Armes à feu: Quand Hollywood dénonce la violence qu’il a lui-même semée (Who needs the NRA when you’ve got Hollywood ?)

30 octobre, 2015
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Puisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête. Osée 8: 7
Si toutes les valeurs sont relatives, alors le cannibalisme est une affaire de goût. Leo Strauss
I’m not too proud of Hollywood these days with the immorality that is shown in pictures, and the vulgarity. I just have a feeling that maybe Hollywood needs some outsiders to bring back decency and good taste to some of the pictures that are being made. Ronald Reagan (1989)
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes dans la mesure où ceux qui les ont vues éprouvent de sensations, des émotions et des états du corps difficiles à maîtriser et donc angoissants, et qu’ils sont donc particulièrement tentés d’adopter les repères que leur propose leur groupe d’appartenance, voire le leader de ce groupe (…) et rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong
The reality of the job (…) is far less glamorous. (…) As crime has fallen across America since the 1990s, policing has shifted more towards social work than the drama seen on TV. Police culture, however, has not caught up. (…) And as Ms Rahr admits, if you try to recruit cops by telling them they are social workers, fewer may apply. At least part of the glamour of the job is the promise that you get the chance to use violence against bad people in a way that ordinary civilians never can, except in video games. The Economist
La notion des années 1960 selon laquelle les mouvements sociaux seraient une réponse légitime à une injustice sociale a créé l’impression d’une certaine rationalité des émeutes. Les foules ne sont toutefois pas des entités rationnelles. Les émeutes de Londres ont démontré l’existence d’un manque de pensée rationnelle des événements du fait de leur caractère tout à fait spontané et irrationnel. Les pillards ont pillé pour piller et pour beaucoup ce n’était pas nécessairement l’effet d’un sentiment d’injustice. Au cours des émeutes danoises il y avait d’un côté un sens de la rationalité dans les manifestations de jeunes dans la mesure où ils étaient mus par une motivation politique. Cependant, les autres jeunes qui n’étaient pas normalement affiliés à  l’organisation « Ungdomshuset » se sont impliqués dans le  conflit et ont participé aux émeutes sans en partager les objectifs. Ils étaient là pour s’amuser et l’adrénaline a fait le reste. Les émeutes peuvent assumer une dynamique auto-entretenue qui n’est pas mue par des motifs rationnels. Lorsque les individus forment une foule, ils peuvent devenir irrationnels et être motivés par des émotions que génèrent  les émeutes elles-mêmes. L’aspect intéressant des émeutes  de Londres était de confirmer l’inutilité du traitement du phénomène de foule par  une stratégie de communication. La méthode rationnelle n’aboutit à rien contrairement à la forme traditionnelle de confinement. Cela montre bien qu’à certains moments, la solution efficace est de ne pas gérer les foules par le dialogue. Christian Borch
Why manufacture guns that go off when you drop them?. Kids play with guns. We put childproof safety caps on aspirin bottles because if kids take too many aspirin, they get sick. You could blame the parents for gun accidents but, as with aspirin, manufacturers could help. It’s very easy to make childproof guns. »The gun-control debate often makes it look like there are only two options: either take away people’s guns, or not. That’s not it at all. This is more like a harm-reduction strategy. Recognize that there are a lot of guns out there, and that reasonable gun policies can minimize the harm that comes from them. (…) It’s not as if a 19-year-old in the United States is more evil than a 19-year-old in Australia— there’s no evidence for that. But a 19-year-old in America can very easily get a pistol. That’s very hard to do in Australia. So when there’s a bar fight in Australia, somebody gets punched out or hit with a beer bottle. Here, they get shot. (…) What guns do is make crimes lethal. They also make suicide attempts lethal: about 60 percent of suicides in America involve guns. If you try to kill yourself with drugs, there’s a 2 to 3 percent chance of dying. With guns, the chance is 90 percent. (…) In Wyoming it’s hard to have big gang fights. Do you call up the other gang and drive 30 miles to meet up? (…) Handguns are the crime guns. They are the ones you can conceal, the guns you take to go rob somebody. You don’t mug people at rifle-point. (…) We have done four surveys on self-defense gun use. And one thing we know for sure is that there’s a lot more criminal gun use than self-defense gun use. And even when people say they pulled their gun in ‘self-defense,’ it usually turns out that there was just an escalating argument —at some point, people feel afraid and draw guns. (…) How often might you appropriately use a gun in self-defense?.  Answer: zero to once in a lifetime. How about inappropriately —because you were tired, afraid, or drunk in a confrontational situation? There are lots and lots of chances. When your anger takes over, it’s nice not to have guns lying around. (…)  « A determined criminal will always get a gun » (…) Yes, but a lot of people aren’t that determined. I’m sure there are some determined yacht buyers out there, but when you raise the price high enough, a lot of them stop buying yachts. (…)  « You can go to a gun show, flea market, the Internet, or classified ads and buy a gun— no questions asked. (…) For decades, there were no plaintiff victories beyond the appellate level » in the tobacco litigation. Reasonable suits might allege things that the manufacturers could do to make guns safer. (…) People say, ‘Teach kids not to pull the trigger,’ but kids will do it. (…)  You could make it hard to remove a serial number. You won’t eliminate the problem, but you can decrease it. (…) You can arrest speeders, but you can also put speed bumps or chicanes [curved, alternating-side curb extensions] into residential areas where children play….Just as…you can revoke the license of bad doctors, but also build [a medical] environment in which it’s harder to make an error, and the mistakes made are not serious or fatal. (…) We know what works. We know that speed kills, so if you raise speed limits, expect to see more highway deaths. Motorcycle helmets work; seat belts work. Car inspections and driver education have no effect. Right-on-red laws mean more pedestrians hit by cars. (…) The goal at home and abroad is to make sure the guns we have are safe, and that people use them properly. We’d like to create a world where it’s hard to make mistakes with guns— and when you do make a mistake, it’s not a terrible thing.  David Hemenway (Harvard)
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. Tribu Ka (novembre 2006)
Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés. Quentin Tarantino
When I see murders, I do not stand by. … I have to call a murder a murder, and I have to call the murderers the murderers. Tarantino
Monsieur Tarantino gagne bien sa vie grâce à ses films, diffusant de la violence dans la société, et montrant du respect pour des criminels. Et maintenant, on se rend compte qu’il déteste les flics. La rhétorique haineuse déshumanise la police et encourage les attaques à notre encontre.  Philadelphia Fraternal Order of Police Lodge 5
Le réalisateur Quentin Tarantino a pris part d’une façon irresponsable et totalement inacceptable à ce qui s’est passé le week-end dernier à New York en assimilant les policiers à des meutriers. Los Angeles Police Protective League
Ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers. Les officiers de police que Quentin Tarantino appelle des “meurtriers” ne vivent pas dans l’une de ses fictions dépravées conçues pour le grand écran. Ils prennent des risques et doivent parfois même sacrifier leur vie, afin de protéger les communautés des vrais crimes. Patrick Lynch (syndicaliste policier de New York)
Les syndicats de policiers de New York et de Los Angeles s’insurgent contre les propos tenus par le réalisateur hollywoodien lors d’une récente manifestation contre les violences policières. “Le plus grand syndicat de police de Los Angeles soutient l’appel au boycott des films de Quentin Tarantino lancé par le NYPD [le département de police de New York]”, rapporte le Los Angeles Times. Lors d’une manifestation contre les violences policières organisée samedi 24 octobre dans la Grosse Pomme, le réalisateur a en effet déclaré : “Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés.” Cette phrase, prononcée quelques jours seulement “après la mort d’un officier de police du NYPD lors d’une course-poursuite d’un suspect dans le quartier de East Harlem” a mis le feu aux poudres, souligne le quotidien de Los Angeles. Courrier international
Le nouveau film de Spike Lee, Chiraq, suscite la polémique à Chicago, où le tournage vient de débuter. En cause: le titre. Cette expression, contraction de «Chicago» et d’«Iraq», a été inventée par des rappeurs locaux en référence à une zone du sud de la ville où la violence par armes à feu prolifère. Plusieurs hommes politiques ont déjà dénoncé ce titre qui risque, selon eux, d’offrir une vision négative de la ville des vents. Le maire de Chicago Rahm Emanuel (Parti démocrate) a contesté le mois dernier le titre, indiquant que la ville devrait avoir son mot à dire après la réduction fiscale de 3 millions de dollars accordée au long métrage. Les Chicagoans, confrontés chaque jour à la violence, voient eux aussi d’un mauvais œil le tournage, rapporte le New York Times. Janelle Rush, une étudiante de 24 ans citée par le quotidien américain, n’apprécie pas le titre, mais pense «qu’il serait judicieux de montrer les quartiers de la ville que les médias ne montrent pas». Elle espère cependant «que[ce film] pourra renverser la tendance et présenter [Chicago] sous un aspect positif. Pour révéler qu’il y a autre chose que la violence par armes à feu». Le Figaro
Every time a Quentin Tarantino film comes out, his critics attack him with a vehemence as vivid as his on-screen carnage. Sure, he’s a cinematic virtuoso, but that only fuels their rancor. He’s so talented; now will he please grow up? We hope not. So much of today’s entertainment is either infantile or geriatric: the comedies about farts and body parts (the cult of Adam Sandler) and the pensive portraits of sensitive misfits (the curse of Sundance). In this dank atmosphere, Tarantino’s teen-boy fixations — men with gigantic guns, beautiful gals with mean mouths — are a real tonic. At 42, he still has a movie love as convulsive as a schoolboy’s crush, still has a young man’s bravado. He’ll attempt anything, from the ricocheting narratives of Pulp Fiction to the single-plot, two-part Kill Bill. And since he’s got gifts to match his guts, he can pull off these cool stunts. Who else even tries? Some of the best people, actually, all of whom have benefited from Tarantino’s trailblazing. Screenwriter Charlie Kaufman’s movies are as depressive as Tarantino’s are manic, but he shares Q.T.’s fondness for subverting structure and for dialogue as ornate as an aria. Kevin Smith (Clerks, Dogma) brandishes a Tarantinish expertise in trash culture. Robert Rodriguez, a frequent collaborator, has paid lavish homage to Pulp Fiction in his three-story Sin City, part of which Q.T. directed. The bad news with Tarantino is that each successive film takes longer (two years, three, six) to produce — and that he’s threatened to retire before he’s 60. « I’m not going to be this old guy that keeps cranking them out, » he has said. In that case, Q.T., crank ’em out faster, right now. The world needs lots more movies from this incorrigible, irreplaceable adolescent. Richard Corliss (Time)
Quentin Tarantino has been named the most-studied director in the UK. A survey of 17 academics by the recently-relaunched PureMovies.co.uk film website found that the controversial director had been referenced more than any other in the essays and dissertations marked over the last five years. (…) Head of Film Studies at Uxbridge College Dr Garth Twa said: « It’s no surprise. Tarantino is visceral, accessible, and students new to film studies have an immediate handle on visual pleasure. What is great about Tarantino is that he can serve as a gateway to appreciate everything from the French New Wave to genre studies to gender representation in film. Digital spy
Tarantino’s films have garnered both critical and commercial success. He has received many industry awards, including two Academy Awards, two Golden Globe Awards, two BAFTA Awards and the Palme d’Or, and has been nominated for an Emmy and a Grammy. He was named one of the 100 Most Influential People in the World by Time in 2005. Filmmaker and historian Peter Bogdanovich has called him « the single most influential director of his generation ». Wikipedia
I think it’s absolutely not only appropriate, but overdue, to have a dialogue » about violence on screen When I was driving along the street the other day in L.A., I saw two billboards where guns were featured prominently … with a pleasant, happy-looking young couple…. My thought was: ‘Does my industry think guns will help sell tickets? Robert Redford
Reservoir Dogs est un film de gangsters américain réalisé par Quentin Tarantino et sorti en 1992. Il décrit une bande de truands et les événements qui surviennent avant et après un braquage raté. (…) Dans la planque, Pink et White discutent ensuite du comportement de psychopathe de Blonde, qui a tué plusieurs civils. Pink s’oppose ensuite à la volonté de White d’emmener Orange à l’hôpital et les deux hommes, à bout de nerfs, finissent par se braquer mutuellement, Blonde faisant son apparition à ce moment-là. Il les informe qu’Eddie Cabot est en route pour les rejoindre, puis qu’il a réussi à capturer un policier. (…) Tandis que les trois hommes interrogent le policier, Eddie Cabot arrive et, persuadé que personne ne les a balancés, s’emporte contre les gangsters et demande à White et à Pink de le suivre jusqu’à l’endroit où ce dernier a caché les diamants, laissant Blonde avec le policier et Orange, évanoui et se vidant de son sang. (…)  Blonde met la radio et, dansant sur Stuck in the Middle with You de Stealers Wheel, se met à torturer le policier pour le plaisir : il lui coupe une oreille au rasoir, l’asperge d’essence et s’apprête à le faire brûler vif quand Orange, sorti de sa torpeur, dégaine son pistolet et vide son chargeur sur Blonde. Wikipedia
The thing that I am really proud of in the torture scene in Dogs with Mr. Blonde, Michael Madsen, is the fact that it’s truly funny up until the point that he cuts the cop’s ear off. While he’s up there doing that little dance to “Stuck in the Middle With You,” I pretty much defy anybody to watch and not enjoy it. He’s enjoyable at it, you know? He’s cool. And then when he starts cutting the ear off, that’s not played for laughs. The cop’s pain is not played like one big joke, it’s played for real. And then after that when he makes a joke, when he starts talking in the ear, that gets you laughing again. So now you’ve got his coolness and his dance, the joke of talking into the ear and the cop’s pain, they’re all tied up together. And that’s why I think that scene caused such a sensation, because you don’t know how you’re supposed to feel when you see it. Quentin Tarentino
I do think it’s a cultural catharsis, and it’s a cinematic catharsis. Even — it can even be good for the soul, actually. I mean, not to sound like a brute, but one of the things though that I actually think can be a drag for a whole lot of people about watching a movie about, either dealing with slavery or dealing with the Holocaust, is just, it’s just going to be pain, pain and more pain. And at some point, all those Holocaust TV movies — it’s like, ‘God, I just can’t watch another one of these.’ But to actually take an action story and put it in that kind of backdrop where slavery or the pain of World War II is the backdrop of an exciting adventure story — that can be something else. And then in my adventure story, I can have the people who are historically portrayed as the victims be the victors and the avengers. Tarantino
What happened during slavery times is a thousand times worse than [what] I show. So if I were to show it a thousand times worse, to me, that wouldn’t be exploitative, that would just be how it is. If you can’t take it, you can’t take it. (…) Now, I wasn’t trying to do a Schindler’s List you-are-there-under-the-barbed-wire-of-Auschwitz. I wanted the film to be more entertaining than that. … But there’s two types of violence in this film: There’s the brutal reality that slaves lived under for … 245 years, and then there’s the violence of Django’s retribution. And that’s movie violence, and that’s fun and that’s cool, and that’s really enjoyable and kind of what you’re waiting for. (…) The only thing that I’ve ever watched in a movie that I wished I’d never seen is real-life animal death or real-life insect death in a movie. That’s absolutely, positively where I draw the line. And a lot of European and Asian movies do that, and we even did that in America for a little bit of time. … I don’t like seeing animals murdered on screen. Movies are about make-believe. … I don’t think there’s any place in a movie for real death. (…)There haven’t been that many slave narratives in the last 40 years of cinema, and usually when there are, they’re usually done on television, and for the most part … they’re historical movies, like history with a capital H. Basically, ‘This happened, then this happened, then that happened, then this happened.’ And that can be fine, well enough, but for the most part they keep you at arm’s length dramatically. (…) There haven’t been that many slave narratives in the last 40 years of cinema, and usually when there are, they’re usually done on television, and for the most part … they’re historical movies, like history with a capital H. Basically, ‘This happened, then this happened, then that happened, then this happened.’ And that can be fine, well enough, but for the most part they keep you at arm’s length dramatically. Because also there is this kind of level of good taste that they’re trying to deal with … and frankly oftentimes they just feel like dusty textbooks just barely dramatized. (…) I like the idea of telling these stories and taking stories that oftentimes — if played out in the way that they’re normally played out — just end up becoming soul-deadening, because you’re just watching victimization all the time. And now you get a chance to put a spin on it and actually take a slave character and give him a heroic journey, make him heroic, make him give his payback, and actually show this epic journey and give it the kind of folkloric tale that it deserves — the kind of grand-opera stage it deserves. (…) The Westerns of the ’50s definitely have an Eisenhower, birth of suburbia and plentiful times aspect to them. America started little by little catching up with its racist past by the ’50s, at the very, very beginning of [that decade], and that started being reflected in Westerns. Consequently, the late ’60s have a very Vietnam vibe to the Westerns, leading into the ’70s. And by the mid-’70s, you know, most of the Westerns literally could be called ‘Watergate Westerns,’ because it was about disillusionment and tearing down the myths that we have spent so much time building up. Quentin Tarantino
I just think you know there’s violence in the world, tragedies happen, blame the playmakers. It’s a western. Give me a break. Quentin Tarantino
Les films traitant de l’Holocauste représentent toujours les juifs comme des victimes. Je connais cette histoire. Je veux voir quelque chose de différent. Je veux voir des Allemands qui craignent les juifs. Ne tombons pas dans le misérabilisme et faisons plutôt un film d’action fun. Quentin Tarantino
Pourquoi me condamnerait-on ? Parce que j’étais trop brutal avec les nazis ? Quentin Tarantino
J’avais envie que Django Unchained traite du voyage initiatique de mon personnage et que l’esclavagisme n’apparaisse qu’en toile de fond. Pour moi, l’histoire avait plus de sens, était plus puissante, si elle était présentée à travers un genre comme le western spaghetti qui permet l’aventure et une forme d’excitation absente des films historiques. Quentin Tarantino
Due to the terrible tragedy in Newtown, Connecticut, and out of honour and respect for the families of the victims whose lives were senselessly taken, we are postponing the Pittsburgh premiere of Jack Reacher. Our hearts go out to all those who lost loved ones. Reacher, which stars Tom Cruise, features a sniper attack. Spokesman for Paramount Pictures
Ainsi que le veut le genre du western, souvent comparé à la tragédie grecque, les grands sentiments sont là – l’amour et la haine –, mais le mélange est saugrenu, exorbitant, selon les principes de l’esthétique kitsch postmoderne, qui offre toutes les émotions possibles juxtaposées, comme les produits variés dans un supermarché. Car la signature de Tarantino promet une violence excessive, « gratuite », comme elle a été souvent définie, conjuguée à une ambition morale qui se pare d’amoralité (ou vice versa) : les bons sentiments politiquement corrects et les mauvais sentiments politiquement incorrects sont malaxés dans l’effervescence des images, de l’intrigue, des dialogues. Et, comme dans le style postmoderne, les passions tragiques et le sentimentalisme mélodramatique sont combinés au plaisir de la comédie et de la farce : la caricature des personnages méprisables – tel le propriétaire de Candyland (!), Calvin, homme cruel et sanguinaire, passionné de lutte Mandingo – provoque le rire plus que l’indignation, et une ironie délicieuse émane de l’adorable docteur Schultz (Christoph Waltz), chasseur de primes, anti-esclavagiste convaincu, qui fait le mal pour le bien. Quant aux mauvais sentiments, au langage obscène, à la profusion du terme « nigger », ils correspondent à ce que Tarantino adore et ce sur quoi on n’arrête pas de l’interroger : une brutalité extrême qui indique que, pour lui, le cinéma n’a pas grand-chose à voir avec la réalité du monde et de ses malheurs, mais avec l’infinie réalité des images filmiques, inséparables des armes à feu, assaisonnées de conversations qui attrapent au vol des débris de discours politico-sociaux contemporains, que ce soit la misère des non-salariés, comme dans la conversation initiale de « Reservoir Dogs » (1992), ou le nazisme dans « Inglorious Basterds » (2009), ou le racisme américain dans ce dernier film. Le mixage des émotions ne fait qu’exalter l’impureté caractéristique des arts et du cinéma en particulier, où règnent l’adaptation, l’inspiration, la citation, le remake, l’hommage à une œuvre du passé, voire le pillage. Sans parler du va-et-vient le plus composite entre l’image filmique et la bande-son, cher à ces réalisateurs qui, depuis les années 1960, sont imbus de musique pop. (…) Un bric-à-brac de genres, sous-genres et contre-genres chante la gloire des œuvres populaires, dans le bruit des lames de couteau et des armes à feu, où l’on tue comme on mange des cacahuètes, dans le rythme vertigineux de l’action et des dialogues interminables, dans la filiation des « Trois Mousquetaires », œuvre qui orne la bibliothèque de Calvin Candie. On comprend la différence entre le cinéphile et le geek : le populaire absolu du western de Tarantino sorti en France en janvier 2013, contrairement aux « westerns » urbains de Scorsese dans les années 1970 ou au western mystique « Dead Man » (1995) de Jim Jarmusch, n’est pas profond. Mais, divertissement, pure surface, il surfe sur les choses et les idées, comme les accents — allemand ou du Sud — colorent les voix des acteurs, ou les effets spéciaux, les décors et les gros plans style télé de « Django Unchained » frappent les yeux et les esprits le temps d’un éclair. On peut regretter la pensée de la caméra et la cruelle intensité existentielle de « Reservoir Dogs », mais on a du plaisir et on est gagné par le bonheur des acteurs et du metteur en scène s’adonnant à fond à cette activité inépuisable chez les êtres humains : faire semblant. Patrizia Lombardo (Professeur de littérature et de cinéma)
Tarantino a définitivement fait taire les accusations à l’encontre de ses films jugés fun, cool, mais vides et inconséquents, en s’engageant dans ce qu’il nomme « une trilogie politique et historique sur l’oppression », commencée en 2009 avec « Inglourious Basterds ». L’accusation d’esthétisation de la violence, devenue un objet de spectacle gratuit, décontextualisé de toute mise en perspective morale ou politique, semble certes tomber en désuétude derrière le choix récent de sujets politiques sensibles – les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale et l’esclavage afro-américain. Mais, le tournant en apparence politique que prend le cinéma de Tarantino cache une violence tout autant injustifiée qui mérite d’être réinterrogée. (…) Depuis « Kill Bill », on peut résumer l’ensemble des films de Tarantino à des récits de vengeance, thème de prédilection du cinéaste. Chacun des films use d’un processus de justification souvent simpliste et conservateur (..) Que la vengeance relève de motivations personnelles ou plus universelles, elle semble ainsi perdre de son caractère gratuit, sous couvert d’un argumentaire en surface politisant bien rodé. Le premier volet de la « trilogie de l’oppression », « Inglourious Basterds », vient à première vue satisfaire un fantasme de revanche contre les plus grands méchants désignés par l’histoire de l’humanité. La violence contre les nazis serait ici une juste rétribution. Eli Roth, réalisateur ultra-violent de la série « Hostel », décrit ainsi le film comme du « porno kasher » : « ça relève presque d’une satisfaction sexuelle profonde de vouloir tuer des nazis, d’un orgasme presque. Mon personnage tue des nazis. Je peux regarder ça en boucle ». Lawrence Bender, le producteur, déclare à Tarantino : « en tant que membre de la communauté juive, je te remercie, parce que ce film est un putain de rêve pour les juifs ». Pour défendre la violence de son film, le cinéaste explique lui-même avoir voulu rompre avec les traditions politiquement correctes (…) Ce choix esthétique met le sujet historique au second plan et vient prouver implicitement qu’il n’a aucune perspective morale – ceci expliquant les nombreuses accusations de révisionnisme à l’encontre du film. Lorsqu’un journaliste lui fait d’ailleurs remarquer que la violence excessive contre les nazis puisse offenser certains spectateurs, Tarantino lui répond avec une désinvolture déconcertante : « Pourquoi me condamnerait-on ? Parce que j’étais trop brutal avec les nazis ? ». « Django Unchained » est donc une réponse évidente à « Inglourious Basterds ». À nouveau, le sujet politique de fond, l’esclavage américain, semble évincé, bien qu’étant présenté comme l’argument promotionnel premier des discours de Tarantino qui répète sans hésiter qu’il a la capacité et la légitimité de faire un film sur ce sujet. (…)  Tarantino pense pourtant réaliser le film sur l’esclavage « que l’Amérique n’a jamais voulu faire parce qu’elle en a honte ». Dans le fond, l’idéologie et la réflexion politique intéresse peu Tarantino. L’esclavage est une nouvelle configuration de ses récits de vengeance, une nouvelle exploration d’un genre cinématographique, ici le western spaghetti.  À nouveau l’argument du fun, de l’excitation, vient secondariser le sujet politique. Tarantino préfère dédramatiser son propos au risque de le décontextualiser. La vengeance de Django ne semble d’ailleurs pas animée de motivations politiques. Il fait preuve de cruauté aussi bien en massacrant les oppresseurs blancs, qu’en humiliant d’autres esclaves noirs. Le film se termine sur la mort sadique par Django du traitre noir, devenu une caricature de l’oncle Tom, ami des blancs. Devenu à son tour l’opprimé oppresseur, Django s’enfuit victorieux du massacre final, paradoxalement en endossant fièrement le costume de M. Candie, le négrier monstrueux qu’il a sévèrement corrigé. L’usage de la violence était déjà tout autant problématique à la fin d’ »Inglourious Basterds ». Durant l’Opération Kino, les nazis nous sont d’abord présentés comme un public extatique devant la violence des images de leur film de propagande. Mais dans un effet de renversement, c’est ensuite les Basterds et Shoshanna qui nous sont présentés dans le même rôle du public jouissant de la violence du spectacle. Les « Basterds » transforment d’ailleurs rapidement leur croisade, non en leçon morale d’humanité, mais plutôt en spectacle trivial, se moquant sans impunité des soldats allemands. En décontextualisant idéologiquement les sujets politiques de fond, Tarantino facilite en un sens la consommation de son cinéma, au profit d’un plaisir plus immédiat avec ses spectateurs, dénué de toute moralisation. Mais il propose dans le même temps une vision réductrice, fétichisée, simplifiant souvent l’Histoire à l’histoire du cinéma. Cela peut paraître cool de citer des discours transgressifs sur la violence mais, sur le mode de la fétichisation, Tarantino occulte tout l’arrière-plan historique. Célia Sauvage
One reason slave owners wouldn’t have pitted their slaves against each other in such a way is strictly economic. Slavery was built upon money, and the fortune to be made for owners was in buying, selling, and working them, not in sending them out to fight at the risk of death. David Blight (Yale)
Slaves were sometimes sent to fight for their owners; it just wasn’t to the death. Tom Molineaux was a Virginia slave who won his freedom—and, for his owner, $100,000—after winning a match against another slave. He went on to become the first black American to compete for the heavyweight championship when he fought the white champion Tom Cribb in England in 1810. (He lost.) According to Frederick Douglass, wrestling and boxing for sport, like festivals around holidays, were “among the most effective means in the hands of the slaveholder in keeping down the spirit of insurrection.” Aisha Harris
My area of expertise is slavery, Civil War, and reconstruction and I have never encountered something like that. It was rumored to have occurred. I don’t know that it was called Mandingo Fighting, however, but there were all sorts of things going on in the South pitting people against one another. To the death, I’ve never encountered anything like that, no. That doesn’t mean that it didn’t happen in some backwater area, but I’ve never seen any evidence of it. (…) It’s a stretch because enslaved people are property, and people don’t want to lose their property unless they’re being reimbursed for it. It would seem odd to me that someone would allow his enslaved laborer to fight to the death because someone like that would cost them a lot of money. But then it’s a gambling enterprise so maybe someone would be willing to do that. I’ve looked at slave narratives and I’ve never seen something like that in slave narratives. Edna Greene Medford (Howard University)
It’s the “new sadism” in cinema – the wave of films in which violence is graphic, bloody but always underpinned by irony or gallows humour. There is something disconcerting about sitting in a crowded cinema as an audience guffaws at the latest garroting or falls about in hysterics as someone is beheaded or has a limb lopped off. Many recent movies squeeze the comedy out of what would normally seem like horrific acts of bloodletting. (…)  In Quentin Tarantino’s films, the violence, torture and bloodletting sit side by side with wisecracking dialogue and moments of slapstick. His latest, Django Unchained, features whippings, brutal wrestling matches and one scene in which dogs rip a slave to pieces. We know, though, that Tarantino’s tongue is in his cheek. Scenes that would be very hard to stomach in a conventional drama are lapped up by spectators who know all about the director’s love of genre and delight in pastiching old spaghetti Westerns. A certain sadism has always defined crime movies. (…) Nor is there anything new in making very dry comedy out of violence and death. (…) What has changed now is that genre lines have become very blurred. (…) Ideas that might have previously been confined to exploitation pics have spilled into the mainstream. In the era of computer games like Call of Duty and Assassin’s Creed, death isn’t taken very seriously. Film-makers with no direct experience of war beyond what they’ve seen in other movies regard staging killings as just another part of cinematic rhetoric. At the same time, state-of-the art make-up and digital effects enable violence to be shown in far greater and bloodier detail than ever before. Tarantino turns to heavy political and historical topics (the Holocaust in Inglourious Basterds, slavery in Django Unchained) but tips us the wink as he does so. One problem he and others face is the literal quality of film. When a slave is being flayed or a police officer is having his ear cut off, it isn’t always possible to put inverted commas round the scene and let the audience know that this horrific moment is stylised and shouldn’t be taken too seriously. (…) Acts of killing define the new sadism in cinema. The challenge now for film-makers is jolting audiences who’ve already seen death portrayed so many times on screen before. When they get it right, they can create scenes of extraordinary power and beauty – and they can use humour to distance themselves from the charge that they are being exploitative. Even so, the film-makers themselves sometimes appear just a little bashful about the enormous body counts in their work. The US premiere of Django Unchained was postponed after the Connecticut school massacre in mid December. The real-life incident in which a lone gunman killed 20 school children made it seem perverse and tasteless to celebrate Tarantino’s comic-book violence. (…) Even so, what’s often startling about the new sadism in cinema is the disregard for the victims, who are treated as walk-on props, there to be dispensed with in the most humorous, bloody and imaginative way possible. In 1989, Danny Boyle produced (and conceived) Alan Clarke’s Elephant – a TV movie set at the height of the Troubles in Northern Ireland. This was an essay about killing. Eighteen random murders were shown. Viewers learnt nothing at all about the killers or the victims. The film-makers were reminding us how desensitised we had become to sectarian violence in Northern Ireland. A quarter of a century on, that casual detachment about death has become a staple of mainstream cinema. Geoffrey Mcnab
The most confusing moment in Quentin Tarantino’s new film, Django Unchained , comes in the final credits. The viewer sees an assurance from the American Humane Association that no animals were harmed in the film’s making. In this movie, set in the south before the US civil war, slaves get tied to trees and whipped. A naked black wrestler is ordered to bash another’s head in with a very big hammer. Dogs chew a runaway slave to pieces. This is to set the stage for an exuberant massacre of white men and women at the close. Mr Tarantino lingers over his victims as they writhe, gasp and scream in agony. One walks out of Django worried less about Mr Tarantino’s attitude towards animals than about his attitude towards people. A.O. Scott, The New York Times critic, calls it a “troubling and important movie about slavery and racism”. He is wrong. (…) The period detail sometimes seems accurate (slaveholders may have flung the word “nigger” around as often as Mr Tarantino’s characters do), and sometimes does not (there never was any such thing as “Mandingo fighting”). Of course, we must not mistake a feature film for a public television documentary – Mr Tarantino’s purpose is to entertain, not to enlighten. But this is why the film is neither important nor troubling, except as a cultural symptom. Django uses slavery the way a pornographic film might use a nurses’ convention: as a pretext for what is really meant to entertain us. What is really meant to entertain us in Django is violence. Mr Scott writes that “vengeance in the American imagination has been the virtually exclusive prerogative of white men”. Cinematically, black people should get to partake in “regenerative violence” the way white people have for so long. He adds: “Think about that when the hand-wringing starts about Django Unchained and ask yourself why the violence in this movie will suddenly seem so much more problematic, so much more regrettable, than what passes without comment in Jack Reacher or Taken 2.” But this now-the-shoe’s-on-the-other-foot argument is disingenuous. In no major US film do white people exact racial vengeance of the sort Django does. And Mr Tarantino’s love of violence is not “suddenly” problematic. It is the sole pleasure anyone could possibly take in his first film, the appalling Reservoir Dogs.Pulp Fiction and Jackie Brown, for all their situational irony and madcap humour, also have memorable scenes of horrific violence. But Mr Tarantino’s last two films have taken a strange turn. He has not just shown cruelty but tried to politicise and ennoble it. Inglourious Basterds features a gang of American Jews who travel around Germany scalping Nazis and smashing their heads with baseball bats. It ends with a torture scene (one of our heroes carves a swastika into a Nazi’s head) that we are surely meant to enjoy. Nazis and slaveholders, of course, are stock villains of political correctness. Film-makers have been killing them off for decades. What is novel about Mr Tarantino is his fussy, lawyerly setting of ground rules to broaden the circumstances in which one can kill with joy and impunity. Scalping is OK because “a Nazi ain’t got no humanity”. Django can kneecap the plantation major-domo Stephen (Samuel L. Jackson) because he has stipulated at the start of the film that there is “nothing lower than a head house-nigger”. Of course, Stephen is more the slave system’s victim than its representative. He is a slave. The indignities visited on various slaves (“After this we’ll see if you break eggs again!” hollers one brute as he gets ready to whip a young woman) serve to make us comfortable with the final racial retribution, even though Django’s vengeance claims white people (hillbillies and jailers) who have no more control over the system than Stephen. (…) Where Mr Tarantino sees a solidarity with the victims of the past, others might see a contemporary white American eager to believe that, given the opportunity, other peoples of yesteryear would have behaved as shabbily as his own people did.  Christopher Caldwell
The American film industry is the second great pillar of the gun culture. And it’s not just Clint Eastwood’s Smith & Wesson from Dirty Harry, which, as everyone who lived through the 1970s knows, was then “the most powerful handgun in the world,” able to “blow your head clean off.” Hollywood’s cameras adore weapons of any kind, and pay them loving heed in movies of every political persuasion. Think of the close-up on Rambo’s machine gun as it spasms its way through an ammo belt in the 1985 installment of the series, or the shell casings tinkling delicately on the floor as cops die by the dozens in The Matrix (1999), or the heroic slo-mo of Sean Penn’s tommy gun in Gangster Squad (2013), or the really special Soviet submachine gun that everyone lusts after in Jack Abramoff’s 1989 action movie Red Scorpion. It’s the mother of all product placements, and as far as we know it doesn’t cost the arms makers a dime. Even more delectable is the effect that guns have on human flesh, a phenomenon so titillating for moviemakers that it often surpasses the pleasures of plot and dialogue. Discussing the many, many graphic shootings in his recent Django Unchained, for example, director Quentin Tarantino identifies screen violence as the reason most viewers go to his movies in the first place. “That’s fun, and that’s cool, and that’s really enjoyable,” he told NPR. “And kind of what you’re waiting for. » (…)  In Tarantino’s pseudohistorical revenge fantasies, humans are oversize water balloons just waiting to be popped, so that they can spurt their exciting red contents over walls and bystanders. The role of the star is relatively simple: he or she must make those human piñatas give up their payload. Yes, there are plots along the way, clever ones wherein Tarantino burnishes his controversial image by daring to take on such sacred cows as Nazis and slave owners. But the nonstars in his movies mainly exist to beg for their lives and then be orgasmically deprived of them, spouting blood like so many harpooned porpoises. Okay, I got carried away there. Let me catch my breath and admit it: Tarantino would never show someone harpooning a porpoise. After all, a line in the credits for Django Unchained declares that “no horses were harmed in the making of this movie.” But harpooning a human? After having first blasted off the human’s balls and played a sunny pop song from the Seventies while the human begged for mercy in the background? No problem. The movies I describe here are essentially advertisements for mass murder. You can also read them in dozens of other ways, I know. You can talk about Tarantino’s clever and encyclopedically allusive command of genre, or about how the latest Batman movie advances the “franchise,” or about the inky shady shadowiness of, well, nearly everything the industry cranks out nowadays. And to give them their due, most of the movies I’ve mentioned take pains to clarify that what they depict are good-guy-on-bad-guy murders — which makes homicide okay, maybe even wholesome. In decades past, let’s recall, there was a fashion for viewing the gangster film as a delicate metaphor, interesting mainly for the dark existentialism it spotlighted in our souls. But today, as I absorb the blunt aesthetic blows of one ultraviolent film after another, all I can make of it is that Hollywood, for reasons of its own, is hopelessly enamored of homicide. The plot is barely there anymore. Good guys and bad guys are hopelessly jumbled, their motives as vague as those of the Sandy Hook shooter, Adam Lanza. A movie like The Dark Knight Rises (2012) is nearly impossible to make sense of; only its many murders hold it together. All the rest shrinks, but the act of homicide expands, ramifies, multiplies madly. And what can we read in this act itself? Well, most obviously, that ordinary humans are weak and worth little, that they achieve beauty only when they are brought to efflorescence by the discharge of a star’s sidearm. Also: killers are glamorous creatures. And lastly: society and law are futile exercises. Whether we’re dealing with vigilantes, hit men, or a World War II torture squad, nobody can shield us from the power of an armed man. (Except, of course, another armed man, as Wayne LaPierre and Hollywood never tire of informing us.) For the industry itself, meanwhile, so many things come together in the act of murder — audience pleasure, actor coolness, the appearance of art — that everything else is essentially secondary. Hence the basic principles of Hollywood’s antisocial faith. A man isn’t really a man if he can’t use a shotgun to change the seat of another man’s soul into so much garbage. Or if he doesn’t know how to fire a pistol sideways, signifying that thuggish disregard for who or what gets caught in the spray of bullets. [*] Yet few of them complained about Tarantino’s 2009 slice of war porn, Inglourious Basterds, since the people being tortured so graphically and so hilariously by a U.S. Army hit squad were Nazis. At times, my erudite liberal colleagues have no problem understanding this. They’re quick to characterize Zero Dark Thirty (2012) as an advertisement for torture and other Bush-era outrages.[*] It’s sadism!, they cry. But the larger sadism that is obviously the film industry’s truest muse . . . that they don’t want to discuss. Bring that up and the conversation is immediately suspended in favor of legal arguments about censorship, free speech, and the definition of “incitement.” Movies can’t be said to have caused mass murders, they correctly point out. Not even Natural Born Killers (1994) — a movie that insists on the complicity of the media in romanticizing murderers, that itself proceeds to romanticize murderers, and that has been duly shadowed by a long string of alleged copycat murders, including the Columbine massacre. No, these are works of art. And art is, you know, all edgy and defiant and shit. Not surprisingly, Quentin Tarantino has lately become the focus for this sort of criticism. The fact that Django Unchained arrived in theaters right around the time of the Sandy Hook massacre didn’t help. Yet he has refused to give an inch in discussing the link between movie violence and real life. “Obviously I don’t think one has to do with the other,” he told an NPR interviewer. “Movies are about make-believe. It’s about imagination. Part of the thing is we’re trying to create a realistic experience, but we are faking it.” Is it possible that anyone in our cynical world credits a self-serving sophistry like this? Of course an industry under fire will claim that its hands are clean, just as the NRA has done — and of course a favorite son, be it Tarantino or LaPierre, can be counted on to make the claim louder than anyone else. But do they really believe that imaginative expression is without consequence? One might as well claim that advertising itself has no effect — because the spokesmen aren’t really enjoying that Sprite, you know, only pretending to. Or that TV speeches don’t matter, since the politician’s words are strung together for dramatic effect, and are not themselves a show of official force. To insist on a full, pristine separation of the dramatic imagination from the way humans actually behave is to fly in the face of nearly everything we know about cultural history. For centuries, people misinterpreted the reign of Richard III because of a play by Shakespeare. The revival of the Ku Klux Klan in the 1920s was advanced by D. W. Griffith’s Birth of a Nation. In our own era, millions of Americans believe in the righteous innocence of businessmen because of a novel by Ayn Rand. And here is why I personally will never believe it when the film industry claims its products have no effect on human behavior. Like every American, I carry around in my head a collection of sights and sounds that I will never be able to erase, no matter what I think about Hollywood. To this day, those bits of dialogue and those filmed images affect the way I do everything from answering the phone to pruning my roses. I can’t get on my Honda scooter without recalling Steve McQueen in The Great Escape, or look out an airplane window without remembering The Best Years of Our Lives. When I shot at paper targets in the Boy Scouts, I thought of Sergeant York, and should I ever become an L.A. cop I will probably mimic the mannerisms of Ryan Gosling in Gangster Squad. I doubt very much that we will see effective gun control enacted this time around. (…) The political arm of the gun culture, headquartered at the big NRA building in northern Virginia, is still powerful enough to block any meaningful change. However, the other pillar of the gun culture — the propaganda bureau relaxing in the Los Angeles sun — is much more vulnerable. Its continued well-being depends to a real degree on the approbation and collaboration of critics. Which is to say that my colleagues in journalism are, in part, responsible for this monster. We have fostered it with puff pieces and softball interviews and a thousand “press junkets” — the free vacations for journalists that secure avalanches of praise for a movie before anyone has seen it. This refusal on the part of critics to criticize is what has allowed Quentin Tarantino to be crowned a cinematic genius of our time.  It is time for the boot-licking to end. Mick LaSalle, film critic for the San Francisco Chronicle, recently recalled how he self-censored a review of The Dark Knight Rises, declining to say in print that he found it to be “a wallow in nonstop cruelty and destruction.” But in the wake of the Connecticut school massacre, LaSalle explained, he had come around to a new understanding of critical responsibility. “If movies are cruel and nihilistic, say so,” he wrote. “Say it explicitly. Don’t run from that observation.” It’s a lesson that every one of us in journalism ought to be taking to heart these days. It is our job to say it explicitly — to tell the world what god-awful heaps of cliché and fake profundity and commercialized sadism this industry produces. The fake blood spilled by Hollywood cries out for it. Thomas Frank

Attention: une NRA peut en cacher une autre !

Fascination malsaine pour la violence, stylisation et magnification de l’extrême violence, désamorçage de toute réflexion par l’ironie et la parodie, décontextualisation totale de sujets politiques ou historiques aussi problématiques que la Shoah ou l’esclavage aux Etats-Unis, extrême amoralité, recherche du plaisir immédiat pour le spectateur, virtuosité gratuite et tapageuse, systématisation de la citation jusqu’au pillage, mélange vertigineux de genres et de sous-genres, hypersurficialité, réduction de l’Histoire à  l’histoire du cinéma, multipliation des invraisemblances (quel intérêt pour un propriétaire d’esclaves – comme d’ailleurs dans « 12 years a slave » – de maltraiter une force de travail extrêmement coûteuse ?) et des anachronismes (pas de Ku Klu Klan avant la Guerre de succession) …

En ces temps décidément étranges où l’on célèbre, sur fond de culture de l’excuse généralisée et stèles et noms de rues compris, les explosions communauaires de violence ….

Et à l’heure où, non contents de prôner le contrôle des armes et de dénoncer les brutalités policières aux Etats-Unis …

Un Hollywood qui, avec Spike Lee et Quentin Tarentino nous avait déjà valu des scènes d’une rare cruauté notamment contre les policiers, sort deux nouvelles odes à la violence

Se permet à présent d’accuser les policiers de meurtres et de prendre le parti de ceux qui les tuent …

Comment ne pas voir avec les quelques critiques qui osent braver la permissivité ambiante …

Non seulement l’incroyable mauvaise foi d’une industrie qui inspire tant les criminels que les policiers eux-mêmes …

Mais l’inquiétante escalade de violence que peuvent générer, dans la profession elle-même et au-delà dans la société en général, des réalisateurs aussi brillants et influents qu’un Quentin Tarantino

Dans un flot continu de jeux vidéos toujours plus réalistes, de véritable snuff videos djihadistes et de médias toujours plus demandeurs

Mais aussi, au niveau national comme international et sans compter une circulation des armes exponentielle, de revendications identitaires toujours plus exacerbées ?

Et surtout comment ne pas presque physiquement ressentir, quand pour ses deux derniers films, ils choisit de traiter des questions historiques aussi majeures que l’esclavage aux Etats-Unis ou le nazisme …

Le plus grand mépris dont il fait montre tant pour la réalité historique que pour la vie humaine ?

Blood Sport
Thomas Frank
Harper’s

March 2013

For a time in December, it looked as though the nation was finally ready to take on the gun culture. Perhaps you recall the moment: twenty grade-schoolers, along with their teachers and their principal, had been added to the roster of 30,000 people killed by guns in America each year. The details of the massacre were at once terrible and familiar — indeed, you could have guessed them as soon as you heard the first sketchy news bulletins. A murderer lost in some sanguinary fantasy. High-capacity magazines. In the starring role, one of our society’s prized slaughtering machines: an AR-15 assault rifle. And for the families of the six- and seven-year-olds whose bodies were blown apart, there would be teddy bears, support groups, wooden messages from the secretary of education.

On December 21, a week after the shooting, began the second obligatory chapter in this oft-told tale. Wayne LaPierre, the lavishly compensated face of the National Rifle Association, stepped up to a podium at the Willard Hotel in Washington and twisted his features into an expression meant to indicate sorrow. What came gurgling from LaPierre’s throat, though, was righteous accusation mixed with a heavy dollop of class resentment. It was the assembled men and women of the press who were somehow to blame, droned this million-dollar-a-year man who had apparently not bothered to read his script in advance. Gun owners were victims, you see, who had been demonized by the media and the “political class here in Washington.” Oh, pity the man with a MAC-10!

Next came the other parts of the traditional catechism. America’s leaders were soft on crime, unwilling “to prosecute dangerous criminals.” They gave too much money away in foreign aid. They miscategorized certain weapons as Thing A when they were obviously Thing B. Each of these grievances you could have heard, almost word for word, back in the 1970s. They are specimens of a chronic paranoia that never dissipates, no matter how many millions we imprison or how respectfully journalists learn to speak of the M16 and the sexy SIG Sauer.

But this time around, these bullet points were missing something. Matters had gone too far, and the NRA was desperate to escape the blame. But how? Well, if you are a prominent conservative lobbyist and one day there’s a catastrophe that stems pretty directly from your cherished policy initiatives, what do you do? You insist that the world hasn’t gone far enough in implementing your demands. So the solution to the massacre culture must obviously be more guns in more places than ever before: universities, churches, strip clubs, hospitals, tanning salons, bowling alleys.

And should something go wrong in this weapon-saturated world — for example, should someone use one of those weapons in precisely the way it was designed to be used — we may seek answers only within the narrow parameters of the ideologically permissible. Which is to say: We must meet every fresh mass murder with the conclusion that the United States, already home to some 300 million firearms, isn’t weapon-saturated enough. The task before us is to arm not only the guards in our elementary schools but also the teachers, the custodians, the cafeteria workers, the hall monitors. And on and on until the arms race is the preeminent logic of civilian life. Only then will the streets of Dodge City be safe.

I worry that I have not made sufficiently clear where I stand on this issue. For the record: gun control works. It seems obvious to me that, when considering the towering difference in murder statistics between the United States and other industrialized lands, the most relevant factor is the ready availability of certain kinds of firearms. I believe that the ideology of libertarianism, with its twin gods Market and Magnum, is not just bankrupting us; it is killing us. And I believe that Wayne LaPierre bears a certain moral responsibility for the massacre culture, regardless of his intentions or his exalted stature in Washington.

The reason I want to be clear about this is that I also think Wayne LaPierre got something right. In his Willard Hotel address, he tried to get the assembled media types to acknowledge their own culpability for our pandemic violence. “Media conglomerates,” he intoned, “compete with one another to shock, violate, and offend every standard of civilized society by bringing an ever more toxic mix of reckless behavior and criminal cruelty into our homes — every minute of every day of every month of every year.”

Coming from the NRA, of course, this was pretty base hypocrisy. It doesn’t take much skill with a remote to confirm that some of the most sadistic entertainment ever filmed follows the line of none other than the National Rifle Association. Over and over, we are shown spineless liberals with a soft spot for the murderers and rapists in our midst, who leave society’s dirty work to the big man with the big gun. Indeed, Wayne LaPierre basically gave the genre a shout-out when he reasoned, all too cinematically, that “the only thing that stops a bad guy with a gun is a good guy with a gun.”

But as a description of the world we live in, what LaPierre said was . . . well, correct. Media companies obviously do compete to project violence into our homes. And why is that? Because the American film industry is the second great pillar of the gun culture.

And it’s not just Clint Eastwood’s Smith & Wesson from Dirty Harry, which, as everyone who lived through the 1970s knows, was then “the most powerful handgun in the world,” able to “blow your head clean off.” Hollywood’s cameras adore weapons of any kind, and pay them loving heed in movies of every political persuasion. Think of the close-up on Rambo’s machine gun as it spasms its way through an ammo belt in the 1985 installment of the series, or the shell casings tinkling delicately on the floor as cops die by the dozens in The Matrix (1999), or the heroic slo-mo of Sean Penn’s tommy gun in Gangster Squad (2013), or the really special Soviet submachine gun that everyone lusts after in Jack Abramoff’s 1989 action movie Red Scorpion. It’s the mother of all product placements, and as far as we know it doesn’t cost the arms makers a dime.

Even more delectable is the effect that guns have on human flesh, a phenomenon so titillating for moviemakers that it often surpasses the pleasures of plot and dialogue. Discussing the many, many graphic shootings in his recent Django Unchained, for example, director Quentin Tarantino identifies screen violence as the reason most viewers go to his movies in the first place. “That’s fun, and that’s cool, and that’s really enjoyable,” he told NPR. “And kind of what you’re waiting for.”

In Tarantino’s pseudohistorical revenge fantasies, humans are oversize water balloons just waiting to be popped, so that they can spurt their exciting red contents over walls and bystanders. The role of the star is relatively simple: he or she must make those human piñatas give up their payload. Yes, there are plots along the way, clever ones wherein Tarantino burnishes his controversial image by daring to take on such sacred cows as Nazis and slave owners. But the nonstars in his movies mainly exist to beg for their lives and then be orgasmically deprived of them, spouting blood like so many harpooned porpoises.

Okay, I got carried away there. Let me catch my breath and admit it: Tarantino would never show someone harpooning a porpoise. After all, a line in the credits for Django Unchained declares that “no horses were harmed in the making of this movie.” But harpooning a human? After having first blasted off the human’s balls and played a sunny pop song from the Seventies while the human begged for mercy in the background? No problem.

The movies I describe here are essentially advertisements for mass murder. You can also read them in dozens of other ways, I know. You can talk about Tarantino’s clever and encyclopedically allusive command of genre, or about how the latest Batman movie advances the “franchise,” or about the inky shady shadowiness of, well, nearly everything the industry cranks out nowadays. And to give them their due, most of the movies I’ve mentioned take pains to clarify that what they depict are good-guy-on-bad-guy murders — which makes homicide okay, maybe even wholesome.

In decades past, let’s recall, there was a fashion for viewing the gangster film as a delicate metaphor, interesting mainly for the dark existentialism it spotlighted in our souls. But today, as I absorb the blunt aesthetic blows of one ultraviolent film after another, all I can make of it is that Hollywood, for reasons of its own, is hopelessly enamored of homicide. The plot is barely there anymore. Good guys and bad guys are hopelessly jumbled, their motives as vague as those of the Sandy Hook shooter, Adam Lanza. A movie like The Dark Knight Rises (2012) is nearly impossible to make sense of; only its many murders hold it together. All the rest shrinks, but the act of homicide expands, ramifies, multiplies madly.

And what can we read in this act itself? Well, most obviously, that ordinary humans are weak and worth little, that they achieve beauty only when they are brought to efflorescence by the discharge of a star’s sidearm. Also: killers are glamorous creatures. And lastly: society and law are futile exercises. Whether we’re dealing with vigilantes, hit men, or a World War II torture squad, nobody can shield us from the power of an armed man. (Except, of course, another armed man, as Wayne LaPierre and Hollywood never tire of informing us.)

For the industry itself, meanwhile, so many things come together in the act of murder — audience pleasure, actor coolness, the appearance of art — that everything else is essentially secondary. Hence the basic principles of Hollywood’s antisocial faith. A man isn’t really a man if he can’t use a shotgun to change the seat of another man’s soul into so much garbage. Or if he doesn’t know how to fire a pistol sideways, signifying that thuggish disregard for who or what gets caught in the spray of bullets.

At times, my erudite liberal colleagues have no problem understanding this. They’re quick to characterize Zero Dark Thirty (2012) as an advertisement for torture and other Bush-era outrages.[*] It’s sadism!, they cry. But the larger sadism that is obviously the film industry’s truest muse . . . that they don’t want to discuss. Bring that up and the conversation is immediately suspended in favor of legal arguments about censorship, free speech, and the definition of “incitement.” Movies can’t be said to have caused mass murders, they correctly point out. Not even Natural Born Killers (1994) — a movie that insists on the complicity of the media in romanticizing murderers, that itself proceeds to romanticize murderers, and that has been duly shadowed by a long string of alleged copycat murders, including the Columbine massacre. No, these are works of art. And art is, you know, all edgy and defiant and shit.

Not surprisingly, Quentin Tarantino has lately become the focus for this sort of criticism. The fact that Django Unchained arrived in theaters right around the time of the Sandy Hook massacre didn’t help. Yet he has refused to give an inch in discussing the link between movie violence and real life. “Obviously I don’t think one has to do with the other,” he told an NPR interviewer. “Movies are about make-believe. It’s about imagination. Part of the thing is we’re trying to create a realistic experience, but we are faking it.”

Is it possible that anyone in our cynical world credits a self-serving sophistry like this? Of course an industry under fire will claim that its hands are clean, just as the NRA has done — and of course a favorite son, be it Tarantino or LaPierre, can be counted on to make the claim louder than anyone else. But do they really believe that imaginative expression is without consequence? One might as well claim that advertising itself has no effect — because the spokesmen aren’t really enjoying that Sprite, you know, only pretending to. Or that TV speeches don’t matter, since the politician’s words are strung together for dramatic effect, and are not themselves a show of official force.

To insist on a full, pristine separation of the dramatic imagination from the way humans actually behave is to fly in the face of nearly everything we know about cultural history. For centuries, people misinterpreted the reign of Richard III because of a play by Shakespeare. The revival of the Ku Klux Klan in the 1920s was advanced by D. W. Griffith’s Birth of a Nation. In our own era, millions of Americans believe in the righteous innocence of businessmen because of a novel by Ayn Rand.

And here is why I personally will never believe it when the film industry claims its products have no effect on human behavior. Like every American, I carry around in my head a collection of sights and sounds that I will never be able to erase, no matter what I think about Hollywood. To this day, those bits of dialogue and those filmed images affect the way I do everything from answering the phone to pruning my roses. I can’t get on my Honda scooter without recalling Steve McQueen in The Great Escape, or look out an airplane window without remembering The Best Years of Our Lives. When I shot at paper targets in the Boy Scouts, I thought of Sergeant York, and should I ever become an L.A. cop I will probably mimic the mannerisms of Ryan Gosling in Gangster Squad.

I doubt very much that we will see effective gun control enacted this time around. Oh, the rules have already been tightened in New York, and the president will gamely joust with the House of Representatives over renewing the ban on assault weapons. But it won’t go much further. The political arm of the gun culture, headquartered at the big NRA building in northern Virginia, is still powerful enough to block any meaningful change.

However, the other pillar of the gun culture — the propaganda bureau relaxing in the Los Angeles sun — is much more vulnerable. Its continued well-being depends to a real degree on the approbation and collaboration of critics.

Which is to say that my colleagues in journalism are, in part, responsible for this monster. We have fostered it with puff pieces and softball interviews and a thousand “press junkets” — the free vacations for journalists that secure avalanches of praise for a movie before anyone has seen it. This refusal on the part of critics to criticize is what has allowed Quentin Tarantino to be crowned a cinematic genius of our time. (When a journalist refuses to grovel, however, Tarantino gets awfully peevish. “This is a commercial for the movie, make no mistake,” he recently told an interviewer bold enough to ask him an uncomfortable question.)

It is time for the boot-licking to end. Mick LaSalle, film critic for the San Francisco Chronicle, recently recalled how he self-censored a review of The Dark Knight Rises, declining to say in print that he found it to be “a wallow in nonstop cruelty and destruction.” But in the wake of the Connecticut school massacre, LaSalle explained, he had come around to a new understanding of critical responsibility. “If movies are cruel and nihilistic, say so,” he wrote. “Say it explicitly. Don’t run from that observation.”

It’s a lesson that every one of us in journalism ought to be taking to heart these days. It is our job to say it explicitly — to tell the world what god-awful heaps of cliché and fake profundity and commercialized sadism this industry produces. The fake blood spilled by Hollywood cries out for it.

[*] Yet few of them complained about Tarantino’s 2009 slice of war porn, Inglourious Basterds, since the people being tortured so graphically and so hilariously by a U.S. Army hit squad were Nazis.

 Voir aussi:

Django Unchained and the ‘new sadism’ in cinema
Quentin Tarantino’s new film is the latest where killing is seen as comical. Geoffrey Macnab wonders why people fall about laughing at disembowelment and garroting on screen?
Geoffrey Macnab
The Independent
12 January 2013

It’s the “new sadism” in cinema – the wave of films in which violence is graphic, bloody but always underpinned by irony or gallows humour. There is something disconcerting about sitting in a crowded cinema as an audience guffaws at the latest garroting or falls about in hysterics as someone is beheaded or has a limb lopped off.

Many recent movies squeeze the comedy out of what would normally seem like horrific acts of bloodletting. Martin McDonagh’s Seven Psychopaths has barely started when we see two assassins who are planning a killing being blithely murdered by a passer-by themselves. The film features throats being cut and many characters being shot to pieces but is played for laughs.

However, the violence isn’t immediately signalled as comic. Seven Psychopaths isn’t like Monty Python and the Holy Grail (1975), with its self-consciously farcical scenes of the Black Knight refusing to concede in battle in spite of having had all his limbs cut off.

Ben Wheatley’s recent Grand Guignol camper-van comedy Sightseers shows two British tourists wreaking murderous havoc across the British countryside. When a rambler complains about their dog fouling a field, they bludgeon him to death. “He’s not a person, Tina, he’s a Daily Mail reader,” Chris (Steve Oram) reassures his girlfriend when she expresses some slight misgivings about killing innocent people. Tina (Alice Lowe) has form of her own, throwing a bride-to-be off a cliff after a hen night in which the woman flirts with Steve.

In Quentin Tarantino’s films, the violence, torture and bloodletting sit side by side with wisecracking dialogue and moments of slapstick. His latest, Django Unchained, features whippings, brutal wrestling matches and one scene in which dogs rip a slave to pieces. We know, though, that Tarantino’s tongue is in his cheek. Scenes that would be very hard to stomach in a conventional drama are lapped up by spectators who know all about the director’s love of genre and delight in pastiching old spaghetti Westerns.

A certain sadism has always defined crime movies. Whether it was Lee Marvin scalding Gloria Grahame with the coffee in The Big Heat (1953) or James Cagney’s Cody blithely shooting innocent train drivers in White Heat (1949), audiences watched the antics of gangsters with appalled fascination. From Edwin S Porter’s The Great Train Robbery (1903) to Sam Peckinpah’s blistering, slow-motion shoot-outs in The Wild Bunch (1969), film-makers have always looked to violence for dramatic effect.  Well-choreographed shoot-outs and fist fights will always be intensely cinematic.

Sadism and slapstick likewise go hand in hand. Whether silent comedians slapping and hitting one another, pulling one another’s ears and twisting noses or Farrelly brothers films with their  grotesque set-pieces, comedy movies have always traded in humiliation.

Nor is there anything new in making very dry comedy out of violence and death. Robert Hamer’s Kind Hearts and Coronets (1949) is a supremely elegant and witty film about a serial killer who murders off his own family members just as quickly as Chris and Tina dispose of National Trust-loving tourists in Sightseers. Frank Capra’s Arsenic and Old Lace (1944) features very charming old ladies whose pet hobby is murdering lonely old men. Howard Hawks’s His Girl Friday (1940) turns the plight of a convicted murderer facing execution into the stuff of screwball farce.

What has changed now is that genre lines have become very blurred. Young directors like Edgar Wright (Shaun of the Dead, Hot Fuzz) and Wheatley draw on horror movie conventions even as they make very British comedies. Ideas that might have previously been confined to exploitation pics have spilled into the mainstream. In the era of computer games like Call of Duty and Assassin’s Creed, death isn’t taken very seriously. Film-makers with no direct experience of war beyond what they’ve seen in other movies regard staging killings as just another part of cinematic rhetoric. At the same time, state-of-the art make-up and digital effects enable violence to be shown in far greater and bloodier detail than ever before.

Tarantino turns to heavy political and historical topics (the Holocaust in Inglourious Basterds, slavery in Django Unchained) but tips us the wink as he does so. One problem he and others face is the literal quality of film. When a slave is being flayed or a police officer is having his ear cut off, it isn’t always possible to put inverted commas round the scene and let the audience know that this horrific moment is stylised and shouldn’t be taken too seriously.

As a counterpoint to latest films from Wheatley, Tarantino and McDonagh, it is instructive to watch Joshua Oppenheimer’s grim and startling recent documentary, The Act of Killing. Oppenheimer’s doc follows various real-life killers who murdered thousands of “communists” in Indonesia in the mid 1960s. They’ve never faced punishment for what they did and still openly brag about their part in a genocide. Oppenheimer invites them to re-create some of their grisly deeds as pastiche Hollywood movies. We see these aging hoodlums dress in drag for Vincente Minnelli-like musical scenes or coming on like bad Method actors in gangster pic spoofs or even portraying cowboys in mock spaghetti Westerns. Whatever the genre they choose, there is no escaping the bloodcurdling nature of the deeds they are celebrating.

Acts of killing define the new sadism in cinema. The challenge now for film-makers is jolting audiences who’ve already seen death portrayed so many times on screen before. When they get it right, they can create scenes of extraordinary power and beauty – and they can use humour to distance themselves from the charge that they are being exploitative.

Even so, the film-makers themselves sometimes appear just a little bashful about the enormous body counts in their work. The US premiere of Django Unchained was postponed after the Connecticut school massacre in mid December. The real-life incident in which a lone gunman killed 20 school children made it seem perverse and tasteless to celebrate Tarantino’s comic-book violence.

The Motion Picture Association of America (MPAA) introduced a “code” in 1930 (not strictly enforced until 1934) partly to clamp down on gangster films felt to glamorize violence. Ever since, the debates about guns, Hollywood and violence have gone round in wearisome circles. Every time there is a real-life atrocity as in Connecticut, films are held up as being in some way to blame, generally by commentators who haven’t actually seen them. Meanwhile, cultural critics are  always quick to point out that violence and art go back thousands of years before the birth of cinema.

Even so, what’s often startling about the new sadism in cinema is the disregard for the victims, who are treated as walk-on props, there to be dispensed with in the most humorous, bloody and imaginative way possible. In 1989, Danny Boyle produced (and conceived) Alan Clarke’s Elephant – a TV movie set at the height of the Troubles in Northern Ireland. This was an essay about killing. Eighteen random murders were shown. Viewers learnt nothing at all about the killers or the victims. The film-makers were reminding us how desensitised we had become to sectarian violence in Northern Ireland. A quarter of a century on, that casual detachment about death has become a staple of mainstream cinema.

‘Django Unchained’ is released on  18 January

Voir également:

Tarantino’s crusade to ennoble violence
Christopher Caldwell

The Financial Times

January 4, 2013

The director uses slavery the way a porn film might use a nurses’ convention

The most confusing moment in Quentin Tarantino’s new film, Django Unchained , comes in the final credits. The viewer sees an assurance from the American Humane Association that no animals were harmed in the film’s making. In this movie, set in the south before the US civil war, slaves get tied to trees and whipped. A naked black wrestler is ordered to bash another’s head in with a very big hammer. Dogs chew a runaway slave to pieces. This is to set the stage for an exuberant massacre of white men and women at the close. Mr Tarantino lingers over his victims as they writhe, gasp and scream in agony. One walks out of Django worried less about Mr Tarantino’s attitude towards animals than about his attitude towards people.
A.O. Scott, The New York Times critic, calls it a “troubling and important movie about slavery and racism”. He is wrong. A German-born bounty hunter (Christoph Waltz) liberates the slave Django (Jamie Foxx), hoping he can identify a murderous gang of overseers. The two try to free Django’s wife from the plantation where she has been brought by the sybaritic Monsieur Candie (Leonardo DiCaprio). The period detail sometimes seems accurate (slaveholders may have flung the word “nigger” around as often as Mr Tarantino’s characters do), and sometimes does not (there never was any such thing as “Mandingo fighting”).

Of course, we must not mistake a feature film for a public television documentary – Mr Tarantino’s purpose is to entertain, not to enlighten. But this is why the film is neither important nor troubling, except as a cultural symptom. Django uses slavery the way a pornographic film might use a nurses’ convention: as a pretext for what is really meant to entertain us. What is really meant to entertain us in Django is violence.

Mr Scott writes that “vengeance in the American imagination has been the virtually exclusive prerogative of white men”. Cinematically, black people should get to partake in “regenerative violence” the way white people have for so long. He adds: “Think about that when the hand-wringing starts about Django Unchained and ask yourself why the violence in this movie will suddenly seem so much more problematic, so much more regrettable, than what passes without comment in Jack Reacher or Taken 2.” But this now-the-shoe’s-on-the-other-foot argument is disingenuous. In no major US film do white people exact racial vengeance of the sort Django does.

And Mr Tarantino’s love of violence is not “suddenly” problematic. It is the sole pleasure anyone could possibly take in his first film, the appalling Reservoir Dogs.Pulp Fiction and Jackie Brown, for all their situational irony and madcap humour, also have memorable scenes of horrific violence. But Mr Tarantino’s last two films have taken a strange turn. He has not just shown cruelty but tried to politicise and ennoble it. Inglourious Basterds features a gang of American Jews who travel around Germany scalping Nazis and smashing their heads with baseball bats. It ends with a torture scene (one of our heroes carves a swastika into a Nazi’s head) that we are surely meant to enjoy.

Nazis and slaveholders, of course, are stock villains of political correctness. Film-makers have been killing them off for decades. What is novel about Mr Tarantino is his fussy, lawyerly setting of ground rules to broaden the circumstances in which one can kill with joy and impunity. Scalping is OK because “a Nazi ain’t got no humanity”. Django can kneecap the plantation major-domo Stephen (Samuel L. Jackson) because he has stipulated at the start of the film that there is “nothing lower than a head house-nigger”. Of course, Stephen is more the slave system’s victim than its representative. He is a slave. The indignities visited on various slaves (“After this we’ll see if you break eggs again!” hollers one brute as he gets ready to whip a young woman) serve to make us comfortable with the final racial retribution, even though Django’s vengeance claims white people (hillbillies and jailers) who have no more control over the system than Stephen.

The film-maker Spike Lee has called this film “disrespectful to my ancestors”. The remark has puzzled people but it should not. Monsieur Candie reminisces, “surrounded by black faces, day in, day out, I had one question: Why don’t they kill us?” It is an excellent question.
However you answer it, the fact is, they didn’t. In the eyes of history, antebellum blacks retain an honour that their white oppressors will forever be denied. Maybe Mr Lee objects to a failure to see that honour. Where Mr Tarantino sees a solidarity with the victims of the past, others might see a contemporary white American eager to believe that, given the opportunity, other peoples of yesteryear would have behaved as shabbily as his own people did.

The writer is a senior editor at The Weekly Standard

Voir encore:

Was There Really “Mandingo Fighting,” Like in Django Unchained?
Much of Django Unchained, Quentin Tarantino’s blaxploitation Western about an ex-slave’s revenge against plantation owners, centers on a practice called “Mandingo fighting.” Slaves are forced to fight to the death for their owners’ wealth and entertainment. Did the U.S. have anything like this form of gladiatorial combat?
Aisha Harris

Slate
Dec. 24 2012

No. While slaves could be called upon to perform for their owners with other forms of entertainment, such as singing and dancing, no slavery historian we spoke with had ever come across anything that closely resembled this human version of cock fighting. As David Blight, the director of Yale’s center for the study of slavery, told me: One reason slave owners wouldn’t have pitted their slaves against each other in such a way is strictly economic. Slavery was built upon money, and the fortune to be made for owners was in buying, selling, and working them, not in sending them out to fight at the risk of death.

While there’s no historical record of black gladiator fights in the U.S., this hasn’t stopped the sport from appearing again and again in popular culture. The 1975 blaxploitation film Mandingo, which Tarantino has cited as “one of [his] favorite movies,” is about a slave named Mede who is trained by his owner to fight to the death in bare-knuckle boxing against other slaves. That film was inspired by the book of the same name by dog-breeder-turned-novelist Kyle Onstott. (The term Mandingo itself comes from the name of a cultural and ethnic group in West Africa, who speak the Manding languages.) There is at least one other cinematic example of the fighting, in Mandingo’s sequel, Drum. (The scene starts at about 10:45 in the video below.)

Slaves were sometimes sent to fight for their owners; it just wasn’t to the death. Tom Molineaux was a Virginia slave who won his freedom—and, for his owner, $100,000—after winning a match against another slave. He went on to become the first black American to compete for the heavyweight championship when he fought the white champion Tom Cribb in England in 1810. (He lost.) According to Frederick Douglass, wrestling and boxing for sport, like festivals around holidays, were “among the most effective means in the hands of the slaveholder in keeping down the spirit of insurrection.”

It’s also true that, as embodied by the fictional “Mandingo fighting,” there has long been a fascination with the supposed physical prowess of the black body. The rise of prizefighting in the 19th century saw black men such as Peter Jackson and George Dixon making a show of their manliness to white and black audiences. Ralph Ellison’s “Battle Royal” scene in Invisible Man—in which the narrator must spar other black men in order to obtain a scholarship to a black college—uses a less sensationalistic approach to portray the fetishization of black men fighting. “This is a vital part of behavior patterns in the South, which both Negroes and whites thoughtlessly accept,” Ellison once said. “It is a ritual in preservation of caste lines, a keeping of taboo to appease the gods and ward off bad luck. It is also the initiation ritual to which all greenhorns are subjected.”

Thanks to David Blight of Yale University.

Voir de même:

Django’ Unexplained: Was Mandingo Fighting a Real Thing?
Max Evry

Nextmovie

Dec 25, 2012

One of the most gruesome scenes in Quentin Tarantino’s new blaxploitation western « Django Unchained » involves blackhearted plantation owner Calvin Candie (Leonardo DiCaprio) presiding over a Roman-style bare-handed battle to the death between his hulking champion slave Samson (Jordon Michael Corbin) and a much less fortunate slave opponent.

After all the eye gauging and head hammering was through, we wondered if this betting « sport, » known within the movie as « Mandingo Fighting, » was based on true accounts of pre-Civil War Mississippi or if Tarantino made it up out of whole cloth.

This is, after all, the same Tarantino who let Eli Roth machine gun Hitler in the face for « Inglourious Basterds, » so the level of historical accuracy is about on par with what we’d expect from a guy who didn’t graduate from high school. That’s not meant as a dig on the auteur, of course, as the man has perhaps one of the most thorough knowledge bases of both black culture and film history among any director in Hollywood, but he’s definitely less interested in realism than he is in f**king people’s shit up.

So was Mandingo Fighting real? Probably not.

We talked to Edna Greene Medford, Professor and chairperson of the history department at Howard University in Washington, D.C., about whether there’s any basis in non-Tarantinized fact.

« My area of expertise is slavery, Civil War, and reconstruction and I have never encountered something like that, » said Professor Medford. « It was rumored to have occurred. I don’t know that it was called Mandingo Fighting, however, but there were all sorts of things going on in the South pitting people against one another. To the death, I’ve never encountered anything like that, no. That doesn’t mean that it didn’t happen in some backwater area, but I’ve never seen any evidence of it. »

This was the wild, wild South, after all, so « anything goes » tended to rule the day, but the main reason Medford thinks the idea of Mandingo Fighting is preposterous comes down to one thing: Simple economics.

« It’s a stretch because enslaved people are property, and people don’t want to lose their property unless they’re being reimbursed for it, » she said. « It would seem odd to me that someone would allow his enslaved laborer to fight to the death because someone like that would cost them a lot of money. But then it’s a gambling enterprise so maybe someone would be willing to do that. I’ve looked at slave narratives and I’ve never seen something like that in slave narratives. »

Paramount

As for the etymology of the term « Mandingo, » it comes from a West African ethnic group called the Mandinka, but was popularized in the late ’50s with the racy novel by Kyle Onstott that also became a 1975 movie called « Mandingo, » which Tarantino has praised alongside « Showgirls » as one of the few big budget exploitation pictures made by a studio.

The subject of the film? A slave trained to fight other slaves. « Mandingo, the pride of his masters! Mandingo, the strongest and the bravest! »

« The term has been used to refer to that ethnic group, » clarified Medford, « but it has also come to personify the very powerful enslaved man who’s rather ferocious. It’s equivalent to ‘the big black buck,’ it’s more of a recent term. »

Even though none of what takes place in « Django Unchained » is true-blue history, it still manages to be « yeehaw! » entertaining while shedding light on something that most Americans try to forget happened so they can go on happily with their Christmas shopping. It’s also not Tarantino’s first use of black bounty hunters or « Mandingo » either, as he combined both into one of Samuel L. Jackson’s more memorably un-PC lines from 1997’s « Jackie Brown » in reference to Robert Forster’s prisoner retriever Winston (Tommy ‘Tiny’ Lister): « Who’s that big, Mandingo-looking n****r you got up there on that picture with you? »

Voir par ailleurs:

« Django Unchained », un réservoir d’émotions postmodernes à la sauce TarantinoPatrizia LombardoProfesseur de littérature et de cinéma
Le Nouvel Obs
 21-01-2013

LE PLUS. Un western-spaghetti qui dénonce l’esclavage et où la vengeance est le personnage principal, tel est le pitch du dernier film de Tarantino. Mais en quoi « Django Unchained » porte-t-il la signature du réalisateur américain ? Réponse de Patrizia Lombardo, professeure de littérature et de cinéma et auteur de l’article « La signature au cinéma ». Attention SPOILERS !

Un désert rocheux, des landes désolées, retravaillées par les effets spéciaux, la marche des esclaves noirs enchaînés, le froid de la nuit qui s’empare du spectateur : le dernier film de Tarantino, « Django Unchained », s’ouvre sur des plans spectaculaires, dignes des westerns, pour présenter une fable d’amour et de vengeance, aux États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession.

L’odyssée des deux protagonistes, l’esclave noir Django et le docteur Schultz, à travers le Texas et le Mississippi, se terminera par l’affranchissement de Django (Jamie Foxx) et ses retrouvailles avec sa femme Broomhilda (Kerry Washington). La scène finale, après un feu d’artifice de balles et de sang, montre un incendie dévastateur, comme à la fin de « Rebecca » d’Hitchcock (1940). Les deux amoureux, enfin réunis et saufs, contemplent l’immense bâtisse de style néoclassique typique de l’architecture du Sud, la demeure du propriétaire de la plantation, Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), à laquelle Django a mis le feu – dernier acte de représailles contre les blancs et contre le traître noir Stephen (Samuel L. Jackson).

Esthétique kitsch postmoderne

Ainsi que le veut le genre du western, souvent comparé à la tragédie grecque, les grands sentiments sont là – l’amour et la haine –, mais le mélange est saugrenu, exorbitant, selon les principes de l’esthétique kitsch postmoderne, qui offre toutes les émotions possibles juxtaposées, comme les produits variés dans un supermarché. Car la signature de Tarantino promet une violence excessive, « gratuite », comme elle a été souvent définie, conjuguée à une ambition morale qui se pare d’amoralité (ou vice versa) : les bons sentiments politiquement corrects et les mauvais sentiments politiquement incorrects sont malaxés dans l’effervescence des images, de l’intrigue, des dialogues.

Et, comme dans le style postmoderne, les passions tragiques et le sentimentalisme mélodramatique sont combinés au plaisir de la comédie et de la farce : la caricature des personnages méprisables – tel le propriétaire de Candyland (!), Calvin, homme cruel et sanguinaire, passionné de lutte Mandingo – provoque le rire plus que l’indignation, et une ironie délicieuse émane de l’adorable docteur Schultz (Christoph Waltz), chasseur de primes, anti-esclavagiste convaincu, qui fait le mal pour le bien.

Quant aux mauvais sentiments, au langage obscène, à la profusion du terme « nigger », ils correspondent à ce que Tarantino adore et ce sur quoi on n’arrête pas de l’interroger : une brutalité extrême qui indique que, pour lui, le cinéma n’a pas grand-chose à voir avec la réalité du monde et de ses malheurs, mais avec l’infinie réalité des images filmiques, inséparables des armes à feu, assaisonnées de conversations qui attrapent au vol des débris de discours politico-sociaux contemporains, que ce soit la misère des non-salariés, comme dans la conversation initiale de « Reservoir Dogs » (1992), ou le nazisme dans « Inglorious Basterds » (2009), ou le racisme américain dans ce dernier film.

À la gloire des œuvres populaires

Le mixage des émotions ne fait qu’exalter l’impureté caractéristique des arts et du cinéma en particulier, où règnent l’adaptation, l’inspiration, la citation, le remake, l’hommage à une œuvre du passé, voire le pillage. Sans parler du va-et-vient le plus composite entre l’image filmique et la bande-son, cher à ces réalisateurs qui, depuis les années 1960, sont imbus de musique pop.

Chez Tarantino, dévoreur d’images et de musique, forgé par maintes formes de culture populaire américaine, l’amalgame des références est époustouflant. Son chef-d’œuvre « Reservoir Dogs », qui montrait sa passion pour la Nouvelle Vague, était inspiré par « The Killing » de Stanley Kubrick (1956) et « City on Fire » (1987) de Ringo Lam Ling-Tung. « Pulp Fiction » (1994) reprenait les histoires des magazines bon marché.

« Django Unchained » puise non seulement dans les premiers westerns, mais aussi dans les séries télévisées des années 1950 et 1960, telles « Bonanza » et « Rawhide », non sans passer par les décors de la série récente sur la fièvre de l’or, « Deadwood » (2004-2006). Tarantino est épris surtout des westerns-spaghetti de Sergio Leone et de Sergio Corbucci, auteur de « Django » (1966), auquel il rend hommage en reprenant le nom du personnage et le thème musical de Luis Bacalov.

Bric-à-brac vertigineux tout en surface

Un bric-à-brac de genres, sous-genres et contre-genres chante la gloire des œuvres populaires, dans le bruit des lames de couteau et des armes à feu, où l’on tue comme on mange des cacahuètes, dans le rythme vertigineux de l’action et des dialogues interminables, dans la filiation des « Trois Mousquetaires », œuvre qui orne la bibliothèque de Calvin Candie.

On comprend la différence entre le cinéphile et le geek : le populaire absolu du western de Tarantino sorti en France en janvier 2013, contrairement aux « westerns » urbains de Scorsese dans les années 1970 ou au western mystique « Dead Man » (1995) de Jim Jarmusch, n’est pas profond. Mais, divertissement, pure surface, il surfe sur les choses et les idées, comme les accents — allemand ou du Sud — colorent les voix des acteurs, ou les effets spéciaux, les décors et les gros plans style télé de « Django Unchained » frappent les yeux et les esprits le temps d’un éclair.

On peut regretter la pensée de la caméra et la cruelle intensité existentielle de « Reservoir Dogs », mais on a du plaisir et on est gagné par le bonheur des acteurs et du metteur en scène s’adonnant à fond à cette activité inépuisable chez les êtres humains : faire semblant.

À lire aussi sur CinéObs :

– « Django Unchained » : le Tarantino de la maturité ? par Pascal Mérigeau

– Quentin Tarantino : « Au cinéma, la vengeance, ça ne craint rien », interview par Olivier Bonnard

Voir de plus:

« Django Unchained » ou l’ambiguïté de la violence dans les films de Tarantino

Célia Sauvage

Chargée d’enseignement à Paris III
Le Nouvel Obs
20-01-2013

LE PLUS. « Django Unchained » est un hommage au western spaghetti et en particulier à celui de Sergio Corbucci, « Django ». Après « Inglourious Basterds », le film se veut le deuxième épisode de Tarantino d’une trilogie sur l’oppression. Mais la représentation de la violence par le réalisateur est problématique pour Célia Sauvage, auteur de « Critiquer Quentin Tarantino est-il raisonnable ? » (en librairies le 15 février, éd. Vrin). (SPOILERS).

Alors que « Django Unchained », dernier film de Quentin Tarantino, sort aux États-Unis, le pays est encore sévèrement secoué après la tuerie de Newtown – le massacre relançant le débat sur l’influence de la violence dans les médias. Inévitablement, la réception de « Django Unchained » a été recentrée, moins sur le sujet de l’esclavage américain, que sur la violence des films du réalisateur.

Une trilogie sur l’oppression 

Pas peu fier de cultiver l’art de la polémique, le cinéaste s’est ainsi exprimé violemment contre un journaliste britannique, tentant de réinscrire ses films dans l’actualité médiatique. Tarantino refuse alors férocement de s’expliquer à nouveau sur l’absence de rapports entre le goût pour les films violents et pour la violence réelle : « Je ne mords pas à l’hameçon. Je refuse votre question. Je ne suis pas votre esclave et vous n’êtes pas mon maître. Je ne suis pas votre singe. Je réitère, je ne répondrai pas. »

Tarantino a définitivement fait taire les accusations à l’encontre de ses films jugés fun, cool, mais vides et inconséquents, en s’engageant dans ce qu’il nomme « une trilogie politique et historique sur l’oppression« , commencée en 2009 avec « Inglourious Basterds« .

L’accusation d’esthétisation de la violence, devenue un objet de spectacle gratuit, décontextualisé de toute mise en perspective morale ou politique, semble certes tomber en désuétude derrière le choix récent de sujets politiques sensibles – les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale et l’esclavage afro-américain. Mais, le tournant en apparence politique que prend le cinéma de Tarantino cache une violence tout autant injustifiée qui mérite d’être réinterrogée.

Un argumentaire politisant et bien rôdé

Depuis « Kill Bill », on peut résumer l’ensemble des films de Tarantino à des récits de vengeance, thème de prédilection du cinéaste. Chacun des films use d’un processus de justification souvent simpliste et conservateur :

– La Mariée venge, dans un premier temps, son honneur de femme bafouée, puis, tue pour sauver son enfant : « Kill Bill » ;

– Un groupe de cascadeuses prend sa revanche sur un pervers misogyne qui tue des pauvres innocentes pour sa propre jouissance : « Boulevard de la mort » ;

– Une juive et un groupe de soldats américains partent en croisade pour corriger l’ennemi nazi : « Inglourious Basterds » ;

– Un esclave afro-américain sauve sa femme de propriétaires blancs abusifs et sadiques : « Django Unchained ».

Que la vengeance relève de motivations personnelles ou plus universelles, elle semble ainsi perdre de son caractère gratuit, sous couvert d’un argumentaire en surface politisant bien rodé.

Le premier volet de la « trilogie de l’oppression », « Inglourious Basterds », vient à première vue satisfaire un fantasme de revanche contre les plus grands méchants désignés par l’histoire de l’humanité. La violence contre les nazis serait ici une juste rétribution. Eli Roth, réalisateur ultra-violent de la série « Hostel », décrit ainsi le film comme du « porno kasher » : « ça relève presque d’une satisfaction sexuelle profonde de vouloir tuer des nazis, d’un orgasme presque. Mon personnage tue des nazis. Je peux regarder ça en boucle ». Lawrence Bender, le producteur, déclare à Tarantino : « en tant que membre de la communauté juive, je te remercie, parce que ce film est un putain de rêve pour les juifs ».

Rompre avec le politiquement correct

Pour défendre la violence de son film, le cinéaste explique lui-même avoir voulu rompre avec les traditions politiquement correctes : « Les films traitant de l’Holocauste représentent toujours les juifs comme des victimes. Je connais cette histoire. Je veux voir quelque chose de différent. Je veux voir des Allemands qui craignent les juifs. Ne tombons pas dans le misérabilisme et faisons plutôt un film d’action fun. »

Ce choix esthétique met le sujet historique au second plan et vient prouver implicitement qu’il n’a aucune perspective morale – ceci expliquant les nombreuses accusations de révisionnisme à l’encontre du film. Lorsqu’un journaliste lui fait d’ailleurs remarquer que la violence excessive contre les nazis puisse offenser certains spectateurs, Tarantino lui répond avec une désinvolture déconcertante : « Pourquoi me condamnerait-on ? Parce que j’étais trop brutal avec les nazis ? ».

« Django Unchained » est donc une réponse évidente à « Inglourious Basterds ». À nouveau, le sujet politique de fond, l’esclavage américain, semble évincé, bien qu’étant présenté comme l’argument promotionnel premier des discours de Tarantino qui répète sans hésiter qu’il a la capacité et la légitimité de faire un film sur ce sujet. Il n’hésite pas à affirmer, par une pirouette mystique, qu’il a été, dans une vie antérieure, « un esclave noir américain. Je pense même que j’ai trois vies. […] C’est juste un pressentiment. Un truc que je sais ».

Cette anecdote a été mal reçue par la communauté afro-américaine car, non seulement Tarantino réitérait une énième fois être « black inside » mais s’appropriait cette fois l’événement le plus important de l’histoire afro-américaine comme si un blanc pouvait comprendre sans difficulté ce dont la communauté afro-américaine avait pourtant mis des siècles à assimiler.

Le réalisateur afro-américain, Spike Lee, de longue date en conflit avec Tarantino, n’a d’ailleurs pas hésité à exprimer son désaccord avec ce film jugé « irrespectueux pour ses ancêtres ». Tarantino pense pourtant réaliser le film sur l’esclavage « que l’Amérique n’a jamais voulu faire parce qu’elle en a honte ».

Une nouvelle manière d’évoquer la vengeance

Dans le fond, l’idéologie et la réflexion politique intéresse peu Tarantino. L’esclavage est une nouvelle configuration de ses récits de vengeance, une nouvelle exploration d’un genre cinématographique, ici le western spaghetti. Il le dit lui-même : « J’avais envie que Django Unchained traite du voyage initiatique de mon personnage et que l’esclavagisme n’apparaisse qu’en toile de fond. Pour moi, l’histoire avait plus de sens, était plus puissante, si elle était présentée à travers un genre comme le western spaghetti qui permet l’aventure et une forme d’excitation absente des films historiques. »

À nouveau l’argument du fun, de l’excitation, vient secondariser le sujet politique. Tarantino préfère dédramatiser son propos au risque de le décontextualiser. La vengeance de Django ne semble d’ailleurs pas animée de motivations politiques. Il fait preuve de cruauté aussi bien en massacrant les oppresseurs blancs, qu’en humiliant d’autres esclaves noirs. Le film se termine sur la mort sadique par Django du traitre noir, devenu une caricature de l’oncle Tom, ami des blancs. Devenu à son tour l’opprimé oppresseur, Django s’enfuit victorieux du massacre final, paradoxalement en endossant fièrement le costume de M. Candie, le négrier monstrueux qu’il a sévèrement corrigé.

L’usage de la violence était déjà tout autant problématique à la fin d’ »Inglourious Basterds ». Durant l’Opération Kino, les nazis nous sont d’abord présentés comme un public extatique devant la violence des images de leur film de propagande. Mais dans un effet de renversement, c’est ensuite les Basterds et Shoshanna qui nous sont présentés dans le même rôle du public jouissant de la violence du spectacle. Les « Basterds » transforment d’ailleurs rapidement leur croisade, non en leçon morale d’humanité, mais plutôt en spectacle trivial, se moquant sans impunité des soldats allemands.

En décontextualisant idéologiquement les sujets politiques de fond, Tarantino facilite en un sens la consommation de son cinéma, au profit d’un plaisir plus immédiat avec ses spectateurs, dénué de toute moralisation. Mais il propose dans le même temps une vision réductrice, fétichisée, simplifiant souvent l’Histoire à l’histoire du cinéma. Cela peut paraître cool de citer des discours transgressifs sur la violence mais, sur le mode de la fétichisation, Tarantino occulte tout l’arrière-plan historique

Voir aussi:

‘Give me a break’ – Tarantino tires of defending ultra-violent films after Sandy Hook massacre
The Django Unchained director spoke at a press conference in New York a day after Friday’s Connecticut massacre
Matilda Battersby
The Independant
18 December 2012

In the wake of Friday’s shootings at a school in Connecticut which left 26 dead, arts events across America were cancelled.

But director of ultra-violent film Django Unchained went ahead with a press junket on Saturday, and went on to remark that he is tired of defending his films every time America is rocked by gun violence.

Speaking in New York Quentin Tarantino said: “I just think you know there’s violence in the world, tragedies happen, blame the playmakers. It’s a western. Give me a break. »

The Oscar-nominated director of Inglourious Basterds and the Palme d’Or winning Pulp Fiction, said blame for violence should remain squarely with the perpetrators.

At the weekend both the Jack Reacher and Parental Guidance film premieres were cancelled in response to Friday’s massacre.

Reacher, which stars Tom Cruise, features a sniper attack. A spokesman for Paramount Pictures said: « Due to the terrible tragedy in Newtown, Connecticut, and out of honour and respect for the families of the victims whose lives were senselessly taken, we are postponing the Pittsburgh premiere of Jack Reacher. Our hearts go out to all those who lost loved ones. »

Speaking of the cancelled red carpet premiere and party for Parental Guidance, which stars Billy Crystal, Bette Midler and Marisa Tomei, a Fox spokesman said: « In light of the horrific tragedy in Newtown, Connecticut we are cancelling the red carpet event and the after party for the Parental Guidance premiere, scheduled today in downtown Los Angeles. The hearts of all involved with this film go out to the victims, their families, their community, and our entire nation in mourning.”

Fox TV screened repeats of comedy series Family Guy and American Dad last night instead of the scheduled Christmas specials, both of which are said to have featured school children and were deemed potentially insensitive.

Twenty children and six women died in the attack at Sandy Hook school by a gunman who shot himself dead at the scene.

Voir également:

Etats-Unis. La police veut boycotter les films de Tarantino
Courrier international
29/10/2015

Les syndicats de policiers de New York et de Los Angeles s’insurgent contre les propos tenus par le réalisateur hollywoodien lors d’une récente manifestation contre les violences policières.

“Le plus grand syndicat de police de Los Angeles soutient l’appel au boycott des films de Quentin Tarantino lancé par le NYPD [le département de police de New York]”, rapporte le Los Angeles Times.

Lors d’une manifestation contre les violences policières organisée samedi 24 octobre dans la Grosse Pomme, le réalisateur a en effet déclaré : “Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés.”

Cette phrase, prononcée quelques jours seulement “après la mort d’un officier de police du NYPD lors d’une course-poursuite d’un suspect dans le quartier de East Harlem” a mis le feu aux poudres, souligne le quotidien de Los Angeles.

Dans un communiqué publié le 27 octobre, la Los Angeles Police Protective League, le principal syndicat de police de Los Angeles, a dénoncé les “propos incendiaires” du réalisateur. “Nous sommes en faveur d’un dialogue constructif sur la façon dont la police interagit avec les citoyens de ce pays, peut-on y lire, mais il n’y a pas place pour les propos incendiaires qui font des policiers des cibles de choix.”

Le prochain film de Quentin Tarantino, un western intitulé The Hateful Eight (Les Huit Salopards), doit sortir sur les écrans américains le jour de Noël, le 6 janvier en France.

Voir encore:

Violences policières
Les policiers américains toujours en colère contre Tarantino

Caroline Besse
Télérama

30/10/2015

Le réalisateur avait participé à un rassemblement à New York dénonçant la mort de plusieurs personnes noires à la suite d’interpellations violentes. Les syndicats des forces de l’ordre l’accusent de jeter de l’huile sur le feu.
Quentin Tarantino ne se doutait certainement pas que sa participation au rassemblement du 24 octobre contre les violences « et la terreur » policières, à laquelle il a participé le week-end dernier à New York, provoquerait une telle ire de la part de la police. Après ceux de New York et de Los Angeles, le syndicat de police de Philadelphie a en effet appelé au boycott des films du réalisateur de Pulp Fiction après sa participation à la manifestation. Baptisé « Rise up October », ce rassemblement était organisé pour dénoncer la mort de plusieurs personnes noires après de violentes interpellations policières — récemment, Michael Brown à Ferguson, Christian Taylor au Texas ou Freddie Gray à Baltimore… Des morts qui avaient ensuite provoqué des émeutes.

 « Monsieur Tarantino gagne bien sa vie grâce à ses films, diffusant de la violence dans la société, et montrant du respect pour des criminels. Et maintenant, on se rend compte qu’il déteste les flics », a notamment déclaré le Philadelphia Fraternal Order of Police Lodge 5. « La rhétorique haineuse déshumanise la police et encourage les attaques à notre encontre », a-t-il ajouté. « Le réalisateur Quentin Tarantino a pris part d’une façon irresponsable et totalement inacceptable à ce qui s’est passé le week-end dernier à New York en assimilant les policiers à des meutriers », a dit de son côté la Los Angeles Police Protective League.

« Je suis un être humain avec une conscience… Si vous pensez qu’un meurtre est en train d’être perpétré, vous devez intervenir. Je suis ici pour dire que je suis du côté des victimes », avait notamment déclaré le réalisateur devant la foule présente. « Je dois appeler un meutre un meurtre, et des meutriers des meurtriers. »

Selon le New York Post, certains manifestants portaient des badges où il était inscrit : « Réagissez ! Stop à la terreur policière ! » ou encore : « Un meurtre commis par quelqu’un qui porte un insigne est toujours un meurtre. » A l’issue du rassemblement, onze personnes avaient d’ailleurs été arrêtées.

“C’est un mauvais timing.”
« Honte à lui, particulièrement au moment où nous portons le deuil, après le meurtre d’un policier new-yorkais », avait déclaré le chef de la police de la ville, Bill Bratton. Le rassemblement avait en effet eu lieu quatre jours après le meurtre d’un policier, l’agent du NYPD Randolph Holder, tué d’une balle dans le front alors qu’il poursuivait un homme armé dans Harlem. Interrogé sur ces fâcheuses circonstances, Tarantino avait répondu : « C’est comme ça. C’est un mauvais timing. Mais nous avons demandé à toutes ces familles de venir, et de raconter leur histoire. Ce flic tué, c’est aussi une tragédie. »

Alors que Quentin Tarantino est depuis silencieux, Carl Dix, l’un des organisateurs du mouvement Rising October, a comparé l’appel au boycott des films par la police à l’attitude qu’aurait pu avoir la mafia : « Surtout, ne vous aventurez pas à critiquer la police qui tue des gens, ou il vous sera impossible de travailler dans la ville. » Selon lui, le message de la police est une menace qui ne vise pas seulement le réalisateur, mais toutes les voix qui comptent dans la société.

Voir de même:

Quentin Tarantino : la police de New York appelle au boycott de ses films
Metro

26-10-2015

TRUE STORY – Quentin Tarantino est la cible des policiers new-yorkais. La raison ? Le réalisateur a fait le déplacement depuis Los Angeles pour participer à une manifestation ce samedi dans les rues de la Grande Pomme contre les violences policières. Un engagement qui n’est pas du tout du goût des forces de l’ordre…

Le réalisateur de Pulp Fiction n’est pas prêt de voir les policiers new-yorkais assister à la projection de son prochain film. Un froid qui survient après la participation de Quentin Tarantino au rassemblement « Rise Up October », soit une manifestation de trois jours organisée à New York pour mettre fin à la violence policière et réclamer une réforme du système judiciaire.

Les participants ont prononcé les noms des 250 victimes non armées tuées par des agents de police depuis 1990. Dont celui de Michael Brown, 18 ans, un adolescent afro-américain abattu par la police à Ferguson (Missouri) en août 2014, un décès qui avait provoqué des émeutes dans tous les États-Unis, ou encore celui de Tamir Rice, 12 ans, tué par les forces de l’ordre alors qu’il jouait avec un pistolet en plastique en novembre 2014 à Cleveland (Ohio). Les manifestants brandissaient des pancartes ou des photos de leurs proches victimes d’abus de la police.

C’est un timing maladroit qui a provoqué la colère de la police

Une réunion anti « terreur policière » pour laquelle Quentin Tarantino a prononcé quelques mots : « Quand je vois des meurtres, je ne reste pas là sans rien faire… Il faut appeler les meurtriers des meurtriers ». Malheureusement, quelques jours plus tôt un agent de la police de New-York tombait, tué d’une balle dans la tête par un suspect récidiviste, dans l’exercice de son travail.

Déjà quatre policiers New-yorkais sont morts depuis moins d’un an à New-York. De tristes chiffres qui restent le fruit des lois sur les armes à feu des États-Unis, où les forces de l’ordre sont forcément plus exposées au risque d’être confrontées à des suspects armés qu’en Europe par exemple.

Patrick Lynch, président d’une association d’agents des forces de l’ordre de New York, n’a pas pu se taire face à la présence de Quentin Tarantino à ces journées de protestations : « Ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers » a-t-il déclaré au New-York Post, avant d’ajouter : « Les officiers de police que Tarantino appelle des meurtriers ne vivent pas dans une de ses fictions dépravées sur grand écran. Ils prennent des risques et doivent parfois même sacrifier leur vie afin de protéger les communautés des vrais crimes. (…) Il est temps de boycotter les films de Quentin Tarantino”.

Les 8 Salopards, prévu pour une sortie le 6 janvier 2016 ne risque pas d’attirer beaucoup d’agents de la Grande Pomme en salles…

Voir aussi:

Police union calls for Tarantino boycott after anti-cop rally
By Dana Sauchelli, Priscilla DeGregory, Daniel Prendergast, Tom Wilson and Larry Celona
The New York Post

October 25, 2015

The city’s police union is calling for a boycott of Quentin Tarantino films after the “Pulp Fiction’’ director took part in an anti-cop rally less than a week after an officer was killed on the job.

“When I see murders, I do not stand by . . . I have to call the murderers the murderers,” the director — notorious for his violent movies — told a crowd of protesters in Washington Square Park on Saturday, adding that cops are too often “murderers.”

Patrick Lynch, president of the Patrolmen’s Benevolent Association, lashed out against the “Reservoir Dogs” auteur Sunday.

“It’s no surprise that someone who makes a living glorifying crime and violence is a cop-hater, too,” Lynch said in a statement.

“The police officers that Quentin Tarantino calls ‘murderers’ aren’t living in one of his depraved big-screen fantasies — they’re risking and sometimes sacrificing their lives to protect communities from real crime and mayhem.

“New Yorkers need to send a message to this purveyor of degeneracy that he has no business coming to our city to peddle his slanderous ‘Cop Fiction.’ ”

Tarantino acknowledged Saturday that the timing of the rally was “unfortunate.” But he said people had already traveled to be a part of the gathering.

Relatives of Police Officer Randolph Holder, who was killed in East Harlem Tuesday night, were far from appeased.

“I think it’s very disrespectful,” his cousin Shauntel Abrams, 27, said of the protest as she and other relatives gathered at the Church of the Nazarene in Far Rockaway ahead of Holder’s funeral Wednesday.

“Everyone forgets that behind the uniform is a person.”

Meanwhile, retired Police Officer John Mangan, who used to work at PSA 5, where Holder had been stationed, took to the streets on Sunday with a sign reading, “God bless the NYPD,” for a one-man march.

He walked the 7¹/₂ miles from the East Harlem station house to City Hall in a show of support for the fallen cop.

Voir de plus:

LAPD union joins NYPD in call to boycott Quentin Tarantino films

Director Quentin Tarantino participates in a rally to protest police brutality in New York.

James Queally

LA Times (Associated Press)

October 25, 2015

The Los Angeles Police Department’s largest union has thrown its support behind the NYPD’s call for a boycott of Quentin Tarantino’s films after the « Pulp Fiction » director referred to some police officers as murderers during a rally in New York City over the weekend.

Los Angeles Police Protective League President Craig Lally said comments like Tarantino’s encourage attacks on officers and said the union would support the call for a boycott of his films.

Tarantino flew from California to New York City to take part in a protest against police brutality on Saturday, and comments he made during the march quickly drew the ire of the New York Police Department’s Patrolmen’s Benevolent Assn.

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« I’m a human being with a conscience, » Tarantino said, according to the Associated Press. « And if you believe there’s murder going on then you need to rise up and stand up against it. I’m here to say I’m on the side of the murdered. »

Ambushes of police are rising again at a difficult time for law enforcement
The comments, which came just days after New York police Officer Randolph Holder was shot and killed while chasing a suspect in East Harlem, prompted furious reactions from NYPD union President Pat Lynch and Police Commissioner William Bratton.

“We fully support constructive dialogue about how police interact with citizens. But there is no place for inflammatory rhetoric that makes police officers even bigger targets than we already are, » Lally said in a statement this week. « Film director Quentin Tarantino took irresponsibility to a new and completely unacceptable level this past weekend by referring to police as murderers during an anti-police march in New York. »

Tarantino’s films are notoriously violent, something critics were quick to harp on. While one of the director’s most iconic scenes involved the torture and eventual murder of a police officer in « Reservoir Dogs,” scores of gangsters, soldiers and other characters have found themselves decapitated or otherwise killed in gruesome fashion in a Tarantino film.

« The Hateful Eight, » a western directed by Tarantino, is set to premiere on Christmas Day.

Voir également:

Tarantino On ‘Django,’ Violence And Catharsis
NPR Staff
December 28, 2012

Transcript

Director Quentin Tarantino has not shied away from painful parts of history. He handled World War II in Inglourious Basterds and now delves into slavery in Django Unchained.

In Quentin Tarantino’s new film, Django Unchained, Jamie Foxx plays the title character, a freed slave turned bounty hunter searching for his wife and their plantation tormentors.

As is the case with all of Tarantino’s films, Django Unchained is incredibly violent. We spoke to the director before the school shootings in Newtown, Conn., and before critics had taken him to task for the film’s brutality. The film also is being debated for the way it brings humor to the story of slavery.

Yet Tarantino insisted then — as he does now — that his new film has a good heart. It’s a love story, he says. And, as with his previous film Inglourious Basterds, it’s also a brand of revisionist history he hopes Americans will find cathartic.

Tarantino speaks with All Things Considered host Audie Cornish about the touchy topics of the film and what he hopes the audience will bring away from it.

Interview Highlights

On making a traditionally somber topic the subject of an action movie

« I do think it’s a cultural catharsis, and it’s a cinematic catharsis. Even — it can even be good for the soul, actually. I mean, not to sound like a brute, but one of the things though that I actually think can be a drag for a whole lot of people about watching a movie about, either dealing with slavery or dealing with the Holocaust, is just, it’s just going to be pain, pain and more pain. And at some point, all those Holocaust TV movies — it’s like, ‘God, I just can’t watch another one of these.’ But to actually take an action story and put it in that kind of backdrop where slavery or the pain of World War II is the backdrop of an exciting adventure story — that can be something else. And then in my adventure story, I can have the people who are historically portrayed as the victims be the victors and the avengers. »

On walking the line between entertainment and exploitation

« I’m not coming from an exploitive place. If you shoot sex like an artist, it’s an artistic representation. If you shoot sex like a pornographer, then it looks like pornography. I want you to see America in 1858 in Chickasaw County [Miss.], and I think we need to see that. You know, it might be one of those things. At the very end of the day, who knows? We’ll find out — court of public opinion will say. But it might be one of those things where, God, you know, maybe it is actually too rough, too painful for a lot of black folks of this generation. But there’s the next generation coming out, and they’re going to live in a world where Django Unchained already exists. »

On why he thinks Hollywood is afraid to approach the subject matter the way he does

« You know, there’s not this big demand for, you know, movies that deal with the darkest part of America’s history, and the part that we’re still paying for to this day. They’re scared of how white audiences are going to feel about it; they’re scared about how black audiences are going to feel about it. And if you tell the story and … you mess it up, you’ve really messed it up.

Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), a slave owner, holds Django’s wife captive.
Andrew Cooper/The Weinstein Company
« To tell you the truth, a couple of white Southern actors were offended by it. No black actors that I know of were offended. And I never heard any black actors say an unequivocal ‘No.’ « 

On the idea that white audience members will have a hard time connecting with the subject

« If you have a white audience member sitting there watching the movie, and they’re sitting there and they’re thinking, ‘Well, I didn’t do this. My family didn’t make money off of this, so I have nothing to do with this, nor does anybody in my family have anything to do with this,’ that’s actually a completely fair statement, you know. People don’t have to feel personally guilty about stuff that happened a hundred years ago, but what I expect those people to do is go and see the movie and completely identify with Django 100 percent. And his triumph is their triumph. And they’re going to be cheering him along all the way, and maybe even sometimes, every once in a while, even a little louder. »

Voir par ailleurs:

Quentin Tarantino, ‘Unchained’ And Unruly
NPR

January 02, 2013

Transcript

Quentin Tarantino’s film Django Unchained is a spaghetti western-inspired revenge film set in the antebellum South; it’s about a former slave who teams up with a bounty hunter to target the plantation owner who owns his wife.

The cinematic violence that has come to characterize Tarantino’s work as a screenwriter and director — from Reservoir Dogs at the start of his career in 1992 to 2009’s Inglourious Basterds — is front and center again in Django. And he’s making no apologies.

« What happened during slavery times is a thousand times worse than [what] I show, » he says. « So if I were to show it a thousand times worse, to me, that wouldn’t be exploitative, that would just be how it is. If you can’t take it, you can’t take it.

« Now, I wasn’t trying to do a Schindler’s List you-are-there-under-the-barbed-wire-of-Auschwitz. I wanted the film to be more entertaining than that. … But there’s two types of violence in this film: There’s the brutal reality that slaves lived under for … 245 years, and then there’s the violence of Django’s retribution. And that’s movie violence, and that’s fun and that’s cool, and that’s really enjoyable and kind of what you’re waiting for. »

That said, Tarantino is clear about what — for him — is acceptable violence in a movie and what crosses a line.

« The only thing that I’ve ever watched in a movie that I wished I’d never seen is real-life animal death or real-life insect death in a movie. That’s absolutely, positively where I draw the line. And a lot of European and Asian movies do that, and we even did that in America for a little bit of time. … I don’t like seeing animals murdered on screen. Movies are about make-believe. … I don’t think there’s any place in a movie for real death. »

In the case of Django, Tarantino tells Fresh Air host Terry Gross that he was much more uncomfortable with the prospect of writing the language of white supremacists and directing African-Americans in scenes depicting slavery on American soil than he was about any physical violence being portrayed. His anxiety about directing the slavery scenes was so great, in fact, that he considered shooting abroad.

« I actually went out after I finished the script … with Sidney Poitier for dinner, » he says. « And was telling him about my story, and then telling him about my trepidation and my little plan of how I was going to get past it, and he said, … ‘Quentin, I don’t think you should do that. … What you’re just telling me is you’re a little afraid of your own movie, and you just need to get over that. If you’re going to tell this story, you need to not be afraid of it. You need to do it. Everyone gets it. Everyone knows what’s going on. We’re making a movie. They get it.' »

Interview Highlights
On the catchphrase ‘The D is silent’

« I thought everyone would know how to say the name ‘Django.’ Even if it wasn’t from the spaghetti westerns, at least from Django Reinhardt you would know how to say it. And people would read the script [and say], ‘Oh! D-jango Unchained. OK! » And people would say it all the time. Frankly, I considered it an intelligence test. If you say D-jango you’re definitely going down in my book. »

On conventional slave narratives on screen

There haven’t been that many slave narratives in the last 40 years of cinema, and usually when there are, they’re usually done on television, and for the most part … they’re historical movies, like history with a capital H. Basically, ‘This happened, then this happened, then that happened, then this happened.’ And that can be fine, well enough, but for the most part they keep you at arm’s length dramatically.
« There haven’t been that many slave narratives in the last 40 years of cinema, and usually when there are, they’re usually done on television, and for the most part … they’re historical movies, like history with a capital H. Basically, ‘This happened, then this happened, then that happened, then this happened.’ And that can be fine, well enough, but for the most part they keep you at arm’s length dramatically. Because also there is this kind of level of good taste that they’re trying to deal with … and frankly oftentimes they just feel like dusty textbooks just barely dramatized. »

On giving an enslaved character a heroic journey

« I like the idea of telling these stories and taking stories that oftentimes — if played out in the way that they’re normally played out — just end up becoming soul-deadening, because you’re just watching victimization all the time. And now you get a chance to put a spin on it and actually take a slave character and give him a heroic journey, make him heroic, make him give his payback, and actually show this epic journey and give it the kind of folkloric tale that it deserves — the kind of grand-opera stage it deserves. »

On how Westerns from different decades reflect the concerns of their times

« One of the things that’s interesting about Westerns in particular is [that] there’s no other genre that reflects the decade that they were made or the morals and the feelings of Americans during that decade [more] than Westerns. Westerns are always a magnifying glass as far as that’s concerned.

« The Westerns of the ’50s definitely have an Eisenhower, birth of suburbia and plentiful times aspect to them. America started little by little catching up with its racist past by the ’50s, at the very, very beginning of [that decade], and that started being reflected in Westerns. Consequently, the late ’60s have a very Vietnam vibe to the Westerns, leading into the ’70s. And by the mid-’70s, you know, most of the Westerns literally could be called ‘Watergate Westerns,’ because it was about disillusionment and tearing down the myths that we have spent so much time building up. »

On his early introductions to African-American culture

« [My mother’s] boyfriends would come over, and they’d … take me to blaxploitation movies, trying to, you know, get me to like them and buy me footballs and stuff, and … my mom and her friends would take me to cool bars and stuff, where they’d be playing cool, live rhythm-and-blues music … and I’d be drinking … Shirley Temples — I think I called them James Bond because I didn’t like the name Shirley Temples — and eat Mexican food … while Jimmy Soul and a cool band would be, you know, playing in some lava lounge-y kind of ’70s cocktail lounge. It was really cool. It made me grow up in a real big way. When I would hang around with kids I’d think they were really childish. I used to hang around with really groovy adults. »

Voir encore:

Le prochain Tarantino s’appellera « Les Huit Salopards » en version française
Le Parisien

16 Sept. 2015

« The Hateful Eight »- « Les Huit Salopards » sortira dans les salles obscures début 2016. All Rights Reserved
Le distributeur du 8e long-métrage de Quentin Tarantino, SND, vient d’annoncer le titre français du film « The Hateful Eight ».

La décision est en grande partie celle du réalisateur lui-même qui souhaite renouer avec les racines du western américain.

 Aussi, le film a été tourné dans un format aujourd’hui disparu, le 70mm Panavision, et  la musique est signée par Ennio Morricone, le compositeur italien connu pour avoir imaginé les bandes originales de « Pour une poignée de dollars », « Le Bon, la Brute, et le Truand » ou encore « Il était une fois dans l’Ouest ».

« Les Huit Salopards » fait référence au film « Les Douze Salopards » de Robert Aldrich, et « Les Sept Salopards » de Bruno Fontana.

Il s’agit du deuxième western du cinéaste, trois ans après « Django Unchained ». « The Hateful Eight » plante son décor dans le désert enneigé du Wyoming juste après la guerre civile américaine (1861-1865). Huit personnes sont coincées dans un relais de diligence en raison d’une tempête de neige qui empêche la progression de leur diligence. Samuel L. Jackson sera Warren, alias « The Bounty Hunter ». Kurt Russel incarnera « The Gunman » John Ruth. Seule femme de la bande, « The Prisoner » Daisy Domergue sera campée par Jennifer Jason Leigh. « The Sherif » Chris Mannix sera interprété par Walton Goggins. Demian Bichir héritera du rôle de Bob « The Mexican ». Tim Roth sera Oswaldo Mobray « The Little Man ». Michael Madsen prêtera ses traits à Joe Gage « The Cow Puncher » et Bruce Dern interprétera « The Confederate » Sandy Smithers.

« The Hateful Eight » ou « Les Huit Salopards » sortira le 8 janvier 2016 aux États-Unis, en attendant une date française.

Voir enfin:

Chiraq de Spike Lee suscite la polémique à Chicago
Jérôme Lachasse
Le Figaro

01/06/2015

Le titre du nouveau long métrage du réalisateur de Malcolm X, en référence à la violence par armes à feu, irrite les habitants de la ville des vents, où le tournage vient de commencer.

Le nouveau film de Spike Lee, Chiraq, suscite la polémique à Chicago, où le tournage vient de débuter. En cause: le titre. Cette expression, contraction de «Chicago» et d’«Iraq», a été inventée par des rappeurs locaux en référence à une zone du sud de la ville où la violence par armes à feu prolifère. Plusieurs hommes politiques ont déjà dénoncé ce titre qui risque, selon eux, d’offrir une vision négative de la ville des vents. Le maire de Chicago Rahm Emanuel (Parti démocrate) a contesté le mois dernier le titre, indiquant que la ville devrait avoir son mot à dire après la réduction fiscale de 3 millions de dollars accordée au long métrage.

Les Chicagoans, confrontés chaque jour à la violence, voient eux aussi d’un mauvais œil le tournage, rapporte le New York Times. Janelle Rush, une étudiante de 24 ans citée par le quotidien américain, n’apprécie pas le titre, mais pense «qu’il serait judicieux de montrer les quartiers de la ville que les médias ne montrent pas». Elle espère cependant «que[ce film] pourra renverser la tendance et présenter [Chicago] sous un aspect positif. Pour révéler qu’il y a autre chose que la violence par armes à feu».

Pour le moment, Spike Lee n’a pas confirmé publiquement le sens de son titre. Chiraq, toujours selon le New York Times, pourrait ainsi être une réécriture de la pièce d’Aristophane Lysistrata, où les femmes entament une grève du sexe pour contraindre les hommes à arrêter la guerre du Péloponnèse. Le réalisateur de Malcolm X (1992) a néanmoins posté le 28 mai sur son compte Instagram une image du clap de tournage. Sur celui-ci est écrit «Peace».

Un temps annoncé au casting, Kanye West a dû annuler sa participation en raison de son emploi du temps chargé. Il pourrait cependant contribuer à la bande originale. John Cusack, Jennifer Hudson, Jeremy Piven, Samuel L. Jackson et Common sont, eux, à l’affiche de ce long métrage produit et distribué par Amazon Studios. La date de sortie n’est pas encore connue.

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Histoire des idées: Quand le cannibalisme devient une affaire de goût (Tupi or not tupi, that is the question: Guess where Brazil’s most Brazilian artist discovered her Brazilianness)

29 octobre, 2015
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Syrian refugees carry their children as they jump off an overcrowded dinghy upon arriving on a beach on the Greek island of Kos, after crossing a part of the Aegean sea from Turkey, August 9, 2015. United Nations refugee agency (UNHCR) called on Greece to take control of the "total chaos" on Mediterranean islands, where thousands of migrants have landed. About 124,000 have arrived this year by sea, many via Turkey, according to Vincent Cochetel, UNHCR director for Europe. REUTERS/Yannis Behrakis TPX IMAGES OF THE DAY - RTX1NN3R

Si toutes les valeurs sont relatives, alors le cannibalisme est une affaire de goût. Leo Strauss
Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu’il est trépassé. Il ne faut pas juger à l’aune de nos critères. (…) Je trouve… qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. (…) Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir ; elle n’a d’autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu… Ils ne demandent à leurs prisonniers autre rançon que la confession et reconnaissance d’être vaincus ; mais il ne s’en trouve pas un, en tout un siècle, qui n’aime mieux la mort que de relâcher, ni par contenance, ni de parole, un seul point d’une grandeur de courage invincible ; il ne s’en voit aucun qui n’aime mieux être tué et mangé, que de requérir seulement de ne l’être pas. Ils les traitent en toute liberté, afin que la vie leur soit d’autant plus chère ; et les entretiennent communément des menaces de leur mort future, des tourments qu’ils y auront à souffrir, des apprêts qu’on dresse pour cet effet, du détranchement de leurs membres et du festin qui se fera à leurs dépens. Tout cela se fait pour cette seule fin d’arracher de leur bouche parole molle ou rabaissée, ou de leur donner envie de s’enfuir, pour gagner cet avantage de les avoir épouvantés, et d’avoir fait force à leur constance. Car aussi, à le bien prendre, c’est en ce seul point que consiste la vraie victoire. Montaigne (1580)
Tupi or not Tupi, that is the question. Oswald de Andrade (1928)
Paris a laissé une trace dans mon intellect. Ce fut comme créer en moi une nouvelle nature, et mon amour pour l’Europe a transformé mon amour de la vie en amour de tout ce qui est civilisé. Et en tant que civilisé, j’ai commencé à connaître mon pays. Emiliano Di Cavalcanti
J’ai retrouvé les couleurs que j’avais adorées enfant et qu’on m’avait enseigné plus tard à considérer comme laides et frustes. Tarsila do Amal
 Je me sens de plus en plus brésilienne : je veux être la peintre de mon pays. Ô combien je suis reconnaissante d’avoir passé toute mon enfance à la campagne, dans l’exploitation familiale. Les réminiscences de cette époque deviennent précieuses pour moi. Dans l’art, je veux être la campagnarde de São Bernardo, qui joue avec les poupées en paille, comme dans le dernier tableau que je peins en ce moment. Ne croyez pas que cette tendance soit mal perçue ici. C’est tout le contraire. Ce que l’on veut, c’est que chacun apporte la contribution de son propre pays. C’est ainsi que l’on explique les succès des ballets russes, des gravures japonaises et de la musique noire. Paris en a assez de l’art parisien. Tarsila do Amal
Ma très chère amie Tarsila/Faites attention ! Emplissez-vous bien des théories, des excuses et des choses vues à Paris. Lorsque vous serez de retour, nous allons nous bagarrer, pour sûr. Dès maintenant je vous lance le défi, vous tous ensemble, Tarsila, Osvaldo et Sergio, d’une discussion formidable. Vous êtes parti à Paris en bourgeois. Vous êtes épatés. Et vous êtes devenus des futuristes ! Hi, hi, hi ! Je pleure de jalousie ! Aïe, aïe, aïe ! Quelle pédale ! Mais, c’est vrai que je vous considère, vous tous, comme des paysans de Paris. Vous n’êtes devenus des Parisiens qu’en surface. C’est horrible, Tarsila ! Tarsila, reviens vers toi-même. Laisse tomber Gris et Lhote, patrons de criticismes dégénérés et d’esthésies d’ardents ! Quitte Paris, Tarsila ! Tarsila, reviens dans la forêt vierge, où il n’y a pas d’art nègre, où il n’y a pas de torrent gentil. Il y a la FORÊT VIERGE. J’ai créé le forêtviergisme. Je suis forêtviergiste. C’est de ça que le monde, l’art, le Brésil et ma très chère Tarsila ont besoin. Mário de Andrade
Abaporu (from Tupi-Guaraní language ‘aba’, ‘pora’, and ‘u’, « the man that eats people ») is an oil painting on canvas by the Brazilian painter Tarsila do Amaral, executed in 1928 as a birthday present to the writer Oswald de Andrade, her husband at the time. It is considered the most valuable painting by a Brazilian artist, having reached the value of $1.4 million, paid by the Argentine collector Eduardo Costantini in an auction in 1995. It is currently displayed at the Latin American Art Museum of Buenos Aires (Spanish: Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires, MALBA) in Buenos Aires, Argentina. The composition: one man, the sun and a cactus – inspired Oswald de Andrade to write the Anthropophagite Manifesto and consequently create Anthropophagic Movement, intended to « swallow » European culture and turn it into something culturally very Brazilian. The style of Abaporu can be traced back to the French modernists, specially Fernand Léger, who taught Tarsila in Paris in 1924. However, the closest resemblance of Abaporu can be found in the Spanish Surrealists, Pablo Picasso and Joan Miró, who also painted a figure with an oversized foot in 1924… Wikipedia
The Manifesto Antropófago (Cannibal Manifesto in English) was published in 1928 by the Brazilian poet and polemicist Oswald de Andrade. The essay was translated to English in 1991 by Leslie Bary; this is the most widely used version. Its argument is that Brazil’s history of « cannibalizing » other cultures is its greatest strength, while playing on the modernists’ primitivist interest in cannibalism as an alleged tribal rite. Cannibalism becomes a way for Brazil to assert itself against European post-colonial cultural domination. The Manifesto’s iconic line is « Tupi or not Tupi: that is the question. » The line is simultaneously a celebration of the Tupi, who practiced certain forms of ritual cannibalism (as detailed in the 16th century writings of André Thévet, Hans Staden, and Jean de Léry), and a metaphorical instance of cannibalism: it eats Shakespeare. Wikipedia
Etrange destinée, étrange préférence que celle de l’ethnographe, sinon de l’anthropologue, qui s’intéresse aux hommes des antipodes plutôt qu’à ses compatriotes, aux superstitions et aux mœurs les plus déconcertantes plutôt qu’aux siennes, comme si je ne sais quelle pudeur ou prudence l’en dissuadait au départ. Si je n’étais pas convaincu que les lumières de la psychanalyse sont fort douteuses, je me demanderais quel ressentiment se trouve sublimé dans cette fascination du lointain, étant bien entendu que refoulement et sublimation, loin d’entraîner de ma part quelque condamnation ou condescendance, me paraissent dans la plupart des cas authentiquement créateurs. (…) Peut-être cette sympathie fondamentale, indispensable pour le sérieux même du travail de l’ethnographe, celui-ci n’a-t-il aucun mal à l’acquérir. Il souffre plutôt d’un défaut symétrique de l’hostilité vulgaire que je relevais il y a un instant. Dès le début, Hérodote n’est pas avare d’éloges pour les Scythes, ni Tacite pour les Germains, dont il oppose complaisamment les vertus à la corruption impériale. Quoique évoque du Chiapas, Las Casas me semble plus occupé à défendre les Indiens qu’à les convertir. Il compare leur civilisation avec celle de l’antiquité gréco-latine et lui donne l’avantage. Les idoles, selon lui, résultent de l’obligation de recourir à des symboles communs à tous les fidèles. Quant aux sacrifices humains, explique-t-il, il ne convient pas de s’y opposer par la force, car ils témoignent de la grande et sincère piété des Mexicains qui, dans l’ignorance où ils se trouvent de la crucifixion du Sauveur, sont bien obligés de lui inventer un équivalent qui n’en soit pas indigne. Je ne pense pas que l’esprit missionnaire explique entièrement un parti-pris de compréhension, que rien ne rebute. La croyance au bon sauvage est peut-être congénitale de l’ethnologie. (…) Nous avons eu les oreilles rebattues de la sagesse des Chinois, inventant la poudre sans s’en servir que pour les feux d’artifice. Certes. Mais, d’une part l’Occident a connu lui aussi la poudre sans longtemps l’employer pour la guerre. Au IXe siècle, le Livre des Feux, de Marcus Graecus en contient déjà la formule ; il faudra attendre plusieurs centaines d’années pour son utilisation militaire, très exactement jusqu’à l’invention de la bombarde, qui permet d’en exploiter la puissance de déflagration. Quant aux Chinois, dès qu’ils ont connu les canons, ils en ont été acheteurs très empressés, avant qu’ils n’en fabriquent eux-mêmes, d’abord avec l’aide d’ingénieurs européens. Dans l’Afrique contemporaine, seule la pauvreté ralentit le remplacement du pilon par les appareils ménagers fabriqués à Saint-Étienne ou à Milan. Mais la misère n’interdit pas l’invasion des récipients en plastique au détriment des poteries et des vanneries traditionnelles. Les plus élégantes des coquettes Foulbé se vêtent de cotonnades imprimées venues des Pays-Bas ou du Japon. Le même phénomène se produit d’ailleurs de façon encore plus accélérée dans la civilisation scientifique et industrielle, béate d’admiration devant toute mécanique nouvelle et ordinateur à clignotants. (…) Je déplore autant qu’un autre la disparition progressive d’un tel capital d’art, de finesse, d’harmonie. Mais je suis tout aussi impuissant contre les avantages du béton et de l’électricité. Je ne me sens d’ailleurs pas le courage d’expliquer leur privilège à ceux qui en manquent. (…) Les indigènes ne se résignent pas à demeurer objets d’études et de musées, parfois habitants de réserves où l’on s’ingénie à les protéger du progrès. Étudiants, boursiers, ouvriers transplantés, ils n’ajoutent guère foi à l’éloquence des tentateurs, car ils en savent peu qui abandonnent leur civilisation pour cet état sauvage qu’ils louent avec effusion. Ils n’ignorent pas que ces savants sont venus les étudier avec sympathie, compréhension, admiration, qu’ils ont partagé leur vie. Mais la rancune leur suggère que leurs hôtes passagers étaient là d’abord pour écrire une thèse, pour conquérir un diplôme, puisqu’ils sont retournés enseigner à leurs élèves les coutumes étranges, « primitives », qu’ils avaient observées, et qu’ils ont retrouvé là-bas du même coup auto, téléphone, chauffage central, réfrigérateur, les mille commodités que la technique traîne après soi. Dès lors, comment ne pas être exaspéré d’entendre ces bons apôtres vanter les conditions de félicité rustique, d’équilibre et de sagesse simple que garantit l’analphabétisme ? Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur, – encore moins, sans doute, ne le font les ressources de la civilisation industrielle. À d’autres. Roger Caillois (1974)
J’ai réagi contre cette tendance qui consiste à banaliser la notion de racisme, qui désigne une doctrine fausse mais précise à en faire une sorte d’amalgame qui ne veut plus rien dire. Quand on dénonce comme racistes un attachement à certaines valeurs, un manque de goût pour d’autres – attitudes excusables ou blâmables, mais profondément ancrées dans les communautés humaines – on aboutit à ceci : les gens a qui on fait ce reproche se disent « Si c’est ça le racisme, alors, moi, je suis raciste ». Et il me semble qu’on fabrique ainsi des racistes. Claude Lévi-Strauss
Si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale: stricte observance des règlements (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions); revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses; et pas de femmes. (…) En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à le reconnaître eux-mêmes comme existants. (…) Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane … Claude Lévi-Strauss (Tristes tropiques)
J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture. Claude Lévi-Strauss (Magazine littéraire, 2003)
Si intentionnellement, nous en arrivions à négliger les faibles et les sans défenses, cela ne pourrait être que pour un bénéfice incertain, au prix d’un crime actuel accablant . Nous devons donc accepter les effets, sans aucun doute néfaste, de la survie et de la propagation des faibles. (…) Bien que la lutte pour l’existence ait été et est toujours importante,  il y a, en ce qui concerne les parties les plus hautes de la nature humaine d’autres forces à l’oeuvre plus importante. En effet    les qualités morales progressent, de manière directe ou indirecte, beaucoup plus à travers les effets des coutumes, de la raison, de l’instruction, de la religion, etc., qu’à travers la sélection naturelle. Darwin (1871)
Dans nos sociétés occidentales, nous éloignons les indésirables, tandis que dans d’autres sociétés, on les ingère! Lévi-Strauss va très loin dans le relativisme culturel. Roland Pourtier (géographe)
Notre démocratie extrême, qui enjoint le respect absolu des « identités », rejoint le fondamentalisme qui punit de mort l’apostat. Il n’y a plus de changement légitime, parce qu’il n’y a plus de préférence légitime. Sous le flash de son unité proclamée, l’humanité s’immobilise par une liturgie continuelle et interminable d’adoration de soi. Pierre Manent
L’inauguration majestueuse de l’ère “post-chrétienne” est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en “radicalisant” le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et “radicalise” le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Le passage du sacrifice humain au sacrifice animal (…) représente un progrès immense (…) que le judaïsme est le seul à interpréter dans le sacrifice d’Isaac. Le seul à le symboliser dans une grande scène qui est une des premières scènes de l’Ancien Testament. Il ne faut pas oublier ce dont ce texte tient compte et dont la tradition n’a pas assez tenu compte : tout l’Ancien Testament  se situe dans le contexte du sacrifice du premier né. Rattacher le christianisme au sacrifice du premier né est absurde, mais derrière le judaïsme se trouve ce qu’il y a dans toutes les civilisations moyen-orientales, en particulier chez les Phéniciens : le sacrifice des enfants. Lorsque Flaubert le représente dans  Salambo, Sainte-Beuve avait bien tort de se moquer de lui parce que ce dont parle Flaubert est très réel. Les chercheurs ont découvert dans les cimetières de Carthage des tombes qui étaient des mélanges d’animaux à demi-brulés et d’enfants à la naissance à demi-brulés. Il a beaucoup été reproché à Flaubert la scène du dieu Moloch où les parents carthaginois jettent leurs enfants dans la fournaise. Or, les dernières recherches lui donnent raison contre Sainte-Beuve. En définitive, c’est le romancier qui a raison : cette scène est l’un des éléments les plus terrifiants et magnifiques de  Salambo. La mode intellectuelle de ces dernières années selon laquelle la violence a été inventée par le monde occidental à l’époque du colonialisme est une véritable absurdité et les archéologues n’en ont pas tenu compte. Aux Etats-Unis, des programmes de recherche se mettent en place notamment sur les Mayas. Ces derniers ont souvent été considérés comme des « anti-Aztèques » : ils n’auraient pas pratiqué de sacrifices humains. Pourtant, dès que l’on fait la moindre fouille, on découvre des choses extraordinaires : chez les Mayas, il y a des kilomètres carrés de villes enfouies. C’est une population formidable avec de nombreux temples et les traces du sacrifice humain y sont partout : des crânes de petits-enfants mêlés à des crânes d’animaux. (…) Ce qu’il y a de plus frappant dans l’histoire de Caïn et Abel c’est que le texte nous dit : la première société fut fondée par Caïn mais il n’est pas dit comment. En réalité, l’acte fondateur c’est le meurtre d’Abel. (…) Il est facile de trouver les textes évangéliques sur le fait que Satan est meurtrier depuis le commencement : « Vous êtes du diable, votre père. Il était homicide dès le commencement » (St Jean, 8, 44). (…) Il y a peut-être, paradoxalement, une raison qui est visible dans l’islam. Abel est celui qui sacrifie des animaux et nous sommes au stade : Abel n’a pas envie de tuer son frère peut-être parce qu’il sacrifie des animaux et Caïn, c’est l’agriculteur. Et là, il n’y a pas de sacrifices d’animaux. Caïn n’a pas d’autre moyen d’expulser la violence que de tuer son frère. Il y a des textes tout à fait extraordinaires dans le Coran qui disent que l’animal envoyé par Dieu à Abraham pour épargner Isaac est le même animal qui est tué par Abel pour l’empêcher de tuer son frère. Cela est fascinant et montre que le Coran n’est pas insignifiant sur le plan biblique. C’est très métaphorique mais d’une puissance incomparable. Cela me frappe profondément. Vous avez des scènes très comparables dans l’Odyssée, ce qui est extraordinaire. Celles du Cyclope. Comment échappe-t-on au Cyclope ? En se mettant sous la bête. Et de la même manière qu’Isaac tâte la peau de son fils pour reconnaître, croit-il, Jacob alors qu’il y a une peau d’animal, le Cyclope tâte l’animal et voit qu’il n’y a pas l’homme qu’il cherche et qu’il voudrait tuer. Il apparaît donc que dans l’Odyssée l’animal sauve l’homme. D’une certaine manière, le troupeau de bêtes du Cyclope est ce qui sauve. On retrouve la même chose dans les Mille et une nuits, beaucoup plus tard, dans le monde de l’islam et cette partie de l’histoire du Cyclope disparaît, elle n’est plus nécessaire, elle ne joue plus un rôle. Mais dans l’Odyssée il y a une intuition sacrificielle. (…) On peut dire que cela aboutit à des déchaînements de rivalité mimétique, d’opposition de frères ennemis. La principale opposition de frères ennemis dans l’Histoire, c’est bien les juifs et les chrétiens. Mais le premier christianisme est dominé par l’Epître aux Romains qui dit : la faute des juifs est très réelle, mais elle est votre salut. N’allez surtout pas vous vanter vous chrétiens. Vous avez été greffés grâce à la faute des juifs. On voit l’idée que les chrétiens pourraient se révéler tout aussi indignes de la Révélation chrétienne que les juifs se sont révélés indignes de leur révélation. Je crois profondément que c’est là qu’il faut chercher le fondement de la théologie contemporaine. Le livre de Mgr Lustiger, La Promesse, est admirable notamment ce qu’il dit sur le massacre des Innocents et la Shoah. Il faut reconnaître  que le christianisme n’a pas à se vanter. Les chrétiens héritent de Saint Paul et des Evangiles de la même façon que les Juifs héritaient de la Genèse et du Lévitique et de toute la Loi. Mais ils n’ont pas compris cela puisqu’ils ont continué à se battre et à mépriser les Juifs. (…)  ils ont recréé de l’ordre sacrificiel. Ce qui est historiquement fatal et je dirais même nécessaire. Un passage trop brusque aurait été impossible et impensable. Nous avons eu deux mille ans d’histoire et cela est fondamental. Mon travail a un rapport avec la théologie, mais il a aussi un rapport avec la science moderne en ceci qu’il historicise tout. Il montre que la religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. Nous ne pouvons pas fermer l’histoire et nous n’en avons pas le droit. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde :on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème !  (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…) Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. Tout ce qu’il y a de bon dans notre société peut faire l’objet d’abus. René Girard
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort. Erdogan
Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque. From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent. Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip. Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul. “If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim. “I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.” At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness. “We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.” Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard. In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. (…) “He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’” WSJ
Personne ne dit que ce n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife. Arno Klarsfeld
Non, Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! C’est aussi ce que les musulmans murmurent à l’oreille des nouveaux nés…  Libération
L’islamophobie est une vilaine maladie. Mais elle se soigne. Et le remède – résultats garantis – se trouve dans Libération. Ce journal est en pointe dans la recherche visant à éradiquer l’islamophobie. C’est pourquoi dans sa rubrique « Desintox » en partenariat avec Arte (son et image) il a consacré plusieurs minutes à cette terrible maladie dont on sait qu’elle est dangereusement contagieuse. Pasteur avait découvert le vaccin contre la rage. Libération a trouvé le vaccin contre l’islamophobie. Et c’est titré : « Non Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! ». Nous, intoxiqués que nous étions, on ne savait pas. Le poison était dans nos veines. Quand les égorgeurs de Daesh tranchaient la gorge de leurs prisonniers nous avions entendus sur leurs vidéos : « Allahou Akbar ! ». Les mêmes mots avaient accompagnés dans leur travail Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, les frères Kouachi, Coulibaly. On avait entendu « Alahou Akbar ! » quand les guerriers de Boko Haram convertissaient de force les jeunes chrétiennes qu’ils avaient enlevées. C’est, nous avait-il semblé, en criant « Allahou Akbar ! » que les chébabs somaliens avaient démembrés des enfants (non musulmans) dans un hôtel de Nairobi. Et telles furent les derniers mots, nous avait-on dit, de ceux qui écrasèrent leurs avions le 11 Septembre 2001 sur les Twin Towers. Des dizaines d’autres exemples nous sont fournis par les radios et les télés, toutes apparemment islamophobes. Comment n’aurions-nous pas été intoxiqués ? Heureusement, Libération est là pour nous expliquer qu’en dépit de ces très fâcheuses coïncidences, que « Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! ». Des détails nous sont donnés pas le journal. Un musulman voyant son équipe marquer un but lors d’un match de foot manifestera sa joie par « Allahou Akbar ! ». Et les premiers mots qu’un musulman murmure à l’oreille de son nouveau-né c’est aussi « Allahou Akbar ! ». Rien que de la joie et de la tendresse. Le zèle de Libération a quelque chose de pathétique. Que ne ferait-on pas pour recouvrir d’un voile épais une mare de sang ? Il faut maintenant aller plus loin et arrêter avec Daesh et consorts. Libération a certainement assez d’influence pour exiger de Canal + la retransmission intégrale des matchs de foot des équipes du Golfe avec les « Allahou Akbar ! » des supporters. Il parait indispensable que les chaines de télé diffusent les images touchantes des papas musulmans chuchotant « Allahou Akbar ! » dans l’oreille de leur nouveau-né. Comme ça on pourra oublier que c’est également ce que chuchotent les hommes de Daesh dans les oreilles des filles yazidis avant de les violer… Atlantico
Les Blancs, ça n’existe pas, mais il y en a trop partout – à l’Assemblée, dans l’entreprise et, bien entendu, à la télé. Cet heureux oxymore qui constitue le cœur du credo antiraciste vient d’être illustré spectaculairement par le CSA. Quelques jours après que toute la France convenable s’était étranglée de rage parce que Nadine Morano avait parlé de « race blanche », le « gendarme de l’audiovisuel » – qui ne traque rien d’autre que de supposés dérapages langagiers – tance la télévision française, coupable de ne montrer que 14 % de « personnes perçues comme non blanches » – non, je n’invente rien, c’est la terminologie employée par nos supposés sages. Et en prime de ne pas montrer sous un assez bon jour les perçus-comme-non-blancs, plutôt délinquants que médecins, plus souvent seconds rôles que héros. La madame Diversité du CSA, Mémona Hintermann, a donc fait la tournée des popotes médiatiques pour déplorer que les télés aient « peur de montrer des Noirs et des Arabes » – elle doit être très colère, Mémona, pour oublier de faire usage des périphrases stupides dictées par les bonnes manières progressistes. Quant à madame Ernotte, la nouvelle patronne de France Télévisions, elle annonçait le Grand soir multiculturel il y a un mois : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. » Mais pour l’instant, il semble qu’elle ait exclusivement recruté des mâles blancs. Il est vrai qu’ils sont jeunes et de gauche, ce qui efface un peu la pâleur de leur teint. (…) Le plus intéressant, en l’occurrence, c’est la contradiction évidente qu’il y a à dénoncer Morano tout en applaudissant le CSA. (…) En clair, on ne peut voir la diversité ethnique que pour l’exalter. Dans ces conditions,  le CSA a le droit et même le devoir de compter les Blancs et les Noirs. (…) En conséquence, on a le droit de distinguer les Blancs des autres mais pour claironner que les uns sont trop nombreux et les autres pas assez. Ainsi, personne n’aurait embêté madame Morano si elle avait dit, par exemple, que la France devait cesser d’être un pays de race blanche. Du reste, il est très tendance de compter les Blancs pour s’endormir : ainsi a-t-on appris ces jours-ci par un édifiant article du Monde que les théâtres français étaient eux aussi « trop blancs ». Curieusement, on n’imagine pas un de nos innombrables « sages » se plaindre de l’hégémonie « non-blanche » dans le rap ou le R&B. Elisabeth Lévy
On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. Delphine Ernotte (France Télévisions)
En France, nous parlons beaucoup, nous faisons beaucoup de rapports, beaucoup de réunions, nous nous gargarisons de la diversité mais à l’arrivée qu’est-ce qu’on fait? Très peu! Il suffit de regarder les écrans. La diversité de la population, on la croise dans les transports, dans les hôpitaux, dans les écoles. Il faut qu’on la croise aussi à la télévision ou à la radio. La diversité doit se distiller à travers les chaînes! Si la télévision publique donne le la, les autres ne pourront pas rester à l’écart. Mais je crois qu’ils n’ont pas envie de prendre ce qu’ils estiment être des risques. Qu’ils aillent dans les écoles, qu’ils aillent dans les universités, qu’ils aillent dans les hôpitaux, ils verront qu’il y a bien des médecins avec des gueules d’Arabes, ou des gueules de Noirs ou de Réunionnais! Il y a vraiment urgence…(…) Ce que j’attends de la télévision, ce sont d’abord des programmes qui nous rassemblent. A la télévision allemande, vous avez une présentatrice d’origine turque avec un co-présentateur de culture hébraïque. Les Allemands parlent beaucoup moins de la diversité que nous, mais qu’est-ce qu’ils font comme boulot! Mémona Hintermann (CSA)
Les résultats de la vague 2015 du baromètre de la diversité ne progressent pas sur le critère de l’origine par rapport à ceux de 2014 avec 14% de personnes perçues comme « non-blanches » présentes à l’antenne. L’étude montre, si l’on croise l’origine avec les données relatives à la catégorie socio-professionnelle, que le taux de personnes perçues comme non-blanches est à 17% pour les CSP- alors qu’il est à 11% pour les CSP+. Quand on évoque les activités marginales ou illégales, le taux de personnes perçues comme non-blanches est de 37%. Ainsi, plus on représente une catégorie sociale élevée moins la part des personnes perçues comme non-blanches est importante. En combinant le critère de l’âge avec l’origine perçue, on peut notamment remarquer que les personnes perçues comme « non-blanches » sont nettement plus représentées chez les moins de 20 ans (18%) qu’au sein de la tranche d’âge « 65 ans et plus » (4%). L’étude du baromètre montre que les personnes perçues comme « non-blanches » sont plus représentées par des hommes (16%) que par des femmes (13%). En termes de rôles, si le taux de personnes perçues comme « non-blanches » est de 21% pour les figurants, il n’est que de 9% pour les héros. De la même manière, s’agissant des attitudes, celles qui sont négatives sont incarnées à 29% par des personnes perçues comme « non-blanches » alors que les attitudes positives ne le sont qu’à 12% pour les personnes perçues comme « non-blanches ». Enfin, le taux de personnes perçues comme handicapées demeure particulièrement faible (0,4% des personnages indexés avec pondération). Baromètre du Conseil supérieur de l’audiovisuel
Ils étaient les témoins d’une autre époque. Chaque fois qu’une personne âgée meurt, c’est une bibliothèque qui disparait. En effet, c’est une partie de notre mémoire collective qui s’est éteinte. Patricia Raichini (maire de Petit-Palais)
En Afrique, chaque fois qu’un vieillard traditionaliste meurt, c’est une bibliothèque inexploitée qui brûle. Amadou Hampâté Bâ (UNESCO, 1960)
Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poètes ! Amadou Hampâté Bâ (1985)
A l’évidence, la montée du Front National dans les espaces ruraux angoisse les hommes politiques.Se mobiliser pour l’accident de Puisseguin offre aussi la possibilité de s’associer à une peine qui touche d’autres groupes que les agriculteurs, ici un groupe important et des résidents ruraux, les personnes âgées, un groupe consensuel car peu politisé en tant que tel. Les villages français sont pour beaucoup des villages de retraités, souvent en difficulté. (…) Le mondes ouvriers ruraux ont historiquement été moins encadrés par les partis de gauche et des franges plus significatives votent aujourd’hui, partout sur le territoire, pour le Front National à mesure de difficultés croissantes sur le marché de l’emploi. Le deuxième groupe singulier concerne les agriculteurs. Ils sont clairement à droite depuis longtemps, avec d’abord une adhésion très forte pour Jacques Chirac (depuis son passage au Ministère de l’Agriculture en pleine période de croissance), un effondrement notoire sous Sarkozy, et, depuis quelques années, une percée nouvelle du Front National. Cette percée touche les jeunes et les plus petits agriculteurs, les perdants du système, alors même que l’agriculture a depuis toujours puisé dans l’immigration et les fonds européens pour tirer sa force contemporaine. A de quelques exceptions géographiques près, l’électorat agricole vote peu à gauche. A l’inverse, les classes supérieures résident peu à la campagne, ou alors sur un mode temporaire ou secondaire. Mais elles incarnent une campagne récréative, patrimoniale, paysagère et écologique, goûtée par la bourgeoisie diplômée et urbaine qui elle vote pour les partis de gouvernement, qui en quelque sorte angoisse les classes populaires et les petits entrepreneurs des mondes ruraux qui souhaitent avant tout développer les usages productifs des campagnes. Chaque création de parc naturel ou chaque hectare perdu pour un grand projet (ligne TGV, stade, piste cyclable…) est vécu comme une violence de la ville sur la campagne. (…) Particulièrement pour les classes populaires, les enjeux politiques spécifiques aux mondes ruraux concernent avant tout les questions de l’accès aux marchés de l’emploi et aux services (santé, éducation, commerce) incarnés par la ville. Liée à ces enjeux, la question des transports, de l’accès à internet, est essentielle. Pour le groupe agricole, bien sûr, le débat est centré sur la place de l’Europe et la réduction à venir des subventions, mais plus encore, sur le tournant écologique de l’agriculture après des décennies particulièrement réussies de productivisme. Cette réorientation des politiques agricoles occasionne là, un divorce entre les élus et les groupes agricoles qui avancent vers cette échéance à reculons. Gilles Lafferté
En cette période d’anniversaire et à l’approche de la Toussaint, je voudrais combler un oubli de notre gouvernement. Bien involontaire, à n’en pas douter. Je voudrais rappeler le souvenir des deux vraies victimes. Je veux parler de Jean-Jacques le Chenadec et de Jean-Claude Irvoas. Qui sont-ils? Si vous les avez oubliés, vous avez des excuses, parce que ce sont les morts oubliés de ces événements, pire qu’oubliés, tus, escamotés, gommés. Alors pour rappel, Jean-Jacques le Chenadec, est cet homme âgé de 61 ans qui, à Stains, était descendu  en bas de son immeuble  parce que des jeunes mettaient le feu à des poubelles. Ils l’ont tué. Le meurtrier a été condamné à cinq ans de prison; il doit être libre à l’heure qu’il est. Jean-Claude Irvoas, 56 ans, a voulu prendre en photo du mobilier urbain, à Epinay-sur-Seine. Des trafiquants de drogue, croyant qu’il les prenait en photo, l’ont agressé. M. Irvoas, selon l’un des agresseurs,  a prétendu être officier de police. Les quatre dealers l’ont achevé. A Clichy-sous-bois, on inaugure aujourd’hui une allée qui porte le nom des deux jeunes morts dans le transformateur. Il n’y aura pas de plaques commémoratives pour Jean-Jacques le Chenadec et Jean-Claude Irvoas. Une pensée pour les familles de ces deux hommes morts deux fois,  de l’incurie de l’Etat et de son silence. On préfère commémorer la jeunesse qui met la France à feu et à sang. Riposte Laïque
Nous avons collectivement abdiqué. Au nom du communautarisme, nous avons abandonné le modèle républicain. Au nom du différentialisme, l’école a arrêté de jouer son rôle d’assimilation. Pour le dire de manière un peu caricaturale, on a préféré construire des salles de sport en banlieue plutôt que des bibliothèques. Le Comte de Bouderbala, d’origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d’ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d’immigrés aspire à l’excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. Jeannette Bougrab
Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques. (…) Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. André Bercoff
Les Jeux mondiaux des peuples autochtones, (Jogos Mundiais dos Povos Indígenas), est une compétition sportive pour promouvoir la culture des peuples autochtones à travers le sport. L’idée d’une compétition sportive destinée exclusivement aux peuples autochtones, est née en 1975, dans l’esprit de Carlos Terena, un indien Terena. Il raconte qu’il était dans son hamac, et tout en rêvant, il a eu une vision, il a vu de nombreux peuples danser sur un terrain de football. Pendant près de 20 ans, il a cherché à concrétiser son projet, sans succès, jusqu’à sa rencontre dans les années 1990, avec la légende du football, Pelé, alors ministre des sports du Brésil. De cette collaboration, les jeux nationaux des peuples autochtones ont vu le jour en 1996, dans la ville de Goiânia, et connaîtront par la suite plusieurs autres éditions. Puis, devant le succès de ces jeux au Brésil, est apparue l’envie d’internationaliser cette compétition, en intégrant d’autres peuples autochtones, d’autres pays. Outre le sport, cette manifestation a aussi comme vocation de présenter un caractère spirituel à l’évènement. La première édition des jeux mondiaux des peuples autochtones, a lieu à Palmas, dans la capitale de l’État de Tocantins, au Brésil, du 20 octobre au 1er novembre 2015, moins d’un an avant les Jeux olympiques d’été de 2016, qui auront lieu à Rio de Janeiro. Deux mille athlètes, issus de quarante-six ethnies, de vingt pays, s’affronteront à travers des sports connus, tel que le football et l’athlétisme, mais pour l’essentiel, sur des sports traditionnels indigènes. Wikipedia
Qu’une exposition au Musée du quai Branly s’attache à nommer les créateurs de la cour royale d’Abomey est important du point de vue de la connaissance historique. Mais surtout d’un point de vue politique et moral, parce que c’est l’une des premières fois qu’une telle tentative est osée en France. Le temps de l’indistinction et de l’anonymat s’achèverait-il enfin? (…) Le temps de l’art « nègre » ou « africain » finit; celui des artistes africains commence. Le Monde
Cette nouvelle et passionnante approche peut s’appliquer aux artistes d’Abomey, parce que les collections françaises sont d’une exceptionnelle richesse. Elles le sont parce que la France a envahi et détruit le royaume d’Abomey en deux guerres, en 1890 et en 1892, et forcé le roi Béhanzin à l’exil. Ses palais ont été pillés et c’est le produit de ces pillages que l’on étudie avec tant d’intérêt. Le Monde
Les collections françaises conservent des objets arrivés dans des contextes variés, du cadeau diplomatique au don ou aux commandes en passant par le butin de guerre coloniale. (…) Quatorze rois se sont succédés de 1625 à 1900 à Abomey, capitale du royaume du Danhomè. Ils ont rassemblé autour d’eux des artistes d’origines diverses : Yoruba, Fon, Mahi ou Haoussa régis par le même mécénat. Leurs noms se confondent avec l’histoire de l’agrandissement du royaume ; certains ont participé à sa fondation, d’autres y sont arrivés comme esclaves. Gaëlle Beaujean (commissaire de l’exposition)
Guezo fut également un administrateur extrêmement avisé. Grâce aux revenus de la traite, il put abaisser les impôts, stimulant ainsi l’économie agricole et marchande (…) Il fut très aimé et sa mort subite dans une bataille contre les Yorubas fut une véritable tragédie. Wikipedia
Les chefs traditionnels n’ont pas à être reconnus par la Constitution tant qu’ils n’ont pas présenté leurs excuses aux familles des descendants des victimes de l’esclavage. Shehu Sani (président du Congrès des droits civiques nigérian)
Curieusement, c’est au fil des années 1920, avec le long séjour de nombreux artistes brésiliens à Paris, partis pour y perfectionner leur formation, que ces derniers commencèrent à s’intéresser aux particularités de la culture brésilienne. En 1921, Antônio Gomide et Victor Brecheret débarquèrent à Paris, où se trouvait déjà Vicente do Rego Monteiro, suivis en 1923 de Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade, Anita Malfatti, Di Cavalcanti et Celso Antônio, parmi beaucoup d’autres artistes (…). C’est à Paris que Di Cavalcanti réalisa ses premiers dessins de mulâtres. Ce sujet fut ensuite associé de façon emblématique à son œuvre et il le revisita tout au long de sa vie. (…) Tarsila do Amaral est peut-être celle qui exprima le mieux cette transformation subite de langage, de thématique et de conscience. En 1921, inscrite à l’Académie Julian, elle s’exerçait à faire des nus postimpressionnistes ; en 1923, élève de Fernand Léger, elle réalisa l’une de ses créations les plus emblématiques, A negra (1923, São Paulo, Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo), considérée comme l’œuvre « pionnière d’un style moderniste brésilien ». Dans une lettre adressée à sa famille, la peintre constatait l’intérêt que les cultures exogènes suscitaient dans les milieux intellectuels français. (…) Ainsi, le voyage de Tarsila do Amaral est considéré comme l’archétype du séjour d’artiste, un cas « paradigmatique du rapport entre une condition sociale aisée, l’acculturation française et l’alignement moderniste ». Mariée au poète moderniste Oswald de Andrade et héritière comme lui d’une fortune considérable issue du café et du capital immobilier, Tarsila do Amaral réussit à intégrer les cercles internationaux de l’avant-garde établis à Paris grâce à de nombreuses stratégies, notamment son inscription en tant qu’élève dans les ateliers déjà célèbres d’Albert Gleizes, d’André Lhote et de Fernand Léger ; la formation d’une collection audacieuse d’œuvres modernistes grâce aux liens directs qu’elle entretenait avec les artistes eux-mêmes ou avec leurs galeristes, comme Léonce Rosenberg ; et le soin avec lequel elle construisit sa propre image de peintre pleinement moderne, comme l’atteste son autoportrait de 1923 (Rio de Janeiro, Museu Nacional de Belas Artes), dans lequel elle porte un manteau de Paul Poiret, dont la réputation de couturier élégant, moderne et « exotique » conférait à ses créations un capital symbolique exploité ici par l’artiste (…). À cette insertion stratégique de la peintre dans l’avant-garde cubiste française s’ajoute un autre élément, plebiscité également par l’intelligentsia brésilienne : la création d’une série d’œuvres modernes en dialogue avec les avant-gardes internationales de son temps mais construite à partir d’éléments considérés comme « nationaux ». Cette « phase Pau-Brasil », comme elle fut nommée, caractérise les productions de Tarsila do Amaral des années 1920. Dans une lettre que lui écrivit Mário de Andrade, chef de file intellectuel du groupe moderniste pauliste, insista sur l’importance pour les artistes brésiliens de rester fidèles à leur mission, à savoir celle de représenter leur pays. Ana Paula Cavalcanti Simioni
L’anthropophagie est une pratique caractéristique des Indiens Tupi vivant au Brésil avant la Conquête. En réactivant ce concept, Oswald de Andrade affirme avec provocation la singularité de la culture brésilienne par rapport à la culture européenne. Suely Rolnik revient quant à elle sur cette notion dans un contexte contemporain mondialisé. Elle pointe ainsi un aspect négatif de l’expérience anthropophage en créant le concept de « subjectivité flexible ». Cette nouvelle subjectivité renvoie à l’hyper-adaptabilité du sujet contemporain aux mondes prêts-à-porter que propose le capitalisme. Cependant, l’anthropophagie peut également être réactivée de manière positive pour construire une expérience critique du monde dans lequel nous évoluons. Monument de la littérature, le Manifeste anthropophage est l’un des textes fondateurs du modermisme brésilien. Son auteur, Oswald de Andrade, est connu pour son œuvre aussi diverse qu’iconoclaste et polémique. Le Manifeste anthropophage est, avec le Manifeste de la poésie Bois Brésil, l’un de ses écrits les plus radicaux. (…) Manger la culture colonisatrice, telle est la revendication du Manifeste anthropophage écrit au Brésil, en 1928. À travers cette poésie savoureuse, Oswald de Andrade prône la dégustation symbolique du colonisateur, affirmant la modernité brésilienne dans un processus de dévoration esthétique et politique qui consiste non pas à singer la modernité européenne mais à la manger, à l’assimiler pour en forger une déclinaison singulière. De Andrade offre ainsi une alternative originale au nivellement culturel et à la fascination pour une culture dominatrice. Dans Anthropophagie zombie, Suely Rolnik revient sur la tradition anthropophage brésilienne, mais note que cette tradition a pris une connotation négative avec l’avènement du capitalisme financier. En effet, si historiquement l’anthropophagie s’affirme comme un concept positif, les troubles d’une « guerre esthétique planétaire » ont dévoilé la face cachée d’une anthropophagie dévoyée. Inspirée par la philosophie de Gilles Deleuze et par son travail avec Félix Guattari, Suely Rolnik montre comment les structures de la subjectivité sont attaquées par le capitalisme financier, l’expérience anthropophage donnant naissance à la subjectivité d’un « peuple de zombies hyperactifs ». Comment réinvestir une anthropophagie positive et émanciper les subjectivités singulières ? Comment remettre le monde à l’œuvre ? L’élaboration critique de l’expérience anthropophage brésilienne pourrait-elle contribuer à problématiser la subjectivité contemporaine propre au régime du capitalisme financier ? Plus spécifiquement : pourrait-elle contribuer à problématiser la politique des relations à l’autre, tout comme le destin des puissances de création, inhérentes à cette nouvelle figure de la subjectivité ? En dernière instance, l’expérience anthropophage pourrait-elle contribuer à « soigner » l’actuelle fascination aveugle devant la flexibilité et la liberté d’hybridation récemment acquises ? Presses du réel

Devinez où la plus brésilienne des artistes a découvert sa brésilianité !

En ces temps décidément étranges …

Où à deux mois d’élections annoncées catastrophiques pour le parti au pouvoir, un tragique accident de la circulation se voit transmué en véritable 11 septembre national …

Où la mort de  personnes âgées qu’on avait laissées mourir par dizaine de milliers lors d’une canicule certes historique se voit dorénavant, reprenant la phrase célèbre d’un écrivain africain tentant de revaloriser les traditions orales d’un continent alors largement arriéré il y a quelques cinquante ans, qualifiée de bibliothèque qui disparait

Où, pour apaiser la fureur de nos chères têtes blondes qui en trois semaines d’émeutes il y a tout juste dix ans ont fait passer par le feu quelques 300 bâtiments publics et 10 000 voitures mais aussi laissé sur le carreau deux hommes un peu trop blancs, nos plus hautes autorités inaugurent en grande pompe, entre BEP de hip hop ou de street art, une stèle et une rue en l’honneur de deux jeunes imprudents qui s’étaient électrocutés eux-mêmes en fuyant dans un transformateur les policiers qui les poursuivaient …

Où, entre la course à l’adoption et l’allaitement de bébés africains, nos stars les plus célébrées du cinéma ou de la chanson se dévouent corps et âme, rivalisant de générosité pour apaiser des caméras et des médias toujours plus insatiables…

Où, pour apaiser une culpabilité toujours plus inexpiable, une Europe qui n’ose plus évoquer ses propres racines et n’arrive même plus à assurer sa propre reproduction ou même à intégrer ses minorités extra-européenes, s’offre littéralement à l’invasion de millions de damnés de la terre qui, entre boucliers humains et chantage à l’émotion et au nom d’une religion et une idéologie toujours plus violente et intolérante, n’hésitent pas à sacrifier leurs enfants …

Où, pour avoir tenté d’avertir leurs concitoyens contre la catastrophe que nos gouvernants nous préparent, nos lanceurs d’alerte voient leurs paroles, dirigeants, partis ou pays affublés du statut infamant de fascistes et de racistes …

Pendant qu’en un pays où le comptage ethnique est toujours interdit par la loi et toute tentative de mesurer l’étendue des problèmes immédiatement dénoncée comme raciste, l’on peut en revanche décompter les membres de la seule race blanche à condition bien sûr de dire qu’il y en a trop ou même des « personnes perçues comme non-blanches » à condition cette fois de dire qu’il n’y en pas assez

Où, sous prétexte qu’il n’est pas blanc, un président américain et chef supposé du Monde libre qui danse avec les tyrans et abandonne des peuples entiers aux pires massacres et exactions tout en multipliant dans la plus grande opacité et indifférence les exécutions extra-judiciaires, se voit traiter, prix Nobel de la paix compris, en véritable messie …

Où, pour préserver les prétendus droits d’une idéologie hégémonique et d’une religion proprement génocidaire et entre attaques au couteau de boucher et résolutions onusiennes, un  pays d’à peine 20 000 km2 et 8 millions d’habitants sur un ensemble de quelque 7 millions de km2 et plus de 400 millions d’habitants se voit interdit de prier sur ses propres lieux saints et mis au ban des nations

Et à l’heure où après avoir célébré l’art nègre et l’art négrier, le Pays autoproclamé des droits de l’homme réouvre son deuxième musée ethnographique

Et où, avec une cinquantaine d’ethnies originaires de 23 pays représentées, le Brésil inaugure les premiers Jeux mondiaux des peuples indigènes

Comment ne pas repenser …

A ce manifeste fondateur du mouvement moderniste brésilien des années 20  qui, comme son titre l’indique et selon le retournement désormais devenu classique du stigmate en mot d’ordre à la Black is beautiful …

Réactivait, derrière le titre provocateur, la pratique alors condamnée du cannibalisme des Indiens Tupi d’avant la conquête coloniale pour imposer la singularité de la culture brésilienne en ne revendiquant rien de moins que la dévoration de la culture européenne ?

Mais comment ne pas aussi se rappeler sa plus célèbre protagoniste et inspiratrice, la peintre brésilienne et épouse de l’auteur dudit manifeste Tarsila do Amaral

Qui, dans son célèbre tableau Abaporu et une lettre à sa famille, en révélait le ressort caché …

A savoir derrière le détournement iconoclaste tant de la célèbre formule de Shakespeare que de la fameuse sculpture de Rodin …

La redécouverte, par ses maitres parisiens après Montaigne et dans le musée même que l’on réouvre à grande pompe aujourd’hui, d’une primitivité jusque-là dénigrée …

Et considérée depuis, dans un de ces renversements radicaux dont notre époque s’est fait la spécialité et dont on peut constater chaque jour un peu plus les effets, comme le nec plus ultra de la modernité  ?

Le modernisme brésilien, entre consécration et contestation

Ana Paula Cavalcanti Simioni
Traduction de Carlos Spilak
p. 325-342
Résumé
Au Brésil, les créations artistiques de ce qu’on a appelé le premier modernisme brésilien (aux environs de 1920-1940) ont acquis une réelle consécration. Ce sont plus que des objets esthétiques, on leur attribue des valeurs symboliques. Le présent article prétend analyser le processus social qui a élaboré cette consécration en considérant trois moments. Le premier se caractérise par l’émergence de l’histoire de l’art moderne au Brésil, fondée sur les actions et les discours divulgués par les protagonistes du mouvement eux-mêmes. Le deuxième se réfère à l’institutionnalisation de la valeur des œuvres et des artistes. Un processus qui impliqua divers autres agents comme les interventions du milieu universitaire, les acquisitions officielles de fonds réalisées par le régime autoritaire du Brésil et les stratégies du marché de l’art entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970. Pour finir, du milieu des années 1970 à nos jours encore, se manifeste un révisionnisme critique des limites formelles, politiques et historiques de ce mouvement. À la fois objet de dévotion et de rejet, le modernisme brésilien se présente comme un fait culturel d’une importance sans pareille pour le domaine artistique brésilien.

Cet article est une traduction de : Modernismo brasileiro: entre a consagração e a contestação

1En 1995, le collectionneur argentin Eduardo Constantini fit l’acquisition, chez Christie’s à New York, de la toile Abaporu de Tarsila do Amaral, achevée en 1928. S’agissant du prix le plus élevé jamais atteint par une peinture brésilienne sur le marché international (1,3 million de dollars), cette transaction acquit un statut emblématique, renforcée par l’émoi qu’elle suscita au Brésil. L’exposition actuelle du tableau dans l’important Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires (MALBA), à l’ombre d’œuvres d’artistes consacrés tels que Frida Kahlo, Wilfredo Lam, Xul Solar et Antonio Berni, n’a pas suffi à apaiser le sentiment que la vente du tableau à l’étranger représentait une perte pour la culture nationale. L’importance de cet épisode met en évidence la valeur paradigmatique de cette œuvre, aux côtés d’autres peintures et sculptures réalisées par les artistes désignés comme les « modernistes » brésiliens. En effet, le modernisme brésilien, dont la première phase de production artistique s’étend des années 1920 aux années 1940, s’est consolidé en prenant une place unique dans l’histoire culturelle du Brésil. Ses œuvres principales furent alors perçues, et le sont encore, comme des artefacts matériels susceptibles de cristalliser symboliquement une culture nationale de portée internationale. Elles se virent attribuer non seulement des qualités artistiques, mais aussi des valeurs culturelles et politiques plus larges, devenant ainsi des symboles identitaires.

2La glorification du modernisme brésilien est un processus qui traverse tout le xxe siècle et qui implique un ensemble d’acteurs – critiques, historiens, commissaires d’expositions – ainsi que diverses pratiques sociales, y compris le marché de l’art, les acquisitions effectuées par les musées et même, parfois, des politiques culturelles explicites mises en œuvre par l’État au niveau national ou régional. Ce processus peut être sommairement divisé en trois grandes phases. La première, qui s’étend de 1917 aux années 1940, est marquée par la construction d’une histoire de l’art moderne au Brésil qui donne la parole aux participants mêmes du mouvement. Une deuxième période, des années 1940 à la fin des années 1970, est celle de la consécration institutionnelle du modernisme en tant que valeur de l’art moderne au Brésil, un développement favorisé par la publication de travaux universitaires et par l’acquisition officielle de fonds reconnus ayant appartenu à des modernistes. À la fin des années 1970, enfin, s’ouvre une phase de révision critique marquée par l’émergence de contestations portant sur le caractère moderne du modernisme brésilien, mettant en évidence les limites formelles de ce mouvement ainsi que la place centrale occupée par certains groupes et certaines régions du pays dans cette construction discursive et canonique, tandis que des tentatives furent engagées pour repenser, de façon plus nuancée, la portée et la spécificité de ces productions au Brésil.

Les premiers temps du modernisme
1  Le Brésil est composé de vingt-six États et du district fédéral (ou se trouve Brasília, la capitale (…)
3Les origines du modernisme au Brésil demeurent un sujet de désaccord. Les différends que suscite cette question révèlent non seulement des dichotomies entre des modes d’interprétation et de définition du terme même de modernisme, mais aussi des clivages régionaux qui divisent des groupes d’intellectuels, des universités – dont le prestige est hiérarchiquement différencié –, des musées, des galeries et des collectionneurs brésiliens1.
2  L’idée de la Semaine de Deauville comme modèle pour la Semaine d’art moderne de 1922 a été proposé (…)
4Toutefois, selon le point de vue le plus répandu, le déclenchement du mouvement moderniste peut être situé en 1922, à São Paulo. Au mois de février de cette année, une série de manifestations littéraires, musicales et artistiques, appelée la Semaine d’art moderne (en référence à des modèles étrangers, notamment la Semaine de Deauville)2, se déroula au Théâtre municipal de São Paulo, une institution phare de l’élite locale conservatrice, inaugurée en 1914. Pour beaucoup d’auteurs, cet épisode est considéré comme le moment d’éclosion du modernisme national et un jalon majeur de l’histoire de l’art brésilien. En effet, la conception du modernisme comme un produit éminemment pauliste, promu initialement par les protagonistes du mouvement, fut reprise et réaffirmée dans les études publiées dans les années 1970 (Amaral, 1970 ; Brito, [1958] 1974 ; Almeida, [1961] 1976).
3  Anita Malfatti étudia la peinture à Berlin sous Fritz Burger et Lovis Corinth de 1910 à 1914, puis (…)
5L’adoption de la « Semaine de 22 » comme point de départ reflète le processus de construction de la mémoire du modernisme brésilien, nourrie initialement par des textes diffusés par les intellectuels et artistes qui appartenaient eux-mêmes au cercle moderniste. L’identification d’un groupe en tant que tel remonte cependant à 1917, année où Anita Malfatti, artiste pauliste revenue au Brésil après avoir effectué des études en Allemagne et aux États-Unis3, exposa des œuvres qui choquèrent la société locale. Ses nus vigoureux au fusain et, en particulier, ses peintures expressionnistes, qui présentent un chromatisme libre et des sujets humains inhabituels – des immigrés (O Japonês, 1915-1916, São Paulo, Instituto de Estudos Brasileiros), des fous (A boba, 1915-1916, Museu da Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo) – furent fort mal reçus par un public habitué aux esthétiques naturalistes et postimpressionnistes dominantes.
4  Monteiro Lobato, « A Propósito da Exposição Malfatti », dans O Estado de S. Paulo, 20 décembre 191 (…)
5  « […] em termos concretos, toda a vida intelectual era dominada pela grande imprensa, que constitu (…)
6  Plusieurs des premiers articles des modernistes ont été publiés dans les livres de Marta R. Batist (…)
6La même année, en réaction à l’exposition au Théâtre municipalMarcela Mastrocola2014-09-29T11:43:00, le critique le plus important de São Paulo, Monteiro Lobato, publia un article dont la question centrale, « Paranoïa ou mystification ? », exprimait son rejet des avant-gardes, entendu globalement comme un courant opposé à la figuration naturaliste4 (voir Chiarelli, 1995). La critique sévère déployée par Lobato contre le travail de Malfatti – il considérait les déformations comme du mauvais goût – interpella plusieurs jeunes écrivains et artistes, dont Oswald de Andrade, Menotti del Picchia et Emiliano Di Cavalcanti, qui se mirent à défendre Malfatti dans les journaux. Ce faisant, ces intellectuels et artistes commencèrent à se reconnaître et à agir en tant que groupe, soutenu principalement par la grande presse. São Paulo, bien qu’elle fût la ville la plus riche du Brésil – grâce aux capitaux cumulés par les exportations de café, à un processus de modernisation accéléré par l’arrivée récente de nombreux immigrés et à un développement d’industrialisation embryonnaire – possédait alors relativement peu d’institutions culturelles. Parmi celles qui existaient, on peut citer la faculté de droit (Faculdade de Direito) ; le Museu Paulista, fondé en 1895 et rattaché plus tard à l’Universidade de São Paulo ; la Pinacoteca do Estado de São Paulo, inaugurée en 1905 (l’unique musée de la ville consacré exclusivement aux beaux-arts) ; et le Liceu de Artes e Ofícios, un centre de formation d’artistes dédié plus aux arts appliqués qu’aux beaux-arts. Ainsi que le souligne le sociologue Sergio Miceli, pendant cette période « toute la vie intellectuelle était dominée par la grande presse, qui constituait la principale instance de production culturelle de l’époque et qui concédait la plupart des récompenses et des positions intellectuelles »5. Les journaux et les magazines illustrés constituaient donc le lieu où ces intellectuels se retrouvaient, exposaient leurs travaux et diffusaient leurs idéaux. Grâce aux organes de presse de la ville, la première génération de modernistes s’imposa donc localement, peu à peu. Plusieurs relevaient ainsi le défi des critiques lancées par Lobato contre Malfatti : au plaidoyer publié par Oswald de Andrade dans le Jornal do Commercio en 1918 s’ajoutèrent les textes de Menotti Del Picchia, parus dans le Correio Paulistano en 1920, et de Mário de Andrade, diffusés dans le Jornal de Debates en 19216.

7Bien que ces écrivains ne se soient pas rassemblés autour de principes cohérents pouvant donner lieu à des manifestes, ils se voyaient et étaient perçus par leurs adversaires comme des « futuristes », en référence au célèbre Manifeste du futurisme (1909) de l’Italien Filippo Tommaso Marinetti. Soucieux de dépasser tout ce qu’ils considéraient comme rétrograde dans la culture brésilienne – non seulement les traditions agraire, régionale, populaire, mais aussi celles académique et parnassienne –, ils cherchaient à être en phase avec le cosmopolitisme rayonnant des avant-gardes européennes. Dans cette optique, ils développèrent à travers leurs œuvres une image de São Paulo ouverte à la modernisation, en constante mutation, libérée du passé et dirigée toujours vers l’avenir. Dans ce désir de transformation immédiate, cette ville émergeait comme « un mythe technicisé » (Fabris, 1994a), lieu de destruction des traditions, aspirant à des innovations en tout genre, réceptive à de nouveaux langages artistiques et à des transformations sociales, politiques et culturelles dans le sillon des vagues d’immigration. Même si cette image d’un São Paulo moderne reflétait plus les souhaits des « futuristes » que l’expérience au quotidien des habitants de la métropole, de telles images sont, encore aujourd’hui, ancrées dans un imaginaire qui conçoit la ville comme porte-flambeau de la nation.

8Orientée vers cet idéal, la production des « futuristes » ne revendiquait pas alors les particularités de la culture brésilienne ; bien au contraire, elle aspirait à élever la culture nationale, perçue comme arriérée, au niveau des expériences internationales, considérées comme cosmopolites et progressistes. Cette ambition se trouve notamment exprimée dans le roman de Mário de Andrade Pauliceia desvairada (1922) et dans l’album Fantoches da meia-noite (1921) de Di Cavalcanti. En effet, les œuvres exposées pendant la « Semaine de 22 » – à l’exception de celles envoyées par Anita Malfatti et John Graz – ne furent perçues ni comme radicalement modernes au vu des esthétiques postimpressionnistes et néocoloniales régnantes, ni comme empreintes d’un esprit nationaliste (Amaral, 1970).

7  « […] Paris pôs uma marca na minha inteligência. Foi como criar em mim uma nova natureza e o meu a (…)
9Curieusement, c’est au fil des années 1920, avec le long séjour de nombreux artistes brésiliens à Paris, partis pour y perfectionner leur formation, que ces derniers commencèrent à s’intéresser aux particularités de la culture brésilienne. En 1921, Antônio Gomide et Victor Brecheret débarquèrent à Paris, où se trouvait déjà Vicente do Rego Monteiro, suivis en 1923 de Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade, Anita Malfatti, Di Cavalcanti et Celso Antônio, parmi beaucoup d’autres artistes (Batista, 2012). C’est à Paris que Di Cavalcanti réalisa ses premiers dessins de mulâtres. Ce sujet fut ensuite associé de façon emblématique à son œuvre et il le revisita tout au long de sa vie. Dans son autobiographie, Di Cavalcanti explique : « Paris a laissé une trace dans mon intellect. Ce fut comme créer en moi une nouvelle nature, et mon amour pour l’Europe a transformé mon amour de la vie en amour de tout ce qui est civilisé. Et en tant que civilisé, j’ai commencé à connaître mon pays »7.
8  « […] pioneira de um estilo modernista brasileiro » (Amaral, [1975] 2003, p. 97).
9  « […] Sinto-me cada vez mais brasileira: quero ser a pintora de minha terra, Como agradeço por t (…)
10Tarsila do Amaral est peut-être celle qui exprima le mieux cette transformation subite de langage, de thématique et de conscience. En 1921, inscrite à l’Académie Julian, elle s’exerçait à faire des nus postimpressionnistes ; en 1923, élève de Fernand Léger, elle réalisa l’une de ses créations les plus emblématiques, A negra (1923, São Paulo, Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo), considérée comme l’œuvre « pionnière d’un style moderniste brésilien »8. Dans une lettre adressée à sa famille, la peintre constatait l’intérêt que les cultures exogènes suscitaient dans les milieux intellectuels français : « Je me sens de plus en plus brésilienne : je veux être la peintre de mon pays. Ô combien je suis reconnaissante d’avoir passé toute mon enfance à la campagne, dans l’exploitation familiale. Les réminiscences de cette époque deviennent précieuses pour moi. Dans l’art, je veux être la campagnarde de São Bernardo, qui joue avec les poupées en paille, comme dans le dernier tableau que je peins en ce moment. Ne croyez pas que cette tendance soit mal perçue ici. C’est tout le contraire. Ce que l’on veut, c’est que chacun apporte la contribution de son propre pays. C’est ainsi que l’on explique les succès des ballets russes, des gravures japonaises et de la musique noire. Paris en a assez de l’art parisien »9.
10  « […] paradigmático da relação entre condição abastada, aculturação francesa e alinhamento moderni (…)
11Ainsi, le voyage de Tarsila do Amaral est considéré comme l’archétype du séjour d’artiste, un cas « paradigmatique du rapport entre une condition sociale aisée, l’acculturation française et l’alignement moderniste »10. Mariée au poète moderniste Oswald de Andrade et héritière comme lui d’une fortune considérable issue du café et du capital immobilier, Tarsila do Amaral réussit à intégrer les cercles internationaux de l’avant-garde établis à Paris grâce à de nombreuses stratégies, notamment son inscription en tant qu’élève dans les ateliers déjà célèbres d’Albert Gleizes, d’André Lhote et de Fernand Léger ; la formation d’une collection audacieuse d’œuvres modernistes grâce aux liens directs qu’elle entretenait avec les artistes eux-mêmes ou avec leurs galeristes, comme Léonce Rosenberg ; et le soin avec lequel elle construisit sa propre image de peintre pleinement moderne, comme l’atteste son autoportrait de 1923 (Rio de Janeiro, Museu Nacional de Belas Artes), dans lequel elle porte un manteau de Paul Poiret, dont la réputation de couturier élégant, moderne et « exotique » conférait à ses créations un capital symbolique exploité ici par l’artiste (Miceli, 2003).
11  Le pau-brasil, ou bois-brésil, une espèce végétale qui était abondante au moment de l’arrivée des (…)
12  En français dans le texte.
13  « Tarsila, minha querida amiga/Cuidado! Fortifiquem-se bem de teorias e desculpas e coisas vistas (…)
12À cette insertion stratégique de la peintre dans l’avant-garde cubiste française s’ajoute un autre élément, plebiscité également par l’intelligentsia brésilienne : la création d’une série d’œuvres modernes en dialogue avec les avant-gardes internationales de son temps mais construite à partir d’éléments considérés comme « nationaux ». Cette « phase Pau-Brasil »11, comme elle fut nommée, caractérise les productions de Tarsila do Amaral des années 1920. Dans une lettre que lui écrivit Mário de Andrade, chef de file intellectuel du groupe moderniste pauliste, insista sur l’importance pour les artistes brésiliens de rester fidèles à leur mission, à savoir celle de représenter leur pays : « Ma très chère amie Tarsila/Faites attention ! Emplissez-vous bien des théories, des excuses et des choses vues à Paris. Lorsque vous serez de retour, nous allons nous bagarrer, pour sûr. Dès maintenant je vous lance le défi, vous tous ensemble, Tarsila, Osvaldo et Sergio, d’une discussion formidable. Vous êtes parti à Paris en bourgeois. Vous êtes épatés12. Et vous êtes devenus des futuristes ! Hi, hi, hi ! Je pleure de jalousie ! Aïe, aïe, aïe ! Quelle pédale ! Mais, c’est vrai que je vous considère, vous tous, comme des paysans de Paris. Vous n’êtes devenus des Parisiens qu’en surface. C’est horrible, Tarsila ! Tarsila, reviens vers toi-même. Laisse tomber Gris et Lhote, patrons de criticismes dégénérés et d’esthésies d’ardents ! Quitte Paris, Tarsila ! Tarsila, reviens dans la forêt vierge, où il n’y a pas d’art nègre, où il n’y a pas de torrent gentil. Il y a la FORÊT VIERGE. J’ai créé le forêtviergisme. Je suis forêtviergiste. C’est de ça que le monde, l’art, le Brésil et ma très chère Tarsila ont besoin. […] Je t’embrasse très amicalement, Mário »13.
13Tout au long des années 1920, cette vision du modernisme comme un mouvement de valeur nationale et internationale dont le point de départ serait la « Semaine de 22 » se constitua comme un dogme, grâce, comme nous l’avons vu, à la place occupée par ses membres dans la presse de l’époque, devenue une sorte d’arène permettant la propagation des idéaux du groupe. Menotti del Picchia, l’un de ses plus ardents défenseurs, détenait une colonne quotidienne dans le Correio Paulistano, tandis qu’Oswald de Andrade possédait une liberté totale d’écrire dans le Jornal do Commercio, tout comme dans l’éminente revue O Pirralho, dont il était propriétaire. Ce n’est pas un hasard si la plus importante manifestation des modernistes en tant que groupe fut la parution, à l’issue de la « Semaine de 22 », de la revue Klaxon, vitrine de leur production littéraire, plastique et intellectuelle, en circulation de 1922 à 1923 (Moraes, 2011, p. 163-167).

14Hissé au statut de premier mouvement considéré comme authentiquement brésilien, assimilé à un cri de la conscience nationale, le modernisme brésilien a investi certains groupes et certains acteurs du mouvement d’un statut de grande importance ; ils sont ainsi devenus des symboles culturels – et politiques – des pouvoirs de transformation issus des nations « périphériques ». Andrea Giunta analyse la force des stratégies périphériques qui permirent à plusieurs artistes latino-américains, et en particulier ceux du mouvement Pau-Brasil né avec Tarsila do Amaral et Oswald de Andrade, de s’approprier des structures formelles primitives, en déplaçant le sens de « l’altérité » vers le centre du discours des avant-gardes. Ce faisant, les modernes contribuaient activement à développer le discours universalisant de la modernité (Giunta, 2011, p. 300). Discours qui, dans le cas des « modernités périphériques » (Sarlo, 1988), semblaient posséder la force d’une action libératrice. Les périphéries participent enfin à des mouvements culturels centraux mais à partir de valeurs et de stratégies qui leur étaient propres.

14  Feijoada est un plat traditionnel des esclaves au Brésil composé de haricots et de morceaux de via (…)
15Si les années 1920 furent une décennie d’effervescence du modernisme en devenir, les années 1930 s’annoncèrent comme une période de maturation et d’institutionnalisation. Le gouvernement de Getúlio Vargas (1937-1945), pour s’opposer au libéralisme et au régionalisme qui avaient caractérisé la Première République, mena une politique centralisatrice qui avait pour but de créer un « nouvel homme brésilien ». Dès lors, la culture et l’éducation devinrent prioritaires, nécessaires pour modeler l’« âme de la nation » (Schwarztman, 1984). Une série de politiques culturelles furent instaurées dans le but de promouvoir l’intégration nationale au moyen de symboles qui, aujourd’hui encore, sont des emblèmes de « brésilianité », comme la feijoada14 ; la capoeira et la samba, pratiques auparavant combattues car associées au passé esclavagiste, sont maintenant considérées comme des signes de convivialité pacifique entre races et cultures qui permettent de célébrer le « métissage » comme un élément national d’assimilation (Schwarcz, 1995).
15  En français dans le texte.
16  Pierre calcaire blanche utilisée pour la statuaire et les travaux d’architecture. Elle sert aussi (…)
16Dans le domaine des arts et de l’architecture, le ministère dirigé par Gustavo Capanema prit la décision de faire du domaine de la culture une affaire d’État en lui attribuant des subventions qui permettaient la réalisation de commandes et en créant une intelligentsia, un corps techniquement qualifié pour assurer leur mise en œuvre (Miceli, [2001] 2005). On inaugura un champ fructueux de possibilités pour les intellectuels, les artistes et les architectes, dont plusieurs d’orientation moderniste, qui furent appelés à participer à un régime clairement autoritaire. Le cas le plus emblématique en est le siège du ministère de l’Éducation et de la Santé, dont la construction devait matérialiser les discours sur la nation. À la suite d’un concours officiel, l’architecte néocolonial Archimedes Memória fut retenu, ce qui déplut au ministre, désireux d’un langage plus moderne. Capanema annula le concours et choisit pour concevoir le nouveau siège l’architecte urbaniste d’orientation moderniste Lúcio Costa, dont le projet avait été initialement refusé. Se forma alors une équipe composée d’Affonso Reidy, de Carlos Leão, de Jorge Moreira et d’Oscar Niemeyer, auxquels il faut ajouter l’aide précieuse de Le Corbusier, l’architecte moderniste franco-suisse qui jouissait alors d’une relative renommée internationale. L’édifice constitue une parfaite synthèse visuelle du modernisme brésilien. D’un côté, il intègre des éléments du paradigme international défendu par Le Corbusier – l’utilisation de pilotis pour libérer le rez-de-chaussée, d’une façade vitrée, d’un plan libre et de brise-soleil15, facteurs associés à un discours progressiste destiné à la célébration du futur. De l’autre, il relit et réinsère une supposée « tradition » architecturale brésilienne, dans la mesure où il utilise des matériaux comme les azulejos blancs et bleus, conçus par le peintre le plus célèbre de l’époque, Candido Portinari, pour recouvrir les murs extérieurs de l’édifice ; les bois nobles nationaux (comme le sucupira) pour confectionner le plancher ; le lioz16 portugais pour revêtir les étages nobles et le gneiss carioca pour les parois latérales, deux pierres qui étaient très employées par les sculpteurs baroques. Constitué d’éléments qui matérialisent la récupération imaginaire d’un certain passé lié au baroque, cet édifice réunit le futur et le passé (Williams, 2001 ; Cavalcanti, 2006).
17À l’intérieur se détache l’ensemble des peintures commandées à Candido Portinari, qui avait remporté un succès en 1934 avec la composition O Mestiço (1934, São Paulo, Pinacoteca do Estado de São Paulo), qui montrait sa capacité à rendre héroïques des figures de Noirs et de métis issus des classes populaires. Son appréhension visuelle des questions raciales concordait avec le discours alors en vigueur dans les milieux intellectuels nationaux, et son art rencontra vite l’approbation de l’Estado Novo, dont il rejoignait les idéaux. Portinari réalisa dix panneaux pour le ministère, chacun figurant un des moments spécifiques des divers cycles économiques qui constituent la trajectoire de la nation : Bois-Brésil, Caoutchouc, Sucre, Café, etc. En combinant les éléments classiques et modernes et en jouant de la déformation anatomique et des éléments expressionnistes, l’artiste créait des tensions non seulement entre les plans de la composition, mais aussi entre l’idéologie travailliste et raciale propagée par le gouvernement d’une part et la représentation particulière de l’héroïsme élaborée dans la série d’autre part. Le peintre osait représenter les Noirs et les Métis comme les protagonistes de l’histoire du pays : hommes et femmes anonymes, force de travail expropriée et martyrisée (Fabris, 1996).

17  Le complexe de la Pampulha, situé au bord d’un lac artificiel, à 18 kilomètres de Belo Horizonte, (…)
18Avec l’Estado Novo, le modernisme prit un relief considérable. Après le ministère de l’Éducation et de la Santé, le Conjunto da Pampulha, construit entre 1942 et 194317, rassembla également des noms importants de l’architecture et des beaux-arts. Réalisé à Belo Horizonte, le projet consacra définitivement Niemeyer et Portinari en tant que représentants respectivement de l’architecture et de la peinture moderniste brésilienne. D’autres commandes importantes suivirent, comme le parc d’Ibirapuera à São Paulo, inauguré en 1954, et la ville de Brasília, construite entre 1956 et 1960. Le modernisme devint l’image de marque du pays.
18  Portinari of Brazil, (cat. expo., New York, The Museum of Modern Art, 1940), New York, 1940 ; Braz (…)
19Pendant l’Estado Novo, une série d’événements visant à construire une image positive du Brésil fut organisée dans l’optique d’une politique de rapprochement entre les États-Unis et l’Amérique latine. En 1940, l’exposition Portinari of Brazil eut lieu au Museum of Modern Art (MoMA) à New York, suivie en 1943 de la très importante Brazil Builds, également au MoMA18. Conçue par le directeur de l’institution, Philip Goodwin, elle fut accompagnée d’un catalogue qui devint une référence internationale concernant l’architecture brésilienne, représentée tant par les édifices baroques que par des créations modernistes. Il ne faut pas non plus oublier la présence du Brésil à l’Exposition universelle de New York en 1939-1940, dont le pavillon a été dessiné par Costa et Niemeyer. Dans la décennie suivante, la renommée internationale de Niemeyer et de Portinari fut définitivement confirmée par leur collaboration à la construction du siège des Nations Unies à New York entre 1947 et 1953 : l’architecte carioca était l’un des co-auteurs du projet architectural, et le peintre pauliste réalisa deux immenses panneaux représentant la Guerre et la Paix. La bataille pour étendre et consolider le modernisme brésilien était gagnée.
20Le modernisme s’imposa comme canon national incontestable jusqu’à l’arrivée, dans les années 1950, des langages constructivistes. L’introduction des courants abstraits, en particulier avec l’inauguration de la Bienal de São Paulo en 1951, remit en cause la dominance des langages figuratifs constitutifs du programme type moderniste qui s’était propagé au Brésil depuis les années 1920. Au fil des années 1950, on assista à l’ascension de l’abstraction géométrique (plus connue au Brésil sous le nom de concrétisme) comme une nouvelle avant-garde nationale (Brito, 1985 ; Couto, 2004). La montée de l’art abstrait entraîna la dépréciation de la production des générations précédentes et, par conséquent, une certaine marginalisation des œuvres et des artistes modernistes.

La consécration historique du modernisme
19  La première partie de l’article a d’abord été publiée en 1953, dans un magazine allemand intitulé (…)
20  « […] libertação de uma série de recalques históricos, sociais, étnicos, que são trazidos triunfal (…)
21  « […] o mulato e no negro são definitivamente incorporados como temas de estudo, inspiração, exemp (…)
21En 1952, l’année du trentième anniversaire de la « Semaine de 1922 », il y avait donc peu de choses à célébrer. Cependant, au moment même où le modernisme commençait à s’essouffler, un processus visant à inscrire ce mouvement dans l’histoire se mit en marche. L’origine de cette consécration historique n’est pas à chercher dans le domaine artistique, dominé par les concrétistes, mais dans le milieu universitaire. En 1953, Antonio Candido de Mello e Souza, l’un des intellectuels brésiliens les plus respectés – marié à Gilda de Mello e Souza, critique et professeur d’esthétique, cousine de Mário de Andrade – développa, dans un essai intitulé « Literatura e cultura de 1900 a 1945 », une idée déjà présente dans les écrits de Mário de Andrade. Ce dernier, prônant une mise en valeur de la culture locale, avait renoué notamment avec certaines prémisses du romantisme brésilien, une sorte d’esthétique officielle du Second Empire brésilien (1840-1889). Pour Antonio Candido de Mello e Souza, la dialectique entre le localisme et le cosmopolitisme soulevée par Mário de Andrade était un paradigme persistant qui avait constitué la « loi d’évolution de notre vie spirituelle » (Souza, [1965] 2000, p. 101)19. L’intellectuel identifiait le romantisme et le modernisme comme les deux moments où ce processus avait atteint son sommet. Cependant, alors que le romantisme brésilien n’avait pu rompre complètement avec le modèle européen, le modernisme avait promu d’après lui une réelle autonomie culturelle en encourageant la « libération d’une série de refoulés historiques, sociaux, ethniques, qui remontent triomphalement à la surface de la conscience littéraire. Ce sentiment de triomphe, qui marque la fin de la position d’infériorité dans le dialogue séculaire avec le Portugal – et qui ne le prend même plus en compte – définit l’originalité spécifique du modernisme dans la dialectique de l’universel et du particulier »20. Cette transformation, selon lui, avait trouvé son impulsion dans la réinterprétation d’un héritage historique – éloigné en tout de l’Europe et difficile à dépasser – marqué par l’esclavage, le métissage et le rapport à la nature et au paysage. Selon l’auteur, c’est avec le modernisme que « les handicaps, supposés ou réels, sont réinterprétés comme des atouts » et, enfin, « le mulâtre et le noir sont définitivement intégrés comme des sujets d’études, d’inspiration, d’exemple. Le primitivisme devient désormais une source du beau et non plus une entrave à l’élaboration de la culture. Et cela dans la littérature, la peinture, la musique et les sciences de l’homme »21.
22En raison de son importance littéraire, esthétique et également politique, la publication d’Antonio Candido de Mello e Souza joua un rôle fondamental dans la diffusion de l’idée du modernisme comme un modèle canonique pour le Brésil. La position qu’il occupait dans la culture brésilienne y a également contribué : professeur de grande renommée à l’Universidade de São Paulo, il forma des générations d’enseignants, de chercheurs et de critiques toujours en exercice aujourd’hui dans les domaines artistiques et littéraires. Comme nous avons pu le remarquer, il existait une continuité intellectuelle entre la pensée de la génération moderniste des années 1920 et les analyses de Candido Mello e Souza, ou encore celles d’autres intellectuels qui se réunirent dès les années 1940 autour de la revue Clima (Pontes, 1998 ; Passiani, 2003). Le fait que plusieurs représentants de premier plan de la revue, y compris Candido, Gilda de Mello e Souza, Paulo Emilio Sales Gomes et Décio de Almeida Prado, aient été professeurs à l’Universidade de São Paulo, l’une des plus importantes du pays, rendit possible la réalisation de ce que Pierre Bourdieu appelle « l’imposition de la consécration des producteurs et des produits » du champ littéraire et artistique (Bourdieu, [1992] 1996, p. 253). Leurs publications, réalisées à l’intérieur du système universitaire et perçues comme des référents de qualité, de rigueur et d’érudition, bénéficiaient du sceau de l’autorité concrète et symbolique concédée par l’institution.

23À la suite de l’article d’Antonio Candido de Mello e Souza parurent quantité d’ouvrages de nature semblable, dans lesquels on peut identifier des thématiques récurrentes telles que la place centrale de l’intelligentsia pauliste dans la diffusion du modernisme à l’échelle nationale ; la « Semaine de 1922 » comme événement fondateur ; et la capacité du mouvement à synchroniser la production culturelle brésilienne à celle des plus importants centres de son époque, permettant ainsi de dépasser le retard historique supposé du Brésil tout en exaltant les particularités locales, populaires et métisses, liées à la prétendue reconquête de la culture nationale.

24Au-delà de ces éléments plus substantiels, un autre aspect commun est le caractère téléologique de ces récits, qui ont eu tendance à relier différents faits historiques de façon chronologique en vue d’établir un enchaînement logique entre la constitution du groupe moderniste en 1917, la « Semaine de 22 » et des épisodes plus récents, dont le plus important fut la fondation à São Paulo du Museu de Arte Moderna (MAM) en 1948 et du Museu de Arte de São Paulo (MASP) en 1949. Cette approche caractérise des publications considérées jusqu’à présent comme des ouvrages de référence pour l’histoire de l’art brésilien, comme l’História do modernismo no Brasil de Mário da Silva Brito, publié originellement en 1958 (Brito, [1958] 1974), et De Anita ao Museu de Paulo Mendes de Almeida, dont la première édition date de 1961 (Almeida, [1961] 1976). Souvent consultés pour leur contenu informatif présumé, ces deux ouvrages sont en fait entièrement structurés selon un parti pris esthétique implicite qui consiste à présenter la fondation des musées comme la somme des actions entreprises par les modernistes à partir des années 1920.

25En parallèle au surgissement des ouvrages cités plus haut, qui appartiennent à l’historiographie moderniste, il faut signaler un autre type de publication paru pendant cette période, moins analytique mais tout aussi important pour la dissémination plus généralisée des connaissances sur la génération des années 1920 : des témoignages et des mémoires des protagonistes de la première génération moderniste. En 1954 parut le Testamento de Mário de Andrade e outras reportagens de Francisco de Assis Barbosa (Barbosa, 1954) puis, en 1955, les mémoires de Di Cavalcanti, intitulé Viagem da minha vida: o testamento da Alvorada (Di Cavalcanti, [1955] 1995) ; deux ans après, Manuel Bandeira publia son récit semi-autobiographique Itinerário a Pasárgada (Bandeira, 1957), et l’année suivante parut un recueil des lettres de Mário de Andrade, Cartas a Manuel Bandeira (Andrade, Bandeira, 1958 ; sur la correspondance entre les deux écrivains, voir Moraes, 2000). La mise à disposition – souvent par des défenseurs plus jeunes, tels que Candido et Gilda de Mello e Souza – de ce matériau participa de façon décisive à légitimer les revendications des modernistes des années 1920 et 1930 quant à leur signification pour la culture nationale (Coelho, 2012).

26Pendant les années 1960, non seulement de nouvelles publications vinrent renforcer le triomphe du modernisme, mais aussi certaines actions, notamment conduites par l’État, étayèrent le processus de sa consécration. Les nombreuses études existantes sur l’intervention de l’État dans le domaine des arts plastiques pendant la dictature militaire de 1964 à 1988 (voir, par exemple, Ridenti, 2000 ; Napolitano, 2011) donnent en général la priorité à l’analyse d’œuvres et d’artistes vus à travers le prisme de la résistance, la conséquence étant de focaliser l’attention sur les directives visant à limiter et à entraver la liberté artistique. Le régime militaire provoqua une production intense de textes, certains rédigés par les artistes eux-mêmes, critiquant les limites à la création artistique imposées par l’État autoritaire. Toutefois, il importe de souligner que l’interférence de l’État dans le domaine des arts plastiques ne se cantonna pas seulement à une dynamique négative, coercitive, celle d’un État censeur ; on peut y déceler aussi un programme constructif de promotion de certaines tendances, de certains groupes et/ou de certains langages artistiques, bien que soumis aux orientations idéologiques autoritaires (Durand, [1989] 2009 ; Ortiz, 1988).

22  Voir le site des archives : http://www.casaguilhermedealmeida.org.br (consulté le 15 septembre 2013).
27L’acquisition des collections modernistes, quasiment dans leur ensemble, soutenue par le pouvoir public, en est un exemple révélateur. En 1968, grâce à l’entremise de Candido de Mello e Souza, l’Universidade de São Paulo put acquérir la collection d’art de Mário de Andrade, accompagnée des archives personnelles de l’écrivain – réunissant une impressionnante collection de lettres échangées avec les personnalités de son époque – et de sa bibliothèque (Batista, Lima, 1998). Cette acquisition fut suivie, l’année suivante, de celle de la collection, des archives et de la bibliothèque d’un autre grand écrivain et collectionneur moderniste, Guilherme de Almeida, par l’État de São Paulo22. L’achat de tels ensembles documentaires mit en évidence une préférence de l’État pour des mémoires et des productions modernistes, alors même qu’aucune politique semblable d’acquisition, de mécénat ou de soutien direct n’était menée en direction des artistes vivants (Brito, [1975] 2005). La portée posthume de ces acquisitions mérite d’être signalée, dans la mesure où leur dimension publique implique un accès permanent et renouvelé à ces sources, suscitant des recherches (universitaires ou autre) en continu, et augmentant leur importance et leur légitimité jusqu’à nos jours (Coelho, 2012).
28C’est également à cette même époque, entre le milieu des années 1960 et le milieu des années 1970, que se consolida un marché de l’art au Brésil, grâce notamment à l’appui indirect de l’État, qui mit en place des accords avec le système bancaire national afin d’octroyer des lignes de crédit spécifiques pour l’acquisition d’œuvres d’art. Pendant cette décennie de miracle économique, l’œuvre d’art devint un objet d’investissement, participant ainsi à la constitution d’un marché de biens symboliques au Brésil (Ortiz, 1988). S’agissant initialement de ventes de bienfaisance, ce système, alimenté par des ventes aux enchères, assuma peu à peu un caractère commercial, et les prix pratiqués ont commencé à servir de références pour les galeries privées, alors en plein essor.

29Dans ce contexte, les œuvres des artistes modernistes brésiliens devinrent progressivement les marchandises les plus convoitées. À la fin des années 1960, et selon une stratégie purement commerciale, des marchands d’art à São Paulo firent l’acquisition à bas prix d’œuvres de peintres modernistes faiblement cotés et relativement oubliés, et se mirent à les stocker. En même temps, ils investirent dans la constitution d’une histoire de la peinture brésilienne à partir du matériel qu’ils détenaient, faisant publier des livres sur les artistes concernés, dont ils exposaient aussi les œuvres dans leurs galeries (Durand, [1989] 2009 ; Bueno, 2012). Ce processus de valorisation marchande de la production moderniste fut concomitant avec la disparition des membres les plus remarquables du mouvement (Lasar Segall décèda en 1957, José Gianini Pancetti en 1959, Candido Portinari et Alberto da Veiga Guignard en 1962, Anita Malfatti en 1964, Vicente do Rego Monteiro en 1970, et Tarsila do Amaral et Flávio de Carvalho en 1973), circonstance qui augmenta la rareté de leurs œuvres, datées et limitées, et fit grimper leur cote sur un marché caractérisé par la circulation de biens en quantité restreinte.

30Le cinquantenaire de la Semaine d’art moderne, célébré en 1972, marqua l’apogée de la consécration du modernisme, désormais encensé par la critique, l’université, le marché, les musées, les collectionneurs et même, bien qu’indirectement, par l’État. Durant les années 1970, plusieurs de ses membres les plus connus firent l’objet d’études monographiques rigoureuses, effectuées par des chercheurs réputés, en général liés à l’université. Ces ouvrages furent rapidement publiés et constituent encore maintenant les principaux livres de référence sur chacun de ces artistes. Ainsi Portinari, pintor social, mémoire de deuxième cycle soutenu par Annateresa Fabris en 1975 (Fabris, [1975] 1990), Tarsila, sua obra e seu tempo, thèse de doctorat soutenu par Aracy Amaral en 1975 (Amaral, [1975] 2003), et, en 1980, Anita Malfatti e o início da arte moderna no Brasil, mémoire de deuxième cycle soutenu par Marta Rossetti Batista (Batista, [1980] 2006). Reconnus en tant que groupe, les modernistes furent également compris comme des singularités artistiques, des puissances créatives individualisées. Le cycle de consécration touchait à sa fin.

Le modernisme en débat
31Les critiques contre ce phénomène ne tardèrent pas à surgir. Déjà en 1975, dans un article important intitulé « Análise do circuito », Ronaldo Brito souligna les limites et les vices du rapport entre l’art et le marché de l’art au Brésil au début des années 1970 (Brito, [1975] 2005). Se gardant d’adopter le ton optimiste et flatteur qui prédominait dans les discours de l’époque sur la croissance du marché de l’art, vue comme l’un des signes de la transformation économique du pays, l’auteur exposa dans ce texte son caractère limité et élitiste. Les critiques et les historiens n’échappèrent pas non plus aux reproches : plutôt que d’accomplir leurs tâches en toute indépendance, ils s’étaient faits les « inventeurs » d’auteurs et d’artistes oubliés du passé, les inscrivant dans une tradition culturelle nationale et dressant une histoire de l’art brésilien dont les contours reflétaient non pas ses aspects formels et esthétiques, mais plutôt les intérêts des galeries qu’ils représentaient (Brito, [1975] 2005, p. 58).

23  « […] paradoxalmente às custas da conquista cultural moderna por excelência: a autonomia da experi (…)
32Ronaldo Brito revint à plusieurs reprises dans ses écrits sur les limites du modernisme brésilien, esquissant au fil de ses écrits une approche interprétative réfractaire à l’historiographie dominante. À la rigueur, pour Brito, ainsi que pour la génération qui lui succéda et qui détient aujourd’hui une position prestigieuse dans la critique culturelle nationale, les premières productions modernistes ne furent pas proprement modernes. Appelées a posteriori à représenter une « culture authentiquement nationale », elles furent plutôt conçues dans l’optique d’« un rite de passage vers la modernité ». Et elles ouvrirent ce chemin « paradoxalement aux dépens de la conquête culturelle moderne par excellence : l’autonomie de l’expérience du moi lyrique moderne et son abandon total à l’aventure de l’œuvre »23. De son point de vue, ce fut seulement dans les années 1950, avec le triomphe au Brésil de l’abstraction (le concrétisme) et en particulier avec l’internationalisation suscitée par la Bienal de São Paulo, que se constitua au Brésil une conscience esthétique proprement moderne (Brito, 1985).
24  Sur l’importance de Clement Greenberg pour la critique brésilienne, voir Fabris, 1994a et Couto, 2 (…)
33C’est ainsi qu’apparaît une contradiction intéressante : ce qui semblait être la force culturelle du premier modernisme – sa capacité à incarner un art à la fois national et moderne – fut également sa limite. Pour des auteurs comme Ronaldo Brito, Rodrigo Naves (Naves, 1996) et même Tadeu Chiarelli (Chiarelli, 2012), les modernistes des années 1920 à la fin des années 1940, en répondant aux exigences idéologiques du moment, furent incités à figurer dans leurs œuvres une supposée réalité nationale. Ils restèrent ainsi prisonniers d’un schéma traditionnel de représentation, avec des référents visuels précis, ce qui donna lieu à une conception presque narrative de la peinture. Comme l’affirme Brito, les toiles de cette première génération « signifient beaucoup » ; leurs auteurs étaient enfermés dans une rhétorique sociale et humaine qui ne leur permettait pas de considérer l’espace de la toile comme pleinement autonome, un champ de recherches éminemment formelles (Brito, 1985, p. 13). À la différence du modernisme français, dont ils se réclamaient les héritiers éloignés, les modernistes brésiliens se limitèrent au sujet, à l’asservissement de la peinture à un contenu. Dans les Cinq filles à Guaratinguetá d’Emiliano Di Cavalcanti, par exemple, une relecture des Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso, le thème de la prostituée et du nu féminin semblait inspirer l’artiste bien plus que la dissolution de la perspective qui fait de l’œuvre de Picasso un jalon dans l’histoire de l’art. De même, Tarsila do Amaral, en formation dans l’atelier de Léger, choisit comme modèle Paysages animés, la série la moins audacieuse et la plus figurative de son maître, sans conserver sa critique de la modernité (Miceli, 2003). Il convient cependant de remarquer que les critiques à propos du caractère peu moderne du modernisme brésilien relèvent d’une perspective théorico-méthodologique particulière, établie notamment par Clement Greenberg24. Celle-ci privilégie l’auto-référentialité comme critère de valeur, excluant ainsi les injonctions sociales, historiques et politiques qui forment le contexte de l’œuvre. Cette approche mit en avant certains modes d’expression artistiques, comme la peinture et la sculpture, ce qui signifie l’exclusion a priori de certains mouvements et pratiques artistiques tels que l’Art nouveau, l’Art déco, le design et la mode, ou encore certains courants artistiques figuratifs, par exemple le surréalisme. Enfin, faisant abstraction des contextes et des conditions de création, elle prend pour acquis que la logique de développement des champs artistiques français et nord-américain est exemplaire, et les présente comme des modèles abstraits et universels à suivre, notamment par des pays dont la vie artistique possède une histoire propre, souvent distincte de celles désignées comme exemplaires.
25  « Paradoxal vanguarda a nossa, dividida entre passado e presente, ainda incerta sobre o significad (…)
34Dans le cas brésilien, ce dernier aspect est décisif. Si l’historienne de l’art Annateresa Fabris convient que les œuvres des modernistes ne sont pas modernes selon la perspective soutenue par le paradigme greenbergien, elle affirme qu’elles le furent d’un autre point de vue, dans la mesure où elles suscitèrent une conscience esthétique culturelle nouvelle et radicale au sein de la société locale (Fabris, 1994b). Aussi est-il possible de penser qu’il y eût au Brésil une avant-garde avant le modernisme, ou mieux encore, un modernisme qui s’affirma non par des langages artistiques en voie d’autonomisation, mais par des stratégies d’intervention collectives et par le rapport avec le public qu’il visait à provoquer. Comme elle l’affirme : « Elle est paradoxale, notre avant-garde, partagée entre le passé et le présent, encore dubitative au sujet de la signification de l’art moderne, polémique dans quelques-unes de ses propositions les plus extrémistes mais tout de même consciente de la nécessité d’une action violente si l’on souhaite imprimer de nouveaux rythmes à la création culturelle au Brésil »25.
35Outre les divergences quant à la définition du modernisme et la conciliation de l’expérience historique particulière du cas brésilien avec des concepts prétendument universels, d’autres tensions traversent aujourd’hui le débat historiographique. Parmi elles, on trouve la question géopolitique qui étaie les récits modernistes. Celle-ci consiste à mettre en cause la croyance largement répandue que le modernisme brésilien est un produit pauliste à l’origine qui se serait propagé dans tout le Brésil à partir de cet épicentre. Plusieurs études des dernières années insistent sur l’importance des arts graphiques et de quelques œuvres plastiques réalisées à Rio de Janeiro au tournant du xxe siècle, et leur rôle dans la formation d’une nouvelle conception visuelle propre aux transformations urbaines en cours dans la capitale sous la Première République – conception qui aurait précédé la conscience moderne urbaine revendiquée par les défenseurs de la « Semaine de 22 » (Velloso, 1996 ; Herkenhoff, 2002). D’autres études dénoncent les récits qui tendent à méconnaître et à sous-estimer la dynamique propre de la production et de la circulation des œuvres dans d’autres capitales régionales (Bulhões, 1995 ; Tejo, 2012).

36Il faut encore mentionner les nombreux travaux universitaires qui proposent une réinterprétation des critiques lancées par les modernistes de São Paulo contre les pratiques académiques (Coli, 2005 ; Migliaccio, 2000 ; Marques, 2001 ; Chiarelli, 2010 ; Dazzi, 2011). Les recherches actuelles sur la création au Brésil autour de 1900 montrent que la vision d’une académie restée hostile aux intenses transformations politiques et sociales survenues à la suite de la proclamation de la République en 1889 est incorrecte. Ces analyses ont considérablement élargi la compréhension de la signification historique du terme moderne au Brésil, contestant ainsi le monopole revendiqué par les travaux canoniques sur le modernisme produits dans les années 1970 et 1980.

37Ces différends à propos des origines, des dates, des lieux et des significations de ce qui est ou n’est pas moderne au Brésil font remonter à la surface la vitalité et la place centrale de ce sujet pour l’art et la culture du Brésil. Plutôt que de chercher une issue à cette impasse, il nous semble préférable d’invoquer Pierre Bourdieu, qui caractérisa l’art moderne justement comme une lutte permanente entre les membres du domaine artistique pour imposer leur propre définition de ce que sont l’art et l’artiste (Bourdieu, [1992] 1996, p. 255-281). Le concept de modernisme n’impliquerait donc pas un style unique, facilement identifiable par des caractéristiques formelles ou historiques précises et dont les origines et les maîtres seraient indiscutables ; il s’agit plutôt d’un concept en négociation permanente, dont le sens spécifique est revendiqué par chacun des groupes, des artistes, des critiques et des historiens impliqués dans cet univers concurrentiel, tous convaincus de leurs croyances, passionnés par ce qu’ils font et incertains quant aux victoires futures.
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– Passiani, 2003 : Enio Passiani, Nas trilha do Jeca: Monteiro Lobato e a formação do campo literário no brasil, São Paulo, 2003.

– Pontes, 1998 : Heloisa Pontes, Destinos mistos: os críticos do grupo Clima em São Paulo, 1940-68, São Paulo, 1998.

– Ridenti, 2000 : Marcelo Ridenti, Em busca do povo brasileiro: artistas de Revolução, do CPC à Era da TV, Rio de Janeiro/São Paulo, 2000.

– Rubino, 1992 : Silvana Rubino, As fachadas da história, mémoire de Master, Universidade Estadual de Campinas, 1992.

– Sarlo, 1988 : Beatriz Sarlo, Una modernidad periférica. Buenos Aires 1920 y 1930, Buenos Aires, 1988.

– Schwartzman, 1984 : Simon Schwartzman et al., Tempos de Capanema, São Paulo/Rio de Janeiro, 1984.

– Schwarcz, 1995 : Lília Schwarcz, « Complexo de Zé Carioca. Notas sobre uma identidade mestiça e malandra », dans Revista Brasileira de Ciências Sociais, 10/29, octobre 1995, p. 6-29.

– Souza, (1953) 2000 : Antonio Candido de Mello e Souza, « Literatura e cultura de 1900 a 1945 », dans Literatura e sociedade, São Paulo, (1953) 2000.

– Tejo, 2012 : Cristiana Tejo et al., Uma história da arte?, Recife, 2012.

– Velloso, 1996 : Mônica Pimenta Velloso, Modernismo no Rio de Janeiro: Turunas e Quixotes, Rio de Janeiro, 1996.

– Williams, 2001 : Daryle Williams, Culture Wars in Brazil: The First Vargas Regime, 1930-1945, Durham (VA), 2001.
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Notes
1  Le Brésil est composé de vingt-six États et du district fédéral (ou se trouve Brasília, la capitale fédérale), dotés d’une relative autonomie politique, économique et juridique, et marqués par plusieurs clivages internes et d’inégalités à différents niveaux. Chaque État a généralement un système universitaire, avec des institutions publiques (fédérales et/ou de l’État) et d’autres privées. Le pays possède de nombreux centres intellectuels et culturels, mais les ressources sont concentrées surtout dans les États de São Paulo, Rio de Janeiro, Minas Gerais, Rio Grande do Sul, Pernambuco, Bahia et Brasília. Ces divisions entraînent des partis pris historiographiques relativement distincts, la géopolitique étant l’un des axes qui articulent le débat, aux côtés d’autres perspectives théoriques et méthodologiques plus générales. Le marché de l’art est plutôt concentré à São Paulo et à Rio de Janeiro, qui se disputent le titre de « capitale artistique et intellectuelle » du pays, malgré l’importance de la production historiographique des autres États. Sur le champ artistique brésilien, les musées et les politiques publiques, voir Fialho, 2012 ; sur la concentration d’expositions et de commissaires à São Paulo et à Rio de Janeiro, consulter Cypriano, 2012.

2  L’idée de la Semaine de Deauville comme modèle pour la Semaine d’art moderne de 1922 a été proposée par Marinette Prado, épouse de Paulo Prado, un riche intellectuel de São Paulo qui était l’un des mécènes de la « Semaine de 22 ». Selon son témoignage recueilli par Aracy Amaral, la Semaine de Deauville se tenait chaque l’été, depuis le xixe siècle, et proposait des expositions de peinture, de mode, etc. (voir Amaral, 1998, p. 128-129).

3  Anita Malfatti étudia la peinture à Berlin sous Fritz Burger et Lovis Corinth de 1910 à 1914, puis rentra au Brésil en 1914 au début de la Première Guerre mondiale. Dès l’année suivante, toujours grâce à des subventions et des ressources familiales, elle poursuivit ses études de peinture à New York. Élève dans un premier temps à la Art Students League, elle étudia ensuite sous Homer Bross à la Independent School of Art, où elle resta jusqu’à son retour définitif au Brésil en 1917 (Batista, [1985] 2006).

4  Monteiro Lobato, « A Propósito da Exposição Malfatti », dans O Estado de S. Paulo, 20 décembre 1917.

5  « […] em termos concretos, toda a vida intelectual era dominada pela grande imprensa, que constituía a principal instância de produção cultural da época e que fornecia a maioria das gratificações e posições intelectuais » (Miceli, [2001] 2005, p. 17).

6  Plusieurs des premiers articles des modernistes ont été publiés dans les livres de Marta R. Batista (Batista, 1972) et Mário da Silva Brito (Brito, [1958] 1974).

7  « […] Paris pôs uma marca na minha inteligência. Foi como criar em mim uma nova natureza e o meu amor à Europa transformou meu amor à vida em amor a tudo que é civilizado. E como civilizado comecei a conhecer minha terra » (Di Cavalcanti, [1955] 1995, p. 142).

8  « […] pioneira de um estilo modernista brasileiro » (Amaral, [1975] 2003, p. 97).

9  « […] Sinto-me cada vez mais brasileira: quero ser a pintora de minha terra, Como agradeço por ter passado na fazenda a minha infância toda. As reminiscências desse tempo vão se tornando preciosas para mim. Quero, na arte, ser a caipirinha de São Bernardo, brincando com bonecas de mato, como no ultimo quadro que estou pintando. Não pensem que essa tendência é mal vista aqui. Pelo contrario. O que se quer aqui é que cada um traga contribuição do seu próprio país. Assim se explicam os sucessos dos bailados russos, das gravuras japonesas e da musica negra. Paris está farta de arte parisiense (Amaral, [1975] 2003, p. 78).

10  « […] paradigmático da relação entre condição abastada, aculturação francesa e alinhamento modernista » (Durand, [1989] 2009, p. 77).

11  Le pau-brasil, ou bois-brésil, une espèce végétale qui était abondante au moment de l’arrivée des Portugais dans le Nouveau Monde, a donné son nom au pays. La revendication de cette expression par les modernistes locaux reflétait donc l’importance qu’ils attribuaient aux questions « natives ».

12  En français dans le texte.

13  « Tarsila, minha querida amiga/Cuidado! Fortifiquem-se bem de teorias e desculpas e coisas vistas em Paris. Quando vocês aqui chegarem, temos briga, na certa. Desde já, desafio vocês todos juntos, Tarsila, Osvaldo e Sergio para uma discussão formidável. Vocês foram a Paris como burgueses. Estão épatés. E se fizeram futuristas! hi! hi! hi! choro de inveja UI! Ui! Ui! Mas que viado! Mas é verdade que considero vocês todos uns caipiras em Paris. Vocês se parisianizaram na epiderme. Isso é horrível! Tarsila, Tarsila, volta para dentro de ti mesma. Abandona o Gris e o Lhote, empresários de criticismos decrépitos e de estesias de ardentes! Abandona Paris! Tarsila! Tarsila!Vem para a mata virgem, onde não há arte negra, onde não há também arroios gentis. Há MATA VIRGEM. Criei o matavirgismo. Sou matavirgista. Disso é que o mundo, a arte, o Brasil e minha queridíssima Tarsila precisam. […] Um abraço muito amigo do Mário » (Mário de Andrade, dans Amaral, [1975] 2003, p. 369).

14  Feijoada est un plat traditionnel des esclaves au Brésil composé de haricots et de morceaux de viande de porc mélangés à du riz blanc (introduit par des immigrés japonais au xixe siècle) et à du chou (une plante indigène). Pendant la période du gouvernement de Getúlio Vargas, il était exalté comme étant « la nourriture typique nationale » car il permettait de célébrer la notion de mixité culturelle/raciale prônée par le régime.

15  En français dans le texte.

16  Pierre calcaire blanche utilisée pour la statuaire et les travaux d’architecture. Elle sert aussi à faire des plaques de revêtement.

17  Le complexe de la Pampulha, situé au bord d’un lac artificiel, à 18 kilomètres de Belo Horizonte, se composait de quatre bâtiments : le casino (devenu le musée d’art), la Maison de bals (devenue le Centre d’études sur l’urbanisme, l’architecture et le design), le Yacht Club et la merveilleuse église São Francisco de Assis, entièrement décorée par Portinari. Ce fut le premier grand projet d’Oscar Niemeyer.

18  Portinari of Brazil, (cat. expo., New York, The Museum of Modern Art, 1940), New York, 1940 ; Brazil Builds: Architecture New and Old, 1652-1942, Philip L. Goodwin éd., (cat. expo., New York, The Museum of Modern Art, 1943), New York, 1943.

19  La première partie de l’article a d’abord été publiée en 1953, dans un magazine allemand intitulé Staden-Jahrbuch, puis dans la première édition du livre de Cândido Mello e Souza, Literatura e sociedade: estudos de teoria et história literária, paru à São Paulo en 1965 (Coelho, 2012, p. 90).

20  « […] libertação de uma série de recalques históricos, sociais, étnicos, que são trazidos triunfalmente à tona da consciência literária. Este sentimento de triunfo, que assinala o fim da posição de inferioridade no diálogo secular com Portugal e já nem o leva mais em conta define a originalidade própria do Modernismo na dialética do geral e do particular » (Souza, [1953] 2000, p. 110).

21  « […] o mulato e no negro são definitivamente incorporados como temas de estudo, inspiração, exemplo. O primitivismo é agora fonte de beleza e não mais empecilho à elaboração da cultura. Isso na literatura, na pintura, na música, nas ciências do homem » (Cândido, [1953] 2000, p. 110).

22  Voir le site des archives : http://www.casaguilhermedealmeida.org.br (consulté le 15 septembre 2013).

23  « […] paradoxalmente às custas da conquista cultural moderna por excelência: a autonomia da experiência do eu lírico moderno e sua entrega total à aventura da obra » (Brito, [1975] 2005, p. 137).

24  Sur l’importance de Clement Greenberg pour la critique brésilienne, voir Fabris, 1994a et Couto, 2004, ainsi qu’un entretien avec le critique d’art Rodrigo Naves : http://www.forumpermanente.org/rede/numero/rev-numero7/entrevRodrigoNav (consulté le 15 septembre 2013).

25  « Paradoxal vanguarda a nossa, dividida entre passado e presente, ainda incerta sobre o significado da arte moderna, polêmica em relação a algumas de suas propostas mais extremistas, mas assim mesmo consciente da necessidade de uma ação violenta se se quisessem imprimir novos ritmos à criação cultural no Brasil » (Fabris, 1994a, p. 24-25).

Auteur
Ana Paula Cavalcanti Simioni
Docteur en sociologie de l’Universidade de São Paulo, elle est enseignante-chercheuse à l’Instituto de Estudos Brasileiros à l’Universidade de São Paulo, où elle développe ses recherches sur l’art et le genre au Brésil, les pratiques et les créations modernistes brésiliennes, et l’art et la culture sous la Première République brésilienne (1889-1930).

Voir aussi:

Manifeste anthropophage / Anthropophagie zombie
Oswald de Andrade / Suely Rolnik [tous les titres]
BlackJack éditions
paru en novembre 2011
édition française
14,5 x 21 cm (broché)
108 pages
14.00 €
ISBN : 978-2-91806-322-3
EAN : 9782918063223
en stock

Un dialogue entre deux appropriations singulières du concept d’anthropophagie à deux moments historiques clés : une nouvelle traduction du poème culte et fondateur de la modernité brésilienne d’Oswald de Andrade, prônant l’ingestion symbolique du colonisateur et de sa culture, publiée en regard d’une analyse par Suely Rolnik d’une expérience anthropophagique contemporaine dévoyée dans le contexte du capitalisme financier.
Et si l’anthropophagie nous permettait de penser notre contemporanéité ? En confrontant le Manifeste anthropophage et Anthropophagie Zombie, cet opus orchestre un dialogue entre deux appropriations singulières du concept d’anthropophagie à deux moments historiques clés : l’avènement de la modernité dans le poème culte d’Oswald de Andrade et l’avènement du capitalisme financier dans le texte de Suely Rolnik. L’anthropophagie est une pratique caractéristique des Indiens Tupi vivant au Brésil avant la Conquête. En réactivant ce concept, Oswald de Andrade affirme avec provocation la singularité de la culture brésilienne par rapport à la culture européenne. Suely Rolnik revient quant à elle sur cette notion dans un contexte contemporain mondialisé. Elle pointe ainsi un aspect négatif de l’expérience anthropophage en créant le concept de « subjectivité flexible ». Cette nouvelle subjectivité renvoie à l’hyper-adaptabilité du sujet contemporain aux mondes prêts-à-porter que propose le capitalisme. Cependant, l’anthropophagie peut également être réactivée de manière positive pour construire une expérience critique du monde dans lequel nous évoluons.

Monument de la littérature, le Manifeste anthropophage est l’un des textes fondateurs du modermisme brésilien. Son auteur, Oswald de Andrade, est connu pour son œuvre aussi diverse qu’iconoclaste et polémique. Le Manifeste anthropophage est, avec le Manifeste de la poésie Bois Brésil, l’un de ses écrits les plus radicaux. Blackjack éditions en propose ici une nouvelle traduction, largement annotée. Manger la culture colonisatrice, telle est la revendication du Manifeste anthropophage écrit au Brésil, en 1928. À travers cette poésie savoureuse, Oswald de Andrade prône la dégustation symbolique du colonisateur, affirmant la modernité brésilienne dans un processus de dévoration esthétique et politique qui consiste non pas à singer la modernité européenne mais à la manger, à l’assimiler pour en forger une déclinaison singulière. De Andrade offre ainsi une alternative originale au nivellement culturel et à la fascination pour une culture dominatrice.

Dans Anthropophagie zombie, Suely Rolnik revient sur la tradition anthropophage brésilienne, mais note que cette tradition a pris une connotation négative avec l’avènement du capitalisme financier. En effet, si historiquement l’anthropophagie s’affirme comme un concept positif, les troubles d’une « guerre esthétique planétaire » ont dévoilé la face cachée d’une anthropophagie dévoyée. Inspirée par la philosophie de Gilles Deleuze et par son travail avec Félix Guattari, Suely Rolnik montre comment les structures de la subjectivité sont attaquées par le capitalisme financier, l’expérience anthropophage donnant naissance à la subjectivité d’un « peuple de zombies hyperactifs ».

Comment réinvestir une anthropophagie positive et émanciper les subjectivités singulières ? Comment remettre le monde à l’œuvre ? L’élaboration critique de l’expérience anthropophage brésilienne pourrait-elle contribuer à problématiser la subjectivité contemporaine propre au régime du capitalisme financier ? Plus spécifiquement : pourrait-elle contribuer à problématiser la politique des relations à l’autre, tout comme le destin des puissances de création, inhérentes à cette nouvelle figure de la subjectivité ? En dernière instance, l’expérience anthropophage pourrait-elle contribuer à « soigner » l’actuelle fascination aveugle devant la flexibilité et la liberté d’hybridation récemment acquises ?

Oswald de Andrade est né à Sao Paulo en 1890. Avec l’écrivain, poète et critique Mario de Andrade, le poète Menotti del Picchia et les peintres Anita Malfatti et Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade forme le Groupe des Cinq, qui agita la vie culturelle et artistique brésilienne dans les années 20. De Andrade fut l’un des propagateurs les plus actifs des idées modernistes, promouvant notamment la Semaine de l’Art moderne (festival de littérature, de musique et d’arts plastiques) en février 1922, au Théâtre municipal de São Paulo. Le but recherché – et atteint – était de révéler et mettre en valeur la singularité de l’identité culturelle et artistique brésilienne. Oswald de Andrade tisse ainsi des liens avec l’avant-garde artistique et littéraire brésilienne puis européenne, en particulier lors de ses fréquents séjours à Paris, entre 1923 et 1929. Il fait alors la rencontre de Blaise Cendrars, avec lequel il nouera une relation étroite. Oswald de Andrade est mort en 1954 à Sao Paulo.
Voir aussi Haroldo de Campos : Une poétique de la radicalité – Essai sur la poésie d’Oswald de Andrade.

Philosophe, psychothérapeute et critique d’art, Suely Rolnik est professeur au Centre de recherches sur la subjectivité de l’université de Sao Paulo. Elle enseigne également dans le cadre du programme d’études indépendantes du musée d’art contemporain de Barcelone. Elle articule ses recherches en arts autour de l’interface politique clinique. En 2007, les Empêcheurs de penser en rond publient Micropolitiques, ouvrage que Suely Rolnik et Félix Guattari ont écrit ensemble. Elle a écrit Schizoanalyse et anthropophagie pour le livre Gilles Deleuze, une vie philosophique (Empêcheurs de penser en rond, 1998). Elle a enfin écrit avec Corinne Diserens un ouvrage référent sur l’artiste brésilienne Lygia Clark : Nous sommes le moule. À vous de donner le souffle. Lygia Clark, de l’œuvre à l’événement (musée des Beaux-Arts de Nantes, 2005) ; on lui doit également l’édition, sous la forme d’un coffret de dix DVD, d’un ensemble d’entretiens autour des pratiques expérimentales de Lygia Clark (Archive pour une œuvre-événement – Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte, 2011).

Voir également:

Feu et plumes: coup d’envoi en Amazonie des premiers jeux mondiaux indigènes

AFP/RTBF
26 octobre 2015

Les premiers « Jeux mondiaux des peuples indigènes », s’ouvrent vendredi soir à Palmas, la capitale de l’Etat amazonien du Tocantins, au nord du Brésil, avec une cinquantaine d’ethnies originaires de 23 pays.

Ce sera l’occasion pour 1.800 athlètes de peuples indigènes d’Amérique latine mais aussi de Mongolie, d’Éthiopie, Canada, Japon ou Nouvelle Zélande entre autres, de s’affronter notamment au « rokra », un lointain cousin du hockey joué dans les champs avec des bâtons et des noix de coco, ainsi qu’en canoë, au javelot, au tir à l’arc ou à la lutte.

Ces jeux mondiaux sont issus des jeux indigènes brésiliens, créés en 1996. Quelque 700 des 1.800 athlètes inscrits sont Brésiliens, de 24 ethnies différentes. Les compétitions commenceront samedi et se dérouleront jusqu’au 31 octobre. Pour le sacro-saint dieu football, les tournois sont déjà en cours.

Le Conseil missionnaire indigène (Cimi), lié à l’église catholique brésilienne, a indiqué à l’AFP que certaines ethnies brésiliennes qui « boycottent » les jeux avaient prévu de faire une manifestation pour défendre leurs droits et notamment celui à la terre.

Ils critiquent l’expansion des agriculteurs sur les terres traditionnelles des peuples autochtones du Brésil. Jeudi soir, les athlètes indigènes se sont livrés à des rituels avant les jeux et ont éclairé d’un feu sacré la ville amazonienne de Palmas. Coiffés de parures de plumes, les corps enduits de peintures ancestrales, ils ont chanté et dansé.

Voir encore:

Les Indiens du Brésil disputent leurs « JO », avant le Mondial de foot

Le Parisien

16 Nov. 2013

Tronc d’arbre sur l’épaule, le visage crispé par l’effort, un guerrier surgit dans un nuage de poussière: à Cuiaba, l’une des villes hôtes du Mondial-2014 de football, les tribus indiennes du Brésil disputent « leurs » olympiades.

Dans la tribune, pas de « ola », de perruques fluo, de vuvuzelas ou d’hymnes nationaux. Teint cuivré, parures de plumes pour certains, les supporteurs encouragent leurs champions par des chants ancestraux au rythme des maracas.Pipe à la main, Tawra et les membres de sa tribu des Kariri-Xoco dansent en cercle autour de Tawani, pour célébrer sa participation au tir à l’arc. « Rena, reia, reia raoi!!! », scandent-ils pour donner des forces à leur champion, plongé dans un état léthargique. Course avec tronc Des rituels de ce type se répètent lors des 12es Jeux des Peuples indigènes. Ils ont été déclarés ouverts avec un grand « feu sacré », à moins de 1.000 jours des JO-2016 de Rio de Janeiro.Quelque 1.500 indigènes de 49 tribus brésiliennes et des représentants de 15 pays ont participé à ces olympiades indiennes qui s’achevaient samedi dans la capitale du Mato Grosso (centre-ouest).Au programme, le traditionnel tir à l’arc, ou le jet de lance bien sûr. Mais aussi des disciplines plus insolites, comme la « course avec tronc » où les relayeurs de chaque équipe se transmettent des cylindres de bois de plus de 100 kg! « Nous voulons montrer que nous avons une réelle authenticité, une très grande diversité », explique Jaruco Tanao, qui a voyagé quatre jours en bateau et en bus depuis Acre (nord) pour participer à ces Jeux.La plupart ont accompli de longs périples pour se rendre à Cuiaba, comme Zuri Duarte, 21 ans, de la tribu Harakmbut, qui représente le Pérou. Pour beaucoup, membres de tribus éclatées sur d’immenses territoires et sans contact entre elles, c’est une occasion unique d’échanger avec d’autres cultures indigènes ancestrales.Iguandili Lopez, du Panama, exécute la danse de son peuple, les Gunas, avec des Pataxo, reconnaissables à leurs corps peints en jaune. Keyuk Yanten, un Tewelche de Patagonie, chante avec des Mapuche du sud du Chili. »Cela me fascine que les tribus brésiliennes maintiennent cette pureté », confie Iguandili.Quelque 900.000 indigènes vivent aujourd’hui au Brésil. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 0,5% d’une population de 200 millions d’habitants. Fils d’une « blanche » et d’un indien, Tawra explique que sa tribu est l’une de celles, encore nombreuses, qui luttent pour la reconnaissance de leurs territoires ancestraux, occupés par des agriculteurs. « Je me sens surtout indien. Nous autres, nous apprenons de la nature elle-même, nous, nous vivons en elle », explique le jeune homme. Un but = une flèche Les amphitryons de ces Jeux, les indiens Pareci du Mato Grosso, pratiquent un dérivé du football, ou plutôt une sorte de « headball », puisqu’il ne se joue qu’avec la tête. Chaque point gagné –en évitant qu’une petite balle ne touche la poussière avant d’avoir été frappée d’une tête souvent plongeante –, permet de gagner une flèche appartenant à l’équipe rivale.Cette discipline n’était pas encore officielle, mais en démonstration. Tout comme le tir à la sarbacane, ou le Javari, un jeu consistant à esquiver des flèches en se protégeant le corps d’un tube.Mais quand il s’agit de football, tous se lancent sur la pelouse avec la même passion que n’importe quel Brésilien.Le gouvernement étudie une proposition pour organiser un Mondial de football indigène en mai 2014, à quelques semaines du Mondial officiel organisé par la Fifa.L’équipe féminine de foot des Kariri Xoco l’emporte finalement aux tirs au but sur celle des Zuri. Mais le football n’est pas vraiment le fort des compétitrices qui éclatent de rire sans arrêt sur le terrain écrasé de chaleur.Une gaieté générale à peine troublée par les sanglots stridents d’une petite fille, qui ne veut pas que sa mère entre en jeu.

Voir de plus:

Protest Erupts During World Indigenous Games in Brazil
Jenny Barchfield, Associated press
PALMAS, Brazil

ABC news

ct 28, 2015
A noisy demonstration broke out Wednesday during the 100-meter dash competition at the World Indigenous Games, forcing a premature end to the day’s events at what organizers have described as the indigenous Olympics.

The protesters, a boisterous crowd made up mostly of native Brazilians in traditional dress, were outraged over a land demarcation proposal that they say would be catastrophic for Brazil’s 300 or so surviving tribes.

The proposed constitutional amendment would transfer the right to demarcate indigenous lands from the executive branch to Brazil’s Congress, which is heavily influenced by the powerful big agriculture lobby that has fought against indigenous reserves in the past.

A committee in the Chamber of Deputies approved the proposal late Tuesday, though it must get through the full lower house and Senate, then be signed by President Dilma Rousseff in order to become law.

Brandishing handwritten banners against the proposal, around 100 demonstrators breezed past security guards and onto the floor of the sporting arena in Palmas. Hundreds of others ran to join the group as spectators cheered them on.

The announcer initially ignored the mass of protesters — although, dressed in feathers body paint, with some brandishing spears or bows and arrows, they proved impossible to ignore.

Narube Werreria, a young woman from the Karaja nation, scrambled up into the VIP area and seized the microphone to deliver a heated attack on the proposal.

« When we were here at the games, they were there in Congress plotting to steal our lands, » she yelled. « Soon, there will be no more indigenous peoples, no more forest, no more animals. »

The protest was loud but peaceful. After about 20 minutes, the demonstrators turned and filed quietly out of the arena.

The crowd of a couple thousand spectators booed when organizers finally announced an end to the day’s activities, inviting the crowd to return Thursday.

Panamanian Cesar Cires had been slated to take part in a demonstration of the traditional games of his Ngabe-Bugle people, but his event was among the activities scrapped.

Still, Cires said he supported the demonstrators.

« We travelled a long way to be here, so it is a bit disappointing, » he said. « But we as indigenous people understand our Brazilian brothers’ plight. Next time, we’ll join the protest, too. »

Voir par ailleurs:

Salma Hayek donne le sein à un mystérieux bébé africain

Staragora

11/02/2009

L’Afrique fait décidément un drôle d’effet à nos amies les stars. Après la course à l’adoption faite par Madonna et Angelina Jolie (qui a des vus sur un orphelin en Namibie), voilà que c’est au tour de Salma Hayek de se retrouver en Sierra Leone, avec un nouveau né dans les bras. On le voit même en train de téter ses généreuses mamelles !

En visite dans un pays ravagé par des années de guerres civiles, l’actrice de 42 ans a offert son lait à un petit bébé dont la mère trop amoindrie n’était plus en été d’allaiter. Un geste remarquable, fait avec autant de modestie que de naturel.

Salma raconte que sa grand-mère, vivant autrefois dans un village déshérité du Mexique, avait fait exactement pareil avec un petit enfant, laissé à l’abandon, qui pleurait dans la rue.

Divorcée du richissime homme d’affaires français Pinault, l’actrice a une fille, Valentina, 1 an.

Ambassadrice pour l’UNICEF, Salma Hayek joue les mères de substitution photo et vidéo

Voir encore:

2005 : ils s’en foutent de la mort de Le Chenadec et d’Irvoas
Monique Bousquet

Ripost laïque

27 octobre 2015

Hier, 26 octobre, dix ans après les émeutes des banlieues, notre Premier Ministre réunissait aux Mureaux  un comité interministériel.

C’est ainsi que nous avons pu le voir  accompagné de pas moins de  17 ministres et d’élus toutes écharpes tricolores dehors, marcher dans les rues  des Mureaux dans ce qui ressemblait  à une commémoration solennelle de ces événements qui ont sidéré le monde entier et dans lesquels une certaine presse étrangère voyait un conflit ethnique.

Qu’y avait-il à commémorer? Il est vrai qu’en France les élus ont honte de nos victoires. Il suffit de visiter le mémorial élevé à Poitiers qui qualifie la bataille de « victoire truquée » et  Charles Martel de bâtard illégitime,  ou d’observer les commémorations des batailles napoléoniennes qu’affectionnent tant les Anglo-Saxons, auxquels la France n’hésite pas à prêter un navire pour rejouer la défaite de Trafalgar tout en refusant de  célébrer Austerlitz ou les nombreuses autres victoires de l’Empereur.

On préfère le compassionnel, là on sait faire.  Nées en Belgique, les marches blanches ont traversé le Quiévrain pour devenir notre spécialité. En toutes circonstances. De « Je suis Charlie » à l’effroyable accident de Puisseguin.

D’ailleurs, notre Premier Ministre l’a bien dit. « Il ne s’agit pas d’acheter la paix sociale ». Qui aurait pu penser une chose pareille!  Ni d’aller à la pêche aux voix. Honni soit qui mal y pense! Simplement donner des signes de reconnaissance à la banlieue, commémorer en quelque sorte un événement qui fera date dans l’Histoire de France –  et je ne doute pas qu’il entrera bientôt dans nos manuels scolaires – et lancer un énième Plan Marshall qui ressemble, comme les précédents,  à des mesures expiatoires.

Interviewé pour l’occasion dans l’émission des Grandes Gueules, un élu décelait un léger mieux. Il y a moins d’agressions, avançait-il,  mais elles sont plus violentes. Les victimes, on ose l’espérer, apprécieront certainement la délicate différence. Mais, le chômage, le manque de moyens… poursuit-il avec le ton de circonstance.  Bref, le maire réclame des subventions. Pour les élus, les problèmes de banlieue sont avant tout sociaux et économiques.

A quoi il ne faut pas manquer d’ajouter les problèmes de discrimination dont se prétendent victimes les jeunes de banlieue, qui ne sauraient être le fait que d’un racisme atavique, latent même chez les meilleurs d’entre nous. Blogueuse au Bondy Blog, créé par des journalistes suisses venus s’installer en 2005 à Bondy, en plein cœur des événements, Widad Kefti s’indigne qu’encore aujourd’hui, il n’y ait quasiment pas de journalistes non-Blancs à Libération, au Monde, et même à Mediapart. On notera au passage les arguties de notre novlangue, qui interdisent aux Blancs de se définir comme Blancs mais autorise son contraire.

Aussi, notre gouvernement passe-t-il à la vitesse supérieure et annonce une série de mesures coercitives  qui n’épargneront ni les maires, ni la police, ni l’école.  Il promet des passages en force contre les maires récalcitrants, des caméras-piétons, des testings, une carte scolaire plus rigide, qui laissent entrevoir des lendemains soviétoïdes.

Alors en cette période d’anniversaire et à l’approche de la Toussaint, je voudrais combler un oubli de notre gouvernement. Bien involontaire, à n’en pas douter.

Je voudrais rappeler le souvenir des deux vraies victimes. Je veux parler de Jean-Jacques le Chenadec et de Jean-Claude Irvoas.

Qui sont-ils? Si vous les avez oubliés, vous avez des excuses, parce que ce sont les morts oubliés de ces événements, pire qu’oubliés, tus, escamotés, gommés.

Alors pour rappel, Jean-Jacques le Chenadec, est cet homme âgé de 61 ans qui, à Stains, était descendu  en bas de son immeuble  parce que des jeunes mettaient le feu à des poubelles. Ils l’ont tué. Le meurtrier a été condamné à cinq ans de prison; il doit être libre à l’heure qu’il est.

Jean-Claude Irvoas, 56 ans, a voulu prendre en photo du mobilier urbain, à Epinay-sur-Seine. Des trafiquants de drogue, croyant qu’il les prenait en photo, l’ont agressé. M. Irvoas, selon l’un des agresseurs,  a prétendu être officier de police. Les quatre dealers l’ont achevé.

A Clichy-sous-bois, on inaugure aujourd’hui une allée qui porte le nom des deux jeunes morts dans le transformateur. Il n’y aura pas de plaques commémoratives pour Jean-Jacques le Chenadec et Jean-Claude Irvoas.

Une pensée pour les familles de ces deux hommes morts deux fois,  de l’incurie de l’Etat et de son silence. On préfère commémorer la jeunesse qui met la France à feu et à sang.

Voir également:

Les agresseurs du photographe d’Épinay aux assises

Stéphane Durand-Souffland
Le Figaro

02/01/2010

La mort de Jean-Claude Irvoas avait suscité un vif émoi en octobre 2005. Ni les témoignages, ni la séquence filmée par la caméra de surveillance, n’expliquent les constatations du légiste.

Dans l’après-midi du 27 octobre 2005 à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), une brève altercation mettait aux prises un homme et trois individus. Le premier chutait lourdement sur le trottoir : il succombait peu après, en dépit de tentatives de réanimation.

Il s’appelait Jean-Claude Irvoas. Salarié par un spécialiste de l’éclairage urbain, âgé de 56 ans, il voulait photographier un lampadaire pour enrichir son catalogue. Sa compagne et sa fille ont assisté à la scène tragique, filmée de surcroît par une caméra de vidéosurveillance.

Condamnés par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis en 2007, ses agresseurs présumés ont fait appel et comparaissent à nouveau, à Paris, à partir de mardi et jusqu’à vendredi prochain.

L’affaire avait suscité un vif émoi à Épinay-sur-Seine et fait grand bruit, à l’époque, dans un contexte d’émeutes urbaines dont elle était toutefois déconnectée. L’extrême droite avait tenté de la récupérer pour crier au racisme antiblanc, alors que trois des quatre individus concernés sont d’origine européenne.

Jean-Claude Irvoas est mort car Samba Diallo, Sébastien Béliny, Benoît Kusonika et Icheme Brighet, qui ont reconnu leur participation, voulaient lui dérober son appareil numérique. Le premier, en effet, «dealait» du cannabis : il a cru que M. Irvoas le photographiait. Celui-ci, espérant effrayer ses agresseurs, avait prétendu qu’il était «flic à Nanterre»…

90 secondes d’échauffourée
L’échauffourée n’a duré que 90 secondes, comme l’avait révélé Le Figaro après avoir pu visionner les images saisies par le dispositif de vidéosurveillance installé par la municipalité dans ce quartier bien connu pour être le théâtre d’un trafic de stupéfiants. Reste que ni les témoignages humains, ni la brève séquence captée par la bande magnétique, n’expliquent les constatations du médecin légiste. Tant les agresseurs présumés que les proches de la victime font état d’un unique coup violent qui aurait déséquilibré le photographe amateur ; or plusieurs traces relevées sur le corps de ce dernier laissent penser qu’il a été molesté avec davantage d’acharnement.

À l’issue du procès de novembre 2007, l’avocat général avait requis des peines allant de cinq à dix-huit ans d’emprisonnement pour les quatre comparses. Après un délibéré de plus de sept heures, la cour et les jurés ont revu à la baisse les sanctions : deux ans de prison pour Sébastien Béliny, simple guetteur, douze années de réclusion pour MM. Diallo et Brighet, complices du crime, et, enfin, quinze pour Benoît Kusonika, son auteur. Ce jeune homme né à Limoges, 25 ans lors des faits, se montrait parfois violent avec sa compagne d’alors. Il avait passé une nuit blanche et fumé quelques joints lorsque son chemin a croisé celui de la victime.

Au procès de Bobigny, le père de M. Kusonika avait demandé pardon à la partie civile. Évoquant la victime, il déclarait ainsi : «Cet homme-là, c’est moi, c’est nous, c’est tout le monde ici ! Ç’aurait pu être n’importe qui.»

Voir de plus:

Peines allégées en appel contre les assassins de Jean-Claude Irvoas

Georges Brenier

RTL

09/01/2010

La cour d’assises de Paris a légèrement réduit vendredi soir les peines infligées en appel aux trois agresseurs de Jean-Claude Irvoas, un père de famille de 56 ans battu à mort lors des émeutes de 2005, alors qu’il photographiait des lampadaires à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Ainsi, Benoît Kusonika, seul accusé à reconnaître avoir frappé Jean-Claude Irvoas, alors consultant pour un spécialiste de l’éclairage urbain, a vu sa condamnation passer de 15 à 14 ans de réclusion criminelle. Samba Diallo et Icheme Brighet, qui avaient été condamnés le 23 novembre 2007 à douze ans de réclusion par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, ont vu leurs peines passer à respectivement 10 et 11 ans.

A l’issue de près de sept heures de délibéré, Sébastien Béliny a vu confirmée sa peine de deux ans d’emprisonnement  pour « complicité de vol avec violences ayant entraîné la mort ».

Jeudi, l’avocat général François-Louis Coste avait requis une peine de cinq ans dont trois ans avec sursis contre Béliny, de 18 ans contre Kusonika et de 15 ans contre les deux autres.

En dépit de ce nouveau procès,  le doute subsiste pourtant sur huit des coups portés à la victime. Car si neuf lésions ont été relevées par les médecins, seul l’un des coups – celui qui  a provoqué la chute mortelle de la victime – a été reconnu par Kusonika.

Épinay : la fille de la victime raconte l’agression mortelle
Anne-Charlotte De Langhe
Le Figaro

22/11/2007

Le 27 octobre 2005, Jean-Claude Irvoas a été victime d’une agression «très rapide» par des jeunes le soupçonnant d’être un policier.

D’emblée, un mauvais pressentiment. Le 27 octobre 2005, lorsque son père pénètre en voiture dans le quartier chaud d’Orgemont, Floriane Irvoas éprouve un réel malaise. «De la peur», même. L’adolescente, alors âgée de 16 ans, vient de déjeuner en famille au bord du lac d’Enghien. Mais pour les besoins de son métier, Jean-Claude Irvoas tient à clôturer la balade par une halte rue de Marseille, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Le temps pour lui de prendre quelques clichés d’un lampadaire conçu par la société qui l’emploie. Quelques minutes, à peine, qui conduiront à l’agression mortelle de ce consultant de 56 ans par quatre jeunes hommes, que juge depuis mardi par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis à Bobigny.

À la barre, Floriane raconte. «Avant de se garer, mon père nous a dit : “Mettez vos casques !”. Il plaisantait mais je n’étais pas rassurée.» Brigitte, elle, demande à son époux de «faire vite». «Je savais qu’il était chanceux et qu’il ne lui arrivait jamais rien», confie-t-elle à son tour. Muni de l’appareil photo numérique de Floriane, Jean-Claude Irvoas descend de son véhicule et fait plusieurs mètres à pied. Repéré par Sébastien Béliny, aujourd’hui accusé de complicité, le quinquagénaire intrigue un groupe de jeunes. «Y’a un mec qui prend des photos», prévient Béliny, inquiet d’un éventuel repérage policier dans ce secteur, chasse gardée des dealers d’Épinay.

Samba Diallo, Benoît Kusonika et Icheme Brighet suivent alors Jean-Claude Irvoas. Les déclarations confuses des accusés n’ont jusqu’à présent pas permis de dire si le vol était leur seul mobile. Depuis la banquette arrière du véhicule familial, Floriane, elle, aperçoit son père revenir. «J’étais soulagée, dit-elle. Mais lorsque j’ai vu qu’il était suivi par trois individus, dont un avec une capuche, je me suis dit : “Il va se passer quelque chose.”» En effet, Samba Diallo saisit le bras de Jean-Claude Irvoas, le traîne à l’abri de feuillus, avant d’être rejoint par Brighet et Kusonika. Une agression «très, très rapide», confiera un enquêteur de la brigade criminelle, préférant parler d’un «acte lâche et stupide» plutôt que d’un «lynchage».

Caméra de surveillance
Immortalisée par une caméra de vidéosurveillance, la scène reste cependant à jamais obscurcie par la présence dans le champ de vision d’un saule pleureur. Pour se défaire de l’emprise de ses agresseurs, Jean-Claude Irvoas aurait prétendu être «un flic de Nanterre». À ces mots, Benoît Kusonika aurait, lui, «pété les plombs», assénant à l’homme le coup de poing fatal.

Aussi, à l’heure où Brigitte portait secours à son mari, «du sang plein les mains» et sous le nez de passants pour la plupart indifférents, Diallo et Béliny filaient se changer les idées au centre commercial de Villetaneuse. Non sans avoir pris soin de modifier leur tenue vestimentaire afin de ne pas être repérés. Un classique dans la cité : «Lorsqu’on fait un p’tit coup, tout de suite après on se change», dira Samba Diallo.

Voir de même:

Emeutes de 2005 : cinq ans de prison pour l’agresseur de Le Chenadec
Le Parisien

12 Juin 2009

Salaheddine Alloul a été condamné vendredi soir à cinq ans de prison pour le coup mortel qui a entraîné la mort de Jean-Jacques Le Chenadec. Le drame s’était déroulé le 4 novembre 2005, un de ces soirs d’émeutes qui embrasaient les banlieues.

La victime était d’ailleurs descendue avec l’un de ses voisins éteindre un feu de poubelles, lorsqu’avait éclaté une altercation avec un groupe de jeunes.

L’avocate générale Agnès Thibault avait requis vendredi après-midi «8 à 10 ans de prison» contre ce jeune homme jugé depuis mercredi aux assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis).  Frappé d’un coup de poing, au pied de son immeuble de Stains, la victime, âgée de 61 ans, avait sombré dans le coma et était décédée deux jours plus tard.

Durant le procès, l’accusé de 22 ans a nié avoir frappé Le Chenadec. Les témoins qui ont permis son arrestation en juillet 2007 sont aussi revenus sur leurs déclarations. Mais pour la substitut du procureur, pas doute «Alloul est bien le bon coupable». Pour elle, il a agi «dans un coup de colère, il a perdu la maîtrise de soi. Il ne voulait pas la mort de Jean-Jacques Le Chenadec, c’est pourquoi il a autant de mal à admettre sa responsabilité aujourd’hui», a-t-elle estimé. S’il n’y a pas de preuves matérielles dans le dossier _ «ni empreintes ADN, ni caméras de videosurveillance» _ il y a suffisamment d’éléments, selon Agnès Thibault, pour confondre Salaheddine Alloul. A commencer par ce «menton en galoche», décrit par Jean-Pierre Moreau, le voisin, présent à côté de la victime.

L’avocat de Salaheddine Alloul a plaidé vendredi après-midi. Le verdict est attendu dans la soirée.

Voir de même:

La loi du silence pèse au procès de l’affaire Jean-Jacques Le Chenadec
PROCES Cet homme était décédé après avoir reçu un coup de poing mortel lors des émeutes à Stains (Seine-Saint-Denis), en novembre 2005. Les témoins ont défilé à la barre sans apporter de réponses.

William Molinié

20 minutes

12.06.2009

Motus et bouche cousue, hier, aux assises de Bobigny, où s’est ouvert,mercredi, le procès de l’affaire Jean-Jacques Le Chenadec. Cet homme était décédé après avoir reçu un coup de poing mortel lors des émeutes à Stains (Seine-Saint-Denis), en novembre 2005. Les témoins ont défilé à la barre sans apporter de réponses. Au contraire, la quinzaine de jeunes présents le soir du drame n’ont fait qu’ajouter du flou aux contours déjà bien troubles de l’affaire. « C’est comme ça depuis quatre ans. C’est vraiment lourd à porter », assure, la gorge serrée, Colette, la veuve de la victime.

Les témoins appelés à la barre, pour la plupart des jeunes habitants du quartier, sont revenus sur leurs dépositions, assurant que l’actuel accusé, Salaheddine Alloul, n’était pas le coupable. Avec des arguments bien différents, frôlant parfois la limite de « l’insolence », selon les termes de l’avocat général. L’un accuse l’officier de police de lui avoir « fait dire ce qu’il voulait entendre », l’autre soutien qu’il « s’est trompé », un dernier invoque un « défaut de mémoire ». Même sous la menace d’une comparution immédiate pour faux témoignage, ils maintiendront, contrairement à leurs premières dépositions, que Salah est innocent. Pourquoi ce revirement ? Certains évoquent des pressions. « J’ai été obligé de dire que Salah était coupable pour sauver ma peau », jurera un des témoins et ami de l’accusé, faisant référence à cette fameuse loi de la cité qui interdirait de « balancer les coupables », comme l’évoquait à la barre un officier du service de la police judiciaire du 93. L’avocat de la famille concluait en ces termes, excédé : « J’ai trop de respect pour ma robe pour concourir à ce bal de faux témoins. » Depuis le début du procès, le principal accusé clame son innocence. Il affirme avoir frappé le voisin présent en bas de l’immeuble, M. Moreau, mais pas Jean-Jacques Le Chenadec. « Je suis très choquée par ce procès car aujourd’hui, je ne sais toujours pas qui a tué « le vieux », comme ils l’appellent, et ça, ça me fait très mal », concluait Colette. Le procès s’achève ce soir. Avec l’espoir pour la famille que la soi-disante « omerta » qui pèse sur ce dossier tombe avant les plaidoiries.

Voir encore:

Image of Drowned Syrian Boy Echoes Around World
Details emerge about 3-year-old from Syria who died off Turkish coast
Joe Parkinson in Istanbul and
David George-Cosh in Toronto
Sept. 3, 2015
His name was Aylan. He was 3 years old, from war-torn Syria.

His final journey was supposed to end in sanctuary in Europe; instead it claimed his life and highlighted the plight of desperate people caught in the gravest refugee crisis since World War II.

The images of the toddler’s lifeless body on a Turkish beach have reverberated across the globe, stirring public outrage and embarrassing political leaders as far away as Canada, where authorities had rejected an asylum application from the boy’s relatives.

The child pictured facedown in red T-shirt and shorts was identified as Aylan Kurdi, a Syrian Kurd from Kobani, a town near the Turkish border that has witnessed months of heavy fighting between Islamic State and Syrian Kurdish forces.

He drowned after the 15-foot boat ferrying him from the Turkish beach resort of Bodrum to the Greek island of Kos capsized shortly before dawn on Wednesday, killing 12 passengers. Aylan’s 5-year-old brother, Galip, and his mother, Rehan, were also among the dead. His father, Abdullah, was the only family member to survive.

On Thursday, a distraught Mr. Kurdi, 40, told reporters he was preparing to take the bodies back to Kobani for burial and would stay there.

“From now on, I will live (in Kobani) too. I want to be buried with my family,” he said outside the morgue in the nearby town of Mugla.

Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque.

From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent.

Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip.

Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul.

The father of 3-year-old Aylan Kurdi, whose body washed ashore on a Turkish beach, spoke with reporters after harrowing images of his dead son were published across the globe. Image: Associated Press
“If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim.

“I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.”

At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness.

“We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.”

Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard.

“My kids were the most beautiful children in the world,” he said outside the morgue. “They woke me up every morning to play with them. They are all gone now. Now all I want to do is sit next to the grave of my wife and children.”

In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. The next time she spoke to him, he was in shock, telling her how he fought vainly to keep his two boys alive in the water, one tucked under each arm.

“They screamed ‘Daddy, please don’t die,” she said he told her. One by one, as he realized they were dead, he closed his eyes and let go, she said.

“He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’”

Social Reactions

Mr. Kurdi said he had paid smugglers some €4,000 for safe passage to Greece. Turkish news agencies reported Thursday that police had detained four Syrians suspected of involvement in arranging the boat.

Across the world, news organizations published a variety of iterations of the image of the boy, with many expressing editorial outrage at the perceived inaction of developed nations to help refugees.

The focus of Canada’s national election campaign shifted Thursday to the country’s response to the migrant crisis, with Prime Minister Stephen Harper defending his government’s track record on refugee issues and pledging to do more.

Canadian media had cited Ms. Kurdi in Wednesday reports saying Aylan’s family had applied to immigrate to Canada, but she said on Thursday that the application was for another brother, Mohammad. That application was rejected because “it did not meet regulatory requirements for proof of refugee status recognition,” Canada’s immigration department said.

President Recep Tayyip Erdogan of Turkey—which has taken 1.7 million of Syria’s estimated 4 million refugees—castigated Europe for what he said was its failure to address the migration wave and the conflicts behind it.

He accused the European Union of bickering over distribution of immigrants while much poorer nations like Turkey, Jordan and Lebanon take in millions of refugees from Syria, Iraq and beyond.

“The European nations that have turned the Mediterranean into a grave for immigrants share the sin for each immigrant’s death,” Mr. Erdogan said. “It is not only immigrants who are drowning in the Mediterranean, it is also our humanity.”

In the U.K., where the government is facing mounting calls to offer more asylum spots for refugees, an online petition urging Prime Minister David Cameron to accept more asylum seekers surged to more than 300,000 signatures from 40,000 a day earlier.

Mr. Cameron said he was “deeply moved” by the photos of the deaths and pledged to fulfill Britain’s “moral responsibility.” French Prime Minister Manuel Valls said the images showed the need for urgent action by Europe.

Morning television shows across Europe were already comparing the image’s power to Nick Ut’s Pulitzer Prize-winning 1972 photograph of a 9-year-old Vietnamese girl running naked, suffering agonizing burns from a napalm attack.

Nilufer Demir, the photographer from Turkey’s Dogan News Agency who captured the pictures of Aylan on the beach, said her “blood froze” when she saw the body.

“The only thing I could do was to make his scream heard,” said Ms. Demir, who has been photographing immigration since 2003. “I hope something changes after today.”

—Karen Leigh in Dubai and Emre Peker in Ankara contributed to this article.

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Voir enfin:

Banlieues : quand le gouvernement instaure un diplôme national supérieur de hip-hop
André Bercoff
Le Figaro
27/10/2015

Après sa visite aux Mureaux, Manuel Valls a annoncé une batterie de mesures pour les banlieues : parmi celles-ci, l’instauration d’un diplôme national de hip-hop et le soutien à la réalisation d’oeuvres de street-art. La réaction d’André Bercoff.

André Bercoff est journaliste et écrivain. Son dernier livre Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi est paru en octobre 2014 chez First.

Une bonne nouvelle n’arrive heureusement jamais seule. En même temps que la décélération des chiffres du chômage – hirondelle qui, si elle ne fait pas le printemps, rend quelques couleurs au teint des princes qui nous gouvernent – la montagne des Mureaux n’a pas accouché que de souris. On le sait: la Commission Interministérielle à l’Egalité et à la Citoyenneté s’est réunie le 26 octobre dernier pour parachever le énième plan sur les banlieues, le lien social, le vivre et se loger ensemble, la diversité, la proximité et autres facteurs indispensables d’une France que l’on espère, un jour, un peu plus apaisée qu’aujourd’hui.

Il serait facile d’ironiser, de parler de cautères sur des jambes de bois, des 50 milliards déjà déversés sur les cités sans que diminuent d’un centimètre carré les territoires perdus de la République, qui ne sont pas perdus pour tout le monde. Drogue et délinquance, communautarisme et exclusion, incivilités et tensions, précarité et chômage: ne jetons pas la pierre aux gouvernements successifs qui ont tout essayé, tout donné, tout distribué, sauf l’essentiel: un cap, une autorité et la conscience qu’au-delà d’une certaine limite, les tickets hors-la-loi ne sont plus valables. Courage du pouvoir et pouvoir du courage: vertus rares.

Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques.

Point de méprise: le hip-hop, le street art et les musiques urbaines peuvent engendrer de très belles œuvres et font partie intégrale, sinon intégrée, du paysage contemporain. Mais ce qui est hallucinant, c’est cette rage étatique de tout récupérer dès l’embryon, dans des domaines dont la qualité, l’originalité et le talent sont dus essentiellement à leur ADN rebelle, marginal, souterrain. Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. Que les grands esprits de tous les temps aient eu besoin de mécènes, cela est établi ; que le moindre graffiteur en mal de muraille se transforme en intermittent du spectacle, ce n’est peut-être pas la meilleure manière de l’encourager dans l’extension sablonneuse et malaisée des champs de la création véritable.

Le souci, aussi généreux que monomaniaque, de mettre, dès ses balbutiements, n’importe quel débutant en couveuse ne produira jamais, au mieux, que des poulets en batterie. La «mère des arts, des armes et des lois» mérite tout de même autre chose et peut-être que tout cela ne soit pas exprimé qu’en anglais.


Manuels scolaires palestiniens: C’est comme le bikini (Three kinds of lies: Latest study on incitement in Israeli and Palestinian textbooks comes up with a statistical tie)

23 octobre, 2015
bikini-graphstabchartIl y a trois sortes de mensonges: les mensonges, les gros mensonges et les statistiques. (attribué à) Mark Twain
Les statistiques, c’est comme le bikini: ça donne des idées mais ça cache l’essentiel! Aaron Levenstein (repris par Coluche)
L’objectivité parfaite, c’est cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler. Jean-Luc Godard
Comment la puissance américaine a-t-elle été contestée le 11 septembre 2001? Sujet de géographie du brevet français (2005)
Les États-Unis sont devenus la cible d’États et de mouvements qui refusent l’hégémonie américaine sur le monde. (manuel français de 3e , Magnard, 2003)
Si aujourd’hui la France devait écrire un manuel binational à des fins d’apaisement des tensions, ne serait-ce pas plutôt avec les Etats-Unis? Barbara Lefèbvre et Eve Bonnivard
Jusqu’au milieu des années 1980, l’enseignement de l’histoire était si imprégné de marxisme qu’on ne pouvait formuler la moindre position critique vis-à-vis du régime soviétique dans les ouvrages scolaires. Jacques Dupâquier
Les Allemands trouvaient nos textes trop anti-américains et nous trouvions les leurs trop atlantistes. Je ne me suis jamais considéré comme anti-américain. Mais après avoir parlé aux Allemands, je me suis rendu compte qu’il y avait une culture française de l’anti-américanisme. Guillaume Le Quintrec
Le terrorisme est l’arme des faibles, qui dans l’incapacité d’attaquer frontalement une grande puissance, cherchent à la déstabiliser en s’en prenant à des cibles symboliques. Manuel d’histoire-géographie français (Magnard)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
 Nos vies et notre sang seront sacrifiés pour la mosquée Al-Aqsa. Chaque violation du côté israélien contre Al-Aqsa est une violation de l’occupation, qu’elle soit accomplie dans des uniformes militaires ou religieux ou sous une couverture politique. Nous devons lutter contre toutes ces violations jusqu’à ce que l’occupation soit levée. Raed Salah
Des centaines de milliers de fidèles musulmans doivent aller à Al-Aqsa et s’opposer au complot israélien de verser le sang des habitants arabes de Jérusalem-Est. Aujourd’hui, c’est seulement le travail de quelques individus, mais nous avons besoin d’un soutien national. Si les attaques individuelles continuent sans soutien national, ces actions seront éteintes dans les prochains jours, et donc des centaines de milliers de personnes doivent se mobiliser pour commencer une véritable Intifada. Hanin Zoabi (députée arabe au Parlement israélien)
Mon frère de Cisjordanie : Poignarde ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes du Talmud dans leurs esprits ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes sur le Temple dans leurs cœurs ! (…) Ô peuple de la mosquée d’Al-Abrar et peuple de Rafah, depuis votre mosquée, vous avez l’honneur de délivrer ces messages aux hommes de Cisjordanie : formez des escouades d’attaques au couteau. Nous ne voulons pas d’un seul assaillant. Ô jeunes hommes de Cisjordanie : Attaquez-les par trois et quatre. Les uns doivent tenir la victime, pendant que les autres l’attaquent avec des haches et des couteaux de boucher. (…) Ne craignez pas ce que l’on dira de vous. Ô hommes de Cisjordanie, la prochaine fois, attaquez par groupe de trois, quatre ou cinq. Attaquez-les en groupe. Découpez-les en morceaux. Mohammed Salah (« Abou Rajab », imam de Rafah, Gaza)
Je veux poignarder un juif. Parce qu’il nous a volé notre terre. Avec un couteau. Rahf Abuesha (élève de maternelle jordano-palestinienne)
Dans la bande de Gaza, étroite enclave côtière déjà ravagée par trois guerres et qui étouffe depuis neuf ans sous le blocus israélien, le désespoir est à son comble: la moitié des jeunes cherchent à s’exiler, les suicides sont en hausse, le chômage –l’un des plus forts taux au monde à 45%– n’a jamais été si haut et les perspectives d’avenir si lointaines. L’Obs
Nous demandons à tous les camps de respecter les lieux saints. Ban Ki Moon
Le couteau est érigé en symbole du désespoir de « la génération Oslo ». Francetvinfo
« Palestinian textbooks : Where is all that ‘incitement’? ». International Herald Tribune (December 18, 2004)
Israeli and Palestinian textbooks omit borders The Guardian ( 4 February 2013)
‘Textbooks show both sides to blame for enmity’, The Jerusalem Post (4 February 2013)
, ‘Israeli and Palestinian textbooks fail balance test, study finds,’ Los Angeles Times, 4 February 2013
‘New textbook study threatens to undercut argument that Palestinian schools preach hate’, JTA
‘Israeli, Palestinian textbooks ‘one-sided’,’ AAP/The Australian (5 February 2013)
« Israelis’ textbooks fare little better than Palestinians' ». Haaretz (09/12/2004)
The Israeli-Palestinian schoolbook study is among the most comprehensive, fact-based investigations ever done of school textbooks. The scientists developed a new research methodology that employed a standardized, manualized, multi-rater system in order to produce a transparent and scientifically rigorous analysis of current Israeli and Palestinian schoolbooks. The study represents the first phase towards the critically important goal of developing education for peace, as specified by the Council of Religious Institutions of the Holy Land, which initiated the study, and as highlighted in the Oslo II Agreement in 1995. All funding for the study came from a single public source, the US State Department’s Bureau of Democracy, Human Rights and Labor. Bruce Wexler (Yale)
There is generally a total denial of the existence of Israel – and if there is an Israeli presence it is usually extremely negative. For the next generation, there is no education at all about collaboration and no information about the many collaborations that already exist between Israelis and Palestinians in environmental and other areas. Eldad Pardo
In geography textbooks, Israel usually does not appear in maps of the Middle East, instead “Palestine” is shown to encompass Israel, the West Bank and the Gaza Strip. Jaffa is also shown on maps of Palestine, but Tel Aviv and other predominantly Jewish cities, such as Ramat Gan, kibbutzim and moshavim, are not displayed. One of the Palestinian textbooks reviewed by IMPACT-SE, History of Ancient Civilization, published in 2009 and used to teach fifth-graders, states that the Levant consists of the states of Palestine, Jordan, Lebanon and Syria. Israel is not mentioned. Other textbooks read for the study asked students to “color the Negev Desert on the map of Palestine,” and to solve the following mathematical word problem: “An independent Palestinian state was declared in 1988. How many years have passed since the declaration of independence?” Another textbook included a map of the Old City of Jerusalem – which did not contain the Jewish Quarter. Meanwhile, in an additional example, a textbook printed a British Mandate postage stamp, but erased the Hebrew inscription “Palestine: The Land of Israel” that appeared on the original. In addition, some textbooks described the Canaanites as an Arabic-speaking people whose land was stolen by Jews, and stated that Jews came from Europe to steal Palestine after the British conquered it in 1917. Pardo, a professor at the Hebrew University of Jerusalem, also said Palestinian textbooks have been erasing Jewish claims to holy sites, such as the Western Wall and Rachel’s Tomb. For example, National Education, a textbook for seventh-graders published in 2010, refers to the Western Wall as the “Al-Buraq Wall,” and to Rachel’s Tomb as “Al-Bilal Mosque.” IMPACT-SE also found that Palestinian textbooks include many references to martyrdom, death, jihad and refugees returning to cities and towns in Israel – and frequently demonize Israelis and Jews. A photo from the funeral of a shahid (martyr) was included in the 2008 edition of a seventh-grade textbook, but excluded from the 2010 edition, perhaps because of foreign pressure on the PA, said Pardo. Other textbooks told students that “the rank of shahid stands above all ranks,” and included a Muslim hadith about the destruction of Jews by Muslims on the day of the resurrection, which also appears in the Hamas charter. Jerusalem Post
Bien qu’il soit difficile de trouver dans les manuels israéliens de franches incitations à la haine, comme on peut en trouver dans les manuels jordaniens et égyptiens, le Dr Ruth Firer, de l’Université hébraïque de Jérusalem, l’une des pionnières de la recherche en matière de textes scolaires, affirme que l’endoctrinement dans les livres israéliens est simplement plus subtil. Cela explique, dit-elle, pourquoi les messages pénètrent plus facilement. Il est plus difficile de détecter un stéréotype caché dans une image qui semble innocente que dans une autre présentée de telle manière qu’elle « vous mène vulgairement par le bout du nez ». Les résultats d’une étude qu’elle a menée avec le Dr Sami Adwan, de l’université de Bethléem, spécialiste de l’éducation à la paix et aux droits de l’Homme (…) révèle une sorte d’image en miroir, où chaque côté place la responsabilité de la violence sur le dos de l’autre. (…) Tout en ayant été publiés après les accords d’Oslo, les manuels palestiniens imitent ceux publiés en Jordanie et en Egypte, qui évitent d’utiliser le terme « Israël », dans les textes et sur les cartes. (…) De manière surprenante, les deux chercheurs ont trouvé un parallélisme quasi absolu entre les manuels dans trois domaines : des deux côtés, on ignore les périodes de calme relatif et de coexistence (par exemple entre 1921 et 1929), sauf à les présenter comme des répits trompeurs dans un conflit au long cours, on n’a pas tendance à raconter à l’élève l’histoire du conflit vu du point de vue de l’ennemi, on passe sous sillence les détails de la souffrance de l’Autre, et chacun ne comptabilise que ses victimes à lui. Akiva Eldar (La paix maintenant)
Pour Yaakov Katz, certaines de ces critiques concernent des livres non approuvés par le ministère de l’éducation, et il sait que certains établissements n’appliquent pas ses directives. Contrairement à ces manuels, ceux approuvés par le ministère subissent un examen minutieux par des experts, pour s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés par une discrimination raciale, ethnique, sexuelle ou religieuse, et qu’ils ne contiennent pas de stéréotypes. (…) Concernant les cartes, Katz dit que le département cartographique du gouvernement ne marque pas la Ligne verte en tant que frontière officielle de l’Etat d’Israël, et qu’aussi longtemps que l’Autorité palestinienne n’aura pas été reconnue en tant qu’Etat souverain, elle ne doit pas être réprésentée comme Etat sur les cartes. Cette dernière réponse est quasiment identique, mot pour mot, à la position palestinienne, selon laquelle le marquage de la frontière viendra avec un accord définitif sur les frontières entre Israël et la Palestine. Akiva Eldar (La paix maintenant)
Quand les Palestiniens écrivent ’Palestine’ sur les cartes de leurs manuels, cela est considéré comme une incitation à la haine. Dans ce cas, comment parler des manuels israéliens qui nomment la Cisjordanie ’Judée et Samarie’, même sur des cartes qui montrent les frontières du Mandat britannique, alors que la dénomination officielle était ’Palestine-Eretz Israel’ ?’ (…) Cela suggère à l’élève que ces territoires étaient ’à nous’ de tout temps, et renforce le message selon lequel, lors de la guerre des Six jours, nous les avons ’libérés’ ou ’sauvés’ de l’occupant arabe. Nurit Peled-Elhanan
Contrairement aux critiques qui souhaitent exposer l’histoire vue du côté arabo-palestinien, le système éducatif en Israël insiste à dessein sur l’identité juive et démocratique de l’’Etat d’Israël. Je voudrais bien savoir s’il existe au monde un endroit où les manuels présentent la narration de l’autre alors que la lutte violente entre les deux peuples n’est pas encore terminée. Personne ne doit s’attendre à ce que l’Etat démocratique d’Israël considère la version de l’autre sur un pied d’égalité pendant une guerre. Cela vaut encore plus après les accords d’Oslo, au sujet desquels tout le monde s’accorde à dire qu’ils n’ont pas apporté la paix tant souhaitée entre Israéliens et Palestiniens. Yaakov Katz (ministère de l’éducation israélien)
«La déshumanisation et la diabolisation de l’autre sont l’exception, dans les manuels israéliens comme palestiniens.» Les descriptions extrêmement négatives sont au nombre de 20 dans les manuels israéliens, de 7 dans les ouvrages ultra-orthodoxes et de 6 dans les livres palestiniens. L’un des rares exemples tiré d’un manuel israélien: un passage où l’on lit que tel village arabe détruit «avait toujours été un nid de meurtriers».  Et son pendant palestinien: «Je suis resté “à l’abattoir” 13 jours», en référence à un centre d’interrogatoire israélien. (…)  Et il convient de noter que les manuels palestiniens et ultra-orthodoxes sont sensiblement plus partiaux que les livres israéliens. Ainsi, 84% des extraits littéraires des livres palestiniens dressent un portrait négatif des Israéliens et des juifs, et 73% des extraits dans les ouvrages ultra-orthodoxes dépeignent négativement les Palestiniens et les arabes, alors que cette proportion tombe à 49% dans les manuels des établissements publics israéliens. (…) Les Palestiniens et les arabes sont montrés sous un angle positif 11% des fois dans les manuels israéliens, et 7% du temps dans les livres ultra-orthodoxes. Tandis que juifs et Israéliens sont envisagés de façon positive 1% du temps dans les ouvrages palestiniens. De même, les photos et les illustrations des manuels palestiniens sont en général plus négatives que celles des livres israéliens, mais il y en a beaucoup moins. (…) Pour ce qui est des cartes, les chercheurs ont constaté que 58% des manuels palestiniens publiés après 1967 (année où Israël a pris la Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, Gaza et le Sinaï à l’Egypte, et le plateau du Golan à la Syrie) ne font aucune référence à Israël: toute la zone située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée représente la Palestine. Chez les Israéliens, 65% des cartes ne comportent pas de frontières et ne mentionnent ni la Palestine ni l’Autorité palestinienne, tandis que chez les ultra-orthodoxes, ce chiffre atteint un ahurissant 95%. (…) Jusqu’en 1967, la Jordanie avait la main sur le système scolaire en Cisjordanie, et l’Egypte contrôlait celui de Gaza. Après la guerre de 1967, Israël s’est chargé de l’enseignement palestinien, avec les mêmes manuels jordaniens et égyptiens, mais censurés –interdiction de certains livres, passages barrés dans d’autres. Les Palestiniens sont devenus maîtres de leur système scolaire en 1994, dans le sillage des accords d’Oslo, au cours desquels ils s’étaient engagés à suivre des «mesures de confiance» qui comprenaient une réforme de l’enseignement. Emily Bazelon
By mentioning that this [the 1972 Munich Olympic massacre] was a terror attack performed by Palestinians, this is a negative description of the Palestinians? I mean, how far can you go? Yossi Kuperwasser (ministère des Affaires stratégiques israélien)
The source material gathered for the purpose of analysis leaves out some significant items that may have enhanced the understanding of the general attitude of the PA schoolbooks to the Jewish/Israeli “other” and to the issue of peace with this “other.” For example, highly demonizing pieces were not included, under the pretext that they were not explicit enough. Thus, a piece saying “Your enemies killed your children, split open your women’s bellies…” was rejected because it did not mention Jews or Israelis and was actually written in the early 20th century. Its appearance in a Palestinian textbook of today with its obviously serious consequences did not change that decision. Similarly, a piece talking of “invading snakes” was also discarded since no Jews or Israelis were mentioned there, as if someone else was intended, who is not involved in the conflict. Another pretext was that the books concerned were “Holy Scriptures” and, as such, could not be touched.  (…)  For example, under the category of positive description of the “other” we find a piece from a PA Christian Education textbook which describes the Sabbath observing Jews. But when one reads further one discovers that those observing Jews were so fanatic that they refused to cure the sick on that day. It was Jesus Christ who acted against their position and did the opposite. The place of this item is, obviously, in the category of negative description of the “other.” Other “positive” references to Jews in Palestinian schoolbooks are those praising Moses or Abraham, etc. But one should remember that they, as well as David, Solomon and other traditional Jewish figures, are actually detached in Islamic tradition from their Jewish environment and looked upon as God’s prophets and, thus, more Islamic than Jewish. By no means should positive texts in which they feature be regarded as positive description of Jews. (…) There is no attempt to study the quotes more deeply and draw conclusions. All items were treated equally, with no one being evaluated and given a more significant status that the other. It seems that they were simply lumped together, counted and then the numbers spoke. It might be statistically correct, but, as we all know, statistics not always reveal the actual complex picture. This kind of analysis has produced a “flat” survey of the quotes, without any reference to their deeper significance (for example, looking at a demonizing text with no specific enemy as if it were a “neutral” literary piece). Also, all quotes were treated as separate items with no attempt to make a connection between two quotes or more in order to reveal an accumulated message (for example, concluding from the connected recurrent mentioning of the need to liberate Palestine, and the similarly recurring theme that Israel in its pre-1967 borders is “occupied Palestine”, that the liberation of Palestine actually means the liquidation of Israel). The reliance on item-counting alone also misses the realm of omissions which is extremely important in the case of societies involved in a conflict – especially if their curricula are funded by the international community (for example, the often mentioned case of absence of explicit discussion of possible peaceful relations with Israel). (…)  the issue of borders on the map:. The report checked hundreds of maps appearing in schoolbooks of both sides and concluded that both tend to ignore the “other” either by erasing any boundary line between them or by refraining from labeling the territory of the “other” accordingly. In my opinion, this evenly distributed accusation is misleading, for the simple reason that there is no Palestinian state to be named on the map. The Palestinian Authority is an autonomous body under Israeli suzerainty legally and, as such, it could be described on the map as part of Israel. On the other hand, Israel has never officially annexed the West Bank and the Gaza Strip, which enables Israeli cartographers to present these areas as separate from Israel-proper. Another possibility is indicating the PA’s “A” and “B” areas in different colors and such maps were indeed included in Israeli schoolbooks prior to the eruption of the second Intifadah. But since parts of these areas have been since reoccupied, this practice is also outdated. One can find in the Israeli schoolbooks all these variations of maps, and, in some of the cases, several of them within one book. By contrast, the State of Israel exists as an independent entity recognized by the PLO by virtue of the Oslo Accord, and the widely spread tendency not to put its name on maps within PA schoolbooks calls for concern. There is no symmetry between the two parties and any attempt to show that there is – does not reflect the reality on the ground. Also, the mere use of the names Judea and Samaria does not mean that Israeli schoolbooks oppose the creation of an independent Palestinian state. These have been the Hebrew traditional names of the two regions for centuries, much the same like Galilee and the Negev. Even when a Palestinian state is established, they will still be called by these names. By contrast, “the West Bank” is a newcomer in history. It is a Jordanian political term that is no longer valid. Second, the report considers Jihad and martyrdom as values, which is acceptable academically, but it fails to evaluate their impact on the issues of war and peace in the context of the conflict. Frequent use of these values could be good indicators as far as the Palestinian attitude to a non-peaceful solution to the conflict is concerned, especially when they are not mentioned in the context of past events. From this particular point of view they should not be compared to Israeli texts talking of past IDF fallen soldiers. (…) But the main question, namely, to what extent is this or that party engaged in actual education for peace, if at all, has not been answered by the report itself. It is answered by the crude quotations, though. Whoever reads the quotations taken from the schoolbooks of both sides finds the answer easily. Israeli schoolbooks – and I refer here to the books of the state school system only (both secular and religious schools) and not to the Ultra-Orthodox schoolbooks, which are, in my eyes, below the universally accepted standards of peace education – include revealing texts of open advocacy of peaceful resolution of the conflict (the piece about Rabin, for example) and are totally devoid of calls for solving it violently. Alongside their treatment of the Palestinians as enemies, they provide texts that portray the individual Palestinian as ordinary, sometimes noble, human being with whom friendly relations could develop (for example, the pieces about the gardener from Qalqilyah, the villager who rescued the Israeli soldier in a road accident and the Arab families in Hebron that defended their Jewish neighbors during the 1929 massacre). Such texts balance the feelings of hatred that develop as a result of the conflict. Israeli schoolbooks also give the students a fairly objective picture of Islam and Arabic culture (for example, the piece about the Egyptian Nobel laureate writer Najib Mahfuz). Even in the context of the conflict they show some understanding of the motives of the “other” and even recognize at times the Palestinian national movement. The Palestinian quotations, on the other hand, show none of these traits. They do not contain neither an explicit call for peace with Israel nor a vision of a peaceful future alongside it; they speak of a struggle for liberation without specifically restricting that struggle to the areas of the West Bank and Gaza alone; that struggle is enhanced by the use of the traditional Islamic values of Jihad, martyrdom and Ribat; they recognize as legitimate neither Israel’s existence, nor the presence of its Jewish citizens in the country, nor the presence of Jewish holy places there; they describe the Jewish/Israeli “other” as wholly negative – at least in the context of the conflict – and those are mostly treated as a threatening alien group and never as ordinary human beings, with whom friendly relations could develop; and, in addition, there are some (implicit) demonizing texts against them. All that has meaning. The report, unfortunately, has failed to convey that to the readers. I strongly urge those interested in the subject to read the quotations and draw the conclusions themselves. Arnon Groiss

Circulez, il n’y a rien à voir !

Attaques au couteau de boucher, hachoir, tournevis ou voiture-bélier, affiches et planches expliquant les parties du corps à poignarder, appels à injecter de l’air dans les veines des malades (?), discours ou prêches appelant au djihad ou au martyre, vidéos d’enfants récitant leur leçon de haine …

A l’heure où, dans les rues pour l’instant principalement des villes israéliennes, les mois et les mois de vidéos et de conseils de l’Etat islamique semblent avoir finalement et littéralement fait école …

Et où, pour toute explication, nos belles âmes et nos médias occidentaux n’ont que le mot « désespoir » à la bouche …

Pendant qu’en un bel ensemble, nos dirigeants appellent « tous les camps » à la retenue …

Comment ne pas se poser la question de l’éducation ayant conduit, pour une toute une génération d’adolescents palestiniens, à de tels passages à l’acte ?

Et à la lecture de la dernière étude, financée parle Département d’Etat américain et conduite par des uinversitaires américains, israéliens et palestiniens, sur les manuels à la fois palestiniens et israéliens …

Qui à la manière de l’objectivité parfaite dont parlait Godard (« cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler ») ou d’équivalence morale à la « terroriste de l’un, résistant de l’autre » (« éducation de l’un, propagande de l’autre », etc.) …

Ne voit lui aussi que des torts partagés, se réjouissant que des deux côtés « la déshumanisation et la diabolisation de l’autre sont l’exception » …

Ne pas s’interroger sur une recherche qui derrière la neutralisation parée par la statistique de toutes les vertus de l’objectivité scientifique …

Examine trois fois plus de manuels israéliens (492 contre 148), accorde une part disproportionnée aux manuels du système scolaire ultra-orthodoxe israélien mais refuse de se pencher sur aucun manuel du Hamas …

Ne compte pas comme mentions négatives une allusion à des « serpents envahissants » ou aux notions traditionnelless de « djihad » ou de « martyrs » sous prétexte qu’elles ne mentionnent ni juifs ni israéliens…

Ou compte comme allusion positive au judaïsme ou à la société israélienne la mention de personnages bibliques qui ont justement, dans la tradition musulmane, perdu l’essentiel de leur judaïté  …

Rejetant comme mention négative, du côté israélien cette fois, tant la non-mention sur les cartes d’un Etat palestinien qui n’a justement aucune existence juridique que la qualification d’attentat terroriste de l’assassinat d’athlètes israéliens aux Jeux de Münich en 1972 ?

Comments on: “Victims of Our Own Narratives”
Israel Resource Review
Dr. Arnon Groiss

February 7, 2013

General Background

The following are my initial comments on the said report in capacity of my past research experience of Palestinian, Egyptian, Syrian, Saudi Arabian, Tunisian and Iranian schoolbooks between 2000-2010 and having been a member of the said project’s Scientific Advisory Panel (SAP), with other distinguished scholars, though I speak for myself only.

I wish to start my comments by expressing my deep appreciation and gratitude to professors Bruce Wexler, Sami Adwan and Daniel Bar-Tal, as well as to their research assistants for this huge project which was carried out under uneasy circumstances, both technical and political. This project was, in my opinion, a systematic and comprehensive effort to bring about a new kind of study of a problematic issue, based on innovative techniques in both fields of data collection and analysis. No one who has been acquainted with this complicated operation can dismiss its results offhand.

It is worth noting that I, like all other SAP members, was not part of the actual research on the ground and was not aware of the results until, for the first time, I was given a partial version last May, in the SAP two-day meeting in Jerusalem. Some of us, including myself, expressed their views regarding the findings and it was then understood that work on the project was to continue.

Again, we, the SAP members, were not involved in the research activity.

Moreover, it was only a few days before the February 4 release of the report that I was first given the 522 Palestinian quotes for perusal. Having compared them to the quotations appearing in other research projects, I realized that some forty meaningful quotations, which other researchers in former projects, including myself[1], incorporated in the material and used them in forming their conclusions, were missing.

The research team rejected my suggestion to add them to the existing quotes that had been already gathered.

I waited to see the released final report on February 4 and read it with the Israeli quotations. I can now say that I am familiar with the results to a degree that I am able to write my initial comments. I hope to present you with a more detailed paper later on.

Selection of the Study Material

As I have already noted, the source material gathered for the purpose of analysis leaves out some significant items that may have enhanced the understanding of the general attitude of the PA schoolbooks to the Jewish/Israeli “other” and to the issue of peace with this “other.” For example, highly demonizing pieces were not included, under the pretext that they were not explicit enough. Thus, a piece saying “Your enemies killed your children, split open your women’s bellies…” was rejected because it did not mention Jews or Israelis and was actually written in the early 20th century. Its appearance in a Palestinian textbook of today with its obviously serious consequences did not change that decision. Similarly, a piece talking of “invading snakes” was also discarded since no Jews or Israelis were mentioned there, as if someone else was intended, who is not involved in the conflict. Another pretext was that the books concerned were “Holy Scriptures” and, as such, could not be touched. Well, they were not. They were simple textbooks of religious themes with scriptural and non-scriptural material and the anti-Jewish expressions there were non-scriptural.

On the other hand, an explicit denial of the existence of Jewish holy places in the country was not included too – with no clear explanation. That was the case as well regarding a specific text placing Palestine instead of Israel as the sovereign state in the region, regarding a piece clearly stating that both sides of the Green Line were occupied territories of Palestine – that is, Israel within its pre-1967 borders and the territories of the West Bank and the Gaza Strip, and regarding a chart of Palestine’s population in 1999 that included the Palestinians in the West Bank, the Gaza Strip, in Israel-proper (called “the Interior” just to avoid the expression of “Israeli pre-67 territory”) and even the Diaspora, while the 5.5 million Jews were not counted.

I just skimmed through the Israeli quotes and I did not find similarly prominent missing items there.

Categorization

I have found deficiencies on both levels of definition and actual use. On the first level, categorization was restricted to very general themes, leaving out important issues such as open advocacy of peace/war with the “other,” legitimacy of the “other,” etc. Regarding legitimacy, I was disturbed to discover back in May that Prof. Bar-Tal had developed a specific definition of delegitimization as “categorization of groups into extreme negative categories which are excluded from human groups.” He further put dehumanization and out casting among the varied phenomena of delegitimization with expressions like “Vandals” and “Huns” as examples (see his article in Journal of Social Issues, 46 (1) pp. 65-81). Thus, the real cases of ignoring the “other” deliberately without degrading him slipped away from scrutiny. I was among other SAP members who questioned that peculiar definition in May, but to no avail, and all we lastly had was a paragraph on page 49 of the report which mixed between casual non-reference to the “other” and systematically denying him any status.

On the actual usage level I have encountered several misplacements which blur or even distort the picture. For example, under the category of positive description of the “other” we find a piece from a PA Christian Education textbook which describes the Sabbath observing Jews. But when one reads further one discovers that those observing Jews were so fanatic that they refused to cure the sick on that day. It was Jesus Christ who acted against their position and did the opposite. The place of this item is, obviously, in the category of negative description of the “other.” Other “positive” references to Jews in Palestinian schoolbooks are those praising Moses or Abraham, etc. But one should remember that they, as well as David, Solomon and other traditional Jewish figures, are actually detached in Islamic tradition from their Jewish environment and looked upon as God’s prophets and, thus, more Islamic than Jewish. By no means should positive texts in which they feature be regarded as positive description of Jews.

The meaning of all this is that if we take away all these few items from the said category we would leave it empty or almost empty, with major implications on the overall assessment of the attitude to the “other.”

Analysis

There is no attempt to study the quotes more deeply and draw conclusions. All items were treated equally, with no one being evaluated and given a more significant status that the other. It seems that they were simply lumped together, counted and then the numbers spoke. It might be statistically correct, but, as we all know, statistics not always reveal the actual complex picture. This kind of analysis has produced a “flat” survey of the quotes, without any reference to their deeper significance (for example, looking at a demonizing text with no specific enemy as if it were a “neutral” literary piece). Also, all quotes were treated as separate items with no attempt to make a connection between two quotes or more in order to reveal an accumulated message (for example, concluding from the connected recurrent mentioning of the need to liberate Palestine, and the similarly recurring theme that Israel in its pre-1967 borders is “occupied Palestine”, that the liberation of Palestine actually means the liquidation of Israel). The reliance on item-counting alone also misses the realm of omissions which is extremely important in the case of societies involved in a conflict – especially if their curricula are funded by the international community (for example, the often mentioned case of absence of explicit discussion of possible peaceful relations with Israel).

I would now like to refer to two important issues dealt with in the report in a manner I would define as misleading.

First, the issue of borders on the map:. The report checked hundreds of maps appearing in schoolbooks of both sides and concluded that both tend to ignore the “other” either by erasing any boundary line between them or by refraining from labeling the territory of the “other” accordingly. In my opinion, this evenly distributed accusation is misleading, for the simple reason that there is no Palestinian state to be named on the map. The Palestinian Authority is an autonomous body under Israeli suzerainty legally and, as such, it could be described on the map as part of Israel. On the other hand, Israel has never officially annexed the West Bank and the Gaza Strip, which enables Israeli cartographers to present these areas as separate from Israel-proper. Another possibility is indicating the PA’s “A” and “B” areas in different colors and such maps were indeed included in Israeli schoolbooks prior to the eruption of the second Intifadah. But since parts of these areas have been since reoccupied, this practice is also outdated. One can find in the Israeli schoolbooks all these variations of maps, and, in some of the cases, several of them within one book.

By contrast, the State of Israel exists as an independent entity recognized by the PLO by virtue of the Oslo Accord, and the widely spread tendency not to put its name on maps within PA schoolbooks calls for concern. There is no symmetry between the two parties and any attempt to show that there is – does not reflect the reality on the ground.

Also, the mere use of the names Judea and Samaria does not mean that Israeli schoolbooks oppose the creation of an independent Palestinian state. These have been the Hebrew traditional names of the two regions for centuries, much the same like Galilee and the Negev. Even when a Palestinian state is established, they will still be called by these names. By contrast, “the West Bank” is a newcomer in history. It is a Jordanian political term that is no longer valid.

Second, the report considers Jihad and martyrdom as values, which is acceptable academically, but it fails to evaluate their impact on the issues of war and peace in the context of the conflict. Frequent use of these values could be good indicators as far as the Palestinian attitude to a non-peaceful solution to the conflict is concerned, especially when they are not mentioned in the context of past events. From this particular point of view they should not be compared to Israeli texts talking of past IDF fallen soldiers.

General Conclusion

The report’s main results are as follows:

Both sides have developed a national narrative in which the “other” is posed as enemy.
The Israeli schoolbooks look better than their Palestinian counterparts in terms of their more positive and less negative description of the “other” as well as their more developed tendency for self-criticism.
These two points are not really new and scholars of textbook research in this region have been aware of them.

Other than that, the report provides us with further information about some characteristics of the schoolbooks of both sides.

But the main question, namely, to what extent is this or that party engaged in actual education for peace, if at all, has not been answered by the report itself.

It is answered by the crude quotations, though. Whoever reads the quotations taken from the schoolbooks of both sides finds the answer easily. Israeli schoolbooks – and I refer here to the books of the state school system only (both secular and religious schools) andnot to the Ultra-Orthodox schoolbooks, which are, in my eyes, below the universally accepted standards of peace education – include revealing texts of open advocacy of peaceful resolution of the conflict (the piece about Rabin, for example) and are totally devoid of calls for solving it violently. Alongside their treatment of the Palestinians as enemies, they provide texts that portray the individual Palestinian as ordinary, sometimes noble, human being with whom friendly relations could develop (for example, the pieces about the gardener from Qalqilyah, the villager who rescued the Israeli soldier in a road accident and the Arab families in Hebron that defended their Jewish neighbors during the 1929 massacre). Such texts balance the feelings of hatred that develop as a result of the conflict.

Israeli schoolbooks also give the students a fairly objective picture of Islam and Arabic culture (for example, the piece about the Egyptian Nobel laureate writer Najib Mahfuz). Even in the context of the conflict they show some understanding of the motives of the “other” and even recognize at times the Palestinian national movement.

The Palestinian quotations, on the other hand, show none of these traits. They do not contain neither an explicit call for peace with Israel nor a vision of a peaceful future alongside it; they speak of a struggle for liberation without specifically restricting that struggle to the areas of the West Bank and Gaza alone; that struggle is enhanced by the use of the traditional Islamic values of Jihad, martyrdom and Ribat; they recognize as legitimate neither Israel’s existence, nor the presence of its Jewish citizens in the country, nor the presence of Jewish holy places there; they describe the Jewish/Israeli “other” as wholly negative – at least in the context of the conflict – and those are mostly treated as a threatening alien group and never as ordinary human beings, with whom friendly relations could develop; and, in addition, there are some (implicit) demonizing texts against them.

All that has meaning. The report, unfortunately, has failed to convey that to the readers.

I strongly urge those interested in the subject to read the quotations and draw the conclusions themselves.

[1] I am reattaching the draft I already sent you before of a paper I wrote in conclusion of my ten-year research of PA schoolbooks as compared to other Arab and Middle Eastern ones, as well to their Israeli counterparts at that time.

Voir aussi:

Les dangers d’un rapport sur les manuels scolaires israéliens et palestiniens très imparfait
Hélène Keller-Lind

Desinfos

13 février 2013

« La représentation de l’autre » dans les manuels scolaires israéliens et palestiniens, rapport financé par le Département d’État américain, élaboré par deux Professeurs, un Palestinien et un Israélien, supervisés par un troisième, un Américain, aura pris plus de trois ans. Sa publication a été bien accueillie par le Premier ministre palestinien, fort mal par les ministère de l’Éducation et des Affaires stratégiques israéliens, embarrassé une porte-parole du Département d’État. Un rapport désavoué par une partie de son panel consultatif et déconstruit par ailleurs, notamment par Palestinian Media Watch, qui dresse la longue liste de ses inexactitudes et imperfections. Et avertit quant aux dangers qu’il pose.

Une idée apparemment très attractive pour promouvoir paix et tolérance
L’idée était apparemment très attractive. Le Conseil des Institutions Religieuses de Terre Sainte se proposait d’examiner des centaines de manuels scolaires israéliens et palestiniens pour y trouver ce qu’y était « la représentation de l’autre » en posant la question : « victimes de nos propres narratifs ? ». Étude menée, semblait-il, dans le but de faire changer ce qui était répréhensible et faire ainsi progresser paix et tolérance. Une étude financée par le Département d’État américain, réalisée par une équipe conduite par les Professeurs Daniel Bar-Tal de l’Université de Tel Aviv et Sami Adwan de l’Université de Bethléem, sous la supervision du Professeur Bruce Wexler de l’Université de Yale et son ONG, « Un Avenir Différent ». Une étude présentée comme éminemment fiable, grâce à un panel scientifique consultatif devant en garantir les résultats

Sérieux doutes exprimés par des membres du panel consultatif ou le commanditaire
Or, avant même la publication de ce rapport on apprenait que des membres de ce panel scientifique consultatif se plaignaient de ne pas avoir vu le texte définitif, ce que déplorait aussi le commanditaire de l’étude, le Conseil des Institutions Religieuses de Terre Sainte. Dans un article très fouillé le Jerusalem Post évoquait l’un membre de ce panel qualifiant même cette étude de « nouveau Rapport Goldstone » – Rapport commandé par le Conseil des droits de l’homme onusien pour examiner l’opération Plomb Fondu menée par Israël en réponse à des tirs de missiles gazaouis, accusant Israël de tous les maux dans un premier temps avant que l’auteur du rapport lui-même ne désavoue ce qui avait été publié sous sa houlette -.

Un autre membre du panel, le Dr. Arnon Groiss, ancien directeur de IMPACT-SE, centre de recherches sur la paix et la tolérance dans l’éducation, exprimait son désarroi car il avait reçu un nombre de citations plus important que celles données à d’autres membres et il n’avait pas vu le rapport final avant sa publication non plus. De plus, des citations qui lui avaient été données ne figuraient finalement pas dans la version publiée…

Même désarroi d’un autre membre de ce panel consultatif, le rabbin Daniel Sperber, lauréat du Prix d’Israël, qui n’avait pas vu la version définitive du rapport avant publication, pas plus que les membres du Conseil Inter-religieux. Pourtant d’autres membres du panel consultatif affirmaient que tous ont vu une copie du rapport en mai dernier.

Avant même sa publication officielle le débat occasionné par ce rapport a donc été vif en Israël.

« Partial et peu professionnel », accuse le ministère de l’Éducation israélien
Mais les critiques ne se sont pas arrêtées là. En effet, directement concerné, le ministère de l’Éducation israélien, l’a qualifié de « partial, peu professionnel. Les tentatives d’établir un parallèle entre les systèmes éducatifs israélien et palestinien étant injustifiées…le ministère de l’Éducation a choisi de ne pas coopérer avec ceux qui cherchent à calomnier le système éducatif israélien »…

Une porte-parole du Département d’État embarrassée
En effet, concernant une représentation déformée de l’autre, ce rapport renvoie dos à dos les manuels israéliens et palestiniens. Rapport largement commenté par un grand nombre de médias, certains le saluant, à l’instar du Daily Beast d’autres le condamnant et exposant ses défauts, il faisait l’objet de questions posées à la porte-parole du Département d’État le 4 février dernier. Ce ministère américain l’ayant financé.

Des questions ayant clairement embarrassé Victoria Nuland. Ainsi lui demandait-on de réagir à cette étude « ayant trouvé que ni les Palestiniens, ni les Israéliens ne sont sérieusement coupables d’inciter à la violence ou à la haine » alors que « les Israéliens qualifient cette étude de partiale ». Se refusant à qualifier quiconque de partialité, à juger ce rapport, arguant que nombre de bourses sont ainsi accordées par son ministère à des ONG a priori de bonne foi leur permettant de réaliser des études destinées à améliorer paix et tolérance religieuse dans les programmes, la porte-parole constatait, en quelque sorte, que le Département d’État était pris entre deux feux….

Elle finit par dire que la dernière fois qu’une telle évaluation a été faite par le gouvernement des États-Unis en tant que tel, dans le cadre d’un examen de la situation des Droits de l’Homme en 2009, la conclusion avait été que les manuels scolaires palestiniens, qui venaient d’être changés en 2006, sans inciter à la violence faisaient toutefois preuve de partialité et n’étaient pas équilibrés. Ce qui relança les questions des journalistes assistant à ce point de presse, avec une dernière question rappelant que les États-Unis demandent, exigent parfois, que l’Autorité palestinienne qu’ils financent en partie cessent d’inciter à la haine et la violence. « Un thème récurrent et qui continuera à l’être » conclut-elle On notera que ce point de presse avait été tenu le jour où John Kerry entrait en fonction comme nouveau Secrétaire d’État américain et que la porte-parole n’avait certainement pas eu l’occasion d’évoquer ce point précis avec lui.

Salam Fayyad, aux anges, vante « les principes palestiniens de coexistence, tolérance, justice et dignité humaine… »
La réaction très positive de Salam Fayyad, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, relayée par l’agence de presse officielle palestinienne Wafa News est intéressante. Il salue, en effet, « un constat principal de cette étude…qui confirme que les manuels scolaires palestiniens ne contiennent aucune forme évidente d’incitation – à la haine -, fondée sur le mépris de l’autre ». « Ces manuels ne caractérisent pas « l’autre » de manière déshumanisante et si cela est fait, cela est très rare, que ce soit dans les manuels scolaires israéliens ou palestiniens ». Il choisit d’ignorer toutefois un bémol apporté dans le rapport, à savoir que : « ces manuels omettent de donner des informations importantes, ce qui crée des obstacles à la paix ».

Salam Fayyad se réjouit que cette étude, dit-il, « prouve ce que nous avons souvent répété en réponse à des allégations qui ont été invalidées ». Il précise que c’est parce que l’Autorité palestinienne était convaincue qu’il fallait discuter de la question de manière objective et professionnelle plutôt qu’en se basant sur des stéréotypes et des notions préconçues que le ministère de l’Éducation palestinien avait collaboré pleinement avec les auteurs du rapport. Rapport qui sera utilisé par le ministère « comme guide pour développer les programmes scolaires en parvenant à une totale harmonie avec les principes bien ancrés de notre peuple de coexistence, tolérance, justice et dignité humaine, qui constituent une composante principale du système de valeurs morales sur lesquelles l’État indépendant de Palestine sera établi ».

S’exprimant le 4 février, au lendemain de la réaction très négative du ministère de l’Éducation israélien, Salam Fayyad lançait enfin un appel au gouvernement israélien pour que, dit-il, celui-ci considère cette étude dans le même esprit et abandonne ses positions établies à cet égard », l’enjoignant d’abandonner ses tentatives de détourner l’attention de l’objectivité et du professionnalisme de cette étude parce que ses conclusions ne sont pas alignées sur ses positions préconçues ».

Le ministère des Affaires stratégiques israélien démontre l’absurdité des propos de Salam Fayyad
Le 5 février Yossi Kuperwasser, directeur général du ministère des Affaires stratégiques israélien, présentait à la presse à Jérusalem une série de diapositives contenant de nouvelles données et documents montrant les réalités de « l’incitation – à la haine- dans le système scolaire de l’Autorité palestinienne » ou par d’autres canaux. Concluant que « l’Autorité palestinienne ne fait aucun effort d’éducation à la paix et à la coexistence avec Israël. Ce qui est l’obstacle principal à la paix ». Le ministère puise ses sources dans les manuels scolaires palestiniens, mais pas uniquement puisque les sujets d’examens, les revues ou programmes pour enfants et adolescents ou encore les pages Facebook leur étant destinées sont également examinées. Ainsi est-il demandé à des élèves palestiniens de ponctuer la phrase « l’occupant n’est pas humain ». Des programmes éducatifs réalisés par des enseignants comparent Israël à « Satan, avec une queue » ou à un serpent qui étouffe des enfants palestiniens. Le Jihad et le sacrifice de soi sont justifiés dans un autre manuel palestinien. Un autre enjoint aux élèves à « combattre les Juifs et à les tuer ». Haïfa est décrite comme étant « un port palestinien » dans un ouvrage sur la langue arabe. Bref, cette étude multiplie les exemples apportant un démenti cinglant aux propos lénifiants de Salam Fayyad et aux conclusions optimistes du Rapport sur « la représentation de l’autre »…

D’ailleurs, cette étude du ministère des Affaires stratégiques détaille les conclusions du Rapport dont se réjouit Salam Fayyad. Conclusions qui n’ont sans doute pas été bien lues par tous ceux qui y voient une approbation du contenu des manuels scolaires palestiniens. On y apprend, en effet, que « à 84% la manière dont sont représentés les Juifs / Sionistes/Israéliens dans les manuels scolaires palestiniens est très négative ou négative. A 87 % la description des actions des Juifs / Sionistes/Israéliens est très négative ou négative. Le Jihad est la valeur principale que promeuvent les manuels scolaires palestiniens ».

Une méthodologie et des choix contestables
Enfin la méthodologie, les omissions et la volonté évidente de mettre sur un même pied des manuels scolaires au contenu pourtant très différent sont condamnés et il est rappelé que « quatre membres au moins du panel consultatif scientifique ont refusé d’avaliser ce rapport » et que « le Grand rabbinat d’Israël, membre du Conseil des Institutions Religieuses de terre Sainte a retiré son soutien à ce rapport ». Enfin il est précisé que d’autres érudits et professionnels de l’éducation se sont montrés très critiques à son égard.

Parmi les nombreux défauts de l’étude dénoncés, A.Jay Adler souligne, entre autres, dans The Algemeiner le fait que cette étude qui examine des manuels du système scolaire ultra-orthodoxe en Israël ne s’est penché sur aucun manuel utilisé par le Hamas. Ou qu’il y ait eu beaucoup plus de livres israéliens étudiés, 492, que de livres palestiniens, 148, un déséquilibre évident, sans que cela ne soit en rien justifié. Pourquoi cette absence de manuels scolaires utilisés dans les établissements arabes israéliens, s’interroge-t-il également. [Il démonte ainsi point par point ce rapport qu’il qualifie d’escroquerie http://www.algemeiner.com/2013/02/0…%5D

Palestinian Media Watch « Il est difficile d’imaginer une analyse aussi profondément erronée »
Palestinian Media Watch – PMW -, Observatoire des Médias palestiniens et auteur de plusieurs études sur les manuels scolaires palestiniens, a également publié une étude sur ce rapport. Qui débute par ces mots « il est difficile d’imaginer une analyse aussi profondément erronée ». PMW cite ensuite les inexactitudes de la méthodologie employée qui cite les exemples trouvés dans des manuels scolaires israéliens et palestiniens en les mettant dans les mêmes rubriques, essayant d’établir une symétrie même là où elle n’existait pas. Un autre défaut majeur étant d’avoir donné autant d’importance au système scolaire ultra-orthodoxe marginal en Israël qu’aux écoles d’État très majoritaires. Ce qui augmente artificiellement le nombre d’exemples posant problème côté israélien pour appuyer la tentative trompeuse faite dans ce rapport pour démontrer une équivalence ».

« Il masque intentionnellement la promotion de la haine et de la violence qui sont au cœur du système éducatif de l’Autorité palestinienne »
Mais pour PMW l’échec fondamental du rapport est qu’il masque intentionnellement la promotion de la haine et de la violence qui sont au cœur du système éducatif de l’Autorité palestinienne ». Et de conclure que « cette haine, avec la haine et la glorification du terrorisme exprimés dans les actions et les messages quotidiens des dirigeants de l’Autorité palestinienne au travers des institutions qu’ils contrôlent, condamne rapidement les générations à venir à une prolongation du conflit ».

PMW pose ensuite la question suivante : « qu’est-ce que le message global du rapport Adwan-Tal cache au monde ? », la réponse étant : « le message global inhérent aux enseignements de l’Autorité palestinienne concernant Israël dans son système scolaire est le rejet total du droit le plus fondamental d’Israël, son droit d’exister ».

Un certain nombre d’exemples sont donnés. Ainsi dans un manuel scolaire palestinien on trouve l’expression « le soi-disant État d’Israël ». Ce qui, d’ailleurs est une gradation dans l’incitation à la haine car cette expression remplace « l’État d’Israël » trouvé dans une étude réalisée par PMW en 2007. PMW démontrant que le système scolaire palestinien enseigne la haine des Juifs, le rejet d’Israël et promeut la notion de Jihad et d’une nécessaire violence. Les mots d’Hillary Clinton, alors Sénatrice, recevant PMW au Congrès américain pour la présentation de son rapport sur les manuels scolaires palestiniens en 2007 restent d’actualité : « ils empoisonnent l’esprit des enfants ».

Contribuer à perpétuer un enseignement de la haine, avec ses possibles victimes
Enfin, PMW accuse des Israéliens comme le Professeur Bar-Tal de contribuer à ce que perdure cet enseignement de la haine et de la violence et à faire en sorte que les pressions internationales exercées sur les Palestiniens pour qu’ils remplacent cette éducation à la haine par une éducation à la paix cessent. Ce qui n’a rien d’anodin, car des vies en dépendent, souligne PMW.

Voir encore:

Study on incitement ‘another Goldstone Report

Incitement or peace education?

Several members of the Scientific Advisory Panel, the body that was to review and critique a controversial report on incitement in Palestinian and Israeli schoolbooks that is set to be presented by several researchers in Jerusalem on Monday, say they were not given a final copy of the report prior to the announcement of the upcoming press conference.

One SAP member, speaking on condition of anonymity, said this document had the potential to be “another Goldstone Report,” a reference to the UN report on the IDF’s Operation Cast Lead in Gaza that was released in 2009.

In addition, the Council of Religious Institutions of the Holy Land complained that it was also not given the opportunity to see a final copy of a report, despite being the body that launched the project, a source within the Chief Rabbinate said.

The textbook project, which began in 2009, was funded by a grant from the US State Department and was conducted by an Israeli-Palestinian team of academics led by Professors Bruce Wexler of Yale University, Daniel Bar-Tal of Tel Aviv University and Sami Adwan of Bethlehem University.

“The Israeli-Palestinian schoolbook study is among the most comprehensive, fact-based investigations ever done of school textbooks.

The scientists developed a new research methodology that employed a standardized, manualized, multi-rater system in order to produce a transparent and scientifically rigorous analysis of current Israeli and Palestinian schoolbooks,” Wexler, Bar-Tal and Adwan said in a statement.

“The study represents the first phase towards the critically important goal of developing education for peace, as specified by the Council of Religious Institutions of the Holy Land, which initiated the study, and as highlighted in the Oslo II Agreement in 1995.

All funding for the study came from a single public source, the US State Department’s Bureau of Democracy, Human Rights and Labor.”

Washington appears, however, to have distanced itself from the research with one official at the US Embassy telling The Jerusalem Post that “it’s not a State Department thing.”

Dr. Arnon Groiss – a member of the advisory panel and the former director of IMPACT-SE, a research center focusing on peace and cultural tolerance in school education – told the Post that last week he received “a body of quotes” from textbooks that were cited in the study but no copy of the final report for review.

“I haven’t seen the final product [and] I haven’t compared the final results with the body of evidence. I was given more than any other member of the panel. None of the others got it. We don’t know what they are going to say in the press conference,” said Groiss.

He also said that there is information missing from the report.

“I checked the quotes and found some missing and now I am in a debate with the researchers about that,” he said.

Rabbi Daniel Sperber, an Israel Prize laureate and another SAP member, also told the Post that he felt blindsided by the announcement that the findings are set to be announced this week, and said that he received “no notification in advance” of the press conference. The announcement is “premature,” he added, as neither he nor “members of the [interreligious] council have seen a final version.”

“I told Professor Wexler that I won’t come and be a presenter of a document that I haven’t seen,” Sperber said, despite his name being prominently placed in a public statement by Wexler, Bar-Tal and Adwan.

Dr. Elihu Richer, the head of the Genocide Prevention Program and Injury Prevention Center at the Hebrew University, who also participated in the advisory panel and said that he too had not seen a full copy of the report, stated that he conditionally endorsed the document based on what he believed were its “shortcomings.”

While Richter said that he “commends” Wexler’s efforts, he also indicated that the study “did not examine the content of the overall formal educational environment of children.”

Wexler and his colleagues praised Israel for “the fact that some of the books in the Israeli state schools have taken steps toward a balanced examination of historical events,” and that that “both Israeli and Palestinian communities should be commended for the absence of extreme dehumanizing characterizations of the other.”

Wexler, speaking to the Post by phone from his hotel room in the capital on Saturday, stated that all of the members of the SAP and the council had been shown a full copy of the report during a Jerusalem conference in May. He asserted that he took their suggestions for changes into consideration, and sent the relevant researchers copies of the changes before deciding to go ahead with the press conference.

According to Wexler, in May “the advisory panel reviewed it all and agreed on it all and there were just these two additions. I sent the text of these two additions to them in decent time for them to review it.”

“To my surprise and to their credit, they unanimously agreed on a statement that they presented to the religious leadership council that day. In that statement, they commended the study and they agreed with every one of the findings.”

A senior official at the Chief Rabbinate who is a member organization of the Council of Religious Institutions of the Holy Land, said, however, that Wexler and his team were not authorized to reveal their findings at this time.

Speaking with the Post by phone on Saturday evening, the official said that the researchers were bound by a “secret agreement” with the council regarding publication and were therefore not allowed to “publish anything without our permission. Only we would decide when and where.”

The official also said that Wexler exceeded the bounds of his authority and that the research was only supposed to deal with portrayals of members of different faith communities in textbooks, rather than wider issues of incitement.

In a press release, Wexler and his colleagues announced that “repeated invitations were extended to both the Israeli and Palestinian Education Ministries to examine the methods and further advise on the study from the start, and we hope ministry staff and experts from both communities review current and future books in light of the study findings.”

The rabbinate official disagreed, saying that while he had seen a short summary of the results in May, along with members of both the council and the SAP, it was decided that the research “was not complete yet and that many details are missing and therefore it has to be completed in order to present it to the public.

“A few months passed and all of a sudden I heard from other people that a worldwide press conference is called to present this research. That’s very peculiar, because it’s completely contrary to our decision,” the official said. “I can tell you one thing; I’m sure that Bruce [Wexler] has his own agenda.”

Strategic Affairs Ministry deputy director-general Yossi Kuperwasser, who obtained an advance copy of the report, called the document “political research” rather than “academic research.”

According to Kuperwasser, the report cited Israeli textbooks that linked Palestinians to the 1972 Munich Olympic massacre as a negative portrayal.

“By mentioning that this was a terror attack performed by Palestinians, this is a negative description of the Palestinians? I mean, how far can you go?” he asked.

“You can’t present this [report] as [being] done for the interreligious council and as being American-funded [if no one approved it]. Say the full truth and not 20 percent of the truth. Anybody who tells you 20 percent of the truth is actually a liar,” Kuperwasser said.

Despite his colleagues’ assertions, Gershon Baskin, the founder of the Israel/Palestine Center for Research and Information and a member of the SAP, said that they all saw copies of the report in advance.

“We received a final copy a few days before it was issued. I stand by the results and think that it was an excellent study done with professionalism and objectivity. There were no predefined results prior to the study. The team of researchers and the scientific committee treated the study with the highest degree of professionalism,” he said.

“The response of the Israeli government is completely bewildering. The study actually gave higher grades to the Israeli textbooks than the Palestinian.

I have always claimed that the major problem with the textbooks on both sides is the crime of omission. I would challenge the Israeli side to conduct an honest research and come up with different results.”

The Ministry of Education issued a press release attacking the final report as « biased, unprofessional and severely lacking objectivity…Attempts to create a parallel between the Israeli and Palestinian educational systems is baseless…The Ministry of Education chooses not to cooperate with those looking to defame the Israeli educational system. »

 Voir de plus:
The Whitewashing of Hate
PMW responds to the recent report
on Palestinian and Israeli schoolbooks
Itamar Marcus
The Jerusalem Post

Feb. 10′ 2013

It is hard to imagine a more flawed analysis of Palestinian Authority schoolbooks than the recent report of the Council of Religious Institutions of the Holy Land, led by Sami Adwan, Bethlehem University and Daniel Bar-Tal, Tel Aviv University.

The report’s inaccuracies start with its methodology of systematically citing all quotes from Israeli and Palestinian schoolbooks under the same headings – forcing the appearance of symmetry even when none exists. Another major flaw is giving as much weight to the fringe, ultra – Orthodox school system in Israel as it does to mainstream state schools. This artificially inflates the number of problematic examples on the Israeli side to support the report’s misleading attempt to demonstrate equivalence.

But the ultimate failing of the report is that it intentionally masks the hate and violence promotion that are central to the Palestinian Authority educational system. This hatred, together with the hate and terror glorification expressed by the daily actions and messages of the PA leaders and through their controlled institutions, is rapidly condemning the next generations to continued conflict.

What did the Adwan-Bar Tal report hide from the world?

The overall message that permeates the PA’s teachings about Israel throughout the school system is its total rejection of Israel’s most fundamental right – its right to exist.

This is how Palestinian schoolbooks teach kids to see Israel:

« … the Nakba [Catastrophe] that took place in 1948, when the Jews occupied Palestine and established their state on its land, and banished the Palestinian nation into exile and to neighboring states, after they tortured it, massacred, and stole its land, its homes and its holy sites. » [Arabic Language, Analysis, Literature and Criticism, Grade 12, pp.74-75, Revised Experimental Edition, 2012.]

And like this:

« Palestine’s war ended with a catastrophe that is unprecedented in history, when the Zionist gangs stole Palestine and expelled its people from their cities, their villages, destroyed more than 500 villages and cities, and established the so-called the State of Israel. » [Arabic Language, Analysis, Literature and Criticism, Grade 12, p. 104]

When Palestinian Media Watch published a report on Palestinian schoolbooks in 2007, the text cited above ended with the words: « …and established the State of Israel. » According to the PA Ministry of Education’s website accessed today, Palestinian children are now being taught about the « so-called State of Israel. » Such changes are not coincidental. PA education, as a reflection of PA society in general, may be getting even more hateful.

Adwan and Bar-Tal list « four primary findings ». The first is, « Dehumanizing and demonizing characterizations of the other were very rare in both Israeli and Palestinian books. »

This is unequivocally false. The lack of pictures of hook-nosed Jews in the PA schoolbooks does not mean there is no demonization. Certainly, denying Israel its right to exist is the ultimate demonization. This is the foundation upon which the PA builds its entire political ideology and political education.

Another critical component of the PA’s demonization is a 12th-grade book’s definition of Israel as a racist, foreign, colonial implant:

« The phenomenon of Colonial Imperialism is summarized by the existence of foreigners residing among the original inhabitants of a country, they [the foreigners] possess feelings of purity and superiority, and act towards the original inhabitants with various forms of racial discrimination, and deny their national existence. Colonial Imperialism in modern times is centered in Palestine, South Africa and Rhodesia [Zimbabwe]. » [History of the Arabs and the World in the 20th Century, Grade 12, 2006 and 2007, p. 6, and Revised Experimental Edition, 2011, p. 5]

The PA’s defining Israel as ‘racist’, ‘foreign’ and a ‘colonizer’ is not merely crude defamation; it is the Palestinian Authority’s justification for all killings of Israelis by terror since 1948. In another 12th-grade book, the children learn that « international law » grants people living under precisely these three types of regimes the inalienable right to fight the regimes:

« The General Assembly announced a number of basic principles related to the judicial status of fighters against the colonial rule, foreign rule and racist regimes: The struggle of the nations under colonial rule, foreign rule and racist regimes, for their right to self-determination and independence, is a legitimate struggle, fully complying with the principles of international law. » [Contemporary Problems, Grade 12, 2006 p. 105, and Second Experimental Edition, 2009, p. 101]

The schoolbook goes on to state that not only is this « armed struggle » protected by international law, but any attempt to stop this violence is a violation of international law:

« Any attempt to suppress the struggle against colonial and foreign rule and racist regimes is considered as contrary to the UN convention and the declaration of principles of international law… The armed struggles that are an expression of the struggle of the nations under colonial rule, foreign rule and racist regimes are considered as international armed conflict. » [Contemporary Problems, Grade 12, 2006, p. 105, and Second Experimental Edition, 2009, p. 101]

The PA’s promotion of nationalistic « armed struggle » as a right is exacerbated by its mandating violence against Israel as mandatory in the name of Islam – « until Resurrection. »

Islamic Education for Grade 12 teaches that the conflict with Israel is a « Ribat for Allah, » which it defines as « one of the actions related to Jihad for Allah and it means being found in areas where there is a struggle between Muslims and their enemies. » [Islamic Education, Grade 12, 2006 and 2012, p. 86].

And whereas Ribat can also mean a non-violent struggle, the PA schoolbook makes sure that children understand that their obligation against Israel is military by comparing the Palestinian Ribat to other Islamic wars of the past:

« The reason for this preference [for Palestinian Ribat] is that the momentous battles in Islamic history took place on its land, therefore, its residents are in a constant fight with their enemies, and they are found in Ribat until Resurrection Day: History testifies that: The battle of Al-Yarmuk decided the fight with the Byzantines, and the battle of Hettin decided the fight with the Crusaders, and the battle of Ein Jalut decided the fight with the Mongols. » [Ibid, p. 87]

Alarmingly, the book teaches Palestinian children that their war over Palestine is not going to end with a secular peace treaty, but is an eternal war for Islam « until Resurrection Day. » [Ibid, p. 86]

It is significant that neither this legitimization of « armed struggle » « against colonial and foreign rule and racist regimes » – the PA’s definition of Israel – nor the mandating of eternal religious violence against Israel was even mentioned in the Bar-Tal-Adwan report.

Had the authors included this area of research, they would have been forced to concede that there is no corresponding defense of terror and promotion of violence in Israeli textbooks.

The failure to cite these significant and dangerous messages in the PA’s schoolbooks — messages which have been promoted actively by PA leaders since 2000 to justify their terror against Israel and killing of Israelis — is indicative of the report’s flawed methodology and fundamental errors.

These and the many other omissions and misrepresentations necessitate immediate and public rejection of the findings by the US State Department, whose funding in 2009 launched the project. Should the US adopt these findings, the chance for a peaceful future for children on both sides of the conflict will decrease dramatically.

At a press conference in the US Senate building to release PMW’s 2007 report on PA schoolbooks, then-Senator Hillary Clinton introduced the report:

« These textbooks do not give Palestinian children an education; they give them an indoctrination. When we viewed this [PMW] report in combination with other [PA] media [from other PMW reports] that these children are exposed to, we see a larger picture that is disturbing. It is disturbing on a human level, it is disturbing to me as a mother, it is disturbing to me as a United States Senator, because it basically, profoundly poisons the minds of these children. »

Tragically, Clinton’s words still hold true today. PA schoolbooks, along with PA culture and media, are the recipe for guaranteeing that the conflict, terror and war will continue into the next generation. Only if the international community preconditions its political contacts and support for the PA on the PA’s compliance with demands to eliminate its culture of hate and violence will peace become possible.

While the Palestinian Authority is ultimately responsible for the hatred and terror it promotes, its defenders, especially Israelis like Bar-Tal, are ultimately enablers of this hatred. Such misleading reports could ease the international pressure that has been put on the Palestinians to replace their hate education with peace education.

Public rejection of this Bar-Tal-Adwan report by the US is not merely the right thing to do. People’s lives are depending on it.

Israël-Palestine, les manuels scolaires de l’incompréhension
Emily Bazelon et Ruth Margalit
Slate
21.02.2013

Grâce à l’étude la plus complète réalisée à ce jour, des chercheurs israéliens et palestiniens révèlent que les livres utilisés dans les écoles des deux camps ont besoin d’être revus et corrigés.

Dans la guerre d’image qui oppose Israël à la Palestine, il est d’usage de penser que les manuels de référence des écoles de Cisjordanie et de Gaza nourrissent la haine à l’encontre d’Israël. «Dans certains livres, on peut lire “S’il y a 13 juifs et que 9 sont tués, combien reste-t-il de juifs?”», a ainsi rapporté Newt Gingrich alors qu’il était candidat à la nomination républicaine pour la présidentielle américaine. «Ces manuels n’enseignent rien aux enfants palestiniens, ils les endoctrinent», avait estimé Hillary Clinton en 2007, quand elle était sénatrice de l’Etat de New York. Elle se fondait sur les critiques d’un organisme israélien de surveillance des médias à la suite de la première publication, par les Palestiniens, de l’ensemble de leurs manuels scolaires du cours préparatoire à la terminale. En 2011, l’IMPACT-SE (Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education) publiait un rapport allant dans le même sens.

Il se pourrait pourtant que les choses soient plus complexes, et moins unilatérales, que ces commentaires véhéments ne le suggèrent.

Les indices existent déjà depuis des années. En 2004, une étude israélo-palestinienne portant sur 13 manuels israéliens et 9 manuels palestiniens trouvait des manquements des deux côtés quant au contenu politique, à la prise en compte du point de vue de l’autre, et à la présentation des cartes géographiques. D’aucuns avaient déjà souligné que ces accusations s’appuyaient sur des manuels égyptiens ou jordaniens, ou encore sur des traductions erronées.

Mais aujourd’hui sort la plus grande étude jamais réalisée sur les manuels scolaires palestiniens et israéliens. La plupart des spécialistes du comité consultatif ont jugé que celle-ci établissait «un nouveau jalon mondial pour analyser les manuels scolaires». Financée à hauteur de 500.000 dollars par le département d’Etat américain, commandée par le Conseil des institutions religieuses de la Terre sainte, qui regroupe, à Jérusalem, des personnalités religieuses éminentes des sphères musulmane, juive et chrétienne, l’étude a été menée par une équipe de chercheurs palestiniens et israéliens, et conçue par un psychiatre de Yale, Bruce Wexler.

Une étude à l’aveugle
Les résultats sont éloquents, tant pour le bon que pour le mauvais. Les réactions sont tout aussi révélatrices, notamment celle du ministre israélien de l’Education, qui lui a immédiatement reproché «son parti pris, son manque de professionnalisme et son absence d’objectivité». Soit. Peut-être que pour le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et la droite israélienne, l’impartialité en matière d’enseignement scolaire n’a tout simplement pas sa place.

Les deux responsables de recherche sont le professeur israélien Daniel Bar-Tal, de l’université de Tel Aviv, et Sami Adwan, de l’université de Bethléem. Ils ont encadré une équipe chargée d’analyser des livres publiés entre 2009 et 2011.

Côté palestinien, les chercheurs ont regroupé 148 manuels utilisés dans toutes les écoles de Cisjordanie et de Gaza (publiques, religieuses et dirigées par les Nations unies). Côté israélien, l’étude a pris comme point de départ 381 ouvrages du système scolaire public, qui inclut les établissements laïcs et religieux, ainsi que 55 livres servant dans la plupart des écoles ultra-orthodoxes. La liste des thèmes examinés comprenait la littérature, l’histoire, l’arabe, l’hébreu, la géographie, l’éducation civique et la religion. Au final, 74 manuels israéliens et 94 manuels palestiniens ont été retenus, eu égard à leur contenu plus pertinent.

L’étude entend être exhaustive et rigoureuse. Les questions et les évaluations de Adwan et Bar-Tal couvrent une gamme étendue de sujets: événements historiques, guerre, conflit, processus de paix, réconciliation, religion, questionnement sur les valeurs de chaque camp, photographies, illustrations et cartes. Les informations collectées ont été intégrées à l’aveugle dans une base de données de l’université de Yale, ce qui signifie que les chercheurs n’ont pas pu être influencés en cours d’étude.

Des bonnes nouvelles… et des moins bonnes
Résultat des courses? Il y a de quoi se réjouir:

«La déshumanisation et la diabolisation de l’autre sont l’exception, dans les manuels israéliens comme palestiniens.»
Les descriptions extrêmement négatives sont au nombre de 20 dans les manuels israéliens, de 7 dans les ouvrages ultra-orthodoxes et de 6 dans les livres palestiniens. L’un des rares exemples tiré d’un manuel israélien: un passage où l’on lit que tel village arabe détruit «avait toujours été un nid de meurtriers».  Et son pendant palestinien: «Je suis resté “à l’abattoir” 13 jours», en référence à un centre d’interrogatoire israélien.

On pouvait s’attendre à pire, quand on repense à la récente révélation des propos du président égyptien Mohamed Morsi, qui traita les juifs «de descendants des singes et des cochons», ou à l’ancien vice-Premier ministre israélien, Avigdor Lieberman, qui appela en 2003 à noyer les prisonniers palestiniens dans la mer Morte. On ne trouve visiblement rien de cet acabit dans les manuels israéliens ou palestiniens, et c’est heureux.

Mais il reste du pain sur la planche. Et il convient de noter que les manuels palestiniens et ultra-orthodoxes sont sensiblement plus partiaux que les livres israéliens. Ainsi, 84% des extraits littéraires des livres palestiniens dressent un portrait négatif des Israéliens et des juifs, et 73% des extraits dans les ouvrages ultra-orthodoxes dépeignent négativement les Palestiniens et les arabes, alors que cette proportion tombe à 49% dans les manuels des établissements publics israéliens. Fragment d’un texte israélien:

«Les pays arabes ont accumulé les armes et les munitions, et entraîné leurs armées, afin de livrer une guerre totale à Israël.»
Les ultra-orthodoxes montent d’un cran:

«Au sein des Etats arabes, Israël est tel un petit agneau au milieu de 70 loups.»
Enfin, version palestinienne:

«L’ennemi s’en est pris aux maisons abandonnées, pillant et emportant tout ce qu’il pouvait de ce village réduit à une succession de tombes.»
Ces passages, s’ils ne sont pas forcément faux, sont partiaux et angoissés; rien de plus favorable ne vient les contrebalancer. Les Palestiniens et les arabes sont montrés sous un angle positif 11% des fois dans les manuels israéliens, et 7% du temps dans les livres ultra-orthodoxes. Tandis que juifs et Israéliens sont envisagés de façon positive 1% du temps dans les ouvrages palestiniens. De même, les photos et les illustrations des manuels palestiniens sont en général plus négatives que celles des livres israéliens, mais il y en a beaucoup moins.

Une différence de taille entre les manuels israéliens d’une part, et les ultra-orthodoxes et palestiniens d’autre part, est la capacité à l’auto-critique. Pour les Israéliens, cette évolution s’est entamée à la fin des années 1990, quand de nombreux historiens ont commencé à étudier avec des yeux neufs les premiers temps de l’histoire du pays, et qu’un député de gauche de la Knesset est devenu ministre de l’Education.

Des cartes d’un autre monde
Certains manuels officiels ont alors admis que des Palestiniens avaient laissé leur terre parce qu’ils en avaient été expulsés. C’est également à cette époque qu’il a été fait mention de l’appellation arabe pour la «guerre d’Indépendance» de 1948: la «Nakba», ou catastrophe. On a par ailleurs demandé à certains étudiants juifs israéliens ce qu’ils auraient pensé du sionisme s’ils avaient été à la place des Palestiniens. Autant d’aspects beaucoup moins présents dans les livres scolaires ultra-orthodoxes ou palestiniens. Ainsi, les ouvrages palestiniens ne traitent pas véritablement de la Shoah et de son lien avec la création d’Israël.

Pour ce qui est des cartes, les chercheurs ont constaté que 58% des manuels palestiniens publiés après 1967 (année où Israël a pris la Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, Gaza et le Sinaï à l’Egypte, et le plateau du Golan à la Syrie) ne font aucune référence à Israël: toute la zone située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée représente la Palestine. Chez les Israéliens, 65% des cartes ne comportent pas de frontières et ne mentionnent ni la Palestine ni l’Autorité palestinienne, tandis que chez les ultra-orthodoxes, ce chiffre atteint un ahurissant 95%. Pour les chercheurs, la comparaison des cartes des différents systèmes scolaires «peut faire penser qu’ils ne vivent pas dans le même monde».

Voici qui illustre à quel point l’enseignement de l’histoire et de la géographie est politisé pour les Israéliens et les Palestiniens, chaque camp essayant parfois littéralement de rayer l’autre de la carte.

Notons que sur ce point, les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas uniques en leur genre. Pensons par exemple à Chypre, où durant des décennies, les Chypriotes grecs et turcs ne se sont pas vécus comme appartenant au même peuple, ou à l’Irlande du Nord, dont le qualificatif même donne lieu à des considérations plus que délicates (est-ce une province, un Etat, une région?) Venir à bout de ces distorsions, estiment les auteurs de l’étude, est de ce fait «extrêmement difficile et exige du courage et de la volonté». Ainsi que du temps.

En regard d’autres nations, Israël est un pays relativement jeune, et l’Autorité palestinienne l’est plus encore. Quatre mises à jour de manuels israéliens dénotent que l’enseignement public est de plus en plus apte à l’introspection. Les livres scolaires palestiniens, eux, n’en sont qu’à la première génération.

Jusqu’en 1967, la Jordanie avait la main sur le système scolaire en Cisjordanie, et l’Egypte contrôlait celui de Gaza. Après la guerre de 1967, Israël s’est chargé de l’enseignement palestinien, avec les mêmes manuels jordaniens et égyptiens, mais censurés –interdiction de certains livres, passages barrés dans d’autres. Les Palestiniens sont devenus maîtres de leur système scolaire en 1994, dans le sillage des accords d’Oslo, au cours desquels ils s’étaient engagés à suivre des «mesures de confiance» qui comprenaient une réforme de l’enseignement.

La réaction des politiques
Cependant, le ministre israélien de l’Education ne se satisfait pas de ces explications qui éclairent les problèmes communs et les différences observées dans les manuels scolaires: «Vouloir créer un parallèle entre les systèmes scolaires israélien et palestinien n’a aucun fondement, ni aucun rapport avec la réalité», a ainsi déclaré le ministre du gouvernement Nétanyahou.

Adwan, Bar-Tal et Wexler ont répliqué en défendant leur méthodologie. Le 3 février, Bar-Tal a également adressé une lettre au ministre israélien le menaçant de le poursuivre en diffamation s’il ne présentait pas d’excuses dans les 48 heures. «Ce que je trouve triste est que le ministre israélien semble préférer s’accrocher à une propagande qu’il sait mensongère, plutôt que de changer vraiment les manuels palestiniens et israéliens», a estimé de son côté Wexler. A l’inverse, on a rapporté au chercheur qu’un responsable palestinien avait dit au département d’Etat américain qu’il voyait là «ce dont ils avaient besoin pour rectifier leurs livres scolaires».

Par ailleurs, l’équipe de recherche a répondu point par point à une série de réfutations de la part de l’un des membres du comité consultatif, Arnon Groiss, ancien directeur de recherche de l’IMPACT-SE.

Si le sujet vous intéresse, la réponse vaut la peine d’être lue dans son intégralité. Groiss a mis en avant plusieurs citations selon lui omises par l’équipe. Mais la plus choquante, supposément issue d’un texte palestinien –«vos ennemis ont tué vos enfants, éventré vos femmes, traîné par la barbe vos respectables anciens jusque dans les charniers»– est en réalité une référence à une guerre du VIIe siècle où ne furent pas impliqués les juifs. D’autres citations en cause sont en fait des hadiths, c’est-à-dire des enseignements attribués au prophète Mahomet, qui ne figurent pas dans les manuels scolaires et qui ne sont peut-être pas du tout enseignés dans les écoles, a précisé Wexler. «Si selon lui, c’est ce que nous avons laissé de côté, je suis très heureux qu’il nous le confirme», nous a déclaré le chercheur. La réponse de Groiss se trouve ici, suivie de celle de Wexler.

Le sociologue Sammy Smooha, de l’université de Haïfa, qui dirige une étude annuelle sur les relations israélo-arabes, estime que l’objectif devrait à présent être de rédiger des manuels scolaires qui exposent davantage le point de vue de l’autre camp.

«Il faut considérer les arguments de l’autre sérieusement, et pas juste monter des théories spécieuses pour mieux les démolir.»
Eyal Naveh, professeur d’histoire à l’université de Tel Aviv et auteur de plusieurs livres scolaires pour le collège et le lycée, acquiesce:

«L’ignorer, c’est faire comme si ça n’existait pas.»
Reste qu’on ne sait pas vraiment ce qui se passe dans les salles de classe; ce n’est pas parce que ça n’apparaît pas dans les manuels que certains professeurs ne l’enseignent pas. Smooha met finalement le doigt sur l’essentiel, à savoir qu’il est difficile de traiter vraiment le problème tant que les deux camps ne seront pas sortis de l’impasse politique pour parvenir à un compromis.

«Les mesures de confiance [sont compliquées à mettre en place] quand chacun rechigne à accorder à l’autre sa confiance.»
Il y a quelques années, Naveh, Adwan et l’historien israélien Dan Bar-On ont écrit un manuel d’un genre nouveau, Side by Side, qui consiste en la «narration double» des événements marquants dans la région depuis 1917 jusqu’à la deuxième Intifada de 2000. Naveh qualifie l’ouvrage de «brillant échec»: bien qu’acclamé dans la presse internationale et vendu à l’étranger, il a été interdit par les ministres de l’Education israélien et palestinien. Naveh pense qu’aujourd’hui, un tel manuel ne pourrait «absolument pas» être inscrit aux programmes israéliens et palestiniens.

D’où, peut-être, la conclusion mesurée de l’étude, dans laquelle les auteurs se contentent d’appeler à la création, dans les deux camps, de comités d’examen des manuels actuels et à venir. «Cela leur prendra beaucoup de temps pour écrire une histoire commune, voire pour y travailler ensemble», prédit Wexler. «Tout ce que nous souhaitons, c’est que les ministres lisent notre étude, lisent leurs manuels respectifs, et décident s’il n’y a pas des choses susceptibles d’être modifiées.»

Emily Bazelon et Ruth Margalit

Emily Bazelon est journaliste à Slate.com, Ruth Margalit est une écrivain israélienne qui vit à New York et travaille pour The New Yorker.

Traduit par Chloé Leleu

Voir également:

More on the Israeli-Palestinian School Book Project

 A. Jay Adler

The sad red earth

February 8, 2013

At the Algemeiner today, I address the just released Israeli-Palestinian School Book Project. Since posting I have gained further clarity and focus on problematic features of the project and the information about it released to the press.

About the number of books and items “analyzed,”

The official list of books included those approved by the Israeli and Palestinian Ministries of Education for 2011. The study examined school books used in the Israeli State secular and Religious tracts and from independent ultra-Orthodox schools. Palestinian books were the Ministry of Education’s textbooks used in the West Bank and Gaza Strip, and a small number of books from the few independent religious schools (Al-Shariah) when relevant to study themes. A total of 640 school books (492 Israeli books and 148 Palestinian books) were reviewed for relevancy to study themes, and content in the 74 Israeli books and 94 Palestinian books with most relevance was analyzed in detail. The researchers analyzed more than 3,100 text passages, poems, maps and illustrations from the books.

So, indeed, as I raise to question at the Algemeiner, why was there purposeful selection of textbooks from ” independent ultra-Orthodox schools,” but apparently – there is no reference – no comparable selection from Hamas-controlled schools? Why was the original selection of books weighted 3 to 1 toward Israeli books? What were the specific terms of the basis, determined by whom, of “most relevance” what constituted “relevance” that determined the choice of the final 74 Israeli and 94 Palestinian books?

The analysis examined 2,188 literary pieces from Israeli books and 960 from Palestinian books.

Why is there a more than 2 to 1 preponderance of Israeli literary pieces? Would this not provide a more than double opportunity for the detection of passages that might be “analyzed” as “negative”? What rationale is there for not working from equal databases?

Why, apparently, were no Arabic textbooks from Israeli Arabic schools included in the study? (What might it reflect on Israeli society and education if these books were notably free of “negative” depictions of the “other,” however the “other” might complexly be conceived in this circumstance?

A total of 670 literary pieces were analyzed independently by two different research assistants. Statistical analysis demonstrated high inter-rater reliability, meaning that two different raters independently evaluated the same poem, passage of map in highly similar ways.

How were these 670 pieces selected from the 3148 noted above? What was the reason and basis for this further selection?

I have placed in quotation marks around my own use, referencing the report’s use, of the word “analyze” or “analysis.” The report makes significant claims to scientific rigor. However, the analysis of a chemical compound is not the same as the analysis of a text, even if one attempts to subtract human subjectivity from the text by disregarding its truth value. (And was it a stipulated criterion to disregard truth value in determinations of negativity? As, I argue at the Algemeiner, this is indefensible and produces unavoidable and potentially dramatic distortion of the results.) And we are told above that “two” – only two – different research assistants analyzed the 670 pieces. Two analysts of negativity unrelated to truth. Did the study provide them with a list of specific verbs, adjectives, figures of speech and idioms the use of which were automatically to be designated negative? Was there no subjective, critical allowance for judgment beyond such a list? From what environment did the research assistants come? Were they already employed by, students or teaching assistants of the lead researchers who shared, perhaps, their predisposition toward the study’s outcome?

The press release states,

The study engaged a Scientific Advisory Panel that resulted in the worldwide collaboration of 19 experts, including textbook scholars, social scientists and educators from across the political spectrum of both Israeli and Palestinian communities. The advisory panel includes textbook researchers from Germany who led Germany’s self-examination of their textbooks in the decades after World War II, and U.S. scholars who have themselves analyzed school books in Israel, the Arab world, and the former Yugoslavia. The advisory panel reviewed every aspect of the study and agreed on the findings.

However, departing from this account, Eetta Prince-Gibson at Tablet reports,

Several Israeli members of the SAP dissented. According to a memo provided by the Education Ministry spokeswoman, Professor Elihu Richter of the Hebrew University said that “questions remain concerning definitions of the variables, how they are classified and measured and counted and what materials are included and excluded.” Richter warned that some of the comparisons may be “sliding down the slippery slope to moral equivalence.” SAP member Dr. Arnon Groiss, author of a separate study on Middle Eastern textbooks, wrote that he has severe reservations about the methodology and that some 40 significant items, which attest to incitement on the part of Palestinians, were not included.

Further, Groiss has now released this lengthy and instructive analysis and commentary on the report. He states,

Again, we, the SAP members, were not involved in the research activity.

Moreover, it was only a few days before the February 4 release of the report that I was first given the 522 Palestinian quotes for perusal. Having compared them to the quotations appearing in other research projects, I realized that some forty meaningful quotations, which other researchers in former projects, including myself[1], incorporated in the material and used them in forming their conclusions, were missing. [Emphasis in the original]

….

I have found deficiencies on both levels of definition and actual use. On the first level, categorization was restricted to very general themes, leaving out important issues such as open advocacy of peace/war with the “other,” legitimacy of the “other,” etc.

….

There is no attempt to study the quotes more deeply and draw conclusions. All items were treated equally, with no one being evaluated and given a more significant status that the other. It seems that they were simply lumped together, counted and then the numbers spoke. It might be statistically correct, but, as we all know, statistics not always reveal the actual complex picture. This kind of analysis has produced a “flat” survey of the quotes, without any reference to their deeper significance (for example, looking at a demonizing text with no specific enemy as if it were a “neutral” literary piece). Also, all quotes were treated as separate items with no attempt to make a connection between two quotes or more in order to reveal an accumulated message (for example, concluding from the connected recurrent mentioning of the need to liberate Palestine, and the similarly recurring theme that Israel in its pre-1967 borders is “occupied Palestine”, that the liberation of Palestine actually means the liquidation of Israel).

A full reading of Groiss will be instructive for the non-specialist. Its education is two-fold and contrary. First, one recognizes how complex is the activity of attempting to bring something approaching objective scientific rigor to the non-literary analysis of texts. The kinds and range of issues to consider is impressive in variety and complexity. But a mirror principle automatically arises from that condition – that all this complexity in conceiving and formulating the field and terms of analysis bespeaks just that subjectivity of which Groiss offers so many dissenting views, a subjectivity that should give pause on the level of a foot-pedal brake before one reaches with too grasping hands for the label of science.

AJA

Sur les manuels scolaires palestiniens et israéliens
Ha’aretz
mis en ligne le 14 décembre 2004
Akiva Eldar[Un examen des manuels scolaires israéliens et palestiniens montre comment les deux côtés racontent l’histoire du conflit, chacun de son propre point de vue, en ignorant l’autre.]
Haaretz, 9 décembre 2004

http://www.haaretz.com/hasen/spages…

(trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant)
Les hommes politiques israéliens citent périodiquement les manuels scolaires palestiniens comme la preuve parfaite que les Palestiniens continuent à éduquer à la haine et non à la paix. Le dernier en date est Ariel Sharon, qui a déclaré en faire le test (des bonnes intentions) des nouveaux dirigeants palestiniens. Le candidat du Fatah, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), a relevé le gant, mais en a immédiatement jeté un autre au ministère (israélien) de l’éducation. Vous voulez examiner notre éducation à la paix ? Faites, mais, par réciprocité, nous devons nous aussi regarder ce qui se passe du côté israélien.

Il n’est pas du tout certain qu’à ce test, le système israélien obtienne une meilleure note que son voisin palestinien. Bien qu’il soit difficile de trouver dans les manuels israéliens de franches incitations à la haine, comme on peut en trouver dans les manuels jordaniens et égyptiens, le Dr Ruth Firer, de l’Université hébraïque de Jérusalem, l’une des pionnières de la recherche en matière de textes scolaires, affirme que l’endoctrinement dans les livres israéliens est simplement plus subtil. Cela explique, dit-elle, pourquoi les messages pénètrent plus facilement. Il est plus difficile de détecter un stéréotype caché dans une image qui semble innocente que dans une autre présentée de telle manière qu’elle « vous mène vulgairement par le bout du nez ».

Les résultats d’une étude qu’elle a menée avec le Dr Sami Adwan, de l’université de Bethléem, spécialiste de l’éducation à la paix et aux droits de l’Homme, ont paru récemment dans un livre publié par le Georg Eckert Institute for International Textbook Research in Germany, sous le titre « The Israeli-Palestinian Conflict in History and Civics Textbooks of Both Nations. » L’étude examine 13 manuels israéliens (2682 pages) et 9 manuels palestiniens (1207 pages), et révèle une sorte d’image en miroir, où chaque côté place la responsabilité de la violence sur le dos de l’autre.

Ce que les manuels scolaires israéliens nomment « évènements », les Palestiniens les appellent « soulèvements » ; la guerre de 1948 dans les manuels israéliens est la « guerre d’Indépendance », et la « Naqba » (catastrophe) dans les manuels palestiniens. Les manuels israéliens considèrent le nationalisme palestinien comme une réaction politique aux politiques sioniste et britannique, alors que les manuels palestiniens considèrent la Palestine comme une nation qui existe de son propre fait, et qui fait en même temps partie du monde arabe et musulman.

Tout en ayant été publiés après les accords d’Oslo, les manuels palestiniens imitent ceux publiés en Jordanie et en Egypte, qui évitent d’utiliser le terme « Israël », dans les textes et sur les cartes.

« Pour les Palestiniens, c’est la terre qui est le noeud du conflit ; pour les Israéliens, c’est la sécurité », écrivent Firer et Adwan. « Les Palestiniens se revendiquent comme les descendants des Canaanéens, et ainsi comme les ’indigènes’, alors que les Israéliens considèrent les Palestiniens comme une nation nouvelle, née au 20ème si !ècle en réaction au sionisme et au Mandat britannique. D’après la version israélienne, les Israéliens ont des droits sur la terre en vertu de leur héritage religieux, historique et culturel. L’image que les Israéliens ont d’eux-mêmes comprend toutes les couches du passé, depuis les anciens Hébreux jusqu’aux souffrances des juifs de la diaspora , les victimes de la Shoah et le le revivalisme juif moderne dans la Renaissance sioniste ».

De manière surprenante, les deux chercheurs ont trouvé un parallélisme quasi absolu entre les manuels dans trois domaines : des deux côtés, on ignore les périodes de calme relatif et de coexistence (par exemple entre 1921 et 1929), sauf à les présenter comme des répits trompeurs dans un conflit au long cours, on n’a pas tendance à raconter à l’élève l’histoire du conflit vu du point de vue de l’ennemi, on passe sous sillence les détails de la souffrance de l’Autre, et chacun ne comptabilise que ses victimes à lui.

Firer marque 1995 comme l’année où un changement en bien s’est produit dans l’éducation à la paix en Israël, et cite une déclaration de Yossi Sarid, le ministre de l’éducation d’alors, qui donnait en janvier 2000 des instructions pour purger les manuels de toute espèce de stéréotypes anti-arabes, et pour initier un débat libre autour des événements peu positifs qui ont marqué l’histoire d’Israël.

La période actuelle, depuis le déclenchement de l’intifada Al-Aqsa et le retour du Likoud au pouvoir, se caractérise, dit-elle, par un retour aux valeurs éducatives traditionnelles qui privilégient l’amour de la patrie, marginalisent l’éducation à la paix, et abandonnent toute tentative de comprendre le côté palestinien.

Le professeur Yaakov Katz, président du département pédagogie au ministère de l’éducation, ne prétend pas que le système éducatif israélien tente de mettre l’élève dans les souliers de l’ennemi/voisin, ni qu’on s’attende à ce que cela arrive.  » Contrairement aux critiques qui souhaitent exposer l’histoire vue du côté arabo-palestinien, le système éducatif en Israël insiste à dessein sur l’identité juive et démocratique de l’’Etat d’Israël. »

Katz note que cette attitude ne dénigre pas la narration de l’Histoire de l’autre, ni les droits civiques accordés à l’autre en vertu de la Déclaration d’Indépendance et de la loi israélienne. « Je voudrais bien savoir s’il existe au monde un endroit où les manuels présentent la narration de l’autre alors que la lutte violente entre les deux peuples n’est pas encore terminée », dit Katz. « Personne ne doit s’attendre à ce que l’Etat démocratique d’Israël considère la version de l’autre sur un pied d’égalité pendant une guerre. Cela vaut encore plus après les accords d’Oslo, au sujet desquels tout le monde s’accorde à dire qu’ils n’ont pas apporté la paix tant souhaitée entre Israéliens et Palestiniens ». Professeur associé en Histoire du Moyen-Orient, le Dr Eli Podeh, de l’Université hébraïque, auteur de « The Arab-Israeli Conflict in Israeli History Textbooks, 1948-2000 », exprime ses réserves quant au fait même de comparer les manuels scolaires israéliens à ceux publiés par l’Autorité palestinienne. Podeh dit qu’alors qu’Israël connaît déjà une troisième génération de manuels, les Palestiniens n’en sont encore qu’à la première, qui ressemble en quelque sorte à ceux publiés durant les années de lutte armée et les années qui ont suivi la création de l’Etat.

Dans sa première étude de manuels, publiée il y a sept ans, Podeh écrivait : « la reconnaissance du rôle important qu’ont joué les manuels dans l’assimilation de positions négatives envers les Arabes n’a pas encore été effectuée. Cela a constitué un facteur essentiel dans l’exacerbation du conflit par le passé, et constitue aujourd’hui un facteur qui rend une réconciliation difficile « . Depuis, dit Podeh, les manuels se sont grandement améliorés, si bien que nombre d’entre eux notent expressément qu’Israël a été en partie responsable de l’exil d’Arabes. Pour lui, si les manuels scolaires devaient connaître le processus long et exhaustif de démythification qu’ont connu les manuels israéliens, « alors, le chemin qui mène à la réconciliation mutuelle, je regrette de le dire, promet d’être encore long ».

Le professeur Daniel Bar-Tal, du département éducation de l’université de Tel-Aviv, qui a analysé le contenu de tous les 124 manuels (du CP à la terminale, en littérature, hébreu, histoire, géographie et éducation civique) au programme en 1994 dans le système israélien, a montré que la présentation des Arabes en termes déshumanisés, qui avait décliné dans les années 1980 et 1990, avait recommencé à s’infiltrer dans le système éducatif après le déclenchement de l’intifada. Il nomme ce phénomène « la part de l’esprit du conflit qui s’instille dans les sociétés sujettes à un conflit violent ». Comme Podeh, Bar-Tal a, lui, aussi, remarqué une baisse sensible de la délégitimation des positions nationalistes palestiniennes, mais qu’en même temps, aucun changement ne s’est produit dans l’utilisation de stéréotypes négatifs qui présentent les Arabes comme « primitifs », « passifs », « cruels » ou « racailles ».

Nazareth n’est pas sur la carte
Le Dr Nurit Peled-Elhanan, du département éducation de l’Université hébraïque, a récemment terminé une analyse en profondeur de six manuels scolaires israéliens publiés ces dernières années. Certains d’entre eux ont reçu l’approbation officielle du département programmes au ministère de l’éducation, d’autres ont été adoptés par plusieurs professeurs sans l’approbation du ministère.

L’un des résultats essentiels de son étude est le brouillage de la Ligne verte. Le livre « Israël – l’Homme et le Territoire », publié par le Centre pour la Technologie dans l’Education, propose une carte des grandes écoles israéliennes, avec des institutions à Ariel, Elkana, Alon Shvut et Katzrin (les 3 premières colonies en Cisjordanie, la 4ème sur le Golan, ndt), en même temps qu’à Safed, Ashkelon ou dans la vallée d’Izraël. Aucune frontière n’est délimitée, et il n’est fait mention d’aucune université palestinienne. Ni Nazareth, ni aucune autre ville arabe d’Israël, ne figure sur les cartes du manuel, mais les lieux saints de Cisjordanie sont présentés comme faisant partie intégrante de l’Etat d’Israël. Un chapitre consacré à la communauté ultra-orthodoxe affirme qu’ils vivent dans des villages créés spécialement pour eux : Kfar Khabad, Emmanuel, Elad et Beitar Illit (colonies en Cisjordanie, ndt). Le message, dit Peled-Elhanan, est que les colonies sont inséparables de l’Etat d’Israël.

Sur la plupart des cartes étudiées par Peled-Elhanan, Ariel et Katzrin figurent comme faisant partie de l’Etat d’Israël. Une carte des parcs naturels nationaux ne fait pas apparaître la Ligne verte, mais comprend Maaleh Efraïm. Pour elle, il s’agit de s’assurer, de façon subtile, que l’élève épousera certaines positions politiques : « quand les Palestiniens écrivent ’Palestine’ sur les cartes de leurs manuels, cela est considéré comme une incitation à la haine. Dans ce cas, comment parler des manuels israéliens qui nomment la Cisjordanie ’Judée et Samarie’, même sur des cartes qui montrent les frontières du Mandat britannique, alors que la dénomination officielle était ’Palestine-Eretz Israel’ ?’ »

Par exemple, la couverture du livre « Géographie de la Terre d’Israël » (par Talia Sagi et Yinon Aharoni, Lilach Books), un manuel particulièrement apprécié des enseignants, comporte une carte du Grand Israël, sans aucune trace des territoires qui étaient déjà alors sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. « Cela suggère à l’élève que ces territoires étaient ’à nous’ de tout temps, et renforce le message selon lequel, lors de la guerre des Six jours, nous les avons ’libérés’ ou ’sauvés’ de l’occupant arabe », écrit Peled-Elhanan dans son étude. Une autre carte, où la Cisjordanie apparaît avec une couleur différente, affirme qu’ »à la suite des accords d’Oslo, les frontières de la Judée et de la Samarie connaissent un processus dynamique de changement ». Le texte l’accompagnant note que les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne n’ont pas été indiqués sur la carte, car il n’existe encore aucune frontière entre Etats.

Dans le cas de la Syrie, l’existence d’une frontière internationale qu’Israël ne nie pas n’a pas empêché les auteurs de la garder secrète pour l’élève, qui lit qu’Israël a annexé le plateau du Golan en 1981 et y a appliqué la loi israélienne, « avec tout ce que cela implique ». Quelle sera la position dudit élève au sujet de la concession de territoires annexés à Israël en échange de la paix avec la Syrie ? Les dessins de deux soldats figurent sur le Golan, l’arme de l’un d’eux tournée vars la Syrie.

Le professeur Yoram Bar-Gal, directeur du département géographie et étude de l’environnement à l’université de Haïfa, dit que le principe universel des cartes utilisées dans le domaine de l’éducation (« ta carte est de la propagande, la mienne est de l’éducation ») s’applique ici pleinement. Pour lui, la carte jouit d’une haute crédibilité, et constitue donc un outil très important pour faire passer des messages politiques : « le mouvement sioniste et l’Etat d’Israël, comme tous les Etats et tous les mouvements, a toujours exploité ces caractéristiques des cartes pour leurs besoins propres ». Bar-Gal ajoute néanmoins qu’un changement politique qui s’exprime dans des cartes ne crée pas nécessairement un changement dans la conscience des élèves ou des enseignants : « l’effacement de la Ligne verte des cartes ne la fait pas nécessairement disparaître de la conscience du public en général ».

Des réfugiés sans visage
Comme la Ligne verte, le terme « Palestiniens » est étranger à la plupart des manuels. Jusqu’au chapitre qui traite des accords d’Oslo, même des historiens importants comme le Pr Eli Barnavi ou le Dr Eyal Naveh préfèrent en général le terme « Arabes israéliens ». Dans son livre « le Vingtième Siècle », Barnavi écrit à propos des réfugiés palestiniens : « la nostalgie qu’ils ont ressentie, et les conditions de vie subhumaines de leur diaspora, ont véhiculé une image de paradis perdu de la terre d’Israël ». Peled-Elhanan note des différences d’attitude importantes envers les réfugiés, dans les photographies : les réfugiés palestiniens sont représentés par une photo aérienne d’un camp de réfugiés non nommé, d’où est absent tout visage humain, à comparer avec une photo de réfugiés juifs d’Europe, assis sur une valise à Yehud. Barnavi écrit : « le problème palestinien est le résultat de l’inactivité et de la frustration, héritages des réfugiés ».

Elle cite une série d’illustrations de « Géographie de la terre d’Israël », qui recèle un message camouflé sur la nature primitive des Arabes : l’homme est en pantalons bouffants et porte un keffieh, la femme porte le costume traditionnel, elle est en général assise par terre, et des enfants sans visage jettent derrière son dos un regard furtif. Le texte explique : « les résidents arabes tiennent à vivre dans des maisons de plain-pied, dont le coût est élevé. On s’attend à ce que tous les besoins publics soient satisfaits par l’Etat ». Les facteurs qui retardent le développement du village arabe en Israël, continue le livre, tiennent à ce que « la plupart des villages sont situés dans des régions excentrées, et leur accès est difficile. Ces villages sont restés en dehors du processus de développement et de changement parce qu’ils sont peu exposés à la vie urbaine moderne, et à cause de la difficulté de les relier aux réseaux d’eau et d’électricité ». Ces facteurs n’existent pas pour les colons juifs qui choisissent de s’installer dans des avant-postes sur des collines qui sont situées « dans des régions excentrées, et [dont l’]accès est difficile ».

Naturellement, les manuels scolaires réservent à Jérusalem un traitement particulier. Le livre « Terres de Méditerranée » (par Drora Va’adya, ed. Ma’alot), approuvé par le ministère de l’éducation, affirme qu’ »en plus des juifs », des chrétiens et des musulmans du monde entier viennent à Jérusalem visiter des lieux qui sont saints pour chacune de leur religion ». Commentaire de Peled-Elhanan : bien que les juifs constituent le groupe le plus petit sur le plan numérique, les chrétiens et les musulmans leur sont annexés. La photo d’une synagogue apparaît en premier, égale en taille aux photos réunies d’une mosquée et d’une église. La carte en appendice à ce chapitre montre Israël, qui comprend les territoires palestiniens, comme un îlot de juifs isolé dans un océan musulman et chrétien, et sans frontières politiques.

Dans « Settlements in the Expanse », livre approuvé, Peled-Elhanan n’a trouvé que deux lignes consacrées à l’histoire de Jérusalem depuis l’époque du roi David jusqu’à l’ère moderne, alors que 40 lignes sont consacrées au désir de Sion des juifs de la diaspora. Le mot « Arabes » est totalement absent du texte ou des cartes de Jérusalem : pas de quartier musulman, pas d’université palestinienne, pas d’hopitaux palestiniens.

Pour Yaakov Katz, certaines de ces critiques concernent des livres non approuvés par le ministère de l’éducation, et il sait que certains établissements n’appliquent pas ses directives. Contrairement à ces manuels, ceux approuvés par le ministère subissent un examen minutieux par des experts, pour s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés par une discrimination raciale, ethnique, sexuelle ou religieuse, et qu’ils ne contiennent pas de stéréotypes.

Parmi ces experts figurent des universitaires comme Ghassem Khamaisi, l’historien Benny Morris, Dan Meridor, les professeurs Yossi Katz, Arnon Sofer, Amnon Rubinstein, Arieh Shahar, Yossi Shelhav et d’autres, peu suspects, selon Katz, de favoriser une approche non équilibrée ou de parti pris.

Concernant les cartes, Katz dit que le département cartographique du gouvernement ne marque pas la Ligne verte en tant que frontière officielle de l’Etat d’Israël, et qu’aussi longtemps que l’Autorité palestinienne n’aura pas été reconnue en tant qu’Etat souverain, elle ne doit pas être réprésentée comme Etat sur les cartes.

Cette dernière réponse est quasiment identique, mot pour mot, à la position palestinienne, selon laquelle le marquage de la frontière viendra avec un accord définitif sur les frontières entre Israël et la Palestine.

Voir encore:

Roland LOMBARD et Marilyn PACCOURET
Israël-Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
Editions Syllepse-Collection « Arguments et mouvements », 2014, 91 p., 5 €
jeudi 30 octobre 2014, par Benoit Picherit

Cet ouvrage a l’ambition de remettre en perspective le conflit israélo-palestinien à travers le prisme des manuels scolaires.
L’ouvrage présenté a été rédigé à plusieurs mains. La diversité des auteurs par leurs parcours d’étude ou leurs fonctions professionnelles actuelles permet d’avoir une pluralité de points de vue.
Sans à priori de rédaction, cet ouvrage sera utile aux collègues devant présenter ce sujet aux élèves et surtout devant faire preuve d’esprit critique dans l’utilisation des documents choisis par le manuel utilisé.

Israël – Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
Coordinateurs : Roland LOMBARD et Marylyn PACOURET
Collectif de rédaction : Samira ALAYAN, Bernard ALBERT, Dominique COMELLI, Sandrine MANSOUR-MÉRIEN, Nurit PELED-ELHANAN, André ROSEVÈGUE, Michaël WALLS.

Éditions Syllepse – Collection « Arguments et mouvements » – Septembre 2014
91 pages – 5 euros
ISBN : 978-2-84950-425-3
http://www.syllepse.net/lng_FR_srub…

Présentation : Extrait de la 4ème de couverture : « La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre », écrivait le géographe Yves Lacoste. Le conflit israélo-palestinien, tel qu’il est enseigné dans les écoles, en est l’illustration tragique.
La guerre au Proche-Orient se mène également dans les manuels scolaires. En Israël, en Palestine, mais aussi ici, en France.
Ainsi, en septembre 2013, se faisant l’écho de cette « guerre de papier », Le Monde diplomatique titrait : « Manuels scolaires, le soupçon ». Au même moment, un colloque consacré aux « Représentations du conflit israélo-palestinien dans les manuels scolaires » était organisé par l’Association France Palestine solidarité, le Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les universités palestiniennes et l’Institut de recherches de la Fédération syndicale unitaire.

Au delà de toute question partisane sur un tel sujet sensible, cette présentation du conflit dans les manuels scolaires se veut équilibrée par l’origine des différents auteurs et rigoureuse dans la démarche historique.
À la lecture de cet ouvrage, le lecteur trouvera des réponses aux origines et à l’explication de l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien dans les manuels scolaires. Cependant, les enseignants devant décrire et expliquer ce conflit dans les programmes de collège (en 3ème éventuellement) et surtout du lycée (Terminales ES/L – S, Terminale Pro et Terminale STMG) trouveront une vision éclairée sur les points de vue israélien et palestinien dans ce conflit.

La représentation du conflit israélo-palestinien : une analyse critique internationale par Roland LOMBARD et Marilyn PACOURET (pages 7 à 14).
Les auteurs expliquent le rôle primordial de l’historien (rigueur objective, déontologie) dans la présentation du conflit surtout dans les manuels scolaires car « ils instaurent une vérité quasi certifiée, qui peut être amendée par exemple par le milieu familial. […] D’où l’importance d’exercer une vigilance critique à l’endroit des manuels scolaires  ». Le danger est l’élaboration de manuels scolaires révélateurs de contre-vérités d’où la nécessité d’une analyse critique qui distinguerait « le destin des juifs, ses épisodes tragiques, et le gouvernement d’un État colonialiste et peu soucieux du respect du droit international et humanitaire. Il est important de reconnaître le peuple palestinien dans ses droits les plus élémentaires, dans son histoire et dans sa culture et de ne pas le confiner dans ses actes de résistance, parfois violents mais légitimes  ».
Ce travail critique mené dans cet ouvrage est sans à priori et a été commandé par le conseil national de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS). Il vise à « être un passeur de mémoire, un présent d’une Palestine oubliée à reconstruire et un avenir de Paix à établir dans cette région du monde. Cette compréhension mutuelle entre les deux peuples, mais aussi entre les peuples du monde entier, est un enjeu de civilisation pour les futures générations ».

Qu’est-ce qu’un juif dans un manuel scolaire en France aujourd’hui ? par André ROSEVÈGUE (pages 15 à 18).
L’auteur décrit comment les manuels édités par Belin et Magnard pour la classe de 6ème présentent cette question « Qu’est-ce qu’un Juif ? » (avec ou sans majuscule ?).
Suite à l’analyse précise de chacun des deux manuels, l’auteur explique qu’ils ne distinguent pas les notions de Juif (majuscule = peuple, nation, communauté juive) et de juif (minuscule = adeptes de la religion juive). « Cette confusion entre la Palestine de l’Antiquité et la Palestine/ Israël d’aujourd’hui est renforcée par les documents photographiques choisis  ». « La logique des manuels de 6ème, qui ne sera pas démentie dans la suite de la scolarité, amène l’élève à croire que c’est ce peuple, « les Hébreux », qui reviendrait en Israël. Or, c’est aussi la version sioniste de l’Histoire, c’est-à-dire le discours national israélien ».

Les manuels français et la question Palestine/Israël par Sandrine MANSOUR-MÉRIEN (pages 19 à 30).
Sept manuels de Terminale ES/L, trois de Terminale Pro et un de Terminale STMG en lycée ont été analysés.
Le point de vue utilisé dans ces manuels est principalement occidental et celui arabe est très peu présent : exemples, pour le chapitre « Moyen-Orient », il s’agit du « pétrole » et pour le chapitre « Israël/Palestine », il s’agit du « pétrole » et de la « religion ».
L’auteure rappelle des oublis historiques dans les manuels selon la chronologie des rapports entre Palestine et Israël :
Le partage et la Nakba : un manque d’analyse critique sur les années préalables au plan de partage de 1947 « et par l’absence d’analyse réelle du projet sioniste en tant que projet national colonial accompagné d’actes de violences contre la population locale puis dans un deuxième temps contre les forces britanniques qui tentent de mettre en place un contrôle de l’immigration juive notamment en 1939 avec le Livre Blanc ». Seul le Hatier (p. 280) évoque les attentats sionistes en Palestine. « Dans les autres manuels, la violence est systématiquement imputée aux Palestiniens ». D’autre part, trop de manuels confondent les termes « Arabe » et « Palestinien ». Et les questions de l’ « Exode » des Palestiniens et des « Réfugiés » sont toujours traitées comme une conséquence du refus arabe et de l’entrée en guerre contre Israël alors que l’expulsion des Palestiniens commence bien avant la guerre.
La guerre de 1967 et Jérusalem : les manuels montrent systématiquement la guerre de 1967 « comme une guerre qui a permis aux Israéliens de reprendre Jérusalem » mais en oubliant de rappeler que Jérusalem était prévue par l’ONU pour devenir une zone internationale par la résolution 181 (II). « Mais celle-ci ne sera jamais réalisée en raison de l’accord secret intervenu entre la Jordanie et Israël qui ont décidé de partager la ville en 1948  ». Les manuels n’évoquent pas l’occupation et la colonisation de Jérusalem-Est, la destruction de maisons patrimoniales, l’expulsion des Palestiniens jusqu’à ce jour et l’installation de colons à la place de la population d’origine. « Jérusalem est donc centrée sur son rôle de pôle religieux, en oubliant la réalité géopolitique et le droit international  ».
Le mur : aucun manuel scolaire ne mentionne la condamnation de sa construction par la Cour pénale internationale en 2004 et par conséquent son illégalité. Les conséquences de sa construction ne sont pas présentées : expropriations des terres agricoles palestiniennes, encerclement des villes et villages, vol des ressources en eau, villes coupées en deux. Seul l’argument de protection contre le terrorisme palestinien est présenté pour justifier la construction du mur.
Occupation et colonisation, nationalisme… : la présentation de la colonisation israélienne et de la réponse palestinienne par les manuels français reprend uniquement le discours officiel de l’État d’Israël en oubliant toute analyse critique par une référence aux historiens arabes et au droit international. C’est peut-être ce chapitre qu’il faudrait revoir d’urgence « pour permettre aux élèves d’appréhender la question Palestinienne avec les outils historiques disponibles et en renonçant aux représentations et déformations coloniales qui semblent fortement encore marquer la présentation de l’histoire de cette région du monde ».

Les Palestiniens dans les manuels israéliens par Nurit PELED-ELHANAN (pages 31 à 48).
L’auteur a analysé les livres scolaires israéliens (20 livres d’histoire, 5 livres de géographie et 5 livres d’éducation civique) pour répondre à la problématique de départ suivante : « Comment les oppresseurs élèvent-ils leurs enfants ? ».
D’après lui, l’histoire racontée dans les manuels israéliens reflète l’opinion que les Palestiniens ne peuvent être considérés que comme des obstacles qu’il faut surmonter ou éliminer : « Le livre scolaire ne reproduit jamais les faits comme ils sont car ce n’est pas son but. L’objectif est plutôt de créer le citoyen de demain et pour ce, il faut utiliser un passé utilisable avec lequel on peut se formuler le présent, le futur et vivre dans cette prétendue vérité, la vérité du pouvoir, la vérité de la nation. Je n’ai donc pas cherché à vérifier les vérités historiques ou géographiques, mais je me suis demandé comment cette narration crée ce passé utilisable ».
« Les manuels israéliens sont supposés inculquer le récit sioniste aux élèves juifs et aux élèves arabes, citoyens d’Israël, et visent à reproduire une identité juive territoriale et nationale ».
L’auteur décrit aussi la mise en forme des visuels dans les livres (photographies, tableaux statistiques, titres…) qui transforment le message et orientent le lecteur vers le point de vue du narrateur. Tout est fait pour développer chez le lecteur un racisme nationaliste ou culturel ou différentiel : « on attribue au colonisé une race inférieure et mauvaise ».
L’auteur présente ensuite les différentes catégories du discours raciste verbal et visuel :
La stratégie de l’exclusion,
La stratégie de généralisation,
La stratégie de disparition,
La stratégie de stigmatisation,
La stratégie de diabolisation,
La stratégie de légitimation de son propre discours,
La légitimation des massacres,
Présenter les êtres humains comme des agrégats, des nombres : « Les Palestiniens ne sont jamais appelés victimes, c’est interdit dans les médias israéliens et les publications israéliennes  ».
« En conclusion quelques grands constats s’imposent :
Les lois internationales ne sont pas applicables en Israël, ce que les enfants s’approprient très bien ;
Les Palestiniens sont des personnes exclues qui n’ont aucun droit civil et humain ;
Les élèves apprennent le discours du racisme politique, des excuses militaires et de l’imprécision juridique qui justifie le mal fait aux autres au nom des valeurs occidentales et juives ».

Les manuels des élèves palestiniens en Israël et en Palestine par Samira ALAYAN (pages 49 à 60).
L’auteure a analysé 9 livres d’histoire et d’éducation civique en Israël et en Palestine pour tenter de répondre à la question suivante : « Quelle représentation du conflit israélo-palestinien les manuels scolaires palestiniens utilisés en Israël et en Palestine donnent-ils ? ».
Les manuels scolaires palestiniens sont classés en 4 catégories selon l’implantation géographique des populations : Cisjordanie-Gaza, Palestiniens d’Israël, Jérusalem-Est, camps de réfugiés des pays arabes. L’étude n’a porté que sur les deux premiers groupes.
Cisjordanie et Gaza : Les manuels utilisés par les élèves relèvent de l’Autorité palestinienne mais sont soumis à une certaine censure selon un cahier des charges élaboré par les bailleurs de fonds (États-Unis, Europe). Cependant, « un des premiers objectif de l’Autorité palestinienne est de renforcer l’identité palestinienne chez les élèves. […] Le but des Palestiniens est de protéger leurs terres, leur droit historique, d’affirmer leur identité nationale, et de mettre en valeur la déclaration d’indépendance de 1988.  »
L’identité nationale est avant tout religieuse : croyance en Dieu et dans l’islam. « C’est donc une représentation « du soi » des Palestiniens. C’est un aspect restrictif, car les manuels n’ont pas laissé de place pour les autres croyances. En effet, les Palestiniens ont tout axé sur le combat par rapport à l’Autre, en ne laissant pas de place aux autres communautés religieuses, y compris aux palestiniens chrétiens ». L’Autre recouvre l’Europe puis Israël. Deux visions (positive et négative) illustrent l’Europe et l’image de l’Autre pour Israël s’illustre exclusivement par le mouvement sioniste. « L’ennemi, ce n’est donc pas le juif ou Israël, c’est le sionisme » : mouvement présenté comme raciste, idéologique et politique.
Les Palestiniens en Israël : 20 % de la population d’Israël, porteurs d’un passeport israélien avec en théorie des droits égaux aux autres citoyens israéliens, majoritairement musulmans (82 %). « Les livres s’adressent aux « Arabes israéliens de l’intérieur », c’est l’expression officielle, et font la promotion de l’identité juive ». Le conflit israélo-palestinien est présenté différemment des manuels de Cisjordanie et de Gaza : « Il est toujours question du conflit israélo-arabe et jamais du conflit israélo-palestinien. C’est la terminologie utilisée. C’est toujours le point de vue israélien qui est montré  ».

Dans les manuels scolaires suédois par Michaël WALLS (pages 61 à 66).
L’étude de l’auteur porte sur la construction du conflit israélo-palestinien dans les manuels scolaires suédois à partir du rôle des accords d’Oslo dans le conflit pour ce qu’ils représentent : les revendications pour des droits égaux pour tous. Cette présentation est issue de la thèse universitaire de l’auteur soutenue en 2010.
Pour en savoir plus : http://gup.ub.gu.se/publication/149516
Quatre axes ont été retenus par l’auteur :
– « Le décalage entre le contenu universitaire sur le conflit et le contenu des manuels d’histoire,
La sélection et l’organisation des sujets, des thèmes qui sont traités,
La présence de présupposés idéologiques sur le rôle historique, les identités, les évolutions des différentes parties en conflit,
La dimension idéologique, qui est sous-jacente, justifie inclusions et exclusions de certaines données à propos des faits historiques présentés ».

Imprécisions et réalités masquées par Bernard ALBERT (pages 67 à 76).
L’auteur a analysé sept manuels des classes Terminales L/ES, édition 2012. L’étude se répartit en 5 thèmes qui « a pour objet de pointer des erreurs, des omissions, des imprécisions voire des partis pris  » à travers ces manuels scolaires.
Imprécisions des représentations cartographiques : Les différents manuels ne rendent pas tous compte de la réalité voire vérité géographique territoriale de la Palestine et des Palestiniens : l’exemple du statut de Jérusalem, notamment de Jérusalem-Est est révélateur.
La colonisation : une présentation tronquée : L’auteur rappelle que trop de manuels ne sont pas assez rigoureux voire objectifs dans la définition et la présentation de la colonisation israélienne. Certains manuels ne rapportent que la vision israélienne sans mettre en parallèle celle Palestinienne. Plus grave, la justification de la colonisation serait présentée comme un argument d’un choc des civilisations qui n’existe pas en définitive.
Expulsions et réfugiés : choix des termes : Là aussi, la présentation de ce sujet par les manuels porte à question d’objectivité historique. L’auteur rappelle « la très grande hétérogénéité des termes, ce qui n’est pas neutre. […] Entre « exil », « départ », « exode » ou « la fuite », cette prudence dans la présentation masque la violence des expulsions et de la stratégie menée  ».
« Ce qui est remarquable c’est la non prise en compte, dans la majorité des ouvrages, de travaux d’historiens palestiniens et israéliens qui datent de plus de vingt ans. […] Aucun des manuels ne présente ou n’illustre la poursuite depuis 1967 à nos jours, des expulsions, des départs contraints, que ce soit à Jérusalem-Est, dans la vallée du Jourdain, ou ailleurs en Palestine ». L’auteur rappelle néanmoins que certains manuels ont fait un effort de représentation cartographique de ce sujet des réfugiés, enjeu majeur du conflit.
Terrorisme, résistances, violences du conflit : L’auteur rappelle par un comptage précis des images ou expressions des manuels que « terrorisme » est rapporté aux Palestiniens et qu’ils ne sont que très rarement présentés comme victimes du « terrorisme d’État » ou des milices sionistes voire de la colonisation juive en Cisjordanie ou des opérations militaires à Gaza. « Cette disproportion entretient les représentations initiales ».
Le patrimoine : lecture historique : L’analyse des manuels permet à l’auteur de répondre à sa question de départ : « Quelle présentation de Jérusalem les manuels font-ils ? ».
Même si ce sujet est relativement bien traité par les manuels, l’auteur regrette un manque « d’équilibre ». Par exemple, la violence du conflit israélo-palestinien à l’intérieur ou autour de Jérusalem est rarement illustrée.
En conclusion interrogative, l’auteur se demande « quelle représentation les élèves garderont-ils de leur étude ?  » et « pourquoi des notions comme le respect du droit international, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la 4ème convention de Genève, de l’application des résolutions de l’ONU sont-elles sous-représentées ? ».

La fabrique des manuels par Dominique COMELLI (pages 77 à 84).
Par ce chapitre de fin d’ouvrage, l’auteure rappelle la singularité voire l’unicité française d’une liberté totale dans la conception des manuels. « Et pourtant, malgré cette liberté totale, les manuels se ressemblent étonnamment ». En effet, « un manuel est un objet qui doit faire consensus, dans lequel les enseignants doivent reconnaître leurs pratiques pédagogiques et leurs propres représentations des événements. Un manuel innovant ou polémique ne se vend pas ».
L’auteure explique la manière dont est fabriqué un manuel puis le rôle réel d’un manuel scolaire. Un paragraphe particulier est apporté à la place des documents, notamment les photos, dans le cadre du recours à l’émotionnel dans les manuels. « La société française et occidentale toute entière a remplacé la réflexion par l’émotion. L’approche émotionnelle vise à provoquer l’empathie des élèves. Laquelle ? ». Sur l’exemple du conflit israélo-palestinien, «  tout civil, toute population qui utilise la violence, parfois simplement le lancer d’une pierre ou d’une canette vide, est disqualifiée comme terroriste  ». Même si la cause de la Palestine est juste, la simple résistance des Palestiniens les disqualifie ».
« Il est frappant que les photos des enfants palestiniens lançant des pierres contre des soldats israéliens surarmés qui, il y a quelques années, avaient provoqué un retournement dans l’opinion publique française en faveur du droit des Palestiniens (le mythe de Gavroche était à l’époque un mythe positif), soient maintenant considérées comme preuve de la violence palestinienne dans les manuels de 2012 ».

Annexes :
Rappel du documentaire « This is my land », un film de Tamara ERDE, qui retrace l’histoire du conflit israélo-palestinien tel qu’il est présenté et enseigné dans les systèmes éducatifs israéliens et palestiniens.
Chronologie du conflit de 1897 à avril 2014.
Chiffres de la population en Palestine de 1849 à 1946.
Chiffres de la population palestinienne et israélienne aujourd’hui.
Cartes de l’évolution de la Palestine depuis 1946.

UN Textbooks for Palestinian Children ‘Explosively Anti-Semitic, Anti-American and Anti-Israeli’
Penny Starr

cnsnews.com

January 26, 2012
(CNSNews.com) – The textbooks used to educate Palestinian children who live in refugee camps came under fire at a briefing on Wednesday on Capitol Hill where experts said lessons of intolerance and hatred toward Jews and Israel fill the books’ pages.

Rep. Chris Smith (R-N.J.), chairman of the House subcommittee on Human Rights and co-chairman of the Bi-Partisan Coalition for Combating Anti-Semitism, told CNSNews.com that U.S. donations to the United Nations Refugee and Works Agency (UNRWA) make the federal government accountable for what is in the books.

“We are responsible for the content and the content has been, year in and year out, explosively anti-Semitic, anti-American and anti-Israeli,” Smith said, at the event he hosted with the Center for Near-East Policy Research, which is based in Jerusalem and which has studied the topic extensively .

Rep. Chris Smith (R-N.J.) (Penny Starr/CNSNews)
Since the UNRWA began operations in 1950 in the wake of the Arab-Israeli war of 1948, the United States has been the largest contributor to the agency. The UNRWA oversees the health, education, and social services of some 5 million registered Palestinian refugees, including those in the West Bank and Gaza Strip.

According to the Congressional Research Service (CRS), “Since UNRWA’s inception in 1950, the United States has provided the agency with nearly $4 billion in contributions.”

Arnon Groiss (CNSNews.com/Penny Starr)
The CRS reports that U.S. contributions to the UNRWA have steadily increased over the past decade, with nearly $228 million given in [fiscal year] 2010.

Arnon Groiss, author of a comprehensive study on Middle Eastern textbooks who has advised the U.S. State Department and testified before the U.S. Congress, brought some of the textbooks to the congressional Rayburn Building on Thursday to share specifics of what the experts consider objectionable.

Groiss’ report on the textbooks, « Teaching the ‘Right of Return’ in UNRWA Schools, » was distributed at the event. The report had been commissioned by the Council for Religious Institutions in the Holy Land, an interfaith association of Jewish, Christian, and Muslim leaders.

(CNSNews.com/Penny Starr)
The study shows, for example, that on the cover and on page 7 of the National Education textbook for Grade 2, the image of a Palestinian stamp has a blank square where the Hebrew script that is on the stamp has been removed. (See picture on left.)

In the same book (p.16), a map is entitled “Arab and Muslim Nations.”

Map of « Arab and Muslim Nations » in textbook that does not include Israel on the map. (CNSNews.com/Penny Starr)
“Israel does not exist,” on the map,” Groiss told CNSNews.com. (Picture on right.)

In a Reading and Texts book (2011) for Grade 9, p.24, the instructions tell the student to “reconcile between the following poetical lines and the feelings they express”:

“The morning of glory and red liberty watered by the martyrs’ blood … the hope for the Liberation of Palestine.”

In the textbook National Education, Grade 7 (2011), pp. 20-21, it says, « The Zionist colonialist greedy ambitions in Palestine started in 1882. … The coming of the Jewish throngs to Palestine continued until 1948 and their goal was taking over the Palestinian lands and then taking the original inhabitants’ place after their expulsin and extermination. … »

In the book, Our Beautiful Language, Grade 7, Part 1, 2001, p.81, there is a poem entitled The Martyr that, in part, reads: « Hearing [weapons’] clash is pleasant to my ear and the flow of blood gladdens my soul/ As we as a body thrown upon the ground skirmished over by the desert predators/ … By your life! This is the death of men and whoever asks for a noble death — here it is! »

In the book Readings and Texts, Grade 8, Part 2, 2003, p. 16, it says, « Your enemies killed your children, split open your women’s bellies, took your revered elderly people by the beard and led them to the death pits …. »

In Our Beautiful Language, Grade 5, Part 1 (2011), p. 50, there is a poem about the Palestinaian « Right of Return » entitled « We Shall Return. » It says in part: « Return, return, we shall return/ Borders shall not exist, nor citadels and fortresses/ Cry out, O those who have left:/ we shall return!/ [We] shall return to the homes, to the valleys, to the mountains/ Under the flag of glory, Jihad and struggle/ With blood, sacrifice [fida], fraternity and loyalty/ We shall return/ … To jihad in the hills; [to] harvest in the land. »

In Reading and Texts, Grade 8, Part 1 (2009), p.66, it states: « O brother, the oppressors have exceeded all bounds and Jihad and sacrifice [fida] are imperative …. »

Congressman Smith said the United States should put conditions on the funding the UNRWA receives, including a mandate to clean up the textbooks.

“It would be based on a certification where the president would have to certify that the UNWRA textbooks are completely excised of all anti-Semitic hate,” Smith said, adding that “zero tolerance on hate in those textbooks” should be the benchmark.

“And so, if you teach kids to hate when they’re very, very young and just keep feeding them that kind of formula for violence, why are we surprised when they strap on dynamite and other kinds of explosives to kill themselves and think they’re doing a good thing?” Smith said. “They’ve been taught. And we have to be much more emphatic – zero tolerance on hate in those textbooks.”

(CNSNews.com/Penny Starr)
Author David Bedein of the Center for Near East Policy said at the event that the refugee camp schools regularly promote the “Right of Return,” which supports Palestinians’ right to reclaim the property abandoned or lost in the 1948 war, even if that property – or the city or village where it was once located – no longer exists. »

“This perceived right also applies to the refugee’s descendants with no limit of number, time or place of birth,” Groiss wrote in an essay on the “Right of Return.”

In his conclusion, Groiss said the “Right of Return” is tied to the elimination of Israel and helps “propagate this non-peaceful line, in absolute contradiction to the (UNWRA) declared mission.”
‘Israel absent or only negative presence in PA textbooks’

Joshuah Hamerman

Jerusalem Post

04/13/2011

In examples, Jews demonized, martydom praised, Jewish Quarter removed from Old City map, Hebrew erased from Mandate-era stamp.

The Palestinian Authority still has a long way to go before textbooks in its schools begin to teach true coexistence with Israeli Jews, according to findings from a study released Tuesday.

The Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education (IMPACT-SE), which reviews textbooks from Israel, the Arab world and Iran, unveiled its 2011 report on PA school textbooks in a briefing with journalists at the headquarters of MediaCentral, in Jerusalem.

The organization reviewed 118 textbooks currently used in Palestinian schools – 71 of which are for students in grades one through 12, and 25 that are taught in religious schools in the West Bank and issued by the PA Ministry of Wakf and Religious Affairs.

IMPACT-SE also examined 22 teacher guides distributed by the PA Ministry of Education and Higher Education. While all of the reviewed textbooks were approved by the PA, they are also taught in schools in Gaza.

While respect for the environment and sustainable energy resources are taught to Palestinian students, IMPACT-SE found that textbooks blame Israel for all environmental problems.

“There is generally a total denial of the existence of Israel – and if there is an Israeli presence it is usually extremely negative,” said Eldad Pardo, an IMPACT-SE board member, and head of the organization’s Palestinian textbook research group. “For the next generation, there is no education at all about collaboration and no information about the many collaborations that already exist between Israelis and Palestinians in environmental and other areas.”

In geography textbooks, Israel usually does not appear in maps of the Middle East, instead “Palestine” is shown to encompass Israel, the West Bank and the Gaza Strip. Jaffa is also shown on maps of Palestine, but Tel Aviv and other predominantly Jewish cities, such as Ramat Gan, kibbutzim and moshavim, are not displayed.

One of the Palestinian textbooks reviewed by IMPACT-SE, History of Ancient Civilization, published in 2009 and used to teach fifth-graders, states that the Levant consists of the states of Palestine, Jordan, Lebanon and Syria. Israel is not mentioned.

Other textbooks read for the study asked students to “color the Negev Desert on the map of Palestine,” and to solve the following mathematical word problem: “An independent Palestinian state was declared in 1988. How many years have passed since the declaration of independence?”

Another textbook included a map of the Old City of Jerusalem – which did not contain the Jewish Quarter. Meanwhile, in an additional example, a textbook printed a British Mandate postage stamp, but erased the Hebrew inscription “Palestine: The Land of Israel” that appeared on the original.

In addition, some textbooks described the Canaanites as an Arabic-speaking people whose land was stolen by Jews, and stated that Jews came from Europe to steal Palestine after the British conquered it in 1917.

Pardo, a professor at the Hebrew University of Jerusalem, also said Palestinian textbooks have been erasing Jewish claims to holy sites, such as the Western Wall and Rachel’s Tomb. For example, National Education, a textbook for seventh-graders published in 2010, refers to the Western Wall as the “Al-Buraq Wall,” and to Rachel’s Tomb as “Al-Bilal Mosque.”

IMPACT-SE also found that Palestinian textbooks include many references to martyrdom, death, jihad and refugees returning to cities and towns in Israel – and frequently demonize Israelis and Jews. A photo from the funeral of a shahid (martyr) was included in the 2008 edition of a seventh-grade textbook, but excluded from the 2010 edition, perhaps because of foreign pressure on the PA, said Pardo.

Other textbooks told students that “the rank of shahid stands above all ranks,” and included a Muslim hadith about the destruction of Jews by Muslims on the day of the resurrection, which also appears in the Hamas charter.

IMPACT-SE noted many Palestinian textbooks included references to a ribat, an outpost on the borders of Muslim territories where wars against infidels occur. A 12thgrade Islamic education textbook, published in 2010, tells students that “the people of the Levant in general, and in Palestine in particular,” are in a state of ribat until the day of resurrection.

Pardo said that while there are some positive developments in the Palestinian educational system, such as emphases on democratic values and respect for women, elders and authority – no Israeli is depicted as a friend or partner. Furthermore, the Oslo Accords are rarely mentioned, and political agreements in general are presented as resulting from Arab and Muslim weakness.

“A textbook is the result of a policy – something created by a committee and a formal product of an entity – and this policy is creating public opinion and the public mind of the coming generation,” said Shelley Shandor Elkayam, CEO of IMPACT-SE. “The whole Talmud is based on the Jewish philosophy that the other is more interesting than yourself. You have to care about what others say. The Tunisians accept this and they teach it to their students. The PA definitely should reach that point one day, and it is up to us to bring them to this realization.”

According to IMPACT-SE, which will release a report on Israeli textbooks in July, the bulk of funding for PA textbooks and other initiatives comes from the EU. Most US aid for Middle Eastern education goes to Egypt, but some also goes to the PA.

Yohanan Manor, IMPACT-SE’s chairman, noted that one of the PA’s recent history textbooks printed two maps that referenced Israel, although the name of Israel was in tiny print. Some Palestinian educators have admitted that the Arabs rejected the 1947 UN partition resolution, which is also an important development, he said.

Manor said IMPACT-SE will send its findings to Lamis al-Alami, the PA’s education minister

https://www.facebook.com/notes/menahem-macina/je-veux-poignarder-un-juif-dit-une-petite-fille-en-brandissant-un-couteau-dans-u/10153673481569347?hc_location=ufi

“Je veux poignarder un Juif”, dit une petite fille en brandissant un couteau, dans une vidéo choquante
Menahem Macina·Thursday, October 22, 2015
Traduction française d’un article d’Umberto Macchi
Sur le site International Business Times
http://www.ibtimes.co.uk/israeli-pa…
21 octobre 201
Un scandale a éclaté en ligne, suite à un clip vidéo où l’on voit une petite fille brandissant un couteau et disant face à la caméra qu’elle veut « poignarder un Juif ». La vidéo, réalisée par et chez un particulier, a été mise en ligne sur les médias sociaux la semaine dernière, au milieu d’une avalanche d’attaques au couteau qui a plongé Israël et les Territoires palestiniens dans la violence.
Le clip a été mis en ligne le 16 octobre sur le compte Facebook d’un certain Abdulhaleem Abuesha, qui, selon sa page, est instituteur dans la ville de Madaba, où se trouve un grand camp de réfugiés palestiniens. Il a ensuite été repris et traduit (de l’arabe) par MEMRI (Institut de Recherche des Médias du Moyen-Orient), un groupe américain de veille médiatique, qui a révélé l’identité de la gamine prénommée Rahf, et celle de son père, dont le nom est Abuesha.
« Je veux poignarder un Juif », dit la fillette sur la vidéo, selon MEMRI. Une voix d’homme questionne :
« Pourquoi veux-tu poignarder ce Juif ?» –
« Parce qu’il a volé ma terre », répond-elle.
« Avec quoi veux-tu le poignarder ? », demande l’homme.
« Avec un couteau », répond la gamine.
« Oh, tu es si forte, avec l’aide de Dieu, ma chérie ! », conclut l’homme.
La vidéo a été mise en ligne avec la légende suivante : « Rahf menace les sionistes avec un couteau », et elle a suscité quelques commentaires, majoritairement approbateurs, sur la page Facebook de Abuesha.
Par contre, la version traduite en anglais par MEMRI a déclenché un torrent de réactions scandalisées, surtout de la part d’Israéliens encore confrontés à la récente vague de violence, appelée « L’Intifada au couteau ».
Ci-dessous :
L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies Dany Danon affirme que les enfants palestiniens subissent un lavage de cerveau. Il tient en mains un panneau portant le slogan : « Comment poignarder un Juif », surmontant un dessin fort explicite indiquant les parties du corps à atteindre pour tuer ou blesser gravement le Juif en question.
Détail:

http://www.ibtimes.co.uk/israeli-palestinian-conflict-i-want-stab-jew-says-knife-wielding-girl-shocking-video-1525063

Israeli-Palestinian conflict: ‘I want to stab a Jew’ says knife-wielding girl in shocking video

By Umberto Bacchi
October 21, 2015 15:32 BST
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A girl holds a knife as she says she want to attack Israelis in a Facebook videoFacebook
Online opprobrium has been sparked by footage showing a little girl brandishing a knife as she says to the camera that she wants to « stab a Jew ». The home video was posted on social media last week, amid the spate of stab attacks that have plunged Israel and the Palestinian territories into violence.

The clip was uploaded on 16 October on a Facebook account in the name of Abdulhaleem Abuesha, who according to the page is a Jordanian-Palestinian schoolteacher in the city of Madaba that is home to a large Palestinian refugee camp. It was later picked up and translated by the Middle East Media Research Institute (Memri), a US monitoring group, which identified the girl, named Rahf, as Abuesha’s daughter.

« I want to stab a Jew, » she says in the video, according to Memri. « Why do you want to stab the Jew? » a man asks. « Because he stole our land, » she replies. « With what do you want to stab them? » the man inquires. « With a knife, » she says. « Oh, you’re so strong! Allah willing, my dear, » the man concludes.

The video was posted with a caption reading « Rahf threatens Zionists with a knife » and drew a few, mostly sympathetic comments on Abuesha’s Facebook page. Memri’s version with English subtitles instead triggered a torrent of outrage, particularly among Israelis still reeling from the recent wave of violence, dubbed the ‘knife intifada’.

A day after the clip was posted on Facebook, Israeli envoy to the UN, Danny Danon, claimed Palestinian children were being « brainwashed » and taught how to kill at school. On 17 October Danon showed a press conference in New York a diagram titled « How to Stab a Jew » depicting a human body surrounded by knives. Danon claimed it was « an example of what Palestinian children are being exposed to day in and day out, in school, after school ».

The diagram was also sourced from Memri. An independent NGO headquartered in Washington DC, Memri has been in the past accused of partisanship, with critics saying it promotes a negative view of the Muslim world selecting for translation only extremist and highly controversial videos.

Surenchère

L’État islamique a publié six vidéos louant les attaques au couteau contre les juifs en Israël et encourageant la violence
L’EI donne notamment des instructions sur la façon de tuer les Juifs, en utilisant des voitures, des couteaux, des bombes incendiaires contre leurs maisons.

Atlantico

20 Octobre 2015

Le groupe terroriste État islamique a publié 6 vidéos ce dimanche en soutien à la vague d’attaques au couteau menées par des Palestiniens contre des Israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem. Cette campagne médiatique coordonnée provenant d’Irak, Syrie et Yémen est rare de la part de l’EI qui ne fait que peu d’incursions dans le conflit israélo-palestinien. Le groupe islamiste se concentre généralement sur le recrutement de combattants et l’entraînement dans les territoires sous son contrôle.

La première vidéo, intitulée « Projet de décapiter des Juifs » prétend que la situation actuelle sur le Mont du Temple est « dangereuse » : les Juifs le détruirait et dépenseraient 2 millions de dollars dans le but de « judaïser Jérusalem, » de détruire les tunnels qui se trouvent sous la mosquée al-Aqsa et de voler des documents islamiques. Ce lieu est sacré autant pour les Musulmans que pour les Juifs. Les Juifs sont autorisés à visiter l’endroit, mais les prières y sont interdites, pour éviter les heurts. En arrière plan l’image de Hadil al-Hashlamoun,18 ans, tué à Hébron en Cisjordanie par un soldat israélien le 22 septembre, la voix d’Abu Baker al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique (EI), se fait entendre clamant « nous aurons notre vengeance ».

La deuxième vidéo, intitulée « Message aux moudjahidin de Jérusalem, » montre plusieurs militants de l’EI à visage découvert glorifiant les attaques et appelant tous les Palestiniens à se joindre à eux. « Je vous recommande de prendre le chemin du djihad, que Dieu vous demande de suivre, je bénis ce djihad contre les Juifs. La peur bat dans leur cœur, ce sont les ennemis de Dieu », y déclare un jeune combattant. « Une victoire venant du Ciel attend les moudjahidin d’Al Aqsa, vous êtes les premiers, mais nous continuerons », ajoute un autre qui brandit un fusil automatique. Un autre militant plus âgé, adressant son message à « tous les Musulmans d’Al-Qods », déclare qu’il n’y a « pas de différence entre le Hamas et le Fatah. Les deux ne se soucient que de leurs propres intérêts et certains sont même au service des Juifs. Dépêchez-vous et sauvez vos frères, n’attendez pas que les dirigeants arabes vous aident ».

Quatre autres vidéos de même nature ont été publiées avec le hashtag #DécapiterleJuif. Dans une vidéo, l’EI donne des instructions sur la façon de tuer les Juifs, en utilisant des voitures, des couteaux, des bombes incendiaires contre leurs maisons. Le groupe terroriste enjoint aussi ses combattants à bombarder les autobus et même d’injecter de l’air dans leurs veines, un message plus particulièrment destiné aux Arabes israéliens qui travaillent dans les hôpitaux en Israël.

En 2014, le ministre israélien de la Défense Moshe Ya’alon a déclaré l’EI organisation illégale. Les autorités ont déjoué le premier complot mené contre Israël par l’EI début octobre, accusant sept Arabes israéliens d’appartenir à l’EI et de projeter d’attaquer des cibles militaires. Selon un communiqué de la police, les accusés avaient été en contact avec des citoyens israéliens qui avaient déjà rejoint l’EI en Syrie et qui les encourageaient à se procurer des armes illégalement et d’apprendre à les manier afin de mener une attaque. Les défendeurs ont été accusés de relation illégale avec un agent étranger, de traffic d’armes et de complot dans le but de commettre des crimes.


Lieux saints: Attention, un statu quo peut en cacher un autre ! (Unlike the powers who have ruled Jerusalem in the past, Israel respects the holy sites and freedom of worship of all)

22 octobre, 2015

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Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Esaïe 56: 7
S’ils se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19 : 40)
Imaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Ceux qui ne peuvent se souvenir de leur passé sont condamnés à le répéter. George Santayana
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
L’Esplanade des Mosquées ou Mont du Temple ou encore Esplanade du Temple est le premier lieu saint du judaïsme, et le troisième de l’islam sunnite (après La Mecque et Médine). Située dans la vieille ville de Jérusalem sur le mont du Temple, elle est aussi appelée « mont de la Maison [de Dieu] » par les juifs (en hébreu : הר הבית, har ha bayit), « mont du Temple » par les chrétiens, en référence au Temple de Jérusalem, et « Noble Sanctuaire » (en arabe : الحرم الشريف al-Ḥaram aš-Šarīf) par les musulmans. Elle constitue, depuis le VIIe siècle un haut lieu de l’islam réunissant la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher (ainsi que la petite mosquée du Bouraq). En contre-bas se trouve le mur des Lamentations vestige du mur occidental du Second Temple. (…) Selon Jérôme Bourdon, l’expression « Esplanade des Mosquées » est une ancienne appellation utilisée par la presse française qui n’a pas d’équivalent dans d’autres langues. Pour les juifs, c’est le mont du Temple, pour les musulmans le Haram al Sharif, c’est-à-dire le Noble Sanctuaire4. La presse anglophone utilise plutôt « Mont du temple » (Temple Mount) ou plus récemment « Haram al-Sharif ». Un exemple de cette différence d’appellation entre anglophones et francophones est donné par l’ouvrage de Bill Clinton My life qui évoque page 923 le Mont du Temple (Temple Mount) quand la traduction française « Ma vie » parle, page 965, de « l’esplanade des Mosquées » Le mont a une signification très importante dans le judaïsme (le lieu le plus sacré) et le christianisme. Selon le Talmud, c’est du sol de ce lieu que Dieu rassemble l’argile qui forme Adam. C’est là qu’Adam puis, selon son exemple, Caïn, Abel et Noé font leur holocauste. La tradition juive place aussi à cet endroit, le dôme du Rocher actuel et le mont Moriah de la Bible, le geste sacrificiel d’Abraham (…) Le roi David achète cette terre pour y construire un autel permanent (II Samuel 24:24). Le roi Salomon réalise ce vœu en construisant à cet endroit le premier Temple en -950, détruit par Nabuchodonosor II en -586, date qui marque l’exil des Juifs à Babylone. Le second Temple y est établi à partir de -516, après le retour d’exil. Il est détruit par Titus Flavius Vespasianus en 70, à l’exception du mur ouest, aujourd’hui connu comme le mur des Lamentations, lieu de prière le plus important des juifs contemporains. C’est aussi le site du troisième Temple de Jérusalem lors du retour du Messie selon la tradition juive. Wikipedia
La Porte dorée (שער הרחמים, Sha’ar Harahamim) est la plus ancienne ouverture pratiquée dans les fortifications de la vieille ville de Jérusalem et date du Ve siècle. Appelée aussi Porte de la Miséricorde ou encore Porte de la Vie éternelle, elle est située au milieu de la muraille Est et c’est la seule qui permettait d’accéder directement au Mont du Temple, de l’extérieur de la ville. Elle aurait été utilisée à des fins rituelles dans les temps bibliques. Cette porte est fermée depuis 1541, sur l’ordre de Soliman le Magnifique, car, selon la tradition juive, c’est par celle-ci que le Messie entrera dans Jérusalem. Un cimetière fut également établi devant celle-ci, car les musulmans auraient été convaincus par la prophétie d’Élie, précurseur du Messie, qui annonçait que, lors de son retour tant attendu par les juifs, le nouveau prophète n’oserait pas pénétrer dans un tel lieu étant donné que celui-ci était un Cohen. En effet, l’entrée des cimetières est théoriquement interdit à cette lignée sacerdotale pour cause d’impureté (Lv 10,6, Lv 21,1–5; 44,20-25). Wikipedia
« L’échelle inamovible » (en hébreu : סולם הסטטוס קוו, littéralement « l’échelle du statu quo ») est une échelle en bois située sous l’une des fenêtres de la façade de l’église du Saint-Sépulcre dans le quartier chrétien de la Vieille ville de Jérusalem. Faite de bois de cèdre, éventuellement en provenance du Liban, cette échelle est mentionnée la première fois en 1757 et est restée au même emplacement depuis le XVIIIe siècle, hormis deux déplacements temporaires. L’échelle est désignée comme « inamovible » en raison du fait qu’aucun clerc des six ordres chrétiens œcuméniques ne peut déplacer, réorganiser ou modifier quelque chose sans le consentement des cinq autres ordres. Sur les ordres pontificaux du pape Paul VI en 1964, l’échelle doit rester en place jusqu’au moment où l’Église catholique et l’Église orthodoxe atteignent un état d’œcuménisme. L’échelle est depuis liée à l’accord de Statu quo. Wikipedia
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme. Hitler (1942)
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kampf (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill
Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. Hassan el Banna (fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq et Hani Ramadan)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Le collaborateur le plus important des nazis et un antisémite arabe absolu était Haj Amin Al-Husseini, le mufti de Jérusalem. Klaus Michael Mallmann et Martin Cueppers
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Cet accord (…) doit inclure (…) un accès libre aux Lieux saints et aux institutions culturelles et l’utilisation du cimetière du Mont des oliviersAccord entre la Transjordanie et Israël (3 avril 1949)
Les Lieux Saints seront protégés contre la profanation et contre toute atteinte, ainsi que contre tout ce qui peut prévenir la liberté d’accès des croyants des différentes religions à leurs lieux sacrés, et tout ce qui peut heurter leurs sentiments à l’égard de ces lieux. Loi fondamentale sur Jérusalem (30 juillet 1980)
Nous ne sommes pas venus pour conquérir les lieux saints des autres ou restreindre leurs droits religieux, mais pour assurer l’intégrité de la ville et y vivre avec d’autres dans la fraternité. Moshe Dayan
C’est une mosquée depuis mille trois cents ans, les Juifs doivent se contenter de la visiter et de prier devant les tombes. Moshe Dayan
Président Abbas (…) cessez de répandre des mensonges sur les intentions alléguées d’Israël pour le Mont du Temple. Israël est pleinement engagé au maintien du statu quo là-bas. Ce que le président Abbas doit critiquer, ce sont les actions des militants islamistes qui introduisent en contrebande des explosifs dans la mosquée Al Aqsa et qui essaient d’empêcher les Juifs et les Chrétiens de visiter des lieux saints. Telle est la véritable menace sur ces lieux saints. Un millier d’années avant la naissance du christianisme, plus de 1500 ans avant la naissance de l’islam, le roi David a fait de Jérusalem notre capitale, et le roi Salomon a construit le Temple sur ce Mont. Or Israël, respectera toujours les Lieux saints de tout le monde. Dans une région empestée par la violence et par une intolérance inimaginable, où des fanatiques islamiques détruisent les trésors antiques de la civilisation, Israël se dresse comme un phare de lumière et de tolérance. Loin de mettre en danger les sites sacrés, c’est Israël qui assure leur sauvegarde. Parce qu’à la différence des pouvoirs qui ont gouverné Jérusalem dans le passé, Israël respecte les Lieux saints et la liberté de croyance de tout le monde, Juifs, Musulmans, Chrétiens, tout le monde. Benyamin Nétanyahu
 Haj Amin Al-Husseini fut l’un des architectes de la “solution finale”. Il s’était rendu à Berlin. Il avait fait pression et imploré Hitler (…) et le persuada plus que quiconque de conduire la “solution finale”. Ne pas laisser les juifs partir de peur qu’ils ne viennent ici, mais les annihiler, les brûlerJe n’avais pas l’intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction diabolique de la communauté juive européenne. Hitler était responsable de la solution finale pour l’extermination de six millions de juifs. Il a pris la décision. » Mais  il serait « absurde d’ignorer le rôle joué par le mufti Haj Amin Al-Husseini. » Je voulais montrer que les aïeux de la nation palestinienne, sans pays et sans la soi-disant “occupation”, sans territoire et sans colonie, aspiraient déjà à inciter systématiquement à l’extermination des juifs. Benyamin Nétanyahou (Knesset, janvier 2012)
Le Mont du Temple est le site le plus sacré du judaïsme, et ce bien avant l’Islam, toutefois Israël n’a jamais eu l’intention de violer le statu quo. Affirmer le contraire est un mensonge. (…) Les Arabes mentent depuis 100 ans sur Al-Aqsa. (…) Israël et le seul pays au Moyen-Orient qui protège ses mosquées alors que les combats partout dans la région les réduisent en miettes. (…) Pour la première fois dans l’histoire de notre peuple, nous faisons face à une menace qui allie des accusations antijuives ancestrales à la technologie d’aujourd’hui. Tous les crimes contre les Juifs sont précédés par des mensonges contre notre peuple. (…) Les pogroms antijuifs de 1920, 1921, 1929, ont été incités par le Grand Mufti de Jérusalem, un criminel de guerre reconnu en tant que tel lors du Procès de Nuremberg pour son implication dans la Solution finale contre les Juifs. Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser. Et Mohammed Amin al-Husseini est allé voir Hitler et lui a dit: si vous les expulsez, ils vont tous venir ici. Hitler a alors demandé: que dois-je faire ?, et le Mufti a répondu: « Brûlez-les. » Benyamin Nétanyahu (37e Congrès sioniste, Jérusalem)
Je n’avais pas l’intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction diabolique de la communauté juive européenne. Hitler était responsable de la solution finale pour l’extermination de six millions de juifs. Il a pris la décision. » Mais  il serait « absurde d’ignorer le rôle joué par le mufti Haj Amin Al-Husseini. » Je voulais montrer que les aïeux de la nation palestinienne, sans pays et sans la soi-disant “occupation”, sans territoire et sans colonie, aspiraient déjà à inciter systématiquement à l’extermination des juifs. Benyamin Nétanyahu
Nétanyahou a résumé ce que le mufti voulait accomplir. Je pense que Hitler et le mufti se sont inspirés mutuellement. On ne peut pas dire qui voulait le plus tuer les juifs. Par contre, il faut souligner que la “solution finale” n’a débuté qu’après sa visite à Berlin. C’est lui qui a inventé l’idée selon laquelle la mosquée Al-Aqsa était en péril. Il voulait l’aide du monde arabe, de l’argent et des armes, mais ces pays ont hésité. Or le mufti était très intelligent. Il a dit que les juifs voulaient détruire Al-Aqsa pour y construire un troisième temple. Il a été le premier à les accuser de ça. Edy Cohen (université Bar-Ilan)
Qu’a dit Netanyahu ? Dans un discours devant le 37ème Congrès Sioniste Mondial à Jérusalem, il a expliqué que plusieurs attaques contre la communauté juive, dont celles de 1920, 1921 et 1929 (massacre de Hébron, ncgqdi) ont été menés à l’appel du Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin Al Husseini qui sera ensuite recherché pour crimes de guerre dans le Procès de Nuremberg pour avoir joué un rôle central dans la fomentation de la solution finale. C’est là que Netanyahu prononce la phrase qui va lui être reprochée toute sa vie parce que tronquée et sortie de son contexte. Il dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser ! » Ensuite, il résume de façon très succincte et limite caricaturale une conversation entre le Grand Mufti et Hitler en disant que le Mufti serait allé voir Hitler et lui aurait dit que s’il expulsait les Juifs, ils viendraient tous ici (en Palestine, ncgqdi). Hitler lui aurait répondu « Que dois-je donc en faire ? » et le Mufti aurait répondu « Brûlez-les ». Il conclue cette conversation en expliquant que c’est le même homme, Hadj Amin Al Husseini, qui dès les années 20, fomentait des troubles en prétextant que les Juifs allaient détruire la Mosquée Al Aqsa et que ce mensonge (qui est agité aujourd’hui par Abbas) était donc vieux d’un siècle. Et voilà comment toute la presse mondiale et tous les opposants à Netanyahu tirent la phrase qu’ils vont utiliser pendant des décennies pour nuire à Netanyahu : « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs. » Sauf que ce n’est pas ce qu’il a dit et que sa phrase a été coupée au moment qui arrange ses opposants. Il a dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs, à l’époque« . Donc c’est justement cette époque qui nous intéresse. Dans son article sur ce discours, Haaretz explique que Netanyahu situe cette conversation entre Hitler et le Mufti dans le contexte du mois de novembre 1941. J’invite chacun à lire la page sur la Conférence de Wannsee de Janvier 1942 sur le site de l’United States Holocaust Memorial Museum. On y lit que, bien que les meurtres de Juifs étaient déjà bien engagés, la décision finale d’une extermination a été prise dans le courant de l’année 1941, avec comme dates plus précises, la mention de Septembre 1941 où Hitler autorise la déportation des Juifs allemands, autrichiens et tchèques en Pologne et celle de l’Automne 1941 pour le déploiement en Lettonie de l’Einzatzcommando 2 du Major Lange. Dans d’autres sources, on peut lire que les Einzatzgruppen commencent leur action en Juillet 1941 en Lituanie et que le massacre du ravin de Babi Yar, en Ukraine a lieu en Septembre 1941. On constate plusieurs choses: Dans les faits, les meurtres de masse de Juifs ont commencé avant la conférence de Wannsee qui est pourtant considérée comme la conférence fondatrice de la « solution finale à la question juive dans la sphère d’influence », selon l’expression employée lors de la conférence. Ces meurtres de masse ne sont pas encore une volonté exterminatrice écrite en tant que politique du Reich. Ils sont un nettoyage ethnique de « l’espace vital » allemand à l’Est, tel que théorisé par Hitler dans Mein Kampf. Il est important de préciser qu’on est déjà, avec ce nettoyage ethnique, dans la notion de crime contre l’humanité. L’extermination, entérinée à Wannsee, est une aggravation et une radicalisation du crime contre l’humanité déjà existant, pas une nouveauté. Cette aggravation est effectivement décidée en 1941, vraisemblablement au cours du second semestre et probablement à l’automne, entre Septembre et Décembre 1941, la conférence de Wannsee étant la réunion d’organisation administrative de cette aggravation. Donc, en remettant les choses dans une perspective plus historique et moins politicienne, on peut dire que Netanyahu n’a pas fait de révisionnisme, bien au contraire. A-t-il pour autant raison de sous-entendre que le Mufti a eu une influence importante sur cette aggravation ? Haaretz, en fin d’article explique que cette thèse a récemment été portée par deux auteurs, Barry Rubin et Wolfgang Schwanitz, dans un livre intitulé « Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East », publié aux Editions Universitaires de Yale (qui n’est pas la plus médiocre université au monde). Si les auteurs n’évoquent pas spécifiquement la rencontre et les mots utilisés par Netanyahu, ils soutiennent cependant que la décision d’extermination a été prise par Hitler en partie pour satisfaire le Mufti qui refusait la déportation des Juifs en Palestine. En réaction à la polémique, Netanyahu a expliqué qu’il n’avait aucune intention de minimiser le rôle d’Hitler qui a pris la décision d’assassiner 6 millions de juifs mais qu’il était également absurde de minimiser le rôle du Grand Mufti qui encourageait Hitler, Ribbentrop et Himmler à exterminer les Juifs d’Europe, citant le témoignage de l’adjoint d’Adolf Eichmann au Procès de Nuremberg qui qualifiait le Mufti de « partenaire » et de « conseiller » d’Hitler et d’Eichmann dans la solution finale. On peut donc en effet reprocher à Netanyahu une simplification à outrance et même, si cette conversation n’a pas eu lieu, une forme de malhonnêteté politicienne qui invente une histoire simple pour résumer un contexte général complexe mais on ne peut pas simplement balayer ses propos comme des distorsions coupables de l’histoire ou comme du révisionnisme à la sauce de Faurrisson. Pug
Netanyahu’s quotation of the Grand Mufti is word-for-word accurate, but it is not true that the Fuhrer needed the advice of Islam’s leading anti-Jewish fanatic to implement the Final Solution. That was his dream as far back as 1919 as a letter that he authored and signed now on display at the Simon Wiesenthal Center Museum of Tolerance documents. Prime Minister Netanyahu has been accused of “a dangerous historical distortion” and even “Holocaust Denial” from the predictable political quarters who even dismiss the Grand Mufti as “a lightweight” inconsequential in the history of the Holocaust. This claim wrongly mitigates the Mufti’s mindset and crimes as one of the Hitler era’s leading anti-Jewish haters. (…) A relative of Yasser Arafat as well as ally of Hassan al-Banna, originator of Hamas’ parent organization, the Muslim Brotherhood, the Grand Mufti was a moving force behind Palestinian Jew hatred, from the riots of 1920 and 1929 through the 1936-1939 bloody Arab Uprising against the Holy Land’s Jewish community, long before his WWII support of Nazi Germany. According to Historian Robert Wistrich’s Hitler and the Holocaust (2001), the Mufti escaped British scrutiny in Jerusalem after the war’s outbreak for the more friendly confines of Berlin, where, in November, 1941, he had tea with Hitler who asked him “to lock in the innermost depths of his heart” that he (Hitler) “would carry on the battle to the total destruction of the Judeo-Communist Empire in Europe.” In 1942, Fred Grobba wrote approvingly of the Mufti’s visit with members of the Nazi elite to “the concentration camp Oranienburg . . . . The visit lasted about two hours with very satisfying results . . . . the Jews aroused particular interest among the Arabs. . . . It [the visit] . . . made a very favorable impression on the Arabs.” In 1943, the Mufti extended his relations with the German Foreign Office and Abwehr directly to the SS Main Office. Gottlob Berger arranged a meeting between al-Husayni and SS chief Heinrich Himmler on July 3, 1943. Al-Husayni sent Himmler birthday greetings on October 6, and expressed the hope that “the coming year would make our cooperation even closer and bring us closer to our common goals.” The Grand Mufti also helped organize a Muslim Waffen SS Battalion, known as the Hanjars, that slaughtered ninety percent of Bosnia’s Jews, and were dispatched to Croatia and Hungary. The Mufti also made broadcasts to the Middle East urging Arabs and Muslims to honor Allah by implementing their own Final Solution. After the War, Great Britain, the U.S., and Yugoslavia indicted the Mufti as a war criminal, but Yugoslavia dropped its extradition request to France, and legal proceedings were abandoned so as not to upset the Arab world. Escaping back to the Middle East, Al-Husseini continued his genocidal exhortations and rejectionist demands that the Jewish presence be erased from Palestine continued unabated before and during the 1948 War by five Arab states against Israel. Only then, did his influence gradually decline. He died in 1974, not long after Arab armies almost succeeded in destroying Israel in an attack launched on Judaism’s holiest day, Yom Kippur. Far from “a light weight,” the Grand Mufti will be remembered as one the twentieth century’s most virulent Jew haters and a key cheerleader for Hitler’s genocidal Final Solution. Simon Wiesenthal Center
The now widely accepted international consensus among historians of the Holocaust is that Hitler had both made the decisions to implement the Final Solution and had communicated those decisions to key actors in the Nazi regime at the latest a month before his meeting with Husseini on November 28th. Husseini owed his life to Mussolini and Hitler, both of whom aided his escape from British forces chasing him after the British overthrew the pro-Nazi government he had helped to establish in early 1941. While he agreed with Hitler about fundamental ideological issues, he was in no position to have a major influence on decision-making about German policy toward the Jews in Europe. I examined Husseini’s meeting with Hitler in my Nazi Propaganda for the Arab World. As the text published by this paper yesterday indicates, Hitler told the Mufti that when the German armies drove south from the Caucuses, « Germany’s objective would then be solely the destruction of the Jewish element residing in the Arab sphere under the protection of British power. In that hour the Mufti would be the most authoritative spokesman for the Arab world. It would then be his task to set off the Arab operations, which he had secretly prepared. » Hitler had referred to « the total destruction of the Judeo-Communist empire in Europe, » a typically vague and sinister reference to his anti-Jewish policies in Europe. Yet he was very clear that he was eager to enlist Husseini in his plans to extend the final solution beyond Europe to encompass the Jews of North Africa and the Middle East. It is in this effort to extend the Final Solution beyond the shores of Europe, not its implementation within Europe, that Husseini came to play a prominent role. (…) As the German historians Klaus Michael Mallmann and Martin Cuppers have documented in Nazi Palestine: Plans for the Extermination of the Jews of Palestine, had the Germans won the Battle of Al Alamein, an SS Einsatzgruppe was prepared to come to Egypt to carry out mass murders with techniques that had been perfected on the Eastern Front in Europe. The record of Husseini’s ranting and raving on Nazi radio was well documented by American diplomats at the Embassy in wartime Cairo.  (…) As the British historian David Motadel has recently shown in his important work Islam and Nazi Germany’s War, Husseini and other Muslim clerics did play an important role in German policy in Europe but it was not by exerting an important influence on Holocaust decision-making. Rather he helped to recruit Imams who preached to tens of thousands of Muslims who fought with Wehrmacht, especially on the Eastern Front against the Red Army. While some of these units took part in actions against Jews, this considerable collaboration did not have an influence on Hitler’s decision-making. (…) Though Netanyahu is thus wrong about Husseini’s role in the decisions that led to the Holocaust of the Jews in Europe, he is right to draw attention to Husseini’s disastrous impact on Palestinian politics and society. In response to the storm of criticism that greeted his remarks, Netanyahu replied: My intention was not to absolve Hitler of his responsibility, but rather to show that the forefathers of the Palestinian nation, without a country and without the so-called ‘occupation’, without land and without settlements, even then aspired to systematic incitement to exterminate the Jews. » Husseini absolutely wanted to exterminate the Jews, above all, the Jews of pre-state Palestine, and then the Jews of Israel. The evidence of Husseini’s pleas to kill the Jews, of his boundless hatred of Judaism as a religion and the Jews as a people is well documented in Nazi Propaganda for the Arab World. Husseini embedded his Jew-hatred in his understanding of Islam as early as a 1937 speech in Syria that the Germans published in German the following year. In the midst of the terrorist attacks he led and incited from 1936 to 1939 in Palestine, it was Husseini who claimed that the Zionists wanted to seize or destroy the Al Aksa Mosque. This lie became a central element of Palestinian propaganda over the decades until recent weeks. (…) Haj Amin al-Husseini’s very regrettable but consequential accomplishment was to fuse secular Arab anti-Zionism with the Islamist and thus theologically inspired hatred of the Jews and Judaism. The lies which Mahmoud Abbas and others have told in recent weeks about Israel’s supposed desire to somehow infringe on the rights of Muslims to pay at the Al Aksa Mosque have their origins in lies that are now at least 75 years old. Netanyahu added the following: Unfortunately, Haj Amin al-Husseini is still a revered figure in Palestinian society. He appears in textbooks and it is taught that he is one of the founding fathers of the nation, and this incitement that started then with him, inciting the murder of Jews – continues. Not in the same format, but in a different one, and this is the root of the problem. To stop the murders, it is necessary to stop the incitement. What is important is to recognize the historical facts and not ignore them, not then and not today. (…) The Prime Minister has erred in his understanding of the timing of Hitler’s decision-making but he is right about Husseini’s disastrous impact on Palestinian political culture. I hope that the discussion his comments have generated will draw more attention to the now abundant scholarship on Husseini’s role in collaborating with the Nazis in their failed efforts to murder the Jews of North African and the Middle East during World War II. We need more public discussion about the atrocious legacy he left behind that has been playing itself out, yet again, in the knife attacks on the streets of Israel’s cities. That legacy of a political culture that venerates violence and anti-Semitism is a huge barrier to successful diplomacy and resolution of the old conflict. Jeffrey Herf
Hitler’s interpreter, Paul Schmidt, recorded the meeting with the mufti, and his memorandum of the meeting has long been available in the official publication of German foreign-policy documents. According to Schmidt, it was Hitler who assured the mufti that he had no territorial ambitions in the Middle East. Germans would come as liberators: “Germany’s objective would then be solely the destruction of the Jewish element residing in the Arab sphere under the protection of British power.” Hitler conveniently and deceptively did not tell the Husseini that he deferred to Italy’s Benito Mussolini concerning the final disposition of Arab-populated territories in the Mediterranean region. As Hitler had done with Ukrainians, Lithuanians, Latvians, and others, he seemed to be playing upon the wishful thinking of the grand mufti, trying to give the impression that if Arabs helped in the murder of Jews, this would facilitate their own national independence. Husseini, rather, was not the instigator of the Final Solution but rather the target of Hitler’s attempted manipulations.(…) During the 1930s, the Nazis ignored him entirely, as they gave priority to the emigration of German Jews to Palestine over the objections of Husseini or concerns about the Palestinians. During the war, the mufti was a useful but minor collaborator in disseminating Nazi propaganda in the Arab world. Late in the war, when he was no longer of any use, some in the Nazi regime wanted to cut off the subsidy that the mufti’s entourage in Berlin had been receiving for years. They were deterred from that by a Foreign Office expert who advised that open disregard of their Arab ally would signal defeatism by acknowledging that Germany had given up any hope of affecting Middle Eastern affairs. Christopher R. Browning
Avec les troubles que connaît Israël autour du mont du Temple (« l’esplanade des Mosquées » des musulmans et des journalistes), le conflit du Proche-Orient s’embrase en son cœur le plus profond, en dévoilant qu’il n’est ni national ni territorial comme le voudraient bien les utopies de gauche, mais religieux, une guerre de religion découlant du scandale inadmissible que représente pour l’islam la souveraineté d’un peuple qui n’a le droit de (sur)vivre que comme « dhimmi ». La rumeur que les « Juifs » veulent détruire la mosquée El Aksa est un vieux leurre, manipulé cycliquement depuis les émeutes de 1929 et destiné à susciter la fureur musulmane et à la focaliser sur les Juifs. C’est un mensonge éhonté, du type de ceux qui donnaient naissance à des pogroms. C’est en effet à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours, comme dans les temps anciens. Je pense notamment à la scène de la femme poignardée appelant au secours sous les lazzis, les crachats et les coups des commerçants des échoppes environnantes. Celà montre bien jusqu’où peut aller le penchant suprématiste, même « sous occupation ». C’est ce que fait entendre la « Liste unie » des députés arabes israéliens qui décrètent (Hanan Zoabi dixit) que c’est toute la montagne qui est une mosquée. Au déni musulman de la sainteté du lieu pour le judaïsme s’ajoute l’intolérance qui veut interdire aux Juifs l’accès non pas aux mosquées mais aux immenses terrasses de la montagne. Le plus piquant c’est que ceux qui hurlent à la profanation des Juifs (Abbas a parlé de « leurs pieds sales… »), sont aussi ceux qui ont effectué en catimini d’immenses excavations sous le mont pour construire sans permis une mosquée souterraine de 12 000 places dans un lieu dénommé « les écuries de Salomon », en détruisant des vestiges inestimables des temples juifs de l’antiquité, à l’instar des destructions de monuments façon Etat islamique. Ceci dit, l’Etat d’Israël retire les fruits amers d’une démission et d’une négligence. La première commence avec Moshe Dayan qui, en 1967, a remis les clefs du mont du Temple au Waqf jordanien, à une puissance qui avait profané tous les lieux saints juifs et interdit aux Juifs tout accès à leurs sites. (…) Mais la situation découle aussi de deux négligences israéliennes : tout d’abord avoir laissé se développer depuis plus de 10 ans la « Ligue du nord », un mouvement islamiste israélien qui est le maître d’œuvre de la crise cyclique « les Juifs vont détruire El Aqsa » et qui stipendie les émeutiers installés dans la mosquée avec armes et munitions.  (…) La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset qui est une liste non politique mais ethnique rassemblant des islamistes aux communistes, sur une base ethnico-religieuse, ce qu’une démocratie normale (Cour Suprême ?) ne devrait pas accepter car c’est là le contraire du multipartisme, une forme d’irrédentisme national. Shlomo Trigano
Irrecevable encore, la formule « cycle de violences », ou « spirale des représailles », qui, en renvoyant dos à dos les kamikazes et leurs victimes, entretient la confusion et vaut incitation à recommencer. Insupportable, pour la même raison, la rhétorique de l’« appel à la retenue », ou de l’invitation à ne pas « enflammer la rue », qui renverse, elle aussi, l’ordre des causes et fait comme si le militaire ou le civil en situation de légitime défense avaient les mêmes torts que celui qui a pris le parti de mourir après avoir semé la plus grande terreur autour de lui. Étranges, oui, ces indignations embarrassées et dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elles seraient probablement plus fermes si c’était dans les rues de Washington, de Paris ou de Londres que l’on se mettait à occire le premier venu ou à lancer des voitures béliers sur les arrêts de bus. Plus qu’étrange, troublante, la différence de ton entre ces réactions et l’émotion mondiale, la solidarité internationale sans faille ni nuance, suscitées, le 22 mai 2013, par la mort d’un militaire, en pleine rue, à Londres, assassiné à l’arme blanche et selon un scénario pas très différent de celui qui a cours, aujourd’hui, à Jérusalem et Tel-Aviv. (…) Et insupportable enfin, la petite mythologie en train de se constituer autour de cette histoire de poignards : l’arme du pauvre, seulement ? Celle dont on se sert parce qu’elle est là, sous la main, et qu’il n’en est point d’autre ? Quand je vois ces lames, je pense à la lame de la mise à mort de Daniel Pearl ; je pense à celle des décapitations d’Hervé Gourdel, James Foley ou David Haines – je pense que les vidéos de Daesh ont, décidément, fait école et que l’on se trouve là au seuil d’une barbarie qu’il faut inconditionnellement dénoncer si l’on ne veut pas qu’elle exporte partout, je dis bien partout, ses procédures. Bernard-Henri Lévy
Jérusalem est surtout devenue « sainte » depuis que les Juifs sont de retour dans leur unique ville sainte, sainte depuis 3000 ans ! La mosquée Al Aqsa, le soi-disant 3ème Lieu saint de l’islam, à ne pas confondre avec le Dôme du rocher, est le nom de la mosquée « la plus lointaine » citée dans le coran à propos du voyage nocturne de Mahomet qui aurait été transporté à la mosquée Al Aqsa sur sa monture Al Burak et serait monté au ciel où il aurait rencontré les précédents prophètes juifs et chrétien. Historiquement cela ne peut pas être à Jérusalem puisque la mosquée Al Aqsa a été construite bien après la mort en 632 de Mahomet ! (…) Ce n’est que tardivement, qu’après avoir construit une mosquée sur l’esplanade du Temple juif, puis l’avoir nommée Al Aqsa qu’elle est devenue miraculeusement la mosquée Al Aqsa du coran comme l’islam en a la spécialité, puisque d’après lui, même Adam et Eve étaient musulmans et à fortiori tous les personnages de la bible hébraïque et ceux des Evangiles, même Jésus est un prophète musulman et donc il est palestinien ! Jérusalem apparaît 669 fois dans la Bible juive, 154 fois dans la Bible chrétienne mais pas une seule fois dans le Coran, ni Jérusalem, ni Al Qods, le nom arabe de Jérusalem ! Il n’y a jamais eu de pèlerinage à Jérusalem pour les musulmans contrairement aux pèlerinages pratiqués dans leurs autres villes saintes ! Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un pays arabe ou même d’une province arabe ! Danilette
Une résolution sur la Palestine critiquant notamment la politique d’Israël à Jérusalem a été votée mercredi à l’Unesco, dans une version expurgée d’une revendication initiale sur le Mur des Lamentations qui avait suscité la colère de l’Etat hébreu. Soumis par un groupe de pays arabes aux 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le texte a recueilli 26 voix en sa faveur, tandis que six délégations ont voté contre, 25 se sont abstenues et une dernière était absente au moment du vote, selon des sources diplomatiques. Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Estonie sont les six pays qui s’y sont opposés. La France s’est pour sa part abstenue, d’après les mêmes sources. La résolution votée, dont l’AFP a pris connaissance du contenu, « condamne fermement les agressions israéliennes et les mesures illégales limitant la liberté de culte et l’accès des musulmans au site sacré de la mosquée al-Aqsa ». Elle « déplore vivement » en outre les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ». (…) Toute référence a en revanche été abandonnée à la « place Al Buraq », nom employé par les musulmans pour désigner les abords du Mur des Lamentations, révéré par les juifs, en contrebas de l’esplanade des Mosquées. La rédaction initiale du texte, déposé par l’Algérie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Maroc et la Tunisie, avait suscité mardi l’ire d’Israël et l’inquiétude de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, opposée à une remise en cause du statut des Lieux saints de Jérusalem. Dans un paragraphe finalement supprimé, les auteurs du texte affirmaient que « la place Al Buraq fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa ». Israël avait dénoncé « une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire » et Mme Bokova avait « déploré » les initiatives susceptibles d’être « perçues comme des modifications au statut de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts », appelant le Conseil à « prendre des décisions qui n’alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ». (…) En vertu de ces règles tacites, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier. Ces dernières semaines, à l’occasion des fêtes juives du mois de septembre, les tensions ont atteint un niveau rarement égalé autour du site, de violents affrontements ayant gagné l’esplanade même. Les Palestiniens qualifient la recrudescence des visites de juifs de tentative israélienne de prendre le contrôle du lieu saint, actuellement sous la garde de la Jordanie. Israël de son côté assure vouloir maintenir le statu quo et ne pas vouloir céder aux appels d’une frange minoritaire mais de plus en plus audible parmi ses citoyens. I24news
Le coup d’État du 2 décembre 1851 et la création du Second Empire par le président Louis-Napoléon Bonaparte, qui se fit proclamer Napoléon III l’année suivante, mit l’Europe en ébullition. La prise de pouvoir du neveu de Napoléon Ier raviva d’anciennes craintes et les puissances européennes se préparèrent à la guerre65,66. Afin de les rassurer, Napoléon déclara en octobre que « L’Empire, c’est la paix ! », même s’il n’était pas satisfait de la carte de l’Europe issue du congrès de Vienne67. Sa politique étrangère fut donc essentiellement destinée à restaurer l’influence française en Europe et il estima que la meilleure manière d’y parvenir serait de se rapprocher du Royaume-Uni. À l’inverse, le souvenir de la retraite de Russie et le rejet du principe des nationalités par le tsar le poussaient à vouloir s’opposer à la Russie68. En ce sens, la question des lieux saints en Palestine fournissait un prétexte idéal pour une confrontation car elle permettrait de satisfaire la droite catholique désireuse de contrer l’influence orthodoxe tandis que la gauche, opposée au Second Empire, serait ravie d’une guerre pour la liberté contre le « gendarme de l’Europe ». Ces lieux saints, comme le Saint-Sépulcre de Jérusalem ou la basilique de la Nativité de Bethléem, étaient occupés conjointement par diverses congrégations religieuses chrétiennes. Cependant, les différences liturgiques et les luttes de pouvoirs entre catholiques et orthodoxes compliquaient cette cohabitation ; les Ottomans étaient parfois contraints de poster des soldats devant et à l’intérieur des églises pour éviter les affrontements. Cela n’était cependant pas toujours suffisant et le jour de Pâques 1846, une dispute pour savoir qui des orthodoxes ou des catholiques aurait la priorité pour célébrer la messe au Saint-Sépulcre dégénéra en un affrontement sanglant qui fit quarante morts70. La rivalité entre catholiques et orthodoxes fut attisée par le développement de nouveaux moyens de transport comme le chemin de fer et les bateaux à vapeur qui permettaient à un nombre grandissant de pèlerins de se rendre en Terre sainte. Cela était particulièrement vrai pour les Russes orthodoxes dont le nombre augmenta fortement dans la première moitié du XIXe siècle ; dans les années 1840, plus de 15 000 pèlerins russes participaient aux célébrations de Pâques à Jérusalem. Cet accroissement inquiétait les chrétiens occidentaux qui craignaient d’être évincés des lieux saints et irritait les catholiques français pour qui la France avait, depuis les croisades, pour mission de défendre la foi en Palestine. L’empereur français Napoléon III désirait une guerre avec la Russie pour restaurer l’influence de la France en Europe et mettre fin à la Sainte-Alliance. Cette question devint un sujet brûlant à la suite des actions de Charles de La Valette que Napoléon III avait nommé ambassadeur à Constantinople en 1849. Ce dernier était opposé à toute négociation avec les orthodoxes sur l’administration des lieux saints et, en août 1851, il déclara que leur contrôle par les catholiques était « clairement établi » par la Capitulation de 1740 et que la France irait jusqu’à prendre des « mesures extrêmes » pour les faire respecter. Cette déclaration ulcéra les Russes qui avertirent les Ottomans qu’une reconnaissance des revendications catholiques entraînerait la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays76. La Valette fut rappelé à l’été 1852 mais Napoléon III estimait que ces déclarations servaient ses intérêts et il continua à faire pression sur les Ottomans pour obtenir des concessions qui seraient inacceptables pour la Russie et ainsi contraindre le Royaume-Uni à s’allier avec lui contre l’agression russe. En novembre 1852, il envoya le navire de ligne Charlemagne venant à peine d’entrer en service à Constantinople, en violation de la convention de Londres, pour forcer le sultan à accorder aux catholiques les clés de la basilique de la Nativité. En réponse, Nicolas Ier mobilisa plus de 100 000 hommes en Bessarabie et entama des négociations avec le Royaume-Uni dont la flotte jouerait un rôle décisif dans le cas d’une guerre entre la France et la Russie. Les Britanniques hésitèrent sur la politique à adopter car en plus de se méfier tout autant des Russes que des Français, ils étaient divisés entre ceux qui voulaient laisser du temps à la réforme de l’Empire et ceux qui estimaient qu’il n’était pas juste de soutenir un État où les chrétiens étaient persécutés. Pour forcer le sultan à abroger les concessions faites aux catholiques, Nicolas Ier envoya en février 1853 le général Alexandre Menchikov à Constantinople. Allant au-delà de la seule question des lieux saints, les Russes exigèrent un nouveau traité leur garantissant le droit d’intervenir dans tout l’Empire pour protéger les orthodoxes ; en pratique, les provinces européennes deviendraient un protectorat russe tandis que l’Empire ottoman ne serait guère plus qu’un vassal de la Russie. Wikipedia
At the end of World War I, discussions commenced on the future of the Middle East, including the disposition of Palestine. On April 19, 1920, the Allies, Britain, France, Italy and Greece, Japan and Belgium, convened in San Remo, Italy to discuss a peace treaty with Turkey. The Allies decided to assign Great Britain the mandate over Palestine on both sides of the Jordan River, and the responsibility for putting the Balfour Declaration into effect. Arab nationalists were unsure how best to react to British authority. The two preeminent Jerusalem clans, the el-Husseinis and the Nashashibis, battled for influence throughout the mandate, as they had for decades before. The former was very anti-British, whereas the latter favored a more conciliatory policy. One of the el-Husseinis, Haj Amin, who emerged as the leading figure in Palestinian politics during the mandate period, first began to organize small groups of suicide groups, fedayeen (“one who sacrifices himself”), to terrorize Jews in 1919 in the hope of duplicating the success of Kemal in Turkey and drive the Jews out of Palestine, just as the Turkish nationalists were driving the Greeks from Turkey. The first large Arab riots took place in Jerusalem in the intermediary days of Passover, April 1920. (…) Six Jews were killed and some 200 injured in Jerusalem in the course of the 1920 riots. (…) Had it not been for the preliminary organization of Jewish defense, the number of victims would have undoubtedly been much greater. (…) In 1921, Haj Amin el-Husseini began to organize larger scale fedayeen to terrorize Jews. (…) In fact, the British encouraged the Arabs to attack the Jews. According to Meinertzhagen, Col. Waters Taylor, financial adviser to the Military Administration in Palestine 1919-23, met with Haj Amin a few days before Easter, in 1920, and told him “he had a great opportunity at Easter to show the world…that Zionism was unpopular not only with the Palestine Administration but in Whitehall and if disturbances of sufficient violence occurred in Jerusalem at Easter, both General Bols [Chief Administrator in Palestine, 1919-20] and General Allenby [Commander of Egyptian Force, 1917-19, then High Commissioner of Egypt] would advocate the abandonment of the Jewish Home. (…) Haj Amin took the Colonel’s advice and instigated a riot. The British withdrew their troops and the Jewish police from Jerusalem, and the Arab mob attacked Jews and looted their shops. Due to Haj Amin’s overt role in instigating the pogrom, the British arrested him. Yet, despite the arrest, Haj Amin escaped to Jordan, but he was sentenced to 10 years imprisonment in absentia. A year later, however, British Arabists convinced High Commissioner Herbert Samuel to pardon Haj Amin and to appoint him Mufti. (…) Three weeks later, however, riots in Jaffa and Petah Tikvah, instigated by the Mufti, left 43 Jews dead.  (…) Another wave of riots, however, broke out in 1924 after another wave of pogrom’s sent 67,000 Polish Jewish refugees to Palestine. After a week of skirmishes in Jerusalem between the Haganah and Arab mobs, 133 Jews and 116 Arabs lay dead.  (…) Led by Haj Amin al-Husseini once again, rumors of a Jewish plot to seize control of Muslim holy places began to spread. Violence erupted soon after, causing extensive damage. Rioting and looting were rampant throughout Palestine. In Jerusalem, Muslims provoked the violence and tensions by building and praying on or near the holiest place in the world for Jews, the Western Wall. By late August, the Arabs, in well organized formation, attacked Jewish settlements near Jerusalem. The disturbances spread to Hebron and Tsfat, including many settlements in between, and on the Kfar Dorom kibbutz in the Gaza Strip. After six days of rioting, the British finally brought in troops to quell the disturbance. Despite the fact that Jews had been living in Gaza and Hebron for centuries, following these riots, the British forced Jews to leave their homes and prohibited Jews from living in the Gaza strip and Hebron in an attempt to appease Arabs and quell violence. By the end of the rioting, 135 Jews (including eight Americans) were killed, with more than 300 wounded. (…) The Arabs found rioting to be a very effective political tool because the British attitude toward violence against Jews, and their response to the riots, encouraged more outbreaks of violence. In each riot, the British would make little or no effort to prevent the Arabs from attacking the Jews. After each incident, a commission of inquiry would try to establish the cause of the riot. The conclusions were always the same: the Arabs were afraid of being displaced by Jewish immigrants. To stop the disturbances, the commissions routinely recommended that restrictions be made on Jewish immigration. Thus, the Arabs came to recognize that they could always stop Jewish immigration by staging a riot. Jewish Virtual library
Throughout the 1920s, tension had been brewing between Palestinian Jews and Arabs for some time, with little or no action by the mandate government to alleviate it. The Arabs of Palestine had come to be dominated by two clans, the Husseinis and the Nashashibis. The Husseinis controlled the Palestine Arab Executive and Supreme Muslim Council. Haj Amin El Husseini was Grand Mufti of Jerusalem. The Nashashibis became the mu’aridan, the opposition. The Husseinis hoped to further their position by exploiting hatred against the Jews. The issue that generated tension was not land purchases or Jewish immigration. Though there had been large land purchases in the Valley of Jezreel, there was not much Jewish immigration during this period. The issue of contention was an imagined Jewish threat to the Al-Aqsa mosque in Jerusalem, centering around Jewish attempts to improve the facilities of the nearby wailing wall, a remnant of the Jewish temple, where they gathered for prayer. The wailing wall is part of the West Wall, Al Buraq, where according to Muslim belief, Muhammed tethered his horse when he was miraculously transported to Jerusalem. Thus, it is holy to Muslims too. There is no doubt that the mosque built on the site of the temple was never a source of joy for Jews, but Jewish tradition holds that the temple can only be rebuilt when the messiah comes. The Zionists certainly had no designs on the mosque itself. The wailing wall however, because of its proximity to the mosque of Al Aqsa, was long a source of friction. Islamic law holds that no non-Muslims may pray in proximity to a mosque while prayers are held in the mosque, because that would disturb the prayers of the faithful. The Jews of Jerusalem had gotten many warnings during the hundreds of years of Muslim rule, about prayer at the wailing wall or in synagogues in the Jewish quarter that supposedly disturbed the prayers of the Muslims. This « Holy Place » was a natural place of contention. (…) In 1928, the Muslims tried to get the British to confirm their rights over the Western Wall, including the space used by Jews for worship. Husseini had helped to organize refurbishing of the long neglected mosques in Jerusalem now he initiated new construction activities in October of 1928. Bricks from the « construction » fell « accidentally » on Jewish worshippers in the wailing wall area below. The Arabs drove mules through the prayer area. Muezins (the announcers of the mosques) who called the faithful to prayer turned up the volume in their PA systems so as to disturb the Jewish prayer. The Zionist community, especially the right, took up the challenge. Right-wing Zionists of the revisionist movement demanded Jewish control of the wall. Some even demanded rebuilding the temple, alarming the Muslims even more and providing a factual basis for the agitation. On August 14, 1929, about 6,000 Jews paraded in Tel Aviv and that evening, about 3,000 gathered at the wall in Jerusalem for prayer, a huge crowd for the then very cramped space. The next day the right-wing Betar revisionist youth paraded by the hundreds, carrying billy-club batons. Rumors circulated that the Jews were about to march on the Haram as Sharif – the Al-Aqsa mosque compound. The Arabs circulated inflammatory leaflets, apparently printed earlier. One read, « Hearts are in tumult because of these barbaric deeds, and the people began to break out in shouts of ‘war, Jihad… rebellion.’… O Arab nation, the eyes of your brothers in Palestine are upon you… and they awaken your religious feelings and national zealotry to rise up against the enemy who violated the honor of Islam and raped the women and murdered widows and babies. » The Jews had killed no-one, and had attacked no-one. On Friday August 16, after an inflammatory sermon, a mass of Arab demonstrators proceeded from the mosques to the Western Wall, where they burned prayer books. (…) On August 17, a riot in the Bukharian Jewish quarter of Jerusalem left one Jew dead. The funeral, held August 20, turned into a mass demonstration with cries for vengeance. Beginning on August 22, Arab villagers, armed with sticks, knives and guns, gathered in the Haram as Sharif. Following Friday prayers and the usual inflammatory sermon on August 23, they poured out into the streets of Jerusalem and proceeded to murder and loot. By the time the riots were over in Jerusalem on August 24, 17 Jews were dead. The rioters opened fire simultaneously in several neighborhoods, evidence indicating that the massacres were probably orchestrated by the Supreme Muslim Council. Near Jerusalem, the small town of Motza was attacked by Arabs who killed every member of the Makleff family but one. (…) Several settlements next to Motza had to be abandoned. In other settlements, the inhabitants were protected by friendly Arab neighbors. Kibbutz Hulda was evacuated by the British. Arab marauders burned the kibbutz. The British killed 40 Arabs there. The worst fury of the Arabs, however, was directed at the tiny ancient Jewish community of Hebron, where 64-67 Jews were massacred in a few hours of rioting on August 24, 1924. The British flew in additional reinforcements from Egypt and elsewhere. The riots spread to Tel-Aviv and Haifa and Safed.  In Safed, 18 Jews were killed and 80 injured. In all 133 Jews and 116 Arabs were killed in the riots, 339 Jews and 232 Arabs were injured. Most of the Arabs were killed by the British police and some by the Haganah in self defense. There were also instances of Jewish atrocities. Jews broke into a mosque and destroyed a Quran. In Tel Aviv, Arabs killed four Haganah men, so the Haganah retaliated by raiding an Arab house and killing four people. (…) The massacres of 1929 had thus launched two themes that were to recur in the history of Israel and Palestine: agitation related to the al-Aqsa mosques and the Jewish desire for separation from the Arabs of Palestine, for self-protection. (…) The British also issued a set of discriminatory regulations that restricted Jewish rights in the wailing wall, returning the situation to the same state as existed under the Ottoman Empire, when Muslim – Jewish relations were governed by the inferior dhimmi status of Jews in Islam. Jewish Virtual Library
L’Unesco a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine. Mais le paragraphe controversé qui aurait modifié le statut du mur des Lamentations en affirmant que la place Buraq faisait partie intégrante de la mosquée Al Aqsa, sur la très sensible esplanade et lieu saint de l’islam, a été retiré du texte dans la nuit de mardi à mercredi. Néanmoins la résolution « déplore vivement » les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ». Les rumeurs d’une éventuelle restriction de l’accès à l’esplanade des mosquées à Jérusalem est une des causes de la récente flambée de violences qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes en quelques semaines. Le ministère israélien des Affaires étrangères avait lui dénoncé dans un communiqué publié lundi une « falsification des faits historiques à Jérusalem » et une « manœuvre sournoise ». « La tentative palestinienne présente le Mur des Lamentations comme un lieu Saint Musulman », écrivait-il. « Cette tentative est clairement un effort pour détruire l’histoire, pour effacer le lien entre le peuple Juif et ses lieux Saints, et pour créer une fausse réalité. » L’Humanité
Malgré la fausse affirmation selon laquelle Israël a récemment changé le statu quo sur la montagne, le Waqf jordanien en fait continue d’en détenir le contrôle de facto et interdit la prière juive en dépit de la loi israélienne qui stipule que la liberté de culte doit être respectée. Les forces de sécurité ont provisoirement limité l’accès des arabes au Mont du temple comme mesure préventive, étant donné les émeutes arabes fréquentes et violentes qui ont vu la mosquée Al-Aqsa se transformer en base du terrorisme à partir duquel des pierres et des explosifs ont été lancés contre la police. (…) Le Kotel n’est pas le seul site juif que l’AP cherche à usurper dans sa proposition; elle appelle également à la récupération du caveau des patriarches à Hébron – où les patriarches et matriarches juifs sont enterrés (sauf Rachel) – ainsi que le Tombeau de Rachel à Bethléem , et que ces lieux soient déclarés comme partie intégrante de la Palestine. La tentative de revendication du Tombeau de Rachel relève d’un révisionnisme musulman récent selon lequel il serait le tombeau de Bilal ibn Rabah, un compagnon de Mahomet, qui n’a jamais  mis les pieds en Israël. Enfin, la proposition condamne la violence alléguée des juifs qui cherchent à changer le «caractère» musulman de Hébron, alors qu’il s’agit de l’ancienne ville biblique de Judée où vivaient les patriarches et matriarches juives. Arutz 7
It is a historical fact that the Grand Mufti of Jerusalem al-Hajj Amin al-Husaini was an accomplice whose collaboration with Adolf Hitler played an important role in the Holocaust. He was the foremost extra-European adviser in the process to destroy the Jews of Europe. Wolfgang G. Schwanitz
At their meeting [on November 28, 1941, Hitler and al-Husaini] concluded the pact of Jewish genocide in Europe and the Middle East, and immediately afterward, Hitler gave the order to prepare for the Holocaust. The next day invitations went out to thirteen Nazis for the Wannsee Conference to begin organizing the logistics of this mass murder. (…) And since any European Jews let out of Europe might later go to Palestine, al-Husaini made it clear that if Hitler wanted Muslims and Arabs as allies he must close Europe’s exits to Jews. At the same time, al-Husaini and Arab rulers also told Britain that if it wanted to keep Arabs and Muslims from being enemies, it must close entrance to Palestine to all Jews. By succeeding on both fronts, al-Husaini contributed to the Holocaust doubly, directly, and from the start.  Wolfgang G. Schwanitz and Barry Rubin (Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, 2014)

Attention: un statu quo peut en cacher un autre !

A l’heure où sous prétexte d’une prétendue volonté israélienne de changement du statu quo, on tente de réserver aux seuls musulmans, et à coups de couteau de boucher s’il vous plait, l’accès aux lieux saints juifs comme chrétiens

Et où  après le Tombeau de Joseph et sans compter la Basilique de la Nativité profanée par des terroristes palestiniens en 2002 puis inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2012, c’est au Caveau des patriarches, à la Tombe de Rachel  et même, dans le projet de départ, au Mur dit des lamentations, et avec l’habituelle complicité de l’ONU, qu’on s’attaque à présent …

Pendant qu’avec la controverse soulevée par les propos de Benyamin Nétanyahou d’hier, on  feint d’oublier la collaboration, attestée historiquement, du Moufti de Jérusalem avec les nazis et leur projet d’extermination Einsatgruppen compris de la totalité du peuple juif, Moyen-orient et Palestine compris …

Qui, parmi nos journalistes et nos gouvernants englués dans leur réthorique de fausse symétrie de « cycle de violences » et de « spirale des représailles », prend la peine de rappeler que ce sont là les mêmes mensonges qui, depuis déjà les pogroms des années 20, tentent de nier l’évidence de la  présence et de l’attachement juifs multimillénaires à une terre que n’a tout simplement jamais pu et ne pourra jamais avoir un islam qui n’existe lui-même que depuis le VIIe siècle ?

Mais aussi qui se souvient qu’à l’instar du statu quo chrétien et de par exemple la fameuse échelle inamovible ledit statu quo n’est en fait que le produit de toute une série de conflits (Guerre de Crimée comprise !) et de statu quos successifs entre des communautés rivales ?

Et  qui sait encore sans parler du Mont du temple, premier lieu sacré et quasiment seul endroit au monde où un juif ne peut prier

Qu’inscrit dans l’architecture même de la Ville sainte à l’image de la fameuse Porte dorée expressément murée (et doublement condamnée, s’il vous plait, par la présence profanante d’un cimetière !) depuis 1541 par Soliman le Magnifique pour en interdire l’entrée au Messie lui-même …

Le statu quo en question est le produit de la même volonté délibérée de négation d’un peuple et d’une religion sans lesquels il n’y aurait jamais eu ni islam ni christianisme ?

Statu quo (lieux saints)

Wikipedia

Le Statu quo, également appelé Status quo, désigne la situation dans laquelle se trouvent les communautés chrétiennes de la Terre sainte dans leurs relations avec les gouvernements de la région, notamment dans le contrôle des sanctuaires des principaux lieux saints chrétiens (église du Saint-Sépulcre, basilique de la Nativité, Sépulcre de Marie, église de l’Ascension).

Historique
À partir du IIIe siècle, sous l’influence des chrétiens qui sont devenus de plus en plus puissants, surtout après l’adoption du christianisme par l’empereur Constantin Ier au IVe siècle, la Palestine prend un statut moral particulier en étant considérée comme Terre sainte. Après la conquête musulmane et les Croisades, la région est sous domination ottomane de 1244 jusqu’au XIXe siècle. Le sultan de l’Empire ottoman confie alternativement les principaux lieux saints chrétiens aux Catholiques (notamment l’Ordre franciscain qui envoie des missions en terre sainte dès le XIIIe siècle) et aux Orthodoxes , ces communautés chrétienne (réunies sous le vocable de al-ṭawā’if al-masīḥiyya) étant organisées sur le modèle des millet et dotées de droits de propriété et d’usage de chaque sanctuaire (communautés gardiennes, propriétaires, ayant-droit, usagères). Chaque communauté religieuse obtient, sur fond de pression politique et de corruption, des capitulations et firmans accordés par la « Sublime Porte », ce qui cause régulièrement des affrontements violents quant à l’administration et l’utilisation des sanctuaires. À partir du XVe siècle, le clergé grec orthodoxe étend son influence en Palestine avec le sultan Mehmed II qui proclame le Patriarche grec de Constantinople autorité religieuse et civile pour l’ensemble des chrétiens résidant dans son empire1.

À la faveur de la défaite des Ottomans à la bataille de Vienne en 1683, un firman de 1690 oblige les Grecs à restituer aux catholiques le contrôle principal des sanctuaires. Les conflits de cohabitation atteignent leur apogée le 2 avril 1757, date à laquelle, la nuit des Rameaux, un soulèvement populaire évince les Franciscains du Saint-Sépulcre. Le nouveau rapport de force favorable aux Grecs orthodoxes est confirmé par le firman de 1767 qui leur remet une grande partie de la basilique de la Nativité, la tombe de la Très Sainte Vierge Marie et la presque totalité de la Basilique du Saint Sépulcre. En 1847, le vol de l’étoile incrustée sous l’autel de la Nativité, vol que les Latins attribuent aux grecs orthodoxes (ces derniers n’auraient pas accepté que l’inscription gravée soit rédigée en latin, est une des causes directes de la participation française à la guerre de Crimée contre la Russie2. Le 8 février 1852, l’empereur ottoman, sous la pression du tsar Nicolas, promulgue un firman qui confirme le Statu Quo (c’est-à-dire la situation de 1767) tel qu’il existe encore aujourd’hui. Confirmé par le traité de Paris de 1856 et déclaré inviolable dans le traité de Berlin de 1878, le Statu Quo jouit en effet d’une garantie continue dans le droit international.

Voir aussi:

Status Quo

Custodia

« Status quo » — ou « Statu quo », comme il est d’usage de dire en Terre Sainte et dans de nombreuses publications – au sens large, se réfère à la situation dans laquelle se trouvent les Communautés chrétiennes de la Terre Sainte dans leurs relations avec les gouvernements de la région.

En particulier, le « Status quo » indique la situation dans laquelle se trouvent les Communautés chrétiennes dans les Sanctuaires de Terre Sainte. Ces situations concernent tant la propriété que les droits qu’elles ont soit seules soit avec d’autres rites au Saint Sépulcre, dans la Basilique de la Nativité à Bethléem et à la Tombe de la Très Sainte Vierge Marie à Jérusalem.

La vie des Sanctuaires est inséparable des régimes politiques de la Terre Sainte qui conduisirent progressivement à la situation actuellement encore en vigueur.

Au cours des XVII° et XVIII° siècles, les Grecs orthodoxes et les Catholiques furent en controverse continuelle à propos de certains Sanctuaires (Saint Sépulcre, Tombe de la Très Sainte Vierge Marie et Bethléem). Ce fut une période de « luttes fraternelles et d’interventions politiques ». Au travers de ces douloureuses vicissitudes, on arriva à la situation ratifiée par un firman du 8 février 1852 et indiqué par le terme de « Statu quo ».

Le « Statu quo » dans les Sanctuaires de Terre Sainte, et spécialement au Saint Sépulcre, détermine les sujets de la propriété des Lieux Saints et plus concrètement les espaces à l’intérieur du Sanctuaire ainsi que les horaires et la durée des fonctions, les déplacements, les parcours et la manière de les réaliser, tant en chant qu’en simple lecture.

Il faut rappeler que les communautés officiant au Saint Sépulcre, outre les Latins, sont les Grecs, les Arméniens, les Coptes et les Syriens et que, pour tout changement, il faut tenir compte de toutes les communautés. Les communautés du Saint Sépulcre se règlent selon le calendrier propre à chacun des rites.

En ce qui concerne la communauté catholique, les Franciscains suivent les fêtes selon le degré de solennité précédent la réforme de Vatican II parce que c’est ce qui détermine le droit acquis avec le « Statu quo » en ce qui concerne les Premières Vêpres solennelles, les Matines, la Messe et autres fonctions qui y sont liées (processions, encensements etc.).

Pour mieux comprendre une telle situation, il est nécessaire d’ajouter quelques notations historiques. Immédiatement après son entrée à Constantinople, Mahomet II proclama le Patriarche grec de Constantinople autorité religieuse et civile pour l’ensemble des chrétiens résidant dans son empire.

Depuis lors, les communautés orthodoxes de Grèce, arguant du fait d’être composées de sujets de l’empire ottoman, purent affluer en Terre Sainte et exercer l’une des plus efficaces influence sur les sultans pour obtenir en leur faveur des avantages dans les sanctuaires. Le clergé grec réussit progressivement à remplacer le clergé autochtone. A partir de 1634, le Patriarche orthodoxe de Jérusalem sera toujours un grec. Au cours de cette période commencent également les revendications de la part du clergé grec sur les Lieux Saints. En 1666, le Patriarche orthodoxe Germain revendiqua les droits des orthodoxes sur la Basilique de Bethléem, comme l’avaient fait avant lui les Patriarches Sophronios IV (1579-1608) et Théphanios (1608-1644). De semblables revendications furent également avancées en ce qui concerne le Saint Sépulcre à Jérusalem.

Les tentatives en question furent bloquées surtout grâce à l’intervention de Venise et de la France auprès de la Sublime Porte (ainsi qu’était appelée l’instance suprême de l’Empire ottoman). En 1633, le Patriarche Théphanios réussit à obtenir un firman antidaté au temps d’Omar (638) qui conférait au Patriarcat grec orthodoxe les droits exclusifs sur la Grotte de la Nativité, le Calvaire et la Pierre de l’Onction.

Les Puissances occidentales réussirent à obtenir, sous la pression du Pape Urbain VII, le retrait du firman. Toutefois, il fut émané une deuxième fois en 1637. A cette époque, Venise, l’Autriche et la Pologne étaient en guerre contre l’Empire et ne purent donc avoir aucune influence en faveur des Franciscains. La situation se fit encore plus drastique en 1676 lorsque le Patriarche Dositeos (1669-1707) reçut un autre firman par lequel il obtint la possession exclusive du Saint Sépulcre. Suite aux protestations occidentales, la Sublime Porte nomma un tribunal spécial chargé d’examiner les différents documents.

En 1690, par un firman ad hoc, ce dernier déclara que les Franciscains sont les légitimes propriétaires de la Basilique. Depuis lors, les puissances occidentales furent toujours plus actives auprès du gouvernement ottoman afin de garantir les droits catholiques dans les Lieux Saints. Ce fut ainsi avec la paix de Carlowitz (1699), Passarowitz (1718), Belgrade (1739) et Sistow (1791). Toutefois, les résultats effectifs de ces interventions ne furent pas des plus importants.

En 1767, suite notamment aux affrontements violents et aux actes de vandalisme qui virent la participation de la population locale, des Grecs orthodoxes et des Franciscains, la Sublime Porte émana un firman qui remettait aux Grecs orthodoxes la Basilique de Bethléem, la tombe de la Très Sainte Vierge Marie et la presque totalité de la Basilique du Saint Sépulcre. Malgré les appels répétés du Pape Clément XIII aux puissances occidentales, le firman fut confirmé et fixa de manière désormais définitive, à part quelques détails, la situation des Lieux Saints jusqu’à nos jours. Au XIX° siècle, la question des Lieux Saints devint un contentieux politique, spécialement entre la France et la Russie.

La France obtint la protection exclusive des droits des Catholiques et la Russie celle des chrétiens orthodoxes. En 1808, un grand incendie dans la Basilique du Saint Sépulcre détruisit presque entièrement l’édicule croisée du Saint Sépulcre. Les grecs obtinrent la permission de reconstruire une nouvelle édicule qui est celle actuellement existante. En 1829, les droits actuels dans la Basilique étaient reconnus de manière définitive aux Arméniens orthodoxes.

En 1847, les grecs enlevèrent l’étoile d’argent située sur le lieu de la naissance du Seigneur dans la Grotte de Bethléem. Sur l’étoile se trouvait en effet une inscription en latin qui attestait ainsi de la propriété latine du lieu. En 1852, l’Ambassadeur français près la Sublime Porte, au nom des puissances catholiques, demanda le rétablissement des droits des Franciscains précédents à 1767 et en particulier le replacement de l’étoile.

L’Empereur ottoman, sous la pression du Tsar Nicolas, refusa et émana un firman par lequel il décrétait que le Status Quo (c’est-à-dire la situation de 1767) devait être maintenu.

Depuis lors, malgré les tentatives répétées et les guerres qui se sont succédées, la situation demeura inchangée même si l’étoile fut remise à sa place. Pas même la chute de l’Empire ottoman et la création du mandat britannique ne conduisirent à la modification du Status Quo.

Une telle situation est aujourd’hui considérée comme un fait acquis.

Les relations et les rapports entre les différentes communautés chrétiennes sont encore réglés par le Status Quo, mais ils sont cordiaux et amicaux.
Le dialogue œcuménique a définitivement affaibli les conflits historiques. Il n’existe plus, au moins pour la partie catholique, d’accusation d’« usurpation » des Lieux Saints.
Au contraire, on considère que la présence chrétienne multiforme en de tels lieux est une richesse à préserver et un droit acquis et inaliénable.
Les rencontres périodiques et les négociations entre les différentes communautés se concentrent aujourd’hui sur les restaurations des Basiliques et sur la possibilité d’une meilleure distribution des différentes liturgies.
Les décisions sont prises d’un commun accord entre les différentes communautés religieuses, sans aucune intervention extérieure qu’elle soit de nature politique ou civile.

Voir également:

Netanyahu et le Mufti

Oh qu’ils sont contents ! Je les imagine trépignants d’une indignation qui masque à peine leur jubilation ! Tous ceux qui essaient depuis si longtemps de faire qualifier le gouvernement Netanyahu « d’extrême-droite » tiennent enfin leur « preuve », leur « argument indiscutable ! ». Netanyahu est un négationniste ! Tellement aveuglé par sa haine des Palestiniens, Benjamin Netanyahu dévoile son « vrai visage » en dédouanant Hitler de la responsabilité de la Shoah et en accusant Hadj Amin Al Husseini, le Grand Mufti de Jérusalem. Haaretz titre fièrement : « Netanyahu : Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs »

Qu’a dit Netanyahu ? Dans un discours devant le 37ème Congrès Sioniste Mondial à Jérusalem, il a expliqué que plusieurs attaques contre la communauté juive, dont celles de 1920, 1921 et 1929 (massacre de Hébron, ncgqdi) ont été menés à l’appel du Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin Al Husseini qui sera ensuite recherché pour crimes de guerre dans le Procès de Nuremberg pour avoir joué un rôle central dans la fomentation de la solution finale.

C’est là que Netanyahu prononce la phrase qui va lui être reprochée toute sa vie parce que tronquée et sortie de son contexte. Il dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser ! » Ensuite, il résume de façon très succincte et limite caricaturale une conversation entre le Grand Mufti et Hitler en disant que le Mufti serait allé voir Hitler et lui aurait dit que s’il expulsait les Juifs, ils viendraient tous ici (en Palestine, ncgqdi). Hitler lui aurait répondu « Que dois-je donc en faire ? » et le Mufti aurait répondu « Brûlez-les ». Il conclue cette conversation en expliquant que c’est le même homme, Hadj Amin Al Husseini, qui dès les années 20, fomentait des troubles en prétextant que les Juifs allaient détruire la Mosquée Al Aqsa et que ce mensonge (qui est agité aujourd’hui par Abbas) était donc vieux d’un siècle.

Et voilà comment toute la presse mondiale et tous les opposants à Netanyahu tirent la phrase qu’ils vont utiliser pendant des décennies pour nuire à Netanyahu : « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs. »

Sauf que ce n’est pas ce qu’il a dit et que sa phrase a été coupée au moment qui arrange ses opposants. Il a dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs, à l’époque« . Donc c’est justement cette époque qui nous intéresse.

Dans son article sur ce discours, Haaretz explique que Netanyahu situe cette conversation entre Hitler et le Mufti dans le contexte du mois de novembre 1941. J’invite chacun à lire la page sur la Conférence de Wannsee de Janvier 1942 sur le site de l’United States Holocaust Memorial Museum. On y lit que, bien que les meurtres de Juifs étaient déjà bien engagés, la décision finale d’une extermination a été prise dans le courant de l’année 1941, avec comme dates plus précises, la mention de Septembre 1941 où Hitler autorise la déportation des Juifs allemands, autrichiens et tchèques en Pologne et celle de l’Automne 1941 pour le déploiement en Lettonie de l’Einzatzcommando 2 du Major Lange. Dans d’autres sources, on peut lire que les Einzatzgruppen commencent leur action en Juillet 1941 en Lituanie et que le massacre du ravin de Babi Yar, en Ukraine a lieu en Septembre 1941.

On constate plusieurs choses :

  • Dans les faits, les meurtres de masse de Juifs ont commencé avant la conférence de Wannsee qui est pourtant considérée comme la conférence fondatrice de la « solution finale à la question juive dans la sphère d’influence », selon l’expression employée lors de la conférence. Ces meurtres de masse ne sont pas encore une volonté exterminatrice écrite en tant que politique du Reich. Ils sont un nettoyage ethnique de « l’espace vital » allemand à l’Est, tel que théorisé par Hitler dans Mein Kampf. Il est important de préciser qu’on est déjà, avec ce nettoyage ethnique, dans la notion de crime contre l’humanité. L’extermination, entérinée à Wannsee, est une aggravation et une radicalisation du crime contre l’humanité déjà existant, pas une nouveauté.
  • Cette aggravation est effectivement décidée en 1941, vraisemblablement au cours du second semestre et probablement à l’automne, entre Septembre et Décembre 1941, la conférence de Wannsee étant la réunion d’organisation administrative de cette aggravation.

Donc, en remettant les choses dans une perspective plus historique et moins politicienne, on peut dire que Netanyahu n’a pas fait de révisionnisme, bien au contraire.

A-t-il pour autant raison de sous-entendre que le Mufti a eu une influence importante sur cette aggravation ? Haaretz, en fin d’article explique que cette thèse a récemment été portée par deux auteurs, Barry Rubin et Wolfgang Schwanitz, dans un livre intitulé « Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East », publié aux Editions Universitaires de Yale (qui n’est pas la plus médiocre université au monde). Si les auteurs n’évoquent pas spécifiquement la rencontre et les mots utilisés par Netanyahu, ils soutiennent cependant que la décision d’extermination a été prise par Hitler en partie pour satisfaire le Mufti qui refusait la déportation des Juifs en Palestine.

En réaction à la polémique, Netanyahu a expliqué qu’il n’avait aucune intention de minimiser le rôle d’Hitler qui a pris la décision d’assassiner 6 millions de juifs mais qu’il était également absurde de minimiser le rôle du Grand Mufti qui encourageait Hitler, Ribbentrop et Himmler à exterminer les Juifs d’Europe, citant le témoignage de l’adjoint d’Adolf Eichmann au Procès de Nuremberg qui qualifiait le Mufti de « partenaire » et de « conseiller » d’Hitler et d’Eichmann dans la solution finale.

Il eut été bon également de préciser que satisfaire les exigences des Nationalistes arabes, représentés par le Mufti, était capital pour Hitler en novembre 1941, dans son contexte stratégique. Il ne s’agit pas simplement d’une influence morale du Mufti ou d’une volonté de lui plaire mais bien une volonté de sécuriser des positions stratégiques dans une guerre qui commençait à mal tourner pour le 3ème Reich.

Rappelons que l’Afrika Korps est présent en Libye depuis Février 1941 et qu’en Novembre 1941, il obtient une victoire cruciale contre les Britanniques à Tobrouk, ce qui ouvre à l’Allemagne les portes de l’Egypte britannique. La stratégie allemande au Moyen-Orient est claire : isoler la Grande-Bretagne de ses sources d’approvisionnement en capturant le Canal de Suez et en capturant les zones pétrolifères du Golfe Persique. L’Allemagne fomente également en 1941 un soulèvement nationaliste de l’Irak pour gêner les approvisionnements pétroliers britanniques. A cette époque, le Royaume-Uni est très isolé. Harcelé dans les airs par la Luftwaffe, assiégé par la Kriegsmarine et les U-Boots, il a perdu l’ensemble de ses alliés, à commencer par la France en 1940 et il ne parvient pas à convaincre les USA d’entrer formellement en guerre. Il faudra attendre Pearl Harbor en décembre 1941 pour que les USA entrent définitivement dans le conflit.

La fin de l’année 1941 est donc cruciale pour l’Allemagne. Elle vient d’entamer une invasion de l’URSS qui a échoué puisque l’Armée Rouge a réussi à faire durer sa résistance, au prix de pertes inimaginables, jusqu’au terrible hiver russe qui lui donne un répit. Ce semi-échec allemand fait perdurer une situation qu’Hitler redoute par-dessus tout : la guerre sur plusieurs fronts. Il n’a pas réussi à abattre le Royaume-Uni à l’été 1940 et il n’a pas réussi à abattre l’URSS à l’été 1941. Il sait que la riposte soviétique sera difficile, il sait qu’il doit y concentrer un maximum de forces et il est donc pressé d’en finir avec les Britanniques. Un soulèvement général des Arabes contre les Britanniques en Egypte, Palestine et Mésopotamie est capital pour priver ces derniers de leurs ressources pétrolières et de leurs voies d’approvisionnement par la Méditerranée et ainsi, les contraindre à rechercher la paix avant que les Américains ne s’engagent formellement contre l’Axe Tokyo-Berlin-Rome.

Dans ce contexte, il semble évident qu’Hitler a un besoin impératif de s’attirer les bonnes grâces du Grand Mufti de Jérusalem qui a des intentions compatibles avec les siennes. Sans accuser l’un et excuser l’autre, il semble évident que leurs opinions, leurs options stratégiques et leurs choix politiques respectifs les ont conduit à se radicaliser mutuellement dans le traitement de la question juive.

On peut donc en effet reprocher à Netanyahu une simplification à outrance et même, si cette conversation n’a pas eu lieu, une forme de malhonnêteté politicienne qui invente une histoire simple pour résumer un contexte général complexe mais on ne peut pas simplement balayer ses propos comme des distorsions coupables de l’histoire ou comme du révisionnisme à la sauce de Faurrisson.

La solution nazie finale à la question juive, que l’on appelle Shoah, Holocauste ou génocide des Juifs d’Europe est quelque chose de beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et c’est un sujet qui, surtout lorsqu’on aborde les responsabilités morales ou opérationnelles, ne souffre pas d’approximations, de simplifications ou de caricatures. C’est donc le seul reproche que je ferais à Benjamin Netanyahu.

Voir  encore:

La bataille du mont du Temple
Shmuel Trigano

« C’est à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours »
Le billet de Shmuel Trigano, Professeur des Universités en sociologie

Actualité juive

16/10/2015

Avec les troubles que connaît Israël autour du mont du Temple (« l’esplanade des Mosquées » des musulmans et des journalistes), le conflit du Proche-Orient s’embrase en son cœur le plus profond, en dévoilant qu’il n’est ni national ni territorial comme le voudraient bien les utopies de gauche, mais religieux, une guerre de religion découlant du scandale inadmissible que représente pour l’islam la souveraineté d’un peuple qui n’a le droit de (sur)vivre que comme « dhimmi ». La rumeur que les « Juifs » veulent détruire la mosquée El Aksa est un vieux leurre, manipulé cycliquement depuis les émeutes de 1929 et destiné à susciter la fureur musulmane et à la focaliser sur les Juifs. C’est un mensonge éhonté, du type de ceux qui donnaient naissance à des pogroms.

C’est en effet à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours, comme dans les temps anciens. Je pense notamment à la scène de la femme poignardée appelant au secours sous les lazzis, les crachats et les coups des commerçants des échoppes environnantes. Celà montre bien jusqu’où peut aller le penchant suprématiste, même « sous occupation ». C’est ce que fait entendre la « Liste unie » des députés arabes israéliens qui décrètent (Hanan Zoabi dixit) que c’est toute la montagne qui est une mosquée. Au déni musulman de la sainteté du lieu pour le judaïsme s’ajoute l’intolérance qui veut interdire aux Juifs l’accès non pas aux mosquées mais aux immenses terrasses de la montagne. Le plus piquant c’est que ceux qui hurlent à la profanation des Juifs (Abbas a parlé de « leurs pieds sales… »), sont aussi ceux qui ont effectué en catimini d’immenses excavations sous le mont pour construire sans permis une mosquée souterraine de 12 000 places dans un lieu dénommé « les écuries de Salomon », en détruisant des vestiges inestimables des temples juifs de l’antiquité, à l’instar des destructions de monuments façon Etat islamique.

Ceci dit, l’Etat d’Israël retire les fruits amers d’une démission et d’une négligence. La première commence avec Moshe Dayan qui, en 1967, a remis les clefs du mont du Temple au Waqf jordanien, à une puissance qui avait profané tous les lieux saints juifs et interdit aux Juifs tout accès à leurs sites. Assumer la souveraineté de l’Etat sur le mont du Temple semblait sans doute trop lourd à porter symboliquement à l’élite politique israélienne. C’est ce qu’ont bien compris les stratèges arabes : ici s’arrêtait la souveraineté d’Israël, bien que le lieu fût en son pouvoir, et c’est dans ce vacuum d’une puissance symbolique planétaire que l’islamisme s’insinuerait pour contester la souveraineté d’Israël en elle-même. Telle est bien la plate-forme idéologique de la Liste arabe unifiée. La démission suprême d’Israël dans sa victoire offrait aux vaincus une bascule pour renverser la situation sans tanks ni avions, ciblant Israël en son point le plus faible : l’assomption de son identité.

« La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset  »

Mais la situation découle aussi de deux négligences israéliennes : tout d’abord avoir laissé se développer depuis plus de 10 ans la « Ligue du nord », un mouvement islamiste israélien qui est le maître d’œuvre de la crise cyclique « les Juifs vont détruire El Aqsa » et qui stipendie les émeutiers installés dans la mosquée avec armes et munitions. Les activistes islamistes israéliens (une expression  incroyable !) sont libres de leurs mouvements. Ils drainent avec eux non seulement une partie des Arabes d’Israël mais aussi des territoires. L’intervention de la Turquie de l’islamiste Erdogan est aussi patente.

La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset qui est une liste non politique mais ethnique rassemblant des islamistes aux communistes, sur une base ethnico-religieuse, ce qu’une démocratie normale (Cour Suprême ?) ne devrait pas accepter car c’est là le contraire du multipartisme, une forme d’irrédentisme national. Or cette Liste, depuis son élection, montre qu’elle est le ferment de la révolte civile et de la discorde. Ce sont ses députés qui ont pris la tête de la guerre d’El Aqsa. Ils sont les chefs de file de la démonstration de force couplée, selon toute vraisemblance, avec la levée du drapeau palestinien à l’ONU. On subodorait qu’une fois l’Etat proclamé, les Arabes israéliens entreraient en lice. C’est ce scénario qui est simulé aujourd’hui, sans doute fatalement trop intempestif. Merci la France !

Comment la mosquée Al Aqsa peut-elle être un Lieu Saint pour les musulmans ?

Danilette

20 octobre 2015

Le Har HaBayt des Juifs vers lequel sont tournées les prières juives 3 fois par jour et cité dans les Actions de Grâces après chaque repas, le nom original en arabe est la traduction de Har Ha Bayt, c’est Bayt al-Maqdis !!! !

Rappelons d’abord que Jérusalem est considérée aujourd’hui comme le 3ème Lieu Saint de l’islam pour les musulmans sunnites et non pas pour les musulmans chiites qui sont restés avec leurs Lieux saints inchangés à savoir : La Mecque, Médine, Najaf, Kerbala, Meched. Le narratif musulman cherchant à tout prix à sanctifier Jérusalem comme une ville sainte pour les musulmans est en train de gagner du terrain et on s’en aperçoit en faisant une recherche google, il faut désormais bien chercher pour trouver la vérité historique, certaines entrées ont été supprimées, d’autres modifiées ou falsifiées comme sur wikipédia !

Jérusalem est surtout devenue « sainte » depuis que les Juifs sont de retour dans leur unique ville sainte, sainte depuis 3000 ans !

La mosquée Al Aqsa, le soi-disant 3ème Lieu saint de l’islam, à ne pas confondre avec le Dôme du rocher, est le nom de la mosquée « la plus lointaine » citée dans le coran à propos du voyage nocturne de Mahomet qui aurait été transporté à la mosquée Al Aqsa sur sa monture Al Burak et serait monté au ciel où il aurait rencontré les précédents prophètes juifs et chrétien. Historiquement cela ne peut pas être à Jérusalem puisque la mosquée Al Aqsa a été construite bien après la mort en 632 de Mahomet !

D’après les anciens exégètes du coran, il y a différentes interprétations, certains affirment que la mosquée Al Aqsa citée dans le coran est située dans le sinaï, Mohammed al-Ghazalï, un théologien du 11 ème siècle affirme qu’Al Aqsa se trouve au ciel, pour beaucoup d’autres le lieu originel d’Al Aqsa se trouve entre La Mecque et Ta’if comme le rapporte l’historien et géographe musulman al-Waqidi, auteur du « Kitab al-maghazi» :

il y avait deux lieux de prière à al-Gi’ranah, village situé entre La Mecque et Ta’if : l’un était « la Mosquée la plus proche » (al-adana), et l’autre, « la Mosquée la plus éloignée » (al-aqsa), où Muhammad priait lorsqu’il n’était pas à La Mecque

Ce n’est que tardivement, qu’après avoir construit une mosquée sur l’esplanade du Temple juif, puis l’avoir nommée Al Aqsa qu’elle est devenue miraculeusement la mosquée Al Aqsa du coran comme l’islam en a la spécialité, puisque d’après lui, même Adam et Eve étaient musulmans et à fortiori tous les personnages de la bible hébraïque et ceux des Evangiles, même Jésus est un prophète musulman et donc il est palestinien !
Jérusalem apparaît 669 fois dans la Bible juive, 154 fois dans la Bible chrétienne mais pas une seule fois dans le Coran, ni Jérusalem, ni Al Qods, le nom arabe de Jérusalem !
Il n’y a jamais eu de pèlerinage à Jérusalem pour les musulmans contrairement aux pèlerinages pratiqués dans leurs autres villes saintes ! Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un pays arabe ou même d’une province arabe !

Il ne s’agit pas de dénier aux musulmans quoi que ce soit mais de rappeler que la tolérance doit être réciproque et partagée,

The Church of the Holy Sepulchre: A Work in Progress

The Status Quo (capitalized) has referred to the customary set of arrangements regulating possession, usage, and liturgy at the holy places. It allows rivals to live and worship alongside each other in a confined space. Without it there would be a free-for-all. Because the major communities realize this, they insist on its strict observance, though it includes many inconvenient provisions. The Status Quo is a seamless web: if you pick and choose, it will fall apart. Change is not completely ruled out, however, provided the parties can amicably agree.

Raymond Cohen

Chaim Weizmann Professor of International Relations,

Hebrew University, Jerusalem and Corcoran Visiting Professor, Boston College.

He is author of Saving the Holy Sepulchre: How Rival Christians Came Together to Rescue their Holiest Shrine (New York: Oxford University Press, 2008).

May 2009

When the nun Egeria came on pilgrimage to Jerusalem in the early fifth century, she found the communities worshipping together harmoniously at Easter in the Anastasis, the Church of the Resurrection. Though the bishop always spoke Greek, his words were translated into Aramaic and Latin, “that all may understand what is being explained.”

Out of communion for centuries, six ancient churches are represented today at the Holy Sepulchre by communities of monks. The three major communities administering the Holy Sepulchre, the Greek Orthodox, Roman Catholics—represented by the Franciscan Order—and Armenian Orthodox have their own chapels and share common areas, which include the stone of unction, the edicule containing Christ’s tomb, and surrounding paving. Two minor communities, the Coptic Orthodox and Syrian Orthodox, have rights of usage, but no say in the running of the church. The tiny Ethiopian Orthodox community, living on the roof, has no rights in the Anastasis.

Over the centuries, the Catholic and Orthodox Churches, known in Jerusalem as Latins and Greeks, drifted apart for cultural and political, as much as theological reasons. Rivalry for control of the Holy Sepulchre reflected the wider conflict between the parent churches. After the crusaders captured Jerusalem in 1099, a Latin bishop was appointed to the vacant Jerusalem patriarchate, traditionally occupied by an Orthodox prelate. The consecration of a new Holy Sepulchre in 1149 marked the high point of Latin primacy. When Saladin retook Jerusalem in 1187, he restored the patriarchal throne to the Orthodox.

During the Ottoman period (1516-1917), Greeks and Latins contested control of the edifice. They fought on three fronts: in the church with stones and staves; through the local Moslem religious courts with ancient deeds, sometimes forged; and in the corridors of power in Istanbul, where bribes and diplomatic pressure were used to obtain imperial firmans bestowing rights of possession and usage.

A surprise attack launched on Palm Sunday, 1757, brought the Greeks control of plum sites in the church. After a fire in 1808, they received imperial permission to carry out repairs and consolidated their position. A new neo-Byzantine edicule set the seal on their victory. The Armenians, like the Greeks’ millet or recognized religious minority, made gains as well. With their patrons, France and Spain at war, the Franciscans were left weakened and vulnerable.

By the mid-19th century, the Ottoman Empire was in terminal decline. Napoleon III of France pressed the sultan to restore the pre-1757 status quo, appealing to a 1740 treaty. Nicholas I of Russia threatened to invade Turkey if this happened. To defuse the crisis, the sultan issued an 1853 firman, which declared that “The actual status quo will be maintained and the Jerusalem shrines, whether owned in common or exclusively by the Greek, Latin, and Armenian communities, will all remain forever in their present state.”

This decree was like the standstill provisions of a ceasefire imposed by the UN. Bitterly resented by Catholics, it locked Orthodox primacy in place. In 1878, the Treaty of Berlin incorporated the status quo into international law.

Since then, the Status Quo (capitalized) has referred to the customary set of arrangements regulating possession, usage, and liturgy at the holy places. It allows rivals to live and worship alongside each other in a confined space. Without it there would be a free-for-all. Because the major communities realize this, they insist on its strict observance, though it includes many inconvenient provisions. The Status Quo is a seamless web: if you pick and choose, it will fall apart. Change is not completely ruled out, however, provided the parties can amicably agree.

In some respects, the Status Quo functions like a railway timetable, specifying for every day of the ecclesiastical year the time and place of services and processions conducted by the communities in public areas of the church. It also acts as a sort of property register, detailing possession of every stone and nail. Not a carpet can be laid, a candle lit, or a step swept unless it is the custom.

There is not, and never has been, a single, agreed version, so the term The Status Quo, implying the existence of a single, definitive code, is misleading. Rather, it consists of several overlapping bodies of traditional practice. Each community has its own private compilation. Discrepancies between these versions are notoriously hard to reconcile. For instance, in the present dispute between Greeks and Armenians over the choreography of the Easter Saturday Holy Fire ceremony, the parties refute each other by referring back to contradictory practices existing at different points in time.

Historically, disputes were settled by the Moslem religious courts. This was no longer possible after the 1853 firman, which froze a contested state of affairs. Henceforth, disputes were handled administratively by the governor, who investigated the facts and made a determination as to customary practice. This prohibition on adjudication by the local courts was formalized by Britain in a 1924 order-in-council. When an administrative ruling was issued, it was accompanied by the disclaimer that it was “without prejudice to existing rights and claims,” allowing the losing community to save face by continuing to maintain its formal claim. In practice, though, an administrative ruling was as binding as any legal judgment.

The system worked smoothly during the Ottoman period because Turkish governors possessed a definitive record of past practice. Subsequent sovereigns did not. When British officials took over Jerusalem in 1917, they found that the governors’ records had disappeared. Consequently, during the Mandate they could not always authoritatively determine customary rights.

As a substitute for the missing archive, the Mandate authorities commissioned a young official, L.G.A. Cust, to draw up a memorandum describing the Status Quo. Cust did his best, but his superior, H.G. Luke, thought that many details were so debatable that he attached to The Status Quo In The Holy Places (1929) the proviso, “The accounts of practice given in this Print are not to be taken as necessarily having official authority.”

Under the Israeli dispensation, the system of administrative judgment has been discontinued, mostly leaving it up to the communities to sort things out for themselves. The authorities prefer to mediate, suggesting, not imposing solutions. This markedly differs from the Jordanian period when the governor acted as arbiter in the Arab tradition.

The Status Quo system was an improvement on previous practice when the Turks arbitrarily transferred rights from one community to another. A grave drawback was that it contained no satisfactory provision for carrying out major repairs. The problem lay with Turkish property law, which held that payment for repair of a structure indicated possession and that the owner of the covering of a building owned the building. Thus, as much as one community wanted to pay for a certain repair as an assertion of ownership, the other two communities were eager to block it.

In July 1927, a major earthquake struck Jerusalem. The Holy Sepulchre, in poor condition after centuries of neglect, was badly damaged, though this was not discovered until 1933 by the British architect William Harvey, who immediately warned of the danger of imminent collapse and the need for emergency scaffolding.

For the next twenty years, a series of convulsions—Arab revolt, world war, and the 1948 Arab-Israel conflict—postponed sustained treatment of the issue. Finally, in 1954, architects for the three major communities drew up a joint report acknowledging the precarious condition of the Holy Sepulchre and outlining a solution.

Even so, it was to take until 1961 before the project got underway. Mistrust naturally did not disappear overnight. Psychological barriers had to come down and the communities reach consensus on big issues of principle. According to a key 1958 agreement, the project was to rest on the territorial status quo, implying the preservation of alterations in the layout of the church made to Greek advantage in 1809-10. (These included the walling-off of the crossing and the partition of the deambulatory in the rotunda.)

Between 1961 and 1980, the edifice was rehabilitated from top to bottom. This immense task required repairing foundations and cisterns; restoring internal and external walls, replacing thousands of stones, removing old mortar and injecting new; reconstructing columns, carving new capitals and bands where needed; rebuilding vaults and domes in the rotunda, north and south transepts, crossing, and Greek choir; strengthening the entire structure with an interlocking system of reinforced concrete beams and pillars hidden under walls, terraces, and floors.

By the time the rotunda dome was finished in December 1980, the monument was in better shape than it had been for 500 years: many beautiful features had been recovered and ugly scaffolding dismantled. The Anastasis would be able to withstand any conceivable future earthquake.

The most difficult challenge facing the communities throughout was not the technical work of reconstruction, however arduous and complex, but the political task of negotiating scores of agreements, definitively settling possessory rights in the entire basilica.

A set of propitious circumstances facilitated this achievement:

  • Most important was a meeting of minds at the highest level in Jerusalem. Latin compliance was never in doubt. Wider cooperation became possible with the election of Greek Orthodox Patriach Benediktos in 1957 and Armenian Orthodox Patriarch Yeghishe in 1960. Wholly committed to the project, these were pragmatic prelates able to assert their authority.
  • The wider ecumenical movement at this time had a positive impact on local relations. Ahead of Pope Paul VI’s historical 1964 pilgrimage to the Holy Land and his meeting with Ecumenical Patriarch Athenagoras on the Mount of Olives, the Latins conceded the Seven Arches of the Virgin to the Greeks.
  • A tough but fair Jordanian governor, Hassan Bey al-Katib, intervened at critical moments to break deadlocks. Backed by King Hussein, he was not afraid to threaten coercive measures. He also rejected outside interference.
  • There was a businesslike relationship between church representatives, enjoying the full confidence of their principals. Greek Bishop Daniel, Franciscan Father Rock, and Armenian Bishop Guregh were hard bargainers, vigorously defending their communities’ interests, but also ready to accommodate each other’s vital needs.
  • Finally, a common technical bureau brought together experts speaking a common professional language. The bureau functioned at two levels: Distinguished international architects, including Anastas K. Orlandos, Jean Trouvelot, and Edouard Utudjian, bore overall responsibility. Their local representatives, among others the dedicated Dominican Father Charles Coüasnon, implemented planning decisions and found answers to day-to-day problems.

Following completion of the rotunda dome in 1980, the project ground to a halt. Patriarch Benediktos, the motor of the entire venture, died. At the same time, the common technical bureau ceased to operate. For years, community representatives debated inconclusively the politically sensitive issue of the decoration of the dome.

In the end, an inoffensive compromise design was agreed upon by church leaders and inaugurated in January 1997, enabling the scaffolding disfiguring the rotunda to come down. However, the restoration was unfinished: The edicule was left untouched, visibly disintegrating and only held together by steel bands; paving throughout the church was cracked and shabby; the electrical and sewage systems badly needed renovation, as did the malodorous public latrines.

In late 2007, agreement was reached on a plan for new latrines, partly thanks to markedly improved relations between Latins and Greeks. But this accord has not yet been implemented because of a disagreement between the major communities and the Copts over renovation of the sewage line, which runs under the Coptic patriarchate, and because of tense relations between Greeks and Armenians over rights inside the tomb. Twice in 2008 monks clashed over the presence of a Greek sacristan during Armenian pontifical processions. Precedence at the Holy Fire ceremony continues to be bitterly contested.

These are ancient disputes and in time tensions will doubtless abate, as they have in the past. Repair of the latrines would help to build confidence. Meanwhile, completion of the restoration of Christianity’s holiest place awaits better days.

Une résolution critique d’Israël votée à l’Unesco
Jérusalem rejette la résolution expurgée une revendication sur le Mur des Lamentations

I24news

Une résolution sur la Palestine critiquant notamment la politique d’Israël à Jérusalem a été votée mercredi à l’Unesco, dans une version expurgée d’une revendication initiale sur le Mur des Lamentations qui avait suscité la colère de l’Etat hébreu.

Soumis par un groupe de pays arabes aux 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le texte a recueilli 26 voix en sa faveur, tandis que six délégations ont voté contre, 25 se sont abstenues et une dernière était absente au moment du vote, selon des sources diplomatiques.

Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Estonie sont les six pays qui s’y sont opposés. La France s’est pour sa part abstenue, d’après les mêmes sources.

La résolution votée, dont l’AFP a pris connaissance du contenu, « condamne fermement les agressions israéliennes et les mesures illégales limitant la liberté de culte et l’accès des musulmans au site sacré de la mosquée al-Aqsa ».

Elle « déplore vivement » en outre les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ».

Israël rejette la décision de l’UNESCO la décrivant comme un abus du mandat donné à l’organisation onusienne. Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé une “résolution honteuse qui vise à transformer le conflit israélo-palestinien en une confrontation religieuse.”

Jérusalem accuse l’UNESCO de “se joindre aux pyromanes qui cherchent à mettre le feu aux sites les plus sensibles de l’humanité.”

Toute référence a en revanche été abandonnée à la « place Al Buraq », nom employé par les musulmans pour désigner les abords du Mur des Lamentations, révéré par les juifs, en contrebas de l’esplanade des Mosquées.

La rédaction initiale du texte, déposé par l’Algérie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Maroc et la Tunisie, avait suscité mardi l’ire d’Israël et l’inquiétude de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, opposée à une remise en cause du statut des Lieux saints de Jérusalem.

Dans un paragraphe finalement supprimé, les auteurs du texte affirmaient que « la place Al Buraq fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa ».

Israël avait dénoncé « une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire » et Mme Bokova avait « déploré » les initiatives susceptibles d’être « perçues comme des modifications au statut de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts », appelant le Conseil à « prendre des décisions qui n’alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ».

Recevant mercredi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé l’Etat hébreu à respecter strictement les règles régissant l’ultra-sensible esplanade des Mosquées.

« La poursuite des agressions (…) contre Al-Aqsa ouvre la porte à un conflit religieux, qui a malheureusement commencé. Nous ne le voulons pas et nous mettons en garde contre ses conséquences », a affirmé M. Abbas.

En vertu de ces règles tacites, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier.

Ces dernières semaines, à l’occasion des fêtes juives du mois de septembre, les tensions ont atteint un niveau rarement égalé autour du site, de violents affrontements ayant gagné l’esplanade même.

Les Palestiniens qualifient la recrudescence des visites de juifs de tentative israélienne de prendre le contrôle du lieu saint, actuellement sous la garde de la Jordanie.

Israël de son côté assure vouloir maintenir le statu quo et ne pas vouloir céder aux appels d’une frange minoritaire mais de plus en plus audible parmi ses citoyens.

La querelle des Lieux saints de l’islam et du judaïsme à Jérusalem a été la cause directe de certains des épisodes les plus violents du conflit israélo-palestinien depuis un siècle.

(avec AFP)

Voir aussi:

Israël sommé de respecter les sites palestiniens
L’Humanite/AFP
21 Octobre, 2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé Israël à respecter strictement les règles régissant l’esplanade des Mosquées, particulièrement celle d’Al-Aqsa, à Jérusalem. L’Unesco de son côté a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine.
« La poursuite des agressions (…) contre Al-Aqsa ouvre la porte à un conflit religieux, qui a malheureusement commencé. Nous ne le voulons pas et nous mettons en garde contre ses conséquences », a affirmé Mahmoud Abbas ce mercredi, accusant Israël de ne pas respecter le « statu quo » hérité du conflit de 1967 régissant l’esplanade. En vertu de ces règles, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier.

Le président palestinien reçoit aujourd’hui le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon en Cisjordanie occupée. « Nous continuerons à soutenir tous les efforts nécessaires pour créer les conditions de véritables négociations. Mais en dernier ressort, c’est aux Palestiniens et aux Israéliens de choisir la paix. Notre défi le plus urgent, c’est d’arrêter la vague de violence actuelle et d’empêcher qu’il y ait plus de morts », a déclaré ce dernier.

Pendant ce temps, l’Unesco a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine. Mais le paragraphe controversé qui aurait modifié le statut du mur des Lamentations en affirmant que la place Buraq faisait partie intégrante de la mosquée Al Aqsa, sur la très sensible esplanade et lieu saint de l’islam, a été retiré du texte dans la nuit de mardi à mercredi. Néanmoins la résolution « déplore vivement » les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ».
Les rumeurs d’une éventuelle restriction de l’accès à l’esplanade des mosquées à Jérusalem est une des causes de la récente flambée de violences qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes en quelques semaines. Le ministère israélien des Affaires étrangères avait lui dénoncé dans un communiqué publié lundi une « falsification des faits historiques à Jérusalem » et une « manœuvre sournoise ». « La tentative palestinienne présente le Mur des Lamentations comme un lieu Saint Musulman », écrivait-il. « Cette tentative est clairement un effort pour détruire l’histoire, pour effacer le lien entre le peuple Juif et ses lieux Saints, et pour créer une fausse réalité. »

La résolution, proposée par l’Algérie, le Koweït, le Maroc, la Tunisie, les Emirats arabes unis et l’Egypte, a été adoptée par 26 voix pour, 6 contre et 25 abstentions par le conseil exécutif de l’organisation des Nations unies. Les Etats-Unis ont voté contre, la France s’est abstenue. L’Unesco « regrette » également le refus d’Israël de se conformer à une décision précédente qui l’appelait à retirer les deux sites de la liste du patrimoine national israélien.

Netanyahou part en vrille. Lors d’un discours prononcé mardi, le chef du gouvernement israélien a affirmé que c’était le mufti de Jérusalem, haut dirigeant musulman dans la Palestine alors sous mandat britannique, qui avait incité en 1941 Hitler au génocide. « Hitler, à ce moment là, ne voulait pas exterminer les juifs mais les expulser. Alors Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et a dit: +Si vous les expulsez, ils viendront tous ici+ », en Palestine, a dit M. Netanyahu. « +Et qu’est-ce que je vais en faire?+, a demandé (Hitler). Il (le mufti) a dit: +Brûlez-les+ ». L’historienne en chef du mémorial Yad Vashem pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem a immédiatement contredit Netanyahou. « Cette idée est bien antérieure. Dans un discours au Reichstag le 30 janvier 1939, Hitler évoque déjà ‘une extermination de la race juive' », a-t-elle rectifié.

Voir également:

Nétanyahou fait du grand mufti de Jérusalem l’inspirateur de la « solution finale »
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

21.10.2015

A la veille de sa visite officielle en Allemagne, Benyamin Nétanyahou a mis en cause, mardi 20 octobre, l’influence qu’aurait exercée le mufti de Jérusalem sur Hitler, pour le persuader de mener l’extermination des juifs européens, pendant la seconde guerre mondiale. Le premier ministre s’exprimait devant le 37e Congrès sioniste mondial, à Jérusalem. Choisissant de passer en revue « les dix grands mensonges » auxquels est confronté Israël, M. Nétanyahou s’est arrêté sur l’instrumentalisation des lieux saints par les Palestiniens pour mener des attaques contre les juifs, à commencer par la mosquée Al-Aqsa, au cœur du cycle de violences actuel.

A cette occasion, il a revisité l’histoire de la Shoah, en présentant le mufti de Jérusalem, Haj Amin Al-Husseini, comme une source d’inspiration de Hitler. « Il s’est envolé vers Berlin, a expliqué M. Nétanyahou. Hitler ne voulait pas à l’époque exterminer les juifs, il voulait expulser les juifs. Et Haj Amin Al-Husseini est allé voir Hitler en disant : “Si vous les expulsez, ils viendront tous ici.” “Que dois-je faire d’eux ?”, demanda-t-il. Il a répondu : “Brûlez-les.” »

« Dangereuse distorsion historique »
Ce dialogue imaginaire qui aurait eu lieu le 28 novembre 1941 lors de la rencontre, tout à fait réelle, entre Hitler et le mufti, a déclenché un incendie sur les réseaux sociaux. Il a obligé les responsables politiques à intervenir dans le débat, tandis que les historiens étaient invités à se prononcer sur la validité de cette thèse. Yitzhak Herzog, le chef des travaillistes, a réagi mercredi sur sa page Facebook en évoquant « une dangereuse distorsion historique ». « Je demande à Nétanyahou de la corriger immédiatement car elle minimise la Shoah, le nazisme et… le rôle de Hitler dans le désastre terrible de notre peuple ».

Mais la réaction la plus tranchante fut celle de Zehava Galon, la cheffe du parti de gauche Meretz : « Peut-être que les 33 771 juifs assassinés à Babi Yar en septembre 1941 – deux mois avant la rencontre entre le mufti et Hitler – devraient être exhumés et mis au courant que les nazis ne voulaient pas les détruire. » Quant à Saëb Erakat, le secrétaire général de l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), il a affirmé que « Nétanyahou déteste tant les Palestiniens qu’il est prêt à absoudre Hitler pour le meurtre de six millions de juifs ». M. Erakat a aussi souligné la participation de milliers de Palestiniens dans les rangs des Alliés.

« Peut-être que les 33 771 juifs assassinés à Babi Yar en septembre 1941 devraient être exhumés et mis au courant que les nazis ne voulaient pas les détruire », a ironisé Zehava Galon, la cheffe du parti de gauche Meretz
Moshe Yaalon, le ministre de la défense, a semblé prendre ses distances avec les propos du chef du gouvernement. « Bien entendu, a-t-il dit, Haj Amin Al-Husseini n’a pas inventé “la solution finale à la question juive”. L’histoire montre clairement que Hitler en est à l’origine. Haj Amin Al-Husseini l’a rejoint. » Interrogé par le site d’information Ynet, la professeure Dina Porat, historienne en chef de Yad Vashem, a réfuté l’analyse développée par M. Nétanyahou. « On ne peut pas dire que c’est le mufti qui a donné à Hitler l’idée de tuer ou de brûler les juifs, a-t-elle expliqué. C’est faux. Leur rencontre a eu lieu après une série d’événements qui allaient dans ce sens. » Des collègues de Dina Porat abondent en ce sens. « Al-Husseini a soutenu l’extermination des juifs, il a essayé d’empêcher le sauvetage des juifs, il a recruté des Arabes pour les SS, explique pour sa part l’historien Meir Litvak, de l’université de Tel-Aviv. C’était une personne abominable, mais cela ne doit pas minimiser l’ampleur de la culpabilité de Hitler. »

Pression
Chercheur à l’université Bar-Ilan, au Centre Menachem-Begin pour l’étude des mouvements de résistance, Edy Cohen ne partage pas ce point de vue et se dit « d’accord » avec le premier ministre, au-delà de tout débat politique partisan. « Nétanyahou a résumé ce que le mufti voulait accomplir, dit-il au Monde. Je pense que Hitler et le mufti se sont inspirés mutuellement. On ne peut pas dire qui voulait le plus tuer les juifs. Par contre, il faut souligner que la “solution finale” n’a débuté qu’après sa visite à Berlin. » Selon Edy Cohen, M. Nétanyahou a eu raison de rappeler le rôle du mufti dans les incitations à la violence. « C’est lui qui a inventé l’idée selon laquelle la mosquée Al-Aqsa était en péril. Il voulait l’aide du monde arabe, de l’argent et des armes, mais ces pays ont hésité. Or le mufti était très intelligent. Il a dit que les juifs voulaient détruire Al-Aqsa pour y construire un troisième temple. Il a été le premier à les accuser de ça. »

Ce n’est pas la première fois que Benyamin Nétanyahou fait du mufti de Jérusalem la source d’inspiration du régime nazi pour l’extermination des juifs. Dans un discours prononcé en janvier 2012 devant la Knesset (le Parlement israélien), M. Nétanyahou disait déjà ceci : « Haj Amin Al-Husseini fut l’un des architectes de la “solution finale”. Il s’était rendu à Berlin. Il avait fait pression et imploré Hitler (…) et le persuada plus que quiconque de conduire la “solution finale”. Ne pas laisser les juifs partir de peur qu’ils ne viennent ici, mais les annihiler, les brûler. »

Juste avant de prendre l’avion pour Berlin, mercredi, le premier ministre a tenté de limiter les dégâts causés par ses propos de la veille. « Je n’avais pas l’intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction diabolique de la communauté juive européenne. Hitler était responsable de la solution finale pour l’extermination de six millions de juifs. Il a pris la décision. » Mais, selon Benyamin Nétanyahou, il serait « absurde d’ignorer le rôle joué par le mufti Haj Amin Al-Husseini. » Il a expliqué que son intention était de « montrer que les aïeux de la nation palestinienne, sans pays et sans la soi-disant “occupation”, sans territoire et sans colonie, aspiraient déjà à inciter systématiquement à l’extermination des juifs. »

Vive polémique après les propos de Nétanyahou sur la Shoah
Mathilde Golla , AFP, AP, Reuters Agences
Le Figaro
21/10/2015

Le premier ministre israélien a affirmé que le mufti de Jérusalem de l’époque a donné à Hitler l’idée d’exterminer les juifs d’Europe. En pleine escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens, ces propos ont créé l’émoi.

Une polémique dont Israël se serait bien passée. Le premier ministre israélien a été la cible de nombreuses critiques ce mercredi après ses déclarations sur la Shoah. Lors d’un discours prononcé devant le Congrès sioniste à Jérusalem et faisant référence à une rencontre en novembre 1941 en Allemagne entre Adolf Hitler et le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, Benyamin Nétanyahou a indiqué: «Hitler, à ce moment là, ne voulait pas exterminer les juifs mais les expulser. Alors Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et a dit: Si vous les expulsez, ils viendront tous ici, en Palestine. Et qu’est-ce que je vais en faire?, a demandé (Hitler). Il (le mufti) a dit: Brûlez-les», a déclaré le premier ministre.

Benyamin Nétanyahou a évoqué cette période de l’histoire pour, selon lui, tenter de réfuter des accusations qu’il juge historiquement mensongères selon lesquelles les juifs ou Israël chercheraient à détruire ou s’accaparer l’esplanade des Mosquées et la mosquée Al-Aqsa qui s’y trouve à Jérusalem, en pleine escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens.

L’Allemagne réaffirme sa responsabilité «inhérente»
Les propos de Benyamin Nétanyahou ont été l’objet de vigoureuses réactions. À commencer par Berlin qui a réaffirmé mercredi la responsabilité «inhérente» de l’Allemagne dans la Shoah. «Je peux dire au nom du gouvernement que, nous Allemands, connaissons très exactement l’Histoire de l’avènement de la folie raciste meurtrière des nationaux-socialistes qui a conduit à la rupture civilisationnelle de la Shoah», a souligné lors d’une conférence de presse Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

«Je ne vois aucune raison de changer de quelque manière que ce soit notre vision de l’Histoire. Nous savons que la responsabilité allemande pour ce crime contre l’humanité est inhérente», a-t-il ajouté tout en refusant de commenter directement les propos de Benyamin Nétanyahou.

Levée de boucliers en Israël
En Israël aussi, les propos choc de Benyamin Nétanyahou ont suscité une véritable levée de boucliers. «Même le fils d’un historien doit être précis lorsqu’il s’agit d’histoire», a écrit sur sa page Facebook le chef de l’opposition travailliste Isaac Herzog, faisant allusion au père de Benyamin Nétanyahu, Benzion Nétanyahou, spécialiste de l’histoire juive, décédé en 2012. Il a en outre estimé que les propos du premier ministre sont une «déformation historique dangereuse (…) minimisant la Shoah, les nazis, et la part qu’Adolf Hitler a prise dans la terrible tragédie qu’a subie notre peuple pendant la Shoah». Il lui a demandé de corriger «immédiatement» ses paroles.

L’historienne en chef du mémorial Yad Vashem pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem, a quant à elle estimé que les propos de Benyamin Nétanyahou n’étaient pas «historiquement exacts». «Ce n’est pas le mufti, même s’il avait des positions antijuives très extrêmes, qui a donné à Hitler l’idée d’exterminer les juifs», a déclaré Dina Porat. «Cette idée est bien antérieure à leur rencontre de novembre 1941. Dans un discours au Reichstag le 30 janvier 1939, Hitler évoque déjà ‘une extermination de la race juive’», a-t-elle dit. Husseini, réfugié en Allemagne en 1941, avait demandé à Hitler son soutien pour l’indépendance de la Palestine et des pays arabes, et empêcher la création d’un foyer juif. L’État d’Israël a été proclamé en 1948.

Les Palestiniens et les internautes vent debout
Les Palestiniens et les internautes ont également vivement condamné les propos du premier ministre. Le négociateur palestinien Saëb Erakat a déploré que le «chef du gouvernement israélien haïsse son voisin (palestinien) au point d’être prêt à absoudre le premier criminel de guerre de l’Histoire, Adolf Hitler, du meurtre de six millions de juifs pendant l’Holocauste».

Sur Twitter, l’incompréhension est totale.

Des plaisantins ont par ailleurs diffusé sur internet des caricatures ou des détournements comme celui des Beatles à une fenêtre étreignant le mufti, avec cette légende: «Il était temps qu’on sache vraiment à cause de qui les Beatles ont rompu». Les internautes ont ainsi décliné la responsabilité du mufti sur de nombreux thèmes.

Face à ces réactions, le premier ministre israélien a pris le temps de se justifier au pied de l’avion qui devait l’emmener en Allemagne. «C’est absurde. Je n’avais aucune intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction démoniaque du judaïsme européen. Hitler était responsable de la solution finale», a-t-il dit. Reste à savoir si ces précisions permettront d’apaiser la colère des contradicteurs de Benyamin Nétanyahou.

Voir de plus:

Cisjordanie : le Tombeau de Joseph endommagé par un incendie
Cyrille Louis
Le Figaro
16/10/2015

Des émeutiers palestiniens ont lancé jeudi soir des cocktails Molotov sur cet édifice révéré par les juifs à Naplouse. Le président Mahmoud Abbas a condamné «un acte irresponsable».
Correspondant à Jérusalem

Le Tombeau de Joseph, un site funéraire situé à la périphérie de Naplouse et révéré par les juifs, a été partiellement endommagé par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Une centaine de jeunes Palestiniens, selon l’armée israélienne, ont pénétré dans l’enceinte sacrée avant d’y jeter plusieurs cocktails Molotov. La police de l’Autorité palestinienne, territorialement compétente, est aussitôt intervenue pour disperser les émeutiers, tandis que les pompiers s’appliquaient à maîtriser les flammes. Cette attaque «constitue une violation flagrante de la valeur fondamentale de liberté de culte», a dénoncé le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de l’armée, avant de prévenir: «Nous ferons le nécessaire pour traduire les auteurs de cet acte méprisable devant la justice, remettre le site en état et garantir la liberté de culte au Tombeau de Joseph».

L’incendie, condamné par l’Autorité palestinienne ainsi que par la totalité de la classe politique israélienne, survient dans un contexte de très forte tension en Cisjordanie. Le meurtre d’Eitam et Naama Henkin à quelques kilomètres de Naplouse, le 1er octobre, a provoqué un regain de violences entre colons israéliens et villageois palestiniens. Des heurts éclatent, chaque ou presque, aux abords de check-points tenus par l’armée israélienne, et la plupart des factions ont appelé ce vendredi à une «journée de la révolution». Depuis deux semaines, une vingtaine d’attaques au couteau ont par ailleurs visé des juifs dans les Territoires palestiniens et en Israël. Vendredi encore, un Palestinien – déguisé en journaliste selon l’armée israélienne – a poignardé et blessé sérieusement un soldat près de la colonie de Kiryat Arba, non loin de Hébron, avant d’être abattu.

Point de tension entre juifs et musulmans
Le site visé par les émeutiers, qui fut révéré à travers les âges par les juifs, les musulmans, les chrétiens et les Samaritains, est réputé être le lieu de sépulture du patriarche Joseph, fils de Jacob et de Rachel. Il est situé à proximité immédiate du camp de réfugiés de Balata, qui fut l’un des foyers les plus actifs de la seconde intifada. L’armée israélienne fut alors contrainte d’en abandonner le contrôle, si bien que le maintien de l’ordre y est désormais assuré par la police palestinienne. En vertu de la coordination sécuritaire entre les deux parties, elle autorise les fidèles juifs à venir y prier une fois par mois sous sa protection. Mais le lieu, qui fut par le passé le théâtre de plusieurs incendies comme de violents affrontements, demeure un point de tension entre juifs et musulmans.

Sitôt informé de l’incendie, le président Mahmoud Abbas a dénoncé «un acte irresponsable». «Cette attaque nous rappelle les actes des factions islamistes les plus extrémistes, en Afghanistan ou en Libye, a pour sa part dénoncé Dore Gold, directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères. Elle illustre clairement ce qui arriverait si les Lieux saints de Jérusalem se trouvaient sous le contrôle de la direction palestinienne.» Moti Yegev, député du parti nationaliste-religieux Foyer juif, a menacé: «Quiconque brûle la Tombe de Joseph montre que sa place n’est pas ici, de même que ceux qui jettent des explosifs et des pierres autour de la mosquée al-Aqsa prouvent ce lieu n’est pas sacré à leurs yeux. Mais ces endroits finiront par revenir entre nos mains.»

Voir de plus:

Les mensonges palestiniens patrimoine de l’humanité
Arutz 7
20 octobre 2015

La proposition appelle à revendiquer le Kotel à Jérusalem – qui est une paroi externe du Mont du Temple qui est le site le plus saint du judaïsme – pour qu’il soit reconnu comme faisant partie de la mosquée Al-Aqsa situé sur les hauteurs du mont, a rapporté Yedioth Aharonoth vendredi.

L’Autorité palestinienne n’est pas un membre du Conseil exécutif de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), et par conséquent la proposition sera soumise à un vote la semaine prochaine en son nom par les six Etats membres arabes de l’UNESCO qui sont l’Algérie, l’Egypte, le Koweït, le Maroc, la Tunisie et les Émirats arabes unis (EAU ).

Des sources israéliennes de haut rang ont révélé que l’Autorité palestinienne travaille en parallèle pour que la proposition soit soumise au plénum de l’UNESCO, où l’AP est reconnue comme un état.

En réponse, Israël travaille en coulisse pour rallier l’opposition à la proposition, bien qu’il y ait une majorité musulmane automatique faisant craindre son adoption presque certaine.

Une copie de la proposition révèle ses points principaux, qui commencent par l’appel « à déclarer et confirmer que le Mur occidental fait partie de la mosquée Al-Aqsa, et est appelé Buraq Plaza. Il en va de même pour la Porte des Maghrébins. »

Buraq Plaza se réfère à la « Al-Buraq » (mur) le nom donné par les musulmans au Kotel dans les années 1920 dans une tentative de le revendiquer. Le nom fait référence au « coursier ailé» de Mohammed qui l’aurait amené à Jérusalem dans son « voyage nocturne. »

L’Autorité palestinienne a longtemps essayé de révisiter l’histoire et réclamer le Kotel comme le «Al-Buraq », tout récemment encore dans un appel du Grand Mufti de l’AP, le Sheikh Mohammed Hussein en août dernier.

« Condamner Israël – pour tout »

La proposition continue, exigeant que le monde condamne Israël pour ses appels à ce que ses citoyens soient armés pour se défendre de la nouvelle vague de terrorisme arabe, faisant référence  à commentaire récent de maire de Jérusalem, Nir Barkat qui recommandait à tous les citoyens ayant un permis de port d’armes de les porter.

Il appelle de même à la condamnation des actions sécuritaires de Tsahal à Jérusalem, « la capitale occupée de la Palestine», et la condamnation d’Israël pour les fouilles près du Mont du Temple, où les archéologues ont été contraints de passer au peigne fin les décombres après que les Arabes aient démoli les vestiges juifs sur le Mont.

La proposition exige la condamnation de « l’agression israélienne et les mesures illégales prises contre la liberté de culte et l’accès des musulmans à la mosquée Al-Aqsa et les tentatives d’Israël de briser le statu quo de 1967. »

Malgré la fausse affirmation selon laquelle Israël a récemment changé le statu quo sur la montagne, le Waqf jordanien en fait continue d’en détenir le contrôle de facto et interdit la prière juive en dépit de la loi israélienne qui stipule que la liberté de culte doit être respectée.

Les forces de sécurité ont provisoirement limité l’accès des arabes au Mont du temple comme mesure préventive, étant donné les émeutes arabes fréquentes et violentes qui ont vu la mosquée Al-Aqsa se transformer en base du terrorisme à partir duquel des pierres et des explosifs ont été lancés contre la police.

La proposition poursuit en appelant à condamner les « attaques » contre la mosquée par des «extrémistes juifs, et même condamnant Israël pour la construction d’un tramway dans la partie est et nord de la capitale, qui a été construit afin de faciliter le transport des résidents arabes  dont les émeutiers ont détruit trois stations situées dans ces quartiers l’été dernier.

Le Kotel n’est pas le seul site juif que l’AP cherche à usurper dans sa proposition; elle appelle également à avoir posséder le caveau des patriarches à Hébron – où les patriarches et matriarches juifs sont enterrés (sauf Rachel) – ainsi que le Tombeau de Rachel à Bethléem , et que ces lieux soient déclarés comme partie intégrante de la Palestine.

La tentative de revendication du Tombeau de Rachel relève d’un révisionnisme musulman récent selon lequel il serait le tombeau de Bilal ibn Rabah, un compagnon de Mahomet, qui n’a jamais  mis les pieds en Israël.

Enfin, la proposition condamne la violence alléguée des juifs qui cherchent à changer le «caractère» musulman de Hébron, alors qu’il s’agit de l’ancienne ville biblique de Judée où vivaient les patriarches et matriarches juives .

« Mensonges palestiniens sont un patrimoine de l’humanité »

En réponse à la multitude d’appels à la condamnation que contient cette proposition, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO Carmel Shama Hacohen a accusé l’Autorité palestinienne d’alimenter l’incitation au terrorisme.

« Les Palestiniens continuent de mettre de l’huile sur le feu et l’incitation au terrorisme continue », a déclaré Shama Hacohen. « Dans mon premier discours à l’UNESCO l’année dernière j’ai prévenu les pays du monde que les fausses accusations des Palestiniens contre Israël en particulier concernant le Mont du Temple signifie jouer avec le feu. Lors de la dernière conférence de Bonn, je proposai de faire rentrer les mensonges issus de la culture palestinienne comme patrimoine culturel immatériel au patrimoine mondial de l’humanité. »

« La nouvelle proposition équivaut à jeter de l’huile sur le feu de l’incitation et de la terreur continue au lieu d’être responsable et calmer la situation vers le bas », a noté l’ambassadeur.

« Bien sûr, nous ne devons pas désespérer ou s’alarmer, car ce sont des mensonges alors que nous avons la vérité éthique, réaliste et historique pour nous, et elle triomphera. Le peuple juif et le Mur occidental sont l’une des tentatives des Palestiniens d’islamiser le mur occidental qui sont les mêmes que les tentatives d’islamiser le peuple juif. Mais même au lendemain du vote le drapeau israélien flottera encore sur le mur « .

« Nous payons un coût élevé pour notre existence dans notre pays, mais il n’y a pas de partenaire responsable en mesure de réduire ce coût dans un proche avenir, car mis à la question de leur droit à d’avoir un Etat, leur conduite est critiquable. Leur capacité à agir en tant que pays responsable est loin d’être acquise, et cela représente le constat le plus triste de la conduite de l’Autorité palestinienne à l’UNESCO « , a-t-elle conclu.

Ari Yashar – Aroutz7 traduction JForuVoir edemême:

Voir de même:

Rachel’s Tomb, a Jewish Holy Place, Was Never a Mosque

Nadav Shragai
JCPA
November 8, 2010

No. 580 

  • UNESCO has declared that Rachel’s Tomb near Jerusalem is the Bilal ibn Rabah mosque – endorsing a Palestinian claim that first surfaced only in 1996 and which ignores centuries of Muslim tradition.
  • As opposed to the Temple Mount and the Cave of the Patriarchs which also serve as the location of mosques, Rachel’s Tomb never served as a mosque for the Muslims. The Muslim connection to the site derives from its relation to Rachel and has no connection to Bilal ibn Rabah, Mohammed’s first muezzin.
  • Rachel’s Tomb, located some 460 meters south of Jerusalem’s municipal boundary, has been identified for over 1,700 years as the grave of the Jewish matriarch Rachel. Many generations of Jews have visited the place for prayer. The depiction of Rachel’s Tomb has appeared in thousands of Jewish religious books, paintings, photographs, stamps, and works of art.
  • There is a Muslim cemetery on three sides of the compound mainly belonging to the Bedouin Taamra tribe, which began burying its dead at the site due to its proximity to a holy personality. Members of the Taamra tribe harassed Jews visiting the tomb and collected extortion money to enable them to visit the site. With this background, Moses Montefiore obtained a permit from the Turks to build another room adjacent to Rachel’s Tomb in 1841 to keep the Muslims away from the room of the grave and to help protect the Jews at the site.
  • Jewish caretakers managed the site from 1841 until it fell into Jordanian hands in 1948. In contravention of the armistice agreement, Jordan prevented Jews from accessing the site during all the years of its rule (1948-1967). On October 19, 2010, the anniversary of her death, some 100,000 Jews visited Rachel’s Tomb.
  • In 1830 the Turks issued the firman that gave legal force to Rachel’s Tomb being recognized as a Jewish holy site. The governor of Damascus sent a written order to the Mufti of Jerusalem to fulfill the Sultan’s order: “the tomb of esteemed Rachel, the mother of our Lord Joseph…they (the Jews) are accustomed to visit it from ancient days; and no one is permitted to prevent them or oppose them (from doing) this.”
  • Ironically, Turkish Prime Minister Erdogan, whose government has been described as “neo-Ottoman” in outlook, told the Saudi paper al-Watan (March 7, 2010) that the Cave of the Patriarchs and Rachel’s Tomb “were not and never will be Jewish sites, but Islamic sites.”

On October 21, 2010, UNESCO (the UN Educational, Scientific, and Cultural Organization) declared that Rachel’s Tomb near Jerusalem is the Bilal ibn Rabah mosque – endorsing a Palestinian claim that first surfaced only in 1996 and which ignores centuries of Muslim tradition.

In a series of decisions condemning Israel, the UNESCO board called upon the government of Israel to rescind its decision in February to include Rachel’s Tomb and the Cave of the Patriarchs in Hebron on Israel’s official list of national heritage sites. The sharp protests by Israeli Ambassador to UNESCO Nimrod Barkan to the UN body’s decision were expunged from the record by the chairman of the session, the Russian representative, on the pretext that they were too aggressive.1

A scrupulous examination of testimonies and historical sources demonstrates that defining Rachel’s Tomb as a mosque does an injustice to historical facts and traditions anchored in both Muslim documents and Jewish sources, and constitutes distortion, bias, and deception. As opposed to the Temple Mount and the Cave of the Patriarchs which also serve as the location of mosques, Rachel’s Tomb never served as a mosque for the Muslims. The Muslim connection to the site derives from its relation to Rachel and has no connection to Bilal ibn Rabah, Mohammed’s first muezzin.

Rachel’s Tomb – A Jewish Holy Site

Rachel’s Tomb is located on the northern outskirts of Bethlehem some 460 meters south of Jerusalem’s municipal boundary. The site has been identified for over 1,700 years as the grave of the Jewish matriarch Rachel. The copious literature of Jewish, Christian, and Muslim pilgrims identifies and documents the spot as the place where Rachel is buried.2

Many generations of Jews have visited the place for prayer, requests, and entreaties. The site has become a sort of Wailing Wall to which Jews come to pour out their hearts and share their troubles and requests with the beloved matriarch, hoping to find solace and healing. Jewish tradition attributes unique and wondrous qualities to Rachel’s tears,3 and visitors to her grave ask her to cry and pray on their behalf.

According to the Book of Genesis (ch. 35), Rachel died when she gave birth to Benjamin: “And Rachel died, and was buried on the way to Ephrath, which is Bethlehem.” In Jewish tradition, her tears have been identified by authors, poets, and biblical commentators with almost every disaster that befell the Jewish people.4

Over hundreds of years, visitors to her grave have established the tie between Rachel and her burial place. “The house with the dome and the olive tree” became a Jewish symbol.5 An additional room that was attached to the original structure by Sir Moses Montefiore in 1841 has only enhanced the link. The depiction of Rachel’s Tomb has appeared in thousands of Jewish religious books, paintings, photographs, stamps, and works of art.

Yet anyone visiting the site today will find it difficult to identify the image known to generations of Jews. The small, domed structure now sits within an armored concrete sleeve containing firing positions and defensive fortifications, and covered with camouflage netting. At the height of the Second Intifada, the Israeli government decided on September 11, 2002, to place the sacred compound inside the area of the Israeli security barrier in the Jerusalem area.

The Muslim Link to Rachel

The Muslim link to the site derives from the figure of Rachel rather than from Bilal ibn Rabah, who is buried in Damascus. The accepted Muslim tradition which venerates Rachel identifies the site at the outskirts of Bethlehem as her grave. According to Muslim tradition, Rachel’s name comes from the word “to wander,” because she found her death on one of her wanderings and was buried on the way to Bethlehem.6 Rachel is alluded to in the Koran7 and other Muslim sources where, just as in Jewish sources, Joseph tearfully falls upon the grave of his mother, Rachel, when the caravan of his captors passes by the site.8

For hundreds of years, the shape of Rachel’s Tomb resembled the grave of a vali (a Muslim saint). The building received its distinctive shape in 1622 when the Turkish governor of Jerusalem, Mohammad Pasha, permitted the Jews to wall off the four pillars that supported the dome and for the first time Rachel’s Tomb became a closed building.9 This was allowed by the Turkish governor to prevent Arab shepherds from grazing their flocks at the site.10 Yet according to one report, an English traveler claims this was done “to make access to it more difficult for the Jews.”11

For centuries, Rachel’s Tomb was considered only a Jewish holy place. The sixteenth-century Arab historian Mujir al-Din regarded Rachel’s Tomb as a Jewish holy place.12 Beginning in 1841, the keys to the place were deposited exclusively with Jewish caretakers who managed the site until it fell into Jordanian hands in 1948.13 In contravention of the armistice agreement, Jordan prevented Jews from accessing the site during all the years of its rule (1948-1967).14 Following the Six-Day War, Jews returned to Rachel’s Tomb, with millions of Jews from around the world having visited the site. According to Jewish tradition, Rachel died on the 11th day of the Hebrew month of Heshvan (October 19); in 2010, some 100,000 Jews visited Rachel’s Tomb on that day.15

The Harassment of Jews at Rachel’s Tomb

For many centuries, Jews were compelled to pay protection money and ransom to the Arabs who lived in the area so they wouldn’t harm Rachel’s Tomb and the Jews who visited it. In 1796, Rabbi Moshe Yerushalmi, an Ashkenazi Jew from central Europe who immigrated to Israel, related that a non-Jew sits at Rachel’s Tomb and collects money from Jews seeking to visit the site.16 Other sources attest to Jews who paid taxes, levies, and presented gifts to the Arab residents of the region.

Dr. Ludwig August Frankl of Vienna, a poet and author, related that the Sephardi community in Jerusalem was compelled to pay 5,000 piastres to an Arab from Bethlehem at the start of the nineteenth century for the right to visit Rachel’s Tomb.17 Other testimonies relate that in order to prevent damage to Rachel’s Tomb, payment was transferred to Bedouin members of the Taamra tribe who lived in the region, who had also begun to bury their dead near the tomb during that era.18 There is a Muslim cemetery on three sides of the compound that mainly belongs to the Taamra tribe and the entire attitude of the Muslims to Rachel’s Tomb derives to a large extent from this tribe, which began burying its dead at the site during the eighteenth and nineteenth centuries due to its proximity to Rachel’s Tomb. The origins of the practice, as the Land of Israel researcher Eli Schiller writes, is the popular Muslim belief that “the closer that the deceased is buried to the tomb of a sainted personality, the greater will be his rewards in the world to come.”19

Taxes were also collected from the Sephardi Jewish community in Jerusalem to pay the authorities for various “rights,” such as passage to the Western Wall, passage of funerals to the Mount of Olives, and for the protection of gravestones there, as well as payment to the Arabs of Bethlehem for safeguarding Rachel’s Tomb.20

One of the scribes who managed the accounts of the Sephardi Kolel during the eighteenth century reported on the protection money that the Jewish community at that time had to transfer to the “non-Jews and lords of the lands who are called toeffendis…(15,000) Turkish grush…and these are the people who patrol the ways of Jaffa Road, Kiryat Yearim, the people of the Rama, the site of Samuel the Prophet, the people of Nablus Road, the people of the Efrat Road, the tomb of our matriarch Rachel…so they would not come to grave-robbing, heaven forbid. And sometimes they complain to us that we have fallen behind on their routine payments and they come scrabbling on the gravestones in the dead of night, and they did their things in stealth because their home is there. Therefore, we are compelled against our will to propitiate them.”21

Rabbi David d’Beth Hillel, a resident of Vilna who visited Syria and the Land of Israel in 1824, testified about a Muslim cemetery in the region of Rachel’s Tomb. “No person is living there, but there was a cemetery. On the opposite hill there is a village whose residents are Arabs and they are most evil. A stranger who comes to visit Rachel’s Tomb is robbed by them.”22

In 1856, fifteen years after Montefiore had built another room to Rachel’s Tomb, James Finn, the British consul who served in Palestine during the days of Turkish rule, spoke about the payments that the Jews were forced to pay to Muslim extortionists at some holy places including Rachel’s Tomb: “300 lira per annum to the effendi whose house is adjacent to the site of crying” (the Western Wall) for the right to pray there and “100 lira a year to the Taamra Arabs for not wrecking Rachel’s Tomb near Bethlehem.”23

Jews Expand Rachel’s Tomb in 1841 to Prevent Muslim Violence and Strengthen the Jewish Presence at the Site 

In 1841 Moses Montefiore obtained a license from the Turkish authorities to refurbish Rachel’s Tomb and add another room to it, which changed its appearance and improved its formerly neglected status. A door to the domed room was installed and keys were given to two Jewish caretakers, one Sephardi and the other Ashkenazi. Fourteen years previously, an official of the Sephardi Kolelim (religious study centers) in Jerusalem, Avraham Behar Avraham, laid the groundwork for Montefiore’s activity at Rachel’s Tomb when he obtained recognition from the Turkish authorities for the status and rights of Jews at the site. This was, in practice, the original firman (royal decree)24 issued by the Ottoman authorities in Turkey recognizing Jewish rights at Rachel’s Tomb.

The firman was necessary since the Muslims disputed ownership by the Jews of Rachel’s Tomb and even tried by brute force to prevent Jewish visits to the site. From time to time Jews were robbed or beaten by Arab residents of the vicinity, and even the protection money that was paid did not always prevail. Avraham Behar Avraham approached the authorities in Istanbul on this matter and in 1830 the Turks issued the firman that gave legal force to Rachel’s Tomb being recognized as a Jewish holy site.25 Additionally, the governor of Damascus sent a written order to the Mufti of Jerusalem to fulfill the Sultan’s order.

This is our order to you: (the following matter) was submitted to us by the subject of our order, the sage representative of honored Jerusalem’s Jewry and his translator that the tomb of esteemed Rachel, the mother of our Lord Joseph…they (the Jews) are accustomed to visit it from ancient days; and no one is permitted to prevent them or oppose them (from doing) this….It turned out that at this holy site, they have been visiting since ancient times, without any person preventing them or trespassing on their property and they (have it) as was their custom. In accordance with the respected judgment, I order that our commandment be issued to you so you will treat them accordingly without addition or without subtraction, without hindrance and without opposition to them by anyone in any way whatsoever  – written August 10, 1830.26

An additional firman from April 1831, eight months later, determined inter alia:27

To inform and demonstrate to all interested parties and the appointed officials, the right of the Jews who are residents of holy Jerusalem to visit the grave of Rachel, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, without hindrance….The deputy translator and other public functionaries, members of the Jewish community of Jerusalem, approached me with many requests regarding the tomb of Rachel, may peace be upon her, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, and it is known that this grave is located outside the city of Jerusalem opposite the town of Bethlehem, on the highway…and that since ancient times the Jews have tended to visit this holy grave without anybody preventing them from doing so, as an inviolable law. And now people have emerged who have begun to hinder them, although as aforesaid and as proven the Jews have a right to visit the grave according to the Sultan’s order. Hence I approach his honor the governor, may he be exalted, reminding him of the contents of the existing order. I also order him to attempt to remove the obstacles from the Jews, residents of Holy Jerusalem and others, so they can visit the aforementioned holy grave unhindered. Rendered in Istanbul at the end of the month of Shawwal in the year 1246 to the Hejira. Signed: The Sublime Porte.

Ironically, Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, whose government has been described as “neo-Ottoman” in outlook, told the Saudi paper al-Wattan (March 7, 2010) that the Cave of the Patriarchs and Rachel’s Tomb “were not and never will be Jewish sites, but Islamic sites.”28

The two firmans were preserved in the archives of the Sephardic Community Committee in Jerusalem. In 1910 they were transferred to Pinhas Grayevsky, one of Jerusalem’s most important researchers, who published them 22 years later. They were also published in Miginzei Kedem, a more scientific publication.29

Montefiore received the permit for building an additional room attached to the existing structure from the Sublime Porte in Constantinople. The permit, bearing the seal of the Sublime Porte, resided for many years in the museum named after Sir Isaac and Lady Edith Wolfson at Hechal Shlomo in Jerusalem. Many saw it, but it was lost and quite possibly stolen.30

We have no details regarding the conversations of Montefiore with the Turkish authorities on this topic. Nevertheless, one can assume that Montefiore arrived at an informal arrangement with the authorities on a modus for dividing the rights to use the additional room, the room that leans on the older structure from the south.

We can find support for this in the mihrab – a niche symbolizing the direction of prayer to Mecca that was built in the new room.31 Subsequently, Muslim dead were purified in this room on occasion.32Yehuda Burla, the son of Yehoshua Burla, the caretaker of Rachel’s Tomb, and his wife Miriam recount in their memoirs that the additional room was built so the Muslims would keep their hands off of the room marking the grave itself.33 The Jews who came to Rachel’s Tomb also used this room either as a waiting room or as a prayer room, especially on those days when a large public had gathered at Rachel’s Tomb.34 In practice, in any event, presumptive ownership at the location was Jewish. Shlomo Freiman, the last Ashkenazi caretaker of Rachel’s Tomb, documents in his diary the friction with the Muslims who from time to time attempted to purify their dead in the additional room until they desisted from the practice in return for a sizable amount of money.35

Here, for example, is one of Freiman’s descriptions from his diaries:

The 18th day of Sivan 5705: On Wednesday they brought a slain person from Bethlehem. We suffered greatly. They spent around two hours in the outer room and fought among themselves regarding revenge….The sheiks said that one had to wait three more days and the others claimed that it was a pity to wait. The grave was closed until they quitted the place.

Elul 5706: Most of the (Muslim) dead do not enter inside (the anteroom). Only in isolated cases where they bring a slain person from Jerusalem, or a dead person from the hospital, and have not managed to pray at the spot, they bring the dead body into the corridor and pray. Many times they bring the dead deliberately in order to disturb the prayers, for they as well recite a long prayer. Many times they sit for hours upon hours without disturbance….I think that one has to correct this distortion and must not allow them to do as they want. Yesterday I felt that they were afraid. They saw many Jews, so they didn’t bring the dead person inside.

How Rachel’s Tomb Was Islamicized and Became the Bilal Ibn Rabah Mosque 

Between 1993 and 1995, Palestinian groups committed terror and suicide attacks that killed 80 Israelis. In February 1996, the Israel Defense Forces feared that Rachel’s Tomb would furnish a convenient target for an attack of this sort, as it was situated on the main highway connecting Jerusalem and Hebron, with heavy Jewish and Arab traffic. Demonstrations of a nationalist Palestinian character erupted at Rachel’s Tomb as Muslims began to raise the argument that the site involved “Islamic soil.”36

At the end of September 1996 the “Western Wall Tunnel Riots” broke out. After the attack on Joseph’s Tomb in Nablus and its fall to the Palestinians, hundreds of Arab residents from Bethlehem and the Aida refugee camp attacked Rachel’s Tomb. They set on fire the scaffolding that was erected around the tomb as part of fortification work at the site and tried to break into the compound. Marching at their head was Muhammad Rashad al-Jabari, the Governor of Bethlehem, an appointee of the Palestinian Authority. The IDF dispersed the demonstrators with gunfire and stun grenades. Scores were wounded, including Kifah Barakat, the commander of Force 17, the presidential guard force of Palestinian Authority Chairman Yasser Arafat.37

With the outbreak of the Second Intifada in 2000, Palestinians again attacked Rachel’s Tomb, and for 41 days Jews were prevented from visiting the site due to shooting incidents.38

The Muslims also escalated their rhetoric. They stopped calling the site “Rachel’s Dome,” as they had done for hundreds of years, and began calling it the mosque of Bilal ibn Rabah.39 The Muslim religious authorities (wakf) first began to employ this name in 1996, and it eventually took root in Palestinian national discourse.

Bilal ibn Rabah, an Ethiopian by origin, is known in Islamic history as a black slave who served the household of the prophet Mohammed as the person in charge of calling the Muslims to prayer five times a day – the first muezzin.40 Upon the death of Mohammed he went to fight the wars of Islam in Syria, was killed there in 642 CE, and was buried in Damascus.41 The Palestinian Authority raised the argument that, according to Islamic tradition, the Islamic conquerors of the country called the mosque that was established at Rachel’s Tomb after Bilal ibn Rabah.

Yet the Palestinian argument ignores the presumptive ownership that the Jews acquired at the site for many hundreds of years and from the firmans that the Ottoman authorities issued awarding Rachel’s Tomb to the Jews at the beginning of the nineteenth century.42

The Palestinian arguments ignore even the accepted Muslim tradition that venerates Rachel and identifies the site as her burial place. Professor Yehoshua Porat termed the claim of a mosque at Rachel’s Tomb as mendacious. He noted that the place was known in Arabic as “Rachel’s Dome, a Jewish place of worship.”43

For many years in official publications of Palestinian national bodies, there was no reference to any other name for the site, including in the Palestinian Lexicon issued by the Arab League and the PLO in 1984, or in the Al-mawsu’ah al-filastiniyah published in Italy by the Palestinian Encyclopedia organization after 1996. The book Palestine the Holy Land simply relates that “At the northern entrance to the city the Tomb of Rachel appears, the mother of the matriarchs, who died while giving life to Benjamin.”44 The book The West Bank and Gaza – Palestine also fails to mention the location of Rachel’s Tomb as a mosque.45 Despite this, the Deputy Minister of Religious Trusts and Religious Affairs in the Palestinian Authority defined Rachel’s Tomb as an Islamic site.46

On Yom Kippur 2000, six days after the IDF retreated from Joseph’s Tomb in Nablus, the official PLO newspaper Al-Hayat al-Jadida published an article indicating Rachel’s Tomb as the next Palestinian target. “Bethlehem – Rachel’s Tomb or the Mosque of Bilal ibn Rabah is one of the stakes that the occupation government and the Zionist movement drove into most of the Palestinian cities….This grave is spurious and was originally a Muslim mosque.”47 During the Second Intifada, Rachel’s Tomb was attacked by gunfire both from the direction of the Aida refugee camp between Beit Jalla and Bethlehem, as well as from the rooftops of houses to the west, south and east. Palestinian Authority forces, who were presumably in charge of preserving order and should have prevented violence, not only did not prevent it but took an active part in the fighting.

At one point, 50 Jews found themselves besieged at Rachel’s Tomb while a gun battle between the IDF and Palestinian Authority forces was taking place around them.48 On April 2, 2002, the IDF returned to Bethlehem in the framework of Operation Defensive Shield and remained there for a protracted time. At the outset, the IDF besieged wanted terrorists holed up in the Church of the Nativity in Bethlehem not far from Rachel’s Tomb. Violence continued sporadically in the following years as well. A bomb was thrown at Rachel’s Tomb on April 10, 2005, and another on December 27, 2006, while on February 10, 2007, scores of Palestinians attacked the site with rocks.49 Israel’s High Court of Justice has recognized the clear security need of defending this holy site. On February 3, 2005, it rejected petitions by Palestinians who wanted to change the route of the security barrier near Rachel’s Tomb, ruling that the current location of the barrier preserved the balance between freedom of religion and the local residents’ freedom of movement.50

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Notes

1. Report by Gideon Kutz, Israel Radio, October 29, 2010.

2. For more documentation, see Avraham Yaari, Jewish Pilgrims’ Journeys to the Land of Israel  (Gazit, 1946) (Hebrew); Zeev Vilnai, Sacred Tombstones in the Land of Israel (Rav Kook Institute, 1963) (Hebrew); Michael Ish Shalom, Christian Pilgrimages to the Land of Israel (Am Oved, 1979) (Hebrew); Natan Shor, “The Jewish Settlement in Jerusalem according to Franciscan Chronicles and Travelers’ Letters” (Yad Ben-Tzvi, 1979) (Hebrew); Eli Schiller, The Tomb of Rachel (Ariel, 1977) (Hebrew). For a summary of these and other sources, see Nadav Shragai, At the Crossroads, The Story of the Tomb of Rachel, Part I, 1700 Years of Testimony (Jerusalem Studies, 2005) (Hebrew).

3. See the summary in Gilad Messing, And You Were Better than Us All (Private Publication, 2001) (Hebrew), pp. 161-4.

4. See, for example, Shragai, At the Crossroads, pp. 163-5.

5. Ibid., p. 14.

6. Eli Schiller, The Tomb of Rachel, p. 18.

7. Ibid.

8. Ibid.

9. Mendel Reicher, The Gates of Jerusalem (Warsaw, 5639), p. 40, Entry: Bethlehem.

10. See Mordechai Ha’Kohen, The Holy Places in the Land of Israel (Ministry of Religious Affairs, 1971) (Hebrew), p. 33.

11. Shor, p. 413, cites the words of the English traveler Richard Pocock and writes: “in speaking about Rachel’s Tomb he says, the Turks closed the spaces between the arches in order to make access to it more difficult for the Jews.”

12. Shmuel Berkowitz, The Wars of the Holy Places (Jerusalem Institute for Israeli Studies and Hed Artzi, 2000), p. 301.

13. Shragai, At the Crossroads, pp. 65-76.

14. See Nadav Shragai, “The Palestinian Authority and the Jewish Holy Sites in the West Bank: Rachel’s Tomb as a Test Case” November 14, 2007

15.  Data from the Authority for the Holy Places.

16. Yaari, Jewish Pilgrims’ Journeys to the Land of Israel, p. 450.

17. Shoshana Halevi, Affairs at the Beginning of the Yishuv’s History (1989) (Hebrew), p. 71.

18. S. Avitzur, Daily Life in the Land of Israel in the 19th Century (Am Ha’Sefer, 1972) (Hebrew), p. 108.

19. Schiller, The Tomb of Rachel.

20. Yehoshua Kaniel, In Transition, Selected Articles (Yad Yitzhak Ben Zvi, 2000) (Hebrew), p. 29. For details, see Yehoshua Ben Hananiah, “Taxes and Burial Pangs in Jerusalem,” Yerushalayim[n.d.], pp. 43-46, and Meir Benayahu “More on Burial Taxes in Jerusalem,” ibid., pp. 47-49.

21. Avraham Ben Yaakov, Jerusalem between the Walls: a History of the Meyuhas Family (Reuven Maas, 1977) (Hebrew), pp. 60-70.

22. Yaari, pp. 508-9.

23. Ish Shalom, p. 635.

24. A firman was an official order by the governor in the oriental countries. In this case it was a letter on behalf of the central government in Constantinople bestowing authorization and rights.

25. The firmans that were found in the Sephardic Community Committee and subsequently published bear the dates 1830 and 1831. They were received after an agreement in principle obtained in 1827 by Avraham Behar Avraham to award a firman.

26. Malachi Ha’Doar XXVI (5707), Issue 38, pp. 1170-1171; Meir Benayahu “Five Years that Turned Jerusalem into Bedlam,” in Asufot (Yad Harav Nissim, 5752) (Hebrew), pp. 250ff.

27. Miginzei KedemDocuments and Sources from the Writings of Pinhas Grayevsky, ed. Yitzhak Beck (Yad Yitzhak Ben-Tzvi, 1977) (Hebrew), pp. 33-34.

28. “Rachel’s Tomb Was Never Jewish,” Jerusalem Post, March 7, 2010, http://www.jpost.com/MiddleEast/Article.aspx?id=170394.

29. Miginzei Kedem, pp. 30-32.

30. Dov Genachowski, the author and journalist who studied this document when it was still preserved at the Wolfson Museum, told me that it was signed by the Sublime Porte. A search conducted by museum personnel for the documents in October 2003 did not turn up anything. Genachowski also saw the accompanying letter of Montefiore’s secretary, Eliezer Halevi, beseeching Jerusalem’s rabbis in Montefiore’s name not to commemorate his name because of the site’s refurbishing and the construction of the additional room. A copy of this letter is preserved with Genachowski.

31. The mihrab was installed in the southern wall to the right of the window and was concealed after 1967. Details on this matter are included in a letter from Shmuel Hamburger, the Coordinator of Religious Affairs in the Judea and Samaria Civil Administration, to Minister of Religious Affairs Rabbi Yitzhak Cohen, dated November 15, 1999.

32. Details on this matter are included in the Rachel’s Tomb diaries of Shlomo Freiman, the caretaker of Rachel’s Tomb between the years 1918-1948. Photocopies from its pages are in the author’s possession, as well as in the explanations by Yitzhak Ben Zvi, the second president of the State of Israel, that are included in a letter dated November 22, 1961, after information was received that the Jordanians were desecrating Rachel’s Tomb, State Archives Het Tzadi 2963/2. Eli Schiller informs that the purification of the dead at the site was stopped just before the War of Independence in return for a substantial bribe. Miriam Burla also divulges this in her memoirs.

33. Miriam Burla’s Memoirs, photo of a printout in the author’s possession.

34. Freiman Diaries.

35. This emerges from a study of the Freiman Diaries.

36. Danny Rubinstein, “Bethlehem Does Not Want to Be Berlin,” Ha’aretz, February 16, 1996.

37. Shragai, At the Crossroads, p. 216.

38. Ibid., p. 229.

39. Ibid., pp. 230-231.

40. Danny Rubinstein, “The Slave and the Mother,” Ha’aretz, October 9, 1996, and a private conversation with Orientalist Yoni Dehoah-Halevi.

41. Ibid.

42. Shragai, At the Crossroads, pp. 48-52; Miginzei Kedem, pp. 30-32.

43. Yehoshua Porat, “Two Graves, Two Worlds,” from an issue of Maariv from that period.

44. The book was published by PACDAR with an introduction by Yasser Arafat.

45. Islam adopted a similar fable regarding the Western Wall. Further information can be found in Dr. Berkowitz’ book. He found that until the eleventh century Muslim scholars disagreed as to where the prophet Muhammad had tethered al-Buraq, his winged horse, after he had landed following his celestial night ride from Mecca. Some identified the place as the southern wall of the Temple Mount, others as the eastern wall, but none of them suggested any connection to the western wall, sacred to Judaism. The claim was only raised after the “Wall conflict” broke out between Jews and Muslims before the 1929 riots.

46. Shragai, At the Crossroads, p. 233.

47. Al-Hayat al-Jadida, October 8, 2000.

48. Shragai, At the Crossroads, p. 242.

49. From newspaper chronicles and reports on Israeli websites based on the IDF Spokesperson’s Office.

50.  From the High Court of Justice decision on this matter.

*     *     *

Nadav Shragai, author of At the Crossroads, the Story of Rachel’s Tomb (2005), is a senior researcher at the Jerusalem Center for Public Affairs. His recent publications include Demography, Geopolitics, and the Future of Israel’s Capital: Jerusalem’s Proposed Master Plan (2010); Jerusalem: The Dangers of Division, An Alternative to Separation from the Arab Neighborhoods (2008); “Protecting the Continuity of Israel: The E-1 Area and the Link Between Jerusalem and Maale Adumim” (2009); “The U.S.-Israeli Dispute Over Building in Jerusalem: The Sheikh Jarrah-Simon HaTzadik Neighborhood” (2009); and “The Mount of Olives in Jerusalem: Why Continued Israeli Control is Vital” (2009). His books include: The Mount of Foundation, The Struggle for the Temple Mount, Jews and Muslims, Religion and Politics Since 1967 (1995); and the essay: “Jerusalem Is Not the Problem, It Is the Solution,” in Mr. Prime Minister: Jerusalem (2005). He served as a journalist and commentator at Ha’aretz between 1983 and 2009, and has documented the dispute over Jerusalem for 30 years.

Appendix:

Turkish Prime Minister Erdogan Contradicts Ottoman Sultan on Rachel’s TombTurkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, whose government has been described as “neo-Ottoman” in outlook, told the Saudi paper Al Wattan (March 7, 2010) that the Cave of the Patriarchs and Rachel’s Tomb “were not and never will be Jewish sites, but Islamic sites.”

Yet Erdogan’s statement contradicts firmans (deeds of rights) issued by the Ottoman authorities in Turkey recognizing Jewish rights at Rachel’s Tomb.

In 1827 the Turks issued the firman that gave legal force to the Jewish presumption of ownership at the site. Additionally, the governor of Damascus sent a written order to the Mufti of Jerusalem to fulfill the Sultan’s order.

This is our order to you: (the following matter) was submitted to us by the subject of our order, the sage representative of honored Jerusalem’s Jewry and his translator that the tomb of esteemed Rachel, the mother of our Lord Joseph…they (the Jews) are accustomed to visit it from ancient days; and no one is permitted to prevent them or oppose them (from doing) this….It turned out that at this holy site, they have been visiting since ancient times, without any person preventing them or trespassing on their property and they (have it) as was their custom. In accordance with the respected judgment, I order that our commandment be issued to you so you will treat them accordingly without addition or without subtraction, without hindrance and without opposition to them by anyone in any way whatsoever  – written August 10, 1830.

An additional firman from April 1831, eight months later, determined inter alia:

To inform and demonstrate to all interested parties and the appointed officials, the right of the Jews who are residents of holy Jerusalem to visit the grave of Rachel, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, without hindrance….The deputy translator and other public functionaries, members of the Jewish community of Jerusalem, approached me with many requests regarding the tomb of Rachel, may peace be upon her, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, and it is known that this grave is located outside the city of Jerusalem opposite the town of Bethlehem, on the highway…and that since ancient times the Jews have tended to visit this holy grave without anybody preventing them from doing so, as an inviolable law. And now people have emerged who have begun to hinder them, although as aforesaid and as proven the Jews have a right to visit the grave according to the sultan’s order. Hence I approach his honor the governor, may he be exalted, reminding him of the contents of the existing order. I also order him to attempt to remove the obstacles from the Jews, residents of Holy Jerusalem and others, so they can visit the aforementioned holy grave unhindered. Rendered in Istanbul at the end of the month of Shawwal in the year 1246 to the Hejira. Signed: The Sublime Porte.

About Nadav Shragai:

Nadav Shragai is the author of The « Al-Aksa Is in Danger » Libel: The History of a Lie and the ebook Jerusalem: Correcting the International Discourse – How the West Gets Jerusalem Wrong. He was a reporter for Ha’aretz in 1983-2010 and currently writes for Israel Hayom.

Voir par ailleurs:

Mufti Advised Hitler on Holocaust, Says Middle East Forum Scholar
Middle East Forum

October 21, 2015

Noted Middle East Forum scholar Dr. Wolfgang G. Schwanitz responds to criticism of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu. Schwanitz, a leading expert on ties between Nazis and Islamists, says al-Hajj Amin al-Husaini was instrumental in the decision to exterminate the Jews of Europe.

« The Mufti of Jerusalem al-Hajj Amin al-Husaini was a war criminal whose collaboration with Adolf Hitler played a key role in the Holocaust, » says noted Middle East Forum scholar Dr. Wolfgang G. Schwanitz.

Philadelphia, PA – Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu has drawn criticism for comments about the role of al-Hajj Amin al-Husaini, the Grand Mufti of Jerusalem, in conceiving and perpetrating the Holocaust. Indeed, leading Nazi aides testified that al-Husaini was one of the instigators of the genocide. In his Damascus memoirs, the mufti admitted how he advised Hitler and other leading Nazis, and that he acquired full knowledge of the ongoing mass murder.

Middle East Forum scholar, historian, and author Wolfgang G. Schwanitz added, « It is a historical fact that the Grand Mufti of Jerusalem al-Hajj Amin al-Husaini was an accomplice whose collaboration with Adolf Hitler played an important role in the Holocaust. He was the foremost extra-European adviser in the process to destroy the Jews of Europe. »

Although Schwanitz hadn’t previously heard the dialogue between Hitler and al-Husaini as told by Netanyahu, he says it is absurd to ignore the role played by al-Hajj Amin al-Husaini, a war criminal, in encouraging and urging Hitler and other leading Nazis to exterminate European Jewry.

According to the foremost expert on the ties between Nazis and Islamists, there is much evidence that al-Husaini’s primary goal was blocking all of the ways out of Europe. He pushed Hitler to slam the last doors of a burning house shut.

In their 2014 book Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, published by Yale University Press, Schwanitz and co-author Barry Rubin delve into the deep ties between Hitler and the Grand Mufti:

At their meeting [on November 28, 1941, Hitler and al-Husaini] concluded the pact of Jewish genocide in Europe and the Middle East, and immediately afterward, Hitler gave the order to prepare for the Holocaust. The next day invitations went out to thirteen Nazis for the Wannsee Conference to begin organizing the logistics of this mass murder.
The highly acclaimed book also examined the Grand Mufti’s efforts to prevent Europe’s Jews from finding refuge in the land that would become Israel:

And since any European Jews let out of Europe might later go to Palestine, al-Husaini made it clear that if Hitler wanted Muslims and Arabs as allies he must close Europe’s exits to Jews. At the same time, al-Husaini and Arab rulers also told Britain that if it wanted to keep Arabs and Muslims from being enemies, it must close entrance to Palestine to all Jews. By succeeding on both fronts, al-Husaini contributed to the Holocaust doubly, directly, and from the start.

About the Middle East Forum

The Middle East Forum, a Philadelphia-based think tank, is dedicated to defining American interests in the Middle East and protecting America from Islamist threats. It achieves its goals through intellectual, activist, and philanthropic efforts. For more information, visit http://www.meforum.org.

Voir de même:

Roots of Hatred
Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, by Barry Rubin and Wolfgang G. Schwanitz (Yale, 360 pp., $35)
David Pryce-Jones

National Review
March 10, 2014

In Islamic societies, Jews are still widely thought of as people of bad character who cannot help engaging in criminal conspiracy. Muslims are advised several times in their canonical writings and by Middle Eastern rulers that the rightful ordering of the world depends upon destroying Jews for fear Jews may destroy them. Recent times have fueled this murderous fantasy. The Jewish state is conceived as the outcome of a criminal conspiracy involving Britain and now the United States. Merely by existing, Israel turns up side down the superiority that Muslims believe is their God-given due and induces a sense of shame that must be wiped out by whatever means are available. Huge crowds assemble to shout “Death to America! Death to Israel!” They mean it.
Ayatollah Khamenei, the “Supreme Leader” in Tehran, describes Israel as “a cancerous tumor” that must be removed. One spokesman of his says that “Zionist officials cannot be called human,” while another goes further, finding “jurisprudential justification” to kill all Jews. The Turkish prime minister is not so far behind in his enmity. All over the region, imams are preaching that Jews are descendants of pigs and apes. Hamas, the Palestinian Islamist militia in Gaza, has the intention to annihilate Israel written into its foundational charter. Their Palestinian rivals on the West Bank treat as national heroes those who have killed an Israeli. Sunni Islamists fighting in Syria promise that after they have settled the score with the Shiites, it will be the turn of the Jews.

…the pathological incitement to mass murder owes more to the recent history of European politics and ideology than it does to religious faith.
Barry Rubin, who recently died at age 64, was a professor involved in the cut-and- thrust of Arab–Israeli polemics; his co-author, Wolfgang Schwanitz, is in the same field. Their new book puts the case that the pathological incitement to mass murder owes more to the recent history of European politics and ideology than it does to religious faith. A combination of accident, superstition, and misjudgment left the Arabs losers rather than winners in the two world wars, and no one among them has yet been able to devise a way to be rid of the consequences.

Early chapters of the book show things beginning to go wrong in the 19th century, with the ambition of Germany’s Kaiser Wilhelm to have an empire that rivaled imperial Britain. For the purpose, Germany was to acquire a hold over Ottoman Turkey by training its army and building its railway system. The Kaiser appeared so enthusiastic about Islam that he was rumored to have converted. Fifty-seven professorships were established in 21 universities to provide the expertise necessary if Germany was to increase its presence in the Middle East. With the onset of World War I, German strategists planned to undermine the British by appealing to Muslims everywhere to acknowledge the Ottoman sultan as their caliph and volunteer for jihad in his name. Christians, in short, were provoking Muslims to fight other Christians, leading to the disastrous slaughter and expulsion of a million or more Armenians by the Ottoman Turks. When the British paid the Arabs of Arabia to drive the Ottomans out of the Levant, Christians were provoking Muslims to fight one another. Treating Arabs with hostility, Britain inspired the nationalism that was soon to be her empire’s undoing.

One of the rising generation of Arab nationalists was Haj Amin al-Husseini (al-Husaini in Rubin and Schwanitz’s spelling). Several biographies and studies have already established the immense harm this single-minded and violent man did, above all to his own people. A well-connected Palestinian from Jerusalem, Haj Amin was a natural adventurer whose career is a genuine example of constant criminal conspiracy. As a junior officer in the Ottoman army, according to Rubin and Schwanitz, he became a paid agent of the British, recruiting about 1,500, mainly Palestinians, to fight the Otto mans. Wrongly believing him to be trustworthy, the British rigged his election to be the grand mufti of Jerusalem. This position further enabled him to accumulate enough money and power for the next step of betraying the British. In all but name, he became the dictator of Palestine.

…All over the region, imams are preaching that Jews are descendants of pigs and apes.
Between the wars, Palestinians had to decide how to handle Jews seeking to escape from Nazism to the homeland the British had promised them. From the outset, Haj Amin launched all-out confrontation that could end only with an absolute winner and an absolute loser. Any Arab disposed to compromise was murdered on his orders. Had the Jews not been obliged to mobilize in self-defense, they might have been absorbed and the Jewish state would then not have come into being.

Once in power after 1933, Adolf Hitler set about another and more intensive promotion of German interests in the Middle East. A reliable network was set up of officials, Nazi Party members with local connections of one sort or another, and intelligence agents under cover as scholars or archaeologists. Among the well-known figures were Fritz Grobba, the ambassador in Baghdad, and Paula Koch, a nurse and a spy in Aleppo. Others are more obscure but nevertheless important, for instance Willi Steffen, a Nazi as well as the head of a Christian mission who became “a key figure in planning how to make Iraq into a German client state.” In the Beirut area alone, there were 36 agents. Subsidies were paid to anyone in a position to damage British interests. Four thousand rifles and ammunition were smuggled via Saudi Arabia to the Palestinians.

On the principle that my enemy’s enemy is my friend, Haj Amin hurried to offer Hitler his allegiance. Both men hoped to benefit from making the British position in Palestine untenable, and both anticipated doing down the Jews. After encouraging the Palestinians to revolt and then participating in the fiasco of the pro-Nazi uprising in Iraq, Haj Amin fled to Berlin, where he was to spend the rest of the war. He was given a palatial house, a capital sum of 100,000 reichmarks, and a monthly income of 20,000 more. In an exchange of letters and at subsequent meetings face to face, he and Hitler assured each other of their common hatred of Britain and of the Jews. He and the leading Nazi exponents of racism and anti- Semitism, Josef Goebbels and Alfred Rosenberg, indulged in mutual admiration.

…Thoroughly researched and closely argued…
In July 1943, Heinrich Himmler confided to him that 3 million Jews had already been murdered. Adolf Eichmann was Himmler’s man in charge of the logistics of genocide, and, according to an Eichmann aide with no reason to lie, he escorted Haj Amin in person on an inspection of the killing centers of Auschwitz and Maidanek. It was entirely in keeping with Haj Amin’s conspiratorial character that he wrote secretly to the Yugoslav Communist Josip Tito, asking to be put in touch with the Soviets. He did his utmost to ensure that no Jew was spared in the Holocaust, and furthermore arranged that when the Germans won the war they would extend genocide to the Jews of the Middle East. In which case, as Haj Amin later exulted, “no trace would have been left of Zionists in Palestine and Arab areas.” In the judgment of Rubin and Schwanitz, Haj Amin was Hitler’s most important non-state ally.

Arrested after the war, he conspired with the Allies to escape trial. Returning to the Middle East, he immediately mobilized Palestinians all over again to fight the emerging state of Israel.  Obsession drove him to keep promising what he could not perform. The Muslim troops that he had been able to enroll in the German army were a mixed and untrained lot unable to back up his words with action. Drumming the Palestinians into battle against Jews determined to do or die, he made certain that they, and then other Arabs as well, were absolute losers. Hitler had similarly misled and abused the German people.

In common with Haj Amin, innumerable Arabs had concluded that Hitler would and should win the war. Two final chapters are devoted to the fallout of this wishful mistake. Germans compromised by their Nazi past took refuge in Arab countries. Among them were Walter Rauff and Alois Brunner, two of the more sinister practitioners of genocide. Fugitive and unrepentant Nazis were saying what many in the Middle East wanted to hear, namely that dictatorship is better than democracy and that it is only right and proper to kill Jews. Rubin and Schwanitz take care to make a necessary distinction: Haj Amin and his successors and imitators are not themselves actual Nazis, but the process of interaction led them to adopt whatever they found congenial in that inhuman ideology.

…Muslims in the grip of murderous fantasy should take the indispensable first step by looking at the big historical picture and doing some serious rethinking.
Thoroughly researched and closely argued, this book exposes the reality that the selfsame follies and crimes that wrecked the continent of Europe are now wrecking the Muslim Middle East. The stalemate will endure until rationality ultimately breaks through primitive misrepresentation. Rubin and Schwanitz are suggesting that Muslims in the grip of murderous fantasy should take the indispensable first step by looking at the big historical picture and doing some serious rethinking.

Voir aussi:

FALL 2014 • VOLUME 21: NUMBER 4
Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East.
Barry Rubin and Wolfgang G. Schwanitz
New Haven: Yale University Press, 2014. 340 pp. $35

Reviewed by Lionel Gossman
Princeton University
Middle East Quarterly
Fall 2014

With Islamist groups taking advantage of uprisings across the Middle East, notably in Egypt, where the Muslim Brotherhood succeeded for a time in gaining power and is still widely viewed as the democratically elected government of Egypt, the publication of this richly researched book, a joint production of two leading Middle East scholars, could not be timelier. While many analysts ascribe the so-called « Arab Spring » to a yearning for democracy, Rubin and Schwanitz remind us of a deep and abiding connection between radical Islamism and imperial, then later, Nazi Germany.

It was Kaiser Wilhelm II who first set the template in his cynical World War I strategy of fomenting jihad among Muslim subjects in British, French, and Russian territories in the Near East and North Africa. One side-effect of this strategy was German complicity in the Armenian massacres, which could well have served as a model for Hitler’s treatment of the Jews.

Most of the book is devoted to demonstrating the close collaboration between National Socialism and Islamism, based on a common deployment of racism, nationalism, religious bigotry, and intolerance. Begun before World War II, this collaboration continued for decades after the Nazi defeat with the help of numerous war criminals who found refuge in Arab lands. The key figure in this dark saga was the British-installed Grand Mufti of Jerusalem, Hajj Amin Husseini, an eager associate of Hitler, and just as viciously anti-Semitic.

The authors contend that Husseini was himself partly responsible for the Holocaust. It was almost immediately after his meeting with Hitler on November 28, 1941, at which time the Palestinian leader demanded and received the cessation of all Jewish emigration to Palestine in exchange for Muslim support for the Axis, that Hitler convoked the Wannsee Conference. Having closed the door on the last possible escape route for the Jews, genocide became the « final solution. »

The authors’ essential thesis is that, without Husseini’s influence, more moderate Arab voices might have prevailed over radicalism, and « there might have been other options » to war in 1948: « Once al-Husaini was allowed to re-establish himself as unchallengeable leader of the Palestinian Arabs, this ensured that no compromise or two-state solution would be considered, while making certain that Arab leaders would be intimidated and driven to war. Al-Husaini’s and the radical legacy have continued to dominate the Palestinian national and the Islamist global movement down to the present day. »

The failure of Husseini’s plan to expunge all Jews from Palestine led him to adapt the hitherto rejected notion of partition to his own ends. The two-stage strategy—essentially gaining a foothold in the West Bank and Gaza and using this land as a base for destroying Israel—was crafted by Husseini and passed along to his protégé Yasser Arafat.

Rubin and Schwanitz offer a compelling and somber insight into Islamism that must be taken into account when reflecting on the problems of the Middle East today, not least by thoughtful and open-minded Muslims. Sadly, Rubin did not see the finished product of collaboration with Schwanitz. He died just as their book was coming off the presses.

 Voir également:

The truth about Jerusalem’s grand mufti, Hitler and the Holocaust
Abraham Cooper and Harold Brackman

Simon Wiesenthal Center

Oct. 21, 2015

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu went too far in recent comments that Nazi collaborator Haj Amin al-Husseini, the Grand Mufti of Jerusalem before and during World War II, played a “central role in fomenting the Final Solution” by trying to convince Hitler to destroy the Jews during a 1941 meeting in Berlin. But Netanyahu was right on when he emphasized the Mufti’s Holocaust complicity and activities before, during, and after the war when the Mufti lied about alleged Jewish intentions to expel Muslim and Islam from Jerusalem’s Temple Mount—the same lie that Palestinian Authority President Mahmoud Abbas repeats today in support of the current “knife Intifada.”

Netanyahu said: “Hitler didn’t want to exterminate the Jews at the time, he wanted to expel the Jews.  « And Haj Amin al-Husseini went to Hitler and said, ‘If you expel them, they’ll all come here.’ ‘So what should I do with them?’ he asked. He said, ‘Burn them’.”

Netanyahu’s quotation of the Grand Mufti is word-for-word accurate, but it is not true that the Fuhrer needed the advice of Islam’s leading anti-Jewish fanatic to implement the Final Solution. That was his dream as far back as 1919 as a letter that he authored and signed now on display at the Simon Wiesenthal Center Museum of Tolerance documents.

Prime Minister Netanyahu has been accused of “a dangerous historical distortion” and even “Holocaust Denial” from the predictable political quarters who even dismiss the Grand Mufti as “a lightweight” inconsequential in the history of the Holocaust. This claim wrongly mitigates the Mufti’s mindset and crimes as one of the Hitler era’s leading anti-Jewish haters.

Who was Haj Amin al-Husseini and what was his historical significance? A relative of Yasser Arafat as well as ally of Hassan al-Banna, originator of Hamas’ parent organization, the Muslim Brotherhood, the Grand Mufti was a moving force behind Palestinian Jew hatred, from the riots of 1920 and 1929 through the 1936-1939 bloody Arab Uprising against the Holy Land’s Jewish community, long before his WWII support of Nazi Germany.

According to Historian Robert Wistrich’s Hitler and the Holocaust (2001), the Mufti escaped British scrutiny in Jerusalem after the war’s outbreak for the more friendly confines of Berlin, where, in November, 1941, he had tea with Hitler who asked him “to lock in the innermost depths of his heart” that he (Hitler) “would carry on the battle to the total destruction of the Judeo-Communist Empire in Europe.” In 1942, Fred Grobba wrote approvingly of the Mufti’s visit with members of the Nazi elite to “the concentration camp Oranienburg . . . . The visit lasted about two hours with very satisfying results . . . . the Jews aroused particular interest among the Arabs. . . . It [the visit] . . . made a very favorable impression on the Arabs.”

In 1943, the Mufti extended his relations with the German Foreign Office and Abwehr directly to the SS Main Office. Gottlob Berger arranged a meeting between al-Husayni and SS chief Heinrich Himmler on July 3, 1943. Al-Husayni sent Himmler birthday greetings on October 6, and expressed the hope that “the coming year would make our cooperation even closer and bring us closer to our common goals.” The Grand Mufti also helped organize a Muslim Waffen SS Battalion, known as the Hanjars, that slaughtered ninety percent of Bosnia’s Jews, and were dispatched to Croatia and Hungary. The Mufti also made broadcasts to the Middle East urging Arabs and Muslims to honor Allah by implementing their own Final Solution.

After the War, Great Britain, the U.S., and Yugoslavia indicted the Mufti as a war criminal, but Yugoslavia dropped its extradition request to France, and legal proceedings were abandoned so as not to upset the Arab world. Escaping back to the Middle East, Al-Husseini continued his genocidal exhortations and rejectionist demands that the Jewish presence be erased from Palestine continued unabated before and during the 1948 War by five Arab states against Israel. Only then, did his influence gradually decline. He died in 1974, not long after Arab armies almost succeeded in destroying Israel in an attack launched on Judaism’s holiest day, Yom Kippur.

Far from “a light weight,” the Grand Mufti will be remembered as one the twentieth century’s most virulent Jew haters and a key cheerleader for Hitler’s genocidal Final Solution.

Rabbi Abraham Cooper is Associate Dean of the Simon Wiesenthal Center. Dr. Harold Brackman, a historian is a consultant for the Simon Wiesenthal Center.

Voir encore:

Ce qu’il ne faudrait plus entendre sur l’Intifada des couteaux

Bernard-Henri lévy

Le Monde juif

20 oct 2015

Il est inacceptable de renvoyer dos à dos les kamikazes et leurs victimes, et de laisser croire que cette nouvelle flambée de violence est spontanée.

Inaudible, de plus en plus inaudible, la formule « loups solitaires » au sujet de ces poignées, peut-être demain de ces dizaines et, après-demain, de ces centaines, d’assassins de juifs « likés » par des milliers d’« amis », suivis par des dizaines de milliers de « twittos » et connectés à une constellation de sites (l’« Al-Aqsa Media Center », la page « La troisième intifada de Jérusalem »…) qui, pour partie au moins, orchestrent le ballet sanglant.

Inaudible, de plus en plus inaudible, le refrain sur la « jeunesse palestinienne échappant à tout contrôle » quand on a vu la série de prêches, opportunément mis en ligne par le Memri, où des prédicateurs de Gaza, poignard à la main, face à la caméra, appellent à descendre dans la rue pour supplicier le maximum de juifs, faire couler le maximum de sang ; ou quand on se souvient de Mahmoud Abbas lui-même, il y a quelques semaines, au début de la séquence tragique, trouvant d’abord « héroïque » l’assassinat des époux Henkin en présence de leurs enfants, puis s’indignant de voir des juifs « souiller » de leurs « pieds sales » l’esplanade des Mosquées et, dans la même déclaration, décrétant « pure », à l’inverse, « chaque goutte de sang » de « chaque chahid » tombé pour Jérusalem.

Insupportable et, surtout, irrecevable, le couplet connexe sur la « désespérance politique et sociale » expliquant, ou excusant, ces actes criminels quand tout ce que l’on sait des nouveaux terroristes, de leurs mobiles et, souvent, de la fierté des proches transmuant, après leur mort, le crime en martyre et l’infamie en sacrifice est beaucoup plus proche, hélas, du portrait-robot du djihadiste parti se sacrifier, hier au Cachemire, aujourd’hui en Syrie ou en Irak.

Pas sûr, du coup, que soit toujours approprié le mot d’« intifada » pour désigner ce qui ressemble davantage à un énième épisode de ce djihad mondial dont Israël est une des scènes, mais une des scènes seulement.

La cause palestinienne n’a rien à gagner à cette montée aux extrêmes

Pas sûr que les doctes analyses sur l’occupation, la colonisation, l’intransigeance netanyahesque expliquent encore grand-chose d’une vague de violences qui compte au nombre de ses cibles prioritaires les juifs à papillotes ; donc les juifs les plus visiblement et ostensiblement juifs ; donc ceux que leurs assassins doivent tenir, j’imagine, pour l’image même du juif et qui, soit dit en passant, se tiennent parfois eux-mêmes à grande distance de l’État d’Israël, quand ce n’est pas en sécession ouverte avec lui.

Pas sûr, d’ailleurs, que la question même de l’État, celle des deux États et, donc, du partage négocié de la terre qui est, pour les modérés des deux bords, la seule question qui vaille, ait quoi que ce soit à voir avec cet embrasement où le politique cède la place au fanatisme, voire au complotisme, et où on décide de poignarder un passant, n’importe quel passant, à l’aveugle, du fait d’une vague rumeur rapportant que l’on aurait ourdi le plan secret d’interdire à tout jamais l’accès au troisième lieu saint de l’islam.

Pas sûr, en d’autres termes, que la cause palestinienne gagne quelque chose à cette montée aux extrêmes – et sûr, absolument sûr, qu’elle a tout à y perdre ; que ce sont les esprits raisonnables qui, en son sein, achèveront d’être laminés par ce déferlement ; et que ce sont les derniers partisans du compromis qui, avec ce qui reste du camp de la paix en Israël, paieront au prix fort les imprécations irresponsables des imams de Rafah et Khan Younès.

Irrecevable encore, la formule « cycle de violences », ou « spirale des représailles », qui, en renvoyant dos à dos les kamikazes et leurs victimes, entretient la confusion et vaut incitation à recommencer.

Insupportable, pour la même raison, la rhétorique de l’« appel à la retenue », ou de l’invitation à ne pas « enflammer la rue », qui renverse, elle aussi, l’ordre des causes et fait comme si le militaire ou le civil en situation de légitime défense avaient les mêmes torts que celui qui a pris le parti de mourir après avoir semé la plus grande terreur autour de lui.

Étranges indignations embarrassées

Étranges, oui, ces indignations embarrassées et dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elles seraient probablement plus fermes si c’était dans les rues de Washington, de Paris ou de Londres que l’on se mettait à occire le premier venu ou à lancer des voitures béliers sur les arrêts de bus.

Plus qu’étrange, troublante, la différence de ton entre ces réactions et l’émotion mondiale, la solidarité internationale sans faille ni nuance, suscitées, le 22 mai 2013, par la mort d’un militaire, en pleine rue, à Londres, assassiné à l’arme blanche et selon un scénario pas très différent de celui qui a cours, aujourd’hui, à Jérusalem et Tel-Aviv.

Insupportable encore que la plupart des grands médias ne portent pas aux familles israéliennes endeuillées le dixième de l’intérêt qu’ils portent aux familles des Palestiniens.

Et insupportable enfin, la petite mythologie en train de se constituer autour de cette histoire de poignards : l’arme du pauvre, seulement ? Celle dont on se sert parce qu’elle est là, sous la main, et qu’il n’en est point d’autre ? Quand je vois ces lames, je pense à la lame de la mise à mort de Daniel Pearl ; je pense à celle des décapitations d’Hervé Gourdel, James Foley ou David Haines – je pense que les vidéos de Daesh ont, décidément, fait école et que l’on se trouve là au seuil d’une barbarie qu’il faut inconditionnellement dénoncer si l’on ne veut pas qu’elle exporte partout, je dis bien partout, ses procédures.

Voir de même:

Pre-State Israel: Arab Riots of the 1920’s
Jacqueline Shields
Jewish virtual library

At the end of World War I, discussions commenced on the future of the Middle East, including the disposition of Palestine. On April 19, 1920, the Allies, Britain, France, Italy and Greece, Japan and Belgium, convened in San Remo, Italy to discuss a peace treaty with Turkey. The Allies decided to assign Great Britain the mandate over Palestine on both sides of the Jordan River, and the responsibility for putting the Balfour Declaration into effect. Arab nationalists were unsure how best to react to British authority. The two preeminent Jerusalem clans, the el-Husseinis and the Nashashibis, battled for influence throughout the mandate, as they had for decades before. The former was very anti-British, whereas the latter favored a more conciliatory policy.

One of the el-Husseinis, Haj Amin, who emerged as the leading figure in Palestinian politics during the mandate period, first began to organize small groups of suicide groups, fedayeen (“one who sacrifices himself”), to terrorize Jews in 1919 in the hope of duplicating the success of Kemal in Turkey and drive the Jews out of Palestine, just as the Turkish nationalists were driving the Greeks from Turkey. The first large Arab riots took place in Jerusalem in the intermediary days of Passover, April 1920. The Jewish community had anticipated the Arab reaction to the Allies’ convention, and was ready to meet it. Jewish affairs in Palestine were then being administered from Jerusalem by the Vaad Hatzirim (Council of Delegates), appointed by the World Zionist Organization (WZO) (which became the Jewish Agency in 1929). The Vaad Hatzirim charged Ze’ev (Vladimir) Jabotinsky with the task of organizing Jewish self-defense. Jabotinsky was one of the founders of the Jewish battalions, which had served in the British Army during the First World War and had participated in the conquest of Palestine from the Turks. Acting under the auspices of the Vaad Hatzirim, Jabotinsky lead the Haganah (self-defense) organization in Jerusalem, which succeeded in repelling the Arab attack. Six Jews were killed and some 200 injured in Jerusalem in the course of the 1920 riots. In addition, two Americans, Jakov Tucker and Ze’ev Scharff, both WWI veterans, were killed resisting an Arab attack on the Jewish settlementof Tel Hai in March 1920. Had it not been for the preliminary organization of Jewish defense, the number of victims would have undoubtedly been much greater.

After the riots, the British arrested both Arabs and Jews. Among those arrested was Jabotinsky, together with 19 of his associates, on a charge of illegal possession of weapons. Jabotinsky was sentenced to 15 years imprisonment with hard labor and deportation from the country after completion of his sentence. When the sentence became known, the Vaad Hatzirim made plans for widespread protests, including mass demonstrations and a national fast. Meanwhile, however, the mandate for Palestine had been assigned to Great Britain, and the jubilation of the Yishuv outweighed the desire to protest against the harsh sentence imposed on Jabotinsky and his comrades.

With the arrival in Jerusalem of the first High Commissioner, Sir Herbert Samuel, British military government was superseded by a civilian administration. As a gesture toward the civilian population, the High Commissioner proclaimed a general amnesty for both Jews and Arabs who had been involved in the April 1920 riots. Jabotinsky and his comrades were released from prison to an enthusiastic welcome by the Yishuv, but Jabotinsky insisted that the sentence passed against them be revoked entirely, arguing that the defender should not be placed on trial with the aggressor. After months of struggle, the British War Office finally revoked the sentences.

In 1921, Haj Amin el-Husseini began to organize larger scale fedayeen to terrorize Jews. Colonel Richard Meinertzhagen, former head of British military intelligence in Cairo, and later Chief Political Officer for Palestine and Syria, wrote in his diary that British officials “incline towards the exclusion of Zionism in Palestine.” In fact, the British encouraged the Arabs to attack the Jews. According to Meinertzhagen, Col. Waters Taylor, financial adviser to the Military Administration in Palestine 1919-23, met with Haj Amin a few days before Easter, in 1920, and told him “he had a great opportunity at Easter to show the world…that Zionism was unpopular not only with the Palestine Administration but in Whitehall and if disturbances of sufficient violence occurred in Jerusalem at Easter, both General Bols [Chief Administrator in Palestine, 1919-20] and General Allenby [Commander of Egyptian Force, 1917-19, then High Commissioner of Egypt] would advocate the abandonment of the Jewish Home. Waters-Taylor explained that freedom could only be attained through violence.”

Haj Amin took the Colonel’s advice and instigated a riot. The British withdrew their troops and the Jewish police from Jerusalem, and the Arab mob attacked Jews and looted their shops. Due to Haj Amin’s overt role in instigating the pogrom, the British arrested him. Yet, despite the arrest, Haj Amin escaped to Jordan, but he was sentenced to 10 years imprisonment in absentia. A year later, however, British Arabists convinced High Commissioner Herbert Samuel to pardon Haj Amin and to appoint him Mufti.

Samuel met with Haj Amin on April 11, 1921, and was assured “that the influences of his family and himself would be devoted to tranquility.” Three weeks later, however, riots in Jaffa and Petah Tikvah, instigated by the Mufti, left 43 Jews dead. Following these riots England established the Haycraft Commission to evaluate the cause of these riots. The appendix of the report reads, “The fundamental cause of the Jaffa riots and the subsequent acts of violence was a feeling among the Arabs of discontent with, and hostility to, the Jews, due to political and economic causes, and connected with Jewish immigration, and with their conception of Zionist policy as derived from Jewish exponents . . . the Arab majority, who were generally the aggressors, inflicted most of the casualties.”

Following these riots, Haj Amin consolidated his power and took control of all Muslim religious funds in Palestine. He used his authority to gain control over the mosques, the schools and the courts. No Arab could reach an influential position without being loyal to the Mufti. As the “Palestinian” spokesman, Haj Amin wrote to Colonial Secretary Winston Churchill in 1921, demanding that restrictions be placed on Jewish immigration and that Palestine be reunited with Syria and Transjordan. Churchill issued the White Paper of 1922, which tried to allay Arab fears about the Balfour Declaration. The White Paper acknowledged the need for Jewish immigaration to enable the Jewish community to grow, but placed the familiar limit of the country’s absorptive capacity on immigration. Although not pleased with Churchill’s diplomatic Paper, the Zionists accepted it; the Arabs, however, rejected it.

Despite the disturbances in 1920-1921, the yishuv continued to develop in relative peace and security. Another wave of riots, however, broke out in 1924 after another wave of pogrom’s sent 67,000 Polish Jewish refugees to Palestine. After a week of skirmishes in Jerusalem between the Haganah and Arab mobs, 133 Jews and 116 Arabs lay dead. The yishuv’s main concern at that time was its financial difficulties; the economic crisis of 1926-1928 led many to believe that the Zionist enterprise would fail due to lack of funds. Zionist leaders attempted to rectify the situation by expanding the Jewish Agency to incorporate non-Zionists who were willing to contribute to the practical settlement of Palestine.

The prospects for renewed financial support for the yishuv upset Arab leaders who feared economic domination by the Zionists. Led by Haj Amin al-Husseini once again, rumors of a Jewish plot to seize control of Muslim holy places began to spread. Violence erupted soon after, causing extensive damage. Rioting and looting were rampant throughout Palestine. In Jerusalem, Muslims provoked the violence and tensions by building and praying on or near the holiest place in the world for Jews, the Western Wall. By late August, the Arabs, in well organized formation, attacked Jewish settlements near Jerusalem. The disturbances spread to Hebron and Tsfat, including many settlements in between, and on the Kfar Dorom kibbutz in the Gaza Strip. After six days of rioting, the British finally brought in troops to quell the disturbance. Despite the fact that Jews had been living in Gaza and Hebron for centuries, following these riots, the British forced Jews to leave their homes and prohibited Jews from living in the Gaza strip and Hebron in an attempt to appease Arabs and quell violence. By the end of the rioting, 135 Jews (including eight Americans) were killed, with more than 300 wounded.

Like the riots earlier in the decade, afterward the British appointed Sir William Shaw to head an inquiry into the causes of the riots. The Shaw Commission found that the violence occurred due to “racial animosity on the part of the Arabs, consequent upon the disappointment of their political and national aspirations and fear for their economic future.” The report claimed that the Arabs feared economic domination by a group who seemed to have, from their perspective, unlimited funding from abroad. The Commission reported that the conflict stemmed from different interpretations of British promises to both Arabs and Jews. The Commission acknowledged the ambiguity of former British statements and recommended that the government clearly define its intentions for Palestine. It also recommended that the issue of further Jewish immigration be more carefully considered to avoid “a repetition of the excessive immigration of 1925 and 1926.” The issue of land tenure would only be eligible for review if new methods of cultivation stimulated considerable growth of the agricultural sector. The Shaw Commission frustrated Zionists, but the two subsequent reports issued on the future of Palestine were more disturbing. The Hope Simpson report of 1930 painted an unrealistic picture of the economic capacity of the country. It cast doubt on the prospect of industrialization and incorrectly asserted that no more than 20,000 families could be accomodated by the land. The Hope Simpson report was overshadowed, however, by the simultaneous release of the Passfield White Paper, which reflected colonial Secretary Passfield’s deep-seated animus toward Zionism. This report asserted that Britain’s obligations to the Arabs were very weighty and should not be overlooked to satisfy Jewish interests. Many argued that the Passfield Paper overturned the Balfour Declaration, essentialy saying that Britain should not plan to establish a Jewish state. The Passfield Paper greatly upset Jews, and interestingly, also the labor and conservative parties in the British Parliament. The result of this widespread outcry to the Secretary’s report was a letter from British Prime Minister MacDonald to Dr. Chaim Weizmann, reaffirming the commitment to create a Jewish homeland.

The Arabs found rioting to be a very effective political tool becasue the British attitude toward violence against Jews, and their response to the riots, encouraged more outbreaks of violence. In each riot, the British would make little or no effort to prevent the Arabs from attacking the Jews. After each incident, a commission of inquiry would try to establish the cause of the riot. The conclusions were always the same: the Arabs were afraid of being displaced by Jewish immigrants. To stop the disturbances, the commissions routinely recommended that restrictions be made on Jewish immigration. Thus, the Arabs came to recognize that they could always stop Jewish immigration by staging a riot. Despite the restrictions placed on its growth, the Jewish population increased to more than 160,000 by the 1930s, and the community became solidly entrenched in Palestine. Unfortunately, as the Jewish presence grew stronger, so did the Arab opposition. The riots brought recognition from the international Jewish community to the struggle of the settlers in Palestine, and more than $600,000 was raised for an emergency fund that was used to finance the cost of restoring destroyed or damaged homes, establish schools, and build nurseries.

Sources: Mitchell G. Bard, The Complete Idiot’s Guide to Middle East Conflict. 4th Edition. NY: Alpha Books, 2008.
Ahron Bregman, A History of Israel, Palgrave MacMillan; New York, 2002.
The Irgun Site
The Jewish Agency for Israel and The World Zionist Organization.
Leslie Stein, The Hope Fulfilled: The Rise of Modern Israel. CT: Praeger Publishers; 2003.
Michael Oren. Power, Faith and Fantasy: America in the Middle East, 1776 to the Present. NY: W. W. Norton & Company, 2007.

Voir de plus:

Pre-State Israel:
The Hebron Massacre
(August 23, 1929)

Pre-State Israel: Table of Contents | Jewish Claim to Israel | Arab Riots of the 1920’s

For many years, the small Jewish community in the ancient city of Hebron lived in peace with their tens of thousands of Arab neighbors. But, on the night of August 23, 1929, the tension simmering within this cauldron of nationalities bubbled over and for a period of three days, Hebron turned into a city of terror and murder as the Arab residents led a rampaging massacre against the bewildered and helpless Jewish community.

By the time the massacre ended, 67 Jews lay dead – their homes and synagogues destroyed – and the few hundred survivors were relocated to Jerusalem.  The aftermath left Hebron barren of Jews for the first time in hundreds of years.

Destruction at the Avraham Avinu Synagogue in the Jewish Quarter

The summer of 1929 was one of unrest in Palestine as Jewish immigrants were arriving in increasing numbers and the agitations of the mufti in Jerusalem spurred on Jewish-Arab tensions. Just one day prior to the start of the Hebron massacre, three Jews and three Arabs were killed in Jerusalem when fighting broke out after a Muslim prayer service on the Temple Mount. Arabs spread false rumors and libels throughout their communities, saying that Jews were carrying out « wholesale killings of Arabs. »

Hebron had up until this time been outwardly peaceful, although tensions hid below the surface. The Sephardi Jewish community (Jews who were originally from Spain, North Africa and Arab countries) in Hebron had lived quietly with its Arab neighbors for centuries. Theses Sephardi Jews spoke Arabic and had a cultural connection with the the Arabs of Hebron. In the mid-1800s, Ashkenazi (native European) Jews started moving to Hebron and, in 1925, the Slobodka Yeshiva – officially called the Yeshiva of Hevron Knesset Yisrael-Slobodka – was opened.

Yeshiva students lived separately from both the Sephardi Jewish community and from the Arab population.  This isolation fed the Arab views that these « Zionist immigrants » were suspicious and thus hated. Despite the general suspicion, however, one yeshiva student, Dov Cohen, still recalled being on « very good » terms with the Arab neighbors. He remembered yeshiva boys taking long walks late at night on the outskirts of the city and not feeling afraid even though only one British policeman guarded the entire city.

On Friday, August 23, 1929, that tranquility was lost.

Arab youths began the riots by hurling rocks at the yeshiva students as they walked by. That afternoon, student Shmuel Rosenholtz went to the yeshiva alone. Arab rioters broke in to the building and killed him.  Rosenholtz’s was but the first of dozens of murders.

On Friday night, Rabbi Ya’acov Slonim’s son invited any Jews fearful of the worsening situation to stay in their family house. The rabbi was highly regarded in the community, and he kept a gun. Many of the Jews in the community took this offer for shelter.  Unfortunately, many of these people were eventually murdered there.

As early as 8:00 a.m. on Saturday morning – the Jewish Sabbath – Arabs began to gather en masse around the Jewish community. They came in mobs, armed with clubs, knives and axes. While the women and children threw stones, the men ransacked Jewish houses and destroyed Jewish property. With only a single police officer in all of Hebron, the Arabs were able to enter Jewish courtyards with literally no opposition.

Jewish Home in Hebron Plundered
Rabbi Slonim, who had tried to shelter the Jews, was approached by the rioters and offered a deal. If all the Ashkenazi yeshiva students were given over to the Arabs, the rioters would spare the lives of the Sephardi community.

Rabbi Slonim refused to turn over the students.  The Arabs killed him on the spot.

By the end of the massacre, 12 Sephardi Jews and 55 Ashkenazi Jews were murdered.

A few Arabs did try to help the Jews. Nineteen Arab families saved dozens if not hundreds of Hebron’s Jews. Zmira Mani wrote about an Arab named Abu Id Zaitoun who brought his brother and son to rescue her family. The Arab family protected the Manis with their swords, hid them in a cellar along with other Jews they had saved, and eventually found a policeman to escort them safely to the police station at Beit Romano.

The Beit Romano police station turned into a shelter for the Jews on the morning of Saturday, August 24. It also became a synagogue when the Orthodox Jews gathered there said their morning prayers. As they finished praying, they began to hear noises outside the building. Thousands of Arabs descended from Har Hebron, shouting « Kill the Jews! » in Arabic. They even tried to break down the doors of the station.

For three days, the Jews were besieged in Beit Romano by the rampaging Arabs. Each night, ten men were allowed to leave the building and go to Hebron’s ancient Jewish cemetery to conduct a funeral for any Jews murdered that day.

Following the massacre, the surviving Jews of Hebron were forced to leave their city and resettle in Jerusalem. A number of Jewish families tried to move back to Hebron, but were removed by the British authorities in 1936 at the start of the Arab revolt.

In 1948, Israel gained its independence from Britian, but Hebron was captured by King Abdullah’s Arab Legion during the War of Independence and ultimately annexed to Jordan.

When Israel finally regained control of the city in 1967, a small number of survivors from the massacre again tried to reclaim their old houses. Then-Defense Minister Moshe Dayan supposedly told the survivors that if they returned, they would be arrested, and that they should be patient while the government worked out a solution to get their houses back. Years later, settlers moved to parts of Hebron without the permission of the government, but for those massacre survivors still seeking their original homes, that solution never came.

Sources: Arutz Sheva (August 1, 1999); The Jerusalem Post (July 23, 1999).

Voir encore:

The Palestine Riots and Massacres of  1929

The Jewish Virtual Library

In the summer of 1929 the Arabs of Palestine initiated rioting and massacres against the Jewish population in several towns. The targets were not Zionists who had dispossessed Arabs of their lands, but for the most part Jewish communities of the « old Yishuv, » communities that had lived in Palestine for many hundreds of years. The pogroms were of the same general character as pogroms that had taken place sporadically  in Palestine for hundreds of years, usually referred to euphemistically by Jews of Safed, Tiberias, Jerusalem and Hebron as « Meoraot » – « events. » The worst massacres took place in Safed, Hebron, Jerusalem and Motza. Like the pogroms of past ages, these « disturbances » featured angry crowds stirred up over a religious or other dispute, Imams preaching « Kill the Jews wherever you find them » and mobs screaming « Aleihum » (get them) and « Itbach Al Yahood » – murder the Jews. In a few days, over a hundred Jews were murdered and several hundreds were wounded.

The racist riots of 1929, like those of 1920 and 1921, were distinguished from those that took place under the Ottoman Turks by two features. Supposedly, Palestine was now under a British Mandate, and being built as a Jewish national  home, a place of refuge and safety for Jews. The occurrence of the riots did tremendous damage to the Zionist cause, far beyond the actual loss of lives and property, because they it seem that Palestine was unsafe for the Jews after all, just like everywhere else. The second feature was that the riots were part of the anti-Zionist agitation stirred up by the Husseini family, even though they were not directed against Zionist settlers, but against the old communities.

Throughout the 1920s, tension had been brewing between Palestinian Jews and Arabs for some time, with little or no action by the mandate government to alleviate it. The Arabs of Palestine had come to be dominated by two clans, the Husseinis and the Nashashibis. The Husseinis controlled the Palestine Arab Executive and Supreme Muslim Council. Haj Amin El Husseini was Grand Mufti of Jerusalem. The Nashashibis became the mu’aridan, the opposition. The Husseinis hoped to further their position by exploiting hatred against the Jews. The issue that generated tension was not land purchases or Jewish immigration. Though there had been large land purchases in the Valley of Jezreel, there was not much Jewish immigration during this period. The issue of contention was an imagined Jewish threat to the Al-Aqsa mosque in Jerusalem, centering around Jewish attempts to improve the facilities of the nearby wailing wall, a remnant of the Jewish temple, where they gathered for prayer. The wailing wall is part of the West Wall, Al Buraq, where according to Muslim belief, Muhammed tethered his horse when he was miraculously transported to Jerusalem. Thus, it is holy to Muslims too.

There is no doubt that the mosque built on the site of the temple was never a source of joy for Jews, but Jewish tradition holds that the temple can only be rebuilt when the messiah comes. The Zionists certainly had no designs on the mosque itself. The wailing wall however, because of its proximity to the mosque of Al Aqsa, was long a source of friction. Islamic law holds that no non-Muslims may pray in proximity to a mosque while prayers are held in the mosque, because that would disturb the prayers of the faithful. The Jews of Jerusalem had gotten many warnings during the hundreds of years of Muslim rule, about prayer at the wailing wall or in synagogues in the Jewish quarter that supposedly disturbed the prayers of the Muslims. This « Holy Place » was a natural place of contention.

In 1922, a Palestinian delegation to the Hajj (pilgrimage) in Mecca had declared:

The Islamic Palestinian Nation that has been guarding al-Aksa Mosque and Holy Rock since 1,300 years declares to the Muslim world that the Holy Places are in great danger on account of the horrible Zionist aggressions… The Zionist Committee, which is endeavoring to establish Jewish rule in Palestine and to rob al-Aksa from the Muslims on the plea that it was built on the ruins of Solomon’s Temple, aims at making Palestine a base of Jewish influence over the [Arabian] peninsula and the whole East.

In 1928, the Muslims tried to get the British to confirm their rights over the Western Wall, including the space used by Jews for worship. Husseini had helped to organize refurbishing of the long neglected mosques in Jerusalem now he initiated new construction activities in October of 1928. Bricks from the « construction » fell « accidentally » on Jewish worshippers in the wailing wall area below. The Arabs drove mules through the prayer area. Muezins (the announcers of the mosques) who called the faithful to prayer turned up the volume in their PA systems so as to disturb the Jewish prayer.

The Zionist community, especially the right, took up the challenge. Right-wing Zionists of the revisionist movement demanded Jewish control of the wall. Some even demanded rebuilding the temple, alarming the Muslims even more and providing a factual basis for the agitation. On August 14, 1929, about 6,000 Jews paraded in Tel Aviv and that evening, about 3,000 gathered at the wall in Jerusalem for prayer, a huge crowd for the then very cramped space. The next day the right-wing Betar revisionist youth paraded by the hundreds, carrying billy-club batons. Rumors circulated that the Jews were about to march on the Haram as Sharif – the Al-Aqsa mosque compound. The Arabs circulated inflammatory leaflets, apparently printed earlier. One read, « Hearts are in tumult because of these barbaric deeds, and the people began to break out in shouts of ‘war, Jihad… rebellion.’… O Arab nation, the eyes of your brothers in Palestine are upon you… and they awaken your religious feelings and national zealotry to rise up against the enemy who violated the honor of Islam and raped the women and murdered widows and babies. » The Jews had killed no-one, and had attacked no-one.

On Friday August 16, after an inflammatory sermon, a mass of Arab demonstrators proceeded from the mosques to the Western Wall, where they burned prayer books. The British High Commissioner, Sir John Chancellor, was on leave in England. The acting British  High Commissioner, Harry Luke, ignored the problem and claimed that « only pages » of prayer books had been burned.

The British were woefully unprepared to deal with disturbances. In all of Palestine there were 292 British police. In Hebron, there was a single British police officer commanding a tine force of Arabs, many of them old, and one Jew.

On August 17, a riot in the Bukharian Jewish quarter of Jerusalem left one Jew dead. The funeral, held August 20, turned into a mass demonstration with cries for vengeance. Beginning on August 22, Arab villagers, armed with sticks, knives and guns, gathered in the Haram as Sharif. Following Friday prayers and the usual inflammatory sermon on August 23, they poured out into the streets of Jerusalem and proceeded to murder and loot. By the time the riots were over in Jerusalem on August 24, 17 Jews were dead. The rioters opened fire simultaneously in several neighborhoods, evidence indicating that the massacres were probably orchestrated by the Supreme Muslim Council.Near Jerusalem, the small town of Motza was attacked by Arabs who killed every member of the Makleff family but one. A very young boy, Mordechai Makleff, hid under a bed. He grew up to be Chief of Staff of the IDF for a brief time during the War of Independence. Several settlements next to Motza had to be abandoned. In other settlements, the inhabitants were protected by friendly Arab neighbors. Kibbutz Hulda was evacuated by the British. Arab marauders burned the kibbutz. The British killed 40 Arabs there. The worst fury of the Arabs, however, was directed at the tiny ancient Jewish community of Hebron, where 64-67 Jews were massacred in a few hours of rioting on August 24, 1924.

The British flew in additional reinforcements from Egypt and elsewhere. The riots spread to Tel-Aviv and Haifa and Safed.  In Safed, 18 Jews were killed and 80 injured.

In all 133 Jews and 116 Arabs were killed in the riots, 339 Jews and 232 Arabs were injured. Most of the Arabs were killed by the British police and some by the Haganah in self defense. There were also instances of Jewish atrocities. Jews broke into a mosque and destroyed a Quran. In Tel Aviv, Arabs killed four Haganah men, so the Haganah retaliated by raiding an Arab house and killing four people.

The riots of 1929 changed the attitudes of Jews to the Arabs. Arthur Ruppin, who had helped found the Brit Shalom peace group, which advocated a binational state, withdrew from the group. He could no longer believe in Jewish-Arab coexistence. The writer Shai Agnon wrote, « I do not hate them [the Arabs] and I do not love them; I do not wish to see their faces. In my humble opinion we shall now build a large ghetto of half a million Jews in Palestine, because if we do not, we will, heaven forbid, be lost. »

The massacres of 1929 had thus launched two themes that were to recur in the history of Israel and Palestine: agitation related to the al-Aqsa mosques and the Jewish desire for separation from the Arabs of Palestine, for self-protection.

The British were horrified by the massacre. However many of the British personnel had no great love for Zionism or Jews, and the British government was unwilling to subsidize Palestine, which would be required to support a large police force, and no desire to incur the enmity of the Arab world. They refused adamantly to allow any independent legal Jewish self defense force.

The immediate consequences of the riots were that the British caved in to every demand of the Arabs. Though only a small number of Jews had immigrated to Palestine under the mandate, the British accepted at face value the claim of the Mufti that these immigrants, rather than the world economic depression, were at fault for the real or imagined woes of the Arabs of Palestine. In the year 1930, when unemployment reached 25% in some countries, Palestinian Arabs had an unemployment rate of 4%. This « misery » was the « fault » of the Zionist immigration. These were the findings of the Shaw commission which investigated the « causes » of the riots, and of the Hope-Simpson report, which was commissioned to justify the policy changes. Simultaneously with the Hope-Simpson report the British Government issued the Passfield White Paper, which made it clear that Britain intended to sharply curtail Jewish immigration. The Passfield White Paper of 1930 caused an uproar in Parliament however. Moreover, the League of Nations indicated that Britain would be violating the terms of its mandate to foster a national home for the Jewish people if it curtailed immigration. Consequently, Prime Minister Ramsay Macdonald soon backed down and wrote a letter to Chaim Weizmann, read publicly in Parliament, which « explained » that « His Majesty’s Government never proposed to pursue such a policy. »

The British also issued a set of discriminatory regulations that restricted Jewish rights in the wailing wall, returning the situation to the same state as existed under the Ottoman Empire, when Muslim – Jewish relations were governed by the inferior dhimmi status of Jews in Islam.

Ami Isseroff

See here for a General history of Zionism and the Creation of Israel

See here for details about  the Arab-Israeli conflict and History of Israel and Palestine.

See also Zionism and its Impact

This history is based in part on:

Morris, B., Righteous Victims, Alfred Knopf, New York  1994 pages 111-120.

Segev, T., One Palestine Complete,  Henry Holt, N.Y. 1999, pp 294-327

Coins from 17AD found under Jerusalem’s Western Wall hints sacred site NOT built by Herod

Rob Waugh

The Daily Mail
25 November 2011

Ancient site holy to both Jews AND Muslims
Coins stamped with successor to Pontius Pilate
Construction ‘had not even begun’ by Herod’s death

Two ancient bronze coins, which according to Israel Antiquities Authority archaeologists were struck by the Roman procurator of Judea, Valerius Gratus, in the year 17/18 CE – raising questions over the history of Jerusalem
The history of one of the world’s holiest sites – sacred to both Jews and Muslims – is set to be rewritten, following a surprise discovery in a ritual bath beneath the complex.
It proves that the Wall – supposedly built by Herod, the Jewish king who features prominently in the Gospels, was in fact built much later.
Newly found coins underneath Jerusalem’s Western Wall could change the accepted belief about the construction of one of the world’s most sacred sites two millennia ago, Israeli archaeologists said Wednesday.

The man usually credited with building the compound known to Jews as the Temple Mount and to Muslims as the Noble Sanctuary is Herod, a Jewish ruler who died in 4 B.C.
Herod’s monumental compound replaced and expanded a much older Jewish temple complex on the same site.

But archaeologists with the Israel Antiquities Authority now say diggers have found coins underneath the massive foundation stones of the compound’s Western Wall that were stamped by a Roman proconsul 20 years after Herod’s death.
That indicates that Herod did not build the wall – part of which is venerated as Judaism’s holiest prayer site – and that construction was not close to being complete when he died.

‘The find changes the way we see the construction, and shows it lasted for longer than we originally thought,’ said the dig’s co-director, Eli Shukron.

Coins dated 17/18 CE were discovered beneath the Western Wall of Temple Mount, providing scientific confirmation that the Western Wall and Robinsons Arch construction were not completed in King Herods lifetime

Underground archaeological excavations continue along the 600 metre long drainage channel running from the Siloam Pool in the City of David to the Jerusalem Archaeological Garden near the Western Wall
The four bronze coins were stamped around 17 A.D. by the Roman official Valerius Gratus.
He preceded Pontius Pilate of the New Testament story as Rome’s representative in Jerusalem, according to Ronny Reich of Haifa University, one of the two archaeologists in charge of the dig.

Jesus with Pontius Pilate: Pilate was the successor of the official whose face was printed on the coins
The coins were found inside a ritual bath that predated construction of the renovated Temple Mount complex and which was filled in to support the new walls, Reich said.

They show that construction of the Western Wall had not even begun at the time of Herod’s death. Instead, it was likely completed only generations later by one of his descendants.

The Western Wall is Judaism’s holiest site in Jerusalem’s Old City: The new find raises questions over its origins

Archaeologists in Jerusalem have uncovered coins inside an ancient Jewish ritual bath by the Wailing Wall in the Old City which challenge the assumption that all of the walls of the Second Jewish Temple were built by King Herod
The coins confirm a contemporary account by Josephus Flavius, a Jewish general who became a Roman historian.
Writing after a Jewish revolt against Rome and the destruction of the Temple by legionnaires in 70 A.D., he recounted that work on the Temple Mount had been completed only by King Agrippa II, Herod’s great-grandson, two decades before the entire compound was destroyed.

Israeli Archaeologist Eli Shukron of the Israel Antiquities Authority looks inside a ritual bath exposed beneath the Western Wall on November 23, 2011

The coins provide concrete proof that the Western Wall – Judaism’s holiest site – was built at a later date than previously thought
Scholars have long been familiar with Josephus’ account, but the find is nonetheless important because it offers the ‘first clear-cut archaeological evidence that part of the enclosure wall was not built by Herod,’ said archaeologist Aren Maeir of Bar-Ilan University, who was not involved in the dig.

THE WESTERN WALL: A HISTORY

The Western Wall – or Wailing Wall – is a remnant of the ancient wall that surrounded the Jewish Temple’s courtyard,  located in the Old City of Jerusalem at the foot of the western side of the Temple Mount.
It is one of the most sacred sites in Judaism outside of the Temple Mount itself.
According to the Tanakh, Solomon’s Temple was built atop the Temple Mount in the 10th century BC and destroyed by the Babylonians in 586 BC.
The Second Temple was completed and dedicated in 516 BC.
It is believed that more than half the current wall, including a large below current  street level, was constructed around 19 BC by Herod the Great as he launched a massive expansion of the temple.
The remaining layers were added from the 7th century onwards.
It has been a site for Jewish prayer and pilgrimage for centuries, the earliest source mentioning Jewish attachment to the site dating from the 4th century.

After the 1948 Arab-Israeli War the wall came under Jordanian control and Jews were barred from the site for 19 years until Israel captured the Old City in 1967.
Josephus also wrote that the end of construction left 18,000 workmen unemployed in Jerusalem. Some historians have linked this to discontent that eventually erupted in the Jewish revolt.

The compound, controlled since 1967 by Israel, now houses the Al-Aqsa Mosque and the golden-capped Muslim shrine known as the Dome of the Rock

The fact that the compound is holy both to Jews and Muslims makes it one of the world’s most sensitive religious sites.

The dig in which the coins were discovered cleared a Roman-era drainage tunnel that begins at the biblical Pool of Siloam, one of the city’s original water sources, and terminates with a climb up a ladder out onto a 2,000-year-old street inside Jerusalem’s Old City.
The tunnel runs by the foundation stones of the compound’s western wall, where the coins were found.

‘The excavation of the tunnel also yielded a Roman sword that scholars believe are likely debris from a Jewish rebellion’

The drainage tunnel was excavated as part of the dig at the City of David, which is perhaps Israel’s richest archaeological excavation and its most contentious.

The dig is being carried out inside the Palestinian neighborhood of Silwan, and is funded by a group associated with the Israeli settlement movement that opposes any division of the city as part of a future peace deal.

The excavation of the tunnel has also yielded a Roman sword, oil lamps, pots and coins that scholars believe are likely debris from an attempt by Jewish rebels to hide in the underground passage as they fled from the Roman soldiers.

 Voir par ailleurs:

Palestine
À Bethléem, la décision de l’Unesco fait polémique
Fabien Trécourt

Le Monde des religions

06/07/2012

Lieu présumé de la naissance du Christ, l’église de la Nativité a donné lieu à une passe d’armes entre officiels israéliens et palestiniens, dans le cadre de son rattachement au patrimoine mondial de l’Unesco.

C’est le premier site palestinien inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Vendredi 28 juin à Saint-Pétersbourg, l’église de la Nativité de Bethléem a été admise par treize voix contre six, et deux abstentions, lors d’un vote des 21 membres du comité du patrimoine. La session s’est déroulée dans le cadre d’une procédure d’urgence, les représentants palestiniens arguant du « délabrement et de la dégradation des l’ensemble architectural », notamment du fait « des forces d’occupation » israéliennes.

L’Autorité palestinienne s’est félicitée du vote de l’Unesco, première victoire diplomatique depuis son admission l’an dernier. « Cette reconnaissance par le monde des droits du peuple palestinien est une victoire pour notre cause », a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole de Mahmoud Abbas. « Merci pour tous les efforts entrepris pour permettre au peuple palestinien de prendre son droit culturel à l’auto-détermination », a ajouté un délégué palestinien, dont le nom n’a pas été cité.

« Ces sites sont menacés de destruction totale par l’occupation israélienne, la construction du mur de séparation, à cause des sanctions israéliennes et des mesures prises pour opprimer l’identité palestinienne. » Les délégués israéliens ont pour leur part avancé n’avoir eu « aucune objection » à l’inscription du site, mais ont contesté le recours à la procédure d’urgence, estimant que c’était « une façon de laisser entendre qu’Israël ne protégeait pas le site ».

Au contraire, précise un communiqué israélien, l’église de la Nativité, « sacrée pour les chrétiens, a été profanée dans le passé par des terroristes palestiniens ». Pour le correspondant du journal Le Monde, Laurent Zecchini, cette allusion au siège de la basilique en 2002, »tord quelque peu la réalité  (?) : lors de l’opération « Rempart » menée par l’armée israélienne en Cisjordanie, 200 militants palestiniens armés avaient trouvé refuge dans l’édifice. »

Pour Israël et les Etats-Unis, ce verdict prouve que l’Unesco s’est prononcée « sur la base de considérations politiques et non culturelles ». « Au lieu de prendre des décisions pour faire avancer la paix, les Palestiniens adoptent des initiatives unilatérales qui ne font que l’éloigner », insiste le bureau du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, tandis que l’administration américaine se déclarait « profondément déçue »» : Ce « site est sacré pour tous les chrétiens » et l’Unesco « ne devrait pas être politisée », a souligné l’ambassadeur américain auprès de cette instance, David Killion, dans un communiqué.

La basilique a été construite par l’empereur romain Constantin Ier, au IVe siècle, sur le lieu présumé de la naissance de Jésus Christ. Elle est restée, depuis, quasiment inchangée, mis à part une restauration au VIe siècle, sous l’empire de Justinien Ier, et quelques ajouts pendant la première croisade. C’est l’une des plus anciennes églises au monde. Les chrétiens la considèrent comme sacrée, mais aussi les musulmans qui reconnaissent en Jésus de Nazareth un prophète.

Aujourd’hui, les Églises grecques orthodoxes, arméniennes et catholiques administrent conjointement le site. Une polémique s’est d’ailleurs déclenchée s’agissant de leur positionnement : « Des diplomates palestiniens ont fait savoir qu’elles soutenaient l’inscription en urgence de la basilique, rapporter Laurent Zecchini, alors que ce n’était manifestement pas le cas. » Fort de cette décision, les Palestiniens espèrent inscrire d’autres sites sur la liste du patrimoine mondial, notamment le site de Battir, alors qu’un mur de sécurité israélien doit être érigé à proximité.

Situé à flanc de colline à proximité de Bethléem, ce village est célèbre pour ces cultures en terrasses de la vigne et de l’olivier, ainsi que son système d’irrigation. Néanmoins, la décision de l’Unesco pourrait déboucher sur une nouvelle dégradation des relations israélo-palestiniennes, analyse Laurent Zecchini. La rencontre qui devait avoir lieu -la première à ce niveau depuis septembre 2010- dimanche 1er juillet, à Ramallah, entre le vice-premier ministre israélien, Shaul Mofaz, et Mahmoud Abbas a été annulée.


Réouverture du Musée de l’homme: Attention, une bondieuserie peut en cacher une autre (Archeology of violence: No war, please, we’re cavemen)

18 octobre, 2015
cainandabelPrehistoricSacrificeAdam raised a Cain. Bruce Springsteen
Why have we every reason to believe that Adam and Eve were both rowdies? Because they both raised Cain. St. Louis Daily Pennant (May 2, 1840)
Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu’il est trépassé. Il ne faut pas juger à l’aune de nos critères. (…) Je trouve… qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. (…) Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir ; elle n’a d’autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu… Ils ne demandent à leurs prisonniers autre rançon que la confession et reconnaissance d’être vaincus ; mais il ne s’en trouve pas un, en tout un siècle, qui n’aime mieux la mort que de relâcher, ni par contenance, ni de parole, un seul point d’une grandeur de courage invincible ; il ne s’en voit aucun qui n’aime mieux être tué et mangé, que de requérir seulement de ne l’être pas. Ils les traitent en toute liberté, afin que la vie leur soit d’autant plus chère ; et les entretiennent communément des menaces de leur mort future, des tourments qu’ils y auront à souffrir, des apprêts qu’on dresse pour cet effet, du détranchement de leurs membres et du festin qui se fera à leurs dépens. Tout cela se fait pour cette seule fin d’arracher de leur bouche parole molle ou rabaissée, ou de leur donner envie de s’enfuir, pour gagner cet avantage de les avoir épouvantés, et d’avoir fait force à leur constance. Car aussi, à le bien prendre, c’est en ce seul point que consiste la vraie victoire. Montaigne
Etrange destinée, étrange préférence que celle de l’ethnographe, sinon de l’anthropologue, qui s’intéresse aux hommes des antipodes plutôt qu’à ses compatriotes, aux superstitions et aux mœurs les plus déconcertantes plutôt qu’aux siennes, comme si je ne sais quelle pudeur ou prudence l’en dissuadait au départ. Si je n’étais pas convaincu que les lumières de la psychanalyse sont fort douteuses, je me demanderais quel ressentiment se trouve sublimé dans cette fascination du lointain, étant bien entendu que refoulement et sublimation, loin d’entraîner de ma part quelque condamnation ou condescendance, me paraissent dans la plupart des cas authentiquement créateurs. (…) Peut-être cette sympathie fondamentale, indispensable pour le sérieux même du travail de l’ethnographe, celui-ci n’a-t-il aucun mal à l’acquérir. Il souffre plutôt d’un défaut symétrique de l’hostilité vulgaire que je relevais il y a un instant. Dès le début, Hérodote n’est pas avare d’éloges pour les Scythes, ni Tacite pour les Germains, dont il oppose complaisamment les vertus à la corruption impériale. Quoique évoque du Chiapas, Las Casas me semble plus occupé à défendre les Indiens qu’à les convertir. Il compare leur civilisation avec celle de l’antiquité gréco-latine et lui donne l’avantage. Les idoles, selon lui, résultent de l’obligation de recourir à des symboles communs à tous les fidèles. Quant aux sacrifices humains, explique-t-il, il ne convient pas de s’y opposer par la force, car ils témoignent de la grande et sincère piété des Mexicains qui, dans l’ignorance où ils se trouvent de la crucifixion du Sauveur, sont bien obligés de lui inventer un équivalent qui n’en soit pas indigne. Je ne pense pas que l’esprit missionnaire explique entièrement un parti-pris de compréhension, que rien ne rebute. La croyance au bon sauvage est peut-être congénitale de l’ethnologie. (…) Nous avons eu les oreilles rebattues de la sagesse des Chinois, inventant la poudre sans s’en servir que pour les feux d’artifice. Certes. Mais, d’une part l’Occident a connu lui aussi la poudre sans longtemps l’employer pour la guerre. Au IXe siècle, le Livre des Feux, de Marcus Graecus en contient déjà la formule ; il faudra attendre plusieurs centaines d’années pour son utilisation militaire, très exactement jusqu’à l’invention de la bombarde, qui permet d’en exploiter la puissance de déflagration. Quant aux Chinois, dès qu’ils ont connu les canons, ils en ont été acheteurs très empressés, avant qu’ils n’en fabriquent eux-mêmes, d’abord avec l’aide d’ingénieurs européens. Dans l’Afrique contemporaine, seule la pauvreté ralentit le remplacement du pilon par les appareils ménagers fabriqués à Saint-Étienne ou à Milan. Mais la misère n’interdit pas l’invasion des récipients en plastique au détriment des poteries et des vanneries traditionnelles. Les plus élégantes des coquettes Foulbé se vêtent de cotonnades imprimées venues des Pays-Bas ou du Japon. Le même phénomène se produit d’ailleurs de façon encore plus accélérée dans la civilisation scientifique et industrielle, béate d’admiration devant toute mécanique nouvelle et ordinateur à clignotants. (…) Je déplore autant qu’un autre la disparition progressive d’un tel capital d’art, de finesse, d’harmonie. Mais je suis tout aussi impuissant contre les avantages du béton et de l’électricité. Je ne me sens d’ailleurs pas le courage d’expliquer leur privilège à ceux qui en manquent. (…) Les indigènes ne se résignent pas à demeurer objets d’études et de musées, parfois habitants de réserves où l’on s’ingénie à les protéger du progrès. Étudiants, boursiers, ouvriers transplantés, ils n’ajoutent guère foi à l’éloquence des tentateurs, car ils en savent peu qui abandonnent leur civilisation pour cet état sauvage qu’ils louent avec effusion. Ils n’ignorent pas que ces savants sont venus les étudier avec sympathie, compréhension, admiration, qu’ils ont partagé leur vie. Mais la rancune leur suggère que leurs hôtes passagers étaient là d’abord pour écrire une thèse, pour conquérir un diplôme, puisqu’ils sont retournés enseigner à leurs élèves les coutumes étranges, « primitives », qu’ils avaient observées, et qu’ils ont retrouvé là-bas du même coup auto, téléphone, chauffage central, réfrigérateur, les mille commodités que la technique traîne après soi. Dès lors, comment ne pas être exaspéré d’entendre ces bons apôtres vanter les conditions de félicité rustique, d’équilibre et de sagesse simple que garantit l’analphabétisme ? Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur, – encore moins, sans doute, ne le font les ressources de la civilisation industrielle. À d’autres. Roger Caillois (1974)
On m’a traité de sale juif dès l’école communale (…) Se découvrir subitement contesté par une communauté dont on croyait être partie intégrante peut conduire un jeune esprit à prendre quelque distance à l’égard de la réalité sociale, contraint qu’il est de la considérer simultanément du dedans où il se sent et du dehors où on le met. Claude Lévi-Strauss
Je lui reste fidèle [à Marx], non pas, disons, sur le plan des idées politiques, mais parce que je lui suis redevable de deux idées qui restent pour moi centrales et qui ont toujours orienté ma pensée. (…) Qui sont : 1. La conscience, qu’elle soit individuelle ou collective, est trompeuse vis-à-vis d’elle-même et, par conséquent, si l’on veut atteindre des réalités plus solides, il faut descendre en dessous du niveau de la conscience, ce qui, pour moi. n’est pas autre chose que transposer aux sciences humaines et sociales la distinction philosophique de Locke et de Descartes entre qualités secondes et qualités premières (les qualités secondes sont trompeuses ; les qualités premières, elles, correspondent à la réalité). 2. Marx m’a enseigné, parce que je crois que c’est lui qui l’a inventée, la méthode des modèles dans les sciences humaines et sociales. Après tout, cet énorme « Capital » n’est rien d’autre qu’un modèle construit en laboratoire, que l’on fait fonctionner et qu’on met à l’épreuve des  » faits ethnographiques « , si je puis dire : les rapports des inspecteurs de fabrique, et autres, pour voir si le modèle est conforme au réel. Claude Lévi-Strauss
J’ai réagi contre cette tendance qui consiste à banaliser la notion de racisme, qui désigne une doctrine fausse mais précise à en faire une sorte d’amalgame qui ne veut plus rien dire. Quand on dénonce comme racistes un attachement à certaines valeurs, un manque de goût pour d’autres – attitudes excusables ou blâmables, mais profondément ancrées dans les communautés humaines – on aboutit à ceci : les gens a qui on fait ce reproche se disent « Si c’est ça le racisme, alors, moi, je suis raciste ». Et il me semble qu’on fabrique ainsi des racistes. Claude Lévi-Strauss
Si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale: stricte observance des règlements (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions); revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses; et pas de femmes. (…) En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à le reconnaître eux-mêmes comme existants. (…) Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane … Claude Lévi-Strauss (Tristes tropiques)
J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture. Claude Lévi-Strauss (Magazine littéraire, 2003)
En ce qui concerne l’aspect théologique de la question, il est toujours pénible pour moi. Je suis déconcerté. Je n’avais aucune intention d’écrire en faveur de l’athéisme mais, où que je regarde autour de nous, j’avoue qu’il m’est impossible de voir aussi clairement que d’autres, et comme je le voudrais bien, la preuve d’un dessein et d’une bienveillance. Il me semble qu’il y a trop de misère dans le monde. Je ne peux pas me persuader qu’un dieu bienveillant et tout-puissant aurait créé exprès les ichneumonidés dans l’intention qu’ils se nourrissent du corps vivant de chenilles ou le chat pour qu’il jouât avec les souris… D’un autre côté, en revanche, je ne peux pas me contenter de voir cet univers magnifique et surtout la nature de l’homme et conclure que tout cela n’est que le résultat de forces brutes. Je suis disposé à regarder toute chose comme provenant de lois faites à dessein, mais dont les détails, soit bons soit mauvais, auraient été abandonnés à ce que nous pouvons appeler le hasard. Charles Darwin
Si intentionnellement, nous en arrivions à négliger les faibles et les sans défenses, cela ne pourrait être que pour un bénéfice incertain, au prix d’un crime actuel accablant . Nous devons donc accepter les effets, sans aucun doute néfaste, de la survie et de la propagation des faibles. (…) Bien que la lutte pour l’existence ait été et est toujours importante,  il y a, en ce qui concerne les parties les plus hautes de la nature humaine d’autres forces à l’oeuvre plus importante. En effet    les qualités morales progressent, de manière directe ou indirecte, beaucoup plus à travers les effets des coutumes, de la raison, de l’instruction, de la religion, etc., qu’à travers la sélection naturelle. Darwin (1871)
Dans nos sociétés occidentales, nous éloignons les indésirables, tandis que dans d’autres sociétés, on les ingère! Lévi-Strauss va très loin dans le relativisme culturel. Roland Pourtier (géographe)
Notre démocratie extrême, qui enjoint le respect absolu des « identités », rejoint le fondamentalisme qui punit de mort l’apostat. Il n’y a plus de changement légitime, parce qu’il n’y a plus de préférence légitime. Sous le flash de son unité proclamée, l’humanité s’immobilise par une liturgie continuelle et interminable d’adoration de soi. Pierre Manent
L’inauguration majestueuse de l’ère “post-chrétienne” est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en “radicalisant” le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et “radicalise” le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Le passage du sacrifice humain au sacrifice animal (…) représente un progrès immense (…) que le judaïsme est le seul à interpréter dans le sacrifice d’Isaac. Le seul à le symboliser dans une grande scène qui est une des premières scènes de l’Ancien Testament. Il ne faut pas oublier ce dont ce texte tient compte et dont la tradition n’a pas assez tenu compte : tout l’Ancien Testament  se situe dans le contexte du sacrifice du premier né. Rattacher le christianisme au sacrifice du premier né est absurde, mais derrière le judaïsme se trouve ce qu’il y a dans toutes les civilisations moyen-orientales, en particulier chez les Phéniciens : le sacrifice des enfants. Lorsque Flaubert le représente dans  Salambo, Sainte-Beuve avait bien tort de se moquer de lui parce que ce dont parle Flaubert est très réel. Les chercheurs ont découvert dans les cimetières de Carthage des tombes qui étaient des mélanges d’animaux à demi-brulés et d’enfants à la naissance à demi-brulés. Il a beaucoup été reproché à Flaubert la scène du dieu Moloch où les parents carthaginois jettent leurs enfants dans la fournaise. Or, les dernières recherches lui donnent raison contre Sainte-Beuve. En définitive, c’est le romancier qui a raison : cette scène est l’un des éléments les plus terrifiants et magnifiques de  Salambo. La mode intellectuelle de ces dernières années selon laquelle la violence a été inventée par le monde occidental à l’époque du colonialisme est une véritable absurdité et les archéologues n’en ont pas tenu compte. Aux Etats-Unis, des programmes de recherche se mettent en place notamment sur les Mayas. Ces derniers ont souvent été considérés comme des « anti-Aztèques » : ils n’auraient pas pratiqué de sacrifices humains. Pourtant, dès que l’on fait la moindre fouille, on découvre des choses extraordinaires : chez les Mayas, il y a des kilomètres carrés de villes enfouies. C’est une population formidable avec de nombreux temples et les traces du sacrifice humain y sont partout : des crânes de petits-enfants mêlés à des crânes d’animaux. (…) Ce qu’il y a de plus frappant dans l’histoire de Caïn et Abel c’est que le texte nous dit : la première société fut fondée par Caïn mais il n’est pas dit comment. En réalité, l’acte fondateur c’est le meurtre d’Abel. (…) Il est facile de trouver les textes évangéliques sur le fait que Satan est meurtrier depuis le commencement : « Vous êtes du diable, votre père. Il était homicide dès le commencement » (St Jean, 8, 44). (…) Il y a peut-être, paradoxalement, une raison qui est visible dans l’islam. Abel est celui qui sacrifie des animaux et nous sommes au stade : Abel n’a pas envie de tuer son frère peut-être parce qu’il sacrifie des animaux et Caïn, c’est l’agriculteur. Et là, il n’y a pas de sacrifices d’animaux. Caïn n’a pas d’autre moyen d’expulser la violence que de tuer son frère. Il y a des textes tout à fait extraordinaires dans le Coran qui disent que l’animal envoyé par Dieu à Abraham pour épargner Isaac est le même animal qui est tué par Abel pour l’empêcher de tuer son frère. Cela est fascinant et montre que le Coran n’est pas insignifiant sur le plan biblique. C’est très métaphorique mais d’une puissance incomparable. Cela me frappe profondément. Vous avez des scènes très comparables dans l’Odyssée, ce qui est extraordinaire. Celles du Cyclope. Comment échappe-t-on au Cyclope ? En se mettant sous la bête. Et de la même manière qu’Isaac tâte la peau de son fils pour reconnaître, croit-il, Jacob alors qu’il y a une peau d’animal, le Cyclope tâte l’animal et voit qu’il n’y a pas l’homme qu’il cherche et qu’il voudrait tuer. Il apparaît donc que dans l’Odyssée l’animal sauve l’homme. D’une certaine manière, le troupeau de bêtes du Cyclope est ce qui sauve. On retrouve la même chose dans les Mille et une nuits, beaucoup plus tard, dans le monde de l’islam et cette partie de l’histoire du Cyclope disparaît, elle n’est plus nécessaire, elle ne joue plus un rôle. Mais dans l’Odyssée il y a une intuition sacrificielle. (…) On peut dire que cela aboutit à des déchaînements de rivalité mimétique, d’opposition de frères ennemis. La principale opposition de frères ennemis dans l’Histoire, c’est bien les juifs et les chrétiens. Mais le premier christianisme est dominé par l’Epître aux Romains qui dit : la faute des juifs est très réelle, mais elle est votre salut. N’allez surtout pas vous vanter vous chrétiens. Vous avez été greffés grâce à la faute des juifs. On voit l’idée que les chrétiens pourraient se révéler tout aussi indignes de la Révélation chrétienne que les juifs se sont révélés indignes de leur révélation. Je crois profondément que c’est là qu’il faut chercher le fondement de la théologie contemporaine. Le livre de Mgr Lustiger, La Promesse, est admirable notamment ce qu’il dit sur le massacre des Innocents et la Shoah. Il faut reconnaître  que le christianisme n’a pas à se vanter. Les chrétiens héritent de Saint Paul et des Evangiles de la même façon que les Juifs héritaient de la Genèse et du Lévitique et de toute la Loi. Mais ils n’ont pas compris cela puisqu’ils ont continué à se battre et à mépriser les Juifs. (…)  ils ont recréé de l’ordre sacrificiel. Ce qui est historiquement fatal et je dirais même nécessaire. Un passage trop brusque aurait été impossible et impensable. Nous avons eu deux mille ans d’histoire et cela est fondamental. Mon travail a un rapport avec la théologie, mais il a aussi un rapport avec la science moderne en ceci qu’il historicise tout. Il montre que la religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. Nous ne pouvons pas fermer l’histoire et nous n’en avons pas le droit. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde :on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème !  (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…) Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. Tout ce qu’il y a de bon dans notre société peut faire l’objet d’abus. René Girard
Si l’on accepte que les sacrifices d’enfants étaient pratiqués à relativement grande échelle, on commence à comprendre ce qui était peut-être la raison d’être de la fondation de cette colonie. Peut-être que la raison pour laquelle les fondateurs de Carthage et des cités voisines ont quitté leur terre natale de Phénicie – le Liban moderne – était justement cette pratique religieuse inhabituelle qui leur était reprochée. Peut-être que les futurs Carthaginois étaient comme les Pères pèlerins qui fuyèrent Plymouth – tellement fervents dans leur dévotion à leurs dieux qu’ils n’étaient plus bienvenus chez eux. Rejeter l’idée du sacrifice d’enfant nous prive tout simplement d’une vue d’ensemble. Dr Josephine Quinn
Non, Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! C’est aussi ce que les musulmans murmurent à l’oreille des nouveaux nés…  Libération
L’islamophobie est une vilaine maladie. Mais elle se soigne. Et le remède – résultats garantis – se trouve dans Libération. Ce journal est en pointe dans la recherche visant à éradiquer l’islamophobie. C’est pourquoi dans sa rubrique « Desintox » en partenariat avec Arte (son et image) il a consacré plusieurs minutes à cette terrible maladie dont on sait qu’elle est dangereusement contagieuse. Pasteur avait découvert le vaccin contre la rage. Libération a trouvé le vaccin contre l’islamophobie. Et c’est titré : « Non Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! ». Nous, intoxiqués que nous étions, on ne savait pas. Le poison était dans nos veines. Quand les égorgeurs de Daesh tranchaient la gorge de leurs prisonniers nous avions entendus sur leurs vidéos : « Allahou Akbar ! ». Les mêmes mots avaient accompagnés dans leur travail Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, les frères Kouachi, Coulibaly. On avait entendu « Alahou Akbar ! » quand les guerriers de Boko Haram convertissaient de force les jeunes chrétiennes qu’ils avaient enlevées. C’est, nous avait-il semblé, en criant « Allahou Akbar ! » que les chébabs somaliens avaient démembrés des enfants (non musulmans) dans un hôtel de Nairobi. Et telles furent les derniers mots, nous avait-on dit, de ceux qui écrasèrent leurs avions le 11 Septembre 2001 sur les Twin Towers. Des dizaines d’autres exemples nous sont fournis par les radios et les télés, toutes apparemment islamophobes. Comment n’aurions-nous pas été intoxiqués ? Heureusement, Libération est là pour nous expliquer qu’en dépit de ces très fâcheuses coïncidences, que « Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! ». Des détails nous sont donnés pas le journal. Un musulman voyant son équipe marquer un but lors d’un match de foot manifestera sa joie par « Allahou Akbar ! ». Et les premiers mots qu’un musulman murmure à l’oreille de son nouveau-né c’est aussi « Allahou Akbar ! ». Rien que de la joie et de la tendresse. Le zèle de Libération a quelque chose de pathétique. Que ne ferait-on pas pour recouvrir d’un voile épais une mare de sang ? Il faut maintenant aller plus loin et arrêter avec Daesh et consorts. Libération a certainement assez d’influence pour exiger de Canal + la retransmission intégrale des matchs de foot des équipes du Golfe avec les « Allahou Akbar ! » des supporters. Il parait indispensable que les chaines de télé diffusent les images touchantes des papas musulmans chuchotant « Allahou Akbar ! » dans l’oreille de leur nouveau-né. Comme ça on pourra oublier que c’est également ce que chuchotent les hommes de Daesh dans les oreilles des filles yazidis avant de les violer… Altantico
Les Blancs, ça n’existe pas, mais il y en a trop partout – à l’Assemblée, dans l’entreprise et, bien entendu, à la télé. Cet heureux oxymore qui constitue le cœur du credo antiraciste vient d’être illustré spectaculairement par le CSA. Quelques jours après que toute la France convenable s’était étranglée de rage parce que Nadine Morano avait parlé de « race blanche », le « gendarme de l’audiovisuel » – qui ne traque rien d’autre que de supposés dérapages langagiers – tance la télévision française, coupable de ne montrer que 14 % de « personnes perçues comme non blanches » – non, je n’invente rien, c’est la terminologie employée par nos supposés sages. Et en prime de ne pas montrer sous un assez bon jour les perçus-comme-non-blancs, plutôt délinquants que médecins, plus souvent seconds rôles que héros. La madame Diversité du CSA, Mémona Hintermann, a donc fait la tournée des popotes médiatiques pour déplorer que les télés aient « peur de montrer des Noirs et des Arabes » – elle doit être très colère, Mémona, pour oublier de faire usage des périphrases stupides dictées par les bonnes manières progressistes. Quant à madame Ernotte, la nouvelle patronne de France Télévisions, elle annonçait le Grand soir multiculturel il y a un mois : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. » Mais pour l’instant, il semble qu’elle ait exclusivement recruté des mâles blancs. Il est vrai qu’ils sont jeunes et de gauche, ce qui efface un peu la pâleur de leur teint. (…) Le plus intéressant, en l’occurrence, c’est la contradiction évidente qu’il y a à dénoncer Morano tout en applaudissant le CSA. (…) En clair, on ne peut voir la diversité ethnique que pour l’exalter. Dans ces conditions,  le CSA a le droit et même le devoir de compter les Blancs et les Noirs. (…) En conséquence, on a le droit de distinguer les Blancs des autres mais pour claironner que les uns sont trop nombreux et les autres pas assez. Ainsi, personne n’aurait embêté madame Morano si elle avait dit, par exemple, que la France devait cesser d’être un pays de race blanche. Du reste, il est très tendance de compter les Blancs pour s’endormir : ainsi a-t-on appris ces jours-ci par un édifiant article du Monde que les théâtres français étaient eux aussi « trop blancs ». Curieusement, on n’imagine pas un de nos innombrables « sages » se plaindre de l’hégémonie « non-blanche » dans le rap ou le R&B. Elisabeth Lévy
Cette nouvelle et passionnante approche peut s’appliquer aux artistes d’Abomey, parce que les collections françaises sont d’une exceptionnelle richesse. Elles le sont parce que la France a envahi et détruit le royaume d’Abomey en deux guerres, en 1890 et en 1892, et forcé le roi Béhanzin à l’exil. Ses palais ont été pillés et c’est le produit de ces pillages que l’on étudie avec tant d’intérêt. Le Monde
La politique du Musée de l’Homme veut qu’on n’expose pas des restes identifiés ou des restes d’enfants. Il y a bien une momie d’enfant égyptienne, mais le corps est dans les bandelettes donc on ne voit pas le cadavre. De même, pour les recherches, les crânes authentifiés et individuellement identifiés sont mis à part. (…) Des anthropologues du 19e siècle avaient fondé la ‘société des autopsies mutuelles’. Ils aspiraient après leur mort à être disséqués par leurs collègues et leur cerveau dans un bocal. Là aussi, il s’agit d’un geste philosophique qui consiste à dire: ‘J’ai été anthropologue, j’ai étudié des restes humains et à la fin, mon squelette rejoint la collection. (…) La médecine s’est construite sur la méthode anatomo-clinique qui consiste à comparer les symptômes du vivant avec le patient une fois mort, et à aller regarder dans ses organes ce qui expliquait ses symptômes. On n’a même une maxime en latin qui dit: ‘Les morts enseignent aux vivants’ (mortui vivos docent). (…) Notre démarche scientifique est pratiquée avec respect, mais considère que les restes humains sont des archives. Tous les peuples du monde sont archivés et c’est ainsi qu’on peut lire leur histoire, notamment pour ceux qui n’avaient pas l’écriture. La seule chose qu’on peut raconter sur l’histoire de ces gens-là, c’est en étudiant leur squelette. (…) L’humanité est un tout continu et indivisible » avec l’ADN pour « fil qui relie tous les humains ensemble. Alain Froment
L’homme bon et pacifique qu’imaginait Rousseau n’a jamais existé.  Telle est la conclusion des travaux de Jean Guilaine et Jean Zammit. Ils ont réuni un dossier aux pièces accablantes. Un ouvrage, le Sentier de la guerre, vient de paraître, qui par son analyse des violences préhistoriques semble enfin en mesure d’apporter une réponse définitive à cette vieille controverse. Les auteurs, Jean Guilaine et Jean Zammit (respectivement archéologue, professeur au Collège de France et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; et médecin, paléonthologiste, chargé de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales), à l’aide des plus récentes découvertes archéologiques, et par de nouvelles interprétations des sources anciennes, nous replongent dans les différentes époques des temps préhistoriques. (…) Au terme de cette aventure, les visions angéliques de la préhistoire volent en éclat (…) Cette existence semblerait indiquer, contrairement aux assertions des irénistes, que les violences en découleraient naturellement, pour de simples questions de survie. (…) d’autres motivations pouvaient provoquer des comportements violents chez les hommes de cette époque. Les notions d’honneur, les vexations, les alliances trahies, les rivalités les plus diverses peuvent déclencher l’affrontement ou la punition. (…) Outre bien entendu la chasse, qui ne nous concerne pas directement ici, une autre forme de violence paléolithique interpelle l’homme du XXIe siècle. Il s’agit du cannibalisme.  (…) Aux origines de cette évolution, les chercheurs évoquent des migrations de populations venues de l’Est et d’Orient, vers l’Euphrate. Très lentement, ces nouveaux venus s’aventurent en Occident par deux voies : d’un côté, la Méditerranée, de l’autre, le réseau du Danube et ses affluents. Par la force des choses, malgré une faiblesse démographique de part et d’autre, les deux modèles de société finissent par se rencontrer. Ici les agriculteurs-éleveurs, là les chasseurs-cueilleurs. Tous les deux savent se battre et méritent l’attribut de « guerrier ». Comment ces deux populations vont-elles se côtoyer ? Doit-on imaginer, encore une fois, une vision utopiste, prétendant que les méthodes des envahisseurs furent acquises en toute quiétude, par des indigènes ravis de s’approprier les joies du « Progrès », auprès de ces véritables « éducateurs » pour les Cro-Magnons ? Ou doit-on mettre en avant une vision plus dure, faite d’affrontements permanents entre bandes de trente à cinquante individus, de résistances farouches à l’envahisseur, jusqu’à ce que le temps aidant – quelques milliers d’années de guerre sauvage –, les méthodes de l’élevage et de l’agriculture s’imposent aux chasseurs-cueilleurs, vainqueurs ou vaincus, mais ayant adopté les nouveautés acceptables pour eux ? (…) Il faut donc accepter l’idée que la « néolithisation » ne s’est pas faite sans violence, et intégrer à la réflexion les notions « d’insécurité », voire d’hostilité dans les relations. En effet, pour mettre en place leur système basé sur l’agriculture, les nouveaux venus doivent s’approprier des terres proches d’une source d’eau comme « les bords de rivière, lieux fréquentés par les populations de chasseurs-pêcheurs, en raison de leur richesse en poisson et en gibier d’eau ». (…) Toutes ces violences s’expliquent, dans un premier temps, par les luttes entre chasseurs et agriculteurs. Dans un second temps, l’on évoquera plutôt de véritables crises au sein de la société néolithique. Les tentatives d’analyses sont nombreuses. La pression démographique est-elle en cause ? « La culture rubanée serait-elle parvenue, après quelques siècles d’un développement sans problème, à un point de rupture d’équilibre entre le système techno-économique et la population à nourrir ?  » (…) Ainsi, conflits inter ou intra communautaires, les causes de violence sont nombreuses. Et l’on s’aperçoit que leur traitement est radical. On cherche l’élimination totale et définitive de l’adversaire, sans faire de quartier. Les exécutions, les coups de grâce, les embuscades ou les sacrifices en font foi. (…) Il devient donc possible de conclure que le Néolithique correspond à une période ni plus ni moins violente que les autres, et que les luttes prenaient une part fondamentale dans cette société. La preuve en est des multiples scènes de combat, alors que les représentations plus pacifiques ne semblent pas passionner les artistes. Or en cette période, grâce aux avancées technologiques, la chasse et la guerre étaient susceptibles de tomber en désuétude, et auraient dû céder le pas aux travaux plus pacifiques. (…)  la violence a toujours existé. A exclure donc, le mythe de l’âge d’or de la Préhistoire et de ses pacifiques enfants du jardin d’Eden. (…) Homo homine lupus, et aucun contrat social n’y a jamais rien fait. P.-A. Bouclay
« Nous sommes tous migrants ou fils de migrants » : on connaît bien cet argument massue des tenants de l’accueil sans conditions ou presque des migrants, une soi-disant évidence historique qui n’est en réalité qu’une affirmation a-historique. Car si la notion d’autochtonie comme toutes les autres « puretés » – de la culture, de la langue – est bien évidemment fausse, la vraie question historique du contexte et des conditions réelles du mélange des populations ne saurait se satisfaire de ce constat sommaire qui ne veut rien dire. On est tous descendants de migrants ? On est également très souvent descendants de soldats – faut-il pour autant qu’on fasse la guerre ? À cette manipulation de l’histoire et des sciences sociales, la chaîne Arte vient d’ajouter une dimension nouvelle : derrière les Polonais, les Espagnols, les Italiens et les Juifs, Arte aligne l’Homo Erectus, le Neandertal et l’Homo Sapiens qui selon une série documentaire sur la préhistoire (Quand Homo Sapiens peuple la planète), seraient eux aussi « tous migrants et enfants de migrants ». Galvaudant les avancées majeures de la science préhistorique, Arte fait du sous Yann-Arthus Bertrand pour diffuser un message idéologique grossier. (…) plus qu’une nouvelle histoire de la préhistoire, c’est un hymne à la diversité, à l’hybridité, au métissage et à la migration comme richesse. (…) La série n’évoque jamais la possibilité que le métissage puisse être autre chose qu’une fête organisée par la mairie de Paris. Et puisqu’on nous dit que nous ne sommes pas si différents de nos lointains ancêtres, pourquoi ne pas étudier les métissages de notre histoire ? Peut-être parce que souvent c’était moche, très moche. (…) Poussées un peu plus loin, ces remarques permettent de poser une question explosive : au nom de quoi peut-on reprocher quoi que ce soit aux Européens ? Pourquoi l’arrivée en Australie des navigateurs hollandais en 1606 est-elle décrite de manière incontestée comme une catastrophe tandis qu’on ne sait strictement rien des conséquences des arrivages d’Homo Sapiens sur des terres peuplées par des Neandertal ou des Homo Erectus ? Et si parfois cela s’était très mal passé ? Selon ce que suggère le titre de la série, l’homme préhistorique peuple, il ne colonise pas, même quand il n’est pas le premier hominidé arrivé sur place. Présenter comme une évidence la supposée bienveillance de nos ancêtres, qui ne laissaient pas de traces écrites, permet de mieux accabler nos aïeux qui ont eu le malheur de documenter leurs actions minutieusement, laissant à leurs descendants d’excellentes pièces à conviction… (…) Ceci est également vrai du caractère pacifique ou belliciste de nos aïeux. La question a été posée par Jean Guilaine et Jean Zammit dans Le sentier de la guerre, visages de la violence préhistorique : les guerres et autres formes de violence sont-elles un trait de caractère inné des hominidés ou bien sont-elles liées à une évolution culturelle ? Les chasseurs-cueilleurs vivaient-ils en paix avant que l’agriculture, la sédentarité et l’augmentation de la densité de la population ne poussent les hommes à s’entretuer ?  Qu’est-ce qui a joué : la testostérone ou la complexité croissante des sociétés liée à l’accumulation accélérée de biens ? Même si l’on sait que la violence n’était pas rare entre les tribus d’Australie ou d’Afrique, il serait hasardeux d’extrapoler cette donnée à l’intégralité de notre espèce et à la totalité de son histoire. Une seule chose est donc certaine, c’est qu’Arte ne s’embarrasse pas avec ce genre de précautions : ça a toujours été Woodstock ! Nigel Walk et Arte ont donc tout simplement remplacé une idéologie par une autre : à la place des préjugés racistes, ils avancent des préjugés progressistes. Il est parfaitement légitime de prétendre en 2015 que l’Europe et la France feraient bien d’ouvrir grand leurs frontières, comme il est parfaitement légitime de penser que c’est une erreur dramatique. En revanche, il est totalement absurde et malhonnête de le faire dire à Cro-Magnon. Gil Mihaely

Attention: une bondieuserie peut en cacher une autre !

En ces temps étranges …

Où, idéologie métissiste oblige, on ne peut plus mentionner ou compter les groupes ethniques que pour dénoncer la domination supposée de la seule race blanche …

Où on débaptise les rues et on célèbre l’art nègre (pardon: « africain ») mais aussi l’art négrier  …

Et où avec la réouverture de son deuxième temple – ou faudrait-il dire nécropole  – des cultures de nos ancêtres préhistoriques alors que Londres a supprimé le sien …

Se pose la question du respect de quelque « 30.000 restes humains issus de quelque 23.000 individus » sans compter, comme pour les têtes des Polynésiens maoris il y a cinq ans, celle de leur éventuelle restitution…

Mais où un pays parmi les plus déchristianisés d’Occident se gausse si souvent des bondieuseries d’un certain créationnisme américain  ..

Voit ses rues défendre à coups de cris de guerre sainte

Les attaques au couteau de boucher du premier nouveau damné de la terre venu contre des personnes au seul motif qu’elles sont juives…

Comme ses responsables politiques soutenir l’interdiction de l’accès des mêmes personnes, à nouveau juste parce qu’elle sont juives, à leur lieu le plus saint …

Comment ne pas s’étonner avec l’historien Gil Mihaely sur le site Causeur …

De cet étrange déni, à l’instar de cette série documentaire actuellement sur Arte …

De toute violence et de tout un passé sacrificiel de notre espèce dans la présentation de notre préhistoire

Contrairement à ce qu’ont montré les récentes recherches archéologiques …

Comme d’ailleurs le mythe biblique d’un Adam donnant naissance à un Caïn ?

Arte: Quand Homo Sapiens rejoint SOS racisme
Le métissage n’est pas un long fleuve tranquille
Gil Mihaely

Causeur

15 octobre 2015

« Nous sommes tous migrants ou fils de migrants » : on connaît bien cet argument massue des tenants de l’accueil sans conditions ou presque des migrants, une soi-disant évidence historique qui n’est en réalité qu’une affirmation a-historique. Car si la notion d’autochtonie comme toutes les autres « puretés » – de la culture, de la langue – est bien évidemment fausse, la vraie question historique du contexte et des conditions réelles du mélange des populations ne saurait se satisfaire de ce constat sommaire qui ne veut rien dire. On est tous descendants de migrants ? On est également très souvent descendants de soldats – faut-il pour autant qu’on fasse la guerre ? À cette manipulation de l’histoire et des sciences sociales, la chaîne Arte vient d’ajouter une dimension nouvelle : derrière les Polonais, les Espagnols, les Italiens et les Juifs, Arte aligne l’Homo Erectus, le Neandertal et l’Homo Sapiens qui selon une série documentaire sur la préhistoire (Quand Homo Sapiens peuple la planète), seraient eux aussi « tous migrants et enfants de migrants ». Galvaudant les avancées majeures de la science préhistorique, Arte fait du sous Yann-Arthus Bertrand pour diffuser un message idéologique grossier.

Pourtant, ça commence plutôt bien. Nigel Walk, le réalisateur, nous mène vite au cœur du sujet : on sait que les racines de notre arbre généalogique commun sont plantées en Afrique, le berceau de l’humanité, mais on connaît mal ses arborescences. Que ce soit l’Homo Erectus il y plus d’un million d’années, le Neandertal ou l’Homo Sapiens, l’histoire commence toujours sur le continent noir avant que les hominidés – pour des raisons qui échappent aux chercheurs – le quitte pour migrer vers d’autres régions. Cela veut dire que quand l’Homo Sapiens, apparu il y a 200 000 mille ans en Afrique orientale, prend à son tour la route, il rencontre des populations d’hominidés issues des vagues migratoires précédentes.  Et c’est là que l’histoire prend une tournure résolument nouvelle et révolutionnaire. Non seulement il y a eu des rencontres entre les différentes espèces d’hominidés, mais ces rencontres se sont si bien passées qu’elles se sont terminées, suggère la série, comme dans un conte de fées : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Et devinez quoi : ces enfants, c’est nous ! Plus sérieusement, on apprend que nous sommes plutôt les descendants d’une fusion entre hominidés différents que les enfants d’une espèce humaine parallèle particulièrement réussie qui les a tous coiffés au poteau de l’évolution.

Si on sait tout cela, c’est grâce à la génétique, véritable fil d’Ariane de la série et responsable de ses séquences les plus intéressantes. En quelques années, les avancées en la matière ont permis de séquencer le génome du Neandertal ainsi que celui d’une autre espèce, l’Hominidé de Denisova, identifié à partir d’un petit morceau d’os de doigt d’enfant découvert dans une grotte du sud de la Sibérie. Ces époustouflantes réalisations scientifiques des équipes de l’institut Max Planck à Leipzig, ainsi que d’autres séquençages entrepris aux Etats-Unis, ont permis de constater que l’Homo Sapiens était en contact avec d’autres espèces d’hominidés, et que les différents groupes d’hominidés ont échangé leur ADN, autrement dit qu’ils ont fait des enfants ensemble.

Jusqu’ici, pas grand-chose à redire : n’étant pas spécialiste, la seule remarque de fond que je peux émettre concerne l’absence de toute critique. Or, connaissant le monde scientifique, il est peu probable que tout le monde soit d’accord avec le nouveau et bouleversant récit que présente la série. Pour ne donner qu’un seul exemple, contrairement à ce que laisse croire le troisième épisode de la série, le débat scientifique autour de ce qu’on appelle l’homme de Mungo (dont les restes humains ont été découverts en 1974 en Australie) est loin d’être tranché, et certains faits présentés sont contestés. En même temps, on peut comprendre que la vulgarisation de la science exige la présentation d’une histoire cohérente et claire, sans trop d’ambiguïtés. Cela présente en plus l’avantage de pouvoir refaire une nouvelle série dans dix ans, qui s’emploiera à « battre en brèche » les anciennes thèses erronées… que notre précédente série a contribué à diffuser. Mais passons.

Ce qui dérange davantage, c’est le caractère presque ouvertement idéologique de la série : plus qu’une nouvelle histoire de la préhistoire, c’est un hymne à la diversité, à l’hybridité, au métissage et à la migration comme richesse. Nous sommes tous enfants de migrants, tous issus d’un mélange de populations. Parfois,  avant que les images d’un crâne vieux de 60 000 ans nous rassurent, on se demande si on regarde Quand Homo Sapiens peuple la planète ou bien une rediff de La nuit des réfugiés, cette série de sept documentaires sur l’actuelle crise migratoire diffusée quelques jours auparavant…

Si l’idéologie est déjà perceptible dans le discours de certains des scientifiques interrogés, les petits « docu-fictions » qui ponctuent la série enfoncent le clou. On y voit des chasseurs-cueilleurs noirs, hommes et femmes, rencontrant des hominidés appartenant à d’autres « espèces » ; ces rencontres pacifiques sont caractérisées par la curiosité, la bienveillance et le partage. Laissons de côté la grande pudeur de nos différents ancêtres (les femmes cachent bien leurs seins et les hommes leurs sexes selon les règles du cinéma hollywoodien des années 1950) et parlons de leur rencontre. Même si le mélange entre les différents groupes et le caractère génétiquement hybride des populations est bien démontré, rien, strictement rien ne permet de dire quoi que ce soit sur les circonstances de ces rencontres. Quant au  rythme de ces processus qu’Arte appelle le « métissage salvateur », la série reste ambigüe.

Ce « métissage salvateur » démontré par les analyses ADN s’est fait sur des générations, des milliers, voire des dizaines de milliers d’années. Il ne s’agit en aucun cas – et les scientifiques interrogés ne le prétendent d’ailleurs pas – d’événements comparables à la rencontre des soldats américains et soviétiques se jetant dans les bras les uns des autres au bord de l’Elbe en avril 1945, suivis d’une partouze, comme le laisse croire la série. L’Homo Sapiens a partagé des espaces avec le Neandertal (dans le nord de l’actuel Israël, ils étaient même voisins) pendant dix, vingt, peut-être même trente mille ans. Aussi, comment peut-on sérieusement le comparer avec les phénomènes migratoires des XIXe et XXe siècles comme par exemple l’installation de 500 000 mille Italiens en France pendant les décennies précédentes la guerre de 14-18 ? Pourtant, le message subliminal de la série est que l’histoire contemporaine est le prolongement de la préhistoire ou vice-versa. On est chez les Pierrafeu !

Mais ce n’est pas tout. La série n’évoque jamais la possibilité que le métissage puisse être autre chose qu’une fête organisée par la mairie de Paris. Et puisqu’on nous dit que nous ne sommes pas si différents de nos lointains ancêtres, pourquoi ne pas étudier les métissages de notre histoire ? Peut-être parce que souvent c’était moche, très moche.

Prenons par exemple le mythe romain de l’enlèvement des Sabines. Selon Tite-Live, les premiers Romains cherchent des femmes pour fonder des familles mais leurs voisins Sabins ne veulent pas leur donner les leurs. Alors les Romains rusent. Ils invitent les Sabins à une fête et profitent de l’occasion pour enlever leurs femmes… pas joli-joli. Même si la légende ne fait pas état de viols ni de rapports brutaux, tous les doutes sont permis. Dans d’autres circonstances, historiquement mieux documentées, les femmes des vaincus sont le butin des vainqueurs – quand on n’assiste pas tout simplement à des viols systématiques ou au recours massif à la prostitution locale, avec parfois des « accidents » aboutissant à des grossesses.

L’armée américaine en Corée de Sud a laissé derrière elle des dizaines de milliers d’enfants nés de mères prostituées, et il est probable que les « comfort women » aient eu des enfants avec des soldats japonais. En France aussi, pendant les guerres de 14-18 et 39-45, « un métissage » de grande ampleur a eu lieu, toujours dans des circonstances tragiques avec des conséquences dramatiques. Evidemment, avec une perspective multimillénaire et en faisant totalement abstraction des circonstances concrètes, on peut raconter une histoire heureuse du métissage et conclure qu’en fin de compte, le mélange est salvateur. Mais essayez de raconter cette histoire à un Français né en 1944 « sous X » ou à une Allemande née en 1946, neuf mois après le viol de sa mère par un soldat russe. Tout d’un coup, elle vous semblera beaucoup moins heureuse.

Poussées un peu plus loin, ces remarques permettent de poser une question explosive : au nom de quoi peut-on reprocher quoi que ce soit aux Européens ? Pourquoi l’arrivée en Australie des navigateurs hollandais en 1606 est-elle décrite de manière incontestée comme une catastrophe tandis qu’on ne sait strictement rien des conséquences des arrivages d’Homo Sapiens sur des terres peuplées par des Neandertal ou des Homo Erectus ? Et si parfois cela s’était très mal passé ? Selon ce que suggère le titre de la série, l’homme préhistorique peuple, il ne colonise pas, même quand il n’est pas le premier hominidé arrivé sur place. Présenter comme une évidence la supposée bienveillance de nos ancêtres, qui ne laissaient pas de traces écrites, permet de mieux accabler nos aïeux qui ont eu le malheur de documenter leurs actions minutieusement, laissant à leurs descendants d’excellentes pièces à conviction…

Notre préhistoire et nos origines sont des sujets fascinants, longtemps pris en otage par des idéologues et des politiques pour démontrer leurs idées folles. Il est ridicule de justifier l’exclusion des femmes de la sphère publique et leur assignation à domicile au prétexte qu’elles gardaient les enfants et le feu dans la grotte pendant que leur « mari » chassait le mammouth avec ses copains. Mais il est tout aussi ridicule de prétendre sans preuve que nos ancêtres hominidés pratiquaient une parfaite égalité des genres. Nous n’en savons tout simplement rien et même si l’on avait des indices sur un lieu et un temps donnés, cela ne signifierait pas que cette culture était hégémonique partout. Ceci est également vrai du caractère pacifique ou belliciste de nos aïeux. La question a été posée par Jean Guilaine et Jean Zammit dans Le sentier de la guerre, visages de la violence préhistorique : les guerres et autres formes de violence sont-elles un trait de caractère inné des hominidés ou bien sont-elles liées à une évolution culturelle ? Les chasseurs-cueilleurs vivaient-ils en paix avant que l’agriculture, la sédentarité et l’augmentation de la densité de la population ne poussent les hommes à s’entretuer ?  Qu’est-ce qui a joué : la testostérone ou la complexité croissante des sociétés liée à l’accumulation accélérée de biens ? Même si l’on sait que la violence n’était pas rare entre les tribus d’Australie ou d’Afrique, il serait hasardeux d’extrapoler cette donnée à l’intégralité de notre espèce et à la totalité de son histoire. Une seule chose est donc certaine, c’est qu’Arte ne s’embarrasse pas avec ce genre de précautions : ça a toujours été Woodstock !

Nigel Walk et Arte ont donc tout simplement remplacé une idéologie par une autre : à la place des préjugés racistes, ils avancent des préjugés progressistes. Il est parfaitement légitime de prétendre en 2015 que l’Europe et la France feraient bien d’ouvrir grand leurs frontières, comme il est parfaitement légitime de penser que c’est une erreur dramatique. En revanche, il est totalement absurde et malhonnête de le faire dire à Cro-Magnon.

Quand Homo Sapiens peuple la planète, série documentaire en cinq épisodes (Le berceau africain, Asie, le grand voyage, Australie, un peuple aux confins du monde, Europe, la rencontre avec Neandertal, Amérique, l’ultime migration) réalisée par Nigel Walk. Diffusée par Arte le 10 et le 17 octobre.

Voir aussi:

Quand l’homme inventait la guerre

L’homme bon et pacifique qu’imaginait Rousseau n’a jamais existé.  Telle est la conclusion des travaux de Jean Guilaine et Jean Zammit. Ils ont réuni un dossier aux pièces accablantes.

Thomas Hobbes concevait l’homme comme un concurrent direct pour son prochain, avide de puissance et soucieux de sa survie perpétuellement mise en danger par l’autre. Concurrence et menace permanente incitant chacun à réduire son adversaire à l’impuissance, par tous les moyens possibles, selon les lieux et les époques. Jusqu’à sa mort, l’être humain reste animé d’une volonté de combattre, pour se préserver ou pour se tailler la plus belle part. Tant qu’existe cette volonté, l’homme, à l’état naturel, est un loup pour l’homme : homo homine lupus.
où des cavaliers étatsuniens observent les dépouilles de leurs camarades criblées post mortem de flèches,
Dans les années 1760, Jean-Jacques Rousseau, à travers ses différents travaux philosophiques, conteste cette assertion, et ouvre une des plus célèbres polémiques ontologiques de l’histoire de l’humanité : L’homme est-il naturellement « bon », ou « mauvais » ; est-il naturellement pacifique ou guerrier né ?

Anthropomorphe percé de traits de la grotte de Cougnac dans le Lot (-20 000 ans)
Un ouvrage, le Sentier de la guerre, vient de paraître, qui par son analyse des violences préhistoriques semble enfin en mesure d’apporter une réponse définitive à cette vieille controverse. Les auteurs, Jean Guilaine et Jean Zammit (respectivement archéologue, professeur au Collège de France et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; et médecin, paléonthologiste, chargé de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales), à l’aide des plus récentes découvertes archéologiques, et par de nouvelles interprétations des sources anciennes, nous replongent dans les différentes époques des temps préhistoriques.

A travers cette longue évolution marquée par une diversité technique, économique et morale accrue par les différences géographiques, le lecteur s’embarque pour un passionnant et terrible voyage au bout de la violence. Au terme de cette aventure, les visions angéliques de la préhistoire volent en éclat, et posent une question de taille : si Rousseau avait pu côtoyer les excellents auteurs de cet ouvrage, et ainsi profiter des dernières révélations sur une réalité insoupçonnable à son époque, eut-il maintenu ses positions utopistes sur la nature intrinsèque de l’homme ?

Au-delà de cette petite provocation et des caricatures convenues évoluant entre l’agneau hésitant à couper une poire en deux et la brute, dévorant allégrement un cuissot de tyrannosaure étranglé à mains nues, les auteurs permettent au lecteur d’appréhender l’état de la violence préhistorique, et fournissent de solides éléments de réponse à quelques indispensables interrogations : quelles sont les causes et les manifestations de cet état de violence ? Mais surtout, comment appréhender l’évolution de la notion de violence, à travers toute la préhistoire ?

La violence : une nécessité ?

Les travaux de J. Guilaine et J. Zammit nous renseignent sur la vie quotidienne durant cette période. Cette existence semblerait indiquer, contrairement aux assertions des irénistes, que les violences en découleraient naturellement, pour de simples questions de survie.

Dans les premiers temps de la préhistoire, à l’époque des « chasseurs-cueilleurs » du paléolithique, les hommes vivent de la générosité directe de la nature : pas de cultures organisées ou d’élevages. Le chasseur-cueilleur traque les bêtes sauvages, pêche ou ramasse des mollusques, et complète cette alimentation par la cueillette de baies, de racines variées et de fruits.

Une faible démographie leur accorde de vastes réserves de nourriture, facilement accessibles. L’ensemble de ces données, depuis longtemps connues des historiens, a fortement influencé la vision d’un Age d’or de l’Humanité, où chacun pouvait vivre pacifiquement, puisque régnait une forme d’abondance.

Longtemps, on a cru que les armes et les ossements retrouvés correspondaient à des nécessités de la chasse et à des accidents inévitables.

Or, l’archéologie prouve que les violences existent, et certainement pas de façon anecdotique.

Une population massacrée au Soudan

Au Soudan, sur la rive droite du Nil, une éminence nommée « Djebel Sahaba » a révélé l’existence d’une nécropole contenant les restes de 59 sujets. Ces corps sont ceux d’hommes et de femmes, de vieillards et d’enfants. Les squelettes portaient tous des marques de violence, notamment des pointes de flèches enfoncées dans les parties osseuses. D’autres pointes, traînant au sol avaient certainement pénétré les parties molles des individus inhumés.

On imagine facilement la tribu vaquant à ses occupations, sous un chaud soleil, lorsque soudain les premières flèches, vrombissantes, transpercent les corps des individus mâles. Profitant de l’effet de surprise, un groupe de guerriers fortement armés sort de sa cachette et se porte à l’attaque des autres membres de la tribu.Les femmes et les enfants tentent de fuir ou de se cacher, mais en vain : des milliers d’années plus tard, on retrouve leurs ossements fracturés, des pointes de flèches profondément fichées dans la cage thoracique de l’une, dans le palais de l’autre, révélant ainsi que la malheureuse a reçu une flèche dans la bouche, ou dans la nuque. Ailleurs un enfant se fait fracasser la colonne vertébrale au milieu des cris d’horreur. Un autre gamin s’enfuit, mais un archer l’a repéré. Il lui décoche une flèche dans le haut du dos. Au même moment, d’autres guerriers qui courraient vers l’enfant pour lui couper la retraite se jettent sur lui. Un gourdin s’abat sur son corps, puis une hache de pierre lui fracasse les côtes. Les deux hommes frappent sans cesse, s’acharnent sur le petit qui se protège avec ses bras, sur lesquels tombent les coups des guerriers, causant ces profondes lésions qui permettent aujourd’hui de reconstituer la triste fin d’un enfant de la préhistoire. Enfin, il s’écroule. La scène a duré quelques secondes. Ses meurtriers courent déjà vers d’autres proies.

Ailleurs, quelques défenseurs résistent encore, mais tout est perdu.

Violait-on les femmes des vaincus en ce temps-là ? Rien ne permet de l’affirmer ou de l’infirmer.

Par contre, on coupait les têtes de certains combattants après leur mort. La preuve est faite, encore une fois, par l’archéologie : dans les sépultures, certains corps sont privés de crânes.

Peut-être constituaient-ils des trophées pour les vainqueurs ?

Le fait que les morts violentes aient affecté l’ensemble de la population, signifie qu’il s’agit là d’une violence de masse, destinée à exterminer un clan rival dans son ensemble. Il existe donc une réelle volonté de destruction de l’adversaire, dans ces affrontements.

Pourquoi ces massacres ?

Une première réponse pourrait avancer la volonté de s’approprier les terres fertiles, ici à proximité du Nil. L’existence d’une source d’eau, fleuve, source, rivière ou autre, implique nécessairement la présence d’un espace de ressources potentiellement plus important qu’ailleurs. On fait donc la guerre pour les possibilités de pêche, de chasse, éventuellement pour des espaces de cueillette plus fertiles. Sur ce site en particulier, la présence de la Deuxième Cataracte rend la région plus prodigue en alimentation.

La possibilité de se sédentariser pose aux chasseurs-collecteurs le problème du choix des sols à occuper. Il est évident que les terres les plus fertiles et les plus giboyeuses font l’objet d’une âpre concurrence. Dès lors, leur répartition se fait selon la loi du plus fort, et non pas dans le cadre d’un utopique contrat social, même si toutes les conditions matérielles sont pourtant réunies et semblent donc favoriser celui-ci.

Cependant, une fois ces terres réparties, rien n’empêche les différents clans de cohabiter plus ou moins pacifiquement, et même de collaborer ensemble à certaines opérations de chasse nécessitant la force du nombre. Tant que la densité démographique demeure faible, le besoin des autres implique de nécessaires solidarités extérieures au groupe.

En revanche, lorsque la densité démographique augmente, et que l’amorce d’une société organisée et capable d’autonomie s’ébauche, les nouveaux sédentaires s’approprient les plus riches espaces de chasse et de cueillette, provoquant d’inévitables conflits avec d’autres groupes à démographie ascendante. Il est évident que la possession de ces zones de ressources nutritionnelles se révèle indispensable à tout groupe soucieux de stabilisation sociale.

La notion de frontière, de territoire à défendre, aussi loin que l’on puisse remonter, garde donc toute sa dimension identitaire. Ceci permettait au clan de se souder et aux individus de s’identifier au groupe, par la désignation du semblable et de l’autre, de l’ami et de l’ennemi, du connu et de l’inconnu.

Une nature humaine inchangée depuis 200 000 ans !

Malgré cela, les questions de survie par la chasse et la cueillette ne sont pas les seules causes de violence à cette époque. Ainsi que le disent fort bien les auteurs, « Depuis 200 000 ans, l’homme – Homo Sapiens – est le même, qu’il soit paléolithique, néolithique ou actuel. C’est un être dont les capacités intellectuelles n’ont guère varié, même si sa prise de distance par rapport à la nature n’a cessé de s’accentuer, par suite notamment de l’accumulation des créations techniques. Certes, les sapiens que nous sommes vivent aujourd’hui dans un contexte hyper-artificialisé, mais nos caractères biologiques et nos aptitudes mentales sont toujours ceux de nos grands-parents Cro-Magnon. »

C’est pourquoi d’autres motivations pouvaient provoquer des comportements violents chez les hommes de cette époque. Les notions d’honneur, les vexations, les alliances trahies, les rivalités les plus diverses peuvent déclencher l’affrontement ou la punition.

A ce propos, que penser des représentations de corps mis à mort ou torturés sur les fresques de la grotte Cosquer en Provence, aux alentours de -20 000 ?

Une société répressive ?

Cette grotte abrite effectivement en ses murs, la représentation d’une véritable scène de meurtre. Un être humain, certainement un homme, puisque les seins, attributs féminins ne sont pas mis en valeur, tombe sur le dos, la main tendue, dans un geste de supplication. La scène montre un corps déjà percé de plusieurs projectiles. Attaque, règlement de comptes, châtiment ? Meurtre en tout cas.

D’autres sites préhistoriques indiquent plus ou moins clairement les châtiments infligés à d’éventuels sujets rebelles ou criminels. L’analyse des scènes découvertes en 1952 en Sicile, dans la grotte de l’Addaura, près de Palerme, permet d’affirmer que des pratiques répressives existaient bel et bien. Aux environs de l’an 10 000 avant notre ère, onze personnages furent les acteurs plus ou moins volontaires, selon l’attribution des rôles, d’une cérémonie, peut-être à caractère magique, mais certainement sacrificatoire.

Neuf des onze sujets se trouvent en position debout. Les deux autres sont allongés. La majorité des « bourreaux » ou des officiants représentés semblent dotés d’un bec d’oiseaux en lieu et place du visage. Il s’agit peut-être d’un masque ? Par ailleurs, ils portent une imposante coiffe, au relief très accentué. Cette tenue de cérémonie semble confirmer l’hypothèse d’une cérémonie à caractère sacré.

Détail de la scène gravée de la âge suivante (10 000 ans avant notre ère). Ces deux sujets sont soit « initiés » soit mis à mort : jambes reliées, pieds ligotés, une corde relie les pieds au cou