodness are, in short, the rarest of commodities in Proust’s world. Nor does their scarcity make them prized, except in the eyes of Marcel and a few other uncharacteristic souls. Instead, decency is seen by most as a social handicap; the Verdurins’ circle of bourgeois snobs, for example, barely tolerates a stammering, clumsy paleographer named Saniette. Monsieur Verdurin’s mockery of Saniette’s speech impediment makes “the faithful burst out laughing, looking like a group of cannibals in whom the sight of a wounded white man has aroused the thirst for blood.” And nowhere is this savage tribalism more marked than in the antipathy that those who consider themselves true Frenchmen feel for Jews.

Anti-Semitism is everywhere in Proust’s novel. Perhaps the most repellent instance occurs when the madam of a cheap brothel Marcel is visiting touts the exotic richness of the prostitute Rachel’s flesh: “And with an inane affectation of excitement which she hoped would prove contagious, and which ended in a hoarse gurgle, almost of sensual satisfaction: ‘Think of that, my boy, a Jewess! Wouldn’t that be thrilling? Rrrr!’ ”

Those in the highest reaches of society share the sentiments of the lowest. Thus, Charlus is given to maniacal explosions of loathing for Jews, while the Prince de Guermantes, Swann tells Marcel, hates Jews so much that, when a wing of his castle caught fire, he let it burn to the ground rather than send for fire extinguishers to the house next door, which happened to be the Rothschilds’. Swann is himself one of the rare Jews allowed entrance to the highest society, which leads to the outrage of the Duc de Guermantes when Swann, who had always impressed him as a Jew of the right sort, “an honorable Jew,” turns out to be an outspoken Dreyfusard.

As in its sentiments toward Jews, so in every other way, the social world in Proust is revealed as a “realm of nullity.” Any glimmer of moral discrimination, let alone of true understanding, shines like a beacon; for the most part, darkness prevails. In the famous closing scene of The Guermantes Way, the duke and duchess, on their way to a dinner party, are bidding good evening to Swann and Marcel. The duchess inquires whether Swann will join them on a trip to Italy ten months hence; Swann replies that he is mortally ill and will be dead by then. The duchess does not know how to respond: “placed for the first time in her life between two duties as incompatible as getting into her carriage to go out to dinner and showing compassion for a man who was about to die, she could find nothing in the code of conventions that indicated the right line to follow.”

With his “instinctive politeness,” Swann senses the duchess’s discomfort and says he must not detain them: “he knew that for other people their own social obligations took precedence over the death of a friend.” And yet, although the duke and duchess do not have a moment to spare to comfort their dying friend, they nevertheless do delay their departure while the duchess, who is wearing black shoes with her red dress, changes at her husband’s insistence into a more suitable pair of red shoes.

This portrait of gross moral insensibility in the face of death is comedy of manners at its most scathing, perhaps even overdone: the duke complains that his wife is dead-tired, and that he is dying of hunger. The indignant Marcel rewards the stupidity of these preposterous creatures with unforgettable strokes of cold fury. On another distressing occasion, a doctor preoccupied with his social calendar pronounces casually that Marcel’s grandmother is dying, and Marcel observes, “Each of us is indeed alone.” One has friends and lovers and family, one mixes in the best society, but finally one has no intimates. Death comes for us strictly one by one—a thought hardly to be borne.

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Marcel’s triumph is that he does find a way to bear it, indeed to overcome it. In Time Regained, after spending years in a sanatorium, he is on his way to a party hosted by the Duchesse de Guermantes. The previous day he had experienced what he thought was his final disillusionment with the life of literature, but as he enters the courtyard of the Guermantes mansion a revelatory sensation changes his life. A car nearly hits him, and when he steps back out of its way he places his foot on a paving stone that is slightly lower than the one next to it; this unevenness underfoot fills him with an inexplicable and extraordinary joy.

Rocking back and forth on the irregular pavement, Marcel remembers standing on two uneven stones in the baptistery of St. Mark’s in Venice, and all the various sensations associated with that particular moment come flooding back. Similar marvels await him when he enters the Guermantes house and, twice more, involuntary memories overwhelm him in their glory. He is supremely happy, but cannot at first explain it. Why should this sudden efflorescence of memory have “given me a joy which . . . sufficed, without any other proof, to make death a matter of indifference”? He concludes that such episodes of transfiguring lucidity, for as long as they last, annihilate time, and are the most that a living man will know of eternity.

But just when he believes himself certain of the ultimate reality of timelessness, he is reminded sharply that time, too, is undeniably real. The party to which he is presently admitted strikes him, at first, as a masquerade, where everyone has been made up to look old. But the truth is that everyone looks old because everyone is old. Marcel has been away a long time, and time has done its work. Withered, sagging, shuffling, sputtering, wheezing, this assemblage of geezers and crones is the sad remnant of a company once distinguished for its beauty and vigor.

At last Marcel has penetrated the real world, and sees what he is supposed to do with his new knowledge: to write the book that one is reading. The awareness of time’s passing spurs him to get down to the serious work that will offer him life’s supreme pleasure: illuminating the nature of timelessness. “How happy would he be, I thought, the man who had the power to write such a book! What a task awaited him!”

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Love, death, society, art: Proust takes on the great themes. Does he do them justice?

Love as Proust writes about it is love as he experienced it: a neediness so desperate no possible response can satisfy it, a relentless harrying demand for complete possession, intensified by the perversity or promiscuity or unavailability of the beloved. What Proust knows of love he knows as almost no one else does. On jealousy—and the hatred and self-hatred it causes—he is an indisputable authority, who has perhaps only Shakespeare for a rival. But about love itself, Shakespeare knows a great deal else, while Proust has the specialist’s habit of going on about his subject as though it were the only thing deserving attention. The effect is of moral lopsidedness and incompletion, as though Tolstoy had devoted the whole of Anna Karenina to Anna and Vronsky’s wretched adultery without the counterweight of Levin and Kitty’s triumphant love; such a novel could still be a great one, but something vital would be missing.

Complicating this picture of Proustian love is Marcel’s attitude toward homosexuality. Although Proust enjoys cult status among homosexuals, the treatment of homosexuality in his great novel is, as we have seen, anything but purely admiring. André Gide, outspoken champion of homosexual freedom, chastised Proust, though only in private, for the disservice he did the cause: by taking an “impartial point of view,” Gide said, Proust had “branded this subject with a red-hot iron that serves conventional morality far more effectively than the most emphatic moral treatises.” (And Gide was commenting only on Sodom and Gomorrah; he had yet to read the brothel scene, which takes place in Time Regained.)

Gide later relented of his severity, after a conversation with Proust left him with the realization “that what we find ignoble, derisive, or disgusting [in his book] does not seem to him so repulsive.” But can it really be that Proust intended the reader to see Marcel’s revulsion at the scene in the male brothel as wrong, or as some sort of moral defect? Admittedly, there are passages (like the one quoted earlier) in which Marcel rises to an overt defense of homosexuality; and a rhetorical ploy he favors is to compare the plight of homosexuals to that of the Jews. Yet although Marcel may claim that the two conditions are morally comparable, he shows otherwise. If there is an unsavory Jew or two in the novel—the social-climbing writer Bloch, for instance—their peccadilloes do not approach the patent monstrosities of Charlus.

While Proust spends countless pages of fevered analysis on love, death gets only a few brief passages—but they are extraordinary. Marcel’s most exacting criticism of society is that its forms do not accommodate the fact of mortality: the overriding concern with propriety turns the heart to stone, and the death of a friend or relative only gets in the way of those who go on living. His vision of human solitude in the face of death reminds one of Edvard Munch’s great and dreadful painting Grief, in which a roomful of people are arrayed around the bed of a dead woman: no one touches or even looks at anyone else; each is locked in his own impenetrable sorrow, mourning by himself and, one suspects, for himself.

But unlike Munch, Proust does admit the possibility of consolation, even of redemption. The writer Bergotte dies while sitting in a museum and looking at a patch of yellow wall in a painting by his beloved Vermeer. This devotional attitude moves Marcel to think of “a different world, a world based on kindness, scrupulousness, self-sacrifice, a world entirely different from this one and which we leave in order to be born on this earth, before perhaps returning there. . . . So that the idea that Bergotte was not permanently dead is by no means improbable.” It is this spiritual capaciousness that Saul Bellow’s Mr. Sammler has in mind when he speaks of In Search of Lost Time as “a high-ceilinged masterpiece.”

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In the end, of course, there is only one sort of life that Proust believes to be worth living: the life of the artist. Neither bourgeois respectability nor aristocratic gaiety possesses any lasting hold on Marcel; both represent the unreal world he finds his way out of, and are of interest only insofar as they give him something to write about. But more towering artists than Proust have rendered ordinary lives with an imaginative sympathy that makes such lives extraordinary. Indeed, this imaginative sympathy, this sense that life holds out the possibility of fulfillment and happiness even for people who do not happen to be artists, is what makes both Goethe and Tolstoy greater writers than Proust.

As for those masters—Flaubert, Joyce, Wallace Stevens—who claim that art is the best thing life has to offer, none of them delivers so grandly as Proust. But here another irony needs to be registered. For what lives most memorably in his novel is not the “real” world of Marcel’s highest aspirations but the “unreal” world, the world of thumbscrew love and puddinghead society; the timeless reality Marcel evokes seems dim indeed beside Charlus’s bed of pain or the duchess’s red shoes. A lifetime of hard suffering went into this masterpiece, and, for better and for worse, it is humanity in its heartache and failure that enjoys pride of place.

Whether Proust found the joy in the writing of his novel that Marcel professes to know is a question. The writing certainly took everything he had. His devoted housekeeper Céleste Albaret recalled that one night in the spring of 1922 Proust summoned her and declared, “I have important news. Tonight, I wrote the word ‘end.’ Now I can die.” He did everything that he had it in him to do. That is a claim few can make.

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1 Yale University Press, 960 pp., $35.00.

2 Translated by Evan Cameron. Viking, 934 pp., $45.00.

3 The first English translation of the novel (1922-1931), by C.K. Scott-Moncrieff, is justly renowned; F. Scott Fitzgerald called it “a masterpiece in itself.” Revised by Terence Kilmartin (1982), it is still available under the title Remembrance of Things Past, and this is the translation I will be referring to (Vintage paperback). D.J. Enright’s further revision of this version bears the more accurate title In Search of Lost Time (Modern Library). Penguin Books promises yet another translation due out next year.


Libération d’Auschwitz/75e: Cherchez l’erreur (What Elie Wiesel did get wrong in his extraordinary testimonial of the Auschwitz passion play)

3 février, 2018
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Tu ne différeras point de m’offrir les prémices de ta moisson et de ta vendange. Tu me donneras le premier-né de tes fils. Tu me donneras aussi le premier-né de ta vache et de ta brebis; il restera sept jours avec sa mère; le huitième jour, tu me le donneras. Exode 22: 29-30
 Nul ne pourra sanctifier le premier-né de son bétail, lequel appartient déjà à l’Éternel en sa qualité de premier-né; soit boeuf, soit agneau, il appartient à l’Éternel. S’il s’agit d’un animal impur, on le rachètera au prix de ton estimation, en y ajoutant un cinquième; s’il n’est pas racheté, il sera vendu d’après ton estimation. Lévitique 27: 26-27
L’Éternel agréera-t-il des milliers de béliers, des myriades de torrents d’huile? Donnerai-je pour mes transgressions mon premier-né, pour le péché de mon âme le fruit de mes entrailles? On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. Michée 6: 7-8
Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation… Donc j’ai dit: Voici, je viens. Psaume 40: 7-8
There is no God, and He gave us the land of Israel. Begin
Where is God now?’ And I heard a voice within me answer him: ‘. . . Here He is—He is hanging here on this gallows.’ The binding of Isaac was not God’s test of man. The binding of Isaac was man’s test of God. Elie Wiesel
The young hero’s anguish—also his scorn, cultural love, and filial piety—fit our Zionist mood, opening us to a new kind of Judaism, more evangelical than observant. Auschwitz had become a kind of Calvary for us, and Wiesel became the author of our passion play: unspeakable cruelty, common indifference, God’s forsaking, the sacrifice of his innocent chosen. Israel, which had broken the siege of 1967, seemed the resurrection. “The child who tells us this story here was one of God’s elect”; his recounted horrors were worst of all for “those of us who have faith: the death of God in the soul of a child who suddenly discovers absolute evil. François Mauriac
I want to make the distinction that while anti-Semitism is something that impacts Jewish Americans, it’s different than anti-black racism or Islamophobia because it’s not systemic. Of course, you may experience vandalism or an attack on a synagogue, or maybe on an individual level… but it’s not systemic, and we need to make that distinction. Linda Sarsour
Jewry has so deeply infected the Anglo-Saxon states both spiritually and politically that they no longer have the ability to see or accept the danger. It conceals itself as Bolshevism in the Soviet Union, and plutocratic-capitalism in the Anglo-Saxon states. The Jewish race has always been an expert at mimicry, that is, the systematic ability to fade into its surroundings. We know that from our own past. They put their host peoples to sleep, they drug them, paralyzing their ability to defend themselves against the life-threatening danger from Jewry. Joseph Goebbels
With their money, [the Jews] took control of the world media, news agencies, the press, publishing houses, broadcasting stations, and others. With their money they stirred revolutions in various parts of the world with the purpose of achieving their interests and reaping the fruit therein. They were behind the French Revolution, the Communist revolution and most of the revolutions we heard and hear about, here and there. With their money they formed secret societies, such as Freemasons, Rotary Clubs, the Lions and others in different parts of the world for the purpose of sabotaging societies and achieving Zionist interests. With their money they were able to control imperialistic countries and instigate them to colonize many countries in order to enable them to exploit their resources and spread corruption there. Hamas charter (article 22)
Le juif dangereux, c’est le juif vague. Édouard Drumont
Toute énormité apologétique en faveur du nazisme doit s’appuyer sur au moins un élève juif de Heidegger. François Rastier
Nous vivons une époque formidable, celle de l’indistinction. Aussi certains intellectuels ne savent-ils plus toujours si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des opinions ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom des droits humains ou, plus simplement, des principes de la démocratie. Mais c’est justement une incompréhension fondamentale sur la nature de cette dernière qui autorise cette interrogation. Tocqueville avait utilement alerté sur cette question: dans une société démocratique, expliquait-il, les individus vouent un véritable culte à l’égalité qui constitue une passion dominante. Ainsi «les théories conduisant à la conclusion que toutes les opinions doivent être respectées et traitées sur une base égalitaire, voire considérées comme équivalentes, tendent à être l’objet d’une attention sélective et à être retenues en priorité» (Raymond Boudon, «Les deux sociologies de la connaissance scientifique»). Ainsi, le fondamental principe d’égalité se corrompt trop souvent dans le désir, plus ou moins avoué, d’indistinction. Cette pente est particulièrement redoutable puisqu’elle incite au scepticisme radical, et elle tend à considérer l’éthique et l’épistémologie comme des illusions. La démocratie, qui, à beaucoup d’égards, peut être définie comme une organisation des séparations (par exemple du politique et de l’ethnico-religieux), a tout à perdre à promouvoir l’indistinct. C’est à l’aune de l’indistinction que nous pouvons comprendre l’apparition d’un phénomène nouveau: l’antisémitisme sans antisémites. Il est en effet frappant de constater le déni ou l’euphémisation (généralement par l’affirmation d’un antisionisme radical) devant le procès en antisémitisme. Ces attitudes (que l’on peut ne pas distinguer) sont généralement fondées, d’une part, sur l’incompréhension de la nature de l’antisémitisme, d’autre part, sur la distinction – dont nous montrerons l’inconsistance – entre antiracisme moral et antiracisme politique. Il va de soi que ces deux points entretiennent de profondes affinités. Le modèle dominant de lutte contre le racisme, développé à partir de 1945, établissait une équivalence structurelle entre colonisés et juifs dans leur fonction de détournement (mécanisme bien documenté du bouc-émissaire) de l’insatisfaction sociale. Dans cette stratégie argumentative, la spécificité du génocide des juifs constituait une réelle difficulté. Il fallait donc que le racisme nazi soit une forme particulière de racisme colonial. La distinction entre ces deux formes de racisme a été pourtant, dès 1967, posée avec vigueur par Jeanne Hersch («Sur la notion de race», dans Diogène). Dans une étude consacrée à la notion de race et à l’examen de deux textes établis sous l’égide de l’Unesco, elle montrait que dans le cas du racisme colonial les différences physiques stigmatisées par les colonialistes étaient manifestes, alors que celles dénoncées par les nazis étaient extrêmement imprécises. Elle ajoutait, en outre, que les colonialistes justifiaient l’exploitation de leurs victimes à l’aide d’un préjugé raciste, celui de l’infériorité intellectuelle des exploités, tandis que les nazis usaient comme moteur de leur haine l’envie qu’inspiraient les juifs, auxquels le préjugé raciste prêtait une supériorité intellectuelle dangereuse. Aussi, pour les colonialistes fallait-il maintenir la présence de l’«autre race» en tant que source de profit; alors que pour les nazis le but était son élimination et sa destruction. Pour le racisme d’extermination, c’est donc le caractère incertain des différences physiques de l’autre qui entretient une suspicion diffuse, une hantise du mélange. Or si ce racisme a désigné le juif comme l’ennemi absolu, c’est parce que la différence juive, hors du champ religieux, est insaisissable. Elle est, en conséquence, la plus dangereuse pour l’identité collective du groupe. Comme le notaient, il y a assez longtemps, P. H. Maucorps, A. Memmi et J. F. Held, les juifs parce qu’ils «constituent une minorité tellement fluide que très peu d’individus considérés comme tels réunissent toutes les déterminations réelles ou supposées de leur groupe sont objet de racisme en tant que simple incarnation de l’Altérité.» On voit, à travers ces lignes, la particularité de l’antisémitisme qu’avait, à sa manière, évoquée Édouard Drumont lorsqu’il écrivait: «Le juif dangereux, c’est le juif vague.» En d’autres termes, le plus grand péril pour le raciste, c’est le péril indiscernable. Le juif, trop semblable au point de ne pouvoir être distingué, exaspère chez l’antisémite l’horreur du métissage, la peur de la dégénérescence par l’effet du mélange. Aussi l’expression de l’hostilité à l’égard des juifs n’est-elle nullement soucieuse de donner une explication causale de la menace sociale, mais manifeste une crainte face à un danger mal compris susceptible de fissurer l’armature sociale de la communauté. (…) Il paraît, par conséquent, illusoire de penser aujourd’hui les tâches de l’antiracisme sans partir de cette réalité: l’antisémitisme appartient à un registre spécifique. La lutte contre lui ne peut être efficace que si elle est distinguée de la lutte contre les autres formes de racisme. Est-il utile de préciser que l’accent mis ici sur la particularité du registre antisémite n’induit nullement une volonté de méconnaître les autres expressions de la haine ou de hiérarchiser celles-ci à l’aune de leur malfaisance? (…) Autre intéressant registre rhétorique, l’antiracisme politique utilise quelques intellectuels juifs pour éloigner tout soupçon d’antisémitisme. (…) De même, l’idée, exprimée par un collectif de juifs «antiracistes et anticolonialistes», d’une «profonde rupture, après la Shoah, entre les Juifs et les autres peuples racisés» (voir «La bonne conscience des intellectuels juifs»), suggère également que les juifs ne sont pas des racisés comme les autres. Et s’ils ne sont pas comme les autres, c’est parce que pèse sur eux l’accusation de sionisme, sans que l’on sache très bien à quoi elle renvoie, tant le mot est polysémique. Mais on comprend aisément, nonobstant le nombre considérable de juifs critiques à l’égard de la politique de colonisation israélienne, que tout juif est un sioniste potentiel, autrement dit un ennemi du genre humain, comme l’était autrefois le «juif vague» cher à Drumont. La stratégie d’euphémisation, liée au discrédit de la notion de race, rend ainsi, pour un nombre de plus en plus grand de nos contemporains, l’antisémitisme respectable. La prolifération des thèses complotistes est un indicateur inquiétant de la fragilité d’une opinion démocratique, trop souvent incapable de se prémunir contre la corruption de l’égalité, celle de la dignité de chacun, dans l’indistinction, soit fondamentalement la confusion du vrai et du faux. Alain Policar
Underlying this pervasive point of view is the notion that Jews, who are often conflated with whites, should “check their privilege,” because anti-Semitism just isn’t as bad as other forms of racism. On campus, where the ADL notes an acute rise in anti-Jewish hostility, alarmed Jewish students are sidelined for being white and middle-class and the Holocaust is trivialized as “white on white crime.” Elsewhere, Jews who protest anti-Semitism are dismissed for failing to ante up sufficient concern about people of color. This erasure of anti-Semitism isn’t simply callous. It exposes a huge moral failure at the heart of the modern left. Under the enveloping paradigm of “intersectionality,” everyone is granularly defined by their various identities — everyone, that is, except white Jews, whose Jewishness is often overwritten by their skin color. Not simply a moral failing, this erasure is deeply hazardous, inasmuch as the fight against racism happens by and large in sectors where the left perspective dominates — the academy, pop culture and much of the news media. But this failure of the left is less a result of malice rather than unconscious wiring. As I will argue, the left is doomed to erase anti-Semitism because it’s ill-equipped to understand it. For in a key sense, regular racism — against blacks and Latinos, for example — is the opposite of anti-Semitism. While both ultimately derive from xenophobia, regular racism comes from white people believing they are superior to people of color. But the hatred of Jews stems from the belief that Jews are a cabal with supernatural powers; in other words, it stems from the models of thought that produce conspiracy theories. Where the white racist regards blacks as inferior, the anti-Semite imagines that Jews have preternatural power to afflict humankind. This is also why the left is blind to anti-Semitism. Anti-Semitism differs from most forms of racism in that it purports to “punch up” against a secret society of oppressors, which has the side effect of making it easy to disguise as a politics of emancipation. If Jews have power, then punching up at Jews is a form of speaking truth to power — a form of speech of which the left is currently enamored. In other words, it is because anti-Semitism pretends to strike at power that the left cannot see it, and is doomed to erase — and even reproduce — its tropes. (…) And it’s anti-Semitism’s source in conspiracy theory that renders it so different from non-conspiracist forms of racism, like anti-blackness. As with most racism, anti-black bias constructs an underclass to be exploited or avoided. It positions blacks as inferior to whites and charges them with stereotypes that signal weakness: They are libeled as lazy, stupid, lustful, criminal and animalistic. (…) Anti-Semitism imagines a diabolic overclass to be exposed and resisted. Above all else, anti-Semitism is a conspiracy theory about the maleficent Jewish elite. And it’s this that makes it easy to disguise as a politics of liberation, or, at least, to embed anti-Semitism quietly in efforts for social justice. (…) Anti-Semitism is a poor man’s revolution. (…)Americans are — thankfully — tuned to detect and deplore racism that punches down. But we must broaden our perspective if we want to reverse the progress of anti-Semitism, which punches up toward mass murder and extermination. Forward
Wiesel’s double message—never again, and never again to Jews—seemed a single message in the years following the Israeli War of Independence, but there always was the potential for inconsistency. The tension haunted Wiesel’s next book, “Dawn,” published in 1961, and set in Mandatory Palestine, in which the protagonist, a young Holocaust survivor and student of philosophy, becomes a member of the anti-British underground, modelled on the Irgun. He finds himself struggling with an order to commit an act that can only be called terrorism: the cold-blooded murder of a random British soldier, captured to try to preëmpt the execution of a comrade. The arguments for mercy, the quality denied to him in the concentration camp, clash with the arguments for ruthlessness in pursuit of the (implicitly just) national cause. In 1965, edging toward the redemptive power of Jewish nationalism, Wiesel wrote “The Jews of Silence,” a study of Soviet Jews living with enduring bigotry and persecution. “Most of them come [to synagogue] not to pray,” Wiesel writes, “but out of a desire to identify with the Jewish people—about whom they know next to nothing.” Then came the 1967 war. Wiesel, like many of us, got caught up in it: in 1970, he published “A Beggar in Jerusalem,” his homage to the city, its mythic power, its tortured history, and, subtly, its unification under Jewish rule. But it was “Night” ’s growing status, not any new work, that brought Wiesel to prominence in America (he never achieved a comparable fame in Israel). Inspired by Wiesel and other memoirists, such as Primo Levi, increasingly American Jews saw the Holocaust as a binding tie. About three-quarters of American Jews, a Pew study shows, now think “remembering the Holocaust” is essential to their identity, twice as many as focus on religious duties. Non-Jews saw the book as a reason to trust Wiesel’s voice. And he raised it, as the New York Times obituary recalls, with mounting regularity. He condemned the burnings of black churches in the United States, and spoke out against apartheid in South Africa and on behalf of the the tortured political prisoners of Latin America. He denounced the massacres in Bosnia in the mid-nineteen-nineties, and reportedly helped to persuade Bill Clinton to intervene. He condemned the slaughters in Cambodia, Rwanda, and the Darfur region of Sudan. “I swore never to be silent whenever, wherever human beings endure suffering and humiliation,” he said, in accepting the Nobel Peace Prize, in the fall of 1986. “We must take sides. Neutrality helps the oppressor, never the victim. Silence encourages the tormentor, never the tormented.” I recall Wiesel speaking on national television in the U.S., after a program on the dangers of nuclear weapons, declaring that, in the face of extinction, all the world has become “Jewish.” Remarkably, however, there is not a word in the Times obituary about the occupation of the Palestinian territories. That is not an oversight. To the dismay of Israeli peace activists, and their supporters abroad, who’ve seen Wiesel’s unique international stature grow over two generations—and sought his support—he rarely if ever publicly raised his voice against any Israeli actions: not the bombings of Beirut in 1982; not the subsequent massacre, by Lebanese Phalangists, at Sabra and Shatila, within the perimeter held by the Israeli Army; not the disgraceful behavior of settlers in Hebron; not the encirclement by Israeli ministries of Jerusalem’s Silwan neighborhood; not the obstacles placed before international efforts to restore potable water and electricity to the residents of Gaza. Many of us who admired him in our youth became increasingly impatient with his inability to see the occupation for what it was. Primo Levi, also a survivor of Auschwitz, condemned Menachem Begin’s war in Lebanon as “success achieved with an unprincipled use of arms.” For Levi, evil was too explicably human to be absolute: “I feel indignant toward those who hastily compare the Israeli generals to Nazi generals, and yet I have to admit that Begin draws such judgments on himself . . . I fear that this undertaking [in Lebanon], with its frightening cost in lives, will inflict on Judaism a degradation difficult to cure . . . I sense in myself, not without surprise, a profound emotional bond to Israel, but not to this Israel.” In his Nobel speech, Wiesel spoke majestically of the need to ameliorate suffering, which “applies also to Palestinians, to whose plight I am sensitive, but whose methods I deplore when they lead to violence. . . . They are frustrated; that is understandable.” Terror, however, disqualified their national claims (the Peace Prize, after all, was for the author of “Night,” not “Dawn”). Then he added, as if Israel were itself not then led by the former Jewish terrorist and annexationist, Likud’s Yitzhak Shamir, “Israel will coöperate; I am sure of that. I trust Israel for I have faith in the Jewish people. Let Israel be given a chance, let hatred and danger be removed from their horizons, and there will be peace in and around the Holy Land.” Wiesel’s one show of magnanimity to the peace camp came in June of 2009, after President Obama delivered his Cairo Address. Wiesel joined Obama and Chancellor Angela Merkel on a symbolic visit to Buchenwald, as if to endorse the Administration’s claim that reaching a new dialogue with the Muslim world would not be purchased at the cost of Israel’s legitimacy. But, as the Netanyahu government settled in, Wiesel sided with Netanyahu’s most vociferous backers in distancing himself from Obama, opposing virtually all diplomatic initiatives toward Iran and the Palestinians. In 2010, as the Obama Administration tried to revive negotiations between Israelis and Palestinians over, among other things, Jerusalem, Wiesel took out a full-page ad in the Times. “For me, the Jew that I am, Jerusalem is above politics,” he wrote. “It is mentioned more than six hundred times in Scripture—and not a single time in the Koran . . . the first song I heard was my mother’s lullaby about and for Jerusalem.” In what seemed a desperate play for his old moral authority, he wrote that Jews, Christians, and Muslims are able to build their homes anywhere in Jerusalem and only under Israeli sovereignty. “The anguish over Jerusalem is not about real estate but about memory.” Curiously, Wiesel’s appeal to “memory” had now abandoned history altogether. Ben Gurion once quipped, “There is no God, and He gave us the land of Israel.” Wiesel seemed now to be saying, God may not have survived Auschwitz, but he had already promised us Jerusalem. “Mr. Wiesel prefer[s] mythical references . . . and eschatology to the real people who want to live together in peace,” Sidra DeKoven Ezrahi, a Hebrew University scholar of Holocaust literature, also my wife, wrote in protest. (Sidra had previously worked with Wiesel on the creation of the American Holocaust Museum.) For Wiesel, loving Jerusalem superseded loving in Jerusalem. “After representing so eloquently the victims of history’s injustices in Nazi and then Soviet Europe, Mr. Wiesel would surely, we assumed, turn to the injustices perpetrated by his own people, and cry out against the tragic occupation and dispossession of the Palestinian people,” Sidra wrote. Imagine if, the Jew that he was, he had. Bernard Avishai
J’essayais par ailleurs de ne pas me laisser désagréablement obnubiler par le sentiment que l’antisémitisme était le problème mondial majeur. Autour de moi, beaucoup de Juifs divisaient la population de la terre en deux camps : les Juifs et les autres, point final. Nombreux étaient ceux qui ne prenaient en compte aucun autre problème que l’antisémitisme, quels que soient le lieu et l’époque. Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. Dans l’Europe des années 30, ce sont les Juifs qui en ont pâti de manière spectaculaire, mais aux Etats-Unis, ce n’étaient pas eux les plus mal traités. Chez nous, quiconque ne se fermait pas délibérément les yeux voyait bien que c’étaient les Afro-Américains. Pendant deux siècles, ils avaient été réduits en esclavage. Puis on avait théoriquement mis fin à cet état de fait, mais un peu partout, ils n’avaient accédé qu’au statut de quasi-esclaves : on les avait privés de leurs droits les plus fondamentaux, traités par le mépris et délibérément exclus de ce qu’il est convenu d’appeler le « rêve américain ». Quoique juif, et pauvre de surcroît, j’ai pu bénéficier du système éducatif américain dans ce qu’il a de meilleur et fréquenter une de ses meilleures universités ; je me demandais, à l’époque, combien d’Afro-Américains se verraient offrir la même chance. Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. (…) Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. » J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? » A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! » Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. » Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. » — C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. » Ce qui mit fin à la discussion. J’ajoute cependant que l’auditoire était totalement acquis à Elie Wiesel. J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir. J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ? » Je n’ai jamais reçu de réponse. A l’heure où j’écris, on assiste à un afflux de Juifs ex-soviétiques en Israël. S’ils fuient leur pays, c’est bien parce qu’ils redoutent des persécutions de nature religieuse. Pourtant, dès qu’ils posent le pied sur le sol d’Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l’égard des Palestiniens. Ils passent en un clin d’œil du statut de persécutés à celui de persécuteurs. Cela dit, les Juifs ne sont pas les seuls dans ce cas. Si je suis sensible à ce problème particulier, c’est parce que je suis juif moi-même. En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne. La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21). Mais qui obéit à cet enseignement ? Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m’attire des regards hostiles et je me rends impopulaire. Isaac Asimov
Jews rejected child sacrifice 3,500 years ago. Now it’s Hamas’ turn. Elie Wiesel
Jewish survivors and descendants of survivors and victims of Nazi genocide unequivocally condemn the massacre of Palestinians in Gaza. As Jewish survivors and descendants of survivors and victims of the Nazi genocide we unequivocally condemn the massacre of Palestinians in Gaza and the ongoing occupation and colonization of historic Palestine. We further condemn the United States for providing Israel with the funding to carry out the attack, and Western states more generally for using their diplomatic muscle to protect Israel from condemnation. Genocide begins with the silence of the world. We are alarmed by the extreme, racist dehumanization of Palestinians in Israeli society, which has reached a fever-pitch. In Israel, politicians and pundits in The Times of Israel and The Jerusalem Post have called openly for genocide of Palestinians and right-wing Israelis are adopting Neo-Nazi insignia. Furthermore, we are disgusted and outraged by Elie Wiesels abuse of our history in these pages to justify the unjustifiable: Israels wholesale effort to destroy Gaza and the murder of more than 2,000 Palestinians, including many hundreds of children. Nothing can justify bombing UN shelters, homes, hospitals and universities. Nothing can justify depriving people of electricity and water. We must raise our collective voices and use our collective power to bring about an end to all forms of racism, including the ongoing genocide of Palestinian people. We call for an immediate end to the siege against and blockade of Gaza. We call for the full economic, cultural and academic boycott of Israel. Never again must mean NEVER AGAIN FOR ANYONE! Jewish survivors of the Nazi holocaust (International Jewish Anti-Zionist Network, NYT, Aug. 23, 2014)
We wanted to make it clear that he does not speak for all survivors of the Nazi genocide and that he doesn’t speak for all Jews. And we wanted to make clear that there is a huge number of survivors who are outraged by what Israel is doing in the Gaza Strip. Raphael Cohen (International Jewish Anti-Zionist Network)
Elie Wiesel is not only the most famous Holocaust survivor in the world and a man who has taught billions of people about the Holocaust, he’s also one of the most respected people alive. The attack on him for supporting the basic right of Jewish self defense and the prevention of a second Holocaust at the hands of a self-declared genocidal terror organization whose charter calls for the annihilation all Jews is shocking in the extreme. Rabbi Shmuley Boteach
All modern military and human rights issues aside, Wiesel’s ad is founded on claims about the Bible and Jewish tradition. And here it makes serious scholarly errors in the course of telling a story of Jewish exceptionalism, one in which Jews have outgrown savage ancient roots. But the story he tells and the conclusions he draws are in conflict with the scripture he draws from. (…) What does Abraham’s sacrifice of Isaac have to do with accusations of child sacrifice and the anti-Jewish “blood libel”? Is this tactic, so long used to demonize Jews, now being turned against Arabs? And does Mr.Wiesel resort to it to make this statement against Hamas? (…) As political “messaging,” Wiesel’s ad need not be scrupulous with texts as long as it makes its point. He accuses Arabs (“the descendants of Abraham”) of child sacrifice, while softening that unattractive and less-than-ecumenical accusation by implying that Hamas members aren’t “true Muslims,” but members of a “death cult” equivalent to the ancient worshipers of Moloch. A reader familiar with ancient Hebrew texts might already detect a whiff of irony here. While in popular culture Moloch is a pagan death-god, in the Bible the only ones accused of killing children for Moloch are the Israelites themselves. Indeed, God’s rage at the Judahites’ child sacrifice is one of the reasons He destroys Jerusalem (…) To be sure, there is a tradition, far older than the Bible, of making food and drink-offerings to dead kings who are referred to as the malakūma (cognate with Molech), known from the second-millennium BCE Syrian sites of Mari and Ugarit, and there may be a connection with the late Phoenician term for human sacrifice, mulk. (While this is probably not what Wiesel was thinking of, it does put Alan Ginsberg on his side.) But Wiesel goes much further in rewriting both the Bible and its theological meaning, which is what makes the ad truly memorable.(…) According to Wiesel, at the beginning of their history, a monstrous force threatened the lives of both Jewish and Arab civilizations’ founders. So too in modern times, the parallel evils of the Nazi Holocaust and Hamas military tactics2 threaten the founders’ children. In Wiesel’s telling the monster was the foreign Canaanite god Moloch, but according to the Torah, it was God himself (…) 2,000 years of responses, from the Epistle to the Hebrews to Bob Dylan’s “Highway 61 Revisited,” expressed astonishment that God should demand the sacrifice of the son on whom His promise to Abraham depended. Until Wiesel, that is, who avoids the beginning—and therefore what has always seemed to both Jews and Christians to be the point—of the story. (…) But what if this was because the idea of child sacrifice was actually also Israelite, a concept they shared with their neighbors? “The firstborn of your sons you shall give to me. You shall do the same with your oxen and with your sheep…” Exodus 22:29-30 As it turns out, the Hebrew Bible interweaves violently opposing threads on human sacrifice. (…) The plain fact is that some narratives in the Hebrew Bible assume that child sacrifice actually works, and one law in the Torah even requires it. Worse, other narratives depict God as commanding genocide during a war of conquest, and actually punish characters for not destroying every living thing in a city that has been “ritually committed to destruction” (ḥrm in the causative). Strikingly, this military-ritual concept was an actual piece of Iron Age West Semitic war ideology, and perhaps practice, since it appears in both the 9th-c BCE victory inscription  of Mesha, king of Moab (Jordan), and the ~7th-c BCE victory inscription of Karrib-Ilu, king of Saba’ (Yemen). More strikingly, Jews who were threatened with violence by empires, such as Rome, which they viewed as occupying powers, continued to ambivalently praise Abraham’s willingness to perform child sacrifice. A legend that first appears in 2 Maccabees 7 praises a mother and her seven sons for dying in order not to eat pork. (…) In the middle ages, Jews threatened with conversion or death were said to kill their children and themselves instead, “sanctifying the name” of God with their sacrifice. The great scholar of medieval Hebrew literature Shalom Spiegel’s monumental The Last Trial  shows how, by the time of the Midrashic collection Yalkut Shimoni, the mother’s sacrifice of her children has grown in stature to challenge Abraham’s own. Today, prayers on Rosh Hashanah and Yom Kippur still recall the terrible merit accumulated by Abraham. This is why Wiesel’s reading is both irresponsible and unsound scholarship—an instance of a scholarly folk-theory about the evolution of Israel from its savage Near Eastern roots, rather than a legitimate scholarly interpretation informed by a full consideration of the sources. In fact, not only does Genesis 22 not forbid child sacrifice in general, but one law in Exodus explicitly commands Israelites to sacrifice their firstborn, while many others throughout the Bible forbid it. (…) The problem with Wiesel’s evolutionist moral, then, is not so much that it’s weakly supported (it’s still enshrined in out-of-date textbooks) but that he uses it in the course of turning the Blood Libel against a new opponent. (…) But the stories and laws in Genesis and Exodus are hardest for us because they don’t present a flattering picture. The real message of each cannot be that we’ve simply evolved beyond child sacrifice, because they mix commands in favor of it with those forbidding it. Rather, the message is in the tension between scripture’s contradictory contents: that we struggle with the desire to make others pay the ultimate price, but simultaneously capitalize on our horror of that desire by accusing others of harboring it themselves. Wiesel once said that the Holocaust—which he witnessed and from which he brings such important testimony—is religiously equal to the revelation at Sinai. Cast in the role of the Holocaust’s Moses, it may be natural for Wiesel to bring new versions of scripture. But for those of us strictly responsible to the text, removing God’s commandment—and thus the element of His responsibility—strips the story of its tension. Once again, the ad’s scholarly errors are emblematic of those who tell new stories of Jewish exceptionalism at the cost of old Jewish texts and traditions. A close look at the plain sense of scripture—which is sometimes terrible and sometimes incoherent—challenges this narcissistic new tale of exceptionalism in which both God and the Jews are inhumanly pure. The revelation we get from reading our own scriptures deeply and honestly, and from reading other people’s scriptures alongside our own, is the same: the loss of this misleading innocence. The challenge that flows from understanding the original meaning of the biblical stories about child sacrifice is precisely to recognize our ancient desire to mythologize violence (including human sacrifice) while recognizing that violence and its victims are anything but mythic. What stories like Genesis 22 can never do is exonerate us from our own responsibilities toward any victim of that violence. Seth Sanders
Le Messie a été représenté dans les écritures hébraïques et dans la tradition juive comme une étoile, une étoile isolée, la dernière étoile qui annonce la venue du jour: l’étoile de David, celle-là même qui est représentée sur le drapeau israélien.  Les chrétiens ont si souvent mis l’accent sur l’événement passé de la crucifixion qu’ils se sont souvent arrêtés à la croix. Ils n’attendent plus. Ils sont déjà sauvés. La croix a éclipsé l’étoile. Jacques Doukhan
La principale opposition de frères ennemis dans l’Histoire, c’est bien les juifs et les chrétiens. Mais le premier christianisme est dominé par l’Epître aux Romains qui dit : la faute des juifs est très réelle, mais elle est votre salut. N’allez surtout pas vous vanter vous chrétiens. Vous avez été greffés grâce à la faute des juifs. On voit l’idée que les chrétiens pourraient se révéler tout aussi indignes de la Révélation chrétienne que les juifs se sont révélés indignes de leur révélation. (…)  Il faut reconnaître que le christianisme n’a pas à se vanter. Les chrétiens héritent de Saint Paul et des Evangiles de la même façon que les Juifs héritaient de la Genèse et du Lévitique et de toute la Loi. Mais ils n’ont pas compris cela puisqu’ils ont continué à se battre et à mépriser les Juifs. (…) ils ont recréé de l’ordre sacrificiel. Ce qui est historiquement fatal et je dirais même nécessaire. Un passage trop brusque aurait été impossible et impensable. Nous avons eu deux mille ans d’histoire et cela est fondamental. (…) la religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. René Girard
Il y a deux grandes attitudes à mon avis dans l’histoire humaine, il y a celle de la mythologie qui s’efforce de dissimuler la violence (…) la plus répandue, la plus normale, la plus naturelle à l’homme et (…) l ’autre (…) beaucoup plus rare et (…) même unique au monde (…) réservée tout entière aux grands moments de l’inspiration biblique et chrétienne [qui]  consiste non pas à pudiquement dissimuler mais, au contraire, à révéler la violence dans toute son injustice et son mensonge, partout où il est possible de la repérer. C’est l’attitude du Livre de Job et c’est l’attitude des Evangiles. […]. C’est l’attitude qui nous a permis de découvrir l’innocence de la plupart des victimes que même les hommes les plus religieux, au cours de leur histoire, n’ont jamais cessé de massacrer et de persécuter. C’est là qu’est l’inspiration commune au judaïsme et au christianisme, et c’est la clef, il faut l’espérer, de leur réconciliation future. C’est la tendance héroïque à mettre la vérité au-dessus même de l’ordre social. René Girard
Elie Wiesel dit quelque chose d’extraordinaire et qui situe tout le problème du christianisme par rapport au judaïsme. Il dit que les Juifs ont le sacrifice d’Abraham, Isaac est sauvé, remplacé par une bête. Et la Passion du Christ lui apparait comme régressive, par rapport à Abraham, c’est un sacrifice humain. Je pense que sur ce point, Elie Wiesel que j’admire beaucoup se trompe. La Passion est dans la ligne judaïque, elle est le dépassement judaïque qui s’accomplit. Ce n’est pas un sacrifice, C’est son refus absolu du sacrifice qui fait que Jésus est sacrifié. Le mystère, c’est le recouvrement parfait des deux structures. La structure la plus éloignée du sacrifice la répète complètement. Sortir du sacrifice, ne pas y participer, ne pas en profiter, si la logique de la l’univers est poussée à bout, c’est se faire sacrifier. Et tout ce que je dis sur le plan anthopologique, c’est que le 19e siècle fait une grande découverte. Tous les grands livres sur le rite découvrent que le rite est une crise  qui se termine en sacrifice et que la passion du Christ n’est rien d’autre. René Girard (1985)

 Attention: une erreur peut en cacher une autre !

En ces temps étranges …

concurrence victimaire oblige …
Il devient si difficile d’évoquer le plus grand crime de l’histoire …
Dont nous avions nous-même laisser filer la commémoration il y a une semaine …
Mais si facile, pour la première venue près de 30 ans après les faits, de salir jusque dans sa mort la réputation d’un de ses rescapés …
Ou pour d’autres descendants de survivants de multiplier les faux et usages de faux contre leur propre peuple …
Comment ne pas repenser …
Aux nombreuses controverses dont tout au long de sa vie Elie Wiesel a fait l’objet …
Et notamment à sa véritable erreur …
Lui qui avait pourtant si bien saisi la portée décisive de la Shoah …
Mais qui  semble avoir eu tant de mal à saisir …
Au-delà de l’oubli que lui avaient reproché tant Isaac Asimov il y a bien longtemps que d’autres rescapés de la Shoah lors de la dernière guerre de Gaza (pour un encart dans les journaux appelant le Hamas à abandonner, sous la forme de l’odieuse pratique des boucliers humains, le sacrifice d’enfants) …..
Et sans compter les inévitables contresens de ceux qui  vont jusqu’à présenter, oubliant la loi sur leur rachat, le commandement biblique sur les premiers nés comme une ordonnance de sacrifice d’enfant …
Des nombreuses transgressions et rechutes, comme en attestent précisément leurs constantes condamnations bibliques, dans les persécutions et le sacrifice humain du peuple juif lui-même …
Enfermé dans son opposition stérile entre le rejet juif du sacrifice humain et le sacrifice chrétien pour lui régressif de la Passion …
Non seulement l’incroyable continuité, comme l’avait rappelé René Girard, de ladite Passion avec la ligne judaïque …
Mais son ultime et suprême accomplissement dans la délégitimation définitive du sacrifice humain ?
Seth Sanders
Religion dispatches
August 29, 2014

Last Saturday, in response to a controversial ad that ran in American and British newspapers earlier this month, a group of Holocaust survivors and descendants of survivors placed an ad in The New York Times excoriating Nobel laureate Elie Wiesel.

Besides harshly condemning Israel for war crimes, they accused Wiesel of what they called “an abuse of our history,” for his ad, which featured the provocative headline:

Jews rejected child sacrifice 3,500 years ago. 

Now it’s Hamas’ turn.

All modern military and human rights issues aside, Wiesel’s ad is founded on claims about the Bible and Jewish tradition. And here it makes serious scholarly errors in the course of telling a story of Jewish exceptionalism, one in which Jews have outgrown savage ancient roots. But the story he tells and the conclusions he draws are in conflict with the scripture he draws from.

“[O]rganized and produced” by Rabbi Shmuley Boteach’s This World organization, the Wiesel ad retells the origins of both the Jewish and Arab peoples as the rejection of child sacrifice:

More than three thousand years ago, Abraham had two children. One son had been sent into the wilderness and was in danger of dying. God saved him with water from a spring.

The other son was bound, his throat about to be cut by his own father. But God stayed the knife. Both sons – Ishmael and Isaac – received promises that they would father great nations.

With these narratives, monotheism and western civilization begin. And the Canaanite practices of child sacrifice to Moloch are forever left behind by the descendants of Abraham.

Except they are not.

What does Abraham’s sacrifice of Isaac have to do with accusations of child sacrifice and the anti-Jewish “blood libel”? Is this tactic, so long used to demonize Jews, now being turned against Arabs? And does Mr.Wiesel resort to it to make this statement against Hamas?

Wiesel’s story does offer a welcome embrace of both peoples as the children of two brothers, but it also implies that only the Jews learned God’s lesson to not kill children.

In my own lifetime, I have seen Jewish children thrown into the fire. And now I have seen Muslim children used as human shields, in both cases, by worshippers of death cults indistinguishable from that of the Molochites.

As political “messaging,” Wiesel’s ad need not be scrupulous with texts as long as it makes its point. He accuses Arabs (“the descendants of Abraham”) of child sacrifice, while softening that unattractive and less-than-ecumenical accusation by implying that Hamas members aren’t “true Muslims,” but members of a “death cult” equivalent to the ancient worshipers of Moloch.

A reader familiar with ancient Hebrew texts might already detect a whiff of irony here. While in popular culture Moloch1 is a pagan death-god, in the Bible the only ones accused of killing children for Moloch are the Israelites themselves. Indeed, God’s rage at the Judahites’ child sacrifice is one of the reasons He destroys Jerusalem:

Because of all the evil of the children of Israel and of the children of Judah, which they have done to provoke me to anger… they built the high places of Baal, which are in the valley of Ben-Hinnom, where they offered up their sons and daughters to Molech — which I never commanded, or even thought of! [Jeremiah 32:32-35; compare Solomon’s shrine to Molech in 1 Kings 11:7 and later Judahites’ child sacrifice-sanctuary in 2 Kings 23:10].

To be sure, there is a tradition, far older than the Bible, of making food and drink-offerings to dead kings who are referred to as the malakūma (cognate with Molech), known from the second-millennium BCE Syrian sites of Mari and Ugarit, and there may be a connection with the late Phoenician term for human sacrifice, mulk. (While this is probably not what Wiesel was thinking of, it does put Alan Ginsberg on his side.)

But Wiesel goes much further in rewriting both the Bible and its theological meaning, which is what makes the ad truly memorable. Like many—perhaps all—powerful storytellers, Wiesel is ruthless with his source material. Part of fiction is taking what’s useful from old stories and experiences, and transforming them to serve a new purpose. For the price of losing some component of the past, it gains new relevance.

Here, however, one could say that the ad has sacrificed both Torah and Jewish tradition for its goal. In order to see why, it’s necessary to linger on the actual Biblical text.

What if child sacrifice was also Israelite?

According to Wiesel, at the beginning of their history, a monstrous force threatened the lives of both Jewish and Arab civilizations’ founders. So too in modern times, the parallel evils of the Nazi Holocaust and Hamas military tactics2 threaten the founders’ children.

In Wiesel’s telling the monster was the foreign Canaanite god Moloch, but according to the Torah, it was God himself:

After these things God tested Abraham. He said to him, ‘Abraham!’ And he said, ‘Here I am.’ He said, ‘Take your son, your only son Isaac, whom you love, and go to the land of Moriah, and offer him there as a burnt-offering on one of the mountains that I shall show you.’ – Genesis 22:1-2, NRSV

2,000 years of responses, from the Epistle to the Hebrews to Bob Dylan’s “Highway 61 Revisited,” expressed astonishment that God should demand the sacrifice of the son on whom His promise to Abraham depended.

Until Wiesel, that is, who avoids the beginning—and therefore what has always seemed to both Jews and Christians to be the point—of the story.

The second source of astonishment has been that Abraham would be courageous, passive, or nihilistic enough to actually follow such a terrible and apparently immoral order (scripture is silent on his motives and mental state). It’s Abraham’s uncomplaining acceptance of the grisly task of slitting his own precious son’s throat at God’s command that made him the prototype of the Jewish martyr and of Kierkegaard’s paradoxical Christian “Knight of Faith.”

But what if this was because the idea of child sacrifice was actually also Israelite, a concept they shared with their neighbors?

“The firstborn of your sons you shall give to me. You shall do the same with your oxen and with your sheep…” Exodus 22:29-30

As it turns out, the Hebrew Bible interweaves violently opposing threads on human sacrifice. Genesis 22 depicts Abraham as what we would call a religious fanatic. The story terrifies us at his willingness to do this awful thing, even as it stirs our sympathy for him (and, of course, for Isaac).

The plain fact is that some narratives in the Hebrew Bible assume that child sacrifice actually works, and one law in the Torah even requires it. Worse, other narratives depict God as commanding genocide during a war of conquest, and actually punish characters for not destroying every living thing in a city that has been “ritually committed to destruction” (ḥrm in the causative). Strikingly, this military-ritual concept was an actual piece of Iron Age West Semitic war ideology, and perhaps practice, since it appears in both the 9th-c BCE victory inscription  of Mesha, king of Moab (Jordan), and the ~7th-c BCE victory inscription of Karrib-Ilu, king of Saba’ (Yemen).

More strikingly, Jews who were threatened with violence by empires, such as Rome, which they viewed as occupying powers, continued to ambivalently praise Abraham’s willingness to perform child sacrifice. A legend that first appears in 2 Maccabees 7 praises a mother and her seven sons for dying in order not to eat pork.

“Abraham, don’t let your thoughts grow proud! You bound one offering on one altar, but I bound offerings on seven!” – the mother in Yalkut Shimoni to Lamentations

In the middle ages, Jews threatened with conversion or death were said to kill their children and themselves instead, “sanctifying the name” of God with their sacrifice. The great scholar of medieval Hebrew literature Shalom Spiegel’s monumental The Last Trial  shows how, by the time of the Midrashic collection Yalkut Shimoni, the mother’s sacrifice of her children has grown in stature to challenge Abraham’s own. Today, prayers on Rosh Hashanah and Yom Kippur still recall the terrible merit accumulated by Abraham.

This is why Wiesel’s reading is both irresponsible and unsound scholarship—an instance of a scholarly folk-theory about the evolution of Israel from its savage Near Eastern roots, rather than a legitimate scholarly interpretation informed by a full consideration of the sources.

Turning the Blood Libel on your opponent

In fact, not only does Genesis 22 not forbid child sacrifice in general, but one law in Exodus explicitly commands Israelites to sacrifice their firstborn, while many others throughout the Bible forbid it. Other cultures are clearer.

The ancient Indian Brahma Purana tells a different story about the same problem, which some Hindus remember as a childhood fairytale.

The great king Harishchandra was childless, so he went to the sacred Ganges river and prayed to Varuna to give him a child. Varuna agreed, but demanded that the boy must then be offered to him as a sacrifice.

Harishchandra managed to put Varuna off until the boy turned 16, after which the boy went off on his own and saved himself by finding a poor Brahmin willing to accept a thousand cows for his own son as a sacrifice. When the king realized he had to sacrifice the Brahmin’s son as a substitute, he was horrified, because his duty was to protect Brahmins.

After this a voice from heaven rang out, saying “There is no need for anyone to die” and explained that the power of the Ganges is such that no human sacrifices are needed if the sacrifice is performed there. It was then said that human sacrifice was banned. (There’s a darker version in the Aitareya Brahmana 7.13-18, where the sacrifice is the king’s own idea).

What’s amazing about the Hindu version in comparison to the Bible’s is that it makes the point that Genesis 22 very glaringly does not: namely, that “this is why we don’t sacrifice humans.” The narrators of Genesis were perfectly capable of giving ritual morals to their stories as demonstrated by the conclusion of Jacob’s brutal MMA bout with God:

That is why the children of Israel to this day do not eat the thigh muscle that is on the socket of the hip, since Jacob’s hip socket was wrenched at the thigh muscle. (Gen 32:33)

The problem with Wiesel’s evolutionist moral, then, is not so much that it’s weakly supported (it’s still enshrined in out-of-date textbooks) but that he uses it in the course of turning the Blood Libel against a new opponent.

In fact, the Bible and ancient Indian scriptures are both torn and contradictory: while the Hindu story is clearer than Genesis about banning it, the Indian Dharmasutras do contain ancient, and perhaps mythic, rules for human sacrifice. The Prophets, meanwhile, look on it with horror, often as something that the Israelites learned to do from others; sometimes as something God himself, unbelievably, commanded them to do.

But the stories and laws in Genesis and Exodus are hardest for us because they don’t present a flattering picture. The real message of each cannot be that we’ve simply evolved beyond child sacrifice, because they mix commands in favor of it with those forbidding it. Rather, the message is in the tension between scripture’s contradictory contents: that we struggle with the desire to make others pay the ultimate price, but simultaneously capitalize on our horror of that desire by accusing others of harboring it themselves.

Wiesel once said that the Holocaust—which he witnessed and from which he brings such important testimony—is religiously equal to the revelation at Sinai. Cast in the role of the Holocaust’s Moses, it may be natural for Wiesel to bring new versions of scripture.

But for those of us strictly responsible to the text, removing God’s commandment—and thus the element of His responsibility—strips the story of its tension. Once again, the ad’s scholarly errors are emblematic of those who tell new stories of Jewish exceptionalism at the cost of old Jewish texts and traditions. A close look at the plain sense of scripture—which is sometimes terrible and sometimes incoherent—challenges this narcissistic new tale of exceptionalism in which both God and the Jews are inhumanly pure.

The revelation we get from reading our own scriptures deeply and honestly, and from reading other people’s scriptures alongside our own, is the same: the loss of this misleading innocence. The challenge that flows from understanding the original meaning of the biblical stories about child sacrifice is precisely to recognize our ancient desire to mythologize violence (including human sacrifice) while recognizing that violence and its victims are anything but mythic. What stories like Genesis 22 can never do is exonerate us from our own responsibilities toward any victim of that violence.

1 The ad contains a typo here, since the god-name associated with child sacrifice in the Bible is actually Molech, not Moloch, a rarer spelling that probably indicates the same name.

2 There is a lack of parallel in Wiesel’s example here, because he compares the Nazi extermination of Jewish children by means of Nazi death camps to what he describes as the Arab extermination of Arab children by means of Israeli artillery. In one, Nazi forces kill Jews because of their genocidal hatred of Jews. But in the other, Hamas forces do not kill Arab children—rather, they are claimed to be responsible for the Israeli bombings that caused the deaths of these children.

Voir aussi:

NY Times Runs Ad From Holocaust Survivors Condemning Israel, Attacking Elie Wiesel

Hundreds of Holocaust survivors and descendants of survivors bought an ad in Saturday’s New York Times condemning what they referred to as “the massacre of Palestinians in Gaza and the ongoing occupation and colonization of historic Palestine.”

“We are alarmed by the extreme, racist dehumanization of Palestinians in Israeli society, which has reached a fever-pitch,” said the statement, which ran as a half-page ad and was sponsored by the International Jewish Anti-Zionist Network, founded in 2008.

The statement was signed by more than 300 people and issued in response to a recent ad by Elie Wiesel published in the TimesThe Washington Post and The New York Observer, among other prominent news outlets, comparing the actions of Hamas, the militant Palestinian organization, to the Nazis. The Wiesel ad stimulated much controversy and attention—it was rejected by The London Times, as exclusively reported by the Observer, and was then accepted by The Guardian, to the horror of many of that paper’s readers.

“Furthermore,” the letter continued, “we are disgusted and outraged by Elie Wiesel’s abuse of our history in these pages to justify the unjustifiable: Israel’s wholesale effort to destroy Gaza and the murder of more than 2,000 Palestinians, including many hundreds of children.”

The strong words directed at Mr. Wiesel, perhaps the world’s best-known survivor of the Holocaust and thought of by many as the very conscience of genocide, were surprising to those supporting the Wiesel ad.

Rabbi Shmuley Boteach, whose organization, This World: The Values Network, sponsored Mr. Wiesel’s ad, was shocked by the attack on Mr. Wiesel.

“Elie Wiesel is not only the most famous Holocaust survivor in the world and a man who has taught billions of people about the Holocaust, he’s also one of the most respected people alive,” he said. “The attack on him for supporting the basic right of Jewish self defense and the prevention of a second Holocaust at the hands of a self-declared genocidal terror organization whose charter calls for the annihilation all Jews is shocking in the extreme.”

But Raphael Cohen, a signatory of the letter and a member of the International Jewish Anti-Zionist Network, said in an interview with the Observer that Mr. Wiesel’s high profile was a motivating factor behind the publication of the letter.

“We wanted to make it clear that he does not speak for all survivors of the Nazi genocide and that he doesn’t speak for all Jews,” Mr. Cohen said, referring to Mr. Wiesel. “And we wanted to make clear that there is a huge number of survivors who are outraged by what Israel is doing in the Gaza Strip.”

The names of all the signatories appear in the advertisement and also on the International Jewish Anti-Zionist Network website. The Observer confirmed several of their identities, including H. Richard Leuchtag, who is the author of several books and other works in the field of molecular neurobiology. Mr. Leuchtag declined to discuss his reasons for signing the ad but described having been “born in Breslau, Germany (now Wroclaw, Poland). In November 1938, my father was picked up on the street and transported to the Buchenwald concentration camp. Due to my mother’s persistent efforts and the fact that we had visas to Panama, my father was released after two weeks. We spent two years in Panama and entered the US in 1940.”

Why The Forward Took Down a Story About Elie Wiesel
Jane Eisner

October 24, 2017

Read more: https://forward.com/opinion/letters/385898/why-the-forward-took-down-a-story-about-elie-wiesel/

ear Rabbi Farber,

Thank you for your note regarding our decision to take down the Elie Wiesel story. Your concerns are valid and commendable, and I’ll do my best to respond.

The story in question was not reported by the Forward. It was aggregated from a story that appeared on another site. We made a decision not to pursue the story, but a miscommunication between editors meant that we briefly had the story online. It was this miscommunication that was corrected when I decided that we should take down the story.

I would like to assure you, and other readers, that the decision to take down the story was mine alone. I was not threatened by powerful people. I was not threatened by anyone, inside the Forward or from the outside.

I made the decision because the story did not meet our journalistic standards. It cited an allegation published on another website, from a single source, with no corroborating evidence and no response from the alleged attacker or his representative. Journalism is about verifying information. This was unverified.

This does not mean that we do not believe the woman in question. It also does not mean that we do. It means that we did not verify the story, and as a result, do not want it to continue to exist on the Forward’s websit

It was published by mistake. We make mistakes sometimes. The only thing I can say is that we acknowledge them and apologize.

During the nine years I have had the privilege of being editor-in-chief, we have published many investigative stories about sexual harassment and abuse, with allegations against powerful people and institutions. We are unafraid to do so. But we publish our own work, conducted according to our own standards, and we strive to practice our craft according to the best practices of our profession.

We have also published searing essays by women who were brave enough to share their own stories. (I did so myself recently.) Here, too, we carefully vet the allegations, particularly if the alleged attacker is named.

This was a different case — a story aggregated from another website, and we erred in not vetting it before publishing. I say that not to throw doubt on the potential victim’s story. (I’m a woman and tend to believe other women.) But our journalism demands that we seek to verify the information we publish, and we did not do that before this story was posted on our website.

Since this incident occurred, I have reminded my staff of our standards, and reached out to colleagues in the profession for guidance on how to assess these sorts of stories as they are increasingly shared online. This is a challenge facing many of us trying to balance the demands of fast-paced digital journalism with accuracy, fairness and compassion.

I hope this answers your concerns.

Jane Eisner

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Isaac Asimov, Elie Wiesel et l’antisémitisme

Isaac Asimov, né en 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort en 1992 à New York, est l’un des plus grands auteurs de science-fiction. Il est notamment le père du cycle « Fondation » et du cycle des « Robots ». Il a écrit une autobiographie, « Moi, Asimov », parue chez Denoël en 1996. Il y évoque notamment ses origines juives et la polémique qui l’opposa à Elie Wiesel, dans un passage que je reproduis ci-après (1).

Alain Gresh
Le Monde diplomatique
18 janvier 2010
Mon père était fier de dire qu’il n’y avait jamais eu de pogrom dans sa petite ville natale, où juifs et gentils cohabitaient sans problème. En fait, lui-même avait pour ami un fils de gentils à qui il donnait un coup de main pour ses devoirs du soir. Après la Révolution [de 1917], il s’avéra que l’ami d’enfance était devenu fonctionnaire local du Parti ; à son tour, il aida mon père à réunir les papiers nécessaires pour émigrer aux Etats-Unis. Ce détail a son importance, car j’ai souvent lu sous la plume de romantiques échevelés que ma famille avait fui la Russie pour échapper aux persécutions. D’après eux, c’est tout juste si, pour quitter le pays, nous n’avions pas traversé le Dniepr en sautant de bloc de glace en bloc de glace, avec sur les talons une meute de chiens assoiffés de sang et la totalité de l’Armée rouge.

Evidemment, il n’en est rien. Nous n’avons nullement été persécutés, et c’est en toute légalité que nous sommes partis de chez nous, sans plus de tracasseries administratives qu’on ne peut en attendre de la bureaucratie en général, et de la nôtre en particulier. Tant pis si c’est une déception.

Je n’ai pas non plus d’histoires horribles à raconter sur ma vie aux Etats-Unis. Littéralement, je n’ai jamais eu à souffrir d’être juif ; je veux dire qu’on ne m’a ni frappé ni maltraité de quelque façon que ce soit. En revanche, j’ai été maintes fois provoqué, ouvertement par les jeunes butors, plus subtilement par les gens instruits. Mais j’acceptais ; pour moi, ces choses faisaient inévitablement partie d’un univers que je ne pouvais changer.

Je savais aussi que de vastes secteurs de la société américaine me resteraient fermés parce que j’étais juif, mais qu’il en allait ainsi dans toutes les sociétés chrétiennes, et cela depuis deux mille ans ; là encore, cela faisait partie des choses de la vie. Difficile à supporter en revanche fut le sentiment d’insécurité permanente, et parfois même de terreur, face à ce qui se passait dans le monde. Je veux parler ici des années 30 et de l’ascension d’Hitler, avec sa folie antisémite toujours plus féroce et toujours plus meurtrière.

Nul Juif américain ne pouvait ignorer alors que, d’abord en Allemagne, puis en Autriche, les Juifs étaient constamment humiliés, maltraités, emprisonnés, torturés et assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs. Nous ne pouvions fermer les yeux sur le fait que des partis « naziisants » voyaient le jour dans d’autres régions d’Europe en faisant de l’antisémitisme leur maître mot. Même la France et la Grande-Bretagne furent touchées ; toutes deux virent l’émergence d’un parti de type fasciste, et toutes deux avaient déjà un lourd passé en matière d’antisémitisme.

Nous n’étions pas même en sécurité aux Etats-Unis, pays où sévissait en permanence un antisémitisme sous-jacent et qui n’était pas à l’abri d’une bouffée de violence occasionnelle chez les gangs de rue les plus frustes. Là aussi existait une certaine attirance pour le nazisme. Ne parlons pas du German-American Bund, cette antenne déclarée des nazis, mais on a pu entendre des individus comme le père Charles Coughlin, ou encore Charles Lindbergh, exprimer ouvertement des opinions antisémites. Sans parler des mouvements fascisants autochtones qui se rassemblaient autour de la bannière de l’antisémitisme.

Comment les juifs américains ont-ils pu supporter cette pression ? Comment n’ont-ils pas cédé sous son poids ? La plupart, je présume, ont simplement appliqué la stratégie du « déni », du refus de voir les choses en face. Ils se sont efforcés de ne pas y penser et ont fait de leur mieux pour continuer à vivre comme avant. Et dans une large mesure, c’est ce que j’ai fait moi aussi. On n’avait pas le choix. (Les juifs d’Allemagne se sont comportés de la même manière jusqu’à ce que l’orage éclate et qu’il soit trop tard.) En outre, j’avais trop foi en mon pays, les Etats-Unis d’Amérique, pour croire qu’il pourrait suivre un jour l’exemple allemand.

Il est un fait que les outrances d’Hitler, non seulement dans le racisme mais aussi dans le nationalisme va-t-en-guerre, ajoutées à une paranoïa galopante de plus en plus manifeste, suscitaient le dégoût et la colère chez un nombre non négligeable d’Américains. Le gouvernement des Etats-Unis avait beau se montrer globalement réservé sur le sort funeste des juifs d’Europe, les citoyens étaient de plus en plus opposés à Hitler. C’est du moins ce qu’il me semblait, et j’y trouvais quelque réconfort.

J’essayais par ailleurs de ne pas me laisser désagréablement obnubiler par le sentiment que l’antisémitisme était le problème mondial majeur. Autour de moi, beaucoup de Juifs divisaient la population de la terre en deux camps : les Juifs et les autres, point final. Nombreux étaient ceux qui ne prenaient en compte aucun autre problème que l’antisémitisme, quels que soient le lieu et l’époque.

Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. Dans l’Europe des années 30, ce sont les Juifs qui en ont pâti de manière spectaculaire, mais aux Etats-Unis, ce n’étaient pas eux les plus mal traités. Chez nous, quiconque ne se fermait pas délibérément les yeux voyait bien que c’étaient les Afro-Américains. Pendant deux siècles, ils avaient été réduits en esclavage. Puis on avait théoriquement mis fin à cet état de fait, mais un peu partout, ils n’avaient accédé qu’au statut de quasi- esclaves : on les avait privés de leurs droits les plus fondamentaux, traités par le mépris et délibérément exclus de ce qu’il est convenu d’appeler le « rêve américain ».

Quoique juif, et pauvre de surcroît, j’ai pu bénéficier du système éducatif américain dans ce qu’il a de meilleur et fréquenter une de ses meilleures universités ; je me demandais, à l’époque, combien d’Afro-Américains se verraient offrir la même chance. Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient.

J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait- elle.

J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ?

— Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. »

Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » J’ai lu une totale incompréhension dans son regard. Elle ne voyait pas où je voulais en venir. Qu’y faire ? Le monde entier semble brandir en permanence une bannière clamant : « Liberté !… mais pas pour les autres. »

Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. »

J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? »

A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! »

Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. »

Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. »

— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »

Ce qui mit fin à la discussion. J’ajoute cependant que l’auditoire était totalement acquis à Elie Wiesel.

J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir.

J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ? »

Je n’ai jamais reçu de réponse.

A l’heure où j’écris, on assiste à un afflux de Juifs ex-soviétiques en Israël. S’ils fuient leur pays, c’est bien parce qu’ils redoutent des persécutions de nature religieuse. Pourtant, dès qu’ils posent le pied sur le sol d’Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l’égard des Palestiniens. Ils passent en un clin d’œil du statut de persécutés à celui de persécuteurs.

Cela dit, les Juifs ne sont pas les seuls dans ce cas. Si je suis sensible à ce problème particulier, c’est parce que je suis juif moi-même. En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne.

La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21). Mais qui obéit à cet enseignement ? Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m’attire des regards hostiles et je me rends impopulaire.

Isaac Asimov, Moi, Asimov, traduit de l’américain par Hélène Collon, Folio Science Fiction, Paris, 1996 [1994].

Alain Gresh

(1) Merci à Guillaume Barou de m’avoir signalé ce texte. Cet envoi poursuit une réflexion sur le judaïsme largement entamée sur ce blog.

L’antisémitisme sans antisémites: la démocratie et l’indistinct
Alain Policar, chercheur en science politique (Cevipof), Sciences Po – USPC

La Croix
01/02/2018

Nous vivons une époque formidable, celle de l’indistinction. Aussi certains intellectuels ne savent-ils plus toujours si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des opinions ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom des droits humains ou, plus simplement, des principes de la démocratie. Mais c’est justement une incompréhension fondamentale sur la nature de cette dernière qui autorise cette interrogation.

Tocqueville avait utilement alerté sur cette question: dans une société démocratique, expliquait-il, les individus vouent un véritable culte à l’égalité qui constitue une passion dominante. Ainsi «les théories conduisant à la conclusion que toutes les opinions doivent être respectées et traitées sur une base égalitaire, voire considérées comme équivalentes, tendent à être l’objet d’une attention sélective et à être retenues en priorité» (Raymond Boudon, «Les deux sociologies de la connaissance scientifique»).

Ainsi, le fondamental principe d’égalité se corrompt trop souvent dans le désir, plus ou moins avoué, d’indistinction. Cette pente est particulièrement redoutable puisqu’elle incite au scepticisme radical, et elle tend à considérer l’éthique et l’épistémologie comme des illusions. La démocratie, qui, à beaucoup d’égards, peut être définie comme une organisation des séparations (par exemple du politique et de l’ethnico-religieux), a tout à perdre à promouvoir l’indistinct.

C’est à l’aune de l’indistinction que nous pouvons comprendre l’apparition d’un phénomène nouveau: l’antisémitisme sans antisémites. Il est en effet frappant de constater le déni ou l’euphémisation (généralement par l’affirmation d’un antisionisme radical) devant le procès en antisémitisme. Ces attitudes (que l’on peut ne pas distinguer) sont généralement fondées, d’une part, sur l’incompréhension de la nature de l’antisémitisme, d’autre part, sur la distinction – dont nous montrerons l’inconsistance – entre antiracisme moral et antiracisme politique. Il va de soi que ces deux points entretiennent de profondes affinités.

Le modèle dominant de lutte contre le racisme, développé à partir de 1945, établissait une équivalence structurelle entre colonisés et juifs dans leur fonction de détournement (mécanisme bien documenté du bouc-émissaire) de l’insatisfaction sociale. Dans cette stratégie argumentative, la spécificité du génocide des juifs constituait une réelle difficulté. Il fallait donc que le racisme nazi soit une forme particulière de racisme colonial. La distinction entre ces deux formes de racisme a été pourtant, dès 1967, posée avec vigueur par Jeanne Hersch («Sur la notion de race», dans Diogène).

Dans une étude consacrée à la notion de race et à l’examen de deux textes établis sous l’égide de l’Unesco, elle montrait que dans le cas du racisme colonial les différences physiques stigmatisées par les colonialistes étaient manifestes, alors que celles dénoncées par les nazis étaient extrêmement imprécises.

Elle ajoutait, en outre, que les colonialistes justifiaient l’exploitation de leurs victimes à l’aide d’un préjugé raciste, celui de l’infériorité intellectuelle des exploités, tandis que les nazis usaient comme moteur de leur haine l’envie qu’inspiraient les juifs, auxquels le préjugé raciste prêtait une supériorité intellectuelle dangereuse. Aussi, pour les colonialistes fallait-il maintenir la présence de l’«autre race» en tant que source de profit; alors que pour les nazis le but était son élimination et sa destruction.

Pour le racisme d’extermination, c’est donc le caractère incertain des différences physiques de l’autre qui entretient une suspicion diffuse, une hantise du mélange. Or si ce racisme a désigné le juif comme l’ennemi absolu, c’est parce que la différence juive, hors du champ religieux, est insaisissable. Elle est, en conséquence, la plus dangereuse pour l’identité collective du groupe.

Comme le notaient, il y a assez longtemps, P. H. Maucorps, A. Memmi et J. F. Held, les juifs parce qu’ils «constituent une minorité tellement fluide que très peu d’individus considérés comme tels réunissent toutes les déterminations réelles ou supposées de leur groupe sont objet de racisme en tant que simple incarnation de l’Altérité.»

On voit, à travers ces lignes, la particularité de l’antisémitisme qu’avait, à sa manière, évoquée Édouard Drumont lorsqu’il écrivait: «Le juif dangereux, c’est le juif vague.»

En d’autres termes, le plus grand péril pour le raciste, c’est le péril indiscernable. Le juif, trop semblable au point de ne pouvoir être distingué, exaspère chez l’antisémite l’horreur du métissage, la peur de la dégénérescence par l’effet du mélange. Aussi l’expression de l’hostilité à l’égard des juifs n’est-elle nullement soucieuse de donner une explication causale de la menace sociale, mais manifeste une crainte face à un danger mal compris susceptible de fissurer l’armature sociale de la communauté.

Dans une société moderne où un changement brusque dans les conditions d’existence provoque une profonde incertitude vis-à-vis de soi-même, l’angoisse se transforme aisément en hostilité à l’égard des autres. Ce que l’on pourrait appeler une identité floue se construit ainsi par le rejet de la différence de l’autre perçue comme portant atteinte à ma propre différence. Sentiment d’autant plus violent que la différence est insaisissable.

Il paraît, par conséquent, illusoire de penser aujourd’hui les tâches de l’antiracisme sans partir de cette réalité: l’antisémitisme appartient à un registre spécifique. La lutte contre lui ne peut être efficace que si elle est distinguée de la lutte contre les autres formes de racisme. Est-il utile de préciser que l’accent mis ici sur la particularité du registre antisémite n’induit nullement une volonté de méconnaître les autres expressions de la haine ou de hiérarchiser celles-ci à l’aune de leur malfaisance?

Afin de défendre, au moins implicitement, les positions défendues par le PIR (Parti des Indigènes de la République) et, plus particulièrement, par sa présidente, Houria Bouteldja, dans Les Blancs, les Juifs et nous: vers une politique de l’amour révolutionnaire, certains auteurs éminents construisent une étrange opposition entre deux formes d’antiracisme.

D’un côté, ils distinguent un antiracisme moral coupable de se méprendre sur la nature du racisme, se contentant ainsi de «répéter le principe universel de l’égalité des êtres humains, affirmer la disqualification scientifique du concept de race biologique, rappeler à l’envie qu’«il n’y a qu’une seule race: la race humaine» (sur le blog de Hourya Bentouhami). De l’autre, ils pointent un antiracisme politique, lequel affirmerait deux choses fondamentales: «Premièrement, le racisme a des conditions historiques et politiques ayant présidé à son émergence et déterminant sa forme, variable au cours de l’Histoire» et «deuxièmement le racisme produit des conséquences politiques».

Comment peut-on ainsi enfoncer doctement des portes ouvertes? Qui, parmi les antiracistes, pourrait contester de telles évidences? Et quelle peut bien être la portée heuristique de l’opposition entre antiracisme moral et antiracisme politique? La posture morale est évidemment le point de départ d’une indignation qui doit trouver son expression politique.

On a reproché à l’idéologie des Indigènes d’essentialiser les races. Ce reproche est rejeté comme la preuve de la mauvaise foi des «antiracistes moraux». Alors comment devons-nous interpréter le propos d’Hourya Bentouhami: «On ne peut pas penser le féminisme, la lutte contre l’homophobie et même la lutte des classes de la même manière selon que l’on est blanc ou non»?

Comment, en outre, comprendre l’acharnement à imposer la notion de «philosémitisme d’État»? Ne voit-on pas que, contrairement aux intentions proclamées, seuls les arabo-musulmans et les Noirs seraient les vrais «racisés», les juifs ne pouvant l’être puisque bénéficiant de la protection de l’État?

Les données de la CNCDH, montrant la forte distorsion entre les actes antisémites (dont l’agression à Sarcelles d’un enfant de 8 ans portant une kippa fournit un nouveau douloureux exemple) et les actes anti-arabo-musulmans (au détriment, bien entendu, des premiers), sont-elles connues de ceux qui, insidieusement, évoquent la protection dont les juifs tireraient profit? Insidieusement, parce que ce qui se cache derrière ce prétendu philosémitisme est l’idée que l’État est asservi aux puissances financières, lesquelles, qui en douterait, sont aux mains des juifs.

Autre intéressant registre rhétorique, l’antiracisme politique utilise quelques intellectuels juifs pour éloigner tout soupçon d’antisémitisme. Ce phénomène bien connu a été nommé par François Rastier, dans son important livre sur Heidegger (Naufrage d’un prophète. Heidegger aujourd’hui, PUF, 2015), la «lustration par les Juifs»: «Toute énormité apologétique en faveur du nazisme doit s’appuyer sur au moins un élève juif de Heidegger». Autrement dit, qui cherche à cautionner la pensée du Maître se réfère à des auteurs juifs plus ou moins consentants.

De même, l’idée, exprimée par un collectif de juifs «antiracistes et anticolonialistes», d’une «profonde rupture, après la Shoah, entre les Juifs et les autres peuples racisés» (voir «La bonne conscience des intellectuels juifs»), suggère également que les juifs ne sont pas des racisés comme les autres. Et s’ils ne sont pas comme les autres, c’est parce que pèse sur eux l’accusation de sionisme, sans que l’on sache très bien à quoi elle renvoie, tant le mot est polysémique.

Mais on comprend aisément, nonobstant le nombre considérable de juifs critiques à l’égard de la politique de colonisation israélienne, que tout juif est un sioniste potentiel, autrement dit un ennemi du genre humain, comme l’était autrefois le «juif vague» cher à Drumont. La stratégie d’euphémisation, liée au discrédit de la notion de race, rend ainsi, pour un nombre de plus en plus grand de nos contemporains, l’antisémitisme respectable.

La prolifération des thèses complotistes est un indicateur inquiétant de la fragilité d’une opinion démocratique, trop souvent incapable de se prémunir contre la corruption de l’égalité, celle de la dignité de chacun, dans l’indistinction, soit fondamentalement la confusion du vrai et du faux.

L’opposition du syndicat étudiant Solidaires à la représentation, ce mercredi 31 janvier, à l’université Paris Diderot, du texte de Charb, Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, parce qu’une telle représentation chercherait à légitimer les «actes de violence tournés spécifiquement vers les personnes musulmanes», constitue le dernier avatar de cette funeste confusion.

Pourtant si la vérité devait être sacrifiée, les plus faibles ne disposeraient plus d’aucune protection contre l’arbitraire des plus forts.

Voir enfin:

When I was nineteen years old, Elie Wiesel grabbed my ass.

Jenny Listman

Medium

Oct. 19, 2017

If it is such a small thing that I shouldn’t be upset about it then how is it big enough to ruin a legacy?

“I swore never to be silent whenever and wherever human beings endure suffering and humiliation. We must always take sides. Neutrality helps the oppressor, never the victim. Silence encourages the tormentor, never the tormented.” — Elie Wiesel, Nobel Peace Prize acceptance speech, 1986

When I was nineteen years old, Elie Wiesel grabbed my ass. It was a calculated act and worse than you think; he mistook me for an ultra-religious underage girl who was unlikely to tell anyone about it. In other words, he purposefully chose to molest someone who he assumed was a minor and who would be compelled into silence.

What is your reaction?

A. “Why are you making this a big deal? He didn’t rape you.”

B. “How could you make this public? You’re ruining a legacy.”

C. Both

Which is it: big enough to destroy or so small that it is harmless? Women are driven crazy and driven to silence trying to answer this question.

In 1989, while a sophomore biology major at the University of Pennsylvania, I attended the annual fundraising dinner of a large Jewish charity. At least 1000 people attended the event in a New York City hotel ballroom. These sorts of dinners have a lineup of speakers and typically honor those who have helped raise money for the charity.

Though not religiously observant, myself, I dressed modestly to respect the ultra-religious organizers. This was made easy by items fashionable in the eighties. I wore a newly purchased high-necked, long-sleeved, cranberry-colored blouse and a black taffeta, full, tea-length skirt owned since eighth grade. Cursed with appearing younger than my true age, fully-grown at 5′ 3/4″ tall and 104 pounds, I looked about fourteen at the time, maybe less.

That year, the dinner was in memory of my boyfriend’s recently-deceased father, being posthumously honored for his work on behalf of the non-profit. My boyfriend and his two brothers were to speak about their father, followed by dinner and a speech by the main attraction, Elie Wiesel. I’m sure there were others scheduled to speak, but the part I remember clearly about the pre-determined lineup (printed out and placed on each table) was: 3 brothers…dinner…Wiesel.

As family of an honoree, we were seated at a front table, all the way to the left if you were facing the giant podium. I was at the far side of the table so I didn’t have to turn around in my chair to see as the brothers spoke, one after another. I thought my boyfriend (later fiancé, then ex-husband), the youngest brother, was the best. His mother, recently widowed, was justifiably sad so I tried to express the pride and satisfaction that she couldn’t.

Dinner was about to be served, when leaping (I mean it) to the podium, off-schedule, came Elie Wiesel. The MC looked flustered. Elie Wiesel grabbed the microphone and said that he could not wait until after dinner to speak; the three brothers speaking about their father had moved him so much, he felt compelled to give his speech, immediately.

As attendees milled about after dinner, an official photographer waved a series of important people, rabbis, and big donors into groups for picture-taking. The organizers wanted a photo of the memorial honoree’s family with the Famous Speaker. While I stood off to the side, the brothers, their mother, and the eldest brother’s wife arranged themselves to flank Wiesel. The photographer began to focus the lens of his camera.

My boyfriend waved for me to join but I shook my head, no. I didn’t think it was appropriate to crash an official family photo, particularly during such a somber and noteworthy event. He waved again, insistent. So, I joined the group at the right end of the lineup, next to my boyfriend. Everyone had their arms around those next to them. A black backdrop was behind us, the podium side of the room was to our left, and the doors to the hallway to our right. The photographer re-focused the lens since everyone had moved.

The photographer was about to take the photo when Elie Wiesel yelled, “Wait!!”. He then lunged (this is not an exaggeration — he looked as if he was performing a fencing move) out of the middle of the arrangement, across the line of family members, towards his right, towards me. Pushing with his hands, he shoved me and my boyfriend apart, inserted himself between us, placed one arm over each of our shoulders, and then gave a nod to the photographer and said, “Ok.”

Weird.

The photographer re-focused his lens, which took some time. The hand on my right shoulder moved a few inches down my back to be on my shoulder blade. Maybe his hand had been uncomfortable in its original position. Although, how could it be more comfortable now that it was not resting on top of something? I didn’t have an answer for myself. The hand moved lower. It moved again. This happened slowly, over a period of seconds; a physical impossibility that is possible under such circumstances. I was in disbelief.

“That can’t be what he’s doing. That can’t be what he’s doing. That can’t be what he’s doing.”

“His hand is still in a normal position. It is still in a normal position, now. Even now, it is still in a normal position.”

The photographer snapped the photo. Simultaneously, Elie Wiesel’s right hand had reached my right ass cheek, which he squeezed. The photo was over, the photographer leaned back from crouching over his camera, the group separated, smiling at each other, and Elie Wiesel immediately RAN, disappearing straight into the crowd of over 1000 people who were nearly all standing up. Already gray-haired at that time, Wiesel’s agility impressed me as he fled the scene of the crime.

The family chatted with people nearby. I remained frozen to the spot in which Wiesel had left me. My boyfriend came over, unaware of what had just happened. I filled him in.

“He must have had his hand on your waist.”

“No.”

“Maybe it was on your back, really far down and it made you uncomfortable?”

“No.”

“Are you sure?”

“I know exactly where my ass is, and that’s where his hand was.”

While other men have done, technically, worse things to me, Wiesel’s actions were, in some ways, more sorrow-inducing. Perhaps bad people do bad things. Conversely, one might hope, good people don’t do bad things.

What happens when someone so objectively good that they received a Nobel Peace Prize, so good that they are qualified to tell people all over the world how to be good, so good that their memoir is required reading for high school students and they are hailed for teaching the world to understand the definition of evil in contrast to good, what happens when that’s the person who does something really really bad to you when you’re nineteen? You are sad beyond measure because, you believe, there are no good people. You mourn for humanity and for yourself.

Like many other women, I could make a long and ugly “shit men did to me” list, starting at age 11 that includes groping, stalking, date rape, following for blocks in the dark while saying with increasing anger ‘talk to me..what’s your name..what’s your name..why won’t you tell me your name!’, written death threats, severe workplace sexual harassment, disgusting whispers on the subway, etc., etc. Like many other women, I avoid getting in elevators that contain a lone man, I walk through dark areas with my phone open and my keys sticking through my fingers like a weapon. I avoid using underground or multi-level parking garages when alone and I hold it in rather than using a bathroom at the end of a desolate hallway in a poorly-lit basement underneath a loud restaurant or, like the other day, underneath a lecture hall at a university. Standard, daily habits, to which most men are oblivious.

I developed additional involuntary behaviors by the time I graduated from college. For years, without being aware, when alone in a room with a man, even someone I had known and liked for years, I would scan the room for exits and calculate how long it would take to get out or if I could get out at all. Taking into consideration the following: is the man between me and the exit, how big is he, is the door open or closed, is it an archway instead of a door, is there more than one door, are the windows operable, and what floor am I on. I did not know, until I was in therapy for anxiety, panic attacks, and suicidal depression, that I’d been doing this for about a decade. Suddenly, I was aware, remembered having done it over and over, and then wondered how I had secretly managed this in the same brain I use for conscious thought.

For years, I would flinch when someone, regardless of their gender, touched me, unexpectedly. Even now, if my own husband, who I love very much and who I want to be touching at all times, for example, comes up from behind me on the right and touches me on the left, even if I know he’s there, his arms are long and his hands are big and I am relatively tiny so it seems like the hand is originating from something other than him, because the rest of him is located far away from the hand, and I flinch.

The suicidal depression and seemingly all-day panic attacks began eighteen years ago. Each experience with a man who hurt or terrorized me had removed a brick or two from a load-bearing wall in my brain. I thought I had set it all aside, choosing to not dwell on past events. But when circumstances required me to face these experiences in their totality, all at the same time, they blew through the wall like a monster truck.

I would think about how horrible people are, how evil the world is into which I had brought four children. There was no hope. I was trapped in a cesspool of evil in which everyone had been fooled into thinking that evil was good. It wasn’t just the traumas, themselves, that hurt, but the feeling that my own life was an episode of The Twilight Zone; that I was living a different reality than everyone else who was oblivious to the truth and I had to smile through it for years on end or it would be even worse for me.

I am fine now. Better than that, I am happy, productive, healthy both mentally and physically (note, I am knocking on the wood of my coffee table, because while I am a scientist, I am also part Hungarian Jew so I must do this, however irrational). My children have grown into fantastic people (more knocking on wood), I love my husband who is perfect for me, I love my mom, and my small number of highly valuable and trustworthy friends. I live in a wonderful neighborhood and am the funniest person I know so I’m always entertained.

To get here I clawed my way, backed up by anti-depressants and therapy, out of a ten mile deep, narrow, pitch black pit, while personally replacing every fucking brick in my brain’s wall, by hand. Busy with that and my four children, I got a PhD at NYU and conducted research at Yale.

I don’t often discuss my history of depression and anxiety, let alone how horrific and painful it was. I’m not ashamed. Sort of the opposite. If I accomplished as much as I did while not operating at full cognitive capacity, sleep deprived, distracted, alternating between sorrow and fear, imagine what I can get done in the absence of all that. I just can’t stand being on the receiving end of pity. There’s no reason to feel sorry for present-day me, even though parts of this story would make me cry if I were you.

It might have been prudent to remove all references to depression and anxiety from this article. Maybe readers will find it more comforting to dismiss than to believe me and this gives them an easy out. But over the past week, I’ve read so many personal accounts by men and women much younger than I, some the same ages as my own children, describing the PTSD, anxiety, eating disorder, or depression following their own abuse, assault, or harassment. If I whitewash my own history, causing one other person to question their inner strength in comparison to mine, I will have done damage. Not happening.

Why did I never say anything about Wiesel? Over the years, I have told a few friends here and there. I’ve told my husband(s). I debated with myself on and off over the years about potential effects on others, “If I say nothing, other people might be hurt even worse than I was. What if he does this to girls who become bulimic and they suffer and then their parents suffer over their sick child or they get married but have sexual dysfunction and it ruins their marriage and their husband thinks his wife hates him so he suffers and their children are raised by a mother who is sad but can’t tell anyone why so the children suffer? If I say something, how will it benefit society on the chance that there were not and never would be other victims? I might hurt many people who would lose their idol. Would the information be used as a weapon against the Jewish community? What books will high school teachers assign if I say something?” It would have made so many people sad. I didn’t want to add sadness to the world.

But wait — we haven’t even gotten to the list of potential effects on me. After writing a draft of this, I showed my husband and some friends. A selection of their responses mirrored my own reservations: Are you sure you want to do this? You don’t want this to hurt your career. You’ll have to deal with your kids’ reactions. You could write it and maybe have some people who you’re close to read it so you can get it off your chest instead of having everyone know. That’s a lot to put out there. You know that people will be talking about you and it’s not going to be nice? What’s the point, all these years later? Does your ex-husband know you’re going to write this? You should remove this paragraph, that sentence, and that paragraph because you don’t want people to think about you in connection to things like that. Ok, publish it, but not on your professional blog because you need people to take you seriously (surprise! this is seriously my professional blog). Would you consider publishing it without his name? Would you consider publishing it without your name? You need to make sure people will still want to work with you. Don’t write about that part — they’ll dismiss you as crazy. I support you no matter what, but be prepared for serious backlash.

They said these things because they love me and want to protect me from the pain and destruction of backlash, which can be just as bad or worse than the original offense. Women, often lacking in power, include this in their calculations when they decide to say nothing. Bizarrely, the same women are so powerful that their mere speech could cause infrastructure to collapse: careers and companies that have been built, friendships and families that are depended upon, religious institutions and their leaders who are meaningful to so many, sports teams that have devoted fans and income from advertisers, young men with promising futures, old men with legacies. Backlash is a mechanism to hold up infrastructure.

Why would I say something now? I am exhausted from the guilt, fear, and shame and mostly from the twenty-eight year long burden of keeping this secret in a possibly misguided overestimation of my own capacity and responsibility to protect the world from the knowledge of something evil and ugly; as if I was required (forced, really, shoved and held down by Elie Wiesel, himself), at nineteen, to throw my body and mind on top of this grenade, for the sake of all Jews, for the sake of the world. For twenty-eight years, when I would see one of his works on the bookshelf of a friend or family member, see his name or face in the news, read him quoted or referenced, hear him lauded as some kind of Tzadik, I would feel nauseous. I would think that he had fooled everyone and I would feel embarrassed on their behalf for having been fooled. I am not interested in revenge or punishment. I just want, finally, to get rid of this thing, this implanted tumor, this lodged bullet. I am giving it away, dispersing it, diffusing it, vaporizing it. If you think it is important to keep, then you do it, because I am done.

I understand that people who do some bad things can create a body of work that benefits a large number of people. It is widely known that both MLK and JFK had numerous affairs with help from men working around them to procure and hide women. This doesn’t take away from their accomplishments or diminish the improvements they made in other people’s lives.

I understand that an abnormal childhood, abuse, or trauma can make it more likely for someone to commit horrible acts against others. This doesn’t take away from their crimes or diminish the pain they bring to other peoples’ lives.

Don’t look for an explanation as if there are rules. When you find out about someone diagnosed with lung cancer, you immediately wonder how many packs a day they smoked. You want a reason; something they did that put them in danger’s path, so you can comfort and deceive yourself into believing there are concrete steps you can take to avoid sharing their fate. To reflexively disbelieve someone accusing a powerful or seemingly decent person of sexual assault or harassment or to believe them while pointing to their clothing or profession is to sacrifice their sanity and reputation for the sake of your own sense of order in the world. It is a weak, cowardly, selfish move every time.

People who commit these vile acts exist in every community, work in every industry, are members of every religion or lack, thereof, and live on every continent. It would be convenient if they were all ogre-like caricatures of a bad guy. The focus on Harvey Weinstein’s looks does a disservice to those whose attackers and harassers are regular people, community members, people who look like lots of people you might know.

Even if a minority, together they’re able to damage a large number of girls and women; to physically assault them, derail or manipulate their careers, or make them fearful. When you add it all up, it turns out that these experiences are, sadly, common. And even something as seemingly small as someone grabbing your ass, counts. Having trouble dealing with all the underlined words with hyperlinks? Sexual assault and harassement are ubiquitous, such that I could find a separate tragic link for every word in this piece.

Still, so few men know about this thing that is so common. If people rarely hear about something’s existence, they assume it to be rare. Now you’re hearing about it a lot. Allow yourself, then, to accept the disturbing reality. It is not rare. I doubt that even the blinding #metoo sunlight (a campaign begun years ago by Tarana Burke) is enough to make a dent in the behavior of perpetrators, but might it be enough to make a dent in that of others? If your girlfriend, sister, niece, daughter, mother, wife, coworker, student, or camper tells you something horrible or even mildly shitty was done to them and then tells you the name of the person who did it and it’s someone you know, respect, or like or someone upon whom many depend, set aside your own fears to accept that it likely did happen. Then treat her, accordingly, showing her that you place her well-being no lower than your own need for order in the world. Don’t make her life an episode of The Twilight Zone.

I am not lying. I am not at fault for not speaking out sooner or not kicking him in the balls, immediately. I will not provide further details or repeat the story, out loud, reliving it. I’ve had enough. I will not give advice or an opinion regarding how Wiesel should or should not be framed in history. Not my problem. I will not engage in angry back-and-forth with those daring me to defend myself. I am busy. Only I get to decide if I am obligated to respond to queries or criticisms. Exception: if this includes a hyperlink to your personal story and you want it removed, let me know right away.

To those full of wisdom, who regularly impart it; community leaders, scholars, writers, board members, celebrities, experts, journalists, and historians who might attempt to moralize, criticize, and judge me via competing Talmudic Twitter strings, based on my writing abilities, my sanity, my upbringing, my level of Jewish observance, my punctuation, my apparel, my sexual history, my two marriages, my career, or my lack of fame or expertise relative to yours, I have some well-informed advice for you before you say anything: Listen to us with all of your energy and don’t speak. Unless you have, yourself, been sexually assaulted or stalked or groped or similarly objectified, controlled, terrorized, and violated so that a part of you was stolen, so that you were gifted with the options of hurting others, hurting yourself, or both, refrain from commentary for a bit, while you listen.

If you are sad and in mourning for your lost icon, I am not to blame for taking him away from you. I am not to blame for robbing the Jewish community of a leader, the world of a symbol, or his family of their memories. I did not do it. He did. He is the only one responsible for his evil act. He is the only one responsible for building his legacy as a house of cards. You may have to repeat that to yourself a number of times, as I have. He did this, not me. He did it.


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