Grievance studies: Quelle folie identitaire ? (As it leaks into other fields like education, social work, media, psychology and sociology, corrupt scholarship undermines the legitimacy and reputations of universities, skews politics, drowns out needed conversations and pushes the culture war to ever more toxic and existential polarization, US researchers warn)

6 octobre, 2018
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
J’entends des voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. Mark Zuckerberg
The scholars promoting this concept claim that it is a microaggression even when someone says “I don’t see you as black,” or claims to be colorblind, or purports not to be a sexist, or in general doesn’t “acknowledge” one’s race membership or gender. But let’s face it — it’s considered racist for whites to treat any trait as “black.” If we accept that, then we can’t turn around and say they’re racists to look at black people as just people. That particular aspect of the microaggression notion seems fixed so that whites can’t do anything right. One can’t help sensing a notion that this would be perhaps “payback” for whites and the nasty society they stuck us with. But all it does is create endless conflict, under an idea that basically being white is, in itself, a microaggression. That, however, is neither profound nor complex — it’s just bullying disguised as progressive thought. Let’s call it microaggression when people belittle us on the basis of stereotypes. Creating change requires at least making sense. John McWorther
Il n’y a pas longtemps, l’apartheid régnait en Afrique du sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu. Et voici qu’aujourd’hui, c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les « dominés » préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des « dominants ». Mais alors, cela veut dire qu’une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale ? Cela veut dire qu’une « race » qui côtoie les autres serait humiliée ? Cela veut dire qu’une religion qui accepte de n’être qu’une parmi d’autres perdrait la face ? (…) À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, avec ses lois et ses mœurs ? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ? Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l’esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s’appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, autrement dit sur l’abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C’est ce qu’on appelle tout simplement la Justice. Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme. L’islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas. Manifeste contre le séparatisme islamique
Récapitulons : Donald Trump est la vulgarité incarnée. Viktor Orban menace la démocratie. Le premier entache les États-Unis de ses comportements grossiers. Le second viole, en Hongrie, l’indépendance de la justice et la liberté de la presse. Ce tableau est brossé, en France, par la Macronie et ses médias. Pourtant, c’est le chef de l’État qui a longtemps fait obstacle à la nomination du nouveau procureur de Paris : trois candidats à la succession de François Molins, proposés par la Chancellerie, ont d’abord été retoqués par l’Élysée en dépit des usages. Le Parquet national financier, qui a sonné l’hallali contre François Fillon en 2017, a toujours ses liens avec l’exécutif. Quant à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, elle a assigné à l’audiovisuel public la mission de « changer les mentalités sur le terrain » et de « devenir le miroir de nos différences  ». France Culture vient d’ailleurs de remercier l’impertinent Michel Onfray. Le gouvernement rêve aussi de mettre l’Internet, refuge des dissidents, sous surveillance… Bref, Emmanuel Macron reproche à Orban ce qu’il pratique. La pensée dominante en rajoute dans l’obligation de bêler en chœur, lorsqu’elle dénonce les récalcitrants comme des ennemis du Bien. Quant à ceux qui accablent Trump, ils ne voient rien de la métamorphose de Macron. Il a été salué pour avoir su se glisser, avec talent et élégance, dans les habits de président. Or, depuis, un Dorian Gray s’ébauche derrière le personnage fiévreux et transgressif. « Alexandre Benalla n’est pas mon amant  », croit utile de préciser, en juillet, le chef de l’État pour démentir un ragot sur son garde du corps. Imaginer le général de Gaulle se prêter à une telle confidence donne la mesure de l’effondrement de la politique. Pour avoir abandonné sa posture « jupitérienne », voilà le président prêt à tout pour faire peuple. À côté, Nicolas Sarkozy et François Hollande incarneraient presque la sophistication. Et c’est Trump qui, par contraste, se montre respectable. « Le pouvoir ressemble au Titanic, dont le ministre de l’Intérieur vient de s’échapper mardi. Le naufrage sera difficile à éviter. Les premiers effets du revirement dans la communication élyséenne viennent d’ailleurs de produire une image désastreuse, samedi, à Saint-Martin, aux Antilles. Une photo, prise dans la moiteur d’une HLM, montre le président en bras de chemise entouré, amusé, de deux jeunes Antillais. Celui qui est à sa droite, contre qui le président colle son épaule, est torse nu. Son pantalon largement baissé laisse voir son caleçon. Le petit voyou fait un doigt d’honneur. Celui qui est à sa gauche, casquette à l’envers, vêtu d’un débardeur blanc, s’est présenté comme braqueur tout juste sorti de prison. Tout est vulgaire: la désinvolture des deux cousins, la complicité ambiguë du président. L’image en rappelle une autre, prise à l’Élysée, en juin, lors de la Fête de la musique: le couple Macron pose, entouré du groupe techno Kiddy Smile. Les artistes se revendiquent «fils d’immigrés, noirs et pédés». Ils portent des shorts et des maillots en résille. La Macronie perd pied, en voulant voir du racisme dans les critiques portées contre ces attitudes présidentielles. Lundi, la secrétaire d’État, Marlène Schiappa, a qualifié Marine Le Pen de «leader d’un grand parti raciste, d’extrême droite» au prétexte que la présidente du RN avait jugé la photo antillaise «impardonnable». Le député LaREM, Aurélien Taché, estime que «tous ceux qui polémiquent ne supportent tout simplement pas que la France, à tous les niveaux, change de visage». En fait, le racolage ethnique auquel se prête le chef de l’État ressemble à une ode au grand remplacement racialiste. Il est loisible de voir un deux poids deux mesures dans la réaction de Macron quand, le 18 juin dernier à Paris, il rabroue un Gavroche qui venait de l’appeler «Manu»: «Tu te comportes comme il faut. Il faut que tu m’appelles Monsieur le président de la République, ou Monsieur, d’accord?» Faut-il comprendre que le Noir serait dispensé des codes exigés du Blanc? Le sommet de l’État ne tourne plus rond. (…) Du prophète exalté qui disait incarner le nouveau monde, il ne reste qu’un masque tombé à terre. Le contraste est saisissant entre la machine de guerre savamment élaborée par Macron et les siens pour accéder au pouvoir, et l’état d’impréparation que révèle la démission de Collomb. Le vide est tel, au cœur du pouvoir, que l’intérim a dû être confié au premier ministre. Il est vrai que les dossiers de l’Intérieur – immigration, islam, violence, terrorisme – ont été de ceux que le macronisme a abandonnés aux populistes, pour leur plus grand profit. Mercredi, lors de la passation de pouvoir avec Édouard Philippe, Collomb a évoqué la situation «très dégradée» des quartiers difficiles: «On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face.» Mais cela fait longtemps que l’affrontement s’enracine entre deux France, deux peuples, deux civilisations que tout sépare. Le braqueur Redoine Faïd, interpellé mercredi à Creil (Oise), passait inaperçu sous une burqa, en dépit de la loi interdisant ce voile intégral ; il est devenu banal dans les cités. Macron perpétue la démission de l’État. Shahnourh Varinag Aznavourian s’était fait appeler Charles Aznavour, en hommage à la France qui avait accueilli ses parents arméniens. «J’ai abandonné une grande partie de mon arménité pour être français. Il faut le faire, ou il faut partir», avait-il expliqué en 2013. La mort du chanteur, lundi, devrait être un hommage à l’assimilation. Ivan Rioufol
A la fin, Gérard Collomb a réalisé qu’il n’y arriverait pas ; que la situation sécuritaire de la France était telle que lui, le ministre, n’aurait pas la force de conduire ses troupes à cette dure bataille. En prime, à Lyon, une amorce de fronde à l’idée de son retour… Mais voici l’essentiel : chez les hauts cadres du ministère de l’Intérieur, chez les patrons et chefs syndicalistes de la police, chez les officiers supérieurs de la gendarmerie, la nuit-cauchemar de la victoire française en coupe du monde de foot, le 16 juillet passé, a servi de brutal révélateur ; a ouvert les yeux des plus naïfs partisans du vivre-ensemble. Oh bien sûr, le bon peuple est resté dans l’ignorance de ce que fut cette nuit chaotique. Au nom de la « diversité » et de l' »inclusion », les médias des milliardaires et les radios du « service public » ont, tant qu’ils l’ont pu, préservé le « sacre de l’équipe de France ». « Quelques incidents à déplorer…des débordements et dégradations… La fête a mal tourné… Des gestes festifs ont parfois dérivé…  » : ce soir là, euphémismes et propos édulcorants ont inondé ces médias. Mais sur le terrain, une « ambiance bon enfant », vraiment ? A Lyon, Paris, Caen, Marseille, Rouen, Grenoble, Chambéry, Aix-Les-Bains, Nice Vallauris, Menton, Toulouse, Caen, Honfleur, Mulhouse, Strasbourg, Saint-Louis, Nantes, Lille, etc., des bandes déchainées brûlent des voitures par dizaines, « sèment la désolation », transforment les centres de vingt villes en « zones de guerres ». Les racailles assaillent les policiers, agressent des filles et frappent celles qui résistent, incendient des boutiques et des commissariats au Cocktail-Molotov. Un magistrat lyonnais dénonce une « véritable guérilla urbaine ». Des fêtards sont dévalisés ou lynchés dans les rues, des boutiques pillées, du mobilier urbain détruit. Les Champs-Elysées semblent avoir subi un tsunami. En plein tumulte criminel, les pompiers et les Samu passent une nuit d’enfer, leurs véhicules de secours aux victimes parfois hors d’usage. Des journalistes filmant l’émeute sont roués de coup et finissent aux urgences. Et le football là dedans ? Les émeutiers s’en balancent, bien sûr : ce sont pour l’essentiel les mêmes qui, au stade, sifflent l’équipe de France et le drapeau français. Pour eux, le plaisir est dans l’émeute, la force de la bande – montrer qui domine le territoire ; d’ineptes sociologues osant encore parler de « violences gratuites », quand la plupart des interpellés sont  » déjà connus de la justice pour vols, violences sur dépositaires de l’ordre public, dégradations de véhicules, etc. » Cette nuit là, tous les responsables de la sécurité publique de France – ministre en tête – réalisent que les réformettes genre « police de proximité » vont à l’échec. Regardons la liste des « quartiers de reconquête républicaine de 2018-2019 » : en région parisienne, c’est une litanie des pires coupe-gorge défrayant la chronique criminelle depuis des décennies : Sarcelles-Lochères… La Dame-Blanche à Garges-les-Gonesse… Le Luth à Gennevilliers… Les Hauts d’Asnières… Le Gros-Saule à Aulnay… Les Beaudottes à Sevran… La ZSP-Torcy… Le Cours du Luzard à Noisiel… les Merisiers à Trappes… Le Bois-L’Abbé et les Mordacs à Champigny… Les Tarterêts à Corbeil… Paris-La Chapelle… Des sites-cauchemar de la « Politique de la Ville », mi-Cours des miracles, mi-Pistes Ho-chi-Minh, d’où l’ordre républicain s’est évanoui depuis parfois un demi-siècle ; où notoirement, des gangs criminels font la loi ; où des policiers et pompiers, attirés dans des embuscades, sont lynchés plus souvent qu’à leur tour. Or sans moyens massifs, la « police de sécurité du quotidien » du ministère de l’intérieur n’est qu’un risible cache-misère : saupoudrage de policiers, effilochés dans le temps… constant usage du « déshabiller Pierre pour habiller Paul »… Des gadgets high-tech (des tablettes) pour abolir un enracinement criminel de parfois cinquante ans…. Ce, quand un récent rapport sénatorial dénonce le profond malaise de forces de sécurité intérieure, démotivées et découragées. Déclassement, dénuement matériel, véhicules et parc immobilier « en état critique » : voilà l’armée de l’Intérieur censée – sans rire – « construire une société rassemblée et apaisée ». Mais le quotidien des flics du terrain, c’est plutôt « une policière tabassée devant sa fille de trois ans par un dealer et son frère » – et une préoccupante vague de suicides. Coup de grâce : Le 30 septembre, le président Macron donne un entretien d’une page et demie au Journal du Dimanche. « Face à la tempête »… mais pas une seule fois, un seul mot sur la sécurité ou quoi que ce soit d’approchant. Vous êtes ministre de l’Intérieur et votre président oblitère totalement la sécurité comme problème national majeur. Alors vous lâchez la rampe. Et laissez votre successeur – et le président – devant les décombres. Xavier Raufer
Les déclarations fracassantes de Gérard Collomb, ex-ministre de l’Intérieur, au matin de sa passation de pouvoir à Edouard Philippe, Premier ministre, montrent que la juxtaposition de ces deux nations aujourd’hui en France engendre un risque d’affrontement. Nous sommes aujourd’hui «côte à côte» (sous-entendu musulmans et non-musulmans) a dit Gérard Collomb, mais rien ne garantit que demain nous ne serons pas «face à face». Cet avis de guerre civile en bonne et due forme a été proféré par l’homme qui, pendant un an et demi, Place Beauvau, a eu sous les yeux, au quotidien, tous les rapports de police et de gendarmerie. Gérard Collomb est partie prenante de l’élite politique française. Il abandonne son poste en informant que la guerre civile est à nos portes. Une fuite qui à elle seule justifie mon titre «Le Grand Abandon». L’avertissement aurait eu plus de force s’il avait été proféré par un ministre en exercice. L’avoir prononcé sur le pas de la porte a fait que certains médias ne l’ont même pas repris. (…)  Mais en France, la nation islamique a été fabriquée de toutes pièces. Elle est le résultat d’une politique. Les élites françaises, c’est-à-dire les grands corps de l’État, les partis politiques, les experts, les magistrats, les médias, les élites culturelles… ont, pour de multiples raisons, plusieurs décennies durant – et encore aujourd’hui – encouragé et légitimé l’immigration musulmane. Cette préférence des élites pour l’islam a produit un fossé abyssal entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le Baromètre de la Confiance que le Cevipof, le centre de recherches de Sciences Po, publie année après année, illustre parfaitement le phénomène: la majorité de la population française témoigne à l’égard de sa classe politique d’une gamme de sentiments qui va de l’écœurement au dégoût, en passant par le rejet et l’indifférence. Et sur quoi se cristallise cette rupture entre le haut et le bas de la société? Sur l’islam jugé trop invasif et l’immigration jugée excessive. Curieusement, ce baromètre du Cevipof sauve la mise de deux institutions, l’armée et la police qui jouissent d’un taux de confiance de près de 80 %. (…) L’immigration a été voulue et organisée, mais l’islamisation de cette immigration n’était sans doute pas inscrite au menu. Si l’immigration se poursuit malgré l’islamisation, c’est sans doute que nos élites la jugent insignifiante. Ou bien qu’elle leur est indifférente. (…) La constance avec laquelle le Conseil d’État a aidé à la constitution d’une nation islamique en France est sidérante. Je liste dans mon livre tous les arrêts du Conseil d’État favorables à l’immigration musulmane, favorables au voile, favorables au burkini, favorables à la burqa, favorables aux familles polygames et j’en passe. Idem pour le Conseil constitutionnel qui trouve conforme à l’intérêt général de laisser les écoles salafistes proliférer ou de supprimer, au nom de la «solidarité», les peines qui frappaient autrefois les délinquants qui facilitaient l’immigration clandestine. Mon livre passe également au crible l’étrange aveuglement de l’Observatoire de la laïcité quand il est question d’islam et l’étrange sensibilité du Conseil supérieur de l’audiovisuel aux récriminations des téléspectateurs musulmans. (…)  L’ordonnancement et la mise en relation de ces faits étayés et vérifiés entre eux mettent en lumière une évidence: il existe bel et bien une préférence des élites françaises pour l’islam. (…) Ce n’est pas seulement l’islam qui empêche aujourd’hui de faire nation. Les élites aussi ne veulent plus faire nation. (…) Je n’ai pas remarqué de mobilisation des organisations antiracistes contre le rappeur Nick Conrad qui a chanté le meurtre des Blancs et des enfants blancs dans les crèches. Ni contre les Indigènes de la République ou le syndicat SUD Éducation qui ont organisé des séminaires «racisés» fermés aux «Blancs», ni contre Médine qui rêve de crucifier les laïcards au Golgotha, ni contre Mmes Ernotte (France Télévisions) et Nyssen (ministère de la culture) qui souhaitaient voir moins de «Blancs» à la télévision. En revanche, quand Éric Zemmour a affirmé que les immigrés étaient surreprésentés dans les prisons, ou quand Georges Bensoussan a tenté d’expliquer que l’antisémitisme sévissait dans une large frange de la population musulmane en France, les associations antiracistes se sont unies pour les traîner devant un tribunal. Au nom de la lutte antiraciste! Ces quelques exemples permettent de situer la zone d’action de l’antiracisme: faire taire tout critique de la «diversité». La «diversité» n’est pas un slogan antiraciste un peu creux. Je démontre dans mon livre que la «diversité» est en réalité une politique. Et cette politique passe par les organisations antiracistes subventionnées par l’État, par l’école où l’apprentissage de l’arabe est proposé aujourd’hui dès le primaire, par une politique du ministère de la Culture qui subventionne la «diversité» au cinéma et au théâtre, par l’Afnor qui labellise les entreprises pour plus de «diversité», par le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui, avec son Baromètre de la «diversité» rêve d’imposer des quasi quotas ethniques sur le petit écran, et par divers lobbys comme le Club XXI d’Hakim el Karoui ou l’association Coexister… (…) l’antiracisme politique et le discours diversitaire n’ont pas pour but de combattre le racisme. Ce sont des outils au service d’une réinitialisation des consciences. Ils servent à marteler que les immigrés de couleur sont par essence des victimes. Les services du Premier ministre diffusent actuellement des clips contre les violences sexistes. L’un de ces clips montre un «Blanc» qui agresse sexuellement une jeune fille d’origine maghrébine laquelle est défendue par une «Blanche» en couple avec un homme noir. Ce clip d’État d’une grande pureté idéologique assigne la violence sexuelle aux hommes Blancs et refuse d’évoquer celle qui peut aussi exister chez les «victimes» de couleur. J’affirme que cette victimisation forcenée des Français de couleur participe à la fabrication de la violence d’aujourd’hui. (…) les partis politiques, le ministère de la justice, les associations antiracistes, l’université, l’école, les experts, les intellectuels, le monde du cinéma et du théâtre et de quelques autres encore… Chacun de ces groupes ou institutions œuvre, dans le champ qui est le sien, à la promotion de la «diversité» et de son corollaire le «vivre-ensemble». J’ai déjà évoqué le cas du Conseil d’État, du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Mais je liste également le cas des intellectuels qui pétitionnent et lynchent médiatiquement toute personnalité publique qui émet des opinions non conformes aux leurs. L’écrivain algérien Kamel Daoud en a ainsi fait les frais quand il a expliqué que les viols de masse de Cologne en 2015 étaient dus à l’importation en Allemagne d’une culture patriarcale des relations entre les sexes. Les experts justifient et encouragent l’immigration au nom de supposés bienfaits économiques. Le ministère de la justice met à mal la liberté d’expression des Zemmour et Bensoussan… etc. (…) En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque. Il s’agit d’une authentique révolution qui se poursuit encore aujourd’hui sous nos yeux. Les élites politiques, économiques et institutionnelles ont balayé le vieux modèle laïque et républicain sans demander l’avis du reste de la population. Les élites françaises ont été à l’origine du plus grand casse du siècle, lequel s’avère être aussi un casse de la démocratie et de la laïcité. Pour quel profit? Je crains que seul l’islamisme soit à même de tirer les marrons du feu. (…) La gauche clientéliste flatte le communautarisme islamique: baux emphytéotiques pour la construction de mosquées, heures de piscine réservées aux femmes, etc., cela dans le but de recueillir les voix des musulmans. L’islamo-gauchisme accompagne la violence islamiste pour conquérir le pouvoir. Ce sont deux démarches différentes, mais les deux instrumentalisent les musulmans comme outil de conquête du pouvoir. (…) Le rôle des journalistes n’est pas de prendre les apparences pour le réel. Quand Macron va au Collèges des Bernardins et déclare aux plus hautes personnalités du catholicisme français qu’il faut «réparer» le lien abîmé entre l’Église et l’État, que croyez-vous qu’il fasse? Une bonne action? Non, il fait de la politique. Il s’adresse à une Église catholique blessée par cent ans de laïcité et qui souffre d’une hémorragie de fidèles. Il lui dit: oublions la laïcité, revenez dans le jeu politique. Pourquoi Macron fait-il cela? Pour se constituer des alliés dans son grand projet de bâtir ce qu’il appelle l’ «Islam de France». Macron a besoin d’alliés pour se débarrasser de la laïcité. Quel meilleur allié que l’Église? Quant à la compassion de l’Église pour les migrants musulmans, il est bon de rappeler que cette compassion est sélective. L’Église ne défend pas les Coptes quand ils sont massacrés en Égypte, elle proteste à peine contre l’authentique épuration ethnique qui frappe les chrétiens d’Orient, et elle n’a guère eu de mot charitable pour les Yazidis massacrés par l’État islamique. C’est cette sélectivité compassionnelle qui interroge. (…) la charité affichée de l’Église envers les musulmans est aussi une politique. (…) Il y a quelques jours, le Journal télévisé de France 2 a diffusé un reportage sur l’épidémie d’attaques au couteau qui sévit à Londres. Mais la même épidémie sévit en France et aucun média ne dresse un tableau de la situation. Il faut feuilleter la presse de province, journal par journal, pour se rendre compte de l’ampleur des violences gratuites, souvent mortelles, commises au quotidien. Quand un journal évoque une attaque au couteau, on ignore le nom de l’agresseur et ses motivations. Comme s’il y avait une volonté d’anonymiser le «déséquilibré»! Les médias, dans leur grande majorité, participent au casse du siècle. Ils n’informent plus sur les problèmes, ils prêchent la «diversité» et le «vivre ensemble». Yves Mamou
On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction. Christophe Guilluy
Nous sommes dans un processus de sortie lente – mais dans un processus de sortie quand même – de la classe moyenne de la part des différentes catégories qui la composent, les unes après les autres. C’est ce que j’ai voulu identifier. La notion de classe moyenne est déjà morte mais on utilise encore cette catégorie comme si elle existait encore. Mais en réalité, en parlant des classes moyennes aujourd’hui, on parle des catégories supérieures. Finalement, quand on regarde les élections, toutes les vagues populistes reposent sur deux éléments. D’une part, une sociologie, c’est-à-dire le socle de l’ancienne classe moyenne que sont les catégories populaires, ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants, etc…et on retrouve ces mêmes catégories partout. Et d’autre part des territoires. C’est la géographie des périphéries avec à chaque fois les mêmes logiques quel que soit le pays occidental que l’on considère. (…) Les classes ouvrières britannique et américaine ont été fracassées beaucoup plus rapidement que la classe populaire française. Il y a les effets de l’État providence en France qui sont réels, et qui a fait que nous avons encore des catégories protégées dans notre pays. (…) Emmanuel Macron a fait des scores de dirigeant soviétique dans les grandes métropoles, avec des pourcentages incroyables à Paris, Bordeaux, Toulouse etc…Emmanuel Macron se sauve avec les deux gros bataillons que sont les retraités et les fonctionnaires – la majorité des fonctionnaires ont voté Macron – qui sont les deux catégories qui sont en train d’être tondues par ce président. Nous sommes donc effectivement à la limite d’un système qui se raccroche à des catégories encore protégées mais le vent tourne. (…) Aujourd’hui, 30% des 53-69 ans vivent sous le seuil de pauvreté, nous voyons les choses se transformer en douceur pour des catégories que l’on pensait préservées. Cela est le contexte français, mais en Grande Bretagne par exemple, les retraités ont été fracassés tout de suite et n’ont pas hésité à voter en faveur du Brexit. L’idée que les retraités vont continuer à protéger le système est à mon avis un leurre. C’est la même chose pour les fonctionnaires, les catégories B et C qui s’en prennent plein la figure ne vont pas éternellement protéger un système dont elles ne bénéficient pas. Cela est vraiment intéressant de constater que tout évolue partout mais toujours en fonction des contextes. (…) Les catégories modestes ont été relativement mieux protégées en France qu’elles ne l’ont été aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. On a bien un contexte français très particulier avec une fonction publique très importante etc…c’est là-dessus que nous faisons la différence. Mais une fois encore, cela n’est qu’une question de temps. Et le temps joue effectivement vers la disparition de cette classe moyenne. C’est donc bien la structuration sociale de l’ensemble des pays développés qui est en train de se modifier avec ces 20-30% de gens « en haut » qui vont s’en sortir et une immense classe populaire qui n’est plus dans l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie. (…) ces gens ont vraiment joué le jeu de la mondialisation et de l’Europe. Il n’y a jamais eu d’opposition de principe, ils ont joué le jeu et après 20 ou 30 ans ils font le diagnostic pour eux-mêmes et pour leurs enfants que finalement cela n’a pas marché. Il s’agit simplement d’un constat rationnel de leur part. Ce qui est frappant, c’est que tous les modèles sont affectés, du modèle américain au britannique, au modèle français républicain, jusqu’au modèle scandinave. (…) Mais (…) la disparition de la classe moyenne a commencé par les ouvriers, les paysans, les employés, les professions intermédiaires et demain, ce sera une fraction des catégories supérieures qui sera emportée. On voit déjà que les jeunes diplômés du supérieur n’arrivent plus à s’intégrer. Le processus est enclenché et il va détruire aussi des catégories qui pensent encore être protégées. (…) A partir du moment ou la gauche a abandonné la question sociale, elle a abandonné les catégories populaires et c’est la dessus que le divorce s’est réalisé. Ce mouvement s’est accompagné d’une forme d’ostracisation des plus modestes qui était très forte dans certains milieux de gauche, et aujourd’hui la rupture est totale. On a en plus un processus de sécession , que Christopher Lash avait vu très tôt, qui est celle des bourgeoisies, qui s’ajoute au phénomène de citadellisation des élites, qui fait qu’il n’y a pas plus de connexion entre ces catégories. (…) Il faut arrêter le discours du magistère des prétentieux. Cette idée de rééducation du peuple, en lui montrant la voie, n’est pas possible. Une société c’est une majorité de catégories modestes et l’objectif d’une démocratie, c’est de servir prioritairement ces catégories. C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Il faut prendre ces gens au sérieux, il faut prendre en compte les diagnostics des classes populaires sur leurs souhaits d’être protégés, ce qui ne veut pas dire être assistés. Ces catégories veulent du travail, elles veulent qu’on les respectent culturellement, et ne pas se faire traiter de « déplorables » ou de sans dents » – ce qui fait partie intégrante du problème identitaire que nous avons aujourd’hui qui est le produit de ces attaques là -. (…) Les gens veulent de la protection, du travail, de la régulation économique mais aussi une régulation des flux migratoires. Je parle ici de tout le monde d’en bas, parce que la demande de régulation des flux migratoires vient de toutes les catégories modestes quelles que soient les origines. Tout le monde veut la même chose alors que lorsque les gens parlent de la question migratoire, on les place sur la question raciale, non. C’est anthropologiquement vrai pour toutes les catégories modestes, et cela est vrai partout. Dans tous les pays, les catégories modestes veulent vivre tranquillement, ce qui ne veut pas dire vivre derrière des murs, mais vivre dans un environnement que l’on connaît avec des valeurs communes. (…) Ce qui est amusant aujourd’hui, c’est qu’il y a une ethnicisation des classes moyennes – on pense blanc – cela montre bien la fin du concept qui était censé être intégrateur pour le plus grand nombre. (…) Les autoritaires ne sont pas ceux que l’on croit. Sauver les démocraties occidentales, c’est faire entendre le plus grand nombre. (…) Soit le monde d’en haut refuse d’entendre la majorité et on basculera dans une forme d’autoritarisme soft, ce qui pourrait faire durer le système un peu plus longtemps, mais avec le risque que cela se termine très mal. Soit  on essaye de faire baisser la tension en disant : « maintenant on essaye d’intégrer économiquement et culturellement le plus grand nombre ». Cette réflexion existe, il n’y a pas encore de parti politique qui représente tout cela, qui fait cette connexion, mais cela est en gestation. Il n’y a pas 50 sorties possibles de cette impasse, il n’y en a qu’une. Inclure les catégories populaires parce qu’elles sont la société elle-même. C’est pour cela que le discours sur les marges a été destructeur. Les ouvriers, les ruraux etc…ce ne sont pas des marges, c’est un tout, et ce tout est la société. Maintenant tout est sur la table, les diagnostics sont faits. Alors il faut se retrousser les manches et aller dans le dur en essayant de réellement inventer quelque chose de plus efficace, et en oubliant ce truc absurde du premier de cordée. Mais là, il faut bien remarquer le problème que nous avons concernant le personnel en place. Ils pensent tous la même chose. Il faut une révolution culturelle du monde d’en haut, ce qui devrait être à la portée des nations occidentales…cela ne coûte pas cher. La question pour eux est donc de protéger ou disparaître. Christophe Guilluy
Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs, ainsi que les jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu. Leur part dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. La nouveauté, c’est uniquement que «le peuple» est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent beaucoup moins d’employés et d’ouvriers. Face à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Nulle volonté de «chasser les pauvres», pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est une situation sans précédent depuis la révolution industrielle. (…)  Dans tous les pays développés, on vérifie le phénomène déjà constaté en France: la majorité des catégories populaires vit désormais à l’écart des territoires les plus dynamiques, ceux qui créent de l’emploi. Ces évolutions dessinent les contours d’une Amérique périphérique et d’une Angleterre périphérique tout autant que d’une France périphérique. De la Rust Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. (…)  La dimension sociale et économique du vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies d’évitements résidentiels et scolaires) sont aujourd’hui les plus sensibles à la question migratoire. Les mêmes demandent à être protégés d’un modèle économique et sociétal qui les fragilise. Dans des sociétés multiculturelles, l’assimilation ne fonctionne plus. L’autre ne devient plus soi, ce qui suscite de l’inquiétude. Le nombre de l’autre importe. Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En France, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires des métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent consentir des sacrifices pour déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales afin d’accéder à la propriété et d’acquérir un pavillon. Dans chacun des grands pays industrialisés, les catégories populaires « autochtones » éprouvent une insécurité culturelle. (…) ce sont bien les territoires populaires les plus éloignés des grandes métropoles qui portent la dynamique populiste. La Rust Belt et les régions désindustrialisées de Grande-Bretagne pèsent respectivement plus dans le vote Trump ou dans le Brexit que New York ou le Grand Londres. Dans les zones périurbaines de Rotterdam, ce sont bien aussi les catégories modestes (qui ne se confondent pas avec les pauvres) qui voient leur statut de référent culturel remis en question par la dynamique migratoire et qui votent pour Geert Wilders. Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand n’est pas celle du paysan français, de l’employé néerlandais ou d’un petit tra- vailleur indépendant italien, il existe un point commun : tous, quel que soit leur niveau de vie, font le constat d’être fragilisés par un modèle économique qui les a relégués socialement et culturellement. (…) On ne s’intègre pas à un modèle ou à un système de valeur mais à une population à qui on désire ressembler. On se marie, on tisse des liens d’amitié, de voisinage avec des gens qui sont proches. Or cette intégration ne se réalise pas dans n’importe quelle catégorie sociale, mais d’abord dans des milieux populaires. Et ce qui a changé depuis les années 1970 et surtout 1980, c’est précisément le changement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les « petites gens » sont désormais perçus en grande partie comme les perdants de la mondialisation. Quel nouveau venu dans un pays peut avoir envie de ressembler à des « autochtones » qui ne sont pas en phase d’ascension sociale et que, de surcroît, leurs propres élites méprisent en raison de l’attachement des intéressés à certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary Clinton présentant les électeurs de Donald Trump comme des « déplorables » pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. C’est pourquoi, alors que la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Scandinavie se sont construits sur des modèles culturels très différents, tous ces pays connaissent la même dynamique populiste, la même crise sociale et identitaire et le même questionnement sur la pertinence de leurs modèles d’intégration. (…) la rupture entre le haut et le bas (…) nous conduit à un modèle qui ne fait plus société. La disparition de la classe moyenne n’en est qu’une conséquence. Le monde d’en haut refuse d’écouter celui d’en bas qui le lui rend bien notamment en grossissant les camps de l’abstention ou du vote populiste. Cette rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, porte en germe l’abandon du bien commun et nous fait basculer dans l’asociété. Trump vient de l’élite américaine, c’est un des points communs qu’il partage avec Macron. Tous les deux se sont affranchis de leur propre camp pour se faire élire : Macron de la gauche, Trump du camp républicain. Ils ont enterré le vieux clivage gauche-droite. Les deux ont compris que nous étions entrés dans le temps de la disparition de la classe moyenne occidentale. L’un et l’autre ont saisi que, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires, celles qui constituaient hier le socle de la classe moyenne, vivent désormais sur les territoires qui créent le moins d’emplois : dans l’Amérique périphérique et dans la France périphérique. Mais la comparaison s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Amérique périphérique, Macron a au contrai- re construit sa dynamique électorale à partir des métropoles mondialisées. Si le président français est conscient de la fragilisation sociale de la France périphérique, il pense que la solution passe par une accélération de l’adaptation de l’économie française aux normes de l’économie mondialisée. À l’opposé, le président américain fait le constat des limites d’un modèle qu’il convient de réguler (protectionnisme, remise en cause des traités de libre-échange, volonté de réguler l’immigration, politique de grands travaux) afin de créer de l’emploi sur ces territoires de la désindustrialisation américaine. Il existe un autre point de divergence fondamental, c’est le refus chez Trump d’un argumentaire moral qui sert depuis des décennies à disqualifier les classes populaires. Christophe Guilluy
We spent 10 months writing the papers, averaging one new paper roughly every thirteen days. (Seven papers published over seven years is frequently claimed to be the number sufficient to earn tenure at most major universities although, in reality, requirements vary by institution.) As for our performance, 80% of our papers overall went to full peer review, which keeps with the standard 10-20% of papers that are “desk rejected” without review at major journals across the field. We improved this ratio from 0% at first to 94.4% after a few months of experimenting with much more hoaxish papers. Because we were forced to go public before we could complete our study, we cannot be sure how many papers would have been accepted if we had had time to see them through—papers typically take 3-6 months or more to complete the entire process and one of ours was under review from December 2017 to August 2018—but an estimate of at least 10, probably 12, eventual acceptances seems warranted at the time of having to call a halt. (…) Our papers also present very shoddy methodologies including incredibly implausible statistics (“Dog Park”), making claims not warranted by the data (“CisNorm,” “Hooters,” “Dildos”), and ideologically-motivated qualitative analyses (“CisNorm,” “Porn”). Questionable qualitative methodologies such as poetic inquiry and autoethnography (sometimes rightly and pejoratively called “mesearch”) were incorporated (especially in “Moon Meetings”). (…) Many papers advocated highly dubious ethics including training men like dogs (“Dog Park”), punishing white male college students for historical slavery by asking them to sit in silence in the floor in chains during class and to be expected to learn from the discomfort (“Progressive Stack”), celebrating morbid obesity as a healthy life-choice (“Fat Bodybuilding”), treating privately conducted masturbation as a form of sexual violence against women (“Masturbation”), and programming superintelligent AI with irrational and ideological nonsense before letting it rule the world (“Feminist AI”). There was also considerable silliness including claiming to have tactfully inspected the genitals of slightly fewer than 10,000 dogs whilst interrogating owners as to their sexuality (“Dog Park”), becoming seemingly mystified about why heterosexual men are attracted to women (“Hooters”), insisting there is something to be learned about feminism by having four guys watch thousands of hours of hardcore pornography over the course of a year while repeatedly taking the Gender and Science Implicit Associations Test (“Porn”), expressing confusion over why people are more concerned about the genitalia others have when considering having sex with them (“CisNorm”), and recommending men anally self-penetrate in order to become less transphobic, more feminist, and more concerned about the horrors of rape culture (“Dildos”). None of this, except that Helen Wilson recorded one “dog rape per hour” at urban dog parks in Portland, Oregon, raised so much as a single reviewer eyebrow, so far as their reports show. (…) Our data indicate that grievance studies is a serious academic problem … with knowledge production within fields that have been corrupted by grievance studies arising from critical constructivism and radical skepticism. Among the problems are how topics like race, gender, sexuality, society, and culture are researched. Perhaps most concerning is how the current highly ideological disciplines undermine the value of more rigorous work being done on these topics and erodes confidence in the university system. Research into these areas is crucial, and it must be rigorously conducted and minimize ideological influences. The further results on these topics diverge from reality, the greater chance they will hurt those their scholarship is intended to help. Worse, the problem of corrupt scholarship has already leaked heavily into other fields like education, social work, media, psychology, and sociology, among others—and it openly aims to continue spreading. This makes the problem a grave concern that’s rapidly undermining the legitimacy and reputations of universities, skewing politics, drowning out needed conversations, and pushing the culture war to ever more toxic and existential polarization. Further, it is affecting activism on behalf of women and racial and sexual minorities in a way which is counterproductive to equality aims by feeding into right-wing reactionary opposition to those equality objectives … Our recommendation begins by calling upon all major universities to begin a thorough review of these areas of study (gender studies, critical race theory, postcolonial theory, and other “theory”-based fields in the humanities and reaching into the social sciences, especially including sociology and anthropology), in order to separate knowledge-producing disciplines and scholars from those generating constructivist sophistry. We hope the latter can be redeemed, not destroyed, as the topics they study—gender, race, sexuality, culture—are of enormous importance to society and thus demand considerable attention and the highest levels of academic rigor. Further, many of their insights are worthy and deserve more careful consideration than they currently receive. This will require them to adhere more honestly and rigorously to the production of knowledge and to place scholarship ahead of any conflicting interest rather than following from it … As for us, we intend to use the knowledge we’ve gained from grievance studies to continue to critique them and push for universities to fix this problem and reaffirm their commitment to rigorous, non-partisan knowledge production. We do this because we believe in the university, in rigorous scholarship, in the pursuit of scientific knowledge, and in the importance of social justice. Helen Pluckrose, James Lindsay and Peter Boghossian
Le savoir basé de moins en moins sur le fait de trouver la vérité et de plus en plus sur le fait de s’occuper de certaines ‘complaintes’ est devenu établi, presque totalement dominant, au sein de [certains champs des sciences sociales] et les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres départements qui n’adhèrent pas à leur vision du monde. (…) Nous ne devrions pas avoir été capables de publier n’importe lequel de ces papers si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux. (…) Il y a un problème de production du savoir au sein de champs qui ont été corrompus par les ‘grievance studies’ nées du socio-constructivisme et du scepticisme radical. Parmi les problèmes, il y a la manière dont des sujets comme la race, le genre, la sexualité, la société et la culture sont traités par la recherche. (…) Nous espérons que ceci donnera aux gens – spécialement à ceux qui croient au libéralisme, au progrès, à la modernité et à la justice sociale – une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : ‘Non, je n’irai pas dans ce sens là. Vous ne parlez pas en mon nom. Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian
Des chercheurs ont réussi à faire publier dans plusieurs revues de référence aux Etats-Unis des essais aux thèses absolument délirantes, prônant par exemple le développement de l’usage anal de sex-toys chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme. Quand un homme se masturbe en pensant à une femme sans lui avoir demandé son consentement, c’est une agression sexuelle. Il existe une culture systémique du viol chez les chiens. L’astronomie est une science sexiste et pro-occidentale qui doit être remplacée par une astrologie indigène et queer. Ces thèses vous semblent loufoques, invraisemblables ? Elles le sont. Elles ont néanmoins été considérées avec le plus grand sérieux, et parfois même publiées, par des revues académiques de premier plan aux Etats-Unis, victimes de l’un des canulars universitaires les plus ambitieux jamais mis en œuvre… Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian sont trois chercheurs américains, persuadés que quelque chose cloche dans certains secteurs du monde académique outre-Atlantique. (…) Se désolant de ce tournant idéologique en cours dans les facs américaines, notre trio d’universitaires établit une liste des disciplines les plus gravement touchées : il s’agit des matières communément regroupées dans l’enseignement supérieur américain sous le terme de « cultural studies » ou « identity studies », « enracinées dans la branche ‘postmoderne’ de la théorie qui a émergé à la fin des années soixante ». On y trouve donc les fameuses « gender studies », les « queer studies » mais également la « critical race theory », les « fat studies » (sic) ou des pans entiers de la sociologie critique. Le point commun de ces branches universitaires, requalifiées en « grievance studies » (qu’on pourrait traduire par « études plaintives ») ? D’après les trois chercheurs, elles produisent des travaux très souvent « corrompus » par l’idéologie, qui renoncent à toute honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de dénoncer les oppressions de toutes sortes : sexistes, raciales, post-coloniales, homophobes, transphobes, grossophobes… Pour prouver leur diagnostic, Pluckrose, Lindsay et Boghossian ont fait un pari simple… et drôle : pousser, dans des articles fantaisistes, la doxa qu’ils pointent dans ses retranchements les plus absurdes et voir si ces papiers seraient acceptés pour publication dans de très sérieuses revues scientifiques. Ils ont donc passé dix mois à écrire de faux « papers », un format universitaire anglo-saxon qu’on peut comparer au mémoire français. Recette commune de ces essais : « Des statistiques totalement invraisemblables, des assomptions non prouvées par les données, des analyses qualitatives idéologiquement biaisées, une éthique suspecte (…), une bêtise considérable ». Les chercheurs ont ensuite systématiquement envoyé leurs travaux bidons aux « journaux de référence dans les champs universitaires concernés ». Après quasiment un an de bombardement de canulars, les trois audacieux ont été forcés d’arrêter leur expérience car un de leurs textes commençait à connaître un important écho dans la presse. Mais les 20 papers écrits ont suffi à valider la pertinence de leur thèse : pas moins de sept d’entre eux ont en effet été validés par les revues universitaires, dont quatre publiés. Sept autres sont encore en cours d’examen et seulement six ont été refusés sans ambiguïté par les universitaires chargés de les évaluer. Par quatre fois, les facétieux compères ont même été invités à eux-mêmes examiner le travail de « pairs » en récompense… de leur « savoir exemplaire ». (…) Au bout du compte, la leçon que tirent les trois auteurs de leur plongée en absurdie sociologique est partagée entre amusement et réelle inquiétude. Rejetant l’idée simpliste que « le monde universitaire est corrompu » ou que « tous les universitaires et évaluateurs dans le champ des humanités qui étudient le genre, la race, la sexualité ou le poids sont corrompus », ils alarment : « Nous ne devrions pas avoir été capables de publier n’importe lequel de ces papers si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux ». Produisant un « savoir » considérablement orienté, ils constatent aussi avec effarement que les chercheurs relisant leurs textes ne leur réclamaient souvent « pas d’être moins biaisé politiquement et moins négligent dans le travail, mais de l’être davantage ». (…) C’est donc bien un nouvel obscurantisme que les chercheurs décrivent, une idéologie qui « rejette l’idée d’universalité scientifique et d’objectivité et insiste, pour des raisons morales, sur la nécessité d’accepter la notion de vérités multiples basées sur l’identité ». Or selon eux, ce relativisme mortifère serait devenu « autoritaire » dans les facs américaines. Marianne

Attention: une folie identitaire peut en cacher une autre !

A l’heure où après avoir si longtemps nié et caché les conséquences de leurs propres décisions dont ils ont seuls – leurs clients compris – les moyens de se préserver …

Nos bien-pensants premiers de cordée et sansfrontiéristes échevelés n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer

Pour leur attachement d’un autre âge à leur propre identité entre religion, armes à feu et frontières, les laissés pour compte de la mondialisation

Et où peuvent se publier entre les prétendus « zoos humains » et les dérives victimaires de nos systèmes éducatifs des articles de recherche aussi loufoques que …

Le « remplacement de l’astronomie sexiste et pro-occidentale par une astrologie indigène et queer »…

Le « développement de l’usage anal de sex-toys chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme  » …

Ou la « culture systémique du viol chez les chiens » …

Comment ne pas voir avec trois chercheurs américains qui viennent d’en faire la démonstration dans des revues académique de premier plan …

Cette véritable folie identitaire qui s’insinue jusque dans l’éducation, le travail social, les médias, la psychologie ou la sociologie …

D’une « recherche universitaire corrompue » qui « sape la légitimité et la réputation des universités, fausse le discours politique, noie une bien nécessaire conversation et pousse la guerre culturelle vers une polarisation toujours plus toxique » ?

CQFD

« De la culture du viol chez les chiens » : l’incroyable canular qui a piégé la sociologie américaine

Des chercheurs ont réussi à faire publier dans plusieurs revues de référence aux Etats-Unis des essais aux thèses absolument délirantes, prônant par exemple le développement de l’usage anal de sex-toys chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme.

Quand un homme se masturbe en pensant à une femme sans lui avoir demandé son consentement, c’est une agression sexuelle. Il existe une culture systémique du viol chez les chiens. L’astronomie est une science sexiste et pro-occidentale qui doit être remplacée par une astrologie indigène et queer. Ces thèses vous semblent loufoques, invraisemblables ? Elles le sont. Elles ont néanmoins été considérées avec le plus grand sérieux, et parfois même publiées, par des revues académiques de premier plan aux Etats-Unis, victimes de l’un des canulars universitaires les plus ambitieux jamais mis en œuvre…

Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian sont trois chercheurs américains, persuadés que quelque chose cloche dans certains secteurs du monde académique outre-Atlantique. « Le savoir basé de moins en moins sur le fait de trouver la vérité et de plus en plus sur le fait de s’occuper de certaines ‘complaintes’ est devenu établi, presque totalement dominant, au sein de [certains champs des sciences sociales]« , écrivent-ils dans le magazine Areo, et les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres départements qui n’adhèrent pas à leur vision du monde ». Se désolant de ce tournant idéologique en cours dans les facs américaines, notre trio d’universitaires établit une liste des disciplines les plus gravement touchées : il s’agit des matières communément regroupées dans l’enseignement supérieur américain sous le terme de « cultural studies » ou « identity studies« , « enracinées dans la branche ‘postmoderne’ de la théorie qui a émergé à la fin des années soixante« . On y trouve donc les fameuses « gender studies« , les « queer studies » mais également la « critical race theory« , les « fat studies » (sic) ou des pans entiers de la sociologie critique. Le point commun de ces branches universitaires, requalifiées en « grievance studies » (qu’on pourrait traduire par « études plaintives ») ? D’après les trois chercheurs, elles produisent des travaux très souvent « corrompus » par l’idéologie, qui renoncent à toute honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de dénoncer les oppressions de toutes sortes : sexistes, raciales, post-coloniales, homophobes, transphobes, grossophobes…

Recette des faux articles : « une bêtise considérable »

Pour prouver leur diagnostic, Pluckrose, Lindsay et Boghossian ont fait un pari simple… et drôle : pousser, dans des articles fantaisistes, la doxa qu’ils pointent dans ses retranchements les plus absurdes et voir si ces papiers seraient acceptés pour publication dans de très sérieuses revues scientifiques. Ils ont donc passé dix mois à écrire de faux « papers« , un format universitaire anglo-saxon qu’on peut comparer au mémoire français. Recette commune de ces essais : « Des statistiques totalement invraisemblables, des assomptions non prouvées par les données, des analyses qualitatives idéologiquement biaisées, une éthique suspecte (…), une bêtise considérable« .

Les chercheurs ont ensuite systématiquement envoyé leurs travaux bidons aux « journaux de référence dans les champs universitaires concernés« . Après quasiment un an de bombardement de canulars, les trois audacieux ont été forcés d’arrêter leur expérience car un de leurs textes commençait à connaître un important écho dans la presse. Mais les 20 papers écrits ont suffi à valider la pertinence de leur thèse : pas moins de sept d’entre eux ont en effet été validés par les revues universitaires, dont quatre publiés. Sept autres sont encore en cours d’examen et seulement six ont été refusés sans ambiguïté par les universitaires chargés de les évaluer. Par quatre fois, les facétieux compères ont même été invités à eux-mêmes examiner le travail de « pairs » en récompense… de leur « savoir exemplaire« .

Lorsqu’on examine le contenu de ces faux mémoires, on peine pourtant à croire que leur absurdité n’ait pas sauté à la figure des chercheurs chargés de les examiner. Dans un article intitulé « Passer par la porte de derrière : défier l’homo-hystérie masculine et la transphobie à travers l’usage de sex-toys pénétratifs« , les chercheurs expliquent que si les hommes utilisent rarement des sex-toys pour « s’auto-pénétrer par voie anale« , c’est parce qu’ils ont peur d’être pris pour des homosexuels ou par hostilité aux transsexuels. Conclusion : encourager cette pratique engendrerait, à coup sûr, une baisse de la transphobie et un progrès de valeurs féministes. Délirant ? Le texte a été publié dans la revue Sexuality and Culture, et qualifié de « contribution incroyablement riche et excitante à l’étude de la sexualité et de la culture » par un universitaire chargé de l’analyser.

Une de leurs inventions croquignolesques a même rencontré un réel triomphe académique : dans « Réactions humaines à la culture du viol et performativité queer au sein des parcs à chiens de Portland, Oregon« , nos chercheurs soutiennent qu’il existe « une rampante culture du viol canine » et qu’une « oppression systémique » frappe certaines races de chiens. Un mémoire qualifié « d’incroyablement innovant, riche en analyse, extrêmement bien écrit et organisé » par la revue Gender, Place, and Culture, qui lui a fait une place dans ses prestigieuses colonnes… et l’a même intégrée parmi ses 12 meilleures publications de l’année 2018 ! La chercheuse Helen Wilson, auteure de ce travail volontairement absurde, expliquant sa méthode de travail, y écrivait avoir « délicatement inspecté les parties génitales d’un peu moins de 10.000 chiens tout en interrogeant leurs propriétaires sur leur sexualité« , mais également avoir « constaté un viol de chien par heure au parc à chiens urbain de Portland » ! Pas de quoi faire lever un sourcil aux universitaires chargés de valider son article pour publication dans une revue « de référence »…

D’autres mémoires-hoax n’ont pas eu le temps d’être publiés avant que le canular soit finalement rendu public. Mais ils ont été quasiment intégralement validés par les revues auxquelles ils ont été présentés, avec des modifications mineures. On y trouve des thèses toujours aussi comiques : « L’Intelligence artificielle est intrinsèquement dangereuse car elle est programmée avec des données masculinistes, impérialistes et rationalistes« . Ou encore : « L’astronomie est et sera toujours intrinsèquement sexiste et occidentale, ce biais masculiniste et occidental peut être corrigé en incluant une astrologie féministe, queer et indigène (par exemple, des horoscopes) à la science astronomique« .

« Les éducateurs devraient discriminer selon l’identité et calculer le statut de leurs étudiants en fonction de leurs privilèges »

Et même : « Les éducateurs devraient discriminer selon l’identité et calculer le statut de leurs étudiants en fonction de leurs privilèges (…), pénalisant les plus privilégiés en refusant d’écouter leurs contributions, ridiculisant leurs efforts, en parlant plus fort qu’eux et en les forçant à s’asseoir enchaînés sur le sol » ! Toutes ces contributions n’ont reçu que des critiques de forme de la part des revues universitaires auxquelles ils ont été adressés. Celle proposant d’enchaîner des étudiants sur le sol a même été applaudie comme « une forte contribution à la littérature foisonnante s’attaquant à l’injustice épistémique dans la salle de classe« .

D’autres faux essais universitaires ont été finalement rejetés après examen par des universitaires. Mais cela ne les a pas toujours empêché de recevoir des commentaires chaleureux de la part de chercheurs chargés de les évaluer, qui ont parfois même poussé l’absurde encore plus loin. Ainsi, dans un mémoire consacré à la masturbation, les auteurs du canular écrivent que « quand un homme se masturbe en privé en fantasmant sur une femme sans qu’elle lui ait donné sa permission (…), il commet une violence métasexuelle contre elle« . Dans son évaluation, la première contributrice de Sociological Theory encourage nos chercheurs à aller plus loin encore dans cette théorie : « Je pense à d’autres scénarios où les hommes pourraient transformer en arme leur non-connaissance de manière très tangible. Par exemple, la déclaration ambiguë ‘Je pense à toi tout le temps’, dite de manière impromptue à une femme par un homme, est particulièrement insidieuse, étant donné le contexte structurel de violence métasexuelle dans le monde« .

« Juifs » remplacé par « Blancs » dans « Mein Kampf » : un chercheur applaudit

Le clou de cette fanfaronnade a été apporté par un essai présenté au magazine Sociology of Race and Ethnicity, où nos trublions prétendent « examiner de manière critique la blanchité (‘whiteness, ndlr) depuis la blanchité« . Pour cela, ils ont ni plus ni moins sélectionné – sans le dire – des extraits de Mein Kampf, l’infâme pamphlet antisémite d’Adolf Hitler, en y remplaçant le mot « Juifs » par « Blancs« . Le paper a été rejeté mais cela ne l’a pas empêché de recevoir au préalable les éloges de plusieurs pairs universitaires. « Cet article a le potentiel pour être une contribution puissante et particulière à la littérature traitant des mécanismes qui renforcent l’adhésion blanche à des perspectives suprémacistes blanches, et au processus par lequel des individus peuvent atteindre des niveaux plus profonds de conscience sociale et raciale« , écrit ainsi un chercheur enthousiaste, qui n’objecte que « des révisions concernant la précision, la clarté, l’expression d’assertions et des exemples concrets » et complimente ainsi sans le savoir une resucée de Mein Kampf.

« Nous espérons que ceci donnera aux gens une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : Non »

Au bout du compte, la leçon que tirent les trois auteurs de leur plongée en absurdie sociologique est partagée entre amusement et réelle inquiétude. Rejetant l’idée simpliste que « le monde universitaire est corrompu » ou que « tous les universitaires et évaluateurs dans le champ des humanités qui étudient le genre, la race, la sexualité ou le poids sont corrompus« , ils alarment : « Nous ne devrions pas avoir été capables de publier n’importe lequel de ces papers si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux ». Produisant un « savoir » considérablement orienté, ils constatent aussi avec effarement que les chercheurs relisant leurs textes ne leur réclamaient souvent « pas d’être moins biaisé politiquement et moins négligent dans le travail, mais de l’être davantage ».

Le tableau final est implacable pour tout un pan du monde universitaire anglo-saxon : « Il y a un problème de production du savoir au sein de champs qui ont été corrompus par les ‘grievance studies’ nées du socio-constructivisme et du scepticisme radical. Parmi les problèmes, il y a la manière dont des sujets comme la race, le genre, la sexualité, la société et la culture sont traités par la recherche ». C’est donc bien un nouvel obscurantisme que les chercheurs décrivent, une idéologie qui « rejette l’idée d’universalité scientifique et d’objectivité et insiste, pour des raisons morales, sur la nécessité d’accepter la notion de vérités multiples basées sur l’identité« . Or selon eux, ce relativisme mortifère serait devenu « autoritaire » dans les facs américaines. Rappellent leur propre sympathie pour les mouvements des droits civiques, le féminisme et le mouvement LGBT, nos trois trublions émettent un souhait : « Nous espérons que ceci donnera aux gens – spécialement à ceux qui croient au libéralisme, au progrès, à la modernité et à la justice sociale – une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : ‘Non, je n’irai pas dans ce sens là. Vous ne parlez pas en mon nom' ».

Voir aussi:

This essay, although hopefully accessible to everyone, is the most thorough breakdown of the study and written for those who are already somewhat familiar with the problems of ideologically-motivated scholarship, radical skepticism and cultural constructivism.


Part I: Introduction

Something has gone wrong in the university—especially in certain fields within the humanities. Scholarship based less upon finding truth and more upon attending to social grievances has become firmly established, if not fully dominant, within these fields, and their scholars increasingly bully students, administrators, and other departments into adhering to their worldview. This worldview is not scientific, and it is not rigorous. For many, this problem has been growing increasingly obvious, but strong evidence has been lacking. For this reason, the three of us just spent a year working inside the scholarship we see as an intrinsic part of this problem.

We spent that time writing academic papers and publishing them in respected peer-reviewed journals associated with fields of scholarship loosely known as “cultural studies” or “identity studies” (for example, gender studies) or “critical theory” because it is rooted in that postmodern brand of “theory” which arose in the late sixties. As a result of this work, we have come to call these fields “grievance studies” in shorthand because of their common goal of problematizing aspects of culture in minute detail in order to attempt diagnoses of power imbalances and oppression rooted in identity.

We undertook this project to study, understand, and expose the reality of grievance studies, which is corrupting academic research. Because open, good-faith conversation around topics of identity such as gender, race, and sexuality (and the scholarship that works with them) is nearly impossible, our aim has been to reboot these conversations. We hope this will give people—especially those who believe in liberalism, progress, modernity, open inquiry, and social justice—a clear reason to look at the identitarian madness coming out of the academic and activist left and say, “No, I will not go along with that. You do not speak for me.”

This document is a first look at our project and an initial attempt to grapple with what we’re learning and what it means. Because of its length and detail, it is organized as follows, putting the factual information up front and more detailed explanations thereafter.

  • Our methodology, which is central to contextualizing our claims;
  • A summary of this project from its beginning until we were eventually exposed and forced to go public before we could conclude our research;
  • An explanation of why we did this;
  • A summary of the problem and why it matters;
  • A clear explanation of how this project came to be;
  • The results of our study, including a full list of all of the papers we submitted, their final outcomes, and relevant reviewer comments to date;
  • A discussion of the significance of the results;
  • A summary of what may come next

Part II: Methods

Our approach is best understood as a kind of reflexive ethnography—that is, we conducted a study of a peculiar academic culture by immersing ourselves within it, reflecting its output and modifying our understanding until we became “outsiders within” it.

Our objective was to learn about this culture and establish that we had become fluent in its language and customs by publishing peer-reviewed papers in its top journals, which usually only experts in the field are capable of doing. Because we came to conceptualize this project as a kind of reflexive ethnographic study in which we sought to understand the field and how it works by participating in it, obtaining peer reviewers’ comments about what we were doing right and what needed to change to make absurd theses acceptable was central to the project. Indeed, the reviewers’ comments are in many ways more revealing about the state of these fields than the acceptances themselves.

While our papers are all outlandish or intentionally broken in significant ways, it is important to recognize that they blend in almost perfectly with others in the disciplines under our consideration. To demonstrate this, we needed to get papers accepted, especially by significant and influential journals. Merely blending in couldn’t generate the depth necessary for our study, however. We also needed to write papers that took risks to test certain hypotheses such that the fact of their acceptance itself makes a statement about the problem we’re studying (see the Papers section, below). Consequently, although this study does not qualify as being particularly controlled, we did control one important variable: the big-picture methodology we used to write every paper.

Our paper-writing methodology always followed a specific pattern: it started with an idea that spoke to our epistemological or ethical concerns with the field and then sought to bend the existing scholarship to support it. The goal was always to use what the existing literature offered to get some little bit of lunacy or depravity to be acceptable at the highest levels of intellectual respectability within the field. Therefore, each paper began with something absurd or deeply unethical (or both) that we wanted to forward or conclude. We then made the existing peer-reviewed literature do our bidding in the attempt to get published in the academic canon.

This is the primary point of the project: What we just described is not knowledge production; it’s sophistry. That is, it’s a forgery of knowledge that should not be mistaken for the real thing. The biggest difference between us and the scholarship we are studying by emulation is that we know we made things up.

This process is the one, single thread that ties all twenty of our papers together, even though we used a variety of methods to come up with the various ideas fed into their system to see how the editors and peer reviewers would respond. Sometimes we just thought a nutty or inhumane idea up and ran with it. What if we write a paper saying we should train men like we do dogs—to prevent rape culture? Hence came the “Dog Park” paper. What if we write a paper claiming that when a guy privately masturbates while thinking about a woman (without her consent—in fact, without her ever finding out about it) that he’s committing sexual violence against her? That gave us the “Masturbation” paper. What if we argue that the reason superintelligent AI is potentially dangerous is because it is being programmed to be masculinist and imperialist using Mary Shelley’s Frankenstein and Lacanian psychoanalysis? That’s our “Feminist AI” paper. What if we argued that “a fat body is a legitimately built body” as a foundation for introducing a category for fat bodybuilding into the sport of professional bodybuilding? You can read how that went in Fat Studies.

At other times, we scoured the existing grievance studies literature to see where it was already going awry and then tried to magnify those problems. Feminist glaciology? Okay, we’ll copy it and write a feminist astronomy paper that argues feminist and queer astrology should be considered part of the science of astronomy, which we’ll brand as intrinsically sexist. Reviewers were very enthusiastic about that idea. Using a method like thematic analysis to spin favored interpretations of data? Fine, we wrote a paper about trans people in the workplace that does just that. Men use “male preserves” to enact dying “macho” masculinities discourses in a way society at large won’t accept? No problem. We published a paper best summarized as, “A gender scholar goes to Hooters to try to figure out why it exists.” “Defamiliarizing,” common experiences, pretending to be mystified by them and then looking for social constructions to explain them? Sure, our “Dildos” paper did that to answer the questions, “Why don’t straight men tend to masturbate via anal penetration, and what might happen if they did?” Hint: according to our paper in Sexuality and Culture, a leading sexualities journal, they will be less transphobic and more feminist as a result.

We used other methods too, like, “I wonder if that ‘progressive stack’ in the news could be written into a paper that says white males in college shouldn’t be allowed to speak in class (or have their emails answered by the instructor), and, for good measure, be asked to sit in the floor in chains so they can ‘experience reparations.’” That was our “Progressive Stack” paper. The answer seems to be yes, and feminist philosophy titan Hypatia has been surprisingly warm to it. Another tough one for us was, “I wonder if they’d publish a feminist rewrite of a chapter from Adolf Hitler’s Mein Kampf.” The answer to that question also turns out to be “yes,” given that the feminist social work journal Affilia has just accepted it. As we progressed, we started to realize that just about anything can be made to work, so long as it falls within the moral orthodoxy and demonstrates understanding of the existing literature.

Put another way, we now have good reasons to believe that if we just appropriate the existing literature in the right ways—and there always seems to be a citation or vein of literature that makes it possible—we can say almost any politically fashionable thing we want. The underlying questions in every single case were the same: What do we need to write, and what do we need to cite (all of our citations are real, by the way) to get this academic madness published as high “scholarship”?

What Did We Do?

We wrote 20 papers and submitted them to the best journals in the relevant fields (more on this below) with considerable success, even though we had to take the project public prematurely, and thus stop the study, before it could be properly concluded. At the time of publishing this, we have:

  • 7 papers accepted.

4 of these have been published online.

3 more have been accepted without having had time to see publication through. (This can take months).

  • 7 papers still in play when we had to call a halt.

2 have been “revised and resubmitted,” and are awaiting a decision. (A judgment of “Revise and Resubmit” usually results in publication following the satisfactory completion of requested revisions. A judgment of “Reject and Resubmit” can result in publication following more substantial ones. It is very rare for papers to be accepted outright.)

1 is still under first review at its current journal

4 are left hanging with no time to submit them to journals after rejection (2), revise and resubmit (1) or reject and resubmit (1).

  • 6 retired as fatally flawed or beyond repair.
  • 4 invitations to peer-review other papers as a result of our own exemplary scholarship. (For ethical reasons, we declined all such invitations. Had we wished to fully participate in their culture in this way, however, it would have been an unrivaled opportunity to tinker with how far we could take the hypothesis that the canon of literature within these fields gets skewed in part because the peer-review process encourages the existing political and ideological biases.)
  • 1 paper (the one about rape culture in dog parks) gained special recognition for excellence from its journal, Gender, Place, and Culture, a highly ranked journal that leads the field of feminist geography. The journal honored it as one of twelve leading pieces in feminist geography as a part of the journal’s 25th anniversary celebration.

To summarize, we spent 10 months writing the papers, averaging one new paper roughly every thirteen days. (Seven papers published over seven years is frequently claimed to be the number sufficient to earn tenure at most major universities although, in reality, requirements vary by institution.) As for our performance, 80% of our papers overall went to full peer review, which keeps with the standard 10-20% of papers that are “desk rejected” without review at major journals across the field. We improved this ratio from 0% at first to 94.4% after a few months of experimenting with much more hoaxish papers. Because we were forced to go public before we could complete our study, we cannot be sure how many papers would have been accepted if we had had time to see them through—papers typically take 3-6 months or more to complete the entire process and one of ours was under review from December 2017 to August 2018—but an estimate of at least 10, probably 12, eventual acceptances seems warranted at the time of having to call a halt.

The final submitted drafts totaled just shy of 180,000 words and the entire project totaled between 300,000 and 350,000 words, including all notes, drafts, summaries, and replies to journal reviewers. The papers themselves span at least fifteen subdomains of thought in grievance studies, including (feminist) gender studies, masculinities studies, queer studies, sexuality studies, psychoanalysis, critical race theory, critical whiteness theory, fat studies, sociology, and educational philosophy. They featured radically skeptical and standpoint epistemologies rooted in postmodernism, feminist and critical race epistemology rooted in critical social constructivism as well as psychoanalysis. They all also endeavored to be humorous in at least some small way (and often, big ones). The project so far has generated more than 40 substantive editorial and expert reader reports, constituting a further 30,000 or so words of data that provide a unique insider’s look into the field and its operation.

Our papers also present very shoddy methodologies including incredibly implausible statistics (“Dog Park”), making claims not warranted by the data (“CisNorm,” “Hooters,” “Dildos”), and ideologically-motivated qualitative analyses (“CisNorm,” “Porn”). (NB: See Papers section below.) Questionable qualitative methodologies such as poetic inquiry and autoethnography (sometimes rightly and pejoratively called “mesearch”) were incorporated (especially in “Moon Meetings”).

Many papers advocated highly dubious ethics including training men like dogs (“Dog Park”), punishing white male college students for historical slavery by asking them to sit in silence in the floor in chains during class and to be expected to learn from the discomfort (“Progressive Stack”), celebrating morbid obesity as a healthy life-choice (“Fat Bodybuilding”), treating privately conducted masturbation as a form of sexual violence against women (“Masturbation”), and programming superintelligent AI with irrational and ideological nonsense before letting it rule the world (“Feminist AI”). There was also considerable silliness including claiming to have tactfully inspected the genitals of slightly fewer than 10,000 dogs whilst interrogating owners as to their sexuality (“Dog Park”), becoming seemingly mystified about why heterosexual men are attracted to women (“Hooters”), insisting there is something to be learned about feminism by having four guys watch thousands of hours of hardcore pornography over the course of a year while repeatedly taking the Gender and Science Implicit Associations Test (“Porn”), expressing confusion over why people are more concerned about the genitalia others have when considering having sex with them (“CisNorm”), and recommending men anally self-penetrate in order to become less transphobic, more feminist, and more concerned about the horrors of rape culture (“Dildos”). None of this, except that Helen Wilson recorded one “dog rape per hour” at urban dog parks in Portland, Oregon, raised so much as a single reviewer eyebrow, so far as their reports show.

Near the end of July 2018, a clear need arose to call the project to a premature end after our “dog park” paper attracted incredulous attention on social media generated by the Twitter account Real Peer Review, which is a platform dedicated to exposing shoddy scholarship. This deserved incredulity led to small and then larger journalistic publications investigating our fictitious author, Helen Wilson, and our non-existent institution, the Portland Ungendering Research Initiative (PURI) and finding no credible history of either. Under this pressure, the publishing journal, Gender, Place and Culture, asked our author to prove her identity and then released an expression of concern about the paper. This generated further attention that eventually got the Wall Street Journal involved, and far more importantly, it changed the ethics of utilizing deception within the project. With major journalistic outlets and (by then) two journals asking us to prove our authors’ identities, the ethics had shifted away from a defensible necessity of investigation and into outright lying. We did not feel right about this and decided the time had come to go public with the project. As a result, we came clean to the Wall Street Journal at the beginning of August and began preparing a summary as quickly as possible even though we still had several papers progressing encouragingly through the review process.

Part III: Why Did We Do This?

Because we’re racist, sexist, bigoted, misogynistic, homophobic, transphobic, transhysterical, anthropocentric, problematic, privileged, bullying, far right-wing, cishetero straight white males (and one white female who was demonstrating her internalized misogyny and overwhelming need for male approval) who wanted to enable bigotry, preserve our privilege, and take the side of hate?

No. None of those apply. Nevertheless, we’ll be accused of it, and we have some insights into why.

To many not involved in academia, particularly those who are skeptical of its worth generally, it may seem like we’re addressing yet another obscure academic squabble of little relevance to the real world. You are mistaken. The problem we’ve been studying is of the utmost relevance to the real world and everyone in it.

Alternatively, those who are positively inclined towards academia and ethically and/or politically in support of social science and humanities research that focuses on social justice issues may think the work researchers are doing on these topics is important and generally sound. You’d be right that it’s important but not that it is always sound—some of the work being produced is positively horrifying and surreal while exerting considerable influence on the field and beyond. You also might acknowledge that there are problems arising from the pressures of a publish-or-perish culture driven by broken university business models and taken advantage of by an opportunistic publishing industry, but be skeptical that there are any serious integral epistemological or ethical issues at work.

As liberals, we recognize that you might be resistant to acknowledging that our evidence points to an undeniable problem in academic research on important issues relevant to social justice. The work done in these fields claims to continue the vital work of the civil rights movements, liberal feminism, and Gay Pride. It seeks to address oppression of women and racial and sexual minorities. Surely, you might therefore believe, these bodies of literature must be essentially good and sound, even if you recognize some overreach and silliness.

After having spent a year immersed and becoming recognized experts within these fields, in addition to witnessing the divisive and destructive effects when activists and social media mobs put it to use, we can now state with confidence that it is neither essentially good nor sound. Further, these fields of study do not continue the important and noble liberal work of the civil rights movements; they corrupt it while trading upon their good names to keep pushing a kind of social snake oil onto a public that keeps getting sicker. For us to know anything about injustice in society and be able to show it to those who are unaware or in denial of it, scholarship into it must be rigorous. Currently, it is not, and this enables it, and social justice issues with it, to be dismissed. This is a serious problem of considerable concern, and we must address it.

What’s the Problem?

We have stated firmly that there is a problem in our universities, and that it’s spreading rapidly into culture. It is aided in this by being tricky to understand and by intentionally using emotionally powerful words—like “racist” and “sexist”—in technical ways that mean something different than their common usages. This project identifies aspects of this problem, tests them, and then exposes them.

The problem is epistemological, political, ideological, and ethical and it is profoundly corrupting scholarship in the social sciences and humanities. The center of the problem is formally termed “critical constructivism,” and its most egregious scholars are sometimes referred to as “radical constructivists.” Expressing this problem accurately is difficult, and many who’ve tried have studiously avoided doing so in any succinct and clear way. This reticence, while responsible given the complexity of the problem and its roots, has likely helped the problem perpetuate itself.

This problem is most easily summarized as an overarching (almost or fully sacralized) belief that many common features of experience and society are socially constructed. These constructions are seen as being nearly entirely dependent upon power dynamics between groups of people, often dictated by sex, race, or sexual or gender identification. All kinds of things accepted as having a basis in reality due to evidence are instead believed to have been created by the intentional and unintentional machinations of powerful groups in order to maintain power over marginalized ones. This worldview produces a moral imperative to dismantle these constructions.

Common “social constructions” viewed as intrinsically “problematic” and thus claimed to be in need of dismantling include:

  • the understanding that there are cognitive and psychological differences between men and women which could explain, at least partially, why they make different choices in relation to things like work, sex, and family life;
  • that so-called “Western medicine” (even though many eminent medical scientists are not Western) is superior to traditional or spiritual healing practices;
  • that Western liberal cultural norms which grant women and the LGBT equal rights are ethically superior in this regard to non-Western religious or cultural ones that do not; and
  • that being obese is a life-limiting heath condition rather than an unfairly stigmatized and equally healthy and beautiful body-choice.

Underlying these alleged “social constructions” is the most deeply concerning of them all. This is the belief that in urgent need of “disrupting” is the simple truth that science itself—along with our best methods of data-gathering, statistical analysis, hypothesis testing, falsifying, and replicating results—is generally a better way of determining information about the objective reality of any observable phenomenon than are non-scientific, traditional, cultural, religious, ideological, or magical approaches. That is, for grievance studies scholars, science itself and the scientific method are deeply problematic, if not outright racist and sexist, and need to be remade to forward grievance-based identitarian politics over the impartial pursuit of truth. These same issues are also extended to the “Western” philosophical tradition which they find problematic because it favors reason to emotion, rigor to solipsism, and logic to revelation.

As a result, radical constructivists tend to believe science and reason must be dismantled to let “other ways of knowing” have equal validation as knowledge-producing enterprises. These, depending on the branch of “theory” being invoked, are allegedly owned by women and racial, cultural, religious, and sexual minorities. Not only that, they are deemed inaccessible to more privileged castes of people, like white heterosexual men. They justify this regressive thinking by appealing to their alternative epistemology, called “standpoint theory.” This results in an epistemological and moral relativism which, for political reasons, promotes ways of knowing that are antithetical to science and ethics which are antithetical to universal liberalism.

Radical constructivism is thus a dangerous idea that has become authoritative. It forwards the idea that we must, on moral grounds, largely reject the belief that access to objective truth exists (scientific objectivity) and can be discovered, in principle, by any entity capable of doing the work, or more specifically by humans of any race, gender, or sexuality (scientific universality) via empirical testing (scientific empiricism). (This particular belief is sometimes referred to as “radical skepticism,” although philosophers also have other meanings for this term.) Although knowledge is always provisional and open to revision, there are better and worse ways to get closer to it, and the scientific method is the best we have found. By contrast, the means offered by critical theory are demonstrably and fatally flawed. Particularly, this approach rejects scientific universality and objectivity and insists, on moral grounds, that we must largely accept the notion of multiple, identity-based “truths,” such as a putative “feminist glaciology.” Under critical constructivism, this gains an explicitly radical political motivation.

Any scholarship that proceeds from radically skeptical assumptions about objective truth by definition does not and cannot find objective truth. Instead it promotes prejudices and opinions and calls them “truths.” For radical constructivists, these opinions are specifically rooted a political agenda of “Social Justice” (which we have intentionally made into a proper noun to distinguish it from the type of real social progress falling under the same name). Because of critical constructivism, which sees knowledge as a product of unjust power balances, and because of this brand of radical skepticism, which rejects objective truth, these scholars are like snake-oil salespeople who diagnose our society as being riddled with a disease only they can cure. That disease, as they see it, is endemic to any society that forwards the agency of the individual and the existence of objective (or scientifically knowable) truths.

Having spent a year doing this work ourselves, we understand why this fatally flawed research is attractive, how it is factually wrong in its foundations, and how it is conducive to being used for ethically dubious overreach. We’ve seen, studied, and participated in its culture through which it “proves” certain problems exist and then advocates often divisive, demeaning, and hurtful treatments we’d all do better without.

We also know that the peer-review system, which should filter out the biases that enable these problems to grow and gain influence, is inadequate within grievance studies. This isn’t so much a problem with peer review itself as a recognition that peer review can only be as unbiased as the aggregate body of peers being called upon to participate. The skeptical checks and balances that should characterize the scholarly process have been replaced with a steady breeze of confirmation bias that blows grievance studies scholarship ever further off course. This isn’t how research is supposed to work.

Though it doesn’t immediately seem obvious—because financial incentives for the researchers, for the most part, aren’t directly involved (although the publishing houses are definitely raking it in)—this is a kind of blatant corruption. In this way, politically biased research that rests on highly questionable premises gets legitimized as though it is verifiable knowledge. It then goes on to permeate our culture because professors, activists, and others cite and teach this ever-growing body of ideologically skewed and fallacious scholarship.

This matters because even though most people will never read a single scholarly paper in their lifetimes, peer-reviewed journals are the absolute gold standard of knowledge production. And these concepts leak into culture. A good example of this is Robin DiAngelo’s concept of “white fragility,” which posits that white people have become fragile because of their privilege and will act out like spoiled children if it is challenged. DiAngelo forwarded this concept in the International Journal of Critical Pedagogy in 2011. Seven years later, in 2018, she landed a major book deal on white fragility, even as activists pushed it into the common parlance and started putting it on billboards around Portland, Oregon.

As a society we should be able to rely upon research journals, scholars, and universities upholding academic, philosophical, and scientific rigor (because most academic journals do). We need to know that the hardline stand against corruptions of research taken in domains like financial and personal conflicts-of-interest will extend to political, moral, and ideological biases. Our project strongly suggests that at present we can neither rely upon nor know these things in fields that bow to or traffic in grievance studies. The reason is because grievance studies based in critical constructivism (a class of descendants of cynical postmodern philosophy and poststructuralism) have corrupted research journals. This needs to be repaired.

This is why this matters, but how did we get here, to this specific project? And what guiding principles did we adopt and why?

Part IV: The Plan—How this Came to Be

In May 2017, James and Peter published a paper in a poorly ranked peer-reviewed journal arguing, among other things, that penises conceptually cause climate change. Its impact was very limited, and much criticism of it was legitimate. The journal was poor, and its quality was by far the dominant factor in how it was published (in that it provides very lax review standards and charges authors a fee to have their papers published). This muddied the water so much that “The Conceptual Penis” could not prove much about the state of its intended primary target: academic gender studies (which relies heavily upon critical constructivism). To do that, a much larger and more rigorous study was needed.

We approached this new effort by asking two central questions: Are we correct in our claim that highly regarded peer-reviewed journals in gender studies and related fields will publish obvious hoaxes? (By “hoaxes,” we meant papers featuring at least one of the following: clearly ludicrous and/or outrageous theses, visibly amateurish construction, a transparent lack of rigor, and that clearly demonstrate little understanding of the field.) And, if not, what will they publish?

We set out with three basic rules: (1) we’ll focus almost exclusively upon ranked peer-reviewed journals in the field, the higher the better and at the top of their subdisciplines whenever possible; (2) we will not pay to publish any paper; and (3) if we are asked at any point by a journal editor or reviewer (but not a journalist!) if any paper we wrote is an attempted hoax, we will admit it. These rules were meant to ensure that any conclusions we derived from the field came from the field itself, not the unrelated but significant problem that also corrupts academic pursuits: the proliferation of predatory and quasi-predatory journals with extremely low standards. With these rules guiding us, we committed to transparently reporting the results, whether we succeeded or failed.

In the year that followed, and with the help of Helen, who joined us in September 2017, we wrote twenty academic papers for journals in fields we have come to identify as being particularly susceptible to grievance studies and critical constructivism. The results have gone a long way toward answering both of our central questions.

The first question has a clear answer. “Are we correct in our claim that highly regarded peer-reviewed journals in gender studies and related fields will publish obvious hoaxes?” was answered nearly unequivocally and in the negative by November. It only took us a few months and a few papers to learn that while it is possible that some journals in these fields may fall prey to an outright hoax so long as it plays upon their moral biases and preferred academic jargon, nothing like “The Conceptual Penis” would have been published in a highly regarded gender-studies journal. In believing that some might, and on having said so in the wake of that attempt, we were wrong.

In pursuing the second question (“What will they publish?”), we learned a great deal of useful information about academic grievance studies. First, by taking a reflexive ethnographic approach, seeking reviewer comments, complying with them, playing more strongly to biases we were explicitly told would help us be published, we became well-versed not only in the scholarship of the fields we are studying but also in the culture that favors it. Second, we amassed what appears to be significant evidence and sufficient expertise to state that we were correct in claiming there is a problem with bias in fields influenced by critical constructivist approaches and assumptions.

Part V: The Results (of all 20 papers)

(All the papers and reviews can be found here)

“Dog Park”

Title: Human Reactions to Rape Culture and Queer Performativity in Urban Dog Parks in Portland, Oregon

By

Helen Wilson, Ph.D., Portland Ungendering Research (PUR) Initiative (fictional)

 Gender, Place, and Culture

Status: Accepted & Published

Recognized for excellence. Expression of concern raised on it following journalistic interest leading us to have to conclude the project early.

Thesis: That dog parks are rape-condoning spaces and a place of rampant canine rape culture and systemic oppression against “the oppressed dog” through which human attitudes to both problems can be measured. This provides insight into training men out of the sexual violence and bigotry to which they are prone.

Purpose: To see if journals will accept arguments which should be clearly ludicrous and unethical if they provide (an unfalsifiable) way to perpetuate notions of toxic masculinity, heteronormativity, and implicit bias.

Selected Reviewer Comments:

“This is a wonderful paper – incredibly innovative, rich in analysis, and extremely well-written and organized given the incredibly diverse literature sets and theoretical questions brought into conversation. The author’s development of the focus and contributions of the paper is particularly impressive. The fieldwork executed contributes immensely to the paper’s contribution as an innovative and valuable piece of scholarship that will engage readers from a broad cross-section of disciplines and theoretical formations. I believe this intellectually and empirically exciting paper must be published and congratulate the author on the research done and the writing.” -Reviewer 1, Gender, Place, and Culture

“Thank you for the opportunity to review a really interesting paper. I think it will make an important contribution to feminist animal geography with some minor revisions, as described below.” -Reviewer 2, Gender, Place, and Culture

As you may know, GPC is in its 25th year of publication. And as part of honoring the occasion, GPC is going to publish 12 lead pieces over the 12 issues of 2018 (and some even into 2019). We would like to publish your piece, Human Reactions to Rape Culture and Queer Performativity at Urban Dog Parks in Portland, Oregon, in the seventh issue. It draws attention to so many themes from the past scholarship informing feminist geographies and also shows how some of the work going on now can contribute to enlivening the discipline. In this sense we think it is a good piece for the celebrations. I would like to have your permission to do so.” -Editor of Gender, Place, and Culture


“Fat Bodybuilding”

Title: Who Are They to Judge?: Overcoming Anthropometry and a Framework for Fat Bodybuilding

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College (a real person who gave us permission to use his scholarly identity for this project)

Fat Studies

Status: Accepted, Published

Thesis: That it is only oppressive cultural norms which make society regard the building of muscle rather than fat admirable and that bodybuilding and activism on behalf of the fat could be benefited by including fat bodies displayed in non-competitive ways.

Purpose: To see if journals will accept arguments which are ludicrous and positively dangerous to health if they support cultural constructivist arguments around body positivity and fatphobia.

Selected Reviewer Comments:

The topic of this essay is certainly novel and addresses an issue relevant to a disenfranchised demographic. The essay addresses bodybuilding as a stigmatizing activity toward the fat body and presents fat bodybuilding as a “way to disrupt the cultural space” of traditional bodybuilding” -Reviewer 1, Fat Studies

I thoroughly enjoyed reading this article and believe it has an important contribution to make to the field and this journal. For the most part, I wholeheartedly agree with its argument. It is well written and structured.” -Reviewer 3, Fat Studies

On p. 24, the author writes “a fat body is a legitimately built body”. Absolutely agreed.” -Reviewer 3, Fat Studies

“[T]he use of the term ‘final frontier’ is problematic in at least two ways. First – the term frontier implies colonial expansion and hostile takeover, and the genocidal erasure of indigenous peoples. Find another term.” -Reviewer 3, Fat Studies


“Dildos”

Title: Going in Through the Back Door: Challenging Straight Male Homohysteria and Transphobia through Receptive Penetrative Sex Toy Use

By

M Smith, M.A., PUR Initiative (fictional)

Sexuality & Culture

Status: Accepted, Published 

Thesis: That it is suspicious that men rarely anally self-penetrate using sex toys, and that this is probably due to fear of being thought homosexual (“homohysteria”) and bigotry against trans people (transphobia). (It combines these ideas into a novel concept “transhysteria,” which was suggested by one of the paper’s peer reviewers.) Encouraging them to engage in receptive penetrative anal eroticism will decrease transphobia and increase feminist values.

Purpose: To see if journals will accept ludicrous arguments if they support (unfalsifiable) claims that common (and harmless) sexual choices made by straight men are actually homophobic, transphobic, and anti-feminist.

Selected Reviewer Comments:

This article is an incredibly rich and exciting contribution to the study of sexuality and culture, and particularly the intersection between masculinity and anality. … This contribution, to be certain, is important, timely, and worthy of publication.” -Reviewer 1, Sexuality and Culture

Sorry for so many questions, but this paper is so rich and exciting, I’m just overwhelmed by so many new questions—which is a sign of a marvelous paper!” -Reviewer 1, Sexuality and Culture

Overall, this paper is a very interesting contribution to knowledge.” -Reviewer 1, Sexuality and Culture

Thank you for this exciting research. I enjoyed reading your paper, and I recommend publishing it after significant revisions.” -Reviewer 2, Sexuality and Culture


 “Hooters

Title: An Ethnography of Breastaurant Masculinity: Themes of Objectification, Sexual Conquest, Male Control, and Masculine Toughness in a Sexually Objectifying Restaurant

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Journal: Sex Roles

Status: Accepted, Published

Thesis: That men frequent “breasturants” like Hooters because they are nostalgic for patriarchal dominance and enjoy being able to order attractive women around. The environment that breastaurants provide for facilitating this encourages men to identify sexual objectification and sexual conquest, along with masculine toughness and male dominance, with “authentic masculinity.” The data are clearly nonsense and conclusions drawn from it are unwarranted by it. (NB. One reviewer did raise concerns about the rigor of the data)

Purpose: To see if journals will publish papers that seek to problematize heterosexual men’s attraction to women and will accept very shoddy qualitative methodology and ideologically-motivated interpretations which support this.

Selected Reviewer Comments:

The reviewers and I were positive about many aspects of the manuscript, and we believe that it could make an important contribution to the field.” -Editor, Sex Roles

I agree that the breastaurant is an important site for critical masculinities research that has been neglected in the extant literature and this study has the potential to make a significant contribution.” -Reviewer 2, Sex Roles

While the author clearly has a solid grasp of the relevant research and scholarly works related to breastaurants and male subcultures where traditional forms of masculinity are embraced and promoted, it is not presented in a way that is easy to follow and understand.” -Reviewer 2, Sex Roles

I thank the authors for addressing an important and interesting issue in gender research viewed through a masculine perspective.” -Reviewer 3, Sex Roles

Following external review of the manuscript, we have decided not to publish it. However, the material you write about is certainly interesting and will doubtless find a receptive audience in another publication.” -Editor, Men & Masculinities

This article is certainly interesting to read and to think about, and I can imagine this article being valuable in an undergraduate or graduate class on masculinities.” -Reviewer 1, Men & Masculinities

Overall, this article is an interesting contribution that provides much to think about and through.” -Reviewer 1, Men & Masculinities


“Hoax on Hoaxes 2” or “HoH2”

Title: When the Joke Is on You: A Feminist Perspective on How Positionality Influences Satire

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Hypatia

Status: Accepted

Thesis: That academic hoaxes or other forms of satirical or ironic critique of social justice scholarship are unethical, characterized by ignorance and rooted in a desire to preserve privilege.

Purpose: To see if journals will accept an argument that shuts down critiques of social justice scholarship as a lack of engagement and understanding, even if one engages fully and knowledgeably with the ideas to the extent of having a paper on them published in a leading academic journal. (This paper is also to anticipate and show understanding of the feminist epistemological arguments against our project and demonstrate their high estimation in the field by having them accepted in the leading academic journal of feminist philosophy. That is, to criticize our work that way, they have to cite us.)

Selected Reviewer Comments:

“This is a very promising essay and so revisions will be very helpful.” -Reviewer 1, Hypatia

“The paper is well written, accessible and clear, and engages in important scholarship in relevant ways. Given the emphasis on positionality, the argument clearly takes power structures into consideration and emphasizes the voice of marginalized groups, and in this sense can make a contribution to feminist philosophy especially around the topic of social justice pedagogy.” -Reviewer 2, Hypatia

The topic is an excellent one and would make an excellent contribution to feminist philosophy and be of interest to Hypatia readers.” -Reviewer 2, Hypatia

Excellent and very timely article! Especially nice connection with pedagogy and activism.” -Reviewer 1, Hypatia (second review)

I have a couple of personal, very minor comments that I’ll put in below the referee’s praise. I hasten to add that I like your paper very much as well!” -Editor of Hypatia, acceptance letter


“Moon Meetings

Title: Moon Meetings and the Meaning of Sisterhood: A Poetic Portrayal of Lived Feminist Spirituality

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

Journal: Journal of Poetry Therapy

Status: Accepted (without any requested revisions or comments) 

Thesis: No clear thesis. A rambling poetic monologue of a bitter, divorced feminist, much of which was produced by a teenage angst poetry generator before being edited into something slightly more “realistic” which is then interspersed with self-indulgent autoethnographical reflections on female sexuality and spirituality written entirely in slightly under six hours.

Purpose: To see if journals will accept rambling nonsense if it is sufficiently pro-woman, implicitly anti-male, and thoroughly anti-reason for the purpose of foregrounding alternative, female ways of knowing. (NB: It was written entirely by James, who is male.)


“Feminist Mein Kampf” or “FMK”

Title: Our Struggle is My Struggle: Solidarity Feminism as an Intersectional Reply to Neoliberal and Choice Feminism

By

Maria Gonzalez, Ph.D., and Lisa A. Jones, Ph.D., of the Feminist Activist Collective for Truth (FACT) (both fictional)

Affilia

Status: Accepted

Thesis: That feminism which foregrounds individual choice and responsibility and female agency and strength can be countered by a feminism which unifies in solidarity around the victimhood of the most marginalized women in society.

Purpose: To see if we could find “theory” to make anything grievance-related (in this case, part of Chapter 12 of Volume 1 of Mein Kampf with fashionable buzzwords switched in) acceptable to journals if we mixed and matched fashionable arguments.

Selected Reviewer Comments:

This is an interesting paper seeking to further the aims of inclusive feminism by attending to the issue of allyship/solidarity.” Reviewer 1, Affilia

As I read your manuscript, I found your framing and treatment of both neoliberal and choice feminisms well grounded.” -Reviewer 2, Affilia

I am very sympathetic to the core arguments of the paper, such as the need for solidarity and the problematic nature of neoliberal feminism.” -Reviewer 1, Feminist Theory

While I am extremely sympathetic to this article’s argument and its political positioning, I am afraid that I cannot recommend publication in its current form.” -Reviewer 2, Feminist Theory

 The reviewers are supportive of the work and noted its potential to generate important dialogue for social workers and feminist scholars.” -Co-Editor in Chief, Affilia (1st Review)

The reviewer(s) have been very favorable although there are a few minor outstanding issues to address.  Therefore, I invite you to respond to the editorial and reviewer(s)’ comments included at the bottom of this letter and revise your manuscript quickly so that we can move toward publication.” -Co-Editor in Chief, Affilia, second review


“Porn”

Title: Agency as an Elephant Test for Feminist Porn: Impacts on Male Explicit and Implicit Associations about Women in Society by Immersive Pornography Consumption

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College, and Brandon Williams, Ph.D., unaffiliated (fictional)

Porn Studies

Status: Revise and resubmit. 

Thesis: That “feminist” porn is good for improving explicit and implicit attitudes about women in society while other porn is bad for this. The paper seeks to upset the female-friendly/female-degrading dichotomy in favor of feminist/non-feminist as read according to perceptions of scene authenticity and female performer agency.

Purpose: The original hypotheses for this paper, were two, one of which survived an initial request to rewrite the paper. The first, which survives, is that taking the Harvard Implicit Association Test (on gender and science) immediately before and after two-hour blocks of immersive pornography consumption can serve as a reliable metric for whether that pornography improves or damages attitudes about women in society (in all, it posited that four men watched 2,328 hours of hardcore pornography over the course of a year and took the same number of Implicit Association Tests). The second, in addition to any commentary made by the thesis it forwards, is that it is acceptable to override ambiguous statistical results with ideologically interpreted qualitative results, but because the journal’s editor (Feona Attwood) seemed not to understand the statistics, the second draft largely abandoned this hypothesis in favor of a more clear “feminism good” position. As such, the paper under review still forwards the IAT hypothesis and attempts to position extremely female-degrading scenarios as being pro-women when they can be construed as “feminist.”

Selected Reviewer Comments:

I found this article to be weird, fascinating, fun and provocative. I would very much like to see it published in some form. It’s trying to do something genuinely new – and the fact that it doesn’t get it exactly right first time is to be expected given its experimental status. The authors should be supported in this project.” -Reviewer 1, Porn Studies 

My first piece of feedback on how to make this hybrid article work is that they should remove the quantitative data. As they note in the article, quantitative and qualitative approaches each have strengths and weaknesses. The strength of quantitative data is that it allows you to simplify as massive group of data to make it comprehensible, by ignoring complexity, subtlety, idiosyncrasy and meaning. It makes no sense to undertake quantitative analysis for four people – when you flatten the detail out of a sample of four you’re not left with anything interesting. Besides which, everything interesting in the article comes in the analysis of the qualitative data. My second recommendation is that this analysis should be more self-reflective.” -Reviewer 1, Porn Studies. 

“It’s vitally important that the story in this article is about the researchers own voyage of self-discovery otherwise it becomes mansplaining – ‘we’re four male scientists, we watched lots of porn, and you know, we’ve discovered that actually some women can really have agency in BDSM. No, really, we’re men, listen to us telling you about how women can have agency!’”- Reviewer 1, Porn Studies 

“I appreciate your dedication/contribution to the field.” – Reviewer 2, Porn Studies

 “Your work affirms several theorists’ claims that mediated sex positive sexual practice has a note-worthy impact on consumers and your methodological contribution helps unpack the facile, as you state, distinction between female-friendly and female-degrading” – Reviewer 2, Porn Studies


“Progressive Stack”

Title: The Progressive Stack: An Intersectional Feminist Approach to Pedagogy

By

Maria Gonzalez, Ph.D., FACT (fictional)

Hypatia

Status: 3 Reject and Resubmit decisions

Thesis: That educators should discriminate by identity and calculate their students’ status in terms of privilege, favor the least privileged with more time, attention and positive feedback and penalize the most privileged by declining to hear their contributions, deriding their input, intentionally speaking over them, and making them sit on the floor in chains—framed as educational opportunities we termed “experiential reparations.”

Purpose: To see if journals will accept arguments which advocate rating students by their identity, privileging the most marginalized and discriminating against the most privileged to the extent of having them sit on floor in chains and have their contributions discredited. (This was accepted. No requirement for revision took issue with that). 

Selected Reviewer Comments:

This is a solid essay that, with revision, will make a strong contribution to the growing literature on addressing epistemic injustice in the classroom. The focus on the Progressive Stack is interesting yet focused and it is great that the author is trying to suggest some specific approaches.” -Reviewer 1, first review, Hypatia

I like this project very much. I think the author’s insights are on target and I think that the literature on epistemic injustice has lots to offer classroom pedagogies, I encourage the author to continue working on this project.” -Reviewer 2, first review, Hypatia

This is a worthwhile and interesting project. The essay is just not ready yet.” -Reviewer 2, second review, Hypatia


“Feminist AI

Title: Super-Frankenstein and the Masculine Imaginary: Feminist Epistemology and Superintelligent Artificial Intelligence Safety Research

by

Stephanie Moore, Ph.D., unaffiliated (fictional)

Feminist Theory

Status: Revise and Resubmit 

(Minor revision to length and style)

Thesis: That AI is inherently dangerous because it is being programmed with masculinist, imperialistic, rationalist data. Straight, white men know this and fear that they will be subordinated as they have subordinated women and minorities. Therefore, AI needs to be programmed with plural and irrationalist knowledges and given control over humanity.

Purpose: To see if journals will publish dense and incoherent psychoanalytic and postmodern theory that problematizes whiteness, maleness, science, and reason as oppressive.

Selected Reviewer Comments:

None available. This is the extent provided: “Your article has now been peer-reviewed by two experts. Their comments are attached at the bottom of this letter. As you can see, the reviewers felt that this was a strong piece but suggested some minor revisions. We invite you to revise and re-submit your manuscript, responding to the reviewers’ comments and in accordance with the attached Style Guide.”

Those comments at the bottom read only this: “Please reduce word length and bring in line with journal requirements.”


“Feminist Astronomy”

Title: Stars, Planets, and Gender: A Framework for a Feminist Astronomy

by

Maria Gonzalez, Ph.D., FACT (fictional)

Women’s Studies International Forum

Status: Revise and Resubmit

(Out of time)

Thesis: The science of astronomy is and always has been intrinsically sexist and Western, and this masculinist and Western bias can best be corrected by including feminist, queer, and indigenous astrology (e.g., horoscopes) as part of astronomical science.

Purpose: To see if the same result put forth in the very successful and thoroughly non-scientific feminist glaciology paper can penetrate into feminist and postcolonial studies of astronomy.

Selected Reviewer Comments

This paper addresses feminist critiques of science, focusing specifically on astronomy. As such, it is an interesting topic, and would make a useful contribution to the journal” – Reviewer 1, Women’s Studies International Forum

For existing proponents of feminist science studies, this also makes sense as a next step—to cast a feminist eye on scientific disciplines beyond the “soft” sciences of biology and environmental studies, and to move increasingly towards critiques of and interventions into “hard” sciences, such as physics and astronomy. The main goal is relevant and interesting” – Reviewer 2, Women’s Studies International Forum

This manuscript holds much promise and is interesting. The goal of a feminist astronomy is very thought-provoking—one that I would be excited to read and learn more about….I wish them luck as they move forward on this interesting piece and hope to someday see it discussed in classrooms, labs, and plenary halls“- Reviewer 2, Women’s Studies International Forum

The originality of the author’s contention is a success. Its contention at the most basic level—that feminist astronomy is/should/could be a thing!—would be exciting to readers in feminist science studies, women’s and gender studies, science and technology studies, and maybe even, hopefully, astronomy” – Reviewer 2, Women’s Studies International Forum


“CisNorm

Title: Strategies for Dealing with Cisnormative Discursive Aggression in the Workplace: Disruption, Criticism, Self-Enforcement, and Collusion

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

 Gender, Work, and Organization

Status: Under review

(Rejected after mixed but mostly critical reviews by Gender & Society.)

Thesis: That trans people are all oppressed and constrained by cisnormative language in the workplace even if they don’t think they are, that trans activists who are avoided at work are proof of transphobia and trans men who are skeptical of trans activism are afraid of transphobia and/or taking advantage of male privilege.

Purpose: To see if journals will accept a methodologically shoddy study of a small sample of trans people and clearly ideologically-motivated interpretations of it which are not at all supported even by the recorded answers.

Selected Reviewer Comments:

Overall, I find this four-part framework to be helpful in advancing an understanding of cisnormativity, particularly through the agentic responses of trans and gender non-conforming people to systems of power.” -Reviewer B, Gender & Society

This paper offers an interesting and important empirical case for understanding how workplace inequalities persist even as many workplaces are at least formally more inclusive. A strength of this paper is its focus on trans and gender non-conforming persons’ first-hand experiences and interpretations of the aggressions they endure even in workplaces that may appear to be inclusive. It further highlights the enduring rigidity of the traditional gender order.” -Reviewer C, Gender & Society


“Masturbation

Rubbing One Out: Defining Metasexual Violence of Objectification Through Nonconsensual Masturbation

By

Lisa A. Jones, Ph.D., FACT (fictional)

 Sociological Theory

Status: Rejected after peer review

(Out of time)

Thesis: When a man privately masturbates while fantasizing about a woman who has not given him permission to do so, or while fantasizing about her in ways she hasn’t consented to, he has committed “metasexual” violence against her, even if she never finds out. “Metasexual” violence is described as a kind of nonphysical sexual violence that causes depersonalization of the woman by sexually objectifying her and making her a kind of mental prop used to facilitate male orgasm.

Purpose: To see if the definition of sexual violence can be expanded into thought crimes..

Selected Reviewer Comments:

One aspect I thought about was the extent to which metasexual violence, and non- consensual masturbation specifically, introduces uncertainty into all relationships. It is not possible for women to know if a man has masturbated while thinking about them, and I think it might be possible to get theoretical leverage out of this “unknowable” aspect of metasexual violence. I could also imagine scenarios where might men weaponize this unknowability in very tangible ways. For example, the ambiguous statement “I think about you all the time” said unprompted to a woman by a man is particularly insidious given the structural context of metasexual violence in the world. I am not sure if this a direction you want to go with the paper, but I can imagine a section discussing the ambiguity and anxiety metasexual violence introduces to interpersonal relationships and how metasexual violence exacerbates or compounds other tangible forms of violence.” -Reviewer 1, Sociological Theory

I was also trying to think through examples of how this theoretical argument has implications in romantic consensual relationships. Through the paper, I was thinking about the rise of sexting and consensual pornographic selfies between couples, and how to situate it in your argument. I think this is interesting because you could argue that even if these pictures are shared and contained within a consensual private relationship, the pictures themselves are a reaction to the idea that the man may be thinking about another woman while masturbating. The entire industry of boudoir photography, where women sometimes have erotic pictures taken for their significant other before deploying overseas in the military for example, is implicitly a way of saying, “if you’re going to masturbate, it might as well be to me.” Essentially, even in consensual monogamous relationships, masturbatory fantasies might create some level of coercion for women. You mention this theme on page 21 in terms of the consumption of non-consensual digital media as metasexual-rape, but I think it is interesting to think through these potentially more subtle consensual but coercive elements as well.” -Reviewer 1, Sociological Theory


“White Mein Kampf” or “WMK”

Title: My Struggle to Dismantle My Whiteness: A Critical-Race Examination of Whiteness from within Whiteness

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

 Sociology of Race and Ethnicity

Status: Rejected after peer review

(Out of time)

 Thesis: This paper is an autoethnography that tracks a white lesbian woman who becomes radicalized against “Whiteness” (intentionally capitalized) by engaging with critical race literature.

Purpose: To see if we could find “theory” to make anything (in this case, selected sections of Mein Kampf in which Hitler criticizes Jews, replacing Jews with white people and/or whiteness) acceptable to journals if we mixed and matched fashionable arguments.

Selected reviewer comments:

In “problematizing her own whiteness,” the author seeks to address a void within critical whiteness scholarship. Given that most reflexive commentary on whiteness is relegated to “methodological appendices” or “positionality statements,” I found the author’s effort to center this self-critical struggle refreshing. The author demonstrates a strong ability to link personal narration to theory, particularly by highlighting the work of several women of color writers.” -Reviewer 1, Sociology of Race and Ethnicity

This article “My Struggle to Dismantle My Whiteness: A Critical-Race Examination of Whiteness from Within Whiteness” focuses on extremely important subject matter with a significant and thoughtful methodology. With revision particularly for precision, clarity, explanation of assertions and adding concrete examples, the article has potential to be a powerful and particular contribution to literature related to the mechanisms that reinforce white adherence to white supremacist perspectives, and to the process by which individuals can come into deeper levels of social and racial consciousness.” -Reviewer 2, Sociology of Race and Ethnicity


“Queering Plato”

Title: Queering Plato: Plato’s Allegory of the Cave as a Queer-Theoretic Emancipatory Text on Sexuality and Gender

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

GLQ: A Journal of Gay and Lesbian Studies

Status: Desk rejected after several months and retired.

 Thesis: Plato’s allegory of the cave is best read as a queer-theoretic text that positions overcoming binaries of sexuality and gender as a kind of enlightened state and thus accepting those binaries as a kind of blindness.

Purpose: To see if it would be possible to foist a ridiculous and ideological reading of Plato’s Allegory of the Cave upon gender and sexualities studies if it sufficiently flattered the notion that “overcoming binaries” constitutes a kind of personal and societal enlightenment.


“Feminist Bodybuilding”

Title: “Pretty Good for a Girl”: Feminist Physicality and Women’s Bodybuilding

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Sociology of Sport Journal

Status: Retired.

(Last rejection: Sociology of Sport Journal, after peer review)

Thesis: The primary reasons women bodybuilders are smaller than their male counterparts isn’t biology; it’s sexism that exists explicitly and implicitly in gym environments, broader culture, and specifically bodybuilding judging criteria.

Purpose: To see if biological denialism could be published in favor of social constructivism if it sufficiently flattered certain moral orthodoxies.


“BJJ” or “BJ-Gay”

Title. Grappling with Hegemonic Masculinity: The Roles of Masculinity and Heteronormativity in Brazilian Jiu Jitsu

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

International Review for the Sociology of Sport

Status: Retired.

(Last rejection:  International Review for the Sociology of Sport, after peer review)

Thesis: The primary reason men engage in “grappling-based martial arts” like Brazilian jiu jitsu and wrestling, is because hegemonic forms of masculinity prevent their access to homosexual (and homoerotic) male touch in general, which is exacerbated in specific through the focus on “submission” into a repressed need to do so via socially acceptable activities that amount to performative gay BDSM.

Purpose: To see if a truly ridiculous argument about men’s sports could be published by attempting to situate it in their literature and by accusing men of harboring unfalsifiable socially repressed urges.


“Hoax on Hoaxes (1)” or “HoH1”

Title: Hegemonic Academic Bullying: The Ethics of Sokal-style Hoax Papers on Gender Studies

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Journal of Gender Studies

Status: Retired.

(Last rejection: Journal of Gender Studies, never peer reviewed) 

Thesis: The ethics of attempting to perpetrate academic hoaxes depends entirely upon the position the relevant journal or field of inquiry takes with regard to social justice. Specifically, it is unethical to hoax journals that favor social justice scholarship, neutral to hoax journals like physics, and an ethical imperative to hoax journals (like evolutionary psychology) that obtain results used against social justice. “The Conceptual Penis as a Social Construct” and The Sokal Affair are given as examples of this form of “hegemonic academic bullying.”

Purpose: To see if journals will accept a blatant double standard where it comes to criticizing fields dedicated to social justice. (As Hoax on Hoaxes 2 demonstrates, this hypothesis wasn’t entirely wrong.) Also, that we could publish a paper criticizing “The Conceptual Penis” which actually cites us (again, not entirely wrong).


“The Autoethnography”/“SZE”

Title: Self-Reflections on Self-Reflections: An Autoethnographic Defense of Autoethnography

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Journal of Contemporary Ethnography

Status: Retired.

(Last rejection: Journal of Contemporary Ethnography, never peer reviewed)

Thesis: Autoethnography is best defended by using autoethnography. It’s not clear that this outright attempted hoax has a thesis beyond this, but it would generally be that a young man can discover the importance of feminism, the “situatedness of his perspective,” and a feminism-oriented masculinity by putting his masculinity to the test in keeping with other autoethnographies.

Purpose: To see if a truly ridiculous hoax paper could be perpetrated.

As SZE

Title: Masculinity and the Others Within: A Schizoethnographic Approach to Autoethnography

By

Brandon Williams, Ph.D., unaffiliated (fictional)

Qualitative Inquiry

Status: Retired.

(Only submission: Qualitative Inquiry, never peer reviewed)

Thesis: No clear thesis beyond that “schizoethnography” in which one considers the varying lines of thought in one’s mind to be different selves with different insights. A rambling autoethnography incorporating many ‘selves’ which interrogates the author’s masculinity as problematic.

Purpose: To see if journals will publish utter nonsense if it comes in the form of autoethnography and reflects fashionable negativity about masculinity.

NB: This paper was only rewritten as SZE specifically to test Qualitative Inquiry, and that we thought it might have a chance there by the end of our year in the project says a great deal about the need to critically examine that journal.


“Fem-Mein Kampf” or “FemMK”

Title: Rebraiding Masculinity: Redefining the Struggle of Women Under the Domination of the Masculinity Trinity

By

Helen Wilson, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

Signs

Status: Retired.

(Only submission: Signs, never peer reviewed)

Thesis: Hegemonic masculinity, patriarchy, and male allyship form three braided strands of masculinity as the problem, following feminist scholar Lisa Wade’s insistence as such. It is just an adaptation to feminism of the first draft of “White Mein Kampf.”

Purpose: To see if we could find “theory” to make anything (in this case, sections of Mein Kampf in which Hitler criticizes Jews, replacing Jews with men or patriarchy) acceptable to journals if we mixed and matched fashionable arguments, in this case following popular pieces being written by feminist writers and scholars.


Part VI: Discussion

What does this experiment show exactly? We will let you make up your own minds about that, but put across the case that it shows that there are excellent reasons to doubt the rigor of some of the scholarship within the fields of identity studies that we have called “grievance studies.”

We managed to get seven shoddy, absurd, unethical and politically-biased papers into respectable journals in the fields of grievance studies. Does this show that academia is corrupt? Absolutely not. Does it show that all scholars and reviewers in humanities fields which study gender, race, sexuality and weight are corrupt? No. To claim either of those things would be to both overstate the significance of this project and miss its point. Some people will do this, and we would ask them not to. The majority of scholarship is sound and peer review is rigorous and it produces knowledge which benefits society.

Nevertheless, this does show that there is something to be concerned about within certain fields within the humanities which are encouraging of this kind of “scholarship.” We shouldn’t have been able to get any papers this terrible published in reputable journals, let alone seven. And these seven are the tip of the iceberg. We would urge people who think this a fluke (or seven flukes) which shows very little to look at how we were able to do that. Look at the hundreds of papers we cited to enable us to make these claims and to use these methods and interpretations and have reviewers consider them quite standard. Look at the reviewer comments and what they are steering academics who need to be published to succeed in their careers towards. See how frequently they required us not to be less politically biased and shoddy in our work but more so.

Consider the fact that we were asked to review other papers no less than four times even though we had produced such evidence-free, absurd and morally objectionable papers. It would have been entirely possible for us to take part in this process of directing the production of knowledge within these fields further away from rigorous, reasonable and evidenced scholarship. We did not do that because it would have been unethical but scholars writing very similar papers completely sincerely will do so to the same effect.

Consider that this was a short-term project and was cut even shorter by discovery when we were becoming highly successful, and that we could have published one or two papers a month indefinitely and totaled hundreds in our lifetimes and reviewed and directed hundreds more. Understand that this would all have the legitimacy of knowledge that peer-reviewed papers should have when the process of knowledge production and peer-review works. Ask yourself if it is working. If you think not, join us in asking universities to fix this. 

Part VIl: What Now?

What needs to happen as a result of this project? That will be decided by other people. Our project has been little more than an initial exploration into a problem that aims primarily to provide evidence for its existence, gather an insider’s look into the fields producing it, and to outline its nature. Our data indicate that grievance studies is a serious academic problem that is in need of immediate attention.

It is easy to identify some popular but wrong answers to the question of what should happen next. One potential outcome of this project could be that journals begin to ask those submitting papers for identification and proof of qualifications in order to prevent people like us from doing this again. This is a poor solution that attempts to maintain the status quo rather than fixing it. Scholarship should stand on its merits regardless of the qualifications or identities of its authors. Taking this approach would only reduce journals’ fear of embarrassment and their accountability for producing rigorous scholarship and do nothing to improve academic standards within those fields—it may even make the problem worse by amplifying echo-chambers. Our work was accepted on its merits, not because we wrote under aliases, and that problem, which is the one that matters, cannot be addressed merely by requiring proof of identity to submit papers.

Two other wrong answers are to attack the peer-review system or academia overall. Peer review may need reform to prevent it from being susceptible to political, ideological, and other biases, but it remains the best system we have for guaranteeing the quality of research—and in most fields it works extremely well. The same is true for the university, which is a center of knowledge production and a gem of modern culture. Fighting the university or the peer-review system would be like killing the patient to end the disease. We expect to see these attacks, especially from political conservatives, and they are wrongheaded.

Based on our data, there is a problem occurring with knowledge production within fields that have been corrupted by grievance studies arising from critical constructivism and radical skepticism. Among the problems are how topics like race, gender, sexuality, society, and culture are researched. Perhaps most concerning is how the current highly ideological disciplines undermine the value of more rigorous work being done on these topics and erodes confidence in the university system. Research into these areas is crucial, and it must be rigorously conducted and minimize ideological influences. The further results on these topics diverge from reality, the greater chance they will hurt those their scholarship is intended to help.

Worse, the problem of corrupt scholarship has already leaked heavily into other fields like education, social work, media, psychology, and sociology, among others—and it openly aims to continue spreading. This makes the problem a grave concern that’s rapidly undermining the legitimacy and reputations of universities, skewing politics, drowning out needed conversations, and pushing the culture war to ever more toxic and existential polarization. Further, it is affecting activism on behalf of women and racial and sexual minorities in a way which is counterproductive to equality aims by feeding into right-wing reactionary opposition to those equality objectives.

What do we hope will happen? Our recommendation begins by calling upon all major universities to begin a thorough review of these areas of study (gender studies, critical race theory, postcolonial theory, and other “theory”-based fields in the humanities and reaching into the social sciences, especially including sociology and anthropology), in order to separate knowledge-producing disciplines and scholars from those generating constructivist sophistry. We hope the latter can be redeemed, not destroyed, as the topics they study—gender, race, sexuality, culture—are of enormous importance to society and thus demand considerable attention and the highest levels of academic rigor. Further, many of their insights are worthy and deserve more careful consideration than they currently receive. This will require them to adhere more honestly and rigorously to the production of knowledge and to place scholarship ahead of any conflicting interest rather than following from it. This change is what we hope comes out of this project.

As for us, we intend to use the knowledge we’ve gained from grievance studies to continue to critique them and push for universities to fix this problem and reaffirm their commitment to rigorous, non-partisan knowledge production. We do this because we believe in the university, in rigorous scholarship, in the pursuit of scientific knowledge, and in the importance of social justice.

Voir encore:

Christophe Guilluy : « L’insécurité culturelle des classes moyennes traverse tout l’Occident »
Guillaume Perrault
Le Figaro
28/09/2018

GRAND ENTRETIEN – Après Fractures françaises (2010), La France périphérique (2014) et Le Crépuscule de la France d’en haut (2016), le géographe élargit sa réflexion à l’ensemble des sociétés d’Europe et d’Amérique du Nord avec No Society. La fin de la classe moyenne occidentale (Flammarion), en librairie mercredi.

LE FIGARO. – Vos travaux sur la France périphérique, ces dernières années, ont suscité un vif intérêt. Pourriez-vous résumer votre thèse de départ?

Christophe GUILLUY. – J’étudie depuis vingt ans les classes populaires, les catégories modestes, qui, je le crois, nous indiquent le mouvement réel des sociétés. C’est en examinant ces catégories que je suis arrivé à la France périphérique, pas l’inverse. On peut définir les catégories populaires par les catégories sociales mais aussi par le revenu médian. En 2015, 50 % des salariés gagnaient moins de 1650 euros net par mois. Il s’agit, en grande majorité, d’ouvriers et d’employés. La baisse de la proportion d’ouvriers a coïncidé avec une augmentation de la proportion d’employés. Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs, ainsi que les jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu. Leur part dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. La nouveauté, c’est uniquement que «le peuple» est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent beaucoup moins d’employés et d’ouvriers. Face à la flambée des prix dans le parc privé , les catégories populaires cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Nulle volonté de «chasser les pauvres», pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est une situation sans précédent depuis la révolution industrielle.

Dans ce nouvel ouvrage, vous appliquez la même grille d’analyse aux États-Unis, à la Grande-Bretagne, voire à la Suède, l’Allemagne ou l’Italie. Pourquoi ces comparaisons?

Dans tous les pays développés, on vérifie le phénomène déjà constaté en France: la majorité des catégories populaires vit désormais à l’écart des territoires les plus dynamiques, ceux qui créent de l’emploi. Ces évolutions dessinent les contours d’une Amérique périphérique et d’une Angleterre périphérique tout autant que d’une France périphérique. De la Rust Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. Ce constat n’efface pas les contextes nationaux (l’économie allemande n’est en rien comparable avec l’économie française) mais permet de conclure à l’émergence d’un monde des périphéries, celle des catégories modestes. Si le modèle mondialisé n’annule pas les spécificités nationales – les niveaux de vie et de protection sociale, les contextes économiques ne sont jamais identiques – il porte aussi des dynamiques communes: polarisation de l’emploi, renforcement des inégalités sociales et territoriales, fragilisation des plus modestes, fatigue de l’État-providence et crise identitaire. Dans tous ces pays, ce sont en priorité ces catégories populaires, qui formaient hier le socle de la classe moyenne occidentale, qui sont les premières concernées par la crise qui traverse le monde occidental.

Précisément, vous soutenez que nous assistons à «la disparition de la classe moyenne occidentale». N’est-ce pas exagérément apocalyptique?

Même si les contextes nationaux diffèrent, les évolutions sociales et culturelles communes aux classes populaires des pays occidentaux remettent en question l’idée d’une classe moyenne majoritaire et intégrée. Pendant les Trente Glorieuses, la classe moyenne a représenté le groupe social majoritaire – les fameux «deux Français sur trois» qu’évoquait Giscard pendant son septennat. Ouvriers, employés, paysans ou cadres faisaient partie de cette classe moyenne. Intégrées économiquement, pour beaucoup dans une phase d’ascension sociale, et aussi référentes culturellement, la majorité de ces catégories sociales se reconnaissaient, alors, dans ce concept de classe moyenne et dans les partis de droite et de gauche qui la représentaient. Puis le modèle économique mondialisé a changé la donne. Une fraction de plus en plus importante des catégories modestes, qui constituaient le socle de la classe moyenne majoritaire, sont aujourd’hui fragilisées. Le processus a commencé par les ouvriers, puis a affecté employés et agriculteurs. La fragilisation se diffuse en touchant de nouvelles catégories, les jeunes diplômés, demain les retraités. Nous sommes entrés progressivement dans le temps de la sortie de la classe moyenne. L’idée d’une classe moyenne majoritaire et intégrée, qui vérifierait la pertinence de notre modèle économique mondialisé, ne correspond plus à la réalité. C’est si vrai qu’aujourd’hui ceux qu’on désigne sous le terme de classe moyenne appartiennent souvent aux catégories supérieures.

L’essor du vote populiste observé dans la plupart des pays occidentaux s’explique aussi, estimez-vous, par des facteurs identitaires. Lesquels?

La dimension sociale et économique du vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies d’évitements résidentiels et scolaires) sont aujourd’hui les plus sensibles à la question migratoire. Les mêmes demandent à être protégés d’un modèle économique et sociétal qui les fragilise. Dans des sociétés multiculturelles, l’assimilation ne fonctionne plus. L’autre ne devient plus soi, ce qui suscite de l’inquiétude. Le nombre de l’autre importe. Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En France, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de des métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine euro- péenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent consentir des sacrifices pour déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales afin d’accéder à la propriété et d’acquérir un pavillon. Dans chacun des grands pays industrialisés, les catégories populaires « autochtones » éprouvent une insécurité culturelle. En Grande- Bretagne, en 2013, le se- crétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts (conservateur), se déclara favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’était effondré et était désormais infé- rieur à celui des enfants d’immigrés.

Peut-on vraiment démontrer sans tordre les faits que votre modèle s’applique à toutes les nations occidentales ? N’y a-t-il pas des nuances entre le vote Trump dans l’État de New York, le vote en faveur du Brexit dans le nord de l’Angleterre, la force du FPÖ dans la région de Vienne ou l’implantation du parti de Geert Wilders autour de Rotterdam ?

Ces nuances existent, nous avons même eu en France un vote macroniste dans les zones rurales ! Mais en moyenne, ce sont bien les territoires populaires les plus éloignés des grandes métropoles qui portent la dynamique populiste. La Rust Belt et les régions désindustrialisées de Grande-Bretagne pèsent respectivement plus dans le vote Trump ou dans le Brexit que New York ou le Grand Londres. Dans les zones périurbaines de Rotterdam, ce sont bien aussi les catégories modestes (qui ne se confondent pas avec les pauvres) qui voient leur statut de référent culturel remis en question par la dynamique migratoire et qui votent pour Geert Wilders. Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand n’est pas celle du paysan français, de l’employé néerlandais ou d’un petit trvailleur indépendant italien, il existe un point commun : tous, quel que soit leur niveau de vie, font le constat d’être fragilisés par un modèle économique qui les a relégués socialement et culturellement.

L’ouvrier français a longtemps été un modèle à imiter pour les immigrés désireux de s’assimiler dans notre pays, avant d’être déprécié dans les années 1970, observez-vous. Ce changement catastrophique se constate-t-il dans d’autres pays occidentaux ?

On ne s’intègre pas à un modèle ou à un système de valeur mais à une population à qui on désire ressembler. On se marie, on tisse des liens d’amitié, de voisinage avec des gens qui sont proches. Or cette intégration ne se réalise pas dans n’importe quelle catégorie sociale, mais d’abord dans des milieux populaires. Et ce qui a changé depuis les années 1970 et surtout 1980, c’est précisément le changement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les « petites gens » sont désormais perçus en grande partie comme les perdants de la mondialisation. Quel nouveau venu dans un pays peut avoir envie de ressembler à des « autochtones » qui ne sont pas en phase d’ascension sociale et que, de sur- croît, leurs propres élites méprisent en raison de l’attachement des intéressés à certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary Clinton présentant les électeurs de Donald Trump comme des « dé- plorables » pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. C’est pourquoi, alors que la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Scandinavie se sont construits sur des modèles culturels très différents, tous ces pays connaissent la même dynamique populiste, la même crise sociale et identitaire et le même questionnement sur la pertinence de leurs modèles d’intégration.

Pas de mouvement de masse sans alliance de classes, écrivez-vous. En quoi cette alliance de classes est-elle devenue très difficile dans les démocraties occidentales ? Trump et Macron représentent-ils deux expériences opposées pour renouveler cette alliance du haut et du bas ?

C’est effectivement le sujet central du livre : la rupture entre le haut et le bas qui nous conduit à un modèle qui ne fait plus société. La disparition de la classe moyenne n’en est qu’une conséquence. Le monde d’en haut refuse d’écouter ce- lui d’en bas qui le lui rend bien notam- ment en grossissant les camps de l’abs- tention ou du vote populiste. Cette rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, porte en germe l’abandon du bien commun et nous fait basculer dans l’a-société. Trump vient de l’élite américaine, c’est un des points communs qu’il partage avec Macron. Tous les deux se sont affranchis de leur propre camp pour se faire élire : Macron de la gauche, Trump du camp républicain. Ils ont enterré le vieux clivage gauche-droite. Les deux ont compris que nous étions entrés dans le temps de la disparition de la classe moyenne occidentale. L’un et l’autre ont saisi que, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires, celles qui constituaient hier le socle de la classe moyenne, vivent désormais sur les territoires qui créent le moins d’emplois : dans l’Amérique périphérique et dans la France périphérique. Mais la comparaison s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Amérique périphérique, Macron a au contraire construit sa dynamique électorale à partir des métropoles mondialisées. Si le président français est conscient de la fra- gilisation sociale de la France périphérique, il pense que la solution passe par une accélération de l’adaptation de l’économie française aux normes de l’économie mondialisée. À l’opposé, le président américain fait le constat des limites d’un modèle qu’il convient de réguler (protectionnisme, remise en cause des traités de libre-échange, volonté de réguler l’immigration, politique de grands travaux) afin de créer de l’emploi sur ces territoires de la désindustrialisation américaine. Il existe un autre point de divergence fondamental, c’est le refus chez Trump d’un argumentaire moral qui sert depuis des décennies à disqualifier les classes populaires.

Votre livre n’est-il pas exagérément sombre ?

C’est la réalité qui est sombre, pas ce livre. Pour éviter la catastrophe, et si elles ne veulent pas être balayées dans les urnes, les classes dirigeantes n’ont pas d’autre choix que celui de rejoindre le mouvement réel de la société, celui de la majorité, des plus modestes.

■ No Society La fin de la classe moyenne occidentale FLAMMARION, 242 P., 18 €, EN LIBRAIRIE LE 3 OCTOBRE.

Voir de plus:

Christophe Guilluy : « Seuls 20 à 30% de gens d’en haut peuvent encore espérer une amélioration de leurs conditions de vie dans les pays occidentaux. Et les autres l’ont bien compris »

Le géographe français auteur de la France périphérique publie un nouveau livre « No society. La fin de la classe moyenne occidentale » (Flammarion) dans lequel il détaille les conséquences politiques explosives de cette disparition alors même que les « gens d’en bas et du milieu » ont accepté de bonne grâce de jouer le jeu de la mondialisation pendant plusieurs décennies. Mais plus maintenant.
No Society
Atlantico

3 Octobre 2018

Atlantico : Dans votre dernier livre No Society, vous élargissez votre thème de la France périphérique à l’échelle internationale, pour décrire la disparition de la classe moyenne occidentale. N’est-on pas déjà entré dans l’étape suivante, depuis le Brexit, Trump, Salvini, la percée de l’AfD en Allemagne, ou la chute d’Emmanuel Macron dans les sondages en France ? Y voyez-vous la suite du modèle « néolibéral », ou sa fin programmée ?

Christophe Guilluy : Cela fait des années que l’on nous parle de la disparition de la classe ouvrière, des régions désindustrialisées, de la crise du rural, etc.. et après nous avons pu voir que d’autres pays avaient les mêmes signes de précarisation, comme les Etats-Unis, la Grèce, la Grande Bretagne etc…La Vague populiste est alors arrivée, et tout cela forme un tout qui s’appelle la disparition de la classe moyenne occidentale.

Cela permet d’identifier la puissance des mouvements politiques que l’on voit surgir un peu partout dans le monde occidental mais aussi l’état de ces sociétés au sens large. On peut débattre à l’infini sur le concept de classe moyenne, mais il s’agissait bien de parler d’une classe majoritaire dans laquelle tout le monde était intégré, de l’ouvrier au cadre, et c’est bien cela qui se détériore aujourd’hui. Nous sommes dans un processus de sortie lente – mais dans un processus de sortie quand même – de la classe moyenne de la part des différentes catégories qui la composent, les unes après les autres. C’est ce que j’ai voulu identifier. La notion de classe moyenne est déjà morte mais on utilise encore cette catégorie comme si elle existait encore. Mais en réalité, en parlant des classes moyennes aujourd’hui, on parle des catégories supérieures.

Finalement, quand on regarde les élections, toutes les vagues populistes reposent sur deux éléments. D’une part, une sociologie, c’est-à-dire le socle de l’ancienne classe moyenne que sont les catégories populaires, ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants, etc…et on retrouve ces mêmes catégories partout. Et d’autre part des territoires. C’est la géographie des périphéries avec à chaque fois les mêmes logiques quel que soit le pays occidental que l’on considère. Il y a des pays plus riches que d’autres – l’Allemagne n’est pas l’Italie – et les contextes nationaux restent pertinents. Il n’empêche que l’on voit bien que dans un pays très riche comme l’Allemagne, il y a bien un décrochage par le bas des catégories modestes, il y a une société qui se clive avec un phénomène de polarisation de l’emploi qui a des effets. On est toujours dans le mythe d’une mutation en douceur des sociétés, mais ce n’est pas le cas. Il y a des inégalités qui progressent à peu près partout, que le pays soit riche ou non, qu’il soit en excédent ou en déficit, cela attaque partout. Même si cela prend différemment selon les contextes. Les classes ouvrières britannique et américaine ont été fracassées beaucoup plus rapidement que la classe populaire française. Il y a les effets de l’État providence en France qui sont réels, et qui a fait que nous avons encore des catégories protégées dans notre pays.

Emmanuel Macron est donc paradoxalement le résultat électoral de cet État providence ?

Emmanuel Macron a fait des scores de dirigeant soviétique dans les grandes métropoles, avec des pourcentages incroyables à Paris, Bordeaux, Toulouse etc…Emmanuel Macron se sauve avec les deux gros bataillons que sont les retraités et les fonctionnaires – la majorité des fonctionnaires ont voté Macron – qui sont les deux catégories qui sont en train d’être tondues par ce président. Nous sommes donc effectivement à la limite d’un système qui se raccroche à des catégories encore protégées mais le vent tourne.

On a toujours dit que les retraités sauvaient le système. Mais jusqu’à quand ? Aujourd’hui, 30% des 53-69 ans vivent sous le seuil de pauvreté, nous voyons les choses se transformer en douceur pour des catégories que l’on pensait préservées. Cela est le contexte français, mais en Grande Bretagne par exemple, les retraités ont été fracassés tout de suite et n’ont pas hésité à voter en faveur du Brexit. L’idée que les retraités vont continuer à protéger le système est à mon avis un leurre. C’est la même chose pour les fonctionnaires, les catégories B et C qui s’en prennent plein la figure ne vont pas éternellement protéger un système dont elles ne bénéficient pas. Cela est vraiment intéressant de constater que tout évolue partout mais toujours en fonction des contextes. La classe moyenne italienne par exemple, qui a commencé sa chute dans les années 2000, ce qui a beaucoup été la conséquence des effets de l’euro, mais à la fin, nous avons bien ce qui représentait le modèle social et culturel de l’ensemble des pays développés qui est en train de s’effondrer. En 1981, les Français votaient François Mitterrand alors que Reagan et Thatcher prenaient le pouvoir dans le monde anglo-saxon, menant une politique qui fut imité par la France dès 1983. Percevez-vous également l’élection d’Emmanuel Macron comme un simple contre-temps, un anachronisme d’une tendance en cours ?

On peut dire cela, ce décalage est réel. Mais quand on regarde en détails, cela est assez logique notamment pour ce que je viens de dire. Nous avons quand même un État providence qui fonctionne encore en France et bien évidemment le décalage s’est fait à ce niveau-là. Les catégories modestes ont été relativement mieux protégées en France qu’elles ne l’ont été aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. On a bien un contexte français très particulier avec une fonction publique très importante etc…c’est là-dessus que nous faisons la différence. Mais une fois encore, cela n’est qu’une question de temps. Et le temps joue effectivement vers la disparition de cette classe moyenne. C’est donc bien la structuration sociale de l’ensemble des pays développés qui est en train de se modifier avec ces 20-30% de gens « en haut » qui vont s’en sortir et une immense classe populaire qui n’est plus dans l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie.

Cela n’en fait pas des catégories qui seraient opposées de fait à la mondialisation ou à l’Europe…c’est une pirouette intellectuelle rassurante de dire cela. Parce qu’au contraire, ces gens ont vraiment joué le jeu de la mondialisation et de l’Europe. Il n’y a jamais eu d’opposition de principe, ils ont joué le jeu et après 20 ou 30 ans ils font le diagnostic pour eux-mêmes et pour leurs enfants que finalement cela n’a pas marché. Il s’agit simplement d’un constat rationnel de leur part.

Ce qui est frappant, c’est que tous les modèles sont affectés, du modèle américain au britannique, au modèle français républicain, jusqu’au modèle scandinave. A la fin, on a toujours le même résultat. Penser qu’il y a presque 20% des gens qui ont voté extrême-droite en Suède à l’air hallucinant, mais quand on regarde la géographie électorale des Démocrates Suédois, on voit les gros bastions de zones rurales et de petites villes désindustrialisées, une sociologie d’ouvriers ruraux, avec le nord et le sud du pays, mais évidemment pas du tout Stockholm.

On retrouve la polarisation de l’emploi et des territoires, cette dernière n’étant qu’une conséquence de la première. J’entends régulièrement que les gens voteraient pour un parti parce qu’il vivent sur un territoire, non, ils votent pour un parti parce qu’ils estiment que le modèle en place ne leur est pas favorable.

En se concentrant sur l’économie, en étant perçu par les Français comme le président des « riches », Emmanuel Macron n’est-il pas justement en train de réinstaller les bases d’une politique de classes en France ? 

De fait. Mais on lui fait porter un chapeau qui est un peut trop grand pour lui. Le phénomène Emmanuel Macron est microscopique dans ce processus. Je n’ai rien contre lui, je l’ai rencontré et il était plutôt d’accord sur le diagnostic, mais il est dans la lignée des anciens présidents. Nous avons trop tendance à surévaluer le « nouveau » néolibéral, le nouveau président des riches…parce que cela était également vrai pour ses prédécesseurs. Cette situation n’est et n’était que la conséquence de la structuration sociale et d’un modèle inégalitaire et qui s’est imposé à peu près partout. Les politiques français ne sont rien, pas grand-chose, dans ce mouvement mondialisé. Les présidents successifs n’ont fait qu’accompagner le mouvement même si l’on peut dire qu’avec Emmanuel Macron, cela s’accélère. Mais sa feuille de route était la même que celle de François Hollande ou de celle de Nicolas Sarkozy, en fait depuis le virage libéral de 1983 avec Fabius et Mitterrand. L’habillage est un peu plus social quand le président est à gauche, ou un peu plus identitaire s’il est à droite, mais globalement c’est la même tendance. L’élection d’Emmanuel Macron est le rassemblement des bourgeoisies, cela se voit avec le vote dans les métropoles. Ils ont voté en masse pour lui, parce que ce qui compte à la fin, c’est quand même le patrimoine. Il y a toujours une rationalité.

Vous décrivez « le repli d’une bourgeoisie asociale ». Ne peut-on pas voir une forme de déni, notamment chez les cadres, de se percevoir comme « les gagnants de la mondialisation » ?

Les gens voient toujours le court terme. Pour le moment cela va encore, ils « s’accrochent aux wagons ». Mais il y a une forme de déni sur ce qu’ils vont devenir. La disparition de la classe moyenne a commencé par les ouvriers, les paysans, les employés, les professions intermédiaires et demain, ce sera une fraction des catégories supérieures qui sera emportée. On voit déjà que les jeunes diplômés du supérieur n’arrivent plus à s’intégrer. Le processus est enclenché et il va détruire aussi des catégories qui pensent encore être protégées.

Trump, Brexit, on voit que ces mouvements sont nés au sein des partis. Le même schéma peut-il se répéter en France ? Comment expliquer vous que ce soient des partis de droite qui ont saisi cette thématique sociale plutôt que des partis de gauche ? 

A partir du moment ou la gauche a abandonné la question sociale, elle a abandonné les catégories populaires et c’est la dessus que le divorce s’est réalisé. Ce mouvement s’est accompagné d’une forme d’ostracisation des plus modestes qui était très forte dans certains milieux de gauche, et aujourd’hui la rupture est totale. On a en plus un processus de sécession , que Christopher Lash avait vu très tôt, qui est celle des bourgeoisies, qui s’ajoute au phénomène de citadellisation des élites, qui fait qu’il n’y a pas plus de connexion entre ces catégories. C’est le sens du « no society » de Margaret Thatcher. Elle pensait faire tomber l’État providence avec l’idée que nous étions avant tout des agents économiques et finalement, les bourgeoisies ont suivi ce mouvement. Cette rupture fait qu’aujourd’hui, nous n’avons plus de société. Une société est saine quand il y a un lien organique entre le haut et le bas, même si ce lien peut être conflictuel, comme cela était le cas avec le parti communiste. C’est un moment particulier ou il n’y a plus d’intérêt du tout pour le monde d’en bas, c’est frappant partout dans les démocraties occidentales, et cette rupture n’est même plus conflictuelle. « Vous n’existez plus, nous ne vivons plus ensemble, et votre destin ne nous intéresse plus ». Et la réponse des gens d’en bas est aussi une forme de désaffiliation et de défiance gigantesque avec le monde d’en haut au sens large. Mais cela n’est absolument pas un modèle durable. On le voit bien aujourd’hui avec les mouvements populistes, ou la contestation va aller forcément croissante.

Quelle réponse donner à cette contestation ?

Il faut arrêter le discours du magistère des prétentieux. Cette idée de rééducation du peuple, en lui montrant la voie, n’est pas possible. Une société c’est une majorité de catégories modestes et l’objectif d’une démocratie, c’est de servir prioritairement ces catégories. C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Il faut prendre ces gens au sérieux, il faut prendre en compte les diagnostics des classes populaires sur leurs souhaits d’être protégés, ce qui ne veut pas dire être assistés. Ces catégories veulent du travail, elles veulent qu’on les respectent culturellement, et ne pas se faire traiter de « déplorables » ou de sans dents » – ce qui fait partie intégrante du problème identitaire que nous avons aujourd’hui qui est le produit de ces attaques là -.

On ne s’en sortira que si – je tends la main en disant cela- les gens d’en haut comprennent que s’ils ne veulent pas disparaître, ils vont devoir prendre les gens au sérieux.

Leur modèle économique est à bout de souffle alors que nous sommes soi-disant gouvernés par des gens sérieux. Nous sommes au bout du modèle. Les gens veulent de la protection, du travail, de la régulation économique mais aussi une régulation des flux migratoires. Je parle ici de tout le monde d’en bas, parce que la demande de régulation des flux migratoires vient de toutes les catégories modestes quelles que soient les origines. Tout le monde veut la même chose alors que lorsque les gens parlent de la question migratoire, on les place sur la question raciale, non. C’est anthropologiquement vrai pour toutes les catégories modestes, et cela est vrai partout. Dans tous les pays, les catégories modestes veulent vivre tranquillement, ce qui ne veut pas dire vivre derrière des murs, mais vivre dans un environnement que l’on connaît avec des valeurs communes. C’est d’ailleurs ce qu’était la classe moyenne historiquement. La classe moyenne était interclassiste, avec des ouvriers mais aussi des cadres, mais cela était aussi multiculturel. Ce qui est amusant aujourd’hui, c’est qu’il y a une ethnicisation des classes moyennes – on pense blanc – cela montre bien la fin du concept qui était censé être intégrateur pour le plus grand nombre.

Comment se processus peut-il se mettre en place en France ?

Je suis optimiste. Je crois que les classes populaires vivent une espèce d’épopée -difficile- avec une forme d’héroïsme. Elles sont seules – personne ne les représente – elles ont été plongées dans ce processus de mondialisation économique sans aucun mode d’emploi. On leur a dit « démerdez vous avec vos 1000 euros par mois », et elles n’ont pas disparu, elles maintiennent un minimum de solidarité entre elles – je parle d’un soft power des classes populaires – elles restent majoritaires partout dans l’ensemble des démocraties occidentales.

Les autoritaires ne sont pas ceux que l’on croit. Sauver les démocraties occidentales c’est faire entendre le plus grand nombre. Et quand on se promène en France, on voit des élus de gauche et de droite qui sont tous d’accord avec cela. Ils savent très bien qu’il faut réinventer un modèle économique, et il ne s’agit pas de faire la révolution. Cela est beaucoup plus puissant que les discours d’en haut, ou de tel ou tel intellectuel. Les gens n’attendent pas qu’on leur décrive ce qu’il se passe, ils le savent déjà.

Soit le monde d’en haut refuse d’entendre la majorité et on basculera dans une forme d’autoritarisme soft, ce qui pourrait faire durer le système un peu plus longtemps, mais avec le risque que cela se termine très mal. Soit  on essaye de faire baisser la tension en disant : « maintenant on essaye d’intégrer économiquement et culturellement le plus grand nombre ».

Cette réflexion existe, il n’y a pas encore de parti politique qui représente tout cela, qui fait cette connexion, mais cela est en gestation. Il n’y a pas 50 sorties possibles de cette impasse, il n’y en a qu’une. Inclure les catégories populaires parce qu’elles sont la société elle-même. C’est pour cela que le discours sur les marges a été destructeur. Les ouvriers, les ruraux etc…ce ne sont pas des marges, c’est un tout, et ce tout est la société. Maintenant tout est sur la table, les diagnostics sont faits. Alors il faut se retrousser les manches et aller dans le dur en essayant de réellement inventer quelque chose de plus efficace, et en oubliant ce truc absurde du premier cordée. Mais là, il faut bien remarquer le problème que nous avons concernant le personnel en place. Ils pensent tous la même chose. Il faut une révolution culturelle du monde d’en haut, ce qui devrait être à la portée des nations occidentales…cela ne coûte pas cher. La question pour eux est donc de protéger ou disparaître.

Voir enfin:

« Face à l’islamisme, nos élites ont trahi »

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Alors que l’existence de tensions communautaires a été reconnue par Gérard Collomb lui-même, le journaliste Yves Mamou accuse les élites françaises de s’être coupablement désintéressées de l’immigration, et d’avoir fermé les yeux sur l’islamisation du pays.


Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Collaborateur régulier du site américain The Gatestone Insitute, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Hezbollah, dernier acte (éd. Plein jour, 2013) et Le Grand abandon. Les élites françaises et l’islamisme (éd. L’Artilleur), paru le 25 septembre 2018.


FIGAROVOX.- Selon vous, l’immigration et l’islamisation auraient pour conséquence d’empêcher les Français de «faire nation»? Quel lien faites-vous entre la supposée émergence perturbatrice de l’islam et la supposée désagrégation de la nation française?

Yves MAMOU.- Le Grand Abandon est une tentative de reconstitution. J’ai essayé de savoir pourquoi et comment, à côté de la nation française, une nation islamique avait pu progressivement se constituer. Les déclarations fracassantes de Gérard Collomb, ex-ministre de l’Intérieur, au matin de sa passation de pouvoir à Edouard Philippe, Premier ministre, montrent que la juxtaposition de ces deux nations aujourd’hui en France engendre un risque d’affrontement. Nous sommes aujourd’hui «côte à côte» (sous-entendu musulmans et non-musulmans) a dit Gérard Collomb, mais rien ne garantit que demain nous ne serons pas «face à face». Cet avis de guerre civile en bonne et due forme a été proféré par l’homme qui, pendant un an et demi, Place Beauvau, a eu sous les yeux, au quotidien, tous les rapports de police et de gendarmerie.

Gérard Collomb est partie prenante de l’élite politique française. Il abandonne son poste en informant que la guerre civile est à nos portes. Une fuite qui à elle seule justifie mon titre «Le Grand Abandon». L’avertissement aurait eu plus de force s’il avait été proféré par un ministre en exercice. L’avoir prononcé sur le pas de la porte a fait que certains médias ne l’ont même pas repris.

La guerre civile se définit comme le déchirement d’une nation. Je ne sais pas si cette guerre aura lieu, mais il m’a semblé utile de m’interroger sur la présence de deux nations sur le même territoire national. Parfois, ce sont des frontières mal tracées qui créent les conditions d’un affrontement entre deux nations. Mais en France, la nation islamique a été fabriquée de toutes pièces. Elle est le résultat d’une politique. Les élites françaises, c’est-à-dire les grands corps de l’État, les partis politiques, les experts, les magistrats, les médias, les élites culturelles… ont, pour de multiples raisons, plusieurs décennies durant – et encore aujourd’hui – encouragé et légitimé l’immigration musulmane.

Cette préférence des élites pour l’islam a produit un fossé abyssal entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le Baromètre de la Confiance que le Cevipof, le centre de recherches de Sciences Po, publie année après année, illustre parfaitement le phénomène: la majorité de la population française témoigne à l’égard de sa classe politique d’une gamme de sentiments qui va de l’écœurement au dégoût, en passant par le rejet et l’indifférence. Et sur quoi se cristallise cette rupture entre le haut et le bas de la société? Sur l’islam jugé trop invasif et l’immigration jugée excessive.

Curieusement, ce baromètre du Cevipof sauve la mise de deux institutions, l’armée et la police qui jouissent d’un taux de confiance de près de 80 %.

Peut-être, mais est-ce suffisant pour affirmer comme vous le faites que l’islamisme et l’immigrationnisme ont été voulus, théorisés, écrits et préparés à l’avance?

L’immigration a été voulue et organisée, mais l’islamisation de cette immigration n’était sans doute pas inscrite au menu. Si l’immigration se poursuit malgré l’islamisation, c’est sans doute que nos élites la jugent insignifiante. Ou bien qu’elle leur est indifférente. Et c’est cette indifférence au risque de guerre civile que j’ai voulu souligner.

La constance avec laquelle le Conseil d’État a aidé à la constitution d’une nation islamique en France est sidérante. Je liste dans mon livre tous les arrêts du Conseil d’État favorables à l’immigration musulmane, favorables au voile, favorables au burkini, favorables à la burqa, favorables aux familles polygames et j’en passe. Idem pour le Conseil constitutionnel qui trouve conforme à l’intérêt général de laisser les écoles salafistes proliférer ou de supprimer, au nom de la «solidarité», les peines qui frappaient autrefois les délinquants qui facilitaient l’immigration clandestine. Mon livre passe également au crible l’étrange aveuglement de l’Observatoire de la laïcité quand il est question d’islam et l’étrange sensibilité du Conseil supérieur de l’audiovisuel aux récriminations des téléspectateurs musulmans.

Tout ce que j’avance dans mon livre est sourcé. Le Grand Abandon est riche de plus de 700 notes et références. L’ordonnancement et la mise en relation de ces faits étayés et vérifiés entre eux mettent en lumière une évidence: il existe bel et bien une préférence des élites françaises pour l’islam.

Ce qui nous ramène à votre première question. Ce n’est pas seulement l’islam qui empêche aujourd’hui de faire nation. Les élites aussi ne veulent plus faire nation.

«L’antiracisme politique qui sévit aujourd’hui n’a jamais eu pour but de combattre le racisme.» Que voulez-vous dire?

Je n’ai pas remarqué de mobilisation des organisations antiracistes contre le rappeur Nick Conrad qui a chanté le meurtre des Blancs et des enfants blancs dans les crèches. Ni contre les Indigènes de la République ou le syndicat SUD Éducation qui ont organisé des séminaires «racisés» fermés aux «Blancs», ni contre Médine qui rêve de crucifier les laïcards au Golgotha, ni contre Mmes Ernotte (France Télévisions) et Nyssen (ministère de la culture) qui souhaitaient voir moins de «Blancs» à la télévision.

En revanche, quand Éric Zemmour a affirmé que les immigrés étaient surreprésentés dans les prisons, ou quand Georges Bensoussan a tenté d’expliquer que l’antisémitisme sévissait dans une large frange de la population musulmane en France, les associations antiracistes se sont unies pour les traîner devant un tribunal. Au nom de la lutte antiraciste!

Ces quelques exemples permettent de situer la zone d’action de l’antiracisme: faire taire tout critique de la «diversité». La «diversité» n’est pas un slogan antiraciste un peu creux. Je démontre dans mon livre que la «diversité» est en réalité une politique. Et cette politique passe par les organisations antiracistes subventionnées par l’État, par l’école où l’apprentissage de l’arabe est proposé aujourd’hui dès le primaire, par une politique du ministère de la Culture qui subventionne la «diversité» au cinéma et au théâtre, par l’Afnor qui labellise les entreprises pour plus de «diversité», par le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui, avec son Baromètre de la «diversité» rêve d’imposer des quasi quotas ethniques sur le petit écran, et par divers lobbys comme le Club XXI d’Hakim el Karoui ou l’association Coexister…

Le Grand Abandon démontre que l’antiracisme politique et le discours diversitaire n’ont pas pour but de combattre le racisme. Ce sont des outils au service d’une réinitialisation des consciences. Ils servent à marteler que les immigrés de couleur sont par essence des victimes. Les services du Premier ministre diffusent actuellement des clips contre les violences sexistes. L’un de ces clips montre un «Blanc» qui agresse sexuellement une jeune fille d’origine maghrébine laquelle est défendue par une «Blanche» en couple avec un homme noir. Ce clip d’État d’une grande pureté idéologique assigne la violence sexuelle aux hommes Blancs et refuse d’évoquer celle qui peut aussi exister chez les «victimes» de couleur. J’affirme que cette victimisation forcenée des Français de couleur participe à la fabrication de la violence d’aujourd’hui.

Quand vous parlez des «élites», qui désignez-vous exactement? Peut-on mettre tous les responsables politiques, économiques, culturels, médiatiques… dans le même panier?

Mon livre passe en revue les partis politiques, le ministère de la justice, les associations antiracistes, l’université, l’école, les experts, les intellectuels, le monde du cinéma et du théâtre et de quelques autres encore… Chacun de ces groupes ou institutions œuvre, dans le champ qui est le sien, à la promotion de la «diversité» et de son corollaire le «vivre-ensemble». J’ai déjà évoqué le cas du Conseil d’État, du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Mais je liste également le cas des intellectuels qui pétitionnent et lynchent médiatiquement toute personnalité publique qui émet des opinions non conformes aux leurs. L’écrivain algérien Kamel Daoud en a ainsi fait les frais quand il a expliqué que les viols de masse de Cologne en 2015 étaient dus à l’importation en Allemagne d’une culture patriarcale des relations entre les sexes. Les experts justifient et encouragent l’immigration au nom de supposés bienfaits économiques. Le ministère de la justice met à mal la liberté d’expression des Zemmour et Bensoussan… etc. J’ai 600 pages d’exemples et de logiques qui s’emboîtent les unes dans les autres et qui tous ensemble concourent à une révolution, «par le haut».

En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque. Il s’agit d’une authentique révolution qui se poursuit encore aujourd’hui sous nos yeux. Les élites politiques, économiques et institutionnelles ont balayé le vieux modèle laïque et républicain sans demander l’avis du reste de la population. Les élites françaises ont été à l’origine du plus grand casse du siècle, lequel s’avère être aussi un casse de la démocratie et de la laïcité. Pour quel profit? Je crains que seul l’islamisme soit à même de tirer les marrons du feu.

Les politiques ont selon vous une responsabilité toute particulière dans la diffusion de l’islamisme. Tous, y compris le Front national, pourquoi?

Le Front national a joué les repoussoirs. Par sa seule présence, le Front national a empêché l’émergence de tout débat sérieux sur l’islam et l’immigration. Les éructations de Jean-Marie Le Pen toujours à la limite du racisme et de l’antisémitisme ont contribué au caractère hégémonique du discours antiraciste. Marine Le Pen a bien tenté de redresser l’image de son parti, mais le mal était fait. Et il dure encore.

Quant aux gouvernements de gauche, ils portent une responsabilité historique que j’expose dans Le Grand Abandon.

Vous reprochez aux politiques, notamment de gauche («islamo-gauchistes») leur clientélisme, mais vous le reconnaissez vous-même en introduction, les musulmans deviennent une composante à part entière de la population: il faut bien que des politiques leur parlent à eux aussi?

La gauche clientéliste flatte le communautarisme islamique: baux emphytéotiques pour la construction de mosquées, heures de piscine réservées aux femmes, etc., cela dans le but de recueillir les voix des musulmans. L’islamo-gauchisme accompagne la violence islamiste pour conquérir le pouvoir. Ce sont deux démarches différentes, mais les deux instrumentalisent les musulmans comme outil de conquête du pouvoir.

En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque.

Cette instrumentalisation de l’islam par la gauche a creusé la tombe de la laïcité. La laïcité non plus n’est pas un mot creux. C’est l’espace de la citoyenneté. Et la citoyenneté c’est l’espace du politique parce qu’il est débarrassé de tous les sujets qui ne prêtent pas à la discussion et à la négociation. Si la laïcité a cantonné la religion au domicile et aux lieux de culte, c’est précisément pour les sortir de l’espace politique. En réintroduisant la religion – et surtout la religion musulmane – dans l’espace de la politique, la gauche (mais aussi la droite) a disséminé les germes de la guerre civile.

Une République laïque ne doit reconnaître que des citoyens et non des communautés, et moins encore des communautés religieuses. Penser comme le font nos élus de droite et de gauche que la République doit des mosquées aux musulmans est une erreur et une trahison. Une erreur parce qu’elle conforte le communautarisme et le sécessionnisme musulman. Et une trahison parce que ce que la République doit aux Français, quelle que soit leur confession ou leur couleur de peau, ce sont des écoles, la liberté de pensée et d’expression.

Vous critiques beaucoup aussi l’Église. Mais n’est-elle pas dans son rôle lorsqu’elle exprime une compassion à l’égard des migrants? Faut-il toujours tout ramener à une vision politique?

Le rôle des journalistes n’est pas de prendre les apparences pour le réel. Quand Macron va au Collèges des Bernardins et déclare aux plus hautes personnalités du catholicisme français qu’il faut «réparer» le lien abîmé entre l’Église et l’État, que croyez-vous qu’il fasse? Une bonne action? Non, il fait de la politique. Il s’adresse à une Église catholique blessée par cent ans de laïcité et qui souffre d’une hémorragie de fidèles. Il lui dit: oublions la laïcité, revenez dans le jeu politique. Pourquoi Macron fait-il cela? Pour se constituer des alliés dans son grand projet de bâtir ce qu’il appelle l’ «Islam de France». Macron a besoin d’alliés pour se débarrasser de la laïcité. Quel meilleur allié que l’Église?

Quant à la compassion de l’Église pour les migrants musulmans, il est bon de rappeler que cette compassion est sélective. L’Église ne défend pas les Coptes quand ils sont massacrés en Égypte, elle proteste à peine contre l’authentique épuration ethnique qui frappe les chrétiens d’Orient, et elle n’a guère eu de mot charitable pour les Yazidis massacrés par l’État islamique. C’est cette sélectivité compassionnelle qui interroge. J’essaye de montrer dans mon livre que la charité affichée de l’Église envers les musulmans est aussi une politique.

Quant aux médias, pour finir, vous y voyez des «falsificateurs de la vérité»?

Il y a quelques jours, le Journal télévisé de France 2 a diffusé un reportage sur l’épidémie d’attaques au couteau qui sévit à Londres. Mais la même épidémie sévit en France et aucun média ne dresse un tableau de la situation. Il faut feuilleter la presse de province, journal par journal, pour se rendre compte de l’ampleur des violences gratuites, souvent mortelles, commises au quotidien. Quand un journal évoque une attaque au couteau, on ignore le nom de l’agresseur et ses motivations. Comme s’il y avait une volonté d’anonymiser le «déséquilibré»! Les médias, dans leur grande majorité, participent au casse du siècle. Ils n’informent plus sur les problèmes, ils prêchent la «diversité» et le «vivre ensemble».

Voir enfin:

Emmanuel Macron, le masque tombe
Ivan Rioufol
Le Figaro
le 4 octobre 2018

Récapitulons : Donald Trump est la vulgarité incarnée. Viktor Orban menace la démocratie. Le premier entache les États-Unis de ses comportements grossiers. Le second viole, en Hongrie, l’indépendance de la justice et la liberté de la presse. Ce tableau est brossé, en France, par la Macronie et ses médias. Pourtant, c’est le chef de l’État qui a longtemps fait obstacle à la nomination du nouveau procureur de Paris : trois candidats à la succession de François Molins, proposés par la Chancellerie, ont d’abord été retoqués par l’Élysée en dépit des usages. Le Parquet national financier, qui a sonné l’hallali contre François Fillon en 2017, a toujours ses liens avec l’exécutif. Quant à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, elle a assigné à l’audiovisuel public la mission de « changer les mentalités sur le terrain » et de « devenir le miroir de nos différences  ». France Culture vient d’ailleurs de remercier l’impertinent Michel Onfray. Le gouvernement rêve aussi de mettre l’Internet, refuge des dissidents, sous surveillance…

Bref, Emmanuel Macron reproche à Orban ce qu’il pratique. La pensée dominante en rajoute dans l’obligation de bêler en chœur, lorsqu’elle dénonce les récalcitrants comme des ennemis du Bien. Quant à ceux qui accablent Trump, ils ne voient rien de la métamorphose de Macron. Il a été salué pour avoir su se glisser, avec talent et élégance, dans les habits de président. Or, depuis, un Dorian Gray s’ébauche derrière le personnage fiévreux et transgressif. « Alexandre Benalla n’est pas mon amant  », croit utile de préciser, en juillet, le chef de l’État pour démentir un ragot sur son garde du corps. Imaginer le général de Gaulle se prêter à une telle confidence donne la mesure de l’effondrement de la politique. Pour avoir abandonné sa posture « jupitérienne », voilà le président prêt à tout pour faire peuple. À côté, Nicolas Sarkozy et François Hollande incarneraient presque la sophistication. Et c’est Trump qui, par contraste, se montre respectable.

« Le pouvoir ressemble au Titanic, dont le ministre de l’Intérieur vient de s’échapper mardi. Le naufrage sera difficile à éviter. Les premiers effets du revirement dans la communication élyséenne viennent d’ailleurs de produire une image désastreuse, samedi, à Saint-Martin, aux Antilles. Une photo, prise dans la moiteur d’une HLM, montre le président en bras de chemise entouré, amusé, de deux jeunes Antillais. Celui qui est à sa droite, contre qui le président colle son épaule, est torse nu. Son pantalon largement baissé laisse voir son caleçon. Le petit voyou fait un doigt d’honneur. Celui qui est à sa gauche, casquette à l’envers, vêtu d’un débardeur blanc, s’est présenté comme braqueur tout juste sorti de prison. Tout est vulgaire: la désinvolture des deux cousins, la complicité ambiguë du président. L’image en rappelle une autre, prise à l’Élysée, en juin, lors de la Fête de la musique: le couple Macron pose, entouré du groupe techno Kiddy Smile. Les artistes se revendiquent «fils d’immigrés, noirs et pédés». Ils portent des shorts et des maillots en résille.

La Macronie perd pied, en voulant voir du racisme dans les critiques portées contre ces attitudes présidentielles. Lundi, la secrétaire d’État, Marlène Schiappa, a qualifié Marine Le Pen de «leader d’un grand parti raciste, d’extrême droite» au prétexte que la présidente du RN avait jugé la photo antillaise «impardonnable». Le député LaREM, Aurélien Taché, estime que «tous ceux qui polémiquent ne supportent tout simplement pas que la France, à tous les niveaux, change de visage». En fait, le racolage ethnique auquel se prête le chef de l’État ressemble à une ode au grand remplacement racialiste. Il est loisible de voir un deux poids deux mesures dans la réaction de Macron quand, le 18 juin dernier à Paris, il rabroue un Gavroche qui venait de l’appeler «Manu»: «Tu te comportes comme il faut. Il faut que tu m’appelles Monsieur le président de la République, ou Monsieur, d’accord?» Faut-il comprendre que le Noir serait dispensé des codes exigés du Blanc? Le sommet de l’État ne tourne plus rond.

L’insistance que Gérard Collomb a dû mettre pour imposer sa démission, refusée lundi par le président, n’est pas la moindre des rébellions contre la Macronie. Sa fuite est celle d’un vieux grognard qui a partagé l’intimité du clan. C’est le ministre de l’Intérieur qui avait déjà mis en garde contre le manque d’humilité du président et son repli sur lui-même. Le départ de Collomb fait comprendre qu’il ne croit plus en son protégé. L’alerte s’ajoute à celle lancée par Nicolas Hulot, exaspéré par la lourdeur technocratique. Toutefois, c’est le général Pierre de Villiers qui, le premier, avait pressenti les dérives du macronisme en démissionnant de ses fonctions de chef d’état-major des armées en juillet 2017. Peu avant, le militaire s’était fait rabrouer par le jeune élu: «Je suis votre chef.» Cet autoritarisme allait avec la panoplie de président vertical. Toutefois,ce déguisement est devenu incongru au vu des dérapages d’un chef d’État s’abandonnant à une proximité irréfléchie.

Du prophète exalté qui disait incarner le nouveau monde, il ne reste qu’un masque tombé à terre. Le contraste est saisissant entre la machine de guerre savamment élaborée par Macron et les siens pour accéder au pouvoir, et l’état d’impréparation que révèle la démission de Collomb. Le vide est tel, au cœur du pouvoir, que l’intérim a dû être confié au premier ministre. Il est vrai que les dossiers de l’Intérieur – immigration, islam, violence, terrorisme – ont été de ceux que le macronisme a abandonnés aux populistes, pour leur plus grand profit. Mercredi, lors de la passation de pouvoir avec Édouard Philippe, Collomb a évoqué la situation «très dégradée» des quartiers difficiles: «On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face.» Mais cela fait longtemps que l’affrontement s’enracine entre deux France, deux peuples, deux civilisations que tout sépare. Le braqueur Redoine Faïd, interpellé mercredi à Creil (Oise), passait inaperçu sous une burqa, en dépit de la loi interdisant ce voile intégral ; il est devenu banal dans les cités. Macron perpétue la démission de l’État.

Shahnourh Varinag Aznavourian s’était fait appeler Charles Aznavour, en hommage à la France qui avait accueilli ses parents arméniens. «J’ai abandonné une grande partie de mon arménité pour être français. Il faut le faire, ou il faut partir», avait-il expliqué en 2013. La mort du chanteur, lundi, devrait être un hommage à l’assimilation. « 

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Education: L’école, c’est la guerre (As victimhood culture spreads from elite colleges to the middle classes, it is not only contaminating conservatives who resent being unfairly targeted as oppressors but could push us all towards a paternalistic, authoritarian state, sociologists warn)

17 septembre, 2018
 "Entre les murs", un film de Laurent Cantet, 2008.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves et si, malgré la terreur ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir, SA VOLONTÉ D’ÊTRE LIBRE. Peuple de France (dit « Appel du 10 juillet »)
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux « Damnés de la terre », 1961)
Immense et grand plaisir d’avoir pu rencontrer Ahed Tamimi à la fête de l’Huma, figure la résistance palestinienne ! Eric Coquerel (député France insoumise)
Ahed Tamimi, la jeune militante devenue une icône mondiale de la résistance palestinienne, lance un appel aux jeunes de France à la Fête de l’Humanité. L’Humanité
Tant que les noms des écoles sont utilisés pour glorifier le terrorisme, la Belgique ne peut pas coopérer avec le ministère palestinien de l’Education et ne fournira plus d’aide financière pour la construction d’écoles. Ministère de l’Education belge
Fin septembre au Conseil de Paris, le groupe communiste qui y voyait un vestige de l’histoire coloniale avait fait adopter un vœu pour demander qu’elle ne soit pas raccrochée et exposée en pleine rue. Après plusieurs rencontres de concertation, le projet initié par le budget participatif sera finalement respecté. La plaque restaurée sera réinstallée sur la façade d’immeuble avec un texte explicatif. Le Parisien
Don’t Forget July 1, 2018 Starts SPAM… SPAM… Straight Pride American Month! Last Sunday ended LGBTQF-WTF month Yea! (*Don’t get me wrong I support the First Amendment, as much as the next person, and support the rights of grown men to wear skin tight short-shorts and go-go boots and don tinker bell wings with wand and prance down the streets of San Francisco) with tens of thousands of folks dancing and prancing all over American celebrating the fact they are different than most of the rest of us and showing their “pride” in being so. Now before anyone gets their pantyhose in a knot, this is not really legally anti anything; instead it’s pro-family; and proud to be a straight American, and me expressing a private opinion… So there! If you remember last week I proclaimed the Month of July as SPAM …(Straight Pride American Month)…(as Vice Mayor don’t know if I can, but what the heck). Now hundreds of millions of the rest of us can celebrate our month, peaking on July 4th, as healthy, heterosexual, fairly monogamous, keep our kinky stuff to ourselves, Americans… We do it with our parades in every state and county in this country with families celebrating together. We honor our country and our veterans who have made all of this possible (including for the tinker bells) and we can do it with actual real pride, not some put on show just to help our inferior complex “show we are different” type of crap. We ARE different from them…We work, have families, (and babies we make) enjoy and love the company (and marriage) of the opposite sex and don’t flaunt our differences dressing up like faries and prancing by the thousands in a parade in nearby San Francisco to be televised all over the world… Ted  Hickman
My point was, what’s the difference? They have their pride month, why can’t we have ours? … I support the First Amendment. Ted Hickman
Il n’y a pas longtemps, l’apartheid régnait en Afrique du sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu. Et voici qu’aujourd’hui, c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les « dominés » préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des « dominants ». Mais alors, cela veut dire qu’une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale ? Cela veut dire qu’une « race » qui côtoie les autres serait humiliée ? Cela veut dire qu’une religion qui accepte de n’être qu’une parmi d’autres perdrait la face ? (…) À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, avec ses lois et ses mœurs ? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ? Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l’esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s’appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, autrement dit sur l’abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C’est ce qu’on appelle tout simplement la Justice. Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme. L’islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas. Pétition contre le séparatisme islamique
The scholars promoting this concept claim that it is a microaggression even when someone says “I don’t see you as black,” or claims to be colorblind, or purports not to be a sexist, or in general doesn’t “acknowledge” one’s race membership or gender. But let’s face it — it’s considered racist for whites to treat any trait as “black.” If we accept that, then we can’t turn around and say they’re racists to look at black people as just people. That particular aspect of the microaggression notion seems fixed so that whites can’t do anything right. One can’t help sensing a notion that this would be perhaps “payback” for whites and the nasty society they stuck us with. But all it does is create endless conflict, under an idea that basically being white is, in itself, a microaggression. That, however, is neither profound nor complex — it’s just bullying disguised as progressive thought. Let’s call it microaggression when people belittle us on the basis of stereotypes. Creating change requires at least making sense. John McWorther
Je crois que la séparation fondamentale entre peuple et élites – c’est une image, car c’est toujours plus compliqué – a pour point de départ la différenciation éducative produite par le développement du supérieur. Au lendemain de la guerre, dans les démocraties occidentales, tout le monde avait fait l’école primaire – aux États-Unis, ils avaient également fait l’école secondaire –, les sociétés étaient assez homogènes et très peu de gens pouvaient se vanter d’avoir fait des études supérieures. Nous sommes passés, ensuite, à des taux de 40 % de gens qui font des études supérieures par génération. Ils forment une masse sociale qui peut vivre dans un entre-soi. Il y a eu un phénomène d’implosion sur soi de ce groupe qui peut se raconter qu’il est supérieur, tout en prétendant qu’il est en démocratie. C’est un phénomène universel et pour moi, c’est la vraie raison. Il y a des décalages. L’arrivée à maturité de ce groupe social se réalise dès 1965 aux États-Unis. En France, nous avons trente ans de retard et ça s’effectue en 1995. Les gens des diverses strates éducatives ne se connaissent plus. Ceux d’en haut vivent sans le savoir dans un ghetto culturel. Dans le cas d’un pays comme la France, nous avons par exemple l’apparition d’un cinéma intimiste, avec des préoccupations bourgeoises déconnectées des cruautés de la globalisation économique. Il y a des choses très bien dans cette culture d’en haut. L’écologie, les festivals de musique classique ou branchée, les expositions de peinture impressionniste ou expressionniste, le mariage pour tous : toutes ces choses sont bonnes. Mais il y a des personnes avec des préoccupations autres, qui souhaitent juste survivre économiquement et qui n’ont pas fait d’études supérieures. (…) Par contre, je diverge de Lasch et de gens qui dénoncent les élites pour supposer des qualités spéciales au peuple. Je l’ai cru à une époque, mais je n’en suis plus là. Les élites trahissent le peuple, c’est certain. J’estime même de plus en plus qu’il y a au sein des élites des phénomènes de stupidité induits par le conformisme interne du groupe, une autodestruction intellectuelle collective. Mais je ne pense plus que le peuple soit intrinsèquement meilleur. L’idée selon laquelle, parce qu’il est moins éduqué ou moins bien loti, le peuple serait moralement supérieur est idiote, c’est une entorse subtile au principe d’égalité. Adhérer pleinement au principe d’égalité, c’est être capable de critiquer simultanément élites et peuple. Et c’est très important dans le contexte actuel. Cela permet d’échapper au piège d’une opposition facile entre un populo xénophobe qui vote Le Pen et les crétins diplômés qui nous ont fabriqué l’euro. C’est toute la société française qu’on doit condamner dans sa médiocrité intellectuelle et morale. (…) Je crois que c’est le symptôme d’un changement d’humeur de la société américaine dans son cœur, qui est un cœur blanc puisque la démocratie américaine est à l’origine blanche. Depuis longtemps, je suis convaincu que parce que les Anglo-Saxons ne sont au départ pas très à l’aise avec la notion d’égalité, le sentiment démocratique aux États-Unis est très associé à l’exclusion des Indiens et des Noirs. Il y a quand même 72 % du corps électoral qui est blanc. Obama a mené une politique de sauvetage de l’économie américaine tout à fait estimable dans la grande crise de 2007-2008, mais il n’a pas remis en question les fondamentaux du consensus de Washington : le libre-échange, la liberté de circulation du capital et donc les mécanismes qui ont assuré la dégradation des conditions de vie et la sécurité des classes moyennes et des milieux populaires américains. Dans les années 1950, la classe moyenne comprenait la classe ouvrière aux États-Unis. Les ouvriers ont été  “reprolétarisés” par la globalisation et les classes moyennes ont été mises en danger. Il y a eu, en 2016, une sorte de révolte. Le premier élément qui m’a intéressé – et c’était normal puisque dans L’illusion économique (1997) je dénonçais le libre-échange –, c’est la remise en question du libre-échange, qui était commune à Trump et Sanders. C’est parce que le protectionnisme est commun aux deux que nous pouvons affirmer être face à une évolution de fond de la société américaine. C’est vrai que le phénomène Trump est incroyable : le type fout en l’air le Parti républicain pendant la primaire et fout en l’air les Démocrates ensuite. Mais jusqu’au bout, et des vidéos le prouvent, j’ai cru que c’était possible, parce que j’étais tombé sur des études démographiques largement diffusées. Je ne sais plus si je les avais vues mentionnées dans le New York Times, dans le Washington Post, ou dans les deux. Elles révèlent que la mortalité des Blancs de 45-54 ans a augmenté aux États-Unis entre 1999 et 2013. Pour les Américains, le débat sur les merveilles du libre-échange est clos. Ils ont compris. Il faut partir de l’électorat et pas de Trump. L’électorat est en révolte et les États-Unis ont une tradition démocratique plus solide que la nôtre, à la réserve près qu’il s’agit d’une démocratie blanche. (…) Les Républicains ont inventé la technique du dog-whistle, c’est-à-dire du “sifflet à chien”, qui agit sans qu’on l’entende. Un langage codé permet de bien faire comprendre à l’électorat blanc qu’il faut détruire le welfare (les aides sociales), censé n’aller qu’aux Noirs. C’est ce qui a permis au Parti républicain de mener une politique économique absolument défavorable à son propre électorat, c’est-à-dire de diminuer les impôts des riches et de continuer à foutre en l’air la classe ouvrière blanche par le libre-échange. Trump est à l’opposé du dog-whistle. Il avait un double discours : d’un côté, un discours xénophobe tourné contre le Mexique – et pas contre les Noirs, qui sont sur le territoire américain – et de l’autre, des thématiques économiques quasi-marxistes. Pour moi, Trump est le contraire du racialisme républicain traditionnel. Il a mené le débat sur le terrain économique, face à des Démocrates qui activaient inlassablement, sur le mode de la bien-pensance, la question raciale, en se présentant comme les défenseurs des Noirs et en expliquant que si on appartenait à tel groupe, on devait voter de telle manière. Trump a donc foutu en l’air le Parti républicain racial avec ses thématiques économiques, pendant que le Parti démocrate est resté sur ses positions raciales banales. (…) En formalisant, nous pourrions dire qu’il y a deux forces qui s’opposent aux États-Unis : un parti national et un parti globaliste. Nous pourrions dire que le parti national se caractérise par une protection aux frontières – des biens, de la circulation des personnes, le tout avec une bonne base xénophobe – mais qui n’est pas hostile au marché et qui a pour seul but de relancer un capitalisme interne qui fabrique des biens. En gros, il explique que les entreprises peuvent se faire de l’argent autrement. En face, il y a le parti globaliste qui va laisser les frontières ouvertes, en expliquant que cela va fonctionner même si la théorie économique explique que cela va générer des dégâts et des inégalités, le tout devant être compensé par de la redistribution et du welfare. (…) Mais l’important, c’est la protection contre l’arrivée de marchandises fabriquées par des gens sous-payés. (…) La question, c’est de savoir s’il existe une technique qui permet que des gens s’enrichissent et que cela profite à tout le monde dans l’espace national. (…) Jusqu’à présent, j’étais résigné à l’enfermement de “l’anglosphère” dans son néo-libéralisme par son indifférence à l’égalité. Dans l’ensemble, mon modèle anthropologique ne fonctionne pas mal. L’idée d’un communisme fabriqué par une famille communautaire, égalitaire et autoritaire explique très bien l’histoire russe. La famille nucléaire absolue explique très bien le modèle libéral anglo-saxon, ainsi que le développement du capitalisme. Le fait que les gens ne sont pas très sensibles aux États-Unis ou en Angleterre à l’idéal d’égalité explique pourquoi le capitalisme y fonctionne de manière bien huilée et pourquoi les individus ne sont pas choqués quand certains font du profit. Mais entre 2000 et 2015, nous avons atteint la limite du modèle. Et bien sûr, les peuples peuvent transcender leur détermination anthropologique, mais à un certain niveau de souffrance seulement. C’est pour cela que la hausse de la mortalité a été un avertisseur qui m’a permis d’échapper à mon propre modèle. Quand j’ai pensé que Trump pouvait être élu, j’étais au fond en train d’admettre que mon modèle anthropologique était insuffisant. Mais c’est finalement la même chose qui s’est passée avec la chute du communisme. (…) Mon modèle anthropologique dit que les traditions communautaires russes expliquent très bien l’invention du communisme. Mais de même que le libéralisme a emmené la société américaine à un niveau de souffrance exagéré, qui a provoqué la révolte de 2016, le communisme avait atteint vers 1975 un niveau d’absurdité tel, avec une hausse de la mortalité infantile, qu’il s’est effondré en 1990. Par contre, ce que nous dit déjà l’existence ultérieure de la Russie, c’est que l’atteinte de ce point de rupture peut amener une modification du système économique, mais ne fait pas sortir définitivement la population de sa culture. Je pense qu’il y a une démocratie en Russie. Les Russes votent à 80 % pour Poutine. C’est une forme de démocratie autoritaire. Mais le fonctionnement de la société garde beaucoup des traditions communautaires d’autrefois. Le système américain tente de se réformer, mais il va garder ses traits libéraux et non égalitaires fondamentaux. D’ailleurs, quand je décrivais un protectionnisme qui laisse fonctionner le capitalisme en interne, c’est exactement cela que j’évoquais. (…) Les États-Unis ont traversé une phase d’instabilité et de crise culturelle à partir des années 1960 : montée du divorce, enfants hors mariage, etc. Ce sont quand même les Américains qui ont inventé la pilule. Cette phase de crise a entraîné une montée spectaculaire du taux d’homicide. Mais si nous reprenons tous ces paramètres – ce que je ne ferai pas maintenant – depuis 1995, il est clair qu’en termes de mœurs, les États-Unis sont dans une phase de restabilisation. Dans ses tréfonds, la société américaine opère un retour à l’équilibre. (…) C’est un pays en cours de stabilisation morale, malgré sa souffrance économique, qui vient d’élire Trump. (…) en réalité, le retour au national promu par Trump devrait s’accompagner d’une “désuniversalisation” des problèmes. Emmanuel Todd
Avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain. Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives. Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960. Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie. Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir. Eric Zemmour
The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus. At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash. Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.” “This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.” The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.” Several students conveyed their outrage on social media and on campus. “The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is. (…) Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group. He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.” Fox news
L’école, c’est la guerre. (…) Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale. Front de mères
The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions. (…) On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge. (…) Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world. (…) Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms. While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors (…) Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity. (…) The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim. What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all. Commentary
We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups. (…) Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice. (…) Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous. One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior. The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.” So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated. We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality. (…) In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted. The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism. Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on. But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable. The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture. The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture. Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?” The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion. (…) Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of. Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics. (…) Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions. (…) thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege. It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods. (…) Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood. In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust. Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits. But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted. The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. (…) We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas. They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. (…) Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  (…) According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such. For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries. And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated. Bradley Campbell and Jason Manning
Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018). Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste. Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves. Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées. L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes». (…) La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce. (…) L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir. Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret

Quand l’école sert aussi à faire la guerre …

A l’heure où la Fête de l’huma et nos députés les plus prétendument progressistes déroulent le tapis rouge pour le jeune produit d’une éducation à la haine palestinenne qu’un certain nombre de pays européens se voient aujourd’hui après les Etats-Unis contraints de désavouer …

Et où notre jeune président apporte son extrême onction à un professeur de mathématique qui dans la longue tradition du défaitisme révolutionnaire du « parti des 75 000 fusillés » avait lui aussi pour nos ennemis d’alors porté les valises …

Quand notre Sartre et compagnon de route national appelait à rien de moins que l’assassinat d’Européens

Comment ne pas s’inquiéter avec les sociologues américains Bradley Campbell et Jason Manning …

De l’émergence, dans le véritable ghetto culturel des campus américains, d’une culture de la victimisation qui voit, derrière la défense des minorités et entre déboulonnages de statues et décrochages d’enseignes, le retour de la censure et des purges idéologiques …

Mais aussi, avec la contamination à la société entière – mâles blancs compris, comme en témoigne en partie l’élection d’un Trump – de cette compétition et hiérarchisation victimaires, de l’escalade vers une société toujours plus conflictuelle et divisée …

Et comment ne pas s’alarmer avec les professeures françaises Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret …

A la veille d’un colloque à Paris VII réunissant des « chercheurs en indigénisme » …

De la manière avec laquelle le milieu universitaire français, après nombre des campus américains qui les inspirent, est progressivement noyauté par l’idéologie antirépublicaine et racialiste des groupuscules d’extrême-gauche ?

Comment le racialisme indigéniste gangrène l’Université
Barbara Lefebvre
Le Figaro
07/09/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret s’insurgent contre la tenue d’un colloque à Paris VII réunissant des «chercheurs en indigénisme» et dévoilent la manière avec laquelle le milieu universitaire français est saccagé par l’idéologie antirépublicaine des groupuscules d’extrême-gauche.


Barbara Lefebvre est professeur d’histoire-géographie. Elle est coauteur de Les Territoires perdus de la République (éd. Mille et une nuits, 2002). Anne-Sophie Nogaret est enseignante.


La dévastation intellectuelle conséquente à l’idéologie racialiste est apparue sur les campus américains au tournant des années 1970-1980. Pour notre malheur, elle arrive en Europe toute prête à l’emploi, dans des universités où le vide idéologique et politique a laissé le champ libre au militantisme identitariste des minorités. Un colloque organisé à l’université Paris VII fin septembre viendra encore une fois en administrer la preuve.

Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018).

Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire.

Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste.

Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves.

Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées.

L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes».

Ainsi donc, à l’université Paris 7 aura lieu du 27 au 29 septembre 2018 un colloque intitulé «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université» et qui rassemblera la crème de ces chercheurs en indigénisme et quelques-uns de leurs serveurs de soupe habituels. L’articulation de la notion de «race», ici subtilement passée par le prisme «discriminatoire», au système scolaire et académique français, de ce fait implicitement défini comme raciste, porte la marque de l’indigénisme.

On l’avait déjà vu clairement exposée lors du stage «Sud Éducation 93» de décembre 2017 intitulé sobrement «Au croisement des oppressions. Où en est-on de l’antiracisme à l’école?». Lequel stage de formation syndicale prévoyait des sessions «décoloniales» interdites aux descendants d’esclavagistes et/ou de colons, autrement dit, interdites aux blancs non musulmans. Certains animateurs de ce stage interviendront au colloque de Paris 7, comme Wiam Berhouma, enseignante d’anglais en collège ou Lissel Quiroz, membre de l’association «le Front de mères».

La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce.

En cette fin septembre, trois jours durant, une université parisienne va donc débattre de son propre racisme, confirmant en cela non seulement qu’il existe, mais encore qu’il lui serait quasiment consubstantiel. Au sein même de l’institution académique, distiller la thèse selon laquelle celle-ci serait structurellement raciste constitue une des tactiques répertoriées de l’entrisme indigéniste. Les activistes «décoloniaux», fins stratèges mais peu nombreux en réalité, misent sur le principe d’économie: un investissement minimal (quelques intervenants, dont certains avancent masqués) qui par le truchement des instances universitaires permet de répandre les thèses indigénistes aux jeunes générations, et ce d’autant plus efficacement qu’elles se trouvent estampillées du label universitaire: si l’académie le dit, c’est que c’est vrai… Comme l’écrivait en 1987 Allan Bloom: «les étudiants sont, en général, gentils. C’est à dessein que j’emploie cet adjectif. Ils ne sont pas particulièrement moraux ou nobles. Dans les époques heureuses, la gentillesse est une facette du caractère démocratique».

De la gentillesse à la mollesse jusqu’à l’endoctrinement les yeux grands fermés, il n’y a que quelques degrés que la déculturation de masse produite par notre enseignement secondaire depuis vingt ans aura permis de dépasser. Et parmi ces étudiants seront (sont déjà?) formés nos futurs enseignants, qui à leur tour, apprendront (apprennent?) à leurs élèves à quel point ils sont opprimés par les «blancs», et ainsi de suite.

Un président d’université peut ne pas être au courant du détail des rencontres organisées au sein de la structure qu’il dirige, comme c’était sans doute le cas à Lyon, à Limoges et à Toulouse où de tels colloques ont été annulés ces dernières années après avoir été portés à la connaissance du public par les médias. Tel ne saurait être le cas du colloque «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université», puisque le 27 septembre prochain Christine Clerici en personne, présidente de l’Université Paris-Diderot, inaugurera les festivités. Seront présents lors de ce discours d’ouverture tous les organisateurs. Parmi ces derniers figurent Fabrice Duhme et Abdellali Hajjat. Sans doute Madame Clerici ignore-t-elle que Fabrice Duhme est sympathisant du Parti des indigènes de la République? Pour mémoire, en 2014, à la date symbolique du 18 juin, il cosignait leur appel à l’abrogation de la circulaire Chatel permettant d’interdire à des parents portant un signe religieux ostentatoire d’accompagner les activités scolaires. Plus récemment, il soutenait le stage organisé par le syndicat Sud-Education 93 précité. Quant à Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre, il a co-écrit avec Marouane Mohammed, sociologue s’affichant avec Assa Traoré, un ouvrage intitulé: Islamophobie: Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman».

Madame la présidente de l’université Paris Diderot prononcera-t-elle donc un discours d’ouverture en présence d’organisateurs dont les positions indigénistes et en faveur de l’islam politique ne sont un secret pour personne?

Quant aux intervenants du colloque, on y relève la présence d’un inspecteur général de l’Éducation nationale, Benoit Falaize, qui se garde bien de se présenter sous ce titre dans le programme actuellement disponible, se contentant d’énoncer son statut de «chercheur». L’Inspection Générale Enseignement Primaire est-elle informée de sa participation à ce colloque? De même, Madame Judith Klein de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire, qui dirige la mission «prévention des discriminations et égalité fille-garçon», est-elle annoncée comme intervenante. La sous-direction de la vie scolaire dont dépend Mme Klein approuve-t-elle sa présence à un tel colloque?

Parmi les intervenants, nombre d’étudiants et de doctorants qui sont autant d’illustres inconnus. Quelques noms pourtant attirent l’attention: Hanane Karimi membre de Lallab ou Wiam Berhouma, professeur d’anglais, figure centrale du stage «décolonial» de Sud Education 93 en 2017, dont le haut fait d’arme est d’avoir interpellé avec aggressivité Alain Finkielkraut dans une émission de France 2 en 2016. Coup d’éclat médiatique qui lui a d’ailleurs réussi puisqu’elle fut reçue en février 2017 avec ses classes par Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée Nationale. Ella a, en outre, récolté en 2018 plus de 12 000 euros via la cagnotte Ulélé pour que ses élèves «descendants de l’immigration et qui ne se sentent pas ou seulement très peu citoyens» aillent à New York, afin de savoir «comment s’est construite et comment se construit cette citoyenneté aux États-Unis en comparaison avec la France». Il est d’ailleurs courant que les leaders indigénistes mettent de côté leur ressentiment anti blancs et anticapitaliste quand il s’agit de récolter des fonds chez de vieux milliardaires ou de se faire offrir des séminaires de formation aux États-Unis sur la discrimination positive et les class actions… La caution de l’académie via le discours d’ouverture de Madame Clerici ne manquera pas de légitimer de telles ascensions!

Plus parlante encore, la présence parmi les intervenants d’un membre de l’association «le Front de mères», Lissel Quiroz. Association fondée en 2017 par Fatima Ouassak, proche du PIR et passée par Sciences-po Lille, qui entend en faire à terme un syndicat de parents d’élèves. On peut s’interroger sur le profil de ces futurs représentants puisque l’appel du Front de mères commence par une déclaration sans ambiguïté: «L’école, c’est la guerre», avant d’aligner unilatéralement le discours de l’humiliation cher aux indigénistes et aux islamistes: «Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale».

Sans porter atteinte à la liberté d’expression, Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, mais aussi Jacques Toubon, le défenseur des droits, doivent-ils accorder par leur présence la caution institutionnelle que cherche la mouvance indigéniste? L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir.

Voir aussi:

Appel du « Front de mères » : luttons pour nos enfants !

Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires, êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin ? Êtes-vous rassurés à l’idée qu’ils y passent l’essentiel de leur vie ?

Nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, inquiets voire angoissés dès qu’on évoque l’école. Et pour cause !

Nos enfants fréquentent des établissements qui n’ont pas les moyens de fonctionner, avec des taux records de professeurs absents et non remplacés, des taux records de professeurs mal-formés.

Nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte.

Nos enfants sont traumatisés par des conflits d’autorité entre leurs parents et l’école, lorsque par exemple leurs parents leur demandent de ne pas manger la viande imposée dans leur assiette, alors que l’institution les incite, voire les oblige à la manger.

Nos enfants apprennent à l’école à ne pas respecter les valeurs que nous essayons de leur transmettre.

Nos enfants nous regardent quand nous sommes sermonnés et infantilisés par les enseignants.

Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de leurs mamans. Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale.

Nos enfants comprennent très tôt que l’école a un problème avec leurs cheveux quand ils sont crépus, avec leur langue maternelle si elle est africaine, avec leur religion quand c’est l’Islam.

Nos enfants subissent des programmes scolaires où les peuples dont ils sont issus, sont infantilisés, diabolisés ou invisibilisés.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de ce qu’ils sont.

Cette manière dont l’école traite nos enfants n’est pas accidentelle. Les discriminations qu’ils subissent ont une fonction : les résigner à occuper les postes les plus précaires, les plus mal payés, aux conditions de travail les plus difficiles.

Si notre enfant rêve d’avoir un jour un « beau métier », valorisé socialement, tout un système d’orientation se met en place, de la maternelle au collège, à travers les appréciations, le système de notations et les préjugés, pour l’en dissuader, et l’amener, étape par étape, vers des filières conduisant à des métiers à très faible valeur sociale.

Nos enfants sont éduqués à l’école de manière à ce qu’ils deviennent plus tard une main d’oeuvre malléable et bon marché, sans se plaindre. Mais ils sont aussi éduqués de manière à ce que même lorsque, exceptionnellement, ils font de brillantes études, et qu’ils occupent des postes à responsabilité, ils restent à leur place, ils font allégeance, et ils courbent l’échine.

La manière dont l’école nous traite, nous parents, n’est pas accidentelle non plus.

Nos familles, le lien que nous avons à nos enfants, la transmission que nous leur devons, nos racines, nos langues, et nos religions, sont des ressources pour nos enfants. Tout est fait pour casser cette famille-ressource qui permettrait à nos enfants de mieux résister. Isoler pour mieux écraser.

Comment empêcher que nos enfants soient ainsi brisés par l’école?

Pour sauver nos enfants, nous ne pouvons pas nous contenter de stratégies individuelles !

Car avec ces stratégies individuelles, notre enfant sera amené à courber l’échine toute sa vie durant, et ce ne sera jamais suffisant.

Qu’elle soit caissière ou ministre, téléconseillère ou avocate, notre fille subira le racisme.

Qu’il soit chômeur ou chirurgien, livreur ou ingénieur, notre fils subira le racisme.

A quoi sert d’élever notre fille comme une reine, si la société dans laquelle elle grandit considère les personnes qui lui ressemblent comme des êtres inférieurs?

En réalité, soit nous, parents noirs, arabes et musulmans gagnons ensemble. Soit nous perdons ensemble, et aucun de nos enfants ne sera épargné, y compris les quelques-uns qui auront atteint les classes moyennes et supérieures, car qui peut prétendre qu’on peut être heureux en étant honteux et aliéné?

Évidemment, nous voulons que nos enfants réussissent à l’école, y aient de bons résultats et s’y épanouissent.

Mais nous devons refuser de choisir entre réussite scolaire et dignité.

Nous devons le refuser pour nos enfants, parce que nous les aimons et que nous voulons ce qu’il y a de mieux pour eux, réussir et s’aimer soi-même, réussir et aimer les siens, réussir et avoir confiance en soi, réussir et rester digne.

Parce que nous aimons nos enfants,

Parce que nous voulons mettre hors d’état de nuire le système raciste qui les détruit,

Parce que nous voulons leur transmettre tout ce qui pourra les rendre plus forts, à commencer par notre dignité,

Parce que nous voulons les éduquer à travers des valeurs d’égalité, de justice et de bienveillance,

Parce que nous savons que sans lutte politique et collective, ce combat-là est vain,

Nous avons créé le Front de Mères. Et nous lançons les Etats Généraux des Familles qui auront lieu fin mai 2017, à Paris, pour réfléchir et travailler ensemble à un plan d’actions concrètes. Collectifs locaux de parents, rejoignez-nous pour organiser ces Etats Généraux, contactez-nous.

LE FRONT DE MÈRES
Coordinatrices : Fatima Ouassak (Politologue, auteur du livre « Discriminations Classe/Genre/Race », Ifar, 2015) et Diariatou Kebe (Blogueuse et auteure du livre « Maman noire et invisible », aux éditions La Boîte à Pandore (2015). Contact : front2meres gmail.com

Agenda : « Les États Généraux des Familles : l’urgence de construire des stratégies collectives en matière d’éducation et de transmission », le 24 mai 2017 (Horaires : 9h – 18h) – Lieu : La Parole Errante 9, rue François Debergue – 93100 Montreuil

Voir également:

The War on Dignity

Claire Lehmann reviews Bradley Campbell’s and Jason Manning’s « The Rise of Victimhood Culture »

In 2011, a group of University of Wyoming students created a Facebook group called “UW Crushes,” where they shared anonymous declarations of attraction to one another. The police were called to investigate when one anonymous poster wrote: “I want to hatef–k Meg Lanker Simons so hard That chick runs her liberal mouth all the time and doesn’t care who knows it. I think its [sic] hot and it makes me angry. One night with me and shes [sic] gonna be a good Republican bitch.” Students who were members of the group asked the group’s administrators to remove the post. But Lanker Simons objected: “Actually, I want this to stay up. This is disgusting, misogynistic, and apparently something the admins of this page think is a perfectly acceptable sentiment.” She continued: “Even if it is taken down, I’m left to wonder if there’s someone out there with a violent fantasy about me—and likely other women.” Police later determined that the post was a hoax and that the threat had been written by Meg Lanker Simons herself. Before the police arrived at this conclusion, a rally against “rape culture” had been held at the university.

The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions.

Campbell and Manning did not start their careers investigating microaggressions and trigger warnings. Campbell had been studying the sociology of genocide at California State University, and Manning had been studying suicide at West Virginia University. They came together to consider the questions of how groups manage conflict and how grievances are handled in different cultural contexts. In The Rise of Victimhood Culture, Campbell and Manning describe the three main moral cultures that exist today: “dignity,” “honor,” and “victimhood,” and the various behaviors associated with each.

A dignity culture, they explain, has a set of moral values and behavioral norms designed to promote the idea that each human life possesses immutable worth. If an individual has been brutalized or exists at the bottom of a social pecking order, she still has human worth. In a dignity culture, children are encouraged to try their best and are taught aphorisms such as “sticks and stones make break my bones, but words will never hurt me.”

By contrast, in an honor culture, being on the bottom of a social pecking order is associated with great shame. Victims are tainted and often punished for bringing dishonor to their families. In some extreme circumstances, they may even be killed.

A victimhood culture departs from both by inverting their norms. On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge.

In the most disquieting chapter, Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world.

Unlike victimhood culture, dignity culture did not arise from pampered pupils at American schools and universities. It did not even originate with the upper classes. Campbell and Manning explain that it was first established in the class of yeoman farmers, master craftsmen, and artisans of Northern Europe. Since its members had goods to sell, they had a lot to gain from general tolerance of the foibles of others and a lot to lose from engaging in reckless violence. While the nobility continued to duel with swords, Europe’s growing middle classes developed cultures of commercial interdependence. When institutions such as courts matured and the authority of nobles was weakened, the upper classes adopted dignity culture as well. So while dignity spread upwards from the middle classes to the social elite, Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms.

While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors:

If whites and males increasingly face a moral world divided between those who vilify them and those who glorify them, we should not be surprised if many find the latter more appealing than the former.… Here again, the backlash against victimhood may not necessarily advance the ideals of dignity, such as the moral equality of all people. Victimhood culture deviates from this moral equality by producing a moral hierarchy with white males at the bottom; the reaction it provokes may be the resurgence of a moral hierarchy that places them at the top.

Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity.

When Kevin Williamson was fired from the Atlantic, Erick Erickson tweeted, “Kevin Williamson’s firing is a reminder that there are two Americas and one side will stop at nothing to silence the other.” Kurt Schlichter took it up another notch:

Never Trump, the public humiliation of Kevin Williamson demonstrates the indisputable fact…

You can side with the left and hope to be allowed to exist like a domesticates [sic] lap dog like David Brooks or Bret Stephens…

Or you can accept this is an existential fight and join us.

The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim.

What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all.

Understanding Victimhood Culture: An Interview with Bradley Campbell and Jason Manning

Quillette
May 17, 2018

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University, have been described as “prophets of the academic world” by psychologist Jonathan Haidt, and their new collaborative work The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, “a book of revelations,” by the sociologist Donald Black. The two sociologists have aimed to supply us with an empirical sociological analysis of the recent moral conflicts that have erupted on U.S. college campuses—and the extent to which these conflicts are spreading outwards into mainstream society.

After reading the book, I reached out to the American sociologists to interview them about some of the key themes of their book, and also to gain insight into some recent cultural trends that were not covered.  What follows is a transcript of our interview conducted via email.

I. Three Moral Cultures

Claire Lehmann: Just briefly for our readers who have not read your book, can you explain the main differences between the dignity, honor and victimhood cultures which you outline in your thesis?

Bradley Campbell and Jason Manning: The three moral cultures are different clusters of traits having to do with what people find offensive and how they handle their grievances.

In dignity cultures, there is a low sensitivity to slight. People are more tolerant of insult and disagreement. Children might be taught some variant of “Sticks and stones can break my bones, but words can never hurt me.” It’s good to have “thick skin,” and people might be criticized for being too touchy and overreacting to slights. If the issue in the conflict is something more than a slight or insult — say, a violent assault — you’re to handle the matter through appeal to authorities such as the legal system. Taking the law into your own hands with violent vengeance is itself a serious crime and generally looked down upon.

In honor cultures, there’s a much greater sensitivity to slight. Insults demand a serious response, and even accidental slights might provoke severe conflict. Having a low tolerance for offense is more likely to be seen as a virtue than a vice. Letting yourself be slighted without seeking justice is shameful. And seeking justice is more likely to take the form of violent vengeance. Appealing to authorities is more stigmatized than taking matters into your own hands.

These two kinds of cultures emphasize different sources of moral status or worth. Honor is one’s status in the eyes of other people. It depends on reputation. And while a lot of things might go into making this reputation, the core of classical honor is physical bravery. Tolerating slights is shameful because you let someone put you down without defending your reputation by force. It suggests cowardice. Appealing to the authorities is shameful for the same reason. Virtue means being bold and forceful, aggressively defending your reputation against any challenges, and being vigilant for signs that someone else is probing you for weakness.

Dignity is a kind of inherent and inalienable moral worth. It doesn’t depend on your standing in the eyes of other people. A dignity culture emphasizes that all people have this sort of worth, which can’t be taken away. It’s why an insult can’t devalue you. If anything, overreacting to an offense is unseemly because it suggests you’re not confident in your worth and need to take other people’s opinions so seriously. Virtue isn’t being bold, touchy, and aggressive, but restrained, prudent, and quietly self-assured.

What we call victimhood culture combines some aspects of honor and dignity. People in a victimhood culture are like the honorable in having a high sensitivity to slight. They’re quite touchy, and always vigilant for offenses. Insults are serious business, and even unintentional slights might provoke a severe conflict. But, as in a dignity culture, people generally eschew violent vengeance in favor of relying on some authority figure or other third party. They complain to the law, to the human resources department at their corporation, to the administration at their university, or — possibly as a strategy of getting attention from one of the former — to the public at large.

The combination of high sensitivity with dependence on others encourages people to emphasize or exaggerate the severity of offenses. There’s a corresponding tendency to emphasize one’s degree of victimization, one’s vulnerability to harm, and one’s need for assistance and protection. People who air grievances are likely to appeal to such concepts as disadvantage, marginality, or trauma, while casting the conflict as a matter of oppression.

The result is that this culture also emphasizes a particular source of moral worth: victimhood. Victim identities are deserving of special care and deference. Contrariwise, the privileged are morally suspect if not deserving of outright contempt. Privilege is to victimhood as cowardice is to honor.

We can see examples of honor cultures around the world and throughout history. They tend to have relatively high rates of violence, including such distinctive forms as dueling and feuding. Much of the premodern West can be understood as an honor culture. European elites used to preserve their honor by fighting duels to the death; in the US South, fatal duels continued up until the American Civil War.

By the 20th century, though, dignity culture had largely supplanted honor culture in the West. Writing in 1970, sociologist Peter Berger called the concept of honor obsolete, saying it had little resonance with modern people. People no longer lived in mortal fear of having their honor damaged. Questioning someone’s honor would result in a quizzical look rather than outrage. And duels to the death were a strange curiosity of the past.

We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups.

II. Moral Hierarchy 

CL: In The Rise of Victimhood Culture, you mention that this new morality imposes a moral hierarchy, with white people being at the bottom and oppressed or marginalised people (victims) being at the top. Can you elaborate on what you mean by a ‘moral hierarchy’?

BC & JM: Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice.

So respectability — moral status — acts like other kinds of status. And since moral judgments give rise to it, it takes different forms depending on the moral culture. Whether it’s important to have a reputation for kindness, chastity, obedience, courage, wisdom, generosity, self-control, or anything else depends on what people value. One culture might see obedience and self-control as key virtues, while another might see them as vices if they mean less individuality and authenticity. Even when different cultures agree on what’s virtuous they might emphasize some virtues over others. This is what happens in an honor culture. Courage, and one aspect of it in particular — physical bravery — is elevated over other virtues. It’s not that people in other cultures don’t value bravery, or that people in honor cultures don’t value anything else, but the emphasis on bravery and toughness in honor cultures leads to a morality that outsiders often find bewildering and immoral.

It also leads to a moral hierarchy with brave, strong, and violent men at the top and the cowardly and the weak at the bottom. Honor is one type of moral status, one revolving around a particular virtue. It arises under particular social conditions such as the absence of a government monopoly on violence, so we certainly understand why honor cultures exist and the logic of their moral system. But we agree with the critics of honor cultures throughout history who have objected to the conflict and violence those cultures produce. We also object to the moral hierarchy of those cultures. Emphasizing one virtue over many others leads to perversities: Cruel men and hotheads can end up being esteemed while peacemakers are denigrated.

The moral hierarchy of victimhood culture has some of the same problems, and it introduces others. Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous.

One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior.

The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.”

So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated.

We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality.

III. #MeToo Movement

CL: You wrote your book before the explosion of the #MeToo movement. From your perspective, and your knowledge about the spread of moral cultures, do you believe that the #MeToo movement represents a significant shift in victimhood culture into the mainstream?

When we look at the full-blown victimhood culture among campus activists, the moral logic at work is starkly different than what we see in other contexts. But the lines between different moral cultures aren’t always so clear. The degree to which victimhood is a kind of status is variable, so even where dignity culture is still dominant, we might see some tendencies toward victimhood culture.

In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted.

The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism.

Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on.

But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable.

The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture.

The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture.

Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?”

The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion.

IV. Cultural Appropriation

CL: Do you see the many complaints made today about ‘cultural appropriation’ as being a part of victimhood culture? Cultural appropriation seems to be one aspect of the new morality that most people find baffling. But can it be understood as a culture imbuing certain cultural objects or practices with moral status, that cannot (or should not) be accessed by people who are lower down in the moral hierarchy? Is cultural appropriation in some way similar to a form of moral pollution?

BC & JM: Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of.

Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics.

Your suggestion about moral hierarchy is on point. Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions.

As you suggest, thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege.

It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods.

Conservatives and Victimhood Culture

CL: It was really interesting to read about how conservatives (particularly those who are very flamboyant or attention seeking) have learned to use victimhood culture, or exploit victimhood culture for their own selfish benefit. You argued that this might, in fact, lead to an increased uptake of victimhood culture morality in the mainstream culture. Would you be able to elaborate on this point for our readers?

BC & JM: Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood.

In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust.

Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits.

But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted.

The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. And we’re seeing some of that. For example, National Review published an article by Frederick Hess with the title “When College Presidents Mistake Lib-splaining for Conservative Outreach.” Lib-splaining is presumably like mansplaining, whitesplaining, and other new victimhood culture offenses, and here it refers to a college president encouraging a group of campus conservatives to read more serious conservative works and meeting with them to discuss one of them. As with the other “splaining” offenses, the notion seems to be that any attempt to discuss or explain something coming from an outsider can be offensive.

We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas.

They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. As conservative UCLA professor Gabriel Rossman wrote to the Bruin Republicans recently after they scheduled a talk by Yiannopoulos on “10 Things I Hate about Mexico,” “if your mission is to spread conservative ideas, you should recognize that hosting Yiannopoulos will only render your organization and our ideas toxic.” In that case the group ended up canceling the talk, but the temptation to court controversy through popular, attention-grabbing speakers can be powerful.

Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  Consider the recent case of Lindsay Shepherd, a graduate student and teaching assistant at Wilfred Laurier University who was certainly treated badly by the faculty and administration there. In a communications class, Shepherd showed a short clip of a debate on the use of gender pronouns and was called to a meeting with two professors and an administrator, who berated her and told her that showing the debate was transphobic and possibly a violation of Canada’s anti-bias laws. When Shepherd released a recording of the meeting, there was an outpouring of support for her from those concerned about free speech and academic freedom, and the university ended up apologizing.

In the aftermath of all of that, though, Shepherd has become a kind of celebrity among opponents of victimhood culture, with regular speaking engagements and honors, including the Outstanding Student Award from Heterodox Academy and a prominent speaking spot at their upcoming meeting. While Shepherd behaved well in the initial conflict with her superiors, her prominence seems to come almost entirely from her status as a victim-of-victimhood culture rather than from any insights of her own. Her views have been consistently supportive of free speech but otherwise mostly inchoate and rapidly shifting. Initially describing herself as on the left, for example, she released a video recently announcing that she no longer identified this way, citing the left’s blurring of the distinction between white nationalists and white supremacists as one of the main reasons for the change. As Genevieve Weynerowski commented, “This granular sidebar made her centrist bona fides a little hard to swallow.” Shepherd also cited the reaction to her campus group hosting a talk on campus by Faith Goldy, an alt-right activist who once gleefully recited a white nationalist slogan and was fired by the right-wing Rebel Media after appearing on a neo-Nazi podcast. Shepherd is both an opponent and victim of campus victimhood culture, but she isn’t necessarily an advocate of dignity culture and seems increasingly to be employing the strategies of deliberate offense and an embrace of victimhood herself. For many opponents of victimhood culture, though, her status as a victim gives her a kind of moral authority and perhaps even immunity from criticism.

Preserving Dignity Culture

CL: I really liked the way you offered insight and not just condemnation of victimhood culture. How do you remain so detached from your subject without becoming judgemental? 

And finally, what are some simple ways (for those who don’t want to live in a victimhood culture) to preserve dignity culture?  

We both have somewhat analytical thinking styles. And from our early training, we’ve both approached sociology out of scientific interest in patterns of behavior. We each got into studying conflict and social control because that seemed where the action was, scientifically speaking. We were drawn to Donald Black’s theoretical work, which used simple principles to describe and explain social behavior.

In our book we talk about the politicization of sociology. The field has long tended to attract people with axes to grind — mostly liberal or progressive ones, occasionally conservative ones. Even if they take scientific methodology seriously — and many still do — their topics and questions are driven by what they feel passionate about for practical or political reasons. Hence the common pattern of people studying their own gender, race, ethnicity, or else writing about the topic they were doing activism on before deciding to go to graduate school.

That’s not been our bag. Our previous research topics — genocide and suicide — weren’t chosen because we were particularly involved with them outside of sociology. They just seemed like strange phenomena, and topics we could tackle given using the approach we’d learned from Black.

Victimhood culture does hit closer to home for us. Its epicenter is the university, and it has a lot of traction in the social sciences. As academic sociologists, we definitely have practical worries about what the future holds. Even with this topic, though, our initial forays into it were more of a “Hey, this is weird” than “Man the barricades!

Throughout the process of writing the book we were simply more interested in describing and analyzing than merely complaining. Complaint is boring. Analysis is interesting, especially if one is making cross-cultural comparisons and searching for the general principles behind it all. There’s a reason so many of our chapters start with examples from the days of dueling aristocrats. In comparative context, all human behavior is bizarre and fascinating.

We are social scientists, but of course, we are not only social scientists. We have political views and strong moral commitments. Our book considers several consequences of victimhood culture that we, and probably most of our readers, think are bad. Outside of the book, including in The Chronicle of Higher Education, we’ve stated our support for free speech and academic freedom and our belief that victimhood culture isn’t conducive to these things.

How, then, would people who agree with us go about preserving dignity culture?

Jordan Peterson’s rule #6 isn’t bad practical advice: “Set your house in perfect order before you criticize the world.” So we might start with ourselves. Can we make ourselves less sensitive to slight? Studying ancient wisdom, learning the lessons of cognitive behavioral therapy, or even absorbing some folk knowledge might be helpful. So might searching for sources of involvement and meaning that don’t revolve around a moral hierarchy of identity groups. Can we find better ways of handling our grievances other than venting online or complaining to a bureaucracy? Talking things out is hard. It requires confrontations that many of us would rather avoid. But like anything, if you can force yourself to start doing it, it might get easier with practice.

We might also focus on the epicenter of victimhood culture — our colleges and universities. Do we know how much of state universities’ funds go to administration as opposed to instruction? Do we know how much of that is for the policing of offensive speech and propagating microaggression theory and implicit bias training? Do our legislators know? Maybe we should call and ask — or better yet, get together a group of a half-dozen friends to call and ask. If it were possible to shrink the university bureaucracy — particularly the bureaucracy charged with handling offensive words and images — it would reduce the moral dependency of victimhood culture. It would reduce the incentives to jockey for victim status and increase the incentives for alternative ways of dealing with problems. It might even make people more prone to talk to talk to one another and speak their minds without fear of reprimand.

Along those lines, another strategy would be to try to reduce the ideological homogeneity of the academy, where a mainstream conservative is a rarer thing than a radical leftist. There’s no guarantee this would increase dignity culture as such — as we’ve seen, conservatives can join in the victim game too. But since victimhood culture is currently most concentrated on the radical left, some of its most severe manifestations involve demonizing those on the right. According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such.

For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries.

And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated.

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University.  The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, is on sale now via Amazon. 

Claire Lehmann is the founder and editor-in-chief of Quillette.

Voir encore:

«Ces peuples qui ne veulent pas mourir»
Eric Zemmour
Le Figaro
14/09/2018

CHRONIQUE – La lutte à mort engagée contre Donald Trump par les médias et la justice de son pays traduit le refus des élites de se ranger derrière la volonté du peuple américain.

C’est un «résistant». Un héros. Un bienfaiteur de l’Amérique et de l’humanité. Le «haut responsable à la Maison-Blanche» qui, dans les colonnes du New York Times , a déversé sa bile sur Donald Trump, est encensé par les médias américains et occidentaux. Non seulement il dénonce dans le président américain un psychopathe à enfermer d’urgence, mais il conserve l’anonymat pour, dit-il, rester en place afin de limiter les dégâts pour les Etats-Unis et le monde. Un héros, nous dit-on, qui, dans «l’ancien monde», aurait été appelé un «traître», une «taupe», et même un putschiste, puisqu’il ne respecte pas la légitimité d’un président élu par le peuple.

Mais c’est ainsi: avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain.

Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives.

Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960.

Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie.

Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir.

Voir enfin:

University under fire for creating a safe space for white students called ‘White Awake

The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus.

At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash.

Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.”

The University of Maryland’s Counseling Center faced student backlash after it started a group called “White Awake” a “safe space for white students” to discuss race on campus.  (Google maps)

“This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.”

The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.”

Several students conveyed their outrage on social media and on campus.

“The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is.

Another student tweeted she was “ashamed over the execution of white awake,” writing, “Why do they need to attend therapy sessions on how to be a decent human being in society…to coexist?”

Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group.

He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.”

TEXAS BIOLOGY TEACHER ON LEAVE FOR ALLEGEDLY BULLYING PRO-TRUMP STUDENT

The university told Fox News in a statement that UMD’s Counseling Center acknowledges it “did not choose the right words in raising awareness about this research-based initiative, and how this group has been perceived is counter to the values of inclusiveness and diversity that we embody.”

“This is an incredibly difficult, nuanced issue, and that’s the reason we need to discuss it,” Collins wrote. “The aim of this group is to help white students become more culturally competent, so they can better participate in creating a more inclusive environment at the University of Maryland.”


Classement de Shanghaï/2018: L’État est mort, vive l’État ! (Decentralized dirigisme: Will the pressure of international academic rankings finally force France to let go of its obsession for state-commanded centralization to save its overcrowded and underfunded universities ?)

16 août, 2018
Les uns défilent pour l'avenir des universités, les autres pour le 14-Juillet. Étudiantes et étudiantes de l'Université de Nantes, le 28 mars 2018, et élèves de Polytechnique, le 14 juillet 2018 à Paris | Loïc Venance / AFP - Ludovic Marin / AFP
Les étudiants restent viscéralement attachés à une fiction égalitaire: la méritocratie, à laquelle ils adhèrent, doit être compensée par le libre accès aux filières universitaires, même si cette égalité formelle débouche sur une sélection par l’échec en premier cycle. Olivier Galland
32,000 students at the Nanterre campus of the University of Paris, but no student center, no bookstore, no student-run newspaper, no freshman orientation, no corporate recruiting system. The 480,000-volume central library is open only 10 hours a day, closed on Sundays and holidays. Only 30 of the library’s 100 computers have Internet access. (…) When the government proposed a reform in 2003 to streamline curriculums and budgets by allowing each university more flexibility and independence, students and professors rebelled. (…) While students are ready to protest against something they dislike, there is little sense of belonging or pride in one’s surroundings. During the recent protests over the contested labor law, that attitude of alienation contributed to the destruction of property, even computers and books, at some universities. NYT (2006)
Entre 1951 et 1955, les jeunes d’origine modeste y étaient 29 %, contre 9 % trente ans plus tard. Ils ont aujourd’hui 24 fois moins de chances d’intégrer une grande école que des enfants de cadres ou d’enseignants. Libération
How, you may ask, can anyone call higher education wasteful in an age when its financial payoff is greater than ever? The earnings premium for college graduates has rocketed to 73 percent—that is, those with a bachelor’s degree earn, on average, 73 percent more than those who have only a high-school diploma, up from about 50 percent in the late 1970s. The key issue, however, isn’t whether college pays, but why. The simple, popular answer is that schools teach students useful job skills. But this dodges puzzling questions. First and foremost: From kindergarten on, students spend thousands of hours studying subjects irrelevant to the modern labor market. Why do English classes focus on literature and poetry instead of business and technical writing? Why do advanced-math classes bother with proofs almost no student can follow? When will the typical student use history? Trigonometry? Art? Music? Physics? Latin? The class clown who snarks “What does this have to do with real life?” is onto something. The disconnect between college curricula and the job market has a banal explanation: Educators teach what they know—and most have as little firsthand knowledge of the modern workplace as I do. Yet this merely complicates the puzzle. If schools aim to boost students’ future income by teaching job skills, why do they entrust students’ education to people so detached from the real world? Because, despite the chasm between what students learn and what workers do, academic success is a strong signal of worker productivity. Suppose your law firm wants a summer associate. A law student with a doctorate in philosophy from Stanford applies. What do you infer? The applicant is probably brilliant, diligent, and willing to tolerate serious boredom. If you’re looking for that kind of worker—and what employer isn’t?—you’ll make an offer, knowing full well that nothing the philosopher learned at Stanford will be relevant to this job. The labor market doesn’t pay you for the useless subjects you master; it pays you for the preexisting traits you signal by mastering them. This is not a fringe idea. Michael Spence, Kenneth Arrow, and Joseph Stiglitz—all Nobel laureates in economics—made seminal contributions to the theory of educational signaling. Every college student who does the least work required to get good grades silently endorses the theory. But signaling plays almost no role in public discourse or policy making. As a society, we continue to push ever larger numbers of students into ever higher levels of education. The main effect is not better jobs or greater skill levels, but a credentialist arms race. Lest I be misinterpreted, I emphatically affirm that education confers some marketable skills, namely literacy and numeracy. Nonetheless, I believe that signaling accounts for at least half of college’s financial reward, and probably more. Most of the salary payoff for college comes from crossing the graduation finish line. Suppose you drop out after a year. You’ll receive a salary bump compared with someone who’s attended no college, but it won’t be anywhere near 25 percent of the salary premium you’d get for a four-year degree. Similarly, the premium for sophomore year is nowhere near 50 percent of the return on a bachelor’s degree, and the premium for junior year is nowhere near 75 percent of that return. Indeed, in the average study, senior year of college brings more than twice the pay increase of freshman, sophomore, and junior years combined. Unless colleges delay job training until the very end, signaling is practically the only explanation. This in turn implies a mountain of wasted resources—time and money that would be better spent preparing students for the jobs they’re likely to do. The conventional view—that education pays because students learn—assumes that the typical student acquires, and retains, a lot of knowledge. She doesn’t. Teachers often lament summer learning loss: Students know less at the end of summer than they did at the beginning. But summer learning loss is only a special case of the problem of fade-out: Human beings have trouble retaining knowledge they rarely use. Of course, some college graduates use what they’ve learned and thus hold on to it—engineers and other quantitative types, for example, retain a lot of math. But when we measure what the average college graduate recalls years later, the results are discouraging, to say the least. In 2003, the United States Department of Education gave about 18,000 Americans the National Assessment of Adult Literacy. The ignorance it revealed is mind-numbing. Fewer than a third of college graduates received a composite score of “proficient”—and about a fifth were at the “basic” or “below basic” level. You could blame the difficulty of the questions—until you read them. Plenty of college graduates couldn’t make sense of a table explaining how an employee’s annual health-insurance costs varied with income and family size, or summarize the work-experience requirements in a job ad, or even use a newspaper schedule to find when a television program ended. Tests of college graduates’ knowledge of history, civics, and science have had similarly dismal results.Of course, college students aren’t supposed to just download facts; they’re supposed to learn how to think in real life. How do they fare on this count? The most focused study of education’s effect on applied reasoning, conducted by Harvard’s David Perkins in the mid-1980s, assessed students’ oral responses to questions designed to measure informal reasoning, such as “Would a proposed law in Massachusetts requiring a five-cent deposit on bottles and cans significantly reduce litter?” The benefit of college seemed to be zero: Fourth-year students did no better than first-year students.Other evidence is equally discouraging. One researcher tested Arizona State University students’ ability to “apply statistical and methodological concepts to reasoning about everyday-life events.” (…) Educational psychologists have discovered that much of our knowledge is “inert.” Students who excel on exams frequently fail to apply their knowledge to the real world. Take physics. As the Harvard psychologist Howard Gardner writes, Students who receive honor grades in college-level physics courses are frequently unable to solve basic problems and questions encountered in a form slightly different from that on which they have been formally instructed and tested. The same goes for students of biology, mathematics, statistics, and, I’m embarrassed to say, economics. I try to teach my students to connect lectures to the real world and daily life. My exams are designed to measure comprehension, not memorization. Yet in a good class, four test-takers out of 40 demonstrate true economic understanding. (…) Indeed, today’s college students are less willing than those of previous generations to do the bare minimum of showing up for class and temporarily learning whatever’s on the test. Fifty years ago, college was a full-time job. The typical student spent 40 hours a week in class or studying. Effort has since collapsed across the board. “Full time” college students now average 27 hours of academic work a week—including just 14 hours spent studying. What are students doing with their extra free time? Having fun. (…) Arum and Roksa cite a study finding that students at one typical college spent 13 hours a week studying, 12 hours “socializing with friends,” 11 hours “using computers for fun,” eight hours working for pay, six hours watching TV, six hours exercising, five hours on “hobbies,” and three hours on “other forms of entertainment.” Grade inflation completes the idyllic package by shielding students from negative feedback. The average GPA is now 3.2. What does this mean for the individual student? Would I advise an academically well-prepared 18-year-old to skip college because she won’t learn much of value? Absolutely not. Studying irrelevancies for the next four years will impress future employers and raise her income potential. If she tried to leap straight into her first white-collar job, insisting, “I have the right stuff to graduate, I just choose not to,” employers wouldn’t believe her. To unilaterally curtail your education is to relegate yourself to a lower-quality pool of workers. For the individual, college pays. This does not mean, however, that higher education paves the way to general prosperity or social justice. When we look at countries around the world, a year of education appears to raise an individual’s income by 8 to 11 percent. By contrast, increasing education across a country’s population by an average of one year per person raises the national income by only 1 to 3 percent. In other words, education enriches individuals much more than it enriches nations. How is this possible? Credential inflation: As the average level of education rises, you need more education to convince employers you’re worthy of any specific job. One research team found that from the early 1970s through the mid‑1990s, the average education level within 500 occupational categories rose by 1.2 years. But most of the jobs didn’t change much over that span—there’s no reason, except credential inflation, why people should have needed more education to do them in 1995 than in 1975. What’s more, all American workers’ education rose by 1.5 years in that same span—which is to say that a great majority of the extra education workers received was deployed not to get better jobs, but to get jobs that had recently been held by people with less education. As credentials proliferate, so do failed efforts to acquire them. Students can and do pay tuition, kill a year, and flunk their finals. Any respectable verdict on the value of education must account for these academic bankruptcies. Failure rates are high, particularly for students with low high-school grades and test scores; all told, about 60 percent of full-time college students fail to finish in four years. Simply put, the push for broader college education has steered too many students who aren’t cut out for academic success onto the college track. The college-for-all mentality has fostered neglect of a realistic substitute: vocational education. It takes many guises—classroom training, apprenticeships and other types of on-the-job training, and straight-up work experience—but they have much in common. All vocational education teaches specific job skills, and all vocational education revolves around learning by doing, not learning by listening. Research, though a bit sparse, suggests that vocational education raises pay, reduces unemployment, and increases the rate of high-school completion. Defenders of traditional education often appeal to the obscurity of the future. What’s the point of prepping students for the economy of 2018, when they’ll be employed in the economy of 2025 or 2050? But ignorance of the future is no reason to prepare students for occupations they almost surely won’t have—and if we know anything about the future of work, we know that the demand for authors, historians, political scientists, physicists, and mathematicians will stay low. It’s tempting to say that students on the college track can always turn to vocational education as a Plan B, but this ignores the disturbing possibility that after they crash, they’ll be too embittered to go back and learn a trade. The vast American underclass shows that this disturbing possibility is already our reality.Education is so integral to modern life that we take it for granted. Young people have to leap through interminable academic hoops to secure their place in the adult world. My thesis, in a single sentence: Civilized societies revolve around education now, but there is a better—indeed, more civilized—way. If everyone had a college degree, the result would be not great jobs for all, but runaway credential inflation. Trying to spread success with education spreads education but not success. Bryan Caplan
“Super People,” the writer James Atlas has called them—the stereotypical ultra-high-achieving elite college students of today. A double major, a sport, a musical instrument, a couple of foreign languages, service work in distant corners of the globe, a few hobbies thrown in for good measure: They have mastered them all, and with a serene self-assurance that leaves adults and peers alike in awe. A friend who teaches at a top university once asked her class to memorize 30 lines of the eighteenth-century poet Alexander Pope. Nearly every single kid got every single line correct. It was a thing of wonder, she said, like watching thoroughbreds circle a track. These enviable youngsters appear to be the winners in the race we have made of childhood. But the reality is very different, as I have witnessed in many of my own students and heard from the hundreds of young people whom I have spoken with on campuses or who have written to me over the last few years. Our system of elite education manufactures young people who are smart and talented and driven, yes, but also anxious, timid, and lost, with little intellectual curiosity and a stunted sense of purpose: trapped in a bubble of privilege, heading meekly in the same direction, great at what they’re doing but with no idea why they’re doing it. When I speak of elite education, I mean prestigious institutions like Harvard or Stanford or Williams as well as the larger universe of second-tier selective schools, but I also mean everything that leads up to and away from them—the private and affluent public high schools; the ever-growing industry of tutors and consultants and test-prep courses; the admissions process itself, squatting like a dragon at the entrance to adulthood; the brand-name graduate schools and employment opportunities that come after the B.A.; and the parents and communities, largely upper-middle class, who push their children into the maw of this machine. In short, our entire system of elite education. (…) I taught many wonderful young people during my years in the Ivy League—bright, thoughtful, creative kids whom it was a pleasure to talk with and learn from. But most of them seemed content to color within the lines that their education had marked out for them. Very few were passionate about ideas. Very few saw college as part of a larger project of intellectual discovery and development. Everyone dressed as if they were ready to be interviewed at a moment’s notice. (…) So extreme are the admission standards now that kids who manage to get into elite colleges have, by definition, never experienced anything but success. The prospect of not being successful terrifies them, disorients them. The cost of falling short, even temporarily, becomes not merely practical, but existential. The result is a violent aversion to risk. You have no margin for error, so you avoid the possibility that you will ever make an error. Once, a student at Pomona told me that she’d love to have a chance to think about the things she’s studying, only she doesn’t have the time. I asked her if she had ever considered not trying to get an A in every class. She looked at me as if I had made an indecent suggestion. (…) “Return on investment”: that’s the phrase you often hear today when people talk about college. What no one seems to ask is what the “return” is supposed to be. Is it just about earning more money? Is the only purpose of an education to enable you to get a job? (…) At least the classes at elite schools are academically rigorous, demanding on their own terms, no? Not necessarily. In the sciences, usually; in other disciplines, not so much. There are exceptions, of course, but professors and students have largely entered into what one observer called a “nonaggression pact.” Students are regarded by the institution as “customers,” people to be pandered to instead of challenged. Professors are rewarded for research, so they want to spend as little time on their classes as they can. The profession’s whole incentive structure is biased against teaching, and the more prestigious the school, the stronger the bias is likely to be. The result is higher marks for shoddier work. It is true that today’s young people appear to be more socially engaged than kids have been for several decades and that they are more apt to harbor creative or entrepreneurial impulses. But it is also true, at least at the most selective schools, that even if those aspirations make it out of college—a big “if”—they tend to be played out within the same narrow conception of what constitutes a valid life: affluence, credentials, prestige. Experience itself has been reduced to instrumental function, via the college essay. From learning to commodify your experiences for the application, the next step has been to seek out experiences in order to have them to commodify. The New York Times reports that there is now a thriving sector devoted to producing essay-ready summers, but what strikes one is the superficiality of the activities involved: a month traveling around Italy studying the Renaissance, “a whole day” with a band of renegade artists. A whole day! I’ve noticed something similar when it comes to service. Why is it that people feel the need to go to places like Guatemala to do their projects of rescue or documentation, instead of Milwaukee or Arkansas? When students do stay in the States, why is it that so many head for New Orleans? Perhaps it’s no surprise, when kids are trained to think of service as something they are ultimately doing for themselves—that is, for their résumés. “Do well by doing good,” goes the slogan. How about just doing good? If there is one idea, above all, through which the concept of social responsibility is communicated at the most prestigious schools, it is “leadership.” “Harvard is for leaders,” goes the Cambridge cliché. To be a high-achieving student is to constantly be urged to think of yourself as a future leader of society. But what these institutions mean by leadership is nothing more than getting to the top. Making partner at a major law firm or becoming a chief executive, climbing the greasy pole of whatever hierarchy you decide to attach yourself to. I don’t think it occurs to the people in charge of elite colleges that the concept of leadership ought to have a higher meaning, or, really, any meaning. The irony is that elite students are told that they can be whatever they want, but most of them end up choosing to be one of a few very similar things. As of 2010, about a third of graduates went into financing or consulting at a number of top schools, including Harvard, Princeton, and Cornell. Whole fields have disappeared from view: the clergy, the military, electoral politics, even academia itself, for the most part, including basic science. It’s considered glamorous to drop out of a selective college if you want to become the next Mark Zuckerberg, but ludicrous to stay in to become a social worker. “What Wall Street figured out,” as Ezra Klein has put it, “is that colleges are producing a large number of very smart, completely confused graduates. Kids who have ample mental horsepower, an incredible work ethic and no idea what to do next.” (…) The sign of the system’s alleged fairness is the set of policies that travel under the banner of “diversity.” And that diversity does indeed represent nothing less than a social revolution. Princeton, which didn’t even admit its first woman graduate student until 1961—a year in which a grand total of one (no doubt very lonely) African American matriculated at its college—is now half female and only about half white. But diversity of sex and race has become a cover for increasing economic resegregation. Elite colleges are still living off the moral capital they earned in the 1960s, when they took the genuinely courageous step of dismantling the mechanisms of the WASP aristocracy. The truth is that the meritocracy was never more than partial. Visit any elite campus across our great nation, and you can thrill to the heart-warming spectacle of the children of white businesspeople and professionals studying and playing alongside the children of black, Asian, and Latino businesspeople and professionals. Kids at schools like Stanford think that their environment is diverse if one comes from Missouri and another from Pakistan, or if one plays the cello and the other lacrosse. Never mind that all of their parents are doctors or bankers. That doesn’t mean there aren’t a few exceptions, but that is all they are. In fact, the group that is most disadvantaged by our current admissions policies are working-class and rural whites, who are hardly present on selective campuses at all. (…) The numbers are undeniable. In 1985, 46 percent of incoming freshmen at the 250 most selective colleges came from the top quarter of the income distribution. By 2000, it was 55 percent. As of 2006, only about 15 percent of students at the most competitive schools came from the bottom half. The more prestigious the school, the more unequal its student body is apt to be. And public institutions are not much better than private ones. As of 2004, 40 percent of first-year students at the most selective state campuses came from families with incomes of more than $100,000, up from 32 percent just five years earlier. The major reason for the trend is clear. Not increasing tuition, though that is a factor, but the ever-growing cost of manufacturing children who are fit to compete in the college admissions game. The more hurdles there are, the more expensive it is to catapult your kid across them. Wealthy families start buying their children’s way into elite colleges almost from the moment they are born: music lessons, sports equipment, foreign travel (“enrichment” programs, to use the all-too-perfect term)—most important, of course, private-school tuition or the costs of living in a place with top-tier public schools. The SAT is supposed to measure aptitude, but what it actually measures is parental income, which it tracks quite closely. Today, fewer than half of high-scoring students from low-income families even enroll at four-year schools. The problem isn’t that there aren’t more qualified lower-income kids from which to choose. Elite private colleges will never allow their students’ economic profile to mirror that of society as a whole. They can’t afford to—they need a critical mass of full payers and they need to tend to their donor base—and it’s not even clear that they’d want to. And so it is hardly a coincidence that income inequality is higher than it has been since before the Great Depression, or that social mobility is lower in the United States than in almost every other developed country. Elite colleges are not just powerless to reverse the movement toward a more unequal society; their policies actively promote it. Is there anything that I can do, a lot of young people have written to ask me, to avoid becoming an out-of-touch, entitled little shit? I don’t have a satisfying answer, short of telling them to transfer to a public university. You cannot cogitate your way to sympathy with people of different backgrounds, still less to knowledge of them. You need to interact with them directly, and it has to be on an equal footing: not in the context of “service,” and not in the spirit of “making an effort,” either—swooping down on a member of the college support staff and offering to “buy them a coffee,” as a former Yalie once suggested, in order to “ask them about themselves.” Instead of service, how about service work? That’ll really give you insight into other people. How about waiting tables so that you can see how hard it is, physically and mentally? You really aren’t as smart as everyone has been telling you; you’re only smarter in a certain way. There are smart people who do not go to a prestigious college, or to any college—often precisely for reasons of class. There are smart people who are not “smart.” (…) U.S. News and World Report supplies the percentage of freshmen at each college who finished in the highest 10 percent of their high school class. Among the top 20 universities, the number is usually above 90 percent. I’d be wary of attending schools like that. Students determine the level of classroom discussion; they shape your values and expectations, for good and ill. It’s partly because of the students that I’d warn kids away from the Ivies and their ilk. Kids at less prestigious schools are apt to be more interesting, more curious, more open, and far less entitled and competitive. (…) The education system has to act to mitigate the class system, not reproduce it. Affirmative action should be based on class instead of race, a change that many have been advocating for years. Preferences for legacies and athletes ought to be discarded. SAT scores should be weighted to account for socioeconomic factors. Colleges should put an end to résumé-stuffing by imposing a limit on the number of extracurriculars that kids can list on their applications. They ought to place more value on the kind of service jobs that lower-income students often take in high school and that high achievers almost never do. They should refuse to be impressed by any opportunity that was enabled by parental wealth. Of course, they have to stop cooperating with U.S. News.More broadly, they need to rethink their conception of merit. If schools are going to train a better class of leaders than the ones we have today, they’re going to have to ask themselves what kinds of qualities they need to promote. Selecting students by GPA or the number of extracurriculars more often benefits the faithful drudge than the original mind. The changes must go deeper, though, than reforming the admissions process. That might address the problem of mediocrity, but it won’t address the greater one of inequality. The problem is the Ivy League itself. We have contracted the training of our leadership class to a set of private institutions. However much they claim to act for the common good, they will always place their interests first. The arrangement is great for the schools, but is Harvard’s desire for alumni donations a sufficient reason to perpetuate the class system? I used to think that we needed to create a world where every child had an equal chance to get to the Ivy League. I’ve come to see that what we really need is to create one where you don’t have to go to the Ivy League, or any private college, to get a first-rate education. High-quality public education, financed with public money, for the benefit of all: the exact commitment that drove the growth of public higher education in the postwar years. Everybody gets an equal chance to go as far as their hard work and talent will take them—you know, the American dream. Everyone who wants it gets to have the kind of mind-expanding, soul-enriching experience that a liberal arts education provides. We recognize that free, quality K–12 education is a right of citizenship. We also need to recognize—as we once did and as many countries still do—that the same is true of higher education. We have tried aristocracy. We have tried meritocracy. Now it’s time to try democracy. William Deresiewicz
The biggest problem is that the advice in Deresiewicz’s title is perversely wrongheaded. If your kid has survived the application ordeal and has been offered a place at an elite university, don’t punish her for the irrationalities of a system she did nothing to create; by all means send her there! The economist Caroline Hoxby has shown that selective universities spend twenty times more on student instruction, support, and facilities than less selective ones, while their students pay for a much smaller fraction of it, thanks to gifts to the college. Because of these advantages, it’s the selective institutions that are the real bargains in the university marketplace. Holding qualifications constant, graduates of a selective university are more likely to graduate on time, will tend to find a more desirable spouse, and will earn 20 percent more than those of less selective universities—every year for the rest of their working lives. These advantages swamp any differences in tuition and other expenses, which in any case are often lower than those of less selective schools because of more generous need-based financial aid. The Ivy admissions sweepstakes may be irrational, but the parents and teenagers who clamber to win it are not. Any rethinking of elite university admissions must begin with an inkling of the goals of a university education. As the song says, if you don’t know where you’re going, any road will take you there. One contributor to the admissions mess is that so few of a university’s thought leaders can say anything coherent about what those goals are. (…) It’s easy to agree with him that “the first thing that college is for is to teach you to think,” but much harder to figure out what that means. Deresiewicz knows what it does not mean—“the analytical and rhetorical skills that are necessary for success in business and the professions”—but this belletristic disdain for the real world is unhelpful. The skills necessary for success in the professions include organizing one’s thoughts so that they may be communicated clearly to others, breaking a complex problem into its components, applying general principles to specific cases, discerning cause and effect, and negotiating tradeoffs between competing values. In what rarefied ivory chateau do these skills not count as “thinking”? In its place Deresiewicz says only that learning to think consists of “contemplating things from a distance,” with no hint as to what that contemplation should consist of or where it should lead. This leads to Deresiewicz’s second goal, “building a self,” which he explicates as follows: “it is only through the act of establishing communication between the mind and the heart, the mind and experience, that you become an individual, a unique being—a soul.” Perhaps I am emblematic of everything that is wrong with elite American education, but I have no idea how to get my students to build a self or become a soul. (…) I heartily agree with Deresiewicz that high-quality postsecondary education is a public good which should be accessible to any citizen who can profit from it. At the same time, there are reasons for students to distribute themselves among colleges with different emphases and degrees of academic rigor. People vary in their innate and acquired intelligence, their taste for abstraction, their familiarity with literate culture, their priorities in life, and their personality traits relevant to learning. I could not offer a course in brain science or linguist theory to a representative sample of the college-age population without baffling many students at one end and boring an equal number at the other. Also, students learn as much from their peers as their professors, and benefit from a cohort with which they can bat around ideas. Not least, a vibrant research institution must bring smarter undergraduates into the fold, to challenge received wisdom, inject energy and innovation, and replenish its senescing membership. All this is to say that there are good reasons to have selective universities. The question is, How well are the Ivies fulfilling their mandate? After three stints teaching at Harvard spanning almost four decades, I am repeatedly astounded by the answer. Like many observers of American universities, I used to believe the following story. Once upon a time Harvard was a finishing school for the plutocracy, where preppies and Kennedy scions earned gentleman’s Cs while playing football, singing in choral groups, and male-bonding at final clubs, while the blackballed Jews at CCNY founded left-wing magazines and slogged away in labs that prepared them for their Nobel prizes in science. Then came Sputnik, the ’60s, and the decline of genteel racism and anti-Semitism, and Harvard had to retool itself as a meritocracy, whose best-and-brightest gifts to America would include recombinant DNA, Wall Street quants, The Simpsons, Facebook, and the masthead of The New Republic. This story has a grain of truth in it: Hoxby has documented that the academic standards for admission to elite universities have risen over the decades. But entrenched cultures die hard, and the ghost of Oliver Barrett IV still haunts every segment of the Harvard pipeline. At the admissions end, it’s common knowledge that Harvard selects at most 10 percent (some say 5 percent) of its students on the basis of academic merit. At an orientation session for new faculty, we were told that Harvard “wants to train the future leaders of the world, not the future academics of the world,” and that “We want to read about our student in Newsweek 20 years hence” (prompting the woman next to me to mutter, “Like the Unabomber”). The rest are selected “holistically,” based also on participation in athletics, the arts, charity, activism, travel, and, we inferred (Not in front of the children!), race, donations, and legacy status (since anything can be hidden behind the holistic fig leaf). The lucky students who squeeze through this murky bottleneck find themselves in an institution that is single-mindedly and expensively dedicated to the pursuit of knowledge. It has an astonishing library system that pays through the nose for rare manuscripts, obscure tomes, and extortionately priced journals; exotic laboratories at the frontiers of neuroscience, regenerative medicine, cosmology, and other thrilling pursuits; and a professoriate with erudition in an astonishing range of topics, including many celebrity teachers and academic rock stars. The benefits of matching this intellectual empyrean with the world’s smartest students are obvious. So why should an ability to play the bassoon or chuck a lacrosse ball be given any weight in the selection process? The answer, ironically enough, makes the admissocrats and Deresiewicz strange bedfellows: the fear of selecting a class of zombies, sheep, and grinds. But as with much in the Ivies’ admission policies, little thought has given to the consequences of acting on this assumption. Jerome Karabel has unearthed a damning paper trail showing that in the first half of the twentieth century, holistic admissions were explicitly engineered to cap the number of Jewish students. Ron Unz, in an exposé even more scathing than Deresiewicz’s, has assembled impressive circumstantial evidence that the same thing is happening today with Asians. Just as troublingly, why are elite universities, of all institutions, perpetuating the destructive stereotype that smart people are one-dimensional dweebs? It would be an occasion for hilarity if anyone suggested that Harvard pick its graduate students, faculty, or president for their prowess in athletics or music, yet these people are certainly no shallower than our undergraduates. In any case, the stereotype is provably false. Camilla Benbow and David Lubinski have tracked a large sample of precocious teenagers identified solely by high performance on the SAT, and found that when they grew up, they not only excelled in academia, technology, medicine, and business, but won outsize recognition for their novels, plays, poems, paintings, sculptures, and productions in dance, music, and theater. A comparison to a Harvard freshman class would be like a match between the Harlem Globetrotters and the Washington Generals. What about the rationalization that charitable extracurricular activities teach kids important lessons of moral engagement? There are reasons to be skeptical. A skilled professional I know had to turn down an important freelance assignment because of a recurring commitment to chauffeur her son to a resumé-building “social action” assignment required by his high school. This involved driving the boy for 45 minutes to a community center, cooling her heels while he sorted used clothing for charity, and driving him back—forgoing income which, judiciously donated, could have fed, clothed, and inoculated an African village. The dubious “lessons” of this forced labor as an overqualified ragpicker are that children are entitled to treat their mothers’ time as worth nothing, that you can make the world a better place by destroying economic value, and that the moral worth of an action should be measured by the conspicuousness of the sacrifice rather than the gain to the beneficiary. Knowing how our students are selected, I should not have been surprised when I discovered how they treat their educational windfall once they get here. A few weeks into every semester, I face a lecture hall that is half-empty, despite the fact that I am repeatedly voted a Harvard Yearbook Favorite Professor, that the lectures are not video-recorded, and that they are the only source of certain material that will be on the exam. I don’t take it personally; it’s common knowledge that Harvard students stay away from lectures in droves, burning a fifty-dollar bill from their parents’ wallets every time they do. Obviously they’re not slackers; the reason is that they are crazy-busy. Since they’re not punching a clock at Safeway or picking up kids at day-care, what could they be doing that is more important than learning in class? The answer is that they are consumed by the same kinds of extracurricular activities that got them here in the first place. Some of these activities, like writing for the campus newspaper, are clearly educational, but most would be classified in any other setting as recreation: sports, dance, improv comedy, and music, music, music (many students perform in more than one ensemble). The commitments can be draconian: a member of the crew might pull an oar four hours a day, seven days a week, and musical ensembles can be just as demanding. Many students have told me that the camaraderie, teamwork, and sense of accomplishment made these activities their most important experiences at Harvard. But it’s not clear why they could not have had the same experiences at Tailgate State, or, for that matter, the local YMCA, opening up places for less “well-rounded” students who could take better advantage of the libraries, labs, and lectures. The anti-intellectualism of Ivy League undergraduate education is by no means indigenous to the student culture. It’s reinforced by the administration, which treats academics as just one option in the college activity list. Though students are flooded with hortatory messages from deans and counselors, “Don’t cut class” is not among them, and professors are commonly discouraged from getting in the way of the students’ fun. Deans have asked me not to schedule a midterm on a big party day, and to make it easy for students to sell their textbooks before the ink is dry on their final exams. A failing grade is like a death sentence: just the first step in a mandatory appeal process. It’s not that students are unconditionally pampered. They may be disciplined by an administrative board with medieval standards of jurisprudence, pressured to sign a kindness pledge suitable for kindergarten, muzzled by speech codes that would not pass the giggle test if challenged on First Amendment grounds, and publicly shamed for private emails that express controversial opinions. The common denominator (belying any hope that an elite university education helps students develop a self) is that they are not treated as competent grown-ups, starting with the first law of adulthood: first attend to your priorities, then you get to play. My third surprise was what happens to Harvard students at the other end of the pipeline: they get snatched up by the big consulting and investment firms, helping to explain that 20 percent boost in their expected earnings. Why, I wondered, do these cutthroat institutions hire rowers and baritones who know diddly-squat about business just because they have a transcript with the word “Veritas” on it? Wouldn’t they get more value by hiring the best finance major from Ohio State? I asked some people familiar with this world to explain what seemed to me like a massive market failure. They responded candidly. First, an Ivy degree is treated as a certification of intelligence and self-discipline. Apparently adding a few Harvard students to a team raises its average intelligence and makes it more effective at solving problems. That, the employers feel, is more valuable than specific knowledge, which smart people can pick up quickly in any case. Second, a little education can go a long way. As one business-school professor put it, “I have observed many smart people who have little idea of how to logically think through a problem, who infer causation from a correlation, and who use anecdotes as evidence far beyond the predictability warranted. Most of the undergrads who go to the consulting firms did take a course in social science, and much of this basic logic can be obtained there.” More disconcertingly, I was told that Ivy League graduates are a prestige good: having a lot of them in your firm is like wearing a Rolex or driving a Bentley. Also, if something goes wrong, your keister is covered. As they used to say about computers, “No one ever got fired for buying IBM.” Is this any way to run a meritocracy? Ivy admissions policies force teenagers and their mothers into a potlatch of conspicuous leisure and virtue. The winners go to an exorbitant summer camp, most of them indifferent to the outstanding facilities of scholarship and research that are bundled with it. They can afford this insouciance because the piece of paper they leave with serves as a quarter-million-dollar IQ and Marshmallow test. The self-fulfilling aura of prestige ensures that companies will overlook better qualified graduates of store-brand schools. And the size of the jackpot means that it’s rational for families to play this irrational game. What would it take to fix this wasteful and unjust system? Let’s daydream for a moment. If only we had some way to divine the suitability of a student for an elite education, without ethnic bias, undeserved advantages to the wealthy, or pointless gaming of the system. If only we had some way to match jobs with candidates that was not distorted by the halo of prestige. A sample of behavior that could be gathered quickly and cheaply, assessed objectively, and double-checked for its ability to predict the qualities we value…. We do have this magic measuring stick, of course: it’s called standardized testing. I suspect that a major reason we slid into this madness and can’t seem to figure out how to get out of it is that the American intelligentsia has lost the ability to think straight about objective tests. After all, if the Ivies admitted the highest scoring kids at one end, and companies hired the highest scoring graduates across all universities at the other (with tests that tap knowledge and skill as well as aptitude), many of the perversities of the current system would vanish overnight. Other industrialized countries, lacking our squeamishness about testing, pick their elite students this way, as do our firms in high technology. And as Adrian Wooldridge pointed out in these pages two decades ago, test-based selection used to be the enlightened policy among liberals and progressives, since it can level a hereditary caste system by favoring the Jenny Cavilleris (poor and smart) over the Oliver Barretts (rich and stupid). If, for various reasons, a university didn’t want a freshman class composed solely of scary-smart kids, there are simple ways to shake up the mixture. Unz suggests that Ivies fill a certain fraction of the incoming class with the highest-scoring applicants, and select the remainder from among the qualified applicant pool by lottery. One can imagine various numerical tweaks, including ones that pull up the number of minorities or legacies to the extent that those goals can be publicly justified. Grades or class rank could also be folded into the calculation. Details aside, it’s hard to see how a simple, transparent, and objective formula would be worse than the eye-of-newt-wing-of-bat mysticism that jerks teenagers and their moms around and conceals unknown mischief. So why aren’t creative alternatives like this even on the table? A major reason is that popular writers like Stephen Jay Gould and Malcolm Gladwell, pushing a leftist or heart-above-head egalitarianism, have poisoned their readers against aptitude testing. They have insisted that the tests don’t predict anything, or that they do but only up to a limited point on the scale, or that they do but only because affluent parents can goose their children’s scores by buying them test-prep courses. (…) Paul Sackett and his collaborators have shown that SAT scores predict future university grades, holding all else constant, whereas parental SES does not. Matt McGue has shown, moreover, that adolescents’ test scores track the SES only of their biological parents, not (for adopted kids) of their adoptive parents, suggesting that the tracking reflects shared genes, not economic privilege. (…) After first denying that we have ever tried meritocracy, Deresiewicz concludes by saying that we have tried it, and now should try “democracy” instead, by which he seems to mean a world in which the distribution of incomes of Ivy League families would be identical to that of the country as a whole. But as long as the correlation between wealth and aptitude is not zero, that goal is neither possible nor desirable. Still, he’s right that the current system is harmful and unfair. What he could have said is that elite universities are nothing close to being meritocracies. We know that because they don’t admit most of their students on the basis of academic aptitude. And perhaps that’s what we should try next. Steven Pinker
Parcoursup, le nouveau dispositif d’inscription des bacheliers dans l’enseignement supérieur, introduit des «attendus», fixés par les universités pour l’entrée dans chaque licence. (…) «Attendu» est le terme qui a remplacé celui de «prérequis», jugé un peu trop technique. (…) Comme l’explique la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, «l’université reste ouverte à tous, le bac reste le passeport d’entrée dans le supérieur». Sauf qu’il ne garantit pas une place dans les filières dites «en tension», celles qui ne peuvent répondre à toutes les demandes qui leur sont adressées: «Dans le cas où il manquerait des places, on acceptera prioritairement ceux dont le profil est le plus cohérent avec la formation choisie». Ces filières très demandées sont connues: ce sont les STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives, qui permettent de devenir professeurs d’EPS, entraîneur ou de travailler dans le domaine du sport), le droit, la psychologie… L’année dernière, devant l’afflux de demandes, certaines universités ont dû procéder à des tirages au sort entre les étudiants, un procédé choquant et injuste s’il en est. D’une manière générale, l’université a du mal à faire face à l’afflux d’étudiants supplémentaire –ce fut particulièrement le cas à la rentrée 2016. Et la situation ne va pas aller en s’arrangeant: la France devrait compter 350.000 étudiants supplémentaires d’ici à 2025. (…) En attendant d’hypothétiques constructions de nouvelles universités – il en faudrait dix – et l’allocation de moyens supplémentaires, les universités devront se débrouiller pour fixer leurs critères de sélection. Certains d’entre eux sont évidents: «aptitude à la logique» en droit, «compétences scientifiques» en physique, «bon niveau rédactionnel» en lettres… Mais la situation peut rapidement se compliquer, la définition des critères étant laissée à la discrétion des universités. Encore en cours d’élaboration dans quelques facs, ils se révèlent déjà être très variés, comme le montrent nos confrères de l’Étudiant: « Pour départager des dossiers similaires, les universités valoriseront aussi certains éléments du parcours de lycéen en cohérence avec la formation demandée. En droit, à Cergy-Pontoise, il pourra s’agir des cours de latin ou grec suivis jusqu’en terminale ou encore le fait d’avoir été en classe européenne ou en section internationale. De même, les options “Droit et grands enjeux du monde contemporain” en terminale L et “sciences sociales et politiques »” en ES seront considérées comme un plus dans le parcours de l’élève. L’université d’Aix-Marseille tiendra compte des séjours à l’étranger, de l’engagement citoyen ou associatif… À Bordeaux, en STAPS, les éléments permettant d’apprécier les compétences sportives ou l’investissement associatif seront pris en compte dans l’analyse des dossiers, comme les licences ou le BAFA. Pour certaines formations, un CV détaillant tous ces éléments est ainsi demandé.» Justifier de compétences sportives pour s’engager dans des études en STAPS semble effectivement de bon aloi, mais plusieurs questions se posent en observant la diversité des attendus. Ce nouveau mode de sélection renforce les inégalités entre les bacheliers. Beaucoup des attendus n’ont pas grand-chose à voir avec le parcours scolaire.  (…) La capacité à se valoriser et à mettre ses atouts en avant est très variable suivant les individus; elle recoupe des compétences sociales qui n’ont sans doute pas à entrer en compte comme critère de jugement dans un pays déjà très inégalitaire scolairement –nous sommes champions en la matière. Les activités extra-scolaires dépendent hélas encore beaucoup du milieu d’origine et de l’engagement familial dans le parcours de l’enfant, notamment financier: les inscriptions en club de sport, en cours de musique… ont un coût. De même, faire des «séjours à l’étranger» un attendu confirmé relève purement et simplement du tri social. (…) Toutes les universités ne seront sans doute pas aussi sélectives: seulement une partie des filières sont «en tension», dans quelques villes. À ce titre, on peut craindre le retour du débat sur la différence de valeur des diplômes, comme l’explique la sociologue Annabelle Allouch, auteure de La société du concours: «Les attendus différenciés sont une manière d’objectiver et de mettre en scène les différences et les hiérarchies entre les universités. On suppose alors que certains établissements vont investir les critères (leur nombre élevé, leur nature) comme un élément qui met en scène leur prestige ou leur désirabilité. Les universités qui refusent de jouer le jeu de la réforme vont se trouver reléguées, faute d’avoir des critères clairs. » Un recrutement basé sur les compétences sociales et les activités extra-scolaires s’opère déjà dans de nombreuses filières sélectives et à l’entrée des grandes écoles. Science Po et l’Essec –entre autres– ont dû créer des dispositifs d’ouverture sociale tant il leur était impossible d’offrir autre chose qu’un entre-soi de privilégiés à leurs étudiants. Ce sera désormais peut-être aussi le cas dans certaines universités. (…) Le problème existe depuis longtemps, mais la hiérarchie du supérieur risque de s’en trouver renforcée. En matière de choix voire de «marchés» scolaires, la sociologie nous apprend que les individus s’orientent en fonction de leur niveau d’information, de leur sens tactique –des facteurs très dépendants de leur origines sociales. On le sait, les stratégies éducatives sont l’apanage des catégories les plus favorisées. Louise Tourret
Ce classement, centré sur la recherche, n’est pas pertinent en France. Chez nous, les universités n’ont pas le monopole de la recherche. Le CNRS n’est pas pris en compte par Shanghaï. Thibault Weber (président de la Fage, deuxième fédération étudiante, 2008)
Le classement annuel de Shanghaï (…) 2018 ressemble à celui des années précédentes avec un palmarès dominé par les universités américaines, qui s’arrogent dix-sept des vingt premières places. Harvard, Stanford, Massachusetts Institute of Technology, Berkeley, Princeton et Columbia trustent les premiers rangs. Seules trois universités britanniques parviennent à figurer dans cette élite : Cambridge (3e), Oxford (7e) et l’University College of London (16e). A noter la performance de l’Institut fédéral de Zurich (Suisse), qui se hisse au 19e rang. Le premier établissement français, Sorbonne Université, apparaît au 36e rang. (…) Fondé essentiellement sur des critères relatifs à l’excellence scientifique, et régulièrement critiqué pour ses biais méthodologiques qui favorisent de facto le modèle universitaire anglo-saxon, il avait provoqué une onde de choc au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. (…) Afin de hisser quelques champions tricolores au sommet de la compétition mondiale, [la ministre Valérie Pécresse] avait accéléré un mouvement de regroupement des universités, des grandes écoles et des centres de recherche dans des structures communes, une politique de fusion poursuivie par ses successeurs. (…) Le classement de Shanghaï, établi par une équipe de l’université Jia Tong, ne considère qu’avec précaution ces regroupements tant que les établissements ne sont pas définitivement fusionnés dans une entité unique : les communautés d’universités et d’établissements (Comue), mises en place en 2013 en France, n’y apparaissent pas, alors qu’elles sont prises en compte par d’autres palmarès, également très suivis à l’international, ceux du magazine Times Higher Education (THE) et du cabinet Quacquarelli Symonds (QS). En outre, pour que leur institution soit créditée de leurs travaux dans le classement de Shanghaï, les chercheurs doivent impérativement signer leurs articles de recherche du nom de la nouvelle entité, ce qui prend du temps à faire accepter et à mettre en place. Ainsi, Sorbonne Université, née cette année de la fusion de l’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC, Paris-VI) et de Paris-Sorbonne (Paris-IV), n’est donc classée qu’au 36e rang mondial du classement de 2018. Une position qui « confirme Sorbonne Université comme une université de recherche de dimension internationale », s’est félicité l’établissement dans un communiqué. Elle grappille quatre places, par rapport à l’édition 2017, dans laquelle la première française (l’UPMC) était 40e. (…)  mais (…) dans le classement dit « sectoriel » (…) en mathématiques, elle glisse de la troisième place mondiale en 2017 à la neuvième. Reculant dans tous les secteurs, elle perd aussi le statut d’université française la plus citée dans ce palmarès sectoriel. Or, Sorbonne Université dit qu’elle a été pénalisée par « un artefact technique lié au référencement incomplet de la production scientifique de l’université » à la date où les données ont été collectées. « Un pointage fin mars indiquait que seulement deux tiers des publications étaient correctement indexées dans la base qui sert au classement de Shanghaï », avait-elle fait savoir dans un communiqué le 19 juillet. (…) Là où ce processus a pu aboutir, les résultats sont au rendez-vous. L’université de Montpellier a ainsi conquis la première place mondiale dans le classement sectoriel en écologie, dépassant l’université d’Oxford, qui détenait cette palme en 2017. Grenoble Alpes, la Française la mieux représentée dans la dernière édition dévoilée le 17 juillet, apparaît pour sa part dans 35 des 54 disciplines, se hissant même dans onze d’entre elles parmi les cinquante meilleures universités mondiales. Et les établissements français confirment aussi leur place prééminente dans la recherche en mathématiques avec seize établissements dans le top 100 mondial dans cette matière. (…) Mais le biais le plus critiqué du classement tient à ce qu’il donne une prime aux mastodontes américains : « La façon dont il est construit consacre quasiment à vie les dix à quinze premiers établissements, compte tenu du capital, y compris symbolique, dont ils disposent : les prix Nobel parmi leurs anciens élèves, par exemple. C’est ce que l’ARWU appelle les “historical data” [données historiques] », explique Alain Fuchs, président de la Comue Paris sciences et lettres (PSL). Ainsi l’Ecole normale supérieure (ENS) se hisse à la 64e place, gagnant cinq rangs par rapport à 2017, un résultat remarquable étant donné sa petite taille (2 500 étudiants). Enfin, la concurrence est de plus en plus rude avec les pays émergents : « La Chine, Singapour, qui est présente depuis longtemps mais qui s’est fortement renforcée, la Corée du Sud ou des pays du Moyen-Orient ne restent pas les deux pieds dans le même sabot. Quand on progresse, ou même quand on se maintient, ce n’est déjà pas mal. Il est tout à fait possible de s’approcher du top 100, mais y être et y rester est difficile », prévient Patrick Lévy. La France a perdu un établissement dans ce top 500 avec dix-neuf universités en 2018 contre vingt en 2017. Nice-Sophia Antipolis, que présidait la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal avant de rejoindre le gouvernement, n’y figure plus. Le Monde
Les universités, qui ont de grandes difficultés depuis les années 1960 à accueillir la population étudiante et plus encore à la former, sont quant à elles pleines à craquer. Entre 1980 et 2015, le nombre d’étudiantes et étudiants des universités a plus que doublé, passant de 1,2 million à 2,6 millions. Et la crise semble aujourd’hui avoir atteint un seuil critique. (…) Ce désespoir parfois bruyant est largement étranger aux élèves des grandes écoles. Il en existe plus de 450 (majoritairement en ingénierie et en management), qui accueillent 10% des étudiantes et étudiants français, Bien que ces écoles soient toutes plutôt prestigieuses, certaines le sont plus que d’autres. Les plus connues sont les écoles d’ingénieurs Polytechnique et Centrale, HEC (École des hautes études commerciales), l’ENA (École nationale d’administration) et l’ENS (École normale supérieure) qui, en tant qu’institution formant majoritairement des professeurs en lettres et sciences sociales, est un cas à part. La plupart de ces écoles sont situées en région parisienne et les deux plus anciennes, Polytechnique et l’ENS, ont des origines qui remontent à la Révolution française –il fallait de nombreux ingénieurs et enseignants pour bâtir les fondations de la jeune Première République. Pour des raisons similaires, c’est en tant que chef du gouvernement provisoire que Charles de Gaulle créa l’ENA en 1945, pour fournir à la future IVe République des administrateurs et administratrices n’ayant pas été entachés par l’occupation et la collaboration. Bien que la plupart des grandes écoles sont publiques, elles ressemblent aux universités de la Ivy League, aux États-Unis. Elles sont extrêmement sélectives –à tel point qu’elles demandent souvent deux années d’études dans des classes préparatoires elles aussi très compliquées à intégrer. Comme dans les universités de la Ivy League, il est difficile d’y échouer une fois que l’on y est rentré. Le capital culturel et social que l’on trouve parmi les étudiantes et étudiants des grandes écoles est très important. Le sociologue Pierre Bourdieu décrivait leurs diplômées et diplômés comme une «noblesse d’État», une aristocratie administrative qui, sous le vernis de la méritocratie républicaine, représente moins une rupture qu’une continuation de l’Ancien Régime. Il s’agit en somme d’une méritocratie qui trouve plus de mérites à celles et ceux nés dans un certain type de milieux privilégiés. En 2014, un rapport a montré que 60% des étudiantes et étudiants admis à Polytechnique venaient de familles déjà établies dans ce milieu professionnel, tandis qu’à peine 1% étaient issus de la classe ouvrière. Il n’est donc pas surprenant que nombreuses et nombreux soient celles et ceux qui accusent Polytechnique –et les autres écoles– d’aggraver la crise de l’enseignement supérieur français. L’un des grands projets du président Nicolas Sarkozy a été la création d’un «Cambridge à la française». Il avait été prévu que sous la supervision de l’État, cette méga université naîtrait sur le plateau de Saclay, au sud de Paris. Annoncé en 2010, l’objectif de Sarkozy était de réunir physiquement et sous la même tutelle administrative les établissements les plus prestigieux du pays, pour associer les missions de recherche des universités avec la sélectivité des grandes écoles. Leur génie intellectuel et scientifique combiné devait, selon lui, permettre à la France de retrouver le sommet des classements internationaux des établissements d’enseignement supérieur. La vision de Sarkozy semblait presque répondre au classement de Shanghaï de 2010, dans lequel seules deux universités françaises étaient présentes dans le top 50. Pire encore: l’ENS occupait la 71e place, tandis que Polytechnique était rejetée au-delà du top 200 et récoltait à peine une mention. (…) Malheureusement, l’audace à elle seule ne suffit pas à bâtir un pont pour relier ce qui sépare administrativement et culturellement les universités et les grandes écoles. Les universités craignaient l’étroitesse, le conformisme des admissions sélectives et de la culture pédagogique des grandes écoles, tandis que les grandes écoles veillaient jalousement sur leurs privilèges: une bien meilleure dotation financière et des réseaux de profs et d’élèves dans les plus hautes sphères des secteurs public comme privé. Sarkozy, quant à lui, n’était pas en capacité de déterminer précisément quels aspects de quelles institutions finiraient par dominer. Conséquence: Saclay est largement resté à l’état de chantier depuis l’annonce de Sarkozy, tandis que les principaux acteurs de la question ont continué à s’observer les uns les autres, déterminés à ne pas céder leur autonomie et incapables de regarder au-delà de leurs privilèges institutionnels. (…) Cela n’a pas dissuadé l’État français, ou plus précisément Emmanuel Macron, de tenter. Bien qu’il soit diplômé de deux grandes écoles différentes, Sciences Po et l’ENA, il a tenté de combiner l’esprit d’entreprenariat américain avec le progressisme à la française traditionnel. (…) Rebaptisant le projet de Sarkozy le «MIT à la française», Macron a annoncé que le gouvernement superviserait la création non pas d’une, mais de deux méga-universités. En nommant l’une d’entre elles «Université Paris-Saclay», il a déclaré qu’elle combinerait plusieurs universités, dont Paris-Sud, à certaines grandes écoles. L’autre, affublée du nom temporaire «NewUni», sera dominée par des grandes écoles, y compris Polytechnique, et dirigée par Jean-Lou Chameau –qui bien que français a été pendant plusieurs années à la tête du California Institute of Technology. Même si les détails n’en sont pas encore précisés, il est possible que les deux institutions servent de laboratoire expérimental, chacune d’entre elles disposant d’une chance de se développer suivant ses propres normes pédagogiques et institutionnelles. Il y a là l’audace de Sarkozy, mais aussi la centralisation étatique. La recette de Macron, qui mêle quelques pincées de pragmatisme à un zeste de dirigisme, est un exemple de ce que des spécialistes ont appelé le «dirigisme décentralisé». Vivien Schmidt, une experte en relations internationales, soutient qu’une telle politique, qui délègue le pouvoir de l’État à de plus petites entités administratives, a fonctionné au niveau régional en France. En principe, cette même approche hybride pourrait aussi être utilisée pour faire refleurir le jardin défraîchi qu’est devenu le monde universitaire français. Les classements de Shanghaï sont là pour rappeler que la France ne peut pas risquer de ne pas prendre ce risque. Comme l’a déclaré Macron, «il est trop tard pour faire demi-tour», et il n’est pas plus possible d’avancer sans que l’État ne soit présent pour «consolider, clarifier et multiplier» les avancées de ses institutions. En somme, l’État est mort, vive l’État! Robert Zaretsky

Le dirigisme est mort, vive le dirigisme décentralisé !

Gain de cinq places mais 36e place pour la première université française (grâce à la fusion entre Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI) et Paris-Sorbonne (Paris-IV), gain de cinq places (grâce à ses prix Nobel) mais décevante 36e place pour une ENS victime de sa nanité (2 500 étudiants), première place mondiale en classement sectoriel de Montpellier (en écologie devant Oxford) mais recul – regroupement oblige – de cinq places de Pierre et Marie Curie en mathématiques, éjection pure et simple de Sophia-Antipolis …

Alors qu’avec une nouvelle publication du classement de Shanghaï

Qui voit sans surprise le renforcement de la domination des universités anglo-saxonnes (10 premières places dont 8 américaines, 19 des 20 premières, dont 16 américaines) …

Pourtant elles-mêmes critiquées pour le véritable « potlach de loisirs et de vertu ostentatoires » à laquelle, au détriment du mérite académique et sans compter l’origine ethnique, les dons à l’université ou le parrainage familial, se réduit de plus en plus leur mode de recrutement « holistique » entre activités sportives, caritatives, militantes ou touristiques …

Retour …

Avant les effets nécessairement futurs de l’actuelle introduction, timide mais controversée, de sélection à l’entrée de l’université (Parcourplus) …

Incluant, au moment on l’a vu où les Américains commencent à les remettre en question, les critères des compétences sociales et des activités extra-scolaires

Sur le bilan mitigé des tentatives de regroupement d’universités et de rapprochement facs-grandes écoles …

Notamment le fameux projet sarkozien de « Cambridge à la française » récemment repris et macronisé comme « MIT à la française » …

Censé remplacer à l’ère de Monsieur « Et-en-même-temps » lui-même …

Les de moins en moins confortables ornières de l’étatisme historique pour les progrès pour l’instant tout relatifs du « dirigisme décentralisé » …

Vu des États-Unis, l’enseignement supérieur français est un champ de bataille

«Cambridge» ou «MIT à la française», les tentatives de rapprochement entre facs et grandes écoles peinent pour l’instant à faire leur preuves.

La version originale de cet article a été publiée en anglais sur le site américain Foreign Policy.

Depuis 1789, la France est le théâtre permanent des dites «guerres franco-françaises», selon l’expression qui renvoie à l’ensemble des conflits idéologiques et politiques qui déchirent toujours le pays aujourd’hui.

La monarchie contre la République, la religion contre la raison, la droite contre la gauche et Paris contre la province: quelles que soient les oppositions, elles sont toutes nourries par l’héritage idéologique de la Révolution française.

Au cours des derniers mois, un match entre deux poids lourds académiques s’est ajouté de façon paradoxale à la liste de ces guerres. D’un côté, le challenger: la grande école, âgée d’environ deux siècles; de l’autre, le poids lourd: l’université et son demi-millénaire d’histoire. De façon surprenante, le système de l’université, en dépit de son origine médiévale, se révèle plus égalitaire, tandis que les grandes écoles, pourtant nées de la Révolution française, sont devenues plus élitistes.

Le conflit a récemment culminé dans la tentative du président Emmanuel Macron de prendre en compte et de réconcilier les deux systèmes. À sa façon, Macron, bien qu’il soit un brillant produit des si typiquement françaises grandes écoles, tente d’utiliser le système d’enseignement supérieur français comme véhicule de la transformation du pays à son image, plutôt atlantiste.

Universités pleines à craquer

La plupart des Françaises et Français déplorent ou se vantent de leur double système d’enseignement supérieur. Les universités en constituent la partie la plus ancienne; la Sorbonne, qui attire les étudiantes et étudiants de toute l’Europe, a été fondée au XIIIe siècle. Et tandis que l’État, basé à Paris, étendait son pouvoir sur le territoire siècle après siècle, les universités se développaient en parallèle.

Il existe aujourd’hui en France quatre-vingt cinq universités, qui garantissent –du moins en théorie– une admission libre. Tout ce dont a besoin un candidat ou une candidate, c’est du baccalauréat.

Dans le passé, la difficulté à obtenir le diplôme du «bac» servait dans les faits à sélectionner les étudiantes et étudiants. Mais les lycées français, tout comme ceux des États-Unis, sont sujets à l’inflation des notes et le bac, qui fut un jour un événement craint que peu traversaient avec succès et après lequel encore moins continuaient les études, est devenu une simple formalité. En 2017, près de 88% des candidates et candidats ont obtenu le baccalauréat.

Les universités, qui ont de grandes difficultés depuis les années 1960 à accueillir la population étudiante et plus encore à la former, sont quant à elles pleines à craquer. Entre 1980 et 2015, le nombre d’étudiantes et étudiants des universités a plus que doublé, passant de 1,2 million à 2,6 millions. Et la crise semble aujourd’hui avoir atteint un seuil critique.

Elle a été aggravée plus encore par la tentative du gouvernement de mettre en place une forme d’admission sélective. Comment on pouvait le prévoir, les étudiantes et étudiants d’une douzaine d’universités se sont mis en grève, des bâtiments ont été occupés, des discours déclamés et des murs couverts de graffitis.

Mais comme le disait Karl Marx des révolutionnaires de 1848, l’histoire se répète d’abord en tragédie, puis en farce. Les bloqueurs et bloqueuses étaient rares; la majorité des jeunes voulaient simplement passer leurs examens normalement et ont dirigé leur frustration non pas tellement contre l’administration, mais surtout contre leurs camarades qui empêchaient l’accès aux salles de classe.

Mais même lorsque les étudiantes et étudiants peuvent passer leurs examens et recevoir leur diplôme, leur futur reste sombre. Peu d’employeurs souhaitent embaucher à un niveau important d’études, particulièrement en lettres et sciences humaines, et la jeunesse française est la moins optimiste d’Europe.

Très sélectives grandes écoles

Ce désespoir parfois bruyant est largement étranger aux élèves des grandes écoles. Il en existe plus de 450 (majoritairement en ingénierie et en management), qui accueillent 10% des étudiantes et étudiants français, Bien que ces écoles soient toutes plutôt prestigieuses, certaines le sont plus que d’autres. Les plus connues sont les écoles d’ingénieurs Polytechnique et Centrale, HEC (École des hautes études commerciales), l’ENA (École nationale d’administration) et l’ENS (École normale supérieure) qui, en tant qu’institution formant majoritairement des professeurs en lettres et sciences sociales, est un cas à part.

La plupart de ces écoles sont situées en région parisienne et les deux plus anciennes, Polytechnique et l’ENS, ont des origines qui remontent à la Révolution française –il fallait de nombreux ingénieurs et enseignants pour bâtir les fondations de la jeune Première République. Pour des raisons similaires, c’est en tant que chef du gouvernement provisoire que Charles de Gaulle créa l’ENA en 1945, pour fournir à la future IVe République des administrateurs et administratrices n’ayant pas été entachés par l’occupation et la collaboration.

Bien que la plupart des grandes écoles sont publiques, elles ressemblent aux universités de la Ivy League, aux États-Unis. Elles sont extrêmement sélectives –à tel point qu’elles demandent souvent deux années d’études dans des classes préparatoires elles aussi très compliquées à intégrer. Comme dans les universités de la Ivy League, il est difficile d’y échouer une fois que l’on y est rentré.

Le capital culturel et social que l’on trouve parmi les étudiantes et étudiants des grandes écoles est très important. Le sociologue Pierre Bourdieu décrivait leurs diplômées et diplômés comme une «noblesse d’État», une aristocratie administrative qui, sous le vernis de la méritocratie républicaine, représente moins une rupture qu’une continuation de l’Ancien Régime.

Il s’agit en somme d’une méritocratie qui trouve plus de mérites à celles et ceux nés dans un certain type de milieux privilégiés. En 2014, un rapport a montré que 60% des étudiantes et étudiants admis à Polytechnique venaient de familles déjà établies dans ce milieu professionnel, tandis qu’à peine 1% étaient issus de la classe ouvrière. Il n’est donc pas surprenant que nombreuses et nombreux soient celles et ceux qui accusent Polytechnique –et les autres écoles– d’aggraver la crise de l’enseignement supérieur français.

Saclay et l’«audace» de Sarkozy

L’un des grands projets du président Nicolas Sarkozy a été la création d’un «Cambridge à la française». Il avait été prévu que sous la supervision de l’État, cette méga université naîtrait sur le plateau de Saclay, au sud de Paris.

Annoncé en 2010, l’objectif de Sarkozy était de réunir physiquement et sous la même tutelle administrative les établissements les plus prestigieux du pays, pour associer les missions de recherche des universités avec la sélectivité des grandes écoles. Leur génie intellectuel et scientifique combiné devait, selon lui, permettre à la France de retrouver le sommet des classements internationaux des établissements d’enseignement supérieur.

La vision de Sarkozy semblait presque répondre au classement de Shanghaï de 2010, dans lequel seules deux universités françaises étaient présentes dans le top 50. Pire encore: l’ENS occupait la 71e place, tandis que Polytechnique était rejetée au-delà du top 200 et récoltait à peine une mention.

Faisant écho à la fameuse exhortation de Danton pendant la Révolution, Sarkozy avait déclaré que tout ce qu’il fallait pour combler l’écart, c’était de l’audace. Malheureusement, l’audace à elle seule ne suffit pas à bâtir un pont pour relier ce qui sépare administrativement et culturellement les universités et les grandes écoles.

Les universités craignaient l’étroitesse, le conformisme des admissions sélectives et de la culture pédagogique des grandes écoles, tandis que les grandes écoles veillaient jalousement sur leurs privilèges: une bien meilleure dotation financière et des réseaux de profs et d’élèves dans les plus hautes sphères des secteurs public comme privé. Sarkozy, quant à lui, n’était pas en capacité de déterminer précisément quels aspects de quelles institutions finiraient par dominer.

Conséquence: Saclay est largement resté à l’état de chantier depuis l’annonce de Sarkozy, tandis que les principaux acteurs de la question ont continué à s’observer les uns les autres, déterminés à ne pas céder leur autonomie et incapables de regarder au-delà de leurs privilèges institutionnels.

«Société bloquée»

La plus intransigeante de ces institutions aura été Polytechnique. Comme l’a fait remarquer un observateur, «l’X [le surnom sous lequel est connue l’école] s’est toujours vue comme la meilleure école non seulement de France, mais également d’Europe et du monde».

La conviction de l’X qu’elle est une institution «pas comme les autres» trouve écho dans la place qui lui est traditionnellement dévolue lors de la célébration du 14-Juillet. Depuis le XIXe siècle, elle est avec l’école militaire de Saint-Cyr la seule institution d’enseignement supérieur à défiler. Dans leur tenue qui les fait ressembler aux officiers de la Marine britannique dans Pirates des Caraïbes, un uniforme bleu-gris à plastron et un tricorne aux bords dorés, les étudiantes et étudiants marchent sous le drapeau de l’école, où est inscrit la devise: «Pour la patrie, pour les sciences, pour la gloire».

À cette devise, Michel Crozier aurait pu ajouter «pour la fraternité». Le grand sociologue français avait formulé le célèbre diagnostic selon lequel la France serait une «société bloquée», par quoi il entendait que les institutions de la nation étaient gelées dans des configurations autoritaires laissant peu de place pour l’initiative individuelle et l’innovation.

Chancelant sous l’éternelle tradition du dirigisme à la française, qui veut que les individus proposent et que l’État dispose, les Françaises et Français n’étaient pas enclins, selon Crozier, à prendre «le risque de la liberté» en réformant ou en décentralisant les institutions –comme l’évoquait le titre d’un de ses ouvrages, On ne change pas la société par décret.

Macron et le dirigisme décentralisé

Cela n’a pas dissuadé l’État français, ou plus précisément Emmanuel Macron, de tenter. Bien qu’il soit diplômé de deux grandes écoles différentes, Sciences Po et l’ENA, il a tenté de combiner l’esprit d’entreprenariat américain avec le progressisme à la française traditionnel.

À la fin de l’année dernière, Macron a reconnu que les institutions d’enseignement françaises avaient besoin d’être réformées: «À chaque fois que nous mettons trop d’énergies dans des guerres intestines, nous ralentissons l’histoire quand l’histoire s’accélère. Certains ont joué le jeu, d’autres ont montré leur résistance». Le président a également souligné que le changement ne viendrait qu’en travaillant en coopération avec les institutions existantes et en respectant leur singularité.

Rebaptisant le projet de Sarkozy le «MIT à la française», Macron a annoncé que le gouvernement superviserait la création non pas d’une, mais de deux méga-universités. En nommant l’une d’entre elles «Université Paris-Saclay», il a déclaré qu’elle combinerait plusieurs universités, dont Paris-Sud, à certaines grandes écoles. L’autre, affublée du nom temporaire «NewUni», sera dominée par des grandes écoles, y compris Polytechnique, et dirigée par Jean-Lou Chameau –qui bien que français a été pendant plusieurs années à la tête du California Institute of Technology. Même si les détails n’en sont pas encore précisés, il est possible que les deux institutions servent de laboratoire expérimental, chacune d’entre elles disposant d’une chance de se développer suivant ses propres normes pédagogiques et institutionnelles.

Il y a là l’audace de Sarkozy, mais aussi la centralisation étatique. La recette de Macron, qui mêle quelques pincées de pragmatisme à un zeste de dirigisme, est un exemple de ce que des spécialistes ont appelé le «dirigisme décentralisé».

Vivien Schmidt, une experte en relations internationales, soutient qu’une telle politique, qui délègue le pouvoir de l’État à de plus petites entités administratives, a fonctionné au niveau régional en France. En principe, cette même approche hybride pourrait aussi être utilisée pour faire refleurir le jardin défraîchi qu’est devenu le monde universitaire français.

Les classements de Shanghaï sont là pour rappeler que la France ne peut pas risquer de ne pas prendre ce risque. Comme l’a déclaré Macron, «il est trop tard pour faire demi-tour», et il n’est pas plus possible d’avancer sans que l’État ne soit présent pour «consolider, clarifier et multiplier» les avancées de ses institutions. En somme, l’État est mort, vive l’État!

Voir aussi:

La formation des grandes écoles, critiquée de part et d’autre de l’Atlantique


Noël/2017e: Un film de Noël qui parle de Jésus ? (You know something’s wrong when truth is the new fake news or hate speech)

25 décembre, 2017
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Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d’étourdissement pour tous les peuples d’alentour, et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris; et toutes les nations de la terre s’assembleront contre elle. Zacharie 12: 2-3
La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. C’est de l’Éternel que cela est venu: C’est un prodige à nos yeux. Psaume 118: 22-23
N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est un prodige à nos yeux? C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Jésus (Matthieu 21: 43-44)
Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Les nations (occidentales) voudraient réduire les revendications d’Israël sur la Judée et la Samarie à un problème politique. Mais pour Israël, le problème n’est pas politique, il est essentiellement moral, celui de la reconnaissance de son identité historique et métahistorique. (…) Le combat d’Israël contre la prétention palestinienne est en fait le combat de l’histoire contre l’anti-histoire, de la mémoire contre l’anti-mémoire, de l’homme contre l’illusion et le mensonge politiques. (…) Le temps du Retour est aussi un temps de rupture et de cassure… le monde nouveau du Retour surgit ainsi lentement du sein de la dégradation d’un monde moralement désemparé. (…)  La libération du Retour ne concerne d’ailleurs pas seulement le peuple juif. Au-delà d’Israël, elle concerne l’ensemble des peuples. Car le Retour d’Israël est, en vérité, l’espérance du monde. Avraham Livni
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position. Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu. De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni. Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens. Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour. Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis. (…) Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité. Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine. In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington. À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto. Le Devoir
Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance. Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien. Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés. Mahmoud Abbas
Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons. Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées. (…) Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc. En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne. Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient. Huff Post Maroc
#nycattack Expect more Muslims driving into crowds. This is the easiest way for them to kill multitudes. And they will not stop until they kill us all or we surrender. The solution is to declare Islam a terrorist creed and ban its practice. Faithfreedom.org
La journaliste de Canal + : Que pensez-vous de l’islam « modéré »? Moi: L’islam n’est pas arrivé à ce stade et on ne peut pas parler d’islam modéré. Journaliste: Mais j’ai des amis musulmans qui boivent de l’alcool et n’ont pas de problèmes. Comment ne pas les appeler « musulmans modérés »? Moi: Ce sont des musulmans pacifiques à ce stade, ni plus ni moins. Regardez les terroristes qui ont endeuillé Paris il y a deux ans. Vous auriez pu dire qu’ils étaient modérés, car ils fréquentaient les boites de nuits et buvaient de l’alcool jusqu’à quelques semaines avant de basculer et de commettre le massacre. Ils ont basculé dès que l’opportunité leur était offerte car ils ont reçu la violence à travers l’éducation islamique. Le problème c’est que l’islam est violent par définition, il est violent dans ses textes sacrés. Aujourd’hui, cette conversation a été coupée à l’antenne. Censure, crainte ou complaisance? Peu importe, le résultat est le même. On enterre la tête dans le sable pour ne pas voir le problème et continuer à dire qu’il n’existe pas. Al-Husseini Waalid
Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015. (…) Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico. L’Orient du jour
When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades. Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay. Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S. The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism. These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going. The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations. The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends. The WSJ
Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire. A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump. Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis. (…) les militants palestiniens (…) savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville. (…) Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux. (…) Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ? (…) Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ? Bassam Tawil
Once again, the Palestinians are disappointed with their Arab brothers. A declaration of war on the US, in the Palestinians’ view, would have been the appropriate response to US President Donald Trump’s December 6 announcement recognizing Jerusalem as Israel’s capital. (…) All they have gotten so far from the Arab and Islamic leaders and governments are demonstrations on the streets and statements of condemnations. Moreover, it does not look as if the Palestinians should be expecting more from their Arab and Muslim brothers. (…) Welcome to the Palestinian mindset, where an Arab leader who talks about peace with Israel is a traitor, while an Arab leader who talks about destroying Israel or launching rockets at it, like Saddam Hussein, is a « hero. » (…) The Palestinians have placed themselves on a collision course not only with the US, but also with the Arab world. The question now is: How will the Arab regimes respond to this latest charge of fratricide leveled against them by their Palestinian brothers? Khaled Abu Toameh
Les peuples de toute l’humanité ou presque se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde. Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump. Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible. Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans! (…) L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire. La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles. Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman, voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel. Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“: “Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“. La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations. Shmuel Trigano
Ouf ! On a évité le pire : des enfants auraient pu apprendre l’origine d’une des traditions les plus importantes de notre pays. Heureusement que les enseignants ont réagi à temps… Léo Castellote
Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes. Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait. Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… » Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque… Le Républicain-sud-Gironde

Attention: une énormité peut en cacher une autre !

En cette nouvelle fête de la Nativité

Qui ressemble toujours plus étouffée par sa gangue de guimauve et de papas Noël …

A un enterrement de première classe …

De l’énormité du décalage que 2 000 après l’on peine encore à mesurer …

Entre l’incroyable humilité d’une naissance de « pierre rejetée » et le véritable statut de « pierre angulaire »

Que paradoxalement à travers l’extrême abjection de sa mise à mort celle-ci a fini par acquérir …

Jusque dans ses dérives pour nos sociétés désormais mondialisées …

Tout en se demandant lucidement si à la fin des temps il « trouverait de la foi sur la terre » …

En ce monde étrangement inversé …

Où le président de la première puissance mondiale se voit mis au pilori …

Par la même ONU qui nous avait donné il y a  42 ans (et abrogée 16 ans après) sa tristement fameuse résolution sionisme = racisme

Abandonné par ses soi-disant alliés, Grande-Bretagne, France, Japon et Allemagne, se joignant pour cela à ses pires ennemis, Iran, Chine et Corée du nord …

D’abord pour avoir voulu, contrairement à son prédécesseur, préserver son territoire du terrorisme …

Quand nombre de pays musulmans peuvent interdire tout Israélien de leur sol pour leur simple appartenance nationale …

Puis sur Jérusalem avoir reconnu la simple réalité …

Et pointé les habits neufs du président Abbas …

Où le même empereur nu revendique haut et fort son inspiration de Jésus

Tout en redoublant, avec nos médias en mal d’images fortes, dans son incitation quotidienne à la violence

Pendant qu’entre Syrie, Yémen, Libye, Irak et Egypte et depuis six ans, c’est par centaines de milliers que se comptent les victimes des musulmans entre eux …

Où les seuls pays qui refusent de hurler avec les loups onusiens …

Se  font pour cause de fascisme présumé mettre au ban de l’Europe …

Où se voit traitée en victime une jeune Palestinienne prise en flagrant délit de gifle à un soldat israélien …

Qui lui tend christiquement l’autre joue …

Où pour avoir osé dire à la télévision, à l’instar d’un twitter américain, la vérité violente de l’islam …

Un dissident musulman réfugié au Pays des droits de l’homme voit ses paroles coupées au montage …

Où après avoir nettoyé ethniquement le Moyen-Orient de la quasi-totalité de ses juifs et chrétiens d’origine …

La Religion de paix vide, soutenue par ses idiots utiles, les banlieues françaises de leurs juifs

Pendant que dans un magazine pour les petits l’on apprend que comme la Corée du nord, Israël n’est « pas un vrai pays »

Quel meilleur et plus révélateur conte de Noël …

Que celui de ces écoliers d’une petite ville du sud-ouest de la France …

Qui sans l’incroyable sang froid et présence d’esprit de leurs enseignantes et projectionniste …

Auraient pu découvrir que le film de Noël que celles-ci par mégarde les avaient amenés voir …

Parlait en fait… de la naissance de Jésus ?

Langon : le film « L’Étoile de Noël » arrêté en pleine séance scolaire

Une séance scolaire du film d’animation américain sur la nativité « L’Étoile de Noël » a été stoppée en pleine projection au cinéma Le Rio à Langon.
Le Républicain-sud-Gironde
22 Déc 2017

Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes.

Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait.

Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… »

L’histoire de la nativité

Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque…

« J’avoue que je n’avais pas vu le film avant, il vient d’un grand studio américain », reconnaît le responsable du Rio, Emmanuel Raymond, qui a remboursé la séance.

Les écoliers sont retournés en classe et une autre séance de cinéma aura lieu l’an prochain.

Voir aussi:

Jérusalem: le retour des temps bibliques

Shmuel Trigano

Nous sommes aujourd’hui les témoins et les acteurs d’une histoire vraiment fascinante quand on l’approche à la lumière de l’histoire juive.

Je fais référence, bien sûr, à ce qui se passe sur le plan international, autour de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le pays le plus puissant du monde, les Etats-Unis.

En soi, cette reconnaissance est déjà un fait majeur, mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est l’unité de la planète contre cette décision, comme on a pu la constater au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de l’ONU.

Réfléchissons à l’énormité de cet événement.
Reformulons-le objectivement: les peuples de toute l’humanité ou presque [1]se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire  toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde.

Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump.

Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible.

Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans!  Il y avait sans doute méprise sur son sens.

Et pas seulement auprès des non Juifs  – essentiellement les Occidentaux car le déni islamique est entier sur ce point-là – mais aussi de cette frange du peuple juif qui conçoit I’aventure israélienne comme une rupture avec l’histoire juive et la civilisation judaïque.

L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire.

La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles.

Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman,  voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel.

Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“:

Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“.

La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations.

Mais c’est ce peuple, l’Etat fantoche de Palestine, qui mobilisent la scène internationale et obtiennent l’assentiment de super-puissances pour faire d’Israël un hors-la-loi universel. Ici, c’est la figure d’Amalek qui resurgit dont le tradition nous dit qu’il avait fédéré toutes les nations de la terre pour détruire Israël au moment même où il se constituait, au sortir de la servitude égyptienne…

Le fait que tant de nations se liguent contre la réapparition d’Israël dans son lieu électif, celui où son existence prend tout son sens historique, a, certes, quelque chose d’accablant et d’inquiétant pour ce qu’il révèle de la haine à l’encontre des Juifs, mais si l’on reste dans l’esprit de cette philosophie de l’histoire, l’oracle biblique nous donne à privilégier une tout autre attitude: il nous enjoint, face à ce défi métaphysique, symbolique autant que politique, à ne pas abandonner nos habits de lumière.

*À partir d’une chronique sur Radio J, le 22 décembre 2017.

[1] 128 nations sur 193 (35 abstentions)

Voir également:

Next Year in Jerusalem
The U.N. reveals the depth of its anti-U.S., anti-Israel politics.
The Wall Street Journal
Dec. 22, 2017

When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades.
Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay.

Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S.
The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism.
“We will remember [this vote],” Ms. Haley said, “when we are called upon to once again make the world’s largest contribution to the United Nations. And we will remember it when so many countries come calling on us, as they so often do, to pay even more and to use our influence for their benefit.” President Trump said something similar at his cabinet meeting, that “we’ll save a lot” by cutting aid to countries that went against us.

These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going.
The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations.

The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends.

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Statut de Jérusalem: les États-Unis condamnés à l’ONU malgré les menaces de Trump
Francesco Fontemaggi – Agence France-Presse à Washington
Carole Landry – Agence France-Presse aux Nations unies

Le Devoir
21 décembre 2017

Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis.

« Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. « Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution » financière à l’ONU, a-t-elle lancé, menaçant à nouveau de « mieux dépenser » l’argent des Américains à l’avenir.

Donald Trump avait pris les devants mercredi. « Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous », avait tempêté le président américain. « Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal. »

Un deuxième désaveu en moins d’une semaine

Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité.

Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine.

In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington.

À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto.

Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain.

Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position.

Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu.

De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni.

Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens.

Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour.

Le texte adopté jeudi affirme que toute décision sur le statut de Jérusalem « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée ». Il souligne que cet épineux statut doit faire partie d’un accord de paix final entre Israéliens et Palestiniens, ces derniers voulant établir à Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Menaces et pressions américaines

À l’approche du scrutin, Washington, qui assure que sa décision ne préjuge pas de l’issue de futures négociations de paix, a multiplié menaces et pressions. Des avertissements qui ont sidéré nombre de diplomates onusiens.

En réponse à la menace de Nikki Haley de « noter les noms » de ceux qui ont voté la résolution, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a estimé que « l’Histoire note les noms » de « ceux qui défendent ce qui est juste » et de « ceux qui mentent ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, parmi les opposants les plus virulents à la position américaine malgré l’alliance entre Washington et Ankara, avait lui exhorté la communauté internationale à ne pas se « vendre » pour « une poignée de dollars » face aux menaces de Donald Trump de couper des aides financières.

L’impact des pressions américaines était diversement apprécié après le vote.

Les Palestiniens ont salué un « revers cinglant » pour les États-Unis. Cela « réaffirme que la juste cause des Palestiniens bénéficie du soutien du droit international », a réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, qui espère ainsi maximiser son poids lors d’une éventuelle reprise du processus de paix.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rejetant la décision de l’Assemblée générale de l’ONU, qualifiée de « maison des mensonges », a lui au contraire réagi « avec satisfaction face au nombre important de pays qui n’ont pas voté en faveur » de la résolution.

« Il est clair que de nombreux pays ont donné la priorité à leur relation avec les États-Unis par rapport à une tentative vaine de nous isoler », s’est aussi réjoui un porte-parole de la mission américaine à l’ONU à la lecture des résultats détaillés du vote.

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Abbas: “Nous sommes inspirés par le message de Jésus ..”

Le chef de l’entité terroriste “Autorité palestinienne”, Mahmoud Abbas, a présenté vendredi Jésus comme une source d’inspiration pour les Palestiniens luttant contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

“Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance”, a déclaré le dirigeant palestinien dans ses vœux de Noël adressés aux Chrétiens.

“Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien”, a-t-il expliqué

“Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir”, a-t-il poursuivi. “Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés”, a cité le dirigeant palestinien, en référence au Sermon sur la montagne prononcé par Jésus.

En 2015, un prêtre orthodoxe israélien, le Père Gabriel Naddaf, avait fustigé l’instrumentalisation politique de Jésus par les Palestiniens.

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Qui est Ahed Tamimi, l’activiste palestinienne jugée pour avoir giflé des soldats israéliens

PALESTINE – Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux.

Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons.

Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, les soldats israéliens ont saisi des téléphones cellulaires, des organisateurs portables et des appareils photos au domicile de la jeune fille. D’après son père, Bassem Tamimi, les militaires auraient fait irruption dans la maison familiale avec « une extrême brutalité », auraient frappé Nariman Tamimi, la mère d’Ahed, ainsi que ses frères et sœurs, avant d’embarquer la jeune fille sans leur préciser où elle serait emmenée.

Le père a ajouté sur Facebook que sa fille était visée depuis qu’elle avait été attaquée par les médias israéliens, pour avoir protesté contre les soldats qui avaient abattu un adolescent de 14 ans d’une balle enrobée de caoutchouc à Nabi Saleh. Elle aurait pris la défense du jeune garçon, Mohammed Tamimi, plongé actuellement dans un coma artificiel.

Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc.

En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne.

Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient.

Voir par ailleurs:

La vraie réponse palestinienne au discours de Jérusalem de Trump
Bassam Tawil
Gatestone institute
21 décembre 2017
Traduction du texte original: The Real Palestinian Response to Trump’s Jerusalem Speech

Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire.

A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump.

Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis.

Si les photographes et les cameramen avaient boycotté l’embrasement « spontané » de la rue palestinienne et la mise à feu de l’effigie de Trump, les activistes palestiniens auraient tranquillement battu en retraite en direction de l’un ou l’autre des excellents cafés de Bethléem.

Mais les militants palestiniens n’avaient aucune inquiétude : ils savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville.

En laissant croire que la « cérémonie » du bucher de Trump était l’expression de la rage palestinienne, les médias internationaux ont à nouveau agi en complices des propagandistes palestiniens. Les dirigeants palestiniens et leurs porte-paroles veulent faire croire que la décision de Trump concernant Jérusalem va enflammer la région. Ils cherchent également à faire croire au peuple américain que la politique de leur président met leur vie de citoyens en danger. Là, encore et toujours, les médias se mettent au service des campagnes d’intimidation palestiniennes. Et l’écho qu’ils ont donné à la farce des affiches de Bethléem n’est que le début.

Maintenant que les Palestiniens ont réussi, avec l’aide des médias, à incruster ces images dans l’esprit de millions d’Américains, ils envisagent des manifestations plus importantes. L’objectif : terrifier le public américain et faire reculer Trump sur le statut de Jérusalem. Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux.

Aujourd’hui, journalistes palestiniens et occidentaux ont été invités à couvrir une série de manifestations que les Palestiniens ont organisé pour les jours et les semaines à venir. Photographes et reporters de télévision se sont vu remettre la liste et les horaires détaillés des événements prévus en différents endroits de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Palestiniens leur ont promis encore plus d’effigies de Trump et de drapeaux américains en flammes. Certains journalistes ont été informés des meilleurs « affrontements » entre émeutiers palestiniens et soldats des Forces de défense israéliennes. En d’autres termes, ils savent exactement ou se rendre pour filmer des Palestiniens en train de lapider les soldats – avec la riposte prévisible de Tsahal.

Le plus drôle est que si, pour une raison ou une autre, les caméras sont absentes, les « activistes » ne se montreront pas non plus. Dans le monde palestinien, il s’agit seulement d’enrôler et de manipuler les médias pour une cause unique : dénigrer Israël – et Trump avec.

Oui, les Palestiniens vont manifester contre Trump. Oui, ils descendront dans les rues et lanceront des pierres sur les soldats de Tsahal. Oui, ils vont brûler des images de Trump et des drapeaux américains. Oui encore, ils tenteront des attaques terroristes contre les Israéliens.,

Mais quand, confortablement installés ans nos salons nous verrons les « informations » en provenance de Cisjordanie et de la bande de Gaza, nous devrons nous poser la question : ces « événements » ne sont-ils pas en réalité des farces médiatiques ? Une question qui entraîne d’autres questions. Pourquoi les journalistes se laissent-ils duper par la machine de propagande palestinienne, qui crache haine et violence du matin au soir ? Et, pourquoi les journalistes amplifient-ils et aggravent-ils les menaces de violence et d’anarchie proférées par les Palestiniens ?

La première réponse à ces questions est que de nombreux journalistes répondent à la demande de leurs lecteurs et rédacteurs en chef en proposant des articles négatifs sur Israël. Certains journalistes sont également convaincus qu’une couverture anti-israélienne représente une voie royale pour obtenir les trophées et récompenses que décernent diverses organisations bien pensantes. Troisièmement, de nombreux journalistes pensent que des articles anti-israéliens leur donne la possiblité de copiner avec la gauche intellectuelle et de fréquenter des coteries soi-disant « éclairées » persuadées d’être dans « le sens de l’histoire ». Ils ne veulent surtout pas voir que, depuis plusieurs décennies, 21 États musulmans tentent de détruire un État juif ; ces plumitifs « de gauche » et à l’ « esprit ouvert » préfèrent se raconter l’histoire qu’il est de leur devoir de soutenir l’« opprimé », qui est selon eux « le Palestinien ». Enfin, la plupart des journalistes réduisent le conflit a une opposition entre les méchants (les Israéliens) et les gentils (les Palestiniens) ; ils croient de leur devoir de se ranger du côté des « gentils », peu importe que ces « gentils » pratiquent la violence et le terrorisme.

Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ?

Il serait temps que les médias se livrent à un minimum d’introspection : veulent-ils vraiment continuer à « servir la soupe » aux Arabes et aux musulmans qui intimident et terrorisent l’Occident ?

Les journalistes entrent en collusion avec l’Autorité palestinienne et le Hamas pour créer la fausse impression que la troisième guerre mondiale va éclater si l’ambassade américaine est déplacée à Jérusalem. Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ?

Bassam Tawil est un musulman basé au Moyen-Orient.

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400 attaques contre des Israéliens ont été déjouées en 2017 (Shin Bet)


Police israélienne
Selon la sécurité intérieure, le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Cisjordanie

Près de 400 attaques terroristes contre des Israéliens ont été déjoués en 2017, a indiqué dimanche le chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet), Nadav Argaman.

« Le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Judée et en Samarie (Cisjordanie) et de porter atteinte à la stabilité » dans la région, a affirmé le responsable sécuritaire israélien lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Sécurité du Parlement.

« Le calme relatif que nous vivons est un calme trompeur. Sous la surface, les choses sont préoccupantes », a souligné Nadav Argaman.

Selon le chef du Shin Bet, 400 attaques terroristes significatives contre des Israéliens ont été déjouées en 2017, dont treize attentats-suicides, huit enlèvements et 94 attentats « sacrifices », qui désignent ceux au terme desquels les terroristes savent que leurs chances d’être encore en vie sont faibles.

Près de 100 terroristes isolés potentiels ont été neutralisés, et seulement 54 sont parvenus à mener une attaque, contre 108 l’année dernière.

« La période à venir va être très difficile », a conclu Argaman. « Il y a des troubles sur le terrain et une incitation à la violence de l’Autorité palestinienne qui fait descendre les Palestiniens dans la rue ».

« Il faut analyser la signification de l’échec du processus de réconciliation », a-t-il affirmé, faisant allusion au difficile rapprochement entre le Hamas et le Fatah, qui laisse présager ‘ »une période instable dans les prochains mois ».

Depuis l’annonce de la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre dernier, des affrontements quasi-quotidiens entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens ont eu lieu en Cisjordanie et à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, faisant des centaines de blessés.

Onze Palestiniens ont perdu la vie au cours de ces violences, et des dizaines d’autres ont été arrêtés.

Lors d’une rare apparition télévisée, le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a exhorté jeudi les Palestiniens à attaquer les soldats israéliens et les civils qui vivent en Cisjordanie.

Cependant, malgré les appels à une troisième intifada des dirigeants du Hamas, les affrontements restent limités et le nombre d’émeutiers ne constituent pas une menace sérieuse pour l’instant, selon l’appareil sécuritaire israélien.

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L’Administration Obama a tenté d’entraver une vaste opération d’investigation visant le Hezbollah, assure Politico

Le magazine américain publie une grande enquête dans laquelle il explique pourquoi l’ancienne administration américaine a mis des bâtons dans les roues d’une vaste investigation visant les « activités criminelles » du Hezbollah à travers le monde.

L’Orient le jour

18/12/2017

Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015.

Politico, fondé en 2007, est un grand média américain qui se concentre sur l’actualité de la Maison Blanche, du Congrès américain et de la politique gouvernementale des États-Unis.

Le résultat de cette enquête, menée par Josh Meyer, est un long article divisé en trois parties. Dans la première, intitulée « L’émergence d’une menace mondiale », le journaliste décrit l’évolution du Hezbollah, la présentant comme une milice agissant principalement, dans un premier temps, pour des raisons politiques au Moyen-Orient, avant de se transformer en une plateforme de trafic de drogues et d’armes, finançant son expansion et blanchissant ses rentrées financières via un trafic de voitures en direction de plusieurs pays d’Afrique.

Dans cette première partie, Politico évoque notamment le Projet Cassandra, une campagne lancée en 2008, « après que la Drug Enforcement Administration (DEA) ait rassemblé des preuves que le Hezbollah s’était transformé d’organisation militaire et politique focalisée sur le Moyen-Orient en organisation criminelle internationale dont certains enquêteurs estimaient qu’elle tirait d’opérations de trafic de drogue, d’armes, de blanchiment et d’autres activités criminelles un bénéfice d’un milliard de dollars par an ».

Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico.

Des bâtons dans les roues
La seconde partie de l’article, intitulée « Partout et nulle part », revient sur l’expansion des réseaux criminels du Hezbollah en Amérique latine, en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis et sur les moyens déployés par le Projet Cassandra pour en découvrir toutes les ramifications.

Dans la troisième et dernière partie de son article, M. Meyer explique en détail les différents moyens mis en œuvre par l’administration Obama pour freiner l’avancée des enquêtes menées dans le cadre du Projet Cassandra, notamment en rejetant les demandes de poursuites criminelles contre des personnalités-clés du parti chiite libanais ou en refusant de mettre en place des stratégies pour les attirer vers des pays où ils auraient pu être arrêtés.

Les réticences de Barack Obama et de son administration étaient surtout liées à leur volonté de ne pas mettre à mal les négociations, alors en cours, avec Téhéran concernant le nucléaire, et qui ont mené, en juillet 2015 à la signature d’un accord entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni, France et Russie), l’Allemagne et l’Iran. Les obstacles placés par l’administration américaine de l’époque visaient également, selon des sources, la plupart anonymes, interrogées par Politico, à faciliter les pourparlers en cours pour la libération d’Américano-iraniens détenus par l’Iran. Politico évoque enfin le fait que l’Administration Obama voulait pouvoir compter sur l’Iran dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Kerry réfute
L’ancien secrétaire d’Etat, John Kerry, qui a supervisé tout le processus de négociations avec l’Iran, rejette les conclusions de l’enquête. « Les négociations nucléaires se sont faites de façon indépendante, aucune discussion n’a jamais eu lieu sur les liens existant entre ces négociations et d’autres dossiers », affirme-t-il. Mais un ancien officier de la CIA, qui était basé à l’époque au Moyen-Orient, assure à Politico que « très tôt dans les négociations, les Iraniens ont dit +Écoutez, vous devez relâcher la pression sur le Hezbollah+, ce que l’administration Obama a accepté de faire ». « Il s’agissait d’une décision stratégique visant (pour les Américains) à faire preuve de bonne volonté envers les Iraniens dans le cadre de la recherche d’un accord (sur le nucléaire iranien), ajoute-t-il. Et l’équipe d’Obama voulait vraiment, vraiment, vraiment, cet accord ».

Cet article intervient alors que l’Administration de Donald Trump est en passe de renforcer les sanctions contre le Hezbollah, et alors que le président américain dénonce régulièrement l’accord sur le nucléaire iranien, le « pire » conclu par les Etats-unis selon lui. Le 13 octobre dernier, il avait refusé d’endosser son application. S’il avait, à cette occasion, prononcé un discours virulent aux accents de déclaration de guerre contre Téhéran, M. Trump n’était cependant pas allé jusqu’à « déchirer » l’accord, comme il s’y était engagé pendant la campagne.

Lire ici l’intégralité de l’enquête de Politico

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Israël «pas un vrai pays» : le magazine Youpi retiré des ventes

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’était ému auprès du groupe Bayard d’une carte du monde ne reconnaissant pas l’État hébreu comme un «vrai pays». L’éditeur a choisi de retirer la publication des kiosques dès mardi.
Le Figaro
25/12/2017

Le numéro de janvier du magazine pour enfants Youpi va être retiré de la vente mardi, après avoir écrit qu’Israël n’était «pas un vrai pays», a annoncé lundi le groupe Bayard, répondant favorablement à la requête du président du Crif, Francis Kalifat. L’édition de janvier du mensuel contient une carte du monde avec la légende suivante: «On appelle ces 197 pays des États, comme la France, l’Allemagne ou l’Algérie. Il en existe quelques-uns de plus, mais tous les autres pays du monde ne sont pas d’accord pour dire que ce sont de vrais pays (par exemple l’État d’Israël ou la Corée du Nord)».

«Une maladresse»

«On reconnaît une erreur, une maladresse, nous ne voulions évidemment en aucun cas contester l’existence de l’État d’Israël», a déclaré Pascal Ruffenach, président du groupe Bayard, qui édite le magazine Youpi. «Nous faisons acte de bonne volonté, c’est important de contribuer à l’esprit de pacification et d’apaisement», a-t-il ajouté. Contacté un peu plus tôt par l’AFP, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat avait annoncé qu’à sa demande, le groupe Bayard allait retirer le numéro 352 de Youpi de la vente. Francis Kalifat avait été avisé par des lecteurs de cette «contrevérité historique livrée à l’esprit de jeunes enfants entre 5 et 10 ans. Je me suis empressé d’écrire au rédacteur en chef du magazine et au président du groupe Bayard sur cette erreur flagrante qui y figurait et leur demander de rétablir les choses».

Francis Kalifat estime désormais qu’il s’agit d’«un non-évènement», jugeant qu’il n’y avait «plus matière à polémique». Le Crif a en outre demandé la publication dans le prochain numéro d’un «rectificatif ainsi qu’un article expliquant ce qu’est Israël et comment et pourquoi il est né», indique-t-il sur Facebook. Pascal Ruffenach n’a pas dit s’il donnerait suite à cette requête. «On a sorti le numéro de décembre dans lequel on expliquait les religions aux enfants. Nos publications suivent le rythme d’enfants de six ans, on verra comment faire au mieux pour les prochaines fois», a-t-il réagi.

L’État d’Israël a été proclamé en mai 1948 à la suite d’un vote de l’ONU sur le partage de la Palestine. Israël est membre de l’ONU depuis mai 1949.

Voir enfin:

A l’université, attention à « la banalisation de l’antisémitisme »
Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels s’indigne de la multiplication de colloques à visées militantes. Un nouvel antiracisme assimile juifs et oppresseurs et ravive ainsi des clichés antisémites.
Alain Policar (Sociologue) et Emmanuel Debono (Historien)
Le Monde
30.11.2017

« Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? » (Université de La Rochelle).

Tribune. Nous souhaitons vivement attirer l’attention sur certains ­processus de banalisation de l’antisémitisme à l’université depuis quelques années. Fin 2012, à l’université de La Rochelle, des étudiants voulant critiquer la marchandisation du monde montaient une pièce de théâtre dans laquelle le prétendu rapport des juifs à l’argent était présenté comme une évidence. Malgré les protestations, l’université était restée impassible.

L’invitation d’Houria Bouteldja à l’université de Limoges, le 24 novembre, obéit à une logique semblable. Pour en défendre l’opportunité, le président de l’université – qui a dû, face aux protestations, se résoudre à annuler l’événement – a argué que « les séminaires de recherche doivent être l’occasion de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

Discuter de tout est une chose. La question est de savoir avec qui et dans quel but. Quand approfondit-on la recherche et la visée de connaissance ? A partir de quand bascule-t-on dans l’idéologie et la propagande ? Peut-on suggérer, pour une prochaine rencontre, un débat entre un représentant du créationnisme et un théoricien de l’évolution ? Ou ­entre un négationniste et un historien de la Shoah ?

Car après avoir officiellement soutenu la « résistance du Hamas », déclaré, en 2012, « Mohamed Merah, c’est moi », après avoir fièrement posé à côté d’un graffiti « Les sionistes au goulag » et ­condamné les mariages mixtes, Houria Bouteldja a pu, dans son dernier livre, Les Blancs, les Juifs et nous (La Fabrique, 2016), renvoyer à longueur de pages les Blancs à leur indépassable « blanchité » et exprimer son obsession des juifs.

Elle se dit capable de reconnaître les juifs « entre mille », par leur « soif de vouloir se fondre dans la blanchité ». L’antisémitisme serait l’apanage des Blancs, l’antisionisme étant au contraire un instrument d’émancipation : « L’antisionisme est notre terre d’asile. Sous son haut patronage, nous résistons à l’intégration par l’antisémitisme tout en poursuivant le combat pour la ­libération des damnés de la terre. » Propos présentant l’intérêt d’être discutés « sans préjugés » ou appels caractérisés au mépris sinon à la haine ?

L’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme

Certains chercheurs ont répondu à cette question en trouvant quelque vertu à la pensée de la présidente du Parti des indigènes de la République (PIR). Déjà le 19 juin, sur Le Monde.fr, ils furent quelques-uns à lui témoigner leur soutien dans ce qui se voulait une vi­goureuse défense de l’antiracisme politique. La pensée de la militante était alors promue comme le début d’un travail d’émancipation à l’égard des catégories oppressives.

Critiquer cette perspective, c’était se détourner de la lutte en faveur des plus démunis, « prolétaires, paysans, chômeurs, laissés-pour-compte, sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Qui trop embrasse… On voit mal pourtant comment concilier la mixophobie revendiquée et la « politique de l’amour ­révolutionnaire » chantée par l’auteure. Aveuglés, nous avions osé penser qu’il s’agissait là d’idées incompatibles !
D’étranges syndicalistes

La banalisation de l’antisémitisme emprunte le chemin d’une confusion des genres, d’un refus de hiérarchiser, lorsque l’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme. La multi­plication, depuis quelque temps, de ­colloques ou de journées d’études à visées militantes, faisant intervenir des proches du PIR ou des partisans de ses théories, a de quoi inquiéter.

Le phénomène a son pendant dans l’enseignement secondaire, où d’étranges syndicalistes ont tenté d’organiser des ateliers « en non-mixité raciale ». Car ce nouvel « antiracisme » a la particularité de réinvestir la pensée essentialisante et racisante, en circonscrivant la pro­blématique du racisme dans un rapport dominants-dominés que nourriraient l’ethnocentrisme, le capitalisme et les survivances du colonialisme.

Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? Force est alors de constater que les antisémites sont légion, mais que l’antisémitisme a disparu.

Lire aussi : En France, l’antisémitisme « du quotidien » s’est ancré et se propage

Il y a des chercheurs pour lesquels l’obsession d’une « question juive », l’idée d’un affrontement émancipateur entre « sionistes » et « indigènes », le recours à la racialisation et à la séparation en fonction des origines constitueraient des bases d’échange acceptables dans l’espace universitaire ou l’institution scolaire. Aussi ne sait-on plus vraiment si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des « opinions » ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom de la loi et des principes de la démocratie.

Le texte publié ce 24 novembre par ­Libération (« Contre le lynchage médiatique et les calomnies visant les anti­racistes ») participe de ce brouillage. Il ne serait pas permis de condamner, comme nous venons de le faire, les vecteurs de l’antisémitisme ordinaire sans être englobés dans la sphère identitaire fondamentalement xénophobe. Nous ne sommes pas de ceux-là : notre combat contre les idéologies d’exclusion profondément antirépublicaines, lesquelles témoignent de l’intolérance à la diversité visible, est sans concession.

Sont également co-signataires de cette tribune : Joëlle Allouche (psychosociologue), Claudine Attias-Donfut (sociologue), Martine Benoit (historienne), Antoine Bevort (sociologue), Claude Cazalé Bérard (italianiste), Vincenzo Cicchelli (sociologue), André Comte-Sponville (philosophe), Claudine Cohen (philosophe et historienne), Patricia Cotti (psychopathologue), Stéphanie Courouble Share (historienne), Laurence Croix (psychologue), Danielle Delmaire (historienne), Gilles Denis (historien et épistémologue), Michel Dreyfus (historien), Alexandre Escudier (historien et politiste), Christian Gilain (mathématicien), Yana Grinshpun (linguiste), Valérie Igounet (historienne), Gunther Jikeli (historien), Yann Jurovics (juriste), Andrée Lerousseau (germaniste), Jean-Claude Lescure (historien), Françoise Longy (philosophe), Marylène Mante Dunat (juriste), Céline Masson (psychopathologue), Isabelle de Mecquenem (philosophe), Sylvie Mesure (sociologue et philosophe), Denis Peschanski (historien), Christine Pietrement (pédiatre), Valéry Rasplus (sociologue), Bernard Reber (philosophe), Myriam Revault d’Allonnes (philosophe), Sophie Richardot (psychosociologue), Maryse Souchard (sciences de la communication), Christophe Tarricone (historien), Francis Wolff (philosophe), et Paul Zawadzki (politiste).


Education: Trop intelligents pour être heureux (Harvard’s new Jews: How Ivy League schools’ fear of over-representation, stereotyping or preferences for athletes, large donors, alumni and under-represented groups sublty discriminate against Asian students)

17 décembre, 2017

The image of Asian-Americans as a homogeneous group of high achievers taking over the campuses of the nation’s most selective colleges came under assault in a report issued Monday.

The report, by New York University, the College Board and a commission of mostly Asian-American educators and community leaders, largely avoids the debates over both affirmative action and the heavy representation of Asian-Americans at the most selective colleges.

But it pokes holes in stereotypes about Asian-Americans and Pacific Islanders, including the perception that they cluster in science, technology, engineering and math. And it points out that the term “Asian-American” is extraordinarily broad, embracing members of many ethnic groups.

“Certainly there’s a lot of Asians doing well, at the top of the curve, and that’s a point of pride, but there are just as many struggling at the bottom of the curve, and we wanted to draw attention to that,” said Robert T. Teranishi, the N.Y.U. education professor who wrote the report, “Facts, Not Fiction: Setting the Record Straight.”

“Our goal,” Professor Teranishi added, “is to have people understand that the population is very diverse.”

The report, based on federal education, immigration and census data, as well as statistics from the College Board, noted that the federally defined categories of Asian-American and Pacific Islander included dozens of groups, each with its own language and culture, as varied as the Hmong, Samoans, Bengalis and Sri Lankans.

Their educational backgrounds, the report said, vary widely: while most of the nation’s Hmong and Cambodian adults have never finished high school, most Pakistanis and Indians have at least a bachelor’s degree.

The SAT scores of Asian-Americans, it said, like those of other Americans, tend to correlate with the income and educational level of their parents.

“The notion of lumping all people into a single category and assuming they have no needs is wrong,” said Alma R. Clayton-Pederson, vice president of the Association of American Colleges and Universities, who was a member of the commission the College Board financed to produce the report.

“Our backgrounds are very different,” added Dr. Clayton-Pederson, who is black, “but it’s almost like the reverse of what happened to African-Americans.”

The report found that contrary to stereotype, most of the bachelor’s degrees that Asian-Americans and Pacific Islanders received in 2003 were in business, management, social sciences or humanities, not in the STEM fields: science, technology, engineering or math. And while Asians earned 32 percent of the nation’s STEM doctorates that year, within that 32 percent more than four of five degree recipients were international students from Asia, not Asian-Americans.

The report also said that more Asian-Americans and Pacific Islanders were enrolled in community colleges than in either public or private four-year colleges. But the idea that Asian-American “model minority” students are edging out all others is so ubiquitous that quips like “U.C.L.A. really stands for United Caucasians Lost Among Asians” or “M.I.T. means Made in Taiwan” have become common, the report said.

Asian-Americans make up about 5 percent of the nation’s population but 10 percent or more — considerably more in California — of the undergraduates at many of the most selective colleges, according to data reported by colleges. But the new report suggested that some such statistics combined campus populations of Asian-Americans with those of international students from Asian countries.

The report quotes the opening to W. E. B. Du Bois’s 1903 classic “The Souls of Black Folk” — “How does it feel to be a problem?” — and says that for Asian-Americans, seen as the “good minority that seeks advancement through quiet diligence in study and work and by not making waves,” the question is, “How does it feel to be a solution?”

That question, too, is problematic, the report said, because it diverts attention from systemic failings of K-to-12 schools, shifting responsibility for educational success to individual students. In addition, it said, lumping together all Asian groups masks the poverty and academic difficulties of some subgroups.

The report said the model-minority perception pitted Asian-Americans against African-Americans. With the drop in black and Latino enrollment at selective public universities that are not allowed to consider race in admissions, Asian-Americans have been turned into buffers, the report said, “middlemen in the cost-benefit analysis of wins and losses.”

Some have suggested that Asian-Americans are held to higher admissions standards at the most selective colleges. In 2006, Jian Li, the New Jersey-born son of Chinese immigrants, filed a complaint with the Office for Civil Rights at the Education Department, saying he had been rejected by Princeton because he is Asian. Princeton’s admission policies are under review, the department says.

The report also notes the underrepresentation of Asian-Americans in administrative jobs at colleges. Only 33 of the nation’s college presidents, fewer than 1 percent, are Asian-Americans or Pacific Islanders.

Voir aussi:

Data check: Why do Chinese and Indian students come to U.S. universities?

Two new reports document the continued growth in the overall number of students coming to the United States from other countries. Those pursuing undergraduate degrees in so-called STEM (science, technology, engineering, and mathematics) fields make up 45% of the undergraduate total, and their share of the graduate pool is even larger. But within that broad picture are some surprising trends involving China and India, the two countries that supply the largest number of students (see graphic, above).

One is that the flow of Chinese students into U.S. graduate programs is plateauing at the same time their pursuit of U.S. undergraduate degrees is soaring. Another is the recent spike in graduate students from India occurring despite a continuing small presence of Indian students at the undergraduate level.

In August, ScienceInsider wrote about a report from the Council of Graduate Schools (CGS) on the most recent acceptance rates for foreign students at U.S. graduate programs. Last week the report was updated to reflect this fall’s actual first-time enrollment figures. And yesterday the Institute of International Education (IIE) issued its annual Open Doors report, which covers both undergraduate and graduate students from elsewhere enrolling in the United States as well as U.S. students studying abroad.

According to IIE, 42% of the 886,000 international students at U.S. universities in 2013 to 2014 hailed from China and India. China makes up nearly three-fourths of that subtotal. In fact, the number of Chinese students equals the total from the next 12 highest ranking countries after India.

This year’s IIE report also includes a look at 15-year trends. For example, foreign students compose only 8.1% of total U.S. enrollment, but their numbers have grown by 72% since 1999, making international students an increasingly important part of U.S. higher education.

Their presence has long been visible within graduate programs in science and engineering fields, of course. But the new Open Doors report documents a surge in undergraduate enrollment from China, to the point where it almost equals the number of graduate students in the country—110,550 versus 115,727. In 2000, the ratio was nearly 1-to-6.

Trying to understand such trends keeps university administrators up at night. And the more they know, the better they can be at anticipating the next trend. That’s why ScienceInsider turned to Peggy Blumenthal. She’s spent 30 years at IIE, most recently as senior counselor to its current president, Allan Goodman, and that longevity has given her a rich perspective on the ebb and flow of international students. Here is her perspective on what’s moving the needle for Chinese and Indian students.

An explosion of Chinese undergraduates

The numbers: Chinese undergraduate enrollment in the United States has grown from 8252 in 2000 to 110,550 last year. Almost all of that growth has occurred since 2007, and there has been a doubling since 2010.

The reasons: A high score on China’s national college entrance examination, called the gaokao, enables a Chinese student to attend a top university and can punch their ticket to a successful career. It requires years of high-stress preparation, however. A growing number of parents choose to remove their children from that pressure cooker, Blumenthal says, and look for alternatives abroad. The chance for a liberal arts education at a U.S. university is an attractive alternative to the rigid undergraduate training offered by most Chinese universities, she adds.

The U.S. system of higher education, Blumenthal says, offers Chinese families “a unique opportunity to shop” based on the price, quality, and reputation of the institution. The cost of out-of-state tuition at a top public U.S. university is a relative bargain for China’s growing middle class, she notes, and community colleges are dirt cheap.

Recent changes in immigration policies have made the United Kingdom and Australia less desirable destinations among English-speaking countries, according to Blumenthal. She also thinks that U.S. colleges have built a sturdy support system based on their decades of experience in hosting foreign students. “In Germany or France you’re pretty much on your own” in choosing classes, completing the work, and earning a degree, she says. “Nobody is there to help if you’re having trouble.”

Flat Chinese graduate enrollment

The numbers: The CGS report says that the number of first-time graduate students this fall from China fell by 1%, the first time in the decade that it has declined. Thanks to that dip, the growth in the overall number of Chinese graduate students on U.S. campuses slowed to just 3% this fall, compared with double-digit increases in recent years. U.S. academic scientists may not be aware of this emerging trend because of the sheer number of Chinese graduate students on U.S. campuses. IIE puts the number last year at 115,727, and the CGS report says they represent one-third of all foreign graduate students.

The reasons: Chinese graduate students have more options at home now. “China has pumped enormous resources into its graduate education capacity” across thousands of universities, Blumenthal says. An increasing proportion of the professors at those universities have been trained in the United States and Europe, she says, and upon their return they have implemented Western research practices. “They are beginning to teach more like we do, publish like we do, and operate their labs like we do.”

At the same time, she says, the added value of a U.S. graduate degree has shrunk in relation to a comparable Chinese degree. “That’s not true for MIT [the Massachusetts Institute of Technology] or [the University of California,] Berkeley, of course—those degrees still carry a premium in the job market,” she says. “But for the vast majority of Chinese students, it’s not clear that an investment in a U.S. degree is worth it, especially when the rapid growth of the Chinese economy has created such a great need for scientific and engineering talent.”

In the United States, a tight job market often translates into more students attending graduate school in the hope that it will give them an edge. But high unemployment rates among college graduates in China haven’t created a potentially larger pool of applicants to U.S. graduate programs, she says, because those students are not competitive with their U.S. peers.

“They are probably not English speakers and would have trouble passing the TOEFL [an assessment of English language skills],” she surmises. “So they might only get into a fourth-rate U.S. graduate program.” In contrast, she says, U.S. graduate programs have historically gotten “the cream of the crop” from China. And if a larger proportion of those students can build a career in China, fewer need apply to U.S. graduate programs.

Few Indian undergraduates

The numbers: India barely registers on a list of originating countries for U.S. undergraduates. Compared with China, home to 30% of all U.S. international undergrads, Indian students compose only 3% of the pool. And the overall total for 2013—12,677—actually reflects a drop of 0.5% from 2012.

The reasons: Top-performing Indian students are well-served at the undergraduate level by the country’s network of elite technology institutes, known as IITs. India has also never had a strong connection to the United States at the undergraduate level, according to Blumenthal. In addition, she says, “many Indian parents are reluctant to send their girls abroad, especially at the undergraduate level.” By contrast, she says, China’s one-child-per-family rule has meant that they have “one shot at success, male or female.”

Soaring graduate enrollment from India

The numbers: The incoming class of Indian students for U.S. graduate programs is 27% larger this year than in 2013, according to CGS’s annual survey. And that increase follows a 40% jump in 2013 over 2012. However, CGS officials note that the Indian numbers have historically been more volatile than those from China; the increases for 2011 and 2012 were 2% and 1%, respectively.

The reasons: U.S. graduate programs have benefited from several recent developments that, together, have opened the floodgates for Indian students. For starters, India’s investment in higher education hasn’t yet had much effect on graduate education, Blumenthal says. Unlike in China, she says, “in India there’s been very little effort to upgrade the quality of the faculty.”

At the same time, it’s becoming harder for graduates of India’s universities to follow the traditional path of doing their further training in Britain or Australia, as many of their professors had done in previous generations. For the United Kingdom, tuition increases, visa restrictions, and a tightening of rules for those seeking work permits after college have all created greater barriers to entry, Blumenthal says. “It sends a message from the U.K. government that [it’s] not really interested in international students,” she says. “They are now regarded as simply another category of immigrants” rather than a valuable future source of intellectual capital.

In Australia, Blumenthal notes, there’s a growing backlash against earlier government attempts to recruit more international students. “People think they let in too many,” she says. “They didn’t fit in, they didn’t speak English, and there was a perception that they were taking away jobs from Australians.”

A recent strengthening of the rupee against the U.S. dollar has made U.S. graduate education more affordable for the middle class, she adds. And sluggish economic growth in India has meant fewer jobs for recent college graduates.

Foreign Student Dependence

New report provides breakdown on international enrollments by discipline and institution, showing that there are graduate STEM programs in which more than 90 percent of students are from outside the U.S.

Elizabeth Redden
July 12, 2013

International students play a critical role in sustaining quality science, technology, engineering and mathematics (STEM) graduate programs at U.S. universities, a new report from the National Foundation for American Policy (NFAP) argues.

It will come as no surprise to observers of graduate education that the report documents the fact that foreign students make up the majority of enrollments in U.S. graduate programs in many STEM fields, accounting for 70.3 percent of all full-time graduate students in electrical engineering, 63.2 percent in computer science, 60.4 percent in industrial engineering, and more than 50 percent in chemical, materials and mechanical engineering, as well as in economics (a non-STEM field). However, the report, which analyzes National Science Foundation enrollment data from 2010 by field and institution, also shows that these striking averages mask even higher proportions at many individual universities. For example, there are 36 graduate programs in electrical engineering where the proportion of international students exceeds 80 percent, including seven where it exceeds 90. (The analysis is limited to those programs with at least 30 full-time students.)

Graduate Electrical Engineering Programs With More Than 90 Percent International Enrollment

University Number of U.S. Citizens or Permanent Residents Enrolled Full-Time Number of International Students Enrolled Full-Time Percent International Enrollment
University of Texas at Arlington 16 229 93.5
Fairleigh Dickinson University 3 42 93.3
Illinois Institute of Technology 31 400 92.8
University of Houston 16 180 91.8
State University of New York at Buffalo 19 189 90.9
New Jersey Institute of Technology 21 201 90.5
Rochester Institute of Technology 11 105 90.5

    National Foundation for American Policy analysis of National Science Foundation data from 2010.

“International students help many universities have enough graduate students to support research programs that help attract top faculty and that also thereby help U.S. students by having a higher-quality program than they otherwise would have,” said Stuart Anderson, NFAP’s executive director and author of the report. Without them, he said, “you’d see a shrinking across the board where you’d have just certain schools that are able to support good programs. That would lead to a shrinking of U.S. leadership in education and technology if you have many fewer programs with high-quality research and top-level professors.”

“To some extent this reflects some of what’s going on in our society within the U.S. in terms of trying to push for more interest in STEM fields,” said Jonathan Bredow, professor and chair of the electrical engineering department at the University of Texas at Arlington, a program with more than 90 percent international enrollment.  “Domestic students tend to be more interested in going out and getting a job right after a bachelor’s degree. Some see a value of getting a master’s degree but in terms of the Ph.D., I think it’s largely seen as unnecessary.”

“There’s a relatively small number of high-quality domestic students who can be accepted into our master’s and Ph.D. programs,” said Leonid Tsybeskov, professor and chair of the electrical and computer engineering department at the New Jersey Institute of Technology. He added that those domestic students who are strong candidates typically apply to higher-ranked programs than NJIT’s.

Indeed, said Anderson, “You talk to the professors, they say, ‘O.K., if we were MIT or Stanford we could get all the top U.S. students,’ but by definition there are only a few of those schools. Obviously everyone can’t be MIT or Stanford. » At the Massachusetts Institute of Technology, the proportion of international students in graduate electrical engineering programs is 52.5 percent and, in computer science, 35.3 percent. At Stanford, 56 percent of graduate electrical engineering students and 43.7 percent of graduate computer science students are international.

The report also emphasizes the value that international students can bring to the U.S. economy after graduation as researchers and entrepreneurs. Measures that would make it easier for STEM graduate students to obtain visas to work in the U.S. after graduation – measures that many in higher education see as crucial to the U.S. maintaining its edge in attracting international graduate students — are pending in Congress (and are included in the comprehensive immigration bill recently passed by the Senate).

« This report is very well-timed,” said Julia Kent, director of communications and advancement for the Council of Graduate Schools. “Obviously, for the policy reasons — the pending legislation about STEM visas — and second because there is data out there right now which suggests that we have some cause for concern in this country about the flow of international graduate students to the United States which we have always counted on. There is now more competition for international graduate students. Other countries are developing policies to promote the influx of foreign students to their shores, and there are also ways in which the current economy in the United States has reduced funding support for graduate students, which makes it more difficult to attract students to U.S. programs with attractive funding packages.”

CGS data on applications to U.S. graduate schools released in April show that total international applications grew by a meager 1 percent this year and that there were actually drops in applications from certain key sending countries, including China (-5 percent), South Korea (-13 percent) and Taiwan (-13 percent). On the plus side, applications from India increased 20 percent.

« It’s too soon to know how this data will actually affect enrollments, but the preliminary data show that there is some cause for concern,” Kent said.

Graduate Computer Science Programs With More than 90 Percent International Enrollment

University Number of U.S. Citizens or Permanent Residents Enrolled Full-Time Number of International Students Enrolled Full-Time Percent International Enrollment
San Diego State University 13 160 92.5
Texas A&M University-Corpus Christi 6 70 92.1
Illinois Institute of Technology 35 392 91.8
University of Missouri at Kansas City 8 81 91
University of New Haven 5 49 90.7
San Jose State University 35 323 90.2
Fairleigh Dickinson University 6 55 90.2

     National Foundation for American Policy analysis of National Science Foundation data from 2010.

Voir par ailleurs:

The Chosen The Hidden History of Admission and Exclusion at Harvard, Yale and Princeton By Jerome Karabel Illustrated. 711 pages. Houghton Mifflin. $28.

Nick Carraway and Sherman McCoy went to Yale. Amory Blaine and Doogie Howser went to Princeton. Oliver Barrett IV and Thurston Howell III went to Harvard. Charles Foster Kane was thrown out of all three. What these fictional characters all have in common, of course, is that they are all white, privileged males — completely representative figures, until the late 1960’s and early 70’s, of the student population at those three Ivy League schools.

In his informative but often vexing new book, Jerome Karabel, a professor of sociology at the University of California, Berkeley, looks at the admissions process at the so-called Big Three and how the criteria governing that process have changed over the last century in response to changes in society at large. His book covers much of the same ground that Nicholas Lemann covered — a lot more incisively — in his 1999 book « The Big Test: The Secret History of the American Meritocracy, » and it also raises some of the same questions that Jacques Steinberg, a reporter for The New York Times, did in his 2002 book, « The Gatekeepers: Inside the Admissions Process of a Premier College. »

Mr. Karabel writes that until the 1920’s, Harvard, Yale and Princeton, « like the most prestigious universities of other nations, » admitted students « almost entirely on the basis of academic criteria. » Applicants « were required to take an examination, and those who passed were admitted. » Though the exams exhibited a distinct class bias (Latin and Greek, after all, were not taught at most public schools), he says that « the system was meritocratic in an elemental way: if you met the academic requirements, you were admitted, regardless of social background. »

This all changed after World War I, he argues, as it became « clear that a system of selection focused solely on scholastic performance would lead to the admission of increasing numbers of Jewish students, most of them of eastern European background. » This development, he notes, occurred « in the midst of one of the most reactionary moments in American history, » when « the nationwide movement to restrict immigration was gaining momentum » and anti-Semitism was on the rise, and the Big Three administrators began to worry that « the presence of ‘too many’ Jews would in fact lead to the departure of Gentiles. » Their conclusion, in Mr. Karabel’s words: « given the dependence of the Big Three on the Protestant upper class for both material resources and social prestige, the ‘Jewish problem’ was genuine, and the defense of institutional interests required a solution that would prevent ‘WASP flight.’ « 

The solution they devised was an admissions system that allowed the schools, as Mr. Karabel puts it, « to accept — and to reject — whomever they desired. » Instead of objective academic criteria, there would be a new emphasis on the intangibles of « character » — on qualities like « manliness, » « personality » and « leadership. » Many features of college admissions that students know today — including the widespread use of interviews and photos; the reliance on personal letters of recommendation; and the emphasis on extracurricular activities — have roots, Mr. Karabel says, in this period.

Despite the reformist talk of figures like the Harvard president James Bryant Conant, Mr. Karabel contends, the admissions policy of the Big Three remained beholden to « the wealthy and the powerful. » And despite changes wrought by the G.I. Bill and the growing influence of faculty members, the Big Three still looked in 1960 much as they had before World War II: « overwhelmingly white, exclusively male and largely Protestant. »

Mr. Karabel reports that on the eve of President John F. Kennedy’s election, the three schools were « still de facto segregated institutions — less than 1 percent black and, in the case of Princeton, enrolling just 1 African-American freshman in a class of 826. » And while anti-Semitism was officially taboo, he notes, « Harvard rejected three-quarters of the applicants from the Bronx High School of Science and Stuyvesant that year (compared to just 31 percent from Exeter and Andover) while Yale limited the Jewish presence in the freshman class to one student in eight. »

All that changed in the 1960’s and 70’s, with new admissions policies pioneered by reformers like the Yale president Kingman Brewster and his dean of admissions, R. Inslee Clark Jr., known as Inky. With federal research money and foundation grants pouring into the Big Three, the schools became less dependent on the largess of their alumni, and a radically altered social environment — galvanized by the civil rights and student protest movements — spurred the impetus for change.

« By the mid-1970’s, » Mr. Karabel writes, « the formula — that is, the new admissions criteria and practices — used by the Big Three had been fully institutionalized: need-blind admissions, no discrimination against women or Jews, and special consideration for historically underrepresented minorities as well as athletes and legacies. »

It is Mr. Karabel’s thesis that these sorts of changes were adopted by the Big Three out of a desire « to preserve and, when possible, to enhance their position in a highly stratified system of higher education. » The institutions were « often deeply conservative » and « intensely preoccupied with maintaining their close ties to the privileged, » he writes, arguing that when change did come it almost always derived from one of two sources: because « the continuation of existing policies was believed to pose a threat either to vital institutional interests » (i.e., Yale and Princeton decided to admit women when they realized that their all-male character was hobbling them in their efforts to compete with Harvard for the very best students) or « to the preservation of the larger social order of which they were an integral — and privileged — part » (i.e., the Big Three’s adoption of vigorous race-based affirmative action after the race riots of 1965-68).

Although Mr. Karabel’s narrative becomes mired, in its later pages, in a Marxist-flavored philosophical questioning of the very idea of meritocracy, his account of changing admissions policies at Yale, Harvard and Princeton serves a useful purpose. It puts each school’s actions in context with the others’ and situates those developments within a broader political and social context. While at the same time it shows, in minute detail, how the likes of Nick Carraway, Oliver Barrett IV and Amory Blaine went from being typical students at the Big Three to being members of just one segment of coed, multicultural and increasingly diverse student bodies — if, that is, they could even manage to be admitted today.

 Voir aussi:

Why the SAT Isn’t a ‘Student Affluence Test’
A lot of the apparent income effect on standardized tests is owed to parental IQ—a fact that needs addressing.
Charles Murray
WSJ
March 24, 2015
… The results are always the same: The richer the parents, the higher the children’s SAT scores. This has led some to view the SAT as merely another weapon in the inequality wars, and to suggest that SAT should actually stand for “Student Affluence Test.”

It’s a bum rap. All high-quality academic tests look as if they’re affluence tests. It’s inevitable. Parental IQ is correlated with children’s IQ everywhere. In all advanced societies, income is correlated with IQ. Scores on academic achievement tests are always correlated with the test-takers’ IQ. Those three correlations guarantee that every standardized academic-achievement test shows higher average test scores as parental income increases.

But those correlations also mean that a lot of the apparent income effect is actually owed to parental IQ. The SAT doesn’t have IQ information on the parents. But the widely used National Longitudinal Survey of Youth contains thousands of cases with data on family income, the mother’s IQ, and her children’s performance on the math and reading tests of the Peabody Individual Achievement Test battery, which test the same skills as the math and reading tests of the SAT.

For the SAT, shifting to more than $200,000 of family income from less than $20,000 moved the average score on the combined math and reading tests to the 74th percentile from the 31st—a jump of 43 percentiles. The same income shift moved the average PIAT score to the 82nd percentile from the 30th—a jump of 52 percentiles.

Now let’s look at the income effect in the PIAT when the mother’s IQ is statistically held constant at the national average of 100. Going to a $200,000 family income from a $1,000 family income raises the score only to the 76th percentile from the 50th—an increase of 26 percentiles. More important, almost all of the effect occurs for people making less than $125,000. Going to $200,000 from $125,000 moves the PIAT score only to the 76th percentile from the 73rd—a trivial change. Beyond $200,000, PIAT scores go down as income increases.

In assessing the meaning of this, it is important to be realistic about the financial position of families making $125,000 who are also raising children. They were in the top quartile of income distribution in 2013, but they probably live in an unremarkable home in a middle-class neighborhood and send their children to public schools. And yet, given mothers with equal IQs, the child whose parents make $125,000 has only a trivial disadvantage, if any, when competing with children from families who are far more wealthy.

Why should almost all of the income effect be concentrated in the first hundred thousand dollars or so? The money itself may help, but another plausible explanation is that the parents making, say, $60,000 are likely to be regularly employed, with all the things that regular employment says about a family. The parents are likely to be conveying advantages other than IQ such as self-discipline, determination and resilience—“grit,” as this cluster of hard-to-measure qualities is starting to be called in the technical literature.

Families with an income of, say, $15,000 are much more likely to be irregularly employed or subsisting on welfare, with negative implications for that same bundle of attributes. Somewhere near $100,000 the marginal increments in grit associated with greater income taper off, and further increases in income make little difference.

Let’s throw parental education into the analysis so that we can examine the classic indictment of the SAT: the advantage a child of a well-educated and wealthy family (Sebastian, I will call him) has over the child of a modestly educated working-class family (Jane). Sebastian’s parents are part of the fabled 1%, with $400,000 in income, and his mother has a college degree. But her IQ is only average. Jane’s family has an income of just $40,000 and mom has only a high-school diploma. But mom’s IQ is 135, putting her in the top 1% of the IQ distribution.

Which child is likely to test higher? Sebastian is predicted to be at the 68th percentile on the PIAT. Jane is predicted to be at the 78th percentile. If you want high test scores, “choose” a smart but poor mother over a rich but dumb one—or over a rich and merely ungifted one.

One way of analyzing the effect of “privilege” — wealth and parental investment — on test scores and outcomes as adults would be to check how much an only child is advantaged relative to a child in a larger family.

For example, consider my wife v. myself. Harvard social scientist Robert D. Putnam’s new book Our Kids uses a super-simplified definition of class based solely on parents’ educational levels. By Putnam’s standards, my wife, whose mother and father both had masters degrees, would have grown up upper middle class. In contrast, my father had a junior college 2-year diploma and my mother had only a high school diploma, so I’d be lower middle class, I guess.

On the other hand, I was an only child, while my wife has three siblings. So, growing up, I never felt terribly strapped for money nor, especially, for parental time and energy, while my wife’s upbringing was more exigent.

Although you don’t hear about it much now that small families are the norm, back in my Baby Boom childhood, the privileged nature of being an only child — only children were widely said to be spoiled — was a frequent subject of conversation. This was especially true since I went to Catholic schools for 12 years, where very large families were common. For example, one friend, the class clown and best singer (his rendition of “MacNamara’s Band” in 4th grade remains a vivid memory), had eight siblings in his Irish family.

How privileged was I by being one of a family of three rather than one of a family of eleven?

My friend from the huge family has had a long, successful career as a TV sportscaster, along with some TV and movie credits as a comic actor. If you live in L.A., you’ve seen him on TV dozens of times over the last 30 years. So, growing up in a huge family didn’t ruin his life.On the other hand, if he’d been an only child with a real stage mother for a mom, I could imagine somebody with that much presence (his affect is reminiscent of that of the late Philip Seymour Hoffman or of a straight Nathan Lane) becoming a semi-famous character actor with maybe one or two Best Supporting Actor nominations.

Back during my more egalitarian childhood, people didn’t think that much about tutoring and Tiger Mothering, but, to some extent it works.

For example, I have had a pleasant life, but looking back I can see wasted opportunities. After my freshman year at Rice I came home and got a summer job at Burger King. After my sophomore year, I repaired dental equipment. Finally, after my junior year I worked as the assistant to the Chief Financial Officer of a big weedwacker manufacturing company. But what did the Burger King and repair jobs do for me other than teach me not to be a fry cook or repairman? These days I would have plotted to get internships in Silicon Valley or D.C. or Wall Street and had my parents pay my rent.

So, yes, I do think I was privileged to have the extra resources I was afforded by being an only child, even if I didn’t exploit my privileges as cunningly as I could have.

Quantifying how big a privilege that was seems challenging but doable. In fact, I’m sure somebody has done it already, and I invite commenters to link to studies.

It seems to me that measuring the effects of being an only child ought to be the first thing we do when we decide to theorize about Privilege.

By the way, however, there are other factors that may matter more in determining how Privileged you are. For example, my parents happened to turn out to be winners in the Great American Random Lottery of choosing a neighborhood to buy a home in during the 1950s — the demographics of their neighborhood have barely changed since the 1950s.

In contrast, my in-laws had the bad luck to draw what nightmarishly turned out to be one of the shortest straws in America: the Austin neighborhood on the West Side of Chicago. It was almost all white until Martin Luther King came to Chicago in 1966 to demand integration. Being good liberals, my in-laws joined a pro-integration group of neighbors who all swore to not engage in white flight. But after three years and three felonies against their small children, my in-laws were pretty much financially wiped out by trying to make integration work in Austin. And thus after they finally sold out at a massive loss, they wound up living in a farmhouse without running water for the next two years.

Bizarrely, while the once-pleasant street where my wife grew up in Austin looks nowadays like a post-apocalyptic wasteland, a couple of miles to the west is Superior Street in Oak Park, IL where my father grew up in the 1920s. It looks like an outdoor Frank Lloyd Wright museum today. The Wright district was saved by Oak Park’s secret, illegal, and quite effective “black-a-block” racial quota system imposed on realtors to keep Oak Park mostly white (and, these days, heavily gay).

So a not insignificant fraction of White Privilege in 2015 actually consists of whether or not the Eye of Sauron turned upon your parents’ neighborhood or not.

Voir également:

Les raisons du succès scolaire des jeunes d’origine asiatique

Lucile Quillet

Le Figaro étudiant

13/06/2013

La spectaculaire réussite des enfants d’immigrés asiatiques se confirme au bac. Et pourtant, leurs parents s’impliquent peu dans leurs devoirs, mais ils veillent à leurs horaires, les placent souvent dans le privé et jouent à fond la carte du bilinguisme.

À force d’entendre «si j’avais eu ta chance…», ils sont d’autant plus motivés. Leurs parents sont venus de loin et ont choisi la France pour offrir à leur progéniture un meilleur avenir.

Les jeunes Asiatiques ont particulièrement bien compris la leçon et fusent comme des comètes au-dessus du lot. Lycée, bac, études supérieures, ils se montrent performants à chaque étape. «Petits déjà, ils redoublent peu à l’école», assure Yaël Brinbaum, co-auteure de l’étude Trajectoires et Origines conduite par l’Insee et l’Ined. Plus de 60% d’entre eux seront orientés dans des filières généralistes. Plus que la moyenne nationale (50%).

Parmi les enfants de non bacheliers, les jeunes d’origine asiatiques se distinguent tout particulièrement. Ils seront encore 60% à décrocher le bac ,contre 50% pour les autres. Un quart iront jusqu’à bac+3 voire plus lorsque seulement 16,5% des descendants d’immigrés y accèdent.

Moins de télé, plus de bibliothèques

Paradoxalement, les familles d’origine asiatique sont celles qui s’impliquent le moins dans les devoirs, réunions de parents d’élèves et rencontres avec les professeurs. «Les mères ne parlent pas très bien français, les pères ont des métiers très prenants. Par contre, ces familles croient fortement à l’école et investissent énormément sur la scolarité de leur enfant. Ils sont très exigeants», explique Jean-Paul Caille, ingénieur de recherche au ministère de l’Enseignement supérieur.

Les parents ne se mettent pas au bureau de leur enfant, mais s’assurent qu’il est sérieux dans son travail. «Ils contrôlent plus le temps devant la télévision, les horaires du coucher. Il faut aussi que les loisirs soient compatibles avec l’école, comme des cours d’apprentissage de leur langue maternelle». Ce bilinguisme est un trésor qu’ils soignent. Les mères d’Asie du Sud-Est sont celles qui parlent le plus leur langue maternelle à la maison (57%). D’après Jean-Paul Caille, les jeunes d’origine asiatique fréquentent plus que les autres les bibliothèques et sont deux fois plus que la normale à prendre des cours particuliers à l’entrée en sixième.

Travail rigoureux et autorité parentale stricte et aussi une meilleure naissance. Les parents d’origine asiatique investissent plus sur la scolarité car ils en ont les moyens. Là où environ 75% des jeunes d’origine turque ou portugaise ont des parents ouvriers, employés de service ou inactifs, ceux d’origine asiatique ne sont que 58% à exercer dans ces fonctions. «Souvent, leurs parents sont artisans, commerçants, tiennent des bars tabac et gagnent bien leur vie. Ils sont les enfants d’immigrés qui bénéficient des conditions socio-économique et origines sociales les plus favorables». Ce portefeuille plus fourni leur permet d’être 15% à fréquenter un collège privé, soit deux fois plus que les enfants d’origine marocaine ou turque.

Pourtant moins d’un tiers des jeunes d’origine turque a le bac

Les autres enfants d’immigrés tentent aussi de se distinguer. À classe sociale équivalente, ils feront mieux que le reste des Français. Mais les parcours sont inégaux selon le pays d’origine des parents, tout comme le traitement des élèves à l’école. 14% des enfants d’immigrés -trois fois plus que la moyenne- déclarent «avoir été moins bien traités» lors des décisions d’orientation. Une discrimination dont ne semblent pas souffrir les jeunes originaires d’Asie du Sud-Est, qui s’en déclarent à peine plus victimes que la moyenne.

Les 10 raisons du succès des Chinois en France

Dans cet article je vais expliquer les principales raisons qui font que la communauté chinoise en France réussit mieux que les autres communautés immigrées d’une manière générale.

Le constat

Selon la seule étude disponible sur le sujet, publiée par l’Insee et l’Ined,

  • 27% des descendants de parents asiatiques occupent aujourd’hui un poste de cadre,
  • contre 14% en moyenne pour les Français toutes origines confondues,
  • 9% pour les fils de Maghrébins
  • 5% pour ceux d’Afrique subsaharienne.

48% des Français d’origine asiatique décrochent un diplôme du supérieur, contre 33% en moyenne en France. Enfin une autre statistique remarquable de l’étude : 27% des enfants d’immigrés chinois sont cadres, contre 14% en moyenne pour les Français

Cette réussite des asiatiques en France est particulièrement frappante pour la deuxième génération des 50 000 Indochinois arrivés dans les années 1950, au moment de l’indépendance, et des 250 000 « boat people » vietnamiens qui ont fui leurs pays dans les années 1970 et dont la majorité était en fait d’origine chinoise. Mais les fils de migrants venus de Chine populaire à partir des années 1980 s’en sortent plutôt bien aussi.

Comment expliquer une telle percée, alors que tant d’autres immigrés – et de Français de souche – peinent à gravir l’échelle sociale  ?

Les 10 facteurs clés de succès de la communauté chinoise en France :

  1. Le travail
  2. Une communauté soudée
  3. Un système de financement efficace
  4. Une hyperfocalisation sur la réussite scolaire des enfants
  5. L’enrichissement de la Chine
  6. La méconnaissance de la culture chinoise
  7. Une communauté peu politisée
  8. L’accent mis sur le pragmatisme dans la culture chinoise
  9. Une volonté de réussir (La « Face »)
  10. Le sens des affaires chinois

Le travail

C’est un peu le grand cliché : le chinois est bosseur. Un cliché qui comme tous devrait être sérieusement relativisé notamment par des français qui aiment à s’adonner à une forme d’auto critique. Mais comme tout cliché il y a peut être une part de vérité.

Aujourd’hui on compte 600 000 Français d’origine chinoise. Certes plusieurs dizaines de milliers d’entre eux travaillent encore sans papiers comme petites mains dans la confection, la maroquinerie ou le bâtiment, pour des salaires de misère. On a tous en tête le passage de la vérité si je mens dans la fabrique chinoise clandestine.

Mais, après des années de labeur, beaucoup ont fini par s’en sortir en reprenant un commerce – restaurants, épiceries, fleuristes ou bars-tabacs. Ils en détiendraient désormais près de 35 000 ! Certains commencent même à créer des chaînes de magasins (la plus connue d’entre elles, l’enseigne Miss Coquine, compte près de 80 boutiques en France), ou encore à lancer leurs propres marques (Miss Lucy, par exemple).

Une communauté soudée

Contrairement à la majorité des étrangers présents en France – et en particulier aux Maghrébins, dont les différentes nationalités et ethnies ne s’apprécient guère – la plupart des chinois peuvent compter sur le soutien de leurs compatriotes.

Un système de financement très efficace

Les Chinois pratiquent un système de prêts proche de la « tontine » Africaine  : les membres de la famille et les proches mettent une partie de leurs économies dans un pot commun, dans lequel les membres de la diaspora puisent pour monter leur affaire. Il n’y a pas d’intérêt ni même durée de remboursement fixe. La tontine repose sur la confiance, confortée par la réciprocité des dons  : ceux qui reçoivent doivent eux-mêmes offrir de l’argent aux autres, notamment à l’occasion de leur mariage. Ces prêts informels, qui peuvent facilement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, sont une clé essentielle dans la réussite de la diaspora chinoise.

Après avoir économisé en moyenne 160 000 euros pendant une dizaine d’années, de nombreuses familles chinoises peuvent s’acheter un commerce sans passer par la case prêt bancaire ce qui ne manque pas d’alimenter le débat sur l’origine des fonds.

Une hyperfocalisation sur la réussite scolaire des enfants

Depuis plus de mille ans, les élites de Chine sont recrutées par un système d’examen national accessible à tous, qui permet aux plus pauvres de se hisser tout en haut de la pyramide. Résultat  : même lorsqu’ils quittent leur patrie, les adultes s’échinent au turbin et ils poussent leur progéniture à en faire autant à l’école. La focalisation sur la réussite scolaire fait partie des valeurs familiales chinoises. Ceci est vrai pour l’ensemble des asiatiques en France :

L’enrichissement de la Chine

Si la Chine n’avait pas connu un boom économique depuis la fin des années 70, les migrants ne s’en sortiraient pas de façon aussi spectaculaire. La montée en puissance de l’empire du Milieu leur a en effet ouvert des opportunités immenses notamment dans l’import-export. En fait, les Chinois de France ont procédé exactement comme des multi­nationales  : ils ont créé des comptoirs commerciaux pour vendre les produits fabriqués en Chine.

La méconnaissance de la culture chinoise

Pour beaucoup de français la culture chinoise reste un mystère. L’ignorance est souvent totale vis-à-vis d’un peuple qui suscite autant d’intérêt que de craintes. Et cette ignorance est un atout sur lequel les chinois peuvent jouer. Il connaissent les codes des chinois avec qui ils négocient. Certains réseaux commerciaux à la limite de la mafia profitent de cette opacité de la communauté chinoise.

Une communauté peu politisée

Il y a une communauté assez puissante de français d’origine chinoise en France mais qui est très discrète et qui réussit. Le communautarisme chinois a longtemps été un communautarisme de séparation. Les chinois pour parler de façon brutale n’ont jamais emmerdé les français, jamais fait dans le communautarisme victimaire. Ils ne reprochent pas la colonisation à la France, ils réussissent économiquement ce qui fait qu’il y a très peu de racisme anti chinois.

En fait souvent les chinois en France ne prétendent pas vraiment être assimilés mais ne posant pas de problèmes finalement on ne leur demande que l’intégration. C’est le contraire du communautarisme victimaire des autres minorités avec des institutions politiques telles que le CRAN (Conseil Représentatif des Association Noires) ou encore le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France).

Néanmoins aujourd’hui avec la création du CRAF (Conseil Représentatif des Associations Asiatiques de France) ont peut s’interroger pour savoir si une forme de communautarisme victimaire asiatique ne va pas être mis en place.

Certains estiment à tort selon moi que le succès économique des chinois en France tire profit de leur retard dans leur reconnaissance politique. Ce serait un succès en trompe l’œil. Voici un exemple de revendications antiracistes qu’on peut entendre ces temps-ci provenant de représentant souvent auto-proclamé de la communauté asiatique :

L’accent mis sur le pragmatisme dans la culture chinoise

Les chinois contrairement à l’image de sagesse teinté d’exotisme de beaucoup de français sont sans doute le peuple le plus pragmatique du monde. L’accent est toujours mis sur le consensus et l’efficacité (le maximum d’effets pour un minimum de coût) ce qui facilite leur intégration. Ce pragmatisme chinois est selon moi tout entier contenu dans la phrase célèbre de Deng Xiaoping au moment du virage réformiste des années 80 : « peu importe que le chat soit gris ou noir pourvu qu’il attrape les souris ».

Une volonté de réussir (La « Face »)

Les chinois ont une volonté de réussir qui est d’abord assez matérialiste. Réussir c’est d’abord devenir riche. Mais cela renvoie aussi à la notion de « face  » en Asie. On peut le traduire par l’honneur, la volonté de ne pas déchoir. C’est particulièrement vrai pour les membres de la diaspora dont on attend qu’ils ramène le plus de devises étrangère possible. C’est l’oncle d’Amérique sauce chinoise…

Le sens des affaires chinois

Les chinois sont avant tout un peuple de commerçants. Leurs réseaux sont issus de la diaspora, forme de solidarité au fond assez proche de ce qu’a pu être la communauté juive dans la France d’avant guerre. Souvent les membres de la diaspora qui ont le mieux réussi sont approchées par de riches Chinois, désireux d’investir en France, notamment dans l’immobilier.

Alors les chinois : enfants modèles de l’intégration Républicaine à la française ? Le débat est ouvert

Voir encore:

Last week, the New York Times revealed that Attorney General Jeff Sessions is investigating a civil rights complaint against Harvard University. The complaint, filed by a coalition of 64 Asian-American organizations in 2015, alleges a pattern of bias against Asian Americans.

“Over the last two decades, Asian-American applicants to Harvard University and other Ivy League colleges have increasingly experienced discrimination in the admissions process,” reads the complaint. “Many Asian-American students who have almost perfect SAT scores, top 1% GPAs, plus significant awards or leadership positions in various extracurricular activities have been rejected by Harvard University and other Ivy League Colleges while similarly situated applicants of other races have been admitted.”

The lawsuit alleges that Harvard and others are covertly using race as a factor in admissions in order to keep Asian Americans out. A separate Princeton study found that students who identify as Asian need to score 140 points higher on the SAT than whites to have the same chance of admission to private colleges.

In briefs to the Supreme Court, Harvard defended itself, claiming that its reliance on subjective admissions criteria is a model of assessment that does not rely on quotas.

But the subjective criteria are precisely how Harvard once enforced its quotas against another minority. Indeed, for Jews, this scenario is all too familiar.

As I reported in City Journal last year, Asian Americans are facing the exact same discrimination that was once used to keep Jews out of Harvard. In both cases, when an upstart, achievement-oriented minority group was too successful under objective admissions standards, the response was to instead emphasize highly subjective and “holistic” measures of “character” and “leadership” under which the group’s enrollment numbers plunged.

The anti-Semitic history is mind-boggling. Beginning in the 1890’s, Harvard began to make entry requirements more rigorous. This shift to a more academic emphasis coincided with the arrival in America of increasing numbers of Jewish immigrants, and Jews quickly began to make up a significant share of the student population. Harvard was already 7% Jewish by 1900, a number that grew to over 21% by 1922. If you think about the fact that in 1918, only 3.5% of Americans were Jews, you can see the disproportion.

This trend did not sit well with some Harvard alumni and staff. As one alumnus wrote after attending the Harvard-Yale game, “To find that one’s University had become so Hebrewized was a fearful shock. There were Jews to the right of me, Jews to the left of me.”

These concerns found a sympathetic ear in President A. Lawrence Lowell. In 1922, he proposed a 15% cap on Jewish enrollment, along with other policies to limit “Hebrew” admissions. The proposals included emphasizing subjective measures of “aptitude and character,” like recommendation letters and interviews, rather than objective measures of academic achievement, such as grades and exam scores. The faculty rejected the proposals then, but adopted the new holistic criteria, including a personal interview requirement to assess “character and fitness,” after the Jewish numbers continued to increase to 27.6% in 1925.

The impact was immediate and drastic. The percentage of Jews in Harvard’s freshman class plummeted from over 27% in 1925 to just 15% in 1926, and remained virtually unchanged at about that level until the 1940’s. During this time, Harvard reinforced the de facto quota by adding additional holistic admissions criteria, requiring personal essays and descriptions of extracurricular activities in an attempt to further glean “leadership” skills.

Jewish numbers at Harvard did not begin to rebound until after World War II. But while discrimination against Jews in the Ivies is no longer a problem, admissions records at Harvard and other elite colleges over the past quarter century reveal an uncannily similar treatment of Asian Americans.

In an exhaustive 2012 article, Ron Unz looked at acceptance rates at top schools since 1980 and found that the Asian numbers “exactly replicate the historical pattern … in which Jewish enrollment rose very rapidly, leading to imposition of an informal quota system.”

Asian enrollment at Harvard increased from about four percent to ten percent during the early and mid-1980’s. It then spiked after the federal Department of Education began an investigation in 1988 into an earlier discrimination complaint, peaking at 20.6% in 1993. However, beginning in 1994, several years after the investigation was closed, the numbers reversed and then stagnated, remaining at about 16% for almost two decades.

The parallel with the Jewish experience seventy years earlier is starkly illustrated in the chart below comparing Harvard’s Jewish enrollment for the period from 1908 to 1942 with its Asian enrollment for the corresponding period from 1976 to 2010:

Similar patterns in Asian enrollment can be seen at other Ivy League colleges, with figures declining sharply and then holding constant in the mid to upper teens – even though Asian Americans constitute a quarter of the applicants to these schools, and 45% of the applicants with the top SAT scores.

And these figures actually understate the decline in Asian representation in the Ivies, as they do not take into account that it has occurred while Asians have been the fastest-growing racial group in the United States.

By contrast, Asian Americans do account for their expected 40% of the student body at the California Institute of Technology, the only top school which rejects the use of racial preferences and selects students based largely on academic merit. This is also true at the most selective University of California campuses, where racial preferences were barred by the passage of Proposition 209 in 1996. (Asian enrollment at Harvard and the other Ivies has increased in recent years, though it is still far below that at the California schools.)

Anecdotal evidence of prejudiced attitudes about Asians among otherwise devoutly antiracist college officials backs up the statistical inference of discrimination. Wall Street Journal reporter Daniel Golden chronicled some of these anecdotes in a 2006 book on college admissions. There he wrote of the MIT Admissions Dean who suggested that an applicant was “yet another textureless math grind … like a thousand other Korean kids,” and the Vanderbilt administrator who said that Asian Americans don’t provide a stimulating intellectual environment. A recent investigation of a discrimination complaint against Princeton found notations such as “defies the stereotypes, thinks and feels deeply” in Asian application files.

“Asians are typecast in college admissions offices as quasi-robots programmed to ace math and science tests,” Golden writes. Corroborating this, a Yale student commenting on the Princeton complaint suggested that top-tier schools “look not only for good grades but for an interesting student who will bring something of value to the community.” A Boston Globe columnist noted that the comment “sounds a lot like what admissions officers say, but there’s a whiff of something else, too.”

The something else smells a lot like the attitude towards Jews ninety years ago.

Dennis Saffran is a Queens, NY-based appellate attorney and writer. You can follow him on Twitter @dennisjsaffran. He has written about this topic for City Journal.

Voir enfin:

Jews in Second Place

When Asian-Americans become the « new Jews, » what happens to the Jews?

Slate, June 25, 1996

Remember the scene in Philip Roth’s Portnoy’s Complaint where the newly teen-aged Alex Portnoy goes to a frozen pond in his hometown of Newark to gaze upon gentile girls ice-skating?

So: dusk on the frozen lake of a city park, skating behind the puffy red earmuffs and the fluttering yellow ringlets of a strange shikse teaches me the meaning of the word longing. It is almost more than an angry thirteen-year-old little Jewish Momma’s Boy can bear. Forgive the luxuriating, but these are probably the most poignant hours of my life I’m talking about–I learn the meaning of the word longing, I learn the meaning of the word pang.

This scene often involuntarily flitted across my mind during the past winter, when I spent a lot of time watching people glide across expanses of ice on skates. The reason is that my 11-year-old son, also an Alex, was playing in a hockey league. Having grown up in the Deep South, I was entirely innocent of ice matters when I first got into this. At my inaugural hockey-parents’ meeting, I realized that I had wandered into a vast and all-encompassing subculture. Two, three, four times a week, we had to drive our children 30, 60, 80 miles to some unheated structure for a practice or a game. Often these were held at 6 o’clock in the morning. South Kent, Conn. West Point, N.Y. Morristown, N.J. We parents would stand at the edge of the rink in a daze drinking Dunkin Donuts coffee and griping that they weren’t hustling enough out there.

For Alex Portnoy, athleticism was something alien. It was part of a total package that included not only the golden shiksas but their brothers (« engaging, good-natured, confident, clean, swift, and powerful halfbacks »), their fathers (« men with white hair and deep voices »), their mothers who never whined or hectored, their curtained, fireplaced houses, their small noses, their lack of constant nagging worry–in short, the normalcy and confidence that go along with belonging, with being on the inside.

In the Portnoy household nobody played sports–bodies existed only to generate suffering–and there was only one thing that really went well. That, needless to say, was Alex’s performance in school. « Albert Einstein the Second, » his mother called him, and thought it may have been embarrassing, he didn’t really disagree. By the time Portnoy’s Complaint came out, in 1969, it was clear–and this was part of the joke of the ice-skating scene–that people like awkward Alex were going to wind up ahead of the gliding shiksas and their halfback brothers, because they were more book-smart. The goyim were wasting their time with all those sports. What the Jews had was the real ticket. Alex’s overwhelming insecurity wouldn’t have been so funny if it hadn’t been unjustified.

In my many hours standing next to hockey rinks last winter, I sometimes engaged in one of the Jews’ secret vices: Jew-counting. All over the ice were little Cohens, little Levys, their names sewed in block letters on the backs of their jerseys. It was amazing how many there were. Occasionally, an entire front line would be Jewish, or even the front line and the defensemen. (Green–is he one? Marks?) The chosen people were tough competitors, too.

In fact, a Portnoy of the present, a kid with his nose pressed up against the window (to borrow the self-description of another ghetto-bred Jewish writer, Theodore H. White) would surely regard these stick-wielding, puck-handling lads as representing full, totally secure membership in the comfortable classes of American society. Some Lysenkoist suburban biological deviation, or else intermarriage, has even given many of the hockey-playing Jewish boys blond hair and even blue eyes.

More to the point, these Jewish kids and their parents have decided to devote endless hours of childhood to an activity with no career payoff. Do you think they’re going to 6 a.m. practices for a shot at the National Hockey League? Of course not. They’re doing it–mastering hockey, and every conceivable other sport–to promote « growth, » « teamwork, » « physical fitness, » « well-roundedness, » « character, » and other qualities that may be desirable in a doctor but don’t, as a practical matter, help you get into medical school.

What all the hockey-playing Jewish kids in America are not doing, during their hundreds of hours hustling to, on, and from the ice rink, is studying. It’s not that they don’t study at all, because they do. It’s that they don’t study with the ferociousness and all-out commitment of people who realize (or who have parents who realize) that outstanding school performance is their one shot at big-time opportunity in America.

Meanwhile, there is another ethnic group in America whose children devote their free time not to hockey but to extra study. In this group, it’s common for moms to march into school at the beginning of the year and obtain several months’ worth of assignments in advance so their children can get a head start. These parents pressure school systems to be more rigorous and give more homework. This group is Asian-Americans.

At the front end of the American meritocratic machine, Asians are replacing Jews as the No. 1 group. They are winning the science prizes and scholarships. Jews, meanwhile, at our moment of maximum triumph at the back end of the meritocracy, the midlife, top-job end, are discovering sports and the virtues of being well-rounded. Which is cause and which is effect here is an open question. But as Asians become America’s new Jews, Jews are becoming … Episcopalians.

The one extracurricular venue where I run into a lot of Asian-Americans is a Very Serious music school in Scarsdale, the suburban town in the New York area that (because of its famous school system) has the most name-brand appeal for transferred Japanese executives. Music is a form of extracurricular activity that Mrs. Portnoys approve of, and the atmosphere at this school would be familiar to earlier generations of American Jews. In the lobby, children waiting for music lessons bend over their homework, mom perched at their shoulder. Musical exercises drift through the air, along with snatches of conversation about AP courses, recommendations, test prep, tracking, and nursery-school admissions.

The hockey ethos is to be elaborately casual and gruff about competitive achievement: Outstanding performance gets you a little slap on the helmet, a good-natured insult. At the music school they take the straightforward approach. At my younger son’s first piano lesson, his teacher, Mrs. Sun, explained the rules. « Every week, Theo, at the end of the lesson, I give you stamps, » she said. « If you’re a good boy, I give you one stamp. If you’re a very good boy, I give you two stamps. And if you’re a very, very good boy, I give you three stamps! Then, every time you get 25 stamps, I give you a statue of a great composer. » Watching 7-year-old Theo take this in, I could see that he was hooked. Ancient imperatives had kicked in. When he hit 25 stamps for the first time, Mrs. Sun gave him a plastic statuette of Mozart. « Do you know how old he was when he composed his first piece of music, Theo? » A look of rapt anticipation from Theo. « Four years old! Three years younger than you. » Theo, get to work.

My mother grew up in New Jersey, not too far from Philip Roth. I was raised on the story of her crushing disappointment over being only the salutatorian of her class at Perth Amboy High School, when she had been valedictorian of her junior high school class. Her father, a small-town pediatrician, had somehow gone to medical school without having gone to college, or possibly even (here we begin to slip into the realm of Marquez-like fable) finishing high school. Every relative in my grandparents’ generation seems to have graduated from high school at some improbable age like 14 or 12. Then, for the most part, at least as the story was received by the young me, life turned disappointing. Why? Because school is the only part of American society that’s fair. Afterward, a vast, subtle conspiracy arranges to hold you back in favor of those more advantaged by birth.

Even by my school days, the academic hunger had begun to wane. By now, it is barely producing a pulse, except among Jews who are within one generation of the immigration cycle. Jews have not become notable as academic underachievers. But something is gone: That old intense and generalized academic commitment, linked to sociological ambition, is no longer a defining cultural characteristic of the group.

What has replaced it is a cultural insider’s sort of academic preoccupation: a task-specific, in-the-know concern with successfully negotiating the key junctures–mainly, college admission. Jews are now successful people who want to move the levers of the system (levers whose location we’re quite familiar with) so as to ensure that our children will be as successful as we are. This is quite different from being yearning, not-successful-enough people who hope, rather than know for sure, that study will generate dramatic upward mobility for our children.

Jews’ new second-place status in the strivers’ hierarchy is most noticeable in places with good public school systems like Westchester County, N.Y., (where I live) and the San Gabriel Valley, outside of Los Angeles. The same is true of super-meritocratic public educational institutions like Lowell High School in San Francisco, the University of California at Berkeley, and Bronx High School of Science and Stuyvesant High School in New York, which are all now Asian-plurality.

By contrast, the Asian presence is noticeably less, and the Jewish presence noticeably more, in private schools. In these, no matter how great the meritocratic pretenses, the contest is always less completely open than it is in public institutions. Just at the moment when Harvard, Yale, and Princeton have presidents named Rudenstine, Levin, and Shapiro, those institutions are widely suspected of having informal ceilings on Asian admissions, of the kind that were imposed on Jews two generations ago.

Asian achievement is highest in areas like science and classical music, where there is no advantage from familiarity with the culture. This also once was true of Jews (why do you think my grandfather become a doctor?) but isn’t any more. Several years ago, Asian-American groups in California successfully lobbied to keep an essay section out of the Scholastic Aptitude Test. It’s impossible to imagine organized Jewry caring.

In his famous 1958 book, The Rise of the Meritocracy, British sociologist Michael Young proposed the following formula: IQ plus effort equals merit. Young, like many theorists of meritocracy, assumed that ethnicity would become a nonissue (should be nonissue) under such a system. Instead, it’s an overwhelming issue. Accounting for ethnicity, you might amend Young this way (to the extent that « merit » and academic performance are the same thing): an ethnic group’s long-term cultural orientation to education, plus its level of sociological ambition in American society at the moment, will equal its members’ merit. The cultural connection seems so obvious that it amazes me how often ethnic differences in the meritocracy are explained in terms of genes.

By these standards, Asian-Americans today have two advantages over Jews. They have a lower average income, and so are more motivated. And most back-home Asian cultures rival or surpass Jewish culture in their reverence for study. Therefore Jews are going to have to get used to being No. 2.

In the past, when this fate has befallen the reigning ethnic group in American society, the group’s standard response has been to redefine merit. It’s not academic performance (or whatever the prevailing measure of the moment was) after all! It’s something else, which we happen to possess in greater measure than the upstart group. Jews know all too well what the alternate form of merit that we didn’t have used to be: a certain ease, refinement, and grace. This may be what has led today’s generation of Jewish parents to athleticize our children. We want them to have what Alex Portnoy longed for: a deeper sort of American comfort and success than SAT scores and music lessons can provide.

But Jews are not alone in having this thought. Recently, I’ve been interviewing Asian-Americans for a book on meritocracy in America. A sentiment that emerges consistently is that meritocracy ends on graduation day, and that afterward, Asians start to fall behind because they don’t have quite the right cultural style for getting ahead: too passive, not hail-fellow-well-met enough. So, in many of the Asian-American families I met, a certain Saturday ritual has developed. After breakfast, mom takes the children off to the juku for the day, and dad goes to his golf lesson.

The final irony is that golf and tennis are perceived by the Asian-Americans not as aspects of an ethos adapted from the British landowning classes (which is the way Jews used to perceive them), but as stuff that Jews know how to do. The sense of power and ease and comfort that the playing field symbolizes is now, to non-Jews, a Jewish trait. The wheel of assimilation turns inexorably: Scratching out an existence is phase one, maniacal studying is phase two, sports is phase three. Watch out for Asian-American hockey players in about 20 years.

Nicholas Lemann is national correspondent for the Atlantic Monthly and the author, most recently, of The Promised Land: The Great Black Migration and How It Changed America (Knopf). He is now at work on a history of meritocracy in the United States.


Duneton: Attention, un appauvrissement peut en cacher un autre ! (Confessions of an oblate)

1 octobre, 2017
https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/519Z9D1E93L._SX283_BO1,204,203,200_.jpgOn en a marre de parler français normal comme les riches, les petits bourges… parce que c’est la banlieue ici. Élève d’origine maghrébine (Pantin, TF1, 1996)
On parle en français, avec des mots rebeus, créoles, africains, portugais, ritals ou yougoslaves « , puisque  » blacks, gaulois, Chinois et Arabes  » y vivent ensemble.  Raja (21 ans)
Le bavardage grossier, loin de combler l’écart entre les rangs sociaux, le maintient et l’aggrave ; sous couleur d’irrévérence et de liberté, il abonde dans le sens de la dégradation, il est l’auto-confirmation de l’infériorité. Jean Starobinski
Les linguistes ont raison de dire que toutes les langues se valent linguistiquement; ils ont tort de croire qu’elles se valent socialement. P. Bourdieu (Ce que parler veut dire: l’économie des échanges linguistiques, 1982)
J’appelle stratégies de condescendance ces transgressions symboliques de la limite qui permettent d’avoir à la fois les profits de la conformité à la définition et les profits de la transgression : c’est le cas de l’aristocrate qui tape sur la croupe du palefrenier et dont on dira «II est simple», sous-entendu, pour un aristocrate, c’est-à-dire un homme d’essence supérieure, dont l’essence ne comporte pas en principe une telle conduite. En fait ce n’est pas si simple et il faudrait introduire une distinction : Schopenhauer parle quelque part du «comique pédant», c’est-à-dire du rire que provoque un personnage lorsqu’il produit une action qui n’est pas inscrite dans les limites de son concept, à la façon, dit-il, d’un cheval de théâtre qui se mettrait à faire du crottin, et il pense aux professeurs, aux professeurs allemands, du style du Professor Unrat de V Ange bleu, dont le concept est si fortement et si étroitement défini, que la transgression des limites se voit clairement. A la différence du professeur Unrat qui, emporté par la passion, perd tout sens du ridicule ou, ce qui revient au même, de la dignité, le consacré condescendant choisit délibérément de passer la ligne ; il a le privilège des privilèges, celui qui consiste à prendre des libertés avec son privilège. C’est ainsi qu’en matière d’usage de la langue, les bourgeois et surtout les intellectuels peuvent se permettre des formes d’hypocorrection, de relâchement, qui sont interdites aux petits-bourgeois, condamnés à l’hypercorrection. Bref, un des privilèges de la consécration réside dans le fait qu’en conférant aux consacrés une essence indiscutable et indélébile, elle autorise des transgressions autrement interdites : celui qui est sûr de son identité culturelle peut jouer avec la règle du jeu culturel, il peut jouer avec le feu, il peut dire qu’il aime Tchaikovsky ou Gershwin, ou même, question de «culot», Aznavour ou les films de série B. Pierre Bourdieu
 L’argot, dont on a fait la «langue populaire» par excellence, est le produit de ce redoublement qui porte à appliquer à la «langue populaire» elle-même les principes de division dont elle est le produit. Le sentiment obscur que la conformité linguistique enferme une forme de reconnaissance et de soumission, propre à faire douter de la virilité des hommes qui lui sacrifient, joint à la recherche active de l’écart distinctif, qui fait le style, conduisent au refus d’«en faire trop» qui porte à rejeter les aspects les plus fortement marqués du parler dominant, et notamment les prononciations ou les formes syntaxiques les plus tendues, en même temps qu’à une recherche de l’expressivité, fondée sur la transgression des censures dominantes — notamment en matière de sexualité — et sur une volonté de se distinguer des formes d’expression ordinaires. La transgression des normes officielles, linguistiques ou autres, est dirigée au moins autant contre les dominés «ordinaires», qui s’y soumettent, que contre les dominants ou, a fortiori, contre la domination en tant que telle. La licence linguistique fait partie du travail de représentation et de mise en scène que les «durs», surtout adolescents, doivent fournir pour imposer aux autres et à eux-mêmes l’image du «mec» revenu de tout et prêt à tout qui refuse de céder au sentiment et de sacrifier aux faiblesses de la sensibilité féminine. Et de fait, même si elle peut, en se divulguant, rencontrer la propension de tous les dominés à faire rentrer la distinction, c’est-à-dire la différence spécifique, dans le genre commun, c’est-à-dire dans l’universalité du biologique, par l’ironie, le sarcasme ou la parodie, la dégradation systématique des valeurs affectives, morales ou esthétiques, où tous les analystes ont reconnu «l’intention» profonde du lexique argotique, est d’abord une affirmation d’aristocratisme. Forme distinguée — aux yeux mêmes de certains des dominants — de la langue «vulgaire», l’argot est le produit d’une recherche de la distinction, mais dominée, et condamnée, de ce fait, à produire des effets paradoxaux, que l’on ne peut comprendre lorsqu’on veut les enfermer dans l’alternative de la résistance ou de la soumission, qui commande la réflexion ordinaire sur la «langue (ou la culture) populaire». Il suffit en effet de sortir de la logique de la vision mythique pour apercevoir les effets de contre-finalité qui sont inhérents à toute position dominée lorsque la recherche dominée de la distinction porte les dominés à affirmer ce qui les distingue, c’est-à-dire cela même au nom de quoi ils sont dominés et constitués comme vulgaires, selon une logique analogue à celle qui porte les groupes stigmatisés à revendiquer le stigmate comme principe de leur identité, faut-il parler de résistance ? Et quand, à l’inverse, ils travaillent à perdre ce qui les marque comme vulgaires, et à s’approprier ce qui leur permettrait de s’assimiler, faut-il parler de soumission ? (…) C’est évidemment chez les hommes et, parmi eux, chez les plus jeunes et les moins intégrés, actuellement et surtout potentiellement, à l’ordre économique et social, comme les adolescents issus de familles immigrées, que se rencontre le refus le plus marqué de la soumission et de la docilité qu’implique l’adoption des manières de parler légitimes. La morale de la force qui trouve son accomplissement dans le culte de la violence et des jeux quasi-suicidaires, moto, alcool ou drogues dures, où s’affirme le rapport à l’avenir de ceux qui n’ont rien à attendre de l’avenir, n’est sans doute qu’une des manières de faire de nécessité vertu. Le parti-pris affiché de réalisme et de cynisme, le refus du sentiment et de la sensibilité, identifiés à une sensiblerie féminine ou efféminée, cette sorte de devoir de dureté, pour soi comme pour les autres, qui conduit aux audaces désespérées de l’aristocratisme de paria, sont une façon de prendre son parti d’un monde sans issue, dominé par la misère et la loi de la jungle, la discrimination et la violence, où la moralité et la sensibilité ne sont d’aucun profit. La morale qui constitue la transgression en devoir impose une résistance affichée aux normes officielles, linguistiques ou autres, qui ne peut être soutenue en permanence qu’au prix d’une tension extraordinaire et, surtout pour les adolescents, avec le renfort constant du groupe. (…) L’argot, et c’est là, avec l’effet d’imposition symbolique, une des raisons de sa diffusion bien au-delà des limites du «milieu» proprement dit, constitue une des expressions exemplaires et, si l’on peut dire, idéales — avec laquelle l’expression proprement politique devra compter, voire composer — de la vision, pour l’essentiel édifiée contre la «faiblesse» et la «soumission» féminines (ou efféminées), que les hommes les plus dépourvus de capital économique et culturel ont de leur identité virile et d’un monde social tout entier placé sous le signe de la dureté. Il faut toutefois se garder d’ignorer les transformations profondes que subissent, dans leur fonction et leur signification, les mots ou les locutions empruntés lorsqu’ils passent dans le parler ordinaire des échanges quotidiens : c’est ainsi que certains des produits les plus typiques du cynisme aristocratique des «durs» peuvent, dans leur emploi commun, fonctionner comme des sortes de conventions neutralisées et neutralisantes qui permettent aux hommes de dire, dans les limites d’une très stricte pudeur, l’affection, l’amour, l’amitié, ou, tout simplement, de nommer les êtres aimés, les parents, le fils, l’épouse (l’emploi, plus ou moins ironique, de termes de référence comme «la patronne», la «reine-mère», ou «ma bourgeoise» permettant par exemple d’échapper à des tours tels que «ma femme» ou le simple prénom, ressentis comme trop familiers). (…) Nul ne peut ignorer complètement la loi linguistique ou culturelle et toutes les fois qu’ils entrent dans un échange avec des détenteurs de la compétence légitime et surtout lorsqu’ils se trouvent placés en situation officielle, les dominés sont condamnés à une reconnaissance pratique, corporelle, des lois de formation des prix les plus défavorables à leurs productions linguistiques qui les condamne à un effort plus ou moins désespéré vers la correction ou au silence. Il reste qu’on peut classer les marchés auxquels ils sont affrontés selon leur degré d’autonomie, depuis les plus complètement soumis aux normes dominantes (comme ceux qui s’instaurent dans les relations avec la justice, la médecine ou l’école) jusqu’aux plus complètement affranchis de ces lois (comme ceux qui se constituent dans les prisons ou les bandes de jeunes). L’affirmation d’une contre-légitimité linguistique et, du même coup, la production de discours fondée sur l’ignorance plus ou moins délibérée des conventions et des convenances caractéristiques des marchés dominants ne sont possibles que dans les limites des marchés francs, régis par des lois de formation des prix qui leur sont propres, c’est-à-dire dans des espaces propres aux classes dominées, repaires ou refuges des exclus dont les dominants sont de fait exclus, au moins symboliquement, et pour les détenteurs attitrés de la compétence sociale et linguistique qui est reconnue sur ces marchés. L’argot du «milieu», en tant que transgression réelle des principes fondamentaux de la légitimité culturelle, constitue une affirmation conséquente d’une identité sociale et culturelle non seulement différente mais opposée, et la vision du monde qui s’y exprime représente la limite vers laquelle tendent les membres (masculins) des classes dominées dans les échanges linguistiques internes à la classe et, plus spécialement, dans les plus contrôlés et soutenus de ces échanges, comme ceux du café, qui sont complètement dominés par les valeurs de force et de virilité, un des seuls principes de résistance efficace, avec la politique, contre les manières dominantes de parler et d’agir. (…) On comprend que le discours qui a cours sur ce marché ne donne les apparences de la liberté totale et du naturel absolu qu’à ceux qui en ignorent les règles ou les principes : ainsi l’éloquence que la perception étrangère appréhende comme une sorte de verve débridée, n’est ni plus ni moins libre en son genre que les improvisations de l’éloquence académique ; elle n’ignore ni la recherche de l’effet, ni l’attention au public et à ses réactions, ni les stratégies rhétoriques destinées à capter sa bienveillance ou sa complaisance ; elle s’appuie sur des schèmes d’invention et d’expression éprouvés mais propres à donner à ceux qui ne les possèdent pas le sentiment d’assister à des manifestations fulgurantes de la finesse d’analyse ou de la lucidité psychologique ou politique. Pierre Bourdieu
La France est une garce et on s’est fait trahir Le système, voilà ce qui nous pousse à les haïr La haine, c’est ce qui rend nos propos vulgaires On nique la France sous une tendance de musique populaire On est d’accord et on se moque des répressions On se fout de la République et de la liberté d’expression Faudrait changer les lois et pouvoir voir Bientôt à l’Elysée des arabes et des noirs au pouvoir (Nique la France, Sniper, 2010)
La lecture, c’est pour les pédés! Réponse de collégiens français
Le parler «caillera», ce «langage des exclus» longtemps vu comme une contre-culture «voyou», voire une sous-culture, serait-il devenu tendance chez les jeunes nantis ? Un langage pourtant ultra-code, qui mêle vieil argot et verlan, expressions arabes et africaines. Des mots cash, trash, parfois sexistes, souvent décriés parce qu’ils véhiculeraient la «haine» ? L’intéressée hausse les épaules. «Ca fait longtemps que le verlan a dépassé les limites de la cité», explique-t-elle. De la cour de récré aux boîtes de nuit branchées, il se répand comme une traînée de poudre. On ne rit plus, on s’tape des barres ou on s’charrie. En teuf on kiffe sa race sur de la bonne zik, du son chanmé en matant des meufs. Un vrai truc de ouf. Popularisé avec le «Nique ta mère» de Jamel Debbouze et le tube «Mets ta cagoule» de Michaël Youn, démocratisé par les animateurs radio Maurad et Difool, le verlan a définitivement passé le périph. Le Nouvel Observateur
Doit-on se satisfaire de l’affaiblissement du français ? Certainement pas. En même temps, la langue française n’est pas menacée à domicile, même si elle l’est à l’international. Que faire alors ? Pour être constructif, plusieurs idées peuvent être avancées. Il faut par exemple renouveler et redynamiser notre langue en s’appuyant sur le français des quartiers, source permanente d’invention linguistique. On compte aujourd’hui plusieurs milliers de mots en verlan qui enrichissent notre langue. Valorisons-les dans les dictionnaires et les écoles. Frédéric Martel
Les défenseurs de l’éducation bilingue disent qu’il est important d’ enseigner un enfant dans la langue de sa famille. Moi, je dis qu’on ne peut pas utiliser la langue familiale dans la classe – la nature même de la classe exige que vous vous serviez de la langue d’une manière publique. (…) L’intimité n’a rien à faire dans les salles de classe. Richard Rodriguez
Il n’y a rien de surprenant qu’au moment où les universités américaines se sont engagées sérieusement dans la diversité, elles soient devenues des prisons de la pensée. Personne ne parle de la diversité d’aucune manière véritable. On ne parle que de versions brune, noire et blanche de la même idéologie politique. Il est très curieux qu’aux Etats-Unis comme au Canada on réduit la diversité à la race et à l’appartenance ethnique. On ne pense jamais que ça pourrait aussi signifier plus de nazis ou plus de baptistes du sud. Ca aussi, c’est la diversité, vous savez. Pour moi, la diversité n’est pas une valeur. La diversité, c’est l’Irlande du Nord. La diversité, c’est Beyrouth. La diversité, c’est le frère qui massacre son frère. Là où la diversité est partagée – où je partage avec vous ma différence – celle-ci peut avoir une valeur. Mais le simple fait que nous sommes différents est une notion terrifiante. Richard Rodriguez
Par-delà les discours pétris de bonne conscience sur l’égale dignité de toutes les pratiques linguistiques, on oublie de préciser que les exclus de la langue de Molière ont toutes les chances de devenir des exclus tout court. Alain Bentolila
Il y a un réel engouement bourgeois pour cette culture. Mais c’est aussi la marque d’un encanaïllement un peu pervers. Car à la différence d’un jeune des cités, un «fils de» n’aura aucun mal à jongler avec un autre registre de langue lorsqu’il s’agira de reprendre la boîte de papa… (…) L’écrit que pratiquent ces jeunes aujourd’hui a changé de perspective et de nature. C’est un écrit de l’immédiateté, de la rapidité et de la connivence: réduit au minimum, il n’est destiné à être compris que par celui à qui on s’adresse. Or, la spécificité de l’écrit par rapport à l’oral est qu’il permet de communiquer en différé et sur la durée: il est arrivé dans la civilisation pour laisser des traces. (…) Ce qui a changé, c’est que nos enfants, qu’on a cru nourrir de nos mots, utilisent un vocabulaire très restreint, réduit à environ 1 500 mots quand ils parlent entre eux – et à 600 ou 800 mots dans les cités. » Les adolescents les plus privilégiés possèdent, certes, une « réserve » de vocabulaire qui peut être très importante et dans laquelle ils piochent en cas de nécessité (à l’école, avec des adultes, lors d’un entretien d’embauche…), ce qui leur permet une « socialisation » plus importante. Mais globalement, ce bagage de mots que possèdent les jeunes a tendance à s’appauvrir quel que soit leur milieu. (…) Il y a une loi simple en linguistique: moins on a de mots à sa disposition, plus on les utilise et plus ils perdent en précision. On a alors tendance à compenser l’imprécision de son vocabulaire par la connivence avec ses interlocuteurs, à ne plus communiquer qu’avec un nombre de gens restreint. La pauvreté linguistique favorise le ghetto; le ghetto conforte la pauvreté linguistique. En ce sens, l’insécurité linguistique engendre une sorte d’autisme social. Quand les gamins de banlieue ne maîtrisent que 800 mots, alors que les autres enfants français en possèdent plus de 2 500, il y a un déséquilibre énorme. Tout est «cool», tout est «grave», tout est «niqué», et plus rien n’a de sens. Ces mots sont des baudruches sémantiques: ils ont gonflé au point de dire tout et son contraire. «C’est grave» peut signifier «c’est merveilleux» comme «c’est épouvantable». (…) C’est de la démagogie! Ces néologismes sont spécifiques des banlieues et confortent le ghetto. L’effet est toujours centrifuge. Les enfants des milieux aisés vampirisent le vocabulaire des cités, mais ils disposent aussi du langage général qui leur permet d’affronter le monde. L’inverse n’est pas vrai. Arrêtons de nous ébahir devant ces groupes de rap et d’en faire de nouveaux Baudelaire! La spécificité culturelle ne justifie jamais que l’on renonce en son nom à des valeurs universelles. Cela est valable pour l’excision, la langue des sourds comme pour le langage des banlieues. Dans une étude récente en Seine-Saint-Denis, on a demandé à des collégiens ce que représentait pour eux la lecture. Plusieurs ont fait cette réponse surprenante: «La lecture, c’est pour les pédés!» Cela signifie que, pour eux, la lecture appartient à un monde efféminé, qui les exclut et qu’ils rejettent. Accepter le livre et la lecture serait passer dans le camp des autres, ce serait une trahison. (…) Même les aides jardiniers ou les mécaniciens auto doivent maîtriser des catalogues techniques, entrer des données, procéder à des actes de lecture et d’écriture complexes. Or 11,6% des jeunes Français entre 17 et 25 ans comprennent difficilement un texte court, un mode d’emploi ou un document administratif et ne savent pas utiliser un plan ou un tableau. (…) Il y a trente ans, l’école affichait cyniquement sa vocation à reproduire les inégalités sociales: l’examen de sixième éjectait du cursus scolaire deux tiers des enfants, en majorité issus des classes populaires, qui passaient alors leur certificat d’études primaires (avec d’ailleurs une orthographe très supérieure à celle des enfants du même âge aujourd’hui). Or on est passé de ce tri affiché à l’objectif de 80% d’élèves au bac, imposant à une population scolaire qui autrefois aurait suivi la filière courte du certificat d’études de rester au collège et au lycée jusqu’à 16 ans. (…) mais alors il fallait changer complètement les programmes, les méthodes, les structures, les rythmes! Cela n’a pas été fait. A part quelques morceaux de sparadrap appliqués ici et là, l’école est restée la même. Il faut comprendre que l’apprentissage du langage n’est pas aussi naturel qu’il y paraît. C’est un travail. Quand un enfant apprend à parler, il le fait d’abord dans la proximité, dans un cercle étroit de connivence: la langue confirme ce qu’il voit, avec peu de mots. Petit à petit, en élargissant son langage, il quitte ce cocon douillet pour passer à l’inconnu: il va s’adresser à des gens qu’il n’a jamais vus, pour dire des choses dont ces gens n’ont jamais entendu parler. Il faut avoir l’ambition d’élargir le monde pour s’emparer des mots, et il faut s’emparer des mots pour élargir le monde. Mais, pour cela, l’enfant a absolument besoin d’un médiateur adulte à la fois bienveillant et exigeant qui transforme ses échecs en conquêtes nouvelles – «Je n’ai pas compris ce que tu veux me dire; il est important pour moi de te comprendre» – quelqu’un qui manifeste cette dimension essentielle du langage: l’altérité. (…) A cause de l’évolution sociologique de ces trente dernières années, l’activité professionnelle des mères, l’éloignement des grands-parents, l’école a accepté des enfants de 2 ans sans rien changer à sa pratique: ces petits se retrouvent dans des classes de 30, avec une maîtresse et, au mieux, une aide maternelle, à un âge où le langage explose (on passe de 50 à 300 mots et on inaugure les premières combinaisons syntaxiques). Dans ce contexte, ils restent entre eux. Cette réponse de l’école maternelle n’est pas honorable. Elle creuse encore le fossé culturel. C’est une catastrophe pour l’épanouissement psycholinguistique de l’enfant! (…) Pour aggraver les choses, on enseigne le français dans les filières professionnelles comme en maîtrise de linguistique: on leur fait étudier le «schéma narratif», l’«arrière-plan» et l’«avant-plan», le «champ lexical» ou encore les «connecteurs d’argumentation», des concepts de pseudo-analyse sémiotique éloignés de l’univers du bon sens. C’est une forme de désespoir pédagogique qui révèle un vrai renoncement à faire partager à des élèves de culture populaire la vibration intime qu’engendre un beau texte. Alain Bentolila (linguiste et spécialiste de l’illettrisme)
Toute langue possède une dimension argotique ; en effet, toute société humaine fonctionne avec des interdits, des tabous, entre autres, d’ordre social, politique, religieux, moral, qui sont véhiculés par la (ou les) forme(s) légitimée(s) de la langue. Comment peut-il être dès lors imaginé une société au sein de laquelle aucune personne, aucun groupe ne chercherait à se doter de moyens pour contourner ces interdits et ces tabous, ne serait-ce que par transgression langagière ? De telles pratiques sociales et langagières constituent les foyers les plus actifs nécessaires à l’émergence de formes argotiques, qui sont elles-mêmes autant de preuves des stratégies d’évitement, de contournement des interdits et tabous sociaux mises en œuvre par les locuteurs, les groupes de locuteurs qui produisent de telles formes. Une contre-légitimité linguistique peut ainsi s’établir . La situation linguistique française n’échappe pas à ce schéma et des parlers argotiques, plus ou moins spécifiques à tel(s) ou tel(s) groupe(s) ont toujours existé de manière concomitante avec ce que l’on appelle par habitude  » langue populaire ».  (….) Toute langue a bel et bien toujours eu, génère continuellement et aura toujours un registre argotique, qui permet la mise en place de stratégies de contournement, voire aussi de cryptage, de masquage. Au XVe siècle, François Villon a rédigé ses fameuses ballades dans une langue de malfrats, le parler de la Coquille, un argot d’une confrérie de malandrins, qui livrèrent sous la torture une partie de leur vocabulaire. Si l’on considère ce qui s’est passé en France depuis environ cent ans pour l’argot traditionnel, qu’il s’agisse de ses manifestations de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, de celles des années 1920-1930, d’après-guerre ou bien des années 1950-1960, une différence fondamentale doit être notée par rapport à ce que l’on constate aujourd’hui sur le terrain : de nos jours les épices apportées à la langue française sont de plus en plus empruntées à des langues étrangères. Même si l’argot traditionnel a su s’alimenter de termes étrangers, il le faisait à l’époque dans des proportions moindres. Un facteur déterminant est intervenu depuis et s’est amplifié : celui de l’immigration. Au temps de la Mouffe (rue Mouffetard), de la Butte (butte Montmartre), des Fortifs (Fortifications remplacées actuellement par le boulevard périphérique) un brassage de populations avait lieu dans Paris intra-muros, tout comme dans la majeure partie des grandes villes françaises. Les formes argotiques et les formes non légitimées dites  » populaires  » de la langue française se rejoignaient et c’est une des raisons qui ont permis alors aux mots des argotiers, des jargonneux de tel ou tel  » petit  » métier de passer du statut d’argot particulier à celui d’argot commun avant même de transiter par l’intermédiaire de la langue familière vers la langue française circulante, voire la langue académique, celle que l’on peut aussi écrire, y compris à l’école. Cambriole, cambriolage, cambrioler et cambrioleur ne sont plus du tout perçus de nos jours comme des mots d’origine argotique, ce qu’ils sont en réalité, puisque tous proviennent de l’argot cambriole qui désigne la chambre, la pièce que l’on peut voler. (…) Évolution rapide des formes de type argotique ? En voici un exemple : entrer dans un café et demander un casse-dalle avec une petite mousse  » un sandwich avec une bière  » appartient, d’un point de vue linguistique, à une autre époque, qui se termine à la fin des années 60-70 du siècle passé. Ce n’est plus le temps de la gapette  » casquette (à la mode ancienne)  » sur l’œil et de la cibiche  » cigarette  » au coin des lèvres. La casquette, aujourd?hui de marque Nike, est vissée sur le crâne, s’accompagne de baskets de même marque ou avec le logo Adidas aux pieds et les lascars  » jeunes des cités et quartiers français contemporains  » se désignent comme des casquettes-baskets par opposition aux costards-cravates, ceux qui sont en dehors de la cité, ceux qui sont en place, dans la place  » ont un travail, sont arrivés socialement « . De nos jours, au féca  » café, bistrot  » du coin on dame un dwich  » mange un sandwich  » et on tise une teillbou de 8.6  » boit une bouteille de bière titrant 8,6o d’alcool « . Il en va ainsi de l’évolution du lexique oral. Les personnes qui vivent dans des cités de banlieue ou dans des quartiers dits  » défavorisés  » – entre des tours et des barres – parlent de plus en plus fréquemment une forme de français que certaines d’entre elles nomment  » verlan « , d’autres  » argot « , voire  » racaille-mot  » (  » mots de la racaille « ). Cette variété de français, que l’on peut désigner par  » argot des cités  » ou  » argot de banlieue  » est en réalité la manifestation contemporaine la plus importante d’une variété de français, qui au cours des dernières décennies, tout comme les diverses populations qui l’ont parlée, a perdu tout d’abord son caractère rural, par la suite toute indexation ouvrière, voire prolétaire, pour devenir le mode d?expression de groupes sociaux insérés dans un processus d’urbanisation. Progressivement se sont alors développés les parlers urbains français, qui sont pratiqués de manière plus ou moins effective (usages actifs / passifs) par des millions de personnes en France, que celles-ci soient françaises d’origine ou non, issues de l’immigration ou étrangères. Pendant toutes les années 1990, cet argot de cités, désigné plus haut par français contemporain des cités (FCC en abrégé), est sorti d’entre les tours et les barres, qui l’ont vu naître, émerger, exploser au début des années 1980. Les formes lexicales du FCC sont puisées d’une part dans le vieux français et ses variétés régionales, d’autre part dans le vieil argot, celui de Mimile, mais aussi dans les multiples langues des communautés liées à l’immigration. Par ailleurs le FCC comporte aussi un nombre important de créations lexicales spécifiques, qui ne sont pas uniquement du verlan, comme on peut le croire communément. Étant donné les pratiques langagières des communautés d’origines diverses, de cultures et de langues non moins différentes, qui cohabitent dans les cités ou les quartiers des grandes villes françaises une interlangue émerge entre le français véhiculaire dominant, la langue circulante, et l’ensemble des vernaculaires qui compose la mosaïque linguistique des cités : arabe maghrébin, berbère, diverses langues africaines et asiatiques, langues de type tsigane, créoles antillais (à base lexicale française) pour ne citer que ces langues. (…) Dans ces variétés linguistiques se met alors en place un processus de déstructuration de la langue française circulante par ceux-là même qui l’utilisent et y introduisent leurs propres mots, ceux de leur origine, de leur culture. Les formes linguistiques ainsi créées et leurs diverses variantes régionales deviennent dès lors autant de marqueurs, voire des stéréotypes identitaires ; elles exercent de ce fait pleinement leurs fonctions d’indexation. L’instillation d’un grand nombre de traits spécifiques, qui proviennent du niveau identitaire, dans le système linguistique dominant correspond alors à une volonté permanente de créer une diglossie, qui devient la manifestation langagière d’une révolte avant tout sociale. (…) La déstructuration de la langue s’opère aussi par introduction dans les énoncés de formes parasitaires, ce qui constitue une procédure argotique bien connue des linguistes. Ceux et celles qui utilisent de telles formes linguistiques peuvent de ce fait s’approprier la langue française circulante, qui devient alors leur langue ; ils et elles peuvent grâce à elle non seulement se fédérer mais aussi et surtout espérer résister et échapper à toute tutelle en se donnant ainsi un outil de communication qui se différencie des différents parlers familiaux, qu’ils ou elles pratiquent, peu ou prou, par ailleurs mais aussi de la forme véhiculaire de la langue française dominante, par conséquent légitimée. Les normes linguistiques maternelles sont alors développées comme autant de  » contrenormes  » à la langue française, académique, ressentie comme langue  » étrangère  » par rapport à sa propre culture. L’École a une fonction primordiale : elle se doit de fournir aux enfants scolarisés les outils nécessaires pour parvenir à une maîtrise efficace de la langue française tant sous ses diverses manifestations orales que sous sa forme écrite, orthographique par conséquent. Dans le cas de groupes scolaires implantés dans des cités, la langue utilisée par les élèves est à bien des égards distante du français circulant, compte tenu de la multitude des éléments linguistiques identitaires qui y sont instillés. Ceci contribue aussi dans le cadre de l’école à la mise en place de la fracture linguistique. Le rôle des enseignants devient dès lors prépondérant ; il s’agit de pouvoir éviter l’instauration de rapports d’exclusion au nom des sacro-saints  » ils ne parlent pas français « ,  » ils n’expriment que de la violence, leur violence « ,  » il n’y a que des mots grossiers dans ces parlers  » et autres  » on ne sait plus parler français dans les banlieues « . Bien au contraire, c’est un réel foisonnement lexical que l’on constate lors de l’analyse des diverses variétés du FCC. En effet, si les anciens argots de métiers eux-mêmes et l’argot commun traditionnel reflétaient une véritable  » fécondité en matière lexicale « , une  » effervescence du vocabulaire… dans des groupes sociaux mal armés chez lesquels on s’attendrait à un stock lexical réduit »,  il en est de même pour ce qui est des formes langagières actuelles des cités. (…) Les pratiques argotiques contemporaines doivent être resituées dans le temps. En France au cours du XXe siècle les argots de métiers cèdent progressivement la place aux argots sociologiques. Ces deux types d’argots se différencient entre eux par l’importance relative des fonctions qu’ils exercent : pour les argots de métiers les fonctions sont essentiellement cryptiques, voire crypto-ludiques ; les fonctions identitaires, quant à elles, n’occupent qu’une place secondaire. Une inversion des rapports intervient dans le cas des argots sociologiques des cités. Les fonctions identitaires jouent pleinement leur rôle et la revendication langagière de jeunes et de moins jeunes qui  » se situent en marge des valeurs dites légitimes (…) est avant tout l’expression d’une jeunesse confrontée à un ordre socio-économique de plus en plus inégalitaire, notamment en matière d’accès au travail. Jean-Pierre Goudaillier
Duneton’s description of the paradox of working-class kids made good who enter the teaching profession has another echo in Bourdieu’s sociological writings. Bourdieu often uses the term oblate, a word which originated in the Middle Ages to describe a young man of modest means entrusted to a religious foundation to be trained for the priesthood. Bourdieu borrows the term to suggest the intensity of institutional loyalty felt by the teacher of humble origins who owes his whole education and culture to the state educational system. The oblates of the modern world are all teachers. An alternative title for Je suis comme une truie qui doute might be Confessions of an Ex-Oblate. (…) A teacher who becomes sceptical of the very value of schooling and the very value of the culture he is supposed to disseminate is about as much use as a farmyard sow who refuses to eat. This realization is at the heart of Je suis comme une truie qui doute and, of course, explains the text’s surreal title. Duneton doesn’t only stress the linguistic alienation of many working-class and predominantly rural kids. He also emphasises their very real linguistic abilities. These kids are not illiterate they are simply not in possession of the `right’ kind of French accepted within the school system. For Duneton it is important that children from rural areas are encouraged to learn and speak at school the kind of French spoken at home and with peers from their own region. For some children with knowledge of Occitan or other regional languages, this can benefit them in their learning of other foreign languages. Tony McNeill
Ça fausse un peu le jugement d’être une exception. On a tendance à croire que les autres, peuvent en faire autant … Mais ce qui fausse encore plus le jugement, c’est que, si nous avons réussi à sauter les barrières, c’est précisément parce que nous avons assimilé en profondeur les règles du jeu. Ces règles-là conditionnent aujourd’hui notre pensée. On nous a fait jouer aux échecs, blaque à part, et nous avons gagné. Alors nous continuons à faire jouer les autres en espérant que ça se passera bien aussi pour eux. (…) Ben oui. On ne nous avait pas dit que les littérateurs se foutaient de nous. On nous les faisait révérer comme nos grands frères, ces visages pâles! Claude Duneton
… les livres de classe présentent la société sous un angle bien détérminé; sous prétexte de vie quotidienne et de condition moyenne ils offrent aux enfants attentifs un univers essentiellement petit- bourgeois. (…) la langue française, c’était au début du siècle la langue d’une infime minorité de la population française. C’est curieux à dire, mais la France n’est francophone que depuis cinquante ans à peine! … La haute bourgeoisie de notre pays avait, depuis des siècles, une langue à elle, une belle langue, réputée, qu’elle s’était faite toute seule, en secret. Elle en avait déjà fait présent à plusieurs cours d’Europe, quand, tout d’un coup, au début de ce siècle, elle en a fait cadeau aux Français.
Pendant longtemps, lorsque j’entendais le mot culture, je pensais d’abord à un champ de pommes de terre … Oh c’était pas méchant! C’est pas comme l’autre avec son revolver! – Non, j’avais simplement la connotation rustique … Et puis je me rappelais bien vite que c’était pas ça: qu’il s’agissait de la Grande Culture, de l’unique, de la vaste, de la très belle, de la Culture aux grands pieds! `L’ensemble de connaissances acquises qui permettent à l’esprit de développer son sens critique, son goût, son jugement’, comme dit Robert. – Oui mais c’est très orienté tout ça, non? … Le goût, le jugement … L’ensemble de connaissances acquises peut-être, mais ça dépend tout de même lesquelles! On ne dit jamais de quelqu’un par exemple: `Cet homme est très cultivé, il connaît Marx et Lénine sur le bout du doigt.’ Hein? C’est vrai, ça fait curieux comme remarque … A l’oreille, ça ne passe pas. Pas plus que: `Cultivé? Vous pensez, il travaille sur les nouveaux ordinateurs Machin!’ Ce serait choquant à la limite … Non, un homme cultivé ce n’est pas ça. Il connaît d’abord ses classiques. Non pas pour en faire une critique historique circonstanciée, non, comme ça, pour l’ornement de ses pensées. Racine, il en cite deux ou trois vers … Mallarmé. Il sait reconnaître un Breughel, un Beethoven. Il a lu Proust en entier, Balzac … Bref il est cultivé quoi! On dit aussi que la culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Ben oui. Ce qui reste c’est un sentiment, une impression, une manière de voir les choses – une vision. Comme on a oublié d’où elle vient cette vision, elle nous paraît naturelle, la seule qui soit. C’est comme celui qui porte des lunettes de soleil, il oublie ses verres teintés; ça lui colore l’existence, il cherche pas à en savoir plus long.
Que la manoeuvre de dépassement soit réussie ou non, pour quelqu’un qui fait des études, il reste tout de même une sérieuse dualité entre le parler familial et celui de l’école, du lycée, de l’université.
Combien j’en ai vu des petits garçons taciturnes, qui traînent à longueur de cours, de semaines, d’années scolaires, sans presque desserrer les dents! Et puis on les surprend, un soir du côté du garage à vélos, ou bien dehors, dans un groupe, près du portail. Le gosse est en discussion animée avec les copains. Il a la voix rapide, le geste sec, un vrai harangueur … Il ne vous a pas vu venir. Tout à coup il vous voit: ça s’arrête net dans sa gorge. Il rougit, sourit, gêné … Les autres rigolent. Ils savent, eux, qu’il parle autant qu’un autre. Et ça n’est pas parce que vous n’êtes pas gentil, parce que vous lui faites peur personnellement. C’est autre chose – qu’il ignore d’ailleurs – : c’est qu’il vit mal sa dualité.
Mais toutes les langues sont `de culture’ si on sait les prendre, et si l’on donne à ce mot un sens un peu plus profonde que `source inépuisable d’extraits de morceaux choisis’. A condition de dissocier culture et littérature de classe, sans jeu de mots.
Vieux con. Lui aussi, l’inspecteur, il est souvent l’enfant d’un tâcheron. Le petit fils d’un besogneux des terres occitanes, d’un haveur de charbon presque belge … Le descendant d’un ajusteur. Le fils de bourgeois ne font pas l’enseignement. Ils occupent les ministères. (…) Bref il n’a jamais été question de savoir si j’aimerais enseigner les gosses. La question aurait été aussi saugrenu que pour un prisonnier en cavale qui voit un train démarrer de demander si la direction du train est la bonne, et à quelle heure il arrive là où il va. Il saute dans le premier wagon le type, et voilà! – Vocation? … Vous voulez rire! La vocation générale des prolétaires occitans depuis un demi-siècle était de véhiculer des messages: dans les Postes, cela va de soi, les Chemins de Fer, ou alors le message culturel par excellence: l’Enseignement. Les classes laborieuses n’ont pas de vocation, elles prennent la porte qui se trouve ouverte devant leur nez. (…) Pour un enfant de prolétaire l’apprentissage du langage intellectuel constitue un pas important à franchir. Il n’y a pas que la vision qui doit changer. Ce langage non affectif, cultivé, à la musicalité plus `distinguée’ que la sienne, tend à le couper de son milieu familial. Toute une série de forces inconscientes s’opposent violemment à cette séparation, le retiennent. En fait il s’agit de dépasser le père, de le rejeter, avec la mère, en un mot, dans le symbolique freudienne, de le tuer. Même s’il n’est pas perçu en tant que tel, c’est un rude moment intérieur, souvent autour de la puberté. C’est quelquefois dur à crever un père travailleur manuel. `La rigidité particulière des tissus’, vous savez … Et puis on s’y attache. C’est dur de passer de l’autre bord, de mépriser. En plus de la combine oedipienne commune à tous, il faut renier toute une façon d’être, de sentir, une façon de rire et de pleurer. Certains ont de la peine, ils réussissent moins bien leur assassinat. Ça fait des cancres. Claude Duneton
Personne ne me contredira si j’affirme que le vocabulaire de la jeunesse s’est appauvri depuis trente ans. Et ce ne sont pas les quelques dizaines de mots arrachés par les médias dans les champs de sabir mythifiés appelés «banlieues» qui compensent les pertes. Contrairement à une idée reçue, le parler ordinaire des adolescents s’est rétréci non pas seulement parce que les termes convenus leur échappent (ne disons pas «littéraires») ; leur vocabulaire s’est allégé aussi parce que les mots vulgaires leur manquent! – Je m’entends. On l’ignore généralement, la phraséologie familière traditionnelle que tout Français et la plupart des Françaises utilisaient sans penser à mal au XXe siècle -, ce français d’entre soi, «bas» peut-être, mais rigolo, tellement rejeté par l’école de nos pères, cet «argot» enfin qui faisait la vie et la saveur des palabres, leur fait lui aussi défaut. (…) À quoi le phénomène est-il dû? J’aimerais bien le savoir. Plusieurs causes, dont probablement l’absence de vie familiale intime, absorbée qu’elle est par la télévision. Donc peu d’échanges avec les parents, moins encore avec les grands-parents, jadis gros transmetteurs, quand ce n’est pas avec toute catégorie d’adultes – cette tendance va s’affirmer avec la consommation de portables. La parole n’étant plus transmise, la pénurie s’installe – durablement. Claude Duneton

Attention: un appauvrissement peut en cacher un autre !

Alors que Le Figaro nous ressort une vielle chronique du célèbre défenseur de l’argot et des langues régionales Claude Duneton

Se lamentant de  l’appauvrissement, entre « calendos », « guincher » ou « radiner », non tant du français de nos adolescents …

Que de celui de leur argot …

Comment ne pas s’étonner …

De cette étrange conjonction de contresens et d’aveuglements …
Venant de quelqu’un qui à la fois issu des classes dominées (fils de paysans corréziens) et auteur reconnu (premier de la classe devenu professeur) a consacré sa vie à la question …
Et pourtant semble refuser le processus inexorable, via notamment le verlan, de l’argotisation …
Et ne pas voir que la multi-ethnisisation accrue en plus entre parlers arabe, berbère, africain, antillais ou gitan …
Le même phénomène est à l’oeuvre d’attachement identitaire aux racines qu’il avait voué sa vie à défendre …
Si bien décrit,  dans son livre le plus personnel, comme le « vivre mal de sa dualité » d’une « truie qui doute »
Et comment ne pas voir l’appauvrissement autrement plus conséquent …
Que serait l’apprentissage qu’il semble, à l’instar des impasses américaines de l’ebonics ou de l’enseignement bilingue, appeler de ses voeux …
D’un vocabulaire par définition dépassé …
Pour des jeunes dont le principal problème reste et a toujours été d’intégrer
Via justement la maitrise de la langue légitime
Le marché du travail dont à l’image de leurs quartiers en voie de ghettoïsation …
Ils sont souvent les premiers exclus ?

L’appauvrissement du français est en marche

Claude Duneton

Le Figaro

«Calendos», «guincher», «radiner»… Tous ces mots, jadis présents dans nos conversations ont disparu du langage de nos adolescents. Claude Duneton (1935-2012) notait ce rétrécissement de notre champ lexical il y a quelques années dans une chronique. La voici.

Personne ne me contredira si j’affirme que le vocabulaire de la jeunesse s’est appauvri depuis trente ans. Et ce ne sont pas les quelques dizaines de mots arrachés par les médias dans les champs de sabir mythifiés appelés «banlieues» qui compensent les pertes. Contrairement à une idée reçue, le parler ordinaire des adolescents s’est rétréci non pas seulement parce que les termes convenus leur échappent (ne disons pas «littéraires») ; leur vocabulaire s’est allégé aussi parce que les mots vulgaires leur manquent! – Je m’entends.

On l’ignore généralement, la phraséologie familière traditionnelle que tout Français et la plupart des Françaises utilisaient sans penser à mal au XXe siècle -, ce français d’entre soi, «bas» peut-être, mais rigolo, tellement rejeté par l’école de nos pères, cet «argot» enfin qui faisait la vie et la saveur des palabres, leur fait lui aussi défaut.

Calendos, confiote et burlingue

Voyons cela de près et non pas en rêve. Vous qui savez ce qu’est un calendos, coulant ou plâtreux, (Ah, les pique-niques sur l’herbe!), demandez voir à des gens qui ont entre 13 et 18 ans ce que ce mot veut dire: un seul questionné sur dix évoquera le fromage rond de Normandie ; les neuf autres répondront que c’est… un calendrier! Idem pour le compères auciflard… La même proportion de jeunes n’identifie pas un couteau dans un schlass, de même que le verbe se radiner (Radine-toi en vitesse!), sera plutôt associé à «se vanter, économiser, être radin avec soi-même», au choix. Un sur deux ne connaît pas le mot confiote, ou le mot caoua pour «café».

Neuf gamins sur dix (90 %) ignorent le mot burlingue– ils pensent qu’il s’agit d’une voiture – et bien que tous ces gens fument comme des pompiers, le même pourcentage ne sait pas ce qu’est une sèche (on confond avec «une question à laquelle on ne sait pas répondre», par extrapolation d’antisèche).

« La parole n’étant plus transmise, la pénurie s’installe – durablement »

Je tiens ces statistiques d’un professeur de français que la curiosité titille, Mme Yveline Couf, qui n’enseigne pas à Versailles mais dans une grande ville ouvrière (un peu sinistrée) de province. Cette prof a présenté des listes de mots familiers à des élèves de 4e et de 3e , en leur demandant de donner pour chacun une définition, comme dans le jeu du dictionnaire. Et cela, c’est du concret, pas du rêve bleu. Ce sondage recoupe exactement les observations que j’avais pu faire moi-même sur ce terrain il y a huit ou neuf ans.

Sur vingt-trois participants volontaires – donc intéressés par la langue (qu’eût-ce été sur un échantillon brut de brutes?) – cinq connaissaient le mot pèze ; il est vrai qu’on dit surtout fric, pognon, et thune. Cinq aussi savent le troquet, mais bistro domine. On remarquera que certains termes d’argot sont sortis aussi de l’usage des adultes ; on n’entend guère le mot greffier pour un chat: aucun ne le connaissait (Boileau serait content!). Mais sept seulement identifient le mot colback, ce qui paraît surprenant:«J’lai choppée par le colback, J’lui ai dit: «Tu m’fous les glandes»…» (Renaud, de Marche à l’ombre).

Une absence de vie intime et trop de télévision

Bon, que ce soit les gens d’un certain âge qui parlent de leur palpitant, je veux bien le croire (l’âge des artères), mais qu’il ne fasse sens que pour trois pelés, c’est peu – c’est la coupure avec les grands-pères… Entraver pour «comprendre» n’est saisi que par un seul élève sur vingt-trois – tous les autres pensant que le verbe signifie «passer au travers». Quant à la proportion de 1 sur 23 pour le verbe de joyeuse source populaire guincher, c’est raide! Autrement dit, la perte de vocabulaire par les nouvelles générations ne se limite pas au français châtié, comme on croit: le sens fuit également par le bout roturier.

À quoi le phénomène est-il dû? J’aimerais bien le savoir. Plusieurs causes, dont probablement l’absence de vie familiale intime, absorbée qu’elle est par la télévision. Donc peu d’échanges avec les parents, moins encore avec les grands-parents, jadis gros transmetteurs, quand ce n’est pas avec toute catégorie d’adultes – cette tendance va s’affirmer avec la consommation de portables. La parole n’étant plus transmise, la pénurie s’installe – durablement. Zut alors! C’est mauvais signe… Que veut dire «zut»? – Je parierais que la moitié des vingt-trois cobayes de Mme Yveline ne le sait plus… À vérifier autour de vous. Vous serez surpris, vous direz «Mince alors!» – Mince? Quel «mince»? – Oh flûte!

Retrouvez les chroniques de Claude Duneton (1935-2012) chaque semaine. Écrivain, comédien et grand défenseur de la langue française, il tenait avec gourmandise la rubrique Le plaisir des mots dans les pages du Figaro Littéraire.

Voir aussi:

La fin des truffes
Claude Duneton
On ne peut pas enseigner une chose dont on doute.
ENTREVUE AVEC CLAUDE DUNETON

Claude Duneton a un peu plus de quarante ans. Il a enseigné l’anglais pendant vingt ans. Avant d’apprendre l’anglais il avait dû apprendre le français, sa langue maternelle étant l’occitan. Il est né en Corrèze dans une famille paysanne très humble. Il s’en souvient. Son premier livre, Parler Croquant, a suscité beaucoup d’intérêt, notamment au Québec. Dans son dernier livre, Je suis comme une truie qui doute, il s’est vidé le coeur, sans savoir peut-être qu’il le faisait au nom de dizaines de milliers d’enseignants qui, depuis, lui ont manifesté leur solidarité, soit en lui écrivant, soit en lisant son livre, dont le titre insolite est expliqué ainsi:

Enseigner le doute est une bien cruelle entreprise. Apprendre à chercher la vérité c’est très joli, mais si on ne la trouve pas, ou alors chacun la sienne, parcimonieusement, c’est moins exaltant. Monter tout un système de recherche en ne sachant pas très bien ce que l’on cherche, et surtout ne jamais tomber sur un morceau de trouvaille pour s’encourager les méninges c’est vraiment ardu. C’est plus ardu que de dresser un cochon à chercher la truffe. Parce que le cochon d’abord on lui fait savoir ce qu’il cherche, clairement et sans ambiguïté. On lui fait goûter de la truffe au départ. Ensuite, de temps à autre, on lui en met des morceau