Multiculturalisme: Délivrez-nous du bien ! (Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution – In conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had)

Délivrez-nous du bien ! Halte aux nouveaux inquisiteurs, par Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint, éd. de l'Observatoire, 192 p.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule une personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord. Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky
Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain, on vive face à face. Gérard Colomb
Le passeport américain fait toujours des envieux. Si l’on en croit une enquête publiée par le « New York Times « , obtenir le fameux document bleu marine serait même devenu une activité économique comme une autre. Les autorités viennent de fermer une sorte de maternité clandestine abritée dans une maison de San Gabriel (Californie). S’y rendaient des femmes chinoises prêtes à payer des milliers de dollars pour y accoucher. Entrées avec leur visa de touriste, elles repartaient ensuite dans leur pays, leur bébé américain sous le bras. Car, aux Etats-Unis, le 14e amendement de la Constitution accorde la nationalité à tout enfant né sur le territoire. Le « tourisme maternel  » se développe ainsi depuis la Chine, la Corée du Sud et le Mexique. Des annonceurs vendent des forfaits qui incluent le voyage, le séjour et les soins médicaux. Les dernières statistiques disponibles de 2008 font part de 7.462 bébés nés de parents étrangers résidant aux Etats-Unis, ce qui est peu au regard des 4,3 millions de naissances enregistrées cette année-là. L’empressement à donner la nationalité américaine à un enfant qui, a priori, ne vivra pas aux Etats-Unis est perçu comme une sorte d’assurance sur l’avenir : il pourra lui-même la demander, à 21 ans, pour ses parents. Mais contrairement à des enfants de clandestins, qui vivent sur place et qui finiront par s’intégrer, les enfants nés du tourisme maternel demeureront, a priori, totalement étrangers à la civilisation américaine. La prééminence du droit du sol aux Etats-Unis est aujourd’hui contestée par ceux qui ne supportent plus les flux d’immigration clandestine. En Arizona, les législateurs de l’Etat ont déposé un projet de loi qui nierait la nationalité américaine à des enfants nés de parents sans papiers. Même s’il peut être contesté au niveau fédéral, ce texte n’en est pas moins un indice de la montée de la xénophobie aux Etats-Unis. Les Echos
Jim Acosta was called on by the president to ask a question. He was called on by Donald Trump to ask whatever question he liked. And when he’d finished asking one, he then asked another – with interruption follow-ups in between. It was only when he attempted his third question – or possibly fourth depending on how you define the follow-ups – that the president got angry and asked him to sit down. There ensued a tussle with the mic. the scene was an incredible bit of theatre. We couldn’t take our eyes off it. It just went on and on. You could argue the president came looking for it – he does well, electorally, when he’s berating the press. But make no mistake. The media also does well when they are baiting the bear. The urge to poke can sometimes seem irresistible. (…) What happened in that room was not the ultimate fight for press freedom. This wasn’t someone risking life and limb against a regime where freedom of speech is forbidden. This was a bloke sitting in a room full of colleagues who were all trying to ask questions too. This was a man who’d had his turn and had been told he couldn’t hog the whole time. (…) The president took CNN’s question and then took more. And when he tried to move on, he couldn’t. Once the Acosta incident was over, he went on to take questions from journalists from all over the world – for a total of 90 minutes. What worries me is the wider question of how Trump and the media interact. When you watch the US morning shows – and evening shows come to that – what you notice is how things have changed. Even those who were not originally taking sides are now nailing their colours to the mast. Fox and MSNBC have always played to their own bases. But now CNN, too, has editorialised its evening slot with Chris Cuomo – who gives us an essay, a comment piece, on whatever is getting him fired up. It’s a good watch actually. And makes you engaged. But make no mistake – it’s the same game that Trump is playing. The one they pretend to despise. If DJT can rally his base – then – goes the logic – why shouldn’t TV do it too. It works for viewing figures in the same way it works for electoral success. It works, in other words, for those who like their chambers echoed – but it’s an odd place for news to sit. Emily Maitlis
Had Acosta phrased his question in a more neutral tone, he likely would have had more information for his audience to digest. Acosta asked the president if Trump had demonized the caravan of Central Americans trekking toward the United States, ending his exchange by stating, “It is not an invasion.” If Acosta had asked “What about that seems like an invasion?” he could have both sought an answer and avoided becoming bigger than the event he was covering. If you look closely at the video, when Acosta was asking questions, his exchange with the president was on track and normal. Acosta asked. “Do you think that you demonize immigrants?” To which the president answered, “No.” A better question might have been, “How do you respond to the criticism that you are demonizing certain types of immigrants, namely poor immigrants?” But then Acosta’s questions ended and his statements began. “Your campaign had an ad showing migrants climbing over walls,” he said. And then, “They are hundreds of miles away, that’s not an invasion.” The heated exchange grew from there. Things got uncomfortable when Acosta refused to turn over the microphone to an intern who reached out to remove it from him, and then stood up to continue his banter without the microphone. This was a White House event and he was talking to the president of the United States. A briefing is not the same as a cable news wrestling match, where sides shout at each other. Acosta should have handed over the microphone. President Trump deftly used the Acosta incident to play the victim of unfair press treatment. Journalists should not give more fuel to such accusations. Ask tough questions, avoid making statements or arguing during a press event and report the news, don’t become the news. Poynter
Trump (…)  is one of the few political leaders in America that recognises the frustration that exists in large parts of Ohio, Pennsylvania, eastern Kentucky and so forth. [But] The part that is forward-looking and answers the question ‘What do we do now?’ — it’s just not there yet.  (…) I wasn’t as critical of my party in 2016 as I was of the person. But when I look at tax reform, when I look at healthcare reform, I see Trump as the least worrisome part of the Republican party’s problem, which is that we are basically living in the 1980s. We are constantly trying to resurrect domestic policies from the 1980s. (…)  Let’s cut taxes for the wealthy! Let’s cut the social safety net! . . . The fundamental thesis that underlined basic Republican policies in the early 1980s, which is right, is that you had an economy which was simultaneously stagnating and experiencing high inflation. I don’t think the primary problem facing the American economy right now is that. It is that the opportunities that are out there require an adjustment in skills, an adjustment in training. (…) Mamaw would not have voted for Trump, had she been alive, because of his history as a philanderer. Yet the vulgarity that turns a lot of people off, Mamaw would have appreciated and thought was hilarious. (…) I think, like a lot of folks, [my grandfather] would have voted against Hillary Clinton. That sort of condescending elitism that the Clinton campaign came to represent would have turned my grandfather off. (…) The elite Republican view of why people voted for Donald Trump is that Trump voters are stupid. I think the elite Democratic view is that Trump people were bigoted and immoral. And that’s probably still very much reflected in popular culture. (…) There is this level of comfort that, I think, is completely weird. I understood for the first time what the Bible means when it talks about the difficulty of a rich man entering Heaven. It’s really tough to be a virtuous person when everyone is constantly taking care of you. (…) There are a lot of entrepreneurs [in Silicon Valley] developing the next app for clothes shopping who say, not ironically, that ‘we are changing the world’. You’re not changing the world. The guy that’s developing a new therapy that’s non-opioid analgesic pain relief? That guy’s changing the world. He’s going to save thousands of lives. (…) I’d say I’m a short-term realist, a long-term optimist. I do really believe in the power of identification and recognition. We’re in this period where everyone is starting to wake up, whether it’s because they know someone who has just had a heroin overdose or whether they are a policy expert and they have read this paper by [Nobel laureate] Angus Deaton [and his wife and fellow economist Anne Case] about dying in poor white America . . . That recognition gives me a lot of optimism. (…) I do think that whatever is happening right now is really transformational and the postwar order is probably going to have to change in some fundamental way. But I am still an optimist on that front. I think that my theory for what is happening is not that classical liberalism has failed. It’s not that western democracy has failed. It’s not that the postwar consensus has failed. It’s that the people who have been calling the shots for 20-30 years really screwed up. J.D. Vance
Our differences — on immigration, race, the role of work, the value of America itself — are intensifying. Slavery was the issue that blew up America in 1861 and led to the Civil War. (…) Something similar to that array of differences is slowly intensifying America’s traditional liberal–conservative and Democratic–Republican divides. (…) Globalization is accentuating two distinct cultures, not just economically but also culturally and geographically. Anywhere industries based on muscular labor could be outsourced, they often were. Anywhere they could not be so easily outsourced — such as Wall Street, Silicon Valley, the entertainment industry, the media, and academia — consumer markets grew from 300 million to 7 billion. The two coasts with cosmopolitan ports on Asia and Europe thrived. (…) Never in the history of civilization had there been such a rapid accumulation of global wealth in private hands as has entered the coffers of Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft, and hundreds of affiliated tech companies. Never have private research marquee universities had such huge multibillion-dollar endowments. Never had the electronic media and social media had such consumer reach. Never has Wall Street had such capital. The result has been the creation of a new class of millions of coastal hyper-wealthy professionals with salaries five and more times higher than those of affluent counterparts in traditional America. The old working-class Democrat ethos was insidiously superseded by a novel affluent progressivism. Conservationism morphed into radical green activism. Warnings about global warming transmogrified into a fundamentalist religious doctrine. Once contested social issues such as gay marriage, abortion, gun control, and identity politics were now all-or-nothing litmus tests of not just ideological but moral purity. A strange new progressive profile supplanted the old caricature of a limousine liberal, in that many of the new affluent social-justice warriors rarely seemed to be subject to the ramifications of their own ideological zealotry. New share-the-wealth gentry were as comfortable as right-wing capitalists with private prep schools, expansive and largely apartheid gated neighborhoods, designer cars, apprentices, and vacations. For the other half of America, cause and effect were soon forgotten, and a new gospel about “losers” (deplorables, irredeemables, crazies, clingers, wacko birds) explained why the red-state interior seemed to stagnate both culturally and economically — as if youth first turned to opioids and thereby drove industry away rather than vice versa. Half the country, the self-described beautiful and smart people, imagined a future of high-tech octopuses, financial investments, health-care services, and ever more government employment. The other half still believed that America could make things, farm, mine, produce gas and oil — if international trade was fair and the government was a partner rather than indifferent or hostile. (…) As was true in 1861 or 1965, geography often intensified existing discord. The old consensus about immigration eroded, namely that while European and British commonwealth immigration was largely declining, it mattered little given that immigration from Latin America, Asia, and Africa would be diverse, meritocratic, measured — and legal. (…) Indeed, the professed views of Bill and Hillary Clinton, Joe Biden, Barack Obama, and Harry Reid before 2009 about illegal immigration were identical to those of Donald Trump in 2018: Secure the border; ensure that immigration was legal and meritocratic; deport many of those who had arrived illegally; and allow some sort of green-card reprieve for illegal aliens who had resided for years in the U.S., were working, and had no arrest record — all in exchange for paying a small fine, learning English, and applying for legal-resident status. The huge influxes of the 1990s and 21st century — 60 million non-native residents (citizens, illegal aliens, and green-card holders) now reside in the U.S. — destroyed that consensus, once shared across the racial and ideological spectrum, from the late civil-rights leader and Democratic representative Barbara Jordan to labor leader Cesar Chavez. Instead, a new opportunistic and progressive Democratic party assumed that the Latino population now included some 20 million illegal residents, and about that same number of first- and second-generation Hispanics. The 2008 Obama victory raised new possibilities of minority-bloc voting and seemed to offer a winning formula of galvanizing minority voters through salad-bowl identity-politics strategies. Purple states such as California, Colorado, Nevada, and New Mexico gradually turned blue, apparently due to new legions of minority-bloc voters. (…) On entry to the U.S., affluent immigrants from Mumbai, poor arrivals from Oaxaca, Chilean aristocrats, or Taiwanese dentists would all be deemed “minorities” and courted as such by political operatives. Stepping foot on American soil equated with experiencing racism, and racism generated reparational claims of an aggrieved identity. (…) Increasingly, half the country views its history and institutions as inspirational, despite prior flaws and shortcomings, and therefore deserving of reverence and continuance. The other half sees American history and tradition as a pathology that requires rejection or radical transformation. The world of post-1945 is coming to a close — after the end of the Cold War, the collapse of the Soviet Union, the unification of Germany, the creation of the European Union, the ascendance of a mercantilist and authoritarian China, and the post-9/11 rise of radical Islamic terrorism. Our closest NATO allies near the barricades of Russian aggression and radical Islam are the least likely of the alliance to prepare militarily. Yet Russia is a joke compared with the challenge of China. The European Union project is trisected by north-south financial feuding, east-west immigration discord, and Brexit — and the increasing realization that pan-European ecumenicalism requires more force and less democracy to survive than did the old caricatured nation-state. The post-war rationales for American global leadership — we would accept huge trade imbalances, unfair trading agreements, often unilateral and costly interventions given our inordinate wealth and power and fears of another 1939 — no longer persuade half the nation. (…) America is not isolationist, but an increasing number of its citizens sees overseas interventions as an artifact of globalization. Rightly or wrongly, they do not believe that the resulting rewards and costs are evenly distributed, much less in the interest of America as a whole. It is now old-hat to say that the Detroit of 1945, at the time perhaps the world’s most innovative and ascendant city, now looks like Hiroshima or Hamburg of 1945, while Hiroshima and Hamburg of 2018 resemble the equivalent of 1945 Detroit. The point is not that the post-war order itself destroyed Detroit, but that Americans see something somewhere wrong when we helped rebuild the industrial cities of the world and crafted an order under which they thrived but in the process ignored many of our own. The various ties that bind us — a collective educational experience, adherence to the verdict of elections, integration and assimilation, sovereignty between delineated borders, a vibrant popular and shared culture, and an expansive economy that makes our innate desire to become well-off far more important than vestigial tribalism — all waned. Entering a campus, watching cable news, switching on the NFL, listening to popular music, or watching a new movie is not salve but salt for our wounds. Victor Davis Hanson
Many conservatives did not see that Trump had framed the 2016 election as a choice between two mutually exclusive regimes: multiculturalism and America. What I call “multiculturalism” includes “identity politics” and “political correctness.” If multiculturalism continues to worm its way into the public mind, it will ultimately destroy America. Consequently, the election should have been seen as a contest between a woman who, perhaps without quite intending it, was leading a movement to destroy America and a man who wanted to save America. The same contest is being played out in the midterm elections. (…) Multiculturalism conceives of society as a collection of cultural identity groups, each with its own worldview, all oppressed by white males, collectively existing within permeable national boundaries. Multiculturalism replaces American citizens with so-called “global citizens.” It carves “tribes” out of a society whose most extraordinary success has been their assimilation into one people. It makes education a political exercise in the liberation of an increasing number of “others,” and makes American history a collection of stories of white oppression, thereby dismantling our unifying, self-affirming narrative—without which no nation can long survive. During the 2016 campaign, Trump exposed multiculturalism as the revolutionary movement it is. He showed us that multiculturalism, like slavery in the 1850’s, is an existential threat. Trump exposed this threat by standing up to it and its enforcement arm, political correctness. Indeed, he made it his business to kick political correctness in the groin on a regular basis. In countless variations of crassness, he said over and over exactly what political correctness prohibits one from saying: “America does not want cultural diversity; we have our culture, it’s exceptional, and we want to keep it that way.” He also said, implicitly but distinctly: the plight of various “oppressed groups” is not the fault of white males. This too violates a sacred tenet of multiculturalism. Trump said these things at a time when they were the most needful things to say, and he said them as only he could, with enough New York “attitude” to jolt the entire country. Then, to add spicy mustard to the pretzel, he identified the media as not just anti-truth, but anti-American. Trump is a walking, talking rejection of multiculturalism and the post-modern ideas that support it. Trump believes there are such things as truth and history and his belief in these things is much more important than whether he always tells the truth himself or knows his history—which admittedly is sometimes doubtful. His pungent assertion that there are “shithole” countries was an example of Trump asserting that there is truth. He was saying that some countries are better than others and America is one of the better ones, perhaps even the best. Multiculturalism says it is wrong to say this (as it was “wrong” for Reagan to call the Soviet Union “evil”). Trump is the only national political figure who does not care what multiculturalism thinks is wrong. He, and he alone, categorically and brazenly rejects the morality of multiculturalism. He is virtually the only one on our national political stage defending America’s understanding of right and wrong, and thus nearly alone in truly defending America. This why he is so valuable—so much depends on him. His shortcomings are many and some matter, but under present circumstances what matters more is that Trump understands we are at war and he is willing to fight. In conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had. (…) Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution. Trump’s campaign, and its defense by his intellectual supporters, was not a call for a revolution but a call to stop a revolution. Trump’s intellectual supporters did not say things could not get worse; they said without a sharp change in course there was a good chance we shall never get back home again. (…) Perhaps Trump’s most effective answer to Clinton’s and the Democrats’ multiculturalism was his attacks on political correctness, both before and after the election. Trump scolded Jeb Bush for speaking Spanish on the campaign trail. He pointed out that on 9/11 some Muslims cheered the collapse of the twin towers. He said Mexico was sending us its dregs, suggested a boycott of Starbucks after employees were told to stop saying “Merry Xmas,” told NFL owners they should fire players who did not respect the flag, expressed the view that people from what he called “shitholes” (Haiti and African countries being his examples) should not be allowed to immigrate, exposed the danger of selecting judges based on ethnicity, and said Black Lives Matter should stop blaming others. The core idea of each of these anti-P.C. blasts, when taken in aggregate, represent a commitment to America’s bourgeois culture, which is culturally “Judeo-Christian,” insists on having but one language and one set of laws, and values: among other things, loyalty, practical experience, self-reliance, and hard work. (…) Trump is hardly the ideal preacher, but in a society where people are thirsting for public confirmation of the values they hold dear, they do not require pure spring water. (…) Another [example] occurred in 2015 when Trump, after a terrorist attack, proposed a ban on all Muslims until “we figure out what the hell is going on.” Virtually everyone, the Right included, screamed “racism” and “Islamophobia.” Of course, to have defended Trump would have violated the multicultural diktat that Islam be spoken of as a religion of peace. But like Trump, the average American does not care whether Islam is or is not a religion of peace; he can see with his own eyes that it is being used as an instrument of war. When Muslim terrorists say they are doing the will of Allah, Americans take them at their word. This is nothing but common sense. (…) In exposing the dangers of multiculturalism, Trump exposed its source: radical liberal intellectuals, most of whom hang about the humanities departments (and their modern day equivalents) at our best colleges and universities, where they teach the multicultural arts and set multicultural rules. And from the academy these ideas and rules are drained into the mostly liberal, mostly unthinking opinion-forming elite who then push for open borders, diversity requirements, racism (which somehow they get us to call its opposite), and other aspects of multiculturalism. Thomas D. Klingenstein
Les Démocrates comme les Républicains ont à nouveau tenté d’instrumentaliser à leur profit les revendications identitaires qui dominent et divisent la société américaine depuis des années. Les premiers sont convaincus qu’il y a un stock de votes en leur faveur à récupérer chez les “minorités” (Noirs, Latinos, femmes, musulmans, homosexuels) et au lieu de concentrer leurs efforts et leurs discours sur le contenu de leur programme économique et politique, ils se dispersent dans le clientélisme. Les seconds se posent en défenseurs d’une identité américaine blanche et chrétienne menacée. Des deux côtés, on part du principe que l’électeur voudra voter pour une personne qui lui ressemble, et non pas pour une personne dont les idées le convainquent. Et gare aux traîtres! En 2017, un sénateur noir républicain s’est ainsi fait insulter comme “house negro” – nègre de case – parce qu’il soutenait la candidature d’un membre blanc de son parti au poste de ministre de la Justice. À l’inverse, certains de mes amis ne sont plus les bienvenus chez leurs parents pour avoir soutenu Hillary Clinton à la présidentielle de 2016. (…) Je crois que le pays est divisé depuis longtemps et que l’avènement de Trump n’a fait que mettre en lumière le malaise profond de la société américaine. (…) Plus encore qu’ailleurs, la fracture est béante entre de grands gagnants de la mondialisation et des gens “largués”. (…) Alors parfois, des parents sont même prêts à donner des amphétamines à leurs enfants, dès le CP, pour qu’ils obtiennent de bonnes notes. Dans la communauté noire, les aînés convaincus qu’il suffisait d’être honnête et laborieux, de «filer doux» pour réussir, sont moqués par une jeunesse qui se radicalise. Je vous donne un autre exemple de la panique ambiante: à la fin des années soixante, une large majorité d’Américains se déclarait très optimiste sur l’avenir multiracial du pays. En 2001, 70% des Noirs et 62% des Blancs pensaient encore que les relations avec l’autre communauté étaient bonnes. En 2016, avant l’élection de Donald Trump, ils n’étaient plus que 49% des Noirs et 55% des Blancs. (…) La classe politique mais aussi les réseaux sociaux alimentent une vision catastrophiste et spectrale de la réalité. Chacun vit dans sa cave identitaire, sans vue sur l’extérieur et des faits relativement rares prennent une importance disproportionnée dès qu’ils sont massivement diffusés: quand la vidéo d’un homme noir abattu par la police pour avoir traversé en dehors des clous devient virale, le sentiment d’injustice est décuplé. Quand la nouvelle d’un enfant retrouvé assassiné dans les toilettes d’une station-service est commentée ad nauseam à la sortie de chaque école du pays, la peur du prédateur pédophile gagne les foyers. 60% des Américains sont convaincus que la criminalité augmente alors que, selon le FBI, le taux de crimes violents a chuté de 43% depuis 1993. Le danger réel diminue mais le sentiment être en danger augmente, ce qui incite au repli sur soi et sa communauté. (…) L’abondance de l’information disponible donne l’illusion du contrôle, alors qu’elle est en réalité le combustible d’une anxiété souvent paranoïaque. On croit pouvoir tout savoir, tout comprendre tout seul, on se méfie des experts et des intermédiaires – médecins, journalistes – dont la compétence nous rassurait auparavant. D’autres causes de l’anxiété sont la nécessité de s’adapter à des changements de plus en plus rapides, la désagrégation de la cellule familiale, la baisse de la religiosité, la précarisation de l’emploi ou encore l’obsession du risque zéro. Dans un pays riche, on finit par être beaucoup plus angoissé à l’idée que “quelque chose pourrait nous arriver” que dans un pays pauvre ou, objectivement, les risques encourus – de maladie, d’accident – sont infiniment plus élevés. 18% des Américains souffrent officiellement de troubles anxieux contre seulement 10% en France, où le chiffre est cependant en hausse. Vous verrez que la France va être gagnée par cette maladie (…) L’espérance de vie a diminué pour la seconde année consécutive aux États-Unis à cause d’une épidémie qui touche toutes les classes sociales: depuis 1999, 350 000 Américains sont morts d’une overdose d’opioïdes. Ces médicaments contre la douleur, efficaces et bon marché dans un pays où se soigner coûte très cher, ont été massivement prescrits pendant des années en dépit de leur fort potentiel addictif. En cause, une collusion avérée entre des laboratoires pharmaceutiques et des médecins rémunérés pour promouvoir leurs opioïdes, mais aussi la demande croissante des patients de ne pas avoir mal. Malgré les efforts des pouvoirs publics, l’épidémie n’a pas diminué en 2017: pour les trois millions d’accro aux opioïdes que comptent les États-Unis, il est facile de se procurer les pilules, importées de Chine, sur le Dark Web, l’internet caché. (…) La classe ouvrière et la classe moyenne américaine souffrent des répercussions d’un ultralibéralisme que, Bernie Sanders mis à part, les Démocrates n’ont jamais vraiment dénoncé, quand ils ne l’ont pas eux aussi encouragé. Leur langage de solidarité est sélectif — il cible certaines «communautés» au détriment d’autres – et hypocrite puisque ces élites tirent leur rente de situation d’une mondialisation débridée qui est à l’origine du malheur de leurs concitoyens. Or, quand on vient dire à un type qui se tue à la tâche sur un chantier mais n’a pas de quoi se payer le dentiste qu’il est un “blanc privilégié”, il ne faut pas s’étonner qu’il le prenne mal. Cela explique aussi, bien sûr, le succès de Donald Trump. (…) Sincèrement, je trouve que les relations entre hommes et femmes sont plus agréables en France qu’aux États-Unis. Metoo va sans doute aggraver la défiance qui existe déjà ici entre les deux sexes. D’ailleurs, MeToo n’a pas été initié par les féministes radicales. C’est le prolongement d’un mouvement amorcé depuis longtemps sur les campus américains et connu sous le nom de Title IX, nom d’une mesure adoptée en 1972 pour obliger les universités à financer à parts égales les équipes de sport féminines et masculines. Au fil des ans, son application s’est étendue à la lutte contre le harcèlement sexuel et les discriminations. Title IX a fait beaucoup pour l’égalité entre les sexes mais les meilleures intentions sont souvent perverties. La question du consentement, largement reprise par MeToo, l’illustre: est-il raisonnable, par exemple, qu’une femme puisse retirer son consentement après l’acte sexuel parce que, le lendemain, elle apprend que son partenaire lui a menti sur sa situation matrimoniale? (…) Vous n’imaginez pas (…) à quel point les féministes sont divisées. Les plus radicales ne cherchent pas à en finir avec le patriarcat mais à prendre leur revanche en instaurant le matriarcat. L’homme blanc de plus de 50 ans est la cible préférée (…) ce genre de féminisme, si l’on peut dire, n’est pas une alternative au trumpisme puisqu’il est lui aussi, une manifestation de la «fracturation identitaire» qui mine les États-Unis. Géraldine Smith
Ce qui est nouveau, c’est d’abord que la bourgeoisie a le visage de l’ouverture et de la bienveillance. Elle a trouvé un truc génial : plutôt que de parler de « loi du marché », elle dit « société ouverte », « ouverture à l’Autre » et liberté de choisir… Les Rougon-Macquart sont déguisés en hipsters. Ils sont tous très cools, ils aiment l’Autre. Mieux : ils ne cessent de critiquer le système, « la finance », les « paradis fiscaux ». On appelle cela la rebellocratie. C’est un discours imparable : on ne peut pas s’opposer à des gens bienveillants et ouverts aux autres ! Mais derrière cette posture, il y a le brouillage de classes, et la fin de la classe moyenne. La classe moyenne telle qu’on l’a connue, celle des Trente Glorieuses, qui a profité de l’intégration économique, d’une ascension sociale conjuguée à une intégration politique et culturelle, n’existe plus même si, pour des raisons politiques, culturelles et anthropologiques, on continue de la faire vivre par le discours et les représentations. (…) C’est aussi une conséquence de la non-intégration économique. Aujourd’hui, quand on regarde les chiffres – notamment le dernier rapport sur les inégalités territoriales publié en juillet dernier –, on constate une hyper-concentration de l’emploi dans les grands centres urbains et une désertification de ce même emploi partout ailleurs. Et cette tendance ne cesse de s’accélérer ! Or, face à cette situation, ce même rapport préconise seulement de continuer vers encore plus de métropolisation et de mondialisation pour permettre un peu de redistribution. Aujourd’hui, et c’est une grande nouveauté, il y a une majorité qui, sans être « pauvre » ni faire les poubelles, n’est plus intégrée à la machine économique et ne vit plus là où se crée la richesse. Notre système économique nécessite essentiellement des cadres et n’a donc plus besoin de ces millions d’ouvriers, d’employés et de paysans. La mondialisation aboutit à une division internationale du travail : cadres, ingénieurs et bac+5 dans les pays du Nord, ouvriers, contremaîtres et employés là où le coût du travail est moindre. La mondialisation s’est donc faite sur le dos des anciennes classes moyennes, sans qu’on le leur dise ! Ces catégories sociales sont éjectées du marché du travail et éloignées des poumons économiques. Cependant, cette« France périphérique » représente quand même 60 % de la population. (…) Ce phénomène présent en France, en Europe et aux États-Unis a des répercussions politiques : les scores du FN se gonflent à mesure que la classe moyenne décroît car il est aujourd’hui le parti de ces « superflus invisibles » déclassés de l’ancienne classe moyenne. (…) Toucher 100 % d’un groupe ou d’un territoire est impossible. Mais j’insiste sur le fait que les classes populaires (jeunes, actifs, retraités) restent majoritaires en France. La France périphérique, c’est 60 % de la population. Elle ne se résume pas aux zones rurales identifiées par l’Insee, qui représentent 20 %. Je décris un continuum entre les habitants des petites villes et des zones rurales qui vivent avec en moyenne au maximum le revenu médian et n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Face à eux, et sans eux, dans les quinze plus grandes aires urbaines, le système marche parfaitement. Le marché de l’emploi y est désormais polarisé. Dans les grandes métropoles il faut d’une part beaucoup de cadres, de travailleurs très qualifiés, et de l’autre des immigrés pour les emplois subalternes dans le BTP, la restauration ou le ménage. Ainsi les immigrés permettent-ils à la nouvelle bourgeoisie de maintenir son niveau de vie en ayant une nounou et des restaurants pas trop chers. (…) Il n’y a aucun complot mais le fait, logique, que la classe supérieure soutient un système dont elle bénéficie – c’est ça, la « main invisible du marché» ! Et aujourd’hui, elle a un nom plus sympathique : la « société ouverte ». Mais je ne pense pas qu’aux bobos. Globalement, on trouve dans les métropoles tous ceux qui profitent de la mondialisation, qu’ils votent Mélenchon ou Juppé ! D’ailleurs, la gauche votera Juppé. C’est pour cela que je ne parle ni de gauche, ni de droite, ni d’élites, mais de « la France d’en haut », de tous ceux qui bénéficient peu ou prou du système et y sont intégrés, ainsi que des gens aux statuts protégés : les cadres de la fonction publique ou les retraités aisés. Tout ce monde fait un bloc d’environ 30 ou 35 %, qui vit là où la richesse se crée. Et c’est la raison pour laquelle le système tient si bien. (…) La France périphérique connaît une phase de sédentarisation. Aujourd’hui, la majorité des Français vivent dans le département où ils sont nés, dans les territoires de la France périphérique il s’agit de plus de 60 % de la population. C’est pourquoi quand une usine ferme – comme Alstom à Belfort –, une espèce de rage désespérée s’empare des habitants. Les gens deviennent dingues parce qu’ils savent que pour eux « il n’y a pas d’alternative » ! Le discours libéral répond : « Il n’y a qu’à bouger ! » Mais pour aller où ? Vous allez vendre votre baraque et déménager à Paris ou à Bordeaux quand vous êtes licencié par ArcelorMittal ou par les abattoirs Gad ? Avec quel argent ? Des logiques foncières, sociales, culturelles et économiques se superposent pour rendre cette mobilité quasi impossible. Et on le voit : autrefois, les vieux restaient ou revenaient au village pour leur retraite. Aujourd’hui, la pyramide des âges de la France périphérique se normalise. Jeunes, actifs, retraités, tous sont logés à la même enseigne. La mobilité pour tous est un mythe. Les jeunes qui bougent, vont dans les métropoles et à l’étranger sont en majorité issus des couches supérieures. Pour les autres ce sera la sédentarisation. Autrefois, les emplois publics permettaient de maintenir un semblant d’équilibre économique et proposaient quelques débouchés aux populations. Seulement, en plus de la mondialisation et donc de la désindustrialisation, ces territoires ont subi la retraite de l’État. (…) Même si l’on installe 20 % de logements sociaux partout dans les grandes métropoles, cela reste une goutte d’eau par rapport au parc privé « social de fait » qui existait à une époque. Les ouvriers, autrefois, n’habitaient pas dans des bâtiments sociaux, mais dans de petits logements, ils étaient locataires, voire propriétaires, dans le parc privé à Paris ou à Lyon. C’est le marché qui crée les conditions de la présence des gens et non pas le logement social. Aujourd’hui, ce parc privé « social de fait » s’est gentrifié et accueille des catégories supérieures. Quant au parc social, il est devenu la piste d’atterrissage des flux migratoires. Si l’on regarde la carte de l’immigration, la dynamique principale se situe dans le Grand Ouest, et ce n’est pas dans les villages que les immigrés s’installent, mais dans les quartiers de logements sociaux de Rennes, de Brest ou de Nantes. (…) In fine, il y a aussi un rejet du multiculturalisme. Les gens n’ont pas envie d’aller vivre dans les derniers territoires des grandes villes ouverts aux catégories populaires : les banlieues et les quartiers à logements sociaux qui accueillent et concentrent les flux migratoires. Christophe Guilluy
Les excès de l’individualisme aboutissent au fait que chaque individu se pense autorisé à dicter sa vision du bien et du mal au reste de la société. Dans une société où le bien commun a disparu, on ne peut plus faire vivre la liberté, à savoir la capacité des uns à exercer leur liberté en comprenant celle des autres. Aujourd’hui, les individus se regroupent en minorités agissantes sur des intérêts spécifiques liés à leur conception de leur identité. Ce que nous appelons le minoritarisme considère que la majorité est oppressive et que le libre jeu des minorités aboutira au bien commun. Cette conception est profondément anglo-saxonne et n’a rien à voir avec les différentes traditions européennes, en particulier la tradition républicaine française, qui repose sur la distinction entre un espace privé et un espace public où nous sommes des citoyens égaux. Elle nous fait sortir du champ politique démocratique parce que le principe de la démocratie est de débattre – la démocratie, c’est du conflit civilisé – et de résoudre le conflit par le choix de la majorité, différente selon les sujets. Si l’on considère que la majorité est oppressive et toujours la même – pour le dire simplement, les mâles blancs hétérosexuels – et qu’il faut s’en défendre, on fausse le jeu démocratique et on entre dans quelque chose qui est de l’ordre du religieux puisqu’il s’agit de dicter une vision du bien et de l’imposer aux autres. (…) La responsabilité des dirigeants est sans doute d’avoir petit à petit abandonné le politique. A partir du moment où ils ont accepté le primat de l’économie, ils ont adhéré à la vision du monde portée par le néolibéralisme qui nie la société et ne considère que les individus et les groupes minoritaires. Rappelez-vous la phrase de Margaret Thatcher :  » La société n’existe pas. Je ne connais que des individus.  » Ces groupes minoritaires militants font sans le savoir le jeu du néolibéralisme et de la dérégulation. Ils fragilisent un peu plus la communauté politique de telle sorte que les intérêts économiques vont prévaloir. En termes marxistes, ils sont les idiots utiles du néolibéralisme. La gauche américaine est en train de le redécouvrir. Beaucoup d’intellectuels, dont Mark Lilla, l’auteur de La Gauche identitaire (Stock), se sont interrogés sur les raisons de la victoire de Donald Trump. Ils ont observé que la gauche avait pris l’habitude de ne s’adresser qu’à des minorités, des groupes conçus comme des cibles marketing, et qu’elle ne développait plus de discours commun sur la nation. Donald Trump, lui, l’a fait, certes de la façon la plus déplorable qui soit. (…) La défense désintéressée d’une cause est très honorable. Le problème survient lorsque des associations, qui ont construit un fonds de commerce avec ces combats et qui détiennent une puissance financière démesurée, en arrivent à faire exister la cause au-delà de toute raison parce qu’elles en ont besoin pour exister. Des militantes féministes ont monté des sociétés pour conseiller les collectivités sur l’égalité hommes-femmes. Quand elles clament qu’il n’y a pas assez d’égalité, le font-elles de façon désintéressée ou dans l’optique de vendre leur formation aux institutions publiques ? (…) le minoritarisme est le versant culturel de la globalisation économique. Et il s’impose de plus en plus. L’universalisme européen perd du terrain, notamment auprès des jeunes. Ils ne sont pas choqués d’être confrontés à des ateliers en non-mixité dans tel mouvement social ou dans telle université. Ils adhèrent de plus en plus à la vision anglo-saxonne du féminisme conçu comme une lutte de minorités et se détournent de la vision française universaliste. Je n’ai pas envie de vivre dans un monde où il faudra signer un document de consentement avant de draguer. Je n’ai pas envie de ne plus manger de viande parce que cela relèverait du nazisme… Désormais, discuter de ces thèmes de manière approfondie et en recourant à une certaine complexité est d’autant plus difficile que la pression des réseaux sociaux est extrêmement forte. Ils sont devenus le lieu de la nouvelle inquisition. A travers eux, des minorités peuvent peser plus que ce qu’elles ne représentent réellement. Le fonctionnement de Twitter en témoigne. Un scandale éclate. Un pic d’agressions s’en suit contre celui qui a osé enfreindre les règles non écrites. Il doit alors battre sa coulpe et demander pardon. Un délai d’une à six heures est nécessaire pour qu’un revirement s’opère et que des gens de bon sens rétorquent :  » Mais enfin, on va se calmer, peut-être ?  » Sauf que l’écho sur les sites Internet sera celui du début de la polémique. Et la personne incriminée ne sera jamais réhabilitée. (…) C’est un retour du religieux sous une autre forme. Nous avons hérité des Lumières la foi en le progrès de l’humanité via l’émancipation par le savoir. Si vous partez du principe que l’être humain ne peut pas s’amender, qu’il a chevillé au fond de lui le mal à extirper et qu’il doit pour cela être culpabilisé, vous êtes dans un discours religieux. Ces groupes de pression fonctionnent comme cela. Il est frappant d’observer qu’ils entretiennent un rapport très particulier au désir. Le féminisme ou le veganisme entretiennent le sentiment d’une détestation de l’homme, être faillible, pas forcément ni transparent à lui-même, ni sûr de ce qu’il veut, ni maître de ses désirs. Quand on vous explique que le plaisir qu’il y a à manger une côte de boeuf est coupable et ignoble, notre humanité même est remise en cause, c’est-à-dire notre capacité à transformer notre condition d’animal omnivore en un moment de civilisation. La difficulté de la démocratie est de faire avec l’être humain tel qu’il est et d’élaborer des règles en fonction de la possibilité qu’il s’améliore. Les mouvements minoritaires radicaux, eux, veulent créer l’homme nouveau. (…) [Pour le néolibéralisme et le macronisme], la société n’existe pas ; il n’y a que des individus et ceux-ci sont responsables de leur sort. (…) Sa vision de la laïcité – ou plutôt son absence de vision – et ses quelques prises de position démontrent une orientation à l’anglo-saxonne, acquise au multiculturalisme. Nous serions une addition de communautés les unes à côté des autres. La phrase du ministre de l’Intérieur démissionnaire Gérard Colomb lors de la passation de pouvoir avec Edouard Philippe y apporte à cet égard un démenti terrible :  » Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain, on vive face à face « . Le résultat est un éclatement de la société, une somme d’individus vivant côte à côte mais qui n’ont rien à voir entre eux, hors l’envie d’être régulés par le droit et les marchés. Ma conception de la laïcité repose au contraire sur une vision du bien commun. La laïcité est un principe politique qui consiste à penser un espace public dans lequel nous qui portons des histoires et des identités différentes sommes tous citoyens. Le rôle de l’Etat est de préserver cet espace public neutre des intérêts particuliers. Cela ne concerne pas que les intérêts religieux mais aussi les intérêts financiers. Qu’une multinationale essaie d’orienter les décisions politiques dans l’intérêt de ses activités est une façon d’enfreindre ce principe. Je ne comprends pas ceux qui prétendent défendre à tout prix la laïcité contre les communautés religieuses mais qui se moquent du travail des lobbys pour essayer de dépecer l’État. Natacha Polony

C’est plus l’économie, imbécile !

Au lendemain d’une élection de mi-mandat américaine …

Où faisant mentir, avec le plus bas taux de chômage depuis près de 40 ans minorités comprises, le dictum de l’ancien directeur de campagne de Bill Clinton …

Mais conformément à la tradition, un président Bush post-11/9 excepté …

La perte – d’à peine 28 sièges – de la majorité à la Chambre des Représentants …

Se voit qualifier de « vague bleue » …

La dérive identitaire du parti démocrate avec l’élection de quelques femmes de minorités noire, hispanique, amérindienne ou musulmane

Passe pour le triomphe de la démocratie …

La véritable agression verbale du président par un journaliste à l’occasion d’une conférence de presse …

Devient haut fait de ladite démocratie …

Le rappel présidentiel de la réalité du dévoiement, tourisme  maternel compris, du droit du sol et des règles élémentaires de l’asile et de l’immigration …

L’implosion, sous le choc du véritable tonneau des danaïdes de l’immigration incontrôlée, de services sociaux se préparant désormais à l’explosion qui vient …

Présentée comme « identité heureuse » …

Les 18 Mohamed de plus – mais bien sûr pas les presque deux fois plus nombreux John – qu’un prénom à l’époque plus rare que Claudius …

Font la triomphale une de nos quotidiens …

Le rejet par la grande-Bretagne de l’asile d’une chrétienne pakistanaise persécutée ou l’appel par un président français à une défense européenne contre l’Amérique …

Excusée ou motivé par des « raisons de sécurité » …

Comment ne pas reconnaitre …

Dans la nouvelle religion et inquisition du multiculturalisme et la véritable perte du sens du bien commun qu’il entraine …

L’avènement et la prolifération de ces idées chrétiennes devenues folles prophétisés il y a un siècle par C.K. Chesterton

Et comment ne pas reprendre …

Au-delà de ses inutiles imprécations, politiquement correct oblige, contre le judéo-christianisme ici dévoyé ou le seul dirigeant à en avoir véritablement pris la mesure …

Le cri du coeur, reprenant sans le citer les analyses du géographe Christophe Guilluy, du dernier livre de Natacha Polony ?

Natacha Polony : « L’universalisme européen perd du terrain »

L’intellectuelle française s’alarme, dans Délivrez-nous du bien ! coécrit avec Jean-Michel Quatrepoint, de la progression en Europe du minoritarisme à l’anglo-saxonne. Pour elle, les groupes minoritaires militants jouent le jeu du néolibéralisme.
Gérald Papy
Vif/L’Express
08/11/2018

Comment expliquez-vous la recrudescence des interdits, des restrictions, des suspicions dans une société qui, comme vous l’écrivez, n’a que le mot « liberté » à la bouche ?/

Les excès de l’individualisme aboutissent au fait que chaque individu se pense autorisé à dicter sa vision du bien et du mal au reste de la société. Dans une société où le bien commun a disparu, on ne peut plus faire vivre la liberté, à savoir la capacité des uns à exercer leur liberté en comprenant celle des autres. Aujourd’hui, les individus se regroupent en minorités agissantes sur des intérêts spécifiques liés à leur conception de leur identité. Ce que nous appelons le minoritarisme considère que la majorité est oppressive et que le libre jeu des minorités aboutira au bien commun. Cette conception est profondément anglo-saxonne et n’a rien à voir avec les différentes traditions européennes, en particulier la tradition républicaine française, qui repose sur la distinction entre un espace privé et un espace public où nous sommes des citoyens égaux. Elle nous fait sortir du champ politique démocratique parce que le principe de la démocratie est de débattre – la démocratie, c’est du conflit civilisé – et de résoudre le conflit par le choix de la majorité, différente selon les sujets. Si l’on considère que la majorité est oppressive et toujours la même – pour le dire simplement, les mâles blancs hétérosexuels – et qu’il faut s’en défendre, on fausse le jeu démocratique et on entre dans quelque chose qui est de l’ordre du religieux puisqu’il s’agit de dicter une vision du bien et de l’imposer aux autres./p>

« Les réseaux sociaux sont devenus le lieu de la nouvelle inquisition ».

Quelle est la responsabilité des politiques dans cette perte du bien commun et comment restaurer le débat démocratique ?

La responsabilité des dirigeants est sans doute d’avoir petit à petit abandonné le politique. A partir du moment où ils ont accepté le primat de l’économie, ils ont adhéré à la vision du monde portée par le néolibéralisme qui nie la société et ne considère que les individus et les groupes minoritaires. Rappelez-vous la phrase de Margaret Thatcher :  » La société n’existe pas. Je ne connais que des individus.  » Ces groupes minoritaires militants font sans le savoir le jeu du néolibéralisme et de la dérégulation. Ils fragilisent un peu plus la communauté politique de telle sorte que les intérêts économiques vont prévaloir. En termes marxistes, ils sont les idiots utiles du néolibéralisme. La gauche américaine est en train de le redécouvrir. Beaucoup d’intellectuels, dont Mark Lilla, l’auteur de La Gauche identitaire (Stock), se sont interrogés sur les raisons de la victoire de Donald Trump. Ils ont observé que la gauche avait pris l’habitude de ne s’adresser qu’à des minorités, des groupes conçus comme des cibles marketing, et qu’elle ne développait plus de discours commun sur la nation. Donald Trump, lui, l’a fait, certes de la façon la plus déplorable qui soit./p>

Vous observez pourtant que ces minorités défendent de bonnes causes…

La défense désintéressée d’une cause est très honorable. Le problème survient lorsque des associations, qui ont construit un fonds de commerce avec ces combats et qui détiennent une puissance financière démesurée, en arrivent à faire exister la cause au-delà de toute raison parce qu’elles en ont besoin pour exister. Des militantes féministes ont monté des sociétés pour conseiller les collectivités sur l’égalité hommes-femmes. Quand elles clament qu’il n’y a pas assez d’égalité, le font-elles de façon désintéressée ou dans l’optique de vendre leur formation aux institutions publiques ?/p>

Pourquoi l’Europe est-elle à ce point influencée par le modèle américain de lutte des minorités ?

Parce que le minoritarisme est le versant culturel de la globalisation économique. Et il s’impose de plus en plus. L’universalisme européen perd du terrain, notamment auprès des jeunes. Ils ne sont pas choqués d’être confrontés à des ateliers en non-mixité dans tel mouvement social ou dans telle université. Ils adhèrent de plus en plus à la vision anglo-saxonne du féminisme conçu comme une lutte de minorités et se détournent de la vision française universaliste. Je n’ai pas envie de vivre dans un monde où il faudra signer un document de consentement avant de draguer. Je n’ai pas envie de ne plus manger de viande parce que cela relèverait du nazisme… Désormais, discuter de ces thèmes de manière approfondie et en recourant à une certaine complexité est d’autant plus difficile que la pression des réseaux sociaux est extrêmement forte. Ils sont devenus le lieu de la nouvelle inquisition. A travers eux, des minorités peuvent peser plus que ce qu’elles ne représentent réellement. Le fonctionnement de Twitter en témoigne. Un scandale éclate. Un pic d’agressions s’en suit contre celui qui a osé enfreindre les règles non écrites. Il doit alors battre sa coulpe et demander pardon. Un délai d’une à six heures est nécessaire pour qu’un revirement s’opère et que des gens de bon sens rétorquent :  » Mais enfin, on va se calmer, peut-être ?  » Sauf que l’écho sur les sites Internet sera celui du début de la polémique. Et la personne incriminée ne sera jamais réhabilitée./p>

La réponse à ce phénomène passe-t-elle par la réintroduction d’une norme majoritaire ?

Non, il faut simplement rétablir l’idée que la norme n’est pas oppressive.

« Le minoritarisme est le versant culturel de la globalisation. »

Cette volonté de dicter le chemin vers le bien plutôt que d’encourager à user de son libre arbitre n’est-elle pas un héritage de siècles de traditions judéo-chrétiennes ?

Bien sûr. C’est un retour du religieux sous une autre forme. Nous avons hérité des Lumières la foi en le progrès de l’humanité via l’émancipation par le savoir. Si vous partez du principe que l’être humain ne peut pas s’amender, qu’il a chevillé au fond de lui le mal à extirper et qu’il doit pour cela être culpabilisé, vous êtes dans un discours religieux. Ces groupes de pression fonctionnent comme cela. Il est frappant d’observer qu’ils entretiennent un rapport très particulier au désir. Le féminisme ou le veganisme entretiennent le sentiment d’une détestation de l’homme, être faillible, pas forcément ni transparent à lui-même, ni sûr de ce qu’il veut, ni maître de ses désirs. Quand on vous explique que le plaisir qu’il y a à manger une côte de boeuf est coupable et ignoble, notre humanité même est remise en cause, c’est-à-dire notre capacité à transformer notre condition d’animal omnivore en un moment de civilisation. La difficulté de la démocratie est de faire avec l’être humain tel qu’il est et d’élaborer des règles en fonction de la possibilité qu’il s’améliore. Les mouvements minoritaires radicaux, eux, veulent créer l’homme nouveau./p>

Certains commentateurs identifient une « phobie anti-Macron probablement irréversible ». Partagez-vous ce constat ?

Ce pouvoir semble fragilisé et en train de se déliter. Nul ne sait comment le mécontentement profond ressenti par une partie des citoyens va s’exprimer. Cette perte de capacité à peser sur les événements en seulement dix-huit mois ne m’étonne pas dans la mesure où l’attelage de départ était sans cohérence idéologique. Le macronisme recèle seulement une cohérence interne : Emmanuel Macron est profondément néolibéral. Pour lui, la société n’existe pas ; il n’y a que des individus et ceux-ci sont responsables de leur sort. Cela n’a rien à voir avec le  » en même temps  » qu’il avait mis en avant pendant sa campagne. Cette contradiction de départ est en train d’être levée.

Délivrez-nous du bien ! Halte aux nouveaux inquisiteurs, par Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint, éd. de l’Observatoire, 192 p.

Emmanuel Macron favorise-t-il l’importation du modèle anglo-saxon du vivre-ensemble ?

Oui. Sa vision de la laïcité – ou plutôt son absence de vision – et ses quelques prises de position démontrent une orientation à l’anglo-saxonne, acquise au multiculturalisme. Nous serions une addition de communautés les unes à côté des autres. La phrase du ministre de l’Intérieur démissionnaire Gérard Colomb lors de la passation de pouvoir avec Edouard Philippe y apporte à cet égard un démenti terrible :  » Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain, on vive face à face « . Le résultat est un éclatement de la société, une somme d’individus vivant côte à côte mais qui n’ont rien à voir entre eux, hors l’envie d’être régulés par le droit et les marchés. Ma conception de la laïcité repose au contraire sur une vision du bien commun. La laïcité est un principe politique qui consiste à penser un espace public dans lequel nous qui portons des histoires et des identités différentes sommes tous citoyens. Le rôle de l’Etat est de préserver cet espace public neutre des intérêts particuliers. Cela ne concerne pas que les intérêts religieux mais aussi les intérêts financiers. Qu’une multinationale essaie d’orienter les décisions politiques dans l’intérêt de ses activités est une façon d’enfreindre ce principe. Je ne comprends pas ceux qui prétendent défendre à tout prix la laïcité contre les communautés religieuses mais qui se moquent du travail des lobbys pour essayer de dépecer l’État.

Natacha Polony Bio express : 1975 Naissance le 15 avril à Paris. /2002-2009 Journaliste à l’hebdomadaire Marianne, en charge des questions d’éducation. /2011-2014 Chroniqueuse de l’émission TV On n’est pas couché, sur France 2. /2017 Publie Changer la vie : pour une reconquête démocratique (éd. de l’Observatoire). /2018 Directrice de la rédaction de Marianne./p>

Voir aussi:

Géraldine Smith : « Aux États-Unis, chacun vit dans sa cave identitaire »
Eugénie Bastié
Le Figaro
09/11/2018/p>

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – De la politique identitaire au féminisme radical, en passant par la crise des opiacées, la journaliste Géraldine Smith explore diverses facettes de l’Amérique contemporaine dans un essai passionnant Vu en Amérique, bientôt en France.

Géraldine Smith vit depuis onze ans en Caroline du Nord. L’ancienne journaliste raconte l’Amérique contemporaine dans son livre Vu en Amérique, Bientôt en France, publié chez Stock.

FIGAROVOX.- Au lendemain des Midterms, on a beaucoup mis en avant dans la presse américaine et française le nouveau visage des élus démocrates: un gay, une musulmane, une latino, etc. Deux ans après l’élection de Donald Trump, la politique identitaire est-elle toujours au cœur de l’agenda politique aux États-Unis? Les démocrates ont-ils pris la mesure de leur échec en 2016?/p>

Géraldine SMITH.- Les Démocrates comme les Républicains ont à nouveau tenté d’instrumentaliser à leur profit les revendications identitaires qui dominent et divisent la société américaine depuis des années. Les premiers sont convaincus qu’il y a un stock de votes en leur faveur à récupérer chez les “minorités” (Noirs, Latinos, femmes, musulmans, homosexuels) et au lieu de concentrer leurs efforts et leurs discours sur le contenu de leur programme économique et politique, ils se dispersent dans le clientélisme. Les seconds se posent en défenseurs d’une identité américaine blanche et chrétienne menacée. Des deux côtés, on part du principe que l’électeur voudra voter pour une personne qui lui ressemble, et non pas pour une personne dont les idées le convainquent. Et gare aux traîtres! En 2017, un sénateur noir républicain s’est ainsi fait insulter comme “house negro” – nègre de case – parce qu’il soutenait la candidature d’un membre blanc de son parti au poste de ministre de la Justice. À l’inverse, certains de mes amis ne sont plus les bienvenus chez leurs parents pour avoir soutenu Hillary Clinton à la présidentielle de 2016./p>

Comment jugez-vous globalement l’ambiance du pays aux lendemains de ces élections? Avez-vous le sentiment que le pays est plus divisé que jamais?/p>

Je crois que le pays est divisé depuis longtemps et que l’avènement de Trump n’a fait que mettre en lumière le malaise profond de la société américaine. Les inégalités économiques phénoménales ont longtemps été acceptées par ceux qui croyaient dur comme fer que chacun avait sa chance. Il faut être profondément endormi pour le penser dans un pays où 1% de la population possède 50% des richesses! Mais en Amérique on trouve encore partout des drapeaux étoilés, même devant des bicoques à demi effondrées. Or, sauf dans le domaine militaire (40% des dépenses militaires dans le monde), l’Amérique est en train de perdre son statut d’“hyperpuissance”. Pour la première fois, elle est battue à son propre jeu, à savoir le “libre marché” et l’internationalisation de la compétition. Une assez grande partie de la société qu’on croit si “vitale” et “dynamique” résiste mal à cette épreuve. Plus encore qu’ailleurs, la fracture est béante entre de grands gagnants de la mondialisation et des gens “largués”. En somme, le rêve américain est en panne. Le doute s’est instillé partout, jusque dans les foyers. Que faire pour s’en sortir? Les Américains ne sont plus sûrs de la réponse. Alors parfois, des parents sont même prêts à donner des amphétamines à leurs enfants, dès le CP, pour qu’ils obtiennent de bonnes notes. Dans la communauté noire, les aînés convaincus qu’il suffisait d’être honnête et laborieux, de «filer doux» pour réussir, sont moqués par une jeunesse qui se radicalise. Je vous donne un autre exemple de la panique ambiante: à la fin des années soixante, une large majorité d’Américains se déclarait très optimiste sur l’avenir multiracial du pays. En 2001, 70% des Noirs et 62% des Blancs pensaient encore que les relations avec l’autre communauté étaient bonnes. En 2016, avant l’élection de Donald Trump, ils n’étaient plus que 49% des Noirs et 55% des Blancs./p>

Comment l’expliquez-vous?/p>

La classe politique mais aussi les réseaux sociaux alimentent une vision catastrophiste et spectrale de la réalité. Chacun vit dans sa cave identitaire, sans vue sur l’extérieur et des faits relativement rares prennent une importance disproportionnée dès qu’ils sont massivement diffusés: quand la vidéo d’un homme noir abattu par la police pour avoir traversé en dehors des clous devient virale, le sentiment d’injustice est décuplé. Quand la nouvelle d’un enfant retrouvé assassiné dans les toilettes d’une station-service est commentée ad nauseam à la sortie de chaque école du pays, la peur du prédateur pédophile gagne les foyers. 60% des Américains sont convaincus que la criminalité augmente alors que, selon le FBI, le taux de crimes violents a chuté de 43% depuis 1993. Le danger réel diminue mais le sentiment être en danger augmente, ce qui incite au repli sur soi et sa communauté./p>

Dans votre livre «Vu en Amérique, bientôt en France», vous insistez sur «l’anxiété» qui ravage l’Amérique. Pourquoi cette anxiété est-elle si forte dans un pays qui est pourtant la première puissance économique de la planète? Comment se manifeste cette anxiété?/p>

L’un de mes voisins consulte chaque matin sur Internet une carte des crimes commis la veille près de chez nous. Résultat, il est convaincu que nous sommes cernés par des voyous et ne laisse plus son fils sortir. L’abondance de l’information disponible donne l’illusion du contrôle, alors qu’elle est en réalité le combustible d’une anxiété souvent paranoïaque. On croit pouvoir tout savoir, tout comprendre tout seul, on se méfie des experts et des intermédiaires – médecins, journalistes – dont la compétence nous rassurait auparavant. D’autres causes de l’anxiété sont la nécessité de s’adapter à des changements de plus en plus rapides, la désagrégation de la cellule familiale, la baisse de la religiosité, la précarisation de l’emploi ou encore l’obsession du risque zéro. Dans un pays riche, on finit par être beaucoup plus angoissé à l’idée que “quelque chose pourrait nous arriver” que dans un pays pauvre ou, objectivement, les risques encourus – de maladie, d’accident – sont infiniment plus élevés. 18% des Américains souffrent officiellement de troubles anxieux contre seulement 10% en France, où le chiffre est cependant en hausse. Vous verrez que la France va être gagnée par cette maladie: ce n’est pas un hasard si Christophe André, le pape de la lutte antistress, a publié 25 ouvrages qui ont été autant de best-sellers./p>

Cette anxiété se manifeste notamment par la prise massive de drogues, amphétamines et opiacées. Quelle est l’ampleur de ce phénomène? Est-il traité par les pouvoir publics?/p>

L’espérance de vie a diminué pour la seconde année consécutive aux États-Unis à cause d’une épidémie qui touche toutes les classes sociales: depuis 1999, 350 000 Américains sont morts d’une overdose d’opioïdes. Ces médicaments contre la douleur, efficaces et bon marché dans un pays où se soigner coûte très cher, ont été massivement prescrits pendant des années en dépit de leur fort potentiel addictif. En cause, une collusion avérée entre des laboratoires pharmaceutiques et des médecins rémunérés pour promouvoir leurs opioïdes, mais aussi la demande croissante des patients de ne pas avoir mal. Malgré les efforts des pouvoirs publics, l’épidémie n’a pas diminué en 2017: pour les trois millions d’accro aux opioïdes que comptent les États-Unis, il est facile de se procurer les pilules, importées de Chine, sur le Dark Web, l’internet caché./p>

Vous évoquez aussi le système ultralibéral qui régit le droit du travail. Les bons chiffres économiques des États-Unis (notamment ceux du chômage) masquent-ils une réalité sociale plus précaire?/p>

Je raconte le sort d’un employé qui enchaîne chaque jour deux pleins-temps, chez MacDo puis chez Burger King, mais est toujours si pauvre qu’il dépend des bons de nourriture de l’Etat. Autrement dit, le contribuable subventionne indirectement l’industrie du fast-food! La classe ouvrière et la classe moyenne américaine souffrent des répercussions d’un ultralibéralisme que, Bernie Sanders mis à part, les Démocrates n’ont jamais vraiment dénoncé, quand ils ne l’ont pas eux aussi encouragé. Leur langage de solidarité est sélectif — il cible certaines «communautés» au détriment d’autres – et hypocrite puisque ces élites tirent leur rente de situation d’une mondialisation débridée qui est à l’origine du malheur de leurs concitoyens. Or, quand on vient dire à un type qui se tue à la tâche sur un chantier mais n’a pas de quoi se payer le dentiste qu’il est un “blanc privilégié”, il ne faut pas s’étonner qu’il le prenne mal. Cela explique aussi, bien sûr, le succès de Donald Trump./p>

Un an après l’affaire Weinstein, comment analysez-vous l’impact de Me Too sur la société américaine?/p>

Sincèrement, je trouve que les relations entre hommes et femmes sont plus agréables en France qu’aux États-Unis. Metoo va sans doute aggraver la défiance qui existe déjà ici entre les deux sexes. D’ailleurs, MeToo n’a pas été initié par les féministes radicales. C’est le prolongement d’un mouvement amorcé depuis longtemps sur les campus américains et connu sous le nom de Title IX, nom d’une mesure adoptée en 1972 pour obliger les universités à financer à parts égales les équipes de sport féminines et masculines. Au fil des ans, son application s’est étendue à la lutte contre le harcèlement sexuel et les discriminations. Title IX a fait beaucoup pour l’égalité entre les sexes mais les meilleures intentions sont souvent perverties. La question du consentement, largement reprise par MeToo, l’illustre: est-il raisonnable, par exemple, qu’une femme puisse retirer son consentement après l’acte sexuel parce que, le lendemain, elle apprend que son partenaire lui a menti sur sa situation matrimoniale?/p>

Vous décrivez dans votre livre la puissance du féminisme radical américain. Le féminisme est-il devenu l’alternative au «trumpisme»?/p>

Dans un pays qui pointe à la 49e place mondiale en termes d’égalité professionnelle et où un cinquième des hommes pensent encore que les femmes feraient mieux de rester à la maison, je comprends l’activisme des féministes américaines. Et c’est vrai que depuis la Marche des Femmes à Washington en 2016, elles sont très en pointe dans la lutte anti-Trump. On l’a encore vu lors des élections il y a quelques jours. Vous n’imaginez pas cependant à quel point les féministes sont divisées. Les plus radicales ne cherchent pas à en finir avec le patriarcat mais à prendre leur revanche en instaurant le matriarcat. L’homme blanc de plus de 50 ans est la cible préférée de ces féministes, mais elles s’en prennent aussi aux femmes blanches, accusées de ne pas être suffisamment conscientes des privilèges «associés» à leur couleur de peau. Alors pour répondre à votre question: non, ce genre de féminisme, si l’on peut dire, n’est pas une alternative au trumpisme puisqu’il est lui aussi, une manifestation de la «fracturation identitaire» qui mine les États-Unis./p>

Voir également:

The Issues That Tore Us Apart
Victor Davis Hanson
National Review
November 6, 2018/

Our differences — on immigration, race, the role of work, the value of America itself — are intensifying.Slavery was the issue that blew up America in 1861 and led to the Civil War.

But for the 85 years between the nation’s founding and that war, it had seemed that somehow America could eventually phase out the horrific institution and do so largely peacefully.

But by 1861, an array of other differences had magnified the great divide over slavery. The plantation class of the South had grown fabulously rich — and solely dependent — on King Cotton and by extension slave labor. It bragged that it was supplying the new mills of the industrial revolution in Europe and had wrongly convinced itself that not just the U.S. but also Britain could not live without Southern plantations.

Federal tariffs hurt the exporting South far more than the North. Immigration and industrialization focused on the North, often bypassing the rural, largely Scotch-Irish South, which grew increasingly disconnected culturally from the North.

By 1861, millions of Southerners saw themselves as different from their Northern counterparts, even in how they sounded and acted. And they had convinced themselves that their supposedly superior culture of spirit, chivalry, and bellicosity, without much manufacturing or a middle class, could defeat the juggernaut of Northern industrialism and the mettle of Midwestern yeomanry.

Something similar to that array of differences is slowly intensifying America’s traditional liberal–conservative and Democratic–Republican divides.

I. Globalization

Globalization is accentuating two distinct cultures, not just economically but also culturally and geographically.

Anywhere industries based on muscular labor could be outsourced, they often were. Anywhere they could not be so easily outsourced — such as Wall Street, Silicon Valley, the entertainment industry, the media, and academia — consumer markets grew from 300 million to 7 billion. The two coasts with cosmopolitan ports on Asia and Europe thrived.

Perhaps “thrived” is an understatement. Never in the history of civilization had there been such a rapid accumulation of global wealth in private hands as has entered the coffers of Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft, and hundreds of affiliated tech companies. Never have private research marquee universities had such huge multibillion-dollar endowments. Never had the electronic media and social media had such consumer reach. Never has Wall Street had such capital.

The result has been the creation of a new class of millions of coastal hyper-wealthy professionals with salaries five and more times higher than those of affluent counterparts in traditional America. The old working-class Democrat ethos was insidiously superseded by a novel affluent progressivism.

Conservationism morphed into radical green activism. Warnings about global warming transmogrified into a fundamentalist religious doctrine. Once contested social issues such as gay marriage, abortion, gun control, and identity politics were now all-or-nothing litmus tests of not just ideological but moral purity.

A strange new progressive profile supplanted the old caricature of a limousine liberal, in that many of the new affluent social-justice warriors rarely seemed to be subject to the ramifications of their own ideological zealotry. New share-the-wealth gentry were as comfortable as right-wing capitalists with private prep schools, expansive and largely apartheid gated neighborhoods, designer cars, apprentices, and vacations.

For the other half of America, cause and effect were soon forgotten, and a new gospel about “losers” (deplorables, irredeemables, crazies, clingers, wacko birds) explained why the red-state interior seemed to stagnate both culturally and economically — as if youth first turned to opioids and thereby drove industry away rather than vice versa.

Half the country, the self-described beautiful and smart people, imagined a future of high-tech octopuses, financial investments, health-care services, and ever more government employment. The other half still believed that America could make things, farm, mine, produce gas and oil — if international trade was fair and the government was a partner rather than indifferent or hostile.

II. Clustering

Cheap transportation and instant communications paradoxically made the country far more familiar and fluid, even as local and distinct state cultures made Americans far more estranged from one another. The ironic result was that Americans got to know far more about states other than their own, and they now had the ability to move easily to places more compatible with their own politics. Self-selection increased, especially among retirees.

Small-government, low-tax, pro-business states grew more attractive for the middle classes. Big-government, generous-welfare, and high-tax blue states mostly drew in the poor and the wealthy. Gradually, in the last 20 years, our old differences began to be defined by geography as well.

In the old days, the legacy of frontier life had made Idaho somewhat similar to Colorado. But now immigration and migration made them quite different. East versus West, or North versus South, no longer meant much. Instead, what united a Massachusetts with a California, or an Idaho with Alabama, were their shared views of government, politics, and culture, and whether they shared (or did not share) bicoastal status. The Atlantic and Pacific coasts were set off against the noncoastal states; Portland was similar to Cambridge in the fashion that Nashville and Bozeman voted alike. As was true in 1861 or 1965, geography often intensified existing discord.

III. Open Borders

The old consensus about immigration eroded, namely that while European and British commonwealth immigration was largely declining, it mattered little given that immigration from Latin America, Asia, and Africa would be diverse, meritocratic, measured — and legal.

The old melting pot would always turn foreigners into Americans. No one seemed to care whether new arrivals increasingly did not superficially look like most Americans of European descent. After all, soon no one would be able to predict whether a Lopez or a Gonzalez was a conservative or liberal, any more than he had been able to distinguish the politics of a Cuomo from a Giuliani on the basis of shared Italian ancestry.

Indeed, the professed views of Bill and Hillary Clinton, Joe Biden, Barack Obama, and Harry Reid before 2009 about illegal immigration were identical to those of Donald Trump in 2018: Secure the border; ensure that immigration was legal and meritocratic; deport many of those who had arrived illegally; and allow some sort of green-card reprieve for illegal aliens who had resided for years in the U.S., were working, and had no arrest record — all in exchange for paying a small fine, learning English, and applying for legal-resident status.

The huge influxes of the 1990s and 21st century — 60 million non-native residents (citizens, illegal aliens, and green-card holders) now reside in the U.S. — destroyed that consensus, once shared across the racial and ideological spectrum, from the late civil-rights leader and Democratic representative Barbara Jordan to labor leader Cesar Chavez.

Instead, a new opportunistic and progressive Democratic party assumed that the Latino population now included some 20 million illegal residents, and about that same number of first- and second-generation Hispanics. The 2008 Obama victory raised new possibilities of minority-bloc voting and seemed to offer a winning formula of galvanizing minority voters through salad-bowl identity-politics strategies. Purple states such as California, Colorado, Nevada, and New Mexico gradually turned blue, apparently due to new legions of minority-bloc voters.

One way of making America progressive was not just winning the war of ideas with voters, but changing the nature and number of voters, namely by welcoming in large numbers of mostly impoverished immigrants, assuring them generous state help, appealing to their old rather than new identities, and thereby creating a new coalition of progressives committed to de facto and perpetually open borders.

IV. The Salad Bowl

Racial relations deteriorated. Affirmative action was no longer predicated on the sins of slavery and Jim Crow and aimed at reparations in hiring and admissions for African Americans, often on the implicit rational of helping the poorer to enter the middle class.

Instead, “diversity” superseded affirmative action and eventually constituted an incoherent binary of white–non-white. Yet that divide could not be logically defined either by race (hence the anomalies of everything from Elizabeth Warren’s constructed minority identity to the nomenclature gymnastics of Kevin de León), or by economic or historical oppression, or by present income and wealth.

On entry to the U.S., affluent immigrants from Mumbai, poor arrivals from Oaxaca, Chilean aristocrats, or Taiwanese dentists would all be deemed “minorities” and courted as such by political operatives. Stepping foot on American soil equated with experiencing racism, and racism generated reparational claims of an aggrieved identity.

Of course, when a third of the country was now asked to self-identify in existential fashion and for self-interested purposes as non-white rather than incidentally as Americans of Punjabi, Arab, Mexican, African, or Chinese heritage, then it was natural that those who did not fit the racial arc that supposedly always bent to predetermined justice would began to shed their own once proud ethnic heritages as Americans of Irish, Armenian, Greek, or Eastern European descent. They’d likewise start to reactively see themselves as “white” — in a way that overshadowed their prior particular ethnic fides. We were well on our way to embracing an old but also quite new force multiplier of existing difference.

Increasingly, half the country views its history and institutions as inspirational, despite prior flaws and shortcomings, and therefore deserving of reverence and continuance. The other half sees American history and tradition as a pathology that requires rejection or radical transformation.

V. The Post-War Order

The world of post-1945 is coming to a close — after the end of the Cold War, the collapse of the Soviet Union, the unification of Germany, the creation of the European Union, the ascendance of a mercantilist and authoritarian China, and the post-9/11 rise of radical Islamic terrorism. Our closest NATO allies near the barricades of Russian aggression and radical Islam are the least likely of the alliance to prepare militarily. Yet Russia is a joke compared with the challenge of China. The European Union project is trisected by north-south financial feuding, east-west immigration discord, and Brexit — and the increasing realization that pan-European ecumenicalism requires more force and less democracy to survive than did the old caricatured nation-state.

The post-war rationales for American global leadership — we would accept huge trade imbalances, unfair trading agreements, often unilateral and costly interventions given our inordinate wealth and power and fears of another 1939 — no longer persuade half the nation.

The descendants of the architects of the old order were no longer able to make the argument that warplanes over Afghanistan, Iraq, or Libya were central to U.S. security, or at least in cost-to-benefit terms aided the United States. And it did not help that the classes who made the argument for American preemptory international interventions had few answers on how to deter Iran, challenge an aggressive China, or denuclearize North Korea; further, they appeared to have weird contempt for those Americans who were asked to pay the taxes and send their daughters and sons abroad to fight and sometime die for what seemed an increasingly ungrateful “other.”

The lesson of Iraq was about more than the wisdom or folly of that intervention. It was a warning that those who advocated optional wars might not always continue to support the war when it turned ugly and unpopular — and was deemed injurious to their own careers. That fact also turned half the country off on its leadership.

America is not isolationist, but an increasing number of its citizens sees overseas interventions as an artifact of globalization. Rightly or wrongly, they do not believe that the resulting rewards and costs are evenly distributed, much less in the interest of America as a whole.

It is now old-hat to say that the Detroit of 1945, at the time perhaps the world’s most innovative and ascendant city, now looks like Hiroshima or Hamburg of 1945, while Hiroshima and Hamburg of 2018 resemble the equivalent of 1945 Detroit. The point is not that the post-war order itself destroyed Detroit, but that Americans see something somewhere wrong when we helped rebuild the industrial cities of the world and crafted an order under which they thrived but in the process ignored many of our own.

Advice from Hippocrates 

The various ties that bind us — a collective educational experience, adherence to the verdict of elections, integration and assimilation, sovereignty between delineated borders, a vibrant popular and shared culture, and an expansive economy that makes our innate desire to become well-off far more important than vestigial tribalism — all waned. Entering a campus, watching cable news, switching on the NFL, listening to popular music, or watching a new movie is not salve but salt for our wounds.

In the absence of political, cultural, or social ecumenicalism, perhaps we can at least for now privately retreat to the old Hippocratic adage of “first, do no harm” to one another.

Voir de plus:

Our House Divided: Multiculturalism vs. America
Following Trump’s lead—and Lincoln’s.
Thomas D. Klingenstein
The American mind
November 4, 2018

Many conservatives did not see that Trump had framed the 2016 election as a choice between two mutually exclusive regimes: multiculturalism and America. What I call “multiculturalism” includes “identity politics” and “political correctness.” If multiculturalism continues to worm its way into the public mind, it will ultimately destroy America. Consequently, the election should have been seen as a contest between a woman who, perhaps without quite intending it, was leading a movement to destroy America and a man who wanted to save America. The same contest is being played out in the midterm elections.

I realize the term “multiculturalism” is somewhat dated, but I mean to freshen it up by using it in its most comprehensive sense—as a political philosophy. Multiculturalism conceives of society as a collection of cultural identity groups, each with its own worldview, all oppressed by white males, collectively existing within permeable national boundaries. Multiculturalism replaces American citizens with so-called “global citizens.” It carves “tribes” out of a society whose most extraordinary success has been their assimilation into one people. It makes education a political exercise in the liberation of an increasing number of “others,” and makes American history a collection of stories of white oppression, thereby dismantling our unifying, self-affirming narrative—without which no nation can long survive.

During the 2016 campaign, Trump exposed multiculturalism as the revolutionary movement it is. He showed us that multiculturalism, like slavery in the 1850’s, is an existential threat. Trump exposed this threat by standing up to it and its enforcement arm, political correctness. Indeed, he made it his business to kick political correctness in the groin on a regular basis. In countless variations of crassness, he said over and over exactly what political correctness prohibits one from saying: “America does not want cultural diversity; we have our culture, it’s exceptional, and we want to keep it that way.” He also said, implicitly but distinctly: the plight of various “oppressed groups” is not the fault of white males. This too violates a sacred tenet of multiculturalism. Trump said these things at a time when they were the most needful things to say, and he said them as only he could, with enough New York “attitude” to jolt the entire country. Then, to add spicy mustard to the pretzel, he identified the media as not just anti-truth, but anti-American.

Trump is a walking, talking rejection of multiculturalism and the post-modern ideas that support it. Trump believes there are such things as truth and history and his belief in these things is much more important than whether he always tells the truth himself or knows his history—which admittedly is sometimes doubtful.

His pungent assertion that there are “shithole” countries was an example of Trump asserting that there is truth. He was saying that some countries are better than others and America is one of the better ones, perhaps even the best. Multiculturalism says it is wrong to say this (as it was “wrong” for Reagan to call the Soviet Union “evil”). Trump is the only national political figure who does not care what multiculturalism thinks is wrong. He, and he alone, categorically and brazenly rejects the morality of multiculturalism. He is virtually the only one on our national political stage defending America’s understanding of right and wrong, and thus nearly alone in truly defending America. This why he is so valuable—so much depends on him.

His shortcomings are many and some matter, but under present circumstances what matters more is that Trump understands we are at war and he is willing to fight. In conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had.

2016 and the Meaning of America

“If we could first know where we are, and whither we are tending, we could then better judge what to do, and how to do it.”

Most conservatives did not see Trump in 2016 as a man defending America. This was in large part because they did not see that America was in need of defending. What conservatives did see was Trump’s policies (which didn’t line up with conservative ones) and his character (which didn’t line up, period), and they concluded the country was nowhere near in bad enough shape, and Hillary Clinton not enough of a danger, to justify enthusiasm for a man so manifestly unfit for the role.

In what might be a case of everybody’s-out-of-step-but-me, many conservatives have concluded that if the electorate voted into office a man so obviously unfit to be president, there must be something wrong with the electorate.

I think the explanation for Trump’s victory is actually quite straightforward and literal: Americans, plenty of whom still have common sense and are patriotic, voted for Trump for the very reason he said they should vote for him, to put America first or, as his campaign slogan had it, “to make America great again”—where “America” was not, as many conservatives imagine, code for “white people.” In other words, the impulse for electing Trump was patriotic, the defense of one’s own culture, rather than racist./p>

In a thoughtful essay in the Spring of 2017 on the future of the conservative movement, Yuval Levin expressed the view, common among conservatives, that the country was in decent shape. He was puzzled therefore why a number of thinkers associated with the Claremont school held “that things almost could not be worse” and that it was therefore necessary “to mount a total revolution.”/p>

Levin and like-minded conservatives have matters backwards. Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution. Trump’s campaign, and its defense by his intellectual supporters, was not a call for a revolution but a call to stop a revolution. Trump’s intellectual supporters did not say things could not get worse; they said without a sharp change in course there was a good chance we shall never get back home again./p>

Trump’s entire campaign was a defense of America. The election was fought not so much over policies, character, email servers, or James Comey, as it was over the meaning of America. Trump’s wall was not so much about keeping foreigners out as it was a commitment to a distinctive country; immigration, free trade, and foreign policy were about protecting our own. In all these policies, Trump was raising the question, “Who are we as a nation?” He answered by being Trump, a man made in America, unmistakably and unapologetically American, and like most of his fellow citizens, one who does not give a hoot what Europeans or intellectuals think./p>

Clinton, in the other corner, was the great disdainer, a citizen not of America but of the world: a postmodern, entitled elitist who was just more of Obama, the man who contemptuously dismissed America’s claim to being exceptional. What she called the “deplorables” were the “anti-multiculturalists.” She was saying, in effect, that she did not recognize the “deplorables” as fellow citizens, and they were, as far as she was concerned, not part of the regime she proposed to lead./p>

Perhaps Trump’s most effective answer to Clinton’s and the Democrats’ multiculturalism was his attacks on political correctness, both before and after the election. Trump scolded Jeb Bush for speaking Spanish on the campaign trail. He pointed out that on 9/11 some Muslims cheered the collapse of the twin towers. He said Mexico was sending us its dregs, suggested a boycott of Starbucks after employees were told to stop saying “Merry Xmas,” told NFL owners they should fire players who did not respect the flag, expressed the view that people from what he called “shitholes” (Haiti and African countries being his examples) should not be allowed to immigrate, exposed the danger of selecting judges based on ethnicity, and said Black Lives Matter should stop blaming others./p>

The core idea of each of these anti-P.C. blasts, when taken in aggregate, represent a commitment to America’s bourgeois culture, which is culturally “Judeo-Christian,” insists on having but one language and one set of laws, and values: among other things, loyalty, practical experience, self-reliance, and hard work. Trump was affirming the goodness of our culture. Odd as it may sound, he was telling us how to live a worthy life. Trump is hardly the ideal preacher, but in a society where people are thirsting for public confirmation of the values they hold dear, they do not require pure spring water. Even Trump’s crass statements objectifying women did not seem to rattle Trump women voters, perhaps because it did not come as news to them that men objectify women. In other words, Trump was being a man, albeit not the model man, but what mattered was that he was not the multicultural sexless man. A similar rejection of androgyny may have been at work in the Kavanaugh hearings./p>

It was only a generation or so ago that our elite, liberals as well as conservatives, were willing to defend America’s bourgeois culture, American exceptionalism, and full assimilation for immigrants. Arthur Schlesinger expressed his view of assimilation this way: the “American Anglo-Saxon Protestant tradition … provides the standard to which other immigrant nationalities are expected to conform, the matrix into which they are to be assimilated.” That meant giving up one’s home culture, not necessarily every feature and not right away, but ultimately giving up its essential features in favor of American culture. In other words, there are no hyphenated Americans./p>

Trump understands that “diversity is our greatest strength,” which is multiculturalism boiled down to an aphorism, is exactly backwards. America’s greatest strength is having transcended race, and the one major exception was very nearly our undoing. In light of this history, the history of the world (one “tribal” war after another), and the multicultural car wreck that is Europe today, to manufacture cultural diversity is nothing less than self-immolating idiocy. Trump might not put it in these words, but he gets it. The average American gets it too, because it is not very difficult to get: it is common sense./p>

Conservatives and Republicans are Complicit/p>

Trump’s strengths are his courage, his common sense, and his rhetoric. He gets to the essential thing, the thing that no one else will say for fear of being called a “racist” or “fascist” or one of the other slurs that incite the virtue-signaling lynch mob./p>

His “shithole” remark was one example. Another occurred in 2015 when Trump, after a terrorist attack, proposed a ban on all Muslims until “we figure out what the hell is going on.” Virtually everyone, the Right included, screamed “racism” and “Islamophobia.” Of course, to have defended Trump would have violated the multicultural diktat that Islam be spoken of as a religion of peace. But like Trump, the average American does not care whether Islam is or is not a religion of peace; he can see with his own eyes that it is being used as an instrument of war. When Muslim terrorists say they are doing the will of Allah, Americans take them at their word. This is nothing but common sense./p>

Trump’s attempt to remove District Judge Gonzalo Curiel from a lawsuit in which Trump University was the defendant, in part because of the judge’s Mexican ancestry, was another instance where cries of “racism,” from the Right every bit as loud as from the Left, substituted for common sense. It was thought absurd for Trump to claim the judge was biased because of his ethnicity, yet it was the elite’s very insistence in making ethnicity a factor in the appointment of judges that invited Trump to respond in kind. We make ethnicity an essential consideration and then claim ethnicity should not matter. That is not common sense./p>

Getting to the essential, commonsensical heart of the matter is the most important element of Trump’s rhetoric, but even his often cringeworthy choice of words sometimes advances the conservative cause. This is a sad reflection of the times, but these are the times we live in, and we must judge political things accordingly. When, for example, Trump mocked Judge Kavanaugh’s accuser, he was doing something else that only he can: taking multiculturalism, and its “believe all women” narrative, head on. We should continue to cringe at Trump’s puerility, but we should appreciate when it has value./p>

In each of these instances, when conservatives joined liberals in excoriating Trump, conservatives were beating up our most important truth teller. Conservatives and Republicans should be using these instances to explain America and what is required for its perpetuation. In the examples listed above, they should have explained the importance of having one set of laws, full assimilation, and color blindness; the incompatibility of theocracy with the American way of life; that under certain circumstances we might rightly exclude some foreign immigrants, not because of their skin color but because they come from countries unfamiliar with republican government. Instead conservatives are doing the work of the multiculturalists for them: insinuating multiculturalism further into the public mind. Conservatives have, without quite realizing it, agreed to play by the multiculturalist’s rules and in so doing they have disarmed themselves; they have laid down on the ground their most powerful weapon: arguments that defend America./p>

The Kavanaugh Hearings: Multiculturalism at Work /p>

In exposing the dangers of multiculturalism, Trump exposed its source: radical liberal intellectuals, most of whom hang about the humanities departments (and their modern day equivalents) at our best colleges and universities, where they teach the multicultural arts and set multicultural rules. And from the academy these ideas and rules are drained into the mostly liberal, mostly unthinking opinion-forming elite who then push for open borders, diversity requirements, racism (which somehow they get us to call its opposite), and other aspects of multiculturalism./p>

Multicultural rules were in full force in the Kavanaugh hearings. Armed with the chapter of the multicultural creed that covers “male oppression of women,” Democrats could attack Kavanaugh with accusations conjured out of nothing. At the same time, multicultural rules required Republicans to fight with one hand behind their backs: they were forced to allow a case with no basis to go forward, could not attack the accuser, and had to use a woman to question her. Republicans reflexively accepted their assigned role as misogynists (and would have been accepting the role of racists had the accuser been black). True, Republicans had no choice; still when one is being played one needs to notice./p>

Had Trump tweeted, “I don’t give a rat’s ass about the sex or color of the questioner,” I suspect the majority of Americans would have applauded. After all, that is the American view of the matter. It’s not the average American who requires a woman questioner or a black one. We know that because Trumpsters have told us. It’s not typically the parents in our inner-city schools who demand teachers and administrators with skin color that matches that of their children. It’s not ordinary Mexican immigrants who are agitating to preserve their native culture. It’s the multiculturalists./p>

Multicultural rules flow from multiculturalism’s understanding of justice, which is based not on the equality of individuals (the American understanding) but on the equality of identity groups oppressed by white males. In the Kavanaugh hearings, the multiculturalists did not see a contest between two individuals but rather between all women who are all oppressed and all white men who are all oppressors. Americans claimed the multiculturalists violated due process and conventional rules of evidence, but from the multiculturalists’ perspective what Americans saw as violations were actually multiculturalism’s understanding of due process and rules of evidence. Americans were seeing a revolution in action./p>

We now find ourselves in a situation not unlike that which existed before the Civil War, where one side had an understanding of justice that rested on the principle of human equality, while the other side rested on the principle that all men are equal except black men. One side implied a contraction and ultimate extinction of slavery; the other, its expansion. It was a case of a ship being asked to go in two directions at once. Or to use Lincoln’s Biblical metaphor, “a house divided against itself cannot stand.” Lincoln did not mean that the country could not stand part free and part slave. It could, as long as there was agreement that slavery was bad and on the road to extinction. But once half the country thought slavery a good thing and the other thought it a bad thing the country could no longer stand. It was the different understandings of justice that were decisive because when there are two understandings of justice, as in the Civil War and now, law-abidingness breaks down. In the Civil War, this resulted in secession. Today, this results in sanctuary cities and the “resistance.” To get a sense of how close we are to a complete breakdown, imagine that the 2016 election, like the Bush-Gore election, had been decided by the Supreme Court. One shudders to think./p>

“What to do, and How to do it.”/p>

Conservatives have been dazed by Trumpism. Even those conservatives who now acknowledge that Trump has accomplished some good things are not certain what is to be learned from Trumpism that might inform the future of the conservative movement./p>

The lesson is this: get right with Lincoln. He made opposition to slavery the non-negotiable center of the Republican party, and he was prepared to compromise on all else. Conservatives should do likewise with multiculturalism. We should make our opposition to it the center of our movement. Multiculturalism should guide our rhetorical strategy, provide a conceptual frame for interpreting events, and tie together the domestic dangers we face. We must understand all these dangers as part of one overarching thing./p>

This approach, however, will not work unless conservatives begin to think about politics like Lincoln did. That they do not may explain why so many of them missed the meaning of the 2016 election. This topic is complex but I think it comes down to this: As compared to Lincoln’s thinking about politics, conservative thinking tends to be too narrow (i.e., excludes too much) and too rigid./p>

What for Lincoln was the single most important political thing—the public’s understanding of justice—many of today’s conservatives think not important at all. It should not then be surprising why they missed, or underappreciated, the political dangers of multiculturalism with its assault on the American understanding of justice. Having missed or underappreciated multiculturalism, conservatives could not see that those attributes of Trump that in conventional times would have been disqualifying were in these times just the ones needed to take on multiculturalism. Trump was not a conventional conservative, yet his entire campaign was about saving America. This is where conservatism begins./p>

Education is another area that conservatives believe is less politically important than Lincoln did. Conservatives must relearn what Lincoln knew, and what, until the mid-twentieth century, our universities and colleges also knew: the purpose of higher education, in particular elite higher education, is to train future citizens on behalf of the common good. If the elite universities are promoting multiculturalism, and if multiculturalism is undermining America, then the universities are violating their obligation to the common good no less than were they giving comfort to the enemy in time of war. In such a case, the government, the federal government if need be, can rightfully impose any remedy as long as it is commensurate with the risk posed to the country and is the least intrusive option available./p>

Reorienting the conservative movement is a formidable undertaking, but we have a few big things in our favor: for starters, most of the country, including many who are not Trumpsters, appear to object to multiculturalism and its accompanying speech codes. In addition, multiculturalism, as with abolition, has the potential to energize the conservative movement. Conservatives, who are in the business of conserving things, come to life when there is something important to conserve because this allows them to stake out a very distinctive and morally powerful position with enough room to accommodate a broad coalition. In this case, that really important “something” is our country./p>

Thomas D. Klingenstein is a principal in the investment firm of Cohen, Klingenstein, LLC and the chairman of the Board of Directors of the Claremont Institute./p>

Voir par ailleurs:

Le tourisme maternel en plein essor aux Etats-Unis
Virginie Robert
Les Echos
20/04/2011

Le passeport américain fait toujours des envieux. Si l’on en croit une enquête publiée par le « New York Times « , obtenir le fameux document bleu marine serait même devenu une activité économique comme une autre. Les autorités viennent de fermer une sorte de maternité clandestine abritée dans une maison de San Gabriel (Californie). S’y rendaient des femmes chinoises prêtes à payer des milliers de dollars pour y accoucher. Entrées avec leur visa de touriste, elles repartaient ensuite dans leur pays, leur bébé américain sous le bras. Car, aux Etats-Unis, le 14eamendement de la Constitution accorde la nationalité à tout enfant né sur le territoire.

Le « tourisme maternel  » se développe ainsi depuis la Chine, la Corée du Sud et le Mexique. Des annonceurs vendent des forfaits qui incluent le voyage, le séjour et les soins médicaux. Les dernières statistiques disponibles de 2008 font part de 7.462 bébés nés de parents étrangers résidant aux Etats-Unis, ce qui est peu au regard des 4,3 millions de naissances enregistrées cette année-là. L’empressement à donner la nationalité américaine à un enfant qui, a priori, ne vivra pas aux Etats-Unis est perçu comme une sorte d’assurance sur l’avenir : il pourra lui-même la demander, à 21 ans, pour ses parents. Mais contrairement à des enfants de clandestins, qui vivent sur place et qui finiront par s’intégrer, les enfants nés du tourisme maternel demeureront, a priori, totalement étrangers à la civilisation américaine.

La prééminence du droit du sol aux Etats-Unis est aujourd’hui contestée par ceux qui ne supportent plus les flux d’immigration clandestine. En Arizona, les législateurs de l’Etat ont déposé un projet de loi qui nierait la nationalité américaine à des enfants nés de parents sans papiers. Même s’il peut être contesté au niveau fédéral, ce texte n’en est pas moins un indice de la montée de la xénophobie aux Etats-Unis.

Voir aussi:

L’assistante sociale dont les signalements ne mènent à rien
Il y a neuf mois, Patricia, assistante sociale dans une ville de Seine-Saint-Denis (93) a fait un burn-out.
Marie Vaton
Le Nouvel Obs
08 novembre 2018

Ça se passe dans une ville moyenne de Seine-Saint-Denis (93), limitrophe de Paris. Une petite fille de huit ans pleure à la fin des cours. La maîtresse vient la voir, la console, l’interroge. La petite ne parle pas. L’institutrice s’inquiète, insiste. Elle sent bien que quelque chose ne va pas./p>

Un jour, l’enfant finit par lui dire qu’elle souffre. Elle a mal parce que sa mère la frappe quotidiennement. La maîtresse fait ce qu’elle est censée faire : elle en informe sa hiérarchie./p>

Tout le dispositif de la protection de l’enfance se met alors en branle : l’école fait un signalement à l’organisme chargé de recueillir les informations préoccupantes pour l’enfance en danger, la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). La CRIP transmet ensuite cette information aux professionnels médicaux-socio afin qu’ils puissent prendre la mesure de la situation : concrètement, rendre visite à la famille de l’enfant pour évaluer le danger et proposer une mesure de placement d’urgence le cas échéant.

Rien ne s’est passé

Si tout s’était passé comme prévu, la PMI (Protection maternelle et infantile), les travailleurs sociaux et les éducateurs de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se seraient réunis pour réfléchir ensemble à la meilleure façon de protéger la fillette. Peut-être aurait-elle été placée, du moins temporairement. Peut-être aurait-on proposé une aide psychologique à ses parents. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Rien ne s’est passé en réalité./p>

Depuis le signalement, aucune visite familiale n’a été programmée, aucune médiation proposée, aucune mesure décidée. Non par manquement professionnel mais par manque de personnel chez les professionnels de la petite enfance./p>

C’était il y a un an. Depuis, comme tous les après-midis, la petite fille rentre chez ses parents après l’école. Et tous les matins, sa maîtresse fait semblant de ne pas voir les bleus qui recouvrent sa peau.

Les « familles 115 »

Des histoires comme celle de cette petite fille, Patricia* en entend tous les jours. Elle a 55 ans et se décrit comme une assistante sociale « à l’ancienne ». Formée il y a 25 ans par des humanistes passionnés, dévoués, enthousiastes, à une époque où « ce métier avait encore un sens », dit-elle.

Il y a neuf mois, elle a fait un burn-out.

« Parce qu’il n’y a rien de pire que de recevoir de la souffrance et de ne pouvoir rien faire, pour nous les travailleurs sociaux qui dédions notre vie professionnelle à accompagner les gens. »Elle raconte que son travail a commencé à se dégrader il y a dix ans environ. « Avant, on pouvait mener des actions collectives, nous étions encore entendus par le gouvernement », dit-elle. Mais aujourd’hui, « les familles viennent nous voir avec des problématiques multiples qu’il nous est devenu impossible de résoudre seuls ».

Au cœur de la détresse sociale du 93, le plus pauvre de France, Patricia voit le même scénario se répéter depuis quelques années : coup dur, perte d’emploi, chômage, dettes qui s’accumulent et, in fine, des familles entières qui ne peuvent plus payer leur loyer et se retrouvent à la rue du jour au lendemain.

Celles-là, Patricia et ses collègues les appellent les « familles 115 » :

« Parce que numéro pour les signaler au Samu social est saturé continuellement. Et qu’il n’y a souvent pas d’autres solutions que de les envoyer aux urgences de l’hôpital pour qu’elles aient un toit pour la nuit. »

Des délais de traitement qui ont triplé

« Avant, insiste Patricia, on avait des relais dans les administrations, comme la CAF, pour les cas urgents comme ceux-là, on était écouté, estimé ». Mais depuis quatre ans, « tout l’administratif est dématérialisé avec des délais de traitement qui ont triplé depuis quatre ans ».

Alors que dire à un vieux monsieur qui touche moins de 800 euros de retraite par mois et n’arrive plus à payer son loyer parce que ses allocations de solidarité ne sont toujours pas arrivées après un an d’attente ? Que répondre à une maman qui a besoin d’une aide financière en urgence parce qu’elle n’a plus de quoi faire les courses pour manger alors qu’il faut minimum deux mois pour faire valider une telle demande ?

Avant de partir en congé maladie, Patricia a reçu une mère de famille en détresse, avec trois enfants à charge.

« La mère soupçonnait sa fille de 15 ans d’être rentrée dans la prostitution après avoir retrouvé dans sa chambre une carte électronique d’un hôtel miteux. Elle a écrit elle-même au juge en expliquant la situation, expliquant qu’elle ne s’en sortait pas et qu’elle avait besoin d’une aide socio-éducative. »Le juge a traité sa demande et ordonné une mesure éducative… qui n’a toujours pas été suivie d’effets, faute de personnel suffisant dans l’organisme de protection de l’enfance pour suivre son dossier.

« Vous vous rendez compte ? Il a fallu que le juge prolonge sa mesure pour espérer qu’elle soit un jour appliquée ! »

Hiérarchie obsédée par les chiffres

Patricia n’est pas la seule assistante sociale à avoir craqué. Dans son service, les arrêts maladie se sont multipliés ces dernières années.

« Tous les matins, on se demandait laquelle de nous se mettrait à pleurer la première dans l’open space. »Ce qu’elle raconte, c’est ce qui se passe « dans tous les départements de France, dans tous les services de protection sociale », selon elle : une hiérarchie « obsédée par l’idée de faire du chiffre, qui nous demande de recevoir les familles à la chaîne, mais ne nous donne pas le temps ni les moyens de les aider ».

Une direction « sourde et aveugle », « qui ne cesse de répéter mécaniquement qu’il faut de faire plus et mieux avec moins », au point d’en arriver à des restrictions de budget aussi absurdes que stupides, « comme celles de devoir se fournir soi-même en feuilles, crayons et post-it ».

Un jour, Patricia a fait un signalement sur une mère toxique, probablement atteinte du syndrome de Münchhausen.

« J’ai mené mon enquête pendant plusieurs mois et j’ai préconisé un placement parce que l’enfant était en danger. Persuadée que son petit de trois ans était atteint d’une grave maladie, sa mère lui avait fait faire des dizaines d’examens inutiles dans tous les hôpitaux d’Île-de-France ! »Quand elle a soumis son dossier à son supérieur, ce dernier a levé un sourcil, refusant la demande de placement au prétexte qu’il ne faut pas séparer la mère de l’enfant :

« Il n’avait même pas lu mon enquête. »

Intoxiqués au plomb

Patricia ne s’est pas découragée et a fait comme d’habitude : elle a continué malgré tout à prendre le temps de recevoir correctement les personnes, d’assurer un suivi de qualité sur la durée. Comme cette mère, victime de violences conjugales importantes, qu’elle recevait régulièrement depuis 2009.

« Après s’être réfugiée un temps chez sa sœur, cette dame a réussi à trouver un petit deux-pièces insalubre pour elle et son fils qu’elle payait tout de même 750 euros. »Patricia a tout fait pour faire avancer son dossier de demande de logement social. Peine perdue.

« Neuf ans plus tard, elle n’a toujours aucune nouvelle de sa demande de logement social. Et entre-temps, elle et son fils ont été gravement intoxiqués au plomb dans leur appartement. »

« Dernier rempart humain »

En février dernier, Patricia a fini par jeter l’éponge, épuisée, dégoûtée. « C’est comme ça », se désole-t-elle :

« Les pauvres, tout le monde s’en fout. Contrairement à ce qui se passe dans les hôpitaux, ils ne menacent pas notre système de santé. »Elle dit que si les travailleurs sociaux sont sacrifiés, c’est que leur travail touche à l’essence même de ce qui terrifie la plupart des gens de la classe moyenne : la dégringolade brutale, la mise au ban sociale, le déclassement./p>

« Pourtant, nous sommes le dernier rempart humain avant la grande bascule et les garde-fous de la paix sociale. »A force de grignoter sur ce bien commun, elle prédit que bientôt, il ne restera plus grand-chose d’humain au pays des droits de l’homme :/p>

« On va se retrouver avec des émeutes sociales monstres comme aux Etats-Unis, et ce sera trop tard pour réagir. »

*Le prénom a été changé.

Voir par ailleurs:

Hillbilly elegist JD Vance: ‘The people calling the shots really screwed up’

The writer talks about elitism, the American underclass — and why his ‘Mamaw’ would have sympathised with Trump
Shawn Donnan
The Financial Times

The first rule of Lunch with the FT is that there must be lunch. So I am somewhat unnerved when I walk into Hadley’s Bar + Kitchen, which JD Vance, hillbilly bard and venture capitalist, has nominated as the venue for a late lunch. Vance is already sitting in a booth with a colleague and his son. More importantly, he is diving enthusiastically into a mountain of french fries and chicken wings.

“Are you the guy from the FT?” he asks when he spots me, wiping his chin and standing up to shake hands. We exchange pleasantries, and I venture that we’re supposed to be having lunch. He smiles, pleads hunger, and asks for a few more minutes to wrap things up. So I repair to the empty bar, where I study the menu and chat to a friendly bartender who is effusive about the restaurant’s beer-battered avocado tacos.

Hadley’s is emblematic of the sort of refashioned, Americana-laden eateries that you find increasingly in heartland cities such as Columbus, Ohio, where Vance is in the process of moving with his family. Think of it as a millennial-supervised remake of the American diner. The menu is heavy on reasonably priced burgers but loaded with urbanite flourishes (“Vegan Club Sandwich with heirloom tomatoes”) and improbably named craft beers (“Barley’s Blood Thirst”). Monday was “Vegan Monday”. Today is “Taco Tuesday”, and with $3 tacos on offer, the bill looks like a bargain.

Before there was Fire and Fury, Michael Wolff’s gossipy insider account of Donald Trump’s first year in office, arguably the most talked-about work of the Trumpian era was Hillbilly Elegy, Vance’s bestselling memoir of growing up in the heart of deindustrialised America. The book turned the 33-year-old into a national figure in the US, as the spokesman cum anthropological explainer for the downtrodden people of rural Appalachia — his family’s ancestral home — and small-town, rust belt Ohio, where he was raised. In the countdown to Trump’s election in November 2016, it was hailed as a handbook to the frustrations of the millions of voters in the white American underclass.

Vance depicts his family with deep affection, but Hillbilly Elegy also offers a clear-eyed critique of his clan’s violent and dysfunctional ways. Vance gives an unforgiving portrait of his mother, who struggled with heroin addiction; in one terrifying incident when he was 12, she got behind the wheel in a drug-induced haze, and threatened to drive the car off the road and kill them both. And all morning I’ve been thinking of “Uncle Pet”, the relative Vance introduces early in his book by recounting the time he almost skinned a man with an electric saw for insulting his mother. I’ve also been mulling Vance’s own frank confessions of his inherited Scots-Irish temper and his pugilistic social media persona and wondering what to brace for from this supposed whisperer of Trumpians.

The man who eventually sits down across from me has the conservative appearance of a politician from middle America — and behaves like one. He is wearing a dark grey suit and pressed blue shirt and tie. He is also studiously polite. If there is an inverse of the hillbilly stereotype, this is it.

The sober mien isn’t accidental. Vance features heavily in Republican discussions in Ohio. He has twice explored and decided against a run for the US Senate in the past year, although senior Republicans pressed him to jump in. When he was first considering his options last summer, Vance tells me, he and his wife decided they “would be miserable” if he pursued it. “The more I thought about it, the more I thought, if I go ahead and do this, given where my family is right now, I’m actually a bad person.”

Like so many Americans before him, Vance’s escape route from poverty came via the military. He served in Iraq before going to Yale Law School and then completed a meteoric rise with a stint in Silicon Valley. As a rising star in venture capital circles, he worked for the entrepreneur and one-time outspoken Trump supporter Peter Thiel. There is a whiff of the metropolitan elite about his life today: he now travels the country giving speeches and working with investor Steve Case, the AOL co-founder.

Yet we are meeting in Columbus, the capital of Ohio, because Vance has made a deliberate choice to move with his family to low-key middle America, far from the coastal metropolises most people with his qualifications choose to inhabit. Middletown, the former factory town where he was raised largely by his maternal grandmother (“Mamaw” to his readers), is less than two hours away by car. Jackson, Kentucky, spiritual mountain home to the Vances, is four hours away. “I’ve basically been homesick ever since I left for [Marines] boot camp,” he says. “It’s always been this process of ‘When do I go back?’ ”

Vance has bigger expectations for his return, too. If Hillbilly Elegy was about documenting the broken parts of America, his goal now is to find fixes. He has already established a non-profit to address issues raised by the opioid crisis ravaging many communities. But the move to Columbus also looks like a bit of pragmatic branding. Much of his appeal, beyond his storytelling talents, lies in the intersection of several attributes: his sense of place; his loyalty to what before 2016 was often a forgotten demographic; and his status as a dedicated conservative who is critical of both Trump and his Republican party as well as opposition Democrats. Without a move home, it’s not hard to imagine Vance losing relevance.


We order: fish tacos for him and one of the same for me, paired with a deep-fried avocado taco. We pass on beer and both order Diet Cokes. Vance’s criticism-for-all ethos has already prompted a backlash from the left and the right. The left-leaning New Republic has dubbed him a “false prophet” for the white working-class. Some Republicans in Ohio mock him in private for what they see as his naked political ambition.

The truth is that his politics are complicated. A year into Trump’s presidency, Vance still has an ambivalent view of the man, melding awe and discomfort. “He is one of the few political leaders in America that recognises the frustration that exists in large parts of Ohio, Pennsylvania, eastern Kentucky and so forth,” Vance says. He has been and remains critical of Trump’s dog-whistle politics related to race and immigration. And he is sceptical about the president’s long-term strategy. “The part that is forward-looking and answers the question ‘What do we do now?’ — it’s just not there yet.”

Vance is more scathing still when he discusses a broader Republican party that he sees as intellectually ossified. It cleared the way for Trump, he argues, by blindly pushing an agenda of Reaganesque trickle-down economics and engaging in misplaced military adventures in the years before the real estate developer’s brash arrival.

“I wasn’t as critical of my party in 2016 as I was the person,” he says. “But when I look at tax reform, when I look at healthcare reform, I see Trump as the least worrisome part of the Republican party’s problem, which is that we are basically living in the 1980s. We are constantly trying to resurrect domestic policies from the 1980s.”

Such as? “Let’s cut taxes for the wealthy! Let’s cut the social safety net! . . . The fundamental thesis that underlined basic Republican policies in the early 1980s, which is right, is that you had an economy which was simultaneously stagnating and experiencing high inflation. I don’t think the primary problem facing the American economy right now is that. It is that the opportunities that are out there require an adjustment in skills, an adjustment in training . . . And if that’s the problem, I don’t necessarily see how unleashing tax cuts for the wealthy . . . ” Vance trails off as our food arrives. The tacos are small enough that I immediately order another.

In the end Vance did not vote for Trump. He voted for Evan McMullin, the conservative independent, instead. But he still has a charitable view of the man who has blown up the norms of American political discourse. That is partly because Vance believes that Trump’s crudeness — and what he sees as the prudish response it elicits from city elites — was vital to the president’s appeal in places such as Appalachia.

Mamaw would not have voted for Trump, had she been alive, because of his history as a philanderer. Yet “the vulgarity that turns a lot of people off, Mamaw would have appreciated and thought was hilarious”. His grandfather was a life-long Democrat, although he voted for Ronald Reagan in 1984. “I think, like a lot of folks, he would have voted against Hillary Clinton,” says Vance. “That sort of condescending elitism that the Clinton campaign came to represent would have turned my grandfather off.”

By this point I have bitten into my deep-fried avocado taco. While everything around it — the cabbage slaw and black bean and corn salsa — is delicious, the avocado itself is a flavourless mush.

The top-down condescension that he found so aggravating in 2016 remains alive and well in American politics, Vance argues. “The elite Republican view of why people voted for Donald Trump is that Trump voters are stupid. I think the elite Democratic view is that Trump people were bigoted and immoral. And that’s probably still very much reflected in popular culture,” he says, picking at his fish tacos.

I point out that based on his Ivy League résumé, profession and accomplished spouse — he met his wife Usha at Yale and she is currently clerking for the chief justice of the US Supreme Court — he has become a card-carrying member of the very elite he scorns. Vance laughs. “I react viscerally to this idea that I am a member of the elite, even though it’s objectively true.”

Becoming a father has made him consider this question more seriously. The arrival of his son helped him to reconcile with his now-clean mother, and Vance says he feels an urgent need to make sure his child understands his own impoverished roots.

“My greatest fear, within that context, is that, in 18 years, will [my son] feel more comfortable around our law school classmates — or will he feel more comfortable around people like my grandma? I want him to feel more comfortable around people like my grandma. But my intuition is that is going to take a lot of work,” Vance says.

In Sun Valley, Idaho, last summer with his wife and then four-week-old son for the annual Allen & Co media conference, he found himself perplexed by his luxurious surroundings. “There is this level of comfort that, I think, is completely weird,” he says. “I understood for the first time what the Bible means when it talks about the difficulty of a rich man entering Heaven. It’s really tough to be a virtuous person when everyone is constantly taking care of you.”

Discomfort is also a theme when Vance talks about Silicon Valley. In the years that he lived there, he says, he found the relentless optimism jarring. “There are a lot of entrepreneurs [in Silicon Valley] developing the next app for clothes shopping who say, not ironically, that ‘we are changing the world’. You’re not changing the world. The guy that’s developing a new therapy that’s non-opioid analgesic pain relief? That guy’s changing the world. He’s going to save thousands of lives.”


His new life in Columbus is built around a belief that many of the entrepreneurs in cities in the American heartland don’t have the access to risk capital that they deserve. He works for Revolution, Steve Case’s venture capital firm, on a campaign called “Rise of the Rest” that is intended to fill the gap. Already he has found companies to invest in, like one in Indianapolis that makes cheap home tests to allow people to check for lead in their water. Vance also embraces wholeheartedly Case’s vision of a looming “third wave” of technological change that is more industrial and about “hard tech”. Much of that wave of innovation, he believes, will come out of America’s traditional industrial centres and universities rather than places such as Silicon Valley. His faith goes beyond the future of American industry. God is a growing theme in his personal life, too. He is in the process of converting to Catholicism and mulling a book on “Christianity and social capital”, which he describes as an exploration of the role of religious institutions in society viewed through his own personal story.

Just as he is explaining that, we are interrupted by our desserts. We have each ordered what turn out to be towering milkshakes, and we share a moment of awe when they arrive.

I’m curious about the future he sees for poor white Americans. Amid all the studies of rising mortality rates and a growing drug crisis fuelled by prescription opioids, isn’t he pessimistic?

“No,” he answers. “I’d say I’m a short-term realist, a long-term optimist. I do really believe in the power of identification and recognition. We’re in this period where everyone is starting to wake up, whether it’s because they know someone who has just had a heroin overdose or whether they are a policy expert and they have read this paper by [Nobel laureate] Angus Deaton [and his wife and fellow economist Anne Case] about dying in poor white America . . . That recognition gives me a lot of optimism.”

And what of America? His book is often grouped into a genre you might call “American decline” that covers predictions of everything from the end of the American dream to the crumbling of the postwar international order. “I do think that whatever is happening right now is really transformational and the postwar order is probably going to have to change in some fundamental way,” he says. “But I am still an optimist on that front. I think that my theory for what is happening is not that classical liberalism has failed. It’s not that western democracy has failed. It’s not that the postwar consensus has failed. It’s that the people who have been calling the shots for 20-30 years really screwed up.”

“So you’re still optimistic about America?” I ask.

“I am. I am. You just have to be. I don’t want to be one of those people who thinks the next 50 years are going to be a story of decline.”

That feels like a rare bit of optimism in a polarised America, I think as I pay the bill. In a country where vitriol rules, Vance is remarkably sanguine. America, he seems to be saying, will comfortably survive Donald Trump.

Shawn Donnan is the FT’s world trade editor

One Response to Multiculturalisme: Délivrez-nous du bien ! (Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution – In conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had)

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