Cherchez l’erreur: Des imams ont organisé un rassemblement en hommage aux familles des victimes et… personne n’est venu !(In France, the most radical voice of social cohesion may very well be the ‘imam of the Jews’ who refuses to shut up and pray)

12 octobre, 2019
L’imam français Hassen Chalghoumi et Reuven Rivlin, président de l’Etat d’Israël. (Crédit photo : Facebook / Hassen Chalghoumi)

La majorité silencieuse, (…) on ne [la] voit jamais à la télévision. On ne montre que les barbus, les fanatiques, ceux qui affirment que je suis isolé et font régner un climat de peur. Hassam Chalghoumi
Ce rassemblement a pour but de montrer que nous sommes tous ensemble. Soutiens aux victimes et à leurs familles. Nous sommes tous contre l’islamisme, qui est une maladie de l’Islam malheureusement. Un assassin tue au nom de ma religion, il prend en otage les musulmans. C’est nous les musulmans les premières victimes. J’invite les fidèles à sortir pour dénoncer l’islamisme, dire : ‘ma vision de l’Islam n’a rien à voir avec ces criminels et ces assassins, cette minorité qui gangrène nos jeunesses, qui manipule. L’islamisme c’est la parole de la haine, c’est des fachos. Nous on ne veut pas ça’. Quelqu’un qui n’a pas une vision républicaine, qui n’aime pas la France, qu’est-ce qu’il fait ici ? Il peut partir ailleurs, il nous laisse en paix. Hassam Chalghoumi (conférence des imams sans mosquée de France)
J’accuse la chaîne Al Jazeera, avec sa propagande de haine et celle du Hamas, celle de tous les sites islamistes… Al Jazeera m’a qualifié de traître, de vendu et j’ai été obligé de déposer une plainte pour menace de mort. (…) parce que nous avons dénoncé la mascarade des islamistes et leurs manipulations. Nous voulons montrer le côté positif de l’islam. Il y a trop de sites qui expriment leur haine notamment contre Israël, mais cette jeunesse ne va pas s’arrêter là, parce nous allons faire une tournée à travers la France pour poursuivre notre mission et transmettre ce que nous avons vu en Israël. A ceux qui me menacent de mort, je veux leur dire qu’ils ne me font pas peur, et je ne baisserai jamais les bras, j’avance vers le dialogue, je suis un homme de paix, et telle est ma vision de l’islam. Hassen Chalghoumi
Il faut faire attention aux amalgames et aux surenchères: la société américaine surtout celle de Manhattan est ouverte et tolérante… Il y a des racistes et des fascistes évangélistes… Ce n’est pas une raison pour jouer avec le feu, à la provocation… On peut construire une mosquée n’importe où, mais pas à coté d’un charnier, d’un mémorial de la barbarie terroriste des islamistes d’Al-Qaïda. (…) Aucun texte coranique ne parle de la burqa. Il faut faire la différence entre la religion musulmane et les traditions de certains musulmans. Dans l’islam sunnite, il y quatre écoles théologiques: les quatre disent que la burqa n’est pas une obligation. Tous les savants musulmans disent que le visage de la femme n’est pas une partie intime… Alors, il y a plus important et plus sacré dans notre religion qu’un bout de tissu. (…) Si vous dites le contraire, citez le verset coranique qui parle de la burqa! Il n’y en a aucun. La burqa est un phénomène étranger au coran, étranger à l’islam du Maghreb, étranger à l’islam qui n’a rien à cacher, étranger à l’islam des Lumières. [un islam de France] C’est un Islam libre des ingérences étrangères et des ingérences policières ; Libéré des manipulations des politiques et des gesticulations des fanatiques ; Libéré du paternalisme post-colonialistes des indigènes-nihilistes et des idiots-arrivistes ; Libéré des intégristes et des affairistes ; Libéré des surenchères gauloises et des compromissions munichoises ; l’Islam de France est Contre les racistes musulmans et les extrémistes islamistes. (…) Il y a beaucoup d’imams qui pensent comme moi, malheureusement ils ont peur. Certains ont pris position comme moi, ils ont été « chassés » de leurs mosquées, ou insultés, ou menacés… Et puis ils ont vu un mauvais exemple dans la mosquée de Drancy: assiégée, agressée pendant plusieurs mois sous le regard impuissant des pouvoirs publics… Et puis il y a des imams fonctionnaires, salariés des gouvernements étrangers… Et surtout certains représentants de notre Etat et certains représentants de notre nation préfère fricoter avec les intégristes et les affairistes de l’UOIF. (…) j’ai condamné les « BRUITS ET LES ODEURS » de certains politiciens français, j’ai condamné les surenchères irresponsables et les dérapages intolérables des Estrosi et des Lefevre… Malheureusement, nous les musulmans de France, nous n’avons pas un média digne qui fait entendre notre voix. [l’influence des Frères Musulmans en France] elle est dangereuse, elle est grandissante, elle est lâche, elle est usurpatrice… La majorité des musulmans de France n’appartiennent pas à cette secte intégriste et populiste qui a fait 200 000 morts en Algérie par exemple, mais la cécité et la lâcheté des pouvoirs publiques ont laisser s’épanouir et grandir ce monstre qui mange ses enfants. (…) Nous sommes des Français… Et il faut imposer au gouvernement français nos vrais problèmes et surtout le racisme. Par exemple, SOS Racisme doit commencer à s’intéresser réellement au racisme que subissent plusieurs catégories de Français au lieu de jouer aux apparatchiks idéologiques de la morale sélective. SOS Racisme doit comprendre que le racisme que subissent les musulmans n’est pas celui que subissent des assassins menacés par la perte de leurs papiers de nationalités, ni les regards choqués ou mêmes haineux que subissent certaines femmes dont le regard et le visage sont cachés par une insupportable burqa, ni la discrimination réelle à l’entrée des discothèques. Le vrai racisme, c’est ce que subissent nos enfants à l’école, nos familles au logement, nos salariés au travail, nos diplômés à la promotion sociale… (…) Le président actuel a sauvé la Tunisie de la guerre civile algérienne. Les mêmes intégristes tunisiens voulaient instaurer la même barbarie talibane et provoquer la même guerre civile algérienne… La Tunisie est un pays libre et moderne… Il y a même des Français qui vont se soigner la bas… L’islam de la Tunisie est l’islam modèle, celui de la modération et de la modernité….. Je suis imam français et je suis fier de mon pays d’origine la Tunisie qu’Allah protège. (..) Je déteste l’expression « les quartiers », ce que vous appelez ainsi, sont une partie de la France, que plusieurs gouvernement de notre France ont négligé, et que les Frères Musulmans soutenus par des gouvernements étrangers sont en train de gangrener. (…) Ce n’est pas le combat d’un seul homme, ni de la seule communauté musulmane, ni seulement du gouvernement… Tout le monde doit concourir à combattre les extrémistes, surtout en luttant d’abord contre le racisme. Le département du 93 est le symbole de la diversité, il est le thermomètre de l’intégration: Les représentants de l’Etat et de la nation doivent réussir à faire de ce département un modèle économique, social et républicain, un modèle du vivre ensemble. Dans le 93, il y a le siège de tous les mouvements, sectes et organisations musulmanes ou islamistes. Je demande que les intégristes islamistes ne restent pas les interlocuteurs exclusifs des représentants de la Nation. Il y a parmi nous, les musulmans français, des cadres républicains, des hauts fonctionnaires, des patrons, des professeurs de médecine, des professeurs émérites d’université, des créateurs de richesses et des vecteurs de sagesse, des personnes méritantes qui aiment la France et qui respectent l’islam. Il n’y a pas que des intégristes qui font du business avec l’islam. (…) Regardez les vidéos postées par les intégristes du collectif Cheikh Yassin et vous écouterez les messages de haine contre les juifs. il faut être courageux pour admettre que les intégristes islamistes détestent les juifs comme ils détestent les femmes d’ailleurs. (…) Le terme charia est très manipulé et galvaudé… Pour des imbéciles, la charia c’est le mariage du libertinage et la lapidation des femmes adultères… La charia est le chemin de la religion. Alors il faut réformer notre façon de voir les choses… Il faut réformer nos visions… Il faut nous réformer nous musulmans, parfois indignes d’une belle et grande religion qu’est l’islam. (…) Vous me parlez de Tariq Ramadan qui est un intégriste suisse et non pas un musulman français.. Lui et sa secte dangereuse, les Frères Musulmans, ont perverti la religion au point de pousser les Suisses à devenir racistes et à interdire les minarets. Est-il normal que ce Tariq Ramadan aille soutenir le voyou polygame de Nantes qui a insulté notre religion en déclarant que l’islam autorise les maitresses ? J’ai honte. (…) il n’y a pas de dirigeant de l’islam de France… le CFCM est une catastrophe honteuse, une coquille vide gangrenée par l’UOIF. Le Président de notre République a bien fait de créer cette institution, mais ce n’est pas à lui de remplacer les intégristes ou les fonctionnaires étrangers qui la dirigent pas des musulmans français compétents… C’est un vrai problème. (…) J’aimerais remercier particulièrement le maire de Drancy, l’un des hommes politiques français les plus courageux et les plus républicains… Il a résisté avec moi aux racistes et aux islamistes. Il mérite de remplacer la catastrophe qu’est devenue Fadela Amara, car la Politique de la Ville mérite des hommes ou des femmes compétents et non des guignols, sinon le racisme et l’islamisme vont s’accroitre, se nourrir mutuellement et nous mettre TOUS en danger. Hassen Chalghoumi
As right-wing rabble rousers throughout Europe make themselves known to media, it’s time to tell the more surprising stories. Here’s one: in France, the most radical voice of social cohesion may very well be an imam. Yup, a Muslim cleric. Hassen Chalghoumi deserves to become a household name in America. Chalghoumi is the imam of Drancy, a suburban Parisian town that deported Jews to their death during World War II. Imam Chalgoumi seeks to preserve this history so that it’s never forgotten. In fact, we met him at the Holocaust Memorial in Drancy, where he recited the opening verses of the Qur’an. The imam later told us that the Holocaust isn’t only a Jewish issue; it’s a human one that Muslims must honestly grapple with if they want credibility when complaining about Islamophobia. Coming from an imam, such a statement is more than rare. It’s refreshing. But Chalghoumi’s platform doesn’t end in Drancy. He founded the French Conference of Imams, has written several books in French and Arabic, and intends to speak with American audiences as his English improves. We can only hope that he’ll be welcomed, since he seeks to unite Muslims, Christians and Jews to conquer what he calls the real enemy: fanaticism, including the Islamist kind. His message of peace has its detractors. Opponents sarcastically describe Chalghoumi as the “Imam of the Jews.” He frequently faces death threats via voicemail. His house was trashed soon after he led a 2006 Holocaust remembrance. Later, vandals doused his car with gasoline. More polite pushback comes in the form of counsel to stop appearing publicly and to end interfaith dialogue. Translation: shut up and pray. Chalghoumi follows half that advice. The other half, Chalghoumi flouts: He brought 20 French imams to Jerusalem’s Yad Vashem Holocaust memorial, where they proclaimed that life is more important than doctrine. The intensity of his moral courage doesn’t really reveal itself in Chalghoumi’s background. Born in Tunisia, he served as a conflict mediator for France’s national rail system. Then he opened a pizzeria, which became a neighborhood hotspot. In a gesture of sweetness but not necessarily backbone, Chalghoumi reached out to the local cops bearing gifts of pastry. On further reflection, though, we detect a pattern. The imam’s adult life is suffused with his intention to open lines of communication between seeming rivals. It’s a pattern rooted firmly in faith: in Islam, proper intention (known as “niyyah”) is at least as significant as action. But Chalghoumi also walks the talk, embodying the bold declaration that human dignity trumps religious identity. Irshad Manji and Antonio Marrero
Militants et intellectuels, une quinzaine de personnalités lancent un appel à la démission de Hassen Chalghoumi du poste de Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy. Dans la ville de Drancy, le député-maire en place Jean-Christophe Lagarde, centriste de droite, maintient depuis 2008 le très controversé Hassen Chalghoumi à ses côtés en tant que Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy. Ce faisant, il expérimente ce que Nicolas Sarkozy préconisait au niveau national : subventionner le culte musulman pour mieux le domestiquer. Le tout dans le mépris de la loi de 1905. Pari réussi, M. Chalghoumi n’a eu de cesse de servir le pouvoir en place contre les intérêts légitimes de la communauté musulmane à exercer son culte de manière indépendante et paisible. En janvier 2010, dans un contexte d’islamophobie porté par le pouvoir en place, il se prononce en faveur de la loi liberticide interdisant le port du voile intégral en France. Il avait par ailleurs activement soutenu le dictateur Ben Ali, alors que le régime réprimait dans le sang les manifestations pacifiques de la révolution tunisienne. En novembre 2011, alors que les Tunisiens élisent démocratiquement leurs représentants politiques, il agite l’épouvantail de l’islamisme et met en garde l’Occident contre la volonté d’Ennahda d’imposer la charia en Tunisie. Pendant les élections présidentielles de 2012, il milite avec M. Lagarde pour la candidature de Nicolas Sarkozy, par sa présence ostensible aux meetings du président sorti. Dernièrement en collaboration avec le CRIF, il va parader en Israël où il apparaît notamment aux côtés de Caroline Fourest, d’Elisabeth Levy et d’Alain Finkielkraut, personnalités dont les prises de position à caractère islamophobes ne sont plus à démontrer. Les actes de M. Chalghoumi dénotent une compromission avec un pouvoir dévoyé. Ils sont totalement incompatibles avec l’exercice de responsabilités au sein de l’association culturelle des musulmans de Drancy qui a vocation à permettre l’affirmation d’un islam empreint des valeurs de dignité, d’éthique, de justice et de liberté. L’instrumentalisation de M. Chalghoumi dans le déni de la laïcité, la gestion coloniale et l’ingérence politique de Jean-Christophe Lagarde à l’égard du culte musulman sont contraires à notre vision de la morale, de l’éthique politique et trahissent les valeurs de la République. Pour toutes ces raisons, nous exigeons la démission de Hassen Chalghoumi du poste de Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy et la désignation consensuelle à cette fonction d’une personne intègre et légitime choisie par la communauté musulmane. Nous appelons les élus à ne pas instrumentaliser plus longtemps les institutions de culte dans le respect des valeurs de la République. Collectif pour la dignité des musulmans
Farid Hannache balance sec. L’ancien conseiller de Hassen Chalghoumi, sans qui son premier livre « Pour l’islam de France » sorti en 2010 n’aurait pas été possible, a décidé de sortir de l’ombre et de faire des révélations, sur le ton de la dénonciation, quant au passé du président de l’association gestionnaire de la mosquée de Drancy. Invité au micro de Beur FM mardi 26 février, Farid Hannache a ainsi fermement attesté que Hassen Chalghoumi a mené campagne pour Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale de 2012. Une information qui ne surprend guère puisqu’il est un des soutiens du maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, engagé en 2012 pour la réélection de l’ancien chef de l’Etat. « C’est l’une des personnes qui a envoyé un bus de la mosquée de Drancy au meeting de Villepinte » en mars 2012 où « il était assis au premier rang avec les ministres et Sarkozy lui-même est venu le saluer », affirme-t-il, révélant que M. Chalghoumi est un de ceux qui auraient véhiculé le « fameux sms » dans lequel il était mentionné « les 10 raisons de ne pas voter PS ». « Dans l’immédiat, il critique Sarkozy car il roule pour Valls. Parce que ce que cherchent les politiques, ce sont des béni-oui-oui. » Sur son passé, Farid Hannache en dit long. Il affirme qu’à l’époque où il fut un prédicateur du mouvement des Tablighs, « il était tellement fiché intégriste que le ministère de l’Intérieur avait décidé de l’expulser » mais « ce sont les bons offices de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, aujourd’hui décrié par M. Chalghoumi, ndlr), par l’intermédiaire de l’ancien président Lhaj Thami Breze, qui ont convaincu le ministère de ne pas l’expulser ». Toutefois, « il est interdit de séjour aux Etats-Unis malgré qu’il ait été reçu à Tel Aviv sur tapis rouge », selon M. Hannache qui raconte que l’ancien imam du foyer Sonacotra de Bobigny, employé en 2002 pour la société Fedex, s’était même vu retirer son permis de travail à l’aéroport Charles De Gaulle « parce qu’il était fiché dans la liste rouge des RG ». M. Chalghoumi fut bien manutentionnaire. Pourquoi se manifester que maintenant ? Celui qui fut la plume de Hassen Chalghoumi a déclaré vouloir « faire pénitence » auprès de tous ceux qui l’ont écouté du temps où il soutenait le président de la mosquée de Drancy. Il entend ainsi dénoncer « la gestion policière de l’islam de France et sa gestion néocolonialiste avec la prédominance des lobbies sionistes qui sont en train d’imposer qui doit parler ou non au nom des musulmans ». Sa sortie médiatique lui permet également, à bien des égards, de ne plus voir son nom associé à l’impopulaire Hassen Chalghoumi. Ce dernier, si décrié des musulmans, est adulé des médias à l’heure où le livre d’entretien « Agissez avant qu’il ne soit trop tard » signé David Pujadas jouit d’une belle promotion. Les failles dans sa communication font jour. Les révélations de Farid Hannache ne manqueront pas d’éclabousser « l’imam de Drancy ». Saphir news
L’imam Hassen Chalghoumi est particulièrement choyé par les médias et de nombreux responsables politiques. Il est censé représenter un islam modéré, sans interférence de l’étranger. Il veut également promouvoir le dialogue judéo-musulman, apaiser les tensions communautaires qui traversent notre pays et contribuer à combattre la mauvaise image de l’islam en France. Un récent sondage montrait que 74% des Français expriment un sentiment de défiance à l’égard de cette religion. Ces intentions sont louables. Mais son action et sa mise en scène vont à l’encontre des buts recherchés. L’imam Chalghoumi est largement ignoré, voire violemment rejeté par ses coreligionnaires. Début décembre 2012, j’avais pointé l’écart entre son exposition médiatique forte et son enracinement pathétique sur les réseaux sociaux (à l’époque 37 followers pour Twitter et 105 mentions « j’aime » sur Facebook). Pas vraiment un leader populaire. Il n’est en rien représentatif des musulmans. Ce sont les médias et quelques responsables politiques qui le désignent comme tel. D’où un grand malaise provoquant un rejet, les musulmans refusant de se voir assigner par des non-musulmans un représentant qu’ils n’acceptent pas. Si Chalghoumi est rejeté, ce n’est pas parce qu’il est modéré, comme certains veulent le faire croire, mais parce qu’il est illégitime. Il est désigné représentant d’une communauté par ceux qui n’y appartiennent pas. Chalghoumi est ce que la sociologie américaine appelle un « native informant », ces figures qui occupent la parole d’une communauté dont ils n’ont pas le soutien, mais qui tirent leur légitimité des médias et des milieux politiques dominants. Il dit ce que la majorité a envie d’entendre de la part d’une minorité, mais pas ce qu’elle pense réellement. Les « informateurs indigènes » valident les stéréotypes que la majorité véhicule sur leur communauté. On parle également des « rented negroes », ces noirs américains qui monopolisent le paysage médiatique pour donner « un visage de noir pour une opinion de blanc ». Chalgoumi est loué dans les deux sens du terme et l’un parce que l’autre ! Si la communauté concernée commence à être informée, comme le sont aujourd’hui les musulmans français, la manœuvre ne marche plus. Cette manipulation de l’information devient un défi démocratique. De surcroit, elle conforte les stéréotypes que l’on dit vouloir combattre. Le message qui est envoyé au public c’est qu’un imam modéré est rejeté par ses coreligionnaires qui sont donc, dans leur majorité, extrémistes. La mise en scène de Chalghoumi, loin de combattre le préjugé d’un islam radical et intolérant, le conforte puissamment. Développer le dialogue judéo-musulman est une bonne chose. Le faire comme Chalghoumi ne créé pas un pont, mais creuse le fossé. Cela accrédite l’idée que le conflit du Proche-Orient est d’essence religieuse. Le problème de ce conflit n’est pas l’islam. C’est l’occupation israélienne des Territoires palestiniens. Chalghoumi renforce l’idée que si les musulmans étaient plus modérés, le conflit pourrait être résolu, et la France préservée de son importation. Il est considéré comme une vedette par les représentants institutionnels de la communauté juive, où il a plus de soutien que parmi les musulmans. Cela n’est pas sans poser un problème de légitimité de représentation. Il ne s’est jamais élevé contre l’occupation israélienne. Il est muet sur les appels à une solidarité inconditionnelle avec le gouvernement israélien lancés régulièrement par les responsables institutionnels de la communauté juive. Son partenariat avec les institutions juives n’est en rien équilibré ou réciproque. Il fait allégeance et obtient en retour une reconnaissance politique et médiatique nationale personnelle, mais rien pour sa communauté ou pour la cause palestinienne. Il accrédite l’idée qu’un musulman « modéré » ne critique pas le gouvernement israélien, et que ceux qui le font sont des extrémistes. L’immense majorité des musulmans, tout en étant critiques à l’égard de la politique israélienne, condamnent l’antisémitisme et les actes antisémites. Ils ne peuvent donc se considérer comme représentés par Chalghoumi. En favorisant Chalghoumi, le CRIF privilégie le soutien à Israël sur la lutte contre l’antisémitisme. Chalghoumi, faisant une mission de paix en plein bombardement israélien sur Gaza en novembre dernier, n’a pas condamné ces derniers. Richard Prasquier, président du CRIF, se félicite de l’avoir connu au moment de l’époque de « Plomb durci ». Il dit qu’il fallait « avoir beaucoup de courage pour afficher ses relations avec la communauté juive » – mais donc aussi beaucoup d’opportunisme pour ne pas dire un mot sur (ou contre) les bombardements israéliens sur Gaza par l’armée israélienne. Il est au dialogue judéo-musulman ce que les bourgeois de Calais étaient au dialogue franco-britannique. Encore que ces derniers n’avaient guère le choix. Pascal Boniface
Votre livre est aussi intéressant par les sujets qu’il évite. On y chercherait en vain quoi que ce soit sur plusieurs sujets qui rendent l’islam inacceptable au sein de nos démocraties : L’absence de liberté de conscience. L’absence de liberté religieuse : l’interdiction faite à un musulman de renoncer à l’islam. Tout ce qui dans le Coran – ne parlons même pas de la sunna – est crime contre les droits de l’homme, les très nombreux versets qui appellent à la guerre pour discrimination religieuse, l’autorisation donnée aux maris de battre leurs épouses, le droit de flageller la femme adultère… tout cela disparaît dans votre islam tronqué, truqué, inventé seulement pour servir de leurre dans une guerre subversive. Il faudrait un volume aussi épais que le vôtre pour relever vos filouteries. J’espère que les quelques perles que j’ai relevées permettront de se faire une idée de l’ignominie de votre attitude à l’égard d’un pays où vous vivez, que vous avez le front de dire aimer, que vous trahissez au profit d’un totalitarisme, dont les Français ne veulent pas et qu’ils n’accepteront jamais. Une remarque encore : l’actualité nous a appris que certains musulmans de Drancy s’étaient dressés contre vous et vos prêches. Je ne veux pas croire qu’il s’agit là d’un coup monté par vos soins, pour mieux vous distinguer, vous « le modéré, le moderniste, le républicain, le laïque », des « islamistes » que, hors l’Islam, le monde entier exècre. Je pense sincèrement que vos agresseurs étaient des musulmans ordinaires, sincèrement soucieux du bon renom de leur religion et de leur civilisation : ils se sont sentis insultés par vos propos, qui présentent l’islam et son prophète sous des traits outrageants par leur fausseté ; ils ne savaient pas que vous jouiez un double jeu à l’intention des infidèles. Ce sont là les risques de la taqiyya. On peut supposer que vous les connaissiez quand, il y a une vingtaine d’années, vous avez décidé de partir en mission pour la France afin d’y accomplir un devoir, sacré en votre âme et conscience, ordonné précisément dans votre Livre saint : œuvrer à l’asservissement, puis à l’anéantissement de toute communauté autre que l’umma, la communauté totalitaire islamique. Riposte laïque
Hassen Chalghoumi, l’imam solitaire, le prêcheur de Drancy (…) incarne aujourd’hui un islam modéré et se bat depuis des années pour favoriser le dialogue entre jeunes des banlieues, musulmans et juifs. (…) à Drancy (…) En 2002, à la recherche d’un lieu de prière pour ses fidèles qui se comptent en milliers, il reçoit l’aide du maire de l’époque, Jean-Christophe Lagarde. (…) Chaque vendredi, son prêche attire quelque 4 000 Musulmans : 2 000 dans l’édifice, et autant dans les jardins de ce qu’il appelle la “mosquée de la paix”. Chalghoumi parle d’amour, entre les hommes et envers Dieu. Ses fidèles ? “La majorité silencieuse, celle qu’on ne voit jamais à la télévision. On ne montre que les barbus”, déplore-t-il, “les fanatiques, ceux qui affirment que je suis isolé et font régner un climat de peur”. En 2010, alors qu’il cristallise les passions par ses prises de position en faveur de l’interdiction du niqab, les caméras accourent à Drancy. Et ne montrent à l’écran que cette minorité visible que Chalghoumi dénonce pourtant. Les fils de Ouma.com, qu’il rebaptise “Haine.com”. Ou ceux du Collectif Cheikh Yassine. L’imam en colère pointe du doigt cinq ou six sites fanatiques, connus de tous, financés par les Frères musulmans ou d’autres mouvances salafistes. Des vecteurs d’intégrisme dont Merah serait le produit direct pour s’y être gavé de vidéos, affirme-t-il. “Pourquoi, pour l’amour du Ciel, le gouvernement ne ferme-t-il pas une fois pour toutes ces plates-formes web ? Par manque de courage politique ?”. La France doit balayer devant sa porte, insiste-t-il. “Il faut arrêter de chercher les coupables en Afghanistan, ils sont chez nous, dans nos prisons”. Les cellules constituent les terres de chasse des Frères musulmans, estime Chalghoumi. Et là encore, il en appelle au gouvernement : “Nous devons protéger notre avenir pour que la France reste la France de Voltaire”. Sa solution : créer un islam de France. Former des imams français. Car, explique-t-il, “on ne veut pas d’ingérence étrangère dans nos villes”. Celle de pays arabes, “comme l’Algérie, qui gère la Grande mosquée de Paris”. Ou celle, surtout, des Frères musulmans, ramifiés, infiltrés, omniprésents dans la capitale et ses zones satellites, mais aussi en province. Et de partir en croisade contre ceux qui se revendiquent de l’islam, “mais ont vendu leur âme à la haine, à l’antisémitisme”. Il faut prendre exemple sur la communauté juive, revendique Chalghoumi. Selon lui, “la communauté musulmane est à la traîne”. Des propos chocs, encensés par les uns, conspués par les siens. Peu importe, l’imam se bat pour ses idées : ôter toute stigmatisation sur les Juifs de la part des jeunes Arabes de banlieue qui exportent le conflit moyen-oriental, une fois encore, en toute méconnaissance du sujet. La Shoah, cela fait près de dix ans qu’il essaie d’en parler auprès des Musulmans de Drancy. Une évidence, selon lui. Par respect, pour contrer l’oubli. Et celui que d’aucuns taxent “d’islamo-guignol”, de “Sioniste”, “d’imam des Juifs”, a même fait la démarche de venir en Israël, en juin dernier. Invité par l’Institut français, à l’occasion du Forum de la Démocratie, Chalghoumi savait que son déplacement attiserait les foudres de ses détracteurs. Aux Israéliens venus le saluer et le remercier de ses prises de position courageuses, il répondait, la main sur le coeur, “souhaitez-moi bonne chance pour le retour”. Et de fait, il était attendu par des articles incendiaires dans la presse tunisienne et des insultes de certains groupes propalestiniens français. (…) A ceux qui lui attribuent une période intégriste dans sa jeunesse, il rétorque : “Il ne faut pas croire tout ce que vous pouvez lire sur Internet. Je suis obligé de payer une société pour remettre à jour régulièrement ma fiche Wikipédia, hackée par les Frères musulmans”. Certes, il a roulé sa bosse dans les madrasas de Syrie, Turquie, Inde, Iran ou Pakistan. Mais ce Tunisien sunnite d’origine, né dans une famille modeste traditionaliste, inscrit dans un lycée alaouite jusqu’au bac, présente cela comme un parcours initiatique. A la recherche de sa foi. A Damas, il s’immerge pendant deux ans au coeur du nationalisme arabe, évolue de mouvances en mouvements, se familiarise avec les différents courants. Avant de séjourner quelques mois en Turquie, où il sera “très touché par l’islam turc, assez proche de l’islam tunisien”. Puis l’Iran, en 1993. Un passage “terrible” pour celui qui se déclare être en désaccord avec le Régime des Mollahs et leurs manipulations de pouvoir, surtout depuis l’avènement de Khomeiny. Il déplore le voile et le sort réservé aux femmes, les barbus et leur “Islam de l’apparence, fait de provocations”. Pour Chalghoumi, la religion se porte dans le coeur et s’exprime par les actes. Aujourd’hui, cet imam de 40 ans est régulièrement la cible des intégristes français dont il est devenu l’ennemi numéro 1. Sa vie est périodiquement menacée. Sa femme a par deux fois été agressée, victime de crachats au marché. Ses cinq enfants sont inscrits dans une école catholique privée, “par mesure de sécurité”. Et lui-même évolue sous protection policière. Dans le camp extrémiste musulman, les appels à sa démission sont légion. En vain, clame-t-il : “rien ne saura me faire taire”. Chalghoumi refuse de céder à l’intimidation. Bien décidé à parler, jusqu’au bout. Pour distiller son message de paix, d’amour et de tolérance, et contrer les déviances de l’islam. “Il faut avoir le courage de dire la vérité”, ponctue l’imam, “peut-être que le courage a manqué en France, en 1940, pour dénoncer ce qui était en train de se passer. Aujourd’hui, je suis prêt à parler envers et contre tout, pour que de telles horreurs, comme la Shoah ou la tragédie de Toulouse ne se reproduisent pas”. Jerusalem Post
Cherchez l’erreur !
Des imams ont organisé comme l’annoncent TF1 ou RTL
Un rassemblement en hommage aux familles des victimes de la récente attaque de la préfecture de police de Paris ….
Et nos médias nous parlent…
De l‘appel à manifester en soutien à l’égorgeur !
Mais mis à part les médias sulfureux de la fachosphère ou de la néoPravda poutiniste RT ou Sputnik news
Qui prendra la peine de rendre compte …
Non seulement de la ridicule, mais ô combien significative, faiblesse de la mobilisation ….
Mais du statut, tout aussi significatif malgré son passé effectivement radical, d’ « imam sans mosquée » opposé au port du voile intégral et contraint de vivre sous protection policière du principal organisateur
Pour avoir commis l’irréparable péché …
D’avoir poussé la volonté de dialogue avec les sionistes …
Jusqu’à en fréquenter, entre Elisabeth Levy et Alain Finkielkraut, les personnalités les plus islamophobes
Et, comme le rappelle notre Pacal Boniface national, de s’être non seulement rendu en Israël …
Mais d’avoir, injure suprême, refusé de condamner l’abjecte occupation des Territoires palestiniens ?

Des imams rendent un hommage aux familles des victimes de l’attaque de la Préfecture de police

Des imams ont organisé sur la place Saint-Michel de Paris, un rassemblement aux familles des victimes de la récente attaque de la préfecture de police de Paris. L’un de ces imams, Hassen Chalghoumi, s’est dit déçu par la faiblesse de la mobilisation.

Pour exprimer leur solidarité aux familles des victimes de l’attaque de la préfecture de police de Paris, des imams ont organisé une mobilisation le 10 octobre 2019, sur la place Saint-Michel de Paris.

L’un de ces organisateurs, Hassen Chalghoumi, président de la Conférence des imams de France, s’est dit lui-même déçu par le faible nombre de personnes ayant répondu à l’appel. Et pour cause : ils n’étaient qu’une poignée – dont l’écrivain Marek Halter – sur la place parisienne, en fin d’après-midi, déployant une banderole indiquant : «Citoyens musulmans contre la radicalisation» et «Soutiens aux victimes et leurs familles».

L’ancien imam de la mosquée de Drancy Hassen Chalghoumi, dont la légitimé au sein de la communauté musulmane française ne fait pas l’unanimité, a déclaré que la mobilisation constituait «un appel à joindre le discours du président de la République de s’engager».

Les imams à l’origine du rassemblement ont réalisé une prière en hommage aux victimes de la tuerie de la préfecture.

Le 3 octobre, Mickaël Harpon, qui travaillait depuis 2003 à la préfecture, a tué quatre de ses collègues avec un couteau (en métal et non en céramique, comme indiqué pendant un temps dans les médias), avant d’être abattu. Cet informaticien de 45 ans s’était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance «islamiste salafiste», selon les enquêteurs. L’enquête menée conjointement par la brigade criminelle et la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sur l’attentat aurait révélé, selon le Parisien, que Mickaël Harpon avait en sa possession à son domicile une clé USB contenant des vidéos de propagande de l’organisation terroriste djihadiste Daesh.

Voir aussi:

Chalghoumi, l’imam qui dérange l’islam de France

Les organisations musulmanes représentatives dénoncent l’activisme et « l’autoflagellation » du responsable de la mosquée de Drancy, Hassen Chalghoumi.

Aziz Zemouri

Le Point

Prêcher l’exemple

Alors que l’antisémitisme reprend du galon dans une France qui peine à gérer ses extrêmes, Hassen Chalghoumi, l’imam qui dérange, confirme son discours pacifié

Nathalie Blau
Jerusalem Post
August 1, 2012
Agression dans un train, plaque médicale taguée, ces derniers temps, la France enregistre une recrudescence des actes antisémites. Plus 46 % entre janvier et avril 2012 par rapport à 2011. Si elle n’est pas nouvelle, cette haine du Juif semble trouver sa source dans un racisme primaire, essentiellement confessionnel. Le 12 juillet dernier, le Grand Rabbin de France faisait ainsi part de son inquiétude au nouveau président de la République. Certes, “la très grande majorité de la communauté musulmane vit en bonne entente avec la communauté juive”, déclarait le leader cultuel, qui avait toutefois tenu à dénoncer “certains propos qui tentent de mythifier la personne de Merah”. Mohammed Merah. L’assassin de Jonathan Sandler et ses deux garçonnets, de la jeune Myriam Montenegro et de trois gendarmes. Merah, la brute meurtrière, née sur le sol français, qui semble bien faire des émules. Suite à ses actes barbares de mars dernier, le ministère de l’Intérieur a relevé “un pic” des agressions antisémites.
Récemment, à l’occasion des 70 ans de la Rafle du Vel’ d’Hiv, François Hollande prononçait un discours symbolique et largement salué, hormis quelques voix discordantes. Mais la demande du Grand Rabbin de France reste plus actuelle que jamais : il appelle la communauté musulmane à témoigner haut et fort “sa prise de distance, sa récusation pleine et entière de tout ce qui peut de près ou de loin rappeler l’intégrisme, le fondamentalisme et la violence que portent certains courants de l’islam”.
S’il est un homme qui remplit précisément cette mission, c’est bien Hassen Chalghoumi, l’imam solitaire, le prêcheur de Drancy. Celui qui incarne aujourd’hui un islam modéré et se bat depuis des années pour favoriser le dialogue entre jeunes des banlieues, musulmans et juifs.
“On n’est pas français” 
En 1997, quand il pose ses valises en France, à Bobigny où son frère réside, il sonde sa communauté : “connaissezvous d’autres religions ?” La réponse est non. Chalghoumi n’aura alors de cesse que de créer des ponts inter-confessionnels. Aller à la rencontre des hommes d’Eglises et de synagogues. Trois ans plus tard, il fait l’acquisition d’un petit pavillon de banlieue et s’installe à Drancy. En 2002, à la recherche d’un lieu de prière pour ses fidèles qui se comptent en milliers, il reçoit l’aide du maire de l’époque, Jean- Christophe Lagarde. Objectif : créer un foyer musulman pour les jeunes du quartier à la dérive. Leur proposer une alternative aux sirènes du fanatisme et qu’ils évitent d’aller gonfler les rangs de l’islamisme radical. Avant tout, martèle Chalghoumi, leur donner envie d’être français. Très vite, ce Tunisien d’origine qui a embrassé une nationalité française revendiquée, constate un malaise dans sa banlieue. Un blocage identitaire et social qui fait le lit, selon lui, des recruteurs d’Al-Qaïda.
Au sein de cette communauté maghrébine, d’origine algérienne pour une bonne part, l’allégeance à la patrie de Voltaire n’est pas systématique. “On n’est pas français”, disent-ils. Beaucoup ont un père, un frère moudjahidin, assassiné par soldats de l’armée française. Comment alors, pour eux, honorer ce pays d’adoption sans avoir le sentiment de trahir leur famille ? Chalghoumi parle aussi de ces Maliens, ou autres Sénégalais qui ne se retrouvent pas dans la culture française. Des immigrés sans repères, en manque de reconnaissance. “Il faut les valoriser”, pointe l’imam, “leur rappeler que le chiffre zéro a été inventé par les Arabes”.
Et cette jeunesse à l’identité multiple et complexe se caractérise aussi par une méconnaissance totale de l’islam, note Chalghoumi. Elle constitue alors une proie facile pour les rabatteurs des mouvances radicales, qui viennent recruter leurs combattants de Dieu dans les zones urbaines sensibles. En France, mais aussi en Europe. “C’est plus simple qu’avec les jeunes des pays arabes, et ce sont eux qui sont ensuite les auteurs de la majorité des attentats commis”. Chalghoumi s’échine, lui, à leur rappeler que la religion n’a rien à voir avec le pays d’adoption. “Aimez votre patrie”, clame l’imam au discours républicain qui se déclare en faveur de l’éducation dans les écoles publiques, “on peut s’intégrer en gardant ses valeurs”.
Fermez ces sites, pour l’amour du Ciel ! 
Chaque vendredi, son prêche attire quelque 4 000 Musulmans : 2 000 dans l’édifice, et autant dans les jardins de ce qu’il appelle la “mosquée de la paix”. Chalghoumi parle d’amour, entre les hommes et envers Dieu. Ses fidèles ? “La majorité silencieuse, celle qu’on ne voit jamais à la télévision. On ne montre que les barbus”, déplore-t-il, “les fanatiques, ceux qui affirment que je suis isolé et font régner un climat de peur”. En 2010, alors qu’il cristallise les passions par ses prises de position en faveur de l’interdiction du niqab, les caméras accourent à Drancy. Et ne montrent à l’écran que cette minorité visible que Chalghoumi dénonce pourtant. Les fils de Ouma.com, qu’il rebaptise “Haine.com”. Ou ceux du Collectif Cheikh Yassine.
L’imam en colère pointe du doigt cinq ou six sites fanatiques, connus de tous, financés par les Frères musulmans ou d’autres mouvances salafistes. Des vecteurs d’intégrisme dont Merah serait le produit direct pour s’y être gavé de vidéos, affirme-t-il. “Pourquoi, pour l’amour du Ciel, le gouvernement ne ferme-t-il pas une fois pour toutes ces plates-formes web ? Par manque de courage politique ?”. La France doit balayer devant sa porte, insiste-t-il. “Il faut arrêter de chercher les coupables en Afghanistan, ils sont chez nous, dans nos prisons”. Les cellules constituent les terres de chasse des Frères musulmans, estime Chalghoumi. Et là encore, il en appelle au gouvernement : “Nous devons protéger notre avenir pour que la France reste la France de Voltaire”. Sa solution : créer un islam de France. Former des imams français. Car, explique-t-il, “on ne veut pas d’ingérence étrangère dans nos villes”. Celle de pays arabes, “comme l’Algérie, qui gère la Grande mosquée de Paris”.
Ou celle, surtout, des Frères musulmans, ramifiés, infiltrés, omniprésents dans la capitale et ses zones satellites, mais aussi en province. Et de partir en croisade contre ceux qui se revendiquent de l’islam, “mais ont vendu leur âme à la haine, à l’antisémitisme”. Il faut prendre exemple sur la communauté juive, revendique Chalghoumi. Selon lui, “la communauté musulmane est à la traîne”. Des propos chocs, encensés par les uns, conspués par les siens. Peu importe, l’imam se bat pour ses idées : ôter toute stigmatisation sur les Juifs de la part des jeunes Arabes de banlieue qui exportent le conflit moyen-oriental, une fois encore, en toute méconnaissance du sujet. La Shoah, cela fait près de dix ans qu’il essaie d’en parler auprès des Musulmans de Drancy. Une évidence, selon lui. Par respect, pour contrer l’oubli.
Et celui que d’aucuns taxent “d’islamo-guignol”, de “Sioniste”, “d’imam des Juifs”, a même fait la démarche de venir en Israël, en juin dernier. Invité par l’Institut français, à l’occasion du Forum de la Démocratie, Chalghoumi savait que son déplacement attiserait les foudres de ses détracteurs. Aux Israéliens venus le saluer et le remercier de ses prises de position courageuses, il répondait, la main sur le coeur, “souhaitez-moi bonne chance pour le retour”. Et de fait, il était attendu par des articles incendiaires dans la presse tunisienne et des insultes de certains groupes propalestiniens français. Celle qui lui fait le plus mal ? “Traître”, répond-il. “Un traître, c’est un homme politique qui a trahi son parti. Je suis un homme de religion qui n’a jamais trahi sa foi. Le Coran, c’est la paix. Certains le transforment en haine”.
L’ennemi numéro 1 
A ceux qui lui attribuent une période intégriste dans sa jeunesse, il rétorque : “Il ne faut pas croire tout ce que vous pouvez lire sur Internet. Je suis obligé de payer une société pour remettre à jour régulièrement ma fiche Wikipédia, hackée par les Frères musulmans”. Certes, il a roulé sa bosse dans les madrasas de Syrie, Turquie, Inde, Iran ou Pakistan. Mais ce Tunisien sunnite d’origine, né dans une famille modeste traditionaliste, inscrit dans un lycée alaouite jusqu’au bac, présente cela comme un parcours initiatique. A la recherche de sa foi.
A Damas, il s’immerge pendant deux ans au coeur du nationalisme arabe, évolue de mouvances en mouvements, se familiarise avec les différents courants. Avant de séjourner quelques mois en Turquie, où il sera “très touché par l’islam turc, assez proche de l’islam tunisien”. Puis l’Iran, en 1993. Un passage “terrible” pour celui qui se déclare être en désaccord avec le Régime des Mollahs et leurs manipulations de pouvoir, surtout depuis l’avènement de Khomeiny. Il déplore le voile et le sort réservé aux femmes, les barbus et leur “Islam de l’apparence, fait de provocations”. Pour Chalghoumi, la religion se porte dans le coeur et s’exprime par les actes. Aujourd’hui, cet imam de 40 ans est régulièrement la cible des intégristes français dont il est devenu l’ennemi numéro 1. Sa vie est périodiquement menacée.
Sa femme a par deux fois été agressée, victime de crachats au marché. Ses cinq enfants sont inscrits dans une école catholique privée, “par mesure de sécurité”. Et lui-même évolue sous protection policière. Dans le camp extrémiste musulman, les appels à sa démission sont légion. En vain, clame-t-il : “rien ne saura me faire taire”. Chalghoumi refuse de céder à l’intimidation. Bien décidé à parler, jusqu’au bout. Pour distiller son message de paix, d’amour et de tolérance, et contrer les déviances de l’islam. “Il faut avoir le courage de dire la vérité”, ponctue l’imam, “peutêtre que le courage a manqué en France, en 1940, pour dénoncer ce qui était en train de se passer. Aujourd’hui, je suis prêt à parler envers et contre tout, pour que de telles horreurs, comme la Shoah ou la tragédie de Toulouse ne se reproduisent pas”.
Voir de même:

L’imam français Hassen Chalghoumi menacé de mort après sa visite en Israël

Le responsable a dénoncé un « tsunami de haine » suite à son séjour la semaine dernière – durant lequel il a visité une implantation et rencontré Reuven Rivlin

Dans une interview à la chaine I24News, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, a dénoncé un « tsunami de haine » suite à sa visite en Israël la semaine dernière, durant laquelle il était accompagné d’une délégation de responsables musulmans et de jeunes belges et français.

« J’accuse la chaîne Al Jazeera, avec sa propagande de haine et celle du Hamas, celle de tous les sites islamistes… Al Jazeera m’a qualifié de traître, de vendu et j’ai été obligé de déposer une plainte pour menace de mort », a-t-il expliqué.

Il a également salué le courage des participants au voyage « parce que nous avons dénoncé la mascarade des islamistes et leurs manipulations ».

« Il y a trop de sites qui expriment leur haine notamment contre Israël, mais cette jeunesse ne va pas s’arrêter là, parce que nous allons faire une tournée à travers la France pour poursuivre notre mission et transmettre ce que nous avons vu en Israël, a-t-il ajouté. A ceux qui me menacent de mort, je veux leur dire qu’ils ne me font pas peur, et je ne baisserai jamais les bras, j’avance vers le dialogue, je suis un homme de paix, et telle est ma vision de l’islam. »

Durant son voyage en Israël et dans les Territoires palestiniens, Hassen Chalghoumi s’est notamment rendu dans le nord de la Cisjordanie suite à l’invitation d’un responsable d’implantations. L’imam a expliqué que le soutien au boycott anti-Israël était contraire à la loi coranique.

Le voyage avait été organisé par ELNET (European Leadership Network), une organisation qui cherche à renforcer les liens entre Israéliens et Européens. Il s’est conclu par une rencontre avec Reuven Rivlin, président de l’Etat d’Israël.

« Nous devons travailler ensemble. Nous devons lutter contre l’antisémitisme. Le judaïsme n’a jamais été en guerre avec l’islam. Le judaïsme et l’islam sont des religions sœurs, et nous devrions nous comprendre de cette façon », a notamment déclaré le dirigeant israélien.

Connu en France pour son implication dans des forums et dans des initiatives interconfessionnelles, Hassen Chalghoumi a reçu un grand nombre de menaces de mort pour les liens amicaux qu’il entretient avec le CRIF, l’organisation-cadre qui représente les communautés juives françaises, et pour s’être rendu en Israël à plusieurs occasions.

Chalghoumi a expliqué durant ce récent séjour qu’il espérait encourager le dialogue entre Israéliens et Palestiniens de manière à ce que plus jamais « aucune mère – qu’elle soit Israélienne ou Palestinienne – ne verse de larmes » à l’avenir.

Chers amis,La fin de notre voyage en Israël et en Palestine, avec les 40 jeunes belges et français s’est conclue par…

פורסם על ידי ‏‎Imam Hassen Chalghoumi‎‏ ב- יום שני, 17 ביוני 2019

Il a également critiqué le rejet par les Palestiniens de la conférence sur la paix au Bahreïn. « Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Il faut toujours aller discuter, s’asseoir autour de la table. Même si vous n’êtes pas d’accord – le dialogue pourra nous sauver », a-t-il clamé.

Chalghoumi est quelque peu un cas particulier dans le discours religieux musulman, et il a été remarqué pour avoir soutenu l’interdiction de la burka en France, qui recouvre entièrement le visage.

Voir de plus:

L’Imam de Drancy: « La burqa est un phénomène étranger à l’islam des Lumières »

Hassen Chalghoumi, Imam de Drancy et président de la Conférence des imams de France a discuté de « L’islam de France » avec les metronautes.

Métronews

15-09-2010

Halima77 : Bonjour. Ca consiste en quoi le travail d’imam?
L’imam explique l’islam et aide les musulmans à pratiquer la religion surtout les cultes collectifs.

Mad : Le projet de construction d’une mosquée près de Ground Zéro et le pasteur qui voulait brûler le Coran ont crée une vive polémique, au delà des frontières américaines. Derrière ces affaires, de hauts responsables religieux se sont inquiétés d’une récente montée « du sentiment anti-musulman » aux USA. Que pensez-vous de ces deux affaires et comment expliquez-vous ce sentiment ? Ce climat est-il aussi palpable en France ?
Il faut faire attention aux amalgames et aux surenchères: la société américaine surtout celle de Manhattan est ouverte et tolérante… Il y a des racistes et des fascistes évangélistes… Ce n’est pas une raison pour jouer avec le feu, à la provocation… On peut construire une mosquée n’importe où, mais pas à coté d’un charnier, d’un mémorial de la barbarie terroriste des islamistes d’Al-Qaïda.

Niche : Quelles sont vos arguments pour une loi contre le burqa?
Aucun texte coranique ne parle de la burqa. Il faut faire la différence entre la religion musulmane et les traditions de certains musulmans. Dans l’islam sunnite, il y 4 écoles théologiques: les 4 disent que la burqa n’est pas une obligation. Tous les savants musulmans disent que le visage de la femme n’est pas une partie intime… Alors, il y a plus important et plus sacré dans notre religion qu’un bout de tissu.

Barbu : Dire que le niqab n’est pas une obligation en islam, cela relève d’une interprétation juridique. Mais comment osez-vous affirmer qu’il soit étranger aux textes de référence, à savoir le Coran et la Sounnah ?
Si vous dites le contraire, citez le verset coranique qui parle de la burqa! Il n’y en a aucun. La burqa est un phénomène étranger au coran, étranger à l’islam du Maghreb, étranger à l’islam qui n’a rien à cacher, étranger à l’islam des Lumières.

Lila : C’est quoi pour vous un islam de France?
C’est un Islam libre des ingérences étrangères et des ingérences policières ; Libéré des manipulations des politiques et des gesticulations des fanatiques ; Libéré du paternalisme post-colonialistes des indigènes-nihilistes et des idiots-arrivistes ; Libéré des intégristes et des affairistes ; Libéré des surenchères gauloises et des compromissions munichoises ; l’Islam de France est Contre les racistes musulmans et les extrémistes islamistes.

Kjaiber : L’islam est-il divisé en islam de chaque pays?
L’islam est universel, intemporel, mais il s’adapte. L’islam algérien n’est pas l’islam saoudien, l’islam marocain n’est pas l’islam taliban, l’islam tunisien n’est pas l’islam iranien.

Popof : Est-ce que la polygamie est autorisée par le coran?
Elle est est EXCEPTIONNELLEMENT autorisée, et elle est autorisée CONDITIONNELEMENT… de telle façon qu’elle est presque dure à accepter… surtout si des gens utilisent la polygamie pour se faire un harem, pour faire du mal aux femmes, aux enfants et à la société.

Barbu : Sourate Al Ahzab Verset 59. Lorsque ce verset a été révélé, les femmes du Prophète ont rabattu un voile noir sur leur visage. Que doit-on en déduire ?
Vous parlez des Femmes du Prophète, Prière sur lui.. dans le même verset, AlLLAH s’adresse aux femmes du Prophète leur disant que vous n’êtes pas comme les autres femmes… J’espère que vous pensez comme notre Dieu que les femmes du Prophète ne sont pas comme les autres femmes ; alors ce qui s’applique à elles ne peut pas s’appliquer à toutes les femmes.

Hanniy : Bonjour Mr l’Imam. Etes-vous seul à penser ça ou y’a t’il d’autres imams qui partagent votre opinion mais qui n’osent prendre la parole ? Et qu’en pensent vos supérieurs religieux ? Je voulais saluer votre courage, l’image que vous donnez : juifs et arabes n’ont aucune raison d’être ennemis. Bravo !
Merci. Il y a beaucoup d’imams qui pensent comme moi, malheureusement ils ont peur. Certains ont pris position comme moi, ils ont été « chassés » de leurs mosquées, ou insultés, ou menacés… Et puis ils ont vu un mauvais exemple dans la mosquée de Drancy: assiégée, agressée pendant plusieurs mois sous le regard impuissant des pouvoirs publiques… Et puis il y a des imams fonctionnaires, salariés des gouvernements étrangers… Et surtout certains représentants de notre Etat et certains représentants de notre nation préfère fricoter avec les intégristes et les affairistes de l’UOIF.

Bachir : L’islam est une religion qui condamne les actes blâmables, pourquoi ne vous entendons donc pas sur la vindicte politique dont les Roms et les gens du voyage sont victimes?
Si, j’ai condamné les « BRUITS ET LES ODEURS » de certains politiciens français, j’ai condamné les surenchères irresponsables et les dérapages intolérables des Estrosi et des Lefevre… Malheureusement, nous les musulmans de France, nous n’avons pas un média digne qui fait entendre notre voix.

Sony : Quelle est l’influence des Frères Musulmans en France ?
Elle est dangereuse, elle est grandissante, elle est lâche, elle est usurpatrice… La majorité des musulmans de France n’appartiennent pas à cette secte intégriste et populiste qui a fait 200 000 morts en Algérie par exemple, mais la cécité et la lâcheté des pouvoirs publiques ont laisser s’épanouir et grandir ce monstre qui mange ses enfants.

Oula : C’est bien gentil tous ces discours mais au quotidien comment faire quand on est toujours considéré comme des étrangers qui volent le pain des « vrais » français?
Nous sommes des Français… Et il faut imposer au gouvernement français nos vrais problèmes et surtout le racisme. Par exemple, SOS Racisme doit commencer à s’intéresser réellement au racisme que subissent plusieurs catégories de Français au lieu de jouer aux apparatchiks idéologiques de la morale sélective. SOS Racisme doit comprendre que le racisme que subissent les musulmans n’est pas celui que subissent des assassins menacés par la perte de leurs papiers de nationalités, ni les regards choqués ou mêmes haineux que subissent certaines femmes dont le regard et le visage sont cachés par une insupportable burqa, ni la discrimination réelle à l’entrée des discothèques. Le vrai racisme, c’est ce que subissent nos enfants à l’école, nos familles au logement, nos salariés au travail, nos diplômés à la promotion sociale…

Bachir : Vous êtes Tunisien, que pensez-vous du despotisme exercé par le président en place, et des pressions et répressions exercées sur les musulmans en Tunisie?
Le président actuel a sauvé la Tunisie de la guerre civile algérienne. Les mêmes intégristes tunisiens voulaient instaurer la même barbarie talibane et provoquer la même guerre civile algérienne… La Tunisie est un pays libre et moderne… Il y a même des Français qui vont se soigner la bas… L’islam de la Tunisie est l’islam modèle, celui de la modération et de la modernité….. Je suis imam français et je suis fière de mon pays d’origine la Tunisie qu’Allah protège.

Alison : Que pensez-vous de l’ouverture de restaurant uniquement halal ?
Ce n’est pas du communautarisme, c’est une affaire de business. Plusieurs restaurants ont été sauvés du dépôt de bilan en s’adressant directement à une certaine clientèle. Il ne faut donc pas en faire un fromage et laisser les musulmans manger tranquillement.

Niche : Les quartiers ne sont-ils pas en train de se radicaliser? Comment expliquez-vous cette « extrémisation »?
Je déteste l’expression « les quartiers », ce que vous appelez ainsi, sont une partie de la France, que plusieurs gouvernement de notre France ont négligé, et que les Frères Musulmans soutenus par des gouvernements étrangers sont en train de gangrener.

Chian : Comment entendez -vous lutter contre les extrémismes?
Ce n’est pas le combat d’un seul homme, ni de la seule communauté musulmane, ni seulement du gouvernement… Tout le monde doit concourir à combattre les extrémistes, surtout en luttant d’abord contre le racisme. Le département du 93 est le symbole de la diversité, il est le thermomètre de l’intégration: Les représentants de l’Etat et de la nation doivent réussir à faire de ce département un modèle économique, social et républicain, un modèle du vivre ensemble. Dans le 93, il y a le siège de tous les mouvements, sectes et organisations musulmanes ou islamistes. Je demande que les intégristes islamistes ne restent pas les interlocuteurs exclusifs des représentants de la Nation. Il y a parmi nous, les musulmans français, des cadres républicains, des hauts fonctionnaires, des patrons, des professeurs de médecine, des professeurs émérites d’université, des créateurs de richesses et des vecteurs de sagesse, des personnes méritantes qui aiment la France et qui respectent l’islam. Il n’y a pas que des intégristes qui font du business avec l’islam.

Barbu : Ce qui vous est reproché, ce sont vos liens avec le CRIF, sous marin de la droite israélienne en France, pas vos relations avec la communauté juive. pourquoi entretenez-vous cet amalgame ?
regardez les vidéos postés par les intégristes du collectif Cheikh Yassin et vous écouterez les messages de haine contre les juifs. il faut être courageux pour admettre que les intégristes islamistes détestent les juifs comme ils détestent les femmes d’ailleurs.

Amina : Y-a-t’il plus de fidèle dans votre mosquée depuis tout ces évènements ?
Pendant l’Aid, il y avait plus de 6 000 fidèles. Chaque vendredi, il y a plus de 3 000 fidèles. La mosquée de Drancy est celle d’ALLAH et ceux qui aiment ALLAH ne vont pas suivre le diable pour fermer ou détruire cette mosquée comme ont voulu faire les islamistes ou des naïfs manipulés par les Frères Musulmans.

Amina : Pourquoi avez-vous dit que dans la mosquée de Drancy, il n’y avait aucune femme qui porte ni la burqa ni le niqab, alors que j’ai pu m’y rendre et voir le contraire ?
Avant la tentative de putsch et l’explosion de la fitna dans la mosquée de Drancy, il n’y avait pas de femmes en burqa, pendant les émeutes, certaines sont venues en provocation… Je dis certaines, peut-être que c’était des hommes déguisés en burqa, qui sait?

Pitou002 : Ne faudrait-il pas que des intellectuels musulmans réforment la charia qui n’est pas d’origine divine pour la mettre en conformité au 21ème siècle et en conformité avec les lois de la République?
Le terme charia est très manipulé et galvaudé… Pour des imbéciles, la charia c’est le mariage du libertinage et la lapidation des femmes adultères… La charia est le chemin de la religion. Alors il faut réformer notre façon de voir les choses… Il faut réformer nos visions… Il faut nous réformer nous musulmans, parfois indignes d’une belle et grande religion qu’est l’islam.

Bachir : Economiquement et socialement, vous êtes de quel clivage politique?
je suis du Juste milieu, pas le Nouveau Centre que je respecte, mais LE JUSTE MILIEU qui est l’expression que notre Dieu a utilisé dans le Coran pour qualifier les musulmans.

Amina : Certains tel que Tariq Ramadan ont été contre la burqa et le niqab, et pourtant il n’ont pas été critiqués…
Vous me parlez de Tariq Ramadan qui est un intégriste suisse et non pas un musulman français.. Lui et sa secte dangereuse, les Frères Musulmans, ont perverti la religion au point de pousser les suisses à devenir racistes et à interdire les minarets. Est-il normal que ce Tariq Ramadan aille soutenir le voyou polygame de Nantes qui a insulté notre religion en déclarant que l’islam autorise les maitresses ? J’ai honte.

Bachir : Hassen Chelgoumi, ne pensez-vous pas que le fait de vous montrer véhément à l’encontre d’autres musulmans qui ne demandent qu’à pratiquer leur religion dans la bienséance islamique constitue un acte de niffaq (Hypocrisie)?
Le Nifaq, c’est le double discours…

Pseudo modéré : Pourquoi ,lorsque des abus liés à la charia ont lieu dans des républiques islamiques, tant à l’encontre des musulmans eux-mêmes que des chrétiens qui y vivent, n’entend t-on jamais les protestations des dirigeants de l’Islam de France ?
Malheureusement vous avez raison, mais il n’y a pas de dirigeant de l’islam de France… le CFCM est une catastrophe honteuse, une coquille vide gangrenée par l’UOIF. Le Président de notre République a bien fait de créer cette institution, mais ce n’est pas à lui de remplacer les intégristes ou les fonctionnaires étrangers qui la dirigent pas des musulmans français compétents… C’est un vrai problème.

Rez : L’extrémisme religieux en France a disparu en même temps que la foi, pensez-vous que les musulmans peuvent devenir plus modérés en continuant à peupler les mosquées ?
Oui car l’islam est religion pas une idéologie… La mosquée doit être un carrefour musulman et non un maquis islamiste.

Un dernier mot Hassen Chelgoumi?
J’aimerai remercier particulièrement le maire de Drancy, l’un des hommes politiques français les plus courageux et les plus républicains… Il a résisté avec moi aux racistes et aux islamistes. Il mérite de remplacer la catastrophe qu’est devenue Fadela Amara, car la Politique de la Ville mérite des hommes ou des femmes compétents et non des guignols, sinon le racisme et l’islamisme vont s’accroitre, se nourrir mutuellement et nous mettre TOUS en danger.

Hassen Chalghoumi, avec la collaboration de Farid Hannache, « Pour un islam de France ». Ed. Le cherche midi, 412p; 18 euros.

Voir encore:

Collectif pour la dignité des musulmans
Saphir news
9 Juin 2012


Militants et intellectuels, une quinzaine de personnalités lancent un appel à la démission de Hassen Chalghoumi du poste de Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy.

Voir encore:

Hassen Chalghoumi a perdu un de ses valeureux soutiens en la personne de Farid Hannache, son ex-plume qui dit aujourd’hui s’être repenti d’avoir suivi les pas du « faux imam de Drancy ». Ce dernier, qui s’est distingué mardi 26 février sur les ondes de Beur FM [l’enregistrement plus bas], ne cache rien de son amertume à l’encontre de l’actuel chouchou des médias dont la côté d’impopularité auprès des musulmans est au plus haut.

Hanan Ben Rhouma

Saphir news
27 Février 2013

Farid Hannache balance sec. L’ancien conseiller de Hassen Chalghoumi, sans qui son premier livre « Pour l’islam de France » sorti en 2010 n’aurait pas été possible, a décidé de sortir de l’ombre et de faire des révélations, sur le ton de la dénonciation, quant au passé du président de l’association gestionnaire de la mosquée de Drancy.

Invité au micro de Beur FM mardi 26 février, Farid Hannache a ainsi fermement attesté que Hassen Chalghoumi a mené campagne pour Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale de 2012. Une information qui ne surprend guère puisqu’il est un des soutiens du maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, engagé en 2012 pour la réélection de l’ancien chef de l’Etat.

« C’est l’une des personnes qui a envoyé un bus de la mosquée de Drancy au meeting de Villepinte » en mars 2012 où « il était assis au premier rang avec les ministres et Sarkozy lui-même est venu le saluer », affirme-t-il, révélant que M. Chalghoumi est un de ceux qui auraient véhiculé le « fameux sms » dans lequel il était mentionné « les 10 raisons de ne pas voter PS ». « Dans l’immédiat, il critique Sarkozy car il roule pour Valls. Parce que ce que cherche les politiques, ce sont des béni-oui-oui. »

Un homme au passé sulfureux

Sur son passé, Farid Hannache en dit long. Il affirme qu’à l’époque où il fut un prédicateur du mouvement des Tablighs, « il était tellement fiché intégriste que le ministère de l’Intérieur avait décidé de l’expulser » mais « ce sont les bons offices de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, aujourd’hui décrié par M. Chalghoumi, ndlr), par l’intermédiaire de l’ancien président Lhaj Thami Breze, qui ont convaincu le ministère de ne pas l’expulser ».

Toutefois, « il est interdit de séjour aux Etats-Unis malgré qu’il ait été reçu à Tel Aviv sur tapis rouge », selon M. Hannache qui raconte que l’ancien imam du foyer Sonacotra de Bobigny, employé en 2002 pour la société Fedex, s’était même vu retirer son permis de travail à l’aéroport Charles De Gaulle « parce qu’il était fiché dans la liste rouge des RG ». M. Chalghoumi fut bien manutentionnaire

Pourquoi se manifester que maintenant ? Celui qui fut la plume de Hassen Chalghoumi a déclaré vouloir « faire pénitence » auprès de tous ceux qui l’ont écouté du temps où il soutenait le président de la mosquée de Drancy. Il entend ainsi dénoncer « la gestion policière de l’islam de France et sa gestion néocolonialiste avec la prédominance des lobbies sionistes qui sont en train d’imposer qui doit parler ou non au nom des musulmans ». Sa sortie médiatique lui permet également, à bien des égards, de ne plus voir son nom associé à l’impopulaire Hassen Chalghoumi.

Ce dernier, si décrié des musulmans, est adulé des médias à l’heure où le livre d’entretien « Agissez avant qu’il ne soit trop tard » signé David Pujadas jouit d’une belle promotion. Les failles dans sa communication font jour. Les révélations de Farid Hannache ne manqueront pas d’éclabousser « l’imam de Drancy ».

Voir aussi:

Comment l’imam Chalghoumi renforce malgré lui les préjugés sur les musulmans
LE PLUS. Hassen Chalghoumi est un des imams les plus connus de France, notamment grâce à une importante médiatisation de ses positions. Mais cela sert-il vraiment la communauté dont il se fait le représentant ? Non, répond Pascal Boniface, directeur de l’Iris, jugeant au contraire son action contre-productive.

Pascal Boniface
Directeur de l’IRIS

L’Obs

14-02-2013

L’imam Hassen Chalghoumi est particulièrement choyé par les médias et de nombreux responsables politiques. Il est censé représenter un islam modéré, sans interférence de l’étranger. Il veut également promouvoir le dialogue judéo-musulman, apaiser les tensions communautaires qui traversent notre pays et contribuer à combattre la mauvaise image de l’islam en France. Un récent sondage montrait que 74% des Français expriment un sentiment de défiance à l’égard de cette religion.

Ces intentions sont louables. Mais son action et sa mise en scène vont à l’encontre des buts recherchés.

Chalghoumi, un « native informant »

L’imam Chalghoumi est largement ignoré, voire violemment rejeté par ses coreligionnaires. Début décembre 2012, j’avais pointé l’écart entre son exposition médiatique forte et son enracinement pathétique sur les réseaux sociaux (à l’époque 37 followers pour Twitter et 105 mentions « j’aime » sur Facebook). Pas vraiment un leader populaire.

Il n’est en rien représentatif des musulmans. Ce sont les médias et quelques responsables politiques qui le désignent comme tel. D’où un grand malaise provoquant un rejet, les musulmans refusant de se voir assigner par des non-musulmans un représentant qu’ils n’acceptent pas. Si Chalghoumi est rejeté, ce n’est pas parce qu’il est modéré, comme certains veulent le faire croire, mais parce qu’il est illégitime. Il est désigné représentant d’une communauté par ceux qui n’y appartiennent pas.

Chalghoumi est ce que la sociologie américaine appelle un « native informant », ces figures qui occupent la parole d’une communauté dont ils n’ont pas le soutien, mais qui tirent leur légitimité des médias et des milieux politiques dominants. Il dit ce que la majorité a envie d’entendre de la part d’une minorité, mais pas ce qu’elle pense réellement. Les « informateurs indigènes » valident les stéréotypes que la majorité véhicule sur leur communauté.

On parle également des « rented negroes », ces noirs américains qui monopolisent le paysage médiatique pour donner « un visage de noir pour une opinion de blanc ». Chalgoumi est loué dans les deux sens du terme et l’un parce que l’autre !

La position de Chalghoumi conforte les préjugés contre l’islam

Si la communauté concernée commence à être informée, comme le sont aujourd’hui les musulmans français, la manœuvre ne marche plus. Cette manipulation de l’information devient un défi démocratique. De surcroit, elle conforte les stéréotypes que l’on dit vouloir combattre.

Le message qui est envoyé au public c’est qu’un imam modéré est rejeté par ses coreligionnaires qui sont donc, dans leur majorité, extrémistes. La mise en scène de Chalghoumi, loin de combattre le préjugé d’un islam radical et intolérant, le conforte puissamment.

Développer le dialogue judéo-musulman est une bonne chose. Le faire comme Chalghoumi ne créé pas un pont, mais creuse le fossé. Cela accrédite l’idée que le conflit du Proche-Orient est d’essence religieuse. Le problème de ce conflit n’est pas l’islam. C’est l’occupation israélienne des Territoires palestiniens. Chalghoumi renforce l’idée que si les musulmans étaient plus modérés, le conflit pourrait être résolu, et la France préservée de son importation.

Il est considéré comme une vedette par les représentants institutionnels de la communauté juive, où il a plus de soutien que parmi les musulmans. Cela n’est pas sans poser un problème de légitimité de représentation. Il ne s’est jamais élevé contre l’occupation israélienne. Il est muet sur les appels à une solidarité inconditionnelle avec le gouvernement israélien lancés régulièrement par les responsables institutionnels de la communauté juive. Son partenariat avec les institutions juives n’est en rien équilibré ou réciproque. Il fait allégeance et obtient en retour une reconnaissance politique et médiatique nationale personnelle, mais rien pour sa communauté ou pour la cause palestinienne. Il accrédite l’idée qu’un musulman « modéré » ne critique pas le gouvernement israélien, et que ceux qui le font sont des extrémistes.

L’immense majorité des musulmans, tout en étant critiques à l’égard de la politique israélienne, condamnent l’antisémitisme et les actes antisémites. Ils ne peuvent donc se considérer comme représentés par Chalghoumi. En favorisant Chalghoumi, le CRIF privilégie le soutien à Israël sur la lutte contre l’antisémitisme.

Chalghoumi, faisant une mission de paix en plein bombardement israélien sur Gaza en novembre dernier, n’a pas condamné ces derniers. Richard Prasquier, président du CRIF, se félicite de l’avoir connu au moment de l’époque de « Plomb durci ». Il dit qu’il fallait « avoir beaucoup de courage pour afficher ses relations avec la communauté juive » – mais donc aussi beaucoup d’opportunisme pour ne pas dire un mot sur (ou contre) les bombardements israéliens sur Gaza par l’armée israélienne.

Il est au dialogue judéo-musulman ce que les bourgeois de Calais étaient au dialogue franco-britannique. Encore que ces derniers n’avaient guère le choix.

Voir enfin:

Quand une taupe nous dévoile sans le vouloir la stratégie de conquête de la France par la taqiyya

Lettre ouverte à Hassen Chalghoumi,
imam à Drancy, président de la Conférence des imams de France

Monsieur l’imam,

Merci, mille fois merci !
Une taupe comme vous, j’en rêvais.
Musulman, d’origine étrangère, formé à l’étranger (Tunisie, Syrie, Pakistan…), installé chez nous depuis peu, parlant mal notre langue, ne pouvant l’écrire qu’avec l’aide d’un nègre, vous prétendez donner des leçons de patriotisme et de légalité républicaine aux Français. Ne connaissant ni les Français ni la France, croyant que notre civilisation se réduit à l’image qu’en donnent les quelques élus frileux, idiots utiles, benêts divers qui vous témoignent leur allégeance, vous dévoilez au grand public, sans le vouloir, par vos maladresses, vos patauderies, vos insistances, votre manque de précautions dans l’expression…, la stratégie de l’islam en guerre par la taqiyya.
Monsieur l’imam, les 424 pages de votre livre Pour l’islam de France m’ont comblé.

L’action psychologique contre la France : une mécanique simple

En fait, l’action psychologique des djihadistes à destination des Français, au stade actuel du conflit, est simple dans sa conception et d’application facile pour les taupes. Elle s’articule en quatre axes de communication, toujours les mêmes, qui s’entrecroisent pour, d’une part déstabiliser les Français, entamer leur volonté d’agir contre l’invasion dont ils sont l’objet, d’autre part les convaincre d’accorder toujours plus à l’islam chez eux. Ces axes (ils seront exposés ci-après) sont étayés et alimentés par des séries d’affirmations non prouvées, de mensonges et de dissimulations. Le ton doit être assuré (celui qui osera douter ou contredire sera forcément un « raciste », un « islamophobe »…). Mais chaque interprète a loisir de mâtiner la partition comme il le souhaite par des appels aux grands sentiments, de l’érudition, des témoignages…

Vous, vous avez choisi, pour la tonalité générale de votre texte, l’hyperbole, le lyrisme, les oriflammes et les cuivres. Du coup, tout ce que vous avancez est écrit au crayon gras et les rouages de votre mécanique de propagande en deviennent si voyants que n’importe qui est en mesure de les démonter. (D’autres taupes sont plus habiles, laissez-moi vous le dire, et vos chefs pourraient être mécontents d’une balourdise qui compromet leur stratégie de sape.)

Premier axe de communication : les Français doivent accepter la « religion » islamique chez eux

Les taupes – toutes les taupes – affirment toujours la même fausseté pour nous piéger : l’islam est une « religion » et, toutes les taupes, toujours, invitent aussitôt les Français à prendre acte d’un fait : l’islam est désormais bien implanté chez nous.
Ce que vous, monsieur l’imam, résumez ainsi : « L’islam n’est plus la religion des immigrés ou des colonisés.
L’islam est la religion de millions de citoyens français.
L’islam en France est l’affaire de la France. »

Selon vous, les Musulmans sont, sur notre sol, « peut-être dix millions ».

L’islam serait simplement une « religion » ? Aussitôt, nous voici désarmés devant les prétentions des musulmans à prendre toutes leurs aises dans notre patrie. Une religion, c’est pour nous quelque chose qui ressortit à l’intime, à la liberté de conscience, au droit privé. Donc, pour nous, interdiction de regarder la chose d’un peu près et, surtout, de légiférer à son endroit. Or, vous le savez parfaitement, l’islam n’est pas une religion au sens où nous l’entendons. C’est une idéologie et un système de gouvernement des communautés et des hommes qui mêlent, de manière insécable, identité, religion, droit, politique, mœurs, morale ; c’est un «totalitarisme ». Le piège « islam-religion » a beaucoup servi aux musulmans en guerre contre nous pour dissimuler leur volonté colonisatrice et leurs manoeuvres. Il commence à être quelque peu usé. Mais, vous, vous pensez qu’il peut encore servir et vous allez en jouer tout au long de votre plaidoyer en faveur de votre totalitarisme.

Quant à l’incitation à tenir compte du fait accompli, elle revient à nous dire :

– Vous, Français, certes vos dirigeants ne vous ont jamais consultés sur votre sentiment à l’égard de cette présence étrangère à votre culture, certes vous pouvez pensez qu’elle est inopportune, qu’elle menace l’unité de votre nation, la paix intérieure… mais les faits sont là : vous devez en prendre acte et vous soumettre au réel, vous incliner devant la réalité que nous représentons.

Une objurgation qui comporte en filigrane une menace, c’est évident. Sinon, pourquoi gonfler les chiffres au-delà de la vraisemblance ? (A moins que… Et si les organismes officiels français chargés d’évaluer le nombre des Musulmans présents dans l’hexagone nous trompaient sciemment ?)

Ces préalables étant posés sans être aucunement discutés ou seulement mis en doute, arrive une autre affirmation : les effets positifs de l’immigration musulmane ? Vous soulignez « les richesses qu’ils [les Musulmans] apportent à notre nation », ajoutant avec une emphase qui est votre marque et qui aurait réjoui Molière : « La liaison entre nos concitoyens musulmans et la France n’est plus les flux migratoires, mais l’adhésion patriotique et la pratique méritoire des valeurs et des talents de la République. »

Suit, après cela, comme une explication du phénomène : par les origines religieuses communes – toujours l’antienne de l’islam-religion – : « Les trois Dieux ne sont en réalité qu’un Seul. Les trois Prophètes, Moïse, Jésus et Mohamed, ne sont que les arrière petits frères d’Abraham. La fraternité qui existe entre ces prophètes doit exister entre leurs disciples. » « N’avons-nous pas le même Dieu ? » (sauf que, nuance parmi d’autres, Allah n’a pas fait « l’homme à son image »). « Ne partageons-nous pas les mêmes prophètes ? » (sauf que Mahomet, « le sceau de la Prophétie », les corrige tous selon vous), « le même monothéisme » (sauf que, pour les Musulmans, les chrétiens sont associateurs, mushrikûn, polythéistes). »

Incidemment, posez-vous la question, monsieur l’imam : Quel Français se définirait aujourd’hui prioritairement comme « enfant d’Abraham » ? Et oseriez vous affirmer en toute honnêteté que le ‘Isâ de votre Coran (simple homme, jamais crucifié ni ressuscité) est le Jésus, le Yasû‘, des chrétiens ? Et placez-vous hors de la nation les athées, les agnostiques, les indifférents en matière religieuse ? Et n’avez-vous jamais entendu parler de nos héritages grec, celte, latin ? des Lumières ?

Force vous est de prendre acte que des Français demeurent rétifs à la présence de l’islam chez eux, « qu’il y aura toujours des imbéciles qui envisageront les musulmans français comme une immigration de colonisation ou comme un cheval de Troie de l’islamisme ». Ceux-là sont, purement et simplement, des « racistes » (le mot est sans fondement : l’islam n’est pas une race, que l’on sache ; il est cependant répété souvent). Honte donc aux Français qui « stigmatisent, clouent au pilori, bannissent en banlieue une communauté, presque entièrement suspecte ; certains vomissent des inepties parfois abjectes. » Par leur refus de l’immigration musulmane, ce sont même des assassins : « La Méditerranée est remplie de cadavres d’immigrés clandestins. »

Axe 2 : les Musulmans aiment la France et la république

Autre maillon dans la chaîne des affirmations assénées : les Musulmans présents en France, non seulement aiment le pays qui les accueille, mais, même, ils adhèrent à la République. Vous êtes vous-même un républicain exemplaire.

Avec quelle violence vous rejetez le communautarisme, « le clanisme » – alors que vous prêchez pour la reconnaissance d’une communauté musulmane de plein droit !
Et vous rendez hommage à… la laïcité, à la loi de 1905, que les Musulmans « doivent respecter ».
(Cependant, ajoutez-vous, «ceux qui se réfèrent à la loi de 1905 ou le Bleu-Blanc-Rouge « pour prétendre sauver l’identité et la Patrie » sont des racistes. »)

Inutile d’insister : par qui ferez-vous admettre que l’islam, qui place toute vie humaine sous tous ses aspects dans le devoir d’obéissance à une Révélation d’origine divine, est compatible avec la République, avec la laïcité ? Bien sûr, vous mentez. Vous mentez effrontément, appliquant le principe d’un des grands maîtres de la propagande politique, Joseph Goebbels, qui affirmait : « Plus gros est un mensonge, plus facilement il est accepté » ?

Axe 3 : condamnation de l’islam tel que nous le constatons

Dans leurs opérations d’enfumage, les taupes de l’islam se trouvent, à un moment ou à un autre, dans la nécessité de prendre leur distance avec l’image, très négative, que les autres civilisations se font de l’islam à la lumière de l’actualité et de l’histoire. Vous ne manquez pas à cette tâche de désaveu, de reniement.

Vous avez des mots extrêmement durs pour condamner l’islam à l’étranger. Quelle variété d’islam, quel grand pays musulman échappe à votre vitriol ? Un Occidental qui s’exprimerait avec votre fureur serait immédiatement traîné en justice pour incitation à la haine raciale.
Khomeiny ne songeait qu’à « domestiquer son peuple ». (Il est vrai qu’il était shiite, un hérétique pour le sunnite que vous êtes.)
L’islam pakistanais est « gangrené par la radicalisation »
La pratique religieuse des talibans est « inhumaine, antimusulmane ».
Vous énumérez les « crimes » commis par les radicaux en Algérie.
La Ligue islamique mondiale est « la voix et le bras de la propagande wahhabite, mélangeant le caritatif et le politique ».
Al-Karadâwi, président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, est un « propagandiste de la haine », (certainement, mais vous ne dites pas qu’il est aussi président de l’Union internationale des Savants musulmans – les oulémas –, ce qui en fait une des plus grandes références pour les dogmes, la Loi et les pratiques de l’islam).
Le salafisme : « l’intégrisme religieux ».
Les Frères musulmans : « à la fois une secte religieuse et un groupuscule politique », « qui pratique le double langage ».
Etc.

Vous êtes aussi sévère pour l’islam en France.
Le Conseil français du Culte musulman, dirigé « par un musulman d’une nationalité étrangère », est « une usine à gaz, organe schizophrène, infantile, liberticide », « estropié ou embourbé ».
L’UOIF, qui y domine, c’est « l’islamisme politique ».
La main et l’argent de l’étranger sont partout : « La gestion financière des mosquées, ou des lieux de culte, même les plus petits, provoque et entretient un climat délétère dans plusieurs villes. »
(Mais la faute à qui ? « Depuis l’arrivée massive et précaire de l’islam combattant pour libérer la France ou exécutant tous les métiers pénibles pour construire la France, l’État français a préféré abandonner la gestion de l’islam aux chancelleries. »)
Vous ne niez pas les turbulences et les incivilités de la « communauté musulmane » : Les dérapages des pro-palestiniens « risquent de compromettre la paix civile ici ». (Vos « frères juifs » ont droit à une cinquantaine de pages d’affilée : « L’antijudaïsme, l’antisémitisme, l’antisionisme et le négationnisme s’abreuvent habituellement dans le même marécage. »)
Les « jeunes » de banlieue doivent savoir que le vandalisme est un délit « et surtout, un acte illicite, harâm, puni par Allâh ».

Vous paraissez presque prêt à désapprouver les prières publiques de la rue Myrrha : « Le Prophète a interdit les assemblées sur les routes, qui peuvent aussi être des rassemblements dans les halls d’immeuble, des attroupements dans les cages d’escalier, car l’esprit de l’islam est d’interdire la nuisance, physique u sonore, matérielle ou même visuelle. »
Vous déplorez la « victimisation » où se complaisent tant d’immigrés : « Nous sommes les premiers coupables de nos malheurs.
Etc.

Voilà pour le constat. Mais, foin de tout cela ; l’islam a été défiguré pour des raisons politiciennes ou matérielles. L’islam authentique est bien différent.

Axe 4 : l’islam authentique qui sera celui de la France

Comment définissez-vous cette merveille ?
« Une religion de la paix et de la justice », car « le cœur de l’islam est la paix ».
Une affirmation que vous seriez bien en peine de justifier. Décidément, vous semblez tenir l’aphorisme de Goebbels pour une vérité opérationnelle !

Une religion de paix ? Vous évacuez le Coran et ses appels à la guerre contre les juifs, les chrétiens, les polythéistes…, ainsi que la sunna du prophète, « le beau modèle » (Coran : XXXIII. 21), qui, à Médine, ne cessa de conduire le jihâd, et avec quel acharnement !

Et seulement une religion ? Votre culot va jusqu’à « refuser catégoriquement » dans l’islam « la confusion entre le sacré et le profane, entre le religieux et le politique », « cette dérive abyssale et souvent sanglante », alors que votre système, comme le Coran d’où il est issu, place toute la vie humaine sous la Loi d’Allah. Vous écrivez : « La vraie religion musulmane, celle qui n’est pas travestie par la politique et celle qui ne pervertit pas la politique ; celle qui n’est pas instrumentalisée par l’Etat et celle qui ne cherche pas à manipuler l’Etat ».
En conséquence de l’islam réduit à la religion, l’imam ne doit s’occuper que « du culte ». Mais comment définirez-vous ce mot, qui n’a aucun sens dans un système qui régente autant le port de la barbe ou le maillot de bain des femmes que la prière ou le jeûne ?
Et, je le répète, vous approuvez la laïcité, la loi de 1905, puisque l’islam n’est qu’une religion qui ne se mêle pas de politique

Vos mensonges et dissimulations sont particulièrement éhontés en ce qui concerne votre Prophète : « Le Messager Mohammed a amené avec lui l’amour et la paix » quand le hadîth et la sîra, jamais discutés en Terre d’islam, lui imputent à gloire batailles, massacre et assassinats ciblés.
Il est un exemple « d’amour et de tolérance ».

Et son attitude à l’égard des femmes ?
Une affirmation incroyable : « L’islam a révolutionné le statut des femmes en instituant pour elle (sic) les droits de propriété, de succession, d’éducation, de divorce », alors que, avant l’islam, à La Mekke, la première épouse de Mahomet, Khadîja, dirigeait une entreprise et gérait seule sa fortune, ce qui sera interdit aux musulmanes. « L’islam a apporté aux Arabes du VIIe siècle l’humanité et la modernité. »

Le Prophète, qui aurait eu, selon la sîra, une vingtaine d’épouses et de concubines, s’est marié uniquement « pour des raisons politiques, sociologiques ou familiales ». Autrement dit, il était opposé à la polygamie et, en multipliant les partenaires sexuels, il n’aurait fait que se sacrifier dans l’intérêt de sa communauté. Mais alors, quid de ses unions, à Médine, en 627, avec la juive Râhina et, à Khaybar, l’année suivante, avec une autre juive, Safiyya, deux femmes dont les bourreaux de l’islam avaient exécuté le mari le jour même ?

Et son mariage, avec Aicha ? Vous désapprouvez un moufti marocain qui, en 2008, a autorisé le mariage des filles à partir de neuf ans. (De « la pédophilie », dites vous justement.). Mais vous négligez de préciser que ce saint homme se référait à l’exemple de son Prophète qui a défloré Aicha à cet âge.

Sur ce chapitre, sensible aux yeux des Occidentaux, du statut des femmes, vous poussez la tartufferie jusqu’à affirmer : « Les femmes et les hommes sont égaux dans la pratique de l’islam ». Et ceci, écrit sans une démonstration (impossible) : « Les versets [du Coran] concernant l’égalité entre les femmes et les hommes sont nombreux et clairs ».
Vous-même êtes contre la burqa, mais vous êtes pour le voile, dont le symbolisme est le même : l’inégalité homme-femme, l’interdiction pour une musulmane d’épouser un non-musulman. Par une très brève allusion, nous apprenons que votre épouse est voilée.

Sur l’histoire de l’islam après Mahomet, sur le statut des dhimmis, vos triches sont innombrables. Jadis, « les juifs et les Arabes vivaient en bonne intelligence, dans le partage de la science et de la paix ». Le deuxième calife du Prophète, Omar Ibn Al-Khattab, « a établi un pacte garantissant aux juifs et aux chrétiens la liberté du culte et le respect de leur statut ». Une insulte au martyre des dhimmis.

Rien sur les questions de fond

Votre livre est aussi intéressant par les sujets qu’il évite. On y chercherait en vain quoi que ce soit sur plusieurs sujets qui rendent l’islam inacceptable au sein de nos démocraties :
L’absence de liberté de conscience.
L’absence de liberté religieuse : l’interdiction faite à un musulman de renoncer à l’islam.

Tout ce qui dans le Coran – ne parlons même pas de la sunna – est crime contre les droits de l’homme, les très nombreux versets qui appellent à la guerre pour discrimination religieuse, l’autorisation donnée aux maris de battre leurs épouses, le droit de flageller la femme adultère… tout cela disparaît dans votre islam tronqué, truqué, inventé seulement pour servir de leurre dans une guerre subversive.

Il faudrait un volume aussi épais que le vôtre pour relever vos filouteries. J’espère que les quelques perles que j’ai relevées permettront de se faire une idée de l’ignominie de votre attitude à l’égard d’un pays où vous vivez, que vous avez le front de dire aimer, que vous trahissez au profit d’un totalitarisme, dont les Français ne veulent pas et qu’ils n’accepteront jamais.

Les risques de la taqiyya

Une remarque encore : l’actualité nous a appris que certains musulmans de Drancy s’étaient dressés contre vous et vos prêches. Je ne veux pas croire qu’il s’agit là d’un coup monté par vos soins, pour mieux vous distinguer, vous « le modéré, le moderniste, le républicain, le laïque », des « islamistes » que, hors l’Islam, le monde entier exècre. Je pense sincèrement que vos agresseurs étaient des musulmans ordinaires, sincèrement soucieux du bon renom de leur religion et de leur civilisation : ils se sont sentis insultés par vos propos, qui présentent l’islam et son prophète sous des traits outrageants par leur fausseté ; ils ne savaient pas que vous jouiez un double jeu à l’intention des infidèles.
Ce sont là les risques de la taqiyya. On peut supposer que vous les connaissiez quand, il y a une vingtaine d’années, vous avez décidé de partir en mission pour la France afin d’y accomplir un devoir, sacré en votre âme et conscience, ordonné précisément dans votre Livre saint : œuvrer à l’asservissement, puis à l’anéantissement de toute communauté autre que l’umma, la communauté totalitaire islamique.

Jérôme Capistran

Voir par ailleurs:

Moral Courage: Imam for Peace

A Muslim cleric from France hopes to unite Muslims, Christians and Jews in the fight against fanaticism.

 

As right-wing rabble rousers throughout Europe make themselves known to media, it’s time to tell the more surprising stories. Here’s one: in France, the most radical voice of social cohesion may very well be an imam. Yup, a Muslim cleric. Hassen Chalghoumi deserves to become a household name in America.

Chalghoumi is the imam of Drancy, a suburban Parisian town that deported Jews to their death during World War II. Imam Chalgoumi seeks to preserve this history so that it’s never forgotten. In fact, we met him at the Holocaust Memorial in Drancy, where he recited the opening verses of the Qur’an. The imam later told us that the Holocaust isn’t only a Jewish issue; it’s a human one that Muslims must honestly grapple with if they want credibility when complaining about Islamophobia. Coming from an imam, such a statement is more than rare. It’s refreshing.

But Chalghoumi’s platform doesn’t end in Drancy. He founded the French Conference of Imams, has written several books in French and Arabic, and intends to speak with American audiences as his English improves. We can only hope that he’ll be welcomed, since he seeks to unite Muslims, Christians and Jews to conquer what he calls the real enemy: fanaticism, including the Islamist kind.

His message of peace has its detractors. Opponents sarcastically describe Chalghoumi as the “Imam of the Jews.” He frequently faces death threats via voicemail. His house was trashed soon after he led a 2006 Holocaust remembrance. Later, vandals doused his car with gasoline. More polite pushback comes in the form of counsel to stop appearing publicly and to end interfaith dialogue. Translation: shut up and pray.

Chalghoumi follows half that advice. The other half, Chalghoumi flouts: He brought 20 French imams to Jerusalem’s Yad Vashem Holocaust memorial, where they proclaimed that life is more important than doctrine.

The intensity of his moral courage doesn’t really reveal itself in Chalghoumi’s background. Born in Tunisia, he served as a conflict mediator for France’s national rail system. Then he opened a pizzeria, which became a neighborhood hotspot. In a gesture of sweetness but not necessarily backbone, Chalghoumi reached out to the local cops bearing gifts of pastry.

On further reflection, though, we detect a pattern. The imam’s adult life is suffused with his intention to open lines of communication between seeming rivals. It’s a pattern rooted firmly in faith: in Islam, proper intention (known as “niyyah”) is at least as significant as action. But Chalghoumi also walks the talk, embodying the bold declaration that human dignity trumps religious identity.

Think we’re exaggerating? Watch this video clip from Moral Courage TV. For English subtitles, click “cc” at the bottom of the video:


11 septembre/18e: Des gens avaient fait quelque chose (While the Ilhan Omars of this world never miss an opportunity to spit on their adopted countries, thank God for Mitchell Zuckoff’s attempt to ‘delay the descent of 9/11 into the well of history’)

11 septembre, 2019

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Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (…) Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. (…) S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Jésus (Jean 15: 13-20)
Let’s roll ! Todd Beamer
You’ve got to turn on evil,when it’s coming after you, you’ve gotta face it down … Neil Young (« Let’s roll, 2001)
[Beamer’s wife Lisa] was talking about how he always used to say that (« let’s roll ») with the kids when they’d go out and do something, that it’s what he said a lot when he had a job to do. And it’s just so poignant, and there’s no more of a legendary, heroic act than what those people did. With no promise of martyrdom, no promise of any reward anywhere for this, other than just knowing that you did the right thing. And not even having a chance to think about it or plan it or do anything — just a gut reaction that was heroic and ultimately cost them all their lives. What more can you say? It was just so obvious that somebody had to write something or do something. Neil Young
In the normal course of events, Presidents come to this chamber to report on the state of the Union. Tonight, no such report is needed. It has already been delivered by the American people. We have seen it in the courage of passengers, who rushed terrorists to save others on the ground — passengers like an exceptional man named Todd Beamer. And would you please help me to welcome his wife, Lisa Beamer, here tonight. George W. Bush
Et immédiatement, le centre sacrificiel se mit à générer des réactions habituelles : un sentiment d’unanimité et de deuil. […] Des phrases ont commencé à se dire comme « Nous sommes tous Américains » – un sentiment purement fictif pour la plupart d’entre nous. Ce fut étonnant de voir l’unité se former autour du centre sacré, rapidement nommé Ground Zero, une unité qui se concrétisera ensuite par un drapeau, une grande participation aux cérémonies religieuses, les chefs religieux soudainement pris au sérieux, des bougies, des lieux saints, des prières, tous les signes de la religion de la mort. […] Et puis il y avait le deuil. Comme nous aimons le deuil ! Cela nous donne bonne conscience, nous rend innocents. Voilà ce qu’Aristote voulait dire par katharsis, et qui a des échos profonds dans les racines sacrificielles de la tragédie dramatique. Autour du centre sacrificiel, les personnes présentes se sentent justifiées et moralement bonnes. Une fausse bonté qui soudainement les sort de leurs petites trahisons, leurs lâchetés, leur mauvaise conscience. James Alison
La révolte contre l’ethnocentrisme est une invention de l’Occident, introuvable en dehors. (…) À la différence de toutes les autres cultures, qui ont toujours été ethnocentriques tout de go et sans complexe, nous autres occidentaux sommes toujours simultanément nous-mêmes et notre propre ennemi. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
J’ai l’impression que beaucoup de gens ont oublié le 11 Septembre – pas complètement, mais ils l’ont réduit à une espèce de norme tacite. Quand j’ai donné cet entretien au Monde, l’opinion générale pensait qu’il s’agissait d’un événement inhabituel, nouveau, et incomparable. Aujourd’hui, je pense que beaucoup de gens seraient en désaccord avec cette remarque. Malheureusement, l’attitude des Américains face au 11 Septembre a été influencée par l’idéologie politique, à cause de la guerre en Irak. Le fait d’insister sur le 11 Septembre est devenu « « conservateur » et « alarmiste ». Ceux qui aimeraient mettre une fin immédiate à la guerre en Irak tendent donc à le minimiser. Cela dit, je ne veux pas dire qu’ils ont tort de vouloir terminer la guerre en Irak, mais avant de minimiser le 11 Septembre, ils devraient faire très attention et considérer la situation dans sa globalité. Aujourd’hui, cette tendance est très répandue, car les événements dont vous parlez – qui ont eu lieu après le 11 Septembre et qui en sont, en quelque sorte, de vagues réminiscences – sont incomparablement moins puissants et ont beaucoup moins de visibilité. Par conséquent, il y a tout le problème de l’interprétation : qu’est-ce que le 11 Septembre ? (…) je le vois comme un événement déterminant, et c’est très grave de le minimiser aujourd’hui. Le désir habituel d’être optimiste, de ne pas voir l’unicité de notre temps du point de vue de la violence, correspond à un désir futile et désespéré de penser notre temps comme la simple continuation de la violence du XXe siècle. Je pense, personnellement, que nous avons affaire à une nouvelle dimension qui est mondiale. Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…)  [la guerre froide et le terrorisme islamiste] sont similaires dans la mesure où elles représentent une menace révolutionnaire, une menace globale. Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. Il faudrait beaucoup y travailler, car il n’y a pas de vraie réflexion sur la coexistence des autres religions, et en particulier du christianisme avec l’islam. Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner. En deçà de ces visions idéologiques, nos réflexions sur le 11 Septembre resteront superficielles. Nous devons réfléchir dans le contexte plus large de la dimension apocalyptique du christianisme. Celle-ci est une menace, car la survie même de la planète est en jeu. Notre planète est menacée par trois choses qui émanent de l’homme : la menace nucléaire, la menace écologique et la manipulation biologique de l’espèce humaine. L’idée que l’homme ne puisse pas maîtriser ses propres pouvoirs est aussi vraie dans le domaine biologique que dans le domaine militaire. C’est cette triple menace mondiale qui domine aujourd’hui. (…) Le terrorisme est une forme de guerre, et la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. En ce sens, le terrorisme est politique. Mais le terrorisme est la seule forme possible de guerre face à la technologie. Les événements actuels en Irak le confirment. La supériorité de l’Occident, c’est sa technologie, et elle s’est révélée inutile en Irak. L’Occident s’est mis dans la pire des situations en déclarant qu’il transformerait l’Irak en une démocratie jeffersonienne ! C’est précisément ce qu’il ne peut pas faire. Il est impuissant face à l’islam car la division entre les sunnites et les chiites est infiniment plus importante. Alors même qu’ils combattent l’Occident, ils parviennent encore à lutter l’un contre l’autre. Pourquoi l’Occident devrait-il s’investir dans ce conflit interne à l’islam alors que nous ne parvenons même pas à en concevoir l’immense puissance au sein du monde islamique lui-même ? (…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. L’Amérique devrait y réfléchir, car elle offre au monde ce que l’on considère de plus attrayant. Pourquoi cela ne fonctionne- t-il pas vraiment chez les musulmans ? Est-ce par ressentiment ou ont-ils, contre cela, un système de défense bien organisé ? Ou bien, leur perspective religieuse est-elle plus authentique et plus puissante ? Le vrai problème est là. (…) Je suis bien moins affirmatif que je ne l’étais au moment du 11 Septembre sur l’idée d’un ressentiment total. Je me souviens m’être emporté lors d’une rencontre à l’École Polytechnique lorsque je me suis mis d’accord avec Jean-Pierre Dupuy sur l’interprétation du ressentiment du monde musulman. Maintenant, je ne pense pas que cela suffise. Le ressentiment seul peut-il motiver cette capacité de mourir ainsi ? Le monde musulman pourrait-il vraiment être indifférent à la culture de consommation de masse ? Peut-être qu’il l’est. Je ne sais pas. Il serait sans doute excessif de leur attribuer une telle envie. Si les islamistes ont vraiment pour objectif la domination du monde, alors ils l’ont déjà dépassée. Nous ne savons pas si l’industrialisation rapide apparaîtra dans le monde musulman, ou s’ils tenteront de gagner sur la croissance démographique et la fascination qu’ils exercent. Il y a de plus en plus de conversions en Occident. La fascination de la violence y joue certainement un rôle. (…) Il y a là du ressentiment, évidemment. Et c’est ce qui a dû émouvoir ceux qui ont applaudi les terroristes, comme s’ils étaient dans un stade. C’est cela le ressentiment. C’est évident et indéniable. Mais est-ce qu’il représente l’unique force ? La force majeure ? Peut-il être l’unique cause des attentats suicides ? Je n’en suis pas sûr. La richesse accumulée en Occident, comparée au reste du monde, est un scandale, et le 11 Septembre n’est pas sans rapport avec ce fait. Si je ne veux donc pas complètement supprimer l’idée du ressentiment, il ne peut pas être l’unique explication. (…)  L’autre force serait religieuse. Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ». C’est ce qu’ils pensent et ils n’ont peut-être pas complètement tort. Il me semble qu’il y a quelque chose de juste dans ce propos. Finalement, je crois que la perspective chrétienne sur la violence surmontera tout, mais ce sera une épreuve importante. (…) Il faut faire attention à ne pas justifier le 11 Septembre en le qualifiant de sacrificiel. Je pense que Jean-Pierre Dupuy ne le dit pas. Il maintient une sorte de neutralité. Mais ce qu’il dit sur la nature sacrée de Ground Zero au World Trade Center est, je pense, parfaitement justifié. (…) Je pense que James Alison a raison de parler de la katharsis dans le contexte du 11 Septembre. La notion de katharsis est extrêmement importante. C’est un mot religieux. En réalité, cela veut dire « la purge » au sens de purification. Dans l’Église orthodoxe, par exemple, katharos veut dire purification. C’est le mot qui exprime l’effet positif de la religion. La purge est ce qui nous rend purs. C’est ce que la religion est censée faire, et ce qu’elle fait avec le sacrifice. Je considère l’utilisation du mot katharsis par Aristote comme parfaitement juste. Quand les gens condamnent la théorie mimétique, ils ne voient pas l’apport d’Aristote. Il ne semble parler que de tragédie, mais pourtant, le théâtre tragique traite du sacrifice comme un drame. On l’appelle d’ailleurs ‘l’ode de la chèvre’. Aristote est toujours conventionnel dans ses explications – conventionnel au sens positif. Un Grec très intelligent cherchant à justifier sa religion, utiliserait, je pense, le mot katharsis. Ainsi, ma réponse mettrait l’accent sur la katharsis au sens aristotélicien du terme. (…) pour le 11 Septembre, il y avait la télévision qui nous rendait présents à l’événement, et intensifiait ainsi l’expérience. L’événement était en direct, comme nous le disons en français. On ne savait pas ce qui allait advenir par la suite. Moi-même, j’ai vu le deuxième avion frapper le gratte-ciel, en direct. C’était comme un spectacle tragique, mais réel en même temps. Si nous ne l’avions pas vécu dans le sens le plus littéral, il n’aurait pas eu le même impact. Je pense que si j’avais écrit La Violence et le Sacré après le 11 Septembre, j’y aurais très probablement inclus cet événement. C’est l’événement qui rend possible une compréhension des événements contemporains, car il rend l’archaïque plus intelligible. Le 11 Septembre représente un étrange retour à l’archaïque à l’intérieur du sécularisme de notre temps. Il n’y a pas si longtemps, les gens auraient eu une réaction chrétienne vis-à-vis du 11 Septembre. Aujourd’hui, ils ont une réaction archaïque, qui augure mal de l’avenir. (…) L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. (…) mais (…) à la fin, la force religieuse est du côté du Christ. Cependant, il semblerait que la vraie force religieuse soit du côté de la violence. (…) Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. Comment le monde peut-il finir alors qu’il est tenu si fortement par les forces de l’ordre ? (…)  [La religion chrétienne], fondamentalement, c’est la religion qui annonce le monde à venir ; il n’est pas question de se battre pour ce monde. C’est le christianisme moderne qui oublie ses origines et sa vraie direction. L’apocalypse au début du christianisme était une promesse, pas une menace, car ils croyaient vraiment en un monde prochain. (…) Je suis pessimiste au sens actuel du terme. Mais en fait, je suis optimiste si l’on regarde le monde actuel qui confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. (…) Par exemple, nous avons moins de violence privée. Comparé à aujourd’hui, si vous regardez les statistiques du XVIIIe siècle, c’est impressionnant de voir la violence qu’il y avait. (…) le mouvement pacifiste est totalement chrétien, qu’il l’avoue ou non. Mais en même temps, il y a un déferlement d’inventions technologiques qui ne sont plus retenues par aucune force culturelle. Jacques Maritain disait qu’il y a à la fois plus de bien et plus de mal dans le monde. Je suis d’accord avec lui. Au fond, le monde est en permanence plus chrétien et moins chrétien. Mais le monde est fondamentalement désorganisé par le christianisme. (…) la pensée de Marcel Gauchet résulte de toute l’interprétation moderne du christianisme. Nous disons que nous sommes les héritiers du christianisme, et que l’héritage du christianisme est l’humanisme. Cela est en partie vrai. Mais en même temps, Marcel Gauchet ne considère pas le monde dans sa globalité. On peut tout expliquer avec la théorie mimétique. Dans un monde qui paraît plus menaçant, il est certain que la religion reviendra. Le 11 Septembre est le début de cela, car lors de cette attaque, la technologie n’était pas utilisée à des fins humanistes mais à des fins radicales, métaphysico-religieuses non chrétiennes. Je trouve cela incroyable, car j’ai l’habitude d’observer les forces religieuses et humanistes ensemble, et non pas en opposition. Mais suite au 11 Septembre, j’ai eu l’impression que la religion archaïque revenait, avec l’islam, d’une manière extrêmement rigoureuse. L’islam a beaucoup d’aspects propres aux religions bibliques à l’exception de la compréhension de la violence comme un mal non pas divin mais humain. Il considère la violence comme totalement divine. C’est pour cela que l’opposition est plus significative qu’avec le communisme, qui est un humanisme même s’il est factice et erroné, et qu’il tourne à la terreur. Mais c’est toujours un humanisme. Et tout à coup, on revient à la religion, la religion archaïque – mais avec des armes modernes. Ce que le monde attend est le moment où les musulmans radicaux pourront d’une certaine manière se servir d’armes nucléaires. Il faut regarder le Pakistan, qui est une nation musulmane possédant des armes nucléaires et l’Iran qui tente de les développer. (…) [la Guerre Froide est] complètement dépassée (…) Et la rapidité avec laquelle elle a été dépassée est incroyable. L’Union Soviétique a montré qu’elle devenait plus humaine lorsqu’elle n’a pas tenté de forcer le blocus de Kennedy, et à partir de cet instant, elle n’a plus fait peur. Après Khrouchtchev on a eu rapidement besoin de Gorbatchev. Quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir, les oppositions ne se trouvaient plus à l’intérieur de l’humanisme. Les communistes voulaient organiser le monde pour qu’il n’y ait plus de pauvres. Les capitalistes ont constaté que les pauvres n’avaient pas de poids. Les capitalistes l’ont emporté. [Et ce conflit sera plus dangereux parce qu’il ne s’agit plus d’une lutte au sein de l’humanisme] bien qu’ils n’aient pas les mêmes armes que l’Union Soviétique – du moins pas encore. Le monde change si rapidement. Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. (…) Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. Cela veut donc dire que la violence apocalyptique vient de Dieu. Aux États-Unis, les fondamentalistes disent cela, mais les grandes églises ne le disent pas. Néanmoins, ils ne poussent pas suffisamment leur pensée pour dire que si la violence ne vient pas de Dieu, elle vient de l’homme, et que nous en sommes responsables. Nous acceptons de vivre sous la protection d’armes nucléaires. Cela a probablement été la plus grande erreur de l’Occident. Imaginez-vous les implications. (…) la dissuasion nucléaire. Mais il s’agit de faibles excuses. Nous croyons que la violence est garante de la paix. Mais cette hypothèse ne me paraît pas valable. Nous ne voulons pas aujourd’hui réfléchir à ce que signifie cette confiance dans la violence. [Après autre événement tel que le 11 Septembre] Je pense que les personnes deviendraient plus conscientes. Mais cela serait probablement comme la première attaque. Il y aurait une période de grande tension spirituelle et intellectuelle, suivie d’un lent relâchement. Quand les gens ne veulent pas voir, ils y arrivent. Je pense qu’il y aura des révolutions spirituelles et intellectuelles dans un avenir proche. Ce que je dis aujourd’hui semble complètement invraisemblable, et pourtant je pense que le 11 Septembre va devenir de plus en plus significatif.  (…) Il faut distinguer entre le sacrifice des autres et le sacrifice de soi. Le Christ dit au Père : « Vous ne vouliez ni holocauste, ni sacrifice ; moi je dis : “Me voici” » (cf. He 10, 6-7). Autrement dit, je préfère me sacrifier plutôt que de sacrifier l’autre. Mais cela doit toujours être nommé sacrifice. Lorsque nous utilisons le mot « sacrifice » dans nos langues modernes, c’est dans le sens chrétien. Dieu dit : « Si personne d’autre n’est assez bon pour se sacrifier lui plutôt que son frère, je le ferai. » Ainsi, je satisfais à la demande de Dieu envers l’homme. Je préfère mourir plutôt que tuer. Mais tous les autres hommes préfèrent tuer plutôt que mourir. (…)  Dans le christianisme, on ne se martyrise pas soi-même. On n’est pas volontaire pour se faire tuer. On se met dans une situation où le respect des préceptes de Dieu (tendre l’autre joue, etc.) peut nous faire tuer. Cela dit, on se fera tuer parce que les hommes veulent nous tuer, non pas parce qu’on s’est porté volontaire. Ce n’est pas comme la notion japonaise de kamikaze. La notion chrétienne signifie que l’on est prêt à mourir plutôt qu’à tuer. C’est bien l’attitude de la bonne prostituée face au jugement de Salomon. Elle dit : « Donnez l’enfant à mon ennemi plutôt que de le tuer. » Sacrifier son enfant serait comme se sacrifier elle-même, car en acceptant une sorte de mort, elle se sacrifie elle-même. Et lorsque Salomon dit qu’elle est la vraie mère, cela ne signifie pas qu’elle est la mère biologique, mais la mère selon l’esprit. Cette histoire se trouve dans le Premier Livre des Rois (3, 16-28), qui est, à certains égards, un livre assez violent. Mais il me semble qu’il n’y a pas de meilleur symbole préchrétien du sacrifice de soi par le Christ. (…) Je vois en cela le contraste du christianisme avec toutes les religions archaïques du sacrifice. Cela dit, la religion musulmane a beaucoup copié le christianisme et elle n’est donc pas ouvertement sacrificielle. Mais la religion musulmane n’a pas détruit le sacrifice de la religion archaïque comme l’a fait le christianisme. Bien des parties du monde musulman ont conservé le sacrifice prémusulman. (…) bien entendu. Il faut lire les romans de William Faulkner. Bien des gens croient que le sud des États-Unis est une incarnation du christianisme. Je dirais que le sud est sans doute la partie la moins chrétienne des États-Unis en termes d’esprit, bien qu’il en soit la plus chrétienne en termes de rituel. Il n’y a pas de doute que le christianisme médiéval était beaucoup plus proche du fondamentalisme actuel. Mais il y a beaucoup de manières de trahir une religion. En ce qui concerne le sud, cela est évident, car il y a un grand retour aux formes les plus archaïques de la religion. Il faut interpréter ces lynchages comme une forme d’acte religieux archaïque. (…) Le terme de « violence religieuse » est souvent employé d’une manière qui ne m’aide pas à résoudre les problèmes que je me pose, à savoir ceux d’un rapport à la violence en mouvement constant et également historique. (…) Je dirais que toute violence religieuse implique un degré d’archaïsme. Mais certains points sont très compliqués. Par exemple, lors de la première guerre mondiale, est-ce que les soldats qui acceptaient d’être mobilisés pour mourir pour leur pays, et beaucoup au nom du christianisme, avaient une attitude vraiment chrétienne ? Il y a là quelque chose qui est contraire au christianisme. Mais il y a aussi quelque chose de vrai. Cela ne supprime pas, à mon avis, le fait qu’il y a une histoire de la violence religieuse, et que les religions, surtout le christianisme, au fond, sont continuellement influencées par cette histoire, bien que son influence soit, le plus souvent, pervertie. René Girard
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
Relire aujourd’hui les principaux textes consacrés à ces attentats par des philosophes de renom constitue une étrange expérience. De manière prévisible, on y rencontre élaborations sophistiquées, affirmations grandioses ou péremptoires, performances rhétoriques bluffantes. Malgré tout, avec le recul, on ne peut qu’être saisi par un décalage profond entre ces performances virtuoses et la réalité rampante du terrorisme mondialisé que nous vivons à présent quotidiennement. Au fil des ans, un écart frappant s’est creusé entre discours subtils et réalités grossières, propos éthérés et faits massifs. Le 11 septembre devait être nécessairement considéré comme une énigme. Le philosophe français Jacques Derrida affirmait qu’« on ne sait pas, on ne pense pas, on ne comprend pas, on ne veut pas comprendre ce qui s’est passé à ce moment-là ». Il fallait d’abord récuser les évidences, considérées comme clichés idéologiques ou manipulations médiatiques. Ne parler donc ni de d’acte de guerre, ni de haine de l’Occident, ni de volonté de détruire les libertés fondamentales. Dialoguant à propos du 11 septembre avec Jürgen Habermas, qui centrait alors son analyse principalement sur la politique de l’Europe, Derrida, pour comprendre l’événement, s’attardait sur la notion d’Ereignis (« événement », ou « avenance ») dans l’histoire de l’être selon Heidegger et finissait par proposer une « hospitalité sans condition ». « C’est eux qui l’on fait, mais c’est nous qui l’avons voulu » soutenait pour sa part le sociologue Jean Baudrillard, attribuant aux rêves suicidaires de l’Occident l’effondrement des tours et la fascination des images des attentats. Pour celui voulait mettre en lumière « l’esprit du terrorisme », les « vrais » responsables étaient donc, au choix, les Etats-Unis, l’hégémonie occidentale ou chacun d’entre nous… D’autres se demandèrent aussitôt « à qui profite le crime » et conclurent que ce ne pouvait être qu’à la CIA, préparant ainsi les théories du complot qui firent florès. Ce ne sont que quelques exemples. Une histoire des lectures philosophiques du 11 septembre reste à écrire. Elle montrerait combien anti-américanisme et anti-capitalisme ont empêché tant d’esprits affutés de voir la nature religieuse du nouveau terrorisme comme les singularités de la nouvelle guerre. S’y ajoutaient la volonté de n’être pas dupe et la défiance envers les propagandes, transformées en déni systématique des informations de base. Les philosophes ont évidemment pour rôle indispensable d’être critiques, donc de démonter préjugés et fausses évidences, mais n’ont-ils pas pour devoir de ne jamais faire l’impasse sur les faits ? Au lieu de mettre en cause l’empire américain, l’arrogance des tours, le règne des images, il fallait scruter l’islamisme politique, les usages inédits de la violence, l’art terroriste de la communication. Quelques-uns l’ont fait, en parlant dans le désert. Aujourd’hui, il est urgent d’analyser ce qu’impliquent les changements intervenus depuis le 11 septembre. Car ce ne sont plus des symboles, comme les Twin Towers ou le Pentagone, qui sont ciblés, mais n’importe qui vivant chez les « impies » – dans la rue, aux terrasses, au concert, à l’école…. Les terroristes ne sont plus des commandos organisés d’ingénieurs formés au pilotage pour transformer des Boeing en bombes, mais de petits délinquants autogérés, s’emparant d’un couteau de cuisine ou d’un camion. Pour en venir à bout, il va falloir rattraper, au plus vite, le temps perdu à penser à côté de la plaque. Roger-Pol Droit
Le Cair a été fondé après le 11 Septembre parce qu’ils ont pris acte du fait que des gens avaient fait quelque chose et que nous tous allions commencer à perdre accès à nos libertés civiles. Ilhan Omar
Je pense que c’est un produit des médias sensationnalistes. Vous avez ces extraits sonores, et ces mots, et tout le monde les prononce avec une telle intensité, car ça doit avoir une signification plus grande. Je me souviens quand j’étais à la fac, j’ai suivi un cours sur l’idéologie du terrorisme. A chaque fois que le professeur disait « Al-Qaeda », ses épaules se soulevaient. Ilhan Omar
I was 18 years old when that happened. I was in a classroom in college and I remember rushing home after being dismissed and getting home and seeing my father in complete horror as he sat in front of that TV. And I remember just feeling, like the world was ending. The events of 9/11 were life-changing, life-altering for all of us. My feeling around it is one of complete horror. None of us are ever going to forget that day and the trauma that we will always have to live with. Ilhan Omar
9/11 was an attack on all Americans. It was an attack on all of us. And I certainly could not understand the weight of the pain that the victims of the families of 9/11 must feel. But I think it is really important for us to make sure that we are not forgetting, right, the aftermath of what happened after 9/11. Many Americans found themselves now having their civil rights stripped from them. And so what I was speaking to was the fact that as a Muslim, not only was I suffering as an American who was attacked on that day, but the next day I woke up as my fellow Americans were now treating me a suspect. Ilhan Omar
This book is painful to read. Even with the passage of nearly 18 years, reliving modern America’s most terrible day hits an exposed nerve that you thought had been fully numbed, only to discover that the ache was merely in remission. In “Fall and Rise: The Story of 9/11,” Mitchell Zuckoff relives each minute of that morning in 2001 through the perspectives of those who endured the worst: passengers and crew members on the four planes turned into missiles by Islamist hijackers; innocents trapped in the burning twin towers and the Pentagon; rescue workers who struggled valiantly but futilely and, in many cases, fatally; people in Shanksville, Pa., on whom death rained from a clear sky. As much as anything, “Fall and Rise” is a quilt work of futures unrealized, from the woman about to tell her parents she was pregnant to the doctor hoping to build a kidney dialysis center, from the retired bookkeeper set to move in with her daughter to the college student with dreams of becoming a child psychologist. Zuckoff, a professor of narrative studies at Boston University and the author of several nonfiction books, relies on his own interviews with survivors, but also leans heavily on government studies, trial transcripts, books and documentaries long in the public realm. And so the overall picture that he shapes is not really new. But freshness of detail seems less his objective than preservation of memory — an attempt, as he says, “to delay the descent of 9/11 into the well of history.” By design, this narrative of close to 500 pages is not encyclopedic. Big Picture grandiosity — how Sept. 11 changed America and the world — has been left to others. The terrorism puppet master Osama bin Laden gets scant attention. Actions (and inactions) of President George W. Bush and his team merit only a few pages. Rudolph Giuliani, who made a lucrative life for himself after 9/11, earns glancing mention. Flawed communications systems that doomed hundreds of New York’s emergency responders are not explored with the kind of detail that can be found in, say, “102 Minutes,” a 2005 work by the New York Times journalists Jim Dwyer and Kevin Flynn. Rather, this book derives its power from its focus on individuals in the main unknown to the larger world, who managed to survive the ordeal or who lost their lives simply because they were unlucky. With journalistic rigor, Zuckoff acknowledges what he doesn’t know, for example how exactly each group of hijackers seized control of its plane. His language is largely unadorned; then again, embellishment is neither needed nor wanted. Many details are hard to take: the melted flesh, the pulverized bodies, the scorched lungs and, for sure, the revived memory of scores of desperate victims leaping from on high to escape the World Trade Center inferno. But there are also inspiring moments, like the grit shown by those aboard United Airlines Flight 93. It was the plane that never reached its target, crashing in Shanksville after passengers revolted against the hijackers. Phone messages that they left “formed a spoken tapestry of grace, warning, bravery, resolve and love.” Heroes abound, though not in the way that word is routinely used and abused. Heroism, as we see here, is often a product of necessity. Some may ask if this book, covering territory already well traveled, needed to be written. For those who lived through the horror, perhaps not. But a full generation has come of age with no memory of that day. It needs to hear anew what happened, and maybe learn that time, in fact, does not heal all wounds. Clyde Haberman
I teach really engaged journalism students. I’m not sure how the generation as a whole reacts to it. My students approach it with curiosity and a little bit of uncertainty because they didn’t experience it. They are well-read and aware of things, but for them it is a little like Pearl Harbor. They know who was involved and can cite numbers. They can say 3,000 dead, 9/11, four hijacked planes, 19 hijackers. They got the test questions down very well. They don’t have the human connection or that feeling for it that I wish they did. I hope that’s what my book can do. Mitchell Zuckoff
There is this entire generation who didn’t live through this, who don’t have any independent memories of what happened those days. Some members of that generation are going off to war to fight in Afghanistan — a war that started after this — and they don’t have any direct connection to it. Right now, other than Osama bin Laden, is there a single name that’s a household name associated with 9/11?. Names are news, and we connect to them, and that is what’s so important about this: before the time passes, before the people who I could talk to were gone, dead or just not available, to capture this as one story. (…) People do I think know to some extent what happened on Flight 93, the 40 heroes of 93, who rose up and fought back to try to save themselves and ultimately ended up saving untold numbers of people, either at the Capitol or the White House, was the destination. But there in Shanksville — and I tell the story largely through Terry Shaffer, who was the volunteer fire chief there, who had been planning for something his whole life, and he thought it might be a pile-up on the Pennsylvania Turnpike. And he races toward the scene expecting to find casualties, expecting to find people he can help. The story of the people in Shanksville and how they came together, and sort of embraced the families of the Flight 93 victims, is I think one of the most beautiful stories I’ve ever heard. (…) One of the advantages of a book almost 18 years after the event is so much of the material has become public, that all the FAA records of the flight altitudes almost on a second-by-second basis, as we’re approaching Shanksville, Pennsylvania, the transcript of the cockpit recorder — which was enormously valuable, where we have the terrorist pilots discussing what they’re doing with each other, ‘Should we put it into the ground?’ All of those different things, because that and the the trial of Zacarias Moussaoui in 2006 [the so-called 20th hijacker,] certainly a conspirator even though he didn’t get on one of the planes. All of that material became available, and it was a mountain of material. But for me, it was priceless. (…) It was too important not to. It becomes a responsibility when you realize that there are so many people who don’t have a human connection to this story — the way I think of it is sometimes, 9/11 is becoming a story reduced to numbers: 9 and 11, four planes, 19 hijackers, 3,000 people killed. But you don’t connect names to it. And I felt if I could do that, if I could give people the story as it unfolded through the people that they could connect to, then I would have done something worthwhile. Mitchell Zuckoff

A ceux pour qui à chaque fois qu’il est prononcé, le nom « Al-Qaeda » soulève les épaules …

En cette 18e commémoration de l’abomination islamiste du 11 septembre 2001 …

Où, après l’avoir minimisé drapée dans son hijab, une membre du Congrès américain nous joue [avant comme à son habitude de se rétracter quatre jours plus tard – mise à jour du 15.09.2019] les sanglots longs de l’automne

Comment ne pas saluer les efforts ô combien méritoires de l’auteur d’un récent livre réunissant l’ensemble des témoignages possibles de l’évènement …

Contre les ravages du temps et les faiblesses et dérives de la psychologie et de la mémoire humaines …

Où à l’instar de ce journaliste de la radio publique américaine NPR qui n’avait en tête comme noms liés au 11/9 hormis Ben Laden, que le nom honni de Mohamed Atta …

Un peuple américain qui au lendemain de la tragédie avait plébiscité leur président jusqu’au score de popularité proprement soviétique ou africain de 99% le traine à présent dans la boue …

Et où, le même peuple qui avait, entre mémoriaux, noms d’écoles ou de bâtiments publics, films, livres, chansons ou tee-shirts, fait un véritable triomphe aux véritables héros du jour et aux dernières paroles de leur leader Todd Beamer (« Let’s roll !« ) …

En est à présent, via l’antisémite de service du Congrès américain Ilhan Omar et heureusement sauf exceptions, à minimiser l’attentat le plus proprement diabolique de leur histoire ?

‘Fall And Rise’ Seeks To Capture 9/11 As ‘One Story’ — And Keep It From Fading
Jeremy Hobson
WBUR
April 29, 2019

« There is this entire generation who didn’t live through this, who don’t have any independent memories of what happened those days, » Zuckoff (@mitchellzuckoff) tells Here & Now‘s Jeremy Hobson. « Some members of that generation are going off to war to fight in Afghanistan — a war that started after this — and they don’t have any direct connection to it. »

One of the driving forces behind the book was an effort to tie 9/11 into a single narrative before it was too late, Zuckoff says — and to ensure the attacks don’t fade too far from the public consciousness.

« Right now, other than Osama bin Laden, is there a single name that’s a household name associated with 9/11? » he says. « Names are news, and we connect to them, and that is what’s so important about this: before the time passes, before the people who I could talk to were gone, dead or just not available, to capture this as one story. »

Interview Highlights

On starting the book with what happened in the days leading up to Sept. 11

« That was very much by design, to start the book actually on September 10th, because what Mohamed Atta, what Ziad Jarrah, what the other terrorists were doing, all these machinations: training to fly planes coming here, living in this country and coming closer and closer — the circle is tightening — to get them in a position doing trial runs and making this plan which took very little money, a lot of planning but very little money, very little overhead, if you will, and to position themselves where they could be here in Boston, they could go up to Portland, Maine, and be ready to do these events.

« It’s not entirely clear [why they started their journey from Portland.] One strong suspicion we have is that the trip to Portland would allow them to avoid some suspicion. If you had eight Arab men all arriving at Boston’s Logan Airport at the same exact time for the same flights, they thought this might avoid some of that. But that is one of those unanswerable questions. »

« The idea of turning [a plane] into a guided missile wasn’t, quite literally, on the radar for anyone. And that’s unfortunately so sadly why it was so effective. »

Mitchell Zuckoff

On whether all of the hijackers knew the full extent of what they were doing

« I think it’s clear that all 19 knew exactly what was being planned, because it was a very coordinated attack. What happened on each one of the four planes was quite similar, where at a trigger moment, the muscle hijackers — the guys who were not flying the plane — went into attack mode. All of them had discussed … the preparations for purifying themselves for what they understood would be their last day. »

On the hijackers’ use of Mace in the cabin so that it would be more difficult for passengers to thwart the attack

« The Mace is an open question. There was some discussion they had it. A lot of it was just the element of surprise, was the greatest thing, and they committed an act of violence almost on every plane. They immediately cut someone’s throat to make it clear that they meant business. They said they had a bomb, they herded — these were very lightly attended planes, it was a random Tuesday morning to most people — they herded everyone into the back. And they also understood that the flight attendants and the crews would know that there was a standard protocol: You negotiate with terrorists. You expect that they’re going to want to land somewhere and exchange passengers and money for their freedom, or for their political aims. This was not part of anyone’s script except the terrorists.

« The idea of turning [a plane] into a guided missile wasn’t, quite literally, on the radar for anyone. And that’s unfortunately so sadly why it was so effective. »

On how communication failures shaped the way Sept. 11 unfolded

« Communication failures were rampant that day on every level, and that’s where really, that’s the sort of ground zero, if you will, of the communications failures — that people were calling saying what was going on. The airlines knew about it. And then even when it did finally reach the FAA, they weren’t alerting the military. So planes are still taking off. Things are still happening that [are] allowing one after another of these hijackings. The communication failures, they’re rampant, they’re across everything in terms of the communication failures at the towers, communication failures even before it happened.

« A fact that always stayed with me was on 9/11, the FAA had a list, a no-fly list, of a dozen people on it. The State Department had a list, its tip-off terrorists list of 60,000 people it was watching. The director of airline security for the FAA didn’t even know that State Department list existed. »

« Communication failures were rampant that day on every level. »

Mitchell Zuckoff

On stories about passengers on the planes that have stuck with him

« There are so many. One is from … United Flight 175, the second plane that [crashed into the World Trade Center,] took off from from Boston’s Logan Airport. And on that plane was a fellow named Peter Hanson and his wife Sue Kim and their daughter Christine. Christine was 2 years old and she was the youngest person directly affected by 9/11.

« While they were approaching the South Tower and it was clear something terrible was happening, they knew it, Peter called his father Lee in Connecticut, and the two phone calls between Peter and Lee are so poignant. And I spent time with Lee and Eunice Hanson in their home, in Peter’s boyhood bedroom, talking about those. Peter was actually first telling his father, ‘Please call someone, let them know what’s happening.’ And then Peter is actually comforting his father on the phone, when his wife and daughter are there huddled next to him in the back of this plane that they understand is flying too low, is heading toward the Statue of Liberty and toward the World Trade Center. »

On people in the first tower to be hit thinking they didn’t need to evacuate

« They were being told not to evacuate in both the towers. Some people were being told, ‘It’s over in the other tower.’ People didn’t know what was happening. And when the plane cut through, it knocked out the telecommunication system within the building that would have allowed people down in the basement and in the first floor to communicate to them. So the confusion began immediately, and people — some of them stayed in place for well over an hour. They didn’t know there was a ticking clock for the survival of the building.

« I spoke to a number of the Port Authority police officers who were the dispatchers that day who took those calls. They haunted by them still. And they are recorded calls, so I can hear them, I can see the transcripts. They’re remarkable in that they’re trying to keep these people calm, they’re trying to hope for the best. But there is no way up, and there’s no way out. »

On « the miracle of Stairwell B »

« One group of firefighters was Ladder 6, it was a unit in New York led by a remarkable guy named Jay Jonas, and Jay Jonas was a fire captain and he had this team of guys, a half dozen guys, and they’re sent into the North Tower, and they’re going up and they’re walking stair by stair. And when the South Tower collapses, Jay realizes, ‘I gotta get my guys out of here, quick.’

« On the way down, they pause to help a woman, Josephine Harris, who has been injured, who was exhausted, who can’t go any farther. But they slow their exit to help Josephine, and as they’re going farther and farther down through the building to get to the lobby, the North Tower starts to collapse. They’re inside this center stairwell, and they just huddled together, hold on for dear life, and the building literally peels away around them, just keeping a few floors of Stairwell B — which is exactly where they are. And Jay realizes that having slowed to help Josephine ended up saving all of them, because had they been in the lobby, the lobby was completely destroyed. Had they been just outside, they would have been wiped out as well. So it truly was a miracle. »

On what unfolded in Shanksville, Pennsylvania, on 9/11

« People do I think know to some extent what happened on Flight 93, the 40 heroes of 93, who rose up and fought back to try to save themselves and ultimately ended up saving untold numbers of people, either at the Capitol or the White House, was the destination. But there in Shanksville — and I tell the story largely through Terry Shaffer, who was the volunteer fire chief there, who had been planning for something his whole life, and he thought it might be a pile-up on the Pennsylvania Turnpike. And he races toward the scene expecting to find casualties, expecting to find people he can help. The story of the people in Shanksville and how they came together, and sort of embraced the families of the Flight 93 victims, is I think one of the most beautiful stories I’ve ever heard. »

On the difficulties of determining what exactly was happening on the planes

« One of the advantages of a book almost 18 years after the event is so much of the material has become public, that all the FAA records of the flight altitudes almost on a second-by-second basis, as we’re approaching Shanksville, Pennsylvania, the transcript of the cockpit recorder — which was enormously valuable, where we have the terrorist pilots discussing what they’re doing with each other, ‘Should we put it into the ground?’ All of those different things, because that and the the trial of Zacarias Moussaoui in 2006 [the so-called 20th hijacker,] certainly a conspirator even though he didn’t get on one of the planes. All of that material became available, and it was a mountain of material. But for me, it was priceless. »

On why he wrote this book

« It was too important not to. It becomes a responsibility when you realize that there are so many people who don’t have a human connection to this story — the way I think of it is sometimes, 9/11 is becoming a story reduced to numbers: 9 and 11, four planes, 19 hijackers, 3,000 people killed. But you don’t connect names to it. And I felt if I could do that, if I could give people the story as it unfolded through the people that they could connect to, then I would have done something worthwhile. »

Book Excerpt: ‘Fall And Rise’

by Mitchell Zuckoff

Just after 9 a.m., inside her hilltop house in rural Stoystown, Pennsylvania, homemaker Linda Shepley watched her television in shock. The screen showed smoke billowing from a gash in the North Tower as Today show anchor Katie Couric interviewed an NBC producer who witnessed the crash of American Flight 11.

“You say that emergency vehicles are there?” Couric asked Elliott Walker by phone.

“Oh, my goodness!” Walker cried at 9:03 a.m. “Ah! Another one just hit!”

Linda watched the terror in her living room beside her husband, Jim, a Pennsylvania Department of Transportation manager, who’d taken the day off to trade in their old car. The Shepleys saw a grim-faced President Bush speak to the nation from Booker Elementary School in Sarasota, Florida. Then Couric interviewed a terrorism expert but interrupted him for a phone call with NBC military correspondent Jim Miklaszewski, who declared at 9:39 a.m., “Katie, I don’t want to alarm anybody right now, but apparently, it felt just a few moments ago like there was an explosion of some kind here at the Pentagon.”

From the home where they’d lived for nearly three decades, the Shepleys could have driven to Washington in time for lunch or to New York City for an afternoon movie. Yet as the political and financial capitals reeled, those big cities felt almost as far away as the caves of Afghanistan. Jim went to the garage, to clean out the car he still planned to trade in that day. Linda hurried to finish the laundry before she accompanied Jim to the dealership.

Forty-seven years old, with kind eyes and three grown sons, Linda loved the smell of clothes freshly dried by the crisp Allegheny mountain air. As ten o’clock approached, she filled a basket with wet laundry and carried it to the clothesline in her backyard, two grassy acres with unbroken views over rolling hills that stretched southeast toward the neighboring borough of Shanksville. As Linda lifted a wet T-shirt toward the line, she heard a loud thump-thump sound behind her, like a truck rumbling over a bridge. Startled, she glanced over her left shoulder and saw a large commercial passenger plane, its wings wobbling, rocking left and right, flying much too low in the bright blue sky.

As the plane passed overhead at high speed, Linda saw the jet was intact, with neither smoke nor flame coming from either engine. Linda made no connection between the plane’s strange behavior and the news she’d watched minutes earlier about hijacked airliners crashing into the World Trade Center and the Pentagon. Instead, she suspected that a mechanical problem had forced the plane low and wobbly, on a flight path over her house that she’d never before witnessed. Maybe, Linda thought, the pilot was signaling distress and searching for someplace to make an emergency landing. Linda worried that their local airstrip, Somerset County Airport, was far too small to handle such a big plane. And if that was the pilot’s destination, she thought, he or she was heading the wrong way.

Linda didn’t know the plane was United Flight 93, and she couldn’t imagine that minutes earlier the passengers and crew had taken a vote to fight back. Or that CeeCee Lyles, Jeremy Glick, Todd Beamer, Sandy Bradshaw, and others on board had shared that decision during emotional phone calls, or that the revolt was reaching its peak, or that the four hijackers had resolved to crash the plane short of their target to prevent the hostages from retaking control.

Linda tracked the jet as sunlight glinted off its metal skin. Its erratic flight pattern continued. The right wing dipped farther and farther. The left wing rose higher, until the plane was almost perpendicular with the earth, like a catamaran in high winds. Linda saw it start to turn and roll, flipping nearly upside down. Then the plane plunged, nosediving beyond a stand of hemlocks two miles from where Linda stood. As quickly as the jet disappeared, an orange fireball blossomed, accompanied by a thick mushroom cloud of dark smoke.

“Jim!” Linda screamed. “Call 9-1-1!”

Her husband burst outside, fearing that their neighbor’s Rottweiler mix had broken loose from its chain and attacked her.

“A big plane just crashed!” Linda yelled.

“A small plane,” Jim said skeptically, as he regained his bearings. “No, no, no, no. It was a big one. It was a big one! I saw the engines on the wings.”

Jim rushed inside and grabbed a phone.

Heartsick, still clutching the wet T-shirt, Linda stared toward the rising smoke. Soon she’d wonder whether, in the last seconds before the crash, any of the men and women on board saw her hanging laundry on this glorious late-summer day.


Excerpted from the book FALL AND RISE by Mitchell Zuckoff. Copyright © 2019 by Mitchell Zuckoff. Republished with permission of HarperCollins Publishers.

Voir aussi:

The Many Tragedies of 9/11
Clyde Haberman
The NYT
May 3, 2019

FALL AND RISE
The Story of 9/11
By Mitchell Zuckoff

This book is painful to read. Even with the passage of nearly 18 years, reliving modern America’s most terrible day hits an exposed nerve that you thought had been fully numbed, only to discover that the ache was merely in remission.

In “Fall and Rise: The Story of 9/11,” Mitchell Zuckoff relives each minute of that morning in 2001 through the perspectives of those who endured the worst: passengers and crew members on the four planes turned into missiles by Islamist hijackers; innocents trapped in the burning twin towers and the Pentagon; rescue workers who struggled valiantly but futilely and, in many cases, fatally; people in Shanksville, Pa., on whom death rained from a clear sky. As much as anything, “Fall and Rise” is a quilt work of futures unrealized, from the woman about to tell her parents she was pregnant to the doctor hoping to build a kidney dialysis center, from the retired bookkeeper set to move in with her daughter to the college student with dreams of becoming a child psychologist.

Zuckoff, a professor of narrative studies at Boston University and the author of several nonfiction books, relies on his own interviews with survivors, but also leans heavily on government studies, trial transcripts, books and documentaries long in the public realm. And so the overall picture that he shapes is not really new. But freshness of detail seems less his objective than preservation of memory — an attempt, as he says, “to delay the descent of 9/11 into the well of history.”

By design, this narrative of close to 500 pages is not encyclopedic. Big Picture grandiosity — how Sept. 11 changed America and the world — has been left to others. The terrorism puppet master Osama bin Laden gets scant attention. Actions (and inactions) of President George W. Bush and his team merit only a few pages. Rudolph Giuliani, who made a lucrative life for himself after 9/11, earns glancing mention. Flawed communications systems that doomed hundreds of New York’s emergency responders are not explored with the kind of detail that can be found in, say, “102 Minutes,” a 2005 work by the New York Times journalists Jim Dwyer and Kevin Flynn.

Rather, this book derives its power from its focus on individuals in the main unknown to the larger world, who managed to survive the ordeal or who lost their lives simply because they were unlucky. With journalistic rigor, Zuckoff acknowledges what he doesn’t know, for example how exactly each group of hijackers seized control of its plane. His language is largely unadorned; then again, embellishment is neither needed nor wanted.

Many details are hard to take: the melted flesh, the pulverized bodies, the scorched lungs and, for sure, the revived memory of scores of desperate victims leaping from on high to escape the World Trade Center inferno. But there are also inspiring moments, like the grit shown by those aboard United Airlines Flight 93. It was the plane that never reached its target, crashing in Shanksville after passengers revolted against the hijackers. Phone messages that they left “formed a spoken tapestry of grace, warning, bravery, resolve and love.”

Heroes abound, though not in the way that word is routinely used and abused. Heroism, as we see here, is often a product of necessity.

Some may ask if this book, covering territory already well traveled, needed to be written. For those who lived through the horror, perhaps not. But a full generation has come of age with no memory of that day. It needs to hear anew what happened, and maybe learn that time, in fact, does not heal all wounds.

Clyde Haberman, the former NYC columnist for The Times, is a contributing writer for the newspaper.

FALL AND RISE
The Story of 9/11
By Mitchell Zuckoff
589 pp. Harper/HarperCollins Publishers. $29.99.

Voir également:

 

When the first of the World Trade Center towers collapsed on September 11 2001, paramedic Moussa Diaz was among thousands of people engulfed in the cloud of smoke and debris that surged from the wreckage.

Asphyxiating in the toxic swirl around him, he fought the urge to give up, staggering on until he saw a spotlight wielded by a man with a white beard and long hair.

“Are you Jesus Christ?” Diaz asked, convinced he must already be dead. “No,” came the reply. “I’m a cameraman.”

Those who have been close to death often talk of how the experience played tricks on their mind, including the fleeting belief that they could not possibly have survived and must already be in the afterlife.

Yet as Mitchell Zuckoff notes in his new book about 9/11, little of the extraordinary individual testimony from that awful day has worked its way into the public memory.

The average person may recall what they were doing on 9/11, and perhaps the names of hijackers such as Mohamed Atta, but would likely struggle to name a single one of the 2,977 people who died.

“Of the nearly three thousand men, women, and children killed on 9/11, arguably none can be considered a household name,” Zuckoff writes. “The best ‘known’ victim might be the so-called Falling Man, photographed plummeting from the North Tower.”

This is not because the world sought to forget: merely that in the avalanche of events triggered by the atrocity – Afghanistan was invaded less than a month later – the voices of the day itself got buried in the sheer weight of news coverage.

With that in mind, Zuckoff, who covered the attacks for the Boston Globe, has produced this doorstopper of a reconstruction, aimed partly at younger generations who feel no “personal connection” to what happened. He notes that for some of his students at Boston University, where he now teaches journalism, it seems “as distant as World War I”.

Rather like the investigators who searched the mountains of rubble for victims’ personal effects, it is a mammoth undertaking. As well as interviews with Diaz and others, Zuckoff sifts through official archives, trials of terror suspects, and countless news reports. The stories of rescuers and survivors are interwoven with the poignant last words of victims, many of whom left only desperate voice messages as their planes hit the towers.

This, however, is not a print version of United 93, the Hollywood take on the “Let’s roll” passenger rebellion, which brought down one hijacked plane before it could hit the White House. Reluctant to use journalistic licence for a topic of such gravitas, Zuckoff sticks strictly to the known facts.

As a result, his account of the “Let’s roll” incident favours accuracy over drama, relying partly on the more fragmentary version of events preserved by the cockpit voice recorder. The sounds of a struggle, followed by the hijacker-turned-pilot screaming “Hey, hey, give it to me!” suggests passengers may have got as far as wrestling the joystick from his control. But Zuckoff leaves us to fill in many of the gaps for ourselves.

Far more vivid are the scenes inside the burning towers, where witnesses are still alive to recreate what they saw. A dead lobby guard sits melted to his desk by the fireball from the planes’ fuel. Women have hair clips melted into their skulls by the heat. One paramedic, reminded of his own daughter by the sight of a girl’s severed foot inside a pink trainer, looks skywards to clear his mind, only to see people jumping from the towers.

In all, about 200 people ended their lives that way, one killing a firefighter as they landed. Ernest Armstead, a fire department medic, recalls a harrowing conversation with one female jumper who was somehow still alive, despite being little more than a head on a crumpled torso. When she saw him place a black triage tag around her neck, indicating she was beyond help, she shouted: “I am not dead!”

For many rescuers, it was clear early on that the entire crash scene was beyond help. As they contemplate the 1,000ft climb to the blazing North Tower impact zone – the lifts are out of action – firefighter-farmer Gerry Nevins speaks for all his colleagues when he says: “We may not live through today.” They shake hands, then start climbing nonetheless. Father-of-two Nevins was among the 420 emergency workers to perish.

For all the heroism, it was also a day of failures, not least in imagining that terrorists might use planes as bombs in the first place. Air safety chiefs considered hijackings a thing of the past, leading to lax security procedures that allowed the hijackers to carry knives on board.

A plan to stage an exercise where terrorists flew a cargo plane into the UN’s New York HQ had been ruled out as too fanciful. Boasts that the Twin Towers could withstand airline crashes failed to consider the thousands of gallons of burning jet fuel, which weakened their steel cores and caused them to collapse.

This book is not an easy read: heartwarming in parts, horrific in others and studiously cautious in those areas where only the dead really know what happened.

But as a definitive “lest we forget” account, it will take some beating. For those too young to remember where they were on 9/11, and for all future generations too, it should be required reading.

Voir encore:

Mitchell Zuckoff on Writing His 9/11 Magnum Opus

Adam Vitcavage
The Millions
July 10, 2019

The seniors graduating from high school this year know what 9/11 is. They know four planes, two towers, 3,000-plus victims, 19 terrorists, Osama bin Laden. They know all of that because they were taught it in history classes. Because, to them, that’s all it is: history.

With each passing year, the terrorist attacks that happened on the bright blue morning of September 11, 2001 become more of a history lesson than a lived experience. This year, most high school seniors were born in 2001. Eighteen years later, they have the facts memorized, but often fail to understand the emotional and lived experience of that day.

Fall and Rise: The Story of 9/11, a new book by former Boston Globe reporter and current Boston University professor Mitchell Zuckoff, aims to fix that. Fall and Rise reports the facts, but Zuckoff also weaves the lives of people affected by 9/11 to create a narrative not frequently seen on cable news channels or in documentaries.

Fall and Rise shares stories about pilots, passengers, and aviation professionals linked to American Airlines Flights 11 and 77, and United Airlines Flights 93 and 175. He reveals stories about Mohammed Atta and other terrorists. Zuckoff also dives into the stories of New Yorkers and other Americans who experienced that day in different ways. The result is a woven story that puts the humanity back into a day the history books won’t forget.

I spoke with Zuckoff about what he was doing the day of the attacks, what followed, and how a Boston Globe feature published five days after the attacks turned into an essential book more than 6,000 days later.

The Millions: What was the day of September 11, 2001 like for you?

Mitchell Zuckoff: I was on book leave from the Boston Globe trying to write my first book. When the first plane went in, I didn’t think much of it. It could have been an accident. When the second plane went in, I ran to the phone and it was ringing as I got there. Globe editor Mark Morrow was on the other line and said my book leave was over.

He told me to come to the paper and it became apparent that I was going to be in what we call the control chair to write the lead story for that day. It became a matter of trying to figure out what was going on by taking feeds from several of my colleagues, working closely with the aviation reporter, Matthew Brelis, who took the byline with me. It was an intense and confusing day.

This was personal, on top of everything, because two of the planes took off about a mile from the Globe office at Logan International Airport.

TM: You mention the confusion. When did it become clear to you that it was a coordinated terrorist attack?

MZ: I think when the second plane went in. I was still home. When the first plane went in, we didn’t know what size it was. There was speculation that it was some sightseeing plane that got confused. Then there was no way, 17 minutes apart, that two planes were going to hit two towers accidentally. When I got in my car, we didn’t know about the flight heading to the Pentagon or United 93.

TM: What exactly were you looking for in real time during an event like this?

MZ: Really, what we do on any story. We were trying to answer the who, what, when, where, why, and how of it in as much detail as possible. I was just trying to process it all. My desk is an explosion of papers and printers and notes from reporters. We want it to come out so our readers can digest it in a meaningful way.

TM: I was in seventh grade and in Arizona at the time, so I had no clue what was going on. I was hours back—

MZ: That’s significant. Really significant. Folks on the West Coast, by the time they woke up, it was essentially over. People on the East Coast were watching the Today Show or running to CNN to watch it unfold. It’s a different experience.

TM: I remember it as my mother waking me up for school. She said something, and to this day I remember it as being “They’re attacking us.” I always second-guessed myself, but as you said it was something being reported.

MZ: That would have been a good thing to say.

TM: As the day continued to unfold, how much of a rush was it to finish the initial report out there?

MZ: The adrenaline is flying. We had a rolling deadline because we knew we had as many editions as we needed. The first probably left my hands at 6:00 p.m. I continued to write through the story as it continued to unfold. There were little details—little edits like finding better verbs—that continued to be changed until about 1:00 a.m. or 2:00 a.m.

You can’t unwind after that. You walk around the newsroom waiting until it comes off the presses. I needed to let the adrenaline leave because I knew I wouldn’t be able to sleep.

TM: Then that first week, and this may be a dumb question, but how much did the events consume your writing life?

MZ: Completely. I wrote the lead story again the next day. I came back in and it was understood I would do it again. The next day, on Thursday the 13th, I approached the editors with the idea that I could keep doing the leads, but I had an idea for a narrative I could have done for Sunday’s paper. I needed to dispatch some reporters to help me, but I pitched them to weave a narrative. I wanted to weave together six lives: three people on the first plane and three people from New York: one who got out, one who we didn’t know, and a first responder.

That consumed me all day Thursday and Friday reporting it with those reporters. Then writing it Friday into Saturday for the lead feature in the Sunday paper.

TM: That’s what became the backbone of Fall and Rise. But, at the time, you were already reporting the facts. What was it like going into the humanity of those affected less than a week after the attacks?

MZ: Satisfying in a really deep way. I felt, as much as I valued writing the news, I felt we could do something distinctive and lasting with this narrative. I think all of us—not just reporting the news, but consuming the news—all of us were so inundated with information.

I felt we needed to reflect on the emotion of the moment. By talking about the pilot John Oganowsky and the other folks I focused in on, I felt it could be a bit cathartic. We were all numb and in shock. But this could help.

TM: Did you talk to the people in the narrative or was it strictly the other reporters?

MZ: It was the reporters. I was focused on telling the story of Mohammad Atta. I gave myself that assignment. I was guiding my four teammates to some extent. If someone came up with an important detail or timestamp, I would ask the other reporters to follow up with questions about that particular moment to build around it. I didn’t talk to the families until much later.

TM: When was the first time you talked to survivors or the families of victims?

MZ: I talked to some back then. I was teamed up two weeks after the attacks with Michael Rezendes, who was on the Spotlight team, to write about the terrorists. So, at that point, I wasn’t talking a lot with the families—I did some in 2001 and 2002—but really my deep dive into the families didn’t start until five years ago when I really began working on this book.

TM: What did focusing on the terrorists do to you mentally and emotionally?

MZ: It took a lot out of me. We were really trying to instill the journalistic impartiality to it. But you can’t be objective about this sort of thing. We could be impartial. We couldn’t be exactly sure of who these guys were. We had their identities, but we were aware people use false identities or other’s identities. We had to enforce this impartiality to it. We had to be detached in our work even as we were grieving in our hearts.

TM: With the toll it takes, why continue to write about 9/11 after all these years?

MZ: Exactly that reason: because it does take a toll. The way I process things is to write about them. I didn’t really have a let down for months. I was focused on the work before letting the emotion in. It never really left me. I was still talking about this story to my students. I was still talking about this to my family. There are certain stories that will never leave, but I have to instill something of value into it. I wanted to write something that outlasts me.

TM: You’ve had books come out over the years that weren’t related to 9/11—most notably 13 Hours: The Inside Account of What Really Happened in Benghazi. This comes out nearly 18 years later. What was the process like throughout all these years?

MZ: I was not writing directly on Fall and Rise during those years. I was working on those other books and projects. It was on a back processor in my mind. The lede story from 9/11 hangs in my office at Boston University. It’s in the corner of my eye. I think it was always playing in the back of my mind.

Once I dove into it in 2014, it was all consuming. It was the deepest dive I have ever taken on a story. As much as I care about all of the work I’ve done, I kind of knew I would never tell a more important story than this. I had to respect the stories of the people telling me about the worst day of their lives. That responsibility was with me day and night for these past five years.

TM: What were the families’ responses to a reporter coming to ask about the worst day of their lives after all this time?

MZ: It amazed me because overwhelmingly people said yes. There were some who understood what I was doing, but told me they couldn’t go there again. They couldn’t revisit that day. The ones who said yes were amazing. I know I was tearing open a wound. A lot of the interviews go for hours and hours. There were moments of weeping and I have no problem acknowledging I did so along with them.

TM: These stories aren’t necessarily widely known and now they’re preserved in this book. It’s so important because now 9/11 may just seem like an event students study in textbooks. Eighteen years…your college freshmen were born the year it happened or the year after, I suppose. How does this generation react to it?

MZ: I teach really engaged journalism students. I’m not sure how the generation as a whole reacts to it. My students approach it with curiosity and a little bit of uncertainty because they didn’t experience it. They are well-read and aware of things, but for them it is a little like Pearl Harbor. They know who was involved and can cite numbers. They can say 3,000 dead, 9/11, four hijacked planes, 19 hijackers. They got the test questions down very well. They don’t have the human connection or that feeling for it that I wish they did. I hope that’s what my book can do.

Voir enfin:

Tweets racistes de Trump : qu’a vraiment dit Ilhan Omar sur Al-Qaeda et le 11 Septembre ?

Pauline Moullot
Libération
17 juillet 2019

Le président américain a accusé une élue démocrate d’origine somalienne de «bomber le torse» en pensant à l’organisation terroriste.

Question posée par Annie le 16/07/2019

Bonjour,

Nous avons reformulé votre question, qui était : «Quels ont été les propos d’Ilhan Omar sur Al-Qaeda et sur le 11 Septembre, que Trump a cités par sous-entendu dans sa conférence de presse ?»

Dans une nouvelle saillie raciste lundi 15 juillet, Donald Trump a accusé la députée démocrate Ilhan Omar, née en Somalie, d’encenser Al-Qaeda. Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut rembobiner au dimanche 14 juillet. Ce jour-là, le président américain s’en prend, sans les nommer, à quatre élues démocrates, toutes issues de minorités, à la Chambre des représentants : Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley. Il les appelle notamment à «retourner dans leur pays». La première, réfugiée somalienne, est devenue avec Rashida Tlaib l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès en novembre. Alexandria Ocasio-Cortez est la plus jeune représentante démocrate de l’histoire, et Ayanna Pressley, première élue afro-américaine au conseil municipal de Boston en 2009. Surnommées «The Squad» par la presse américaine, ces femmes non-blanches se sont démarquées par leur progressisme et leurs prises de position régulières contre la politique de Donald Trump sur l’immigration.

Le lendemain, le Président réitère ses injures racistes en conférence de presse, les appelant de nouveau à quitter les Etats-Unis. A ce moment-là, il assure qu’Ilhan Omar aurait défendu Al-Qaeda et les attentats du 11 Septembre.

A la question «que répondez-vous à ceux qui disent que vos tweets sont racistes ?», Trump rétorque ainsi : «Et bien, elles sont très malheureuses. Elles ne font que se plaindre à longueur de temps. Tout ce que je dis, c’est que si elles veulent partir, qu’elles partent. Elles peuvent partir. Je veux dire, je pense à Omar. Je ne sais pas, je ne l’ai jamais rencontrée. Je l’écoute parler d’Al-Qaeda. Al-Qaeda a tué beaucoup d’Américains. Et elle dit : « Vous pouvez bomber le torse, quand je pense à Al-Qaeda, je peux bomber le torse. » Quand elle parle des attentats du World Trade Center, elle dit « des gens ». Vous vous souvenez de ce fameux « des gens ». Ces personnes, à mon avis, détestent l’Amérique. Donc quand je les entends dire à quel point Al-Qaeda est merveilleux, quand je les entends parler de « ces gens » à propos du World Trade Center…»

Ses propos sur Al-Qaeda

Vous nous demandez ce qu’a vraiment dit Ilhan Omar à propos d’Al-Qaeda et du 11 septembre. L’équipe de Trump a indiqué à nos confrères américains de Politifact que le président faisait référence à deux déclarations d’Omar, largement reprises par les pro-Trump pour la décrédibiliser ces derniers mois.

La première remonte à 2013. Invitée sur une chaîne locale de Minneapolis, TwinCities PBS, Ilhan Omar commente les répercussions sur la communauté somalienne d’un attentat commis par les shebab somaliens au Kenya, affiliés à Al-Qaeda. Plusieurs extraits de cette interview de vingt-huit minutes ont été repris par ses opposants ces derniers mois. Elle ne parle pourtant pas une seule fois de bomber le torse en pensant à Al-Qaeda. Elle discute avec le présentateur du fait que l’on demande à la communauté somalienne aux Etats-Unis de condamner ces actes, et plus largement aux musulmans de condamner tous les actes terroristes. Elle parle alors de «cette supposition qui fait croire que nous sommes tous connectés à ces actes. […] La population générale doit comprendre qu’il y a une différence entre les personnes qui commettent ces actes diaboliques, car c’est un acte diabolique, et nous avons des gens diaboliques dans le monde. Et des gens normaux qui essaient de continuer à mener leur vie.» Elle parle ensuite du fait que les Somaliens sont les premières victimes des shebab et insiste : «Ces personnes exercent la terreur. Et toute leur idéologie est basée sur le fait de terroriser les communautés.»

La partie la plus détournée de l’interview intervient quand le présentateur l’interroge ensuite sur le fait que l’on conserve les noms arabes, sans les traduire, pour désigner les groupes terroristes. Ces noms, qui ont pourtant d’autres significations en arabe, «polluent notre langage quotidien», ajoute le présentateur. Là, Ilhan Omar acquiesce et répond : «Je pense que c’est un produit des médias sensationnalistes. Vous avez ces extraits sonores, et ces mots, et tout le monde les prononce avec une telle intensité, car ça doit avoir une signification plus grande. Je me souviens quand j’étais à la fac, j’ai suivi un cours sur l’idéologie du terrorisme. A chaque fois que le professeur disait « Al-Qaeda », ses épaules se soulevaient.» Ilhan Omar parle donc de la façon dont les médias évoquent les groupes terroristes, et explique comment cela se voit dans le langage corporel. Mais ne parle pas du tout de bomber le torse.

Ses propos sur le 11 Septembre

Enfin, les propos de Trump sur de supposées déclarations d’Ilhan Omar sur l’attentat du World Trade Center visent un discours prononcé par l’élue au Conseil des relations américano-islamiques (Cair) de Los Angeles, en mars. Le président américain avait alors publié sur Twitter une vidéo montrant les tours jumelles s’effondrer, avec une citation d’Ilhan Omar en arrière-plan. Que disait-elle exactement ? Expliquant que les musulmans étaient fatigués d’être considérés comme «des citoyens de seconde zone», elle ajoute : «Le Cair a été fondé après le 11 Septembre parce qu’ils ont pris acte du fait que des gens avaient fait quelque chose et que nous tous allions commencer à perdre accès à nos libertés civiles.» C’est ce terme «gens» qui lui a été reproché. Mais à aucun moment elle ne loue l’organisation terroriste.

Le Washington Post et Ilhan Omar ont fait remarquer que George W. Bush avait utilisé la même expression après les attentats de 2001. «Je vous entends, je vous entends. Et le reste du monde vous entend. Et les gens, ces gens qui ont fait tomber les tours, vont nous entendre bientôt».

Selon le New York Times, Ilhan Omar a qualifié les accusations de Trump de «ridicules». Toutes les élues démocrates ont répliqué lundi 15 juillet, en organisant une conférence de presse commune pour dénoncer le racisme du président américain. Mercredi, celui-ci s’est de nouveau emparé de son clavier pour assurer qu’il n’était pas raciste, en leur demandant de nouveau de quitter le pays.


Iran: C’est la nature du régime, imbécile ! (Forty years on, will Europe finally understand the Islamic republic’s vital commitment to the revolutionary principle of permanent war on US interests and allies ?)

13 juin, 2019

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L’ennemi est ici, on nous ment que c’est l’Amérique ! Slogan du peuple iranien
Lâchez la Syrie occupez-vous de nous ! Slogan du peuple iranien
Mort aux paysans ! Vivent les oppresseurs ! Slogan (ironique) de manifestants paysans iraniens
L‘Armée de la République islamique d’Iran et le Corps des Gardes de la Révolution islamique … seront responsables, non seulement de la garde et de la préservation des frontières du pays, mais aussi de l’exécution de la mission idéologique du jihad sur la voie de Dieu, c’est-à-dire de l’expansion de la souveraineté de la Loi de Dieu à travers le monde. Préambule de la constitution iranienne (1979-1989)
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Le slogan du régime est : « L’énergie nucléaire est notre droit indéniable. » Je lui réponds: ce droit, nous l’avions, c’est vous et les vôtres qui nous en avez privés. (…) Mon père (…) a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d’énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C’est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi
The uprising, once again showed that overthrowing theocracy in Iran is a national demand. Prince Reza Pahlavi
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
L’analyse des témoignages des jeunes des grandes villes iraniennes et l’observation de leurs comportements sur les réseaux sociaux montrent que la politique sociale répressive des ayatollahs a produit des effets inattendus. La nouvelle génération de 15 à 25 ans vit dans le rejet du système de valeurs, promulgué par l’école et les médias de la République islamique. Pendant ces dernières décennies, le décalage entre l’espace public, maîtrisé par les agents de mœurs, et l’espace privé, où presque tout est permis, n’a cessé de progresser. Pourtant, malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques – vestimentaires, alimentaires, sexuelles, … –, leurs témoignages révèlent qu’en dépit de leur apparence rebelle, ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs. Cette image devient doublement négative lorsqu’ils se reprochent leur inaction, comme si la capacité d’agir sur leur sort et de faire valoir leurs droits fondamentaux ne dépendait que d’eux et de la volonté individuelle. Les catastrophes naturelles qui dévastent le pays (comme le tremblement de terre, les inondations ou les sècheresses, etc.) et les situations politiques ingérables (comme la menace de guerre, les sanctions économiques, ou certaines décisions politiques jugées inacceptables, etc.) aiguisent leur conscience de l’impuissance et déclenchent chez eux une avalanche de reproches et de haine de soi. Peut-être cette auto culpabilisation relève-t-elle d’un besoin de se sentir responsable, de se procurer une semblable illusion de puissance. Peut-être est-elle un simple mécanisme d’auto-défense. Mais, elle n’en reste pas moins destructrice pour autant, car elle les empêche d’avoir une vision objective de leur situation. Dans un pays où la moindre critique et protestation sont violemment réprimées, et où l’on peut encourir de lourdes peines de prisons pour avoir contesté une décision politique, quelle est la marge de manœuvre des individus? Quatre décennies de l’atteinte physique, l’atteinte juridique, et l’atteinte à la dignité humaine ont profondément privé les jeunes de reconnaissance sociale et les ont affectés dans le sentiment de leur propre valeur. La non reconnaissance du droit et de l’estime sociale en Iran ont créé des conditions collectives dans lesquelles les jeunes ne peuvent parvenir à une attitude positive envers eux-mêmes. En l’absence de confiance en soi, de respect de soi, et d’estime de soi, nul n’est en mesure de s’identifier à ses fins et à ses désirs en tant qu’être autonome et individualisé. Or, faut-il s’étonner si, aujourd’hui, l’émigration est devenue la seule perspective de l’avenir des jeunes Iraniens? Mahnaz Shirali
On his watch, the Russians meddled in our democracy while his administration did nothing about it. The Mueller report flatly states that Russia began interfering in American democracy in 2014. Over the next couple of years, the effort blossomed into a robust attempt to interfere in our 2016 presidential election. The Obama administration knew this was going on and yet did nothing. In 2016, Obama’s National Security Adviser Susan Rice told her staff to « stand down » and « knock it off » as they drew up plans to « strike back » against the Russians, according to an account from Michael Isikoff and David Corn in their book « Russian Roulette: The Inside Story of Putin’s War on America and the Election of Donald Trump ». Why did Obama go soft on Russia? My opinion is that it was because he was singularly focused on the nuclear deal with Iran. Obama wanted Putin in the deal, and to stand up to him on election interference would have, in Obama’s estimation, upset that negotiation. This turned out to be a disastrous policy decision. Obama’s supporters claim he did stand up to Russia by deploying sanctions after the election to punish them for their actions. But, Obama, according to the Washington Post, « approved a modest package… with economic sanctions so narrowly targeted that even those who helped design them describe their impact as largely symbolic. » In other words, a toothless response to a serious incursion. Scott Jennings (CNN)
Radicals linked to Hizbollah, the Lebanese militant group, stashed thousands of disposable ice packs containing ammonium nitrate – a common ingredient in homemade bombs. The plot was uncovered by MI5 and the Metropolitan Police in the autumn of 2015, just months after the UK signed up to the Iran nuclear deal. Three metric tonnes of ammonium nitrate was discovered – more than was used in the Oklahoma City bombing that killed 168 people and damaged hundreds of buildings. Police raided four properties in north-west London – three businesses and a home – and a man in his 40s was arrested on suspicion of plotting terrorism. The man was eventually released without charge. Well-placed sources said the plot had been disrupted by a covert intelligence operation rather than seeking a prosecution. The discovery was so serious that David Cameron and Theresa May, then the prime minister and home secretary, were personally briefed on what had been found. Yet for years the nefarious activity has been kept hidden from the public, including MPs who were debating whether to fully ban Hizbollah, until now. It raises questions about whether senior UK government figures chose not to reveal the plot in part because they were invested in keeping the Iran nuclear deal afloat. (…) It became clear, according to well-placed sources, that the UK storage was not in isolation but part of an international Hizbollah plot to lay the groundwork for future attacks. The group had previously been caught storing ice packs in Thailand. And in 2017, two years after the London bust, a New York Hizbollah member would appear to seek out a foreign ice pack manufacturer. Ice packs provide the perfect cover, according to sources – seemingly harmless and easy to transport. Proving beyond doubt they were purchased for terrorism was tricky.  But the most relevant case was in Cyprus, where a startlingly similar plot had been busted just months before the discovery in London. There, a 26-year-old man called Hussein Bassam Abdallah, a dual Lebanese and Canadian national, was caught caching more than 65,000 ice packs in a basement. During interrogation he admitted to being a member of Hizbollah’s military wing, saying he had once been trained to use an AK47 assault rifle. Abdallah said the 8.2 tonnes of ammonium nitrate stored was for terrorist attacks. He pleaded guilty and was given a six-year prison sentence in June 2015. In Abdallah’s luggage police found two photocopies of a forged British passport. Cypriot police say they were not the foreign government agency that tipped Britain off to the London cell. (…) A UK intelligence source said: “MI5 worked independently and closely with international partners to disrupt the threat of malign intent from Iran and its proxies in the UK.” The decision not to inform the public of the discovery, despite a major debate with Britain’s closest ally America about the success of the Iran nuclear deal, will raise eyebrows. Keeping MPs in the dark amid a fierce debate about whether to designate the entire of Hezbollah a terrorist group – rather than just its militant wing – will also be questioned. The US labelled the entire group a terrorist organisation in the 1990s. But in Britain, only its armed wing was banned. The set-up had led senior British counter-terrorism figures to believe there was some form of understanding that Hizbollah would not target the UK directly. Hizbollah was only added to the banned terrorist group list in its entirety in February 2019 – more than three years after the plot was uncovered. The Telegraph
There is a reason America’s European and Asian allies are determined to end the US quarantine of Iranian businesses. Trump’s increasingly tough sanctions give countries and corporations an uncomfortable pair of options: Buy Iranian oil and invest there, or do business with the US — but you can’t do both. The latest punishment came last Friday, when the administration vowed to sanction anyone doing business with Iran’s petrochemical industry, a lucrative exporting sector run by the Islamic Revolutionary Guard Corps, which is now rightly listed by Washington as a terror organization. America’s allies are eager to revive the smooth flow of goods and business with Iran; their diplomacy is meant to put pressure on Washington to start a process that would lead to new direct talks. Iran, they claim, will behave better, now that its economy is strained. America should take advantage and aim for a fresh rapprochement. The problem with the allies’ theory: No such hunger for reconciliation is in evidence in Tehran. Instead, the regime is still signaling obstinacy. The ayatollahs are as committed as ever to their revolutionary principles, the main one of which is waging war on US interests and allies. Take Foreign Minister Javad Zarif, long touted as a symbol of moderation and openness and a welcome guest in Western TV studios. Yet defending Iran’s habit of hanging gay people in the public square, Zarif told the German newspaper Bild this week: “Our society has moral principles, and according to these principles we live.” Hosting Germany’s Maas this week, Zarif also pushed back against Secretary of State Mike Pompeo’s recent offer of negotiations “without preconditions.” The Islamic Republic won’t talk to those who wage “economic war” against it, Zarif said, threatening for good measure that, as an Iranian enemy, America “cannot expect to stay safe.” The theocracy is hardening, rather than softening, its line, notwithstanding entreaties from Tokyo, Berlin and Brussels. These well-meaning outsiders inevitably point to supposed moderates that America can do business with, and, as always, they urge Washington to ignore Tehran’s malign rhetoric and muscle-flexing. It’s true that some Iranian politicians favor making cosmetic concessions to the West to ensure the Islamic Republic’s survival. But the ultimate decider, Supreme Leader Ali Khamenei, has long soured on such concessions. Negotiation, he recently said, “has no benefit and carries harm.” In a perfect world, the global economy would be better off when everyone can do business with everyone without fear of punishment. But the existence of a militantly anti-Western regime like Iran’s is a reminder that ours isn’t a perfect world. Abe, then, would be better off warning Iran about its joint missile development with Japan’s menacing neighbor, North Korea (a reminder that the regime’s behavior is destructive far beyond its immediate neighborhood.) Talks may be worthwhile — but not before Khamenei leaves the stage. Once the old dictator is gone, the ensuing internal struggle may work to the West’s advantage. Economic pressure may then embolden Iranians hoping to throw off the regime’s yoke. Or it may not. Either way, dealing with the regime as it exists is futile, as more than four decades of experience have shown. Trump should turn a deaf ear to Abe and the rest of the world’s eager go-betweens. Benny Avni
When it comes to countering terrorism: follow the money. The world fought the Taliban, al-Qaeda, and ISIL by cutting off their money. We must do the same today and acknowledge that the epicenter of modern terrorism is IRAN. Iran bankrolls a ‘coalition of terrorists’ around the world that further Iran‘s policy of expansionism. With Iran‘s backing of over $1 billion, Hezbollah has turned Lebanon into a launching pad for terror. Hezbollah’s funding, weaponry and even its food all come from Iran. Iranian money has landed directly in the pockets of Hamas and Islamic Jihad in the Gaza Strip and in Judea and Samaria. With Hamas’ help and the Palestinian branch of the Iranian Quds Force, Iran is trying to turn Judea and Samaria into a fourth military front against Israel. Danny Danon
Après des décennies de complaisance et de lâcheté occidentales avec le régime enturbanné, particulièrement sous les mandats du sinistre Barack « Imam » Hussein Obama, idole de l’établissement culturo-médiatique mondialiste, l’actuel président américain Donald Trump, au grand désespoir des Zéropéens, les Britanniques en tête en leur qualité de soutien traditionnel du clergé chiite, semble déterminé à prendre le taureau par les cornes et étouffer la principale tête de la Bête islamiste. Celle dont l’irruption en 1979 a été le point de départ de l’essor considérable de l’islam politique, cette idéologie mortifère, combinaison du nazisme et du communisme. Après quarante années de turpitudes et de sévices en tous genre infligés principalement au peuple iranien, mais également, par des voies directes ou indirectes, à l’ensemble du monde civilisé, le régime des turbans noirs et des turbans blancs est confronté à la plus grave crise de son histoire, déjà beaucoup trop longue. La pétro-mollahrchie ne peut plus exporter le pétrole iranien qui constitue sa source essentielle de revenus pour financer son activisme terroriste et ses sordides réseaux clientélistes dans la région. Les chiens de garde du régime sont désormais officiellement reconnus par la première puissance mondiale comme ce qu’ils ont toujours été depuis leur naissance, à savoir des terroristes fanatiques aux ordres de leurs maîtres enturbannés. Enfin, la théocratie milicienne n’arrive plus à dériver les colères et frustrations de la population vers l’extérieur. Les Iraniens ont aujourd’hui compris, dans leur immense majorité, que ceux qui les dirigent sont leurs plus grands ennemis. En tout état de cause, les jours de la mafia ochlo-théocratique sont comptés. Quelle que soit l’issue de la présente crise, le désastre économique, la paupérisation générale de la population contrastant avec l’opulence insolente des mollahs au pouvoir, celle de leurs sbires, de leurs familles et de leurs clients, la corruption délirante de l’oligarchie khomeyniste dont l’ampleur insoupçonnée est révélée davantage chaque jour et le discrédit massif de la mollahrchie et de son idéologie condamnent ce régime cauchemardesque aux poubelles de l’Histoire à brève échéance. L’inscription des « Gardiens de la Révolution » sur la liste des organisations terroristes établie par l’administration américaine a étonné nombre de prétendus « observateurs » et « experts » des affaires iraniennes, qui se sont émus notamment qu’une « armée régulière (sic) d’un pays » puisse être assimilée à une entité terroriste. C’est en réalité une décision d’une extrême logique au regard du pédigree de cette sinistre milice dont la dénomination officielle (« Sépâh-é Pâsdârân-é Enghelâb-é Eslâmi » i.e « les Gardiens de la Révolution islamique) fait apparaître expressément que cette organisation paramilitaire n’est nullement en charge de la défense de l’Iran et du peuple iranien, mais de la seule « Révolution islamique » et, par suite, du régime qui en est le fer de lance. (…) Ce n’est, en effet, qu’à compter de 1982 que les voyous fanatisés dénommés « Pasdarans » ont vu leur rôle accru, de manière importante, durant cette guerre, lorsque celle-ci a pris un virage intégralement idéologique, avec la volonté de Khomeyni de la prolonger indéfiniment sous le prétexte d’exporter son abjecte révolution dans la région, au mépris des vies gaspillées sur les théâtres d’opération, pour continuer d’asseoir son pouvoir tyrannique, museler toute critique de sa politique irresponsable et réprimer avec une férocité implacable tous ses opposants. (…) Pour se faire une idée ce qui se passe en Iran depuis quarante ans, il faudrait se représenter une France dans laquelle la voyoucratie et la racaille islamisée de banlieue aurait réussi à s’accaparer la quasi-intégralité des ressources de l’Etat et le contrôle des grands groupes économiques nationaux, industriels et commerciaux, pour les utiliser à son profit exclusif, dans le but non seulement de mener grand train aux dépens du reste de la population, mais aussi de financer un gigantesque réseau clientéliste aux ramifications internationales, aux seules fins de bâtir un système d’influence fondé sur une idéologie mortifère, sans aucune considération de l’intérêt national du peuple français. (…) A la différence de ses prédécesseurs à la Maison Blanche et des nombreux dirigeants occidentaux qui se sont succedés depuis quarante ans, dont l’archétype fut l’Imam Hussein Obama, lequel a fait montre d’une complaisance et d’une lâcheté funeste dans la gestion du « cas iranien », Donald Trump a le mérite de ne pas se laisser intimider par la mafia enturbannée. S’il devait persister dans cette attitude ferme, il pourrait être celui qui aura aidé le peuple iranien, allié naturel du monde libre et civilisé, à terrasser la Bête islamiste avant que les métastases de ce cancer ne finissent de se propager sur la planète. Chasser cette Bête de la tanière qu’elle s’est aménagée, il y a quatre décennies, au détriment d’un pays martyr, serait pour la région un événement d’une portée équivalente à la chute du Mur de Berlin pour l’Europe. Il s’agirait d’un coup décisif à cette synthèse idéologique du nazisme et du communisme que constitue l’islam politique. Car n’en déplaisent aux fascistes tiers-mondistes, aux obsédés de l’« antisionisme » et autres anti-américains pavloviens qui fantasment sur la « résistance » de la dictature des turbans noirs et des turbans blancs, la disparition de l’ochlo-théocratie khomeyniste et l’avènement d’un Iran libre, laïque et démocratique, renouant avec le sillon tracé par la dynastie Pahlavi, serait un gage considérable de paix dans la région et le monde. En s’alliant au peuple iranien dans ce combat, le président Donald Trump pourrait entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle. Iran-Resist

C’est la nature du régime, imbécile !

Alors que du Golfe d’Oman au Yemen et à la frontière syro-israélienne et à l’instar de son très probablement feu commandant des opérations extérieures, un régime iranien aux abois multiplie les provocations…

Et qu’entre deux manoeuvres d’apaisement ou de détournement des sanctions américaines, leurs idiots utiles européens ou asiatiques accusent le président Trump …

Pendant que se confirment pour préserver un accord nucléaire iranien plus que douteux

Tant l’insigne lâcheté d’une Administration Obama prête, entre deux actes de haute trahison avec les Iraniens ou les Russes, à tolérer une ingérence étrangère dans ses propres élections …

Que celle de dirigeants britanniques n’hésitant pas à taire la découverte de trois tonnes d’explosifs stockés sur leur propre sol par le mouvement terroriste Hezbollah  …

Comment ne pas voir avec nos amis du site de résistance iranien Iran-Resist …

Ou les quelques spécialistes encore un peu lucides comme Mahnaz Shirali ou Benny Avni

L’incroyable cécité d’un Occident …

Qui depuis 40 ans n’a toujours pas compris que la nature même d’un régime révolutionnaire comme la République islamique …

Pour faire oublier la corruption et l’incompétence à l’intérieur …

C’est la provocation et l’agression permanente à l’extérieur …

Du moins, après l’accident industriel Obama, jusqu’à l’arrivée au pouvoir à Washington …

De celui qui avec l’élimination de « l’ochlo-théocratie khomeyniste » et l’avènement enfin d’un « Iran libre, laïc et démocratique » …

Pourrait « entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle » ?

Mollahs : Endgame
Sam Safi
Iran-Resist
06.06.2019

Après des décennies de complaisance et de lâcheté occidentales avec le régime enturbanné, particulièrement sous les mandats du sinistre Barack « Imam » Hussein Obama, idole de l’établissement culturo-médiatique mondialiste, l’actuel président américain Donald Trump, au grand désespoir des Zéropéens, les Britanniques en tête en leur qualité de soutien traditionnel du clergé chiite, semble déterminé à prendre le taureau par les cornes et étouffer la principale tête de la Bête islamiste. Celle dont l’irruption en 1979 a été le point de départ de l’essor considérable de l’islam politique, cette idéologie mortifère, combinaison du nazisme et du communisme.

La récréation est terminée. Après quarante années de turpitudes et de sévices en tous genre infligés principalement au peuple iranien, mais également, par des voies directes ou indirectes, à l’ensemble du monde civilisé, le régime des turbans noirs et des turbans blancs est confronté à la plus grave crise de son histoire, déjà beaucoup trop longue. La pétro-mollahrchie ne peut plus exporter le pétrole iranien qui constitue sa source essentielle de revenus pour financer son activisme terroriste et ses sordides réseaux clientélistes dans la région. Les chiens de garde du régime sont désormais officiellement reconnus par la première puissance mondiale comme ce qu’ils ont toujours été depuis leur naissance, à savoir des terroristes fanatiques aux ordres de leurs maîtres enturbannés. Enfin, la théocratie milicienne n’arrive plus à dériver les colères et frustrations de la population vers l’extérieur. Les Iraniens ont aujourd’hui compris, dans leur immense majorité, que ceux qui les dirigent sont leurs plus grands ennemis.

En tout état de cause, les jours de la mafia ochlo-théocratique sont comptés. Quelle que soit l’issue de la présente crise, le désastre économique, la paupérisation générale de la population contrastant avec l’opulence insolente des mollahs au pouvoir, celle de leurs sbires, de leurs familles et de leurs clients, la corruption délirante de l’oligarchie khomeyniste dont l’ampleur insoupçonnée est révélée davantage chaque jour et le discrédit massif de la mollahrchie et de son idéologie condamnent ce régime cauchemardesque aux poubelles de l’Histoire à brève échéance.

Les molosses de Khamenei aux abois

L’inscription des « Gardiens de la Révolution » sur la liste des organisations terroristes établie par l’administration américaine a étonné nombre de prétendus « observateurs » et « experts » des affaires iraniennes, qui se sont émus notamment qu’une « armée régulière (sic) d’un pays » puisse être assimilée à une entité terroriste. C’est en réalité une décision d’une extrême logique au regard du pédigrée de cette sinistre milice dont la dénomination officielle (« Sépâh-é Pâsdârân-é Enghelâb-é Eslâmi » i.e « les Gardiens de la Révolution islamique) fait apparaître expressément que cette organisation paramilitaire n’est nullement en charge de la défense de l’Iran et du peuple iranien, mais de la seule « Révolution islamique » et, par suite, du régime qui en est le fer de lance.

L’Iran dispose en effet toujours de son armée nationale (« Artesh ») créée par la dynastie Pahlavi. Cependant, celle-ci a été volontairement appauvrie et affaiblie par les mollahs, depuis quatre décennies, en raison de son patriotisme persistant et de son lien historique avec le pouvoir impérial.

Contrairement à ce que tentent de faire croire aujourd’hui les cerbères des tyrans au turban et leurs lobbystes déguisés en « spécialistes » ou « experts », c’est bien l’armée régulière iranienne qui, durant la guerre Iran/Irak, a joué un rôle essentiel dans la libération du territoire national durant la première phase du conflit entre 1980 et 1982.

Ce n’est, en effet, qu’à compter de 1982 que les voyous fanatisés dénommés « Pasdarans » ont vu leur rôle accru, de manière importante, durant cette guerre, lorsque celle-ci a pris un virage intégralement idéologique, avec la volonté de Khomeyni de la prolonger indéfiniment sous le prétexte d’exporter son abjecte révolution dans la région, au mépris des vies gaspillées sur les théâtres d’opération, pour continuer d’asseoir son pouvoir tyrannique, museler toute critique de sa politique irresponsable et réprimer avec une férocité implacable tous ses opposants.

Soutenir le contraire serait méconnaître la réalité historique et surtout oublier que, loin de pouvoir rivaliser initialement avec l’armée nationale iranienne en termes de qualités et de compétences, les membres de cette milice, au début de la contre-révolution khomeyniste, étaient essentiellement issus des fanges les plus sordides de la population criminogène où se recrutaient traditionnellement les membres de la pègre, les loubards à couteau, les proxénètes et autres trafiquants de drogue, activités qu’ils continuent, au demeurant, de pratiquer sous leurs nouveaux habits, mais à une échelle bien plus importante avec des conséquences catastrophiques sur la société iranienne.

C’est, au demeurant, sur cette canaille en uniforme, avec laquelle il a noué une relation privilégiée durant ses années à la présidence du régime (1981-1989), que Khamenei s’est appuyé pour accéder au pouvoir suprême et éliminer ses principaux rivaux, à commencer par Montazeri, pourtant dauphin désigné de Khomeyni jusqu’aux dernières semaines ayant précédé la mort de l’ancien touriste de Neauphle-le-Château.

En contrepartie, le mollah collectionneur de pipes et de bagues, une fois au sommet du pouvoir clerico-mafieux, récompensera ses bouledogues en les autorisant à faire main basse sur la quasi-totalité des secteurs stratégiques de l’économie iranienne, leur permettant ainsi de constituer progressivement un véritable Etat dans l’Etat formant aujourd’hui un complexe militaro-industriel dans lequel réside le pouvoir profond de l’ochlo- théocratie.

Pour se faire une idée ce qui se passe en Iran depuis quarante ans, il faudrait se représenter une France dans laquelle la voyoucratie et la racaille islamisée de banlieue aurait réussi à s’accaparer la quasi-intégralité des ressources de l’Etat et le contrôle des grands groupes économiques nationaux, industriels et commerciaux, pour les utiliser à son profit exclusif, dans le but non seulement de mener grand train aux dépens du reste de la population, mais aussi de financer un gigantesque réseau clientéliste aux ramifications internationales, aux seules fins de bâtir un système d’influence fondé sur une idéologie mortifère, sans aucune considération de l’intérêt national du peuple français.

Quel avenir pour le Grand Timonier enturbanné ?

Outre l’effondrement économique, le mécontentement populaire et la pression militaire américaine, le régime peut également être sérieusement ébranlé par la disparition prochaine de son « Guide Suprême ». Il faut néanmoins rester prudent sur ce point. Ces dernières années, à chaque fois que la cléricature khomeyniste s’est senti sévèrement menacée, elle a fait courir le bruit de l’imminence de la mort de Khamenei pour tromper ses adversaires en leur laissant entrevoir, à court terme, un tournant majeur qui résulterait de cette disparition, conduisant ces derniers à apaiser leur colère ou modérer leurs revendications.

C’est ainsi que lors du soulèvement débuté à l’été 2009, consécutivement à la réélection grossièrement frauduleuse du pantin Ahmadinejad, le parrain de la mollahrchie, Rafsandjani, avait habilement manipulé Wikileaks en laissant fuiter une de ses déclarations prétendant que son ancien compagnon de lutte révolutionnaire, dont la légitimité était alors violemment et ouvertement contestée par les masses de manifestants, souffrait d’un cancer en phase terminale ne lui laissant plus que quelques mois à vivre…

Plusieurs années après la répression féroce de ce mouvement massif de contestation du régime, lors des négociations concernant le prétendu « Iran deal » (cet accord honteux au sujet duquel les mollahs se vantaient régulièrement dans leurs médias d’avoir enfumé les Occidentaux, avant qu’il ne soit dénoncé l’année dernière par le président des USA), les agents de la cléricature sont de nouveau parvenus, en février 2015, à intoxiquer les services et médias étrangers, dont le Figaro, en leur faisant croire que la mort du Guide de l’ochlo-théocratie, atteint d’un cancer de la prostate au stade métastatique, était imminente…

Une fois encore, les années ont passé et Khamenei est toujours vivant. Ce qui n’est plus le cas de son ancien comparse Rafsandjani, le co-fondateur du régime, décédé en janvier 2017 et de celui qui était, un temps, présenté comme son successeur au poste suprême, l’Irakien milliardaire fraîchement naturalisé Shahroudi, disparu en décembre 2018…

Cela dit, jusqu’à preuve du contraire, le Lider Maximo khomeyniste, qui sera octogénaire dans quelques semaines, n’est pas éternel et, si le régime parvient à survivre encore quelques temps, sa succession sera nécessairement ouverte. Elle devrait échoir à son fils Mojtaba ou au fidèle Ebrahim Raissi qui, par son profil de criminel de masse, de mollah borné et son titre de « seyyed », toujours de nature à faire tourner les têtes de sectateurs fidèles prêts à s’extasier à la vue d’un turban noir, semble tout désigné pour cette fonction.

Le scénario d’un coup d’état des Pasdarans paraît, en revanche, peu crédible. Ces miliciens n’ont vocation qu’à être les bras et les couteaux des mollahs. Il est consternant de lire les prédictions de prétendus « experts » annonçant l’avènement prochain parmi eux d’un « Reza Shah islamique » (sic !) en la personne de Ghassem Soleymani, chef de la section Al Qods des Gardiens de la Révolution, dont l’idéologie n’est autre que la variante chiite de celle de l’organisation terroriste Al Qaïda avec laquelle elle entretient du reste des relations très étroites.

Soleymani est un quasi-illettré sans aucune vision politique et stratégique pour l’Iran autre que celle d’être une base arrière de mouvements terroristes djihadistes anti-occidentaux dirigée par des mollahs fanatiques. A ces « experts », il convient de souligner que parler à son sujet d’un futur « Reza Shah islamique » est aussi pertinent que d’évoquer un « Emmanuel Macron communiste », un « Philippe de Villiers europhile », un « Adolf Hitler philosémite », ou un « Robespierre royaliste ».

A court terme, il est néanmoins préférable que Khamenei et les autres vieillards qui l’entourent restent en vie, ne serait-ce que pour répondre, très prochainement, de leurs innombrables crimes et forfaitures devant le peuple iranien.

Une prochaine Chute du Mur islamique ?

A la différence de ses prédécesseurs à la Maison Blanche et des nombreux dirigeants occidentaux qui se sont succédés depuis quarante ans, dont l’archétype fut l’Imam Hussein Obama, lequel a fait montre d’une complaisance et d’une lâcheté funeste dans la gestion du « cas iranien », Donald Trump a le mérite de ne pas se laisser intimider par la mafia enturbannée.

S’il devait persister dans cette attitude ferme, il pourrait être celui qui aura aidé le peuple iranien, allié naturel du monde libre et civilisé, à terrasser la Bête islamiste avant que les métastases de ce cancer ne finissent de se propager sur la planète.

Chasser cette Bête de la tanière qu’elle s’est aménagée, il y a quatre décennies, au détriment d’un pays martyr, serait pour la région un événement d’une portée équivalente à la chute du Mur de Berlin pour l’Europe.

Il s’agirait d’un coup décisif à cette synthèse idéologique du nazisme et du communisme que constitue l’islam politique.

Car n’en déplaisent aux fascistes tiers-mondistes, aux obsédés de l’« antisionisme » et autres anti-américains pavloviens qui fantasment sur la « résistance » de la dictature des turbans noirs et des turbans blancs, la disparition de l’ochlo-théocratie khomeyniste et l’avènement d’un Iran libre, laïque et démocratique, renouant avec le sillon tracé par la dynastie Pahlavi, serait un gage considérable de paix dans la région et le monde.

En s’alliant au peuple iranien dans ce combat, le président Donald Trump pourrait entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle.

Libérés de ce régime sordide qui vampirise leur pays, tous les Iraniens pourront alors entonner avec fierté le chant que nombre d’entre eux ont déjà le courage de scander devant le tombeau du fondateur de leur nation à l’occasion du jour de Cyrus le Grand, le 7 Aban (29 octobre), au grand dam des mollahs et de leurs mercenaires : « Iran vatan-é mâst, Kourosh pédar-é mâst ! » (« L’Iran est notre patrie, Cyrus est notre père ! »).

Voir aussi:

US allies’ sad Tehran wild-goose chase
Benny Avni
New York Post
June 11, 2019

America’s allies are lining up to mediate between Washington and the Tehran regime. But they’re jumping the gun.

Witness Japan’s President Shinzo Abe, who arrives in Tehran Wednesday for a two-day visit, marking the 90th anniversary of diplomatic relations between his country and Iran. Tokyo officials defend their soft-on-Tehran approach as a “balanced” way to deal with the Mideast. Whatever the merits of that claim, the Abe visit is mostly about oil.

The trip comes shortly after the Japanese leader hosted his golfing buddy President Trump in Tokyo. The symbolism is deliberate: Abe seeks to revive a US-Iranian channel of communication, per Japanese media. And he isn’t alone in his efforts. Germany’s foreign minister, Heiko Maas, was in Tehran this week, trying to buck up confidence in the nuclear deal that Trump ditched.

There is a reason America’s European and Asian allies are determined to end the US quarantine of Iranian businesses. Trump’s increasingly tough sanctions give countries and corporations an uncomfortable pair of options: Buy Iranian oil and invest there, or do business with the US — but you can’t do both.

The latest punishment came last Friday, when the administration vowed to sanction anyone doing business with Iran’s petrochemical industry, a lucrative exporting sector run by the Islamic Revolutionary Guard Corps, which is now rightly listed by Washington as a terror organization.

America’s allies are eager to revive the smooth flow of goods and business with Iran; their diplomacy is meant to put pressure on Washington to start a process that would lead to new direct talks. Iran, they claim, will behave better, now that its economy is strained. America should take advantage and aim for a fresh rapprochement.

The problem with the allies’ theory: No such hunger for reconciliation is in evidence in Tehran. Instead, the regime is still signaling obstinacy. The ayatollahs are as committed as ever to their revolutionary principles, the main one of which is waging war on US interests and allies.

Take Foreign Minister Javad Zarif, long touted as a symbol of moderation and openness and a welcome guest in Western TV studios. Yet defending Iran’s habit of hanging gay people in the public square, Zarif told the German newspaper Bild this week: “Our society has moral principles, and according to these principles we live.”

Hosting Germany’s Maas this week, Zarif also pushed back against Secretary of State Mike Pompeo’s recent offer of negotiations “without preconditions.” The Islamic Republic won’t talk to those who wage “economic war” against it, Zarif said, threatening for good measure that, as an Iranian enemy, America “cannot expect to stay safe.”

The theocracy is hardening, rather than softening, its line, notwithstanding entreaties from Tokyo, Berlin and Brussels. These well-meaning outsiders inevitably point to supposed moderates that America can do business with, and, as always, they urge Washington to ignore Tehran’s malign rhetoric and muscle-flexing.

It’s true that some Iranian politicians favor making cosmetic concessions to the West to ensure the Islamic Republic’s survival. But the ultimate decider, Supreme Leader Ali Khamenei, has long soured on such concessions. Negotiation, he recently said, “has no benefit and carries harm.”

In a perfect world, the global economy would be better off when everyone can do business with everyone without fear of punishment. But the existence of a militantly anti-Western regime like Iran’s is a reminder that ours isn’t a perfect world.

Abe, then, would be better off warning Iran about its joint missile development with Japan’s menacing neighbor, North Korea (a reminder that the regime’s behavior is destructive far beyond its immediate neighborhood.)

Talks may be worthwhile — but not before Khamenei leaves the stage. Once the old dictator is gone, the ensuing internal struggle may work to the West’s advantage.

Economic pressure may then embolden Iranians hoping to throw off the regime’s yoke. Or it may not. Either way, dealing with the regime as it exists is futile, as more than four decades of experience have shown.

Trump should turn a deaf ear to Abe and the rest of the world’s eager go-betweens.

Voir également:

Iran-linked terrorists caught stockpiling explosives in north-west London
Ben Riley-Smith
The Telegraph
9 June 2019

Terrorists linked to Iran were caught stockpiling tonnes of explosive materials on the outskirts of London in a secret British bomb factory, The Telegraph can reveal

Radicals linked to Hizbollah, the Lebanese militant group, stashed thousands of disposable ice packs containing ammonium nitrate – a common ingredient in homemade bombs.

The plot was uncovered by MI5 and the Metropolitan Police in the autumn of 2015, just months after the UK signed up to the Iran nuclear deal. Three metric tonnes of ammonium nitrate was discovered – more than was used in the Oklahoma City bombing that killed 168 people and damaged hundreds of buildings.

Police raided four properties in north-west London – three businesses and a home – and a man in his 40s was arrested on suspicion of plotting terrorism.

The man was eventually released without charge. Well-placed sources said the plot had been disrupted by a covert intelligence operation rather than seeking a prosecution.

The discovery was so serious that David Cameron and Theresa May, then the prime minister and home secretary, were personally briefed on what had been found.

Yet for years the nefarious activity has been kept hidden from the public, including MPs who were debating whether to fully ban Hizbollah, until now.

It raises questions about whether senior UK government figures chose not to reveal the plot in part because they were invested in keeping the Iran nuclear deal afloat.

The disclosure follows a three-month investigation by The Telegraph in which more than 30 current and former officials in Britain, America and Cyprus were approached and court documents were obtained.

One well-placed source described the plot as “proper organised terrorism”, while another said enough explosive materials were stored to do “a lot of damage”.

Ben Wallace, the security minister, said: “The Security Service and police work tirelessly to keep the public safe from a host of national security threats. Necessarily, their efforts and success will often go unseen.”

The Telegraph understands the discovery followed a tip-off from a foreign government. To understand what they were facing, agents from MI5 and officers from Metropolitan Police’s Counter Terrorism Command launched a covert operation.

It became clear, according to well-placed sources, that the UK storage was not in isolation but part of an international Hizbollah plot to lay the groundwork for future attacks.

The group had previously been caught storing ice packs in Thailand. And in 2017, two years after the London bust, a New York Hizbollah member would appear to seek out a foreign ice pack manufacturer.

Why ice packs?

Ice packs provide the perfect cover, according to sources – seemingly harmless and easy to transport. Proving beyond doubt they were purchased for terrorism was tricky.

But the most relevant case was in Cyprus, where a startlingly similar plot had been busted just months before the discovery in London. There, a 26-year-old man called Hussein Bassam Abdallah, a dual Lebanese and Canadian national, was caught caching more than 65,000 ice packs in a basement. During interrogation he admitted to being a member of Hizbollah’s military wing, saying he had once been trained to use an AK47 assault rifle.

Abdallah said the 8.2 tonnes of ammonium nitrate stored was for terrorist attacks. He pleaded guilty and was given a six-year prison sentence in June 2015.

In Abdallah’s luggage police found two photocopies of a forged British passport. Cypriot police say they were not the foreign government agency that tipped Britain off to the London cell.

But they did offer assistance when made aware of the UK case, meeting their British counterparts and sharing reports on what they had uncovered.

MI5’s intelligence investigation is understood to have lasted months. The aim was both to disrupt the plot but also get a clearer picture what Hizbollah was up to.

Such investigations can involve everything from eavesdropping on calls to deploying covert sources and trying to turn suspects.

The exact methods used in this case are unknown. Soon conclusions begun to emerge. The plot was at an early stage. It amounted to pre-planning. No target had been selected and no attack was imminent.

Well-placed sources said there was no evidence Britain itself would have been the target. And the ammonium nitrate remained concealed in its ice packs, rather than removed and mixed – a much more advanced and dangerous state. On September 30, the Met made their move.

Officers used search warrants to raid four properties in north-west London – three businesses and one residential address. That same day a man in his 40s was arrested on suspicion of terrorism offences under Section 5 of the Terrorism Act 2006. Neither his name nor his nationality have been disclosed.

His was the only arrest, although sources told The Telegraph at least two people were involved.  The man was released on bail. Eventually a decision was taken not to bring charges.

The exact reasons why remain unclear, but it is understood investigators were confident they had disrupted the plot and gained useful information about Hizbollah’s activities in Britain and overseas.

A UK intelligence source said: “MI5 worked independently and closely with international partners to disrupt the threat of malign intent from Iran and its proxies in the UK.”

The decision not to inform the public of the discovery, despite a major debate with Britain’s closest ally America about the success of the Iran nuclear deal, will raise eyebrows.

Keeping MPs in the dark amid a fierce debate about whether to designate the entire of Hezbollah a terrorist group – rather than just its militant wing – will also be questioned.

The US labelled the entire group a terrorist organisation in the 1990s. But in Britain, only its armed wing was banned. The set-up had led senior British counter-terrorism figures to believe there was some form of understanding that Hizbollah would not target the UK directly.

Hizbollah was only added to the banned terrorist group list in its entirety in February 2019 – more than three years after the plot was uncovered.

A spokesman for the press department of the Iranian Embassy in London said: « Iran has categorically rejected time and again any type of terrorism and extremism, has been victim of terrorism against its innocent people, and is in the forefront fighting this inhuman phenomenon.

« Any attempt to link Iran to terrorism, by claims from unknown sources, is totally rejected. »

Voir encore:

Comment la République islamique réprime les jeunes Iraniens

Malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques, leurs témoignages révèlent qu’ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs.

Mahnaz Shirali Sociologue politique, directrice d’études à l’ICP et enseignante à Sciences-Po
Huffington Post
03/06/2019

Quarante ans de la République islamique ont profondément désislamisé la population. Plus la politique étrangère de Téhéran isole le pays, plus les Iraniens s’éloignent du régime et de sa religion, et plus ils adoptent la culture occidentale.

Les jeunes Iraniens, qu’ils vivent à Téhéran ou dans les villes de provinces, ressemblent davantage à leurs pairs en Europe ou aux Etats-Unis qu’à leurs parents. Ils écoutent la même musique, s’habillent de la même manière et regardent les mêmes séries que les jeunes Parisiens ou New-Yorkais. Sauf que ces derniers ne connaissent pas le même décalage entre la vie privée et l’espace public et n’ont jamais subi les humiliations que les “agents de mœurs” de la République islamique infligent aux jeunes de leur pays.

L’analyse des témoignages des jeunes des grandes villes iraniennes et l’observation de leurs comportements sur les réseaux sociaux montrent que la politique sociale répressive des ayatollahs a produit des effets inattendus. La nouvelle génération de 15 à 25 ans vit dans le rejet du système de valeurs, promulgué par l’école et les médias de la République islamique. Pendant ces dernières décennies, le décalage entre l’espace public, maîtrisé par les agents de mœurs, et l’espace privé, où presque tout est permis, n’a cessé de progresser.

Pourtant, malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques – vestimentaires, alimentaires, sexuelles, … –, leurs témoignages révèlent qu’en dépit de leur apparence rebelle, ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs.

Cette image devient doublement négative lorsqu’ils se reprochent leur inaction, comme si la capacité d’agir sur leur sort et de faire valoir leurs droits fondamentaux ne dépendait que d’eux et de la volonté individuelle. Les catastrophes naturelles qui dévastent le pays (comme le tremblement de terre, les inondations ou les sècheresses, etc.) et les situations politiques ingérables (comme la menace de guerre, les sanctions économiques, ou certaines décisions politiques jugées inacceptables, etc.) aiguisent leur conscience de l’impuissance et déclenchent chez eux une avalanche de reproches et de haine de soi. Peut-être cette auto culpabilisation relève-t-elle d’un besoin de se sentir responsable, de se procurer une semblable illusion de puissance. Peut-être est-elle un simple mécanisme d’auto-défense. Mais, elle n’en reste pas moins destructrice pour autant, car elle les empêche d’avoir une vision objective de leur situation. Dans un pays où la moindre critique et protestation sont violemment réprimées, et où l’on peut encourir de lourdes peines de prisons pour avoir contesté une décision politique, quelle est la marge de manœuvre des individus?

Quatre décennies de l’atteinte physique, l’atteinte juridique, et l’atteinte à la dignité humaine ont profondément privé les jeunes de reconnaissance sociale et les ont affectés dans le sentiment de leur propre valeur. La non reconnaissance du droit et de l’estime sociale en Iran ont créé des conditions collectives dans lesquelles les jeunes ne peuvent parvenir à une attitude positive envers eux-mêmes. En l’absence de confiance en soi, de respect de soi, et d’estime de soi, nul n’est en mesure de s’identifier à ses fins et à ses désirs en tant qu’être autonome et individualisé. Or, faut-il s’étonner si, aujourd’hui, l’émigration est devenue la seule perspective de l’avenir des jeunes Iraniens?

Voir par ailleurs:

Did Team Obama Warn Iranian Terror Commander about Israeli Assassination Attempt?

Debra Heine
PJ media
January 11, 2018

A Kuwaiti newspaper reported last week that Washington gave Israel the green light to assassinate terror mastermind Qassem Soleimani, commander of Iran’s Quds Force (which has been designated a terrorist organization).

New York Times columnist Bret Stephens pointed out a disturbing detail in the story that has long been rumored but has gone largely unreported in the American press:

Bret Stephens @BretStephensNYT

The story here, Kuwaiti-sourced, is that Obama team tipped Tehran to an Israeli attempt to assassinate Qassem Soleimani, the Iranian general who has the blood of hundreds of American troops in his hand. What says @brhodes? https://www.haaretz.com/israel-news/1.832387 

According to the report, Israel was « on the verge » of assassinating Soleimani three years ago near Damascus, but the Obama administration warned Iranian leadership of the plan, effectively quashing the operation. The incident reportedly « sparked a sharp disagreement between the Israeli and American security and intelligence apparatuses regarding the issue. »

Stephens tagged former Obama deputy national security adviser Ben Rhodes in his tweet, but it was ignored until Obama’s former National Security Council spokesman Tommy Vietor saw it on Wednesday:

Tommy Vietor @TVietor08

Yeah WTF Ben? Immediately confirm or deny this totally unsubstantiated claim and then tell us why you don’t support assassinations.

199

Stephens responded by noting dryly that the Iran Contra scandal started in a similar way, and that the Obama administration certainly had no objection to assassinations when it came to other terrorists:

Vieter, who drove Obama’s press van before he became president, responded thus:

Tommy Vietor  @TVietor08

Yeah @BretStephensNYT taking out Osama bin Laden is the same as assassinating an Iranian political leader. https://twitter.com/bretstephensnyt/status/951216401301299202 …Stephens seemed taken aback:

Stephens seemed taken aback:
Bret Stephens @BretStephensNYT

Seriously, @TVietor08? Suleimani is an “Iranian political leader”? Actually he’s head of the Quds Force, which is a US designated sponsor of terrorism. Suleimani is sanctioned by name. Here, read about it: https://www.treasury.gov/press-center/press-releases/Pages/hp644.aspx  https://twitter.com/tvietor08/status/951219021332074496 

Indeed, as the Washington Times reported in 2015, Shiite militants under Qassem Soleimani’s command are responsible for more than 500 U.S. service member deaths in Iraq between 2005-2011.

The Quds forces, led by Gen. Qassem Soleimani, set up factories to produce the weapon, which unleashes rocket-type projectiles that penetrate American armored vehicles. As head of the Islamic Revolutionary Guard Corps’ Quds Force, Gen. Soleimani is Iran’s top terrorist commander, committed to the downfall of Israel and the United States and the destabilization of governments in the region.

But Vieter wasn’t through digging. His next tweet all but confirmed the story.

Tommy Vietor @TVietor08

We were well aware of the dangers posed by QS and the IRGC. Obama sanctioned them repeatedly, among other deterrents. But an assassination of QS by Israel would be destabilizing to put it mildly.

Ben Rhodes finally weighed in, but it was too late.

Voir de même:

Report: U.S. Gives Israel Green Light to Assassinate Iranian General Soleimani
Al Jarida, a Kuwaiti newspaper which in recent years had broken exclusive stories from Israel, says Israel was ‘on the verge’ of assassinating Soleimani, but the U.S. warned Tehran and thwarted the operation
Haaretz
Jan 01, 2018

Washington gave Israel a green light to assassinate Qassem Soleimani, the commander of the Quds Force, the overseas arm of Iran‘s Revolutionary Guard, Kuwaiti newspaper Al-Jarida reported on Monday.

Al-Jarida, which in recent years had broken exclusive stories from Israel, quoted a source in Jerusalem as saying that « there is an American-Israeli agreement » that Soleimani is a « threat to the two countries’ interests in the region. » It is generally assumed in the Arab world that the paper is used as an Israeli platform for conveying messages to other countries in the Middle East.

The agreement between Israel and the United States, according to the report, comes three years after Washington thwarted an Israeli attempt to kill the general.

The report says Israel was « on the verge » of assassinating Soleimani three years ago, near Damascus, but the United States warned the Iranian leadership of the plan, revealing that Israel was closely tracking the Iranian general.

The incident, the report said, « sparked a sharp disagreement between the Israeli and American security and intelligence apparatuses regarding the issue. »

The Kuwaiti report also identified Iran’s second in command in Syria, known as « Abu Baker, » as Mohammad Reda Falah Zadeh. It said he also « might be a target » for Israel, as well as other actors in the region.

Voir enfin:

Iran appoints fiery general who vows to destroy Israel as new IRGC head
Hossein Salami takes command of hardline military force weeks after US blacklisted it as a terror group; Mohammed Ali Jafari pushed out after over a decade at the helm
The Times of Israel
21 April 2019

Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, right, arrives at a graduation ceremony of the Revolutionary Guard’s officers, while deputy commander of the Revolutionary Guard, Hossein Salami, second right, former commanders of the Revolutionary Guard Mohsen Rezaei, second left, and Yahya Rahim Safavi salute him, on May 20, 2015, in Tehran, Iran. (Official website of the Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

Iran’s Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei shuffled the top ranks of the hard-line Islamic Revolutionary Guards Corps Sunday, appointing the deputy chief of the hardline force as its top leader.

Brig. Gen. Hossein Salami was made commander of the IRGC, replacing Maj. Gen. Mohammed Ali Jafari, who has headed the military force since 2007, according to Iranian media reports.

Salami has frequently vowed to destroy Israel and “break America.” Iran was “planning to break America, Israel, and their partners and allies. Our ground forces should cleanse the planet from the filth of their existence,” Salami said in February. The previous month, he vowed to wipe Israel off the “global political map,” and to unleash an “inferno” on the Jewish state.

Brig. Gen. Hossein Salami, the new head of Iran’s Islamic Revolutionary Guard Corps. (YouTube screen capture)

He also said “Iran has warned the Zionist regime not to play with fire, because they will be destroyed before the US helps them.” Any new war, he said, “will result in Israel’s defeat within three days, in a way that they will not find enough graves to bury their dead.”

The IRGC shakeup comes weeks after the US designated the group a terror organization, the first time it has ever blacklisted an entire military branch under the rule.

Tehran has raged against the move, and responded by labeling the US military a terror group under its own designation. It also rallied around the IRGC, with some lawmakers dressing in the division’s uniforms in parliament in reaction to the designation.

Jafari had called the American move “laughable,” even while warning of a possible retaliation.

The Islamic Revolutionary Guard Corps was formed after the 1979 Islamic Revolution, with a mission to defend the clerical regime, and the force has amassed strong power both at home and abroad.

The Guards’ prized unit is the Quds Force, headed by powerful general Qassem Soleimani, which supports Iran-backed forces around the region, including Syrian President Bashar Assad and Lebanese terrorist group Hezbollah.

It also oversees the country’s ballistic missile program and runs its own intelligence operations.

Jafari was demoted to the post of commander of a cultural and educational division, according to reports.

Agencies contributed to this report.


Arabie saoudite: Cachez cette croix que je ne saurai voir ! (World’s best-kept secret: Guess why you probably never heard of the recent French archeological find confirming the Judeo-Christian origins of Arabic writing in Saudi Arabia 150 years before the rise of Islam ?)

26 avril, 2019
 spread_of_religions600Jesus Palestinianhttps://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/58374239_1676880679125217_3985717405736239104_n.png?_nc_cat=106&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=a77a3a5c8f7978f65b9a00c0de479d0c&oe=5D2EA585Notre-Dame pendant l'incendie du 15 avril 2019
Veiled New Zealand PMMillionaire Srilankan suicide bomber Inshaf Ibrahim with tycoon fatherjohn_paul_ii_kisses_koranQu’on ne se fie à aucun de ses frères; car tout frère cherche à tromper… Jérémie 9: 4
Les ennemis de Juda et de Benjamin apprirent que les fils de la captivité bâtissaient un temple à l’Éternel, le Dieu d’Israël. Ils vinrent auprès de Zorobabel et des chefs de familles, et leur dirent: Nous bâtirons avec vous; car, comme vous, nous invoquons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis le temps d’Ésar Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici. Mais Zorobabel, Josué, et les autres chefs des familles d’Israël, leur répondirent: Ce n’est pas à vous et à nous de bâtir la maison de notre Dieu; nous la bâtirons nous seuls à l’Éternel, le Dieu d’Israël, comme nous l’a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse. Alors les gens du pays découragèrent le peuple de Juda; ils l’intimidèrent pour l’empêcher de bâtir, et ils gagnèrent à prix d’argent des conseillers pour faire échouer son entreprise. Il en fut ainsi pendant toute la vie de Cyrus, roi de Perse, et jusqu’au règne de Darius, roi de Perse. Sous le règne d’Assuérus, au commencement de son règne, ils écrivirent une accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem. Et du temps d’Artaxerxès, Bischlam, Mithredath, Thabeel, et le reste de leurs collègues, écrivirent à Artaxerxès, roi de Perse. Esdras 4: 1-15
Nul ami tel qu’un frère ; nul ennemi comme un frère. Proverbe indien
Nous avons tendance à penser naïvement les rapports fraternels comme une affectueuse complicité. Mais les exemples mythologiques, littéraires et historiques dessinent une autre réalité et donnent d’innombrables exemples de conflits violents. Nous citions Caïn et Abel ou Jacob et Esaü mais il y a aussi Romus et Romulus, Etéocle et Polynice, Richard Cœur de lion et Jean sans terre.…  Même quand ils ne sont pas des jumeaux, les frères ont de nombreux attributs en commun qui les confondent : ils ont le même père, la même mère, le même sexe, la même position relative dans la société. Cette proximité et cette parenté les rendent ennemis, concurrents. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le point intéressant est l’attitude des Palestiniens. Il me semble que ceux-ci sont attirés par deux attitudes extrêmes: l’une est la négation pure et simple de la Shoah, dont il y a divers exemples dans la littérature palestinienne ; l’autre est l’identification de leur propre destin à celui du peuple juif. Tout le monde a pu remarquer, par exemple, que la Déclaration d’indépendance des Palestiniens en novembre 1988 était calquée sur la Déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. C’est dans cet esprit qu’il arrive aux dirigeants palestiniens de dire que la Shoah, ils savent ce que c’est, puisque c’est ce qu’ils subissent au quotidien. J’ai entendu M. Arafat dire cela, en 1989, à un groupe d’intellectuels, dont je faisais partie. Pierre Vidal-Naquet
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. Genèse 22 :1-2
Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: ‹Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses›. (Ismaël) dit: ‹Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants› (…) Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux. Le Coran, 37, 101-102 & 112
Le Coran partage avec les apocryphes chrétiens de nombreuses scènes de vie de Marie et d’enfance de Jésus : la consécration de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 31 et le Proto-évangile de Jacques, la vie de Marie au Temple dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 32 et la Sourate XIX, Marie, 16 et le Proto-évangile de Jacques, le tirage au sort pour la prise en charge de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 39 et le Proto-évangile de Jacques, la station sous un palmier dans la Sourate XIX, Marie, 23 et l’Évangile du pseudo-Matthieu, Jésus parle au berceau dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 41 et la Sourate XIX, Marie, 30 et l’Évangile arabe de l’enfance, Jésus anime des oiseaux en argile dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 43 et la Sourate V, La Table, 110 et l’Évangile de l’enfance selon Thomas… Wikipedia
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Je n’aime pas parler de violence islamique : si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. Je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Mais on ne peut pas dire — je crois que cela n’est pas vrai et que ce n’est pas juste — que l’islam est terroriste. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Les Chrétiens et les juifs parlent d’un livre «inspiré» par Dieu mais nullement une œuvre de Dieu. Pour les musulmans, le Coran est un «miracle» qui «éblouit le monde», c’est-à-dire une œuvre purement divine, incréée et présente depuis l’éternité. Il est donc par définition infaillible. Il n’a pas à être interprété ou analysé, la Parole de Dieu ne peut l’être, elle ne peut qu’être suivie. (…) Du point de vue coranique, un terroriste musulman n’est pas en contradiction avec les préceptes du Coran et reste donc un bon musulman. D’ailleurs les fatwas touchent des démocrates et tout à fait exceptionnellement des terroristes musulmans, il a fallu attendre jusqu’à mars 2005 pour qu’une fatwa soit lancée contre Oussama Ben Laden, émanant de la commission islamique d’Espagne. Louis Chagnon
C’est une religion aux préceptes assez simples et convaincants. Un seul Dieu, qui ordonne toute chose dans le monde… Pour adhérer à l’islam, il suffit de prononcer une formule : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu et que Mahomet est son prophète. » Avec cela, vous êtes musulman. Il est de coutume de circoncire les nouveaux fidèles. Mais ce n’est pas obligatoire. Si les soldats de Napoléon ne se sont pas convertis à l’islam, c’est que les savants musulmans, en fait très ennuyés par la perspective d’une conversion aussi massive, ont imposé deux conditions : la circoncision et l’interdiction de boire du vin. Cette dernière était inacceptable. Et voilà pourquoi les Français sont chrétiens et pas musulmans.  Maxime Rodinson
D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé. Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges. (…) L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte. (…) C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran. Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible. Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran. L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale. (…) À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin. Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin. André Frament
D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes. Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher. (…) De fait,certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens. (…) Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours: · La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques. · La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï. · La troisième idée était la conquête de Jérusalem. · La quatrième était la libération complète de la Palestine juive. · La cinquième était la conquête du monde entier. Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles. (…) Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam. De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis… (…) Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens. (…) Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. (…) Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne. André Frament
La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82. E.-M. Gallez
C’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée. (…) Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise. (…) Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen. EM Gellez
Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujourd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier. EM Gellez
Du fait de l’hyperspécialisation, très peu d’islamologues s’étaient intéressés aux textes de la mer Morte qui, particulièrement dans leur version la plus récente, reflètent une parenté avec le texte coranique ; et, en sens inverse, tout aussi peu de qoumranologues, d’exégètes ou de patrologues avaient porté de l’intérêt au Coran et à l’Islam. Or ces deux côtés de la recherche s’éclairent mutuellement, ils constituent en quelque sorte le terminus a quo et le terminus ad quem de celle-ci, renvoyant à une même mouvance religieuse : celle que des ex-judéo-chrétiens ont structurée vers la fin du Ier siècle. On la connaît surtout sous la qualification de “nazaréenne” ; les membres de cette secte apocalyptico-messianiste avaient en effet gardé l’appellation de nazaréens que les premiers judéo-chrétiens avaient portée (durant très peu d’années) avant de s’appeler précisément chrétiens d’après le terme de Messie (c’est-à-dire christianoï ou Mesihayé). Il s’agit évidemment des naçârâ du texte coranique selon le sens qu’y avait encore ce mot avant le VIIIe siècle et selon le sens qu’indiquent certains traducteurs à propos de passages où l’actuelle signification de chrétiens ne convient visiblement pas ; au reste, à propos de ces nazaréens, même certains sites musulmans libéraux en viennent aujourd’hui à se demander si leur doctrine n’était pas celle de Mahomet. À la suite de Ray A. Pritz, l’auteur préconise l’appellation de judéo-nazaréens pour éviter toute ambiguïté ; l’avantage est également de rappeler l’origine judéenne (ainsi qu’un lien primitif avec la communauté de Jacques de Jérusalem, selon les témoignages patristiques). Signalons en passant que l’auteur établit un parallélisme avec une autre mouvance qui prend sa source dans les mêmes années, le gnosticisme ; ceci offre un certain intérêt car les deux mouvances partent dans des directions qu’il présente comme radicalement opposées. L’apparition de l’islam tel qu’il se présente aujourd’hui s’explique de manière tout à fait cohérente dans le cadre de cette synthèse. À la suite de la rupture bien compréhensible avec les judéonazaréens, les nouveaux maîtres arabes du Proche-Orient ont été obligés d’inventer des références exclusivement arabes pour justifier leur pouvoir, explique l’auteur. Ceci rend compte en particulier d’une difficulté à laquelle tout islamologue est confronté, à savoir la question du polythéisme mecquois. Comment les Mecquois pouvaient-ils être convaincus par une Révélation qui leur aurait été impossible à comprendre ? Le détail du texte coranique ne s’accorde pas avec un tel présupposé. À supposer justement que Mahomet ait vécu à La Mecque avant que l’Hégire le conduise à Yathrib-Médine (en 622) : la convergence de nombreuses études, généralement récentes, oriente dans une autre direction. Le travail de recoupement et de recherche effectué par l’auteur débouche sur un tableau d’ensemble ; celui-ci fait saisir pourquoi la biographie du Prophète de l’Islam, telle qu’elle s’est élaborée et imposée deux siècles après sa mort, présente le contenu que nous lui connaissons. M.-Th. Urvoy
Christoph Luxenberg considère (…) que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. Claude Gilliot
Il est vrai que le mouvement national arabe n’a aucun contenu positif. Les dirigeants du mouvement sont tout à fait indifférents au bien-être de la population et à la fourniture de leurs besoins essentiels. Ils n’aident pas  le fellah ; au contraire, les dirigeants sucent son sang et l’exploitent la prise de conscience populaire pour en tirer un avantage. Mais nous faisons une erreur si nous mesurons les arabes [palestiniens] et leur mouvement à l’aune de nos normes. Chaque peuple est digne de son mouvement national. La caractéristique évidente d’un mouvement politique, c’est qu’il sait mobiliser les masses. Il n’y a aucun doute que nous sommes confrontés à un mouvement politique, et nous ne devrions pas sous-estimer ce potentiel. (…) Un mouvement national mobilise les masses, et c’est la chose principale. Les Arabes [palestiniens] ne sont pas un parti de renouveau et leur valeur morale est douteuse. Mais dans un sens politique, c’est un mouvement national. David Ben Gourion (premier Premier ministre israélien)
La grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays. Yitzhak Ben Zvi (second président de l’Etat d’Israël, 1929)
La grande majorité et les principales structures de la Falahin musulmane dans l’Ouest Eretz Israël nous présentent un brin racial et une unité d’ensemble ethnique, et il n’y a aucun doute que beaucoup de sang juif coule dans leurs veines, le sang de ces agriculteurs Juifs, « profanes »,  qui pris dans la folie de l’époque ont choisi d’abandonner leur foi afin de rester sur leurs terres. David Ben Gourion et Ytzhak Ben Zvi
Une très vaste étude anthropologique, diverses études génétiques, une recherche démographique historique et une enquête historique et géographique (…) renforcent une œuvre antérieure de David Ben-Gurion (le premier premier ministre d’Israël) et d’autres, dans leurs conclusions très surprenantes : une vaste majorité de Palestiniens (80-90 %) sont les descendants du peuple d’Israël qui sont restés dans le pays après la destruction du Second Temple juif. Les ancêtres de la plupart des Palestiniens ont été contraints de se convertir à l’Islam. L’Engagement
Oui, ils sont tous d’ascendance juive. Et comme ils n’avaient pas le choix, ils se sont convertis à l’Islam. Vous savez, cela date de plusieurs siècles; ce n’est pas récent, c’est rien de nouveau. Par exemple, nous n’allumions pas de feu le jour du Sabbat. Ma mère et ma grand-mère, je me rappelle, quand j’étais enfant. Elles avaient un bain spécial (mikveh). Bédouin
Cela semble très certainement surréaliste, parce qu’extrêmement révolutionnaire de dire aux gens que leurs pires ennemis sont actuellement leurs frères. Donc, il n’y a pas le choix. Ce travail surréaliste doit être fait tout comme le sionisme qui paraissait à ses débuts surréaliste. Tsvi Misinai
Il devient clair qu’une part significative des Arabes en Israël sont actuellement descendants des juifs qui ont été forcés de se convertir à l’Islam au fil des siècles. Il y a des études qui indiquent que 85% de ce groupe sont d’origine juive. Certains prétendent que ce pourcentage est moins élevé. Rabbin Dov Stein (Secrétaire du nouveau Sanhédrin)
Quand un Empire conquiert un pays, il exile l’élite et laisse les classes populaires et c’est ce qui est arrivé après la destruction du Premier comme du Second Temple. Ben Gurion disait avec le zèle qu’on lui connait: beaucoup de sang juif coule dans les veines de ces fermiers. Ils aimaient tant Israël qu’ils ont abandonné leur religion mais seulement parce qu’il leur fallut choisir entre la religion et la terre et ils firent le choix de la terre. Elon Jarden (bibliste israélien)
Nous avons constaté que bien que les Juifs ont été dispersés partout dans le monde pendant deux mille ans, ils ont maintenu toujours continuité génétique au cours des âges. Et une autre chose qui nous a surpris aussi était la proximité élevée des Arabes vivant dans les terres — les Palestiniens. (…) Le même chromosome peut apparaître dans les Juifs ashkénazes et les Palestiniens. (…) Il est clair que nous sommes tous de la même famille, mais malheureusement, les familles ont aussi leurs conflits; ce n’est pas rare que des frères et soeurs se battent entre eux. Professeur Ariella Oppenheim (Université hébraïque)
Souvenons-nous que les tribus d’Arabie étaient chrétiennes. Les meilleurs poètes et écrivains étaient chrétiens, tout comme nombre de guerriers et de philosophes (…) Ce sont eux qui portaient la bannière du panarabisme. La première université palestinienne a été créée par des chrétiens. Abd Al-Nasser Al-Najjar (Al-Ayyam)
La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki
Si l’intervention militaire en Irak et le renversement du régime chauviniste de Saddam Hussein a apporté un quelconque résultat positif, hormis le déclenchement timide d’un processus politique démocratique, c’est sans doute le dévoilement de la grande diversité confessionnelle, ethnique et culturelle du Moyen-Orient qui demeure une réalité résiliente. (…) En réalité, les Egyptiens ne sont pas plus Arabes que ne sont Espagnols les Mexicains et les Péruviens. Ce qui fonde la nation, c’est la référence à une entité géographique, le partage de mêmes valeurs, une communauté de convenances politiques, d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et de rêves communs. A contre-courant de toutes les expériences nationalistes venant couronner des faits nationaux, objectifs et observables, le nationalisme panarabe est plus le créateur que la création de la nation arabe. Sa conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit Arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe met à l’écart d’importants récits historiques et de légitimes revendications nationales. Masri Feki
Comme le génocide des Arméniens qui l’a précédé et le génocide des Cambodgiens qui lui a succédé, et comme tant d’autres persécutions de tant d’autres peuples, les leçons de l’Holocauste ne doivent jamais être oubliées. Ronald Reagan (22 avril 1981)
Aujourd’hui, je devrais le nommer « génocide arménien » ». « Je crois que nous – le gouvernement des Etats-Unis – devons à nos concitoyens une discussion honnête et sans détours sur ce problème. Je vous le dis en tant que personne qui a étudié le sujet – je n’ai aucun doute sur ce qui est arrivé. » « Je crois qu’il est malvenu pour nous, les Américains, de jouer avec les mots dans ce cas « . « Je crois qu’il nous faut dire les choses telles qu’elles sont. John Evans (Ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, Berkeley, 19.02. 2005)
Aujourd’hui, nous commémorons le Meds Yeghern et honorons la mémoire de ceux qui ont souffert de l’une des pires atrocités de masse du 20e siècle. À partir de 1915, un million et demi d’Arméniens ont été déportés, massacrés ou condamnés à mort au cours des dernières années de l’Empire ottoman. En ce jour de commémoration, nous nous associons une nouvelle fois à la communauté arménienne d’Amérique et du monde entier pour porter le deuil des nombreuses vies perdues. En cette journée, nous honorons et reconnaissons également le travail de ceux qui ont essayé de mettre fin à la violence, ainsi que ceux qui ont cherché à garantir que de telles atrocités ne se reproduisent plus, à l’instar du militant des droits de l’homme et avocat, Raphael Lemkin. Nous rappelons les contributions d’Américains généreux qui ont aidé à sauver des vies et à reconstruire les communautés arméniennes. En honorant la mémoire de ceux qui ont souffert, nous nous inspirons également du courage et de la résilience du peuple arménien qui, face à une terrible adversité, a construit des communautés dynamiques dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Nous nous engageons à tirer les leçons des tragédies du passé pour ne pas les répéter. Nous nous félicitons des efforts des Arméniens et des Turcs pour reconnaître et tenir compte de leur histoire douloureuse. Et nous nous associons au peuple arménien pour rappeler les vies perdues pendant le Meds Yeghern et réaffirmons notre engagement en faveur d’un monde plus pacifique. Donald Trump (24.04.2019)
Israël a toujours refusé de reconnaître les événements d’Arménie comme un génocide. Cette décision est moins une tentative de revendication du monopole de la souffrance (ou une volonté de présenter la Shoah comme un événement historique sans précédent) qu’une basse manœuvre politique des plus cyniques. Pendant bien des années, Israël a refusé de reconnaître ce génocide de peur de s’attirer les foudres de la Turquie. Depuis la fin des années 1950, Ankara était devenu un allié stratégique particulièrement solide de l’État hébreu –l’un de ses seuls amis dans le monde musulman. Les milieux du renseignement et de la sécurité intérieure des deux pays entretenaient des liens étroits; la Turquie constituait par ailleurs l’un des principaux clients de l’industrie de l’armement israélienne. À chaque fois qu’une personne israélienne (qu’elle soit députée, militante des droits humains ou historienne) plaidait pour une reconnaissance du génocide arménien, le pouvoir tuait l’initiative dans l’œuf. Plusieurs gouvernements successifs (quelle que soit leur idéologie et leur orientation politique) ont tout fait pour préserver cette bonne entente avec la Turquie (et les contrats de vente d’armes), préférant leur intérêt économique aux valeurs universelles. Lorsqu’ils évoquaient les événements, ils ne parlaient donc pas de «génocide», mais de «tragédie». Au fil de la dernière décennie, les relations entre Israël et la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan se sont toutefois refroidies. Les contrats d’armement ne sont plus à l’ordre du jour et la coopération clandestine des deux services de renseignement contre l’ennemi commun (la Syrie) a été interrompue. Les relations turco-israéliennes sont aujourd’hui au plus bas: le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son fils Yair invectivent Erdoğan sur Twitter et ce dernier le leur rend bien (ils se traitent mutuellement de «tyran» et de «meurtrier», entre autres noms d’oiseaux). Et pourtant, Israël n’en démord pas: il refuse de reconnaître le génocide arménien. Il invoque désormais une nouvelle excuse: l’Azerbaïdjan, qui a perdu une grande partie de son territoire au profit de l’Arménie entre 1991 et 1994. Ce pays musulman à majorité chiite s’est tourné vers Israël pour moderniser ses équipements militaires et l’État hébreu s’est empressé d’accepter de lui vendre son matériel dernier cri: non seulement l’Azerbaïdjan représentait un nouveau marché particulièrement prometteur, mais il se trouvait aux portes de l’Iran –l’ennemi juré d’Israël. Cette relation nouvelle a d’abord été tenue secrète; les censeurs militaires israéliens ont imposé un blackout médiatique total aux journalistes locaux. Le secret a finalement été éventé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev (qui est la cible de nombreuses critiques; on l’accuse notamment de corruption, d’abus de pouvoir et de violations des droits humains). C’est lors d’une conférence de presse, en décembre 2016, pendant une visite officielle de Netanyahou, qu’il a annoncé que l’Azerbaïdjan achetait pour cinq milliards de dollars d’armements israéliens. Pour Israël, ce pays occupe désormais peu ou prou la place qu’occupait autrefois la Turquie: un marché lucratif, ouvert à leurs équipements. (…) En échange, l’Azerbaïdjan vend du pétrole à Israël et permet aux services de renseignement israéliens de lancer des opérations contre l’Iran depuis son territoire. Netanyahou, qui a été réélu ce mois-ci pour un cinquième mandat de Premier ministre, craint qu’une reconnaissance du génocide arménien ne compromette la manne du marché azerbaïdjanais; Aliyev, qui s’entend à merveille avec Erdogan, pourrait en outre décider de fermer les portes de son pays au renseignement israélien. Yossi Melman
Mon cœur est brisé par la Nouvelle-Zélande et la communauté musulmane mondiale. Nous devons continuer à lutter contre la perpétuation et la normalisation de l’islamophobie et du racisme sous toutes ses formes. Hillary Clinton
En cette semaine sainte pour de nombreuses religions, nous devons rester unis contre la haine et la violence. Je prie pour toutes les personnes touchées par ces terribles attaques contre les fidèles et les voyageurs de Pâques au Sri Lanka. Hillary Clinton
Michelle et moi-même adressons nos condoléances au peuple néo-zélandais. Nous sommes profondément bouleversés par vous et par la communauté islamique dans son ensemble. Nous devons tous rester contre la haine sous toutes ses formes. Barack Hussein Obama
Les attaques contre les touristes et les fidèles de Pâques sont des attaques contre l’humanité. En cette journée consacrée à l’amour, à la rédemption et au renouveau, nous prions pour les victimes et restons avec le peuple du Sri Lanka. Barack Hussein Obama
The acts of violence against churches and hotels in Sri Lanka are truly appalling, and my sympathies go out to all of those affected at this tragic time. Theresa May
It remains unclear who carried out the attacks. The BBC
Sri Lanka church bombings stoke far-Right anger in the West (…) far-Right groups began to describe the attacks in specifically religious terms. To some, it was further proof that Christians in many parts of the world are under attack. The Washington Post
Islamist terrorists, bombs strapped to their backs, had gone into churches on the holiest day in the Christian calendar with the express purpose of murdering as many innocents as possible. There was also carnage at hotels popular with Western tourists. “It remains unclear who carried out the attacks,” the BBC website was still insisting 12 hours after the massacres. We knew. And they knew. But if you stayed tuned to the news all day, you would not hear the word “terrorist” and certainly not the most inflammatory term of all: “Christian”. The contrast with the reporting of the mosque shootings in New Zealand could not have been more striking. Back in March, there was no doubt that the massacres in Christchurch, by a lone gunman during Friday prayers, were motivated by hatred of Muslims. One evil man’s actions were swiftly used to extrapolate an entire theory of racism on the Right. Journalists like me, who had dared to criticise the burka, or the grievous failure of integration (finally admitted by Tony Blair this week, I see), were said by Leftists to be guilty of Islamophobia and therefore “implicated” in the murder of 50 men, women and children. When it’s the other way around, though, the denial is deafening. Theresa May tweeted, “The acts of violence against churches and hotels in Sri Lanka are truly appalling, and my sympathies go out to all of those affected at this tragic time.” But they weren’t acts of violence against buildings, were theyPrime Minister? If you detonate a bomb inside a church on Easter Sunday, the result does tend to be that you kill an awful lot of followers of Jesus Christ. When a vicar’s daughter decides that it’s wiser not to mention the C-word, you know that fear is now greater than faith. Compare and contrast the reaction of Hillary Clinton to the two tragedies. On Sunday, she tweeted, “I’m praying for everyone affected by today’s horrific attacks on Easter worshippers and travellers in Sri Lanka.” Easter worshippers? That’s a clunking new euphemism for Christians. When the mosques in Christchurch were targeted, did Clinton talk of Ramadan worshippers? No, she wrote, “My heart breaks for New Zealand and the global Muslim community.” I’m afraid that politicians like Clinton and May are paralysed by a terrible dilemma. It’s too scary to admit that militant Islamists are at war with Christianity and Western civilization, that vandalism of churches is rife across Europe and that, according to the Pew Report, Christianity is the world’s most persecuted religion. In order to cover up this inconvenient truth, politicians and the police increasingly try to create a false equivalence between terrorism committed by the far-Right and by Islamists. It’s a downright lie. In the UK alone, intelligence officers have identified 23,000 jihadist extremists, at least 3,000 of whom are believed to pose an active threat. Scores of foul fiends must have plotted and carried out the Sri Lankan attacks. This is deeply uncomfortable for the liberal media, which responds with shifty obfuscation. On Monday, The Washington Post ran a bizarre story about the Easter Sunday massacre with the headline, “Sri Lanka church bombings stoke far-Right anger in the West”. That was wildly premature, but it inadvertently revealed their overwhelming concern: not that so many had been slaughtered, but that such horrors would provoke a backlash against Muslims. The Post continued, “far-Right groups began to describe the attacks in specifically religious terms”. Possibly not unrelated to the fact that the Sri Lankan authorities had just blamed a militant Islamist group. “To some”, the paper opined gingerly, “it was further proof that Christians in many parts of the world are under attack.” Well, yes, the cold-blooded murder of more than 290 people, most of them Christians in their place of worship, does tend to give credence to the theory that a certain religion is “under attack”. Sorry. You know, we had been thinking of taking a holiday this Easter in Sri Lanka because so many friends, some of them Sri Lankans, had urged us to go. We could easily have been the Nicholsons. Mum, Anita with her adorable son and daughter, Alex and Annabel, having breakfast in their Colombo hotel while dad, Ben, popped up to the room, or back to the buffet. A beautiful family wiped out in a split second, leaving him to wonder why he was spared. In that same restaurant, Anne Storm Pedersen, the wife of Danish billionaire, Anders Holch Povlsen, cried out for people to pray for three of her four children who had just been murdered. The mind melts at the thought of such intolerable suffering. Allison Pearson
Après les terribles série d’attentats à la bombe dimanche de Pâques (21), au Sri Lanka, qui compte déjà 310 morts et plus de 500 blessés, des représentants de l’aile démocratique des Etats-Unis ont décidé de se prononcer sur le fait, mais sans reconnaître les véritables motivations et la cible du massacre: l’église persécutée. Alors que le terme « islamophobie » a été repris après une attaque contre une mosquée à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, les principaux médias et les représentants démocrates refusent également de parler de « cristophobie ». (…) S’agissant du massacre au Sri Lanka, Hillary Clinton et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, ont refusé de reconnaître que parmi les principales victimes de ces attaques, il y avait des chrétiens. Tous deux ont préféré appeler ces gens « des fidèles de Pâques ». Les mêmes personnalités qui avaient omis d’utiliser le terme « chrétiens » dans leurs déclarations pour le remplacer par « adorateurs de Pâques » n’ont pas hésité à déplorer les violences à l’encontre de la « communauté islamique » après l’attaque de la mosquée Christchurch en Nouvelle-Zélande. Selon le chroniqueur Rodrigo Constantino, cette disparité dans les commentaires des démocrates américains est due à une vision dans laquelle les chrétiens ne peuvent être considérés comme victimes de rien. Ichrétien
Israël a hypnotisé le monde. Ilhan Omar (2012)
It’s all about the Benjamins baby. Puff Daddy (billets de cent dollars à l’effigie de Benjamin Franklin, retweeté par Ilhan Omar pour désigner AIPAC, le lobby pro-israélien aux États-Unis)
L’antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à mes alliés et collègues juifs qui me donnent une leçon sur cette histoire douloureuse de rhétorique antisémite. Mon intention n’était pas d’offenser mes administrés ou les juifs américains. Il faut toujours être prêt à reculer et à réfléchir aux critiques, comme j’attends des gens qu’ils m’écoutent quand on m’attaque à cause de mon identité. (…) le rôle problématique des lobbyistes dans notre système politique, que ce soit l’AIPAC, la NRA ou l’industrie des énergies fossiles. Ça dure depuis trop longtemps et on doit être prêt à le régler. Ilhan Omar
CAIR a été créé après le 11 septembre 2001, parce qu’ils ont reconnu que certaines personnes avaient fait quelque chose et que nous commencions tous à perdre la jouissance de nos libertés civiles. Ilhan Omar
As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin. (…) I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction? Eric V Copage
Don’t they know we’re Christian too? Do they even consider us human? Don’t they know Jesus was a Palestinian? Omar Suleiman (Southern Methodist University, retweeted by Ihlan Omar)
I am amazed that the author of this article cannot simply state that Jesus was a Jew. He uses the anachronistic term ‘Palestinian.’ During Jesus’ lifetime the Romans called the province which they controlled ‘Judea.’ Later they renamed it ‘Syria Palestina.’ Referring to Jesus as ‘Palestinian’ is simply misleading in the context of his era. Jewish Times reader
The claim that Jesus was a Palestinian is so bizarre that the question becomes what one gains by making that allegation. For people who have no theological or historical rooting, the idea that Jesus was a Palestinian creates a new narrative for Palestinian history, which otherwise does not date back very far. If one can say that Jesus was Palestinian 2,000 years ago, then that means the Jews are occupying Palestinian land. For people who don’t like Jews to begin with, it is a deadly combination of the Jews killed Jesus and now they are doing the same to his progeny. From a political and propaganda point of view, there is something to be gained. The myth that Jesus was a Palestinian dates back to the days of Yasser Arafat, when his trusted Christian-Palestinian adviser Hanan Ashrawi made the claim. Since then, the idea resurfaces now and again. The absurdity of it is breathtaking. Jesus was born in Bethlehem, think about who his parents were – his mother, Mary, was betrothed to Joseph, a carpenter. In the Gospels, there is no mention of Palestine, only Judea, which is where Jews lived. If the Palestinians admit that Jesus was a Jew, then the idea that the Jews only arrived in Israel in 1948 and occupied Palestinian indigenous land becomes an absurdity. Omar knows this narrative is false but also that it has an inherent power to it. The ‘Benjamins,’ the big lie of dual loyalty, Jesus is a Palestinian – it is all rewriting history to plant in people’s minds that the Palestinian people go back thousands of years. She is a very clear person. Ilhan Omar is a clever antisemite, so truth does not play much of a role anyway. When an elected member of the US Congress retweets such a thing, that takes things to the next level. (…) I’m surprised The New York Times allowed Copage to publish an op-ed with such a line, and expected such information only to be shared on platforms like Facebook and Twitter, where users can get away with much more before it is identified – if it is ever identified – as fake news. The solution: education. It is extremely important for world Jewry and Jewish families to teach their own and go over our amazing love affair between the people and her land that stands for more than 3,000 years, it is the responsibility of educated Jews and Christians to counter such falsehoods. Rabbi Abraham Cooper (Simon Wiesenthal Center)
Au début du 20e siècle, les Arabes de la région ne se définissaient pas comme des Palestiniens. « Falastin » en arabe désignait alors la région du mandat britannique sur la Palestine, qui était habitée par des Arabes palestiniens, et des Juifs palestiniens… Le journal juif « Jerusalem Post » s’appelait alors « Palestine Post ». Dans les années 1960, soit dix-huit siècles après la popularisation du terme Palestine par les Romains, tandis que les Juifs de Palestine étaient devenus des Israéliens, les Arabes de Palestine adoptèrent le terme de Palestiniens. L’étymologie fournie par France-Soir est trompeuse puisqu’elle implique que « Palestine » soit un mot arabe, et par extension que la région ait été arabe avant même la présence des Romains. Il n’en est rien et c’est le mot latin « Palaestina » qui a été transcrit en arabe par « Falastin », pas l’inverse. L’arabe ne connaissant pas le son « P », la transcription depuis le latin l’a transformé en « F » – qui est un son proche (en hébreu, une seule lettre est d’ailleurs utilisée pour les deux sons avec une simple ponctuation pour les différencier). L’article raille ceux qui mettent en doute la légitimité historique de la « Palestine » comme entité arabe en se basant sur l’étymologie du mot. Mais une fois démontrée, la falsification de l’histoire nécessaire à l’invalidation de ce point de vue semble bien atteindre l’effet inverse… D’autant que, juste derrière la phrase en question, l’article contient un deuxième passage tout aussi aberrant. Un internaute a fait remarquer, non sans ironie, qu’aucune lettre de l’hébreu ne pouvait retranscrire le son “j”. En conséquence, Jérusalem (qui se prononce “Yerushalayim”) ne se trouve pas en Israël. C’est évidemment le nom original hébreu « Yerushalayim » qui a été transcrit en français par « Jérusalem »; le « J » du français est une adaptation issue de l’hébreu. Le grec « Hierosólyma » avait gardé la trace de la prononciation hébraïque, tout comme l’allemand qui l’écrit « Jerusalem » comme en français mais où le « J » se prononce « I ». Dire que Jérusalem ne se trouve pas en Israël est par ailleurs faux quelle que soit la justification (au minimum, tout le monde hormis les haïsseurs d’Israël reconnaît que la partie occidentale de la ville est israélienne)… Infoequitable
En 2014, des chercheurs, faisant parti d’une expédition franco-saoudienne étudiant des inscriptions sur les roches, du sud de l’Arabie saoudite, ont annoncé avoir découvert ce qui pourraient bien être les textes les plus anciens écrits en alphabet arabe. Or cette découverte est restée très confidentielle. Sans doute parce que ce que révèle le contenu des textes est quelque peu embarrassant pour certains. (…) Quelques médias dont les médias français et arabes en ont parlé, qualifiant le texte de «chaînon manquant» entre l’arabe et les alphabets antérieurs utilisés dans la région, comme le Nabatéen. La plupart des articles étaient accompagnés de photos d’autres sites archéologiques ou inscriptions anciennes. En effet, il est presque impossible de trouver une photo de cette inscription là en ligne. Impossible aussi de trouver une quelconque référence au contenu réel du texte. Ce n’est qu’en explorant le rapport de 100 pages qui rend compte des travaux de cette saison archéologique, publié en décembre par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres – qui d’ailleurs soutient ces recherches, – qu’il est possible de trouver une référence à cette découverte et d’en savoir plus. Selon le rapport, le texte arabe, griffonné sur une grosse pierre rectangulaire, se résume simplement à un nom, “Thawban (fils de) Malik”, suivi d’une date Décevant? Eh bien non. Car l’inscription est aussi précédée d’une grande croix, indubitablement chrétienne. Une autre croix identique apparaît sur l’autre stèle, qui date plus ou moins de la même période. Les sentiments des fonctionnaires saoudiens, confrontés à une découverte importante pour leur patrimoine sont mitigés et traduisent leur embarras. D’où la communication si discrète autour de cette découverte. Que l’origine de l’alphabet utilisé pour écrire leur livre sacré soit liée à un chrétien, quelque 150 ans avant l’Islam, les embarrasse. Plus consternant encore pour eux, est de devoir admettre que ces textes sont non seulement un patrimoine hérité d’une communauté chrétienne autrefois importante, mais qu’ils sont également liés à l’histoire d’une ancienne royauté juive, qui régnait autrefois sur une grande partie de ce qu’est aujourd’hui le Yémen et l’Arabie Saoudite. Le Coran et la tradition musulmane tardive ne nient pas la présence de communautés juives et chrétiennes à travers la péninsule, à l’époque de Mahomet. Mais l’image générale de l’Arabie préislamique qu’ils convoquent, est celle du chaos et de l’anarchie. La région est décrite comme ayant été dominée par jahilliyah – l’ignorance – l’anarchie, l’analphabétisme et des cultes païens barbares. Les décennies précédant le début du calendrier islamique, qui débute à la “hijra” de Mahomet, c’est-à-dire sa migration de La Mecque vers Médine, en 622, ont été marquées par un affaiblissement des sociétés et des Etats centralisés, en Europe et au Moyen-Orient. Et ce, en partie à cause de la peste, les pandémies et la guerre incessante entre les empires byzantin et perse. La sombre représentation que la tradition fait de l’Arabie pré-islamique est moins une description précise, qu’une métaphore littéraire, dont le but est de souligner la puissance unificatrice et éclairante du message de Mahomet. Le réexamen d’œuvres de l’époque, tant par des chercheurs musulmans que chrétiens, au cours de ces dernières années, ainsi que des découvertes comme celle-ci, en Arabie Saoudite, permet de se faire une image beaucoup plus élaborée et nuancée de la région avant la montée de l’Islam, et de redécouvrir son histoire riche et complexe. C’est le cas du royaume de Himyar, souvent oublié, qui est pourtant au cœur de l’une des périodes clés de l’Arabie. Établi vers le 2ème siècle EC, au 4ème siècle il s’était imposé comme une puissance régionale. Etabli là où se trouve aujourd’hui le Yémen, Himyar avait conquis les États voisins, y compris l’ancien royaume de Sheba (dont la légendaire reine est au centre d’une réunion biblique avec Salomon). Dans un récent article intitulé «Quelle sorte de judaïsme en Arabie?», Christian Robin, un historien français qui dirige également l’expédition à Bir Hima, révèlent que la plupart des érudits, s’entendent sur le fait que vers 380, les élites du royaume de Himyar s’était converti à une forme de judaïsme. Les dirigeants himyarites ont pu voir dans le judaïsme une force unificatrice potentielle pour leur nouvel empire, culturellement divers, et y ont trouvé de quoi se forger une identité fédératrice, leur permettant de résister contre le désir rampant d’hégémonie des chrétiens byzantins et éthiopiens, ainsi que de l’empire zoroastrien de Perse. (…) Pour ce qui est des premiers textes arabes découverts à Bir Hima, qui constituaient probablement un genre de monument commémoratif, l’équipe franco-saoudienne note que le nom de Thawban fils de Malik apparaît sur huit inscriptions, avec les noms d’autres chrétiens. Selon les chroniqueurs chrétiens, vers 470 (date de l’inscription Thawban), les chrétiens de la ville voisine de Najran auraient subi une vague de persécutions, perpétrée par des Himyarites. Les experts français soupçonnent Thawban et ses compagnons chrétiens d’avoir été martyrisés à cette occasion.  (…) En dépit de la domination chrétienne et musulmane, les Juifs ont continué à représenter une forte présence dans la péninsule arabique. Cela ressort clairement des relations de Mahomet (souvent conflictuelles) avec eux, mais aussi de l’influence du judaïsme sur les rituels et les interdits de la nouvelle religion (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc). Ariel David
Selon les sources arabes, avant l’islam régnaient en Arabie anarchie, paganisme, obscurantisme et illetrisme, le tout résumé sous le terme de ‘jâhiliyya’(= ère de l’ignorance): cette présentation apologétique tendait à faire contraste avec la brillante civilisation islamique qui a suivi. De leur côté les sources externes faisaient état des principaux évènements militaires survenus dans la péninsule: conquêtes d’un roi de Babylone au nord (550 av JC); projet de conquête par Alexandre le grand (323 av JC); raid romain au Yémen (25 av JC); crise entre les royaumes de Yémen et d’Ethiopie (520 ap JC). Enfin les sources archéologiques, bien que nombreuses, restaient peu exploitées car leur datage imprécis rendait leur interprétation fragile.De très nombreuses découvertes sont venues depuis 1970 remettre en cause l’image traditionnelle de l’Arabie préislamique. Monnaies, monuments, gravures rupestres, archives, et surtout innombrables inscriptions de toutes sortes sont venues fournir du travail aux épigraphistes pour des décennies. Seule une partie de ces découvertes a déjà fait l’objet de publications, car les chercheurs compétents (un peu en Europe, un peu dans le royaume Saoudien, aucun aux USA) sont en nombre très insuffisant. Avant l’ère chrétienne, les écritures propres à la péninsule arabique dérivaient de l’ougaritique. Elles se caractérisaient par des lettres très géométriques et des mots séparés par des barres. (…) Très différente des précédentes, l’écriture araméenne se diffuse dans la péninsule Arabique au début de l’ère chrétienne. C’est une écriture beaucoup moins géométrique, sans voyelles, sans séparation entre les mots. Sa forme cursive est l’ancêtre de l’arabe, lui-même dérivé du nabatéen, une variété de l’araméen. La plus ancienne inscription en langue arabe (encore assez éloignée de sa forme actuelle)a pu être datée de 470 ap JC . C’est seulement depuis 1989, après un siècle de décantation (datation au carbone 14, traduction des inscriptions), qu’on est arrivé à faire une chronologie approximative de l’ensemble des civilisations de la péninsule Arabique. Certaines inscriptions portent des dates. Pour d’autres on se fonde sur le stade atteint dans l’évolution de l’écriture. Par ailleurs certains souverains cités, aux noms caractéristiques, sont aussi mentionnés dans les archives assyriennes, ce qui permet de dater avec sûreté les inscriptions. Enfin des inscriptions se réfèrent à des événements que l’on peut dater. (…) Situé au SO de la péninsule arabique, le Yémen en constitue la partie fertile, en raison de son altitude (moyenne 2000 m) et de son régime de pluies de mousson. Divisé en 3 ou 4 royaumes dans l’Antiquité, il a été totalement unifié vers 300 sous le nom de royaume de Himyar (capitale Zafâr). A la suite des campagnes des princes Yaz’anides (320-360), il s’est soumis durablement toute la péninsule arabique. Sa religion dominante est devenue le judéo-monothéisme vers 380. Contraint de se soumettre au royaume chrétien d’Aksûm (Ethiopie) vers 500, il a connu la révolte du roi juif Joseph en 522 et la persécution des chrétiens qui l’a accompagnée. Cette révolte a été matée par les Ethiopiens, qui ont installé le roi chrétien Abraha (535-565). En 570 le royaume de Himyar s’est soumis aux perses Sassanides et a disparu de l’Histoire. Le paganisme a laissé de nombreuses traces au Yémen (temples, inscriptions). Voici par exemple des images du temple considérable de Ma’arib, dans lequel on a trouvé plus de mille inscriptions très instructives. A noter que ce paganisme s’interdisait toute représentation divine sous forme humaine ou animale: le dieu était figuré par un trône vide, seule la représentation de ses messagers ailés étant admise.L’une des premières inscriptions monothéistes recensées (‘Avec l’aide d’Ilân, maître du Ciel’) date de 330 EC. Si en parallèle on relève les dates des dernières inscriptions trouvées dans les temples païens du Yémen, on arrive à la conclusion que presque tous ces temples ont été abandonnés au 3e siècle, les derniers et les plus grands l’ayant été à la fin du 4e siècle : la dernière inscription païenne date de 380 EC. (…) On a des preuves nombreuses de la présence juive en Arabie. Ainsi dans la nécropole juive de Bet She’arîm (découverte en Galilée à la fin des années 30, mais oubliée par la suite), on a trouvé un caveau réservé aux juifs Himyarites (ou Homérites). Par ailleurs sur le site de Hasî (près de Zafâr, au Yémen), on a trouvé la très belle inscription suivante: ‘Le prince a concédé au Seigneur du Ciel quatre parcelles, à côté de ce rocher, en descendant jusqu’à la clôture de la zone cultivée, pour y enterrer les juifs, avec l’assurance qu’on évitera d’y enterrer avec eux un non-juif ‘(‘rmy=araméen=païen). Voilà donc le témoignage explicite qu’une autorité (juive?) a accordé sa protection aux communautés juives et s’est senti une obligation de leur créer un cimetière réservé. Un grand nombre d’inscriptions sont dues aux rois de Himyar. (…) Les rois de Himyar utilisent toujours des formules monothéistes, sans que l’on puisse dire s’ils sont juifs ou non. En revanche les inscriptions rédigées par des particuliers présentent toute la gamme entre ce monothéisme neutre et un judaïsme affirmé. Comme aucune inscription ne mentionne une orientation religieuse différente, la société apparaît ainsi fortement judaïsée. Le judéomonothéisme de Himyar a une maison qui lui est consacrée en propre: le mikrâb. Elle sert au culte, à l’enseignement, et peut-être à l’hébergement des voyageurs. On trouve un mikrâb dans les cimetières juifs. Le nom de mikrâb n’est attesté dans les inscriptions que pendant la période judéomonothéiste. On a la certitude que le mikrâb est partagé entre les juifs fidèles de la Torah et les judéomonothéistes, considérés par les premiers comme des ‘craignant Dieu’. (…) Par le mikrâb, la communauté juive, sans doute minoritaire, était en relation étroite avec les monothéistes plus nombreux qui adhéraient aux principes de morale de la Torah, mais pas à l’ensemble de ses prescriptions. (…) Le judaïsme dans le nord-ouest de la péninsule arabique, attesté par des sources externes, a laissé lui aussi de nombreuses traces dans les inscriptions. Par exemple sur une stèle trouvée à Tayma, une grande oasis du nord de l’Arabie, l’inscription dit: ‘Ceci est le mémorial d’Isaïe, fils de Joseph, prince de Tayma, qu’ont érigé sur lui Amram et Rashim ses frères’. Le terme traduit par ‘prince’ désigne plus précisément le premier magistrat de la cité; il est utilisé dans ce sens sur une inscription du site voisin de Madâ’in Salih. Tous les noms étant juifs, on est assuré que le premier magistrat d’une grande oasis de l’Arabie du nord était juif en 203 EC. (…) Près de Tayma, on a trouvé une menorah avec les ustensiles caractéristiques du judaïsme qui l’accompagnaient. A Rome l’édit de tolérance de Milan est promulgué en 314, Constantin se fait baptiser en 337, son successeur Constance II devient le premier empereur chrétien, et le paganisme est interdit dans le monde romain vers 380. A Aksûm, le souverain éthiopien devient officiellement chrétien vers 360. Et à Himyar le roi se déclare juif vers 380. Cette suite de conversions montre que les royaumes d’Aksûm et d’Himyar évoluent à un rythme voisin de celui du monde méditerranéen. Circulations de personnes et échanges commerciaux font que les exigences spirituelles du monde romain touchent également les populations de l’Ethiopie et de la péninsule Arabique. Si l’on recense tous les mots religieux présents dans les inscriptions du Yémen, on trouve un grand nombre de fois ceux de ‘prière’ et d’aumône légale’. Deux des cinq piliers de l’islam étaient donc déjà fortement enracinés en Arabie quelque 250 ans avant la prédication de Mahomet. Le paganisme grossier accolé à la période préislamique ne correspond en rien à la réalité. Vers 500 le royaume de Himyar, qui domine toute l’Arabie, devient tributaire du royaume éthiopien d’Aksûm, lequel est chrétien. En 522 le roi himyarite Joseph que les Ethiopiens ont installé sur le trône se révolte et se déclare juif. Au cours de ses campagnes, il massacre les soutiens des Ethiopiens, qui sont le plus souvent chrétiens. La tradition a notamment retenu le martyre de la population chrétienne de Najrân. Mais Joseph est vaincu par les troupes Aksûmites en 525, et leur chef Abraha (531-570) impose la domination chrétienne sur toute l’Arabie. Les archives permettent de situer la plupart des sièges épiscopaux de cette époque, ainsi que la localisation de nombreuses églises. Les vestiges de plusieurs d’entre elles ont été mis au jour par les archéologues (cf oratoire d’Al Jubayl sur le Golfe). Trait piquant: on a trouvé une inscription explicite de cette soumission à un pouvoir chrétien à Yathrib (=Médine), inscription datée de 552, soit 70 ans seulement avant que Mahomet ne fasse de Médine sa capitale. Peu après sa prise de pouvoir, Abraha transféra sa capitale de Zafar à Sanaa et y bâtit une vaste église à la gloire de la religion chrétienne. (…) Plusieurs équipes d’archéologues ont travaillé ces dernières années sur la grande mosquée de Sanaa. Ils ont mis en évidence les réemplois des chapiteaux de l’ancienne église d’Abraha, avec leurs croix caractéristiques. Un fragment retrouvé de la plaque de fondation de cette église la date de 559-560. (…) Enfin dans une inscription trouvée à Murayghân et datant de 552, on ne lit plus que : ‘Avec la puissance du Miséricordieux et de son Messie’. Illustration du caractère officiel de la religion chrétienne dans l’Himyar d’Abraha, l’inscription monumentale ci-dessous, gravée en plein désert d’Arabie centrale, commence par une croix. Cette prégnance générale du judéo-christianisme a forcément influencé le fondateur de l’islam quelques décennies plus tard. Dans la région de Najrân (frontière Arabie-Yémen), sur le site désertique de Himà, on a découvert de nombreuses inscriptions que l’on peut dater de 470. Elles ont suscité un vif intérêt à un double titre. D’une part elles étaient rédigées en arabe, alors qu’on pensait jusque-là que l’écriture arabe ne s’était diffusée dans la péninsule Arabique qu’avec l’islam. D’autre part ces inscriptions, où figurait systématiquement la croix, étaient chrétiennes. Parmi elles, une grande inscription de 1 m de haut, visible de loin, répétait le nom d’un certain Thawbân, fils de Malik. Qui était ce personnage, objet de vénération dans le christianisme local? Sans doute un martyr, car cette époque (468-480) est celle de la première répression juive contre les chrétiens (cf martyre d’Azqîr). Ces inscriptions en arabe archaïque accompagnées d’une croix suggèrent par ailleurs un lien entre la diffusion de l’écriture arabe et celle du christianisme. En conclusion, l’idée d’une Arabie préislamique livrée au paganisme et à l’ignorance a été complètement ruinée par les découvertes archéologiques récentes. Le terreau judéo-chrétien y était largement présent bien avant la naissance de l’islam. Christian Robin
Cachez cette croix que je ne saurai voir !

En ces temps étranges …

Où l’émotion planétaire suscitée par l’immolation en direct, suite à une invraisemblable série de négligences, de ce qui était largement devenu une attraction touristique

Fait oublier les profanations quotidiennes des lieux de culte, tombes ou symboles chrétiens dans ce qui reste de la Fille ainée de l’Eglise 

Mais derrière leur générosité controversée (et les habituelles prières et bonnes paroles des monopolistes des biens du salut du côté du Vatican), la rivalité proprement mimétique de nos barons voleurs semble avoir inspiré celle d’un fonds pour églises noires victimes d’incendie de Lousiane leur permettant d’atteindre en quelques minutes leur objectif de 1, 8 millions de dollars avec quelque 37 000 contributeurs …

Où le meurtre en série des 50 musulmans de Christchurch déclenche, voiles compris, plus d’hystérie médiatique

Que le massacre de plusieurs centaines de chrétiens (pardon: « fidèles de Pâques ») par les fils à papa musulmans de Colombo …

Où la promesse de commémoration future et d’ouverture d’archives du côté français …

Est censée faire oublier l’absence présente et surtout la contribution passée il y a 25 ans tout juste du Pays des droits de l’homme au génocide rwandais

Où l’arbre de la commémoration toujours implicite côté américain, Reagan excepté mais Trump comme Israël compris, du génocide d’un million et demi de chrétiens turcs il y a un peu plus d’un siècle …

Nous cache la forêt de l’actuel génocide silencieux, désormais à l’échelle de la planète entière, de la première religion du monde …

Où alors que les printemps arabes initiés en Irak par le président Bush atteignent enfin dix ans après les peuples algérien ou soudanais, l’appel au renforcement des sanctions contre les dernières dictatures de la planète à Cuba, au Venezuela ou en Iran se voient à nouveau dénoncées, anti-trumpisme primaire et intérêts économiques obligent, par les enfants gâtés de la démocratie en Europe ou au Canada

Et où, redoublant dans la crasse ignorance et entre deux éloges du mythe notamment de l’Andalousie tolérante, nos valeureux « fact-checkers » des médias proposent de corriger un simplisme étymologique par un autre, attribuant une origine prétendue arabe à une appellation évidemment romaine au terme de Palestine

Pendant que pour effacer son origine décidément bien trop juive de l’autre côté de l’Atlantique, un ancien journaliste du NYT nous proclame un « Jésus palestinien à la peau sombre »

A la grande joie, entre deux déclarations ou tweets antisémites, d’une jeune élue du Congrès seule à porter le voile islamique et prônant le boycott d’israël …

Devinez …

A la veille d’un nouveau Ramadan …

Où, sans compter les emprunts explicites aux diverses pratiques et rituels (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc) et bien sûr aux écrits bibliques, nos amis musulmans vont mimétiquement nous rejouer la version militaire du jeûne du Yom Kippour

A l’heure où au risque de l’éventer le Pays des coupeurs de tête ouvre son territoire au tourisme et aux rallyes automobiles

Et où dans les territoires dits « palestiniens » eux-mêmes, tant les traditions bédouines que les analyses de sang confirment la filiation juive de nombre des descendants de « conversos » arabes qui les habitent aujourd’hui ….

Quel indicible secret peuvent bien cacher …

Comme vient de le confirmer, croix comprises, une équipe d’archéologues français …

Tant la multiplication, en bons frères ennemis, des imprécations et des massacres des uns …

Que l’ignorance et l’auto-censure intéressées, en bons idiots utiles, des autres ?

Quand l’Arabie saoudite était juive
Ariel David
Haaretz (traduction Jforum)
Déc 21, 2017

En 2014, des chercheurs, faisant parti d’une expédition franco-saoudienne étudiant des inscriptions sur les roches, du sud de l’Arabie saoudite, ont annoncé avoir découvert ce qui pourraient bien être les textes les plus anciens écrits en alphabet arabe. Or cette découverte est restée très confidentielle. Sans doute parce que ce que révèle le contenu des textes est quelque peu embarrassant pour certains.

Une douzaine d’inscriptions ont été gravées dans le grès tendre, le long des cols situés autour de Bir Hima. C’est un site archéologique, situé à environ 100 kilomètres au nord de la ville de Najran, qui a été recouvert de milliers d’inscriptions, par des voyageurs et des fonctionnaires. Au moins deux des premiers pétroglyphes arabes qui ont été découverts là, citent des dates d’un calendrier ancien, et les experts épigraphistes ont rapidement calculé que la plus ancienne correspondait à l’année 469 ou 470 de l’EC.

Cette découverte est sensationnelle: les premières inscriptions anciennes utilisant cette calligraphie préislamique de l’écriture arabe découvertes à ce jour, dataient au moins d’un demi-siècle plus tard. De plus, elles se trouvaient toutes en Syrie, ce qui suggérait que l’alphabet utilisé pour écrire le Coran avait été développé loin du lieu de naissance de l’Islam et de son prophète.

Or, l’annonce de cette découverte est restée très confidentielle. Quelques médias dont les médias français et arabes en ont parlé, qualifiant le texte de «chaînon manquant» entre l’arabe et les alphabets antérieurs utilisés dans la région, comme le Nabatéen. La plupart des articles étaient accompagnés de photos d’autres sites archéologiques ou inscriptions anciennes. En effet, il est presque impossible de trouver une photo de cette inscription là en ligne. Impossible aussi de trouver une quelconque référence au contenu réel du texte.

Thawban fils de Malik, le chrétien

Ce n’est qu’en explorant le rapport de 100 pages qui rend compte des travaux de cette saison archéologique, publié en décembre par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres – qui d’ailleurs soutient ces recherches, – qu’il est possible de trouver une référence à cette découverte et d’en savoir plus.

Selon le rapport, le texte arabe, griffonné sur une grosse pierre rectangulaire, se résume simplement à un nom, “Thawban (fils de) Malik”, suivi d’une date.

Décevant? Eh bien non. Car l’inscription est aussi précédée d’une grande croix, indubitablement chrétienne. Une autre croix identique apparaît sur l’autre stèle, qui date plus ou moins de la même période.

Les sentiments des fonctionnaires saoudiens, confrontés à une découverte importante pour leur patrimoine sont mitigés et traduisent leur embarras. D’où la communication si discrète autour de cette découverte. Que l’origine de l’alphabet utilisé pour écrire leur livre sacré soit liée à un chrétien, quelque 150 ans avant l’Islam, les embarrasse.

Plus consternant encore pour eux, est de devoir admettre que ces textes sont non seulement un patrimoine hérité d’une communauté chrétienne autrefois importante, mais qu’ils sont également liés à l’histoire d’une ancienne royauté juive, qui régnait autrefois sur une grande partie de ce qu’est aujourd’hui le Yémen et l’Arabie Saoudite.

Juifs contre chrétiens dans le désert

Le Coran et la tradition musulmane tardive ne nient pas la présence de communautés juives et chrétiennes à travers la péninsule, à l’époque de Mahomet. Mais l’image générale de l’Arabie préislamique qu’ils convoquent, est celle du chaos et de l’anarchie. La région est décrite comme ayant été dominée par jahilliyah – l’ignorance – l’anarchie, l’analphabétisme et des cultes païens barbares.

Les décennies précédant le début du calendrier islamique, qui débute à la “hijra” de Mahomet, c’est-à-dire sa migration de La Mecque vers Médine, en 622, ont été marquées par un affaiblissement des sociétés et des Etats centralisés, en Europe et au Moyen-Orient. Et ce, en partie à cause de la peste, les pandémies et la guerre incessante entre les empires byzantin et perse.

La sombre représentation que la tradition fait de l’Arabie pré-islamique est moins une description précise, qu’une métaphore littéraire, dont le but est de souligner la puissance unificatrice et éclairante du message de Mahomet.

Le réexamen d’œuvres de l’époque, tant par des chercheurs musulmans que chrétiens, au cours de ces dernières années, ainsi que des découvertes comme celle-ci, en Arabie Saoudite, permet de se faire une image beaucoup plus élaborée et nuancée de la région avant la montée de l’Islam, et de redécouvrir son histoire riche et complexe.

C’est le cas du royaume de Himyar, souvent oublié, qui est pourtant au cœur de l’une des périodes clés de l’Arabie. Établi vers le 2ème siècle EC, au 4ème siècle il s’était imposé comme une puissance régionale. Etabli là où se trouve aujourd’hui le Yémen, Himyar avait conquis les États voisins, y compris l’ancien royaume de Sheba (dont la légendaire reine est au centre d’une réunion biblique avec Salomon).

Dans un récent article intitulé «Quelle sorte de judaïsme en Arabie?», Christian Robin, un historien français qui dirige également l’expédition à Bir Hima, révèlent que la plupart des érudits, s’entendent sur le fait que vers 380, les élites du royaume de Himyar s’était converti à une forme de judaïsme.

Unis dans le judaïsme

Les dirigeants himyarites ont pu voir dans le judaïsme une force unificatrice potentielle pour leur nouvel empire, culturellement divers, et y ont trouvé de quoi se forger une identité fédératrice, leur permettant de résister contre le désir rampant d’hégémonie des chrétiens byzantins et éthiopiens, ainsi que de l’empire zoroastrien de Perse.

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’époque, dans la capitale himyarite de Zafar (au sud de Sanaa), les références aux dieux païens disparaissent en grande partie des inscriptions royales et des textes sur les bâtiments publics, et sont remplacées par des écrits qui se réfèrent à une seule divinité.

Utilisant principalement la langue sabéenne locale (et dans de rares cas l’hébreu), ce dieu unique est alternativement décrit comme Rahmanan – le Miséricordieux – le «Seigneur des Cieux et de la Terre», le «Dieu d’Israël» et le «Seigneur des Juifs». Les prières invoquent ses bénédictions sur le «peuple d’Israël» et ces invocations se terminent souvent par Shalom et Amen.

Au cours du siècle et demi suivant, le royaume himyarite étend son influence à l’Arabie centrale, au golfe Persique et au Hedjaz (région de La Mecque et de Médine), comme en témoignent les inscriptions royales de ses rois, qui ont été retrouvées non seulement à Bir Hima, juste au nord du Yémen, mais aussi près de Riyad, qui est aujourd’hui la capitale saoudienne.

Thawban le martyr

Pour ce qui est des premiers textes arabes découverts à Bir Hima, qui constituaient probablement un genre de monument commémoratif, l’équipe franco-saoudienne note que le nom de Thawban fils de Malik apparaît sur huit inscriptions, avec les noms d’autres chrétiens.

Selon les chroniqueurs chrétiens, vers 470 (date de l’inscription Thawban), les chrétiens de la ville voisine de Najran auraient subi une vague de persécutions, perpétrée par des Himyarites. Les experts français soupçonnent Thawban et ses compagnons chrétiens d’avoir été martyrisés à cette occasion. Le choix de l’écriture arabe ancienne pour commémorer ces martyrs représente, en soi, un puissant symbole de défi.

Cet alphabet pré-islamique est également appelé arabe nabatéen, car il s’est construit à partir de la langue utilisée par les Nabatéens. Cette nation, autrefois puissante, a bâti la cité de Pétra et a assis sa domination sur les routes commerciales du sud du Levant au nord de l’Arabie ,avant d’être annexée par les Romains au début du 2ème siècle. Utilisé jusqu’aux portes du Yémen, cet alphabet du nord se distingue des inscriptions faites par les souverains himyarites, dans leur Sabaean natal.

“L’adoption d’une nouvelle écriture voulait témoigner de la distance qu’il voulait prendre avec le royaume de Himyar et de leur réconciliation avec le reste des Arabes”, écrivent les chercheurs français dans leur rapport. “Les inscriptions de Hima révèlent un fort mouvement d’unification culturelle des Arabes, de l’Euphrate à Najran, qui se manifeste par l’utilisation de la même écriture.”

Joseph le rebelle

Les pressions extérieures croissantes ont fini par se faire sentir sur Himyar. Vers l’an 500, le royaume tombe aux mains des envahisseurs chrétiens du royaume éthiopien d’Axoum.

Dans une dernière tentative pour sauver l’indépendance du royaume, en 522, un chef juif himyarite, Yousuf As’ar Yath’ar, s’est rebellé contre le dirigeant fantoche intronisé par le Négus et passe les troupes d’Aksoumite par le fil de l’épée. Puis il assiège Najran, qui avait refusé de lui fournir des troupes, et massacre une partie de sa population chrétienne. Un martyre qui a suscité l’indignation des ennemis de Yusuf et a précipité la vengeance de l’Ethiopie.

En 2014, l’expédition franco-saoudienne à Bir Hima a découvert une inscription laissant entendre qu’ après le massacre de Najran, Yousuf aurait été retrouvé marchant vers le nord dans le désert d’Arabie entouré de 12 000 hommes, pour tenter de récupérer le reste de son royaume. Après cela, nous perdons sa trace. Mais les chroniqueurs chrétiens pointent qu’aux environs de 525 EC les Ethiopiens auraient rattrapé puis vaincu le chef rebelle.

Selon différentes traditions, le dernier roi juif d’Arabie aurait été tué au combat ou se serait suicidé en se précipitant avec sa monture dans la mer rouge au galop

Au siècle suivant, Himyar fut un royaume chrétien qui continua à dominer l’Arabie. Au milieu du VIe siècle, l’un de ses souverains, Abraha, traversa Bir Hima, laissant au passage des inscriptions sur les pierres représentant l’éléphant d’Afrique à la tête de sa puissante armée. Une inscription postérieure, datée 552 et trouvée en Arabie centrale, fait la liste des nombreux lieux qu’il a conquis, y compris Yathrib, l’oasis du désert qui, 70 ans plus tard, deviendra Madinat al-Nabi (la ville du prophète) – ou, plus simplement , Médina.

Étaient-ils de «vrais» Juifs?

Une grande question demeure au sujet des Juifs de Himyar : quel genre de Judaïsme   pratiquaient ils. Observaient ils le Sabbat? Ou les règles de la cashroute ?

Certains érudits, comme l’orientaliste judéo-français du 19ème siècle Joseph Halevy, refusèrent de croire qu’un roi juif aurait persécuté et massacré ses sujets chrétiens, et nient l’appartenance des Himyarites  à l’une des nombreuses sectes dans chrétiennes du début du christianisme.

Robin, l’épigraphiste français, écrit dans son article que la religion officielle de Himyar peut être décrite comme étant un “judéo-monothéisme” – “une variété minimaliste de judaïsme” qui a suivi certains des principes de base de la religion.

Le fait est que les quelques inscriptions trouvées jusqu’à présent, ainsi que les écrits de chroniqueurs postérieurs, qui ont pu être biaisés contre les Himyarites, ne permettent pas aux érudits de se faire une image claire de l’orientation spirituelle du royaume.

Mais on peut considérer cette question sous un autre angle.

En dépit de la domination chrétienne et musulmane, les Juifs ont continué à représenter une forte présence dans la péninsule arabique. Cela ressort clairement des relations de Mahomet (souvent conflictuelles) avec eux, mais aussi de l’influence du judaïsme sur les rituels et les interdits de la nouvelle religion (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc) .

Au Yémen, au cœur du vestige du royaume Himyarites, la communauté juive a été persécutée pendant des siècles, jusqu’en 1949-1950, quand presque tous ses membres restants – environ 50 000 personnes, ont été acheminées par avion vers Israël lors de l’opération Magic Carpet (tapis volant). Et bien qu’ils continuent d’observer des rituels et des traditions uniques, qui les distinguent des juifs ashkénazes et séfarades, il est indéniable qu’ils sont bien juifs, et les derniers descendants du royaume juif perdu de Himyar.

Voir aussi:

Juifs et chrétiens en Arabie à la veille de l’Islam : nouveautés archéologiques’

(Conférence donnée le 26 novembre 2016 par Christian Robin, historien de l’Orient ancien, membre de l’Institut)

Les recherches archéologiques en Arabie

Les premières recherches ont commencé au milieu du 19e siècle et se sont interrompues en 1914. Elles s’effectuaient surtout dans les régions dominées par les Ottomans, l’insécurité régnant ailleurs. L’Ecole biblique de Jérusalem a joué alors un rôle important avec les expéditions de Jaussen et Savignac (cf conférence précédente). Quelques expéditions ont pu se dérouler en 1951-52 après un long arrêt. Philby, conseiller du roi d’Arabie, a réussi à persuader le souverain de faire explorer le sud du pays par des archéologues belges (missions Philby-Ryckmans-Lippens). Par la suite une école archéologique locale a vu le jour, dotée de moyens considérables. Les découvertes se sont multipliées à partir de 1970, remettant largement en cause la représentation que l’on se faisait de l’Arabie préislamique.

Les idées traditionnelles sur l’Arabie préislamique

Avant 1970, ces idées s’appuyaient sur trois types de sources. Selon les sources arabes, avant l’islam régnaient en Arabie anarchie, paganisme, obscurantisme et illétrisme, le tout résumé sous le terme de ‘jâhiliyya’(= ère de l’ignorance): cette présentation apologétique tendait à faire contraste avec la brillante civilisation islamique qui a suivi. De leur côté les sources externes faisaient état des principaux évènements militaires survenus dans la péninsule: conquêtes d’un roi de Babylone au nord (550 av JC); projet de conquête par Alexandre le grand (323 av JC); raid romain au Yémen (25 av JC); crise entre les royaumes de Yémen et d’Ethiopie (520 ap JC). Enfin les sources archéologiques, bien que nombreuses, restaient peu exploitées car leur datage imprécis rendait leur interprétation fragile.

Des découvertes considérables depuis 1970, et notamment d’innombrables inscriptions……

De très nombreuses découvertes sont venues depuis 1970 remettre en cause l’image traditionnelle de l’Arabie préislamique. Monnaies, monuments, gravures rupestres, archives, et surtout innombrables inscriptions de toutes sortes sont venues fournir du travail aux épigraphistes pour des décennies. Seule une partie de ces découvertes a déjà fait l’objet de publications, car les chercheurs compétents (un peu en Europe, un peu dans le royaume Saoudien, aucun aux USA) sont en nombre très insuffisant.

les plus anciennes en langue arabique…

Avant l’ère chrétienne, les écritures propres à la péninsule arabique dérivaient de l’ougaritique. Elles se caractérisaient par des lettres très géométriques et des mots séparés par des barres. Dans leur version monumentale, elles sont sans doute à l’origine de l’écriture décorative islamique. Des milliers d’inscriptions de ce type ont été trouvés au Yémen. Parmi elles, un poème rimé de 27 vers qui semble le plus ancien de la littérature universelle (100 ap JC).

Les musées ont recueilli près de 10000 versions cursives de ces écritures, rédigées sur support bois dans un but d’archives. En raison de la pénurie signalée d’épigraphistes compétents, seul un millier a fait l’objet de publications. A ces archives, il faut ajouter d’innombrables inscriptions rupestres éparses dans les rochers du désert. Les échelles sont hallucinantes: sur le seul site de Himà en cours d’inventaire, on découvre des milliers d’inscriptions, et il y a des centaines de sites similaires. On nomme ces langues préislamiques selon les royaumes mentionnés dans les inscriptions quand elles sont suffisamment explicites (ex: le sabéen pour la langue du royaume de Saba, le hagarite pour celle du royaume deHagar), ou à défaut selon la géographie. A noter que des langues arabiques issues du tronc ancien (et donc sans aucun rapport avec l’arabe moderne) perdurent aujourd’hui dans le sud de la péninsule: suqutrite, jibbâlite… …

les plus récentes (ère chrétienne) en langue araméenne

Très différente des précédentes, l’écriture araméenne se diffuse dans la péninsule Arabique au début de l’ère chrétienne. C’est une écriture beaucoup moins géométrique, sans voyelles, sans séparation entre les mots. Sa forme cursive est l’ancêtre de l’arabe, lui-même dérivé du nabatéen, une variété de l’araméen. La plus ancienne inscription en langue arabe (encore assez éloignée de sa forme actuelle)a pu être datée de 470ap JC (cf infra).

Comment dater les inscriptions

C’est seulement depuis 1989, après un siècle de décantation (datation au carbone 14, traduction des inscriptions), qu’on est arrivé à faire une chronologie approximative de l’ensemble des civilisations de la péninsule Arabique. Certaines inscriptions portent des dates. Pour d’autres on se fonde sur le stade atteint dans l’évolution de l’écriture. Par ailleurs certains souverains cités, aux noms caractéristiques, sont aussi mentionnés dans les archives assyriennes, ce qui permet de dater avec sûreté les inscriptions. Enfin des inscriptions se réfèrent à des événements que l’on peut dater.

Par exemple une inscription relate qu’un ambassadeur du royaume de Saba s’est rendu à Chypre où il a réchappé à une guerre entre Ioniens et Chaldéens: on peut ainsi la dater entre 600 et 550 av JC.

Autre exemple: un commerçant du royaume de Mâ’in (Yémen) relate qu’il a survécu à une révolte des Egyptiens contre les Mèdes, ce qui permet de dater l’inscription vers 350-340 av JC. Autre exemple : des gens d’Arabie orientale gravent des inscriptions au Yémen et les datent du roi Séleukos, soit 298 av JC. On apprend au passage que l’Arabie orientale était à cette date sous domination séleucide.

Le royaume de Himyar: bref historique

Situé au SO de la péninsule arabique, le Yémen en constitue la partie fertile, en raison de son altitude (moyenne 2000 m) et de son régime de pluies de mousson. Divisé en 3 ou 4 royaumes dans l’Antiquité, il a été totalement unifié vers 300 sous le nom de royaume de Himyar (capitale Zafâr). A la suite des campagnes des princes Yaz’anides (320-360), il s’est soumis durablement toute la péninsule arabique. Sa religiondominante est devenue le judéo-monothéisme vers 380. Contraint de se soumettre au royaume chrétien d’Aksûm (Ethiopie) vers 500, il a connu la révolte du roi juif Joseph en 522 et la persécution des chrétiens qui l’a accompagnée. Cette révolte a été matée par les Ethiopiens, qui ont installé le roi chrétien Abraha (535-565). En 570 le royaume de Himyar s’est soumis aux perses Sassanides et a disparu de l’Histoire.

Le paganisme disparaît entre le 3è et le 4è siècle

Le paganisme a laissé de nombreuses traces au Yémen (temples, inscriptions). Voici par exemple des images du temple considérable de Ma’arib, dans lequel on a trouvé plus de mille inscriptions très instructives. A noter que ce paganisme s’interdisait toute représentation divine sous forme humaine ou animale: le dieu était figuré par un trône vide, seule la représentation de ses messagers ailés étant admise.L’une des premières inscriptions monothéistes recensées (‘Avec l’aide d’Ilân, maître du Ciel’) date de 330 EC. Si en parallèle on relève les dates des dernières inscriptions trouvées dans les temples païens du Yémen, on arrive à la conclusion que presque tous ces temples ont été abandonnés au 3e siècle, les derniers et les plus grands l’ayant été à la fin du 4e siècle : la dernière inscription païenne date de 380 EC.

A partir de 380, de nombreuses inscriptions commémorent des personnages officiels juifs

Premier exemple : un personnage qui s’appelle Yehuda construit un palais dans la capitale Zafâr et invoque le nom du roi. Ce haut personnage de la cour royale porte un nom juif. D’ailleurs le petit texte situé dans le monogramme central est gravé en hébreu et se termine par ‘Amen, shalom, amen’.

Autre exemple (tombe découverte au sud de la mer Morte). Le texte dit: ’Puisse reposer l’âme de Yoseh, fils d’Awfa, qui trépassa dans la ville de Zafâr, dans le pays des Himyarites, partit pour le pays d’Israël et fut enterré le jour de la veille du Sabbat, le 29e jour du mois de Tammuz, la 1ère année de la semaine d’années égale à l’an 400 de la destruction du Temple’. Donc voilà quelqu’un qui est mort dans le pays des Himyarites et dont les restes ont été transportés au voisinage de ce qui était considéré comme le pays d’Israël.

Nécropoles et cimetières juifs

On a des preuves nombreuses de la présence juive en Arabie. Ainsi dans la nécropole juive de Bet She’arîm (découverte en Galilée à la fin des années 30, mais oubliée par la suite), on a trouvé un caveau réservé aux juifs Himyarites (ou Homérites). Par ailleurs sur le site de Hasî (près de Zafâr, au Yémen), on a trouvé la très belle inscription suivante: ‘Le prince a concédé au Seigneur du Ciel quatre parcelles, à côté de ce rocher, en descendant jusqu’à la clôture de la zone cultivée, pour y enterrer les juifs, avec l’assurance qu’on évitera d’y enterrer avec eux un non-juif ‘(‘rmy=araméen=païen). Voilà donc le témoignage explicite qu’une autorité (juive?) a accordé sa protection aux communautés juives et s’est senti une obligation de leur créer un cimetière réservé.

Sans être religion officielle, le judaïsme de Himyar apparaît religion dominante

Un grand nombre d’inscriptions sont dues aux rois de Himyar. Celle-ci-contre (384) dit simplement: ‘Avec l’aide deson seigneur, le Seigneur des Cieux’. Les rois de Himyar utilisent toujours des formules monothéistes, sans que l’on puisse dire s’ils sont juifs ou non. En revanche les inscriptions rédigées par des particuliers présentent toute la gamme entre ce monothéisme neutre et un judaïsme affirmé. Comme aucune inscription ne mentionne une orientation religieuse différente, la société apparaît ainsi fortement judaïsée.

Juifs orthodoxes et judéo-monothéistes partagent le ‘mikrâb’

Le judéomonothéisme de Himyar a une maison qui lui est consacrée en propre: le mikrâb. Elle sert au culte, à l’enseignement, et peut-être à l’hébergement des voyageurs. On trouve un mikrâb dans les cimetières juifs. Le nom de mikrâb n’est attesté dans les inscriptions que pendant la période judéomonothéiste.

On a la certitude que le mikrâb est partagé entre les juifs fidèles de la Torah et les judéomonothéistes, considérés par les premiers comme des ‘craignant Dieu’. Dans l’un des plus anciens mikrâb édifiés par un roi, on a trouvé l’inscription suivante: ’Et pour que Dieu, seigneur du ciel et de la Terre, leur accorde la crainte de son nom et le salut de leurs personnes.’Par le mikrâb, la communauté juive, sans doute minoritaire, était en relation étroite avec les monothéistes plus nombreux qui adhéraient aux principes de morale de la Torah, mais pas à l’ensemble de ses prescriptions.

Particularités du judaïsme himyarite

‘Que bénissent et soient bénis le nom de Rahmânân qui est au Ciel, Israël et son Dieu, le Seigneur des juifs…’Par ailleurs on a découvert la trace d’une grande vénération des familles sacerdotales juives chargées du culte au Temple de Jérusalem: à Bayt Hâdir (près de Sanaa), une inscription enregistre soigneusement les noms des 24 familles de prêtres et de leurs villages d’origine, tous galiléens. C’est la seule inscription de ce type trouvée en dehors du territoire d’Israël.

Le judaïsme est aussi attesté dans le nord de l’Arabie dès le 3e siècle

Le judaïsme dans le nord-ouest de la péninsule arabique, attesté par des sources externes, a laissé lui aussi de nombreuses traces dans les inscriptions. Par exemple sur une stèle trouvée à Tayma, une grande oasis du nord de l’Arabie, l’inscription dit: ‘Ceci est le mémorial d’Isaïe, fils de Joseph, prince deTayma, qu’ont érigé sur lui Amram et Rashim ses frères’. Le terme traduit par ‘prince’ désigne plus précisément le premier magistrat de la cité; il est utilisé dans ce sens sur une inscription du site voisin de Madâ’in Salih. Tous les noms étant juifs, on est assuré que le premier magistrat d’une grande oasis de l’Arabie du nord était juif en 203 EC. Autres exemples: on a trouvé une stèle (356) dédiée à une descendante de Samuel, prince de Higrâ. Là aussi on a un nom typiquement juif qui est porté par un personnage occupant une position de premier plan. Près de Tayma, on a trouvé une menorah avec les ustensiles caractéristiques du judaïsme qui l’accompagnaient.

La conversion du roi de Himyar vers 380 est contemporaine de celle des monarques de l’époque

A Rome l’édit de tolérance de Milan est promulgué en 314, Constantin se fait baptiser en 337, son successeur Constance II devient le premier empereur chrétien, et le paganisme est interdit dans le monde romain vers 380. A Aksûm, le souverain éthiopien devient officiellement chrétien vers 360. Et à Himyar le roi se déclare juif vers 380. Cette suite de conversions montre que les royaumes d’Aksûm et d’Himyar évoluent à un rythme voisin de celui du monde méditerranéen. Circulations de personnes et échanges commerciaux font que les exigences spirituelles du monde romain touchent également les populations de l’Ethiopie et de la péninsule Arabique. Si l’on recense tous les mots religieux présents dans les inscriptions du Yémen, on trouve un grand nombre de fois ceux de ‘prière’ et d’aumône légale’. Deux des cinq piliers de l’islam étaient donc déjà fortement enracinés en Arabie quelque 250 ans avant la prédication de Mahomet. Le paganisme grossier accolé à la période préislamique ne correspond en rien à la réalité.

De 535 à 570 sous le roi Abraha, l’Arabie Himyarite devient un royaume chrétien …

Vers 500 le royaume de Himyar, qui domine toute l’Arabie, devient tributaire du royaume éthiopien d’Aksûm, lequel est chrétien. En 522 le roi himyarite Joseph que les Ethiopiens ont installé sur le trône se révolte et se déclare juif. Au cours de ses campagnes, il massacre les soutiens des Ethiopiens, qui sont le plus souvent chrétiens. La tradition a notamment retenu le martyre de la population chrétienne de Najrân. Mais Joseph est vaincu par les troupes Aksûmites en 525, et leur chef Abraha (531-570) impose la domination chrétienne sur toute l’Arabie. Les archives permettent de situer la plupart des sièges épiscopaux de cette époque, ainsi que la localisation de nombreuses églises.

Les vestiges de plusieurs d’entre elles ont été mis au jour par les archéologues (cf oratoire d’Al Jubayl sur le Golfe). Trait piquant: on a trouvé une inscription explicite de cette soumission à un pouvoir chrétien à Yathrib (=Médine), inscription datée de 552, soit 70 ans seulement avant que Mahomet ne fasse de Médine sa capitale.

Essais de reconstitution de la grande église de Sanaa

Peu après sa prise de pouvoir, Abraha transféra sa capitale de Zafar à Sanaa et y bâtit une vaste église à la gloire de la religion chrétienne. La tradition arabe dit que ce fut pour rivaliser avec le pèlerinage de La Mecque, mais il est possible au contraire que le pèlerinage de La Mecque n’ait vraiment prospéré qu’après la mort d’Abraha. Plusieurs équipes d’archéologues ont travaillé ces dernières années sur la grande mosquée de Sanaa. Ils ont mis en évidence les réemplois des chapiteaux de l’ancienne église d’Abraha, avec leurs croix caractéristiques. Un fragment retrouvé de la plaque de fondation de cette église la date de 559-560. En s’appuyant sur la description détaillée d’un auteur islamique et sur les vestiges des églises de Najrân (Yémen) et d’Aksûm (Ethiopie), l’architecte Ch. Darles en a proposé une reconstitution: podium carré, bâtiment fermé, cour intérieure, grande salle transversale… Les archéologues aimeraient faire des sondages dans la grande mosquée, ce qui est bien sûr problématique. Ils ont néanmoins trouvé récemment que certains bois du plafond étaient largement préislamiques, ce qui veut dire que non seulement les chapiteaux, mais aussi les décors de plafond de la mosquée sont des réemplois de l’église d’Abraha.

Christologie des inscriptions d’Abraha

Plusieurs inscriptions du 6e siècle suggèrent une évolution du contenu de la foi officielle au cours du règne d’Abraha. La première (530) dit: ‘Au nom et avec la protection du Miséricordieux, de son fils Christ vainqueur, et de l’Esprit Saint’. Elle est d’une orthodoxie rigoureuse. Dans sa grande inscription de 548, et sans doute pour des raisons politiques, Abraha recourt pour la 2e personne de la Trinité, à une formulation acceptable aussi bien par les chrétiens que par les juifs: ‘Avec la puissance, l’aide et la clémence du Miséricordieux,de son Messie, et de l’Esprit de Sainteté’. Enfin dans une inscription trouvée à Murayghân et datant de 552, on ne lit plus que : ‘Avec la puissance du Miséricordieux et de son Messie’. Illustration du caractère officiel de la religion chrétienne dans l’Himyar d’Abraha, l’inscription monumentale ci-dessous, gravée en plein désert d’Arabie centrale, commence par une croix. Cette prégnance générale du judéo-christianisme a forcément influencé le fondateur de l’islam quelques décennies plus tard.

Un lieu de vénération d’un martyr chrétien

Dans la région de Najrân (frontière Arabie-Yémen), sur le site désertique de Himà, on a découvert de nombreuses inscriptions que l’on peut dater de 470. Elles ont suscité un vif intérêt à un double titre. D’une part elles étaient rédigées en arabe, alors qu’on pensait jusque-là que l’écriture arabe ne s’était diffusée dans la péninsule Arabique qu’avec l’islam. D’autre part ces inscriptions, où figurait systématiquement la croix, étaient chrétiennes. Parmi elles, une grande inscription de 1 m de haut, visible de loin, répétait le nom d’un certain Thawbân, fils de Malik. Qui était ce personnage, objet de vénération dans le christianisme local? Sans doute un martyr, car cette époque (468-480) est celle de la première répression juive contre les chrétiens (cf martyre d’Azqîr). Ces inscriptions en arabe archaïque accompagnées d’une croix suggèrent par ailleurs un lien entre la diffusion de l’écriture arabe et celle du christianisme. Peut-être le recours à cette écriture a-t-il permis aux chrétiens d’affirmer une certaine identité par rapport au Yémen qui était alors juif?

En conclusion, l’idée d’une Arabie préislamique livrée au paganisme et à l’ignorance a été com-plètement ruinée par les découvertes archéologiques récentes. Le terreau judéo-chrétien y était largement présent bien avant la naissance de l’islam.

Voir également:

Was Jesus a Palestinian and why would Congresswoman Ilhan Omar care?

These are questions that Rabbi Abraham Cooper, associate dean and director of global social action agenda for the Simon Wiesenthal Center, asked this week.

Maayan Jaffe-Hoffman
The Jerusalem Post
April 25, 2019

These are questions that Rabbi Abraham Cooper, associate dean and director of global social action agenda for the Simon Wiesenthal Center, asked this week, after the congresswoman retweeted a New York Times op-ed by Eric V. Copage, which claimed that “Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.”

The writer was exploring why Jesus is so often illustrated as a white man with blue eyes, but Cooper contends that Omar likely had another agenda in sharing the article, which she did with the following message: “Don’t they (Christians) know Jesus was a Palestinian?”

“The claim that Jesus was a Palestinian is so bizarre that the question becomes what one gains by making that allegation,” Cooper told The Jerusalem Post. “For people who have no theological or historical rooting, the idea that Jesus was a Palestinian creates a new narrative for Palestinian history, which otherwise does not date back very far. If one can say that Jesus was Palestinian 2,000 years ago, then that means the Jews are occupying Palestinian land.”

Cooper said that for people who “don’t like Jews to begin with, it is a deadly combination of the Jews killed Jesus and now they are doing the same to his progeny,” he continued. “From a political and propaganda point of view, there is something to be gained.”
The myth that Jesus was a Palestinian dates back to the days of Yasser Arafat, when his trusted Christian-Palestinian adviser Hanan Ashrawi made the claim. Since then, the idea resurfaces now and again, according to Cooper.

“The absurdity of it is breathtaking,” Cooper said of Jesus being a Palestinian. “Jesus was born in Bethlehem, think about who is parents were – his mother, Mary, was betrothed to Joseph, a carpenter. In the Gospels, there is no mention of Palestine, only Judea, which is where Jews lived.”

Cooper said that if the Palestinians admit that Jesus was a Jew, then the idea that the Jews only arrived in Israel in 1948 and occupied Palestinian indigenous land becomes an absurdity.

He said Omar “knows this narrative is false but also that it has an inherent power to it,” said Cooper. “The ‘Benjamins,’ the big lie of dual loyalty, Jesus is a Palestinian – it is all rewriting history to plant in people’s minds that the Palestinian people go back thousands of years.”

“She is a very clear person,” Cooper continued. “Ilhan Omar is a clever antisemite, so truth does not play much of a role anyway.”
He added that, “When an elected member of the US Congress retweets such a thing, that takes things to the next level.”
Some people came out in defense of Omar, such as American Muslim scholar, civil rights activist, writer and speaker Omar Suleiman. He tweeted a speech by American Protestant Minister William J. Barber II, who likewise made the claim that “Jesus, a brown-skinned Palestinian Jew” and called out the misplaced hate directed at Omar.

Cooper said he was surprised The New York Times allowed Copage to publish an op-ed with such a line, and expected such information only to be shared on platforms like Facebook and Twitter, where users can get away with much more before it is identified – if it is ever identified – as fake news.

The solution: education, he said.

“It is extremely important for world Jewry and Jewish families to teach their own and go over our amazing love affair between the people and her land that stands for more than 3,000 years,” said Cooper, noting that is the responsibility of educated Jews and Christians to counter such falsehoods.

Voir de même:

NewYork Times Claims Jesus Was ‘Likely a Palestinian’

Ira Stoll
Algemeine
April 23, 2019

A New York Times article claiming that Jesus “was most likely a Palestinian man with dark skin” is generating a fierce push-back from the Jewish community.

The executive director of Boston’s Jewish Community Relations Council, Jeremy Burton, tweeted, “Important to point out that no, Jesus did not identify as Palestinian. He was a Judean Jew and for him, the term Palestine was that of the Roman occupier.”

A professor of Jewish history at Yeshiva University, Steven Fine, responded on the Times comments page that “for sure” Jesus “was a youngish Jewish man” who “looked like other Jews of his place and time.”

Another Jewish Times reader responded in the comments section, “I am amazed that the author of this article cannot simply state that Jesus was a Jew. He uses the anachronistic term ‘Palestinian.’ During Jesus’ lifetime the Romans called the province which they controlled ‘Judea.’ Later they renamed it ‘Syria Palestina.’ Referring to Jesus as ‘Palestinian’ is simply misleading in the context of his era.”

The editorial director of the Times reader center, Hanna Ingber, responded to the complaint: “You are of course right that Jesus was Jewish. We never intended to imply that he wasn’t, and we didn’t leave that detail out to make a point, as some readers wondered. The article was focused on what he physically looked like. But again, we do hear your concern.”

A journalist with the Jewish Chronicle in London, Daniel Sugarman, has described the “Jesus was a Palestinian” claim as “idiocy” and “deliberate historical revisionism designed to deny the Jewish connection to the Holy Land.”

An official at the Simon Wiesenthal Center, Rabbi Abraham Cooper, told The Jewish Journal newspaper that the claim Jesus was a Palestinian is a “grotesque insult.” The Journal observed this claim is being made not only by the Times but by a Muslim-American Democratic congresswoman who supports the movement to boycott, divest from, and impose economic sanctions on Israel — Ilhan Omar.

Noah Pollak, in a tweet cited by The Daily Wire, called the New York Times article “crazy.” Pollak insisted, “Jesus was not an Arab.”

Personally, I’m tempted to quip that if the Palestinians want him, they can have him. It’s a little unseemly, or at least somewhat ironic, for Jews to be scrambling to claim credit for the founder of a non-Jewish religion. So far as the story can be discerned, though, he does appear to have started out as a Jew. As time went on, at least as told in the Christian Bible, though, he seems to have been doing more of his own thing. His followers turned it into something definitively different from Judaism.

Even so, using the term “Palestinian” to describe Jesus is indeed anachronistic, to the point of being misleading. The Times using its columns to push that false claim is enough to make readers wonder if the Times agenda here has less to do with the ancient history of early Christianity, and more to do with taking sides in the present-day conflict between Israel and Palestinian Arabs.

Ira Stoll was managing editor of The Forward and North American editor of The Jerusalem Post. More of his media critique, a regular Algemeiner feature, can be found here.

Voir de plus:

As a Black Child in Los Angeles, I Couldn’t Understand Why Jesus Had Blue Eyes
As Christians prepare to celebrate Easter, a Times journalist wonders how others first visualized Jesus as a child — and what those images mean now. Share your experience in the comments.
Eric V Copage
NYT
April 19, 2019

I must have been no older than 6. I was in church in my hometown, Los Angeles. Parishioners fanned themselves to stay cool in the packed, stuffy room.

On one side of each fan was an illustration of an Ozzie and Harriet-like American family — father, mother, son, daughter. All were black, like the parishioners in the church. On the other side was an illustration of Jesus Christ — fair skinned, fair haired, blue eyed.

Something seemed amiss to me about that depiction of Christ. Why was he white? Why was he not black, like my family, like me?

As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.

Many black Americans I met over the years not only embraced that image, but also insisted upon it. In a July 2002 episode of the radio show “This American Life,” an artist, Milton Reed, who made his living painting murals inside people’s apartments in public housing projects in Chicago, said black clients often asked him to paint Jesus — and insisted that Mr. Reed paint him white.

[Use the comments to tell us what you see when you visualize Christ. Your response may be highlighted in this article.]

With the approach of Easter, and these memories at the front of my mind, I decided to dig a little into this topic.

George Yancy, who edited “Christology and Whiteness,” a collection of essays about race and Christianity, told me the desire — sometimes the psychological need — of some black Americans to see Christ as white may “simply be a habit.”

“The first time I saw images of a black Christ it was shocking,” Dr. Yancy, who is black, told me. “It was like, ‘How dare they!’ But when you’ve seen a white Jesus all your life you think that can be the only acceptable image.”

Dr. Yancy, a philosophy professor at Emory University, also said that the social cultural soup all Americans are immersed in equates white with good and pure and black with bad and evil. Consciously or subconsciously some black Americans might have bought into that.

“If you internalized that worldview,” he said, “how could a dark-skinned Christ wash sins away?”

In a few black American churches the image of a white Jesus never took root, and for at least 100 years, those churches have been depicting Christ as black, as reported in a 1994 Washington Post article.

Since the 1960s, with the civil rights and black power movements and black liberation theology, the trend to show Christ as black has steadily grown.

“It would seem to follow that as black people came to rethink and embrace their own beauty, their own self-representation, that the image of a black Christ would naturally follow,” Dr. Yancy said.

Now, even though cultures across the world may at times show a Jesus that reflects their own story, a white Jesus is still deeply embedded in the Western story of Christianity. It has become often impossible to separate Jesus and white from the American psyche.

I remain interested in the depiction of Christ among blacks, Hispanics, East Asians, South Asians and other communities of color, both American born and immigrant.

I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction?

In the comments section of this article, I encourage you to share how the age-old debate over the identity of Jesus is playing out in your life and religious community.

Please include where you’re from. We may highlight a selection of responses in this article.

Voir encore:

Pelosi défend Omar : « Pas de trace » d’antisémitisme au sein du Parti démocrate

Dans la querelle entre le président américain et la nouvelle représentante au Congrès Ilhan Omar, la présidente démocrate de la Chambre a accusé Trump d’être à « court d’idées »

La Présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré mercredi qu’il n’y avait « aucune trace » d’antisémitisme au sein du Parti démocrate et a accusé le président américain Donald Trump de politiser cyniquement la question.

Trump a attaqué à plusieurs reprises la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, en la qualifiant d’antisémite, et a tweeté vendredi une vidéo qui l’attaquait pour des propos qu’elle avait tenus le mois dernier et qui auraient présenté une description désinvolte des attaques terroristes du 11 septembre.

L’attaque a suscité une défense de Pelosi, la première démocrate au Congrès, et de nombreux autres membres du parti, qui a déclaré que Trump avait dénaturé les propos d’Omar.

Lundi matin, Trump a encore intensifié les tensions en accusant Omar d’antisémitisme dans un tweet qui disait : « Avant que Nancy, qui a perdu tout contrôle sur le Congrès et qui ne fait rien, ne décide de défendre sa représentante, Omar, elle devrait jeter un œil aux déclarations antisémites, anti-Israël et de haine ingrates des États-Unis qu’Omar a faites. »

« Je ne pense pas que la députée soit antisémite. Je ne les mettrais même pas dans la même catégorie », a déclaré Mme Pelosi lors d’une interview accordée à CNN mercredi à Dublin, en Irlande, où elle est en déplacement.

« Il n’y a aucune trace de cela au Parti démocrate », a-t-elle dit, « et ce n’est pas parce qu’ils veulent accuser quelqu’un de cela qu’on doit se laisser faire. » Les accusations de Trump, a-t-elle ajouté, montrent qu’il est « à court d’idées ».

Omar, une Somalo-Américaine et l’une des premières femmes musulmanes élues au Congrès, a été largement condamnée au cours des derniers mois pour des remarques affirmant que des Américains pro-israéliens avaient payé des membres du Congrès pour soutenir Israël, parmi d’autres tropes considérées comme antisémites par la communauté juive.

Lors d’une visite au Minnesota lundi, Trump a profité de cette occasion pour dire à KSTP-TV qu’il ne regrettait pas d’avoir tweeté la vidéo du 11 septembre.

« Elle a été très irrespectueuse envers ce pays », a dit Trump. « Elle a été très irrespectueuse, franchement, envers Israël… Elle a une façon de faire qui est très, très mauvaise, je pense, pour notre pays. Je pense qu’elle est extrêmement antipatriotique et extrêmement irrespectueuse envers notre pays. »

Ni le tweet de Trump ni la vidéo ne comprenaient la citation complète d’Omar ou le contexte. Le 23 mars, elle a déclaré au Council on American-Islamic Relations (CAIR) [Conseil des relations américano-islamiques] que de nombreux musulmans avaient vu leurs libertés civiles érodées après les attentats du 11 septembre.

« CAIR a été créé après le 11 septembre 2001, parce qu’ils ont reconnu que certaines personnes avaient fait quelque chose et que nous commencions tous à perdre la jouissance de nos libertés civiles », a-t-elle dit. Bien que CAIR a été fondé en 1994, selon son site Web, ses membres ont grimpé en flèche après les attentats.

La défense d’Omar par Pelosi mercredi a fait suite à une défense partielle du sénateur Bernie Sanders, qui est Juif, lors d’une assemblée publique télévisée en Pennsylvanie, lundi. Sanders a dit qu’il ne considérait pas Omar comme antisémite, mais a ajouté qu’elle devait « apprendre à mieux parler à la communauté juive ».

À l’hôtel de ville, interrogé par la chaîne conservatrice Fox News, Sanders a également pris ses distances avec Omar. Sanders a réfuté la description que le modérateur Brett Baier a faite de lui comme étant un « partisan convaincu » d’Omar, en disant : « J’ai parlé à Ilhan environ deux fois dans ma vie. »

Sanders, comme Omar, a critiqué le gouvernement israélien pour sa politique envers les Palestiniens. Il a déclaré avant les élections nationales de la semaine dernière en Israël qu’il espérait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu perde les élections.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir et j’espère que tous les membres du Congrès lutteront non seulement contre l’antisémitisme, mais aussi contre le racisme et les activités anti-musulmanes afin de créer une société non-discriminatoire », a dit Sanders. « Mais ce n’est pas de l’antisémitisme que de critiquer un gouvernement de droite en Israël. Ce n’est pas antisémite. »

Depuis le tweet de Trump sur le 11 septembre, Omar a déclaré qu’elle était confrontée à des menaces de mort de plus en plus nombreuses, beaucoup d’entre elles citant cette vidéo.

« Cela met des vies en danger », a-t-elle déclaré dimanche soir, accusant Trump de fomenter l’extrémisme de droite. « Il faut que ça s’arrête. »

Un homme du nord de l’État de New York a récemment été accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre Omar.

Suite à ces menaces, Mme Pelosi a demandé à la police du Capitole de prendre des mesures pour protéger la sécurité de la députée et a demandé à M. Trump de retirer la vidéo. Peu de temps après, la vidéo a disparu sous la forme d’un tweet épinglé en haut du fil Twitter de Trump, mais elle n’a pas été supprimée.

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a défendu Trump dimanche, affirmant que le président avait le devoir de mettre en lumière les antécédents d’Omar qui a tenu des propos que certains jugent antisémites ou offensants et qu’il ne souhaitait aucun « mal » à la législatrice dont c’est le premier mandat.

France-Soir falsifie l’étymologie du mot « Palestine »

Le fils du Premier ministre israélien a émis un tweet dans lequel il affirmait qu’il n’y avait pas de « Palestine » parce qu’il n’y avait pas de lettre « P » en arabe.

Si le raisonnement peut être vu comme simpliste et le style offensif (raisons pour lesquelles le tweet a ensuite été supprimé ?), la réponse de France-Soir est carrément fausse.

Voulant démontrer que le rejeton du dirigeant israélien avait tort, France-Soir s’est engagé dans un débat étymologique.

 

Décrivant des « réponses moqueuses » au tweet de Yaïr Netanyahu, dont l’opinion est ainsi tournée en ridicule, France-Soir procède à un supposé « fact-checking » :

Le mot Palestine provient en effet de l’arabe Falastin, avant d’être transcrit en latin Palaestina (voir ici) d’où provient la transcription Palestine dans les langues européennes.

Mais l’étymologie est affaire de chronologie : il s’agit de trouver l’origine d’un mot.

Or le nom latin « Palaestina » a été donné en 135 par l’empereur romain Hadrien à la région auparavant dénommée Judée (pays des Judéens, c’est à dire des Juifs). Les Romains, qui venaient de subjuguer les Juifs qui leur avaient opposé une résistance très dure, entendaient effacer le lien des vaincus avec cette région. Ils choisirent « Palaestina » en référence aux Philistins, peuple qui avait été un ennemi des Juifs et qui s’était éteint déjà plusieurs siècles auparavant, dont on pense que le nom signifiait « envahisseurs » (les Philistins étaient probablement à l’origine un peuple provenant de l’actuelle Grèce). Le nom latin « Palaestina » dérivait du grec « Παλαιστίνη Palaistínē », provenant lui-même de l’hébreu « פְּלֶשֶׁת – p’léshet ». Le terme « P-l-s-t » ou « P-r-s-t » sans doute équivalent a aussi été retrouvé sur des inscriptions égyptiennes prédatant d’un millénaire le choix du mot par les Romains. Après les Romains, succédant aux Byzantins, c’est au 7e siècle que les Arabes ont envahi la région qu’eux appelaient « Sham », le Levant.

Et c’est bien plus tard que le terme latin a été transcrit dans d’autres langues dont l’arabe. Au début du 20e siècle, les Arabes de la région ne se définissaient pas comme des Palestiniens. « Falastin » en arabe désignait alors la région du mandat britannique sur la Palestine, qui était habitée par des Arabes palestiniens, et des Juifs palestiniens… Le journal juif « Jerusalem Post » s’appelait alors « Palestine Post ». Dans les années 1960, soit dix-huit siècles après la popularisation du terme Palestine par les Romains, tandis que les Juifs de Palestine étaient devenus des Israéliens, les Arabes de Palestine adoptèrent le terme de Palestiniens.

 

 

L’étymologie fournie par France-Soir est trompeuse puisqu’elle implique que « Palestine » soit un mot arabe, et par extension que la région ait été arabe avant même la présence des Romains. Il n’en est rien et c’est le mot latin « Palaestina » qui a été transcrit en arabe par « Falastin », pas l’inverse.

L’arabe ne connaissant pas le son « P », la transcription depuis le latin l’a transformé en « F » – qui est un son proche (en hébreu, une seule lettre est d’ailleurs utilisée pour les deux sons avec une simple ponctuation pour les différencier).

L’article raille ceux qui mettent en doute la légitimité historique de la « Palestine » comme entité arabe en se basant sur l’étymologie du mot. Mais une fois démontrée, la falsification de l’histoire nécessaire à l’invalidation de ce point de vue semble bien atteindre l’effet inverse…

D’autant que, juste derrière la phrase en question, l’article contient un deuxième passage tout aussi aberrant.

Un internaute a fait remarquer, non sans ironie, qu’aucune lettre de l’hébreu ne pouvait retranscrire le son “j”. En conséquence, Jérusalem (qui se prononce “Yerushalayim”) ne se trouve pas en Israël.

France Soir ne donne pas le nom de « l’internaute » auteur du tweet en question. Mais un lien pointe vers une page du site anti-israélien Middle East Eye (sobrement présenté par France-Soir comme un « média anglo-saxon »). On peut y lire le tweet original…

 

 

… et découvrir son auteur.

 

Antisioniste et fier de l’être

 

Il s’agit de Miko Peled, un activiste antisioniste connu qui ajoutait même dans son message dont la traduction a été tronquée par France Soir que les Juifs ne pouvaient pas faire partie d’Israël. Forcément, puisque Miko Peled, bien que né en Israël dans une famille autrefois sioniste, est contre l’existence même de l’Etat juif. De là à en faire une source crédible pour un média d’information…

C’est évidemment le nom original hébreu « Yerushalayim » qui a été transcrit en français par « Jérusalem »; le « J » du français est une adaptation issue de l’hébreu. Le grec « Hierosólyma » avait gardé la trace de la prononciation hébraïque, tout comme l’allemand qui l’écrit « Jerusalem » comme en français mais où le « J » se prononce « I ». Dire que Jérusalem ne se trouve pas en Israël est par ailleurs faux quelle que soit la justification (au minimum, tout le monde hormis les haïsseurs d’Israël reconnaît que la partie occidentale de la ville est israélienne).

InfoEquitable a écrit à la rédaction de France-Soir pour demander la rectification de cet article (correction de l’étymologie du mot « Palestine » et suppression du paragraphe mensonger sur Jérusalem). Nos lecteurs peuvent également écrire pour appuyer cette demande.

Voir de plus:

The Claim That Jesus Was A Palestinian Is Just Plain Ignorant!
Jeff Dunetz
Lidblog
Apr 25, 2019

Originally presented by Yasser Arafat’s PR woman Hannan Ashrawi in 2001, the claim that Jesus Christ was a Palestinian has been back in the news lately. But it is a claim that is historically impossible and designed to erase the historical connections between the Jewish people and the holy land.

On Saturday, the anti-Semitic, anti-America Rep Ilhan Omar, retweeted a tweet from Omar Suleiman, an adjunct professor of Islamic Studies at Southern Methodist University,

Just 24 hours earlier the NY Times published an op-ed by Eric Copage, which said in part:

“As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.”

The claim is not new, during the 2016 Democratic convention Rev. William Barber II received cheers during his speech when he said:

Jesus, a brown-skinned Palestinian Jew called us to preach good news to the poor, the broken, and the bruised, and all those who are made to feel unexpected.

Wrong! 

Being Jewish and living around 2,000 years after Jesus’ death I can’t speak to what Jesus taught or the color of his skin. But considering when and where he lived Copage’s description of Jesus’ physical appearance is probably correct. In fact, scientists who have looked into it believe that Jesus looked like a typical Middle Eastern Judean, as opposed to the way he is normally portrayed as a European. (Yes Judean. The country was called Judea, that’s where the term “Jews” comes from).

After the Bar Kochba revolt in 135 CE, the Romans punished the Judeans (Jews) for revolting for the second time in sixty years. To poke those rebellious Judeans in the eye, the Romans changed the name of their country from Judea to Syria Palaestina. The Romans used Palaestina after the ancient enemy of the Jews, the Philistines. Not that there were Philistines around anymore (they had disappeared from existence around eight hundred years earlier).

The Romans also threw out many of the Judeans creating the Jewish exile that lasted till 1948. The Byzantine Empire took control of the holy land around the year 330 C.E., and in the year 638, it was conquered by Muslim Arab forces.

Putting the timeline together it is clear to anyone with basic math skills that it is impossible for Jesus to have been a Palestinian. There was no piece of land called Palestine until 100 years after Jesus died, and the area wasn’t controlled by Muslims until 600 years after his death.

if Jesus was a Palestinian, Christians couldn’t claim that he was from the line of King David, one of the Jewish Messiah requirements.

The people claiming that Jesus was a Palestinian are trying to create a new history for the Palestinians. If they can convince people of the falsehood that Palestinians were around for two millennia, then the lie that Jews are occupying Palestinian land becomes almost logical.

Anyone who says that Jesus was a Palestinian hasn’t the slightest idea of history and/or is trying to delegitimize the 3.500+ year Jewish heritage in the holy land. Both Jews and Christians believe that Jesus was a nice Judean (Jewish) boy who went into his father’s business. The real disagreement between the two faiths is his father’s occupation.

Voir encore:

Signes des temps par Marc Weitzmann
Tous les dimanches de 12h45 à 13h30

L’imaginaire de Notre-Dame de Paris et la fabrique de l’identité française
21/04/2019

Alors que la France et le monde pleurent les dommages causés par les flammes à Notre-Dame de Paris, « Signes des temps » s’intéresse aux multiples réinventions de la cathédrale, à ses légendes, au mythe réel qu’elle est devenu.

« La France est foutue », pouvait-on lire sur Facebook au lendemain de l’incendie qui a ravagé une partie de Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier « C’est la fin de la civilisation »; « Notre-Drame, titrait Libération le même jour tandis que dans le Figaro Fabrice Luchini s’écriait « Avec cet incendie, on pourrait presque penser à un signe », et qu’Arielle Dombasle se filmait sur Facebook en train de chanter l’Ave Maria. « Il faut parfois des tragédies pour sortir les peuples décadents de leur frilosité amnésique », a renchéri Yvan Rioufol dans Le Figaro vendredi dernier avant d’ajouter « l’occasion est donnée aux Français de retrouver le goût de la transmission et des racines. Rien n’est plus disruptif que de tenter d’être à nouveau à la hauteur des humbles bâtisseurs du Moyen-Age. » Va-t-on vraiment réapprendre l’art des bâtisseurs du Moyen-Age pour sauver la civilisation française ? Illuminée par les flammes de la cathédrale, la France se découvre depuis une semaine au miroir de  son Histoire ou plutôt du souvenir qu’elle en garde à travers les romans, les films, les photos qui ont fait de Notre-Dame de Paris un monument unique en son genre, mais quoi ? Y a-t-il vraiment des racines cachées sous notre Dame ou bien, comparée aux cathédrales de Chartres, de Reims ou de Strasbourg, Notre-Dame est-elle en fait un objet unique, où le souvenir de l’histoire réelle se mêle aux légendes et à la littérature pour fabriquer un monument à mi-chemin entre songe et architecture, un rêve de pierre exhibant l’histoire comme fiction nécessaire ?

Voir aussi:

Des centaines d’actes de profanation d’églises sont passés inaperçus en 2018

En France, 1063 actes contre des églises ont été perpétrés en 2018. L’incendie de Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris dimanche dernier, lance le débat autour de la «christianophobie»
Javet Victoria
Le Temps
22 mars 2019

Peu médiatisées, les insultes et profanations contre des lieux de culte chrétiens se multiplient et atteignent des proportions effrayantes. En février dernier, le gouvernement français recensait 1063 délits de ce type rien que pour l’année 2018. Un phénomène passant quelque peu inaperçu, notamment face aux scandales de pédophilie qui plongent l’Eglise catholique dans la tourmente. Pourtant, le nombre de ces actes délictueux est sensiblement en hausse par rapport à 2017.

Le mois dernier, quatre lieux de culte ont été saccagés en moins d’une semaine dans l’Hexagone. Le 4 février, c’est l’église Saint-Nicolas à Houilles, dans les Yvelines, qui était touchée, puis la cathédrale Saint-Alain-de-Lavaur le lendemain. Notre-Dame-des-Enfants le 6 février. Notre-Dame à Dijon le 9 février. Une liste préoccupante et qui ne représente qu’une petite partie du phénomène.

La presse espagnole a par ailleurs vivement réagi face à ces profanations. De nombreux articles sont parus cette semaine, qualifiant sans détour ces crimes de «vandalisme antichrétien». Le média espagnol ABC titrait notamment mardi «Une douzaine d’églises profanées depuis une semaine».

900 000 euros de dégâts pour Saint-Sulpice

L’incendie de Saint-Sulpice est celui qui a été le plus relayé par les médias et sur les réseaux sociaux. Le feu se serait déclaré aux alentours de 13h40, dimanche, au niveau de la porte de l’édifice. Le départ de feu, qui a pu être rapidement maîtrisé dimanche soir, serait d’origine «humaine». La piste criminelle est, pour l’heure, privilégiée par les enquêteurs.

Tout l’intérieur de cette église située dans le VIe arrondissement de Paris a été recouvert de suie et sali, mais seule l’imposante porte d’entrée du lieu de culte a été détruite. Toutefois, les dégâts ont été estimés à près de 900 000 euros.

Prudence et discrétion de l’Eglise

De son côté, l’Eglise préfère rester discrète sur ces événements. Elle justifie cette position en invoquant un possible risque d’imitation si les faits étaient trop médiatisés.

Contrairement aux actes antisémites, qui exploitent des symboles de haine tels que la croix gammée, les délits visant des édifices chrétiens (catholiques pour la plupart d’entre eux) ne sont presque jamais signés. Il est ainsi extrêmement difficile de remonter la source des coupables, souligne le quotidien ABC. Dimanche soir, après que le feu a été maîtrisé, l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, s’exprimait également avec prudence sur les circonstances de l’incendie.

Voir également:

Notre-Dame: une sous-estimation du risque par certains responsables aux conséquences dévastatrices

Katrin Bennhold and James Glanz
NYT
April 20, 2019

PARIS — L’architecte qui a supervisé la conception du système de sécurité incendie à Notre-Dame a reconnu que des responsables avaient sous-estimé la vitesse à laquelle un feu pouvait démarrer et se propager dans la cathédrale, avec pour conséquence un incendie bien plus dévastateur qu’anticipé.

Le système reposait sur l’hypothèse que si la cathédrale venait à prendre feu, les anciennes poutres de chêne dans les combles brûleraient lentement, laissant largement assez de temps pour que les flammes soient maîtrisés, d’après Benjamin Mouton, l’architecte en chef des monuments historiques qui supervisa la mise en place des sécurités incendie.

Contrairement à ce qui existe sur certains sites sensibles aux États-Unis, les alarmes incendie à Notre-Dame n’étaient pas directement reliées à une caserne de pompiers. Il fallait d’abord qu’un agent de sécurité de la cathédrale gravisse une série d’escaliers raides pour atteindre les combles – un trajet qu’une personne ‘sportive’ met six minutes à effectuer, explique M. Mouton.

Ce n’est qu’après qu’un incendie était constaté que les pompiers étaient avertis et déployés. Autrement dit, même une réaction impeccable à un incendie intégrait un délai d’environ 20 minutes – entre le moment où l’alarme retentissait, et celui où les pompiers étaient arrivés et montés jusqu’aux combles avec des kilos de lances à incendie et de matériel, pour enfin s’attaquer aux flammes.

Ce délai s’est avéré dévastateur.

“Là où j’étais stupéfait c’est de la rapidité avec laquelle le chêne de Notre-Dame a brûlé,” dit M. Mouton. “Un chêne aussi vieux; ça ne peut pas brûler comme une allumette. C’est absolument incompréhensible.”

Certains experts en sécurité incendie affirment cependant que M. Mouton et son équipe avaient sous-estimé le risque – et que la procédure de sécurité qu’ils avaient conçu était bien trop lente pour que le feu puisse être combattu à temps.

“Ça n’a aucun sens,” affirme Jonathan Barnett, un responsable de sécurité incendie chez Basic Expert en Australie. “Vingt minutes avant que les gens n’interviennent; c’est un délai énorme. Quand de la charpente lourde se met à brûler, on ne peut pas l’éteindre. Donc je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle ils ont prévu ce délai.”

François Chatillon, un architecte en chef des monuments historiques impliqué dans la restauration de nombreux monuments en France, signale également qu’il était bien connu que les poutres de chêne sous le toit en plomb de Notre-Dame présentaient un risque élevé d’incendie.

Une fois le feu démarré, dit-il, “c’est comme jeter une allumette dans une boite qui en est remplie, c’est impossible à éteindre.”

Pour lui, ce qui est surprenant ce n’est pas que Notre-Dame ait brûlé cette semaine, mais qu’elle “n’ait pas brûlé plus tôt.”

M. Mouton et son équipe n’étaient les seuls en charge de la sécurisation d’un monument aussi précieux que Notre-Dame. Au minimum, leurs plans devaient être validés par leur hiérarchie au ministère de la Culture.

Charlotte Hubert, présidente de la compagnie des architectes en chef des monuments historiques, souligne que la sécurité dans de tels bâtiments est étroitement réglementée.

“On ne laisse pas les clés à l’architecte en chef pour qu’il fasse exactement ce qu’il veut,” explique-t-elle.

Toujours est-il, selon des experts en sécurité incendie, que deux des principaux responsables à l’époque – M. Mouton et le Lieutenant-Colonel Régis Prunet, ancien pompier et conseiller en sécurité incendie pour le ministère de la Culture – semblent avoir mal évalué les mesures anti-feu nécessaires pour protéger un bâtiment aussi atypique, complexe et irremplaçable que Notre-Dame.

Selon des scientifiques consultés par le New York Times, bien qu’un bois dense puisse mettre du temps à se consumer entièrement, un feu allait se propager naturellement et très rapidement parmi les vieilles poutres de Notre-Dame. Supposer le contraire, disent-il, était une erreur.

M. Mouton, l’architecte en chef des monuments historiques, supervisa une rénovation de la sécurité incendie alors qu’il était responsable de Notre-Dame, entre 2000 et 2013.

“Le sujet de la sécurité incendie a été posé à partir de mon arrivée,” dit M. Mouton. “J’ai géré le sujet de bout en bout.”

M. Prunet, en tant que conseiller en sécurité incendie à la direction générale des patrimoines, au sein du ministère de la Culture, travailla avec M. Mouton et son équipe.

Les deux hommes faisaient face à une tâche monumentale. Il n’y avait pas de plan approprié en place pour la protection contre le feu, ni même pour évacuer les touristes et les fidèles en cas d’incendie, explique M. Prunet. C’était un miracle que rien ne fût déjà arrivé, dit-il, et, selon lui, une grande ironie que cela arrive si rapidement après qu’un plan soit finalement en place.

M. Mouton et M. Prunet expliquent avoir eu main libre pour concevoir le système de protection incendie le plus efficace possible. L’argent n’était pas un problème.

Quand le budget s’avéra plus conséquent que prévu, les autorités françaises trouvèrent les financements, et le délai d’installation du nouveau système de sécurité passa de deux à quatre ans se rappelle M. Mouton.

“Le projet n’a pas été réduit pour des questions financières, je vous le certifie absolument,” dit-il.

Même si aucun coût ne fut épargné, la question de la préservation de la vieille charpente fut abordée de façon conservatrice, pour la laisser dans son état d’origine. Les concepteurs tenaient à ce que les combles ne soient pas altérées par des mesures de protection, avec des extincteurs automatiques ou des murs coupe-feu.

Si le choix avait été fait de sacrifier cette ‘pureté’ de la charpente, en d’autre termes de trouver un compromis entre ce qui était possible il y a 850 ans et ce qui convient aujourd’hui, la flèche aurait pu, selon des experts, être sauvée .

Si des murs coupe-feu ont pu être placés ailleurs dans la cathédrale; ils ne l’ont pas été dans les combles. D’après M. Prunet, la taille et la complexité de leur structure était d’une toute autre ampleur.

“Pour la cathédrale de Paris, c’était compliqué parce que vous aviez un enchaînement de poutres en chêne, ce qu’on appelle la forêt,” explique-t-il.

Mais M. Mouton a surtout renoncé à installer des murs coupe-feu car cela risquait d’être “mutilant” pour la structure, selon lui.

“Il est vrai que ça avait été évoqué mais ça n’a pas été retenu,” dit-il. “Ça change l’apparence mais aussi les éléments car pour mettre en place une cloison il faut aussi couper les bois, c’est mutilant.”

Et selon M. Prunet, des extincteurs automatiques n’ont pas été rajoutés parce que “le problème, c’est que vous noyez la structure.”

Au lieu de cela, expliquent-ils, leur équipe avait misé sur la prévention et la détection. C’était un choix délibéré.

Deux agents de sécurité étaient sur le site pour surveiller, jour et nuit, la délicate charpente du toit, tel le coffre-fort d’une banque.

Un réseau de détecteurs de fumée et de chaleur était réparti de par la cathédrale. Trois fois par jour, quelqu’un montait vérifier que le système fonctionnait.

M. Mouton affirme qu’il avait même testé le temps qu’il fallait pour qu’un agent fasse une levée de doute, en faisant la course avec l’un d’entre eux jusqu’en haut des combles.

“Ça met un certain temps, y compris pour quelqu’un de très sportif,” dit-il. “Cette solution m’avait paru raisonnable en considérant que c’est du vieux chêne, donc ça ne brûlait pas comme ça.”

Par ailleurs, le système d’alerte semble également avoir été défaillant, en commençant par la réponse à la première alerte de 18h20, lundi dernier.

L’agent de sécurité, ne constatant pas de feu, avait donné une fin d’alerte et était redescendu.

Mais selon Glenn Corbett, professeur associé et spécialiste de la science du feu au John Jay College of Criminal Justice à New York, quand une alarme retentit, il est impératif d’identifier l’origine et la cause de son déclenchement, y compris si c’est une défaillance ou si un insecte s’est introduit dans l’appareil.

“La cause de la première alarme n’a pas été assez recherchée ,” dit M. Corbett. “C’est probablement leur plus grande erreur.”

On peut supposer qu’à ce moment-là, un feu couvait vraisemblablement déjà quelque part dans les combles et commençait à se propager. Son origine reste à déterminer.

Certains experts en sécurité incendie ne comprennent pas comment M. Mouton a pu croire qu’un feu se propagerait lentement sur du vieux bois dur.

M. Corbett explique qu’on a longtemps cru que les feux de charpente dans des bâtiments du 19ème siècle étaient forcément de ‘combustion lente’, une croyance largement remise en cause de nos jours.

M. Barnett, l’expert australien, souligne que le temps qu’il faut pour qu’un un épais morceau de charpente soit entièrement brûlé diffère entièrement de la vitesse de propagation du feu.

“Il a sous-estimé le fait que c’est une très grande surface,” explique M. Barnett. “Il y a beaucoup d’énergie, et ça se propage très rapidement.”

Le temps que la deuxième alarme sonne à 18h43, et qu’un agent de sécurité remonte les escaliers, le feu s’était déjà mû en brasier.

Les pompiers n’ont été alertés qu’à 18h51.

“On aurait pu éviter tout cela avec un système de détection moderne,” assure Guillaume Poitrinal, président de la Fondation du Patrimoine.

La technologie de détection rapide en place à Notre-Dame était un système d’aspiration de la fumée fourni par Siemens en 2013, mais l’entreprise affirme qu’elle n’avait pas signé de contrat de maintenance et qu’elle ne peut pas s’exprimer sur de potentielles questions opérationnelles.

Les alarmes à incendie en France ne préviennent jamais automatiquement les pompiers, confirme un porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris.

“Il peut y avoir des fausses alertes, c’est pourquoi les pompiers demandent que quelqu’un aille vérifier,” explique Gabriel Plus, le porte-parole.

Mais pour des experts extérieurs, dans le cas de Notre-Dame, la procédure de sécurité incendie choisie ne prévoyait pas suffisamment de temps pour cela.

Une autre solution aurait pu être envisagée: la présence permanente de pompiers sur le site.

C’est le cas dans certains bâtiments encourant “un risque significatif” lors d’un incendie, explique M. Plus, comme par exemple le Louvre, le Palais de Justice, l’Assemblée Nationale et la Bibliothèque Nationale.

Notre-Dame, dit-il, n’en faisait pas partie.

M. Mouton reconnaît qu’une veille de pompiers sur le site aurait été la seule façon fiable d’éviter tout dégât par le feu, mais que cela ne pouvait se justifier “alors qu’il y a des incendies qui s’allument partout à Paris et en banlieue.”

Il fallait accepter une part de risque, dit-il. “Ça fait partie de la relativité des choses.”

“Je suis très embarrassé par ce qui arrive,” confie M. Mouton.

Avec le recul, aurait-il conçu le système de façon différente aujourd’hui?

“La détection serait restée la même,” dit-il. “Mais c’est la gestion qui change.”

“Bien sûr, c’est les premières minutes qui comptent,” dit-il, avant de marquer une pause. “A posteriori on a toujours tort et on aurait sûrement fait mieux. “

Katrin Bennhold a fait ce reportage depuis Paris, et James Glanz depuis New York. Ont contribué à ce reportage depuis Paris: Adam Nossiter, Liz Alderman, Aurélien Breeden et Elian Peltier.

Voir de même:

Etats-Unis

Hillary Clinton et Barack Obama ne reconnaissent pas la persécution des chrétiens

Tous deux ont parlé des attaques terroristes au Sri Lanka, mais ont préféré désigner les chrétiens comme des « fidèles de Pâques ».

Après les terribles série d’attentats à la bombe dimanche de Pâques (21), au Sri Lanka , qui compte déjà 310 morts et plus de 500 blessés, des représentants de l’aile démocratique des Etats-Unis ont décidé de se prononcer sur le fait, mais sans reconnaître les véritables motivations et la cible du massacre: l’église persécutée.Alors que le terme « islamophobie » a été repris après une attaque contre une mosquée à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, les principaux médias et les représentants démocrates refusent également de parler de « cristophobie ». »Jusqu’à présent, 290 morts dans des attaques contre des églises catholiques au Sri Lanka. Personne dans la presse n’a utilisé le terme « cristophobie » pour décrire les attaques commises à la Pâques « , a commenté le rédacteur en chef de l’organisation Brasil Paralelo, Guilherme Macalossi.S’agissant du massacre au Sri Lanka, Hillary Clinton et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, ont refusé de reconnaître que parmi les principales victimes de ces attaques, il y avait des chrétiens. Tous deux ont préféré appeler ces gens « des fidèles de Pâques ». »En cette semaine sainte pour de nombreuses religions, nous devons rester unis contre la haine et la violence. Je prie pour toutes les personnes touchées par ces terribles attaques contre les fidèles et les voyageurs de Pâques au Sri Lanka », a commenté Hillary Clinton sur Twitter.

« Les attaques contre les touristes et les fidèles de Pâques sont des attaques contre l’humanité. En cette journée consacrée à l’amour, à la rédemption et au renouveau, nous prions pour les victimes et restons avec le peuple du Sri Lanka », a écrit Obama.

« Islamophobie »

Les mêmes personnalités qui avaient omis d’utiliser le terme « chrétiens » dans leurs déclarations pour le remplacer par « adorateurs de Pâques » n’ont pas hésité à déplorer les violences à l’encontre de la « communauté islamique » après l’attaque de la mosquée Christchurch en Nouvelle-Zélande.

« Mon cœur est brisé par la Nouvelle-Zélande et la communauté musulmane mondiale. Nous devons continuer à lutter contre la perpétuation et la normalisation de l’islamophobie et du racisme sous toutes ses formes », a écrit Clinton à l’époque.

« Michelle et moi-même adressons nos condoléances au peuple néo-zélandais. Nous sommes profondément bouleversés par vous et par la communauté islamique dans son ensemble », a déclaré Obama au même moment. « Nous devons tous rester contre la haine sous toutes ses formes.

Selon le chroniqueur Rodrigo Constantino, cette disparité dans les commentaires des démocrates américains est due à une vision dans laquelle les chrétiens ne peuvent être considérés comme victimes de rien.

« Obama, Clinton et les autres démocrates de gauche ne peuvent même pas parler d’un chrétien pour définir une victime d’un attentat, car un chrétien dans son récit brutal doit toujours être à blâmer. En même temps, ils refusent de désigner l’Islam comme responsable de quoi que ce soit. mauvaise nouvelle, alors qu’ils se précipitent pour les voir comme des victimes. C’est ce que la gauche a résumé aujourd’hui: des conseillers de presse de radicaux islamistes! « , a déclaré le chroniqueur.

Voir enfin:

Le tourisme, nouveau carburant de l’Arabie saoudite

Benjamin Barthe

Riyad mise sur l’immense site antique d’Al-Ula pour ouvrir le pays au tourisme haut de gamme. Un enjeu politique majeur pour le prince héritier Mohammed Ben Salman.

Dans le nord-ouest de la péninsule arabique, en plein désert, à mille kilomètres des tours de Riyad, les Saoudiens investissent dans un nouveau filon. Sa valeur ne se mesure pas en barils de pétrole mais en regards éblouis et en silences béats. L’endroit s’appelle Al-Ula, et c’est une mine d’or : un territoire grand comme la Belgique et quasiment vierge, jalonné de tombeaux antiques taillés dans la roche, de graffitis plurimillénaires, de palmeraies verdoyantes et de concrétions aux formes spectaculaires.Ce trésor jailli des sables, jumeau de la célèbre nécropole nabatéenne de Pétra, dans le sud de la Jordanie, devrait bientôt briller sur la carte du tourisme mondial.Avec l’aide de la France, le royaume a entrepris de le transformer en une destination de voyage haut de gamme, mêlant villégiatures de luxe, découverte de l’Arabie préislamique et expéditions au grand air.Lancé il y a bientôt deux ans, le projet a commencé à se concrétiser cet hiver. Une série de concerts ont été organisés au milieu des rochers, avec en têtes d’affiche le pianiste chinois Lang Lang, le violoniste français Renaud Capuçon et le ténor italien Andrea Bocelli. Echelonnés sur plusieurs week-ends, entre décembre 2018 et février, ces récitals et les activités organisées en parallèle ont attiré près de 30 000 amateurs de musique et de vieilles pierres, venus de trente pays différents. Cet échantillon test, logé dans des camps bédouins cinq étoiles, s’est prêté de bon cœur aux strictes traditions locales, notamment le port de l’abaya, le manteau noir imposé aux femmes.

Vocation de porte-étendard

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, alias « MBS », s’est rendu sur place le 10 février. Pour lui, le développement du site tombe à pic : c’est l’occasion de remettre en avant ses ambitions modernisatrices, éclipsées par l’assassinat, début octobre 2018, à Istanbul, d’un journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, par des barbouzes venues de Riyad. A l’instar de Neom, la cité futuriste à 500 milliards de dollars (445 milliards d’euros) en chantier plus au nord, Al-Ula a vocation à être le porte-étendard d’un pays qui change.

Car en Arabie saoudite, le tourisme ne va pas de soi. Une grande partie de la société, nourrie de rigorisme wahhabite, a grandi dans l’idée que le culte des antiquités est une activité idolâtre, surtout quand il s’agit de reliques antéislamiques.

L’entrée des étrangers sur le territoire national a longtemps été limitée à quelques catégories de personnes très précises, comme les riverains du Golfe, les pèlerins musulmans et les hommes d’affaires. Passer outre cette règle non écrite, c’était souiller le berceau de l’islam. Ou du moins s’exposer à cette accusation…


Identités: Mains jaunes contre keffiehs (Identity politics comes to France)

23 mars, 2019
Julien-Dray (PS), Jean-Luc-Mélenchon (PG) et Marie-Noëlle-Lienemann (PS)Image result for Main d'or Dieudonné
Image result for Khaybar Khaybar ya yahud, Jaish Muhammad saufa ya’ud
https://pbs.twimg.com/media/D1t-RlkXcAAN5mJ.jpgNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il y a plus de larmes versées sur les prières exaucées que sur celles qui ne le sont pas. Thérèse d’Avila
Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières. Oscar Wilde
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. G.K. Chesterton
Nous appelions l’Amérique de nos voeux et nous sommes exaucés: même nos « problèmes », désormais, sont américains. René Girard
Comme on pouvait s’y attendre, les pays islamiques qui punissent l’apostasie, persécutent légalement leurs minorités non-musulmanes autochtones et n’ont jamais remis en question la violence islamique légale de la Charia, des ahadith de la Sira et du Coran (jurisprudence et textes sacrés musulmans), dénoncent de concert la « diabolisation des musulmans » en Occident ». Pour ces indignés à sens unique, l’attentat de Christchurch ne serait que l’aboutissement prévisible de l’islamophobie coupable de cet Occident post-colonial honni. Ainsi que le réclament depuis trois décennies les 57 pays de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), super Lobby intergouvernemental panislamique reconnu par les Nations Unies et piloté par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turque néo-ottomane, le massacre de Christchurch est un nouveau prétexte pour réitérer l’exigence liberticide de limitation de la liberté d’expression en matière d’islam régulièrement portée à l’ONU sous couvert de lutte contre la « diffamation des religions ». Sur son compte Twitter, Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien, a très officiellement pointé du doigt cette « liberté d’expression » criminelle de l’Occident qui serait à l’origine des actes meurtriers anti-musulmans. Des propos qui font rire ou pleurer quand on sait qu’ils émanent d’un régime de Mollahs qui arrivent juste devant l’Arabie saoudite et après la Chine chaque année parmi les trois premiers pays pratiquant le plus d’assassinats d’Etat… Mais l’Iran est concurrencé sur ce terrain par la Turquie du néo-sultan irascible Recep Tayyip Erdogan, qui ne rate lui non plus jamais une occasion de fustiger les Européens complexés. C’est ainsi que le même islamiste vigilant, d’habitude si prudent vis-à-vis du Géant chinois qui a pourtant tué et torturé des centaines de milliers de musulmans ouïgours, a déclaré qu’« avec cet attentat, l’hostilité envers l’islam (…) a franchi les limites du harcèlement individuel pour atteindre le niveau d’une tuerie de masse. Il apparaît clairement que la vision portée par le tueur (…) est en train de gagner du terrain en Occident comme un cancer ». Étonnant propos de la part d’un Erdogan qui avait ouvertement menacé Benoit XVI après son discours de Ratisbonne ; qui nie catégoriquement le génocide arménien (dont la reconnaissance est punie pénalement en Turquie) ; qui soutient les terroristes du Hamas et les Frères musulmans ; qui a aidé Daech et Al-Qaïda en Syrie, et qui n’a jamais reconnu le caractère christianophobe des massacres de chrétiens survenus ces dernières années en Turquie (Malatya, Trébizonde, meurtres de Hrant Dink, des Prélats Santoro et Padovese, etc)… Pour ce qui est du grand imam d’Al-Azhar, Cheikh Ahmed al-Tayeb, à la tête de la plus grande université religieuse du monde musulman sunnite, où l’on enseigne la légitimé du Jihad offensif, l’infériorité des non-musulmans, les châtiments corporels et autres lapidations, il a déclaré que « ces attaques sont le résultat de la prolifération du discours islamophobe dans plusieurs pays, y compris dans ceux qui sont réputés pour la coexistence de leur population », désignation à peine voilée des pays occidentaux. On croit ici rêver, quand on sait à quel point l’université d’Al-Azhar, infiltrée depuis des décennies par les Frères musulmans et le salafisme, comme l’a déploré le Président égyptien Al-Sissi lui-même, a cautionné théologiquement les attaques violentes perpétrées quotidiennement contre les Coptes chrétiens. Al-Azhar a d’ailleurs toujours refusé d’excommunier les terroristes jihadistes dès lors que ceux-ci ne professaient pas d’hérésies, se limitant à condamner leurs « actions ici-bas », bien évidemment totalement étrangères à l’islam. CQFD, circulez, rien à voir… En France, le militant islamiste-nationaliste pro-Erdogan Ahmet Ogras, Président sortant du Conseil Français du Culte musulman, a surenchéri dans cette logique liberticide anti-occidentale : « Cette tragédie abjecte démontre une fois de plus que l’islamophobie est un mal qu’il faut combattre sans relâche, tout comme les paroles médiatiques déversées par des prêcheurs de haine ». Une allusion à peine voilée aux Zemmour, Finkielkraut ou autres « islamophobes » de Charlie Hebdo accusés de distiller la « haine envers les musulmans » sous prétexte qu’ils dénoncent l’intolérance et la violence chariatiques. Plus explicite encore, le Collectif contre l’islamophobie en France a demandé aux autorités de « prendre leurs responsabilités (…) Les discours islamophobes diffusés dans nos médias n’y ont pas leur place et ont des conséquences concrètes sur la vie des musulmans de France. Faire l’apologie de la théorie du grand remplacement, permettre à des idéologues/éditorialistes/journalistes/politiques de distiller leurs discours à longueur de journée est absolument dangereux. Il faut que cela cesse et les médias français ont un rôle à jouer dans la lutte contre l’islamophobie ». Bref, ceux-là mêmes qui sont idéologiquement liés aux Frères musulmans et adhèrent au suprémacisme islamiste ont trouvé dans les attentats anti-musulmans un prétexte rêvé pour exiger définitivement l’exclusion du débat démocratique de tous ceux qui feraient obstacle à leurs desseins prosélytes-conquérants. Aux Etats-Unis, le lobby islamique américain pro-Frères musulmans, le CAIR (Council of American and islamic Relations), qui vante officiellement la charia et est lié au Hamas palestinien, réclame comme le Collectif contre l’islamophobie en France, que soit « criminalisée l’islamophobie ». A contrario, l’auteur de ces lignes a préféré les paroles, bien plus dignes, du recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui a déclaré dans un communiqué officiel, « les musulmans de France sont choqués par cette violence meurtrière qui se manifeste à l’autre bout du monde et prient Dieu que la paix soit préservée dans notre pays ». D’une manière générale, l’attitude de récupération obscène de la douleur des victimes musulmanes de la part de pôles officiels de l’islam mondial, a été faite sienne par la Gauche marxiste/bobo-islamiquement correcte, laquelle a redoublé d’exigences liberticides en incriminant globalement la droite conservatrice et les populismes identitaires, même les plus pacifistes et parlementaristes, pointés comme « idéologiquement coupables » : c’est ainsi que Jean-Luc Mélenchon, qui n’a jamais dénoncé la haine meurtrière anti-chrétiens en pays islamiques, a fustigé « la haine des musulmans qui est aussi un poison mortel dans nos sociétés », tandis que Ian Brossat, tête de liste PCF pour les européennes, a dénoncé « l’extrême droite qui tue, ses idées nauséabondes qui sèment la mort. Ne jamais l’oublier et les combattre pied à pied ». D’une manière générale, les « islamo-gauchistes », ces idéologues rouges alliés des fascistes verts, ont même accusé Donald Trump, Matteo Salvini et Victor Orban d’être les « vrais responsables » de ce « climat » anti-muslims, sous prétexte que le psychopathe/serial killer Breton Tarrant aurait cité la théorie du « Grand Remplacement » de Renaud Camus – qui n’a pourtant jamais appelé au meurtre – et aurait motivé sa barbarie vindicative par le refus de l’immigration extra-européenne. A ce titre, c’est donc Alain Finkielkraut qui devrait être lui aussi accusé, avec Zemmour ou d’autres intellectuels médiatiques, d’avoir inspiré des futurs Tarrant, puisque l’académicien a lui-même cautionné le théoricien remplaciste qualifié « d’extrême-droite » pourtant issu, comme Finkielkraut, de la gauche… Et si l’on suit le même raisonnement de chasse aux sorcières, tous ceux qui remettent nettement en question l’islam, y compris les musulmans athées ou laïques eux-mêmes comme Malika Sorel, Boualem Sansal, Kamel Daoud, Walid al-Husseini ou Zineb el Rhazoui, sans oublier les gauchistes blasphémateurs de Charlie Hebdo, seraient responsables des actes anti-musulmans de Tarrant ou avant lui de Breivik. Récupérant elle aussi un fait monstrueux commis par un fanatique australien, mais qui critiquait les partis politiques populistes parlementaires « trop modérés » (et jugeait Marine Le Pen « insipide »), Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre de l’Éducation de François Hollande, a dénoncé dans un tweet « l’indignation hypocrite de ceux qui ont contribué, année après année, à promouvoir ça ». Illustrant son tweet de couvertures de grands médias comme Valeurs actuelles, Le Figaro Magazine, L’Express, Le Point, Marianne, Courrier international, revue L’Histoire, l’ex-ministre connue pour son moralisme progressiste sélectif, a même parlé de « nausée » à propos de cette presse « coupable » d’avoir contribué à promouvoir le climat d’islamophobie qui aurait permis l’attentat de Christchurch. Dans ce cas, pour suivre la même logique d’amalgame d’habitude pourtant interdite en cas d’attentats islamistes, que doit penser Madame Vallaud-Belkacem de ses anciens compères socialistes François Hollande et Gérard Collomb, qui ont tous deux dénoncé le séparatisme islamiste et la montée du communautarisme dans les banlieues hors contrôle ? (…) En réalité, et en dépit même des centaines d’attaques commises par les terroristes arabo-musulmans et des jihadistes en Occident depuis les années 1980 (terrorisme palestinien ; iranien ; GIA ; Al-Qaïda ; Daech), les actes terroristes anti-musulmans dans le monde occidental ont été jusque-là extrêmement rares. On peut même affirmer que les Occidentaux ont fait preuve d’une grande retenue en ne répondant presque jamais de façon réciproquement barbare aux jihadistes. Certes, les cas du Canada et de la Nouvelle Zélande sont là pour montrer que des Blancs judéo-chrétiens peuvent eux aussi se comporter « comme » les pires jihadistes. Mais en quoi des actes anti-musulmans commis dans des pays tolérants et multiculturels comme la Nouvelle Zélande ou le Canada devraient être imputés à des Français, des Anglais, des « populistes » italiens ou des électeurs de Donald Trump, comme certains bien-pensants ont essayé de le faire ? Depuis quand nos sociétés démocratiques fondées sur la liberté et la responsabilité individuelles ont-elles rétabli de délit et la faute collectives ? Au nom de quoi les « coupeurs de langues » de l’organisation de la Coopération islamique (OCI), du CCIF, de l’Université Al-Azhar, sans oublier le néo-Sultan Erdogan osent-ils blâmer des Français, des Italiens, des Hongrois, des citoyens américains ou même des « islamophobes » pacifiques ou des « populistes » occidentaux hostiles à l’immigrationnisme alors que eux-mêmes cautionnent des institutions théocratiques qui enseignent la légitimité du Jihad, de la charià et de la conquête islamique ? N’importe quel observateur intellectuellement honnête peut aisément constater que la violence terroriste anti-chrétienne en pays islamique est bien plus banalisée et impunie que l’inverse. Et si dans la même période récente, des chrétiens de pays islamiques avaient commis contre des Musulmans le centième des meurtres perpétrés par des jihadistes en « pays chrétien », on n’ose même pas imaginer le nombre de chrétiens qui auraient été massacrés en représailles dans les rues, les églises et jusque dans leurs maisons. D’ailleurs, alors même que les chrétiens en pays arabo-musulmans ne perpètrent jamais d’actes terroristes et constituent au contraire des minorités soumises et pacifiques (dhimmitude), ils sont déjà régulièrement pris pour cibles par des fanatiques musulmans : Chrétiens des pays arabes (Irak, Egypte, Arabie saoudite-Yémen, Mauritanie, Soudan, Maghreb, etc), de Turquie (génocide arménien toujours, persécution des syriaques-araméens), du Pakistan (les milliers d’Asa Bibi martyrisées), sans oublier les autres minorités régulièrement persécutées et massacrées au nom de la Charià : Yézidis d’Irak, chiites, Alévis, régulièrement attaqués, kidnappés, rackettés, victimes d’attentats ou officiellement brimés. Face à la tentative obscène de récupération (par les « coupeurs de langues » verts, roses et rouges) du drame des musulmans massacrés en Nouvelle Zélande, et face à l’incroyable tentative de culpabilisation/disqualification morale des défenseurs de la civilisation judéo-chrétienne orchestrée par tous ceux qui voudraient rendre les Français patriotes collectivement coupables des horreurs de Christchurch, quelques chiffres peuvent aider à garder raison : Rien que pour la France, 7 au 9 janvier 2015: attaques de Charlie Hebdo, 22 morts ; 26 juin 2015, à Saint-Quentin-Fallavier, un Français décapité par un jihadiste ; 13-14 novembre 2015 : attentats de Paris, 137 morts ; 13 juin 2016, Magnanville, un policier et sa femme assassinés par un jihadiste. 14 juillet 2016: un Mohamed Lahouaiej-Bouhlel massacre 86 personnes ; 26 juillet 2016, Normandie, 2 djihadistes égorgent un prêtre âgé de 86 ans en pleine messe dans son église. 1er octobre 2017: un musulman a poignardé à mort deux jeunes femmes dans une gare de Marseille ; 23 mars 2018, Trèbes, trois morts ; 12 mai 2018, Paris, un franco-tchétchène poignardé à mort un piéton et en a blessé plusieurs autres ; 11 décembre 2018: À Strasbourg, un homme armé a ouvert le feu juste devant le marché de Noël, faisant 5 morts et 11 blessés. Total, rien qu’en France, en quatre ans : 261 morts et moult blessés lors d’attaques de musulmans contre des non-musulmans. Et heureusement, AUCUNE représailles meurtrière contre des Musulmans dans les rues ou les Mosquées. Par contre , des menaces de morts par milliers contre les intellectuels musulmans modérés ou « infidèles » qui dénoncent les « coupeurs de têtes ». Alexandre del Valle
Oui toutes nos pensées vont aux victimes de l’abject attentat de #Christchurch , et oui cela devrait tous nous rassembler. Mais découvrir ici des messages d’indignation hypocrite y compris de ceux qui ont contribué, année après année, à promouvoir ça:👇… Comment dire ? Nausée. Najat Vallaud-Belkacem
L’échec de la gauche, c’est d’avoir agité des slogans antiracistes ou paternalistes qui n’ont mené nulle part. La Marche des Beurs en 1983, n’a pas abouti à l’élection de députés de la #diversité, mais à celle de Julien Dray !  Aurélien Taché (député En marche)
L’antisémitisme ne vient pas du Coran mais de l’ignorance. Aurélien Taché
Pourquoi elle devrait enlever [son voile] au moment de ses interventions publiques, c’est peut-être la question qu’on devrait se poser. Aurélien Taché
J’ai été élevé en écoutant Renaud, en mangeant de l’entrecôte, mais j’aime aussi le rap et les kébabs. On peut être dans une forme de cosmopolitisme. 
Aurélien Taché
Le drapeau tricolore renvoie au régiment […] est-ce bien le rôle de l’école de se transformer en caserne ? Aurélien Taché
Les mêmes qui disaient que les « gilets jaunes », c’était la France périphérique, disent soudain « ah, ce sont les banlieues et les musulmans » qui sont responsables de l’antisémitisme au sein de ce mouvement. Ça m’a frappé en entendant Eric Ciotti, Michel Onfray ou Eric Zemmour. Il y a un retour glaçant de l’antisémitisme. C’est le thermomètre de la haine dans une société. Mais on ne combat pas cette haine en faisant des musulmans des quartiers populaires un autre bouc émissaire. C’est trop commode, cela permet aux élites de ne pas trop s’interroger sur leur part de responsabilité. Il y a un antisémitisme en banlieue. Mais il ne prend pas sa source dans l’immigration ou dans les versets du Coran, comme j’entends Manuel Valls le dire. Il la prend dans l’ignorance et le sentiment anti-élites. Aurélien Taché
Il faut des listes vraiment inclusives aux prochaines municipales » parce qu’il n’y a « pas un Noir ou un Arabe parmi les maires des cinquante plus grosses villes. Aurélien Taché
Une partie de la production des historiens, les articles scientifiques notamment, s’adresse à un cercle restreint, en raison de la nature pointue ou technique de ces articles, publiés dans des revues spécialisées. Ce qui ne veut absolument pas dire que l’histoire ne doit pas être vulgarisée et diffusée auprès du plus grand nombre. C’est l’autre face du boulot d’historien. (…) Je ne suis cependant pas certain que cela soit du domaine de l’historien principalement que de mener cette contre-offensive. Evidemment que le boulot des historiens est de battre en brèche ces discours, mais cela ne doit pas relever d’eux seuls. On n’en appelle pas à un astrophysicien pour contrecarrer les délires sur la « terre plate ». Vidal-Naquet soulignait déjà cela en demandant si il fallait en appeler à un astrophysicien pour contrecarrer quelqu’un affirmant que la lune est faite de fromage. Le discours négationniste sur la Shoah, ou sur les autres génocides, est tout aussi grotesque d’un point de vue intellectuel que de prétendre que la terre est plate. (…)Dans le domaine de l’histoire, les lieux communs qui relèvent du café du commerce ne manquent pas, comme « L’histoire est écrite par les vainqueurs » ou « L’histoire est subjective ». « L’histoire écrite par les vainqueurs » signifie que ce sont ceux qui gagnent qui dictent le cours des évènements, mais on fait dire à cette phrase que ce sont les vainqueurs qui écrivent la « vérité »: autrement dit les « Alliés à Nuremberg ont écrit une version de l’histoire ». Quant à la supposée subjectivité de l’histoire, ou qu’en histoire il n’y aurait pas de vérité, c’est de la pseudo-philosophie de bas étage : l’histoire repose sur des faits en premier lieu, qui ne relèvent en rien de la « subjectivité ». Adolf Hitler est nazi. C’est un fait. Il est chancelier du Reich. C’est un fait. Il a clamé sa haine des Juifs. C’est un fait. Etc. Environ 5,7 millions de juifs ont été assassinés. C’est un fait. De la même manière que la terre est ronde. La méthode négationniste est simple. On prend un élément, en général microscopique, on le nie avec des arguments pseudo-scientifiques, puis on décrète que puisque tel témoignage comporte un élément décrété faux alors tout l’évènement est faux. Retranscrit dans d’autres domaines ça donne : la perruque de Louis XIV n’était pas blanche alors qu’un témoin l’a décrite comme telle, c’est donc la preuve que Louis XIV n’existe pas. Ou alors que Jésus n’a pu marcher sur l’eau, ce qui est la preuve que Jésus n’a pas existé, et donc que le christianisme n’existe pas. Si certains veulent croire que Jésus a marché sur l’eau cela relève du domaine de la religion et de la croyance. En revanche factuellement ce n’est pas cela qui autorise à nier l’existence de Jésus. Reste qu’avec le développement d’Internet qui facilite et démultiplie la diffusion de théories complotistes, on assiste à une explosion des remises en cause scientifiques et désormais d’autres sciences, comme la médecine par exemple, sont concernées. Si la négation de la Shoah est au cœur du négationnisme et du complotisme, les remises en cause des sciences se multiplient et trouvent une audience importante, une sorte de nouvelle forme de luddisme. On est face à un immense café du commerce, où différentes attitudes coexistent : pour certains c’est la crédulité, pour d’autres l’envie d’être un « sachant » – « à moi on me la fait pas, je suis pas dupe » – qui défie une narration frappée du sceau de l’ « officialité », tandis que pour d’autres, c’est un moyen politique pur et simple, comme les négationnistes, de diffuser un message de propagande. (…) Il s’agit d’un simple constat, non d’une remise en cause de ce qui est devenu un élément central de nos sociétés. Le luddisme qu’on peut constater n’est d’ailleurs pas dénué de contradictions : on utilise le progrès (Internet) pour dénoncer le progrès dans d’autres domaines. Pas plus que le « café  du commerce » ne remet en cause les lieux de convivialité que sont les troquets. Mais on peut aisément constater que toute parole se vaut et que tout un chacun est expert en tout. Si on prend la part négative des réseaux sociaux, aujourd’hui ils fédèrent, unissent, mettent en rapport des gens qui étaient autrefois isolés : un militant d’extrême droite s’achetait Minute ou Rivarol, avait quelques potes avec qui vomir sa haine, mais dans des cercles limités. Mais ce constat a aussi des pans positifs (…) il permet aussi l’expression dans des sociétés muselées, et a permis d’unir les oppositions dans les pays arabes qui ont connu des soulèvements. D’ailleurs la recherche elle-même a été transformée en profondeur avec Internet, on pourrait même dire bouleversée. Par exemple, il y a encore 20 ans, il fallait se farcir des fichiers-tiroirs en bibliothèques et centres d’archives pour connaître l’existence de publications, ou dépouiller des publications telles que L’Année philologique. Une partie de la qualité des recherches résidait dans la capacité à trouver ce qui existait. Aujourd’hui il suffit de deux mots clés dans une base de données, sans bouger de chez soi… Il est aussi patent que l’extrême droite a su se saisir avec une rapidité impressionnante des moyens qu’offre internet. Dès la fin des années 1990 les sites néo-nazis et autres pullulaient. Ce n’était pas joué d’avance, mais en revanche il faut constater que pour un site luttant contre le négationnisme, il y en a 100 qui le diffusent. (…) Tite-Live a écrit une histoire de Rome il y a 2 000 ans. Ce qui n’empêche pas que depuis 2 000 ans les historiens continuent à écrire l’histoire de Rome. Jusqu’au début des années 1980 les historiens étudiant la Shoah étaient très peu nombreux. Ce n’est que depuis une trentaine d’années que le champ a connu une véritable explosion scientifique. La chute de l’URSS a rendu accessibles des montagnes d’archives non exploitées jusque-là par exemple. Ensuite, cette histoire est en perpétuelle évolution, comme celle du nazisme ou de la Seconde Guerre mondiale, s’affine ou s’approfondit. C’est l’un des paradoxes du sujet, d’un côté il est omniprésent, de l’autre peu étudié. En France, le nombre de spécialistes de la Shoah ou de l’histoire du nazisme est assez limité, même si aujourd’hui il tend à croître. Ensuite, il y a une forme de paradoxe assez impressionnant sur ce sujet – et qui vaut plus largement pour le nazisme et la Seconde Guerre mondiale. Malgré l’omniprésence du sujet dans la société, il y a pas mal de malentendus et d’incompréhensions, notamment en raison de la confusion entre le système concentrationnaire – avec notamment les images de ce qui a été découvert en 1945 qui se sont profondément ancrées dans les représentations – et la « solution finale », qui se déroule ailleurs. Ces représentations très fortes qui se sont fixées au sortir de la guerre demeurent prédominantes, alors que les travaux des historiens depuis plus de 50 ou 60 ans dans certains cas ont permis de mieux comprendre et distinguer les choses. Le meilleur exemple réside sans doute dans le fait, que depuis les travaux de Raul Hilberg les historiens parlent de « centres de mise à mort », alors que l’expression qui demeure profondément ancrée est celle de « camp d’extermination ». Celle-ci est hautement problématique à bien des égards, à commencer par la contradiction absolue entre les deux termes : un camp est un lieu où l’on rassemble une population, pour la détenir par exemple – camp de concentration – alors que l’assassinat de masse ne nécessite pas de « camp », ce sont des sites qui sont destinés à tuer toute personne qui y est acheminée, et qui sont donc de taille réduite, avec peu de structures. Les négationnistes, d’ailleurs, utilisent certaines de ces représentations et exploitent les confusions. La réduction de la Shoah aux chambres à gaz dans les représentations leur permet de dire « pas de chambres à gaz donc pas de Shoah », alors que plus de la moitié des victimes n’ont jamais franchi le seuil d’une chambre à gaz mais ont été exécutées autrement. Même chose en utilisant des éléments propres au système concentrationnaire pour expliquer que la Shoah, qui se déroule en dehors de ce système, n’est pas possible. (…) Cela participe d’un affinement de la connaissance, d’une meilleure compréhension des mécanismes. Regarder les « marges » permet d’éclairer l’ensemble. Parmi les gars du PPF qui distribuent les tracts « mort aux juifs » en 1940 on en retrouve en 1943-1944 qui chassent les juifs en France pour réaliser la « solution finale ». Autrement dit, si je m’intéresse à Auschwitz, je m’intéresse aussi à ceux qui y « arrivent », et la manière dont ils arrivent là. Comment et à cause de qui un juif de Grenoble se retrouve à Drancy puis à Auschwitz ? (…) L’antisémitisme n’est pas propre à la droite ou l’extrême droite, il a toujours été présent sur l’ensemble de l’échiquier politique. On en a eu un exemple lors de la campagne présidentielle avec la disqualification de Macron comme « banquier », utilisée tant à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche. Il y a 15 ans, il aurait été brocardé comme technocrate, c’est un pur produit de l’ENA. Mais son passage chez Rothschild devient une tache. Aurait-il exercé au Crédit Agricole ou à la Banque postale, je doute qu’il aurait été qualifié de banquier. Là on a eu une floraison de termes chez les auto-proclamés « anti-système » – qui ont tous pourtant des cursus forts semblables et sont présents en politique depuis des décennies – pour dénoncer « la banque », « l’oligarchie » etc. Le recours à cette terminologie n’a rien d’anodin, et chez certains – évidemment pas pour tous – elle renvoie plus qu’implicitement à l’antisémitisme. C’est d’ailleurs éclairant à ce sujet, de voir que certains historiens et intellectuels ont pointé les problèmes que posait le recours à ces termes mais que cela n’a eu aucune conséquence, pas même la moindre interrogation ou distanciation. Ce sont surtout les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale qui ont ancré l’idée que l’antisémitisme était propre à l’extrême droite et au nazisme. Mais en 1940, au moment de la défaite et du vote des pleins pouvoirs, on voit des attaques antisémites contre Blum qui viennent d’élus de la SFIO, par exemple. Si on regarde la Collaboration, et l’Ultra Collaboration, on voit qu’il y a pas mal de gens venant de la gauche. Il faut cependant faire attention sur ce point, que l’on retrouve par exemple exploité par Zemmour : Vichy serait la gauche. Ceci est faux, l’adhésion se faisant sur un programme d’extrême droite, maurrassien, la « Révolution nationale », voire pour les ultras comme les PPF ou les membres du RNP de Déat, sur des programmes proches du nazisme. Mais même du côté du PC on peut voir des tracts, notamment en 40-41, où l’antisémitisme n’est pas très loin. En soi, l’antisémitisme se retrouve partout sur l’échiquier politique. Au sortir de la guerre, l’antisémitisme est disqualifié et n’a plus voix au chapitre sur la scène politique occidentale. Pourtant dès 1944 en URSS, et surtout à partir de 1948, le régime soviétique multiplie les attaques antisémites, qui ensuite se retrouvent dans tout le bloc communiste. Sauf qu’officiellement, ce ne sont pas les Juifs qui sont visés, mais les « sionistes ». Bref, on renomme, c’est validé un peu partout et ça passe sans soulever de problèmes pour les communistes en dehors du bloc soviétique. De 1948 à 1968 on multiplie les purges contre les Juifs, les procès, les assassinats et les expulsions, tout ça sous vernis de la lutte contre les « agents sionistes » ou les « cosmopolites sans racines », selon la terminologie d’alors. Réinscrit dans l’histoire de l’antisémitisme, ça n’a rien d’original. C’est juste une déclinaison du juif qui est par essence sans patrie, ou de l’agent de l’étranger, qui a toujours existé: affaire Dreyfus, « coup de poignard dans le dos » pour expliquer la défaite de l’Allemagne en 1918 etc. Pour l’antisémitisme français au moment de Dreyfus, le juif est l’agent des Allemands, pour les Allemands en 1918, le Juif c’est l’agent des bolcheviques ou de la France, pour Staline, le Juif c’est l’agent d’Israël. L’antisémitisme est pratique, il explique tout : le communisme c’est les juifs, le capital c’est les juifs. Chacun y trouve son explication. Et c’est adaptable à tout : la colonisation ? Les Juifs. L’esclavage ? Pareil. Dans les années 1990 le Sida en Afrique c’était les Juifs, et les attaques de requins en mer Rouge au début des années 2010 un coup du Mossad pour flinguer le tourisme en Egypte. A chaque nouvelle crise, le discours s’adapte. On a vu fleurir les théories impliquant Israel dans la crise au Venezuela, et ces théories venaient des défenseurs de Maduro, pas vraiment l’extrême droite, même si in fine la collusion a fini par se faire. L’antisémitisme, pas plus que le racisme au demeurant, n’est propre à un bord politique. Ce sont ses usages et la manière dont il est assumé qui peuvent éventuellement être différents. Quoique sur l’antisémitisme, à gauche l’ « antisionisme » est bien pratique pour s’adonner à un antisémitisme non assumé ouvertement – et en disant cela je ne délégitime en rien le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat ou celui de critiquer les politiques israéliennes. (…) cela ne devrait pas être. Mais c’est malheureusement le cas, tant « l’antisionisme » se drape dans une bonne conscience, qui souvent échappe aux gens. D’ailleurs toute la phase soviétique et communiste du mot est intégralement effacée pour lui donner des atours de noblesse et cela va jusqu’à des discours qui affirment que le Bund, par exemple, était contre le mouvement sioniste, et que c’est la preuve que l’antisionisme n’est pas antisémite. Mais le Bund non seulement combattait férocement l’antisémitisme, il revendiquait aussi l’existence d’une nation juive autonome en Pologne (ou dans les Pays baltes). Les antisionistes eux, nient l’existence des Juifs, sinon à leurs propres conditions. « On vous tolère, mais ne mouftez pas trop ». Le Bund, comme les sionistes, revendiquent le fait juif et l’existence d’une nation juive. Les antisionistes dénient aux juifs le droit de se définir, et s’arrogent ce droit. Il suffit de voir le succès du livre de Shlomo Sand, qui explique que “le peuple juif est une invention”. La belle affaire. Ce constat on peut le faire pour n’importe quel peuple, ou pour prendre un terme plus adéquat, pour n’importe quelle nation, à commencer par la France. Chaque nation repose sur des mythes fondateurs auxquels se rallient ceux qui s’y retrouvent. D’ailleurs l’usage de ce terme n’est pas sans faire penser à une théorie de comptoir qui a fait florès : « l’antisémitisme ne vise pas que les Juifs, mais aussi les Arabes, qui sont sémites aussi ». Passons rapidement sur le fait que l’antisémitisme, tel qu’il a été défini par les antisémites eux-mêmes, n’a jamais visé que les seuls Juifs, pour aller à l’autre point, bien plus intéressant : les sémites n’existent pas. Les Arabes, pas plus que les Juifs ne sont sémites, c’est une construction racialiste reprise par le racisme, et développée à partir de l’existence d’un groupe de langue dit sémitique, où se retrouvent l’hébreu, l’araméen, le phénicien, l’arabe ou encore l’amharique. D’ailleurs cette création d’une « race juive » a été un moyen pour dire que « les » Juifs formaient un tout, un groupe ethnique : les juifs d’Allemagne bien « blancs » étaient donc de la même « race » que les Juifs d’origine arabe du Yemen ou d’Egypte, que les Juifs noirs d’Ethiopie ou que les Juifs turcs de Crimée. Bref, l’antisémitisme vise à créer une unité ethnique (« raciale ») entre des groupes religieux ou nationaux qui n’ont en commun que leur religion et les récits qui en découlent – même pas une culture commune, parce que quel rapport entre la carpe farcie et la brick au thon ? Entre le pastrami et l’amba ? L’antisémitisme constitue, sous une double forme, un inverse du racisme : là où le racisme prétend la supériorité sur d’autres, lesquels sont définis par une appartenance ethnique visible, l’antisémitisme, lui, dénonce le danger de domination d’une race invisible, puisque non identifiable (sinon pour son appétence pour la carpe farcie, mais les Polonais aiment bien aussi… Pareil d’ailleurs pour la brick au thon, que juifs et musulmans du Maghreb aiment bien) Mais surtout, cette théorie « des Arabes qui seraient des sémites », largement prégnante à l’extrême gauche, voire à gauche (et elle est sur le devant de la scène par exemple en ce moment parmi certains défenseurs de Corbyn, qui excipent de cela pour nier l’antisémitisme au sein du Labour) montre le degré d’imprégnation des constructions racistes chez ceux là. Pour nier l’antisémitisme (et donc in fine le justifier tout en le niant) ils maintiennent une fiction raciste concernant les Arabes… (…) Jusqu’à récemment ce qui prévalait largement était le racisme anti-arabe, nourri notamment à la fois par le colonialisme français en Afrique du Nord puis ensuite par le ressentiment né de la décolonisation chez certains Français. Auquel s’ajoute un autre élément, celui de la méconnaissance du fait musulman. En France, Arabe a été très largement synonyme de musulman: si t’es musulman t’es arabe, si t’es arabe t’es musulman. Et depuis quelques années, si t’es musulman t’es islamiste. Et donc in fine, arabe= islamiste. Au moment des attentats de 2015, des commentateurs expliquaient que les attentats avaient été exclusivement commis par des Arabes (quid de Coulibaly ?). Comme si l’adhésion à une idéologie assassine dépendait d’une appartenance ethnique. Alors que le racisme se fonde avant tout sur une supposée infériorité, là on voit un passage à autre chose en effet. Et en outre, le « musulman » est très largement interchangeable. Il suffit de se rappeler que Nicolas Sarkozy ignorait en 2007 si Al-Qaïda était chiite ou sunnite pour avoir une illustration de la méconnaissance qui prédomine à ce sujet. L’espace géographique peuplé par des musulmans, qui va de l’Afrique aux confins de l’Asie, est vu comme un grand tout, unique, et conçu à travers notre héritage, à nous Français, avant tout à travers « l’Arabe » qui incarne cet ensemble menaçant. Maintenant avec le terme d’islamophobie on a quelque chose d’intéressant. Il est décrié par certains, et utilisé par d’autres pour disqualifier toute critique contre la religion musulmane. Mieux vaut s’écarter de ces prises de position et s’interroger sur autre chose : est-ce que le terme est opérant pour désigner un phénomène particulier ? Et là la réponse est claire : oui, on voit l’apparition d’idées qui feraient des musulmans les membres d’un grand tout, à la manœuvre dans l’ombre, complotant dans tel ou tel but. Et à cet égard on a quelque chose de nouveau, dont les ressorts ne sont plus ceux du racisme, à savoir un regard depuis le haut vers quelqu’un d’inférieur, mais des ressorts qui ne sont pas sans rappeler ceux de l’antisémitisme : un danger fondé sur une puissance fantasmée. Ce phénomène là est récent. Si on prend en regard l’antisémitisme, il est constitué très largement d’invariants, que l’on retrouve en permanence, depuis des siècles: le juif et l’argent, le juif comploteur, le juif dépravé sexuel etc. (…) Soros remplace chez certains Rothschild, mais on reste sur les mêmes ressorts. Or, à côté du racisme anti-arabe, on voit apparaître de nouveaux fantasmes, un glissement vers « le Musulman », paré de tout un ensemble de menaces. Un Pakistanais serait de mèche avec un Français parce qu’ils sont tout deux musulmans, on a la mise en place d’un fantasme particulier qui n’est plus le racisme et qu’il faut qualifier pour ce qu’il est. Maintenant si l’analogie peut prévaloir dans certains cas, elle a ses limites. D’abord prétendre que l’islamophobie a remplacé l’antisémitisme est absurde. L’antisémitisme se porte terriblement bien en Europe, et à part quelques négateurs à l’extrême-gauche, qui montrent que leur universalisme et leur combat anti-raciste à non seulement des limites mais qu’ils ont aussi quelques complaisances avec l’antisémitisme, personne ne le conteste aujourd’hui. Ensuite, on peut aisément constater que l’antisémitisme demeure la principale matrice explicative en matière complotiste, par exemple. Que la Hongrie d’Orban, pour être xénophobe et raciste, n’en a pas moins fait de Soros la figure principale de la « menace anti-hongroise ». (…) Dans les années 1980 et 1990 on a assisté à une séquence importante, où les travaux des historiens (Paxton, Klarsfeld…) mais aussi l’opinion publique ont très largement permis de voir en face la réalité des responsabilités. Le discours de Chirac au Vel d’Hiv en 1995, puis d’autres mesures qui ont suivi, ont donné l’impression que la question était réglée. Et d’un point de vue scientifique elle l’est. Sauf que depuis une dizaine d’années, on assiste à une sorte de retour en arrière, porté par Zemmour et d’autres. On a un peu tout. « Vichy a protégé les juifs français » – il suffit de lire la loi du 3 octobre 1940, dite « statut des juifs », ou celle du 22 juillet 1941 sur « l’élimination de l’influence juive dans l’économie nationale » pour démonter cela. Sans même avoir à rappeler que la majorité des enfants au Vel d’Hiv en 1942 étaient nés en France ou que la rafle de janvier 1943 à Marseille est menée par la police française contre des Juifs français. Ou alors « Vichy c’est pas la France » – auquel il suffit de répondre par une question : c’est quoi la France ? la Saint-Barthélémy c’est pas la France ? La colonisation non plus ? etc. Et il ne s’agit pas d’une spécificité française, même si on a dedans des débats franco-français. Ce qui se passe par exemple en Pologne aujourd’hui en est un exemple. Ou en Russie concernant la période stalinienne en est autre. Ou aux Etats-Unis. Nombre de pays connaissent ce genre de phase, au gré des climats qui y règnent et des phases de raidissement nationalistes. (…) Près d’un million de juifs ont été exécutés entre fin 1941 et début 1942 par les unités allemandes, sans aucun « collaborateur juif ». Les allemands n’ont aucun besoin de « collaborateurs juifs » pour le processus de destruction, mais en revanche ils ont besoin des collaborateurs locaux, des nationalistes, qui de la France aux Pays baltes en passant par l’Ukraine, ont eux très largement aidé à la réalisation de la “solution finale”. (…) La création des Judenrat, ces « conseils juifs » mis en place par les Allemands à la tête des ghettos pour servir d’interface et gérer « l’interne », n’est ni plus ni moins que la reprise d’une méthode mise en œuvre dans le système concentrationnaire, consistant à confier la gestion d’une partie de l’interne, ce qui se passe dans le camp, à des détenus. Pourtant là personne ne vient exciper de « collaborateurs » parmi les prisonniers pour faire porter la culpabilité sur les victimes. D’ailleurs, parmi les membres des Judenrat, à côté de gens qui se sont révélées être des crapules, l’immense majorité a joué un rôle important, en aidant les organisation de résistance dans les ghettos par exemple, ou en tentant de faire face aux Allemands. Tal Bruttman
En France, l’émergence du terme « identité » en politique date des années 2000, avec notamment le « ministère de l’identité française » voulu par Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, c’est un mot connoté « de droite », avec la défense de ce que les anthropologues nomment une « culture » (mode de vie, représentations collectives, valeurs…) et qui est perçu, à tort ou à raison, comme menacé, entre autres par l’immigration. Dans le même temps, les revendications « identitaires » sont montées en puissance dans les pays de tradition multiculturelle, qui définissent la citoyenneté non en fonction de l’appartenance commune à un collectif de haut niveau, telle la nation – c’est la conception républicaine française –, mais en fonction de l’appartenance à des collectifs partiels, des « communautés » telles que la religion, la région, la race, le sexe, voire la sexualité. C’est le cas aux États-Unis et au Canada, où le mot « identité » est devenu central dans le répertoire des « libéraux », c’est-à-dire de la gauche. Là, l’identité est associée non à la conservation des acquis, comme dans le cas de « l’identité nationale » en France, mais à la dénonciation des inégalités liées à ces affiliations à la fois imposées (par la naissance) et revendiquées. Celles-ci tendent à remplacer les traditionnelles inégalités de niveau de vie, de pouvoir et de chances associées aux classes populaires. Les opprimés sont devenus des victimes, et ne sont plus des prolétaires mais des Noirs ou des Arabes, des femmes, des homosexuels… Bref : l’utilisation politique de la problématique identitaire penche plutôt à droite lorsqu’elle est revendiquée au nom d’un groupe considéré comme dominant et plutôt à gauche dans le cas contraire. C’est dire que la réduction de l’identité à une question politique n’a guère de sens, surtout lorsqu’on connaît – et c’est, en partie, l’objet de mon livre – les très riches éclairages que cette notion apporte dans le domaine des sciences sociales et humaines : anthropologie, sociologie, psychologie, histoire, philosophie… Nathalie Heinich
Vue depuis les États-Unis, où je vis, la politique d’identité (identity politics) a subi ses flux et reflux. Elle a été souvent marquée « à gauche ». Aujourd’hui, toutefois, la croyance dans la fondation par l’identité est devenue une routine de la plupart des mouvements ; ainsi, le trumpisme est surtout une politique d’identité blanche. Une autre nouveauté relative, depuis une quinzaine d’années, est la victoire de ce que le collectif de femmes afro-américaines Combahee River (qui, en 1977, et de manière fondatrice, a revendiqué l’expression politique d’identité) nommait le séparatisme – une position que ces militantes rejetaient d’ailleurs explicitement. Or l’identitarisme contemporain instaure l’idée d’une juxtaposition sans dialogue des « comme nous ». Il n’y a guère à espérer du côté de l’intersection des identités, car « l’intersectionnel » a tôt fait de se refermer en une nouvelle catégorie, qui a soudain ses attributs, ses caractères, ses obligations… En fait, la machine à identité made in USA fonctionne à plein régime en ce moment, et, en plus des revendications classiques, on assiste à la création de tout un tas de nouvelles identités : identités d’allergique,… Laurent Dubreuil
Bienvenue dans le monde de la politique d’identité, qui, d’Amérique jusqu’ici, est en passe de devenir notre horizon commun. Selon la bonne nouvelle identitaire répandue chaque seconde par le brouhaha de la communication et le babil des « réseaux sociaux » , nous agissons, vivons et pensons en tant que catégories, au besoin croisées (par exemple homme blanc juif, LGTBQ) et volontiers blessées. Comme le révèle son expérience américaine et préfiguratrice, qui diffuse à partir du foyer des universités, la politique d’identité conforte l’avènement d’un despotisme démocratisé, où le pouvoir autoritaire n’est plus entre les seules mains du tyran, du Parti ou de l’Etat, mais à la portée d’êtres manufacturés et interconnectés que traversent des types de désirs totalitaires. Cet ordre mondialisé est une dictature moralisatrice qui distribue les prébendes en fonction du même, qui remplace le dialogue par le soliloque plaintif et la vocifération, qui interdit, qui censure l’inattendu – dont les arts – au nom du déjà-dit et des comme-nous. Malgré son succès grandissant, une telle entreprise peut encore être défaite, à condition, du moins, d’en vouloir comprendre les manifestations contemporaines. Gallimard
Misère (entraînant et expliquant la révolte et la violence) ? faux ! D’après l’Insee, la Seine-Saint-Denis est le quinzième département le plus riche de France – compte non tenu, par définition, de l’économie souterraine qui l’irrigue. En y ajoutant les milliards de la drogue, le “9-3” est sans doute en réalité parmi les cinq départements les plus riches de France. Quels sont à l’inverse les plus pauvres ? L’Ariège (91e), le Cantal (92e) et la Creuse (96e). Ajoutons un taux de pauvreté de 19 % dans un tiers des départements ruraux de France métropolitaine – c’est-à-dire plus élevé que dans le “9-3”. Plus largement, souligne lumineusement le géographe Christophe Guilluy, « 85 % des ménages pauvres ne vivent pas dans les quartiers sensibles et… la majorité des chômeurs de longue durée se répartit sur l’ensemble du territoire ». Or, où brûlent les voitures ? Où tire-t-on à la kalachnikov sur les policiers ? Dans la Creuse ou en Seine-Saint-Denis ? Les pauvres “assignés à résidence”, dans de lointains territoires de relégation ? Archifaux, là encore ! À l’échelle du Bassin parisien dans son entier, la Seine-Saint-Denis est dans une position confortablement centrale, non dans une lointaine bordure – et dans les “zones urbaines sensibles” (Zus) de ce département, comme dans celles des autres de la région parisienne, la mobilité de la population est la plus élevée de France (taux de mobilité de 61 %, selon l’Observatoire national des Zus). Les quartiers sensibles représentent la jeunesse, la France rurale n’étant plus peuplée que de paysans âgés ? Faux ! Ces quartiers et cités ne rassemblent que 9 % de la jeunesse (l’Insee, toujours), la France périphérique au contraire (grande banlieue et villes-satellites des métropoles) abritant un jeune sur trois de 18-24 ans – et ce, avec un taux de criminalité fort bas. Ajoutons que l’espace rural (18 % de la population métropolitaine, 11 millions d’habitants) compte désormais 32 % d’ouvriers, 27 % d’employés – et seulement 7 % d’agriculteurs… sans que nulle déprédation ou exaction ne s’y commette, ou presque. Industrielle ou rurale, cette France périurbaine est celle des précaires, agriculteurs percevant les minima sociaux, ouvriers pauvres, travailleurs à temps partiel. Cette “France des plans sociaux” abrite les nouvelles classes populaires évincées des grandes métropoles (centre-ville et première couronne) – désormais fiefs de la bourgeoisie-bohème (“bobo”) et des immigrés récents. Or quoique victime de la recomposition sociale du territoire, cette France périphérique est calme. Malgré une pauvreté invisible, la délinquance y est rare et la criminalité, plutôt exceptionnelle. Avec une insondable morgue, les journalistes “tendance bobo” dénigrent cependant cette France périphérique et sa “logique de repli”. Alors que, pour ces populations victimes de la mondialisation et de la prédation financière, il s’agit, tout au contraire, d’une demande de protection. (…) on ne peut édifier de politique efficace sur des concepts erronés. Pourtant, c’est ce que l’on fait depuis trente ans sous le nom – déjà absurde – de “politique de la ville”. Comme de l’eau dans un trou, cette “politique” déverse des milliards d’euros dans des programmes immobiliers opaques et dans d’incontrôlables subventions : 550 millions d’euros en 2012 pour la politique de la ville ; 390 millions pour la “cohésion sociale et l’égalité des chances”, nom fort noble pour ce qui ressemble souvent à du racket ou du chantage à l’émeute. À la lumière des réalités que je viens d’énoncer, c’est cette politique-là, d’abord, qu’il faut revoir de fond en comble. Administré à partir d’un faux diagnostic, un médicament n’a aucune chance, jamais, de faire le moindre effet ! Xavier Raufer
Au début des années 80, « les Beurs deviennent trop subversifs ». La Marche pour l’Egalité et les multiples formes d’action qui l’ont précédé ou suivi donnent aux jeunes issus de l’immigration une formidable visibilité qui inquiète, dans un contexte politique mouvant. L’abandon des promesses qui avaient conduit Mitterrand au pouvoir et l’adoption d’une politique de rigueur ne suscite pas la mobilisation sociale qu’espérait l’extrême gauche. La tendance politique dominante, notamment au sein de la jeunesse lycéenne et étudiante, n’est plus à la contestation mais plutôt à la désaffection vis-à-vis de l’engagement politique tandis qu’avec le recul des paradigmes marxistes s’imposent les idéologies molles de la défense des droits de l’homme et du progrès « sociétal ». La droite, par contre, progresse. Elle remporte plusieurs élections municipales partielles et repart à l’offensive comme en témoignent les gigantesques manifestations pour « l’école libre ». Le Front national connaît, quant à lui, ses premières grandes victoires (élections européennes). La « bête immonde » resurgit, craignent de nombreux secteurs de la gauche, assimilant la nouvelle situation à la montée du fascisme dans les années 30. Pour beaucoup, la lutte antifasciste devient la priorité de l’heure et l’antiracisme devient l’arme de cette lutte, d’autant plus efficace leur semble-t-il qu’un antiracisme moral et englobant peut permettre un large rassemblement de forces et remobiliser la jeunesse sur des « valeurs de gauche ». Dans ce contexte, le mouvement « beur » pose incontestablement problème. L’irruption des enfants de l’immigration sur la scène publique inquiète. Il alimenterait le discours du Front national. Il embarrasse le pouvoir socialiste déterminé à restreindre l’immigration, mais il peut constituer aussi une nouvelle ressource électorale pour la gauche. D’une part, parce que de nombreux jeunes issus de l’immigration ont le droit de vote mais également parce que la problématique antiraciste qui est la sienne suscite la sympathie de larges franges de la jeunesse. Il s’agit dès lors de l’encadrer, de neutraliser ses tendances les plus contestataires et d’aseptiser son discours. « Convergence 84 révéla, écrivent Ahmed Boubeker et Nicolas Beau, une réelle capacité de mobilisation des cités. Personne pourtant pour canaliser cette révolte. Une place était à prendre ; message vite compris par Harlem Désir et ses potes : le jour même de l’arrivée de Convergence, 5000 badges « Touche pas à mon pote » de SOS-Racisme étaient vendus. L’idée du mélange, débarrassée de ses relents égalitaires, était reprise par Harlem Désir : « Vivons avec nos ressemblances, quelles que soient nos différences » : ce slogan de Convergence permettait à chacun, français ou immigré, de s’exprimer, sans complexes, sur la société multiraciale. Les beurs avaient perdu ce monopole. Avec SOS-Racisme, la société française reprenait la parole. Le relais était passé. » C’est, en effet, à l’occasion de la seconde Marche, organisée par « Convergence 84 » que le petit groupe constitué autour de Julien Dray, transfuge de la LCR au Parti socialiste, apparaît sur la scène publique en diffusant massivement la fameuse petite main jaune. Mogniss Abdallah y voit un «talisman, hybride de la main de Fatma et de l’étoile jaune des Juifs sous le nazisme ». Alors que les jeunes issus de l’immigration avaient manifesté contre le racisme particulier dont ils sont l’objet, SOS met en avant une vision exclusivement moralisante et non politique du racisme, détachée de l’histoire sociale et politique concrète. La référence implicite à l’étoile jaune n’est pas non plus innocente. Elle n’est pas sans lien avec le « choix exclusif de l’UEJF comme co-fondatrice de l’association » suppose Mogniss Abdallah. En décembre 1983, de nombreux marcheurs étaient fiers de porter le Keffieh, symbole du peuple palestinien. Le « talisman » de SOS suggère, quant à lui, que la question palestinienne ne serait qu’un conflit entre juifs et arabes soluble dans l’antiracisme. M.Abdallah décrypte également le slogan « Touche pas à mon pote ». Celui-ci met « en scène un Français (anti-raciste) s’adressant à un autre Français (raciste, donc souvent suspect d’accointance avec le FN) pour protéger son « pote » issu de l’immigration. Le « pote » devient par un spectaculaire retournement de situation le spectateur passif d’un enjeu politique franco-français où il est question de cordon sanitaire anti-FN ou d’un « front républicain » pour des échéances électorales et les « combinazzione » à venir ». Sadri Khiari
Aurélien Taché (…) est au sein du parti jupitérien un beau spécimen du progressiste multiculturaliste, idéologiquement structuré par un passage au PS et à l’Unef. Dans une interview donnée à l’Obs prenant prétexte de l’antisémitisme, devenu cet accablant marronnier médiatique depuis vingt ans, le député Taché enfile tous les poncifs de la pensée postmoderne : relativisme intégral, dégoût du national, adoration de la diversité, culte victimaire et dévotion pénitentielle. (…) Mais le pompon, c’est sa solution pour déraciner l’antisémitisme criminel chez « ces jeunes » dont il consent à admettre qu’il en existe quelques uns qui posent problème : « leur enseigner des récits de mémoire partagée entre juifs et musulmans ». Le simple terme « récits de mémoire partagée » en dit long sur l’intox. Plutôt qu’une « mémoire partagée » autour d’habitudes folkloriques communes (le henné et les youyous dans les mariages, le couscous-boulette du vendredi soir) ou d’anecdotes personnelles (« au Maroc, en 1950, ma voisine musulmane venait allumer le feu le jour de shabbat, comme on s’entendait bien ! »), je propose des cours d’histoire. Surtout d’histoire précoloniale, c’est-à-dire avant que le Français ne vienne jouer les arbitres et place le maître musulman en situation de colonisé ; avant que le Français et sa République, avec l’Alliance israélite universelle dans ses bagages, ne viennent ouvrir aux juifs du Maghreb les portes de l’émancipation. Là ce sera autre chose peut-être en termes de « récits de mémoire partagée ». On parlerait du statut du dhimmi et de la condition juive en terre d’islam depuis les conquêtes au VIIe siècle, de l’insécurité permanente et des pogroms, des Juifs de cour pour protéger la communauté et de la vie de misère dans le mellah avant la création du ghetto européen médiéval, du port de signes distinctifs avant que la Chrétienté ne s’y mette avec sa rouelle, des synagogues détruites quand elles étaient plus hautes que la mosquée, des juifs interdits de voyager à dos d’animaux nobles réservés au maître musulman. L’histoire permettra aussi, bien sûr, de raconter ces moments où la condition des juifs, ici ou là en terre d’Islam, fut un peu moins pire que dans la Chrétienté. Mais on finira sur les conditions de l’expulsion entre 1948 et 1970 du million de juifs du monde islamique, eux qui comme les chrétiens, étaient présents au Maghreb, en Egypte, en Iran, en Turquie avant l’islam… Organiser des sessions de contes pour petits enfants dans les banlieues sur la radieuse coexistence judéo-islamique révèle bien l’ignorance de nos « élites » quant aux imaginaires véhiculés par des siècles d’antijudaïsme auquel est venu s’adjoindre l’antisémitisme européen – on leur rappellera que Drumont fut élu député d’Alger à la suite des émeutes antisémites de la ville en 1898. Il faudra aussi apprendre à « ces jeunes ignorants » ce qu’ils doivent en termes d’antisémitisme à un personnage comme le grand mufti de Jérusalem. Amin al-Husseini fit la jonction entre l’antijudaïsme islamique, le nationalisme arabe et le racisme nazi en se faisant le relai vers le monde arabophone de la propagande antijuive de son ami Adolf Hitler, depuis sa radio de Berlin entre 1941 et 1945. Fait prisonnier par les Français, il put s’échapper tranquillement en mai 1946 pour rejoindre l’Egypte… On pourrait ensuite leur lire des extraits de la littérature du fondateur des Frères musulmans Hassan al-Banna, le papi de Tariq Ramadan, ou de Sayyid Qutb dont la violence remiserait Céline au rang de comique dieudonnesque. Certes, cela risque de ne pas s’harmoniser avec « les récits de mémoire partagée » dont rêve Aurélien Taché, sur les bons conseils, dit-il, de Benjamin Stora qui aurait l’oreille du président. (…) On peut rejoindre au moins Aurélien Taché sur un point : la gauche n’a fait « qu’agiter des slogans antiracistes et paternalistes qui n’ont mené nulle part ». Mais la suite de son analyse est édifiante… La faute à qui ? A Julien Dray, qui a surfé sur la marche des Beurs de 1983 pour se faire élire, explique le député LaREM. Dray à lui tout seul, c’est la gauche qui a « cocufié » (sic) les banlieues. Ca ne va pas aider à y lutter contre l’antisémitisme, ce « populisme des imbéciles » ! De toute façon, pour Aurélien Taché, les populations de ces quartiers n’ont strictement aucune responsabilité dans la situation calamiteuse dans laquelle elles se trouvent depuis plus de trois générations. Chômage, échec scolaire, absence de qualification pour le marché de l’emploi, salafisation des modes de vie coexistant avec les trafics en tous genres. Tout cela est la faute, en vrac, « des élites », de « l’Etat qui a abandonné ces quartiers », du « républicanisme guerrier » qui produit des tensions communautaires, du « modèle assimilationniste » qui est « la négation de l’autre ». (…) Mais on y vient à la promotion des quotas ethniques. C’est d’ailleurs ce que l’on préfère chez les progressistes multiculturalistes : cette appétence antiraciste pour la racialisation, ce goût moraliste pour l’ethnicisation des individus, histoire d’assigner « chacune et chacun, toutes et tous » à leur petite boutique communautaire respective. Pour Aurélien Taché, il faut « des listes vraiment inclusives aux prochaines municipales » parce qu’il n’y a « pas un Noir ou un Arabe parmi les maires des cinquante plus grosses villes ». Parce que c’est une obligation démocratique l’ethnicisation des élus ? Et il faudrait des quotas selon la taille des municipalités ? Quid des Asiatiques par exemple ? Jean Coumet, maire du 13ème arrondissement de Paris doit en toute hâte céder sa place ; à moins que les « Asiatiques » de l’arrondissement n’aient rien revendiqué ! M. Taché a l’indignation républicaine sélective : tous ces Français en situation de handicap, bien plus nombreux que toutes les minorités assemblées, subissent une exclusion sociale, éducative, professionnelle, culturelle et politique autrement plus violente que les « Noirs et les Arabes des quartiers » dont se préoccupe exclusivement M. Taché ? En outre, ses affirmations sont contredites par la réalité du terrain : les Français issus de l’immigration sont acteurs de la vie politique locale dans la plupart des « quartiers ». Dans certaines équipes municipales, ils sont tout à fait « représentés » et certains y ont d’ailleurs un poids politique indéniable. Quand on veut s’engager en politique en banlieue, c’est possible et ça paye. Ca se monnaye même parfois : une petite place d’adjoint en échange d’une aide pour obtenir les suffrages de tel ou tel quartier, de telle ou telle « communauté » ; mais passons sur ce clientélisme dans ces quartiers où on se fait élire avec 70% d’abstention !Après tout, pourquoi s’étonner des idées de M. Taché, lui qui exprimait son enthousiasme au projet de « transférer la souveraineté de la France au niveau européen » (Les terriens du dimanche, C8, 2 décembre 2018), annonçant d’ailleurs que ce serait « le cœur des propositions » de LaREM aux Européennes de mai prochain. Il faut avoir de l’audace quand on est un grand homme politique : pourquoi ne pas transférer carrément notre souveraineté à l’ONU ? D’ailleurs M. Taché aimerait que l’on y cède notre siège à notre partenaire allemand… Notre député, ennemi des « néorépublicains », regrette être « souvent seul à [s’]exprimer sur ce terrain », mais il dit « recevoir beaucoup d’encouragements ». Et n’est ce pas finalement ce qu’il y a de plus inquiétant ? Barbara Lefebvre

Nous étions identitaires et nous ne le savions pas !

A l’heure où face à la propre créature de leur docteur Frankenstein après huit années d’obamamanie galopante ..

Un parti démocrate américain en état de corbynisation avancée avec ses nouvelles députées antisémites …

Croule littéralement, entre femmes, noirs, Latino, homos, hindous, végans sous la diversité désormais de rigueur de ses candidatures

Et où suite au carnage de Christchurch, les compagnons de route du djihad et leurs nombreux idiots utiles occidentaux …

N’ont pas manqué de faire l’amalgame qu’ils dénonçaient jusque là pour l’islam et les barbaries islamistes habituelles …

Entre les attentats anti-musulmans et tous ceux qui tentent de s’opposer à l’islamisation et à l’immigration incontrôlée …

Comment ne pas (re)voir …

Avec la récente polémique déclenchée par le député néo-macronien Aurélien Taché

Dénonçant, au nom d’une paternalissime défense des banlieues, l’instrumentalisation électoraliste de l’antiracisme par ses anciens petits camarades du PS …

Hier entre keffiehs, main d’or et main de Fatma jaune (nouvel avatar de l’étoile jaune) …

Et aujourd’hui gilets jaunes et progressistes multiculturalistes …

Cette Amérique que nous avions « si longtemps appelée de nos voeux » ?

Aurélien Taché, l’anti-République bon chic bon genre

Barbara Lefebvre
Causeur
4 mars 2019

Aurélien Taché, qui a comparé le port du voile chez les musulmanes de 12 ans à celui du serre-tête chez les « jeunes catholiques », vilipende un supposé « néorépublicanisme » hostile aux musulmans. Dans son interview à L’Obs, le député du Val d’Oise montre qu’il est davantage au service des « quartiers » qu’à celui de la France.

Dans tous partis politiques, il est utile de trouver des spécimens : un homme ou une femme qui incarne la catégorie idéologique à laquelle il appartient. Chez LaREM, structure politique liquide, on en trouve de toutes les sortes. Si on soutient ce parti, on trouvera cela vivifiant, original, progressiste ; si on est habité par ces « passions tristes » réfractaires au changement, on y verra une absence de colonne vertébrale idéologique, un fourre-tout qui n’a qu’un crédo : le néolibéralisme. Pourquoi d’ailleurs y aurait-il un socle de pensées politiques articulées quand Emmanuel Macron est à lui seul une idée, une abstraction postmoderne, un concept qui s’est très bien vendu sur le marché en crise de la démocratie représentative, celle où l’on peut se faire élire grâce à la conjonction bienheureuse de « la peste brune » et de l’abstention.

« Macroniser les esprits »

Mais attention, maintenant que LaREM est aux manettes, pas question de la jouer petits bras. Certains élus, comme Aurélien Taché, ont bien l’intention de « mener la bataille culturelle et de macroniser les esprits ». M. Taché est au sein du parti jupitérien un beau spécimen du progressiste multiculturaliste, idéologiquement structuré par un passage au PS et à l’Unef. Dans une interview donnée à l’Obs prenant prétexte de l’antisémitisme, devenu cet accablant marronnier médiatique depuis vingt ans, le député Taché enfile tous les poncifs de la pensée postmoderne : relativisme intégral, dégoût du national, adoration de la diversité, culte victimaire et dévotion pénitentielle. Mais avec une certaine agressivité qui fait dire à ses collègues qu’il devrait « être à la France insoumise ». Il leur répond qu’il préfère LaREM où ne survivent plus « de néomarxistes ». Si l’on suit bien : Aurélien Taché récuse « les anciennes idéologies » mais n’hésite pas à en imiter la mécanique. Car affirmer vouloir « macroniser les esprits », qu’est-ce sinon de la manipulation mentale de masse, la fabrication d’un consentement à la pensée unique, prélude au parti unique ? Le progressiste Taché semble avoir des projets peu respectueux de la pluralité des opinions qui régissent un Etat un tant soit peu démocratique…

La République en marche, la « vraie » gauche

A travers la figure d’Aurélien Taché, qui vient notamment de faire plier Jean-Michel Blanquer souhaitant interdire aux parents accompagnateurs d’activités scolaires de porter des signes religieux ostentatoires, on cerne les contours de ce qu’est « l’aile gauche » de LaREM. Et elle s’avère plutôt proche de Benoit Hamon, Clémentine Autain et Danièle Obono. L’influence d’Aurélien Taché est à suivre car la gauche (ex PS, PRG, EELV, DVG) est la tendance politique la plus représentée au sein des élus LaREM, avec 126 députés dont 83 anciens élus/militants socialistes. Seuls 48 députés LaREM viennent de la droite et 17 du centre. Autant dire que si Taché prend le leadership sur le gros tiers des députés de gauche LaREM, qui plus est dans un contexte de politique centre-droite du Grand Chef et son gouvernement Philippe, ça pourrait tanguer. Mais, on peut aussi faire le pari que M. Taché va adopter la méthode classique du « gauchisme culturel » : prendre le pouvoir par l’influence idéologique à petits pas, en ciblant notamment la centaine d’élus novices, « ni droite ni gauche », sans réelle structure idéologique. Certains de ces « marcheurs » engagés auprès d’Emmanuel Macron après avoir été envoûtés par son charme robotique semblent, depuis Benalla et les gilets jaunes, donner des signes de sortie de la transe hypnotique commencée en 2017. Des contestations apparaissent, pour l’heure étouffées par le duo des pères fouettards Legendre-Ferrand. Mais il y a donc une clientèle potentielle pour le député Taché qui dit « irriter ceux qui ont une sensibilité néorépublicaine » ; késako le « néorépublicanisme » ?

Aurélien Taché, djihadologue

Il égrène dans l’Obs quelques unes des thématiques chères à la « gauche moraline » : politique de la ville et sa discrimination positive, récusation d’une sécession identitaire des banlieues, déni sur l’antisémitisme islamique, lutte contre les réacs de tous bords de Valls à Le Pen, promotion de la société inclusive. Il dit avoir « rejoint Emmanuel Macron le jour où [il l’a] entendu dire qu’il fallait que les élites s’interrogent sur leur part de responsabilités quand des jeunes font le choix de partir en Syrie ». C’est vrai ça : « J’ai pas de boulot, parce que j’ai pas de diplôme donc je vais faire le djihad en Syrie », voici bien un réflexe naturel en effet… Nos « élites » devraient être traduites devant les juges pour avoir contraint, par leur politique irresponsable, cette part de notre belle jeunesse de France à se lancer dans le djihadisme ! Il faut remercier Aurélien Taché de nous ouvrir les yeux sur cette nouvelle causalité du djihadisme.

Comme j’imagine qu’Aurélien Taché ne s’abaisse pas à lire autre chose que des auteurs estampillés de gauche, je lui conseillerai de lire Jean Birnbaum qui a le mérite d’avoir ouvert les yeux comme en témoignent ces deux derniers essais, Un silence religieux et La religion des faibles. Cela aiderait notre combattif député à penser la relation de sa « gauche morale » avec l’islam, et de là avec l’immigration de masse induite par ce progressisme néolibéral qu’il affirme chérir. Or cette idéologie au service des flux (des marchandises, des capitaux, des hommes, des identités) n’a en rien constitué un progrès, ni une libération, elle a approvisionné en « choses » le capitalisme financiarisé des nomades en costumes qui considèrent que les Etats-nations ne sont que des territoires de transit, des carrefours, des hubs.

Le peuple des « victimes » et « le populisme des imbéciles »

Le prétexte de l’entretien est l’antisémitisme, c’est donc par cela qu’il s’ouvre longuement. Mais après les condamnations d’usage, M. Taché botte vite en touche. On croirait alors lire une interview d’un responsable du CFCM, de la mosquée de Paris, voire du CCIF : accuser des idéologues musulmans de propager la haine antijuive, accuser certains musulmans de passer à l’acte criminel au nom d’un islam judéophobe délirant, c’est faire de tous les « musulmans des quartiers populaires un autre bouc émissaire ». C’est vrai ça, il n’y a que le Juif qui mérite d’être un bouc émissaire, qui a la force de l’expérience pour supporter l’opprobre, les jets de pierre, les coups de boule d’une racaille qui lui hurle « sale yahoud » ! Notre député, qui semble aussi un sociologue expert des banlieues, déclare que l’antisémitisme en banlieue ne « prend pas sa source dans l’immigration ou dans les versets du Coran […] mais dans l’ignorance et le sentiment anti-élites ». C’est vrai ça, les « élites » juives ont trop de pouvoir en France et cela suscite la jalousie d’une masse d’ignorants. Taché appelle cela « le populisme des imbéciles ». C’est pratique le populisme, ça n’a qu’un visage indistinct, celui du « peuple », ça évite de désigner les responsables des attaques et des meurtres de seize Français juifs depuis 2003.

C’est un peu embarrassant tout de même pour M. Taché – mais le journaliste de l’Obs n’allait quand même pas le lui faire remarquer – que tous les assassins de juifs en France depuis le meurtre de Sébastien Selam jusqu’à celui de Mireille Knoll soient tous des personnes issues de l’immigration maghrébine ou sub-saharienne de confession musulmane. « Le populisme des imbéciles » dites-vous M. Taché ? Rassurez-nous : l’islamisme criminel n’a rien à voir avec l’islam, n’est-ce pas ?

L’enseignement des « jeunes ignorants »

Le Coran et surtout les hadiths qui constituent le substrat politico-théologique de l’antijudaïsme islamique n’ont rien à voir avec le réel. Circulez ! C’est d’ailleurs pourquoi le 9 décembre 2017, place de la République, des musulmans assemblés pour défendre « la cause palestinienne » criaient «  Khaybar Khaybar ya yahoud, Jaych Mhammad saoufa ya’ud » c’est-à-dire un appel à tuer les juifs comme le fit le prophète Mohamed avec ceux de l’oasis de Khaybar en 628, bataille inaugurale de l’islam comme système théocratique. Extermination des hommes et jeunes garçons juifs, femmes violées, enfants réduits en esclavage. Le 9 décembre 2017, à Paris, qu’on ne vienne pas parler d’importation du conflit israélo-palestinien, c’est bien l’importation de l’imaginaire islamiste : celui où les juifs sont de toute éternité voués à finir comme ceux de Khaybar, ces falsificateurs de la parole divine. Et certains s’étonnent encore que juif et sioniste soient absolument synonymes dans cette nébuleuse fréro-salafiste si influente ? Voilà ce que nombre d’imams de ce courant prêchent dans de nombreuses mosquées françaises. Mais M. Taché répond : « Musulmans de banlieue bouc émissaires », « il ne faut pas exagérer » cet antisémitisme des banlieues.

Mais le pompon, c’est sa solution pour déraciner l’antisémitisme criminel chez « ces jeunes » dont il consent à admettre qu’il en existe quelques uns qui posent problème : « leur enseigner des récits de mémoire partagée entre juifs et musulmans ». Le simple terme « récits de mémoire partagée » en dit long sur l’intox. Plutôt qu’une « mémoire partagée » autour d’habitudes folkloriques communes (le henné et les youyous dans les mariages, le couscous-boulette du vendredi soir) ou d’anecdotes personnelles (« au Maroc, en 1950, ma voisine musulmane venait allumer le feu le jour de shabbat, comme on s’entendait bien ! »), je propose des cours d’histoire. Surtout d’histoire précoloniale, c’est-à-dire avant que le Français ne vienne jouer les arbitres et place le maître musulman en situation de colonisé ; avant que le Français et sa République, avec l’Alliance israélite universelle dans ses bagages, ne viennent ouvrir aux juifs du Maghreb les portes de l’émancipation. Là ce sera autre chose peut-être en termes de « récits de mémoire partagée ».

Une autre histoire

On parlerait du statut du dhimmi et de la condition juive en terre d’islam depuis les conquêtes au VIIe siècle, de l’insécurité permanente et des pogroms, des Juifs de cour pour protéger la communauté et de la vie de misère dans le mellah avant la création du ghetto européen médiéval, du port de signes distinctifs avant que la Chrétienté ne s’y mette avec sa rouelle, des synagogues détruites quand elles étaient plus hautes que la mosquée, des juifs interdits de voyager à dos d’animaux nobles réservés au maître musulman. L’histoire permettra aussi, bien sûr, de raconter ces moments où la condition des juifs, ici ou là en terre d’Islam, fut un peu moins pire que dans la Chrétienté. Mais on finira sur les conditions de l’expulsion entre 1948 et 1970 du million de juifs du monde islamique, eux qui comme les chrétiens, étaient présents au Maghreb, en Egypte, en Iran, en Turquie avant l’islam…

Organiser des sessions de contes pour petits enfants dans les banlieues sur la radieuse coexistence judéo-islamique révèle bien l’ignorance de nos « élites » quant aux imaginaires véhiculés par des siècles d’antijudaïsme auquel est venu s’adjoindre l’antisémitisme européen – on leur rappellera que Drumont fut élu député d’Alger à la suite des émeutes antisémites de la ville en 1898. Il faudra aussi apprendre à « ces jeunes ignorants » ce qu’ils doivent en termes d’antisémitisme à un personnage comme le grand mufti de Jérusalem. Amin al-Husseini fit la jonction entre l’antijudaïsme islamique, le nationalisme arabe et le racisme nazi en se faisant le relai vers le monde arabophone de la propagande antijuive de son ami Adolf Hitler, depuis sa radio de Berlin entre 1941 et 1945. Fait prisonnier par les Français, il put s’échapper tranquillement en mai 1946 pour rejoindre l’Egypte… On pourrait ensuite leur lire des extraits de la littérature du fondateur des Frères musulmans Hassan al-Banna, le papi de Tariq Ramadan, ou de Sayyid Qutb dont la violence remiserait Céline au rang de comique dieudonnesque. Certes, cela risque de ne pas s’harmoniser avec « les récits de mémoire partagée » dont rêve Aurélien Taché, sur les bons conseils, dit-il, de Benjamin Stora qui aurait l’oreille du président.

Salauds de pauvres contre gentils pauvres

Après tout, cet antisémitisme n’est-ce pas la faute à la misère économique, c’est ce que nous assène Aurélien Taché : « Ce n’est pas non plus dans la France périphérique mais dans les quartiers et les grandes villes que se concentre la pauvreté. » L’inénarrable équation « pauvreté = perméabilité à l’antisémitisme », que ne l’a-t-on entendue répétée par ceux qui ne veulent pas se fatiguer à lire des ouvrages d’histoire. Ils seraient mieux renseignés sur la longue durée de la haine antijuive, la pluralité de ses motifs, loin de se réduire aux aléas économiques. Cela fait longtemps que les historiens ont montré que la jalousie sociale n’était pas la cause prédominante de l’obsession antijuive. C’est un peu comme l’équation « pauvreté = délinquance et criminalité », ignorant que l’immense majorité des pauvres ne tombe pas dans la routine des trafics. Mais cette majorité silencieuse-là on ne veut pas trop la voir car elle réduit à néant « la culture de l’excuse », rente morale de tant de bien-pensants. Et quand cette France des travailleurs pauvres descend dans la rue ou se fixe sur un rond-point, le beauf sert de « plouc émissaire » (Ph. Murray). Autre question adressée à M. Taché : le taux de pauvreté chez les agriculteurs est de 25% (moyenne nationale 14%), observe-t-on chez eux un goût particulier pour la vulgate antijuive ? Quand les petits exploitants manifestent, crient-ils « mort aux juifs » ?

On peut rejoindre au moins Aurélien Taché sur un point : la gauche n’a fait « qu’agiter des slogans antiracistes et paternalistes qui n’ont mené nulle part ». Mais la suite de son analyse est édifiante… La faute à qui ? A Julien Dray, qui a surfé sur la marche des Beurs de 1983 pour se faire élire, explique le député LaREM. Dray à lui tout seul c’est la gauche qui a « cocufié » (sic) les banlieues. Ca ne va pas aider à y lutter contre l’antisémitisme, ce « populisme des imbéciles » !

« J’ai été élevé en écoutant Renaud, en mangeant de l’entrecôte, mais j’aime aussi le rap et les kébabs. »

De toute façon, pour Aurélien Taché, les populations de ces quartiers n’ont strictement aucune responsabilité dans la situation calamiteuse dans laquelle elles se trouvent depuis plus de trois générations. Chômage, échec scolaire, absence de qualification pour le marché de l’emploi, salafisation des modes de vie coexistant avec les trafics en tous genres. Tout cela est la faute, en vrac, « des élites », de « l’Etat qui a abandonné ces quartiers », du « républicanisme guerrier » qui produit des tensions communautaires, du « modèle assimilationniste » qui est « la négation de l’autre ». Yassine Belattar, sors de ce corps !

Mais Aurélien Taché ne fait pas que dénoncer. Il a des solutions fondées sur sa propre expérience : « J’ai été élevé en écoutant Renaud, en mangeant de l’entrecôte, mais j’aime aussi le rap et les kébabs. On peut être dans une forme de cosmopolitisme. » Les référentiels culturels qui semblent définir l’identité nationale de M. Taché sont du plus bel effet postmoderne et se passent de commentaires. D’ailleurs, il ne faut pas trop compter sur cet élu de la République pour rendre hommage aux emblèmes de la nation. Pour lui le drapeau tricolore « renvoie au régiment […] est-ce bien le rôle de l’école de se transformer en caserne ? » Il préfère citer Jean Zay qualifiant le drapeau national de « saloperie tricolore ». Sauf que comme son collègue Griveaux sur France Inter confondant Bloch et Maurras, Taché se prend les pieds dans le tapis de l’histoire politique complexe des années 1930 ! Zay a bien écrit un poème en 1924 (il avait 19 ans) intitulé Drapeau dans lequel il exprimait avec virulence son désenchantement patriotique après la Grande guerre. Poème qu’il a ensuite décrit comme un pastiche. Son texte de jeunesse ne fut jamais publié avant que la presse maurrassienne ne s’en saisisse en 1932 pour dénoncer l’antipatriotisme du jeune député du Loiret, futur ministre de l’Education. Le poème sera relayé par Céline en 1938 avec son « Je vous Zay ! » puis par la diplomatie antisémite de Vichy pour démasquer « ce Zay juif-bolchévique-antipatriote ». Dans les faits, Zay avait été élevé dans le protestantisme, était un Radical profondément patriote. M. Taché reprend donc à son compte la propagande antijuive des années 1930 contre Zay… Une fois encore, j’adresse une supplique à nos hommes politiques dont les références historiques ressemblent à de lointains souvenirs de bachotage Sciences Po : évitez d’utiliser des citations historiques dont vous ne maîtrisez ni les termes, ni le contexte ! Heureusement que le journaliste de l’Obs ne l’a pas lancé sur la Marseillaise, sinon on aurait eu droit à la dénonciation du « sang impur » et l’impérieuse nécessité de réécrire notre hymne pour l’adapter aux nouveaux visages de la France.

Le vote ethnique et la fin de la souveraineté par Aurélien Taché

Mais on y vient à la promotion des quotas ethniques. C’est d’ailleurs ce que l’on préfère chez les progressistes multiculturalistes : cette appétence antiraciste pour la racialisation, ce goût moraliste pour l’ethnicisation des individus, histoire d’assigner « chacune et chacun, toutes et tous » à leur petite boutique communautaire respective. Pour Aurélien Taché, il faut « des listes vraiment inclusives aux prochaines municipales » parce qu’il n’y a « pas un Noir ou un Arabe parmi les maires des cinquante plus grosses villes ». Parce que c’est une obligation démocratique l’ethnicisation des élus ? Et il faudrait des quotas selon la taille des municipalités ? Quid des Asiatiques par exemple ? Jean Coumet, maire du 13ème arrondissement de Paris doit en toute hâte céder sa place ; à moins que les « Asiatiques » de l’arrondissement n’aient rien revendiqué ! M. Taché a l’indignation républicaine sélective : tous ces Français en situation de handicap, bien plus nombreux que toutes les minorités assemblées, subissent une exclusion sociale, éducative, professionnelle, culturelle et politique autrement plus violente que les « Noirs et les Arabes des quartiers » dont se préoccupe exclusivement M. Taché ? En outre, ses affirmations sont contredites par la réalité du terrain : les Français issus de l’immigration sont acteurs de la vie politique locale dans la plupart des « quartiers ». Dans certaines équipes municipales, ils sont tout à fait « représentés » et certains y ont d’ailleurs un poids politique indéniable. Quand on veut s’engager en politique en banlieue, c’est possible et ça paye. Ca se monnaye même parfois : une petite place d’adjoint en échange d’une aide pour obtenir les suffrages de tel ou tel quartier, de telle ou telle « communauté » ; mais passons sur ce clientélisme dans ces quartiers où on se fait élire avec 70% d’abstention !

Après tout, pourquoi s’étonner des idées de M. Taché, lui qui exprimait son enthousiasme au projet de « transférer la souveraineté de la France au niveau européen » (Les terriens du dimanche, C8, 2 décembre 2018), annonçant d’ailleurs que ce serait « le cœur des propositions » de LaREM aux Européennes de mai prochain. Il faut avoir de l’audace quand on est un grand homme politique : pourquoi ne pas transférer carrément notre souveraineté à l’ONU ? D’ailleurs M. Taché aimerait que l’on y cède notre siège à notre partenaire allemand… Notre député, ennemi des « néorépublicains », regrette être « souvent seul à [s’]exprimer sur ce terrain », mais il dit « recevoir beaucoup d’encouragements ». Et n’est ce pas finalement ce qu’il y a de plus inquiétant ?

Voir aussi:

Le député Aurélien Taché, ou « Monsieur laïcité » chez LREM, défend la responsable voilée de l’Unef
Hadrien Mathoux
Marianne
21/05/2018

Au contraire de Gérard Collomb et Marlène Schiappa, le député macroniste du Val-d’Oise a défendu le choix de Maryam Pougetoux, responsable de l’Unef à Paris-IV, de porter le voile islamique. Ancien responsable de l’Unef, Aurélien Taché juge que les « valeurs progressistes » portées par le syndicat sont compatibles avec le vêtement de sa porte-parole.

Visiblement, tout le monde n’est pas d’accord en Macronie sur l’affaire du voile de Maryam Pougetoux. Symbole de l’absence de ligne du parti au pouvoir concernant la laïcité ? Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, a jugé que le hijab porté par la responsable de la section du syndicat Unef à Paris-IV était « choquant« , relevant même pour lui d’une forme de « prosélytisme« . La secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, s’est dite « interpellée » par un « signe manifeste de promotion de l’islam politique« . Pour Aurélien Taché, député LREM de l’Oise, il n’y a au contraire aucun problème à ce que la porte-parole du syndicat étudiant de gauche arbore un voile islamique lui couvrant les cheveux, les oreilles et le cou.

Interrogé sur Europe 1 ce lundi 21 mai, le jeune (33 ans) parlementaire a rappelé que Maryam Pougetoux ne portait pas uniquement son voile lorsqu’elle représentait l’Unef, mais probablement tout le temps. « Pourquoi elle devrait enlever [son voile] au moment de ses interventions publiques, c’est peut-être la question qu’on devrait se poser« , juge l’élu, avant de rappeler que lui-même a été responsable de l’Unef à Limoges et qu’il n’aurait « pas forcément aimé que des responsables politiques viennent dire quel responsable on devait élire ou choisir.«  Une réponse qui esquive le débat principal, rappellent les journalistes d’Europe 1, soit « l’opportunité pour une responsable syndicale étudiante de porter le voile. »

Cette relance est l’occasion pour Aurélien Taché d’aller un peu plus loin et de s’engager sur sa vision de la laïcité : « Le président de la République a dit une chose intéressante sur la laïcité, il a dit que c’était l’Etat qui était neutre et pas la société. Moi je continue à me mettre dans cette logique-là. » Avant, une nouvelle fois, de tenter de détourner quelque peu le débat, en faisant allusion à une critique qui n’a pas été émise : « Et qu’est-ce qu’il y a derrière cette question, il y a la question de savoir si elle serait suffisamment française ou une bonne Française ? » Aurélien Taché est alors une nouvelle fois recadré par les journalistes, qui l’interrogent sur « l’incompatibilité des valeurs portées par ce voile, un hijab, avec les valeurs progressistes portées par l’Unef.« 

Le député LREM confirme alors sa défense résolue de Maryam Pougetoux : « Pour moi, les valeurs progressistes c’est que des femmes puissent prendre des responsabilités, que quand on fasse ses études on s’engage dans un syndicat étudiant, on va manifester contre des réformes, même si c’est des réformes que moi je défends. Pour moi les valeurs progressistes elles sont de cet ordre-là, donc je ne vois pas la difficulté tant qu’on est bien sur quelqu’un qui répond au mandat que lui ont confié ses camarades et mène les luttes étudiantes que ce syndicat juge utiles. » La question du voile islamique de la responsable de l’Unef n’est pas politique pour Aurélien Taché. Elle relève « du choix individuel, Maryam Pougetoux a eu l’occasion de s’en expliquer, elle a fait un choix qui est le sien et qu’il faut pouvoir respecter« .
Invité de l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC ce lundi 21 mai, il a poursuivi sur sa lancée : « L’islam est la deuxième religion de France ! Ce voile, c’est son identité ! » Les nombreuses citoyennes musulmanes ne portant pas le voile apprécieront…

Le « Monsieur laïcité » de La République en Marche

Au-delà du fait qu’elle le met en opposition avec deux figures du gouvernement, cette prise de position du député du Val-d’Oise est intéressante, car Aurélien Taché est le « Monsieur laïcité » de la République en Marche. En novembre dernier, il appelait son camp à « s’emparer des thèmes de la laïcité et de l’islam » dans une interview au Monde. En février, il a également rendu un rapport sur l’intégration des étrangers arrivant en France. Proche d’Emmanuel Macron, il revendique tenir une ligne proche du président en matière de laïcité, et le délégué général de LREM Christophe Castaner l’a chargé de réfléchir à la question pour structurer la vision du parti sur ce sujet.

Or toutes les prises de position d’Aurélien Taché en la matière révèlent un rapport très « ouvert« , voire souple, à ce principe républicain. Ainsi, dans son entretien au Monde, il définit sa vision de la laïcité en rappelant que « face au fait religieux, l’Etat doit se mettre en position d’abstention » et « respecter une stricte neutralité, en laissant aux citoyens le droit de croire ou non et de pratiquer leurs cultes« . Jamais, dans sa longue réponse, il ne sera question de la non-immixtion des religions dans les affaires publiques, ou des dangers que peuvent représenter les communautarismes pour la République.

Aurélien Taché a démontré un même sens des priorités dans une rencontre avec le quotidien La Croix : « Si vous me demandiez ce que serait une clé de l’égalité, je répondrais : ‘Qu’on ne discrimine pas le droit de croire’« , affirme le député. Le droit de ne pas croire est ici en dehors de la réflexion. Se faisant plus offensif, le jeune macroniste et ancien socialiste affirme même que « la liberté de conscience, ce n’est pas uniquement la liberté de ne pas croire« , et prévient que pour lui, « le vide spirituel ne doit pas être remplacé par une espèce de religion républicaine« . Il va même jusqu’à dire qu’il a toujours « trouvé assez décevant l’anticléricalisme et l’athéisme » dans lesquels il a été élevé.

De quoi l’amener à défendre un modèle multiculturaliste plus proche des pays anglo-saxons que de la tradition républicaine française ? Pour parler intégration, l’un des interlocuteurs favoris d’Aurélien Taché est l’humoriste controversé Yassine Belattar. Il l’a ainsi invité à une soirée de discussions autour des banlieues qu’il a organisée à l’Assemblée Nationale. Et n’a pas hésité à partager cette saillie sur Twitter : « Si Obama avait dû faire carrière en France, il serait encore à la machine à café« .

Voir également:

Christchurch et la responsabilité des opposants à l’islamisation : quand soudain, l’amalgame devient possible
Alexandre del Valle
Valeurs actuelles
18 mars 2019

Les attentats barbares commis le 15 mars dernier contre des musulmans en Nouvelle Zélande, qui ont fait 49 morts, constituent la plus terrible attaque jamais commise en Occident contre des musulmans. Une attaque monstrueuse, dont les images froidement auto-filmées par l’assassin Brenton Tarrant donnent la nausée. Quelles leçons tirer de ces attentats ? Pour nombre d’adeptes du politiquement ou de l’islamiquement correct, ils seraient la “preuve” que la “libération de la parole islamophobe” ou “anti-immigration”, notamment en réaction aux attentats islamistes “injustement” attribués à des musulmans et à l’islam, est dangereuse et qu’il conviendrait de la limiter à nouveau. Alexandre del Valle réagit ici aux indignations sélectives de ceux qui de coutume refusent tout “amalgame” entre la charia islamique et les attentats jihadistes et qui, en revanche, n’hésitent pas à faire l’amalgame entre les attentats anti-musulmans et les partis ou penseurs hostiles à l’islamisation et à l’immigration incontrôlée, deux poids deux mesures.

Il va sans dire que le carnage perpétré le 15 mars à Christchurch (Nouvelle-Zélande), dans deux mosquées (49 morts) – second évènement majeur de ce type depuis la fusillade à la mosquée de Québec en 2017 (six morts) – est monstrueux, inqualifiable, condamnable et que ses auteurs méritent les peines les plus sévères. Il est clair que RIEN ne doit être fait pour minimiser la portée de cet attentat barbare et que ces 56 morts musulmans tués par des suprémacistes blancs ou « islamophobes » ces deux dernières années au Québec et en Nouvelle Zélande sont bien évidemment 56 morts de trop, quand bien même ce chiffre est mille fois inférieur au nombre de chrétiens/non-musulmans massacrés chaque année en pays musulmans.

L’hypocrite indignation sélective des pôles islamiques mondiaux qui dénoncent « l’islamophobie » des Occidentaux mais pratiquent la haine anti-mécréants chez eux

Comme on pouvait s’y attendre, les pays islamiques qui punissent l’apostasie, persécutent légalement leurs minorités non-musulmanes autochtones et n’ont jamais remis en question la violence islamique légale de la Charia, des ahadith de la Sira et du Coran (jurisprudence et textes sacrés musulmans), dénoncent de concert la « diabolisation des musulmans » en Occident ». Pour ces indignés à sens unique, l’attentat de Christchurch ne serait que l’aboutissement prévisible de l’islamophobie coupable de cet Occident post-colonial honni. Ainsi que le réclament depuis trois décennies les 57 pays de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), super Lobby intergouvernemental panislamique reconnu par les Nations Unies et piloté par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turque néo-ottomane, le massacre de Christchurch est un nouveau prétexte pour réitérer l’exigence liberticide de limitation de la liberté d’expression en matière d’islam régulièrement portée à l’ONU sous couvert de lutte contre la « diffamation des religions ». Sur son compte Twitter,  Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien, a très officiellement pointé du doigt cette « liberté d’expression » criminelle de l’Occident qui serait à l’origine des actes meurtriers anti-musulmans. Des propos qui font rire ou pleurer quand on sait qu’ils émanent d’un régime de Mollahs qui arrivent juste devant l’Arabie saoudite et après la chine chaque année parmi les trois premiers pays pratiquant le plus d’assassinats d’Etat…

Mais l’Iran est concurrencé sur ce terrain par la Turquie du néo-sultan irascible Recep Tayyip Erdogan, qui ne rate lui non plus jamais une occasion de fustiger les Européens complexés. C’est ainsi que le même islamiste vigilant, d’habitude si prudent vis-à-vis du Géant chinois qui a pourtant tué et torture des centaines de milliers de musulmans ouïgours, a déclaré qu’« avec cet attentat, l’hostilité envers l’islam (…) a franchi les limites du harcèlement individuel pour atteindre le niveau d’une tuerie de masse. Il apparaît clairement que la vision portée par le tueur (…) est en train de gagner du terrain en Occident comme un cancer ».

Al-Azhar a toujours refusé d’excommunier les terroristes jihadistes dès lors que ceux-ci ne professaient pas d’hérésies, se limitant à condamner leurs « actions ici-bas », bien évidemment totalement étrangères à l’islam.

Étonnant propos de la part d’un Erdogan qui avait ouvertement menacé Benoit XVI après son discours de Ratisbonne ; qui nie catégoriquement le génocide arménien (dont la reconnaissance est punie pénalement en Turquie) ; qui soutient les terroristes du Hamas et les Frères musulmans ; qui a aidé Daech et Al-Qaïda en Syrie, et qui n’a jamais reconnu le caractère christianophobe des massacres de chrétiens survenus ces dernières années en Turquie (Malatya, Trébizonde, meurtres de Hrant Dink, des Prélats Santoro et Padovese, etc)… Pour ce qui est du grand imam d’Al-Azhar, Cheikh Ahmed al-Tayeb, à la tête de la plus grande université religieuse du monde musulman sunnite, où l’on enseigne la légitimé du Jihad offensif, l’infériorité des non-musulmans, les châtiments corporels et autres lapidations, il a déclaré que « ces attaques sont le résultat de la prolifération du discours islamophobe dans plusieurs pays, y compris dans ceux qui sont réputés pour la coexistence de leur population », désignation à peine voilée des pays occidentaux. On croit ici rêver, quand on sait à quel point l’université d’Al-Azhar, infiltrée depuis des décennies par les Frères musulmans et le salafisme, comme l’a déploré le Président égyptien Al-Sissi lui-même, a cautionné théologiquement les attaques violentes perpétrées quotidiennement contre les Coptes chrétiens. Al-Azhar a d’ailleurs toujours refusé d’excommunier les terroristes jihadistes dès lors que ceux-ci ne professaient pas d’hérésies, se limitant à condamner leurs « actions ici-bas », bien évidemment totalement étrangères à l’islam. CQFD, circulez, rien à voir…

En France, le militant islamiste-nationaliste pro-Erdogan Ahmet Ogras, Président sortant du Conseil Français du Culte musulman, a surenchérit dans cette logique liberticide anti-occidentale : « Cette tragédie abjecte démontre une fois de plus que l’islamophobie est un mal qu’il faut combattre sans relâche, tout comme les paroles médiatiques déversées par des prêcheurs de haine ». Une allusion à peine voilée aux Zemmour, Finkielkraut ou autres « islamophobes » de Charlie Hebdo accusés de distiller la « haine envers les musulmans » sous prétexte qu’ils dénoncent l’intolérance et la violence chariatiques. Plus explicite encore, le Collectif contre l’islamophobie en France a demandé aux autorités de « prendre leurs responsabilités (…) Les discours islamophobes diffusés dans nos médias n’y ont pas leur place et ont des conséquences concrètes sur la vie des musulmans de France. Faire l’apologie de la théorie du grand remplacement, permettre à des idéologues/éditorialistes/journalistes/politiques de distiller leurs discours à longueur de journée est absolument dangereux. Il faut que cela cesse et les médias français ont un rôle à jouer dans la lutte contre l’islamophobie ».

Bref, ceux-là mêmes qui sont idéologiquement liés aux Frères musulmans et adhèrent au suprémacisme islamiste ont trouvé dans les attentats anti-musulmans un prétexte rêvé pour exiger définitivement l’exclusion du débat démocratique de tous ceux qui feraient obstacle à leurs desseins prosélytes-conquérants. Aux Etats-Unis, le lobby islamique américain pro-Frères musulmans, le CAIR (Council of American and islamic Relations), qui vante officiellement la charia et est lié au Hamas palestinien, réclame comme le Collectif contre l’islamophobie en France, que soit « criminalisée l’islamophobie ». A contrario, l’auteur de ces lignes a préféré les paroles, bien plus dignes, du recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui a déclaré dans un communiqué officiel, « les musulmans de France sont choqués par cette violence meurtrière qui se manifeste à l’autre bout du monde et prient Dieu que la paix soit préservée dans notre pays ».

La gauche islamiquement correcte solidaire des « coupeurs de langues » islamistes

D’une manière générale, l’attitude de récupération obscène de la douleur des victimes musulmanes de la part de pôles officiels de l’islam mondial, a été faite sienne par la Gauche marxiste/bobo-islamiquement correcte, laquelle a redoublé d’exigences liberticides en incriminant globalement la droite conservatrice et les populismes identitaires, même les plus pacifistes et parlementaristes, pointés comme « idéologiquement coupables » : c’est ainsi que Jean-Luc Mélenchon, qui n’a jamais dénoncé la haine meurtrière anti-chrétiens en pays islamiques, a fustigé « la haine des musulmans qui est aussi un poison mortel dans nos sociétés », tandis que Ian Brossat, tête de liste PCF pour les européennes, a dénoncé « l’extrême droite qui tue, ses idées nauséabondes qui sèment la mort. Ne jamais l’oublier et les combattre pied à pied ».

D’une manière générale, les « islamo-gauchistes », ces idéologues rouges alliés des fascistes verts, ont même accusé Donald Trump, Matteo Salvini et Victor Orban d’être les « vrais responsables » de ce « climat » anti-muslims, sous prétexte que le psychopathe/serial killer Breton Tarrant aurait cité la théorie du « Grand Remplacement » de Renaud Camus – qui n’a pourtant jamais appelé au meurtre – et aurait motivé sa barbarie vindicative par le refus de l’immigration extra-européenne. A ce titre, c’est donc Alain Finkielkraut qui devrait être lui aussi accusé, avec Zemmour ou d’autres intellectuels médiatiques, d’avoir inspiré des futurs Tarrant, puisque l’académicien a lui-même cautionné le théoricien remplaciste qualifié « d’extrême-droite » pourtant issu, comme Finkielkraut, de la gauche… Et si l’on suit le même raisonnement de chasse aux sorcières, tous ceux qui remettent nettement en question l’islam, y compris les musulmans athées ou laïques eux-mêmes comme Malika Sorel, Boualem Sansal, Kamel Daoud, Walid al-Husseini ou Zineb el Rhazoui, sans oublier les gauchistes blasphémateurs de Charlie Hebdo, seraient responsables des actes anti-musulmans de Tarrant ou avant lui de Breivik.

Récupérant elle aussi un fait monstrueux commis par un fanatique australien, mais qui critiquait les partis politiques populistes parlementaires « trop modérés » (et jugeait Marine Le Pen « insipide »), Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre de l’Éducation de François Hollande, a dénoncé dans un tweet « l’indignation hypocrite de ceux qui ont contribué, année après année, à promouvoir ça ». Illustrant son tweet de couvertures de grands médias comme Valeurs actuelles, Le Figaro Magazine, L’Express, Le Point, Marianne, Courrier international, revue L’Histoire, l’ex-ministre connue pour son moralisme progressiste sélectif, a même parlé de « nausée » à propos de cette presse « coupable » d’avoir contribué à promouvoir le climat d’islamophobie qui aurait permis l’attentat de Christchurch. Dans ce cas, pour suivre la même logique d’amalgame d’habitude pourtant interdite en cas d’attentats islamistes, que doit penser Madame Vallaud-Belkacem de ses anciens compères socialistes François Hollande et Gérard Collomb, qui ont tous deux dénoncé le séparatisme islamiste et la montée du communautarisme dans les banlieues  hors contrôle ?

Que répondre à cette nouvelle forme islamiquement correcte de reductio ad hitlerum

En réalité, et en dépit même des centaines d’attaques commises par les terroristes arabo-musulmans et des jihadistes en Occident depuis les années 1980 (terrorisme palestinien ; iranien ; GIA ; Al-Qaïda ; Daech), les actes terroristes anti-musulmans dans le monde occidental ont été jusque-là extrêmement rares. On peut même affirmer que les Occidentaux ont fait preuve d’une grande retenue en ne répondant presque jamais de façon réciproquement barbare aux jihadistes. Certes, les cas du Canada et de la Nouvelle Zélande sont là pour montrer que des Blancs judéo-chrétiens peuvent eux aussi se comporter « comme » les pires jihadistes.

Mais en quoi des actes anti-musulmans commis dans des pays tolérants et multiculturels comme la Nouvelle Zélande ou le Canada devraient être imputés à des Français, des Anglais, des « populistes » italiens ou des électeurs de Donald Trump, comme certains bien-pensants ont essayé de le faire ? Depuis quand nos sociétés démocratiques fondées sur la liberté et la responsabilité individuelles ont-elles rétabli de délit et la faute collectives ? Au nom de quoi les « coupeurs de langues » de l’organisation de la Coopération islamique (OCI), du CCIF, de l’Université Al-Azhar, sans oublier le néo-Sultan Erdogan osent-ils blâmer des Français, des Italiens, des Hongrois, des citoyens américains ou même des « islamophobes » pacifiques ou des « populistes » occidentaux hostiles à l’immigrationnisme alors que eux-mêmes cautionnent des institutions théocratiques qui enseignent la légitimité du Jihad, de la charià et de la conquête islamique ?

N’importe quel observateur intellectuellement honnête peut aisément constater que la violence terroriste anti-chrétienne en pays islamique est bien plus banalisée et impunie que l’inverse. Et si dans la même période récente, des chrétiens de pays islamiques avaient commis contre des Musulmans le centième des meurtres perpétrés par des jihadistes en « pays chrétien », on n’ose même pas imaginer le nombre de chrétiens qui auraient été massacrés en représailles dans les rues, les églises et jusque dans leurs maisons. D’ailleurs, alors même que les chrétiens en pays arabo-musulmans ne perpètrent jamais d’actes terroristes et constituent au contraire des minorités soumises et pacifiques (dhimmitude), ils sont déjà régulièrement pris pour cibles par des fanatiques musulmans : Chrétiens des pays arabes (Irak, Egypte, Arabie saoudite-Yémen, Mauritanie, Soudan, Maghreb, etc), de Turquie (génocide arménien toujours, persécution des syriaques-araméens), du Pakistan (les milliers d’Asa Bibi martyrisées), sans oublier les autres minorités régulièrement persécutées et massacrées au nom de la Charià : Yézidis d’Irak, chiites, Alévis, régulièrement attaqués, kidnappés, rackettés, victimes d’attentats ou officiellement brimés.

Un chrétien vivant en pays musulman a 143 fois plus de risques d’être tué par un musulman qu’un musulman risque de l’être par un chrétien dans un pays occidental…

Face à la tentative obscène de récupération (par les « coupeurs de langues » verts, roses et rouges) du drame des musulmans massacrés en Nouvelle Zélande, et face à l’incroyable tentative de culpabilisation/disqualification morale des défenseurs de la civilisation judéo-chrétienne orchestrée par tous ceux qui voudraient rendre les Français patriotes collectivement coupables des horreurs de Christchurch, quelques chiffres peuvent aider à garder raison :

Rien que pour la France, 7 au 9 janvier 2015: attaques de Charlie Hebdo, 22 morts ; 26 juin 2015, à Saint-Quentin-Fallavier, un Français décapité par un jihadiste ; 13-14 novembre 2015 : attentats de Paris, 137 morts ; 13 juin 2016, Magnanville, un policier et sa femme assassinés par un jihadiste. 14 juillet 2016: un Mohamed Lahouaiej-Bouhlel massacre 86 personnes ; 26 juillet 2016, Normandie, 2 djihadistes égorgent un prêtre âgé de 86 ans en pleine messe dans son église. 1er octobre 2017: un musulman a poignardé à mort deux jeunes femmes dans une gare de Marseille ; 23 mars 2018, Trèbes, trois morts ; 12 mai 2018, Paris, un franco-tchétchène poignardé à mort un piéton et en a blessé plusieurs autres ; 11 décembre 2018: À Strasbourg, un homme armé a ouvert le feu juste devant le marché de Noël, faisant 5 morts et 11 blessés. Total, rien qu’en France, en quatre ans : 261 morts et moult blessés lors d’attaques de musulmans contre des non-musulmans. Et heureusement, AUCUNE représailles meurtrière contre des Musulmans dans les rues ou les Mosquées. Par contre , des menaces de morts par milliers contre les intellectuels musulmans modérés ou « infidèles » qui dénoncent les « coupeurs de têtes ».

Si l’on compare le nombre de musulmans victimes de meurtres terroristes en Occident avec le nombre de chrétiens tués dans ce même genre d’actes en pays islamique, la probabilité pour les 30 millions de musulmans qui vivent en Occident d’être victimes d’une attaque est d’environ un sur dix millions par an.

D’après Srdja Trifkovic, auteur d’une étude intitulée « New Zealand attacks : repercussions and perspective », parue dans le magazine Chronicles, le 15 mars dernier : « Dans un pays à majorité musulmane, environ un chrétien sur 70 000 est assassiné par un musulman juste parce qu’il est ce qu’il est chrétien, ce qui signifie qu’un chrétien vivant en pays musulman a 143 fois plus de risques d’être tué par un musulman qu’un musulman risque de l’être par un chrétien dans un pays occidental… ».

Et si l’on compare le nombre de musulmans victimes de meurtres terroristes en Occident avec le nombre de chrétiens tués dans ce même genre d’actes en pays islamique, la probabilité pour les 30 millions de musulmans qui vivent en Occident d’être victimes d’une attaque est d’environ un sur dix millions par an, certes, un sur dix millions de trop, mais rien de comparable avec les 4000 victimes du jihadisme en Occident depuis le 11 septembre 2001 et avec les dizaines de milliers de chrétiens massacrés depuis les années dans les pays musulmans depuis la même date.

Autre signe : les communautés chrétiennes, pourtant autochtones, et non immigrées ou issues de la colonisation, ont été réduites à une peau de chagrin ces dernières décennies, sans parler de la détérioration de leurs droits et sécurité, tandis que les communautés musulmanes d’Occident enregistrent depuis la même période la plus grande progression numérique qui soit, passant dans les années 1950 de quasiment 0 % à des taux de 10 à 20 % de la population en Belgique, Allemagne, Suède, Pays-Bas, Grande-Bretagne, etc. Comparons donc ce qui est comparable, et arrêtons donc de généraliser, battre notre coulpe et affirmer à tort que les musulmans d’Europe seraient aussi persécutés et victimes de la haine que les chrétiens et autres minorités en terre islamique : cette affirmation est simplement indécente.

Voir encore:

Marche SOS Racisme… des potes qui nous voulaient du bien

Le succès de SOS-Racisme a généralement été appréhendé comme une simple opération de « récupération », concoctée dans les cabinets de Mitterrand et favorisée par « l’immaturité » des mouvements « beurs ». Dans sa thèse sur le traitement médiatique de l’association anti-raciste, P. Juhem [1] a mis en lumière les multiples déterminations qui ont rendu possible la « récupération ». Plutôt que de recourir à l’hypothèse fantaisiste d’une vaste manipulation engagée par une sorte de « comité central » des médias dominé par les socialistes, il a tenté de repérer les logiques spécifiques au champ médiatique, la pluralité des facteurs (enjeux internes, compétitions, stratégies commerciales, évolution du profil idéologique des journalistes, etc.), qui ont convergé pour aboutir à une gigantesque campagne de promotion de SOS-Racisme, sans minimiser, pour autant, la volonté politique de certains responsables socialistes – en premier lieu, Mitterrand – et l’efficacité de leurs interventions dans un contexte favorable.

Les énormes subventions reçues, le soutien de plus en plus affirmé de la gauche, des médias et de nombreux intellectuels ont incontestablement contribué, en effet, au succès de SOS-Racisme. On doit y voir également l’effet de dispositifs propres au système postcolonial. La « récupération » apparaît comme une menace inhérente à celui-ci – ce qui ne signifie pas inévitable – et non pas comme le seul produit d’intérêts politiques circonstanciés et de stratégies habilement menées. On a parfaitement raison de condamner de ce point de vue la politique du PS mais il est tout aussi important de saisir pourquoi, malgré leur bonne volonté, de nombreux militants antiracistes ont pu jouer le jeu d’une entreprise d’exclusion/inclusion.

Au début des années 80, « les Beurs deviennent trop subversifs » [2]. La Marche pour l’Egalité et les multiples formes d’action qui l’ont précédé ou suivi donnent aux jeunes issus de l’immigration une formidable visibilité qui inquiète, dans un contexte politique mouvant. L’abandon des promesses qui avaient conduit Mitterrand au pouvoir et l’adoption d’une politique de rigueur ne suscite pas la mobilisation sociale qu’espérait l’extrême gauche. La tendance politique dominante, notamment au sein de la jeunesse lycéenne et étudiante, n’est plus à la contestation mais plutôt à la désaffection vis-à-vis de l’engagement politique tandis qu’avec le recul des paradigmes marxistes s’imposent les idéologies molles de la défense des droits de l’homme et du progrès « sociétal ». La droite, par contre, progresse. Elle remporte plusieurs élections municipales partielles et repart à l’offensive comme en témoignent les gigantesques manifestations pour « l’école libre ». Le Front national connaît, quant à lui, ses premières grandes victoires (élections européennes). La « bête immonde » resurgit, craignent de nombreux secteurs de la gauche, assimilant la nouvelle situation à la montée du fascisme dans les années 30. Pour beaucoup, la lutte antifasciste devient la priorité de l’heure et l’antiracisme devient l’arme de cette lutte, d’autant plus efficace leur semble-t-il qu’un antiracisme moral et englobant peut permettre un large rassemblement de forces et remobiliser la jeunesse sur des « valeurs de gauche ».

Dans ce contexte, le mouvement « beur » pose incontestablement problème. L’irruption des enfants de l’immigration sur la scène publique inquiète. Il alimenterait le discours du Front national. Il embarrasse le pouvoir socialiste déterminé à restreindre l’immigration, mais il peut constituer aussi une nouvelle ressource électorale pour la gauche. D’une part, parce que de nombreux jeunes issus de l’immigration ont le droit de vote mais également parce que la problématique antiraciste qui est la sienne suscite la sympathie de larges franges de la jeunesse. Il s’agit dès lors de l’encadrer, de neutraliser ses tendances les plus contestataires et d’aseptiser son discours. « Convergence 84 révéla, écrivent Ahmed Boubeker et Nicolas Beau, une réelle capacité de mobilisation des cités. Personne pourtant pour canaliser cette révolte. Une place était à prendre ; message vite compris par Harlem Désir et ses potes : le jour même de l’arrivée de Convergence, 5000 badges « Touche pas à mon pote » de SOS-Racisme étaient vendus. L’idée du mélange, débarrassée de ses relents égalitaires, était reprise par Harlem Désir : « Vivons avec nos ressemblances, quelles que soient nos différences » : ce slogan de Convergence permettait à chacun, français ou immigré, de s’exprimer, sans complexes, sur la société multiraciale. Les beurs avaient perdu ce monopole. Avec SOS-Racisme, la société française reprenait la parole. Le relais était passé. » [3] C’est, en effet, à l’occasion de la seconde Marche, organisée par « Convergence 84 » que le petit groupe constitué autour de Julien Dray, transfuge de la LCR au Parti socialiste, apparaît sur la scène publique en diffusant massivement la fameuse petite main jaune. Mogniss Abdallah y voit un «talisman, hybride de la main de Fatma et de l’étoile jaune des Juifs sous le nazisme » [4]. Alors que les jeunes issus de l’immigration avaient manifesté contre le racisme particulier dont ils sont l’objet, SOS met en avant une vision exclusivement moralisante et non politique du racisme, détachée de l’histoire sociale et politique concrète. La référence implicite à l’étoile jaune n’est pas non plus innocente. Elle n’est pas sans lien avec le « choix exclusif de l’UEJF comme co-fondatrice de l’association » [5] suppose Mogniss Abdallah. En décembre 1983, de nombreux marcheurs étaient fiers de porter le Keffieh, symbole du peuple palestinien. Le « talisman » de SOS suggère, quant à lui, que la question palestinienne ne serait qu’un conflit entre juifs et arabes soluble dans l’antiracisme. M.Abdallah décrypte également le slogan « Touche pas à mon pote ». Celui-ci met « en scène un Français (anti-raciste) s’adressant à un autre Français (raciste, donc souvent suspect d’accointance avec le FN) pour protéger son « pote » issu de l’immigration. Le « pote » devient par un spectaculaire retournement de situation le spectateur passif d’un enjeu politique franco-français où il est question de cordon sanitaire anti-FN ou d’un « front républicain » pour des échéances électorales et les « combinazzione » à venir » [6]. Le racisme apparaît ainsi comme un rapport inter-individuel, une forme d’hétérophobie portée par l’extrême-droite. L’antiracisme devient une posture éthique, un combat qui se déroule entre Blancs.

Si le discours de SOS évoluera progressivement au fur et à mesure de l’enracinement du mouvement et des nouveaux enjeux politiques qui se poseront à lui, à sa fondation, la nouvelle association s’attache à se présenter comme a-politique, ni trop de gauche ni de droite. « Alors que quelques années auparavant un mouvement se proclamant « apolitique » aurait rencontré l’opposition de toutes les organisations politiques et antiracistes « de gauche », note P. Juhem (…), au contraire en 1985, l’affichage de « l’apolitisme » du mouvement est la condition de sa réussite, à la fois à l’égard de journalistes qui se réjouissent de la « fin des idéologies » et vis-à-vis de jeunes qui sont proportionnellement plus nombreux qu’auparavant à être indifférents à l’égard de « la politique ».» [7] SOS apparaît ainsi comme le cadre idéal pour mobiliser la jeunesse et canaliser la révolte des banlieues.

La finalité de l’association antiraciste est double. Il s’agit d’inclure les « beurs » dans des logiques politiques qui ne sont pas les leurs et d’exclure du champ politique ceux qui développent une orientation en rupture avec le consensus antiraciste basé sur l’intégration individuelle. Cette exclusion se réalise par diverses procédures. La première est évidemment de donner à SOS une légitimité qu’elle n’a pas en la présentant comme l’héritière de la Marche de 1983[8]. La seconde consiste à marginaliser les mouvements autonomes qui n’ont guère d’alliés dans le champ politique blanc ni, évidemment, de subventions. Le soutien gigantesque dont bénéficie SOS lui permet alors d’occuper tout l’espace antiraciste. Les mouvements autonomes sont soumis, quant à eux, à une terrible injonction qui contribuera à aggraver les dissensions en leur sein : se résoudre à une alliance avec SOS, c’est-à-dire accepter son hégémonie et les enjeux (blancs) qui sont les siens, ou prendre le risque de l’isolement avec – déjà – l’accusation de diviser le mouvement antiraciste. Ainsi, si SOS ne parvient pas à s’implanter réellement dans les cités, elle réussira néanmoins à gagner des militants comme Kaïssa Titous et Malik Lounès qui se résignent à y voir le seul cadre de regroupement possible et espèrent avoir suffisamment d’influence pour en changer l’orientation. « Lors du premier congrès de SOS-Racisme à Epinay-sur-Seine en 1986, rapporte P. Juhem, le principal débat aura lieu entre, d’une part, Julien Dray et la direction historique de l’association et, d’autre part, Kaïssa Titous qui, soutenue par les militants de la LCR, tentera de constituer au sein de SOS une tendance « beur », attachée à défendre la spécificité des « jeunes issus de l’immigration maghrébine ». D’autres batailles seront menées, notamment pour que l’association antiraciste prenne partie en faveur du peuple palestinien ou s’oppose à l’engagement des troupes françaises lors de la première guerre du Golfe. Mais ces batailles, si elles n’ont pas toujours été sans résultats, ne pouvaient pas rendre la parole à ceux qui en avaient été exclus.

Au principe de SOS, il y a en effet l’exclusion des « Beurs » du champ politique ou leur implication dans des enjeux qui leur sont extérieurs. SOS n’existe que comme cadre de mobilisation et de pression au sein du jeu des forces politiques blanches en instrumentalisant les problématiques de l’immigration et du racisme. Les « beurs » sont appelés à y trouver leur place à la condition de s’insérer dans les enjeux du champ politique blanc et de ne pas en bousculer les règles. SOS n’a pas « récupéré » le mouvement pour l’égalité au sens où elle s’est contentée d’en prendre la direction ; en exploitant ses ambivalences, elle l’a projeté dans le plan politique blanc. Ce faisant, elle a retourné le mouvement contre lui-même.

Source : ce texte est extrait du livre de Sadri Khiari, Pour une politique de la racaille.Immigré-e-s, indigènes, jeunes de banlieue, que nous recommandons vivement.

[1] Juhem, P., Thèse de science politique : « SOS-Racisme, histoire d’une mobilisation « apolitique ». Contribution à une analyse des transformations des représentations politiques après 1981 ».

[2] Bouamama, S., Dix ans de marche des Beurs. Histoire d’un mouvement avorté, Desclée de Brouwer, 1994, p.4

[3] Ibidem, p.91

[4] Ibid., p.69

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] « SOS-Racisme est le premier mouvement de masse de l’après-guerre fondé sur des résolutions d’ordre exclusivement éthique. Il ne propose aucun projet de société, ne nourrit aucune ambition politique. Ses adhérents, pour la plupart des jeunes, ne se font guère d’illusions sur l’état du monde, […].Ils ne croient pas davantage aux promesses d’un monde lointain », Marek Halter, La main ouverte, Le Monde, 16 juin 1985 (cité par P. Juhem).

[8] « À la fin de 1984, il n’y a pas d’organisation nationale ou de porte-parole qui puisse revendiquer représenter l’ensemble des « jeunes issus de l’immigration ». Lorsque SOS-Racisme apparaît les journalistes peuvent, sans risque d’être démentis, faire de l’association l’héritière des « marches » et la représentante naturelle des « beurs ». » Ibidem.

Voir par ailleurs:

Tal Bruttmann: L’antisémitisme n’est pas propre à la droite ou l’extrême droite, il a toujours été présent sur l’ensemble de l’échiquier politique

Entretiens by Nadia Meziane & Tal Bruttmann

Un entretien avec Tal Bruttmann historien, spécialiste de la Shoah.

LC : Commençons par la fin. Quand on te demande pour qui tu écris, tu dis «  pour ceux qui veulent savoir ». Et tu ajoutes, à propos de certains de tes articles, qu’ils sont lus à peu près autant que des poèmes en auto-édition. A côté de ça, une bonne partie de l’activité négationniste a consisté ces vingt dernières années à penser et à mettre en œuvre, ce qu’on pourrait appeler une contre-éducation populaire. Eux, pour imposer leur propagande, ont massifié les mensonges sur le nazisme et le génocide, ont réussi à exploser toutes les barrières sociales qui font que plein de gens n’ont même pas l’idée de s’intéresser à l’Histoire. Est-ce qu’à un moment, en tant qu’historien, tu ne t’interroges pas avec tes collègues sur la nécessité et l’intérêt d’organiser une contre-offensive tout aussi massive ?

Une partie de la production des historiens, les articles scientifiques notamment, s’adresse à un cercle restreint, en raison de la nature pointue ou technique de ces articles, publiés dans des revues spécialisées. Ce qui ne veut absolument pas dire que l’histoire ne doit pas être vulgarisée et diffusée auprès du plus grand nombre. C’est l’autre face du boulot d’historien. Mais on ne peut forcer personne à lire. Sauf que l’essentiel de la vulgarisation en histoire passe de fait par d’autres biais, comme les documentaires à la télé, voire des revues grand public. Et entre un livre qu’il faut aller acquérir, ou emprunter dans une bibliothèque puis lire, et une page internet, pour beaucoup c’est la seconde option qui est la plus simple.

Reste que si on en vient à la question du négationnisme, les ressources en ligne existent: ce sont notamment les sites des musées et autres institutions, ou encore des sites dus à des initiatives personnelles comme PHDN ou anti-rev qui existent depuis pratiquement 20 ans. Dans les années 1970-1980 les historiens comme Georges Wellers ou Pierre Vidal-Naquet ont démonté les arguments négationnistes. Mais dans l’argumentaire bien huilé du négationnisme il y a les « historiens officiels » et les « historiens qui disent la vérité », en l’occurrence eux. Tout historien est disqualifié d’office puisqu’il « participe du complot visant à perpétuer le mensonge ».

On touche là sans doute du doigt quelque chose qui est propre à l’histoire : de toutes les sciences c’est celle qui intéresse le plus grand nombre et au sujet de laquelle tout un chacun pense qu’il peut donner son avis

Je ne suis cependant pas certain que cela soit du domaine de l’historien principalement que de mener cette contre-offensive. Evidemment que le boulot des historiens est de battre en brèche ces discours, mais cela ne doit pas relever d’eux seuls. On n’en appelle pas à un astrophysicien pour contrecarrer les délires sur la « terre plate ». Vidal-Naquet soulignait déjà cela en demandant si il fallait en appeler à un astrophysicien pour contrecarrer quelqu’un affirmant que la lune est faite de fromage. Le discours négationniste sur la Shoah, ou sur les autres génocides, est tout aussi grotesque d’un point de vue intellectuel que de prétendre que la terre est plate.

L’histoire n’est pas écrite par les vainqueurs

On touche là sans doute du doigt quelque chose qui est propre à l’histoire : de toutes les sciences c’est celle qui intéresse le plus grand nombre et au sujet de laquelle tout un chacun pense qu’il peut donner son avis, l’histoire ne paraissant pas être une science à l’instar des maths ou de la physique. Qui irait donner son avis sur la théorie de la relativité ?

Dans le domaine de l’histoire, les lieux communs qui relèvent du café du commerce ne manquent pas, comme « L’histoire est écrite par les vainqueurs » ou « L’histoire est subjective ». « L’histoire écrite par les vainqueurs » signifie que ce sont ceux qui gagnent qui dictent le cours des évènements, mais on fait dire à cette phrase que ce sont les vainqueurs qui écrivent la « vérité »: autrement dit les « Alliés à Nuremberg ont écrit une version de l’histoire ». Quant à la supposée subjectivité de l’histoire, ou qu’en histoire il n’y aurait pas de vérité, c’est de la pseudo-philosophie de bas étage : l’histoire repose sur des faits en premier lieu, qui ne relèvent en rien de la « subjectivité ». Adolf Hitler est nazi. C’est un fait. Il est chancelier du Reich. C’est un fait. Il a clamé sa haine des Juifs. C’est un fait. Etc. Environ 5,7 millions de juifs ont été assassinés. C’est un fait. De la même manière que la terre est ronde.

La méthode négationniste est simple. On prend un élément, en général microscopique, on le nie avec des arguments pseudo-scientifiques, puis on décrète que puisque tel témoignage comporte un élément décrété faux alors tout l’évènement est faux. Retranscrit dans d’autres domaines ça donne : la perruque de Louis XIV n’était pas blanche alors qu’un témoin l’a décrite comme telle, c’est donc la preuve que Louis XIV n’existe pas. Ou alors que Jésus n’a pu marcher sur l’eau, ce qui est la preuve que Jésus n’a pas existé, et donc que le christianisme n’existe pas. Si certains veulent croire que Jésus a marché sur l’eau cela relève du domaine de la religion et de la croyance. En revanche factuellement ce n’est pas cela qui autorise à nier l’existence de Jésus.

Reste qu’avec le développement d’Internet qui facilite et démultiplie la diffusion de théories complotistes, on assiste à une explosion des remises en cause scientifiques et désormais d’autres sciences, comme la médecine par exemple, sont concernées. Si la négation de la Shoah est au cœur du négationnisme et du complotisme, les remises en cause des sciences se multiplient et trouvent une audience importante, une sorte de nouvelle forme de luddisme. On est face à un immense café du commerce, où différentes attitudes coexistent : pour certains c’est la crédulité, pour d’autres l’envie d’être un « sachant » – « à moi on me la fait pas, je suis pas dupe » – qui défie une narration frappée du sceau de l’ « officialité », tandis que pour d’autres, c’est un moyen politique pur et simple, comme les négationnistes, de diffuser un message de propagande.

Parlons Internet

LC : Tu parles de « luddisme », mais en même temps, toi-même tu es dans une attitude très ambivalente vis à vis d’internet, et notamment des réseaux sociaux.
Tu dis « le développement d’internet facilite et démultiplie la diffusion de théories complotistes », mais était-ce vraiment joué d’avance ? En réalité, les négationnistes ont aussi saisi avant beaucoup d’autres les opportunités offertes par une technologie qui a bouleversé les rapports sociaux. De fait, ils n’ont pas été luddistes, au moins sur ce plan là.
Et ce que tu appelles «  le grand café du commerce », c’est à dire notamment les réseaux sociaux, ont aussi aidé à forger une conscience progressiste à travers le monde, notamment lors des révolutions arabes. Donc ce qui est un moyen utilisé par les fascistes peut aussi être un moyen pour la démocratisation du savoir. Est-ce que les clichés sur le « café du commerce » n’alimentent pas ceux du « chercheur dans sa tour d’ivoire », et réciproquement ?

Il s’agit d’un simple constat, non d’une remise en cause de ce qui est devenu un élément central de nos sociétés. Le luddisme qu’on peut constater n’est d’ailleurs pas dénué de contradictions : on utilise le progrès (Internet) pour dénoncer le progrès dans d’autres domaines.

Pas plus que le « café  du commerce » ne remet en cause les lieux de convivialité que sont les troquets. Mais on peut aisément constater que toute parole se vaut et que tout un chacun est expert en tout. Si on prend la part négative des réseaux sociaux, aujourd’hui ils fédèrent, unissent, mettent en rapport des gens qui étaient autrefois isolés : un militant d’extrême droite s’achetait Minute ou Rivarol, avait quelques potes avec qui vomir sa haine, mais dans des cercles limités. Mais ce constat a aussi des pans positifs, comme celui que tu viens d’évoquer : il permet aussi l’expression dans des sociétés muselées, et a permis d’unir les oppositions dans les pays arabes qui ont connu des soulèvements.

D’ailleurs la recherche elle-même a été transformée en profondeur avec Internet, on pourrait même dire bouleversée. Par exemple, il y a encore 20 ans, il fallait se farcir des fichiers-tiroirs en bibliothèques et centres d’archives pour connaître l’existence de publications, ou dépouiller des publications telles que L’Année philologique. Une partie de la qualité des recherches résidait dans la capacité à trouver ce qui existait. Aujourd’hui il suffit de deux mots clés dans une base de données, sans bouger de chez soi…

Il est aussi patent que l’extrême droite a su se saisir avec une rapidité impressionnante des moyens qu’offre internet. Dès la fin des années 1990 les sites néo-nazis et autres pullulaient. Ce n’était pas joué d’avance, mais en revanche il faut constater que pour un site luttant contre le négationnisme, il y en a 100 qui le diffusent.

On n’a vraiment pas déjà tout dit sur la Shoah?

LC : Aujourd’hui, pas mal de gens pensent très sincèrement qu’on a tout dit sur la Shoah, que c’est un des domaines de recherche les plus explorés, et aussi qu’ils savent l’essentiel. Qu’est ce qu’on ne sait pas, qu’est ce qui a été approfondi ces quinze dernières années, et qu’avais tu envie d’approfondir, au départ ?

Tite-Live a écrit une histoire de Rome il y a 2 000 ans. Ce qui n’empêche pas que depuis 2 000 ans les historiens continuent à écrire l’histoire de Rome. Jusqu’au début des années 1980 les historiens étudiant la Shoah étaient très peu nombreux. Ce n’est que depuis une trentaine d’années que le champ a connu une véritable explosion scientifique. La chute de l’URSS a rendu accessibles des montagnes d’archives non exploitées jusque-là par exemple.

Ensuite, cette histoire est en perpétuelle évolution, comme celle du nazisme ou de la Seconde Guerre mondiale, s’affine ou s’approfondit. C’est l’un des paradoxes du sujet, d’un côté il est omniprésent, de l’autre peu étudié. En France, le nombre de spécialistes de la Shoah ou de l’histoire du nazisme est assez limité, même si aujourd’hui il tend à croître.

Ensuite, il y a une forme de paradoxe assez impressionnant sur ce sujet – et qui vaut plus largement pour le nazisme et la Seconde Guerre mondiale. Malgré l’omniprésence du sujet dans la société, il y a pas mal de malentendus et d’incompréhensions, notamment en raison de la confusion entre le système concentrationnaire – avec notamment les images de ce qui a été découvert en 1945 qui se sont profondément ancrées dans les représentations – et la « solution finale », qui se déroule ailleurs. Ces représentations très fortes qui se sont fixées au sortir de la guerre demeurent prédominantes, alors que les travaux des historiens depuis plus de 50 ou 60 ans dans certains cas ont permis de mieux comprendre et distinguer les choses.

Le meilleur exemple réside sans doute dans le fait, que depuis les travaux de Raul Hilberg les historiens parlent de « centres de mise à mort », alors que l’expression qui demeure profondément ancrée est celle de « camp d’extermination ». Celle-ci est hautement problématique à bien des égards, à commencer par la contradiction absolue entre les deux termes : un camp est un lieu où l’on rassemble une population, pour la détenir par exemple – camp de concentration – alors que l’assassinat de masse ne nécessite pas de « camp », ce sont des sites qui sont destinés à tuer toute personne qui y est acheminée, et qui sont donc de taille réduite, avec peu de structures.

Les négationnistes, d’ailleurs, utilisent certaines de ces représentations et exploitent les confusions. La réduction de la Shoah aux chambres à gaz dans les représentations leur permet de dire « pas de chambres à gaz donc pas de Shoah », alors que plus de la moitié des victimes n’ont jamais franchi le seuil d’une chambre à gaz mais ont été exécutées autrement. Même chose en utilisant des éléments propres au système concentrationnaire pour expliquer que la Shoah, qui se déroule en dehors de ce système, n’est pas possible.

LC : Quand on te lit, c’est un peu déconcertant, parce que très souvent, il y a quand même une distinction assez nette entre les historiens de la « grande » Histoire et ceux qui s’attachent à décrypter des « épisodes » locaux au sein de cette grande Histoire. Toi, tu as écrit sur Auschwitz, mais aussi fouiné dans les tracts locaux de sections du PPF pour battre en brèche l’idée selon laquelle en France, il n’y aurait pas eu de collaborateurs politisés de la mise en œuvre physique des persécutions antisémites, et tu le fais en partant de ce qui est généralement considéré comme anecdotique. Dans tout cela, quel est ton fil conducteur ?

Il y a sans doute là un effet générationnel. Je suis loin d’être le seul à réaliser ce genre de travaux – et nous sommes quelques uns à mettre en œuvre la microhistoire dans le champ. D’une certaine façon le cadre général est connu très largement grâce aux travaux des historiens des 60 premières années, de Léon Poliakov à Serge Klarsfeld en passant par Raul Hilberg par exemple. Sans ce cadre général, ce qui est fait aujourd’hui ne serait pas possible.

Cela participe d’un affinement de la connaissance, d’une meilleure compréhension des mécanismes. Regarder les « marges » permet d’éclairer l’ensemble. Parmi les gars du PPF qui distribuent les tracts « mort aux juifs » en 1940 on en retrouve en 1943-1944 qui chassent les juifs en France pour réaliser la « solution finale ». Autrement dit, si je m’intéresse à Auschwitz, je m’intéresse aussi à ceux qui y « arrivent », et la manière dont ils arrivent là. Comment et à cause de qui un juif de Grenoble se retrouve à Drancy puis à Auschwitz ?

Il y a 15 ans, il aurait été brocardé comme technocrate, c’est un pur produit de l’ENA. Mais son passage chez Rothschild devient une tache. Aurait-il exercé au Crédit Agricole ou à la Banque postale, je doute qu’il aurait été qualifié de banquier.

LC : Quand tu ressors les vieux tracts du PPF, les déclarations incendiaires, non seulement de Doriot, mais aussi de ses bases locales, c’est forcément douloureux pour des lecteurs de gauche antiraciste, parce que beaucoup de ces militantes et activistes violents venaient comme Doriot, non pas de l’extrême-droite mais du camp censé lui faire face. Il y a toute une tradition très partiale dans le champ politique qui vise à cantonner l’antisémitisme issu de certaines gauches à un « accident », à quelque chose de pas très significatif en terme d’importance au sein des structures de Vichy mais aussi de la collaboration active à tous les échelons. Pour toi, est ce que c’était anecdotique ou important, au contraire ?

L’antisémitisme n’est pas propre à la droite ou l’extrême droite, il a toujours été présent sur l’ensemble de l’échiquier politique. On en a eu un exemple lors de la campagne présidentielle avec la disqualification de Macron comme « banquier », utilisée tant à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche. Il y a 15 ans, il aurait été brocardé comme technocrate, c’est un pur produit de l’ENA. Mais son passage chez Rothschild devient une tache. Aurait-il exercé au Crédit Agricole ou à la Banque postale, je doute qu’il aurait été qualifié de banquier. Là on a eu une floraison de termes chez les auto-proclamés « anti-système » – qui ont tous pourtant des cursus forts semblables et sont présents en politique depuis des décennies – pour dénoncer « la banque », « l’oligarchie » etc. Le recours à cette terminologie n’a rien d’anodin, et chez certains – évidemment pas pour tous – elle renvoie plus qu’implicitement à l’antisémitisme. C’est d’ailleurs éclairant à ce sujet, de voir que certains historiens et intellectuels ont pointé les problèmes que posait le recours à ces termes mais que cela n’a eu aucune conséquence, pas même la moindre interrogation ou distanciation.

Ce sont surtout les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale qui ont ancré l’idée que l’antisémitisme était propre à l’extrême droite et au nazisme. Mais en 1940, au moment de la défaite et du vote des pleins pouvoirs, on voit des attaques antisémites contre Blum qui viennent d’élus de la SFIO, par exemple.

Pour l’antisémitisme français au moment de Dreyfus, le juif est l’agent des Allemands, pour les Allemands en 1918, le Juif c’est l’agent des bolcheviques ou de la France, pour Staline, le Juif c’est l’agent d’Israël.

Si on regarde la Collaboration, et l’Ultra Collaboration, on voit qu’il y a pas mal de gens venant de la gauche. Il faut cependant faire attention sur ce point, que l’on retrouve par exemple exploité par Zemmour : Vichy serait la gauche. Ceci est faux, l’adhésion se faisant sur un programme d’extrême droite, maurrassien, la « Révolution nationale », voire pour les ultras comme les PPF ou les membres du RNP de Déat, sur des programmes proches du nazisme. Mais même du côté du PC on peut voir des tracts, notamment en 40-41, où l’antisémitisme n’est pas très loin. En soi, l’antisémitisme se retrouve partout sur l’échiquier politique.

Sous le vernis de la lutte contre “l’agent sioniste”

Au sortir de la guerre, l’antisémitisme est disqualifié et n’a plus voix au chapitre sur la scène politique occidentale. Pourtant dès 1944 en URSS, et surtout à partir de 1948, le régime soviétique multiplie les attaques antisémites, qui ensuite se retrouvent dans tout le bloc communiste. Sauf qu’officiellement, ce ne sont pas les Juifs qui sont visés, mais les « sionistes ».

Bref, on renomme, c’est validé un peu partout et ça passe sans soulever de problèmes pour les communistes en dehors du bloc soviétique. De 1948 à 1968 on multiplie les purges contre les Juifs, les procès, les assassinats et les expulsions, tout ça sous vernis de la lutte contre les « agents sionistes » ou les « cosmopolites sans racines », selon la terminologie d’alors.

Réinscrit dans l’histoire de l’antisémitisme, ça n’a rien d’original. C’est juste une déclinaison du juif qui est par essence sans patrie, ou de l’agent de l’étranger, qui a toujours existé: affaire Dreyfus, « coup de poignard dans le dos » pour expliquer la défaite de l’Allemagne en 1918 etc. Pour l’antisémitisme français au moment de Dreyfus, le juif est l’agent des Allemands, pour les Allemands en 1918, le Juif c’est l’agent des bolcheviques ou de la France, pour Staline, le Juif c’est l’agent d’Israël.

L’antisémitisme est pratique, il explique tout : le communisme c’est les juifs, le capital c’est les juifs. Chacun y trouve son explication. Et c’est adaptable à tout : la colonisation ? Les Juifs. L’esclavage ? Pareil. Dans les années 1990 le Sida en Afrique c’était les Juifs, et les attaques de requins en mer Rouge au début des années 2010 un coup du Mossad pour flinguer le tourisme en Egypte.

A chaque nouvelle crise, le discours s’adapte. On a vu fleurir les théories impliquant Israel dans la crise au Venezuela, et ces théories venaient des défenseurs de Maduro, pas vraiment l’extrême droite, même si in fine la collusion fini par se faire.

L’antisémitisme, pas plus que le racisme au demeurant, n’est propre à un bord politique. Ce sont ses usages et la manière dont il est assumé qui peuvent éventuellement être différents. Quoique sur l’antisémitisme, à gauche l’ « antisionisme » est bien pratique pour s’adonner à un antisémitisme non assumé ouvertement – et en disant cela je ne délégitime en rien le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat ou celui de critiquer les politiques israéliennes.

LC : « Et en disant cela je ne délégitime en rien le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat ou celui de critiquer les politiques israéliennes. ». C’est frappant que tu ajoutes cette phrase, parce que c’est devenu quasiment obligatoire, dans le débat, dès qu’on critique les instrumentalisations antisémites de la dénonciation de la politique israélienne. Comme si la lutte contre cet antisémitisme là ou même le simple fait de le constater était forcément suspect de cacher un autre racisme. Pourquoi continuer à se justifier ? Est-ce que tu penses que la victoire des antisémites est à ce point écrasante qu’on doive forcément en passer par là ?

Tu as totalement raison, cela ne devrait pas être. Mais c’est malheureusement le cas, tant « l’antisionisme » se drape dans une bonne conscience, qui souvent échappe aux gens. D’ailleurs toute la phase Soviétique et communiste du mot est intégralement effacée pour lui donner des atours de noblesse et cela va jusqu’à des discours qui affirment que le Bund, par exemple, était contre le mouvement sioniste, et que c’est la preuve que l’antisionisme n’est pas antisémite. Mais le Bund non seulement combattait férocement l’antisémitisme, il revendiquait aussi l’existence d’une nation juive autonome en Pologne (ou dans les Pays baltes).

Les antisionistes eux, nient l’existence des Juifs, sinon à leurs propres conditions. « On vous tolère, mais ne mouftez pas trop ». Le Bund, comme les sionistes, revendiquent le fait juif et l’existence d’une nation juive. Les antisionistes dénient aux juifs le droit de se définir, et s’arrogent ce droit. Il suffit de voir le succès du livre de Shlomo Sand, qui explique que “le peuple juif est une invention”. La belle affaire. Ce constat on peut le faire pour n’importe quel peuple, ou pour prendre un terme plus adéquat, pour n’importe quelle nation, à commencer par la France. Chaque nation repose sur des mythes fondateurs auxquels se rallient ceux qui s’y retrouvent.

Les antisémites existent, “les sémites” en revanche, ça n’existe pas

D’ailleurs l’usage de ce terme n’est pas sans faire penser à une théorie de comptoir qui a fait florès : « l’antisémitisme ne vise pas que les Juifs, mais aussi les Arabes, qui sont sémites aussi ».

Passons rapidement sur le fait que l’antisémitisme, tel qu’il a été défini par les antisémites eux-mêmes, n’a jamais visé que les seuls Juifs, pour aller à l’autre point, bien plus intéressant : les sémites n’existent pas. Les Arabes, pas plus que les Juifs ne sont sémites, c’est une construction racialiste reprise par le racisme, et développée à partir de l’existence d’un groupe de langue dit sémitique, où se retrouvent l’hébreu, l’araméen, le phénicien, l’arabe ou encore l’amharique.

D’ailleurs cette création d’une « race juive » a été un moyen pour dire que « les » Juifs formaient un tout, un groupe ethnique : les juifs d’Allemagne bien « blancs » étaient donc de la même « race » que les Juifs d’origine arabe du Yemen ou d’Egypte, que les Juifs noirs d’Ethiopie ou que les Juifs turcs de Crimée. Bref, l’antisémitisme vise à créer une unité ethnique (« raciale ») entre des groupes religieux ou nationaux qui n’ont en commun que leur religion et les récits qui en découlent – même pas une culture commune, parce que quel rapport entre la carpe farcie et la brick au thon ? Entre le pastrami et l’amba ? L’antisémitisme constitue, sous une double forme, un inverse du racisme : là où le racisme prétend la supériorité sur d’autres, lesquels sont définis par une appartenance ethnique visible, l’antisémitisme, lui, dénonce le danger de domination d’une race invisible, puisque non identifiable (sinon pour son appétence pour la carpe farcie, mais les Polonais aiment bien aussi… Pareil d’ailleurs pour la brick au thon, que juifs et musulmans du Maghreb aiment bien)

Pour nier l’antisémitisme (et donc in fine le justifier tout en le niant) ils maintiennent une fiction raciste concernant les Arabes…

Mais surtout, cette théorie « des Arabes qui seraient des sémites », largement prégnante à l’extrême gauche, voire à gauche (et elle est sur le devant de la scène par exemple en ce moment parmi certains défenseurs de Corbyn, qui excipent de cela pour nier l’antisémitisme au sein du Labour) montre le degré d’imprégnation des constructions racistes chez ceux là. Pour nier l’antisémitisme (et donc in fine le justifier tout en le niant) ils maintiennent une fiction raciste concernant les Arabes…

LC : Tu soulignes à juste titre le succès de la banalité pourtant profondément raciste « Les Arabes sont aussi des sémites ». Et aussi la spécificité de l’antisémitisme, comme dénonciation du danger de domination d’une race « invisible ». Or, depuis une quinzaine d’années, d’autres racismes ont subi une mutation importante: ce qui est appelé « islamophobie » est aussi un discours qui vise des gens qui n’ont souvent rien d’autre en commun qu’une religion, souvent supposée d’ailleurs, chez des issus de l’immigration.
Et elle les désigne aussi comme les agents d’un complot mondial censé amener à la domination totale, non seulement au plan religieux, mais aussi économique. Il arrive d’ailleurs de plus en plus souvent que les thèses conspirationnistes antisémites et islamophobes se rejoignent dans un récit commun où Soros, alternative de plus en plus courante à Rothschild, est aussi l’allié du complot islamiste en même temps qu’il est symbole du complot Juif.
Dans le champ politique d’aucuns nient cette parenté et la cette jonction des narratifs en dénonçant le concept même d’islamophobie. D’autres affirment au contraire que l’islamophobie à remplacé l’antisémitisme ». Dans les deux cas, l’un ou l’autre racisme est nié ou remis en cause. Que penses-tu de l’analogie entre islamophobie et antisémitisme , est-elle juste historiquement, même partiellement et quelles sont ses limites selon toi ?

Jusqu’à récemment ce qui prévalait largement était le racisme anti-arabe, nourri notamment à la fois par le colonialisme français en Afrique du Nord puis ensuite par le ressentiment né de la décolonisation chez certains Français. Auquel s’ajoute un autre élément, celui de la méconnaissance du fait musulman. En France, Arabe a été très largement synonyme de musulman: si t’es musulman t’es arabe, si t’es arabe t’es musulman. Et depuis quelques années, si t’es musulman t’es islamiste. Et donc in fine, arabe= islamiste. Au moment des attentats de 2015, des commentateurs expliquaient que les attentats avaient été exclusivement commis par des Arabes (quid de Coulibaly ?). Comme si l’adhésion à une idéologie assassine dépendait d’une appartenance ethnique.

Alors que le racisme se fonde avant tout sur une supposée infériorité, là on voit un passage à autre chose en effet. Et en outre, le « musulman » est très largement interchangeable. Il suffit de se rappeler que Nicolas Sarkozy ignorait en 2007 si Al-Qaïda était chiite ou sunnite pour avoir une illustration de la méconnaissance qui prédomine à ce sujet. L’espace géographique peuplé par des musulmans, qui va de l’Afrique aux confins de l’Asie, est vu comme un grand tout, unique, et conçu à travers notre héritage, à nous Français, avant tout à travers « l’Arabe » qui incarne cet ensemble menaçant.

Islamophobie

Maintenant avec le terme d’islamophobie on a quelque chose d’intéressant. Il est décrié par certains, et utilisé par d’autres pour disqualifier toute critique contre la religion musulmane. Mieux vaut s’écarter de ces prises de position et s’interroger sur autre chose : est-ce que le terme est opérant pour désigner un phénomène particulier ? Et là la réponse est claire : oui, on voit l’apparition d’idées qui feraient des musulmans les membres d’un grand tout, à la manœuvre dans l’ombre, complotant dans tel ou tel but.

Et à cet égard on a quelque chose de nouveau, dont les ressorts ne sont plus ceux du racisme, à savoir un regard depuis le haut vers quelqu’un d’inférieur, mais des ressorts qui ne sont pas sans rappeler ceux de l’antisémitisme : un danger fondé sur une puissance fantasmée. Ce phénomène là est récent. Si on prend en regard l’antisémitisme, il est constitué très largement d’invariants, que l’on retrouve en permanence, depuis des siècles: le juif et l’argent, le juif comploteur, le juif dépravé sexuel etc.

Comme tu le pointes, Soros remplace chez certains Rothschild, mais on reste sur les mêmes ressorts. Or, à côté du racisme anti-arabe, on voit apparaître de nouveaux fantasmes, un glissement vers « le Musulman », paré de tout un ensemble de menaces. Un Pakistanais serait de mèche avec un Français parce qu’ils sont tout deux musulmans, on a la mise en place d’un fantasme particulier qui n’est plus le racisme et qu’il faut qualifier pour ce qu’il est.

la Hongrie d’Orban, pour être xénophobe et raciste, n’en a pas moins fait de Soros la figure principale de la « menace anti-hongroise »

Maintenant si l’analogie peut prévaloir dans certains cas, elle a ses limites. D’abord prétendre que l’islamophobie a remplacé l’antisémitisme est absurde. L’antisémitisme se porte terriblement bien en Europe, et à part quelques négateurs à l’extrême-gauche, qui montrent que leur universalisme et leur combat anti-raciste à non seulement des limites mais qu’ils ont aussi quelques complaisances avec l’antisémitisme, personne ne le conteste aujourd’hui.

Ensuite, on peut aisément constater que l’antisémitisme demeure la principale matrice explicative en matière complotiste, par exemple. Que la Hongrie d’Orban, pour être xénophobe et raciste, n’en a pas moins fait de Soros la figure principale de la « menace anti-hongroise ».

LC : A la fin des années 1990, on pouvait penser qu’enfin, en France, le boulot était fait sur la responsabilité de l’Etat et d’une partie de la population française dans la collaboration et la complaisance avec les nazis, mais aussi dans l’élaboration de politiques autonomes de persécutions. Vingt ans après, des tribuns racistes comme Zemmour rencontrent un écho énorme lorsqu’ils reprennent des thèses sur Pétain qui aurait « aidé les Juifs », des responsables de partis politiques de gauche explosent toutes les limites en revenant au « Vichy, ce n’était pas la France ». Parfois même, on a l’impression que Paxton n’a jamais rien écrit qui vaille la peine d’être retenu. Ces aller-retour, et ces batailles jamais gagnées sont elles une spécificité française ?

Dans les années 1980 et 1990 on a assisté à une séquence importante, où les travaux des historiens (Paxton, Klarsfeld…) mais aussi l’opinion publique ont très largement permis de voir en face la réalité des responsabilités. Le discours de Chirac au Vel d’Hiv en 1995, puis d’autres mesures qui ont suivi, ont donné l’impression que la question était réglée. Et d’un point de vue scientifique elle l’est.

Retour en arrière, histoire et historiens en danger

Sauf que depuis une dizaine d’année, on assiste à une sorte de retour en arrière, porté par Zemmour et d’autres. On a un peu tout. « Vichy a protégé les juifs français » – il suffit de lire la loi du 3 octobre 1940, dite « statut des juifs », ou celle du 22 juillet 1941 sur « l’élimination de l’influence juive dans l’économie nationale » pour démonter cela. Sans même avoir à rappeler que la majorité des enfants au Vel d’Hiv en 1942 étaient nés en France ou que la rafle de janvier 1943 à Marseille est menée par la police française contre des Juifs français. Ou alors « Vichy c’est pas la France » – auquel il suffit de répondre par une question : c’est quoi la France ? la Saint-Barthélémy c’est pas la France ? La colonisation non plus ? etc.

Et il ne s’agit pas d’une spécificité française, même si on a dedans des débats franco-français. Ce qui se passe par exemple en Pologne aujourd’hui en est un exemple. Ou en Russie concernant la période stalinienne en est autre. Ou aux Etats-Unis. Nombre de pays connaissent ce genre de phase, au gré des climats qui y règnent et des phases de raidissement nationalistes.

LC : Tu évoques la Pologne et la loi votée récemment qui criminalise de fait l’expression de la vérité historique sur le génocide et les conditions de sa réalisation. Comment les historiens polonais envisagent-ils la suite, se sentent-ils concrètement et immédiatement en danger ? Comment s’organise la résistante à la fois locale et internationale à cette loi ? Quel est le pouvoir concret du gouvernement polonais sur des lieux de mémoire et d’histoire comme Auschwitz, actuellement, sont-ils seuls décideurs ou la communauté internationale a-t-elle un pouvoir sur leur fonctionnement quotidien et le contenu présenté aux visiteurs ?

Les historiens polonais sont en première ligne et la cible directe de ces lois, alors qu’ils ont effectué un travail remarquable depuis 20 ans, faisant de la Pologne le pays qui était à la pointe de l’historiographie de la Shoah. D’ailleurs ces historiens et historiennes reflétaient un mouvement important au sein de la population polonaise, qui de manière remarquable s’est saisie de son passé après la chute du régime communiste. En quelques années, la Pologne a fait le même chemin que la France en 50 ans. Cette Pologne là existe toujours, mais elle est en but aux nationalistes au pouvoir.

Pourtant les mobilisations existent, aussi bien sur le sujet de l’antisémitisme que sur d’autres, comme les droits des femmes. Mais on est face à un régime qui gouverne en direction de son électorat et donc qui bombe le torse face à l’international et dénonce les « antinationaux du parti de l’étranger ». Les historiens sont effectivement en danger, et pas seulement en Pologne. Leurs conférences sont régulièrement parasitées et interrompues, comme pour Jan Gross à Paris récemment, et des dénonciations et autres attaques sont réalisées par les représentants diplomatiques à destination des universités de ces chercheurs qui travaillent hors de Pologne. Ils disposent d’ailleurs de relais locaux qui attaquent aussi les historiens non polonais, y compris en France.

Et la pression sur les musées en Pologne est très très forte à l’heure actuelle. Le projet du musée de Gdansk, consacré à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en a été un exemple précoce. Alors que le musée allait ouvrir, tout a été arrêté, le directeur brutalement remplacé et la nature du même du musée remise en cause, car jugé pas assez favorable à un récit « national » correct aux yeux du pouvoir.

Les Allemands n’ont aucun besoin de « collaborateurs juifs » pour le processus de destruction.

LC:Depuis « Eichmann à Jérusalem » et les propos d’Hannah Arendt sur les « collaborateurs Juifs » qui font partie des contenus très partagés par les antisémites, ces questions-là font l’objet d’une fascination malsaine, et aussi d’un jeu relativiste pratiqué par beaucoup de forces politiques, qui se jettent sur ce genre de choses pour accréditer l’idée qu’après tout les victimes étaient aussi des bourreaux.
Comment fait-on en tant qu’historien pour affronter la récupération politique de certains aspects de la recherche sur le génocide ? Est-ce que c’est un sujet ou est ce que tu t’en fous ?

D’un point de vue historique ce n’est plus un sujet, la question est réglée depuis longtemps – que le sujet ait interpellé après la guerre, qu’Arendt s’y soit intéressé, est une chose légitime initialement, participant de la compréhension des mécanismes de la mise en place de la « solution finale ». Mais pas mal d’éléments sont alors méconnus ou pas pris en compte. Près d’un million de juifs ont été exécutés entre fin 1941 et début 1942 par les unités allemandes, sans aucun « collaborateur juif ». Les allemands n’ont aucun besoin de « collaborateurs juifs » pour le processus de destruction, mais en revanche ils ont besoin des collaborateurs locaux, des nationalistes, qui de la France aux Pays baltes en passant par l’Ukraine, ont eux très largement aidé à la réalisation de la “solution finale”.

La question des Judenrat

La question rejoint en fait le point précédent, l’histoire avance, mais les usages « politiques » restent ou reviennent. Effectivement c’est une marotte qui est assez flagrante chez les antisémites, on pourrait même dire un marqueur intangible. Et ceci pour une raison très simple. La création des Judenrat, ces « conseils juifs » mis en place par les Allemands à la tête des ghettos pour servir d’interface et gérer « l’interne », n’est ni plus ni moins que la reprise d’une méthode mise en œuvre dans le système concentrationnaire, consistant à confier la gestion d’une partie de l’interne, ce qui se passe dans le camp, à des détenus.

Pourtant là personne ne vient exciper de « collaborateurs » parmi les prisonniers pour faire porter la culpabilité sur les victimes. D’ailleurs, parmi les membres des Judenrat, à côté de gens qui se sont révélées être des crapules, l’immense majorité a joué un rôle important, en aidant les organisation de résistance dans les ghettos par exemple, ou en tentant de faire face aux Allemands. Quant aux risques de récupération politique, ils sont faibles : ce qui est récupéré en général est écrit pour l’être avant tout, cf. par exemple Zemmour.

LC:Tu as écrit pas mal de choses sur l’histoire des récits de la Shoah dans ce qu’on appelle la culture de masse, les comics ou les séries télévisées américaines. Globalement, comment évalues tu l’importance de cette culture de masse dans la construction des représentations et des connaissances sur la Shoah et le nazisme, quantitativement et qualitativement ?

Le sujet est très très présent, et on pourrait même dire depuis très longtemps, dans la culture populaire. Le cinéma ou la littérature s’en sont saisis dès la fin des années 1940. Si on prend la BD, le sujet devient important au tournant des années 1970-1980, d’abord avec les X-Men, puis avec Maus. Depuis des centaines de titres de bande dessinée ont abordé la Shoah. Quant aux séries télés, le sujet est présent depuis des décennies, depuis les séries de fiction (Star Trek, Magnum…) jusqu’aux séries historiques. La série Holocaust en 1978 a joué un rôle considérable dans le monde occidental dans la prise de conscience concernant la Shoah, et a eu un impact colossal. Et quand on regarde aujourd’hui Holocaust, historiquement ce n’est pas si mal.

Les X-Men constituent un exemple intéressant: la Shoah et Auschwitz sont au cœur des adaptations au cinéma d’un comics, dont la trame initiale est une allégorie de l’antisémitisme lorsque la série fut créé par Jack Kirby et Stan Lee en 1963. Puis la Shoah est explicitement évoquée début 1980, justement après le déclencheur Holocaust. On voit comment un objet de culture populaire en irrigue d’autres.

Et aujourd’hui, les X-Men participent à la construction de la connaissance de pas mal de gens, mine de rien, et ce n’est pas un problème que la fiction irrigue de la connaissance. Quand de tels vecteurs  se saisissent du sujet de manière sérieuse, entendu ici comme disant des choses exactes (le Auschwitz qui est montré est l’Auschwitz authentique), il n’y a rien à redire. Et mieux vaut une bonne allégorie qu’un mauvais documentaire, et les mauvais documentaires ne manquent pas…


Réseaux sociaux: Quand la vénalité défend la liberté (Shielded review: After allegations of special protection of popular far-right activists for their revenue, Facebook finally pulls the plug on anti-islam activist Tommy Robinson)

28 février, 2019

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La vertu même devient vice, étant mal appliquée, et le vice est parfois ennobli par l’action. Frère Laurent (Roméo et Juliette, Shakespeare)
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Ahmed (violeur pakistanais)
By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013). This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete. (…) Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete. The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.” Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups. Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent). By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”. Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white. Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care. The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin. Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials. Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions. (…) Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation. “They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.” Channel 4 news
By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media. Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further. (…) the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000 (…) Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent). But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things? (…) Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world. How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people. It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web. (…) if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown? (…) We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off. What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion. Joseph Harker
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)
Je respecte le droit de chacun à la liberté d’expression. C’est l’un des droits les plus importants que nous avons. Avec ces droits viennent des responsabilités –la responsabilité d’exercer sa liberté de parole dans le cadre de la loi. Je ne suis pas sûr que vous mesurez les conséquences potentielles de ce que vous avez fait. Juge
Cela n’a rien à voir avec la liberté de parole, ou de la presse, ni à propos de la légitimité du journalisme ou le politiquement correct. C’est une question de justice, et d’assurer qu’un procès peut avoir lieu de manière juste et impartiale […] Il s’agit de préserver l’intégrité du jury, qu’il continue [à siéger] sans que les gens soient intimidés ou affectés par des «reportages» – si on peut les qualifier de tels – irresponsables et faux. Juge
Il s’agit de justice, de faire en sorte qu’un procès puisse être mené avec justice et équité […], d’être innocent jusqu’à preuve du contraire. Juge
This contempt hearing is not about free speech. This is not about the freedom of the press. This is not about legitimate journalism; this is not about political correctness; this is not about whether one political viewpoint is right or another. It is about justice, and it is about ensuring that a trial can be carried out justly and fairly. It is about ensuring that a jury are not in any way inhibited from carrying out their important function. It is about being innocent until proven guilty. It is not about people prejudging a situation and going round to that court and publishing material, whether in print or online, referring to defendants as ‘Muslim pedophile rapists.’ In short, Mr. Yaxley-Lennon, turn up at another court, refer to people as ‘Muslim pedophiles, Muslim rapists’ and so on and so forth while trials are ongoing and before there has been a finding by a jury that that is what they are, and you will find yourself inside. Do you understand? Judge Norton
No one could possibly conclude that it would be anything other than highly prejudicial to the defendants in the trial. I respect everyone’s right to free speech. That’s one of the most important rights that we have. With those rights come responsibilities. The responsibility to exercise that freedom of speech within the law. I am not sure you appreciate the potential consequence of what you have done. You have to understand we are not preventing publication. We are postponing publication to ensure that the trial is fair. When people are convicted and given long sentences, it is on a proper basis and not a conviction that can be overturned. It is a serious feature that you were encouraging others to share what you were streaming live on social media. Judge
In May, Tommy Robinson was jailed over comments which had the potential to cause a retrial at Leeds Crown Court – and we can now reveal the details of the case he was protesting about. Robinson, whose real name is Stephen Christopher Yaxley-Lennon, streamed an hour-long Facebook Live outside the court in May and within hours it had been watched more than 250,000 times. A judge who locked the far right activist up for 13 months for contempt of court told him his actions could have caused a long-running trial to be retried which would cost taxpayers ‘hundreds and hundreds of thousands of pounds’. A court order was put in place temporarily banning any reporting on Robinson’s arrest and sentencing hearing, but LeedsLive challenged the order and were able to report it a few days later. Now we can reveal the long-running trial he could have put in jeopardy involved a Huddersfield grooming gang who were jailed on October 19 for more than 200 years for the grooming and sexual abuse of young children. The abuse of the vulnerable, isolated and underage girls – the youngest of whom was 11 or 12 – was described by a judge as ‘top of the scale’. A total of 20 men, ranging in age from 27 to 54, were convicted as part of Operation Tendersea during three trials at Leeds Crown Court throughout 2018 making it the worst scandal to ever hit Huddersfield. They were found guilty of child sex offences including rape, inciting child prostitution and abduction of a child. A court order had been in place temporarily banning any reporting of the trials until now. On May 25, 35-year-old Yaxley-Lennon was arrested on suspicion of a breach of the peace and was held in the court cells before being taken up to the courtroom to face the trial judge. In a rare move, he was arrested, charged and sentenced within five hours. (…) Robinson, whose criminal record dates back to 2005, has a previous conviction for contempt of court. He was the subject of a suspended prison sentence, imposed at Canterbury Crown Court, after he filmed in court. He also has convictions for disobeying a court order, possessing identity documents with intent, fraud, assault occasioning actual bodily harm, possessing drugs and threatening behaviour. In May he was found in contempt of court and in breach of a suspended sentence. Matthew Harding, mitigating, said his client felt « deep regret » after realising the potential consequences of his actions. He said Robinson was aware of the reporting restriction in place in the case but thought what he was saying on camera was already in the public domain. Leeds live
I have been completely had, how embarrassing man. I had a woman, and I’ll show you our screenshots, messaging me all morning about what had happened to her son. It turns out some leftie is sitting somewhere absolutely mugging me completely off and laughing about it. Fake news central. It turns out the ‘13-year-old’ boy who had been jumped by five Muslims wasn’t her son. Tommy Robinson
Lawyers representing a Syrian boy who was attacked at school are crowdfunding to sue Tommy Robinson and Facebook. Footage of the 15-year-old victim being pushed to the ground and having water poured on his face sparked outrage in November, and police continue to investigate the incident in Huddersfield. Amid prominent media coverage, Mr Robinson posted a series of videos on his Facebook account accusing the boy of bullying and claiming “lots of Muslim gangs are beating up white English kids” in Britain. Lawyers for the victim, Jamal, allege that the anti-Islam activist’s posts were defamatory and are exploring whether Facebook can be pursued for allowing fundraising via his page. A page asking for public donations to “sue Tommy Robinson, Facebook and others” has raised more than £3,000 since going online on Saturday. Abdulnaser Youssef, of Farooq Bajwa and Co solicitors, wrote that allegations that Jamal was involved in the beating of a young English girl was false. (…) Mr Robinson’s Facebook page has more than 1 million followers and his posts on the Huddersfield incident were viewed up to 900,000 times each. The page had a “donate” button to transfer him money at the time, but it was removed amid concern that a tool the social media giant says is for charities was abused. Facebook deleted several of Mr Robinson’s videos for violating community standards, after Jamal’s family announced their intention to sue in November. Their lawyers (…) said that Mr Robinson’s social media posts caused Jamal to become “the focus of countless messages of hate and threats from the extreme right wing”, and a police safety warning. (…) The suspect, a 16-year-old boy, has been summonsed to court for alleged assault but no date for the hearing has been set. The teenager had shared numerous posts from Mr Robinson’s Facebook account in previous months, as well as from Britain First and other far-right accounts. The Independent
I met Danny. I was working on some film on Newsnight and Danny was in the green room. It was unusual to meet a white working class male in the Newsnight green room. It was so unusual that me and one of my mates, we went down there to have a drink with him in the way that you would do with somebody, from the, you know a cannibal from the Amazonian, erm, from Amazonia or maybe a creature from outer space. John Sweeney (BBC)
The BBC strongly rejects any suggestion that our journalism is ‘faked’ or biased. Any programme we broadcast will adhere to the BBC’s strict editorial guidelines. Some of the footage which has been released was recorded without our knowledge during this investigation and John Sweeney made some offensive and inappropriate remarks, for which he apologises. BBC Panorama’s investigation will continue. BBC spokeswoman
Tommy Robinson (…) a été arrêté le vendredi 25 mai, alors qu’il filmait et transmettait en direct sur Facebook les entrées de personnes devant être jugées au tribunal de Leeds, au nord de l’Angleterre. (…) La faute à ce que l’on appelle outre-Manche une «reporting restriction» – qu’on pourrait traduire par «restriction de reportage». Le ministère de la Justice britannique en a transmis une copie à CheckNews par mail. Il s’agit d’un ordre du juge de Leeds, daté du jour de l’arrestation de Tommy Robinson. Il interdit aux médias de parler de cette arrestation ou des procédures en cours, au motif d’une loi britannique censée empêcher tout «risque ou préjudice à l’administration de la justice». Ce mardi 29 mai, The Independent et le média Leeds Live ont annoncé qu’à la suite de leurs demandes, cet ordre restrictif a été levé par la justice. Autrement dit, il est de nouveau possible, quatre jours après l’arrestation de l’activiste d’extrême droite, d’aborder ce sujet au Royaume-Uni. Confirmant une information qui circulait déjà à l’extrême droite du web et attribuée à la chaîne américaine Fox News, The Independent écrit que Robinson a été condamné à 13 mois de prison pour outrage au tribunal. La vidéo qui a valu à Robinson son emprisonnement est encore en ligne. Pendant une heure, vendredi 25 au matin, il attend, interpelle et filme des personnes qui doivent être jugées au tribunal de Leeds. La vidéo se termine quand l’activiste est emmené par des policiers.(…) le procès dont l’activiste a filmé des suspects avant d’être embarqué fait lui aussi l’objet d’une reporting restriction. Autrement dit, il est interdit aux médias britanniques d’en parler tant que la justice n’a pas rendu sa décision. Celle-ci ne devrait pas être connue avant la fin de l’année, explique à CheckNews Lizzie Dearden, la journaliste de The Independent qui a participé à faire lever la reporting restriction sur le cas Robinson. L’interdiction de parler du procès dont l’activiste a filmé les accusés s’applique potentiellement à des médias étrangers (comme Libération). L’intéressé n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà été condamné à trois mois avec sursis pour avoir «couvert» un procès de viol en réunion à Canterbury, il y a un an. Pour cerner le personnage, qui a déjà séjourné à deux reprises en prison (dans sa jeunesse pour avoir frappé un policier, et plus tard pour fraude au prêt), on pourrait situer sa genèse au hooliganisme anglais de Luton, la ville dont il est originaire. Tommy Robinson est le nom de scène – en privé il est Stephen Yaxley-Lennon – du fondateur de l’English Defence League, un mouvement (qu’il a depuis quitté) censé éviter l’«islamisation» des Iles britanniques. Libération
L’arrestation et la condamnation à 13 mois de prison de Tommy Robinson, le co-fondateur de l’English Defence League, un mouvement d’extrême droite dont le but affiché est de «combattre l’islamisation de l’Angleterre», ont été largement commentés sur le web cette dernière semaine. L’homme, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a été arrêté vendredi 25 mai, alors qu’il filmait des gens entrant dans le tribunal de Leeds, au Royaume-Uni, où étaient jugés selon lui «des prédateurs sexuels». Tommy Robinson diffuse la vidéo en direct sur Facebook live, où elle est vue plus de 500.000 fois. Pendant qu’il tourne, il se fait embarquer par la police pour «trouble à l’ordre public» –une interpellation elle aussi diffusée en live sur le réseau social. Les médias anglo-saxons sont sommés, via une décision du juge, de ne pas évoquer l’arrestation. Aucun d’entre-eux ne traitera le sujet jusqu’au mardi 29 mai, à l’exception de The Independent. Ce silence médiatique trouve rapidement un écho en France, dans les milieux très à droite, qui reprochent aux médias de taire le scandale anglais. Le hashtag #FreeTommyRobinson apparaît sur Twitter et certains sites de droite et d’extrême droite, comme Dreuz.info, s’emparent de l’affaire. Breizh-infos explique que l’emprisonnement menace de mort Tommy Robinson, car selon son avocat, il aurait été agressé lors d’une incarcération antérieure et sa tête serait mise à prix. Valeurs Actuelles embraye et publie à son tour un article, relayé par la secrétaire générale adjointe du groupe Les Républicains, Valérie Boyer. La veille, le président du groupe Front national-Marseille Bleu Marine au Conseil municipal de Marseille, Stéphane Ravier, y était également allé de son tweet. Selon l’extrême droite, le procès que souhaitait couvrir Tommy Robinson serait celui du scandale de Telford, une importante affaire de viols sur mineures et de pédophilie, dévoilée par le Sunday Mirror et largement reprise par la fachosphère. Si cette affaire fait autant de bruit, c’est parce que les militantes et militants sont persuadés qu’elle a été passée sous silence pour «protéger» les accusés, en majorité d’origine pakistanaise. Tommy Robinson affirme le procès qui se déroulait à Leeds le jour de son interpellation était bel et bien celui de Telford, mais rien ne permet de le confirmer. Cette incertitude alimente les accusations de censure des droites et extrêmes droites françaises et britanniques. Au Royaume-Uni, la loi impose, dans certaines affaires, des «reporting restrictions»; les juges peuvent fixer un embargo limitant le traitement médiatique d’une affaire. Comme le précise Libération, cette mesure est destinée à empêcher tout «risque ou préjudice à l’administration de la justice». Le procès de Leeds nécessitant visiblement cette protection, l’arrestation et l’emprisonnement de Tommy Robinson y ont également été aussi soumis. (…) Rapidement, le Sun, le Mirror, la BBC et le Guardian ont donné les raisons de l’arrestation de l’ancien leader de l’English Defence League. On apprend que l’homme, âgé de 35 ans, a été condamné à treize mois de prison pour outrage au tribunal –et non pour trouble à l’ordre public. L’outrage au tribunal, en droit britannique, est le fait de désobéir à un ordre de la cour ou de manquer de respect envers son autorité –en somme, de manifester sa méfiance quant à sa capacité à rendre la justice. Le choix de Tommy Robinson de couvrir médiatiquement le procès de Leeds, malgré restriction, explique sa condamnation. Même si la BBC explique que Robinson a plaidé coupable, le jugement alimente l’impression –fausse– que l’on voudrait faire taire celui qui est considéré comme un lanceur d’alerte par une partie de la fachosphère. Lors du procès, l’avocat de Robinson a exprimé le «profond regret» de son client, qui assure que ses actions n’avaient pas pour objectif de «causer des difficultés dans le processus judiciaire». Il n’a pas été entendu par le juge, qui a estimé que ses commentaires sur les réseaux sociaux, pendant la vidéo, risquaient de priver les accusés du droit à un procès équitable. (…) La liste des procès du jour, avec le nom des personnes entendues, est en effet disponible sur le site du tribunal. N’y est cependant pas mentionné ce qui est débattu. Tommy Robinson est un habitué des outrages au tribunal. En 2017, il avait tenté de filmer des accusés dans une affaire de viol, alors que leur procès était en cours –un acte qui lui avait valu du sursis. En France, où aucune loi ne peut imposer un tel embargo sur une affaire, la condamnation de Robinson surprend, certains comparant le Royaume-Uni à une dictature. (…) Le verdict rendu contre l’activiste et l’interdiction de couvrir le procès relèvent pourtant davantage d’un certain pragmatisme que d’une censure d’État: le juge a choisi de condamner Robinson car son action est susceptible d’entraîner un nouveau procès dans l’affaire de Leeds –ce qui coûterait aux contribuables «des centaines et des centaines de milliers de livres», selon Le Sun. Slate
La page Facebook de Tommy Robinson a de manière répétée contrevenu à ces règles, avec des publications utilisant un langage déshumanisant et des appels à la violence dirigés contre les musulmans. Ce n’est pas une décision que nous prenons à la légère mais les individus et organisations qui attaquent les autres sur la base de ce qu’ils sont n’ont pas leur place sur Facebook et Instagram. Facebook
If the content is indeed violating it will go. I want to be clear this is not a discussion about money. This is a discussion about political speech. People are debating very sensitive issues on Facebook, including issues like immigration. And that political debate can be entirely legitimate. I do think having extra reviewers on that when the debate is taking place absolutely makes sense and I think people would expect us to be careful and cautious before we take down their political speech. Richard Allan (Facebook’s head of public policy and Liberal Democrat peer)
We remove content from Facebook no matter who posts it, when it breaks our standards. If Tommy Robinson’s page repeatedly violated our community standards, we would remove it, as we did with Britain First. Richard Allan
Leading far-right activists have received special protection from Facebook, preventing their pages from being deleted even after a pattern of behaviour that would typically result in moderator action being taken. The process, called “shielded review”, was uncovered by Channel 4 Dispatches, after the documentary series sent an undercover reporter to work as a content moderator in a Dublin-based Facebook contractor, Cpl. Typically, Facebook pages are deleted if they are found to have five or more pieces of content that violate the site’s rules. But more popular pages, including those of activists like Tommy Robinson, are protected from those rules and are instead elevated to a second tier of moderation where in-house Facebook staff, rather than external contractors, take the decision on whether or not to take action. Most of the pages granted shielded review are for governments and news organisations, but Robinson – whose real name is Stephen Yaxley-Lennon – and the defunct political party Britain First were given the same status. In effect, although individual pieces of content are still removed by Facebook, the normal rules do not apply to the page itself for all but the most egregious breaches of the site’s guidelines. The Dispatches programme also alleged that Facebook moderators were trained to ignore visual evidence that a user was below the age of 13, and so should not be on the site, even if they were being investigated for breaking rules such as those governing self-harm. “We have to have an admission that the person is underage,” a trainer told the undercover reporter. “If not, we just, like, pretend that we are blind and we don’t know what underage looks like.” When pushed on whether it even applies in areas such as self-harm, the trainer gave confirmation, saying: “If this person was a kid, like a 10-year-old kid, we don’t care, we still action the ticket as if they were an adult.” The choice to ignore evidence suggesting a user is underage could pose problems for Facebook, which is required in the US and EU to prevent children under 13 from using their site. Speaking to the US Senate earlier this year, Mark Zuckerberg told senators that “we don’t allow people under the age of 13 to use Facebook”, but did not disclose the fact that Facebook trains its moderators to not act on visual evidence to the contrary. Allan told the Guardian that Facebook investigates underage users who have been reported to its moderators as underage. “If a Facebook user is reported to us as being under 13, a reviewer will look at the content on their profile (text and photos) to try to ascertain their age,” he said. “If they believe the person is under 13, the account will be put on a hold. This means they cannot use Facebook until they provide proof of their age. We are investigating why any reviewers or trainers at Cpl would have suggested otherwise” … Over the past two years, Facebook has gradually opened up to the outside world about how it runs its moderation efforts. In 2017, the Guardian obtained and published the company’s internal guidelines, revealing for the first time Facebook’s policies around sex, terrorism and violence. A year later, Facebook published its own versions of the guidelines, offering the first detailed look at its rulebook in more than a decade of operation. Responding to questions about the story, Allan said: “It’s clear that some of what is shown in the programme does not reflect Facebook’s policies or values, and falls short of the high standards we expect. We take these mistakes in some of our training processes and enforcement incredibly seriously and are grateful to the journalists who brought them to our attention. “Where we know we have made mistakes, we have taken action immediately. We are providing additional training and are working to understand exactly what happened so we can rectify it.” The Guardian

Attention: une motivation peut en cacher une autre !

A l’heure où après Instagram et Paypal, Facebook vient sous les huées des défenseurs de la liberté d’expression …

D’accéder à la demande de groupes antiracistes et anti-fascistes auto-proclamés d’interdire définitivement de réseau …

L’ancien hooligan devenu croisé de la lutte contre l’islamisation sous le pseudonyme emprunté à l’un des héros du hooliganisme anglais, Tommy Robinson

Suite à ses démêlés avec la justice pour avoir failli compromettre, entre une incitation au harcèlement dont celui d’un réfugié syrien de 15 ans et une dénonciation des méthodes et de l’élitisme de la BBC, le déroulement de tristement célèbres procès d’immigrés musulmans pakistanais pour viols de mineures …

Rendus en bonne partie possibles par des services sociaux et de police paralysés par la peur d’être accusés de racisme …

Et où entre appât du gain, liberté d’expression, incitation à la haine et politiquement correct …

La poule aux oeux d’or de Mark Zucker,erg est rattrapée par le véritable et inextricable sac de noeuds juridico-politique dans lequel sont désormais prises …

L’ensemble de nos institutions suite à des décennies d’immigration incontrôlée de ressortisants musulmans ne reconnaissant ni nos lois ni nos coutumes …

Devinez ce qui avait jusqu’ici et si longtemps retenu les services de modération habituellement si impitoyablement sourcilleux de votre réseau social préféré … ?

C4 Dispatches documentary finds moderators left Britain First’s pages alone as ‘they generate a lot of revenue’

Leading far-right activists have received special protection from Facebook, preventing their pages from being deleted even after a pattern of behaviour that would typically result in moderator action being taken.

The process, called “shielded review”, was uncovered by Channel 4 Dispatches, after the documentary series sent an undercover reporter to work as a content moderator in a Dublin-based Facebook contractor, Cpl.

Typically, Facebook pages are deleted if they are found to have five or more pieces of content that violate the site’s rules. But more popular pages, including those of activists like Tommy Robinson, are protected from those rules and are instead elevated to a second tier of moderation where in-house Facebook staff, rather than external contractors, take the decision on whether or not to take action.

Most of the pages granted shielded review are for governments and news organisations, but Robinson – whose real name is Stephen Yaxley-Lennon – and the defunct political party Britain First were given the same status. In effect, although individual pieces of content are still removed by Facebook, the normal rules do not apply to the page itself for all but the most egregious breaches of the site’s guidelines.

In the documentary, a moderator tells the Dispatches reporter that Britain First’s pages were left up, even though they repeatedly broke Facebook’s rules, because “they have a lot of followers so they’re generating a lot of revenue for Facebook”.

Britain First’s Facebook page was eventually banned in March 2018, almost six months after it was deregistered as a political party and a week after its leaders were jailed for a series of hate crimes against Muslims. Robinson is also in jail, serving a 13-month sentence for contempt of court.

In the Dispatches documentary, Facebook’s head of public policy, the Liberal Democrat peer Richard Allan, disputes that the rules are based on revenue. “If the content is indeed violating it will go,” Allan said.

“I want to be clear this is not a discussion about money. This is a discussion about political speech. People are debating very sensitive issues on Facebook, including issues like immigration. And that political debate can be entirely legitimate. I do think having extra reviewers on that when the debate is taking place absolutely makes sense and I think people would expect us to be careful and cautious before we take down their political speech.”

On Monday, Allan addressed Robinson’s page directly, and told the Guardian: “We remove content from Facebook no matter who posts it, when it breaks our standards. If Tommy Robinson’s page repeatedly violated our community standards, we would remove it, as we did with Britain First.”

The Dispatches programme also alleged that Facebook moderators were trained to ignore visual evidence that a user was below the age of 13, and so should not be on the site, even if they were being investigated for breaking rules such as those governing self-harm.

“We have to have an admission that the person is underage,” a trainer told the undercover reporter. “If not, we just, like, pretend that we are blind and we don’t know what underage looks like.” When pushed on whether it even applies in areas such as self-harm, the trainer gave confirmation, saying: “If this person was a kid, like a 10-year-old kid, we don’t care, we still action the ticket as if they were an adult.”

The choice to ignore evidence suggesting a user is underage could pose problems for Facebook, which is required in the US and EU to prevent children under 13 from using their site. Speaking to the US Senate earlier this year, Mark Zuckerberg told senators that “we don’t allow people under the age of 13 to use Facebook”, but did not disclose the fact that Facebook trains its moderators to not act on visual evidence to the contrary.

Allan told the Guardian that Facebook investigates underage users who have been reported to its moderators as underage. “If a Facebook user is reported to us as being under 13, a reviewer will look at the content on their profile (text and photos) to try to ascertain their age,” he said. “If they believe the person is under 13, the account will be put on a hold. This means they cannot use Facebook until they provide proof of their age. We are investigating why any reviewers or trainers at Cpl would have suggested otherwise.”

Over the past two years, Facebook has gradually opened up to the outside world about how it runs its moderation efforts. In 2017, the Guardian obtained and published the company’s internal guidelines, revealing for the first time Facebook’s policies around sex, terrorism and violence.

A year later, Facebook published its own versions of the guidelines, offering the first detailed look at its rulebook in more than a decade of operation.

Responding to questions about the story, Allan said: “It’s clear that some of what is shown in the programme does not reflect Facebook’s policies or values, and falls short of the high standards we expect. We take these mistakes in some of our training processes and enforcement incredibly seriously and are grateful to the journalists who brought them to our attention.

“Where we know we have made mistakes, we have taken action immediately. We are providing additional training and are working to understand exactly what happened so we can rectify it.”

Voir aussi:

Syrian refugee attack: Boy’s family crowdfunding to sue Tommy Robinson and Facebook over ‘defamation’
Lawyers say Facebook enabled ‘false comments’ to spread as Robinson raised money
Lizzie Dearden
The Independent
21 January 2019

Lawyers representing a Syrian boy who was attacked at school are crowdfunding to sue Tommy Robinson and Facebook.

Footage of the 15-year-old victim being pushed to the ground and having water poured on his face sparked outrage in November, and police continue to investigate the incident in Huddersfield.

Amid prominent media coverage, Mr Robinson posted a series of videos on his Facebook account accusing the boy of bullying and claiming “lots of Muslim gangs are beating up white English kids” in Britain.

Lawyers for the victim, Jamal, allege that the anti-Islam activist’s posts were defamatory and are exploring whether Facebook can be pursued for allowing fundraising via his page.

A page asking for public donations to “sue Tommy Robinson, Facebook and others” has raised more than £3,000 since going online on Saturday.

Abdulnaser Youssef, of Farooq Bajwa and Co solicitors, wrote that allegations that Jamal was involved in the beating of a young English girl was false.

“Tommy Robinson [whose real name is Stephen Yaxley-Lennon] sought to justify the abuse directed towards Jamal, he defamed the young boy,” he added.

“To make matters worse, he even raised money in support of those behind the bullying by galvanising cash from his supporters on social media platforms.”

Mr Youssef said Jamal’s lawyers were raising money for a defamation action over Mr Robinson’s “false comments” and added: “We are also exploring bringing a claim against Facebook and other social media platforms which have been exploited by Lennon [Robinson] to publish his false and damaging comments made in respect of Jamal.”

Mr Robinson’s Facebook page has more than 1 million followers and his posts on the Huddersfield incident were viewed up to 900,000 times each.

The page had a “donate” button to transfer him money at the time, but it was removed amid concern that a tool the social media giant says is for charities was abused.

Facebook deleted several of Mr Robinson’s videos for violating community standards, after Jamal’s family announced their intention to sue in November.

Their lawyers hope to use part of the crowdfunded money to “penetrate the veil surrounding Lennon’s finances” to ensure compensation can be sought if the lawsuit succeeds.

They said that Mr Robinson’s social media posts caused Jamal to become “the focus of countless messages of hate and threats from the extreme right wing”, and a police safety warning.

Mr Youssef said money from another crowdfunding page set up in November had enabled the family to “relocate to a safer environment where Jamal and his sister will be able to live and study in peace”.

West Yorkshire Police said the incident at Almondbury Community School remains under investigation.

The suspect, a 16-year-old boy, has been summonsed to court for alleged assault but no date for the hearing has been set.

The teenager had shared numerous posts from Mr Robinson’s Facebook account in previous months, as well as from Britain First and other far-right accounts.

The Independent has asked Facebook for comment.

Voir également:

Tommy Robinson admits he shared ‘fake news’ about Muslims attacking boy at school where Syrian refugee was filmed being bullied
Katy Clifton
The Evening Standard
30 November 2018

Tommy Robinson has confessed to spreading fake news about five Muslims attacking a boy at the school where a Syrian refugee was filmed being bullied.

The former EDL leader said in a Facebook video post on Friday “he had been completely mugged off” by “some leftie”.

On Thursday, he had made claims that the 15-year-old who was filmed being bullied in Huddersfield had been involved in a separate attack on a girl at the school.

However, just hours after spreading the claims during two Facebook live broadcasts, Mr Robinson admitted to his followers that he had helped spread fake news.

Explaining he had been duped, the far-right activist said: “I have been completely had, how embarrassing man. »

He added: “I had a woman, and I’ll show you our screenshots, messaging me all morning about what had happened to her son.

« It turns out some leftie is sitting somewhere absolutely mugging me completely off and laughing about it. Fake news central.

“It turns out the ‘13-year-old’ boy who had been jumped by five Muslims wasn’t her son.”

The family’s lawyer on Thursday strongly dismissed the claims made by the former EDL leader and said they were “actively considering legal action” against Mr Robinson.

A letter addressed to Mr Robinson from Farooq Bajwa & Co solicitors read: “We have been aware of two videos posted to your Facebook page. These videos contain a number of false and defamatory allegations in respect of our client.”

Asking for the videos to be removed immediately, it continues: “We wish to place you on notice that our client intends to pursue legal action against you in respect of these contents of these publications and you will shortly be receiving formal pre-action correspondence in this respect.”

Although it is uncertain whether he will still face legal action, in a further Facebook live posted on Friday Mr Robinson said: “If you’re solicitor watching this that’s suing me, I don’t give a s***.”

The comments came after footage of the 15-year-old Syrian refugee being « waterboarded » while at school in Huddersfield was widely shared on social media.

The video’s emergence this week was followed by further footage of what was said to be the boy’s sister being physically abused at the same school.

A 16-year-old boy has been interviewed over the attack on the boy and reported for summons for an offence of assault ahead of a youth court appearance.

The boy, who cannot be named for legal reasons, was questioned by police over the footage in which the 15-year-old victim, with his arm in a cast, is thrown to the ground.

He is dragged to the floor by his neck before his attacker says, « I’ll drown you », while forcing water from a bottle into his mouth.

The Syrian teenager told ITV News on Tuesday: « I woke up at night and just started crying about this problem. They think I’m different, different from them.

« I don’t feel safe at school. Sometimes I say to my dad, ‘I don’t want to go to school any more’. I was just crying and I didn’t do nothing because I respect the school rules. »

Voir par ailleurs:

L’activiste d’extrême droite Tommy Robinson n’a pas été censuré, il a enfreint la loi britannique

Frédéric Scarbonchi
Slate
31 mai 2018
L’arrestation et la condamnation à 13 mois de prison de Tommy Robinson, le co-fondateur de l’English Defence League, un mouvement d’extrême droite dont le but affiché est de «combattre l’islamisation de l’Angleterre», ont été largement commentés sur le web cette dernière semaine.

L’homme, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a été arrêté vendredi 25 mai, alors qu’il filmait des gens entrant dans le tribunal de Leeds, au Royaume-Uni, où étaient jugés selon lui «des prédateurs sexuels».

Tommy Robinson diffuse la vidéo en direct sur Facebook live, où elle est vue plus de 500.000 fois. Pendant qu’il tourne, il se fait embarquer par la police pour «trouble à l’ordre public» –une interpellation elle aussi diffusée en live sur le réseau social.

Accusations de censure

Les médias anglo-saxons sont sommés, via une décision du juge, de ne pas évoquer l’arrestation. Aucun d’entre-eux ne traitera le sujet jusqu’au mardi 29 mai, à l’exception de The Independent.

Ce silence médiatique trouve rapidement un écho en France, dans les milieux très à droite, qui reprochent aux médias de taire le scandale anglais. Le hashtag #FreeTommyRobinson apparaît sur Twitter et certains sites de droite et d’extrême droite, comme Dreuz.info, s’emparent de l’affaire.

Breizh-infos explique que l’emprisonnement menace de mort Tommy Robinson, car selon son avocat, il aurait été agressé lors d’une incarcération antérieure et sa tête serait mise à prix.

Valeurs Actuelles embraye et publie à son tour un article, relayé par la secrétaire générale adjointe du groupe Les Républicains, Valérie Boyer.

La veille, le président du groupe Front national-Marseille Bleu Marine au Conseil municipal de Marseille, Stéphane Ravier, y était également allé de son tweet.

Selon l’extrême droite, le procès que souhaitait couvrir Tommy Robinson serait celui du scandale de Telford, une importante affaire de viols sur mineures et de pédophilie, dévoilée par le Sunday Mirror et largement reprise par la fachosphère.

Si cette affaire fait autant de bruit, c’est parce que les militantes et militants sont persuadés qu’elle a été passée sous silence pour «protéger» les accusés, en majorité d’origine pakistanaise.

Tommy Robinson affirme le procès qui se déroulait à Leeds le jour de son interpellation était bel et bien celui de Telford, mais rien ne permet de le confirmer. Cette incertitude alimente les accusations de censure des droites et extrêmes droites françaises et britanniques.

«Reporting restrictions»

Au Royaume-Uni, la loi impose, dans certaines affaires, des «reporting restrictions»; les juges peuvent fixer un embargo limitant le traitement médiatique d’une affaire. Comme le précise Libération, cette mesure est destinée à empêcher tout «risque ou préjudice à l’administration de la justice».

Le procès de Leeds nécessitant visiblement cette protection, l’arrestation et l’emprisonnement de Tommy Robinson y ont également été aussi soumis.

Si l’on ne connaît toujours pas l’objet du procès qui a attiré Robinson, la restriction empêchant d’évoquer son interpellation a été levée mardi 29 mai, alors que les médias eux-mêmes contestaient l’embargo, que les manifestations de soutien à Tommy Robinson se multipliaient et qu’une pétition en ligne avait déjà recueilli 400.000 signatures.

Outrage au tribunal

Rapidement, le Sun, le Mirror, la BBC et le Guardian ont donné les raisons de l’arrestation de l’ancien leader de l’English Defence League. On apprend que l’homme, âgé de 35 ans, a été condamné à treize mois de prison pour outrage au tribunal –et non pour trouble à l’ordre public.

L’outrage au tribunal, en droit britannique, est le fait de désobéir à un ordre de la cour ou de manquer de respect envers son autorité –en somme, de manifester sa méfiance quant à sa capacité à rendre la justice. Le choix de Tommy Robinson de couvrir médiatiquement le procès de Leeds, malgré restriction, explique sa condamnation.

Même si la BBC explique que Robinson a plaidé coupable, le jugement alimente l’impression –fausse– que l’on voudrait faire taire celui qui est considéré comme un lanceur d’alerte par une partie de la fachosphère.

Lors du procès, l’avocat de Robinson a exprimé le «profond regret» de son client, qui assure que ses actions n’avaient pas pour objectif de «causer des difficultés dans le processus judiciaire». Il n’a pas été entendu par le juge, qui a estimé que ses commentaires sur les réseaux sociaux, pendant la vidéo, risquaient de priver les accusés du droit à un procès équitable.

Lorsqu’il diffusait sa vidéo en live, Tommy Robinson avait d’ailleurs conscience que son acte pouvait être considéré comme un outrage: il le dit expressément et à plusieurs reprises.

Sur la page Facebook de l’activiste, dans la nuit du 29 au 30 mai, un statut a été publié. Si l’homme a reconnu l’outrage devant le tribunal, sa défense publique est tout autre: «Vous devez vous poser la question: pourquoi un reporter lisant un acte d’accusation publique devant un tribunal risque-t-il soudainement de provoquer l’effondrement d’un procès?».

La liste des procès du jour, avec le nom des personnes entendues, est en effet disponible sur le site du tribunal. N’y est cependant pas mentionné ce qui est débattu.

Tommy Robinson est un habitué des outrages au tribunal. En 2017, il avait tenté de filmer des accusés dans une affaire de viol, alors que leur procès était en cours –un acte qui lui avait valu du sursis.

Réactions internationales

En France, où aucune loi ne peut imposer un tel embargo sur une affaire, la condamnation de Robinson surprend, certains comparant le Royaume-Uni à une dictature.

Aux Pays Bas, Geert Wilders, le leader du Parti pour la liberté (PVV), mouvement d’extrême droite, a apporté son soutien à Tommy Robinson. Dans une vidéo publiée sur Twitter, il affirme que la condamnation du Britannique est une «disgrâce absolue», une preuve que «les autorités veulent nous faire taire».

Donald Trump Jr., le fils du président des États-Unis, a également tweeté sa désapprobation.

Décision pragmatique

Le verdict rendu contre l’activiste et l’interdiction de couvrir le procès relèvent pourtant davantage d’un certain pragmatisme que d’une censure d’État: le juge a choisi de condamner Robinson car son action est susceptible d’entraîner un nouveau procès dans l’affaire de Leeds –ce qui coûterait aux contribuables «des centaines et des centaines de milliers de livres», selon Le Sun.

«Je respecte le droit de chacun à la liberté d’expression. C’est l’un des droits les plus importants que nous avons. Avec ces droits viennent des responsabilités –la responsabilité d’exercer sa liberté de parole dans le cadre de la loi. Je ne suis pas sûr que vous mesurez les conséquences potentielles de ce que vous avez fait», aurait justifié le juge lors du procès.

La motivation du juge était similaire lorsque Robinson avait déjà été condamné en 2017: «Il s’agit de justice, de faire en sorte qu’un procès puisse être mené avec justice et équité […], d’être innocent jusqu’à preuve du contraire.»

Voir aussi:

Que se passe-t-il avec Tommy Robinson au Royaume-Uni ?

L’activiste d’extrême droite a écopé de 13 mois de prison pour avoir filmé les suspects d’un procès dont les médias ont, pour l’heure, interdiction de parler. Son arrestation elle-même faisait l’objet, jusqu’à ce jour d’un black-out juridique.
Fabien Leboucq

Militant d’extrême-droite anglais, Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley Lennon, a été arrêté, jugé et condamné à 13 mois de prison vendredi 25 mai en l’espace de cing heures, à Leeds en Angleterre. Cette arrestation, sous le coup d’une interdiction de couverture par les médias, déchaine les passions sur les réseaux sociaux.

Le C.V de Tommy Robinson est parlant. Fondateur de l’English Defence League (EDL), qu’il quitte pour devenir le correspondant de Rebel Media, un site d’information affilié à l’extrême-droite canadienne. En parallèle, il participe aussi au développement de la branche britannique de Pegida, mouvement anti-islam allemand.

Vendredi dernier alors qu’il couvre l’ouverture du procès d’un supposé gang de proxénètes d’origine anglo-indienne et anglo-pakistanaise dans la ville de Telford (comté de Shropshire), Tommy Robinson est interpellé alors qu’il fait un live sur les marches du tribunal. S’adressant à ses fans sur les réseaux sociaux, il commente le défilé en arrière-plan des suspects entrant au tribunal, les invectivant au passage en leur promettant la prison. Ce procès se tenait dans un contexte tendu. L’extrême-droite s’en étant emparé pour accuser les autorités britanniques de laxisme, au prétexte qu’elles auraient toléré les actes délictueux de ce gang identifié depuis de longues années. Leur procès était du reste censé se tenir à huit-clos et toute publicité avait été interdite par un arrêté du juge.

Alors qu’il est toujours face caméra, une heure plus tard, Tommy Robinson est embarqué en direct par la police. La vidéo de son arrestation cumulera près de 4 millions de vues sur Facebook en moins d’une semaine. Selon le « Daily Mirror », cinq heures seulement se sont écoulées entre l’arrestation de Tommy Robinson et sa condamnation à treize mois de prison ferme, celui-ci étant déjà sous le coup d’une peine de sursis pour des faits similaires.

Malgré qu’elle n’ait pas été commentée par la presse à cause de l’interdiction de publicité, la nouvelle s’est rapidement répandue via les réseaux sociaux et les médias d’extrême-droite, suscitant de vives réactions en Europe et dans le monde. Une pétition demandant sa libération, rédigée en huit langues et adressée à Theresa May, première ministre britannique, cumulait plus de 540 000 signatures le 31 mai.

Donald Trump Jr lui a twitté son soutien

En Angleterre, plus de cent personnes très agitées se sont massées devant le 10, Downing Street, soutenues par certains membres de l’UKIP (parti pour l’indépendance). En Allemagne, l’AFD réclamait que l’asile politique soit accordé à Robinson, tandis que Geert Wilders, chef de l’extrême-droite néerlandaise et alliée de Marine Le Pen, considérait que «le Royaume-Uni se comporte comme l’Arabie saoudite». La droite américaine s’est largement exprimée elle aussi, par la voix de « Breitbart News », à la droite des Républicains, ou encore de Donald Trump Jr., fils du président qui lui twittait son soutien.

La classe politique française n’est pas en reste. De nombreux cadres du Front national, ainsi que Valérie Boyer (LR) ont notamment partagé un article de « Valeurs Actuelles » consacré à l’affaire et des rassemblements sont prévus à Paris, Bordeaux et Montpellier. Les médias traditionnels ne pouvant traiter l’affaire jusque dans l’après-midi du mardi 29 mai, les débats ont majoritairement eu lieu sur les réseaux sociaux. Les supporters de Tommy Robinson considèrent son arrestation comme une atteinte à la liberté d’expression, parlant même pompeusement de “dictature de la bienpensance”. Ses détracteurs, quant à eux, soulignent que dès le départ Tommy Robinson couvrait ce procès avec l’intention de le déstabiliser.

Quoi qu’il en soit, la décision du juge ne semble pas avoir été très efficace, l’information ayant largement circulé malgré le black-out médiatique qui avait été décrété. Cette décision pourrait même avoir été contre-productive, laissant le quasi-monopole de l’information aux militants d’extrême droite.

Voir de plus:

Harcèlement scolaire: un jeune réfugié syrien martyrisé à l’école (vidéo choc)
La vidéo d’un jeune réfugié syrien, martyrisé par ses camarades de lycée, a provoqué une vive polémique

France Soir

La vidéo choc d’un jeune réfugié syrien, scolarisé dans un lycée en Angleterre, et victime de harcèlement scolaire, fait le tour d’Internet depuis mardi. On peut y voir l’adolescent martyrisé par un élève britannique, devant une assemblée visiblement amusée par cette scène de violences.

Les images choquantes d’un jeune réfugié syrien, victime de harcèlement scolaire et d’une agression à caractère raciste, font le tour des réseaux sociaux depuis mardi 27.

Sur la vidéo, partagée des milliers de fois sur Twitter, on aperçoit un adolescent de 16 ans, réfugié syrien dans ce lycée britannique de Huddersfield, se faire martyriser par un élève beaucoup plus grand que lui sur le terrain de sport attenant à l’établissement scolaire.

Le jeune homme harcelé, qui ne peut se défendre car son bras est cassé (il porte un plâtre au bras gauche), se retrouve projeté violemment au sol.

L’agresseur le saisit par le cou et commence à l’étrangler puis lui maintient fermement la tête en lui versant une bouteille d’eau dessus. « Je vais te noyer », lui crie-t-il avant de finalement relâcher sa prise.

Les faits remontent à fin octobre dernier. Ils se sont déroulés devant une assemblée d’adolescents qui ont préféré se moquer de la victime et rire avec son bourreau plutôt que d’aller alerter un enseignant.

Mais la famille de Jamal, l’adolescent violenté, a porté plainte et une enquête a été ouverte par la police britannique pour « agression aggravée à caractère raciste ».

Suite à la diffusion de ces images sur les réseaux sociaux, Jamal a reçu énormément de messages de soutien et une cagnotte GoFundMe a même été créée pour aider sa famille à surmonter cette épreuve et à s’intégrer dans la société britannique.

La personne à l’initiative de la cagnotte a mis un objectif de 50.000 livres (environ 56.600 euros). En 14 heures, plus de 3.300 personnes ont fait un don et à midi ce mercredi 28, il ne manquait de 212 livres pour atteindre la somme fixée.

Voir encore:

Facebook supprime les comptes de Tommy Robinson, figure de l’extrême droite britannique
Le réseau social a emboîté le pas à Twitter, estimant que les messages postés par cet agitateur d’extrême droite avaient violé à de nombreuses reprises les règles de modération sur les contenus haineux.
Le Monde avec AFP
26 février 2019

Facebook a décidé, mardi 26 février, de supprimer la page de Tommy Robinson, de même que son profil Instagram. Cette figure de l’extrême droite britannique a, selon le réseau social, « régulièrement violé » les conditions d’utilisation de Facebook et d’Instagram en proférant des messages haineux, particulièrement contre les musulmans.Tommy Robinson avait fondé, en 2009, l’English Defence League (EDL), un groupe d’extrême droite voulant lutter contre « les dangers de l’islamisme ». Condamné en mai 2018 à treize mois de prison pour avoir filmé et diffusé sur Internet des images d’un procès criminel, alors qu’il n’en avait pas le droit, Tommy Robinson avait été libéré sous caution en août en attente de son procès en appel. Son cas avait attiré l’attention de l’alt-right américaine, et même de Donald Trump Jr., fils du président américain, et de Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, qui lui avait apporté son soutien. En novembre, Tommy Robinson est devenu le conseiller spécial du chef du parti europhobe UKIP, Gerard Batten.

« Pas leur place »

Sur les réseaux sociaux, Tommy Robinson, dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon, avait déjà connu une interdiction remarquée. En mars 2018, Twitter avait supprimé son compte, qui rassemblait alors des millions d’abonnés et générait des centaines de milliers de visionnages de ces vidéos promouvant des messages incitant à la haîne de l’Islam, expliquait alors The Guardian.

C’est désormais à Facebook d’emboîter le pas, notamment en raison de messages répétés promouvant la haine, selon le quotidien britannique. Dans un communiqué sur le sujet, le réseau social a précisé :

« La page Facebook de Tommy Robinson a de manière répétée contrevenu à ces règles, avec des publications utilisant un langage déshumanisant et des appels à la violence dirigés contre les musulmans. Ce n’est pas une décision que nous prenons à la légère mais les individus et organisations qui attaquent les autres sur la base de ce qu’ils sont n’ont pas leur place sur Facebook et Instagram. »

Interrogé par l’agence de presse britannique PA, Tommy Robinson a affirmé que Facebook avait réagi de la sorte en raison de la diffusion de son dernier documentaire, qui « montre comment l’establishment travaille avec les médias pour me faire tomber et me détruire ». « Il s’agit d’une attaque contre la liberté d’expression à travers le monde », a-t-il déclaré.

Interrogé par l’agence de presse britannique PA, Tommy Robinson a affirmé que Facebook avait réagi à son documentaire Panadrama qui « montre comment l’establishment travaille avec les médias pour me faire tomber et me détruire ». « Il s’agit d’une attaque contre la liberté d’expression à travers le monde », a-t-il estimé. Tommy Robinson est le pseudonyme de Stephen Yaxley-Lennon, tiré du nom d’un célèbre hooligan britannique. Il est le fondateur de l' »English Defence League » (EDL), un groupe marginal affirmant lutter contre la menace islamiste.

Condamné en mai à treize mois de prison pour avoir filmé et diffusé sur internet des images d’un procès criminel qui faisait l’objet de restrictions de couverture, il a été libéré sous caution en août en attente de son procès en appel. Son cas avait attiré l’attention de l' »alt-right » américaine, ou « droite alternative », et même de Donald Trump Jr., fils du président américain, et de Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, qui lui avait apporté son soutien. En novembre, il est devenu le conseiller spécial du chef du parti europhobe Ukip Gerard Batten.

Voir enfin:

The full story behind Tommy Robinson’s contempt of court battle after Facebook Live at grooming trial
Before he was jailed for contempt of court in May, a judge told him: ‘Freedom of speech comes with responsibility’

Stephanie Finnegan
leeds live

29 May 2018

In May, Tommy Robinson was jailed over comments which had the potential to cause a retrial at Leeds Crown Court – and we can now reveal the details of the case he was protesting about.

Robinson, whose real name is Stephen Christopher Yaxley-Lennon, streamed an hour-long Facebook Live outside the court in May and within hours it had been watched more than 250,000 times.

A judge who locked the far right activist up for 13 months for contempt of court told him his actions could have caused a long-running trial to be retried which would cost taxpayers ‘hundreds and hundreds of thousands of pounds’.

A court order was put in place temporarily banning any reporting on Robinson’s arrest and sentencing hearing, but LeedsLive challenged the order and were able to report it a few days later.

Now we can reveal the long-running trial he could have put in jeopardy involved a Huddersfield groming gang who were jailed on October 19 for more than 200 years for the grooming and sexual abuse of young children.

The abuse of the vulnerable, isolated and underage girls – the youngest of whom was 11 or 12 – was described by a judge as ‘top of the scale’.

A total of 20 men, ranging in age from 27 to 54, were convicted as part of Operation Tendersea during three trials at Leeds Crown Court throughout 2018 making it the worst scandal to ever hit Huddersfield.

They were found guilty of child sex offences including rape, inciting child prostitution and abduction of a child.

A court order had been in place temporarily banning any reporting of the trials until now.

On May 25, 35-year-old Yaxley-Lennon was arrested on suspicion of a breach of the peace and was held in the court cells before being taken up to the courtroom to face the trial judge.

In a rare move, he was arrested, charged and sentenced within five hours.

The video footage was played to Judge Geoffrey Marson QC as Robinson sat in the dock.

Leeds Crown Court has advised the media that the address given by Stephen Yaxley-Lennon during his hearing on Friday May 25 was an old address.

His current address – which we would publish as part of the court report – was not given to the court.

We have chosen to remove the incorrect address with the current occupants of that property in mind.

To be clear, it is the responsibility of the defendant – in this case Mr Yaxley-Lennon – to ensure information given in a court hearing is accurate.

The media can only report the address given in open court and we have been informed that we were not at fault.
Robinson, whose criminal record dates back to 2005, has a previous conviction for contempt of court.

He was the subject of a suspended prison sentence, imposed at Canterbury Crown Court, after he filmed in court.

He also has convictions for disobeying a court order, possessing identity documents with intent, fraud, assault occasioning actual bodily harm, possessing drugs and threatening behaviour.

In May he was found in contempt of court and in breach of a suspended sentence.

Matthew Harding, mitigating, said his client felt « deep regret » after realising the potential consequences of his actions.

He said Robinson was aware of the reporting restriction in place in the case but thought what he was saying on camera was already in the public domain.

The barrister added: « He was mindful, having spoken to others and taken advice, not to say things that he thought would actually prejudice these proceedings.

« He did not try to cause difficulties for the court process. »

Mr Harding said Robinson had been the victim of assaults while serving time in prison before and there had been « a price on his head » during his last prison term with inmates being offered the reward of drugs and mobile phones to kill him.

But the judge said: “No one could possibly conclude that it would be anything other than highly prejudicial to the defendants in the trial.

“I respect everyone’s right to free speech. That’s one of the most important rights that we have.

“With those rights come responsibilities. The responsibility to exercise that freedom of speech within the law.

“I am not sure you appreciate the potential consequence of what you have done. »

The judge added: “You have to understand we are not preventing publication. We are postponing publication to ensure that the trial is fair.

“When people are convicted and given long sentences, it is on a proper basis and not a conviction that can be overturned.

“It is a serious feature that you were encouraging others to share what you were streaming live on social media.”


Affaire Kashoggi: Cherchez l’erreur ! (Guess on which country the heroic and now martyred Muslim brotherhood liberal reformer who sought freedom for the Arab world cheered Hamas’ war ?)

20 octobre, 2018
saudi-flagLa récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir: sachez qu’alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Le Coran (sourate 5: 33-34)
La démocratie et ses fondements jusqu’à aujourd’hui peuvent être perçus à la fois comme une fin en soi ou un moyen. Selon nous la démocratie est seulement un moyen. Si vous voulez entrer dans n’importe quel système, l’élection est un moyen. La démocratie est comme un tramway, il va jusqu’où vous voulez aller, et là vous descendezErdogan
On ne peut pas être musulman et laïque en même temps (…). Le milliard et demi de musulmans attend que le peuple turc se soulève. Nous allons nous soulever. Avec la permission d’Allah, la rébellion va commencer. Erdogan  (1992)
Notre démocratie est uniquement le train dans lequel nous montons jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats. Erdogan (1997)
L’expression ‘islam modéré’ est laide et offensante,  il n’y a pas d’islam modéré. L’Islam est l’Islam. Erdogan (2007)
Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité. Erdogan (Paris, avril 2010)
La Turquie a besoin d’un nouvel esprit de conquête. Grâce à ce parc, nos enfants regarderont vers le futur à travers notre glorieuse histoire. Erdogan (inauguration du musée Panorama 1453)
Ni la mosquée d’Al Aksa, ni le tombeau du prophète Ibrahim ni la tombe de Rachel n’ont été et ne seront jamais des sites juifs, mais uniquement musulmans. Erdogan (mars 2010)
Nearly 15 years on, Huntington’s thesis about a civilizational clash seems more compelling to me than the critique I provided at that time. In recent years, for example, the edifice of Kemalism has come under assault, and Turkey has now elected an Islamist to the presidency in open defiance of the military-bureaucratic elite. There has come that “redefinition” that Huntington prophesied. To be sure, the verdict may not be quite as straightforward as he foresaw. The Islamists have prevailed, but their desired destination, or so they tell us, is still Brussels: in that European shelter, the Islamists shrewdly hope they can find protection against the power of the military. (…) Huntington had the integrity and the foresight to see the falseness of a borderless world, a world without differences. (He is one of two great intellectual figures who peered into the heart of things and were not taken in by globalism’s conceit, Bernard Lewis being the other.) I still harbor doubts about whether the radical Islamists knocking at the gates of Europe, or assaulting it from within, are the bearers of a whole civilization. They flee the burning grounds of Islam, but carry the fire with them. They are “nowhere men,” children of the frontier between Islam and the West, belonging to neither. If anything, they are a testament to the failure of modern Islam to provide for its own and to hold the fidelities of the young. More ominously perhaps, there ran through Huntington’s pages an anxiety about the will and the coherence of the West — openly stated at times, made by allusions throughout. The ramparts of the West are not carefully monitored and defended, Huntington feared. Islam will remain Islam, he worried, but it is “dubious” whether the West will remain true to itself and its mission. Clearly, commerce has not delivered us out of history’s passions, the World Wide Web has not cast aside blood and kin and faith. It is no fault of Samuel Huntington’s that we have not heeded his darker, and possibly truer, vision. Fouad Ajami
There should be no illusions about the sort of Arab landscape that America is destined to find if, or when, it embarks on a war against the Iraqi regime. There would be no « hearts and minds » to be won in the Arab world, no public diplomacy that would convince the overwhelming majority of Arabs that this war would be a just war. An American expedition in the wake of thwarted UN inspections would be seen by the vast majority of Arabs as an imperial reach into their world, a favor to Israel, or a way for the United States to secure control over Iraq’s oil. No hearing would be given to the great foreign power. (…) America ought to be able to live with this distrust and discount a good deal of this anti-Americanism as the « road rage » of a thwarted Arab world – the congenital condition of a culture yet to take full responsibility for its self-inflicted wounds. There is no need to pay excessive deference to the political pieties and givens of the region. Indeed, this is one of those settings where a reforming foreign power’s simpler guidelines offer a better way than the region’s age-old prohibitions and defects. Fouad Ajami
The current troubles of the Obama presidency can be read back into its beginnings. Rule by personal charisma has met its proper fate. The spell has been broken, and the magician stands exposed. We need no pollsters to tell us of the loss of faith in Mr. Obama’s policies—and, more significantly, in the man himself. Charisma is like that. Crowds come together and they project their needs onto an imagined redeemer. The redeemer leaves the crowd to its imagination: For as long as the charismatic moment lasts—a year, an era—the redeemer is above and beyond judgment. Fouad Ajami
The Iraqis needn’t trumpet the obvious fact in broad daylight, but the balance of power in the Persian Gulf would be altered for the better by a security arrangement between the United States and the government in Baghdad. (…) There remains, of course, the pledge given by presidential candidate Barack Obama that a President Obama would liquidate the American military role in Iraq by the end of 2011. That pledge was one of the defining themes of his bid for the presidency, and it endeared him to the “progressives” within his own party, who had been so agitated and mobilized against the Iraq war. But Barack Obama is now the standard-bearer of America’s power. He has broken with the “progressives” over Afghanistan, the use of drones in Pakistan, Guantánamo, military tribunals, and a whole host of national security policies that have (nearly) blurred the line between his policies and those of his predecessor. The left has grumbled, but, in the main, it has bowed to political necessity. At any rate, the fury on the left that once surrounded the Iraq war has been spent; a residual American presence in Iraq would fly under the radar of the purists within the ranks of the Democratic Party. (…) The enemy will have a say on how things will play out for American forces in Iraq. Iran and its Iraqi proxies can be expected to do all they can to make the American presence as bloody and costly as possible. A long, leaky border separates Iran from Iraq; movement across it is quite easy for Iranian agents and saboteurs. They can come in as “pilgrims,” and there might be shades of Lebanon in the 1980s, big deeds of terror that target the American forces.  (…) Even in the best of worlds, an American residual presence in Iraq will have its costs and heartbreak. But the United States will have to be prepared for and accept the losses and adversity that are an integral part of staying on, rightly, in so tangled and difficult a setting. Fouad Ajami
L’argument selon lequel la liberté ne peut venir que de l’intérieur et ne peut être offerte à des peuples lointains est bien plus fausse que l’on croit. Dans toute l’histoire moderne, la fortune de la liberté a toujours dépendu de la volonté de la ou des puissances dominantes du moment. Le tout récemment disparu professeur Samuel P. Huntington avait développé ce point de la manière la plus détaillée. Dans 15 des 29 pays démocratiques en 1970, les régimes démocratiques avaient été soit initiés par une puissance étrangère soit étaient le produit de l’indépendance contre une occupation étrangère. (…) Tout au long du flux et du reflux de la liberté, la puissance est toujours restée importante et la liberté a toujours eu besoin de la protection de grandes puissances. Le pouvoir d’attraction des pamphlets de Mill, Locke et Paine était fondé sur les canons de la Pax Britannica, et sur la force de l’Amérique quand la puissance britannique a flanché.  (…) L’ironie est maintenant évidente: George W. Bush comme force pour l’émancipation des terres musulmanes et Barack Hussein Obama en messager des bonnes vieilles habitudes. Ainsi c’est le plouc qui porte au monde le message que les musulmans et les Arabes n’ont pas la tyrannie dans leur ADN et l’homme aux fragments musulmans, kenyans et indonésiens dans sa propre vie et son identité qui annonce son acceptation de l’ordre établi. Mr. Obama pourrait encore reconnaître l’impact révolutionnaire de la diplomatie de son prédecesseur mais jusqu’à présent il s’est refusé à le faire. (…) Son soutien au  » processus de paix » est un retour à la diplomatie stérile des années Clinton, avec sa croyance que le terrorisme prend sa source dans les revendications des Palestiniens. M. Obama et ses conseillers se sont gardés d’affirmer que le terrorisme a disparu, mais il y a un message indubitable donné par eux que nous pouvons retourner à nos propres affaires, que Wall Street est plus mortel et dangereux que la fameuse  » rue Arabo-Musulmane ».  Fouad Ajami
L’Arabie Saoudite n’est rien d’autre qu’un Daesh qui a réussi. Éric Zemmour
Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultra-puritain dont se nourrit Daesh. (…) L’Arabie saoudite est un Daesh qui a réussi. Le déni de l’Occident face à ce pays est frappant: on salue cette théocratie comme un allié et on fait mine de ne pas voir qu’elle est le principal mécène idéologique de la culture islamiste. Les nouvelles générations extrémistes du monde dit « arabe » ne sont pas nées djihadistes. Elles ont été biberonnées par la Fatwa Valley, espèce de Vatican islamiste avec une vaste industrie produisant théologiens, lois religieuses, livres et politiques éditoriales et médiatiques agressives. (…) Il faut vivre dans le monde musulman pour comprendre l’immense pouvoir de transformation des chaines TV religieuses sur la société par le biais de ses maillons faibles : les ménages, les femmes, les milieux ruraux. La culture islamiste est aujourd’hui généralisée dans beaucoup de pays — Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Egypte, Mali, Mauritanie. On y retrouve des milliers de journaux et des chaines de télévision islamistes (comme Echourouk et Iqra), ainsi que des clergés qui imposent leur vision unique du monde, de la tradition et des vêtements à la fois dans l’espace public, sur les textes de lois et sur les rites d’une société qu’ils considèrent comme contaminée. Il faut lire certains journaux islamistes et leurs réactions aux attaques de Paris. On y parle de l’Occident comme site de « pays impies »; les attentats sont la conséquence d’attaques contre l’Islam ; les musulmans et les arabes sont devenus les ennemis des laïcs et des juifs. On y joue sur l’affect de la question palestinienne, le viol de l’Irak et le souvenir du trauma colonial pour emballer les masses avec un discours messianique. Alors que ce discours impose son signifiant aux espaces sociaux, en haut, les pouvoirs politiques présentent leurs condoléances à la France et dénoncent un crime contre l’humanité. Une situation de schizophrénie totale, parallèle au déni de l’Occident face à l’Arabie Saoudite. Ceci laisse sceptique sur les déclarations tonitruantes des démocraties occidentales quant à la nécessité de lutter contre le terrorisme. Cette soi-disant guerre est myope car elle s’attaque à l’effet plutôt qu’à la cause. Daesh étant une culture avant d’être une milice, comment empêcher les générations futures de basculer dans le djihadisme alors qu’on n’a pas épuisé l’effet de la Fatwa Valley, de ses clergés, de sa culture et de son immense industrie éditoriale? Kamel Daoud
Arab civilization, such as we knew it, is all but gone. The Arab world today is more violent, unstable, fragmented and driven by extremism—the extremism of the rulers and those in opposition—than at any time since the collapse of the Ottoman Empire a century ago. Every hope of modern Arab history has been betrayed. The promise of political empowerment, the return of politics, the restoration of human dignity heralded by the season of Arab uprisings in their early heydays—all has given way to civil wars, ethnic, sectarian and regional divisions and the reassertion of absolutism, both in its military and atavistic forms. With the dubious exception of the antiquated monarchies and emirates of the Gulf—which for the moment are holding out against the tide of chaos—and possibly Tunisia, there is no recognizable legitimacy left in the Arab world. Is it any surprise that, like the vermin that take over a ruined city, the heirs to this self-destroyed civilization should be the nihilistic thugs of the Islamic State? And that there is no one else who can clean up the vast mess we Arabs have made of our world but the Americans and Western countries? No one paradigm or one theory can explain what went wrong in the Arab world in the last century. There is no obvious set of reasons for the colossal failures of all the ideologies and political movements that swept the Arab region: Arab nationalism, in its Baathist and Nasserite forms; various Islamist movements; Arab socialism; the rentier state and rapacious monopolies, leaving in their wake a string of broken societies. No one theory can explain the marginalization of Egypt, once the center of political and cultural gravity in the Arab East, and its brief and tumultuous experimentation with peaceful political change before it reverted back to military rule. Nor is the notion of “ancient sectarian hatreds” adequate to explain the frightening reality that along a front stretching from Basra at the mouth of the Persian Gulf to Beirut on the Mediterranean there exists an almost continuous bloodletting between Sunni and Shia—the public manifestation of an epic geopolitical battle for power and control pitting Iran, the Shia powerhouse, against Saudi Arabia, the Sunni powerhouse, and their proxies. There is no one single overarching explanation for that tapestry of horrors in Syria and Iraq, where in the last five years more than a quarter of a million people perished, where famed cities like Aleppo, Homs and Mosul were visited by the modern terror of Assad’s chemical weapons and the brutal violence of the Islamic State. How could Syria tear itself apart and become—like Spain in the 1930s—the arena for Arabs and Muslims to re-fight their old civil wars? The war waged by the Syrian regime against civilians in opposition areas combined the use of Scud missiles, anti-personnel barrel bombs as well as medieval tactics against towns and neighborhoods such as siege and starvation. For the first time since the First World War, Syrians were dying of malnutrition and hunger. Iraq’s story in the last few decades is a chronicle of a death foretold. The slow death began with Saddam Hussein’s fateful decision to invade Iran in September 1980. Iraqis have been living in purgatory ever since with each war giving birth to another. In the midst of this suspended chaos, the U.S. invasion in 2003 was merely a catalyst that allowed the violent chaos to resume in full force. The polarizations in Syria and Iraq—political, sectarian and ethnic—are so deep that it is difficult to see how these once-important countries could be restored as unitary states. In Libya, Muammar al-Qaddafi’s 42-year reign of terror rendered the country politically desolate and fractured its already tenuous unity. The armed factions that inherited the exhausted country have set it on the course of breaking up—again, unsurprisingly—along tribal and regional fissures. Yemen has all the ingredients of a failed state: political, sectarian, tribal, north-south divisions, against the background of economic deterioration and a depleted water table that could turn it into the first country in the world to run out of drinking water. Bahrain is maintaining a brittle status quo by the force of arms of its larger neighbors, mainly Saudi Arabia. Lebanon, dominated by Hezbollah, arguably the most powerful non-state actor in the world—before the rise of the Islamic State—could be dragged fully to the maelstrom of Syria’s multiple civil wars by the Assad regime, Iran and its proxy Hezbollah as well as the Islamic State. (….) The jihadists of the Islamic State, in other words, did not emerge from nowhere. They climbed out of a rotting, empty hulk—what was left of a broken-down civilization. They are a gruesome manifestation of a deeper malady afflicting Arab political culture, which was stagnant, repressive and patriarchal after the decades of authoritarian rule that led to the disastrous defeat in the 1967 war with Israel. That defeat sounded the death knell of Arab nationalism and the resurgence of political Islam, which projected itself as the alternative to the more secular ideologies that had dominated the Arab republics since the Second World War. If Arab decline was the problem, then “Islam is the solution,” the Islamists said—and they believed it. At their core, both political currents—Arab nationalism and Islamism—are driven by atavistic impulses and a regressive outlook on life that is grounded in a mostly mythologized past. Many Islamists, including Egypt’s Muslim Brotherhood (the wellspring of such groups)—whether they say it explicitly or hint at it—are still on a ceaseless quest to resurrect the old Ottoman Caliphate. Still more radical types—the Salafists—yearn for a return to the puritanical days of Prophet Muhammad and his companions. For most Islamists, democracy means only majoritarian rule, and the rule of sharia law, which codifies gender inequality and discrimination against non-Muslims. And let’s face the grim truth: There is no evidence whatever that Islam in its various political forms is compatible with modern democracy. From Afghanistan under the Taliban to Pakistan and Saudi Arabia, and from Iran to Sudan, there is no Islamist entity that can be said to be democratic, just or a practitioner of good governance. The short rule of the Muslim Brotherhood in Egypt under the presidency of Mohamed Morsi was no exception. The Brotherhood tried to monopolize power, hound and intimidate the opposition and was driving the country toward a dangerous impasse before a violent military coup ended the brief experimentation with Islamist rule. Like the Islamists, the Arab nationalists—particularly the Baathists—were also fixated on a “renaissance” of past Arab greatness, which had once flourished in the famed cities of Damascus, Baghdad, Cairo and Córdoba in Al-Andalus, now Spain. These nationalists believed that Arab language and culture (and to a lesser extent Islam) were enough to unite disparate entities with different levels of social, political and cultural development. They were in denial that they lived in a far more diverse world. Those minorities that resisted the primacy of Arab identity were discriminated against, denied citizenship and basic rights, and in the case of the Kurds in Iraq were subjected to massive repression and killings of genocidal proportion. Under the guise of Arab nationalism the modern Arab despot (Saddam, Qaddafi, the Assads) emerged. But these men lived in splendid solitude, detached from their own people. (…) The dictators, always unpopular, opened the door to the Islamists’ rise when they proved just as incompetent as the monarchs they had replaced. That, again, came in 1967 after the crushing defeat of Nasserite Egypt and Baathist Syria at the hands of Israel. From that moment on Arab politics began to be animated by various Islamist parties and movements. The dictators, in their desperation to hold onto their waning power, only became more brutal in the 1980s and ‘90s. But the Islamists kept coming back in new and various shapes and stripes, only to be crushed again ever more ferociously. The year 1979 was a watershed moment for political Islam. An Islamic revolution exploded in Iran, provoked in part by decades of Western support for the corrupt shah. The Soviet Union invaded Afghanistan and a group of bloody zealots occupied the Grand Mosque in Mecca for two weeks. After these cataclysmic events political Islam became more atavistic in its Sunni manifestations and more belligerent in its Shia manifestations. Saudi Arabia, in order to reassert its fundamentalist “wahhabi” ethos, became stricter in its application of Islamic law, and increased its financial aid to ultraconservative Islamists and their schools throughout the world. The Islamization of the war in Afghanistan against Soviet occupation—a project organized and financed by the United States, Saudi Arabia, Egypt and Pakistan—triggered a tectonic change in the political map of South Asia and the Middle East. The Afghan war was the baptism of fire for terrorist outfits like the Egyptian Islamic Group and al Qaeda, the progenitors of the Islamic State. This decades-long struggle for legitimacy between the dictators and the Islamists meant that when the Arab Spring uprisings began in early 2011, there were no other political alternatives. You had only the Scylla of the national security state and the Charybdis of political Islam. (…) Yes, it is misleading to lump—as some do—all Islamist groups together, even though all are conservative in varying degrees. As terrorist organizations, al Qaeda and Islamic State are different from the Muslim Brotherhood, a conservative movement that renounced violence years ago, although it did dabble with violence in the past. Nonetheless, most of these groups do belong to the same family tree—and all of them stem from the Arabs’ civilizational ills. The Islamic State, like al Qaeda, is the tumorous creation of an ailing Arab body politic. Its roots run deep in the badlands of a tormented Arab world that seems to be slouching aimlessly through the darkness. It took the Arabs decades and generations to reach this nadir. It will take us a long time to recover—it certainly won’t happen in my lifetime. My generation of Arabs was told by both the Arab nationalists and the Islamists that we should man the proverbial ramparts to defend the “Arab World” against the numerous barbarians (imperialists, Zionists, Soviets) massing at the gates. Little did we know that the barbarians were already inside the gates, that they spoke our language and were already very well entrenched in the city. Hisham Melhem
Israel does not need the love of the Arabs nor does it need to convince them of its right to exist in their midst. It knows that its existence is outside the context of history and logic and that it came into being by force, it will live by force and it will die by force. Consequently, it will have to live with its finger on the trigger. (…) This background is important for Arab intellectuals and writers who, incomprehensibly, have been attacking the notion of resistance in the ongoing Israeli war against the Palestinians in Gaza. This strange phenomenon warrants analysis. Regrettably, the number of such intellectuals here in Saudi Arabia is higher than average. If such a trend continues it will destroy the kingdom’s honourable claim to support and defend the Palestinian cause since the time of its founder, King Abd Al-Aziz Al-Saud. We are only rivalled in this by the Egyptians, although they should not be taken too seriously because they are going through an exceptional phase that does not deserve much comment other than that we are waiting for it to pass. (…) The focus has to go back to Israel’s occupation to explain an Israeli war against the Palestinians that has not stopped for a single day since 1948. “It is meaningless to ask how the ongoing war on Gaza started,” wrote Dr Khalid Al-Dakhil last week. Did Hamas start it or Israel, he asked rhetorically, before answering his own question. “When did the Israeli war on all the Palestinians, including Gaza, stop? War is not always about firing shells or rockets or about the hell of cluster and phosphorous bombs. It is also about assassinations, the demolition of houses, the theft of land, the settlements, administrative detention, forced displacement and humiliation at checkpoints that are spread across the [occupied] Palestinian territories. It is also about bedevilling the victim by calling him a terrorist who refuses to recognise the right of a ‘Jewish state’ to exist.” From this perspective, said Al-Dakhil, the Israeli war on the Palestinians has never stopped since 1948. “All that happens is that this war at times adopts the form of a low intensity conflict while at other times it becomes an open military onslaught. Israel is always the one that decides when and how the transition is made from one form to the other.” (…)  the Palestinians in Gaza are in a large prison. They cannot leave their homeland even if they wanted to, because it is their homeland and because a racist, arrogant Israeli state controls the borders; our implicit acquiescence doesn’t help. So why are we seeing this sudden hostility towards the resistance? In my opinion, it is for one reason and one reason only. Such writers are embarrassed by the resistance groups and their rhetoric against them is their way of saying, “We surrendered long ago; why can’t you do the same?” Jamal Khashoggi
Despite all the rhetoric about the Palestinian issue, such as it being “the Arab’s first cause”; the central, principal, existential and mother of causes; the initiator of revolutions and coups; and the justification for astronomical military spending, and so on; despite all of this, we, as Arabs and for more than 70 years, have never seriously fought against Israel. Our wars with it were always brief and we always deployed in them more propaganda and speeches than dedicated military planning. We never prepared long or well for them and we never showed patience or endurance. Most of those wars were waged against us rather than us waging a jihad. Even the 1948 and 1973 wars, which were initiated by the Arabs, were brief, confused and with limited political objectives; they were nowhere near decisive liberation wars. (…) The Bosnians fought with the determination of a full “independence war”; they had to either win completely or be defeated completely. They dedicated all their effort, sacrifices, men and women for that war. (…) This is what the Divine has ordained would happen with any people who seek “full freedom”: Algeria, Vietnam, Ireland and Nazi-occupied Europe are all examples. Freedom comes at a cost; its price involves blood and death. (…) The Palestinian is the only one who has not fought a long war for freedom since his historic revolution in 1936, which was almost decisive; until the war raging in Gaza right now. (…) The Ramadan 1435 (2014 CE) War is a different type of war. It is a purely Palestinian war from start to finish. (…) Everything in this war is new, including the weapons that entered Gaza; how did they enter despite the siege? Thousands of rockets entered a small country that is besieged from the land, sea and air. This fact alone is a miracle. Some people thought the tunnels were for bringing in rice, sugar and diesel as well as a few machine-guns and some explosives. They were closed, destroyed and filled with water. Yet, tons of explosives came through and so did hundreds of rockets. Smuggling 7 metre-long Grad rockets was a miracle. How did they pass through? Did they come through the tunnels or by sea? Hamas possesses hundreds of them; how did they do it? No one can believe that it benefited from the year that deposed President Mohamed Morsi and the Muslim Brotherhood were in power in Cairo. (…) The distinguished combat performance of its men and the huge network of tunnels that extends for miles under Gaza and the borders with Israel and Egypt were used brilliantly to inflict unprecedented losses on the enemy; they will be used and reused whenever the enemy invades. All of this proves that the movement wasted no time while ruling in Gaza. (…) Another significant accomplishment made by this stubborn Palestinian combatant has been the national unity shown by the people of Gaza and their readiness to sacrifice; their readiness to die rather than return to a humiliating life under an inhumane siege. The Israelis are left with nothing but the complete destruction of the whole of Gaza. However, who can finish off a million Palestinians? The other new and important thing is that the Palestinian today is, unlike in previous Arab wars, the one imposing ceasefire conditions. He has nothing left to lose. (…) Direct occupation is not in the Israeli interest and the Palestinian combatant knows this very well and is using it for his own good. This is truly a new fact. The new thing, above all, is that the Palestinian is ready for a long, long fight. (…) Had the late Bosnian leader Alia Izetbegovic surrendered earlier, having been wounded severely and having seen his people die in their thousands in massacres perpetrated in front of the entire world, even under formal European protection, then US President Bill Clinton would not have moved in August 1995 against Europe’s wishes and led NATO to bomb the Serbs and force them to come to the negotiating table to accept the independence of Bosnia Hercegovina. No one will bomb Israel. But should the Palestinian hold fast this time, the peace negotiations, which failed several months ago despite the eagerness and optimism shown by US Secretary of State John Kerry, will get more serious and will cover the real causes of the war in Gaza; and will cover the occupation and the siege not only in Gaza but in the West Bank too. At that moment, the Arabs would have to join the stubborn Palestinian combatant, aiding and supporting him, and should forget everything they said and did or did not do during this time of Arab decline. Jamal Khashoggi
We are told [Khashoggi] was a liberal, Saudi progressive voice fighting for freedom and democracy, and a martyr who paid the ultimate price for telling the truth to power. (…) In truth, Khashoggi never had much time for western-style pluralistic democracy. In the 1970s he joined the Muslim Brotherhood, which exists to rid the Islamic world of western influence. He was a political Islamist until the end, recently praising the Muslim Brotherhood in the Washington Post. He championed the ‘moderate’ Islamist opposition in Syria, whose crimes against humanity are a matter of record. Khashoggi frequently sugarcoated his Islamist beliefs with constant references to freedom and democracy. But he never hid that he was in favour of a Muslim Brotherhood arc throughout the Middle East. His recurring plea to bin Salman in his columns was to embrace not western-style democracy, but the rise of political Islam which the Arab Spring had inadvertently given rise to. For Khashoggi, secularism was the enemy. (…) It was Yasin Aktay — a former MP for Turkey’s ruling Justice and Development party (AKP) — whom Khashoggi told his fiancée to call if he did not emerge from the consulate. The AKP is, in effect, the Turkish branch of the Muslim Brotherhood. His most trusted friend, then, was an adviser to President Erdogan, who is fast becoming known as the most vicious persecutor of journalists on earth. Khashoggi never meaningfully criticised Erdogan. So we ought not to see this as the assassination of a liberal reformer. Khashoggi had this undeserved status in the West because of the publicity surrounding his sacking as editor of the Saudi daily Al Watan back in 2003. (I broke the news of his removal for Reuters. (…) He was dismissed because he allowed a columnist to criticise an Islamist thinker considered to be the founding father of Wahhabism. Thus, overnight, Khashoggi became known as a liberal progressive. The Muslim Brotherhood, though, has always been at odds with the Wahhabi movement. Khashoggi and his fellow travellers believe in imposing Islamic rule by engaging in the democratic process. The Wahhabis loathe democracy as a western invention. Instead, they choose to live life as it supposedly existed during the time of the Muslim prophet. In the final analysis, though, they are different means to achieving the same goal: Islamist theocracy. This matters because, although bin Salman has rejected Wahhabism — to the delight of the West — he continues to view the Muslim Brotherhood as the main threat most likely to derail his vision for a new Saudi Arabia. Most of the Islamic clerics in Saudi Arabia who have been imprisoned over the past two years — Khashoggi’s friends — have historic ties to the Muslim Brotherhood. Khashoggi had therefore emerged as a de facto leader of the Saudi branch. Due to his profile and influence, he was the biggest political threat to bin Salman’s rule outside of the royal family. Worse, from the royals’ point of view, was that Khashoggi had dirt on Saudi links to al Qaeda before the 9/11 attacks. He had befriended Osama bin Laden in the 1980s and 1990s in Afghanistan and Sudan while championing his jihad against the Soviets in dispatches. At that same time, he was employed by the Saudi intelligence services to try to persuade bin Laden to make peace with the Saudi royal family. The result? Khashoggi was the only non-royal Saudi who had the beef on the royals’ intimate dealing with al Qaeda in the lead-up to the 9/11 attacks. That would have been crucial if he had escalated his campaign to undermine the crown prince. Like the Saudi royals, Khashoggi dissociated himself from bin Laden after 9/11 (…). But he then teamed up as an adviser to the Saudi ambassador to London and then Washington, Prince Turki Al Faisal. The latter had been Saudi intelligence chief from 1977 until just ten days before the 9/11 attacks, when he inexplicably resigned. Once again, by working alongside Prince Turki during the latter’s ambassadorial stints, as he had while reporting on bin Laden, Khashoggi mixed with British, US and Saudi intelligence officials. In short, he was uniquely able to acquire invaluable inside information. (…) Perhaps it was for this and other reasons — and working according to the dictum of keeping your enemies closer — that a few weeks ago, according to a friend of Khashoggi, bin Salman had made a traditional tribal offer of reconciliation — offering him a place as an adviser if he returned to the kingdom. Khashoggi had declined because of ‘moral and religious’ principles. And that may have been the fatal snub, not least because Khashoggi had earlier this year established a new political party in the US called Democracy for the Arab World Now, which would support Islamist gains in democratic elections throughout the region. Bin Salman’s nightmare of a Khashoggi-led Islamist political opposition was about to become a reality. The West has been fawning over bin Salman. But how now to overlook what seems to be a brazen Mafia-style murder? ‘I don’t like hearing about it,’ Donald Trump said. ‘Nobody knows anything about it, but there’s some pretty bad stories going around. I do not like it.’ Well, there are plenty more stories where that came from, stories about a ruthless prince whose opponents have a habit of disappearing. The fate of Khashoggi is the latest sign of what’s really happening inside Saudi Arabia. For how much longer will our leaders look the other way? John R. Bradley

Vous avez dit réformateur libéral frériste ?

« Patriote solitaire », « intellectuel engagé », « trublion », « dissident »

Alors qu’avec l’élimination d’un de ses citoyens avec tous les raffinements que l’on sait (découpage de doigts, décapitation et démembrement à la scie à os) …

La famille désormais littéralement mafieuse des Saoud vient de confirmer sa longue réputation de barbarie d’un autre âge …

Et que nos médias n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer les larmes de crocodile de nos dirigeants …

Comme de mots assez doux pour qualifier ce nouveau martyr de la démocratie dans le Monde arabe …

Retour avec l’ancien correspondant à Ryhad de l’Economist John R. Bradley qui a bien connu celui-ci …

Ainsi qu’avec deux de ses propres articles pour le journal Al Hayat

Sur les exploits injustement oubliés de ce « réformateur libéral » et accessoirement membre du parti des intermittents de la conduite de tramway

Qui pompom girl à ses heures perdues de la guerre du Hamas contre Israël …

N’avait pas ménagé sa peine pour rappeler à ses compatriotes et au monde il y a quatre ans à peine …

L’ « existence en dehors du contexte de l’histoire et de la logique » …

D’un pays qui « né par la force », vivra et mourra par la force » …

Death of a dissident: Saudi Arabia and the rise of the mobster state

What the media aren’t saying about Jamal Khashoggi

John R. Bradley

13 October 2018

As someone who spent three decades working closely with intelligence services in the Arab world and the West, the Saudi dissident and Washington Post columnist Jamal Khashoggi knew he was taking a huge risk in entering the Saudi consulate in Istanbul last week to try to obtain a document certifying he had divorced his ex-wife.

A one-time regime insider turned critic of Crown Prince Mohammed bin Salman — the de facto head of the Saudi kingdom which tolerates no criticism whatsoever — Khashoggi had been living in Washington for the previous year in self-imposed exile amid a crackdown on independent voices in his homeland.

He had become the darling of western commentators on the Middle East. With almost two million Twitter followers, he was the most famous political pundit in the Arab world and a regular guest on the major TV news networks in Britain and the United States. Would the Saudis dare to cause him harm? It turns out that the answer to that question was ‘You betcha.’

Following uneventful visits to the consulate and, earlier, the Saudi embassy in Washington, Khashoggi was lured into a murderous plan so brazen, so barbaric, that it would seem far-fetched as a subplot in a John le Carré novel. He went inside the Istanbul consulate, but failed to emerge. Turkish police and intelligence officials claimed that a team of 15 hitmen carrying Saudi diplomatic passports arrived the same morning on two private jets. Their convoy of limousines arrived at the consulate building shortly before Khashoggi did.

Their not-so-secret mission? To torture, then execute, Khashoggi, and videotape the ghastly act for whoever had given the order for his merciless dispatch. Khashoggi’s body, Turkish officials say, was dismembered and packed into boxes before being whisked away in a black van with darkened windows. The assassins fled the country.

Saudi denials were swift. The ambassador to Washington said reports that Saudi authorities had killed Khashoggi were ‘absolutely false’. But under the circumstances — with his fiancée waiting for him, and no security cameras finding any trace of his leaving the embassy — the world is left wondering if bin Salman directed this murder. When another Saudi official chimed in that ‘with no body, there is no crime’, it was unclear whether he was being ironic. Is this great reforming prince, with aims the West applauds, using brutal methods to dispose of his enemies? What we have learned so far is far from encouraging. A Turkish newspaper close to the government this week published the photographs and names of the alleged Saudi hitmen, and claims to have identified three of them as members of bin Salman’s personal protection team.

There are also reports in the American media that all surveillance footage was removed from the consulate building, and that all local Turkish employees there were suddenly given the day off. According to the New York Times, among the assassination team was the kingdom’s top forensic expert, who brought a bone saw to dismember Khashoggi’s body. None of this has yet been independently verified, but a very dark narrative is emerging.

In many respects, bin Salman’s regime has been revolutionary: he has let women drive, sided with Israel against Iran and curtailed the religious police. When Boris Johnson was foreign secretary, he said that bin Salman was the best thing to happen to the region in at least a decade, that the style of government of this 33-year-old prince was utterly different. But the cruelty and the bloodletting have not stopped. Saudi Arabia still carries out many public beheadings and other draconian corporal punishments. It continues to wage a war in Yemen which has killed at least 10,000 civilians.

Princes and businessmen caught up in a corruption crackdown are reported to have been tortured; Shia demonstrators have been mowed down in the streets and had their villages reduced to rubble; social media activists have been sentenced to thousands of lashes; families of overseas-based activists have been arbitrarily arrested. In an attempt to justify this, bin Salman said this week he was ‘trying to get rid of extremism and terrorism without civil war, without stopping the country from growing, with continuous progress in all elements,’ adding: ‘So if there is a small price in that area, it’s better than paying a big debt to do that move.’

The fate of Khashoggi has at least provoked global outrage, but it’s for all the wrong reasons. We are told he was a liberal, Saudi progressive voice fighting for freedom and democracy, and a martyr who paid the ultimate price for telling the truth to power. This is not just wrong, but distracts us from understanding what the incident tells us about the internal power dynamics of a kingdom going through an unprecedented period of upheaval. It is also the story of how one man got entangled in a Saudi ruling family that operates like the Mafia. Once you join, it’s for life, and if you try to leave, you become disposable.

In truth, Khashoggi never had much time for western-style pluralistic democracy. In the 1970s he joined the Muslim Brotherhood, which exists to rid the Islamic world of western influence. He was a political Islamist until the end, recently praising the Muslim Brotherhood in the Washington Post. He championed the ‘moderate’ Islamist opposition in Syria, whose crimes against humanity are a matter of record. Khashoggi frequently sugarcoated his Islamist beliefs with constant references to freedom and democracy. But he never hid that he was in favour of a Muslim Brotherhood arc throughout the Middle East. His recurring plea to bin Salman in his columns was to embrace not western-style democracy, but the rise of political Islam which the Arab Spring had inadvertently given rise to. For Khashoggi, secularism was the enemy.

He had been a journalist in the 1980s and 1990s, but then became more of a player than a spectator. Before working with a succession of Saudi princes, he edited Saudi newspapers. The exclusive remit a Saudi government–appointed newspaper editor has is to ensure nothing remotely resembling honest journalism makes it into the pages. Khashoggi put the money in the bank — making a handsome living was always his top priority. Actions, anyway, speak louder than words.

It was Yasin Aktay — a former MP for Turkey’s ruling Justice and Development party (AKP) — whom Khashoggi told his fiancée to call if he did not emerge from the consulate. The AKP is, in effect, the Turkish branch of the Muslim Brotherhood. His most trusted friend, then, was an adviser to President Erdogan, who is fast becoming known as the most vicious persecutor of journalists on earth. Khashoggi never meaningfully criticised Erdogan. So we ought not to see this as the assassination of a liberal reformer.

Khashoggi had this undeserved status in the West because of the publicity surrounding his sacking as editor of the Saudi daily Al Watan back in 2003. (I broke the news of his removal for Reuters. I’d worked alongside Khashoggi at the Saudi daily Arab News during the preceding years.) He was dismissed because he allowed a columnist to criticise an Islamist thinker considered to be the founding father of Wahhabism. Thus, overnight, Khashoggi became known as a liberal progressive.

The Muslim Brotherhood, though, has always been at odds with the Wahhabi movement. Khashoggi and his fellow travellers believe in imposing Islamic rule by engaging in the democratic process. The Wahhabis loathe democracy as a western invention. Instead, they choose to live life as it supposedly existed during the time of the Muslim prophet. In the final analysis, though, they are different means to achieving the same goal: Islamist theocracy. This matters because, although bin Salman has rejected Wahhabism — to the delight of the West — he continues to view the Muslim Brotherhood as the main threat most likely to derail his vision for a new Saudi Arabia. Most of the Islamic clerics in Saudi Arabia who have been imprisoned over the past two years — Khashoggi’s friends — have historic ties to the Muslim Brotherhood. Khashoggi had therefore emerged as a de facto leader of the Saudi branch. Due to his profile and influence, he was the biggest political threat to bin Salman’s rule outside of the royal family.

Worse, from the royals’ point of view, was that Khashoggi had dirt on Saudi links to al Qaeda before the 9/11 attacks. He had befriended Osama bin Laden in the 1980s and 1990s in Afghanistan and Sudan while championing his jihad against the Soviets in dispatches. At that same time, he was employed by the Saudi intelligence services to try to persuade bin Laden to make peace with the Saudi royal family. The result? Khashoggi was the only non-royal Saudi who had the beef on the royals’ intimate dealing with al Qaeda in the lead-up to the 9/11 attacks. That would have been crucial if he had escalated his campaign to undermine the crown prince.

Like the Saudi royals, Khashoggi dissociated himself from bin Laden after 9/11 (which Khashoggi and I watched unfold together in the Arab News office in Jeddah). But he then teamed up as an adviser to the Saudi ambassador to London and then Washington, Prince Turki Al Faisal. The latter had been Saudi intelligence chief from 1977 until just ten days before the 9/11 attacks, when he inexplicably resigned. Once again, by working alongside Prince Turki during the latter’s ambassadorial stints, as he had while reporting on bin Laden, Khashoggi mixed with British, US and Saudi intelligence officials. In short, he was uniquely able to acquire invaluable inside information.

The Saudis, too, may have worried that Khashoggi had become a US asset. In Washington in 2005, a senior Pentagon official told me of a ridiculous plan they had to take ‘the Saudi out of Arabia’ (as was the rage post-9/11). It involved establishing a council of selected Saudi figures in Mecca to govern the country under US auspices after the US took control of the oil. He named three Saudis the Pentagon team were in regular contact with regarding the project. One of them was Khashoggi. A fantasy, certainly, but it shows how highly he was regarded by those imagining a different Saudi Arabia.

Perhaps it was for this and other reasons — and working according to the dictum of keeping your enemies closer — that a few weeks ago, according to a friend of Khashoggi, bin Salman had made a traditional tribal offer of reconciliation — offering him a place as an adviser if he returned to the kingdom. Khashoggi had declined because of ‘moral and religious’ principles. And that may have been the fatal snub, not least because Khashoggi had earlier this year established a new political party in the US called Democracy for the Arab World Now, which would support Islamist gains in democratic elections throughout the region. Bin Salman’s nightmare of a Khashoggi-led Islamist political opposition was about to become a reality.

The West has been fawning over bin Salman. But how now to overlook what seems to be a brazen Mafia-style murder? ‘I don’t like hearing about it,’ Donald Trump said. ‘Nobody knows anything about it, but there’s some pretty bad stories going around. I do not like it.’ Well, there are plenty more stories where that came from, stories about a ruthless prince whose opponents have a habit of disappearing. The fate of Khashoggi is the latest sign of what’s really happening inside Saudi Arabia. For how much longer will our leaders look the other way?

John R. Bradley is the author of Saudi Arabia Exposed: Inside a Kingdom in Crisis, published by St Martin’s Press.

Palestine, the occupation and the resistance for beginners

Jamal Khashoggi

In March 1955, an Israeli army unit attacked a camp belonging to the Egyptian army inside the Gaza Strip, which was entrusted to Egypt after the 1948 war. The Israelis killed 36 Egyptian soldiers in cold blood and wounded 28 others. One of the perpetrators was the infamous Ariel Sharon, the late Israeli prime minister, who said that the purpose of the operation was “to kill all the soldiers, destroy all the weapons that were available inside the camp and destroy its entire installations.” According to a once-secret Israel report made public a few years ago, it was a punitive objective, not military, “to deliver a message to the Egyptian leadership under Gamal Abdel Nasser that any new commando operation [by Egypt] will have bloody consequences.”

Nasser learned the painful lesson and called off the operations that were carried out by Egyptian intelligence units. Such operations have always puzzled historians because during that same period he was in contact with Israeli Prime Minister Moshe Sharett about making peace between the two countries. The Egyptian president later tightened his iron grip on Gaza and prevented and pursued any Palestinian who contemplated resistance. Compare that with the current situation in the Gaza Strip.

Israel’s first Prime Minister, David Ben-Gurion set up a military doctrine for his country to deal with the surrounding Arab states which did not recognise it; he called this “incremental deterrence”. The doctrine did not tolerate any resistance operations and responded with incremental and brutal force so that the Arab states would realise that they have no choice; they could accept or reject Israel, but they had to stop all forms of resistance. The result was the same either way. Israel does not need the love of the Arabs nor does it need to convince them of its right to exist in their midst. It knows that its existence is outside the context of history and logic and that it came into being by force, it will live by force and it will die by force. Consequently, it will have to live with its finger on the trigger.

A glance at the history of Israel and the Palestinian resistance will prove that this doctrine is still alive. It is exactly what the current Israeli Prime Minister, Benjamin Netanyahu, is implementing so faithfully in Gaza today, in the footsteps of his predecessors. In brief, and in accordance with Ben-Gurion’s doctrine, Israel will continue to persecute the Palestinians in Gaza until they give up resistance, just as the others have.

The problem is that Israel wants the Arabs to change while it does not change itself. The other constant factor, which renders the acceptance of Israel and succumbing to the status quo extremely bitter, is the Israeli occupation. Enjoying American political and military cover, Israel deals with its occupation with a combination of racism and arrogance. The negotiations encouraged by US Secretary of State John Kerry failed precisely because of the Israeli stance towards the occupation, which it seeks to legitimise. However, it is not even acceptable to the Palestinian Authority in Ramallah despite it having succumbed to the status quo and to financial gains and privileges, let alone to the much-maligned Hamas. In as much as this renders peace impossible it also renders capitulation likewise.

This background is important for Arab intellectuals and writers who, incomprehensibly, have been attacking the notion of resistance in the ongoing Israeli war against the Palestinians in Gaza. This strange phenomenon warrants analysis. Regrettably, the number of such intellectuals here in Saudi Arabia is higher than average. If such a trend continues it will destroy the kingdom’s honourable claim to support and defend the Palestinian cause since the time of its founder, King Abd Al-Aziz Al-Saud. We are only rivalled in this by the Egyptians, although they should not be taken too seriously because they are going through an exceptional phase that does not deserve much comment other than that we are waiting for it to pass.

These intellectual and writers have jumped crudely on the Palestinian resistance groups, blaming and denouncing them “for not realising the difference in power between them and the Israelis” and “for seeking to alleviate the pressure on the Iranians”. Worse still, some claim that “everything taking place is nothing but a PR campaign to regain sympathy for political Islam.” They are wrong.

The focus has to go back to Israel’s occupation to explain an Israeli war against the Palestinians that has not stopped for a single day since 1948. “It is meaningless to ask how the ongoing war on Gaza started,” wrote Dr Khalid Al-Dakhil last week. Did Hamas start it or Israel, he asked rhetorically, before answering his own question. “When did the Israeli war on all the Palestinians, including Gaza, stop? War is not always about firing shells or rockets or about the hell of cluster and phosphorous bombs. It is also about assassinations, the demolition of houses, the theft of land, the settlements, administrative detention, forced displacement and humiliation at checkpoints that are spread across the [occupied] Palestinian territories. It is also about bedevilling the victim by calling him a terrorist who refuses to recognise the right of a ‘Jewish state’ to exist.” From this perspective, said Al-Dakhil, the Israeli war on the Palestinians has never stopped since 1948. “All that happens is that this war at times adopts the form of a low intensity conflict while at other times it becomes an open military onslaught. Israel is always the one that decides when and how the transition is made from one form to the other.”

On that March morning in 1955, there was no Iran and no political Islam to use as an excuse, just a young Egyptian leader who wanted to negotiate with the Israelis and pressure them through the weapon of resistance. He was subjected to some of what Hamas is being subjected to today. He succumbed to the status quo and abandoned Gaza and the whole of Palestine. Now the Palestinians in Gaza are in a large prison. They cannot leave their homeland even if they wanted to, because it is their homeland and because a racist, arrogant Israeli state controls the borders; our implicit acquiescence doesn’t help.

So why are we seeing this sudden hostility towards the resistance? In my opinion, it is for one reason and one reason only. Such writers are embarrassed by the resistance groups and their rhetoric against them is their way of saying, “We surrendered long ago; why can’t you do the same?”

Translated from Al Hayat newspaper, 19 July, 2014


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