Fêtes calendaires: Hanoukah-Noël même combat? (Warning: a holiday can hide another)

Christmas-Hanouka (Bethleem)
Eight crazy days25 décembre, jour de naissance de toutes les divinités orientales. Mircea Eliade
Pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de Justice brillera, avec la guérison dans ses rayons. Malachie 3: 20 (4: 2)
On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Jean (10: 22-23)
Chanukah is the festival of lights Instead of one day of presents, we have eight crazy nights When you feel like the only kid in town without a Christmas tree … Adam Sandler
La référence la plus ancienne à la célébration de Noël un 25 décembre, est datée du second siècle après la naissance de Jésus-Christ. On croit que les premières célébrations de Noël se tinrent en réaction aux saturnales romaines, un festival des moissons à l’occasion du solstice d’hiver —le retour du Soleil — et pour honorer Saturne, le dieu des semailles. Les saturnales étaient une période plutôt chahuteuse à laquelle s’opposaient fermement les chefs austères de la secte chrétienne encore minoritaire de l’époque. La fête de Noël, dit un érudit, a pris de l’ampleur parce qu’elle servit à remplacer l’adoration du soleil (sun) par l’adoration du Fils (Son). En 529 ap. J.-C.., après que le christianisme fut devenu la religion d’état, l’empereur Justinien fit de Noël une fête officielle. David C. Pack
Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie. À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel : «  Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard. Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur ». France Soir (24 décembre 1951)
Les katchina sont les âmes des premiers enfants indigènes, dramatiquement noyés dans une rivière à l’époque des migrations ancestrales. […] Quand les ancêtres des indiens actuels se furent enfin fixés dans leur village, le mythe rapporte que les katchina venaient chaque année leur rendre visite et qu’en partant, elles emportaient les enfants. Les indigènes, désespérés de perdre leur progéniture, obtinrent des katchina qu’elles restassent dans l’au-delà, en échange de la promesse de les représenter chaque année au moyen de masques et de danses. Claude Lévi-Strauss
Il est généralement admis par les historiens des religions et par   les folkloristes que l’origine lointaine du   Père Noël se trouve   dans cet Abbé de   Liesse, Abbas   Stultorum,   Abbé   de   la   Malgouverné   qui   traduit   exactement   l’anglais Lord of Misrule , tous personnages qui sont, pour une durée déterminée, rois de Noël et en qui on reconnaît les héritiers du roi des Saturnales de l’époque romaine. Or, les Saturnales étaient la fête des   larvae   c’est-à-dire des morts par   violence ou laissés sans sépulture, et   derrière le vieillard Saturne dévoreur   d’enfants se profilent, comme autant d’ images symétriques, le bonhomme Noël,   bienfaiteur des enfants; le Julebok scandinave, démon cornu du monde souterrain porteur de cadeaux aux enfants; Saint Nicolas qui les ressuscite et les comble de présents, enfin les katchina, enfants précocement morts qui renoncent à leur rôle de tueuses d’enfants pour devenir alternativement dispensatrices de   châtiments ou de cadeaux. (…) En fait, le personnage moderne de Santa Claus ou du Père Noël résulte de la fusion syncrétique de plusieurs personnages : Abbé de Liesse, évêque-enfant élu sous l’invocation de Saint Nicolas, Saint Nicolas même, à la fête duquel remontent directement les croyances relatives aux bas, aux souliers et aux cheminées. L’Abbé de Liesse régnait le 25 décembre; la Saint Nicolas a lieu le 6 décembre; les évêques-enfants étaient élus le jour des Saints Innocents, c’est-à-dire   le 28 décembre. Le Jul scandinave était   célébré en décembre. Nous sommes directement renvoyés à la libertas decembris dont parle Horace (…) Il n’est pas étonnant que les aspects non chrétiens de la fête de Noël ressemblent aux Saturnales, puisqu’on a de bonnes raisons de supposer   que l’Église a   fixé la date de la Nativité au 25 décembre (au lieu de mars ou de janvier) pour   substituer sa commémoration aux fêtes païennes qui se déroulaient pri-mitivement le 17 décembre, mais qui, à la fin de l’Empire, s’étendaient sur sept   jours, c’est-à-dire jusqu’au 24. En fait, depuis l’Antiquité jusqu’au moyen âge, les « fêtes de décembre » offrent les mêmes caractères. D’abord la décoration des   édifices avec des plantes vertes; ensuite les cadeaux échangés, ou donnés aux enfants; la gaîté et les festins; enfin la fraternisation entre les riches et les pauvres,   les maîtres et les serviteurs. (…) Comme les Saturnales romaines, la Noël médiévale offre deux caractères syncrétiques   et opposés. C’est d’abord un rassemblement et une communion : la distinction entre les classes et les états est temporairement abolie, esclaves ou serviteurs s’asseyent à la table des maîtres et ceux-ci   deviennent leurs domestiques; les tables, richement garnies, sont ouvertes à tous; les sexes échangent les vêtements. Mais en même temps, le groupe social se scinde en deux : la jeunesse se constitue en   corps autonome, elle élit son souverain,   abbé de la jeunesse, ou, comme en Écosse, abbot of unreason ; et, comme ce titre l’indique, elle se livre à une conduite dé raisonnable se traduisant par des abus   commis au préjudice du reste de la population et dont nous savons que, jusqu’à la Renaissance, ils prenaient les formes les   plus extrêmes : blasphème, vol, viol et   même meurtre. (…) Historiquement, nous l’avons dit, le Père Noël de l’Europe occidentale, sa prédilection pour les cheminées et pour les chaussures, résultent purement et simplement d’un déplacement récent de la fête de Saint Nicolas, assimilée à la célébration de Noël , trois semaines plus tard. Cela nous explique que le jeune abbé soit devenu un vieillard; mais seulement en partie, car les transformations sont plus systématiques que le hasard des connexions historiques et calendaires ne réussirait à le faire admettre. Un personnage réel est devenu un personnage mythique; une émanation de   la jeunesse, symbolisant son antagonisme par rapport aux adultes, s’est changée en symbole de l’âge mûr dont il traduit les dispositions bienveillantes envers la   jeunesse; l’apôtre de l’inconduite est   chargé de sanctionner la bonne conduite. Aux adolescents ouvertement agressifs   envers les parents se substituent les parents se cachant sous une fausse barbe pour combler les enfants. Le médiateur imaginaire remplace le médiateur réel, et en   même temps qu’il change de nature, il se met à fonctionner dans l’autre sens. (…) La « déraison » de Noël a donc largement perdu son point d’appui; elle s’est déplacée, et en même temps atténuée : dans le groupe des adultes elle survit seulement, pendant le Réveillon au cabaret et, durant la nuit de la Saint Sylvestre, sur Time Square. (…) Au moyen âge, les enfants n’attendent   pas dans une patiente expectative la   descente de leurs jouets par la cheminée. Généralement déguisés et formés en   bandes que le vieux français nomme, pour   cette raison, « guisarts », ils vont de   maison en maison, chanter et présenter leurs vœux, recevant en échange des fruits et des gâteaux. Fait significatif, ils évoquent la mort pour faire valoir   leur créance. (…) les quêtes d’enfants (…) ne sont pas limitées à Noël. Elles se succèdent pendant toute la période critique de l’automne, où la nuit menace   le jour comme les morts se font harceleurs des vivants. Les quêtes de Noël commencent plusieurs semaines avant la   Nativité, généralement trois, établissant donc la liaison avec les quêtes, également costumées, de la fête de Saint Nicolas qui ressuscita les enfants morts; et leur caractère est encore mieux marqué dans la quête initiale de la saison, celle de Hal- low-Even – devenue veille de la Toussaint par décision ecclésiastique – où, aujourd’hui encore dans les pays anglo-saxons , les enfants costumés en fantômes et en squelettes persécutent les adultes à moins que ceux-ci ne rédiment leur repos au moyen de menus présents. Le progrès de l’automne, depuis son début jusqu’au solstice qui marque le sauvetage de la lumière et de la vie, s’accompagne donc,   sur le plan rituel, d’une démarche dialectique dont les principales étapes sont : le retour des morts, leur conduite menaçante   et persécutrice, l’établissement d’un   modus vivendi avec les vivants fait d’un échange de services et de présents, enfin le triomphe de la vie quand, à la Noël , les morts comblés de cadeaux quittent les vivants pour les laisser en paix jusqu’au prochain automne. Il est révélateur que  les pays latins et catholiques, jusqu’au siècle dernier, aient mis l’accent sur la Saint Nicolas, c’est-à-dire sur la forme la plus mesurée de la relation, tandis que les pays anglo-saxons la dédoublent volontiers en ses deux formes extrêmes   et antithétiques de Halloween où les enfants jouent les morts pour se faire exacteur des adultes, et de Christmas où les adultes comblent les enfants pour exalter leur vitalité. Dès   lors,   les   caractères   apparemment   contradictoires   des   rites   de   Noël   s’éclairent : pendant trois mois, la visite des morts chez les vivants s’était faite de plus en plus insistante et oppressive. Pour le jour de   leur congé, on peut donc se   permettre de les fêter et de leur fourni r une dernière occasion de se manifester   librement, ou, comme dit si fidèlement l’anglais, to raise hell . Mais qui peut personnifier les morts, dans une société de vivants, si non tous ceux qui, d’une façon ou de l’autre, sont incomplètement incor porés au groupe, c’est-à-dire participent   de cette altérité qui est la marque même du supr ême dualisme : celui des morts et des vivants? Ne nous étonnons donc pas de voùir les étrangers, les esclaves et les enfants devenir les principaux bénéficiaires de la fête. L’infériorité de statut poli- tique ou social, l’inégalité des âges fournissent à cet égard des critères équivalents. En fait, nous avons d’innombrables témoignages, surtout pour les mondes   scandinave et slave, qui décèlent le caractère propre du réveillon d’être un repas   offert aux morts, où les invités tiennent le rôle des morts, comme les enfants tiennent celui des anges, et les anges eux-mêmes, des morts. Il n’est donc pas surprenant que Noël et le Nouvel An (son doubl et) soient des fêtes à cadeaux : la fête   des morts est essentiellement la fête des autres, puisque le fait d’être autre est la   première image approchée que nous puissions nous faire de la mort. (…) l’Église n’a certainement pas tort quand elle dénonce, dans la croyance au   Père Noël, le bastion le plus solide, et l’un des foyers les plus actifs du paganisme chez l’homme moderne.(…) le chemin est long du roi des Saturnales au Bonhomme Noël; en cours de route, un trait essentiel – le plus archaïque peut-être – du premier semblait s’être définitivement perdu. Car Frazer a jadis montré   que le roi des Saturnales est lui-même   l’héritier d’un prototype plus ancien qui, après avoir personnifié le roi Saturne et s’être, pendant un mois, permis tous les excès, était solennellement sacrifié sur   l’autel du dieu. Grâce à l’autodafé de Dijon, voici donc le héros reconstitué avec tous ses caractères, et ce n’est pas le moindre paradoxe de cette singulière affaire qu’en voulant mettre fin au Père Noël, les ecclésiastiques dijonnais n’aient fait   que restaurer dans sa plénitude, après une éclipse de quelques millénaires, une figure rituelle dont ils se sont ainsi chargés, sous prétexte de la détruire, de prouver eux-mêmes la pérennité. Claude Lévi-Strauss
Le 24 décembre 1951 l’effigie du Père Noël fut pendue aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlée sur le parvis devant les enfants des patronages « médusés ». Prétextant une « paganisation inquiétante de la Fête de la Nativité, détournant l’esprit public du sens proprement chrétien de cette commémoration, au profit d’un mythe sans valeur religieuse », les autorités ecclésiastiques ne pardonnaient pas au Père Noël de s’être introduit dans toutes les écoles publiques, d’où pourtant la crèche était déjà scrupuleusement bannie. L’Église protestante avait apporté son soutien à l’Église catholique dans ce procès. Cette condamnation du Père Noël pour « usurpation et hérésie » ne fit pourtant pas l’unanimité, y compris chez les catholiques eux-mêmes. Mais, chose remarquable, l’événement eut un retentissement national et le jour même, « l’autodafé de Dijon » faisait non seulement l’éditorial d’un des quotidiens les plus lus à l’époque, France Soir, mais il fut également commenté dans tous les autres journaux. (…) Le dénouement fut finalement heureux et, le soir même de ce 24 décembre 1951, à dix huit heures précises, le Père Noël ressuscita ! (…) Un communiqué officiel annonça que « comme chaque année les enfants de Dijon étaient convoqués place de la Libération et que le Père Noël leur parlerait du haut des toits de l’hôtel de ville où il circulerait sous le feu des projecteurs ». (…) Figure d’une splendeur toute païenne, le Père Noël supplicié en public, tel le roi des Saturnales, condamné au bûcher, tel celui du Carnaval, a donné, écrira Claude Lévi-Strauss, aux autorités ecclésiastiques l’occasion inattendue « de restaurer le héros dans sa plénitude ». « Après une éclipse de quelques millénaires, ils se sont en effet chargés sous prétexte de la détruire de prouver eux-mêmes la pérennité de cette figure rituelle». Cette étrange résurrection annonçait aussi le début d’une notoriété bientôt universelle. Martyne Perrot

Attention: une fête peut en cacher une autre !

Au moment où la mémoire et l’existence d’Israël semblent à nouveau menacées

Quel meilleur moment pour rappeler l’histoire de la « Fête des Lumières » qui commémore la libération de Jérusalem du joug syro-grec et qui commence justement aujourd’hui cette année (du 16 au 23)?

Mais aussi pour rappeler, selon les voies mystérieuses de l’Histoire, ses étranges accointances …

Avec cette autre « fête de la lumière », notre propre Noël « chrétien » (lui aussi menacé ?)!

Souvent considérée à tort comme le « Noël juif » (du fait de la proximité des dates), Hanouka (« inauguration » en hébreu) est avec celle des Pourim (commémorant elle aussi la délivrance, grâce à l’initiative de la jeune Esther, d’une tentative de génocide mais de la part des Perses cette fois – et observée également par le Christ : Jean 5:1)  l’une des deux fêtes non-bibliques du judaïsme.

Elle célèbre en fait (derrière le miracle de la petite fiole d’huile qui devait durer un jour et en dure huit) la reconsécration du Temple de Jérusalem en 165 avant notre ère par les Macchabées, qui, on s’en souvient, y laissèrent tant de victimes (notamment en se laissant tuer le jour du Chabbat plutôt que de le transgresser , jour où bien sûr les Grecs avaient pris l’habitude, jusqu’à ce que le loi fut ajustée, de les attaquer) que leur nom devint synonyme de « cadavre ».

Et ce suite à sa profanation (avec interdiction sous peine de mort du culte juif dont les observances du Chabbat, de la circoncision et de la Cacherout, confiscation et destruction des rouleaux de la Torah) par le tyran gréco-syrien Antiochus IV.

Pourtant, semble-t-il, la coïncidence des dates entre les deux fêtes d’hiver du judaïsme et du christianisme ne semble rien devoir au hasard, car le choix du 25 Kislev, c’était justement aussi la « fête du Soleil » (c’est-à-dire, à quelques jours et erreurs de calendrier près, du solstice d’hiver) qu’avaient choisi trois ans plus tôt les descendants des généraux d’Alexandre pour profaner le Temple.

Et c’est cette même fête solaire (que l’empereur Aurélien avait voulu imposer comme célébration de la victoire du Soleil invaincu, « Sol Invictus », sur la nuit) que choisiront quelque quatre siècles plus tard les autorités de l’Eglise chrétienne pour célébrer la « Nativité » (dite aussi « Noël »), fête donc aussi un peu « apocryphe », les premiers chrétiens s’intéressant si peu aux anniversaires que personne ne prendra la peine, on le sait, de retenir la date exacte de la naissance du prophète juif qu’on appelera plus tard Jésus.

Ainsi, à l’instar des Macchabées qui, avec leur contre-fête, avaient refermé définitivement la parenthèse de trois années de profanation de leur Temple, l’Eglise chrétienne de Rome allait opposer en ce même 25 décembre (mais sous le règne finissant de Constantin cette fois) sa propre fête de la lumière au même culte païen du soleil.

Mais si, des deux côtés, on y jouait (toutes proportions gardées) l’identité et l’existence de sa foi, du côté chrétien, le plaquage d’une fête chrétienne sur une fête païenne n’allait pas se faire sans problème.

D’où la longue lutte contre les survivances ou les retours de son passé de saturnale, comme en témoignent les différentes interdictions de Noël qui ont marqué l’histoire du christianisme depuis la Réforme jusqu’aux Puritains émigrés au Nouveau Monde au XVIIe siècle ainsi que les controverses contemporaines sur la marchandisation (à laquelle n’échappe d’ailleurs pas non plus Hanouka).

Comme pas si loin de nous …

Cet « holocauste » de 1951 d’une effigie du Père Noël sur le parvis de la cathédrale de Dijon …

Par lequel comme le rappelait malicieusement le pape du structuralisme dans un article des Temps modernes (« Le Père Noël supplicié »)

L’Eglise elle-même  en renouvelait à son insu l’origine proprement sacrificielle …

Hanoucca

Wikipedia

Hanoucca est une fête juive, aussi connue sous le nom de Fête des Lumières. Cette fête est célébrée pendant 8 jours à partir du 25 du mois hébraïque de Kislev (novembre-décembre). Le Livre des Macchabées relate les épisodes de l’histoire juive ayant mené à cette fête, dans un contexte de lutte contre l’hellénisation imposée par Antiochus IV mais ces textes sont considérés comme apocryphes par le judaïsme.

La tradition répandue, issue du Talmud (traité Chabbat 21b) veut que, lors de la redédication du Deuxième Temple, le 25 Kislev de l’an 1595 selon le calendrier hébreu (-165 EC), celui-ci avait été tellement saccagé qu’il ne restait plus pour allumer la ménorah qu’une seule fiole d’huile d’olive pure certifiée du sceau du Cohen Gadol. Cette fiole, qui n’aurait dû durer qu’un seul jour, aurait miraculeusement duré huit jours, le temps nécessaire pour refabriquer de l’huile pure et la consacrer.

Hanoucca est donc la seule fête juive qui ne soit pas mentionnée dans les textes du Tanakh (Bible Hébraïque). Pourtant, ses règles ont été discutées dans le Talmud.

Commémoration

La célébration fut appelée Hanoukah, signifiant « dédication » (cf. Psaumes 30) car elle marquait la re-dédication du Temple, après sa désécration sous Antiochus IV.

La révolte des Hasmonéens

L’épisode historique se déroule vers -165 en Judée, qui est sous la domination des Séleucides depuis la victoire d’Antiochos III sur Ptolémée IV en -200. Au moment des événements commémorés par Hanoucca, le pays est gouverné par Antiochos IV qui, d’après les Livres des Macchabées impose aux Judéens les pratiques païennes en vigueur chez les Grecs, et frappe d’interdiction l’étude de la Torah et, plus généralement, la pratique des préceptes du judaïsme sous peine de mort.

Il est possible que certains Juifs se soient alors réfugiés dans les montagnes et aient lutté épisodiquement contre les Grecs, mais l’événement déclencheur de la révolte se déroule, d’après le Premier Livre des Macchabées, dans la petite ville de Modiin. Les Grecs auraient ordonné au dirigeant de la ville, Mattityahou (Mattathias) HaCohen (le Prêtre), petit-fils de Hasmonaï (d’où le nom de la famille : les Hasmonéens), de sacrifier un porc à leurs divinités. Outré, Mattathias, refuse, mais un Juif hellénisé se porte volontaire pour « collaborer » sans contrainte. Il est sur le point d’abattre la bête quand Mattathias le poignarde, ainsi que le dignitaire grec présent sur place. Puis, il appelle à la révolte ceux qui restent fidèles à la Loi de YHWH et à Son Alliance.

Sachant qu’ils seraient désormais traqués sans merci, Mattathias, ses fils et leurs fidèles s’enfuient dans les montagnes. Les Juifs observants, regroupés sous le nom de Hassidim (les Intègres, qui ne partagent avec le mouvement ultra-orthodoxe né en Europe de l’Est que le nom) avant d’adopter le surnom de leur chef légendaire, Yehouda haMaccabi, mènent alors une guerilla violente et sanglante, aboutissant en -165 à l’expulsion des Séleucides (pourtant en nombre et en technologie supérieurs, disposant entre autres d’éléphants de guerre) hors des frontières de Judée et à la reprise de Jérusalem. Antiochus lui-même mouura sur le chemin qui mène à Jérusalem et son fils aura trop de problèmes de succession à régler pour s’occuper de ces problèmes.

Cependant, la victoire se sera payé au prix fort. La plupart des combattants et de leurs chef, à commencer par Juda Macchabée, trépassent de mort violente. Les victimes dont font état les Livres furent si nombreuses que le terme Macchabée, qui signifiait à l’origine « Marteau » [qui écrase les ennemis], à moins qu’il ne soit un acronyme de Mi Kamokha Baelim YHWH (Qui est comme Toi parmiles puissances, YHWH), devint synonyme de « cadavre ».

Une fois parvenus au Temple de Jérusalem, les Macchabées procèdent à la purification du lieu saint profané par les Grecs.
Une fête de huit jours [modifier]

Les Juifs célèbrent moins cette victoire que le Miracle de la Fiole d’Huile ayant duré huit jours, selon le Talmud. Par le terme « lamèhadrine » (litt., « du plus magnifique »), les Sages indiquent que les Hasmonéens, prêtres et marchands d’huile de leur état, savaient en réalité comment faire durer une flamme, en utilisant les longues mèches des jours d’été au lieu des mèches d’hiver. Cependant, la flamme ainsi obtenue aurait dû être frêle et pour ainsi dire pathétique. Le miracle aurait donc été qu’elle brilla intensément, glorieusement, réchauffant le cœur, raffermissant la foi de ceux qui l’avaient perdue, comme de ceux qui l’avaient gardée.

Pour certains, le miracle est imputable à certaines propriétés de l’huile, un « grand crû ». Pour d’autres, la vision de la flamme, fût-elle frêle, eut le même effet sur les Judéens que si elle avait été glorieuse.

Il n’est fait nulle mention de ce miracle dans les sources non-talmudiques. Les livres deutérocanoniques hébreux des Macchabées donnent d’autres raisons pour les huit jours de Hanoucca : 1 Macchabées (4:56-59) dit que « pendant huit jours, ils fêtèrent la redédication de l’autel. Puis Juda et ses frères, ainsi que toute la congrégation d’Israël décrétèrent que les jours de la rédedication…seraient observés…chaque année…pendant huit jours », et 2 Macchabées précise que « les Juifs célébrèrent joyeusement pendant huit jours comme lors de la Fête des Cabanes. »

2 Macchabées livre une autre explication, également consignée dans le Talmud : les huit jours commémoreraient la mort d’une certaine Hannah et de ses sept fils; Ceux-ci furent torturés, puis exécutés pour avoir refusé de transgresser en mangeant du porc et en se prosternant devant une statue; Hannah elle-même se suicida après leur mort; Cette histoire forme la base du principe de yehareg vèlo ya’avor (être tué plutôt que de transgresser)
Selon un enseignement talmudique similaire, les huit jours de Hanoucca seraient une allusion aux huit jours du nouveau-né au moment de sa circoncision, pratique interdite par le pouvoir séleucide.

De la commémoration historique à la célébration religieuse [modifier]
Historiquement, Hanoucca commémore une double victoire :
_ le triomphe spirituel des valeurs du judaïsme, concrétisées dans la Torah, et symbolisées par la Menorah (la Torah est comparée à la lumière) sur la civilisation hellénistique, considérée comme porteuse de ténèbres. Ceci ne vise pas tant les aspects déplaisants aux Juifs comme l’idolâtrie ou les sports (les athlètes devaient concourir nus, ce qui passait pour obscène aux yeux des Judéens), que l’adoption de règles qui, pour contenir du bon, n’étaient pas les leurs et les confinaient in fine à la faute, puis à la perte de leur identité.
_ la victoire physique des Juifs, menés par les Hasmonéens sur les légions séleucides syriennes d’Antiochus IV en -165, victoire qui rendit l’indépendance (autonomie) à la Judée ainsi qu’une partie de la terre d’Israël.
Cependant, Hanoucca célèbre moins ces faits que le Miracle de la Fiole qui s’ensuivit.
Ceci s’explique d’abord par la réticence du judaïsme à fêter une victoire, où la tentation de méconnaître la « main » de Dieu au profit du génie militaire et stratégique humain est trop importante. Ensuite, parce que les Hasmonéens devinrent quelques générations plus tard le symbole d’oppression et de décadence, surtout après que, hérésie suprême, un descendant des Cohanim se nommât roi, ce qui représentait une usurpation du pouvoir, celui-ci ne pouvant revenir qu’à un enfant d’ascendance davidique. La guerre civile qui s’ensuivit fut jugée d’autant plus déplorable qu’elle ne s’acheva que par l’arrivée des légions de Pompée, invitées à arbitrer le différend. Ceci marqua le début de la conquête romaine de la Judée, qui devait s’achever par sa destruction et le second exil des Juifs, à l’époque où les docteurs de la Mishna discutaient des lois de Hanoucca, parmi d’autres.
La redédication du Temple et le Miracle de la Fiole sans lequel il n’aurait pu avoir lieu (selon le Talmud) ne véhiculaient en revanche que des aspects positifs et immuables. Le cruchon d’huile d’olive devint une métaphore de la miraculeuse survie du peuple juif au long de milliénaires d’épreuves et de tribulations.
À propos du nom de la fête [modifier]
La fête est appelée Hanoucca (de la racine hébraïque ___ , qui signifie « inaugurer ») parce qu’elle marque la redédication du Temple. Ce terme est utilisé à plusieurs reprises dans la Bible hébraïque dans des circonstances semblables, lors de l’inauguration du Mishkan dans le désert du Sinaï après l’Exode et lors de l’inauguration du Temple de Salomon. Dans le même esprit, la cérémonie de « _____ ___ » (Han_kat Bayit) est la dédication d’une maison dans laquelle on compte vivre, à la manière de la pendaison de la crémaillère.
Certains Sages tirent d’autres enseignements de ce nom
_ Hanoucca peut être décomposé en deux mots, « Hanou- » (« ils se sont reposés ») & « -cca » (« le 25 », valeur numérique de _ »_) : le 25 du mois de Kislev, les Macchabées purent enfin se reposer, la guerre était gagnée.
_ 25 pourrait aussi faire allusion au 25 décembre, fêté à l’époque comme jour du solstice d’hiver (quelques siècles plus tard, le 25 décembre deviendra la fête de la Natalité, dans un esprit de conciliation entre judéo- et pagano-chrétiens).
En effet, selon I Macc. 1:59, la guerre entre les Hellènes et Hassidim était déjà bien entamée quand les Grecs décidèrent de célébrer, à la date du 25 décembre, la « fête du Soleil ». À cette occasion, ils profanèrent le Temple, en massacrant les femmes qui avaient fait circoncire leurs enfants. Le fait d’avoir redédicacé le Temple trois ans plus tard et d’y faire resplendir la ménorah serait donc la conséquence d’un choix délibéré des Macchabées.
_ La fête des Lumières est célébrée le 25 parce que le mot ‘Or, « Lumière », est le 25ème mot de la Torah : [Yehi] ‘Or, [YHY] AWR, Que la Lumière soit !
_ Hanoucca est aussi un notarikon en Hébreu pour _’ ____ _____ ____ ___ huit bougies et la halakha est comme Bet Hillel ». Il s’agit là d’un moyen mnémotechnique évoquant une controverse entre l’école de Hillel et celle de Shammaï concernant la façon adéquate d’allumer les bougies de la Hanoukkia. Shammaï suggérait de commencer avec 8 bougies et d’en réduire le nombre à chaque nuit, alors que Hillel proposait de commencer avec une bougie et d’en ajouter 1 à chaque nuit. La halakha suivit l’avis de Hillel.

Hanoucca dans les grands Textes

Dans le Talmud

Hanoucca est à l’origine d’une retombée majeure mais méconnue de Hanoucca sur la pratique du judaïsme, outre le yehareg vèlo ya’avor.
le Talmud (Mishna Yoma 8:6; T.B Yoma 85a et b; Ketouvoth 5a) rappelle un fait évoqué dans I Macc. 2,41 : des Hassidim, se faisant surprendre à Chabbat par l’ennemi, préférèrent se laisser tuer qu’enfreindre le Chabbat. Cette tragédie permit d’établir le précédent du pikkouah nefesh: il est obligatoire de transgresser les lois du judaïsme, fût-ce celles du Chabbat, afin de préserver ou de sauvegarder une vie, à l’exception des trois cas de péché dans lesquels la mort est préférable, à savoir le meurtre, le viol et l’idolâtrie.

Dans la Septante

Dans la Bible chrétienne

La fête est mentionnée dans Jean 10:22-23, Jésus prêchant lors de la Fête de la Dédication.

Hanouka et Noël

Comme expliqué plus haut, la date du 25 kislev peut être interprétée comme la revanche des Juifs restés fidèles au monothéisme sur le paganisme et le matérialisme des Grecs. Bien qu’elle ne soit pas à la base polémique avec le christianisme, certains estiment malséant aujourd’hui pour un Juif de célébrer Noël. Néanmoins, cette tendance existe, surtout aux États-Unis, où le taux de mariages mixtes est important, et où Noël est célébrée avec faste. Des familles « mixtes » (un conjoint non-Juif) ou assimilées garnissent des Hanukkah bushes (buissons de Hanoukka, euphémisme pour désigner des ersatz d’arbres de Noël), se souhaitent des happy cholidays (contraction de Happy Holidays, Joyeuses Fêtes, et ‘Hannoucca, qui se prononce avec une jota), célèbrent Hanoucca et Noël, voire Hannoël (« Chrismukkah »).

– Sur la fête de Noël, voir l’article de Martine Perrot, chercheure du CNRS:

Le Père Noël vient de loin
Martyne Perrot
Évangile et Liberté
Numéro 184 – Décembre 2004

Le Père Noël

Un avatar de la Réforme et du capitalisme naissant

D’où vient le Père Noël et qui est-il vraiment ? Ces questions ont-elles une légitimité quelconque, le Père Noël n’est il qu’un jeu d’enfant ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la question des origines a déjà soulevé d’âpres polémiques, non seulement dans les milieux des folkloristes, mythologues et ethnologues mais aussi au sein de l’Église.

Premières traces

En France, d’un point de vue folklorique, le manuscrit le plus ancien qui pourrait l’évoquer semble être un motet , servant de chant de quête, datant de la seconde moitié du XIIIe siècle. Écrit en dialecte picard par le compositeur Adam de la Halle, il commence ainsi :

No sires Noeus / Nous envoie à ses amis / C’est as amoureux / Etas courtois bien apris / Pour avoir des paradis / A no herluison 2.

Ce sires était-il un seigneur du pays ou Noël personnifié ? Difficile à décider. En tout cas, dira le folkloriste Arnold Van Gennep, « il n’est pas distributeur de cadeaux même si c’est en son nom que les quêteurs viennent réclamer des paradis ». Un autre texte en patois daté de la fin du XVIIe siècle en Bresse, fait apparaître Noyé comme un « donneur de vivres » à Saint Joseph et à la Vierge, mais toujours pas aux enfants dans les maisons ; et, de ce point de vue, « il ne semble pas être le prototype des Pères Noël en France », pour cet érudit pointilleux, ennemi des analogies et des filiations trop rapidement établies, qui concluait avec fermeté que « des similitudes morphologiques et fonctionnelles ne prouvent pas nécessairement des emprunts ».

L’enquête de l’Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux retiendra l’année 1897 pour dater l’apparition du Père Noël en France, ou plutôt à Paris et en banlieue parisienne où, écrit Van Gennep, le Père Noël de type américain s’infiltre d’abord. Mais il est difficile, ajoute-t-il, voire impossible de trouver une date précise. On retiendra que George Sand en parle dès 1855 dans ses souvenirs d’enfance parisienne.

À partir de cette époque, le Père Noël, vieillard à barbe blanche, coiffé d’un bonnet de fourrure et vêtu d’une vaste houppelande bordée d’hermine, a rapidement conquis les villes, les bourgs et même certaines campagnes, de la même manière que l’arbre de Noël. Il va ainsi remplacer le Père Janvier en Saône et Loire à partir de 1915 ; dans le Dauphiné, en 1939, les catholiques avaient l’Enfant Jésus et les protestants le Père Noël. En Flandres, il ravira peu à peu le rôle à Saint Martin et à Saint Nicolas. En Franche-Comté, après 1950, il se substituera à la tante Arie, et dans l’Est, également à Saint Nicolas, au Père Chalande et à l’Enfant Jésus…

L’hypothèse américaine

Cette conquête douce mais irréversible inquiéta beaucoup certains enquêteurs tel l’abbé Jean Garneret (1955), pour qui il ne s’agissait que d’une « mythologie factice, due à l’école, au monde anglo-saxon, à la radio, aux grands magasins, au commerce et à la publicité 3… ». Il ajoutait comme pour s’en convaincre : « le Dieu des chrétiens n’avait rien à y perdre ; par contre nos petites habitudes traditionalistes en prennent un bon coup, c’est à peu près inévitable. »

Attribuer aux Américains « la grande vogue » en France du Père Noël, en revanche, laissait entière la question des origines, tant le brassage des populations rend difficile l’attribution précise de certains caractères locaux aux uns et aux autres. L’hypothèse américaine ne servait selon Van Gennep qu’à reculer la difficulté du problème des origines.

«S’agit-il des hollando-franco-anglo-germano-italo-hispano-scandinavo-polono-russes qui vivent ensemble aujourd’hui à New York ? » se demandait-il. Cette question n’était pour lui qu’une pierre d’attente que sa mort, survenue en 1957, ne lui permit pas de transformer en conviction.

Saint Nicolas, la filiation officielle

Malgré les réticences de Van Gennep, Saint Nicolas apparaît à tous comme l’ascendant légitime. Saint, parmi les plus populaires du calendrier, il intéresse à la fois les enfants, puisqu’il est patron des écoliers, et les adultes comme protecteur des marins et des bateliers. Si sa légende est fournie, sa biographie, en revanche, est restée lacunaire. Colette Méchin, qui lui a consacré un remarquable ouvrage 4, rappelle d’emblée ce manque de renseignements fiables dont se plaignent historiens et hagiographes. Tous s’accordent cependant pour le faire naître vers 270 en Lycie, au sud de la Turquie actuelle, et à le reconnaître comme évêque de Myre vers 312. En 1087, ses reliques furent transférées à Bari, dans le sud de l’Italie, à la suite de l’invasion de la Turquie par les Maures. Son culte s’est alors vraisemblablement propagé en Europe par les croisades. En Lorraine, dont il est devenu le saint patron, la basilique Saint Nicolas de Port près de Nancy, lui est consacrée depuis le XVe siècle. Il est par ailleurs célébré en Grèce, en Turquie, en Russie, où il est l’objet d’un culte que certains ont trouvé parfois excessif. L’Église le fête le jour de sa mort, c’est à dire le 6 décembre, et non celui de sa naissance, ce qui est un « fait rarissime ». Mais ce privilège sera définitivement abrogé lorsque Vatican II, en 1970, le déclarera apocryphe, après avoir définitivement établi que « les légendes qui lui étaient attribuées venaient probablement de traditions païennes et non chrétiennes ».

Faiseur de nombreux miracles, les enfants se trouvent au centre de plusieurs d’entre eux. Le plus célèbre est la résurrection des trois petits garçons tués et mis au saloir par le boucher, dont les premières versions n’apparaissent qu’au XIIe siècle. Dès cette époque, il fut souvent représenté comme un donateur, mais ce rôle vis-à-vis des enfants n’était pas encore spécifié.

C’est en Hollande, au XVIIe siècle, qu’un célèbre tableau de Jean Steen, la Fête de Saint Nicolas, met pour la première fois en scène une famille en train de célébrer celui-ci. Un enfant pleure car il a reçu une verge en guise de cadeau et subit en outre les moqueries d’un autre, alors qu’une petite fille sert tendrement dans ses bras, telle une poupée, le saint miniature. En France, il faudra attendre le début du XIXe siècle en Meurthe pour trouver des traces du passage de Saint Nicolas. Bien que grand patron de la Lorraine, il ne semble pas non plus y être connu partout comme un distributeur de cadeaux.

Le Père Fouettard, double négatif de Saint Nicolas

Quant au Père Fouettard, qui l’accompagne, il s’agit sans doute écrit Van Gennep « d’une invention scolaire créée par les pédagogues du XVIIIe siècle, qui appartient à la série assez riche des croque-mitaines mais non spécifiquement au cycle des douze jours 5 ». Pourtant ce Père Fouettard semble avoir des origines bien plus anciennes. Il s’appelle Hans Träpp en Alsace, Knecht Ruprecht (Valet Ruprecht) en Allemagne et Piet le Noir dit « le More » en Hollande, et forme avec le saint un couple infernal, dans lequel, en tant que sombre compagnon, il est en opposition radicale avec ce personnage débonnaire. Le visage blanc du bon Saint Nicolas contraste en effet avec celui parfois couvert de suie du méchant Père Fouettard, personnage sauvage, souvent recouvert de feuillage ou de pommes de pin (dans l’Appenzel) ou encore d’une peau de bête (Knecht Ruprecht ). Il est d’ailleurs surnommé dans certaines régions « l’ébouriffé », le « velu ». Cette figure inquiétante est parfois interprétée comme un « double diabolique ». Cette hypothèse fait alors peser sur Saint Nicolas un immense soupçon, celui de n’être qu’un masque posé sur un héros mythologique archaïque, l’homme-animal ou le chasseur sauvage. La légende concernant la résurrection des trois petits enfants prend du même coup un tout autre sens : Saint Nicolas et le boucher-ogre ne feraient plus qu’un.

Dans cette perspective symbolique, la hotte du Père Fouettard, renvoie à celle d’Arlequin qui transporte les âmes des morts dans son dos. Sachant qu’Arlequin est lui-même le descendant d’Hellequin, le chasseur sauvage, c’est lui qui ravit les enfants, dans sa hotte

C’est donc, écrit Colette Méchin, à « un véritable renversement de valeur » que l’on assiste lorsque la hotte du Père Fouettard, qui sert à emporter les enfants désobéissants, devient celle où Saint Nicolas puis le Père Noël puiseront pour récompenser des enfants sages.

Le Père Noël un avatar de la Réforme ?

Entre laïques et cléricaux, le Père Noël fut souvent un enjeu donnant lieu à des bagarres mémorables entre instituteurs, ou entre maire et curé de village.

Les fluctuations de l’histoire religieuse ont influé profondément sur le rôle du saint. En Allemagne, où son culte fut aussi populaire qu’en Hollande, la Réforme et le Concile de Trente ont imposé, au XVIe siècle, une plus grande rigueur en le détrônant au profit du Christkindl (l’Enfant Jésus). C’est ainsi que le Weihnachtsmann, le « Bonhomme Noël », des pays de langue allemande, « version ou doublet profane de Saint Nicolas, mâtiné de Knecht Ruprecht » pour G. Leser 6 devint le principal donateur à la fin du XIXe siècle.

La Contre-Réforme des pays catholiques entraîna à son tour l’abandon de Saint Nicolas ne tolérant alors que l’Enfant Jésus, Christkindl, comme distributeur de cadeaux, notamment en Alsace, et dans toute l’Allemagne catholique. Mais la fragilité de l’Enfant Jésus rendait peu vraisemblable sa nouvelle fonction ; il fut donc souvent représenté sous les traits d’une jeune fille, vêtue de blanc, dont la tête était coiffée d’une couronne de bougies, (cette représentation féminine est proche de Sainte Lucie). Il fut aussi parfois remplacé par les Anges et la Dame de Noël. Ces personnages se maintiennent encore aujourd’hui localement en Allemagne. Mais alors que Saint Nicolas était chassé des régions protestantes luthériennes, paradoxalement les Pays-Bas, pays à majorité calviniste, l’accueillirent, comme le tableau de Jean Steen en témoigne.

Et un enjeu de l’école laïque…

Après la guerre de 1870, environ 200 000 Alsaciens et Lorrains quittèrent leur région pour venir s’installer en France de l’intérieur, et dans les provinces proches, comme la Bourgogne. Les Alsaciens emportèrent dans leurs bagages Christkindl et le sapin, à Paris et dans les localités où ils étaient assez nombreux pour faire revivre ces coutumes. Certaines familles catholiques parisiennes furent vite acquises à ce nouveau donateur.

Les Lorrains, de leur côté, amenèrent Saint Nicolas. À Paris, en 1912, il fit une entrée triomphale dans un grand magasin parisien. Sur l’affiche, qui faisait fi des saisons : « un Noël lorrain au printemps », des enfants agitaient un drapeau français et défilaient derrière le saint en brandissant tambours et trompettes. Mais Saint Nicolas, si généreux et patriote qu’il fut, n’était pas familier à l’ensemble des enfants français, et le Bonhomme Noël le supplanta aisément, d’autant plus que les anticléricaux, ceux qui luttaient contre le « nouvel ordre moral », voyaient d’un mauvais œil un personnage religieux entrer dans les écoles de la République, même s’il avait été le patron des écoliers. Entre laïques et cléricaux, le Père Noël fut souvent un enjeu donnant lieu à des bagarres mémorables entre instituteurs, ou entre maire et curé de village.

Ce Bonhomme Noël ressemblait encore à un pauvre hère. Sur les cartes postales colorisées du début du siècle, il a conservé quelques attributs épiscopaux, et sa générosité envers les enfants est toujours sélective.

Mais ce vieillard austère et parfois même inquiétant, lorsqu’il lui arrivait d’emporter – dans un très vieux réflexe – quelque enfant indiscipliné, ne résistera pas à son tour très longtemps à celui qui arrivera du nouveau monde, Santa Claus. Ce dernier avatar va bénéficier d’une promotion commerciale jusque là inédite. Il nous renvoie à une autre histoire migratoire, celle-ci vieille de trois siècles !

Naissance de Santa Claus

L’invention américaine de Santa Claus au XIXe siècle sera l’élément déterminant de l’évolution laïque et de la popularité croissante de la fête de Noël, en Europe comme aux États-Unis, puis de son universalisation au XXe siècle.

Pour certains auteurs comme James Barnett 7, c’est au XVIIe siècle, que les Hollandais calvinistes, qui partaient pour le Nouveau Monde emportèrent dans leurs bagages Saint Nicolas. Pourtant aucune trace concrète de cette importation n’a été trouvée jusqu’à maintenant et il semble d’après Charles Jones 8 que Saint Nicolas ait été en quelque sorte « reconstruit » pour des raisons sociales et politiques. Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, ce saint était déjà curieusement devenu un symbole de l’opposition à la colonisation anglaise et à la monarchie. La célébration de Noël, qui appartenait au calendrier de l’Église d’Angleterre, était en effet suspecte pour beaucoup d’Américains, et particulièrement pour les puritains de la Nouvelle Angleterre, qui avaient déjà interdit Noël au milieu du XVIIe siècle.

Saint Nicolas fut donc d’une certaine façon « exhumé » d’une tradition hollandaise un peu oubliée dans ce nouveau monde, dans un dessein politique explicite, « sorte d’antidote à opposer au Noël empoisonné de la monarchie coloniale britannique. Mais ainsi réapproprié », dit Charles Jones, il prit un essor inattendu et « s’étendit à partir de 1809 comme une véritable épidémie ».

C’est à cette date précise que l’écrivain Washington Irving publie Knickerbocker’s History (1809) 9, roman qui va connaître un immense succès et contribuer à populariser la physionomie de Santa Claus et surtout à lui octroyer un rôle tout à fait inédit. En narrant l’histoire drolatique de la fondation de New York, l’écrivain amorçait, effectivement, la première transition « littéraire » entre Saint Nicolas et Santa Claus. Il participait ainsi, avec quelques uns de ses contemporains, appartenant comme lui à l’élite sociale new-yorkaise, à l’instauration d’une nouvelle « tradition » de Noël.

Dans son ouvrage, W. Irving raconte l’odyssée d’un équipage hollandais quittant Amsterdam au XVIIe siècle pour rejoindre l’Amérique. Saint Nicolas est la figure de proue de leurs trois mâts, il les protège contre la tempête et s’appelle encore Sinter Klaas, (Saint Nicolas en néerlandais).

Après un naufrage, un des marins endormi, Oloffe Van Kortlandt, dont le nom signifie « sans terre », rêve justement de devenir propriétaire terrien dans le nouveau monde. Le saint lui apparut alors en songe, et lui fit part du désir qu’il avait de voir s’établir tous ces émigrants hollandais, afin qu’ils construisent une ville, à l’endroit même signalé par le nuage de fumée de sa pipe, endroit qui n’était autre que l’île de Mana-hatta (Manhattan). En échange, Sinter Klaas promit de leur rendre visite chaque année sur son char céleste et de descendre par les cheminées de cette nouvelle cité, pour livrer des cadeaux aux enfants. Cette fiction publiée le 6 décembre 1809 eut un énorme succès.

Poème fondateur

Quelques années plus tard, Clement Clarke Moore, professeur d’hébreu et de langues orientales au collège épiscopalien de New York, va à son tour, par l’intermédiaire d’un poème : « A visit from St Nicholas », qu’il destinait à ses propres enfants, jouer un rôle déterminant dans l’imposition de Santa Claus. Épiscopalien de la tendance la plus soucieuse de la hiérarchie (High Church faction), Cl. Clarke Moore était très effrayé par la croissance rapide de sa ville, le développement intensif du commerce et l’apparition conséquente de cette nouvelle population urbaine, cosmopolite et donc inquiétante. Le poème parut le 23 décembre 1823 dans Sentinel, le journal local de Troy (État de New York), sous le titre initial, mais fut bientôt plus connu sous celui de : La Nuit d’avant Noël (The Night Before Christmas). Son succès fut immédiat, et ce conte, reproduit dans d’innombrables almanachs, devint même un classique lorsque le New York Book of Poetry l’accueillit dans ses pages en 1837. Aujourd’hui encore, il n’est pas rare que les enfants américains le récitent le soir de Noël. Mais la préfiguration de ce Santa Claus était, pourrait-on dire, déjà dans l’air. Dès 1821, on pouvait trouver dans The Children’s Friend, un petit livre publié à New York, des gravures colorées de Santa Claus, et déjà des références au traîneau et aux rennes.

Images de Santa Claus

Peu de temps après la publication de ce poème, un certain nombre d’artistes américains commencèrent à le peindre ou à le dessiner. Ces portraits varièrent.

Dans un dessin de Thomas Nast en 1863, il ressemble à un colporteur. Saint Nicolas a perdu en austérité, il a été « défroqué » en quelque sorte pour ressembler à ce « petit vieux gaillard et ventripotent de St Nick » du poème de Clement Clarke Moore, à ce gai luron, à l’air si populaire. Ce nouveau Santa Claus était devenu très contemporain, en phase avec la nouvelle société américaine, qu’il essayait en quelque sorte d’intégrer. Il avait l’allure d’un homme de la rue, sans en avoir l’animosité, et récompensait comme le saint évêque auquel avait été définitivement ôté le pouvoir de punir.

Mais l’hypothèse d’une revanche ou récupération sociale, de la part des anglicans sur les catholiques, est aussi assez convaincante : en créant un Santa Claus aussi petit qu’un elfe, a right jolly old elf, Moore s’inspirait aussi d’une série de personnages légendaires, présents dans le folklore des communautés allemandes, hollandaises, norvégiennes installées aux États Unis, enlevant du coup à Saint Nicolas ses derniers attributs « papistes » et punitifs !

À la même époque se produit d’ailleurs une transformation similaire en Allemagne protestante du nord, qui affecte Knecht Ruprecht, c’est à dire le valet de Saint Nicolas, Père Fouettard gigantesque qui menaçait les enfants sots et peu sages. Peu à peu il prend lui aussi l’allure d’un vieillard débonnaire, vêtu d’une houppelande (Weihnachtsmann). Muni de sa hotte et d’un sac rempli de cadeaux, il rend visite aux enfants, le soir de Noël.

Santa Claus, héros américain

Thomas Nast, fixera la métamorphose en lui offrant ses meilleurs portraits. Celui que l’on reconnu comme le père du dessin humoristique, après avoir croqué Santa Claus comme un pauvre colporteur, en fera finalement et définitivement une incarnation du matérialisme américain.

Santa Claus était devenu un héros de l’Union et Nast, de l’avis de Lincoln, «son meilleur agent recruteur».

En 1885, le même Thomas Nast décida de faire tomber le Père Noël des nues pour l’installer au pôle Nord. L’année suivante, l’écrivain George P. Webs-ter reprenait cette idée, et précisait que sa manufacture de jouets et sa demeure, pendant les longs mois d’été, étaient enfouies sous la glace et la neige du pôle Nord. Louis Prang, l’homme qui introduisit les cartes de Noël aux États-Unis en 1875, participa lui aussi à la construction du « cliché » en lui ajoutant la grosse ceinture noire, les bottes et la capuche… et surtout ce fameux sac en toile marron dans lequel il transporte les jouets depuis qu’il n’a plus de hotte.

Aux États-Unis sa popularité ne cessera d’augmenter, bénéficiant de l’idéologie de la réussite individuelle et de l’importance des symboles de richesse, et l’incarnant en même temps. En 1931, Coca-Cola, qui voulait élargir son marché en impliquant davantage le jeune public, demanda à Haddon Sublom de l’utiliser comme argument publicitaire. Les couleurs rouge et blanche de la marque Coca-Cola fixèrent celles de l’uniforme du Père Noël contemporain.

En Angleterre, Santa Claus restera inconnu jusqu’à la fin du XIXe siècle. Vraisemblablement d’origine germanique, souvent habillé de vert, portant une couronne de houx sur la tête 10, cette figure païenne hante de nombreuses images victoriennes, veillant avec malice sur la fête.

En 1891, le poème de Moore finit par être publié en Angleterre, et va contribuer à façonner l’imaginaire des petits Anglais. Si personne n’a jamais prétendu, nous dit Pimlott, que ce poème « était de grande qualité, il créa, à l’instar du Conte de Noël de Dickens, une mode qui n’a toujours pas été dépassée jusqu’à présent ».

L’Église sacrifie le Père Noël

En France, il faudra attendre les lendemains de la seconde guerre mondiale pour que Santa Claus s’impose au même titre que le Coca-Cola et les chewing-gums. Il est indubitable que sa « grande vogue » est liée non seulement au savoir-faire américain mais également au prestige dont l’Amérique jouissait en France dans l’immédiate après-guerre. Pays des libérateurs, la fascination restait forte à l’égard d’un mode de vie dont la presse, notamment féminine, se faisait largement l’écho.

Cette mode ne fut pourtant pas toujours du goût des autorités ecclésiastiques françaises. Leur critique visait surtout la croyance grandissante des enfants au Père Noël, qui fut alors traitée de « nouvelle hérésie » et de « tentative délibérée d’amollissement de l’âme enfantine ». Cette attitude donna lieu à un fait divers assez surréaliste.

Le 24 décembre 1951 l’effigie du Père Noël fut pendue aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlée sur le parvis devant les enfants des patronages « médusés ». Prétextant une « paganisation inquiétante de la Fête de la Nativité, détournant l’esprit public du sens proprement chrétien de cette commémoration, au profit d’un mythe sans valeur religieuse », les autorités ecclésiastiques ne pardonnaient pas au Père Noël de s’être introduit dans toutes les écoles publiques, d’où pourtant la crèche était déjà scrupuleusement bannie. L’Église protestante avait apporté son soutien à l’Église catholique dans ce procès. Cette condamnation du Père Noël pour « usurpation et hérésie » ne fit pourtant pas l’unanimité, y compris chez les catholiques eux-mêmes. Mais, chose remarquable, l’événement eut un retentissement national et le jour même, « l’autodafé de Dijon » faisait non seulement l’éditorial d’un des quotidiens les plus lus à l’époque, France Soir, mais il fut également commenté dans tous les autres journaux.

Le dénouement fut finalement heureux et, le soir même de ce 24 décembre 1951, à dix huit heures précises, le Père Noël ressuscita !

Un communiqué officiel annonça que « comme chaque année les enfants de Dijon étaient convoqués place de la Libération et que le Père Noël leur parlerait du haut des toits de l’hôtel de ville où il circulerait sous le feu des projecteurs ».

Figure d’une splendeur toute païenne, le Père Noël supplicié en public, tel le roi des Saturnales, condamné au bûcher, tel celui du Carnaval, a donné, écrira Claude Lévi-Strauss, aux autorités ecclésiastiques l’occasion inattendue « de restaurer le héros dans sa plénitude ». « Après une éclipse de quelques millénaires, ils se sont en effet chargés sous prétexte de la détruire de prouver eux-mêmes la pérennité de cette figure rituelle 11 ». Cette étrange résurrection annonçait aussi le début d’une notoriété bientôt universelle.

Notes

1 Cet article est une version réduite et remaniée du chapitre 2 de mon ouvrage intitulé Ethnologie de Noël, Paris, Grasset, 2000.

2 Arnold Van Gennep : Manuel de Folklore français contemporain, Paris, Grands Manuels Picard, 1958, vol. 7, p. 2996.

3 Garneret Jean : Barbizier, 1955, p. 356, cité par Van Gennep, op. cit. p. 2999.

4 Mechin Colette : Saint Nicolas, Fêtes et traditions populaires d’aujourd’hui. Berger Levrault, coll. « Espace des hommes »,1978.

5 Van Gennep, op. cit. page 2985.

6 Leser, Gérard : Noël-Wihnachtes en Alsace, rites, coutumes, croyances, éd. du Rhin, p. 122.

7 Barnett James H. : The American Christmas, A study in National Culture, reprint Edition 1984, Ayer Company, Publishers, inc. Copyright, 1954, by the Macmillan Company, New York.

8 Jones, Charles : St Nicholas of Myra, Bari, Manhattan, the University of Chicago Press, 1978, p. 307-308.

9 Irving Washington : The complete works of Irving Washington edited by Michael L. Black and N.B. Black, Boston, Twane Publishers, 1984. Vol. VII, A History of New York.

10 Pimlott, J.A.R : The Englishman’s Christmas, A social history, Harvester Press, Stanford Terrace. Hassock. Sussex, 1978.

11 Lévi-Strauss, Claude : « Le Père Noël supplicié » Les Temps modernes, mars 1952, p. 1573-1590.

Voir également:

Noël, histoire d’un succès

Martyne PERROT, chargée de recherche au CETSAH (1)
Journal du CNRS > / N°179 Décembre 2004 /

Aucune tradition n’est vraiment fidèle à elle-même. Cette qualité supposée n’est due qu’à l’idéalisation par le souvenir, aux aléas de la transmission et aux contingences historiques. Noël est un exemple particulièrement révélateur de cette « infidélité » notoire à travers son extraordinaire pouvoir syncrétique qui explique en grande partie le succès de sa version profane comme celui de son universalisation récente. C’est aussi pour l’anthropologue une période privilégiée pour étudier les comportements familiaux, la place de l’enfant et la dynamique du don et du contre-don, sous-jacente à l’échange des cadeaux. Certains moments sont à retenir pour comprendre la forme contemporaine de cette fête et les raisons de sa pérennité, au-delà de sa légitimité religieuse.

L’ingéniosité des Victoriens

Au milieu du XIXe siècle, dans l’Angleterre victorienne, Noël qui n’était plus beaucoup fêté en dehors des milieux aristocratiques est réapproprié et remanié par la bourgeoisie en pleine ascension. Qui trouve là une scène symbolique opportune pour exalter les vertus domestiques et la privacy. Noël devient alors une fête-refuge de ces nouvelles valeurs face à la brutalité d’une société qui s’industrialise rapidement.

Elle fournit également un prétexte à l’entreprise d’éducation et de moralisation du monde ouvrier, en le conviant à travers ses enfants à une digne célébration. On se souvient du portrait mémorable d’une de ses familles pauvres et vertueuses, les Cratchit, que fit Charles Dickens dans son célèbre Christmas Carol paru le 17 décembre 1843. Le conte connut un succès énorme et immédiat, d’abord en Angleterre puis en France et aux États-Unis où ce Noël « familialisé » devait désormais se répandre comme un feu de poudre.

Santa Claus et le matérialisme américain

C’est aussi à cette époque que Santa Claus, descendant officiel de Saint Nicolas, transporté dans les valises des immigrants et confisqué par les épiscopaliens de New York vers 1820 devient un héros américain et, pour ceux qui l’adoptent, un gage de bonne citoyenneté. Sa popularité ne cesse d’augmenter car il représente à la fois un symbole national de générosité mais également de réussite matérielle. Vers 1920, il se transforme en attraction de grand magasin et fournit un emploi saisonnier recherché par les chômeurs. Il faut noter que dès la fin du XIXe siècle, des deux côtés de l’Atlantique, les grands magasins ont joué un rôle essentiel en orientant la vocation commerciale de Noël par l’ouverture d’un rayon spécialisé de cadeaux dont le volume et la variété allaient croître de façon exponentielle.

Dernier avatar connu

Après la guerre, le plan Marshall livra aux Français une version généreuse et glamour de la fête et de son distributeur patenté revisité par la publicité, la psychologie de l’enfant et bénéficiant de l’euphorie de la relève. Le succès surprenant remporté par ce Père Noël vendu aux marchands du temple ne plut pas aux autorités religieuses et en décembre 1951, son effigie de carton fut brûlée pour « hérésie » et responsabilité avérée dans la paganisation inquiétante de la fête. Le sacrifice eut lieu sur le parvis de la cathédrale de Dijon devant les enfants des patronages réunis pour assister à cette mise à mort. Le fait divers eut un retentissement national. Devant tant de consternation, la résurrection fut décidée dès le lendemain où on le vit arpenter les toits de l’hôtel de ville2.

Le motif du dévoiement de la tradition de Noël est en réalité ancien mais il concerne plus la marchandisation progressive de la fête. Dénoncée depuis le XIXe siècle par les puritains anglais et américains qui parlent à son propos de nouvelles Bacchanales, cette dépense excessive et ostentatoire peut être d’un point de vue anthropologique comparée à un véritable potlatch tel que l’a décrit Marcel Mauss3. Cette mise en scène privée du don et du contre-don – réalisée aujourd’hui à l’échelle planétaire – est pourtant reconduite chaque année avec autant ardeur.

Cette soumission provisoire mais cyclique à un certain « esprit de Noël » né au XIXe siècle et vite approprié par le commerce est en effet un des derniers avatars de la « tradition ». Autant dire que cette ombre portée assombrit parfois l’humeur des parents contemporains qui chargent alors l’enfant de légitimer leur participation au rituel collectif, lourd fardeau qui vaut bien un cadeau.

1. Centre d’études transdisciplinaires en sociologie, anthropologie, histoire (CNRS / EHESS).
2. Cet événement fut analysé par Claude Lévi-Strauss qui vit dans cet acte inquisitorial, la confirmation involontaire de l’origine païenne du Père Noël, cf. « Le Père Noël supplicié » in Les Temps modernes,
mars 1952, p. 1573-1590.
3. Marcel Mauss, « Essai sur le don. Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques », Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950 ; réédition 1997.

Voir encore:

La véritable origine de Noël
David C. Pack
16 dec 2006

Quelle est l’origine de Noël ? De la Bible ou du paganisme ? Quelle est l’origine véritable du Père Noël, du gui, des arbres de Noël, des guirlandes et de la coutume d’échanger des cadeaux ? Plusieurs voudraient « réintroduire le Christ dans la fête de Noël ». Y a-t-Il seulement jamais été ? Voici les réponses étonnantes à ces questions.

Chaque année lorsque l’automne avance, les pensées d’un grand nombre de personnes se tournent vers Noël. C’est le moment où les chrétiens pratiquants doivent se concentrer sur Jésus-Christ. Après tout c’est une période qui Lui est dédiée ! Rudolph, le petit renne au nez rouge, les guirlandes, les arbres décorés, le gui, les échanges de souhaits, la musique de Noël, les marrons grillés ainsi que le Père Noël sont toutes des choses qui sont associées à cette fête. Chacune d’elles apportent à tous ceux qui la célèbrent un sentiment de douce chaleur.

J’ai grandi dans une famille qui observait Noël et pour laquelle c’était un événement très important, année après année. Nous n’oubliions rien de ce qui faisait partie de la fête. Le 24 décembre au soir, la nervosité croissait à chaque minute qui passait. Mes parents allaient jusqu’à faire chauffer du café noir frais pour le Père Noël juste avant de nous envoyer nous coucher. Je me suis toujours demandé comment ils avaient appris que le Père Noël aimait son café noir, juste comme eux-mêmes l’aimaient. Après avoir été au lit, j’avais de la difficulté à m’endormir et j’étais impatient d’arriver au matin afin de découvrir ce que le « Père Noël » m’avait apporté.

Noël est considéré par la plupart comme étant une des plus belles périodes de l’année, celle où les gens en profitent pour donner, pour se rassembler en famille, pour écouter de la belle musique et décorer les maisons, pour manger tous ensemble et même chanter des chants de Noël dans le voisinage (comme ma propre famille le faisait chaque année). Toutes ces coutumes veulent être le reflet de l’adoration que nous avons pour le Christ. Et, sans conteste, c’est ce que la Bible nous dit de faire, n’est-ce pas?

Les réponses à cette question vous surprendront ! Pourquoi les gens pensent-ils que Noël est merveilleux ? Personnellement, je trouvais cette période merveilleuse. J’ai accepté ce que mes parents m’avaient appris. Je n’avais aucune raison de douter de ce qu’ils m’avaient dit. En fait, ils ne faisaient que m’enseigner ce que leurs parents leur avaient enseigné. Jamais je n’ai remis en question l’origine de Noël ! La plupart des gens ne réfléchissent jamais aux raisons qu’ils ont de croire ce qu’ils croient ou de faire ce qu’ils font. Nous vivons dans un monde rempli de coutumes mais très peu se soucient d’en chercher les origines. Nous les acceptons généralement comme allant de soi. En fait, la plupart des personnes font ce que tous les autres font — parce que c’est aisé et naturel. Examinons soigneusement les racines de la fête de Noël. Voyons quelles sont les raisons de l’existence des coutumes qui lui sont associées. Pourquoi la fête s’observe-t-elle le 25 décembre ? L’Église apostolique du Nouveau Testament observait-elle cette fête ? Cette brochure est remplie de faits historiques qui, une fois regroupés, permettent d’obtenir une image complète. Évitons les suppositions et n’acceptons que les faits qui peuvent être PROUVÉS !

Origine païenne

En 1990, la commission scolaire de Solon (banlieue de Cleveland) en Ohio a interdit les représentations de la nativité ou de Noël sous prétexte qu’elles violaient le principe de la séparation de l’Église et l’État. Les parents, outragés par leur décision, traînèrent la commission devant les tribunaux. Ces personnes se sentaient lésées car, disaient-elles, on volait le Noël qui appartenait à leurs enfants et à la communauté. La Commission perdit sa cause ! Les citoyens avaient plaidé que Noël était une tradition universelle qui ne faisait partie d’aucune religion car elle la transcendait. On jugea que c’était une fête séculière qui faisait partie de toutes les cultures à travers le monde.

La décision de la Cour stipulait que Noël n’avait aucune racine chrétienne ! Par contre, selon l’opinion de la Cour, la lecture de la Bible et la prière étaient évidemment associées au christianisme — une admission toute à fait remarquable ! La Cour conclut que l’observance de Noël et les scènes de nativité pouvaient continuer car elles ne faisaient pas partie réellement du christianisme ni de la religion — mais que la prière et la lecture de la Bible, qui elles sont « religieuses » devaient demeurées exclues des écoles. Pratiquement tout dans la célébration de Noël a ses racines dans les coutumes et la religion romaines. Lisez ce qu’en a dit un important journal américain (The Buffalo News, 22 novembre 1984) : « :La référence la plus ancienne à la célébration de Noël un 25 décembre, est datée du second siècle après la naissance de Jésus-Christ. On croit que les premières célébrations de Noël se tinrent en réaction aux saturnales romaines, un festival des moissons à l’occasion du solstice d’hiver —le retour du Soleil — et pour honorer Saturne, le dieu des semailles. Les saturnales étaient une période plutôt chahuteuse à laquelle s’opposaient fermement les chefs austères de la secte chrétienne encore minoritaire de l’époque. La fête de Noël, dit un érudit, a pris de l’ampleur parce qu’elle servit à remplacer l’adoration du soleil (sun) par l’adoration du Fils (Son). En 529 ap. J.-C.., après que le christianisme fut devenu la religion d’état, l’empereur Justinien fit de Noël une fête officielle. La célébration de celle-ci atteint son summum — certains diront son point le plus bas — pendant la période médiévale lorsqu’elle devint une période de consommation incontrôlée et de festivités encore inégalées. »

Considérez ces citations tirées de l’Encyclopédie catholique, édition 1911, sous la rubrique « Noël ». « Noël n’était pas une des premières fêtes de l’Église…les premières preuves de son existence proviennent d’Égypte. » De plus, « Les coutumes païennes de la période des calendes de janvier se déplacèrent vers Noël. » Sous le titre « jour de la nativité », Origène, un des premiers écrivains catholiques admet. : « …Dans les Écritures, on ne voit personne fêter ou tenir un grand banquet le jour de son anniversaire. Ce ne sont que les pécheurs (comme Pharaon et Hérode) qui tiennent de grandes réjouissances l’anniversaire du jour où ils sont nés dans ce monde » (Partout c’est nous qui traduisons et qui soulignons).

L’Encyclopédie Americana, édition 1956, ajoute : « Noël… ne fut pas observée pendant les premiers siècles puisque l’usage était, en général, de célébrer la mort de personnes importantes plutôt que leur naissance…une fête fut établie pour cet événement (la naissance du Christ) au quatrième siècle. Au cinquième siècle l’Église de l’Ouest ordonna que la fête soit célébrée perpétuellement le jour des rites mithriaques de la naissance du Soleil ainsi qu’à la fin des saturnales, puisqu’il n’y avait aucune certitude quant à la date exacte de la naissance du Christ. » Impossible de faire erreur sur l’ORIGINE moderne de la célébration de Noël. Nous pourrions citer plusieurs autres sources. Nous y reviendrons plus loin. Commençons par rattacher ensemble certains faits. Cela a pris 300 ans avant que l’Église romaine observe Noël et ce n’est qu’au cinquième siècle qu’elle ne devint obligatoire dans tout l’empire en tant que festival officiel en l’honneur du « Christ ».

Le Christ peut-Il être honoré par la fête de Noël ?

La justification la plus fréquente que l’on entend au sujet de Noël est que les gens ont remplacé les vieilles coutumes et intentions païennes en disant que, maintenant, elles sont « centrées sur le Christ. » J’en ai entendu plusieurs dire qu’ils « honoraient le Christ » par leur observance de Noël. Le problème est que Dieu ne dit pas que cela est acceptable à ses yeux. En fait, Il nous commande clairement de ne pas le faire. Observer Noël déshonore le Christ ! Il considère tout ce qui s’y rapporte comme une abomination ! Nous verrons pourquoi bientôt. Le Christ a dit : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes » (Matth 15 :9). Noël n’a pas été ordonné par Dieu. C’est une tradition d’hommes. Et le Christ poursuit, : « Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition » (Mc 7 :9). Chaque année, dans le monde entier, des centaines de millions de personnes font exactement cela ! Nous allons voir que Dieu nous commande clairement, « N’imitez pas la voie des nations ». Or la majorité des gens ne Le craignent pas, mais Dieu leur permet de décider par eux-mêmes. Les êtres humains possèdent le libre-arbitre — libre d’obéir ou de désobéir à Dieu ! Mais malheur à ceux qui ignore la Parole de Dieu !

Le Christ est-Il né un 25 décembre ?

Le Christ est né durant l’automne. Plusieurs croient erronément qu’il est né au début de l’hiver, le 25 décembre ! Ils se trompent. Voyez le Adam Clark Commentary, volume 5, page 370, édition New York : « Il était habituel pour les Juifs d’envoyer leurs brebis au désert aux alentours de la Pâque (tôt le printemps), et de les ramener au bercail au début des premières pluies. » Ces premières pluies commencent entre le début de l’automne et la mi-automne. Si l’on poursuit la citation : « Pendant le temps de leur sortie les bergers les surveillaient nuit et jour. Comme… le début de la pluie était tôt au mois de marchesvan, ce qui correspond en partie aux mois d’octobre et de novembre (commençant parfois en octobre), nous constatons que les brebis demeuraient à l’extérieur pendant tout l’été. Comme ces bergers n’avaient pas encore ramené leurs brebis au bercail, on peut supposer que le mois d’octobre n’avait pas encore commencé et que, conséquemment, notre Seigneur n’est pas né un 25 décembre, parce que les troupeaux étaient encore dans les champs. Il n’aurait pas pu naître plus tard qu’en septembre, les troupeaux étant toujours dans les champs, la nuit. En nous basant sur ces faits seulement, l’idée d’une nativité en décembre devrait être abandonnée. Le pacage des bêtes la nuit dans les champs est un fait chronologique… Vous pouvez aussi lire les citations des Talmudistes par Lightfooth. » Luc 2 :8 nous explique que lorsque le Christ est né. « Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. ». Veuillez remarquer qu’ils demeuraient dans les champs. Ceci ne s’est jamais produit au mois de décembre. Esdras 10 :9-13 et le Cantique des Cantiques 2 :11 montrent que l’hiver était la saison des pluies et que les bergers ne pouvaient demeurer dans les champs la nuit. Un grand nombre d’encyclopédies stipulent clairement que le Christ n’est pas né un 25 décembre ! L’Encyclopédie catholique confirme directement ce fait. En toute vraisemblance, le Christ est né en automne ! Une longue explication technique prouverait ce point. Comme nous savons maintenant que la date du 25 décembre n’est même pas proche de la date de naissance du Christ, d’où proviennent donc les festivals associés à cette date ? Lisez maintenant la citation suivante sous la rubrique « Noël ». « Dans le monde romain, les saturnales (17 décembre) étaient une période de réjouissances et d’échanges de cadeaux. Le 25 décembre était également considéré comme le jour de la naissance du dieu des mystères iranien Mithra, le Soleil de Justice. Le Jour de l’An romain (1er janvier), les maisons étaient décorées de verdure et de lumières, et des cadeaux étaient remis aux enfants et aux pauvres. À ces célébrations étaient ajoutés les rites germaniques et celtiques de la bûche (de Noël) provenant du temps de l’entrée en Gaule, en Bretagne et en Europe centrale des tribus teutonnes. La nourriture, la fraternisation, la bûche de Noël et autres gâteaux de la période, la verdure et les sapins, les cadeaux et les souhaits soulignaient tous différents aspects de cette période de réjouissances. Les feux et les lumières, les symboles de chaleur et de longue vie, ont toujours été associés aux festivals d’hiver, autant païens que chrétiens » (Encyclopédie Britannique, 15E édition, Vol. II, p. 903).

Une dernière référence au sujet du 25 décembre en tant que date de naissance du Christ est nécessaire. Prenez note de l’article paru dans le Toronto Star en décembre 1984, rédigé par Alan Edmonds et intitulé, « Nous devons beaucoup aux druides et aux Hollandais » (partout, c’est nous qui traduisons). La Réforme a quelque peu terni Noël. Déjà à cette époque certains ecclésiastiques politiciens rusés avaient adopté le festival hivernal païen comme la prétendue date de naissance de Jésus de Nazareth et, y avaient joint quelques autres friandises païennes afin de les rendre acceptables. Le 25 décembre n’a pas été choisi parce que c’était la naissance du Christ ou même parce qu’il s’en rapprochait. Cette date fut choisie parce qu’elle coïncidait avec le festival idolâtre et païen des saturnales ! Cette célébration doit être soigneusement examinée. Quoi qu’il en soit, nous ne connaissons pas la date exacte de la naissance du Christ. Bien que Dieu ait pu nous la faire connaître, Il a choisi de la cacher aux yeux du monde !

Qui était Saturne ?

Les citations précédentes ont introduit les saturnales. Examinons plus en profondeur qui était Saturne. Considérons d’abord la citation suivante provenantd’un autre grand journal américain, The Democrat and the Chronicle, Rochester, New York, décembre 1984 : « Le festival romain des saturnales, 17 au 24 décembre, encourageait les citoyens à décorer leurs maisons avec de la verdure et des lumières et à faire des cadeaux aux enfants et aux pauvres. Le festival du 25 décembre, natalis solis invicti ou la naissance du soleil invincible, avait été décrété par l’empereur Aurélien en 274 ap. J.-C. en tant que célébration du solstice d’hiver et plus tard… fut christianisé en tant que date à laquelle était né le Fils de la Lumière. Le Dr William Gutsch, président du Musée américain d’histoire naturelle — planétarium Hayden, a confirmé l’origine de Noël par la citation suivante, le 18 décembre 1989, dans le journal de Westchester, The Reporter Dispatch : « Les premiers Romains ne célébraient pas Noël mais plutôt une fête païenne appelée saturnales. C’était une fête annuelle qui se tenait au début de l’hiver, ou du solstice d’hiver. C’était la période pendant laquelle le soleil avait emprunté le chemin le plus bas au-dessus de l’horizon et où les jours commençaient à rallonger annonçant par cela une autre saison de croissance. Si plusieurs des ornements des saturnales ressemblent, d’une façon ou d’une autre, à ceux que nous avons aujourd’hui, nous savons maintenant où nous avons emprunté…nos traditions des fêtes. En réalité, on a suggéré que bien que le Christ ne soit fort probablement pas né à la fin décembre, les premiers chrétiens, étant toujours une secte hors-la-loi, avaient changé la date de la célébration de Noël pour celles des saturnales afin de ne pas attirer l’attention sur eux pendant qu’ils célébraient leur propre fête.» Les saturnales, bien entendu, célébraient Saturne, le dieu du feu. Saturne était le dieu des semailles parce que la chaleur du soleil était nécessaire pour permettre l’ensemencement et la croissance des cultures. Il était aussi adoré lors de ce festival qui se tenait au plus creux de l’hiver, afin qu’il revienne (il était le « soleil ») réchauffer la terre pour que les semailles de printemps puissent avoir lieu. La planète Saturne a hérité ce nom plus tard car, parmi toutes les planètes, ses anneaux et sa couleur rouge brillant représentait le mieux le dieu du feu ! Virtuellement chaque civilisation possède son dieu du feu ou dieu soleil. Les Égyptiens (et parfois les Romains) l’appellent Vulcain. Les Grecs l’ont appelé Chronos, tout comme les Phéniciens mais ils l’appelaient aussi Saturne. Les Babyloniens l’appelaient Tammuz (en tant que Nimrod ressuscité en la personne de son fils), Moloch ou Baal (comme l’appelaient aussi les druides). Tous ces titres étaient en fait les différents noms de Nimrod. Ce dernier est considéré le père de tous les dieux babyloniens.

Les sacrifices d’enfants.

Veuillez noter la pratique horrible qui est associée à l’adoration du dieu du feu (Nimrod, Saturne, Chronos, Moloch et Baal) dans les références suivantes tirées du livre Les deux Babylones d’Alexander Hislop, p. 231. « Maintenant, ceci est en concordance exacte avec le caractère du dirigeant suprême de ce système d’adoration du feu. Nimrod, en tant que représentation du feu dévorant, auquel les victimes humaines, tout particulièrement des enfants, étaient offertes en sacrifice, était considéré comme le grand dévoreur…il était, bien entendu, le vrai père de tous les dieux babyloniens ; et, qui par la suite a toujours été universellement considéré en tant que tel. En tant que Père des dieux, il fut, comme nous l’avons vu, appelé Chronos. Tout le monde connaît l’histoire classique de celui qui simplement « dévorait ses fils aussitôt qu’ils naissaient ». (Lempriere Classical Dictionnary, Saturn)…Cette légende possède encore un sens plus profond ; toutefois, appliqué à Nimrod, dit « le Cornu », cela fait simplement allusion au fait que, en tant que représentation de Moloch ou Baal, les enfants étaient l’offrande la plus acceptable sur son autel. Nous possédons suffisamment de tristes preuves à ce sujet à partir des archives de l’Antiquité. « Les Phéniciens » disaient Eusèbe, sacrifiaient chaque année leurs nouveau-nés bien-aimés à Chronos ou Saturne. » Mais pourquoi les sacrifices humains ont-ils une telle importance dans l’adoration de ce terrible dieu ? Quel bien les êtres humains pouvaient-ils espérer dans le fait de sacrifier leurs propres enfants ? Continuons : « …celui qui s’approchait du feu recevait une lumière de la part de la divinité » et « par ce feu divin toutes les taches dues aux générations précédentes pouvaient être effacées. » C’est la raison pour laquelle ils ont fait passer par le feu à Moloch leurs fils et leurs filles (Jér 32 :35). (Partout c’est nous qui traduisons). Aussi incroyable que cela puisse paraître, des êtres humains séduits croyaient réellement qu’ils plaisaient à leur « dieu » en sacrifiant leurs propres petits enfants innocents. Ils croyaient que le feu les purifiait du péché originel. La doctrine païenne énonçant la nécessité de passer du temps au purgatoire afin de purifier l’âme de tout péché tire son origine de cette croyance !

Qui était Nimrod ?

Nous devons examiner de plus près qui était ce personnage biblique. Nous avons déjà pu constater qu’il était un des faux dieux originaux de l’histoire. Mais que pouvons-nous apprendre de plus ? Genèse 10 :9 dit de Nimrod : « Il fut un vaillant chasseur devant à la place de l’Eternel ». En fait, il a tenté de remplacer Dieu. Le réputé historien juif, Flavius Josèphe a écrit dans « les Antiquités judaïques » des preuves importantes sur le rôle de Nimrod après le déluge universel. Voyez : « …il Nimrod aspirait à la tyrannie…il leur offrit de les protéger contre lui Dieu s’il menaçait la Terre d’un nouveau déluge, et de bâtir à cet effet une tour si haute que non seulement les eaux ne pourraient s’élever au-dessus, …Ce peuple insensé se laissa aller à cette folle persuasion qu’il lui serait honteux de céder à Dieu » (Livre I, Chapitre IV, sec 2,3). C’est sous plusieurs noms que les premiers, et sans doute les plus grands, rebelles ont été adorés au moyen de fausse religion. Israël n’a jamais cessé de servir les nombreux faux dieux que Nimrod représentait. Ézéchiel 8 :13-14 parle d’une vision au sujet de femmes d’Israël « qui pleuraient Thammuz ». Ce Thammuz (dieu du feu) aurait représenté Nimrod et l’étymologie du mot est absolument fascinante. Tam signifie « rendre parfait » et muz « feu ». La signification est très claire en regard de ce que nous avons déjà appris. Incidemment, pendant la guerre Tempête du Désert, entre l’Irak et le Koweit, Saddam Hussein avait même nommé un de ses missiles « Thammuz ». Il avait certainement compris que la signification du nom impliquait du feu.

Sacrifiés à Moloch.

Voyons comment le peuple de Dieu, Israël, adorait Baal-Moloch une fois qu’il avait abandonné le vrai Dieu : « Ils ont bâti des hauts lieux à Baal dans la vallée de Ben-Hinnom, pour faire passer (par le feu) à Moloch leurs fils et leurs filles : Ce que je ne leur avais point ordonné ; et il ne m’était point venu à la pensée qu’ils commettraient de telles horreurs… », (Jér 32 :35). Veuillez noter que Dieu Lui-même dit que de telles horreurs ne lui étaient jamais venues à la pensée. « Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal : Ce que je n’avais ni ordonné ni prescrit, ce qui ne m’était point venu à la pensée. » C’est pourquoi voici, les jours viennent, dit l’Eternel, où ce lieu ne sera plus appelé Topheth et vallée de Ben-Hinnom, mais où on l’appellera vallée du carnage. (Jér 19 :5-6). Le verset 6 lie la vallée de Tophet et de Hinnom à ce genre de sacrifices. Jérémie 7 :31 lie aussi la vallée de Tophet ou Hinnom aux sacrifices d’enfants. La signification de Tophet est « tambour – tambourin ». On faisait résonner les tambours afin d’étouffer les cris des victimes qui brûlaient dans les flammes. Prenez note de cette citation par John Milton, auteur du poème « Le Paradis Perdu », au sujet du terrible dieu Moloch : « D’abord s’avance Moloch, horrible roi, aspergé du sang des sacrifices humains et des larmes des pères et des mères, bien qu’à cause du bruit des tambours et des timbales retentissantes le cri de leurs enfants ne fût pas entendu lorsqu’il les passait par le feu devant cette sinistre idole. » Bien entendu, plusieurs diront qu’ils ne sacrifient pas leurs enfants à Moloch aujourd’hui, mais poursuivez. (Partout c’est nous qui traduisons). Dans le Nouveau Testament, Étienne, le martyr, fut lapidé à mort, au moins en partie parce qu’il avait accusé ceux qui l’écoutaient de l’adoration de cette idole malveillante (Actes 7 :43). Lorsque le roi Josias, un juste, hérita du trône en tant que roi de Juda, il détruisit tous les autels de la vallée de Tophet (ou Hinnom — la même vallée que le Christ compara au feu de la géhenne dans Mc 9 :43-49) peu après avoir été couronné. Il avait réalisé tout le mal des pratiques qui se tenaient à cet endroit.

Les druides et les sacrifices humains.

Plusieurs ont entendu parler des druides. Peu savent qui ils étaient ou ce qu’ils étaient. Nous ferons allusion à eux plus bas et verrons ce qui les relie à certaines pratiques de Noël bien connues. Nous devons d’abord établir quel était leur rôle dans les sacrifices humains. Jules César est une des sources d’information les mieux connues sur les druides. Ce qui suit est tiré de l’Encyclopédie Britannique. Cette citation, sous la rubrique « Druides », explique clairement qui ils étaient : « Druides, la classe instruite des anciens Celtes, dont le nom signifie Connaître (ou Trouver le chêne). On dit qu’ils fréquentaient les forêts de chênes et agissaient en tant que prêtres, enseignants et juges. Les archives les plus anciennes au sujet des druides proviennent du troisième siècle av. J.-C…Les druides étaient en charge des sacrifices publics et privés et plusieurs jeunes hommes allaient vers eux pour être instruits. Ils jugeaient toutes les querelles privées et publiques et prononçaient les sentences…La principale doctrine des Druides était l’immortalité de l’âme…(ils) offraient des victimes humaines pour ceux qui étaient gravement malades ou en danger de mort dans les batailles. D’énormes paniers d’osier étaient remplis d’hommes vivants pour être ensuite brûlés. Bien que les druides choisissaient préférablement des criminels, ils sacrifiaient aussi des victimes innocentes, si nécessaire. L’Ancien Testament est rempli de condamnations prononcées par Dieu à l’endroit d’Israël pour avoir pratiqué les coutumes des nations qui les entouraient. Nous rassemblons des faits importants qui sont en train de révéler une image atroce.

Le rôle du cannibalisme.

Une autre vérité à propos de l’origine de Noël a rapport au mot moderne cannibale. Cette pratique a ses racines dans l’une des fonctions principales de tous les prêtres de Baal. Le mot hébreu pour « prêtre » est Cahn. Voyez maintenant la citation suivante tirée de l’ouvrage « Les Deux Babylones » d’Alexander Hislop, page 232. « C’était un des principes de la loi mosaïque, un principe qui découlait sans aucun doute de la foi des patriarches, que le prêtre devait partager tout ce qui était offert en tant que sacrifice d’expiation (Nombres 18 :9-10). Donc, les prêtres de Nimrod (Baal) avaient aussi l’obligation de manger les victimes des sacrifices humains, et c’est ainsi qu’est né le mot « Cahna-Bal », prêtre de Baal, dans notre propre langue pour désigner ceux qui mangent de la chair humaine. » Personne ne peut ignorer cette réalité. Il est également vrai que la plupart des civilisations possèdent une tradition qui inclut le cannibalisme. Voyez cette affirmation du New York Times. « Quelle est la signification du cannibalisme ? » par Erik Eckholm. Le cannibalisme a, par le passé, à la fois fasciné et repoussé virtuellement chaque société connue, incluant celles qui sont réputées l’avoir pratiqué. » Le même article poursuivait en démontrant que la plupart des civilisations attribuaient une signification divine à une telle pratique.

Qu’en est-il du mythe du Père Noël ?

Avez-vous déjà pensé que vous pourriez être en train de faire passer vos enfants par le feu, les sacrifier, (d’une manière différente toutefois) en observant la fête de Noël, tout en essayant sincèrement de mettre « l’emphase sur le Christ » ? Les parents soutiennent qu’ils doivent observer tout le mythe de Noël à cause de leurs enfants ! Les traditions de Noël se concentrent principalement sur les enfants qui deviennent le centre de pratiquement tout ce qui se déroule. Je le sais car j’ai fêté dix-sept Noël. Ma sœur aînée, mon jeune frère et moi recevions beaucoup et donnions très peu à cette occasion, et tout commençait par le mensonge à propos du Père Noël. Il y a de cela quelques années, un prêtre du New-Jersey dit aux élèves de sa classe du dimanche que le Père Noël était un mythe. L’indignation des parents et de ses superviseurs fut instantanée. Il venait de « tuer le Père Noël ». Il avait « détruit la tradition familiale » ! Il avait « usurpé l’autorité familiale, » disait l’article. Il fut censuré par ses supérieurs pour avoir été « trop zélé et insensible. » Son crime ? Avoir dit la vérité ! Selon « l’Encyclopedia of World History » de Langer (article Santa), le nom de ce personnage était un surnom commun de Nimrod en Asie mineure. C’était aussi le même dieu du feu qui descendait dans les cheminées chez les anciens païens et le même dieu du feu pour qui des enfants étaient brûlés et mangés lors des sacrifices humains pratiqués par ceux qui jadis avaient été le peuple de Dieu. Aujourd’hui le nom de Santa Claus vient de « Saint Nicolas ». En 1809, Washington Irving fut responsable d’avoir transformé le sévère et vieil évêque original en un nouveau et « joyeux St-Nick » dans son Knickerbocker History of New York. (La plupart des traditions de Noël de l’Amérique sont encore plus récentes que cela). L’expression anglaise « Old Nick », que l’on retrouve d’ailleurs dans le dictionnaire, est depuis longtemps reconnue comme un surnom du diable. Dans Apocalypse 2 :6 et 15, la Bible traite du sujet de la « doctrine des Nicolaïtes ». à propos de laquelle le Christ dit qu’il la hait. Analysons le terme Nicolaïtes. Cela signifie « disciple de Nicolas ». Nikos signifie « conquérant, destructeur ». Laos signifie « peuple ». Les Nicolaïtes sont donc ceux qui suivent le conquérant ou destructeur — Nimrod. Si jamais vous aviez cru qu’observer Noël est une coutume chrétienne sans conséquence, alors permettez à ces vérités de s’imprégner dans votre esprit.

Les Écritures permettent-elles les échanges de cadeaux ?

Les marchands disent régulièrement que 60% de leur chiffre d’affaires se réalisent pendant la saison de Noël. Cela représente l’achat d’un nombre extraordinaire de cadeaux. Plusieurs croient que la coutume de donner des cadeaux provient de l’exemple des « trois rois mages » (la Bible ne dit pas combien ils étaient) faisant des dons au Christ. Est-ce bien vrai ? D’où vient cette coutume, et qu’en dit la Bible ? La Bibliotheca Sacra, volume 12, pages 153-155, dit : « L’échange de présents entre amis est une caractéristique de Noël et des saturnales, et a du être adopté des païens par les chrétiens comme le montre clairement l’avertissement de Tertullien. » Comme tout autre aspect de Noël, la vérité brutale est que même cette soi-disant coutume chrétienne ne vient pas de la Bible. Ironiquement, les gens aiment croire qu’ils suivent l’exemple des rois mages faisant des présents au Christ alors qu’en fait, ils se donnent des cadeaux presqu’exclusivement l’un à l’autre ! Quelle hypocrisie ! Le Christ est complètement oublié. En fait la Bible enseigne que les chrétiens ne doivent pas observer les anniversaires de naissance. Plusieurs passages illustrent ce principe clairement. (Lisez notre article « Les anniversaires de naissance sont-ils des célébrations chrétiennes ? ») Que penseriez-vous si vous aviez été invité pour fêter votre anniversaire et, qu’une fois sur place, vous constatiez que tous s’échangent des cadeaux sans se préoccuper de vous ? Cela semblerait plutôt ridicule ! Si cela arrivait vous diriez que les gens sont égoïstes en vous oubliant de la sorte. La vérité est que la plupart des gens font des cadeaux aux autres à Noël simplement parce qu’ils s’attendent à en recevoir eux-mêmes ! Retournons brièvement aux « rois mages » qui ont fait des présents au Christ. Les passages qui décrivent cela se retrouvent dans Matthieu 2 : 1-11. « Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?… Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » On croit d’une façon générale que ces présents étaient des cadeaux d’anniversaire pour « l’enfant Jésus ». Mais est-ce bien ce que la Bible dit ? Absolument pas ! En premier lieu, on doit noter qu’ils ont donné les présents à Jésus. Ils ne se tenaient pas devant lui en s’échangeant des cadeaux ou en en donnant à d’autres. Les présents Lui furent donnés. De plus, ils arrivèrent bien après son « anniversaire de naissance ». Ceci est une raison supplémentaire pour laquelle ce ne pouvait être des « cadeaux d’anniversaire. » Une des plus anciennes coutumes de l’Orient est d’offrir des cadeaux lorsque quelqu’un se retrouve en présence d’un roi. Ces personnes savaient qu’elles étaient en présence du « Roi des Juifs ». La Bible cite plusieurs exemples de personnes envoyant des cadeaux aux rois ou leur remettant en arrivant en leur présence. C’est une coutume courante de nos jours lorsqu’un ambassadeur ou d’autres personnes se retrouvent en présence d’un dirigeant du monde. En dernier lieu, notez ce que dit le « Adam Clarke Commentary » volume 5, p. 46, à propos de ce qui s’est réellement passé à cette occasion : « Verset 11. Ils Lui offrirent des présents.Les gens de l’Orient n’approchent jamais des rois ou des personnages de renom sans avoir un présent dans leurs mains. On peut souvent remarquer cette coutume dans l’Ancien Testament, et elle a toujours cours en orient de nos jours ainsi que dans certaines îles nouvellement découvertes des mers du sud. » Des présents étaient couramment faits aux rois. Quoi de plus simple ?

L’origine de l’arbre de Noël

Aucune brochure au sujet de Noël ne serait complète sans une explication à propos de « l’arbre de Noël ». Jusqu’à maintenant nous n’avons qu’effleuré le sujet. L’arbre de Noël moderne a eu son origine en Allemagne. Mais les Allemands l’ont eu des Romains qui, eux, l’ont eu des Babyloniens et des Égyptiens. Ce qui suit démontre ce que les Babyloniens croyaient à propos de l’Origine de l’arbre de Noël : « Une vieille fable babylonienne parle d’un arbre « toujours vert » qui était sorti de la souche d’un arbre mort. La souche était le symbole de Nimrod, mort, le nouvel arbre symbolisait Nimrod revenu à la vie en la personne de Thammuz ! Chez les druides, le chêne était sacré, chez les Égyptiens c’était le palmier, et chez les Romains c’était le sapin que l’on décorait avec des fruits rouges pendant les saturnales ! (Walsh, Curiosities of Popular Customs, p. 242). Le livre de Frederick J. Haskins intitulé « Answers to Questions dit : « L’arbre de Noël provient d’Égypte et son origine date d’une période bien antérieure à l’ère de Noël ». Saviez-vous cela… que l’arbre de Noël a précédé de longtemps le christianisme ? La majorité des coutumes de Noël ne sont pas mentionnées dans la Bible. La raison principale étant, bien entendu, qu’elles ne viennent pas de Dieu. Elles ne font pas partie de la façon dont Il veut que les gens L’adorent. L’arbre de Noël par contre est directement mentionné dans la Bible ! Lisez Jérémie 10 :2-5 : « Ainsi parle l’Eternel: N’imitez pas la voie des nations…Car les COUTUMES des peuples ne sont que VANITE. On coupe le bois l’arbre dans la forêt ; la main de l’ouvrier le travaille avec la hache ; on l’embellit avec de l’argent et de l’or, on le fixe avec des clous et des marteaux, pour qu’il ne branle pas. Ces dieux sont comme une colonne massive un palmier, et ils ne parlent point ; on les porte, parce qu’ils ne peuvent marcher. Ne les craignez pas (comme dieu), car ils ne sauraient faire aucun mal, et ils sont incapables de faire du bien. » C’est une description de l’arbre de Noël moderne. Dieu y réfère en disant « la voie des nations ». D’une manière aussi directe, il commande à Son peuple de ne pas « imiter … la voie des nations ». Il dit que ces coutumes ne sont que « vanité ». Le verset 23 affirme d’une façon remarquable et puissante : « Je le sais, Ô Eternel ! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; Ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses propres pas. » Dieu doit enseigner aux gens la façon de vivre. Ils ne sont pas capables de comprendre par eux-mêmes ce qu’il faut faire. Le 10e chapitre de Jérémie ne permet pas de croire, comme certains ont voulu le suggérer parce qu’il est dit qu’ils ne sauraient faire mal, que ce ne soit pas vraiment défendu d’avoir un arbre de Noël. Dieu condamne l’élévation d’arbres (de Noël) païens en l’ordonnant clairement !

L’origine des couronnes, de la bûche et du gui.

L’Encyclopedia Americana dit : « Le houx, le gui, la bûche de Noël…sont des vestiges de l’ère pré-chrétienne. » Autrement dit, du paganisme ! La bûche (de Noël) faisait partie d’un rite Teuton d’adoration de la nature. Le livre de Frederick J. Haskins ajoute : « Les autorités croient que l’utilisation des couronnes de Noël tire leur origine des coutumes païennes de décoration d’édifices et des endroits de culte pendant la fête qui se tenait pendant la même période que Noël. » L’Encyclopédie Britannique, sous la rubrique « Celastrales », révèle l’origine des couronnes : « Les païens d’Europe apportaient dans leurs demeures des gerbes, offrant ainsi aux êtres féériques des bois un refuge pendant la dure période hivernale. Pendant les saturnales, la fête hivernale romaine, des branches de houx étaient échangées en gage d’amitié. Les premiers chrétiens romains auraient apparemment utilisé le houx en tant que décoration pendant la période de Noël. » Il existe des douzaines de types de houx. Presque tous se présentent sous une variété mâle ou femelle comme la « Blue Prince et Blue Princess », ou la « Blue Boy et la Blue Girl » ou la « China Boy et China Girl ». Les plantes de houx femelles ne peuvent porter de fruits à moins qu’un plant mâle à proximité les ait pollenisées. Il est aisé de voir pourquoi la couronne de houx a été adoptée dans les rituels païens en tant que signe d’amitié et de FERTILITÉ ! Noël ne serait pas complet pour certains à moins d’échanger « un baiser sous le gui ». Cette coutume païenne allait de soi lors d’une nuit de festivités tenue dans un esprit d’ivrognerie. Tout comme aujourd’hui, les « baisers » étaient échangés au tout début des célébrations des saturnales, ou, de nos jours, de Noël. Je n’oublierai jamais l’obligation à laquelle j’étais tenu d’embrasser la mère de mes amis en entrant dans chacune de leur maison le jour de Noël. C’était la première chose que nous faisions. Je détestais cela, mais c’était quelque chose qu’il « fallait faire » !Le gui était supposé avoir des pouvoirs de guérison spéciaux pour ceux qui « s’amusaient » en dessous. L’Encyclopédie Britannique, sous la rubrique « Santalales » dit : Le gui européen est supposé avoir eu une signification rituelle spéciale lors des cérémonies druidiques et possède toujours, dans le folklore d’aujourd’hui, un statut particulier, en tant que gui de Noël, qui nous vient du temps des Anglo-Saxons ». Le gui est un parasite qui vit sur le chêne. (Rappelez-vous que les druides adoraient les bocages de chênes). Les anciens Celtes (associés aux druides) avaient pour habitude de donner du gui en tant que remède aux animaux stériles afin de les rendre fertiles. Sa signification en langue celte est toujours : « la plante qui guérit tout ». Tout comme le gui, les fruits de houx étaient considérés sacrés pour le dieu soleil. La « bûche du soleil » originelle (sun log) en est venue à être appelée la bûche de Noël (yule log) simplement parce que le mot « Yule » (bûche) signifie « roue », symbole païen qui depuis longtemps représente le soleil. Quelle que soit la culture, l’origine de la fête est la même. Seuls certains symboles diffèrent selon les cultures. Voici ce que dit l’Encyclopedia Universalis au sujet de Noël : « Fête solennelle de la naissance de Jésus-Christ, Noël est célébré le 25 décembre dans toutes les Églises chrétiennes depuis le IVe siècle. À cette époque, cette date était alors celle de la fête païenne du solstice d’hiver appelé « Naissance (en latin, Natale) du soleil », car celui-ci semble reprendre vie lorsque les jours s’allongent… ». (« Natale » est la racine du mot Noël).

Mélanger l’adoration du vrai Dieu et les fausses pratiques.

Le mot moderne pour expliquer le mélange de fausses pratiques païennes et l’adoration du vrai Dieu est syncrétisme. Quiconque faisait une telle chose dans l’ancien Israël était mis à mort (Lévitique 18 :21, 29) ! C’était très sérieux ! II Rois 17 :33 nous donne un aperçu de la façon dont la nation d’Israël pensait et croyait, dans son esprit, adorer Dieu : « Ainsi ils craignaient l’Eternel, et ils servaient leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait transportés. » Avez-vous bien saisi ceci ? Oui, ils craignaient Dieu pendant qu’ils servaient d’autres dieux. Pas étonnant que le verset qui suit immédiatement (34), dise qu’en réalité «, « ils ne craignent POINT l’Eternel » selon la voie qu’il a prescrite. Voilà la façon dont Dieu voit les gens se comporter aujourd’hui, malgré tout ce qu’ils peuvent penser de leurs actions en copiant d’anciennes pratiques païennes ! Le verset 30 dit que tout cela avait été appris au contact des « gens de Babylone » (parmi d’autres) dont le dieu principal, nous nous en souviendrons, était Nimrod, — Baal ou Moloch —, qui nous le savons maintenant, était la même personne. Constatez jusqu’à quel point l’avertissement de Dieu est spécifique dans Deutéronome 12 :29-31, et la raison pour laquelle Il les avertissait ! « Lorsque l’Eternel, ton Dieu, aura exterminé les nations que tu vas chasser devant toi… et que tu te seras établi dans leur pays, garde-toi de te laisser prendre au piège en les imitant, après qu’elles auront été détruites devant toi. Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi, je veux faire de même. Tu n’agiras pas ainsi à l’égard de l’Eternel, ton Dieu ; car elles servaient leurs dieux en faisant TOUTES LES ABOMINATIONS qui sont odieuses à l’Eternel, et même elles brûlaient au feu leurs fils et leurs filles en l’honneur de leurs dieux. » Plusieurs autres versets, semblables à Deutéronome 12, devraient être étudiés. Voyez Exode 34 :10-17 ; 23 :28-33 ; Lévitique 20 :22-26 ; Deutéronome 20 :13-18, etc. Le véritable Dieu savait que servir d’autres dieux menait toujours à leur sacrifier les enfants ! Deutéronome 12 :32 dit clairement que Dieu ne veut pas que nous mélangions Ses voies avec quelque fausse voie. « Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n’y ajouterez rien, et vous n’en retrancherez rien. » Voilà les PAROLES CLAIRES que Dieu adresse à tous ceux qui disent qu’ils peuvent mélanger les coutumes horribles du paganisme tout en conservant « l’emphase sur le Christ. » Les pratiques païennes de l’ancien Israël dans les coutumes modernes. Deutéronome 12 :2-4 précise un contexte important. Dieu y dit clairement : « Vous détruirez tous les lieux où les nations que vous allez chasser servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines, et sous tout arbre vert. … vous brûlerez au feu leurs idoles bocages, … Vous n’agirez pas ainsi à l’égard de l’Eternel, votre Dieu. » Veuillez prendre note des références aux « arbres verts » et aux « bocages ». Il y a au-moins dix versets semblables dans l’Ancien Testament mentionnant les arbres verts » en association avec l’idolâtrie. Les historiens croient que le terme « vert » se réfère à ce qui demeure vert toute l’année, autrement dit, les arbres à feuilles persistantes ! À nouveau, examinons encore de près l’histoire et l’origine de quelques coutumes des saturnales encore pratiquées aujourd’hui. Voici une citation à donner le frisson et qui provient du Dictionary of Greek and Roman Antiquities, « Oscilla », 3e édition, volume II. « …tous s’appliquaient à fêter et à être joyeux, des présents étaient échangés entre amis, les foules remplissaient les rues en criant : « Voilà les saturnales ». Selon le poète païen Virgil, une offrande était présentée sous un arbre vert décoré. Des figurines et des masques, appelés oscilla, étaient suspendues dans l’arbre, tout comme dans les arbres de Noël d’aujourd’hui. L’histoire admet…qu’il n’y a aucun doute que ces oscilla représentassent les vestiges de sacrifices humains… » Est-ce que toutes ces choses vous semblent familières ? Des cadeaux, des chants dans les rues, des arbres verts, des décorations, des offrandes au pied de l’arbre, des réjouissances, festoyer. Elles peuvent sembler merveilleuses mais elles représentent des choses vraiment horribles. Les oscilla modernes ressemblent à de petits « anges » joufflus lorsqu’ils sont suspendus dans l’arbre. Quand j’étais jeune, je plaçais ces petits « bébés anges » dans l’arbre moi-même. Du moins je croyais qu’ils étaient des « bébés anges ». Quelle erreur je faisais ! Pensez-vous que quiconque parmi vos connaissances se rend compte de ce qu’ils sont ? Bien sûr que non — mais cela n’enlève pas le sérieux de la chose ni ne les rend moins mal aux yeux de Dieu !

Un paganisme flagrant dans l’Église.

Une autre source permet de démontrer comment tout ceci en est venu à faire partie des coutumes observées « innocemment » par des millions de personnes — tout en étant loin d’être « innocent » aux yeux de Dieu. Lisez maintenant la citation de l’Encyclopédie Britannique, 15è édition, volume 10, pages 1062-63 : « La chrétienté…par un processus complexe et graduel…devint la religion officielle de l’empire (romain). Pendant un certain temps, les pièces de monnaies ainsi que d’autres monuments continuèrent de lier les doctrines chrétiennes avec l’adoration du soleil, pratique à laquelle Constantin s’était adonné auparavant. Mais même après cette période, le paganisme romain continua d’exercer d’autres influences permanentes, petites et grandes. Le calendrier ecclésiastique a conservé un grand nombre de souvenirs des festivals pré-chrétiens, notamment Noël, qui inclut un mélange d’éléments des saturnales et de l’anniversaire de Mithra. Mais plus encore, le branche dominante de la chrétienté occidentale doit à la Rome ancienne sa discipline qui a été le garant de sa forme et de sa stabilité. » Une autorité aussi réputée que l’Encyclopédie Britannique qui admet, pour tous ceux qui voudront bien le lire, que ce sont les saturnales et la Rome ancienne qui ont défini la « discipline, la stabilité et la forme » de la chrétienté occidentale ! Ceci est une admission pour le moins renversante ! Voici une autre citation très forte, sous la rubrique « Christmas » du New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge, qui révèle la façon dont ce festival idolâtre et païen s’est infiltré dans le monde « chrétien ». (Partout dans le texte, c’est nous qui traduisons). « À savoir jusqu’à quel point la date du festival dépendait de la fête de Brumalia (25 décembre), qui suivait immédiatement les saturnales (17 au 24 décembre) et, qui célébrait le jour le plus court de l’année et fêtait le « soleil nouveau »…ne peut être déterminé avec précision. Les saturnales et la fête de Brumalia étaient trop profondément implantées dans les coutumes populaires pour être mis de côté par l’influence chrétienne…Le festival païen avec ses réjouissances et ses émeutes était si populaire que les chrétiens du temps furent heureux d’avoir une excuse leur permettant de continuer sa célébration avec peu de changement dans l’esprit de la fête comme dans la façon de la célébrer. Les prédicateurs chrétiens de l’Ouest et du Proche-Orient ont protesté contre cette frivolité déplacée avec laquelle l’anniversaire de la naissance du Christ était célébré, alors que les chrétiens de Mésopotamie accusèrent leurs frères de l’ouest d’idolâtrie et d’adoration du soleil parce qu’ils avaient accepté comme chrétien ce festival païen. » Une source additionnelle révèle comment l’église romaine a absorbé Noël en tant que célébration officielle. L’Encyclopédie Britannique, édition 1946, dit : « Noël ne faisait pas partie des premiers festivals de l’église…Certains Latins, aussi tôt qu’en 354, ont peut-être transféré l’anniversaire du 6 janvier au 25 décembre qui était alors une fête mithriaque…ou l’anniversaire du SOLEIL invincible…Les Syriens et les Arméniens, qui retinrent le 6 janvier, accusent les Romains d’adoration du soleil et d’idolâtrie, soutenant…que la fête du 25 décembre avait été inventée par les disciples de Cérinthus… » C’est de cette façon qu’un festival païen, célébré longtemps avant la naissance du Christ, fit son chemin jusque dans la chrétienté reconnue. Saviez-vous qu’au dix-septième siècle, même les Puritains de la Nouvelle-Angleterre savaient à quel point Noël était mauvais ? Ils en ont défendu l’observance par une loi, en 1659, dans toute la colonie de la Baie de Massachussets. C eux qui l’observaient étaient passibles d’amendes et de la prison. Cela prit 200 ans (1856) avant que les gens cessent de travailler le jour de Noël à Boston. Les Puritains en connaissaient l’origine et la considéraient comme « païenne et comme une fête papiste idolâtre ».

Ceux qui changent les temps et la Loi.

Le prophète Daniel (7 :8) parle d’une « petite corne » à propos de laquelle le verset 25 du même chapitre dit « …prononcera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très Haut, et il espérera changer les temps et la loi ». Cette petite corne est une grande autorité religieuse qui tente d’imposer sa propre conception des dates et des célébrations sur un monde sans méfiance en remplacement des instructions claires de Dieu. Le mot hébreu utilisé pour « changer » signifie « transformer, altérer ou fixer ». Le mot traduit par « temps » signifie « occasions désignées, époques, moments ». Le mot hébreu traduit par « loi » signifie « décrets ou loi de Dieu ». Cette phrase fait référence à une autorité qui tente de transformer des occasions désignées et des époques définies dans la loi de Dieu. Noël est certainement un exemple important qui illustre comment une telle chose a été faite. Les instructions de Dieu ont été remplacées par les traditions des hommes. La citation suivante révèle comment cela s’est produit. Elle provient également de l’Encyclopédie Britannique sous la rubrique « Christianisme ». « Ainsi, la liturgie de Pâques a été développée davantage dans l’Église orthodoxe d’orient, et celle de Noël davantage dans l’Église catholique romaine…Le calendrier chrétien est une des institutions chrétiennes les plus répandues. La semaine de sept jours et le rythme des festivals chrétiens ont été acceptés même par les pays les moins chrétiens. Malgré de nombreuses tentatives énergiques d’introduire des semaines de travail variables, la semaine de sept jours avec le dimanche de congé n’a pu être éliminée même dans les pays communistes ayant une vue athée du monde. Même dans les cercles et organisations athées du monde, les fêtes chrétiennes jouissent d’une popularité incontestée en tant que jours de congé, spécialement Noël. » En vérité, ce sont les « politiciens ecclésiastiques » auxquels nous avons fait référence plus tôt qui ont cherché à imposer le calendrier « chrétien » moderne à un monde inconscient. Ce sont ces « leaders » qui ont « pensé changer les temps et la loi. » Le dangereux pouvoir des mensonges. Un des noms de Satan est Destructeur (Apocalypse 9 :11). Nimrod-Saturne-Moloch-Baal, tout comme Satan, est un dieu du feu qui détruit et dévore nos petits enfants. Le vrai Jésus-Christ n’a jamais été et ne sera jamais « dans » Noël ! On ne peut Le remettre là où Il n’a jamais été. Le « dieu de ce siècle », Satan (II Cor 4 :4) a toujours été dans Noël. Il en est l’auteur ! Le vrai Dieu nous commande de l’adorer « en esprit et en vérité » (Jn 4 :23-24). Cela ne cadre pas avec le grand mensonge de Noël et du Père Noël que tous les enfants croient si volontiers. I Tim 4 :2 avertit ceux qui « enseignent hypocritement des faussetés », « portant la marque de la flétrissure (grec : cautériser) dans leur propre conscience ». Les parents peuvent « brûler » leurs propres enfants, leur laissant une profonde cicatrice, avec la supercherie et le mensonge de Noël ! On ne peut donner l’excuse du grand nombre de personnes qui observent Noël car Satan, qui est appelé « père du mensonge » et « meurtrier dès le commencement » (Jn 8 :44), « a séduit toute la Terre » (Apoc 12 :9) ! Trouvez et lisez ce verset. Et reconnaissez aussi le fait que Noël est sans contredit un témoignage de cette grande séduction. Par contre le Christ fait référence à Son Église en tant que « petit troupeau », (Lc 12 :32). Plusieurs autres versets illustrent aussi cela. Cette Église ne possède pas un grand nombre de fidèles comme les grandes dénominations chrétiennes bien établies de ce monde.

Que devriez-vous faire ?

Finalement, examinons ce que Dieu dit à Son peuple de faire et comment il devrait éduquer ses enfants. Rappelez-vous Jérémie 7 :31 qui rapporte la condamnation d’Israël par Dieu pour avoir brûlé leurs enfants dans la vallée de Tophet. Huit versets plus tôt, Dieu avait clairement dit ce qu’Il exigeait : « Mais voici l’ordre que je leur ai donné : Ecoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes les voies que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. Et ils n’ont point écouté… Ils ont suivi … les penchants de leur mauvais cœur » Les êtres humains ne veulent pas obéir à Dieu (Romains 8 :7). Ils préfèrent suivrent leurs propres « penchants ». Ils ne comprennent pas que Dieu veut que leur vie se déroule « bien ». Il veut que le bonheur, la joie et les bénédictions coulent dans leur vie. Toutes ces choses seraient le résultat d’une telle obéissance. Dieu a inspiré Moïse afin qu’il prévienne les parents de la sérieuse responsabilité qu’ils doivent assumer dans la façon d’éduquer leurs enfants. Remarquez les instructions données dans Deutéronome 6 :1, 6-7, 20-21, 25 : « Voici les commandements… que l’Eternel, votre Dieu, a commandé de vous enseigner, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession… Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras… Lorsque ton fils te demandera un jour : Que signifient ces préceptes, ces lois et ces ordonnances, que l’Eternel, notre Dieu, vous a prescrits ? tu diras à ton fils : Nous étions esclaves de Pharaon en Egypte, et l’Eternel nous a fait sortir de l’Egypte par sa main puissante. Nous aurons la justice en partage, si nous mettons soigneusement en pratique tous ces commandements devant l’Eternel, notre Dieu, comme il nous l’a ordonné. » Dieu délivra Israël d’Égypte —de l’esclavage — des coutumes du monde qui les entouraient et Il leur a révélé Sa Loi. Il ne veut pas que Son peuple retourne aux traditions, coutumes et façons dont Il les a délivrés. Lorsque toutes ces traditions, truffées de symbolisme d’adoration des anciens dieux païens, inventés par les hommes, sont enseignées, cela ne constitue pas de l’adoration envers le vrai Créateur. Nous ne savions pas que Noël provenait de Babylone. À deux reprises dans Matth 7 :16 et 20, Jésus a dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ». Tout ce que les gens font ou disent de bien ou de mauvais produit des fruits. Les fruits de Noël sont terribles. Cette période est celle pendant laquelle domine l’adultère, la solitude, la jalousie, l’ivrognerie et la conduite dangereuse au volant, les controverses familiales (et pire), sans compter les dettes qui s’accumulent et ne peuvent parfois pas être payées avant le mois de mars. Ce problème est si important que toutes les églises rapportent que leur revenu, ironiquement, chute pendant cette période alors que les gens « récupèrent » de toutes leurs dépenses.

Le véritable « esprit de Noël ».

Le prophète Ésaïe fut inspiré d’écrire, « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette, et annonce à mon peuple ses iniquités, à la maison de Jacob ses péchés ! » (És 58 :1). C’est ce que je viens de faire. Vous venez de lire la pure vérité au sujet de l’Origine réelle de Noël. Que ferez-vous ? La citation qui suit provient de la brochure intitulée « La simple vérité au sujet de Noël », écrite par M. Herbert W. Armstrong. Elle résume la brochure que vous venez de lire. « Noël est devenue une saison commerciale. Cette fête est financée, exploitée, maintenue en vogue par un déploiement inouï de campagnes publicitaires les plus intenses de l’année…où vous voyez un Père Noël de mascarade dans plusieurs magasins. Des flots de réclames nous tiennent en haleine et nous trompent sur le « merveilleux esprit de Noël ». La presse, qui vend les annonces, imprime des éditoriaux flatteurs, en langage fleuri, exaltant la saison païenne, et son « esprit ». Un public crédule en est tellement inoculé, que beaucoup s’offensent quand on leur dit la vérité ! Ainsi se crée, année après année, « l’esprit de Noël », non point pour honorer le Christ mais pour vendre des marchandises. C’est caractéristique de toutes les mystifications de Satan qui se donne les apparences d’un « ange de lumière » et se montre sous un faux aspect de bonté ! Chaque année cette débauche commerciale effrénée engloutit des sommes qui se chiffrent par milliards de dollars et pendant ce temps l’œuvre du Christ en souffre. Cela fait partie du système économique de Babylone ! Nous avons proclamé être une nation chrétienne mais nous vivons dans Babylone tel que prophétisé dans la Bible ; et nous ne nous en rendons pas compte : « Sortez du milieu d’elle mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayiez point part à ses fléaux » — maintenant près de sévir — tel est l’avertissement qui nous est adressé dans Apocalypse 18:4. C’est nous qui soulignons Cette année, au lieu de vous livrer à ce commerce de cadeaux, pourquoi ne mettriez-vous pas cet argent au service de l’œuvre de Dieu ?

Voir enfin:

“LE PÈRE NOËL SUPPLICIÉ.”

Claude Lévi-Strauss

Les Temps modernes

mars 1952

Les fêtes de Noël 1951 auront été marquées, en France, par une polémique à  laquelle la presse et l’opinion semblent s’être montrées fort sensibles et qui a introduit  dans  l’atmosphère  joyeuse  habituelle  à  cette  période  de  l’année  une  note  d’aigreur inusitée. Depuis plusieurs mois déjà, les autorités ecclésiastiques, par la  bouche  de  certains  prélats,  avaient  exprimé  leur  désapprobation  de  l’importance  croissante  accordée  par  les  familles  et   les  commerçants  au  personnage  du  Père  Noël. Elles dénonçaient une « paganisation » inquiétante de la Fête de la Nativité,  détournant  l’esprit  public  du  sens  proprement  chrétien  de  cette  commémoration,   au profit d’un mythe sans valeur religieuse . Ces attaques se sont développées à la  veille de Noël; avec plus de discrétion sans  doute, mais autant de fermeté, l’Église  protestante a joint sa voix à celle de l’ Église catholique. Déjà, des lettres de lecteurs  et  des  articles  apparaissaient  dans   les  journaux  et  témoignaient,  dans  des   sens  divers  mais  généralement  hostiles à  la  position  ecclésiastique,  de  l’intérêt   éveillé  par  cette  affaire.  Enfin,  le  point  culminant  fut  atteint  le  24  décembre,  à   l’occasion  d’une  manifestation  dont   le  correspondant  du  journal   France-Soir   a   rendu compte en ces termes :

DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES  LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA  CATHÉDRALE DE DIJON  Dijon, 24 décembre (dép.  France-Soir .)

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et  hérétique. Il avait été accusé de paganiser la  fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus  en plus grande. On lui reproche surtout de  s’être introduit  dans  toutes  les  écoles  publiques  d’où  la  crèche  est  scrupuleusement bannie.  Dimanche  à  trois  heures  de  l’après-midi,  le  malheureux  bonhomme  à  barbe   blanche a payé comme beaucoup d’innocents une faute dont s’étaient rendus coupa- ble ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.  À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel :

Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le  mensonge,  250  enfants,  groupés  devant  la  porte  principale  de  la  cathédrale  de  Dijon, ont brûlé le Père Noël.  Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a  été sacrifié en holocauste. À la vérité, le  mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres  disent  et  écrivent  ce  qu’ils  veulent  et  fassent  du  Père  Noël  le  contrepoids  du  Père   Fouettard.  Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur.

L’exécution du Père Noël sur le parvis  de la cathédrale a été diversement appréciée par la  population  et  a  provoqué  de  vifs  commentaires  même  chez  les  catholiques.  D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues  par ses organisateurs.  L’affaire partage la ville en deux camps.  Dijon  attend la  résurrection  du  Père  Noël,  assassiné  hier  sur  le  parvis  de  la  cathédrale.  Il  ressuscitera ce  soir,  à  dix-huit  heures,  à  l’Hôtel  de  Ville.  Un   communiqué officiel a annoncé, en effet,  qu’il convoquait, comme  chaque année, les  enfants  de  Dijon  place  de  la   Libération  et  qu’il  leur  parl erait  du  haut  des  toits  de   l’Hôtel de Ville où il circulera sous les feux des projecteurs.  Le chanoine Kir, député-maire de Dijon, se serait abstenu de prendre parti dans  cette délicate affaire. »

Le jour même, le supplice du Père Noël  passait au premier rang de l’actualité;  pas un journal qui ne commentât l’incide nt, certains même – comme France-Soir  déjà cité et, on le sait, le plus fort tirage  de la presse française – allant jusqu’à lui  consacrer  l’éditorial.  D’une  façon  générale,  l’attitude  du  clergé  dijonnais  est  désapprouvée;  à  tel  point,  semble-t-il,  que  les  autorités   religieuses  ont  jugé  bon  de  battre en retraite, ou tout au moins d’observer une réserve discrète; on dit pourtant  nos  ministres  divisés  sur  la   question.  Le  ton  de  la  plupart  des  articles  est  celui  d’une sensiblerie pleine de tact  : il est si joli de croire  au Père Noël, cela ne fait de  mal à personne, les enfants en tirent de grandes satisfactions et font provision de  délicieux  souvenirs  pour  l’âge  mûr,  etc.  En  fait,   on  fuit  la  question au  lieu d’y  répondre,  car  il  ne  s’agit  pas  de  justifier  les  raisons  pour  lesquelles  le  Père  Noël   plaît  aux  enfants,  mais  bien  celles  qui   ont  poussé  les  adultes  à  l’inventer.  Quoi  qu’il en soit, ces réactions sont si unanimes qu’on ne saurait douter qu’il y ait, sur  ce  point,  un  divorce  entre  l’opinion  publique  et  l’Église.  Malgré  le  caractère  minime  de  l’incident,  le  fait  est  d’importance,  car  l’évolution  française  depuis  l’Occupation  avait  fait  assister  à  une  réconciliation  progressive  d’une  opinion  largement incroyante avec la religion  : l’accession aux conseils gouvernementaux  d’un parti  politique  aussi  nettement  confessionnel  que  le  M.R.P.  en  fournit  une   preuve. Les anticléricaux traditionnels se sont d’ailleurs  aperçu [sic] de l’occasion  inespérée qui leur était offerte : ce sont eux, à Dijon et  ailleurs, qui s’improvisent  protecteurs du Père Noël menacé. Le Père  Noël, symbole de l’irreligion, quel paradoxe! Car, dans cette affaire, tout se  passe comme si c’était l’Église qui adoptait  un esprit critique avide de franchise et de vérité, tandis que les rationalistes  se  font  les  gardiens  de  la  superstition.  Cette  apparente  inversion  des  rôles   suffit à suggérer que cette  naïve affaire recouvre des réalités plus profondes. Nous  sommes en présence d’une manifestation  symptomatique d’une très rapide évolution  des  mœurs  et  des  croyances,  d’abord   en  France,  mais  sans  doute  aussi  ailleurs.  Ce  n’est  pas  tous  les  jours  que   l’ethnologue  trouve  ainsi  l’occasion   d’observer,  dans  sa  propre   société,  la  croissance  subite  d’un  rite,  et  même  d’un   culte; d’en rechercher  les causes et d’en étudier l’impact sur les autres formes de  la   vie   religieuse;   enfin   d’essayer   de    comprendre   à   quelles   transformations   d’ensemble, à la fois mentales et sociales, se rattachent des manifestations visibles  sur lesquelles l’Église – forte d’une expérience traditionnelle en  ces matières – ne  s’est pas trompée, au moins dans la mesure où elle se bornait  à leur attribuer une  valeur significative.

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Depuis trois ans environ, c’est-à-dire depuis que l’activité  économique est redevenue à peu près normale, la célébration de Noël a pris en France une ampleur  inconnue avant guerre [sic]. Il est certain que ce développement, tant par son importance matérielle que par les formes sous lesquelles il se produit, est un résultat  direct de l’influence et du  prestige des États-Unis d’Amérique. Ainsi, on a vu simultanément apparaître les grands sapins dressés aux carrefours ou sur les artères  principales,  illuminés  la  nuit;  les  papiers  d’emballage  historiés  pour  cadeaux  de  Noël; les cartes de vœux à vignette, avec l’usage de les exposer  pendant la semaine fatidique sur la cheminée du récipiendaire; les quêtes de l’Armée du Salut suspendant ses chaudrons en guise  de sébiles sur les places et les rues; enfin les personnages déguisés en Père Noël pour recevoir les suppliques des enfants dans les  grands magasins. Tous ces usages qui paraissaient, il y a quelques années encore,  puérils  et  baroques  au  Français  visitant les  États-Unis,  et  comme l’un des signes  les plus évidents de l’incompatibilité foncière entre les deux mentalités,  se  sont  implantés  et  acclimatés  en  France  avec  une  aisance  et  une  généralité  qui  sont une leçon à méditer pour  l’historien des civilisations.

Dans ce domaine, comme aussi dans d’autres, on est en train d’assister à une vaste expérience  de  diffusion,  pas  très  différente  sans  doute  de  ces  phénomènes  archaïques  que  nous  étions  habitués  à  étudier  d’après  les  lointains  exemples  du briquet à piston ou de la pirogue à balancier.  Mais il est plus facile et plus difficile à la fois de raisonner  sur  des  faits  qui  se   déroulent  sous  nos  yeux  et  dont  notre   propre société est le théâtre. Plus facile,  puisque la continuité de l’expérience est  sauvegardée, avec tous ses moments et chacune de ses nuances; plus difficile aussi,  car  c’est  dans  de  telles  et  trop  rares occasions  qu’on s’aperçoit de l’extrême   complexité  des  transformations sociales,  même  les  plus  ténues;  et  parce  que  les   raisons  apparentes  que  nous   prêtons  aux  événements  dont  nous  sommes  les  acteurs sont fort différentes des causes réelles qui nous y  assignent un rôle.

Ainsi, il serait trop simple d’expliquer le développement de la célébration de  Noël en France par la seule influence des États-Unis. L’emprunt est un fait, mais  il  ne  porte que  très  incomplètement  ses  raisons  avec  lui.  Énumérons  rapidement   celles qui sont évidentes : il y a davantage d’Américains en France, qui célèbrent  Noël à leur manière; le cinéma, les « digests » et les romans américains, certains  reportages aussi des grands journaux, ont fait connaître  les mœurs américaines, et  celles-ci bénéficient du prestige qui s’ attache à la puissance militaire et économique des États-Unis; il n’est même pas exclu que le plan Marshall ait directement ou indirectement  favorisé  l’importation  de  quelques  marchandises  liées  aux  rites  de Noël. Mais tout cela serait insuffisant  à expliquer le phénomène. Des coutumes  importées des États-Unis s’imposent même à des couches de la population qui ne  sont pas conscientes de leur origine;  les milieux ouvriers, où l’influence communiste discréditerait plutôt  tout ce qui porte la marque  made in U.S.A. , les adoptent  aussi  volontiers  que  les  autres.  En  plus  de  la  diffusion  simple,  il  convient  donc   d’évoquer  ce  processus  si  important  que  Kroeber,  qui  l’a  identifié  d’abord,  a nommé  diffusion  par  stimulation (stimulation diffusion) :  l’usage  importé  n’est pas assimilé, il joue plutôt le rôle de catalyseur; c’est-à-dire qu’il suscite, par  sa  seule  présence,  l’apparition  d’un  usage  analogue qui  était  déjà  présent à l’état potentiel dans le milieu secondaire. Illustrons ce point par un exemple qui touche  directement  à  notre  sujet.  L’industriel  fabricant  de  papier  qui  se  rend  aux  États-Unis, invité par ses collègues américains ou membre d’une mission économique,  constate  qu’on  y  fabrique  des  papiers  spéciaux  pour  emballages  de  Noël;  il  emprunte cette idée, c’est un phénomène de diffusion. La ménagère parisienne qui se  rend  dans  la  papeterie  de  son  quartier   pour  acheter  le  papier  nécessaire  à   l’emballage  de  ses  cadeaux  aperçoit  dans  la  devanture  des  papiers  plus  jolis  et   d’exécution  plus  soignée  que  ceux  dont  elle  se  contentait;  elle  ignore  tout  de  l’usage américain, mais ce papier satisfait une exigence esthétique et exprime une  disposition  affective  déjà   présentes,  bien que privées   de  moyen  d’expression.  En   l’adoptant,  elle  n’emprunte  pas  directement  (comme  le  fabricant)  une  coutume  étrangère,  mais  cette  coutume,  sitôt  connue,  stimule  chez  elle  la  naissance d’une  coutume identique.

En second lieu, il ne faudrait pas oublier que, dès avant la guerre, la célébration de Noël suivait en France et dans toute l’Europe une marche ascendante. Le  fait est d’abord lié à l’amélioration progressive du niveau de vie; mais il comporte  aussi  des causes  plus  subtiles.  Avec  les   traits  que  nous  lui  connaissons,  Noël  est   essentiellement  une  fête  moderne  et  cela  malgré  la  multitude  de  ses  caractères   archaïsants.  L’usage  du  gui   n’est  pas,  au  moins  immédiatement,  une  survivance  druidique, car il paraît avoir été remis à la  mode au moyen âge. Le sapin de Noël  n’est mentionné nulle part avant certains textes allemands du XVIIe  siècle; il passe en Angleterre au XVIIIe  siècle, en France au XIXe  seulement. Littré paraît mal  le connaître,  ou  sous  une  forme  assez  différente  de  la  nôtre  puisqu’il  le  définit   (art.  Noël)  comme  se  disant  «  dans  quelques  pays,  d’une   branche  de  sapin  ou  de   houx diversement ornée, garnie surtout de bonbons et de joujoux pour donner aux  enfants,  qui  s’en  font  une  fête  ».  La   diversité  des  noms  donnés  au  personnage   ayant le rôle de distribuer des jouets aux enfants : Père Noël, Saint Nicolas,  Santa  Claus,  montre  aussi  qu’il   est  le  produit  d’un  phénomène  de  conver-gence et non un prototype ancien partout conservé.

Mais  le  développement  moderne  n’invente  pas  :  il  se  borne  à  recomposer  de   pièces et de morceaux une vieille célébration dont l’importance n’est jamais com-plètement oubliée. Si, pour Littré, l’arbre de Noël est presque une institution exotique,  Cheruel  note  de  façon  significative,  dans  son   Dictionnaire  Historique  des   Institutions, Mœurs et Coutumes de la France  (de l’aveu même de son auteur, un  remaniement  du  dictionnaire  des  Antiquités  Nationales  de  Sainte  Palaye,  1697- 1781)  :  «  Noël…  fut,  pendant  plusieurs  siècles  et   jusqu’à  une  époque  récente   (c’est nous qui soulignons), l’occasion de  réjouissances de famille »; suit une des-cription des réjouissances de Noël au XIIIe  siècle, qui paraissent ne céder en rien  aux  nôtres.  Nous  sommes  donc  en  présence   d’un  rituel  dont  l’importance  a  déjà   beaucoup fluctué dans l’histoire; il a connu des apogées et des déclins. La forme  américaine n’est que le plus moderne de ces avatars.

Soit dit en passant, ces rapides indications suffisent à  montrer combien il faut,  devant des problèmes de ce type, se défier  des explications trop faciles par appel  automatique aux « vestiges » et aux « survivances ». S’il n’y avait jamais eu, dans  les temps préhistoriques, un culte des arbres qui s’est continué dans divers usages  folkloriques,  l’Europe  moderne  n’aurait   sans  doute  pas  «  inventé  »  l’arbre  de   Noël.  Mais  –  comme  on  l’a  montré  plus  haut  –  il  s’agit   bien  d’une  invention  ré-cente.  Et  cependant,  cette  invention  n’est  pas  née  à  partir  de  rien.  Car  d’autres  usages médiévaux sont parfaitement attestés : la bûche de Noël (devenue pâtisserie  à  Paris)  faite  d’un  tronc  assez  gros   pour  brûler  toute  la  nuit;  les  cierges  de   Noël,  d’une  taille  propre  à  assurer  le   même  résultat;  la  décoration  des  édifices   (depuis les Saturnalia romaines sur lesquelles nous reviendrons) avec des rameaux  verdoyants : lierre, houx, sapin; enfin, et  sans relation aucune avec Noël, les Romans de la Table Ronde font état d’un arbre surnaturel tout couvert de lumières.  Dans ce contexte, l’arbre de Noël apparaît comme une solution syncrétique,  c’est-à-dire  concentrant  dans  un  seul  objet  des  exigences  jusqu’alors  données  à  l’état  disjoint  :  arbre  magique,   feu,  lumière  durable,  verdure  persistante.   Inversement,  le  Père  Noël  est,  sous  sa   forme  actuelle,  une  création  moderne;  et   plus récente encore la croyance (qui oblige le Danemark à tenir un bureau postal  spécial  pour  répondre  à  la  correspondance   de  tous  les  enfants  du  monde)  qui  le   domicilie au Groenland, possession danoise, et qui le veut voyageant dans un traîneau attelé de rennes. On dit même que cet  aspect de la légende s’est surtout développé  au  cours  de  la  dernière  guerre,  en  raison  du  stationnement  de  certaines   forces américaines en Islande et au Groenland. Et pourtant les rennes ne sont pas  là par hasard, puisque des documents anglais de la Renaissance mentionnent des  trophées de rennes promenés à l’occasion des danses de Noël, cela antérieurement  à toute croyance au Père Noël et plus  encore à la formation de sa légende.

De très vieux éléments sont donc brassés  et rebrassés, d’autres sont introduits,  on trouve des formules inédites pour perpétuer, transformer ou revivifier des usages anciens. Il n’y a rien de spécifiquement neuf dans ce qu’on aimerait appeler,  sans jeu de mots, la renaissance de Noël. Pourquoi donc suscite -t-elle une pareille  émotion  et  pourquoi  est-ce  autour  du  personnage  du  Père  Noël  que  se  concentre   l’animosité de certains ?

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Le Père Noël est vêtu d’écarlate : c’est  un roi. Sa barbe blanche, ses fourrures  et  ses  bottes,  le  traîneau  dans  lequel   il  voyage,  évoquent  l’hiver.  On  l’appelle   «  Père  »  et  c’est  un  vieillard,  donc  il  incarne  la  forme  bienveillante  de  l’autorité   des anciens. Tout cela est assez clair, mais  dans quelle catégorie  convient-il de le  ranger, du point de vue de la typologie re ligieuse? Ce n’est pas un être mythique,  car il n’y a pas de mythe qui rende compte de son  origine et de ses  fonctions; et ce  n’est  pas  non  plus  un  personnage  de  lége nde  puisqu’aucun  récit  semi-historique  ne lui est attaché. En fait,  cet être surnaturel et immuable, éternellement  fixé  dans  sa  forme  et  défini  par  une  fonction  exclusive  et  un  retour  périodique,  relève plutôt de la famille des divinités; il reçoit d’ailleurs un culte de la part des  enfants, à certaines époques de l’année, sous  forme de lettres et de prières; il récompense  les  bons  et  prive  les  méchants.  C’est  la  divinité  d’une  classe  d’âge  de  notre société (classe d’âge que la croyance au Père Noël suffit d’ailleurs à caractériser), et la seule différence entre le Père Noël et une divinité  véritable est que les  adultes  ne  croient  pas  en  lui,  bien  qu’ils  encouragent  leurs  enfants  à  y  croire  et  qu’ils entretiennent cette croyance par un grand nombre de mystifications.

Le  Père  Noël  est  donc,  d’abord,  l’expression  d’un  statut  différentiel  entre  les  petits enfants d’une part, les adolescents et  les adultes de l’autre. À cet égard, il se rattache à un vaste ensemble de croyances  et de pratiques que les ethnologues ont  étudiées dans la plupart des  sociétés, à savoir les rites de  passage et d’initiation. Il  y a peu de groupements humains, en effet, où, sous une forme ou sous une autre,  les enfants (parfois aussi les femmes) ne  soient  exclus  de  la  société des hommes  par l’ignorance de certains mystères ou  la croyance – soigneusement entretenue –  en quelque illusion que les adultes se réservent de  dévoiler au moment opportun,  consacrant  ainsi  l’agrégation  des  jeunes  générations  à  la leur.  Parfois,  ces  rites   ressemblent  de  façon  surprenante  à  ceux  que  nous  examinons  en  ce  moment.   Comment,  par  exemple,  ne  pas  être  frappé  de  l’analogie  qui  existe  entre  le  Père   Noël  et  les   katchina   des  Indiens  du  Sud-Ouest  des  États-Unis?  Ces  personnages   costumés  et  masqués  incarnent  des  dieux  et  des  ancêtres;  ils   reviennent  périodiquement  visiter  leur  village  pour  y  danser ,  et  pour  punir  ou  récompenser  les  enfants, car on s’arrange pour que ceux-ci ne reconnaissent pas leurs parents ou familiers  sous  le  déguisement  traditionnel.   Le  Père  Noël  appartient  certainement  à   la  même  famille,  avec  d’autres  comparses  maintenant  rejetés  à  l’arrière-plan  :   Croquemitaine, Père Fouettard, etc. Il est extrêmement significatif que les mêmes  tendances  éducationnelles  qui  proscrivent   aujourd’hui  l’appel  à  des  «  katchina  »   punitives aient abouti à exalter le personnage  bienveillant du Père Noël,  au  lieu  –  comme  le  développement  de  l’esprit  positif  et  rationaliste  aurait  pu  le   faire supposer – de l’englober dans la même condamnation. Il n’y a pas eu à cet  égard de rationalisation des méthodes d’éduc ation, car le Père Noël n’est pas plus  « rationnel » que le Père Fouettard (l’Église a raison sur ce point) : nous assistons  plutôt à un déplacement mythique, et c’est celui-ci qu’il s’agit d’expliquer.

Il est bien certain que rites et mythes  d’initiation ont, dans les sociétés humaines,  une  fonction  pratique  :  ils  aident   les  aînés  à  maintenir  leurs  cadets  dans   l’ordre  et  l’obéissance.  Pendant  toute  l’année,  nous  invoquons  la  visite  du  Père  Noël pour rappeler à nos enfants que sa générosité se mesurera à leur sagesse; et  le  caractère  périodique  de   la  distribution  des  cadeaux  sert  utilement  à  discipliner   les revendications enfantines, à réduire à une courte période le moment où ils ont  vraiment  droit à  exiger  des  cadeaux.   Mais  ce  simple  énoncé  suffit  à  faire  éclater   les  cadres  de  l’explication  utilitaire.   Car  d’où  vient  que  les  enfants  aient  des   droits,  et  que  ces  droits  s’imposent  si   impérieusement  aux  adultes  que  ceux-ci   soient obligés d’élaborer une mythologie  et un rituel coûteux et compliqués pour  parvenir  à  les  contenir  et  à   les  limiter?  On  voit  tout  de   suite  que  la  croyance  au   Père  Noël  n’est  pas  seulement  une   mystification   infligée  plaisamment  par  les   adultes aux enfants; c’est, dans une  très large mesure, le résultat d’une  transaction fort onéreuse entre les deux générations. Il  en est du rituel entier comme des plantes  vertes  –  sapin,  houx,  lierre,  gui  –   dont  nous  décorons  nos  maisons.  Aujourd’hui  luxe  gratuit,  elles  furent  jadis,  dans  quelques  régions  au  moins,  l’objet   d’un  échange  entre deux classes de la population  : à la veille de Noël, en Angleterre, jusqu’à la fin du XVIIIe  siècle encore, les femmes allaient  a gooding  c’est- à-dire  quêtaient  de  maison  en  maison,  et   elles  fournissaient  les  donateurs  de  rameaux  verts  en  retour.  Nous  retrouverons  les  enfants  dans  la  même  position  de   marchandage, et il est bon de noter ici que  pour quêter à la Saint Nicolas, les enfants  se  déguisaient  parfois  en  femmes  :   femmes,  enfants,  c’est-à-dire,  dans  les   deux cas, non-initiés.

Or, il est un aspect fort  important des rituels d’initiation auquel on n’a pas toujours prêté une attention suffisante, mais  qui éclaire plus profondément leur nature  que  les  considérations  utilitaires  évoquées  au  paragraphe  précédent.  Prenons  comme exemple le rituel des katchina propre aux Indiens Pueblo, dont nous avons  déjà  parlé.  Si  les  enfants  sont  tenus  dans  l’ignorance  de  la  nature  humaine  des   personnages incarnant les katchina, est-ce  seulement pour qu’ils les craignent ou  les respectent, et se conduisent en conséquence? Oui, sans doute, mais cela n’est  que la fonction secondaire du  rituel; car il y a une autre  explication, que le mythe  d’origine  met  parfaitement  en  lumière.  Ce  mythe  explique  que  les  katchina  sont   les âmes des premiers enfants indigènes,  dramatiquement noyés dans une rivière à  l’époque des migrations ancestrales. Les katchina sont donc, à la fois, preuve de la  mort  et  témoignage  de  la  vie  après  la  mort.  Mais  il  y   a  plus  :  quand  les  ancêtres   des  Indiens  actuels  se  furent  enfin  fixés  dans  leur  village,  le  mythe  rapporte  que   les katchina venaient chaque année leur  rendre visite et qu’en  partant elles emportaient les enfants. Les indigènes, désespérés de perdre leur progéniture, obtinrent  des  katchina  qu’elles  restassent dans l’au-delà, en échange  de  la  promesse  de  les   représenter  chaque  année  au  moyen  de  masques  et  de  danses.  Si  les  enfants  sont   exclus  du  mystère  des  katchina,  ce  n’est   donc  pas,  d’abord  ni   surtout,  pour  les   intimider.  Je  dirais  volontiers  que  c’est   pour  la  raison  inverse  :  c’est  parce  qu’ils   sont  les katchina. Ils sont tenus en dehors  de la mystification, parce qu’ils représentent la réalité avec laquelle la mystification constitue une sorte de compromis.  Leur  place  est  ailleurs  :  non  pas  avec  les   masques  et  avec  les  vivants,  mais  avec   les  Dieux  et  avec  les  morts;  avec  les  Dieux   qui  sont  morts.  Et  les  morts  sont  les  enfants.

Nous  croyons  que  cette  interprétation  peut  être  étendue  à  tous  les  rites  d’initiation et même à toutes les occasions  où la société se divise en deux groupes.  La   « non-initiation »   n’est   pas   purement   un   état   de   privation,   défini   par    l’ignorance, l’illusion, ou autres connotations négatives. Le rapport entre initiés et  non-initiés a un contenu positif. C’est un  rapport complémentaire entre  deux groupes dont l’un représente les morts et  l’autre les vivants. Au cours même  du rituel, les rôles sont d’ailleurs souvent intervertis, et à plusieurs reprises, car la  dualité  engendre  une  réciprocité  de  perspectives  qui,  comme  dans  le  cas  des  mi-roirs se faisant face, peut se répéter à l’infini : si les non-initiés sont les morts, ce  sont  aussi  des  super-initiés;  et  si,  comme  cela  arrive  souvent  aussi,  ce  sont  les   initiés qui personnifient les fantômes des morts pour épouvanter les novices, c’est  à ceux-ci qu’il appartiendra, dans un stade ul térieur du rituel, de  les disperser et de  prévenir leur retour. Sans pousser plus  avant ces considérations qui nous éloigneraient de notre propos, il su ffira de se rappeler que, dans la mesure où les rites et  les croyances liées au Père Noël relèvent d’une sociologie initiatique (et cela n’est  pas douteux), ils mettent en évidence, derrière l’opposition entre enfants et adultes, une opposition plus profonde  entre morts et vivants.

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Nous  sommes  arrivés  à  la  conclusion   qui  précède  par  une  analyse  purement   synchronique de la fonction de certains  rituels et du contenu des mythes qui ser- vent à les fonder. Mais une analyse di achronique nous aurait conduit [sic] au mê- me  résultat.  Car  il  est  généralement  admis  par  les  historiens  des  religions  et  par   les  folkloristes  que  l’origine  lointaine  du   Père  Noël  se  trouve   dans  cet  Abbé  de   Liesse,  Abbas   Stultorum,   Abbé   de   la   Malgouverné   qui   traduit   exactement    l’anglais  Lord of Misrule , tous personnages qui sont, pour une durée déterminée,  rois de Noël et en qui on reconnaît les  héritiers du roi des Sa turnales de l’époque  romaine.  Or,  les  Saturnales  étaient  la  fête  des   larvae   c’est-à-dire  des  morts  par   violence  ou  laissés  sans  sépulture,  et   derrière  le  vieillard  Saturne  dévoreur   d’enfants  se  profilent,  comme  autant  d’ images  symétriques,  le  bonhomme  Noël,   bienfaiteur des enfants; le Julebok sca ndinave, démon cornu du monde souterrain  porteur de cadeaux aux enfants; Saint Nico las qui les ressuscite et les comble de  présents,  enfin  les  katchina,  enfants  précocement  morts  qui  renoncent  à  leur  rôle  de  tueuses  d’enfants  pour  devenir  alternativement  dispensatrices  de   châtiments  ou  de  cadeaux.  Ajoutons  que,  comme  les  katchina,  le  prototype  archaïque de Saturne est un dieu de la ge rmination. En fait, le personnage moderne  de Santa Claus ou du Père Noël résulte de la fusion syncrétique de plusieurs per- sonnages : Abbé de Liesse, évêque-enfant  élu sous l’invocation de Saint Nicolas,  Saint Nicolas même, à la fête duquel remontent directement les croyances relati- ves  aux  bas,  aux  souliers  et  aux  cheminées.  L’Abbé  de  Liesse  régnait  le  25  décembre; la Saint Nicolas a lie u le 6 décembre; les évêques-enfants étaient élus le  jour  des  Saints  Innocents,  c’est-à-dire   le  28  décembre.  Le  Jul  scandinave  était   célébré en décembre. Nous sommes directement renvoyés à la  libertas decembris dont parle Horace et que, dès le XVIII e  siècle, du Tillot av ait invoquée pour relier  Noël aux Saturnales.

Les  explications  par  survivance  sont  toujours  incomplètes;  car  les  coutumes   ne disparaissent ni ne survivent sans ra ison. Quand elles subsistent, la cause s’en  trouve moins dans la viscosité historique  que dans la permanence d’une fonction  que  l’analyse  du  présent  doit  permettre  de   déceler.  Si  nous  avons  donné  aux  In- diens  Pueblo  une  place  prédominante  da ns  notre  discussion,   c’est  précisément   parce que l’absence de toute relation historique concevable entre leurs institutions  et  les  nôtres  (si  l’on  excep te  certaines  influences  es pagnoles  tardives,  au  XVIIe siècle) montre bien que nous sommes en  présence, avec les rites de Noël, non pas  seulement  de  vestiges  historiques,  mais   de  formes  de  pensée  et  de  conduite  qui   relèvent des conditions les plus  générales de la vie en soci été. Les Saturnales et la  célébration  médiévale  de  Noël  ne  contienne nt  pas  la  raison  dernière  d’un  rituel   autrement  inexplicable  et  dépourvu  de  si gnification;  mais  elles  fournissent  un   matériel comparatif utile pour dégager le  sens profond d’institutions récurrentes.

Il n’est pas étonnant que le s aspects non chrétiens de la  fête de Noël ressem- blent  aux  Saturnales,  puisqu’on  a  de  bonne s  raisons  de  supposer   que  l’Église  a   fixé  la  date  de  la  Nativité  au  25  décembre  (au  lieu  de  mars  ou  de  janvier)  pour   substituer sa commémoration aux fêtes pa ïennes qui se déroulaient pri- mitivement  le  17  décembre,  mais  qui,  à  la  fin  de  l’Empire,  s’étendaient  sur  sept   jours, c’est-à-dire jusqu’au  24. En fait, depuis l’Antiqui té jusqu’au moyen âge, les  «  fêtes  de  décembre  »  offrent  les  mêmes  caractères.  D’abord  la  décoration  des   édifices avec des plantes vertes; ensu ite les cadeaux échangés, ou donnés aux en- fants;  la  gaîté  et  les  festins;  enfin  la  fr aternisation  entre  les  riches  et  les  pauvres,   les maîtres et les serviteurs.

Quand  on  analyse  les  faits  de  plus  près ,  certaines  analogies  de  structure  éga- lement  frappantes  apparaissent.  Comme  le s  Saturnales  romaines,  la  Noël  médié- vale  offre  deux  caractères  syncrétiques   et  opposés.  C’est  d’abord  un  rassemble- ment et une communion : la distinction entr e les classes et les  états est temporai- rement  abolie,  esclaves  ou  serviteurs  s’a sseyent  à  la  table  des  maîtres  et  ceux-ci   deviennent leurs domestiques; les tables,  richement garnies, sont ouvertes à tous;  les sexes échangent les vêtements. Mais en  même temps, le groupe social se scin- de  en  deux  :  la  jeunesse  se  constitue  en   corps  autonome,  elle  élit  son  souverain,   abbé de la jeunesse, ou, comme en Écosse,  abbot of unreason ; et, comme ce titre  l’indique,  elle  se  livre  à  une  conduite  dé raisonnable  se  traduisant  par  des  abus   commis au préjudice du reste de la popul ation et dont nous savons que, jusqu’à la Renaissance,  ils  prenaient  les  formes  les   plus  extrêmes  :  blasphème,  vol,  viol  et   même  meurtre.  Pendant  la  Noël  comme  pe ndant  les  Saturnales,  la  société  fonc- tionne selon un double rythme de  solidarité accrue  et d’ antagonisme exacerbé  et  ces deux caractères sont donnés comme un  couple d’oppositions corrélatives. Le  personnage  de  l’Abbé  de  Liesse  effectue   une  sorte  de  médiation  entre  ces  deux   aspects.  Il  est  reconnu  et  même  intronisé  par  les  autorités  régulières;  sa  mission   est de commander les excès tout en les cont enant dans certaines limites. Quel rap- port y a-t-il entre ce personnage et sa f onction, et le personnage et la fonction du  Père Noël, son lointain descendant?

Il faut ici distinguer soigneusement entre  le point de vue historique et le point  de vue structural. Hi storiquement, nous l’avons dit, le  Père Noël de l’Europe oc- cidentale, sa prédilection pour  les cheminées et pour le s chaussures, résultent purement et simplement d’un déplacement récent de la fête de Saint Ni- colas,  assimilée  à  la  célébration  de  Noël ,  trois  semaines  plus  tard.  Cela  nous  ex- plique que le jeune abbé soit devenu un vieillard; mais seulement en partie, car les  transformations sont plus systématiques  que le hasard des co nnexions historiques  et calendaires ne réussirait à le faire  admettre. Un personnage réel est devenu un  personnage  mythique;  une  émanation  de   la  jeunesse,  symbolisant  son  antagonis- me par rapport aux adultes, s’est changée  en symbole de l’âge mûr dont il traduit  les  dispositions  bienveillantes  envers  la   jeunesse;  l’apôtre  de  l’inconduite  est   chargé  de  sanctionner  la  bonne  conduite .  Aux  adolescents  o uvertement  agressifs   envers les parents se substituent les parents se cachant sous une fausse barbe pour  combler  les  enfants.  Le  médiateur  imagin aire  remplace  le  médiateur  réel,  et  en   même temps qu’il change de nature, il se  met à fonctionner dans l’autre sens.

Écartons  tout  de  suite  un   ordre  de  considérations  qui   ne  sont  pas  essentielles   au débat mais qui risquent d’entretenir la confusion. La « jeunesse » a largement  disparu, en tant que classe d’âge, de la  société contemporaine (bien qu’on assiste  depuis quelques années à certa ines tentatives de recons titution dont il  est trop tôt  pour  savoir  ce  qu’elles  donneront).  Un  rituel   qui  se  distribuait  jadis  entre  trois   groupes  de  protagonistes  :  pe tits  enfants,  jeunesse,  adul tes,  n’en  implique  plus   aujourd’hui  que  deux  (au  moins  en  ce  qui  c oncerne  Noël)  :  les  adultes  et  les  en- fants. La « déraison » de Noël a donc larg ement perdu son point d’appui; elle s’est  déplacée, et en même temps atténuée : dans  le groupe des adultes elle survit seu- lement, pendant le Réveillon au  cabaret et, durant la nuit de la Saint Sylvestre, sur  Time Square. Mais examinons pl utôt le rôle des enfants.

Au  moyen  âge,  les  enfants  n’attendent   pas  dans  une  patiente  expectative  la   descente  de  leurs  jouets  par  la  chemin ée.  Généralement  déguisés  et  formés  en   bandes  que  le  vieux  français  nomme,  pour   cette  raison,  «  guisarts  »,  ils  vont  de   maison en maison, chanter et présenter leurs vœux, recevant en échange des fruits  et  des  gâteaux.  Fait  significatif,  ils  évoquent  la  mort  pour  faire  valoir   leur créance. Ainsi au XVIIIe siècle, en Écosse ils chantent ce couplet :

Rise up, good wife, and be no’ swier (lazy)  To deal your bread as long’s you’re here;  The time will come when you’ll be dead,  And neither want nor meal nor bread 1

Si  même  nous  ne  possédions  pas  cette   précieuse  indication,  et  celle,  non   moins significative, du déguisement qui tr ansforme les acteurs en esprits ou fan- tômes, nous en aurions d’autres, tirées de  l’étude des quêtes d’enfants. On sait que  celles-ci ne sont pas limitées à Noël  2 . Elles se succèdent pendant toute la période  critique  de  l’automne,  où  la  nuit  menace   le  jour  comme  les  morts  se  font  harce- leurs  des  vivants.  Les  quêtes  de  Noël  commencent  plusieurs  semaines  avant  la   Nativité, généralement trois, établissant  donc la liaison avec les quêtes, également  costumées, de la fête de Saint Nicolas qui ressuscita les enfants morts; et leur ca- ractère est encore mieux marqué dans la  quête initiale de la saison, celle de Hal- low-Even  –  devenue  veille  de  la  Tou ssaint  par  décision  ecclésiastique  –  où,  au- jourd’hui encore dans les pays anglo-saxons , les enfants costumés en fantômes et  en  squelettes  persécutent  les  adultes  à  mo ins  que  ceux-ci  ne  rédiment  leur  repos   au moyen de menus présents. Le progrès  de l’automne, depuis son début jusqu’au  solstice  qui  marque  le  sauvetage  de  la  lumière  et  de  la  vie,  s’accompagne  donc,   sur le plan rituel, d’une démarche dialecti que dont les principale s étapes sont : le  retour  des  morts,  leur  conduite  menaçante   et  persécutrice,  l’établissement  d’un   modus vivendi  avec les vivants fait d’un échange de services et de présents, enfin  le triomphe de la vie quand, à la Noël , les morts comblés de cadeaux quittent les  vivants  pour  les  laisser  en  paix  jusqu’au  prochain  automne.  Il  est  révélateur  que   les [p. 1588] pays latins et catholiques, ju squ’au siècle dernier, aient mis l’accent  sur la Saint Nicolas, c’est-à-dire sur la  forme la plus mesurée de la relation, tandis  que  les  pays  anglo-saxons  la  dédoublent  volontiers  en  ses  deux  formes  extrêmes   et  antithétiques  de  Halloween  où  les  enfants  jouent  les  morts  pour  se  faire  exac- teur des adultes, et de Christmas où les  adultes comblent les  enfants pour exalter  leur vitalité.

***

Dès   lors,   les   caractères   apparemment   contradictoires   des   rites   de   Noël    s’éclairent : pendant trois mo is, la visite des morts chez les vivants s’était faite de  plus  en  plus  insistante  et  oppressive. Pour le jour de   leur  congé,  on  peut  donc  se   permettre  de  les  fêter  et  de  leur  fourni r  une  dernière  occasion  de  se  manifester   librement, ou, comme dit si fidèlement l’anglais,  to raise hell . Mais qui peut personnifier les morts, dans  une société de vivants, si non tous ceux qui, d’une façon  ou  de  l’autre,  sont  incomplètement  incor porés  au  groupe,  c’est-à-dire  participent   de cette  altérité  qui est la marque même du supr ême dualisme : celui des morts et  des vivants? Ne nous étonnons donc pas de vo ir les étrangers, les esclaves et les  enfants devenir les principaux bénéficiaires  de la fête. L’infériorité de statut poli- tique  ou  social,  l’inégalité  des  âges  four nissent  à  cet  égard  des  critères  équiva- lents.  En  fait,  nous  avons  d’innombrable s  témoignages,  surtout  pour  les  mondes   scandinave  et  slave,  qui  décèlent  le  car actère  propre  du  réveillon  d’être  un  repas   offert aux morts, où les invités tiennent  le rôle des morts, comme les enfants tien- nent celui des anges, et le s anges eux-mêmes, des morts. Il n’est donc pas surpre- nant  que  Noël  et  le  Nouvel  An  (son  doubl et)  soient  des  fêtes  à  cadeaux  :  la  fête   des  morts  est  essentiellement  la  fête  des  au tres,  puisque  le  fait  d’être  autre  est  la   première image approchée que nous  puissions nous faire de la mort.

Nous voici en mesure de donner réponse aux deux questions posées au début  de cette étude. Pourquoi le  personnage du Père Noël se développe-t-il, et  pourquoi l’Église observe-t-elle ce  développement avec inquiétude?

On  a  vu  que  le  Père  Noël   est  l’héritier,  en  même  temps  que  l’antithèse,  de   l’Abbé de Déraison. Cette transformation  est d’abord l’indice  d’une amélioration  de nos rapports avec la mort; nous ne jugeons  plus utile, pour être quitte [sic] avec  elle, de lui permettre périodiquement la subversion de l’ordre et des lois. La relation  est  dominée  maintenant  par  un  esprit   de  bienveillance  un  peu  dédaigneuse;   nous pouvons être généreux, prendre l’initiative,  puisqu’il ne s’agit  plus que de lui  offrir des cadeaux, et même des jouets, c’ est-à-dire des symboles. Mais cet affaiblissement de la relation entre morts et vivants  ne  se  fait  pas  aux  dépens  du  personnage qui l’incarne : on dirait au contraire  qu’il  ne  s’en  développe  que  mieux;   cette contradiction serait insoluble si l’on n’admettait qu’une autre attitude vis-à- vis  de  la  mort  continue  de  faire  son  chemin  chez  nos  contemporains  :  faite,  non   peut-être  de  la  crainte  traditionnelle  des  esprits  et  des   fantômes,  mais  de  tout  ce  que la mort représente, par elle-même, et  aussi dans la vie, d’appauvrissement, de  sécheresse et de privation. Interrogeons- nous sur le soin tendre que nous prenons du Père Noël; sur les précautions et les sacrifices que nous consentons pour maintenir son prestige intact auprès des enfants. N’est-ce pas qu’au fond de nous veille  toujours le désir de croire,  aussi peu que ce soit, en une  générosité sans contrôle,  une  gentillesse  sans  arrière-pensée;  en  un  bref  intervalle  durant  lequel  sont  suspendus [sic] toute crainte, toute envie  et toute amertume? Sans doute ne pouvons- nous   partager   pleinement   l’illusion;   mais   ce   qui   justifie   nos   efforts,   c’est   qu’entretenue  chez  d’autres,  elle  nous  procure  au  moins  l’occasion  de  nous  réchauffer à la flamme allumée dans ces jeunes âmes. La croyance où nous gardons  nos enfants que leurs jouets viennent de  l’au-delà apporte un alibi au secret mouvement qui nous incite, en fait, à les offrir à l’au-delà  sous prétexte de les donner  aux enfants. Par ce moyen, les cadeaux de  Noël restent un sacrifice véritable à la  douceur de vivre, laquelle consiste d’abord à ne pas mourir.

Avec beaucoup de profondeur, Salomon Reinach a écrit une fois que  la  grande  différence  entre  religions  antiques  et  religions  modernes  tient  à  ce  que  «  les  païens  priaient  les  morts,  tandis  que  les  chrétiens  prient  pour  les  morts  »3 .  Sans doute y a-t-il loin de la prière aux morts à cette prière toute mêlée de conjurations, que chaque année et de plus en  plus, nous adressons aux petits enfants –  incarnations traditionnelles des morts – pour  qu’ils consentent, en croyant au Père  Noël,  à  nous  aider  à  croire  en   la  vie.  Nous  avons  pourtant  débrouillé   les  fils  qui   témoignent  de  la  continuité  entre  ces   deux  expressions  d’une  identique  réalité.   Mais  l’Église  n’a  certainement  pas  tort  quand  elle  dénonce,  dans  la  croyance  au   Père Noël, le bastion le plus solide, et l’un des foyers les plus actifs du paganisme  chez l’homme moderne. Reste à savoir si  l’homme moderne ne peut pas défendre  lui aussi ses droits d’être païen. Faisons, en  terminant, une dernière remarque : le  chemin est long du roi des Saturnales au Bonhomme Noël; en cours de route, un  trait  essentiel  –  le  plus  archaïque  peut-être  –  du  premier  semblait  s’être  définitivement  perdu.  Car  Frazer  a  jadis  montré   que  le  roi  des  Saturnales  est  lui-même   l’héritier d’un prototype plus  ancien qui, après avoir personnifié le roi Saturne et  s’être,  pendant  un  mois,  permis  tous  les  excès,  était  solennellement  sacrifié  sur   l’autel du dieu. Grâce à l’autodafé de Dijon, voici donc le héros reconstitué avec  tous ses caractères, et ce  n’est pas le moindre paradoxe  de cette singulière affaire  qu’en  voulant  mettre  fin  au  Père  Noël,  les  ecclésiastiques  dijonnais  n’aient  fait   que  restaurer  dans  sa  plénitude,  après  une  éclipse  de  quelques  millénaires,  une  figure rituelle dont ils se sont ainsi chargés, sous prétexte de la détruire, de prouver eux-mêmes la pérennité.

COMPLEMENT:

Le Père Noël supplicié
La place de la crèche n’est pas à la mairie, ni celle de Saint-Nicolas à l’école publique. Et la place du père Noël n’est ni à l’église ni à l’école si l’on en juge par le magistral article de l’ethnologue Claude Lévi-Strauss paru dans la revue « Les Temps modernes » en 1952 . Quelques rappels.
Claude Lelièvre
Mediapart
22 déc. 2014

La place de la crèche n’est pas à la mairie, ni celle de Saint-Nicolas à l’école publique. Et la place du père Noël n’est ni à l’église ni à l’école si l’on en juge par le magistral article de l’ethnologue Claude Lévi-Strauss paru dans la revue « Les Temps modernes » en 1952 . Quelques rappels.

Claude Lévi-Strauss, dans cet article au titre quelque peu énigmatique ( « Le Père Noël supplicié ») commence par rappeler que plusieurs autorités ecclésiastiques ont dénoncé très vivement « la paganisation de la fête de la Nativité » dans les mois qui ont précédé Noël 1951. Puis l’ethnologue cite « France Soir » (le quotidien alors le plus lu).

France Soir du 24 décembre 1951

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie. À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel : «  Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard. Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur »

Claude Levi-Strauss ne méconnaît pas l’influence de l’attraction des Etats-Unis dans le succès du Père Noël au sortir de la Libération. Mais l’ethnologue considère que si le phénomène peut prendre si rapidement une telle ampleur, c’est qu’il rencontre un imaginaire profond déjà là. Il est hors de question ici de reprendre l’ensemble de son article très fourni. On devra donc se contenter de trois longues citations particulièrement significatives.

« Il est généralement admis par les historiens des religions et par les folkloristes que l’origine lointaine du Père Noël se trouve dans des personnages qui sont, pour une durée déterminée, rois de Noël et en qui on reconnaît les héritiers du roi des Saturnales de l’époque romaine. Or, les Saturnales étaient la fête des larvae c’est-à-dire des morts par violence ou laissés sans sépulture, et derrière le vieillard Saturne dévoreur d’enfants se profilent, comme autant d’images symétriques, le bonhomme Noël, bienfaiteur des enfants; et Saint Nicolas qui les ressuscite et les comble de présents ».

« Au Moyen âge, les enfants n’attendent pas dans une patiente expectative la descente de leurs jouets par la cheminée. Généralement déguisés et formés en bandes, ils vont de maison en maison, chanter et présenter leurs vœux, recevant en échange des fruits et des gâteaux. Fait significatif, ils évoquent la mort pour faire valoir leur créance. On sait que les quêtes d’enfants ne sont pas limitées à Noël. Elles se succèdent pendant toute la période critique de l’automne, où la nuit menace le jour comme les morts se font harceleurs des vivants. Les quêtes de Noël commencent plusieurs semaines avant la Nativité, généralement trois, établissant donc la liaison avec les quêtes, également costumées, de la fête de Saint Nicolas qui ressuscita les enfants morts; et leur caractère est encore mieux marqué dans la quête initiale de la saison, celle de Hallow-Even devenue veille de la Toussaint par décision ecclésiastique – où, aujourd’hui encore dans les pays anglo-saxons, les enfants costumés en fantômes et en squelettes persécutent les adultes à moins que ceux-ci ne rédiment leur repos au moyen de menus présents. Le progrès de l’automne, depuis son début jusqu’au solstice qui marque le sauvetage de la lumière et de la vie, s’accompagne donc, sur le plan rituel, d’une démarche dialectique dont les principales étapes sont : le retour des morts, leur conduite menaçante et persécutrice, l’établissement d’un modus vivendi avec les vivants fait d’un échange de services et de présents, enfin le triomphe de la vie quand, à la Noël, les morts comblés de cadeaux quittent les vivants pour les laisser en paix jusqu’au prochain automne»

« Avec beaucoup de profondeur, Salomon Reinach a écrit que la grande différence entre religions antiques et religions modernes tient à ce que « les païens priaient les morts, tandis que les chrétiens prient pour les morts » . Sans doute y a-t-il loin de la prière aux morts à cette prière toute mêlée de conjurations, que chaque année et de plus en plus, nous adressons aux petits enfants – incarnations traditionnelles des morts – pour qu’ils consentent, en croyant au Père Noël, à nous aider à croire en la vie. Nous avons pourtant débrouillé les fils qui témoignent de la continuité entre ces deux expressions d’une identique réalité. Et l’Église n’a certainement pas tort quand elle dénonce, dans la croyance au Père Noël, le bastion le plus solide, et l’un des foyers les plus actifs du paganisme chez l’homme moderne. Reste à savoir si l’homme moderne ne peut pas défendre lui aussi ses droits d’être païen »

« Croire au Père Noël » ?

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3 commentaires pour Fêtes calendaires: Hanoukah-Noël même combat? (Warning: a holiday can hide another)

  1. […] cette dernière journée d’Hanoukah, la Fête des lumières juive célébrant la reconsécration du Temple par les Maccabées en […]

    J'aime

  2. jcdurbant dit :

    Ce n’est pas tous les ans que Noël et Hanouka sont fêtés le même jour ! Alors que les chrétiens fêteront la naissance de Jésus Christ, l’incarnation de Dieu pour eux, les juifs allumeront la première bougie de cette fête juive qui célèbre la victoire de la minorité contre la majorité, la lutte antique des Maccabé (une famille juive) contre l’assimilation à la culture grecque. Noël comme Hanouka sont des fêtes de la lumière et de l’espoir. Des fêtes qui font du bien lorsque, dans le monde, il fait noir. Nous sommes au cœur de l’hiver, mais ce noir a évidemment un sens politique et métaphysique. Dans cette obscurité, la lumière surgit toujours de manière inattendue. Nous avons encore plus besoin de cette étincelle que d’habitude.

    Penser la fête de l’autre est une extraordinaire occasion de connaissance de soi. Lorsque j’étais à l’école rabbinique, nous avions un cours obligatoire intitulé « religions comparées ». Je n’ai jamais autant appris autant sur le Judaïsme que pendant ce cours. Regarder la maison de votre voisin, vous permet de prendre conscience de l’aménagement de votre salon ! Mais avant cela, il faut reconnaitre qu’il y a des chemins de vérité hors de sa tradition. Lors de Vatican II, les catholiques ont dit pour la première fois : hors de l’Église il y a un Salut. C’est très symbolique que cette concordance entre Noël et Hanouka arrive cinquante ans après l’Encyclique Nostra Aetate (déclaration en 1965 du Concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, en particulier le Judaïsme, NDLR).

    En tant que juive, explorer la fête chrétienne de Noël, c’est explorer la question de l’incarnation de Dieu – une idée qui n’est fondamentalement pas juive. Le Judaïsme laisse une grande place à l’incarné, lors de la circoncision par exemple, mais rend un culte à un Dieu qui ne l’est pas. Cette différence nous oblige à réfléchir : l’idée commune est, je pense, celle d’une très grande humilité de Dieu. Il en faut de l’humilité pour, chez les chrétiens, naitre sous les traits d’un enfant. Il en faut tout autant, chez les Juifs, pour se retirer du monde. C’est l’idée juive du Tsimtsoum (Dieu aurait créé le monde en s’en retirant, laissant alors l’homme libre, NDLR). Ces visions de Dieu sont très différentes, mais j’aime le dialogue entre ces deux images, celle d’un Dieu-enfant, et celle d’un Dieu en retrait.

    Le mot paix est sans doute l’un des plus connu en hébreu : Shalom. Sa signification hébraïque exacte est « complétude ». Le problème est que cela suggère que la paix est forcément « pleine », « Unité », « homogénéité ». Je crois au contraire que – pour faire la paix – nous avons d’abord besoin de reconnaitre nos brisures, individuelles comme sociales. Lors des mariages juifs, nous brisons un verre. C’est ce que cette pratique raconte : le vivre-ensemble et la paix ne sont possibles que si nous acceptons de vivre avec nos brisures…

    Rabbin Delphine Horvilleur

    http://www.pelerin.com/A-la-une/Noel-et-Hanouka-fetes-de-la-lumiere

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