Gorée: Attention, une fiction peut en cacher une autre ! (Looking back at the invention of the Goree myth)

2 septembre, 2020

Figure 5

La fabrication du Patrimoine : l'exemple de Gorée (Sénégal)

https://www.breizh-info.com/wp-content/uploads/2020/08/marchedesesclaves2.jpgLa « Marche des esclaves » est violemment critiquée par la mairie de Nantes.https://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/couverture_une_400_563/public/media/block/VA4370P001.jpg?itok=OXhvxuMQZapping - Polémique : La député Danièle Obono représentée en esclave dans Valeurs ActuellesMarine Le Pen: "Je n'aurais jamais pensé que Charlie Hebdo me ferait gagner 2017"Morano en trisomique dans «Charlie Hebdo» : une association va porter plainte - LibérationOpinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York Timeshttps://www.telegraph.co.uk/content/dam/news/2020/06/09/TELEMMGLPICT000232725266_trans_NvBQzQNjv4BqaRL1kC4G7DT9ZsZm6Pe3PUPXbRlaI4_qh_dM2Z5d688.jpegFacts About Africa on Twitter: "Every US President since Bill Clinton has visited Goree Island, Sénégal, to pay respects to our enslaved brothers. https://t.co/3TbBOf63uT"Bush Tours Slavery's Past - CBS NewsObama visits slave site of disputed importance – The Mercury News

Livre de Trierweiler: Hollande "n'a rien vu venir"Brigitte Macron, une Première dame investie au Sénégal

Celui qui vous dit « Gorée est une île », celui-là a menti, cette île n’est pas une île,  elle est continent de l’esprit. Jean-Louis Roy
Ce sanctuaire africain qui est la Maison des Esclaves fut capitale de souffrances et de larmes car des innocents sont morts ici, victimes du temps de la honte. Si ces murs pouvaient parler, ils en diraient long. Heureusement qu’ils se sont tus à jamais ; et moi, je fais parler ces murs. Joseph N’diyae
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Le capital de la France s’est égaré dans les iles productrices de sucre. De quelle démence absolue, de quel aveuglement témoigne une pareille conduite ! Ne pouvons-nous conclure avec raison que la plus grande faveur qu’un ennemi – ou plutôt un ami – pourrait faire à la France, ce serait de s’emparer de ses colonies et, de cette façon, d’arrêter cette misérable de capital ? Si les esclaves noirs chassaient les Européens des Antilles, ils seraient nos meilleurs amis, car les capitaux de la nation trouveraient l’emploi qu’ils auraient dû trouver depuis longtemps. A en croire le sens commun, la possession d’une telle province doit être estimée comme une cause de pauvreté et de faiblesse, non de richesse et de force. Ce n’est pas seulement le capital français employé dans les iles sucrières qui est détourné directement de l’agriculture; on peut en dire autant de tout le capital qui est employé dans le commerce extérieur. La possession d’iles sucrières, aussi riches et aussi prospères que celles de la France et de l’Angleterre, éblouit l’esprit humain, qui n’est apte à voir qu’un côté des choses; il ne considère ici que la navigation, la réexportation, le profit commercial, une grande circulation; il ne voit pas le revers de la médaille, de capitaux détournés du pays, d’une façon nuisible. (…) On ne voit pas que la culture de la Martinique a pour rançon les landes de Bordeaux, la culture de Saint-Domingue les déserts de la Bretagne, la richesse de la Guadeloupe la misère de la Sologne. Si vous acquérez les richesses provenant de l’Amérique au prix de la pauvreté et de la misère de provinces entières, êtes-vous assez aveugles pour penser que le bilan se chiffre par un bénéfice ? Tous les arguments que j’ai employés contre les iles sucrières françaises sont applicables à celles de l’Angleterre; les unes et les autres, je les considère comme des obstacles à la prospérité des deux royaumes, et, autant que puisse valoir l’expérience de la perte de l’Amérique du nord, je suis autorisé par ce fait si grand, si important, à penser qu’un pays peut perdre le monopole d’un empire éloigné, et, par l’effet même de cette perte imaginaire, devenir plus riche, plus puissant et plus prospère. Arthur Young (1788)
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le rérduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
[La négrologie, c’est] deux choses. D’une part, la négritude, en clair la réaction d’une avant-garde d’étudiants africains établis dans les années 1930 en Occident aux préjugés dont ils étaient la cible. Une réaction aujourd’hui convertie en riposte de masse renvoyant à l’expéditeur un racisme qui colle à la peau pour s’attribuer des valeurs immuables, irréductibles à l’universel. C’est la crispation identitaire d’Africains qui se sentent relégués à la marge de la modernité. La négrologie, c’est d’autre part une série de mythes dérivés de faits historiques avérés – la traite esclavagiste et le colonialisme – selon lesquels tous les malheurs du continent plongent leurs racines dans ces tragédies: ainsi, les Africains seraient victimes, et jamais acteurs, de leur destin. (…) La couverture de l’Afrique au jour le jour s’en tient à un lexique recevable par le grand public, qui dépolitise et, de fait, travestit les réalités. C’est une écriture à double fond. J’ai voulu rompre avec cette duplicité de la bonne conscience. (…) Partie avec d’énormes handicaps, laissée pour compte après des décennies de paternalisme et de tutelle, l’Afrique a subi au lendemain de la chute du mur de Berlin les effets de guerres dévastatrices, de l’effondrement de l’Etat et du naufrage des rêves qui la propulsaient vers l’avant par l’éducation ou l’essor matériel. Malgré les efforts consentis par leurs parents, seuls 27% des écoliers vont au bout du cycle élémentaire. Ce traumatisme fait de la jeune génération – plus de la moitié des Africains ont moins de 15 ans – une génération de desperados. Le présent, pour eux, n’a pas d’avenir. (…)  Quand j’écris l’Afrique meurt, je pense: des Africains meurent. Voyez, sur le front du sida, le Sud-Africain Thabo Mbeki: voilà un jeune président très bien formé, respectable, mais enkysté dans l’idée d’une renaissance africaine nécessairement précédée d’une épreuve analogue à la grande peste du XIVe siècle en Europe. Il croit à l’existence d’un «sida africain» qui frapperait en particulier l’homme noir. Cette vision a coûté la vie à des dizaines, sinon des centaines, de milliers de malades, privés de traitements appropriés. (…) Un de mes souvenirs les plus troublants d’étudiant étranger débarquant à Paris, c’est qu’à l’université mes condisciples noirs étaient notés de façon très indulgente. Le corps professoral estimait que ces enfants de notables formaient un précieux réseau d’influence. Ce type d’attitude, mélange de bienveillance et de calcul, constitue à mes yeux la pire forme du racisme. Si nous ne sortons pas de cette prison cutanée, comment ceux qui furent victimes de conduites racistes en sortiraient-ils? L’opinion réagit de façon anormale. Au cours des cinq années écoulées, la crise du Congo-Kinshasa a coûté la vie à plus de 3 millions de personnes. Où sont les intellectuels européens? Où sont les reportages? Pourquoi ce silence? Parce qu’on digère mieux les morts africains que les autres. Un seul émissaire étranger de haut niveau a assisté en 1995 aux cérémonies du premier anniversaire du génocide rwandais: la vice-Premier ministre ougandaise. L’ambassadeur de France avait pris congé. Peut-on imaginer cela en d’autres temps et sous d’autres cieux? Il paraît normal de mourir en masse en Afrique, puisque tout y est « primitif et sauvage ». Ce continent n’a pourtant pas le monopole de la cruauté. (…) L’Occident n’a jamais abandonné sa quête de l’homme fort. Qui est au roi nègre ce que la « bonne gouvernance » est à la corruption: une litote. Les Américains ont cherché des leaders providentiels endurcis par le maquis. Meles Zenawi en Ethiopie, Yoweri Museveni en Ouganda. Modèles voués à l’échec, puisque rien n’a été entrepris au niveau des institutions. A la clef, des individus isolés, en lévitation au-dessus de leur société. Tout autant que les dinosaures Omar Bongo (Gabon) ou Gnassingbé Eyadéma (Togo), mais plus féroces dans la répression. (…) La politique africaine de la France a été infiniment paternaliste. Pourquoi ses élites récusent-elles le constat de l’effondrement de l’Etat en Afrique? A gauche: parce qu’il conduirait à l’apologie d’une tutelle. A droite: parce qu’il discrédite quarante ans de coopération. Comment justifier quatre décennies d’assistance militaire au spectacle du naufrage de l’armée ivoirienne? (…) [L’Afrique] est riche de son sous-sol et, en ce sens, bénie des dieux. L’Afrique est riche, mais les Africains sont pauvres. Sortons de ce discours qui veut que les fléaux naturels orchestrent la fatalité. Les carences en termes d’organisation, les blocages sociaux, les échecs de l’instruction, la faiblesse des rendements: tout cela fait l’essentiel du malheur du continent. Si l’on remplaçait les 15 millions d’Ivoiriens par autant de Belges ou d’Irlandais, nul doute que la Côte d’Ivoire « tournerait ». (…) Tout passe d’abord par la vérité. Il faut un amour sans pitié pour l’Afrique. En France ou aux Etats-Unis, les Africains insérés dans un tissu social différent incarnent des figures de réussite. Alors que leur société d’origine opprime l’individu au nom d’un carcan collectif dévoyé, présenté comme authentiquement africain. L’exigence d’honnêteté ne peut souffrir d’exception culturelle. (…) Face à l’ethnie, l’Occident est partagé entre le fétichisme et la diabolisation. Tous les maux du continent seraient dus à son caractère tribal. A mes yeux, l’ethnie est le mensonge de l’Afrique, au même titre que la nation est celui de l’Europe. Comme les récits qui fondent notre idée nationale sont apocryphes, ceux qui définissent l’ethnie relèvent de l’imaginaire. Que dire de ces fadaises sur « le réveil des vieux démons »? A rebours, le tribalisme est l’expression la plus moderne qui soit de l’Afrique. Reste que, même fausse, une idée massivement admise devient une réalité. On meurt encore sur des barrages pour appartenir à la mauvaise tribu. (…) En Afrique noire, ce prosélytisme ([des sectes évangéliques] est bien plus puissant que son alter ego islamique. Voilà la preuve que l’homme africain déconcerté cherche une autre identité. Quand on entre en religion, on révolutionne sa vie. La nouvelle foi permet de s’affranchir de la règle communautaire initiale, au profit d’une promesse d’avenir meilleur. Et au risque du charlatanisme. (…) Les Ivoiriens s’entretuent, mais accusent la terre entière: la France bien sûr, et parfois leurs voisins. Jamais ils ne portent de regard critique sur eux-mêmes, le concept d’ivoirité, l’exploitation des immigrés sahéliens dans les plantations, le paternalisme autoritaire du défunt Félix Houphouët-Boigny. C’est ce mythe de l’éternelle victime qui a tué Jean Hélène. Un policier croit être dans le sens de l’Histoire en l’abattant. Pour transférer ainsi toute la haine de soi sur l’autre, pour abdiquer toute maîtrise de son destin, il faut être parvenu à un haut degré d’aliénation. Stephen Smith
La préfecture a jusqu’au « lundi 7 septembre à 12h » pour édicter un nouvel arrêté excluant les communes et « les périodes horaires » qui ne sont pas caractérisées « par une forte densité de population » ou « des circonstances locales susceptibles de favoriser la diffusion » du coronavirus. Faute de nouvel arrêté, l’actuel « sera automatiquement suspendu. (…) L’arrêté en cause, qui était valable jusqu’au 30 septembre, « porte une atteinte immédiate à la liberté d’aller et venir et à la liberté personnelle des personnes appelées à se déplacer » dans les communes concernées. (…) Il ne ressort pas des pièces du dossier qu’il existerait en permanence et sur la totalité des (communes concernées) une forte concentration de population ou des circonstances particulières susceptibles de contribuer à l’expansion de la covid-19. Tribunal administratif de Strasbourg
Ces gens jargonnent beaucoup et se prennent pour des intellectuels. Pour eux, la France est toujours coloniale. Ils considèrent que les Arabes et les Noirs sont encore aujourd’hui des indigènes et ne répondent pas aux mêmes droits que les autres citoyens. Ce groupuscule a étendu son réseau d’influence dans les banlieues grâce au relais des mairies, surtout communistes et d’extrême gauche, en infiltrant les sphères du pouvoir grâce aux facultés et à la sympathie des universitaires, puis dans les médias qui reprennent aujourd’hui ses éléments de langage comme les mots “racisé” ou “privilège blanc”. Ils sont très actifs et visibles sur le terrain médiatique à travers, notamment, le comité La Vérité pour Adama. C’est terrible car ils ont pour objectif de détruire ce pays, colonial à leurs yeux, que représente la République. Anne-Sophie Nogaret
Adama Traoré n’est pas la victime du racisme et d’un contrôle d’identité au faciès. Il a été arrêté par des gendarmes, dont deux étaient noirs, dans le cadre d’une affaire de délinquance et non pas en raison de sa couleur de peau. Je ne veux pas nier l’existence du racisme, mais il n’est pas l’apanage de la police, ni celui des Blancs. Ce genre de théorie crée du séparatisme et nuit à l’unité du pays. Si j’étais blanche, je serais hors de moi en entendant que je suis forcément une privilégiée, raciste et nantie. Par ailleurs, je refuse de marcher dans les rues de Paris pour défendre un délinquant accusé de viol sur un jeune codétenu. Prendre la famille Traoré comme modèle est une insulte faite aux Noirs. Il avait deux épouses. La polygamie est illégale dans notre pays et je considère cette pratique comme de la maltraitance pour les gamins qui la subissent. La très nombreuse fratrie Traoré a un casier judiciaire très chargé et ne donne rien d’autre qu’une image déplorable des jeunes de quartier. Quels sont leurs projets? Je ne peux pas répondre, mais je suis sûre d’une chose: ces gens ne sont pas dans une démarche constructive mais à l’inverse guerrière et vengeresse pour mettre le chaos dans le pays. Ce n’est pas ce que je veux pour notre jeunesse. Rachida Hamdan
C’est un indigénisme avec l’islamisme en embuscade. Youcef Brakni pilote la tête d’Assa Traoré. Les indigénistes ont compris que le comité La Vérité pour Adama est le report politiquement correct de leurs idées identitaires et racistes. Ces idées progressent et ils tissent leur toile grâce au réseau d’influence de l’intelligentsia et à la passerelle construite avec une bourgeoisie gauchiste qui aime à s’encanailler avec le lumpenprolétariat des cités sans n’y avoir jamais mis les pieds. Ces gens rêvent de révolution en mangeant des petits-fours et se fichent bien en réalité de la condition des Noirs et des Arabes dans les banlieues. Nous sortons juste de trois mois de confinement pour raisons sanitaires et, grâce à eux, on ne parle que de racisme alors que la crise économique est devant nous et que tout ceci ne fait que l’aggraver. Universitaire chercheuse
Le projet de ces activistes vise à remplacer l’égalité républicaine par la reconnaissance juridique des minorités. Ils veulent une photo figée de l’Histoire au nom de la diversité qui serait leur seule réalité. Ils sont en conflit avec une pensée rationnelle. L’homme se développe par l’expérience qui a permis son émancipation. C’est ainsi que la République a dépassé la contradiction du colonialisme grâce à ses valeurs et en apportant à chacun les mêmes droits sans distinction. Ces gens refusent cette pensée du progrès, c’est la raison pour laquelle ils cassent tout. Guylain Chevrier
Danièle Obono, député de la France Insoumise, proche du «Parti des indigènes de la République» (PIR) vient d’être nommée au sein du Conseil d’administration de l’UFR de Science politique de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Cette instance fixe au quotidien les orientations des enseignements et des recherches proposés aux étudiants. Depuis plusieurs années, les activistes en tous «genres» tentent d’infiltrer l’Université afin de poser un vernis «scientifique» sur leurs engagements les plus radicaux. Les militants du genre furent les pionniers. Et désormais, les études de genre prospèrent et se répandent d’amphithéâtres en amphithéâtres. L’université a ainsi servi de caisse de résonance aux adeptes de l’écriture inclusive, aux avocats de la fluidité des genres et des toilettes neutres … Avec Danièle Obono, c’est une autre idéologie qui fait de l’entrisme. Une idéologie aux antipodes de notre tradition humaniste. La députée de Paris s’est, en effet, faite l’avocate des thèses «décolonialistes» prônées par le Parti des indigènes de la République. Ce groupuscule extrémiste avait publié en 2016 des messages de soutien aux organisateurs d’un attentat contre des civils à Tel Aviv! «L’Antisionisme», revendiqué par sa porte-parole Houria Bouteldja dissimule mal un réel antisémitisme. Selon elle, «les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe». Sic! A l’occasion des 10 ans des Indigènes de la République, Danièle Obono avait encensé le parti indigéniste, qualifiant même le discours de sa porte-parole Houria Bouteldja de «très beau et très juste». En réalité, l’idéologie que Danièle Obono défend, repose sur des fondements racialistes. Elle va jusqu’à prôner la non-mixité raciale et sexuelle (!) dans les réunions politiques ou syndicales, en somme un apartheid inversé. Ce genre d’inepties tend malheureusement à se développer, comme ce fut le cas durant le blocus de Tolbiac, les étudiants avaient déjà pris l’initiative d’organiser des Assemblées Générales interdites aux hommes blancs. Re-Sic! Elle s’est également «distinguée» dans son soutien à un texte de Rap dont les paroles font froid dans le dos: «Nique la France, et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes, (…) ton pays est puant, raciste et assassin». Doit-on s’attendre à ce que ce genre de colique verbale soit désormais au programme de l’UFR? (…) L’argent public qui finance la recherche publique doit-il servir à diffuser une propagande «bolcho-trotsko-marxiste» comme se définit Danièle Obono, ou pire à soutenir l’offensive des «décolonialistes». En réalité, cette nomination n’entache pas seulement l’image de l’UFR de Science politique. Demain, ce seront l’ensemble des diplômes et des recherches de l’Université Paris 1 qui seront suspects. Nous demandons donc au Président de Paris 1 et au conseil d’administration de l’université de dénoncer cette nomination. Sinon, le risque c’est de voir l’université Française devenir le cheval de Troie de tous les courants nés au sein de la gauche radicale américaine la plus folle. Guilhem Carayon et Olivier Vial
Je n’ai pas pleuré Charlie. J’ai pleuré, un peu, beaucoup, dans la nuit de samedi à dimanche. (…) En pensant aux ami-e-s et aux camarades qui sont devenu-e-s Charlie. En ressentant l’insupportable violence politique, idéologique, symbolique de l’omniprésente et omnipotente injonction. En lisant la liste interminable des terroristes venu-e-s des quatre coins de la planète et derrière lesquel-le-s allaient défiler ces Charlie. (…) J’ai pleuré en pensant à la signature de l’organisation à laquelle j’appartiens, dont je suis encore formellement une des dirigeantes, apposée à côté de celle de l’UMP pour appeler à cette manif en proclamant « Nous sommes Charlie : Défendons les valeurs de la République ! » (…) En lisant le tract du PCF/Front de gauche appelant noir sur blanc à l’unité nationale. (…) J’ai pleuré en pensant à tous les reculs, toutes les défaites, tous les choix et les décisions politiques des 10-15 dernières années qui nous ont amenés à ce point. (…) A toutes les fois où ma gauche s’est refusée de parler d’islamophobie, de ne serait-ce que prononcer le mot. Toutes les fois où elle s’est refusée à se mobiliser contre les lois islamophobes. Toutes les fois où des camarades ont défendu, mordicus, les caricatures racistes de Charlie Hebdo ou les propos de Caroline Fourest au nom de la « liberté d’expression » (des Blanc-he-s/dominant-e-s) ou de la laïcité « à la Française ». Mais se sont opportunément tu-e-s quand l’Etat s’est attaqué à Dieudonné, voire ont appelé et soutenu sa censure… Toutes les fois où des « camarades » nous ont sommé-e-s, nous les « islamo-gauchistes », de montrer patte blanche et d’affirmer avant toute autre chose que nous luttions bien contre l’antisémitisme. Toutes les fois que d’autres nous ont carrément, à mots plus ou moins couverts, traité-e-s d’antisémites. J’ai pleuré en me rappelant le jour où je me suis devenue Noire. Et celui où je suis devenue « intersectionnelle ». La première fois que j’ai été face à face avec le racisme et les privilèges de Blanc-he-s de celles et ceux que je considérais dans leur majorité comme mes « camarades ». L’instant où je me suis rendue compte qu’il y avait bien un « eux » et un « nous » et que j’étais aussi « eux », ces « Autres », et pas tout le temps « nous ». Le moment où je me suis fait dire que j’étais, à la rigueur, « légitime » pour m’occuper de tels sites, assemblées, thématiques et autres commissions mais certainement pas pour représenter ma sensibilité dans certaines instances de direction ou à la tribune de meetings ou de manifs. (…) Aujourd’hui, j’organise. La (re)mobilisation antiraciste. En commençant par soutenir l’appel à manifester le 18 janvier prochain, jour du sommet à Washington entre ministres européens et états-unien « contre le terrorisme » et de la manif islamophobe d’extrême-droite à Paris. Manifester contre l’islamophobie, l’antisémitisme, tous les racismes. Manifester contre l’union sacrée nationale d’Hollande-Valls-Sarkozy, et contre l’union sacrée internationale de la « guerre de civilisation contre le terrorisme ». Danièle Obono (11.01.2015)
Il paraît ‘Qu’on-Peut-Pu-Rien-Dire’ #BienPensance.Heureusement on peut encore écrire de la merde raciste dans un torchon illustrée par les images d’une députée française noire africaine repeinte en esclave… L’extrême-droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même. Ça fait trois ans qu’on alerte sur le fait qu’il y a un processus de racialisation, de racisme dans ce pays. Cette image est une insulte à mes ancêtres, ma famille et mon mouvement politique. Une souillure indélébile. J’ai mal à ma République. Et je suis plus déterminée que jamais à lutter contre le #racisme, pour la liberté, l’égalité et la fraternité.Danièle Obono
A travers moi, c’est la République qui est souillée. Danièle Obono
Cette fiction avait pour but de montrer l’atrocité de l’esclavage commis par des Africains au XVIIIème siècle. Personne ne l’a compris, c’était donc une erreur. Mais nous accuser de racisme, cela est et sera toujours pour nous insupportable. Geoffroy Lejeune
Devant l’émoi suscité par le dernier épisode de notre fiction estivale, nous tenons à apporter quelques précisions. Nous avons bien conscience de la mauvaise foi de certains, mais nous devons, pour les autres, éclaircir nos intentions. Tout l’été, Valeurs actuelles a publié chaque semaine un « Roman-fiction » dont le concept était simple ; plonger une personnalité contemporaine dans une période passée, afin de faire resurgir par ce contraste certaines inepties de notre époque. Il y eut ainsi François Fillon au temps de la Révolution, Éric Zemmour à Waterloo ou encore Didier Raoult dans les tranchées de 1914. Le dernier épisode était consacré à la députée de la France Insoumise Danièle Obono, que nous avons fait « voyager » dans l’univers atroce de l’esclavage africain du XVIIIe siècle. Notre intention, transparente, était la suivante : là où les indigénistes et les déconstructeurs de l’Histoire veulent faire payer le poids de cette insoutenable traite aux seuls Européens, nous voulions rappeler qu’il n’existât pas d’unité africaine, et que la complexité de la réalité, sa dureté, était à raconter. Nous avons choisi cette élue car elle participe selon nous, par ses prises de position répétées, à cette entreprise idéologique de falsification de l’Histoire. Notre texte n’a rien de raciste. Sans quoi nous n’en aurions pas publié une ligne. Évidemment. Il est commode pour nos adversaires de nous imputer cette accusation, que rien n’étaie dans le contenu. Chacun pourra juger par lui-même de l’opportunité d’une telle fiction, mais personne n’y trouvera une banalisation de l’esclavage ou une quelconque stigmatisation. Évidemment. Les images néanmoins, et d’autant plus quand elles sont isolées sur les réseaux sociaux, renforcent la cruauté inhérente au sujet même. Il s’agit de dessins accompagnant cette fiction, et tout comme l’esclavage lui-même, les images de l’esclavage sont d’une ignominie sans nom. Si nous contestons fermement les accusations dont nos contempteurs nous accablent, nous avons suffisamment de clairvoyance pour comprendre que la principale intéressée, madame Danièle Obono, ait pu se sentir personnellement blessée par cette fiction. Nous le regrettons et lui présentons nos excuses. À l’avenir nous maintiendrons la vigilance absolue dont doit faire preuve un journal comme Valeurs actuelles, attaqué quotidiennement. De même que nous continuerons de marcher à rebours de l’air du temps quand il nous semble faire fausse route. Valeurs actuelles
Valeurs actuelles a publié jeudi dernier l’ultime épisode de son « roman de l’été ». Le personnage central de cette fiction, par le texte et par l’image, était Danièle Obono, députée de La France Insoumise. Celle-ci était ramenée à l’Afrique du temps de l’esclavage. Il s’agissait évidemment de dénoncer les horreurs des pratiques des esclavagistes, mais ce texte comme ses illustrations ont donné lieu à une incompréhension et à une interprétation que nous regrettons profondément. Il s’est donc agi d’une grave erreur. Nous la reconnaissons humblement, et nous renouvelons surtout à Danièle Obono les excuses de notre journal et de sa rédaction. Elle a exprimé la révolte et la blessure que lui ont inspiré ce texte et ses illustrations. Nous nous inclinons devant ses sentiments et exprimons avec force les regrets que nous lui devons. Le racisme, l’antisémitisme, la haine, et les extrémismes en général sont étrangers à notre culture et à celle de la France. Nous les rejetons comme antinomiques aux valeurs de notre publication depuis toujours. Porteuse d’un média d’opinion engagé, notre rédaction travaille à tout moment avec rigueur et passion pour défendre ses valeurs et ses convictions. Nous continuerons à le faire, sans nous en écarter. C’est pourquoi nous rejetons formellement les accusations portées à notre encontre qui ne reflètent en rien les idées que nous incarnons. Valeurs actuelles
En tant que citoyen, j’estime que ce qu’a fait Valeurs actuelles est indigne de notre époque. Jusque-là, la présence sur LCI de Geoffroy Lejeune pouvait se justifier dans les débats d’idées, où tous les courants s’expriment. Mais cet excès de Valeurs actuelles contrevient à notre ligne et à nos valeurs. Il ne sera plus chroniqueur sur LCI. C’est la décision qui a été prise ce week-end par Fabien Namias [directeur général adjoint de LCI] et Thierry Thuillier [directeur général]. Nous faisons une télévision construite sur le débat d’idées, dans le respect, et pas une télévision d’opinion à la Fox, sur la polémique. Ce parti pris ralentit peut-être la progression d’audience de la chaîne, mais LCI ne déviera pas de cela. Gilles Pélisson (TF1)
C’est avant tout un outil pédagogique, pour répondre à la non-visibilité de la traite négrière dans les manuels scolaires. Nous vivons dans un monde d’images, et cette Marche permet de symboliser l’esclavage. André-Joseph Gélie
Demain, la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage ne sera toujours pas célébrée de façon unitaire à Nantes. Une trentaine de comédiens enchaînés et en haillons ont en effet pris part, dès hier, à une « Marche des esclaves » dans les rues de la ville, qui a fait sa fortune au XVIIIe siècle sur le « commerce triangulaire ». Ils étaient encadrés par deux négriers européens, qui criaient « Avancez, bande de nègres ! » entre deux coups de fouet et de bâton. « C’est avant tout un outil pédagogique, pour répondre à la non-visibilité de la traite négrière dans les manuels scolaires », explique André-Joseph Gélie, qui a initié l’événement en 2006. « Nous vivons dans un monde d’images, et cette Marche permet de symboliser l’esclavage. » Hier, les « esclaves » ont ainsi marqué l’arrêt devant l’Hôtel de ville… où l’initiative est jugée « indécente ». « C’est comme si on demandait aux Juifs de théâtraliser leur marche vers les fours crématoires », s’emporte Octave Cestor, conseiller municipal en charge des « relations entre Nantes, l’Afrique et les Caraïbes ». « Nous sommes, en plus, dans une ville qui assume son passé… Ces personnes devraient avoir le courage d’aller à Bordeaux, La Rochelle ou Saint-Malo. Ces villes ne font rien alors qu’elles ont, elles aussi, un passé négrier. » 20 minutes
Est-il pire d’être représentée en esclave qu’en comploteur, en assassin ou en usurier ? Apparemment oui. Comme si les esclaves n’étaient pas des victimes. Victimes de qui, à propos ? Le personnage mis en scène par Valeurs Actuelles est aux prises avec les marchands d’esclaves africains. Et c’est peut-être là que le bât blesse vraiment. Chacun sait que les fournisseurs de la traite transatlantique étaient des Africains, mais certains n’aiment pas qu’on le rappelle. La représentation de l’esclavage n’a pas toujours suscité l’indignation à Nantes. Du temps où Jean-Marc Ayrault en était le maire, la ville avait sa propre fiction historique. Une « Marche des esclaves » a été organisée chaque année à partir de 2006 avec l’accord de la municipalité. Jouer le rôle d’un esclave était alors considéré comme honorifique. Cependant, la manifestation de 2011, encadrée par une « Brigade anti-négrophobie », est allée trop loin. « Une trentaine de comédiens enchaînés et en haillons ont pris part à une ‘Marche des esclaves’ dans les rues de la ville, qui a fait sa fortune au XVIIIe siècle sur le ‘commerce triangulaire’, racontait alors 20 Minutes. Ils étaient encadrés par deux négriers européens, qui criaient ‘’Avancez, bande de nègres !’’ entre deux coups de fouet et de bâton. » C’était trop. « C’est comme si on demandait aux Juifs de théâtraliser leur marche vers les fours crématoires », avait protesté Octave Cestor, conseiller municipal d’origine antillaise, très engagé dans la commémoration de l’esclavage à Nantes. L’année suivante, l’inauguration du Mémorial de l’abolition de l’esclavage avait permis aux socialistes nantais d’imposer des cérémonies d’inspiration plus sobre. Breizh
Guezo fut également un administrateur extrêmement avisé. Grâce aux revenus de la traite, il put abaisser les impôts, stimulant ainsi l’économie agricole et marchande (…) Il fut très aimé et sa mort subite dans une bataille contre les Yorubas fut une véritable tragédie. Wikipedia
We don’t discuss slavery. Barima Kwame Nkye XII (chef ghanéen)
C’est une coutume établie parmi les Nègres de rendre esclaves tous les captifs qu’ils font à la guerre. On sait de manière à n’en pouvoir douter qu’un grand nombre de captifs pris à la guerre seraient exposés à être massacrés cruellement si les vainqueurs ne trouvaient pas s’en défaire en les vendant aux Européens. William Snelgrave
The whole story is phony. Although it functioned as a commercial center, Goree Island was never a key departure point for slaves. Most Africans sold into slavery in the Senegal region would have departed from thriving slave depots at the mouths of the Senegal River to the north and the Gambia River to the south. During about 400 years of the Atlantic slave trade, when an estimated 10 million Africans were taken from Africa, maybe 50,000 slaves — not 20 million as claimed by the Slave House curator — might have spent time on the island. Even then, they would not have been locked in chains in the Slave House. Built in 1775-1778 by a wealthy merchant, it was one of the most beautiful homes on the island; it would not have been used as a warehouse for slaves other than those who might have been owned by the merchant. Likewise, the widely accepted story that the door of no return was the final departure point for millions of slaves is not true. There are too many rocks to allow boats to dock safely. Philip Curtin (Johns Hopkins University)
The Slave House offers a distorted account of the island’s history, created with tourists in mind. (…) Joseph Ndiaye offers a strong, powerful, sentimental history. I am a historian. I am not allowed to be sentimental. (…) The slaves did not pour through that door. The door is a symbol. The history and memory needs to have a strong symbol. You either accept it or you don’t accept it. It’s difficult to interpret a symbol. Abdoulaye Camara (Goree Island Historical Museum)
Goree’s fabricated history boils down to an emotional manipulation by government officials and tour companies of people who come here as part of a genuine search for cultural roots. Lonely Planet
Walking around the dimly lit dungeons [sic], you can begin to imagine the suffering of the people held here. It is this emotive illustration that really describes La Maison des Esclaves as a whole – its historical significance in the slave trade may not have been huge, but the island’s symbolic role is immense. The island’s precise status as a slave-trading station is hotly debated. Of the 20 million slaves that were taken from Africa, the general belief is that only around 300 per year may have gone through Gorée (historians and academics dispute the exact number and some argue that no slaves passed through this specific house); and, even then, the famous doorway would not have been used – ships could not get near the dangerous rocks and the town had a jetty a short distance away. But the number of slaves transported from here isn’t what matters in the debate around Gorée. The island and museum stands as a melancholy reminder of the suffering the Atlantic slave trade inflicted on African people. Lonely Planet
This portal — called the door of no return — is one of the most powerful symbols of the Atlantic slave trade, serving as a backdrop for high-profile visits to Africa by Pope John Paul II, President Clinton and his successor, President Bush, and a destination for thousands of African Americans in search of their roots. More than 200,000 people travel to this rocky island off the coast of Dakar each year to step inside the dark, dungeonlike holding rooms in the pink stucco Slave House and hear details of how 20 million slaves were chained and fattened for export here. Many visitors are moved to tears. But whatever its emotional or spiritual power, Goree Island was never a major shipping point for slaves, say historians, who insist no slaves were ever sold at Slave House, no Africans ever stepped through the famous door of no return to waiting ships. « The whole story is phony, » says Philip Curtin, a retired professor of history at Johns Hopkins University who has written more than two dozen books on Atlantic slave trade and African history. (…) Curtin’s assessment is widely shared by historians, including Abdoulaye Camara, curator of the Goree Island Historical Museum, which is a 10-minute walk from the Slave House. (…) But when the respected French newspaper Le Monde published an article in 1996 refuting the island’s role in the slave trade, Senegalese authorities were furious. Several years ago at an academic conference in Senegal, some Senegalese accused Curtin of « stealing their history, » he says. No one is quite sure where the Slave House got its name, but both Camara and Curtin credit Boubacar Joseph Ndiaye, the Slave House’s curator since the early 1960s, with promoting it as a tourist attraction. Ndiaye is famous in Senegal for offering thousands of visitors chilling details of the squalid conditions of the slaves’ holding cells, the chains used to shackle them and their final walk through the door of no return. (…) That said, Camara believes Ndiaye has played an important role in offering the descendants of slaves an emotional shrine to commemorate the sacrifices of their ancestors. (…) Some tour books have begun warning visitors about the questions surrounding the island, including Lonely Planet’s West Africa guidebook, which concludes (…) None of the controversy appears to have diminished the island’s attraction as a tourist destination. The ferry that carries visitors from Dakar to the island is regularly packed with tourists and school groups. The Seattle Times
Les espaces voûtés de Gorée établis sous les rez-de-chaussée surélevés des habitations, dans des maisons construites dans le dernier quart du XVIIIe siècle ou le premier quart du XIXe siècle sont très tôt considérés comme des « captiveries », des « cabanons à esclaves » ou aussi de simples entrepôts. En 1918, le Père Briault nous donne une aquarelle d’un « ancien cabanon à esclaves » établi dans l’actuel presbytère. Selon le Guide du tourisme de 1926, une excursion à l’île de Gorée à partir de Dakar s’impose pour « visiter les anciennes « captiveries » où étaient parqués les esclaves en attendant le retour des négriers, venus à Gorée charger le « bois d’ébène ». Dans un article sur « Gorée la moribonde » paru en 1928, la revue L’Illustration nous présente une reproduction photographique d’une des maisons à cour portant la légende : « au rez-de-chaussée logement des esclaves ; au premier étage, salle à manger du traitant ». En 1929, le docteur P. Brau décrit les « cachots antiques, longs et étroits, [des maisons de Gorée qui] puent encore la chair esclave torturée… [Ils ont pu ensuite servir d’entrepôts] à d’autres lots de marchandises moins fragiles, mais non moins âprement discutées : les boucauts de lard salé et les tonnelets d’eaux-de-vie…15 ». Dès 1932, dans son guide de visite Gorée, capitale déchue, Robert Gaffiot nous dessine la cour de l’une de ces anciennes « maisons négrières ». Il précise dans la légende du dessin l’usage de cette maison où « les esclaves étaient parqués dans le bas-enclos, à l’obscurité, sous les pièces réservées à l’habitation des trafiquants. Le couloir central dessert, à droite et à gauche, une douzaine de longues et étroites cellules, dans lesquelles les malheureux étaient entassés et, bien souvent, enchaînés. L’autre extrémité du couloir donne sur la mer : le « négrier » avait ainsi toute facilité pour faire disparaître les cadavres de ceux qui ne pouvaient subir jusqu’au bout le supplice de cette vie atroce ». Un autre militaire de la marine française, le docteur Pierre-André Cariou, dans son guide non publié Promenade à Gorée, rédigé à partir des années 1940-1943, reprend l’historique et la description de la Maison des Esclaves. Le docteur assombrit encore le tableau dressé dix ans plus tôt par Robert Gaffiot pour l’ancienne maison négrière. En 1951, l’historien et archéologue de l’Institut Français d’Afrique noire (IFAN) Raymond Mauny dénonce, sans en apporter les preuves, les excès de l’interprétation de Gaffiot et de Cariou, notamment les considérations sur la fonction de la porte donnant sur la mer, reprenant en partie le témoignage d’un témoin oculaire contemporain, le chevalier de Boufflers, mais qui semblerait plutôt s’appliquer au site de Saint-Louis. En face de cette Maison dite des esclaves « aux sinistres cellules », l’IFAN complète et redouble le discours pédagogique à l’intention du touriste par l’installation d’un Musée historique de l’Afrique occidentale française, dans une « belle maison de la fin du XVIIIe siècle » édifiée selon Pierre-André Cariou par un [autre] « négrier » dont les cellules du rez-de-chaussée auraient servi, selon le dit docteur de « cachots » aux esclaves. Cette maison, dite de Victoria Albis, est achetée grâce à des crédits votés lors de la célébration du centenaire de l’abolition de l’esclavage (1848) puis réhabilitée et inaugurée le 4 juin 1954. (…) Dès 1948, à l’occasion du centenaire de l’abolition de l’esclavage, Raymond Mauny propose de consacrer un musée spécifique sur l’esclavage à Gorée et de valoriser, selon lui, « l’un des principaux points où s’effectuait la traite sur la côte occidentale d’Afrique. (…) Après les indépendances, dans la continuité de l’œuvre initiée par le colonisateur, l’État du Sénégal reprend à son compte le discours mémoriel. En 1962, le président Léopold Sédar Senghor nomme Boubacar Joseph Ndiaye, ancien sous-officier de l’armée coloniale française, comme « gardien » de la Maison des Esclaves, régularisant ainsi une situation de fait. La vigueur du discours de ce guide, sans doute inspiré à l’origine par celui du Docteur Cariou, son charisme et la voix imposante de ce « gardien de la mémoire de la traite négrière », l’ont désigné peu à peu comme une sorte de « musée vivant », connu à l’échelle internationale. Gorée doit en grande partie son statut d’île-mémoire de la Traite atlantique à l’éloquence de Joseph Ndiaye, « conservateur » de la Maison des Esclaves. (…)  Son récit constitue une re-mémoration de la traite négrière à travers une mise en scène alliant parole, geste et démonstration à l’aide des chaînes en fer reconstituées, avec lesquelles les esclaves étaient attachés. (…) La fonction de ce discours est significative dans la fabrication d’une mémoire liée à la traite atlantique des esclaves, avec une mise en scène et une représentation imagée de la condition de l’esclave appuyées par des citations, des maximes et des proverbes. La réception du discours du « conservateur » se perçoit à travers les diverses réactions observées après la visite du musée et consignées dans le livre d’or. Nombreux sont les guides goréens qui puisent encore une bonne partie de leurs connaissances dans le discours de Joseph Ndiaye. Les réactions observées traduisent des chocs émotionnels qui peuvent déboucher parfois sur des actes spontanés. Le recueillement devant la « porte du voyage sans retour » constitue un acte symbolique qui s’accompagne parfois de rituels, de prières, d’offrandes, de sacrifices, de libations. La signification et la place de l’île dans l’imaginaire de la diaspora noire permettent de mesurer l’impact de cette communauté, en quête d’une identité perdue, dans la cristallisation d’une mémoire de la traite atlantique autour de Gorée. (…) Des contestations naissent sur l’exactitude historique du récit propagé aux visiteurs de la Maison des Esclaves. Dès 1972, le philosophe et chercheur africain Ki-Zerbo, dans son ouvrage « Histoire d’Afrique Noire », s’inquiète de la tournure que peut prendre la défense d’un tel récit qui peut constituer un point de rupture dans la diaspora noire entre l’Afrique et le monde afro des Caraïbes et des Amériques. Deux décennies plus tard, la principale critique émane de deux chercheurs et conservateurs de l’IFAN, Abdoulaye Camara et le père jésuite Joseph Roger de Benoist. Leurs argumentaires sont repris par le journaliste Emmanuel de Roux dans un article paru à Paris dans le journal Le Monde du 27 décembre 1996 sous le titre « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». L’article remet en cause la fonction de la Maison des Esclaves ainsi que le rôle de l’île de Gorée dans le commerce des esclaves. Le journaliste relate la visite du lieu par son « conservateur » Joseph Ndiaye. « Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette esclaverie construite par les Hollandais au XVIIIe siècle, pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de millions d’Africains, enchaînés, vers le Nouveau Monde40 ». Contrairement aux affirmations de Joseph Ndiaye, Emmanuel de Roux donne la paternité de la maison aux Français, nie l’existence des cellules qui étaient réservées aux esclaves en attente d’embarcation et minimise le nombre d’esclaves ayant transité sur l’île. En conclusion, l’histoire de cette maison présentée par le conservateur ne serait qu’une légende reprise par Joseph Ndiaye, « qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi». La réaction de l’État est vive et rapide. Les 7 et 8 avril 1997, un séminaire réunissant l’ensemble des spécialistes sénégalais et africanistes sur le thème : « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités » est convoqué dans l’urgence pour riposter à l’imposture. Dix ans après cette attaque « révisionniste », en 2006, le récit du « conservateur » de la Maison des Esclaves est encore contesté par les descendants de certaines signares qui tiennent un autre discours mémoriel et prônent une autre histoire. Dans son ouvrage, Céleste ou le temps des signares, Jean-Luc Angrand nie l’existence d’esclaveries dans les maisons de Gorée : « Il est évident que cette maison comme les autres maisons de Gorée n’ont jamais contenu d’esclaves de traite, les signares étant en général réfractaires à la déportation des esclaves aux Amériques. Les seuls captifs qui existaient dans les maisons de Gorée étaient les captifs de case (domestiques). […] L’idée pathétique de porte par laquelle seraient passés des esclaves embarquant pour l’Amérique n’était rien qu’une histoire destinée à impressionner les touristes de la fin du XXe siècle». Cette vision de la fonction des supports mémoriels ne prend pas en compte la vraie nature du discours commémoratif car comme l’ont bien montré en 1997 Ibrahima Thioub et Hamady Bocoum « Le discours qui commémore cette fonction de l’île n’a jamais prétendu obéir aux règles universitaires de production du savoir et, en conséquence, ne peut être mesuré à cette aune». En 2009, dans sa récente étude sur la déconstruction du syndrome de Gorée, Ibrahima Seck montre comment l’existence de supports matériels contribue à la cristallisation des mémoires dans certains lieux, témoins de cette période. L’idée d’une « porte du voyage sans retour » n’existe pas seulement à Gorée mais aussi dans les différents points d’embarquement des navires négriers sur la côte occidentale de l’Afrique. « Au Ghana, Elmina a aussi sa porte du non retour alors qu’il s’agit en réalité d’une meurtrière. À Ouidah, où la traite ne s’est pas accompagnée de l’impressionnante monumentalité visible sur l’ancienne Côte de l’or, le programme de la Route de l’esclave de l’UNESCO a érigé un monument sous la forme d’un énorme portail face à la mer pour donner un support matériel au symbolisme du voyage sans retour». Il est clair que Gorée a influencé les autres sites qui ont entrepris un travail de remémoration tel qu’il est recommandé par l’UNESCO depuis 1995. Cette vision romantique de Joseph Ndiaye est transmise par des méta-récits nationalistes ou pan-africanistes dont la réalité est caricaturée d’une manière manichéenne. Ce discours laisse peu de place à une « histoire » plus complexe, « archéologique », des Africains libres, aux esclaves de case ou aux esclaves domestiques ou aux captifs face aux Africains enchaînés, aux esclaves de traite ou de transit, aux signares et aux métis et à celles des Européens expatriés, des commerçants aux militaires. L’indépendance une fois acquise, le premier président Léopold Sédar Senghor développe avec le mouvement de la Négritude une orientation culturaliste pour la société sénégalaise, sans rompre avec la francophonie qu’il inscrit dans l’héritage historique du Sénégal et apporte une nouvelle lecture sur la place de Gorée par rapport à la diaspora noire. À partir des années 1980, et pendant deux décennies, le président Abdou Diouf suit la politique de sauvegarde et de mise en valeur de Gorée mise en place par l’UNESCO et veut étendre le message de l’île-mémoire au monde entier par l’érection d’un grand mémorial de l’esclavage. Durant la dernière décennie de la présidence d’Abdoulaye Wade, l’État est moins présent sur le site de Gorée ; il est occupé à élever à Dakar d’autres infrastructures dont un monument de la Renaissance africaine et un parc culturel dans lequel sera édifié un musée des Civilisations noires, idée émise en 1971 par le président Senghor. Le passé de l’île de Gorée et le souvenir des souffrances et des traumatismes subis par l’Afrique et ses diasporas à travers l’esclavage et la traite atlantique, revisité, joue un rôle de premier plan dans l’affirmation de la politique dite « d’enracinement et d’ouverture » chère au président Léopold Sédar Senghor. Le concept de Négritude s’impose comme idéologie du nouvel État indépendant sénégalais qui s’ouvre sur le monde afro-américain. Le président du nouvel État du Sénégal, Léopold Sédar Senghor choisit l’île de Gorée comme un des supports physiques de démonstration de son concept sur la Négritude, sans lien direct avec l’esclavage. (…) Gorée est un laboratoire idéal pour le projet post-colonial de la Négritude. Lieu d’échanges culturels, artistiques, littéraires et scientifiques regroupant l’Afrique et sa Diaspora, le Festival est le lieu de rencontres, colloques, expositions, chants, danses, spectacles qui rythment la vie quotidienne des populations de Dakar et de Gorée. Le lancement du Festival a lieu en présence d’André Malraux. Le choix de Gorée pour abriter une des manifestations de ce Festival répond à une volonté du pouvoir politique qui entend faire de l’île un lieu privilégié pour une communion des peuples du monde à travers le dialogue des cultures. Un spectacle « son et lumière », les « Féeries de Gorée » est monté pour l’occasion : il retrace les grands moments de l’histoire du Sénégal et particulièrement de l’île de Gorée et de son rôle dans l’histoire de l’esclavage. La Maison des Esclaves est restaurée à l’occasion de ce festival. À l’heure où le tourisme de mémoire émerge autour des lieux chargés d’histoire et notamment à ceux liés à des faits tragiques, le Sénégal concentre ce type de démarche presque exclusivement sur la commémoration de l’esclavage et l’île de Gorée. Des agences américaines proposent aux touristes noirs américains des « Black-History Tours », leur permettant d’aller se recueillir sur la terre de leurs ancêtres, plus particulièrement à Gorée, et de méditer sur leur tragique destin. « Ainsi, après avoir été, entre l’Afrique et les Amériques noires, le trait d’union symbolique de la désolation, Gorée devient-elle peu à peu un symbole d’espoir, vers où, de plus en plus nombreux, convergent aujourd’hui, en une sorte de pèlerinage, les descendants des déportés de jadis, en quête de leurs racines et tous ceux qui entendent puiser dans son histoire les raisons d’une nouvelle solidarité des peuples ». Depuis 2005, la mairie de Gorée organise un festival dans le cadre de la promotion des activités culturelles : le Gorée Diaspora Festival. Cette manifestation internationale constitue un moment de retrouvailles entre la population goréenne et la diaspora. À travers cette manifestation, l’institution municipale vise trois objectifs majeurs : permettre aux membres de la diaspora de retrouver l’identité perdue sur cette île-souvenir, les faire participer à la sauvegarde de la mémoire et orienter le devenir de Gorée d’un statut de terre d’esclaves vers celle d’un carrefour de dialogue interculturel. En ouvrant ainsi la porte du retour, la commune entend faire rayonner Gorée sur la scène internationale. Cette manifestation constitue un moment de festivités, de recueillement et de souvenir : festivals, rencontres cinématographiques, concerts, expositions, musiques, visite de la Maison des Esclaves, randonnée maritime, etc. Le festival inclut aussi un volet éducatif avec l’organisation de séminaires et d’ateliers de formation, de conférences et de colloques dont les thèmes portent sur l’esclavage, la traite négrière et sa mémoire, le dialogue des peuples et des cultures. Hamady Bocoum and Bernard Toulier
La Maison des esclaves est devenu un élément du patrimoine de l’humanité, surtout depuis que l’Unesco a classé l’ensemble de l’île dans cette rubrique. Le problème, c’est que tout est faux, ou presque, comme l’expliquent Abdoulaye Camara et le Père de Benoist, un jésuite, historien, chercheur à l’IFAN. La maison, parfaitement identifiée, n’a rien de hollandais. Elle a été construite par les Français, en 1783, pour Anna Colas, une signare riche dame métisse quand la traite tirait à sa fin. Les pièces du bas ont peut-être servi de logements à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite. C’étaient essentiellement des entrepôts à marchandises. L’esclaverie, car elle a existé, se situait non loin du fort qui abrite aujourd’hui le Musée historique. Elle a disparu. Enfin, Gorée n’a jamais été un centre très actif pour la traite (deux cents à cinq cents esclaves par an, si l’on en croit les chiffres du savant jésuite), par rapport aux comptoirs de la Côte des esclaves (l’actuel Bénin), du golfe de Guinée ou de l’Angola. La légende de la Maison aux esclaves doit tout à l’indéniable talent de Joseph N’Diaye, qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi. Emmanuel de Roux
Cette histoire de maison des esclaves de Gorée a été inventée par Pierre André Cariou, médecin chef breton de la marine française dans les années 1950. Il n’a pas cherché à la falsifier, mais a émis des suppositions, qu’il a intégrées dans un roman historique non édité « Promenade à Gorée » (manuscrit disponible à la BNF Mitterrand) et dans le circuit touristique qu’il proposait aux rares touristes de l’île de Gorée; souvent des amis et familles qui venaient visiter les marins militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine. À l’origine de ce qui allait devenir la plus importante escroquerie mémorielle de l’histoire, un petit garçon qui servait de « boy » à Cariou, l’adolescent Joseph N’Diaye. Joseph N’Diaye devenu adulte prit la suite de Cariou dans les années 1970. Dans les années 1980 sorti le film « Racines » avec la figure inoubliable de « Kounta Kinté » l’Africain; les Américains noirs, qui vivaient souvent une sorte d’amnésie volontaire quant à leurs souffrances passées, furent pris d’une envie légitime de retourner voir mama africa. Le seul pays qui disposait d’un véritable ministère de la Culture à l’époque, fabuleux héritage de l’ère Senghor, était le Sénégal. Les fonctionnaires orientèrent naturellement les Tours Operator black vers Gorée, où une personne qui n’était pas fonctionnaire faisait visiter une maison aux rares touristes… Joseph N’Diaye. Rapidement, ce business devint une affaire juteuse pour les réceptifs sénégalais, les TO américains (souvent créés par des Sénégalais des USA) et le gouvernement qui prit peu à peu conscience de l’importance économique de cette affaire. D’autres aussi, les enseignants sénégalais de l’université de Dakar, furent de grands bénéficiaires du « Gorée Business » comme je l’ai nommé. En effet, ils obtinrent de nombreux stages, invitations à des conférences aux Amériques rémunérés grâce aux inventions racontées par tonton Joseph. Certains obtinrent des emplois dans les universités américaines (Colombia University), d’autres à la direction du patrimoine dépendant du ministère de la Culture en profitèrent notamment en détournant les nombreux dons financiers offert pour la sauvegarde de Gorée… Au point que l’Unesco, agacée par ces détournement, ne cautionna plus aucune campagne de sauvegarde du patrimoine bâti. Cela ne pouvait pas durer. Dans les années 1980, un historien américain, Philipp Curtin, intrigué par les soi-disants 20 millions de victimes parties de Gorée, publia une étude statistique rappelant que ce chiffre était celui de l’ensemble de la traite partie de toute la côte d’Afrique, de la Mauritanie à l’Angola. Curtin indiqua aussi que de Gorée partirent entre 900 à 1500 personnes et que le Sénégal représentait 5% de la traite. Panique à Dakar et chez leurs complices sénégalais des USA; heureusement pour eux, la presse, non informée, ne diffusa pas l’information… Dans les années 2000, se fut le tour d’Abdoulaye Camara, enseignant en histoire à l’Université de Dakar, de dénoncer l’affaire à un journaliste du Monde, qui la publia alors. Mais l’article fut étouffé car la bande du Gorée Business comptait alors de puissantes relations amicales en France, Laurence Attali (sœur de Jacques), Catherine Clément (romancière) et la Fondation Danièle Mitterrand. Malgré tout Ki Zerbo philosophe béninois protesta contre l’arnaque dans un article de presse. En 2006 finalement sortit la seule étude scientifique démontrant à partir d’archives qu’il s’agissait bel et bien d’une arnaque: la mienne. Cette études indiquait qu’il y avait non pas une mais deux captiveries; toutes deux démolies mais parfaitement repérables grâce aux plans de cadastres du XVIIIe siècle conservés aux archives BNF Richelieux à Paris. Cette étude démontre aussi que les principaux points de départs des victimes furent Saint Louis au Sénégal et la Gambie. Cette étude obligea Wikipedia à rectifier le tir, malgré le sabotage permanent de mes contributions pendant plus de trois ans organisé par les membres de ce qu’il est convenu d’appeler « le Gorée Business ». Ironie du sort, la population « créole » du XVIIIe siècle, comme démontré par cette étude, constitua le principal frein à la traite des esclaves avec celle de Dakar; cela explique le faible nombre de victimes parties de Gorée. Encore plus « amusant » la femme métisse/créole qui a construit cette maison, Anna Colas Pépin, fut une résistante à la traite comme ses « consœurs » qui dirigeaient l’île de Gorée du XVIIIe au XIXe siècle, car ils s’agissait d’une micro-civilisation matriarcale métisse/créole… Jean Luc Angrand
L’histoire de la maison des esclaves de Gorée serait, à l’en croire, une invention dans les années 1950, du docteur Pierre André Cariou, de son état médecin chef de la marine française. Les hypothèses émises par ce dernier seraient contenues dans un manuscrit conservé à la BNF. On aurait souhaité disposer de plus d’informations à propos dudit manuscrit (par exemple son numéro de référence ou son code pour le retrouver plus aisément). Et pourquoi ne pas citer nommément des passages du texte en question pour étayer davantage son propos. En l’absence de telles précautions, son opinion reste pour le moins superficielle et nous laisse un rien circonspect. (…) Revenant ainsi sur le contexte ayant favorisé le développement de ce « business », c’est-à-dire la sortie du film Racines, Jean-Luc Angrand évoque le rôle majeur des Tour-operator tenus par des Sénégalais installés aux USA sans jamais fournir concrètement ni un nom d’organisme touristique ni celui d’un ressortissant sénégalais. Toutes choses entretenant le flou le plus absolu. « Les Tours Operators n’ont jamais été l’objectif de Gorée, éclaire en revanche François Vergès, ancienne présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Il ne faut pas tout confondre. C’est comme si on disait, il y a des voyages organisés à Auschwitz, et donc cela enlève le caractère véridique de ce qui s’y est passé ». Il est évident que Gorée tire son statut de haut lieu mémoriel des dividendes de notoriétés qui attirent touristes et pèlerins. « Il faut lutter pour que Gorée ne devienne pas un endroit mercantile, prévient François Vergès. C’est comme à Roben Island, il y avait un projet de le transformer en endroit mercantile, tout le monde a protesté. Et cela s’est arrêté. Est-ce que ce monsieur (Angrand) empêche qu’il y ait des voyages organisés à Lourdes ou à Saint-Michel ? C’est sélectif comme réflexion ». Sélectif puis accusateur sans véritable référence. En effet, Jean-Luc Angrand accuse les enseignants de l’Université de Dakar d’avoir couvert et amplifié ce qu’il appelle « un mensonge » afin d’en tirer des prébendes financières et ou promotionnelles. Mais de quels professeurs s’agit-il ? Ne peut-il être plus concis dans sa dénonciation ? Il évoque l’obtention de postes dans la prestigieuse University of Columbia. On n’ose croire qu’il parle de Souleymane Bachir Diagne ou de Mamadou Diouf. Le premier, normalien, agrégé et docteur en philosophie cité par le Nouvel Observateur parmi l’un des plus grands penseurs de notre époque. Le second, historien de formation, docteur en histoire de la Sorbonne et auteur de plusieurs ouvrages. Pareil parcours ne saurait-il suffire pour être recruté par un institut américain fut-il Columbia University. Dans la deuxième partie de sa diatribe (…) quand il convoque les travaux de Philippe Curtin dans les années 1980, il se garde bien de mentionner le titre de ou des ouvrages dont il a recours. Chose plutôt surprenante pour qui connaît l’immensité de la production de ce chercheur. Dans le même ordre d’idées, on s’attendait à ce qu’il nous livre au moins des noms d’historiens sénégalais ou africains dignes de ce nom ayant soutenu que de Gorée sont partis vingt millions d’esclaves. Idée absolument saugrenue même pour le néophyte en histoire qui n’ignore point qu’une partie de la longue côte atlantique africaine (Togo-Bénin-Nigeria) était justement appelée côte des esclaves en raison de l’intensité du trafic. Ainsi pour Françoise Vergès, « il est évident que l’Ile de Gorée ne pouvait pas prendre autant d’esclaves que Ouidah (Bénin) ou d’autres forteresses sur la côte africaine. Des historiens africains avaient reconnu depuis longtemps que Gorée a participé à la traite mais n’était pas un grand centre, ni un lieu de baraquements ». Alors que la « civilisationniste » Maboula Soumahoro préfère évoquer le départ d’esclaves de la région de Sénégambie. Des « Slaves Castel », on en trouve dans cette région comme au Ghana ou au Bénin. Si des esclaves ne sont pas partis de Gorée, ils sont partis de toute la région ouest africaine donc cela ne change rien à la situation. Je ne comprends pas tellement cette position de nier ce caractère à Gorée ». Autre incompréhension, M. Angrand cite Abdoulaye Camara, enseignant à l’UCAD. Lequel aurait voulu et dénoncé l’imposture dans le journal Le Monde mais l’affaire fut étouffée par le lobby dit « goréen ». On ne peut qu’être interloqué par cette information n’apportant au demeurant rien de concret à son argumentaire. L’incompréhension se porte sur deux facteurs principaux : D’abord pourquoi Jean-Luc Angrand ne fait-il pas siennes les conclusions d’Abdoulaye Camara et les reproduire ici (du moins une partie) pour donner davantage de densité et de crédibilité à son article ? Ensuite, comment se fait-il que cet enseignant-chercheur de l’UCAD se tourne vers le quotidien Le Monde pour publier ses résultats (encore qu’il ne nous fournit ni le numéro ni la date) ? Alors qu’il existe en Afrique même et partout au monde une myriade de revues d’histoire susceptibles de vulgariser ses travaux. Ou faut-il croire ceux-ci n’étaient pas à la hauteur ? Par ailleurs, on est en droit de demeurer interrogatif quant à la soumission de la gazette française pour étouffer cette affaire. Pour qui connaît l’histoire de ce journal né au lendemain de la deuxième guerre mondiale et ses multiples prises à partie avec l’Etat française, la chose parait peu probante. Restant dans sa volonté constante de fournir des preuves du bienfondé de sa théorie, Angrand fait appel à la rescousse une production de Joseph Ki-Zerbo. Mais là également, il commet une erreur factuelle rédhibitoire en présentant ce dernier comme un philosophe béninois alors qu’il est de notoriété publique que l’homme est historien de spécialité et Burkinabé de nationalité. D’autre part, il ne nous dit point où, quand et sur quel support ce penseur a publié son article. (…) Pour conclure sa réflexion, il propose son argument béton à savoir son étude sur la question. Il la présente, « sans prétention », comme le seul vrai travail scientifique en l’espèce (lui qui n’est pas véritablement connu dans la communauté des historiens). Toutefois, il ne dit mot sur le titre de ladite étude ni la publication où elle est apparue avant d’être intégrée dans son livre. Celui-ci, soutient-il, mérite d’être enseigné à l’université en raison de la distinction reçue de la part de l’académie des sciences d’Outre-mer. Rappelons que de tels trophées ne sont pas toujours gages d’excellence. Aussi l’ouvrage très polémique d’Olivier Pétré-Grenouilleau : les traites négrières (Gallimard, 2004) reçut-il le prix du livre d’histoire du Sénat et celui de l’essai de l’académie française avec à chaque fois des jurys composés de non spécialistes. Le seul membre du premier jury ayant quelques clignotants en ce domaine fut Marc Ferro, grand connaisseur de l’Urss de son état. En matière d’histoire de l’Outre-mer, son seul fait d’armes est d’avoir dirigé un ouvrage collectif : le livre noir du colonialisme (Robert Lafont, 2003). En fait le succès du travail de Pétré-Grenouilleau provient de deux facteurs précis. Il a permis de découvrir un point majeur en l’occurrence la diversité des traites négrières. Et d’autre part il est apparu comme une forme d’absolution des Européens qui n’étaient opportunément plus les seuls méchants négriers. Responsabilité qu’ils partageaient dorénavant avec les Arabes et les Africains eux-mêmes. Ce sont donc ces deux points qui justifient les nombreux satisfécits dont Olivier Pétré-Grenouilleau a bénéficié en dépit des sérieuses lacunes que contient son essai. Ce dernier fait pratiquement un blackout total (vingt pages sur plus de trois cent soixante) sur le trafic de l’Atlantique sud mené par les Hispano-portugais, c’est-à-dire la droiture. Laquelle a été encore plus importante que le très connu commerce triangulaire se faisant plus au nord. De plus cet historien reprend par devers lui des chiffres fantaisistes quant au nombre de déportés dans le cadre du trafic transaharien et de l’océan indien. Fantaisiste car n’offrant pas contrairement aux échanges de l’ouest des sources bien chiffrées et quantifiables. Moussa Diop
Cet article de presse [de  Momar Mbaye, Docteur en histoire de l’Université de Rouen et Moussa Diop, journaliste] est une bien amusante rhétorique faite par des enseignants sénégalais qui tentent de sauver leurs « têtes » après une bonne vingtaine d’années de baratin. Toute les affirmations contenues dans mon article de presse du Hufffingtonpost sont sourcées; mon principal adversaire monsieur Hamady Bocoum Directeur National du Patrimoine Sénégalais vient de reconnaître à demi mots dans un article de la revue du patrimoine français In Situ du mois d’Avril 2103v(sur internet) le bien fondé de mes travaux de recherches (en partie dûs à Hubert Dupuy); essayant au passage de mettre sur le dos de l’état français l’origine de cette arnaque mémorielle. Hamady Bocoum ment très mal car dans le même article il indique par inadvertance que le représentant de l’état français de l’époque, le Professeur Mauny (1951) niait toute véracité à cette invention du Médecin Chef de la Marine Pierre André Cariou; lui même peut être inspiré par Robert Gaffiot auteur de Gorée Capital déchue (1933). Gaffiot inventeur ou co-inventeur avec Cariou du Mythe (à creuser). La faute n’est pas, comme je l’ai dit, d’avoir débuté le mythe puisque ce sont deux Français qui l’ont inventé à l’usage des familles de militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine française bien avant l’indépendance (avant guerre) mais bien d’en avoir fait, un fait historique reconnu par l’état sénégalais après l’indépendance tout en permettant au « griot mémoriel » Joseph Ndiaye d’en rajouter des couches. Une historiette jamais reconnue par le professeur Théodore Monod fondateur de l’IFAN et son assistant le professeur Mauny représentant l’état français avant l’indépendance. Il n’y a donc pas de complot « blanc » contre Gorée…n’est-ce pas ?  Les escrocs de l’Université de Dakar n’ont pas hésité à tourner en ridicule le vrai travail de mémoire allant même jusqu’à cacher depuis plus de vingt ans la vraie captiverie de Gorée encore existante, aux pèlerins antillais, noirs-américains et autres. Captiverie dont j’ai révélé l’existence depuis l’année 2006 malgré des menaces physiques à mon encontre de la part du pseudo conservateur Eloi Coly. Vos collègues universitaires corrompus du Gorée Business (malhonnête) refusent de la faire ouvrir car cela leur ferait perdre le contrôle probablement de la pompe à fric et ils seraient obligés de s’expliquer auprès de leurs nombreux amis noirs aux Antilles et USA à qui ils ont fait prendre une vessie pour une lanterne. Enfin, peut-être ont-ils peur de subir les foudres des fondations et états qui ont donné de l’argent pour « sauver Gorée » porte sans retour de l’esclavage d’où furent partis selon le griot mémoriel Joseph Ndiaye 10, 15, 20 millions de victimes (les chiffres qu’il donnait variaient probablement en fonction de la température de l’air ou de la direction du vent)… Autre faute gravissime fut de laisser Joseph Ndiaye mettre en place un discours fonctionnel dans la maison d’Anna Colas Pépin (maison des esclaves) dont le seul but fut de tirer des larmes aux Antillais et noirs américains pour en obtenir toujours plus de pognon…c’est dégueulasse. Enfin, autre faute, laisser Joseph Ndiaye raconter tout et surtout n’importe quoi sur l’histoire patrimoniale de cette maison; dates de constructions fausses, usage du rez-de-chaussée qui n’a jamais été une captiverie transformée en cellules avec la cerise sur le gâteau « une cellule des récalcitrants » (un gag mémoriel). Quelle honte pour l’Université de Dakar que d’avoir laissé un ignorant ridiculiser l’Afrique et le travail des historiens noirs qui font leur boulot correctement; comme Abdoulaye Camara (inspiré tout comme Roger de Benoist par des informations fournies par monsieur Hubert Dupuy) que vous dénigrez dans votre article; tout cela pour enrichir les amis, la famille qui contrôle le Gorée business (malhonnête).  Je ne suis pas contre un Gorée Business, tout comme il y a un Mecque Business et un Lourdes Business, mais encore faut il que ce qui est proposé au bout soit honnête alors au nom des mes amis antillais, noirs américains je vous SOMME par la présente d’ouvrir immédiatement la vraie captiverie de Gorée et d’indiquer aux touristes les vrais chiffres de déportés !!!!!. Voici le plan de cadastres de Gorée datant du XVIII siècle avec l’indication de la vraie captiverie (il en avait une seconde dans le fort St François qui est rasé de nos jours); essayez svp de rattraper vos erreurs graves en faisant le boulot correctement pour éviter aux négationnistes de se moquer de nous, les Africains. Il faut maintenant déconstruire/reconstruire; faisons le ensemble avec la participation désormais indispensable de nos frères et sœurs historiens antillais et américains. Jean-Luc Angrand
Attention: une fiction peut en cacher une autre !

Après l’ennichement du confinement aveugle et l’actuel emmusellement du masque obligatoire à l’extérieur

Mais aussi, avec le déchainement de génuflexions que l’on sait, le psychodrame du racisme systémique

Retour …

Au premier jour du procès des complices des assassins des caricaturistes de Charlie hebdo

Et au lendemain de la mise au pilori du magazine Valeurs actuelles et de son rédacteur en chef
Sur fond de condamnations, d’Emmanuel Macron à Marine Le Pen, d’une rare unanimité politique
Pour une fiction et une illustration considérées comme racistes …
Pour avoir représentée, en esclave collier en fer autour du cou, la députée d’extrême-gauche et indigéniste racialiste notoire d’origine africaine Danièle Obono
Mais visant surtout, contre l’omerta habituelle et « l‘entreprise idéologique de falsification de l’Histoire » consistant à « faire payer le poids de cette insoutenable traite aux seuls Européens »,  à rappeler « les horreurs de l’esclavage organisé par des Africains au XVIIIe siècle » et la « terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir » …
Sur la fabrication d’une autre fiction …
Mais dûment antiraciste, celle-là …
A savoir l’invention du véritable lieu de pèlerinage des afro-descendants …
Et haut lieu de tourisme mémoriel et présidentiel de l’ïle sénégalaise de Gorée …
Présentée, contre toute évidence historique, comme centre de traite de millions d’esclaves africains …

Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité

Emmanuel de Roux

Le Monde

27 décembre 1996

La Maison des esclaves de l’île de Gorée figure dans tous les guides. Pas un touriste ne manquera la visite de ce monument au sinistre passé. Il sera accueilli dans la cour de ce bâtiment ocre rouge par un cicerone inspiré, Joseph N’Diaye, un ancien sous-officier. Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette « esclaverie » construite par les Hollandais au XVIIe siècle, pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de milliers d’Africains, enchaînés, vers le Nouveau Monde.

Les différentes cellules sont détaillées : celles des hommes, celles des femmes et celles des enfants, le cachot pour les rebelles et la porte pour le « voyage sans retour » qui s’ouvre sur l’océan. Un escalier à double révolution conduit aux appartements des négriers. La fondation France-Liberté, de Danièle Mitterrand, comme en atteste une plaque, a financé une partie de la rénovation de l’édifice. La Maison des esclaves est devenu un élément du patrimoine de l’humanité, surtout depuis que l’Unesco a classé l’ensemble de l’île dans cette rubrique. Le problème, c’est que tout est faux, ou presque, comme l’expliquent Abdoulaye Camara et le Père de Benoist, un jésuite, historien, chercheur à l’IFAN. La maison, parfaitement identifiée, n’a rien de hollandais. Elle a été construite par les Français, en 1783, pour Anna Colas, une signare riche dame métisse quand la traite tirait à sa fin. Les pièces du bas ont peut-être servi de logements à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite. C’étaient essentiellement des entrepôts à marchandises.

L’esclaverie, car elle a existé, se situait non loin du fort qui abrite aujourd’hui le Musée historique. Elle a disparu. Enfin, Gorée n’a jamais été un centre très actif pour la traite (deux cents à cinq cents esclaves par an, si l’on en croit les chiffres du savant jésuite), par rapport aux comptoirs de la Côte des esclaves (l’actuel Bénin), du golfe de Guinée ou de l’Angola. La légende de la Maison aux esclaves doit tout à l’indéniable talent de Joseph N’Diaye, qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi.

Voir également:

Gorée Business

LA CERTIFICATION DES LIEUX DE MEMOIRES DE LA SHOAH NOIRE
Petite note sur la fausse « Maison des esclaves de Gorée »
Jean Luc Angrand
Historien franco-sénégalais
16 novembre 2012

Cette histoire de maison des esclaves de Gorée a été inventé par Pierre André Cariou, médecin chef breton de la marine française dans les années 1950. Il n’a pas cherché à la falsifier, mais a émis des suppositions, qu’il a intégrées dans un roman historique non édité « Promenade à Gorée » (manuscrit disponible à la BNF Mitterand) et dans le circuit touristique qu’il proposait aux rares touristes de l’île de Gorée; souvent des amis et familles qui venaient visiter les marins militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine.

À l’origine de ce qui allait devenir la plus importante escroquerie mémorielle de l’histoire, un petit garçon qui servait de « boy » à Cariou, l’adolescent Joseph N’Diaye.

Joseph N’Diaye devenu adulte prit la suite de Cariou dans les années 1970. Dans les années 1980 sorti le film « Racines » avec la figure inoubliable de « Kounta Kinté » l’africain; les Américains noirs, qui vivaient souvent une sorte d’amnésie volontaire quant à leurs souffrances passées, furent pris d’une envie légitime de retourner voir mama africa.

Le seul pays qui disposait d’un véritable ministère de la Culture à l’époque, fabuleux héritage de l’ère Senghor, était le Sénégal. Les fonctionnaires orientèrent naturellement les Tours Operator black vers Gorée, où une personne qui n’était pas fonctionnaire faisait visiter une maison aux rares touristes… Joseph N’Diaye.

Rapidement, ce business devint une affaire juteuse pour les réceptifs sénégalais, les TO américains (souvent créés par des Sénégalais des USA) et le gouvernement qui prit peu à peu conscience de l’importance économique de cette affaire.

D’autres aussi, les enseignants sénégalais de l’université de Dakar, furent de grands bénéficiaires du « Gorée Business » comme je l’ai nommé.

En effet, ils obtinrent de nombreux stages, invitations à des conférences aux Amériques rémunérés grâce aux inventions racontées par tonton Joseph. Certains obtinrent des emplois dans les universités américaines (Colombia University), d’autres à la direction du patrimoine dépendant du ministère de la Culture en profitèrent notamment en détournant les nombreux dons financiers offert pour la sauvegarde de Gorée… Au point que l’Unesco, agacée par ces détournement, ne cautionna plus aucune campagne de sauvegarde du patrimoine bâti.

Cela ne pouvait pas durer.

Dans les années 1980, un historien américain, Philipp Curtin, intrigué par les soi-disants 20 millions de victimes parties de Gorée, publia une étude statistique rappelant que ce chiffre était celui de l’ensemble de la traite partie de toute la côte d’Afrique, de la Mauritanie à l’Angola. Curtin indiqua aussi que de Gorée partirent entre 900 à 1500 personnes et que le Sénégal représentait 5% de la traite.

Panique à Dakar et chez leurs complices sénégalais des USA; heureusement pour eux, la presse, non informée, ne diffusa pas l’information…

Dans les années 2000, se fut le tour d’Abdoulaye Camara, enseignant en histoire à l’Université de Dakar, de dénoncer l’affaire à un journaliste du Monde, qui la publia alors. Mais l’article fut étouffé car la bande du Gorée Business comptait alors de puissantes relations amicales en France, Laurence Attali (sœur de Jacques), Catherine Clément (romancière) et la Fondation Danièle Mitterrand. Malgré tout Ki Zerbo philosophe béninois protesta contre l’arnaque dans un article de presse.

En 2006 finalement sortit la seule étude scientifique démontrant à partir d’archives qu’il s’agissait bel et bien d’une arnaque: la mienne. Cette études indiquait qu’il y avait non pas une mais deux captiveries; toutes deux démolies mais parfaitement repérables grâce aux plans de cadastres du XVIIIe siècle conservés aux archives BNF Richelieux à Paris. Cette étude démontre aussi que les principaux points de départs des victimes furent Saint Louis au Sénégal et la Gambie. Cette étude obligea Wikipedia à rectifier le tir, malgré le sabotage permanent de mes contributions pendant plus de trois ans organisé par les membres de ce qu’il est convenu d’appeler « le Gorée Business ».

Ironie du sort, la population « créole » du XVIIIe siècle, comme démontré par cette étude, constitua le principal frein à la traite des esclaves avec celle de Dakar; cela explique le faible nombre de victimes parties de Gorée.

Encore plus « amusant » la femme métisse/créole qui a construit cette maison, Anna Colas Pépin, fut une résistante à la traite comme ses « consœurs » qui dirigeaient l’île de Gorée du XVIIIe au XIXe siècle, car ils s’agissait d’une micro-civilisation matriarcale métisse/créole…

L’étude dont je suis l’auteur fut intégrée dans mon livre « Céleste ou le temps des signares« , seul livre certifié qui puisse servir en université car primé par une académie dépendant de l’éducation nationale française: l’Académie des Science d’Outre-mer.

Voilà donc pourquoi je propose désormais « la certification des lieux de mémoires », c’est-à-dire que tous les lieux de mémoires en Afrique soient désormais certifiés par plusieurs universités, des Amériques (Caraïbes, Etats-Unis), d’Europe et d’Afrique. Avec cette méthode, on éviterait que ne se reproduise des arnaques comme la fausse « maison des esclaves de Gorée ».

Voir de même:

Maison des esclaves de Gorée: les manquements de Jean-Luc Angrand

AFRIQUE – Toute vérité est une suite d’erreurs rectifiées. Si l’affaire de la maison des esclaves est réellement une grosse escroquerie il est bon de le savoir et de le diffuser mais encore faut-il que cette « vérité » soit révélée en s’appuyant sur une argumentation et des preuves ne souffrant d’aucune once de doute.

L’Île de Gorée et sa symbolique maison des esclaves sont des lieux mémoriels qui permettent de se souvenir de l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de l’humanité à savoir la traite des noirs qui eut lieu du XVI au XIXè siècle (au bas mot). C’est un fait. Gorée résiste autant aux déferlantes attaques des eaux de l’océan sur ses parois insulaires mais solides qu’à celles trop souvent légères, pour ne pas dire révisionnistes, de Jean-Luc Angrand. Nous, Momar Mbaye, Docteur en histoire de l’Université de Rouen et Moussa Diop, journaliste, correspondant du quotidien sénégalais Le Soleil à Paris et diplômé en histoire, nous sommes d’abord questionnés sur le sérieux de l’article de Jean-Luc Angrand intitulé « Petite note sur la fausse ‘maison des esclaves de Gorée’« . Au delà de la notification des manquements dans sa démarche, nous apportons des réponses sur le sujet. Nous avons jugé utile de recueillir également le témoignage de Françoise Vergès, alors présidente du comité pour la mémoire de l’esclavage et Maboula Soumahoro, Docteur en langues, culture et civilisation du monde anglophone.

Reconnaissons avant tout que l’objectif que se fixe Monsieur Angrand n’est en soi nullement répréhensible ou condamnable. Bien au contraire la controverse et le débat nourrissent la science. On dira, pour reprendre le mot de Nietzsche, que c’est de la contradiction que l’esprit devient fécond.

Jean-Luc Angrand se définit comme un historien franco-sénégalais, il ne respecte pas toujours un certain nombre de règles exigées par la discipline historique. Parmi celles-ci figurent en première place le sérieux et la rigueur exemplaires dans l’analyse et l’exploitation des sources sous-tendant toute affirmation. Et sous ce rapport, nous constatons que l’écrit de Mr Angrand n’est pas toujours exempt de tels manquements. Aussi, point par point, nous tenterons de mettre en évidence de telles insuffisances.

L’histoire de la maison des esclaves de Gorée serait, à l’en croire, une invention dans les années 1950, du docteur Pierre André Cariou, de son état médecin chef de la marine française. Les hypothèses émises par ce dernier seraient contenues dans un manuscrit conservé à la BNF. On aurait souhaité disposer de plus d’informations à propos dudit manuscrit (par exemple son numéro de référence ou son code pour le retrouver plus aisément). Et pourquoi ne pas citer nommément des passages du texte en question pour étayer davantage son propos. En l’absence de telles précautions, son opinion reste pour le moins superficielle et nous laisse un rien circonspect.

Ce déficit de précision constitue à bien des égards la marque de fabrique de l’article de l' »historien » Angrand.

Revenant ainsi sur le contexte ayant favorisé le développement de ce « business », c’est-à-dire la sortie du film Racines, Jean-Luc Angrand évoque le rôle majeur des Tour-operator tenus par des Sénégalais installés aux USA sans jamais fournir concrètement ni un nom d’organisme touristique ni celui d’un ressortissant sénégalais. Toutes choses entretenant le flou le plus absolu. « Les Tours Operators n’ont jamais été l’objectif de Gorée, éclaire en revanche François Vergès, ancienne présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Il ne faut pas tout confondre. C’est comme si on disait, il y a des voyages organisés à Auschwitz, et donc cela enlève le caractère véridique de ce qui s’y est passé ».

Il est évident que Gorée tire son statut de haut lieu mémoriel des dividendes de notoriétés qui attirent touristes et pèlerins. « Il faut lutter pour que Gorée ne devienne pas un endroit mercantile, prévient François Vergès. C’est comme à Roben Island, il y’avait un projet de le transformer en endroit mercantile, tout le monde a protesté. Et cela s’est arrêté. Est-ce que ce monsieur (Angrand) empêche qu’il y ait des voyages organisés à Lourdes ou à Saint-Michel ? C’est sélectif comme réflexion ». Sélectif puis accusateur sans véritable référence. En effet, Jean-Luc Angrand accuse les enseignants de l’Université de Dakar d’avoir couvert et amplifié ce qu’il appelle « un mensonge » afin d’en tirer des prébendes financières et ou promotionnelles. Mais de quels professeurs s’agit-il ? Ne peut-il être plus concis dans sa dénonciation ? Il évoque l’obtention de postes dans la prestigieuse University of Columbia. On n’ose croire qu’il parle de Souleymane Bachir Diagne ou de Mamadou Diouf.

Le premier, normalien, agrégé et docteur en philosophie cité par le Nouvel Observateur parmi l’un des plus grands penseurs de notre époque. Le second, historien de formation, docteur en histoire de la Sorbonne et auteur de plusieurs ouvrages. Pareil parcours ne saurait-il suffire pour être recruté par un institut américain fut-il Columbia University.

Dans la deuxième partie de sa diatribe Jean-Luc Angrand met en exergue des penseurs qui sont sensés apporter de la ressource à sa thèse. Pourquoi pas ? Mais là aussi il pèche par sa légèreté et le manque de rigueur de son raisonnement. Ainsi, quand il convoque les travaux de Philippe Curtin dans les années 1980, il se garde bien de mentionner le titre de ou des ouvrages dont il a recours. Chose plutôt surprenante pour qui connaît l’immensité de la production de ce chercheur. Dans le même ordre d’idées, on s’attendait à ce qu’il nous livre au moins des noms d’historiens sénégalais ou africains dignes de ce nom ayant soutenu que de Gorée sont partis vingt millions d’esclaves. Idée absolument saugrenue même pour le néophyte en histoire qui n’ignore point qu’une partie de la longue côte atlantique africaine (Togo-Bénin-Nigeria) était justement appelée côte des esclaves en raison de l’intensité du trafic.

Ainsi pour Françoise Vergès, « il est évident que l’Ile de Gorée ne pouvait pas prendre autant d’esclaves que Ouidah (Bénin) ou d’autres forteresses sur la cote africaine. Des historiens africains avaient reconnu depuis longtemps que Gorée a participé à la traite mais n’était pas un grand centre, ni un lieu de baraquements ». Alors que la « civilisationniste » Maboula Soumahoro préfère évoquer le départ d’esclaves de la région de Sénégambie. Des « Slaves Castel », on en trouve dans cette région comme au Ghana ou au Bénin. Si des esclaves ne sont pas partis de Gorée, ils sont partis de toute la région ouest africaine donc cela ne change rien à la situation. Je ne comprends pas tellement cette position de nier ce caractère à Gorée ».

Autre incompréhension, M. Angrand cite Abdoulaye Camara, enseignant à l’UCAD. Lequel aurait voulu et dénoncé l’imposture dans le journal Le Monde mais l’affaire fut étouffée par le lobby dit « goréen ». On ne peut qu’être interloqué par cette information n’apportant au demeurant rien de concret à son argumentaire. L’incompréhension se porte sur deux facteurs principaux : D’abord pourquoi Jean-Luc Angrand ne fait-il pas siennes les conclusions d’Abdoulaye Camara et les reproduire ici (du moins une partie) pour donner davantage de densité et de crédibilité à son article ? Ensuite comment se fait-il que cet enseignant-chercheur de l’UCAD se tourne vers le quotidien Le Monde pour publier ses résultats (encore qu’il ne nous fournit ni le numéro ni la date) ? Alors qu’il existe en Afrique même et partout au monde une myriade de revues d’histoire susceptibles de vulgariser ses travaux. Ou faut-il croire ceux-ci n’étaient pas à la hauteur ?

Par ailleurs, on est en droit de demeurer interrogatif quant à la soumission de la gazette française pour étouffer cette affaire. Pour qui connaît l’histoire de ce journal né au lendemain de la deuxième guerre mondiale et ses multiples prises à partie avec l’Etat française, la chose parait peu probante. Restant dans sa volonté constante de fournir des preuves du bienfondé de sa théorie, Angrand fait appel à la rescousse une production de Joseph Ki-Zerbo. Mais là également, il commet une erreur factuelle rédhibitoire en présentant ce dernier comme un philosophe béninois alors qu’il est de notoriété publique que l’homme est historien de spécialité et Burkinabé de nationalité. D’autre part, il ne nous dit point où, quand et sur quel support ce penseur a publié son article.

Pareille omission constitue, si besoin en est, une preuve supplémentaire de son manque de rigueur.

Pour conclure sa réflexion, il propose son argument béton à savoir son étude sur la question. Il la présente, « sans prétention », comme le seul vrai travail scientifique en l’espèce (lui qui n’est pas véritablement connu dans la communauté des historiens). Toutefois, il ne dit mot sur le titre de ladite étude ni la publication où elle est apparue avant d’être intégrée dans son livre.

Celui-ci, soutient-il, mérite d’être enseigné à l’université en raison de la distinction reçue de la part de l’académie des sciences d’Outre-mer. Rappelons que de tels trophées ne sont pas toujours gages d’excellence. Aussi l’ouvrage très polémique d’Olivier Pétré-Grenouilleau : les traites négrières (Gallimard, 2004) reçut-il le prix du livre d’histoire du Sénat et celui de l’essai de l’académie française avec à chaque fois des jurys composés de non spécialistes. Le seul membre du premier jury ayant quelques clignotants en ce domaine fut Marc Ferro, grand connaisseur de l’Urss de son état. En matière d’histoire de l’Outre-mer, son seul fait d’armes est d’avoir dirigé un ouvrage collectif : le livre noir du colonialisme (Robert Lafont, 2003). En fait le succès du travail de Pétré-Grenouilleau provient de deux facteurs précis. Il a permis de découvrir un point majeur en l’occurrence la diversité des traites négrières. Et d’autre part il est apparu comme une forme d’absolution des Européens qui n’étaient opportunément plus les seuls méchants négriers. Responsabilité qu’ils partageaient dorénavant avec les Arabes et les Africains eux-mêmes.

Ce sont donc ces deux points qui justifient les nombreux satisfécits dont Olivier Pétré-Grenouilleau a bénéficié en dépit des sérieuses lacunes que contient son essai. Ce dernier fait pratiquement un blackout total (vingt pages sur plus de trois cent soixante) sur le trafic de l’Atlantique sud mené par les Hispano-portugais, c’est-à-dire la droiture. Laquelle a été encore plus importante que le très connu commerce triangulaire se faisant plus au nord. De plus cet historien reprend par devers lui des chiffres fantaisistes quant au nombre de déportés dans le cadre du trafic transaharien et de l’océan indien. Fantaisiste car n’offrant pas contrairement aux échanges de l’ouest des sources bien chiffrées et quantifiables.

En définitive si cet ouvrage aussi déficitaire sur le plan scientifique a pu recevoir autant de lauriers c’est en raison de son côté rassurant pour l’Occident.

Du coup sommes-nous en droit de nous questionner sur les motivations ayant présidé aux distinctions du livre de Monsieur Angrand, si d’aventure ce texte recelait des imperfections aussi notoires que celles que avons relevées dans son article.

Nous concluons notre critique en rappelant ces mots de Gaston Bachelard ; toute vérité est une suite d’erreurs rectifiées. Donc si l’affaire de la maison des esclaves est réellement une grosse escroquerie il est bon de le savoir et de le diffuser mais encore faut-il que cette « vérité » soit révélée en s’appuyant sur une argumentation et des preuves ne souffrant d’aucune once de doute. Ce qui est loin d’être le cas avec ce cher Monsieur Angrand.

Voir de plus:

HUFFINGTONPOST du 25 Mai 2013 – Jean Luc Angrand versus Momar Mbaye et Moussa Diop

Réponse de : Jean Luc ANGRAND Historien (franco-sénégalais) aux humoristes  Momar Mbaye, Docteur en histoire de l’Université de Rouen et Moussa Diop, journaliste, membres actif du Gorée Business suite à leurs article dilatoire dans le Huffingtonpost.

Cet article de presse est une bien amusante rhétorique faite par des enseignants sénégalais qui tentent de sauver leurs « têtes » après une bonne vingtaine d’années de baratin. Toute les affirmations contenues dans mon article de presse du Hufffingtonpost sont sourcé; mon principal adversaire monsieur Hamady Bocoum Directeur National du Patrimoine Sénégalais vient de reconnaître à demi mots dans un article de la revue du patrimoine français In Situ du mois d’Avril 2103(sur internet) le bien fondé de mes travaux de recherches (en partie dû à Hubert Dupuy); essayant au passage de mettre sur le dos de l’état français l’origine de cette arnaque mémorielle.

Hamady Bocoum ment très mal car dans le même article il indique par inadvertance que le représentant de l’état français de l’époque, le Professeur Mauny (1951) niait toute véracité à cette invention du Médecin Chef de la Marine Pierre André Cariou; lui même peut être inspiré par Robert Gaffiot auteur de Gorée Capital déchue(1933). Gaffiot inventeur ou co-inventeur avec Cariou du Mythe (à creuser). La faute n’est pas comme je l’ai dit d’avoir débuté le mythe puisque ce sont deux français qui l’on inventés à l’usage des familles de militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine française bien avant l’indépendance (avant guerre) mais bien d’en avoir fait, un fait historique reconnu par l’état sénégalais après l’indépendance tout en permettant au « griot mémoriel » Joseph Ndiaye dans rajouter des couches.

Une historiette jamais reconnue par le professeur Théodore Monod fondateur de l’IFAN et son assistant le professeur Mauny représentant l’état français avant l’indépendance. Il n’y a donc pas de complot « blanc » contre Gorée…n’est-ce pas ?

Les escrocs de l’Université de Dakar n’ont pas hésité à tourner en ridicule le vrai travail de mémoire allant même jusqu’à cacher depuis plus de vingt ans la vraie captiverie de Gorée encore existante, aux pèlerins antillais, noirs américains et autres. Captiverie dont j’ai révélé l’existence depuis l’année 2006 malgré des menaces physique à mon encontre de la part du pseudo conservateur Eloi Coly.

Vos collègues universitaires corrompus du Gorée Business (malhonnête) refusent de la faire ouvrir car cela leurs ferait perdre le contrôle probablement de la pompe à fric et ils seraient obligé de s’expliquer auprès de leurs nombreux amis noirs aux Antilles et USA à qui ils ont fait prendre une vessie pour une lanterne. Enfin peut être ont ils peur de subir les foudres des fondations et états qui ont donné de l’argent pour « sauver Gorée » porte sans retour de l’esclavage d’où fut parti selon le griot mémoriel Joseph Ndiaye 10, 15, 20 millions de victimes (les chiffres qu’il donnait variés probablement en fonction de la température de l’air ou de la direction du vent)…

Autre faute gravissime fut de laisser Joseph Ndiaye mettre en place un discourt fonctionnel dans la maison d’Anna Colas Pépin (maison des esclaves) dont le seul but fut de tirer des larmes aux antillais et noirs américains pour en obtenir toujours plus de pognons…c’est dégueulasse. Enfin autre faute, laisser Joseph Ndiaye raconter tout et surtout n’importe quoi sur l’histoire patrimoniale de cette maison; dates de constructions fausses, usage du rez-de-chaussé qui n’a jamais été une captiverie transformé en cellules avec la Cerise sur le gâteau « une cellule des récalcitrants » (un gag mémoriel).

Quelle honte pour l’Université de Dakar que d’avoir laissé un ignorant ridiculiser l’Afrique et le travail des historiens noirs qui font leurs boulots correctement; comme Abdoulaye Camara (inspiré tout comme Roger de Benoist par des informations fournis par monsieur Hubert Dupuy) que vous dénigrez dans votre article; tout cela pour enrichir les amis, la famille qui contrôle le Gorée business (malhonnête).

Je ne suis pas contre un Gorée Business, tout comme il y a un Mecque Bussines et un Lourde Business mais encore faut il que ce qui est proposée au bout soit honnête alors au nom des mes amis antillais, noirs américains je vous SOMMES par la présente d’ouvrir immédiatement la vraie captiverie de Gorée et d’indiquer aux touristes les vrais chiffres de déportés !!!!!. Voici le plan de cadastres de Gorée datant du XVIII siècle avec l’indication de la vraie captiverie (il en avait une seconde dans le fort St François qui est rasé de nos jours); essayez svp de rattraper vos erreurs graves en faisant le boulot correctement pour éviter aux négationnistes de ce moquer de nous, les africains. Il faut maintenant déconstruire/reconstruire faisons le ensemble avec la participation désormais indispensable de nos frères et sœurs historiens antillais et américains :

Bien à vous,

Jean Luc Angrand
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Senegal Slave House’s past questioned

John Murphy

GOREE ISLAND, Senegal — Standing in a narrow doorway opening onto the Atlantic Ocean, tour guide Aladji Ndiaye asked a visitor to this Senegalese island’s Slave House to imagine the millions of shackled Africans who stepped through it, forced onto overcrowded ships that would carry them to lives of slavery in the Americas. »After walking through the door, it was bye-bye, Africa, » says Ndiaye, pausing before solemnly pointing to the choppy waters below. « Many would try to escape. Those who did died. It was better we give ourselves to the sharks than be slaves. »

This portal — called the door of no return — is one of the most powerful symbols of the Atlantic slave trade, serving as a backdrop for high-profile visits to Africa by Pope John Paul II, President Clinton and his successor, President Bush, and a destination for thousands of African Americans in search of their roots.

More than 200,000 people travel to this rocky island off the coast of Dakar each year to step inside the dark, dungeonlike holding rooms in the pink stucco Slave House and hear details of how 20 million slaves were chained and fattened for export here. Many visitors are moved to tears.

But whatever its emotional or spiritual power, Goree Island was never a major shipping point for slaves, say historians, who insist no slaves were ever sold at Slave House, no Africans ever stepped through the famous door of no return to waiting ships.

« The whole story is phony, » says Philip Curtin, a retired professor of history at Johns Hopkins University who has written more than two dozen books on Atlantic slave trade and African history.

Although it functioned as a commercial center, Goree Island was never a key departure point for slaves, Curtin says. Most Africans sold into slavery in the Senegal region would have departed from thriving slave depots at the mouths of the Senegal River to the north and the Gambia River to the south, he says.

During about 400 years of the Atlantic slave trade, when an estimated 10 million Africans were taken from Africa, maybe 50,000 slaves — not 20 million as claimed by the Slave House curator — might have spent time on the island, Curtin says.

Even then, they would not have been locked in chains in the Slave House, Curtin says. Built in 1775-1778 by a wealthy merchant, it was one of the most beautiful homes on the island; it would not have been used as a warehouse for slaves other than those who might have been owned by the merchant.

Likewise, Curtin adds, the widely accepted story that the door of no return was the final departure point for millions of slaves is not true. There are too many rocks to allow boats to dock safely, he says.

Curtin’s assessment is widely shared by historians, including Abdoulaye Camara, curator of the Goree Island Historical Museum, which is a 10-minute walk from the Slave House.

The Slave House, says Camara, offers a distorted account of the island’s history, created with tourists in mind.

But when the respected French newspaper Le Monde published an article in 1996 refuting the island’s role in the slave trade, Senegalese authorities were furious. Several years ago at an academic conference in Senegal, some Senegalese accused Curtin of « stealing their history, » he says.

No one is quite sure where the Slave House got its name, but both Camara and Curtin credit Boubacar Joseph Ndiaye, the Slave House’s curator since the early 1960s, with promoting it as a tourist attraction.

Ndiaye is famous in Senegal for offering thousands of visitors chilling details of the squalid conditions of the slaves’ holding cells, the chains used to shackle them and their final walk through the door of no return.

« Joseph Ndiaye offers a strong, powerful, sentimental history. I am a historian. I am not allowed to be sentimental, » Camara says.

That said, Camara believes Ndiaye has played an important role in offering the descendants of slaves an emotional shrine to commemorate the sacrifices of their ancestors.

« The slaves did not pour through that door. The door is a symbol. The history and memory needs to have a strong symbol, » Camara says. « You either accept it or you don’t accept it. It’s difficult to interpret a symbol. »

Some tour books have begun warning visitors about the questions surrounding the island, including Lonely Planet’s West Africa guidebook, which concludes: « Goree’s fabricated history boils down to an emotional manipulation by government officials and tour companies of people who come here as part of a genuine search for cultural roots. »

None of the controversy appears to have diminished the island’s attraction as a tourist destination. The ferry that carries visitors from Dakar to the island is regularly packed with tourists and school groups.

At the Slave House, the visitors’ book is crowded with entries by tourists expressing a powerful mix of anger, sadness and hope at what they’ve experienced — no matter if it is fact or fiction.

« The black Africans will never forget this shameful act until kingdom come, » penned a visitor from Ghana.

Voir aussi:

The Washington Post
June 28, 2013

When President Obama visited Senegal’s Goree Island on Thursday, pausing for a moment to gaze West across the Atlantic Ocean from the « Door of No Return, » a famous symbol of the slave trade, you could almost hear the echoes of a quote from Martin Luther King Jr. that he often cites: The arc of the moral universe is long, but it bends toward justice.

Obama, speaking to reporters after the rare moment of solemnity, said it had been « very powerful » for him to see the world-famous site, which helped him “fully appreciate the magnitude of the slave trade” and “get a sense in an intimate way” of the hardships slaves faced. He called the trip a reminder that « we have to remain vigilant when it comes to the defense of human rights. »

« This is a testament to when we’re not vigilant in defense of human rights, what can happen, » he said. « Obviously, for an African American, an African American president, to be able to visit this site, gives me even greater motivation in terms of human rights around the world. »

The door was the point out of which many, perhaps millions, of African slaves took the final step from their home continent and onto the slave ships that would bring them to the new world, if they even survived the journey. Or that’s the story according to Goree Island official history, anyway. The truth may actually be far more complicated.

No one doubts the vast scale or horrific consequences of the trans-Atlantic slave trade, which destroyed countless communities in Africa, tore families apart, forced millions into bondage and killed perhaps one in 10 just during their voyage across the ocean. But it turns out that Senegal’s famous Door of No Return might not actually have played a very significant role in that story. And the wide gulf between the myth of the door and its reality may actually be, in itself, a revealing symbol of our relationship to this dark chapter in world history. What Obama really saw at Goree Island’s famous, pink-walled building may not have been a monument to slavery’s history so much as its haunting legacy and ineffable memory.

If you ask the stewards of this museum on Goree Island what happened there, they’ll likely refer you to the plaques on the wall, which say that millions of slaves passed through the building that Obama visited Thursday, now called the House of Slaves. That’s been the story for years. In 1978, the United Nations cultural body formally named it as a world heritage site, explaining that « From the 15th to the 19th century, it was the largest slave-trading centre on the African coast. » When Nelson Mandela visited in 1991, a tour guide told him that a hole beneath some stairs had been used as a cruel holding cell for disobedient slaves; Mandela insisted on crawling inside. It was also visited by Pope John Paul II, Presidents Bill Clinton and George W. Bush and many African heads of state.

But if you ask Africa scholars, they’ll tell you a very different story. « There are literally no historians who believe the Slave House is what they’re claiming it to be, or that believe Goree was statistically significant in terms of the slave trade, » Ralph Austen, who as a professor emeritus at the University of Chicago has written several academic articles on the subject, told the Associated Press.

Historical studies, according to Austen and other academics who spoke to the AP, suggest that 33,000 slaves were transferred from Goree Island – a huge number to be sure, but a tiny fraction of what the island’s official history claims. And, of those, perhaps zero were moved from the House of Slaves or out of its Door of No Return. « Historians say the door faced the ocean so that the inhabitants of the house could chuck their garbage into the water, » the AP says. « No slaves ever boarded a ship through it. » The historian Ana Lucia Araujo told the news agency, « It’s not a real place from where real people left in the numbers they say.”

Historians first uncovered the apparent truth about Goree in the 1990s. But almost 20 years later, the site’s emotional power is still strong – as is its prominent place in a history that it actually had very little to do with. But that might be about something much bigger than just the persistence of myth or the challenge in overturning a too-good-to-be-true story.

As academics downplayed the historical role of Goree in past centuries, a very different kind of scholar began to study its significance today, for Africans and members of the African diaspora. Katharina Schramm, in a book on the role of history in African ideologies today, called the Door of No Return a symbol of « the cultural amnesia and sense of disconnection that slavery and the Middle Passage stand for. » The door, she wrote, has become increasingly associated not just with its largely fictional past but with its very real present as a place of historical « healing and closure, » sometimes now described as a « Door of Return » out of slavery’s shadow.

Dionne Brand, a Canadian poet and novelist who often writes about race, explored the symbolic power of Goree’s sites at length in a 2002 book on identity and history, « A Map to the Door of No Return: Notes to Belonging. » She wrote that the door, whatever its role in past centuries, is today « a place to return to, a way of being » for people, like her, struggling to confront the role of slavery in her family’s past. Dionne writes, in a passage that might have resonated with Obama as he looked through the door and over the Atlantic:

The door signifies the historical moment which colours all moments in the Diaspora. It accounts for the ways we observe and are observed as people, whether it’s through the lens of social injustice or the lens of human accomplishments. The door exists as an absence. A thing in fact which we do not know about, a place we do not know. Yet it exists as the ground we walk. Every gesture our bodies make somehow gestures toward this door. What interest me primarily is probing the Door of No Return as consciousness. The door casts a haunting spell on personal and collective consciousness in the Diaspora. Black experience in any modern city or town in the Americas is a haunting. One enters a room and history follows; one enters a room and history precedes. History is already seated in the chair in the empty room when one arrives. Where one stands in a society seems always related to this historical experience. Where one can be observed is relative to that history. All human efforts seem to emanate from this door.

Historians, since realizing the banal truth of Goree Island in the 1990s, have been struggling with how, or whether, to reconcile their accounting with the island’s power today, how to square what actually happened at this house in Senegal with the Door of No Return as it is today felt and perceived by visitors from Nelson Mandela to Obama. If no slaves ever actually stepped through the door, can it still be a symbol of the slave trade, which did in fact reshape entire continents? Of slavery’s still-unfolding legacy? At what point does the symbolism overshadow the reality?

In 1995, as an early iteration of this still-going debate raged on an e-mail listserv for Africa scholars, the scholar John Saillant, then of Brown University, argued that Goree could still matter, even if it turned out that millions of slaves hadn’t really moved through it. « We can understand Goree as important & interesting without extravagant claims about numbers, » he wrote.

Voir également:

La Traite négrière, un lourd héritage

Guillaume Frouin
20 minutes

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Demain, la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage ne sera toujours pas célébrée de façon unitaire à Nantes. Une trentaine de comédiens enchaînés et en haillons ont en effet pris part, dès hier, à une « Marche des esclaves » dans les rues de la ville, qui a fait sa fortune au XVIIIe siècle sur le « commerce triangulaire ». Ils étaient encadrés par deux négriers européens, qui criaient « Avancez, bande de nègres ! » entre deux coups de fouet et de bâton.

« Indécent » pour Octave Cestor
« C’est avant tout un outil pédagogique, pour répondre à la non-visibilité de la traite négrière dans les manuels scolaires », explique André-Joseph Gélie, qui a initié l’événement en 2006. « Nous vivons dans un monde d’images, et cette Marche permet de symboliser l’esclavage. » Hier, les « esclaves » ont ainsi marqué l’arrêt devant l’Hôtel de ville… où l’initiative est jugée « indécente ». « C’est comme si on demandait aux Juifs de théâtraliser leur marche vers les fours crématoires », s’emporte Octave Cestor, conseiller municipal en charge des « relations entre Nantes, l’Afrique et les Caraïbes ». « Nous sommes, en plus, dans une ville qui assume son passé… Ces personnes devraient avoir le courage d’aller à Bordeaux, La Rochelle ou Saint-Malo. Ces villesne font rien alors qu’elles ont, elles aussi, un passé négrier. »

Voir de même:

Danièle Obono, une « décolonialiste » au sein de l’université française ?

FIGAROVOX/TRIBUNE – Guilhem Carayon s’inquiète de la nomination de Danièle Obono à la Sorbonne. Il y voit une offensive du parti indigéniste à l’Université et craint que les thèses racialistes ne se développent au sein de l’enseignement supérieur.

Guilhem Carayon et Olivier Vial

Cette tribune est écrite par Guilhem Carayon, responsable de l’UNI Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Elle est cosignée par Olivier Vial, président de l’UNI.


Danièle Obono, député de la France Insoumise, proche du «Parti des indigènes de la République» (PIR) vient d’être nommée au sein du Conseil d’administration de l’UFR de Science politique de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Cette instance fixe au quotidien les orientations des enseignements et des recherches proposés aux étudiants.

Depuis plusieurs années, les activistes en tous «genres» tentent d’infiltrer l’Université afin de poser un vernis «scientifique» sur leurs engagements les plus radicaux. Les militants du genre furent les pionniers. Et désormais, les études de genre prospèrent et se répandent d’amphithéâtres en amphithéâtres. L’université a ainsi servi de caisse de résonance aux adeptes de l’écriture inclusive, aux avocats de la fluidité des genres et des toilettes neutres …

Avec Danièle Obono, c’est une autre idéologie qui fait de l’entrisme. Une idéologie aux antipodes de notre tradition humaniste. La député de Paris s’est, en effet, faite l’avocate des thèses «décolonialistes» prônées par le Parti des indigènes de la République.

Ce groupuscule extrémiste avait publié en 2016 des messages de soutien aux organisateurs d’un attentat contre des civils à Tel Aviv! «L’Antisionisme», revendiqué par sa porte-parole Houria Bouteldja dissimule mal un réel antisémitisme. Selon elle, «les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe». Sic!

A l’occasion des 10 ans des Indigènes de la République, Danièle Obono avait encensé le parti indigéniste, qualifiant même le discours de sa porte-parole Houria Bouteldja de «très beau et très juste». En réalité, l’idéologie que Danièle Obono défend, repose sur des fondements racialistes. Elle va jusqu’à prôner la non-mixité raciale et sexuelle (!) dans les réunions politiques ou syndicales, en somme un apartheid inversé. Ce genre d’inepties tend malheureusement à se développer, comme ce fut le cas durant le blocus de Tolbiac, les étudiants avaient déjà pris l’initiative d’organiser des Assemblées Générales interdites aux hommes blancs. Re-Sic!

Elle s’est également «distinguée» dans son soutien à un texte de Rap dont les paroles font froid dans le dos: «Nique la France, et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes, (…) ton pays est puant, raciste et assassin». (*) Doit-on s’attendre à ce que ce genre de colique verbale soit désormais au programme de l’UFR?

Alors, comment a-t-on pu intégrer Danièle Obono dans un conseil qui détermine les orientations de l’enseignement des Science politique dans l’université symbole des libertés intellectuelles depuis le Moyen-Âge? Comment peut-on avoir choisi une personnalité aussi radicale, discréditant par ses engagements anti-humanistes l’image et le prestige de La Sorbonne?

L’argent public qui finance la recherche publique doit-il servir à diffuser une propagande «bolcho-trotsko-marxiste» comme se définit Danièle Obono, ou pire à soutenir l’offensive des «décolonialistes».

En réalité, cette nomination n’entache pas seulement l’image de l’UFR de Science politique. Demain, ce seront l’ensemble des diplômes et des recherches de l’Université Paris 1 qui seront suspects. Nous demandons donc au Président de Paris 1 et au conseil d’administration de l’université de dénoncer cette nomination ;

Sinon, le risque c’est de voir l’université Française devenir le cheval de Troie de tous les courants nés au sein de la gauche radicale américaine la plus folle.

(*) Nique la France, Zone d’expression populaire, 2009

Voir encore:

Comment le réseau indigéniste tisse sa toile

ENQUÊTE – L’affaire Floyd est une opportunité pour les militants indigénistes et communautaristes qui se sont emparés ces dernières semaines de cette émotion légitime pour porter leurs revendications et imbiber un peu plus la société de leur doctrine.

Nadjet Cherigui

Le calvaire de George Floyd, cet Afro-Américain agonisant durant huit minutes et quarante-six secondes sous le genou d’un policier blanc, a ébranlé le monde entier et suscité une vague d’indignation sans précédent. Son martyre a traversé l’Océan pour importer dans l’Hexagone une problématique que certains voudraient similaire en comparant cette dramatique affaire de Minneapolis avec celle d’Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans, originaire du quartier de Boyenval, à Beaumont-sur-Oise, et mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes.

Depuis quatre ans, le comité La Vérité pour Adama, par la voix d’Assa Traoré, sa sœur, n’a de cesse de désigner les gendarmes comme racistes et responsables de la mort du jeune homme. Devenu porte-drapeau de la mobilisation contre les violences policières, le comité a organisé des manifestations à Paris les 2 et 13 juin derniers et veut se faire l’écho en France du mouvement américain Black Lives Matter.

Des revendications disparates

Pour Sami Biasoni, coauteur avec Anne-Sophie Nogaret de l’ouvrage Français malgré eux, publié aux Éditions de l’Artilleur, la comparaison du cas d’Adama Traoré avec celui de George Floyd s’apparenterait plutôt à une stratégie opportuniste pour porter en réalité d’autres revendications: «L’affaire Floyd est tombée au bon moment pour les membres du comité La Vérité pour Adama. Elle leur a permis d’accomplir un véritable coup de force médiatique, en réunissant à Paris près de 15.000 personnes portant des revendications très disparates passant de l’antiracisme au militantisme contre les violences policières. Cela démontre aussi une véritable faiblesse de notre société et la remise en cause de l’unité nationale après les nombreuses manifestations des néoféministes, des environnementalistes, des “gilets jaunes”, etc. Il faut, insiste l’auteur, noter également l’influence des thèses défendues par les activistes indigénistes derrière le comité La Vérité pour Adama.»

Ce mouvement indigéniste auquel fait référence Sami Biasoni est actif sur le terrain des manifestations (aux côtés notamment d’organisations comme la très sulfureuse Ligue de défense noire africaine). Né en 2005, il s’appuie sur une littérature universitaire issue de Michel Foucault, Pierre Bourdieu ou l’ethnopsychiatrie. Les Indigènes de la République n’ont de cesse, depuis leur création, de dénoncer la France comme un État dont le racisme serait institutionnalisé. Cette pensée est théorisée par des personnalités comme le sociologue Saïd Bouamama ou Houria Bouteldja. Cette dernière s’est distinguée lors d’une allocution publique en affirmant au micro «Mohammed Merah, c’est moi», exprimant ainsi sa compassion pour le terroriste dont la folie haineuse avait fait sept morts, dont trois enfants, et six blessés lors des tueries de Toulouse et Montauban en 2012.

Actifs dans les banlieues

«Ces gens jargonnent beaucoup et se prennent pour des intellectuels, déplore Anne-Sophie Nogaret, l’autre auteur de Français malgré eux. Pour eux, la France est toujours coloniale. Ils considèrent que les Arabes et les Noirs sont encore aujourd’hui des indigènes et ne répondent pas aux mêmes droits que les autres citoyens. Ce groupuscule a étendu son réseau d’influence dans les banlieues grâce au relais des mairies, surtout communistes et d’extrême gauche, en infiltrant les sphères du pouvoir grâce aux facultés et à la sympathie des universitaires, puis dans les médias qui reprennent aujourd’hui ses éléments de langage comme les mots “racisé” ou “privilège blanc”. Ils sont très actifs et visibles sur le terrain médiatique à travers, notamment, le comité La Vérité pour Adama. C’est terrible car ils ont pour objectif de détruire ce pays, colonial à leurs yeux, que représente la République.»

Rachida Hamdan est connue pour sa bonne humeur contagieuse et son sourire indéboulonnable. Depuis le local de son association, elle veut dire aujourd’hui sa colère contre la famille Traoré et son comité. Une indignation exprimée sans filtre sur les réseaux sociaux, mais aussi auprès des jeunes dans ces quartiers qu’elle connaît bien à Saint-Denis. La présidente de l’association dyonisienne Les Résilientes, qui se veut universaliste et laïque, crie au mensonge. «Adama Traoré n’est pas la victime du racisme et d’un contrôle d’identité au faciès, martèle Rachida Hamdan. Il a été arrêté par des gendarmes, dont deux étaient noirs, dans le cadre d’une affaire de délinquance et non pas en raison de sa couleur de peau. Je ne veux pas nier l’existence du racisme, mais il n’est pas l’apanage de la police, ni celui des Blancs. Ce genre de théorie crée du séparatisme et nuit à l’unité du pays. Si j’étais blanche, je serais hors de moi en entendant que je suis forcément une privilégiée, raciste et nantie. Par ailleurs, je refuse de marcher dans les rues de Paris pour défendre un délinquant accusé de viol sur un jeune codétenu. Prendre la famille Traoré comme modèle est une insulte faite aux Noirs.»

Une théorie identitaire

Cette militante féministe insiste pour souligner la polygamie du père, d’origine malienne, de cette famille de 10 enfants.«Il avait deux épouses, s’étrangle-t-elle. La polygamie est illégale dans notre pays et je considère cette pratique comme de la maltraitance pour les gamins qui la subissent. La très nombreuse fratrie Traoré a un casier judiciaire très chargé et ne donne rien d’autre qu’une image déplorable des jeunes de quartier.»

Rachida Hamdan, activiste infatigable de la cause des femmes et de la défense des valeurs républicaines, est très souvent attaquée par les islamistes ou les indigénistes qu’elle connaît trop bien dans la ville de Saint-Denis. Elle en est convaincue, le comité La Vérité pour Adama est aujourd’hui piloté par cette nébuleuse d’activistes «racialistes».Selon elle, la lutte contre les violences policières n’est pour ces militants qu’un écran de fumée. Elle relève notamment l’omniprésence de Youcef Brakni, porte-parole du comité. L’homme est aussi l’organisateur du Printemps des quartiers en 2012. Cet événement majeur de la cause réunissait à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, les personnalités les plus influentes de la sphère indigéniste.

«Quels sont leurs projets? s’interroge la militante. Je ne peux pas répondre, mais je suis sûre d’une chose: ces gens ne sont pas dans une démarche constructive mais à l’inverse guerrière et vengeresse pour mettre le chaos dans le pays. Ce n’est pas ce que je veux pour notre jeunesse.» Le nom de Youcef Brakni, ancien membre du Mouvement islamique de libération et farouche opposant à l’IVG, revient aussi dans la bouche de cette universitaire chercheuse qui veut rester anonyme et connaît bien le mouvement indigéniste ; elle décrit à travers ce personnage «un indigénisme avec l’islamisme en embuscade». «Youcef Brakni pilote la tête d’Assa Traoré, affirme-t-elle. Les indigénistes ont compris que le comité La Vérité pour Adama est le report politiquement correct de leurs idées identitaires et racistes. Ces idées progressent et ils tissent leur toile grâce au réseau d’influence de l’intelligentsia et à la passerelle construite avec une bourgeoisie gauchiste qui aime à s’encanailler avec le lumpenprolétariat des cités sans n’y avoir jamais mis les pieds. Ces gens rêvent de révolution en mangeant des petits-fours et se fichent bien en réalité de la condition des Noirs et des Arabes dans les banlieues. Nous sortons juste de trois mois de confinement pour raisons sanitaires et, grâce à eux, on ne parle que de racisme alors que la crise économique est devant nous et que tout ceci ne fait que l’aggraver.»

Reconnaissance des minorités

«Dénationaliser l’histoire de France», cette autre idée défendue par les indigénistes signifie-t-elle que ces militants ambitionnent de repenser le récit national ou de remettre en cause l’héritage de grandes figures historiques? La multiplication des actes de vandalisme sur les statues de Victor Schœlcher et de Charles de Gaulle qualifiés de racistes interroge.

Guylain Chevrier, docteur en histoire et enseignant, s’insurge contre ces phénomènes. «Le projet de ces activistes vise à remplacer l’égalité républicaine par la reconnaissance juridique des minorités. Ils veulent une photo figée de l’Histoire au nom de la diversité qui serait leur seule réalité. Ils sont en conflit avec une pensée rationnelle. L’homme se développe par l’expérience qui a permis son émancipation. C’est ainsi que la République a dépassé la contradiction du colonialisme grâce à ses valeurs et en apportant à chacun les mêmes droits sans distinction. Ces gens refusent cette pensée du progrès, c’est la raison pour laquelle ils cassent tout.»

Voir de plus:

Fiction raciste sur Danièle Obono : «Valeurs actuelles» au bout de sa logique

Jérôme Lefilliâtre

On aurait donc mal compris le texte de Valeurs actuelles sur Danièle Obono. «Ce n’est pas un texte raciste», a tenté de plaider, en réponse à la condamnation unanime de son dernier fait de gloire journalistique, le directeur du magazine d’extrême droite, Geoffroy Lejeune. On aurait manqué, nous autres ignares, de perspicacité, de hauteur de vue, de connaissance de l’histoire.

Texte anonyme

Car il se serait seulement agi de rappeler que l’esclavage avait bénéficié de complicités de trafiquants africains – une vieille coutume de l’extrême droite est de minorer la responsabilité des Occidentaux dans l’affaire en mettant en avant celle de certains Noirs. Si cet infâme article imaginant la députée de La France insoumise dans un village tchadien du XVIIIe siècle donne la nausée, ce ne serait pas parce qu’il est bêtement à vomir, mais parce que l’esclavage est une horreur, dont Valeurs aurait tenu à nous rappeler l’affreuse réalité. Rien à voir, donc, avec les préjugés ou les obsessions du magazine, a affirmé Geoffroy Lejeune, qu’on a pourtant senti plus péteux que jamais à la télévision ce week-end.

Publier un texte anonyme sur une femme noire contenant des phrases comme «Danièle fut échangée avec des Toubous prévenus par un tam-tam» ou «elle était pour sa part heureuse d’être trop âgée pour subir ce douloureux écartèlement des lèvres permettant d’y glisser ces plateaux de bois qui leur donnaient ce profil qui l’effrayait malgré elle» n’aurait rien de raciste pour le directeur de l’hebdomadaire. C’est raciste, absolument. On imagine le sourire de l’auteur au moment d’écrire ces lignes, ravi d’adresser un clin d’œil complice, bien entendu, à son lecteur… Interrogé par Libé sur l’identité de ce mystérieux rédacteur, nommé «Harpalus», Geoffroy Lejeune répond : «Je ne veux pas le dire car c’est inutile. J’assume la responsabilité dans cette histoire.»

Qui lit Valeurs actuelles de temps à autre sait parfaitement à quoi s’en tenir avec cet ex-magazine conservateur roupillant, qui a dérivé vers la radicalité à partir de 2012, sous la direction d’Yves de Kerdrel (qui a condamné publiquement le texte sur Danièle Obono). Son successeur nommé en 2016, Geoffroy Lejeune, qui rêve d’union des droites par l’extrême et a promu Zemmour «homme de l’année» en «une» début août, a poussé les feux plus loin encore, dans une direction militante, plus convaincue par la cause. Le fait est que le jeune patron de Valeurs, bientôt 32 ans, se sent assez fort pour imprimer des articles aussi répugnants que ce «voyage» de Danièle Obono dans l’Afrique esclavagiste – notons au passage que l’odyssée s’achève par une rédemption trouvée dans un monastère de bénédictines.

Interview d’Emmanuel Macron

Comment l’injustifiable a-t-il été rendu possible? Geoffroy Lejeune ne peut pourtant pas s’appuyer sur un bilan commercial étincelant : la «diffusion payée individuelle» de son journal, propriété de l’industriel Iskandar Safa, est tombée de 114 000 exemplaires en moyenne en 2016 à 76 000 en 2019. Ni sur les succès électoraux des candidats qu’il a soutenus, tel François-Xavier Bellamy, en déroute aux européennes. D’où vient alors l’incroyable assurance de Valeurs ? Nul doute que l’interview «exclusive» accordée par Emmanuel Macron en octobre dernier au magazine a beaucoup contribué à ce processus d’autolégitimation et d’autopersuasion.

Mais c’est aussi l’accueil réservé à cet hebdomadaire pas du tout comme les autres dans les médias audiovisuels qui a joué. Chose impensable il y a dix ans, les journalistes de Valeurs ont envahi les plateaux et studios. La nouvelle garde, composée de Charlotte d’Ornellas, Tugdual Denis, Louis de Raguenel ou Raphaël Stainville, squatte les émissions de débats construites sur la culture du clash, à l’invitation de chaînes très conciliantes. Ex-éditorialiste politique numéro 1 de LCI, Geoffroy Lejeune vient d’être appelé par Cyril Hanouna à la table des chroniqueurs de Balance ton post !. On arrête quand le délire ?

Voir encore:

10 pays où l’esclavage moderne fait rage

L’esclavage dans le monde

Selon le Global Slavery Index (Indice mondial de l’esclavage) créé par la Walk Free Foundation en 2013, le nombre de personnes concernées par l’esclavage moderne est estimé à 30 millions. 3 critères sont pris en compte pour ce calcul : l’esclavage, le travail forcé ou le trafic d’être humain. Méconnu, ce « crime caché » concentre 22 des 29,8 millions d’esclaves dans seulement 10 pays (dont 14 millions en Inde).

Esclavage dans le mondeCarte de l’esclavage dans le monde, cliquez dessus pour l’agrandir. Source : Walk Free

Jetez un œil aux dix pays où l’esclavage est le plus répandu par nombre d’habitant.

10. Gabon

Le Gabon est à la fois un pays de destination et de transit pour les victimes de l’esclavage moderne. Hommes et femmes de tous âges sont contraints à diverses formes d’esclavage moderne dans ce pays d’Afrique. Les filles sont le plus souvent victimes de la traite à la servitude domestique (ou dans les restaurants et les marchés) ou le travail sexuel alors que les garçons sont victimes de la traite pour le travail manuel. Les mariages d’enfants et mariages forcés sont monnaie courante.

Selon l’UNICEF, l’absence de réglementation sur les travailleurs immigrés clandestins combinée à l’accroissement de la pauvreté, ont provoqué une augmentation massive de la traite des enfants dans tout le pays au cours des 10 dernières années. L’agence estime que 200 000 enfants non accompagnés sont introduits clandestinement au sein de la région pour y travailler chaque année.

9. Gambie

En Gambie, il y a de nombreux cas de mendicité forcée, de servitude domestique et de prostitution, y compris le tourisme pédophile. Les femmes, les filles et les garçons sont victimes de la traite en direction de la Gambie pour l’exploitation sexuelle commerciale. Selon l’UNICEF, près de 60 000 enfants en Gambie sont exposés à cette forme d’esclavage, notamment les orphelins et enfants de la rue.

8. Côte d’Ivoire

Les femmes et enfants asservis en Côte-d’Ivoire sont souvent soumis au travail forcé et à la prostitution. Un grand nombre d’enfants sont forcés à travailler dans les mines, la pêche, l’agriculture, la construction, le travail domestique et à la vente de rue ainsi que le cirage de chaussures.

7. Bénin

Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les femmes et les enfants impliqués contre leur gré dans le commerce sexuel, le travail domestique et le travail forcé sont les principales victimes de l’esclavage moderne. Le Bénin compte environ 80 000 esclaves… L’Organisation Internationale pour les Migrations (IOM) affirme que plus de la moitié sont des enfants. La plupart travaillent dans les plantations de coton ou de noix de cajou ou comme domestiques dans les maisons.

6. Moldavie

Avec environ 33 000 esclaves, la Moldavie est principalement un pays d’origine pour l’esclavage moderne. Les émigrants moldaves sont asservis dans d’autres pays voisins comme l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne, la Biélorussie et ailleurs. Les moldaves ont été victimes de la traite à des fins de prélèvement d’organes.

5. Népal

Au Népal, les pratiques esclavagistes modernes comprennent le travail forcé et la prostitution. On estime que 259 000 Népalais sont asservis, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Une économie paralysée, la corruption endémique et la discrimination ethnique et sexuelle institutionnalisée ont créé des conditions permettant à l’esclavage de prospérer depuis la fin de 10 ans de guerre civile au Népal en 2006.

4. Inde

Bien que l’Inde occupe la quatrième place en terme d’esclaves par habitants, c’est surtout le pays avec le plus grand nombre de personnes réduites à l’esclavage dans le monde. Presque toutes les formes d’esclavage sont répandues, allant de la servitude pour dettes inter-générationnelle au commerce du sexe, du travail des enfants au mariage forcé… Avec environ 13,9 millions d’esclaves, l’Inde abrite près de la moitié de la population asservie sur terre.

3. Pakistan

L’esclavage moderne au Pakistan est principalement caractérisé par la servitude pour dettes. La Banque asiatique de développement estime que 1,8 million de pakistanais sont liés à cette forme d’esclavage, bien que certaines ONG en dénombrent beaucoup plus (jusqu’à 4,5 millions). Beaucoup de Pakistanais migrent vers les pays du Golfe, l’Iran, la Turquie, l’Afrique du Sud et ailleurs à la recherche de travail, où ils sont en proie à des agents de travail sans scrupules qui retiennent leur passeports et ne paient pas leur salaires.

2. Haïti

L’esclavage des enfants est un problème très répandu dans la nation caribéenne d’Haïti. Le pays figure à la deuxième place de ce classement avec près de 209 000 esclaves, dont le problème est alimenté par une forte pauvreté, un manque d’accès aux services sociaux et un système pour le travail des enfants connu sous le nom de restavek, dans lequel les enfants pauvres des zones rurales sont envoyés pour travailler avec les familles des villes.

1. Mauritanie

La Mauritanie se classe à la pire place de ce classement concernant ​​la « prévalence de l’esclavage ». Jusqu’à 20% de la population est considérée comme esclave. La chose la plus horrible est certainement que le statut d’esclave se transmet à travers les générations. En 1981, la Mauritanie avait pourtant abolie l’esclavage…

Voici le classement de l’ONG Free Walk :
Classement esclavage

En France il y aurait encore 8500 esclaves.

Voir enfin:

La fabrication du Patrimoine : l’exemple de Gorée (Sénégal)

Hamady Bocoum and Bernard Toulier

Les patrimoines de la traite négrière et de l’esclavage

In situ

20 | 2013

« Celui qui vous dit « Gorée est une île » / Celui-là a menti / Cette île n’est pas une île / Elle est continent de l’esprit » (Jean-Louis Roy, 1999)2(fig. n°1). Cet écrivain et diplomate francophone canadien, imprégné du discours des lieux, oppose la matérialité tangible de ce petit bout de terre établi au large de la presqu’île du Cap-Vert, à la portée symbolique de cette île-mémoire, « expression focale de la traite négrière ».

Nous ne reviendrons pas ici sur l’état des connaissances concernant l’histoire de l’esclavage et de la traite en Sénégambie et à Gorée. Dès les années 1970-80, les premiers travaux de synthèse sont menés par le professeur MBaye Gueye3. En 1997, un article du journal Le Monde mettant en cause la place de Gorée dans la traite atlantique et la fonction de la Maison des Esclaves dans « l’économie symbolique de la mémoire collective » suscite un séminaire sur Gorée et l’esclavage, dirigé par l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop de Dakar4. Cette vive riposte « nationale », relayée par une démarche des historiens africains dans le cadre de la mondialisation en 2001, est supportée depuis 2007 par un programme d’études et de recherches domicilié à l’université de Dakar5.

Nous nous attacherons ici à l’observation de la « fabrique » de ce patrimoine mémoriel, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours à travers les discours des différents acteurs, chercheurs et historiens, gestionnaires et conservateurs, hommes d’État et responsables de collectivités ou de communautés, responsables d’organisations non gouvernementales ou journalistes, aux différentes échelles locales, nationales ou internationales, à travers les sources archivistiques ou architecturales et les archives vivantes des mémoires-militantes. Ces observations pluridisciplinaires nécessitent un croisement des moyens d’investigation et d’interprétation des sources à travers divers continents.

Comment le site a-t-il été « inventé » et le « centre historique » protégé, comme témoin de l’esclavage et de son abolition dans le cadre d’une mise en tourisme de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.) ? Comment l’État du Sénégal s’est-il approprié cette « greffe coloniale » sur la construction mémorielle et la gestion du cadre bâti qui est devenu depuis 1978 un site de portée patrimoniale international, avec son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO6 ?

Depuis quelques décennies, Gorée est au centre d’un véritable pèlerinage célébrant la diaspora des afro-descendants qui impose une surenchère compétitive et aux intérêts divergents de construction de musées, d’édification de mémoriaux et de routes touristiques de l’esclavage pour capter les retombées de ce nouveau tourisme dit « culturel »7. Quelles en sont les conséquences perceptibles sur le patrimoine et la transmission de la mémoire ?

La construction d’un tourisme colonial lié à la mémoire de l’esclavage : 1926-1959

En 1926, le discours colonial exposé dans le Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française présente les Français comme des libérateurs et des civilisateurs « [qui] abolirent l’esclavage et rassemblèrent la terre africaine8 ». Le touriste est appelé à découvrir, « sous les préjugés négriers et sous les rêveries humanitaires, le caractère paysan des hommes de la savane9 ».

Au cours des années 1930, l’agence économique de l’Afrique-Occidentale-Française (A-O-F) procède à la mise en valeur touristique des territoires coloniaux et un syndicat d’initiative et de tourisme de l’AOF est installé à Dakar. En 1936, la revue à grand tirage L’Illustration consacre un numéro spécial à « L’œuvre de la France en Afrique occidentale », avec un supplément sur le tourisme. Elle décrit « l’inexprimable et inépuisable attrait » de cette « nature ardente », inquiétante hier, mais accueillante aujourd’hui : « l’AOF est la banlieue tropicale de l’Europe »10. La même année Air-France inaugure une ligne aérienne vers Dakar11.

L’invention de la Maison des Esclaves

Les espaces voûtés de Gorée établis sous les rez-de-chaussée surélevés des habitations, dans des maisons construites dans le dernier quart du XVIIIe siècle ou le premier quart du XIXe siècle sont très tôt considérés comme des « captiveries », des « cabanons à esclaves » ou aussi de simples entrepôts. En 1918, le Père Briault nous donne une aquarelle d’un « ancien cabanon à esclaves » établi dans l’actuel presbytère12. Selon le Guide du tourisme de 1926, une excursion à l’île de Gorée à partir de Dakar s’impose pour « visiter les anciennes « captiveries » où étaient parqués les esclaves en attendant le retour des négriers, venus à Gorée charger le « bois d’ébène »13. Dans un article sur « Gorée la moribonde » paru en 1928, la revue L’Illustration nous présente une reproduction photographique d’une des maisons à cour portant la légende : « au rez-de-chaussée logement des esclaves ; au premier étage, salle à manger du traitant »14. En 1929, le docteur P. Brau décrit les « cachots antiques, longs et étroits, [des maisons de Gorée qui] puent encore la chair esclave torturée… [Ils ont pu ensuite servir d’entrepôts] à d’autres lots de marchandises moins fragiles, mais non moins âprement discutées : les boucauts de lard salé et les tonnelets d’eaux-de-vie…15 ». Dès 1932, dans son guide de visite Gorée, capitale déchue, Robert Gaffiot nous dessine la cour de l’une de ces anciennes « maisons négrières ». Il précise dans la légende du dessin l’usage de cette maison où « les esclaves étaient parqués dans le bas-enclos, à l’obscurité, sous les pièces réservées à l’habitation des trafiquants. Le couloir central dessert, à droite et à gauche, une douzaine de longues et étroites cellules, dans lesquelles les malheureux étaient entassés et, bien souvent, enchaînés. L’autre extrémité du couloir donne sur la mer : le « négrier » avait ainsi toute facilité pour faire disparaître les cadavres de ceux qui ne pouvaient subir jusqu’au bout le supplice de cette vie atroce16 ». Un autre militaire de la marine française, le docteur Pierre-André Cariou, dans son guide non publié Promenade à Gorée, rédigé à partir des années 1940-1943, reprend l’historique et la description de la Maison des Esclaves. Le docteur assombrit encore le tableau dressé dix ans plus tôt par Robert Gaffiot pour l’ancienne maison négrière17. En 1951, l’historien et archéologue de l’Institut Français d’Afrique noire (IFAN) Raymond Mauny18 dénonce, sans en apporter les preuves, les excès de l’interprétation de Gaffiot19 et de Cariou, notamment les considérations sur la fonction de la porte donnant sur la mer, reprenant en partie le témoignage d’un témoin oculaire contemporain, le chevalier de Boufflers, mais qui semblerait plutôt s’appliquer au site de Saint-Louis20.

Le discours pédagogique colonial : musées et monuments historiques

En face de cette Maison dite des esclaves « aux sinistres cellules », l’IFAN complète et redouble le discours pédagogique à l’intention du touriste par l’installation d’un Musée historique de l’Afrique occidentale française, dans une « belle maison de la fin du XVIIIe siècle » édifiée selon Pierre-André Cariou par un [autre] « négrier » dont les cellules du rez-de-chaussée auraient servi, selon le dit docteur de « cachots » aux esclaves. Cette maison, dite de Victoria Albis, est achetée grâce à des crédits votés lors de la célébration du centenaire de l’abolition de l’esclavage (1848) puis réhabilitée et inaugurée le 4 juin 195421. La présentation, œuvre d’Abdoulaye Ly et de Raymond Mauny, repose sur des bases géographiques et historiques, incluant des cartes ethniques et géographiques de l’AOF. L’une des six salles d’exposition est consacrée à l’esclavage et à son abolition, reprenant ainsi l’orthodoxie de la pensée coloniale22.

À l’exemple des sites de la métropole, la promotion touristique est diversifiée, exploitant les ressources de cette « île-mémoire » et de cette « île-musée ». Le circuit de visites mis au point dans les années 1940-1950 est jalonné de deux institutions gérées par l’IFAN : le musée historique et le musée de la Mer (inauguré en 1959, ouvert au public en 1960)23. Gorée est aussi le laboratoire d’essai pour la protection et la restauration des sites et monuments de l’AOF où seront également impliqués les hommes de science, chercheurs et archéologues de l’IFAN, contribuant ainsi à la promotion d’une politique culturelle coloniale.

Le classement de l’île au titre des monuments historiques et des sites

Les dispositions juridiques en vigueur en métropole vont quasi systématiquement être appliquées dans les colonies avec la loi du 31 décembre 1913 relative au classement et à la protection des monuments historiques. Cette initiative sera poursuivie avec notamment le décret du 25 août 1937 portant sur la protection des monuments naturels et des sites de caractère historique, légendaire ou pittoresque des colonies, pays de protectorats et territoires sous mandat relevant du ministère des Colonies24. Le pilotage de l’application de cette loi, régulièrement réajustée, est confié à la Commission supérieure des Monuments historiques et des Arts indigènes qui est représentée à Dakar par un délégué permanent assermenté désigné par le Gouverneur général. Le dispositif colonial connaîtra une ultime retouche avec la loi n° 56.1106 du 3 novembre 1956 dont le Sénégal indépendant s’inspirera, très largement, pour préparer la loi 71-12 du 25 janvier 1971 fixant le régime des monuments historiques et des sites archéologiques.

En 1937, quelques jours seulement après la promulgation de l’arrêté de protection par le gouverneur général de l’AOF, André Villard, archiviste-bibliothécaire du Gouvernement général de l’AOF, saisit l’occasion pour proposer le classement de l’île de Gorée, à l’exception de ses terrains militaires, avec restauration des édifices et espaces spécifiques : « Le jardin, la maison dite des Esclaves, l’église, la maison Boufflers, la maison des Donjons, le quartier de la pointe Nord et la rue Bambara et autres points à désigner […]25 ». Mais avant même l’adoption de la proposition de classement, les maisons de Gorée sont mises à mal lors de la bataille navale de Dakar entre le 23 et le 25 septembre 1940. Entre 1940 et 1952, une première campagne de restauration et de réhabilitation est mise en place par les autorités militaires de la marine, sans doute soucieuses d’effacer rapidement les traces de l’affrontement avec les alliés, et en déficit de logements. Elle touche près de 90 bâtiments. Les réseaux d’approvisionnement en eau et en électricité sont également modernisés26. La proposition d’André Villard est adoptée le 15 novembre 1944, et le classement est étendu à l’île tout entière27.

En 1942, Monod plaide en faveur de la sauvegarde de Gorée qui avait particulièrement souffert des bombardements de 1940 et dont de nombreuses maisons étaient déjà en ruine auparavant28. « On ne saurait en effet envisager de gaieté de cœur la destruction, ou même une mutilation trop poussée d’un ensemble légué par le passé et dont il est notre devoir de conserver au moins les parties les plus typiques ou les plus curieuses, pour l’instruction ou le déduit de nos successeurs qui nous en voudront, à juste titre, si nous ne leur abandonnons qu’une île de Gorée dépouillée de ce qui fait son cachet et définitivement « banalisée »29 ». Pour le pouvoir colonial, l’île de Gorée et ses monuments sont d’abord les témoins d’une présence européenne ancienne et forte qui présentent les mêmes critères « scientifiques » de préservation historiques et archéologiques que les monuments métropolitains. L’argumentaire de sauvegarde de l’île reprend les critères habituels en vigueur en Occident pour la protection « monumentale » ; on notera l’absence d’argumentation en faveur de la fonction « commerciale » de ce comptoir colonial destiné à la traite.

Dès 1948, à l’occasion du centenaire de l’abolition de l’esclavage, Raymond Mauny propose de consacrer un musée spécifique sur l’esclavage à Gorée et de valoriser, selon lui, « l’un des principaux points où s’effectuait la traite sur la côte occidentale d’Afrique. […] Nos descendants regretteront le vandalisme de notre époque de fer qui ne sait pas respecter le passé. Mais au fait qu’attend-t-on pour restaurer, protéger, aménager en musée de Gorée, l’une au moins de ces esclaveries ? Ça parle les vieilles pierres… Il serait bon, parfois de les écouter raconter un passé dont on se réjouit qu’il soit révolu. […] L’AOF est pauvre en sites historiques, ne l’oublions pas : il est d’autant plus nécessaire et urgent de sauvegarder le peu que le passé nous a légué [… et de sauvegarder ces] quelques maisons et pans de murs de basalte qui constituent ses plus anciens titres de noblesse qui disparaissent chaque jour30 ».

Ainsi, le pouvoir colonial a jeté les prémices d’une politique de patrimonialisation basée sur le développement touristique d’un circuit de visites, l’ouverture de musées et la mise en valeur de monuments historiques, sans négliger le caractère marin du site.

Le « conservateur » de la Maison des Esclaves31 : un discours sur la mémoire des lieux (1960-2009)

Après les indépendances, dans la continuité de l’œuvre initiée par le colonisateur, l’État du Sénégal reprend à son compte le discours mémoriel En 1962, le président Léopold Sédar Senghor nomme Boubacar Joseph Ndiaye32, ancien sous-officier de l’armée coloniale française, comme « gardien » de la Maison des Esclaves, régularisant ainsi une situation de fait33. La vigueur du discours de ce guide, sans doute inspiré à l’origine par celui du Docteur Cariou, son charisme et la voix imposante de ce « gardien de la mémoire de la traite négrière », l’ont désigné peu à peu comme une sorte de « musée vivant », connu à l’échelle internationale. Gorée doit en grande partie son statut d’île-mémoire de la Traite atlantique à l’éloquence de Joseph Ndiaye, « conservateur » de la Maison des Esclaves.

En 1978, Joseph Ndiaye exprime l’origine de son engagement. « Je suis revenu des guerres européennes et indochinoises profondément marqué par les choses que j’avais vues là-bas. Je suis devenu un nationaliste… Un nationaliste engagé…34 ». Son récit constitue une re-mémoration de la traite négrière à travers une mise en scène alliant parole, geste et démonstration à l’aide des chaînes en fer reconstituées, avec lesquelles les esclaves étaient attachés. « Ce sanctuaire africain qui est la Maison des Esclaves fut capitale de souffrances et de larmes car des innocents sont morts ici, victimes du temps de la honte. Si ces murs pouvaient parler, ils en diraient long. Heureusement qu’ils se sont tus à jamais ; et moi, je fais parler ces murs35 ». Il poursuit son discours sur une description fonctionnelle des pièces de la maison. Sous le rez-de-chaussée surélevé, les « cellules » abritent les esclaves. « Il y avait parfois dans cette maison 100 à 150 esclaves répartis dans les différentes cellules de 2 m 60 de carré et qui pouvaient contenir chacune 15 à 20 esclaves qui étaient assis dos contre le mur avec des chaînes les maintenant au cou et au bras. Les enfants étaient séparés de leurs parents, les jeunes filles des femmes…36 ».

La fonction de ce discours est significative dans la fabrication d’une mémoire liée à la traite atlantique des esclaves, avec une mise en scène et une représentation imagée de la condition de l’esclave appuyées par des citations, des maximes et des proverbes37. La réception du discours du « conservateur » se perçoit à travers les diverses réactions observées après la visite du musée et consignées dans le livre d’or38. Nombreux sont les guides goréens qui puisent encore une bonne partie de leurs connaissances dans le discours de Joseph Ndiaye. Les réactions observées traduisent des chocs émotionnels qui peuvent déboucher parfois sur des actes spontanés. Le recueillement devant la « porte du voyage sans retour » constitue un acte symbolique qui s’accompagne parfois de rituels, de prières, d’offrandes, de sacrifices, de libations. La signification et la place de l’île dans l’imaginaire de la diaspora noire permettent de mesurer l’impact de cette communauté, en quête d’une identité perdue, dans la cristallisation d’une mémoire de la traite atlantique autour de Gorée.

Les critiques du discours « mémoriel » T1

Des contestations naissent sur l’exactitude historique du récit propagé aux visiteurs de la Maison des Esclaves. Dès 1972, le philosophe et chercheur africain Ki-Zerbo, dans son ouvrage « Histoire d’Afrique Noire », s’inquiète de la tournure que peut prendre la défense d’un tel récit qui peut constituer un point de rupture dans la diaspora noire entre l’Afrique et le monde afro des Caraïbes et des Amériques39. Deux décennies plus tard, la principale critique émane de deux chercheurs et conservateurs de l’IFAN, Abdoulaye Camara et le père jésuite Joseph Roger de Benoist. Leurs argumentaires sont repris par le journaliste Emmanuel de Roux dans un article paru à Paris dans le journal Le Monde du 27 décembre 1996 sous le titre « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». L’article remet en cause la fonction de la Maison des Esclaves ainsi que le rôle de l’île de Gorée dans le commerce des esclaves. Le journaliste relate la visite du lieu par son « conservateur » Joseph Ndiaye. « Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette esclaverie construite par les Hollandais au XVIIIe siècle, pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de millions d’Africains, enchaînés, vers le Nouveau Monde40 ». Contrairement aux affirmations de Joseph Ndiaye, Emmanuel de Roux donne la paternité de la maison aux Français, nie l’existence des cellules qui étaient réservées aux esclaves en attente d’embarcation et minimise le nombre d’esclaves ayant transité sur l’île. En conclusion, l’histoire de cette maison présentée par le conservateur ne serait qu’une légende reprise par Joseph Ndiaye, « qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi41 ». La réaction de l’État est vive et rapide. Les 7 et 8 avril 1997, un séminaire réunissant l’ensemble des spécialistes sénégalais et africanistes sur le thème : « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités » est convoqué dans l’urgence pour riposter à l’imposture42.

Dix ans après cette attaque « révisionniste », en 2006, le récit du « conservateur » de la Maison des Esclaves est encore contesté par les descendants de certaines signares qui tiennent un autre discours mémoriel et prônent une autre histoire. Dans son ouvrage, Céleste ou le temps des signares, Jean-Luc Angrand nie l’existence d’esclaveries dans les maisons de Gorée : « Il est évident que cette maison comme les autres maisons de Gorée n’ont jamais contenu d’esclaves de traite, les signares étant en général réfractaires à la déportation des esclaves aux Amériques. Les seuls captifs qui existaient dans les maisons de Gorée étaient les captifs de case (domestiques). […] L’idée pathétique de porte par laquelle seraient passés des esclaves embarquant pour l’Amérique n’était rien qu’une histoire destinée à impressionner les touristes de la fin du XXe siècle43 ». Cette vision de la fonction des supports mémoriels ne prend pas en compte la vraie nature du discours commémoratif car comme l’ont bien montré en 1997 Ibrahima Thioub et Hamady Bocoum « Le discours qui commémore cette fonction de l’île n’a jamais prétendu obéir aux règles universitaires de production du savoir et, en conséquence, ne peut être mesuré à cette aune44 ».

En 2009, dans sa récente étude sur la déconstruction du syndrome de Gorée, Ibrahima Seck montre comment l’existence de supports matériels contribue à la cristallisation des mémoires dans certains lieux, témoins de cette période. L’idée d’une « porte du voyage sans retour » n’existe pas seulement à Gorée mais aussi dans les différents points d’embarquement des navires négriers sur la côte occidentale de l’Afrique. « Au Ghana, Elmina a aussi sa porte du non retour alors qu’il s’agit en réalité d’une meurtrière. À Ouidah, où la traite ne s’est pas accompagnée de l’impressionnante monumentalité visible sur l’ancienne Côte de l’or, le programme de la Route de l’esclave de l’UNESCO a érigé un monument sous la forme d’un énorme portail face à la mer pour donner un support matériel au symbolisme du voyage sans retour45 ». Il est clair que Gorée a influencé les autres sites qui ont entrepris un travail de remémoration tel qu’il est recommandé par l’UNESCO depuis 1995.

Cette vision romantique de Joseph Ndiaye est transmise par des méta-récits nationalistes ou pan-africanistes dont la réalité est caricaturée d’une manière manichéenne46. Ce discours laisse peu de place à une « histoire » plus complexe, « archéologique », des Africains libres, aux esclaves de case ou aux esclaves domestiques ou aux captifs face aux Africains enchaînés, aux esclaves de traite ou de transit, aux signares et aux métis et à celles des Européens expatriés, des commerçants aux militaires47.

Gorée, entre le discours sur la négritude et le tourisme de mémoire

L’indépendance une fois acquise, le premier président Léopold Sédar Senghor développe avec le mouvement de la Négritude une orientation culturaliste pour la société sénégalaise, sans rompre avec la francophonie qu’il inscrit dans l’héritage historique du Sénégal et apporte une nouvelle lecture sur la place de Gorée par rapport à la diaspora noire. À partir des années 1980, et pendant deux décennies, le président Abdou Diouf suit la politique de sauvegarde et de mise en valeur de Gorée mise en place par l’UNESCO et veut étendre le message de l’île-mémoire au monde entier par l’érection d’un grand mémorial de l’esclavage. Durant la dernière décennie de la présidence d’Abdoulaye Wade, l’État est moins présent sur le site de Gorée ; il est occupé à élever à Dakar d’autres infrastructures dont un monument de la Renaissance africaine et un parc culturel dans lequel sera édifié un musée des Civilisations noires, idée émise en 1971 par le président Senghor48.

Le passé de l’île de Gorée et le souvenir des souffrances et des traumatismes subis par l’Afrique et ses diasporas à travers l’esclavage et la traite atlantique, revisité, joue un rôle de premier plan dans l’affirmation de la politique dite « d’enracinement et d’ouverture » chère au président Léopold Sédar Senghor49. Le concept de Négritude s’impose comme idéologie du nouvel État indépendant sénégalais qui s’ouvre sur le monde afro-américain. Le président du nouvel État du Sénégal, Léopold Sédar Senghor choisit l’île de Gorée comme un des supports physiques de démonstration de son concept sur la Négritude, sans lien direct avec l’esclavage.

En 1966, le président Léopold Sédar Senghor50 exprime sa vision culturelle et politique dans l’organisation, à Dakar, du premier Festival mondial des arts nègres projeté lors des congrès des artistes et écrivains noirs de Paris (1956) et de Rome (1959)51. « Le premier festival mondial des arts nègres a très précisément pour objet de manifester, avec les richesses de l’art nègre traditionnel, la participation de la Négritude à la Civilisation de l’Universel52 » (fig. n°6). Gorée est un laboratoire idéal pour le projet post-colonial de la Négritude. Lieu d’échanges culturels, artistiques, littéraires et scientifiques regroupant l’Afrique et sa Diaspora, le Festival est le lieu de rencontres, colloques, expositions, chants, danses, spectacles qui rythment la vie quotidienne des populations de Dakar et de Gorée53. Le lancement du Festival a lieu en présence d’André Malraux54.

Le choix de Gorée pour abriter une des manifestations de ce Festival répond à une volonté du pouvoir politique qui entend faire de l’île un lieu privilégié pour une communion des peuples du monde à travers le dialogue des cultures. Un spectacle « son et lumière », les « Féeries de Gorée » est monté pour l’occasion : il retrace les grands moments de l’histoire du Sénégal et particulièrement de l’île de Gorée et de son rôle dans l’histoire de l’esclavage55. La Maison des Esclaves est restaurée à l’occasion de ce festival.

Les années suivant cette première rencontre mondiale des arts nègres sont marquées par un afflux de touristes afro-américains au Sénégal. À l’heure où le tourisme de mémoire émerge autour des lieux chargés d’histoire et notamment à ceux liés à des faits tragiques, le Sénégal concentre ce type de démarche presque exclusivement sur la commémoration de l’esclavage et l’île de Gorée56. Des agences américaines proposent aux touristes noirs américains des « Black-History Tours », leur permettant d’aller se recueillir sur la terre de leurs ancêtres, plus particulièrement à Gorée, et de méditer sur leur tragique destin. « Ainsi, après avoir été, entre l’Afrique et les Amériques noires, le trait d’union symbolique de la désolation, Gorée devient-elle peu à peu un symbole d’espoir, vers où, de plus en plus nombreux, convergent aujourd’hui, en une sorte de pèlerinage, les descendants des déportés de jadis, en quête de leurs racines et tous ceux qui entendent puiser dans son histoire les raisons d’une nouvelle solidarité des peuples57 ».

Depuis 2005, la mairie de Gorée organise un festival dans le cadre de la promotion des activités culturelles : le Gorée Diaspora Festival. Cette manifestation internationale constitue un moment de retrouvailles entre la population goréenne et la diaspora58. À travers cette manifestation, l’institution municipale vise trois objectifs majeurs : permettre aux membres de la diaspora de retrouver l’identité perdue sur cette île-souvenir, les faire participer à la sauvegarde de la mémoire et orienter le devenir de Gorée d’un statut de terre d’esclaves vers celle d’un carrefour de dialogue interculturel. En ouvrant ainsi la porte du retour, la commune entend faire rayonner Gorée sur la scène internationale. Cette manifestation constitue un moment de festivités, de recueillement et de souvenir : festivals, rencontres cinématographiques, concerts, expositions, musiques, visite de la Maison des Esclaves, randonnée maritime, etc. Le festival inclut aussi un volet éducatif avec l’organisation de séminaires et d’ateliers de formation, de conférences et de colloques dont les thèmes portent sur l’esclavage, la traite négrière et sa mémoire, le dialogue des peuples et des cultures.

De nouveaux projets d’aménagements touristiques (1968-1970)

En 1968, l’État sénégalais signe avec le groupe « Euretudes » une convention de mission globale d’aménagement touristique de l’île de Gorée. Dans les termes de cette convention, apparaît une volonté manifeste de sauvegarder le caractère authentique de l’île. « S’agissant d’un lieu dont l’histoire comporte une signification profonde pour les populations du Sénégal, la nature des activités et les aménagements susceptibles d’être implantés dans l’île de Gorée devront tenir compte de ce fait et s’inscrire parfaitement dans son cadre particulier59 ». Sous réserve de vérifications, cette étude aurait été confiée à l’architecte Jacques Couelle, qui veut faire de Gorée « l’Acropole du monde noir »60. « Je veux faire de Gorée un véritable bijou […] Ce n’est pas pour rien qu’on m’a nommé l’architecte des îles… Il faut un poète pour une île de rêve. Il faut recréer un univers poétique, suspendu […] recréer une élite de cœur et pas une élite de gens riches, recréer un style et un esprit XVIIIsiècle. Celui qui n’aime pas le passé n’a pas droit au futur. J’accomplis une œuvre de piété. J’agis comme un apôtre, un artiste […] Le projet ne sera exécuté qu’avec l’accord des 800 Goréens ; eux-aussi font partie du décor ». Pour cela, il prévoyait le doublement de la superficie du port, la création d’un plan d’eau sur le Castel, l’importation de milliers d’oiseaux non migrateurs et la reconstitution sur la partie haute de l’île d’un immense village troglodytique. Ce projet n’a heureusement pas été réalisé61.

Cette première mission, à vocation essentiellement touristique, fut rapidement suivie par une autre mission de recensement des principaux sites archéologiques du Sénégal. En partenariat avec l’Unesco et sur la demande des autorités sénégalaises, une mission technique de préservation et de mise en valeur fut organisée sur tout le territoire national. Dans son inventaire sur le patrimoine historique national, Cyr Descamps souligne l’urgence de la protection et de la restauration des sites de Gorée et de Saint-Louis qui regorgent de souvenirs légendaires et historiques devenus aujourd’hui des lieux de pèlerinage. D’après ce chercheur, Gorée « est certainement le lieu le plus chargé d’histoire de toute la côte Ouest-africaine. […]. Toutes les maisons sont de style ancien, une des plus remarquables est la célèbre Maison des esclaves (…)62 ». L’expert recommande de valoriser ce patrimoine tout en respectant son caractère authentique.

Ces différentes initiatives de mise en valeur culturelle et touristique de l’île, associant ou non son passé de lieu de mémoire de l’esclavage, se concentrent essentiellement sur une politique de rénovation et de sauvegarde du patrimoine immobilier, élaborées par l’État du Sénégal en relation avec de nombreux partenaires et par le maintien de multiples musées aux conceptions encore largement héritées de l’époque coloniale et qui posent problème à la Direction du patrimoine culturel et à l’IFAN Ch. A. Diop.

Le rôle de l’UNESCO et le classement au Patrimoine mondial de l’humanité (1978)

L’UNESCO insiste sur la protection et la sauvegarde des patrimoines culturels et naturels qui peuvent être une alternative pour appuyer le décollage économique des jeunes États indépendants. Dès 1976, le Sénégal ratifie la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine culturel et naturel de l’UNESCO63. Parallèlement, le gouvernement sénégalais procède au classement parmi les Monuments historiques de l’île de Gorée, s’inspirant des lois de sauvegarde de l’héritage colonial. Ainsi, en novembre 1975, le site est inscrit sur l’Inventaire des monuments historiques du Sénégal (arrêté N° 012771 du 17 novembre 1975), conformément à la loi qui « fixe le régime des monuments historiques et celui des fouilles et découvertes » (loi n°71.12 du 25 janvier 1971, décret d’application n°73.746 du 8 août 1973).

Réunie à Washington du 5 au 8 septembre 1978, la seconde session du Comité du patrimoine mondial chargé de la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel inscrit sur la Liste du patrimoine mondial l’île de Gorée parmi les douze premiers sites. Gorée a été inscrite sur la seule base du critère VI de la convention de 197264. L’inscription de l’île sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité est naturellement une reconnaissance du rôle et de la place de Gorée dans l’économie de la Traite atlantique. Cette inscription a été précédée de multiples missions d’experts, français ou belges, envoyés par l’UNESCO à la demande du gouvernement du Sénégal, afin d’élaborer des études préliminaires pour la sauvegarde du patrimoine architectural.

La mission effectuée en 1974 par A. Grégoire porte sur les monuments historiques de l’île de Gorée et de Saint-Louis du Sénégal. Elle s’inscrit dans la suite de l’expertise de Descamps des années 1969-1970. Grégoire dresse l’inventaire des bâtiments historiques, propose des mesures pour la présentation et la réhabilitation du site, ainsi qu’une évaluation globale des coûts65. L’année suivante, une seconde mission réalisée dans le cadre de l’aide aux États-membres pour la préservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel est conduite par Jean-Pierre Frapolli et Maurice Clerc et précise l’expertise précédente. Elle dresse un plan directeur de rénovation, avec ses aspects juridiques et financiers, en vue des projets de développement touristique que la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) envisage de financer au Sénégal66. En 1977, une troisième mission menée par Michel Parent nuance notamment les conclusions de l’expertise précédente avec des mises en garde sur le développement excessif des équipements touristiques suscitées par l’arrivée de la BIRD67. L’année suivante, une quatrième mission menée par Pierre-André Lablaude inclut la réhabilitation du site historique de Gorée dans un large projet touristique de l’ensemble de la Petite Côte68.

En novembre 1978, lors de la 20e session de la Conférence générale de l’UNESCO, le directeur général est autorisé à entreprendre, en collaboration avec le gouvernement sénégalais, les études techniques nécessaires pour mettre au point un plan d’action détaillé concernant la protection, la préservation, la restauration et la mise en valeur du patrimoine architectural de l’île et pour définir les modalités de sa promotion sous la forme d’une campagne internationale. Il prévoit la sauvegarde de tous les aspects du patrimoine architectural présentant un intérêt historique ou artistique, ainsi qu’une animation culturelle ayant pour objet de les mettre en valeur. À partir de 1979, un comité de sauvegarde veille officiellement au respect de la convention (conformité des ouvrages de réhabilitation, sécurité du bien, etc.).

Toutes ces études et démarches préalables conduisent à l’élaboration d’un Plan d’Action pour la Sauvegarde du patrimoine architectural de Gorée, présenté par l’UNESCO et approuvé en Conseil des Ministres du gouvernement sénégalais le 4 décembre 198069. Ce plan prévoit notamment la création [non réalisée] d’un « musée sur la Traite et un centre d’archivage et d’étude sur les Noirs dans le monde » à la maison Cinquèz (à l’angle de la rue de la Pointe et de la rue Dakar, vers le fort d’Estrée), ainsi que le développement de l’Université des Mutants. La restauration de neuf bâtiments historiques est prévue, affectés à des activités socio-culturelles, tel que l’école du Soudan projetée en auberge de jeunesse. Estimé à un coût total de 4 millions de dollars, ce plan de sauvegarde entrevoit, en plus de la restauration des bâtiments, le recrutement temporaire de deux experts associés (architecte-restaurateur) et un consultant dans la muséographie70. Le montant de la contribution internationale s’élevait à 315 000 dollars. Le Sénégal aurait quant à lui financé pour l’équivalent de plus de 2,3 millions de dollars dont un certain nombre de travaux d’infrastructures et de rénovation non prévus au plan de rénovation de l’UNESCO.

En marge des restaurations et des aménagements, le Sénégal s’engage à concevoir une campagne de sensibilisation de l’opinion publique pour la préservation de l’île. En contrepartie, l’UNESCO publie une brochure71, une affiche72 (fig. n°7), un dossier de presse, l’émission de timbres… et réalise une exposition photographique à Gorée et au siège de l’UNESCO.

Le lancement du Plan de sauvegarde de Gorée, l’île-mémoire (1980)

Le 22 décembre 1980, à la veille de la démission du président Léopold Sédar Senghor, le directeur général de l’UNESCO et sénégalais Amadou Mahtar M’Bow lance un appel en faveur de la sauvegarde de Gorée pour accompagner l’exécution du Plan de sauvegarde de l’île de Gorée approuvé à Dakar quelques jours plus tôt. « Le patrimoine architectural de Gorée doit être sauvé autant pour préserver la haute valeur culturelle de l’île que pour assurer à tous ses habitants des conditions de vie et des activités à la mesure de leurs espoirs ». En effet, « à travers les diverses périodes qu’elle a traversées, Gorée a préservé une cohérence architecturale qui réunit les apports culturels les plus dissemblables – nordiques et méditerranéens, islamiques et chrétiens – pour les fondre dans une unité dictée à la fois par l’exiguïté de l’espace, l’exposition aux vents du grand large, l’homogénéité du matériau de construction et, enfin, peut-être surtout, les courants d’une histoire tourmentée qui avait fait de chaque demeure un entrepôt d’esclaves en même temps qu’une position de défense. Gorée offre une heureuse symbiose du passé et du présent, de l’histoire et du quotidien, de l’harmonie des formules visibles et de l’empreinte dramatique du souvenir. C’est pourquoi elle constitue désormais un de ces lieux uniques où peut se retremper la mémoire des jeunes générations d’Afrique et des Amériques, en même temps que se renouvellent les sources de leur inspiration. Un tel endroit, poursuit-il, s’il appartient à l’imaginaire vivant de l’Afrique et des Amériques, appartient, dans une égale mesure, à la conscience du monde. Il peut devenir une terre de méditation, un haut lieu de réflexion et de recueillement, où les hommes, plus conscients des tragédies de leur histoire, apprendront mieux le sens de la justice et celui de la fraternité73 ». Le discours, repris des rapports antérieurs des experts de l’UNESCO où « chaque demeure est un entrepôt d’esclaves » est donc accrédité officiellement par ledit organisme international et rejoint le récit de Joseph Ndiaye.

Sur le rôle et la place de Gorée dans la traite atlantique, Amadou Mahtar M’Bow ajoute : « Dans des caves humides et sombres, ou dans des cachots de torture pour ceux qui se révoltaient, les déportés séjournaient durant des semaines, dans l’attente du voyage sans retour. Là, au moment d’embarquer, chaque esclave était marqué au fer rouge, à l’emblème de son propriétaire. Puis les esclaves étaient entassés dans les cales, où beaucoup d’entre eux devaient périr avant l’arrivée à destination. Mais l’Amérique, dont la colonisation a été à l’origine de cette tragique déportation, allait être également le cadre de grandes luttes libératrices qui, peu à peu, y mettront fin. Préparée par le triomphe de la Révolution haïtienne à Vertières en 1803, et proclamée au Congrès de Vienne en 1815, l’abolition officielle de la traite négrière produisit ses effets sur Gorée ».

L’application du Plan de sauvegarde et de restauration (1980-2000)

En 1981, sous la nouvelle présidence d’Abdou Diouf et toujours avec le soutien de l’UNESCO, l’effort de restauration et de préservation se poursuit. Plusieurs édifices sont ainsi restaurés et rénovés pour être affectés à de nouvelles fonctions. Outre la France, d’autres pays de la communauté internationale se mobilisent pour la restauration de quelques bâtiments74. Des travaux d’aménagement portent également sur la restauration du kiosque à musique, des fontaines et de la Batterie de l’Embarcadère, le pavage des rues principales, l’aménagement du marché des produits de l’artisanat et de la place des restaurants. En 1982, Pierre André Lablaude enregistre l’état d’avancement et la réception des premières restaurations et fixe le programme des travaux à venir, dont celui sur les études concernant la rénovation de l’ancien Palais du Gouverneur (Relais de l’Espadon) en équipement hôtelier75.

Localement, la mise en œuvre de la campagne de sauvegarde est confiée au Bureau d’architecture des Monuments historiques (BAMH) qui a parfois recours à l’expertise de l’Institut Fondamental de l’Afrique Noire (IFAN) pour la conduite des opérations de rénovation et de restauration du patrimoine architectural76 selon une direction bicéphale des travaux. Intervenant parallèlement à l’aménagement d’un nouveau Musée historique au Fort d’Estrée (1977-1989), l’anthropologue d’origine belge Guy Thilmans aurait opéré ainsi à la Maison des Esclaves, en 1981-1982, pour des travaux de restauration des façades de la Maison des Esclaves77.

Les manquements aux règles de restauration de l’UNESCO qui prônent un retour à l’authenticité, sont-ils dus aux campagnes de restauration du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, à celles de 1966, de 1981-1982, de 1990-199178 ou de 2010-2011 et aux difficultés d’adaptation d’une habitation privée en musée ouvert au public ? Malgré le manque de documentation et de relevés précis des états avant restauration, la comparaison entre les aquarelles d’Adolphe Hastrel de 183979 (fig. n°8, 9, 10, 11), les premières photographies et l’état actuel (fig. n°12, 13) est édifiante. Pour l’expert Lablaude, la restauration en 1982 des chapiteaux de la galerie est effectuée selon « des proportions erronées et particulièrement maladroites…80 ». La disparition de la base des piliers de cette galerie et du garde-corps central au profit d’un mur plein est sans doute antérieure aux interventions des spécialistes. Mais la suppression des pièces des avant-corps latéraux avec leurs fenêtres aux volets persiennés de couleur verte et leurs baies d’aération ainsi que la mauvaise proportion des cintres des baies du rez-de-chaussée, l’augmentation du nombre des ouvertures sur les façades des bâtiments latéraux, et l’application d’un badigeon à l’ocre rouge soutenu qui a remplacé celui à la chaux, de couleur blanc cassé ou très légèrement ocré, semblent bien relever de campagnes plus récentes. Les façades actuelles portent les traces de nombreux changements. Côté rue, un édicule surmonte la porte d’entrée et toutes les baies ont subi de notables modifications. Côté mer, la constatation est identique : agrandissement de la terrasse supérieure, baies bouchées, percements d’ouvertures… jusqu’à la construction d’une terrasse sur les rochers, accessible à partir de la Porte du voyage sans retour qui aurait pour effet de prévenir l’érosion marine81. Enfin, il est vraisemblable que le toit en tuile à deux versants (fig. n°14) a succédé à une terrasse recouverte par une chape en béton coquillier dénommée argamasse qui se laisse deviner par la présence des gargouilles d’évacuation des eaux, visibles en 183982.

En 1992, dix ans après le lancement de la campagne internationale de sauvegarde, l’UNESCO publie un article sur « Gorée, l’île aux esclaves », dans lequel on peut lire que trois bâtiments seulement ont été restaurés et qu’un quatrième est en cours de consolidation83. Les différents examens de l’état de conservation de l’île menés par le Comité du patrimoine mondial depuis les années 1990 évoquent les travaux réalisés et ceux en cours, et félicitent régulièrement les autorités sénégalaises de leur implication ; mais ils soulignent aussi certains problèmes comme l’occupation illégale et anarchique du site du Castel, toujours préoccupante aujourd’hui et à l’origine d’innombrables désordres architecturaux qui menacent l’authenticité et l’intégrité du site. La 27e session du Comité signale qu’entre 2000 et 2001 le site a subi une pression d’aménagement urbain causée par un projet de construction hôtelière dont les travaux furent interrompus avant la modification irréversible du site84. À cette occasion, un souci récurrent est évoqué. Les lacunes de gestion seraient imputables à l’absence d’un gestionnaire basé sur l’île. La nomination d’un gestionnaire du site, recommandée par l’UNESCO pour tous les sites du patrimoine mondial, conformément aux articles 4 et 5 de la Convention de 1972, est effective depuis deux ans.

Au programme initial sur le Plan de sauvegarde de Gorée, lancé en 1980, l’île de Gorée va bénéficier indirectement d’un autre programme de l’UNESCO sur « La Route de l’esclavage ».

« La Route de l’esclave », un nouveau programme de l’UNESCO (1995)

Depuis 1994, un programme conjoint avec l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) est lancé à Ouidah (Bénin) : « La Route de l’esclave », une des multiples routes interculturelles de l’UNESCO lancées par le sénégalais Doudou Diene, alors directeur de la Division du dialogue interculturel et interreligieux85. L’objectif de ce programme est l’identification, la restauration et la promotion des sites, bâtiments et lieux de mémoire de la traite négrière qui jalonnent le parcours de la traite. Tout en privilégiant le tourisme culturel, ce programme représente un véritable enjeu de mémoire, car il intègre la dimension économique, historique et éthique du tourisme.

En 2004, dans le cadre du lancement de l’année internationale de la commémoration et de la lutte contre l’esclavage et de son abolition, le Directeur général de l’UNESCO situe ce devoir de mémoire : « Institutionnaliser la mémoire, empêcher l’oubli, rappeler le souvenir d’une tragédie longtemps occultée ou méconnue et lui restituer la place qui doit être la sienne dans la conscience des hommes, c’est en effet répondre à un devoir de mémoire86 ». L’UNESCO s’engage à institutionnaliser la mémoire pour empêcher l’oubli et vulgariser l’histoire de l’esclavage à travers différentes manifestations commémoratives : journées du souvenir, activités de remémoration et de vulgarisation, colloques, festivals, séminaires, ateliers, mémoriaux, expositions. En 2005, l’UNESCO publie une étude sur la mise en tourisme des sites liés à la traite négrière et à l’esclavage en Sénégambie87.

Dans le cadre de ce programme, la promotion de Gorée est largement soutenue par les autorités sénégalaises. Ainsi, en 2001, le musée maritime de Liverpool88 organise une exposition au musée de la Maison des Esclaves, considérée comme une « esclaverie-témoin ». Cette exposition sur la Traite, réalisée en collaboration avec la Direction du Patrimoine historique du ministère de la Culture du Sénégal, par l’ambassade de Grande-Bretagne au Sénégal, est financée par le British Council et Shell Sénégal89. En 2006, on retrouve encore la Direction du Patrimoine historique qui parraine au Village des Arts de Dakar une exposition de l’artiste plasticien Lamine Barro sur « Gorée sur la route de l’esclavage, de la mémoire au pardon »90.

Le mémorial de Gorée-Almadies (1996-2011)

Ce programme sur La Route de l’esclave va sans doute faciliter l’éclosion finale du vieux projet sénégalais de construction d’un mémorial (toujours en attente de réalisation en 2011). Les autorités sénégalaises nourrissaient depuis longtemps l’idée d’ériger un monument en souvenir de la traite des esclaves. Dès 1975, lors d’une visite en Martinique, le président Senghor avait invité les artistes de la communauté afro-américaine à l’édification d’un monument en hommage à l’Afrique91. Le projet de monument à ériger sur l’île de Gorée devait être un trait d’union entre l’Afrique et sa diaspora. Ce monument symboliserait le départ des Africains vers les Amériques en jetant un pont entre les deux continents. Il devait se présenter sous la forme d’« un groupe de personnes qui semblent se lever au-dessus du socle de la sculpture comme pour lancer un appel à ceux qui sont partis à bord des bateaux négriers ; à l’autre extrémité se dresse un homme qui, lui, semble crier : Afrique, lève toi ! Toi, Nègre de là-bas, rejoins-nous !92 ».

En 1986, le président Abdou Diouf reprend le projet d’érection d’un mémorial dédié à l’Afrique et à sa diaspora. Il soumet officiellement l’idée de réaliser un projet de dimension internationale lors du sommet historique de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis Abéba. Cinq ans plus tard, une Fondation est créée auprès du ministère de la Culture du Sénégal, présidée par l’ancien directeur général de l’UNESCO, le sénégalais Amadou-Mahtar Mbow pour coordonner les actions internationales de promotion et rechercher les financements. Le 29 juin 1992, la première pierre du Mémorial Gorée-Almadies est posée par le président de la république du Sénégal, à l’occasion du 28e sommet de l’OUA et en présence notamment de Federico Mayor, directeur général de l’UNESCO. Ce geste permet de dynamiser à nouveau la campagne pour la sauvegarde de Gorée lancée par l’UNESCO dix ans plus tôt, de répondre aux sollicitations de nombreux intellectuels, artistes et intellectuels noirs, notamment ceux du continent américain. Le choix du site des Almadies se justifie par sa position avancée sur l’Atlantique, orientée en direction des communautés noires américaines vivant de l’autre côté de l’Océan et le désir de ne pas entacher l’environnement de l’île (où il est quand même prévu dès l’origine d’ériger une réplique…). L’UNESCO inscrit ce projet dans le programme sur la Route de l’Esclave, ce qui devait faciliter la recherche de financements internationaux.

En 1996, un concours international pour la construction de ce mémorial est lancé. Le cahier des charges est préparé par l’International Union of Architects (UIA) qui organise un concours international d’architecture. Deux cents quatre-vingt dix concurrents de 66 pays (au total 900 dossiers) participent au concours. Le programme, d’une surface d’environ 12 000 m2, portait sur la conception du mémorial, d’un musée dédié à la navigation, d’un centre d’études et de recherche doté des équipements les plus performants et d’une structure administrative. Les espaces verts devaient faire l’objet d’un traitement spécifique, notamment celui d’un circuit de visite « la procession des civilisations », partie intégrante du lieu93.

Le lauréat désigné en novembre 1997 est l’architecte italien Ottavio Di Blasi94. Il a été choisi par un jury réuni à Dakar sous la présidence de Harry G. Robinson III, vice-président de l’Université Howard de Washington (États-Unis) et représentant du Directeur général de l’UNESCO. « Le projet du lauréat reflète l’esprit, la voix et le symbolisme de l’Afrique. Par sa forme africaine authentique et puissante, il exprime une identité clairement lisible, tant pour le Musée que pour le mémorial. La relation avec la mer s’établit par l’ancrage de l’élément dominant du programme (l’aiguille) sur la falaise et la position de l’autre élément (la coque) sur pilotis au-dessus de la mer. La fracture créée par ce contraste est l’élément majeur de l’approche qui a présidé à la conception du projet. La structure de modules en nid d’abeilles est l’élément typologique dominant. Un système mécanique est intégré à la construction et conçu pour réduire les effets du soleil. La mer est utilisée pour abaisser la température de l’air ambiant95 ». Après avoir été exposée à Dakar, la maquette restera longtemps au siège de l’UNESCO à Paris. Ce mémorial – nouvelle « arche d’alliance » pour le président Abdou Diouf – honore la mémoire des victimes de la traite négrière et symbolise la tolérance et le dialogue entre les civilisations96.

Malgré des appels répétés à la mobilisation internationale, la Fondation ne trouve pas les finances nécessaires à sa réalisation, estimées à 60 milliards de francs CFA97. Le président Diouf inaugure rapidement le 31 décembre 1999 une réplique réduite, perchée sur le sommet de l’île de Gorée (fig. n°15). Le coordinateur du projet est le poète Amadou Lamine Sall, aidé par l’architecte du BAMH Mamadou Berthet et l’ingénieur Mamadou Lamine Adama Diallo, avec l’entrepreneur Fougerolles. La présence de cette réplique, sur le site du Castel de Gorée, projetée dès l’origine du projet, est remise en cause au lendemain des élections présidentielles par le nouveau ministère de la Culture. En 2010, l’UNESCO déclare que « la réplique du mémorial de Gorée sur le Castel est un exemple éloquent de ce qu’il ne faut pas faire pour la préservation de l’intégrité du site et d’un commun accord avec l’UNESCO, il a été convenu de procéder à la requalification de cet ouvrage98 ».

Parmi les nombreux projets en cours, il faut signaler un projet de construction pour un nouveau mémorial de Gorée « en hommage à des millions d’Africains enlevés » qui réapparaît en avril 2011, un an avant les nouvelles élections présidentielles99. Le projet, promu par le groupe financier Swist Invest, est signé d’un architecte-designer tchèque Martin Guadev100, aidé par le studio Sipek. Il reprend une partie du programme du concours UIA/UNESCO de 1996, avec des références post-modernes plus explicites. Le bâtiment d’accueil est une réplique de la Maison des esclaves de Gorée et le visiteur est conduit par la « porte du voyage sans retour » sur une jetée formée par un navire prêt à appareiller, aux cales chargées d’esclaves enchaînés. On retrouve comme commissaire à sa réalisation Amadou Lamine Sall, avec l’architecte Mamadou Berthet et de nouvelles personnalités comme le sculpteur Ousmane Sow. À ce jour, ce projet diffusé sur internet et régulièrement agité n’a pas connu un début de réalisation malgré un tapage médiatique constant101.

Pour une cohérence des discours muséaux sur la traite atlantique

L’indépendance du Sénégal marque l’accroissement des institutions muséales sur l’île. Le musée historique de l’IFAN est déplacé au fort d’Estrée à partir de 1977. Son précédent emplacement était trop exigu pour permettre sa transformation en une institution muséale à la mesure du grand dessein qui prend forme à cette période. Le président Léopold Sédar Senghor lui affecte la batterie de la pointe Nord (fort d’Estrée), à la demande du professeur Amar Samb, directeur de l’IFAN. Les travaux de restauration du fort d’Estrée sont supervisés par le Bureau d,Architecture des Monuments Historiques (BAMH)102. La restauration et l’aménagement muséographique sont réalisés par Guy Thilmans, chercheur à l’IFAN103. Cet établissement ne présente plus l’histoire de l’Afrique occidentale comme précédemment, mais se concentre sur la seule histoire du Sénégal, de la Préhistoire aux royaumes qui ont précédé la présence française, en passant par la traite des noirs et les résistances anti-coloniales (fig. n°16). Il ouvre en 1989.

En face de la Maison des Esclaves, dans l’ancienne villa de la riche signare Victoria Albis, est installé le premier musée dédié aux femmes sur le continent africain104. Ce musée privé, le premier sur l’île de Gorée, est issu d’un projet conçu dès 1987 par le cinéaste Ousmane William Mbaye à la suite de plusieurs expositions de diverses productions artisanales, économiques et culturelles d’associations sénégalaises. Ouvert en 1994 sous la direction d’Annette Mbaye d’Emeville, on y trouve des objets usuels, des outils agricoles, des instruments de musique, des poteries, des vanneries, ainsi que des photographies permettant de mieux comprendre la vie quotidienne de la femme dans le pays. Le musée est sous le parrainage posthume d’Henriette-Bathily105. C’est aussi un centre d’apprentissage, où les femmes viennent s’éduquer, recevoir une formation à l’artisanat et travailler106.

Le musée de la mer107, aménagé dans une ancienne maison de la compagnie des Indes du XVIIIe siècle, est rénové en 1995. À cette occasion, le laboratoire de biologie marine est déménagé, en partie, à l’IFAN Cheickh Anta Diop. Aujourd’hui, le bâtiment central abrite les expositions, tandis que le bâtiment secondaire conserve les cuves et les spécimens laissés sur place lors du déménagement du laboratoire. Ce dernier fait office de laboratoire de conservation. Le musée offre une plus grande place à l’homme dans ses relations avec la mer : la mer source de vie, mais aussi source d’événements dramatiques. Il a pour mission de promouvoir la connaissance de la mer, de ses facteurs et de ses fonctionnements, et de sensibiliser à la préservation de l’environnement marin108. Aujourd’hui le musée est à nouveau fermé en raison d’une forte dégradation. Les efforts sont en cours avec de nombreux partenaires pour le financement de sa réhabilitation109.

À partir de ce bilan sur les musées de Gorée, l’actuelle direction du patrimoine recherche aujourd’hui une meilleure cohérence et un discours plus adapté à l’île-mémoire de la traite atlantique. Cet esprit de témoin vivant de la mémoire de l’esclavage qui se retrouve à la Maison des Esclaves pourrait être relayé dans les autres structures muséales présentes sur l’île afin de clarifier les relations entre mémoire de l’esclavage et mémoire de la traite atlantique, entre les esclaves qui restaient à Gorée et les captifs qui partaient en Amérique. Sans pour autant modifier leurs thématiques actuelles, les autres structures pourraient évoluer vers une plus grande imprégnation dans l’ambiance des mémoires de la traite atlantique. La désaffection relative des autres musées, par rapport à la Maison des Esclaves, semblerait plutôt être un problème de perception des attentes de la part des visiteurs qu’un problème d’incohérence du discours intrinsèque. Ce problème pourrait être résolu par un effort d’adaptation qui, dans chacune des structures existantes, a déjà une base bien réelle. Le musée de la femme Henriette-Bathily développe un discours sur la femme africaine (son rôle social, économique, culturel et politique). La fonction d’animation et la portée sociologique sont indéniables. Cependant, bien que situé sur le lieu de mémoire de la traite atlantique, celui-ci traite trop marginalement de la condition de la femme dans la traite. Il serait peut-être souhaitable, toujours d’après la direction du Patrimoine au vu de l’importante documentation existante sur la femme, de sa captivité au voyage sans retour, et jusqu’à ses conditions de vie dans les plantations, de développer un peu plus ce discours pour se renouveler et être plus en conformité avec les attentes des visiteurs.

Réputé pour sa collection de 750 espèces de poissons et 700 espèces de mollusques, le musée de la mer présente également les écosystèmes et l’habitat de la région. Bien que son discours muséographique parle aussi de la traversée, la vocation première de laboratoire de recherche avec ses remarquables collections de biologie marine n’a pas pu s’accommoder avec la vocation muséale de la traite développée à Gorée, et l’écart est devenu de plus en plus important depuis que Gorée est inscrite au patrimoine mondial. Pour cela, la direction propose de dissocier les deux axes muséographiques en concevant un centre pour le laboratoire de recherche de l’IFAN Cheikh Anta Diop, et un musée centré sur la traversée, les navigations en général y compris en Afrique, les conditions de la traversée et la vie dans les cales des bateaux négriers. Devant la porte du voyage sans retour de la Maison des Esclaves, un projet d’installation d’une cale grandeur nature d’un bateau négrier, serait à l’étude.

Enfin, le musée historique présente l’histoire du Sénégal. De ce fait, il documente assez bien certains épisodes de la traite. Pour autant, le discours muséographique sur le passé de la nation semblerait trop ambitieux pour demeurer à Gorée. Des réflexions sont aujourd’hui en cours pour doter le Sénégal d’un véritable musée national à Dakar. Quant au musée de Gorée, la direction du patrimoine pense qu’il devrait se concentrer sur la présentation exhaustive et illustrée de la production historique, documentaire et archivistique sur la traite atlantique. Ce musée pourrait aussi aider à rendre l’image de Gorée plus conforme à la diversité qui régna en ces lieux, en réalisant des fresques et des reconstitutions sur la vie de la population goréenne.

Le discours symbolique, forgé dès l’époque coloniale à partir d’une « Maison des Esclaves » et d’une « porte du voyage sans retour », repris et amplifié par Joseph Ndiaye, doit être progressivement renouvelé. Comme à Ouidah et dans les autres lieux de célébration du pèlerinage de ce tourisme mémoriel, la « route de l’esclave » est jalonnée de représentations abstraites ou le plus souvent imagées110. La voile en béton d’un bateau négrier, dominant la réplique d’un grand mémorial avorté est érigée depuis 1999 au sommet de l’île-mémoire, malgré les protestations tardives de l’UNESCO. Une statue des esclaves libérés, offerte en 2003 par les Guadeloupéens pour célébrer l’abolition de l’esclavage, est aujourd’hui installée dans le jardin précédant l’accès à la Maison des esclaves (fig. n°17). Les nouveaux projets en cours des mémoriaux et des musées renouvellent et amplifient le discours. Deux projets associent à cette « porte du voyage sans retour » de la Maison des esclaves ou de sa reconstitution, la représentation des cales d’un navire négrier avec leurs esclaves enchaînés. Les critères patrimoniaux d’authenticité et de respect de l’environnement, prônés par l’UNESCO risquent à nouveau de voler en éclat111.

Depuis plusieurs décennies, avant ou après l’Indépendance du Sénégal, l’île de Gorée est un forum permanent où le patrimoine, les mémoires et l’histoire112, les commémorations et les mémoriaux, les discours muséaux, les souvenirs et les représentations, imaginées, entretenues ou construites sur la Traite atlantique sont soumis à une remise en cause perpétuelle, s’adaptant aux découvertes et aux connaissances historiques et aux messages culturels, idéologiques et politiques délivrés par les communautés patrimoniales, l’État du Sénégal et l’UNESCO.

L’histoire de l’esclavage et de celle de la traite atlantique à Gorée, qui ne se limite pas à l’histoire d’un simple « échange commercial » entre producteurs et acheteurs dans un temps donné, inclut et dépasse l’histoire d’un passé raconté et la place de ce passé dans l’imaginaire présent des Sénégalais, c’est-à-dire ce « présent du passé » qu’est la mémoire, collective, sur lequel prend appui une grande partie du patrimoine113.

Notes

1 – Nous remercions Ibrahima Thioub, Xavier Ricou, Cyr Descamps et Dominique Moiselet pour leur aide précieuse dans l’élaboration de cet article. L’article, terminé en décembre 2011, ne tient pas compte des derniers développements de l’actualité et du résultat des recherches en cours. Voir notamment KANE, Moustapha. Histoire de la construction d’un lieu de mémoire de la traite atlantique des esclaves : Gorée de 1944 à nos jours. Dakar, UCAD.

2 – Inscription relevée sur une plaque érigée le 8 novembre 1999 à Gorée à l’entrée du jardin de plantes grasses « canarien » par la Maison africaine de la poésie internationale en présence du Président de la République du Sénégal et du Premier Ministre du Canada.

3 – GUEYE, Mbaye. L’esclavage au Sénégal du XVIIe au XIXe siècle. Nantes, thèse de doctorat de 3e cycle, 1969 ; L’Afrique et l’esclavage. Une étude sur la traite négrière. Martinsart, 1983.

4 – DE ROUX, Emmanuel. « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». Le Monde, 27 décembre 1996. SAMB, Djibril (dir.). Gorée et l’esclavage, Actes du Séminaire sur Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités, Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997.

5Les esclavages et les traites : communautés, frontières et identités. Pôle d’Excellence Régional (PER) domicilié au Département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop. http://peresclave.over-blog.com/categorie-10204481.html [consulté le 25/04/2011]. En 2011, le PER est devenu le Centre Africain de Recherches sur les Traites et les Esclavages (CARTE). http://www.carte-ucad.org/fr [consulté le 26/02/2013]. Sur la traite négrière et l’esclavage, voir notamment les orientations bibliographiques données par : le département d’histoire de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar (UCAD), http://www.histoire-ucad.org/archives/index.php/remository.html?func=select&id=34 [consulté le 25/04/2011] ; l’UNESCO, http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001887/188769m.pdf [consulté le 25/04/2011]. Pour un état des lieux et des savoirs sur Gorée, voir : CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger (de). Histoire de Gorée. Maisonneuve et Larose, 2003, p. 153-155 (bibliographie). Un inventaire du patrimoine immobilier de Gorée, conduit par la Direction du Patrimoine historique classé du ministère de la culture du Sénégal, est en cours depuis 2007.

6 – Voir le site : http://whc.unesco.org/fr/list/26 [consulté le 25/04/2011].

7 – Voir en Afrique les nombreux projets mémoriels et concurrentiels en oeuvre ou en gestation en Gambie, Ghana, Bénin, Congo, … mis en oeuvre avec l’aide de l’UNESCO depuis 1994 : http://www.unesco.org/africa/portal/culture_4.html [consulté le 26/02/2012].

8Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française et au territoire du Togo sous mandat français. Paris : Agence économique de l’Afrique occidentale Française, 5e éd., 1939 (1ère éd. 1926), p. 10.

9 – « Au XVIIIe siècle […], l’Afrique […] fournit la main d’œuvre esclave nécessaire à l’exploitation des Îles de l’Océan Indien, des Antilles et de l’Amérique. Il y a là un transport de force odieux mais tout à fait méconnu. Les philosophes blâment l’esclavage et la traite mais tout en accréditant la légende du sauvage africain heureux dans sa vertueuse sauvagerie et tout en profitant d’une civilisation matérielle qui comprend les produits coloniaux, ils ne mettent pas l’Afrique à l’honneur du travail. Et il faudra encore de longues années pour que l’on découvre, sous les préjugés négriers et sous les rêveries humanitaires, le caractère paysan des hommes de la savane. ». Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française et au territoire du Togo sous mandat français. Paris : Agence économique de l’Afrique occidentale Française, 5e éd., 1939 (1ère éd. 1926), p. 9.

10 – « L’œuvre de la France en Afrique Occidentale ». L’Illustration, 29 février 1936, 94ème année, n°4852, p. 253-256 et supplément p. XIII-XXV. Description de « l’île des esclaves », p. 257-258.

11 – Le 31 mai 1936, la compagnie Air-France inaugure son premier service hebdomadaire entre la France et le Sénégal en trimoteur Dewoitine 338. Ces avions transportaient 15 passagers à la vitesse de 275 km/h. Cette remarquable aventure humaine et technologique participe également du patrimoine en partage entre la France, l’Afrique et l’Amérique. Pour cette raison, le Sénégal a introduit l’Aéropostale sur sa Liste indicative en vue d’une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO dans la catégorie des biens en série.

12 – Renseignement aimablement communiqué par Xavier Ricou (avril 2011).

13Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française et au territoire du Togo sous mandat français. Paris : Agence économique de l’Afrique occidentale Française, 5e éd. (1ère éd. 1926), 1939, p. 66.

14L’Illustration, n°4435, 3 mars 1928. Renseignement aimablement communiqué par Xavier Ricou.

15 – BRAU, P. (Dr). « L’île du sortilège ». Bull. Comité d’Études historiques et scientifiques de l’Afrique Occidentale Française, t. XI, n°4, oct.-déc. 1928, tiré à part, p. 63.

16 – GAFFIOT, Robert. Gorée, capitale déchue. Paris : L. Fournier, 1933, p. 93. GAFFIOT, Robert. Gorée, toute petite île. Arc-et-Senans : Éditions de l’Aile, 1933, p. 11. Dessin portant la légende : « Cour d’une ancienne maison négrière ». Ce dessin, signé de la main de l’auteur Robert Gaffiot (R.G.), représente la cour de l’actuelle Maison des Esclaves. Il ne porte pas [encore] son appellation postérieure qui serait donc apparue entre 1933 et 1936. Dans ses deux ouvrages Gaffiot n’emploie pas l’expression de « porte de non retour », l’auteur ne précise pas s’il s’agit de la reprise d’une « tradition », orale ou écrite antérieure.

17 – CARIOU, Pierre-André. Promenade à Gorée (Sénégal), manuscrit dactylographié, 1951-1952. L’auteur dépose trois exemplaires du manuscrit à Paris : aux Archives d’Outre-Mer, à la Bibliothèque nationale de France et aux Archives de la Marine. Aujourd’hui, l’exemplaire des Archives de la Marine est conservé à la bibliothèque des Archives d’Outre-Mer à Aix-en-Provence (CAOM) : – copie du manuscrit provisoire, [s.l.n.d.] [dactylographié], (288-6 p.). Aix-en-Provence : Centre des Archives d’Outre-Mer, 24Miom/57 ; – [s.l., s.n.] 1978, 1 vol. (274, 64, [19], 12) : nombr. pl. h. t., plans et cartes h. t. et dépl., 1 plan dépl. en coul. in fine. Aix-en-Provence : Centre des Archives d’Outre-Mer, BIB SOM d4506 ; – s.l., 1978, 1. vol. (12, 274, 64, 19). Paris : Bibliothèque nationale de France, cote FOL- O3M- 1456. Dans l’exemplaire déposé aujourd’hui à la BnF, cette somme dactylographiée comprend un avertissement, une reproduction de l’article « Notice sur Gorée » écrit par le Dr Cariou (publiée dans La presqu’île du Cap-Vert. Dakar : IFAN, 1949, p. 273-282), le manuscrit Promenade à Gorée (274 p.), une bibliographie (64 p.) et des annexes (quatre partitions de chants goréens, 19 p.). La note d’avertissement nous indique que l’auteur a rédigé l’ouvrage sous la forme d’une conférence en 1951-1952, avec révision en 1977. Il n’aurait pas édité ce manuscrit sous le prétexte que sa « Notice sur Gorée » avait déjà été publiée au préalable dans La presqu’île du Cap-Vert (Dakar : IFAN, 1949), le Guide sur musée historique de l’AOF à Gorée (MAUNY, Raymond. Dakar : IFAN, 1955), et enfin Dakar et le Sénégal (Paris : Hachette, les Guides Bleus illustrés, 1972). Cariou est présent à Gorée au moment du bombardement de 1940 et aurait quitté l’île vers 1943. Durant son séjour, il amasse une documentation considérable sur l’île qu’il complète par la lecture des sources d’archives de la métropole. Le plan de Gorée qui accompagne le manuscrit porte la date de 1944. Il semblerait que ce soit cette « histoire » de la Maison des Esclaves écrite par Cariou qui ait servi de trame originelle au discours de l’ancien conservateur Joseph Ndiaye. En 1993, les auteurs du nouveau guide de l’île de Gorée sont plus nuancés et retiennent pour l’usage des petites pièces du rez-de-chaussée de la Maison des Esclaves une fonction mixte de « chambres » pour les « esclaves domestiques » et de « cellules » pour les esclaves de traite. (CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger (de). Gorée. Guide de l’île et du Musée historique. Dakar : IFAN-Cheik Anta Diop, 1993, p. 12-13).

18 – Raymond Mauny débarque à Dakar le 13 décembre 1937 et y rencontre le professeur Théodore Monod, directeur de l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN), créé le 19 août 1936. Mauny est d’abord affecté dans les services du Gouvernement général. Durant la guerre, il prospecte notamment des sites préhistoriques autour de Dakar. En 1947, il est détaché de l’administration, puis intégré comme assistant à l’IFAN en 1949. Il s’occupe notamment de la protection des sites et des monuments historiques, et de ses prolongements en matière touristique, ainsi que de la mise en place des musées de Gorée, Dakar et Bamako. Pendant quinze ans (1947-1962), il dirige la section archéologie-préhistoire de l’IFAN. (BRASSEUR, Gérard. « Raymond Mauny ». 2000 ans d’histoire africaine. Le sol, la parole, l’écrit. Mélanges en hommage à Raymond Mauny. Paris : L’Harmattan, 1981, t. 1, p. 1-3).

19 Malgré son apport considérable au développement des recherches en AOF, notament dans le domaine de l’archéologie, Mauny est resté profondément conservateur, voire nihiliste. Il a systématiquement nié les apports de l’Afrique aux progrès techniques de l’humanité (invention du fer par exemple), contesté les contacts anciens avec la toute proche Méditerrannée. Ses positions ambigues lui valurent, au lendemain de la seconde guerre mondiale, d’être accusé de collaboration avec l’ennemi, ce qui lui valut une comparution devant la Chambre Civique du Parquet Général de l’AOF en son Audience du 4 décembre 1945. Il sera heureusement acquitté.

20 – MAUNY, Raymond. Guide de Gorée. Dakar : IFAN, Initiations Africaines : VII, 1951, p. 28 : « Quoi qu’en aient dit certains auteurs, il est bien peu probable que les négriers aient utilisé cette porte donnant sur la mer pour faire disparaître les cadavres. Le commerce des esclaves au XVIIIe siècle se faisait au grand jour ; les négriers n’avaient nul besoin de « faire disparaître » des cadavres comme de vulgaires criminels, alors qu’ils jouissaient de la considération due à d’honnêtes commerçants. Et par ailleurs, drôle de façon de procéder, si l’on voulait passer inaperçu, que de jeter un cadavre à la mer à quelques mètres de sa maison… et à portée de ses narines, au surcroît ! Les esclaves étaient embarqués par chaloupes dans l’Anse, au grand jour, et s’il en mourait, ils étaient enterrés dans les lieux de sépulture que l’on retrouve partout dans l’île ». Cette affirmation toute cartésienne doit être relativisée par le récit d’un témoin contemporain qui connaît bien les sites de traite de Gorée et de Saint-Louis, le chevalier de Boufflers. « Dans ce temps çi l’air du Sénégal est le pire de tous. Imagine que nous sentons de nos chambres, et surtout de la mienne, les exhalaisons des cadavres des captifs qui meurent par douzaines dans les cachots, et que les marchands, par économie, font jeter à l’eau pendant la nuit avec des boulets aux pieds. Les boulets se détachent à la longue, et les corps flottent entre deux eaux et vont s’arrêter sur le rivage, dans des endroits où l’on ne peut souvent pas arriver à pied ni en bateau. Ils restent entre les mangliers [= palétuviers et non « mangiers », selon Cyr Descamps] et ils y pourrissent à leur aise. Nous faisons des règlements pour parer à cela ; mais l’infection qui règne actuellement nous montre qu’ils ne sont pas suivis. » (Lettre datée du 9 juin 1786). PRAT, Paul. Lettres du chevalier de Boufflers à la comtesse de Sabran. Paris : Plon, 1891, p. 148-149.

21 – CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger (de). Histoire de Gorée. Paris : Maisonneuve et Larose, 2003, p. 100-102. A.N. Sénégal, 4P 1442, Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) à Dakar, aménagement, construction du musée de Gorée. Pièces écrites et plans, 1949-1953.

22 – MAUNY, Raymond. Guide du Musée historique de l’A.O.F. à Gorée. Dakar : IFAN, catalogue, n°XIII, 1955, p. 11-21. Dans la salle consacrée à l’esclavage et son abolition, sont exposées une maquette du brick négrier nantais La Joséphine (1824), établie d’après les plans du Musée de la Marine à Paris, et des reproductions de documents relatifs à la traite et au transport des esclaves.

23 – Le Musée de la Mer correspond au savoir développé autour du laboratoire de biologie marine par l’IFAN. Il vient compléter ce dispositif touristique muséal et apporter une note exotique de villégiature balnéaire, en contrepoint du tourisme mémoriel. On y organise des expositions reflétant les interactions multiples entre les cultures ouest-africaines et les écosystèmes marins tout en faisant découvrir les instruments modernes d’océanographie.

24 – Décret du 25 janvier 1937 portant protection des monuments naturels et des sites de caractère historique, légendaire ou pittoresque, des colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat relevant du ministère des Colonies. Arrêté n°2805 du 16 octobre 1937 pour l’AOF (Journal officiel de l’AOF, p. 1063).

25 – Lettre d’André Villard au gouverneur général de l’AOF datée du 21 octobre 1937. Archives IFAN, C2/1.

26 – DELCOURT, Jean. Gorée, six siècles d’histoire. Dakar : Clairafrique, 1984, p. 96. À proximité de Dakar, Gorée est considérée comme une villégiature balnéaire et la Marine y installe une maison de repos.

27 – Arrêté du 15 novembre 1944 portant l’inscription sur la liste des monuments naturels et des sites de l’île de Gorée tout entière. Journal officiel de l’AOF, 9 décembre 1944, p. 834. Arrêté complémentaire du 15 février 1951 déclarant Gorée « site historique » et prévoyant une commission spéciale pour examiner les demandes d’autorisation de travaux. Journal officiel de l’AOF, 15 février 1951, p. 234, art. 36/1 à 36/3.

28 – Plan publié par Robert Gaffiot. La légende indique que l’état des habitations fut levé par le sergent Castel en 1932. Il représente les espaces où les maisons sont encore en état, les maisons en ruines et enfin l’emplacement des maisons ayant disparu. (GAFFIOT, Robert. Gorée, toute petite île. Doubs : Arcs-et-Senans, 1933, plan hors-texte).

29 – Lettre de Théodore Monod adressée au Gouverneur général de Dakar et dépendances datée du 8 juillet 1942. Archives IFAN, n°812. (CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger de. Histoire de Gorée, 2003, p. 135).

30 – MAUNY, Raymond. « En marge du centenaire de l’abolition de l’esclavage, l’île de Gorée ». Paris-Dakar, n° 3732, 22 avril 1948, p. 29.

31 – Ancienne esclaverie construite au XVIIIe siècle, (CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger de. Histoire de Gorée, 2003, p. 110).

32 – Voir le site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Boubacar_Joseph_Ndiaye [consulté le 25/04/2011].

33 – Voir le site : http://www.afrik.com/article9804.html [consulté le 17/06/2011].

34Le Soleil, 7 et 8 octobre 1978.

35Reportage documentaire sur l’île de Gorée, TF1, émission réalisée en mai 2005.

36Reportage documentaire sur l’île de Gorée, TF1, émission réalisée en mai 2005.

37 – Ndiaye, Boubacar Joseph. La maison des esclaves de Gorée. L’esclavage, ses origines et ses répercussions en Afrique ; Gorée historique et traite des noirs à Gorée. Dakar : Maison des Esclaves de Gorée, 1986.

38 – « J’ai été tellement ému par ce que j’ai vu et entendu que j’en ai pleuré, car je viens de comprendre combien la traite négrière était inhumaine, combien mes ancêtres ont souffert depuis leur mise en captivité, leur séjour dans les esclaveries du littoral africain et dans les bateaux qui les ont transportés en Amérique. J’ai eu l’impression d’avoir remonté le temps et vécu moi-même leur calvaire ». Extrait du livre d’or du musée, d’après DIOP, Boubacar Boris, TOBNER, Odile, VERSCHAVE, François-Xavier. Négrophobie. Paris : Les Arènes, 2005).

39 – KI-ZERBO, Joseph. Histoire d’Afrique Noire, d’hier à demain. Paris : Hatier, 1972. ANGRAND, Jean-Luc. L’ouverture de la vraie captiverie de Gorée en 2010 – dixit « Indignez vous ». 13 avril 2010, en ligne http://jeanlucangrand.blogspot.com/2010/04/louverture-de-la-vraie-captiverie-de.html [consulté le 15/04/2011].

40 – De Roux, Emmanuel. « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». Le Monde, 27 décembre 1996.

41 – De Roux, Emmanuel. « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». Le Monde, 27 décembre 1996.

42 – Samb, Djibril (dir). Gorée et l’esclavage, Actes du Séminaire sur « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités », Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997. Voir aussi : SMITH, Stephen. Nécrologie, Pourquoi l’Afrique meurt. Paris : Hachette-Plurielles, 2004. DUARTE, Florence. Esclavage : la thèse qui choque Dakar : http://www.senegalaisement.com/senegal/esclavage_senegal.php [consulté le 01/06/2011].

43 – ANGRAND, Jean-Luc. Céleste ou le temps des signares. Paris : Éditions Anne Pépin, 2006, p. 48. Voir la critique de l’ouvrage par Xavier Ricou qui souligne à juste titre l’absence de sources, des informations lacunaires, des erreurs. http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/Celeste.html [consulté le 20/06/2011].

44 – THIOUB, Ibrahima, BOCOUM, Hamady. « Gorée et les mémoires de la Traite atlantique ». Dans SAMB, Djibril (dir.). Gorée et l’esclavage, Actes du Séminaire sur Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités, Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997, p. 200.

45 – SECK, Ibrahima. « Esclavage et traite des esclaves dans les manuels de l’enseignement secondaire du Sénégal : des programmes de domestication coloniale aux programmes dits d’enracinement et d’ouverture ». Revue Historiens-Géographes du Sénégal, n°8. Dakar : Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation, UCAD, 2009, p. 75. Bénin, Ouidah, Porte du non retour, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ouidah_Porte_du_Non_retour.jpg [consulté le 17/06/2011].

46 – NDIAYE, Boubacar Joseph. Il fut un jour à Gorée… l’esclavage raconté à nos enfants. Paris : Lafon, 2006.

47 – THIAW, Ibrahima. « L’archéologie de l’île de Gorée au Sénégal. Chaque maison a une histoire ». Dans SANSONE, Livio, SOUMONNI, Élisée, BARRY, Boubacar (dir.). La construction transatlantique d’identités noires. Entre Afrique et Amériques. Paris : Karthala, 2010, p. 41-56 [trad. française de l’ouvrage paru en anglais en 2008, issu du colloque tenu à Gorée en 2002] ; THIAW, Ibrahima. « L’espace entre les mots et les choses : mémoire historique et culture matérielle à Gorée (Sénégal) ». THIAW, Ibrahima (dir.). Espaces, culture matérielle et identités en Sénégambie. Dakar : CODESRIA, 2010, p. 18-40.

48 – La non implication dans le discours mémoriel ne signifie pas cependant désintérêt pour la préservation de l’île. De nombreux édifices ont été réhabilités et un important programme de protection de Gorée contre l’érosion marine sera élaboré et une recherche de financement entreprise. De même la requalification du Palais Roume en Auberge du Penseur a également été proposée par le Président Wade, sans connaître un début d’exécution.

49 – Poète, écrivain, homme politique, Léopold Sédar Senghor reprend la notion sur la Négritude, introduite par Aimé Césaire dès 1935, en la définissant ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». Fervent défenseur de la culture, la Négritude est pour lui « l’ensemble des valeurs culturelles de l’Afrique noire ». VAILLANT, Janet G. Vie de Léopold Sédar Senghor. Noir, Français et Africain. Paris : Karthala, 2006. DIAGNE, Bachir « In Praise of the Post-racial. Negritude beyond Negritude ». Third Text, Vol. 24, Issue 2, March, 2010, p. 241-248.

50 – Voir le site : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/senghor/senghobiographie.asp [consulté le 02/07/2011].

51 Voir le site : http://www.au-senegal.com/Festival-mondial-des-arts-negres,2982.html [consulté le 06/06/2011] ; Second Congrès des artistes et écrivains noirs. Paris : Présence Africaine, n° 27-28, t. 1, février-mai 1959, p. 417.

52 – Léopold Sédar Senghor, 19 mars 1966, allocution radiodiffusée.

53Le premier Festival Mondial des Arts Nègres. Bruxelles : Marci, 1966. Le président du Festival Alioune Diop préside également l’Association du Festival Mondial des Arts Nègres. Trente-sept pays participent à ce premier festival, dont trente pays africains. Grâce au soutien financier du gouvernement du Sénégal et de la Société Africaine de Culture, ce festival s’organise autour de plusieurs manifestations : – un colloque sur « Fonction et signification sur l’Art Nègre dans la vie du peuple et pour le peuple (30 mars-8 avril) » (Condé-sur-Noireau : Présence Africaine, 1967) ; – un spectacle tous les soirs par des artistes, danseurs, musiciens de chaque pays participant au Festival ; – une exposition « L’Art Nègre, Sources Évolution Expansion » (Dakar-Paris, 1966.).

54 – Voir le site : http://www.ina.fr/art-et-culture/musique/video/CAF89027584/festival-des-arts-negres-a-dakar.fr.html [consulté le 06/06/2011].

55À la demande des Sénégalais, le ministère français de la Coopération met à leur disposition Jean Mazel, qui a déjà réalisé en 1958 le spectacle de Marrakech. Le scénario est monté à partir des recherches menées par le département de l’IFAN sur l’histoire de Gorée. Ce scénario devait servir de canevas à un texte d’Aimé Césaire qui fut remplacé par Jean Brière, un Haïtien installé au Sénégal depuis 1964. Archives Nationales du Sénégal, FMAN 33 : Commission des spectacles. Spectacle féerique de Gorée. Opéra populaire en huit tableaux créé à l’occasion du premier Festival mondial des arts nègres. 1-24 avril 1966, Dakar. D’après Cyr Descamps, le spectable aurait été conçu en collaboration avec Charles Carrère.

56 – Dans les premières séquences du film Little Senegal de Richard Bouchareb, les touristes noirs américains sont saisis par l’émotion lors de la visite de la Maison des Esclaves. BOUCHAREB, Richard. Little Senegal, Tadrart Film, 2000, 1h38, long métrage algérien, français, allemand.

57 – Extrait de l’« Appel du Directeur général pour la sauvegarde de Gorée, 22 décembre 1980 ». Les Nouvelles de l’Unesco, n°41, 5 janvier 1981, p. 1-3. L’engouement des Américains pour la généalogie remonte à 1976, avec la parution de l’ouvrage de HALEY, Max. Roots. The Saga of an American Family, repris dans les séries télévisées Roots de 1977 et 1979. L’île de Gorée y est présentée comme « gataway to Roots ». Sur la marchandisation touristique de l’île de Gorée : EBRON, Paulla A. « Tourists as pilgrims: Commercial fashioning of transatlantic politics « . American Ethnologist, nov. 1999, 26, 4, p. 910-932. http://www.nyu.edu/classes/bkg/tourist/ebron-africa.pdf [consulté le 26/02/2013]

58 – Voir le site : http://www.goreediasporafestival.org/accueil.html [consulté le 06/06/2011].

59Île de Gorée. Zone urbaine de Dakar. Paris : Eurétudes, 1968. Le programme d’aménagement insiste sur cinq recommandations essentielles : la restauration et l’amélioration de l’urbanisme général du site par la création d’un complexe hôtelier moderne sur le Castel, le développement du centre de pêche sportive par une extension de la capacité d’accueil des installations au niveau du Relais de l’Espadon, la réalisation d’un équipement portuaire favorisant l’amélioration de la liaison maritime avec la ville de Dakar et enfin l’édification de nouvelles maisons d’un type particulier.

60 – Voir le site : http://archiwebture.citechaillot.fr/awt/asso/FRAPN02_AADOC_REPERAGE.pdf [consulté le 21/06/2011].

61 – Voir le site : http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/30_ans_de_classement.html [consulté le 21/06/2011].

62 – Descamps, Cyr. Préservation et mise en valeur du patrimoine national (décembre 1969 – janvier 1970). Paris : UNESCO, 1970.

63 – Convention et recommandations de l’UNESCO relatives à la protection du patrimoine culturel. Paris : UNESCO, 1983.

64 – Le critère VI de 1972 est d’« être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle ». En 1977, le critère d’inscription de l’île de Gorée mentionne qu’elle : « … occupe une place de choix dans le patrimoine sénégalais en tant que vestige de choc de deux civilisations différentes, et le témoin d’une expérience humaine sans précédent dans l’histoire des peuples. En effet, Gorée est pour la conscience universelle, le symbole de la traite négrière avec son cortège de souffrance, de larme et de mort. L’attention que les autorités sénégalaises portent à cette île ne se réfère pas à un désir de s’attarder sur le passé à jamais enfoui, mais à une volonté de faire de l’île de Gorée l’archétype de la souffrance de l’homme noir à travers les âges à l’instar de tant d’autres lieux tristement célèbres où l’aveuglement et la haine ont naguère sévi. De plus, par-delà cet aspect historique, l’île de Gorée constitue en elle-même un ensemble architectural digne d’intérêt dont la conservation tel quel, est une des priorités du programme sénégalais de protection du patrimoine […] » (Formulaire de proposition d’inscription n° CC-77/WS/64. Dans GONODOU, Alain, ASSOMO, Lazare Éloundou. État de conservation de l’île de Gorée, rapport de mission ICOMOS (28 mars – 3 avril 2004). Centre du patrimoine mondial – ICOMOS, 2004, p. 7, en ligne : http://whc.unesco.org/archive/2004/mis-26-2004.pdf [consulté le 25/04/2011]).

65 – GRÉGOIRE, A. Sénégal. Monuments historiques de l’île de Gorée et de Saint-Louis du Sénégal. Paris : UNESCO, mai 1974, mss. dactyl. http://unesdoc.unesco.org/images/0001/000102/010200FB.pdf [consulté le 25/07/2011].

66 FRAPOLLI, Jean-Pierre, CLERC, Maurice. Plan directeur de rénovation de l’île de Gorée. Aspects juridiques et financiers du programme de rénovation de l’île. Paris : UNESCO, 1975. http://unesdoc.unesco.org/images/0001/000161/016127fb.pdf [consulté le 25/07/2011].

67 – PARENT, Michel. L’avenir de Gorée. Paris : UNESCO, 1977, FMR/ CCT/ CH/ 77/ 184.

68 – LABLAUDE, Pierre-André. Réhabilitation du site historique de l’île de Gorée. Projet touristique de la Petite Côte. Sénégal. Paris : UNESCO, 1978. FMR/CC/CH/78/260(BIRD) ; 9988.SEN/21.

69 – UNESCO. Plan d’action pour la sauvegarde du patrimoine architectural de l’île de Gorée. 1981. http://unesdoc.unesco.org/images/0004/000459/045955fb.pdf [consulté le 26/04/2011].

70 – Il s’agit de Michel Van der Meerschen (depuis le classement de l’île en 1978, jusqu’en 1982), puis de Françoise Descamps et Dirk Defraeije (en poste à partir de 1982).

71 UNESCO. Gorée, island of memories. Paris : Unesco, 1985 (en anglais) : http://www.worditude.com/ebooks/unescopdf/goree.pdf [consulté le 06/04/2011]. L’UNESCO a aussi contribué à l’émission de timbres, [voir ad. Internet]. Au cours des années 2000, l’UNESCO a conçu un site internet pour une visite virtuelle de Gorée : http://webworld.unesco.org/goree/fr/index.shtml [consulté 07/04/2011].

72 – Gorée, île mémoire : Campagne internationale de sauvegarde. 1985, réd. 2008. http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001803/180301m.pdf [consulté le 26/07/2011].

73 – « Appel du Directeur général pour la sauvegarde de Gorée, 22 décembre 1980 ». Les Nouvelles de l’UNESCO, n°41, 5 janvier 1981, p. 1-3.

74 Gorée, Guide de l’île et du musée historique. Dakar : IFAN, Musée Historique, 1993.

75 – LABLAUDE, Pierre-André. Préservation et restauration de l’île de Gorée. Paris : UNESCO, 1982. http://unesdoc.unesco.org/images/0005/000511/051197fo.pdf [consulté le 25/07/2011].

76 – Godonou, Alain, Assomo, Lazare Éloundou. État de conservation de l’île de Gorée, rapport de mission ICOMOS (28 mars – 3 avril 2004). Centre du patrimoine mondial – ICOMOS, 2004, p. 7. http://whc.unesco.org/archive/2004/mis-26-2004.pdf [consulté le 25/04/2011].

77 – Ce sont des « travaux de réparation consécutifs à l’effondrement d’un mur porteur au rez-de-chaussée »… « Les restaurations effectuées concernent certains éléments décoratifs supposés avoir disparu ». (Camara, Abdoulaye, Benoist, Joseph-Roger (de). Histoire de Gorée. Paris : Maisonneuve et Larose, 2003, p. 110).

78 – En 1990-1991, une nouvelle campagne de restauration de la Maison des esclaves a été entreprise avec l’aide financière du Comité France-Liberté. Les travaux devaient permettre de reconstituer à l’étage « une pièce d’habitation d’époque, décorée de meubles et d’objets pour la plupart d’origine », et de présenter une exposition de documents sur la vie quotidienne à Gorée au XVIIIe siècle.

79 – Adolphe d’Hastrel de Rivedoux, peintre, aquarelliste, lithographe, embrasse la carrière militaire et devient capitaine d’artillerie dans la marine. Au cours de ses périples, il fait escale au Sénégal en 1836 et y séjourne à nouveau en 1839. Lors de ce dernier passage, il réalise notamment une série d’aquarelles d’une grande précision sur Gorée, qu’il reproduira lui-même dans un album lithographique qu’il publie près de dix ans plus tard sous le titre « Colonie française du Sénégal ». Deux aquarelles nous donnent un état de la Maison dite des esclaves en 1839. Une vue de la cour intérieure de la Maison dite d’Anna Colas (ou Annacolas Pépin), portant la date du 20 février 1839. La vue a été inversée lors de la reprise lithographique effectuée par d’Hastrel lui-même. Une première épreuve de travail porte la mention en bas à gauche : À Gorée 20 février 1839 et à droite, après la signature [illisible]. Cette lithographie porte ensuite le titre : Une habitation à Gorée (Maison d’Anna Colas) pour être insérée comme la planche n°8 de l’album imprimé par Auguste Bry à Paris sur la « Colonie française du Sénégal », s.d. [vers 1848]. La façade sur l’actuelle rue Saint-Germain figure sur un second dessin aquarellé, daté du jour suivant, le 21 février 1839. La lithographie de l’aquarelle est signée par Théodore du Moncel et figure dans l’album sous le n°3. Le revers de l’aquarelle porte une esquisse de la rue Saint-Germain, vue du côté opposé. MAUNY, Raymond. « Aquarelles et dessins de d’Hastrel relatifs au Sénégal (1839) ». Dans Notes africaines, n°52, octobre 1951, p. 113-116 ; RICOU, Xavier. Trésors de l’iconographie du Sénégal colonial. Marseille : Riveneuve, 2007, p. 112-113. http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_d%27Hastrel [consulté le 02/08/2011]. http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/Signare_E4-6_dHastrel6.html [consulté le 02/08/2011]. Aquarelle achetée en 1951 par l’IFAN et qui aurait disparu. http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/Signare_E7_dHastrel3.html [consulté le 02/08/2011]. Aquarelle, collection Marie-José Crespin.

80 – UNESCO. Rapport Lablaude, Préservation et restauration de l’île de Gorée. 1982, p. 14.

81 – Voir le site : http://www.geolocation.ws/v/I/5556385582830076641-5560936314785677810/maison-des-esclaves—la-porte-sans/en [consulté le 02/08/2011]. État décembre 2010 : terrasse en cours de construction.

82 – RICOU, Xavier. « Gorée, ville métisse ». Dans CAMARA, Abdoulaye et BENOIST, Joseph Roger de. Histoire de Gorée. Paris : Maisonneuve et Larose, 2003, p. 92.

83 – Les trois établissements sont : la Maison du Soudan, devenue un centre d’étude ; la Capitainerie du port, servant provisoirement d’annexe à l’Université des Mutants ; la Maison Victoria Albis, accueillant des expositions, ainsi que les locaux du Bureau d’architecture des monuments historiques et la résidence de l’expert de l’UNESCO envoyé à Gorée. HAARDT, Caroline. « Gorée, l’île aux esclaves ». Courrier de l’UNESCO, octobre 1992, p. 48-50.

84 – UNESCO, 27ème session du Comité du Patrimoine mondial : État de conservation des biens inscrits sur la liste du patrimoine en péril, référence WHC-03/27.COM/7B, 2003, p. 27, en ligne http://whc.unesco.org/archive/2003/whc03-27com-07bf.pdf [consulté le 06/04/2011].

85 – Voir le site : http://www.abolitions.org/index.php?IdPage=1173454388 [consulté le 16/07/2011].

86 – MATSUURA, Koichiro. « Discours prononcé lors du lancement de l’année internationale de la commémoration de la lutte de l’esclavage et de son abolition à Cape Coast (Ghana) en 2004 ». Bulletin d’information de l’Unesco, numéro spécial, 2004.

87 – GUEYE, Mbaye. Sites liés à la traite négrière et à l’esclavage en Sénégambie. Pour un tourisme de mémoire. UNESCO, 2005 [secteur de Gorée, p. 35-48]. http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001401/140126f.pdf.

88 – Le Musée maritime de Merseyside à Liverpool, point de départ du trafic de la traite anglaise abrite depuis 1994 une Transatlantique Slavery Gallery, qui est devenue en 2007 un musée international permanent consacré à la traite transatlantique. http://www.liverpoolmuseums.org.uk/ism/.

89 – « Gorée, La Maison des Esclaves, Sénégal ». Dakar : Foreign and Commonwealth Office/ National Museum galleries on Merseyside/The britisch Council, s. d. [2001 ?], [Brochure exposition].

90 – Voir les trois vidéos de l’exposition de Lamine Barro sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=bNnQPMDjgMs ; http://www.youtube.com/watch?v=fK09VVpum2c&feature=related ; http://www.youtube.com/watch?v=HXo5Lijegrg&feature=related. L’exposition a été également présentée au Musée de l’IFAN à Dakar et dans d’autres lieux : http://www.comite-memoire-esclavage.fr/spip.php?article423.

91 – Le Soleil, 26 novembre 1976. Cette idée du président Senghor a été reprise une génération plus tard par le président Wade pour la construction de sa statue géante de La Renaissance africaine.

92Le Soleil, 26 novembre 1976.

93 – En 1998-1999, ce concours international a également inspiré de nombreux mémoires de Travaux personnels de fin d’études (TPFE) pour l’obtention du diplôme d’architecte DPLG dans les écoles d’architecture de Paris-la-Seine, Paris-Villemin, Grenoble, Nantes, Marne-la-Vallée, Lyon… http://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/ArchiResWiki/index.php/ACC%C3%88S%C3%80_LA_BASE : Gorée [consulté le 21/07/2011].

94 – Voir les sites : http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/97-150f.htm [consulté le 21/07/2011]. http://www.odb.it/goree.htm [consulté le 01/08/2011]. http://europaconcorsi.com/projects/159587-Gor-e-Memorial/slideshow [consulté le 01/08/2011].

95 – Voir le site : http://www.uia-architectes.org/texte/nouvelles/1a1z1a.html [consulté le 21/07/11].

96Le Soleil, 14 janvier 1998. Allocution du président de la République du Sénégal lors de la remise des prix aux lauréats du Mémorial de Gorée.

97 – Voir le site : http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/98-07f.htm [consulté le 21/07/2011].

98 WHC-10/34.COM/8E.Add.2. Brasilia, 1er août 2010, http://whc.unesco.org/archive/2010/whc10-34com-8E.Add2f.pdf [consulté le 21/07/2011].

99 – Voir le site : http://www.memorial-goree.com/ [consulté le 21/07/2011].

100 – Voir le site : http://www.gudev.cz/ [consulté le 21/07/2011].

101 – Le projet de 2011 réapparaît en novembre 2012, porté ( ?) par le ministre de la culture avec l’aide d’Amadou Lamine Sall. Le symbole du navire est repris, dessiné par le studio tchèque Helika. http://www.helika.cz/#/projekty/aktualni/1619 [consulté le 27/02/2013].

102 – Thiam, Alassane, Thilmans, Guy. « Gorée l’île musée, Création d’un musée historique ». Museum, volume XXXII, n° 3, p. 119-129.

103 – Gorée, Guide de l’île et du musée historique. IFAN : Musée Historique, 1993. Pour l’histoire du musée historique : DESCAMPS, Cyr et CAMARA, Abdoulaye. « Le Musée Historique : cinquante ans de présence à Gorée (1954-2004) ». Senegalia. Études sur le patrimoine ouest-africain. Saint-Maur-des-Fossés, Sépia, 2006, p. 150-160.

104 – Voir le site : http://mufem.org/index.php [consulté le 21/08/2011].

105 – Pour l’histoire de ce musée : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_la_Femme_Henriette-Bathily [consulté le 13/10/2011].

106 – En avril 2011, ce Musée de la Femme était fermé depuis quelques mois.t. Deux ans plus tard, la décision de délocaliser ce musée sur le continent est effective . Les expositions sont en cours de démontage.

107 – MONOD, Théodore. « Le musée de la mer, Gorée, Sénégal ». Museum international, vol. 14, déc. 1961, p. 1-11.

108 – UNESCO-BREDA (Bureau Régional de Dakar). Répertoire des musées du Sénégal. Dakar : Grafiti, 2008, en ligne : http://wamponline.org/Repertoire_des_musees_du_senegal.pdf [consulté le 21/06/2011].

109 – Parmi les partenaires il faut citer l’Association des amis du musée, et le projet Chélonée.

110 – TOULIER, Bernard. « Architecture coloniale, identités culturelles et patrimoine en Afrique francophone ». Dans ANDRIEUX, Jean-Yves (dir.). Patrimoine, sources et paradoxes de l’identité. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 117-142.

111 – LABLAUDE, Pierre-André. « À Gorée au Sénégal : l’île aux esclaves ». Monuments Historiques, n°162, fév.-mars 1989, p. 88-92. L’auteur prône une « pratique [patrimoniale] métissée, parfois lointaine des préceptes rigides d’une Charte de Venise vieillie et perçue de plus en plus comme attardée dans une guerre de tranchée post-viollet-le-ducienne, à la dialectique trop exclusivement européenne ».

112 – BOCOUM, Hamady. « Gorée et les mémoires de la Traite atlantique ». Dans Samb, Djibril (dir.). « Gorée et l’esclavage », Actes du Séminaire sur « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités ». Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997, p. 200.

113 – FRANK, Robert. « La mémoire et l’histoire ». Dans VOLDMAN, Danièle (dir.). La Bouche de la vérité ? « La recherche historique et les sources orales ». Les cahiers de l’Institut d’histoire du temps présent, n°21, nov. 1992, p. 65-72.


Présidentielle américaine: Faux prolo et vrai apparatchik, quel meilleur argument pour la réélection du président Trump ? (Lunch bucket Joe: Only in a place as removed from reality as the Beltway could a man who has spent more than three decades in the US Senate be hailed as a working-class stiff)

23 août, 2020

https://media.townhall.com/Townhall/Car/b/afb082120dAPR20200821044507.jpg

ImageImageImage previewImage previewDonald Trump est le seul président de l’histoire américaine qui sera plus pauvre après être devenu président qu’avant (…) et qui a pourtant écouté les gens mêmes que la classe dirigeante détestait. Charlie Kirk
En principe, une telle annonce est censée réjouir tous les hommes de bonne volonté indépendamment de leurs prises de position politique, la paix étant–on excusera le lieu commun–toujours préférable à la guerre. A fortiori lorsqu’il s’agit d’un État juif et d’un État arabe et musulman dont on connaît l’antagonisme historique. Il est normal et d’une grande logique politique que la République Islamique d’Iran ou que le Hamas palestinien, qui ne dissimulent pas leurs désirs de détruire Israël, vouent cet accord aux gémonies. Mais la gauche et son extrémité qui aiment à afficher par tous les temps et de tout temps leur pacifisme exacerbé (« le capitalisme apporte la guerre, comme la nuée l’orage » nous expliquent doctement les marxistes, « le nationalisme c’est la guerre » nous disent les trotskistes, Mitterrand et Macron) s’est montré d’une immense discrétion. C’est ainsi que Le Monde du 14 aout, toujours égal à lui-même, n’a pas hésité à présenter négativement l’accord comme une omission des Palestiniens, jusqu’à travestir la réalité. En effet, bien qu’il s’agisse d’un accord bilatéral ne concernant en rien la Palestine, les Émirats Arabes Unis ont tenu à ce que cet accord contienne une clause de suspension du projet d’annexion par Israël de cette vallée du Jourdain au demeurant acceptée depuis longtemps par la partie palestinienne, en cas d’accord définitif, en raison du fait qu’elle est peu peuplée d’Arabes et d’une importance stratégique existentielle pour l’Etat Juif. Sauf que la représentation politique des Arabes de Palestine ne s’est jamais résolue depuis un siècle à renoncer à une portion d’une terre qu’elle considère toujours, de parfaite bonne foi irrédentiste, comme arabe et musulmane. Cette absence d’enthousiasme de la gauche pacifiste autoproclamée dissimule mal le fait que depuis longtemps sans le dire elle ne se soutient plus que du bout des lèvres l’existence de l’État d’Israël Plusieurs raisons conscientes et inconscientes expliquent cette désaffection montante. La première et que la gauche xénophile a basculé dans le camp de la radicalité anti-occidentale la plus pathologique. Peu importe donc que celui-ci soit raciste ou antisémite. La seconde, est que la gauche européiste et son extrémité affichent désormais une détestation pour les États-nations. A fortiori lorsqu’ils sont d’occident. La troisième est que la gauche et son extrémité sont atteints de racisme anti blanc. La quatrième, qui n’est que la synthèse des trois premières, est que l’Israélien–ou le juif moderne–est considéré comme un super blanc au rebours du juif ancien que le vieil antisémite prenait pour un métèque. L’État-nation juif occidental qui se bat bec et ongles pour défendre ses frontières n’en est que plus détestable pour la gauche devenue internationaliste. Il ne faut dès lors pas s’étonner que les populations immigrées d’origine arabe ou musulmane présentes sur le sol français se montrent souvent beaucoup plus hostiles que d’autres populations arabes ou musulmanes à l’égard d’Israël et par voie de conséquence l’ensemble des juifs. (…) Voilà pourquoi, même s’ils ne le savent pas, les gentils pacifistes et antiracistes autoproclamés de gauche préfèrent mille fois voir l’état du peuple juif réprouvé rituellement ou tenu en étau dans un ghetto plutôt que de le voir signer des accords de paix avec ses anciens ennemis. L’imposture de gauche pacifique et antiraciste est une formule décidément pléonastique. Gilles-William Goldnadel
Biden n’a pas d’idéologie, il est au centre et, quel que soit le centre, il y va. Gérard Araud
Ne sous-estimez pas la capacité de Joe à tout foirer. Barack Obama
Vous avez le premier Afro-américain bien articulé, intelligent, propre et qui est beau à regarder. Vous avez une histoire. Joe Biden (2007)
Vous ne pouvez pas aller dans un 7-Eleven ou dans un Dunkin’ Donuts à moins d’avoir un léger accent indien. Joe Biden
Les enfants pauvres sont aussi intelligents et talentueux que les enfants blancs. Joe Biden (2019)
Je vais vous dire, si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas Noir. Joe Biden (2020)
Aucune rhétorique n’est nécessaire. Jugez simplement ce président sur les faits. 5 millions d’Américains infectés par la COVID-19. Plus de 170 000 Américains qui en sont morts. De loin la pire performance de toutes les nations de la planète. (…) Regardez autour de vous. Ce n’est pas si mal au Canada. Ou en Europe. Ou au Japon. Ou presque partout ailleurs dans le monde. (…) Nous menons le monde pour les cas confirmés. Nous menons le monde pour les décès. Nous menons le monde pour les cas confirmés. Nous menons le monde pour les morts. (…)  Plus de 50 millions qui se sont inscrits au chômage cette année. Plus de 10 millions qui perdront leur couverture maladie cette année. Près d’une PME sur six qui a fermé ses portes. Joe Biden (2020)
Donald Trump n’a pas su être à la hauteur de sa fonction car il en est incapable. Et les conséquences de cet échec sont graves. Cent soixante-dix mille Américains sont morts. Des millions d’emplois ont été détruits alors que ceux qui sont au sommet de la pyramide sont de plus en plus riches. Nos pires instincts se sont déchaînés, notre honneur et notre réputation dans le monde entier ont été malmenés, et nos institutions démocratiques n’ont jamais été aussi menacées. Barack Obama
Ils voient avec horreur des enfants séparés de leurs familles et jetés en cage avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc utilisés contre des manifestants pacifiques pour une opération de communication. Michelle Obama
If we were to have a President Hillary Clinton, would Obama (or his many media allies) consider it fair game to blame tens of thousands of American COVID-19 deaths on her? Do they honestly believe that, under Democrats, the death toll would have been 170? That would ignore the fact that the worst coronavirus death tolls are largely in states with Democratic governors. Tim Graham
People have forgotten how Joe Biden did in New Hampshire. He was terrible. He got 8.4 percent of the vote, which is unbelievable for a candidate with any aspirations of being president. What the Democrats should have done if they were really serious about beating Trump would have been to rally around one candidate right from the start and not have a protracted battle in which people get wounded. They needed to pick one person and have everybody else take a pass. That’s the only way I could see that my model would have worked in their favor. My prediction is what I call ‘unconditional final. It does not change. It’s a mathematical model based on things that have happened. The presidential election of 2016 has happened, the primary results are in. I can add in the results of more primaries, but even those numbers have happened and can’t change either. (…) Now I predict straight to the Electoral College. I’ve never done that before, but I made an adjustment because of the mismatch we had in 2016, and I’m prepared to see Trump lose the popular vote again. So this prediction is entirely about the electoral votes. (…) Everybody thinks Trump is going to go down in flames, and here I am predicting with almost total certainty that he’s going to win. It seems crazy. But it’s not. Helmut Norpoth
It is hugely frustrating to see conservatives, who couldn’t give a damn about the multiple sexual assault allegations against Donald Trump, weaponize the accusations against Biden. However, it’s also frustrating to see so many liberals turning a blind eye. The accusations against the former vice-president are serious; why aren’t they being taken seriously? (…) There are some people who will insist that drawing attention to the new allegations against Biden is playing into the Republicans’ hands. That it will destroy Biden’s campaign and guarantee us four more years of Trump. Not only is that argument hypocritical, it is also hugely unlikely that Reade’s accusations will do any damage whatsoever to Biden’s ambitions. Allegations of sexual assault certainly haven’t posed any hindrance to Trump. The allegations against Kavanaugh didn’t stop him from becoming a supreme court justice. The allegations against Louis CK didn’t kill his career in comedy. And the multiple women who have accused Biden of touching them inappropriately in the past haven’t exactly derailed his career. Arwa Mahdawi
Mostly it was the Democratic Party talking to itself and playing to its base. Missing was any hint of priorities or plans, of the meaning of the party or its intentions. They made the case against Donald Trump, and a case for Joe Biden as an essentially decent person. But they didn’t say what they’ll do. And this year that is key. I’m not sure they’re sufficiently aware of two things. One is the number of people who don’t like Mr. Trump and will vote for him anyway. They don’t have to be talked into thinking he’s a bad character, they’re already on board. All summer I’ve been running into two kinds of people. One kind says, “That man is a living shame on our country and must be removed.” The other kind says very little. They don’t defend him. They say, “I can’t believe I may vote for him, but . . .” And always they explain it this way: “What the other guys are gonna do on taxes,” “What the other guys will do to my industry,” “What the Democrats will do to the economy.” I’m getting the impression that for a lot of people, the ballot this fall won’t read “Trump vs. Biden” but “Trump vs. What the Other Guys Will Do.” Do the Democrats understand how hunkered-down many people feel, psychologically and physically, after the past six months? If I asked this right now of a convention planner or participant I think they’d say, “Yes, people feel battered by systemic bias, inequality, and climate change.” And I’d say no, they’re afraid of foreclosures! They’re afraid of a second wave, no schools, more shutdowns, job losses and suddenly the supply lines break down this winter and there are food shortages. When this is the context, what a great party plans to do couldn’t be more crucial. As for Mr. Biden, all his political life he’s tried to express himself in ways he thinks eloquent but that tend to be only long-winded. He chases a thought a long way, even when it’s a small one and not worth the hunt. All of this is part of his old-school way and is neither harmful nor helpful. But he had a strong, tight speech. He looked good, spoke crisply, maintained focus. The speech is going to do him some significant good. Though he didn’t make his plans and intentions clear. (…) apart from the “We The People” gauziness, there was a nonstop hum of grievance at the convention. To show their ferocious sincerity in the struggle against America’s injustices, most of the speakers thought they had to beat the crap out of the country—over and over. Its sins: racism, sexism, bigotry, violence, xenophobia, being unwelcoming to immigrants. The charges, direct and indirect, never let up. Little love was expressed, little gratitude. Everyone was sort of overcoming being born here. Even Mr. Obama, trying, in a spirit of fairness, to expand the circle of the aggrieved, spoke of “Irish and Italians and Asians and Latinos told: Go back where you come from. Jews and Catholics, Muslims and Sikhs, made to feel suspect . . . black Americans chained and whipped and hanged. Spit on for trying to sit at lunch counters, beaten for trying to vote. . . . They knew how far the daily reality of America strayed from the myth.” The cumulative effect of all this, especially for the young, would prompt an inevitable question: Why would anyone fight to save this place? Who needs it? If I were 12 and watched, I’d wonder if I had a chance here. If I were 20, they’d have flooded me with unearned bitterness. Injustice is real, history is bloody. But guys, do you ever think you’re overdoing it? Are you afraid that this is all you got? Is that why you don’t talk about policy? Peggy Noonan
Il est trop tôt pour dire ce qui ressortira de l’actuelle vague de violences liée à la mort de George Floyd. On sait en revanche que l’histoire récente n’a pas été particulièrement tendre envers les mouvements militants qui tentent de lutter contre le racisme. Les méthodes défendues par l’une de leurs figures les plus célèbres, Martin Luther King, ont abouti à l’adoption du Civil Rights Act en 1964 et du Voting Rights Act en 1965, deux des plus grandes lois de l’histoire américaine. À l’inverse, l’évolution du mouvement Black Power a conduit à son implosion, ses principaux représentants finissant en exil, en prison ou victimes de rivalités internes meurtrières. Si le mouvement avait su s’attirer quelques sympathies chez les Blancs, celles-ci ont rapidement disparu après les émeutes de Détroit, Baltimore, Los Angeles et plusieurs autres grandes métropoles. De même qu’aujourd’hui avec le mouvement Black Lives Matter, le renforcement d’une identité de groupe associée aux militants noirs a été suivi par un retour de bâton avec la résurgence des suprémacistes blancs et l’émergence des skinheads dans les années 1970 et 1980. Il n’est pas besoin de lire des articles universitaires pour comprendre que les manifestations pacifiques pour les droits civiques ont mieux réussi que les violences. Un chercheur de Princeton vient néanmoins d’en publier un qui mérite lecture. Dans un article paru le mois dernier dans l’American Political Science Review, Omar Wasow, professeur adjoint en sciences politiques, décrit les résultats d’un projet de recherche entamé il y a quinze ans sur les conséquences politiques des manifestations. Omar Wasow, qui est noir, a étudié les manifestations de militants noirs entre 1960 et 1972 aux États-Unis et découvert que les “tactiques employées” pouvaient faire toute la différence pour faire avancer une cause : Les manifestations non violentes ont joué un rôle essentiel pour faire pencher la balance politique nationale en faveur des droits civiques. Les mouvements dans lesquels étaient lancées des violences parvenaient à des résultats diamétralement opposés aux revendications des manifestants.” Après les incidents survenus lors des manifestations liées à la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police, le président Trump a clairement annoncé que “l’ordre public” serait un de ses thèmes de campagne, et les travaux de Wasow apportent des éléments de réponse quant à l’efficacité de cette stratégie. Dans un récent entretien avec le New Yorker, Wasow déclare avoir découvert “un lien de causalité entre les manifestations violentes” survenues après l’assassinat de Martin Luther King en avril 1968 et “le rejet du parti démocrate”. Plus spécifiquement, “dans les circonscriptions proches des violences, Nixon a enregistré des résultats supérieurs de 6 à 8 points de pourcentage lors de l’élection”. (…) La semaine dernière, le Wall Street Journal indiquait que, selon son dernier sondage mené en collaboration avec NBC News, 80 % des électeurs avaient actuellement “le sentiment que la situation dans le pays échappait de plus en plus à tout contrôle”. La question est de savoir si Joe Biden et les démocrates aideront Donald Trump en permettant aux manifestants violents de devenir le visage de leur parti et en cédant aux demandes de plus en plus absurdes des progressistes radicaux. Donald Trump est peut-être impopulaire, mais les pillages et le déboulonnage des statues le sont tout autant, de même que l’arrêt du financement de la police ou le fait de laisser des militants armés radicaux s’emparer de quartiers entiers. La gauche devrait également veiller à ne pas croire que les électeurs noirs dont elle aura massivement besoin dans cinq mois seront convaincus par un tel programme. Dans un mémo de 1970 adressé au président Nixon, son conseiller Daniel Patrick Moynihan notait qu’il “existe une majorité silencieuse chez les Noirs comme chez les Blancs” et que les deux partageaient “essentiellement les mêmes préoccupations”. Ce qui était vrai il y a cinquante ans l’est toujours aujourd’hui. La plupart des Noirs savent que George Floyd n’est pas plus représentatif de leur communauté que Derek Chauvin ne l’est des policiers. Ils savent que la fréquence des contacts entre Noirs et policiers a beaucoup plus à voir avec le taux de criminalité chez les Noirs américains qu’avec le fait que les policiers seraient racistes. Ils savent que les jeunes hommes noirs ont bien plus à craindre de leurs pairs que des forces de police. Et ils savent que les émeutiers sont des opportunistes et non des révolutionnaires. Il est parfaitement légitime d’ouvrir un débat national sur la façon d’améliorer les méthodes de la police, mais aujourd’hui la conversation en vient à accuser les forces de police d’être responsables des inégalités sociales, ce qui n’est pas seulement illogique mais dangereux. La criminalité dans les quartiers fait obstacle à l’ascension sociale. Toute conversation ne reconnaissant pas cette réalité ne mérite pas d’avoir lieu. Jason L. Riley
These ad hominem attacks by a previous president on his successor are unique in my lifetime. Perhaps they are unique in modern American history. George W. Bush, for example, never said a critical word of Barack Obama, despite the latter’s frequent attacks on Bush’s presidency. (…) America ranks tenth in deaths per million. Are the greater proportion of deaths per million in countries such as Belgium, Spain, the U.K., Italy and Sweden the result of corrupt and/or inept leaders? Was President Donald Trump responsible, for example, for the decision made by New York Gov. Andrew Cuomo to order nursing homes to accept COVID-19 cases, causing the virus to sweep through the elderly in those facilities, resulting in at least 6,000 deaths (and likely many more that New York is hiding from the official count)? Regarding « millions of jobs gone, » they are gone overwhelmingly because of the lockdowns ordered by state governors and mayors, not the virus. Lockdowns, we were told, would last two weeks to « flatten the curve, » but they continue six months later in many Democratically controlled cities and states. (…) Obama offers not one example of this or of his many other attacks on Trump. There is a reason. Obama has always attacked straw men. During his presidency, I analyzed about 20 of his speeches. They and his off-the-cuff comments were always characterized by straw-men arguments. Even The New York Times, in 2009, when it still published occasional articles that deviated from the left, featured an article by Helene Cooper (who is black), its then-White House correspondent, titled « Some Obama Enemies Are Made Totally of Straw. » In it, Cooper cited example after example of statements ostensibly made by others, but actually made up by Obama — which he then proceeded to shoot down. This characterized his approach to discourse throughout his presidency and continued with last week’s speech at the DNC. (…) Obama, like all on the left, equate America’s « standing in the world » with its president’s standing with the left. Nonleftists do not. Last year, when the courageous Hong Kong demonstrators waved a flag representing liberty, they waved the flag of the United States of America. Apparently, America’s standing with them is pretty high. (…) Who doesn’t believe « the right to vote is sacred » — those who insist on people having an ID when they vote, as voters do in virtually every other country? Or is it those who don’t believe in sending tens of millions of ballots to people who never signed up to receive an absentee ballot? (…) What new legal immigrant thinks that way? Or is Obama dishonestly conflating legal with illegal immigrants? The answer is, of course, he is (though even illegal immigrants apparently believe there’s a place for them here; isn’t that, after all, why they come?). (…) How has this administration shown that? Why didn’t Obama provide a single example to sustain this extraordinary charge? Anyway, it seems to many Americans that those who lie to the country for two years about Russian collusion with the Trump campaign, impeach a president solely for political reasons, dedicate all news reporting to the removal of a president, smear and lie about a decent man nominated for the Supreme Court, corrupt the Foreign Intelligence Surveillance Act system for political ends, and politicize the CIA and FBI are the ones who « will tear our democracy down if that’s what it takes to win. » Obama’s speech offered very little of substance about the man it was directed against, but it said much about the man who delivered it. Dennis Prager (25.08.2020)
Mr Biden criticised President Trump’s response to the coronavirus outbreak saying he had failed to protect American people. The US does have the highest number of coronavirus cases and deaths in the world, with more than 5.5 million confirmed cases and 174,000 deaths, according to Johns Hopkins University. It also has a larger population than many other countries. If you look at deaths per capita – as a proportion of each country’s population – the US is no longer top of the list but remains in the top 10 worst hit countries. The US has recorded more than 52 coronavirus deaths per 100,000 people – according to Johns Hopkins University – but there are a handful of countries that have recorded more on this measurement, including the UK and Italy. It is worth remembering that there are differences in how countries count coronavirus deaths, making exact comparisons difficult. (…) « More than 50 million people have filed for unemployment this year. » Mr Biden was talking about the impact of the pandemic on the US economy. The 50 million figure is right and is based on the total number of Americans who have filed jobless claims since the virus struck, according to US Labor Department statistics. The number of people currently claiming unemployment benefits is 14.8 million, according to the latest release of weekly figures. It has been declining since May, when there were more than 20 million claims. The unemployment rate is still much higher than pre-pandemic levels and currently stands at 10.2%. Mr Biden also said: « Nearly one in six small businesses have closed this year. » But a recent survey of small business owners in the US suggested that only 1% of small businesses had closed permanently by mid-July this year. A further 12% said they had closed temporarily, but even accounting for these it is less than the one in six Mr Biden claimed. (…) Mr Biden said one of his goals would be to « wipe out the stain of racism » and he recalled the far-right protests in Charlottesville, Virginia in 2017 which led to violent clashes and left one counter-protester dead. He said: « Remember what the President said when asked, he said there were, quote, very fine people on both sides ». Mr Biden said that after this moment « I knew I had to run » for president. According to a transcript of a press conference on 15 August, President Trump did say – when asked about the presence of neo-Nazis at the rally – « you had some very bad people in that group, but you also had people that were very fine people, on both sides. » During the same press conference, Mr Trump went on to say « I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally. » BBC
Now officially the 2020 Democratic presidential nominee, Joe Biden offered himself to Americans this week as an affable, trustworthy and experienced alternative for the White House. But his five-decade record in politics offers plenty of controversies ranging from insulting confrontations over IQ and race to fabrications and plagiarism. (…) Biden once sparred in 1987 with a political reporter who asked him about his law school record. A tart Biden responded that he “probably” had a “higher IQ” than the reporter. And he claimed he finished in the top half of his class. It was later revealed that Biden was near the bottom of his law school graduating class at Syracuse University’s College of Law, specifically 76 out of 85 students. Biden also admitted that he had plagiarized during his first year at the institution. “I was mistaken, but I was not in any way malevolent,” Biden explained. The plagiarism tag would follow him into politics. Eventually it was also revealed that Biden had used quotes in speeches as a U.S. senator from Bobby Kennedy, John F. Kennedy and Neil Kinnock, a British Labour Party leader, without any attribution. Earlier this year, he faced plagiarism again when it was revealed his 2020 climate plan lifted some passages from other documents without attribution. The campaign corrected the error. In 1987, Biden said he marched during the civil rights movement but some media outlets pointed out that was not the case. (…) These controversies eventually forced Biden from the 1988 presidential race in September 1987 (…) Biden has repeated the claim that he was involved in civil rights activism during the 2020 Democratic presidential primary on a few occasions. And his some of the most awkward apologies he’s been forced to make involve the issue of race. During his 2008 run for president, Biden apologized for referring to his then-rival Sen. Barack Obama as « the first mainstream African-American who is articulate and bright and clean and a nice-looking guy. » It didn’t go unnoticed. While campaigning in New Hampshire, Biden told a supporter that « You cannot go to a 7-Eleven or a Dunkin’ Donuts unless you have a slight Indian accent” in Delaware. And in May of this year, Biden told radio host Charlamagne the God, « You ain’t black » if you vote against him, which sparked controversy. He later apologized for that statement too. Exaggerations have also been flagged several times in his career. During a presidential primary debate in 2007, for instance, Biden revealed that he had been “shot at” while visiting Iraq. When records conflicted with his account, he later changed his story. In 2019 during Biden’s Democratic primary run, the Washington Post reported that the former vice president told a fake war story on the campaign trail. Politifact rated the story he told as false. Biden has dismissed the criticism. In March of this year, Biden claimed he was arrested in South Africa while trying to see the anti-apartheid leader Nelson Mandela. His campaign later said it didn’t happen after the U.S. ambassador who was with him on the trip said the arrest story wasn’t true. Nicholas Ballasy
Today Forbes estimates Biden, 76, and his wife Jill are worth $9 million. Their fortune includes two Delaware homes valued at $4 million combined, cash and investments worth another $4 million or so, and a federal pension worth more than $1 million. Biden’s father, Joe Sr., was raised in a life of privilege, complete with polo matches and hunting trips in the Adirondacks, thanks to the lucrative career of his own father, Joseph, who ran a division of American Oil. But Biden’s dad failed in his own early business ventures, which included a Boston real estate deal and a crop-dusting effort, leaving the family “broke,” according to Joe Biden’s 2007 memoir, Promises to Keep: On Life and Politics. The family relocated to an apartment in Wilmington, Delaware, when Joe Biden was 10. His father eventually found work selling cars. Forbes
As we enter the final 90 days of the November presidential campaign, a few truths are crystalizing about the “Biden problem,” or the inability of a 77-year-old Joe Biden to conduct a “normal” campaign. Biden’s cognitive challenges are increasing geometrically, whether as a result of months of relative inactivity and lack of stimulation or just consistent with the medical trajectory of his affliction. (…) Biden (…) is one of the few primary candidates in history who promised in advance to pick a running mate on the basis of gender and, as events would dictate, and by inference, race as well. (…) the Democratic ticket is a construct, with no visible or viable presidential candidate. While traditional polls show asizable Biden lead, at some point voters will want more than the current contest of Trump alone versus the media, the virus, the lockdown, the economy, and the rioting. But so far, it remains a one-person race, in the fashion of Clint Eastwood’s weird 2012 Republican National Convention appearance speaking to an empty cha. So we are witnessing a campaign never before experienced in American history and not entirely attributable to the plague and quarantine. After all, the fellow septuagenarian Trump, with his own array of medical challenges, insists upon frenetic and near-constant public appearances. His opponent is a noncandidate conducting a noncampaign that demands we ask the question, who exactly is drafting the Biden agenda and strategy? Or, rather, who or what is Biden, if not a composite cat’s paw of an anonymous left-wing central committee? When Biden speaks for more than a few minutes without a script or a minder in his basement, the results are often racist of the sort in the Black Lives Matter era that otherwise would be rightly damned and called out as disqualifying. If his inner racialist persona continues to surface, Biden’s insensitivities threaten to expose a muzzled BLM as a mere transparent effort to grab power rather than to address “systemic racism” of the sort the exempt Biden seems to exude. Biden needs the minority vote in overwhelming numbers, as he realized in his late comeback in the primaries. But the continuance of his often angry, unapologetic racialist nonsense suggests that his cognitive issues trump his political sense of self-control. The inner Biden at 77 is turning out to be an unabashed bigot in the age of “cancel culture” and thought crimes that has apparently declared him immune from the opprobrium reserved for any such speech. For Biden, if any African American doesn’t vote for him, then “you ain’t black”—a charge fired back at black podcaster with near venom. Biden more calmly assures us, in his all-knowing Bideneque wisdom, that Americans can’t tell Asians in general apart—channeling the ancient racist trope that “they all look alike.” In his scrambled sociology, blacks are unimaginatively monolithic politically, while Latinos are diverse and more flexible. Biden seems to have no notion that “Latino” is a sort of construct to encompass everyone from a Brazilian aristocrat to an immigrant from the state of Oaxaca, and not comparable to the more inclusive and precise term “African American.” Moreover, while the black leadership in Congress may be politically monolithic, there are millions of blacks who oppose abortion, defunding the police, and illegal immigration. The best minds of the conservative intellectual and political movement so often are African Americans. When asked questions, Biden’s answers so often reveal racist subtexts. A few days ago, CBS reporter Errol Barnett, who is black, asked Biden whether he would take a cognitive assessment exam. Biden fired back to him that such an unfair question would be as if he had asked Barnett whether he was getting tested for cocaine before going live. “That’s like saying,” a perturbed Biden exclaimed to Barnett, “before you got on this program, you’re taking a test whether you’re taking cocaine or not . . . What do you think, huh? Are you a junkie?” Note the tell-tale Biden trademark of racist insinuation delivered with punk-like braggadocio. Note, too, Biden’s racist assumption that an African American professional journalist might be likely to be defensive about being a cocaine addict. Yet Biden should know—from the drug struggles of Hunter Biden—that cocaine is in fact the favorite drug of the white elite. The problem is that in the past, a cognizant Biden was already racially edgy with his various earlier-career riffs about inner-city criminals, blue-collar chest-thumping about busing, and his more recent ideas about donut shops, accomplished black professionals on the verge of returning to slave status (“put y’all back in chains”), his racist descriptions of candidate Obama’s supposedly exceptional personal hygiene and ability to speak well, his corn-pop braggadocio, and on and on. His mental lapses now serve as force multipliers and accelerants of the old Biden’s foot-in-mouth disease and render him often a caricature of a racist. Politically, the point is not that he will not win the majority of minority voters, but rather that he won’t win enough of them at a margin necessary that carrying large swing-state cities such as Philadelphia, Milwaukee, Detroit, Cleveland, and others, will make up for the likely loss of rural areas and working-class whites, supposedly the “clingers” that “good ’ole Joe from Scranton” was supposed to own. Even more disturbing, the media simply is unconcerned about Biden’s racial putdowns, stereotyping, and uncomfortableness with the proverbial “other.” And the more the inner-Biden racialist sounds off, the more ridiculous such contextualizing becomes and the less people listen when journalists and activists spout off about a systemically racist America. Recently, when Biden has attempted to speak without prompts, indeed to clear up “rumors” of his cognitive problems, he simply loses his train of thought and utters a series of unstructured and unsettled thoughts that refute the very premise of his interview. The understandable Democratic strategy is to run out the clock and to choreograph a few post-Labor Day public appearances, to outsource campaigning to his running mate and future cabinet secretaries, and then to hope, in the manner of a 2016 Hillary Clinton, that he has amassed a large enough September lead to outlast a closing October Trump campaign. There are problems with such a strategy, as we saw in 2016. If Biden late in the campaign stumbles in the debates, there is no post-convention remedy to reassure the public he is compos mentis or otherwise can be replaced by a majority consensus. Then the country would be entering something eerily similar to, but far graver than, the McGovern debacle of desperately looking for a new running mate after it was disclosed that an apparently perfectly cognizant Tom Eagleton—his running-mate for 18 days—had undergone two electric shock treatments in his past as well as undisclosed prior hospitalizations for bipolar disorder. Right now, the Democrats have a virtual campaign and a virtual candidate and a strategy of running against the Trump news cycle. That may work, but it assumes Americans under quarantine don’t mind that they do not really know who is the Democratic challenger, or that Biden is, in fact, not physically or mentally able to function as either a candidate or president. It also assumes that the Trump-owned news cycle will remain as dismal over the next three months as it has the last five or six weeks, and that the virus will spike in late October again, rather than slowly burn out as it seems to be doing in Sweden and elsewhere in Europe. Add it all up and the question is no longer whether Biden could fulfill the duties of the presidency but whether he can finish a traditional campaign over the next three months—without outsourcing his duties to a committee, or serially saying something blatantly racist, or simply disappearing to the nether world of his basement where saying nothing beats saying anything. Victor Davis Hanson
Only in a place as removed from reality as the Beltway could a man who has spent more than three decades in the United States Senate be hailed as a working-class stiff. According to his most recent disclosure forms, Mr. Biden’s income includes his Senate salary of $165,200 and a teaching stipend of $20,500 from Widener University. On top of this, he received $112,500 as the second half of a book advance. Even allowing for generous deductions, Mr. Biden’s income comfortably locates him in the top 5% of American taxpayers. The Senate disclosure forms do not require Mr. Biden to report his primary residence (or his federal pension). So I asked Jim Bowers — an old college roommate of mine who also lives in Delaware, who also went to the same high school, and who is also running for election. « Not many lunch buckets up Joe’s way, » says Mr. Bowers, a Republican seeking a seat in Delaware’s House of Representatives. « You have to remember that the senator lives in an area known as ‘chateau country.' » Now, there’s no crime against having a top income, or a big house in a ritzy neighborhood. But it does make the whole lunch-bucket thing a little more sticky. And it confirms two truths about class in modern America. First, in Washington you are permitted to enjoy wealth without ever being called wealthy provided simply that you haven’t actually earned it in some unseemly way — by, say, building up a business. Second, even when Americans do well, we prefer not to define our class by where we rank on the economic scale. Instead, we classify ourselves by where our parents and grandparents were on that scale 50 years ago. Notwithstanding Mr. Biden’s moving references to Scranton, he moved out of that gritty city back at the beginning of the Eisenhower administration. The assumption behind the lunch-bucket imagery, of course, is that Mr. Biden’s « working-class roots » gives him an advantage in any debate. I’m not so sure. Sarah Palin — governor of Alaska and Mr. Biden’s rival for vice president — looks like a woman who can hold her own on issues that speak to hard work and upward mobility. Ms. Palin might, for example, point out that while the Senate offers members like Mr. Biden a generous pension, he opposes private Social Security accounts that would give the same to, say, a nurse. Or that while Mr. Biden and Barack Obama have chosen upscale private schools for their own children, they are reluctant to support efforts that would help inner-city moms and dads do the same for their children. Or that Mr. Biden not only opposes drilling today, in 1973 he voted against the Trans-Alaska pipeline that provides oil for American consumers — and jobs for American workers. Let’s be fair. Mr. Biden has a lovely family. He gave his children a good, private education. He lives in a big house in an exclusive neighborhood. It speaks well of him that he returns to Wilmington each night instead of staying in Washington. But it would still be refreshing if at least once we could read an account that called him what he actually is: a « chateau country Democrat. William McGurn
Despite all of his many years in public life, it still isn’t clear what kind of President Mr. Biden would make. Let’s assume that the gilded testimonials to Mr. Biden’s personal character at this week’s Democratic convention are true. He is by all accounts a nice guy. He cares about people, powerful or not. He can forge alliances across the aisle. He does not kick down at adversaries, at least most of the time. “Character is on the ballot,” as he put it Thursday night. In other words, he’s running as Not Donald J. Trump. In the best case, Mr. Biden is asking Americans to believe that he would take these personal qualities to the White House and mediate policy disputes, calm the culture wars, and work with both parties to break America’s partisan fever. He’d do the same on the world stage, defending U.S. interests without bullying allies and leading international coalitions anew. After the disruptions of the Trump era, this political idyll sounds inviting. Mr. Biden would certainly have the media and the institutions of American culture on his side, so the daily pitched battles of the last four years would be muted, at least for a time. Yet there’s cause to doubt this happily-ever-after-Trump scenario—and the reasons include the man and the times. Regarding the man, Mr. Biden has never been a politician of strong political convictions. He’s a professional partisan Democrat whose beliefs have shifted as the party’s have. Nearly all successful presidential candidates put their own political and policy stamps on their party and the times. Bill Clinton was a New Democrat who would reform welfare, George W. Bush was a compassionate conservative, and Barack Obama was a multiracial uniter who’d transcend red and blue state differences. Donald Trump was the populist disrupter of the establishment. Mr. Biden has no such defining message. Can you think of a single policy, or even a phrase, that identifies what he has stood for in this campaign? The closest might have been a return to normalcy. But sometime in recent months that gave way to the party’s desire for transformational economic and social change. More than any recent presidential nominee, Mr. Biden is more figurehead than party leader. He was the fail-safe choice, the last-ditch savior in South Carolina, after Bernie Sanders looked like he could run the primary table. Mr. Biden was lifted by his party’s elites. He owes them more than they owe him. All of which leads to doubts that Mr. Biden would govern like the moderate of Milwaukee’s virtual convention. (…) But if Mr. Biden wins by his current polling margin, a Democratic sweep of Congress is far more likely. How probable would it be that Mr. Biden would be able to control, or want to control, the progressive ambitions of House and Senate Democrats and the institutional left? There is reason for pessimism from the evidence of his long career. He opposed taxpayer funding for abortion for four decades until he reversed himself last year. In the 1990s he led the fight for a crime bill that he now disavows as he finds America guilty of systemic racism. Before Robert Bork was nominated to the Supreme Court, Mr. Biden said he’d probably have to vote for him because of his qualifications. Then Ted Kennedy launched a tirade against the jurist. Mr. Biden, running the Judiciary Committee at the time, fell in line. When Anita Hill made charges against Clarence Thomas only days before a scheduled confirmation vote, Mr. Biden folded under pressure and called hearings that became a spectacle. Justice Thomas was confirmed, as he should have been, but last year Mr. Biden loudly apologized to Ms. Hill and Democrats for not doing more in opposition. As his polling lead has grown, Mr. Biden has said the 60-vote filibuster rule in the Senate might have to go, which would forestall the need for compromise. He has moved left since the primaries, absorbing Bernie Sanders’s priorities on student debt and much of the Green New Deal. His choice of California Senator Kamala Harris as running mate was a bow to the party’s desire for a progressive as his likely successor. (…) As for foreign policy, he supported the invasion of Iraq in 2002 while chairing the Senate Foreign Relations Committee. Then he flipped when most Democrats did and as the fighting became difficult. Then he opposed the 2007 Iraq surge, saying it would fail. Then in 2011 he supported Barack Obama’s withdrawal from Iraq that set the stage for the rise of Islamic State. He opposed the raid on Osama bin Laden. Misjudgments on hard questions are inevitable, and every President makes them. But one test of political character is the willingness to stand up to pressure and make hard choices even when they’re politically unpopular. Mr. Biden has no record of doing so. Some readers may think it rude to say this, but Mr. Biden’s health and mental acuity are also relevant as he soon turns 78. His ability to recall names and events has clearly deteriorated. This may be the normal decline that comes with age, and he delivered his speech well. But his advisers don’t inspire confidence by keeping the candidate from any but the friendliest media questioners. They owe it to the country to let him show his stamina and fitness from now to Election Day. Even if his health holds, Mr. Biden would almost certainly be a one-term President. (…) Character counts in a President, as we learned long before Donald Trump sat in the Oval Office. But so do policies and political fortitude. The Wall Street Journal

Quel meilleur argument pour la réélection du président Trump ?

Faux prolétaire et vieux rentier de la politique, plagiaire multirécidiviste et gaffeur invétéré, mains baladeuses voire prédateur sexuel, vieux gâteux à la limite de la sénilité et notoire baratineur et affabulateur

Y a-t-il une faute …

En ces temps de politiquement correct et de fact-checking toujours plus sourcilleux …

Que n’aurait pas commise le candidat démocrate censé nous débarrasser du méchant Trump ?

Au lendemain d’une convention démocrate …

Qui pour dénoncer les prétendus manquements de l’actuel président Donald Trump …

Eclipsant ce faisant probablement, avec l’accord Abraham entre Israël et les Emirats arabes unis,  le plus grand triomphe de la diplomatie américaine des 50 dernières années …

A du candidat lui-même à l’ancien président Barack Obama et sa femme Michelle

Multiplié les contre-vérités et mensonges …

Accusant tour à tour et contre toute évidence, en l’un des pays les plus peuplés et les plus fédéralistes du monde, l’actuel président du pire bilan du coronavirus de la planète …

Et qui pour vanter les prétendus mérites d’un candidat du retour à la normalité …

Promoteur qui plus est d’une loi contre les violences faites aux femmes …

Fait totalement l’impasse, entre le Moraliste en chef Bill Clinton et des médias complices, sur des décennies d’accusations de harcèlement sexuel contre lui …

Comment ne pas douter avec le dernier éditorial du Wall Street Journal

A l’instar des sondages eux-mêmes dont les écarts logiquement se resserrent …

De cette image de Joe le Gentil et de Joe le prolo

Comme de par sa prétendue naissance dans les milieux ouvriers de l’état-clé de Pennsylvanie …

Alors qu’avant d’avoir ruiné sa famille, son père avait vécu, entre matches de polo et parties de chasse, dans la plus grande opulence d’un père cadre supérieur d’un grand groupe pétrolier …

Et qu’entre l’Ukraine et la Chine, son fils a largement profité, pour se remplir les poches, de son nom de famille …

Pour un vieux et si chiraquien cheval de retour qui, depuis près de 50 ans et entre deux désatreuses primaires démocrates, hante les allées du pouvoir …

Le tout sans jamais démontrer la moindre conviction …

Champion de la lutte contre la criminalité dans les années 90 …

Pour laquelle, émeutes et déboulonnages de Black Lives Matter obligent, il vient de s’excuser …

Qui choisi pour sa prétendue expérience de politique étrangère à la tête de la commission des Affaires étrangères du Sénat …

S’était opposé dès 91 à la première Guerre du Golfe pour soutenir la deuxième en 2002 …

Puis s’empressa de la rejeter quand les choses devinrent difficiles …

Et qui après s’être opposé à la contre-insurrection de 2007 puis félicité du retour au calme de 2008 …

A soutenu, avant de s’opposer à l’élimination de Ben Laden, le retrait catastrophique d’Obama de 2010 comme l’accord désastreux avec l’Iran …

Et qui aujourd’hui maitre démagogue, gaffeur et plagiaire, derrière son image de centriste depuis le début de la campagne …

N’arrête pas entre deux insultes aux minorités ou aux ouvriers et sans compter, entre deux ruptures d’anévrisme et une embolie pulmonaire, les doutes sur son acuité mentale …

De pencher vers la plus radicale des gauches … ?

The Joe Biden We Know

What does his long political career tell us about how he’d govern?

It took three tries and more than 30 years, but Joe Biden finally accepted the Democratic Party nomination for President Thursday evening. The moment was a personal triumph, and a credit to the former Vice President’s doggedness and the alliances he has formed over decades. Yet despite all of his many years in public life, it still isn’t clear what kind of President Mr. Biden would make.

Let’s assume that the gilded testimonials to Mr. Biden’s personal character at this week’s Democratic convention are true. He is by all accounts a nice guy. He cares about people, powerful or not. He can forge alliances across the aisle. He does not kick down at adversaries, at least most of the time. “Character is on the ballot,” as he put it Thursday night. In other words, he’s running as Not Donald J. Trump.

In the best case, Mr. Biden is asking Americans to believe that he would take these personal qualities to the White House and mediate policy disputes, calm the culture wars, and work with both parties to break America’s partisan fever. He’d do the same on the world stage, defending U.S. interests without bullying allies and leading international coalitions anew.

After the disruptions of the Trump era, this political idyll sounds inviting. Mr. Biden would certainly have the media and the institutions of American culture on his side, so the daily pitched battles of the last four years would be muted, at least for a time.

Yet there’s cause to doubt this happily-ever-after-Trump scenario—and the reasons include the man and the times. Regarding the man, Mr. Biden has never been a politician of strong political convictions. He’s a professional partisan Democrat whose beliefs have shifted as the party’s have.

Nearly all successful presidential candidates put their own political and policy stamps on their party and the times. Bill Clinton was a New Democrat who would reform welfare, George W. Bush was a compassionate conservative, and Barack Obama was a multiracial uniter who’d transcend red and blue state differences. Donald Trump was the populist disrupter of the establishment.

Mr. Biden has no such defining message. Can you think of a single policy, or even a phrase, that identifies what he has stood for in this campaign? The closest might have been a return to normalcy. But sometime in recent months that gave way to the party’s desire for transformational economic and social change.

More than any recent presidential nominee, Mr. Biden is more figurehead than party leader. He was the fail-safe choice, the last-ditch savior in South Carolina, after Bernie Sanders looked like he could run the primary table. Mr. Biden was lifted by his party’s elites. He owes them more than they owe him.

All of which leads to doubts that Mr. Biden would govern like the moderate of Milwaukee’s virtual convention. Mr. Biden would have a better chance of governing that way, ironically, if Republicans retain the Senate this year. Then compromise with Mitch McConnell would be a political necessity to get anything done.

But if Mr. Biden wins by his current polling margin, a Democratic sweep of Congress is far more likely. How probable would it be that Mr. Biden would be able to control, or want to control, the progressive ambitions of House and Senate Democrats and the institutional left?

There is reason for pessimism from the evidence of his long career. He opposed taxpayer funding for abortion for four decades until he reversed himself last year. In the 1990s he led the fight for a crime bill that he now disavows as he finds America guilty of systemic racism.

Before Robert Bork was nominated to the Supreme Court, Mr. Biden said he’d probably have to vote for him because of his qualifications. Then Ted Kennedy launched a tirade against the jurist. Mr. Biden, running the Judiciary Committee at the time, fell in line.

When Anita Hill made charges against Clarence Thomas only days before a scheduled confirmation vote, Mr. Biden folded under pressure and called hearings that became a spectacle. Justice Thomas was confirmed, as he should have been, but last year Mr. Biden loudly apologized to Ms. Hill and Democrats for not doing more in opposition.

As his polling lead has grown, Mr. Biden has said the 60-vote filibuster rule in the Senate might have to go, which would forestall the need for compromise. He has moved left since the primaries, absorbing Bernie Sanders’s priorities on student debt and much of the Green New Deal. His choice of California Senator Kamala Harris as running mate was a bow to the party’s desire for a progressive as his likely successor. But his speech, like the convention, focused on his platform only in the most general terms, mostly with gauzy platitudes.

As for foreign policy, he supported the invasion of Iraq in 2002 while chairing the Senate Foreign Relations Committee. Then he flipped when most Democrats did and as the fighting became difficult. Then he opposed the 2007 Iraq surge, saying it would fail. Then in 2011 he supported Barack Obama’s withdrawal from Iraq that set the stage for the rise of Islamic State. He opposed the raid on Osama bin Laden.

Misjudgments on hard questions are inevitable, and every President makes them. But one test of political character is the willingness to stand up to pressure and make hard choices even when they’re politically unpopular. Mr. Biden has no record of doing so

Some readers may think it rude to say this, but Mr. Biden’s health and mental acuity are also relevant as he soon turns 78. His ability to recall names and events has clearly deteriorated. This may be the normal decline that comes with age, and he delivered his speech well. But his advisers don’t inspire confidence by keeping the candidate from any but the friendliest media questioners. They owe it to the country to let him show his stamina and fitness from now to Election Day.

Even if his health holds, Mr. Biden would almost certainly be a one-term President. This means his political capital would fall starting on Inauguration Day like a new car off the lot. Democrats would jockey to succeed him and to push the party left. House Speaker Nancy Pelosi would drive policy.

These are all issues to consider as voters measure their tolerance for four more years of Mr. Trump’s behavior. Character counts in a President, as we learned long before Donald Trump sat in the Oval Office. But so do policies and political fortitude.

Voir aussi:

Joe Biden’s Class Act
William McGurn
WSJ
Sept. 2, 2008

Since Joe Biden landed on the Democratic ticket, we’ve all been treated to commentary attesting to the Lincolnesque rise of this proud son of Scranton, Pa. Here we read the references to « working-class roots. » There we see a headline trumpeting a « blue-collar messenger. » And everywhere we turn, we bump into the most treasured compound-adjective of them all: lunch-bucket.

The New York Times started it off with a column hailing this « lunch-bucket Democrat. » The Boston Globe adds ethnicity, writing about « an Irish Catholic lunch-bucket Democrat. » The Dallas Morning News emphasizes personality, celebrating a « gregarious lunch bucket Democrat » — to distinguish him, evidently, from the nongregarious variety. The Economist contributes virtue, characterizing Sen. Biden as « a perfect example of a lunch bucket Democrat made good. » And on it goes, with everyone from the Washington Post and Huffington Post to the Los Angeles Times, USA Today and the Associated Press serving up allusions to the senator’s lunch bucket.

A rich piece of Americana, the lunch bucket evokes coal miners toting their picks and pails to work in some Thomas Hart Benton mural. Leave aside that coal mining is probably not Mr. Biden’s favorite imagery. It’s also somewhat out of date. In class terms, the circular lunch buckets that the sons of Scranton once carried into the mines have largely yielded to Tupperware containers stacked up inside the Dunder Mifflin fridge.

It’s true that when members of Congress release their assets and incomes, Mr. Biden famously ranks near the bottom of the pile. But let’s remember that we’re talking about a pretty privileged pile. Only in a place as removed from reality as the Beltway could a man who has spent more than three decades in the United States Senate be hailed as a working-class stiff.

According to his most recent disclosure forms, Mr. Biden’s income includes his Senate salary of $165,200 and a teaching stipend of $20,500 from Widener University. On top of this, he received $112,500 as the second half of a book advance. Even allowing for generous deductions, Mr. Biden’s income comfortably locates him in the top 5% of American taxpayers.

The Senate disclosure forms do not require Mr. Biden to report his primary residence (or his federal pension). So I asked Jim Bowers — an old college roommate of mine who also lives in Delaware, who also went to the same high school, and who is also running for election. « Not many lunch buckets up Joe’s way, » says Mr. Bowers, a Republican seeking a seat in Delaware’s House of Representatives. « You have to remember that the senator lives in an area known as ‘chateau country.' »

Now, there’s no crime against having a top income, or a big house in a ritzy neighborhood. But it does make the whole lunch-bucket thing a little more sticky. And it confirms two truths about class in modern America.

First, in Washington you are permitted to enjoy wealth without ever being called wealthy provided simply that you haven’t actually earned it in some unseemly way — by, say, building up a business.

Second, even when Americans do well, we prefer not to define our class by where we rank on the economic scale. Instead, we classify ourselves by where our parents and grandparents were on that scale 50 years ago. Notwithstanding Mr. Biden’s moving references to Scranton, he moved out of that gritty city back at the beginning of the Eisenhower administration.

The assumption behind the lunch-bucket imagery, of course, is that Mr. Biden’s « working-class roots » gives him an advantage in any debate. I’m not so sure. Sarah Palin — governor of Alaska and Mr. Biden’s rival for vice president — looks like a woman who can hold her own on issues that speak to hard work and upward mobility.

Ms. Palin might, for example, point out that while the Senate offers members like Mr. Biden a generous pension, he opposes private Social Security accounts that would give the same to, say, a nurse.

Or that while Mr. Biden and Barack Obama have chosen upscale private schools for their own children, they are reluctant to support efforts that would help inner-city moms and dads do the same for their children.

Or that Mr. Biden not only opposes drilling today, in 1973 he voted against the Trans-Alaska pipeline that provides oil for American consumers — and jobs for American workers.

Let’s be fair. Mr. Biden has a lovely family. He gave his children a good, private education. He lives in a big house in an exclusive neighborhood. It speaks well of him that he returns to Wilmington each night instead of staying in Washington.

But it would still be refreshing if at least once we could read an account that called him what he actually is: a « chateau country Democrat. »

Voir également:

In 1987, Biden said publicly that he marched during the civil rights movement but later admitted he was « not an activist » and he was « not out marching.”

Nicholas Ballasy

Just the news

August 21, 2020

Now officially the 2020 Democratic presidential nominee, Joe Biden offered himself to Americans this week as an affable, trustworthy and experienced alternative for the White House. But his five-decade record in politics offers plenty of controversies ranging from insulting confrontations over IQ and race to fabrications and plagiarism.

An episode from the first of his three runs for president provides a case study. Biden once sparred in 1987 with a political reporter who asked him about his law school record. A tart Biden responded that he “probably” had a “higher IQ” than the reporter. And he claimed he finished in the top half of his class.

It was later revealed that Biden was near the bottom of his law school graduating class at Syracuse University’s College of Law, specifically 76 out of 85 students.

Biden also admitted that he had plagiarized during his first year at the institution.

“I was mistaken, but I was not in any way malevolent,” Biden explained.

The plagiarism tag would follow him into politics. Eventually it was also revealed that Biden had used quotes in speeches as a U.S. senator from Bobby Kennedy, John F. Kennedy and Neil Kinnock, a British Labour Party leader, without any attribution.

Earlier this year, he faced plagiarism again when it was revealed his 2020 climate plan lifted some passages from other documents without attribution. The campaign corrected the error.

In 1987, Biden said he marched during the civil rights movement but some media outlets pointed out that was not the case.

“I was not an activist,” Biden explained at a news conference at the time. “I was not out marching.”

These controversies eventually forced Biden from the 1988 presidential race in September 1987.

“Although it’s awfully clear to me what choice I have to make, I have to tell you honestly I do it with incredible reluctance and it makes me angry. I’m angry with myself for having been put in the position — put myself in the position of having to make this choice, » Biden said.

 »And I am no less frustrated at the environment of presidential politics that makes it so difficult to let the American people measure the whole Joe Biden and not just misstatements that I have made,” he added.

Biden has repeated the claim that he was involved in civil rights activism during the 2020 Democratic presidential primary on a few occasions. And his some of the most awkward apologies he’s been forced to make involve the issue of race.

During his 2008 run for president, Biden apologized for referring to his then-rival Sen. Barack Obama as « the first mainstream African-American who is articulate and bright and clean and a nice-looking guy. » It didn’t go unnoticed.

While campaigning in New Hampshire, Biden told a supporter that « You cannot go to a 7-Eleven or a Dunkin’ Donuts unless you have a slight Indian accent” in Delaware.

And in May of this year, Biden told radio host Charlamagne the God, « You ain’t black » if you vote against him, which sparked controversy. He later apologized for that statement too.

Exaggerations have also been flagged several times in his career.

During a presidential primary debate in 2007, for instance, Biden revealed that he had been “shot at” while visiting Iraq. When records conflicted with his account, he later changed his story.

In 2019 during Biden’s Democratic primary run, the Washington Post reported that the former vice president told a fake war story on the campaign trail. Politifact rated the story he told as false. Biden has dismissed the criticism. 

In March of this year, Biden claimed he was arrested in South Africa while trying to see the anti-apartheid leader Nelson Mandela. His campaign later said it didn’t happen after the U.S. ambassador who was with him on the trip said the arrest story wasn’t true.

The Week in Patriarchy is a weekly roundup of what’s happening in the world of feminism and sexism. If you’re not already receiving it by email, make sure to subscribe.Why are sexual assault and misbehaviour allegations against Biden being ignored?
Joe Biden, the presumptive Democratic presidential nominee, has been accused of sexual assault by a former staffer. Tara Reade, who worked with Biden when he was a Delaware senator, alleges he inappropriately touched her and penetrated her with his fingers without consent in 1993.“It happened all at once, and then … his hands were on me and underneath my clothes,” Reade recalled in an interview with podcast host Katie Halper on Wednesday. “He said ‘come on, man, I heard you liked me. For me, it was like, everything shattered … I wanted to be a senator; I didn’t want to sleep with one.”Rightwing news outlets have gleefully seized upon the accusations against Biden; the story has also been discussed by leftwing commentators. However, the mainstream media has largely ignored the allegations. Instead there have been headlines like The top 10 women Joe Biden might pick as VP (CNN) and Joe Biden’s inner circle: No longer a boy’s club (AP).It is hugely frustrating to see conservatives, who couldn’t give a damn about the multiple sexual assault allegations against Donald Trump, weaponize the accusations against Biden. However, it’s also frustrating to see so many liberals turning a blind eye. The accusations against the former vice-president are serious; why aren’t they being taken seriously?One obvious reason is that Reade’s accusations are very hard to prove. The incident happened a long time ago and there weren’t any witnesses. Reade also gave a slightly different version of events last year; she accused Biden of touching her neck and shoulders in a way that was inappropriate and uncomfortable, but did not say anything sexual took place. This inconsistency obviously doesn’t mean she’s lying; unfortunately, it is easy to use against her.Reade’s story may be impossible to verify, but this is the case with the vast majority of sexual assault allegations. It is nearly always a case of “he said, she said” – and it is nearly always the “he’ that is automatically believed. The #MeToo mantra “Believe Women” doesn’t mean that women never lie; it means that our systems of power are biased towards believing men never lie. It means that it takes decades of allegations and scores of women coming forward for powerful men like Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein and Bill Cosby to be brought to justice. All the mantra means is that you shouldn’t automatically disbelieve women.You know who has talked publicly about the importance of taking women seriously? Biden. During the Brett Kavanaugh hearings, Biden stood up for Dr Christine Blasey Ford, noting: “For a woman to come forward in the glaring lights of focus, nationally, you’ve got to start off with the presumption that at least the essence of what she’s talking about is real.”Does this presumption not apply when the guy being accused is a Democrat running for president? It would seem that way. In January, according to reporting from the Intercept, Reade asked for help from the Time’s Up Legal Defense Fund, which has supported accusers of high-profile people like Weinstein. Reade was reportedly told by the National Women’s Law Center, the organization within which the Time’s Up fund is housed, that it couldn’t assist with accusations against a presidential candidate because it would jeopardize their non-profit status. The Intercept further notes that “the public relations firm that works on behalf of the Time’s Up Legal Defense Fund is SKDKnickerbocker, whose managing director, Anita Dunn, is the top adviser to Biden’s presidential campaign”.

There are some people who will insist that drawing attention to the new allegations against Biden is playing into the Republicans’ hands. That it will destroy Biden’s campaign and guarantee us four more years of Trump. Not only is that argument hypocritical, it is also hugely unlikely that Reade’s accusations will do any damage whatsoever to Biden’s ambitions. Allegations of sexual assault certainly haven’t posed any hindrance to Trump. The allegations against Kavanaugh didn’t stop him from becoming a supreme court justice. The allegations against Louis CK didn’t kill his career in comedy. And the multiple women who have accused Biden of touching them inappropriately in the past haven’t exactly derailed his career.

Voir de même:

Why has the media ignored sexual assault and misbehaviour allegations against Biden?

Conservatives who didn’t care about the multiple sexual assault allegations against Trump have seized on the accusations while liberals turn a blind eye
Arwa Mahdawi
The Guardian
28 Mar 2020

Why are sexual assault and misbehaviour allegations against Biden being ignored?

Joe Biden, the presumptive Democratic presidential nominee, has been accused of sexual assault by a former staffer. Tara Reade, who worked with Biden when he was a Delaware senator, alleges he inappropriately touched her and penetrated her with his fingers without consent in 1993.

“It happened all at once, and then … his hands were on me and underneath my clothes,” Reade recalled in an interview with podcast host Katie Halper on Wednesday. “He said ‘come on, man, I heard you liked me. For me, it was like, everything shattered … I wanted to be a senator; I didn’t want to sleep with one.”

Rightwing news outlets have gleefully seized upon the accusations against Biden; the story has also been discussed by leftwing commentators. However, the mainstream media has largely ignored the allegations. Instead there have been headlines like The top 10 women Joe Biden might pick as VP (CNN) and Joe Biden’s inner circle: No longer a boy’s club (AP).

It is hugely frustrating to see conservatives, who couldn’t give a damn about the multiple sexual assault allegations against Donald Trump, weaponize the accusations against Biden. However, it’s also frustrating to see so many liberals turning a blind eye. The accusations against the former vice-president are serious; why aren’t they being taken seriously?

One obvious reason is that Reade’s accusations are very hard to prove. The incident happened a long time ago and there weren’t any witnesses. Reade also gave a slightly different version of events last year; she accused Biden of touching her neck and shoulders in a way that was inappropriate and uncomfortable, but did not say anything sexual took place. This inconsistency obviously doesn’t mean she’s lying; unfortunately, it is easy to use against her.

Reade’s story may be impossible to verify, but this is the case with the vast majority of sexual assault allegations. It is nearly always a case of “he said, she said” – and it is nearly always the “he’ that is automatically believed. The #MeToo mantra “Believe Women” doesn’t mean that women never lie; it means that our systems of power are biased towards believing men never lie. It means that it takes decades of allegations and scores of women coming forward for powerful men like Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein and Bill Cosby to be brought to justice. All the mantra means is that you shouldn’t automatically disbelieve women.

You know who has talked publicly about the importance of taking women seriously? Biden. During the Brett Kavanaugh hearings, Biden stood up for Dr Christine Blasey Ford, noting: “For a woman to come forward in the glaring lights of focus, nationally, you’ve got to start off with the presumption that at least the essence of what she’s talking about is real.”

Does this presumption not apply when the guy being accused is a Democrat running for president? It would seem that way. In January, according to reporting from the Intercept, Reade asked for help from the Time’s Up Legal Defense Fund, which has supported accusers of high-profile people like Weinstein. Reade was reportedly told by the National Women’s Law Center, the organization within which the Time’s Up fund is housed, that it couldn’t assist with accusations against a presidential candidate because it would jeopardize their non-profit status. The Intercept further notes that “the public relations firm that works on behalf of the Time’s Up Legal Defense Fund is SKDKnickerbocker, whose managing director, Anita Dunn, is the top adviser to Biden’s presidential campaign”.

There are some people who will insist that drawing attention to the new allegations against Biden is playing into the Republicans’ hands. That it will destroy Biden’s campaign and guarantee us four more years of Trump. Not only is that argument hypocritical, it is also hugely unlikely that Reade’s accusations will do any damage whatsoever to Biden’s ambitions. Allegations of sexual assault certainly haven’t posed any hindrance to Trump. The allegations against Kavanaugh didn’t stop him from becoming a supreme court justice. The allegations against Louis CK didn’t kill his career in comedy. And the multiple women who have accused Biden of touching them inappropriately in the past haven’t exactly derailed his career.

Voir de plus:

Michelle Obama fait l’objet d’une enquête de l’AP sur les enfants et les « cages »

Jack Phillips

The Epoch Times
19 août 2020

L’agence de presse Associated Press (AP) a vérifié le discours de l’ancienne première dame Michelle Obama à la Convention nationale démocrate après qu’elle a affirmé que le président Donald Trump gardait des enfants dans des « cages » le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour tenter de critiquer la politique d’immigration du président.

L’AP a déclaré dans un communiqué concernant le contrôle des faits que l’ancienne première dame « s’est attaquée lundi au président Donald Trump arguant qu’il a arraché des enfants de migrants à leurs parents et les a jetés dans des cages, reprenant ainsi un point fréquemment soulevé et déformé par les démocrates ».

« Elle a raison de dire que la politique de Trump, désormais suspendue à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, a séparé des milliers d’enfants de leurs familles d’une manière qui n’avait jamais été faite auparavant », ajoute l’AP dans son enquête. Mais ce qu’elle n’a pas dit, c’est que les mêmes « cages » ont été construites et utilisées dans l’administration de son mari, dans le même but de retenir temporairement les enfants de migrants.

L’AP a ajouté que la référence de Michelle Obama aux « cages » est « trompeuse » et qu’elle est fréquemment mentionnée par les politiciens démocrates.

« Trump a utilisé des installations qui ont été construites pendant l’administration Obama-Biden pour loger les enfants à la frontière. Il s’agit d’enclos à mailles losangées à l’intérieur des installations frontalières où les migrants étaient temporairement logés, séparés par sexe et par âge », ont déclaré les enquêteurs de l’AP.

L’agence de presse a noté que les photos d’enfants dans les centres d’hébergement qui ont été diffusées par les responsables démocrates en ligne pour critiquer Trump ont en fait été prises en 2014.

Ces photos « représentaient en fait quelques-uns des milliers d’enfants non accompagnés détenus par le président Barack Obama », a déclaré l’AP.

Dans son discours, Mme Obama a vanté le bilan de Joe Biden lorsqu’il était vice-président et a déclaré qu’il « sait ce qu’il faut pour sauver une économie, repousser une pandémie et diriger notre pays ».

Le président Trump n’a pas perdu de temps pour répondre au discours de l’ancienne première dame sur les médias sociaux.

« Quelqu’un pourrait-il expliquer à @MichelleObama que Donald J. Trump ne serait pas ici, dans la belle Maison-Blanche, si ce n’était pas pour le travail fait par votre mari, Barack Obama », a écrit M. Trump sur Twitter. « Mon administration et moi avons construit la plus grande économie de l’histoire, de tous les pays, en la remontant, en sauvant des millions de vies, et maintenant nous construisons une économie encore plus grande qu’avant. Les emplois se multiplient, le NASDAQ est déjà à un niveau record, le reste suivra. Asseyez-vous et regardez ! »

La convention d’investiture du Parti démocrate se tient du 17 au 20 août, avec des orateurs tels que l’ancien président Barack Obama, l’ancien président Bill Clinton, le sénateur Bernie Sanders (indépendant, Vermont), le sénateur Cory Booker (démocrate, New Jersey), le sénateur Elizabeth Warren (démocrate, Massachussetts), l’ancien gouverneur John Kasich, le représentant Jim Clyburn (démocrate, Caroline du Sud), l’ancienne première dame Michelle Obama, le gouverneur Andrew Cuomo et d’autres.

M. Biden et le sénateur Kamala Harris (démocrate, Californie) choisi comme vice-président, devraient être nommés. Tous deux devraient prendre la parole lors de l’événement, qui se déroule en grande partie virtuellement en raison de la pandémie de Covid-19.

La Convention nationale républicaine est prévue du 24 au 27 août.

Voir encore:

Parcours. Un gaffeur rusé à la vice-présidence

John M. Broder
The New York Times
Traduit par Courrier international

06/11/2008

Sénateur expérimenté, Joe Biden saura-t-il se contenter de jouer les utilités aux côtés de Barack Obama ?

Le grand public voit en lui l’Irlando-Américain natif de Pennsylvanie, le bavard enclin aux gaffes et aux grandes tapes dans le dos. Mais Joe Biden est surtout connu dans les couloirs du Sénat comme un homme politique ambitieux, rusé et calculateur, à l’esprit toujours tendu vers la prochaine étape de son ascension politique. La vie et la carrière de Joe Biden ont été marquées par une succession de naufrages et de remises à flot, certains dus au hasard, d’autres à ses propres défauts. Cette année, cet homme de 65 ans fort de trente-cinq années passées au Sénat avait pour objectif d’être prêt pour un dernier coup d’éclat.

Après deux candidatures désastreuses à l’investiture démocrate pour la candidature à la Maison-Blanche [en 1988 et en janvier 2008], il con­voitait les deux autres options les plus séduisantes, à savoir la résidence du vice-président ou les bureaux du département d’Etat. Rares sont les personnalités politiques américaines qui se fixent la vice-présidence pour objectif final. Mais, au cours des trente dernières années, la fonction a gagné en stature et en influence, et, selon certains de ses conseillers, Joe Biden a estimé qu’il pourrait peser davantage sur la politique américaine en exerçant ces fonctions aux côtés du président qu’en dirigeant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Il a exprimé dès juin dernier son intérêt pour le poste. Deux mois plus tard, Obama le lui offrait.

Il est encore difficile de savoir quel genre de vice-président sera Joe Biden. Il reconnaît lui-même n’avoir jamais eu de patron et ne pas être habitué à jouer les seconds couteaux, lui qui s’est fait élire pour la première fois au Sénat à l’âge de 29 ans, il y a trente-six ans de cela. Jusqu’à l’âge de 10 ans, Joe Biden a grandi à Scranton, une petite ville de Pennsylvanie qu’il considère toujours comme étant chez lui, bien qu’il vive depuis 1953 à Wilmington, dans le petit Etat voisin du Delaware. Diplômé en droit, il a brièvement exercé le métier d’avocat, mais a toujours nourri de plus hautes ambitions. En 1972, il a affronté le très populaire sénateur J. Caleb Boggs au cours d’une campagne où seuls lui et sa famille croyaient en ses chances de réussite. Et, à 29 ans, il fut pour la première fois élu au Sénat. Mais la joie fut de courte durée : peu avant Noël, sa femme et sa fille de 13 mois furent tuées dans un accident de voiture, et ses deux jeunes fils, Joseph III et Hunter, gravement blessés. Joe Biden envisagea alors de démissionner du Sénat, mais deux sénateurs, Mike Mansfield et Hubert Humphrey, l’en dissuadèrent.

L’action de Joe Biden au Congrès fournit quelques indices sur ce que pourrait être sa vice-présidence. Le sénateur s’est trouvé au cœur de féroces batailles, qu’il a parfois remportées. En particulier lorsque, en 1987, à la tête de la Commission judiciaire du Sénat, il est parvenu à contrer la nomination du juge conservateur Robert H. Bork à la Cour suprême. Il en a perdu aussi, notamment lorsqu’il tenta en vain de bloquer la désignation du très conservateur juge africain-américain Clarence Thomas à la Cour suprême, en 1991. Ces combats lui ont valu l’inimitié de certains sénateurs et intellectuels conservateurs, mais aussi celle des féministes et des progressistes. Après l’affaire Thomas, il a déclaré qu’il ne voulait pas passer le reste de sa carrière à traiter des désignations à la Cour suprême et se consacra alors à la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat, dont il devint membre, puis président en 2001. Il vota contre le recours à la force pour chasser les Irakiens du Koweït en 1991 et pour l’usage de la puissance militaire en Irak en 2002. Il eut cependant tout le loisir de regretter ces prises de position : Joe Biden a déclaré plus tard qu’il jugeait finalement justifiée la guerre du Golfe de 1991 et que la seconde guerre d’Irak avait été si mal conduite qu’il regrettait de l’avoir approuvée. En 2006 et 2007, il s’est opposé à l’envoi de renforts en Irak, proposant à la place une partition du pays en trois régions autonomes, un projet critiqué de toutes parts pour son manque de réalisme.
Joe Biden assure aujourd’hui ne pas vouloir s’occuper d’un domaine particulier une fois à la vice-présidence, et il a promis à Barack Obama qu’il n’userait pas de son expérience aux Affaires étrangères et de ses contacts au Capitole pour court-circuiter le futur secrétaire d’Etat. Il dit espérer pouvoir contribuer à l’acceptation du programme d’Obama au Congrès et jouer les conciliateurs. Quoi qu’il en soit, son rôle, comme celui de tous les vice-présidents, dépendra beaucoup de ses rapports avec son patron. Lorsqu’ils se sont entretenus l’été dernier à ce propos, Barack Obama a dit souhaiter “un véritable partenaire de gouvernement”. Il a précisé qu’il cherchait un vice-président qui le conseille sans y aller par quatre chemins et que c’était pour cette raison qu’il avait choisi le sénateur du Delaware, car, a-t-il affirmé,“Joe Biden n’a pas sa langue dans sa poche”.

Voir aussi:

Hoping It’s Biden
David Brooks
NYT
Aug. 22, 2008

Barack Obama has decided upon a vice-presidential running mate. And while I don’t know who it is as I write, for the good of the country, I hope he picked Joe Biden.

Biden’s weaknesses are on the surface. He has said a number of idiotic things over the years and, in the days following his selection, those snippets would be aired again and again.

But that won’t hurt all that much because voters are smart enough to forgive the genuine flaws of genuine people. And over the long haul, Biden provides what Obama needs:

Working-Class Roots. Biden is a lunch-bucket Democrat. His father was rich when he was young — played polo, cavorted on yachts, drove luxury cars. But through a series of bad personal and business decisions, he was broke by the time Joe Jr. came along. They lived with their in-laws in Scranton, Pa., then moved to a dingy working-class area in Wilmington, Del. At one point, the elder Biden cleaned boilers during the week and sold pennants and knickknacks at a farmer’s market on the weekends.

His son was raised with a fierce working-class pride — no one is better than anyone else. Once, when Joe Sr. was working for a car dealership, the owner threw a Christmas party for the staff. Just as the dancing was to begin, the owner scattered silver dollars on the floor and watched from above as the mechanics and salesmen scrambled about for them. Joe Sr. quit that job on the spot.

Even today, after serving for decades in the world’s most pompous workplace, Senator Biden retains an ostentatiously unpretentious manner. He campaigns with an army of Bidens who seem to emerge by the dozens from the old neighborhood in Scranton. He has disdain for privilege and for limousine liberals — the mark of an honest, working-class Democrat.

Democrats in general, and Obama in particular, have trouble connecting with working-class voters, especially Catholic ones. Biden would be the bridge.

Honesty. Biden’s most notorious feature is his mouth. But in his youth, he had a stutter. As a freshman in high school he was exempted from public speaking because of his disability, and was ridiculed by teachers and peers. His nickname was Dash, because of his inability to finish a sentence.

He developed an odd smile as a way to relax his facial muscles (it still shows up while he’s speaking today) and he’s spent his adulthood making up for any comments that may have gone unmade during his youth.

Today, Biden’s conversational style is tiresome to some, but it has one outstanding feature. He is direct. No matter who you are, he tells you exactly what he thinks, before he tells it to you a second, third and fourth time.

Presidents need someone who will be relentlessly direct. Obama, who attracts worshippers, not just staff members, needs that more than most.

Loyalty. Just after Biden was elected to the senate in 1972, his wife, Neilia, and daughter Naomi were killed in a car crash. His career has also been marked by lesser crises. His first presidential run ended in a plagiarism scandal. He nearly died of a brain aneurism.

New administrations are dominated by the young and the arrogant, and benefit from the presence of those who have been through the worst and who have a tinge of perspective. Moreover, there are moments when a president has to go into the cabinet room and announce a decision that nearly everyone else on his team disagrees with. In those moments, he needs a vice president who will provide absolute support. That sort of loyalty comes easiest to people who have been down themselves, and who had to rely on others in their own moments of need.

Experience. When Obama talks about postpartisanship, he talks about a grass-roots movement that will arise and sweep away the old ways of Washington. When John McCain talks about it, he describes a meeting of wise old heads who get together to craft compromises. Obama’s vision is more romantic, but McCain’s is more realistic.

When Biden was a young senator, he was mentored by Hubert Humphrey, Mike Mansfield and the like. He was schooled in senatorial procedure in the days when the Senate was less gridlocked. If Obama hopes to pass energy and health care legislation, he’s going to need someone with that kind of legislative knowledge who can bring the battered old senators together, as in days of yore.

There are other veep choices. Tim Kaine seems like a solid man, but selecting him would be disastrous. It would underline all the anxieties voters have about youth and inexperience. Evan Bayh has impeccably centrist credentials, but the country is not in the mood for dispassionate caution.

Biden’s the one. The only question is whether Obama was wise and self-aware enough to know that

Voir également:

Le fils de Joe Biden promet de cesser ses activités à l’étranger

Hunter Biden a annoncé qu’il allait quitter le conseil d’administration de la société chinoise BHR. Ses activités à l’étranger ont fait l’objet de nombreuses attaques de la part de Donald Trump et fragilisé la campagne de son père.

La nouvelle est tombée deux jours avant le nouveau débat entre candidats démocrates, qui doit avoir lieu le 15 octobre dans l’Ohio. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, a fait savoir par le biais de son avocat, dimanche 13 octobre, qu’il avait “l’intention de quitter le conseil d’administration de la société chinoise, BHR avant la fin du mois”, rapporte le New York Times.

Hunter Biden a ajouté que si son père était élu président, il “accepterait de ne pas travailler pour le compte de sociétés étrangères”.

Les activités de Hunter Biden en Chine et en Ukraine, où il a siégé au conseil d’administration d’une société gazière entre 2014 et 2019, ont fait l’objet “d’attaques incessantes de la part du président Trump et menacé la candidature de son père, Joe Biden”, rappelle le quotidien new-yorkais.

Selon le New York Times, “rien ne prouve que l’ancien vice-président de Barack Obama ait agi de façon inappropriée pour aider son fils dans ses affaires en Chine et en Ukraine, comme l’a affirmé M. Trump”.

Joe Biden a tenu une rapide conférence de presse le 13 octobre pour expliquer que “la décision de quitter le conseil d’administration de la société chinoise avait été prise par son fils seul”.

Joe Biden prêt à répondre à ses rivaux démocrates

Le quotidien new-yorkais fait également remarquer que Joe Biden a semblé “porter des coups voilés à certains des enfants de Donald Trump”, qui ont eux aussi développé des relations d’affaires à l’étranger :

Personne dans ma famille n’aura de bureau à la Maison-Blanche, n’assistera aux réunions comme s’il était un membre du cabinet du président, n’aura de relations d’affaires avec quiconque ayant un lien avec une société étrangère ou un pays étranger.”

Alors qu’un nouveau débat doit avoir lieu le 15 octobre entre les candidats démocrates, Joe Biden “se prépare depuis des semaines à répondre à des questions sur son fils, indique le New York Times. Ses alliés et conseillers martèlent que tout démocrate qui aborde le sujet fait le jeu de Donald Trump et nuit à la cause du parti.”

Pour le quotidien, certains démocrates considèrent toutefois que l’attention portée à la famille de Joe Biden est devenue une vulnérabilité politique, l’éloignant de son programme de campagne et l’obligeant à se défendre”.

Voir de même:

Elections

Who or What Exactly Is Running Against Trump?

The inner-Biden at 77 is turning out to be an unabashed bigot in the age of “cancel culture” and thought crimes that has apparently declared him immune from the opprobrium reserved for any such speech.

As we enter the final 90 days of the November presidential campaign, a few truths are crystalizing about the “Biden problem,” or the inability of a 77-year-old Joe Biden to conduct a “normal” campaign.

Biden’s cognitive challenges are increasing geometrically, whether as a result of months of relative inactivity and lack of stimulation or just consistent with the medical trajectory of his affliction. His lot is increasingly similar to historical figures such as 67-year-old President William Henry Harrison, William Gladstone’s last tenure as prime minister, Chancellor Hindenburg, or Franklin Roosevelt in late 1944—age and physical infirmities signaling to the concerned that a subordinate might assume power sooner than later.

In the past, it was to Biden’s advantage to postpone his selection of his female-mandated vice presidential running mate, given the lose-lose choice of either picking a woke young African American female who may polarize swing voters while spending the next three months being vetted in the fashion of California Representative Karen Bass’s Scientology and Fidel Castro issues, or selecting a vetted, but off-putting former National Security Advisor Susan Rice or Senator Kamala Harris (D-Calif.), who does not especially like Biden and would be seen as hovering and rummaging about as an impatient president-in-waiting.

Biden, remember, is one of the few primary candidates in history who promised in advance to pick a running mate on the basis of gender and, as events would dictate, and by inference, race as well.

But now there seems an additional urgency to select a running mate, given the Democratic ticket is a construct, with no visible or viable presidential candidate. While traditional polls show a sizable Biden lead, at some point voters will want more than the current contest of Trump alone versus the media, the virus, the lockdown, the economy, and the rioting. But so far, it remains a one-person race, in the fashion of Clint Eastwood’s weird 2012 Republican National Convention appearance speaking to an empty chair.

Perceiving the Inner Biden

So we are witnessing a campaign never before experienced in American history and not entirely attributable to the plague and quarantine. After all, the fellow septuagenarian Trump, with his own array of medical challenges, insists upon frenetic and near-constant public appearances. His opponent is a noncandidate conducting a noncampaign that demands we ask the question, who exactly is drafting the Biden agenda and strategy? Or, rather, who or what is Biden, if not a composite cat’s paw of an anonymous left-wing central committee?

When Biden speaks for more than a few minutes without a script or a minder in his basement, the results are often racist of the sort in the Black Lives Matter era that otherwise would be rightly damned and called out as disqualifying. If his inner racialist persona continues to surface, Biden’s insensitivities threaten to expose a muzzled BLM as a mere transparent effort to grab power rather than to address “systemic racism” of the sort the exempt Biden seems to exude.

Biden needs the minority vote in overwhelming numbers, as he realized in his late comeback in the primaries. But the continuance of his often angry, unapologetic racialist nonsense suggests that his cognitive issues trump his political sense of self-control.

The inner Biden at 77 is turning out to be an unabashed bigot in the age of “cancel culture” and thought crimes that has apparently declared him immune from the opprobrium reserved for any such speech.

For Biden, if any African American doesn’t vote for him, then “you ain’t black”—a charge fired back at black podcaster with near venom. Biden more calmly assures us, in his all-knowing Bideneque wisdom, that Americans can’t tell Asians in general apart—channeling the ancient racist trope that “they all look alike.”

In his scrambled sociology, blacks are unimaginatively monolithic politically, while Latinos are diverse and more flexible. Biden seems to have no notion that “Latino” is a sort of construct to encompass everyone from a Brazilian aristocrat to an immigrant from the state of Oaxaca, and not comparable to the more inclusive and precise term “African American.” Moreover, while the black leadership in Congress may be politically monolithic, there are millions of blacks who oppose abortion, defunding the police, and illegal immigration. The best minds of the conservative intellectual and political movement so often are African Americans.

When asked questions, Biden’s answers so often reveal racist subtexts. A few days ago, CBS reporter Errol Barnett, who is black, asked Biden whether he would take a cognitive assessment exam. Biden fired back to him that such an unfair question would be as if he had asked Barnett whether he was getting tested for cocaine before going live. “That’s like saying,” a perturbed Biden exclaimed to Barnett, “before you got on this program, you’re taking a test whether you’re taking cocaine or not . . . What do you think, huh? Are you a junkie?” Note the tell-tale Biden trademark of racist insinuation delivered with punk-like braggadocio.

Note, too, Biden’s racist assumption that an African American professional journalist might be likely to be defensive about being a cocaine addict. Yet Biden should know—from the drug struggles of Hunter Biden—that cocaine is in fact the favorite drug of the white elite.

Mental Lapses as Force Multipliers

The problem is that in the past, a cognizant Biden was already racially edgy with his various earlier-career riffs about inner-city criminals, blue-collar chest-thumping about busing, and his more recent ideas about donut shops, accomplished black professionals on the verge of returning to slave status (“put y’all back in chains”), his racist descriptions of candidate Obama’s supposedly exceptional personal hygiene and ability to speak well, his corn-pop braggadocio, and on and on.

His mental lapses now serve as force multipliers and accelerants of the old Biden’s foot-in-mouth disease and render him often a caricature of a racist.

Politically, the point is not that he will not win the majority of minority voters, but rather that he won’t win enough of them at a margin necessary that carrying large swing-state cities such as Philadelphia, Milwaukee, Detroit, Cleveland, and others, will make up for the likely loss of rural areas and working-class whites, supposedly the “clingers” that “good ’ole Joe from Scranton” was supposed to own.

Even more disturbing, the media simply is unconcerned about Biden’s racial putdowns, stereotyping, and uncomfortableness with the proverbial “other.” And the more the inner-Biden racialist sounds off, the more ridiculous such contextualizing becomes and the less people listen when journalists and activists spout off about a systemically racist America.

Recently, when Biden has attempted to speak without prompts, indeed to clear up “rumors” of his cognitive problems, he simply loses his train of thought and utters a series of unstructured and unsettled thoughts that refute the very premise of his interview. The understandable Democratic strategy is to run out the clock and to choreograph a few post-Labor Day public appearances, to outsource campaigning to his running mate and future cabinet secretaries, and then to hope, in the manner of a 2016 Hillary Clinton, that he has amassed a large enough September lead to outlast a closing October Trump campaign.

There are problems with such a strategy, as we saw in 2016. If Biden late in the campaign stumbles in the debates, there is no post-convention remedy to reassure the public he is compos mentis or otherwise can be replaced by a majority consensus. Then the country would be entering something eerily similar to, but far graver than, the McGovern debacle of desperately looking for a new running mate after it was disclosed that an apparently perfectly cognizant Tom Eagleton—his running-mate for 18 days—had undergone two electric shock treatments in his past as well as undisclosed prior hospitalizations for bipolar disorder.

Biden’s Race Against Time

Right now, the Democrats have a virtual campaign and a virtual candidate and a strategy of running against the Trump news cycle. That may work, but it assumes Americans under quarantine don’t mind that they do not really know who is the Democratic challenger, or that Biden is, in fact, not physically or mentally able to function as either a candidate or president. It also assumes that the Trump-owned news cycle will remain as dismal over the next three months as it has the last five or six weeks, and that the virus will spike in late October again, rather than slowly burn out as it seems to be doing in Sweden and elsewhere in Europe.

Add it all up and the question is no longer whether Biden could fulfill the duties of the presidency but whether he can finish a traditional campaign over the next three months—without outsourcing his duties to a committee, or serially saying something blatantly racist, or simply disappearing to the nether world of his basement where saying nothing beats saying anything.

Voir par ailleurs:

Aux États-Unis, il y a aussi une “majorité silencieuse noire”

Jason L. Riley

The Wall Street Journal
19/06/2020

Pour ce chroniqueur africain-américain du Wall Street Journal, quotidien conservateur, le mouvement Black Lives Matter fait fausse route en accusant les forces de l’ordre d’être responsables des inégalités. Selon lui, c’est la criminalité dans les quartiers qui fait obstacle à l’ascension sociale ds Noirs américains.

Il est trop tôt pour dire ce qui ressortira de l’actuelle vague de violences liée à la mort de George Floyd. On sait en revanche que l’histoire récente n’a pas été particulièrement tendre envers les mouvements militants qui tentent de lutter contre le racisme.

Les méthodes défendues par l’une de leurs figures les plus célèbres, Martin Luther King, ont abouti à l’adoption du Civil Rights Act en 1964 et du Voting Rights Act en 1965, deux des plus grandes lois de l’histoire américaine.

À l’inverse, l’évolution du mouvement Black Power a conduit à son implosion, ses principaux représentants finissant en exil, en prison ou victimes de rivalités internes meurtrières. Si le mouvement avait su s’attirer quelques sympathies chez les Blancs, celles-ci ont rapidement disparu après les émeutes de Détroit, Baltimore, Los Angeles et plusieurs autres grandes métropoles.

Renforcement d’une identité de groupe

De même qu’aujourd’hui avec le mouvement Black Lives Matter, le renforcement d’une identité de groupe associée aux militants noirs a été suivi par un retour de bâton avec la résurgence des suprémacistes blancs et l’émergence des skinheads dans les années 1970 et 1980.

Il n’est pas besoin de lire des articles universitaires pour comprendre que les manifestations pacifiques pour les droits civiques ont mieux réussi que les violences. Un chercheur de Princeton vient néanmoins d’en publier un qui mérite lecture. Dans un article paru le mois dernier dans l’American Political Science Review, Omar Wasow, professeur adjoint en sciences politiques, décrit les résultats d’un projet de recherche entamé il y a quinze ans sur les conséquences politiques des manifestations.

Omar Wasow, qui est noir, a étudié les manifestations de militants noirs entre 1960 et 1972 aux États-Unis et découvert que les “tactiques employées” pouvaient faire toute la différence pour faire avancer une cause :

Les manifestations non violentes ont joué un rôle essentiel pour faire pencher la balance politique nationale en faveur des droits civiques. Les mouvements dans lesquels étaient lancées des violences parvenaient à des résultats diamétralement opposés aux revendications des manifestants.”

Après les incidents survenus lors des manifestations liées à la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police, le président Trump a clairement annoncé que “l’ordre public” serait un de ses thèmes de campagne, et les travaux de Wasow apportent des éléments de réponse quant à l’efficacité de cette stratégie.

Le précédent Nixon

Dans un récent entretien avec le New Yorker, Wasow déclare avoir découvert “un lien de causalité entre les manifestations violentes” survenues après l’assassinat de Martin Luther King en avril 1968 et “le rejet du parti démocrate”. Plus spécifiquement, “dans les circonscriptions proches des violences, Nixon a enregistré des résultats supérieurs de 6 à 8 points de pourcentage lors de l’élection”.

L’analogie entre 1968 et 2020 est toutefois compliquée par un certain nombre de facteurs. L’élection présidentielle de 1968 se jouait entre trois hommes, et Nixon faisait figure de choix sûr pour les gens qui souhaitaient un retour à l’ordre avec un homme plus ferme que le démocrate Hubert Humphrey mais sans le racisme de George Wallace [ancien gouverneur ségrégationniste de l’Alabama].

En outre, Nixon n’était pas le président sortant. Il s’est présenté comme le candidat censé lutter contre la criminalité, l’insécurité en ville et les divisions raciales qui n’avaient fait que s’aggraver sous la présidence d’un autre. La cote de popularité en baisse de Donald Trump laisse pressentir qu’il ne pourra pas jouer cette carte-là. La semaine dernière, le Wall Street Journal indiquait que, selon son dernier sondage mené en collaboration avec NBC News, 80 % des électeurs avaient actuellement “le sentiment que la situation dans le pays échappait de plus en plus à tout contrôle”.

Trump est aussi impopulaire que les pillages

La question est de savoir si Joe Biden et les démocrates aideront Donald Trump en permettant aux manifestants violents de devenir le visage de leur parti et en cédant aux demandes de plus en plus absurdes des progressistes radicaux. Donald Trump est peut-être impopulaire, mais les pillages et le déboulonnage des statues le sont tout autant, de même que l’arrêt du financement de la police ou le fait de laisser des militants armés radicaux s’emparer de quartiers entiers.

La gauche devrait également veiller à ne pas croire que les électeurs noirs dont elle aura massivement besoin dans cinq mois seront convaincus par un tel programme. Dans un mémo de 1970 adressé au président Nixon, son conseiller Daniel Patrick Moynihan notait qu’il “existe une majorité silencieuse chez les Noirs comme chez les Blancs” et que les deux partageaient “essentiellement les mêmes préoccupations”.

Inégalités sociales

Ce qui était vrai il y a cinquante ans l’est toujours aujourd’hui. La plupart des Noirs savent que George Floyd n’est pas plus représentatif de leur communauté que Derek Chauvin ne l’est des policiers. Ils savent que la fréquence des contacts entre Noirs et policiers a beaucoup plus à voir avec le taux de criminalité chez les Noirs américains qu’avec le fait que les policiers seraient racistes.

Ils savent que les jeunes hommes noirs ont bien plus à craindre de leurs pairs que des forces de police. Et ils savent que les émeutiers sont des opportunistes et non des révolutionnaires.

Il est parfaitement légitime d’ouvrir un débat national sur la façon d’améliorer les méthodes de la police, mais aujourd’hui la conversation en vient à accuser les forces de police d’être responsables des inégalités sociales, ce qui n’est pas seulement illogique mais dangereux. La criminalité dans les quartiers fait obstacle à l’ascension sociale. Toute conversation ne reconnaissant pas cette réalité ne mérite pas d’avoir lieu.

Voir également:

Dans les villes américaines, l’échec de la gauche est “patent” depuis 1968

Daniel Henninger
The Wall Street Journal
12/06/2020

Pauvreté, délinquance, difficultés scolaires : pour le Wall Street Journal, la situation des quartiers où des émeutes avaient déjà fait rage il y a plus de 50 ans n’a guère évolué. Et le “nihilisme de la culpabilité perpétuelle” des progressistes américains est une excuse commode pour masquer leurs erreurs.

Ce n’est pas une redite de 1968. C’est pire.

La fin des années 1960 a incarné l’âge d’or du progressisme américain moderne. En 1964 et 1965, les démocrates et républicains du Congrès ont adopté ensemble des lois historiques sur les droits civiques. Au printemps 1968, c’est l’assassinat de Martin Luther King qui a précipité un soulèvement : New York, Trenton, Chicago, Detroit, Baltimore, Kansas City et Washington se sont enflammés.

On peut supposer qu’à cette période, en dépit de la grande réforme sociale amorcée par le président démocrate Lyndon B. Johnson (LBJ), ces mesures de gauche étaient trop récentes pour avoir amélioré les conditions de vie dans les quartiers urbains défavorisés.

Le 25 mai 2020, George Floyd est mort à Minneapolis aux mains du policier Derek Chauvin, qui a été arrêté et inculpé de meurtre. Puis de nombreuses villes des États-Unis ont été le théâtre de manifestations accompagnées d’émeutes et de pillages. Simultanément, beaucoup ont affirmé que les États-Unis – c’est-à-dire la population américaine – étaient coupables d’un perpétuel “racisme systémique”.

Des milliers de milliards de dollars dépensés

Les images des événements montrent clairement que la majorité des manifestants sont nés après 1990. À cette date, les politiques sociales de LBJ existaient depuis vingt-cinq ans, elles sont aujourd’hui en vigueur depuis cinquante-cinq ans. Des milliers de milliards de dollars sont alloués chaque année à l’assurance-maladie pour les plus vulnérables, aux bons alimentaires, aux logements sociaux, aux allocations logement et aux subventions fédérales des écoles publiques, mais pour aboutir à quoi, exactement ?

Quasiment rien n’a changé dans les quartiers où des émeutes ont fait rage en 1968. La pauvreté, la délinquance, les difficultés scolaires semblent tout aussi courantes aujourd’hui qu’à l’époque où LBJ s’était engagé à y remédier. Autant dire que nous avons observé cinq décennies d’inertie et d’immobilisme dans les quartiers les plus marginalisés des États-Unis, presque toujours sous la direction politique des démocrates, ou “progressistes”, comme on dit aujourd’hui.

L’échec du modèle de la gauche est si patent que ses défenseurs ont créé tout un univers parallèle de justifications en accusant les colons ou en dénonçant l’absence de “justice”. Et leur stratégie fonctionne, puisque des manifestants à Paris et à Berlin – un comble – font la leçon aux États-Unis sur le racisme d’État.

Une politique systémique d’oubli

La situation est plus grave qu’en 1968, car notre système tout entier est maintenant engagé dans une politique systémique d’oubli. Oublions l’échec de cette stratégie et ses raisons. Oublions, par exemple, que les logements sociaux new-yorkais sont infestés de rats et n’ont pas de chauffage l’hiver. Oublions que beaucoup de Noirs ont effectivement été abandonnés à leur sort. Oublions que, malgré le budget faramineux de Medicaid [l’assurance-maladie fédérale pour les plus vulnérables], le pourcentage de maladies chroniques reste plus élevé chez les Américains noirs.

Se contenter de plaquer l’analyse de 1968 sur les événements de 2020 est un acte nihiliste. À force d’être accusés en continu de “racisme systémique” par les militants et les médias, les gens finissent par être insensibilisés. Ils concluent que la solution proposée aujourd’hui est littéralement une absence de solution.

Ce nouveau nihilisme progressiste martèle que la réponse à la délinquance dans les quartiers est la dépénalisation. À New York, en raison de la “réforme” des libérations sous caution, la majorité des pilleurs arrêtés sont remis en liberté.

Ce nouveau nihilisme minimise les dégradations matérielles motivées par des considérations idéologiques, car les biens sont “remplaçables”. En réalité, on sait très bien que beaucoup des quartiers incendiés en 1968 peinent à se reconstruire depuis.

L’espoir existe

Ce nouveau nihilisme affirme qu’on a beau nommer des chefs de la police réformistes et des maires noirs, “rien n’a changé”. C’est la définition même du désespoir. Mais l’espoir existe.

On pourrait, par exemple, favoriser l’accès à la propriété, comme l’a proposé le ministre du Logement, Ben Carson, en réformant l’emprunt hypothécaire. Débarrassons-nous de ces affreux logements sociaux qui s’apparentent plus à des prisons. Mais l’inertie prévaut.

Les Africains-Américains veulent envoyer leurs enfants dans des écoles privées sous contrat, car elles enseignent des valeurs, l’estime de soi et l’espoir. Mais cette option pensée pour les parents à revenus modestes suscite une opposition franche du Parti démocrate.

On pourrait faire valoir que les créations d’emplois et la hausse des salaires ces dernières années chez les jeunes Américains noirs sont plus en phase avec les 244 ans d’histoire américaine qui ont fait de ce pays une terre d’avenir. Mais pourquoi y prêter attention ? Le nihilisme de la culpabilité perpétuelle est plus commode, car il absout de toute responsabilité ceux qui sont susceptibles d’avoir mis en œuvre des politiques publiques aberrantes.

Reste à savoir comment les Américains, quelle que soit leur couleur, ont vécu les récents événements. Le minimalisme médiatique affirme qu’il faut choisir entre Joe Biden et Donald Trump. Mais les enjeux dépassent largement ces deux hommes.

Voir enfin:

L’absence d’enthousiasme de la gauche pacifiste autoproclamée dissimule mal le fait que depuis longtemps, sans le dire, elle ne soutient plus que du bout des lèvres l’existence de l’État d’Israël, souligne notre chroniqueur Gilles-William Goldnadel.

En principe, une telle annonce est censée réjouir tous les hommes de bonne volonté indépendamment de leurs prises de position politique, la paix étant–on excusera le lieu commun–toujours préférable à la guerre.

A fortiori lorsqu’il s’agit d’un État juif et d’un État arabe et musulman dont on connaît l’antagonisme historique.

Il est normal et d’une grande logique politique que la République Islamique d’Iran ou que le Hamas palestinien, qui ne dissimulent pas leurs désirs de détruire Israël, vouent cet accord aux gémonies.

Mais la gauche et son extrémité qui aiment à afficher par tous les temps et de tout temps leur pacifisme exacerbé (« le capitalisme apporte la guerre, comme la nuée l’orage » nous expliquent doctement les marxistes, « le nationalisme c’est la guerre » nous disent les trotskistes, Mitterrand et Macron) s’est montré d’une immense discrétion.

C’est ainsi que Le Monde du 14 aout, toujours égal à lui-même, n’a pas hésité à présenter négativement l’accord comme une omission des palestiniens, jusqu’à travestir la réalité.

En effet, bien qu’il s’agisse d’un accord bilatéral ne concernant en rien la Palestine, les Émirats Arabes Unis ont tenu à ce que cet accord contienne une clause de suspension du projet d’annexion par Israël de cette vallée du Jourdain au demeurant acceptée depuis longtemps par la partie palestinienne, en cas d’accord définitif, en raison du fait qu’elle est peu peuplée d’Arabes et d’une importance stratégique existentielle pour l’Etat Juif.

Sauf que la représentation politique des Arabes de Palestine ne s’est jamais résolue depuis un siècle à renoncer à une portion d’une terre qu’elle considère toujours, de parfaite bonne foi irrédentiste, comme arabe et musulmane.

Cette absence d’enthousiasme de la gauche pacifiste autoproclamée dissimule mal le fait que depuis longtemps sans le dire elle ne se soutient plus que du bout des lèvres l’existence de l’État d’Israël.

Plusieurs raisons conscientes et inconscientes expliquent cette désaffection montante.

La première et que la gauche xénophile a basculé dans le camp de la radicalité anti-occidentale la plus pathologique.
Peu importe donc que celui-ci soit raciste ou antisémite.

La seconde, est que la gauche européiste et son extrémité affichent désormais une détestation pour les États-nations. A fortiori lorsqu’ils sont d’occident.

La troisième est que la gauche et son extrémité sont atteints de racisme anti blanc.

La quatrième, qui n’est que la synthèse des trois premières, est que l’Israélien–ou le juif moderne–est considéré comme un super blanc au rebours du juif ancien que le vieil antisémite prenait pour un métèque.

L’État-nation juif occidental qui se bat bec et ongles pour défendre ses frontières n’en est que plus détestable pour la gauche devenue internationaliste.

Il ne faut dès lors pas s’étonner que les populations immigrées d’origine arabe ou musulmane présentes sur le sol français se montrent souvent beaucoup plus hostiles que d’autres populations arabes ou musulmanes à l’égard d’Israël et par voie de conséquence l’ensemble des juifs.

Contrairement à une propagande anti- musulmane à laquelle je n’ai jamais souscrite, je pense que l’islamo- gauchisme médiatique, politique ou intellectuel a bien plus dressé une partie des musulmans de France à l’antisémitisme que la lecture du Coran quel que soit son contenu littéral.

Voilà pourquoi, même s’ils ne le savent pas, les gentils pacifistes et antiracistes autoproclamés de gauche préfèrent mille fois voir l’état du peuple juif réprouvé rituellement ou tenu en étau dans un ghetto plutôt que de le voir signer des accords de paix avec ses anciens ennemis.

L’imposture de gauche pacifique et antiraciste est une formule décidément pléonastique.

COMPLEMENT:

A Demagogue Named Barack Obama: His DNC Speech

Dennis Prager
Townhall
Aug 25, 2020
On the day Barack Obama was inaugurated in January 2009, I announced on my national radio show that, « While I did not vote for Barack Obama, he is my president, and I wish him well. » I added that I was delighted a black man had been elected president of the United States, that perhaps this would not only help black-white relations get even better than they were but also help put to rest the notion of a racist America.As it turned out, neither hope was achieved. In fact, in large measure due to Obama, race relations deteriorated during his presidency. Obama turned out to be Black Lives Matter Light. As Politico wrote in 2014, Al Sharpton, perhaps the most consistent race-baiter of the last half-century, « became Obama’s go-to man on race. » According to The Washington Post, Sharpton visited the Obama White House 72 times.Obama is idolized by liberals and leftists because he was an activist liberal whose goal, in his own words, right before he was first elected, was « fundamentally transforming the United States of America. » And because they love his cool, even-tempered, regal style.That style masks a demagoguery that far surpasses our current president. It was on display last week when he spoke at the Democratic National Convention.Obama: « I did hope, for the sake of our country, that Donald Trump might show some interest in taking the job seriously; that he might come to feel the weight of the office and discover some reverence for the democracy that had been placed in his care. But he never did. … Donald Trump hasn’t grown into the job because he can’t.These ad hominem attacks by a previous president on his successor are unique in my lifetime. Perhaps they are unique in modern American history. George W. Bush, for example, never said a critical word of Barack Obama, despite the latter’s frequent attacks on Bush’s presidency.

Obama: « And the consequences of that failure are severe. 170,000 Americans dead. Millions of jobs gone. »

America ranks tenth in deaths per million. Are the greater proportion of deaths per million in countries such as Belgium, Spain, the U.K., Italy and Sweden the result of corrupt and/or inept leaders? Was President Donald Trump responsible, for example, for the decision made by New York Gov. Andrew Cuomo to order nursing homes to accept COVID-19 cases, causing the virus to sweep through the elderly in those facilities, resulting in at least 6,000 deaths (and likely many more that New York is hiding from the official count)?

Regarding « millions of jobs gone, » they are gone overwhelmingly because of the lockdowns ordered by state governors and mayors, not the virus. Lockdowns, we were told, would last two weeks to « flatten the curve, » but they continue six months later in many Democratically controlled cities and states.

Obama: « And our democratic institutions threatened like never before. »

Obama offers not one example of this or of his many other attacks on Trump. There is a reason. Obama has always attacked straw men. During his presidency, I analyzed about 20 of his speeches. They and his off-the-cuff comments were always characterized by straw-men arguments.

Even The New York Times, in 2009, when it still published occasional articles that deviated from the left, featured an article by Helene Cooper (who is black), its then-White House correspondent, titled « Some Obama Enemies Are Made Totally of Straw. » In it, Cooper cited example after example of statements ostensibly made by others, but actually made up by Obama — which he then proceeded to shoot down. This characterized his approach to discourse throughout his presidency and continued with last week’s speech at the DNC.

Obama: « Joe and Kamala will restore our standing in the world — and as we’ve learned from this pandemic, that matters. »

Obama, like all on the left, equate America’s « standing in the world » with its president’s standing with the left. Nonleftists do not. Last year, when the courageous Hong Kong demonstrators waved a flag representing liberty, they waved the flag of the United States of America. Apparently, America’s standing with them is pretty high.

Obama: « (Joe and Kamala) believe that in a democracy, the right to vote is sacred. »

Another straw man. Who doesn’t believe « the right to vote is sacred » — those who insist on people having an ID when they vote, as voters do in virtually every other country? Or is it those who don’t believe in sending tens of millions of ballots to people who never signed up to receive an absentee ballot?

Obama: « I understand why a new immigrant might look around this country and wonder whether there’s still a place for him here. »

Really? What new legal immigrant thinks that way? Or is Obama dishonestly conflating legal with illegal immigrants? The answer is, of course, he is (though even illegal immigrants apparently believe there’s a place for them here; isn’t that, after all, why they come?).

Obama: « This administration has shown it will tear our democracy down if that’s what it takes to win. »

How has this administration shown that? Why didn’t Obama provide a single example to sustain this extraordinary charge? Anyway, it seems to many Americans that those who lie to the country for two years about Russian collusion with the Trump campaign, impeach a president solely for political reasons, dedicate all news reporting to the removal of a president, smear and lie about a decent man nominated for the Supreme Court, corrupt the Foreign Intelligence Surveillance Act system for political ends, and politicize the CIA and FBI are the ones who « will tear our democracy down if that’s what it takes to win. »

Obama’s speech offered very little of substance about the man it was directed against, but it said much about the man who delivered it.

Dennis Prager is a nationally syndicated radio talk-show host and columnist. His latest book, published by Regnery in May 2019, is « The Rational Bible, » a commentary on the book of Genesis. His film, « No Safe Spaces, » will be released to home entertainment nationwide on September 15, 2020. He is the founder of Prager University and may be contacted at dennisprager.com.


APRES L’HYSTERIE COLLECTIVE DU VIRUS CHINOIS, LE PSYCHODRAME DU RACISME POLICIER ! (Spot the error when against all evidence, our new flagellants demonize an imaginary systemic racism and add to both our divisions and the killings when the police withdraw from where they’re most needed)

10 juin, 2020
Jews of color on what MLK Day means to them in 2019 – J.Opinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesDemocrats attacked for cultural appropriation, publicity stunt after Kente cloth kneeling - Tampa DispatchViolent protests in Los Angeles tear through Jewish neighborhood – The ForwardPétition · Eric Zemmour, xénophobe, doit être banni des médias ! · Change.orgDéboulonnage statue esclavagiste BristolChurchill statue defaced with 'was a racist' graffiti during Black Lives Matter protests - Republic World
Shocking footage shows US police officers laughing, mocking restrained man who died in custodyHer Name Is Justine Damond: In 2017, A Somalian Minneapolis Police Officer Murdered A White Woman Reporting A Possible Sexual Assault | Blog Posts | VDARE.com

Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi, des Noirs ? Ce sont des hommes comme les autres. Je ne suis pas raciste. Roland Gary
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Les Flagellants (nommés disciplinati ou battuti au Moyen Âge) étaient des groupes ambulants de fidèles qui se donnaient la discipline collectivement en public. Leur mouvement atteignit son apogée durant le XIIIe siècle et le XIVe siècle en Europe occidentale. Ceux qui y prenaient part pensaient que la pratique de la flagellation leur permettrait d’expier leurs péchés, atteignant ainsi la perfection, de manière à être acceptés au royaume des cieux après l’Apocalypse. Ils allaient en procession par les villes, nus jusqu’à la ceinture et armés d’un fouet dont ils se flagellaient publiquement, en chantant des cantiques, pour expier leurs péchés.(…) Les circonstances dans lesquelles les premières manifestations massives de flagellants ont eu lieu sont significatives. À la suite de la famine de 1258 et de ce qu’on supposera être une manifestation de la peste en 1259, la situation de l’Italie était particulièrement difficile à l’époque. (…) Le mouvement des flagellants avait repris des proportions considérables en 1349. Ceci était dû à l’une des plus grandes épidémies de peste du Moyen Âge : la dite Peste noire (introduite par des hordes mongoles en 1346-1347). Celle-ci fut interprétée, dans la perspective médiévale, comme un châtiment divin contre les pêchés commis par les humains. Les processions de flagellants étaient mises en avant comme un effort pour détourner ce châtiment. La zone de développement du mouvement se situa principalement en Europe centrale, de la Pologne à l’Allemagne et jusqu’aux Pays-Bas et à la France. Les flagellants se déplaçaient entre villes par bandes de cinquante à cinq cents hommes ou plus. Plusieurs régions furent prises l’une après l’autre d’une grande agitation où le mouvement prenait une grande importance avant de s’éteindre peu à peu. (…) Les Juifs furent aussi victimes des mêmes persécutions que les clercs, mais sur une tout autre échelle. Durant le grand massacre des Juifs qui suivit la Peste Noire (cf par exemple le Pogrom de Strasbourg), les flagellants jouèrent un rôle considérable. Les premiers massacres ont eu lieu en fin mars 1349 lorsqu’une partie de la population porta des accusations d’empoisonnement des puits contre les Juifs. Une seconde vague de terreur fut déclenchée par la propagande des flagellants quatre mois plus tard en juillet 1349. Des groupes de flagellants pénétrèrent à Francfort où ils se ruèrent sur le quartier juif et massacrèrent des juifs avec l’aide de la population locale. Les autorités municipales étaient si troublées par cet incident qu’elles expulsèrent les pénitents de la ville et renforcèrent les portes afin que cela ne se reproduise pas. Wikipedia
Les aspirations nationales doivent être respectées, les peuples ne peuvent être dominés et gouvernés que par leur propre consentement. L’auto-détermination n’est pas simplement un mot, c’est un principe d’action impératif que les hommes d’État ignoreront désormais à leurs risques et périls. Woodrow Wilson
La paix à laquelle nous invitent les Anglo-Américains n’est rien moins qu’un statu quo destiné à servir leurs intérêts… La vraie nature du conflit actuel est une lutte entre des puissances établies et des puissances non encore établies… Au début, l’Angleterre et la France colonisèrent des régions du monde « moins civilisées » et ont entretenu une situation de monopole sur leur exploitation. La conséquence fut que l’Allemagne et les nations venues après furent laissées sans terre à acquérir ni espace pour s’agrandir.(…) Si leur politique prévaut, le Japon qui est un petit pays sans ressource et incapable de consommer ses propres productions n’aura pas d’autre choix que de détruire ce statu quo pour espérer survivre, exactement comme l’Allemagne… Nous devons exiger tous les pouvoirs pour ouvrir les portes de leurs colonies aux autres, de sorte que toutes les nations puissent avoir un accès égal aux marchés et aux ressources naturelles des zones colonisées. Il est également impératif que le Japon insiste sur l’éradication des discriminations raciales. Prince Konoe
Je veux bien admettre l’égalité des Japonais en tant que nation, et aussi l’égalité des individus d’homme à homme. Mais je ne peux admettre les conséquences auxquelles nous devrons faire face si nous vous ouvrons notre pays. Ce n’est pas que nous ne les tenons pour être inférieurs à nous mais simplement parce que nous ne les voulons pas. Économiquement, ce sont des facteurs perturbants parce qu’ils acceptent des salaires bien inférieurs au minimum pour lequel nos compatriotes acceptent de travailler. Peu importe s’ils se mélangent bien avec notre peuple. Nous ne voulons donc pas qu’ils puissent épouser nos femmes. Ceci est une opinion personnelle. Je ne veux pas vous offenser. Notre législation n’est pas dirigée spécialement contre les Japonais. Les sujets britanniques en Inde subissent cela de la même manière. Il est impossible que nous puissions formuler une modification à votre amendement parce qu’aucune modification concevable ne saura jamais satisfaire chacun d’entre nous. W. M. Hughes
Versailles’ mixed legacy is even further complicated by a little-known attempt by Japan, one of the emerging players at the table, to move the world forward on the issue of racial equality. Japan asked for, and nearly got approved, a clause in the treaty that would have affirmed the equality of all nations, regardless of race. For all of the history forged, some historians believe the great powers missed a pivotal opportunity to fashion a much different 20th century. A driving force behind that vision for the future and the lofty ambitions of the treaty was U.S. President Woodrow Wilson, the lead negotiator at the Paris Peace Conference. In 1918, a few months before he set sail for Paris, Wilson addressed Congress to lay out his now-famous principle of self-determination, an idea that would guide the Versailles negotiations and the final treaty that emerged: « National aspirations must be respected; peoples may now be dominated and governed only by their own consent. ‘Self-determination’ is not a mere phrase. It is an imperative principle of actions which statesmen will henceforth ignore at their peril. » Looking back, contradictions abound in Wilson’s decree. Japan’s Racial Equality Proposal would have strengthened Wilson’s call for self-governance and equal opportunity. Yet, when the victors signed the treaty, that language was nowhere to be found. « At the bottom of all of this is the idea that certain people of color cannot be trusted and people of color do not deserve a place, not only on the world stage but also in our own communities, » says professor Chris Suh who studies Asian American history. (…) Following its victory in the Russo-Japanese War in 1905 and then its participation as an Allied power during World War I, Japan rose as a mighty player on the world stage. Seeking to solidify that new power, the Japanese delegation at the Versailles negotiations sought to add language about racial equality into the proposed treaty’s preamble. Its immediate goals were to strengthen its diplomatic standing and earn an equal seat at the table. (…) To be clear, historians say the Japanese were not seeking universal racial suffrage or improving the plight of black Americans, for example. But, the added language would have meant that Japanese immigrants coming to the U.S. could be treated the same as white European immigrants. France got behind the proposal. Italy championed it. Greece voted in favor. But Australia pushed back. The British dominion had instituted a White Australia Policy in 1901 limiting all nonwhite immigration. Australian Prime Minister William Morris Hughes strong-armed the rest of the British delegation into opposing the proposed clause and eventually got Wilson’s support too. Wilson came up with a way of killing the proposal without ever openly saying he opposed it. The U.S. president imposed a « unanimity ruling » that effectively squashed the racial equality language even though a majority of the nations supported it. As chairman of the League of Nations Commission, Wilson had approved a number of other issues at the conference without such a unanimous vote. His call for consensus was not a petition for democracy. It was a shrewd calculation. Wilson’s top priority at the conference was seeing the League of Nations created and the treaty ratified. The last thing he wanted was to alienate the British delegation, and he was not willing to let the Racial Equality Proposal derail those efforts. But, in a nod to appease Japan, he supported its demand to keep war-acquired territories like Shantung. Though scholars disagree on the exact reasons for the opposition by Australia and the U.S., many say the key factor was migration. The racial equality clause represented « one of the first attempts to establish … the unprecedented principle of free and open migration, » says Frederick Dickinson, a University of Pennsylvania professor of Japanese history. Japan’s industrialization and falling mortality rates created an overpopulation problem. Following the 1882 Chinese Exclusion Act, which prohibited Chinese laborers from immigrating to America, contractors on the West Coast brought Japanese migrants over to fill their need for inexpensive labor. In 1907, the U.S. and Japan had negotiated the « Gentlemen’s Agreement, » which was designed to address the growing Japanese emigration rate. In it, Japan agreed to curb how many migrants it sent over, if the U.S. would desegregate Asian and white children in San Francisco public schools. Unlike the unilateral Chinese Exclusion Act, the Gentleman’s Agreement gave Japan some say in Japanese immigration to the United States. This agreement didn’t maintain order for long. Anti-Japanese sentiment was spreading up and down the West Coast, and lawmakers there called for stricter legislation. California passed the Alien Land Law of 1913, which prohibited Japanese immigrants from owning land. And so, by the end of World War I and the negotiations in Paris, Americans feared waves of Japanese immigrants. When word of the Japanese proposal reached Washington, pressure mounted from lawmakers to reject the clause. Democratic California Sen. James Phelan sent a telegram to the U.S. delegation in Paris, writing: « Believe western Senators and others will oppose any loophole by which oriental people will possess such equality with white race in United States. It is vital question of self-preservation. » With mounting pressure on the homefront and from Britain and its dominions, Wilson killed the proposal. The Japanese lost their bid for racial equality. Ultimately, the treaty Wilson had staked his presidency on was rejected by Congress. He suffered a stroke later in 1919, did not seek a third term and died three years after leaving office. The same year as Wilson’s death, in 1924, President Calvin Coolidge unilaterally banned all Japanese immigration with the Johnson-Reed Act. (…) The interwar years saw increased Japanese aggression as it attempted to gobble up more land and further assert its power on a global level. Japan became an imperial power consumed with nationalism and militarism. Japan struggled to resettle its burgeoning population. Its invasion of Manchuria, a region in China, in 1931, led to the resettlement of hundreds of thousands of farmers and migrants there. Ishiwara Kanji, the architect of the invasion, called for a « racial paradise » in this newly established puppet state. (…) Beyond the bloodshed in the Pacific, the domestic toll waged on Japanese Americans has lived on in infamy. More than 100,000 Japanese Americans were forcibly relocated from their homes and incarcerated during what has been called Japanese internment. The U.S. later acknowledged that it was on the wrong side of history, betraying its values of justice and liberty: The 1988 Civil Liberties Act, enacted by Congress, said that the government’s actions against Japanese Americans « were motivated largely by racial prejudice, wartime hysteria, and a failure of political leadership. » « Obviously whenever people think of Japanese American discrimination in the United States, the big thing that comes to mind is the World War II incarceration, » says David Inoue, executive director of the Japanese American Citizens League. But the Racial Equality Proposal demonstrates that incarceration camps are not the whole story. He sees this proposal as « part of a whole continuum of discrimination that had begun years before and even we see it continuing today … in other communities that are discriminated against. » NPR
Peut-être que la prise de conscience la plus tragique de la réalité survint lorsqu’il devint clair pour moi que la guerre ne se contentait pas de dévaster les espoirs des pauvres dans le pays. Elle envoyait aussi leurs fils, leurs Frères et leurs maris combattre et mourir dans des proportions extraordinairement élevées par rapport au reste de la Population. Nous prenions de jeunes noirs, estropiés par notre société, et nous les envoyions à 10 000 kilomètres de là pour garantir des libertés en Asie du Sud Est dont ils ne bénéficient pas eux-mêmes dans le sud-ouest de la Géorgie ou dans Harlem Est. Nous avons été placés de manière répétée devant l’ironie cruelle de regarder sur nos écrans des jeunes garçons noirs et blancs tuer et mourir ensemble pour un pays où il ne leur était pas permis de s’asseoir côte à côte dans les mêmes écoles. Nous les avons vus, dans une même solidarité brutale, mettre le feu aux huttes d’un pauvre village, mais nous réalisons qu’ils ne vivraient jamais dans le même bloc à Détroit. Je ne pouvais pas rester silencieux devant une si cruelle manipulation des pauvres. Ma troisième raison provient de mon expérience dans les ghettos du Nord durant ces trois dernières années et notamment, ces trois derniers étés. En marchant parmi les jeunes gens en colère, rejetés et désespérés, je leur ait dit que les cocktails Molotov et les fusils ne résoudraient pas leurs problèmes. J’ai essayé de leur offrir ma plus profonde compassion tout en conservant ma conviction que le changement social le plus significatif vient à travers l’action non violente. Mais, demandaient-ils, et le Vietnam ? Ils demandaient si notre pays n’utilisaient pas lui-même une dose massive de violence pour résoudre ses problèmes, pour apporter les changements qu’il souhaitait. Leurs questions ont fait mouche, et j’ai su que je ne pourrai jamais plus élever ma voix contre la violence des opprimés dans les ghettos sans avoir auparavant parlé haut et clair au plus grand pourvoyeur de violence du monde aujourd’hui – mon propre gouvernement. (…) Si l’âme de l’Amérique était empoisonnée, l’autopsie, en partie, révélerait le mot « Vietnam ». L’âme de l’Amérique ne sera pas sauvée aussi longtemps que le pays détruira les espoirs des hommes à travers le monde. Que pensent les paysans vietnamiens lorsque nous nous allons avec les propriétaires terriens et que nous refusons de traduire en actes nos nombreux discours concernant une réforme agraire ? Que pensent-ils alors que nous essayons nos dernières armes sur eux, tout comme les Allemands ont essayé leurs nouveaux médicaments et tortures dans les camps de concentration en Europe ? Martin Luther King
In recent speeches and statements the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. has linked his personal opposition to the war in Vietnam with the cause of Negro equality in the United States. The war, he argues, should be stopped not only because it is a futile war waged for the wrong ends but also because it is a barrier to social progress in this country and therefore prevents Negroes from achieving their just place in American life. This is a fusing of two public problems that are distinct and separate. By drawing them together, Dr. King has done a disservice to both. The moral issues in Vietnam are less clear-cut than he suggests; the political strategy of uniting the peace movement and the civil rights movement could very well be disastrous for both causes. Because American Negroes are a minority and have to overcome unique handicaps of racial antipathy and prolonged deprivation, they have a hard time in gaining their objectives even when their grievances are self-evident and their claims are indisputably just. As Dr. King knows from the Montgomery bus boycott and other civil rights struggles of the past dozen years, it takes almost infinite patience, persistence and courage to achieve the relatively simple aims that ought to be theirs by right. The movement toward racial equality is now in the more advanced and more difficult stage of fulfilling basic rights by finding more jobs, changing patterns of housing and upgrading education. The battle grounds in this struggle are Chicago and Harlem and Watts. The Negroes on these fronts need all the leadership, dedication and moral inspiration that they can summon; and under these circumstances to divert the energies of the civil rights movement to the Vietnam issue is both wasteful and self-defeating. Dr. King makes too facile a connection between the speeding up of the war in Vietnam and the slowing down of the war against poverty. The eradication of poverty is at best the task of a generation. This « war » inevitably meets diverse resistance such as the hostility of local political machines, the skepticism of conservatives in Congress and the intractability of slum mores and habits. The nation could afford to make more funds available to combat poverty even while the war in Vietnam continues, but there is no certainly that the coming of peace would automatically lead to a sharp increase in funds. Furthermore, Dr. King can only antagonize opinion in this country instead of winning recruits to the peace movement by recklessly comparing American military methods to those of the Nazis testing « new medicine and new tortures in the concentration camps of Europe. » The facts are harsh, but they do not justify such slander. Furthermore, it is possible to disagree with many aspects of United States policy in Vietnam without whitewashing Hanoi. As an individual, Dr. King has the right and even the moral obligation to explore the ethical implications of the war in Vietnam, but as one of the most respected leaders of the civil rights movement he has an equally weighty obligation to direct that movement’s efforts in the most constructive and relevant way. There are no simple or easy answers to the war in Vietnam or to racial injustice in this country. Linking these hard, complex problems will lead not to solutions but to deeper confusion. Walter Lippmann (NYT, April 7, 1967)
Le président vient d’utiliser une Bible… et l’une des églises de mon diocèse, sans autorisation, comme décor pour un message contraire aux enseignements de Jésus et à tout ce que nos églises représentent… Je ne peux pas croire ce que mes yeux ont vu […] Je suis scandalisée. Et je veux juste que le monde sache que nous, dans le diocèse de Washington, conformément à Jésus et sa voie d’amour… nous nous éloignons du langage incendiaire de ce président. Nous suivons quelqu’un qui a vécu une vie de non-violence et d’amour sacrificiel […] Nous sommes du côté de ceux qui demandent justice pour la mort de George Floyd et d’innombrables autres. Mgr Mariann Edgar Budde (diocèse épiscopal de Washington)
Budde and Curry are among the pantheon of progressive religious leaders who have long been critical of Trump’s political agenda. The Episcopal Church’s policies include supporting abortion rights, refugee resettlement, an expansion of health care and other issues that Trump has opposed or not embraced. According to the Pew Research Center, 49 percent of Episcopalians are Democrats or lean Democratic, compared with 39 percent of church members who are Republican or lean Republican. (…) Trump’s longtime religious allies, who are far more conservative on both domestic and foreign policy, saw his walk to St. John’s much differently. “What kind of church I need PERMISSION to attend,” tweeted Pastor Mark Burns of South Carolina after Budde and others said Trump should have let them know he was coming. “Jesus welcomes All. » Johnnie Moore, a spokesman for several of Trump’s evangelical religious advisers, tweeted favorably about the incident as well. “I will never forget seeing @POTUS @realDonaldTrump slowly & in-total-command walk from the @WhiteHouse across Lafayette Square to St. John’s Church defying those who aim to derail our national healing by spreading fear, hate & anarchy,” he wrote. “After just saying, ‘I will keep you safe.’ ” (…) Following a tradition set by President Franklin D. Roosevelt, Trump attended a service at St. John’s before his swearing-in ceremony in 2017. He visited the church again that year to mark a national day of prayer for victims of Hurricane Harvey and in 2019 on St. Patrick’s Day. (…) Earlier in the day, Fisher said, he and other clergy were outside the church handing out water bottles and granola bars to protesters, and expressing solidarity with their cause. He said he left the area to be interviewed on television about the damage from the fire the previous night and later watched images of the protest being dismantled “with disbelief.” Fisher, 44, became the rector of St. John’s in June 2019 and has not yet hosted a presidential visit. The church usually draws about 400 people on a typical weekend. But it has been closed since mid-March due to the broad shutdown restrictions in place to combat the novel coronavirus. Damage to the building from Sunday night’s fire and vandalism will cost at least $20,000, Fisher said. But he said the destruction should not become the focus of what has been happening in the streets outside the White House. Fisher said that when people have talked about the church being burned, he has tried to redirect them, saying it was likely one person who does not represent the majority of people protesting. “That has pulled away from the more important message that we have to address racism in this country,” he said. Michelle Boorstein and Sarah Pulliam Bailey
Budde herself is engaged in advocacy for firearms restrictions and even weighed in on changing the name of the city’s floundering NFL franchise. Within the Diocese of Washington, Budde defended a push for “gender-inclusive” language “to avoid the use of gendered pronouns for God.” The Post report noted both Budde and Curry “are among the pantheon of progressive religious leaders who have long been critical of Trump’s political agenda.” I was last present in the now-damaged St. John’s parish house as it hosted a press conference for the Religious Coalition on Reproductive Choice, a progressive lobby that voices approval from religious officials for unrestricted abortion-on-demand, and which counts the Episcopal Church as a member. Post religion reporters Michelle Boorstein and Sarah Pulliam Bailey cite data from the Pew Research Center showing 49 percent of Episcopalians are Democrats or lean Democratic, compared with 39 percent of church members who are Republican or lean Republican. Episcopalians have increasingly found themselves in roles difficult to maintain. Church officials simultaneously embrace leftist causes, while also serving as a boutique chaplaincy to the affluent and as presiders over American civil religion in events of national importance including state funerals. Jeffrey Walton
American history is not all glorious… George Washington was a slave owner. We need to call slave owners out for what they are. Whether we think they were protecting American freedom or not, he wasn’t protecting my freedoms. To me, I don’t care if it’s a George Washington statue or Thomas Jefferson, they all need to come down. Angela Rye (CNN)
Le racisme anti-noir se trouve dans l’ADN même de ce pays. Nikole Hannah-Jones
Je voterais pour Joe Biden même s’il faisait bouillir des bébés et les mangeait. Ce n’était pas mon candidat, mais reprendre la Maison Blanche est si important. (…) Que vous croyiez ou non Tara Reade… vous devriez voter pour Joe Biden s’il est le candidat. … Nous n’avons pas le luxe de ne pas participer aux élections pour nous sentir moralement purs ou pour envoyer un message sur les agressions sexuelles et #BelieveWomen. Cela n’aidera en rien les femmes. Ou n’importe qui d’autre. Katha Pollitt
I know that [concerns over having no law enforcement] comes from a place of privilege. For those of us for whom the system is working, I think we need to step back and imagine what it would feel like to already live in that reality where calling the police may mean more harm is done. Lisa Bender (Minneapolis city council president)
I remember when I was being gang-raped & beaten by a mob in Egypt, would have been great to have a police force to call then. Would that have been my white privilege talking? Lara Logan (CNN)
Over the years, I have repeatedly warned in these columns that the refusal of the political establishment to defend the integrity of the western nation and its culture has opened the way for noxious forces to occupy the vacuum. We’ve seen this in both the spread through the west of jihadi Islam and the rise across Europe of political parties and groups with racist or fascist backgrounds and antecedents. In the current convulsions triggered by the violent death of George Floyd in American police custody, this baleful development has reached a crisis point. As The Times reports today, thuggish groups across the country have begun organising to “protect” monuments and war memorials after statues of Winston Churchill and Queen Victoria were defaced, the Cenotaph in London attacked and other statues, including the one of Sir Francis Drake in Plymouth, vandalised. This isn’t remotely surprising. The establishment is effectively standing back from, or even condoning or actively assisting, a sustained and organised onslaught which is taking place against not just a number of stone images but a culture’s historic memory. The stage is therefore set for a confrontation in which violent thugs from the right pitch themselves against violent thugs from the left – with the political establishment having fled the cultural battleground in order to cower, wringing its hands, at a distance. Following the toppling and dumping in Bristol harbour of the statue of slave trader and philanthropist Edward Colston, an act of vandalism and criminal damage with which the area’s police superintendent sympathised and about which he said the police were right to do nothing, an activist group called “Topple the Racists” has drawn up a list of about 60 memorials associated with slavery or colonialism which it wants destroyed. Falling meekly or even enthusiastically into line, 130 local councils run by the Labour party are to consider which ones they think should be removed on the grounds of “inappropriateness”. In 2001 in Afghanistan, the Taliban pulled down ancient statues including the world’s tallest standing Buddhas. This was greeted with utter horror in the west. It rightly described the outrage as a crime against historical memory, an attempt to destroy a culture by erasing the evidence of its history and replacing that culture by a fanatical dogma that brooked no challenge. Yet now the British establishment is kow-towing to a movement which is behaving like the Taliban, pulling down statues and other artefacts in order to erase aspects of British history as the product of a rotten society that’s institutionally racist and so must be supplanted by another. The death of Floyd, under the the knee of a police officer who pressed down on his neck for almost nine minutes, was shocking and it’s right that this officer and three others involved in this death are being brought to justice. And of course there’s racial prejudice in Britain. But so there is in every single society, in the developing world as well as in the west. Slavery was not invented by the west but has been practised across the world. It was the British and Americans who, having participated in it, eventually abolished it in their societies, while it remains practised in parts of the developing world even today. The smear that the west is institutionally racist is designed to both facilitate and obscure the real agenda of overturning capitalist society because it is white and therefore deemed intrinsically evil – which of course is itself a racist agenda. Yet instead of resisting this ignorant and wicked movement, its appeasers have been literally abasing themselves before the mob. In the past, violent anti-white racism was represented by the black power movement. Despite the support of certain posturing celebrities, black power activists were generally perceived as dangerous, violent, far-left troublemakers. It would have been unthinkable for mainstream British politicians, let alone the police, to give the clenched fist black power salute. That would have been regarded as treasonous insurrection. Yet an updated version of this is precisely what’s been happening in Britain. The new Labour Party leader, Sir Keir Starmer, and his deputy, Angela Rayner, released a picture of themselves supporting Black Lives Matter, the activist group behind many of these demonstrations, by “taking the knee”, the gesture promoted by certain black American footballers to show their contempt for white society and America. (…) These people have all been literally kneeling down in submission to an ideology which is anti-white and anti-west – and at the direction of Black Lives Matter, a racist, anti-white, anti-west violent revolutionary movement whose aim is the overthrow of white western society. These images of the British police symbolically capitulating to the erasure of British history and the defamation of the west have furnished sickening evidence that many of those tasked with protecting society have surrendered instead to cultural terrorism. Meanwhile, anyone who opposes this dogma of black victimology and points out the defamatory lies at its core will be called a racist and their livelihood placed in jeopardy. In America, people are losing their jobs for even questioning any of this. The prominent footballer Drew Brees, who despite publicly opposing racism also opposed taking a knee during the playing of the national anthem on the grounds that he would “never agree with anybody disrespecting the flag of the United States of America”, was forced to apologise in a display of ritual humiliation On Twitter, the malevolent, the moronic and the mentally unhinged are out in force similarly seeking to intimidate, smear and ruin any who stand up to this cultural totalitarianism. And then there’s the deeply sinister Commission for Diversity in the Public Realm set up by London’s mayor, Sadiq Khan, to consider the appropriateness of the capitals’ statues, murals, street names and other memorials. Channelling Mao, the Taleban and the French revolutionary terror, Mayor Khan can surely leave no-one in any doubt that this committee will reduce diversity by aiming selectively to erase those bits of British history of which it disapproves. In Khan’s words: “…our statues, road names and public spaces reflect a bygone era. It is an uncomfortable truth that our nation and city owes a large part of its wealth to its role in the slave trade…” (…) So will this commission erase memorials to all historic British figures with an obnoxious side to their achievements? Will its destroy the statues of the Labour politicians Keir Hardie or Ernest Bevin, or Karl Marx, who were all antisemites? Or the playwright George Bernard Shaw who promoted eugenics? Or the parliamentary titan Oliver Cromwell who massacred the Irish? Or Britain’s greatest Liberal prime minister, William Gladstone, whose family, like so many prominent people in previous, very different era was involved in slavery? That last question already has an answer. Liverpool university has agreed yesterday to rename its Gladstone Hall, which houses student accommodation. Bim Afolami, the Tory MP for Hitchin and Harpenden, tweeted in response: “This is all going completely nuts. When will this stop??” When indeed. As George Orwell wrote in 1984 about a state under totalitarian tyranny: “Every record has been destroyed or falsified, every book rewritten, every picture has been repainted, every statue and street building has been renamed, every date has been altered. And the process is continuing day by day and minute by minute. History has stopped. Nothing exists except an endless present in which the Party is always right. » Or as the future US president Ronald Reagan said even more pertinently in 1975: ‘If fascism ever comes to America, it will come in the name of liberalism”. (…) Bad things happen not just because bad people do them but because otherwise decent people lack the courage to stop them; or because they indulge in fantasies that the agenda is basically good but has been “hijacked” by a few thugs; or that they agree with the ends but purse their lips at the violent means; or because of a myriad other excuses that the spineless and the misguided always provide for “taking a knee” to the destroyers of worlds. Melanie Phillips
The cause of death was listed as “cardiopulmonary arrest complicating law enforcement subdual, restraint, and neck compression.” It went on to list “other significant conditions: Arteriosclerotic and hypertensive heart disease; fentanyl intoxication; recent methamphetamine use.” In other words, George Floyd fit the description of what is known in the law as an eggshell victim. The doctrine of the eggshell victim holds that a defendant is fully liable for injuries he inflicts on a plaintiff even if the plaintiff had a preexisting condition that made him more susceptible to being injured. But for this doctrine to apply, it must be shown that the defendant was acting unlawfully when he caused the injury. This is where things get murky and begin to escape the confines of the narrative. Police officers, but few others, know that “I can’t breathe” is the universal complaint of the resisting arrestee. Police officers also know, as most others do not, that handcuffed suspects can fight and escape, especially when officers are confronted by hostile onlookers. Defense attorneys will argue, not without evidence, that Floyd died not because of the application of unlawful force, but rather that it was his own resistance to lawful force, exacerbated by his documented medical conditions and drug use, that triggered a fatal heart attack. Fentanyl and methamphetamines can and often do bring about fatal arrhythmias even absent the type of exertions attributed to Floyd in the complaint. Yes, there came a point when Floyd ceased to struggle and should have been brought to a seated position. Was it this failure to follow what has for decades been standard police procedure that caused Floyd’s death, or did his struggling stop only when the fatal heart attack occurred? These are questions medical experts on both sides will testify about at trial, but for convictions the prosecutors must prove beyond a reasonable doubt that Chauvin was the proximate cause of Floyd’s death and that the others assisted him in the act. In all my years as a police officer I have never seen the seeds of reasonable doubt planted in the very pages of a criminal complaint as they have been here. As I wrote of Michael Slager four years ago, it is not a question of whether Chauvin and the others were right or wrong, but rather of how wrong they were. Murder is a serious charge that requires serious evidence. As things now stand, I don’t think the prosecutors have it. Jack Dunphy
We’ve never seen anything like it, at all. … I don’t even know how to put it into context. It’s beyond anything that we’ve ever seen before. When CPD has to turn its attention elsewhere and there’s suddenly this vacuum that opens up, you also unfortunately see a picture like you saw with [last] weekend where you see an absurd amount of carnage, people getting injured and killed. Max Kapustin (senior research director at the Chicago crime lab)
We didn’t find evidence for anti-Black or anti-Hispanic disparity in police use of force across all shootings, and, if anything, found anti-White disparities when controlling for race-specific crime. Researchers at the University of Maryland and Michigan State University
When I look at cities in which the investigation was preceded by a viral event, homicide goes up considerably. Total crime goes up considerably.” What happens is that police effectively pull back. They don’t stop doing their jobs, but they become less proactive and curb their interactions with civilians. In Chicago, there was a 90% drop in police-civilian contacts immediately after the announcement of an investigation, and “Baltimore literally went to zero” after a probe was announced there. In cities where these contacts fell the most, homicides increased the most. Sadly, the decision to launch departmentwide state and federal inquiries into the deaths of Brown, McDonald and Gray resulted in numerous additional deaths. Mr. Fryer said that because of changes in police behavior following investigations in these and other cities, “my estimates show that we lost a thousand more lives, most of them black as well, because of an increase in homicides. I never would have guessed that if police stopped putting in the effort, that homicides would change like this. You hear some people say ‘Oh, we want to police our own neighborhoods, get out.’ No, you don’t want that. I guess I always knew it was a foolish idea, but I didn’t realize it was this deadly. Roland Fryer (Harvard)
Des hommes et des femmes se font massacrer (par la police) quotidiennement en France, pour nulle autre raison que leur couleur de peau. Camélia Jordana
Le privilège, c’est avoir le choix d’y penser, ou pas. Je ne peux pas oublier que je suis une femme. Mais je peux oublier que je suis blanche. Ça, c’est être blanche. Y penser, ou ne pas y penser, selon l’humeur. Virginie Despentes
Hourra ! Le peuple des États-Unis est en ébullition. Eh ! Vous ! Ceux qui avez trouvé la révolution citoyenne au Soudan trop exotique pour vous concerner, la révolution citoyenne à Beyrouth et à Alger trop arabes, celle du Chili trop latino, celle de Hong-Kong trop asiatique pour vous représenter ! Vous qui ne savez pas qu’il existe des synchronies discrètes mais avérées entre l’Argentine ou le Chili et la France, entre les Caraïbes et l’Île-de-France, entre Dakar et Paris, voyez ! voyez ! L’ère du peuple joue de la grosse caisse à Washington et la révolution citoyenne est dans les rues de New York. La gilet-jaunisation est entrée au cœur de l’Empire. Voici que surgissent des millions de chômeurs, des abandonnés privés de tout accès aux réseaux collectifs sans lesquels la vie est impossible, humiliés à longueur d’année par des flics racistes, manipulés par des politiciens sans conscience. Ils forment désormais un volcan qui vient de faire sa première éruption. Et ce n’est que le début d’une histoire qui va durer. Non, les USA ne sont pas le roc qu’ils donnent à voir. (…) Bon d’accord, je ne retiens pas ce rire moqueur qui me vient. C’est celui d’un « Frenchie surrender », putois notoire et ses French fries. Car c’est ainsi que nous avons été caricaturés aux USA depuis notre refus de participer à leur lamentable deuxième guerre du Golfe. L’état d’esprit anti-français se déchaina alors jusqu’à l’absurde : vider des bouteilles de vin dans les égouts et vouloir rebaptiser les frites, de « French fries » en je ne sais quoi. Oui la rigolade : voir la Maison blanche s’éteindre pour devenir invisible pendant que le président Trump se cache à la cave ! « Salut Trump tu as le bonjour de Cuba, de Venezuela, de Salvador Allende, de Patrice Lumumba, et même du Che » ! Sans oublier Edgard Snowden, Julian Assange et les torturés de Guantanamo, les asphyxiés du waterboarding, le supplice de la baignoire, qui ne serait pas une torture puisque l’actuelle cheffe de la CIA la pratiquait elle-même il y a peu ! À son tour : à la cave ! Le persécuteur des peuples dans le noir ! Ce n’est pas cher payé pour l’instant. Retenez ceci comme un avis d’observateur de longue date : tout ce qui advient aux USA arrive ensuite chez nous dans la décennie qui suit. Parfois plus vite. Qu’il s’agisse des modes, de la politique ou de faits sociaux. Le fin tissu qui nous unit n’est pas seulement économique, militaire ou ce que l’on voudra. Il est continuellement alimenté par les séries télévisées, le cinéma, les matrices narratives, les images de référence. Que cela plaise ou non, qu’on soit d’accord ou pas, il s’agit d’un effet de système profondément ancré. On peut ne pas s’être rendu compte que toutes les social-démocraties européennes répétaient soudainement les mantras clintonistes, ne pas avoir vu Sarkozy répéter en boucle à Rome et à Ryad les absurdités du « choc des civilisations » et ne pas savoir que l’autrice qui écrivait les discours, Emmanuelle Mignon les recopiait directement de Samuel Huntington, ne pas avoir vu le sommet du quai d’Orsay virer néo-conservateur. Mais quand les émeutes urbaines ont éclaté en France, quand on a vu Halloween et Black Friday occuper des millions d’esprits superficiels qui voudraient vivre comme dans une série US ? Non : rien ? Peut-être même qu’il en est encore pour ne pas savoir que Cédric Chouviat est mort d’un geste de policier comme celui commis contre Georges Floyd et que personne n’a été ni suspendu ni inculpé de quoi que ce soit. Et Adama Traoré et… et… Zineb Redouane, vieille dame abattue à sa fenêtre et qui est morte parait-il non de la grenade qu’elle a reçue dans la figure au quatrième étage à Marseille mais d’un arrêt du cœur imprévisible sur la table d’opération !… Peut-être d’autres n’ont-ils pas remarqué que les éborgnements de manifestants ne sont pas des bavures mais un fait désormais universel. Au fond, peu importe. Aucune alerte, aucune mise en garde n’aura jamais rien produit dans notre pays à part des heures de prêchi-prêcha haineux contre toute forme d’opposition et de dénigrement personnalisé contre les fortes têtes pourchassées sans répit les Jérôme Rodriguez, Taha Bouhafs, Drouet, Dufresne, Wamen et ainsi de suite et pour finir avec Camélia Jordana. Je ne sais comment dire combien cela me désole. Car la suite est écrite. Et ceux qui me lisent savent la lire. Aux USA, le fil des révolutions citoyennes est resté net : fermentation politique longue depuis Occupy et les Anonymous, évènement fortuit (la mort de Georges Floyd), union sans parti ni représentant, revendication égalitaire (« la vie des Noirs compte »), mobilisation universaliste, non communautaire pour la première fois depuis longtemps, mot d’ordre polysémique fédérateur (« je ne peux plus respirer »). Oui mais voilà : il s’agit des USA et de la première saison de l’après Covid-19. Elle ouvre la crise sociale monstrueuse qui va déferler. Les USA déjà désemparés, inondés de dollars de planche à billets, sans projet collectif, labourés par les socs contraires du petit peuple social et du petit peuple facho. Les USA paralysés par la gélatine du parti démocrate qui a eu la peau de Sanders pour ce néant qu’est Joe Biden. Les USA où les latinos seront dans une poignée d’années la plus importante minorité devant les afro-américains et les beaux blancs protestants. Les USA où le catholicisme sera bientôt la première religion chrétienne du pays modifiant ainsi la matrice spirituelle d’un pays où la religion est sur chaque billet de banque avec la formule « in God we trust ». Les USA et leur dollar bidon, leur État fédéral bringuebalant. Bref, les USA chancelant vont faire vaciller le monde. Trump voudrait interdire les anti-Fas, pendant que des miliciens d’extrême-droite en armes défilent dans les rues. Ils contrôlent ici ou là et les passants, comme nos identitaires dans le métro de Lyon et dans des bus à Lille pendant que les castors pyromanes pérorent loin de toute réalité « faire barrage ! faire barrage ! ». Les événements nord-américains sont décisifs. Ils nous obligent à faire un point réaliste. Si l’extrême droite « suprémaciste » l’emporte aux USA, ce sera bien autre chose que ce qu’elle a déjà fait en Pologne, Hongrie, Autriche, au Brésil, en Inde ou aux Philippines. Si les nôtres se donnent une expression politique capable d’être majoritaire, tout devient possible dans la civilisation humaine. Ayez grand soin de vous monsieur Bernie Sanders ! L’Histoire ne ferme jamais boutique. Jean-Luc Mélenchon
En réponse aux dérives identitaristes de la gauche américaine, une cinquantaine d’intellectuels essentiellement afro-américains sonnent la révolte. C’est le premier grand coup porté à la gauche racialiste américaine. Depuis les années 1970, ses représentants, universitaires et militants (les deux vont souvent de pair), ne ménagent pas leur peine pour imposer leurs représentations comme grille de lecture exclusive des phénomènes sociaux. Si, depuis lors, leurs idées ont incontestablement progressé, allant jusqu’à irriguer le débat public en France, elles se heurtent aujourd’hui à la résistance d’un projet intellectuel ambitieux. 1776, en référence à la déclaration d’indépendance des États-Unis, est une réponse d’intellectuels essentiellement afro-américains à une initiative commune du New-York Times et de plusieurs historiens noirs, visant à réécrire l’histoire américaine à la lumière de l’esclavage Tout commence au mois d’août 2019, lorsque le quotidien new-yorkais aux opinions très-avancées développe le projet 1619. Dans une édition spéciale de 100 pages, publiée à l’occasion des 400 ans de l’arrivée des esclaves africains en Amérique, le New York Times Magazine propose une relecture de la fondation des États-Unis « telle qu’elle s’est véritablement déroulée » — le ton est donné. Cette vaste entreprise de rééducation idéologique, bouffie de repentance, entend faire de l’arrivée en bateau d’une vingtaine d’esclaves africains à Port Comfort en Virginie (Colonie britannique d’Amérique du Nord, NDLR), « le véritable acte de naissance de l’Amérique ». Dans la classe politique et les cénacles académiques, le projet reçoit un accueil mitigé. De nombreux historiens s’émeuvent d’un détournement voire d’une falsification de l’histoire au nom de l’idéologie raciale. Toutefois, l’influence du Times est telle que ces observations critiques sont remisées à l’arrière-plan. Conçu à l’origine comme un projet médiatique interactif, composé de productions diverses (essais, poésies, photographies, articles…), 1619 se mue en une puissante machine à propagande. Le journal noue ainsi une collaboration avec le très “inclusif” Pulitzer center pour porter ce projet dans les écoles, bibliothèques et musées ; plusieurs centaines de milliers d’exemplaires du magazine et un supplément spécial y ont été distribués gratuitement. Last but no least, l’initiatrice du projet Nikole Hannah-Jones, réalise une tournée nationale de conférences dans les écoles pour expliquer à son jeune public que « le racisme anti-noir se trouve dans l’ADN même de ce pays ». Pendant plusieurs mois, à grand renfort de matraquage publicitaire, 1619 impose son point de vue à la société américaine : l’histoire des États-Unis doit être exclusivement comprise comme une lutte des Blancs pour l’hégémonie et une dévalorisation systémique des noirs. Naturellement, quiconque récuse ce récit mythologique raciste passe pour blasphémateur. Devant la réécriture et la confiscation de l’histoire des États-Unis par des idéologues obnubilés par la question raciale, une cinquantaine d’intellectuels, essentiellement afro-américains, ont décidé de se soulever. En janvier 2020, Robert Woodson, figure chrétienne conservatrice et ancien conseiller de campagne George W. Bush lance le projet 1776 en réponse à 1619. Cette fois, les grands médias ne se pressent pour relayer cette initiative portée en partie par des historiens universitaires. Loin d’eux l’idée de nier le passé esclavagiste des États-Unis, simplement, ils contestent l’idée selon laquelle l’asservissement des noirs constitue l’alpha et l’oméga de l’histoire du pays. Car pour parvenir à une telle conclusion, les promoteurs du projet 1619 ont eu recours à un grand nombre de sophismes et de falsifications. Entre autres contre-vérités, l’on apprend ainsi que, de tout temps, les noirs Américains ont combattu seuls pour leur liberté, que la guerre de Sécession est sans lien avec la libération des esclaves ou encore que le maintien de l’esclavage est le principal moteur de la guerre d’indépendance – cette liste n’est pas exhaustive. Les auteurs du contre-projet 1776 soutiennent a contrario que les inégalités structurelles qui persistent aux États-Unis résultent moins d’un problème de race que d’une logique de classes. Aussi, sont-ils pour le moins hostiles à un mouvement comme Black Lives Matter et les concepts qu’il charrie : appropriation culturelle, privilège blanc, racisme institutionnel, fragilité blanche. Selon eux, cette grille de lecture ethnocentrée est une machine à créer du ressentiment et de la culpabilité, là où la solution se trouve dans la solidarité interraciale. Deux semaines après la mort de George Floyd et les émeutes raciales qui s’en sont ensuivies, la confrontation entre ces deux visions résonne avec une certaine acuité. Au fond, les États-Unis ont désormais le choix entre deux projets de société : le premier, pétri de “bonnes intentions” — donc de racisme compassionnel – considère les afro-américains comme un bloc monolithique d’individus, victimes par essence et mus par les mêmes aspirations. Le second, refuse les assignations identitaires, croit au libre arbitre et défend une vision unitaire de la société. Entre le New York Times et l’universalisme, il faut choisir. Victor-Isaac Anne
Puisque nous en sommes au chapitre de la comptabilité morbide et raciale, la même journaliste révélait le 9 mai qu’en 2018, 2925 noirs étaient tués et que 2600 de leurs meurtriers étaient noirs. Mme Owens précisait également que «les hommes noirs tuaient deux fois plus les blancs que les hommes blancs tuaient des noirs». Puisqu’on doit apparemment sombrer dans ce racialisme permanent et obsessionnel, pourquoi donc les chiffres que je viens de livrer relèveraient-il de l’indicible? Avançons donc plus avant dans ce système pervers et sélectif, et souvenons-nous par exemple de la mort de Tony Timpa. Comme le pauvre George Floyd, il a été étouffé à mort par des flics très rigolards en dépit de ses supplications: «Vous êtes en train de me tuer». Exactement la même abomination. Mais dans ce dernier cas, ni violences, ni pillages. Ni foule médiatique déchaînée. C’est que Tony était blanc. Il faut également évoquer cet anti-trumpisme primaire qui fait que dans les premières heures du chaos, beaucoup ici en France auraient aimé lui faire porter le chapeau. Difficile quand on sait que l’appareil d’État du Minnesota est démocrate et que le mouvement Black Lives Matters est une réaction à la violence policière déplorée sous Obama. Puis-je également, sans offenser le courant médiatique principal, faire observer que les mêmes, il y a quelques jours, taxaient d’extrême-droitistes dangereux ceux qui, en Amérique, au nom de la liberté, refusaient tout confinement? À croire que le virus, malin mais compatissant, respecterait une sainte trêve en permettant les rassemblements en nombre. La même licence aura été accordée aux milliers d’étrangers sans papiers qui ont défilé sans entraves samedi dans les rues de Paris dans un silence médiatique impeccable. Ainsi, en France, lorsque des Français sont massacrés par centaines par le fanatisme ou le racisme, parfois antisémite, de l’islamisme, s’ensuivent des marches blanches forcément «dignes et silencieuses». Point de colères noires avec violences et pillages obligatoires. Je voudrais enfin écrire les lignes qui viennent pour faire réfléchir. Je n’aurais pas la stupidité de vouloir ignorer, au-delà de sa violence, un courant raciste dans la police américaine. Mais à quoi sert une généralisation abusive sauf à déclencher la guerre des races? Ici en France, par un mimétisme stupide, une artiste a évoqué les massacres que la police française commettrait à raison de la couleur de peau. Si on se regarde les choses rationnellement, imagine-t-on la réaction encolérée de certains policiers français qui, pour ne pas être racistes, ne sont pas tous des pianistes distingués? Sartre, dans ses Réflexions sur la question juive, a écrit des lignes pénétrantes sur la propension de l’être injustement caricaturé à vouloir parfois ressembler à sa caricature. Le racialisme pervers gagne chaque jour un peu plus, par mimétisme, la société française. Montre-moi de quelle couleur de peau tu es, et je te dirai si je te hais. La différence raciale devient obsessionnelle. Et le racisme, très équitablement partagé sur la planète, serait pourtant la propriété monopolistique du blanc. Déjà, sur la radio d’État, la racialisation devient un outil d’investigation journalistique. C’est ainsi que le 27 mai, le rédacteur en chef numérique de France Inter écrivait tranquillement: «Nous avons demandé à neuf personnes racisées de réagir aux propos de Camélia Jordana». Et à la suite, les photos et réactions de neuf personnes noires ou maghrébines. Je voudrais, pour conclure, écrire que je ne me fais aucune illusion sur la portée d’un raisonnement qui s’adresse à la raison. Le racialisme sélectif s’adresse aux bas instincts alimentés par cette rage idéologique que suit la foule médiatique déchaînée avec un plaisir hystérique. La race est de retour, via l’antiracisme sélectif gauchisant qui est au XXIe siècle ce que le racisme droitisant était au XIXe siècle. La guerre des races est avancée. Gilles-William Goldnadel
L’émotion doit inspirer la réflexion, mais elle ne peut pas dispenser de la connaissance. Car il y a les chiffres: selon la base de données du Washington Post, deux fois plus de Blancs (2416) que de Noirs (1263) ont été tués par la police depuis le 1er janvier 2015. Certes, comme le souligne très justement le journal Libération, le rapport s’inverse totalement en proportion de la population: les Noirs représentent 13 % de la population américaine, et les Blancs 76 %. Mais dans ce pays où les policiers ont la gâchette d’autant plus facile que les armes sont partout, on ne saurait parler d’un «racisme systémique» ou structurel des forces de l’ordre. Il y a aussi l’histoire: la guerre de Sécession, le mouvement des droits civiques qui a aboli la ségrégation, l’Affirmative Action dans les universités pour asseoir dans les faits l’égalité formelle des droits, l’apologie des minorités par le politiquement correct, les deux mandats à la Maison-Blanche de Barack Obama. Il y a enfin ces autres images: le maire afro-américain de Houston annonçant les obsèques dans sa ville de George Floyd ou encore la maire afro-américaine d’Atlanta apostrophant avec véhémence les émeutiers qui discréditaient la protestation par le pillage des magasins de vêtements ou de matériel informatique. Des élus noirs dirigent aujourd’hui deux anciens bastions du ségrégationnisme. Les suprémacistes ont bien perçu ce grand basculement: s’ils sortent aujourd’hui du bois, s’ils hurlent «You will not replace us!», c’est qu’ils craignent de voir l’Amérique leur échapper et de devenir tôt ou tard minoritaires. (…) Saisis d’une véritable frénésie mimétique, des manifestants, à Paris et dans la plupart des villes françaises, brandissent les mêmes pancartes qu’en Amérique: «I can’t breathe», «No Justice, no Peace», «Black Lives Matter». Il y a certes des racistes dans la police et ils doivent être sévèrement sanctionnés, car, forts du pouvoir que leur confère l’uniforme, ils ne se privent pas de harceler et de nuire. Sur ce point, le ministre de l’Intérieur a raison: on ne saurait tolérer l’intolérable. Mais il faut être d’une insigne mauvaise foi pour en conclure que la police dans notre pays exerce une terreur raciste sur les populations issues de l’immigration africaine ou maghrébine. La réalité, en effet, est tout autre. Dans les quartiers dits populaires, ce sont les policiers qui ont peur: ils sont attirés, comme les pompiers dans des guets-apens, victimes de tirs de mortiers, attaqués à coups de barres de fer, de jets de pierre du haut des toits, ou de plaques d’égouts du haut des passerelles. Lorsque en 2007, à Villiers-le-Bel, des «jeunes» ont tiré sur eux à balles réelles, ils n’ont pas riposté. Résultat: des dizaines de blessés parmi les policiers, aucun parmi les manifestants. Hantée par les émeutes de 2005 qui ont embrasé le pays, leur hiérarchie demande aux hommes de terrain de tout faire pour éviter l’accident ou la bavure: tout faire, c’est-à-dire ne rien faire contre les rodéos urbains ou les matchs de foot sauvages dans les dernières semaines du confinement. Ce qui caractérise notre temps, ce n’est pas l’omniprésence et l’omnipotence de l’État policier, c’est la faiblesse et la démission de l’État dans ce qu’on n’appelle pas pour rien les territoires perdus de la République. Et puis enfin, si racisme institutionnel il y avait, les manifestants crieraient-ils «policiers assassins!» au nez et à la barbe des forces de l’ordre? Si l’État était autoritaire, ou simplement s’il faisait respecter ses lois, des clandestins défileraient-ils dans Paris sans craindre d’être mis en garde à vue, ni a fortiori renvoyés manu militari dans leur pays d’origine? S’ils ne jouissaient pas d’une totale impunité, des rappeurs raconteraient-ils comment Brigitte, femme de flic, se fait gaiement «éclaté la teush» par «tous les jeunes de la cité» ? L’aptitude des êtres humains à se raconter des histoires et à se croire autres qu’ils ne sont, est sans limite. Sous l’effet d’un meurtre atroce commis à Minneapolis, Minnesota, on interviewe avec déférence le membre du groupe La Rumeur qui évoquait, en 2002 «les centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété», et on en vient à prendre pour argent comptant la déclaration éhontée de la chanteuse Camélia Jordana: «Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie. Je ne parle pas des manifestants, mais des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau.» Des violences policières ont certes émaillé l’année 2019, en réponse à la violence extrême de certains manifestants. Mais qui visaient-elles? Qui ont-elles mutilé ou éborgné? Des «gilets jaunes», c’est-à-dire des Français d’origine française, gentiment désignés sous le nom de «souchiens» par la porte-parole des Indigènes de la République. À l’image de ce qui se passe à Yale, à Columbia ou à Berkeley, la civilisation occidentale est désormais sur la sellette dans la plupart des universités du Vieux Continent. Les Dead White European Males sont pointés du doigt. D’eux et de leur culture vient tout le mal qui s’est répandu sur la terre: l’esclavage, le colonialisme, le sexisme et la LGBTphobie. Étudier cette culture, c’est désormais la mettre en accusation, la déconstruire, ruiner son prestige, pour permettre aux minorités de retrouver leur fierté et à la diversité culturelle de s’épanouir sans entraves. D’où l’écho rencontré par la mort de George Floyd, à Paris, aussi bien qu’à Stockholm ou à Montréal. Les nouvelles générations ont cru reconnaître dans le flegme féroce de l’assassin le visage de l’Occident qu’ils avaient appris à honnir. Mathieu Bock-Côté rappelle dans son dernier livre, que des étudiants du King’s College de Londres, ayant dénoncé «la collection d’hommes blancs de plus de 50 ans portant la barbe» qui formait le grand statuaire à la porte de l’établissement, celui-ci a été remplacé par «un statuaire conforme à l’idéologie diversitaire». Et dans un article de David Haziza, j’apprends que les élèves les plus avancés de Columbia proclamaient tout récemment qu’il fallait en finir avec un programme d’enseignement dont la blanchité, à les en croire, expliquait la persistance des meurtres racistes. Combattre l’hégémonie occidentale à l’intérieur même de l’Occident: tel est, par-delà la révolte contre les violences policières, l’objectif que s’assigne le nouvel antiracisme. (…) L’antiracisme n’est plus, hélas, la défense de l’égale dignité des personnes, mais une idéologie, une vision du monde. Dans cette vision, les traites négrières non occidentales n’ont pas leur place, ni l’antisémitisme arabo-musulman, ni celui d’une partie de la communauté noire américaine, ni les manifestations de Chinois et de Vietnamiens de Paris contre des insultes et des agressions où les Blancs n’avaient aucune part. Le raciste devient celui qui voit ce qu’il voit au lieu de fermer les yeux sur le scandale de l’impensable. Entre la réalité et le système idéologique, on a intérêt, pour ne pas être frappé d’infamie, à choisir le système. L’antiracisme s’est donc transformé de fond en comble et l’hospitalité a changé de sens: à l’heure de la grande migration, il ne s’agit plus d’accueillir les nouveaux venus en les intégrant dans la civilisation européenne, il s’agit d’exposer les tares de cette civilisation pour rendre justice à ceux qu’elle a si longtemps traités par le mépris et exploités sans vergogne. (…) La mauvaise conscience bourgeoise a conduit un grand nombre d’intellectuels à se ranger dans le camp de la classe ouvrière. Ils expiaient ainsi leurs privilèges et trouvaient une rédemption dans le combat pour l’égalité. Dans la gauche radicale d’aujourd’hui, la honte d’être blanc a supplanté la mauvaise conscience bourgeoise mais ce privilège-là colle à la peau. La honte est donc inexpiable. Pour elle, il n’y a pas de rédemption. Et ceux qu’elle affecte mettent un point d’honneur à rester confinés à la date où leur université célèbre la disparition des Blancs de l’espace public en organisant pour eux, ou plutôt contre eux, une «journée d’absence». Le soupçon de condescendance entachant toutes leurs paroles et toutes leurs actions, ils n’ont d’autres issues que de se taire, de s’effacer, ou de réciter indéfiniment le catéchisme qui les condamne. Cet autoracisme est la pathologie la plus consternante et la plus grotesque de notre époque. (…) On parle beaucoup, depuis le début de la pandémie, du monde d’avant et du monde d’après. Mais on oublie, en annonçant cette grande césure, que le monde d’avant était déjà très engagé dans la liquidation culturelle du vieux monde. À la sortie du confinement, le processus se poursuit, et même s’accélère. Alain Finkielkraut
Que font des Blancs qui s’agenouillent devant des Noirs pour leur demander pardon ? Ils se reprochent d’avoir jusque-là bénéficié, à leur insu, de droits qui étaient refusés à leurs frères de couleur. Or, ces « droits », s’il existent, ne sont pas légaux. La ségrégation est révolue depuis longtemps aux Etats-Unis. Les « droits » dont ils parlent sont des usages, des moeurs, des pratiques et toutes les manies d’une société dont les couleurs se sont toujours vécues comme séparables. Il y a peut-être tout à changer dans la société américaine, mais il n’y a rien à abolir ici. L’ennemi n’est pas une loi. L’ennemi est une attitude. Et contrairement à une loi injuste qu’on peut abroger, une attitude est indéfiniment renouvelable. Il y aura toujours des Blancs racistes et des flics violents. De sorte que le sentiment d’un « racisme systémique » trouvera toujours, dans une sortie déplorable ou dans un crime abject, une raison d’être et de s’enflammer. Pour le dire autrement : la faute dont les « Blancs » croient endosser le fardeau est très exactement insoluble. Elle ne se dissout pas dans un changement qu’on pourrait identifier et qui permettrait de passer à autre chose. Au Blanc qu’on accuse (ou qui s’accuse) en tant que blanc d’être le complice de l’oppression systémique des noirs, aucune rédemption n’est promise. La plainte est infinie. (…) Que font des Noirs qui reçoivent, debout, les supplications et les macérations de leurs frères blancs ? Et qui accordent leur pardon à des gens dont le crime n’est pas d’être coupables mais d’être blancs ? Ils accréditent l’idée que leur couleur est une faute. (…) Le but d’un tel pardon n’est pas le pardon. Le but d’un tel « pardon » est d’étendre la culpabilité à l’infini, d’ancrer l’idée que la couleur des autres est une faute universelle (pour le dire comme l’impitoyable loup de La Fontaine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. – Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens… ») et d’ajouter à la misère du pénitent la splendeur de leur propre clémence. Qui dit « je te pardonne » au type qui n’est pas coupable ne pardonne rien du tout, mais fabrique de toutes pièces une culpabilité infinie dont lui seul, par la grâce du pardon qu’il adore accorder, se trouve créditeur. (…) Dans ce combat déguisé en déclaration d’amour, les pénitents blancs n’ont pas dit leur dernier mot. Car de même qu’on écrase celui qu’on pardonne, on continue de traiter en enfant celui dont on implore le pardon. Que laissent-ils entendre, ces gentils blancs, en se sentant eux-mêmes coupables des crimes d’un autre blanc ? Qu’ils sont encore, en tant que blancs, responsables des malheurs de la communauté noire, qu’en somme ils sont de mauvais maîtres dont les anciennes victimes ont raison de se sentir irresponsables. Sous la génuflexion des Blancs, c’est la condescendance qui s’exprime. Sous cette pénitence monocolore, c’est encore le paternalisme qui parle. Bref, sous le spectacle merveilleux de gens qui se promettent de s’aimer, sous la contrition des repentants qui reçoivent l’absolution des mains de leurs victimes présumées, on assiste en vérité à la continuation de la guerre, sous d’autres formes, entre des communautés qui se prennent pour des identités. Toutes les conditions de la haine sont réunies dans cette image irénique. Tous les éléments du problème se trouvent à vif dans ce moment qui se vit comme une solution. En tout cas, on est bien loin de Martin Luther King, de sa génuflexion libératrice et, surtout, de « l’armée bi-raciale » qu’il appelle de ses voeux… (…) Le problème en France vient du fait qu’il existe objectivement des discriminations (sociales, morales et ethniques) à l’embauche, à la location ou à l’entrée des boîtes de nuit, mais que, comme par ailleurs, en République, sur le papier, « l’identité » sexuelle, religieuse ou ethnique n’est pas une sorte de handicap qui ouvre l’accès à des droits spécifiques, les gens qui sont victimes de discrimination ont l’impression – et en un sens à juste titre – que l’Etat les abandonne à leur sort. Et ils demandent à la loi de corriger ce qu’elle corrige déjà (mais qu’elle peine à rectifier en profondeur) en faisant du racisme un délit. En somme, ils demandent à la loi d’aller plus loin que l’affirmation abstraite de l’égalité entre tous les citoyens, pour s’en prendre à nos consciences de blancs et en extirper le racisme à la racine. Seulement, pour ce faire, pour qu’ils aient le sentiment que la loi s’attaque au « racisme systémique » en tuant nos « moeurs coloniales », il faudrait supprimer la présomption d’innocence, il faudrait systématiquement condamner pour racisme toute personne refusant un logement ou un emploi à une personne de couleur, imposer une parité sur fond de mélanine, et nantir légalement certains Français de privilèges qu’on refuserait aux autres. Bref, nous cesserions collectivement, et légalement, d’être libres et égaux. Comme tous les extrémismes dopés aux bons sentiments, ces adeptes croient démocratiser notre démocratie en la présentant comme un « Etat totalitaire et esclavagiste », alors qu’en demandant à la loi de corriger des consciences ou de réprimer des réflexes, c’est très exactement une dictature qu’ils appellent de leurs voeux. Si la « communauté juive », par exemple, avait raisonné comme les manifestants du 2 juin, elle aurait vu dans les assassinats de Mireille Knoll, d’Ilan Halimi ou de Sarah Halimi l’expression d’un « antisémitisme systémique », et dans les atermoiements du Parquet la preuve qu’il n’y a aucune différence entre le régime de Vichy et la République. Or si, comme la négrophobie, l’antisémitisme est viscéral et éternel en France, il n’est pas douteux qu’il vaut mieux y être Juif (ou Noir) en 2020 qu’en 1940. Et que, si combat il y a, c’est un combat judiciaire et juridique qu’il faut mener. En France, l’antisémitisme est virulent, mais un policier juif n’est pas vu pour autant par d’autres Juifs comme un « vendu » qui travaille avec « l’Etat antisémite ». (…) Au début de son sketch sur le « CRS arabe », mimant un poivrot franchouillard, Coluche fait valoir qu’ « un bougnoule, c’est toujours un bougnoule, même en CRS ». Quelle différence avec les manifestants qui disent « Un flic, c’est toujours un flic, même noir » ? Comme, sous prétexte de « convergence des luttes », la guerre des races a remplacé, à gauche, la guerre des classes, la police qui a longtemps été présentée comme le bras armé d’un « Etat bourgeois » est devenue, aux yeux des mêmes et de leurs successeurs, le bras armé d’un « Etat raciste ». Un tel dogme a besoin d’un sophisme. Le sophisme est : il y a des crimes racistes dans la police française (ce qui est incontestable), donc LA police française est « systémiquement » raciste (ce qu’une grande majorité d’interpellations démentent). Un tel raisonnement n’est pas un raisonnement, mais l’érection illégitime de cas particuliers en une vérité générale et a priori qui ne voit dans les contre-exemples aucune objection mais qui, en revanche, à chaque drame, s’exclame « je vous l’avais bien dit ! » En cela, il est symptomatique que le comité « Justice et vérité pour Adama » reprenne le nom du « Comité pour la vérité et la justice » crée par les maoïstes François Ewald et Serge July au moment de l’affaire de Bruay-en-Artois. Le but d’Ewald et July, à l’époque, était d’appeler au lynchage, et d’ancrer dans les consciences, à coup de témoignages de procès d’intention (« Il n’y a qu’un bourgeois pour faire ça ») et grâce aux sales méthodes du juge Pascal (qui, opposé au secret de l’instruction, diffusait les photos de l’arrestation du coupable présumé), le sentiment que le notaire Pierre Leroy était « par définition » le meurtrier de Brigitte Dewevre. Or, quel est le but du nouveau comité « vérité et justice » ? D’ancrer dans les consciences, à coup de manifestations aux slogans abstraits (« Pas de justice, pas de paix ! ») le sentiment que la police française est raciste et meurtrière. Chaque fois qu’un comité mélange les termes de « justice » et de « vérité », c’est que la vérité lui déplaît, et qu’il appelle « justice » l’autre vérité, la vérité qu’il exige, que cette « vérité » soit vraie ou non. Reste qu’au-delà de sa sottise, le geste de traiter de collabo un flic noir est, de la part des manifestants, parfaitement contradictoire. Comment peuvent-ils déplorer la sous-représentation des Noirs dans les médias ou dans la fonction publique, tout en tenant un policier noir pour un vendu ou un « bounty » (noir dehors, blanc dedans) ? Là encore, le problème qu’ils posent est insoluble ! Comme une houle qui ne croise aucun récif, une telle plainte – qui laisse le choix entre le sentiment de ne pas être représenté et l’exclusion de ceux dont la carrière invalide ce sentiment – s’est arrangée pour ne rencontrer aucun obstacle sur le chemin de sa colère, et pour balayer comme autant d’apparences trompeuses et de trahisons discrètes l’ensemble des objections qu’elle reçoit. On peut le comprendre : le problème des manifestants n’est pas que la France soit raciste. Leur problème est qu’elle ne l’est pas suffisamment. Et que, loin d’être l’avant-garde d’un monde meilleur, ils sont les fossoyeurs d’une démocratie qui n’a rien contre eux. On a tort, en cela, de qualifier de « débordements » les incidents qui ont émaillé ce rassemblement car, sans être planifiée bien sûr, la violence est inscrite dans l’esprit-même d’un telle manifestation. Pour une raison simple : celui qui manifeste contre un (imaginaire) « Etat raciste » ne vit pas sa propre violence comme un crime mais comme un geste libérateur. En réalité, plus que libératrice, la violence est créatrice. Comme le pardon du Noir au Blanc a aussi pour but de fabriquer l’éternelle culpabilité de ce dernier, la violence du manifestant ne sert qu’à témoigner de la violence qu’il a subie. Plus on casse des vitres, plus cela signifie qu’on est la victime d’un Etat raciste. Comme dit Virginie Despentes dans sa « Lettre à ses amis blancs » : « Comme si la violence ce n’était pas ce qui s’est passé le 19 juillet 2016. Comme si la violence ce n’était pas les frères de Assa Traoré emprisonnés… » C’est l’un des paradoxes, et pas le moindre, de l’hyper-démocratie victimaire où chacun voit ce qu’il veut : la violence réelle est masquée par la violence dont elle se prétend la conséquence… Pour le dire simplement : si je vous agresse, ça veut dire que VOUS êtes coupables et que JE suis victime, et que, pour cette raison, vous devez me comprendre avant de me juger, sous peine d’être un fasciste ! C’est parfait. (…) Madame Jordana a tout à tort, à mon avis, d’en faire une loi, et d’ériger de rares tragédies en considérations générales sur l’âme du flic Français. Le problème n’est pas ce qu’elle dit, mais la valeur de vérité absolue qu’elle donne à ce qui (en ce qui la concerne) n’est même pas un témoignage. Car ce faisant, tout comme les blancs pénitents ou les manifestants du 2 juin, elle raisonne à l’envers : son diagnostic n’est pas un diagnostic mais une vérité a priori qui, pour cette raison, se donne comme infalsifiable. Comment voulez-vous contredire un sentiment ? Comment voulez-vous dire qu’elle a tort à une personne qui prend son impression pour la règle ? Un sentiment qui se prend pour une vérité dégénère inévitablement en dogme. Et un dogme est immunisé contre les objections. En particulier un dogme bien-pensant qui, pour devancer les coups, présente toute objection comme une abjection : si vous dites que Camelia Jordana a tort, c’est que vous fermez les yeux sur la violence que vous ne subissez pas. Bing. Que répondre à ça ? Camelia Jordana s’est proposée de débattre avec le ministre de l’Intérieur en personne, mais elle n’a pas ouvert le débat, elle a tué le débat en le réduisant à la défense (ou l’attaque) d’une opinion péremptoire ! Si, dans les échanges qui ont suivi ce qu’elle a dit, chacun est resté fermement campé sur son catéchisme et, loin de dialoguer, les antipodes n’ont fait qu’affirmer leur détestation mutuelle, c’est que les conditions du débat étaient absentes du débat. Débattre, ce n’est pas présenter ce qu’on croit comme une vérité absolue, pour mettre les autres, ensuite, au défi de nous donner tort. Débattre, c’est douter de ce qu’on croit au point d’écouter un autre discours que le sien. Peine perdue. (…) Si Virginie Despentes se promène dans les rues de Dakar, Bamako ou Kingston, elle aura plus de mal à oublier qu’elle est blanche. Est-ce à dire que le Sénégal, le Mali ou la Jamaïque sont racistes ? Et que les Noirs y sont privilégiés ? Il y a d’autres choses, plus intéressantes, dans sa lettre. D’abord, cette phrase en apparence absurde : « En France nous ne sommes pas racistes mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. » Les gens qui lui ont répondu en dressant la liste de tous ceux, de Gaston Monerville à Sibeth N’Diaye, dont le parcours contredit Virginie Despentes, commettent deux erreurs. La première est de rentrer dans son jeu, et de compter les noirs ministres (comme on compte les noirs à la télé, ou à la cérémonie des Césars), autrement dit : de transformer la couleur en critère d’évaluation. L’autre erreur est de la prendre au sérieux. Virginie Despentes n’est pas née demain. Elle sait très bien qu’il y a eu et qu’il y a des ministres « noirs » dans un pays où la couleur n’est pas une compétence. Seulement, elle ne les « voit » pas. La couleur de leur peau est masquée par leur costume républicain. Pour le dire simplement : puisqu’être noir empêche d’être ministre dans notre « France raciste », alors en devenant ministre, un noir cesse d’être noir. Comme le jour et la nuit, la fonction de ministre et la noirceur de la peau s’excluent aux yeux de la manichéo-daltonienne. On ne peut pas être l’un et l’autre. En cela, Virginie Despentes est bien fondée à dire qu’elle n’a « jamais vu » de ministre noir. Son erreur n’est pas de dire ce qu’elle sent, mais, comme Camelia Jordana, d’ériger sa propre cécité en perception universelle. (…) ce serait drôle si ce n’était désolant pour Madame El Moaddem, que BFM a traitée comme une vieille chaussette. Mais à toute chose, malheur est bon : une telle mésaventure est aussi l’occasion donnée, pour l’intéressée, de comprendre qu’elle est exactement la victime de la logique identitaire qui lui fait dire, ordinairement, qu’on devrait inviter les « concernés » sur les plateaux de télé, qu’on est mal placé pour parler des problèmes qu’on ne rencontre pas, et qu’en somme, la couleur des gens est en elle-même une compétence. A ce compte-là, dans un monde où la couleur (appelée « identité ») est une garantie de l’opinion, il est normal qu’on désinvite Nassira El Moaddem au profit de Maboula Soumahoro, qui (aux yeux de certains) est une meilleure interprète dans le même rôle. Madame El Moaddem s’indigne qu’on lui dise que sa présence en plateau eût fait « doublon ». Elle a raison. C’est scandaleux. D’autant qu’elle avait certainement d’autres choses à dire que Madame Soumahoro. Mais quand on invite les gens à raison de leur allure et non de leur compétence, on se moque de ce qu’ils ont à dire, et des nuances éventuelles. « Noire, arabe, on s’en fout, tant que ça fait concerné » se dit-on dans les rédacs attentives à draguer une clientèle identitaire… Bref, c’est l’arroseuse arrosée. Madame El Moadden, qui a souvent été la victime du racisme, est pour la première fois peut-être, victime du racialisme. J’avoue ne pas voir la différence entre les deux, mais c’est probablement que je ne suis pas concerné. « Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi, des Noirs ? disait Gary dans Chien Blanc. Ce sont des hommes comme les autres. Je ne suis pas raciste. » Si les journalistes avaient lu cette phrase, peut-être se seraient-ils mieux conduits ? Raphaël Enthoven
Nous avons tendance à imaginer, contre toute évidence, que la socialisation peut tous nous débarrasser de l’intolérance et nous apprendre un plus grand respect de la différence, si seulement nous avions la volonté, les ressources et la possibilité de fournir les bonnes expériences. (…) Selon cette compréhension de la réalité, les différents peuvent rester aussi différents qu’ils le souhaitent et les intolérants finiront tolérants par les vertus de l’éducation. Mais tous les indicateurs montrent que l’exposition à la différence, les discours sur la différence et le fait d’applaudir la différence – autant de marques de fabrique de la démocratie libérale – sont les meilleurs moyens d’exaspérer ceux qui sont foncièrement intolérants et de garantir l’expression accrue de leurs prédispositions dans des attitudes et des comportements manifestement intolérants. (…) Paradoxalement, il semblerait donc que le meilleur moyen de juguler l’intolérance envers la différence soit d’exhiber nos ressemblances, d’en discuter, de les applaudir. (…) Au bout du compte, rien n’inspire plus la tolérance chez l’intolérant qu’une abondance de croyances, de pratiques, de rituels, d’institutions et de processus communs et fédérateurs. (…) En définitive, rien n’inspire une plus grande tolérance de la part des intolérants qu’une abondance de croyances, pratiques, rituels, institutions et processus communs et unificateurs. Et malheureusement, rien n’est plus sûr de susciter une expression accrue de leurs prédispositions latentes que ‘l’éducation multiculturelle’, les politiques bilingues et la non-assimilation. En fin de compte, notre célébration criante et notre insistance absolue sur l’autonomie individuelle et la diversité sans contrainte poussent ceux qui sont par nature les moins équipés à vivre confortablement dans une démocratie libérale non pas aux limites de leur tolérance, mais à leurs extrêmes intolérants. Karen Stenner
Si vous avez des tirs de policiers qui deviennent viraux en ligne, mais qui ne sont pas suivis d’enquête (…), rien ne change – les niveaux d’activité policière et de criminalité sont à peu près les mêmes. Mais si vous avez des tirs de policiers qui deviennent viraux et qui font l’objet d’une enquête, les activités de la police chutent et la criminalité augmente de façon spectaculaire. Roland Fryer (Harvard)
Trump est le seul à attirer l’attention sur cette violence qui touche majoritairement les Noirs. Cela dit, il surestime le rôle du gouvernement fédéral dans la lutte contre le crime. La police est avant tout une affaire locale. (…) 26% des personnes tuées par la police aux Etats-Unis sont des Afro-Américains, alors qu’ils ne représentent que 13% de la population. Doit-on en déduire que les flics sont racistes? Non. Simplement, ils interviennent avant tout dans les quartiers en proie à la criminalité. Or c’est là que résident les minorités. D’où un risque accru de confrontation avec la population noire ou latino. A Chicago, les Afro-Américains représentent un tiers de la population, mais sont responsables de 75% des fusillades. Ce n’est pas un jugement, juste une statistique. (…) Depuis qu’un jeune Noir a été abattu par la police à Ferguson, en 2014, l’association Black Lives Matter « vend » l’idée que les policiers sont intrinsèquement racistes. Le débat est pollué par le tabou sur la criminalité noire. Alors sommes-nous autorisés à parler des victimes?  Les Blacks sont six fois plus souvent victimes d’homicides que les Blancs et les Latinos. En 2016, 20 enfants noirs ont été blessés ou tués à Chicago. S’ils avaient été blancs, le scandale aurait été énorme. Mais comme ce sont des Noirs tués par des Noirs, tout le monde s’en fiche… Heather Mac Donald
Les Blancs et Hispaniques représentent par exemple 58,9% des personnes arrêtées pour «crime grave». Les mêmes couleurs de peau constituent 56,7% des personnes tuées par la police, selon les données du portail statistique Statista, compilant quatre années jusqu’à juin 2020*. Les pourcentages sont proches, tendant à indiquer que les drames lors d’arrestations ne concernent pas spécifiquement les personnes de ces deux ethnies. Les Afro-Américains constituent quant à eux 37,5% des prévenus pour crime grave, et 22,1% des personnes que la police a tuées en voulant procéder à leur arrestation. Le pourcentage de victimes de police est donc plus faible chez les Afro-Américains, par rapport à leur proportion lors des arrestations. Bien sûr, les tirs létaux par les forces de l’ordre recouvrent des situations très différentes (bavures, individus armés ou non, etc.). Nul ne saurait déduire, à l’aune de ces pourcentages, à l’innocence ou la culpabilité présumée d’un policier tueur. Mais si l’on s’en tient aux chiffres de la criminalité et des arrestations, il semble difficile de conclure à un quelconque racisme systémique de la part des forces de l’ordre américaines. (…) la spécialiste Heather MacDonald (…) prend appui sur une analyse judiciaire des données de la police de Philadelphie, ayant établi en 2015 que les policiers blancs étaient moins susceptibles de tirer sur des suspects noirs non-armés que leurs collègues noirs et hispaniques. D’autres études vont en ce sens, comme celle de l’économiste d’Harvard Roland G. Fryer qui concluait en 2016 (puis à nouveau en 2018) à l’absence de preuves d’une «discrimination raciale lors des tirs de police». Pour Heather MacDonald, «toutes les analyses contraires oublient de prendre en compte les taux de crime et le comportement des civils, avant et pendant les interactions avec la police. Luc Lenoir
90% des meurtres de Noirs sont commis par d’autres Noirs, là est le vrai drame! A la violence extrême des délinquants répond celle des policiers, brutaux envers tout le monde sans distinction. C’est la violence globale de ce pays qui est à prendre en compte : n’importe quel retraité de 75 ans peut sortir une arme lors d’un contrôle! Ecoutez le Drill, la musique des gangs juvéniles ethniques des États-Unis. Ce sont des appels au meurtre par des rappeurs rendus fous par un usage massif d’alcool et de Concentrate (marijuana ultra-puissante). Tels sont les angelots qu’affrontent au quotidien les polices des métropoles américaines. Xavier Raufer
La vie de la population noire des États-Unis n’a jamais été facile et ne l’est pas plus aujourd’hui. (…) Mais aux difficultés qu’éprouve cette population, se surajoute l’attitude de la gauche académique et médiatique qui, par pur moralisme, ne s’indigne que des seuls homicides de Noirs commis par la police américaine ou par des Blancs ; considérant donc – absurdement – que les non-Noirs du pays constituent un meurtrier et tout-puissant Ku-Klux-Klan, voué à exterminer les Afro-Américains. Récemment encore, L’Express souligne ainsi que 1,5% des Noirs américains de 20 à 24 ans meurent sous les tirs de la police – fait consternant – mais tait que, constamment et de longue date, ± 90% des Noirs américains sont assassinés par d’autres Noirs. Sans doute y-a-t-il des raisons à cela, mais l’énormité même du pourcentage devrait pousser les commentateurs à exposer cet essentiel fait brut. Or la théorie du”privilège blanc” tient justement à cela : pour qu’elle soit vraie, il faut et il suffit que TOUTE la police et TOUTE la justice des États-Unis soient implicitement ou ouvertement racistes, agissant et jugeant à 100% contre les Noirs. Soulignons ici que cette idéologie du”privilège blanc” n’est pas celle de la population noire en général ; certes, soucieuse de ne pas servir de cible à tout propos, elle est sinon (sous l’influence de ses puissantes Églises) plutôt conservatrice et répressive en matière de sécurité et de justice, maints sondages le montrent. Le « privilège blanc » est plutôt l’apanage de jeunes gens riches, blancs mais torturés de haine de soi et de ludions médiatiques de toutes couleurs. Avant d’examiner les faits et données disponibles, rappelons aussi que depuis une décennie, toute la société américaine, justice et polices incluses, subit l’étouffant tsunami du « politiquement correct »… diversité… inclusif… etc.; tout fait ethnique y éprouvant le sourcilleux contrôle (sans doute bénéfique, vu le passé du pays) de Black Lives Matter et cent groupes analogues; quand cependant, les statistiques ethniques-raciales y restent permises. (…) à l’échelle des États-Unis entiers, de méticuleuses recherches des analystes du ministère fédéral de la Justice et du FBI sur la période 1976-2005, établissent le fait terrible que dans plus de 90% des cas, l’assassin d’un Noir est un autre Noir; et que les jeunes hommes afro-américains ont 20 fois plus de morts que leur proportion dans la pyramide américaine des âges et des ethnies. Et si les choses ont évolué depuis 2005, c’est plutôt en pire. Imaginons que les injonctions médiatico-académiques soient à 100% suivies d’effet et qu’on en finisse, par la prévention ou la répression, avec les meurtres commis par des policiers ou des Blancs racistes: sur cent homicides de Noirs, on en supprimerait 8 ou 9; sinon, la tuerie continuerait comme avant. Est-ce un objectif décent ? Ou faut-il, sur la base de faits réels, traiter ce drame dans sa profondeur humaine ? Xavier Raufer

Après l’hystérie collective du coronavirus, le psychodrame du racisme systémique !

Au lendemain d’un confinement aveugle qui a vu, sans compter les dommages économiques et sociaux, des sommets d’hystérie et de psychose collective

Comment ne pas voir …

Suite à l’interpellation ayant mal tourné (pour des raisons personnelles et donc non « systémiques » ?), d’un ancien délinquant multirécidiviste ayant tenté de faire passer un faux billet et ayant résisté à son arrestation …

Mais peut-être fragilisé par ses problèmes de circulation et les drogues ingérées

Sous prétexte qu’il était noir et que le principal policier était blanc alors que ce dernier était accompagné d’un autre blanc mais aussi d’un noir et d’un asiatique

La nouvelle hystérie collective qui revient entre déboulonnages de statues, autodafés matériels et culturels et appels au démantèlement de la police mais aussi meurtres

Avec cette nouvelle génération, leaders religieux « progressistes » compris, de génuflexants et flagellants qui avec son lot d’antisémitisme comme au Moyen-Age …

Après la France et maintenant l‘Espagne, suit périodiquement les épidémies …

Et qui, contre l’évidence des faits mais année électorale oblige, n’a plus que le mot racisme à la bouche …

Alors qu’étude après étude, l’on sait qu’il n’y a pas de discrimination raciale lors des tirs de police et même que les policiers blancs sont moins susceptibles de tirer sur des suspects noirs non-armés que leurs collègues noirs ou hispaniques …

Et que, loin de faire diminuer la violence, la diabolisation de la police qui suit les quelques cas d’usage disproportionné de la force par celle-ci la fait augmenter en poussant lesdits policiers au retrait dans les zones où elles sont le plus nécessaires …

Sans compter, comme l’a montré la psychologue Karen Stenner …

Que loin de mettre un terme à l’intolérance …

Les célébrations de la différence et de la diversité comme ‘l’éducation multiculturelle’, les politiques bilingues ou la non-assimilation ne font que l’exaspérer …

Alors que comme l’avait montré le pasteur Martin Luther King avant de se fourvoyer dans le pacifisme radical

Oubliant qu’au Vietnam comme au Japon, les races de couleur ont elles aussi leur volonté de puissance …

Ce sont nos ressemblances et l’ensemble des croyances, pratiques, rituels et institutions que nous avons en commun …

Qu’il faudrait, au lieu de les fouler au pied comme nos enfants gâtés à la Kaepernick avec le drapeau national, les mettre en avant … ?

Homicides, États-Unis et « privilège blanc » criminel
Xavier Raufer
Sécurité globale
Cairn
2019/4 (N° 20)

La vie de la population noire des États-Unis n’a jamais été facile et ne l’est pas plus aujourd’hui. Pour s’en persuader, il suffit de visiter les lieux où d’usage elle vit, quartiers où, comme à Chicago, son espoir de vie peut être de trente ans plus bref que dans les secteurs blancs-riches de la ville ; et de voir qu’en 2017 encore, 38% des enfants noirs fréquentent des écoles où moins de 10% des élèves sont blancs (l’apartheid, c’est ça).

Mais aux difficultés qu’éprouve cette population, se surajoute l’attitude de la gauche académique et médiatique qui, par pur moralisme, ne s’indigne que des seuls homicides de Noirs commis par la police américaine ou par des Blancs ; considérant donc – absurdement – que les non-Noirs du pays constituent un meurtrier et tout-puissant Ku-Klux-Klan, voué à exterminer les Afro-Américains.

Récemment encore, L’Express souligne ainsi que 1,5% des Noirs américains de 20 à 24 ans meurent sous les tirs de la police – fait consternant – mais tait que, constamment et de longue date, ± 90% des Noirs américains sont assassinés par d’autres Noirs. Sans doute y-a-t-il des raisons à cela, mais l’énormité même du pourcentage devrait pousser les commentateurs à exposer cet essentiel fait brut. Or la théorie du”privilège blanc” tient justement à cela : pour qu’elle soit vraie, il faut et il suffit que TOUTE la police et TOUTE la justice des États-Unis soient implicitement ou ouvertement racistes, agissant et jugeant à 100% contre les Noirs.

Soulignons ici que cette idéologie du”privilège blanc” n’est pas celle de la population noire en général ; certes, soucieuse de ne pas servir de cible à tout propos, elle est sinon (sous l’influence de ses puissantes Églises) plutôt conservatrice et répressive en matière de sécurité et de justice, maints sondages le montrent. Le « privilège blanc » est plutôt l’apanage de jeunes gens riches, blancs mais torturés de haine de soi et de ludions médiatiques de toutes couleurs.

Avant d’examiner les faits et données disponibles, rappelons aussi que depuis une décennie, toute la société américaine, justice et polices incluses, subit l’étouffant tsunami du « politiquement correct »… diversité… inclusif… etc.; tout fait ethnique y éprouvant le sourcilleux contrôle (sans doute bénéfique, vu le passé du pays) de Black Lives Matter et cent groupes analo-gues; quand cependant, les statistiques ethniques-raciales y restent permises.

Reste que dans la statistique américaine, « race », « ethnicité » ou « origine » ne vont pas de soi, recensements ou sondages opérant par auto-déclaration. On dit par exemple « X personnes se considèrent comme d’origine hispanique », mais un Hispanique peut aussi se déclarer Blanc. Et ceux qu’évidemment, nous dirions métis en Europe, comptent comme Noirs aux États-Unis.

Voici donc, pour éclairer le débat, l’éventail racial donné par le dernier recensement national des États-Unis (1/07/2016):

•Blancs (hors hispaniques): 61,3%

•Hispaniques/Latinos: 17,8%

•Noirs/Afro-Américains: 13,3%

•Asiatiques: 5,7%

•Amérindiens: 1,3%

•Métis, NSP: 0,4%

•Insulaires du Pacifique: 0,2%.

Dernier point méthodologique: nous comptons plus bas des individus, interpellés, mis en cause ou inculpés, ce qui ne préjuge bien sûr pas de leur culpabilité.

Mais aux États-Unis, les Cours fédérales jugeant les serious crimes, homicides, viols, vols avec armes, etc., ont en 2016 condamné 91,2% des inculpés, 8,8% étant innocentés – donc, taux d’adéquation correct1.

Qui plus est, deux taux, élucidation des crimes dans un sens, récidives dans l’autre, renforcent le tableau général mis en cause-culpabilité:

• Taux d’élucidation des crimes graves (« serious crimes ») aux États-Unis en 2017:

•Homicides: 61,6% (chiffre noir, 38,4%)

•Viols: 34,5% (chiffre noir, 65,5%)

•Vols avec armes: 29,7% (chiffre noir, 70,3%)

• Taux de récidive après trois ans:•États-Unis: 68%

•Comparaison avec la France et l’Allemagne: respectivement 48 et 46%.

Surreprésentation des Noirs dans les statistiques criminelles américaines2(FBI-UCR, 2016)

Total des arrestations aux États-Unis (toutes infractions) en 2016: 8 421 481

Total des arrestations pour serious crimes3aux États-Unis en 2016: 408 873,Sur ces 408 873 crimes graves, total des arrestations « par race ou origine »:

•Prévenus se disant, ou déclarés, Blancs et hispaniques: 241 063

•Prévenus se disant, ou déclarés, Afro-Américains: 153 341

•Prévenus … Amérindiens, Asiatiques ou insulaires du Pacifique: 14 416

Homicides, États-Unis et « privilège blanc » criminel 149

Proportion ethnique des inculpés pour les homicides commis aux États-Unis en 2016:

•Blancs et hispaniques: 44,7% du total

•Afro-Américains: 52,6%

•Amérindiens, Asiatiques ou insulaires du Pacifique: 2,7%

Coups de projecteurs sur cette surreprésentation

État de l’Illinois (UCR-Illinois) – Blancs, 64%, Noirs, 14%.2017: 1 010 homicides dans l’État, dont 650 à Chicago.

Pour ces 1 010 homicides, 409 mis en cause; voici leur race, telle que figurant au dossier: Noirs, 271 (66% du total); Blancs, 83; Hispaniques, 54.

État du Connecticut (UCR-Con.) Blancs, 71%; Noirs 10%.105 homicides recensés dans cet État en 2017.

Pourcentage ethnique des homicides élucidés (un coupable a été trouvé puis condamné): Blancs, 28%; Noirs, 58% des mises en examen et 40% des condamna-tions, Asiatique: 1 cas.

Ville de Seattle et King County (Étude du Public Health Department de la ville, homicides par armes à feu, 2010-2016).

Rappel, l’administration locale se situe politique-ment quelque part entre libérale-libertaire et socialiste.Blancs dans le comté, 76%; Noirs, 7%.

69 homicides par armes à feu, 2010 à 2016; mis en cause, 39 Noirs, 56% des inculpés.

Ville de Pittsburgh – Étude du Pittsburgh Police Department (PPD) et de la mairie, 2010 à 2015. Rappel, sur les 5 derniers chefs du PPD, 3 sont Afro-Américains.

Blancs, 65%; Noirs, 26%.2010-2015: sur 100 victimes d’homicides, 85 sont noires.- sur 100 victimes d’homicides non élucidés, 97 sont noires.

2018: victimes des 58 homicides: Noirs, 50, Blancs, 8.Inculpés pour ces 58 homicides: Noirs, 24; Blancs, 7.

Ville de Saint-Louis – Noirs, 49%; Blancs, 43%.

Données du Saint-Louis Police Department, 1er semestre 2019: 110 homicides dont 99 Noirs. Inculpations pour 41 de ces homi-cides: Noirs, 37 (90% du total); Blancs, 4.

Ville de Cincinnati – Blancs, 49%; Noirs, 45%.2018: 63 homicides; victimes noires, 84%; blanches, 14%. Pour ces homicides, 30 inculpations: Noirs, 58%; Blancs, 17%; la race est absente de 25% des dossiers.

2017: 74 homicides; victimes noires, 85%; blanches, 14%. Pour ces homicides, 21 inculpations: Noirs, 71%; Blancs, 5%; la race est absente de 23% des dossiers.

Les Noirs sont-ils spécialement visés par la justice des États-Unis ?5

Individus jugés par une Cour fédérale de justice, année fiscale 2016, caractéristiques démographiques – race ou origine hispanique.

Cas considérés: 63 593 (formant donc 100% du total)

•Blancs: 20,9%,

•Afro-Américains: 19,8%

•Hispaniques-Latinos: 55,7%!!

•Amérindiens, 2,2%

•Asiatiques+Pacifique: 1,3

•NSP: 1%.

Plus largement maintenant, à l’échelle des États-Unis entiers, de méticuleuses recherches des analystes du ministère fédéral de la Justice et du FBI sur la période 1976-2005, établissent le fait terrible que dans plus de 90% des cas, l’assassin d’un Noir est un autre Noir; et que les jeunes hommes afro-américains ont 20 fois plus de morts que leur proportion dans la pyramide américaine des âges et des ethnies. Et si les choses ont évolué depuis 2005, c’est plutôt en pire.

Imaginons que les injonctions médiatico-académiques soient à 100% suivies d’effet et qu’on en finisse, par la prévention ou la répression, avec les meurtres commis par des policiers ou des Blancs racistes: sur cent homicides de Noirs, on en supprimerait 8 ou 9; sinon, la tuerie continuerait comme avant.

Est-ce un objectif décent ? Ou faut-il, sur la base de faits réels, traiter ce drame dans sa profondeur humaine ?

Comparaison avec l’ensemble Angleterre+Pays de Galles (E+W)

Pays anglo-saxon, au système judiciaire proche de celui des États-Unis, mais ne souffrant sans doute pas des mêmes biais culturels.

Homicides, États-Unis et « privilège blanc » criminel 151

Dernier recensement de la population de E+W: Blancs, 83, 35%; Asiatiques, 6,69%, (dont originaires du sous-continent indien, 5,87% et Chinois, 0,82%); Noirs, 2,81%.

 

 

 

 

Sources :

L’Express+Afp – 6/08/2019 « Aux États-Unis, les noirs encourent plus de risques d’être tués par la police »

Reported Crime – Cincinnati – 25/07/2019 (by month),

Wellcome Open Research – 25/06/2019 « A systematic review of criminal recidivism rates worldwide, 3 years update – Denis Yuknenko, Seena Fazel, dept. of psychiatry, Oxford U.; Shivpriya Sridhar, U-North Carolina, Chapel Hill, NC,

The Guardian – 23 Jun 2019 – ’It’s totally unfair: Chicago, where the rich live 30 years longer than the poor » – (Blancs: ± 90 ans, Noirs, ± 60 ans),

NBC News – 11/03/2019 « White parents are enabling school segregation if it doesn’ hurt their own kids »,Seattle and King County –

Public health – March 2019 « Firearm deaths among residents of King County and Seattle, 2012-1016 »,Federal Justice Statistics, 2015-2016 – January 2019,

State of Connecticut – 2017 « Crime in Connecticut – Annual report of the Uniform Crime Reporting, Dept. of emergency services and public protection, Crimes analysis unit »,

FBI – Uniform Crime Report, 2016 « Crime in the United States »,UK Crime Statistics – Year 2014 « Race and criminal justice system.

Notes

1. Sur 2474 cas en 2016, dernières données disponibles; Cf. « Table 6, Disposition and case-processing time of defendants in cases terminated in US District Courts, FY 2016 ».

2. FBI – Uniform Crime Report – 2016 (compile les statistiques et données de 13 049 services de police divers, la population américaine étant cette année-là de ± 257 113 000 individus. Le tableau ici considéré est « Table 21 – Arrests by race and ethnicity ».

3. – Homicides… coups & blessures ayant entraîné la mort… viols… vols avec armes ou vols violents. Dans tous les cas, il s’agit bien sûr des infractions connues des autorités, hors « chiffre noir ».

4. Nous avons choisi cet échantillon plutôt au nord des États-Unis, les données de sa part méridionale étant parfois encore entachées de tropismes « sudistes ». Au nord, nous avons pris des États et villes à léquilibre racial très divers (de 10% à majorité de Noirs), pour donner une vision large du problème.

5. Federal Justice Statistics – Table 5 – Demographic characteristics of defendants charged in US Federal District court, Fiscal Year 2016 – race or hispanic origin (caractéristiques démographiques des inculpés par une cour fédérale de justice US).

Voir aussi:

Interview

« Non, les flics américains ne sont pas racistes »
Heather Mac Donald, spécialiste de la police et auteur de War on Cops (« Guerre contre les flics », 2016) pourfend la bien-pensance.
Propos recueillis par Axel Gyldén
L’Express
14/03/2017

Que dire du tweet de Trump sur la criminalité à Chicago?

Heather Mac Donald. J’applaudis. Trump est le seul à attirer l’attention sur cette violence qui touche majoritairement les Noirs. Cela dit, il surestime le rôle du gouvernement fédéral dans la lutte contre le crime. La police est avant tout une affaire locale.

La police est-elle raciste?

H. M. D. 26% des personnes tuées par la police aux Etats-Unis sont des Afro-Américains, alors qu’ils ne représentent que 13% de la population. Doit-on en déduire que les cops [flics] sont racistes? Non. Simplement, ils interviennent avant tout dans les quartiers en proie à la criminalité. Or c’est là que résident les minorités.

D’où un risque accru de confrontation avec la population noire ou latino. A Chicago, les Afro-Américains représentent un tiers de la population, mais sont responsables de 75% des fusillades. Ce n’est pas un jugement, juste une statistique.

L' »effet Ferguson », c’est quoi?

H. M. D. Depuis qu’un jeune Noir a été abattu par la police à Ferguson, en 2014, l’association Black Lives Matter « vend » l’idée que les policiers sont intrinsèquement racistes. Le débat est pollué par le tabou sur la criminalité noire. Alors sommes-nous autorisés à parler des victimes?

Les Blacks sont six fois plus souvent victimes d’homicides que les Blancs et les Latinos. En 2016, 20 enfants noirs ont été blessés ou tués à Chicago. S’ils avaient été blancs, le scandale aurait été énorme. Mais comme ce sont des Noirs tués par des Noirs, tout le monde s’en fiche…

Voir également:

Crimes et abus policiers : ce que disent les statistiques ethniques aux États-Unis

DÉCRYPTAGE – Le mouvement «Black Lives Matter» fonde ses accusations contre les forces de l’ordre sur une analyse biaisée de la délinquance américaine.

Luc Lenoir
Le Figaro
9 juin 2020

Les «cops» américains devront-ils, comme les manifestants, mettre un genou à terre? Ces derniers jours, de nombreux médias ont analysé les données concernant la probabilité d’un homicide policier en fonction de la race de la victime, les statistiques ethniques étant autorisées aux États-Unis. Avec un verdict terrible selon eux : les Noirs auraient de grands risques de mourir d’une balle de police, tandis que les Blancs jouiraient au contraire d’un «privilège» en la matière, comme dans d’autres domaines. Mais peu se sont intéressés à l’analyse de la criminalité, qui donne pourtant logiquement des clés pour juger plus finement du comportement des forces de l’ordre. En jeu, l’accusation par le mouvement Black Lives Matter d’un «racisme systémique» des forces de police américaines.

Dans une note publiée par le portail Cairn en février dernier, le criminologue Xavier Raufer revenait en détail sur les «crimes graves» («serious crimes») constatés outre-atlantique : homicides, coups et blessures ayant entraîné la mort, viols, vols avec armes ou vols violents. Sans négliger les difficultés de certaines communautés afro-américaines, et soulignant d’abord l’état d’«apartheid» dans lequel se trouve le pays, Xavier Raufer souligne une surreprésentation manifeste «des Noirs dans les statistiques criminelles américaines», constat obligatoire pour comprendre ensuite la situation policière du pays. Sur les 408.873 arrestations pour «serious crime» en 2016, 241.063 prévenus se définissaient blancs ou hispaniques, et 153.341 Afro-Américains. Une proportion de 37,5% du total, supérieure aux 13,3% d’Afro-Américains recensés dans la population américaine.

Rapportés à la population, les membres déclarés ou se disant Afro-Américains ont donc davantage de risque de tomber dans la criminalité et d’être arrêtés pour cela (la relation entre mise en cause et culpabilité finale étant avérée dans 91,2% des cas, selon la justice américaine). Dans l’Illinois, les Noirs représentent ainsi 14% de la population, mais 66% des mis en cause pour homicide en 2017. À Seattle et dans le comté de King, on dénombre 6% de Noirs mais 56% parmi les inculpés pour crime. À Pittsburgh, où Xavier Raufer souligne que trois des cinq derniers chefs du Police Department sont eux-mêmes Afro-Américains, il y a 26% de Noirs dans la ville, mais sur les 58 homicides en 2018, 24 inculpés sont noirs contre 7 blancs.

Loin de conclure à une délinquance «des Noirs» sui generis, Xavier Raufer souligne auprès du Figaro que le premier constat préoccupant est celui d’une criminalité touchant principalement les… Afro-Américains : «90% des meurtres de Noirs sont commis par d’autres Noirs, là est le vrai drame!». Concernant le conflit qui oppose les manifestants du mouvement Black Lives Matter à la police, le directeur d’étude au CNAM rétorque que le climat général de violence aux États-Unis concerne toutes les communautés: «A la violence extrême des délinquants répond celle des policiers, brutaux envers tout le monde sans distinction. C’est la violence globale de ce pays qui est à prendre en compte : n’importe quel retraité de 75 ans peut sortir une arme lors d’un contrôle!» Xavier Raufer insiste toutefois sur la culture de violence qui imprègne certaines communautés noires des grandes agglomérations : «écoutez le Drill, la musique des gangs juvéniles ethniques des États-Unis. Ce sont des appels au meurtre par des rappeurs rendus fous par un usage massif d’alcool et de Concentrate (marijuana ultra-puissante). Tels sont les angelots qu’affrontent au quotidien les polices des métropoles américaines».

La police tue-t-elle certains prévenus plus que d’autres?

Mais ces derniers représentent-ils l’ensemble des Noirs arrêtés? La surreprésentation statistique suffit-elle pour donner un blanc-seing à la police, quand elle tue un prévenu? On peut ici comparer l’ethnie des personnes tuées par la police, pour vérifier si telle ou telle communauté est particulièrement visée. Les Blancs et Hispaniques représentent par exemple 58,9% des personnes arrêtées pour «crime grave». Les mêmes couleurs de peau constituent 56,7% des personnes tuées par la police, selon les données du portail statistique Statista, compilant quatre années jusqu’à juin 2020*. Les pourcentages sont proches, tendant à indiquer que les drames lors d’arrestations ne concernent pas spécifiquement les personnes de ces deux ethnies. Les Afro-Américains constituent quant à eux 37,5% des prévenus pour crime grave, et 22,1% des personnes que la police a tuées en voulant procéder à leur arrestation. Le pourcentage de victimes de police est donc plus faible chez les Afro-Américains, par rapport à leur proportion lors des arrestations.

Bien sûr, les tirs létaux par les forces de l’ordre recouvrent des situations très différentes (bavures, individus armés ou non, etc.). Nul ne saurait déduire, à l’aune de ces pourcentages, à l’innocence ou la culpabilité présumée d’un policier tueur. Mais si l’on s’en tient aux chiffres de la criminalité et des arrestations, il semble difficile de conclure à un quelconque racisme systémique de la part des forces de l’ordre américaines.

Une conclusion partagée par la spécialiste Heather MacDonald (chercheuse et auteur du best-seller War on Cops – La Guerre aux Flics, 2016), dans un article du Wall Street Journal. La chercheuse du Manhattan Institute prend appui sur une analyse judiciaire des données de la police de Philadelphie, ayant établi en 2015 que les policiers blancs étaient moins susceptibles de tirer sur des suspects noirs non-armés que leurs collègues noirs et hispaniques. D’autres études vont en ce sens, comme celle de l’économiste d’Harvard Roland G. Fryer qui concluait en 2016 (puis à nouveau en 2018) à l’absence de preuves d’une «discrimination raciale lors des tirs de police».

Une désescalade de la violence est-elle possible?

Pour Heather MacDonald, «toutes les analyses contraires oublient de prendre en compte les taux de crime et le comportement des civils, avant et pendant les interactions avec la police». Et d’appeler au calme : «Les policiers de Minneapolis qui ont arrêté George Floyd doivent répondre de leur utilisation disproportionnée de la force et de leur indifférence cruelle à sa détresse. Les entraînements de police doivent mettre les bouchées doubles sur les tactiques de désescalade». Un constat partagé par Xavier Raufer, qui entrevoit quelques solutions techniques: «Il faudrait engager un dialogue, ne serait-ce que sur le maintien de l’ordre. Interroger les criminels, comprendre ce qui les a fait se tenir tranquille ou sortir de leurs gonds lors de leur arrestation, et adapter les techniques comportementales de la police.» Suffisant pour faire l’économie d’une vraie réflexion sur les divisions communautaires américaines? «Certainement pas», s’inquiète toutefois l’essayiste français, en écho à la conclusion de son homologue américaine : «la mort de Floyd ne doit pas saper la légitimité du maintien de l’ordre aux États-Unis, sans quoi nous continuerons sur un chemin vers le chaos».


*Les chiffres des arrestations datent de 2016, tandis que ceux des tués par la police sont établis entre 2017 et 2020. Néanmoins, les tendances de criminalité par ethnies n’ont pas changé sur l’ensemble de la période.

Voir de même:

Alain Finkielkraut: « La honte d’être blanc a supplanté la mauvaise conscience bourgeoise »

GRAND ENTRETIEN – Le philosophe voit dans l’actualité qui a suivi la mort de George Floyd le déploiement d’un nouvel antiracisme qui tient moins à promouvoir l’égale dignité des personnes qu’à déconstruire l’hégémonie occidentale dans les pays occidentaux eux-mêmes.

Eugénie Bastié
10 juin 2020

Les images terribles de la mort de George Floyd, tué par un policier américain blanc, ont fait le tour du monde. L’émotion légitime s’est transformée en une «frénésie mimétique» ne tenant plus compte du réel, argumente cependant le philosophe*, qui met en garde contre l’importation de problématiques américaines dans notre pays à l’histoire bien différente. La dénonciation d’un «racisme systémique» et de violences policières racistes oublie que «dans les quartiers dits populaires, ce sont les policiers qui ont peur».

Alain Finkielkraut voit dans le moment présent le déploiement d’un nouvel antiracisme qui tient moins à promouvoir l’égale dignité des personnes qu’à déconstruire l’hégémonie occidentale dans les pays occidentaux eux-mêmes. La notion de «privilège blanc» est une forme d’ «autoracisme» qui perpétue, sous une nouvelle forme, la mauvaise conscience de la classe bourgeoise.

LE FIGARO. – L’homicide de George Floyd par un policier américain, qui a été filmé, a déclenché des émeutes partout aux États-Unis. En réponse, Donald Trump a annoncé sa volonté de rétablir «la loi et l’ordre». Que vous inspire cette Amérique à feu et à sang?

Alain FINKIELKRAUT. – Ce qui nous distingue des hommes d’autrefois, c’est que nous sommes devenus des spectateurs. Nous voyons les événements dont nos prédécesseurs prenaient connaissance par le récit oral ou par la lecture. Ce «nous» ne souffre plus guère d’exceptions: où que nous habitions, nous sommes, par la grâce de l’écran, aux premières loges. L’image de George Floyd méthodiquement asphyxié par un policier de Minneapolis a fait le tour du monde et elle est insoutenable. «I can’t breathe», haletait, suppliant, l’homme noir, tandis que son bourreau blanc, imperturbable et même arrogant, appuyait le genou sur sa nuque jusqu’à ce que mort s’ensuive. Je comprends les Américains qui sont spontanément descendus dans la rue pour exprimer leur dégoût, leur honte et leur colère. Mais je me pose aussi cette question: la vérité de l’Amérique est-elle tout entière déductible de cette image?

La question noire demeure la grande tragédie de l’histoire américaine, mais elle ne se résume pas à l’assassinat de George Floyd

L’émotion doit inspirer la réflexion, mais elle ne peut pas dispenser de la connaissance. Car il y a les chiffres: selon la base de données du Washington Post, deux fois plus de Blancs (2416) que de Noirs (1263) ont été tués par la police depuis le 1er janvier 2015. Certes, comme le souligne très justement le journal Libération, le rapport s’inverse totalement en proportion de la population: les Noirs représentent 13 % de la population américaine, et les Blancs 76 %. Mais dans ce pays où les policiers ont la gâchette d’autant plus facile que les armes sont partout, on ne saurait parler d’un «racisme systémique» ou structurel des forces de l’ordre. Il y a aussi l’histoire: la guerre de Sécession, le mouvement des droits civiques qui a aboli la ségrégation, l’Affirmative Action dans les universités pour asseoir dans les faits l’égalité formelle des droits, l’apologie des minorités par le politiquement correct, les deux mandats à la Maison-Blanche de Barack Obama.

Il y a enfin ces autres images: le maire afro-américain de Houston annonçant les obsèques dans sa ville de George Floyd ou encore la maire afro-américaine d’Atlanta apostrophant avec véhémence les émeutiers qui discréditaient la protestation par le pillage des magasins de vêtements ou de matériel informatique. Des élus noirs dirigent aujourd’hui deux anciens bastions du ségrégationnisme. Les suprémacistes ont bien perçu ce grand basculement: s’ils sortent aujourd’hui du bois, s’ils hurlent «You will not replace us!», c’est qu’ils craignent de voir l’Amérique leur échapper et de devenir tôt ou tard minoritaires. Ces apeurés forment le cœur de l’électorat de Donald Trump. Et celui-ci, au lieu de parler à la nation tout entière, s’adresse en priorité à eux. Il trahit, en jetant ainsi de l’huile sur le feu, sa mission présidentielle.

La question noire demeure la grande tragédie de l’histoire américaine, mais elle ne se résume pas à l’assassinat de George Floyd.

La crise aux États-Unis a occasionné en France un regain de la dénonciation des violences policières racistes à l’égard des minorités, s’appuyant notamment sur le cas d’Adama Traoré. Faut-il s’inquiéter de l’importation en France des problématiques américaines?

Saisis d’une véritable frénésie mimétique, des manifestants, à Paris et dans la plupart des villes françaises, brandissent les mêmes pancartes qu’en Amérique: «I can’t breathe», «No Justice, no Peace», «Black Lives Matter». Il y a certes des racistes dans la police et ils doivent être sévèrement sanctionnés, car, forts du pouvoir que leur confère l’uniforme, ils ne se privent pas de harceler et de nuire. Sur ce point, le ministre de l’Intérieur a raison: on ne saurait tolérer l’intolérable.

Mais il faut être d’une insigne mauvaise foi pour en conclure que la police dans notre pays exerce une terreur raciste sur les populations issues de l’immigration africaine ou maghrébine. La réalité, en effet, est tout autre. Dans les quartiers dits populaires, ce sont les policiers qui ont peur: ils sont attirés, comme les pompiers dans des guets-apens, victimes de tirs de mortiers, attaqués à coups de barres de fer, de jets de pierre du haut des toits, ou de plaques d’égouts du haut des passerelles. Lorsque en 2007, à Villiers-le-Bel, des «jeunes» ont tiré sur eux à balles réelles, ils n’ont pas riposté. Résultat: des dizaines de blessés parmi les policiers, aucun parmi les manifestants. Hantée par les émeutes de 2005 qui ont embrasé le pays, leur hiérarchie demande aux hommes de terrain de tout faire pour éviter l’accident ou la bavure: tout faire, c’est-à-dire ne rien faire contre les rodéos urbains ou les matchs de foot sauvages dans les dernières semaines du confinement. Ce qui caractérise notre temps, ce n’est pas l’omniprésence et l’omnipotence de l’État policier, c’est la faiblesse et la démission de l’État dans ce qu’on n’appelle pas pour rien les territoires perdus de la République.

L’aptitude des êtres humains à se raconter des histoires et à se croire autres qu’ils ne sont, est sans limite

Et puis enfin, si racisme institutionnel il y avait, les manifestants crieraient-ils «policiers assassins!» au nez et à la barbe des forces de l’ordre? Si l’État était autoritaire, ou simplement s’il faisait respecter ses lois, des clandestins défileraient-ils dans Paris sans craindre d’être mis en garde à vue, ni a fortiori renvoyés manu militari dans leur pays d’origine? S’ils ne jouissaient pas d’une totale impunité, des rappeurs raconteraient-ils comment Brigitte, femme de flic, se fait gaiement «éclaté la teush» par «tous les jeunes de la cité» ?

L’aptitude des êtres humains à se raconter des histoires et à se croire autres qu’ils ne sont, est sans limite. Sous l’effet d’un meurtre atroce commis à Minneapolis, Minnesota, on interviewe avec déférence le membre du groupe La Rumeur qui évoquait, en 2002 «les centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété», et on en vient à prendre pour argent comptant la déclaration éhontée de la chanteuse Camélia Jordana: «Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie. Je ne parle pas des manifestants, mais des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau.» Des violences policières ont certes émaillé l’année 2019, en réponse à la violence extrême de certains manifestants. Mais qui visaient-elles? Qui ont-elles mutilé ou éborgné? Des «gilets jaunes», c’est-à-dire des Français d’origine française, gentiment désignés sous le nom de «souchiens» par la porte-parole des Indigènes de la République.

Vous avez écrit que l’antiracisme serait «le communisme du XXIe siècle». Cela explique-t-il pourquoi une large partie de l’intelligentsia se rue vers ce nouvel opium?

À l’image de ce qui se passe à Yale, à Columbia ou à Berkeley, la civilisation occidentale est désormais sur la sellette dans la plupart des universités du Vieux Continent. Les Dead White European Males sont pointés du doigt. D’eux et de leur culture vient tout le mal qui s’est répandu sur la terre: l’esclavage, le colonialisme, le sexisme et la LGBTphobie. Étudier cette culture, c’est désormais la mettre en accusation, la déconstruire, ruiner son prestige, pour permettre aux minorités de retrouver leur fierté et à la diversité culturelle de s’épanouir sans entraves. D’où l’écho rencontré par la mort de George Floyd, à Paris, aussi bien qu’à Stockholm ou à Montréal.

Combattre l’hégémonie occidentale à l’intérieur même de l’Occident : tel est l’objectif que s’assigne le nouvel antiracisme

Les nouvelles générations ont cru reconnaître dans le flegme féroce de l’assassin le visage de l’Occident qu’ils avaient appris à honnir. Mathieu Bock-Côté rappelle dans son dernier livre, que des étudiants du King’s College de Londres, ayant dénoncé «la collection d’hommes blancs de plus de 50 ans portant la barbe» qui formait le grand statuaire à la porte de l’établissement, celui-ci a été remplacé par «un statuaire conforme à l’idéologie diversitaire». Et dans un article de David Haziza, j’apprends que les élèves les plus avancés de Columbia proclamaient tout récemment qu’il fallait en finir avec un programme d’enseignement dont la blanchité, à les en croire, expliquait la persistance des meurtres racistes.

Combattre l’hégémonie occidentale à l’intérieur même de l’Occident: tel est, par-delà la révolte contre les violences policières, l’objectif que s’assigne le nouvel antiracisme.

Le XXe siècle et son cortège sanglant semblait avoir fait disparaître la question de la race, au profit de l’utopie cosmopolite. Comment expliquer que celle-ci ait fait son grand retour dans le débat public? L’antiracisme est-il devenu fou?

L’antiracisme n’est plus, hélas, la défense de l’égale dignité des personnes, mais une idéologie, une vision du monde. Dans cette vision, les traites négrières non occidentales n’ont pas leur place, ni l’antisémitisme arabo-musulman, ni celui d’une partie de la communauté noire américaine, ni les manifestations de Chinois et de Vietnamiens de Paris contre des insultes et des agressions où les Blancs n’avaient aucune part. Le raciste devient celui qui voit ce qu’il voit au lieu de fermer les yeux sur le scandale de l’impensable. Entre la réalité et le système idéologique, on a intérêt, pour ne pas être frappé d’infamie, à choisir le système.

L’antiracisme s’est donc transformé de fond en comble et l’hospitalité a changé de sens: à l’heure de la grande migration, il ne s’agit plus d’accueillir les nouveaux venus en les intégrant dans la civilisation européenne, il s’agit d’exposer les tares de cette civilisation pour rendre justice à ceux qu’elle a si longtemps traités par le mépris et exploités sans vergogne.

On voit de plus en plus de «Blancs» s’excuser pour leurs «privilèges». Que vous inspire ce phénomène? Que sous-entend la notion de «racisme systémique»?

La mauvaise conscience bourgeoise a conduit un grand nombre d’intellectuels à se ranger dans le camp de la classe ouvrière. Ils expiaient ainsi leurs privilèges et trouvaient une rédemption dans le combat pour l’égalité. Dans la gauche radicale d’aujourd’hui, la honte d’être blanc a supplanté la mauvaise conscience bourgeoise mais ce privilège-là colle à la peau. La honte est donc inexpiable. Pour elle, il n’y a pas de rédemption. Et ceux qu’elle affecte mettent un point d’honneur à rester confinés à la date où leur université célèbre la disparition des Blancs de l’espace public en organisant pour eux, ou plutôt contre eux, une «journée d’absence». Le soupçon de condescendance entachant toutes leurs paroles et toutes leurs actions, ils n’ont d’autres issues que de se taire, de s’effacer, ou de réciter indéfiniment le catéchisme qui les condamne. Cet autoracisme est la pathologie la plus consternante et la plus grotesque de notre époque.

Pendant plusieurs mois les guerres culturelles et identitaires semblaient avoir été suspendues par la crise du coronavirus, mais elles repartent de plus belle… Est-ce le signe que rien n’a vraiment changé?

On parle beaucoup, depuis le début de la pandémie, du monde d’avant et du monde d’après. Mais on oublie, en annonçant cette grande césure, que le monde d’avant était déjà très engagé dans la liquidation culturelle du vieux monde. À la sortie du confinement, le processus se poursuit, et même s’accélère.

* De l’Académie française. Dernier ouvrage paru: À la première personne (Gallimard, 2019).

Voir de plus:

Raphaël Enthoven : « On ne corrige pas le racisme en inversant le rapport de force »

« Racisme systémique », « privilège blanc », comité Adama, Despentes… Le philosophe analyse comment « la guerre des races a remplacé, à gauche, la guerre des classes ».
Propos recueillis par Thomas Mahler

L’Express : « Hourra ! Le peuple des Etats-Unis est en ébullition » a salué Jean-Luc Mélenchon sur son site, avant de se réjouir d’une « gilet-jaunisation (…) entrée au coeur de l’Empire ». Peut-on se féliciter d’une telle situation après la mort de George Floyd ?

Raphaël Enthoven : Comme souvent, les tribunes de Mélenchon renseignent sur l’humeur du tribun, plus que sur l’état du monde. Or, son humeur est la même depuis 2017. Mauvaise. Ronchon Mélenchon. A dire vrai, en trois ans, après avoir dilapidé d’un coup son capital de sympathie en se prenant pour la République au lieu de se soumettre à la loi, Saint-Jean-Luc est passé de la mauvaise humeur à l’humeur mauvaise de celui qui, voyant s’éloigner l’horizon de sa gloire, se trouve réduit, faute d’incarner l’avenir, à prédire l’apocalypse, applaudir la sédition, défendre des factieux, dénoncer des complots imaginaires, cracher sur des élus, justifier la violence illégitime et répandre, de sa plume, autant qu’il peut, les gouttes d’huile qui lui restent sur un feu dont il n’espère même plus tirer les marrons…

Certains politiques entrent dans l’Histoire parce qu’après avoir accompli de grandes choses, ils sont partis au bon moment. D’autres, à l’inverse, accèdent à la postérité parce qu’après avoir tout échoué, ils persistent à s’accrocher au manche et s’éteignent de leur vivant. Il n’est pas dit que les seconds soient moins légendaires que les premiers. On aurait pu se souvenir de Mélenchon comme d’un héros de la République (parmi d’autres) et il restera comme un avatar (parmi d’autres) de Pierre Poujade ou du général Boulanger. C’est déjà ça.

« Take a knee » est d’abord le geste de Martin Luther King qui prit le temps de la prière, aux cotés d’autres défenseurs des droits civils, le 1er février 1965, devant le Palais de Justice du Comté de Dallas (Alabama). Et il est essentiel de rappeler qu’il prie à cet instant. Autrement dit : qu’il ne se soumet qu’à Dieu. Car en cela, sa révolte est d’abord un amour, son humilité est un courage et sa génuflexion n’est qu’une meilleure façon de redresser la tête. Qui s’agenouille devant Dieu sait aussi s’insurger contre le mal que l’homme fait à l’homme : « Au coeur de ma révolte, écrivait Camus, dormait un consentement.  » Au-delà des lois iniques, et d’une justice humaine qui croit se bander les yeux alors qu’elle est aveugle, il y a LA Justice, et le sentiment d’obéir à la nécessité quand on se décide à changer le monde. C’est en consentant à LA justice (divine) que Martin Luther King trouve la force de s’opposer à l’injustice légale. Camus encore (en substance) : c’est parce qu’il dit oui que l’homme révolté est en mesure de dire non. Le geste de Martin Luther King est la belle version d’Antigone (qui refuse la loi des hommes et se sacrifie au nom d’une loi supérieure, en bravant l’injuste interdiction d’enterrer son frère) : sa foi est, pour le meilleur, la source vive d’un courage qui défie l’injustice, qu’aucune menace n’intimide et qu’aucune police n’ébranle.

C’est dans ce sillage, sublime, que s’inscrit Colin Kaepernic qui, aux dépens de sa carrière, choisit (lors d’un match de préparation de la NFL) de s’agenouiller pendant l’hymne américain. La colère dont il témoigne est aux antipodes de la haine : « Je ne suis pas antiaméricain. J’aime les Etats-Unis (…) Je veux aider à rendre l’Amérique meilleure. » En somme, Kaepernic refuse d’aimer son pays aux dépens de la justice elle-même. Camus, toujours : dans les Lettres à un ami allemand, le philosophe écrit « je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur, fût-ce celle du sang ou du mensonge. C’est en faisant vivre la justice que je veux le faire vivre.  » De fait, c’est mal aimer son pays que d’en gommer les infamies. C’est trahir sa nation que d’en masquer les crimes. Tout comme Martin Luther King affirmait paradoxalement la liberté en s’agenouillant devant Dieu, Kaepernic défend paradoxalement son pays en dénonçant ses crimes et en s’inclinant devant ses victimes. Son patriotisme est, à tous égards, plus respectable (et plus aimant) que les érections patriotiques d’un président qui croit défendre son pays quand il veut « virer » les « fils de pute » qui osent le critiquer.

C’est le même amour de son pays, exigeant et soucieux de justice, qui porta Willy Brandt à s’agenouiller devant le Mémorial du Ghetto de Varsovie en demandant pardon pour les crimes de l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. A ceci près que, tout comme les policiers américains qui, depuis quelques jours, à travers tout le pays, se mettent à genoux devant les manifestants, le chancelier ouest-allemand s’agenouillait en qualité de « responsable » et non plus de victime.

Aucun Blanc n’est responsable, en tant que Blanc, du crime raciste d’un autre Blanc

Et faites-vous une différence entre les génuflexions de Martin Luther King, de Kaepernic, de Willy Brandt ou des policiers américains, et celle des Blancs qui ont cru bon de s’agenouiller devant les Noirs de leur quartier (ou de leur immeuble) pour leur demander pardon ?

La différence est considérable. Qu’un athlète se sente responsable des injustices dont son statut le préserve, qu’un chancelier se sente responsable des atrocités commises par ses prédécesseurs nazis (et néanmoins élus), qu’un policier ait honte, en tant que policier, de voir un collègue assassiner un homme dans la rue, c’est une évidence. Dans les trois cas, la génuflexion est une élévation, une extension du domaine de la responsabilité aux hommes qui savent souffrir des douleurs qu’ils n’ont pas infligées ou qui leur ont été épargnées.

Mais qu’un Blanc ait honte, en qualité de Blanc, du crime raciste d’un autre Blanc, c’est une connerie. Pour une raison simple : on ne choisit pas la couleur de sa peau. Et, à moins d’avoir joui sans s’en indigner, en tant que Blanc, des privilèges d’une loi raciale (ce qu’on peut dire de certains Afrikaners ou de certains Américains jusque dans les années 60), aucun Blanc n’est responsable, en tant que Blanc, du crime raciste d’un autre Blanc. Il n’y a pas lieu de demander pardon à qui que ce soit, à ce titre.

Pour autant, ceux qui voient là-dedans du « racisme inversé » vont trop vite en besogne. Car l’Histoire existe, et elle doit peser dans l’évaluation d’une image : on ne peut pas mettre sur le même plan des Blancs qui s’agenouillent devant des Noirs et des Noirs qui s’agenouillent devant des Blancs. Des siècles d’esclavage et de tortures ne sont pas comparables à ce genre de cérémonies qui s’achèvent en général par une prière commune, où tout le monde est à genoux. Reste que, sans être le reflet des Noirs que leurs esclavagistes mettaient à genoux, les Blancs pénitents offrent une image détestable, dont la hideur saute aux yeux quand on la dépouille de ses bons sentiments.

C’est-à-dire ?

Que font des Blancs qui s’agenouillent devant des Noirs pour leur demander pardon ? Ils se reprochent d’avoir jusque-là bénéficié, à leur insu, de droits qui étaient refusés à leurs frères de couleur. Or, ces « droits », s’il existent, ne sont pas légaux. La ségrégation est révolue depuis longtemps aux Etats-Unis. Les « droits » dont ils parlent sont des usages, des moeurs, des pratiques et toutes les manies d’une société dont les couleurs se sont toujours vécues comme séparables. Il y a peut-être tout à changer dans la société américaine, mais il n’y a rien à abolir ici. L’ennemi n’est pas une loi. L’ennemi est une attitude. Et contrairement à une loi injuste qu’on peut abroger, une attitude est indéfiniment renouvelable. Il y aura toujours des Blancs racistes et des flics violents. De sorte que le sentiment d’un « racisme systémique » trouvera toujours, dans une sortie déplorable ou dans un crime abject, une raison d’être et de s’enflammer. Pour le dire autrement : la faute dont les « Blancs » croient endosser le fardeau est très exactement insoluble. Elle ne se dissout pas dans un changement qu’on pourrait identifier et qui permettrait de passer à autre chose. Au Blanc qu’on accuse (ou qui s’accuse) en tant que blanc d’être le complice de l’oppression systémique des noirs, aucune rédemption n’est promise. La plainte est infinie.

Comment pouvez-vous dire qu’aucune rédemption n’est promise, alors que l’enjeu est précisément de demander et d’obtenir le pardon des Noirs ?

Que font des Noirs qui reçoivent, debout, les supplications et les macérations de leurs frères blancs ? Et qui accordent leur pardon à des gens dont le crime n’est pas d’être coupables mais d’être blancs ? Ils accréditent l’idée que leur couleur est une faute. Ils se conduisent comme les gens qui disent « je ne déteste pas les homosexuels puisque j’ai en moi une grande faculté de pardon » (Christine Boutin). Le but d’un tel pardon n’est pas le pardon. Le but d’un tel « pardon » est d’étendre la culpabilité à l’infini, d’ancrer l’idée que la couleur des autres est une faute universelle (pour le dire comme l’impitoyable loup de La Fontaine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. – Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens… ») et d’ajouter à la misère du pénitent la splendeur de leur propre clémence. Qui dit « je te pardonne » au type qui n’est pas coupable ne pardonne rien du tout, mais fabrique de toutes pièces une culpabilité infinie dont lui seul, par la grâce du pardon qu’il adore accorder, se trouve créditeur.

Donc, c’est une inversion du rapport de forces, qui ne résout pas le problème ?

Pas seulement. Dans ce combat déguisé en déclaration d’amour, les pénitents blancs n’ont pas dit leur dernier mot. Car de même qu’on écrase celui qu’on pardonne, on continue de traiter en enfant celui dont on implore le pardon. Que laissent-ils entendre, ces gentils blancs, en se sentant eux-mêmes coupables des crimes d’un autre blanc ? Qu’ils sont encore, en tant que blancs, responsables des malheurs de la communauté noire, qu’en somme ils sont de mauvais maîtres dont les anciennes victimes ont raison de se sentir irresponsables. Sous la génuflexion des Blancs, c’est la condescendance qui s’exprime. Sous cette pénitence monocolore, c’est encore le paternalisme qui parle. Bref, sous le spectacle merveilleux de gens qui se promettent de s’aimer, sous la contrition des repentants qui reçoivent l’absolution des mains de leurs victimes présumées, on assiste en vérité à la continuation de la guerre, sous d’autres formes, entre des communautés qui se prennent pour des identités. Toutes les conditions de la haine sont réunies dans cette image irénique. Tous les éléments du problème se trouvent à vif dans ce moment qui se vit comme une solution. En tout cas, on est bien loin de Martin Luther King, de sa génuflexion libératrice et, surtout, de « l’armée bi-raciale » qu’il appelle de ses voeux…

Chaque fois qu’un comité mélange les termes de « justice » et de « vérité », c’est que la vérité lui déplaît…

Le comité Adama a importé l’émotion suscitée par la mort de George Floyd en organisant une manifestation de 20 000 personnes devant le Palais de Justice, interdite pour des motifs sanitaires. Au-delà des cas distincts d’Adama Traoré et George Floyd, les situations en France et aux Etats-Unis sont-elles comparables ?

Il faut faire la différence entre les gens qui, de bonne foi, redoutent que la France ne devienne l’Amérique, et défilent (à bon droit) dans le but de conjurer cette possibilité, et certains organisateurs de la manifestation qui, en toute mauvaise foi, aimeraient que ce soit le cas, et rêvent que les situations soient identiques. Car elles ne le sont pas.

D’abord, quoiqu’on pense du « plaquage ventral », en l’absence d’images, et face à des expertises contradictoires, nul n’est en mesure, techniquement, à l’heure où nous discutons, d’affirmer qu’Adama Traoré a subi un sort comparable au martyre de George Floyd. Dans ces conditions, crier que c’est la « même chose », c’est faire offense à la mémoire des deux, en instrumentalisant la mort du premier, et en minorant, de fait, le calvaire du second.

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Mais surtout : même si c’était le cas, même si Adama Traoré était tombé, comme c’est arrivé à Malik Oussekine, sur des policiers manifestement meurtriers, il n’y aurait pas moins de différences entre les Etats-Unis, où le communautarisme et l’attribution de droits spécifiques répondent au racisme (comme si le favoritisme rectifiait la haine, alors qu’il l’alimente), et notre sublime République, dont la raison d’être est de ne pas entrer dans ce jeu de miroirs, et dont la survie dépend de la capacité à ne pas céder à un engrenage où la haine répond à la haine, et l’identitarisme répond au racisme.

Le problème en France vient du fait qu’il existe objectivement des discriminations (sociales, morales et ethniques) à l’embauche, à la location ou à l’entrée des boîtes de nuit, mais que, comme par ailleurs, en République, sur le papier, « l’identité » sexuelle, religieuse ou ethnique n’est pas une sorte de handicap qui ouvre l’accès à des droits spécifiques, les gens qui sont victimes de discrimination ont l’impression – et en un sens à juste titre – que l’Etat les abandonne à leur sort. Et ils demandent à la loi de corriger ce qu’elle corrige déjà (mais qu’elle peine à rectifier en profondeur) en faisant du racisme un délit. En somme, ils demandent à la loi d’aller plus loin que l’affirmation abstraite de l’égalité entre tous les citoyens, pour s’en prendre à nos consciences de blancs et en extirper le racisme à la racine. Seulement, pour ce faire, pour qu’ils aient le sentiment que la loi s’attaque au « racisme systémique » en tuant nos « moeurs coloniales », il faudrait supprimer la présomption d’innocence, il faudrait systématiquement condamner pour racisme toute personne refusant un logement ou un emploi à une personne de couleur, imposer une parité sur fond de mélanine, et nantir légalement certains Français de privilèges qu’on refuserait aux autres. Bref, nous cesserions collectivement, et légalement, d’être libres et égaux. Comme tous les extrémismes dopés aux bons sentiments, ces adeptes croient démocratiser notre démocratie en la présentant comme un « Etat totalitaire et esclavagiste », alors qu’en demandant à la loi de corriger des consciences ou de réprimer des réflexes, c’est très exactement une dictature qu’ils appellent de leurs voeux.

Si la « communauté juive », par exemple, avait raisonné comme les manifestants du 2 juin, elle aurait vu dans les assassinats de Mireille Knoll, d’Ilan Halimi ou de Sarah Halimi l’expression d’un « antisémitisme systémique », et dans les atermoiements du Parquet la preuve qu’il n’y a aucune différence entre le régime de Vichy et la République. Or si, comme la négrophobie, l’antisémitisme est viscéral et éternel en France, il n’est pas douteux qu’il vaut mieux y être Juif (ou Noir) en 2020 qu’en 1940. Et que, si combat il y a, c’est un combat judiciaire et juridique qu’il faut mener. En France, l’antisémitisme est virulent, mais un policier juif n’est pas vu pour autant par d’autres Juifs comme un « vendu » qui travaille avec « l’Etat antisémite ».

Vous faites référence à la vidéo virale du policier noir que certains manifestants du 2 juin ont traité de « bounty » et de « vendu »…

Au début de son sketch sur le « CRS arabe », mimant un poivrot franchouillard, Coluche fait valoir qu’ « un bougnoule, c’est toujours un bougnoule, même en CRS ». Quelle différence avec les manifestants qui disent « Un flic, c’est toujours un flic, même noir » ? Comme, sous prétexte de « convergence des luttes », la guerre des races a remplacé, à gauche, la guerre des classes, la police qui a longtemps été présentée comme le bras armé d’un « Etat bourgeois » est devenue, aux yeux des mêmes et de leurs successeurs, le bras armé d’un « Etat raciste ». Un tel dogme a besoin d’un sophisme. Le sophisme est : il y a des crimes racistes dans la police française (ce qui est incontestable), donc LA police française est « systémiquement » raciste (ce qu’une grande majorité d’interpellations démentent). Un tel raisonnement n’est pas un raisonnement, mais l’érection illégitime de cas particuliers en une vérité générale et a priori qui ne voit dans les contre-exemples aucune objection mais qui, en revanche, à chaque drame, s’exclame « je vous l’avais bien dit ! »

En cela, il est symptomatique que le comité « Justice et vérité pour Adama » reprenne le nom du « Comité pour la vérité et la justice » crée par les maoïstes François Ewald et Serge July au moment de l’affaire de Bruay-en-Artois. Le but d’Ewald et July, à l’époque, était d’appeler au lynchage, et d’ancrer dans les consciences, à coup de témoignages de procès d’intention (« Il n’y a qu’un bourgeois pour faire ça ») et grâce aux sales méthodes du juge Pascal (qui, opposé au secret de l’instruction, diffusait les photos de l’arrestation du coupable présumé), le sentiment que le notaire Pierre Leroy était « par définition » le meurtrier de Brigitte Dewevre. Or, quel est le but du nouveau comité « vérité et justice » ? D’ancrer dans les consciences, à coup de manifestations aux slogans abstraits (« Pas de justice, pas de paix ! ») le sentiment que la police française est raciste et meurtrière. Chaque fois qu’un comité mélange les termes de « justice » et de « vérité », c’est que la vérité lui déplaît, et qu’il appelle « justice » l’autre vérité, la vérité qu’il exige, que cette « vérité » soit vraie ou non.

Reste qu’au-delà de sa sottise, le geste de traiter de collabo un flic noir est, de la part des manifestants, parfaitement contradictoire. Comment peuvent-ils déplorer la sous-représentation des Noirs dans les médias ou dans la fonction publique, tout en tenant un policier noir pour un vendu ou un « bounty » (noir dehors, blanc dedans) ? Là encore, le problème qu’ils posent est insoluble ! Comme une houle qui ne croise aucun récif, une telle plainte – qui laisse le choix entre le sentiment de ne pas être représenté et l’exclusion de ceux dont la carrière invalide ce sentiment – s’est arrangée pour ne rencontrer aucun obstacle sur le chemin de sa colère, et pour balayer comme autant d’apparences trompeuses et de trahisons discrètes l’ensemble des objections qu’elle reçoit.

On peut le comprendre : le problème des manifestants n’est pas que la France soit raciste. Leur problème est qu’elle ne l’est pas suffisamment. Et que, loin d’être l’avant-garde d’un monde meilleur, ils sont les fossoyeurs d’une démocratie qui n’a rien contre eux. On a tort, en cela, de qualifier de « débordements » les incidents qui ont émaillé ce rassemblement car, sans être planifiée bien sûr, la violence est inscrite dans l’esprit-même d’un telle manifestation. Pour une raison simple : celui qui manifeste contre un (imaginaire) « Etat raciste » ne vit pas sa propre violence comme un crime mais comme un geste libérateur. En réalité, plus que libératrice, la violence est créatrice. Comme le pardon du Noir au Blanc a aussi pour but de fabriquer l’éternelle culpabilité de ce dernier, la violence du manifestant ne sert qu’à témoigner de la violence qu’il a subie. Plus on casse des vitres, plus cela signifie qu’on est la victime d’un Etat raciste. Comme dit Virginie Despentes dans sa « Lettre à ses amis blancs » : « Comme si la violence ce n’était pas ce qui s’est passé le 19 juillet 2016. Comme si la violence ce n’était pas les frères de Assa Traoré emprisonnés… » C’est l’un des paradoxes, et pas le moindre, de l’hyper-démocratie victimaire où chacun voit ce qu’il veut : la violence réelle est masquée par la violence dont elle se prétend la conséquence… Pour le dire simplement : si je vous agresse, ça veut dire que VOUS êtes coupables et que JE suis victime, et que, pour cette raison, vous devez me comprendre avant de me juger, sous peine d’être un fasciste ! C’est parfait.

Virginie Despentes érige sa propre cécité en perception universelle

L’actrice et chanteuse Camélia Jordana avait déjà dénoncé les violences policières en expliquant que « des hommes et des femmes se font massacrer (par la police) quotidiennement en France, pour nulle autre raison que leur couleur de peau »…

Camelia Jordana n’a pas tort de dire qu’il arrive, en France, d’être massacré par la police pour « nulle autre raison que sa couleur de peau ». Car une telle chose est déjà arrivée. Et arrivera de nouveau. Rarement. En revanche, Madame Jordana a tout à tort, à mon avis, d’en faire une loi, et d’ériger de rares tragédies en considérations générales sur l’âme du flic Français. Le problème n’est pas ce qu’elle dit, mais la valeur de vérité absolue qu’elle donne à ce qui (en ce qui la concerne) n’est même pas un témoignage. Car ce faisant, tout comme les blancs pénitents ou les manifestants du 2 juin, elle raisonne à l’envers : son diagnostic n’est pas un diagnostic mais une vérité a priori qui, pour cette raison, se donne comme infalsifiable. Comment voulez-vous contredire un sentiment ? Comment voulez-vous dire qu’elle a tort à une personne qui prend son impression pour la règle ? Un sentiment qui se prend pour une vérité dégénère inévitablement en dogme. Et un dogme est immunisé contre les objections. En particulier un dogme bien-pensant qui, pour devancer les coups, présente toute objection comme une abjection : si vous dites que Camelia Jordana a tort, c’est que vous fermez les yeux sur la violence que vous ne subissez pas. Bing. Que répondre à ça ? Camelia Jordana s’est proposée de débattre avec le ministre de l’Intérieur en personne, mais elle n’a pas ouvert le débat, elle a tué le débat en le réduisant à la défense (ou l’attaque) d’une opinion péremptoire ! Si, dans les échanges qui ont suivi ce qu’elle a dit, chacun est resté fermement campé sur son catéchisme et, loin de dialoguer, les antipodes n’ont fait qu’affirmer leur détestation mutuelle, c’est que les conditions du débat étaient absentes du débat. Débattre, ce n’est pas présenter ce qu’on croit comme une vérité absolue, pour mettre les autres, ensuite, au défi de nous donner tort. Débattre, c’est douter de ce qu’on croit au point d’écouter un autre discours que le sien. Peine perdue.

Dans sa « Lettre adressée à mes amis blancs qui ne voient pas où est le problème… », Virginie Despentes a développé la notion de « privilège blanc » : « Car le privilège, c’est avoir le choix d’y penser, ou pas. Je ne peux pas oublier que je suis une femme. Mais je peux oublier que je suis blanche. Ça, c’est être blanche. Y penser, ou ne pas y penser, selon l’humeur ». Que pensez-vous de cette notion ?

Si Virginie Despentes se promène dans les rues de Dakar, Bamako ou Kingston, elle aura plus de mal à oublier qu’elle est blanche. Est-ce à dire que le Sénégal, le Mali ou la Jamaïque sont racistes ? Et que les Noirs y sont privilégiés ?

Il y a d’autres choses, plus intéressantes, dans sa lettre. D’abord, cette phrase en apparence absurde : « En France nous ne sommes pas racistes mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. » Les gens qui lui ont répondu en dressant la liste de tous ceux, de Gaston Monerville à Sibeth N’Diaye, dont le parcours contredit Virginie Despentes, commettent deux erreurs. La première est de rentrer dans son jeu, et de compter les noirs ministres (comme on compte les noirs à la télé, ou à la cérémonie des Césars), autrement dit : de transformer la couleur en critère d’évaluation. L’autre erreur est de la prendre au sérieux. Virginie Despentes n’est pas née demain. Elle sait très bien qu’il y a eu et qu’il y a des ministres « noirs » dans un pays où la couleur n’est pas une compétence. Seulement, elle ne les « voit » pas. La couleur de leur peau est masquée par leur costume républicain. Pour le dire simplement : puisqu’être noir empêche d’être ministre dans notre « France raciste », alors en devenant ministre, un noir cesse d’être noir. Comme le jour et la nuit, la fonction de ministre et la noirceur de la peau s’excluent aux yeux de la manichéo-daltonienne. On ne peut pas être l’un et l’autre. En cela, Virginie Despentes est bien fondée à dire qu’elle n’a « jamais vu » de ministre noir. Son erreur n’est pas de dire ce qu’elle sent, mais, comme Camelia Jordana, d’ériger sa propre cécité en perception universelle.

L’autre chose passionnante de cette lettre (dont je m’indigne que son auteure ne l’ait pas rédigée en écriture inclusive), c’est la comparaison qu’ose l’écrivaine entre Assa Traoré et Antigone. A première vue, elle n’a pas tort. Comme Antigone (qui brave la loi pour ensevelir son frère Polynice), Assa Traoré brave les institutions pour honorer la mémoire de son frère, le « premier homme » (Adama). Sauf que les deux situations et les deux héroïnes ne sont pas comparables. Du tout. Polynice, frère d’Antigone, n’est pas une (possible) victime de la police mais la victime de son propre frère, Etéocle, avec qui il s’est entretué devant les murs de Thèbes. Et nul ne menace, jusqu’à nouvel ordre, de « murer vivante » Assa Traoré si elle persiste à contredire la dernière expertise en date, comme Antigone fut murée vivante pour avoir enseveli son frère malgré l’interdiction de son oncle Créon, le roi de Thèbes. Enfin, comme le rappelle Despentes, « Antigone n’est plus seule. Elle a levé une armée. La foule scande : Justice pour Adama…  » Mais Antigone à la tête d’une armée, ce n’est plus Antigone, c’est (peut-être) Créon !

« Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi, des Noirs ? disait Gary dans Chien Blanc. Ce sont des hommes comme les autres. Je ne suis pas raciste »

Ancienne directrice du Bondy Blog, Nassira El Moaddem s’est plainte à la suite de sa désinvitation d’un plateau de télévision parce qu’elle faisait « doublon » avec une autre militante antiraciste, Maboula Soumahoro. N’est-ce pas une illustration de la logique identitaire à l’oeuvre aujourd’hui ?

Oui, ce serait drôle si ce n’était désolant pour Madame El Moaddem, que BFM a traitée comme une vieille chaussette. Mais à toute chose, malheur est bon : une telle mésaventure est aussi l’occasion donnée, pour l’intéressée, de comprendre qu’elle est exactement la victime de la logique identitaire qui lui fait dire, ordinairement, qu’on devrait inviter les « concernés » sur les plateaux de télé, qu’on est mal placé pour parler des problèmes qu’on ne rencontre pas, et qu’en somme, la couleur des gens est en elle-même une compétence. A ce compte-là, dans un monde où la couleur (appelée « identité ») est une garantie de l’opinion, il est normal qu’on désinvite Nassira El Moaddem au profit de Maboula Soumahoro, qui (aux yeux de certains) est une meilleure interprète dans le même rôle. Madame El Moaddem s’indigne qu’on lui dise que sa présence en plateau eût fait « doublon ». Elle a raison. C’est scandaleux. D’autant qu’elle avait certainement d’autres choses à dire que Madame Soumahoro. Mais quand on invite les gens à raison de leur allure et non de leur compétence, on se moque de ce qu’ils ont à dire, et des nuances éventuelles. « Noire, arabe, on s’en fout, tant que ça fait concerné » se dit-on dans les rédacs attentives à draguer une clientèle identitaire… Bref, c’est l’arroseuse arrosée. Madame El Moadden, qui a souvent été la victime du racisme, est pour la première fois peut-être, victime du racialisme. J’avoue ne pas voir la différence entre les deux, mais c’est probablement que je ne suis pas concerné. « Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi, des Noirs ? disait Gary dans Chien Blanc. Ce sont des hommes comme les autres. Je ne suis pas raciste. » Si les journalistes avaient lu cette phrase, peut-être se seraient-ils mieux conduits ?

Justement, que peut nous apprendre Chien blanc, le roman de Romain Gary sur le racisme et l’antiracisme ?

Tout. Toutes les idées, toutes les aberrations et tous les protagonistes de l’époque que nous vivons se retrouvent dans ce chef-d’oeuvre de Gary, qui revient sur les émeutes raciales en Amérique à la fin des années 60.

Les Blancs paternalistes et pénitents qui portent comme une tare la couleur de leur peau et n’ont pas assez de genoux pour se soumettre ni de cendres à se mettre sur la tête y feront connaissance avec leurs ancêtres, « libéraux engagés dans la lutte pour les droits civiques » qui organisent des réunions dans la maison d’un professeur d’art dramatique dont l’enjeu est d’informer les blancs riches (à qui on soutire de l’argent) du « degré atteint par la haine des blancs dans le psychisme des enfants noirs » et où, pour ce faire, on fait venir des enfants noirs qu’une dame blanche oblige à dire, à contre-coeur, devant des militants blancs émerveillés, qu’elle est une « sale blanche », une « diablesse aux yeux bleus », et qu’il la « hait plus que tout « . Les mêmes trouveront en Jean Seberg (avec qui Romain Gary est marié et vit dans une villa à Los Angeles) leur Sainte-Patronne : car tous les jours, dans sa villa, Seberg accueille et subventionne des cohortes de groupuscules racialistes qui lui font les poches tout en la persuadant qu’elle ne donnera jamais assez.

Les gens qui prennent la France pour l’Amérique gagneront à suivre le Narrateur, que son parcours conduit des émeutes sanglantes en Californie aux gentilles barricades de Mai 68, pour comprendre que toutes les grenouilles ne deviennent pas des boeufs.

Les théoriciens de la convergence des luttes et les sociologues avides d’excuser les prédations en cas d’émeutes raciales ou sociales trouveront dans la description de la « société de provocation » un hymne à leurs certitudes : « J’appelle société de provocation toute société d’abondance qui se livre à l’exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation par la publicité… tout en laissant en marge une fraction importante de la population… » Comment s’étonner, se demande Gary, si « un jeune noir du ghetto, cerné de Cadillac et de magasins de luxe, bombardé par une publicité frénétique » finit par se ruer à la première occasion sur « les étalages béants derrière les vitres brisées » ?

Enfin, les gens qui traitent de « vendus » les policiers noirs, qui confondent George Floyd et Adama Traoré, les doctrinaires d’un « Etat systémiquement raciste », bref, les gens qui croient qu’on corrige le racisme en inversant le rapport de forces entre deux communautés trouveront leur ancêtre véritable en la personne de Keys, le gardien de zoo dont tout le travail consiste, par la peur, à transformer un chien dressé pour tuer les noirs en un chien dressé pour tuer les blancs. C’est même l’humanité tout entière qui trouve un reflet sans appel dans la tragédie du berger Allemand Batka à qui son maître, Gary, veut apprendre à « mordre tout le monde » et « pas seulement les noirs », alors que Keys veut en faire un « chien noir.  » Or, c’est Keys qui l’emporte, et au lieu de mordre (et d’aimer) tout le monde, Batka se met à mordre uniquement les Blancs. A l’issue de ces métamorphoses, ne sachant plus où donner des dents, et à l’image d’une République qu’on croit pacifier en la présentant comme une dictature, le chien meurt de douleur et d’indécision devant la porte de l’ancien maître qu’il n’arrive pas à vouloir mordre. Voici l’oeuvre de Keys. Et après lui, de tous les militants qui communautarisent le rapport de forces et croient que la haine autorise la haine : « Des Noirs comme vous, dit Gary, qui trahissent leurs frères en nous rejoignant dans la haine, perdent la seule bataille qui vaille la peine d’être gagnée. »

Projet 1776, l’anti Black Lives Matter porté par des conservateurs afro-américains

Victor-Isaac Anne
Valeurs actuelles
09/06/2020

En réponse aux dérives identitaristes de la gauche américaine, une cinquantaine d’intellectuels essentiellement afro-américains sonnent la révolte.

C’est le premier grand coup porté à la gauche racialiste américaine. Depuis les années 1970, ses représentants, universitaires et militants (les deux vont souvent de pair), ne ménagent pas leur peine pour imposer leurs représentations comme grille de lecture exclusive des phénomènes sociaux. Si, depuis lors, leurs idées ont incontestablement progressé, allant jusqu’à irriguer le débat public en France, elles se heurtent aujourd’hui à la résistance d’un projet intellectuel ambitieux. 1776, en référence à la déclaration d’indépendance des États-Unis, est une réponse d’intellectuels essentiellement afro-américains à une initiative commune du New-York Times et de plusieurs historiens noirs, visant à réécrire l’histoire américaine à la lumière de l’esclavage.

Une falsification de l’histoire

Tout commence au mois d’août 2019, lorsque le quotidien new-yorkais aux opinions très-avancées développe le projet 1619. Dans une édition spéciale de 100 pages, publiée à l’occasion des 400 ans de l’arrivée des esclaves africains en Amérique, le New York Times Magazine propose une relecture de la fondation des États-Unis « telle qu’elle s’est véritablement déroulée » — le ton est donné.

Cette vaste entreprise de rééducation idéologique, bouffie de repentance, entend faire de l’arrivée en bateau d’une vingtaine d’esclaves africains à Port Comfort en Virginie (Colonie britannique d’Amérique du Nord, NDLR), « le véritable acte de naissance de l’Amérique ». Dans la classe politique et les cénacles académiques, le projet reçoit un accueil mitigé. De nombreux historiens s’émeuvent d’un détournement voire d’une falsification de l’histoire au nom de l’idéologie raciale. Toutefois, l’influence du Times est telle que ces observations critiques sont remisées à l’arrière-plan. Conçu à l’origine comme un projet médiatique interactif, composé de productions diverses (essais, poésies, photographies, articles…), 1619 se mue en une puissante machine à propagande. Le journal noue ainsi une collaboration avec le très “inclusif” Pulitzer center pour porter ce projet dans les écoles, bibliothèques et musées ; plusieurs centaines de milliers d’exemplaires du magazine et un supplément spécial y ont été distribués gratuitement. Last but no least, l’initiatrice du projet Nikole Hannah-Jones, réalise une tournée nationale de conférences dans les écoles pour expliquer à son jeune public que « le racisme anti-noir se trouve dans l’ADN même de ce pays ». 

Pendant plusieurs mois, à grand renfort de matraquage publicitaire, 1619 impose son point de vue à la société américaine : l’histoire des États-Unis doit être exclusivement comprise comme une lutte des Blancs pour l’hégémonie et une dévalorisation systémique des noirs. Naturellement, quiconque récuse ce récit mythologique raciste passe pour blasphémateur.

Projet contre projet

Devant la réécriture et la confiscation de l’histoire des États-Unis par des idéologues obnubilés par la question raciale, une cinquantaine d’intellectuels, essentiellement afro-américains, ont décidé de se soulever. En janvier 2020, Robert Woodson, figure chrétienne conservatrice et ancien conseiller de campagne George W. Bush lance le projet 1776 en réponse à 1619. Cette fois, les grands médias ne se pressent pour relayer cette initiative portée en partie par des historiens universitaires.

Loin d’eux l’idée de nier le passé esclavagiste des États-Unis, simplement, ils contestent l’idée selon laquelle l’asservissement des noirs constitue l’alpha et l’oméga de l’histoire du pays. Car pour parvenir à une telle conclusion, les promoteurs du projet 1619 ont eu recours à un grand nombre de sophismes et de falsifications. Entre autres contre-vérités, l’on apprend ainsi que, de tout temps, les noirs Américains ont combattu seuls pour leur liberté, que la guerre de Sécession est sans lien avec la libération des esclaves ou encore que le maintien de l’esclavage est le principal moteur de la guerre d’indépendance – cette liste n’est pas exhaustive.

Les auteurs du contre-projet 1776 soutiennent a contrario que les inégalités structurelles qui persistent aux États-Unis résultent moins d’un problème de race que d’une logique de classes. Aussi, sont-ils pour le moins hostiles à un mouvement comme Black Lives Matter et les concepts qu’il charrie : appropriation culturelle, privilège blanc, racisme institutionnel, fragilité blanche. Selon eux, cette grille de lecture ethnocentrée est une machine à créer du ressentiment et de la culpabilité, là où la solution se trouve dans la solidarité interraciale.

Deux semaines après la mort de George Floyd et les émeutes raciales qui s’en sont ensuivies, la confrontation entre ces deux visions résonne avec une certaine acuité. Au fond, les États-Unis ont désormais le choix entre deux projets de société : le premier, pétri de “bonnes intentions” — donc de racisme compassionnel – considère les afro-américains comme un bloc monolithique d’individus, victimes par essence et mus par les mêmes aspirations. Le second, refuse les assignations identitaires, croit au libre arbitre et défend une vision unitaire de la société. Entre le New York Times et l’universalisme, il faut choisir.

An excerpt from “Shame”

Shelby Steele

1776

When I traveled to Africa back in 1970, it was partly because I had been more and more seduced by this great looming idea of America’s characterological evil. It was such a summary judgment, and, at the time, still new and audacious. It had not existed in the original civil rights movement of the 1950s and early 1960s. Martin Luther King Jr. had never charged America with an inherent and intractable evil. He had lived in good faith with America, believing in reform and the innate goodwill of the American character, even as he also lived under constant threat of assassination. Still, when his assassination actually came to pass—with almost macabre predictability—young blacks, like myself (and many whites as well), saw it as a final straw. The evil character of America would always prevail over decency.

I came of age—in my early twenties—precisely when this idea began to take hold. Suddenly it was everywhere among the young. Belief in America’s evil was the new faith that launched you into a sophistication that your parents could never understand. And in linking you to the disaffection of your generation, it made youth itself into a group identity that bore witness to the nation’s evil and that, simultaneously, embraced a new “counterculture” innocence. Coming out of this identity, you owed nothing to your parent’s conventional expectations for your life. You could go to medical or law school if you wanted, but you could also roll in the mud at Woodstock, do drugs, or join a commune.

A result of this generation’s explicit knowledge of America’s historical evils was to make social and political morality a more important measure of character than private morality. In the 1950s, your private morality was the measure of your character; in the 1960s, your stance against war, racism, and sexism became far more important measures—so important that you were granted a considerable license in the private realm. Sleep with whomever you wanted, explore your sexuality, expand your mind with whatever drug you liked, forgo marriage, follow your instincts and impulses as inner truths, enjoy hedonism as a kind of radical authenticity. The only important thing was that you were dissociated from American evil. Dissociation from this evil became a pillar of identity for my generation.

But I was from the working class. I had put myself through college. I couldn’t afford to bank my life on the dramatic notion that America was characterologically evil unless it was actually true. Africa was a continent full of new countries that had banked their fate on precisely this view of their former oppressors. I wanted to see some of these countries then led by a generation of charismatic men who had won hard-fought revolutions against their Western oppressors—Jomo Kenyatta of Kenya, Kwame Nkrumah of Ghana, and Léopold Sédar Senghor of Senegal. They were all seen as redeemers— redeemers—the selfless founding fathers of newly independent nations. And, having thrown off the yoke of colonialism, there was the expectation that their countries would begin to flourish.

But in fact, they were not flourishing. We left Algeria in the middle of the night and landed the next morning on the other side of the Sahara Desert in Lagos, Nigeria, where we—along with all the passengers on our flight—were held at gunpoint in the airport for several hours for mysterious reasons having to do with the Biafran War. Finally, we made it to Nkrumah’s Ghana, which only looked more and more bedraggled and directionless—a sharp contrast to the revolutionary glory that Kwame Nkrumah had projected around the world. (Kwame was fast becoming a popular name for male babies among black Americans.) Food was scarce and unrelievedly bad even in the American hotel in the capital city of Accra. You saw chickens pecking for food in open sewers, and then at dinner, you wondered at the gray meat on your plate smothered in nondescript brown gravy. Then there were ten days in Dakar, Senegal, where Senghor, the father of “negritude,” was president. But it wasn’t “negritude” that made Dakar a little more bearable than Accra. There were still some French there, and it was their fast-fading idea of Dakar as an African Paris that meant better food and the hint of café society.

The Africa we saw was, at best, adrift. The Africans themselves—as opposed to the Middle Eastern and European shopkeepers and middlemen—looked a little abandoned. Today I would say they were stuck in placelessness. They obviously didn’t want to go back to their colonial past, yet, except for a small, educated elite, they had no clear idea of how to move into the future. They had wanted self-determination, but they had not been acculturated to modernity. How does one do self-determination without fully understanding the demands of the modern world?

In Dakar, an enterprising middle-aged man—someone who would surely have owned his own business had he been born in America—appeared every day outside our hotel trying to sell us the same malformed and unfinished wooden sculpture. Every day a different story and a different price attached to this “sculpture.” The man was charming and quick, but I also sensed anger and impatience just beneath the surface. He scared me a little. One morning, out of sheer frustration, I gave him five dollars (a lot of money then), but then walked away without taking the sculpture. Within a minute, I felt a tug on my sleeve. Angrily, he pushed the money and the ugly little sculpture back into my hands—as if to be rid of not only me but also a part of himself he couldn’t stand. Then he stormed off. I had hurt his pride, and I felt terrible. I chased him down, gave him the money again, and took the sculpture (which I have to this day). His umbrage was still visible, but he accepted the deal.

In 1970, I had no way of understanding an encounter like this. Now a few things are clear. I was conspicuously American. My voluminous Afro only drove that point home. Thus I was an emissary from modernity itself. When I gave him money without taking his sculpture, I didn’t just devalue him and his culture; I virtually mocked his historical circumstance by reminding him of what he already knew: that he was outside of history, that he was not of the modern world and had nothing really to offer me that I wanted or needed. Yes, the world by then knew that African art could be world-class. Picasso, among others, had brought its genius to the West. But he would not have known about Picasso or even much about the art of woodcarving within his own culture. He wanted to be a tradesman, a businessman. But his ignorance even of what he was selling sabotaged his entrepreneurialism. So when I gave him money but rejected his statue, I treated him like a beggar to whom one gives alms, not like a businessman.

And wouldn’t a man like this—and the millions like him all across Africa, the Middle East, and the Third World generally—soon be in need of a politics to fight back with. Wouldn’t he need a political identity that lessened the sting of his individual humiliation by making him a member of an aggrieved collective? Wouldn’t some ideology or other—nationalism, cultural nationalism, pan-Africanism, some version of Marxism, negritude, Islamism, jihadism, any idea of “unity” that merges the individual with the group—come into play to console individual alienation by normalizing it, by making it a collective rather than individual experience? Your humiliation does not reflect on you. You languish outside of history—hawking shapeless pieces of ebony on the streets of Dakar—because you belong to a people who were pushed out of history and exploited, first by colonialism and then by neocolonialism.

Placelessness literally demands a political identity that collectivizes people, one that herds them into victim-focused identities and consoles them with a vague myth of their own human superiority. Léopold Senghor, the first president of newly independent Senegal and the father of “negritude,” said, “Far from seeing in one’s blackness inferiority, one accepts it; one lays claim to it with pride; one cultivates it lovingly.” Marcus Garvey, a popular racialist black American leader in the 1920s, said, “Negroes, teach your children that they are the direct descendants of the greatest and proudest race who ever peopled the earth.” The Islamic extremism that so threatens the world today operates by the same formula: devout followers of Allah are superior to their decadent former oppressors (mere infidels) in the West. The feminism that came out of the 1960s argued that if women were victimized by male chauvinism, they were also superior to men in vital ways. (“If women ruled the world there would be no wars” was a feminist mantra in the 1970s.)

All these identities assign a “place” against the experience of placelessness by giving the formerly oppressed an idea both of their victimization and their superiority. This “places” them back into the world and into the flow of history. You are somebody, these identities say. You were simply overwhelmed by your oppressor’s determination to exploit you. Thus the consoling irony at the heart of victimization: you possess inherent human supremacy to those who humiliated you.

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But there is a price for this consolation: all these victim-focused identities are premised on a belief in the characterological evil of America and the entire white Western world. This broad assumption is the idea that makes them work, which makes for that sweet concoction of victimization and superiority. So the very people who were freed by America’s (and the West’s) acknowledgment of its past wrongs then made that acknowledgment into a poetic truth that they could build their identities in reaction to. Once America’s evil became “poetic” (permanently true), the formerly oppressed could make victimization an ongoing feature of their identity—despite the fact that their actual victimization had greatly declined.

And think of all the millions of people across the world who can find not only consolation in such an identity but also self-esteem, actual entitlements, and real political power—and not just the poor and dark-skinned people of the world but also the Park Avenue feminist, the black affirmative-action baby from a well-heeled background, and white liberals generally who seek power through an identification with America’s victims. Today, all these identities are leverage in a culture contrite over its past.

The point is that these identities—driven by the need for “place,” esteem, and power—keep the idea of American/ Western characterological evil alive as an axiomatic truth in the modern world, as much a given as the weather. In other words, this charge of evil against the white West is one of the largest and most influential ideas of our age—and this despite the dramatic retreat of America and the West from these evils. The scope and power of this idea—its enormous influence in the world—is not a measure of its truth or accuracy; it is a measure of the great neediness in the world for such an idea, for an idea that lets the formerly oppressed defend their esteem, on the one hand, and pursue power in the name of their past victimization, on the other. It is also an idea that gave a contrite white America (and the Western world) new and essentially repentant liberalism.

In this striking vision of the white Western world as characterologically evil, both the former dark-skinned victims of this evil and its former white perpetrators found a common idea out of which to negotiate a future. This vision restored esteem to the victims (simply by acknowledging that they were victims rather than inferiors) and gave them a means to power; likewise, it opened a road to redemption and power for the former white perpetrators. This notion of America’s characterological evil became the basis of a new social contract in America.

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Not much of this was clear to me in 1970 as we traveled through Africa. But one thing did become clearer as the trip progressed. Back home, I had been flirting with real radicalism—not radicalism to the point of violence, but radicalism nonetheless. For me that meant living a life that would presume America’s evil and that would be forever disdainful toward and subversive of traditional America. It meant I would be a radical liberal living in bad faith with my country—“in it but not of it,” as we used to say back then. So here in my early twenties I genuinely wondered if the subversive life wasn’t the only truly honorable life. Wouldn’t it be “selling out” (the cardinal sin of the counterculture) to look past America’s evil and cast my fate in the mainstream?

On some level I knew, even at the time, that the trip to Africa was an attempt to resolve this dilemma. I wanted to see real radicalism in the faces of people in a society where it had actually come to hold sway. I wanted to see what it looked like as a governing reality in a real society. And this is pretty much what I accomplished on that trip. I didn’t understand placelessness at the time, or the pursuit of esteem through grandiose identities. But, beginning with our encounter with the Black Panthers in Algiers, I knew that I was seeing what I needed to see. And I began to feel a growing certainty within myself. My dilemma was resolving itself. The more we traveled—a month and a half in all—the firmer my certainty became. And when we at last boarded the plane in Dakar headed for New York, I felt at peace. I was clear. The American mainstream would be my fate.

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The clarity I found that trip was based on one realization: I learned that America, for all its faults failings, was not intractably evil. In the Black Panther villa in Algiers, on those balmy afternoons eating the local shrimp, I spent time with the people who banked their entire lives on America’s inherent evil—and on the inherent evil of capitalism. On one level, they were glamorous figures, revolutionaries ensconced in a lavish villa provided by the new radical government of Algeria. The impression was of a new and more perfect world order just around the corner, and these special people with the moral imagination to see it coming would soon be marching in victory.

Yet I could see that as human beings they were homesick and in despair. As revolutionaries, they were impotent and hopelessly lost. It was like seeing a pretty woman whose smile unfolds to reveal teeth black with rot. They had no future whatsoever, and so they were chilling to behold. We had all grown up in segregation. We all had war stories. And we all had legitimate beefs against America. But to embrace the idea that America and capitalism were permanent oppressors was self-destructive and indulgent. It cut us off from both the past and the future.  It left us in the cul-de-sac of placelessness, though I could not have described this way at the time. But I could see even then that someone like DC had gotten himself into the same cul-de-sac as the street hawker selling chunks of wood as art in Dakar. They were both languishing in a truly existential circumstance. And they were both consoled by a faith in the evil of America and the West.

Looking back, I now think of DC as a cautionary tale, an essentially softhearted man who had allowed himself to be captured by a bad idea—that his country was irretrievably evil.  Unlike most other Black Panthers, he ended up living and long—if strained—life. Soon after I met him, the Algerian government began to tire of supporting the Black Panthers in their fast-fading glory while so many Algerians languished in poverty. At the end of July 1972, another American black, George Wright, along with four other men and women, hijacked a plane in America en route to Miami and then extorted a $1 million ransom from the Federal Bureau of Investigation. The hijackers ordered the pilots to take them to Boston and then Algeria. Eldridge Cleaver wanted the money and wrote an open letter to Houari Boumediene, the president of Algeria, in effect asking the government to continue supporting the cause of black American liberation. But the Algerian government recovered the ransom money and returned it to American authorities. Algeria’s romance with the black American revolutionaries was over.

DC, who by then had made hay of his French lessons, made his way to France, where he lived for the rest of his life in exile from America and the San Francisco Bay Area that he so loved.  Wanted always by the FBI, he lived an underground life even in France. He worked as a house painter in Paris and did other odd jobs. He ended up in Camps-sur-l’Agly, France, where, at the age of seventy-four, after a day spent working in his garden, he apparently died in his sleep.

I was lucky.  After one of my radical kitchen-table rants against America toward the end of the 1960s, my father—the son of a man born in slavery—had said to me: “You know, you shouldn’t underestimate America. This is a strong country.” I protested, started on racism once again. He said, “No, it’s strong enough to change. You can’t imagine the amount of change I’ve seen in my own lifetime.

Voir encore:

“Taking a knee” to the destroyers of worlds

Over the years, I have repeatedly warned in these columns that the refusal of the political establishment to defend the integrity of the western nation and its culture has opened the way for noxious forces to occupy the vacuum.

We’ve seen this in both the spread through the west of jihadi Islam and the rise across Europe of political parties and groups with racist or fascist backgrounds and antecedents.

In the current convulsions triggered by the violent death of George Floyd in American police custody, this baleful development has reached a crisis point.

As The Times reports today, thuggish groups across the country have begun organising to “protect” monuments and war memorials after statues of Winston Churchill and Queen Victoria were defaced, the Cenotaph in London attacked and other statues, including the one of Sir Francis Drake in Plymouth, vandalised.

This isn’t remotely surprising. The establishment is effectively standing back from, or even condoning or actively assisting, a sustained and organised onslaught which is taking place against not just a number of stone images but a culture’s historic memory.

The stage is therefore set for a confrontation in which violent thugs from the right pitch themselves against violent thugs from the left – with the political establishment having fled the cultural battleground in order to cower, wringing its hands, at a distance.

Following the toppling and dumping in Bristol harbour of the statue of slave trader and philanthropist Edward Colston, an act of vandalism and criminal damage with which the area’s police superintendent sympathised and about which he said the police were right to do nothing, an activist group called “Topple the Racists” has drawn up a list of about 60 memorials associated with slavery or colonialism which it wants destroyed. Falling meekly or even enthusiastically into line, 130 local councils run by the Labour party are to consider which ones they think should be removed on the grounds of “inappropriateness”.

In 2001 in Afghanistan, the Taliban pulled down ancient statues including the world’s tallest standing Buddhas. This was greeted with utter horror in the west. It rightly described the outrage as a crime against historical memory, an attempt to destroy a culture by erasing the evidence of its history and replacing that culture by a fanatical dogma that brooked no challenge.

Yet now the British establishment is kow-towing to a movement which is behaving like the Taliban, pulling down statues and other artefacts in order to erase aspects of British history as the product of a rotten society that’s institutionally racist and so must be supplanted by another.

The death of Floyd, under the the knee of a police officer who pressed down on his neck for almost nine minutes, was shocking and it’s right that this officer and three others involved in this death are being brought to justice.

And of course there’s racial prejudice in Britain. But so there is in every single society, in the developing world as well as in the west. Slavery was not invented by the west but has been practised across the world. It was the British and Americans who, having participated in it, eventually abolished it in their societies, while it remains practised in parts of the developing world even today.

The smear that the west is institutionally racist is designed to both facilitate and obscure the real agenda of overturning capitalist society because it is white and therefore deemed intrinsically evil – which of course is itself a racist agenda.

Yet instead of resisting this ignorant and wicked movement, its appeasers have been literally abasing themselves before the mob.

In the past, violent anti-white racism was represented by the black power movement. Despite the support of certain posturing celebrities, black power activists were generally perceived as dangerous, violent, far-left troublemakers. It would have been unthinkable for mainstream British politicians, let alone the police, to give the clenched fist black power salute. That would have been regarded as treasonous insurrection.

Yet an updated version of this is precisely what’s been happening in Britain. The new Labour Party leader, Sir Keir Starmer, and his deputy, Angela Rayner, released a picture of themselves supporting Black Lives Matter, the activist group behind many of these demonstrations, by “taking the knee”, the gesture promoted by certain black American footballers to show their contempt for white society and America.

In similar fashion, no less than the chief constable of Kent “took the knee” along with numerous other police officers – some as the direct result of mass bullying. At Oriel college, Oxford, which for years has been resisting a campaign to remove its statue of Cecil Rhodes, demonstrators renewing their campaign chanted “Kneel, kneel, kneel” – and a police officer duly sank down on one knee.

These people have all been literally kneeling down in submission to an ideology which is anti-white and anti-west – and at the direction of Black Lives Matter, a racist, anti-white, anti-west violent revolutionary movement whose aim is the overthrow of white western society.

These images of the British police symbolically capitulating to the erasure of British history and the defamation of the west have furnished sickening evidence that many of those tasked with protecting society have surrendered instead to cultural terrorism.

Meanwhile, anyone who opposes this dogma of black victimology and points out the defamatory lies at its core will be called a racist and their livelihood placed in jeopardy.

In America, people are losing their jobs for even questioning any of this. The prominent footballer Drew Brees, who despite publicly opposing racism also opposed taking a knee during the playing of the national anthem on the grounds that he would “never agree with anybody disrespecting the flag of the United States of America”, was forced to apologise in a display of ritual humiliation.

On Twitter, the malevolent, the moronic and the mentally unhinged are out in force similarly seeking to intimidate, smear and ruin any who stand up to this cultural totalitarianism.

And then there’s the deeply sinister Commission for Diversity in the Public Realm set up by London’s mayor, Sadiq Khan, to consider the appropriateness of the capitals’ statues, murals, street names and other memorials.

Channelling Mao, the Taleban and the French revolutionary terror, Mayor Khan can surely leave no-one in any doubt that this committee will reduce diversity by aiming selectively to erase those bits of British history of which it disapproves. In Khan’s words: “…our statues, road names and public spaces reflect a bygone era. It is an uncomfortable truth that our nation and city owes a large part of its wealth to its role in the slave trade…”

So the Mayor of London now stands revealed as someone who hates his nation. For if it was indeed created, as he so misleadingly claims, by a great evil then how can it be anything other than evil itself? Feeling at last the wind in his sails supplied by the rage and contempt of the mob on the streets, he intends to abolish the nation’s birthright to the evidence of its own past and construct its future in the image he will determine.

So will this commission erase memorials to all historic British figures with an obnoxious side to their achievements? Will its destroy the statues of the Labour politicians Keir Hardie or Ernest Bevin, or Karl Marx, who were all antisemites?

Or the playwright George Bernard Shaw who promoted eugenics? Or the parliamentary titan Oliver Cromwell who massacred the Irish? Or Britain’s greatest Liberal prime minister, William Gladstone, whose family, like so many prominent people in previous, very different era was involved in slavery?

That last question already has an answer. Liverpool university has agreed yesterday to rename its Gladstone Hall, which houses student accommodation. Bim Afolami, the Tory MP for Hitchin and Harpenden, tweeted in response: “This is all going completely nuts. When will this stop??”

When indeed. As George Orwell wrote in 1984 about a state under totalitarian tyranny: “Every record has been destroyed or falsified, every book rewritten, every picture has been repainted, every statue and street building has been renamed, every date has been altered. And the process is continuing day by day and minute by minute. History has stopped. Nothing exists except an endless present in which the Party is always right.”

Or as the future US president Ronald Reagan said even more pertinently in 1975: ‘If fascism ever comes to America, it will come in the name of liberalism”.

Well, here it is, on both sides of the pond.

Bad things happen not just because bad people do them but because otherwise decent people lack the courage to stop them; or because they indulge in fantasies that the agenda is basically good but has been “hijacked” by a few thugs; or that they agree with the ends but purse their lips at the violent means; or because of a myriad other excuses that the spineless and the misguided always provide for “taking a knee” to the destroyers of worlds.

Voir enfin:

EXCLUSIVE: A new start turns to a tragic end for George Floyd, who moved to Minneapolis determined to turn his life around after being released from prison in Texas

George Floyd moved to Minnesota to start a new life shortly after being released from prison in Texas, but his pursuit of a better life ended tragically when he died during a violent arrest, according to court records obtained by DailyMail.com.

Floyd was left gasping for breath when a white officer kneeled on his neck for eight minutes while arresting him for allegedly paying with a fake $20 bill at a convenience store on Monday evening.

All four cops involved in his arrest have been fired as outraged citizens across the country demand they be charged over the father-of-two’s death.

None of the officers could have been aware of Floyd’s more than a decade-old criminal history at the time of the arrest.

The 46-year-old moved to the city in 2014 and worked as a bouncer at a local restaurant, leaving behind his past in the Houston area.

Floyd had made changes to his lifestyle and a recent video has emerged of him pleading with younger generations to make good choices and to stop gun violence.

He had been there himself years ago, first being arrested in his 20s for theft and then a later arrest for armed robbery before he turned his life around.

George Floyd moved to Minnesota to start a new life shortly after being released from prison in Texas, but his pursuit of a better life ended tragically when he died during a violent arrest, according to court records obtained by DailyMail.com

Floyd had been sentenced to five years in prison in 2009 for aggravated assault stemming from a robbery where Floyd entered a woman’s home, pointed a gun at her stomach and searched the home for drugs and money, according to court records

Floyd had at least five stints in jail. In one of the charging documents, officials noted Floyd had two convictions in the 1990s for theft and delivery of a controlled substance, but it is not clear if Floyd served any time for either of those offenses

Floyd had at least five stints in jail. In one of the charging documents, officials noted Floyd had two convictions in the 1990s for theft and delivery of a controlled substance, but it is not clear if Floyd served any time for either of those offenses

All four cops involved in his arrest have been fired as outraged citizens across the country demand they be charged over the father-of-two’s death. None of the officers could have been aware of Floyd’s more than a decade-old criminal history at the time of the arrest

Floyd had moved to Minneapolis in 2014 to start fresh and find a job but was left gasping for breath when a white officer knelt on his neck for eight minutes while arresting Floyd for allegedly paying with a fake $20 bill at a convenience store on Monday evening

The final straw for Floyd came after serving five years in prison in 2009 for aggravated assault stemming from a robbery in 2007 where he entered a woman’s home, pressed a gun into her stomach and searched the home for drugs and money, according to court records.

Floyd pleaded guilty to the robbery where another suspect posed as a worker for the local water department, wearing a blue uniform in an attempt to gain access to the woman’s home, according to the charging document.

But when the woman opened the door, she realized he was not with the water department and attempted to close the door, leading to a struggle.

At that time, a Ford Explorer pulled up to the home and five other males exited the car and went up to the front door.

The report states the largest of the group, who the victim later identified as Floyd, ‘forced his way inside the residence, placed a pistol against the complainant’s abdomen, and forced her into the living room area of the residence.

‘This large suspect then proceeded to search the residence while another armed suspect guarded the complainant, who was struck in the head and sides by this second armed suspect with his pistol while she screamed for help.’

Not finding any drugs or money at the house, the men took jewelry and the woman’s cell phone and fled in their car. A neighbor who witnessed the robbery took down the car’s license plate number.

Later, police tracked down the car and found Floyd behind the wheel. He was later identified by the woman as the large suspect who placed a gun against her stomach and forced her into her living room, the document states.

The 46-year-old was working as a bouncer at a local restaurant and known in local music circles, leaving behind his past in the Houston area where he had just been released from jail

Floyd served 10 months at Harris County jail for a theft offense

Floyd pleaded guilty to the first degree felony and was sentenced in April 2009 to five years in prison.

Prior to that, Floyd was sentenced to 10 months in state jail for possession of cocaine. He had been charged in December 2005 for having less than one gram of the controlled substance.

However, a few months later the charge was updated to possession with intent to deliver a controlled substance, amending the amount Floyd allegedly had to more than four grams of cocaine.

But according to court records, Floyd was able to have the charge reverted back to possession of cocaine less than a gram.

Floyd had two other cocaine offenses, receiving an eight month-sentence stemming from an October 2002 arrest and was sentenced to 10 months from a 2004 arrest.

Floyd was arrested in April 2002 for criminal trespassing and was sentenced to 30 days in jail.

He did another stint for theft with a firearm in August 1998. He served 10 months at Harris County jail.

In one of the charging documents, officials noted Floyd had two convictions in the 1990s for theft and delivery of a controlled substance, but it is not clear if Floyd served any time for either of those offenses.

Despite his checkered past, it seems that Floyd had turned his life around before his death on Monday. A heartbreaking video emerged online of Floyd encouraging the younger generation to put an end to gun violence

Floyd was arrested in April 2002 for criminal trespassing and was sentenced to 30 days in jail

After his last arrest in 2007, Floyd moved to Minneapolis in 2014 shortly after his prison release.

Christopher Harris, one of Floyd’s lifelong friends, said Floyd moved to the city to start over to find a job, telling the Atlanta Journal Constitution: ‘He was looking to start over fresh, a new beginning. He was happy with the change he was making.’

Indeed, it seems that Floyd had turned his life around before his death on Monday.

A heartbreaking video emerged online of Floyd encouraging the younger generation to put an end to gun violence.

The undated video was circulated on Twitter on Wednesday as protesters descended on the streets of Minneapolis for a second night calling for the arrest of the cops involved in his death.

Floyd is seen addressing the camera directly as he speaks out about the need for gun violence to end.

‘It’s clearly the generation after us that’s so lost, man,’ he says before telling them to ‘come home’.

Christopher Harris, one of Floyd’s lifelong friends, said Floyd moved to the city to start over to find a job, telling the Atlanta Journal Constitution: ‘He was looking to start over fresh, a new beginning. He was happy with the change he was making’

Floyd, a father of two, died after a white police officer knelt on his neck for eight minutes in an incident that was captured on video and has sparked violent protests and riots in the city that left one looter dead.

In widely circulated footage of his arrest, Floyd was seen on the ground with his hands cuffed behind his back as white officer Derek Chauvin pinned him to the pavement until he lost consciousness and later died.

Minneapolis Mayor Jacob Frey said on Thursday that he considers Floyd’s death to be a murder.

‘I’m not a prosecutor, but let me be clear. The arresting officer killed someone,’ he told CBS.

‘He’d be alive today if he were white.’ The facts that I’ve seen, which are minimal, certainly lead me down the path that race was involved.’

 

Voir enfin:

Chronique enthousiaste : Gilet-jaunisation aux USA

L’Ere du peuple

Hourra ! Le peuple des États-Unis est en ébullition. Eh ! Vous ! Ceux qui avez trouvé la révolution citoyenne au Soudan trop exotique pour vous concerner, la révolution citoyenne à Beyrouth et à Alger trop arabes, celle du Chili trop latino, celle de Hong-Kong trop asiatique pour vous représenter ! Vous qui ne savez pas qu’il existe des synchronies discrètes mais avérées entre l’Argentine ou le Chili et la France, entre les Caraïbes et l’Île-de-France, entre Dakar et Paris, voyez ! voyez ! L’ère du peuple joue de la grosse caisse à Washington et la révolution citoyenne est dans les rues de New York. La gilet-jaunisation est entrée au cœur de l’Empire. Voici que surgissent des millions de chômeurs, des abandonnés privés de tout accès aux réseaux collectifs sans lesquels la vie est impossible, humiliés à longueur d’année par des flics racistes, manipulés par des politiciens sans conscience. Ils forment désormais un volcan qui vient de faire sa première éruption. Et ce n’est que le début d’une histoire qui va durer.

Non, les USA ne sont pas le roc qu’ils donnent à voir. Remontent en moi les souvenirs. Ma génération a pu voir les USA quitter leur ambassade à Saïgon dans une totale débandade, jeter à la mer hélicoptères et avions par-dessus bord de leurs navires de guerre parce que leurs collaborateurs locaux avaient tout envahi. Nous avons vu les USA qui avaient promis de « ramener le Vietnam à l’âge de la pierre » selon l’expression de l’abject général Westmorland, les USA vaincus à plate couture par l’inflexible patriotisme du petit peuple et de ses bodoïs, gazés, napalmisés, massacrés en masse et en détail. Le peuple américain peut tout lui aussi.

Bon d’accord, je ne retiens pas ce rire moqueur qui me vient. C’est celui d’un « Frenchie surrender », putois notoire et ses French fries. Car c’est ainsi que nous avons été caricaturés aux USA depuis notre refus de participer à leur lamentable deuxième guerre du Golfe. L’état d’esprit anti-français se déchaina alors jusqu’à l’absurde : vider des bouteilles de vin dans les égouts et vouloir rebaptiser les frites, de « French fries » en je ne sais quoi. Oui la rigolade : voir la Maison blanche s’éteindre pour devenir invisible pendant que le président Trump se cache à la cave ! « Salut Trump tu as le bonjour de Cuba, de Venezuela, de Salvador Allende, de Patrice Lumumba, et même du Che » ! Sans oublier Edgard Snowden, Julian Assange et les torturés de Guantanamo, les asphyxiés du waterboarding, le supplice de la baignoire, qui ne serait pas une torture puisque l’actuelle cheffe de la CIA la pratiquait elle-même il y a peu ! À son tour : à la cave ! Le persécuteur des peuples dans le noir ! Ce n’est pas cher payé pour l’instant.

Retenez ceci comme un avis d’observateur de longue date : tout ce qui advient aux USA arrive ensuite chez nous dans la décennie qui suit. Parfois plus vite. Qu’il s’agisse des modes, de la politique ou de faits sociaux. Le fin tissu qui nous unit n’est pas seulement économique, militaire ou ce que l’on voudra. Il est continuellement alimenté par les séries télévisées, le cinéma, les matrices narratives, les images de référence. Que cela plaise ou non, qu’on soit d’accord ou pas, il s’agit d’un effet de système profondément ancré. On peut ne pas s’être rendu compte que toutes les social-démocraties européennes répétaient soudainement les mantras clintonistes, ne pas avoir vu Sarkozy répéter en boucle à Rome et à Ryad les absurdités du « choc des civilisations » et ne pas savoir que l’autrice qui écrivait les discours, Emmanuelle Mignon les recopiait directement de Samuel Huntington, ne pas avoir vu le sommet du quai d’Orsay virer néo-conservateur. Mais quand les émeutes urbaines ont éclaté en France, quand on a vu Halloween et Black Friday occuper des millions d’esprits superficiels qui voudraient vivre comme dans une série US ? Non : rien ? Peut-être même qu’il en est encore pour ne pas savoir que Cédric Chouviat est mort d’un geste de policier comme celui commis contre Georges Floyd et que personne n’a été ni suspendu ni inculpé de quoi que ce soit. Et Adama Traoré et… et… Zineb Redouane, vieille dame abattue à sa fenêtre et qui est morte parait-il non de la grenade qu’elle a reçue dans la figure au quatrième étage à Marseille mais d’un arrêt du cœur imprévisible sur la table d’opération !… Peut-être d’autres n’ont-ils pas remarqué que les éborgnements de manifestants ne sont pas des bavures mais un fait désormais universel.

Au fond, peu importe. Aucune alerte, aucune mise en garde n’aura jamais rien produit dans notre pays à part des heures de prêchi-prêcha haineux contre toute forme d’opposition et de dénigrement personnalisé contre les fortes têtes pourchassées sans répit les Jérôme Rodriguez, Taha Bouhafs, Drouet, Dufresne, Wamen et ainsi de suite et pour finir avec Camélia Jordana. Je ne sais comment dire combien cela me désole. Car la suite est écrite. Et ceux qui me lisent savent la lire.

Aux USA, le fil des révolutions citoyennes est resté net : fermentation politique longue depuis Occupy et les Anonymous, évènement fortuit (la mort de Georges Floyd), union sans parti ni représentant, revendication égalitaire (« la vie des Noirs compte »), mobilisation universaliste, non communautaire pour la première fois depuis longtemps, mot d’ordre polysémique fédérateur (« je ne peux plus respirer »). Oui mais voilà : il s’agit des USA et de la première saison de l’après Covid-19. Elle ouvre la crise sociale monstrueuse qui va déferler. Les USA déjà désemparés, inondés de dollars de planche à billets, sans projet collectif, labourés par les socs contraires du petit peuple social et du petit peuple facho. Les USA paralysés par la gélatine du parti démocrate qui a eu la peau de Sanders pour ce néant qu’est Joe Biden. Les USA où les latinos seront dans une poignée d’années la plus importante minorité devant les afro-américains et les beaux blancs protestants. Les USA où le catholicisme sera bientôt la première religion chrétienne du pays modifiant ainsi la matrice spirituelle d’un pays où la religion est sur chaque billet de banque avec la formule « in God we trust ». Les USA et leur dollar bidon, leur État fédéral bringuebalant. Bref, les USA chancelant vont faire vaciller le monde. Trump voudrait interdire les anti-Fas, pendant que des miliciens d’extrême-droite en armes défilent dans les rues. Ils contrôlent ici ou là et les passants, comme nos identitaires dans le métro de Lyon et dans des bus à Lille pendant que les castors pyromanes pérorent loin de toute réalité « faire barrage ! faire barrage ! ».

Les événements nord-américains sont décisifs. Ils nous obligent à faire un point réaliste. Si l’extrême droite « suprémaciste » l’emporte aux USA, ce sera bien autre chose que ce qu’elle a déjà fait en Pologne, Hongrie, Autriche, au Brésil, en Inde ou aux Philippines. Si les nôtres se donnent une expression politique capable d’être majoritaire, tout devient possible dans la civilisation humaine. Ayez grand soin de vous monsieur Bernie Sanders ! L’Histoire ne ferme jamais boutique.

Voir par ailleurs:

Dr. King’s Error
Walter Lippman
NYT
April 7, 1967

In recent speeches and statements the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. has linked his personal opposition to the war in Vietnam with the cause of Negro equality in the United States. The war, he argues, should be stopped not only because it is a futile war waged for the wrong ends but also because it is a barrier to social progress in this country and therefore prevents Negroes from achieving their just place in American life.

This is a fusing of two public problems that are distinct and separate. By drawing them together, Dr. King has done a disservice to both. The moral issues in Vietnam are less clear-cut than he suggests; the political strategy of uniting the peace movement and the civil rights movement could very well be disastrous for both causes.

Because American Negroes are a minority and have to overcome unique handicaps of racial antipathy and prolonged deprivation, they have a hard time in gaining their objectives even when their grievances are self-evident and their claims are indisputably just. As Dr. King knows from the Montgomery bus boycott and other civil rights struggles of the past dozen years, it takes almost infinite patience, persistence and courage to achieve the relatively simple aims that ought to be theirs by right.

The movement toward racial equality is now in the more advanced and more difficult stage of fulfilling basic rights by finding more jobs, changing patterns of housing and upgrading education. The battle grounds in this struggle are Chicago and Harlem and Watts. The Negroes on these fronts need all the leadership, dedication and moral inspiration that they can summon; and under these circumstances to divert the energies of the civil rights movement to the Vietnam issue is both wasteful and self-defeating. Dr. King makes too facile a connection between the speeding up of the war in Vietnam and the slowing down of the war against poverty. The eradication of poverty is at best the task of a generation. This « war » inevitably meets diverse resistance such as the hostility of local political machines, the skepticism of conservatives in Congress and the intractability of slum mores and habits. The nation could afford to make more funds available to combat poverty even while the war in Vietnam continues, but there is no certainly that the coming of peace would automatically lead to a sharp increase in funds.

Furthermore, Dr. King can only antagonize opinion in this country instead of winning recruits to the peace movement by recklessly comparing American military methods to those of the Nazis testing « new medicine and new tortures in the concentration camps of Europe. » The facts are harsh, but they do not justify such slander. Furthermore, it is possible to disagree with many aspects of United States policy in Vietnam without whitewashing Hanoi.

As an individual, Dr. King has the right and even the moral obligation to explore the ethical implications of the war in Vietnam, but as one of the most respected leaders of the civil rights movement he has an equally weighty obligation to direct that movement’s efforts in the most constructive and relevant way.

There are no simple or easy answers to the war in Vietnam or to racial injustice in this country. Linking these hard, complex problems will lead not to solutions but to deeper confusion.

Voir par ailleurs:

DC Riots and Bishop Mariann Budde’s Selective Episcopal Outrage

Jeffrey Walton
Juicy Ecumenism
June 2, 2020
Episcopal Diocese of Washington Bishop Mariann Budde has worked her way into a froth over a photo opportunity by President Trump.Lafayette Square across from the White House was cleared Monday evening of Black Lives Matter protesters (with the use of either tear gas or smoke canisters, depending on which report you read) seemingly for the purpose of facilitating Trump’s walk to St. John’s Episcopal Church for the photo op. Reports from the Washington Post describe Trump briefly standing in front of the church with Bible in hand, but neither entering the building nor speaking with anyone nor opening the Bible, which apparently signaled something at merely being raised like a talisman.

Workers install temporary plywood to protect windows from damage at the parish house of St. John’s Episcopal Church in Washington, D.C. on Tuesday, June 2, 2020 (Photo: Jeff Walton/IRD)

“I am outraged,” Budde told the Post about Trump’s posturing in an interview a short time later, pausing between words to emphasize her anger as her voice slightly trembled. She had nothing critical to say about the burning of one of her churches, which according to the parish vestry incurred about $20,000 in damages, mostly to the church nursery.

“This evening, the President of the United States stood in front of St. John’s Episcopal Church, lifted up a bible, and had pictures of himself taken. In so doing, he used a church building and the Holy Bible for partisan political purposes,” Tweeted Episcopal Church Presiding Bishop Michael Curry. “This was done in a time of deep hurt and pain in our country, and his action did nothing to help us or to heal us.”

The prominent St. John’s Parish House located on Lafayette Square had been briefly set afire the night before, after peaceful protesters headed home for a District of Columbia curfew.

Some who remained in defiance of the curfew threw rocks at windows in the adjacent U.S. Department of Veterans Affairs building and spray painted a nearby statue of Revolutionary War hero Tadeusz Kościuszko with profanity. Most of the damage appeared directed at a small building that houses park bathrooms. A number of storefronts in the downtown, Georgetown and Tenleytown neighborhoods were also vandalized, including a hair salon and a looted sandwich shop owned by Pakistani immigrants directly below IRD’s downtown offices.

A brief walk around the St. John’s building this afternoon showed graffiti had largely been removed and windows were proactively boarded up to prevent any further damage. A pole with an American flag had been yanked off the building and thrown into a fire by protesters, but little else was noticeably amiss.

Would Budde have given a similar pass if right-wing protesters had done the same? the bishop of Washington doesn’t shrink from activism. Budde herself is engaged in advocacy for firearms restrictions and even weighed in on changing the name of the city’s floundering NFL franchise. Within the Diocese of Washington, Budde defended a push for “gender-inclusive” language “to avoid the use of gendered pronouns for God.”

The Post report noted both Budde and Curry “are among the pantheon of progressive religious leaders who have long been critical of Trump’s political agenda.” I was last present in the now-damaged St. John’s parish house as it hosted a press conference for the Religious Coalition on Reproductive Choice, a progressive lobby that voices approval from religious officials for unrestricted abortion-on-demand, and which counts the Episcopal Church as a member.

Post religion reporters Michelle Boorstein and Sarah Pulliam Bailey cite data from the Pew Research Center showing 49 percent of Episcopalians are Democrats or lean Democratic, compared with 39 percent of church members who are Republican or lean Republican.

Episcopalians have increasingly found themselves in roles difficult to maintain. Church officials simultaneously embrace leftist causes, while also serving as a boutique chaplaincy to the affluent and as presiders over American civil religion in events of national importance including state funerals.

For his part, President Trump is in close proximity to the Episcopal Church: his youngest son was baptized at an Episcopal parish and attends a private Episcopal high school (Trump himself is Presbyterian and his wife Melania is Roman Catholic). The Trump family typically attends services at Bethesda-by-the-sea Episcopal Church when in Palm Beach, Florida, minutes from Mar-a-Lago.

Budde draws a distinction between those engaged in peaceful protest, opportunistic looters and violent organized provocateurs like Antifa. Would she do the same if the partisan affiliations were flipped?

The danger of selective outrage is in exposing one’s self as another partisan instead of acting like a senior shepherd.

Voir enfin:

The Washington Post
June 2, 2020

The Right Rev. Mariann Budde, the Episcopal bishop of Washington, was seething.

President Trump had just visited St. John’s Episcopal Church, which sits across from the White House. It was a day after a fire was set in the basement of the historic building amid protests over the death of George Floyd in the custody of Minneapolis police.

Before heading to the church, where presidents have worshiped since the days of James Madison, Trump gave a speech at the White House emphasizing the importance of law and order. Federal officers then used force to clear a large crowd of peaceful demonstrators from the street between the White House and the church, apparently so Trump could make the visit.

“I am outraged,” Budde said in a telephone interview a short time later, pausing between words to emphasize her anger as her voice slightly trembled.

She said she had not been given any notice that Trump would be visiting the church and did not approve of the manner in which the area was secured for his appearance.

“I am the bishop of the Episcopal Diocese of Washington and was not given even a courtesy call, that they would be clearing [the area] with tear gas so they could use one of our churches as a prop,” Budde said.

She excoriated the president for standing in front of the church — its windows boarded up with plywood — holding up a Bible, which Budde said “declares that God is love.”

“Everything he has said and done is to inflame violence,” Budde of the president. “We need moral leadership, and he’s done everything to divide us.”

In a written statement, Presiding Bishop Michael Curry, head of the Episcopal denomination, accused Trump of using “a church building and the Holy Bible for partisan political purposes.”

“This was done in a time of deep hurt and pain in our country, and his action did nothing to help us or to heal us,” Curry wrote.

“The prophet Micah taught that the Lord requires us to ‘do justice, love mercy and walk humbly with our God,’ ” he continued, calling on Trump and others in power to be moral. “For the sake of George Floyd, for all who have wrongly suffered, and for the sake of us all, we need leaders to help us to be ‘one nation, under God, with liberty and justice for all.’ ”

Budde and Curry are among the pantheon of progressive religious leaders who have long been critical of Trump’s political agenda. The Episcopal Church’s policies include supporting abortion rights, refugee resettlement, an expansion of health care and other issues that Trump has opposed or not embraced. According to the Pew Research Center, 49 percent of Episcopalians are Democrats or lean Democratic, compared with 39 percent of church members who are Republican or lean Republican.

Trump’s longtime religious allies, who are far more conservative on both domestic and foreign policy, saw his walk to St. John’s much differently. “What kind of church I need PERMISSION to attend,” tweeted Pastor Mark Burns of South Carolina after Budde and others said Trump should have let them know he was coming. “Jesus welcomes All.”

Johnnie Moore, a spokesman for several of Trump’s evangelical religious advisers, tweeted favorably about the incident as well.

“I will never forget seeing @POTUS @realDonaldTrump slowly & in-total-command walk from the @WhiteHouse across Lafayette Square to St. John’s Church defying those who aim to derail our national healing by spreading fear, hate & anarchy,” he wrote. “After just saying, ‘I will keep you safe.’ ”

Trump did not enter St. John’s on Monday evening. No one associated with the church was present for his visit.

Andrew Whitehead, a sociologist at Clemson University who studies Christian nationalism, said the president’s appearance was an attempt to promote the idea of America as a distinctly Christian nation after his Rose Garden speech.

“Going to the church, not going in it, not meeting with any clergy, holding up a Bible, but not quoting any scripture, after an authoritarian speech, was about using the religious symbolism for his ends,” Whitehead said.

“It was a signal to the people that embrace the idea of a Christian nation, that he will defend Christianity in the public sphere,” Whitehead said. “He said he’ll make America safe. That raised the question, for whom? It’s largely for white, mostly Protestant America.”

Budde — who spent 18 years in as a rector in Minneapolis before being elected bishop of the Washington diocese — said the Episcopal Church disassociates itself from the messages offered by the president.

“We hold the teachings of our sacred texts to be so so grounding to our lives and everything we do,” she said. “It is about love of neighbor and sacrificial love and justice.”

Following a tradition set by President Franklin D. Roosevelt, Trump attended a service at St. John’s before his swearing-in ceremony in 2017. He visited the church again that year to mark a national day of prayer for victims of Hurricane Harvey and in 2019 on St. Patrick’s Day.

Budde said she learned he was headed back to the yellow, 19th-century building on Monday by watching the news.

“No one knew this was happening,” she said. “I don’t want President Trump speaking for St. John’s.”

The Rev. Robert W. Fisher, the church rector, said he felt blindsided by the visit. Usually, the White House gives the church at least 30 minutes’ notice before the president comes by.

“We want St. John’s to be a space for grace, as a place where you can breathe,” he said. “Being used as a prop, it really takes away from what we’re trying to do.”

Earlier in the day, Fisher said, he and other clergy were outside the church handing out water bottles and granola bars to protesters, and expressing solidarity with their cause. He said he left the area to be interviewed on television about the damage from the fire the previous night and later watched images of the protest being dismantled “with disbelief.”

Fisher, 44, became the rector of St. John’s in June 2019 and has not yet hosted a presidential visit. The church usually draws about 400 people on a typical weekend. But it has been closed since mid-March due to the broad shutdown restrictions in place to combat the novel coronavirus.

Damage to the building from Sunday night’s fire and vandalism will cost at least $20,000, Fisher said. But he said the destruction should not become the focus of what has been happening in the streets outside the White House.

Fisher said that when people have talked about the church being burned, he has tried to redirect them, saying it was likely one person who does not represent the majority of people protesting.

“That has pulled away from the more important message that we have to address racism in this country,” he said.


Messianisme homosexuel: Quand le cannibalisme n’est plus qu’une affaire de goût (What moral depravities can not be excused by the sole criterion of « warm, meaningful human relations » or « fulfillment », the newest semantic heirs to « love »?)

11 février, 2020

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Si toutes les valeurs sont relatives, alors le cannibalisme n’est plus qu’une affaire de goût. Leo Strauss (?)
Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. Lévitique 18:22
Il n’y aura aucune prostituée parmi les filles d’Israël, et il n’y aura aucun prostitué parmi les fils d’Israël. Tu n’apporteras point dans la maison de l’Éternel, ton Dieu, le salaire d’une prostituée ni le prix d’un chien, pour l’accomplissement d’un voeu quelconque; car l’un et l’autre sont en abomination à l’Éternel, ton Dieu. Deutéronome 23: 17-18
La vertu même devient vice, étant mal appliquée, et le vice est parfois ennobli par l’action. Frère Laurent (Roméo et Juliette, Shakespeare)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. George Orwell (1984)
Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. George Orwell
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. Orwell
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Péguy
Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité?  (…) Le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. Tocqueville
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Les enfants adoptés ou nés sous X revendiquent aujourd’hui le droit de connaître leur histoire. Nul n’échappe à son destin, l’inconscient vous rattrape toujours. (…)  les enfants adoptés ou issus de la PMA ne sortent jamais indemnes des perturbations liées à leur naissance. Il faut rester ouvert, être attentif à leurs questions, s’ils en posent, et surtout ne pas chercher à cacher la vérité. L’idéal serait de trouver une position équilibrée entre le système de transparence absolue à l’américaine et le système de dissimulation à la française, lequel, ne l’oublions pas, reposait autrefois sur une intention généreuse d’égalité des droits entre les enfants issus de différentes filiations. Evelyne Roudinesco
1936, dans les quartiers bourgeois de Tokyo. Sada Abe, ancienne prostituée devenue domestique, aime épier les ébats amoureux de ses maîtres et soulager de temps à autre les vieillards vicieux. Son patron Kichizo, bien que marié, va bientôt manifester son attirance pour elle et va l’entraîner dans une escalade érotique qui ne connaîtra plus de bornes. Kichizo a désormais deux maisons : celle qu’il partage avec son épouse et celle qu’il partage avec Sada. Les rapports amoureux et sexuels entre Sada et Kichizo sont désormais épicés par des relations annexes, qui sont pour eux autant de célébrations initiatiques. Progressivement, ils vont avoir de plus en plus de mal à se passer l’un de l’autre, et Sada va de moins en moins tolérer l’idée qu’il puisse y avoir une autre femme dans la vie de son compagnon. Kichizo demande finalement à Sada, pendant un de leurs rapports sexuels, de l’étrangler sans s’arrêter, quitte à le tuer. Sada accepte, l’étrangle jusqu’à ce qu’il meure, avant de l’émasculer, dans un geste ultime de mortification ; puis elle écrit sur la poitrine de Kichizo, avec le sang de ce dernier : ‘Sada et Kichi, maintenant unis’. Wikipedia
Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust (La Prisonnière)
C’est déjà ou presque de l’homosexualité, en vérité, que nous parlons puisque le modèle-rival se trouve normalement un individu du même sexe, du fait même que l’objet est hétérosexuel. Toute rivalité sexuelle est donc structurellement homosexuelle. Ce que nous appelons homosexualité, c’est la subordination complète, cette fois, de l’appétit sexuel aux effets du jeu mimétique qui concentre toutes les puissances d’attention et d’absorption du sujet sur l’individu responsable du double bind, le modèle en tant que rival, le rival en tant que modèle. Pour rendre cette genèse plus évidente, il faut évoquer ici un fait curieux observé par l’éthologie. Chez certains singes, quand un mâle se reconnaît battu par un rival et renonce à la femelle qu’il lui disputait, il se met, vis à vis de ce vainqueur, en position, nous dit-on, d’ ‘offre homosexuelle’. (…) S’il n’y a pas d’homosexualité ‘véritable’ chez les animaux, c’est parce que le mimétisme, chez eux, n’est pas assez intense pour infléchir durablement l’appétit sexuel vers le rival. Il est déjà assez intense, pourtant, au paroxysme des rivalités mimétiques, pour ébaucher cet infléchissement. Si j’ai raison, on devrait trouver dans les formes rituelles, le chaînon manquant entre la vague ébauche animale et l’homosexualité proprement dite. Et effectivement, l’homosexualité rituelle est un phénomène assez fréquent; elle se situe au paroxysme de la crise et on la trouve dans des cultures qui ne font aucune place, semble-t-il, à l’homosexualité, en dehors des rites religieux. Une fois de plus, en somme, c’est dans un contexte de rivalité aigüe qu’apparait l’homosexualité. Une comparaison du phénomène animal, de l’homosexualité rituelle, et de l’homosexualité moderne ne peut manquer de signaler que c’est le mimétisme qui entraine la sexualité et non l’inverse. De cette l’homosexualité rituelle, il faut rapprocher, je pense, un certain cannibalisme rituel qui se pratique dans des cultures , également, où le cannibalisme n’existe pas en temps ordinaire. Dans ce cas comme dans l’autre, il me semble, l’appétit instinctuel, alimentaire ou sexuel, se détache de l’objet que les hommes se disputent pour se fixer sur celui ou ceux qui nous le disputent. (…) Un des avantages de la genèse par la rivalité, c’est qu’elle se présente de façon absolument symétrique chez les deux sexes. Autrement dit, toute rivalité sexuelle est de structure homosexuelle chez la femme comme chez l’homme, aussi longtemps toutefois que l’objet reste hétérosexuel, c’est-à-dire qu’il reste l’objet prescrit par le montage instinctuel hérité de la vie animale. (…) C’est sur ce parallélisme que se base Proust pour affirmer qu’on peut transcrire une expérience homosexuelle en termes hétérosexuels sans jamais trahir la vérité de l’un ou l’autre désir. René Girard
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
En conclusion, nous devons nous demander pourquoi le principe de précaution si souvent mis en avant et dans tous les domaines, y compris à propos du maïs transgénique, ne devrait pas s’appliquer au projet de loi actuel. Maurice Berger
La lisibilité de la filiation, qui est dans l’intérêt de l’enfant, est sacrifiée au profit du bon vouloir des adultes et la loi finit par mentir sur l’origine de la vieConférence des évêques
C’est au nom de l’égalité, de l’ouverture d’esprit, de la modernité et de la bien-pensance dominante qu’il nous est demandé d’accepter la mise en cause de l’un des fondements de notre société. (…) Ce n’est pas parce que des gens s’aiment qu’ils ont systématiquement le droit de se marier. Des règles strictes délimitent et continueront de délimiter les alliances interdites au mariage. Un homme ne peut pas se marier avec une femme déjà mariée, même s’ils s’aiment. De même, une femme ne peut pas se marier avec deux hommes. (…) « le mariage pour tous est uniquement un slogan car l’autorisation du mariage homosexuel maintiendrait des inégalités et des discriminations à l’encontre de tous ceux qui s’aiment, mais dont le mariage continuerait d’être interdit. (…) L’enjeu n’est pas ici l’homosexualité qui est un fait, une réalité, quelle que soit mon appréciation de Rabbin à ce sujet (…)  c’est l’institution qui articule l’alliance de l’homme et de la femme avec la succession des générations. C’est l’institution d’une famille, c’est-à-dire d’une cellule qui crée une relation de filiation directe entre ses membres. C’est un acte fondamental dans la construction et dans la stabilité tant des individus que de la société. (…) résumer le lien parental aux facettes affectives et éducatives, c’est méconnaître que le lien de filiation est un vecteur psychique et qu’il est fondateur pour le sentiment d’identité de l’enfant. (…) l’enfant ne se construit qu’en se différenciant, ce qui suppose d’abord qu’il sache à qui il ressemble. Il a besoin, de ce fait, de savoir qu’il est issu de l’amour et de l’union entre un homme, son père, et une femme, sa mère, grâce à la différence sexuelle de ses parents. (…) Le droit à l’enfant n’existe ni pour les hétérosexuels ni pour les homosexuels. Aucun couple n’a droit à l’enfant qu’il désire, au seul motif qu’il le désire. L’enfant n’est pas un objet de droit mais un sujet de droit. Gilles Bernheim
Ce qui pose problème dans la loi envisagée, c’est le préjudice qu’elle causerait à l’ensemble de notre société au seul profit d’une infime minorité, une fois que l’on aurait brouillé de façon irréversible trois choses:  les généalogies en substituant la parentalité à la paternité et à la maternité;  le statut de l’enfant, passant de sujet à celui d’un objet auquel chacun aurait droit; les identités où la sexuation comme donnée naturelle serait dans l’obligation de s’effacer devant l’orientation exprimée par chacun, au nom d’une lutte contre les inégalités, pervertie en éradication des différences. Ces enjeux doivent être clairement posés dans le débat sur le mariage homosexuel et l’homoparentalité. Ils renvoient aux fondamentaux de la société dans laquelle chacun d’entre nous a envie de vivre. Gilles Bernheim (Grand rabbin de France)
He said, ‘Look Juan Carlos, the pope loves you this way. God made you like this and he loves you. Juan Carlos Cruz
The pope is saying what every reputable biologist and psychologist will tell you, which is that people do not choose their sexual orientation. A great failing of the church is that many Catholics have been reluctant to say so, which then “makes people feel guilty about something they have no control over. Rev. James Martin (Jesuit)
The Vatican declined to confirm or deny the remarks in keeping with its policy not to comment on the pope’s private conversations. The comments first were reported by Spain’s El Pais newspaper. Official church teaching calls for gay men and lesbians to be respected and loved, but considers homosexual activity “intrinsically disordered.” Francis, though, has sought to make the church more welcoming to gays, most famously with his 2013 comment “Who am I to judge?” He also has spoken of his own ministry to gay and transgender people, insisting they are children of God, loved by God and deserving of accompaniment by the church. As a result, some sought to downplay the significance of the comments as merely being in line with Francis’ pastoral-minded attitude. In addition, there was a time not so long ago when the Catholic Church officially taught that sexual orientation was not something people choose, the implication being it was how God made them. The first edition of the Catechism of the Catholic Church, the dense summary of Catholic teaching published by St. John Paul II in 1992, said gay individuals “do not choose their homosexual condition; for most of them it is a trial.” The updated edition, which is the only edition available online and on the Vatican website, was revised to remove the reference to homosexuality not being a choice. The revised edition says: “This inclination, which is objectively disordered, constitutes for most of them a trial.” Francis DeBernardo, executive director of New Ways Ministry, which advocates for equality for LGBTQ Catholics, said the pope’s comments were “tremendous” and would do a lot of good. “It would do a lot better if he would make these statements publicly, because LGBT people need to hear that message from religious leaders, from Catholic leaders,” he said. The Rev. James Martin, a Jesuit whose book “Building a Bridge” called for the church to find new pastoral ways of ministering to gays, noted that the pope’s comments were in a private conversation, not a public pronouncement or document. But citing the original version of the Catechism of the Catholic Church, Martin said they were nevertheless significant. Martin’s book is being published this week in Italian, with a preface by the Francis-appointed bishop of Bologna, Monsignor Matteo Zuppi, a sign that the message of acceptance is being embraced even in traditionally conservative Italy. NBC news
Why did god make me this way? Why did god make me wrong? Mia Lamay
The doctor said that we had a girl coming, so we started thinking of girl names. » « ‘Mia’ was born in 2010. » « Mia constantly wanted to change her clothes, like 12 times a day. » »Then the dog sweater came and she became obsessed with wearing one garment for six months straight. In hindsight I think she was trying to dispel a sense of discomfort in her image that was being shown to the world. » »She would take on boy personas and always want to play with boy things, we thought we had a tomboy on our hands. » « She didn’t fit in with the boys and she didn’t fit in with the girls. It was obvious to her and to the other kids. » « Her need to play boy roles and to be seen or spoken to as a boy at home became very persistent, and very consistent. Those are the hallmarks of a possibly transgender child — consistence, persistence, and insistence. And she was meeting all of those markers. » « A mother’s heart knows when her child is suffering, » says Jacob’s mom. « He was talking about hating his body, I found him angrily poking at himself one day, wanting to be something different. He would say ‘Why did god make me this way? Why did god make me wrong?' »One day after a near car accident, Jacob’s mom realized that if something were to happen, she didn’t want to « force her to be Mia for that one last day. At that point, my mind was made up. » In April of last year, the family took a trip and bought Jacob a Prince Charming costume. « We hadn’t yet transitioned Jacob, but he had short hair and was wearing almost entirely boy clothes… and he just glowed. Something clicked. » « There had been a video that had gone viral of an adorable little boy in California, Ryland Whittington, and his parents had made a video of him explaining transitioning and clearly this boy is so happy now. We were struck by that. » Jacob’s parents showed him the video of the boy, asking if he wanted to be like Ryland, but he said: « I can’t, I can be what I like at home, but I have to be Mia at school. » Jacob’s parents explained that he could start at a new school where everyone would know him as a boy from the beginning, and he immediately said « That’s what I want. I want to be a boy always. I want to be a boy named Jacob. » « Before the transition, he didn’t smile a lot. I had never seen him throw his head back and laugh. He’s a different person, he’s becoming himself. » »He started looking people in the eye, talking to people, and striking up conversations. I realized how much he had come out of his shell and how much being Jacob suited him. » »I couldn’t ask for a better son, » concludes Jacob’s dad. His mom agrees: « I want him to know how proud of him I am, how brave I believe he is, how no matter what I am in his corner, and I will always love him — because he’s my son. » Business insider
It’s not how you act, or what you wear, or anything like that. It’s just how you really are inside. … You just feel like you just got put in the wrong body. Jacob Lemay
Fourth grader Jacob Lemay knew he was a boy before he could properly pronounce the word “transgender.” His whole family now advocates for trans rights. Now, Mimi Lemay has written a memoir titled “What We Will Become” about love, acceptance and change. Jacob is now in fourth grade. He has a pet hedgehog named Trinket, and he loves hockey, jumping on his backyard trampoline and playing with his sisters. He is a typical 9-year-old boy in every way, except for being transgender. He said some of his friends know and some don’t. But to most kids, it’s just not that big a deal. Over the last five years, he has grown and matured, and he is more sophisticated now when he talks about what it means to him to be transgender. And since he has reached the early stages of puberty, Jacob has opted to take a puberty blocker. This is a completely reversible step endorsed by the medical community. It is also the very kind of treatment that some state lawmakers are looking to stop. More than half a dozen states, most recently Ohio, have introduced bills seeking to ban gender-affirming health care for minors. This type of care, Mimi Lemay said, will save the lives of children like Jacob. More than half a dozen states, most recently Ohio, have introduced bills seeking to ban gender-affirming health care for minors. This type of care, Mimi Lemay said, will save the lives of children like Jacob. Mimi and Joe Lemay said their entire family now advocates for transgender rights. In fact, Jacob recently asked presidential hopeful Sen. Elizabeth Warren, D-Mass., a question at a televised town hall. The Lemays said they want to keep sharing their story to help other families with trans kids. “Your child will be OK as long as you support them,” Mimi Lemay said. “There is no harm in saying to your child, ‘I see you … and believe you, and you are who you say you are.’ NBC news
Je suis un prêtre clandestin. (…) À 18 ans, j’ai fait mon coming-out. Cela ne s’est pas bien passé. Au point que j’en suis venu à cette alternative : le suicide ou l’exil. (…) J’ai été accusé d’être un activiste homosexuel infiltré dans l’Église. Tout récemment, un archevêque a même voulu me défroquer. (…) Le point de départ a été la découverte de l’œuvre de René Girard. Avec sa lecture rigoureusement anthropologique du texte biblique, il a montré que l’on n’est face ni à une mythologie ni même à une théologie humaine mais, au contraire, à une anthropologie divine. (…) René Girard m’a aidé à prendre conscience que ce n’est pas Dieu qui est violent mais l’homme. Par exemple, le Christ n’est pas sacrifié par les hommes pour payer le prix exigé par un dieu sanguinaire. Que signifie alors la mort de Jésus ? Que les hommes sont violents. Et, ne se rebellant pas, Jésus s’est donné au milieu d’un de nos typiques épisodes de lynchage comme incarnant le pardon en tant que valeur divine. (…) La haine des autres est réelle mais je n’ai pas à me laisser définir par elle. Je cherche toujours à enseigner comment vivre au-delà du ressentiment. Devenir soi et pardonner, voici quelque chose au cœur de la foi chrétienne. (…) Si le rejet de l’homosexualité au sein de l’Église est si fort, c’est aussi parce qu’il y a tellement de gays mal à l’aise au sein du clergé (…) Cette parole est trop rare et pourtant indispensable pour que les positions dogmatiques sur la famille ou sur l’homosexualité évoluent au sein de l’Église et de la société. James Alison
In general, despite what those who try to conflate “gay” with “paedophile” would have you believe, a knowing clerical gay milieu is genuinely shocked and baffled when minors are involved. In all these cases, in as far as the behaviour was adult-related, plenty of people in authority sort-of-knew what was going on, and had known throughout the clerics’ respective careers. However the informal rule among the Catholic Clergy – the last remaining outpost of enforced homosociality in the Western world – is strictly “don’t ask, don’t tell.” Typically, blind eyes are turned to the active sex lives of those clerics who have them, only two things being beyond the pale: whistle-blowing on the sex lives of others, or public suggestions that the Church’s teaching in this area is wrong. These lead to marginalisation, whether formal or informal. Given all this, it seems to me entirely reasonable that people should now be asking “How deep does this go?” If such careers were the result of blind eyes being turned, legal settlements made, and these clerics themselves were in positions of influence and authority, how much more are we going to learn about those who promoted and protected them? Or about those whom they promoted? So it is that voices like Rod Dreher – keenly followed blogger at The American Conservative – are resuscitating talk of the “Lavender Mafia”, and the demand, which became popular in conservative circles from 2002 onwards, that the priesthood be purged of gay men. Investigative journalists are being encouraged to lay bare the informal gay networks of friendship, patronage, and potential for blackmail which structure clerical life (or are being excoriated for their politically correct cowardice in failing to do so). The aim is to weed out the gays, especially the treasonous bishops who have perpetuated the system. Ross Douthat – the New York Times columnist – has called for a papally mandated investigation into the American Church (I guess along the lines of Mgr Charles Scicluna’s in Chile) in order to restore its moral authority. Others, like Robert Mickens, The Tablet’s Rome correspondent for many years, are equally aware of the “elephant in the sacristy” which is the massively disproportionate number of gay men in the clergy, but highlight the refusal of the Roman authorities to engage in any kind of publicly accountable, adult discussion about this fact. Their refusal reinforces collective dishonesty and perpetuates the psychosexual immaturity of all gay clergy, whether celibate, partnered or practitioners of so-called “serial celibacy”. How to approach this issue in a healthy way? As a gay priest myself I am obviously more in agreement with Mickens than with Dreher or Douthat. However I would like to record my complete sympathy with the passion of the latter two as well as with their rage at a collective clerical dishonesty which renders farcical the claim to be teachers of anything at all, let alone divine truth. Jesus becomes credible through witnesses, not corrupt party-line pontificators. Having said that, I suspect that particular interventions, whether by civil authority or Papal mandate, are always going to run aground on the fact that they can only deal with, and bring to light specific bad acts, usually ones that rise to the level of criminality. I cannot imagine a one-off legal intervention in this sphere that would be able to make appropriate distinctions where there are so many fine lines: between innocent friendship, sexually charged admiration, abusive sexual suggestion, emotional blackmail, financial blackmail, recognition of genuine talent, genuine love lived platonically, genuine love lived with sexual intimacy, sexual favours granted with genuine freedom, sexual favours granted out of fear or in exchange for promotion, covering peccadillos for a friend, covering graver matters for a rival in exchange for some benefit, not wanting to know too much about other people’s lives, or obsessively wanting to know too much about them. Let alone the usual rancours of break-ups, career disappointments, petty jealousies, bitterness, revenge and so on. All of these tend to shade into or out of each other over time, making effective outside assessment, even if it were desirable, impossible. (…) An anecdotal illustration: a few years ago, I found myself leading a retreat for Italian gay priests in Rome. Of the nearly fifty participants some were single, some partnered, for others it was the first time they had ever been able to talk honestly with other priests outside the confessional. Among them there were seven or eight mid-level Vatican officials. I asked one from the Congregation for the Clergy what he made of those attending with their partners. He smiled and said, “Of course, we know that the partnered ones are the healthy ones.” Let that sink in. In the clerical closet, dishonesty is functional, honesty is dysfunctional, and the absence or presence of circumspect sexual practice between adult males is irrelevant. And so to some systemic dimensions of “The elephant in the sacristy”. The first is its size. A far, far greater proportion of the clergy, particularly the senior clergy, is gay than anyone has been allowed to understand, even the bishops and cardinals themselves. Harvard Professor Mark Jordan’s phrase “a honeycomb of closets”, in which each enclosed participant has very little access to the overall picture, is exactly right. But the proportion is going to become more and more self-evident thanks to social media and the generalized expectations of gay honesty and visibility in the civil sphere. This despite many years of bishops resisting accurate sociological clergy surveys. At the time of the last papal election in 2013 we did have hints that the Vatican and the cardinal electors were shocked at discovering from reports commissioned by Benedict how many of them were gay. Part of their shock has to have been their fear at how the faithful would be scandalized if they had any idea. They were right to be afraid, and the faithful are going to have an idea as the implosion of the closet accelerates. (…) A second dimension is grasped when you understand the general rule that the heterosexuality of a cleric is inversely proportional to the stridency of his homophobia. This is one of the reasons why I am sceptical of all attempts to “weed out the gays”. The principal clerical crusaders in this area turn out to be gay themselves – in some cases, so deeply in denial that they don’t know it. And in some cases knowingly so. My own experience, which has since been confirmed by hundreds of echoes worldwide, is that there are proportionately few straight men in the clergy (leaving aside rural dioceses in some countries, where heterosexual concubinage is the customary norm) and they do not, as a rule, persecute gay men. It is closeted men who are the worst persecutors. Some are very sadly disturbed souls who cannot but try to clean outwardly what they cannot admit to being inwardly. These can’t be helped since Church teaching reinforces their hell. For others the lure of upward mobility leads them to strategic displays of enthusiasm for the enforcement of the house rules. A third dimension is that banning gay men from the seminary never works. In practise, the ban means that those “tempted” by honesty will be weeded out, or will weed themselves out, uncomfortable with the inducements to a double life. Those unconcerned by honesty, and happy to swim in the wake of the double lives of those doing the weeding, will learn how to look the part. The only seminaries that might avoid this are those that differentiate on the basis not of sexual orientation, but of honesty, which is a primary requisite for any form of psycho-sexual maturity. And there are some that do, presumably with the permission of wise Bishops, but in quiet contravention of the official line. These of course are instantly vulnerable to accusations of being liberal, of promoting homosexuality or whatever, when in practical terms, the reverse is true. For honesty is effectively forbidden by a Church teaching, which tells you that you are an intrinsically heterosexual person who is inexplicably suffering from a grave objective disorder called “same-sex attraction”. And so we get seminaries in which there are no gay seminarians, but whose rectors nevertheless push programmes like those of “Courage” on their oh-so-non-gay-but-transitorily-same-sex-attracted charges. A fourth dimension: no attempt to view this issue through culture war lenses will be helpful. The clerical closet is not the result of some 1960s liberal conspiracy. It is a systemic structure in which, absent scandal, all of its survivors are functional. (…) This is not a matter of left or right, traditional or progressive, good or bad, chaste or practising; nor even a matter of twenty five years of Karol Wojtyla’s notoriously poor judgment of character, though all these feed into it. It is a systemic structural trap, and if we are to get out of it, it must be described in such a way as to recognise that unknowing innocence as much as knowing guilt, well-meaning error as well as malice, has been, and is, involved in both its constitution and its maintenance. (…) What is to be done, and what is quietly happening? In my view the first thing is for the laity to be encouraged in their fast growing majority acceptance of being gay as a normal part of life. This, despite fierce resistence from elements of the clerical closet. Pope Francis’ reported conversation with Juan Carlos Cruz (a gay man abused in his youth by the Chilean priest, Fr Karadima) is a gem in this area: “Look Juan Carlos, the pope loves you this way. God made you like this and he loves you”. This remark led to much spluttering and explaining away from those who realise that the moment you say “God made you like this” then the game is up as regards the “intrinsic evil” of the acts. Nevertheless, it is only when straightforward, and obviously true, Christian messaging like Francis’ becomes normal among the laity themselves that honesty can become the norm among the clergy. Otherwise we will continue with the absurd and pharisaical current situation in which there is one rule for the clergy (“doesn’t matter what you do so long as you don’t say so in public or challenge the teaching”) and another for the laity, passed off as “the teaching of the Church”, and brutally enforced, for instance, among employees of Catholic schools, parish organists, softball coaches and the like. Only when it is clear (as it is increasingly) that the laity are quite confident in the (obviously true) view that “if you are this way, then learning to love appropriately is going to flow from, not despite, this” will it be possible to change, without scandal, the formal rules regarding the clergy. I bring this out since much was made of Francis’ reported answer to the Italian Bishops when asked if they should admit gay men to the seminary: “if you are in any doubt, no”. This was read as Francis being against gay men. I read the remark differently: that of a wise and merciful man addressing a group of men, a significant proportion of whom are gay, and telling them, in effect, that only those among them who are capable of honesty in dealing with their future charges should induct people like themselves into the clergy. “Are you yourself going to vacillate in standing up publicly for the honesty of the young man? If so, don’t make his future dependent on your cowardice”. James Alison
Aucune religion n’interdit le cannibalisme. Je ne trouve pas non plus de loi qui nous empêche de manger des gens. J’ai profité de l’espace entre la morale et la loi et c’est là-dessus que j’ai basé mon travail. Zhu Yu 
Sur internet : les gens racontent beaucoup de choses. Des choses pour se faire peur, ou pour se faire jouir, et parfois les deux se confondent. Il suffit de fouiller un peu sur le web pour s’en rendre compte. Commençons par le vore, une « paraphilie » (ce qu’on appelait autrefois « perversion », une pratique ou attirance considérée comme « anormale ») qui consiste à avaler ou être avalé par un animal ou un individu, sans effusion de sang ni violence. On se fait engloutir d’un coup, gloups, comme le Petit Chaperon rouge, fantasme du retour au ventre de la mère, avant de ressortir indemne. La plupart des sites pornos en proposent quelques vidéos, souvent une mauvaise 3D, le reste se passe dans la tête. Variantes : les giant vore, où des hommes minuscules se font ingurgiter par d’immenses maîtresses plantureuses ; ou le cock vore, lorsque la proie se fait avaler par un urètre géant, souvent à grands traits de style manga et avec des personnages indéterminés, quelque part entre l’humain et l’animal. Loin de ces supports masturbatoires, d’autres préfèrent une version plus réaliste : des vidéos façon snuff movies, où des membres plus vrais que nature grillent sur des barbecues. Devant lesquelles on se demande si c’est pour de faux, ou pas. Ils ont un rapport sexuel, puis décident ensemble de couper le pénis de Bernd, de le faire flamber, de le goûter. Puis ils le font sauter à la poêle avant de le terminer. Dans les Google Groupes, des topics spécialisés recensent les annonces de milliers de personnes « sérieuses » qui veulent manger, ou se faire manger, au milieu de dessins et montages grossiers de femmes avec une pomme dans la bouche et d’hommes avec une broche dans le derrière. Mais pour remonter à la source de l’imaginaire cannibale, il faut se rendre sur le forum DolcettGirls : fondé par un dessinateur canadien sous le pseudo de Perro Loco, il rassemble une communauté qui s’échange bons plans pornos, nouvelles érotiques, comics mordants et recettes. C’est à Perro Loco, aussi, qu’on doit le Cannibal Cafe Forum, institution fermée après un « terrible fait divers » : c’est là que l’informaticien allemand Armin Meiwes (aka le cannibale de Rotenbourg) a posté ses annonces pour trouver sa victime. En 2001, il reçoit la réponse de Bernd Jürgen Brandes, un Berlinois de 43 ans à la recherche de « l’excitation ultime ». Armin, qui rêve de « quelqu’un qui serait pour toujours avec lui », le reçoit. Ils ont un rapport sexuel, puis décident ensemble de couper le pénis de Bernd, de le faire flamber, de le goûter. Puis ils le font sauter à la poêle avant de le terminer. Armin tue ensuite Bernd de plusieurs coups de couteau, en découpe 30 kg et met « les meilleurs morceaux » au congélateur. « Ce qui a le plus choqué n’est pas le fait que Meiwes ait mangé une partie de Brandes, mais que Brandes ait consenti à être mangé », note le psychologue Mark Grifths, de la Nottingham Trent University : « On connaît peu la prévalence de ce type de comportements, bien que Meiwes affirme qu’au moins 800 personnes partageaient sa passion. » Alors Perro Loco a fermé le Cannibal Cafe et ouvert DolcettGirls, spécialisé dans les trips trash. Depuis cette affaire, il affirme que son site n’est qu’une plate-forme d’échanges de fantasmes, pas de rencontres meurtrières. Condamné à perpétuité, Armin est aujourd’hui en prison. Et végétarien. (…) Comme l’explique Bill Schutt dans son livre Cannibalism, a Perfectly Natural History, la nature abonde de cas de cannibalisme. Les araignées Amaurobius ferox pondent dans l’unique but de nourrir leur portée. Quand les bébés deviennent trop gros et que les œufs viennent à manquer, maman se laisse dévorer, dernière étape avant que sa progéniture, une fois adulte, puisse reproduire le schéma. En se faisant cannibaliser, les mantes religieuses produisent plus de sperme. Et on ne vous parle pas des requins : les fœtus s’entredévorent dans l’utérus de la mère et seul naît le plus fort, ragaillardi par toutes ces protéines avalées. Difficile pourtant de généraliser : d’une région à une autre, ou même d’un groupe à un autre au sein d’une même espèce, le cannibalisme apparaît ou disparaît. Pas de déterminisme, simplement une stratégie contingente de survie et d’évolution. Il en fut de même chez les humains : chez nous non plus, le cannibalisme n’a jamais été ancré, jamais des « sauvages » n’ont mangé leur prochain comme ils auraient savouré un steak d’élan. Chez nos ancêtres préhistoriques, on ne soupçonne que des cas isolés ; d’ailleurs l’espèce n’aurait pas survécu à un cannibalisme généralisé. Partout où l’anthropophagie s’est développée, elle était encadrée et liée à un contexte précis. Plus souvent, elle ne se résumait en réalité qu’à des fantasmes d’Occidentaux ou à des arguments inventés pour mieux éradiquer des populations (coucou Christophe Colomb). « Le cannibalisme survient toujours dans des sociétés en proie à des crises historiques, démographiques ou écologiques terribles. En plus, dès que les Européens arrivaient, ils décuplaient les crises, et vingt ans après les premiers contacts, le phénomène avait pris des proportions monumentales », explique l’anthropologue et chercheur au CNRS Georges Guille-Escuret. Parfois autorisé, voire valorisé (pour honorer un ancêtre ou saluer le courage d’un ennemi), le cannibalisme a très vite été rejeté par ceux qui ne le pratiquaient pas. « Nous vivons dans des sociétés qui ont décrété une rupture entre le monde de la nature et celui de la culture, analyse l’anthropologue. Dans la vision chinoise par exemple, cette césure n’existe pas : le cannibalisme va être progressivement prohibé pour maintenir les rapports sociaux, mais une anthropophagie pour raisons médicales ou sexuelles perdure encore, ce n’est pas un tabou ultime. » Chez nous, si. La faute aux Grecs, tout d’abord, qui jugeaient le cannibalisme incompatible avec le fonctionnement d’une cité, au même titre qu’un gouvernement de femmes. « Deux sociétés les effrayaient : les cannibales et les Amazones. D’ailleurs, partout où on a trouvé les premiers, on a subodoré les secondes. » Plus tard vient s’ajouter la phobie chrétienne : le fait de consommer de la chair humaine devient un sacrilège, l’homme ayant été créé « à l’image de Dieu ». « Il y a aussi la règle de l’interdiction du “redoublement du même” : on ne peut pas mettre l’identique sur l’identique », développe l’anthropologue. En clair : on ne couche pas avec sa sœur car c’est le même sang, on ne mange pas un membre de notre espèce car c’est la même chair. « En Polynésie, on considère même que le cannibalisme est un inceste alimentaire. Mais le double tabou, la phobie politique grecque et la phobie cosmogonique chrétienne, peut créer une double fascination. Toute prohibition implique une contestation fantasmatique. On n’interdit pas sans provoquer le désir de transgression. » Alors, dès qu’un cas est connu, tout le monde fait « beurk », mais tout le monde veut savoir. L’histoire du vol 571, où les survivants du crash ont dû manger leurs congénères pendant les deux mois qu’ont duré les recherches dans les Andes, a été adaptée au cinéma. Luka Rocco Magnotta, le dépeceur de Montréal, a son fan-club et va bientôt se marier. Issei Sagawa, l’étudiant japonais qui a mangé une Néerlandaise à Paris en 1981 (jugé irresponsable et libéré depuis), a écrit une douzaine de livres et tourné des pubs pour des restaurants de viande. Il a même participé à quelques pornos. « Il n’y a rien de plus excitant qu’une jolie fille en train de manger, quoi qu’elle mange. » Au restaurant, si Appetizing Kid en voit une en train de ronger une cuisse de poulet « ou une saucisse » avec les mains, le Croate de 28 ans reconnaît qu’il doit masquer son trouble avec sa serviette. « Je suis sûr que beaucoup imaginent pire, mais ils ne l’admettront jamais. » « La sexualité et l’alimentation sont des zones de métaphore l’une pour l’autre : c’est universel, comme Levi-Strauss l’avait remarqué, confirme Georges Guille-Escuret. Dans le cannibalisme, beaucoup de métaphores sexuelles s’expriment. Le va-et-vient est permanent. » Ne dit-on pas qu’il/elle est « à croquer » ? Au lit, qui ne s’est jamais fait mordiller une oreille ou un téton ? Et ce bébé joufflu, pourquoi mémé dit-elle qu’« on le mangerait » en embrassant ses petits petons ? « Bien sûr, je trouve excitant une cannibale qui mange une jambe ou la masculinité d’un mec, mais je préfère encore plus le vore classique, précise Appetizing Kid : un requin qui avale un surfeur, une géante qui mange un homme… » Alors quand Dinoshark ou Shark Attack passe à la télé, il sort le Sopalin. Des cannibales, des vrais, il affirme en avoir croisé. Il a vu des photos (je recevrai moi-même quelques images où le montage est difficile à prouver). Des gens dont il se tient éloigné. « J’aime l’art, l’imaginaire du cannibalisme, mais ça reste virtuel pour la plupart d’entre nous. On estime plus nos vies que nos fantasmes. » Ce désir, le psychologue américain Steven J. Scher et son équipe l’ont analysé. Résultat : le degré d’horreur que nous ressentons vis-à-vis de l’anthropophagie dépend de notre attirance pour la victime. En demandant à leurs cobayes de choisir, parmi plusieurs personnes, qui ils embrasseraient et qui ils mangeraient, ils ont remarqué qu’on trouve moins dégoûtant de manger une personne de l’autre sexe, soit un potentiel partenaire. On trouve aussi moins répugnant de manger une personne « sexuellement attirante » qu’une moche, un adulte qu’un enfant. « La corrélation [entre désir et cannibalisme] est proche de 90 %, écrivent-ils dans leur étude. En général, ce qui provoque le dégoût à l’idée de manger une personne est aussi ce qui provoque le dégoût lorsqu’il s’agit de choisir un partenaire sexuel. » A quel moment peut-on switcher de « tiens, si on faisait l’amour » à « tiens, si on se grignotait l’oignon » ? D’un point de vue purement sadomasochiste, on peut imaginer le fait de cannibaliser comme l’acte ultime de domination, et le fait d’être mangé comme celui de la soumission. Neon
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
Dénoncé en direct comme un quasi-pédophile appelé à répondre de ses actes devant la justice pour les outrages imposés à des  jeunes filles flétries», «Gab’la rafale» tint le choc, mais ce lynchage télévisuel laissa des traces. En avouant son penchant pour des jouvencelles, Matzneff fut la proie d’un néopuritanisme conquérant qui, paradoxalement, accompagnerait, les années suivantes, le déferlement d’une pornographie «chic» sévissant aussi bien dans le cinéma, la publicité que la littératureLe Figaro (2009)
 Matzneff est un personnage public. Lui permettre d’exprimer au grand jour ses viols d’enfants sans prendre les mesures nécessaires pour que cela cesse, c’est donner à la pédophilie une tribune, c’est permettre à des adultes malades de violenter des enfants au nom de la littérature. Marie-France Botte et Jean-Paul Mari
Un écrivain comme Gabriel Matzneff n’hésite pas à faire du prosélytisme. Il est pédophile et s’en vante dans des récits qui ressemblent à des modes d’emploi. Or cet écrivain bénéficie d’une immunité qui constitue un fait nouveau dans notre société. Il est relayé par les médias, invité sur les plateaux de télévision, soutenu dans le milieu littéraire. Souvenez-vous, lorsque la Canadienne Denise Bombardier l’a interpellé publiquement chez Pivot, c’est elle qui, dès le lendemain, essuya l’indignation des intellectuels. Lui passa pour une victime : un comble ! (…) Je ne dis pas que ce type d’écrits sème la pédophilie. Mais il la cautionne et facilite le passage du fantasme à l’acte chez des pédophiles latents. Ces écrits rassurent et encouragent ceux qui souffrent de leur préférence sexuelle, en leur suggérant qu’ils ne sont pas les seuls de leur espèce. D’ailleurs, les pédophiles sont très attentifs aux réactions de la société française à l’égard du cas Matzneff. Les intellectuels complaisants leur fournissent un alibi et des arguments: si des gens éclairés défendent cet écrivain, n’est-ce pas la preuve que les adversaires des pédophiles sont des coincés, menant des combats d’arrière-garde? Bernard Cordier (psychiatre, 1995)
Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste entre la qualification de ‘crime’ qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés; d’autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ?), TROIS ANS DE PRISON POUR DES CARESSES ET DES BAISERS, CELA SUFFIT !” Nous ne comprendrions pas que, le 29 janvier, Dejager, Gallien et Bruckardt ne retrouvent pas la liberté.  Aragon, Ponge, Barthes, Beauvoir, Deleuze, Glucksmann,  Hocquenghem, Kouchner, Lang, Gabriel Matzneff, Catherine Millet,  Sartre, Schérer et Sollers (Pétition de soutien à trois accusés de pédophilie, Le Monde, 1977)
Presidents run for re-election against real opponents, not public perceptions. For all the media hype, voters often pick the lesser of two evils, not their ideals of a perfect candidate. Victor Davis Hanson
How can evangelicals support Donald Trump? That question continues to befuddle and exasperate liberals. How, they wonder, can a man who is twice divorced, a serial liar, a shameless boaster (including about alleged sexual assault) and an unrepentant xenophobe earn the enthusiastic backing of so many devout Christians? About 80% of evangelicals voted for Trump in 2016; according to a recent poll, almost 70% of white evangelicals approve of how he has handled the presidency – far more than any other religious group. To most Democrats, such support seems a case of blatant hypocrisy and political cynicism. Since Trump is delivering on matters such as abortion, the supreme court and moving the US embassy in Israel to Jerusalem, conservative Christians are evidently willing to overlook the president’s moral failings. In embracing such a one-dimensional explanation, however, liberals risk falling into the same trap as they did in 2016, when their scorn for evangelicals fed evangelicals’ anger and resentment, contributing to Trump’s huge margin among this group. Bill Maher fell into this trap during a biting six-minute polemic he delivered on his television show in early March. Evangelicals, he said, “needed to solve this little problem” – they want to support a Republican president, but this particular one “happens to be the least Christian person ever”. “How to square the circle?” he asked. “Say that Trump is like King Cyrus.” According to Isaiah 45, God used the non-believer Cyrus as a vessel for his will; many evangelicals today believe that God is similarly using the less-than-perfect Trump to achieve Christian aims. But Trump isn’t a vessel for God’s will, Maher said, and Cyrus “wasn’t a fat, orange-haired, conscience-less scumbag”. Trump’s supporters “don’t care”, he ventured, because “that’s religion. The more it doesn’t make sense the better, because it proves your faith.” Maher portrayed evangelical Christians as a dim-witted group willing to make the most ludicrous theological leaps to advance their agenda. As I watched, I tried to imagine how evangelicals would view this routine. I think they would see a secular elitist eager to assert what he considers his superior intelligence. They would certainly sense his contempt for the many millions of Americans who believe fervently in God, revere the Bible and see Trump as representing their interests. Maher’s diatribe reminded me of a pro-Trump acquaintance from Ohio who now lives in Manhattan and who says that New York liberals are among the most intolerant people he has ever met. Liberals have good cause to decry the ideology of conservative Christians, given their relentless assault on abortion rights, same-sex marriage, transgender rights and climate science. But the disdain for Christians common among the credentialed class can only add to the sense of alienation and marginalization among evangelicals. Many evangelicals feel themselves to be under siege. In a 2016 survey, 41% said it was becoming more difficult to be an evangelical. And many conservative Christians see the national news media as unrelievedly hostile to them. Most media coverage of evangelicals falls into a few predictable categories. One is the exotic and titillating – stories of ministers who come out as transgender, or stories of evangelical sexual hypocrisies. Another favorite subject is progressive evangelicals who challenge the Christian establishment. (…) In 2016, [ the Times’ Nicholas Kristof,] wrote a column criticizing the pervasive discrimination toward Christians in liberal circles. He quoted Jonathan Walton, a black evangelical and professor of Christian morals at Harvard, who compared the common condescension toward evangelicals to that directed at racial minorities, with both seen as “politically unsophisticated, lacking education, angry, bitter, emotional, poor”. Strangely, the group most overlooked by the press is the people in the pews. It would be refreshing for more reporters to travel through the Bible belt and talk to ordinary churchgoers about their faith and values, hopes and struggles. Such reporting would no doubt show that the world of American Christianity is far more varied and complex than is generally thought. It would reveal, for instance, a subtle but important distinction between the Christian right and evangelicals in general, who tend to be less political (though still largely conservative). This kind of deep reporting would probably also highlight the enduring power of a key tenet of the founder of Protestantism. “Faith, not works,” was Martin Luther’s watchword. In his view, it is faith in Christ that truly matters. If one believes in Christ, then one will feel driven to do good works, but such works are always secondary. Trump’s own misdeeds are thus not central; what he stands for – the defense of Christian interests and values – is. Luther also preached the doctrine of original sin, which holds that all humans are tainted by Adam’s transgression in the Garden of Eden and so remain innately prone to pride, anger, lust, vengeance and other failings. Many evangelicals have themselves struggled with divorce, broken families, addiction and abuse. We are thus all sinners – the president included. (…) I can hear the reactions of some readers to this column: Enough! Enough trying to understand a group that helped put such a noxious man in the White House. Yet such a reaction is both ungenerous and shortsighted. Liberals take pride in their empathy for “the other” and their efforts to understand the perspective of groups different from themselves. They should apply that principle to evangelicals. If liberals continue to scoff, they risk reinforcing the rage of evangelicals – and their support for Trump. Michael Massing
Comment les évangéliques peuvent-ils soutenir Donald Trump? Cette question continue de brouiller et d’exaspérer les progressistes. Comment, se demandent-ils, un homme qui est divorcé deux fois, un menteur en série, un fanfaron éhonté (y compris au sujet d’une agression sexuelle présumée) et un xénophobe impénitent peut-il obtenir le soutien enthousiaste de tant de chrétiens dévots? Environ 80% des évangéliques ont voté pour Trump en 2016; selon un récent sondage, près de 70% des évangéliques blancs approuvent la façon dont il a géré la présidence – bien plus que tout autre groupe religieux. Pour la plupart des démocrates, un tel soutien semble être un cas d’hypocrisie flagrante et de cynisme politique. Étant donné que Trump se prononce sur des questions telles que l’avortement, la Cour suprême et le déplacement de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem, les chrétiens conservateurs sont évidemment prêts à ignorer les défauts moraux du président. Cependant, en adoptant une telle explication unidimensionnelle, les libéraux risquent de tomber dans le même piège qu’en 2016, lorsque leur mépris pour les évangéliques a nourri la colère et le ressentiment des évangéliques, contribuant à l’énorme marge de Trump parmi ce groupe. Bill Maher est tombé dans ce piège dans la diatribe mordante de six minutes qu’il a prononcée lors de son émission de télévision début mars. Les évangéliques, a-t-il dit, « devaient résoudre ce petit problème » – ils veulent soutenir un président républicain, mais celui-ci « se trouve être le moins chrétien de tous les temps ». « Comment résoudre cette quadrature du cercle? », a-t-il demandé. « Dire que Trump est comme le roi Cyrus. » Selon Ésaïe 45, Dieu a utilisé le non-croyant Cyrus comme véhicule de sa volonté; de nombreux évangéliques croient aujourd’hui que Dieu utilise de la même manière un Trump moins que parfait pour atteindre les objectifs chrétiens. Mais Trump n’est pas un vaisseau pour la volonté de Dieu, a déclaré Maher, et Cyrus « n’était pas un nul gras, aux cheveux orange et sans conscience ». Les partisans de Trump « ne s’en soucient pas », s’est-il aventuré, parce que « c’est la religion. Moins cela a de sens, mieux c’est, car cela prouve votre foi. »Maher a dépeint les chrétiens évangéliques comme un groupe humble disposé à faire les sauts théologiques les plus ridicules pour faire avancer leur programme. Pendant que je regardais, j’ai essayé d’imaginer comment les évangéliques verraient cette routine. Je pense qu’ils verraient un élitiste laïc désireux d’affirmer ce qu’il considère comme son intelligence supérieure. Ils ressentiraient certainement son mépris pour les millions d’Américains qui croient ardemment en Dieu, vénèrent la Bible et considèrent Trump comme représentant leurs intérêts. La diatribe de Maher m’a rappelé une connaissance pro-Trump de l’Ohio qui vit maintenant à Manhattan et qui dit que les libéraux de New York sont parmi les personnes les plus intolérantes qu’il ait jamais rencontrées. Les libéraux ont de bonnes raisons de dénoncer l’idéologie des chrétiens conservateurs, étant donné leur assaut incessant contre les droits à l’avortement, le mariage homosexuel, les droits des transgenres et la science du climat. Mais le mépris pour les chrétiens, commun à la classe diplômée, ne peut qu’ajouter au sentiment d’aliénation et de marginalisation des évangéliques. De nombreux évangéliques se sentent assiégés. Dans une enquête de 2016, 41% ont déclaré qu’il devenait plus difficile d’être évangélique. Et de nombreux chrétiens conservateurs considèrent les médias nationaux comme hostiles à leur égard. La plupart des reportages médiatiques sur les évangéliques se répartissent en quelques catégories prévisibles. L’une est les histoires exotiques et émouvantes – des histoires de pasteurs qui se révèlent transgenres, ou des histoires d’hypocrisies sexuelles évangéliques. Un autre sujet de prédilection est celui des évangélistes progressistes qui défient l’establishment chrétien. (…) En 2016, [léditorialiste du NYT Nicholas Kristof] a écrit une chronique critiquant la discrimination omniprésente envers les chrétiens dans les milieux de gauche. Il a cité Jonathan Walton, un évangélique noir et professeur de morale chrétienne à Harvard, qui a comparé la condescendance commune envers les évangéliques à celle dirigée contre les minorités raciales, les deux étant considérées comme «politiquement peu sophistiquées, manquant d’éducation, en colère, amères, émotionnelles, pauvres». Étrangement, le groupe le plus négligé par la presse est celui des blancs. Il serait rafraîchissant que davantage de journalistes parcourent la « Bible belt » et parlent aux fidèles ordinaires de leur foi et de leurs valeurs, de leurs espoirs et de leurs luttes. De tels reportages montreraient sans aucun doute que le monde du christianisme américain est beaucoup plus varié et complexe qu’on ne le pense généralement. Cela révélerait, par exemple, une distinction subtile mais importante entre la droite chrétienne et les évangéliques en général, qui ont tendance à être moins politiques (quoique encore largement conservateurs). Ce genre de reportage approfondi mettrait probablement également en évidence le pouvoir durable d’un principe clé du fondateur du protestantisme.«La foi, pas les œuvres», était le mot d’ordre de Martin Luther. Selon lui, c’est la foi en Christ qui compte vraiment. Si l’on croit en Christ, on se sent poussé à faire de bonnes œuvres, mais ces œuvres sont toujours secondaires. Les propres manquements de Trump ne sont donc pas centraux; mais c’est ce qu’il représente – la défense des intérêts et des valeurs chrétiennes – qui l’est. Luther a également prêché la doctrine du péché originel, selon laquelle tous les humains sont entachés par la transgression d’Adam dans le jardin d’Eden et restent donc naturellement enclins à l’orgueil, la colère, la luxure, la vengeance et d’autres défauts. De nombreux évangéliques ont eux-mêmes lutté contre le divorce, la rupture dans leurs familles, la toxicomanie et les abus. Nous sommes donc tous pécheurs – y compris le président. (…) J’entends les réactions de certains lecteurs à cette chronique: Il y en assez d’essayer de comprendre un groupe qui a permis l’arrivée d’un homme aussi nocif à la Maison Blanche. Pourtant, une telle réaction est à la fois peu généreuse et à courte vue. Les libéraux sont fiers de leur empathie pour ‘l’autre’ et de leurs efforts pour comprendre la perspective de groupes différents d’eux. Ils devraient appliquer ce principe aux évangéliques. Si la gauche continue ses moqueries, elle risque de renforcer la rage des évangéliques – et leur soutien à Trump. » Michael Massing
C’est au nom de la liberté, bien entendu, mais aussi au nom de l’ « amour, de la fidélité, du dévouement » et de la nécessité de « ne pas condamner des personnes à la solitude » que la Cour suprême des Etats-Unis a finalement validé le mariage entre personnes de même sexe. Tels furent en tout cas les mots employés au terme de cette longue décision rédigée par le Juge Kennedy au nom de la Cour. (…) Le mariage gay est entré dans le droit américain non par la loi, librement débattue et votée au niveau de chaque Etat, mais par la jurisprudence de la plus haute juridiction du pays, laquelle s’impose à tous les Etats américains. Mais c’est une décision politique. Eminemment politique à l’instar de celle qui valida l’Obamacare, sécurité sociale à l’américaine, reforme phare du Président Obama, à une petite voix près. On se souviendra en effet que cette Cour a ceci de particulier qu’elle prétend être totalement transparente. Elle est composée de neuf juges, savants juristes, et rend ses décisions à la suite d’un vote. Point de bulletins secrets dans cette enceinte ; les votants sont connus. A se fier à sa composition, la Cour n’aurait jamais dû valider le mariage homosexuel : cinq juges conservateurs, quatre progressistes. Cinq a priori hostiles, quatre a priori favorables. Mais le sort en a décidé autrement ; le juge Kennedy, le plus modéré des conservateurs, fit bloc avec les progressistes, basculant ainsi la majorité en faveur de ces derniers. C’est un deuxième coup dur pour les conservateurs de la Cour en quelques mois : l’Obamacare bénéficia également de ce même coup du sort ; à l’époque ce fut le président, le Juge John Roberts, qui permit aux progressistes de l’emporter et de valider le système. (…) La spécificité de l’évènement est que ce sont des juges qui, forçant l’interprétation d’une Constitution qui ne dit rien du mariage homosexuel, ont estimé que cette union découlait ou résultait de la notion de « liberté ». C’est un « putsch judiciaire » selon l’emblématique juge Antonin Scalia, le doyen de la Cour. Un pays qui permet à un « comité de neuf juges non-élus » de modifier le droit sur une question qui relève du législateur et non du pouvoir judiciaire, ne mérite pas d’être considéré comme une « démocratie ». Mais l’autre basculement désormais acté, c’est celui d’une argumentation dont le centre de gravité s’est déplacé de la raison vers l’émotion, de la ratio vers l’affectus. La Cour Suprême des Etats-Unis s’est en cela bien inscrite dans une tendance incontestable au sein de la quasi-totalité des juridictions occidentales. L’idée même de raisonnement perd du terrain : énième avatar de la civilisation de l’individu, les juges éprouvent de plus en plus de mal à apprécier les arguments en dehors de la chaleur des émotions. Cette décision fait en effet la part belle à la médiatisation des revendications individualistes, rejouées depuis plusieurs mois sur le modèle de la « lutte pour les droits civiques ». Ainsi la Cour n’hésite pas à comparer les lois traditionnelles du mariage à celles qui, à une autre époque, furent discriminatoires à l’égard des afro-américains et des femmes. (…) La Maison Blanche s’est instantanément baignée des couleurs de l’arc-en-ciel, symbole de la « gay pride ». Les réseaux sociaux ont été inondés de ces mêmes couleurs en soutien à ce qui est maintenant connu sous le nom de la cause gay. (…) Comme le relève un autre juge de la Cour ayant voté contre cette décision, il est fort dommage que cela se fasse au détriment du droit et de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique. Yohann Rimokh
Le droit a pour rôle d’instituer et d’assurer les personnes de leur identité. Il faudrait se demander si reporter sur les individus, et en particulier sur les jeunes, le poids de devoir définir et (ré)affirmer eux-mêmes à tout moment les éléments de leur identité sans jamais pouvoir rien tenir pour acquis est vraiment libérateur. Muriel Fabre-Magnan
Une des raisons qui m’ont poussée à écrire ce livre était la lassitude de voir des termes juridiques employés à contresens, comme le contrat ou le consentement, qu’on associe toujours à la liberté dans le grand public, alors qu’en réalité, pour un juriste, qui dit contrat et consentement dit au contraire que l’on renonce à une partie de sa liberté ; le contrat n’est pas le mode normal de l’exercice des libertés. Je voulais alors souligner le risque de retournement de la liberté qui en résulte. Le lexique utilisé dans le cadre de débats de société conduit en outre souvent à polariser les opinions. La question de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est un excellent exemple. On trouve un camp qui pousse à une interprétation toujours plus individualiste des droits de l’homme par la CEDH et un autre qui condamne de façon générale les droits de l’homme. Le Royaume-Uni, par exemple, avait menacé de dénoncer la Convention européenne des droits de l’homme avant même le Brexit. Il me semble possible et préférable de trouver une voie alternative : il faut en effet défendre les droits de l’homme, qui sont une avancée démocratique essentielle, et la CEDH a ainsi rendu une série d’arrêts extrêmement précieux, par exemple pour condamner l’état des prisons, garantir le respect des droits de la défense ou encore dénoncer des pays qui se livrent à des traitements inhumains ou dégradants. Et, en même temps, la CEDH dérape parfois dans ses arrêts et abuse de ses prérogatives. Seule une analyse juridique précise permet de démonter les rouages, comprendre à quel endroit exact se fait ce dérapage et d’essayer d’y remédier. Sinon, on est inévitablement conduit à adopter une position excessive dans un sens ou dans un autre. (…) C’est effectivement très récemment que ce terme de liberté a pris un sens général, et presque philosophique, qui est celui du droit pour les individus de mener leur vie comme ils l’entendent. La liberté est devenue la faculté de pouvoir faire tous les choix pour soi-même, ce qu’on appelle aujourd’hui un droit à l’autonomie personnelle. Cet énoncé peut certes sembler satisfaisant dans un cadre autre que juridique, mais demander au droit de garantir que les personnes puissent faire ce qu’elles veulent quand elles veulent conduit à l’effet inverse et à un risque de retournement de cette liberté. Si, en effet, le droit doit garantir à toute personne la possibilité de faire ce qu’elle veut, y compris de renoncer à sa liberté, on finit évidemment par détruire le concept même de liberté. (…) Et, comme le soulignent plusieurs auteurs, l’ultralibéralisme économique ou sociétal sont les deux faces d’une même médaille. La liberté est souvent revendiquée pour que les autres puissent se mettre à notre disposition. La faculté de renoncer à sa liberté n’est cependant pas la liberté. Plus généralement, ce qu’on appelle une protection des personnes contre elles-mêmes, et qui est dénoncé comme une forme de paternalisme étatique, est en réalité toujours une protection des personnes contre autrui. L’exemple de la prostitution est assez typique, et il illustre aussi un des autres points que je voulais souligner dans ce livre, à savoir que tous les débats contemporains, sociétaux ou économiques qui posent la question de la licéité sont toujours appréciés par rapport au seul critère du consentement. Cela signifie que l’on ramène tout à un débat interindividuel quand il serait plus pertinent de s’interroger, par exemple, sur les politiques économiques et sociales donnant aux personnes une plus grande faculté de choix de vie. Que signifie le consentement d’une prostituée si elle n’a pas d’autre choix que de consentir ? (…) La liberté sexuelle implique la faculté pour chacun d’avoir la sexualité de son choix sans avoir à subir aucune discrimination. Mais pourquoi l’État devrait-il donner sa bénédiction à chaque nouvelle pratique ? De même, la contractualisation des relations sexuelles n’est pas la meilleure façon de protéger juridiquement contre les agressions sexuelles ni de respecter le consentement des personnes. Si on contractualise, on s’oblige à ces pratiques. Or la liberté consiste en la capacité de pouvoir refuser un rapport initialement consenti. (…) Le droit doit tenir compte des évolutions sociales, mais il est aussi un horizon tracé pour une société. Il est en effet de l’ordre du devoir-être. Les juristes opposent toujours le fait et le droit, donc le réel et ce qui doit être. Le droit est, dans une société, les valeurs et les objectifs sur lesquels les personnes s’accordent. Pour vivre ensemble, il est nécessaire de définir un projet commun, lequel peut évidemment évoluer dans le temps. Le terme d’institution de la liberté cherche à exprimer l’aspect dynamique de cette liberté et le rôle que le droit doit jouer pour la garantir. On ne naît pas libre, on le devient, et c’est ce processus d’émancipation que doit soutenir le droit. Muriel Fabre-Magnan
Nine in 10 Americans are satisfied with the way things are going in their personal life, a new high in Gallup’s four-decade trend. The latest figure bests the previous high of 88% recorded in 2003. Gallup
The Rasmussen Reports daily Presidential Tracking Poll for Monday shows that 50% of Likely U.S. Voters approve of President Trump’s job performance. Forty-eight percent (48%) disapprove. Rasmussen (Feb. 10, 2020)
The turnout in the Iowa caucus was below what we expected, what we wanted. Trump’s approval rating is probably as high as it’s been. This is very bad. And now it appears the party can’t even count votes. (…) We have candidates on the debate stage talking about open borders and decriminalizing illegal immigration. They’re talking about doing away with nuclear energy and fracking. You’ve got Bernie Sanders talking about letting criminals and terrorists vote from jail cells. It doesn’t matter what you think about any of that, or if there are good arguments — talking about that is not how you win a national election. It’s not how you become a majoritarian party. For fuck’s sake, we’ve got Trump at Davos talking about cutting Medicare and no one in the party has the sense to plaster a picture of him up there sucking up to the global elites, talking about cutting taxes for them while he’s talking about cutting Medicare back home. Jesus, this is so obvious and so easy and I don’t see any of the candidates taking advantage of it. The Republicans have destroyed their party and turned it into a personality cult, but if anyone thinks they can’t win, they’re out of their damn minds. (…) Bernie Sanders isn’t a Democrat. He’s never been a Democrat. He’s an ideologue. And I’ve been clear about this: If Bernie is the nominee, I’ll vote for him. No question. I’ll take an ideological fanatic over a career criminal any day. But he’s not a Democrat. (…) what I’m saying is the Democratic Party isn’t Bernie Sanders, whatever you think about Sanders. (…) First, a lot of people don’t trust the Democratic Party, don’t believe in the party, for reasons you’ve already mentioned, and so they just don’t care about that. They want change. And I guess the other thing I’d say is, 2016 scrambled our understanding of what’s possible in American politics. (…) Sanders might get 280 electoral votes and win the presidency and maybe we keep the House. But there’s no chance in hell we’ll ever win the Senate with Sanders at the top of the party defining it for the public. Eighteen percent of the country elects more than half of our senators. That’s the deal, fair or not. So long as McConnell runs the Senate, it’s game over. There’s no chance we’ll change the courts, and nothing will happen, and he’ll just be sitting up there screaming in the microphone about the revolution. The purpose of a political party is to acquire power. All right? Without power, nothing matters. (…) [The answer is] framing, repeating, and delivering a coherent, meaningful message that is relevant to people’s lives and having the political skill not to be sucked into every rabbit hole that somebody puts in front of you. The Democratic Party is the party of African Americans. It’s becoming a party of educated suburbanites, particularly women. It’s the party of Latinos. We’re a party of immigrants. Most of the people aren’t into all this distracting shit about open borders and letting prisoners vote. They don’t care. They have lives to lead. They have kids. They have parents that are sick. That’s what we have to talk about. That’s all we should talk about. It’s not that this stuff doesn’t matter. And it’s not that we shouldn’t talk about race. We have to talk about race. It’s about how you deliver and frame the message. (…) They’ve tacked off the damn radar screen. And look, I don’t consider myself a moderate or a centrist. I’m a liberal. But not everything has to be on the left-right continuum. (…) Here’s another stupid thing: Democrats talking about free college tuition or debt forgiveness. I’m not here to debate the idea. What I can tell you is that people all over this country worked their way through school, sent their kids to school, paid off student loans. They don’t want to hear this shit. And you saw Warren confronted by an angry voter over this. It’s just not a winning message. The real argument here is that some people think there’s a real yearning for a left-wing revolution in this country, and if we just appeal to the people who feel that, we’ll grow and excite them and we’ll win. But there’s a word a lot of people hate that I love: politics. It means building coalitions to win elections. It means sometimes having to sit back and listen to what people think and framing your message accordingly. That’s all I care about. (…) We can’t win the Senate by looking down at people. The Democratic Party has to drive a narrative that doesn’t give off vapors that we’re smarter than everyone or culturally arrogant. (…) With a lot of these candidates, their consultants are telling them, “If you doubt it, just go left. We got to get the nomination.” (…) I’m hoping that someone gets knocked off their horse on the road to Damascus. (…) Mayor Pete has to demonstrate over the course of a campaign that he can excite and motivate arguably the most important constituents in the Democratic Party: African Americans. These voters are a hell of a lot more important than a bunch of 25-year-olds shouting everyone down on Twitter. James Carville
Progressive candidates and new Democratic representatives have offered lots of radical new proposals lately about voting and voters. They include scrapping the 215-year-old Electoral College. Progressives also talk of extending the vote to 16- or 17-year-olds and ex-felons. They wish to further relax requirements for voter identification, same-day registration and voting, and undocumented immigrants voting in local elections.The 2016 victory of Donald Trump shocked the left. It was entirely unexpected, given that experts had all but assured a Hillary Clinton landslide. Worse still for those on the left, Trump, like George W. Bush in 2000 and three earlier winning presidential candidates, lost the popular vote.  From 2017 on, Trump has sought to systematically dismantle the progressive agenda that had been established by his predecessor, Barack Obama — often in a controversial and unapologetic style. The furor over the 2016 Clinton loss and thenew Trump agenda, the fear that Trump could be re-elected, and anger about the Electoral College have mobilized progressives to demand changes to the hallowed traditions of electing presidents. (…) Most Americans are skeptical of reparations. They do not favor legalizing infanticide. They do not want open borders, sanctuary cities, or blanket amnesties. They are troubled by the idea of wealth taxes and top marginal tax rates of 70 percent or higher. Many Americans certainly fear the Green New Deal. Many do not favor abolishing all student debt, U.S. Immigration and Customs Enforcement, or the Electoral College. Nor do many Americans believe in costly ideas such as Medicare for All and free college tuition. The masses do not unanimously want to stop pipeline construction or scale back America’s booming natural gas and oil production. A cynic might suggest that had Hillary Clinton actually won the 2016 Electoral College vote but lost the popular vote to Trump, progressives would now be praising our long-established system of voting. Had current undocumented immigrants proved as conservative as past waves of legal immigrants from Hungary and Cuba, progressives would now likely wish to close the southern border and perhaps even build a wall. If same-day registration and voting meant that millions of new conservatives without voter IDs were suddenly showing their Trump support at the polls, progressives would insist on bringing back old laws that required voters to have previously registered and to show valid identification at voting precincts. If felons or 16-year-old kids polled conservative, then certainly there would be no progressive push to let members of these groups vote. Expanding and changing the present voter base and altering how we vote is mostly about power, not principles. Without these radical changes, a majority of American voters, in traditional and time-honored elections, will likely not vote for the unpopular progressive agenda. Victor Davis Hanson
When candidate Donald Trump campaigned on calling China to account for its trade piracy, observers thought he was either crazy or dangerous. Conventional Washington wisdom had assumed that an ascendant Beijing was almost preordained to world hegemony. Trump’s tariffs and polarization of China were considered about the worst thing an American president could do. The accepted bipartisan strategy was to accommodate, not oppose, China’s growing power. The hope was that its newfound wealth and global influence would liberalize the ruling communist government. Four years later, only a naif believes that. Instead, there is an emerging consensus that China’s cutthroat violations of international norms were long ago overdue for an accounting. China’s re-education camps, its Orwellian internal surveillance, its crackdown on Hong Kong democracy activists and its secrecy about the deadly coronavirus outbreak have all convinced the world that China has now become a dangerous international outlier. Trump courted moderate Arab nations in forming an anti-Iranian coalition opposed to Iran’s terrorist and nuclear agendas. His policies utterly reversed the Obama administration’s estrangement from Israel and outreach to Tehran. Last week, Trump nonchalantly offered the Palestinians a take-it-or-leave-it independent state on the West Bank, but without believing that a West Bank settlement was the key to peace in the entire Middle East. Trump’s cancellation of the Iran deal, in particular, was met with international outrage. More global anger followed after the targeted killing of Iranian terrorist leader Gen. Qassem Soleimani. In short, Trump’s Middle East recalibrations won few supporters among the bipartisan establishment. But recently, Europeans have privately started to agree that more sanctions are needed on Iran, that the world is better off with Soleimani gone, and that the West Bank is not central to regional peace. Iran has now become a pariah. U.S.-sponsored sanctions have reduced the theocracy to near-bankruptcy. Most nations understand that if Iran kills Americans or openly starts up its nuclear program, the U.S. will inflict disproportional damage on its infrastructure — a warning that at first baffled, then angered and now has humiliated Iran. In other words, there is now an entirely new Middle East orthodoxy that was unimaginable just three years ago. Suddenly the pro-Iranian, anti-Western Palestinians have few supporters. Israel and a number of prominent Arab nations are unspoken allies of convenience against Iran. And Iran itself is seemingly weaker than at any other time in the theocracy’s history. Stranger still, instead of demanding that the U.S. leave the region, many Middle Eastern nations privately seem eager for more of a now-reluctant U.S. presence. (…) Trump got little credit for these revolutionary changes because he is, after all, Trump — a wheeler-dealer, an ostentatious outsider, unpredictable in action and not shy about rude talk. But his paradoxical and successful policies — the product of conservative, antiwar and pro-worker agendas — are gradually winning supporters and uniting disparate groups. (…) The result of the new orthodoxy is that the U.S. has become no better friend to an increasing number of allies and neutrals, and no worse an adversary to a shrinking group of enemies. And yet Trump’s paradox is that America’s successful new foreign policy is as praised privately as it is caricatured publicly — at least for now. Victor Davis Hanson
Une cote de popularité au plus bas, des cafouillages dans la majorité, une étude qui remet en question sa politique économique… Les obstacles se multiplient pour le président de la République française. Cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la suite, explique la presse étrangère. “Pas de repos pour Emmanuel Macron”, souligne le quotidien espagnol El País. En effet, si “le président a survécu à la plus longue grève de ces dernières décennies en France, il ne cesse d’accumuler les problèmes”. Le conflit autour des retraites, d’une part, n’est pas totalement réglé. Certes, les transports ont repris et les dernières manifestations ont rassemblé moins de monde qu’au début du mouvement. Mais “les ennuis de Macron ne sont pas terminés”, prévient le site britannique The Article. “Beaucoup s’attendent à ce que le printemps à Paris soit, eh bien, le printemps à Paris.” D’autant que de nombreux secteurs, habituellement peu prompts à protester, ont rejoint la grogne. Aujourd’hui, avec les 22 000 amendements déposés en parallèle au projet de réforme, le processus législatif est encore loin d’être terminé. Des journées de mobilisations sont d’ailleurs déjà prévues à la RATP le 17 février et partout en France le 20 février. Dans sa majorité aussi, Emmanuel Macron rencontre des difficultés. À un mois des municipales, La République en marche multiplie les faux pas et fait preuve de division. Avec bien sûr, le duel fraticide entre les candidats, Benjamin Griveaux (tête d’affiche officielle) et Cédric Villani (dissident qui refuse de reculer) pour la mairie de Paris. Mais les récents cafouillages des ministres macronistes, au sujet du droit au blasphème ou de la durée d’allongement du congé en cas de perte d’un enfant, n’arrangent pas non plus les choses pour Macron. Résultat ? Le gouvernement est “qualifié d’amateur” et l’image du président se retrouve toujours plus entachée, relate ABC. Au point que le jeune chef d’État rivalise désormais avec “François Hollande pour le titre de président le plus impopulaire de l’histoire de la Vème République”. Selon les derniers sondages, 73 % des Français auraient une mauvaise opinion d’Emmanuel Macron. Ce n’est assurément pas le rapport publié le 5 février par l’OFCE [Observatoire français des conjonctures économiques] qui va changer la donne. Après l’abrogation partielle de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), le chef d’État avait très vite “hérité du surnom de ‘président des riches’”, rappelle le quotidien Suisse Le Temps. Or, la récente publication des économistes “juge qu’il correspond à la réalité”. Plus aucun doute : “La théorie macronienne du ‘ruissellement’ – selon laquelle l’attractivité fiscale conçue pour inciter les entreprises et les ménages les plus aisés à investir engendre à terme une hausse de revenus pour tous – ne fonctionne pas.” Pire encore, ajoute le quotidien suisse, “l’OFCE souligne une détérioration de la fracture sociale” puisque, assurent les experts : Les ménages appartenant aux 20 % les plus modestes, c’est-à-dire ceux ayant un niveau de vie individuel inférieur à 1 315 euros par mois, devraient perdre en 2020.” Ces difficultés pourraient avoir de lourdes conséquences sur l’avenir politique de Macron, prévient donc The Financial Times. Un an à peine après le “grand débat national”, “son attitude hautaine et son manque de finesse psychologique le rendent vulnérable”, et Marine Le Pen entend profiter de la situation pour la prochaine présidentielle. Or, sa potentielle arrivée à l’Élysée, en 2022, incarnerait un “séisme politique” dont les “ondes de choc seraient ressenties bien au-delà des frontières de la France”. Toutefois, si “le ciel s’assombrit pour le Roi Soleil français, il est beaucoup trop tôt pour affirmer que c’en est fait des espoirs de Macron”, rassure le FT. Ceux qui prédisent aujourd’hui sa chute, sont les mêmes qui se sont souvent trompés en 2017 sur sa capacité à briser l’ancien système” du bipartisme français. En somme, personne n’est capable de dire si la crise actuelle que rencontre le chef de l’État s’envenimera pour le reste de son quinquennat, conclut El País.“Mais en tout cas, elle envoie un signal inquiétant pour le président.” Courrier international
La dauphine désignée d’Angela Merkel en Allemagne, Annegret Kramp-Karrenbauer, a décidé de renoncer à lui succéder et va abandonner la présidence du parti conservateur, a indiqué à l’AFP ce lundi 10 février une source proche du mouvement. Lors d’une réunion ce matin de la direction du parti démocrate-chrétien CDU de la chancelière, Kramp-Karrenbauer a notamment justifié sa décision par les événements de Thuringe et la tentation d’une frange du parti de s’allier avec le mouvement d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Elle a expliqué qu’«une partie de la CDU a une relation non clarifiée avec l’AfD» mais aussi avec le parti de gauche radicale Die Linke, alors qu’elle même rejette clairement toute alliance avec l’une ou l’autre de ces formations, a indiqué à l’AFP une source proche du mouvement. Dans la mesure où la candidature à la chancellerie doit aller de pair avec la présidence du parti à ses yeux, AKK a en conséquence décidé de renoncer dans les mois qui viennent à cette présidence. «AKK va organiser cet été le processus de sélection de la candidature à la chancellerie» pour succéder à Angela Merkel au plus tard fin 2021, a indiqué cette source. «Elle va continuer à préparer le parti pour affronter l’avenir et ensuite abandonner la présidence», a-t-elle ajouté. Elle doit en revanche conserver son poste de ministre de la Défense. AKK avait été élue en décembre 2018 à la présidence de la CDU, en remplacement d’Angela Merkel qui avait à l’époque renoncé en raison de son impopularité croissante après une série de revers électoraux et la poussée dans les urnes de l’extrême droite. AKK n’a toutefois jamais réussi à s’imposer à la présidence de la CDU. Elle a été en particulier très critiquée après l’alliance surprise nouée la semaine dernière entre des élus CDU de Thuringe et l’extrême droite pour élire un nouveau dirigeant pour cet Etat régional. AKK s’est vu reprocher de ne pas tenir son parti, tiraillé entre adversaires et partisans d’une coopération avec l’AfD, surtout dans les Etats de l’ex-RDA, où l’extrême droite est très puissante et complique la formation des majorités régionales. Le Figaro
Buttigieg is a gay Episcopalian veteran in a party torn between identity politics and heartland appeals. He’s also a fresh face in a year when millennials are poised to become the largest eligible voting bloc. Many Democrats are hungry for generational change, and the two front runners are more than twice his age. (…) In many ways, Buttigieg is Trump’s polar opposite: younger, dorkier, shorter, calmer and married to a man. His success may depend on whether Democrats want a fighter to match Trump, or whether Americans want to ‘change the channel,’ as Buttigieg puts it. ‘People already have a leader who screams and yells,’ he says. ‘How do you think that’s working out for us?’Time
Le 16 juin 2015, Buttigieg annonce dans une publication qu’il est homosexuel. Il est le premier homme politique ouvertement gay de l’Indiana. Le 28 décembre 2017, Buttigieg annonce ses fiançailles avec Chasten Glezman (né en 1989), professeur de pédagogie Montessori dans un collège privé de l’Indiana. Le couple se marie le 16 juin 2018 lors d’une cérémonie à la cathédrale de Saint-James de South Bend et fait en 2019 la couverture du magazine Time. En plus de l’anglais, Pete Buttigieg parle le norvégien, le français, l’espagnol, l’italien, le maltais, l’arabe et le dari, soit un total de huit langues. Buttigieg est chrétien et a déclaré que sa foi avait fortement influencé sa vie. Wikipedia
Va-t-il transformer l’essai? Après ses résultats inespérés dans l’Iowa (toujours contestés par Bernie Sanders), Pete Buttigieg espère bien récolter les fruits de l’énorme coup de pouce médiatique dont il a bénéficié tout au long de cette semaine chaotique. Le jeune candidat, encore inconnu il y a un an, croise donc les doigts ce mardi 11 février pour à nouveau s’imposer -ou du moins décrocher un score plus qu’honorable- dans le New Hampshire, deuxième État à voter aux primaires démocrates.  Si créer la surprise au cours des prochains scrutins et finir par décrocher la nomination du parti cet été est actuellement le rêve de tous les candidats, la seule vraie prouesse sera la suivante: battre Donald Trump lors de l’élection générale du 3 novembre et le sortir de la Maison Blanche. Pete Buttigieg est-il le meilleur candidat pour cette périlleuse mission? Le HuffPost a rassemblé plusieurs forces (et faiblesses) du candidat pour tenter d’y voir plus clair. Comme il aime souvent le rappeler en campagne, Pete Buttigieg a un atout majeur face à Donald Trump: son CV. Il faut dire qu’on pourrait difficilement imaginer un curriculum plus à l’opposé de celui du président républicain. Contrairement à l’occupant actuel de la Maison Blanche, le démocrate a tout d’abord de l’expérience politique. Alors que le magnat de l’immobilier était l’hôte d’une téléréalité avant de se présenter à la présidence, Pete Buttigieg vient lui de terminer son 2e mandat de maire. Trump s’est construit dans la plus grande ville du pays qu’est New York, Buttiegieg a fait décoller sa carrière à South Bend, 100.000 habitants, dans l’État de l’Indiana. Buttigieg met aussi régulièrement en avant son expérience dans l’armée. Il a passé sept mois en Afghanistan, un avantage sur tous ses concurrents démocrates et surtout sur Trump. Ce dernier a en effet réussi à échapper pas mois de cinq fois à la guerre du Vietnam: quatre reports grâce aux études qu’il suivait puis une dispense médicale pour une excroissance osseuse au pied dont les médias n’ont jamais retrouvé de trace. Diplômé de grandes universités, le candidat a aussi montré qu’il était polyglotte. En plus de l’anglais, il peut parler en norvégien, espagnol, italien, arabe, dari ou encore français comme il l’a montré en commentant l’incendie de Notre-Dame. Face à un président qui est parfois pointé du doigt pour la faiblesse du vocabulaire qu’il emploie dans son anglais natal. Pete Buttigieg se présente aussi aux antipodes de Donald Trump sur des aspects plus personnels. Là où Trump s’emporte et est devenu le roi du surnom mesquin, Buttigieg apparaît dans ses interventions comme calme, confiant et au point sur ses dossiers. Alors que les Américains LGBT ont vu leurs droits régresser sous la présidence républicaine, Buttigieg est le premier candidat démocrate ouvertement gay et apparaît régulièrement au bras de son mari Chasten. Âgé de seulement 38 ans, il est de loin le plus jeune de la course. Il n’hésite pas non plus à mettre l’accent sur sa foi chrétienne, un sujet généralement accaparé par les républicains. Quant à son programme, il ne renferme pas (encore?) de mesure phare, mais sa position modérée sur les impôts et la couverture santé pourrait bien attirer de précieux électeurs indépendants qui avaient penché pour Donald Trump en 2016. Au sein de ce groupe-clé pour départager une élection, la question du système de santé sera en effet la priorité numéro un pour faire son choix en novembre 2020, selon un sondage Gallup paru en janvier. Si la réussite de Pete Buttigieg dans l’Iowa et un très bon score dans le New Hampshire ce mardi serait un énorme tremplin, le candidat traîne cependant un énorme problème de popularité auprès d’électorats-clés pour un démocrate dans une élection présidentielle. Comme le montrent de nombreux sondages, l’ancien maire n’enregistre pour l’heure qu’un soutien très faible auprès des deux minorités ethniques principales aux États-Unis: les électeurs afro-américains et hispaniques. La présence de ces derniers, qui ont peu voté républicain en 2016, sera cruciale dans les bureaux de vote en novembre 2020 face à Trump. Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Buttigieg pourrait aussi avoir une mauvaise surprise avec les jeunes, potentiel sous-exploité en 2016. Bien qu’il se vante d’incarner le renouveau politique du haut de ses 38 ans, le candidat n’est à l’heure actuelle pas très populaire avec les démocrates de moins de 38 ans, un groupe d’âge qui englobera 25% des électeurs en novembre. Son approche trop modérée ne fait pas le poids face à la politique autrement plus radicale de Sanders, qui lui a gagné le soutien massif des générations Y et Z. Buttigieg pourrait donc avoir bien du mal à donner envie à ce réservoir de voix démocrates de participer au scrutin. Reste enfin la faible notoriété de l’ancien maire de South Bend. The Huffington post
Il est déjà assez sûr de déduire des recherches en laboratoire et des parallèles éthologiques que les différentes manières dont les hommes et les femmes sont câblés sont directement liées à nos rôles sexuels traditionnels … Freud a dramatiquement déclaré que notre anatomie est notre destinée. Les scientifiques qui frémissent devant une formulation aussi dramatique, quelle que soit sa justesse, pourraient le reformuler ainsi: l’anatomie est fonctionnelle, les fonctions corporelles ont des significations psychologiques profondes pour les gens, et l’anatomie et la fonction sont souvent élaborées socialement. Arno Karlen
Les questions morales nous entraînent dans le bourbier de perpétuelles recherches philosophiques de nature fondamentale. D’une certaine manière, cela facilite le problème pour celui qui cherche une opinion juive. Le judaïsme n’accepte pas le type de relativisme poussé utilisé pour justifier le mode de vie homosexuel comme un simple mode de vie alternatif. Et tandis que la question de l’autonomie humaine mérite certainement d’être prise en considération dans le domaine de la sexualité, il faut se méfier des conséquences de tout argument quand il est poussé jusqu’à sa logique extrême. Le judaïsme chérit clairement la sainteté comme une valeur supérieure à la liberté ou à la santé. De plus, si l’autonomie de chaque individu nous amène à conférer une légitimité morale à toute forme d’expression sexuelle que celui-ci désire, nous devons être prêts à tirer la couverture de cette validité morale sur presque tout le catalogue de la perversion décrit par Krafft-Ebing, puis, par le tour de passe-passe consistant à accorder des droits civiques aux pratiques moralement non répréhensibles ou à autoriser le prosélytisme public aux défenseurs de la sodomie, du fétichisme ou de n’importe autre pratique. Dans ce cas, pourquoi pas dans le système scolaire? Et si le consentement est obtenu avant la mort d’un partenaire, pourquoi pas la nécrophilie ou le cannibalisme? Sûrement, si nous déclarons que la pédérastie est simplement idiosyncrasique et non une « abomination », quel droit avons-nous de condamner le cannibalisme sexuel – simplement parce que la plupart des gens réagiraient avec répulsion et dégoût? «L’affection aimante et désintéressée» et les «relations personnelles significatives» – les grands slogans de la Nouvelle Moralité et les représentants de l’éthique de la situation – sont devenus la litanie de la sodomie à notre époque. Une logique simple devrait nous permettre d’utiliser les mêmes critères pour excuser l’adultère ou tout autre acte considéré jusqu’ici comme immoral: et c’est exactement ce qui a été fait, et il a reçu la sanction non seulement des progressistes et des humanistes, mais de certains les religieux aussi. « Amour », « épanouissement », « exploiteur », « significatif » – la liste elle-même ressemble à un lexique de termes chargés d’émotions tirés au hasard des sources disparates des cercles agnostiques à la fois chrétiens et psychologiquement orientés. Logiquement, nous devons nous poser la question suivante: quelles dépravations morales ne peuvent pas être excusées par le seul critère des «relations humaines chaleureuses et significatives» ou de «l’accomplissement», les nouveaux héritiers sémantiques de «l’amour»? L’amour, l’épanouissement et le bonheur peuvent également être atteints dans les contacts incestueux – et certainement dans les relations polygames. N’y a-t-il plus rien qui soit « pécheur », « contre nature » ou « immoral » s’il est pratiqué « entre deux adultes consentants? » Pour les groupes religieux, établir qu’une relation homosexuelle doit être jugée selon les mêmes critères qu’une relation hétérosexuelle – c’est-à-dire «si elle vise à entretenir une relation d’amour permanente» – revient à abandonner la dernière prétention de représenter le « judéo-chrétien ». Dr. Norman Lamm
The moral issues lead us into the quagmire of perennial philosophical disquisitions of a fundamental nature. In a way, this facilitates the problem for one seeking a Jewish view. Judaism does not accept the kind of thoroughgoing relativism used to justify the gay life as merely an alternate lifestyle And while the question of human autonomy is certainly worthy of consideration in the area of sexuality, one must beware of the consequences of taking the argument to its logical extreme. Judaism clearly cherishes holiness as a greater value than either freedom or health. Furthermore, if every individual’s autonomy leads us to lend moral legitimacy to any form of sexual expression he may desire, we must be ready to pull the blanket of this moral validity over almost the whole catalogue of perversion described by Krafft-Ebing, and then, by the legerdemain of granting civil rights to the morally non-objectionable, permit the advocates of buggery, fetishism, or whatever to proselytize in public. In that case, why not in the school system? And if consent is obtained before the death of one partner, why not necrophilia or cannibalism? Surely, if we declare pederasty to be merely idiosyncratic and not an « abomination, » what right have we to condemn sexually motivated cannibalism – merely because most people would react with revulsion and disgust? « Loving, selfless concern » and « meaningful personal relationships » – the great slogans of the New Morality and the exponents of situation ethics – have become the litany of sodomy in our times. Simple logic should permit us to use the same criteria for excusing adultery or any other act heretofore held to be immoral: and indeed, that is just what has been done, and it has received the sanction not only of liberals and humanists, but of certain religionists as well. « Love, » « fulfillment, » « exploitative, » « meaningful » – the list itself sounds like a lexicon of emotionally charged terms drawn at random from the disparate sources of both Christian and psychologically-orientated agnostic circles. Logically, we must ask the next question: what moral depravities can not be excused by the sole criterion of « warm, meaningful human relations » or « fulfillment, » the newest semantic heirs to « love »? Love, fulfillment, and happiness can also be attained in incestuous contacts -and certainly in polygamous relationships. Is there nothing at all left that is « sinful, » « unnatural, » or « immoral » if it is practiced « between two consenting adults? » For religious groups to aver that a homosexual relationship should be judged by the same criteria as a heterosexual one – i.e., « whether it is intended to foster a permanent relationship of love » – is to abandon the last claim of representing the « Judeo-Christian tradition. »Clearly, while Judaism needs no defense or apology in regard to its esteem for neighborly love and compassion for the individual sufferer, it cannot possibly abide a wholesale dismissal of its most basic moral principles on the grounds that those subject to its judgments find them repressive. All laws are repressive to some extent -they repress illegal activities- and all morality is concerned with changing man and improving him and his society. Homosexuality imposes on one an intolerable burden of differentness, of absurdity, and of loneliness, but the Biblical commandment outlawing pederasty cannot be put aside solely on the basis of sympathy for the victim of these feelings. Morality, too, is an element which each of us, given his sensuality, his own idiosyncracies, and his immoral proclivities, must take into serious consideration before acting out his impulses. Several years ago I recommended that Jews regard homosexual deviance as a pathology, thus reconciling the insights of Jewish tradition with the exigencies of contemporary life and scientific information, such as it is, on the nature of homosexuality. (…) The proposal that homosexuality be viewed as an illness will immediately be denied by three groups of people. Gay militants object to this view as an instance of heterosexual condescension. Evelyn Hooker and her group of psychologists maintain that homosexuals are no more pathological in their personality structures than heterosexuals. And psychiatrists Thomas Szasz in the U.S. and Ronald Laing in England reject all traditional ideas of mental sickness and health as tools of social repressiveness or, at best, narrow conventionalism. While granting that there are indeed unfortunate instances where the category of mental disease is exploited for social or political reasons, we part company with all three groups and assume that there are significant number of pederasts and lesbians who, by the criteria accepted by most psychologists and psychiatrists, can indeed be termed pathological. (…) Of course, one cannot say categorically that all homosexuals are sick – any more than one can casually define all thieves as kleptomaniacs. In order to develop a reasonable Jewish approach to the problem and to seek in the concept of illness some mitigating factor, it is necessary first to establish the main types of homosexuals. Dr. Judd Marmor speaks of four categories. « Genuine homosexuality » is based on strong preferential erotic feelings for members of the same sex. « Transitory homosexual behavior » occurs among adolescents who would prefer heterosexual experiences but are denied such opportunities because of the social, cultural, or psychological reasons. « Situational homosexual exchanges » are characteristic of prisoners, soldiers and others who are heterosexual but are denied access to women for long periods of time. « Transitory and opportunistic homosexuality » is that of delinquent young men who permit themselves to be used by pederasts in order to make money or win other favors, although their primary erotic interests are exclusively heterosexual. To these may be added, for purposes of our analysis, two other types. The first category, that of genuine homosexuals, may be said to comprehend two sub-categories: those who experience their condition as one of duress or uncontrollable passion which they would rid themselves of if they could, and those who transform their idiosyncrasy into an ideology, i.e., the gay militants who assert the legitimacy and validity of homosexuality as an alternative way to heterosexuality. The sixth category is based on what Dr. Rollo May has called « the New Puritanism », the peculiarly modern notion that one must experience all sexual pleasures, whether or not one feels inclined to them, as if the failure to taste every cup passed at the sumptuous banquet of carnal life means that one has not truly lived. Thus, we have transitory homosexual behavior not of adolescents, but of adults who feel that: they must « try everything » at least once or more than once in their lives. (…) Clearly, genuine homosexuality experienced under duress (Hebrew: ones) most obviously lends itself to being termed pathological especially where dysfunction appears in other aspects of personality. Opportunistic homosexuality, ideological homosexuality, and transitory adult homosexuality are at the other end of the spectrum, and appear most reprehensible. As for the intermediate categories, while they cannot be called illness, they do have a greater claim on our sympathy than the three types mentioned above. (…) To apply the Halakhah strictly in this case is obviously impossible; to ignore it entirely is undesirable, and tantamount to regarding Halakhah as a purely abstract, legalistic system which can safely be dismissed where its norms and prescriptions do not allow full formal implementation. Admittedly, the method is not rigorous, and leaves room to varying interpretations as well as exegetical abuse, but it is the best we can do. Hence there are types of homosexuality that do not warrant any special considerateness, because the notion of ones or duress (i.e., disease) in no way applies. Where the category of mental illness does apply, the act itself remains to´evah (an abomination), but the fact of illness lays upon us the obligation of pastoral compassion, psychological understanding, and social sympathy. In these senses, homosexuality is no different from any other social or anti-halakhic act, where it is legitimate to distinguish between the objective itself including its social and moral consequences, and the mentality and inner development of the person who perpetrates the act. For instance, if a man murders in a cold and calculating fashion for reasons of profit, the act is criminal and the transgressor is criminal. If, however, a psychotic murders, the transgressor is diseased rather than criminal, but the objective act itself remains a criminal one. The courts may therefore treat the perpetrator of the crime as they would a patient, with all the concomitant compassion and concern for therapy, without condoning the act as being morally neutral. To use halakhic terminology, the objective crime remains a ma´aseh averah, whereas a person who transgresses is considered innocent on the grounds of ones. In such case, the transgressor is spared the full legal consequences of his culpable act, although the degree to which he may be held responsible varies from case to case. (…) By the same token, in orienting ourselves to certain types of homosexuals as patients rather than criminals, we do not condone the act but attempt to help the homosexual. Under no circumstances can Judaism suffer homosexuality to become respectable. Were society to give its open or even tacit approval to homosexuality, it would invite more aggressiveness on the part of adult pederasts toward young people. Indeed, in the currently permissive atmosphere, the Jewish view would summon us to the semantic courage of referring to homosexuality not as « deviance » with the implication of moral neutrality and non-judgmental idiosyncrasy, but as « perversion » – a less clinical and more old-fashioned word, perhaps, but one that is more in keeping with the Biblical to´evah. (…) There is nothing in the Jewish law’s letter or spirit that should incline us toward advocacy of imprisonment for homosexuals. The Halakhah did not, by and large, encourage the denial of freedom as a recommended form of punishment. Flogging is, from a certain perspective, far less cruel and far more enlightened. Since capital punishment is out of the question, and since incarceration is not an advisable substitute, we are left with one absolute minimum: strong disapproval of the proscribed act. But we are not bound to any specific penological instrument that has no basis in Jewish law or tradition. (…) As long as violence and the seduction of children are not involved, it would best to abandon all laws on homosexuality and leave it to the inevitable social sanctions to control, informally,what can be controlled. However, this approach is not consonant with Jewish tradition. The repeal of anti-homosexual laws implies the removal of the stigma from homosexuality, and this diminution of social censure weakens society in its training of the young toward acceptable patterns of conduct. The absence of adequate social reproach may well encourage the expression of homosexual tendencies by those in whom they might otherwise be suppressed. Law itself has an educative function, and the repeal of laws, no matter how justifiable such repeal may be from one point of view, does have the effect of signaling the acceptability of greater permissiveness. Perhaps all that has been said above can best be expressed in the proposals that follow. First, society and government must recognize the distinctions between the various categories enumerated earlier in this essay. We must offer medical and psychological assistance to those whose homosexuality is an expression of pathology, who recognize it as such, and are willing to seek help. We must be no less generous to the homosexual than to the drug addict, to whom the government extends various forms of therapy upon request. Second, jail sentences must be abolished for all homosexuals, save those who are guilty of violence, seduction of the young, or public solicitation. Third, the laws must remain on the books, but by mutual consent of judiciary and police, be unenforced. This approximates to what lawyers call « the chilling effect », and is the nearest one can come to the category so well known in the Halakhah, whereby strong disapproval is expressed by affirming a halakhic prohibition, yet no punishment is mandated. It is a category that bridges the gap between morality and law. In a society where homosexuality is so rampant, and where incarceration is so counterproductive, the hortatory approach may well be a way of formalizing society’s revulsion while avoiding the pitfalls in our accepted penology. (…) Regular congregations and other Jewish groups should not hesitate to accord hospitality and membership, on an individual basis, to those « visible » homosexuals who qualify for the category of the ill. Homosexuals are no less in violation of Jewish norms than Sabbath desecrators or those who disregard the laws of kashrut. But to assent to the organization of separate « gay » groups under Jewish auspices makes no more sense, Jewishly, than to suffer the formation of synagogues that care exclusively to idol worshipers, adulterers, gossipers, tax evaders, or Sabbath violators. Indeed, it makes less sense, because it provides, under religious auspices, a ready-made clientele from which the homosexual can more easily choose his partners. In remaining true to the sources of Jewish tradition. Jews are commanded to avoid the madness that seizes society at various times and in many forms, while yet retaining a moral composure and psychological equilibrium sufficient to exercise that combination of discipline and charity that is the hallmark of Judaism. Dr. Norman Lamm

Quand le cannibalisme n’est plus qu’une affaire de goût…

A l’heure où l’actualité se charge de nous rappeler chaque jour …

Les ravages dans tous les secteurs de la société, entre « mariage » et « enfants pour tous », du dérèglement des moeurs que nous vivons …

Pendant que devant le retour du réel le costume messianique de nos Obama français ou allemand semble lui aussi sérieusement prendre l’eau …

Et où face à l’insubmersible Donald Trump …

Et la confirmation de plus en plus éclatante par la réalité et les faits  …

De la justesse, face aux tigres de papier iraniens, chinois ou palestiniens, de nombre de ses intuitions et décisions …

Les Démocrates et progressistes américains semblent au contraire redoubler dans la caricature et dans l’aberration

Entre soutien aux villes-sanctuaire et appels à l’extension du droit de vote aux mineurs, repris de justice et immigrés illégaux comme à la suppression du collège électoral, des contrôles d’identité pour les électeurs et des frontières …

Et où profitant de la campagne présidentielle américaine …

Les lobbies homosexuels et leur claque médiatique …

Tentent contre toute évidence …

De nous imposer la candidature de ce qui serait …

Jeune, ancien militaire, surdiplômé d’Harvard, malto-américain, polyglotte, dûment marié à l’église et revendiquant sa foi chrétienne, s’il vous plait !

Le premier président ouvertement homosexuel et, putsch judiciaire et couverture de Time aidant, de son éventuelle « première famille » …

Petit retour avec le président de la Yeshiva university, le Dr. Norman Lamm

Et contre les nouveaux diktats de la pensée unique et du politiquement correct …

A la réalité non seulement biblique mais concrète de tous les jours …

Des nombreux problèmes moraux et sociaux que, sauf rares exceptions, posent …

Le véritable messianisme homosexuel qui, par médias et show biz interposés, nous est actuellement imposé …

Et qui au nom des nouveaux impératifs catégoriques de l »amour », de « l’épanouissement » et du « bonheur » …

Pourrait en arriver à nous faire avaliser …

A condition bien sûr d’être pratiqué « entre deux adultes consentants » et avec la « visée d’une relation d’amour permanente »…

Sans compter, dès l’âge de deux ans, le choix de sa propre assignation sexuelle …

Tant les contacts incestueux que les relations polygames …

Voire la nécrophilie ou le cannibalisme sexuel ?

Judaism and the Modern Attitude to Homosexuality
Dr. Norman Lamm
Jonah web
March 30, 2007

Dr. Norman Lamm presently serves as President of Yeshiva University.

Popular wisdom has it that our society is wildly hedonistic, with the breakdown of family life, rampant immorality, and the world, led by the United States, in the throes of a sexual revolution. The impetus of this latest revolution is such that new ground is constantly being broken, while bold deviations barely noticed one year are glaringly more evident the year following and become the norm for the « younger generation » the year after that.

Some sex researchers accept this portrait of a steady deterioration in sex inhibitions and of increasing permissiveness. Opposed to them are the « debunkers » who hold that this view is mere fantasy and that, while there may have been a significant leap in verbal sophistication, there has probably been only a short hop in actual behavior. They point to statistics which confirm that now, as in Kinsey’s day, there has been no reported increase in sexual frequencies along with alleged de-inhibition to rhetoric and dress. The « sexual revolution » is, for them, largely a myth. Yet others maintain that there is in Western society a permanent revolution against moral standards, but that the form and style of the revolt keeps changing.

The determination of which view is correct will have to be left to the sociologists and statisticians -or, better, to historians of the future who will have the benefit of hindsight. But certain facts are quite clear. First, the complaint that moral restraints are crumbling has a two or three thousand year history in Jewish tradition and in continuous history of Western civilization. Second, there has been a decided increase at least in the area of sexual attitudes, speech, and expectations, if not in practice. Third, such social and psychological phenomena must sooner or later beget changes in mores and conduct. And finally, it is indisputable that most current attitudes are profoundly at variance with traditional Jewish views on sex and sex morality.

Of all the current sexual fashions, the one most notable for its militancy, and which most conspicuously requires illumination from the sources of Jewish tradition, is that of sexual deviancy. This refers primarily to homosexuality, male or female, along with a host of other phenomena such as transvestism and transexualism. They all form part of the newly approved theory of idiosyncratic character of sexuality. Homosexuals have demanded acceptance in society, and this demand has taken various forms -from a plea that they should not be liable to criminal prosecution, to a demand that they should not be subjected to social sanctions, and then to a strident assertion that they represent an « alternative life-style » no less legitimate that « straight heterosexuality. The various forms of homosexual apologetics appear largely in contemporary literature and theater, as well as in the daily press. In the United States, « gay » activists have become increasingly and progressively more vocal and militant.

Legal Position

Homosexuals have, indeed, been suppressed by the law. For instance, the Emperor Valentinian, in 390 C.E., decreed that pederasty be punished by burning at the stake. The sixth-century Code of Justinian ordained that homosexuals be tortured, mutilated, paraded in public, and executed. A thousand years later, Gibbon said of the penalty the Code decreed that « pederasty became the crime of those to whom no crime could be imputed ». In more modern times, however, the Napoleonic Code declared consensual homosexuality legal in France. A century ago, anti-homosexual laws were repealed in Belgium and Holland. In this century, Denmark, Sweden and Switzerland followed suit and, more recently, Czechoslovakia and England. The most severe laws in the West are found in the United States, where they come under the jurisdiction of the various states and are known by a variety of names, usually as « sodomy laws ». Punishment may range from light fines to five or more years in prison (in some cases even life imprisonment), indeterminate detention to a mental hospital, and even to compulsory sterilization. Moreover, homosexuals are, in various states, barred from licensed professions, from many professional societies, from teaching, and from the civil service -to mention only a few of the sanctions encountered by the known homosexual.

More recently, a new tendency has been developing in the United States and elsewhere with regard to homosexuals. Thus, in 1969, the National Institute of Mental Health issued a majority report advocating that adult consensual homosexuality be declared legal. The American Civil Liberties Union concurred. Earlier, Illinois had done so in 1962, and in 1971 the state of Connecticut revised its laws accordingly. Yet despite the increasing legal and social tolerance of deviance, basic feelings toward homosexuals have not really changed. The most obvious example is France, where although legal restraints were abandoned over 150 years ago, the homosexual of today continues to live in shame and secrecy.

Statistics

Statistically, the proportion the proportion of homosexuals in society does not seem to have changed much since Professor Kinsey’s day (his book, Sexual Behavior in the Human Male, was published in 1948, and his volume on the human female in 1953). Kinsey’s studies revealed that hard-core male homosexuals constituted about 4-6% of the population: 10% experienced « problem » behavior during a part of their lives. One man out of three indulges in some form of homosexual behavior from puberty until his early twenties. The dimensions of the problem become quite overwhelming when it is realized that, according to these figures, of 200 million people in the United States some ten million will become or are predominant or exclusive homosexuals, and over 25 million will have at least a few years of significant homosexual experience.

The New Permissiveness

The most dramatic change in our attitudes to homosexuality has taken place in the new mass adolescent subculture -the first such in history- where it is part of the whole new outlook on sexual restraints in general. It is here that the fashionable Sexual Left has had its greatest success on a wide scale, appealing especially to the rejection of Western traditions of sex roles and sex typing. A number of different streams feed into this ideological reservoir from which the new sympathy for homosexuality flows. Freud and his disciples began the modern protest against traditional restraints, and blamed the guilt that follows transgression for the neuroses that plague man. Many psychoanalysts began to overemphasize the importance of sexuality in human life, and this ultimately gave birth to a kind of sexual messianism. Thus, in our own day Wilhelm Reich identifies sexual energy as « vital energy per se » and, in conformity with his Marxist ideology, seeks to harmonize Marx and Freud. For Reich and his followers, the sexual revolution is a machina ultima for the whole Leninist liberation in all spheres of life and society. Rebellion against restrictive moral codes has become, for them, not merely a way to hedonism but a form of sexual mysticism: orgasm is seem not only as the pleasurable climatic release of internal sexual pressure, but as a means to individual creativity and insight as well as to the reconstruction and liberation of society. Finally, the emphasis on freedom and sexual autonomy derives from the Sartrean version of Kant’s view of human autonomy.

It is in this atmosphere that pro-deviationist sentiments have proliferated, reaching into many strata of society. Significantly, religious groups have joined the sociologists and ideologists of deviance to affirm what has been called « man’s birthright of unbounded ambisexuality. » A number of Protestant churches in America, and an occasional Catholic clergyman, have plead for more sympathetic attitudes toward homosexuals. Following the new Christian permissiveness espoused in Sex and Morality (1966), the report of a working party of the British Council of Churches, a group of American Episcopalian clergymen in November 1967 concluded that homosexual acts ought not to be considered wrong, per se. A homosexual relationship is, they implied, no different from a heterosexual marriage: but must be judged by one criterion -« whether it is intended to foster a permanent relation of love. » Jewish apologists for deviationism have been prominent in the Gay Liberation movement and have not hesitated to advocate their position in American journals and in the press. Christian groups began to emerge which catered to a homosexual clientele, and Jews were not too far behind. This latest Jewish exemplification of the principle of wie es sich christelt, so juedelt es sich will be discussed at the end of this essay.

Homosexual militants are satisfied neither with a « mental health » approach nor with demanding civil rights. They are clear in insisting on society’s recognition of sexual deviance as an « alternative lifestyle, » morally legitimate and socially acceptable.
Such are the basic facts and theories of the current advocacy of sexual deviance. What is the classical Jewish attitude to sodomy, and what suggestions may be made to develop a Jewish approach to the complex problem of the homosexual in contemporary society?

Biblical View

The Bible prohibits homosexual intercourse and labels it an abomination: « Thou shalt not lie with a man as one lies with a woman: it is an abomination » (Lev. 18:22). Capital punishment is ordained for both transgressors in Lev. 20:13. In the first passage, sodomy is linked with buggery, and in the second with incest and buggery. (There is considerable terminological confusion with regard to these words. We shall here use « sodomy » as a synonym for homosexuality and « buggery » for sexual relations with animals.)

The city of Sodom had the questionable honor of lending its name to homosexuality because of the notorious attempt at homosexual rape, when the entire population -« both young and old, all the people from every quarter »- surrounded the home of Lot, the nephew of Abraham, and demanded that he surrender his guests to them « that we may know them » (Gen. 19:5). The decimation of the tribe of Benjamin resulted from the notorious incident, recorded in Judges 19, of a group of Benjamites in Gibeah who sought to commit homosexual rape.

Scholars have identified the kadesh proscribed by the Torah (Deut. 23:18) as a ritual male homosexual prostitute. This form of healthen cult penetrated Judea from the Canaanite surroundings in the period of the early monarchy. So Rehoboam, probably under the influence of his Ammonite mother, tolerated this cultic sodomy during his reign (I Kings 14:24). His grandson Asa tried to cleanse the Temple in Jerusalem of the practice (I Kings 15:12), as did his great-grandson Jehoshaphat. But it was not until the days of Josiah and the vigorous reforms he introduced that the kadesh was finally removed from the Temple and the land (II Kings 23:7). The Talmund too (Sanhedrin, 24b) holds that the kadesh was a homosexual functionary. (However, it is possible that the term also alludes to a heterosexual male prostitute. Thus, in II kings 23:7, women are described as weaving garments for the idols in the batei ha-kedeshim (houses of the kadesh): the presence of women may imply that the kadesh was not necessarily homosexual. The Talmudic opinion identifying the kadesh as a homosexual prostitute may be only an asmakhta. Moreover, there are other opinions in Talmudic literature as to the meaning of the verse: see Onkelos, Lev. 23:18, and Nachmanides and Torah Temimah, ad loc.)

Talmudic Approach

Rabbinic exegesis of the Bible finds several other homosexual references in the scriptural narratives. The generation of Noah was condemned to eradication by the Flood because they had sunk so low morally that, according to Midrashic teaching, they wrote out formal marriage contracts for sodomy and buggery -a possible cryptic reference to such practices in the Rome of Nero and Hadrian (Lev. R. 18:13).

Of Ham, the son of Noah, we are told that « he saw the nakedness of his father » and told his two brothers (Gen. 9:22). Why should this act have warranted the harsh imprecation hurled at Ham by his father? The Rabbis offer two answers: one, that the text implied that Ham castrated Noah: second, that the Biblical expression is an idiom for homosexual intercourse (see Rashi, ad loc.). On the scriptural story of Potiphar’s purchase of Joseph as a slave (Gen. 39:1), the Talmund comments that he acquired him for homosexual purposes, but that a miracle occurred and God sent the angel Gabriel to castrate Potiphar (Sotah 13b).

Post-Biblical literature records remarkably few incidents of homosexuality. Herod’s son Alexander, according to Josephus (Wars, I, 24:7), had homosexual contact with a young eunuch. Very few reports of homosexuality have come to us from the Talmudic era (TJ Sanhedrin 6:6, 23c: Jos. Ant., 15:25-30).

The incidence of sodomy among Jews is interestingly reflected in the Halakhah on mishkav zakhur (the Talmudic term for homosexuality: the Bible uses various terms- thus the same term in Num. 31:17 and 35 refers to heterosexual intercourse by a woman, whereas the expression for male homosexual intercourse in Lev. 18:22 and 20:13 is mishkevei ishah). The Mishnah teaches that R. Judah forbade two bachelors from sleeping under the same blanket, for fear that this would lead to homosexual temptation (Kiddushin 4:14). However, the Sages permitted it (ibid.) because homosexuality was so rare among Jews that such preventive legislation was considered unnecessary (Kiddushin 82a). This latter view is codified as Halakhah by Malmonides (Yad, Issurei Bi’ah 22:2). Some 400 years later R. Joseph Caro , who did not codify the law against sodomy proper, nevertheless cautioned against being alone with another male because of the lewdness prevalent « in our times » (Even ha-Ezer 24). About a hundred years later, R. Joel Sirkes reverted to the original ruling, and suspended the prohibition because such obscene acts were unheard of amongst Polish Jewry (Bayit Hadash to Tur, Even ha-Ezer 24). Indeed, a distinguished contemporary of R. Joseph Caro, R. Solomon Luria, went even further and declared homosexuality so very rare that, if one refrains from sharing a blanket with another male as a special act of piety, one is guilty of self-righteous pride or religious snobbism (for the above and additional authorities, see Ozar ha-Posekim, IX, 236-238).

Responsa

As is to be expected, the responsa literature is also very scant in discussions of homosexuality. One of the few such responsa is by the late R. Abraham Isaac Ha-Kohen Kook, when he was still the rabbi of Jaffa. In 1912 he was asked about a ritual slaughterer who had come under suspicion of homosexuality. After weighing all aspects of the case, R. Kook dismissed the charges against the accused, considering them unsupported hearsay. Furthermore, he maintained the man might have repented and therefore could not be subject to sanctions at the present time.

The very scarcity of halakhic deliberations on homosexuality, and the quite explicit insistence of various halakhic authorities, provide sufficient evidence of the relative absence of this practice among Jews from ancient times down to the present. Indeed, Prof. Kinsey found that, while religion was usually an influence of secondary importance on the number of homosexual as well as heterosexual acts by males. Orthodox Jews proved an exception, homosexuality being phenomenally rare among them.

Jewish laws treated the female homosexual more leniently than the male. It considered lesbianism as issur, an ordinary religious violation, rather than arayot, a specifically sexual infraction, regarded much more severely than issur. R. Huna held that lesbianism is the equivalent of harlotry and disqualified the woman from marrying a priest. The Halakhah is, however, more lenient, and decides that while the act is prohibited, the lesbian is not punished and is permitted to marry a priest (Sifra 9:8: Shab. 65a: Yev. 76a). However, the transgression does warrant disciplinary flagellation (Maimonides, Yad, Issurei Bi’ah 21:8). The less punitive attitude of the Halakhah to the female homosexual than to the male does not reflect any intrinsic judgment on one as opposed to the other, but is rather the result of a halakhic technicality: there is no explicit Biblical proscription of lesbianism, and the act does not entail genital intercourse (Maimonides, loc. cit.).

The Halakhah holds that the ban on homosexuality applies universally, to non-Jew as well as to Jew (Sanh 58a: Maimonides, Melakhim 9:5, 6). It is one of the six instances of arayot (sexual transgressions) forbidden to the Noachide (Maimonides, ibid).

Most halakhic authorities – such as Rashba and Ritba – agree with Maimonides. A minority opinion holds that pederasty and buggery are « ordinary » prohibitions rather than arayot – specifically sexual infractions which demand that one submit to martyrdom rather than violate the law – but the Jerusalem Talmud supports the majority opinion. (See D. M. Krozer, Devar Ha-Melekh, I, 22, 23 (1962), who also suggests that Maimonides may support a distinction whereby the « male » or active homosexual partner is held in violation of arayot whereas the passive or « female » partner transgresses issur, an ordinary prohibition.)

Reasons of Prohibition

Why does the Torah forbids homosexuality? Bearing in mind that reasons proferred for the various commandments are not to be accepted as determinative, but as human efforts to explain immutable divine law, the rabbis of the Talmud and later Talmudists did offer a number of illuminating rationales for the law.

As stated, the Torah condemns homosexuality as to’evah, an abomination. The Talmud records the interpretation of Bar Kapparah who, in a play on words, defined to’evah as to’eh attah bah. « You are going astray because of it » (Nedarim 51a). The exact meaning of this passage is unclear, and various explanations have been put forward.

The Pesikta (Zutarta) explains the statement of Bar Kapparah as referring to the impossibility of such a sexual resulting in procreation. One of the major functions (if not the major purpose) of sexuality is reproduction, and this reason for man’s sexual endowment is frustrated by mishkav zakhur (so too Sefer ha-Hinnukh, no. 209).

Another interpretation is that of the Tosafot and R. Asher ben Jehiel (in their commentaries to Ned. 51a) which applies the « going astray » or wandering to the homosexual’s abandoning his wife. In other words, the abomination consists of the danger that a married man with homosexual tendencies may disrupt his family life in order to indulge his perversions. Saadiah Gaon holds the rational basis of most of the Bible’s moral legislation to be the preservation of the family structure (Emunot ve-De’ot 3:1: cf. Yoma 9a). (This argument assumes contemporary cogency in the light of the avowed aim of some gay militants to destroy the family, which they consider an « oppressive institution. »)

A third explanation is given by a modern scholar, Rabbi Baruch Ha-Levi Epstein (Torah Temimah to Lev. 18:22), who emphasizes the unnaturalness of the homosexual liaison: « You are going astray from the foundations of the creation. » Mishkav zakhur defies the very structure of the anatomy of the sexes, which quite obviously was designed for heterosexual relationships.

It may be, however, that the very variety of interpretations of to’evah points to a far more fundamental meaning, namely, that an act characterized as an « abomination » is prima facie disgusting and cannot be further defined or explained. Certain acts are considered to’evah by the Torah, and there the matter rests. It is, as it were, a visceral reaction, an intuitive disqualification of the act, and we run the risk of distorting the Biblical judgment if we rationalize it. To’evah constitutes a category of objectionableness sui generis: it is a primary phenomenon. (This lends additional force to Rabbi David Z. Hoffmann’s contention that to’evah is used by the Torah to indicate the repulsiveness of a proscribed act, no matter how much it may be in vogue among advanced and sophisticated cultures: see his Sefer Va-yikra, II, p. 54.).

Jewish Attitudes

It is on the basis of the above that an effort must be made to formulate a Jewish response to the problems of homosexuality in the conditions under which most Jews live today, namely, those of free and democratic societies and, with the exception of Israel, non-Jewish lands and traditions.

Four general approaches may be adopted:1) Repressive: No leniency toward the homosexual, lest the moral fiber of the rest of society be weakened.2) Practical: Dispense with imprisonment and all forms of social harassment, for eminently practical and prudent reasons.3) Permissive: The same as the above, but for the ideological reasons, viz., the acceptance of homosexuality as a legitimate alternative « lifestyle »4) Psychological: Homosexuality, in at least some forms, should be recognized as a disease and this recognition must determine our attitude toward the homosexual.
Let us consider each of these critically.

Repressive Attitude

Exponents of the most stringent approach hold that pederasts are the vanguard of moral malaise, especially in our society. For on thing, they are dangerous to children. According to a recent work, one third of the homosexuals in the study were seduced in their adolescence by adults. It is best for society that they be imprisoned, and if our present penal institutions are faulty, let them be improved. Homosexuals should certainly not be permitted to function as teachers, group leaders, rabbis, or in any other capacity where they might be models for, and come into close contact with, young people. Homosexuality must not be excused as a sickness. A sane society assumes that its members have free choice, and are therefore responsible for their conduct. Sex offenders, including homosexuals, according to another recent study, operate « at a primate level with the philosophy that necessity is the mother of improvisation. » As Jews who believe that the Torah legislated certain moral laws for all mankind, it is incumbent upon us to encourage all societies, including non-Jewish ones, to implement the Noachide laws. And since, according to the halakhah, homosexuality is prohibited to Noachides as well as to Jews, we must seek to strengthen the moral quality of society by encouraging more restrictive laws against homosexuals. Moreover, if we are loyal to the teachings of Judaism, we cannot distinguish between « victimless » crimes and crimes of violence. Hence, if our concern for the murder, racial oppression, or robbery, we must do no less with regard to sodomy.

This argument is, however, weak on a number of grounds. Practically, it fails to take into cognizance the number of homosexuals of all categories, which, as we have pointed out, is vast. We cannot possibly imprison all offenders, and it is a manifest miscarriage of justice to vent our spleen only on the few unfortunates who are caught by the police. It is inconsistent because there has been no comparable outcry for harsh sentencing of other transgressors of sexual morality, such as those who indulge in adultery or incest. To take consistency to its logical conclusion, this hard line on homosexuality should not stop with imprisonment but demand the death sentence, as is Biblically prescribed. And why not the same death sentence for blasphemy, eating a limb torn from a live animal, idolatry, robbery -all of which are Noachide commandments? And why not capital punishment for Sabbath transgressors in the State of Israel? Why should the pederast be singled out for opprobrium and be made an object lesson while all others escape?

Those who might seriously consider such logically consistent, but socially destructive, strategies had best think back to the fate of that Dominican reformer, the monk Girolamo Savonarola, who in 15th-century Florence undertook a fanatical campaign against vice and all suspected of venal sin, with emphasis on pederasty. The society of that time and place, much like ours, could stand vast improvement. But too much medicine in too strong doses was the monk’s prescription, whereupon the population rioted and the zealot was hanged.

Finally, there is indeed some halakhic warrant for distinguishing between violent and victimless (or consensual and non-consensual) crimes. Thus, the Talmud permits a passer-by to kill a man in pursuit of another man or of a woman when the pursuer is attempting homosexual or heterosexual rape, as the case may be, whereas this is not permitted in the case of a transgressor pursuing an animal to commit buggery or on his way to worship an idol or to violate the Sabbath, (Sanh. 8:7, and v. Rashi to Sanh. 73a, s.v. al ha-behemah).

Practical Attitude

The practical approach is completely pragmatic and attempts to steer clear of any ideology in its judgments and recommendations. It is, according to its advocates, eminently reasonable. Criminal laws requiring punishment for homosexuals are simply unenforceable in society at the present day. We have previously cited the statistics on the extremely high incidence of pederasty in our society. Kinsey once said of the many sexual acts outlawed by the various states, that, were they all enforced, some 95% of men in the United States would be in jail. Furthermore, the special prejudice of law enforcement authorities against homosexuals – rarely does one hear of police entrapment or of jail sentences for non-violent heterosexuals – breeds a grave injustice: namely, it is an invitation to blackmail. The law concerning sodomy has been called « the blackmailer’s charter. » It is universally agreed that prison does little to help the homosexual rid himself of his peculiarity. Certainly, the failure of rehabilitation ought to be of concern to civilized men. But even if it is not, and the crime be considered so serious that incarceration is deemed advisable even in the absence of any real chances of rehabilitation, the casual pederast almost always leaves prison as a confirmed criminal. He has been denied the company of women and forced into society of those whose sexual expression is almost always channeled to pederasty. The casual pederast has become a habitual one: his homosexuality has now been ingrained in him. Is society any safer for having taken an errant man and, in the course of a few years, for having taught him to transform his deviancy into a hard and fast perversion, then turning him loose on the community? Finally, from a Jewish point of view, since it is obviously impossible for us to impose the death penalty for sodomy, we may as well act on purely practical grounds and do away with all legislation and punishment in this area of personal conduct.

This reasoning is tempting precisely because it focuses directly on the problem and is free of any ideological commitments. But the problem with it is that it is too smooth, too easy. By the same reasoning one might, in a reductio ad absurdum do away with all laws on income tax evasion, or forgive, and dispense with all punishment of Nazi murders. Furthermore, the last element leaves us with a novel view of the Halakhah: if it cannot be implemented in its entirely, it ought to be abandoned completely. Surely the Noachide laws, perhaps above all others, place us under clear moral imperatives, over and above purely penological instructions? The very practicality of this position leaves it open to the charge of evading the very real moral issues, and for Jews the halakhic principles, entailed in any discussion of homosexuality.

Permissive Attitude

The ideological advocacy of a completely permissive attitude toward consensual homosexuality and the acceptance of its moral legitimacy is, of course, the « in » fashion in sophisticated liberal circles. Legally, it holds that deviancy is none of the law’s business; the homosexual’s civil rights are as sacred as those of any other « minority group. » From the psychological angle, sexuality must be emancipated from the fetters of guilt induced by religion and code-morality, and its idiosyncratic nature must be confirmed.

Gay Liberationists aver that the usual « straight » attitude toward homosexuality is based on three fallacies or myths: that homosexuality is an illness; that it is unnatural; and that it is immoral. They argue that it cannot be considered an illness, because so many people have been shown to practice it. It is not unnatural, because its alleged unnaturalness derives from the impossibility of sodomy leading to reproduction, whereas our overpopulated society no longer needs to breed workers, soldiers, farmers, or hunters. And it is not immoral, first, because morality is relative, and secondly, because moral behavior is that characterized by « selfless, loving concern. »

Now, we are here concerned with the sexual problem as such, and not with homosexuality as a symbol of the whole contemporary ideological polemic against restraint and tradition. Homosexuality is too important – and too agonizing – a human problem to allow it to be exploited for political aims or entertainment or shock value.

The bland assumption that pederasty cannot be considered an illness because of the large number of people who have or express homosexual tendencies cannot stand up under criticism. No less an authority than Freud taught that a whole civilization can be neurotic. Erich Fromm appeals for the establishment of The Sane Society – because ours is not. If the majority of a nation are struck down by typhoid fever, does this condition, by so curious a calculus of semantics, become healthy? Whether or not homosexuality can be considered an illness is a serious question, and it does depend on one’s definition of health and illness. But mere statistics are certainly not the coup de grâce to the psychological argument, which will be discussed shortly.

The validation of gay life as « natural » on the basis of changing social and economic conditions is an act of verbal obfuscation. Even if we were to concur with the widely held feeling that the world’s population is dangerously large, and that Zero Population Growth is now a desideratum, the anatomical fact remains unchanged: the generative organs are structured for generation. If the words « natural » and « unnatural » have any meaning at all, they must be rooted in the unchanging reality of man’s sexual apparatus rather than in his ephmeral social configurations.

Militant feminists along with the gay activists react vigorously against the implication that natural structure implies the naturalness or unnaturalness of certain acts, but this very view has recently been confirmed by one of the most informed writers on the subject. « It is already pretty safe to infer from laboratory research and ethological parallels that male and female are wired in ways that relate to our traditional sex roles… Freud dramatically said that anatomy is destiny. Scientists who shudder at the dramatic, no matter how accurate, could rephrase this: anatomy is functional, body functions have profound psychological meanings to people, and anatomy and function are often socially elaborated » (Arno Karlen, Sexuality and Homosexuality, p. 501).

The moral issues lead us into the quagmire of perennial philosophical disquisitions of a fundamental nature. In a way, this facilitates the problem for one seeking a Jewish view. Judaism does not accept the kind of thoroughgoing relativism used to justify the gay life as merely an alternate lifestyle And while the question of human autonomy is certainly worthy of consideration in the area of sexuality, one must beware of the consequences of taking the argument to its logical extreme. Judaism clearly cherishes holiness as a greater value than either freedom or health. Furthermore, if every individual’s autonomy leads us to lend moral legitimacy to any form of sexual expression he may desire, we must be ready to pull the blanket of this moral validity over almost the whole catalogue of perversion described by Krafft-Ebing, and then, by the legerdemain of granting civil rights to the morally non-objectionable, permit the advocates of buggery, fetishism, or whatever to proselytize in public. In that case, why not in the school system? And if consent is obtained before the death of one partner, why not necrophilia or cannibalism? Surely, if we declare pederasty to be merely idiosyncratic and not an « abomination, » what right have we to condemn sexually motivated cannibalism – merely because most people would react with revulsion and disgust?

« Loving, selfless concern » and « meaningful personal relationships » – the great slogans of the New Morality and the exponents of situation ethics – have become the litany of sodomy in our times. Simple logic should permit us to use the same criteria for excusing adultery or any other act heretofore held to be immoral: and indeed, that is just what has been done, and it has received the sanction not only of liberals and humanists, but of certain religionists as well. « Love, » « fulfillment, » « exploitative, » « meaningful » – the list itself sounds like a lexicon of emotionally charged terms drawn at random from the disparate sources of both Christian and psychologically-orientated agnostic circles. Logically, we must ask the next question: what moral depravities can not be excused by the sole criterion of « warm, meaningful human relations » or « fulfillment, » the newest semantic heirs to « love »?

Love, fulfillment, and happiness can also be attained in incestuous contacts -and certainly in polygamous relationships. Is there nothing at all left that is « sinful, » « unnatural, » or « immoral » if it is practiced « between two consenting adults? » For religious groups to aver that a homosexual relationship should be judged by the same criteria as a heterosexual one – i.e., « whether it is intended to foster a permanent relationship of love » – is to abandon the last claim of representing the « Judeo-Christian tradition. »

I have elsewhere essayed a criticism of the situationalists, their use of the term « love, » and their objections to traditional morality as exemplified by the Halakhah as « mere legalism » (see my Faith and Doubt, chapter IX, p. 249 ff). Situationalists, such as Joseph Fletcher, have especially attacked « pilpolistic Rabbis » for remaining entangled in the coils of statutory and legalistic hairsplitting. Among the other things this typically Christian polemic reveals is an ignorance of the nature of Halakhah and its place in Judaism, which never held that law was totality of life, pleaded again and again for supererogatory conduct, recognized that individuals may be disadvantaged by the law, and which strove to rectify what could be rectified without abandoning the large majority to legal and moral chaos simply because of the discomfiture of the few.

Clearly, while Judaism needs no defense or apology in regard to its esteem for neighborly love and compassion for the individual sufferer, it cannot possibly abide a wholesale dismissal of its most basic moral principles on the grounds that those subject to its judgments find them repressive. All laws are repressive to some extent -they repress illegal activities- and all morality is concerned with changing man and improving him and his society. Homosexuality imposes on one an intolerable burden of differentness, of absurdity, and of loneliness, but the Biblical commandment outlawing pederasty cannot be put aside solely on the basis of sympathy for the victim of these feelings. Morality, too, is an element which each of us, given his sensuality, his own idiosyncracies, and his immoral proclivities, must take into serious consideration before acting out his impulses.

Psychological Attitudes

Several years ago I recommended that Jews regard homosexual deviance as a pathology, thus reconciling the insights of Jewish tradition with the exigencies of contemporary life and scientific information, such as it is, on the nature of homosexuality (Jewish Life, Jan-Feb. 1968). The remarks that follow are an expansion and modification of that position, together with some new data and notions.

The proposal that homosexuality be viewed as an illness will immediately be denied by three groups of people. Gay militants object to this view as an instance of heterosexual condescension. Evelyn Hooker and her group of psychologists maintain that homosexuals are no more pathological in their personality structures than heterosexuals. And psychiatrists Thomas Szasz in the U.S. and Ronald Laing in England reject all traditional ideas of mental sickness and health as tools of social repressiveness or, at best, narrow conventionalism. While granting that there are indeed unfortunate instances where the category of mental disease is exploited for social or political reasons, we part company with all three groups and assume that there are significant number of pederasts and lesbians who, by the criteria accepted by most psychologists and psychiatrists, can indeed be termed pathological. Thus, for instance, Dr. Albert Ellis, an ardent advocate of the right to deviancy, denies there is such a thing as a well-adjusted homosexual. In an interview, he has stated that whereas he used to believe that most homosexuals were neurotic, he is now convinced that about 50% are borderline psychotics, that the usual fixed male homosexual is a severe phobic, and that lesbians are even more disturbed than male homosexuals (see Karlem, op. cit., p. 223ff.).

No single cause of homosexuality has been established. In all probability, it is based on a conglomeration of a number of factors. There is overwhelming evidence that the condition is developmental, not constitutional. Despite all efforts to discover something genetic in homosexuality, no proof has been adduced, and researchers incline more and more to reject the Freudian concept of fundamental human biological bisexuality and its corollary of homosexual latency. It is now widely believed that homosexuality is the result of a whole family constellation. The passive, dependent, phobic male homosexual is usually the product of an aggressive, covertly seductive mother who is overly rigid and puritanical with her son – thus forcing him into a bond where he is sexually aroused, yet forbidden to express himself in any heterosexual way – and of a father who is absent, remote, emotionally detached, or hostile (I. Bieber et al. Homosexuality, 1962).

Can the homosexual be cured? There is a tradition of therapeutic pessimism that goes back to Freud but a number of psychoanalysis, including Freud’s daughter Anna, have reported successes in treating homosexuals as any other phobics (in this case, fear of the female genitals). It is generally accepted that about a third of all homosexuals can be completely cured: behavioral therapists report an even larger number of cures.

Of course, one cannot say categorically that all homosexuals are sick – any more than one can casually define all thieves as kleptomaniacs. In order to develop a reasonable Jewish approach to the problem and to seek in the concept of illness some mitigating factor, it is necessary first to establish the main types of homosexuals. Dr. Judd Marmor speaks of four categories. « Genuine homosexuality » is based on strong preferential erotic feelings for members of the same sex. « Transitory homosexual behavior » occurs among adolescents who would prefer heterosexual experiences but are denied such opportunities because of the social, cultural, or psychological reasons. « Situational homosexual exchanges » are characteristic of prisoners, soldiers and others who are heterosexual but are denied access to women for long periods of time. « Transitory and opportunistic homosexuality » is that of delinquent young men who permit themselves to be used by pederasts in order to make money or win other favors, although their primary erotic interests are exclusively heterosexual. To these may be added, for purposes of our analysis, two other types. The first category, that of genuine homosexuals, me be said to comprehend two sub-categories: those who experience their condition as one of duress or uncontrollable passion which they would rid themselves of if they could, and those who transform their idiosyncrasy into an ideology, i.e., the gay militants who assert the legitimacy and validity of homosexuality as an alternative way to heterosexuality. The sixth category is based on what Dr. Rollo May has called « the New Puritanism », the peculiarly modern notion that one must experience all sexual pleasures, whether or not one feels inclined to them, as if the failure to taste every cup passed at the sumptuous banquet of carnal life means that one has not truly lived. Thus, we have transitory homosexual behavior not of adolescents, but of adults who feel that: they must « try everything » at least once or more than once in their lives.

A Possible Halakhic Solution

This rubric will now permit us to apply the notion of disease (and, from the halakhic point of view, of its opposite, moral culpability) to the various types of sodomy. Clearly, genuine homosexuality experienced under duress (Hebrew: ones) most obviously lends itself to being termed pathological especially where dysfunction appears in other aspects of personality. Opportunistic homosexuality, ideological homosexuality, and transitory adult homosexuality are at the other end of the spectrum, and appear most reprehensible. As for the intermediate categories, while they cannot be called illness, they do have a greater claim on our sympathy than the three types mentioned above.

In formulating the notion of homosexuality as a disease, we are not asserting the formal halakhic definition of mental illness as mental incompetence, as described in TB Hag. 3b, 4a, and elsewhere. Furthermore, the categorization of a prohibited sex act as ones (duress) because of uncontrolled passions is valid, in a technical halakhic sense, only for a married woman who was ravished and who, in the course of the act, became a willing participant. The Halakhah decides with Rava, against the father of Samuel, that her consent is considered duress because of the passions aroused in her (Ket, 51b). However, this holds true only if the act was initially entered into under physical compulsion (Kesef Mishneh to Yad, Sanh. 20:3). Moreover, the claim of compulsion by one’s erotic passions is not valid for a male, for any erection is considered a token of his willingness (Yev, 53b; Maimonides, Yad, Sanh, 20:3). In the case of a male who was forced to cohabit with a woman forbidden to him, some authorities consider him guilty and punishable, while others hold him guilty but not subject to punishment by the courts (Tos., Yev, 53b; Hinnukh, 556; Kesef Mishneh, loc. cit.: Maggid Mishneh to Issurei Bi´ah, 1:9). Where a male is sexually aroused in a permissible manner, as to begin coitus with his wife and is then forced to conclude the act with another woman, most authorities exonerate him (Rabad and Maggid Mishned, to Issurei Bi´ah, in loc). If, now, the warped family background of the genuine homosexual is considered ones, the homosexual act may possibly lay claim to some mitigation by the Halakhah. (However, see Minhat Hinnukh, 556, end; and M. Feinstein, Iggerot Moshe (1973) on YD, no. 59, who holds, in a different context, that any pleasure derived from a forbidden act performed under duress increases the level of prohibition. This was anticipated by R. Joseph Engel, Atvan de-Oraita, 24). These latter sources indicate the difficulty of exonerating sexual transgressors because of psycho-pathological reasons under the technical rules of the Halakhah.

However, in the absence of a Sanhedrin and since it is impossible to implement the whole halakhic penal system, including capital punishment, such strict applications are unnecessary. What we are attempting is to develop guidelines, based on the Halakhah, which will allow contemporary Jews to orient themselves to the current problems of homosexuality in a manner articulating with the most fundamental insights of the Halakhah in a general sense, and consistent with the broadest world-view that the halakhic commitment instills in its followers. Thus, the aggadic statement that « no man sins unless he is overcome by a spirit of madness » (Sot. 3a) is not an operative halakhic rule, but does offer guidance on public policy and individual pastoral compassion. So in the present case, the formal halakhic strictures do not in any case apply nowadays, and it is our contention that the aggadic principle must lead us to seek out the mitigating halakhic elements so as to guide us in our orientation to homosexuals who, by the standards of modern psychology, may be regarded as acting under compulsion.

To apply the Halakhah strictly in this case is obviously impossible; to ignore it entirely is undesirable, and tantamount to regarding Halakhah as a purely abstract, legalistic system which can safely be dismissed where its norms and prescriptions do not allow full formal implementation. Admittedly, the method is not rigorous, and leaves room to varying interpretations as well as exegetical abuse, but it is the best we can do.

Hence there are types of homosexuality that do not warrant any special considerateness, because the notion of ones or duress (i.e., disease) in no way applies. Where the category of mental illness does apply, the act itself remains to´evah (an abomination), but the fact of illness lays upon us the obligation of pastoral compassion, psychological understanding, and social sympathy. In these sense, homosexuality is no different from any other social or anti-halakhic act, where it is legitimate to distinguish between the objective itself including its social and moral consequences, and the mentality and inner development of the person who perpetrates the act. For instance, if a man murders in a cold and calculating fashion for reasons of profit, the act is criminal and the transgressor is criminal. If, however, a psychotic murders, the transgressor is diseased rather than criminal, but the objective act itself remains a criminal one. The courts may therefore treat the perpetrator of the crime as they would a patient, with all the concomitant compassion and concern for therapy, without condoning the act as being morally neutral. To use halakhic terminology, the objective crime remains a ma´aseh averah, whereas a person who transgresses is considered innocent on the grounds of ones. In such case, the transgressor is spared the full legal consequences of his culpable act, although the degree to which he may be held responsible varies from case to case.

An example of a criminal act that is treated with compassion by the Halakhah, which in practice considers the act pathological rather than criminal, is suicide. Technically, the suicide or attempted suicide is in violation of the law. The Halakhah denies to the suicide the honor of a eulogy, the rending of the garments by relatives or witnesses to the death, and (according to Maimonides) insist that the relatives are not to observe the usual mourning period for the suicide. Yet, in the course of time, the tendency has been to remove the stigma from the suicide on the basis of mental disease. Thus, halakhic scholars do not apply the technical category of intentional (la-da´at) suicide to one who did not clearly demonstrate before performing the act, that he knew what he was doing and was of sound mind, to the extent that there was no hiatus between the act of self-destruction and actual death. If these conditions are not present, we assume that it was an insane act or that between the act and death he experienced pangs of contrition and is therefore repentant, hence excused before the law. There is even one opinion which exonerates the suicide unless he received adequate warning (hatra´ah) before performing the act, and responded in a manner indicating that he was fully aware of what he was doing and that he was lucid (J.M Tykocinski, Gesher ha-Hayyim, I, ch. 25, and Encyclopaedia Judaica, 15:490).

Admittedly, there are differences between the two cases: pederasty is clearly a severe violation of Biblical law, whereas the stricture against suicide is derived exegetically from a verse in the Genesis. Nevertheless, the principle operative in the one is applicable to the other: where one can attribute an act to mental illness, it is done out of simple humanitarian considerations.

The suicide analogy should not, of course, lead one to conclude that there are grounds for a blanket exculpation of homosexuality as mental illness. Not all forms of homosexuality can be so termed, as indicated above, and the act itself remains an « abomination ». With few exceptions, most people do not ordinarily propose that suicide be considered an acceptable and legitimate alternative to the rigors of daily life. No sane and moral person sits passively and watches a fellow man attempt suicide because he « understands » him and because it has been decided that suicide is a « morally neutral » act. By the same token, in orienting ourselves to certain types of homosexuals as patients rather than criminals, we do not condone the act but attempt to help the homosexual. Under no circumstances can Judaism suffer homosexuality to become respectable. Were society to give its open or even tacit approval to homosexuality, it would invite more aggressiveness on the part of adult pederasts toward young people. Indeed, in the currently permissive atmosphere, the Jewish view would summon us to the semantic courage of referring to homosexuality not as « deviance » with the implication of moral neutrality and non-judgmental idiosyncrasy, but as « perversion » – a less clinical and more old-fashioned word, perhaps, but one that is more in keeping with the Biblical to´evah.

Yet, having passed this moral judgment, we cannot in the name of Judaism necessarily demand that we strive for the harshest possible punishment. Even where it was halakhically feasible to execute capital punishment, we have a tradition of leniency. Thus, R. Akiva and R. Tarfon declared that had they lived during the time of the Sanhedrin, they never would have executed a man. Although the Halakhah does not decide in their favor (Mak., end of ch. I), it was rare indeed that the death penalty was actually imposed. Usually, the Biblically mandated penalty was regarded as an index of the severity of the transgression, and the actual execution was avoided by strict insistence upon all technical requirements – such al hatra´ah (forewarning the potential criminal) and rigorous cross-examination of witnesses, etc. In the same spirit, we are not bound to press for the most punitive policy toward contemporary lawbreakers. We are required to lead them to rehabilitation (teshuva). The Halakhah sees no contradiction between condemning a man to death and exercising compassion, even love, toward him (Sanh. 52a). Even a man on the way to his execution was encouraged to repent (Sanh. 6:2). In the absence of a death penalty, the tradition of teshuva and pastoral compassion to the sinner continues.

I do not find any warrant in the Jewish tradition for insisting on prison sentences for homosexuals. The singling-out of homosexuals as victims of society’s righteous indignation is patently unfair. In Western history, anti-homosexual crusades have too often been marked by cruelty, destruction, and bigotry. Imprisonment in modern times has proven to be extremely haphazard. The number of homosexuals unfortunate enough to be apprehended is infinitesimal as compared to the number of known homosexuals; estimates vary from one to 300.000 to one to 6.000.000!. For homosexuals to be singled out for special punishment while all the rest of society indulges itself in every other form of sexual malfeasance (using the definitions of Halakhah, not the New Morality) is a species of double-standard morality that the spirit of Halakhah cannot abide. Thus, the Mishnah declares that the « scroll of the suspected adulteress » (megillat sotah) – whereby a wife suspected of adultery was forced to undergo the test of « bitter waters » – was cancelled when the Sages became aware of the ever-larger number of adulterers in general (Sot. 9:9). The Talmud bases this decision on an aversion to the double standard: if the husband is himself an adulterer, the « bitter waters » will have no effect on his wife, even though she too be guilty of the offense (Sot. 47b). By the same token, a society in which heterosexual immorality is not conspicuously absent has no moral right to sit in stern judgment and mete out harsh penalties to homosexuals.

Furthermore, sending a homosexual to prison is counterproductive if punishment is to contain any element of rehabilitation or teshuva. It has rightly been compared to sending an alcoholic to a distillery. The Talmud records that the Sanhedrin was unwilling to apply the full force of the law where punishment had lost its quality of deterrence; thus, 40 (or four) years before the destruction of the Temple, the Sanhedrin voluntarily left the precincts of the Temple so as not to be able, technically, to impose the death sentence, because it had noticed the increasing rate of homicide (Sanh. 41a, and elsewhere).

There is nothing in the Jewish law’s letter or spirit that should incline us toward advocacy of imprisonment for homosexuals. The Halakhah did not, by and large, encourage the denial of freedom as a recommended form of punishment. Flogging is, from a certain perspective, far less cruel and far more enlightened. Since capital punishment is out of the question, and since incarceration is not an advisable substitute, we are left with one absolute minimum: strong disapproval of the proscribed act. But we are not bound to any specific penological instrument that has no basis in Jewish law or tradition.

How shall this disapproval be expressed? It has been suggested that, since homosexuality will never attain acceptance anyway, society can afford to be humane. As long as violence and the seduction of children are not involved, it would best to abandon all laws on homosexuality and leave it to the inevitable social sanctions to control, informally,what can be controlled.

However, this approach is not consonant with Jewish tradition. The repeal of anti-homosexual laws implies the removal of the stigma from homosexuality, and this diminution of social censure weakens society in its training of the young toward acceptable patterns of conduct. The absence of adequate social reproach may well encourage the expression of homosexual tendencies by those in whom they might otherwise be suppressed. Law itself has an educative function, and the repeal of laws, no matter how justifiable such repeal may be from one point of view, does have the effect of signaling the acceptability of greater permissiveness.

Some New Proposals

Perhaps all that has been said above can best be expressed in the proposals that follow.

First, society and government must recognize the distinctions between the various categories enumerated earlier in this essay. We must offer medical and psychological assistance to those whose homosexuality is an expression of pathology, who recognize it as such, and are willing to seek help. We must be no less generous to the homosexual than to the drug addict, to whom the government extends various forms of therapy upon request.

Second, jail sentences must be abolished for all homosexuals, save those who are guilty of violence, seduction of the young, or public solicitation.

Third, the laws must remain on the books, but by mutual consent of judiciary and police, be unenforced. This approximates to what lawyers call « the chilling effect », and is the nearest one can come to the category so well known in the Halakhah, whereby strong disapproval is expressed by affirming a halakhic prohibition, yet no punishment is mandated. It is a category that bridges the gap between morality and law. In a society where homosexuality is so rampant, and where incarceration is so counterproductive, the hortatory approach may well be a way of formalizing society’s revulsion while avoiding the pitfalls in our accepted penology.

For the Jewish community as such, the same principles, derived from the tradition, may serve as guidelines. Judaism allows for no compromise in its abhorrence of sodomy, but encourages both compassion and efforts at rehabilitation. Certainly, there must be no acceptance of separate Jewish homosexual societies, such as – or specially – synagogues set aside as homosexual congregations. The first such « gay synagogue », apparently, was the « Beth Chayim Chadashim » in Los Angeles. Spawned by that city’s Metropolitan Community Church in March 1972, the founding group constituted itself as a Reform congregation with the help of the Pacific Southwest Council of the Union of American Hebrew Congregations some time in early 1973. Thereafter, similar groups surfaced in New York City and elsewhere. The original group meets on Friday evenings in the Leo Baeck Temple and is searching for a rabbi – who must himself be « gay ». The membership sees itself as justified by « the Philosophy of Reform Judaism ». The Temple president declared that God is « more concerned in our finding a sense of peace in which to make a better world, than He is in whom someone sleeps with » (cited in « Judaism and Homosexuality » C.C.A.R. Journal, summer 1973, p. 38; five articles in this issue of the Reform group’s rabbinic journal are devoted to the same theme, and most of them approve of the Gay Synagogue).

But such reasoning is specious, to say the least. Regular congregations and other Jewish groups should not hesitate to accord hospitality and membership, on an individual basis, to those « visible » homosexuals who qualify for the category of the ill. Homosexuals are no less in violation of Jewish norms than Sabbath desecrators or those who disregard the laws of kashrut. But to assent to the organization of separate « gay » groups under Jewish auspices makes no more sense, Jewishly, than to suffer the formation of synagogues that care exclusively to idol worshipers, adulterers, gossipers, tax evaders, or Sabbath violators. Indeed, it makes less sense, because it provides, under religious auspices, a ready-made clientele from which the homosexual can more easily choose his partners.

In remaining true to the sources of Jewish tradition. Jews are commanded to avoid the madness that seizes society at various times and in many forms, while yet retaining a moral composure and psychological equilibrium sufficient to exercise that combination of discipline and charity that is the hallmark of Judaism.

Voir aussi:

Buttigieg en tête des démocrates dans l’Iowa, une première

Métro

12 novembre 2018

Le jeune maire américain modéré Pete Buttigieg a dépassé pour la première fois les poids lourds de la primaire démocrate dans un sondage publié mardi portant sur l’Iowa, un État-clé dans la course à la Maison-Blanche car il sera le premier à voter.

C’est la première fois que Pete Buttigieg, 37 ans, arrive en tête d’un sondage dans la campagne pour la primaire démocrate.

Le maire enregistre 22% des intentions de vote dans l’Iowa selon un sondage de l’institut de Monmouth University, devant les grands favoris jusqu’ici: l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden (19%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (18%) et le sénateur indépendant Bernie Sanders (13%).

Encore inconnu du grand public il y a un an, le maire de South Bend, dans l’Indiana, s’est depuis forgé un nom en se posant en modéré capable de rassembler l’Amérique pour battre le républicain Donald Trump en novembre 2020.

Ancien militaire, polyglotte et utra-diplômé, il est le premier grand candidat ouvertement homosexuel à la Maison-Blanche, marié depuis 2018 à un enseignant, Chasten.

Dans l’Iowa, où la primaire sera organisée le 3 février, «Buttigieg émerge comme un choix de premier plan pour un large éventail de démocrates», quel que soit leur niveau d’«éducation ou leur idéologie», a écrit mardi Patrick Murray, directeur de l’institut de sondage Monmouth University, dans un communiqué.

Plus de deux tiers des 451 personnes interrogées –du 7 au 11 novembre– disent pouvoir encore changer d’avis, précise l’institut. La marge d’erreur est importante, à 4,6 points, mais ce nouveau sondage vient confirmer l’ascension de M. Buttigieg dans l’Iowa depuis plusieurs semaines.

Sur les 17 candidats encore en lice pour l’investiture démocrate, Joe Biden reste favori au niveau national mais est en perte de vitesse (26,8%), suivi par Elizabeth Warren (20,8%), Bernie Sanders (17%), avec, loin derrière, Pete Buttigieg (7,5%).

Voir également:

Pete Buttigieg, meilleur candidat pour battre Trump à l’élection présidentielle?

Après avoir brillé dans l’Iowa, l’ancien maire mise sur la primaire dans le New Hampshire pour affronter Donald Trump à l’élection présidentielle américaine.

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE – Va-t-il transformer l’essai? Après ses résultats inespérés dans l’Iowa (toujours contestés par Bernie Sanders), Pete Buttigieg espère bien récolter les fruits de l’énorme coup de pouce médiatique dont il a bénéficié tout au long de cette semaine chaotique.

Le jeune candidat, encore inconnu il y a un an, croise donc les doigts ce mardi 11 février pour à nouveau s’imposer -ou du moins décrocher un score plus qu’honorable- dans le New Hampshire, deuxième État à voter aux primaires démocrates.

Si créer la surprise au cours des prochains scrutins et finir par décrocher la nomination du parti cet été est actuellement le rêve de tous les candidats, la seule vraie prouesse sera la suivante: battre Donald Trump lors de l’élection générale du 3 novembre et le sortir de la Maison Blanche.

Pete Buttigieg est-il le meilleur candidat pour cette périlleuse mission? Le HuffPost a rassemblé plusieurs forces (et faiblesses) du candidat pour tenter d’y voir plus clair.

Aux antipodes de Trump

Comme il aime souvent le rappeler en campagne, Pete Buttigieg a un atout majeur face à Donald Trump: son CV. Il faut dire qu’on pourrait difficilement imaginer un curriculum plus à l’opposé de celui du président républicain.

Contrairement à l’occupant actuel de la Maison Blanche, le démocrate a tout d’abord de l’expérience politique. Alors que le magnat de l’immobilier était l’hôte d’une téléréalité avant de se présenter à la présidence, Pete Buttigieg vient lui de terminer son 2e mandat de maire. Trump s’est construit dans la plus grande ville du pays qu’est New York, Buttiegieg a fait décoller sa carrière à South Bend, 100.000 habitants, dans l’État de l’Indiana.

Buttigieg met aussi régulièrement en avant son expérience dans l’armée. Il a passé sept mois en Afghanistan, un avantage sur tous ses concurrents démocrates et surtout sur Trump. Ce dernier a en effet réussi à échapper pas mois de cinq fois à la guerre du Vietnam: quatre reports grâce aux études qu’il suivait puis une dispense médicale pour une excroissance osseuse au pied dont les médias n’ont jamais retrouvé de trace.

Diplômé de grandes universités, le candidat a aussi montré qu’il était polyglotte(vidéo ci-dessous). En plus de l’anglais, il peut parler en norvégien, espagnol, italien, arabe, dari ou encore français comme il l’a montré en commentant l’incendie de Notre-Dame. Face à un président qui est parfois pointé du doigt pour la faiblesse du vocabulaire qu’il emploie dans son anglais natal.