Disparition de Bernard Lewis: C’est les ressemblances, imbécile ! (What brought Islam and Christendom into conflict was not so much their differences as their resemblances)

9 juin, 2018
61463_468177469892194_1364727104_n Que chacun se tienne en garde contre son ami et qu’on ne se fie à aucun de ses frères car tout frère cherche à tromper et tout ami répand des calomnies. Jérémie 9: 4
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
Le point intéressant est l’attitude des Palestiniens. Il me semble que ceux-ci sont attirés par deux attitudes extrêmes: l’une est la négation pure et simple de la Shoah, dont il y a divers exemples dans la littérature palestinienne ; l’autre est l’identification de leur propre destin à celui du peuple juif. Tout le monde a pu remarquer, par exemple, que la Déclaration d’indépendance des Palestiniens en novembre 1988 était calquée sur la Déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. C’est dans cet esprit qu’il arrive aux dirigeants palestiniens de dire que la Shoah, ils savent ce que c’est, puisque c’est ce qu’ils subissent au quotidien. J’ai entendu M. Arafat dire cela, en 1989, à un groupe d’intellectuels, dont je faisais partie. Pierre Vidal-Naquet
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de  » greffe » du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
For the sake of clarity and decency, one must delineate between (a) genocides (documented attempts to wipe off a race or a nation); (b) non-genocidal mass murders; (c) enslavement of large numbers of people; (d) planned dispossession and expulsion of large numbers of people; and (e) secondary effects of wars and other crises. In that order. The Holocaust qualifies under point (a). So does the starvation program against the Hereros (in German Southwest Africa shortly before WW1), and the further genocidal operations against the Armenians, the Iraqi Chaldeans, the black minority in the Dominican Republic, the Roma/Sinti in Europe, and the Tutsis in Rwanda. The « Nakba » does not compare to most other collective tragedies in the last century. The Soviet, Red Chinese, and Khmer Rouge domestic massacres qualify under point (b), as well as the Nazi treatment of European nations (like the Poles), the Japanese atrocities in China, and many further ethnic and religious massacres in the Balkans, South Asia, and Africa. The African slave trade and the slavery regimes in both Islamic countries and the Christian colonies in the Americas and elsewhere qualify under point (c). So do massive slave work programs in the Soviet Union, in Nazi Germany, in Maoist China, and in present-day North Korea. Qualifying under point (d): The U.S. treatment of many Native Americans in the 19th century; the French treatment of Kabyles in Algeria in 1871; the alternate expulsion of Turks, Greeks, and Turks again between 1912 and 1923; the expulsion of Poles and French from areas slated for German colonization during WW2; the expulsion of ethnic Germans from East Prussia, Transoderian Germany, and Czechoslovakia in 1945; the mass anti-Christian pogroms in Turkey in 1955; the expulsion of Christians and Jews from Arab or Islamic countries from 1956 on (Egypt, North Africa, the Middle East); and the expulsion of ethnic Greeks from Northern Cyprus. UNRWA has evolved from a temporary relief and works program into a broad social welfare organization. The Nakba should be chiefly considered under point (e): the mass flight of Arab Palestinians was a collateral outcome of the first Arab-Israeli war, which was initiated by the Arab Palestinian leadership of the day and six Arab nations. Even so, Arab Palestinian refugees, while often unwelcome in neighboring Arab countries, were given a privileged status by the United Nations and have been able to retain it on a hereditary basis to this day. As an average, UNRWA — the United Nations agency that deals exclusively with Palestinian refugees — has been getting one third of the global United Nations budget for refugees over a period of almost seventy years. It is noteworthy that most Muslim victims come also under point (e), whereas Muslim powers acted criminally in many instances under points (a), (c) and (d). Likewise, it should be stressed that throughout the 1915-2015 period, Christians have been the largest victim group in the Middle East under points (a), (d) and (e), followed by Jews under points (d) and (e). Again, comparison of the Nakba with the Holocaust or with much of the above criminality of the past 100 years is parody rooted in anti-Israeli sentiment. Michel Gurfinkiel
La guerre entre les pays de l’islam et les pays chrétiens sous leurs étendards religieux respectifs dure depuis le début de l’islam, il y a plus de quatorze siècles. Le conflit a même parfois été plus dur qu’aujourd’hui. Prenez les croisades, les guerres coloniales, entre autres… Actuellement, la tendance est à tout réduire au facteur national. Mais c’est une erreur. Un exemple : le film du cinéaste égyptien Youssef Chahine sur l’expédition en Egypte de Bonaparte en 1799. Chahine nous présente les choses avec la vision nationaliste contemporaine : les Arabes qui habitaient l’Egypte se révoltèrent contre l’intrusion des étrangers. En vérité, c’était davantage une indignation de musulmans. De musulmans, plus que d’Arabes… Le fait national agissait de manière complexe, caché, mais les contemporains considéraient les événements d’un point de vue religieux : les infidèles viennent nous attaquer. (…) C’est ainsi depuis le début : l’islam fut considéré dès sa formation au VIIe siècle comme une hérésie chrétienne. Des individus sous la direction d’un faux prophète proclament des faussetés sur la nature de Dieu, les obligations des fidèles, le rôle de Jésus… (…) Quand deux mondes s’affrontent, tout joue. L’argent, le pouvoir, la foi… Quelle motivation l’emporte sur l’autre ? C’est indémêlable. Ce qui s’est passé à New York n’est pas isolable de la lutte Orient-Occident dans sa globalité. (…) Qu’est-ce que l’Occident pour les musulmans ? Un monde chrétien, donc un monde d’infidèles, d’incroyants, de gens qui disent des horreurs sur le prophète Mahomet. Ils doivent être combattus par la parole si c’est possible, et sinon, dans certaines circonstances, par le glaive. Cette haine a aussi une dimension patriotique si l’on peut dire. Tant que l’Occident ne vous dérange pas, ça va. Mais aussitôt qu’il veut ou paraît vouloir imposer ses valeurs… Au nom de ses valeurs à soi, le spectre resurgit. Aujourd’hui, on regarde les choses avec plus de modération, mais depuis une cinquantaine d’années à peine. Le concile Vatican II, en 1965, a considéré qu’il y avait des valeurs précieuses dans l’islam. Mais les papes récents ont eu beaucoup de difficulté à imposer cette version des choses. (…) Le décalage de la prospérité joue évidemment un grand rôle. Les musulmans subissent l’influence des modes et des représentations européennes, non sans humiliation. (…) Cela a commencé bien avant (la colonisation]. Dès le… VIIe siècle. Les musulmans n’en ont pas toujours conscience, mais ils se sont imposés les premiers en Europe comme concurrents, avec des aspirations dominatrices. La plupart des pays musulmans actuels étaient alors chrétiens – l’Egypte, la Syrie, la Turquie… Pendant longtemps, les musulmans ont été les plus forts, les plus riches, les plus civilisés. (…) Au bout de plusieurs siècles, par la force, mais aussi par les idées et le commerce (…) L’Occident chrétien a définitivement emporté la partie quand, à partir des années 1800, sa domination technologique a été écrasante. En fait, quand les canons et les fusils occidentaux se sont mis à tirer plus vite… Maxime Rodinson
Il faut rappeler d’abord que le savoir moderne sur l’Orient est né de la force. L’Europe agit sur la scène théâtrale mondiale. Elle a conscience d’être un acteur qui prend la parole et domine la scène de manière conquérante. Cette conscience de supériorité, nous ne la trouvons pas chez les Orientaux. Aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, il y a eu, dans le monde arabo-islamique, une conscience locale concernant les problèmes intérieurs; cette conscience ne se prend pas pour une parole qui se diffuse et s’exporte. Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas des énergies et des débats internes. Mais en tant que culture et pouvoir du mot qui résistent à la conquête, ces énergies n’existaient pas. Bonaparte a emmené dans ses bagages une équipe de savants et d’intellectuels pour mieux assimiler la logique non évidente, intérieure du peuple et de la société à conquérir. Il y a une conscience de l’identité conquérante nourrie et soutenue par une série de personnages conquérants dans l’histoire occidentale (Alexandre, César, Marc-Antoine, Auguste…). Bonaparte ne fait que poursuivre une tradition bien ancrée dans la conscience et l’histoire occidentales. Il partait en Égypte comme un nouvel Alexandre, un peu pour justifier les observations faites par Talleyrand, à propos  » des avantages à retirer des colonies nouvelles « . (…) Et pour moi cela reste inexplicable. Je ne comprends pas encore comment, pour ne parler que du monde arabe, l’Occident a réussi à le dominer. L’instinct de domination est inscrit dans l’histoire de l’Occident et non dans celle de l’Orient. Je peux l’expliquer, mais en me référant à mon histoire de Palestinien : je revois encore les immigrants juifs venant d’Europe nous repousser et s’infiltrer dans nos terres et foyers. Bien sûr il y avait une forte résistance, mais ce qui a manqué c’était la résistance systématique et dans le détail. Rappelez-vous la phrase de Weizmann :  » Another acre, another goat  » ( » Petit à petit « ). À cette politique du  » petit à petit « , très systématique et très étudiée, les Arabes n’avaient pas de réponse. Ils résistaient de manière générale ; ils ont refusé la conquête et n’ont jamais admis le fait accompli, et nous le voyons encore aujourd’hui chez les Palestiniens. Ce n’est que depuis la guerre de 1967 que la résistance palestinienne s’est adaptée à ce genre de conquête et de politique. (…) Malheureusement, je ne crois pas que j’aurais écrit ce livre si j’étais resté dans le monde arabe. Il fallait, pour en arriver à ce livre, une distance et une désorientation. C’est le livre d’un exilé. Il fallait être entre les cultures et non dans les cultures. J’ai essayé de faire l’inventaire du processus par lequel nous, Orientaux, sommes devenus  » orientaux « , c’est-à-dire image et fantasme de l’Occident. J’ai essayé de reconquérir cette partie de notre identité qui était construite, manipulée et possédée par les autres. En tant qu’universitaire américain qui enseigne la littérature anglaise et comparée, j’ai essayé de faire un travail de critique qui dépasse les limites de la  » littéralité  » pour démontrer l’affiliation entre l’écriture, les institutions de la société et le pouvoir. Donc ce livre est adressé à tous ceux de mes compatriotes, tous ceux qui ont vécu la domination politique et culturelle et qui, peut-être, ignorent les mécanismes cachés ou trop immédiats (invisibles) de la domination. Je vise les intellectuels du monde arabe qui parlent trop globalement et en général de l’Occident… et qui sont aussi fascinés par cet Occident… Je vise aussi les intellectuels occidentaux, qui se mettent à élaborer les idéologies dominantes dans leur spécialité universitaire, qui font l’éloge de la  » science  » sans avoir suffisamment la conscience critique. Je tiens beaucoup plus à ce que Marx appelle  » les armes de la critique  » qu’aux institutions de la science qui me semblent toujours prises dans une complicité mystifiée avec leurs racines sociales. (…) Ce qui est totalement négatif, pour moi, c’est la position de l’orientalisme en tant que science, et l’orientaliste en tant que spectateur d’un objet inerte, qui ne peut aboutir qu’à la situation que j’ai décrite dans mon livre. Mais ce que je veux sauver de l’orientalisme, c’est le travail de collaboration entre les hommes et les cultures, pour aboutir à une découverte collective et non à des résultats privilégiant une race sur une autre. (…) Ceux-là manifestent un esprit anticolonial et antiraciste dans leur travail. J’admire beaucoup l’érudition prodigieuse qui est basée sur un humanisme philologique. D’un autre côté, j’admire l’esprit critique et pertinent des jeunes orientalistes qui, dans leur travail, ont réagi contre les idées reçues de cette discipline. Ce que j’estime le plus, c’est surtout la conscience critique qui se réfléchit et doute. Je pense que le véritable esprit chercheur est celui qui ne cherche pas des absolus, et qui reconnaît le fait que toute interprétation implique des circonstances existentielles de travail scientifique. Il n’y a pas d’interprétation scientifique à la manière d’une science de la nature. Les sciences humaines ne sont pas des sciences naturelles. Il n’y a pas LA science qui concerne toute l’humanité. Il y a des sciences et des interprétations qui luttent entre elles pour des positions d’efficacité dominantes et  » véridiques « . Cela ne veut pas dire que toutes les interprétations sont égales, ni que toutes les interprétations sont intéressées et vulgaires. (…) [la critique de Maxime Rodinson] est une simplification et même une perversion de ce que j’ai écrit. Je suppose que personne ne puisse nier le fait que la  » science  » surgit de la société et que les circonstances (la quotidienneté de la science) sont toujours là. L’histoire de l’orientalisme et les résultats administratifs et coloniaux ont toujours été dissimulés par la rhétorique de la science. Je ne veux pas dire que la science n’est que ces circonstances et sa provenance. Ce que je dis est que la science n’est jamais absolue, mais toujours liée forcément aux besoins de la société et aux désirs de l’individu. Peut-être que Rodinson a une recette pour purger la science de sa gangue sociale. (…) Ce qui caractérise l’intellectuel arabe contemporain, c’est une tendance à traduire la pensée occidentale en des langages locaux. Si vous prenez la carrière des hommes de la Nahda (Renaissance), il y a un effort conscient de moderniser le monde arabo-islamique selon les lois postulées par l’Occident. C’est l’effort de Boustani et de Mohamed Abdou de répondre à l’Occident et de transformer l’islam pour qu’il puisse être perçu dans un rapport d’égalité avec la modernité définie par l’Occident. Je pense que cette tentative est terminée. À présent ce qu’on voit, c’est un islam qui réagit contre l’Occident (Khomeiny) ; c’est la partie la plus dramatique et la plus visible de ce qui se passe. Justement, ce phénomène justifie les craintes traditionnelles et culturelles de l’Occident d’islam militant a toujours fait peur). La notion de Jihad (guerre sainte) a été aussi montée en épingle. Mais, sous cette surface, il y a un islam que j’appellerais investigateur, qui commence à se manifester à travers les efforts de plusieurs penseurs, écrivains et poètes ; il redéfinit la réalité actuelle du monde islamique. Edward Saïd
No one has ever devised a method of detaching the scholar from the circumstances of life, from the fact of his involvement (conscious or unconscious) with a class, a set of beliefs, a social position, or from the mere activity of being a member of a society … I doubt that it is controversial, for example, to say that an Englishman in India or Egypt in the later nineteenth century took an interest in those countries that was never far from their status as British colonies. To say this may seem quite different from saying that all academic knowledge about India and Egypt is somehow tinged and impressed with, violated by, gross political fact —and yet that is what I am saying in this study of Orientalism. For if it is true that no production of knowledge in the human sciences can ever ignore or disclaim its author’s involvement as a human subject in his own circumstances, then it must also be true that for a European or American studying the Orient there can be no disclaiming the main circumstances of his actuality: that he comes up against the Orient as a European or American first, as an individual second. And to be a European or an American in such a situation is by no means an inert fact. It meant and means being aware, however dimly, that one belongs to a power with definite interests in the Orient, and more important, that one belongs to a part of the earth with a definite history of involvement in the Orient since almost the time of Homer. Edward Said
Said not only taught an entire generation of Arabs the wonderful art of self-pity (if only those wicked Zionists, imperialists and colonialists would leave us alone, we would be great, we would not have been humiliated, we would not be backward) but intimidated feeble Western academics, and even weaker, invariably leftish, intellectuals into accepting that any criticism of Islam was to be dismissed as orientalism, and hence invalid. (…) Relativism, and its illegitimate offspring, multiculturalism, are not conducive to the critical examination of Islam. Said wrote a polemical book, Orientalism (1978), whose pernicious influence is still felt in all departments of Islamic studies, where any critical discussion of Islam is ruled out a priori. For Said, orientalists are involved in an evil conspiracy to denigrate Islam, to maintain its people in a state of permanent subjugation and are a threat to Islam’s future. These orientalists are seeking knowledge of oriental peoples only in order to dominate them; most are in the service of imperialism. Said’s thesis was swallowed whole by Western intellectuals, since it accords well with the deep anti-Westernism of many of them. This anti-Westernism resurfaces regularly in Said’s prose, as it did in his comments in the Guardian after September 11th. The studied moral evasiveness, callousness and plain nastiness of Said’s article, with its refusal to condemn outright the attacks on America or show any sympathy for the victims or Americans, leave an unpleasant taste in the mouth of anyone whose moral sensibilities have not been blunted by political and Islamic correctness. In the face of all evidence, Said still argues that it was US foreign policy in the Middle East and elsewhere that brought about these attacks. Ibn Warraq
De tous les orientalistes, c’est Bernard Lewis, le plus célèbre, qui fera l’objet de ses plus virulentes attaques. En caricaturant : Lewis, en historien, explique que l’islam, après un millénaire de puissance, est entré dans une phase de déclin inexorable par fermeture sur lui-même et par incapacité à prendre le train de la modernité politique et technologique occidentale. Il porte seul la responsabilité de ce déclin et personne d’autre que lui-même ne l’en sortira, conclut le maître de Princeton. Faux ! rétorque Said en « analyste du discours ». D’abord parce que l’islam comme catégorie sui generis n’existe pas – d’ailleurs, « Orient et Occident ne correspondent à aucune réalité stable en tant que faits naturels » -, ensuite parce que le pseudo-« monde arabo-musulman » est aussi celui que les Occidentaux, en particulier par le colonialisme, en ont fait. La vision biaisée des « orientalistes », conclut-il, ne sert que les intérêts néo-impérialistes des puissances occidentales, Etats-Unis en tête. Le Monde
Il est dommage, pour le public francophone, que l’essai consacré par Simon Leys à l’orientalisme tel qu’Edward Said l’envisageait, n’ait été publié qu’en anglais, en 1984. En résumé, Leys y reprochait à l’auteur palestinien naturalisé américain de ne voir, dans l’orientalisme, qu’une « conspiration colonialo-impérialiste ». Tout en ironisant sur le fait que, si l’on devait un jour découvrir que c’est la CIA qui a financé les meilleures études sur la poésie des Tang et la peinture des Song, cela aurait moins le mérite de rehausser l’image de l’agence de renseignement américaine, Simon Leys demandait plus sérieusement pourquoi l’orientalisme, et plus généralement la curiosité pour une culture « autre », ne pouvaient pas être tout simplement considérés sous l’angle de l’admiration et de l’émerveillement, pour conduire à une meilleure connaissance des autres et de soi, et par conséquent à une prise de conscience des limites de sa propre civilisation. Philippe Paquet 
Edward Said’s main contention is that “no production of knowledge in the human sciences can ever ignore or disclaim the author’s involvement as a human subject in his own circumstances.” Translated into plain English, this would seem to mean simply that no scholar can escape his original condition: his own national, cultural, political, and social prejudices are bound to be reflected in his work. Such a commonsense statement hardly warrants any debate. Actually, Said’s own book is an excellent case in point; Orientalism could obviously have been written by no one but a Palestinian scholar with a huge chip on his shoulder and a very dim understanding of the European academic tradition (here perceived through the distorted prism of a certain type of American university with its brutish hyperspeculization, nonhumanistic approach, and close, unhealthy links with government). Said seems to include “sinology” implicitly in his concept of “orientalism.” (I insist on the word seems; the point remains obscure, like a great many other points in his book.) Said’s contention is that whenever an orientalist makes a statement in his own specialised area, this statement accrues automatically to the broader picture of a mythical “East.” I do not know whether this is true for scholars involved with Near and Middle East studies, but it certainly does not apply to sinologists. The intellectual and physical boundaries of the Chinese world are sharply defined; they encompass a reality that is so autonomous and singular that no sinologist in his right mind would ever dream of extending any sinological statement to the non-Chinese world. For a serious sinologist (or for any thinking person, for that matter) concepts such as “Asia” or “the East” have never contained any useful meaning. No sinologist would ever consider himself an orientalist. (Some sinologists, it is true, may occasionally be seen participating in one of those huge fairs that are periodically held under the name of “International Orientalist Congress,” but this is simply because similar junkets undertaken under the mere auspices of the Club Méditerranée would not be tax-deductible.) Orientalism is a colonialist-imperialist conspiracy. Quite possibly. To some extent, it may also be true for sinology. Who knows? One day it will perhaps be discovered that the best studies on Tang poetry and on Song painting have all been financed by the CIA — a fact that should somehow improve the public image of this much-maligned organisation. Orientalists hate and despise the Orient; they deny its intellectual existence and try to turn it into a vacuum. (…) The notion of an “other” culture is of questionable use, as it seems to end inevitably in self-congratulation, or hostility and aggression. Why could it not equally end in admiration, wonderment, increased self-knowledge, relativisation and readjustment of one’s own values, awareness of the limits of one’s own civilisation? Actually, most of the time, all of these seem to be the natural outcome of our study of China (and it is also the reason why Chinese should be taught in Western countries as a fundamental discipline of the humanities at the secondary-school level, in conjunction with, or as an alternative to, Latin and Greek). Joseph Needham summed up neatly what is the common feeling of most sinologists: “Chinese civilisation presents the irresistible fascination of what is totally ‘other,’ and only what is totally ‘other’ can inspire the deepest love, together with a strong desire to know it.” From the great Jesuit scholars of the sixteenth century down to the best sinologists of today, we can see that there was never a more powerful antidote to the temptation of Western ethnocentrism than the study of Chinese civilisation. (It is not a coincidence that Said, in his denunciation of “illiberal ethnocentrism,” found further ammunition for his good fight in the writings of a sinologist who was attacking the naïve and arrogant statement of a French philosopher describing Thomistic philosophy as “gathering up the whole of human tradition.” Indignant rejection of such crass provincialism will always come most spontaneously to any sinologist).  “Interesting work is more likely to be produced by scholars whose allegiance is to a discipline defined intellectually and not to a field like Orientalism, [which is] defined either canonically, imperially, or geographically.” The sinological field is defined linguistically; for this very reason, the concept of sinology is now being increasingly questioned (in fact, in the John King Fairbank Center for Chinese Studies at Harvard, I recently heard it used as a term of abuse). Perhaps we ought to rejoice now as we see more historians, philosophers, students of literature, legal scholars, economists, political scientists and others venturing into the Chinese field, equipped with all the intellectual tools of their original disciplines. Still, this new trend is encountering one stubborn and major obstacle that is not likely ever to disappear: no specialist, whatever his area of expertise, can expect to contribute significantly to our knowledge of China without first mastering the Chinese literary language. To be able to read classical and modern Chinese it is necessary to undergo a fairly long and demanding training that can seldom be combined with the acquisition and cultivation of another discipline. For this reason, sinology is bound to survive, in fact, if not necessarily in name, as one global, multidisciplinary, humanistic undertaking, based solely upon a specific language prerequisite. Actually, this situation, imposed by the nature of things, does have its advantages. Chinese civilisation has an essentially holistic character that condemns all narrowly specialised approaches to grope in the dark and miss their target — as was well illustrated a few years ago by the spectacular blunders of nearly all the “contemporary China” specialists. (In this respect, it is ironic to note that it was precisely the so-called Concerned Asian Scholars — on whom Said set so much store in his book, as he saw in them the only chance of redemption for the orientalist establishment — that failed most scandalously in their moral responsibilities toward China and the Chinese people during the Maoist era.) Simon Leys
AFP : agence de presse chargée de la propagande extérieure de l’Autorité palestinienne. (Voir aussi Reuters). Laurent Murawiec
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
La joie qui entoure le retour des prisonniers est très mal perçue côté israélien. (…) De son côté, le Hezbollah a rendu dans des cercueils noirs deux soldats enlevés en 2006. (…) Les deux soldats avaient été capturés en juillet 2006 par un commando du Hezbollah à sa frontière nord. L’incident avait déclenché la guerre avec le Liban de l’été 2006. 1 200 personnes avaient été tuées côté libanais et 160 côté israélien, lors de cette offensive israélienne longue de 34 jours. AFP
Des manifestants, qualifiés par l’armée de « terroristes », ont lancé des dizaines de cerf-volants et des ballons équipés d’engins explosifs en direction de la barrière. Ces engins ont explosé en l’air. Des manifestants ont également lancé plusieurs grenades ainsi que des pneus enflammés en direction des soldats israéliens. Selon l’armée israélienne, les troupes ont eu recours aux moyens habituels utilisés pour disperser des manifestations « conformément aux règles d’engagement » en vigueur. La bande de Gaza est le théâtre depuis le 30 mars de manifestations accompagnées d’affrontements le long de la clôture frontalière. La mobilisation gazaouie est organisée au nom du droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948. Elle dénonce aussi le blocus imposé à l’enclave palestinienne depuis plus de 10 ans. Pour Israël, cette mobilisation sert de couvert à des activités hostiles du mouvement islamiste Hamas qui dirige l’enclave palestinienne. Au moins 128 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars. Aucun Israélien n’a été tué. AFP
One of the things that fuel terrorism is the expression in some parts of the world of Islamophobic feelings and Islamophobic policies and Islamophobic hate speeches. UN Secretary-General Antonio Guterres
Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent non pas d’un conflit entre des Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations. Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétiennes, le  » Grand Débat « , comme l’appelait Gibbon, entre l’Islam et la Chrétienté s’est poursuivi avec la contre-offensive chrétienne des croisades et son échec, puis avec la poussée des Turcs en Europe, leur farouche combat pour y rester et leur repli. Depuis un siècle et demi, le Moyen-Orient musulman subit la domination de l’Occident – domination politique, économique et culturelle, même dans les pays qui n’ont pas connu un régime colonial […]. Je me suis efforcé de hisser les conflits du Moyen-Orient, souvent tenus pour des querelles entre Etats, au niveau d’un choc des civilisations. Cependant, si les civilisations ne peuvent avoir une politique étrangère, les gouvernements, eux, se doivent d’en avoir une. Bernard Lewis
Pour certains, je suis un génie immense. Pour d’autres, je suis le diable incarné. Bernard Lewis
Ce qui a mis l’islam et la chrétienté en conflit, ce n’est pas tant leurs différences que leurs ressemblances. Bernard Lewis
Le conflit persistant entre l’Islam et la Chrétienté tire sa spécificité, non pas de leurs différences, mais de leurs ressemblances. Toutes les religions proclament que leurs vérités sont universelles ; cependant, le christianisme et l’islam sont peut-être les seuls à proclamer que leurs vérités sont non seulement universelles mais aussi exclusives, qu’eux seuls sont les heureux détenteurs de l’ultime révélation divine, qu’il est de leur devoir de la faire connaître au reste de l’humanité et que ceux qui ne s’y rallient pas sont, à des degrés divers, promis à la damnation. […] Entre ces deux religions partageant en commun héritage juif et hellénistique, revendiquant une même autorité et une même vocation universelles, se disputant le Bassin méditerranéen et le continent qui le borde, le choc était inévitable. Cependant, ce choc n’était pas tant entre deux civilisations qu’entre deux rivaux aspirant à prendre le leadership d’une seule et même civilisation. Bernard Lewis
Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours voulu connaître « l’histoire » de l’autre camp. (…) « Il y a quelques années, lors d’une interview, on me posa la question suivante : Pourquoi traitez-vous toujours de sujets sensibles ? La réponse, dis-je à mon interlocuteur, est contenue dans la métaphore que vous employez. Un endroit sensible dans le corps d’un individu, ou dans le corps social, est le signe d’un dysfonctionnement. La sensibilité est l’un des moyens dont dispose le corps pour nous avertir et requérir notre attention, et c’est précisément ce que j’essaie de faire. Implicitement, votre question suggère qu’il existerait des sujets tabous. Certes, dans d’autres sociétés, il y a de nombreux sujets tabous, mais pas dans la nôtre – et je m’en félicite -, hormis, bien sûr, cette sorte de politiquement correct qui perdure sous l’effet de la pression sociale, culturelle et professionnelle, mais qui n’est pas réellement imposée. Contrairement aux vrais tabous, le politiquement correct peut être transgressé – c’est fréquent – et, test plus rigoureux encore, tourné en dérision. Pour ce qui me concerne, j’ai accordé quelque attention à deux points effectivement sensibles, le traitement des non-musulmans en général et des juifs en particulier dans les pays musulmans et, questions connexes, le problème des races et de l’esclavage. Mon premier article sur l’Islam et les non-musulmans parut dans la revue française des Annales à l’été 1980. Passablement augmenté, il devint le chapitre introductif d’un ouvrage intitulé  » Juifs en terre d’Islam  » (1984) couvrant les périodes classique, ottomane et, plus succinctement, moderne. Je consacrai à cette dernière période un autre ouvrage, intitulé  » Sémites et antisémites  » (1986). Tous deux furent traduits en plusieurs langues européennes. Faut-il y voir un symptôme : contrairement à la plupart de mes autres livres, ils ne furent pas traduits en arabe – pas plus d’ailleurs que mon livre sur les races et l’esclavage. » (…) « En août 1957, un congrès de quatre jours consacré aux  » Tensions dans le Moyen-Orient  » se tient à la School of Advanced International Studies de l’université Johns Hopkins à Washington. Les actes furent publiés l’année suivante dans un livre portant le même nom. Intitulée  » Le Moyen-Orient dans les affaires internationales « , ma contribution contenait les lignes suivantes :  » Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent non pas d’un conflit entre des Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations. Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétiennes, le  » Grand Débat « , comme l’appelait Gibbon, entre l’Islam et la Chrétienté s’est poursuivi avec la contre-offensive chrétienne des croisades et son échec, puis avec la poussée des Turcs en Europe, leur farouche combat pour y rester et leur repli. Depuis un siècle et demi, le Moyen-Orient musulman subit la domination de l’Occident – domination politique, économique et culturelle, même dans les pays qui n’ont pas connu un régime colonial […]. Je me suis efforcé de hisser les conflits du Moyen-Orient, souvent tenus pour des querelles entre Etats, au niveau d’un choc des civilisations. Cependant, si les civilisations ne peuvent avoir une politique étrangère, les gouvernements, eux, se doivent d’en avoir une.  » Ces lignes, écrites il y a près de cinquante ans, continuent de refléter les vues sur le sujet, actuellement très controversé, du choc des civilisations. […] Etait-ce un choc des civilisations ? Je dirais plutôt entre deux variantes d’une même civilisation. Le conflit persistant entre l’Islam et la Chrétienté tire sa spécificité, non pas de leurs différences, mais de leurs ressemblances. Toutes les religions proclament que leurs vérités sont universelles ; cependant, le christianisme et l’islam sont peut-être les seuls à proclamer que leurs vérités sont non seulement universelles mais aussi exclusives, qu’eux seuls sont les heureux détenteurs de l’ultime révélation divine, qu’il est de leur devoir de la faire connaître au reste de l’humanité et que ceux qui ne s’y rallient pas sont, à des degrés divers, promis à la damnation. […] Entre ces deux religions partageant en commun héritage juif et hellénistique, revendiquant une même autorité et une même vocation universelles, se disputant le Bassin méditerranéen et le continent qui le borde, le choc était inévitable. Cependant, ce choc n’était pas tant entre deux civilisations qu’entre deux rivaux aspirant à prendre le leadership d’une seule et même civilisation. Bernard Lewis
I don’t go into destiny; Im a historian and I deal with the past. But I certainly think there is something in the clash of civilizations. What brought Islam and Christendom into conflict was not so much their differences as their resemblances. There are many religions in the world, but almost all of them are regional, local, ethnic, or whatever you choose to call it. Christianity and Islam are the only religions that claim universal truth. Christians and Muslims are the only people who claim they are the fortunate recipients of God’s final message to humanity, which it is their duty not to keep selfishly to themselves like the Jews or the Hindus or the Buddhistsbut to bring to the rest of mankind, removing whatever obstacles there may be in the way. So, we have two religions with a similar self-perception, a similar historical background, living side by side, and conflict becomes inevitable. (…) the terrorists themselves claim to be acting in the name of Islam. There was one Muslim leader who said, not long ago, that it is wrong to speak about Muslim terrorism, because if a man commits an act of terrorism, hes not a Muslim. That’s very nice, but that could also be interpreted as meaning that if a Muslim commits it, it doesn’t count as terrorism. When a large part of the Muslim world was under foreign rule, then you might say that terrorism was a result of imperialism, of imperial rule and occupation. But at the present time, almost the whole of the Muslim world has achieved its independence. They can no longer blame others for what goes wrong. They have to confront the realities of their own lives at home. A few places remain disputed, like Chechnya and Israel and some others, but these are relatively minor if you’re talking about the Islamic world as a whole. Bernard Lewis
Vous voulez dire reconnaître la version arménienne de cette histoire ? Il y avait un problème arménien pour les Turcs, à cause de l’avance des Russes et d’une population anti-ottomane en Turquie, qui cherchait l’indépendance et qui sympathisait ouvertement avec les Russes venus du Caucase. Il y avait aussi des bandes arméniennes – les Arméniens se vantent des exploits héroïques de la résistance -, et les Turcs avaient certainement des problèmes de maintien de l’ordre en état de guerre. Pour les Turcs, il s’agissait de prendre des mesures punitives et préventives contre une population peu sûre dans une région menacée par une invasion étrangère. Pour les Arméniens, il s’agissait de libérer leur pays. Mais les deux camps s’accordent à reconnaître que la répression fut limitée géographiquement. Par exemple, elle n’affecta guère les Arméniens vivant ailleurs dans l’Empire ottoman. » Nul doute que des choses terribles ont eu lieu, que de nombreux Arméniens – et aussi des Turcs – ont péri. Mais on ne connaîtra sans doute jamais les circonstances précises et les bilans des victimes. Songez à la difficulté que l’on a de rétablir les faits et les responsabilités à propos de la guerre du Liban, qui s’est pourtant déroulée il y a peu de temps et sous les yeux du monde ! Pendant leur déportation vers la Syrie, des centaines de milliers d’Arméniens sont morts de faim, de froid… Mais si l’on parle de génocide, cela implique qu’il y ait eu politique délibérée, une décision d’anéantir systématiquement la nation arménienne. Cela est fort douteux. Des documents turcs prouvent une volonté de déportation, pas d’extermination. Bernard Lewis
Les illusionnistes et les hypocrites – «je ne justifie pas, j’explique» – qui justifient tout invoqueront la coopération de Tony Blair avec Bush, mais ils ne pourront masquer la logique tribale qui préside à la stratégie et à la pratique islamistes : les islamistes ont déclaré la guerre à l’Occident, tous les Occidentaux sont donc coupables, jugés, assassinables, car ils participent de la substance qu’il faut détruire, le monde de l’Incroyance, dar el-Kufr. Ceux qui croient s’être mis à l’abri grâce à leurs complaisances envers Arafat, le Hamas, le Hezbollah, le régime des ayatollahs et le reste des dictateurs et des despotes arabo-musulmans ne récoltent que le mépris, qui mène inévitablement au rudoiement. Qui se conduit comme un dhimmi sera condamné à la dhimmitude. Quand un quotidien parisien titre «Al-Qaida punit Londres», je flaire dans cet intitulé toute la puanteur de la soumission. Il faut beaucoup d’aveuglement à nos dames patronnesses palestinophiles pour ne pas voir que le refus de la dhimmitude des Juifs d’Israël est précisément l’une des motivations fondamentales de ce que l’on appelle le «conflit israélo-palestinien». Soumettez-vous, il ne vous sera fait aucun mal, ou pas trop. Vous ne serez pas punis. Sinon, vous serez soumis aux bombes vivantes fabriquées à la chaîne par les usines à tueurs que sont les medersas du monde islamo-arabe. C’est qu’aucun «grief», aucune «revendication» ni «aspiration» ne sont justiciables de la terreur. Il faut avoir bu toute honte pour comparer à la Résistance française – qui refusait les attentats individuels (à l’exception des communistes, à la bonne école de la terreur soviétique) et ne s’attaqua jamais à civil, femme, enfant ou vieillard – le ramassis de nervis assoiffés de sang qui s’est autoproclamé porte-parole unique, qui des Palestiniens, qui du monde arabe, qui du monde musulman tout entier, et dont le programme, clairement énoncé, est exterminateur. Le culte de la mort et de la destruction, l’amour de la souffrance que l’on inflige, l’assassinat rendu spectacle et objet d’affirmation identitaire, la délectation devant l’humiliation que l’on inflige à ceux dont on va vidéofilmer la décapitation, l’égorgement, l’éventrement, la volonté de puissance illimitée qu’est le pouvoir d’infliger la mort : telle est la nature de la guerre islamiste contre l’Occident. Et de l’université d’al-Azhar pour les sunnites, de la ville de Qom pour les chiites, ne s’est élevée aucune condamnation, mais au contraire, l’éloge de la mort. Voilà qui doit faire entendre, comme le fait depuis longtemps remarquer l’islamologue Bernard Lewis, que l’objet de la haine inextinguible des djihadistes n’est point ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Hitler n’exterminait pas les Polonais à cause de leurs «crimes», de leurs «erreurs», de leur «injustice», mais pour des raisons métaphysiques, et de même que tous ceux qu’il vouait au statut de «races inférieures». Le philosophe germano-américain, Eric Voegelin, discerna dans les mouvements totalitaires du XXe siècle, qu’il conçut avec précision comme une «Gnose moderne», cette pseudo-religion qui croit trouver le Salut ici-bas, qui en connaît toutes les voies et tous les chemins, qui est dirigée par des prophètes omniscients, et qui est prête à sacrifier la moitié de l’espèce humaine pour parvenir à ses fins. C’est au nom des raisons irrationnelles de ces croyances, hier nazies et bolcheviques, aujourd’hui islamistes, que se déchaînent l’amour du carnage et la volonté de «purifier» l’univers entier du Mal, représenté par l’Autre, juif, koulak, infidèle. Nous pouvons coexister avec un monde de l’islam qui voudrait se moderniser, mais pas avec l’islamisme éradicateur. Il faut s’en pénétrer : nous sommes en guerre. Il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne. Theo Van Gogh adjura au dialogue celui qui allait l’égorger ! Contre ce djihad, il n’y a pas de guerre défensive, il n’y a pas de défense territoriale. L’islamisme a paralysé et phagocyté une grande partie de son environnement. Il faut y porter le fer. Il faut en même temps encourager et soutenir les aspirations à la modernité, à la liberté et à la démocratie dans le monde arabo-musulman, que les élections afghanes, irakiennes et libanaises viennent de concrétiser. Quand des enjeux de civilisation causent les guerres, la neutralité est proscrite. Les Etats-Unis ne s’attaquent pas aux mous et aux tièdes : ce sont les islamistes qui s’en chargent. Les jeux sont faits. Laurent Murawiec
This misconception [that Lewis was an “Orientalist”] was fostered by Lewis’ famous duel with the Palestinian American literary scholar Edward Said, whose 1978 manifesto, Orientalism, indicted Western “Orientalist” writers and scholars for purveying bigotry against Islam and the Arabs. Lewis rose to the defense of the scholars: it was they who undermined Europe’s medieval prejudice against Islam, by directly accessing and engaging original Islamic sources. Lewis maintained that this brand of scholarly Orientalism amounted to one of the nobler triumphs of the Enlightenment. (…) But Lewis wasn’t “the last Orientalist.” (“The Orientalists have gone,” Lewis insisted.) He was the first real historian of the Middle East, considered a pioneer in applying the latest approaches in European social and economic history to the Middle Eastern past. (…) and he was the first scholar to read the Islamic texts for earlier periods with a trained historian’s eye. (…) Lewis, as a young don, criticized his Orientalist forebears for their insularity and called for “the integration of the history of Islam into the study of the general history of humanity.” No one did more than Lewis to advance this elusive goal. Through his historical research, Lewis arrived at a crucial insight, which informed all his later writings. Islamic civilization in its “golden age” had all the prerequisites to make the leap to modernity before parochial Europe did. Yet it stagnated, then declined. “The rise of the West has been much studied,” he once noted, “but the waning of Islamic power has received little serious scholarly attention.” This would be his project, and in its pursuit, he reached an intriguing conclusion: the elites of the great Muslim empires, especially the Ottomans, were so certain of their own God-given superiority that they saw no reason ever to change. They discounted the steady rise of Europe, and by the time they got a fix on the problem, it was too late. Thus began a desperate race to arrest the decline of the Muslim world and its eclipse by a dynamic Europe. There were many Western observers who pointed to the spreading rot. But Lewis revealed the Muslim point of view. Reform, modernization, nationalism, Islamism, terror—all these were strategies to restore to the Muslims some semblance of the power they had wielded for over a millennium and which they lost in just a few generations. Lewis’ biggest bestseller, What Went Wrong?, published just after 9/11, distilled his many findings on how Muslims had tried and failed to restore their world. Al Qaeda (and later the Islamic State, also known as ISIS), by seeking to reenact the seventh century, was the most desperate of these attempts to reverse history. (…) Lewis has been tagged as the father of the “clash of civilizations,” which Samuel Huntington borrowed (with acknowledgment) for his famous Foreign Affairs article of 1993. Lewis had used the phrase as early as 1957 to describe the deeper aspect of contemporary conflicts in the Middle East. (Better to “view the present discontents of the Middle East,” he wrote, “not as a conflict between states or nations, but as a clash between civilizations.”) He repeated the phrase in subsequent works, most famously in his 1990 article, “The Roots of Muslim Rage.” Huntington, however, went further than Lewis, presenting the “clash” as a struggle among all the world’s civilizations, fueled by cultural differences. Lewis had something else in mind. He held that Islam and Christendom (later, the West) were unique rivals, not because of their differences but because they shared so much: the Greco-Roman legacy, Abrahamic monotheism, and the Mediterranean basin. Obviously, these two sibling civilizations often clashed. But being so similar, they also borrowed, exchanged, and translated. In 1994, just after Huntington popularized the “clash” thesis, Lewis sought to distance himself from it. That year, he revised his classic 1964 book The Middle East and the West, and in the revision, “clash” became “encounter.” He told me later that he felt “clash” was “too harsh.” In 1996, when Huntington published The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, Lewis again kept his distance. He noted that “there have been great struggles between Christendom and Islam in the past” and that “there are still some on both sides who see world history in terms of a holy war between believers and unbelievers.” But this wasn’t fate: “A new era of peaceful coexistence is possible,” he announced. Lewis never denied coining the phrase “clash between civilizations,” but he meant it as a very partial description of the past and the present, and not as a prediction of the future. Still, Lewis also sensed that the resentment of the West simmered, and he was the first to conclude that it would take an increasingly Islamist form. As early as 1964, he thought it “obvious” that “Islamic movements alone are authentically Middle Eastern in inspiration…express[ing] the passions of the submerged masses of the population. Though they have all, so far, been defeated, they have not yet spoken their last word.” He returned to this theme in 1976, in his seminal article “The Return of Islam.” When Commentary published it, Western liberals and Arab nationalists ridiculed him. They’d pinned their hopes and reputations on the ever-onward progress of secular modernity. If Islam had “returned,” they had failed. Lewis didn’t have to wait long for vindication. He didn’t predict the Iranian Revolution three years later, but it enhanced his reputation for prescience. He struck again in 1998 on the pages of Foreign Affairs, where he analyzed the “declaration of jihad” of a little-known Saudi renegade named Osama bin Laden. Lewis again warned against complacency—to no avail. After 9/11, America listened to him precisely because he had heard Islamist extremist voices when no one took them seriously. Yet he always insisted that those voices didn’t speak for all of Islam: “Anyone with even a moderate knowledge of Islam knows that most Muslims are neither militant nor violent.” Bin Laden’s message was a « grotesque travesty of the nature of Islam and even of its doctrine of jihad. The Quran speaks of peace as well as of war. Martin Kramer
As an intellectual rival to Lewis, Said was hopelessly outgunned. As an academic ideologue, however, he proved the more talented figure. The genius of Orientalism was that it built an intellectual bridge between Middle East studies and the guilt attitudes commonly held by American liberals toward the issue of race in their own country. The cause of the problems in the Middle East, Said implied, lay in the bigotry of white men, for which Lewis’s claim—that a deep knowledge of history and culture was relevant to understanding present-day issues—was just a smokescreen. The essence of the story was the domination of brown people by white people. Said’s argument, such as it was, is often presented as one side in an ongoing war of ideas, but the real key to understanding its repercussions is to be found in the underlying emotions that it touched on and would later inflame. (…) Osama bin Laden, he argued, represented a politically significant development, one with deep roots in the history of the Middle East if not in Islam itself. Lewis was not saying that this was the only current in Islam, or necessarily the most authentic one. But the mere fact of his attributing popular legitimacy to it, as well as a connection to Islamic tradition, was enough to enrage men like my student’s father. To his ears, it sounded as if Lewis were tarring both him and his religion with the brush of terrorism. Many scholars working in Middle East studies in the United States, being themselves of Middle Eastern heritage, share similar emotions. Those who don’t share them are surrounded, professionally and socially, by people who do. Dissenters have thus been under heavy pressure to repudiate Lewis’s perspective and to produce analyses, instead, that put the blame for the ills of the Middle East on exogenous forces—specifically, on Western and/or Israeli policies. Modern Middle East studies has therefore become a field rife with pro-Muslim apologetics. In this sense, it is fair to say that although Lewis won the argument, Said won the crowd. Thanks to Said, insufferable blowhards who willfully obscure the difference between scholarship and politicking now run the field.(…)  The rising generation wanted as little connection with him as possible—at least in public. (…) As academia increasingly disavowed Lewis, the allure of Washington grew stronger. For a man who could effortlessly quote the verse of the 10th-century Arab poet al-Mutanabbi, Lewis also revealed a remarkable talent for talking with policymakers. He was always well briefed on current affairs. For four months of every year, he traveled to the Middle East. When back at Princeton, part of his daily routine was listening to Arab political broadcasts over shortwave radio. Having spent countless hours during World War II eavesdropping on Arab leaders’ telephone conversations and briefing British commanders about them, he had a very keen sense of the day-to-day realities of regional politics and of how to distill the essence for non-experts. Michael Doran
Lewis (…) had a major impact on US foreign policy, particularly under the presidency of George W. Bush. He briefed vice president Dick Cheney and defense secretary Donald Rumsfeld before the invasion of Iraq in 2003. His phrase, “the clash of civilizations,” was made famous by American political scientist Samuel Huntington, who argued that cultural and religious identities would be the primary source of conflict in the post-Cold War era. Lewis attributed the 9/11 attacks to a decaying Islamic civilization that enabled extremists such as al-Qaeda leader Osama bin Laden to conduct an international terrorist campaign. The solution to the growing problems of fundamentalist Islamic ideology was, in a word, democracy. “Either we bring them freedom, or they destroy us,” Lewis wrote. In many ways he was a modern-day prophet, although he was sometimes wrong and was often accused by his academic colleagues of being Eurocentric. “For some, I’m the towering genius,” Lewis told The Chronicle of Higher Education in 2012. “For others, I’m the devil incarnate.” He warned in 2006 that Iran had been working on a nuclear program for some 15 years. But he wrongly predicted that Iranian leader Mahmoud Ahmadinejad could be planning an apocalyptic attack, perhaps against Israel, on August 22, to coincide with Muhammad’s night flight to Jerusalem. As Israel deliberates again whether to recognize the Armenian Genocide, it is timely to recall that in the first editions of his well-known book, The Emergence of Modern Turkey, Lewis described that genocide as “the terrible holocaust of 1915, when a million and a half Armenians perished.” In later editions, he changed the text to “the terrible slaughter of 1915, when, according to estimates, more than a million Armenians perished, as well as an unknown number of Turks.” Critics accused him of “historical revisionism.” In a visit to The Jerusalem Post in 2007, the London- born Lewis eloquently discussed the situation in an interview with then-editor David Horovitz and reporter Tovah Lazaroff. He predicted that one way for Muslims to alleviate their growing rage would be “to win some large victories, which could happen. They seem to be about to take over Europe.” Lewis was asked what that meant for Jews in Europe. “The outlook for the Jewish communities in Europe is dim,” he replied. “Soon, the only pertinent question regarding Europe’s future will be, ‘Will it be an Islamized Europe or Europeanized Islam?’” In reviewing Lewis’s 2010 collection of essays – Faith and Power: Religion and Politics in the Middle East – Post International Edition editor Liat Collins pertinently noted a line of thought appearing throughout the essays was that the Western concept of separating church and state was not compatible with Islam. “The emergence of a population, many millions strong, of Muslims born and educated in Western Europe will have immense and unpredictable consequences for Europe, for Islam and for the relations between them,” Lewis wrote. Collins commented: “I don’t want to hear a ‘Told you so’ so much as an update in the wake of the current mass migration to Europe’s shores.” Although he didn’t get everything right – who can? – Collins added that his special touches are well-worth noting, such as this classic quotation: “In America one uses money to buy power, while in the Middle East, one uses power to acquire money.” Jerusalem Post
Bernard Lewis, a towering but controversial historian of Islam and the Middle East, died this week aged 101. Opinion will divide about the legacy of a learned and charming man who shamed many fellow academics with the grace and wit of his phrasemaking in more than two dozen books — was he principally a scholar or a propagandist. (…) He risks being remembered most for the 2003 Iraq war, by when he had become celebrity in-house historian to George W Bush’s US administration and ideological guru to the architects of the invasion. It was said in Washington at the time that Lewis had more influence on any administration than any academic since John F Kennedy’s era. Just as the “best and brightest” of JFK’s horn-rimmed Harvard types paved America’s path into the swamp of Vietnam, Lewis (from Princeton) furnished a veneer of respectability to a catastrophic venture.(…) His ascent as a public intellectual dated from his friendship, starting in the 1970s, with Senator Henry “Scoop” Jackson, founding father of what would later be called neoconservatism. Lewis’s early renown was as a scholar of the Ottoman Empire, his intellectual passion. He was the first westerner to be granted entry to the Ottoman imperial archives in 1950. His engagement with Islamic civilisation as a whole was really with its golden age, from the 8th to the 13th centuries. He consistently highlighted Turkish (and, to a degree, Persian) culture and achievement in a way that cast Arab culture in an inferior light. Writing about the failure of pan-Arabism, he was dismissive of the way European imperialism aborted the constitutional evolution of Arab politics. He did not highlight how the Ottomans (whose religious tolerance he rightly praised) enforced a ban on the Arabic printing press from the 15th to the 19th centuries to culturally stifle and subjugate their Arab territories. (…) Edward Said, the late Palestinian-American academic, identified Lewis as a manufacturer of the stereotypical myths the west used to justify dominance of the east. The two went at it hammer and tongs in 1982, in one of the most vehement intellectual disputes of the late 20th century. By the time of the 9/11 terror attacks in the US, Lewis was better known for polemic and pamphleteering, piling up inferences instead of deploying evidence, clearing a path to the self-righteous Bush administration mantra: “they hate us for our freedoms”. His earlier scholarly work dwells more on the gradual elimination of the cultural clearinghouses where civilisations meet, from Abbasid Baghdad, through Moorish Spain to the Ottoman Levant — none of which was destroyed by freedom-hating Muslims. By 1990, in his essay The Roots of Muslim Rage, he coined the phrase “clash of civilisations”, later popularised by Samuel Huntington. In the end it was the squibs more than the scholarship, untroubled by doubt or disquisition, which had more impact. It was common knowledge in the Bush White House that the president kept an annotated copy of a Lewis article with his briefing papers. The Financial Times
Avec la disparition, samedi 19 mai, à 101 ans, de Bernard Lewis, c’est toute une tradition d’érudition « orientaliste », mêlée à l’intervention passionnée dans le débat public, qui s’éteint. L’encre du savant est plus précieuse que le sang des polémistes et, malgré le bruit et la fureur qu’ont suscités ses prises de position, célébrées aujourd’hui de Benjamin Nétanyahou au secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, c’est son extraordinaire connaissance du monde islamique qui lui survivra. Auteur de plus de trente ouvrages – dont la plupart ont été traduits en français – couvrant des domaines qui vont de la civilisation arabe classique aux mouvements islamistes contemporains, en passant par l’histoire ottomane et turque, qui fut son thème de prédilection, Bernard Lewis était également un styliste à la plume acérée. Cela permit à son œuvre de trouver un rayonnement auprès d’un large public dans le monde entier, dépassant les cénacles académiques. (…) Politiquement conservateur, il allait rester, tout au long d’une existence qui se confondit avec le siècle écoulé, très attaché à la cause d’Israël. Traversant l’Atlantique après la fin de la seconde guerre mondiale, comme tant d’universitaires d’outre-Manche, pour y bénéficier des facilités exceptionnelles des campus américains, il rejoignit l’université de Princeton où, avec son collègue Charles Issawi, il fut le pilier du département des études du Proche-Orient – il deviendra, en 1982, citoyen des Etats-Unis. Sa sensibilité de droite – qui ne l’empêcha pas de mener, en France, un compagnonnage savant avec Maxime Rodinson, très engagé à gauche – ainsi que son engagement pour Israël lui ouvrirent l’accès aux cercles néoconservateurs qui élaborèrent la politique américaine au Moyen-Orient à l’époque du président George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001. Avec son collègue Fouad Ajami, disparu en 2014, il en fut la source et la caution savante, même s’il prit ses distances par la suite avec la catastrophe que constitua pour Washington l’occupation de l’Irak. En 1978, L’Orientalisme – le livre best-seller d’Edward Saïd, d’origine palestinienne et professeur de littérature comparée anglo-française à l’université Columbia – fit de Bernard Lewis sa cible principale. Cet ouvrage, qui a polarisé jusqu’à nos jours le champ disciplinaire des études sur le Moyen-Orient et a contribué à en faire un champ de ruines, lui reprochait d’avoir construit, dans la foulée d’une tradition d’auteurs européens remontant aux savants de la Description de l’Egypte de l’expédition de Bonaparte en 1799, la figure de « l’Oriental » comme un autre radical, assigné à une culture figée, dont la description visait à l’assujettir à la domination coloniale, puis impérialiste et sioniste. Cette incrimination globale fut l’acte fondateur des « post-colonial studies » qui dominent, depuis lors, les campus américains et touchent désormais les universités françaises. Par-delà les oppositions politiques entre les deux professeurs autour du conflit israélo-palestinien, où chacun s’était fait le champion de l’une des causes, le débat a ouvert des failles persistantes. Saïd a réduit le savoir livresque de Lewis à une machinerie lui permettant d’« essentialiser » les peuples arabes contemporains en ramenant leurs comportements politiques à des textes anciens imprégnés de tradition religieuse, leur déniant ainsi toute modernité. Il en découlera que seuls les indigènes seraient légitimes à produire du savoir sur eux-mêmes, au détriment des universitaires « néocoloniaux » toujours biaisés. C’est le fondement des procès en « islamophobie » intentés aux professeurs « blancs » par le parti des Indigènes de la République et leurs compagnons de route « racisés ». Lewis et ses disciples ont indéniablement tenu trop peu compte des sciences sociales et humaines, et négligé l’observation d’un terrain qui ne se réduit pas aux bibliothèques, dès lors que l’on veut rendre compte des sociétés contemporaines du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, voire de l’immigration de celles-ci vers l’Europe et ses banlieues. Mais l’hypercritique de Saïd et de ses épigones a invalidé la connaissance de la culture profonde – rendant impossible de comprendre par exemple les modalités du lien entre Al-Qaida ou l’organisation Etat islamique, les sermons salafistes et les Ecritures saintes de l’islam. Un enjeu dont on ne saurait sous-estimer l’importance et auquel l’université doit apporter, sous peine de discrédit, sa contribution savante. Le caractère entier de Bernard Lewis lui a valu un désamour spécifique en France : condamné par un tribunal pour des propos tenus dans les colonnes du Monde en 1993 et 1994, dont il a été jugé qu’ils relativisaient le génocide arménien, il a voué depuis lors aux gémonies un pays dont il connaissait intimement la culture… Mais, par-delà les polémiques politiques, par-delà les aspects aujourd’hui datés d’une épistémologie restée rétive aux sciences humaines, Bernard Lewis témoigne d’un temps où la connaissance des langues et des cultures de l’Orient était un préalable nécessaire à l’analyse de ses sociétés : c’est la leçon toujours actuelle que laisse l’érudit de Princeton au monde qu’il vient de quitter. Gilles Kepel
Inventeur de la théorie du « choc des civilisations », l’historien américain Bernard Lewis est décédé, lundi 21 mai, à l’âge de 101 ans. «Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétiennes », ce « choc de civilisation » entre « l’islam et la chrétienté » s’est poursuivi selon lui avec les croisades, la poussée puis le repli des Ottomans en Europe, et enfin à partir du XIXe siècle, par la domination « politique, économique et culturelle », coloniale ou non, de l’Occident sur le Moyen-Orient… Reprise sous une autre forme par son assistant au Conseil de sécurité nationale, Samuel Huntington (The Clash of Civilizations ?, article paru dans la revue Foreign Affairs en 1993, puis dans un livre paru en 1996) l’expression a connu un immense succès et n’a cessé, depuis, d’être défendue ou combattue par de nombreux autres chercheurs. Né à Londres en 1916 dans une famille juive, Bernard Lewis s’est passionné très tôt pour les langues – d’abord l’hébreu, puis l’araméen, l’arabe, le latin, le grec, le persan ou encore le turc – et l’histoire. Spécialiste de la Turquie, où il a vécu et travaillé plusieurs années, il commence à enseigner en 1974 à l’université de Princeton, dans le New Jersey. Proche des néo-conservateurs américains, revendiquant son rôle d’historien engagé, Bernard Lewis a régulièrement créé la polémique par ses prises de position. Convaincu de l’existence d’un antisémitisme spécifiquement musulman, il y voyait l’une des explications au blocage du processus de paix israélo-palestinien. Il a également contesté la réalité du génocide des Arméniens par les Turcs en 1915, apportant sa caution intellectuelle à la Turquie en affirmant que la thèse du génocide était « la version arménienne » de l’histoire. Il est finalement condamné en 1995, jugement condamné en appel l’année suivante. Parmi ses essais les plus récents, on peut citer : What Went Wrong ? en 2002 (traduction française : Que s’est-il passé ?, Gallimard), qui analyse les raisons du déclin du monde arabo-musulman, puis The Crisis of Islam en 2003 (traduction française : L’Islam en crise, Gallimard). En 2005, plusieurs de ses ouvrages et articles sont réédités, en français et en un seul volume, par les éditions Gallimard, dans la collection Quatro, sous le titre Islam. Une manière de découvrir l’essentiel de l’œuvre de cet auteur de vastes synthèses enjambant les siècles. La Croix
L’inventeur du «choc des civilisations» est enclin à décrypter l’actualité à la lumière du passé. Pour lui, cette formule qui a fait florès n’a de sens que religieux, celui de «l’affrontement de vérités universelles et exclusives». Dans l’affaire des caricatures de Mahomet, il rappelle que si la loi islamique (charia) a interdit les représentations du Prophète, c’est d’abord pour empêcher l’idolâtrie. L’insulte constitue certes une offense, mais la charia n’est censée s’appliquer qu’aux musulmans ou aux sujets d’un Etat musulman. «Elle ne s’est jamais étendue aux péchés commis par des non musulmans hors du monde musulman», souligne Bernard Lewis. Preuves de cette vieille indifférence, certains passages de L’Enfer de Dante ou des bas-reliefs sulfureux sur la façade de la cathédrale de Bologne. «L’explosion d’indignation «spontanée» a tout de même mis quatre mois à se produire, observe le professeur. Le moindre village disposait de drapeaux danois à brûler… Une affaire soigneusement préparée.» L’orientaliste américain voit la même manipulation idéologique derrière les attentats suicides. «En islam, le suicide est un péché mortel, rappelle-t-il. Celui qui le commet est promis à endurer sa mort sans fin en enfer, une éternité d’empoisonnement, d’asphyxie ou d’explosion…» Mais les radicaux ont décrété que c’était acceptable «si le kamikaze emportait avec lui assez d’ennemis. C’est une rupture absolue avec des siècles de tradition islamique», dit M. Lewis. Une telle dérive, il l’impute surtout au wahhabisme, secte «intolérante, violente et fanatique» qui est «à peu près aussi centrale au monde islamique que le Ku Klux Klan dans la chrétienté». Le professeur de Princeton est loin de prédire la prise de contrôle de l’islam par l’islamisme. Il croit au contraire que les forces démocratiques «progressent» dans le monde musulman. Nombre de principes de la démocratie (la consultation des sujets, la délégation contractuelle du pouvoir), sont déjà inscrits dans la tradition musulmane et moyen-orientale. Autant que les courants violents en Terre d’islam, ce sont les «faiblesses» de l’Occident que dénonce sans ambages Bernard Lewis. En Irak, une guerre dont il a approuvé le déclenchement, «j’ai sous-estimé notre capacité d’engendrer la défaite à partir de la victoire», déplore-t-il. «Nous offensons les Irakiens et nous les flattons en même temps.» Or, il n’y a qu’une politique à ses yeux face à l’insurrection : «La supprimer. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire à moitié.» Idem du Hamas dans les Territoires palestiniens : «Une organisation terroriste dangereuse qu’il faut traiter comme telle.» L’Iran ? «Je suis enclin à croire à la démence (du président) Ahmadinejad. Il semble vraiment convaincu de l’apocalypse qu’il annonce. Avec la bombe atomique, les Iraniens deviendraient d’une arrogance insoutenable. Ils ne l’utiliseraient pas dans des bombardements, mais plutôt dans des actions terroristes, sans préciser l’adresse de l’expéditeur.» Devant d’aussi grands dangers, l’universitaire, qui conseille parfois la Maison-Blanche, n’a qu’un mot d’ordre : «La fermeté.» Etrangement, Bernard Lewis ne fait pas crédit à l’Administration Bush des vertus dont elle se prévaut en la matière. «Nous sommes plus en 1938 qu’en 1940, plutôt dans l’ère Chamberlain que Churchill, estime le vieil homme. Nous allons de retraite en retraite.» Deux guerres ne lui suffisent pas ? Encore faudrait-il qu’elles soient gagnées. En Irak, «il est encore possible de sauver la situation», à en juger par les trois scrutins libres organisés en deux ans et par la participation des femmes au processus politique. Mais parallèlement, dans le chaos des attentats et des représailles, «nous instillons la peur et nous étalons nos hésitations», une double faute «psychologique», estime M. Lewis. Elle procède selon lui d’une erreur d’analyse centrale : «Dire que nous sommes en guerre contre le terrorisme, c’est comme dire que nous étions en guerre contre des avions et des sous-marins pendant la Seconde Guerre mondiale. Le terrorisme est une tactique, insiste-t-il. Ce n’est pas une cause et ce n’est pas un ennemi.» Autant pour Bush, dont la cible est camouflée derrière un acronyme non identifiable : Gwot, pour Global War on Terror (Guerre globale contre le terrorisme). A ce rythme, Bernard Lewis n’exclut pas un «scénario catastrophe» dans lequel «l’Occident et le monde musulman se détruiraient l’un l’autre, laissant la Chine et l’Inde dominer le XXIe siècle». Heureusement, le pire n’est pas sûr : avec un peu de chance, «des sociétés ouvertes réussiront à se développer et l’islam retrouvera sa juste place dans le monde». Le Figaro

C’est les ressemblances, imbécile !

« Choc de civilisation » entre « l’islam et la chrétienté »,  « antisémitisme spécifiquement musulman » comme « l’une des explications au blocage du processus de paix israélo-palestinien »,  « déclin du monde arabo-musulman » …

Y a-t-il, y compris sa contestation effectivement discutable de la réalité du génocide turc des chrétiens arméniens, assyriens et grecs et contre les mielleries si consensuelles d’un Edward Saïd, un sujet qui fâche auquel ne s’est pas confronté le passionné de « l’histoire de l’autre camp » qu’était Bernard Lewis ?

A l’heure où après en avoir repris en les déformant les saintes écritures, l’islam est sur le point de terminer le nettoyage ethnico-religieux du berceau des religions juive et chrétienne …
Et où, entre « Palestine« , « nakba« , « déclaration d’indépendance« , « Al Quds« , « Isa« ,  « mosquée El Aksa« , « al-Haram al-Ibrahimi« , « Mosquée Bilal ibn Rabahou« , « camp de concentration à ciel ouvert« , « génocide », « droit du retour » …
Les divers mouvements terroristes du Hamas, Hezbollah et Fatah poussent l’obsession jusqu’à mimer et reproduire, à la virgule près en une sorte de contre-sionisme systématique, les moindres détails de l’histoire de leur modèle-rival juif …
Avec la complicité active tant des instances onusiennes que des grands médias occidentaux dont une AFP déplorant hier encore la non-mort d’Israéliens et présentant comme « manifestants » des lanceurs de grenades et d’engins explosifs qui ont déjà détruit plus de 2500 hectares de terres agricoles …
Retour sur la disparition, passée comme celle de son plus fidèle disciple Fouad Ajami il y a quatre ans,  quasiment inaperçue en France sinon pour le dénigrer une dernière fois …
D’un véritable monument de l’islamologie du siècle …

Et sa probablement plus grande contribution aux sciences historiques confirmée plus tard par René Girard

A savoir que ce ne sont pas les différences mais justement leur effacement

Qui contrairement à ce que l’on continue à répéter mais comme en une de nos journaux on le vérifie désormais quotidiennement …

Génèrent les plus inextinguibles conflits entre civilisations comme entre individus…

 
Voir aussi:

Quand l’orientaliste Bernard Lewis s’interroge sur les faiblesses de l’Occident face à l’islamisme
Le Figaro
04/05/2006

Un déjeuner avec le professeur Bernard Lewis, c’est comme un rendez-vous sur les rives du Bosphore avec un orientaliste qui aurait connu personnellement le dernier sultan Mehmed VI, l’émir Ibn Séoud et Lawrence d’Arabie. Même à Washington, dans un salon de l’hôtel Hay-Adams en face de la Maison-Blanche, un parfum d’Orient et de Vieille Europe enveloppe les réflexions de ce vieux savant, juif né à Londres en 1916, devenu Américain en 1982 après une vie d’écriture et d’enseignement à Princeton. M. Lewis fêtera ses 90 ans le mois prochain : «Fêter n’est pas le mot juste», ironise cet esprit infatigable, qui a publié trois livres depuis le 11 septembre 2001 (1), dans la foulée d’une trentaine d’ouvrages majeurs. Historien réputé dans le monde entier, sa science est particulièrement recherchée dans l’Amérique de George W. Bush, aux prises avec une série de conflits orientaux, de l’Irak à l’Iran et à l’Afghanistan. Le professeur Lewis, qui n’a rien d’une «colombe», a été plusieurs fois invité à donner son avis à la Maison-Blanche. Jeudi, à l’initiative du Pew Forum for Religion & Public Life, il a partagé ses thèses avec un groupe de journalistes américains et l’envoyé du Figaro.

L’inventeur du «choc des civilisations» est enclin à décrypter l’actualité à la lumière du passé. Pour lui, cette formule qui a fait florès n’a de sens que religieux, celui de «l’affrontement de vérités universelles et exclusives». Dans l’affaire des caricatures de Mahomet, il rappelle que si la loi islamique (charia) a interdit les représentations du Prophète, c’est d’abord pour empêcher l’idolâtrie. L’insulte constitue certes une offense, mais la charia n’est censée s’appliquer qu’aux musulmans ou aux sujets d’un Etat musulman. «Elle ne s’est jamais étendue aux péchés commis par des non musulmans hors du monde musulman», souligne Bernard Lewis. Preuves de cette vieille indifférence, certains passages de L’Enfer de Dante ou des bas-reliefs sulfureux sur la façade de la cathédrale de Bologne. «L’explosion d’indignation «spontanée» a tout de même mis quatre mois à se produire, observe le professeur. Le moindre village disposait de drapeaux danois à brûler… Une affaire soigneusement préparée.»

L’orientaliste américain voit la même manipulation idéologique derrière les attentats suicides. «En islam, le suicide est un péché mortel, rappelle-t-il. Celui qui le commet est promis à endurer sa mort sans fin en enfer, une éternité d’empoisonnement, d’asphyxie ou d’explosion…» Mais les radicaux ont décrété que c’était acceptable «si le kamikaze emportait avec lui assez d’ennemis. C’est une rupture absolue avec des siècles de tradition islamique», dit M. Lewis. Une telle dérive, il l’impute surtout au wahhabisme, secte «intolérante, violente et fanatique» qui est «à peu près aussi centrale au monde islamique que le Ku Klux Klan dans la chrétienté». Le professeur de Princeton est loin de prédire la prise de contrôle de l’islam par l’islamisme. Il croit au contraire que les forces démocratiques «progressent» dans le monde musulman. Nombre de principes de la démocratie (la consultation des sujets, la délégation contractuelle du pouvoir), sont déjà inscrits dans la tradition musulmane et moyen-orientale.

Autant que les courants violents en Terre d’islam, ce sont les «faiblesses» de l’Occident que dénonce sans ambages Bernard Lewis. En Irak, une guerre dont il a approuvé le déclenchement, «j’ai sous-estimé notre capacité d’engendrer la défaite à partir de la victoire», déplore-t-il. «Nous offensons les Irakiens et nous les flattons en même temps.» Or, il n’y a qu’une politique à ses yeux face à l’insurrection : «La supprimer. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire à moitié.» Idem du Hamas dans les Territoires palestiniens : «Une organisation terroriste dangereuse qu’il faut traiter comme telle.» L’Iran ? «Je suis enclin à croire à la démence (du président) Ahmadinejad. Il semble vraiment convaincu de l’apocalypse qu’il annonce. Avec la bombe atomique, les Iraniens deviendraient d’une arrogance insoutenable. Ils ne l’utiliseraient pas dans des bombardements, mais plutôt dans des actions terroristes, sans préciser l’adresse de l’expéditeur.» Devant d’aussi grands dangers, l’universitaire, qui conseille parfois la Maison-Blanche, n’a qu’un mot d’ordre : «La fermeté.»

Etrangement, Bernard Lewis ne fait pas crédit à l’Administration Bush des vertus dont elle se prévaut en la matière. «Nous sommes plus en 1938 qu’en 1940, plutôt dans l’ère Chamberlain que Churchill, estime le vieil homme. Nous allons de retraite en retraite.» Deux guerres ne lui suffisent pas ? Encore faudrait-il qu’elles soient gagnées. En Irak, «il est encore possible de sauver la situation», à en juger par les trois scrutins libres organisés en deux ans et par la participation des femmes au processus politique. Mais parallèlement, dans le chaos des attentats et des représailles, «nous instillons la peur et nous étalons nos hésitations», une double faute «psychologique», estime M. Lewis. Elle procède selon lui d’une erreur d’analyse centrale : «Dire que nous sommes en guerre contre le terrorisme, c’est comme dire que nous étions en guerre contre des avions et des sous-marins pendant la Seconde Guerre mondiale. Le terrorisme est une tactique, insiste-t-il. Ce n’est pas une cause et ce n’est pas un ennemi.»

Autant pour Bush, dont la cible est camouflée derrière un acronyme non identifiable : Gwot, pour Global War on Terror (Guerre globale contre le terrorisme). A ce rythme, Bernard Lewis n’exclut pas un «scénario catastrophe» dans lequel «l’Occident et le monde musulman se détruiraient l’un l’autre, laissant la Chine et l’Inde dominer le XXIe siècle». Heureusement, le pire n’est pas sûr : avec un peu de chance, «des sociétés ouvertes réussiront à se développer et l’islam retrouvera sa juste place dans le monde».

* Correspondant du Figaro aux Etats-Unis.

(1) What Went Wrong, The Clash Between Islam and Modernity in the Middle East (2002) ; The Crisis of Islam, Holy War and Unholy Terror (2003) ; From Babel to Dragomans, Interpreting the Middle East (2004)

Voir également:

Seven Questions: Bernard Lewis on the Two Biggest Myths About Islam
He is one of the world’s foremost scholars of Islam and the Middle East. Bernard Lewis shares his thoughts on Iraq, “Islamofascism,” the roots of terrorism, and the two biggest misperceptions about the Muslim faith.
Foreign policy

August 20, 2008

From the Jan./Feb. 2008 issue of Foreign Policy: A World Without Islam, by Graham Fuller. Remove Islam from the path of history, and the world ends up exactly where it is today.

Foreign Policy: What do you see as the biggest misperception about Islam?

Bernard Lewis: Well, there are two. Sometimes one, sometimes the other, predominates. It depends when and where. I would call them the negative one and the positive one. The negative one sees Muslims as a collection of bloodthirsty barbarians offering people the choice of the Koran or the sword, and generally bringing tyranny and oppression wherever they go. And the other one is the exact opposite, what you might call the sanitized version, which presents Islam as a religion of love and peace, rather like the Quakers but without their aggressiveness. The truth is in its usual place, somewhere between the extremes.

FP: Do you believe in the clash of civilizations theory of Samuel P. Huntington, that the Islamic world and the West are destined to butt heads?

BL: Well, I dont go into destiny; Im a historian and I deal with the past. But I certainly think there is something in the clash of civilizations. What brought Islam and Christendom into conflict was not so much their differences as their resemblances. There are many religions in the world, but almost all of them are regional, local, ethnic, or whatever you choose to call it. Christianity and Islam are the only religions that claim universal truth. Christians and Muslims are the only people who claim they are the fortunate recipients of Gods final message to humanity, which it is their duty not to keep selfishly to themselveslike the Jews or the Hindus or the Buddhistsbut to bring to the rest of mankind, removing whatever obstacles there may be in the way.

So, we have two religions with a similar self-perception, a similar historical background, living side by side, and conflict becomes inevitable.

FP: You write in your chapter about radical Islam that most Muslims are not fundamentalists, and that most fundamentalists are not terrorists. Thats not self-evident to everyone, so can you just explain it a little further?

BL: Naturally we hear about the acts of terror. Nobody ever wrote a headline saying a million people went peacefully about their business yesterday and did nothing. Terrorism is very much the news of the moment and it is also the threat of the moment. It is a real menace, and I dont wish to understate that or diminish it in any way. But if one assumes that thats all there is to Islam, thats a grave mistake, because terrorism only comes from one brand of Islam, and even that one brand of Islam is not entirely committed to terrorism. But for a terrorist movement, you do need mass support.

FP: I noticed that you use the term Islamofascism in the conclusion of your book. That term has been hotly debated. What do you think? Is it harmful or useful?

BL: Well, I dont use it; I discuss it. I think one has to confront that this is a term that is used. I dont like it because its insulting to Muslims. They see it as insulting to link the name of their religion with the most detestable of all the European movements. Its useful in the sense that it does distinguish real Islam from Islamofascism, but I still feel that the connection is insulting, and I prefer to use the term radical Islam.

FP: A lot of analysts, and this is especially something you hear from political leaders in the Muslim world, say that Islam has nothing to do with terrorismthat these are completely separate issues. Is that a view that you subscribe to? Some people say that terrorism is largely caused by occupation or a response to U.S. policy, not Islam.

BL: Well, I cant subscribe to it since the terrorists themselves claim to be acting in the name of Islam. There was one Muslim leader who said, not long ago, that it is wrong to speak about Muslim terrorism, because if a man commits an act of terrorism, hes not a Muslim. Thats very nice, but that could also be interpreted as meaning that if a Muslim commits it, it doesnt count as terrorism.

When a large part of the Muslim world was under foreign rule, then you might say that terrorism was a result of imperialism, of imperial rule and occupation. But at the present time, almost the whole of the Muslim world has achieved its independence. They can no longer blame others for what goes wrong. They have to confront the realities of their own lives at home. A few places remain disputed, like Chechnya and Israel and some others, but these are relatively minor if youre talking about the Islamic world as a whole.

FP: Iraq, which used to be ruled by a Sunni ruler, is now being governed by Shiites. What does that mean in the context of Islamic history?

BL: I think it means a great deal. But what is important in Iraq is not that its being ruled by the Shiites, but that its being ruled by a democracy, by a free, elected government that faces a free opposition. It proves what is often disputed, that the development of democratic institutions in a Muslim Arab country is possible. A lot of people say, No, its impossible. It cant work. They cant do it. Well, its difficult, but its not impossible, and I think Iraq proves that. What is happening in Iraq I find profoundly encouraging. Of course, it is the ripple effect from Iraq that is causing alarm among all the tyrants that rule these countries [in the region]. If it works in Iraq, it could work elsewhere, and this is very disturbing [for tyrants].

FP: As someone who has spent so much time studying the Ottoman Empire, the history of Islam, and the region, is the future of Islam something that has a deep meaning to you personally? Where do you see the Muslim world headed in the next decade?

BL: Im not a religious person. But I find things that are good and encouraging. Islam over the last 14 centuries has brought dignity and meaning to millions of drab and impoverished lives. It has created a great civilization that has gone through several different phases in several different countries. It is now going through a major crisis, and it could go either way. It could descend into a fanatical tyranny, which would be devastating for Muslims and a threat to the rest of the world. Or they may succeed in developing their own brand of democracy. When we talk about the possibility of democracy in the Islamic world, it doesnt have to be our kind. Our kind results from our own history and institutions. Its not a universal model. They can, and I think will, develop their own brand of democracy, by which I mean limited, civilized, responsible government. And there are signs of that.

Bernard Lewis is professor emeritus at Princeton University and the author of dozens of books, most recently Islam: The Religion and the People (Upper Saddle River: Wharton School Publishing, 2008), coauthored with Buntzie Ellis Churchill.

Voir encore:

The Conflicted Legacy of Bernard Lewis
A Clash of Interpretations
Martin Kramer
Foreign Affairs
June 7, 2018

Bernard Lewis, historian of the Middle East, passed away on May 19, just shy of his 102nd birthday. No other person in our time has done as much to inform and influence the West’s view of the Islamic world and the Middle East. A long career of scholarship in the United Kingdom, followed by decades as a public intellectual in the United States, earned him readers across the globe. After the 9/11 attacks, he became a celebrity: “Osama bin Laden made me famous,” he admitted. The two short books he published after the terror strikes became New York Times bestsellers. Charlie Rose couldn’t get enough of him.

Regard for Lewis extended well beyond (and above) the general public. He was also known to be a valued interlocutor of Turkish and Jordanian statesmen, Iran’s last shah, Israeli prime ministers, and U.S. President George W. Bush and his team. Bush was even spotted carrying a marked-up copy of one of Lewis’ articles. As the “war on terror” and its Iraqi sequel unfolded and unraveled, he became the subject of magazine profiles and cover stories. Bernard Lewis knew the Middle East, and America thought it knew him.

Or did it? “For some, I’m the towering genius,” Lewis said in 2012. “For others, I’m the devil incarnate.” Despite having written 30-plus books (including a memoir) and hundreds of articles, and undertaken countless interviews, Lewis was widely misunderstood. Many of those misunderstandings, latent since he went silent a few years ago, reappeared in his obituaries, mixed with either admiration or vitriol.

Part of this is due to his sheer longevity. On 9/11, he was already 85 years old; he’d published his first book in 1940, over 60 years earlier. He was hardly obscure when he became “famous,” but his mass audience discovered him only during the last decade of his seven-decade career. For those like me who met him much earlier (I became his student at Princeton University in 1976), the latecomers seemed not to grasp the true significance or magnitude of his contribution.

It would take thousands of words to dispel the many myths about Lewis, from the crude ones (the “Lewis Plan” for dividing up the Middle East into statelets, or the “Lewis Doctrine” of “sowing” democracy by force), to the supposedly knowing ones (“Godfather of the Iraq War”). That needs to be done elsewhere, and in a pointed way. Here, let me flag three particularly salient misunderstandings, which arose not from malice, but from a failure to read widely and deeply in the great body of his work.

« LAST ORIENTALIST » OR PIONEER SCHOLAR?

The first is the belief that Lewis was an “Orientalist,” or even “the last Orientalist,” a title applied to him either as a term of abuse or as a badge of honor. This misconception was fostered by Lewis’ famous duel with the Palestinian American literary scholar Edward Said, whose 1978 manifesto, Orientalism, indicted Western “Orientalist” writers and scholars for purveying bigotry against Islam and the Arabs. Lewis rose to the defense of the scholars: it was they who undermined Europe’s medieval prejudice against Islam, by directly accessing and engaging original Islamic sources. Lewis maintained that this brand of scholarly Orientalism amounted to one of the nobler triumphs of the Enlightenment.

But in defending the Orientalists, Lewis wasn’t acting as one. Yes, Lewis had studied under a famed British Orientalist, Sir Hamilton Gibb. He knew the Orientalist canon intimately and had a gift for languages that would have been the envy of any philologist. But Lewis wasn’t “the last Orientalist.” (“The Orientalists have gone,” Lewis insisted.) He was the first real historian of the Middle East, considered a pioneer in applying the latest approaches in European social and economic history to the Middle Eastern past.

His highly readable studies on every period were chock-full of fascinating historical detail about day-to-day life, which he’d culled from indigenous sources. He was the first Westerner admitted to the Ottoman archives, and he was the first scholar to read the Islamic texts for earlier periods with a trained historian’s eye. (I can attest, as someone who once tended his 18,000-volume library, that he owned every significant Arabic, Persian, and Turkish chronicle.) Lewis, as a young don, criticized his Orientalist forebears for their insularity and called for “the integration of the history of Islam into the study of the general history of humanity.” No one did more than Lewis to advance this elusive goal.

Through his historical research, Lewis arrived at a crucial insight, which informed all his later writings. Islamic civilization in its “golden age” had all the prerequisites to make the leap to modernity before parochial Europe did. Yet it stagnated, then declined. “The rise of the West has been much studied,” he once noted, “but the waning of Islamic power has received little serious scholarly attention.” This would be his project, and in its pursuit, he reached an intriguing conclusion: the elites of the great Muslim empires, especially the Ottomans, were so certain of their own God-given superiority that they saw no reason ever to change. They discounted the steady rise of Europe, and by the time they got a fix on the problem, it was too late.

Thus began a desperate race to arrest the decline of the Muslim world and its eclipse by a dynamic Europe. There were many Western observers who pointed to the spreading rot. But Lewis revealed the Muslim point of view. Reform, modernization, nationalism, Islamism, terror—all these were strategies to restore to the Muslims some semblance of the power they had wielded for over a millennium and which they lost in just a few generations. Lewis’ biggest bestseller, What Went Wrong?, published just after 9/11, distilled his many findings on how Muslims had tried and failed to restore their world. Al Qaeda (and later the Islamic State, also known as ISIS), by seeking to reenact the seventh century, was the most desperate of these attempts to reverse history.

The question of decline preoccupied Lewis, because he knew its human cost. When he finished his PhD at the University of London in 1939, his country still ruled a quarter of humankind and almost a third of the world’s land mass. Then, just as he was on the brink of launching his career, his country went to war against an evil power that overran Europe and nearly destroyed Western civilization. In his city, London, 30,000 died in German bombings. “I went to shelters in the underground stations,” he recalled, “but I soon got tired of this and decided to stay in my bed and take my chances.”

After the war, the British Empire gradually dissolved, and Britain ceased to be great. Tout passe, tout casse, tout lasse (Everything passes, everything breaks, everything wearies): Lewis in old age was wont to repeat the French adage. He had witnessed firsthand the crumbling of a mighty empire, and he sought the underlying causes of decline in the example of Islam. Lewis’ later message to the United States, which had saved the West, was to warn against a repeat of the smug complacency that presaged the precipitate declines of Ottoman Islam and Britannia.

CLASH OR ENCOUNTER?

This brings us to a second misunderstanding. Lewis has been tagged as the father of the “clash of civilizations,” which Samuel Huntington borrowed (with acknowledgment) for his famous Foreign Affairs article of 1993. Lewis had used the phrase as early as 1957 to describe the deeper aspect of contemporary conflicts in the Middle East. (Better to “view the present discontents of the Middle East,” he wrote, “not as a conflict between states or nations, but as a clash between civilizations.”) He repeated the phrase in subsequent works, most famously in his 1990 article, “The Roots of Muslim Rage.”

Huntington, however, went further than Lewis, presenting the “clash” as a struggle among all the world’s civilizations, fueled by cultural differences. Lewis had something else in mind. He held that Islam and Christendom (later, the West) were unique rivals, not because of their differences but because they shared so much: the Greco-Roman legacy, Abrahamic monotheism, and the Mediterranean basin.

Obviously, these two sibling civilizations often clashed. But being so similar, they also borrowed, exchanged, and translated. In 1994, just after Huntington popularized the “clash” thesis, Lewis sought to distance himself from it. That year, he revised his classic 1964 book The Middle East and the West, and in the revision, “clash” became “encounter.” He told me later that he felt “clash” was “too harsh.”

In 1996, when Huntington published The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, Lewis again kept his distance. He noted that “there have been great struggles between Christendom and Islam in the past” and that “there are still some on both sides who see world history in terms of a holy war between believers and unbelievers.” But this wasn’t fate: “A new era of peaceful coexistence is possible,” he announced. Lewis never denied coining the phrase “clash between civilizations,” but he meant it as a very partial description of the past and the present, and not as a prediction of the future.

Still, Lewis also sensed that the resentment of the West simmered, and he was the first to conclude that it would take an increasingly Islamist form. As early as 1964, he thought it “obvious” that “Islamic movements alone are authentically Middle Eastern in inspiration…express[ing] the passions of the submerged masses of the population. Though they have all, so far, been defeated, they have not yet spoken their last word.” He returned to this theme in 1976, in his seminal article “The Return of Islam.” When Commentary published it, Western liberals and Arab nationalists ridiculed him. They’d pinned their hopes and reputations on the ever-onward progress of secular modernity. If Islam had “returned,” they had failed.

Lewis didn’t have to wait long for vindication. He didn’t predict the Iranian Revolution three years later, but it enhanced his reputation for prescience. He struck again in 1998 on the pages of Foreign Affairs, where he analyzed the “declaration of jihad” of a little-known Saudi renegade named Osama bin Laden. Lewis again warned against complacency—to no avail.

After 9/11, America listened to him precisely because he had heard Islamist extremist voices when no one took them seriously. Yet he always insisted that those voices didn’t speak for all of Islam: “Anyone with even a moderate knowledge of Islam knows that most Muslims are neither militant nor violent.” Bin Laden’s message was a « grotesque travesty of the nature of Islam and even of its doctrine of jihad. The Quran speaks of peace as well as of war.”

IN CONTEMPT OR GOOD FAITH?

The third misunderstanding is the notion that Lewis held “the Arabs” in contempt. After his death, some Twitter feeds sputtered words supposedly said by Lewis to Dick Cheney when he was vice president: “I believe that one of the things you’ve got to do to Arabs is hit them between the eyes with a big stick. They respect power.”

The only source for this “quote” was the former National Security Adviser Brent Scowcroft, who speculated to a journalist on what Lewis might have said behind closed doors. In fact, no one ever heard Lewis say any such thing. But beyond fake quotes, there has persisted the idea, planted first by Said, that Lewis’ work was “very close to being propaganda against his subject material.” (Presumably, the reference is to the Arabs. In regard to the Turks, Lewis’ critics sometimes claimed he propagandized for them.) Another academic, Richard Bulliet, claimed that Lewis was “a person who does not like the people he is purporting to have expertise about. He doesn’t respect them.”

If this were true, there is no credible explanation as to why, for all the years I knew Lewis, his staunchest friends included prominent Arab scholars. At Princeton, Lewis’ closest colleague was the Egyptian-born economic historian Charles Issawi, his exact contemporary and a man of vast learning. Their erudite and recondite banter induced awe. When the “Orientalism” controversy broke, Issawi stood with Lewis. (“We should be eternally grateful to the Orientalists,” Issawi told an interviewer, “who taught us so much.”) Issawi often closely tracked the ideas of Lewis, as in a 1986 lecture (later published) entitled, “The Clash of Cultures in the Middle East.” Lewis and Issawi disagreed over Israel and Palestine. But in an affectionate tribute to Issawi, Lewis wrote that “our agreements have not strengthened nor our disagreements weakened our friendship.”

It was at Princeton that Lewis first met the Lebanese-born Fouad Ajami, half his age at the time, who gradually became a disciple. It was Ajami who wrote paeans to Lewis on special occasions and spoke movingly at events celebrating him. Ajami attested to “deep reservoirs of reverence felt for [Lewis] in many Muslim and Arab lands…. Countless Arab and Iranian and Turkish readers…know that he has not come to the material of their history driven by bad faith, or a desire for dominion.” Lewis, in turn, dedicated a book to Ajami, “in appreciation of his scholarship, friendship, and courage.” Together they founded an academic association of Middle Eastern studies, meant as a platform for dissenting views.

And while some Arabs thought Lewis too “Zionist,” others valued him precisely for his rapport with Israeli leaders. In 1971, the Egyptian statesman Tahseen Bashir, acting at the behest of President Anwar Sadat, asked Lewis to inform Israeli Prime Minister Golda Meir of Egypt’s interest in peace. Lewis not only conveyed the message from one friend to another, he endorsed it. (Meir rejected the overture; war followed two years later.) Lewis also always combined visits to Israel with stops in Jordan, where King Hussein and then Crown Prince Hassan hosted him. “I had a personal relationship with the royal family,” wrote Lewis, who made Amman his base in the Arab world. He certainly didn’t believe that Israelis and Arabs were doomed to “clash,” and he supported the Oslo Accords (although he later admitted it was a mistake to imagine Palestinian leader Yasir Arafat abandoning terrorism).

It was Lewis’ Arab friends who persuaded him, however improbably, that the Arab peoples were primed for democracy, beginning in Iraq. During the long Cold War, when the Arabs were subjected to Stalinist-style dictatorships, Lewis saw the present as a simple continuum of “the authoritarianism, perhaps we may even say the totalitarianism, of the Islamic political tradition.” But the fall of the Soviet Union invigorated democracy movements everywhere. Were the Arabs truly exceptions? Iraqis came to Lewis and told him they weren’t, and Lewis was primed to believe them. He had entered a last and hopeful phase, of desiring to see the Arabs partake of the bounty of democracy.

Consider, for example, his penultimate contribution to Foreign Affairs. In his 2005 essay, “Freedom and Justice in the Modern Middle East,” Lewis denied that dictatorship constituted “the immemorial way” of the Arabs. It was “simply untrue. It shows ignorance of the Arab past, contempt for the Arab present, and unconcern for the Arab future.” Dictatorships were “very alien to the foundations of Islamic civilization. There are older rules and traditions on which the peoples of the Middle East can build.”

It’s debatable, and probably always will be. But in making the case, beginning with Iraq, Lewis wasn’t propagandizing against his subject. To the contrary, he was arguing that there was nothing so exceptional about the Arabs or Islam that would exclude them from the shared future of humankind. “The Middle East is a region of great, ancient civilizations with talented and ingenious people,” he announced in 2002, “and I have no doubt at all that they can create free societies.” This wasn’t a well-grounded analysis, akin to his prescient read of Islamism. It was a closing prophecy, meant to resolve the contradictions in Lewis’ double devotion to Islam and the West.

The questions that Lewis posed, and the answers that he gave, are still at the center of our politics, which is why his death produced such an outpouring of passions, for and against him. But now he is himself a subject in history. Lewis has given us guidelines for assessing him. “The historian must strive to achieve as great a degree of objectivity as possible,” he wrote. “No man can be entirely detached from the events of the time in which he lived…. The scholar, however, will not give way to his prejudices. He will recognize them, control them, allow for them, and by a process of intellectual self-discipline reduce their working to a minimum.”

Whether Bernard Lewis approximated this ideal is a legitimate question. But it can be answered fairly only by rising to his standard.

Voir aussi:

With the Death of Bernard Lewis, the Age of Academic Giants Has Come to an End

Professional study of Middle East history now belongs to incompetents and political agitators.

Observation
Michael Doran
June 6 2018
About the author
Michael Doran, a senior fellow at the Hudson Institute and the author of Ike’s Gamble: America’s Rise to Dominance in the Middle East (2016), is a former deputy assistant secretary of defense and a former senior director of the National Security Council.
By then I had met any number of extremely accomplished people, but never anyone quite like him. Lewis was a genius, by which I mean not just that he was extremely intelligent but that he possessed dazzling and unique intellectual gifts. He knew somewhere between ten and fifteen languages. The ones that mattered most to him professionally—Arabic, Hebrew, Farsi, modern Turkish, Ottoman Turkish, French, and German—he knew extremely well. He also had a photographic memory.Near-perfect recall is an impressive instrument, though it entails its own peculiar complications. One day, Lewis handed me a manuscript of his new book, The Middle East: A Brief History of the Last 2,000 Years. He asked me to proofread it and to be on the lookout, especially, for repetitions—not just within the text but also between it and his other publications. Edward Said, the author of Orientalism and Lewis’s nemesis and bête noire, had accused him of “recycling old notes.” Lewis had no wish to turn Said into a truth-teller.No sooner had I begun my work than I discovered a passage that had appeared, verbatim, in an article written by Lewis some two decades earlier. Was Said correct, then, and was Lewis cutting and pasting from earlier work? This I knew to be false. Lewis didn’t write books in the conventional sense of the word “write.” He would collect primary sources, organize them into manila folders—a separate one dedicated to each chapter in the book under construction. Then he would sit comfortably in the chair at his desk and speak into the Dictaphone. Out they would flow—perfectly formed sentences. Uninterrupted by so much as an “uh” or an “umm,” they would soon turn into neat paragraphs, and the paragraphs would grow into chapters. A light editing after dictation was sometimes all it took to ready the material for publication. If Lewis sometimes repeated himself verbatim, it was because ideas that he had formulated over the years were simply engraved in granite in his mind.At our next meeting, I showed Lewis the repeated passage. He turned beet red and quickly changed the subject. When on a later occasion I tried to discuss the subject of his phenomenal recall, it was plain my questions irritated him. So I never broached the topic again—but I did once ask if he’d ever experienced writer’s block. “Rarely,” he said. “However, I am occasionally at a loss for the right word.” He had a method for overcoming this ordeal. “I draw myself a hot bath, ease down into the water, put my head back and relax. And then it comes to me.”To call him prolific is an understatement. Wikipedia’s list of his books runs to 33 titles ranging across all periods of Islamic history. The list, however, is incomplete. Among the omissions is Days in Denmark, a lighthearted guidebook published in 1950 under the pseudonym Louis Bernard; alongside its voluminous information and advice, the book pokes fun at the foibles of the Danes. I’d discovered it by chance one day while puttering around in his study. After skimming through it, marveling as I read, I brought it to him fully expecting a show of pride at his command of so offbeat a subject. To my surprise, he was unforthcoming.“You even know Danish?” I asked, brandishing the book.“Where did you find that?”“Over there on the shelf. Did you work on Denmark during the war?” (He had served in British intelligence.)“No.”“What prompted you to learn Danish?”

“Personal reasons,” he said, taking the book from my hand. The conversation, he made clear, was over. I would subsequently learn that his wife had been Danish, and that the marriage had ended unhappily.

Actually, Lewis’s guide to Denmark points to the grand theme of his career: cross-cultural perception, misperception, and conflict. This subject came naturally to him, and was never far from his mind even in the unlikeliest-seeming contexts. One such context that I’ll never forget involved his reaction to a California jury’s notorious verdict of not-guilty in the O.J. Simpson murder trial. For the purposes of an upcoming speech, and prompted by the uproar over the verdict, Lewis was intending to relate an anecdote drawn from the memoirs of a judge in Ireland, a certain McGillicuddy. Would I go to the library, he asked, and hunt down the book to double-check the accuracy of the quote?

Lewis explained what he was looking for. McGillicuddy had served on the bench before Ireland received its independence. With the British ruling the country, Irish Catholic juries were notoriously reluctant to convict Irish Catholic defendants, no matter how damning the evidence. McGillicuddy was outraged when, at a murder trial over which he presided, the jury returned a verdict of not-guilty for a man who was patently guilty. Unable to bring himself to pronounce the prescribed formula for setting free an exonerated defendant—“You have been found innocent by a jury of your peers. You leave this courtroom with no stain on your record”—McGillicuddy, Lewis recollected, revised it to fit the circumstances: “You have been found innocent by an Irish jury. You leave this courtroom with no other stain on your record.”

Off to the library I went. I scoured the stacks and all the relevant databases, but with no luck. No research library in North America had a copy of McGillicuddy’s memoirs. Lewis had read the passage when studying law in the mid-1930s, and recalled it verbatim a half-century later.

Total recall, command of sources, mastery of hard languages—these are indeed powerful tools. I’ve encountered other scholars who’ve possessed them, but they often tend to be hopeless pedants, capable of boring you to tears in five languages. Not so Lewis. He yoked his innate intellectual gifts to a powerful analytic intelligence and expressed the result in lively and urbane prose.

Memory plus languages plus analysis plus talent for expression—this was the magical combination that put him in a class all his own. But that, too, was by no means the end of it. His lectures and his writing always had a point: a big, significant thesis into which even an anecdote plucked from a half-century-old book on a different subject would take on special meaning.

In the 1950s, in the archives of the Ottoman empire in Istanbul, Lewis had found the grand cross-cultural story worthy of his prodigious talents. As one of the first Western historians to gain access to the empire’s official records, he also belonged to a very small fraternity of non-Turkish scholars who had truly mastered the Ottoman language. His archival research allowed Lewis to examine the practical strategies that the last great Muslim empire adopted to contend with the rise of the West.

European expansion was an old story, but Lewis had a new take: how that expansion looked from the heartlands of the Middle East. His research in Istanbul, which in the first instance yielded The Emergence of Modern Turkey, also shaped his thinking in general, and in a way that some commentators on his work have missed: it gave him a particular perspective on modern history.

Nationalism sometimes fosters a shallow intellectual culture, but among the Turks, furtively before World War I and openly thereafter, it generated an original and sophisticated literature. The Ottoman empire was a multiethnic, Islamic polity. To become nationalists, the Turks had to think themselves out of traditional categories and entirely reconceive their history, culture, and politics. This intellectual enterprise, massive and multi-generational, culminated in Kemalism, the ideology associated with Mustafa Kemal Ataturk, the founder of modern Turkey.

Anyone curious about the influence of Kemalism on Lewis can compare The Rise of Modern Turkey with The Development of Secularism in Turkey, a masterful history written by Niyazi Berkes, the leading Turkish scholar of the day. Lewis and Berkes, the comparison will immediately reveal, are close cousins.

But this is hardly to deny the uniqueness of Lewis’s own take on the Turkish national story. With his inimitable panache, he placed it in the broadest possible context, presenting it as it was in itself but also as a chapter in a world-historical drama: the interaction as a whole between the Middle East and the West.

At the center of Lewis’s story is Islam—its nature, power, and persistence. As the men who ran the Ottoman empire and its successor states sought to modernize their societies, they continually butted heads with the champions of traditional society, who expressed their own values and aspirations in an Islamic idiom. This led Lewis to be on the lookout for possible recrudescences of anti-Western Islamic movements. So armed, he was able to identify important political developments significantly in advance of other experts.

Two essays stand out for their prescience in this regard. “The Return of Islam,” published in Commentary in 1976, identified Islamic-based politics as a rising trend—three years before the Iranian revolution that toppled the shah and brought to power the rule of the ayatollahs. Two decades later, in “License to Kill,” published in Foreign Affairs in 1998, he drew attention to Osama bin Laden’s call for jihad against America—three years before 9/11.

It is impossible to exaggerate how hostile the academic field of modern Middle East studies was to these two essays—or to the author of the large corpus of historical research out of which they grew. This hostility was spearheaded by Edward Said in Orientalism (1978). Taking aim directly at Lewis, the book depicted the scholarly tradition of which Lewis was the leading figure as, in its essence, a highfalutin cover for Western prejudice—a learned justification for Western imperialism and Israeli expansionism.

As an intellectual rival to Lewis, Said was hopelessly outgunned. As an academic ideologue, however, he proved the more talented figure. The genius of Orientalism was that it built an intellectual bridge between Middle East studies and the guilt attitudes commonly held by American liberals toward the issue of race in their own country. The cause of the problems in the Middle East, Said implied, lay in the bigotry of white men, for which Lewis’s claim—that a deep knowledge of history and culture was relevant to understanding present-day issues—was just a smokescreen. The essence of the story was the domination of brown people by white people.

Said’s argument, such as it was, is often presented as one side in an ongoing war of ideas, but the real key to understanding its repercussions is to be found in the underlying emotions that it touched on and would later inflame. Consider, for example, a Muslim student of mine, a son of immigrants to the United States, with whom I held hours of solemn conversation in the immediate aftermath of 9/11. (I was working at the time as a professor.) The student unburdened himself to me about the emotional turmoil into which Osama bin Laden’s attacks had thrown his family.

His parents were barely on speaking terms. His father was enraged—at America and at Americans. Before the 9/11 attacks, the father had been just another colleague at work; afterward, he suddenly became the Muslim colleague. He felt unfairly singled out by his non-Muslim co-workers. Some of them became distant, while others insistently asked him to explain Osama bin Laden as if being Muslim gave him special insight into the arch-terrorist’s motivations.

My student’s mother, meanwhile, had the polar opposite reaction. If her husband felt falsely accused, she felt genuinely implicated by bin Laden’s crimes. Overcome with a sense of shame, she grew visibly depressed, staying in bed to avoid going out in public.

As my student’s home became an unhappy place, and as he tried to sort through his own complex feelings, he also found himself unable to talk about these matters with his Muslim friends. They were simply too close to the problem. So he’d come to me instead.

Now consider what Bernard Lewis’s books, articles, and interviews were telling Americans at this same time. Osama bin Laden, he argued, represented a politically significant development, one with deep roots in the history of the Middle East if not in Islam itself. Lewis was not saying that this was the only current in Islam, or necessarily the most authentic one. But the mere fact of his attributing popular legitimacy to it, as well as a connection to Islamic tradition, was enough to enrage men like my student’s father. To his ears, it sounded as if Lewis were tarring both him and his religion with the brush of terrorism.

Many scholars working in Middle East studies in the United States, being themselves of Middle Eastern heritage, share similar emotions. Those who don’t share them are surrounded, professionally and socially, by people who do. Dissenters have thus been under heavy pressure to repudiate Lewis’s perspective and to produce analyses, instead, that put the blame for the ills of the Middle East on exogenous forces—specifically, on Western and/or Israeli policies.

Modern Middle East studies has therefore become a field rife with pro-Muslim apologetics. In this sense, it is fair to say that although Lewis won the argument, Said won the crowd. Thanks to Said, insufferable blowhards who willfully obscure the difference between scholarship and politicking now run the field.

Indeed, by the time I got to know Lewis in the mid-1990s, the ground had already shifted. The rising generation wanted as little connection with him as possible—at least in public. Young academics on the make, some of them his own students, recognized that search committees for coveted jobs would often include an aging curmudgeon who still respected Lewis. To disarm and mollify these older types, they would kiss up to Lewis and ask for recommendations even while denigrating him to their peers.

Out of a sense of professional responsibility, and also because he was loyal to a fault, Lewis would produce the requested recommendations. He recognized rank careerism for what it was, but was he aware of the depth of duplicity being displayed by individuals who owed their careers to him? Of that I’m not so sure.

As academia increasingly disavowed Lewis, the allure of Washington grew stronger. For a man who could effortlessly quote the verse of the 10th-century Arab poet al-Mutanabbi, Lewis also revealed a remarkable talent for talking with policymakers. He was always well briefed on current affairs. For four months of every year, he traveled to the Middle East. When back at Princeton, part of his daily routine was listening to Arab political broadcasts over shortwave radio. Having spent countless hours during World War II eavesdropping on Arab leaders’ telephone conversations and briefing British commanders about them, he had a very keen sense of the day-to-day realities of regional politics and of how to distill the essence for non-experts.

Truth be told, however, he was more an analyst than an implementer, and he was not especially gifted at formulating policy. Nevertheless, in the aftermath of 9/11, he allowed himself to be drawn into the debate over the Iraq war, which he supported. Looking back on it now, I wish he had played the role of grand old man of Middle East analysis rather than becoming, as he did, an intellectual icon for policymakers. I even suggested to him once, over a late-night scotch, that he might remain aloof, issuing Delphic statements that kept him above the fray. “At my age,” he responded, “what difference does it make?” I had no response. He was playing a significant role in the world, in a way usually denied to people in the second half of their ninth decade. And he’d earned the right.

Bernard Lewis was a loyal friend and a scholarly legend. The sadness at his passing only grows as one is forced to acknowledge that the age of academic giants has now definitively come to an end. The professional study of Middle East history now belongs to the heirs of Edward Said—to, that is, intellectual pygmies.

Have I closed on a word, and an image, unpardonably “Orientalist” and “colonialist”? I certainly hope so.

Voir également:

Bernard Lewis

Lewis attributed the 9/11 attacks to a decaying Islamic civilization.

 JPost Editorial
May 23, 2018

Lewis, who will be buried at the Trumpeldor Cemetery in Tel Aviv on Thursday, had a major impact on US foreign policy, particularly under the presidency of George W. Bush. He briefed vice president Dick Cheney and defense secretary Donald Rumsfeld before the invasion of Iraq in 2003. His phrase, “the clash of civilizations,” was made famous by American political scientist Samuel Huntington, who argued that cultural and religious identities would be the primary source of conflict in the post-Cold War era.

Lewis attributed the 9/11 attacks to a decaying Islamic civilization that enabled extremists such as al-Qaeda leader Osama bin Laden to conduct an international terrorist campaign. The solution to the growing problems of fundamentalist Islamic ideology was, in a word, democracy. “Either we bring them freedom, or they destroy us,” Lewis wrote. In many ways he was a modern-day prophet, although he was sometimes wrong and was often accused by his academic colleagues of being Eurocentric. “For some, I’m the towering genius,” Lewis told The Chronicle of Higher Education in 2012. “For others, I’m the devil incarnate.”

He warned in 2006 that Iran had been working on a nuclear program for some 15 years. But he wrongly predicted that Iranian leader Mahmoud Ahmadinejad could be planning an apocalyptic attack, perhaps against Israel, on August 22, to coincide with Muhammad’s night flight to Jerusalem.

As Israel deliberates again whether to recognize the Armenian Genocide, it is timely to recall that in the first editions of his well-known book, The Emergence of Modern Turkey, Lewis described that genocide as “the terrible holocaust of 1915, when a million and a half Armenians perished.” In later editions, he changed the text to “the terrible slaughter of 1915, when, according to estimates, more than a million Armenians perished, as well as an unknown number of Turks.” Critics accused him of “historical revisionism.”

In a visit to The Jerusalem Post in 2007, the London- born Lewis eloquently discussed the situation in an interview with then-editor David Horovitz and reporter Tovah Lazaroff. He predicted that one way for Muslims to alleviate their growing rage would be “to win some large victories, which could happen. They seem to be about to take over Europe.”

Lewis was asked what that meant for Jews in Europe.

“The outlook for the Jewish communities in Europe is dim,” he replied. “Soon, the only pertinent question regarding Europe’s future will be, ‘Will it be an Islamized Europe or Europeanized Islam?’” In reviewing Lewis’s 2010 collection of essays – Faith and Power: Religion and Politics in the Middle East – Post International Edition editor Liat Collins pertinently noted a line of thought appearing throughout the essays was that the Western concept of separating church and state was not compatible with Islam.

“The emergence of a population, many millions strong, of Muslims born and educated in Western Europe will have immense and unpredictable consequences for Europe, for Islam and for the relations between them,” Lewis wrote. Collins commented: “I don’t want to hear a ‘Told you so’ so much as an update in the wake of the current mass migration to Europe’s shores.” Although he didn’t get everything right – who can? – Collins added that his special touches are well-worth noting, such as this classic quotation: “In America one uses money to buy power, while in the Middle East, one uses power to acquire money.”

“Bernard Lewis was one of the great scholars of Islam and the Middle East in our time,” Prime Minister Benjamin Netanyahu said, recalling the wide-ranging conversations Lewis had with his late father and fellow historian, Prof. Benzion Netanyahu. “We will be forever grateful for his robust defense of Israel.”

Most importantly, Lewis helped improve the world’s understanding of Islam and the Arab world. Still today it is difficult to predict how events in the Middle East will play out. His scholarship will live on but his voice will be missed.

Voir encore:

Bernard Lewis, historian of the Middle East, 1916-2018

Originator of ‘clash of civilisations’ phrase, influential in George W Bush’s White House

Bernard Lewis, a towering but controversial historian of Islam and the Middle East, died this week aged 101. Opinion will divide about the legacy of a learned and charming man who shamed many fellow academics with the grace and wit of his phrasemaking in more than two dozen books — was he principally a scholar or a propagandist. He left an indelible mark, over a long career in which he rarely seemed to change his mind or modulate his pithy opinions on what made his chosen region tick.

He risks being remembered most for the 2003 Iraq war, by when he had become celebrity in-house historian to George W Bush’s US administration and ideological guru to thearchitects of the invasion . It was said in Washington at the time that Lewis had more influence on any administration than any academic since John F Kennedy’s era. Just as the “best and brightest” of JFK’s horn-rimmed Harvard types paved America’s path into the swamp of Vietnam, Lewis (from Princeton) furnished a veneer of respectability to a catastrophic venture.

Born in London in 1916, Lewis was a spectacular linguist, mastering not just Arabic, Hebrew, Persian and Turkish, but Latin, Greek and Aramaic as well. After studies at the School of Oriental and African Studies in London, he served in British intelligence during the second world war. He returned to an academic career at SOAS, moving to Princeton in 1974, subsequently becoming a naturalised US citizen. His ascent as a public intellectual dated from his friendship, starting in the 1970s, with Senator Henry “Scoop” Jackson, founding father of what would later be called neoconservatism.

Lewis’s early renown was as a scholar of the Ottoman Empire, his intellectual passion. He was the first westerner to be granted entry to the Ottoman imperial archives in 1950. His engagement with Islamic civilisation as a whole was really with its golden age, from the 8th to the 13th centuries. He consistently highlighted Turkish (and, to a degree, Persian) culture and achievement in a way that cast Arab culture in an inferior light.

Writing about the failure of pan-Arabism, he was dismissive of the way European imperialism aborted the constitutional evolution of Arab politics. He did not highlight how the Ottomans (whose religious tolerance he rightly praised) enforced a ban on the Arabic printing press from the 15th to the 19th centuries to culturally stifle and subjugate their Arab territories.

It is often said that Lewis’s view of the Arabs came about because after the creation of the state of Israel in 1948 it became difficult for him, as a Jew, to research in Arab countries. Yet his famous The Arabs in History, which appeared first in 1950, is already disdainful of Arab achievement after the golden age. The same man who knew how Europe relied on Arabic medical textbooks well into the Renaissance, wrote that “the camel is the supreme technological innovation of the Middle East”. According to Avi Shlaim, emeritus professor of international relations at Oxford university, Lewis’s view was: “There are only two intelligent, competent, and reliable countries in the Middle East — Turkey and Israel — and the US should base its policy towards the entire region on these two allies.”

Edward Said, the late Palestinian-American academic, identified Lewis as a manufacturer of the stereotypical myths the west used to justify dominance of the east. The two went at it hammer and tongs in 1982, in one of the most vehement intellectual disputes of the late 20th century.

By the time of the 9/11 terror attacks in the US, Lewis was better known for polemic and pamphleteering, piling up inferences instead of deploying evidence, clearing a path to the self-righteous Bush administration mantra: “they hate us for our freedoms”.

His earlier scholarly work dwells more on the gradual elimination of the cultural clearinghouses where civilisations meet, from Abbasid Baghdad, through Moorish Spain to the Ottoman Levant — none of which was destroyed by freedom-hating Muslims. By 1990, in his essay The Roots of Muslim Rage, he coined the phrase “clash of civilisations”, later popularised by Samuel Huntington. In the end it was the squibs more than the scholarship, untroubled by doubt or disquisition, which had more impact . It was common knowledge in the Bush White House that the president kept an annotated copy of a Lewis article with his briefing papers.

He is survived by his partner, Buntzie Ellis Churchill, his son Michael and daughter Melanie.

Voir par ailleurs:

L’historien anglo-américain Bernard Lewis est mort

Spécialiste du monde musulman, l’auteur de « Que s’est-il passé? L’Islam, l’Occident et la modernité » s’est éteint samedi 19 mai, à 101 ans.

Gilles Kepel (Professeur à l’Université Paris Sciences et Lettres, dirige la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’Ecole normale supérieure)

Le Monde

Avec la disparition, samedi 19 mai, à 101 ans, de Bernard Lewis, c’est toute une tradition d’érudition « orientaliste », mêlée à l’intervention passionnée dans le débat public, qui s’éteint. L’encre du savant est plus précieuse que le sang des polémistes et, malgré le bruit et la fureur qu’ont suscités ses prises de position, célébrées aujourd’hui de Benjamin Nétanyahou au secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, c’est son extraordinaire connaissance du monde islamique qui lui survivra.

Auteur de plus de trente ouvrages – dont la plupart ont été traduits en français – couvrant des domaines qui vont de la civilisation arabe classique aux mouvements islamistes contemporains, en passant par l’histoire ottomane et turque, qui fut son thème de prédilection, Bernard Lewis était également un styliste à la plume acérée. Cela permit à son œuvre de trouver un rayonnement auprès d’un large public dans le monde entier, dépassant les cénacles académiques.

Né britannique, dans une famille juive, le 31 mai 1916, durant la première guerre mondiale, il apprit, enfant, l’hébreu des prières et découvrit un jour qu’il s’agissait d’une langue. Celle-ci lui ouvrit la voie de l’araméen, puis de l’arabe, et sa curiosité l’amena au persan, à l’ottoman ancien et au turc moderne. Cette extraordinaire maîtrise linguistique lui permit de pénétrer au plus profond les cultures de l’Orient, qu’il lisait dans le texte et citait à profusion.

Caution savante pour George W. Bush

Politiquement conservateur, il allait rester, tout au long d’une existence qui se confondit avec le siècle écoulé, très attaché à la cause d’Israël. Traversant l’Atlantique après la fin de la seconde guerre mondiale, comme tant d’universitaires d’outre-Manche, pour y bénéficier des facilités exceptionnelles des campus américains, il rejoignit l’université de Princeton où, avec son collègue Charles Issawi, il fut le pilier du département des études du Proche-Orient – il deviendra, en 1982, citoyen des Etats-Unis.

Sa sensibilité de droite – qui ne l’empêcha pas de mener, en France, un compagnonnage savant avec Maxime Rodinson, très engagé à gauche – ainsi que son engagement pour Israël lui ouvrirent l’accès aux cercles néoconservateurs qui élaborèrent la politique américaine au Moyen-Orient à l’époque du président George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001. Avec son collègue Fouad Ajami, disparu en 2014, il en fut la source et la caution savante, même s’il prit ses distances par la suite avec la catastrophe que constitua pour Washington l’occupation de l’Irak.

En 1978, L’Orientalisme – le livre best-seller d’Edward Saïd, d’origine palestinienne et professeur de littérature comparée anglo-française à l’université Columbia – fit de Bernard Lewis sa cible principale. Cet ouvrage, qui a polarisé jusqu’à nos jours le champ disciplinaire des études sur le Moyen-Orient et a contribué à en faire un champ de ruines, lui reprochait d’avoir construit, dans la foulée d’une tradition d’auteurs européens remontant aux savants de la Description de l’Egypte de l’expédition de Bonaparte en 1799, la figure de « l’Oriental » comme un autre radical, assigné à une culture figée, dont la description visait à l’assujettir à la domination coloniale, puis impérialiste et sioniste.

Le désamour de la France

Cette incrimination globale fut l’acte fondateur des « post-colonial studies » qui dominent, depuis lors, les campus américains et touchent désormais les universités françaises. Par-delà les oppositions politiques entre les deux professeurs autour du conflit israélo-palestinien, où chacun s’était fait le champion de l’une des causes, le débat a ouvert des failles persistantes. Saïd a réduit le savoir livresque de Lewis à une machinerie lui permettant d’« essentialiser » les peuples arabes contemporains en ramenant leurs comportements politiques à des textes anciens imprégnés de tradition religieuse, leur déniant ainsi toute modernité. Il en découlera que seuls les indigènes seraient légitimes à produire du savoir sur eux-mêmes, au détriment des universitaires « néocoloniaux » toujours biaisés. C’est le fondement des procès en « islamophobie » intentés aux professeurs « blancs » par le parti des Indigènes de la République et leurs compagnons de route « racisés ».

Lewis et ses disciples ont indéniablement tenu trop peu compte des sciences sociales et humaines, et négligé l’observation d’un terrain qui ne se réduit pas aux bibliothèques, dès lors que l’on veut rendre compte des sociétés contemporaines du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, voire de l’immigration de celles-ci vers l’Europe et ses banlieues. Mais l’hypercritique de Saïd et de ses épigones a invalidé la connaissance de la culture profonde – rendant impossible de comprendre par exemple les modalités du lien entre Al-Qaida ou l’organisation Etat islamique, les sermons salafistes et les Ecritures saintes de l’islam. Un enjeu dont on ne saurait sous-estimer l’importance et auquel l’université doit apporter, sous peine de discrédit, sa contribution savante.

Le caractère entier de Bernard Lewis lui a valu un désamour spécifique en France : condamné par un tribunal pour des propos tenus dans les colonnes du Monde en 1993 et 1994, dont il a été jugé qu’ils relativisaient le génocide arménien, il a voué depuis lors aux gémonies un pays dont il connaissait intimement la culture…

Mais, par-delà les polémiques politiques, par-delà les aspects aujourd’hui datés d’une épistémologie restée rétive aux sciences humaines, Bernard Lewis témoigne d’un temps où la connaissance des langues et des cultures de l’Orient était un préalable nécessaire à l’analyse de ses sociétés : c’est la leçon toujours actuelle que laisse l’érudit de Princeton au monde qu’il vient de quitter.

Voir enfin:

Proche des néo-conservateurs américains, revendiquant son rôle d’historien engagé, l’historien britannique Bernard Lewis a régulièrement créé la polémique par ses prises de position.

Inventeur de la théorie du « choc des civilisations », l’historien américain Bernard Lewis est décédé, lundi 21 mai, à l’âge de 101 ans.

« Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétiennes », ce « choc de civilisation » entre « l’islam et la chrétienté » s’est poursuivi selon lui avec les croisades, la poussée puis le repli des Ottomans en Europe, et enfin à partir du XIXe siècle, par la domination « politique, économique et culturelle », coloniale ou non, de l’Occident sur le Moyen-Orient… Reprise sous une autre forme par son assistant au Conseil de sécurité nationale, Samuel Huntington (The Clash of Civilizations ?, article paru dans la revue Foreign Affairs en 1993, puis dans un livre paru en 1996) l’expression a connu un immense succès et n’a cessé, depuis, d’être défendue ou combattue par de nombreux autres chercheurs.

Passionné de langue et d’histoire

Né à Londres en 1916 dans une famille juive, Bernard Lewis s’est passionné très tôt pour les langues – d’abord l’hébreu, puis l’araméen, l’arabe, le latin, le grec, le persan ou encore le turc – et l’histoire. Spécialiste de la Turquie, où il a vécu et travaillé plusieurs années, il commence à enseigner en 1974 à l’université de Princeton, dans le New Jersey.

Proche des néo-conservateurs américains, revendiquant son rôle d’historien engagé, Bernard Lewis a régulièrement créé la polémique par ses prises de position. Convaincu de l’existence d’un antisémitisme spécifiquement musulman, il y voyait l’une des explications au blocage du processus de paix israélo-palestinien. Il a également contesté la réalité du génocide des Arméniens par les Turcs en 1915, apportant sa caution intellectuelle à la Turquie en affirmant que la thèse du génocide était « la version arménienne » de l’histoire. Il est finalement condamné en 1995, jugement condamné en appel l’année suivante.

Son œuvre rééditée en France

Parmi ses essais les plus récents, on peut citer : What Went Wrong ? en 2002 (traduction française : Que s’est-il passé ?, Gallimard), qui analyse les raisons du déclin du monde arabo-musulman, puis The Crisis of Islam en 2003 (traduction française : L’Islam en crise, Gallimard).

En 2005, plusieurs de ses ouvrages et articles sont réédités, en français et en un seul volume, par les éditions Gallimard, dans la collection Quatro, sous le titre Islam. Une manière de découvrir l’essentiel de l’œuvre de cet auteur de vastes synthèses enjambant les siècles.

« Pour certains, je suis un génie immense. Pour d’autres, je suis le diable incarné », déclarait-il dans un entretien accordé en 2012 au Chronicle of Higher Education.

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Terrorisme: Cet islam qui tue (Unsafe at any speed: why after decades and tens of thousands of wrongful deaths and injuries should we let Islam Inc. brazenly play on with our safety ?)

24 mars, 2018
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Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. Ce, parce qu’ils ont désobéi à Allah et à Son messager. Le Coran (8: 12-13)
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Aujourd’hui, en Occident, nous faisons montre d’une certaine réticence à engager toute notre force militaire dans une guerre pour ne pas être taxés d’impérialisme; nous hésitons même à garantir nos frontières pour ne pas paraitre racistes. Ne voulant non plus paraitre xénophobes, nous faisons, également, preuve d’une réticence certaine à demander l’assimilation des nouveaux immigrés. Nous souffrons de voir l’enseignement donner la primauté à la civilisation occidentale : foin de la suprématie! L’Occident, de nos jours, vit sur la défensive, et, pour assurer la légitimité de ses sociétés actuelles, doit constamment se dissocier des péchés de son passé, tels le racisme, l’exploitation économique, l’impérialisme, etc. Son manque d’assurance empêche l’Ouest de voir les Palestiniens tels qu’ils sont. Il vaut mieux les voir tels qu’ils se présentent eux-mêmes, en peuple « occupé », privé de sa souveraineté et de sa simple dignité humaine par un pays de colonisateurs occidentaux et blancs. L’Occident ne voulant pas être qualifié de raciste, ne s’oppose donc pas à cette caractérisation « néo-coloniale ». Notre problème d’Occidentaux se comprend et s’explique : nous ne voulons pas perdre plus de notre autorité morale. Nous choisissons donc de fermer les yeux et d’ignorer par exemple que ce ne sont pas des doléances légitimes qui poussent les Palestiniens ainsi qu’une grande partie du Moyen-Orient au militantisme et à la guerre, mais bien un sentiment d’infériorité intériorisé. Que les Palestiniens se trouvent comblés en devenant une nation souveraine et indépendante avec une capacité nucléaire en sus, cela ne les empêchera pas de se réveiller le lendemain toujours hantés par ce sentiment d’infériorité. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, l’homme s’évalue maintenant par sa modernité. Et la haine est le moyen le plus rapide pour masquer son infériorité. Le problème, « ce sont les autres et pas moi! ». Victimisé, j’atteins une grandeur morale et humaine. Peu importe l’intelligence et la modernité de mon ennemi, à moi l’innocence qui caractérise les victimes. Même pauvre, mes mains restent propres. Mon sous- développement et ma pauvreté témoignent de ma supériorité morale, alors que la richesse de mon ennemi est la preuve de son inhumanité. En d’autres termes, ma haine remplace mon amour-propre. Ce qui expliquerait pourquoi Yasser Arafat a rejeté l’offre d’Ehud Barak à « Camp David » en l’an 2000, alors que ce dernier offrait au premier plus de 90% des exigences des Palestiniens. Accepter cette offre aurait signifié renoncer à la haine, à sa consolation et à sa signification profonde. Les Palestiniens et par extension, la plupart des Musulmans auraient été forcés de se confronter à leur infériorité à l’égard de la modernité. Arafat savait fort bien que, sans la haine vis à vis des Juifs, le monde musulman perdrait la cohésion qui le définit. Il a donc dit non à la paix. Que ce soit dans les banlieues de Paris et de Londres, à Kaboul ou Karachi, dans le quartier du Queens à New York ou bien à Gaza, cette réticence du monde musulman, cette attirance pour les consolations qu’offre la haine, représentent l’un des plus graves problèmes du monde actuel. Si le monde musulman ne peut se définir par sa ferveur pour la haine, celle-ci est bien devenue sa drogue, son opium qui le console de sa concurrence avec l’Occident, un Occident qui, impuissant face à ce problème difficile à résoudre, ne trouve rien de mieux que de réprimander Israël en le prenant comme bouc-émissaire. Ainsi s’exprime notre propre vulnérabilité. Shelby Steele
Avec l’aide de Dieu, ce sommet marquera le début de la fin pour ceux qui pratiquent la terreur et répandent leur vile croyance. Les leaders religieux doivent être très clairs là-dessus: la barbarie n’apportera aucune gloire, l’adoration du mal ne vous apportera aucune dignité. Si vous choisissez le chemin de la terreur, votre vie sera vide, votre vie sera courte et votre âme sera condamnée à l’enfer. Chaque pays de cette région a un devoir absolu de s’assurer que les terroristes ne trouvent aucun abri sur leur sol. Cela veut dire affronter honnêtement la crise de l’extrémisme islamique et les groupes terroristes islamiques qu’il inspire. Et cela veut dire aussi se dresser ensemble contre le meurtre d’innocents musulmans, l’oppression des femmes, la persécution des juifs, et le massacre des chrétiens. Un meilleur futur n’est possible que si vos nations se débarrassent du terrorisme et des extrémistes. Jetez les dehors. Jetez-les hors de vos lieux de culte. Jetez-les hors de vos communautés. Jetez-les hors de vos terres saintes, et jetez-les hors de cette terre. Donald Trump
As the six-week trial revealed, the Palestinian Authority provided backing for terrorists—and continues to do so today. Palestinian military and intelligence officials, Mr. Yalowitz calculated, spend $50 million a year to keep terrorists on the payroll while they are held in Israeli jails. The Palestinian government also awards “martyr payments” to the families of suicide bombers. Monday’s verdict comes as something of a vindication for the family of Leon Klinghoffer, the wheelchair-bound American who in 1985 was murdered by Palestine Liberation Organization terrorists aboard the hijacked Italian cruise liner Achille Lauro. The Klinghoffer family filed a lawsuit, but U.S. federal courts had no jurisdiction over acts of terrorism outside the country. The case was dropped, and the PLO settled with the Klinghoffers out of court for an undisclosed sum in 1997. The 1992 Anti-Terrorism Act provides federal courts “with an explicit grant of jurisdiction over international terrorism” and a private right of action for “any national of the United States injured in his or her person, property, or business by reason of an act of international terrorism.” The act also has the virtue of allowing American citizens to assign blame for supporting terrorism, even if politicians are reluctant to do so. Jessica Kasmer-Jacob
Les événements dont nous sommes témoins sont la conséquence prévisible de décennies de propagande, d’une part, et de laxisme, de l’autre. Un affrontement est imminent à l’échelle mondiale. L’avancée rapide des mouvements terroristes, qui tuent dans des buts à la fois politiques et religieux, est en train de provoquer des vocations chez un nombre effarant de jeunes. Chaque attentat procure aux islamistes une publicité effrénée qui fait rêver beaucoup d’adolescents, partout dans le monde. Qui peut leur faire comprendre qu’ils sont exploités quand ils acceptent de se transformer en bombes humaines? (…) En 2005, un ancien directeur de la CIA évaluait les sommes dépensées par l’Arabie saoudite en prosélytisme wahhabite dans le monde, à 90 milliards de dollars. Ceci, sans compter l’argent versé à des organisations terroristes, comme celle de Ben Laden à ses débuts, ou celui utilisé pour tenter de déstabiliser d’autres pays, influer sur leurs élections et acheter leurs politiciens. Ce n’est pas grand-chose pour la dynastie saoudienne, qui exporte, chaque jour, 10 millions de barils de pétrole brut. Cela lui procurait 1,5 milliard de dollars par jour quand le baril était à 150 dollars (en 2014). Maintenant que le baril est à 50 dollars, elle encaisse 500 millions par jour. Et elle laisse le peuple saoudien dans la pauvreté. Depuis les années 2000, d’autres pays financent l’islamisme dans le monde, notamment le Qatar qui tire d’énormes revenus de l’exportation de son gaz naturel. (…) Les islamistes, comme Ben Laden et Baghdadi, sont francs et vous montrent le couteau. Les islamistes «polis» enveloppent des lames de rasoir dans des gâteaux à la crème. (…) Daech a promis de faire du Vatican une mosquée, de prendre la Maison-Blanche et de remplir de sang les rues de Paris et de Londres. Pour atteindre ce but, tous les moyens sont bons. L’immigration illégale en masse est, peut-être, l’un de ces moyens. Les islamistes «polis» disent aussi qu’ils prendront l’Europe, par la conquête démographique et les conversions. Mais dans quelle mesure ces conversions sont-elles volontaires, quand on sait la pression morale et financière qui s’exerce dans certains quartiers? Des dons appelés «aumônes» sont offerts aux convertis, aux prédicateurs et aux femmes qui acceptent de se voiler. Il n’y a pas de liberté quand il y a de l’argent. Il n’y en a pas non plus quand il y a une propagande phénoménale, surtout sur les réseaux sociaux. Lina Murr Nehmé
Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultra-puritain dont se nourrit Daesh. (…)  L’Arabie saoudite est un Daesh qui a réussi. Le déni de l’Occident face à ce pays est frappant: on salue cette théocratie comme un allié et on fait mine de ne pas voir qu’elle est le principal mécène idéologique de la culture islamiste. Les nouvelles générations extrémistes du monde dit « arabe » ne sont pas nées djihadistes. Elles ont été biberonnées par la Fatwa Valley, espèce de Vatican islamiste avec une vaste industrie produisant théologiens, lois religieuses, livres et politiques éditoriales et médiatiques agressives. (…) Il faut vivre dans le monde musulman pour comprendre l’immense pouvoir de transformation des chaines TV religieuses sur la société par le biais de ses maillons faibles : les ménages, les femmes, les milieux ruraux. La culture islamiste est aujourd’hui généralisée dans beaucoup de pays — Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Egypte, Mali, Mauritanie. On y retrouve des milliers de journaux et des chaines de télévision islamistes (comme Echourouk et Iqra), ainsi que des clergés qui imposent leur vision unique du monde, de la tradition et des vêtements à la fois dans l’espace public, sur les textes de lois et sur les rites d’une société qu’ils considèrent comme contaminée. Il faut lire certains journaux islamistes et leurs réactions aux attaques de Paris. On y parle de l’Occident comme site de « pays impies »; les attentats sont la conséquence d’attaques contre l’Islam ; les musulmans et les arabes sont devenus les ennemis des laïcs et des juifs. On y joue sur l’affect de la question palestinienne, le viol de l’Irak et le souvenir du trauma colonial pour emballer les masses avec un discours messianique. Alors que ce discours impose son signifiant aux espaces sociaux, en haut, les pouvoirs politiques présentent leurs condoléances à la France et dénoncent un crime contre l’humanité. Une situation de schizophrénie totale, parallèle au déni de l’Occident face à l’Arabie Saoudite. Ceci laisse sceptique sur les déclarations tonitruantes des démocraties occidentales quant à la nécessité de lutter contre le terrorisme. Cette soi-disant guerre est myope car elle s’attaque à l’effet plutôt qu’à la cause. Daesh étant une culture avant d’être une milice, comment empêcher les générations futures de basculer dans le djihadisme alors qu’on n’a pas épuisé l’effet de la Fatwa Valley, de ses clergés, de sa culture et de son immense industrie éditoriale?  Kamel Daoud
Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. François Hollande (janvier 2012, Le Bourget)
Without TV coverage, the revolutions would never have assumed such proportions. When people followed the revolutions, to what extent did they use the Internet, versus the extent to which they watched them on the TV channels, which gave them continuous coverage? Clearly, there is no comparison…The best proof [of the impact of] the TV channels is that any popular activity that they do not cover, in any country, will die before it can get off the ground. Some Arab countries are currently seeing… protests and the beginnings of a revolution, but these [events] are not getting the necessary TV coverage, because of the focus on the escalating revolution in Libya. As a result, [these protests] will not gain much momentum… but will fade away and be forgotten. Some might argue that the images broadcast on the satellite channels were often taken from the Internet. That is true, but had the [channels] not repeatedly aired these images, their impact would have remained limited. I have yet to hear any [protesters]… complain of insufficient coverage of their activity on the Internet or on Facebook. But [some protesters are] very angry at the satellite channels, which, they claim, are not giving their activity the necessary media coverage… It is [the satellite channels] that truly fuel the revolutions – with image and sound, which remain more powerful than any other weapon… It is no exaggeration to say that one TV report on a certain country has an impact equal to that of all the websites visited by all the Arabs put together – so much so that [activists] have sometimes said, ‘Let’s postpone our protest, because some satellite channel is busy covering another revolution’…  Al-Sharq (Qatar,  March 13, 2011)
J’ai été très impressionnée par l’ouverture de ce pays. Par l’accueil, aussi, sans a priori. J’ai été frappée par l’ouverture, encore une fois, j’insiste, du Qatar.  Ségolène Royal
Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. Des négociations réussies entre Européens et Iraniens renforceraient la position de l’Europe et de l’Iran sur la scène internationale… C’est inimaginable que l’on soit dans une telle nasse, dans une telle impasse. Il est de l’intérêt de tous de sortir de cette crise. Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang (sep. 2006)
Quels sont les grands leaders du monde aujourd’hui ? Le président Xi, le président Poutine – on peut être d’accord ou pas, mais c’est un leader –, le grand prince Mohammed Ben Salman. Et que seraient aujourd’hui les Emirats sans le leadership de MBZ ? (…)  Ce matin, j’ai rencontré le prince héritier MBZ. Est-ce que vous croyez qu’on construit un pays comme ça, en deux ans ? Ici, en cinquante ans, vous avez construit un des pays les plus modernes qui soient. La question du leadership est centrale. La réussite du modèle émirien est sans doute l’exemple le plus important pour nous, pour l’ensemble du monde. J’ai été le chef de l’Etat qui a signé le contrat du Louvre à Abou Dhabi. J’y ai mis toute mon énergie. MBZ y a mis toute sa vision. On a mis dix ans ! En allant vite ! Sauf que MBZ est toujours là… Et moi ça fait six ans que je suis parti.  Nicolas Sarkozy


Islam: pourquoi les constructeurs peuvent encore jouer tranquillement avec notre sécurité

Au lendemain d’un énième attentat islamique

Et la mort ce matin d’un énième véritable héros

Mais surtout après un bilan qui depuis les années 70 dépasse les 20 000 morts et les 50 000 blessés …

Comment ne pas se poser la seule question qui vaille …

A savoir …

Et si à coup de centaines de procès à la Nader

On attaquait enfin la famille Saoud et leurs petits camarades du golfe

Comme de l’autre côté leurs ennemis perses …

Pour défaut majeur de conception et de fabrication …

Pour le produit frelaté

Qu’en toute connaissance de cause et depuis des décennies …

Ils continuent à déverser à coup de milliards (de nos dollars du pétrole) sur le reste du monde ?

Startling maps show every terrorist attack worldwide over the last 20 years

On October 31, New York saw the deadliest terrorist attack since September 11, 2001, when 29-year-old Sayfullo Saipov drove a truck down a bike lane, killing eight people and injuring more than a dozen.With fears of attacks around the world at a high, Carnegie Mellon researchers teamed up with Robert Muggah, a global security expert and director of the think tank Igarapé Institute, to visualize terror risks from a bird’s-eye view.

Together, they created Earth TimeLapse, an interactive platform that relies on data from the Global Terrorism Database to create maps of how many terrorism-related deaths occur annually worldwide. The larger the red circle, the more deaths in a given attack.

The project mapped attacks between 1997 and 2016 — here’s what 20 years of that data looks like.

1997: Suicide bombings in Israel killed more than a dozen people and injured more than 150. Bombings also took place in Sri Lanka and Egypt. A shooting took place in India, killing 23 and injuring 31.

1997: Suicide bombings in Israel killed more than a dozen people and injured more than 150. Bombings also took place in Sri Lanka and Egypt. A shooting took place in India, killing 23 and injuring 31. Earth TimeLapse

1998: The greatest losses of life due to terrorist activity came in Kenya and Tanzania. Members of Al-Qaeda bombed two US embassies, killing more than 200 and injuring over 4,000.

1998: The greatest losses of life due to terrorist activity came in Kenya and Tanzania. Members of Al-Qaeda bombed two US embassies, killing more than 200 and injuring over 4,000. Earth TimeLapse

1999: The worst activity occurred in the southwestern Dagestan region in Russia, just west of Kazakhstan. A series of bombings struck apartment buildings, killing nearly 300 and injuring more than 1,000. Debates still swirl about whether Chechen separatists carried out the attacks, or whether the Russian government staged them to foster support for electing Vladimir Putin.

1999: The worst activity occurred in the southwestern Dagestan region in Russia, just west of Kazakhstan. A series of bombings struck apartment buildings, killing nearly 300 and injuring more than 1,000. Debates still swirl about whether Chechen separatists carried out the attacks, or whether the Russian government staged them to foster support for electing Vladimir Putin. Earth TimeLapse

2000: The turn of the millennium was a relatively peaceful year. The world made it until December 30 before the first major attack: a wave of bombings in the Philippines that killed 22 and injured roughly 100.

2000: The turn of the millennium was a relatively peaceful year. The world made it until December 30 before the first major attack: a wave of bombings in the Philippines that killed 22 and injured roughly 100. Earth TimeLapse

2001: September 11, 2001 marked the US’ greatest loss of life from a foreign attack in the country’s history. More than 2,700 people were killed in the attacks on New York City’s Twin Towers. About 300 of those were firefighters and emergency responders.

2001: September 11, 2001 marked the US' greatest loss of life from a foreign attack in the country's history. More than 2,700 people were killed in the attacks on New York City's Twin Towers. About 300 of those were firefighters and emergency responders. Earth TimeLapse

2002: The year saw a consistent bundle of activity in Israel and South America. Sniper attacks in the mid-Atlantic region of the US killed 17 people and injured 10.

2002: The year saw a consistent bundle of activity in Israel and South America. Sniper attacks in the mid-Atlantic region of the US killed 17 people and injured 10. Earth TimeLapse

2003: Bombings spiked somewhat as attacks took place in Russia, Morocco, and Israel. As the Iraq War began, suicide bombings started to become more common around the country.

2003: Bombings spiked somewhat as attacks took place in Russia, Morocco, and Israel. As the Iraq War began, suicide bombings started to become more common around the country. Earth TimeLapse

2004: In March, the world witnessed the Madrid train bombings, which killed nearly 200 people and injured over 2,000. Attacks also proliferated in Iraq and Pakistan. The Taliban and Al-Qaeda were responsible for many of the attacks in Europe and the Middle East at this time.

2004: In March, the world witnessed the Madrid train bombings, which killed nearly 200 people and injured over 2,000. Attacks also proliferated in Iraq and Pakistan. The Taliban and Al-Qaeda were responsible for many of the attacks in Europe and the Middle East at this time. Earth TimeLapse

2005: Early in the year, the Iraqi city of Hillah experienced a devastating car bombing that took 127 lives and injured hundreds more. Later that July, four suicide bombers blew up a London bus. It killed more than 50 people and injured 700.

2005: Early in the year, the Iraqi city of Hillah experienced a devastating car bombing that took 127 lives and injured hundreds more. Later that July, four suicide bombers blew up a London bus. It killed more than 50 people and injured 700. Earth TimeLapse

2006: Unrest in the Middle East continued to produce monthly terror attacks in Iraq, Afghanistan, and Pakistan. In July, pressure-cooker bombs on a Mumbai train led to hundreds of deaths and injuries.

2006: Unrest in the Middle East continued to produce monthly terror attacks in Iraq, Afghanistan, and Pakistan. In July, pressure-cooker bombs on a Mumbai train led to hundreds of deaths and injuries. Earth TimeLapse

2007: Dual bombings in outdoor Iraqi markets took place in the first two months of the year. Then in August, a series of car-bomb attacks killed 800 people and injured 1,500. It’s the second-deadliest terror attack behind September 11.

2007: Dual bombings in outdoor Iraqi markets took place in the first two months of the year. Then in August, a series of car-bomb attacks killed 800 people and injured 1,500. It's the second-deadliest terror attack behind September 11. Earth TimeLapse

2008: A coordinated series of shootings took place in Mumbai in late November. Hundreds were killed and injured. Some terrorists relied on guns, while others planted an estimated eight bombs around the city.

2008: A coordinated series of shootings took place in Mumbai in late November. Hundreds were killed and injured. Some terrorists relied on guns, while others planted an estimated eight bombs around the city. Earth TimeLapse

2009: The first half of the year saw relatively little activity, but in the second half, Iraq and India fell victim to suicide bombings and shootings. Car bombings killed hundreds in Iraq and Pakistan in October of that year.

2009: The first half of the year saw relatively little activity, but in the second half, Iraq and India fell victim to suicide bombings and shootings. Car bombings killed hundreds in Iraq and Pakistan in October of that year. Earth TimeLapse

2010: The worst activity occurred in Pakistan, due primarily to suicide bombings. More than 500 people were injured over a span of three days in September, all due to bombings.

2010: The worst activity occurred in Pakistan, due primarily to suicide bombings. More than 500 people were injured over a span of three days in September, all due to bombings. Earth TimeLapse

2011: A particularly bloody year. Pakistan and India made up the bulk of the terrorist activity, while east Africa and South America also faced conflict.

2011: A particularly bloody year. Pakistan and India made up the bulk of the terrorist activity, while east Africa and South America also faced conflict. Earth TimeLapse

2012: With the Iraq War mostly over, new sources of conflict crossed the western border into Syria. Damascus and Aleppo became hotbeds for terrorist activity.

2012: With the Iraq War mostly over, new sources of conflict crossed the western border into Syria. Damascus and Aleppo became hotbeds for terrorist activity. Earth TimeLapse

2013: Conflict intensified in these Middle Eastern countries, with car bombings in Damascus in February claiming roughly 80 lives and injuring 250 people. The Boston Marathon bombings in April killed five and wounded more than 200.

2013: Conflict intensified in these Middle Eastern countries, with car bombings in Damascus in February claiming roughly 80 lives and injuring 250 people. The Boston Marathon bombings in April killed five and wounded more than 200. Earth TimeLapse

2014: Boko Haram attacks in Nigeria led to the deaths of more than 200 people and an unknown number of injuries in March, as well as hundreds more throughout the rest of the year. ISIS continued to ravage Syria and Iraq.

2014: Boko Haram attacks in Nigeria led to the deaths of more than 200 people and an unknown number of injuries in March, as well as hundreds more throughout the rest of the year. ISIS continued to ravage Syria and Iraq. Earth TimeLapse

2015: Unrest in Nigeria and Cameroon led to thousands of deaths when Boko Haram forces opened fire on civilians. Bombings in Turkey and Yemen also produced hundreds of deaths. In December, shooters claiming allegiance with the Islamic State killed a dozen people and wounded two dozen in San Bernardino, California.

2015: Unrest in Nigeria and Cameroon led to thousands of deaths when Boko Haram forces opened fire on civilians. Bombings in Turkey and Yemen also produced hundreds of deaths. In December, shooters claiming allegiance with the Islamic State killed a dozen people and wounded two dozen in San Bernardino, California. Earth TimeLapse

2016: More than 75% of the year’s attacks took place in 10 countries, including Iraq, Afghanistan, and India. Smaller attacks took place in Nice, France, Orlando, Florida, and New York City.

2016: More than 75% of the year's attacks took place in 10 countries, including Iraq, Afghanistan, and India. Smaller attacks took place in Nice, France, Orlando, Florida, and New York City. Earth TimeLapse

 Voir aussi:

Économie

General Motors: pourquoi les constructeurs peuvent encore jouer tranquillement avec notre sécurité

Et pourquoi il faut que ça cesse.

Un problème de conception d’un modèle automobile de General Motors provoque des dizaines d’accidents de la route et de nombreux décès. Arguant que l’entreprise n’a pas corrigé un défaut dont elle connaissait l’existence, des avocats intentent plus de cent procès au constructeur automobile. GM contre-attaque en engageant des enquêteurs pour mettre en cause les motivations de ses détracteurs. Les politiques et les médias finissent par s’intéresser de plus près à l’affaire. Au final, le dirigeant de GM finit par s’excuser au nom de son entreprise.

Si cette histoire vous donne comme une impression de déjà-lu, c’est sans doute parce que la presse a récemment parlé d’une affaire semblable. En réalité, cette histoire remonte à 1965, date de parution de Ces voitures qui tuent, de Ralph Nader. L’ouvrage accusait General Motors de vendre en toute connaissance de cause des voitures Corvairs dangereuses –et accusait l’industrie automobile dans son ensemble de préférer les profits à la sécurité de ses clients.

Près de cinquante ans ont passé. Pourquoi les Etats-Unis ont toujours du mal à garantir l’absence de dangerosité des véhicules conçus par les constructeurs automobiles? Et pourquoi en sommes-nous encore réduit à nous demander si les organismes de régulation prennent au sérieux leur mission de protection de la santé publique? En 1966, le mouvement des consommateurs a –peu après son apparition– convaincu le Congrès de voter le National Highway Safety and Transportation Act. Il s’agissait de corriger une partie des abus évoqués dans l’ouvrage de Nader.

Les routes suédoises, bien moins mortelles que les routes américaines

Au fil des décennies suivantes, la sécurité automobile s’est améliorée; aux Etats-Unis, le nombre des décès liés à l’automobile a chuté (de 25,9 pour 100.000 personnes en 1966 à 10,8 en 2012). Ces chiffres indiquent clairement qu’une nouvelle réglementation peut sauver des vies. Mais d’autres pays ont fait bien mieux. Selon le dernier rapport de l’International Transport Forum, organisation de surveillance de la sécurité routière mondiale, le taux d’accidents mortels de la circulation est trois fois plus élevé aux Etats-Unis qu’en Suède –un pays qui a fait de la sécurité automobile une priorité. Si les Etats-Unis avaient égalé les taux suédois, il y aurait eu 20.000 morts de moins sur les routes en 2011.

En France, en 2011, le taux était de 6,09 contre 3,4 en Suède et 10,4 aux Etats-Unis

Seulement, voilà: depuis son apparition, l’industrie automobile américaine s’est opposée à la réglementation, n’a pas jugé bon de révéler plusieurs problèmes, et a refusé de corriger les problèmes lorsque ces derniers ont été détectés.

General Motors a récemment rappelé 1,6 million de Chevrolet Cobalt (entre autres modèles de petite taille) afin de procéder à des réparations. En cause: un problème du commutateur d’allumage, qui aurait été à l’origine d’au moins douze morts. Le constructeur connaissait l’existence du problème –ainsi que celle d’autres anomalies– et ce depuis 2004, soit avant la sortie de la toute première Cobalt.

Le 17 mars 2014, Marry Barra, directrice générale de GM, s’est exprimée en ces termes:

«Dans le cas présent, nos processus internes ont connu un problème des plus graves; des évènements terribles en ont résulté.»

General Motors a par ailleurs rappelé 1,33 million de SUV: les airbags ne s’ouvraient pas lors des collisions. Selon une étude, les problèmes d’airbags de GM pourraient avoir contribué à la mort de 300 personnes entre 2003 et 2012. Les problèmes de sécurité ne sont pas l’apanage de GM. Toyota a récemment accepté de débourser 1,2 milliard de dollars pour mettre fin à une enquête criminelle concernant un problème d’accélération soudaines de ses véhicules.

Voilà cinquante ans qu’un –trop– grand nombre de chefs d’entreprises (automobile, alimentation, produits pharmaceutiques, armes à feu, entre autres secteurs) choisissent de suivre la voie tracée par l’industrie du tabac. Ils remettent en doute la validité des éléments de preuve qui justifient la mise en place de nouvelles réglementations. Ils exagèrent les coûts économiques de produits plus sûrs. Grâce à leur poids politique et financier, ils viennent à bout des politiques de santé publique et font en sorte que les organismes chargés de faire respecter la réglementation demeurent sous-financés. Ce sont là des comportements tellement banalisés qu’ils ne paraissent plus immoraux ou criminels, mais simplement inévitables.

Le refus de légiférer est mortel

Pour ce qui est de l’industrie automobile, le refus de respecter la réglementation a provoqué des morts, des maladies et des blessures qui auraient pu être évitées. Des années 1960 aux années 1980, les constructeurs se sont tout d’abord opposés à la mise en place de ceintures de sécurité, d’airbags de freins de meilleure facture et de meilleures normes d’émission. Pendant plus de quinze ans, les constructeurs américains ont réussi à faire obstacle à la réglementation imposant la mise en place d’airbags ou de ceintures de sécurité à fermeture automatique dans leurs automobiles.

Ce n’est qu’en 1986 que la Cour suprême a ordonné à la National Highway Transportation Safety Administration (NHTSA) de mettre en œuvre ces directives. Selon une étude publiée en 1988, ce retard aurait joué un rôle dans au moins 40.000 morts et un million de blessures et handicaps –soit par là même un coût de 17 milliards de dollars à la société.

Le refus d’appliquer la réglementation peut également tuer indirectement. Selon un récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de morts dues à la pollution dans le monde est deux fois plus élevé qu’on ne le pensait. Et ce notamment en raison du rôle joué par de la pollution de l’air dans la mortalité d’origine cardiovasculaire. Aux Etats-Unis, l’automobile est l’une des principales sources de pollution, et les constructeurs américains refusent ou retardent la mise en place de normes d’émissions plus strictes.

Vous n’entendrez aucun dirigeant d’entreprise affirmer qu’il vaut mieux gagner de l’argent que sauver des vies humaines, mais leur action parlent pour eux. Les communicants des grands patrons semblent s’être passé le mot: lorsqu’un secret gênant est découvert, la stratégie est toujours la même: le PDG s’excuse platement et rapidement pour limiter au plus vite les dégâts. Mais accepter de voir les grandes sociétés et leurs alliés disposer d’un droit de veto sur les politiques de santé publique, c’est empêcher la prévention de nombreux décès, maladies et blessures sur le territoire américain.

Lors des récentes audiences consacrées à GM, le Congrès américain a eu raison de chercher à savoir qui (chez GM et à la NHTSA) savait quoi –et à quel moment ils l’ont appris. Mais il serait encore plus significatif de renforcer l’implication du gouvernement dans la protection de la santé publique –histoire de ne pas avoir à souffrir de ces problèmes pour cinquante années supplémentaires.

Le Congrès pourrait commencer par permettre à la NHTSA de faire correctement son travail, en lui allouant les ressources nécessaires. Pour 2014, cet organisme a reçu 10% de moins que la somme qu’il avait demandée. Le Congrès devrait également contrôler la mise en application des règles de sécurité par les organismes concernés, et le faire régulièrement –pas seulement lorsque l’existence d’un problème est révélée. Par ailleurs, lorsqu’il est prouvé qu’un dirigeant d’entreprise automobile a caché l’existence d’une anomalie, l’organisme chargé de la sécurité routière devrait être en mesure de le tenir responsable des morts et des décès qui en ont résulté. Au civil comme au pénal.

Nicholas Freudenberg

Traduit par Jean-Clément Nau

Voir enfin:

Profit Above Safety

 Slate
April 1, 2014

 

A design problem in a General Motors car contributes to dozens of automobile crashes and numerous deaths. Charging that the company failed to correct a known defect, lawyers file more than 100 lawsuits against the company. GM responds by hiring investigators to question the motives of its critics. Eventually, as congressional and media scrutiny increase, the head of GM apologizes for the company’s behavior. Sound familiar? You may have been reading about such a case over the past month. But actually, this story is from 1965 when Ralph Nader published Unsafe at Any Speed, a book that charged General Motors with knowingly selling unsafe Corvairs and the auto industry as a whole with putting profit above safety.

Now almost 50 years later, why is the United States still struggling to ensure that cars companies make safe cars? And why must we still question whether regulatory agencies take their mandate to protect public health seriously? In 1966, the emerging consumer movement persuaded Congress to pass the National Highway Safety and Transportation Act to correct some of the abuses Nader had documented. In the decades since, car safety has improved, with United States motor vehicle death rates falling from 25.9 per 100,000 people in 1966 to 10.8 per 100,000 in 2012. This is a clear indication that regulations save lives. But other nations have done much better. According to the latest report from the International Transport Forum, a body that monitors global road safety, the auto death rate in the United States is more than three times higher than the rate in Sweden, a country that has made auto safety a priority. If the United States had achieved Sweden’s rate, in 2011 more than 20,000 U.S. automobile deaths would have been averted.

Since its inception, however, the auto industry has resisted regulation, failed to disclose problems, and refused to correct problems when they were detected. In the past few weeks, General Motors has recalled 1.6 million Cobalts and other small cars to repair defective ignition switches that have been associated with at least 12 deaths. The company had first learned of this and other defects a decade ago—in 2004, before the first Cobalt was released. On March 17th, Mary Barra, the chief executive of GM, observed, “Something went very wrong in our processes in this instance, and terrible things happened.”

In a separate action, General Motors has recalled 1.33 million sports utility vehicles because air bags failed to deploy after crashes. Another review of GM air bag failures from 2003 to 2012 found that they may have contributed to more than 300 deaths. GM is not alone in its safety problems. Toyota recently agreed to pay $1.2 billion to settle federal criminal charges related to sudden acceleration of its vehicles.

For the past 50 years, too many corporate leaders in the auto industry as well as in the food, pharmaceutical, firearms, and other industries have chosen to follow the playbook written by the tobacco industry. They have challenged the evidence justifying regulation, exaggerated the economic costs of safer products, and used their political and financial clout to defeat public health policies and underfund the agencies charged with enforcement. These behaviors have become so normalized they seem inevitable rather than immoral or criminal.

In the case of the auto industry, resistance to regulation has caused preventable deaths, illnesses, and injuries. From the 1960s through the 1980s, the automobile industry initially opposed standard seatbelts, airbags, better brakes, and better emission standards. For more than 15 years, the U.S. auto industry successfully opposed regulations to require either airbags or automatically closing seat belts in automobiles. Finally, in 1986, the Supreme Court ordered the National Highway Transportation Safety Administration to implement the rules. A 1988 study estimated this delay contributed to at least 40,000 deaths and 1 million injuries at a cost to society of more than $17 billion. The auto industry’s resistance to regulation kills people indirectly as well. Earlier this week, the World Health Organization released a report showing that global deaths from air pollution were twice as high as previously thought, largely through air pollution’s role in in cardiovascular deaths. In the United States, automobiles are a primary source of air pollution, and the auto industry has long opposed or delayed stricter emission standards.

No corporate executives will say publicly that they prefer profits to preventing deaths, even though their actions prove otherwise. The damage control advice of the day seems to be to encourage CEOs to make rapid and profuse apologies for corporate cover-ups after they are disclosed. But as long as the public tolerates allowing corporations and their allies to have veto power over public health policy, our nation will continue to experience preventable deaths and avoidable illness and injuries. In the hearings into GM this week, Congress is correct to pursue who in GM and the NHTSA knew what when. But the deeper task should be to strengthen the visible hand of government in protecting public health so we aren’t still facing this issue 50 years from now. As a first step, Congress should provide the highway safety agency with the resources needed to meet its mandates fully; in 2014, the agency received 10 percent less than it requested. Congress should also monitor agency enforcement of safety standards regularly, not just when defects are publicly disclosed. In addition, the safety agency should hold auto executives who fail to disclose defects criminally as well as civilly liable for the resulting deaths and injuries.


Terrorisme: C’est l’islam, imbécile ! (It’s islam, stupid !)

23 mars, 2017
https://i2.wp.com/cdn.static-economist.com/sites/default/files/images/2017/03/articles/body/20170325_brc928.pngQue répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes,
et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel
en vous égorgeant ?
Voltaire
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Cette fois, c’est un nouveau symbole qui est visé, le berceau idéologique et religieux du mouvement des implantations. Charles Enderlin (France 2, le 7 mars 2008)
Israël est confronté à une nouvelle forme d’attaques, un terrorisme « low cost » impossible à prévenir, dont l’impact psychologique est redoutable : la voiture bélier. (…) Il s’agit de la seconde attaque de ce genre de la journée et la troisième en deux semaines, qui confirment les craintes d’une spirale de violences dans la Ville sainte. (…) L’attaque est « une conséquence directe de l’incitation d’Abbas et de sa collaboration avec le Hamas », a déclaré le chef du gouvernement, lors d’une cérémonie à la mémoire d’Yitzhak Rabin, assassiné il y a dix-neuf ans. Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce, le ministre de l’économie Naftali Benett a qualifié Mahmoud Abbas de « conducteur de la voiture de la mort à Jérusalem, tandis que les terroristes sont simplement ses passagers ». (…) M. Nétanyahou avait déjà mis en cause M. Abbas, en raison de ses appels à défendre « par tous les moyens » la mosquée Al-Aqsa contre la volonté de la droite dure israélienne d’y obtenir le droit de prier pour les juifs. « Le gouvernement maintiendra scrupuleusement le status quo sur le mont du Temple », a déclaré dimanche Mark Regev, le porte-parole de M. Nétanyahou. Des propos qui n’ont guère apaisé la colère palestinienne. (…) La nouvelle attaque à la voiture bélier, survenue mercredi dans la Ville sainte, a eu lieu sur une artère symbolique, entre le quartier ultraorthodoxe de Mea Shearim et Jérusalem-Est. Elle confirme la dégradation constante de la situation à Jérusalem depuis le début du mois de juillet, juste avant le début de l’opération « Bordure protectrice » dans la bande de Gaza. Dans certains quartiers arabes de l’est et du nord de la ville, les émeutes se sont multipliées. Le gouvernement a considérablement renforcé les effectifs dans la ville. Au total, depuis le début de juillet, plus de 900 personnes ont été arrêtées, dont 300 condamnées. Ces dix derniers jours, plus de 110 personnes impliquées dans des troubles ont été interpellées. La hiérarchie policière promet le rétablissement de l’ordre et rejette toute idée d’embrasement. Des blocs de béton ont commencé à être installés, dans la soirée, le long du parcours du tramway, pour empêcher des véhicules de s’engager sur les rails. Mais ces nouvelles attaques démontrent l’inefficacité de l’approche purement sécuritaire choisie par le gouvernement israélien. Ce dernier entend par ailleurs poursuivre la politique du fait accompli, en ce qui concerne le développement des colonies en Cisjordanie et dans la périphérie de Jérusalem. Isolés, discriminés, les Palestiniens vivant à Jérusalem grondent. « Il s’agit d’un rejet populaire de l’autorité israélienne, non organisé, jeune et sans leaders, explique Menachem Klien, professeur au département d’études politiques à l’université Bar-Ilan. On peut la qualifier d’intifada locale. » Sur les réseaux sociaux, certains Palestiniens s’interrogeaient déjà, dans les heures qui ont suivi l’attaque : le gouvernement israélien va-t-il aussi leur interdire la voiture ? Le Monde
Cela consiste à donner de la respectabilité aux comportements répréhensibles et à réduire la responsabilité personnelle en s’y référant en termes impersonnels. C’est ainsi, par exemple, qu’Al-Qaïda parle toujours des événements du 11 septembre comme étant des attaques contre les symboles de la puissance et du consumérisme américains, en passant sous silence l’assassinat de quelque 3.000 hommes, femmes et enfants. Gabriel Weimann
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey et Dominic Rohner
Les attaques terroristes font partie de la vie dans les grandes villes.  Sadiq Khan (maire de Londres)
Osons la tendresse. Philippe de Belgique
Il n’y a pas de culture française. Emmanuel Macron
L’art français, je ne l’ai jamais vu. Emmanuel Macron
La “démagogie d’Emmanuel Macron confine désormais à l’irresponsabilité politique. Christophe Billan
Cette évocation met en lumière deux points fondamentaux : l’irresponsabilité politique de Macron et ses véritables motivations. Irresponsabilité car l’outrance de ses propos entretient des fantasmes qui contribuent d’une part à fragiliser l’unité du pays d’autre part à mettre en danger nos ressortissants et nos intérêts. Irresponsabilité également car les perpétuelles contorsions démagogiques du leader « d’en marche » atteignent aujourd’hui un paroxysme en alimentant une propagande djihadiste qui menace la France mais aussi la stabilité des pays arabes. Irresponsabilité enfin parce que l’histoire est une discipline sérieuse. La colonisation est un processus complexe qui recouvre des réalités non homogènes. J’espère que les Français ouvriront les yeux avant le premier tour des élections présidentielles. (…) ses récentes déclarations sont très peu commentées alors même qu’elles mettent en lumière son véritable profil et les contours de son projet. Lors de son discours à Berlin, Emmanuel Macron a félicité Mme Merkel pour son courage. Il estimait en effet que l’accueil d’un million de migrants était une véritable « aubaine économique ». Ce déni de réalité au profit de considérations économiques étroites, parfaitement résumées par Christophe Guilluy, pose un vrai problème pour l’avenir. On voit apparaitre progressivement le libéralisme hors sol de Macron qui repose sur l’émergence d’un marché global toujours plus dérégulé. Cette vision considère les Etats, les peuples et la politique comme des vestiges encombrants. Ceux qui sont fascinés par ses discours creux déchanteront très vite. Je les exhorte à ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Seul Francois Fillon est en capacité de redresser notre pays car son programme équilibre autorité de l’Etat et économie ouverte, prise en compte d’un héritage et volonté de modernisation, souveraineté nationale et relance d’une Europe à bout de souffle. Il ne s’agit pas de la jeter à terre mais de lui redonner un sens.sa tribune dans le Figaro met en lumières les contours d’une société qui fait froid dans le dos. (…) La nation parvient, au terme d’un processus historique de plusieurs siècles, à fédérer des singularités autour de principes assumés et d’une vision commune. Le multiculturalisme qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux est une déconstruction de notre héritage et un véritable danger pour l’avenir puisque l’unité dans la diversité devient impossible. Le repli d’une communauté sur ses avantages la conduit inexorablement à considérer les autres groupes comme un concurrent voire comme un adversaire. L’Etat s’épuise alors à réguler des intérêts toujours plus contradictoires. Voilà à la fois la réalité et l’impasse du multiculturalisme vanté par certains. J’observe d’ailleurs que Thierry Tuot, le conseiller d’Etat à l’origine du rapport sur une nouvelle intégration, qui assume pleinement les contours d’une société bâtie sur le communautarisme, évolue dans le premier cercle d’Emmanuel Macron. En 2012, Terra Nova conseillait à la gauche de remplacer son socle électoral populaire par le vote communautaire. Son directeur est également un proche d’Emmanuel Macron. Nous sommes loin de la rupture annoncée mais bien dans une continuité délétère avec le quinquennat en cours. (…) Nous devons sortir de cette torpeur. Une fois encore, les Français doivent prendre la mesure du danger posé par la vacuité et l’incohérence du programme d’Emmanuel Macron. Nous ne sommes pas dans le renouvellement mais l’accélération du hollandisme. Ces promesses vides et contradictoires rappellent la campagne de 2012. Elles produiront exactement le même effet : une immense déception et l’affaissement grandissant de notre pays. Seul le logiciel de communication a changé. Sens Commun, à la veille de cette échéance primordiale pour l’avenir, répète son message : nous pouvons encore faire obstacle à la tentation du chaos ou à celle du pourrissement en faisant le choix de voter Fillon. Nous ne nous déroberons pas. Christophe Billan
Emmanuel Macron veut nous convaincre que la notion d’identité française est archaïque, et qu’il n’y a pas lieu de s’y accrocher. Dans son article il explique que les cultures évoluent en intégrant sans cesse de nouveaux apports étrangers, et il cite un certain nombre d’exemples: Joseph Kessel, Marie N’Diaye, Leila Slimani… pour ce qui est de la littérature française. Et il en est de même dans les arts. La culture française, nous dit il, «n’a cessé de se réinventer». Il ne faut pas s’en étonner, d’après lui, puisque «le fondement de la culture française c’est de prétendre à l’universel».Toute sa démonstration a pour but de railler les tenants de l’invariance (de l’identité française) qu’il affuble de différents noms d’oiseaux: des «réactionnaires», des «aigris», des «rétrogrades». Bref des gens qui ne connaissent pas l’évolution du monde. Sa démonstration, extrêmement habile, comme toujours, peut en piéger plus d’un: elle a pour objectif de plaider pour un monde ouvert où les nations disparaîtraient en se dissolvant dans le mondialisme. Le tour de passe-passe que nous joue Emanuel Macron dans cet article est monté comme tous les tours de prestidigitation où un habile manipulateur fait aux yeux de tous disparaître mystérieusement un objet pour en faire jaillir subitement un autre, au grand étonnement d’un public ébahi. Comment donc notre candidat à l’élection présidentielle procède-t-il dans son article? Il fait disparaître sous nos yeux sans que nous nous en apercevions la notion de «civilisation» pour lui substituer subrepticement celle de «peuple» .Et personne n’y voit rien: il s’agit tout simplement de mots, dont le public ne sait pas très bien d’ailleurs ce qu’ils signifient, et hop, le tour est joué. En avant donc pour cesser de défendre notre identité et nous fondre dans le magma d’une culture universelle. Pour percevoir où se situe le piège, et le déjouer, il faut nous en référer à quelques notions simples d’anthropologie, cette branche passionnante des sciences humaines qui étudie comment l’homme vit en société. Le concept de civilisation est fondamental en anthropologie, alors que celui de «peuple» inventé par Emmanuel Macron, n’existe pas. Les anthropologues nous disent que l’histoire des hommes est celle des civilisations. Il faut donc bien comprendre ce qu’est une «civilisation.» L’anthropologue Rodolfo Stevenhagen nous dit: «C’est l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérise une société» Et Spengler, de son coté expliquait dans son fameux ouvrage sur le déclin de l’Occident: «Chaque civilisation est une expérience unique, un art, une science une façon de penser, qui sont incompréhensibles en dehors de l’esprit qui l’anime» . Il faut bien voir qu’à l’intérieur de chaque civilisation il existe des cultures différentes: par exemple la culture en Europe des pays latins n’est pas la même que celle des pays du Nord, car les uns sont catholiques et les autres protestants: mais tous sont des chrétiens, et ces peuples relèvent de la même civilisation. Il ne faut donc pas confondre, ce que l’on fait très souvent, les concepts de «civilisation» et de «culture ». Chaque civilisation, nous disent unanimement les anthropologues, est fondée sur une religion: et ce constat est fondamental. Le christianisme, pour ce qui est de notre civilisation occidentale, l’islam, pour ce qui est de la civilisation musulmane, etc…. Notre civilisation, comme toutes les autres a, bien sûr, au cours du temps, évolué. Parmi les événements les plus marquants il y eut avec la Révolution française de 1789 ce que le philosophe Marcel Gauchet a appelé une «sortie de religion». Ce fut un virage très important, mais il n’a rien changé aux fondements de notre civilisation: les valeurs chrétiennes se sont simplement laïcisées, par réaction contre les pouvoirs abusifs que s’étaient arrogés sous l’ancien régime les membres du clergé catholique. Ces valeurs continuent à constituer la colonne vertébrale de notre civilisation. On a inscrit dans le marbre les trois valeurs fondamentales dans lesquelles se retrouvent tous les citoyens du pays: liberté, égalité, fraternité. Ce sont des valeurs chrétiennes, et la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 est fondée, elle aussi, sur les valeurs amenées au monde par le christianisme. Ce qui explique que dans l’évolution de toute civilisation il existe un certain nombre d’invariants, c’est le fait que chaque civilisation est, par définition, fondée sur une religion. Chaque fois les croyances religieuses ont instillé des valeurs et des manières de voir le monde, ainsi que de vivre ensemble qui sont spécifiques. Si l’on change ces valeurs qui ont été créatrices, on change de civilisation. Avec le remplacement que fait Emmanuel Macron du concept de «civilisation» par celui de «peuple», l’auteur de l’article se dégage des enseignements que nous donnent les anthropologues sur les racines des civilisations et sur l’évolution de celles-ci. Emmanuel Macron nous plonge ainsi dans le doute, et cela lui permet de plaider pou un univers mouvant où rien ne se perpétue. L’auteur veut nous accoutumer à l’idée que l’on s’achemine inéluctablement vers une civilisation mondiale où les peuples perdront leur identité et seront indifférenciés. Soyons donc prudents pour ne pas tomber dans le piège ainsi tendu. Le philosophe Guy Coq, fondateur de la revue Esprit a expliqué qu’une civilisation devait avant tout «veiller aux causes internes de sa propre destruction». La thèse défendue par Emmanuel Macron dans son article est pernicieuse: elle relève de ces courants qui conduisent à la destruction d’une civilisation. Souvenons nous de cet avertissement lancé au XVIIIème siècle par le philosophe italien Giambatista Vico: «L’adhésion aveugle à des convictions fausses présentées sous le couvert de vérités est la principale cause du déclin d’une civilisation». Puisse cet avertissement être entendu par les princes qui, demain, nous gouverneront. Claude Sicard
Si l’on suit les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar cependant, le terrorisme islamiste témoigne d’une conjonction entre ces deux formes de radicalité : une conception fondamentaliste de la religion d’une part, une légitimation de l’usage de la violence d’autre part ; lorsque ces deux facteurs sont réunis, le risque de radicalisation serait élevé. (…) Si l’on schématise, trois grandes théories sont présentes dans le champ sociologique. La première, centrée sur la radicalité religieuse, et plus précisément sur la lecture radicale de l’islam proposée par certains courants, cherche la genèse de la radicalité au cœur de l’interprétation religieuse elle-même : la dynamique « salafiste » dont parle Gilles Kepel. La seconde est une interprétation en termes de frustration et de victimisation. C’est l’idée que des individus victimes de formes d’exclusion et de discrimination, n’ayant pas les moyens de se réaliser socialement et de s’exprimer politiquement, seraient davantage tentés par des formes de radicalité politique ou religieuse. Farhad Khosrokhavar envisage en ce sens que la délinquance pourrait être une porte d’entrée vers le terrorisme. La troisième explication valorise la dimension identitaire et psychologique. Dans ce cas, les mécanismes économiques et sociaux seraient secondaires ; le principal facteur d’entrée serait un malaise identitaire rendant un individu propice aux identifications radicales ou manichéennes. Les travaux du politologue Olivier Roy ou du psychanalyste Fethi Benslama ont ainsi insisté sur l’identification des jeunes djihadistes à l’Oumma musulmane, pour résoudre des conflits liés à la fragilité de leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ces trois types d’interprétation ne sont d’ailleurs pas exclusifs les uns des autres. (…) lorsque nous nous sommes intéressés à la question de la radicalité religieuse, nous avons défini celle-ci comme un ensemble d’options pouvant déboucher sur le fondamentalisme, soit une conception littérale et absolue de la religion, devant s’imposer à l’ensemble de la société et marquée notamment par un clair refus d’une séparation entre le religieux et le politique. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un jeune pense plus ou moins cela qu’il recourt systématiquement à la violence. On peut être fondamentaliste ou avoir une conception absolutiste de la religion tout en refusant de partir en guerre contre les autres religions, ou toutes formes culturelles, sociales ou économiques s’opposant à l’instauration d’un régime politique fondé sur les préceptes religieux. Si l’on suit les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar cependant, le terrorisme islamiste témoigne d’une conjonction entre ces deux formes de radicalité : une conception fondamentaliste de la religion d’une part, une légitimation de l’usage de la violence d’autre part ; lorsque ces deux facteurs sont réunis, le risque de radicalisation serait élevé. Cela fait partie des hypothèses que nous avons voulu explorer même si nous n’avions pas les moyens de mesurer le fondamentalisme stricto sensu, puisque notre enquête porte sur l’ensemble de la jeunesse lycéenne. Nous avons néanmoins une mesure de l’absolutisme religieux et de la tolérance à la violence et à la déviance. (…) Si l’on schématise, trois grandes théories sont présentes dans le champ sociologique. La première, centrée sur la radicalité religieuse, et plus précisément sur la lecture radicale de l’islam proposée par certains courants, cherche la genèse de la radicalité au cœur de l’interprétation religieuse elle-même : la dynamique « salafiste » dont parle Gilles Kepel. La seconde est une interprétation en termes de frustration et de victimisation. C’est l’idée que des individus victimes de formes d’exclusion et de discrimination, n’ayant pas les moyens de se réaliser socialement et de s’exprimer politiquement, seraient davantage tentés par des formes de radicalité politique ou religieuse. Farhad Khosrokhavar envisage en ce sens que la délinquance pourrait être une porte d’entrée vers le terrorisme. La troisième explication valorise la dimension identitaire et psychologique. Dans ce cas, les mécanismes économiques et sociaux seraient secondaires ; le principal facteur d’entrée serait un malaise identitaire rendant un individu propice aux identifications radicales ou manichéennes. Les travaux du politologue Olivier Roy ou du psychanalyste Fethi Benslama ont ainsi insisté sur l’identification des jeunes djihadistes à l’Oumma musulmane, pour résoudre des conflits liés à la fragilité de leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ces trois types d’interprétation ne sont d’ailleurs pas exclusifs les uns des autres. (…) si nous avions enquêté sur l’ensemble de la jeunesse française, notre échantillon aurait comporté 6 à 7 % % de jeunes issus de zones urbaines sensibles et peut-être 3 % de musulmans, ce qui n’aurait pas permis de faire des traitements statistiques fins sur des segments spécifiques de la population jeune. Notre échantillon comporte environ 16 % de jeunes en ZUS et 25 % – soit 1 750 jeunes – de confession musulmane. (…) Les jeunes de notre échantillon font preuve d’une tolérance plus forte à l’égard des comportements déviants comme « conduire sans permis » par exemple, ou le fait de « dealer un peu de haschich ». D’autre part, ces élèves témoignent globalement d’une adhésion plus forte à la radicalité. Participer à des actions violentes pour ses idées ou même se sacrifier pour une cause est davantage admis, et une plus grande proportion d’entre eux déclare être éventuellement prête à affronter les forces de l’ordre ou d’autres manifestants. Enfin, et ça n’est pas négligeable, les principes de la laïcité sont en moyenne rejetés par deux fois plus d’élèves que dans l’ensemble de la jeunesse. (…) Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon. D’une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu’il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. 11 % des jeunes de notre échantillon sont sur cette ligne, un chiffre qui triple pour ceux de confession musulmane. D’autre part, quand on combine le degré d’adhésion à cet absolutisme religieux et la tolérance à l’égard de la déviance ou de la violence, on retrouve le même facteur multiplicatif : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon. On notera qu’il s’agit d’une très petite proportion en définitive, l’absolutisme radical est très loin d’être majoritaire chez les musulmans ! Néanmoins, cette tendance est de fait plus marquée dans ce segment de notre échantillon. Lorsque l’on fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, cela ne change quasiment pas le résultat. Notons cependant que les garçons sont plus concernés que les filles (deux fois plus environ). (…)Une explication purement économique ne nous paraît pas validée. L’idée d’une « génération sacrifiée » qui serait du même coup tentée par la radicalité se heurte au sentiment de relative bonne intégration de ces populations. Lorsqu’on les compare avec l’enquête témoin réalisée par Opinion Way, ils ne paraissent ni plus ni moins confiants en l’avenir que l’ensemble de la jeunesse française, et croient tout autant en leurs capacités de poursuivre des études après le bac et de trouver un emploi satisfaisant. En revanche, le sentiment d’être discriminé est deux fois plus marqué dans notre échantillon, notamment chez les jeunes de confession musulmane ou d’origine étrangère. Nous devons envisager que les facteurs religieux se conjuguent avec des questions identitaires, mêlées à des sentiments de victimisation et de discrimination, pour expliquer l’adhésion à la radicalité. Notre constat est donc nuancé, et nous sommes loin d’avoir épuisé les leçons que nous pouvons tirer de cette enquête. Les entretiens individuels nous permettront de mieux discerner ce qui relève de la religion stricto sensu et ce qui relève d’un sentiment de victimisation ou d’un malaise identitaire. (…) Nous avons tenté d’évaluer leur sensibilité aux attentats de Charlie Hebdo et à ceux du Bataclan, en leur demandant notamment s’ils comprenaient qu’on se livre à des tels actes et s’ils les condamnaient. Là encore, nous sommes obligés de constater de fortes disparités en fonction de la religion : les jeunes musulmans de notre échantillon sont moins enclins à condamner les auteurs et plus nombreux à se déclarer « peu sensibles » à ces événements. Par ailleurs, nous avons pu constater que cet état d’esprit était beaucoup plus marqué chez les jeunes témoignant d’un haut degré d’adhésion à l’absolutisme religieux, quelle que soit la confession, mais il est vrai que, dans notre échantillon, le degré d’absolutisme est nettement plus élevé chez les jeunes musulmans. Nos données ne nous permettent pas, néanmoins, de faire un lien direct entre le fondamentalisme musulman et le fait de comprendre les attentats ou d’y être indifférent, car cela nous aurait obligés à poser des questions plus spécifiques sur l’islamisme. Il était important que notre questionnaire reste perçu comme une enquête générale sur les valeurs, la religion et la citoyenneté, sans que nous ne fassions de différences évidentes entre les élèves selon leur confession. Sur tous ces points, nous attendons beaucoup de l’exploitation des entretiens qualitatifs et des « focus groups » menés avec les lycées pour avancer dans l’interprétation. Olivier Galland
Pour nous, la radicalité suppose un ensemble d’attitudes ou d’actes marquant la volonté d’une rupture avec le système politique, social, économique, et plus largement avec les normes et les mœurs en vigueur dans la société. Elle atteint son point le plus extrême lorsqu’elle s’accompagne d’une justification de l’usage de la violence. Nos questions allaient donc de la simple tolérance à l’égard de la triche lors d’un examen jusqu’au fait de prendre les armes pour faire triompher ses idées. Encore une fois, il faut garder à l’esprit que c’est une approche en termes de degrés. Dans le domaine politique par exemple, nous interprétons comme radical le fait de voter pour des partis hors système ou extrémistes, de participer à des actions protestataires comme les grèves ou les manifestations, ou encore de vouloir changer radicalement la société par une action révolutionnaire. Cela ne signifie pas qu’un jeune soit prêt à passer à l’acte, à affronter lui-même directement les forces de l’ordre, à porter atteinte aux biens ou personnes, dans le cadre d’une contestation globale ou d’une stratégie politique de renversement du système. (…) Ce qui nous a également frappés, c’est l’importance de la socialisation religieuse dans le cercle familial parmi les jeunes musulmans. L’hypothèse d’une rupture avec un milieu athée ou mécréant, ou celle d’une religion qui serait un prétexte lorsqu’on se radicalise pour d’autres raisons, ne sont pas probantes. Ces jeunes ont au contraire bénéficié d’une éducation religieuse importante, occupant une place quotidienne dans leur vie et dans leur foyer. La phase qualitative qui est en cours nous permettra d’affiner les interprétations des liens possibles entre un fort engagement dans l’islam et le degré d’adhésion à des idées plus ou moins radicales. Notre enquête montre que ce lien existe, mais il reste à en produire une interprétation solide. Si l’on voulait être complet sur la question de la radicalité religieuse, l’idéal aurait été d’enquêter aussi dans des lycées privés juifs ou catholiques. Mais nous n’en avions pas les moyens. D’autre part, ces formes de radicalité, qui existent certainement, n’ont ni l’ampleur ni les conséquences de celle qui est liée à l’islam. (…) Néanmoins, le fait est que la prise en compte des sentiments de discrimination ne diminue qu’à la marge l’effet religieux. Dans notre échantillon, les jeunes musulmans qui se sentent discriminés adhèrent certes plus souvent à des idées radicales que ceux qui ne se sentent pas discriminés. Or, qu’ils soient discriminés ou non, ils sont toujours plus nombreux que les autres jeunes à adhérer à ces idées. Mais ces constats restent effectivement à affiner et à nuancer, d’autant que nous nous heurtons à plusieurs paradoxes. Par exemple, le degré de pratique religieuse est certes plus marqué chez les jeunes musulmans, y compris ceux adhérant à des idées absolutistes ou radicales, mais plus de la moitié de ces derniers ont une pratique religieuse plutôt épisodique et peu structurée. Leur rapport aux normes sociales et au libéralisme culturel est également ambivalent. D’un côté, le rejet de la laïcité ou de l’homosexualité est beaucoup plus marqué chez les musulmans que dans les autres religions. En revanche, l’égalité homme-femme n’est pas loin de faire consensus pour les jeunes de toutes confessions. Les variables que nous avons ciblées grâce à cette enquête restent pour une large part à interpreter. Anne Muxel

C’est l’islam, imbécile !

Au lendemain, entre Paris, Bruxelles, Londres ou Anvers, d’une nouvelle série d’attaques terroristes …

Perpétrés, entre voiture-bélier et couteau de boucher contre des civils innocents, conformément aux conseils explicites de l’Etat islamique

Et comme par hasard par des individus musulmans …

Pendant que nos belles âmes nous appellent à la dissolution de notre identité ou à la tendresse

Et que, pris dans une une véritable “spirale de mort mutuellement bénéfique” entre deux assassinats politiques, nos médias nous inoculent jour après jour le venin teroriste …

Devinez ce que vient de confirmer une nouvelle enquête de sociologues du CNRS …

Contre les interprétations habituelles de l’excuse de l’économie ou du racisme …

Et que nos amis israéliens savent et vivent depuis – et même bien avant – l’existence même de leur Etat ?

Face au terrorisme, la recherche en action
Le 18 novembre 2015, le président du CNRS a lancé à la communauté scientifique un appel à propositions « sur tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences, et ouvrant la voie à des solutions nouvelles – sociales, techniques, numériques. » Plus de 60 projets de recherche ont été retenus (lire à ce sujet l’éditorial de Sandra Laugier). Ce blog a pour objectif de présenter certains de ces travaux en cours.
Une vaste enquête sur la radicalité chez les lycéens
Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland ont dévoilé ce matin les premiers résultats d’une étude qu’ils coordonnent auprès de plus de 7 000 lycéens pour mieux comprendre les facteurs d’adhésion des jeunes à la radicalité politique et religieuse.
Fabien Trécourt
CNRS
20.03.2017

Vous avez présenté ce matin à la presse les premiers résultats de votre étude sur les jeunes et la radicalité, dont vous aviez déjà donné un aperçu pour la radio du CNRS. En quoi consiste-t-elle ?
Olivier Galland1 : Notre travail s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets du président du CNRS sur le terrorisme et les attentats, pour aider les pouvoirs publics à mieux comprendre un ensemble de phénomènes associés à ces événements. Plusieurs travaux se sont penchés sur le processus de radicalisation individuelle : des chercheurs comme Gilles Kepel, Farhad Khosrokhavar ou encore Olivier Roy ont mené des entretiens avec des jeunes radicalisés et analysé leurs parcours. Ces recherches sont passionnantes, mais ne portent que sur des échantillons très limités. Nous avons souhaité développer une approche quantitative, ciblant la jeunesse lycéenne scolarisée en classe de seconde, en diffusant un questionnaire auprès de 7 000 élèves issus de quatre académies – Lille, Créteil, Dijon et Aix-Marseille – et 21 lycées. Il s’agit d’une enquête exploratoire sur la thématique de la radicalité en matière de politique et de religion, jusqu’alors peu couverte par les enquêtes sociologiques classiques sur la jeunesse.

Anne Muxel2 : Étant donné l’importance et le caractère relativement inédit du sujet, notre dispositif d’enquête est rigoureux et diversifié. Trois types d’enquêtes ont été réalisés sur une période de six mois (octobre 2016 – mars 2017) : une enquête quantitative auto-administrée par questionnaire auprès d’un large échantillon de classes de seconde (7 000 lycéens interrogés), une enquête quantitative « témoin » réalisée en ligne par l’institut Opinion Way auprès d’un échantillon représentatif de jeunes âgés de 14 à 16 ans (1 800 jeunes ont été interrogés), et une enquête qualitative comportant des entretiens individuels et des entretiens collectifs réalisés avec des jeunes lycéens des classes de seconde. Mais il ne s’agit pas d’une étude sur le processus de radicalisation. C’est très important de le souligner. Elle ne permet pas de repérer des jeunes radicalisés ou en voie de l’être, mais elle cherche à mesurer le degré d’adhésion à la radicalité au sein de la jeunesse. Cette mesure ne peut aboutir à une lecture binaire de la radicalité car elle fait apparaître toute une gamme d’attitudes allant du rejet de toute forme d’extrémisme, de déviance ou de violence à l’acceptabilité de la violence terroriste. Certains jeunes peuvent comprendre ce type d’action violente et radicale sans y adhérer, d’autres peuvent être séduits par des idées radicales sans jamais passer à l’acte, etc. Il est important d’analyser ces résultats en termes de degrés, et non de façon dichotomique.

Comment définissez-vous la radicalité ?
A. M.  : Pour nous, la radicalité suppose un ensemble d’attitudes ou d’actes marquant la volonté d’une rupture avec le système politique, social, économique, et plus largement avec les normes et les mœurs en vigueur dans la société. Elle atteint son point le plus extrême lorsqu’elle s’accompagne d’une justification de l’usage de la violence. Nos questions allaient donc de la simple tolérance à l’égard de la triche lors d’un examen jusqu’au fait de prendre les armes pour faire triompher ses idées. Encore une fois, il faut garder à l’esprit que c’est une approche en termes de degrés. Dans le domaine politique par exemple, nous interprétons comme radical le fait de voter pour des partis hors système ou extrémistes, de participer à des actions protestataires comme les grèves ou les manifestations, ou encore de vouloir changer radicalement la société par une action révolutionnaire. Cela ne signifie pas qu’un jeune soit prêt à passer à l’acte, à affronter lui-même directement les forces de l’ordre, à porter atteinte aux biens ou personnes, dans le cadre d’une contestation globale ou d’une stratégie politique de renversement du système.

O. G. : De la même façon, lorsque nous nous sommes intéressés à la question de la radicalité religieuse, nous avons défini celle-ci comme un ensemble d’options pouvant déboucher sur le fondamentalisme, soit une conception littérale et absolue de la religion, devant s’imposer à l’ensemble de la société et marquée notamment par un clair refus d’une séparation entre le religieux et le politique. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un jeune pense plus ou moins cela qu’il recourt systématiquement à la violence. On peut être fondamentaliste ou avoir une conception absolutiste de la religion tout en refusant de partir en guerre contre les autres religions, ou toutes formes culturelles, sociales ou économiques s’opposant à l’instauration d’un régime politique fondé sur les préceptes religieux. Si l’on suit les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar cependant, le terrorisme islamiste témoigne d’une conjonction entre ces deux formes de radicalité : une conception fondamentaliste de la religion d’une part, une légitimation de l’usage de la violence d’autre part ; lorsque ces deux facteurs sont réunis, le risque de radicalisation serait élevé. Cela fait partie des hypothèses que nous avons voulu explorer même si nous n’avions pas les moyens de mesurer le fondamentalisme stricto sensu, puisque notre enquête porte sur l’ensemble de la jeunesse lycéenne. Nous avons néanmoins une mesure de l’absolutisme religieux et de la tolérance à la violence et à la déviance.

Quelles hypothèses avez-vous voulu vérifier pour expliquer l’entrée dans la radicalité ?
O. G. : Si l’on schématise, trois grandes théories sont présentes dans le champ sociologique. La première, centrée sur la radicalité religieuse, et plus précisément sur la lecture radicale de l’islam proposée par certains courants, cherche la genèse de la radicalité au cœur de l’interprétation religieuse elle-même : la dynamique « salafiste » dont parle Gilles Kepel. La seconde est une interprétation en termes de frustration et de victimisation. C’est l’idée que des individus victimes de formes d’exclusion et de discrimination, n’ayant pas les moyens de se réaliser socialement et de s’exprimer politiquement, seraient davantage tentés par des formes de radicalité politique ou religieuse. Farhad Khosrokhavar envisage en ce sens que la délinquance pourrait être une porte d’entrée vers le terrorisme. La troisième explication valorise la dimension identitaire et psychologique. Dans ce cas, les mécanismes économiques et sociaux seraient secondaires ; le principal facteur d’entrée serait un malaise identitaire rendant un individu propice aux identifications radicales ou manichéennes. Les travaux du politologue Olivier Roy ou du psychanalyste Fethi Benslama ont ainsi insisté sur l’identification des jeunes djihadistes à l’Oumma musulmane, pour résoudre des conflits liés à la fragilité de leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ces trois types d’interprétation ne sont d’ailleurs pas exclusifs les uns des autres.

A. M.  : Les travaux sur les engagements politiques extrémistes, ainsi que plusieurs études sur l’attrait du Front national dans la jeunesse, ont établi des mécanismes psychologiques similaires. Disposant d’un large échantillon, nous pouvons travailler sur des segments spécifiques de la jeunesse. C’est le grand intérêt de cette étude. Nous pouvons mener des analyses fines au sein de notre population lycéenne permettant d’identifier les facteurs contextuels, sociaux, culturels, économiques, scolaires mais aussi personnels, qui peuvent être associés aux différents degrés d’adhésion à la radicalité. Par exemple, en explorant les effets du genre : les garçons sont-ils davantage séduits que les filles par la radicalité, ou l’inverse ? Notre échantillon nous permet également de comparer les jeunes qui éprouvent des conflits au sein de leur cercle familial et ceux qui n’en ont aucun, ceux qui se sentent exclus de la société et ceux qui s’y trouvent plutôt bien intégrés, etc. Ces informations sont d’autant plus intéressantes que l’hypothèse d’une rupture avec un environnement jugé anxiogène – familial, scolaire, social… – est régulièrement avancée pour expliquer l’adhésion d’un jeune à des idées ou des comportements radicaux. De la même façon, l’idée que le décrochage scolaire ou que l’angoisse face à l’avenir est un facteur explicatif peut être vérifiée, en comparant le degré d’adhésion des jeunes selon qu’ils sont ou non dans ce cas de figure.

Cette enquête est-elle représentative de la jeunesse française ?
A. M.  : Non, car pour répondre à l’objet de cette recherche, dans le cadre particulier de l’appel à projets du CNRS « Attentats-recherche », et pour répondre aux conditions d’une enquête nécessairement exploratoire à ce stade, nous avons choisi de surreprésenter certaines catégories dans notre échantillon en introduisant des critères de sélection des établissements scolaires : lycées situés en ZUS, où sont scolarisés une plus forte proportion de jeunes issus des catégories populaires ou issus de l’immigration, et où l’on compte en plus grand nombre des jeunes de confession musulmane. Il nous paraissait essentiel d’avoir une information plus riche sur ces segments de la population, dans la mesure où plusieurs interprétations – socio-économique, culturelle ou religieuse – s’opposent pour expliquer la radicalisation qui, lorsqu’elle est extrême, peut conduire au terrorisme que l’on a connu en 2015. Ces biais rendent notre panel très différent de la jeunesse française en général, mais sa diversité et sa taille permettent de vérifier à notre échelle si des variables économiques, culturelles, religieuses sont associées à une adhésion plus ou moins grande à des idées radicales.

O. G. : Nous avons pris des précautions pour conserver une certaine diversité de profil : lycées de centre-ville, de banlieues, et proches de zones rurales, filières générales et professionnelles, mixité de filles et de garçons, etc. Néanmoins, si nous avions enquêté sur l’ensemble de la jeunesse française, notre échantillon aurait comporté 6 à 7 % % de jeunes issus de zones urbaines sensibles et peut-être 3 % de musulmans, ce qui n’aurait pas permis de faire des traitements statistiques fins sur des segments spécifiques de la population jeune. Notre échantillon comporte environ 16 % de jeunes en ZUS et 25 % – soit 1 750 jeunes – de confession musulmane.

Avez-vous constaté des particularités de votre échantillon par rapport à l’ensemble de la jeunesse française ?
O. G. : C’est une jeunesse très particulière, et pas forcément là où on l’attend, lorsqu’on la compare à l’enquête-témoin réalisée par Opinion Way. Si l’on ne note pas de différences flagrantes en ce qui concerne leur perception de l’école, celle de leur avenir professionnel, leurs attitudes et leur proximité vis-à-vis de leurs familles, en revanche sur le plan de la tolérance à la déviance et à la violence, il existe des écarts significatifs. Les jeunes de notre échantillon font preuve d’une tolérance plus forte à l’égard des comportements déviants comme « conduire sans permis » par exemple, ou le fait de « dealer un peu de haschich ». D’autre part, ces élèves témoignent globalement d’une adhésion plus forte à la radicalité. Participer à des actions violentes pour ses idées ou même se sacrifier pour une cause est davantage admis, et une plus grande proportion d’entre eux déclare être éventuellement prête à affronter les forces de l’ordre ou d’autres manifestants. Enfin, et ça n’est pas négligeable, les principes de la laïcité sont en moyenne rejetés par deux fois plus d’élèves que dans l’ensemble de la jeunesse.

Quels principaux facteurs de radicalité avez-vous pu identifier ?
O. G. : Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon. D’une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu’il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. 11 % des jeunes de notre échantillon sont sur cette ligne, un chiffre qui triple pour ceux de confession musulmane. D’autre part, quand on combine le degré d’adhésion à cet absolutisme religieux et la tolérance à l’égard de la déviance ou de la violence, on retrouve le même facteur multiplicatif : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon. On notera qu’il s’agit d’une très petite proportion en définitive, l’absolutisme radical est très loin d’être majoritaire chez les musulmans ! Néanmoins, cette tendance est de fait plus marquée dans ce segment de notre échantillon. Lorsque l’on fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, cela ne change quasiment pas le résultat. Notons cependant que les garçons sont plus concernés que les filles (deux fois plus environ).

A. M.  : Ce qui nous a également frappés, c’est l’importance de la socialisation religieuse dans le cercle familial parmi les jeunes musulmans. L’hypothèse d’une rupture avec un milieu athée ou mécréant, ou celle d’une religion qui serait un prétexte lorsqu’on se radicalise pour d’autres raisons, ne sont pas probantes. Ces jeunes ont au contraire bénéficié d’une éducation religieuse importante, occupant une place quotidienne dans leur vie et dans leur foyer. La phase qualitative qui est en cours nous permettra d’affiner les interprétations des liens possibles entre un fort engagement dans l’islam et le degré d’adhésion à des idées plus ou moins radicales. Notre enquête montre que ce lien existe, mais il reste à en produire une interprétation solide. Si l’on voulait être complet sur la question de la radicalité religieuse, l’idéal aurait été d’enquêter aussi dans des lycées privés juifs ou catholiques. Mais nous n’en avions pas les moyens. D’autre part, ces formes de radicalité, qui existent certainement, n’ont ni l’ampleur ni les conséquences de celle qui est liée à l’islam.

Quel est l’impact des facteurs économiques ou sociaux ?
O. G. : Une explication purement économique ne nous paraît pas validée. L’idée d’une « génération sacrifiée » qui serait du même coup tentée par la radicalité se heurte au sentiment de relative bonne intégration de ces populations. Lorsqu’on les compare avec l’enquête témoin réalisée par Opinion Way, ils ne paraissent ni plus ni moins confiants en l’avenir que l’ensemble de la jeunesse française, et croient tout autant en leurs capacités de poursuivre des études après le bac et de trouver un emploi satisfaisant. En revanche, le sentiment d’être discriminé est deux fois plus marqué dans notre échantillon, notamment chez les jeunes de confession musulmane ou d’origine étrangère. Nous devons envisager que les facteurs religieux se conjuguent avec des questions identitaires, mêlées à des sentiments de victimisation et de discrimination, pour expliquer l’adhésion à la radicalité. Notre constat est donc nuancé, et nous sommes loin d’avoir épuisé les leçons que nous pouvons tirer de cette enquête. Les entretiens individuels nous permettront de mieux discerner ce qui relève de la religion stricto sensu et ce qui relève d’un sentiment de victimisation ou d’un malaise identitaire.

A. M.  : Néanmoins, le fait est que la prise en compte des sentiments de discrimination ne diminue qu’à la marge l’effet religieux. Dans notre échantillon, les jeunes musulmans qui se sentent discriminés adhèrent certes plus souvent à des idées radicales que ceux qui ne se sentent pas discriminés. Or, qu’ils soient discriminés ou non, ils sont toujours plus nombreux que les autres jeunes à adhérer à ces idées. Mais ces constats restent effectivement à affiner et à nuancer, d’autant que nous nous heurtons à plusieurs paradoxes. Par exemple, le degré de pratique religieuse est certes plus marqué chez les jeunes musulmans, y compris ceux adhérant à des idées absolutistes ou radicales, mais plus de la moitié de ces derniers ont une pratique religieuse plutôt épisodique et peu structurée. Leur rapport aux normes sociales et au libéralisme culturel est également ambivalent. D’un côté, le rejet de la laïcité ou de l’homosexualité est beaucoup plus marqué chez les musulmans que dans les autres religions. En revanche, l’égalité homme-femme n’est pas loin de faire consensus pour les jeunes de toutes confessions. Les variables que nous avons ciblées grâce à cette enquête restent pour une large part à interpréter.

Quelle est leur perception de l’extrémisme politique et du terrorisme ?
O. G. : Nous avons tenté d’évaluer leur sensibilité aux attentats de Charlie Hebdo et à ceux du Bataclan, en leur demandant notamment s’ils comprenaient qu’on se livre à des tels actes et s’ils les condamnaient. Là encore, nous sommes obligés de constater de fortes disparités en fonction de la religion : les jeunes musulmans de notre échantillon sont moins enclins à condamner les auteurs et plus nombreux à se déclarer « peu sensibles » à ces événements. Par ailleurs, nous avons pu constater que cet état d’esprit était beaucoup plus marqué chez les jeunes témoignant d’un haut degré d’adhésion à l’absolutisme religieux, quelle que soit la confession, mais il est vrai que, dans notre échantillon, le degré d’absolutisme est nettement plus élevé chez les jeunes musulmans. Nos données ne nous permettent pas, néanmoins, de faire un lien direct entre le fondamentalisme musulman et le fait de comprendre les attentats ou d’y être indifférent, car cela nous aurait obligés à poser des questions plus spécifiques sur l’islamisme. Il était important que notre questionnaire reste perçu comme une enquête générale sur les valeurs, la religion et la citoyenneté, sans que nous ne fassions de différences évidentes entre les élèves selon leur confession. Sur tous ces points, nous attendons beaucoup de l’exploitation des entretiens qualitatifs et des « focus groups » menés avec les lycées pour avancer dans l’interprétation.

A. M.  : Notre échantillon est marqué par une plus forte radicalité politique que dans l’enquête-témoin d’Opinion Way : affronter les forces de l’ordre, d’autres manifestants ou dégrader des biens matériels est mieux accepté que dans l’ensemble de la jeunesse. En revanche, le degré de politisation des jeunes lycéens interrogés est assez similaire : la majorité des jeunes de cet âge témoigne d’un faible intérêt pour la politique, d’une posture de défiance généralisée vis-à-vis du « système », qui se traduit souvent par un positionnement « ni droite ni gauche ». À cet âge, on peut observer une réelle distance vis-à-vis de la politique institutionnelle. Mais on retrouve dans notre enquête des phénomènes bien connus qui caractérisent la socialisation politique des jeunes générations : une défiance politique qui se combine à une certaine propension à la protestation. En tant que tel, l’extrémisme politique ne concerne qu’une minorité de jeunes. Mais l’on repère bien dans cette génération un certain nombre de dispositions à la contestation de la société et de ses institutions. Celle-ci peut se porter dans les urnes comme dans des formes de mobilisation collective. La radicalité politique est une composante de la politisation actuelle des jeunes, mais elle ne débouche pas nécessairement sur une acceptation de la violence politique.

Quelle suite allez-vous donner à ces travaux ?
A. M.  : Nous envisageons certaines pistes d’analyse comme la pénétration des discours complotistes, la confiance dans les médias, les relations intrafamiliales, les relations avec les forces de police, ou encore la question des jeunes convertis. Le questionnaire de notre étude est riche et nous disposons d’un corpus de données nous permettant de mener des analyses fines sur plusieurs aspects de la vie des jeunes, de leurs attitudes comme de leurs comportements, en lien avec la question de la radicalité. L’ensemble des résultats sera publié dans un ouvrage collectif sur lequel nous sommes en train de travailler.

O. G. : Par ailleurs, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises dans cet entretien, nous attendons beaucoup de l’exploitation de la phase qualitative de notre enquête. Mettre en lumière des relations entre variables est un pas important dans la compréhension de l’adhésion à la radicalité politique et religieuse – et cette exploration quantitative est un travail inédit dans le champ des sciences sociales en France aujourd’hui. C’est là un point fort de notre démarche. Mais ce n’est pas toujours suffisant, car les liens mis en évidence restent à interpréter au sein d’un ensemble d’hypothèses et de cadres explicatifs complexes et parfois concurrents. Les entretiens et les « focus groups » fourniront un matériau précieux pour les vérifier, les infirmer ou les départager.

Voir aussi:

Valeurs actuelles

22 mars 2017

Polémique. Dans le numéro 41 de sa revue de propagande Al Masra, Al-Qaïda dans la péninsule arabique évoque la prise de position d’Emmanuel Macron sur la colonisation, “crime contre l’humanité”. Selon Christophe Billan, le président de Sens commun, qui a vivement réagi à cette information dans un tweet, cette utilisation par les djihadistes des propos du leader d’En marche est la conséquence directe de son “irresponsabilité” et de ses “perpétuelles contorsions démagogiques”.

Valeurs actuelles. Vous avez affirmé cet après-midi sur Twitter, au sujet de la reprise des propos d’Emmanuel Macron par l’organe de propagande d’Al-Qaïda, que la démagogie d’Emmanuel Macron confine désormais à l’irresponsabilité politique”. Que vouliez-vous dire ?

Christophe Billan. Cet organe de propagande se contente de rapporter les faits évoquant le profil et les propos d’Emmanuel Macron ainsi que ceux de François Fillon du reste. Toutefois, cette évocation met en lumière deux points fondamentaux : l’irresponsabilité politique de Macron et ses véritables motivations. Irresponsabilité car l’outrance de ses propos entretient des fantasmes qui contribuent d’une part à fragiliser l’unité du pays d’autre part à mettre en danger nos ressortissants et nos intérêts. Irresponsabilité également car les perpétuelles contorsions démagogiques du leader « d’en marche » atteignent aujourd’hui un paroxysme en alimentant une propagande djihadiste qui menace la France mais aussi la stabilité des pays arabes. Irresponsabilité enfin parce que l’histoire est une discipline sérieuse. La colonisation est un processus complexe qui recouvre des réalités non homogènes. J’espère que les Français ouvriront les yeux avant le premier tour des élections présidentielles.

Que voulez-vous dire ?

J’observe que ses récentes déclarations sont très peu commentées alors même qu’elles mettent en lumière son véritable profil et les contours de son projet. Lors de son discours à Berlin, Emmanuel Macron a félicité Mme Merkel pour son courage. Il estimait en effet que l’accueil d’un million de migrants était une véritable « aubaine économique ». Ce déni de réalité au profit de considérations économiques étroites, parfaitement résumées par Christophe Guilluy, pose un vrai problème pour l’avenir. On voit apparaitre progressivement le libéralisme hors sol de Macron qui repose sur l’émergence d’un marché global toujours plus dérégulé. Cette vision considère les Etats, les peuples et la politique comme des vestiges encombrants.

Ceux qui sont fascinés par ses discours creux déchanteront très vite. Je les exhorte à ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Seul Francois Fillon est en capacité de redresser notre pays car son programme équilibre autorité de l’Etat et économie ouverte, prise en compte d’un héritage et volonté de modernisation, souveraineté nationale et relance d’une Europe à bout de souffle. Il ne s’agit pas de la jeter à terre mais de lui redonner un sens.

Vous évoquiez d’autres prises de position récentes susceptibles de fragiliser notre pays ?

Oui en effet sa tribune dans le Figaro met en lumières les contours d’une société qui fait froid dans le dos.

La nation parvient, au terme d’un processus historique de plusieurs siècles, à fédérer des singularités autour de principes assumés et d’une vision commune. Le multiculturalisme qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux est une déconstruction de notre héritage et un véritable danger pour l’avenir puisque l’unité dans la diversité devient impossible.

Le repli d’une communauté sur ses avantages la conduit inexorablement à considérer les autres groupes comme un concurrent voire comme un adversaire. L’Etat s’épuise alors à réguler des intérêts toujours plus contradictoires. Voilà à la fois la réalité et l’impasse du multiculturalisme vanté par certains. J’observe d’ailleurs que Thierry Tuot, le conseiller d’Etat à l’origine du rapport sur une nouvelle intégration, qui assume pleinement les contours d’une société bâtie sur le communautarisme, évolue dans le premier cercle d’Emmanuel Macron. En 2012, Terra Nova conseillait à la gauche de remplacer son socle électoral populaire par le vote communautaire. Son directeur est également un proche d’Emmanuel Macron. Nous sommes loin de la rupture annoncée mais bien dans une continuité délétère avec le quinquennat en cours.

Pourtant, le discours d’Emmanuel Macron semble séduire une large partie de l’opinion…

Nous devons sortir de cette torpeur. Une fois encore, les Français doivent prendre la mesure du danger posé par la vacuité et l’incohérence du programme d’Emmanuel Macron. Nous ne sommes pas dans le renouvellement mais l’accélération du hollandisme. Ces promesses vides et contradictoires rappellent la campagne de 2012. Elles produiront exactement le même effet : une immense déception et l’affaissement grandissant de notre pays. Seul le logiciel de communication a changé. Sens Commun, à la veille de cette échéance primordiale pour l’avenir, répète son message : nous pouvons encore faire obstacle à la tentation du chaos ou à celle du pourrissement en faisant le choix de voter Fillon. Nous ne nous déroberons pas.

Voir également:

Quand Macron confond peuple et civilisation
Claude Sicard
Le Figaro
22/03/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- Emmanuel Macron avait publié dans Le Figaro une tribune en réponse aux critiques suite à ses déclarations sur la culture française. Pour Claude Sicard, le candidat souhaite que les Français cessent de défendre leur culture.


Consultant international, expert des problèmes de développement, Claude Sicard est l’auteur de Le face à face islam chrétienté: quel destin pour l’Europe? et L’islam au risque de la démocratie, aux éditions F.X de Guibert.


Dans le Figaro du 17 Mars, Emmanuel Macron a publié un article en réponse aux indignations qu’a soulevé sa déclaration dans un meeting à Lyon par laquelle d’une manière tout a fait surprenante il affirma: «Il n’y a pas de culture française». Quelque temps après, dans une réunion avec la colonie française de Londres, il aggrava son cas en formulant une nouvelle ineptie: «L’art français, je ne l’ai jamais vu». De telles affirmations sont quelque peu inattendues dans la bouche d’un candidat qui brigue l’accès à la plus haute fonction dans notre pays, et il faut tenter de comprendre la réelle signification de son message.

Emmanuel Macron veut nous convaincre que la notion d’identité française est archaïque, et qu’il n’y a pas lieu de s’y accrocher. Dans son article il explique que les cultures évoluent en intégrant sans cesse de nouveaux apports étrangers, et il cite un certain nombre d’exemples: Joseph Kessel, Marie N’Diaye, Leila Slimani… pour ce qui est de la littérature française. Et il en est de même dans les arts. La culture française, nous dit il, «n’a cessé de se réinventer». Il ne faut pas s’en étonner, d’après lui, puisque «le fondement de la culture française c’est de prétendre à l’universel».Toute sa démonstration a pour but de railler les tenants de l’invariance (de l’identité française) qu’il affuble de différents noms d’oiseaux: des «réactionnaires», des «aigris», des «rétrogrades». Bref des gens qui ne connaissent pas l’évolution du monde. Sa démonstration, extrêmement habile, comme toujours, peut en piéger plus d’un: elle a pour objectif de plaider pour un monde ouvert où les nations disparaîtraient en se dissolvant dans le mondialisme.

Le tour de passe-passe que nous joue Emanuel Macron dans cet article est monté comme tous les tours de prestidigitation où un habile manipulateur fait aux yeux de tous disparaître mystérieusement un objet pour en faire jaillir subitement un autre, au grand étonnement d’un public ébahi. Comment donc notre candidat à l’élection présidentielle procède-t-il dans son article? Il fait disparaître sous nos yeux sans que nous nous en apercevions la notion de «civilisation» pour lui substituer subrepticement celle de «peuple» .Et personne n’y voit rien: il s’agit tout simplement de mots, dont le public ne sait pas très bien d’ailleurs ce qu’ils signifient, et hop, le tour est joué. En avant donc pour cesser de défendre notre identité et nous fondre dans le magma d’une culture universelle..

Pour percevoir où se situe le piège, et le déjouer, il faut nous en référer à quelques notions simples d’anthropologie, cette branche passionnante des sciences humaines qui étudie comment l’homme vit en société. Le concept de civilisation est fondamental en anthropologie, alors que celui de «peuple» inventé par Emmanuel Macron, n’existe pas. Les anthropologues nous disent que l’histoire des hommes est celle des civilisations. Il faut donc bien comprendre ce qu’est une «civilisation.».L’anthropologue Rodolfo Stevenhagen nous dit: «C’est l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérise une société» Et Spengler, de son coté expliquait dans son fameux ouvrage sur le déclin de l’Occident: «Chaque civilisation est une expérience unique, un art, une science une façon de penser, qui sont incompréhensibles en dehors de l’esprit qui l’anime» . Il faut bien voir qu’à l’intérieur de chaque civilisation il existe des cultures différentes: par exemple la culture en Europe des pays latins n’est pas la même que celle des pays du Nord, car les uns sont catholiques et les autres protestants: mais tous sont des chrétiens, et ces peuples relèvent de la même civilisation. Il ne faut donc pas confondre, ce que l’on fait très souvent, les concepts de «civilisation» et de «culture».

Dans le monde actuel il existe sur notre planète plusieurs civilisations: cinq civilisations différentes, selon les uns, sept, selon d’autres, et notre civilisation, la civilisation occidentale, est l’une d’elles, et sans doute la plus importante. Elle existe depuis le début de l’ère chrétienne. Dans le passé, il y eut diverses autres civilisations qui ont eu chacune leur heure de gloire, puis, un jour, ont décliné puis disparu.

Chaque civilisation, nous disent unanimement les anthropologues, est fondée sur une religion: et ce constat est fondamental. Le christianisme, pour ce qui est de notre civilisation occidentale, l’islam, pour ce qui est de la civilisation musulmane, etc…. Notre civilisation, comme toutes les autres a, bien sûr, au cours du temps, évolué. Parmi les événements les plus marquants il y eut avec la Révolution française de 1789 ce que le philosophe Marcel Gauchet a appelé une «sortie de religion». Ce fut un virage très important, mais il n’a rien changé aux fondements de notre civilisation: les valeurs chrétiennes se sont simplement laïcisées, par réaction contre les pouvoirs abusifs que s’étaient arrogés sous l’ancien régime les membres du clergé catholique. Ces valeurs continuent à constituer la colonne vertébrale de notre civilisation. On a inscrit dans le marbre les trois valeurs fondamentales dans lesquelles se retrouvent tous les citoyens du pays: liberté, égalité, fraternité. Ce sont des valeurs chrétiennes, et la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 est fondée, elle aussi, sur les valeurs amenées au monde par le christianisme.

Ce qui explique que dans l’évolution de toute civilisation il existe un certain nombre d’invariants, c’est le fait que chaque civilisation est, par définition, fondée sur une religion. Chaque fois les croyances religieuses ont instillé des valeurs et des manières de voir le monde, ainsi que de vivre ensemble qui sont spécifiques. Si l’on change ces valeurs qui ont été créatrices, on change de civilisation. Avec le remplacement que fait Emmanuel Macron du concept de «civilisation» par celui de «peuple», l’auteur de l’article se dégage des enseignements que nous donnent les anthropologues sur les racines des civilisations et sur l’évolution de celles-ci. Emmanuel Macron nous plonge ainsi dans le doute, et cela lui permet de plaider pou un univers mouvant où rien ne se perpétue. L’auteur veut nous accoutumer à l’idée que l’on s’achemine inéluctablement vers une civilisation mondiale où les peuples perdront leur identité et seront indifférenciés.

Soyons donc prudents pour ne pas tomber dans le piège ainsi tendu. Le philosophe Guy Coq, fondateur de la revue Esprit a expliqué qu’une civilisation devait avant tout «veiller aux causes internes de sa propre destruction». La thèse défendue par Emmanuel Macron dans son article est pernicieuse: elle relève de ces courants qui conduisent à la destruction d’une civilisation. Souvenons nous de cet avertissement lancé au XVIIIème siècle par le philosophe italien Giambatista Vico: «L’adhésion aveugle à des convictions fausses présentées sous le couvert de vérités est la principale cause du déclin d’une civilisation».

Puisse cet avertissement être entendu par les princes qui, demain, nous gouverneront.

Voir encore:

Attentats de Bruxelles : un an après, la Belgique veut « oser la tendresse »

Il y a un an, le pays connaissait les pires attentats de son histoire. Des commémorations sont organisées toute la journée dans la capitale.

Le Point/AFP

22/03/2017

Mutilations génitales: A quand une journée de l’excision pour tous ? (It’s islam, stupid ! – Data show a negative relationship between education and excision and between schooling and Islam)

23 avril, 2016

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Percentage of girls and women aged 15 to 49 years who have undergone FGM, by religion
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Ô Umm ‘Atiya, coupe légèrement et n’exagère pas car c’est plus agréable pour la femme et meilleur pour le mari. Hadith
 La circoncision est une sunna pour l’homme et un honneur pour la femme. Hadith
Comment une religion qui protège l’être humain pourrait-elle recommander un acte si douloureux, si mutilant, si handicapant pour celle qui l’a subi ? Il serait incohérent d’attribuer à l’islam une telle pratique alors que celui-ci accorde à la femme de nombreux droits dont celui d’être satisfaite par son mari. Aslim Taslam
Toute la jurisprudence islamique, depuis l’avènement de l’islam il y a 14 siècles, reconnait et permet l’excision. Il existe des désaccords concernant le statut de l’excision dans la charia. Certains estiment que l’excision est exigée par la charia tout comme l’est la circoncision masculine. D’autres estiment que c’est une pratique traditionnelle. Mais tout au long de l’histoire de l’islam, jamais personne n’a émis l’idée que l’excision est un crime. Il y a un consensus religieux sur ce point depuis 14 siècles. Muhammad Al-Mussayar, Al-Azhar)
Concernant la circoncision féminine, il y a consensus parmi les savants que la circoncision féminine est Sunnah, qu’elle est recommandée par la charia. Coupez légèrement et ne coupez pas beaucoup. C’est susceptible d’encourager la chasteté des organes sexuels et c’est meilleur pour le mari. Cheikh Haitham al-Haddad (basé au Royaume-Uni)
La « mutilation génitale féminine » est avant tout une étiquette désobligeante et subversive L’utilisation préemptive de cette expression est aussi blessante que de commencer une conversation au sujet du droit des femmes à l’IVG en qualifiant l’avortement de « meurtre d’une vie innocente ». Les avocats revendiquant le droit à l’avortement ont raison de s’opposer au dénigrement implicite de cette étiquette; beaucoup de femmes africaines s’opposent pareillement à qualifier de « mutilation» une pratique qu’elles décrivent en termes locaux comme « fête » ou « purification » ou « nettoyage » ou « embellissement ». Il est d’ailleurs significatif que dans la plupart des groupes ethniques où les opérations génitales féminines sont courantes, les opérations génitales masculines sont également courantes et décrites dans les mêmes termes. Richard Shweder (anthropologue, Université de Chicago, 05.12. 07)
Oui, c’est une évidence flagrante qu’il y a des risques liés aux infibulations. Mais il est tout aussi évident qu’une petite entaille, pratique qui ne comporte aucune ablation de tissu ou d’altération définitive des organes génitaux féminins, n’est pas plus risquée que les formes de circoncision masculine ou de piercing qui sont largement (bien qu’évidemment pas uniformément) admises dans la société occidentale. (…) La recherche épidémiologique nous renseigne sur le degré de risque de divers types associé à différentes formes de pratiques. Elle ne nous dit pas quand le risque est trop grand. Et qui décide quand le risque devient trop important ? Cela doit-il être décidé par des organismes internationaux? Des gouvernements ? Quand cela devient-il une nouvelle forme d’impérialisme culturel? Bettina Coquille-Duncan (anthropologue, université de Washington, 28.02.08)
Il serait peut-être plus efficace, en guise de compromis, pour éviter un mal plus grand, que les lois fédérales et les états autorisent les pédiatres à pratiquer une entaille rituelle pour satisfaire la demande des familles. Académie de Pédiatrie Américaine (06.05.10)
Les médecins australiens envisagent d’accepter une forme de mutilation sexuelle chez les nouveau-nés de sexe féminin. La mutilation aurait lieu dans un environnement clinique adapté pour empêcher les pratiques “sauvages” réalisées par les immigrés africains. The Daily Telegraph
Un des risques pour la science est quand des résultats politiquement corrects sont bien accueillis, aisément publiés et sans cesses cités, alors que des résultats politiquement embarrassants sont ignorés ou marginalisés. Ceci n’est peut-être jamais plus évident que dans l’étude « de la mutilation génitale féminine » où les rôles des chercheurs et des activistes politiques semblent souvent confondus. (…) La question clé est la suivante: Accepterions-nous aussi aisément les résultats de la recherche qui contredisent la connaissance médicale existante dans d’autres domaines que « la mutilation génitale féminine »? Les résultats de la recherche au sujet du diabète ou de l’asthme seraient-ils acceptés par exemple sans les habituelles procédures de contrôle les plus rigoureuses? Sara Johnsdotter et Birgitta Essen (Uppsala University, 23.02.08)
A partir de quelle quantité de sang les parents seront-ils satisfaits? Il y a de par le monde des pays où battre sa femme est autorisé, où l’esclavage et les abus sexuels sur les enfants sont permis. Nous n’autorisons pas ces coutumes dans notre pays. Nous n’autorisons pas les gens à pratiquer “un peu d’esclavage” parce qu’ils risquent de le pratiquer malgré tout. Nous n’autorisons pas les gens à battre leur femme “un petit peu”, pour prévenir le fait qu’ils le feront de toute façon. Georganne Chapin (directrice de Intact America)
Ce que nous proposons, c’est que des formes inoffensives de rituels génitaux féminins soient permises en vertu de la loi, et que les gens qui pratiquent les mutilations génitales soient encouragés à pratiquer cette procédure mineure plutôt que la mutilation. Il s’agit essentiellement d’une procédure où l’extérieur du vagin, la vulve, est entaillée avec un bistouri ou une aiguille, causant un écoulement de sang de manière stérile avec un crème anesthésiante. (…) Il n’y a aucune ablation. On parle d’une coupure d’environ un millimètre, qui devrait guérir complètement et rapidement sans laisser de cicatrice, de problèmes sexuels, de problèmes de reproduction, ou de douleur résiduelle. Le but est d’offrir aux gens qui croient qu’il doit y avoir une procédure rituelle spécifique selon le sexe – par exemple certaines cultures ou religions pratiquent la circoncision des garçons – une alternative sûre, dans la mesure où ils sont disposés à l’accepter. (…) C’est un manque de sensibilité culturelle car ces choses sont importantes pour des gens, et nous leur disons qu’ils ont tort, qu’ils sont des criminels. Et dans certains cas – pas avec l’infibulation, mais avec quelque chose comme une entaille vulvaire – nous autorisons des procédures comparables dans la culture majoritaire. Si c’est une chose à laquelle nous sommes habitués, nous permettrons la circoncision masculine, si une adolescente veut modifier la forme de ses seins, nous lui permettrons de subir cette opération. Si nous devons faire une comparaison avec l’entaille vulvaire : nous permettons aux parents de percer les oreilles de leurs fillettes, mais si la culture est étrangère, si elle est plus exotique, s’il s’agit d’une culture que beaucoup de gens n’aiment pas, dans ce cas, les procédures les plus minimalistes telles qu’une entaille vulvaire sont criminelles, et cela semble discriminatoire. (…) On parle d’un nouveau-né, peut-être un nouveau-né qui n’a pas développé la sensation de ses organes génitaux. On parle d’une entaille qui dure une seconde, qui est complètement guérie dans une couple de jours et dont les effets objectifs ne diffèrent pas du perçage des oreilles. La différence, bien sûr, est qu’il s’agit des organes génitaux, et tout ce qui touche à ces organes suscite des réactions très fortes. Dr Allan Jacobs (2016)
It is incredibly comfortable and there’s no sun block and you’re not getting a tan. Celebrity chef Nigella Lawson
A Sciences-Po chaque jour est une fête. Grâce à un bureau des étudiants hyperactif, l’année est plus rythmée qu’une semaine au Club Med. On connaissait bien sûr la Queer Week, «espace d’action et de réflexion autour des genres et des sexualités», organisée depuis 2010, dont la marraine était cette année la «lesbienne invisible» Océane RoseMarie. Cette année, durant une semaine en mars 2016, les étudiant-e-s et leurs professeur-e-s ravi-e-s ont pu admirer les stands de la Brigade du Stupre, ou celui du collectif GARCES dont l’animatrice confie «arpenter les manifs pour crier des misandries intersectionnelles et emmerder les mascu». Après Océane Rosemarie, il se dit que le Concombre Masqué parrainera l’édition 2017, placée sous le signe de l’intersectionnalité heureuse et du mascu vaincu. Non mais c’est vrai quoi : H&M se lance dans le burkini et le petit hijab fashion et Sciences-Po devrait rester les bras croisés sans réagir ? Si le mois de mars était celui de la guerre des genres, du dévoilement transgressif et de la chasse au mascu, en avril en revanche on ne se découvrira pas d’un fil à Sciences-Po puisqu’un autre collectif «d’étudiant-e-s» a décidé d’organiser cette fois un «hijab day» dans les murs de la vénérable institution qui doit quelquefois se fatiguer elle-même d’être de tous les combats. Après la récente polémique de la mode islamique, les étudiants de Sciences-Po ont dû penser qu’il était temps d’inverser la vapeur et de hisser les voiles pour voler au secours des minorités opprimées tout en restant trop tendance. Non mais c’est vrai quoi: H&M se lance dans le burkini et le petit hijab fashion et Sciences-Po devrait rester les bras croisés sans réagir? Pas question, quand on étudie à deux pas des plus jolies enseignes parisiennes, de laisser passer la sortie d’une nouvelle collection printemps-été! Et puis afficher sa solidarité avec les femmes voilées c’est bien, Esther Benbassa l’avait dit et Europe-Ecologie-Les Verts avait organisé une ‘journée hijab’ contre la voilophobie il y a près de trois ans, en août 2013, dans le sillage de la styliste américaine Nazma Khan qui a lancé l’initiative reprise aujourd’hui dans 140 pays… sauf la France, se désolaient il y a quelques mois les initiateurs du World Hijab Day Lyon, «un événement destiné à déconstruire les préjugés», malheureusement interdit en janvier dernier par le méchant préfet Delpuech et la préfecture de Lyon, sous couvert d’état d’urgence. Heureusement que Sciences-Po Paris est là pour rattraper le coup! Quand on pense que 116 pays ont pu tranquillement organiser une journée du hijab, que la ville d’Ottawa a même accepté que s’organise une journée d’ateliers d’essayage pour inviter les non-musulmanes à «porter le foulard islamique pour mieux comprendre la réalité des hijabis, leurs sœurs voilées», on comprend qu’un collectif d’étudiants de Sciences-Po ait décidé qu’il était temps que la patrie d’Yves Saint-Laurent, Dior et Chanel soit moins voilophobe et textilorétrograde. Et puis même Geneviève de Fontenay est d’accord: «Moi je les soutiens ces femmes musulmanes! Quand on voit la mode française avec ses jeans troués et rapiécés, tout cet exhibitionnisme, soyons au moins tolérants!» Avec une caution pareille, comment ne pas se sentir légitime? Pour remercier Geneviève, les étudiants de Sciences-Po auraient dû imposer en sus du hijab celui du chapeau à large bord pour toutes les étudiantes. Que les réfractaires se rassurent cependant, Fatima Elo, présidente-fondatrice de l’association Politiqu’Elles, association féministe soutenant l’initiative du Hijab Day de Sciences-Po, expliquait ce mercredi matin à l’antenne de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, que «personne ne sera forcé à porter le voile, c’est du volontariat». Par contre, on ne s’assiéra plus à côté des grincheux voilophobes à la cantine. Apporter son joli foulard pour aborder avec humour le traitement des femmes voilées et même dans certains coins de banlieue de France où le port du voile n’est pas vraiment présenté comme du volontariat, c’est vrai que la blague était à faire. Fatima Elo expliquait également ce matin chez Bourdin que derrière l’initiative du Hijab Day de Sciences-Po, «l’idée était d’aborder la question du voile avec humour». Apporter son joli foulard pour aborder avec humour le traitement des femmes voilées et même dans certains coins de banlieue de France où le port du voile n’est pas vraiment présenté comme du volontariat, c’est vrai que la blague était à faire, et les nombreuses intéressées qui subissent menaces, insultes et violences quand elles refusent de porter le voile ont dû bien rire à cette bonne blague et être soulagées que les étudiants de Sciences-Po s’intéressent enfin à leur sort. Comme les y invitait ce matin une twitto: «Aux nanas de @sciencespo qui font le #HijabDay n’oubliez pas de servir les garçons à table à midi et de mettre des gants pour serrer la main.» Mais la blagounette a l’air d’être mal passée, à en juger par l’avalanche de réactions négatives qu’elle a provoqué dans la presse. On pourrait presque croire que le sujet est devenu ces derniers temps un peu sensible…Et comme on n’est jamais aussi bien trahi que par les siens, voilà que l’antenne FN de Sciences-Po Paris produit un communiqué assassin: «Ce geste relève de l’imposture politique d’une bourgeoisie parisienne déconnectée des réalités sociales, qui exacerbe par ce jeu naïf les tensions communautaires». Maudit Richard Descoings! En instituant ses antennes ZEP et ses bourses à destination des étudiants plus défavorisés, l’ex-vénéré directeur de Sciences-Po a fait rentrer dans les murs une cohorte de jeunes loups qui ont grossi les rangs du parti lepéniste et lui ont permis de faire une entrée fracassante dans le pré carré du progressisme éclairé où il vient désormais s’autoriser à gâcher la fête en toutes occasions. Laurent Cantamessi 
While we would consider female genital surgeries as both unnecessary and hazardous—unnecessary because they have no health benefit, and hazardous because the risks they are associated with are considered high—these two convictions, in fact, constitute fundamental points of disagreement. In the societies where they are practiced, female genital surgeries may be considered necessary for reasons that have nothing to do with health but that are thought to be crucial to the definition of a beautiful feminine body, the marriageability of daughters, the balance of sexual desire between the sexes, or the sense of value and identity that comes from following the traditions of the group (…). In that sense, these operations may be compared to some of the « unnecessary » surgeries that men and women undergo in other societies, a topic on which much has been written. The parallels have been made, and readily come to mind: what about the circumcision of male infants? and what about breast implants, nose jobs, and other plastic surgeries? Are female genital surgeries different from the former because of what they excise—an organ whose sole purpose is sexual enjoyment, compared to a somewhat less indispensable piece of skin? Do they differ from the latter because of who makes the decision—the person herself versus her parents? And if so, then is the harm less in the exact consequences of the operations than in the fact that they are carried out without the true consent of the individual? It be- comes clear from these questions that unequivocal answers cannot emerge from applying objective criteria, and that scientific assessments are inseparable from subjective judgments and ethical principles. In addition, female genital surgeries would not be perceived to be especially risky by the population if it is, in fact, true that most women go through them without severe complications, and because the extent to which discomfort is expected and thought to be unavoidable varies greatly among different groups. The actuarial notion of health risk that is familiar to most individuals in societies with high literacy and numeracy, as well as extensive health systems and insurance coverage, is not as likely to be found in societies where schooling is limited, life expectancy is lower, health systems are rudimentary, and pain must often be confronted. Hence, modifying the evaluation that individuals make of the risks of genital surgeries entails not merely education about the possible health damage, but also changes in a whole set of factors that shape the demography, economy, and health care of the population. Carla Makhlouf Obermeyer (Harvard)
Dans les régions (d’Afrique) où il fait chaud, les gens sont contraints d’exciser les filles à titre de thérapie car dans ces régions, les clitoris sont trop grands et gênent l’époux. On excise ce qu’il y a en plus, mais ce n’est pas vrai que l’excision supprime le plaisir chez les femmes, c’est l’occident qui a exagéré le sujet. L’excision est une opération esthétique pour la femme. Habib Ellouze (député tunisien Ennahda, 2013)
L’excision n’est mentionnée dans aucune tradition islamique ni dans le Coran. Les textes qui la recommandent sont totalement trafiqués, comme le soulignait le grand imam de la Mosquée Al Azhar au Caire en 1997 pour justifier son interdiction. De toute façon, l’excision est pratiquée autant chez les Coptes, les chrétiennes d’Egypte, que chez les musulmanes. Cette horreur remonte à la nuit des temps, celle des Pharaons. Jusqu’à aujourd’hui, puisque malgré les lois les filles du Nil n’en sont toujours pas préservées : en 2008, on estimait à 70% le nombre d’Egyptiennes excisées ! Martine Gozlan (Marianne)
Dans le monde, 100 à 140 millions de filles et de  femmes  ont  subi  une  mutilation  sexuelle.  (…) Le  phénomène est présent essentiellement en Afrique sub-saharienne et dans quelques régions du Proche-Orient  et de l’Asie du Sud-Est (Yémen, Indonésie et Malaisie).  Près de 5  % des victimes vivent dans des pays du Nord,  soit  plus  de  6,5  millions  de  filles  et  de  femmes.  Elles  résident principalement dans les pays européens d’immigration africaine ainsi qu’en Amérique du Nord. Une trentaine de pays d’Afrique concernés. En  Afrique,  on  recense  28  pays  où  les  mutilations  sexuelles  féminines  sont  pratiquées. (…) D’un  pays à l’autre, la proportion de femmes excisées varie  beaucoup,  s’échelonnant  de  1,4  %  au  Cameroun  à  96  %  en  Guinée  au  début  des  années  2000.  Trois  groupes de pays se distinguent  : les pays où la  grande  majorité  des  femmes  sont  excisées  (plus  de  85  %)  ; ceux où la proportion varie selon l’ethnie, la  catégorie  sociale et la génération, seules certaines fractions de la population étant touchées, et où, au total,  entre  25  et  85  %  des  femmes  sont  excisées  ;  enfin,  les  pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25  %. (…) La pratique des mutilations sexuelles féminines  est souvent présentée comme la conséquence d’injonctions religieuses, notamment de l’islam. Pourtant, l’excision  était  pratiquée  en  Afrique  bien  avant  l’arrivée  des religions monothéistes et aucun texte religieux ne  permet de la justifier. Il n’y a pas de relation entre la  diffusion de l’islam dans un pays et la proportion de  femmes qui y sont excisées et on rencontre tous les cas  de  figures  en  Afrique.  En  Éthiopie,  par  exemple,  les  trois quarts des femmes sont excisées alors qu’un tiers  seulement de la population est musulmane. Dans  l’autre sens, au Niger, seule une toute petite minorité de femmes est excisée (2  %) alors que le pays est presque  entièrement musulman. En revanche, dans le pays voisin à l’Ouest, le Mali, également musulman, plus de 90  %  des  femmes  sont  excisées.  Quant  aux  pays  voisins  d’Afrique du Nord, l’Algérie, la Libye, mais aussi la Tunisie et le Maroc, l’excision n’y existe pas alors que la quasi- totalité de la population est de confession musulmane. En réalité, le principal facteur du risque de mutilation est l’appartenance ethnique et non la religion, ces  pratiques s’inscrivant traditionnellement dans les rites  d’initiation associés à l’entrée dans l’âge adulte dans  certains groupes ethniques. Ainsi, au Sénégal, musulman à 95  %, et où un peu plus d’un quart seulement des  femmes sont excisées, le groupe ethnique majoritaire,  les Wolofs, ne pratique pas l’excision. Traditionnellement,  elle  n’existe  que  chez  les  minorités,  notamment  les  Peuls, les Toucouleurs, les Soninkés et les Malinkés. La  pratique  recule  dans  la  plupart  des  pays  depuis  quelques années, même si les changements sont lents  dans certains. (…) Le recul dépend beaucoup du degré de mobilisation  des  États  (…)  Des  lois  existent  dans  la  plupart  des  pays mais sont encore rarement appliquées. Par ailleurs, la scolarisation croissante des femmes a  un effet favorable, l’instruction ayant un rôle protecteur  :  dans tous les pays, le risque de mutilation décroît avec  l’augmentation du niveau d’instruction. Armelle Andro et Marie Lesclingand (INED, 2007)
S’il est exact que l’excision n’est pas mentionnée dans le Coran, les « malikites salafistes » affirment néanmoins qu’une certaine forme de « circoncision féminine » (khifâd) serait recommandée pour les filles dans le rite musulman malékite. Ils invoquent le principe d’égalité entre les hommes et les femmes comme argument clé pour justifier l’excision. (…) Certains intellectuels, notamment américains, défendent l’excision au nom du relativisme culturel et de la liberté de culte et remettent en cause la gravité de ses conséquences sur la santé et la sexualité des femmes. La lutte contre l’excision est décrite comme une forme de colonialisme. Les principaux anthropologues qui remettent en cause la lutte contre l’excision sont Richard Shweder, Janice Boddy, Carla Obermeyer, Ellen Gruenbaum et Fuambai Ahmadu, auxquels se joignent certains féministes africains. L’un des arguments les plus forts de ceux qui défendent l’excision explique qu’elle serait l’équivalent d’opérations de chirurgie esthétique pratiquées en Occident, comme la pose d’implants mammaires ou la rhinoplastie. Les militants contre l’excision mettent en avant, eux, que l’excision est la plupart du temps réalisée de manière forcée, sans le consentement de celle à qui les organes génitaux appartiennent. (…) En Afrique, on recense 28 pays où les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées. La proportion de femmes excisées varie selon les pays. Trois groupes peuvent être distingués (chiffres au début des années 2000) : les pays où la grande majorité des femmes sont excisées soit plus de 85 % : Djibouti, Égypte, Éthiopie, Érythrée, Guinée, Mali, Sierra Leone, Somalie, Soudan. les pays où seules certaines fractions de la population étant touchées et où 25 à 85 % des femmes sont excisées, proportion variant selon l’ethnie, la catégorie sociale et la génération : Burkina Faso, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Mauritanie, Sénégal, Tchad. les pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25 % : Bénin, Cameroun, Ghana, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Tanzanie, Togo. Selon l’UNICEF, 13 pays africains disposent de lois réprimant les mutilations sexuelles féminines et autres types de violences faites aux femmes. Wikipedia
Bien qu’aucun texte religieux ne prescrive cette intervention, les praticiens pensent souvent qu’elle a un fondement religieux. Les autorités religieuses adoptent des positions variables à l’égard des mutilations sexuelles féminines: certaines les préconisent, d’autres les considèrent comme étrangères à la religion et d’autres encore contribuent à leur élimination. Les structures locales du pouvoir et de l’autorité, tels que les dirigeants communautaires, les chefs religieux, les circonciseurs et même certains agents de santé peuvent contribuer à conforter cette pratique. Dans la plupart des sociétés, les mutilations sexuelles féminines sont considérées comme une tradition culturelle, argument souvent avancé pour les perpétuer. Dans certaines sociétés l’adoption récente de cette pratique s’explique par la volonté de copier les traditions de groupes voisins. On trouve parfois à son origine un mouvement de recrudescence religieuse ou traditionnelle. OMS (2016)
Le capuchon clitoridien ou prépuce, repli, peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision (chez les abyssins notamment). Brigitte Mauroy (article « Vulve », Dictionnaire de la sexualité, 2004)
Lisant dans le Dictionnaire de la sexualité (éditions l’Esprit du temps) auquel nous avons collaboré, l’article Vulve que vous avez signé, je me suis grandement étonné de certaines descriptions, sous la plume d’un professeur d’anatomie, de surcroît femme, et dans un ouvrage se voulant à la pointe du progrès scientifique. le prépuce du clitoris des abyssines, pas plus que celui des Turques, Bambaras, Malinkés ou Asiatiques ne souffre d’aucune « hypertrophie ethnique » légitimant un « retranchement » qui n’est en fait qu’une excision clitoridienne complète; suivie de la salutaire infibulation, triomphe de « l’intégration symbolique » au groupe ethno-culturel. Cette fable d’anatomie-fiction sert d’excuse aux coupeuses de filles. Les premiers « explorateurs des pays chauds » ont gobé ces inepties, qu’Ambroise Paré et Voltaire ont avalées à leur tour… Il y a quelques siècles. Alors qu’ils n’avaient jamais vu de près la moindre Abyssine ou Turque adulte, et surtout porteuse de son clitoris natif, amputé dès l’enfance. Évidemment les tout dévoués « ethno-psychologues » du style de l’abominable Ehrlich, toujours prêts à venir défendre les plus ignobles mutilatrices, du moment qu’ils peuvent pérorer dans les prétoires, se font l’écho de ces billevesées. Mon Atlas du sexe de la femme (la Musardine, 2001) pourra vous montrer, sur ses 150 photos, des prépuces clitoridiens de toutes les couleurs, mais de conformation rigoureusement identique chez les Européennes, Africaines ou Asiatiques. (…)  Qu’une anatomiste du XXIe siècle cautionne ces racontars « hors d’âge » et donc la légitimation de la « rectification clitoridienne » de millions de fillettes massacrées, m’a profondément choqué. Il reste à souhaiter qu’une deuxième édition, après le gros succès de l’ouvrage permette de remettre les pendules à l’heure… Docteur Gérard Zwang (2004)
Par maladresse, ou en toute lucidité (son refus de répondre plaide pour la seconde hypothèse), Brigitte Mauroy se rend complice de mutilation sexuelle. Antonio Fischetti (Charlie hebdo)
La référence à l’Abyssinie n’a pas été produite par hasard. En effet, c’est dans ce territoire que dès le XVIe siècle des missionnaires jésuites portugais, qui avaient converti la population, ont tenté d’interdire toutes les sortes de circoncision – masculine et féminine. Ils n’agissaient pas par « humanisme » mais pour abolir ce qu’ils croyaient être un rite juif. Aussi se sont-ils heurtés à une forte résistance. Par la suite, rappelle F. Hosken, « les missionnaires se tournèrent alors vers Rome, et appelèrent à l’aide le Collège des Cardinaux de propaganda fide (pour la propagation de la foi) qui dépêcha sur place une mission composée de médecins expérimentés, pour faire un rapport sur la situation. A leur retour, ces médecins déclarèrent qu’à cause de la chaleur, du climat ou de toute autre cause naturelle, « les parties » des femmes de ces pays étaient exceptionnellement développées. Ce qui provoquait le dégoût chez l’homme, et constituait donc un obstacle au mariage. En conséquence, le clergé catholique autorisa ces opérations, à condition toutefois que les Éthiopiens déclarent « qu’elles n’avaient aucun rapport avec la religion juive ». Le clergé proclama que « tout obstacle au mariage devait être supprimé » et l’excision obtint ainsi la bénédiction papale. » En d’autres termes, il y a 500 ans, l’Église a admis que chez les Abyssins la taille des organes sexuels féminins – « exceptionnellement » développés, faisant « obstacle » au mariage – faisait procéder à une « circoncision ». Hélas !, cette « bénédiction papale » a visiblement couru les siècles. Un ouvrage « de référence » en anatomie, figurant dans la bibliographie de l’article de Mauroy, nous en donne une idée terrifiante. En 1889, l’anatomiste Léo Testut publiait la première édition de son Traité d’anatomie humaine, republié huit fois jusqu’en 1948. Et – « ironie » de l’histoire ? –, dans son chapitre consacré à la vulve, il écrit exactement – un peu plus d’un siècle, donc, avant Mauroy –, que le « capuchon du clitoris ou prépuce », ce « repli préputial est relativement peu développé dans nos races européennes. Chez certains peuples de l’Asie et de l’Afrique, il atteint une longueur beaucoup plus considérable et l’on sait que quelques-uns d’entre eux, notamment les Abyssins pratiquent la circoncision chez la femme aussi bien que chez l’homme. » On l’aura compris, la phrase de Mauroy est un plagiat grossier. Une mauvaise copie d’un texte de 1889, dont le propos original est réduit « indélicatement » : le mot « race » – encore heureux – disparaît de la copie, mais chez Testut, il n’est pas écrit « ce qui fait procéder »… Aussi pour en finir, après avoir autopsié cette phrase, rappelons les arguments portés par Mauroy pour la défendre. (…) Tout d’abord, l’argumentation de la plaignante souligne le fait que la phrase traite de « circoncision » et non d’excision, donc de mutilation. Comme nous l’avons vu plus haut, cette assertion n’est aucunement fondée. D’abord parce que la pratique en question n’est pas précise, ni précisée ; ensuite parce que la classification qui fait autorité, celle de l’OMS, définit ce type de « circoncision » comme une mutilation. A ce propos, Fischetti raconte que, en appel, quand son avocat « l’interroge là-dessus, Brigitte Mauroy dit qu’il faudrait changer la classification de l’OMS ! » Et toujours selon le journaliste : « il est question, ici, de l’ablation du capuchon clitoridien, le morceau de peau qui recouvre le clitoris. Cette opération, l’urologue lilloise l’appelle « circoncision », car c’est l’équivalent de l’ablation du prépuce chez l’homme (ce qui est vrai). Elle la différencie de l’« excision » en tant qu’ablation du clitoris, et, comme la circoncision masculine est très répandue, Brigitte Mauroy banalise l’ablation du capuchon clitoridien. Dans ses colloques, elle dénonce donc l’ablation du clitoris, mais pas la circoncision du capuchon clitoridien. » Encore faut-il que la « circoncision du capuchon clitoridien » soit effectuée pour « raisons médicales », par des « professionnels de la santé »… On trouve sur Internet le compte-rendu d’un colloque dans lequel Mauroy est intervenue – organisé en 2006 à Lille par l’association Gynécologie Sans Frontières. En introduction, le gynécologue Richard Matis rappelle que « la circoncision [masculine] est le plus souvent réalisée dans des conditions chirurgicales correctes et les complications revêtent un caractère exceptionnel. Or les mutilations sexuelles féminines n’entrent pas dans ce cas de figure. La circoncision masculine peut être le sujet d’un débat, mais celui-ci se trouve dépourvu de rapport avec la question des mutilations sexuelles féminines. » Lorsqu’une « circoncision du capuchon clitoridien » est opérée à des fins « non médicales », sur des fillettes, il s’agit d’une mutilation sexuelle féminine : c’est le cas « chez les abyssins notamment » où l’on peut franchement douter des « conditions chirurgicales » réunies par les « praticiennes traditionnelles » qui, comme nous l’avons dit, y détiennent un « monopole ». Celui du rasoir qui ne fait aucune différence entre « capuchon », « gland » ou « corps » du clitoris. Il tranche. Deuxièmement l’urologue et son conseil ont affirmé, en première instance et en appel, que cette phrase est chargée d’une portée historique. Elle serait un rappel de ce qui se faisait/se disait jadis. Certes, les références bibliographiques de son article « Vulve » sont diachroniques, d’un traité d’anatomie datant de 1791 aux manuels les plus récents. Et, cela a été dit, la phrase est en réalité une copie d’un texte de 1889. Mais aucune référence n’indique qu’elle est tirée du Testut ou qu’elle se rapporte à telle ou telle époque. De plus, elle n’est pas entourée de guillemets de citation et, plus exactement, est conjuguée au présent, un présent de vérité générale. Il est donc impossible de cerner la moindre analyse diachronique ou de comprendre que Mauroy a « repris » Testut. A ce propos l’argument entendu en première instance selon lequel l’article en question constitue un texte de vulgarisation scientifique qu’il conviendrait de lire avec plus d’indulgence laisse perplexe. Car vulgariser ne veut pas dire bâcler. Ni plagier. Vulgariser ne permet pas d’oublier la rigueur et la méthode critique. Bien au contraire puisque, par définition, un texte de vulgarisation sera moins soumis aux critiques de la communauté scientifique et plus directement exposé au reste de la société. Il s’agit donc pour son auteur de redoubler de vigilance. D’autant plus lorsque le scientifique aborde une « coutume » mutilatrice, pratiquée sur des fillettes, par des « praticiennes traditionnelles » et chez des peuples qu’il ne connaît pas. (…) A nos yeux, les enjeux voilés par ce procès « de presse » ne sont d’aucune commune mesure avec la réputation d’une savante, entrée en politique et par là dans la ligne de mire d’un journal que nous ne soutenons guère. Que devient son statut de « scientifique » quand, de peur d’être disgraciée, elle refuse d’étayer ou de réfuter ses dires, mis en cause par un membre de sa corporation ? Tout ça n’est que politique. Cette histoire est certes « inutilement blessante », mais pas pour la plaignante… Elle l’est pour les victimes, exclusivement pour les victimes de mutilations sexuelles. Lillie 43000
À quoi peuvent bien songer à cette heure les patientes qui attendent leur tour dans les cabinets respectifs des docteurs Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs, à Cleveland, Ohio ? Sont-elles en train de feuilleter le dernier numéro du Journal of Medical Ethics, dans lequel ces deux gynécologues américains se déclarent favorables à des excisions « minimalistes », au nom d’un « compromis » permettant de préserver les « traditions culturelles et religieuses » tout en restant civilisé et en pratiquant des honoraires libres ? N’éprouvent-elles pas une légère appréhension au moment de poser les pieds sur les étriers du siège ? Si j’étais une femme, j’y réfléchirais à deux fois avant de confier la santé de mes parties intimes à de tels praticiens… Certes, ces deux experts en « éthique » médicale semblent imbattables en finasseries sémantiques – ils répugnent à employer le terme « mutilation » pour qualifier l’excision, préférant parler d’ « altération génitale » -, mais je doute que le fait de passer un coup de langue de bois sur le clitoris avant de le trancher rende l’opération plus agréable. Ni plus justifiable. Charlie hebdo (0.03.2016)
Jews from Arab countries where FGM  is practiced do not practice FGM. However, major  immigration of Jews from Ethiopia to Israel permit- ted study of this practice. We confirmed the report  that Ethiopian Jews did practice FGM in Ethiopia (17).  Moreover, we reported the dramatic and total cessation  of this custom among this community after immigra- tion to Israel. This study of FGM is one of the few to  combine  anthropological  interviewing  techniques   with physical gynecological examination. Interviews  were conducted in two different absorption centers for  recent Ethiopian immigrants. First we interviewed (18)  six elderly women from the Tigray area and six elderly  women from the Gondar area. They were considered  to be good informants by social welfare staff. Two  young educated translators, one from Tigray and one  from Gondar, were also interviewed. One member of  each group had been a professional female circumciser  (Gherazit)  in Ethiopia (…) All interviewed women agreed that FGM was norma- tive among Jews in Ethiopia. None felt that the custom  was a result of assimilation into Christianity.  (…) y  contrast  with  the   Bedouin, Ethiopian Jews give up FGM immediately on  arrival in Israel. They see themselves a part of a Jewish  society that does not practice FGM. No signs of distress  or nostalgia for the custom were expressed. These data  suggest that cultural change is often a function of iden- tity. Rapid cultural change without evident distress may be possible, if individuals or a group consciously accepts  a new identity. An additional finding in this study, as  in the Bedouin study (3), was a gap between physical  findings and the anthropological report. Although  FGM was normative for all Jewish female infants in  Ethiopia, only about a third had evidence of old genital  scars, and only 27% had clitoridectomy. This illustrates  a well-known phenomenon in anthropology whereby  interviews elicit descriptions of accepted norms that  may reflect behavior of only a minority of individuals in  practice. For instance, interviews of Israeli or American  adults about marriage would yield various normative  customs, although in practice divorce, out of wedlock  motherhood, and adultery are commonplace. It would  be interesting to discover what factors affect whether a  Gherazit  made a major or minor incision in practice,  despite the normative custom of clitoridectomy. This study and its predecessor (3) are among the few  studies of FGM to combine anthropological interviews  with physical examination (19, 20). Most knowledge of  the physical nature of FGM comes from the occasional  cases that reach hospital because of medical complica – tions; these could be only the most extreme forms in  the population. Our study also emphasizes the dangers  of drawing conclusions from interview data only, since  many women are unaware of the anatomical nature of  their own FGM. RH Belmaker (2012)
In the UNICEF’s document (…) the percentage of 91% is given as prevalence of FGM in Egyptian girls and women in reproductive age, that is between 15 and 49 years (…) does not differentiate between Muslim and Christian Egyptian girls and women. (…) Unlike in Islam, FGM has no religious backing whatsoever in Christianity; nonetheless, it’s practiced by Copts, and it has become a social norm within Coptic communities, in the sense that Coptic families that have their daughters cut do that a. because others who matter to them have their daughters cut; and b. and because they believe that others who matter to them think they should have their daughters cut. This is a consequence of assimilation to the dominant Muslim society. (…) The first thing to note is that the prevalence of FGM in the Copts is lower than that in Muslim Egyptian society but, nevertheless, it’s still high: 92% in Muslims and 74% in Copts, a difference of 18%. (…)  56% of Muslim girls and women support FGM while only 22% Copts support it. Coptic boys and men are, too, ahead in their support for the discontinuation of FGM when compared to Muslim boys and men, all aged 15-49 years: Only 20% of Coptic boys and men support FGM while 60% Muslim boys and men support it. (…)  In my opinion, the FGM problem within the Muslim society is religious and social – in the Coptic society the forces that work to sustain it are social and not religious. Dioscorius Boles
Circumcision is a part of the Islamic teachings that were recommended for Muslims, both male and female. The MUI and Islamic organizations in the country firmly stand against any efforts to ban female circumcision. Amrisyah Tambunan (MUI)
I’m happy. My daughter is now clean. Many girls are getting pregnant out of wedlock these days. Circumcision hopefully will prevent my daughter from becoming oversexed, and will make her less amorous when she grows up. Yuli (27-year-old seamstress, Bandung)
Half of girls under 11 years old in Indonesia are circumcised, according to the latest finding by UNICEF, raising awareness and calls for bans on female genital mutilation (FGM) practices in the world’€™s most populous Muslim majority country. It is the first time the global report has included Indonesia on the list, but the country ‘€” combined with Egypt and Ethiopia ‘€” accounts for half of 200 million girls and women in 30 countries that have undergone FGM, the study reveals. (…) According to the data, 14-year-old girls and below represent 44 million of those who have been cut, and Indonesia is among the three countries with the highest prevalence of FGM among this age group, along with Gambia and Mauritania. (…) The practice is common in Jakarta, which is among the 10 provinces with the highest percentage of circumcised girls aged 11 and below, at 68.1 percent. (…) FGM in Indonesia is strongly related to culture and religion. In Gorontalo, girls are circumcised before their third birthday in a traditional ceremony called mongubingu, as proof of their compliance to Islam. Indonesian authorities tried to ban FGM 10 years ago, but the Indonesian Ulema Council (MUI) issued a fatwa saying that female circumcision was part of religious practice. In response, the Health Ministry softened its stance, issuing regulations that said the practice should only be done by medical professionals in a noninvasive way that did not injure girls and women. However, in 2013, the ministry revoked its regulations on female circumcision. The ministry’€™s director general of mother and child health and nutrition supervision, Anung Sugihantono, said the government did not acknowledge female genital mutilation as a medical practice. The reasoning behind it is that the government acknowledges female circumcision only as a part of Indonesian culture, according to him. The government’€™s definition of female circumcision was ‘€œan act of scratching the skin that covers the front of the clitoris without injuring the clitoris’€. The Jakarta Post
Various forms of FGM/C are practised in different parts of  Indonesia. Type I (commonly referred to as clitoridectomy)  and less invasive procedures (Type IV) are the two forms  generally practised in the country. A  fatwa  issued by the  Indonesian Ulema Council ( Majelis Ulama Indonesia  – MUI) 1 in 2008 recommends that female Muslims undergo FGM/C  since it is considered a rule and symbol of Islam. According  to the  fatwa , the practice should be done by eliminating the  membrane (jaldah/colum/praeputium) that covers the clitoris  but that it should not involve cutting, injuring or damaging  the clitoris by either incision or excision. According to the Ministry of Health regulation (Article 1,  paragraph 1 Permenkes 1636/2010), FGM/C is an act of  scratching the skin that covers the front of the clitoris,  without injuring the clitoris. It is cleaning the vulva from  dirt/smegma or mucus that exists between the cover/frenu- lum of the clitoris and the glans of the clitoris. UNICEF
Unlike findings of FGM practices in Africa that tends to ruin almost all female  genital parts, from the cutting of all the clitoris, labia minora, to even stitching the vagina  and only leaving a hole for sexual intercourse, the literature review on FC practices in  Indonesia could not present sufficient evidence of a harmful traditional practice with  sexual, reproductive and psychological health impacts.  This implies that any efforts to  eliminate FC can not be carried out by health and development advocates simply using  legal and international human rights mechanisms related to the concept of women’s equity,  health rights and bodily integrating.   The FC practices in Indonesia  seem to relate to the descriptions in the unclassified type (Type IV) which combines:  pricking, piercing or inc ising of the clitoris and/or labia, stretching of the clitoris and/or  labia, cauterization by burning of the clitoris and surrounding tissue; scraping of tissue  surrounding the vaginal orifice or cutting of the vagina, introduction of corrosive  substances  or herbs into the vagina to cause bleeding or for the purposes of tightening or  narrowing it; and any other procedure that falls under the definition of FGM given above  (WHO, 1998). The existing literature could not present any evidence that FC in Indonesi a is  similar to FC in Egypt and some African countries.  (…) Previous studies in Indonesia confirmed findings from international literat ure that  FC is not a religious requirement for Muslims in Indonesia.  FC is merely the practice of  tradition.  There is no verses in the Qur’an that support FC, however, many associated the  practice with the hadith or sayings in which the Prophet Muhammad  PBUH instructed the  circumciser to  “Cut off only the foreskin (the prepuce or outer fold of skin over the clitoris)  and do not cut off deeply (not cutting the clitoris itself), for this is brighter for the face (of  the girl) and more favorable with husband.”   This hadith is quoted by many Islamic  scholars such as Al – Hakim, Al – Baihaqi, and Abu Dawood.   Most Indonesian Muslim leaders know that, “Circumcision is a commendable act  for men ( sunnah ) and merely an honorable thing for women ( makromah )” (Al – Shawkan i  cited in Badawi, 2002, Salim Al – Awwa, n.d).   Sunnah  includes the words, actions and  approval (or consent) of Prophet Muhammad.  In the context of religious obligation,  sunnah  refers to acts that are commendable but not obligatory.  Therefore, the above hadith  distinguishes male circumcision (MC) as a religious obligatory practice from the non-obligatory of female circumcision (FC) by using the term s unnah.   The existing hadiths  that refer to the removal of a miniscule segment of skin from the female prepu ce clearly  emphasize that FC practice should not provide any harm to the girl-child.  This is merely a  ritual act of tolerance to the pre – Islamic practices (the dark age or  jahiliyah ).  It is clear that  removal of partial or complete clitoris (clitoridectomy) or the entire labia minora, and  medial part of labia majora (infibulation) were never mandated because these acts will  impair a woman’s ability to enjoy sexual relations ( http://www.minaret.org/fgm.htmhttp://www.jannah.org/genderequity/equityappendix.html ).  Unfortunately, individual interpretation in various places has turned this cultural  tradition into a religious doctrine that commands FC as a basic element of religious faith,  similar to the abstention of pork in daily food.  Th ey declared FC practices as a required  act of purification, or a pre – condition to become a Muslim (Ramali, 1951, cited in Feillard  and Marcoes, 1998; Adrina et al, 1998; Tatapangarsa, 1980; Research Team of LSPPA,  1999).  In Limbangan, Central Java, the Is lamic religious leaders perceived that FC is  required by the Islamic law (sunnah  or recommended by the Prophet), a duty for male  believers as well as for the females.  However, the researchers found out that in reality  circumcision was practiced by non – Islamic Javanese too, a practice inherited as a custom  or tradition  (Research Team of LSPPA, 1999).  Feillard and Marcoes (1998) concluded that FC practices in Indonesia were  introduced by Islamic scholars who introduced Islam, because these practices were  p resented only in regions where the majority of the population are Muslim and is non – 10 existent in the areas where non – Muslim ethnic groups live such as the islands of Nias,  Timor, Lombok, Sumba, Flores, Solor, Roti, and among the ethnics of Batak in North  Su matra and Dayaks in Kalimantan. (…) Almost all of the mothers surveyed themselves reported as Islam followers.  They  stated that religious duty was the main reason for practicing FC.  When asked about the  source of such information, they said that the information came from their Islamic teachers  or their parents.  None of the mothers, however, could mention  specific sources or  statements on female circumcision if it were written in the Islamic Holy Book (Al Qur’an)  or the Prophet Guidance (Hadith).  At the same time, many mothers also regarded FC as an  inherited tradition, with inherent cultural value indepe ndent of specific religious obligation.  From in – depth interviews with religious leaders about the basis for FC in Islamic  law, we found that FC had never been an issue in their ‘ dakwah’  and there is no concensus  or ‘ fatwa’  among religious leaders about t he Islamic law or basis for FC.  The law varies  from one  mazhab  to another, from ‘ wajib ’ (obligatory), to ‘ sunnah ’ (recommended but  optional), while some place it at the lowest level of religious duty.  Most of religious  leaders said that not many follower s had ever questioned FC as a subject, and therefore  they seemed to be unprepared to answer questions about FC. (…) Since only households with at least one girl under 19 years of age were included,  the survey encompassed more girl children (2,660) than boys (1,516) from the households  sampled.  The survey demonstrated that circumcisio n among girls and boys is a universal  practice in the study sites.  Across the sites, among all the children aged 15 – 18, 86 – 100% of  the girls and 100% of the boys were reported already circumcised. USAID
91 percent of Egyptian women have had their clitorises forcibly removed. 98 percent of Somalian women have. Bill Maher
It’s a central African problem. Eritrea has almost 90 percent female genital mutilation. It’s a Christian country. Ethiopia has 75 percent female genital mutilation. It’s a Christian country. Nowhere else in the Muslim, Muslim-majority states is female genital mutilation an issue. (…) You know, but this is the problem, is that these kinds of conversations that we’re having aren’t really being had in any kind of legitimate way. We’re not talking about women in the Muslim world. We’re using two or three examples to justify a generalization. That’s actually the definition of bigotry. Reza Aslan
Seven of the top eight countries with very high rates of female circumcision are majority Muslim, including the « almost universal » levels in Somalia, Egypt, Guinea and Djibouti. But Eritrea, as Aslan said, is No. 5 among countries with high prevalence at 89 percent, and it is home to more Christians than Muslims, according to Pew Research’s Religion and Public Life Project. Ethiopia, which is 63 percent Christian and 34 percent Muslim, has a moderately high rate of 74 percent, making it No. 11 on the list. So the countries in which female genital cutting is a practice are mostly Muslim, but they are not exclusively Muslim. Of the 29 countries tracked by UNICEF, 14 are home to more Christians than Muslims. The two Middle Eastern, and predominantly Muslim, countries, Yemen and Iraq, have much lower rates of 23 percent and 8 percent, respectively. Other majority-Muslim countries, such as Saudi Arabia and Iran, are not listed. While it stems from neither Christianity nor Islam, some women in Chad, Guinea and Mauritania report a « religious requirement » as a benefit of cutting. Some communities consider a clitoridectomy — one type of female genital mutilation — as « sunna, » which is Arabic for « tradition » or « duty, » according to the UNICEF report. However, it is not a requirement of the Koran and has been specifically rejected by some Muslim leaders in Egypt. « There are different positions within Islam on the issue, » said Marit Tolo Østebø, a University of Florida lecturer on human rights and culture, global sexuality, and anthropology of religion. « So you would have some Islamic scholars who will say, and might use parts from the hadith, to support that it’s good to do some cutting, but they will often emphasize that it is not an obligation. » (The hadith refers to commentary about the Koran that explains the traditions of the Prophet Mohammad.) However, UNICEF and international groups consider it a « global » problem since it happens in parts of Asia, Europe and North America because of immigration … PundictFact
Of course, correlation does not prove causation. Why there is this relationship between Islam and FGM is a separate question. And certainly the outliers—Senegal, Yemen and especially Niger—suggest that there is no necessary connection between Islam and FGM. So what other factors may be at work? Poverty? Healthcare? Education? Here are some UN development data for the same 28 countries: Gross National Income / capita, life expectancy, years of schooling, and a composite Human Development Index (HDI). Of these, Islam remains the single best predictor. And surprisingly, there is no relationship between FGM and income, life expectancy or development. But there is a negative relationship between education and FGM (-.44) (And schooling is strongly negatively correlated with Islam [-.55]). So who knows, perhaps education is key … Oliver Scott Curry

Cachez cette religion que je ne saurai voir !

A l’heure où rivalisant dans la cécité volontaire entre deux attentats ou actes de barbarie, nos belles âmes et nos beaux esprits nous répètent que l’islam n’a rien à voir avec l’évidente brutalisation qui s’étend progressivement à l’ensemble de la planète …

Et où se confirment les soupçons de financement des attentats du 11/9 par le même Etat qui depuis une cinquantaine d’années inocule le monde avec son idéologie mortifère …

Pendant qu’après nos boutiques de prêt-à-porter, c’est au tour de nos grandes écoles d’initier nos jeunes filles au port ludique du voile alors qu’à Genevilliers on célèbre à sa manière la journée de la jupe …

Et sans parler de l’apologie, par nos propres médecins et au nom du respect des différences culturelles, des « excisions minimalistes » (pardon: de l' »altération génitale« ) …

Qui parle encore …

Hormis peut-être quelques esprits mal tournés à la Bill Maher ou Charlie hebdo …

Des liens jusqu’ici déniés des mutilations génitales et de l’islam ?

Qui prend la peine de regarder derrière les quelques exceptions systématiquement et commodément mises en avant comme l’Erythrée et l’Ethiopie à majorité traditionnellement chrétienne (passée récemment de 63 à 50% pour l’Erythrée) ou le Niger à majorité musulmane

Le cas du plus grand pays musulman du monde avec ses 50 % de jeunes filles au-dessous de 11 ans excisées (68%, bien que d’une forme plutôt « atténuée« , à Jakarta !) ?

Qui  fait l’effort de voir au-delà des chiffres par pays qui peuvent souvent cacher un décalage de pratiques sur place (un pays à majorité chrétienne et à très faible minorité juive – dont les membres l’abandonnent d’ailleurs dès leur arrivée en Israël – comme l’Ethiopie peut quand même avoir plus de musulmans pratiquant l’excision) …

Et derrière la ligne officielle (« rien dans le Coran ») …

La réalité du terrain (les hadiths qui, aussi « faibles » sont-ils censés être, gouvernent probablement en fait la pratique de la  majorité ) ?

Qui  ose encore suggérer …

Mis à part quelque obscur professeur d’anthropologie évolutionniste d’Oxford …

Qu’il pourrait bien y avoir, via le problème de l’alphabétisation des femmes, une surpratique de l’excision dans les pays à dominante musulmane ?

The relationship between Islam and female genital mutilation

Dr. Oliver Scott Curry works on the evolution of morality at the Institute of Cognitive and Evolutionary Anthropology at Oxford. Just to check out Reza Aslan’s claim that female genital mutilation (FGM) was an African rather than an Islamic problem, Curry did a preliminary statistical analysis. As you’ll see below, his results (and he emphasizes again that they’re tentative and need deeper analysis) don’t support the “African Hypothesis”. Note that “rs” is the nonparametric Spearman rank correlation coefficient between two variables, a measure of their association. It ranges from -1 (perfect negative correlation) through 0 (no correlation) to 1 (perfect positive correlation). The statistically significant positive relationship between Islam and FGM is given in his title.

*******

Question: What’s the relationship between Islam and Female Genital Mutilation? Answer: rs=.54

Oliver Scott Curry

Readers of this blog will be familiar with the debate between Bill Maher and Reza Aslan about Islam and female genital mutilation (FGM). Maher has argued that FGM is an Islamic problem, pointing out that: “91 percent of Egyptian women have had their clitorises forcibly removed. 98 percent of Somalian women have.” Aslan countered that it is “empirically, factually, incorrect” to say that FGM is an Islamic problem, rather it is an African problem: “Eritrea has almost 90 percent female genital mutilation. It’s a Christian country. Ethiopia has 75 percent female genital mutilation. It’s a Christian country. Nowhere else in the Muslim, Muslim-majority states is female genital mutilation an issue.”

Who’s right? You can’t tell on the basis of these cherry-picked examples, as you have to look at all of the data. This is not my area… but the data is not difficult to find. We have WHO data on FGM, and Pew data on the prevalence of Islam (and from Wikipedia, Christianity), in 28 African countries (and Yemen as well).

These data [JAC: presented as a plot below] clearly show that there is a large significant positive correlation between the percentage of women subject to FGM, and the prevalence of Islam. Both variables are non-normal, so technically we should report a Spearman’s correlation: rs=0.54, p=.003. The correlation between FGM and Christianity is negative (rs=-0.48, p=.01).

So Aslan is wrong. There is a “factual, empirical” relationship between Islam and FGM. Maher’s examples illustrate this relationship, whereas Aslan’s examples are conspicuous outliers.

Aslan is also wrong to say that “Nowhere else in the Muslim, Muslim-majority states is female genital mutilation an issue”. It would be more accurate to say that we just don’t know whether the relationship between Islam and FGM holds elsewhere because (as far as I can tell) there is no reliable data on FGM outside of Africa. Absence of evidence is not evidence of absence.

Of course, correlation does not prove causation. Why there is this relationship between Islam and FGM is a separate question. And certainly the outliers—Senegal, Yemen and especially Niger—suggest that there is no necessary connection between Islam and FGM. So what other factors may be at work? Poverty? Healthcare? Education? Here are some UN development data for the same 28 countries: Gross National Income / capita, life expectancy, years of schooling, and a composite Human Development Index (HDI). Of these, Islam remains the single best predictor. And surprisingly, there is no relationship between FGM and income, life expectancy or development. But there is a negative relationship between education and FGM (-.44) (And schooling is strongly negatively correlated with Islam [-.55]). So who knows, perhaps education is key.

Like I said, this is not my area. I don’t know how this problem might be solved. (Perhaps a reader of this blog with expert knowledge of FGM can help illuminate the issue, or point to additional data.) But I do know that it won’t be solved by misrepresenting the evidence. As Aslan himself says in the CNN interview: “You know, this is the problem, is that these kinds of conversations we’re having aren’t really being had in a legitimate way. We’re not talking about women in the Muslim world. We’re using two or three examples to justify a generalization. That’s actually the definition of bigotry.”

Voir aussi:

PREVALENCE OF AND SUPPORT FOR FEMALE GENITAL MUTILATION WITHIN THE COPTS OF EGYPT: UNICEF REPORT (2013)
March 12, 2014

I a previous article, I surveyed Egypt’s statistics in respect of the prevalence of and support for female genital mutilation (FGM) as revealed in the UNICEF’s document, published in July 2013, Female Genital Mutilation/Cutting: A statistical overview and exploration of the dynamics of change. The figures given are concerned with Egypt as a whole, and so when the percentage of 91% is given as prevalence of FGM in Egyptian girls and women in reproductive age, that is between 15 and 49 years, it does not differentiate between Muslim and Christian Egyptian girls and women.  Now, I am going to try to find the statistics relevant to the Coptic Christians.

Unlike in Islam, FGM has no religious backing whatsoever in Christianity; nonetheless, it’s practiced by Copts, and it has become a social norm within Coptic communities, in the sense that Coptic families that have their daughters cut do that a. because others who matter to them have their daughters cut; and b. and because they believe that others who matter to them think they should have their daughters cut. This is a consequence of assimilation to the dominant Muslim society.

When the UNICEF published its general figures about Egypt as a whole, it made use of the Egyptian state Demographic and Health Surveys of the years 1995, 2000, 2003, 2005 and 2008; however, when separating figures by religion, it used only the latest DHS 2008. This survey studied some odd 900 individuals. We do not know how many Copts were represented in that sample, and so there are criticisms about its accuracy when it comes to the Copts.  There is a real need to study the Coptic community separately, using large samples, and asking more relevant questions.

But let us use what we have in the UNICEF’s Female Genital Mutilation/Cutting. The first thing to note is that the prevalence of FGM in the Copts is lower than that in Muslim Egyptian society but, nevertheless, it’s still high: 92% in Muslims and 74% in Copts, a difference of 18%.

How many Coptic girls and women aged 15-49 years support the continuation of FGM in comparison to Muslim girls and women of the same age group? 56% of Muslim girls and women support FGM while only 22% Copts support it.

Coptic boys and men are, too, ahead in their support for the discontinuation of FGM when compared to Muslim boys and men, all aged 15-49 years: Only 20% of Coptic boys and men support FGM while 60% Muslim boys and men support it.

This is not to demonise one group over the other but it’s an attempt to study the prevalence of and support for FGM within the Copts, an essential matter for us to know where we stand on FGM. The strategies that one can employ to end FGM must differ to some extent in each group. The problem of FGM in both Muslims and Copts, despite the noticeable difference in prevalence, is huge. Further, the mechanisms by which FGM endures in each community are different. In my opinion, the FGM problem within the Muslim society is religious[3] and social – in the Coptic society the forces that work to sustain it are social and not religious. One hopes that the lesser support for the FGM within Coptic communities, together with the support of the Coptic Church, which clearly condemns the practice[4], and the activism of Coptic civil society, will end this child abuse. The Coptic nationalists strongly condemn it, inter alia, as an alien tradition and a produce of Arabisation and Islamic assimilation[5] that must be resisted by all means.

Our efforts must not undermine the general Egyptian attempt to eradicate FGM from Egypt. Muslim girls and women concern us no less than Coptic girls and women. But by better understanding of the variation in prevalence of and support for FGM within the Muslims and Coptic Christians of Egypt, the causes of its endurance, and the strategies we should employ to tackle the problem, we will be more successful in our common efforts to end this barbaric tradition.

[1] The graph is mine and created on the figures given in UNICEF, Female Genital Mutilation/Cutting (2013), pp. 178-179.

[2] The graph is mine and is based on the figures given in p. 180.

[3] It is not the intention of the writer to talk about the religious support in Islam for FGM but there must be no doubt that Muhammad’s traditions support FGM as is the Shafii School of Islamic Jurisdiction that is widespread in Egypt. The UNICEF report gives a figure of 52% of Egyptian boys and men (15-49 years) and 49% of Egyptian girls and women (15-49 years) who regard FGM as a religious requirement (see p. 73). Again, 72% in DHS 1995, 73% in the DSH 2000, and 72% in the DHS 2003 of ever-married girls and women aged 15 to 49 years in Egypt agreed with the statement that “FGM is an important religious tradition (see p. 95). This, in this sense, let’s agree, is a Muslim problem that needs to be tackled religiously.

[4] The reader is advised to read: The Position of the Coptic Church on Female Genital Mutilation.

[5] For these two processes, go here.

Voir également:

FGM in Indonesia hits alarming level
Anggi M. Lubis and Hans Nicholas Jong
The Jakarta Post
February 6 2016

Half of girls under 11 years old in Indonesia are circumcised, according to the latest finding by UNICEF, raising awareness and calls for bans on female genital mutilation (FGM) practices in the world’€™s most populous Muslim majority country.

It is the first time the global report has included Indonesia on the list, but the country ‘€” combined with Egypt and Ethiopia ‘€” accounts for half of 200 million girls and women in 30 countries that have undergone FGM, the study reveals.

The inclusion of Indonesia on the list, published on Friday, has raised the tally from 130 million circumcised girls and women in 29 countries estimated in 2014, albeit the study claimed that the prevalence of FGM has fallen significantly.

According to the data, 14-year-old girls and below represent 44 million of those who have been cut, and Indonesia is among the three countries with the highest prevalence of FGM among this age group, along with Gambia and Mauritania.

UNICEF Indonesia spokeswoman Kinanti Pinta Karana said the survey indicated that 13.4 million Indonesian girls aged 11 and below might have undergone FGM.

She said the government’€™s involvement in the global report was a good sign of increasing awareness of the practice, which is illegal and deemed a violation of human rights in several countries.

‘€œThis is a significant step toward eradicating the practice because data collection is critical to increase understanding of FGM and what leads to its decline or vice versa,’€ she said.

UNICEF data said prevalence of FGM in Indonesia was generally high in every province, with only Papua, East Nusa Tenggara and Bali recording one-digit percentages of circumcised girls in their respective populations. The practice is common in Jakarta, which is among the 10 provinces with the highest percentage of circumcised girls aged 11 and below, at 68.1 percent.

FGM in Indonesia is strongly related to culture and religion. In Gorontalo, girls are circumcised before their third birthday in a traditional ceremony called mongubingu, as proof of their compliance to Islam.

Indonesian authorities tried to ban FGM 10 years ago, but the Indonesian Ulema Council (MUI) issued a fatwa saying that female circumcision was part of religious practice.

In response, the Health Ministry softened its stance, issuing regulations that said the practice should only be done by medical professionals in a noninvasive way that did not injure girls and women. However, in 2013, the ministry revoked its regulations on female circumcision.

The ministry’€™s director general of mother and child health and nutrition supervision, Anung Sugihantono, said the government did not acknowledge female genital mutilation as a medical practice.

The reasoning behind it is that the government acknowledges female circumcision only as a part of Indonesian culture, according to him. The government’€™s definition of female circumcision was ‘€œan act of scratching the skin that covers the front of the clitoris without injuring the clitoris’€.

National Commission on Violence Against Women (Komnas Perempuan) vice chairwoman Budi Wahyuni said her commission saw the practice as sexual violence toward children and called on the government to be more consistent in regulating FGM.

Budi said they could limit the ability to orgasm, thus it was vital for individuals to gain a thorough understanding of genital cutting before undergoing a procedure.

‘With no sanctions and no visible harms, parents will opt to circumcise their daughters so that they can grow up as a sholihah [pious woman],’€ she explained
INDONESIA – ISLAM
Indonesian Ulema in favour of female circumcision: a « human right »
Mathias Hariyadi
Asia news
01.24.2013

The practice is « recommended » and according to « tradition », although it can not be made compulsory. For the head of the MUI it is within the « human rights » and is « guaranteed by the Constitution. » Judge who « joked » about rape of women risks expulsion from judiciary.

Jakarta (AsiaNews) – The Indonesian Council of Ulema (MUI) is in favour of female circumcision (and men) that, although it can not be considered mandatory, it is still « morally recommended. » This is shown by the words of the leader of the largest Islamic organization in the most populous Muslim country in the world. He warns, however, to avoid « excesses », coming to the removal or cutting of the clitoris. In the meantime, has come under investigation and will be prosecuted by a court « ethical » the judge who, in recent days, he « joked » about sexual violence to women, causing a veritable wave of outrage (see AsiaNews 15/01 / 2013 Ordinary Indonesians against judges and politicians who « justify » sexual violence).

The reference point for Islamic issues (such as the legality of a food and a drink), a « consultor » to the government in matters of faith, the body responsible for issuing fatwas – the answers on Muslim questions of faith and morals – the MUI has taken a position on female circumcision. And by the mouth of his head, Kiai Hajj Amin Ma’ruf, pointed out that it is an »advisable practise on moral grounds », at the same time, he rejects any attempt to declare this practice illegal or contrary to the principles. It comes under the sphere of « human rights, » said the Islamist leader, and is « guaranteed by the Constitution. »

« Female circumcision – said Amin – is commonly practiced by cutting out parts that cover the clitoris » and, at the same time, he invites believers to refrain from « excessive circumcision » that ends up becoming a real mutilation genital. He recalled that the Mui can not make this practice « mandatory », but « strongly rejects » the possible cancellation of this « tradition » which is performed in a « ritualistic ceremony » and also applies to men.

Meanwhile, a committee has called for trial before an « ethical » court for the judge Daming Sunusi. During a question and answer session – in the context of a competition for a few places in the Supreme Court, headed by a parliamentary committee – responding to a question regarding a rape, the judge had stated that « both the rapist because the victim ‘enjoyed’ sexual intercourse . For this reason the death penalty should not be applied to rapists ».

Colleagues have branded the words of the judge Sunusi as « reprehensible », which have outraged the country’s civil society and women’s rights groups, rape and abuse victims. The proposed sanctions include expulsion from the judiciary. Following his statement he has tried to tone down the controversy by saying that it was a « joke » in order to ease the tension of the exam.

Female circumcision not mutilation: Jakarta
Japan Times
AFP-JIJI
Mar 25, 2013

Thrashing wildly, 5-year-old Reta wails as she is hoisted onto a bed during a circumcision ceremony in a school hall-turned-clinic on Indonesia’s island of Java. “No, no, no,” she cries, punching and kicking as her mother cups her tear-soaked face to soothe her.

Doctors cheer encouragingly. One of them gently swipes the girl’s genital area with antiseptic and then swiftly pricks the hood of her clitoris with a fresh sewing needle, drawing no blood. The ordeal is over in seconds.

Doctors say the procedure will have no effect on the girl, her sexual pleasure in later life or ability to bear a child.

“I’m happy. My daughter is now clean,” her mother Yuli, a 27-year-old seamstress who goes by one name, said at a mass circumcision of 120 girls at the Assalaam Foundation’s Islamic school in the city of Bandung.

She believes the ritual will nevertheless have an effect.

“Many girls are getting pregnant out of wedlock these days,” she noted. “Circumcision hopefully will prevent my daughter from becoming oversexed, and will make her less amorous when she grows up.”

Indonesia, home to the world’s biggest Muslim population, argues that this form of circumcision is largely symbolic, not harmful and should not be seen as mutilation.

The U.N. thinks otherwise. In December, it passed a resolution banning female genital mutilation, which extends to the form of circumcision practiced in Indonesia. Procedures such as pricking, piercing, incising, scraping, cauterization or burning that are carried out for nonmedical purposes are classed by the WHO as mutilation, along with practices that alter or remove any part of the genitals. The more extreme practices can lead to severe bleeding, urination problems and complications during childbirth, according to the WHO.

A ritual dating back thousands of years and typically seen in parts of Africa, Asia and the Middle East, its most brutal forms require stitching together the inner and outer labia, or excising all or part of the clitoris.

Indonesia says genital cutting does not take place and that it has worked to eradicate other more extreme circumcisions as it seeks compromise between conforming with international standards and placating cultural and religious traditions. It banned female circumcision in 2006 but backtracked in 2010, arguing many parents were still having their daughters circumcised, often by unskilled traditional doctors who often botched the procedure.

In response to the ban, the Indonesian Ulema Council (MUI), the country’s top Islamic clerical body, issued a fatwa in 2008 allowing the practice but did not make it compulsory.

While no official data is available to measure the extent of the practice in Indonesia, it is common among its 240 million people, according to aid agencies. A 2003 study by the Population Council found that 22 percent of 1,307 female circumcision cases were excisions, meaning part of the clitoris or labia was removed. Of the rest, 49 percent involved incisions while 28 percent were “symbolic.”

Jakarta issued a 2010 regulation allowing “scraping the clitoral hood, without injuring the clitoris” — a practice that is nevertheless defined by the WHO as mutilation — while criminalizing more severe procedures.

Islamic foundations such as the Assalaam Foundation in Bandung say they ditched scissor-snipping for pinpricks. “In the past, we had used one or two doctors and more traditional healers and they used scissors to snip a bit on the hood. We abandoned that method many years ago,” said the foundation’s coordinator, Eulis Sri Karyati.

Health Ministry official Budi Sampurno said Indonesia wants to replace scraping with swiping “with a cotton bud,” hoping the U.N. would not view this as mutilation. Jakarta has not indicated how it would enforce it.

Despite the U.N. resolution, the custom still has deep meaning for Indonesian Muslims and will likely remain, officials say.

Housewife Tita Lishaini Jamilah, 28, said Indonesia should not bow to the U.N.’s ban on the practice, insisting that the ritual was safe. “Why would any parent hurt her child? If any doctor were to mutilate my daughter, I’d be the first to protest,” she said.

L’excision, le cauchemar des Africaines
La pratique de l’excision est en baisse en Afrique, mais n’a pas disparu. Synonyme de souffrance, elle plonge dans la détresse de nombreuses femmes.
Nicole Suzis
Slate Afrique
20.11.2012

Mise à jour du 28 novembre 2012: l’Assemblée générale de l’ONU a adopté le 26 novembre sa première résolution dénonçant les mutilations génitales féminines qui affectent quelque 140 millions de femmes dans le monde.

Ces pratiques, dont l’excision, sont illégales dans une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada notamment, mais elles n’avaient encore jamais fait l’objet d’une condamnation à un tel niveau dans les instances de l’ONU. Plus de 110 pays, dont une cinquantaine africains, ont soutenu conjointement ce texte qui demande aux Etats membres de «compléter les mesures punitives par des activités d’éducation et d’information».

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La femme africaine est pétrie des différentes facettes de sa culture. Elle y est naturellement attachée, qu’elle le veuille ou non.

L’une des facettes de cette culture est l’excision. Certaines femmes l’acceptent malgré elles. Mais elles représentent une minorité. Ces femmes veulent tout simplement respecter les décisions des parents. Ne pas le faire est un sacrilège.

D’autres femmes la rejettent de toutes leurs forces, au grand dam des lourdes conséquences dans les relations familiales.

La majorité des femmes qui subissent l’excision sont de confession musulmane, une infime partie est chrétienne ou animiste. Les femmes en souffrent terriblement dans leur corps et dans leur cœur au quotidien.

Comment est-elle pratiquée?

La pratique de l’excision diffère selon les pays, les villages ou les ethnies. L’âge de la jeune femme varie tout autant: certaines femmes sont excisées avant leur puberté, alors que d’autres le sont après.

L’excision se fait en trois phases: la première est l’ablation du clitoris seul, la deuxième consiste en l’ablation du clitoris et des petites lèvres et enfin la troisième phase, la plus sévère on enlève le clitoris, les petites lèvres et les grandes lèvres. Il ne lui reste qu’un orifice…

Certains témoignages sont édifiants en Côte d’Ivoire où j’ai commencé mon enquête. L’excision est pratiquée chez les Yacouba, les Guéré, les Wobè  et surtout dans le nord. Mais elle est pratiquée aussi dans plusieurs autres ethnies.

Au Bénin, au Mali, en Indonésie ou dans plusieurs pays arabes, les mutilations sexuelles aux femmes sont monnaie courante.

Pour l’honneur de la famille

L’excision a été instituée dans les us et coutumes prétendument pour le salut de la femme. Une femme excisée ne ressent pas de désir sexuel. Son homme peut s’absenter du foyer pendant des années: dix, vingt ans et parfois plus, il est assuré qu’elle ne le trompera jamais. Ce serait pour préserver l’honneur de la femme, de son couple et de sa famille car, une femme divorcée fait la honte à ses parents et toute sa communauté.

K.T est excisée depuis l’âge de 10 ans:

«Un matin, ma mère m’a dit, tu vas être une vraie femme maintenant. Mes tantes et mes parents m’ont offert des friandises et plusieurs autres cadeaux. Puis, on m’emmena chez une vieille femme. Son regard profond et froid m’a fait comprendre que quelque chose de grave allait se passer. Elle donna l’ordre qu’on me tienne fermement, les jambes écartées. J’ai cru que j’allais mourir. Je n’avais jamais eu autant mal… J’ai vu du sang et un pansement. Elle m’a tout enlevé. Le clitoris, les petites lèvres et les grandes lèvres. A 18 ans, je me suis mariée. Ma vie sexuelle est un cauchemar. Je suis mère de quatre enfants, après 15 ans de mariage. Pourtant, pour préserver mon couple, je simule l’orgasme…»

Mme D, imposante femme catholique et professeure d’anglais, mère de trois enfants n’en veut pas à ses parents. Elle fait partie de ces femmes qui ont accepté l’excision pour respecter la tradition. Mais elle a promis de protéger ses filles de cette pratique et son mari la soutient dans son combat:

«Je suis excisée du clitoris et des petites lèvres. A chaque accouchement c’est le calvaire. Pendant les menstrues, les petits morceaux de chair se fragilisent de plus en plus et je suis obligée parfois de mettre un pansement. Lors des rapports avec mon mari, je n’ai aucun plaisir. Lorsque mes copines et moi parlons de l’orgasme, je donne aussi mon avis. Pourtant, je ne sais pas ce que c’est. Pardonnez-moi, mais j’aime mes enfants et je refuse que mon mari prenne une seconde épouse, si je me plains. Je ne fais pas l’amour, je subis l’acte sexuel. A certains moments, mon époux pense que je pleure de plaisir

Une vie dans la souffrance

Le cas de M.K, un jeune mannequin de 28 ans est plus triste. Elle pense souvent au suicide, sa vie n’a plus de sens, selon elle. Pas d’histoires d’amour ni de projets. Elle est introvertie et souffre de son état. Elle a failli mettre fin à ses jours en se tailladant  les veines des deux poignets. Sa sœur l’a retrouvée inanimée, alors qu’elle se vidait de son sang. Aujourd’hui, elle en parle encore les larmes aux yeux:

«Je n’ai connu que trois hommes dans ma vie, pourtant je suis très courtisée. Les hommes me trouvent très belle. Mes collègues pensent que je suis imbue de ma personne et orgueilleuse. Une femme qui attend l’homme parfait, quoi. Mais non, ce n’est pas le cas. J’ai simplement honte que des hommes s’aperçoivent que je suis excisée. Alors je souffre en silence. Je les éconduis, alors que je suis parfois follement amoureuse

Certaines femmes n’ont pas le choix. Elles essayent de trouver ce fameux plaisir dans les bras d’autres hommes tout en préservant leur couple. C’est l’histoire vécue par S.B.,  mariée depuis dix ans:

«Un jour, j’ai franchi malheureusement le pas. J’ai rencontré un homme dans un avion alors que j’allais à Paris pour affaires. Je me suis dit pourquoi pas? J’ai pour la première fois de ma vie connu la jouissance dans les bras d’un homme. Une semaine plus tard, il a su me rendre heureuse. Son épouse est excisée aussi. Il pouvait m’aimer pendant deux ou trois heures. Depuis, je trouve toujours une excuse d’être à Paris. Mon métier me sauve, je suis commerçante. Mes voyages me permettent de retrouver mon amant. Cette relation m’a équilibrée dans ma vie de femme, je me sens plus épanouie. J’aime mon mari et pour rien au monde je ne le quitterais.»

L’excision, «une abomination»

Ces témoignages m’ont poussée à aller plus loin dans ma quête d’informations. J’ai discuté avec Ali, un directeur de banque de 45 ans, marié et père de quatre garçons:

«Ma femme et moi avions beaucoup souffert pendant trois ans. Je n’arrivais pas à lui donner du plaisir. Alors que  moi j’y parvenais à chaque rapport. J’ai donc commencé à pratiquer la retenue: pendant nos rapports, au moment où je sentais que j’allais jouir, je me bloquais volontairement quelques secondes et reprenais de plus belle mon acte d’amour. Un jour, au bout de deux heures, elle y est arrivée. Il faut beaucoup d’amour et de patience pour y arriver. Et surtout de l’endurance. Depuis, notre couple se porte à merveille.»

J’ai poussé mes investigations au Ghana, pays qui a pratiquement les mêmes traditions que le sud de la Côte-d’Ivoire.

Là-bas, quelles que soient les ethnies et les confessions religieuses, l’excision est un sujet tabou. J’étais parfois regardée avec curiosité et servie par un mutisme total. Un jour, j’ai croisé John, pasteur depuis bientôt cinq ans, et lui ai demandé ce qu’il pensait de l’excision:

«L’excision ? C’est une abomination, Madame. Je n’en dirai pas plus. Comprenez-moi.»

Pas un mot de plus.

Vers un bannissement?

C’est finalement par le truchement d’un notable à Accra, qui a bien voulu m’expliquer ce mutisme des Ghanéens sur l’excision que j’ai pu savoir qu’elle était  pratiquée au nord du Ghana.

Les femmes en ont beaucoup souffert et certaines gardent encore psychologiquement des séquelles. A l’instar de plusieurs pays, elle a été interdite depuis plusieurs décennies. Au point qu’aujourd’hui dans ce pays, l’excision ne fait plus partie des conversations. Pour le peuple du Ghana, ce n’est plus qu’un mauvais souvenir. Un très mauvais souvenir…

Dans certains pays africains tel que le Mali, où l’on pratique l’excision, en dehors de la fidélité évoquée comme raison primordiale, j’ai voulu savoir ce qu’on faisait du clitoris. J’ai eu droit à un mutisme total. C’est un secret, m’a-t-on répondu.

Les gouvernants ont pris des résolutions fermes, l’excision est interdite dans leurs différents pays. Les récidivistes sont emprisonnées.

Ces femmes ont finalement accepté de ne plus l’exercer en recevant l’aide de leurs Etats pour qu’elles gagnent leur vie autrement. L’excision tend à disparaître progressivement mais sûrement. Ce qui est souhaitable c’est qu’elle disparaisse à jamais.

Chantal Compaoré, épouse du président du Burkina Faso en a fait son combat. En effet, dans son pays, les mutilations sexuelles faites aux femmes persistent encore.

A la tribune des Nations-unies à New-York, elle a demandé qu’une résolution soit prise très rapidement, afin de convaincre tous les pays où malheureusement l’on note encore des poches de résistance, de la bannir totalement.

Voir également:

Tunisie : le « cyclone salafiste » appelle à l’excision

Il a osé le dire. Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahda, le gourou du nouvel islamisme d’Etat, s’est offert une déclaration attendrie et compréhensive sur  ceux qu’il appelle «  les frères salafistes » dans une interview au . Voici des extraits de ses propos, relevés par plusieurs sites d’information tunisiens :

« Nous ne pensons pas que l’approche de l’intimidation et les distorsions pratiquées par certaines forces dites modernistes réussiront à faire plier le phénomène du salafisme en Tunisie. Par contre, nous sommes appelés en tant que Tunisiens à nous adapter aux différents courants et à vivre ensemble dans le cadre du respect mutuel de l’Islam et des vraies valeurs de la modernité »

Le problème est que ce discours, plein d’une pieuse empathie, tombe au plus mal : , invité par plusieurs associations religieuses ( Pour l’apprentissage du Coran, Pour la prédication et autres douceurs bigotes) déclenche un nouveau scandale. L’homme est une star et une télé-star salafiste. Ghanim défend l’excision, l’ablation du clitoris, qu’il qualifie avec ravissement « d’opération esthétique ».

Il appelle à l’application de la charia, ce qui est du reste parfaitement contradictoire avec son goût pour la mutilation des petites filles au rasoir : la charia est affreusement prolixe sur les châtiments corporels. D’autant plus que l’excision n’est mentionnée dans aucune tradition islamique ni dans le Coran. Les textes qui la recommandent sont totalement trafiqués, comme le soulignait le en 1997 pour justifier son interdiction.

De toute façon, l’excision est pratiquée autant chez les Coptes, les chrétiennes d’Egypte, que chez les musulmanes. Cette horreur remonte à la nuit des temps, celle des Pharaons. Jusqu’à aujourd’hui, puisque malgré les lois les filles du Nil n’en sont toujours pas préservées : en 2008, on estimait à 70% le nombre d’Egyptiennes excisées !
Ce combat prioritaire des féministes — là-dessus fermement soutenues par Suzanne Moubarak, l’épouse du Raïs déchu — est aujourd’hui dénoncé par les salafistes, plébiscités à plus de 20% de voix aux législatives en Egypte.

Les Frères musulmans, crédités de 50% des voix à ces mêmes élections, ne sont pas très clairs non plus sur le sujet.
« L’excision, c’est un débat en Islam » m’avait déclaré au Caire en décembre 2011 une candidate du parti Liberté et Justice, la branche politique des Frères Musulmans. Cette « sœur », Omaima Kamel, médecin et m’affirmant être très engagée sur le terrain de la misère féminine. Visage angélique, drapée dans un beau voile bleu, le Dr Kamel bredouillait ainsi avec un embarras manifeste :
«  Bon… Je ne vais pas pousser les gens à l’excision… mais je ne peux pas l’interdire… je ne peux pas dire que c’est un crime… parfois il y a des indications… » Avec de pareilles alliées, les malheureuses Egyptiennes risquent de suivre encore longtemps le chemin du sang et de la honte.

Revenons en Tunisie. Wajdi Ghanim a donc fait sa tournée à Tunis, et dans de nombreuses villes. Les salafistes avaient vu grand pour lui offrir un succès extraordinaire, et tant les voilées intégrales que les longues barbes étaient au rendez-vous. On se demande si les dames en noir, invisibles mais bien présentes, avaient vraiment envie d’être excisées. Etaient-elles seulement au courant de qui les avait manipulé, instrumentalisé, chosifié ?
En tous cas, à l’un des rendez-vous, sous le chapiteau d’ El Kobba, dans la toute proche banlieue de Tunis,
« il y avait au moins 5 000 personnes » constatait .
Tous les observateurs ont également été témoins d’une déferlante de slogans antisémites, dans le style de ceux qui avaient accueilli Ismaïl Haniye, Premier ministre Hamas de Gaza, le 5 janvier dernier, à l’aéroport de Tunis :
« Dehors les Juifs, dehors ! Nous sommes prêts ! »

Saigner les femmes, saigner les juifs : l’horrible bal pornographique des fantasmes intégristes battait son plein.
Mais le lendemain, quel choc ! C’est le sursaut. Les avocats et de nombreuses associations montent un collectif, animé notamment par et qui n’entend pas céder à la suivante. Ils portent immédiatement plainte pour atteinte aux droits élémentaires de la personne humaine, enjoignant le gouvernement de mettre un terme à de tels débordements.

Ils sont appuyés par , qui organise un meeting de mobilisation. Tous ceux qui ont fait la révolution sont dans la salle. Ceux qui en ont récolté les fruits sans prendre une balle ni une grenade lacrymogène, eux, sont au pouvoir. Une rumeur terrible court : il y aurait eu des petites filles excisées après le passage de Wajdi Ghanim. Ce n’est pas encore vérifié.

La révolte paie : le ministre de la Santé, tout islamiste qu’il soit, est forcé de monter au créneau. Il rappelle dans un communiqué les conséquences catastrophiques de l’excision, l’adhésion de la Tunisie aux conventions internationales qui interdisent les mutilations génitales et appelle les médecins tunisien à rejeter formellement cette pratique.
Personne, cependant, que je sache, n’a osé virer manu militari du sol tunisien Wajdi Ghanim, qui devait s’en retourner, repu d’anathèmes et de vivats, ce vendredi dans son Egypte natale.

En revanche, pendant que se déroulait tranquillement sa tournée, on a arrêté pour de bon des « perturbateurs ». Des journalistes, figurez-vous. Ceux du quotidien arabophone qui s’était amusé à mettre en une un footballeur d’origine tunisienne, Sami Khedine, de nationalité allemande, et qui enlaçait sa fiancée à la poitrine sans autre voile que les paumes du bien-aimé. Enfer et damnation ! Directeur, directeur de la rédaction et rédacteur ont été immédiatement déférés au parquet  pour «  trouble à l’ordre public ». Ils risquent entre 6 mois et 5 ans de prison. Montrer la beauté d’un corps de femme amoureuse, c’est un crime dans la Tunisie islamiste. Défendre la mutilation au rasoir du sexe des petites filles, c’est une opinion.

Pour protester contre ce qu’on appelle désormais à Tunis « le cyclone salafiste » et les horreurs qui se succèdent, une manifestation est prévue samedi 18 février, à midi au Bardo. Devant ce même Parlement, dont les révolutionnaires du 14 janvier refusent qu’il devienne la chambre d’enregistrement de la grande régression.

Voir encore:

«Excisions minimalistes»: Pourquoi cette idée de gynécologues américain révolte les associations

SOCIETE Des gynécologues américains ont proposé de pratiquer des excisions qui seraient moins traumatisantes que celles exercées hors du cadre hospitalier…

Audrey Chauvet
20 minutes

23.02.2016

Un « compromis » : c’est ainsi que Kavita Shah Arora et Allan J.Jacobs présentent leur idée d’excision « minimaliste » dans un article paru dans le Journal of medical ethics. Ils pensent qu’une excision bénigne, qu’ils qualifient « d’altération génitale », pourrait concilier la tradition culturelle et la santé des femmes alors que la pratique de l’excision est en forte hausse aux Etats-Unis : 150.000 à 200.000 jeunes filles seraient susceptibles d’y être excisées et ce chiffre a augmenté de 35 % entre 1990 et 2000, d’après les dernières statistiques officielles sur le sujet.

L’excision médicalisée, une fausse bonne idée

Les mutilations sexuelles féminines sont interdites aux Etats-Unis depuis 1996. Mais les excisions clandestines, pratiquées avec des outils rudimentaires, continuent et exposent les fillettes à de graves complications médicales (hémorragies, infections, douleurs, puis plus tard difficultés pendant les rapports sexuels et complications à l’accouchement). Faire pratiquer les excisions par des médecins ne serait pas une meilleure option, estime Isabelle Gillette-Faye, sociologue et directrice du Gams (Groupe Femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles) : « En Egypte par exemple, 50 % des excisions sont pratiquées en milieu médical et paramédical, mais même en admettant que ça peut éliminer le risque d’hémorragie et d’arrêt cardiaque, l’excision demeure un traumatisme et les complications à moyen-terme restent possibles. » Une jeune fille de 13 ans est ainsi morte en Egypte en 2013 des suites d’une excision pratiquée par un « convoi médical » qui sillonnait les villages afin d’y exciser les jeunes filles.

Les gynécologues américains estiment eux que des excisions qui n’auraient aucun effet durable sur l’apparence ou le fonctionnement des organes génitaux, ou qui modifieraient « légèrement » leur apparence sans effet durable sur la capacité de reproduction ou l’épanouissement sexuel des femmes seraient tolérables, au même titre que la circoncision, très pratiquée aux Etats-Unis toutes confessions religieuses confondues. « Mais l’excision n’est pas l’équivalent de la circoncision, rappelle Isabelle Gillette-Faye. L’équivalent, ce serait une ablation du gland du pénis. »

Le chirurgien français Pierre Foldes, l’inventeur de la technique de réparation de l’excision, a été confronté à quelques cas de femmes qui avaient été excisées par des médecins: «C’est une catastrophe», annonce-t-il d’emblée. «Ce n’est pas une chirurgie « minimale » car les conséquences en sont dramatiques: certaines femmes peuvent le ressentir très mal, parfois cela conduit à supprimer toute sexualité pour elles. Et ce n’est pas de la médecine de faire des mutilations sur des femmes non consentantes», explique-t-il à 20 Minutes.

« Nous ne laissons pas des gens être « un peu » esclavagistes »

Pourquoi ces deux médecins américains ont-ils jeté ce pavé dans la mare ? Pour éviter des catastrophes dans des familles qui ne sont pas prêtes à abandonner cette pratique, selon eux. Pour le business, selon Isabelle Gillette-Faye : « C’est un moyen pour certains de se faire de l’argent. Ça l’était à l’époque où l’excision était pratiquée aux Etats-Unis sur des jeunes filles américaines, au 19e siècle notamment avec le mouvement des orificialistes [qui excisaient les fillettes coupables de se masturber]. »

Pierre Foldès rappelle que l’excision est aussi un trafic qui doit être dénoncé: «En France, les familles peuvent payer 6.000 euros une exciseuse traditionnelle. Alors qu’on a obtenu que la réparation soit indemnisée par la Sécurité sociale.»

En 2010, des médecins américains avaient déjà avancé une idée pour éviter que les familles n’envoient leurs filles à l’étranger pour être excisée : une piqûre, qui serait administrée par un docteur comme un rituel. La levée de bouclier des associations de défense des femmes avait été unanime. Georganne Chapin, directrice de l’association Intact America, avait déclaré : « Il y a des pays dans le monde où il est permis de battre sa femme, de réduire des gens en esclavage et d’abuser des enfants, mais nous n’autorisons pas ces pratiques dans notre pays. Nous ne laissons pas des gens être « un peu » esclavagistes ou de battre « un peu » leur femme en disant qu’ils le feront de toute façon. »

Voir de même:

Deux gynécologues choquent en proposant des excisions «minimalistes»

POLEMIQUE Dans leur argumentation, les deux spécialistes comparent cette pratique assimilée à une mutilation à la circoncision…

20 Minutes avec AFP

23.02.2016

Limiter des dégâts qu’on ne peut, de toute façon, pas éviter. Telle est, en substance, la position de deux gynécoloques américains qui suscitent la controverse avec leur proposition de rendre possible la pratique d’excisions «minimalistes». Ce type d’opération permettrait de respecter les traditions culturelles sans mettre en danger la santé des femmes, soutiennent ces médecins.

«Nous ne disons pas que les interventions sur les organes génitaux de la femmes sont souhaitables, mais plutôt que certaines interventions devraient être tolérées par des sociétés libérales», écrivent les deux auteurs dans une revue spécialisée, le Journal of Medical Ethics.

Plutôt que de parler de mutilation génitale, ils préconisent d’utiliser le terme «d’altération génitale» pour décrire les différents procédés d’excision et les risques qui leur sont associés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a lancé une campagne contre cette pratique, quelque 200 millions de femmes ont été victimes d’excisions dans le monde, principalement en Afrique et au Moyen-Orient.

Une comparaison avec la circoncision

L’intervention consiste en l’ablation totale ou partielle des organes génitaux externes féminins (clitoris, petites et grandes lèvres) et est pratiquée sur des fillettes, parfois très jeunes, et sur des adolescentes pour des raisons culturelles, religieuses, voire sociales. C’est une opération qui peut entraîner la mort de la patiente, en cas de choc hemorragique.

Pour les Drs Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs, tous deux de Cleveland (États-Unis), deux types d’excisions pourraient être tolérées : celles qui n’ont aucun effet durable sur l’apparence ou le fonctionnement des organes génitaux ou celles qui modifient «légèrement» leur apparence, sans avoir d’effet durable sur la capacité de reproduction ou sur l’épanouissement sexuel des femmes. Ils comparent ces interventions à la circoncision masculine qui est légale dans le monde occidental. En revanche, explique-t-ils, toutes les excisions aboutissant à perturber la sexualité et le déroulement de la grossesse ou de l’accouchement doivent en revanche être interdits.

« Une tradition destinée à contrôler les femmes»

Une prise de position qui suscite de très vives réactions dans le milieu médiacal américain. Selon le Pr Ruth Mackin du College de médecine Albert Einstein de New York, «une tradition culturelle destinée à contrôler les femmes, même dans sa forme la moins nocive, doit être abandonnée». Brian D. Earp, un chercheur américain en bioéthique redoute pour sa part que l’autorisation d’excisions «minimalistes» aboutisse à un «fiasco», en multipliant les problèmes légaux, réglementaires, médicaux et sexuels.

Il préconise également une «attitude moins tolérante» face à la circoncision, soulignant que les enfants des deux sexes «ne doivent pas avoir leurs organes sexuels endommagés ou retirés avant qu’ils ne soient en âge de comprendre et de donner leur accord à ce type d’intervention». Le Dr Arianne Shahvisi de l’Université britannique du Sussex estime de son côté qu’une approche minimaliste aurait peu de chance d’aboutir au but recherché «qui est de contrôler l’appétit sexuel des femmes».

Voir aussi:

Brigitte Mauroy: annulation de la condamnation de Charlie Hebdo pour diffamation
Nord éclair
23/11/2011

La Cour de cassation a annulé la condamnation de Charlie Hebdo pour diffamation de l’urologue Brigitte Mauroy, accusée en 2008 par le journal de «justifier» l’excision.

En première instance, à Lille, le journal satirique avait été relaxé. Mais le 29 juin 2010, la cour d’appel de Douai avait infirmé cette décision et condamné le directeur de publication Philippe Val et le journaliste Antonio Fischetti à s’acquitter d’une amende de 2.000 euros chacun. Ils devaient en outre verser solidairement 10.000 euros de dommages et intérêts à la plaignante. Mme Mauroy, nièce de l’ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, réclamait plus de 70.000 euros. Charlie Hebdo s’était alors pourvu en cassation. Dans un arrêt rendu mardi, dont les motivations n’étaient pas disponibles, la chambre criminelle de la Cour de cassation a annulé l’arrêt de la cour d’appel de Douai.

Annulation définitive de la condamnation pour diffamation

Cette annulation est définitive. Le dossier n’aura pas à être rejugé par une nouvelle cour d’appel. Dans un article paru le 5 mars 2008, Antonio Fischetti dénonçait quelques lignes d’un chapitre du Dictionnaire de la sexualité humaine (2004) signé par Brigitte Mauroy. L’article était paru quatre jours avant le premier tour des élections municipales à Lille pour lesquelles Mme Mauroy figurait en 2e position sur la liste UMP.

Le journal jugeait que Brigitte Mauroy se rendait « complice de mutilations sexuelles », « par maladresse ou en toute lucidité »

L’urologue écrivait, à propos du capuchon du clitoris, que « ce repli peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision ». Antonio Fischetti l’avait accusée de « se rendre complice de mutilations sexuelles » en légitimant, « par maladresse ou en toute lucidité », l’ablation des clitoris prétendument hypertrophiés. Les juges d’appel avaient estimé que Charlie Hebdo avait porté « atteinte à l’honneur et à la considération » de Mme Mauroy, qui « a toujours fait sienne la lutte contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines ».

Voir parallèlement:

à l’attention du Docteur Brigitte MAUROY

Centre hospitalier St Philibert de Lomme

Docteur Gérard Zwang

Mercredi 5 Mai 2004

Madame,

Lisant dans le Dictionnaire de la sexualité (éditions l’Esprit du temps) auquel nous avons collaboré, l’article Vulve que vous avez signé, je me suis grandement étonné de certaines descriptions, sous la plume d’un professeur d’anatomie, de surcroît femme, et dans un ouvrage se voulant à la pointe du progrès scientifique.

Je vous cite mes principales causes de « sursaut » :

– la fourchette n’a jamais uni les grandes lèvres, mais les nymphes, par leur extrémité postérieure : pour former le pli commissural de Jayle. Les grandes lèvres n’ont aucune commissure jointive en arrière, pas plus qu’en avant.

– « l’érection des petites lèvres » à ma connaissance n’a aucun support physiologique, ce qui ne les empêche pas de gonfler au cours du stade en plateau; de même les mamelons ne possèdent-ils aucun appareil érectile : le durcissement de leurs fibres musculaires lisses provoque non une érection, mais le thélotisme, terme consacré.

– pourquoi citer le déplorable Sabatier, qui traite « d’humeur épaisse et jaunâtre » ce qui, chez les femmes bien tenues, ne correspond qu’au sébum le plus normal et le moins répugnant ? Les salles d’eau ont fait des progrès depuis 1791… Quant à nos ancêtres paléolithiques, elles ne vivaient jamais loin d’une eau courante ou lacustre, qui leur permettait les ablutions les plus élémentaires.

– le prépuce du clitoris des abyssines, pas plus que celui des Turques, Bambaras, Malinkés ou Asiatiques ne souffre d’aucune « hypertrophie ethnique » légitimant un « retranchement » qui n’est en fait qu’une excision clitoridienne complète; suivie de la salutaire infibulation, triomphe de « l’intégration symbolique » au groupe ethno-culturel. Cette fable d’anatomie-fiction sert d’excuse aux coupeuses de filles. Les premiers « explorateurs des pays chauds » ont gobé ces inepties, qu’Ambroise Paré et Voltaire ont avalées à leur tour… Il y a quelques siècles. Alors qu’ils n’avaient jamais vu de près la moindre Abyssine ou Turque adulte, et surtout porteuse de son clitoris natif, amputé dès l’enfance. Évidemment les tout dévoués « ethno-psychologues » du style de l’abominable Ehrlich, toujours prêts à venir défendre les plus ignobles mutilatrices, du moment qu’ils peuvent pérorer dans les prétoires, se font l’écho de ces billevesées. Mon Atlas du sexe de la femme (la Musardine, 2001) pourra vous montrer, sur ses 150 photos, des prépuces clitoridiens de toutes les couleurs, mais de conformation rigoureusement identique chez les Européennes, Africaines ou Asiatiques.

Qu’une anatomiste du XXIe siècle cautionne ces racontars « hors d’âge » et donc la légitimation de la « rectification clitoridienne » de millions de fillettes massacrées, m’a profondément choqué.

Il reste à souhaiter qu’une deuxième édition, après le gros succès de l’ouvrage permette de remettre les pendules à l’heure…

Avec mes sentiments confraternels.

Voir aussi:

En mars dernier, nous vous annoncions que la nièce de l’ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, colistière du candidat UMP à la mairie de Lille, avait décider d’attaquer Charlie Hebdo en justice, car un articulet d’Antonio Fischetti l’accusait de complicité de mutilation sexuelle. Ce denier, quelques jours avant le procès qui se tient le jeudi 20 novembre à Lille [1], présente dans le journal quelles sont les positions qu’il va défendre (« Polémique clitoridienne », 12/11/08).

En premier lieu, le journaliste affirme que « l’ablation du capuchon est bien une mutilation génitale ». Argument qui repose sur une définition de l’Organisation mondiale de la santé, où l’on peut lire que l’ablation du prépuce est une forme de « clitoridectomie » (ablation du clitoris). Même si « l’ablation de cette partie n’est pas aussi grave que l’excision », concède Antonio Fischetti, « elle n’en reste pas moins moins une vraie mutilation », écrit-t-il.

Second argument, non plus institutionnel mais scientifique, « rien ne prouve que le capuchon clitoridien soit plus long chez certaines ethnies ». Selon le journaliste de Charlie, l’allégation selon laquelle les femmes originaires d’Éthiopie « auraient un capuchon surdimensionné » relève plus du cliché et du préjugé que de la science. Pour cela, il cite un article de revue scientifique sur « l’apparence génitale féminine » qui conclut qu’« il n’y a pas d’association statistiquement significative avec […] l’ethnie », étude mise en balance avec la thèse de « théoriciens de l’excision » qui avancent que la taille du clitoris varierait en fonction du climat.

Troisième point, qui rejoint le précédent, « la taille des organes : argument classique des mutilateurs ». L’excision serait justifiée lorsque le clitoris est « trop saillant », affirment les défenseurs de cette opération. L’Égypte, nous apprend A. Fischetti, vient cependant de passer une loi qui interdit l’excision « … sauf en cas de nécessité médicale ». Reste à savoir de quelle genre de « nécessité médicale » il s’agit, s’inquiète le journaliste. Pour lui, « un seul principe pour lutter contre les mutilations génitales : pas touche au sexe, un point c’est tout. »

« Brigitte Mauroy invoque une citation bibliographique : faux. » Le quatrième argument porte sur la forme. L’urologue a en effet soutenu que sa définition reposait sur un traité d’anatomie. Mais, d’après Antonio Fischetti, puisque « la phrase de Brigitte Mauroy n’est pas entre guillemet et ne renvoie à aucune source, il ne s’agit pas, en toute logique, d’une citation ». Elle ne pourrait donc pas se défausser sur les travaux qu’elle évoque.

Cinquième et dernier argument, « l’argument politicien ». Comme Brigitte Mauroy se présentait sous l’étiquette UMP, l’article de Charlie Hebdo aurait constitué une manœuvre politicienne pour déstabiliser la liste conduite par Sébastien Huyghe à Lille. « La meilleure preuve que ma motivation n’est pas politicienne, écrit le journaliste, c’est que je fais cause commune avec Gérard Zwang, qui est notoirement engagé à droite. » Antonio Fischetti réaffirme, pour conclure, son « opposition à toute forme d’atteinte génitale ».

P.-S.

À (re)lire sur Charlie enchaîné : « Trois affaires judiciaires autour de Charlie Hebdo — Lille : Brigitte Mauroy attaque Charlie Hebdo ».

Ajout du 21/11/08. Suite au commentaire de Mugen, voici un article sur le sujet trouvé sur le site Lille 43000 : « Brigitte Mauroy attaque un journaliste ».

Notes

[1] Le procès a été reporté au 12 février 2009.

Voir également:

« L’organe coupable »*. Ce que le procès Brigitte Mauroy/Charlie Hebdo ne dit pas

En février 2009 s’est tenu à Lille un procès intenté par Brigitte Mauroy contre Charlie Hebdo et son journaliste Antonio Fischetti. L’urologue poursuivait ce dernier pour diffamation à la suite d’un papier publié un an auparavant, dans lequel il affirmait qu’elle se rendait « complice de mutilation sexuelle ». En cause un article de la scientifique, intitulé « Vulve », paru en 2004 et comportant une phrase sur le prépuce du clitoris particulièrement ambigüe. Au final la justice avait tranché en prononçant une relaxe complète. Mais le 25 mai dernier, le procès en appel s’est soldé par une condamnation de Charlie, coupable cette fois d’attenter à « l’honneur et la réputation de la plaignante ». Le plus inquiétant, dans cette histoire, c’est qu’on en oublierait presque le fond du problème : les mutilations sexuelles féminines.

• Dans son article « Vulve » publié en 2004 au sein d’un ouvrage « grand public »[1], Brigitte Mauroy introduit sa description anatomique en expliquant que la connaissance des organes érectiles, « de leur morphologie, leur vascularisation et leur innervation est essentielle pour poursuivre les études physiologiques, et par là améliorer la prise en charge des dysfonctions sexuelles féminines. » Remarque préliminaire louable, qui prend pourtant une autre saveur deux pages plus loin, lorsqu’on apprend que « le capuchon clitoridien ou prépuce », ce « repli, peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision (chez les abyssins notamment) ». Puis rien, à la ligne, on passe à autre chose.

Quelques mois plus tard, Gérard Zwang – autre urologue[2] qui a participé au même ouvrage – adresse une lettre à Brigitte Mauroy pour lui faire remarquer entre autres que « le prépuce du clitoris des abyssines, pas plus que celui des Turques, Bambaras, Malinkés ou Asiatiques ne souffre d’aucune « hypertrophie ethnique » légitimant un « retranchement » » : « Qu’une anatomiste du XXIe siècle cautionne ces racontars « hors d’âge » et donc la légitimation de la « rectification clitoridienne » de millions de fillettes massacrées, m’a profondément choqué. » Mauroy ne répond pas, et la lettre atterrit sur la toile.

Quatre années se sont écoulées avant qu’Antonio Fischetti publie son papier, quelques jours avant les municipales de 2008 et l’élection de Mauroy sur une liste UMP. Partant de la lettre de Zwang, il écrit que « par maladresse, ou en toute lucidité (son refus de répondre plaide pour la seconde hypothèse), Brigitte Mauroy se rend complice de mutilation sexuelle  ». N’ayant pas daigné répondre aux questions du journaliste, l’urologue envoie après coup un droit de réponse. Mais le canard refuse de le publier et elle se décide finalement à porter plainte.

Or le 12 février 2009, en première instance du procès, trois juges – trois femmes – ont estimé que le propos de Brigitte Mauroy « pouvait être objectivement lu comme une justification anatomique de la pratique de l’excision. »[3] Le procureur lui-même, qui demandait la condamnation de Charlie, a déclaré dans son réquisitoire : « Oui, je crois que Mme Mauroy a écrit là un article dont elle se repent et se repentira.  » Hélas, celle-ci n’était pas là pour clarifier ses positions ou revenir sur cette phrase. Le rejet de ses plaintes semblait être « sans appel ».

Mais en appel justement, à Douai en mai dernier, l’urologue s’est présentée à la barre. Et cette fois, la cour – majoritairement masculine – a condamné Fischetti, jugeant qu’il avait « porté atteinte de façon particulièrement indélicate et inutilement blessante à l’honneur et à la réputation de la plaignante »[4]. Autrement dit, ce qu’a fait le journaliste, dénoncer selon le premier jugement une « justification anatomique de la pratique de l’excision », ceci devient en appel « inutilement blessant », « particulièrement indélicat »…

Au-delà de l’objet du procès, la diffamation d’un côté, la liberté de la presse de l’autre, au-delà de la personne de Brigitte Mauroy – qui, cela a été répété plusieurs fois, « milite contre les mutilations sexuelles » –, il est important de disséquer la phrase incriminée par Fischetti et avant lui par Zwang. Car le problème soulevé par ce « petit » procès de presse relève d’une toute autre gravité. Et ses enjeux dépassent largement « la réputation de la plaignante ».

Une phrase à autopsier

Le prépuce, « peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision (chez les abyssins notamment) ».

Littéralement, cette phrase pose la question de sa véracité et de sa scientificité. Est-il exact et vérifié qu’il existe des différences de taille des organes génitaux selon des critères « ethniques » ? Une recherche sur le web permet de répondre par la négative : aucune synthèse n’a été dirigée là-dessus – et encore moins sur le seul capuchon clitoridien –, et établir une « association statistiquement significative » entre dimension des organes génitaux féminins et origine ethnique semble impossible[5]. De plus, quand des observations localisées et empiriques ont été menées, l’hypothèse d’une « hypertrophie ethnique » du clitoris – organe pris au sens large[6] – a été nettement réfutée. Ainsi le « Dr Alfons Huber, un gynécologue autrichien qui a longtemps travaillé en Ethiopie dans les années 60, a examiné personnellement des milliers de femmes éthiopiennes de tout âge. Il n’a jamais constaté une fréquence anormale de cas d’hypertrophie ou de croissance inhabituelle des organes sexuels ou du clitoris. »[7]

En outre ce « beaucoup plus long », cette « hypertrophie » « fait procéder à une circoncision »… Convient-il d’entendre par là que cette hypertrophie est une « pathologie » ? Une anomalie qu’il faut, « chez les abyssins notamment », « rectifier » ? Est-ce qu’il s’agit ici, comme Mauroy le présente en introduction, d’« améliorer la prise en charge des dysfonctions sexuelles féminines » et donc d’opérer pour « raisons médicales » ? Il n’y a, bien entendu, aucune réponse dans le texte. A noter, par ailleurs, que dans le Larousse Médical le terme de « circoncision » concerne uniquement l’« ablation du prépuce » masculin, la posthectomie, pratiquée par un médecin « en pathologie ». Et que le terme « excision », se rapportant quant à lui aux mutilations sexuelles féminines, a pour premier sens : « ablation chirurgicale d’un tissu malade, ne laissant en place que des tissus sains. »[8]

Si l’on tient compte de ces définitions, le mot « circoncision », dans cette phrase, manque cruellement de « scientificité ». Cette « circoncision » en tant que telle, c’est-à-dire pratiquée sur des femmes « asiatiques ou africaines », n’a aucun fondement. Le terme doit être précisé : il s’agit d’une circoncision – ou plutôt d’une excision – dite « sunna » ou « a minima » qui vise juste le capuchon clitoridien, avec ou sans ablation totale ou partielle du clitoris. Le problème étant qu’elle est considérée par l’OMS, le FNUAP et l’UNICEF (donc l’ONU), plusieurs États, de nombreuses ONG, des médecins et militants, comme une mutilation sexuelle de type I appartenant à la catégorie de « la clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (repli de peau qui entoure le clitoris). »[9]

Ainsi il est possible d’interpréter la phrase étudiée comme suit : le prépuce est hypertrophié chez certaines Asiatiques et Africaines – différentes à ce titre des « Occidentales » –, ce qui fait procéder – mais est-ce pour des raisons médicales ? –, ce qui conduit à pratiquer la circoncision dite « sunna » – une mutilation sexuelle selon l’OMS – « chez les abyssins notamment », donc en Éthiopie principalement[10] – où, d’ailleurs, plus de 90 % des femmes déclarent avoir fait exciser leurs filles par une praticienne traditionnelle contre moins d’1 % par un professionnel de la santé (UNICEF).

Un autre problème survient : il n’est vraisemblablement pas possible, au XXIe siècle, en France, qu’une scientifique « de renom », qui publie régulièrement et milite contre les mutilations, puisse écrire en toute conscience « épistémologique » une phrase de ce genre. Car ses mots semblent dévoiler une désagréable part d’« inconscient ». Ils semblent être le reflet quasi « invisible » d’un long processus historique prenant racines dans des temps reculés. En quelques sortes, cette phrase est restée inchangée, figée, immobile, depuis des siècles.

L’« Occidental » fait appel à l’abstraction pour « classifier » les autres. Il partage le monde entre aires « de civilisation », ou plutôt entre l’aire de civilisation et les aires de non-civilisation. D’un côté les « Occidentaux », et de l’autre les « Africains », les « Asiatiques »…. Ce découpage géographique du monde, repris par Mauroy, permet de procéder à un découpage « ethnique » large et peu contraignant lorsqu’il s’agit de « dire » les prétendues différences[11]. Ceci dit, peut-être par souci de nuancer a minima, la phrase nous indique que l’hypertrophie du prépuce ne concerne que « certaines asiatiques ou africaines ». Par contre, il n’est nullement besoin de nuancer « chez les occidentales » qui ne connaissent manifestement pas cette « anomalie ». Inutile de préciser que cette affirmation, elle, suinte d’« occidentalité ». Enfin, on apprend que « chez les abyssins » on pratique cette « circoncision ». Le terme est au masculin, il évoque une pseudo-civilisation « abyssine », la culture du peuple (ou des peuples) abyssin(s). De ce fait, il englobe, encore de façon large et peu contraignante, les ethnies érythréennes, éthiopiennes, etc. ; il les homogénéise[12]. Cette phrase dévoile la manière dont l’« Occident » toise son monde[13].

Cependant moins de « théorique » s’impose ici, car la référence à l’Abyssinie n’a pas été produite par hasard. En effet, c’est dans ce territoire que dès le XVIe siècle des missionnaires jésuites portugais, qui avaient converti la population, ont tenté d’interdire toutes les sortes de circoncision – masculine et féminine. Ils n’agissaient pas par « humanisme » mais pour abolir ce qu’ils croyaient être un rite juif. Aussi se sont-ils heurtés à une forte résistance. Par la suite, rappelle F. Hosken, « les missionnaires se tournèrent alors vers Rome, et appelèrent à l’aide le Collège des Cardinaux de propaganda fide (pour la propagation de la foi) qui dépêcha sur place une mission composée de médecins expérimentés, pour faire un rapport sur la situation.

A leur retour, ces médecins déclarèrent qu’à cause de la chaleur, du climat ou de toute autre cause naturelle, « les parties » des femmes de ces pays étaient exceptionnellement développées. Ce qui provoquait le dégoût chez l’homme, et constituait donc un obstacle au mariage. En conséquence, le clergé catholique autorisa ces opérations, à condition toutefois que les Éthiopiens déclarent « qu’elles n’avaient aucun rapport avec la religion juive ». Le clergé proclama que « tout obstacle au mariage devait être supprimé » et l’excision obtint ainsi la bénédiction papale. »[14] En d’autres termes, il y a 500 ans, l’Église a admis que chez les Abyssins la taille des organes sexuels féminins – « exceptionnellement » développés, faisant « obstacle » au mariage – faisait procéder à une « circoncision ».

Hélas !, cette « bénédiction papale » a visiblement couru les siècles. Un ouvrage « de référence » en anatomie, figurant dans la bibliographie de l’article de Mauroy, nous en donne une idée terrifiante. En 1889, l’anatomiste Léo Testut publiait la première édition de son Traité d’anatomie humaine, republié huit fois jusqu’en 1948. Et – « ironie » de l’histoire ? –, dans son chapitre consacré à la vulve, il écrit exactement – un peu plus d’un siècle, donc, avant Mauroy –, que le « capuchon du clitoris ou prépuce », ce « repli préputial est relativement peu développé dans nos races européennes. Chez certains peuples de l’Asie et de l’Afrique, il atteint une longueur beaucoup plus considérable et l’on sait que quelques-uns d’entre eux, notamment les Abyssins pratiquent la circoncision chez la femme aussi bien que chez l’homme. »[15]

On l’aura compris, la phrase de Mauroy est un plagiat grossier. Une mauvaise copie d’un texte de 1889, dont le propos original est réduit « indélicatement » : le mot « race » – encore heureux – disparaît de la copie, mais chez Testut, il n’est pas écrit « ce qui fait procéder »…

Une phrase indéfendable

Notre intérêt ici ne réside pas dans le procès en tant que tel, mais dans ce qu’il ne dit pas. Nous ne cherchons pas à accuser Brigitte Mauroy, comme le fait Fischetti, et nous répétons qu’elle lui a opposé son engagement contre les mutilations sexuelles. Que cette phrase ait été écrite par elle ou non ne fait aucune différence. Le problème avec cette phrase, ce n’est pas l’« auteur », c’est simplement qu’elle existe, depuis des centaines d’années. C’est qu’elle trouve ses origines dans une « bénédiction papale » du XVIe siècle, et qu’elle est transmise depuis par un quasi travail de copiste, de traité d’anatomie en traité d’anatomie ; jusqu’en 2004… Aussi pour en finir, après avoir autopsié cette phrase, rappelons les arguments portés par Mauroy pour la défendre.

Tout d’abord, l’argumentation de la plaignante souligne le fait que la phrase traite de « circoncision » et non d’excision, donc de mutilation. Comme nous l’avons vu plus haut, cette assertion n’est aucunement fondée. D’abord parce que la pratique en question n’est pas précise, ni précisée ; ensuite parce que la classification qui fait autorité, celle de l’OMS, définit ce type de « circoncision » comme une mutilation. A ce propos, Fischetti raconte que, en appel, quand son avocat « l’interroge là-dessus, Brigitte Mauroy dit qu’il faudrait changer la classification de l’OMS ! » Et toujours selon le journaliste : « il est question, ici, de l’ablation du capuchon clitoridien, le morceau de peau qui recouvre le clitoris. Cette opération, l’urologue lilloise l’appelle « circoncision », car c’est l’équivalent de l’ablation du prépuce chez l’homme (ce qui est vrai). Elle la différencie de l’« excision » en tant qu’ablation du clitoris, et, comme la circoncision masculine est très répandue, Brigitte Mauroy banalise l’ablation du capuchon clitoridien. Dans ses colloques, elle dénonce donc l’ablation du clitoris, mais pas la circoncision du capuchon clitoridien. »[16] Encore faut-il que la « circoncision du capuchon clitoridien » soit effectuée pour « raisons médicales », par des « professionnels de la santé »…

On trouve sur Internet le compte-rendu d’un colloque dans lequel Mauroy est intervenue – organisé en 2006 à Lille par l’association Gynécologie Sans Frontières. En introduction, le gynécologue Richard Matis rappelle que « la circoncision [masculine] est le plus souvent réalisée dans des conditions chirurgicales correctes et les complications revêtent un caractère exceptionnel. Or les mutilations sexuelles féminines n’entrent pas dans ce cas de figure. La circoncision masculine peut être le sujet d’un débat, mais celui-ci se trouve dépourvu de rapport avec la question des mutilations sexuelles féminines. » Lorsqu’une « circoncision du capuchon clitoridien » est opérée à des fins « non médicales », sur des fillettes, il s’agit d’une mutilation sexuelle féminine : c’est le cas « chez les abyssins notamment » où l’on peut franchement douter des « conditions chirurgicales » réunies par les « praticiennes traditionnelles » qui, comme nous l’avons dit, y détiennent un « monopole ». Celui du rasoir qui ne fait aucune différence entre « capuchon », « gland » ou « corps » du clitoris[17]. Il tranche.

Deuxièmement l’urologue et son conseil ont affirmé, en première instance et en appel, que cette phrase est chargée d’une portée historique. Elle serait un rappel de ce qui se faisait/se disait jadis. Certes, les références bibliographiques de son article « Vulve » sont diachroniques, d’un traité d’anatomie datant de 1791[18] aux manuels les plus récents. Et, cela a été dit, la phrase est en réalité une copie d’un texte de 1889. Mais aucune référence n’indique qu’elle est tirée du Testut ou qu’elle se rapporte à telle ou telle époque. De plus, elle n’est pas entourée de guillemets de citation et, plus exactement, est conjuguée au présent, un présent de vérité générale. Il est donc impossible de cerner la moindre analyse diachronique ou de comprendre que Mauroy a « repris » Testut.

A ce propos l’argument entendu en première instance selon lequel l’article en question constitue un texte de vulgarisation scientifique qu’il conviendrait de lire avec plus d’indulgence laisse perplexe. Car vulgariser ne veut pas dire bâcler. Ni plagier. Vulgariser ne permet pas d’oublier la rigueur et la méthode critique. Bien au contraire puisque, par définition, un texte de vulgarisation sera moins soumis aux critiques de la communauté scientifique et plus directement exposé au reste de la société. Il s’agit donc pour son auteur de redoubler de vigilance. D’autant plus lorsque le scientifique aborde une « coutume » mutilatrice, pratiquée sur des fillettes, par des « praticiennes traditionnelles » et chez des peuples qu’il ne connaît pas.

En guise de conclusion

Dans son œuvre sur l’« orientalisme », E. Said écrit qu’« aucun savant […] ne peut résister aux pressions qu’exerce sur lui son pays ou la tradition érudite dans laquelle il travaille », et développe : « Les ennuis commencent quand la tradition corporatiste de l’orientalisme emporte le savant qui n’est pas vigilant, quand sa conscience professionnelle n’est pas sur ses gardes vis-à-vis d’« idées reçues » que lui transmet trop facilement sa profession »[19].

Il semble que l’idée d’un capuchon clitoridien « beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision » fasse partie des tristes « idées reçues » que la « tradition corporatiste » de l’anatomie traîne depuis des siècles. Ce « qui fait procéder à une circoncison », ce n’est aucunement une prétendue hypertrophie ; ce qui fait procéder aux mutilations, c’est uniquement la phallocratie, la misogynie, le sexisme, sur quoi les « Occidentaux » ont plaqué un langage soi-disant médical. En ce sens, il est ô combien nécessaire de critiquer cette idée reçue, de la bannir, de l’« exciser » définitivement. Ce que Brigitte Mauroy, la savante, ne fait pas. Ni dans son article, ni à la barre.

A nos yeux, les enjeux voilés par ce procès « de presse » ne sont d’aucune commune mesure avec la réputation d’une savante, entrée en politique et par là dans la ligne de mire d’un journal que nous ne soutenons guère. Que devient son statut de « scientifique » quand, de peur d’être disgraciée, elle refuse d’étayer ou de réfuter ses dires, mis en cause par un membre de sa corporation ? Tout ça n’est que politique. Cette histoire est certes « inutilement blessante », mais pas pour la plaignante… Elle l’est pour les victimes, exclusivement pour les victimes de mutilations sexuelles. •

* Nous reprenons cette expression à S. Arc (Les lesbiennes, Le Cavalier Bleu, 2006, p. 55) qui explique que dans « le Larousse de 1876, le lesbiannisme est ainsi associé à une hypertrophie clitoridienne, que l’on prétend guérir en pratiquant la résection de l’organe coupable (« clitoridectomie ») ».


[1] P. Brenot (dir.), Dictionnaire de la sexualité humaine, L’esprit du temps, 2004, p. 702.

[2] Zwang s’est fait connaître en 1967 avec son ouvrage Le sexe de la femme, réédité régulièrement depuis.

[3] Charlie Hebdo, 13/07/2010.

[4] Id.

[5] Difficile donc de parler de « normalité » en la matière, J. Lloyd et alii, «  Female genital appearance: ‘normality’ unfolds », BJOG: an International Journal of Obstetrics and Gynaecology, mai 2005.

[6] « Une petite masse cylindrique de tissu érectile et de nerfs, le clitoris est situé à la jonction antérieure des petites lèvres. Le prépuce du clitoris, une couche cutanée, se trouve au point de rencontre des petites lèvres et recouvre le corps du clitoris. La partie exposée du clitoris est le gland du clitoris. », in Tortora et Grabowski, Principes d’anatomie et de physiologie, De Boeck Université, 1994, p. 1008.

[7] F. Hosken, Les mutilations sexuelles féminines, Paris, Denoël/Gonthier, 1983, p. 82.

[8] Larousse Médical, Paris, Larousse, 2002. Le terme d’« excision » a été introduit par les Européens au XIXe siècle par souci de « médicaliser » ce qui était insaisissable à leurs yeux. Les médecins ont vite considéré que chez les femmes une « hypertrophie sexuelle » – ou toutes sortes de prétendues pathologies mentales – était causée par une hypertrophie des organes sexuels. C’est ainsi que l’« excision » a intégré les pratiques chirurgicales d’exérèse « occidentales ».

[9] Classification du Dr Robin Cook, 1995, modifiée en 2007. Ou voir ici.

[10] L’empire d’Éthiopie, aboli en 1975, a été nommé Abyssinie en Europe. « Pendant la majeure partie de son existence, il couvre ce qui est aujourd’hui l’Éthiopie et l’Érythrée ; toutefois, à son apogée, il inclut également le nord de la Somalie, Djibouti, le sud de l’Égypte, l’est du Soudan, le Yémen et l’ouest de l’Arabie saoudite. » (Wikipedia)

[11] Qu’on se souvienne du discours de Dakar, prononcé par Sarkozy en 2007, selon lequel « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ».

[12] La situation n’est pourtant pas homogène. En Éthiopie, par exemple, on compte 80 ethnies. Et « quelque 80% des femmes éthiopiennes âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme » de mutilation, mais « les taux de prévalence sont plus faibles chez les femmes des régions de Tigray (36%) et de Gambela (43%), alors qu’ils atteignent presque 100% dans les régions Somali et Affar. » (UNICEF)

[13] Ce qui, à nos yeux, s’apparente à une forme d’« orientalisme », au sens que lui donne E. Said : « la distribution d’une certaine conception géo-économique dans des textes d’esthétique, d’érudition, d’économie, de sociologie, d’histoire et de philologie ; c’est l’élaboration non seulement d’une distinction géographique (le monde est composé de deux moitiés inégales, l’Orient et l’Occident), mais aussi de toute une série d’« intérêts » que non seulement il crée, mais encore entretient par des moyens tels que les découvertes érudites, la reconstruction philologique, l’analyse psychologique, la description de paysages et la description sociologique ; il est (plutôt qu’il n’exprime) une certaine volonté ou intention de comprendre, parfois de maîtriser, de manipuler, d’incorporer même, ce qui est un monde manifestement différent (ou autre et nouveau) ; surtout, il est un discours qui n’est pas du tout en relation de correspondance directe avec le pouvoir politique brut, mais qui, plutôt, est produit et existe au cours d’un échange inégal avec différentes formes de pouvoirs, qui est formé jusqu’à un certain point par l’échange avec le pouvoir politique (comme dans l’establishment colonial ou impérial), avec le pouvoir intellectuel (comme dans les sciences régnantes telles que la linguistique, l’anatomie comparées, ou l’une quelconque des sciences politiques modernes), avec le pouvoir culturel (comme dans les orthodoxies et les canons qui régissent le goût, les valeurs, les textes), la puissance morale (comme dans les idées de ce que « nous » faisons et de ce qu’« ils » ne peuvent faire faire ou comprendre comme nous). », in L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Éditions de Seuil, 2005 (1978 pour l’édition originale), p. 25.

[14] F. Hosken, op. cit., p. 80-81.

[15] Nous avons consulté L. Testut, Traité d’anatomie humaine, t. 4 (« Appareil de la digestion – Appareil uro-génital – Embryologie »), Paris, Octave Doin éditeur, 1905, p. 778. Mauroy donne en référence de son article l’édition de 1948, la dernière pour laquelle a été associé le nom du « fils spirituel » de Testut, Antoine Latarjet. Testut était mort en 1925.

[16] Charlie, art. cit.

[17] Non seulement il s’agit de quelques millimètres, mais c’est « également l’organe le plus sensible qu’on puisse trouver chez l’être humain avec 8 000 terminaisons nerveuses au niveau du gland » (Wikipedia).

[18] Que Zwang fustige dans sa lettre : « pourquoi citer le déplorable Sabatier, qui traite « d’humeur épaisse et jaunâtre » ce qui, chez les femmes bien tenues, ne correspond qu’au sébum le plus normal et le moins répugnant ? Les salles d’eau ont fait des progrès depuis 1791… Quant à nos ancêtres paléolithiques, elles ne vivaient jamais loin d’une eau courante ou lacustre, qui leur permettait les ablutions les plus élémentaires. »

[19] E. Said, op. cit., p. 303 et p. 351.

Voir de plus:

Les mutilations sexuelles féminines: le point sur la situation en Afrique et en France

Armelle Andro, Marie Lesclingand
Population et Sociétés
octobre 2007

Dans le monde, 100 à 140 millions de filles et de  femmes  ont  subi  une  mutilation  sexuelle.  Ces  mutilations  entraînent de nombreux problèmes de santé, variables  selon le type et la gravité de la lésion (encadré 1). Le  phénomène est présent essentiellement en Afrique sub- saharienne et dans quelques régions du Proche-Orient  et de l’Asie du Sud-Est (Yémen, Indonésie et Malaisie).  Près de 5  % des victimes vivent dans des pays du Nord,  soit  plus  de  6,5  millions  de  filles  et  de  femmes.  Elles  résident principalement dans les pays européens d’im – migration africaine ainsi qu’en Amérique du Nord [1]. Une trentaine de pays d’Afrique concernés En  Afrique,  on  recense  28  pays  où  les  mutilations  sexuelles  féminines  sont  pratiquées.  Le  nombre  de  femmes excisées et la fréquence des différentes formes  d’excision y sont mieux connues depuis le début des  années 1990 grâce à des enquêtes nationales [2]. D’un  pays à l’autre, la proportion de femmes excisées varie  beaucoup,  s’échelon nant  de  1,4  %  au  Cameroun  à  96  %  en  Guinée  au  début  des  années  2000  (carte).  Trois  groupes de pays se distinguent  : les pays où la  grande  majorité  des  femmes  sont  excisées  (plus  de  85  %)  ; ceux où la proportion varie selon l’ethnie, la  catégorie  sociale et la génération, seules certaines fractions de la population étant touchées, et où, au total,  entre  25  et  85  %  des  femmes  sont  excisées  ;  enfin,  les  pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25  %. Les mutilations sexuelles ont généralement lieu sur  les jeunes filles avant l’âge de 15 ans [1, 2]. Les plus fréquemment pratiquées sont de type I et II (encadré 1), les  mutilations de type III étant plus rares et très localisées. La pratique des mutilations sexuelles féminines  est souvent présentée comme la conséquence d’injonctions religieuses, notamment de l’islam. Pourtant, l’excision  était  pratiquée  en  Afrique  bien  avant  l’arrivée  des religions monothéistes et aucun texte religieux ne  permet de la justifier (1). Il n’y a pas de relation entre la  diffusion de l’islam dans un pays et la proportion de  femmes qui y sont excisées et on rencontre tous les cas  de  figures  en  Afrique.  En  Éthiopie,  par  exemple,  les  trois quarts des femmes sont excisées alors qu’un tiers  seulement de la population est musulmane. Dans  l’autre sens, au Niger, seule une toute petite minorité de   femmes est excisée (2  %) alors que le pays est presque  entièrement musulman. En revanche, dans le pays voisin à l’Ouest, le Mali, également musulman, plus de 90  %  des  femmes  sont  excisées.  Quant  aux  pays  voisins  d’Afrique du Nord, l’Algérie, la Libye, mais aussi la Tunisie et le Maroc, l’excision n’y existe pas alors que la quasi- totalité de la population est de confession musulmane. En réalité, le principal facteur du risque de mutilation est l’appartenance ethnique et non la religion, ces  pratiques s’inscrivant traditionnellement dans les rites  d’initiation associés à l’entrée dans l’âge adulte dans  certains groupes ethniques. Ainsi, au Sénégal, musulman à 95  %, et où un peu plus d’un quart seulement des  femmes sont excisées, le groupe ethnique majoritaire,  les Wolofs, ne pratique pas l’excision. Traditionnellement,  elle  n’existe  que  chez  les  minorités,  notamment  les  Peuls, les Toucouleurs, les Soninkés et les Malinkés.

Les mutilations en recul en Afrique

La  pratique  recule  dans  la  plupart  des  pays  depuis  quelques années, même si les changements sont lents  dans certains. Une façon de repérer les évolutions dans  un pays est de comparer la proportion de femmes excisées  parmi  celles  ayant  entre  30  et  49  ans  à  la  même  proportion dans la génération plus jeune, ayant entre  15 et 29 ans (figure 1). Dans la plupart des pays, les femmes les plus  jeunes  sont moins souvent victimes de mutilations que leurs  aînées et ce décrochage générationnel est particulièrement visible dans les pays où l’excision est très répandue,  comme  par  exemple  en  Guinée  ou  en  Érythrée.  En  outre, même dans les pays où l’excision était peu fréquente, la pratique touche encore moins les jeunes générations, à l’exception du Cameroun où il n’y a pas eu  de changements jusqu’ici (figure 1). Le recul dépend beaucoup du degré de mobilisation  des  États  :  si  dès  1952,  les  mutilations  sexuelles  féminines  apparaissent  dans  une  résolution  de  la  commission des droits de l’homme des Nations unies,  ce n’est qu’à partir des années 1990 que des recommandations internationales explicites sont diffusées et il  faut encore attendre 2003 pour que l’ensemble des pays  membres  de  l’Union  africaine  signent  un  protocole  condamnant officiellement les mutilations sexuelles et  les  interdisant.  Des  lois  existent  dans  la  plupart  des  pays mais sont encore rarement appliquées. Par ailleurs, la scolarisation croissante des femmes a  un effet favorable, l’instruction ayant un rôle protecteur  :  dans tous les pays, le risque de mutilation décroît avec  l’augmentation du niveau d’instruction (2) (figure 2).

Les mutilations sexuelles féminines  : le point sur la situation en Afrique et en France

En France, une réalité liée à l’immigration des dernières décennies Initiées dans les années 1960, les migra – tions africaines vers la France se sont  peu  à  peu  féminisées,  et  en  2004,  les  femmes sont majoritaires chez les nou – veaux entrants [4]. Mais la présence de  femmes  excisées  est  un  phénomène  connu depuis près de 30 ans. Dès le dé – but des années 1980, la pratique de l’ex – cision sur des fillettes nées en France a  suscité la réaction des pouvoirs publics  et des associations. La première réponse  apportée par l’État a pris la forme judi – ciaire (3), celle des associations étant  avant tout préventive et informative [5]. Le nombre de femmes concernées  en France reste pourtant mal connu (4).  Les mutilations sexuelles  touchent des  migrantes mais aussi des femmes nées  en  France  de  parents  originaires  de  pays où l’excision est encore pratiquée.  Elle s’est très vraisemblablement per – pétuée en France chez les filles de mi – grants jusqu’au début des années 1980.  Elle a sans doute régressé ensuite, ou a  même été abandonnée dans certaines  familles, les générations les plus récentes  ayant pu bénéficier des campagnes de  prévention  ciblées  sur  les  petites  filles.  Mais  on  ne  dispose pour l’instant  d’aucune donnée nationale sur  ces générations plus jeunes. Le seul chiffrage possible  concerne la population adulte, âgée de 18 ans ou plus.  Moyennant  quelques  hyp othèses,  on  peut  estimer  qu’il  y  a  en  France  en  2004  environ  50  000 femmes  adultes excisées (encadré 2). Pour les femmes et les jeunes filles qui ont subi une  mutilation et qui en supportent aujourd’hui les consé – quences, une politique de prise en charge sanitaire  reste à définir. Récemment, une étape marquante a été  franchie avec la mise au point d’un protocole de chirur – gie réparatrice remboursé par l’assurance maladie (5).  Cette avancée médicale ouvre la voie à la réversibilité  des lésions qu’entraîne l’excision et permet d’envisager  les conséquences des mutilations sexuelles féminines  comme un problème de santé publique. Figure 2 – Diminution du risque d’excision avec l’instruction des femmes 96 98 90 92 78 76 74 47 46 50 30 13 19 16 2,3 2,1 90 92 83 87 64 64 58 23 31 17 19 29 5 3 0,7 0,4 Guinée, 2005 Egypte, 2005 Er ythrée, 2002 Mali, 200 1 Burkina Faso, 2003 Ethiopie, 2005 Mauritanie, 200 1 RCA, 1994-95 T chad, 2004 Côte d’Ivoire, 2005 Sénégal, 2005 Nigeria**, 2003 Bénin, 2001 Ta nzanie, 2004 Niger , 1998 Cameroun, 2004 primaire ou moins secondaire et  supérieur Propor tion d’excisées (% ) parmi les femmes ayant  un niveau d’instruction:  Diminution du risque d’excisio n entre le groupe moins instruit et celui le plus instruit (rappor t de risques (odd-ratio))* Pays et date d’enquête Rappor t de risque s 1 2 3 4 6 5 INED 1 880 7 (A. Andro, M. Lesclingand,  Population & Sociétés , n° 438, Ined, octobre 2007) Lecture  :  en Côte d’Ivoire, en 2005, une femme ayant un niveau  d’instruction  primaire  ou  pas  d’instruction  a  environ  cinq  fois  plus de risques d’avoir été excisée qu’une femme ayant un ni – veau d’instruction secondaire ou supérieur. * Calcul  :  voir figure 1.  ** Voir note 2 dans le texte. Source  : Enquêtes démographiques et de santé et calculs des auteurs.. Propor tion :  supérieure à 85 % entre 25 et 85 % inférieure à 25 % Excision non pratiquée INED 1 890 7 République démocratique du congo Angola Namibie Botswana Zimbabwe Mozambique Zambie Malawi Comores Tanzanie Ouganda Kenya Somalie Madagascar Swaziland Lésotho Afrique du Sud Ethiopie Ér ythrée Dijbouti Nigeria Cameroun Guinée Equatoriale Rwanda Burundi Gabon Congo Centrafrique Soudan Egypte L ybie T chad Niger Algérie Maroc T unisie Sahara Occ. Mauritanie Mali Burkina Faso Ghana Ghana Bénin Côte- d’Ivoire Liberia Sierra Leone Guinée Guinée- Bissau Gambie Sénégal Cabinda  Carte – Proportion de femmes de 15 à 49 ans ayant subi des mutilations sexuelles selon le pays d’Afrique (situation au début des années 2000) (A. Andro, M. Lesclingand, Population & Sociétés , n° 438, Ined, octobre 2007) (3) La France est le premier pays européen à avoir intenté des procès  dès 1979  : les mutilations relèvent de l’article 222 du code pénal sur  les violences. Les peines encourues par les parents et les personnes  pratiquant  la  mutilation peuvent  aller  jusqu’à  20  ans  de  réclusion  criminelle. En outre, dans le cadre de la protection de l’enfance, les  professionnels sont soumis à un devoir de signalement (article 223-6  du Code pénal). (4) Les deux seules estimations du nombre de femmes excisées en  France  remontent  à  plus  de  quinze  ans,  à  une  époque  où  la  popu – lation  originaire  d’Afrique  sub-saharienne  était  moins  importante  qu’aujourd’hui. L’une, en 1982, estimait qu’«  environ 24  000  femmes  et  fillettes  étaient  excisées  ou  menacées  de  l’être  (pour  les  plus  jeunes)  »   ; la seconde, en 1989, évaluait à «  environ 27  000 la popula – tion féminine à risque  » [5]. (5) Actuellement, une dizaine d’hôpitaux et de cliniques proposent  l’opération, principalement en région Île-de-France. 4 résumé Dans le monde, 100 à 140 millions de femmes ont subi  une mutilation sexuelle. Habitant principalement en  Afrique sub-saharienne, 5 % vivent dans les pays euro – péens d’immigration africaine ainsi qu’en Amérique du  Nord. Dans les pays d’origine, la situation varie, certains  pays pratiquant massivement l’excision, comme la Guinée, où 96 % des femmes sont excisées, et d’autres, pres – que pas, comme le Niger,  où seulement 2 % des femmes  le sont. L’excision est par ailleurs en recul  dans ces pays.  La France compterait en 2004 autour de 50 000 femmes  adultes  excisées.  Une  enquête  est  en  préparation  pour  mieux connaître les conséquences de ces mutilations afin  d’améliorer la prise en charge sanitaire de ce problème.

RÉFÉRENCE S [1]   OMS  –  «  Female  genital  mutilation  –  new  knowledge  spurs optimism  »,  Progress in Sexual and Reproductive Health  Research , n°  72, 2006, 8 p. [2]    Y oder  P. Stanley, A bderrahim  Noureddine et  Zhuzhuni Arlinda – Female Genital Cutting in the Demographic and  Health Surveys  : A Critical and Comparative Analysis, ORC  Macro, Calverton, Maryland, ( DHS Comparative Reports n° 7 ),  2004, 65 p. [3]   UNICEF  –  Female  genital  mutilation/cutting  :  a  statistical  exploration , New York, UNICEF, 2005, 58 p. [4]  Borrel  Catherine – «  Enquêtes annuelles de recensement  2004  et  2005,  près  de  5  millions  d’immigrés  à  la  mi-2004  »,  Insee Première , n°  1098, août 2006, 4 p. [5]   Gillette -F aye  Isabelle –  La polygamie et l’excision dans  l’immigration africaine en France, analysées sous l’angle de la souf – france sociale des femmes , Villeneuve d’Ascq, Presses universi – taires du Septentrion, thèse de doctorat en sociologie, Paris 7,  2002, 352 p. Les mutilations sexuelles féminines  : le point sur la situation en Afrique et en France Tous les numéros de  Population & Sociétés  sont accessibles sur le site de l’Ined : http://www.ined.fr L’État continue de s’engager dans la lutte contre les  mutilations sexuelles à travers le renforcement de l’arsenal  juridique  [5]  et  par  la  prise  en  compte  de  cette  question dans le plan national «  Violences et Santé  » (6).  Dans le cadre de ce plan, une enquête nationale Exci – sion et handicap (ExH) est en préparation  : elle permet – tra u ne meilleure con naissance des conséquences  sanitaires, sociales et psychologiques des mutilations  sexuelles et débouchera sur des propositions pour la  prise en charge des femmes mutilées vivant aujourd’hui  en France. La prévention de l’excision chez les fillettes et les  jeunes filles vivant en France reste essentielle, et doit  continuer à être soutenue par les pouvoirs publics. Les  excisions sont désormais rarement pratiquées sur le sol  français, les filles étant excisées lors de séjours tempo – raires dans le pays d’origine de la famille, ou suite à des  reconduites.  La  prévention  passe  par  une  protection  accrue lors de ces déplacements. (6) Plan prévu par la loi du 9 août 2004, relative à la politique de santé  publique, visant à limiter l’impact des différentes formes de violence  sur la santé. Tous les numéros de  Population & Sociétés  sont accessibles sur le site de l’Ined :  http://www.ined.f r (1) La définition retenue pour la population de femmes originaires d’un pays à risque est très restrictive  : seules les femmes dont le père  et  la mère sont  originaires d’un pays à risque sont comptabilisées. Encadré 2 Nous avons estimé dans un premier temps l’effectif de femmes âgées de 18 ans et plus vivant en France et immigrées ou filles d’immigrés  d’un pays à risque, où les mutilations sexuelles sont encore pratiquées (1). Nous avons utilisé pour cela l’«  Étude de l’Histoire Familiale  »,  enquête complémentaire au recensement de 1999, réalisée auprès de 380  000 hommes et femmes, en actualisant à la hausse l’effectif de  1999 avec les données publiées jusqu’à ce jour par l’Insee [4].  Le nombre de femmes excisées parmi elles a été estimé en fai – sant  l’hypothèse  que  dans  chaque  sous-groupe  de  femmes  origi – naires d’un même pays à risque, la proportion d’excisées était la  même que dans le pays concerné (carte). On a cependant distin – gué les femmes nées au pays (8 sur 10) de celles nées en Europe  (2 sur 10). Et, au sein des premières, celles arrivées en France  après 15 ans de celles arrivées avant, pour tenir compte du fait que  les  mutilations  sexuelles  féminines  sont  essentiellement  pratiquées  avant l’âge de 15 ans. Sous l’hypothèse haute, le risque de mutilation est le même quel  que soit le lieu de naissance  : on applique les taux de prévalence à  toutes les femmes originaires d’un pays à risque. Sous l’hypothèse  moyenne, on suppose que le risque de mutilation est nul pour les  femmes nées en Europe  : on applique les taux de prévalence uni – quement aux femmes originaires et nées dans un pays à risque.  Enfin, sous l’hypothèse basse, on considère que seules les femmes  arrivées en France après l’âge de 15 ans ont été soumises au ris – que. Si l’on retient l’estimation moyenne, environ 53  000 femmes  adultes vivant en France en 2004 auraient subies des mutilations  sexuelles féminines (schéma). Combien de femmes adultes excisées en France ? (A. Andro, M. Lesclingand,  Population & Sociétés , n° 438, Ined, octobre 2007) Schéma – Estimation du nombre en 2004 de femmes adultes,  vivant en France, victimes de mutilations sexuelles fémnines Femmes originaires d’un pays à risque : Femmes non excisées Femmes excisées nées en Europe avant l’âge de 15 ans Arrivées en France : après l’âge de 15 ans nées dans un pays à risque * * * Hypothèse basse : 42 000 * Hypothèse moyenne : 53 000 Hypothèse haute : 61 000 INED 19 00 7

Pour lutter contre l’excision en France, il importe de mieux connaître la population de femmes concernées et les pratiques dans les pays d’origine, africains principalement. Armelle Andro et Marie Lesclingand nous expliquent que la situation varie d’un pays d’Afrique à l’autre, ceci indépendamment de la reli – gion. Concernant la France, elles tentent une évaluation du nombre de femmes ayant déjà subi cette mutilation sexuelle et annoncent une enquête pour mieux connaître les conséquences de cette pratique, afin d’améliorer la prise en charge de ces femmes. Les mutilations sexuelles féminines : le point sur la situation en Afrique et en France Armelle Andro* et Marie Lesclingand** * Université Paris 1 et Institut national d’études démographiques. ** Université de Nice et Institut national d’études démographiques. Éditorial – Les mutilations sexuelles féminines : le point sur la situation en Afrique et en France Une trentaine de pays d’Afrique concernés – p. 1 • Les mutilations en recul en Afrique – p. 2 • En France, une réalité liée à l’immigration des dernières décen – nies – p. 3 – Encadrés 1 : Les différents types de mutilations sexuelles féminines et leurs conséquences sur la santé des femmes – p. 2 • Encadrés 2 : Combien de femmes adultes excisées en France – p. 4 Octobre 2007 (1) Les églises protestantes sont actives depuis plusieurs décennies dans la lutte contre les mutilations sexuelles alors que l’église catho – lique s’est rangée dans les années 1990 derrière les engagements pris par la communauté internationale. Récemment, lors d’une réunion internationale à l’Université d’al-Azhar du Caire en 2006, de hauts représentants religieux sunnites ont émis une fatwa déclarant que les mutilations sexuelles féminines étaient infondées en droit musulman et appelant à lutter contre ces pratiques. 2 INED

Population & Sociétés n° 438, octobre 2007 Figure 1 – Proportion de femmes excisées parmi les 30-49 et les 15-29 ans dans quelques pays d’Afrique Guinée, 2005 Egypte, 2005 Er ythrée, 2002 Mali, 200 1 Soudan, 1990 Burkina Faso, 2003 Ethiopie, 2005 Mauritanie, 200 1 RCA, 1994-95 Tc had, 2004 Côte d’Ivoire, 2005 Sénégal, 2005 Nigeria, 2003 Bénin, 2001 Ta nzanie, 2004 Niger , 1998 Cameroun, 2004 30-49 ans 15-29 ans Diminution du risque d’excision entre les femmes de 30-49 ans et celles de 15-29 ans (rappo rt de risques (odd-ratio)) * Pays et date d’enquête Propor tion d’excisées (% ) parmi les : 98 96 94 92 90 82 80 73 48 45 44 30 23 21 18 2,6 1,5 93 96 85 92 89 73 70 70 40 45 40 27 17 14 13 2,0 1,4 Rappo rt de risque s 1 2 3 4 6 5 INED 18 70 7 P ays où la plupart des femmes sont excisées (groupe I) Pays où entre 25 et 85 % des femme s sont excisées (groupe II) Pa ys où moins de 25 % des femme s sont excisées (groupe III) (A. Andro, M. Lesclingand, Population & Sociétés , n° 438, Ined, octobre 2007) * Calcul du rapport de risques (odd-ratio) : dans un premier temps, le rapport entre l’effectif des femmes excisées et l’effec – tif des femmes non-excisées a été calculé pour chaque groupe d’âge. Le rapport pour les femmes de 30 à 49 ans a ensuite lui- même été rapporté à celui pour les femmes de 15 à 29 ans, le résultat étant un rapport de rapports. Celui-ci indique le sens des évolutions. S’il est égal à 1, le risque d’excision est iden – tique pour les femmes de 15 à 29 ans et pour les femmes de 30 à 4 9 ans. S’il est supérieur à 1, le risque a diminué pour la génération plus jeune, le facteur de diminution étant indiqué par la figure. Source : Enquêtes démographiques et de santé et calculs des auteurs. (2) Au Nigeria, les femmes instruites sont plus fréquemment excisées que celles qui ne le sont pas. Ce résultat étonnant vient de ce que seuls les Yoruba et les Igbo pratiquent l’excision dans ce pays. Or ces deux groupes ethniques sont localisés dans le sud du pays, région beaucoup plus urbanisée que le Nord, et où l’instruction est plus développée. Les différents types de mutilations sexuelles féminines et leurs conséquences sur la santé des femmes L’Organisation mondiale de la santé (OMS) distingue quatre types de mutilations sexuelles féminines : – type I : excision du capuchon, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris, – type II : excision du clitoris, avec excision partielle ou totale des petites lèvres, – type III : excision partielle ou totale des organes génitaux ex­ ternes et suture/rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation), – type IV : autre (piqûre, perforation ou incision). Les conséquences pour la santé des femmes sont liées au type de mutilation pratiquée. L’OMS les classe en trois catégories : – les conséquences médicales à court terme, telles que la dou leur, les hémorragies, le risque de rétention urinaire, les infec tions et l’état de choc consécutif à l’événement, – les conséquences médicales à long terme, comme les infec tions pelviennes, la stérilité, les difficultés menstruelles et les problèmes pendant la grossesse et l’accouchement (déchirures périnéales plus fréquentes et souffrances fœtales), les fistules vésico ­vaginales ou recto ­vaginales entraînant des problèmes d’incontinence, – les conséquences psychologiques, mentales et sociales comme l’altération de la sensibilité sexuelle ou les complications psychia triques (angoisses, dépression). Source : OMS, 2006 Encadré 1 3 INED Les mutilations sexuelles féminines : le point sur la situation en Afrique et en France Population & Sociétés n° 438, octobre 2007

Voir de plus:

L’Excision des filles au regard de l’Islam

Dr. Mohamed Salim Al-Awwa, Secretaire Géneral des Ulemas Musulmans

L’EXCISION DES FILLES AU REGARD DE L’ISLAM

ECRIT PAR DR. / MOHAMED SALIM AL-AWWA
SECRETAIRE GENERAL DE L’UNION MONDIALE DES ULEMAS MUSULMANS

pour « The National Council for Childhood and Motherhood » (Egypt), preparé pour la Conférence de Djibouti

Question (1) : Est-ce que l’excision des filles est un précepte de l’Islam et ceci conformément à des hadiths rapportés par le Prophète ?
Réponse (1) :
La Charia tire ses principes dans ses sources originales et authentiques, à savoir : le Saint Coran, la Sunna authentique du Prophète, le Consensus (Al-Ijma’) répondant aux conditions bien précises de la science de la méthodologie juridique, l’Analogie(Al-Qiyas) répondant également aux conditions d’authenticité.
Aussi, si nous souhaitons connaître l’avis de la Chari’a sur la question concernant l’excision des filles, nous devons d’abord commencer notre recherche dans le Saint Coran, puis dans la Sunna, puis le Consensus puis étudier dans quelle mesure il est possible d’appliquer l’Analogie.
– Le Coran ne contient aucun texte faisant allusion, ni de près ni de loin, à l’excision des filles. De même, il n’y a aucun consensus sur un arrêt légal (hukm char’i) concernant cette question, tout comme aucune analogie ne peut s’y appliquer,
– En effet, c’est dans la Sunna que cette question puise sa légitimité basée sur une interprétation de certains hadiths attribués au Prophète (PBSL). Toutefois, il n’existe aucun texte authentique justifiant un arrêt légal sur une question aussi importante concernant la vie humaine,
– Et selon la science, ce type de hadiths ne peut être pris en considération, seul les hadiths authentiques pouvant faire force de loi.
Les hadiths concernant l’excision :
Premier hadith, le plus répandu :
On rapporte que le Prophète (PBSL) a dit à « Umm ‘Atiya », une femme qui pratiquait l’excision des filles à Médine :
« Ô Umm ‘Atiya, coupe légèrement et n’exagère pas (ashimmi wa-la tanhaki) car c’est plus agréable (asra) pour la femme et meilleur (ahda) pour le mari ».
–         Ce hadith a été rapporté par Al-Hakim, Bayhaqi et Abu Daoud avec des versions similaires et avec une chaîne faible, comme l’a indiqué Al-Hafidh Zen Al-Din Al-‘Iraqi dans son analyse de « La revivification des Sciences de la Religion » écrit par Al-Ghazali (148/1),
–         Abu Daoud a fait le commentaire suivant sur le même hadith dans son recueil avec une version différente de la précédente : ce hadith a été rapporté par Abdallah Bin ‘Amru de Abdoul-Malik avec le même contenu et la même chaîne de transmission, mais ce hadith n’est pas authentique, il est de type « mursal » (la chaîne de garants n’est pas fiable), et son rapporteur Mohamed Bin Hassaan Al-Koufi n’est pas connu, par conséquent ce hadith est faible,
–         L’Imam Shamsel-Din Al-Haqq Al-‘Adhim Al-Abadi a, dans son commentaire du texte de Abu Daoud, écrit ceci : « le hadith est donc faible en raison de son irrégularité et parce que son rapporteur, Mohamed Bin Hassaan Al-Koufi n’est pas fiable. Ibn ‘Adi et Al-Bayhaqi ont confirmé comme Abu Daoud l’identité obscure du rapporteur, mais Al-Hafidh Abel-Ghani Bin Saïd a, quant à lui affirmé ceci : « le rapporteur s’appelle en fait Mohamed Bin Said tué pour apostasie. Aussi, Mohamed Bin Hassaan ou plutôt Mohamed Bin Said Al-Masloub est un menteur et les savants disent qu’il a inventé quatre mille hadiths qu’il a attribués au Prophète (PBSL). L’Imam Ahmed rapporte qu’il a été assassiné et crucifié par Al-Mansour pour athéisme (zandaqa).
–         Les contemporains ont rassemblé les chaînes de transmission de ce hadith mais toutes sont faibles et ne font pas force de loi. D’ailleurs, le savant Mohamed Lutfi Al-Sabbagh (Professeur des Etudes Islamiques à l’Université de Riyad en Arabie Saoudite) a, dans sa thèse sur l’excision affirmé ceci : « Prends plutôt l’avis de ces deux grands que sont Abu Daoud et AL-Bayhaqi qui l’ont jugé de faible et ne considère pas ceux qui l’ont authentifié par la suite ».
L’Imam Shamsel-Din Al-Haqq Al-Adhim Al-Abadi avait affirmé ceci : « en fait, la question de l’excision des filles a été rapportée dans plusieurs textes mais tous ces sources sont faible et peu fiables, qui ne peuvent faire en aucun cas force de loi ».
Aussi, le hadith de « umm ‘atiya » n’est en aucun cas valable.
Deuxième hadith :
Il est rapporté d’après le Prophète (PBSL) :
« La circoncision est une sunna pour l’homme et un honneur pour la femme »
–         Al-Hafidh Al-‘Iraqi a, dans son analyse de « La revivification des sciences de la Religion » affirmé que ce hadith est également faible. Les Imams Al-Bayhaqi, Ibn Abi Hatim et Ibn Abdal-Ber l’ont précédé dans ce même avis. D’ailleurs, l’ensemble des chaînes finissent par Al-Hajjaj Bin Artat qui n’est pas digne de confiance,
–         Al-Hafidh Ibn Hajr a aussi confirmé la faiblesse de ce hadith dans son livre « résumé de l’œuvre de l’actualisation des hadiths de Rafi’i) et repris les propos de Al-Bayhaqi disant « c’est un hadith faible et de transmission discontinue », ainsi que les commentaires de Ibn Abdal-Ber dans « introduction à la sémantique et aux chaînes de garants dans le Muwatta’ », a fait savoir que sa chaîne de transmission comprend un rapporteur indigne de confiance,
–         Al-Hafidh Abi Omar Bin Abdel-Ber avait écrit dans son livre « introduction à la sémantique et aux chaînes de garants dans le Muatta’ » : que ceux qui se basent sur le hadith de ce Ibn Malih pour rendre l’excision sunna ont tort, puisque le texte est rapporté par Hajjaj ibn Arta’a qui n’est pas digne de confiance, contrairement au consensus des musulmans sur la circoncision des garçons.
Aussi, ce texte ne peut faire force de loi car c’est un texte faible attribué à un rapporteur peu crédible en matière de transmission de hadiths, par conséquent on ne peut s’y référer pour justifier un arrêt légal concernant une sunna, un miracle, ou même un acte recommandable lequel est également un arrêt légal qui doit être basé sur une preuve authentique.
Ceci ne veut surtout pas dire que ce cas est isolé, au contraire, il existe d’autres hadiths comme celui d’umm ‘atiya , sauf que ceux qui se sont basés sur ces preuves ont avancé des interprétations se contredisants et rendant ces hadiths encore plus faibles.
Supposant que ce hadith soit acceptable – même s’il ne l’est pas – il ne peut y avoir de comparaison possible entre la circoncision des garçons et l’excision des filles car cette dernière n’est pas sunna, mais peut être makrumah « honorifique ». Et même si c’était le cas (makrumah), cette pratique était courante bien avant l’Islam, et l’Islam l’aurait adoucit par ces termes « coupe mais n’exagère pas » comme cela a été rapporté dans le hadith faible.
Certaines femmes de mérite ont relevé une contradiction dans le hadith même, disant que le début du texte contredit la fin : en effet, le début du hadith encourage l’excision et la fin reconnaît que le fait de garder une partie du clitoris est « plus agréable (asra) pour la femme et meilleur (ahda) pour le mari ». Or si tel est le cas, pourquoi ne pas le garder entièrement, parfaire la beauté de la femme et satisfaire le mari. Par ailleurs, le hadith ne peut supporter une autre interprétation autre que celle-ci, à supposer qu’il soit authentique.
Si le Prophète avait voulu mettre au même niveau la circoncision des garçons et l’excision des filles,
il aurait tout simplement dit « La circoncision est une sunna pour l’homme et pour la femme » ou « La circoncision est une sunna » de façon à en faire un arrêt légal général.
Tout ce raisonnement confirme les dires de l’Imam Ibn Al-Moundhir, un des grands savants du 4ème Siècle de l’Hégire « il n’existe aucun texte instituant l’excision ni aucune sunna à suivre ».
D’ailleurs, le savant et professeur Mohamed Rachid Rida a repris ces dires pour répondre à une question qui lui a été posé par le journal « Al-Manar ».
L’Imam Al-Chawkani dit à ce propos: “le hadith en soit ne peut être retenu comme preuve puisqu’il ne traite même pas le thème en question. Quant au terme « sunna », il a un sens plus large aux « yeux des législateurs (Allah et Son Messager) », par rapport aux juristes. De plus, il n’existe aucune obligation claire en ce qui concerne la circoncision des garçons même s’il est convenu que c’est une sunna. C’est le cas pour le reste des autres normes de la « fitra » (Réf : Neyl Al-Awtar), 1/135).
Le savant, Cheikh Sayid Sabeq a, dans son livre intitulé « la jurisprudence » confirmé que « les hadiths sur l’excision des filles étaient tous faibles ».
Troisième hadith :
Ce Hadith a été rapporté par Abdallah Bin Omar que lors d’un discours le Prophète a ordonné aux femmes des Ansars de faire la circoncision, mais c’est un hadith faible. Al-Chawkani dit à son propos : « dans la chaîne de transmission avancée par Abi Nou’am, un rapporteur de hadiths, on retrouve Moundil Ibn Aliqui qu’ est peu fiable, quant à la chaîne des garants avancée par Ibn ‘Adiy, on retrouve Khaled Bin ‘Amrou Al-Qarachi qui est moins crédible.
Quatrième hadith :
Dans la Sunna authentique, on retrouve un hadith rapporté par ‘Aïcha et remontant jusqu’au Prophète (PBSL) : « si les deux parties circoncises «(al-khitan) se rencontrent, les grandes ablutions s’imposent », on retrouve ce hadith dans le « Muwatta’ » de Malik, dans le « Sahih Muslim », Thirmidi et Ibn Maja le citent également ainsi que les auteurs des autres recueils de hadiths.
–         Les termes pris comme preuve ici sont « les deux parties circoncises ». En effet, certains peuvent avancer ces arguments pour légitimer l’excision puisque le Prophète a bien spécifié qu’il existe des parties circoncises chez l’homme comme chez la femme,
–         Or il n’existe aucune preuve dans ces mots légitimant l’excision des filles, car en langue arabe, il est possible de généraliser un terme pour désigner des choses similaires, en utilisant le terme le plus connu, le plus fort, le plus simple ou le plus puissant et l’on retrouve dans les dires des savants par exemple :
–         les deux Omars( pour désigner Abu Bakr et Omar), les deux lunes
( le soleil et la lune), les deux feux( également le soleil et la lune, or la lune n’émet aucune lumière mais reflète simplement celle du soleil), les deux ‘ichas soirs ( la prière du maghreb et celle de ‘icha), les deux dhouhrs ou midis (prières de midi et après midi),les deux noirs (les dattes et l’eau) alors que l’eau n’a aucune couleur. Les arabes avaient l’habitude de faire prévaloir le plus fort ou le plus capable dans la dénomination de façon générale, ils ont par ailleurs appelé le père et la mère « parents » sur le même principe, dérivant le mot à partir de « père ».
–         Nous retrouvons le même cas de figure dans Coran : sourate Al-Fatir, verset 12 : « Les deux mers ne sont pas identiques, celle-ci est potable, douce et agréable à boire, et celle-ci est salée, amère. » , la 1ère est la rivière et la 2ème la véritable mer, dans ce cas la mer prévaut sur la rivière car elle est plus imposante.
–          Parfois, c’est le féminin qui prévaut, par exemple « les marwatan » pour désigner « safa et marwa » à la Mecque, ou les deux ors « l’or et la soie », la couleur de l’or étant plus éclatante. Ces méthodes sont donc très courantes dans la langue arabe.
Par conséquent, le terme « khitan » ne peut être avancé comme preuve pour légitimer l’excision des filles puisqu’il n’a été utilisé que dans cette figure de style où le plus fort, c’est-à-dire l’homme ici, prime sur le plus faible qu’est la femme. De plus, le hadith en question évoque les grandes ablutions et ne parle pas du tout de la circoncision. Quant aux ulémas, ils interprètent ce hadith, toujours dans le sens des grandes ablutions et ne rendent celles-ci obligatoires qu’en cas de pénétration et ne s’arrêtent pas au touché. Or si le hadith n’a même pas été considéré dans son sens littéral pour le cas qu’il est sensé traiter, à savoir les grandes ablutions, comment peut-on aller loin dans son interprétation et lui attribuer d’autre notion.
Cinquième hadith :
On le retrouve dans les deux grands recueils et il est également rapporté par Abou Daoud, Al-Thirmidi, Al-Nissa’i, Ahmed et Malik dans son « Muwatta’ » : Abou Hourayra a rapporté du Prophète ceci : « la fitra consiste en cinq (normes que Dieu inculque à sa création) ou cinq appartiennent à la fitrah : le rasage du pubis, la circoncision, la coupe des moustaches, l’épilation des aisselles et la taille des ongles »
D’après Aïcha et d’autres compagnons, les normes de la « fitra » vont jusqu’à dix dont le fait de raser les moustaches et laisser pousser la barbe.
Ce hadith ne peut être considéré comme une preuve de l’institution de l’excision des filles puisque le fait de couper les moustaches et laisser pousser la barbe concerne uniquement les hommes. D’ailleurs, le hadith concernant la fitra a été rapporté par Malik, d’après Yahya, d’après Saïd : le Prophète Ibrahim (PBSL) fut le premier circoncis et tous les savants ont été unanimes à ce propos. Ibn Abdel-Bar a, dans son « introduction » rappelé que cette pratique a été observée par l’ensemble des Prophète et qu’en aucun cas il n’était permis à l’homme de l’outrepasser. Quant à l’excision des filles, il l’a rejetée.
Par conséquent, on ne peut se baser sur certains de ces hadiths pour prétendre que l’excision des filles fait partie de la fitra, car seul la circoncision a été évoqué dans ces derniers et le terme « khitan » en arabe ne fait référence qu’à la circoncision des garçons et les ulémas sont unanimes là dessus. En ce qui concerne l’excision des filles, le terme de « khitan » n’y est utilisé que dans le cadre de figure de style et non parce qu’il comprend le même sens, le terme « khifadh » serait plus approprié car il comprend le sens de diminution, de réduction.
Le fait que le Prophète(PBSL) n’ a pas excisé ses quatre filles est une preuve suffisante que l’excision n’est pas un précepte de l’Islam, car si c’en était un le Prophète (PBSL) aurait été le 1er à l’appliquer sur ses filles.
Ainsi, on ne trouve aucune trace dans la sunna authentique justifiant cette pratique, et tous les arguments avancés se basent sur des hadiths faibles ne pouvant justifier un arrêt légal. Par conséquent, cette pratique n’est qu’une tradition parmi tant d’autres que l’Islam a laissé au temps et à la science de réglementer et interdire.
Deuxième question
les écoles juridiques avancent des avis différents sur cette question, par exemple d’après l’Imam Chafi’i : « la circoncision est obligatoire pour l’homme et la femme », d’après l’Imam Ahmed Bin Hanbal : « la circoncision est obligatoire pour l’homme mais elle est honorable makrumah pour la femme », d’après l’Imam Abi Hanifa et l’Imam Malik « la circoncision est une sunna pour l’homme et makrumah pour la femme ». Aucun n’a interdit l’excision des filles. Aussi, ne peut-on pas conclure que sa pratique est permise puisque aucun ne l’interdit ?
Deuxième réponse :
Les Ulémas en jurisprudence conviennent que la science de la jurisprudence pratique est une science qui se base sur des preuves claires tirées des textes du Saint Coran, de la Sunna authentique, du consensus avec ses conditions définies par la jurisprudence et de l’analogie répondant également aux conditions bien définies.
Quant au jurisconsulte, il doit avoir, en plus d’une connaissance pratique de la jurisprudence et de la Chari’a, une connaissance du contexte dans lequel il évolue, enseigner, donner des avis et juger les gens conformément à ce contexte.
Les jurisconsultes sont des êtres humains qui se sont spécialisés dans les sciences de la Chari’a pour en tirer des lois concernant les affaire des musulmans. Mais les avis des jurisconsultes ne peuvent être considérés comme « la Chari’a même », ni constituer une preuve en matière de « religion ». C’est plutôt, une démarche qui consiste à comprendre les textes religieux pour les rendre pratique dans la réalité. Elle n’est donc pas infaillible. Cette démarche peut être sujet à l’erreur. Le jurisconsulte est rétribué dans les deux cas, s’il voit juste, il aura une double récompense et s’il commet une erreur, il obtient une récompense(pour l’effort).
D’ailleurs, l’Imam AL-Chafi’i reconnaît lui-même : « mon avis est juste et peut être sujet à l’erreur et l’avis des autres est faux mais peut devenir juste ».
Par ailleurs, tout ce qui se trouve dans les livres de la jurisprudence ne relève pas de la « religion », tels que les questions concernant la médecine, la nourriture, l’habillement, etc..
– Nous retrouvons un bel exemple illustrant cela : il s’agit du cas de la fécondation des palmiers. Le Prophète (PBSL) a, dans un premier temps interdit aux musulmans de pratiquer cette méthode, les musulmans se sont conformés aux instructions du Prophète mais la récolte n’ a pas été fructueuse et le Prophète (PBSL) a reconnu : « vous connaissez mieux (que moi) vos affaires temporelles ».
Ainsi, il a marqué une nette différence entre ses instructions concernant les questions ayant trait à la religion et le dogme et les questions relatives à la vie d’ici-bas.
Aussi, partant de ce principe, le jurisconsulte doit laisser les gens pratiquer ce qui leur convient du moment que cela ne contrevient pas à un texte authentique.
Quant aux questions concernant la médecine dans les recueils de hadiths et les livres de jurisprudence, elles ont trait au monde profane. Par conséquent, le jurisconsulte n’est sollicité qu’une fois que la science et la médecine aient statué sur une question précise, car c’est au savant et au médecin de définir la réalité et l’avis du jurisconsulte se base sur celui du médecin et non le contraire.
Si nous appliquons les règles précitées, seule une personne répondant au profil du jurisconsulte devra se penche sur une question aussi sensible et délicate touchant de très près la vie de nos filles et leur avenir, afin de mieux les guider et les orienter, et non au profil du prêcheur, exégète ou spécialiste du hadith.
De plus, celui-ci devra avoir une excellente connaissance des différentes sciences islamiques – notamment la jurisprudence et sa méthodologie – en plus d’une connaissance approfondie de la tradition en question, tant sur ses origines historiques, que ses raisons sociales et culturelles, mais également la réalité scientifique sur la fonction des parties enlevées et la perte du plaisir légitime reconnu par la religion. Le jurisconsulte pourra émettre un avis après avoir réuni tous ces éléments et non en se basant sur des considérations populaires.
Or l’avis médical sur cette question est bien clair : l’ablation d’une partie ou de la totalité des organes génitaux externes de la femme constitue une atteinte à l’intégrité physique de celle-ci et la priver du plaisir sexuel. Par conséquent, ceci est une pratique sociale visant à assujettir la femme et limiter ses droits.
Troisième question : Le fait de prouver que les hadiths concernant l’excision des filles sont faibles, n’est pas assez pour interdire cette pratique, étant donné que certains prétendent qu’il est tout à fait possible de suivre des hadiths faibles du moment qu’ils appellent à l’éthique et aux bonnes mœurs ?
Troisième réponse :
Ceux qui utilisent ces arguments font allusion aux pratiques louables et non pas aux pratiques humiliantes et laissant des séquelles physiques et psychologiques sur les êtres humains comme ceci est le cas pour l’excision.
De plus, le fait d’interdire l’excision des filles conformément aux principes de l’Islam ne se base pas uniquement sur la réfutation des hadiths relatifs mais c’est une logique basée sur plusieurs points :
Premièrement : la compréhension scientifique et sociale du phénomène et non les propos populaires, à savoir :
1-     définition scientifique de cette pratique,
2-     les fonctions naturelles des parties en question chez la femme,
3-     les conséquences médicales et psychologiques que cette pratique engendrent chez la fillette et la femme plus tard,
4-     les raisons sociales, c’est à dire quelles sont les raisons qui poussent la famille égyptienne à pratiquer l’excision de leurs filles.
Deuxièmement : l’avis du jurisconsulte basé sur une compréhension de ladite pratique tant sur le plan scientifique que social. A partir de cette démarche, il promulgue un arrêt légal tiré des sources authentiques, à savoir le Coran ; la sunna, l’analogie, etc..
Premièrement :
1- la compréhension scientifique de l’excision des filles :
* la définition scientifique : il s’agit de procéder à l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme :
La définition scientifique est différente de la définition courante dans le milieu des praticiens qui prétendent enlever une partie « excédante » de ces organes, et le terme « partie excédante » suppose que celle-ci n’a aucune fonction et que sa présence peut entraîner des problèmes de santé , alors que la définition scientifique précise qu’il s’agit d’organes, et le terme organe signifie tout ensemble de cellules nourries par les veines sanguines et traversées par des nerfs, remplissant des rôles vitaux pour l’organisme humain.
* les fonctions naturelles de ces organes selon les médecins :
– protège les autres organes du vagin,
– émet des sécrétions facilitant le rapport sexuel et augmentant le plaisir charnel de l’homme et de la femme,
– réalise la jouissance sexuelle chez la femme – légitime sur le plan religieux et humain – de façon naturelle,
– oriente le liquide urinaire vers l’extérieur sans contact avec le corps et assure par la même occasion l’hygiène de cette partie du corps.
2- LES CONSEQUENCES MEDICALES, PSYCHOLOGIQUES ET SOCIALES CAUSEES PAR L’ABLATION DE CES PARTIES :
En se basant sur tout ce qui précède , nous pouvons mesurer les conséquences médicales et psychologiques de l’excision des filles, à court et à long terme comme l’ont fait par ailleurs les livres de médecine, à savoir :
Sur le plan de la santé :
• la femme est privée d’une partie ou de la totalité des fonctions naturelles assurées par ces organes, et cela en fonction du type d’excision pratiquée,
• la petite fille puis la femme plus tard subie des complications sanitaires dont elle souffrira tout au long de sa vie.
Sur le plan psychologique et social :
• l’excision est en soi une expérience douloureuse pour la petite fille pouvant lui causer des problèmes psychologiques, telles que ; la peur, l’angoisse, la perte de confiance en soi et dans les parents,
• la fillette garde une image dénigrante de sa personne, considérée comme un être irresponsable et incapable de respecter son corps, de le préserver et de maîtriser son comportement grâce à ses principes religieux, sa raison et sa conscience. Et, qu’il faut par conséquent, procéder à l’ablation de ses organes génitaux pour l’obliger à observer une bonne conduite. De cette façon, nous inculquons de mauvais enseignements à nos filles aussi bien sur le plan individuel que collectif, d’autant plus que ces derniers sont complètement faux.
3- Pourquoi les familles égyptiennes excisent leurs filles, et quelles sont les croyances et les traditions qui favorisent sa perpétuation ?
Les chercheurs ont conclu que l’excision des filles était une coutume sociale soutenue par un ensemble de traditions ancestrales – n’ayant aucune preuve scientifique – dont les plus importantes sont les suivantes :
• l’excision contribue à la réduction de l’instinct sexuel chez la jeune fille et la femme mariée, par conséquent, elle aide à préserver la chasteté et l’honneur,
• la femme non excisée est très exigeante sur le plan sexuel, alors que la femme excisée est plus calme et moins exigeante, pouvant préserver l’honneur de son mari en cas de maladie ou d’absence. Tout cela pour garantir le bonheur et la satisfaction du mari et le rassurer sur le bon comportement de sa femme,
• les croyances légendaires concernant l’importance et le rôle de ces organes génitaux : à savoir que l’excision aiderait la jeune fille à mûrir et la préparerait au mariage la rendant plus féconde,
• l’excision est une opération esthétique et hygiénique la débarrassant de parties impures et laides.
Deuxièmement :
– la lumière de ce qui a précédé, nous pouvons exposer les principes de l’Islam pour réfuter cette coutume ancestrale :
• il n’existe aucune preuve, dans le droit musulman, instituant l’excision des filles en tant qu’obligation, sunna ou même makrumah comme nous l’avons démontré plus haut,
• la valeur de corps en Islam et les autres religions célestes, ainsi que le droit de chaque individu (homme ou femme) de jouir d’une âme et d’un corps saints, conformément au hadith du Prophète (PBSL) « ni nuisance ni préjudice ».
Ce hadith interdit à tout musulman et musulmane de porter préjudice sur soi-même ou sur les autres. Toutes les sciences nouvelles et l’expérience humaine ont démontré que l’ablation des organes génitaux de la femme la privant d’une partie vitale de son corps et des fonctions nécessaires à l’organisme que ces derniers assuraient, lui causaient des conséquences médicales et psychologiques tout au long de sa vie.
Par conséquent, il est impossible de tolérer ce préjudice conformément à la Chari’a car Dieu dit dans la sourate Al-Nissa’, verset 29 « Et ne vous tuez pas vous-même » et dans la sourate Al-Baqara, verset 195 « et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction ». Or il est évident que c’est un grand dommage et même une sorte de crime moral, de priver la femme de son droit à la jouissance à cause de cette tradition obsolète attribuée sans preuve à l’Islam.
3-interdiction de changer la création de Dieu :
Dieu dit dans Son Saint Coran, sourate Al-Tiin verset 4 « Nous avons certes créé l’Homme dans la forme la plus parfaite », est-ce que les gens viendraient prétendre que l’excision est une opération esthétique pour la femme comme si Dieu a créé le corps de la femme avec des défauts qu’ils se chargeraient de corriger. A Dieu n’en plaise !!!
Au contraire, l’excision est une transformation et déformation de la création de Dieu par la blessure et l’amputation.
De même, le Prophète a interdit de déformer la création de Dieu en maudissant « les transformateurs de la création de Dieu ». Le Coran considère comme péché l’amputation d’une partie des organes même des animaux. D’ailleurs, c’est le pacte que Satan s’est fixé pour détourner les êtres humains du droit chemin en les incitant à changer la créature de Dieu.
Dieu dit dans le Coran, sourate Al-Nissa’ verset 119 « Dieu l’ayant maudie [Le démon dit] : Oui, je prendrai un nombre déterminé de tes serviteurs; je les égarerai et je leur inspirerai de vains désirs; je leur donnerai un ordre, et ils fendront les oreilles des bestiaux; je leur donnerai un ordre, et ils changeront la création de Dieu. Et quiconque prend le diable pour allié au lieu d’Allah, sera, certes, voué à une perte évidente ».
4- les enseignements de l’Islam confirment le droit de la femme à jouir de sa relation conjugale :
Les enseignements de notre religion nous invitent à respecter la relation sexuelle entre l’homme et sa femme, et confirment le droit de chacun des partenaires à réussir cette relation. Or celle-ci est vouée à l’échec si un partenaire jouie et non l’autre. Elle devient purement sexuelle (physique)et favorise l’égoïsme, ce dont l’Islam nous interdit.
Les croyances que nous avons héritées de nos ancêtres concernant cette relation glorifie le droit de l’homme à la jouissance et n’évoque pas la femme. Aussi, ces idées se sont-elles perpétuées au fil des temps au sein de nos sociétés, au point d’associer l’excision de la femme au bonheur de l’homme et sa jouissance.
L’Islam reconnaît le besoin de l’homme et de la femme et considère la recherche du plaisir sexuel comme étant un droit naturel. Le rôle de la religion n’étant pas de combattre les normes de la nature (fitra), mais de les réglementer et assurer la réalisation du plaisir dans un cadre légal. L’Islam s’est effectivement intéressé à cette question et appelé au respect de cet aspect afin de permettre à la femme de bénéficier de son droit à la jouissance autant que l’homme.
Le Coran garantit à la femme ce droit dans la sourate Al-Baqara verset 223 « Vos épouses sont pour vous un champs de labour, allez à votre champ comme (et quand) vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l’avance. », c’est à dire préparez vos femmes avec des avances et des préliminaires de façon à ce que la femme puisse apprécier et jouir.
On trouve dans la sunna « si l’un de vous approche son épouse, qu’il l’aborde avec des préliminaires jusqu’à ce qu’elle ressente la même chose que lui, puis qu’ils s’unissent », « et si l’un deux vous s’unie avec son épouse, qu’il la fasse jouir, après l’acte, qu’il ne se détourne pas jusqu’à ce qu’elle obtienne également satisfaction ».
Or comment pourra-t-elle le faire si elle est privée des organes qui remplissaient cette fonction vitale dans son organisme ?
L’Islam a donc respecté les sentiments de la femme, contrairement à ces traditions que nous avons héritées de nos ancêtres et qui l’ont dénigrés au point de les écraser.
5-Les enseignements de l’Islam rejettent les croyances sociales poussant la société à pratiquer l’excision des filles :
Ainsi, l’Islam rejette les croyances qui poussent les familles à pratiquer l’excision de leurs filles. Par conséquent, ceux qui prétendent que la femme est un corps sans esprit, ou qu’elle n’a pas de personnalité, ou encore que le désir sexuel chez la femme est vingt cinq fois plus puissant ( !!!) n’avancent aucune preuve logique e scientifique allant dans ce sens. De plus, ces allégations vont à l’encontre des enseignements et des principes de l’Islam, notamment le hadith suivant « les femmes sont les sœurs des hommes ». Ce texte rejette de façon catégorique toutes ces allégations.
La femme, tout comme l’homme a des sentiments, des désirs, elle est douée d’une raison et d’une conscience lui permettant de préserver les principes de la religion et respecter son corps et sa chasteté. Elle dispose de tous les moyens pour devenir pieuse préservant les principes de Son Seigneur dans toutes ses affaires.
Certains ont prétendu que « l’excision était une façon d’ordonner et de contrôler les ardeurs de la femme », ce qui est contraire à la science, qui prouve que la source du désir de la femme est le cerveau et non les organes. Le comportement sexuel de la femme est comme celui de l’homme, qu’il soit bon ou mauvais, il est provoqué par le cerveau qui transmet l’ordre aux organes, ces derniers ne faisant qu’obéir. En effet, le corps ne fait qu’obéir aux instructions du cerveau et cela dans tous les besoins de l’être humain (nourriture, sommeil, sexe, etc….). Par conséquent, ce ne sont pas les organes génitaux externes de l’homme ou de la femme qui suscitent le désir ou définissent le comportement sexuel.
L’excision de la femme ne peut donc aider celle-ci à contrôler son désir ou son comportement sexuel. Ce comportement est le même chez la femme excisée et la femme non excisée, il ne peut être régulé que par les bonnes mœurs, l’éducation de la famille dans laquelle cette dernière évolue.
Par contre, le dérèglement ne survient que chez la femme excisée en raison de l’ablations des organes naturels qui sont désormais privé de leur fonction naturelle.
En Islam, la pureté, la chasteté et la préservation sont des valeurs requises chez la femme tout comme chez l’homme. Aussi, l’éducation, l’enseignement des bonnes mœurs et la crainte de Dieu sont les meilleurs garants pour préserver l’homme et la femme.
Quatrième question : La règle étant que tout est permis, puisqu’il n’y a pas de texte qui l’interdit, l’excision est donc permise selon la famille et le tuteur de la fillette ?
Quatrième réponse :
En effet, cette règle existe effectivement en jurisprudence, et elle concerne toutes les choses que Dieu a créé pour l’homme, comme l’eau, les arbres et autres ressources naturelles, quant aux questions concernant le corps de l’être humain, ses biens, son honneur et sa réputation, la règle est plutôt l’interdiction. L’Islam considère que le fait de porter atteinte aux biens et à la réputation des gens comme étant un crime et une violation, tout comme l’agression physique (coups et blessures, etc..) , et tout cela est très sévèrement puni par la Chari’a.
Or l’excision des filles est une agression physique, condamnable par la loi et la Chari’a. La règle étant dans le cas du sang, des biens et de l’honneur, l’interdiction et non la permission.
Cinquième question : l’excision des filles est une tradition ancestrale, or les coutumes font partie intégrante de la Chari’a, aussi, est-il permis de prendre cela en considération pour légitimer cette pratique ?
Cinquième réponse :
La tradition qui sera retenue ne devra pas contredire un texte juridique et doit être bénéfique aux gens et à la société. Or l’excision contrevient à la règle qui interdit de porter atteinte à l’intégrité physique des gens. Cette pratique ne peut donc être permise quoiqu’elle dure, car les traditions ne peuvent être considérées comme étant des preuves dans le contexte de la Chari’a. Par conséquent, un jurisconsulte ou une école juridique ne peuvent prendre cette pratique en considération à partir du moment où il leur apparaît qu’il n’existe aucune preuve authentique dans la Chari’a.
Sixième question : l’accord du tuteur de la fillette ou de son propre accord ne peut-il pas permettre l’excision sur le plan de la Chari’a ?
Sixième réponse :
Non, car le corps de la fillette n’appartient ni au tuteur ni à la fillette elle-même, et celui-ci n’a aucun droit d’en faire ce que bon lui semble, ce dernier n’a que le droit de l’éduquer et de la protéger. Le corps appartient au Créateur, nous n’y avons aucun droit ? Par ailleurs, l’Islam a interdit de porter préjudice au corps comme il a interdit le suicide.
Par conséquent, l’excision des filles devient un crime selon la loi et la Chari’a. Les jurisconsultes ont d’ailleurs imposé le prix de sang au complet en cas d’ablations des lèvres (partie externe des organes génitaux de la femme), ce prix est un sanction pour la personne ayant commis l’acte et un dédommagement pour la victime, car ont-ils précisé ces deux lèvres sont « le moyen de jouissance lors de l’union ». Or toute réduction ou suppression de ce plaisir est considéré comme un délit et une sanction s’impose. Aussi, il vaut mieux l’interdire au lieu d’attendre les conséquences et punir par la suite.
Septième question
Ce que nous voulons c’est l’excision selon la sunna et non l’excision africaine ou pharaonique( les mutilations génitales ), ceci afin de se conformer à la sunna prophétique et non pas aux propos des occidentaux. Par ailleurs, est-ce que tous les problèmes de l’Egypte ont été résolus pour concentrer tous nos efforts sur l’excision des filles ?
Septième réponse :
Il n’y a aucune pratique dans la sunna qu’on appelle « excision sunna des filles », d’autant plus que la vie du Prophète et de sa famille a été relatée en détails, mais à aucun moment il n’est mentionné que le Prophète a fait exciser ses filles et ses femmes.
La plupart des pays musulmans, tels que l’Arabie Saoudite, les pays du Golfe, le Liban, la Syrie, la Palestine, la Libye, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, l’Indonésie, la Malaisie, etc…. ne connaissent pas cette pratique. Or, est-il possible que tous ces musulmans puissent rejeter un des préceptes de l’Islam, ou une sunna prophétique que serait l’excision des filles comme le prétendent certains ?
L’intérêt de supprimer cette pratique n’a pas été suscité par la propagande occidentale, ni ne répond aux recommandations de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement qui s’est tenue au Caire en 1994, avec la projection d’un film représentant une opération d’excision en Egypte par la chaîne de télévision CNN, même si cela a provoqué l’indignation de tout citoyen et musulman soucieux de son pays et de sa religion.
Ce n’est pas non plus, un intérêt récent de la part des Muftis et Savants musulmans, ni de l’Etat et la société égyptienne. En effet, les médecins égyptiens ont appelé à la suppression de cette pratique pour des raisons de santé et ceci dès les années 20, à travers l’association des médecins (à ce moment-là le syndicat des médecins n’existait pas encore).
De même, il existe depuis les années 40, des fatwas (avis juridique) affirmant que l’excision des filles n’a rien à voir avec la sunna et qu’il n’y avait aucun mal à l’abandonner. A titre d’exemple, on citera la fatwa du grand savant et mufti égyptien Sheikh Hassanayn Makhlouf en 1949 , celle de Sayed Sabeq, auteur de « La jurisprudence » dans les années 40, une œuvre qui est devenue par la suite une référence car il y a traité tout les aspects de la jurisprudence musulmane en se basant sur les sources les plus authentiques. Celui-ci a écrit dans son livre : « les hadiths concernant l ‘excision des filles sont tous faibles ». De même, les fatwas du Mufti Mohamed Rachid Rida dans le journal « Al-Manar » de 1904 vont dans le même sens.
Par conséquent, l’intérêt pour cette question est d’ordre humanitaire avant tout. Je me demande comment un père ou une mère conscient des conséquences présentes et futures de cette opération peuvent l’accepter.
Alors, craignons Dieu en ce qui concerne nos filles et rappelons-nous le conseil du Proph&

Voir par ailleurs:

Les burkinis « Marks & Spencer » font polémique
Soumission aux diktats religieux ? La chaîne de magasins britannique est critiquée pour ses maillots de bain couvrant l’intégralité du corps féminin.
Clara Brunel
Le Point
31/03/2016

La mode « pudique » a le vent en poupe. Après la firme japonaise Uniqlo et sa récente commercialisation de voiles islamiques (hidjabs) dans sa boutique londonienne, c’est au tour de la chaîne de magasins anglaise Marks & Spencer de lancer son tout premier burkini, néologisme né de « burqa » et de « bikini ». Disponible en ligne pour 62,95 euros, la tenue bleue à motifs floraux garantit « couvrir l’ensemble du corps à l’exception du visage, des mains et des pieds, sans faire de compromis sur le style ». Légère, elle permettrait aux consommatrices concernées de nager à l’aise.

Appels au boycott
La mise en vente sur le site de M&S de cette « combinaison de bain trois pièces » a suscité une avalanche de commentaires déplaisants, allant jusqu’à l’appel au boycott. « Désolé, M&S, mais vous venez de perdre un client de longue date », « Par pitié, n’encouragez pas ces bêtises en Angleterre », « Et moi qui croyais vivre dans un pays chrétien… » comptent parmi les critiques acerbes signées des résidents du Royaume-Uni. En France, où ce type de vêtement est souvent pointé du doigt, le débat fait également rage. La ministre des Droits des femmes en personne a fustigé l’essor du style vestimentaire islamique favorisé par certaines enseignes de distribution. « Lorsque des marques investissent ce marché […] parce qu’il est lucratif, elles se mettent en retrait de leur responsabilité sociale et font, d’un certain point de vue, la promotion de cet enfermement du corps des femmes », a souligné Laurence Rossignol mercredi au micro de  RMC .

L’homme d’affaires Pierre Bergé lui donne également raison. L’ex-compagnon d’Yves Saint Laurent a lancé dans la foulée un appel aux créateurs impliqués : « J’ai toujours cru qu'[ils] étaient là pour embellir les femmes, pour leur donner la liberté, pas pour être complices de cette dictature », a-t-il entre autres asséné sur les ondes d’Europe 1. Pour la créatrice Agnès b., l’épineux sujet mérite réflexion. Interrogée par Le Parisien, la styliste estime que la question a trait au religieux autant qu’à la mode : « Il y a un côté obscène à proposer des tenues pour des femmes riches dans des pays où certaines fuient les bombes avec leur voile de fortune sur la tête. Moi, je n’en ferai jamais. »

Dans la foulée de H&M
Le plus grand distributeur de prêt-à-porter du Royaume-Uni emboîte en fait le pas au géant suédois H&M. Dans un spot publicitaire mis en ligne début septembre, une jeune femme musulmane aux cheveux recouverts d’un foulard bicolore se démarquait des autres mannequins. « Il n’y a pas de règle dans la mode, sauf une : recyclez vos vêtements », énonçait alors la griffe pour promouvoir sa campagne écologique. Un coup de pub réussi qui avait valu au modèle, originaire du Maroc, une pluie d’éloges sur les réseaux sociaux. Côté haute couture, la maison italienne Dolce et Gabbana s’était jetée à l’eau en janvier avec une ligne de hidjabs et d’abayas (robe islamique modeste, NDLR), clou du spectacle de la collection printemps-été 2016.

Voir de même:

Hijab Day : quand Sciences-Po hisse les voiles du politiquement correct
Laurent Cantamessi
Le Figaro
20/04/2016

FIGAROVOXTRIBUNE – Des étudiants de Sciences-Po Paris ont lancé l’opération «Hijab Day», invitant leurs camarades à «se couvrir les cheveux d’un voile le temps d’une journée», ce mercredi. Une initiative idéologique et déconnectée des réalités, estime Laurent Cantamessi.

Laurent Cantamessi est co-animateur du site Idiocratie.

A Sciences-Po chaque jour est une fête. Grâce à un bureau des étudiants hyperactif, l’année est plus rythmée qu’une semaine au Club Med. On connaissait bien sûr la Queer Week, «espace d’action et de réflexion autour des genres et des sexualités», organisée depuis 2010, dont la marraine était cette année la «lesbienne invisible» Océane RoseMarie. Cette année, durant une semaine en mars 2016, les étudiant-e-s et leurs professeur-e-s ravi-e-s ont pu admirer les stands de la Brigade du Stupre, ou celui du collectif GARCES dont l’animatrice confie «arpenter les manifs pour crier des misandries intersectionnelles et emmerder les mascu». Après Océane Rosemarie, il se dit que le Concombre Masqué parrainera l’édition 2017, placée sous le signe de l’intersectionnalité heureuse et du mascu vaincu.

Non mais c’est vrai quoi : H&M se lance dans le burkini et le petit hijab fashion et Sciences-Po devrait rester les bras croisés sans réagir ?
Si le mois de mars était celui de la guerre des genres, du dévoilement transgressif et de la chasse au mascu, en avril en revanche on ne se découvrira pas d’un fil à Sciences-Po puisqu’un autre collectif «d’étudiant-e-s» a décidé d’organiser cette fois un «hijab day» dans les murs de la vénérable institution qui doit quelquefois se fatiguer elle-même d’être de tous les combats. Après la récente polémique de la mode islamique, les étudiants de Sciences-Po ont dû penser qu’il était temps d’inverser la vapeur et de hisser les voiles pour voler au secours des minorités opprimées tout en restant trop tendance. Non mais c’est vrai quoi: H&M se lance dans le burkini et le petit hijab fashion et Sciences-Po devrait rester les bras croisés sans réagir? Pas question, quand on étudie à deux pas des plus jolies enseignes parisiennes, de laisser passer la sortie d’une nouvelle collection printemps-été! Et puis afficher sa solidarité avec les femmes voilées c’est bien, Esther Benbassa l’avait dit et Europe-Ecologie-Les Verts avait organisé une ‘journée hijab’ contre la voilophobie il y a près de trois ans, en août 2013, dans le sillage de la styliste américaine Nazma Khan qui a lancé l’initiative reprise aujourd’hui dans 140 pays… sauf la France, se désolaient il y a quelques mois les initiateurs du World Hijab Day Lyon, «un événement destiné à déconstruire les préjugés», malheureusement interdit en janvier dernier par le méchant préfet Delpuech et la préfecture de Lyon, sous couvert d’état d’urgence. Heureusement que Sciences-Po Paris est là pour rattraper le coup! Quand on pense que 116 pays ont pu tranquillement organiser une journée du hijab, que la ville d’Ottawa a même accepté que s’organise une journée d’ateliers d’essayage pour inviter les non-musulmanes à «porter le foulard islamique pour mieux comprendre la réalité des hijabis, leurs sœurs voilées», on comprend qu’un collectif d’étudiants de Sciences-Po ait décidé qu’il était temps que la patrie d’Yves Saint-Laurent, Dior et Chanel soit moins voilophobe et textilorétrograde. Et puis même Geneviève de Fontenay est d’accord: «Moi je les soutiens ces femmes musulmanes! Quand on voit la mode française avec ses jeans troués et rapiécés, tout cet exhibitionnisme, soyons au moins tolérants!» Avec une caution pareille, comment ne pas se sentir légitime? Pour remercier Geneviève, les étudiants de Sciences-Po auraient dû imposer en sus du hijab celui du chapeau à large bord pour toutes les étudiantes. Que les réfractaires se rassurent cependant, Fatima Elo, présidente-fondatrice de l’association Politiqu’Elles, association féministe soutenant l’initiative du Hijab Day de Sciences-Po, expliquait ce mercredi matin à l’antenne de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, que «personne ne sera forcé à porter le voile, c’est du volontariat». Par contre, on ne s’assiéra plus à côté des grincheux voilophobes à la cantine.

Apporter son joli foulard pour aborder avec humour le traitement des femmes voilées et même dans certains coins de banlieue de France où le port du voile n’est pas vraiment présenté comme du volontariat, c’est vrai que la blague était à faire.
Fatima Elo expliquait également ce matin chez Bourdin que derrière l’initiative du Hijab Day de Sciences-Po, «l’idée était d’aborder la question du voile avec humour». Apporter son joli foulard pour aborder avec humour le traitement des femmes voilées et même dans certains coins de banlieue de France où le port du voile n’est pas vraiment présenté comme du volontariat, c’est vrai que la blague était à faire, et les nombreuses intéressées qui subissent menaces, insultes et violences quand elles refusent de porter le voile ont dû bien rire à cette bonne blague et être soulagées que les étudiants de Sciences-Po s’intéressent enfin à leur sort. Comme les y invitait ce matin une twitto: «Aux nanas de @sciencespo qui font le #HijabDay n’oubliez pas de servir les garçons à table à midi et de mettre des gants pour serrer la main.»

Mais la blagounette a l’air d’être mal passée, à en juger par l’avalanche de réactions négatives qu’elle a provoqué dans la presse. On pourrait presque croire que le sujet est devenu ces derniers temps un peu sensible…Et comme on n’est jamais aussi bien trahi que par les siens, voilà que l’antenne FN de Sciences-Po Paris produit un communiqué assassin: «Ce geste relève de l’imposture politique d’une bourgeoisie parisienne déconnectée des réalités sociales, qui exacerbe par ce jeu naïf les tensions communautaires». Maudit Richard Descoings! En instituant ses antennes ZEP et ses bourses à destination des étudiants plus défavorisés, l’ex-vénéré directeur de Sciences-Po a fait rentrer dans les murs une cohorte de jeunes loups qui ont grossi les rangs du parti lepéniste et lui ont permis de faire une entrée fracassante dans le pré carré du progressisme éclairé où il vient désormais s’autoriser à gâcher la fête en toutes occasions.

Et puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, voilà qu’un collectif d’empêcheurs de voiler en rond s’est rassemblé contre le Hijab Day pour proposer de contrecarrer l’initiative de l’association Politiqu’Elles, en organisant une odieuse agitprop’ vestimentaire: «En réaction au «Hijab Day», qui propose aux étudiants de Sciences Po de venir voilés, nous proposons une journée pour s’habiller comme on veut: du crop top à la jupe longue, tout est permis! (Sauf les collants chairs, évidemment depuis la jurisprudence Cristina Cordula). Pour les plus audacieux, un bikini peut même se tenter!», proclame la page Facebook du «Bikini/Jupe/Robe/Whatever Day à Sciences-Po», organisé aujourd’hui à partir de 8h.

Au XVIIe siècle, Miguel de Cervantès s’était moqué de la querelle des Anciens et des Modernes, opposant les partisans de l’imitation des modèles antiques à ceux qui voulaient s’en détacher:

«Dans ce grand tumulte tous ensemble se jettoient leurs Livres à la teste, & se faisoient des armes de leurs Ouvrages. Vous jugez bien que les auteurs de petite taille, comme vous pourriez dire les In-Douze, n’eurent pas l’avantage dans ce démêlé ; certains géants qu’on appelle les Infolio les battirent à plate couture, et c’étoit une pitié de voir comme on en accabloit d’autres, qui n’avoient que des feuilles volantes pour leur défense.»

A l’approche de la clôture des primaires américaines, on pourra leur proposer d’organiser en juin un « Donald Trump Day ». Chaque étudiant sera invité à venir coiffé d’un postiche blond pour rendre hommage au tribun new-yorkais d’avoir déconstruit de manière foucaldienne l’establishment politique de nos voisins d’outre-atlantique et fichu un fameux boxon au parti républicain.
La civilisation de l’écrit étant sur le déclin, nous voici parvenus à l’ère du bout de tissu politisé et médiatisé. A l’image des auteurs de Cervantès, verra-t-on à Sciences-Po, en ce jour de confrontation entre Hijab Day et N’importe quoi Day, les porteuses de voiles et leurs adversaires se battre à coups de foulards et de minijupes, le petit top skinny se confrontant au burkini, les hijabs volant dans les plumes des robes à frou-frou et la bretelle apparente lutter pied à pied contre la tunique musulmane de chez Mark&Spencers? L’affrontement promet d’être tendu comme une ficelle de string.

Pour leur prochain coup d’éclat, les assos étudiantes de Sciences-Po devront en tout cas faire encore plus assaut d’originalité pour être à l’avant-garde de la subversion. Après la Queer Week et le Hijab Day, il va falloir sérieusement se creuser les méninges pour trouver quelque chose de nouveau et d’innovant. A l’approche de la clôture des primaires américaines, on pourra leur proposer d’organiser en juin un «Donald Trump Day». Chaque étudiant sera invité à venir coiffé d’un postiche blond pour rendre hommage au tribun new-yorkais d’avoir déconstruit de manière foucaldienne l’establishment politique de nos voisins d’outre-atlantique et fichu un fameux boxon au parti Républicain. Après la Queer Week, le Hijab Day et les Class Actions de tout acabit, ce serait la classe américaine, tout simplement.

Voir de plus:

Female genital alteration: a compromise solution

Kavita Shah Arora1,2,

 

+ Author Affiliations


  1. 1Department of Obstetrics and Gynecology, MetroHealth Medical Center, Cleveland, Ohio, USA

  2. 2Department of Bioethics, Case Western Reserve University, Cleveland, Ohio, USA

  3. 3Director of Gynecologic Oncology at Coney Island Hospital, Professor of Obstetrics and Gynecology and Associate Faculty in Bioethics, Stony Brook University, Stony Brook, New York, USA
  1. Correspondence to Dr Kavita Shah Arora, Department of Obstetrics and Gynecology, MetroHealth Medical Center, 2500 MetroHealth Drive, G230E, Cleveland, OH 44109, USA; Kavita.shah.arora@gmail.com
  • Received 17 July 2014
  • Revised 24 February 2015
  • Accepted 21 July 2015
  • Published Online First 22 February 2016

Abstract

Despite 30 years of advocacy, the prevalence of non-therapeutic female genital alteration (FGA) in minors is stable in many countries. Educational efforts have minimally changed the prevalence of this procedure in regions where it has been widely practiced. In order to better protect female children from the serious and long-term harms of some types of non-therapeutic FGA, we must adopt a more nuanced position that acknowledges a wide spectrum of procedures that alter female genitalia. We offer a revised categorisation for non-therapeutic FGA that groups procedures by effect and not by process. Acceptance of de minimis procedures that generally do not carry long-term medical risks is culturally sensitive, does not discriminate on the basis of gender, and does not violate human rights. More morbid procedures should not be performed. However, accepting de minimis non-therapeutic f FGA procedures enhances the effort of compassionate practitioners searching for a compromise position that respects cultural differences but protects the health of their patients.

Procedures that surgically alter the external genitalia of children are quite common throughout the world, though the distribution varies greatly by geography. The majority of male children in America are circumcised.1 While non-therapeutic female genital alteration (FGA) procedures in children are unusual in the USA, an estimated 80–140 million women throughout Africa, the Middle East, India and South-East Asia have had such procedures.2 ,3 The WHO, American Academy of Pediatrics (AAP), and the American Congress of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) have policies in place to support circumcision; however, FGA has been deemed a human rights violation by these same organisations as well as by the United Nations.2–4 In fact, the US government has expressly outlawed any procedure that incises or changes a female child’s external genitalia in the absence of medical indications.5

While years of advocacy and legislation aimed at eliminating non-therapeutic procedures on female external genitalia has resulted in a decline in the prevalence of the practice, the magnitude of this decline has been soberingly small. In Egypt, the percentage of women who had any procedure that altered external genitalia performed on a daughter only fell from 77.8% to 71.6% over 5 years from 2006 to 2011. This relatively small decrease in prevalence was associated with minimal change in attitude towards the procedures.6 In a study in Somalia, the country in the world with the highest prevalence of these procedures, 81% of subjects underwent infibulation and only 3% did not have FGA. Eighty-five per cent had an intention to subject their daughters to an extensive FGA procedure, and 90% supported the continuation of the practice.7 There have been some more encouraging studies, however. In Kenya, for example, prevalence has dropped from 49% in women ages 45–49 years to 15% in girls ages 15–19 years and in Liberia, the prevalence has dropped from 85% to 44%, respectively.8 ,9

Immigrants to Western nations may continue to subject their daughters to genital alteration,10–12 though the frequency is difficult to assess. While laws enacted in these countries make procedures that alter a female’s external genitalia illegal, they may in some instances worsen health outcomes by driving the practice underground by sending female children to Africa or by inviting circumcisers to the West.11 Making the practice illegal also hampers the ability to study the actual incidence and effects of these procedures, limits an open dialogue regarding changing the practice, and may impede efforts to voluntarily reduce the incidence of these procedures (thereby improving public health).13 ,14 This local culture of silence is due to a distrust of the global eradication campaigns as being ‘sensationalized, ethnocentric, racist, culturally insensitive and simplistic’.15

Since progress in reducing FGA procedures has been limited in states where they are endemic and the commitment of people from these cultures to these procedures has led to their persistence in states where they are legally discouraged, alternative approaches should be considered.7 To accommodate cultural beliefs while protecting the physical health of girls, we propose a compromise solution in which liberal states would legally permit de minimis FGA in recognition of its fulfilment of cultural and religious obligations, but would proscribe those forms of FGA that are dangerous or that produce significant sexual or reproductive dysfunction.

Regrettably, academic and public health consideration of non-therapeutic FGA has been hampered by several issues. First, there is no recognised nomenclature based on the functional effects of each of the several procedures that may be employed to alter female genitalia. Second, discussion often is infused with a strong cultural and gender bias against FGA in all forms. Third, grouping all forms of FGA in discourse and condemnation assumes that all FGA procedures carry the same risks, which is medically inaccurate. Finally, authors arguing against all forms of FGA construe the concepts of beneficence and non-maleficence narrowly with regard to their scope, and too broadly with regard to their applicability. On the one hand, they argue that physical well-being trumps social and cultural well-being. On the other hand, they argue that concepts originally used to apply to the actions of physicians are equally applicable to parents.

We are not arguing that any procedure on the female genitalia is desirable. We are also not suggesting that people whose beliefs or sense of propriety leads them to perform these procedures on their children would necessarily accept alterations in their practices to conform to the authors’ views of what is acceptable. Rather, we only argue that certain procedures ought to be tolerated by liberal societies. We hold that the ethical issues are no different for procedures that are performed as cultural or religious expressions by a minority group than for procedures that are performed for aesthetic reasons by members of a mainstream culture. Finally, we believe that all procedures should be performed with adequate analgesia. FGA is a highly complex issue. In some forms, it is deeply rooted in traditions of female submission to their male counterparts. We by no means condone oppression. Given that most communities that practice FGA also practice male circumcision, some forms of FGA reflect cultural norms of gender differentiation that are more pronounced than in Western society. However, in order to reduce the prevalence of the extensive forms of FGA, we propose a compromise solution that is ethical, culturally sensitive and practical.

We will begin by discussing nomenclature, then describe the various types of FGA and classify them according to their effects. This revised classification will rationalise discussion of the subject, and should prove useful even to those who disagree with our conclusions. After discussing the medical safety of FGA procedures, we will argue that liberal governments should tolerate de minimis procedures with no more effect than other accepted procedures performed on minors for aesthetic enhancement. Finally, we will argue that labelling these de minimis procedures as ‘mutilation’ is culturally insensitive and discriminatory towards women, and that they do not constitute a human rights violation. In doing so, we offer a tiered argument and compromise solution—First, given that the more extensive forms of FGA are physically harmful and may constitute oppression towards women, these practices should be actively discouraged by means such as education, social pressure, regulation and prohibition. Second, since progress at eradicating the extensive forms of FGA has been slow and the de minimis alternate procedures are not associated with the same risks of long-term harm, these should be encouraged as a compromise solution that upholds cultural and religious practices without sacrificing the health and well-being of female children.

We acknowledge that issues of cultural sensitivity and gender discrimination in the disparate treatment of male circumcision and FGA could also be treated by proscribing both, instead of the position for which we are advocating. In fact, many have criticised male circumcision as a human rights violation due to the lack of autonomous decision-making and the irreversible nature of the procedure.16–18 However, we have argued elsewhere that male circumcision does not constitute a human rights violation.19 It is not within the scope of this paper to re-examine this argument or discuss the ethics of male circumcision. However, we will assume the validity of this position for the sake of argument and will argue that a liberal society that tolerates expression of culture and/or religion in the manner of male circumcision should also permit certain de minimis FGA procedures. We believe this is an appropriate assumption because all Western nations in fact permit ritual circumcision of men.

Nomenclature

We use the term ‘procedure’ in the context of FGA rather than ‘surgery’ to emphasise that there is no medical benefit established by well designed trials, and that the primary purpose is not health-related. ‘Procedure’ is defined by Merriam-Webster as a “series of steps followed in a regular definite order,” and does not imply that the intervention is done for health reasons, in a health facility or by a medical professional.20 The terms ‘surgery’ and ‘operation,’ however, connote a medical context. Much as circumcision performed by a mohel, ear piercing done at a mall, or tattoo performed at a tattoo parlour follow a series of steps in a regular, definite order, morphological alterations of the female external genitalia are also procedures, whether or not performed by a medical professional or in a health facility.

Many terms have been used to describe the procedures that alter female external genitalia, such as ‘female circumcision,’ ‘female genital cutting,’ ‘female genital alteration,’ ‘female genital surgery,’ and ‘female genital mutilation’.13 ,14 ,21 ‘Female circumcision’ has been abandoned as critics of the procedures felt it conferred the greater ‘respectability’ of male circumcision.21 We agree that the word circumcision should be confined to men as it applies to a specific procedure, whereas procedures on female external genitalia encompass a wide variety of distinct procedures. Also, circumcision potentially confers health benefits on the male child and on his future sexual partners.1 ,4 ,19 While health benefits may be a component behind the motivation for FGA, there is a paucity of empirical data supporting this and the primary advantages are aesthetic as well as compliance with religious or cultural norms.22 Second, since the majority of procedures are not being performed in hospitals or by trained healthcare professionals, ‘female genital surgery’ is an inappropriate term, since it inaccurately implies a medical context.21

While ‘female genital mutilation’ is the term currently used most widely by international health and policy organisations, it inappropriately conflates all procedures that alter female external genitalia, while not accounting for their disparate risk profiles. Reclassifying procedures based on their impact rather than the process (as we introduce below), allows for a more informed and clear discussion of these procedures. Female genital mutilation is not an appropriate term to use for de minimis procedures. These procedures are equivalent or less extensive than male circumcision in procedure, scope and effect. Indeed, they are equivalent or less extensive than orthodontia, breast implantation or even the elective labiaplasty for which affluent women pay thousands of dollars. Furthermore, a nick that heals completely is not mutilation in that there is no morphological alteration.

While we acknowledge that critics of male circumcision may label it as ‘mutilation’ as well,23 ,24 it is important to note that the procedure is supported by AAP, ACOG and WHO. Thus, in a liberal society that accepts male circumcision, room for discussion surrounding the acceptability of FGA exists. Calling such elective genital procedures ‘mutilation’ prejudges the appropriateness of the procedures, thereby precluding discussion. Use of this term precludes discussion of their acceptability in any context, even those that are safe and respectful of an individual’s culture. Charged rhetoric such as ‘mutilation,’ that portrays de minimis procedures as the product of a savage and uncivilised culture, is unworthy of academic discourse. Thus, we prefer ‘non-therapeutic FGA,’ which is value-neutral, allowing for discourse and potentially, compromise solutions.

Classification of non-therapeutic FGA procedures

It is essential to describe FGA procedures in a way that is accurate and allows people with different viewpoints to discuss issues respectfully. There are a myriad of ways various cultures alter female external genitalia. These range from minimal to markedly invasive and dangerous.25 The categorisation currently used by medical and public health organisations is as follows: Type I includes removal of the prepuce or clitoral hood with or without clitorectomy. Type II is the removal of the entire clitoris as well as part or all of the labia minora. Type III, known as infibulation, is the most severe form and involves the removal of the labia majora and/or labia minora, possible removal of the clitoris, and stitching together of the vulvar tissue to cover the urethra and introitus, leaving only a small opening for urine, menstrual flow and intercourse. Finally, Type IV includes pricking, nicking or incisions of the external genitalia, stretching of the clitoris or labia, cauterisation or the introduction of corrosive substances into the vagina.25 ,26

However, this categorisation inadequately reflects the consequences to the recipient of the procedure. It has also not aided in discussion because of the wide variety of procedures included in each category, as well as due to omissions of some procedures altogether. We therefore propose a new categorisation that is based on the effects of the procedure, rather than the process. Given that it is the health consequences of these procedures that are the most worrisome to international health groups, it is logical to group the procedures based on these effects, rather than groups of procedures with a wide range of resultant consequences within each group.

Category 1 includes procedures that should almost never have a lasting effect on morphology or function if performed properly. A small nick in the vulvar skin fits into this category. Category 2 consists of procedures that create morphological changes, but are not expected to have an adverse effect on reproduction or on the sexual satisfaction of the woman or her partner. Examples include surgical retraction of the clitoral hood or procedures resembling elective labiaplasty as performed in Western nations. Surgical resection of the clitoral hood is the vulvar procedure that most closely resembles male circumcision. Category 3 contains those procedures that are likely to impair the ability of the recipient to engage in or enjoy sexual relations. Clitorectomy, whether partial or complete, falls into this category. Category 4 contains procedures likely to impair reproductive function, either by reducing the chances of conception or by making vaginal delivery more dangerous. Infibulation is an example. Category 5, advanced only for the sake of completeness, contains any procedure that is likely to cause other major physiological dysfunction or death, even if performed correctly. To our knowledge, there are no FGA procedures that fall into this category.

Due to a lack of data regarding the specific risks and outcomes with each FGA procedure, it may be difficult to accurately assign specific procedures to these categories. Being criminal in Western societies, they have not been studied systematically. However, Type 1 and 2 procedures have counterparts in Western gynaecology. Accidental traumatic lacerations of the labia majora are not uncommon. While longer and deeper than a controlled nick, and not created under clean conditions, they almost always heal without sequelae.27 It is reasonable to assume that a nick from a scalpel would do likewise. The similarity of removal of the clitoral hood to male circumcision and of labial excision to aesthetic labial reduction procedures is sufficiently close that the effects can reasonably be considered identical pending empirical proof. At the other end of the spectrum, the more extensive procedures such as infibulation are associated with risks such as severe bleeding, infection, obstructed labour, dyspareunia, depression and post-traumatic stress disorder.28 ,29

We acknowledge three shortcomings of this classification. First, it is not entirely stable; procedures could shift from one category to another if the common understanding of their effect changes. Second, there may not be agreement on the effects. Finally, procedures are grouped in their anticipated risk profile, not in the actual risk profile for each patient. For example, while infibulation is likely to cause long-term sexual and reproductive health impairments, it does not normally lead to death and therefore is not placed in that category. That is not to say it does not ever lead to death, but the anticipated impact is not death.

Medical safety

Of course, the issue of harm is the heart of the distinction in the categorisation of FGA that we propose. While any procedure is associated with several predictable short-term risks (namely bleeding and infection), the long-term sequelae should be rare for Category 1 and Category 2 procedures. In a WHO study, there were no statistically significant differences in health outcomes between those women that underwent Type I surgery (equivalent to our Category 2) and those that had no surgery.14 In fact, our classification scheme would exclude clitorectomy (included in the current Type I procedures) from this category and thus further decrease the risks of the procedure. This is in stark contrast to the risks of Category 3 and 4 procedures which are severe: obstructed labour, caesarean section, postpartum haemorrhage, 80% risk of flashbacks, depression, 30% risk of post-traumatic stress disorder and death from sepsis.18 ,29

Critics of FGA have pointed out that there is no medical benefit to factor in the risk versus benefit calculus so often used in medicine and when compared with male circumcision.29 However, up to recently, the medical benefits of male circumcision were also thought to be tenuous, contested or so minor that circumcision was classified as an elective, cosmetic procedure.1 Thus, disallowing Categories 1 and 2 of FGA because it lacks medical benefit is an unjust and inappropriate hurdle to legalisation.

Jacobs’s three-pronged test has been previously proposed that, if satisfied, would morally preclude a government or regulatory agency from reversing a parental decision to involve a child in a minority group practice. First, the practice in question must not significantly burden either society or its members outside the group. Second, the practice must not (A) create burdens that a reasonable person outside the group would not accept for himself, or that a reasonable parent would not accept for her child (such as child marriage or slavery); or (B) carry a substantial chance of death or of major disruption of a physiological function. Third, the burden on society or individuals must be actual and substantial, and not hypothetical or unlikely. All of these criteria must be satisfied if a government is to tolerate the practice, and we argue that governments should tolerate procedures under these circumstances. Categories 1 and 2 of FGA (but not Categories 3–5) fulfil these criteria and thus, a government or regulatory agency does not have a medical basis for interfering with a parental decision to practice a cultural or religious belief.30

Ethical underpinnings

The standard that guides ethical and legal decision-making on behalf of children is the best interests standard.31 Unfortunately, the standard is conclusory rather than definitive. At least in USA, the best interests of a child are determined by judicial and quasi-judicial decisions in individual cases, rather than arising from an established heuristic that would almost always predict the decision prospectively. Furthermore, in the USA, the courts either balance the interests of the child against parental beliefs and rights, as established by three key Supreme Court decisions,32–34 or rebuttably presume that the interests of the child are congruent with the parents’ beliefs. In using the best interests standard, we are including prepubertal children, in whom any decision is made exclusively by the child’s proxy, as well as adolescents, in whom ethical paediatric decision-making requires assent to the procedure. We acknowledge that not all procedures (eg, Category 2 procedures such as removal of the clitoral hood or labia minora) are technically feasible or commonly performed in prepubertal children. The best interests of a child encompass physical well-being, and social, economic, psychological and spiritual well-being. That the human rights movement accepts this view is clear from documents such as the Convention on the Rights of the Child, which does not privilege the physical well-being of children over other types of well-being.35

Second, analysis of issues in medical ethics generally regards principles as being prima facie in nature, rather than absolute. Therefore, important emotional and social considerations can trump minor medical considerations. Third, the transactional costs of governmental action to stop parents from subjecting children to these procedures must be considered. For this reason, the Royal Dutch Medical Society stopped short of advocating that male circumcision be outlawed for fear that the practice would be driven underground.36 Compounding the potential for FGA practices to be driven underground, is the fact that the remedy for violation of laws limiting genital procedures on minors will have a direct or indirect adverse impact on the child. Whether parents who otherwise are uncontroversially adequate, are fined, imprisoned or lose parental rights because they subject their children to FGA, the child will suffer.

Therefore, we must ask what harm is befalling the child. Procedures that compromise sexual function, sexual enjoyment and reproductive capacity clearly violate the best interest of the child. De minimis procedures such as removal of the clitoral hood or a ritual nick on the external female genitalia (Categories 1 and 2) cause little or no functional harm. Therefore, it is difficult to characterise them as unethical or a human rights violation. If these procedures are not unacceptable on beneficence or maleficence grounds, and the imposition on the child’s autonomy is no greater than the imposition that is currently accepted for other procedures or non-physical interventions whose effect is of equal or greater magnitude, then there are no reasonable autonomy grounds for restricting the procedure.

We re-emphasise that we do not support the more severe FGA procedures (Categories 3–5), nor would we diminish international efforts to end the practice of these procedures, with their resultant harm to sexual and reproductive function. We believe it is ethically appropriate to work for their elimination through the legal system as well as through educational and grass-roots efforts, for the sake of the female children that are subjected to these dangerous procedures.37 However, Category 1 and Category 2 procedures do not reach the threshold of a human rights violation. Opposition to these de minimis procedures on female genitalia inhibits the effort of compassionate practitioners searching for a compromise procedure to respect the culture but safeguard the health of their patients.15 ,38 Indeed, by preventing such compromise, absolutists may create further harm to children. Instead of receiving Category 1 or 2 procedures, girls may continue to receive more extensive procedures underground in the USA or in their home countries because there is no safe alternative.

Cultural sensitivity

FGA is ‘embedded in many cultural systems through multiple ties to historical tradition, tribal affiliation, social status, marriageability and religion,’ but is most frequently associated with Muslim culture.39 Critics have argued that there is no reference to any procedure altering female external genitalia in the Quran and thus, there is no religious basis for the practice.38 However, legal protection of a religious practice is not contingent either on the orthodoxy of the practice or on a consensus within a religious tradition accepting the practice. Furthermore, outsiders to a religious tradition cannot infer the practices of a religious system from a literal reading of its canonical texts. It is no more possible to define Islam within the four corners of the Quran than to define Christianity (which includes traditions ranging from Presbyterian to Pentecostal to Greek Orthodoxy) solely from a reading of the Bible. Rather, the content of religious belief and practice are guided by interpretive texts and traditions. Thus, many Muslim scholars classify FGA as ‘Sunnah’ or practice established by the prophet Muhammad. Though not prescribed explicitly in the Quran, the practice thus is religiously virtuous. In fact, the colloquial term for FGA procedures in Arabic refers to a ritual state of purity.38

FGA also has strong cultural ties that are not explicitly religious. While objectionable to some Western feminists, marriage is associated strongly with quality of life in these traditions. In some cultural milieus, a woman who has not undergone a procedure to alter her external genitalia may find it difficult to marry.38 Additionally, there may be an aesthetic component to labiaplasty as practiced in some societies.40 Contrary to the picture painted by many international organisations, then, it could be stated that “children [undergo FGA procedures] because their parents love them and want them to be happy in their adult lives”.38 By labelling FGA as female genital mutilation, our discussions run the risk of demonising important cultural practices.15

It is important to note that the debate does not need to simply distil to the irreconcilable positions of cultural relativism and universalism.2 ,41 Rather, we can invoke universally shared values against long-term harm and thus continue to advocate for the cessation of Categories 3 and 4 of FGA. This is the same rationale used for authorising blood transfusions on the children of Jehovah’s Witnesses—that is, irrespective of culture, the risk of long-term harm is sufficient that society’s mandate can ethically outweigh cultural interests.42 It is important to ensure, however, that the discourse remains sensitive to and respectful of the voices of the women who experience these practices, and that we take into account historical relationships of power so that we can arrive at a nuanced and balanced solution.2 ,15 One of the responses to the current strategy of charged rhetoric has been a cultural backlash or a ‘defense of traditions by African women against what is perceived as Western cultural imperialism’ and thus, the lack of sensitive discourse is not productive towards reaching a compromise solution.38

Policies that attempt to suppress all forms of FGA that alter female external genitalia are culturally supremacist. Members of a majority culture are more likely to consider their own practices voluntary, reasonable and even desirable, while perceiving minority practices (such as FGA by female African Muslims) as unreasonable, coercive and unacceptable.30 ,38 The tolerant attitude in the USA to male circumcision is in stark contrast to its treatment of FGA.5 Yet, ‘both are likely voluntary choices influenced by cultural conditioning’.30 In a liberal society, then, government and regulatory agencies should tolerate minority practices unless they cause substantial damage to society and its members. While Categories 3, 4 and 5 of FGA cause harm and thus should not be tolerated, Categories 1 and 2 do not and thus should be approached from a culturally tolerant perspective that acknowledges a parental right to raise a child according to the parents’ own religious and cultural customs, which are well established in American law.32–34 In the USA, the Federal Prohibition of Female Genital Mutilation Act, which was enacted in 1996, is deliberately worded broadly enough to not differentiate between the categories of FGA. The law is likely unconstitutional and should be altered to allow for religious and cultural freedom for a safe procedure that does not result in long-term harm.4 ,38

Gender discrimination

We approach this subject with the understanding that most of the cultures and communities that practice FGA also practice male circumcision. To the extent that Category 1 and Category 2 procedures are intended to curb sexual desire, the same is true of comparable procedures performed on boys. The balance of medical evidence demonstrates that male circumcision does not negatively affect male sexuality, though the data are neither consistent nor methodologically optimal.19 ,35 ,43 Similarly, by definition, these de minimis female procedures do not curb sexuality; if they did they would be Category 3. The goal of curbing sexual desire is debateable, but if it applies to men and women there are no discrimination issues. Furthermore, if a procedure intended to curb sexual desire does not, in fact, do so, then restricting it assumes low priority.

To the extent that gender discrimination is present, it lies in restrictive policies towards Categories 1 and 2 of FGA. Laws that prohibit these procedures and international advocacy against them are culturally insensitive and supremacist and discriminatory towards women. Male circumcision is legal in USA and tolerated in most of the world, even when done by non-medical practitioners in the home.38 Yet comparable or less radical procedures in women are deemed misogynistic and human rights violations.38 ,44 Feminists trying to protect women in these cultures are mistaking Categories 1 and 2 of FGA as an example of male domination in philosophical and practical terms.

Categories 1 and 2 of FGA have been called misogynistic because the aim is usually to curb female sexuality and thus oppress women. However, if removal of the prepuce curbs sexuality (as has been argued, though contrary to the best evidence), then male circumcision should be viewed as misandrist.45 ,46 If we are not willing to label male circumcision as misandrist because it affirms males in the eyes of their cultural and religious communities, then the same should be true of Categories 1 and 2 of FGA in that it affirms women in the cultures and religions practicing FGA. If, on the other hand, removal of the prepuce does not curb sexuality, then the basis for claiming the practice as misogynistic is invalidated.44 In summary, the de minimis procedures do not oppress as much as they differentiate and thus should be tolerated.

These asymmetrical judgments based on gender also have practical consequences which, paradoxically, decrease women’s control over their bodies. FGA is typically ‘controlled and managed by women’.14 Data reveal that women in many of these cultures favour the continuance of FGA equally or at an even higher rate than the men in these cultures.14 ,38 Laws to ban FGA are enacted by predominantly male legislatures and enforced by predominantly male police. Furthermore, it is almost exclusively women who are penalised for the crime of FGA in areas it has been outlawed. All this further brings women’s bodies under male religious and political control, thus disempowering the very women feminists are hoping to protect.14 ,38

Human rights violation

Finally, the International Federation of Gynecology and Obstetrics as well as WHO have labelled all forms of FGA as a human rights violation as it violates ‘bodily integrity in the absence of any medical benefit’ and victimises vulnerable girls.47 However, male circumcision is also a procedure that violates bodily integrity and up to recently was thought not to have justifiable medical benefit—but was instead tolerated due to religious and cultural freedom and the lack of long-term harm. Thus, Categories 3, 4 and 5 of FGA are certainly human rights violations as they violate bodily integrity and cause long-term harm (but not because they lack medical benefit). Other examples of procedures that lack medical benefit but are not classified as human rights violations that society accepts (though perhaps does not ethically condone) include piercings, cosmetic surgery, removal of an asymptomatic ganglion cyst, etc. Also, neonatal boys are certainly just as vulnerable as girls. In fact, one could argue that the pubescent or adolescent girl undergoing FGA is more capable of assenting to the procedure and claiming the culture/religion as her own, than the neonatal boy.5 We do not condone the forcible practice of FGA if a child developmentally capable of providing assent declines to do so.

In analysing the putative harm done by rites involving genital procedures, we must ask ourselves whether it actually is harmful in the eyes of the people involved, or whether the harm is perceived only by people who view the situation from a different perspective. The concept of liberalism in various Western societies involves a spectrum ranging from those who advocate widespread freedom, tolerating government interference only to remedy the threat or actuality of serious harm; to those who advocate government mobilisation of physical, legal and educational resources to promote a thick agenda expressed in the international Human Rights proclamations adopted after World War II, but actually reflecting the nation’s own values and prejudices. Recognising that a society is entitled to protect its own values, even if these are not universal values, we nevertheless believe that it is rarely appropriate for governments to intrude into familial, cultural and religious practices that create little tangible harm.

Finally, while parenthood certainly does not connote unrestricted ownership, Categories 1 and 2 of FGA should not be considered child abuse. Permanent injury does not result from these procedures and thus parents should be granted latitude in terms of the decisions they make in the best interest of their children. If FGA is viewed culturally as a means to moral or ritual purity, then it could be argued that parents are acting in the best interest of their children by partaking in procedures that uphold these beliefs but do not cause long-term harm. In Western pluralistic society, where reasonable people may disagree regarding the best interest of a child in terms of the calculus of medical risks and non-medical benefits, parents should be granted wide authority for determining whether or not to perform Categories 1 and 2 of FGA insofar as the state’s or society’s interest of ensuring that no long-term harm is committed is met.1 ,15

To summarise, in a liberal society, arguments supporting de minimis FGA fall into at least three areas. The first is based on individual rights of parents. The second is based on respect for minority cultures. The last is based on the concept that government should exercise restraint if fundamental interests of society are not at stake.

Utilitarian considerations

Even if one were to reject all of the arguments proposed so far, toleration of de minimis procedures is warranted. This is because it is necessary to protect girls. There is reason to believe that some communities that practice Categories 3 and 4 of FGA will accept de minimis procedures in their stead. In 1996, physicians at Harborview Medical Center in Seattle which served a large Somali population, after much deliberation, decided to offer a ritual nick under analgesia to adolescent girls able to assent to the procedure. This compromise was reached in partnership with the Somali patient population with the knowledge that if the alternative and safe procedure would not be able to be performed in the USA, the women would take their female children back to Somalia for a more extensive, likely Category 4 procedure.

Against this background, the AAP’s Committee on Bioethics issued an opinion stating that genital nicking was ethically acceptable. It stated that AAP “opposes all types of female genital cutting that poses risks of physical or psychological harm”. It further stated that the ritual nick is not physically harmful, is a compromise that that “may build trust between hospitals and immigrant communities”, may save some girls from undergoing more extensive and damaging procedures and “play a role in the eventual eradication” of female genital cutting.21

In both cases, thoughtful physicians confronted first-hand by girls with FGA sought a reasonable way to bridge the ‘impasse between respecting cultural diversity and promoting basic human rights’.2 However, each of these two attempts was met with brisk and severe resistance by critics of FGA that believed such a compromise would ‘handicap health and government workers in stamping out the more horrible forms of this practice’.38 Paradoxically, this is more likely to perpetuate destructive Category 3 and Category 4 procedures than to decrease them. The media and public outcry of utter condemnation led Harborview to end the compromise.38 As for the AAP change in position, swift, negative reactions from the media, human rights organisations and advocacy groups resulted, in which it was reiterated that all forms of FGA were human rights violations and that the global advocacy efforts aimed at eradicating FGA was weakened by AAP’s new stand. AAP retracted its statement and again adopted strong opposition to all female genital cutting, removed its endorsement of the clitoral nick and educated its members not to perform such ritual procedures.25 ,48 ,49

Such opposition to Category 1 nicking sacrifices the needs of actual individuals to the imperatives of ideology. We believe that such opposition to Category 1 and Category 2 procedures that are acceptable to some populations that practice FGA are more likely to perpetuate the medically deleterious Category 3 and Category 4 procedures rather than aid in eradicating them. We acknowledge that our proposed strategy may be mistaken or misconveyed to grant a sense of acceptability to all FGA procedures.49 Careful policy and advocacy efforts, however, can assist in conveying the stark difference between Category 1 and Category 2 procedures versus those in Category 3 and Category 4. A second criticism of such a strategy that ‘opens the door’ is that it is difficult prevent more invasive procedures from being done under the guise of de minimis procedures or regulate the amount of tissue being removed. However, given the widespread nature currently of Categories 3 and 4 of FGA, if even a few girls undergo a de minimis procedure instead of a more invasive one due to this strategy, than the strategy is appropriate. The concern regarding amount of tissue being removed is also not unique to FGA, but is similar to male circumcision as well as cosmetic surgeries on adults. Furthermore, the advocacy efforts aimed at completely eliminating FGA have had only limited success; therefore, a new strategy is required that accounts for cultural requirements while safeguarding the health of female children.7 If a girl, by undergoing a small vulvar nick in infancy, forestalls subsequent vulvar infibulation done under dangerous conditions, we would consider this a worthwhile trade-off.

Conclusion

This ‘complex cross-cultural issue cannot be adequately dealt with by a simple condemnation’ and any impetus to end FGA must come from within the religions and cultures that practice it.2 ,50 By working together respectfully with, and not independently of, local communities we can offer and promote the alternative of Categories 1 and 2 of FGA as a compromise that respects culture and religion but provides the necessary protections against child abuse.2 ,38 Critics of FGA worry that a compromise position of accepting de minimis procedures weakens the effort to eliminate FGA completely.51 Yet, despite 30 years of advocacy, we have not made dents in the prevalence of the practice in many countries and have been largely unable to change the attitudes regarding the acceptability of FGA. The goal of eradicating procedures that do not cause significant harm is at worst, morally questionable and at best, an invitation to waste resources that could be applied to ends that are more likely to further human well-being. In order to better protect female children from the long-term harms of Categories 3 and 4 of FGA, we must adopt a more nuanced position that acknowledges that Categories 1 and 2 are different in that they are not associated with long-term medical risks, are culturally sensitive, do not discriminate on the basis of gender and do not violate human rights.

Acknowledgments

The authors thank Insoo Hyun, PhD for his valuable feedback and critical reading of this manuscript.

Footnotes

  • Contributors Both authors are responsible for the design, drafting and editing of this manuscript. KSA is responsible for the overall manuscript.

  • Competing interests None declared.

  • Provenance and peer review Not commissioned; externally peer reviewed.

References

  1. Ben Rhodes would not speak directly about the classified 28 pages of the report that have become the subject of new scrutiny as Congress weighs legislation that would allow Americans to sue the Saudi government.
    But in an a new episode of « Axe Files, » the David Axelrod podcast produced jointly by CNN and the University of Chicago Institute of politics, Rhodes did talk broadly about the report, the Saudis and how the U.S. relationship has evolved. The U.S., said Rhodes, is much more blunt with Saudis, who he said have become an anti-terror partner of the U.S.
    Before the terror attacks in 2001, Rhodes said he doesn’t think the government was actively funneling money to al Qaeda, but they weren’t trying to stop it, either.
    « The question is two things — one is, was the government actively trying to prevent (funding of al Qaeda) from happening? And I think the answer is no, » said Rhodes. « Not because they necessarily supported them, just because there was a bit of unregulated space, you know, and rich people can make different contributions. And, but the other element of this is, you know, there may be individuals, you know, who are operating, who kind of get to do their own thing. »
    Listen to the whole podcast and read the portion on the 9/11 Commission report below:
    DA: What did you learn on that commission? Obviously what you guys learned has become an issue again recently. Bob Graham (former Florida senator) set off about the role of the Saudis, but tell me what you took away from that because you didn’t have a background in national security issues then even though you studied international relations. This is a whole different education.
    BR: Yeah. You know what was interesting about that is you learned that- I mean there are all these very practical things about homeland security and aviation security and how the intelligence community is organized and kind of the wiring of the U.S. government that is important and the 9/11 Commission led to significant reforms in those areas. But I think the main thing that the 9/11 Commission did that was interesting beyond that was tell the story of how we got to 9/11, and did it in this book that, you know, is written almost like a novel.
    DA: And you participated in that?
    BR: I did, I did. You know, Hamilton was very focused on the recommendations, so that was the main part that I focused on, but I also, you know, was tracking all these other things. I think what I learned is that as this was kind of happening … how deep the roots were that led to 9/11. You know, it went back to Afghanistan, to the war that the Mujahadeen fought against the Soviet Union, and Bin Laden kind of cut his teeth there, and then he bounced around Sudan and Afghanistan. And you know, Americans weren’t really paying attention to some of these things, but …
    DA: Although we were supportive of their effort to repel the Russians … the Soviets at that time.
    BR: That’s right, that’s right. And you know, kind of what you learn is that there are all these unintended consequences to our foreign policies, because in the ’80s we were supporting the Mujahideen, that ends up including people like Bin Laden, the people who became the Taliban. In the ’90s we had the Gulf War. Bin Laden kind of used that event and the fact that U.S. Troops are stationed in Saudi Arabia as kind of his pivot point to focusing on the United States. And you know, these things were right at the time, it was the right thing to do, for us to kick Iraq out of Kuwait, and to support opponents to the Soviet invasion of Afghanistan, but you know, there are unintended consequences to everything that we do, and there are these trends that build up in different parts of the world. And the other fact of the matter was that Al Qaeda also prayed upon the grievances of young people in the Middle East and North Africa and South Asia, who resented their repressive governments. So all of these different forces, you know, created this space that Bin Laden filled with Al Qaeda, and in many ways we’re dealing with similar problems today.
    DA: I would be remiss if I didn’t ask you about the Saudis, and I know you probably are proscribed from being too responsive, but I’m going to take a run at it anyway, which is how valid is the charge that they were complicit through various sponsorships and so on.
    BR: Well I think that, you know there’s this issue of the 28 pages, and without getting into that …
    DA: They are classified.
    BR: Without getting into that specifically because that’s still classified, I think that it’s complicated in the sense that, it’s not that it was Saudi government policy to support Al Qaeda, but there were a number of very wealthy individuals in Saudi Arabia who would contribute, sometimes directly, to extremist groups, sometimes to charities that were kind of, ended up being ways to launder money to these groups. So, a lot of the funding – and you know Bin Laden himself was a wealthy Saudi – so a lot of the money, the seed money if you will, for what became Al Qaeda, came out of Saudi Arabia.
    DA: Could that happen without the government’s awareness?
    BR: I think that’s … I think there are two … The question is two things — one is, was the government actively trying to prevent that from happening? And I think the answer is no. Not because they necessarily supported them, just cause there was a bit of unregulated space, you know, and rich people can make different contributions. And, but the other element of this is, you know, there may be individuals, you know, who are operating, who kind of get to do their own thing, you know …
    DA: Within the government?
    BR: Within the government, or family members you know, because remember you have a large royal family, and they have you know, people — the Bin Ladens for instance were contractors essentially for the, that royal family — So basically there was, at – certainly, at least kind of an insufficient attention to where all this money was going over many years from the government apparatus.
    DA: What about the notion that they wanted to keep quiescent extremists within the country, and this was a way of doing that?
    BR: Yea, well, I think there has been a margin for many years in Saudi Arabia, where essentially the royal family, kind of runs the affairs of state, and runs kind of the oil company, and the security services, but then there are clerics who have enormous power and can operate on their own. And that’s kind of the bargain. Now, some of those clerics are completely legitimate, some people you know, over the time have propagated a more rigid form of Islam, again not necessary the vision of al Qaeda and ISIL, but a fairly rigid version of Islam, that we saw over time get taken and perverted by the more extremist elements into the ideology that we see out of al Qaeda.
    DA: Do you – this to me underscores sort of the complexity of foreign policy and national security, because the Saudis are considered an ally, and yet there are elements of activities there that seeded the greatest attack perhaps helped seed the greatest attack on our country. How do you explain that to Americans, that, you know, on the one hand we call them an ally on the other hand they have these deep roots in these extremist elements?
    BR: Well, you know again, first of all it is important, I wouldn’t, I would stop short of saying that there was any willful government intention from Saudi Arabia to support al Qaeda. Again, this is more just how are individuals operating in Saudi Arabia. I think the difficult thing that Americans need to understand is we forge these relationships with governments because we have some shared interest with them. And for many years the basic interest at the root of the U.S.-Saudi was simply they provided the oil that sustained the global economy and we provided essentially security for the Saudi state. And we didn’t really think about any other aspect of it at great length at least, and yet over time these trends emerge with respect to extremism and funding of extremist groups. And we were slow to pay attention to that because the way the relationship was set up was we just kind of thought about security and oil and didn’t kind of go that other layer down. And I think the point for Americans is sometimes we fail to recognize how omnipresent we are around the world. People in other countries are aware of the role we play and are aware the fact that we are the most important country in the world, so if they have grievances against their own government or against their own economic situation they blame us. So I think it’s hard for Americans to understand why does this constantly come back to us, but the fact of the matter is we are inevitably seen as the one superpower as a potential source of grievances from all kinds of people all over the world.
    DA: But the obvious question is — well let me ask it this way: how blunt are the conversations with the Saudis about breaking ties of some of these elements?
    BR: Well, they’re very blunt. And look, since 9-11 the Saudi government has shifted and now they are a counter-terrorism partner. And so now it’s not just oil and security, it’s also cooperation against terrorist organizations. So we’re very blunt. We’re very direct. And they too now are threatened by these groups themselves, so they have turned hard against al Qaeda in the aftermath of 9-11. They’re working with us against ISIL. So they share the counter-terrorism policies that we would pursue. They still have a system of government that is very different from ours and in some cases a view of regional conflicts that are different from ours, so we’re not totally aligned –
    DA: Plainly they were unhappy with the Iran agreement.
    BR: They’re kind of the center of Sunni Islam in some ways. Iran is Shia. So there’s a sectarian element to a lot of these regional conflicts in Yemen, Syria, and Iraq that in our view sometimes takes more precedence to some of our allies and partners than the necessity of focusing on these extremist elements like ISIL.

Violences sexuelles: Attention, une ronde victimaire peut en cacher une autre (From stoning to Taharrush gamea and gang rape: With mass Muslim immigration, Europe rediscovers the violence it thought it had outgrown)

22 janvier, 2016

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Panama City, Florida USA March 2004 Young Americans party in Florida for spring break 2004. A male hard body, bikini, and wet tee shirt contest are held every afternoon in Club La Vela on the beach. Hundreds of kids are worked into a frenzy with the latest music as they drink the afternoon away screaming at those who enter the contest.

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Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. Jean 8: 3-11
Un jour propice arriva, lorsque Hérode, à l’anniversaire de sa naissance, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée. La fille d’Hérodias entra dans la salle; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille: Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Il ajouta avec serment: Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. Étant sortie, elle dit à sa mère: Que demanderais-je? Et sa mère répondit: La tête de Jean Baptiste. Elle s’empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande: Je veux que tu me donnes à l’instant, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. Le roi fut attristé; mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un refus. Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d’apporter la tête de Jean Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Marc 6: 24-28
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Matthieu 12 : 43-45
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Deux exemples : le premier est élémentaire. Voilà des enfants désordonnés dans la cour de récréation. La maîtresse dit : venez, on va faire une ronde en chantant et on va tous s’asseoir. Elle prend son foulard et va le placer derrière un des enfants. Celui-ci doit se lever et courir après elle, qui doit venir prendre sa place. C’est le jeu de la  » chandelle « . Avec un quasi-objet, je marque l’un quelconque du collectif qui devient le bourreau et poursuit celui ou celle qui devient alors victime ; et la victime doit prendre la place du bourreau. Si elle ne le peut pas, si elle est rattrapée avant, alors elle va au centre objet des quolibets, clouée au pilori, et ne peut quitter sa place que si une autre la remplace. Ainsi, depuis le fonds des âges, dans les écoles, nous apprenons aux enfants le mécanisme sacrificiel, et on ne l’avait pas vu. La mémoire de nos rituels se perpétue, y compris dans les jeux les plus innocents de l’éducation. Ce jeu aurait dix mille ans ; on le trouve chez les Berbères et il date du néolithique. Autre exemple : le film la Règle du jeu de Jean Renoir (1939). Dans un jeu de lutte mimétique, valets et patrons se livrent à des jeux d’imitation, jusqu’à ce que la confusion s’en mêle dans le château où tous sont invités, avec des quiproquos, à des jeux de double ; et finalement un coup de feu part , l’un est mort, celui précisément qui était venu de l’extérieur, et cette disparition fait que le collectif va retrouver sa paix. Jean Lambert
Le Mardi gras (…) marque l’apogée du carnaval; un mannequin de paille, incarnant Carnaval, est jugé puis condamné à mort, généralement brûlé dans un grand brasier, parfois noyé ou décapité. Bouc émissaire de tous les maux de l’année passée, sa destruction marque le renouveau de l’année. Encyclopédie Encarta
Carnaval est (…) l’occasion d’expulser ses ennemis: pour les pauvres ce sont les riches; pour les dirigeants, les séditieux. L’arme utilisée est la satire, le monde à l’envers; le jugement du mannequin, puis sa destruction par le feu, est le mal que l’on détruit. (…) Sur les deux rives du Rhône, flambent alors les révoltes de paysans frappés par la misère, dépossédés de leurs terres. Le commerce est déstabilisé par les Guerres de Religion, les artisans romanais du cuir et du drap sont ruinés par la hausse des prix des peaux et de la laine. A ce tableau inquiétant, s’ajoutent les souvenirs de la Saint Barthélémy 1572 : les Protestants (Huguenots) recrutent encore chez ces artisans opposés à une bourgeoisie catholique; les autorités locales dénonçant l’influence des protestants. (…) En 1579, l’explosion paysanne est relayée par les citadins. De la simple diminution des impôts, les révoltés en exigent bientôt la disparition, alors que la noblesse est exemptée et que les riches trouvent des accommodements. Romans patrimoine
L’exemple de Romans fait apparaître le carnaval comme un « outil social » dont disposent les différents groupes au sein d’une collectivité pour exprimer les tensions et les antagonismes qui les dressent les uns contre les autres. Le carnaval n’est pas rite d’intégration ou rite de subversion; il est par essence ambivalent et présente simultanément les deux aspects; seul le contexte dans lequel il se déroule détermine le pôle qui l’emporte. Suzanne Chappaz-Wirthner
La violence le long de la ligne de tramway bordée de chênes Uptown a troublé ce qui avait été jusque là une journée de festivités plutôt paisible dans laquelle des centaines de milliers de personnes avaient fait la fête dans les rues en ce dernier jour du carnaval. NYT (sur les six victimes du Mardi gras de la Nouvelle–Orléans hier soir)
Les carnavals sont un type de fête relativement répandu en Europe et en Amérique. Ils consistent généralement en une période où les habitants de la ville sortent déguisés (voire masqués ou bien maquillés) et se retrouvent pour chanter, danser, faire de la musique dans les rues, jeter des confettis et serpentins, défiler, éventuellement autour d’une parade. Héritier de rituels antiques tels que les Lupercales et la Guillaneu, ils sont traditionnellement associés au calendrier chrétien et se déroulent entre l’Epiphanie, soit le 6 janvier, et le Mardi gras, une fête mobile entre le 3 février et le 9 mars. (…) Le mot « carnaval » apparaît sous cette forme en français en 1549 pour exprimer le sens de « fête donnée pendant la période du carnaval». Il vient de l’italien carnevale ou carnevalo. Il a pour origine carnelevare, un mot latin formé de carne « viande » et levare « enlever »2. Il signifie donc littéralement « entrée en carême ». (…) Les saturnales des Romains et les fêtes dionysiaques en Grèce sont des précédents historiques du carnaval. Le carnaval est une tradition archaïque liée aux cycles saisonniers et agricoles. L’historien des religions Mircea Eliade écrit : « Toute nouvelle année est une reprise du temps à son commencement, c’est-à-dire une répétition de la cosmogonie. Les combats rituels entre deux groupes de figurants, la présence des morts, les saturnales et les orgies, sont autant d’éléments qui dénotent qu’à la fin de l’année et dans l’attente du Nouvel An se répètent les moments mythiques du passage du chaos à la cosmogonie »10. Eliade écrit encore : « Alors les morts pourront revenir, car toutes les barrières entre morts et vivants sont brisées (le chaos primordial n’est-il pas réactualisé ?) et reviendront puisqu’à cet instant paradoxal le temps sera suspendu et qu’ils pourront donc être de nouveau contemporains des vivants »10. Eliade souligne que les peuples ont « d’une manière profonde le besoin de se régénérer périodiquement en abolissant le temps écoulé et en réactualisant la cosmogonie ». Dans l’essai Le Sacré et le Profane Mircea Eliade écrit : « L’abolition du temps profane écoulé s’effectuait au moyen des rites qui signifiaient une sorte de « fin du monde ». L’extinction des feux, le retour des âmes des morts, la confusion sociale du type des saturnales, la licence érotique, les orgies, etc. symbolisaient la régression du cosmos dans le chaos ». (…) Les masques prennent les caractéristiques des êtres surnaturels qui sont les démons et les esprits des éléments de la nature, c’est pourquoi le masque a une fonction apotropaïque. À la fin le temps et l’ordre du cosmos, bouleversés pendant le carnaval, sont reconstitués (nouvelle création, nouvelle cosmogonie) par la cérémonie de la lecture du « testament » et par les « funérailles » du carnaval qui souvent consistent en la brûlure du « Roi Carnaval » représenté par un mannequin ou une poupée de chiffon. D’autres fois l’image du carnaval est noyée ou décapitée (à propos de la mort rituelle du carnaval voir Le Rameau d’or écrit par James George Frazer). Wikipédia
Ce que je veux de toi, Paris, ce que je veux, ce sont tes femmes. Ni bourgeoises, ni grandes dames. Mais les autres… l’on m’a compris! Le Brésilien (La Vie parisienne, Jacques Offenbach, 1866)
Une armée de jeunes filles qui sont là pour danser ce divin chahut parisien, comme sa réputation l’exige […] avec une élasticité lorsqu’elles lancent leur jambe en l’air qui nous laisse présager d’une souplesse morale au moins égale. Guide des plaisirs de Paris,1898)
On a donné ce nom à une sorte de danse épileptique ou de delirium tremens; qui est à la danse proprement dite ce que l’argot est à la langue française. Dictionnaire de la danse de Desrat
Ce fut vers 1822 que les jeunes gens qui se rendaient à La Chaumière…, commencèrent à danser ce que l’on appela d’abord la chahut et ensuite le cancan. Le cancan néglige, dédaigne, repousse tout ce qui pourrait rappeler le pas, la règle, la régularité de la tenue ; c’est encore, c’est surtout le dégingandage des danseurs et des danseuses. Le crayon de Gavarni peut plus facilement en fournir l’image que la plume en donner l’idée. Comment de l’état de prohibition policière, de proscription sociale où il resta pendant dix ans, le cancan put-il passer à l’état public, toléré, avoué, recherché même, où il est aujourd’hui ? Comment la police a-t-elle pu permettre de l’exécuter sur les théâtres secondaires ? C’est qu’en 1830, une révolution s’était accomplie, et que, comme toutes les choses de son temps, le cancan s’était trouvé mêlé à la politique. Chahuter n’était-ce pas encore pour les étudiants et les commis faire de l’opposition au pouvoir ? A. Delaforest (Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 1853)
Dernière figure du quadrille, le cancan, ou coincoin, est une danse, un galop exécutée en couple, dans les bals et cabarets, inventée au début du XIXe siècle, qui apparut d’abord sous le nom de chahut ou chahut-cancan. Elle faisait partie des danses très mal vues par les autorités et les défenseurs de la morale traditionnelle. À l’époque, les femmes portaient, sous leurs jupons, des culottes fendues. Par la suite, on a dérivé du cancan une forme touristique et très édulcorée, baptisée French cancan, que les femmes dansent en rang, face au public, en portant des culottes fermées. Comme nombre de danses populaires ses origines sont obscures. (…) Outre plus tard Franz Lehar, si le compositeur Jacques Offenbach écrivit ses œuvres (à la réputation vivace et légère) à cette même époque, les cancans qu’on veut lui attribuer ne sont que des détournements de ses morceaux. Le cas le plus célèbre est celui du galop infernal, issu de son Orphée aux Enfers, que les arrangeurs se permettent souvent de renommer French cancan. Ils le font de manière abusive, car le French cancan (fabrication touristique d’origine anglaise, concoctée à partir du cancan original), n’existait pas quand Offenbach composait. (…) Les règles du cancan, par le fait qu’il est issu de la culture populaire, sont assez souples suivant les danseuses. Il n’y a d’ailleurs pas d’école qui l’enseigne hormis celles de Grille d’Égout et Nini Pattes en l’air : cela ne fait que participer à l’éparpillement des styles, des intentions. Cependant, les figures principales s’installent durablement. On peut ainsi citer celles dont le nom est issu du vocabulaire militaire : le port d’armes, la mitraillette, l’assaut, le pas de charge, ou des jeux enfantins : le saute-mouton, les petits chiens, etc. L’ensemble reste d’ailleurs uniforme : une danse exclusivement féminine, basée sur le célèbre pas, cuisse remontée et jambe vers le bas (…)  Tout le monde peut pratiquer le cancan à condition d’avoir une certaine souplesse. (…) Le cancan cristallise l’image d’une société parisienne frivole et canaille, proche de celle décrite caricaturalement dans La Vie parisienne d’Offenbach. Sur une scène, des femmes montrent leurs dessous, soulèvent leurs dentelles : la provocation mêlée de complicité fait fureur. Les bas noirs, jarretelles et frou-frou prennent des surnoms très imagés et largement connotés sexuellement. Le cancan peut être vu par certains comme symbolisant une première ébauche de libération sexuelle et d’émancipation de la femme, qui est cette fois-ci celle qui séduit. Il peut aussi être vu par d’autres comme un simple aspect annexe et spectaculaire de la prostitution. Quantité de caricatures et textes du XIXe siècle soulignent souvent de manière appuyée le caractère vénal des femmes qui participent aux bals du Carnaval de Paris. Certes celles qui étaient émancipées pouvaient être considérées de façon péjorative comme des prostituées mais la prostitution était certainement également présente dans les bals. (…) Depuis ses débuts, la popularité de cette danse ne s’est pas démentie, de la Russie aux Amériques. En Amérique du Nord elle est surtout interprétée par les artistes de cirque ou dans le cadre de carnavals. Elle est aussi couramment jouée dans les fêtes d’anniversaires et de remises de diplômes, non pas sous sa forme originelle, mais sous une forme très pudique. En Amérique du Sud, elle est très populaire au Brésil, où elle a évolué sous forme de street dance. Elle est interprétée sur scène, dans la revue Formidable, au Moulin rouge, en 2009, les danseuses portent des strings à la place des culottes fendues d’origine, Valentin est toujours présent. En musique plusieurs compositeurs intégrèrent le cancan dans leurs œuvres, comme Franz Lehár dans La Veuve joyeuse (1905), ou encore Cole Porter dans sa comédie musicale Can-Can (1954), dont s’est inspiré Walter Lang pour son film Can-Can (1960). Au cinéma en 2007: Harry Potter, dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix de David Yates (…) on trouve une reprise du Galop infernal (« Offenbach’s Infernal Gallop »). Wikipedia
COMING SOON? Cardio striptease Gyms are hardly fields of dreams, but in New York and Los Angeles many now allow patrons to indulge their fantasies. The traditional workout with a mat and halter top is long gone, replaced by fusion classes such as yoga disco and punk-rock aerobics. In one gym close to New York University, the seductive lighting and suggestive gyrations mark a new arrival « cardio striptease ». A mixture of dance and aerobics, the class uses pounding pop music to whip up a seductive rhythm among 30 young women and a solitary male. Given the scant nature of gym attire, participants don’t exactly have much clothing to strip, so imagination plays a key role. « Touch, touch, touch! » cries instructor Annie Tsarouhis, as she drills her charges in the choreographed gestures and caresses of the striptease art. « Yeah! You’re getting hot! » For one hour, the students whirl towels or shirts above their heads, roll their shoulders, grind their hips and mime removing their underwear in front of a chair seating an imaginary man. « It increases your self-confidence, » Tsarouhis insists. « It’s a way for women not to be ashamed of their sexuality, and may even help them in their personal lives. » Jeff Costa, who invented it and taught it at the West Hollywood Crunch, presents it as an exercise in empowerment: « Your body is a work in progress. This is celebrating you at the moment, » he says. Only the last 25 minutes of each session are devoted to the actual removal of clothes  » also reportedly excellent for stretching and energising multiple muscle groups simultaneously. Even then, nudity is optional  » as are poles and tables. And if US promoters have their way, it will soon be coming to a gym near you. The Age
Le bizutage (Europe), ou initiation (Amérique du Nord), est un ensemble de pratiques, épreuves, traitements ritualisés et imposés, destiné à symboliser l’intégration d’une personne au sein d’un groupe social particulier : étudiants, militaires, professionnels, etc. Ce genre de pratiques a souvent fait l’objet de l’attention des médias, à la suite d’incidents, ou plus simplement de par la nature dégradante et humiliante de nombreux bizutages. Refuser la soumission au bizutage expose parfois à la possibilité de subir de l’ostracisme par la suite. (…) La définition donnée du bizutage, provenant de l’article 14 de la loi du 17 juin 1998, est : « Le fait pour une personne, d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations, ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatif. ». Ainsi, contrairement à l’idée répandue, cette interdiction s’applique également « en cas de consentement de la personne ». Le Code pénal français punit les actes de bizutage de six mois de prison et 7500 euros d’amende. Les peines sont doublées lorsqu’ils affectent une personne fragile physiquement et mentalement3. Ces rites en sont parfois arrivés aux limites de la brimade, voire du racket (« taxe » des 3/2 par les 5/2 en taupe dans les années 1960). Pour désigner le bizutage, les termes de bahutage (Saint-Cyr) ou absorption (École polytechnique) sont également employés. Certains établissements, comme l’École des mines de Nancy, avaient aboli le bizutage-brimade dès 1957, et l’avaient remplacé par une série d’« exploits » que les nouveaux devaient accomplir pour prouver leur esprit débrouillard ou farceur (faire sonner à minuit les cloches de la cathédrale, par exemple). Les filières concernées par le bizutage sont principalement les écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, écoles militaires, facultés de médecine, pharmacie et classes préparatoires. Le bizutage peut aller de la vente de bonbons déguisé en sac poubelle à la bastonnade en passant par l’exhibitionnisme, l’ivresse, l’absorption de liquide peu ragoûtant, l’introduction d’objets dans l’anus ou le traçage de croix gammées sur la peau. (…) Au Moyen Âge, les étudiants novices nouvellement arrivés à l’université de Paris étaient surnommés « béjaunes ». Ceux-ci formaient une confrérie particulière et avaient pour chef l’Abbé des Béjaunes. Le jour des Innocents, cet abbé, monté sur un âne, conduisait sa confrérie par toute la ville. Le soir, il réunissait tous les béjaunes et les aspergeait avec des seaux d’eau. C’était ce qu’on appelait le baptême des béjaunes. On forçait aussi les nouveaux étudiants à payer une bienvenue aux anciens ; on nommait cette taxe droit de béjaune. Un décret de l’Université abolit cet usage, en 1342, et il fut défendu d’exiger le droit de béjaune, sous peine de punition corporelle. Le bizutage ritualisé et prolongé, à la manière des étudiants médiévaux, se réintroduisit au XIXe siècle dans les classes préparatoires des lycées, notamment dans les années 1840 chez les candidats à Saint-Cyr où le terme « bizut », transformation de « béjaune », serait réapparu vers 1843. Depuis 1928, les gouvernements successifs en France ont vainement tenté de mettre fin au bizutage à travers plusieurs circulaires (1928, 1944, 1945, 1954, 1962, 1964) et lois (1998) (…) En 1968, de larges débats ont été consacrés (dans certaines facultés, en particulier Lettres, de plusieurs villes au sein des assemblées générales à la suppression et au boycott des pratiques des humiliations dominatrices et particulièrement sexistes, au moment où le mouvement revendicatif se battait pour obtenir, par exemple, le droit de visite dans les résidences universitaires réservées aux filles. Par la loi n° 98-468 du 17 juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs, créée par Ségolène Royal, Ministre déléguée à l’Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin, le bizutage devient un délit. Malgré cela, le bizutage reste toujours présent dans une majorité d’écoles sous la forme de « week-ends d’intégration » (WEI) fortement alcoolisés. En 2010, le Ministère de l’Éducation nationale adresse une lettre de rappel à l’ordre à l’ensemble des représentants d’établissement du supérieur. Wikipedia
En Amérique du Nord, un congé d’une durée d’une semaine ou deux a lieu traditionnellement, selon les régions, à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Il est appelé selon les régions congé de mars, congé du printemps, pause de mars, pause du printemps, relâche du printemps, semaine de relâche, vacances du printemps ou vacances d’hiver (March Break, Spring break ou Study Week en anglais). Certains étudiants se rendent dans un pays tropical ou une station de ski alors que de nombreuses familles en profitent pour faire des activités de plein air. (…) Le congé tire son origine d’un entraînement de natation organisé en 1936 à la piscine Casino de Fort Lauderdale par un entraîneur de natation de l’Université Colgate, Sam Ingram. Un premier College Coaches’ Swim Forum est organisé au même endroit en 1938, attirant déjà, selon une source, 300 nageurs. Le film Where the Boys Are, sorti en 1960, a pour sujet des étudiants en vacances à Fort Lauderdale10. Au cours des années 1970 et 1980, des beuveries et toutes sortes d’excès deviennent de plus en plus fréquents10. La situation pousse le maire de Fort Lauderdale, Robert Dressler, à introduire un règlement contre la consommation d’alcool en public dans sa ville et même à annoncer à l’émission Good Morning America que les étudiants en vacances ne sont plus les bienvenus dans sa ville. Cette décision pousse de nombreux étudiants, déjà 370 000 en 1985, à se rendre plus au sud, même dans les Antilles. Des campagnes de sensibilisations ont lieu par la suite contre les problèmes de santé et de sécurité associés aux excès. (…) Son but est officiellement de permettre aux étudiants de s’avancer dans leurs travaux et aux enseignants ou professeurs de corriger les copies. Les élèves n’ont normalement jamais de devoir et profitent de cette semaine pour se relaxer et voyager, ce qui n’est pas vrai pour la majorité des universitaires, qui eux ont des travaux importants et des examens de mi-session au retour de la semaine de lecture.(…)  La destination privilégiée des étudiants nord-américains est le Mexique, avec les villes de Cancún, Acapulco, Puerto Vallarta ou Tijuana et la Floride (Miami). (…) Les excès liés à ce congé ont inspiré le film Losin’ It10 (1983). En 1986, MTV diffuse le premier Spring Break Special en direct de Daytona Beach10. Cette émission annuelle contribue à populariser davantage les beuveries et la sexualité associée à ce congé. Joe Francis produit la série de films Girls Gone Wild (en) de la fin des années 1990 à 2007, lorsqu’une série de scandales, notamment de pornographie juvénile, mettent fin au projet. Le film d’horreur Piranha 3D (2010) se déroule aussi durant le spring break en Arizona. Dans le film Spring Breakers qui est sorti le 6 mars 2013 avec Selena Gomez, Ashley Benson et Vanessa Hudgens, les jeunes filles se payent un spring break avec de l’argent volé dans un fast food ce qui entraîne leur arrestation par la police. Wikipedia
A university in New Mexico is investigating the women’s soccer team after reports that freshmen players were forced to strip naked, guzzle alcohol and were sprayed with urine during an ugly hazing incident Sunday. The University of New Mexico in Albuquerque cancelled the team’s first game scheduled for Friday as it investigates the allegations, which were reported by one of the players’ families, NBC affiliate KOB reports. Two of the players were so intoxicated they needed treatment at a local hospital, the station reports, and at least two players have left the team and dropped out of school since the incident. « We are continuing to interview student-athletes and investigate what happened on Sunday night, » UNM Vice President of Athletics Paul Krebs told the station Tuesday. NBC news
S’il n’y avait qu’une seule phrase à retenir dans toute l’histoire du public rock, ça serait « A POOOOIL ». Confliktarts
Quelqu’un a crié ‘à poil’ et ça a dérapé. Syndicaliste (Air France)
A poil signifie « tout nu, totalement dévêtu, sans aucun vêtement ». Exemple : Lorsque l’organisateur de la soirée cria dans son microphone « Et maintenant tout le monde à poil », les invités se divisèrent en deux groupes : ceux qui se prêtèrent au jeu et ceux qui parurent offusqués. Dictionnaire français (linternaute)
Une formulette d’élimination, ou comptine, est une chansonnette enfantine permettant de désigner une personne, avec un semblant de hasard, dans un groupe généralement constitué de jeunes enfants. (…) Le plouf-plouf (ou pouf-pouf, ou ploum-ploum, ou trou-trou etc.) permet de choisir un joueur en éliminant successivement tous les autres. Un des participants joue le rôle de meneur. Tous les enfants se mettent en cercle, souvent accroupis, avec un pied au centre de façon que les pointes des chaussures se touchent. Le meneur commence par plouffer, en pointant du doigt deux fois de suite vers le centre du cercle, et en disant « plouf-plouf ». Il chante ensuite une comptine, en pointant du doigt successivement tous les enfants du cercle à chaque temps de la comptine. L’enfant désigné en dernier est éliminé, et le processus recommence avec les participants restants. Wikipedia
« Vive les vacances Plus de pénitences Les cahiers au feu La maîtresse au milieu ! » Chansonnette de fin d’année
Lépreux et Juifs eurent à subir, tout au long du Moyen Age, des statuts d’exclusion typiques du racisme. Mais c’est le sort dont furent victimes, en France du Sud-Ouest et en Espagne du nord, les ” cagots “, qui peut passer pour le paradigme du racisme. Delacampagne y insiste : il n’y a pas d’” énigme ” des ” cagots ” : faux lépreux et vrais parias, ces intouchables ne se distinguaient en rien (ils pratiquaient même le catholicisme) des populations qu’ils avoisinaient… Robert Redeker
Les cagots sont devenus des intouchables dans une société organisée sous l’ Ancien Régime selon un authentique système de castes. Annie Quartararo
La lapidation est une nécessité pour conserver la sanctification de la famille. Zahra Shojaii (féministe iranienne, conseillère du président Khatami aux affaires des femmes, juillet 2002)
Les crimes d’honneur sont des actes de violence, le plus souvent des meurtres, commis par les membres masculins d’une famille à l’encontre de ses membres féminins, lorsqu’ils sont perçus comme cause de déshonneur pour la famille tout entière. Une femme peut être la cible d’individus au sein de sa propre famille pour des motifs divers, comprenant : le refus de participer à un mariage arrangé, le refus des faveurs sexuelles, la tentative de divorce — que ce soit dans le cadre de la violence conjugale exercée par son mari ou dans un contexte avéré d’adultère. La simple interprétation selon laquelle son comportement a « déshonoré » sa famille est suffisante pour enclencher une représaille. Human Rights Watch
En général, en Occident, le crime d’honneur varie en fonction de la géographie. Peu coutumier de nos jours dans les régions du Nord, il devient plus intense en descendant vers le Sud (sociétés méditerranéennes et/ou musulmanes, etc..) où les codes d’honneur propres à telle ou telle société traditionnelle ont conservé plus d’importance. C’est ainsi que la vengeance par la justice privée, plus connue sous le nom de vendetta fait partie de la culture de certains groupes ethniques qui se situent dans les Balkans (notamment les régions peuplées d’albanophones), en Turquie (Anatolie, Kurdistan, etc..), le sud de l’Italie et les îles de la Méditerranée (Corse, Sardaigne, Sicile, Crète). Avec l’immigration musulmane (notamment pakistanaise, turque/kurde et arabe), les crimes d’honneur sont réapparus en Europe. En Italie, en 2006, Hina Saleem (it), une jeune pakistanaise de 21 ans, est assassinée à Sarezzo (Lombardie) par ses parents et des membres de sa famille qui n’acceptaient pas sa relation avec un Italien et sa vie jugée « trop occidentale ». Hina s’était également opposée à un mariage arrangé. Toujours en Italie, en 2009, Sanaa Dafani, une jeune marocaine de 18 ans résidant avec sa famille à Pordenone (N.-E.), est égorgée par son père qui lui reprochait d’être « trop occidentale » et d’avoir une relation avec un Italien11. Il sera condamné définitivement à 30 ans de prison en 201212. En 2010 à Modène (Italie), un pakistanais, aidé de son fils, « punit » à coups de barre d’acier et de pierre son épouse et sa fille qui refusaient un mariage arrangé. La mère succombera à ses blessures13. En Allemagne, en 2005, Hatun Sürücü, une jeune Allemande d’origine turque, est tuée à Berlin par son frère pour « s’être comportée comme une Allemande ». En Belgique, en 2007, Sadia Sheikh, une pakistanaise de 20 ans, est assassinée à Charleroi (Région wallonne) par des membres de sa famille pour avoir refusé un mariage arrangé15. Aux Pays-Bas, la police estime que treize meurtres ont été commis en 2009 au nom de l’honneur16. En Grande-Bretagne, l’association IKWRO (Iranian and Kurdish Women’s Rights Organisation)) a recensé 2823 agressions (séquestrations, coups, brûlures, homicides) commises en 2010 contre des femmes sous prétexte de « venger l’honneur d’une famille ». Wikipedia
Les crimes d’honneur ne sont pas réservés aux provinces reculées du Pakistan, de la Turquie ou de l’Inde. En Europe occidentale aussi, des jeunes femmes sont torturées et tuées par des membres de leur famille à cause de leurs fréquentations, de leur façon de s’habiller ou de leur refus de se soumettre à un mariage forcé. En clair, parce que leur attitude laisse planer un doute sur leur virginité. C’est le constat de la fondation suisse Surgir, spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Très prudent dans sa volonté de ne « stigmatiser » aucune communauté, le rapport publié par Surgir établit un lien direct entre ces assassinats et l’immigration, tout en soulignant que, « majoritairement pratiqué au sein des communautés musulmanes, le crime d’honneur l’est aussi par les communautés sikhs, hindoues et chrétiennes ». Entre 15 000 et 20 000 femmes sont tuées chaque année dans le monde, selon les estimations des organisations non gouvernementales, par un cousin, un frère ou un père craignant l’opprobre de la communauté. « Plus qu’un permis de tuer, c’est un devoir de tuer », écrit Surgir, qui note que « le déshonneur [d’une fille] est une menace d’exclusion sociale pour toute la famille élargie ». Dans le cas de communautés immigrées, la crainte de l’assimilation peut renforcer ce besoin de protéger le groupe, alors que le mariage mixte et l’émancipation des jeunes générations sont perçus comme des menaces. Aucune statistique précise n’existe sur le sujet et la loi du silence est de mise dans les familles. Les chiffres avancés par la fondation reposent sur des estimations policières, quand celles-ci distinguent violences domestiques et violences liées à l’honneur, et sur l’étude de coupures de presse. Aux Pays-Bas, la police estime que treize meurtres ont été commis en 2009 au nom de l’honneur ; au Royaume-Uni, une douzaine de cas sont recensés chaque année ; en Allemagne, soixante-douze jeunes filles ont été tuées en dix ans ; en France, depuis 1993, une dizaine de cas ont été évoqués dans les médias, en grande majorité dans les communautés indiennes, pakistanaises, sri-lankaises, kurdes et turques. (…) La fondation Surgir appelle les autres Etats européens à prendre des mesures – le code pénal italien prévoit notamment une réduction de la peine pour les crimes commis sur fond de « traditions culturelles » – tout en soulignant qu’un durcissement des législations entraîne systématiquement une hausse des suicides maquillés et pousse les familles à désigner un meurtrier mineur qui sera moins sévèrement jugé. Le Monde
Il s’agit avant tout d’une question de genre, d’hommes qui croient qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent de femmes vulnérables. Mais vous ne pouvez pas non plus faire l’impasse sur le facteur racial. C’est l’éléphant au milieu de la pièce. Nazir Afzal
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Violeur pakistanais
En moyenne, seuls 10% des viols commis en France font l’objet d’une plainte. On estime en moyenne que, chaque année, 84000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes d’un viol ou d’une tentative. Portrait-robot du violeur (…) lorsque l’information était disponible, plus de la moitié d’entre eux (52%) sont de nationalité étrangère (sans précision sur le pays d’origine) et 44% sont sans emploi. Dans près de la moitié des cas (48%),ils étaient déjà connus des services de police dont 1/5 pour des infractions sexuelles. On dénombre 31% de victimes de nationalité étrangère, dont un tiers d’Européennes. La moitié de ces victimes (49%) a un emploi, avec une forte représentation de la catégorie cadres et professions intellectuelles supérieures. (…)  Les violeurs semblent profiter de la faiblesse de leurs proies puisque, sur les 513 victimes de viol pour lesquelles l’information était disponible, 255 étaient intoxiquées au moment des faits. Dans la très grande majorité des cas, il s’agit de consommation d’alcool. (…) Si l’on rapporte le nombre de faits déclarés à la population, on enregistre les taux les plus élevés dans les Ier, Xe et XIe arrondissement et les plus faibles dans les VIIe et XVe arrondissements. Au-delà de ces limites administratives, c’est dans le secteur Folie-Méricourt (XIe) et à proximité de la station de métro Belleville (Xe, XIXe, XXe) que l’on enregistre le plus grand nombre de viols commis. « Le quartier des Halles et l’axe boulevard de Sébastopol-quartier République présentent également une densité élevée de viols par rapport au reste du territoire parisien», ajoutent les auteurs qui citent également d’autres lieux: la gare du Nord, la gare Montparnasse, l’axe place de Clichy-place Pigalle et le boulevard Barbès. Sans surprise, on apprend que la plupart des viols sont commis la nuit (73%) et le week-end (40% de viols le samedi et le dimanche). L’étude indique que, dans la moitié des cas (49 %), les victimes entretenaient un lien (amical ou sentimental) avec l’agresseur. Ce chiffre peut paraître élevé, mais il est en deçà des statistiques globales selon lesquelles la victime connaît son agresseur dans 90 % des cas. Une différence qui s’explique sans doute par le fait que l’étude de l’ONDRP repose sur les faits déclarés aux autorités. (…) On constate enfin que, dans près de trois quarts des cas (74 %), les viols commis à Paris en 2013 et 2014 l’ont été dans des espaces privés, à commencer par les lieux d’habitation (57 %). Seuls 12 % ont été commis sur la voie publique. « Même s’il frappe l’opinion publique, le viol crapuleux n’est pas la norme », rappelle Me Moscovici. Le Parisien
A l’exception d’un demandeur d’asile afghan, tous sont d’origine pakistanaise. Toutes les filles sont blanches. L’équation est aussi froide et simple qu’explosive, dans un Royaume-Uni en proie au doute sur son modèle multiculturel. (…) Dans les semaines suivant le procès, les médias égrènent les noms de villes où des gangs similaires à celui de Rochdale sont démantelés : Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe… Et, fin octobre, c’est à nouveau à Rochdale qu’un groupe de neuf hommes est appréhendé. Chaque fois, les violeurs sont en grande majorité d’origine pakistanaise. Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d’affaires – des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en « milieu ouvert » – sont d’origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d’origine pakistanaise évaluée à 7 %. (…) En septembre, un rapport gouvernemental conclura à un raté sans précédent des services sociaux et de la police, qui renforce encore l’opinion dans l’idée qu’un « facteur racial » a joué dans l’affaire elle-même, mais aussi dans son traitement par les autorités : entre 2004 et 2010, 127 alertes ont été émises sur des cas d’abus sexuels sur mineurs, bon nombre concernant le groupe de Shabir Ahmed, sans qu’aucune mesure soit prise. A plusieurs reprises, les deux institutions ont estimé que des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans « faisaient leurs propres choix de vie ». Pour Ann Cryer, ancienne députée de Keighley, une circonscription voisine, aucun doute n’est permis : police et services sociaux étaient « pétrifiés à l’idée d’être accusés de racisme ». Le ministre de la famille de l’époque, Tim Loughton, reconnaît que « le politiquement correct et les susceptibilités raciales ont constitué un problème ». L’air est d’autant plus vicié que, à l’audience, Shabir Ahmed en rajoute dans la provocation. Il traite le juge de « salope raciste » et affirme : « Mon seul crime est d’être musulman. » Un autre accusé lance : « Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. » (…) un employé de la mairie s’interroge. Anonymement. « Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du « déchet blanc », c’est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées. » A quelques rues de là, dans sa permanence, Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale qui a été l’un des premiers à parler publiquement d’un « facteur racial », juge tout aussi déterminant ce qu’il appelle le « facteur social » : « Les responsables des services sociaux ont pu imaginer que ces filles de même pas 15 ans se prostituaient, alors qu’ils en auraient été incapables à propos de leurs propres enfants. » (…) Mohammed Shafiq estime qu' »une petite minorité d’hommes pakistanais voient les femmes comme des citoyens de seconde catégorie et les femmes blanches comme des citoyens de troisième catégorie ». Mais, pour lui, les jeunes filles agressées étaient surtout vulnérables. « Le fait qu’elles traînent dehors en pleine nuit, qu’elles soient habillées de façon légère, renforçait les agresseurs dans leur idée qu’elles ne valaient rien, qu’elles étaient inférieures. Mais cela faisait surtout d’elles des proies faciles, alors que les filles de la communauté pakistanaise sont mieux protégées par leur famille, et qu’un abus sexuel y est plus difficilement dissimulable. » Le Monde
Cologne résonne pourtant avec ce qui a pu être constaté en Egypte. On pense au film de Mohamed Diab Les Femmes du bus 678 (2011), et la façon dont des femmes subissent des attouchements. On pense à une enquête de l’écrivain et ancien journaliste du Monde Robert Solé qui décrivait les viols collectifs à répétition en Egypte (« Culture & idées » du 27 avril 2013). Des dizaines voire des centaines d’hommes se jettent sur une ou plusieurs femmes pour arracher leurs vêtements, les toucher, les pénétrer avec leurs doigts. Cette folie collective porte le nom de « taharosh ». Elle a souvent lieu lors de fêtes religieuses. Cela ressemble à ce qui s’est passé lors du soulèvement place Tahrir, au Caire, en 2011. Et cela ressemble à Cologne. Le Monde
Depuis la fin des années 1970 et la révolution iranienne, nous vivons une politisation de l’islam. Celle-ci avait dès le départ un ennemi principal  : l’émancipation de la femme. Quand, maintenant, des hommes de plus en plus nombreux viennent chez nous imprégnés de cette culture et, qui plus est, que certains sont victimes de guerres civiles, cela crée un problème qu’on ne peut pas simplement ignorer.  Alice Schwarzer 
Je suis choquée qu’après Cologne le mouvement féministe allemand dominant ait pris très vite une position xénophobe et antiarabe. Les violences dont sont victimes les femmes lors des fêtes de la bière sont mille fois pires. Mais, ici, ce qui est en jeu, c’est le fantasme du viol de la femme allemande par l’étranger . (…) Je suis violemment pour qu’on puisse porter le voile. Le dogme de la laïcité à la française est le résultat historique de la lutte entre la République et l’Eglise. Cela n’a rien d’universel. Forcer les femmes à se découvrir est une attitude néocoloniale. Ce sont les colons français au Maghreb qui ont commencé.  Barbara Vinken
Contrairement à la France, qui estime ses valeurs universelles, l’Allemagne, depuis le nazisme, ne peut plus se permettre de vouloir imposer sa culture. Les Allemands n’osent même pas critiquer d’autres modes d’expression culturelle . Béatrice Angrand (secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la jeunesse)
Les jeunes féministes allemandes sont d’autant moins enclines à critiquer le voile qu’un certain nombre d’entre elles, musulmanes, le défendent. La rappeuse Reyhan Sahin, par exemple, une spécialiste de la « sémiotique de l’habillement », est détestée par de nombreux musulmans, mais son travail universitaire sur « la signification du voile musulman en Allemagne » a été très remarqué. « Pour elle, le voile est un signe d’émancipation », note Sonja Eismann. Certaines féministes, d’ailleurs, le portent. Le Monde
Si l’on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite.  Simone de Beauvoir 
Alors que la société allemande s’indigne face au récit terrifiant de la nuit de Cologne, durant laquelle des agressions sexuelles de masse ont été commises sur des femmes par des bandes d’hommes dont la plupart seraient d’origine étrangère, plusieurs voix féministes se sont élevées pour rappeler que la culture du viol n’est pas un phénomène importé mais bel et bien ancré dans la culture allemande depuis des siècles. La Fête de la bière de Munich en est l’un des exemples les plus criants. (…) chaque année, plusieurs dizaines d’agressions sexuelles ont lieu durant l’Oktoberfest. Et ce malgré une présence policière renforcée –300 policiers déployés sur la trentaine d’hectares de la «Wiesn», comme les Bavarois appellent la grande «prairie» verte sur laquelle ont lieu les festivités– et la mise en place il y a quelques années d’une vingtaine de caméras de surveillance et de puissants projecteurs à l’extérieur des «tentes à bière», de manière à ne pas laisser de zones plongées dans l’ombre la nuit venue. (…) Pour les femmes qui se rendent dans ces tentes à bière à l’ambiance surchauffée, les paroles vulgaires, les mains baladeuses, les demandes insistantes font partie intégrante de l’Oktoberfest. «Le viol est seulement la partie émergée de l’iceberg», insiste Maike Bublitz, pédagogue au Frauennotruf München. Il existe même un numéro d’urgence destiné aux femmes victimes de violences. «Il y a bien plus de violations des limites, qui vont du fait de tripoter les femmes aux abus sexuels. Il y a une vaste palette d’agressions sexuelles.»(Le nombre d’agressions sexuelles et de viols est pourtant bien plus élevé que celui que laissent entrevoir les statistiques policières, estiment les représentantes des associations présentes sur les lieux, qui estiment que pour une plainte pour viol déposée, il y a en réalité dix à vingt viols. Beaucoup de femmes continuent à avoir honte de signaler une agression aux autorités ou sont découragées par la perspective d’une longue et douloureuse procédure judiciaire qui n’a de toute façon que très peu de chances de déboucher sur une condamnation. Moins d’1% des hommes coupables de viol sont, en effet, condamnés par la justice allemande, comme le rappelait il y a quelques années une campagne d’information lancée par une association féministe allemande qui réclame depuis des années une réforme du paragraphe 177 du code pénal allemand, qui jusqu’à présent ne reconnaît l’existence d’un viol que dans trois cas de figure –lorsque le rapport sexuel est obtenu par la violence, sous la menace ou lorsque la victime ne peut se défendre. Le fait que l’Oktoberfest attire un public international n’est aussi pas étranger à ce faible taux de plaintes déposées, indique Kristina Gottlöber: «Ces touristes ne savent pas comment fonctionne la procédure judiciaire en Allemagne. Une Américaine peut se demander si elle doit ou pas porter plainte quand elle sait qu’elle rentre le surlendemain aux États-Unis. Doit-elle rester sur place, prendre un avocat, quels sont les coûts? Elles veulent simplement rentrer chez elles et oublier l’agression.» (…) Ni la police, ni les associations qui travaillent sur le terrain estiment que les violences sexuelles dont l’Oktoberfest est le théâtre chaque année sont comparables avec l’ampleur extraordinaire des harcèlements de masse qui ont eu lieu à Cologne durant la nuit du Réveillon. Mais Maike Bublitz signale que ce type de violences commises en groupes ont déjà été rapportées durant l’Oktoberfest: «Il y a eu quelques cas où des femmes ont été encerclées par plusieurs hommes et harcelées, tripotées, touchées à l’entrejambe, comme ce qu’on a pu entendre au sujet de Cologne. Cela nous a été rapporté par des femmes au “security point”.» Les agressions ont lieu partout, de jour comme de nuit, rapportent la police et les associations. À l’intérieur des chapiteaux, dans les toilettes, aux abords des manèges, mais surtout sur la fameuse «Kotzhügel», cette «colline de la gerbe» située en bordure des chapiteaux où les visiteurs alcoolisés au dernier degré ont pour habitude de venir vider leurs estomacs et de piquer un somme, voire les deux en même temps, comme on peut le voir sur les fameuses photos prises sur place par les visiteurs chaque année dont nous vous parlions en 2013. Une pratique consistant à déshabiller et photographier sous leur jupe les femmes ivres endormies sur place est d’ailleurs apparue ces dernières années, rapportent les associations. «Nous savons qu’il y a des hommes qui viennent exprès à l’Oktoberfest parce qu’ils pensent qu’ils auront beau jeu», explique Maike Bublitz.(…) L’Oktoberfest n’est d’ailleurs pas la seule grande fête populaire allemande où des agressions sexuelles ont lieu de manière récurrente. Cologne, justement, accueille chaque année au début du mois de février un des plus grands défilés costumés au monde, qui attire chaque année 1,5 million de visiteur. La maire de la capitale rhénane, Henriette Reker, a d’ailleurs annoncé quelques jours après la fameuse nuit où des centaines de femmes ont été agressées qu’un important dispositif policier allait être déployé cette année pour assurer la sécurité des femmes durant le carnaval de Cologne. Les agressions sexuelles y sont pourtant légion depuis des années. En 2014, des féministes ont d’ailleurs lancé un tumblr baptisé «KonsensKarneval» listant et dénonçant les consignes diffusées à l’attention des femmes par les différentes municipalités et commissariats allemands à l’occasion du carnaval. Leur slogan:«Mon costume n’est pas une invitation. » Slate
Si la culture est un joli mot quand il s’agit de création artistique, c’est un gros mot, pour certains, quand il s’agit de cerner et de corriger des pratiques personnelles – éducation, religion, mode de vie, conception de la famille – qui expliqueraient la difficulté d’une communauté à s’intégrer. Pour preuve, le tollé provoqué par le sociologue Hugues Lagrange quand il a publié son livre Le Déni des cultures (Seuil, 2010). Des artistes qui ont adopté cette approche culturelle ont également été critiqués. La Belge Sofie Peeters, une étudiante en cinéma, a diffusé sur Internet en 2012 son court-métrage Femme de la rue, dans lequel elle est filmée en caméra cachée en train de marcher dans un quartier de Bruxelles, à majorité musulmane. Sur ses pas, on entend « salope », « chienne », « putain »… Les réactions ? Manipulation, stigmatisation, procédé manichéen… Il existe un spectacle de danse dont le titre résume ce débat : Can We Talk About This ? « Pouvons-nous parler de ça ? » Pouvons-nous, Occidentaux, parler des ravages du multiculturalisme sans se faire traiter de réactionnaires ? Michel Guerrin
La cour d’appel de Montpellier a décidé ce jeudi du maintien en détention provisoire des deux hommes, de 18 et 22 ans soupçonnés d’avoir violé cette jeune fille de 18 ans. Tous les deux sont en prison depuis leur mise examen début janvier pour viol et diffusion d’images pornographiques à Perpignan (Pyrénées-Orientales), où une enquête a été ouverte pour viol en réunion et diffusion d’images pornographiques. La vidéo en question, un montage d’un peu moins de 5 minutes diffusé début janvier sur plusieurs réseaux sociaux dont Snapchat et Facebook, montraient une relation sexuelle particulièrement brutale le 2 janvier au soir de deux hommes avec une jeune femme. On y voit les deux hommes, dont on n’aperçoit jamais le visage, en survêtement, boire du whisky et fumer des joints avec leur victime présumée, apathique, qui paraît droguée ou alcoolisée. Les images sont accompagnées de commentaires écrits dégradants sur la jeune femme, tout au long de la relation sexuelle. C’est l’identification de l’un des deux hommes qui avait permis de remonter jusqu’au trio, dans un appartement de Perpignan. (…) Les deux suspect avaient fait appel de celle-ci, niant avoir violé leur victime. Pour sa part, la jeune femme de 18 ans n’a pas déposé de plainte.  Les trois protagonistes, qui se connaissaient, s’étaient réunis pour, selon leurs témoignages rapportés par le parquet «pour faire la fête», au cours d’une soirée particulièrement alcoolisée. Le Parisien
Ce devait être un concours de strip-tease avec un voyage aux Etats-Unis à gagner pour la candidate la moins timide. Le jeu a sordidement viré à l’agression sexuelle et au viol collectif. (…) Ce soir-là, l’établissement organisait un concours appelé American Party en référence au film « American Pie ». Une cliente de 27 ans a remporté le prix en terminant sans soutien-gorge et en string. C’est à ce moment qu’une dizaine de spectateurs l’ont rejoint sur scène. Elle s’est retrouvée plaquée au sol puis violée. Le Parisien (La Réunion, mai 2015)
Une partie de striptease organisée dans la boîte de nuit Le Chapiteau à Montvert les Bas a dérapé. Un concours de striptease organisé dans le but de remporter un billet aller-retour pour les Etats-Unis a vu se succéder sur la scène des jeunes femmes du public. Dans l’esprit de cette « american party », le cadeau allait revenir à la jeune fille la plus entreprenante sur le podium. Malheureusement, l’organisation de la discothèque se serait laissée déborder par les agissements de certains de ses clients à tel point que le propriétaire du Chapiteau indique n’avoir rien constaté d’anormal sur le moment. Ce soir-là donc, après avoir enlevé tous ses vêtements, à l’exception de son string, une jeune femme a été entourée par un groupe d’une douzaine d’hommes. Dans l’attroupement et l’euphorie alcoolisée de cette american party, la cliente, une ancienne gogo danseuse de l’établissement, a été victime d’attouchements sexuels puis de pénétrations digitales. Il était vers 1h30 du matin dans la nuit du jeudi 30 avril au vendredi 1er mai. La victime a porté plainte contre X pour viol en réunion dès le 1er mai à la brigade territoriale de gendarmerie de Petite Ile mais les investigations ont été transférées aux enquêteurs de la police nationale, compétente pour le territoire sur lequel est intervenue cette affaire. Zinfos 974
Ne crie pas comme ça, on va finir par croire que je te viole. Adolescent congolais
Ces deux affaires sont très similaires. Dans les deux cas, on a des victimes qui se mettent en danger, sans avoir conscience du risque qu’elles prennent, en aggravant encore la situation en consommant de l’alcool et des stupéfiants. On ne peut pas vraiment parler de préméditation chez les agresseurs, mais ce qui est sûr, c’est que l’hypothèse que la soirée puisse se conclure par une relation sexuelle est envisagée dès le départ du côté masculin.  Éric Maillaud
Nos médias opposent généralement les réfugiés appartenant aux classes moyennes «civilisées» et les «barbares» des classes inférieures, qui volent, qui harcèlent les femmes et les violentent, qui défèquent en public, etc. Au lieu de dénigrer tout ce discours en le présentant comme une propagande raciste, nous devrions avoir le courage de discerner un élément de vérité en lui: la brutalité, qui va jusqu’à la cruauté absolue pour les faibles, pour les animaux, les femmes, etc., est un trait caractéristique traditionnel des «classes inférieures» ; l’une de leurs stratégies de résistance face aux détenteurs du pouvoir a toujours consisté à faire un terrifiant étalage de brutalité, destiné à perturber le sens de la décence des classes moyennes. Et il est tentant d’interpréter ainsi ce qui s’est passé à Cologne durant la nuit de la Saint-Sylvestre, il est tentant d’interpréter ces événements comme un obscène carnaval de classes inférieures (…) De façon assez prévisible, l’événement gagne en ampleur au fil des jours: ce sont désormais plus de 500 femmes qui ont porté plainte, des incidents similaires ayant été constatés dans d’autres villes allemandes (ainsi qu’en Suède) cette même nuit-là ; certains éléments laissent penser que ces agressions étaient préméditées et coordonnées ; par ailleurs, des «défenseurs de l’Occident civilisé», barbares d’extrême-droite anti-immigrés, contre-attaquent en agressant des immigrés, de sorte que la spirale de la violence menace de se déchaîner… Et, de façon là encore prévisible, la gauche libérale politiquement correcte a mobilisé ses troupes pour minimiser l’événement, de la même façon qu’elle l’avait fait dans le cas de Rotherham il y a un an. Mais il y a plus, bien plus. C’est qu’il nous faudrait intégrer le carnaval de Cologne à cette longue histoire qui débute sans doute dans le Paris des années 1730 et dont le dit «grand massacre des chats» décrit par Robert Darnton – au cours duquel des ouvriers d’imprimerie torturèrent et tuèrent rituellement tous les chats sur lesquels ils purent mettre la main, y compris l’animal chéri de la femme de leur maître – constitue un jalon essentiel. Ces apprentis-là étaient moins bien traités que des animaux, moins bien traités que les chats tant adorés par l’épouse de leur maître. Une nuit, les gars décidèrent de réparer cette injustice: ivres de joie, de chaos, hilares, ils déversèrent des sacs entiers de chats à demi-morts dans la cour de l’imprimerie avant de les pendre à un gibet improvisé. Pourquoi ce massacre était-il si amusant ? Durant le carnaval, les gens de peu suspendaient les règles normales régissant le comportement de chacun ; ils renversaient l’ordre social, cérémonieusement pour ainsi dire: ils le retournaient cul par dessus tête au cours de processions séditieuses. Le carnaval était cette parenthèse laissant libre cours à l’hilarité, à la sexualité, à l’émeute – et la foule incorporait souvent la thématique de la torture des chats dans ses chants et morceaux de musique. Tout en moquant un cocu, ou quelque autre victime, les séditieux faisaient un sort à un chat, ils lui arrachaient sa fourrure pour le faire hurler. Faire le chat, appelait-on cela en France. Les Allemands, eux, parlent de Katzenmusik – un terme dont l’origine remonte très probablement à ces pratiques, à ces hurlements de chats torturés. La torture des animaux, et particulièrement des chats, fut un divertissement populaire tout au long des débuts de la modernité européenne. C’est que les chats étaient associés à l’aspect le plus intime de la vie domestique: le sexe. Le chat, la chatte, le minet sont des termes de l’argot français qui signifient ce que signifie pussy en anglais, et ils ont été utilisés des siècles durant dans un registre obscène. Et si nous envisagions les événements de Cologne comme une version contemporaine du faire le chat ? Comme une rébellion carnavalesque des laissés-pour-compte ? Je ne crois pas qu’il s’agissait simplement pour ces hommes jeunes et affamés de sexe de satisfaire de toute urgence leurs pulsions: cela, ils auraient pu le faire de façon plus discrète, dissimulée. Le plus important pour eux, me semble-t-il, était de donner un spectacle public destiné à installer dans les esprits des sentiments de peur et d’humiliation: les pussies, les chattes des Allemandes des classes privilégiées devaient faire l’expérience d’une douloureuse vulnérabilité. Il ne faut naturellement pas chercher dans un tel carnaval le moindre élément synonyme de rédemption, d’émancipation ou de libération effective – mais c’est bien ainsi que se déroulent les carnavals. Voilà pourquoi les tentatives naïves visant à «éclairer» les immigrants (visant à leur expliquer que nos mœurs sexuelles sont différentes, qu’une femme marchant tout sourire dans la rue en mini-jupe n’invite pas ce faisant à un rapport sexuel, etc.) sont d’une impressionnante bêtise. Ils savent très bien tout cela, et c’est précisément pourquoi ils agissent ainsi. Ils savent parfaitement que ce qu’ils font est radicalement étranger à notre culture, et ils le font dans le but précis de blesser nos sensibilités. Voilà pourquoi nous devons contribuer à ce que change cette posture faite d’envie et d’agressivité vengeresse, et non pas leur enseigner ce qu’ils savent déjà parfaitement. Slavoj Žižek
‘Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux D’où parviennent jusqu’ici ces aboiements ?’ Reconnaissons-nous, de même, dans le récit de Théramène, les chevaux emportés qui traînent le cadavre d’Hippolyte sur la plage, écartelé ? Qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? Merci, Monsieur, de nous avoir fait entendre, en ces abois, ces hennissements, ces hurlements d’animaux enragés, nos propres vociférations ; d’avoir dévoilé, en cette meute sanglante, en cet attelage emballé, en ce noeud de vipères, en ces bêtes acharnées, la violence abominable de nos sociétés ; d’avoir révélé, enfin, en ces corps déchiquetés, les victimes innocentes des lynchages que nous perpétrons. Tiré de Racine, ce bestiaire hominien eût pu s’échapper, furieux, de l’Antiquité grecque, où des femmes thraces dépècent Orphée, de la Renaissance anglaise ou de notre xviie siècle classique, où chaque tragédie porte en elle, imagée ou réelle, une trace immanquable de cette mise à mort. Les Imprécations de Camille, chez Corneille, réunissent contre Rome tous les peuples issus du fond de l’univers et dans Shakespeare, les sénateurs, assemblés, plantent leurs couteaux croisés dans le thorax de César. L’origine de la tragédie, que Nietzsche chercha sans la trouver, vous l’avez découverte ; elle gisait, tout offerte, en la racine hellénique du terme lui-même : tragos signifie, en effet, le bouc, ce bouc émissaire que des foules prêtes à la boucherie expulsent en le chargeant des péchés du monde, les leurs propres, et dont l’Agneau de Dieu inverse l’image. Merci d’avoir porté la lumière dans la boîte noire que nous cachons parmi nous. Nous. Nous, patriciens, au marais de la Chèvre, assemblés en cercles concentriques autour du roi de Rome ; nous, parmi les ténèbres d’un orage parcouru d’éclairs ; nous, découpant Romulus en morceaux, et, la clarté revenue, fuyant, honteux, chacun dissimulant, dans le pli de sa toge, un membre du roi de Rome dépecé ; nous, soldats romains, pressés autour de Tarpeia, jetant nos bracelets, nos boucliers sur le corps virginal de la vestale chaste ; nous, lapidateurs de la femme adultère ; nous, persécuteurs, lançant pierre après pierre sur le diacre Étienne, dont l’agonie voit les cieux ouverts… … nous, bannissant ou élisant tel candidat en inscrivant son nom sur des tessons de terre cuite, souvenir oublié de ces pierres de lapidation ; nous, désignant un chef par nos suffrages, sans nous remémorer que ce mot fractal signifie encore les mêmes fragments, jetés sur l’élu ; de ces pierres assassines, nous bâtissons nos villes, nos maisons, nos monuments, notre Coupole ; nous, désignant roi ou victime, parmi nos fureurs temporairement canalisées par ce suffrage même ; nous, vos confrères, qui, de nos suffrages, vous avons élu ; nous, sagement assis autour de vous, debout, discourant de notre Père Carré, mort. Grâce à vous, je vois pour la première fois le sens archaïquement sauvage de cette cérémonie, les cercles concentriques des sièges, fixés au sol, immobilisés, séparés ; j’entends le silence du public, apaisé de fascination, vous écoutant, vous, élu, debout ; je découvre aussi pour la première fois cette chapelle ronde autour du tombeau de Mazarin, tous deux faits des pierres d’une lapidation gelée, reproduisant, comme en modèle réduit, les pyramides d’Égypte, résultats elles aussi, elles sans doute parmi les premières, d’une lapidation longue, celle du corps de Pharaon, accablé couché sous ce monceau. Les institutions élèvent-elles nécropoles et métropoles à partir de ce supplice primitif ? La Coupole en dessine-t-elle encore le schéma oublié ? Michel Serres
Si nous voulons aborder le « fait religieux » autrement que sous la forme d’une collection de savoirs, forcément émiettés et terriblement lacunaires, une voie peut être l’approfondissement d’un texte assez bien choisi pour qu’il rende le « religieux » intelligible. Ce postulat d’intelligibilité fonde le christianisme par essence. Il ne saurait y avoir contradiction, en toute dernière instance, entre ce message « religieux » et la rationalité, et ce malgré le contentieux historique lourd entre l’Eglise et la philosophie des Lumières. Ce texte en est une illustration magnifique. Il suffit de le lire en oubliant qu’il nous a été transmis par une institution religieuse pour qu’il nous devienne singulièrement utile, et pour commencer sur le plan professionnel. Voilà une situation dite de « conflit » et qui pourrait dégénérer en « violence ». Cette fois c’est l’analyse du philosophe René Girard qui peut servir d’éclairage. Comme F. Quéré, il observe que l’épisode marque une étape dans un drame qui aboutira à l’explosion de violence du Golgotha, lieu où Jésus mourra crucifié. Mais au cours de cette scène qui se déroule au Temple, la spirale de violence est enrayée. Cette spirale, que Girard nomme aussi « l’escalade » est toujours mimétique ; elle procède d’un entraînement mutuel et aboutit dans un cercle fermé, où, comme dans un chaudron, la tension monte, les pulsions violentes convergeant vers une victime placée sans défense « au milieu du groupe ». La réponse apportée par cet artiste de la non violence qu’est Jésus tient ici d’abord à une attitude. « Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer des traits sur le sol ». Les yeux baissés évitent ainsi la rencontre des regards. Or c’est de leur croisement que procède la violence mimétique. Il faut en avoir fait l’expérience pour comprendre à quel point une formule comme « Regarde-moi dans les yeux ! » peut être vécue comme agressive lorsque le maître, outré, croit ainsi provoquer les aveux de l’élève ! Donc, sans regarder cette troupe d’excités, Jésus s’absorbe dans une autre occupation : « il trace des traits sur le sol ». (…) Le verbe « graphein » qui a donné « graphie » pointe aussi bien l’écriture que le dessin. Dommage pour les commentateurs ultérieurs qui y voyaient la relativisation de la Loi de l’Ancien Testament, destinée à être dépassée, puisqu’écrite sur le sable. Mais le terme « gué » n’a pas ce sens : c’est la « terre », ou le « sol », ce socle qui nous est commun, que nous soyons agresseurs ou agressés. Il est possible d’ailleurs que Jésus ait su lire, mais non écrire, ce qui était courant à l’époque. Tout au plus, mais c’est là l’interprétation que me suggère mon enthousiasme, pourrait-on comprendre que l’activité graphique, par la concentration qu’elle requiert, oblige à prendre du recul, et contribue à la résolution du conflit ! (…) Les peintres quant à eux, astreints à rassembler dans une image immobile un développement narratif, anticiperont souvent la suite, et inscriront dans leur représentation la parole de Jésus : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Cette phrase est un coup de génie, parce que c’est aussi la solution la plus simple. D’abord l’énonciation se fait au singulier, sans pour autant désigner nommément quelqu’un. La spirale du « défoulement », toujours collectif, est rompue. Mais avec un grand doigté, par un protagoniste qui prend le risque calculé de l’accompagner : « Allez-y, lapidez-la, mais… ». La phrase reprend très certainement la disposition juridique du Deutéronome relative aux témoins, mais en procurant un éclairage aigu sur son fondement. En matière de lapidation, c’est « commencer » qui est la grande affaire ! Le fait de pointer ainsi la nature du phénomène suffit apparemment à l’inverser : le cercle mortel se défait, et les agresseurs s’en vont, « à commencer par les plus vieux »… Jean-Marc Muller
Pour expliquer cette coutume, on peut y voir un sous-produit des lapidations rituelles. Lapider une victime, c’esr recouvrir son corps de pierre. Lorsqu’on jette beaucoup de pierres sur un vivant, non seulement il meurt mais ces pierres prennent tout naturellement la forme tronconique du « tumulus » qu’on retrouve, plus ou moins géométrisée, dans les pyramides sacrificielles ou funéraires de nombreux peuples. (…) le tombeau est inventé à partir du moment où la coutume de recouvrir les cadavres de pierres se répand en l’absence de toute lapidation. René Girard
Les arts ne sont jamais que la reproduction de cette crise-là, de ce dénouement-là, sous une forme plus ou moins voilée. Tout commence toujours par des affrontements symétriques finalement résolus dans des rondes victimaires. René Girard
Le lynchage collectif est l’aboutissement du mécanisme par lequel nous pensons nous débarrasser de la violence en l’expulsant vers l’extérieur. Dans les constructions juridiques des  » païens « , il est ritualisé. Si la Loi d’Israël se différencie de celle des  » païens « , c’est parce qu’elle doit mener à l’intériorisation de la conscience de la violence. À nos propres yeux, nous sommes toujours pacifiques et ce sont les autres qui sont violents. C’est toujours l’autre qui a commencé. Dénoncer les fautes de l’autre est une des formes de la rivalité mimétique qui me permet d’affirmer ma supériorité sur l’autre et de justifier ma violence contre lui. La loi des nations païennes est toujours finalement inefficace parce que la violence expulsée finit par revenir. Tout l’enseignement prophétique consiste à prêcher le renoncement individuel à la violence, seule garantie de son éradication. (…) Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter  » la première pierre  » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier.  » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ».  » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne :  » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse  » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de  » bouc émissaire  » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme  » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du  » sacrifice parfait  » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. (…) En même temps, le devoir du chrétien est de dénoncer le péché là où il se trouve. Le communisme a pu s’effondrer sans violence parce que le monde libre et le monde communiste avaient accepté de ne plus remettre en cause les frontières existantes ; à l’intérieur de ces frontières, des millions de chrétiens ont combattu sans violence pour la vérité, pour que la lumière soit faite sur le mensonge et la violence des régimes qui asservissaient leurs pays. Encore une fois, face au danger de mimétisme universel de la violence, vous n’avez qu’une réponse possible : le christianisme. René Girard
La loi mosaïque prescrit la lapidation des condamnés à mort. J’interprète ce mode d’exécution, bien entendu, comme l’imitation rituelle d’un meurtre fondateur, c’est-à-dire d’une première lapidation qui, dans un passé lointain, a réconcilié la communauté. C’est parce que la communauté s’est réconciliée qu’elle a fait de cette violence unanime un modèle rituel, un modèle d’unanimité. Tout le monde doit jeter des pierres. C’est ainsi, de toute évidence, que la thèse mimétique doit expliquer l’existence d’une lapidation institutionnelle, telle qu’on la trouve beaucoup plus tard codifiée dans le Lévitique. La lapidation n’était requise que pour les épouses adultères, pas pour les époux. Au premier siècle de notre ère, cette prescription était contestée. Certains la jugeaient trop sévère. Jésus se trouve confronté à un dilemme redoutable. Il est soupçonné de mépriser la Loi. S’il dit non à la lapidation, le soupçon paraît confirmé. S’il dit oui, il trahit son propre enseignement, entièrement dirigé contre les contagions mimétiques, les emballements violents dont cette lapidation, si elle avait lieu, serait un exemple, au même titre que la Passion. A plusieurs reprises, Jésus est menacé de lapidation dans les scènes qui annoncent et préparent la Passion. Le révélateur et le dénonciateur du meutre fondateur ne peut manquer d’intervenir en faveur de toutes les victimes du processus qui finalement aura raison de lui. Si les hommes qui interpellent Jésus ne désiraient pas susciter la lapidation, ils ne placeraient pas la coupable « bien en vue », ils ne l’exhiberaient pas complaisamment. Ils veulent que rayonne sur la foule, sur les passants éventuels, la puissance du scandale qui émane de l’adultère. Ils veulent pousser jusqu’à son terme fatal l’emballement mimétique qu’ils ont déclenché. Pour préparer son intervention, pour la rendre décisive, Jésus a besoin d’un peu de recueillement, il a besoin de gagner du temps, et il écrit dans la poussière avec son doigt. On se demande toujours ce qu’il a pu écrire. Cette question me paraît oiseuse. Il faut la laisser aux entichés de langage et d’écriture. Il ne faut pas toujours recommencer le moyen âge. Ce n’est pas dans le dessein d’écrire que Jésus se penche, c’est parce qu’il s’est penché qu’il écrit. Il s’est penché pour ne pas regarder ceux qui le défient du regard. Si Jésus renvoyait ce regard, la foule se sentirait à son tour défiée, c’est son propre regard, son propre défi qu’elle croirait reconnaître dans les yeux de Jésus. L’affrontement mènerait tout droit à la violence, c’est-à-dire à la mort de la victime qu’il s’agit de sauver. Jésus évite jusqu’à l’ombre d’une provocation. Et enfin, il parle : « Que celui qui se croit sans péché lui jette la première pierre ! » Pourquoi la première pierre ? Parce qu’elle est seule décisive. Celui qui la jette n’a personne à imiter. Rien de plus facile que d’imiter un exemple déjà donné. Donner soi-même l’exemple est tout autre chose. La foule est mimétiquement mobilisée, mais il lui reste un dernier seuil à franchir, celui de la violence réelle. Si quelqu’un jetait la première pierre, aussitôt les pierres pleuvraient. En attirant l’attention sur la première pierre, la parole de Jésus renforce cet obstacle ultime à la lapidation. Il donne aux meilleurs de cette foule le temps d’entendre sa parole et de s’examiner eux-mêmes. S’il est réel, cet examen ne peut manquer de découvrir le rapport circulaire de la victime et du bourreau. Le scandale qu’incarne cette femme à leurs yeux, ces hommes le portent déjà en eux-mêmes, et c’est pour s’en débarrasser qu’ils le projettent sur elle, d’autant plus aisément, bien sûr, qu’elle est vraiment coupable. Pour lapider une victime de bon coeur, il faut se croire différent d’elle, et la convergence mimétique, je le rappelle, s’accompagne d’une illusion de divergence. C’est la convergence réelle combinée avec l’illusion de divergence qui déclenche ce que Jésus cherche à prévenir, le mécanisme du bouc émissaire. La foule précède l’individu. Ne devient vraiment individu que celui qui, se détachant de la foule, échappe à l’unanimité violente. Tous ne sont pas capables d’autant d’initiative. Ceux qui en sont capables se détachent les premiers et, ce faisant, empêchent la lapidation. (…) A côté des temps individuels, donc, il y a toujours un temps social dans notre texte, mais il singe désormais les temps individuels, c’est le temps des modes et des engouements politiques, intellectuels, etc. Le temps reste ponctué par des mécanismes mimétiques. Sortir de la foule le premier, renoncer le premier à jeter des pierres, c’est prendre le risque d’en recevoir. La décision en sens inverse aurait été plus facile, car elle se situait dans le droit fil d’un emballement mimétique déjà amorcé. La première pierre est moins mimétique que les suivantes, mais elle n’en est pas moins portée par la vague de mimétisme qui a engendré la foule. Et les premiers à décider contre la lapidation ? Faut-il penser que chez eux au moins il n’y a aucune imitation ? Certainement pas. Même là il y en a, puisque c’est Jésus qui suggère à ces hommes d’agir comme ils le font. La décision contre la violence resterait impossible, nous dit le christianisme, sans cet Esprit divin qui s’appelle le Paraclet, c’est-à-dire, en grec ordinaire, « l’avocat de la défense » : c’est bien ici le rôle de Jésus lui-même. Il laisse d’ailleurs entendre qu’il est lui-même le premier Paraclet, le premier défenseur des victimes. Et il l’est surtout par la Passion qui est ici, bien sûr, sous-entendue. La théorie mimétique insiste sur le suivisme universel, sur l’impuissance des hommes à ne pas imiter les exemples les plus faciles, les plus suivis, parce que c’est cela qui prédomine dans toute société. Il ne faut pas en conclure qu’elle nie la liberté individuelle. En situant la décision véritable dans son contexte vrai, celui des contagions mimétiques partout présentes, cette théorie donne à ce qui n’est pas mécanique, et qui pourtant ne diffère pas du tout dans sa forme de ce qui l’est, un relief que la libre décision n’a pas chez les penseurs qui ont toujours la liberté à la bouche et de ce fait même, croyant l’exalter, la dévaluent complètement. Si on glorifie le décisif sans voir ce qui le rend très difficile, on ne sort jamais de la métaphysique la plus creuse. Même le renoncement au mimétisme violent ne peut pas se répandre sans se transformer en mécanisme social, en mimétisme aveugle. Il y a une lapidation à l’envers symétrique de la lapidation à l’endroit non dénuée de violence, elle aussi. C’est ce que montrent bien les parodies de notre temps. Tous ceux qui auraient jeté des pierres s’il s’était trouvé quelqu’un pour jeter la première sont mimétiquement amenés à n’en pas jeter. Pour la plupart d’entre eux, la vraie raison de la non-violence n’est pas la dure réflexion sur soi, le renoncement à la violence : c’est le mimétisme, comme d’habitude. Il y a toujours emballement mimétique dans une direction ou dans une autre. En s’engouffrant dans la direction déjà choisie par les premiers, les « mimic men » se félicitent de leur esprit de décision et de liberté. Il ne faut pas se leurrer. Dans une société qui ne lapide plus les femmes adultères, beaucoup d’hommes n’ont pas vraiment changé. La violence est moindre, mieux dissimulée, mais structurellement identique à ce qu’elle a toujours été. Il n’y a pas sortie authentique du mimétisme, mais soumission mimétique à une culture qui prône cette sortie. Dans toute aventure sociale, quelle qu’en soit la nature, la part d’individualisme authentique est forcément minime mais pas inexistante. Il ne faut pas oublier surtout que le mimétisme qui épargne les victimes est infiniment supérieur objectivement, moralement, à celui qui les tue à coups de pierres. Il faut laisser les fausses équivalences à Nietzsche et aux esthétismes décadents. Le récit de la femme adultère nous fait voir que des comportements sociaux identiques dans leur forme et même jusqu’à un certain point dans leur fond, puisqu’ils sont tous mimétiques, peuvent néanmoins différer les uns des autres à l’infini. La part de mécanisme et de liberté qu’ils comportent est infiniment variable. Mais cette inépuisable diversité ne prouve rien en faveur du nihilisme cognitif ; elle ne prouve pas que les comportements sont incomparables et inconnaissables. Tout ce que nous avons besoin de connaître pour résister aux automatismes sociaux, aux contagions mimétiques galopantes, est accessible à la connaissance. René Girard

Et si emportés par leur zèle dévoyé d’antiracistes, nos Clémentine Autain avaient mis le doigt sur quelque chose ?

Lapidations, crimes d’honneur, jeunes filles condamnées à être violées pour atteinte à l’honneur d’une famille, maroquinades françaises, noir-américaines ou soviétiques, furie de syndicalistes, enfants agressées sexuellement par centaines et en toute impunité par des réseau d’anglo-pakistanais, agressions sexuelles de masse à l’occasion de fêtes religieuses, viol collectif « consensuel » « socialisé » sur internet, concours de strip-tease en boite de nuit ou soirées trop arrosées qui virent au viol collectif, débordements de carnavals, bizutages militaires ou étudiants, concours de teeshirt mouilé des spring breaks américaines, cardio striptease de nos salles d’aerobics, cancans de nos revues pigalliennes, chahuts de nos années lycées, rondes ou jeux d’élimination de nos enfances …

Au lendemain des récentes agressions sexuelles du Nouvel An où une Europe complètement désarmée redécouvre, à mi-chemin entre le viol-châtiment pour des infidèles ne respectant pas le code de l’honneur et  le viol-festif d’opportunité (pardon: « la rébellion carnavalesque des laissés-pour-compte » pour que « les chattes des Allemandes des classes privilégiées fassent l’expérience d’une douloureuse vulnérabilité ») …

La violence non plus du Zeus déguisé du gentil mythe de nos érudits mais du taureau de l’immigration musulmane …

Et en cette journée de l’ouverture du salon de l’auto de Bruxelles où, suite à certaines dérives, la Ministre de l’Egalité des Chances belge part en guerre contre les hôtesses trop sexy …

Comment ne pas repenser à ces magistrales analyses girardiennes sur la femme adultère de l’Evangile ou sur la décollation de Jean-Baptiste …

Où le théoricien des systèmes sacrificiels et des phénomènes de bouc émissaire nous rappelait combien …

Nos arts et rituels apparemment les plus innocents pouvaient vite retrouver l’alcoolisation aidant …

Leur vérité jusqu’ici dissimulée ou oubliée de « rondes victimaires » ?

D’où, en nos sociétés déchristianisées et bientôt notre planète livrées à l’irrésistible travail de sape de la mondialisation et donc désormais dépourvues de rituels de remplacement non-victimaires tels que l’eucharistie, le « péril de priver la violence mimétique de tout exutoire » ?

La femme adultère sauvée de la lapidation

René Girard

Quand Ces Choses Commenceront

« […] – On retombe sur le mystère de ce Dieu tout-puissant et omniscient qui laisse sa créature libre… qui fait comme s’Il ne savait pas où elle va… »
– Si je donne l’impression que Dieu joue avec nous au chat et à la souris, ou au tigre si vous préférez, je me suis mal expliqué. Pour essayer de comprendre les rapports entre l’appel qui vient de Dieu d’une part et, d’autre part, le jeu du mimétisme et de la liberté, je vous propose une petite explication de texte. Nous allons prendre un des plus grands récits évangéliques, celui de la femme adultère sauvée de la lapidation. C’est un texte un peu mystérieux, car il ne figure pas dans les plus anciens manuscrits de Jean. Beaucoup de commentateurs pensent qu’il rappelle le style de Luc plus que celui de Jean, et cela me semble assez juste. « De toute façon, dit la Bible de Jérusalem, personne ne doute de sa canonicité ». Le voici :

« … Les scribes et les Pharisiens lui amènent alors une femme surprise en adultère et, la plaçant bien en vue, ils disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse nous a prescrit dans la Loi de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Comme ils insistaient, il se redressa et leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre ! » Et, se baissant à nouveau, il se remit à écrire sur le sol. A ces mots, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et Jésus resta seul avec la femme, qui était toujours là. Alors, se redressant, il lui dit : « Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? – Personne, Seigneur, répondit-elle. – Moi non plus, lui dit Jésus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. » »

La loi mosaïque prescrit la lapidation des condamnés à mort. J’interprète ce mode d’exécution, bien entendu, comme l’imitation rituelle d’un meurtre fondateur, c’est-à-dire d’une première lapidation qui, dans un passé lointain, a réconcilité la communauté. C’est parce que la communauté s’est réconciliée qu’elle a fait de cette violence unanime un modèle rituel, un modèle d’unanimité. Tout le monde doit jeter des pierres. C’est ainsi, de toute évidence, que la thèse mimétique doit expliquer l’existence d’une lapidation institutionnelle, telle qu’on la trouve beaucoup plus tard codifiée dans le Lévitique.

La lapidation n’était requise que pour les épouses adultères, pas pour les époux. Au premier siècle de notre ère, cette prescription était contestée. Certains la jugeaient trop sévère. Jésus se trouve confronté à un dilemme redoutable. Il est soupçonné de mépriser la Loi. S’il dit non à la lapidation, le soupçon paraît confirmé. S’il dit oui, il trahit son propre enseignement, entièrement dirigé contre les contagions mimétiques, les emballements violents dont cette lapidation, si elle avait lieu, serait un exemple, au même titre que la Passion. A plusieurs reprises, Jésus est menacé de lapidation dans les scènes qui annoncent et préparent la Passion. Le révélateur et le dénonciateur du meutre fondateur ne peut manquer d’intervenir en faveur de toutes les victimes du processus qui finalement aura raison de lui.

Si les hommes qui interpellent Jésus ne désiraient pas susciter la lapidation, ils ne placeraient pas la coupable « bien en vue », ils ne l’exhiberaient pas complaisamment. Ils veulent que rayonne sur la foule, sur les passants éventuels, la puissance du scandale qui émane de l’adultère. Ils veulent pousser jusqu’à son terme fatal l’emballement mimétique qu’ils ont déclenché.

Pour préparer son intervention, pour la rendre décisive, Jésus a besoin d’un peu de recueillement, il a besoin de gagner du temps, et il écrit dans la poussière avec son doigt. On se demande toujours ce qu’il a pu écrire. Cette question me paraît oiseuse. Il faut la laisser aux entichés de langage et d’écriture. Il ne faut pas toujours recommencer le moyen âge.

Ce n’est pas dans le dessein d’écrire que Jésus se penche, c’est parce qu’il s’est penché qu’il écrit. Il s’est penché pour ne pas regarder ceux qui le défient du regard. Si Jésus renvoyait ce regard, la foule se sentirait à son tour défiée, c’est son propre regard, son propre défi qu’elle croirait reconnaître dans les yeux de Jésus. L’affrontement mènerait tout droit à la violence, c’est-à-dire à la mort de la victime qu’il s’agit de sauver. Jésus évite jusqu’à l’ombre d’une provocation.

Et enfin, il parle : « Que celui qui se croit sans péché lui jette la première pierre ! » Pourquoi la première pierre ? Parce qu’elle est seule décisive. Celui qui la jette n’a personne à imiter. Rien de plus facile que d’imiter un exemple déjà donné. Donner soi-même l’exemple est tout autre chose.

La foule est mimétiquement mobilisée, mais il lui reste un dernier seuil à franchir, celui de la violence réelle. Si quelqu’un jetait la première pierre, aussitôt les pierres pleuvraient.

En attirant l’attention sur la première pierre, la parole de Jésus renforce cet obstacle ultime à la lapidation. Il donne aux meilleurs de cette foule le temps d’entendre sa parole et de s’examiner eux-mêmes. S’il est réel, cet examen ne peut manquer de découvrir le rapport circulaire de la victime et du bourreau. Le scandale qu’incarne cette femme à leurs yeux, ces hommes le portent déjà en eux-mêmes, et c’est pour s’en débarrasser qu’ils le projettent sur elle, d’autant plus aisément, bien sûr, qu’elle est vraiment coupable.

Pour lapider une victime de bon coeur, il faut se croire différent d’elle, et la convergence mimétique, je le rappelle, s’accompagne d’une illusion de divergence. C’est la convergence réelle combinée avec l’illusion de divergence qui déclenche ce que Jésus cherche à prévenir, le mécanisme du bouc émissaire.

La foule précède l’individu. Ne devient vraiment individu que celui qui, se détachant de la foule, échappe à l’unanimité violente. Tous ne sont pas capables d’autant d’initiative. Ceux qui en sont capables se détachent les premiers et, ce faisant, empêchent la lapidation.

Cette imitation comporte une dimension authentiquement individuelle. La preuve, c’est le temps plus ou moins long qu’il requiert suivant les individus. La naissance de l’individu est naissance des temps individuels. Aussi longtemps qu’ils forment une foule, ces hommes se présentent tous ensemble et ils parlent tous ensemble pour dire exactement la même chose. La parole de Jésus dissout la foule. Les hommes s’en vont un à un, suivant la différence des temps qu’il faut à chacun pour entendre la Révélation.

Comme la plupart des hommes passent leur vie à imiter, ils ne savent pas qu’ils imitent. Même les plus capables d’initiative n’en prennent presque jamais. Pour savoir de quoi un individu est capable, il faut une situation exceptionnelle, telle la lapidation manquée.

« Les plus vieux » renoncent les premiers. Peut-être ont-ils le sang moins bouillant que leurs cadets, peut-être la proximité de la mort les rend-elle moins stricts avec autrui, plus stricts avec eux-mêmes. Peu importe en définitive. Seule importe la distinction entre les premiers et tous les autres.

Une fois les plus vieux sortis, les moins vieux et même les plus jeunes sortent de la foule, de plus en plus vite à mesure que les modèles se multiplient. Qu’il s’agisse de jeter des pierres ou, au contraire, de n’en pas jeter, le commencement seul a du prix. La vraie différence est là.

Pour les premiers imitateurs de ceux qui ont commencé, on peut encore parler de décision, mais en un sens qui s’affaiblit toujours plus vite à mesure que le nombre des décidés augmente. La décision initiale, dès qu’elle est imitée, redevient vite contagion pure, mécanisme social.

A côté des temps individuels, donc, il y a toujours un temps social dans notre texte, mais il singe désormais les temps individuels, c’est le temps des modes et des engouements poliques, intellectuels, etc. Le temps reste ponctué par des mécanismes mimétiques.

Sortir de la foule le premier, renoncer le premier à jeter des pierres, c’est prendre le risque d’en recevoir. La décision en sens inverse aurait été plus facile, car elle se situait dans le droit fil d’un emballement mimétique déjà amorcé. La première pierre est moins mimétique que les suivantes, mais elle n’en est pas moins portée par la vague de mimétisme qui a engendré la foule.

Et les premiers à décider contre la lapidation ? Faut-il penser que chez eux au moins il n’y a aucune imitation ? Certainement pas. Même là il y en a, puisque c’est Jésus qui suggère à ces hommes d’afir comme ils le font. La décision contre la violence resterait impossible, nous dit le christianisme, sans cet Esprit divin qui s’appelle le Paraclet, c’est-à-dire, en grec ordinaire, « l’avocat de la défense » : c’est bien ici le rôle de Jésus lui-même. Il laisse d’ailleurs entendre qu’il est lui-même le premier Paraclet, le premier défenseur des victimes. Et il l’est surtout par la Passion qui est ici, bien sûr, sous-entendue.

La théorie mimétique insiste sur le suivisme universel, sur l’impuissance des hommes à ne pas imiter les exemples les plus faciles, les plus suivis, parce que c’est cela qui prédomine dans toute société. Il ne faut pas en conclure qu’elle nie la liberté individuelle. En situant la décision véritable dans son contexte vrai, celui des contagions mimétiques partout présentes, cette théorie donne à ce qui n’est pas mécanique, et qui pourtant ne diffère pas du tout dans sa forme de ce qui l’est, un relief que la libre décision n’a pas chez les penseurs qui ont toujours la liberté à la bouche et de ce fait même, croyant l’exalter, la dévaluent complètement. Si on glorifie le décisif sans voir ce qui le rend très difficile, on ne sort jamais de la métaphysique la plus creuse.

Même le renoncement au mimétisme violent ne peut pas se répandre sans se transformer en mécanisme social, en mimétisme aveugle. Il y a une lapidation à l’envers symétrique de la lapidation à l’endroit non dénuée de violence, elle aussi. C’est ce que montrent bien les parodies de notre temps.

Tous ceux qui auraient jeté des pierres s’il s’était trouvé quelqu’un pour jeter la première sont mimétiquement amenés à n’en pas jeter. Pour la plupart d’entre eux, la vraie raison de la non-violence n’est pas la dure réflexion sur soi, le renoncement à la violence : c’est le mimétisme, comme d’habitude. Il y a toujours emballement mimétique dans une direction ou dans une l’autre. En s’engouffrant dans la direction déjà choisie par les premiers, les « mimic men » se félicitent de leur esprit de décision et de liberté.

Il ne faut pas se leurrer. Dans une société qui ne lapide plus les femmes adultères, beaucoup d’hommes n’ont pas vraiment changé. La violence est moindre, mieux dissimulée, mais structurellement identique à ce qu’elle a toujours été.

Il n’y a pas sortie authentique du mimétisme, mais soumission mimétique à une culture qui prône cette sortie. Dans toute aventure sociale, quelle qu’en soit la nature, la part d’individualisme authentique est forcément minime mais pas inexistante.

Il ne faut pas oublier surtout que le mimétisme qui épargne les victimes est infiniment supérieur objectivement, moralement, à celui qui les tue à coups de pierres. Il faut laisser les fausses équivalences à Nietzsche et aux esthétismes décadents.

Le récit de la femme adultère nous fait voir que des comportements sociaux identiques dans leur forme et même jusqu’à un certain point dans leur fond, puisqu’ils sont tous mimétiques, peuvent néanmoins différer les uns des autres à l’infini. La part de mécanisme et de liberté qu’ils comportent est infiniment variable. Mais cette inépuisable diversité ne prouve rien en faveur du nihilisme cognitif ; elle ne prouve pas que les comportements sont incomparables et inconnaissables. Tout ce que nous avons besoin de connaître pour résister aux automatismes sociaux, aux contagions mimétiques galopantes, est accessible à la connaissance. »

Voir aussi:

René Girard en vert : « Une seule réponse : le christianisme »

Article rédigé par Entretien, le 18 mars 2005

René Girard vient d’être élu à l’Académie française. Avec lui, c’est un intellectuel chrétien de grande envergure qui rejoint les Immortels. Né en 1923, ancien élève de l’École des chartes, sa première grande étude concernait le mimétisme et la violence du désir chez les plus fameux romanciers européens, de Cervantès à Dostoïevski (Mensonge romantique et vérité romanesque, 1961).

Une dizaine d’années plus tard, Girard livrait une étude sur la tragédie grecque, et formulait pour la première fois l’hypothèse que l’origine des religions se trouvait dans le phénomène du bouc émissaire (la Violence et le Sacré, 1972). C’est cette hypothèse que Girard n’a cessé d’affiner dans trois ouvrages où apparaît la véritable originalité de la révélation biblique : le mécanisme du bouc émissaire est mis en lumière et par là-même rendu inefficace ; les ordres culturels fondés sur le principe du meurtre fondateur ne résistent pas au jour que jette sur eux le christianisme quand ils entrent en contact avec lui (Des choses cachées depuis la fondation du monde, (1978), le Bouc émissaire (1983), la Route antique des hommes pervers (1985)).

En 2000, René Girard publie ce qu’il assure être son dernier ouvrage, une véritable apologie du christianisme pour notre temps, Je vois Satan tomber du ciel comme l’éclair (Grasset). À l’occasion de son élection à l’Institut, nous sommes heureux de diffuser les extraits d’un entretien accordé à Edouard Husson pour Liberté politique, en avril 2000.

LIBERTE POLITIQUE. – Dans Je vois Satan tomber comme l’éclair, vous récapitulez toute votre œuvre et montrez que même les plus anti-chrétiens des Occidentaux ne cessent d’être déterminés par le souci biblique par excellence, le souci des victimes innocentes de la violence collective. Si la révélation biblique en sait long sur le désir mimétique, elle nous dit beaucoup aussi sur le phénomène du bouc émissaire.

RENE GIRARD. – J’ai travaillé sur la tragédie grecque, en particulier sur le mythe d’Œdipe avant de m’intéresser aux textes bibliques. Il s’est passé là quelque chose d’extraordinaire. Parallèlement à mes propres recherches et sans que nous nous soyons consultés, un jésuite autrichien, le père Schwager, a commencé à travailler sur les Psaumes. Et il a repéré un thème fondamental chez beaucoup d’entre eux : un individu assiégé par ses ennemis appelle Dieu à l’aide. Ou il proclame son innocence ou que seul Dieu est juge de ses péchés — et non la communauté composée de pécheurs comme lui. Schwager, en prolongeant mes analyses de la Violence et le Sacré, mettait le doigt sur la différence fondamentale de la révélation biblique. L’individu des Psaumes ou Job refusent de donner leur approbation au lynchage dont ils sont menacés. Lorsqu’on lit l’Œdipe roi de Sophocle, le poète tragique nous montre une parfaite symétrie de la violence et puis brusquement, Œdipe est chargé de toute la violence qui divise la communauté.

Comme les victimes émissaires du monde entier, il est soudain accusé des forfaits les plus terribles, ceux qui menacent de dissolution l’ordre social tout entier : le parricide et l’inceste et il ne s’y oppose pas. Job se trouve dans la même situation qu’Œdipe : lui qui régnait sur les esprits et les cœurs, le voici accusé par ses  » amis  » des pires forfaits. Ses faux amis veulent en fait qu’il consente au lynchage qu’on lui réserve. Mais Job, à la différence d’Œdipe, ne rentre pas dans le jeu. Il invoque le Paraclet, l’avocat de la défense des victimes.

Les Évangiles achèvent la révélation biblique en ce qu’ils dévoilent définitivement les mécanismes de la violence individuelle et collective.

Le lynchage collectif est l’aboutissement du mécanisme par lequel nous pensons nous débarrasser de la violence en l’expulsant vers l’extérieur. Dans les constructions juridiques des  » païens « , il est ritualisé. Si la Loi d’Israël se différencie de celle des  » païens « , c’est parce qu’elle doit mener à l’intériorisation de la conscience de la violence. À nos propres yeux, nous sommes toujours pacifiques et ce sont les autres qui sont violents. C’est toujours l’autre qui a commencé. Dénoncer les fautes de l’autre est une des formes de la rivalité mimétique qui me permet d’affirmer ma supériorité sur l’autre et de justifier ma violence contre lui. La loi des nations païennes est toujours finalement inefficace parce que la violence expulsée finit par revenir. Tout l’enseignement prophétique consiste à prêcher le renoncement individuel à la violence, seule garantie de son éradication.

Tel est le sens de l’épisode de la femme adultère.

Oui, Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter  » la première pierre  » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour.

Jésus réussit à provoquer un bon mimétisme…

Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier.  » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ».  » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne :  » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse  » (Jean XI, 47-50).

Est-ce à cause de ce dévoilement de la  » loi du monde  » que l’évangéliste ajoute :  » Ces mots, ce n’est pas de lui-même qu’il les prononça ; étant grand-prêtre cette année-là, il était inspiré  » ?

Oui, livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité.

Les Évangiles sont donc le contraire des mythes, selon vous : ils disent le meurtre du bouc émissaire tel qu’il s’est réellement passé.

Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de  » bouc émissaire  » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme  » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du  » sacrifice parfait  » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants.

Le christianisme ne dit pas qu’il faut renverser les frontières par la violence. Il respecte les ordres sociaux tels qu’ils sont.

En même temps, le devoir du chrétien est de dénoncer le péché là où il se trouve. Le communisme a pu s’effondrer sans violence parce que le monde libre et le monde communiste avaient accepté de ne plus remettre en cause les frontières existantes ; à l’intérieur de ces frontières, des millions de chrétiens ont combattu sans violence pour la vérité, pour que la lumière soit faite sur le mensonge et la violence des régimes qui asservissaient leurs pays. Encore une fois, face au danger de mimétisme universel de la violence, vous n’avez qu’une réponse possible : le christianisme.

Propos recueillis par Edouard Husson. Texte intégral dans Liberté politique n° 12, printemps 2000, « De la violence et du pardon »

Voir par ailleurs:

Clémentine Autain: comparaison et déraison
Doit-on salir les libérateurs d’Auschwitz pour blanchir les salafistes?
Marc Cohen
Causeur
15 janvier 2016

Deux jours après le fameux tweet de Clémentine Autain évoquant les « deux millions de viols » commis par l’Armée Rouge en Allemagne en 1945, pour relativiser les horreurs du Jour de l’An à Cologne, je reste sidéré.

On a beau s’attendre à tout, venant d’une personnalité politique en lutte pour sa reconnaissance sociale, on n’y croit pas. On a tort.

Dans le combat de cette soi-disant « gauche de la gauche » contre la prétendue « islamophobie », tous les coups sont permis.

Au nom de quels objectifs inavouables peut-on comparer des viols commis en temps de paix et des crimes sexuels de guerre?

Au nom de quel dévoiement du féminisme peut-on reprendre au compte du progressisme la petite musique de nuit des nostalgiques du nazisme ? Car ce genre d’excuse comparative est un exercice de première année d’étudiant en rhétorique négationniste. « Il y a eu Auschwitz, dont les chiffres ont été truqués, mais les viols de l’Armée Rouge, ça c’est du lourd ! »

C’est de cette rhétorique réviso chimiquement pure que Clémentine Autain nous a resservi là, et dont elle a osé se servir pour faire taire ceux et surtout CELLES qui s’indignaient de la passivité de certaines pseudo-féministes face aux atrocités de Cologne. Recyclant au passage un argumentaire fantasmatique sorti tout droit du cerveau de Goebbels.

La thématique du « soldat barbare mongolo-juif bolchevik » qu’il faut bloquer à tout prix sur la rive droite de l’Oder pour l’empêcher de violer « nos femmes et nos filles » a été martelée par la propagande nazie dès l’été 1944. Son objectif était double : mobiliser les Allemands face à l’avancée de l’Armée Rouge et bien sûr, entamer le processus de négation des innombrables crimes contre l’humanité commis par les nazis depuis 1933.

Pour les nazis, le vrai et seul coupable, c’est l’Autre, c’est le youdo-rouge ivre de sang pur germanique. Voilà avec quels arguments la « légitime défense » allemande s’est dispensée de toute considération humaine tant vis-à-vis de six millions de juifs d’Europe assassinés que vis-à-vis des populations civiles soviétiques (des milliers d’Oradour) ou des prisonniers de guerre de l’Armée Rouge qu’on extermina systématiquement par les assassinats ciblés, la faim, l’absence de soins et l’esclavage (un traitement de défaveur qu’eurent aussi à subir les prisonniers noirs français ou américains, souvent abattus dès leur capture). Le tout dans l’indifférence générale de 99,99 % des gentils Allemands.

Très malheureusement, cette polarisation hitlérienne sur les deux millions de viols commis par l’Armée Rouge  (il serait plus raisonnable de parler de plusieurs centaines de milliers de crimes, mais sans doute est-ce moins vendeur) fut abondamment relayée dans l’immédiat après-guerre par nombre d’historiens fantaisistes anglo-saxons soucieux avant tout de réintégrer une Allemagne très superficiellement dénazifiée dans le Camp du Bien.

Alors on a écrit de longs chapitres sur les femmes allemandes violées, sur les fameux « Komm Frau ! » lancés par les soldats russes à leurs malheureuses victimes blondes et pulpeuses. Tout comme chez nous, en France, on a droit régulièrement aux lamentos des belles âmes sur les pauvres tondues de la Libération. Ce fut autrefois un exercice très pratiqué par les nostalgiques du nazisme, c’est aujourd’hui un baratin classique du journalisme compassionnel.

Baratin, oui, baratin. Certes, il y a eu plusieurs centaines de milliers de viols de civiles et de militaires allemandes par des soldats de l’Armée Rouge. C’est absolument incontestable et absolument honteux. Comme le sont tous les viols de guerre. Comme a été, est, et sera toujours infâme chaque viol.

N’empêche,  je vais vous dire ma vérité. Les femmes allemandes violées, c’est grave. Les femmes françaises tondues, c’est triste. Mais elles ont survécu. Elles ont eu des dizaines d’années pour exposer l’ampleur de leur ressentiment. Des millions d’autres femmes n’ont pas eu cette chance. Des millions d’autres femmes juives notamment. Elles ne furent que quelques dizaines de milliers à survivre à l’enfer inventé pour eux par les nazis, par les Allemands. Nombre de ces survivantes furent libérées, comme à Auschwitz, par l’Armée rouge. Cette Armée rouge que tu oses salir aujourd’hui, Clémentine Autain, dans ton misérable combat pour empêcher qu’on dise leur fait à tes amis salafistes.

Je ne sais pas, Clémentine Autain, si tu as commis cette horreur par bêtise ou par calcul, par inculture ou par méchanceté. Ce que je sais, c’est que tu n’as plus rien à voir avec le communisme, ni avec l’antifascisme.

À moins, à moins que… Regarde bien cette photo de combattantes volontaires de l’Armée Rouge, Clémentine. Ces femmes te regardent. Salue-les. Implore leur pardon. C’est ta dernière chance de salut ici-bas. Ou alors va jouer aux billes avec tes potes barbus ou si tu préfères avec leurs amis négationnistes qui chantent le même refrain que toi.

Cologne passée au crible culturel
Michel Guerrin

Le Monde

22.01.2016

Après les agressions sexuelles de Cologne, le 31 décembre 2015, un débat est né des violences perpétrées par des hommes arabes. Une musique répandue en Europe, qui repose sur la culpabilité du fort face au faible, de celle aussi liée au passé nazi, vise à relativiser les faits : ce n’étaient pas vraiment des viols, il y a peu de témoignages, les femmes devraient garder leurs distances, la nuit du jour de l’An est folle en Allemagne, stigmatiser revient à donner les clés à l’extrême droite, il y a aussi beaucoup de viols commis chaque année par des Allemands. « Il se passe des choses mille fois pires aux fêtes de la bière », a même osé une féministe allemande (lire notre supplément « Culture & idées »).

Il s’est pourtant passé quelque chose d’ahurissant à Cologne. Nous en sommes à 766 plaintes de femmes, dont plus de la moitié pour délit sexuel – et toutes les victimes ne sont pas allées à la police. Des faits similaires ont été constatés dans d’autres villes allemandes, en Autriche, en Finlande ou en Suisse. Trop d’inconnues entourent cette nuit de la Saint-Sylvestre, aussi des observateurs sévères des sociétés musulmanes, comme l’écrivain algérien Boualem Sansal, restent pour l’instant dans « la sidération ».

Cologne résonne pourtant avec ce qui a pu être constaté en Egypte. On pense au film de Mohamed Diab Les Femmes du bus 678 (2011), et la façon dont des femmes subissent des attouchements. On pense à une enquête de l’écrivain et ancien journaliste du Monde Robert Solé qui décrivait les viols collectifs à répétition en Egypte (« Culture & idées » du 27 avril 2013). Des dizaines voire des centaines d’hommes se jettent sur une ou plusieurs femmes pour arracher leurs vêtements, les toucher, les pénétrer avec leurs doigts. Cette folie collective porte le nom de « taharosh ». Elle a souvent lieu lors de fêtes religieuses. Cela ressemble à ce qui s’est passé lors du soulèvement place Tahrir, au Caire, en 2011. Et cela ressemble à Cologne.

Désenchantement
On voit bien que l’Allemagne bascule de la générosité vers le désenchantement depuis le 31 décembre. « Je suis secouée dans mes convictions », a confié une féministe dans Le Monde du 14 janvier. Sans doute se dirige-t-on vers une observation plus vigilante des agressions sexuelles par des migrants, dont certaines furent minimisées, voire cachées, comme en Suède en 2014 et 2015, mais sans tomber dans le racisme et la stigmatisation. La voie est étroite. Elle passe par la prise en compte des « pratiques culturelles » des migrants, et la vérification si celles-ci cadrent avec nos modes de vie. Pas simple.

Quand la femme musulmane est souvent assimilée à un butin que l’on cache ou que l’on pille, que l’on bannit de la rue le soir, on imagine le choc pour un migrant qui débarque en Europe. On ne fera pas de dessin. Aussi, la journaliste Astrid Wirtz, du Kölner Stadt-Anzeiger, principal journal de Cologne, appelle les étrangers « à respecter nos valeurs » : ne pas porter le niqab, accepter les critiques de la religion, aller à des cours de gymnastique, participer à la vie publique… « C’est le prix pour la protection que nous leur offrons. » La Norvège a lancé un programme visant à apprendre « les codes culturels européens » aux migrants hommes. La sociologue Chahla Chafiq (Le Monde du 15 janvier) propose « d’intégrer dans l’accueil des migrants, au même titre que dans les autres champs de l’action sociale, la prévention des violences sexistes et sexuelles ».

Oslo a lancé un programme visant à apprendre « les codes culturels européens » aux migrants hommes
Mais la plupart des pays européens rechignent à adopter de tels programmes. Par peur d’être taxés d’islamophobie. Car, si la culture est un joli mot quand il s’agit de création artistique, c’est un gros mot, pour certains, quand il s’agit de cerner et de corriger des pratiques personnelles – éducation, religion, mode de vie, conception de la famille – qui expliqueraient la difficulté d’une communauté à s’intégrer. Pour preuve, le tollé provoqué par le sociologue Hugues Lagrange quand il a publié son livre Le Déni des cultures (Seuil, 2010).

Des artistes qui ont adopté cette approche culturelle ont également été critiqués. La Belge Sofie Peeters, une étudiante en cinéma, a diffusé sur Internet en 2012 son court-métrage Femme de la rue, dans lequel elle est filmée en caméra cachée en train de marcher dans un quartier de Bruxelles, à majorité musulmane. Sur ses pas, on entend « salope », « chienne », « putain »… Les réactions ? Manipulation, stigmatisation, procédé manichéen… Il existe un spectacle de danse dont le titre résume ce débat : Can We Talk About This ? « Pouvons-nous parler de ça ? » Pouvons-nous, Occidentaux, parler des ravages du multiculturalisme sans se faire traiter de réactionnaires ? C’est le sujet de cette pièce conçue par Lloyd Newson et sa troupe, DV8, qui se conclut par le témoignage d’une femme : « Je veux être libre, il vaut mieux que je me taise. »

« Du réfugié, on voit son statut, pas sa culture », affirme l’écrivain algérien Kamel Daoud
L’écrivain algérien Kamel Daoud joue les médiateurs à partir d’une formule choc dans le journal italien La Repubblica du 10 janvier : « Du réfugié, on voit son statut, pas sa culture. » Et d’expliquer : « En Occident, le réfugié ou l’immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité. Sa culture est ce qui lui reste face au déracinement et au choc des nouvelles terres (…). Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir. »

Kamel Daoud en conclut : ne fermons pas les portes aux migrants, car nous irons vers un crime contre l’humanité, mais ne fermons pas les yeux, car nous avons « des valeurs à imposer, à défendre et à faire comprendre ».

Voir aussi:

Enquête inédite sur les viols à Paris

EXCLUSIF.L’étude dévoilée par «le Parisien»-«Aujourd’hui en France» brosse un portrait-robot du violeur, âgé de 34ans et plutôt sans emploi. Les victimes sont en général jeunes et agressées dans les quartiers festifs de la capitale.

C’EST UNE RADIOGRAPHIE inédite d’un crime pourtant grave et répandu que publie cematin l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Les chercheurs ont disséqué toutes les caractéristiques des viols commis à Paris sur une période précise (2013 et 2014) ayant donné lieu à une plainte. En exploitant les données de la cellule opérationnelle de rapprochements et d’analyse des infractions liées (Co-rail) de la PJ parisienne, le rapport dresse un panorama complet de ce crime passible de la cour d’assises.

L’étude se base sur un échantillon de 688 viols (598 sur majeurs et 90 sur mineurs). En moyenne, seuls 10% des viols commis en France font l’objet d’une plainte. On estime en moyenne que, chaque année, 84000 femmes de 18 à 75 ans sont victimesd’un viol ou d’une tentative. Portrait-robot du violeur

Sur l’ensemble des faits dénoncés, les services de police ont été en mesure d’identifier 322 personnes : que des hommes. Seules quatre femmes ont été mises en cause mais unique-ment pour des faits sur mineurs.

L’âge moyen du violeur est de 34 ans*. De manière plus globale, 59% des mis en cause ont moins de 34 ans (dont une très faible proportion de mineurs : 3,4% ). Une analyse plus fine indique que, lorsque l’in-formation était disponible, plus de la moitié d’entre eux (52%) sont de nationalité étrangère (sans précision sur le pays d’origine) et 44% sont sans emploi. Dans près de la moitié des cas (48%),ils étaient déjà connus des services de police dont 1/5 pour des infractions sexuelles.

Les victimes, jeunes et éduquées

93 % des victimes de viols (soit 553 personnes) sont des femmes. « Concernant l’âge des victimes, on peut remarquer que plus la tranche d’âge est élevé, moins il y a de victi-mes»,analysel’étude.Silamoyenne d’âge de ces dernières à Paris est de 30 ans, plus de 40% d’entre elles avaient moins de 25 ans au moment des faits. On dénombre 31% de victi-mes de nationalité étrangère, dont un tiers d’Européennes. La moitié de cesvictimes(49%)aunemploi,avec une forte représentation de la caté-gorie cadres et professions intellec-tuelles supérieures.

Les violeurs semblent profiter de la faiblesse de leurs proies puisque, sur les 513 victimes de viol pour les-quelles l’information était disponi-ble, 255 étaient intoxiquées au mo-ment des faits. Dans la très grande majorité des cas, il s’agit de consommation d’alcool. « Quand il y a consommation d’alcool, on constate que, si les faits sont contestés, c’est plus difficile de faire tenir les procédures lorsque les victimes sont très alcoolisées », commente Me Martine Moscovici, avocate au barreau de Paris, spécialisée dans ce domaine.

Des quartiers plus dangereux que d’autres

Les chercheurs de l’ONDRP ont pu reconstituer une cartographie du viol dans la capitale. Si l’on rapporte le nombre de faits déclarés à la population, on enregistre les taux les plus élevés dans les Ier, Xe et XIe arrondis-sement et les plus faibles dans les VIIe et XVe arrondissements. Au-delà de ces limites administratives, c’est dans le secteur Folie-Méricourt (XIe) et à proximité de la station de métro Belleville (Xe, XIXe, XXe) que l’on enregistre le plus grand nombre de viols commis. « Le quartier des Halles et l’axe boulevard de Sébastopol-quartier République présentent également une densité élevée de viols par rapport au reste du territoire parisien», ajoutent les auteurs qui citent également d’autreslieux: la gare du Nord, la gare Montparnasse, l’axe place de Clichy-place Pigalle et le boulevard Barbès. Sans surprise, on apprend que la plupart des viols sont commis la nuit (73%) et le week-end (40% de viols le samedi et le dimanche).

Souvent des liens avec l’auteur

L’étude indique que, dans la moitié des cas (49 %), les victimes entretenaient un lien (amical ou sentimental) avec l’agresseur. Ce chiffre peut paraître élevé, mais il est en deçà des statistiques globales selon lesquelles la victime connaît son agresseur dans 90 % des cas. Une différence qui s’explique sans doute par le fait que l’étude de l’ONDRP repose sur les faits déclarés aux autorités. « C’est beaucoup plus facile de porter plainte contre un inconnu que contre son conjoint. Le viol intrafamilial est un tabou encore difficile à lever », explique la militante féministe Caroline De Haas.

On constate enfin que, dans près de trois quarts des cas (74 %), les viols commis à Paris en 2013 et 2014 l’ont été dans des espaces privés, à commencer par les lieux d’habitation (57 %). Seuls 12 % ont été commis sur la voie publique. « Même s’il frappe l’opinion publique, le viol crapuleux n’est pas la norme », rappelle Me Moscovici.

TIMOTHÉE BOUTRY * Tous les chiffres qui suivent portent sur les viols sur majeurs.

Inde : un conseil de village condamne deux jeunes filles à être violées

Les deux jeunes filles, qui se sont enfuies de leur village pour échapper à la sentence, demandent la protection des autorités indiennes.
Francetv info

29/08/2015

Le conseil du village veut déshonorer leur famille. Menakhsi Kumari, 23 ans, et sa petite soeur de 15 ans ont été condamnées le 31 juillet à être violées et exhibées nues dans leur village, au nord de l’Inde, rapporte Amnesty International. Les deux jeunes filles se sont enfuies et ont demandé protection à la cour suprême d’Inde, le 20 août dernier, selon le magazine Time (en anglais).

Une pétition en ligne récolte 85 000 signatures
Cette sentence a été prononcée après le départ de leur grand frère, Ravi, qui s’est enfui avec une jeune femme mariée appartenant à une caste supérieure, selon Slate. Ravi Kumari est issu de la plus basse caste indienne, celle des Intouchables. Sa compagne fait en revanche partie des Jasts, largement représentés au sein du conseil du village qui a décidé de punir la famille et de piller leur maison.

Amnesty International a lancé une pétition demandant aux autorités indiennes d’accorder leur protection aux deux jeunes filles. L’ONG qualifie la sentence qui pèse contre elles de « punition abominable et injuste ». La pétition en ligne avait recueilli plus de 85 000 signatures, samedi.

Voir également:

Les événements de Cologne divisent les féministes allemandes
Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant)

LE MONDE CULTURE ET IDEES

21.01.2016

Les violences faites aux femmes durant la nuit de la Saint-Sylvestre semblent l’occasion, pour les jeunes féministes allemandes, de tuer non pas le père, mais la mère. Un manifeste publié au lendemain de cette nuit au cours de laquelle plus de cinq cents femmes ont été agressées, voire violentées, notamment à Cologne, provoque en effet un véritable schisme dans le mouvement féministe. Signé par plusieurs responsables politiques, dont la ministre chargée de la famille et des femmes, Manuela Schwesig (Parti social-démocrate), mais aussi par l’icône de la gauche américaine Angela Davis, ce manifeste dénonce « la violence sexuelle et le racisme. Toujours. Partout. #Sans exception  ».

Ce hashtag (#ausnahmslos) est d’ailleurs le mot-clé de l’appel. Alors que les auteurs de ces attaques semblent tous d’origine étrangère – ce qui provoque d’énormes débats en Allemagne sur l’accueil des réfugiés –, le manifeste est très clair.

« En tant que féministes de différents secteurs de la société, nous nous engageons depuis de nombreuses années pour l’équité entre les sexes et pour une société ouverte et juste, nous nous engageons contre le sexisme et la violence sexuelle. Ce faisant, nous avons appris combien il est important de s’élever également contre le racisme et d’autres formes de discrimination. (…) Il est dommage pour tous que des préoccupations féministes soient utilisées par des populistes pour jeter l’opprobre contre certaines catégories de la population comme cela est le cas dans les débats autour de ce qui s’est passé à la Saint-Sylvestre.
La violence sexuelle ne peut pas seulement être instrumentalisée quand les auteurs sont supposés être les autres, les hommes musulmans, noirs, arabes ou nord-africains, en clair tous ceux que les populistes de droite considèrent comme non-Allemands. Elle ne doit pas seulement attirer l’attention quand les victimes (supposées) sont des femmes blanches. »

Alice Schwarzer, papesse contestée

Lancé par une activiste allemande de 35 ans, Anne Wizorek, le manifeste #ausnahmslos est l’aboutissement d’une longue prise de distance entre des jeunes féministes et celle qui a longtemps été l’égérie de leurs mères. Car ce texte radical est en totale contradiction avec l’analyse d’Alice Schwarzer, la papesse du féminisme allemand. Agée de 73 ans, elle est une véritable star en Allemagne. Ancienne élève de Michel Foucault à Vincennes, proche de Simone de Beauvoir, cofondatrice du Mouvement de libération de la femme (MLF), cette amie de l’actrice Romy Schneider a, dès son retour en Allemagne, au milieu des années 1970, introduit dans ce pays le féminisme français de ces années-là.

Grâce à la revue Emma, une publication fondée en 1977 qu’elle dirige toujours, cette intellectuelle incarne depuis quarante ans la cause des femmes allemandes. La force de ses convictions n’a d’égale que son mépris pour ses contradicteurs. Alice Schwarzer est violemment contre la pornographie, la prostitution et le port du voile. Un triptyque auquel on doit ajouter Les Verts (coupables d’être favorables à une légalisation de la prostitution) et, surtout au fil des années, l’islam. « Depuis la fin des années 1970 et la révolution iranienne, nous vivons une politisation de l’islam, affirme Alice Schwarzer. Celle-ci avait dès le départ un ennemi principal  : l’émancipation de la femme. Quand, maintenant, des hommes de plus en plus nombreux viennent chez nous imprégnés de cette culture et, qui plus est, que certains sont victimes de guerres civiles, cela crée un problème qu’on ne peut pas simplement ignorer. »

Installée à Cologne, Alice Schwarzer a symboliquement implanté sa PME dans une tour du Moyen Age, vestige des remparts qui entouraient la ville. Manifestement, elle n’entend abandonner ni ses positions ni sa position. Mais sa critique de l’islam a été mal reçue, y compris chez des femmes qui, traditionnellement, la soutenaient. « Je suis choquée qu’après Cologne le mouvement féministe allemand dominant ait pris très vite une position xénophobe et antiarabe. Les violences dont sont victimes les femmes lors des fêtes de la bière sont mille fois pires. Mais, ici, ce qui est en jeu, c’est le fantasme du viol de la femme allemande par l’étranger  », note Barbara Vinken, une intellectuelle dont le livre Die deutsche Mutter (« La mère allemande  », non traduit, Piper, 2001) reste une référence pour nombre de féministes.

Pas d’opposition de principe au port du voile
D’ailleurs, durant toutes ces années, Alice Schwarzer a-t-elle vraiment bien défendu la cause du féminisme allemand  ? L’Allemagne n’est-elle pas l’un des pays européens où il est le plus difficile, pour une femme, de concilier vie professionnelle et vie familiale  ? Les écarts de salaires hommes-femmes ne sont-ils pas très élevés  ? L’Allemagne n’a-t-elle pas été un des derniers pays européens à autoriser la vente de la pilule du lendemain dans les pharmacies ? Au fil des années, les jeunes Allemandes se sont en tout cas de moins en moins reconnues dans celle qui a l’âge, pour certaines, d’être leur grand-mère. En 2012, l’essayiste Miriam Gebhardt a d’ailleurs publié un livre au titre ravageur  : « Alice au pays de personne. Comment le mouvement des femmes allemand a perdu les femmes » (DVA, 2012, non traduit).

A vrai dire, la relève avait commencé à apparaître quatre ans plus tôt. En 2008, avec la création d’un trimestriel qui, sans le dire explicitement, se voulait le porte-parole de ce « nouveau féminisme ». Son nom  : Missy Magazine. Créée à Berlin par une bande de copines, cette revue fait inévitablement penser au journal français Causette, même s’il est « davantage axé sur la culture pop », précise Sonja Eismann, l’une des fondatrices. La distance avec Alice Schwarzer saute aux yeux. Si elles sont contre l’exploitation du corps de la femme, elles font remarquer qu’il y a aussi une pornographie féminine. De même, la prostitution est un thème qui fait débat dans le magazine. Enfin, pour Missy, il n’y a aucune raison de s’opposer par principe au port du voile.

C’est sans doute sur ce point que les positions des jeunes féministes allemandes sont le plus éloignées de celles d’Alice Schwarzer. « Je suis violemment pour qu’on puisse porter le voile, tempête Barbara Vinken. Le dogme de la laïcité à la française est le résultat historique de la lutte entre la République et l’Eglise. Cela n’a rien d’universel. Forcer les femmes à se découvrir est une attitude néocoloniale. Ce sont les colons français au Maghreb qui ont commencé. »

De son côté, Béatrice Angrand, secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la jeunesse et auteure de L’Allemagne (Le Cavalier Bleu, 2009), fait observer que « contrairement à la France, qui estime ses valeurs universelles, l’Allemagne, depuis le nazisme, ne peut plus se permettre de vouloir imposer sa culture. Les Allemands n’osent même pas critiquer d’autres modes d’expression culturelle ».

Les jeunes féministes allemandes sont d’autant moins enclines à critiquer le voile qu’un certain nombre d’entre elles, musulmanes, le défendent. La rappeuse Reyhan Sahin, par exemple, une spécialiste de la « sémiotique de l’habillement », est détestée par de nombreux musulmans, mais son travail universitaire sur « la signification du voile musulman en Allemagne » a été très remarqué. « Pour elle, le voile est un signe d’émancipation », note Sonja Eismann. Certaines féministes, d’ailleurs, le portent – c’est le cas de quatre des vingt-deux inspiratrices du manifeste #ausnahmslos et notamment de la blogueuse Kübra Gümüsay, très engagée dans les mouvements antiracistes, qui se définit comme « germano-turque » et « féministe ».

Anne Wizorek, un vent de fraîcheur sur la « scène féministe »

Jusqu’à présent, la plupart de ces jeunes féministes allemandes, à l’exception de l’équipe de Missy, étaient des individualités qui évoluaient hors de toute structure féministe. « C’est vrai que le mouvement allemand est moins militant qu’en France, explique Julia Korbik, 28 ans, auteure de « Stand up ! Le féminisme pour les débutants et les confirmés », un essai remarqué lors de sa publication en 2014 (Rogner & Bernhard, non traduit).

« Beaucoup de jeunes ont même une mauvaise image du féminisme. Elles jugent qu’elles n’en ont pas besoin et reprochent aux féministes d’être agressives vis-à-vis des hommes. Mais il n’est pas impossible qu’Anne Wizorek parvienne à prendre le relais d’Alice Schwarzer. »

Avant le manifeste #ausnahmslos, Anne Wizorek s’était fait connaître par un premier coup d’éclat. En 2013, elle avait remporté un réel succès en lançant le #aufschrei (cri d’indignation) pour inciter les femmes à dénoncer le sexisme au quotidien. Née en 1981 en Allemagne de l’Est, elle dit n’avoir été nullement influencée par Alice Schwarzer. C’est sans doute exagéré, mais il est vrai que les Allemandes de l’Est pouvaient, plus facilement que celles de l’Ouest, concilier vie familiale et vie professionnelle, une réalité dont elles étaient plutôt fières mais qui, au moment de la réunification, fut dénigrée à l’Ouest, où les crèches socialistes ont toujours été regardées avec suspicion. Dans le panthéon d’Anne Wizorek, Simone de Beauvoir occupe une place beaucoup moins importante que les Américaines Jacklyn Friedmann et Jessica Valenti (auteure du blog Feministing) ou que Laurie Penny, une activiste britannique de la scène féministe et altermondialiste, très écoutée en Allemagne.

Anne Wizorek juge les combats d’Alice Schwarzer dépassés. De son côté, Alice Schwarzer juge un peu vaines certaines revendications de ce qu’elle appelle « la scène féministe berlinoise », notamment la bataille pour le Gender-Gap, ce signe qui, dans certains termes comme « politicien_ne », symbolise le fait que certaines personnes ne se reconnaissent ni comme homme ni comme femme. Dans un entretien croisé au Spiegel (du 16 janvier), les deux femmes ont du mal à cacher le mépris qu’elles se portent mutuellement. « Je ne suis pas arrivée au féminisme par Alice Schwarzer. Ça n’a rien à voir avec elle. Elle fait son truc, moi le mien », affirme Anne Wizorek, avant d’ajouter en la regardant  : « Je n’aimerais pas être ton héritière. » La réponse est tout aussi cinglante  : « Me voilà soulagée. » Comme l’a écrit Simone de Beauvoir  : « Si l’on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite. »

Voir encore:

VIDEO. Viol présumé diffusé sur internet : les deux suspects maintenus en détention
Le Parisien
14 Janv. 2016
Le quartier de Perpignan (Pyrénées-Orientales) où ont été tournées au cours d’une soirée alcoolisée des scènes s’apparentant à un viol diffusées ensuite sur internet.   BFMTV
Ce n’est pas parceque la jeune femme victime du viol  présumé de Perpignan mis en ligne sur internet n’a pas porté plainte que l’affaire n’est pas prise au sérieux.

La cour d’appel de Montpellier a décidé ce jeudi du maintien en détention provisoire des deux hommes, de 18 et 22 ans soupçonnés d’avoir violé cette jeune fille de 18 ans. Tous les deux sont en prison depuis leur mise examen début janvier pour viol et diffusion d’images pornographiques à Perpignan (Pyrénées-Orientales), où une enquête a été ouverte pour viol en réunion et diffusion d’images pornographiques.

Une soirée trés alcoolisée

La vidéo en question, un montage d’un peu moins de 5 minutes diffusé début janvier sur plusieurs réseaux sociaux dont Snapchat et Facebook ,
montraient une relation sexuelle particulièrement brutale le 2 janvier au soir de deux hommes avec une jeune femme. On y voit les deux hommes, dont on n’aperçoit jamais le visage, en survêtement, boire du whisky et fumer des joints avec leur victime présumée, apathique, qui paraît droguée ou alcoolisée. Les images sont accompagnées de commentaires écrits dégradants sur la jeune femme, tout au long de la relation sexuelle. C’est l’identification de l’un des deux hommes qui avait permis de remonter jusqu’au trio, dans un appartement de Perpignan.

Dans son arrêt rendu jeudi, la cour d’appel de Montpellier juge que la détention provisoire est «l’unique moyen d’empêcher la concertation entre les deux auteurs, la pression sur la victime et mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public». Les deux suspect avaient fait appel de celle-ci, niant avoir violé leur victime. Pour sa part, la jeune femme de 18 ans n’a pas déposé de plainte.  Les trois protagonistes, qui se connaissaient, s’étaient réunis pour, selon leurs témoignages rapportés par le parquet «pour faire la fête», au cours d’une soirée particulièrement alcoolisée.

La Réunion : le strip-tease en boîte de nuit tourne au viol collectif

07 Mai 2015

Le Parisien

Ce devait être un concours de strip-tease avec un voyage aux Etats-Unis à gagner pour la candidate la moins timide. Le jeu a sordidement viré à l’agression sexuelle et au viol collectif.

Depuis le week-end dernier, les policiers de la sûreté départementale de la Réunion sont saisis d’une enquête sur les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 30 avril au 1er mai au Chapiteau, boîte de nuit de Saint-Pierre, principale ville du sud de l’île.

Ce soir-là, l’établissement organisait un concours appelé American Party en référence au film « American Pie ». Une cliente de 27 ans a remporté le prix en terminant sans soutien-gorge et en string. C’est à ce moment qu’une dizaine de spectateurs l’ont rejoint sur scène. Elle s’est retrouvée plaquée au sol puis violée.

Les enquêteurs ont visionné les bandes de vidéosurveillance et ont récupéré des images tournées avec des téléphones portables pour identifier les agresseurs.

Voir de même:

Enquête sur un viol en réunion à la discothèque Le Chapiteau

Zinfos 974

6 Mai 2015

Les policiers de la sûreté départementale ont en charge une affaire de viol collectif intervenu la semaine dernière dans une célèbre discothèque du sud. Une info du Journal de l’Ile.

Une partie de striptease organisée dans la boîte de nuit Le Chapiteau à Montvert les Bas a dérapé.

Un concours de striptease organisé dans le but de remporter un billet aller-retour pour les Etats-Unis a vu se succéder sur la scène des jeunes femmes du public. Dans l’esprit de cette « american party », le cadeau allait revenir à la jeune fille la plus entreprenante sur le podium.

Malheureusement, l’organisation de la discothèque se serait laissée déborder par les agissements de certains de ses clients à tel point que le propriétaire du Chapiteau indique n’avoir rien constaté d’anormal sur le moment.

Ce soir-là donc, après avoir enlevé tous ses vêtements, à l’exception de son string, une jeune femme a été entourée par un groupe d’une douzaine d’hommes.

Dans l’attroupement et l’euphorie alcoolisée de cette american party, la cliente, une ancienne gogo danseuse de l’établissement, a été victime d’attouchements sexuels puis de pénétrations digitales. Il était vers 1h30 du matin dans la nuit du jeudi 30 avril au vendredi 1er mai.

La victime a porté plainte contre X pour viol en réunion dès le 1er mai à la brigade territoriale de gendarmerie de Petite Ile mais les investigations ont été transférées aux enquêteurs de la police nationale, compétente pour le territoire sur lequel est intervenue cette affaire.

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Viols collectifs : l’affaire de Rochdale et son équation raciale
Benoît Vitkine

Le Monde

19.11.2012

Elle était aussi seule que peut l’être une adolescente de 15 ans. Peu d’amis, pas de petit copain, des liens distendus avec une famille décrite comme « fragile ». Craintive et seule dans le morne décor de briques rouges du quartier d’Heywood, celui des « petits Blancs » pauvres de Rochdale, ancienne ville ouvrière à une vingtaine de kilomètres de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre.

Cette nuit d’août 2008, « Girl A », comme elle sera désignée plus tard lors d’un procès dont l’écho continue de faire trembler les fondements du multiculturalisme britannique, avait bu pour se donner du courage. Au Balti House, un petit kebab-épicerie de la grand-rue d’Heywood, le ton monte entre l’adolescente et deux des hommes qui la violent régulièrement depuis plusieurs semaines, Kabeer Hassan, 25 ans, et Shabir Ahmed, 59 ans. Les deux sont des employés du Balti House, et quand Girl A brise la vitre du comptoir de la petite boutique, ils ne craignent pas d’appeler la police.

En garde à vue, Girl A peut enfin parler. Pendant six heures, elle raconte son calvaire. Un mois auparavant, elle a commencé à fréquenter un groupe d’hommes qu’elle retrouve au Balti House ou au Saleem’s Kebab House. Ils sont bien plus âgés qu’elle, souvent pères de famille, chauffeurs de taxi ou employés de fast-foods : des hommes installés. Ils la traitent avec considération, lui offrent des cigarettes, de la nourriture, de l’alcool, piochés dans les réserves du magasin. La nuit venue, ils la raccompagnent en taxi, gratuitement.

Rapidement, vient le moment de « payer ». Shabir Ahmed, le chef du groupe, emmène Girl A, saoûle, dans un appartement abandonné au-dessus du magasin. « Je t’ai payé de la vodka, tu dois me donner quelque chose. » La jeune fille résiste, elle est violée par Shabir Ahmed. Les agressions se poursuivent jusqu’à l’épisode du Balti House, trois semaines plus tard.

CALVAIRE

Cette nuit-là, la jeune fille présente aux policiers ses sous-vêtements, sur lesquels des traces de l’ADN de Shabir Ahmed seront retrouvées. Malgré la précision de son récit, aucune enquête sérieuse n’est menée. Les services du procureur de la Couronne de la région Nord-Ouest ne donnent pas suite. Adolescente perturbée, ayant des penchants pour l’alcool et sexuellement active, Girl A ne saurait être considérée comme « un témoin crédible devant une cour ». Son calvaire reprend alors de plus belle. Elle est violée jusqu’à quatre ou cinq fois par semaine, parfois par cinq hommes différents la même nuit.

Le dossier n’est rouvert qu’à l’été 2009. Lors du procès, qui se tient en mai 2012 à Liverpool, cinq victimes témoignent, sur les 47 identifiées par la police. L’une raconte avoir été violée par vingt hommes la même nuit. Une autre décrit une soirée passée à vomir sur un canapé pendant que deux hommes abusent d’elle.

Une autre encore, 13 ans au moment des faits, que les viols ne cessèrent que lorsqu’elle tomba enceinte d’Adil Khan, 42 ans. Neuf hommes sont condamnés, pour les faits de viol, agressions sexuelles ou conspiration commis entre 2007 et 2009, à des peines allant de quatre à dix-neuf ans de prison pour Shabir Ahmed, considéré comme le chef du groupe, celui-là même qui intimait à ses victimes : « Call me Daddy ! »

A l’exception d’un demandeur d’asile afghan, tous sont d’origine pakistanaise. Toutes les filles sont blanches. L’équation est aussi froide et simple qu’explosive, dans un Royaume-Uni en proie au doute sur son modèle multiculturel. Et c’est le procureur grâce auquel le dossier a été rouvert, Nazir Afzal, plus haut magistrat d’origine pakistanaise du royaume, qui s’est fait un nom en luttant contre les mariages forcés dans la communauté pakistanaise, qui donne le ton : « Il s’agit avant tout d’une question de genre, d’hommes qui croient qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent de femmes vulnérables. Mais vous ne pouvez pas non plus faire l’impasse sur le facteur racial. C’est l’éléphant au milieu de la pièce. »

« FACTEUR RACIAL »

Dans les semaines suivant le procès, les médias égrènent les noms de villes où des gangs similaires à celui de Rochdale sont démantelés : Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe… Et, fin octobre, c’est à nouveau à Rochdale qu’un groupe de neuf hommes est appréhendé. Chaque fois, les violeurs sont en grande majorité d’origine pakistanaise.

Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d’affaires – des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en « milieu ouvert » – sont d’origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d’origine pakistanaise évaluée à 7 %.

Chercheurs et associations rappellent que les agressions sexuelles en général restent le fait d’hommes blancs à 95 %, et mettent en garde contre la faiblesse des échantillons étudiés. Mais les chiffres sont lancés. Et repris en boucle.

En septembre, un rapport gouvernemental conclura à un raté sans précédent des services sociaux et de la police, qui renforce encore l’opinion dans l’idée qu’un « facteur racial » a joué dans l’affaire elle-même, mais aussi dans son traitement par les autorités : entre 2004 et 2010, 127 alertes ont été émises sur des cas d’abus sexuels sur mineurs, bon nombre concernant le groupe de Shabir Ahmed, sans qu’aucune mesure soit prise. A plusieurs reprises, les deux institutions ont estimé que des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans « faisaient leurs propres choix de vie ».

Pour Ann Cryer, ancienne députée de Keighley, une circonscription voisine, aucun doute n’est permis : police et services sociaux étaient « pétrifiés à l’idée d’être accusés de racisme ». Le ministre de la famille de l’époque, Tim Loughton, reconnaît que « le politiquement correct et les susceptibilités raciales ont constitué un problème ».

« ELLES SONT PARFAITEMENT ENTRAÎNÉES »

L’air est d’autant plus vicié que, à l’audience, Shabir Ahmed en rajoute dans la provocation. Il traite le juge de « salope raciste » et affirme : « Mon seul crime est d’être musulman. » Un autre accusé lance : « Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. »

Chaque jour, des militants d’extrême droite se réunissent devant le tribunal, brandissant des affichettes : « Nos enfants ne sont pas de la viande halal. » Et quand les médias parlent prudemment de « gang asiatique », les commentaires des internautes trahissent un climat délétère. A Rochdale, le 23 février, 150 émeutiers s’en prennent à la police, à des chauffeurs de taxi pakistanais et aux kebabs d’Heywood.

Rochdale se croyait prémunie contre un tel climat. La ville de 100 000 habitants, sinistrée depuis la fin des industries textiles, cumule des indicateurs sociaux et économiques inquiétants et une population immigrée importante (près de 20 % d’habitants d’origine pakistanaise), mais elle n’a jamais été le théâtre d’émeutes raciales. Rochdale a même élu, dès 2003, un maire d’origine pakistanaise.

Devant le bâtiment de style gothique-victorien de la mairie, réminiscence des années de gloire de Rochdale, un employé de la mairie s’interroge. Anonymement. « Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du « déchet blanc », c’est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées. »

A quelques rues de là, dans sa permanence, Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale qui a été l’un des premiers à parler publiquement d’un « facteur racial », juge tout aussi déterminant ce qu’il appelle le « facteur social » : « Les responsables des services sociaux ont pu imaginer que ces filles de même pas 15 ans se prostituaient, alors qu’ils en auraient été incapables à propos de leurs propres enfants. »

VULNÉRABLES

Race contre classe ? Les violeurs étaient tous pakistanais d’origine, les adolescentes toutes blanches. Mais les agresseurs étaient aussi tous des hommes installés habitant Rochdale même, alors que les victimes venaient toutes de familles pauvres d’Heywood, quartier déshérité. Pour autant, la thèse du « facteur racial » va s’imposer.

L’ancien ministre de l’intérieur Jack Straw s’interroge sur les raisons qui poussent des hommes « d’héritage pakistanais » à considérer les jeunes Blanches comme « de la viande fraîche ». Ann Cryer évoque les mariages arrangés, qui feraient arriver sur le sol britannique de jeunes hommes peu éduqués, arrachés à leurs campagnes du Pakistan. Tous enjoignent aux responsables de la communauté pakistanaise d’agir.

Mohammed Shafiq, 33 ans, est l’un d’eux. Natif de Rochdale, il dirige la Fondation Ramadhan, promouvant le dialogue entre les religions. Dès 2007, il a commencé à parler des abus commis sur des adolescentes par des membres de la communauté pakistanaise, ne récoltant qu’un silence gêné et des menaces de mort. Il a réalisé un documentaire sur le sujet pour la BBC.

Mohammed Shafiq estime qu' »une petite minorité d’hommes pakistanais voient les femmes comme des citoyens de seconde catégorie et les femmes blanches comme des citoyens de troisième catégorie ».

Mais, pour lui, les jeunes filles agressées étaient surtout vulnérables. « Le fait qu’elles traînent dehors en pleine nuit, qu’elles soient habillées de façon légère, renforçait les agresseurs dans leur idée qu’elles ne valaient rien, qu’elles étaient inférieures. Mais cela faisait surtout d’elles des proies faciles, alors que les filles de la communauté pakistanaise sont mieux protégées par leur famille, et qu’un abus sexuel y est plus difficilement dissimulable. »

Au Regal Moon, le pub le plus fameux de Rochdale, « Sam », retraité du textile, résume la teneur du débat : « Les premiers mois, on n’entendait que des remarques racistes sur les Pakistanais, et puis ça s’est calmé. On sait tous, ici, qu’une fois l’agitation retombée, on sera bien obligés de vivre ensemble comme on l’a toujours fait. »

Benoît Vitkine

Un rapport gouvernemental accusé de minimiser le facteur racial des agressions

Publié mercredi 21 novembre, le rapport du Commissariat aux enfants sur l’exploitation sexuelle a encore un peu plus alimenté la polémique sur le caractère racial d’un certain nombre d’agressions commises en Angleterre. L’enquête menée par la vice-commissaire Sue Berelowitz montre que 2 409 enfants ont été victimes entre 2010 et 2011 (sur une période de quatorze mois) de crimes sexuels commis par des agresseurs agissant en bandes. Le rapport identifie par ailleurs 16 500 autres enfants susceptibles d’avoir été abusés.

Les statistiques contenues dans le rapport indiquent que les agresseurs, quand leur origine ethnique a été déterminée, sont à 43 % blancs et à 33 % d’origine asiatique. Mais le document estime que la « publicité » donnée à des affaires comme celle de Rochdale a pour conséquence que « les données sont collectées de façon plus assidue lorsque les agresseurs sont identifiés comme ‘asiatiques’, ‘pakistanais’ ou ‘kurdes' ». Mme Berelowitz a été immédiatement accusée par plusieurs personnalités, y compris le ministre de l’éducation, Michael Gove, d’avoir cherché à minimiser cet aspect de la question.

Voir de plus:

ANNECY- Les deux victimes se sont rendues chez leurs agresseurs

Deux soirées trop arrosées se terminent en viols collectifs
C’est en attendant un bus, en centre-ville d’Annecy, qu’une jeune fille de 17 ans et demi a été abordée par trois jeunes et s’est laissée entraîner dans une soirée qui allait virer au cauchemar.

Stéphane Bouchet

Le Dauphiné

05/10/2011 à 06:01

Le mois de septembre s’est tristement terminé, à Annecy. Jeudi et vendredi derniers, deux plaintes ont été déposées pour des agressions sexuelles en réunion. L’une concerne une jeune fille de 17 ans et demi, l’autre une femme de 45 ans. Dans les deux cas, le scénario identique. Avec un point commun central, l’alcool…

La première affaire concerne une jeune fille, venue travailler en alternance dans un commerce d’Annecy.

Jeudi soir, à la sortie de son travail, elle attend son bus, près du centre Courier, lorsqu’elle est abordée par trois jeunes garçons. La discussion s’engage, sympathique.

Originaire d’un autre département, la jeune fille réside seule à Annecy et n’a que peu d’amis. Aussi, lorsque les trois jeunes lui proposent de prendre un verre, elle accepte.

« Arrête de crier, on va croire que je te viole ! »
Mais au lieu d’aller dans un bar, ils la conduisent dans le studio de l’un d’eux. Là, les verres de vodka mélangée à des boissons énergétiques se remplissent et se vident. On fume des “joints”, on met de la musique, on danse… et la soirée vire au cauchemar.

La jeune fille, mineure, aura des relations sexuelles avec les trois garçons. Deux quittent ensuite les lieux, mais le troisième n’en a pas eu assez et décide de recommencer, malgré les cris de la victime, qui ira porter plainte le lendemain. Le locataire du studio sera retrouvé sans problème. Âgé de 16 ans et demi, d’origine congolaise, il est placé sous tutelle du conseil général en tant que mineur étranger isolé.

« Il n’a absolument pas conscience d’avoir commis un viol, explique le procureur d’Annecy, Éric Maillaud. Pour ce jeune homme, la jeune fille qui est venue de son plein gré dans l’appartement et qui a bu de l’alcool était consentante. »

Au point que lors du deuxième rapport, alors que sa victime lui crie ”Arrête, arrête !”, il prononcera cette phrase stupéfiante : « Ne crie pas comme ça, on va finir par croire que je te viole. »

Il a été mis en examen pour viol et placé sous contrôle judiciaire, dans un centre éducatif renforcé. Les deux autres jeunes sont encore recherchés comme témoins.

Alcool, drogue et agression
Vendredi soir, c’est presque le même scénario qui s’est répété. La victime, cette fois-ci, est âgée de 45 ans. Ses quatre agresseurs, deux fois moins.

Là encore, la femme s’est rendue volontairement chez l’un d’eux, rencontré en boîte quelque temps auparavant, pour boire un verre. Là encore, l’alcool a coulé à flots et le cannabis a “tourné”.

Les quatre hommes présents ont ensuite eu des relations sexuelles avec elle, alors qu’elle était noyée dans les brumes de l’alcool. Ce n’est qu’au petit matin qu’elle a pris conscience de ce qui s’était passé et est allée déposer plainte pour viol. Les quatre individus (dont deux mineurs) ont été arrêtés, placés en garde à vue au commissariat d’Annecy puis présentés au procureur Maillaud hier. Pour eux, la victime était consentante au moment des faits. Ils ont tous été mis en examen pour viol en réunion et placés sous contrôle judiciaire.

« Ces deux affaires sont très similaires, constate Éric Maillaud. Dans les deux cas, on a des victimes qui se mettent en danger, sans avoir conscience du risque qu’elles prennent, en aggravant encore la situation en consommant de l’alcool et des stupéfiants. »

« On ne peut pas vraiment parler de préméditation chez les agresseurs, mais ce qui est sûr, c’est que l’hypothèse que la soirée puisse se conclure par une relation sexuelle est envisagée dès le départ du côté masculin. » Et l’alcool, qui désinhibe et abolit le discernement, des victimes comme des agresseurs, est un moyen de faciliter les choses…

Voir aussi:

Bizutage : A l’université du Nouveau-Mexique, des joueuses de l’équipe féminine de football urinent sur les nouveaux membres
Vous pensez le football féminin moins beauf et grossier que celui masculin ? Eh bien, vous avez tout faux.

Melty campus

Dans l’équipe féminine de football de l’université du Nouveau-Mexique on aime aussi jouer au football pour la 3ème mi-temps. En effet, l’université a lancer une enquête sur des incidents de bizutages pour le moins particuliers… Un porte-parole de l’université s’est confié au site de l’Huffington Post. Apparemment, dans l’équipe de football féminine, certaines nouvelles arrivantes étaient forcées de se déshabiller, de boire de grosses quantités d’alcool et… de se faire faire pipi dessus par des joueuses plus anciennes de l’équipe. Le bizutage va beaucoup trop loin. Peut-être que l’équipe sera bannie de l’université, comme l’ont été ces 3 fraternités du Connecticut, suite à des bizutages aussi. La décision tombera dans quelques jours.

L’histoire s’est ébruitée quand, il y a quelques jours, la police du campus a trouvé une étudiante de l’équipe de football féminine complètement ivre et ayant du mal à respirer dans son dortoir. Elle a été emmenée à l’hôpital. C’est une fois hospitalisée et hors de danger que la jeune étudiante à raconter les bizutages qu’elle avait subis. Le porte-parole du département des sports de l’université, prend cette affaire très au sérieux et tient à mener une enquête rigoureuse pour ne pas accuser à tort l’équipe féminine de football. Pour éviter ce genre de bizutage, meltyCampus a la solution ! On se fait un match en attendant ?

Les hôtesses du Salon de l’Auto de Bruxelles adoptent un style plus chic et glamour: voici les filles les plus sexy!
G. Bark

Sudinfo

La présence de jolies filles permet-elle d’augmenter les ventes de voitures ? A en croire les agences de marketing, elle permet, en tout cas, de faciliter le contact entre vendeurs et visiteurs…

Au salon 2016, c’est Suzuki qui joue à nouveau cette carte à 100%. La marque fait appel à une équipe massive d’hôtesses, accompagnées de quelques stewards. Reste que, de façon générale, les tenues sexy qui ont par le passé provoqué la colère de Joëlle Milquet et des envies compulsives chez certains visiteurs, ont été laissées au placard.

Pour l’exemple, chez Suzuki, on a repris la thématique du Far-West et des saloons. Mais cette année, les robes sont longues et couvrent davantage. Reste que parmi l’équipe, on retrouve des stars de la télé. Vous y croiserez notamment Ginie de « Secret Story » ou encore Serena des « Chtis ». « Nos fans s’arrêtent et nous reconnaissent », concède Ginie. « Le salon, ça permet de gagner en une dizaine jours l’équivalent d’un mois de salaire. »

Si les tenues sont moins sexy, cela n’empêchera pas certains visiteurs de déraper. Ainsi, plusieurs hôtesses nous racontent que des pervers tentent de prendre des photos sous les jupes. Notamment… « Nous avons vu certains spécimens l’an dernier », confirme Ginie. « La sécurité reste toujours à proximité et intervient dès qu’il y a un problème. »

Voir également:

Milquet au Salon de l’Auto: les hôtesses n’ont qu’à bien se tenir!
Viktoria Thirionet

7 sur 7
8/01/13

L’an dernier, Joëlle Milquet, qui est également Ministre de l’Egalité des Chances, s’était dite choquée par l’utilisation de jeunes hôtesses en tant que femmes objets au Salon de l’Auto. La ministre se rendra dans les prochains jours au Heysel et gare aux décolletés trop profonds!
Les jolies hôtesses court vêtues font partie du folklore du Salon de l’Auto. L’an dernier, leur charme avait cependant éveillé la libido de deux visiteurs qui avaient cédé à la pulsion d’un plaisir solitaire dans un véhicule d’exposition, une dérive inacceptable pour un évènement auquel assiste chaque année de nombreuses familles.

Joëlle Milquet avait réagi en envoyant une lettre à Pierre Hermant, directeur général du Salon de l’Auto et de la Febiac, appelant à « s’interroger sur l’image que l’on donne de la femme mais aussi le rôle qu’on leur attribue dans notre société ».  « Le Salon de l’Auto est un lieu où l’on se rend en famille, il convient de s’interroger sur la transmission de stéréotypes. Il faut éviter de telles pratiques », avait prévenu la ministre, qui demandait que les exposants signent une charte allant dans ce sens.

S’il a bien été demandé aux exposants de se montrer plus responsables et plus sages, en revanche, il n’y aura pas de code de conduite, indique Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac à Sudpresse. « Tout cela est un non-problème! On ne va pas faire la police! On organise le Salon depuis près de cent ans sans problème. L’an passé, on est tombé sur un malade, c’est tout! »

Chez Suzuki, sur le stand dont les hôtesses avaient justement éveillé le désir des deux hommes, il semble qu’on ait toutefois retenu la leçon. « On veut éviter de choquer Mme Milquet et d’autres personnes. Cette année, nous avons donc prévu de faire travailler des mannequins féminins et masculins. Comment les hôtesses seront-elles habillées? On dévoilera tout ça jeudi », promet le porte-parole de Suzuki qui annonce tout de même une « surprise ».

Du côté de Joëlle Milquet, on attend de voir pour croire: « La ministre ira de toute façon au Salon et verra, par elle-même, s’il faut encore améliorer les choses », indique sa porte-parole Dorothée Klein.

Voir encore:

Joëlle Milquet s’attaque aux tenues sexy des hôtesses
7 sur 7
23/01/12

A la suite d’une série de plaintes pour comportements inappropriés envers les hôtesses, Joëlle Milquet a mis en garde les organisateurs du Salon de l’auto pour ne pas utiliser les femmes comme des objets. « A côté des voitures clinquantes, il y a des femmes bimba », a lancé la Ministre de l’Egalité des chances, qui travaille actuellement à un projet de loi s’attaquant aux stéréotypes entre femmes et hommes.

« Madame Milquet estime que les hôtesses ont leur place à ce genre d’évènements, notamment pour accueillir les candidat-acheteurs. Mais les organisateurs devraient faire attention à leurs tenues sexy. On donnerait ainsi une meilleure image de la femme », explique sa porte-parole. « Il ne faut pas donner une image dégradante de la femme. Je ne suis pas contre le fait qu’il y ait des hôtesses, qu’elles soient bien habillées, mais que l’on n’utilise pas la femme comme un objet, au même ordre que la voiture. C’est un peu dérangeant », a-t-elle commenté dans l’Invité sur RTL TVI.

Lutter contre le sexisme
« Votre numéro de gsm est-il dans le catalogue? », « Faites-vous partie des options? », « Etes-vous à vendre avec la voiture? »… Voilà un florilège des questions raboteuses dont font l’objet les hôtesses du Salon de l’Auto. Dès la première journée, deux personnes ont été arrêtées au stand Suzuki parce qu’elles étaient en train de se masturber devant les demoiselles aux courbes avantageuses.

Ces incidents auraient donc incité Joëlle Milquet à s’attaquer au problème. La semaine dernière, « Madame Non » avait déjà levé le voile sur ses intentions de lutter contre le sexisme. « En ce qui concerne le respect de la femme, cela commence par l’injure, le stéréotype. Il suffit de voir la génération de mes enfants pour mesurer les combats à mener: changer l’image de supériorité de l’homme sur la femme, accepter la culture et la religion de l’autre. Je dois tout le temps rectifier le tir », déclarait-elle dans La Libre Belgique. (mb)

Voir de même:

Les hôtesses du Salon de l’Auto victimes de pervers
7 sur 7
20/01/12

Au Salon de l’Auto, il y a les voitures, mais il y a aussi les hôtesses. Visiblement, certains sont davantage intéressés par les courbes avantageuses de ces dernières plutôt que celles des voitures.

Ainsi, au stand Suzuki, deux hommes ont été arrêtés parce qu’ils étaient en train de se masturber, relate Sud Presse. « J’ai appris par quelqu’un du stand qu’ils ont retrouvé deux hommes dans une voiture qui se masturbaient en regardant les hôtesses », explique un témoin d’un stand voisin. Mercredi, un autre homme a été mis dehors parce qu’il tentait de photographier les sous-vêtements des jolies demoiselles.

Pipi sur un siège
Il n’y a pas que les pervers qui se distinguent au Salon de l’Auto. Chez Volkswagen, on a par exemple retrouvé une voiture avec de l’urine sur l’un des sièges. « Un accident suite à un besoin pressant ou un acte volontaire? Nous n’avons pas pu déterminer les intentions de cette personne qui n’a pas été prise sur le fait. En tous les cas, le siège a été nettoyé puis remplacé par un autre », a indiqué Joost Kaesemans, responsable presse du Salon de l’Auto. (JC)

Comment réagir lorsqu’on vous crie « A POOOOOOIIL » ?
Confliktarts

fx 4

05 Février 2013

Etude et décryptage d’une pratique universelle.

Ce sont sans aucun doute les mots qui ont étés prononcés le plus de fois dans les salles de concerts depuis que les concerts existent. Bien avant les pourtant mythiques « une autre», « pooopoolopopopooooo » et autres «vazy, j’peux jouer un peu sur ta batterie après le concert ?», s’il n’y avait qu’une seule phrase à retenir dans toute l’histoire du public rock, ça serait « A POOOOIL ». Aujourd’hui, je vous propose de décrypter la pratique et de trouver les meilleures manières d’y réagir.

Pourquoi crie t-on « A POOOOOOIL » à chacun de vos concerts ?

1-Parce que votre musique attire les fêtards

On ne va pas se mentir, lorsqu’on crie « A POOOOOOIL » c’est qu’on aime faire la fête. Du coup, si lors de vos concerts, un énergumène vous invite à vous déshabiller, c’est simplement pour vous faire partager son envie de participer à une orgie. Grisé par la proximité de cette foule que vous faites danser dans la sueur et les vapeurs d’alcool, notre ami n’a sans doute qu’une seule envie, celle de vous voir vous dévêtir afin que la salle entière se mette à vous imiter. Alors si l’on vous crie « A POOOOOOIL », c’est parce qu’on pense que vous êtes une sorte de gourou que tout le monde suivra, quoi qu’il fasse. Raël et Shoko Asahara n’ont qu’à bien se tenir, le jour où vous vous mettrez enfin nu sur scène, le monde changera de visage…

2-Parce que vous êtes plutôt sexy

Évidemment, une autre piste pour expliquer l’utilisation du sacro-saint « A POOOOOOIL » en concert, est celle de votre indéniable sex-appeal. Si vous êtes un garçon, vous êtes beau. Si vous êtes une fille, et bien vous êtes belle. Si vous êtes autre chose, vous êtes bizarre, mais on vous en veut pas, on aime tout le monde. Reprenons. Vous étiez en train d’annoncer le titre du prochain morceau lorsque un doux « A POOOOOOIL » est venu chatouiller vos oreilles. Pas de doute, quelqu’un veut avoir la confirmation que vous êtes bien un canon de la beauté, et que, contrairement au reste du peuple, vous n’avez besoin d’aucun artifice pour séduire. Vous êtes l’incarnation d’Apollon, de Vénus (ou d’autre chose de très beau, comme par exemple : une chaise), et l’on vous rappelle à l’ordre : vous n’avez besoin de rien pour inonder le monde de votre beauté, tout vêtement, tout bijou sur votre peau sonne comme une insulte à la douceur de votre physique, alors on vous en supplie, déshabillez-vous pour rendre justice à votre grâce.

3-Parce qu’il y a quelqu’un qui pense être spécial dans la salle.

Vous jouez depuis 7 minutes et 23 secondes lorsque, accoudé au comptoir, un être attentif et plutôt observateur remarque que personne n’a encore crié « A POOOOOOIL » dans la salle. Se sentant donc investi d’une mission céleste pour rétablir l’ordre du monde, il se raclera la gorge pour lâcher un « A POOOOOOIL » des plus salvateurs, non sans esquisser un petit sourire satisfait après coup. C’est ainsi, lorsque personne n’a encore crié « A POOOOOOIL », il y aura toujours un malin qui se sentira spécial en étant le premier à scander la formule. Ce type de personne n’est motivé par aucune envie de vous voir nu, ni aucune intention orgiaque, mais juste par le plaisir d’être premier. Et le soir, lorsqu’il sera rentré chez lui, et lorsque l’extase commencera à retomber, il comblera le manque en commentant « First » sur un maximum de vidéos YouTube.

Comment éviter d’avoir à subir les « A POOOOOOIL »

1-Jouez du jazz

Vous avez déjà entendu quelqu’un crier « A POOOOOOIL » devant les succès de Duke Ellington, les standards d’Oscar Peterson, de Lionel Hampton ou de Scott Hamilton ( salut Michel, si tu nous lis…) ? Et bien non ! Et pourquoi ? C’est parce que le public Jazz n’est pas marrant, il n’est pas rigolo, il n’est pas composé de petits boute-en-train qui pouffent de rire à la seule idée d’un corps dénudé. Non le public de Jazz est bien au dessus de ça. Les plus farceurs d’entre eux crieront « BRAVO », mais attention, ça reste tout de même exceptionnel.

2-Jouez devant personne

La meilleure manière pour éviter les lourdeaux à vos concerts, c’est de tout faire pour jouer devant personne. Alors entraînez-vous à ne faire aucune promo lorsque vous jouez quelque part. Mieux : refusez toute proposition de concert. Bien au chaud dans votre salle de répète vous serez à tout jamais à l’abri des pénibles. Mais attention toutefois, si jamais votre guitariste est un petit clown, il se pourrait qu’il lance un « A POOOOOOIL » impromptu lorsque votre batteur se mettra torse-nu après 2h30 de blast-beat à 320bpm. Dans ce cas, pas le choix, virez votre guitariste.

3-Jouez nu

Analysez la situation : pourquoi crie t-on « A POOOOOOIL » ? C’est uniquement parce qu’on veut que la personne à qui l’on adresse cet ordre se déshabille. Or, si vous ne portez aucun vêtement, personne n’aura de raison de crier « A POOOOOOIL ». Donc pour éviter les balourds, arborez la plus belle des tenues de scène lorsque vous vous produisez en concert. Jouez nu.

Que répondre à quelqu’un qui crie « A POOOOOOIL »

1-Rien

Vous entendez bien « A POOOOOOIL » mais vous n’y prêtez aucune attention, laissant alors l’agitateur dans l’embarras le plus complet. Comme on dit dans le métier : « il se sentira bien con, le con ». Et si par hasard vous êtes le charisme incarné, profitez du silence quasi-religieux qui suit chaque « A POOOOOOIL » pour tétaniser d’un seul regard l’auteur de l’attentat, et puis faites le pleurer de honte, si l’envie vous en prend.

2-« Toi d’abord »

Vous avez vu Les Tontons Flingueurs 23 fois, Les Bronzés Font du Ski 12 fois, bref, vous êtes un champion de la répartie. Vous pourrez donc profiter de votre talent pour entamer un dialogue avec le terroriste. Attention, à ce petit jeu là, vous n’avez ABSOLUMENT pas le droit de perdre sous peine de vous couvrir de ridicule. Il paraît qu’un jour Michael Jackson a répondu « Toi d’abord » à un jeune fan qui lui avait lancé « A POOOOOOIL », et que le jeune fan avait magistralement rétorqué par une attaque en justice pour détournement de mineur. Une sombre affaire. Donc assurez vous d’être en forme, d’avoir une répartie inattaquable et un bon avocat avant de répondre à ce type d’injonctions.

3-« D’accord »

Vous êtes à l’écoute de votre public ? Vous êtes toujours là pour signer un autographe, toujours disponible pour une photo ? Alors lorsqu’il s’agit d’une demande aussi sincère qu’un « A POOOOOOIL » lancée par un membre de votre public, n’hésitez pas une seconde et déshabillez vous sur le champ. Vous gagnerez à coup sur l’estime du reste de l’audience dans ce geste fou et pourtant tellement simple. Faites quand même attention à ne pas prendre froid.

A la fête de la bière à Munich, on boit, on chante, on viole
Annabelle Georgen

Slate

19.01.2016

Alors que la société allemande s’indigne face au récit terrifiant de la nuit de Cologne, durant laquelle des agressions sexuelles de masse ont été commises sur des femmes par des bandes d’hommes dont la plupart seraient d’origine étrangère, plusieurs voix féministes se sont élevées pour rappeler que la culture du viol n’est pas un phénomène importé mais bel et bien ancré dans la culture allemande depuis des siècles. La Fête de la bière de Munich en est l’un des exemples les plus criants.

Six millions de visiteurs annuels, 35 chapiteaux, 107.000 places assises, sept millions de litres de bière à 10,40 euros le litre écoulés chaque année, 878 mètres d’urinoirs… Le site officiel de la Fête de la bière de Munich n’est pas avare de statistiques en tout genre quand il s’agit de faire la promotion de cette immense fête populaire.

Mais il est d’autres chiffres qu’on ne fanfaronne pas: chaque année, plusieurs dizaines d’agressions sexuelles ont lieu durant l’Oktoberfest. Et ce malgré une présence policière renforcée –300 policiers déployés sur la trentaine d’hectares de la «Wiesn», comme les Bavarois appellent la grande «prairie» verte sur laquelle ont lieu les festivités– et la mise en place il y a quelques années d’une vingtaine de caméras de surveillance et de puissants projecteurs à l’extérieur des «tentes à bière», de manière à ne pas laisser de zones plongées dans l’ombre la nuit venue.

Il faut imaginer ces immenses chapiteaux bondés, quadrillés de tables et bancs, où la bière coule à flots dès 10 heures du matin, portée à bout de bras, par chopes d’un litre, par des serveuses accortes revêtues de l’habit traditionnel, au son de la musique à boire des orchestres bavarois. «Il y a certains visiteurs qui sont déjà totalement ivres à midi», explique Kristina Gottlöber, membre de l’association munichoise Imma, spécialisée dans l’aide aux jeunes filles et aux jeunes femmes.

Pour les femmes qui se rendent dans ces tentes à bière à l’ambiance surchauffée, les paroles vulgaires, les mains baladeuses, les demandes insistantes font partie intégrante de l’Oktoberfest. «Le viol est seulement la partie émergée de l’iceberg», insiste Maike Bublitz, pédagogue au Frauennotruf München. Il existe même un numéro d’urgence destiné aux femmes victimes de violences. «Il y a bien plus de violations des limites, qui vont du fait de tripoter les femmes aux abus sexuels. Il y a une vaste palette d’agressions sexuelles.»

Les représentantes des associations présentes sur les lieux estiment que, pour une plainte pour viol déposée, il y a en réalité dix à vingt viols
Ces deux associations sont présentes chaque année à l’Oktoberfest, où elles tiennent une permanence chaque soir entre 18 heures et 1 heure du matin. Le «security point» s’adresse aux femmes victimes de violences ou qui ne se sentent tout simplement pas en sécurité. Baptisée «Sichere Wiesn für Mädchen und Frauen» («prairie sûre pour les filles et les femmes»), cette initiative a été lancée en 2003. L’année précédente, treize plaintes pour viol avaient été déposées durant l’Oktoberfest, se souvient Kristina Gottlöber.

Deux plaintes pour viol déposées chaque année
Ces trois dernières années, deux plaintes pour viol ont été déposées à chaque Fête de la bière, d’après les statistiques de la police de Munich. À ces plaintes se sont ajoutées 18 plaintes pour infractions sexuelles en 2015, 10 en 2014, 14 en 2013. «Insultes à caractère sexuel, attouchements comme le fait de toucher les seins ou l’entrejambe d’une femme, agressions sexuelles…», énumère Gottfried Schlicht, porte-parole de la police de Munich, qui ne cesse de mettre ces chiffres en regard du nombre total d’infractions rapportées durant l’Oktoberfest, qui dépasse chaque année le millier, insistant sur le fait que les vols et les blessures corporelles sont bien plus répandus que les infractions sexuelles.

Le nombre d’agressions sexuelles et de viols est pourtant bien plus élevé que celui que laissent entrevoir les statistiques policières, estiment les représentantes des associations présentes sur les lieux, qui estiment que pour une plainte pour viol déposée, il y a en réalité dix à vingt viols. Beaucoup de femmes continuent à avoir honte de signaler une agression aux autorités ou sont découragées par la perspective d’une longue et douloureuse procédure judiciaire qui n’a de toute façon que très peu de chances de déboucher sur une condamnation.

Lire
Moins d’1% des hommes coupables de viol sont, en effet, condamnés par la justice allemande, comme le rappelait il y a quelques années une campagne d’information lancée par une association féministe allemande qui réclame depuis des années une réforme du paragraphe 177 du code pénal allemand, qui jusqu’à présent ne reconnaît l’existence d’un viol que dans trois cas de figure –lorsque le rapport sexuel est obtenu par la violence, sous la menace ou lorsque la victime ne peut se défendre.

Une Américaine peut se demander si elle doit ou pas porter plainte quand elle sait qu’elle rentre le surlendemain aux États-Unis
Le fait que l’Oktoberfest attire un public international n’est aussi pas étranger à ce faible taux de plaintes déposées, indique Kristina Gottlöber:

«Ces touristes ne savent pas comment fonctionne la procédure judiciaire en Allemagne. Une Américaine peut se demander si elle doit ou pas porter plainte quand elle sait qu’elle rentre le surlendemain aux États-Unis. Doit-elle rester sur place, prendre un avocat, quels sont les coûts? Elles veulent simplement rentrer chez elles et oublier l’agression.»
Enfermées dehors
En 2015, 196 femmes se sont rendues au «security point». Le cas «classique»: elles quittent le groupe d’amis avec lequel elles se trouvent à l’intérieur d’un des chapiteaux pour aller aux toilettes ou fumer une cigarette e