Antiracisme: Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes (Dying of encouragement: From Palestine to US and French ghettos, the same culture of excuses produces the same results)

2 novembre, 2015
Obama & friendsAbbasi want to stab jewTarantinoDemo
harper-flanaganCoulibaly

djihadistes-francaisLe quartier parisien de Barbès, lorsque la manifestation interdite de juillet 2014 - Crédits photo: JACQUES DEMARTHON/AFPhttp://www.youtube.com/watch?v=TYqrXVNfYUI

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. Exode 20: 16

Le faux témoin ne restera pas impuni, Et celui qui dit des mensonges périra. Proverbes 19: 9
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
When it came to treating her citizens of African decent fairly, America failed. She put them in chains. The government put them in slave quarters, put them on auction blocks, put them in cotton fields, put them in inferior schools, put them in substandard housing, put them in scientific experiments, put them in the lowest paying jobs, put them outside the equal protection of the law, kept them out of their racist bastions of higher education and locked them into position of hopelessness and helplessness. The government gives them the drugs, builds bigger prisons, passes a three-strike law, and then wants us to sing “God Bless America.” No, no, no. Not “God Bless America”; God Damn America! That’s in the Bible, for killing innocent people. God Damn America for treating her citizen as less than human. God Damn America as long as she keeps trying to act like she is God and she is supreme! Jeremiah Wright
America’s chickens are coming home, to roost.  Violence begets violence.  Hatred begets hatred, and terrorism begets terrorism. Jeremiah Wright
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Only Malcolm X’s autobiography seemed to offer something different. His repeated acts of self-creation spoke to me; the blunt poetry of his words, his unadorned insistence on respect, promised a new and uncompromising order, martial in its discipline, forged through sheer force of will. All the other stuff, the talk of blue-eyed devils and apocalypse, was incidental to that program, I deceided, religious baggage that Malcolm himself seemed to have safely abandoned toward the end of his life. And yet, even as I imagined myself following Malcolm’s call, one line in the book stayed me. He spoke of a wish he’d once had, the wish that the white blood that tan through him, there by an act of violence, might somehow be expunged. I knew that, for Malcolm, that wish would never be incidental. I knew as well that traveling down the road to self-respect my own white blood would never recede into mere abstraction. I was left to wonder what else I would be severing if and when I left my mother and my grandparents at some uncharted border. Barack Hussein Obama (Dreams of my father)
La fusillade dans l’église a été le point de basculement… mais ma colère s’est construite sur la durée. Je suis une poudrière humaine depuis un bon moment. Juste en attente d’un BOUM. Bryce Williams (Vester Lee Flanagan)
En abattant froidement deux de ses confrères journalistes en plein direct avant de se donner la mort, Vester Lee Flanagan, décrit comme violent, n’a négligé aucun détail. S’il a filmé son crime et diffusé lui-même la vidéo en ligne, l’homme, qui s’est suicidé après son acte, a également pris le temps de rédiger un long manifeste décousu faxé mercredi à la chaîne ABC News pour justifier son passage à l’acte. ABC News, qui explique avoir reçu le Fax « près de deux heures » après les coups de feu ayant coûté la vie à deux journalistes de la chaîne de télévision locale WDBJ7, a publié de très brefs extraits et résumé le contenu du manifeste sur son site internet. « Il dit qu’il a souffert de discrimination, de harcèlement sexuel et de bizutage au travail. Il dit avoir été attaqué par des hommes noirs et par des femmes blanches et raconte avoir été attaqué pour le fait qu’il est un homme noir et homosexuel ». Le manifeste, dont l’auteur dit « être Bryce Williams », nom sous lequel travaillait le tueur, affirme que son sentiment d’ostracisation était doublé d’une vive colère après la tuerie de Charleston en juin. Ce massacre, commis par un jeune Blanc de 21 ans partisan de la « suprématie blanche » dans une église fréquentée par la communauté noire, avait fait neuf morts parmi les fidèles. (…) Né en 1973 et diplômé de l’université d’Etat de San Francisco en 1995 après une enfance passée à Oakland, en Californie, Vester Lee Flanagan dit avoir subi toute sa vie des discriminations. Il avait d’ailleurs poursuivi la chaîne en justice pour discriminations raciale et sexuelle, des accusations qui ont abouti à un non-lieu, et sont balayées par Jeffrey Marks, directeur général de WDBJ7. Ce dernier, qui qualifie M. Williams d’« homme malheureux », affirme l’avoir licencié « après de nombreux incidents liés à sa violence ». Le Monde
As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them. His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting. On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight. Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments. Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later. Chris Harper
« J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil. Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés». D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée». Le Figaro
Amedi, 27 ans, rencontre Sarkozy cet après-midi Il a passé toute sa vie dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny et il rencontrera aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Amedi Coulibaly, 27 ans, travaille en contrat de professionnalisation à l’usine Coca-Cola de sa ville natale. Accompagné de neuf autres personnes, comme lui en formation en alternance, il va rendre visite au président de la République, qui souhaite rencontrer des entreprises engagées en faveur de l’emploi des jeunes. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher » « Cela me fait plaisir, souriait hier Amedi. Je ne sais pas ce que je vais lui dire. Déjà, je vais commencer par Bonjour ! » Il lui racontera surtout son parcours professionnel, son poste actuel, qui se termine le 30 septembre. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher… », souffle-t-il. Mais la mission d’Amedi ne s’arrêtera pas à un simple salut et à raconter son histoire. Unique garçon entouré de neuf soeurs, il est chargé de rapporter de nombreux « autographes et photos pour la famille ! ». Il risque d’être intimidé par le protocole. « A Grigny, nous n’avons pas l’habitude d’aller souvent à l’Elysée. Les réceptions, je ne connais pas, déclare-t-il. En plus, dans les cités, auprès des jeunes, Sarkozy n’est pas vraiment très populaire. Mais cela n’a rien de personnel. En fait, c’est le cas de la majorité des politiques. » Mais pas question pour lui de revendiquer quoi que ce soit une fois en face de Nicolas Sarkozy : « Le rencontrer en vrai, c’est impressionnant. Qu’on l’aime ou pas, c’est quand même le président. »Le Parisien (15 Juil. 2009)
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
Tout le monde se demande ce que nous devrions faire. Nous frapperons à toutes les portes possibles, afin de faire entendre la voix de Jérusalem. Nous avançons, avec l’aide d’Allah. Nous vous saluons, ainsi que tous les hommes et femmes au ribat [sur la ligne de front]. Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. Chaque martyr aura sa place au Paradis, et tous les blessés seront récompensés par Allah. Chers frères, nous sommes tous ici au nom de Jérusalem. Je vous le dis en toute honnêteté, un Etat palestinien sans Jérusalem n’existera jamais. L’Etat palestinien doit inclure sa capitale, la noble Jérusalem – avec sa capitale, Jérusalem-Est, qui a été occupée en 1967. Nous n’autorisons aucune de leurs mesures. Toutes ces divisions… La mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre sont nôtres. Elles sont entièrement nôtres, et ils n’ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales. Nous ne leur permettrons pas de le faire, et nous ferons tout en notre pouvoir pour protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement. La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis. Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres. Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous. Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter. Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation. Mahmoud Abbas (Conseil des droits de l’homme de l’ONU)
C’est extrêmement important d’accélérer ce processus (…) si Israël pense bénéficier d’impunité, qu’est-ce qui l’empêchera de multiplier les victimes ? (…) Nous espérons que la Cour conclura bientôt … qu’elle a une base solide et assez de preuves pour prouver qu’Israël a commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité (…) Le nouveau document remis à Mme Bensouda « fait référence aux exécutions extra-judiciaires, aux destructions de maisons et punitions collectives, montrant des exemples de cas d’agressions par Israël sur ces 40 derniers jours … Riyad al-Maliki (ministre palestinien des Affaires étrangères)
Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili. (…) Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main. Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays. A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants. Jack Lang
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Hollywood: the only town where you can die of encouragement. Pauline Kael
Before Reservoir Dogs, everything was constantly a big build up to a huge let down. Pauline Kael used to say that Hollywood is the only town where people ‘can die of encouragement’ and that kind of was my situation. Quentin Tarentino
Quand je vois des meurtres, je ne reste pas là sans rien faire… Il faut appeler les meurtriers des meurtriers. Quentin Tarantino
Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés. Quentin Tarantino
Ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers. Les officiers de police que Tarantino appelle des meurtriers ne vivent pas dans une de ses fictions dépravées sur grand écran. Ils prennent des risques et doivent parfois même sacrifier leur vie afin de protéger les communautés des vrais crimes. (…) Il est temps de boycotter les films de Quentin Tarantino. Patrick Lynch (président d’une association d’agents des forces de l’ordre de New York)
When I read what my son said, it upset me. [We] have three cousins from the NYPD. I’ve seen and heard the things they go through, and to see them so discredited like this is really sad. The police getting such a bad rap, especially coming from my own son, is really sickening to me. It would really be great if he issued a public apology for the statements he made. I’m just disappointed in [Quentin] and anyone who comes down against any police department anywhere. If anyone breaks the law, they should be tried and prosecuted. But don’t go out in public and call them murderers and killers. Yes, there have been police officers guilty of crimes, but you can’t condemn a whole department just because of a few bad apples. Tony Tarantino
I love my son and have great respect for him as an artist but he is dead wrong in calling police officers, particularly in New York City where I grew up, murderers, He is a passionate man and that comes out in his art but sometimes he lets his passion blind him to the facts and to reality. I believe that is what happened when he joined in those anti-cop protests. I wish he would take a hard, dispassionate look at the facts before jumping to conclusions and making these kinds of hurtful mistakes that dishonor an honorable profession. We have many friends and relatives who have served honorably in the NYPD and the LAPD and clearly, they risk their lives to keep the rest of us safe. Cops are not murderers, they are heroes. Tony Tarantino
I totally disagree with everything he said. And I thought the timing of the whole thing was horrible. The men and women of the NYPD do a phenomenal job and don’t get enough credit. Whenever someone says something like [what Quentin said], it makes police officers’ jobs a lot harder. It’s much more dangerous today than in my time. You hear about shootings constantly. It’s gotten very bad for police officers to do their job. And my heart goes out to them. Anthony Massaro (cousin de Tony Tarentino)
The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group. In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.” Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender. You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations. Breitbart
Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions. (…) Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population. L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant. Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse. Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police. Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution». 20 minutes
Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification. Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent. Barack Hussein Obama
Let me say something at the outset. The questions that have been asked so far in this debate illustrate why the American people don’t trust the media. This is not a cage match. And, you look at the questions – Donald Trump, are you a comic book villain? Ben Carson, can you do math? John Kasich, will you insult two people over here? Marco Rubio, why don’t you resign? Jeb Bush, why have your numbers fallen? How about talking about the substantive issues people care about? The contrast with the Democratic debate where every fawning question from the media was – ‘Which of you is more handsome and wise?’ And let me be clear. The men and women on this stage have more ideas, more experience, more commonsense, than every participant in the Democratic debate. That debate reflected a debate between the Bolsheviks and the Mensheviks. And nobody watching at home believes that any of the moderators has any intention of voting in a Republican primary. The questions that are being asked shouldn’t be trying to get people to tear into each other. It should be ‘What are your substantive solutions to people that are hurting?’  Ted Cruz
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, février 2008)
Ils croient qu’ils sont opprimés en raison de leur foi islamique, mais en réalité c’est l’État-providence lui-même qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian. (…) Yassir Arafat’s feckless leadership has done immense damage to the Palestinians, from his financial corruption, to his addiction to honor and violence, to his systematic mendacity and incapacity to make the shift from “guerrilla” to statesmen. And yet European leaders have lionized him, even at the height of his terrorist activities in the 1970s. (…) The UN has spent up to 40% of its time condemning Israel, illustrating the dangers of anti-Zionism as a Weapon of Mass Distraction. By giving the irredentist Palestinian cause international support, they have strengthened precisely the forces most dedicated to victimizing Palestinians. And of course, Palestinians, not understanding who was benefited from such one-sided condemnations, cheered on the process. (…) Chirac’s whole foreign policy, and specifically his role in the failure to staunch the violence in early October 2000 that led to the disastrous “Second Intifada,” was itself only a continuation of so much of French foreign policy in the Middle East. They, like so many “pro-Palestinian” diplomats, have betrayed everyone but the warmongers. (…) Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society. (…) The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict. (…) But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.) (…) Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.” Richard Landes
Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles. On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ». Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète. (…) Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre. Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein. Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées. (…) Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires. Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation… Bat Ye’or
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté. (…) Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles. (…) Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs. (…) Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling. Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible». Le Figaro
Nous avons collectivement abdiqué. Au nom du communautarisme, nous avons abandonné le modèle républicain. Au nom du différentialisme, l’école a arrêté de jouer son rôle d’assimilation. Pour le dire de manière un peu caricaturale, on a préféré construire des salles de sport en banlieue plutôt que des bibliothèques. Le Comte de Bouderbala, d’origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d’ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d’immigrés aspire à l’excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. Jeannette Bougrab
Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis. Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer. Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens. (…) C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants. On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques. (…) Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective… Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution. Laurent Bouvet
Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques. (…) Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. André Bercoff
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy

Attention: une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où, perversion des perversions et cynisme des cynismes, le président non élu de l’Autorité palestinienne en appelle à la « protection » de ceux qui depuis un mois multiplient les assassinats à l’aveugle au couteau de boucher ou à la voiture-bélier dans les rues israéliennes …

Et où, après les pétages de plomb de Virginie ou d’Orégon et une série de meurtres de policiers, l’un des plus violents cinéastes de l’histoire (une NRA à lui tout seul !) se permet de traiter les policiers de meurtriers …

Pendant que dix ans après les émeutes qui ont détruit en France quelque 300 bâtiments publics et 10 000 voitures mais aussi tué deux hommes qui avaient le malheur d’être un peu trop blancs, nos gouvernants rachètent à nouveau la paix sociale à coups de  stèle, noms de rue et autres  BEP de hip hop ou de street art …

Comment ne pas voir …

Les mêmes causes produisant les mêmes effets …

Des ghettos américains aux ghettos français …

Et de Gaza à Ramallah ou Jérusalem-est ou en Syrie-Irak …

Les tristes fruits de la même culture de l’excuse et, jusqu’aux allocations pour djiahdistes, de la même politique des bons sentiments

A savoir  éclipsant les pourtant réels progrès derrière les milliards et les bonnes paroles

Et se retournant contre ceux là mêmes qu’elles étaient censées servir …

Les émeutiers devenus meurtriers ou terroristes ?

Les banlieues : des sas, non des ghettos

Brice Couturier

France Culture

30.10.2015

Carlo Rosselli, intellectuel et politique italien, assassiné en France en 1937 sur ordre de Mussolini, écrivait dans son livre Socialisme libéral : le socialisme, c’est « quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ». Lui fait écho, quelques décennies plus tard, le concept de capability, forgé par Amartya Sen, qui le définit comme « liberty to achieve », liberté d’accomplir quelque chose, qu’on rend aussi par « liberté substantielle ».

C’est de cette liberté-là que parlait Manuel Valls lorsqu’il a déploré que les habitants de certaines banlieues soient « assignés à leur lieu de résidence », s’y « sentent bloqués, entravés dans leurs projets ». Sans doute a-t-il eu tort de parler « d’apartheid ». La République française ne pratique par la discrimination raciale géographique sur une base légale. Et si certains quartiers sont perçus comme des lieux de relégation, des enclaves, mal desservies par les transports publics, leur population n’y est aucunement fixée.

C’est ce que démontre le géographe Christophe Guilluy, qui propose de remplacer le mot de ghetto, inadéquat, par celui de sas. « On y entre beaucoup et on les quitte beaucoup », dit-il, des fameux « quartiers sensibles ». A la différence des ghettos américains, où des populations noires et pauvres sont confinées de manière définitive, nos banlieues « créent de la classe moyenne ». Les jeunes, aussitôt diplômés, les quittent pour accéder à des zones d’habitat plus sûres.

L’impression de pauvreté que provoquent les zones urbaines sensibles est partiellement fondée – le chômage y est deux fois plus élevé que dans la France entière -, mais elle est surtout relative : fixées à la périphérie des grandes métropoles mondialisées et gentryfiées, elles accueillent surtout des primo-arrivants. Aux uns, très qualifiés, les professions bien rémunérées, aux autres, la précarité ou l’économie informelle. Le contraste entre ces deux mondes, géographiquement voisins, mais culturellement et financièrement aux antipodes, accentue le sentiment de décrochage. Il y a aussi beaucoup de pauvreté dans les petites villes et les villages, mais elle est moins visible.

Beaucoup d’argent a été consacré à la politique de la ville. Le Programme national de rénovation urbaine a utilisé 43 milliards d’euros d’argent public. La Cour des comptes critique ce qu’elle appelle « une politique de moyens et non de résultats ». Mais enfin, de nombreuses « barres », construites dans les années 1960, ont été remplacées par des habitations modernes et dotées d’équipements collectifs de qualité.

Pour quels résultats ? Sur les banlieues, vous rencontrez deux sons de cloche. Les uns, comme Malek Boutih, député socialiste des Essones, jugent que la situation s’est dégradée depuis les émeutes de 2005. « La situation a évolué dans le mauvais sens », disait-il récemment sur une radio. « Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. » Pour l’ancien président de SOS-Racisme, les banlieues, les quartiers sont le miroir grossissant de la société tout entière et celle-ci est en crise grave, en proie au chômage et au communautarisme.

Pour d’autres, les choses s’arrangent. Le comte de Bouderbala dit dans un sketch qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, les pouvoirs publics ont réagi en organisant un concert de rap… La ministre de la culture a récemment annoncé la création d’un Diplôme national supérieur de danse hip-hop. Elle a promis de consacrer un budget au financement d’œuvres de street-art. Comme dit Jeannette Bougrab, maître des requêtes au Conseil d’Etat, elle dont les parents, arrivés d’Algérie, ne savaient ni lire, ni écrire, « sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. » Alors que les familles attendent du système éducatif qu’il tire leurs enfants vers les qualifications. De son côté, le politologue Laurent Bouvet, estime qu’il y a quelque condescendance à ne vouloir reconnaître comme talents, chez les jeunes des quartiers que les performances sportives et les cultures urbaines.

Quelque chose, pourtant, se passe dans les quartiers : c’est là que s’inventent de nouvelles façons de travailler, souvent en phase avec la révolution numérique. Saviez-vous que c’est en Seine-saint-Denis que se créent le plus d’entreprises en France ? Les associations, les fondations, les entreprises y poussent comme des champignons, en phase avec la jeunesse et le dynamisme de leurs habitants. Pour se développer, elles ont besoin de deux choses : de la sécurité et un accès au financement. Bref, de la capability, comme dirait Amartya Sen….

Voir aussi:

Christophe Guilluy : «Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne»
Guillaume Perrault

Le Figaro

11/09/2014

Christophe Guilluy est géographe et consultant auprès de collectivités locales et d’organismes publics. En 2010, son livre connaissent un réel succès critique et plusieurs hommes (sic) politiques de droite comme de gauche affirment s’inspirer des analyses de ce dernier essai. Un documentaire intitulé La France en face, réalisé par Jean-Robert Viallet et Hugues Nancy, diffusé sur France 3 le 27 octobre 2013, est également très fortement inspiré de ce livre.

Notre pays connaît une crise économique et politique de grande ampleur. Les travaux du géographe Christophe Guilluy permettent de dépasser la conjoncture et d’éclairer les causes profondes du mal français. Dans son nouvel ouvrage, La France périphérique – Comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion), en librairie le 17 septembre, l’auteur démontre comment la mondialisation a entraîné une recomposition des catégories sociales et a bouleversé l’organisation de l’espace français.

LE FIGARO. – Vous critiquez un amalgame entre milieux populaires et banlieues. Pourquoi ?

Christophe GUILLUY. – La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. L’État prend conscience – avec retard – de cette réalité. Début 2014, le gouvernement a réorienté la politique de la ville pour prendre également en compte la France des sous-préfectures.

Comment expliquer que les catégories populaires (ouvriers, employés) et les classes moyennes inférieures (artisans et une partie des commerçants) aient déserté les métropoles ?
Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont la ville a besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille.

La mixité sociale des HLM dans les grandes villes est donc un vœu pieux ?

On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives.

Observe-t-on une ascension sociale dans une partie de la population d’origine étrangère ?

Oui, car ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés.

En France, ouvriers et employés sont-ils moins nombreux en 2014 qu’en 1980 ?

La baisse de la proportion d’ouvriers est réelle, mais elle s’est accompagnée d’une augmentation de la proportion d’employés. Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs – n’ont donc nullement disparu. Elles sont désormais moins visibles, puisqu’elles vivent loin des grands centres urbains où se concentrent décideurs publics et privés. Si l’on considère l’ensemble du territoire national, la part des catégories populaires dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte.

En définitive, « le peuple », aujourd’hui, qui est-ce ?

Actuellement, 50 % des salariés gagnent moins de 1 650 euros net par mois. Par ailleurs, les frontières sociales entre classes populaires et classes moyennes inférieures – artisans et commerçants, patrons de TPE – ont disparu. Ceux-ci ont conscience d’un vécu commun qui bouleverse les définitions classiques du «peuple». La fronde des «bonnets rouges» illustre ce phénomène. La révolte n’est pas partie des grandes métropoles de l’Ouest, mais des petites villes qui en étaient le plus éloignées. La contestation n’était pas seulement sociale, mais aussi identitaire. Des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des chauffeurs routiers et des chefs de petites entreprises ont défilé ensemble, ce qui a beaucoup déconcerté Jean-Luc Mélenchon.

Vu l’ampleur colossale des dépenses publiques et sociales, n’est-il pas injuste de prétendre qu’on a «sacrifié» les classes populaires ?
Certes, il y a beaucoup de redistribution des métropoles vers la France périphérique. Le revenu n’est pas en chute libre. La présence d’une part importante d’emplois publics et parapublics et le développement des services à la personne ont aussi permis de limiter les effets de la désindustrialisation. Mais la France des catégories populaires ne se résume pas à la question des bas revenus ou de la pauvreté. Considérées dans leur ensemble, depuis le début des années 2000, les catégories populaires n’ont plus de perspectives d’ascension sociale. En dépit de certaines réussites individuelles brillantes, ce qui se joue, c’est le sentiment de ne plus être intégré au projet économique, de ne pas vivre sur les territoires qui comptent et qui créent de l’emploi. C’est l’immense différence avec la « classe moyenne » des Trente Glorieuses dont les revenus relatifs n’étaient pas plus élevés mais dont l’intégration économique et une forme d’ascension sociale étaient assurées. C’est dans ce contexte qu’il faut poser la question des revenus et de l’impôt. L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés.

Qu’appelez-vous la «contre-société» qui, selon vous, apparaît dans la France des fragilités sociales ?

Dans la France périphérique, le champ des possibles est beaucoup plus restreint en raison d’une mobilité sociale et géographique très faible. Un déplacement régulier vers le travail en voiture à 20 kilomètres de chez soi coûte environ 250 euros par mois, soit le quart du smic. Surtout, quand on perd son travail dans une ville de taille moyenne, on sait qu’on éprouvera beaucoup de difficultés à vendre son logement pour se rapprocher d’un bassin d’emplois dynamique. Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés».

On assiste donc à une guerre culturelle des deux France ?

Sans aucun doute. Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir.

Voir également:

Laurent Bouvet : l’égalité selon le PS, faire de la banlieue une entité à part
Alexandre Devecchio
Le Figaro
27/10/2015
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Après la visite de Manuel Valls aux Mureaux, Laurent Bouvet juge inefficace et «ghettoïsante» la politique que mènent les socialistes en direction des banlieues.

Laurent Bouvet est directeur de l’Observatoire de la vie politique (Ovipol) à la Fondation Jean-Jaurès. Son dernier ouvrage, L’insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

LE FIGARO. – Dix ans après les émeutes nées à Clichy-sous-Bois, le président et le Premier ministre ont annoncé une batterie de mesures. Ces dernières vous semblent-elles à la hauteur de l’enjeu?

Laurent BOUVET. – Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis.

Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part.
Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer.

Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens.

Certaines peuvent prêter à sourire: la création d’un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danse hip-hop qui doit permettre la professionnalisation des danseurs dans ce domaine ; le soutien à la réalisation d’oeuvres réalisées par des artistes de street-art dans le cadre de la commande publique en 2015 et 2016 ; le soutien au développement du «Buzz Booster», dispositif dédié au repérage de jeunes talents du rap… Cela traduit-il finalement une forme de condescendance d’une certaine gauche à l’égard des habitants des banlieues?

C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants.

On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques.

Plus largement, qu’est-ce que cela dit du rapport actuel du PS à la République?

On remarquera d’abord que le PS est resté, pour des raisons idéologiques (le tournant européen et libéral) et sociologiques (le faible renouvellement de son personnel politique et les voies très étroites de renouvellement quand il existe), un parti des années 1980. C’est dans ces années-là que le PS s’est détaché de l’idée républicaine.

Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective…

Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution.

Voir encore:

Angleterre : le ministre veut plus de blancs à l’université
Quentin Blanc
Le Figaro étudiant

07/01/2013

Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté.

David Willets, secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur ,a déclaré en ce début d’année qu’il aimerait voir les jeunes blancs issus des classes populaires être considérés comme un groupe prioritaire pour le recrutement dans les universités anglaises, aux côtés des autres catégories défavorisées. «Il y a un impressionnant gâchis de talents de certains jeunes gens qui pourraient vraiment bénéficier d’un passage à l’université mais qui n’y vont pas».

Le bureau pour un accès équitable (OFFA), chargé de s’assurer que les universités anglaises favorisent les inscriptions de personnes défavorisées, «prend en compte de nombreux critères, comme la classe sociale ou l’origine ethnique, lorsqu’ils mettent en place des critères d’accès. Je ne vois donc pas pourquoi ils ne pourraient pas cibler les garçons blancs issus des classes populaires», a expliqué David Willets à The Independent .

À l’heure actuelle, les établissements possèdent des informations sur l’origine sociale et les résultats scolaires des candidats, et peuvent savoir si le candidat était le premier de sa famille à aller à l’université. En revanche, si l’origine ethnique figure sur les formulaires d’inscription, elle n’est pas communiquée aux services d’admission.

Les filles plus nombreuses que les garçons à l’université
Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles.

Les difficultés des enfants issus des classes populaires anglaises ne sont pas nouvelles. Elles sont manifestes dès la sixième. Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs.

Il faut se mobiliser pour «convaincre certains groupes de gens que l’université est aussi pour eux», estime Sally Hunt, secrétaire générale de l’University and College Union, un syndicat de professeurs. Mais l’augmentation des droits d’inscription constitue de fait une barrière importante, selon elle. «Nous avons besoin que nos plus brillants élèves puissent poursuivre leurs rêves. Cependant, la politique du gouvernement actuel a fait de l’université une option bien plus coûteuse qu’auparavant, ce qui est confirmé par la chute des inscriptions enregistrées».

La hausse des droits d’inscription pointée du doigt
Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling .

Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible».

Voir de plus:

Protéger les Palestiniens pour les laisser poignarder les Israéliens

Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles.
On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.

Bat Ye’or

Dreuz

31 octobre 2015

C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ».

Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète.

Moi je l’appelle jihadisme, car les tueries et la terreur constituent depuis treize siècles les stratégies du jihad. L’Europe devrait le savoir, elle qui n’a cessé d’en subir les attaques par terre et par mer. Mais il est vrai qu’elle a décrété qu’Israël était le danger – un peu comme les nazis qui déclaraient que les juifs les menaçaient pour se donner le prétexte de les exterminer – et qu’elle a choisi de se complaire dans une amnésie d’amoureuse béatitude palestinophile arrosée de pétrodollars.

Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre.

Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein.

Mahmoud Abbas évoque 70 ans de souffrance, d’injustice et d’occupation…

On le comprend, son peuple est si frustré de voir des Israéliens libres ! C’est qu’il pense avec nostalgie aux treize siècles de dhimmitude des indigènes juifs et chrétiens victimes du jihad, des expropriations par les envahisseurs arabes, des femmes et des enfants violés et enlevés au cours des siècles, comme Boko Haram le fait maintenant, des esclaves sexuelles dhimmis, des rançons et de l’extorsion fiscale, de l’esclavage, des massacres et pillages périodiques, des lois discriminatoires, des expulsions des villes et des villages, des vêtements spécifiques pour les dhimmis, de leurs lieux de culte islamisés, pillés, détruits, de la destruction de leur culture (comme le fait l’Etat islamique maintenant), faits divers quotidiens de la dhimmitude en Terre sainte islamisée.

Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées.

Le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs
Abbas plaide pour un retour aux temps de la dhimmitude dont la Syrie, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen sont les prototypes. Ça c’était le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs, les yeux baissés, cédant le chemin aux musulmans, désarmés car ils n’avaient pas le droit de se défendre… le temps de la tolérance sous la charia, du vivre-ensemble harmonieux et dans la paix de l’islam.

Abbas demande à l’ONU de lui restituer ces privilèges.

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Qu’il se rassure, il aura derrière lui toute l’Europe qui respecte les droits de l’homme – sauf ceux des Israéliens. Mais sont-ils des hommes ? L’Europe hésite entre colons et singes, colons en tous cas !

D’ailleurs c’est peut-être elle qui a suggéré à Abbas cette démarche ? Sans doute en a-t-elle assez de payer des milliards à ses ONGs pour diffuser au plan planétaire la haine d’Israël.

D’autant plus que tout le monde le sait maintenant. Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires.

Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation…

Voir de même:

A Genève, Mahmoud Abbas demande une protection internationale «urgente»
Lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme, durant laquelle Israël ne pouvait pas répliquer, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien»

Le Temps

28 octobre 2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé mercredi à Genève l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien». La situation dans les territoires est la pire depuis 1948, a-t-il dit.

«Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement», a déclaré Mahmoud Abbas lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU convoquée à sa demande.

«La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis», s’est exclamé Mahmoud Abbas. «Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres», a déclaré le président palestinien.

Espoirs «annihilés»
«Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous», a-t-il lancé. Pour Mahmoud Abbas, «il est inacceptable d’imaginer que la situation actuelle persiste car cela annihilera tous les espoirs d’une paix fondée sur une solution de deux Etats».

Mahmoud Abbas a accusé les «forces d’occupation» israéliennes d’avoir «récemment intensifié leurs pratiques criminelles au point de mener des exécutions extrajudiciaires contre des civils palestiniens sans défense». Depuis le 1er octobre, les territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont le théâtre d’une spirale de violences dans le cadre de la «guerre des couteaux» qui fait craindre une troisième Intifada.

«Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter», a averti le président palestinien.

Des ovations, et pas de réponse
La communauté internationale se doit d’agir pour veiller au respect du droit international, a encore dit le président palestinien, en demandant que la déclaration adoptée l’an dernier à Genève par les Etats parties aux Conventions de Genève sur le respect de ces Conventions dans les territoires occupés soit pleinement appliquée.

«Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation», a lancé Mahmoud Abbas, dans un discours ovationné debout par la plupart des Etats présents. Les membres du Conseil des droits de l’homme, dont Israël, ne pouvaient pas répondre au discours du président palestinien, dans le cadre de cette réunion spéciale dite «de courtoisie» – ce n’est donc pas une session extraordinaire.

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme évoque une «catastrophe»
S’exprimant avant Mahmoud Abbas, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a pour sa part estimé que la crise entre Israël et les Palestiniens était «extrêmement dangereuse» et allait mener à une «catastrophe» si rien n’est fait pour que cessent immédiatement les violences.

Il a dénoncé la montée de la peur qui peut mener à «une confrontation plus large et plus terrible». «Il faut cesser les attaques terroristes, que les gens ne soient plus poignardés. Les actions des colons à Jérusalem-Est doivent cesser, l’emploi excessif de la police israélienne doit cesser, les démolitions de maison doivent cesser, et le blocus de Gaza aussi», a dit le haut-commissaire.

Il a par ailleurs dénoncé un «recours disproportionné à la force» par les forces de sécurité israéliennes «qui nous amènent à soupçonner fortement des exécutions extrajudiciaires».

Voir de plus:

Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens
Conseil des droits de l’hommeLe chef de l’Autorité palestinienne poursuit sa bataille diplomatique devant le Conseil des Droits de l’homme.
Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne Image: EPA
Alain Jourdan

28.10.2015

Mahmoud Abbas, continue sa tournée en Europe et poursuit son offensive diplomatique pour tenter de gagner des soutiens et affaiblir Israël. Ce mercredi, c’est à la tribune du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève que le président de l’Autorité palestinienne a lancé de nouveau un appel à la communauté internationale. «Chacun doit assumer ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard», a-t-il prévenu avant de réclamer «la mise en place d’urgence d’un régime spécial de protection international pour les Palestiniens».

Mahmoud Abbas a rejeté la responsabilité des événements qui agitent Jérusalem et les territoires occupés sur Israël, son armée et ses colons. «C’est la conséquence de l’étau mis sur la population: le doublement des colonies, les constructions illicites sous la mosquée Al-Aqsa, l’édification d’un mur pour aliéner les quartiers palestiniens, les exécutions extrajudiciaires…», a expliqué le président de l’Autorité palestinienne. Il a affirmé qu’Israël avait protégé «les forces extrémistes qui s’en prennent aux sites religieux chrétiens et musulmans».

«Toute tentative de remise en cause du statu quo de 1967 pourrait avoir de très graves conséquences. Cela risquerait de transformer ce conflit politique en un conflit religieux», a mis en garde Mahmoud Abbas avant d’exhorter l’ONU à faire respecter toutes les résolutions adoptées ces dernières années. «Le temps n’est-il pas venu pour la communauté internationale de cesser de parler de la cause palestinienne, de prendre enfin des mesures pratiques et de lancer des procédures qui iraient dans le sens de la justice?», a-t-il lancé. Et d’ajouter un peu plus tard: «Nous avons vécu 70 ans de souffrance, d’injustice et de perpétuation (…) de la plus longue occupation de l‘histoire moderne, c’est assez!»

Pour le président de l’Autorité palestinienne, «la paix est encore à portée de main» mais plus pour longtemps. «La formule à appliquer est simple. Israël doit mettre un terme à l’occupation de nos terres, stopper l’oppression et empêcher les colons de commettre des actes criminels», a-t-il expliqué. Et d’ajouter: «Nous réclamons l’unité de notre terre et de notre peuple, nous refusons toute solution autre intérimaire ou partielle».

Pendant près de quarante minutes, devant un parterre de diplomates très attentifs, Mahmoud Abbas a étiré son argumentaire, assurant que le futur Etat palestinien veillerait à respecter tous les plus hauts standards du droit international.

Comme à New York, le 30 septembre dernier, le chef de l’Autorité palestinienne a répété qu’un accord était sans valeur dès lors que l’une des deux parties ne le respectait pas. «Nous n’aurons pas la sécurité et la stabilité tant que l’occupation israélienne continuera et tant que la Palestine n’aura pas son indépendance avec Jérusalem Est pour capitale, dans le respect des frontières de 1967», a martelé Mahmoud Abbas.

Voir enfin:

Palestine : nouvelles données transmises à la CPI
Le Monde.fr avec AFP et Reuters

31.10.2015

C’est le troisième dossier déposé depuis le début de l’année. L’Autorité palestinienne a transmis vendredi 30 octobre à la Cour pénale internationale (CPI) de nouveaux éléments pour tenter d’obtenir l’adjonction des dernières violences dans les territoires palestiniens à l’enquête liée au conflit de l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Après une réunion avec la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a déclaré que le nouveau dossier contenait des preuves d’« exécutions extrajudiciaires, de démolition d’habitations, de sanctions collectives », y compris des faits remontants aux quarante derniers jours.

Depuis le 1er octobre, une vague de heurts, d’agressions et d’attentats anti-israéliens a fait 63 morts (dont un Arabe israélien), côté palestinien, et neuf, côté israélien, dans les territoires à Jérusalem et en Israël. La moitié des Palestiniens tués ont été abattus en commettant des attentats.

Un rapport d’Amnesty international, publié le 27 octobre, recense quatre cas avérés où des Palestiniens « ont été délibérément abattus par les forces israéliennes alors qu’ils ne posaient pas de danger immédiat à leur vie, dans ce qui apparaît comme des exécutions extrajudiciaires. »

Visite à Gaza impossible
L’Autorité palestinienne a adhéré à la CPI au début de l’année, suscitant des protestations de la part d’Israël, des Etats-Unis et de plusieurs pays européens. Dès janvier, la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur la guerre de cinquante jours qui a fait 2 100 morts, côté palestinien, pour la plupart des civils, et plus de 70 morts côté israélien, presque exclusivement des soldats, à l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Mais les responsables de La Haye n’ont pas encore pu se rendre sur place, les Israéliens leur défendant d’accéder à l’enclave palestinienne. Le ministre palestinien rapporte qu’ils « ont promis qu’ils poursuivraient leurs efforts pour obtenir les autorisations (…) d’une visite ».

Centaines de logements dans des colonies, « légalisés » par Israël
Dans le climat de tension exacerbée entre Israéliens et Palestiniens, le gouvernement a légalisé rétroactivement vendredi près de 800 logements dans des colonies de Cisjordanie occupée. Les habitations se trouvent dans les colonies de Yakir (377 logements), Itamar (187) et Shiloh (94), dans le nord de la Cisjordanie, et de Sansana (97) dans le sud du territoire palestinien, selon des informations publiées sur le site du ministère de l’intérieur israélien.

La décision date d’il y a deux semaines mais vient juste d’être rapportée dans la presse israélienne. Pour la communauté internationale, toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales, mais Israël fait la distinction entre colonies « légales » et sauvages.

« Même si cela n’a pas l’impact de l’annonce de nouvelles constructions, il s’agit indéniablement d’un gage accordé aux colons par (Benjamin) Nétanyahou », le premier ministre israélien, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, une des responsables de l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

Voir par ailleurs:

Londres a sous-estimé l’islamisme au nom du politiquement correct
Fayez Nureldine
Sputnik

01.11.2015

Le ministre des Affaires étrangères britannique a avoué que le gouvernement britannique fermait les yeux sur la propagation de l’activité extrémiste dans le pays au nom de « multiculturalisme ».

La Grande-Bretagne a réalisé trop tard le danger lié à l’extrémisme islamiste, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond lors d’une visite au Bahreïn.

Selon lui, la montée en puissance des tendances extrémistes est le « défi principal » du monde contemporain.

« En Grande-Bretagne, nous l’avons réalisé un peu trop tard, mais nous devons résister à toutes les formes d’extrémisme, et pas uniquement celles qui impliquent de la violence », a-t-il déclaré.

« Nous avons reconnu à contrecœur le lien entre une forme agressive d’extrémisme et toutes les autres formes d’extrémisme. Pendant des décennies, nous avons à tort fait une différence entre ces deux formes. Au nom de multiculturalisme, nous avons toléré et même salué des idées, un modèle de comportement et l’activité d’organisations qui semaient la division et l’intolérance », a souligné le chef de la diplomatie britannique.

Philip Hammond a expliqué que la stratégie de lutte antiterroriste du gouvernement comprendra entre autre l’examen des raisons de ce qui pousse « des jeunes hommes et femmes à refuser un bon travail et des perspectives afin de mourir sous le drapeau noir de l’Etat islamique ».

« Personne ne devient terroriste en une nuit. C’est tout un processus de radicalisation, c’est une voie qui commence par des expériences naïves avec un système des valeurs simplifié et qui finit par l’autodestruction », a-t-il ajouté.

Il est à noter qu’un département spécial d’analyse de l’extrémisme a été créé au sein du ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni afin de détecter les terroristes potentiels.

Au Royaume-Uni, les terroristes potentiels se comptent par milliers
Auparavant, les médias britanniques ont rapporté, en se référant à des sources au sein des services de renseignement, que près de 3.000 islamistes prêts à perpétrer des attentats à tout moment se trouvent sur le territoire du Royaume-Uni. La moitié des suspects habite à Londres, mais d’autres régions sont qualifiées de « problématiques », notamment le comté des Midlands de l’Ouest et la ville de Manchester (nord-ouest).

Selon les dernières informations, plus de 28.000 ressortissants d’Europe, d’Asie et d’Amérique ont rejoint les rangs des organisations djihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, des hommes âgés de 15 à 35 ans pour la plupart, principalement motivés par l’idéologie extrémiste. Les autres raisons qui les poussent à se joindre aux djihadistes sont la rémunération ainsi que la lassitude liée à la vie quotidienne dans leurs pays d’origine.

Début 2014, le groupe djihadiste Etat islamique cherche à créer un califat sur les territoires irakiens et syriens tombés sous son contrôle. Il est à noter que les terroristes visent également les pays occidentaux. Ainsi, le nombre d’attentats dans les pays européens s’est considérablement accru en 2015.

Voir encore:

Was Chris Mercer Harper Inspired by Vester Flanagan?
Sam Prince

October 1, 2015

A blog post allegedly written by reported Umpqua Community College gunman Chris Mercer Harper seems to idolize Vester Flanagan, the man who killed two WDBJ7 TV reporters on-camera last month. A post written on August 31, in a blog allegedly operated by Harper, states:

A transcript reads:

As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them.

His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting.

On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight.

Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments.

Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later
Flanagan opened fire during a live interview with a member of the local Chamber of Commerce. Cameraman Adam Ward, 27, and reporter Alison Parker, 23, of WDBJ 7 TV, were killed. The woman being interviewed, Vicki Gardner, was also shot and wounded, the Roanoke Times reports, but recovered. Gardner is the executive director at the Smith Mountain Lake Regional Chamber of Commerce.

Most notably, Flanagan posted video of the shooting on his Facebook and Twitter pages. The video shows him approaching the victims, and pointing a gun at them. He is behind them for several moments as Parker interviews Gardner. He holds the gun out until Ward turns the camera back toward Parker and Gardner, and then begins firing. The camera then shakes and drops as he opens fire. The camera continues recording, with a black screen, as screams and several more gunshots are heard. Flanagan fired 15 times, emptying the entire magazine of the Glock handgun he was carrying. He purchased the gun legally two weeks before the shooting.

Flanagan was later confronted by police in Fauquier County, about three hours away from where the shooting occurred.

Voir enfin:

Monde
VIDEO. Etats-Unis: Un policier a été abattu d’une balle dans la tête à New York
FAITS DIVERS Il était âgé de 33 ans…

20 Minutes avec AFP

21.10.2015

La balle l’a frappé en pleine tête. Et il n’a pas survécu. Un policier new-yorkais âgé de 33 ans est mort dans la nuit de mardi à mercredi. Originaire du Guyana en Amérique du Sud, Randolph Holder travaillait dans la police de New York depuis cinq ans.

Son père et son grand-père étaient également policiers au Guyana, a précisé le chef de la police Bill Bratton lors d’une conférence de presse. Randolph Holder s’était rendu à Harlem avec plusieurs collègues après des coups de feu dans un parc près d’un quartier HLM.

Le suspect a été arrêté
Une victime sur place a affirmé qu’un homme armé venait de lui voler son vélo. Le suspect à vélo a été localisé, et un échange de coups de feu a suivi, durant lequel le policier, qui était en civil, a été atteint d’une balle en pleine tête. Il est décédé peu après, a raconté le chef de la police.

Un suspect a été arrêté. Il a été blessé à la jambe lors d’un échange de coups de feu, a précisé Bratton. Trois autres hommes ont également été interpellés, soupçonnés d’avoir participé aux événements de la nuit.

Bratton a rendu hommage à Randolph Holder, soulignant qu’après avoir «reçu un appel, il avait couru vers le danger. C’est la dernière fois qu’il répondra à cet appel», a-t-il ajouté. Randolph Holder est le quatrième policier new-yorkais tué depuis décembre 2014.

Quatrième policier tué
Deux agents des forces de l’ordre, Wenjian Liu, 32 ans, et Rafael Ramos, 40 ans, avaient été tués par balle le 20 décembre 2014 alors qu’ils étaient assis dans leur voiture à Brooklyn. Leur meurtrier, qui semblait vouloir venger ainsi la mort de deux noirs tués par la police aux Etats-Unis, s’était ensuite suicidé.

En mai dernier, un autre policier de 25 ans, Brian Moore, avait été tué par balle dans sa voiture dans le quartier du Queens. Un suspect a été arrêté et inculpé.

Voir de même:

New York: Deux policiers abattus dans leur voiture, Obama condamne
ENQUETE Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, 28 ans, a tiré à plusieurs reprises sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture, à travers la fenêtre du passager, les atteignant à la tête…

20.12.2014

Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions.

«Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification», a déclaré le président Obama dans un communiqué. «Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent», a ajouté le président.

Contexte tendu
Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population.

L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant.

«Purement et simplement assassinés»
Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse.

Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police.

Police traumatisée
Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution».

Le procureur de l’Etat de New York Eric Schneiderman a évoqué un «acte affreux de violence» et de nombreux policiers des différents commissariats de New York ont exprimé leur choc sur Twitter, envoyant condoléances et prières aux familles des victimes. C’est la septième fois depuis 1972 que des policiers travaillant à deux sont ainsi tués à New York, selon Bill Bratton.

Le meurtrier avait aussi blessé par balle samedi matin son ex-petite amie à Baltimore, avant de partir pour New York, a indiqué Bill Bratton. Il a expliqué que Brinsley utilisait apparemment le compte instagram de la jeune femme pour ses commentaires anti-police.

Voir par ailleurs:

Report: ‘Desperate’ Harvey Weinstein ‘Wants Tarantino to Apologize’ For Cop Hate

John Nolte

31 Oct 2015

Page Six reports that no less than Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” has joined much of the rest of the world in expressing his anger at director Quentin Tarantino’s anti-cop hate rhetoric. According to the report, Weinstein, who probably has close to $80 million invested in the three-hour Western, is “desperate” for “Tarantino to apologize, or at least walk back his comments.”

Apparently, Weinstein is said to be considering “conciliatory moves, such as special screenings of “The Hateful Eight” for police officers and their families.”

But it is hard to imagine Tarantino being okay with that.

Why would the director want “murderers” and their families to enjoy a free screening of one of his movies?

Last weekend, at an anti-cop hate rally in New York, that’s what Tarantino repeatedly called police officers: “murderers.” And now the roof is caving in as one powerful, big city police union after another joins a boycott against “The Hateful Eight,” which hits theaters this Christmas.

It is no secret that Weinstein has had one of his worst years ever at the box office. After publicity costs, “Paddington” probably didn’t break even. Same with “Woman In Gold.” The Weinstein Company desperately needs “Hateful Eight” to not just refill the company coffers but to be in Oscar contention.

Weinstein is no stranger to controversy. Like his director, Weinstein has been afflicted with the bubble-dumbness that comes with years of living in the provincial world of left-wing Hollywood. In 2009, Weinstein led the charge in one of Hollywood’s worst public relations debacles ever — in defense of Roman Polanski, a man who fled justice and has never paid a price for drugging, raping, and sodomizing a 13 year-old girl.

As the American population has increased over the last 15 years, ticket sales have flat-lined.  Hollywood is the only business in the world that regularly insults half its customers and then deludes themselves into believing it doesn’t matter.

It does. And in the age of New Media, where the corrupt legacy media can no longer bottleneck or manipulate information inconvenient to Hollywood’s bottom line, the problem is only going to get worse.

Voir aussi:

Roof Caves In On Cop-Hater Tarantino: 1,000 Police Organizations Join ‘Hateful Eight’ Boycott

John Nolte

31 Oct 2015

The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”

Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group.

In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.”

Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender.

You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations.

Mr. Tarantino needs to turn off CNN, grow a beard, and move to Wyoming for a year.

Provincialism does not become him personally, nor does it become his art.

Voir enfin:

Palestinian Suffering

Richard Landes

The Augean stables

PALESTINIAN SUFFERING

Few people have suffered more constant misery and daily oppression in the last 50 years than the Palestinians. The key issue, however, concerns not the amount — although it has obviously been grossly exaggerated — but the source of that suffering. There are wildly varying accounts of who is to blame. Our purpose here is not to assess how much blame to assign – that everyone must do on their own – but to list the major contributors to Palestinian suffering, and what is the nature of that contribution. We welcome comment, further examples, suggestions, links, reflections, additions.

ISRAEL:

The most obvious source of Palestinian suffering is the Israelis. According to the dominant Palestinian “victim” narrative, the Zionists came into the region, took their land, and, when war broke out in 1948, drove almost a million of them from their homes and relegated those who remained to second-class citizenship. The dominant Israeli narrative has argued that they came as civilians, purchasing property, developing the economy, clearing malaria-infested swamps. Israelis claim that most of the refugees were created by the Arab armies that sought to destroy Israel and urged the Arab inhabitants to leave. Arabs, whose own leaders openly declared their intention to massacre Israelis, naturally believed that the Israelis would do the same to them.

Recently Israeli “new” or “post-Zionist” historians have questioned the Israeli version, arguing that there were concerted efforts to drive out Arab populations, as well as some actual massacres of Arab civilians. This revisionist work has received sharp criticism from historians who argue that these writers have misrepresented, even distorted the contents of the archives on which they base their work. (That Israeli historians would distort history to criticize their own country may strike some as bizarre if not inexplicable, but such a move combines both hyper-self-criticism with therapeutic history: If we apologize, maybe they’ll stop hating us.) Not surprisingly, the Palestinian reaction to Israeli post-Zionism has been more favorable: they think it confirms their narrative, and affirms their grievances.

Since the conquest of the West Bank and Gaza Strip in the 1967 war, over 2 million Palestinians have come under the military rule of Israel; and since the two uprisings of 1987-92 and 2000-?, the hostilities have produced a particularly onerous situation, in which Palestinian suffering most obviously derives from Israeli actions – curfews, check-points and shut-downs. To those who do not know the history of the conflict, the image of the Palestinian David throwing rocks and the Israeli Goliath in his tanks and planes seems not only accurate but poetically ironic.

the new intifada
Book cover for The New Intifada: Resisting Israel’s Apartheid

Most observers who, consciously or unconsciously accept the way that Arab and Palestinian leadership have framed the struggle in terms of zero-sum outcomes, stop here. This is the foundation of both the Politically-Correct and the Post-Colonial Paradigms (PCP1 & 2). For the politically correct, who would not dream of challenging the Arab mind-set, there is no need to go further. Indeed some, exceptionally self-critical Israelis go still farther in the same direction: It is the Arabs who have sought peace and the Israelis who have rebuffed them. Obviously, Israeli victories mean Palestinian defeats; obviously Israeli presence means Palestinian displacements; obviously Israeli independence is a Palestinian Naqba. Obviously Israel and its ally America are the greatest contributors to Palestinian suffering. And were this the only way to conceive of the conflict, such a narrative might well be true.

But from the perspective of progressive, positive-sum interactions and the civil society such interactions foster, this can hardly be the whole story. On the contrary, when Zionists first came to Palestine the population was under a million. Today it pushes 10 million. Modern civil society and the culture of abundance that it produces can create many new opportunities for all involved. This need not have been a zero-sum conflict, and while some Zionists, observing the growing dominion of al Husseini, argued for kicking Arabs out, many more continued to argue for a productive collaboration. So we now turn to the other sources of Palestinian suffering, those who have either forced or encouraged the Palestinians to see it only as a zero-sum game, and to see the Israelis only through the lens of their own political rules: Dominate or be dominated.

ARAB POLITICAL CULTURE:

The contribution of Arab political culture to the suffering of Palestinians is less evident to those who do not know the history of the conflict. Arab political culture before Zionism was among the most autocratic and exploitative of the many “traditional” political cultures: With Turkish administrators, wealthy Arab landlords living in Egypt, and Bedouin tribes raiding whenever they could, the plight of the Palestinian peasant had involved plenty of suffering. That kind of suffering continues endemically throughout the Arab world today, regardless of whether the populace lives in an oil-rich state or not.

It is characteristic of prime-divider societies run by adherents of the dominating imperative.

But the Arab-Israeli conflict has increased the role of Arab political culture in the specific suffering of the Palestinians as a people. Fundamentally committed to zero-sum outcomes in this conflict – Israel should not exist, and nothing short of the elimination of the “Zionist entity” could resolve the conflict – Arab political culture has consistently chosen wars they lose to resolution in this conflict. In the inability to succeed in this goal, Arab political culture has largely preferred negative-sum solutions than exploring mutually beneficial solutions.

In 1958, Ralph Galloway, former UNWRA director wrote:

“The Arab states do not want to solve the refugee problem. They want to keep it as an open sore, as an affront to the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders do not give a damn whether Arab refugees live or die.”

One might even make a more damning assertion: they do care; they want and need them to suffer.

ARAB LEAGUE:

Thus when the UN resolution of 1947 created two states, with the Palestinian one significantly greater than the Israeli, which consisted of three scarcely contiguous units, the largest of which was desert wilderness, the Arab League, without consultation with the Palestinian people (just coordination with the Nazi ally al-Husseini, rejected the partition and prepared for a war of annihilation.

The ensuing disaster (al-Naqba) produced a much larger and contiguous Israel with a substantial minority of Arab residents, and a widely dispersed population of Arab war refugees. At this point, rather than negotiate the best possible situation for the refugees, the Arab League unanimously chose to continue the war and confine the Palestinian refugees to camps, as a weapon against Israel. The Palestinians became the sacrificial pawn of Arab politics, forced to live in squalor, indoctrinated with Nazi-inspired propaganda in their schools, and held up to the world as an example of Israeli crimes against humanity. And of course, the worse they suffer, the worse the crime.

But whose crime?

This state of affairs beggars the liberal imagination. Indeed many observers just assume that it was the Israelis who put the refugees in camps and kept them there. Michael Moore speaks about a visit to the refugee camps in 1988:

Although in my life I had already traveled through Central America, China, Southeast Asia, and other parts of the Middle East. I wasn’t ready for what I saw in the refugee camps in the Occupied Territories. I had never encountered such squalor, debasement, and utter misery. To force human beings to live in these conditions – and deo so at the barrel of a gun, for more than forty years — just made no sense. Stupid White Men, p. 178.

Now Moore seems to presume that it’s the Israelis who have done this to the Palestinians. (His next paragraph goes into how badly the Jews have been treated in the past and how sad that they should turn around and do it to someone else — the favorite formula of those attracted to moral Schadenfreude.) He seems to have no awareness that for the first (and critical) half of the Palestinian experience of refugee confinement, it was Arab rulers and Arab guns who kept them in misery, and that once Israel took over they tried to move these unfortunate victims out into decent housing, and it was the Arabs who pushed UN Resolutions insisting that they be returned to the squalor of the camps.

How much more nonsensical is that — it’s the Arabs who want their misery, not the Israelis?

Unless one thinks in terms of Domineering Cognitive Egocentrism, and the Honor-Jihad Paradigm.

After the second Naqba of 1967, with the Israelis offering to return most of the conquered territories in exchange for peace, the Arab League met at Khartoum and issued the “Three No’s” – “No negotiations, no recognition, no peace!” In the context of contributing to Palestinian suffering, this decision of the Arab League — with Arafat, al-Husseini’s nephew, representing the Palestinian people’s “interests” — reveals perhaps more than anything, the “incomprehensible” skew of this conflict. To save the “honor” of the Arab nation and not have to recognize or make peace with this rebellious, tiny, Dhimmi people, these Arab leaders preferred to leave over two million Arabs under Israeli rule. And given how for an Arab Muslim, it is a stain to one’s honor to live under the rule of another people — above all, a people who should be subject — they knew that this “occupation” they were sanctioning, would poison the Israeli’s world no matter how beneficent or economically advantageous Israeli rule might prove.

And when the Palestinians threatened the stability of the Hashemite kingdom in Jordan – the only Arab country to offer them citizenship – King Hussein’s troops massacred as many as 10,000 Palestinian men, women and children in one month, remembered in Palestinian lore as Black September. PLO troops fled to Israel rather than fall into Jordanian hands. Many Palestinians and other Arabs acknowledge their victimization by their “fellow” Arabs. Current Palestinian Authority Prime-Minister Mahumud Abbas said in 1976 that,

…the Arab armies entered Palestine to protect the Palestinians from Zionist tyranny but, instead, they abandoned them, forced them to emigrate, and to leave their homeland, and threw them into prisons similar to the ghettos in which the Jews used to live.” (Falastin a-Thaura, March 1976).

However, such honest remarks by Palestinians are tempered partly by their desire to enlist support from the very Arabs who victimized them, partly by their fear of reprisal, partly by their honor-bound need to believe that the Israelis are their greatest enemies.

PALESTINIAN LEADERSHIP: Palestinian political culture, from the earliest period of Zionist settlement, has fostered the zero-sum mentality whenever possible. The uprising of 1936-9, supposedly fighting the British and the Zionists, ended up killing far more Arabs (vendettas, looting) than either English or Jews. The Peel Commission (1939) asked Arab rioters why, despite the increased levels of prosperity brought to Palestine by their arrival, they attacked the Jews, one Arab responded:

You say we are better off: you say my house has been enriched by the strangers who have entered it. But it is my house, and I did not invite the strangers in, or ask them to enrich it, and I do not care how poor it is if I am only master of it.” (Weathered by Miracles, p. 207)

The pattern whereby the Palestinians suffered more from the militant policies of their leadership than Israelis became a standard feature of all the “uprisings,” from the “nationalist uprising” of 1936-39, to the “intifada” of the late 1980s and the “second intifada” of 2000. In general, terrorists almost never limit their aggression to the “enemy”, and since their own populations do not have the protection that enemies can mobilize, they tend to suffer the daily impositions of their “militants” far more. And until it becomes completely unbearable, most people in such terror-dominated societies stay silent.

“SECULAR” PALESTINIAN LEADERSHIP: The degree to which Palestinian leadership has followed the lead of Arab League politics in victimizing its own people can best be seen in the formation of the PLO in 1964. Rather than demand the West Bank and the Gaza Strip, governed by Jordan, as a sovereign nation in which they might begin the long-overdue process of getting people out of the refugee camps and into decent housing and work situations, they ignored the plight of their brethren, and focused on the elimination of the Zionist entity. National Liberation consistently took second place to the annihilation of another nation.

The widespread practice of executing “collaborators” without trial, even women, has throttled any “moderate” Palestinian leadership from emerging. Rape and sexual assault of women is a common form of intimidating other Palestinians into cooperation and as a way of rewarding one’s “soldiers” for their efforts. Palestinians themselves often acknowledge how much of their suffering derives from the corruption of their own leaders, but rarely do they take it the further step to wonder whether this is not merely corruption or violence, but also an endemic problem of their political culture.

ISLAMIC POLITICAL CULTURE: The emergence of a powerful culture of Jihad in Palestinian circles (Islamic Jihad and Hamas) have intensified the dynamic of self-inflicted suffering. Promoting a culture of death that encourages youth to die trying to kill Israelis has contributed immeasurably to the casualties among Palestinian youth, whether intentionally or unintentionally. The notion that suffering in this world wins rewards in the world to come gives a particularly powerful motivation to self-destruction. Indeed, Islamic Jihad gives a new meaning to positive-sum outcomes within the framework of negative-sum behavior: if a Muslim dies in battle with the infidel, he goes to heaven; if he succeeds in winning the Jihad, his reward is in this world as well. The war begun in October 2000, in which Islamic Jihad has played a particularly prominent role, has inflicted immense suffering on the Palestinians, perhaps more than almost any earlier catastrophic rush to violence.

INTERNATIONAL FOREIGN POLICY

Once one factors in the ways in which Arab political culture thrives on victimizing the Palestinians, one becomes aware of another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian.

The mistake appears in the very formulation. By falling into the zero-sum formulations of the Arab and Palestinian leadership, these major world forces reinforce the very figures who have most to win from victimizing the Palestinians.

LEFT:

The role of the Left may be the single most striking illustration of the ironic reversals in this conflict. One might argue in the last decade that the Palestinians have become the “chosen people” of the Left, in that anyone who is more critical of them than of the Israelis is considered a right-wing neo-conservative (at best). And yet, the Palestinians have hardly flourished under this “progressive” solicitude. Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society.

MEDIA:

The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict.

But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.)

Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.”

There is no question how much Palestinians have suffered and continued to suffer, but there are many sources to this suffering. To truly sympathize and help improve the wretched condition of Palestinians, one must understand the wide range the factors that cause their suffering. One way to conceive of this problem is to ask, what if the Palestinians had their own state? Would their conditions improve? To judge by their conditions under Jordanian rule (1948-67), or their conditions in Lebanon when the PLO had power (1970-82), or Gaza after withdrawal (2005-), or by the fate of other Arab peoples ruled over by their own elites… no. If the state and its governors are committed to ruling for the people, if they pursue positive-sum strategies both domestically and with the Israeli neighbors, then we can hope for a dramatic improvement in their condition. But for that to happen, we progressives would need to put our shoulders behind a very different wheel.

Can we do it? What’s preventing us?

Voir par ailleurs:

En Syrie, un djihadiste occidental sur trois serait français
Edouard de Mareschal
Le Figaro
05/09/2014

INFOGRAPHIE – Plus de 3000 Occidentaux seraient partis combattre aux côtés des djihadistes en Syrie. Parmi eux, entre 700 et 900 sont français.

Le djihad attire de plus en plus d’Occidentaux. Fin mai, ils étaient au moins 3000 à avoir rejoint les rangs des islamistes radicaux qui combattent en Syrie, selon le Soufan Group, un organisme de renseignement basé à New York. La France est la plus «représentée» en nombre de tous les pays occidentaux. Elle compte 700 ressortissants sur place, selon des données compilées par The Economist. Une estimation plus basse que celle des services du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, selon lesquels 900 Français étaient concernés à la mi-août. Vient ensuite la Grande-Bretagne, avec 400 ressortissants actuellement en Syrie. Puis l’Allemagne (270 ressortissants), talonnée par les Belges, avec 250 ressortissants.

10 à 15% de femmes
Mais lorsqu’on regarde la proportion de combattants par rapport à la population de leurs pays d’origine, le classement est sensiblement différent. La Belgique arrive largement en tête, avec 22 ressortissants partis au djihad pour un million d’habitants. Le Danemark arrive en deuxième position, avec 17 ressortissants pour un million d’habitants. La France arrive en troisième position: on compte 11 Français partis en Syrie pour un million d’habitants. Il est important pour l’État islamique de compter des Occidentaux dans ses rangs. Le choc provoqué par l’accent londonien de(s) assassin(s) de James Foley et Steven Sotloff en est la meilleure illustration. «Des otages libérés des griffes de l’État islamique ont dit qu’ils avaient été gardés par trois anglophones. Les djihadistes étrangers peuvent également contacter par e-mail les familles d’otages dans leurs propres langues pour demander des rançons», explique l’hebdomadaire.

Le Soufan Group estime que jusqu’en mai, quelque 12.000 combattants issus de 81 pays différents avaient rejoint le djihad en Syrie. Mais ce chiffre doit être bien plus important aujourd’hui. Car depuis que l’État islamique a fondé le «califat» le 29 juin, «le recrutement a explosé», assure le journal. «La Syrie a attiré des combattants plus vite que n’importe quel autre conflit dans le passé, que ce soit la guerre d’Afghanistan dans les années 1980 ou celle d’Irak après l’invasion américaine de 2003.» La guerre sainte prônée par l’État islamique fait venir essentiellement des hommes en dessous de 40 ans. Mais elle séduit de plus en plus de femmes. Elles représentent environ 10 à 15% de ceux qui voyagent en Syrie, estime-t-on au Centre international d’étude sur la radicalisation, un groupe de réflexion basé à Londres.

Mais les plus gros pourvoyeurs de combattants étrangers pour l’État islamique restent les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Parmi les plus notables, on trouve la Tunisie, qui dénombre pas moins de 3000 ressortissants actuellement en Syrie. L’Arabie saoudite en compte 2500, la Jordanie 2089… La présence de ces étrangers dans les rangs des radicaux islamistes laisse leurs gouvernements respectifs dans l’embarras. Car ils sont difficiles à tracer à leur retour, à l’image de Mehdi Nemmouche, qui aurait passé un an à combattre en Syrie avant de commettre la tuerie du Musée juif de Bruxelles en mai dernier.

Voir enfin:

Le casse-tête juridique de la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie
Eugénie Bastié
Le Figaro
05/11/2014

Eric Ciotti a annoncé lundi sa volonté de radier du RSA une personne partie faire le djihad en Syrie. Une décision qui semble légale mais qui sera difficile à généraliser, les conseils généraux et les CAF ne disposant pas de l’identité des personnes concernées.

Coup de com’ ou vraie décision politique? Lundi, le président du Conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a annoncé une mesure inédite en France: «j’ai décidé de procéder à la radiation d’un allocataire du RSA identifié comme étant parti en Syrie pour combattre dans les rangs de l’Etat islamique».

Pour mettre en œuvre sa décision, il s’appuie sur un cadre juridique bien précis. En effet, une des conditions essentielles pour pouvoir toucher le RSA est de «résider en France de manière stable et effective». L’article R.262-5 du Code d’action sociale et des familles précise ce critère: une résidence stable et effective signifie une résidence permanente. La personne qui touche le RSA peut accomplir hors de France un ou plusieurs séjours «dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n’excède pas trois mois». Normalement, le département aurait donc dû attendre trois mois après le départ de la personne pour la Syrie avant de la suspendre ou la radier. Mais pour Eric Ciotti, il était hors de question de donner un centime de plus à des «terroristes». «Les personnes parties à l’étranger dans la perspective de mener une guerre aux côtés d’un état terroriste n’ont pas vocation à continuer à bénéficier de la solidarité nationale» a-t-il argumenté.

Il a donc mis en avant un récent avis du Conseil d’Etat pour élargir les critères d’appréciation de la condition de résidence stable ou effective. Celui-ci précise en effet qu’«il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités ainsi que de toutes circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d’éventuels séjours à l’étranger et ses liens personnels et familiaux».

«La décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale»
Pour Virginie Ribeiro, avocate spécialiste du RSA, la décision du député parait tout à fait fondée juridiquement. «Dans le cadre du contexte actuel, et étant donné la gravité d’un départ pour la Syrie, la décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale car elle a pour objectif le maintien de l’ordre public».

Faut-il, dans ce cas, faire une loi pour généraliser la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie? «Ce n’est pas nécessaire. Je pense que la décision de M. Ciotti sera suivie», estime Virginie Ribeiro. «L’article du CASF, combiné à la jurisprudence du Conseil d’Etat, me paraissent suffisants. On peut bien sûr envisager que la personne en question intente un recours devant le tribunal administratif à son retour de Syrie, mais étant donné les circonstances, il y a peu de chances que sa plainte soit entendue».

Théoriquement, la décision d’Eric Ciotti pourrait donc être appliquée dans tous les départements. Mais pratiquement, une difficulté subsiste: les noms des personnes parties en Syrie ne sont ni forcément connus, ni, quand c’est le cas, communiqués aux conseils généraux.

Le député Alain Marsaud (UMP) a déposé le 10 octobre dernier avec Thierry Mariani une résolution à l’Assemblée nationale pour la «création d’une commission d’enquête aux abus de versements des prestations sociales aux Français ayant quitté le territoire dans le but de participer au djihad». Selon lui, il avait déjà prévenu le ministre de l’Intérieur Manuel Valls au mois de juin qui «ignorait totalement le sujet».

Croiser les fichiers de la CAF avec ceux des renseignements
«J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil.

Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés».

D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée».

Voir par ailleurs:

Moyen-Orient
Jack Lang : “Un musée destiné à une Palestine libre et souveraine”
Yasmine Youssi
Télérama
29/10/2015

L’Institut du monde arabe va participer à la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Il propose son hospitalité aux collections, en attendant qu’elles puissent être exposées. Jack Lang nous en dit plus.

Le 16 octobre dernier, l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, signait avec l’intellectuel Elias Sanbar, actuel ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, un partenariat en vue de la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Jack Lang revient pour nous sur la genèse et la nécessité d’une telle institution.

Comment est née l’idée de ce musée?

C’est le poète palestinien Elias Sanbar qui a imaginé la préfiguration de ce Musée national d’art moderne et contemporain. Nous nous connaissons depuis de longues années et j’ai énormément de respect pour lui. Elias est un homme de paix. Avec l’aide de Gérard Voisin et d’Ernest Pignon-Ernest, il a réuni une centaine d’œuvres remarquables données par d’autres artistes, essentiellement français. Il y a là des tableaux d’Henri Cueco, de Gérard Fromanger, des œuvres de Tardi ou de Barthélémy Toguo, des photos d’Henri Cartier-Bresson ou de Robert Doisneau. Restait à stocker ces œuvres avant l’édification et l’ouverture du musée dans une Palestine que nous espérons libre et souveraine. Je me suis alors dit que l’Institut du monde arabe pouvait offrir l’hospitalité à cette collection en attendant qu’elle puisse être exposée.

Faudra-t-il attendre la création d’un Etat Palestinien pour découvrir cette collection?

Pas forcément. Il existe plusieurs hypothèses et la décision finale revient bien sûr aux Palestiniens. Ça serait une bonne chose que ces œuvres soient présentées au public à l’IMA ou ailleurs. Il n’est pas exclu qu’elles le soient à Ramallah, avant la création d’un Etat palestinien auquel je crois. Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili.

En 1975, deux ans après le coup d’Etat de Pinochet, de grands artistes latino-américains avaient eu la même idée et avaient ainsi constitué une collection. Le peintre surréaliste Roberto Matta avait donné des œuvres, tout comme le peintre et sculpteur d’origine argentine Julio Le Parc, et bien d’autres encore. Comme je présidais le Festival de théâtre universitaire de Nancy, je leur avais proposé d’y organiser la première exposition de la collection en 1977. Une fois nommé ministre de la Culture, j’ai souhaité que le Centre Pompidou présente la collection. Et lorsque Pinochet a été vaincu, la France a financé le transfert des œuvres à Santiago du Chili. Le musée est désormais installé au sein du bâtiment jadis occupé par la police politique du dictateur.

N’y a-t-il pas d’autres priorités que la construction d’un musée en Palestine?

Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main.

Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays.

A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants.

Vous dites que le partenariat de l’IMA avec le Musée national d’art moderne et contemporain est un geste de soutien à la création d’un Etat palestinien. S’agit-il du soutien de la France, de l’IMA ou de Jack Lang ?

Des trois à la fois.

Voir par ailleurs:

Des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation (1/2)
Alexandre Devecchio

  • Le Figaro
  • 14/08/2015

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – En 2002, Georges Bensoussan a dirigé Les territoires perdus de la République. A l’occasion de la republication de ce livre controversé, il analyse le phénomène de déliquescence de la nation que des politiques, conscients mais impuissants, ne réussisent pas à endiguer.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO @AlexDevecchio

A lire aussi: Georges Bensoussan: «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

FIGARO. – La première édition des Territoires perdus de la République date de septembre 2002. Vous y dénonciez les maux qui rongent l’école, mais aussi la société française: la violence, l’islamisme, l’antisémitisme. A l’époque, le livre avait été accueilli par un long silence médiatique. Rétrospectivement, comment expliquez-vous cette omerta?

Georges BENSOUSSAN. – L’omerta fait partie des problèmes dénoncés dans le livre. Il y a peur de dire ce que l’on voit comme si dire le réel, c’était le faire exister. A l’époque, nous constations que l’intégration d’une partie des populations de banlieues, progressivement reléguée dans des cités et frappée par le chômage de masse, était en panne. Après avoir fonctionné jusque dans les années 80, l’intégration s’est bloquée à la fin des années 90, ce que l’on constate aujourd’hui avec la hausse des unions endogames. Or, il semblait difficile en France de faire ce simple constat car on risquait d’être accusé de racisme, de stigmatiser et d’amalgamer des populations. C’est d’ailleurs l’accusation qui nous fut d’emblée imputée. Une culture d’une partie de la gauche dominante (à distinguer de la gauche antitotalitaire dans la lignée d’Orwell) nous a enfermés dans la frilosité. Il est devenu presque impossible de dénoncer certains périls sans être accusé d’appartenir au camp du mal. Pourtant, les sept auteurs de la première édition, tout comme les treize de la seconde, venaient tous, quasiment sans exception, des rangs de la gauche. Le silence médiatique autour de ce livre, puis sa stigmatisation, était révélateur d’un climat de terrorisme intellectuel qui n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les réactions qui ont entouré Les territoires perdus de la République sont de même nature que celles qui ont entourées les débats politiques français des années 50-60, quand une pensée antitotalitaire était accusée de faire le jeu de la bourgeoisie. Pour s’en convaincre, il faut relire les joutes qui opposèrent Albert Camus, Raymond Aron ou Arthur Koestler à toute une partie de la gauche. Une gauche qui était à l’époque dominée culturellement par le Parti communiste. Nombre d’intellectuels se posaient moins la question de la vérité que celle de savoir de qui «on faisait le jeu». Aujourd’hui, certains intellectuels de gauche n’entendent pas, disent-ils, pas faire le jeu du FN, comme leurs aïeux autrefois, communistes ou proches du PC (les «compagnons de route»), ne voulaient pas faire le jeu du grand capital. Pour un intellectuel, une seule question devrait se poser: les faits sont-ils avérés ou non? Dans les années 1940 en Angleterre, Orwell avait été confronté au même problème. Bien que venant des rangs de la gauche travailliste, il se voyait reprocher de faire le jeu des conservateurs anglais. Les blocages auxquels nous nous sommes heurtés avec ce livre sont les mêmes que ceux qui ont marqué le XXe siècle, c’est le débat entre totalitarisme et antitotalitarisme.

Vous écrivez que nous sommes passés des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation … De septembre 2002 aux attentats de janvier 2015, avons-nous perdu une décennie?

En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. Dans le cadre de la préparation d’un nouvel ouvrage, j’ai été frappé en écoutant plusieurs de mes interlocuteurs de voir que l’expression «guerre civile», qui aurait fait ricaner il y a dix ans ou surpris il y a cinq ans, est aujourd’hui dans les bouches d’un grand nombre, tant d’élus de terrain, de policiers, de médecins hospitaliers (service des urgences par exemple) ou de banlieue. Le sentiment que deux peuples sont en train de se former, côte à côte, et qui se regardent souvent avec hostilité, ce sentiment-là est aujourd’hui partagé par beaucoup.

Pourquoi, selon vous, personne n’est descendu dans la rue au moment de l’affaire Merah?

En mai 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras, des centaines de milliers de Français étaient descendus dans la rue, y compris le président de la République. En 2012, une génération plus tard, pour Ilan Halimi en 2006, en mémoire aux victimes de Merah en 2012, de Nemmouche en 2014, il n’y avait plus personne, sauf des juifs. La montée du communautarisme, du repli sur soi et de l’indifférence sont patents, signe d’un morcellement de la société française, d’un repli sur soi moins hédoniste que désespéré est en train de l’emporter qui multiplie les gestes et les mots du découragement: «on ne peut rien y faire», «ça ne changera jamais», «c’est trop tard», etc…. Mais aussi, hélas, et le fait n’est pas nouveau, le massif «ce n’est pas notre affaire». Cela posé, la raison essentielle de cette désaffection est peut être ailleurs: l’affaire Merah témoignait d’un antisémitisme qui ne venait pas d’où on l’attendait, l’extrême droite. De là un malaise général. Souvenons-nous de la période qui sépare les meurtres de la mort de Merah sous les balles du GIGN. Il s’est écoulé une semaine durant laquelle un grand nombre des bien-pensants de ce pays, et en particulier les spécialistes du déni de réalité, étaient convaincus que l’assassin était un néo-nazi, un Breivik à la française. Le fait que Mohammed Merah fût musulman en a gêné plus d’un. Ainsi, l’ennemi n’était pas le bon. Pour descendre dans la rue, il fallait qu’il soit conforme, breveté d’extrême droite et blanc. Une certaine instrumentalisation de l’histoire, mais pas cette histoire elle-même évidemment, a paralysé la réflexion politique. On n’a cessé de rejouer les années noires en télescopant les situations jusqu’à voir dans tout immigré clandestin un Juif du Vel d’Hiv en 1942, comme s’il fallait racheter la mollesse et l’indifférence des aïeux. De surcroît, troublant était le fait que Merah était français, né en France… et qu’il était au collège au moment de la première édition des Territoires perdus de la République. Je veux dire par là que cela interroge l’Education nationale, et notamment cette idée un peu simple selon laquelle un bon enseignement de la Shoah ( ce qui est le cas en France) suffirait à endiguer racisme et antisémitisme.

Aujourd’hui, les politiques et les médias ont-ils suffisamment ouvert les yeux?

Les élus de terrain, tant de droite que de gauche, sont conscients des réalités. Mais beaucoup ont peur de parler. A fortiori du coté des hommes politiques dont le courage n’est pas la qualité première à l’exception de quelques-uns. Comme s’ils craignaient, en parlant, de faire sauter un baril de poudre tant la situation leur parait (et ici ils ont raison) dangereuse. La France est en effet l’un des pays d’Europe parmi les plus exposés au risque de conflits internes.

La peur d’être taxé de racisme joue son rôle dans la paralysie française. Et la désespérance du plus grand nombre dont la parole est d’emblée invalidée au nom d’un antiracisme dévoyé. Cette crainte va jusqu’à reprendre un discours concocté par l’adversaire sans s’interroger sur la pertinence des «mots». Ainsi du mot «islamophobie», un terme particulièrement inepte en effet qui réintroduit en France la notion de blasphème. On peut s’opposer à la religion, qu’elle soit juive, catholique ou musulmane, sans être raciste. Le combat laïque c’est le refus qu’une religion quelle qu’elle soit prévale sur la loi civile. Ce combat difficile a finalement été gagné en France entre 1880 et 1905. Céder sur ce plan c’est détricoter deux siècles de Révolution française pour parler comme François Furet et plus d’un siècle d’une histoire de France qui a fait de la République non seulement un régime mais une culture. Il nous faut comprendre que le mot islamophobie, forgé par des associations musulmanes, crée à dessein de la confusion pour culpabiliser les tenants du combat républicain. Pour faire entendre, en bref, que ce seraient des racistes à peine dissimulés. En invoquant à contre-emploi le racisme et en usant d’un antiracisme défiguré ( celui-là même qu’on a vu à Durban en 2001 où l’on entendait le cri de «One Jew, one bullett»), il s’agit de faire taire toute voix dissidente. En instrumentalisant l’histoire au passage, c’est ce que Leo Strauss appelait la Reductio ad Hitlerum.

L’un des premiers soucis de la classe médiatique et politique après les crimes de Merah et les attentats de janvier 2015 fut d’éviter les «amalgames». Comme si les premières victimes des violences étaient les Français d’origine maghrébine ou les musulmans. Près de soixante-dix ans plus tôt, en novembre 1945, après les terribles pogroms qui venaient d’ensanglanter la communauté juive de Tripoli en Libye (plus de quarante assassinats dans des conditions atroces), les dignitaires musulmans de la ville estimaient que les premières victimes étaient moins les juifs qu’eux-mêmes, car disaient-ils, ils risquaient d’être désormais «montrés du doigt». En revanche, il n’y eut pas condamnation publique de ces actes. Comme aujourd’hui. Quand en avril 2012 l’imam Chalghoumi organisa une manifestation de protestation contre les agissements de Merah, il ne réunit qu’une cinquantaine de personnes.

Vous faites référence au monde imaginé par Orwell dans son roman d’anticipation 1984. Notre système peut-il vraiment être qualifié de totalitaire?

Nous ne sommes pas dans un système totalitaire, mais dans un système d’avachissement de la démocratie que Tocqueville avait annoncé. Cet avachissement est marqué par le triomphe de l’intérêt individuel et le désintérêt pour la chose publique. Dans le contexte historique particulier qui est celui de la France, cela se traduit par une pensée a-critique et frileuse, même si cette frilosité, voire cette lâcheté ne sont pas chose nouvelle. On n’en finirait pas de faire la généalogie du déclin de ce qui fut jadis la «Grande Nation». Nul doute qu’à cet égard le XX° siècle français, jusqu’à nos jours même, paie l’énorme saignée de la Grande Guerre. De ce désastre-là, la France ne s’est jamais remise. Elle avait gagné la guerre mais perdu ses hommes et à long terme son vouloir vivre national. Toutes les campagnes françaises se font l’écho d’une tragédie qui naturellement appelait dans son sillage une immigration de peuplement qui, chaque jour plus nombreuse, a atteint un seuil tel que la machine à intégrer s’est finalement enrayée. Un pays est capable d’intégrer des minorités par capillarité. C’est moins vrai quand il s’agit depuis 40 ans de flux démographiques de masse.

Vous reprochez à l’Etat et notamment à l’école d’avoir fait trop de concession aux revendications communautaires. Que pensez-vous du débat actuel sur les menus de substitution?

Il est posé de manière caricaturale car on voit bien la volonté de certains politiques de surfer sur la polémique. Il pose cependant une question de fond comme il est symptomatique aussi d’un danger qui guette la société française. Il faut rappeler d’abord que la cantine n’est pas obligatoire. Introduire les menus de substitution dans les écoles, c’est donner prise à des pratiques communautaires qui n’auront dès lors aucune raison de s’arrêter. Là est le risque, c’est ce premier pas qui permettra tous les autres et qui conduira à détricoter le tissu laïque et à nous engager sur un chemin contraire à celui qui depuis deux siècles a fait la nation française.

Le terreau des réalités que vous décrivez est-il social ou culturel?

Les deux. Les causes sociales sont une évidence. Mais celui qui y réduirait son analyse se condamnerait à ne rien entendre à la complexité de la situation comme l’a bien montré Hugues Lagrange. En banlieue, le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine parfois les 40- 50%. L’arrivée d’une immigration de masse à partir de 1975, au moment où les Trente Glorieuses s’achevaient, est un premier jalon dans cette histoire. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, sept ans seulement après Mai 1968, la bourgeoisie française a favorisé cette immigration de masse à laquelle le PCF s’opposait dès 1980, ce qu’on a souvent oublié. Pourquoi est-ce sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, l’homme du retour au pouvoir de la droite libérale non gaulliste, qu’a été mis en place le regroupement familial alors que les emplois se faisaient de plus en plus rares? Dès lors qu’il ne s’agissait plus d’une immigration de travail, mais d’immigration familiale progressivement reléguée dans des cités, l’intégration était compromise. Conjugué au chômage, à la pauvreté, au confinement géographique des mêmes cultures et des mêmes nationalités, le facteur culturel, dégradé en repli identitaire, ne pouvait que jouer sur fond de frustration et de ressentiment.

Un repli identitaire qui a d’abord concerné des populations jeunes et nombreuses, venues d’un monde musulman en expansion et qui, au même moment, trouvait son expression politique dans l’islamisme et non plus dans le nationalisme arabe qui avait échoué. Ajoutez à cela l’environnement médiatique, la télévision par câble, satellite et internet qui a favorisé la diffusion des thèses islamistes et d’un antisémitisme virulent qui viennent du Moyen-Orient. La conjonction de ces facteurs, démographiques, sociaux, culturels et médiatiques a divisé le pays. La réaction aux attentats de janvier 2015, loin de montrer une nation unie, a mis en lumière deux pays cote a cote mais qui ne font plus nation. Ce phénomène, je le redis, est nouveau dans la longue histoire de l’immigration en France. Pour certains, ce fossé pourra se combler demain. J’en suis moins convaincu, il semble que la situation ait atteint un seuil d’irréversibilité.

Le risque n’est-il pas de sombrer dans une forme d’essentialisation?

C’est effectivement le principal reproche qui nous est fait. Cependant, la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme.

Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation ( mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme?

Voir enfin:

Georges Bensoussan : «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Georges Bensoussan évoque la montée en puissance de l’antisémitisme et du racisme anti-blanc dans les banlieues. L’auteur des Territoires perdus de la République analyse les nouvelles fractures françaises.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO

A lire aussi: Des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation (1/2)

Dans Les territoires perdus de la République, vous évoquiez pour la première fois l’antisémitisme des banlieues. En quoi se distingue-t-il de l’antisémitisme traditionnel?

L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir Français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale ( c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970.

Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj».

Certains vont jusqu’à comparer les sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier. La sacralisation de la Shoah nous empêche-t-elle de comprendre le présent?

En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France.

Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…»

De même, les lois mémorielles ont-elles entraîné la concurrence victimaire?

Sur le plan juridique, la loi Gayssot n’est pas une mauvaise réponse car il n’y pas débat en effet sur le fait que Auschwitz ait existé, de même qu’il n’y a pas débat sur le fait que la bataille de Verdun ait eu lieu. La loi mémorielle désencombre les prétoires. Elle permet d’éviter des procès de plusieurs années mobilisant inutilement les historiens. Et de voir aussi plus clairement que le négationnisme est une variante de l’antisémitisme.

Mais ces lois ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan , tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance.

Que vous inspire la polémique autour de la plage de Tel-Aviv sur Seine?

Cela met en lumière les fractures que nous évoquions. Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne.

A la sortie du livre, vous aviez beaucoup insisté sur cet antisémitisme des banlieues. Avec le recul, regrettez-vous de ne pas avoir davantage évoqué le sort des classes populaires, victimes du racisme anti-blanc?

Absolument. Nous n’avions pas vu alors cette réalité émerger. Un certain nombre d’études sociologiques comme celle de Christophe Guilluy sur les fractures françaises, celle de Laurent Bouvet sur l’insécurité culturelle ou celle d’Hugues Lagrange sur le déni des cultures n’étaient pas parus. Les territoires perdus de la République ne sont pas un livre de sociologie, juste le fruit d’un travail de terrain empirique. Nous n’avons jamais prétendu faire un panorama. De surcroit, en 2002, le phénomène ne faisait que débuter. Et nombre de professeurs qui avaient participé à la rédaction étaient eux-mêmes tétanisés à l’idée d’évoquer un racisme anti-blanc ou anti-Français. Cette réalité est aujourd’hui bien connue. A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé.

Dans ces conditions, doit-on continuer à mettre sur le même plan la menace FN et celle de l’islamisme et de l’antisémitisme des banlieues?

A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours?


Armes à feu: Attention, un massacre peut en cacher un autre ! (As guns could soon overtake cars as America’s number one killer, Harvard econonomist confirms that in developed countries it’s the number of handguns and not assault rifles that kill the most people and children)

11 octobre, 2015
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Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Nous ne pouvons accepter ni un monde politiquement unipolaire, ni un monde culturellement uniforme, ni l’unilatéralisme de la seule hyperpuissance. Hubert Védrine (1999)
La situation est riche en ironies. Le rejet par l’Europe de la Machtpolitik, son hostilité à l’usage des armes en politique internationale, dépendent de la présence de troupes américaines sur son sol. Le nouvel ordre kantien dont elle jouit ne pouvait fleurir que sous le parapluie protecteur de la puissance américaine exercée selon les règles du vieil ordre hobbésien. (…) Les dirigeants américains sont convaincus que la sécurité mondiale et l’ordre libéral, tout comme le paradis « postmoderne » qu’est l’Europe, ne sauraient survivre longtemps si l’Amérique n’utilisait pas sa puissance dans ce monde dangereux, hobbésien, qui est toujours la règle hors d’Europe. (…) Ainsi, bien que les Etats-Unis aient eu naguère le rôle décisif dans l’accès de l’Europe au paradis kantien, et le jouent toujours pour en assurer la survie, ils ne sauraient eux-mêmes entrer dans cet éden. Ils en gardent la muraille, mais ne peuvent en franchir la porte. Les Etats-Unis, en dépit de leur puissance considérable, demeurent englués dans l’histoire, contraints d’affronter les Saddam Hussein, les ayatollahs, les Kim Jong-iI et les Jiang Zemin, laissant à d’autres la chance d’en toucher les dividendes. Robert Kagan (2002)
N’importe qui peut jouer les gentils quand les mauvais garçons ont été abattus et le train a sifflé trois fois. Alors les habitants de la ville qui jusque là tremblaient comme une feuille peuvent ressortir dans la grand’ rue et féliciter le shérif à coups de grandes claques dans le dos, se réjouissant que son pistolet soit à nouveau tranquillement rangé dans son étui – et que tous ces cadavres de méchants hors-la-loi soient commodément hors de vue chez le croque-morts. Victor Davis Hanson
Les Européens disent maintenant au revoir à M. Bush, et espèrent l’élection d’un président américain qui partage, le croient-ils, leurs attitudes sophistiquées de postnationalisme, post-modernisme et multiculturalisme. Mais ne soyez pas étonné si, afin de protéger la liberté et la démocratie chez eux dans les années à venir, les dirigeants européens commencent à ressembler de plus en plus au cowboy à la gâchette facile de l’étranger qu’ils se délectent aujourd’hui à fustiger. Natan Sharansky
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
Et, bien sûr, ce qui est également la routine est que quelqu’un, quelque part, va commenter et dire, Obama a politisé cette question. Eh bien, cela est quelque chose que nous devrions politiser. Il est pertinent de notre vie commune ensemble, le corps politique. Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Ce que je voulais dire, c’est que lorsque des tyrannies s’instaurent, elles essaient de désarmer le peuple d’abord, et c’est exactement ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 1930. C’est pourquoi cela n’arrivera jamais aux Etats-Unis : parce que les (Américains) sont armés. Ben Carson
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
« More whites are killed by the police than blacks primarily because whites outnumber blacks in the general population by more than five to one, » Forst said. The country is about 63 percent white and 12 percent black. (…) A 2002 study in the American Journal of Public Health found that the death rate due to legal intervention was more than three times higher for blacks than for whites in the period from 1988 to 1997. (…) Candace McCoy is a criminologist at the John Jay College of Criminal Justice at the City University of New York. McCoy said blacks might be more likely to have a violent encounter with police because they are convicted of felonies at a higher rate than whites. Felonies include everything from violent crimes like murder and rape, to property crimes like burglary and embezzlement, to drug trafficking and gun offenses. The Bureau of Justice Statistics reported that in 2004, state courts had over 1 million felony convictions. Of those, 59 percent were committed by whites and 38 percent by blacks. But when you factor in the population of whites and blacks, the felony rates stand at 330 per 100,000 for whites and 1,178 per 100,000 for blacks. That’s more than a three-fold difference. McCoy noted that this has more to do with income than race. The felony rates for poor whites are similar to those of poor blacks. « Felony crime is highly correlated with poverty, and race continues to be highly correlated with poverty in the USA, » McCoy said. « It is the most difficult and searing problem in this whole mess. » PunditFact
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
Ms. Harper, who divorced her husband a decade ago, appears to have been by far the most significant figure in her son’s troubled life; neighbors say he rarely left their apartment. Unlike his father, who said on television that he had no idea Mr. Harper-Mercer cared so deeply about guns, his mother was well aware of his fascination. In fact, she shared it: In a series of online postings over a decade, Ms. Harper, a nurse, said she kept numerous firearms in her home and expressed pride in her knowledge about them, as well as in her son’s expertise on the subject. She also opened up about her difficulties raising a son who used to bang his head against the wall, and said that both she and her son struggled with Asperger’s syndrome, an autism spectrum disorder. (…) In an online forum, answering a question about state gun laws several years ago, Ms. Harper took a jab at “lame states” that impose limits on keeping loaded firearms in the home, and noted that she had AR-15 and AK-47 semiautomatic rifles, along with a Glock handgun. She also indicated that her son, who lived with her, was well versed in guns, citing him as her source of information on gun laws, saying he “has much knowledge in this field.” “I keep two full mags in my Glock case. And the ARs & AKs all have loaded mags,” Ms. Harper wrote. “No one will be ‘dropping’ by my house uninvited without acknowledgement.” Law enforcement officials have said they recovered 14 firearms and spare ammunition magazines that were purchased legally either by Mr. Harper-Mercer, 26, or an unnamed relative. Mr. Harper-Mercer had six guns with him when he entered a classroom building on Thursday and started firing on a writing class in which he was enrolled; the rest were found in the second-floor apartment he shared with his mother. (…) Neighbors in Southern California have said that Ms. Harper and her son would go to shooting ranges together, something Ms. Harper seemed to confirm in one of her online posts. She talked about the importance of firearms safety and said she learned a lot through target shooting, expressing little patience with unprepared gun owners: “When I’m at the range, I cringe every time the ‘wannabes’ show up.” NYT
According to data gathered by the Centres for Disease Control (CDC), deaths caused by cars in America are in long-term decline. Improved technology, tougher laws and less driving by young people have all led to safer streets and highways. Deaths by guns, though—the great majority suicides, accidents or domestic violence—have been trending slightly upwards. This year, if the trend continues, they will overtake deaths on the roads. The Centre for American Progress first spotted last February that the lines would intersect. Now, on its reading, new data to the end of 2012 support the view that guns will surpass cars this year as the leading killer of under 25s. Bloomberg Government has gone further. Its compilation of the CDC data in December concluded that guns would be deadlier for all age groups. (…) There are about 320m people in the United States, and nearly as many civilian firearms. And although the actual rate of gun ownership is declining, enthusiasts are keeping up the number in circulation. Black Friday on November 28th kicked off such a shopping spree that the FBI had to carry out 175,000 instant background checks (three checks a second), a record for that day, just for sales covered by the extended Brady Act of 1998, the only serious bit of gun-curbing legislation passed in recent history. Many sales escape that oversight, however. Everytown for Gun Safety, a movement backed by Mike Bloomberg, a former mayor of New York, has investigated loopholes in online gun sales and found that one in 30 users of Armslist classifieds has a criminal record that forbids them to own firearms. Private reselling of guns draws no attention, unless it crosses state lines. William Vizzard, a professor of criminal justice at California State University at Sacramento, points out that guns also don’t wear out as fast as cars. “I compare a gun to a hammer or a crowbar,” he says. “Even if you stopped making guns today, you might not see a real change in the number of guns for decades.”Motor vehicles, because they are operated on government-built roads, have been subject to licensing and registration, in the interests of public safety, for more than a century. But guns are typically kept at home. That private space is shielded by the Fourth Amendment just as “the right to bear arms” is protected by the Second, making government control difficult. Car technologies and road laws are ever-evolving: in 2014, for example, the National Highways Traffic Safety Administration announced its plan to phase in mandatory rear-view cameras on new light vehicles, while New York City lowered its speed limit for local roads. By contrast, safety features on firearms—such as smartguns unlocked by an owner’s thumbprint or a radio-frequency encryption—are opposed by the National Rifle Association, whose allies in Congress also block funding for the sort of public-health research that might show, in even clearer detail, the cost of America’s love affair with guns. The Economist
For the better part of a century, the machine most likely to kill an American has been the automobile. Car crashes killed 33,561 people in 2012, the most recent year for which data is available, according to the National Highway Traffic Safety Administration. Firearms killed 32,251 people in the United States in 2011, the most recent year for which the Centers for Disease Control has data. But this year gun deaths are expected to surpass car deaths. That’s according to a Center for American Progress report, which cites CDC data that shows guns will kill more Americans under 25 than cars in 2015. Already more than a quarter of the teenagers—15 years old and up—who die of injuries in the United States are killed in gun-related incidents, according to the American Academy of Pediatrics. A similar analysis by Bloomberg three years ago found shooting deaths in 2015 « will probably rise to almost 33,000, and those related to autos will decline to about 32,000, based on the 10-year average trend. »  The Atlantic
The law that barred the sale of assault weapons from 1994 to 2004 made little difference. It turns out that big, scary military rifles don’t kill the vast majority of the 11,000 Americans murdered with guns each year. Little handguns do. In 2012, only 322 people were murdered with any kind of rifle, F.B.I. data shows. The continuing focus on assault weapons stems from the media’s obsessive focus on mass shootings, which disproportionately involve weapons like the AR-15, a civilian version of the military M16 rifle. (…) This politically defined category of guns — a selection of rifles, shotguns and handguns with “military-style” features — only figured in about 2 percent of gun crimes nationwide before the ban. Handguns were used in more than 80 percent of gun murders each year, but gun control advocates had failed to interest enough of the public in a handgun ban. Handguns were the weapons most likely to kill you, but they were associated by the public with self-defense. (In 2008, the Supreme Court said there was a constitutional right to keep a loaded handgun at home for self-defense.) (…) Still, the majority of Americans continued to support a ban on assault weapons. One reason: The use of these weapons may be rare over all, but they’re used frequently in the gun violence that gets the most media coverage, mass shootings. The criminologist James Alan Fox at Northeastern University estimates that there have been an average of 100 victims killed each year in mass shootings over the past three decades. That’s less than 1 percent of gun homicide victims. But these acts of violence in schools and movie theaters have come to define the problem of gun violence in America. Most Americans do not know that gun homicides have decreased by 49 percent since 1993 as violent crime also fell, though rates of gun homicide in the United States are still much higher than those in other developed nations. A Pew survey conducted after the mass shooting at Sandy Hook Elementary School in Newtown, Conn., found that 56 percent of Americans believed wrongly that the rate of gun crime was higher than it was 20 years ago. NYT
A 2-year-old Kentucky girl was accidentally killed by her 5-year-old brother who fired a rifle he had been given as a gift, officials said Wednesday. Cumberland County Coroner Gary L. White said (…) “Most everybody in town is pretty devastated by this,” White said. “Nobody wants to take anyone’s guns away, but you’ve got to keep them out of harm’s way for the kids. It’s a safety issue.”(…)  The mother had just stepped outside the house for a moment, White said. (…) The rifle used in the accident is a Crickett designed for children and sold under the slogan “My First Rifle,” according to the company’s website. It is a smaller weapon designed for children and comes with a shoulder stock in child-like colors including pink and swirls. “The little Crickett rifle is a single-shot rifle and it has a child safety,” White said. “This was just a tragic accident.” The child safety lock was in place and operational, White said. Officials believe a shell had been left in the weapon from the last use and no one realized it. “In my fifteen years as coroner, this is the first such case,” he said. “It is very, very rare.” It is legal in Kentucky to give a child a rifle as a gift, White said. Nor is it unusual for children to have rifles, often passed down from their parents, he said. Earlier this month, Brandon Holt, 6, was accidentally shot to death by a 4-year-old playmate in New Jersey. LA Times
Un petit Américain de 5 ans qui jouait avec un fusil qu’on lui avait offert a tué mardi sa petite sœur de 2 ans dans leur maison du Kentucky (centre-est). Selon le médecin légiste du comté rural de Cumberland, il s’agit d’un accident. «Ça fait partie de ces accidents insensés», a affirmé Gary White, interrogé par le journal local, The Lexington Herald-Leader. (…) Selon le médecin, la maman des enfants qui faisait le ménage, était momentanément sortie sur le porche de la maison. «Elle a dit que pas plus de 3 minutes s’étaient écoulées puis elle a entendu la détonation. Elle a couru dans la maison et a trouvé la petite fille», a expliqué Gary White à la télévision locale WKYT. Le fusil, un .22 long rifle spécialement conçu pour les enfants, était un cadeau que le petit garçon avait reçu l’année dernière. Il était stocké dans le coin d’une pièce et les parents ne savaient pas qu’il restait une munition à l’intérieur, a affirmé le médecin légiste. «C’est un petit fusil pour enfant, de marque Crickett. Le petit garçon avait l’habitude de tirer avec», a-t-il confié au Lexington Herald-Leader. Libération (01.05.13)
Après la récente fusillade dans une université américaine qui a coûté la vie à 9 étudiants, c’est un nouveau drame qui a endeuillé les Etats-Unis, d’autant plus terrible que l’assassin et sa victime sont des enfants : un jeune garçon âgé de 11 ans, originaire du Tennessee, a été formellement accusé d’avoir tué samedi par balle une fillette de 8 ans avec un fusil de calibre 12 après une dispute au sujet de chiots. Une voisine a dit à la chaine WBIR, affiliée à CBS, que la jeune fille, Makayla Dyer, jouait avec les voisins samedi soir à White Pine, à l’extérieur de Knoxville. Elle a ensuite commencé à discuter avec le garçon, qui n’avait alors pas été identifié, par une fenêtre ouverte de son domicile. « Il a demandé à la petite fille de voir ses chiots », a rapporté la voisine, Chasity Atwood, à WBID. « Elle a dit non et a ri et puis s’est retournée, a regardé son amie et dit ‘Allons chercher les…’. Mais elle n’a pas eu le temps de dire le mot ‘chiots’ ». Le garçon lui avait déjà tiré une balle dans la poitrine. French people daily
Un garçon américain de 11 ans abat une fillette de 8 ans après une dispute. (…) Il s’est servi du fusil calibre 12 de son père. Un garçon de 11 ans a tué par balle sa voisine, une fillette de 8 ans. La ville de White Pine (Tennessee, Etats-Unis), où le drame s’est déroulé, est sous le choc, rapporte la chaîne locale américaine WATE, lundi 5 octobre. Samedi, la petite fille prénommée McKayla jouait dehors. Son jeune voisin lui aurait demandé de voir son chiot. Elle lui aurait répondu « non ». Vers 19h30, il l’a abattue. (…) « Cette arme aurait dû être mise sous clé ou au moins hors de portée », a dénoncé une voisine, interrogée par la chaîne locale WBIR. Le débat sur le contrôle des armes à feu a été relancé aux Etats-Unis après la fusillade du 1er octobre sur un campus universitaire de l’Oregon. Francetvinfo
Un garçon de 11 ans a été inculpé d’assassinat dans l’Etat américain du Tennessee après avoir tué par balle McKayla Dyer, sa voisine, âgée de 8 ans, lors d’une dispute concernant un chiot. (…) Le débat sur le contrôle des armes à feu a été relancé aux Etats-Unis après la fusillade du 2 octobre sur un campus universitaire de l’Oregon, au cours de laquelle un jeune homme de 26 ans a abattu 9 personnes. (…) Selon le site Gun Violence Archive, 559 enfants de moins de 11 ans ont été tués ou blessés depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Le Monde
Since 2002, St. Louis Children’s Hospital has cared for 771 children injured or killed by gunfire; 35 percent were younger than 15. These include the recent 12-year-old boy accidentally killed by his friend when playing with his grandfather’s pistol kept under his pillow, the 2-year-old boy paralyzed when his father accidentally discharged his gun during loading, the 5-year-old girl caught in a cross-fire as she sat on her front porch, the 10-year-old boy killed by his mother overwhelmed with mental illness, and the 4-year-old boy who found a handgun in a closet at home, placed the barrel into his mouth and pulled the trigger as he had often done to get a drink from his water-pistol. Many of these children died despite the heroic efforts of our highly trained pre-hospital, emergency, surgical and critical care staff. In 2010, seven American children age 19 and younger were killed every day. This is twice the number of children who die from cancer, five times the number from heart disease, and 15 times the number from infections. This is also the equivalent of 128 Newtown shootings. It has been estimated at least 38 percent of American households have a gun. In homes with children younger than 18, 22 percent store the gun loaded, 32 percent unlocked, and 8 percent unlocked and loaded. The children in these homes know the gun is present, and many handle the gun in the absence of their parents. Children who have received gun safety training are just as likely to play with and fire a real gun as children not trained. In one study, 8-to-12-year-old boys were observed via one-way mirror as they played for 15 minutes in a waiting room with a disabled .38 caliber handgun concealed in a desk drawer. Seventy two percent discovered the gun, and 48 percent pulled the trigger; 90 percent of those who handled the gun and/or pulled the trigger had prior gun safety instruction. Rather than confer protection, careful studies find guns stored in the home are more likely to be involved in an accidental death, homicide by a family member, or suicide than against an intruder. In 2009, suicide was the third leading cause of death for American youth, with firearms the most common method used. The American Academy of Pediatrics has concluded, “The most effective measure to prevent suicide, homicide, and unintentional firearm-related injuries to children and adolescents is the absence of guns from homes and communities.” (…)  It has been done in many other economically advanced countries, and we can do it in the United States. St Louis-Post dispatch
Drs. Kennedy, Jaffe & Keller (…) quote statistics that would lead the reader to believe that child gun deaths are a national public health crisis. They suggest that there is an epidemic of gun violence that threatens the safety, health and well-being of our children and devote considerable print to listing the number of children killed or treated for gunshot injuries at St. Louis Children’s Hospital. However, most of the individual cases they report suggest that accidental shootings are the main culprit for these injuries, and that inadequate gun storage at home is to blame. In reality, as is obvious from the daily reporting by the Post-Dispatch of area gun violence, most of the victims of these gun-related deaths and injuries are inner-city residents and their injuries are not accidental. According to reliable statistical data reported in 2009 covering the years 1904-2006, from the National Center for Health Statistics (1981 on) and the National Safety Council (prior to 1981), while the number of privately owned guns in the U.S. is at an all-time high, and rises by about 4.5 million per year, the firearm accident death rate is at an all-time annual low, 0.2 per 100,000 population, down 94 percent since the all-time high in 1904. Since 1930, the annual number of such deaths has decreased 80 percent, to an all-time low, while the U.S. population has more than doubled and the number of firearms has quintupled. Among children, such deaths have decreased 90 percent since 1975. Today, the odds are more than a million to one against a child in the U.S. dying in a firearm accident. According to the 2009 data, in reality among all child accidental deaths nationally, firearms were involved in 1.1 percent, compared to motor vehicles (41 percent), suffocation (21 percent), drowning (15 percent), fires (8 percent), pedal cycles (2 percent), poisoning (2 percent), falls (1.9 percent), environmental factors (1.5 percent), and medical mistakes (1 percent). Since the difference between accidental deaths due to medical mistakes (1 percent) and accidental deaths due to firearms (1.1 percent) is only 0.1 percentage points, perhaps we should consider a ban on pediatricians along with the ban they propose on firearms and large-capacity magazines. F.A. Ruecker
411 children (age 14 and under) died from gunfire in all of 2012 or slightly more than one per day. This includes homicides, accidents, and suicides combined. Gun facts
Il est en effet essentiel de mettre les choses en perspective : les tueries de masse, bien que tragiques, restent statistiquement extrêmement rares. Moins de 0,2% des homicides sont liés à des tueries de masse. De manière plus large et malgré la perception générale du contraire, le taux de crime aux États-Unis est en baisse constante depuis plus de 20 ans. Même le taux d’homicides par armes à feu est en baisse, de 49% depuis 1993. Ainsi, depuis plus de 20 ans aux États-Unis, le taux de crime diminue, et ce malgré un nombre record d’armes à feu détenus par des Américains. Dans le même temps, le nombre de permis de port d’arme en public (« concealed carry permit ») a lui aussi augmenté. « Plus d’armes = plus de crimes », vraiment ? Mais au-delà des crimes demeure un fait peu rappelé dans les débats qui suivent les tueries aux États-Unis : avec plus de 300 millions d’armes à feu en circulation, les citoyens américains utilisent massivement leurs armes pour des motifs légitimes. Parmi ceux-ci, on retrouve la collection, la chasse, le tir sportif ou encore la défense de soi et de son prochain. Ainsi, plus de 99,9% des Américains propriétaires légaux d’armes n’ont jamais utilisé celles-ci pour causer du tort à autrui. De quel droit viendrait-on restreindre leurs libertés parce qu’un dément a utilisé ses propres armes à feu pour nuire à autrui ? Non seulement l’immense majorité de ces détenteurs légaux d’armes à feu ne cause pas de tort à autrui, mais elle empêche des crimes et sauvent des vies. Combien de crimes n’ont jamais eu lieu parce que des criminels violents, de peur de se faire abattre, ont été dissuadés d’agresser autrui ? (…)  Par définition, un criminel ne respecte pas la loi. Un fou souhaitant commettre une tuerie trouvera toujours les outils nécessaires. Les seules personnes concernées par les lois sur les armes à feu sont les citoyens honnêtes et pacifiques. Toutefois malgré ces efforts, il paraît vain de souhaiter en finir avec la violence. Certaines personnes seront toujours promptes à agresser autrui. Et face à ces personnes-là, les citoyens honnêtes doivent pouvoir s’armer pour leur défense. Cela n’a pas été le cas sur le campus de l’université dans l’Oregon qui était une « gun free zone », une zone où les citoyens honnêtes en possession de permis de port d’arme ne peuvent la porter. Le tueur avait ainsi le champ libre, sachant que ses victimes seraient incapables de se défendre avant l’arrivée de la police.L’État américain doit en finir avec cette politique de « gun free zones » qui n’empêchent pas les tueurs de commettre leurs crimes, mais empêche une réponse rapide de citoyens qui pourraient stopper l’attaque. Edouard H.
Now, quick: Name the mass shooters at the Chattanooga military recruitment center; the Washington Navy Yard; the high school in Washington state; Fort Hood (the second time) and the Christian college in California. All those shootings also occurred during the last three years. The answers are: Mohammad Youssuf Abdulazeez, Kuwaiti; Aaron Alexis, black, possibly Barbadian-American; Jaylen Ray Fryberg, Indian; Ivan Antonio Lopez, Hispanic; and One L. Goh, Korean immigrant. Ann Coulter
Our review of the academic literature found that a broad array of evidence indicates that gun availability is a risk factor for homicide, both in the United States and across high-income countries. Case-control studies, ecological time-series and cross-sectional studies indicate that in homes, cities, states and regions in the US, where there are more guns, both men and women are at higher risk for homicide, particularly firearm homicide. (…) Using survey data on rates of household gun ownership, we examined the association between gun availability and homicide across states, 2001-2003. We found that states with higher levels of household gun ownership had higher rates of firearm homicide and overall homicide. This relationship held for both genders and all age groups, after accounting for rates of aggravated assault, robbery, unemployment, urbanization, alcohol consumption, and resource deprivation (e.g., poverty). There was no association between gun prevalence and non-firearm homicide. Harvard Injury Control Research Center
We analyzed data for 50 states over 19 years to investigate the relationship between gun prevalence and accidental gun deaths across different age groups. For every age group, where there are more guns there are more accidental deaths. The mortality rate was 7 times higher in the four states with the most guns compared to the four states with the fewest guns. (…) Across states, both firearm prevalence AND questionable storage practices (i.e. storing firearms loaded and unlocked) were associated with higher rates of unintentional firearm deaths. (…) The majority of people killed in firearm accidents are under age 24, and most of these young people are being shot by someone else, usually someone their own age. The shooter is typically a friend or family member, often an older brother. By contrast, older adults are at far lower risk of accidental firearm death, and most often are shooting themselves. (…)  Harvard Injury Control Research Center
The central insight of the modern study of criminal violence is that all crime—even the horrific violent crimes of assault and rape—is at some level opportunistic. Building a low annoying wall against them is almost as effective as building a high impenetrable one. This is the key concept of Franklin Zimring’s amazing work on crime in New York; everyone said that, given the social pressures, the slum pathologies, the profits to be made in drug dealing, the ascending levels of despair, that there was no hope of changing the ever-growing cycle of violence. The right wing insisted that this generation of predators would give way to a new generation of super-predators. What the New York Police Department found out, through empirical experience and better organization, was that making crime even a little bit harder made it much, much rarer. This is undeniably true of property crime, and common sense and evidence tells you that this is also true even of crimes committed by crazy people (to use the plain English the subject deserves). Those who hold themselves together enough to be capable of killing anyone are subject to the same rules of opportunity as sane people. Even madmen need opportunities to display their madness, and behave in different ways depending on the possibilities at hand. Demand an extraordinary degree of determination and organization from someone intent on committing a violent act, and the odds that the violent act will take place are radically reduced, in many cases to zero. Look at the Harvard social scientist David Hemenway’s work on gun violence to see how simple it is; the phrase “more guns = more homicide” tolls through it like a grim bell. The more guns there are in a country, the more gun murders and massacres of children there will be. Even within this gun-crazy country, states with strong gun laws have fewer gun murders (and suicides and accidental killings) than states without them. (…) Summoning the political will to make it happen may be hard. But there’s no doubt or ambiguity about what needs to be done, nor that, if it is done, it will work. One would have to believe that Americans are somehow uniquely evil or depraved to think that the same forces that work on the rest of the planet won’t work here. It’s always hard to summon up political will for change, no matter how beneficial the change may obviously be. Summoning the political will to make automobiles safe was difficult; so was summoning the political will to limit and then effectively ban cigarettes from public places. At some point, we will become a gun-safe, and then a gun-sane, and finally a gun-free society. It’s closer than you think. (…) Gun control is not a panacea, any more than penicillin was. Some violence will always go on. What gun control is good at is controlling guns. Gun control will eliminate gun massacres in America as surely as antibiotics eliminate bacterial infections. As I wrote last week, those who oppose it have made a moral choice: that they would rather have gun massacres of children continue rather than surrender whatever idea of freedom or pleasure they find wrapped up in owning guns or seeing guns owned (…) On gun violence and how to end it, the facts are all in, the evidence is clear, the truth there for all who care to know it—indeed, a global consensus is in place, which, in disbelief and now in disgust, the planet waits for us to join. Those who fight against gun control, actively or passively, with a shrug of helplessness, are dooming more kids to horrible deaths and more parents to unspeakable grief just as surely as are those who fight against pediatric medicine or childhood vaccination. It’s really, and inarguably, just as simple as that. Adam Gopnik
Statistically, the United States is not a particularly violent society. Although gun proponents like to compare this country with hot spots like Colombia, Mexico, and Estonia (making America appear a truly peaceable kingdom), a more relevant comparison is against other high-income, industrialized nations. The percentage of the U.S. population victimized in 2000 by crimes like assault, car theft, burglary, robbery, and sexual incidents is about average for 17 industrialized countries, and lower on many indices than Canada, Australia, or New Zealand. « The only thing that jumps out is lethal violence, » Hemenway says. Violence, pace H. Rap Brown, is not « as American as cherry pie, » but American violence does tend to end in death. The reason, plain and simple, is guns. We own more guns per capita than any other high-income country— maybe even more than one gun for every man, woman, and child in the country. A 1994 survey numbered the U.S. gun supply at more than 200 million in a population then numbered at 262 million, and currently about 35 percent of American households have guns. (These figures count only civilian guns; Switzerland, for example, has plenty of military weapons per capita.) Craig Lambert
Why manufacture guns that go off when you drop them?. Kids play with guns. We put childproof safety caps on aspirin bottles because if kids take too many aspirin, they get sick. You could blame the parents for gun accidents but, as with aspirin, manufacturers could help. It’s very easy to make childproof guns. »The gun-control debate often makes it look like there are only two options: either take away people’s guns, or not. That’s not it at all. This is more like a harm-reduction strategy. Recognize that there are a lot of guns out there, and that reasonable gun policies can minimize the harm that comes from them. (…) It’s not as if a 19-year-old in the United States is more evil than a 19-year-old in Australia— there’s no evidence for that. But a 19-year-old in America can very easily get a pistol. That’s very hard to do in Australia. So when there’s a bar fight in Australia, somebody gets punched out or hit with a beer bottle. Here, they get shot. (…) What guns do is make crimes lethal. They also make suicide attempts lethal: about 60 percent of suicides in America involve guns. If you try to kill yourself with drugs, there’s a 2 to 3 percent chance of dying. With guns, the chance is 90 percent. (…) In Wyoming it’s hard to have big gang fights. Do you call up the other gang and drive 30 miles to meet up? (…) Handguns are the crime guns. They are the ones you can conceal, the guns you take to go rob somebody. You don’t mug people at rifle-point. (…) We have done four surveys on self-defense gun use. And one thing we know for sure is that there’s a lot more criminal gun use than self-defense gun use. And even when people say they pulled their gun in ‘self-defense,’ it usually turns out that there was just an escalating argument —at some point, people feel afraid and draw guns. (…) How often might you appropriately use a gun in self-defense?.  Answer: zero to once in a lifetime. How about inappropriately —because you were tired, afraid, or drunk in a confrontational situation? There are lots and lots of chances. When your anger takes over, it’s nice not to have guns lying around. (…)  « A determined criminal will always get a gun » (…) Yes, but a lot of people aren’t that determined. I’m sure there are some determined yacht buyers out there, but when you raise the price high enough, a lot of them stop buying yachts. (…)  « You can go to a gun show, flea market, the Internet, or classified ads and buy a gun— no questions asked. (…) For decades, there were no plaintiff victories beyond the appellate level » in the tobacco litigation. Reasonable suits might allege things that the manufacturers could do to make guns safer. (…) People say, ‘Teach kids not to pull the trigger,’ but kids will do it. (…)  You could make it hard to remove a serial number. You won’t eliminate the problem, but you can decrease it. (…) You can arrest speeders, but you can also put speed bumps or chicanes [curved, alternating-side curb extensions] into residential areas where children play….Just as…you can revoke the license of bad doctors, but also build [a medical] environment in which it’s harder to make an error, and the mistakes made are not serious or fatal. (…) We know what works. We know that speed kills, so if you raise speed limits, expect to see more highway deaths. Motorcycle helmets work; seat belts work. Car inspections and driver education have no effect. Right-on-red laws mean more pedestrians hit by cars. (…) The goal at home and abroad is to make sure the guns we have are safe, and that people use them properly. We’d like to create a world where it’s hard to make mistakes with guns— and when you do make a mistake, it’s not a terrible thing.  David Hemenway (Harvard)
Qui arrêtera ce nouveau massacre des innocents ?
En ces temps étranges où, brutalisation djihadiste ou victimisation médiatique oblige, le premier imbécile ou damné de la terre venu peut ou se sent obligé d’entrainer dans sa mort, y compris au couteau de boucher, à la voiture-bélier ou à l’avion-missile, des dizaines voire des centaines ou des milliers d’anonymes dans sa mort …
Et où après l’avoir si longtemps dénoncé, l’on se plaint, aujourd’hui que notre rêve de monde multipolaire est enfin exaucé, de l’absence sur la scène mondiale de plus en plus catastrophique du seul pays capable d’en jouer les gendarmes …
Pendant qu’au nom de normes écologiques toujours plus draconiennes, l’on pousse nos constructeurs automobiles à trafiquer nos moteurs …
Et qu’au lendemain, alors que malgré la baisse des dix dernières années les armes à feu pourraient dès cette année dépasser l’automobile comme première cause de décès, d’un énième massacre dans une école américaine (dans une zone interdite aux armes) suivi comme il se doit de deux autres presque simultanés mais heureusement beaucoup moins meurtriers), partisans et opposants se jettent les éternels mêmes arguments à la figure …
Entre un président et ses amis chasseurs d’ambulances incapables de résister à une occasion de récupération politique et un candidat républicain et brillant ex-neurochirurgien qui se sent obligé pour flatter le lobby des armes à feu d’invoquer le génocide juif …
 
Qui rappelle avec l’économiste de la santé américain et ancien nadérite David Hemenway

Qu’aussi tragiques et médiatiques qu’elles soient, ces tueries de masse ne constituent en fait qu’une infime partie du total des homicides (moins de 1% ) et que les armes de guerre qui  leur sont souvent associées n’entrent en jeu que dans 2% des cas ?

 Qui a l’honnêteté de signaler que l’évidence apparemment mathématique (plus d’armes entrainent plus de victimes) ne tient en fait que pour les pays développés (y compris à  l’intérieur même des Etats-Unis – Wyoming: 17,5 décès pour 60% de  possession vs. Massachussets: 3,18 pour 10,6), le cas des pays en développement démontrant largement qu’on peut faire (beaucoup) plus avec (très) peu (Honduras: about 64,8 décès /100 000 pour seulement 6, 2% de possession,  soit presque six fois plus de décès avec 18 fois moins d’armes que les EU), Venezuela: 50,9 pour 10,7%,  Jamaïque: 39,74 pour 8,1% contre 10,6 pour 112,6% pour les EU mais 3,1 pour  31,2% pour la France) ?
Qui osera alors en tirer l’évidente conclusion – éléphant dans la pièce qu’il devient de plus en plus difficile de voir, Hemenway compris – que l’on a en fait affaire à deux Amérique emboitées l’une dans l’autre,  les ghettos noirs, qui pour une population noire totale de 12% de la population totale concentre 41% des auteurs et près de 50% des victimes d’homicides, fonctionnant en fait comme des îlots de sous-développement à l’intérieur d’un pays par ailleurs à la pointe du développement ?
Mais en même temps qui prend la peine d’expliquer que c’est par ailleurs aussi  par effet d’opportunité et d’incitation que ce trop-plein d’armes principalement de poing (près de 113 armes à feu pour 100 habitants !) peut rendre catastrophiques et irréversibles, sans parler des rixes ou des simples vols, les moindres accidents, suicides ou disputes au sein même des familles ?
Qui aura enfin le courage d’exiger face au puissant lobby des fabricants mais aussi des fondamentalistes de la liberté à tout prix …

Un minimum, comme cela a été fait pour l’industrie de l’automobile ou du tabac notamment avec les fameuses « class actions », de sécurités et de contrôles pour les produits …

D’une industrie qui continue à tuer …
Entre homicides, accidents et suicides et certes aussi l’imprudence voire l’inconscience de nombreux parents mais aussi la brutalité de certains policiers
Et à l’instar, sans compter le bébé de 5 mois de Cleveland le même jour que la tuerie de l’Oregon, de ce petit garçon de 11 ans du Tennessee qui a tué sa petite voisine de 8 ans quatre jours après pour avoir refusé de lui montrer son petit chien …
Plus de 400 enfants par an et déjà 563 pour les 10 premiers mois de cette année ?
Ce qui ne fait certes, diront les critiques, que 40 fois moins que le bilan des accidents automobiles  pour lesdits enfants et qu’à peine 20 fois celui du massacre de Newtown …

Death by the Barrel
David Hemenway applies scientific method to the gun problem
Craig Lambert
Harvard magazine
September-October 2004
This particular gun story took place, ironically enough, at the 1997 convention of the American Public Health Association in Indianapolis. There, among a group of white-collar professionals and academics, a seemingly minor incident quickly led to mayhem. While eating dinner at the Planet Hollywood restaurant, a patron bent to pick something up from the floor. A small pistol fell from his pocket, hit the floor, and went off. The bullet struck and injured two convention delegates waiting to be seated; both women went to the hospital. »Why manufacture guns that go off when you drop them? » asks professor of health policy David Hemenway ’66, Ph.D. ’74. « Kids play with guns. We put childproof safety caps on aspirin bottles because if kids take too many aspirin, they get sick. You could blame the parents for gun accidents but, as with aspirin, manufacturers could help. It’s very easy to make childproof guns. »

Logic like this pervades Hemenway’s new book, Private Guns, Public Health (University of Michigan Press), which takes an original approach to an old problem by applying a scientific perspective to firearms. Hemenway, who directs the Harvard Injury Control Research Center at the School of Public Health (www.hsph.harvard.edu/hicrc), summarizes and interprets findings from hundreds of surveys and from epidemiological and field studies to deliver on the book’s subtitle: A Dramatic New Plan for Ending America’s Epidemic of Gun Violence. The empirical groundwork enables Hemenway, whose doctorate is in economics, to sidestep decades of political arm-wrestling over gun control. « The gun-control debate often makes it look like there are only two options: either take away people’s guns, or not, » he says. « That’s not it at all. This is more like a harm-reduction strategy. Recognize that there are a lot of guns out there, and that reasonable gun policies can minimize the harm that comes from them. »

Hemenway’s work on guns and violence is a natural evolution of his research on injuries of various kinds, which he has pursued for decades. (In fact, it could be traced as far back as the 1960s, when, working for Ralph Nader, LL.B. ’58, he investigated product safety as one of « Nader’s Raiders. ») Hemenway says he doesn’t have a personal issue with guns; he has shot firearms, but found the experience « loud and dirty—and there’s no exercise »—as opposed to the « paintball » survival games he enjoys, which involve not only shooting but « a lot of running. » He also happens to live in a state with strong gun laws. « It’s nice, » he says, « to have raised my son in Massachusetts, where he is so much safer. »

Statistically, the United States is not a particularly violent society. Although gun proponents like to compare this country with hot spots like Colombia, Mexico, and Estonia (making America appear a truly peaceable kingdom), a more relevant comparison is against other high-income, industrialized nations. The percentage of the U.S. population victimized in 2000 by crimes like assault, car theft, burglary, robbery, and sexual incidents is about average for 17 industrialized countries, and lower on many indices than Canada, Australia, or New Zealand.

« The only thing that jumps out is lethal violence, » Hemenway says. Violence, pace H. Rap Brown, is not « as American as cherry pie, » but American violence does tend to end in death. The reason, plain and simple, is guns. We own more guns per capita than any other high-income country—maybe even more than one gun for every man, woman, and child in the country. A 1994 survey numbered the U.S. gun supply at more than 200 million in a population then numbered at 262 million, and currently about 35 percent of American households have guns. (These figures count only civilian guns; Switzerland, for example, has plenty of military weapons per capita.)

« It’s not as if a 19-year-old in the United States is more evil than a 19-year-old in Australia—there’s no evidence for that, » Hemenway explains. « But a 19-year-old in America can very easily get a pistol. That’s very hard to do in Australia. So when there’s a bar fight in Australia, somebody gets punched out or hit with a beer bottle. Here, they get shot. »

In general, guns don’t induce people to commit crimes. « What guns do is make crimes lethal, » says Hemenway. They also make suicide attempts lethal: about 60 percent of suicides in America involve guns. « If you try to kill yourself with drugs, there’s a 2 to 3 percent chance of dying, » he explains. « With guns, the chance is 90 percent. »

Gun deaths fall into three categories: homicides, suicides, and accidental killings. In 2001, about 30,000 people died from gunfire in the United States. Set this against the 43,000 annual deaths from motor-vehicle accidents to recognize what startling carnage comes out of a barrel. The comparison is especially telling because cars « are a way of life, » as Hemenway explains. « People use cars all day, every day—and ‘motor vehicles’ include trucks. How many of us use guns? »

Suicides accounted for about 58 percent of gun fatalities, or 17,000 to 18,000 deaths, in 2001; another 11,000 deaths, or 37 percent, were homicides, and the remaining 800 to 900 gun deaths were accidental. For rural areas, the big problem is suicide; in cities, it’s homicide. (« In Wyoming it’s hard to have big gang fights, » Hemenway observes dryly. « Do you call up the other gang and drive 30 miles to meet up? ») Homicides follow a curve similar to that of motor-vehicle fatalities: rising steeply between ages 15 and 21, staying fairly level from there until age 65, then rising again with advanced age. Men between 25 and 55 commit the bulk of suicides, and younger males account for an inflated share of both homicides and unintentional shootings. (Males suffer all injuries, including gunshots, at much higher rates than females.)

Though assault weapons have attracted lots of publicity from Hollywood and Washington, and NRA stands for National Rifle Association, these facts mask the reality of the gun problem, which centers on pistols. « Handguns are the crime guns, » Hemenway says. « They are the ones you can conceal, the guns you take to go rob somebody. You don’t mug people at rifle-point. »

And America is awash in handguns. Canada, for example, has almost as many guns per capita as the United States, but Americans own far more pistols. « Where do Canadian criminals, and Mexican criminals, get their handguns? » asks Hemenway. « From the United States. » Gang members in Boston and New York get their handguns from other states with permissive gun laws; the firearms flow freely across state borders. Interstate 95, which runs from Florida to New England, even has a nickname among gun-runners: « the Iron Pipeline. »

The ways in which people die by guns would not make a good television cop show. Rarely does a suburban homeowner beat a burglar to the draw in his living room at 3 a.m. Few urban pedestrians thwart a mugger by brandishing a pistol. « We have done four surveys on self-defense gun use, » Hemenway says. « And one thing we know for sure is that there’s a lot more criminal gun use than self-defense gun use. And even when people say they pulled their gun in ‘self-defense,’ it usually turns out that there was just an escalating argument—at some point, people feel afraid and draw guns. »

Hemenway has collected stories of self-defense gun use by simply asking those who pulled guns what happened. A typical story might be: « We were in the park drinking. Drinking led to arguing. We ran to our cars and got our guns. » Or: « I was sitting on my porch. A neighbor came up and we got into a fight. He threw a beer at me. I went inside and got my gun. » Hemenway has sent verbatim accounts of such incidents to criminal-court judges, asking if the « self-defense » gun use described was legal. « Most of the time, » he says, « the answer was no. »

Ask criminals why they carried a gun while robbing the convenience store and frequently the answer is, « So I could get the money and not have to hurt anyone. » But as Hemenway explains, « Then something happens. Maybe somebody unexpectedly walks in, or the storeowner draws a gun. Your heart is racing. Next thing you know, somebody is dead. »

Researchers have interviewed adolescents in major urban centers, where many inner-city kids carry guns. When asked why, the reason they most often give is « self-defense, » adding that getting a gun is easy, something one can often do in less than an hour. Yet when researchers asked a group of teenagers, more than half of whom had already carried guns, what kind of world they would like to live in, Hemenway says that almost all of them replied, « One where it’s difficult or impossible to get a gun. »

Most murderers are not hired killers. Instead, killings happen during fights between rival gangs or angry spouses, or even from road rage, and leave deep regret in their wake. « How often might you appropriately use a gun in self-defense? » Hemenway asks rhetorically. « Answer: zero to once in a lifetime. How about inappropriately—because you were tired, afraid, or drunk in a confrontational situation? There are lots and lots of chances. When your anger takes over, it’s nice not to have guns lying around. »

Many suicides, similarly, are impulsive acts. Follow-up interviews with people who survived jumping off the Golden Gate Bridge reveal that few of them tried suicide again. One survivor volunteered this epiphany after jumping: « I realized that all the problems I had in life were solvable—except one: I’m in midair. » In the United States, suicide rates are high in states with an abundance of guns—southern and western mountain states, for example—and lower in places like New Jersey, New England, or Hawaii, where guns are relatively scarce. Nine case-control studies have shown that guns in the house are a risk factor for suicide. Firearms turn the agonizing into the irreversible.

Virtually all industrialized nations have stronger firearms laws than the United States. We have no national law, for example, requiring a license to own a gun (though some states require one). Almost all other countries have licensure laws, and many demand that gun owners undergo training, also not required here. Hemenway scoffs at the rote objection, « A determined criminal will always get a gun, » responding, « Yes, but a lot of people aren’t that determined. I’m sure there are some determined yacht buyers out there, but when you raise the price high enough, a lot of them stop buying yachts. »

In most of these United States, many types of gun sale trigger neither a background check nor a paper trail. « You can go to a gun show, flea market, the Internet, or classified ads and buy a gun—no questions asked, » Hemenway says. It is illegal to sell a firearm to a convicted felon or for criminal purposes, although sting operations have proved that some licensed vendors flout even this proscription. « In 1998, police officers from Chicago (where possessing a new handgun is illegal) posed as local gang members and went firearms shopping in the suburbs, » Hemenway writes. « In store after store, clerks willingly sold powerful handguns to these agents, who made it clear that they intended to use these guns to ‘take care of business’ on the streets of Chicago. »

Some civil lawsuits have targeted gun manufacturers, seeking damages for the death and disability resulting from the use of firearms. In one sense, such plaintiffs are in the bizarre position of suing manufacturers for making products that perform as advertised. Yet there may be parallels to the legal assault on tobacco, another product that can be lethal when used as directed. « For decades, there were no plaintiff victories beyond the appellate level » in the tobacco litigation, Hemenway notes. « Reasonable suits might allege things that the manufacturers could do to make guns safer. »

Many such changes are possible. Fairly small tweaks in design and engineering could save countless human lives—in much the same way that the 1985 law requiring a third brake light (the upper back light) on cars reduced rear-end collisions. For starters, making childproof guns is, well, child’s play. Even a century ago, gunsmiths made pistols that would not fire unless the shooter put extra pressure on the handle while pulling the trigger; this required strength beyond that of a child’s hand.

Many times a teenaged boy will find a gun such as a semi-automatic pistol in his home and, after taking out the ammunition clip, assume that the gun is unloaded. He then points the pistol at his best friend and playfully pulls the trigger, killing the other lad with the bullet that was already in the chamber. « People say, ‘Teach kids not to pull the trigger,’ but kids will do it, » Hemenway says. In a 2001 study, for example, small groups of boys from 8 to 12 years old spent 15 minutes in a room where a handgun was hidden in a drawer. More than two-thirds discovered the gun, more than half the groups handled it, and in more than a third of the groups someone pulled the trigger—despite the fact that more than 90 percent of the boys in the latter groups had received gun-safety instruction.

Hence product redesign may do more good than safety education. Hemenway suggests such changes as adding « a magazine safety, so that when you remove the clip, the gun does not work. Or make guns that visually indicate if they are loaded—just like you can tell if there is film in a camera. » A different design solution could help police, who often find that guns recovered from crime scenes are untraceable because it’s « pretty easy to obliterate the serial number, » Hemenway notes. « Often you can just file it off. You could make it hard to remove a serial number. You won’t eliminate the problem, but you can decrease it. »

One of Hemenway’s main goals is to help create a society in which it is harder to make fatal blunders. He compares it to cutting down on speeding autos. « You can arrest speeders, but you can also put speed bumps or chicanes [curved, alternating-side curb extensions] into residential areas where children play….Just as…you can revoke the license of bad doctors, but also build [a medical] environment in which it’s harder to make an error, and the mistakes made are not serious or fatal. »

Yet even if such interventions became public policy, there would be no way to evaluate their impact without meaningful data. Consider the 1994 law that bans assault weapons, which is due to expire this year. « We don’t know if homicides have gone up, down, or stayed the same as a result of this law, » Hemenway says. « Or take unintentional gun deaths, of which there are about two a day. We don’t know if they tend to occur indoors or outdoors, whether the victim is the shooter or another person, whether they involve long guns or handguns, if they occur in the city or country, or if patterns have changed over time. »

This ignorance about gun deaths stands in sharp contrast to the wealth of useful data available on motor-vehicle fatalities, for which more than 100 pieces of information per death are collected consistently in every state. Shortly after its creation in 1966, the predecessor of the National Highway Traffic Safety Administration began to record information like the make, model, and year of the car, speed limit and speed of car, where people were sitting, use of seatbelts and more recently airbags, weather conditions—these data and many more are available to researchers on the Web. Consequently, Hemenway says, « We know what works. We know that speed kills, so if you raise speed limits, expect to see more highway deaths. Motorcycle helmets work; seat belts work. Car inspections and driver education have no effect. Right-on-red laws mean more pedestrians hit by cars. »

This kind of detailed information allows researchers to statistically evaluate the effects of laws. Regarding those right-on-red laws, for example, Hemenway explains, « If you only [tracked] traffic deaths, you wouldn’t see this pattern. You need data on pedestrian deaths, and pedestrian deaths at intersections! »

In 1998, Hemenway and the Harvard Injury Control Research Center launched the pilot for what has become the National Violent Death Reporting System (NVDRS) in an attempt to assemble a similar database documenting violent deaths, including those by firearms. They funded 10 sites to organize a consistent, comparable set of data, using information that already existed. Vital statistics like age and sex were commonly available. The police have a good system for homicide data. Medical examiners’ (coroners’) reports are a rich source of information but are not part of any system and aren’t linked to anything else; the same is true of crime lab reports. The new system will also provide important suicide data. (Currently, once a death is defined as a suicide, the police investigation ends, so « all we have are death certificates, » says Hemenway. « They tell you nothing about the circumstances. »)

Two years ago, the Centers for Disease Control (CDC) took over administration of NVDRS; Hemenway estimates that funding the whole system for all 50 states would cost about $20 million. He will continue this work, but he is also getting involved with international firearms problems. Although high-income countries (other than the United States) generally don’t have severe gun problems, the developing world faces major issues with guns in places like Jamaica, Colombia, and South Africa. The goal at home and abroad, he says, is « to make sure the guns we have are safe, and that people use them properly. We’d like to create a world where it’s hard to make mistakes with guns—and when you do make a mistake, it’s not a terrible thing. »
Craig A. Lambert ’69, Ph.D. ’78, is deputy editor of this magazine.December 19, 2012

Voir aussi:

The Simple Truth About Gun Control
Adam Gopnik
The New Yorker
December 19, 2012

We live, let’s imagine, in a city where children are dying of a ravaging infection. The good news is that its cause is well understood and its cure, an antibiotic, easily at hand. The bad news is that our city council has been taken over by a faith-healing cult that will go to any lengths to keep the antibiotic from the kids. Some citizens would doubtless point out meekly that faith healing has an ancient history in our city, and we must regard the faith healers with respect—to do otherwise would show a lack of respect for their freedom to faith-heal. (The faith healers’ proposition is that if there were a faith healer praying in every kindergarten the kids wouldn’t get infections in the first place.) A few Tartuffes would see the children writhe and heave in pain and then wring their hands in self-congratulatory piety and wonder why a good God would send such a terrible affliction on the innocent—surely he must have a plan! Most of us—every sane person in the city, actually—would tell the faith healers to go to hell, put off worrying about the Problem of Evil till Friday or Saturday or Sunday, and do everything we could to get as much penicillin to the kids as quickly we could.

We do live in such a city. Five thousand seven hundred and forty children and teens died from gunfire in the United States, just in 2008 and 2009. Twenty more, including Olivia Engel, who was seven, and Jesse Lewis, who was six, were killed just last week. Some reports say their bodies weren’t shown to their grief-stricken parents to identify them; just their pictures. The overwhelming majority of those children would have been saved with effective gun control. We know that this is so, because, in societies that have effective gun control, children rarely, rarely, rarely die of gunshots. Let’s worry tomorrow about the problem of Evil. Let’s worry more about making sure that when the Problem of Evil appears in a first-grade classroom, it is armed with a penknife.

There are complex, hand-wringing-worthy problems in our social life: deficits and debts and climate change. Gun violence, and the work of eliminating gun massacres in schools and movie houses and the like, is not one of them. Gun control works on gun violence as surely as antibiotics do on bacterial infections. In Scotland, after Dunblane, in Australia, after Tasmania, in Canada, after the Montreal massacre—in each case the necessary laws were passed to make gun-owning hard, and in each case… well, you will note the absence of massacre-condolence speeches made by the Prime Ministers of Canada and Australia, in comparison with our own President.

The laws differ from place to place. In some jurisdictions, like Scotland, it is essentially impossible to own a gun; in others, like Canada, it is merely very, very difficult. The precise legislation that makes gun-owning hard in a certain sense doesn’t really matter—and that should give hope to all of those who feel that, with several hundred million guns in private hands, there’s no point in trying to make America a gun-sane country.

As I wrote last January, the central insight of the modern study of criminal violence is that all crime—even the horrific violent crimes of assault and rape—is at some level opportunistic. Building a low annoying wall against them is almost as effective as building a high impenetrable one. This is the key concept of Franklin Zimring’s amazing work on crime in New York; everyone said that, given the social pressures, the slum pathologies, the profits to be made in drug dealing, the ascending levels of despair, that there was no hope of changing the ever-growing cycle of violence. The right wing insisted that this generation of predators would give way to a new generation of super-predators.

What the New York Police Department found out, through empirical experience and better organization, was that making crime even a little bit harder made it much, much rarer. This is undeniably true of property crime, and common sense and evidence tells you that this is also true even of crimes committed by crazy people (to use the plain English the subject deserves). Those who hold themselves together enough to be capable of killing anyone are subject to the same rules of opportunity as sane people. Even madmen need opportunities to display their madness, and behave in different ways depending on the possibilities at hand. Demand an extraordinary degree of determination and organization from someone intent on committing a violent act, and the odds that the violent act will take place are radically reduced, in many cases to zero.

Look at the Harvard social scientist David Hemenway’s work on gun violence to see how simple it is; the phrase “more guns = more homicide” tolls through it like a grim bell. The more guns there are in a country, the more gun murders and massacres of children there will be. Even within this gun-crazy country, states with strong gun laws have fewer gun murders (and suicides and accidental killings) than states without them. (Hemenway is also the scientist who has shown that the inflated figure of guns used in self-defense every year, running even to a million or two million, is a pure fantasy, even though it’s still cited by pro-gun enthusiasts. Those hundreds of thousands intruders shot by gun owners left no records in emergency wards or morgues; indeed, left no evidentiary trace behind. This is because they did not exist.) Hemenway has discovered, as he explained in this interview with Harvard Magazine, that what is usually presented as a case of self-defense with guns is, in the real world, almost invariably a story about an escalating quarrel. “How often might you appropriately use a gun in self-defense?” Hemenway asks rhetorically. “Answer: zero to once in a lifetime. How about inappropriately—because you were tired, afraid, or drunk in a confrontational situation? There are lots and lots of chances.”

So don’t listen to those who, seeing twenty dead six- and seven-year-olds in ten minutes, their bodies riddled with bullets designed to rip apart bone and organ, say that this is impossibly hard, or even particularly complex, problem. It’s a very easy one. Summoning the political will to make it happen may be hard. But there’s no doubt or ambiguity about what needs to be done, nor that, if it is done, it will work. One would have to believe that Americans are somehow uniquely evil or depraved to think that the same forces that work on the rest of the planet won’t work here. It’s always hard to summon up political will for change, no matter how beneficial the change may obviously be. Summoning the political will to make automobiles safe was difficult; so was summoning the political will to limit and then effectively ban cigarettes from public places. At some point, we will become a gun-safe, and then a gun-sane, and finally a gun-free society. It’s closer than you think. (I’m grateful to my colleague Jeffrey Toobin for showing so well that the idea that the Second Amendment assures individual possession of guns, so far from being deeply rooted in American law, is in truth a new and bizarre reading, one that would have shocked even Warren Burger.)

Gun control is not a panacea, any more than penicillin was. Some violence will always go on. What gun control is good at is controlling guns. Gun control will eliminate gun massacres in America as surely as antibiotics eliminate bacterial infections. As I wrote last week, those who oppose it have made a moral choice: that they would rather have gun massacres of children continue rather than surrender whatever idea of freedom or pleasure they find wrapped up in owning guns or seeing guns owned—just as the faith healers would rather watch the children die than accept the reality of scientific medicine. This is a moral choice; many faith healers make it to this day, and not just in thought experiments. But it is absurd to shake our heads sapiently and say we can’t possibly know what would have saved the lives of Olivia and Jesse.

On gun violence and how to end it, the facts are all in, the evidence is clear, the truth there for all who care to know it—indeed, a global consensus is in place, which, in disbelief and now in disgust, the planet waits for us to join. Those who fight against gun control, actively or passively, with a shrug of helplessness, are dooming more kids to horrible deaths and more parents to unspeakable grief just as surely as are those who fight against pediatric medicine or childhood vaccination. It’s really, and inarguably, just as simple as that.


Newtown and the Madness of Guns
Adam Gopnik

After the mass gun murders at Virginia Tech, I wrote about the unfathomable image of cell phones ringing in the pockets of the dead kids, and of the parents trying desperately to reach them. And I said (as did many others), This will go on, if no one stops it, in this manner and to this degree in this country alone—alone among all the industrialized, wealthy, and so-called civilized countries in the world. There would be another, for certain.

Then there were—many more, in fact—and when the latest and worst one happened, in Aurora, I (and many others) said, this time in a tone of despair, that nothing had changed. And I (and many others) predicted that it would happen again, soon. And that once again, the same twisted voices would say, Oh, this had nothing to do with gun laws or the misuse of the Second Amendment or anything except some singular madman, of whom America for some reason seems to have a particularly dense sample.

And now it has happened again, bang, like clockwork, one might say: Twenty dead children—babies, really—in a kindergarten in a prosperous town in Connecticut. And a mother screaming. And twenty families told that their grade-schooler had died. After the Aurora killings, I did a few debates with advocates for the child-killing lobby—sorry, the gun lobby—and, without exception and with a mad vehemence, they told the same old lies: it doesn’t happen here more often than elsewhere (yes, it does); more people are protected by guns than killed by them (no, they aren’t—that’s a flat-out fabrication); guns don’t kill people, people do; and all the other perverted lies that people who can only be called knowing accessories to murder continue to repeat, people who are in their own way every bit as twisted and crazy as the killers whom they defend. (That they are often the same people who pretend outrage at the loss of a single embryo only makes the craziness still crazier.)

So let’s state the plain facts one more time, so that they can’t be mistaken: Gun massacres have happened many times in many countries, and in every other country, gun laws have been tightened to reflect the tragedy and the tragic knowledge of its citizens afterward. In every other country, gun massacres have subsequently become rare. In America alone, gun massacres, most often of children, happen with hideous regularity, and they happen with hideous regularity because guns are hideously and regularly available.

The people who fight and lobby and legislate to make guns regularly available are complicit in the murder of those children. They have made a clear moral choice: that the comfort and emotional reassurance they take from the possession of guns, placed in the balance even against the routine murder of innocent children, is of supreme value. Whatever satisfaction gun owners take from their guns—we know for certain that there is no prudential value in them—is more important than children’s lives. Give them credit: life is making moral choices, and that’s a moral choice, clearly made.

All of that is a truth, plain and simple, and recognized throughout the world. At some point, this truth may become so bloody obvious that we will know it, too. Meanwhile, congratulate yourself on living in the child-gun-massacre capital of the known universe.

Voir encore:

St Louis Post dispatch

February 19, 2013

We are writing today as pediatric emergency and trauma physicians to share our concern about the epidemic of gun violence that threatens the safety, health, and well-being of our children in St. Louis and in the United States.

Since 2002, St. Louis Children’s Hospital has cared for 771 children injured or killed by gunfire; 35 percent were younger than 15. These include the recent 12-year-old boy accidentally killed by his friend when playing with his grandfather’s pistol kept under his pillow, the 2-year-old boy paralyzed when his father accidentally discharged his gun during loading, the 5-year-old girl caught in a cross-fire as she sat on her front porch, the 10-year-old boy killed by his mother overwhelmed with mental illness, and the 4-year-old boy who found a handgun in a closet at home, placed the barrel into his mouth and pulled the trigger as he had often done to get a drink from his water-pistol. Many of these children died despite the heroic efforts of our highly trained pre-hospital, emergency, surgical and critical care staff.

In 2010, seven American children age 19 and younger were killed every day. This is twice the number of children who die from cancer, five times the number from heart disease, and 15 times the number from infections. This is also the equivalent of 128 Newtown shootings.

It has been estimated at least 38 percent of American households have a gun. In homes with children younger than 18, 22 percent store the gun loaded, 32 percent unlocked, and 8 percent unlocked and loaded. The children in these homes know the gun is present, and many handle the gun in the absence of their parents.

Children who have received gun safety training are just as likely to play with and fire a real gun as children not trained. In one study, 8-to-12-year-old boys were observed via one-way mirror as they played for 15 minutes in a waiting room with a disabled .38 caliber handgun concealed in a desk drawer. Seventy two percent discovered the gun, and 48 percent pulled the trigger; 90 percent of those who handled the gun and/or pulled the trigger had prior gun safety instruction.

Rather than confer protection, careful studies find guns stored in the home are more likely to be involved in an accidental death, homicide by a family member, or suicide than against an intruder. In 2009, suicide was the third leading cause of death for American youth, with firearms the most common method used. The American Academy of Pediatrics has concluded, “The most effective measure to prevent suicide, homicide, and unintentional firearm-related injuries to children and adolescents is the absence of guns from homes and communities.”

We concur with recent recommendations from more than a dozen national pediatric professional organizations, including the American Academy of Pediatrics, Academic Pediatric Association, and the American College of Surgeons in response to the Newtown school shooting. We called for action in three areas: reinstating and revising the ban on assault weapons and large ammunition magazines; improving quality and availability of mental health services; and reducing the exposure our children have to media violence. In addition, we called for increasing research on the relationship of these factors on the epidemic of death and injury to children caused by firearm violence and for ending restrictions to this research imposed by Congress.

We are gratified the plan President Obama recently announced addresses all of these issues. The president called for public support of these initiatives, and we strongly agree. As physicians who care for children and families devastated by gun violence, we know first-hand the importance of taking action that will begin to make the environment in St. Louis safer for our children. It has been done in many other economically advanced countries, and we can do it in the United States.

As Gabrielle Giffords said to Congress: “Too many children are dying. Too many children. We must do something. It will be hard, but the time is now. You must act. Be bold, be courageous. Americans are counting on you.” Our children are counting on us!

Voir de même:

Accidental gun deaths of children are far down on the list

St Louis Post dispatch

February 23, 2013

Regarding Drs. Kennedy, Jaffe & Keller’s editorial on child gun deaths, “Gun violence is a pediatric public health crisis” (Feb. 19):

They quote statistics that would lead the reader to believe that child gun deaths are a national public health crisis. They suggest that there is an epidemic of gun violence that threatens the safety, health and well-being of our children and devote considerable print to listing the number of children killed or treated for gunshot injuries at St. Louis Children’s Hospital. However, most of the individual cases they report suggest that accidental shootings are the main culprit for these injuries, and that inadequate gun storage at home is to blame. In reality, as is obvious from the daily reporting by the Post-Dispatch of area gun violence, most of the victims of these gun-related deaths and injuries are inner-city residents and their injuries are not accidental.

According to reliable statistical data reported in 2009 covering the years 1904-2006, from the National Center for Health Statistics (1981 on) and the National Safety Council (prior to 1981), while the number of privately owned guns in the U.S. is at an all-time high, and rises by about 4.5 million per year, the firearm accident death rate is at an all-time annual low, 0.2 per 100,000 population, down 94 percent since the all-time high in 1904. Since 1930, the annual number of such deaths has decreased 80 percent, to an all-time low, while the U.S. population has more than doubled and the number of firearms has quintupled. Among children, such deaths have decreased 90 percent since 1975.

Today, the odds are more than a million to one against a child in the U.S. dying in a firearm accident. According to the 2009 data, in reality among all child accidental deaths nationally, firearms were involved in 1.1 percent, compared to motor vehicles (41 percent), suffocation (21 percent), drowning (15 percent), fires (8 percent), pedal cycles (2 percent), poisoning (2 percent), falls (1.9 percent), environmental factors (1.5 percent), and medical mistakes (1 percent). Since the difference between accidental deaths due to medical mistakes (1 percent) and accidental deaths due to firearms (1.1 percent) is only 0.1 percentage points, perhaps we should consider a ban on pediatricians along with the ban they propose on firearms and large-capacity magazines.

F.A. Ruecker  •  Manchester

Homicide

1. Where there are more guns there is more homicide (literature review).

Our review of the academic literature found that a broad array of evidence indicates that gun availability is a risk factor for homicide, both in the United States and across high-income countries.  Case-control studies, ecological time-series and cross-sectional studies indicate that in homes, cities, states and regions in the US, where there are more guns, both men and women are at higher risk for homicide, particularly firearm homicide.

Hepburn, Lisa; Hemenway, David. Firearm availability and homicide: A review of the literature. Aggression and Violent Behavior: A Review Journal. 2004; 9:417-40.

2. Across high-income nations, more guns = more homicide.

We analyzed the relationship between homicide and gun availability using data from 26 developed countries from the early 1990s.  We found that across developed countries, where guns are more available, there are more homicides. These results often hold even when the United States is excluded.

Hemenway, David; Miller, Matthew. Firearm availability and homicide rates across 26 high income countries. Journal of Trauma. 2000; 49:985-88.

3. Across states, more guns = more homicide

Using a validated proxy for firearm ownership, we analyzed the relationship between firearm availability and homicide across 50 states over a ten year period (1988-1997).

After controlling for poverty and urbanization, for every age group, people in states with many guns have elevated rates of homicide, particularly firearm homicide.

Miller, Matthew; Azrael, Deborah; Hemenway, David. Household firearm ownership levels and homicide rates across U.S. regions and states, 1988-1997. American Journal of Public Health. 2002: 92:1988-1993.

4. Across states, more guns = more homicide (2)

Using survey data on rates of household gun ownership, we examined the association between gun availability and homicide across states, 2001-2003. We found that states with higher levels of household gun ownership had higher rates of firearm homicide and overall homicide.  This relationship held for both genders and all age groups, after accounting for rates of aggravated assault, robbery, unemployment, urbanization, alcohol consumption, and resource deprivation (e.g., poverty). There was no association between gun prevalence and non-firearm homicide.

Miller, Matthew; Azrael, Deborah; Hemenway, David. State-level homicide victimization rates in the U.S. in relation to survey measures of household firearm ownership, 2001-2003. Social Science and Medicine. 2007; 64:656-64.

Voir encore:

Tuerie dans l’Oregon et port d’arme : sachons raison garder

Edouard H.

Contrepoints

4 octobre 2015

Jeudi 1er octobre a lieu une nouvelle tuerie à l’Université Umpqua dans l’Oregon, faisant 10 morts. Comme à chaque nouvelle tuerie à l’aide d’une arme à feu, de nombreuses voix s’élèvent pour mettre en place des politiques restreignant le droit de détenir et de porter des armes. Portées par l’émotion, elles réclament toujours plus de politiques répressives et liberticides. Bien que compréhensibles, ces demandes n’en sont pas moins illégitimes, et il s’agit de défendre cette liberté fondamentale qu’est le droit de détenir et de porter des armes.

Jeudi dernier, le matin, Chris Harper Mercer amène 6 armes à feu sur le campus de l’Université Umpqua et ouvre le feu sur des étudiants, faisant 9 morts. Il meurt ensuite lors d’un échange de tirs avec la police. Face à cette nouvelle tragédie, nous ne pouvons qu’avoir dans notre cœur les familles des victimes, et leur assurer de nos condoléances les plus sincères.

Mais l’émotion générée par cette tuerie, bien que légitime, doit-elle servir de base à des restrictions sur des libertés fondamentales ? L’État américain devrait-il restreindre encore le droit de détention et de port d’armes des honnêtes citoyens américains, comme Barack Obama l’a suggéré ?

Comme dans tous les débats enflammés qui font suite à des événements tragiques, il s’agit de raison garder. La proposition simple consistant à dire « le tueur était armé, restreignons donc l’accès légal aux armes à feu » peut sembler logique au premier abord, mais en réalité, elle ignore complètement le contexte bien plus complexe de la question du port d’arme aux États-Unis. Car en matière d’armes à feu comme dans d’autres, il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.

Il est en effet essentiel de mettre les choses en perspective : les tueries de masse, bien que tragiques, restent statistiquement extrêmement rares. Moins de 0,2% des homicides sont liés à des tueries de masse.

De manière plus large et malgré la perception générale du contraire, le taux de crime aux États-Unis est en baisse constante depuis plus de 20 ans.

Même le taux d’homicides par armes à feu est en baisse, de 49% depuis 1993.

Ainsi, depuis plus de 20 ans aux États-Unis, le taux de crime diminue, et ce malgré un nombre record d’armes à feu détenus par des Américains. Dans le même temps, le nombre de permis de port d’arme en public (« concealed carry permit ») a lui aussi augmenté. « Plus d’armes = plus de crimes », vraiment ?

Mais au-delà des crimes demeure un fait peu rappelé dans les débats qui suivent les tueries aux États-Unis : avec plus de 300 millions d’armes à feu en circulation, les citoyens américains utilisent massivement leurs armes pour des motifs légitimes. Parmi ceux-ci, on retrouve la collection, la chasse, le tir sportif ou encore la défense de soi et de son prochain.

Ainsi, plus de 99,9% des Américains propriétaires légaux d’armes n’ont jamais utilisé celles-ci pour causer du tort à autrui. De quel droit viendrait-on restreindre leurs libertés parce qu’un dément a utilisé ses propres armes à feu pour nuire à autrui ?

Non seulement l’immense majorité de ces détenteurs légaux d’armes à feu ne cause pas de tort à autrui, mais elle empêche des crimes et sauvent des vies. Combien de crimes n’ont jamais eu lieu parce que des criminels violents, de peur de se faire abattre, ont été dissuadés d’agresser autrui ? Nous ne connaîtrons malheureusement jamais ce chiffre. À défaut, nous avons cependant des estimations du nombre de citoyens américains ayant en effet utilisé leurs armes pour se défendre d’un crime, et le chiffre est conséquent : d’après un rapport du National Research Council, les armes sont utilisées aux États-Unis pour se protéger d’un crime de 500.000 à 3.000.000 fois chaque année.

Ainsi, ce qu’on voit ce sont les crimes commis avec des armes à feu, qui font toujours grand bruit. Ce qu’on ne voit pas, ce sont les utilisations massivement plus nombreuses de ces mêmes armes pour des motifs légitimes, y compris la protection de la vie humaine. Jamais vous n’entendrez évoquer dans des médias traditionnels ces centaines de milliers de citoyens américains qui empêchent des crimes chaque année.

Mais si des mesures restrictives sur les armes à feu empêchaient effectivement leurs utilisations légitimes, elles permettraient au moins d’empêcher les dérangés de faire des tueries de masse, n’est-ce-pas ? On peut en douter. En France la détention d’armes à feu est strictement limitée, le port d’arme est interdit, et cela n’empêche aucunement les fusillades. Par définition, un criminel ne respecte pas la loi. Un fou souhaitant commettre une tuerie trouvera toujours les outils nécessaires. Les seules personnes concernées par les lois sur les armes à feu sont les citoyens honnêtes et pacifiques.

Le droit de détenir et de porter des armes est une liberté fondamentale. La vive émotion suscitée par une telle tragédie ne doit pas nous faire oublier que l’immense majorité des armes à feu aux États-Unis sont possédées par d’honnêtes citoyens ne voulant causer de tort à personne. De tels événements ne doivent pas être instrumentalisés pour restreindre des libertés, qu’il s’agisse de celle de la détention et du port d’armes ou celle du respect de notre vie privée face à la surveillance étatique.

Que faire alors pour empêcher ces tragédies ? Il paraît essentiel de se pencher sur l’origine réelle de ces tragédies : les tireurs et leurs motivations, et non l’outil qu’ils utilisent. Qu’est-ce qui les amène à commettre de telles atrocités, et que pouvons-nous changer à cela ?

Toutefois malgré ces efforts, il paraît vain de souhaiter en finir avec la violence. Certaines personnes seront toujours promptes à agresser autrui. Et face à ces personnes-là, les citoyens honnêtes doivent pouvoir s’armer pour leur défense. Cela n’a pas été le cas sur le campus de l’université dans l’Oregon qui était une « gun free zone », une zone où les citoyens honnêtes en possession de permis de port d’arme ne peuvent la porter. Le tueur avait ainsi le champ libre, sachant que ses victimes seraient incapables de se défendre avant l’arrivée de la police.

L’État américain doit en finir avec cette politique de « gun free zones » qui n’empêchent pas les tueurs de commettre leurs crimes, mais empêche une réponse rapide de citoyens qui pourraient stopper l’attaque.

Voir également:

Americans and their cars
Bangers v bullets
A gun is now more likely to kill you than a car is
The Economist
Jan 10th 2015
New York
ACCORDING to data gathered by the Centres for Disease Control (CDC), deaths caused by cars in America are in long-term decline. Improved technology, tougher laws and less driving by young people have all led to safer streets and highways. Deaths by guns, though—the great majority suicides, accidents or domestic violence—have been trending slightly upwards. This year, if the trend continues, they will overtake deaths on the roads.
The Centre for American Progress first spotted last February that the lines would intersect. Now, on its reading, new data to the end of 2012 support the view that guns will surpass cars this year as the leading killer of under 25s. Bloomberg Government has gone further. Its compilation of the CDC data in December concluded that guns would be deadlier for all age groups.
Comparing the two national icons, cars and guns, yields “a statistic that really resonates with people”, says Chelsea Parsons, co-author of the report for the Centre for American Progress. Resonance is certainly needed. There are about 320m people in the United States, and nearly as many civilian firearms. And although the actual rate of gun ownership is declining, enthusiasts are keeping up the number in circulation. Black Friday on November 28th kicked off such a shopping spree that the FBI had to carry out 175,000 instant background checks (three checks a second), a record for that day, just for sales covered by the extended Brady Act of 1998, the only serious bit of gun-curbing legislation passed in recent history.
Many sales escape that oversight, however. Everytown for Gun Safety, a movement backed by Mike Bloomberg, a former mayor of New York, has investigated loopholes in online gun sales and found that one in 30 users of Armslist classifieds has a criminal record that forbids them to own firearms. Private reselling of guns draws no attention, unless it crosses state lines.
William Vizzard, a professor of criminal justice at California State University at Sacramento, points out that guns also don’t wear out as fast as cars. “I compare a gun to a hammer or a crowbar,” he says. “Even if you stopped making guns today, you might not see a real change in the number of guns for decades.”
Motor vehicles, because they are operated on government-built roads, have been subject to licensing and registration, in the interests of public safety, for more than a century. But guns are typically kept at home. That private space is shielded by the Fourth Amendment just as “the right to bear arms” is protected by the Second, making government control difficult.
Car technologies and road laws are ever-evolving: in 2014, for example, the National Highways Traffic Safety Administration announced its plan to phase in mandatory rear-view cameras on new light vehicles, while New York City lowered its speed limit for local roads. By contrast, safety features on firearms—such as smartguns unlocked by an owner’s thumbprint or a radio-frequency encryption—are opposed by the National Rifle Association, whose allies in Congress also block funding for the sort of public-health research that might show, in even clearer detail, the cost of America’s love affair with guns.
Voir de même:
Technology
America’s Top Killing Machine
Gun deaths are poised to surpass automobile deaths in the United States this year.
Adrienne LaFrance
The Atlantic
Jan 12, 2015
For the better part of a century, the machine most likely to kill an American has been the automobile.

Car crashes killed 33,561 people in 2012, the most recent year for which data is available, according to the National Highway Traffic Safety Administration. Firearms killed 32,251 people in the United States in 2011, the most recent year for which the Centers for Disease Control has data.

But this year gun deaths are expected to surpass car deaths. That’s according to a Center for American Progress report, which cites CDC data that shows guns will kill more Americans under 25 than cars in 2015. Already more than a quarter of the teenagers—15 years old and up—who die of injuries in the United States are killed in gun-related incidents, according to the American Academy of Pediatrics.

A similar analysis by Bloomberg three years ago found shooting deaths in 2015 « will probably rise to almost 33,000, and those related to autos will decline to about 32,000, based on the 10-year average trend. » And from The Economist, which wrote about the projection over the weekend:

Comparing the two national icons, cars and guns, yields “a statistic that really resonates with people, » says Chelsea Parsons, co-author of the report for the Centre for American Progress. Resonance is certainly needed. There are about 320 [million] people in the United States, and nearly as many civilian firearms. And although the actual rate of gun ownership is declining, enthusiasts are keeping up the number in circulation.

The figures may say more about a nation’s changing relationship with the automobile than they reveal about America’s ongoing obsession with guns.

The number of fatalities on the roads in the United States has been going down for years as fewer young people drive, car safety technology improves, and even as gas prices climb. (Lower gas prices are correlated with more deaths. A $2 drop in gasoline is linked to some 9,000 additional road fatalities per year in the United States, NPR recently reported.) Though even as fatal transportation incidents dropped in 2013, they accounted for two in five fatalities in the workplace in the United States that year, according to Bureau of Labor Statistics data.

CDC data on firearms offers a more complicated picture, in part because of how the agency categorizes causes of death. Gun deaths can include suicides, homicides, accidental firearms discharges, and even legal killings—but the overall data picture is incomplete. Since 2008, some county-level deaths have been left out to avoid inadvertent privacy breaches. And the number of police shootings—including arrest-related deaths, which are recorded but not made public, according to The Washington Post—are notoriously evasive.

The record of firearm deaths in the United States is murkier still because of how much is at stake politically. Firearm safety remains one of the most divisive issues in the country, with advocates on both sides cherry-picking data to support arguments about the extent to which gun regulation is necessary. It’s not even clear how many guns are out there in the first place, as the Pew Research Center pointed out in a 2013 study: « Respondent error or misstatement in surveys about gun ownership is a widely acknowledged concern of researchers. People may be reluctant to disclose ownership, especially if they are concerned that there may be future restrictions on gun possession or if they acquired their firearms illegally. »

We do know American gun ownership far outstrips gun ownership in other countries. “With less than 5 percent of the world’s population, the United States is home to 35-50 percent of the world’s civilian-owned guns,” according to the Small Arms Survey.

And while the number of firearm homicides dropped dramatically over a 20-year period ending in 2011, the percentage of violent crimes involving firearms has stayed fairly constant, according to the 2013 survey. In other words, even when fewer people die from gun violence, violent crimes involving guns are still happening at the same rate. It’s also true that as the gun homicide rate has declined in the United States, suicides now account for the majority of gun deaths, according to Pew.

Data complexities aside, there is much to learn about a culture from the technologies that kill its people. In the 19th century, before modern labor laws were established, thousands of American workers died in textile mills and other factories. Heavy machinery was hazardous—and violent deaths often made headlines—but chemicals and asbestos killed many workers, too. Workers who made baked enamelware died after inhaling powdered glaze, and textile workers warned of the « kiss of death » from a loom that required its operator to suck a thread through the shuttle’s needle—which meant breathing toxic lint and dust, too.

Americans have been drawing connections between guns and cars for more than a century, since the dawn of the automobile age.

In 1911, The New York Times cited new traffic laws and gun regulations—including imprisonment rather than a monetary fine for people caught carrying pistols—as responsible for driving down the firearm and automobile death rates compared to the year before. But the larger public health risk in those days was infectious disease, which were responsible for almost half of the deaths among Americans in large cities at the turn of the century. It was around that time that officials began collecting reliable annual mortality statistics, according to a 2004 National Bureau of Economic Research paper about public health improvements.

Today, overall accidents are the fifth leading cause of death, according to CDC data. Americans are most likely to die from heart disease—followed by cancer, chronic respiratory disease, and stroke.

 Voir encore:

NBC news

The gun debate in the United States has changed a lot over the last 20 years. Support for gun control has declined sharply as support for gun rights has risen, as we noted earlier this week. Those trends are evident in data from a range of sources including Gallup and the Pew Research Center.

A complicated mix of emotions, attitudes and perceptions go into how people feel about guns, but when you look at the data, two points help explain the drop in support for gun control. Over the same period of time the violent crime rate has also dropped sharply. And the partisan divides that have come to define U.S. politics have pushed into the gun control debate.

The decline in violent crime over the past 25 years has been remarkable. In 1990, there were 729 violent crimes reported for every 100,000 people in the United States, according to the FBI’s Uniform Crime Statistics. The number got as high as 757 in 1992 – and then it began to fall steadily over the next 20 years.

By 2012, the figure was down to 386 violent crimes per 100,000 people.

Gun Homicide Rate Down 49% Since 1993 Peak; Public Unaware
Pace of Decline Slows in Past DecadeD’Vera Cohn, Paul Taylor, Mark Hugo Lopez, Catherine A. Gallagher, Kim Parker and Kevin T. Maass
Pew
May 7, 2013
Chapter 1: Overview
National rates of gun homicide and other violent gun crimes are strikingly lower now than during their peak in the mid-1990s, paralleling a general decline in violent crime, according to a Pew Research Center analysis of government data. Beneath the long-term trend, though, are big differences by decade: Violence plunged through the 1990s, but has declined less dramatically since 2000.Compared with 1993, the peak of U.S. gun homicides, the firearm homicide rate was 49% lower in 2010, and there were fewer deaths, even though the nation’s population grew. The victimization rate for other violent crimes with a firearm—assaults, robberies and sex crimes—was 75% lower in 2011 than in 1993. Violent non-fatal crime victimization overall (with or without a firearm) also is down markedly (72%) over two decades.Nearly all the decline in the firearm homicide rate took place in the 1990s; the downward trend stopped in 2001 and resumed slowly in 2007. The victimization rate for other gun crimes plunged in the 1990s, then declined more slowly from 2000 to 2008. The rate appears to be higher in 2011 compared with 2008, but the increase is not statistically significant. Violent non-fatal crime victimization overall also dropped in the 1990s before declining more slowly from 2000 to 2010, then ticked up in 2011.Despite national attention to the issue of firearm violence, most Americans are unaware that gun crime is lower today than it was two decades ago. According to a new Pew Research Center survey, today 56% of Americans believe gun crime is higher than 20 years ago and only 12% think it is lower.Looking back 50 years, the U.S. gun homicide rate began rising in the 1960s, surged in the 1970s, and hit peaks in 1980 and the early 1990s. (The number of homicides peaked in the early 1990s.) The plunge in homicides after that meant that firearm homicide rates in the late 2000s were equal to those not seen since the early 1960s.1 The sharp decline in the U.S. gun homicide rate, combined with a slower decrease in the gun suicide
rate, means that gun suicides now account for six-in-ten firearms deaths, the highest share since at least 1981.Trends for robberies followed a similar long-term trajectory as homicides (National Research Council, 2004), hitting a peak in the early 1990s before declining.This report examines trends in firearm homicide, non-fatal violent gun crime victimization and non-fatal violent crime victimization overall since 1993. Its findings on firearm crime are based mainly on analysis of data from two federal agencies. Data from the Centers for Disease Control and Prevention, using information from death certificates, are the source of rates, counts and trends for all firearm deaths, homicide and suicide, unless otherwise specified. The Department of Justice’s National Crime Victimization Survey, a household survey conducted by the Census Bureau, supplies annual estimates of non-fatal crime victimization, including those where firearms are used, regardless of whether the crimes were reported to police. Where relevant, this report also quotes from the FBI’s Uniform Crime Reports (see text box at the end of this chapter and the Methodology appendix for more discussion about data sources).Researchers have studied the decline in firearm crime and violent crime for many years, and though there are theories to explain the decline, there is no consensus among those who study the issue as to why it happened.There also is debate about the extent of gun ownership in the U.S., although no disagreement that the U.S. has more civilian firearms, both total and per capita, than other nations. Compared with other developed nations, the U.S. has a higher homicide rate and higher rates of gun ownership, but not higher rates for all other crimes. (See Chapter 5 for more details.)In the months since the mass shooting at a Newtown, Conn., elementary school in December, the public is paying close attention to the topic of firearms; according to a recent Pew Research Center survey (Pew Research Center, April 2013) no story received more public attention from mid-March to early April than the debate over gun control. Reducing crime has moved up as a priority for the public in polling this year.Mass shootings are a matter of great public interest and concern. They also are a relatively small share of shootings overall. According to a Bureau of Justice Statistics review, homicides that claimed at least three lives accounted for less than 1% of all homicide deaths from 1980 to 2008. These homicides, most of which are shootings, increased as a share of all homicides from 0.5% in 1980 to 0.8% in 2008, according to the bureau’s data. A Congressional Research Service report, using a definition of four deaths or more, counted 547 deaths from mass shootings in the U.S. from 1983 to 2012.2Looking at the larger topic of firearm deaths, there were 31,672 deaths from guns in the U.S. in 2010. Most (19,392) were suicides; the gun suicide rate has been higher than the gun homicide rate since at least 1981, and the gap is wider than it was in 1981.Knowledge About Crime
Despite the attention to gun violence in recent months, most Americans are unaware that gun crime is markedly lower than it was two decades ago. A new Pew Research Center survey (March 14-17) found that 56% of Americans believe the number of crimes involving a gun is higher than it was 20 years ago; only 12% say it is lower and 26% say it stayed the same. (An additional 6% did not know or did not answer.)Men (46%) are less likely than women (65%) to say long-term gun crime is up. Young adults, ages 18 to 29, are markedly less likely than other adults to say long-term crime is up—44% do, compared with more than half of other adults. Minority adults are more likely than non-Hispanic whites to say that long-term gun crime is up, 62% compared with 53%.Asked about trends in the number of gun crimes “in recent years,” a plurality of 45% believe the number has gone up, 39% say it is about the same and 10% say it has gone down. (An additional 5% did not know or did not answer.) As with long-term crime, women (57%) are more likely than men (32%) to say that gun crime has increased in recent years. So are non-white adults (54%) compared with whites (41%). Adults ages 50 and older (51%) are more likely than those ages 18-49 (42%) to believe gun crime is up.

What is Behind the Crime Decline?
Researchers continue to debate the key factors behind changing crime rates, which is part of a larger discussion about the predictors of crime.3 There is consensus that demographics played some role: The outsized post-World War II baby boom, which produced a large number of people in the high-crime ages of 15 to 20 in the 1960s and 1970s, helped drive crime up in those years.

A review by the National Academy of Sciences of factors driving recent crime trends (Blumstein and Rosenfeld, 2008) cited a decline in rates in the early 1980s as the young boomers got older, then a flare-up by mid-decade in conjunction with a rising street market for crack cocaine, especially in big cities. It noted recruitment of a younger cohort of drug seller with greater willingness to use guns. By the early 1990s, crack markets withered in part because of lessened demand, and the vibrant national economy made it easier for even low-skilled young people to find jobs rather than get involved in crime.

At the same time, a rising number of people ages 30 and older were incarcerated, due in part to stricter laws, which helped restrain violence among this age group. It is less clear, researchers say, that innovative policing strategies and police crackdowns on use of guns by younger adults played a significant role in reducing crime.

Some researchers have proposed additional explanations as to why crime levels plunged so suddenly, including increased access to abortion and lessened exposure to lead. According to one hypothesis, legalization of abortion after the 1973 Supreme Court Roe v. Wade decision resulted in fewer unwanted births, and unwanted children have an increased risk of growing up to become criminals. Another theory links reduced crime to 1970s-era reductions in lead in gasoline; children’s exposure to lead causes brain damage that could be associated with violent behavior. The National Academy of Sciences review said it was unlikely that either played a major role, but researchers continue to explore both factors.

The plateau in national violent crime rates has raised interest in the topic of how local differences might influence crime levels and trends. Crime reductions took place across the country in the 1990s, but since 2000, patterns have varied more by metropolitan area or city.4

One focus of interest is that gun ownership varies widely by region and locality. The National Academy of Sciences review of possible influences on crime trends said there is good evidence of a link between firearm ownership and firearm homicide at the local level; “the causal direction of this relationship remains in dispute, however, with some researchers maintaining that firearm violence elevates rates of gun ownership, but not the reverse.”

There is substantial variation within and across regions and localities in a number of other realms, which complicates any attempt to find a single cause for national trends. Among the variations of interest to researchers are policing techniques, punishment policies, culture, economics and residential segregation.

Internationally, a decline in crime, especially property crime, has been documented in many countries since the mid-1990s. According to the authors of a 30-country study on criminal victimization (Van Dijk et al., 2007), there is no general agreement on all the reasons for this decline. They say there is a general consensus that demographic change—specifically, the shrinking proportion of adolescents across Europe—is a common factor causing decreases across Western countries. They also cite wider use of security measures in homes and businesses as a factor in reducing property crime.

But other potential explanations—such as better policing or increased imprisonment—do not apply in Europe, where policies vary widely, the report noted

Among the major findings of this Pew Research Center report:

U.S. Firearm Deaths
In 2010, there were 3.6 gun homicides per 100,000 people, compared with 7.0 in 1993, according to CDC data.
In 2010, CDC data counted 11,078 gun homicide deaths, compared with 18,253 in 1993.5
Men and boys make up the vast majority (84% in 2010) of gun homicide victims. The firearm homicide rate also is more than five times as high for males of all ages (6.2 deaths per 100,000 people) as it is for females (1.1 deaths per 100,000 people).
By age group, 69% of gun homicide victims in 2010 were ages 18 to 40, an age range that was 31% of the population that year. Gun homicide rates also are highest for adults ages 18 to 24 and 25 to 40.
A disproportionate share of gun homicide victims are black (55% in 2010, compared with the 13% black share of the population). Whites were 25% of victims but 65% of the population in 2010. Hispanics were 17% of victims and 16% of the population in 2010.
The firearm suicide rate (6.3 per 100,000 people) is higher than the firearm homicide rate and has come down less sharply. The number of gun suicide deaths (19,392 in 2010) outnumbered gun homicides, as has been true since at least 1981.
U.S. Firearm Crime Victimization
In 2011, the NCVS estimated there were 181.5 gun crime victimizations for non-fatal violent crime (aggravated assault, robbery and sex crimes) per 100,000 Americans ages 12 and older, compared with 725.3 in 1993.
In terms of numbers, the NCVS estimated there were about 1.5 million non-fatal gun crime victimizations in 1993 among U.S. residents ages 12 and older, compared with 467,000 in 2011.
U.S. Other Non-fatal Crime
The victimization rate for all non-fatal violent crime among those ages 12 and older—simple and aggravated assaults, robberies and sex crimes, with or without firearms—dropped 53% from 1993 to 2000, and 49% from 2000 to 2010. It rose 17% from 2010 to 2011.
Although not the topic of this report, the rate of property crimes—burglary, motor vehicle theft and theft—also declined from 1993 to 2011, by 61%. The rate for these types of crimes was 351.8 per 100,000 people ages 12 and older in 1993, 190.4 in 2000 and 138.7 in 2011.
Context
The number of firearms available for sale to or possessed by U.S. civilians (about 310 million in 2009, according to the Congressional Research Service) has grown in recent years, and the 2009 per capita rate of one person per gun had roughly doubled since 1968. It is not clear, though, how many U.S. households own guns or whether that share has changed over time.
Crime stories accounted for 17% of the total time devoted to news on local television broadcasts in 2012, compared with 29% in 2005, according to Pew Research Center’s Project for Excellence in Journalism. Crime trails only traffic and weather as the most common type of story on these newscasts.
About the Data
Findings in this report are based on two main data sources:

Data on homicides and other deaths are from the Centers for Disease Control and Prevention, based on information from death certificates filed in state vital statistics offices, which includes causes of death reported by attending physicians, medical examiners and coroners. Data also include demographic information about decedents reported by funeral directors, who obtain that information from family members and other informants. Population data, used in constructing rates, come from the Census Bureau. Most statistics were obtained via the National Center for Injury Prevention and Control’s Web-based Injury Statistics Query and Reporting System (WISQARS), available from URL: http://www.cdc.gov/ncipc/wisqars. Data are available beginning in 1981; suitable population data do not exist for prior years. For more details, see Appendix 4.

Estimates of crime victimization are from the National Crime Victimization Survey, a sample survey conducted for the Bureau of Justice Statistics by the Census Bureau. Although the survey began in 1973, this report uses data since 1993, the first year employing an intensive methodological redesign. The survey collects information about crimes against people and households, but not businesses. It provides estimates of victimization for the population ages 12 and older living in households and non-institutional group quarters; therefore it does not include populations such as homeless people, visiting foreign tourists and business travelers, or those living in institutions such as military barracks or mental hospitals. The survey collects information about the crimes of rape, sexual assault, personal robbery, aggravated and simple assault, household burglary, theft, and motor vehicle theft. For more details, see Appendix 4.

 Roadmap to the Report
The remainder of this report is organized as follows. Chapter 2 explores trends in firearm homicide and all firearm deaths, as well as patterns by gender, race and age. Chapter 3 analyzes trends in non-fatal violent gun crime victimizations, as well as patterns by gender, race and age. Chapter 4 looks at trends and subgroup patterns for non-fatal violent crime victimizations overall. Chapter 5 examines issues related to the topic of firearms: crime news, crime as a public priority, U.S. gun ownership data, and comparison of ownership and crime rates with those in other nations. Appendices 1-3 consist of detailed tables with annual data for firearm deaths, homicides and suicides, as well as non-fatal firearm and overall non-fatal violent crime victimization, for all groups and by subgroup. Appendix 4 explains the report’s methodology.Notes on Terminology
All references to whites, blacks and others are to the non-Hispanic components of those populations. Hispanics can be of any race.“Aggravated assault,” as defined by the Bureau of Justice Statistics, is an attack or attempted attack with a weapon, regardless of whether an injury occurred, and an attack without a weapon when serious injury results.The terms “firearm” and “gun” are used interchangeably.“Homicides,” which come from Centers for Disease Control and Prevention data, are fatal injuries inflicted by another person with intent to injure or kill. Deaths due to legal intervention or operations of war are excluded. Justifiable homicide is not identified.“Robbery,” as defined by the Bureau of Justice Statistics, is a completed or attempted theft, directly from a person, of property or cash by force or threat of force, with or without a weapon, and with or without injury.“Sex crime,” as defined by the Bureau of Justice Statistics, includes attempted rape, rape and sexual assault.“Simple assault,” as defined by the Bureau of Justice Statistics, is an attack (or attempted assault) without a weapon resulting either in no injury, minor injury (for example, bruises, black eyes, cuts, scratches or swelling) or in undetermined injury requiring less than two days of hospitalization.“Victimization” is based on self-reporting in the National Crime Victimization Survey, which includes Americans ages 12 and older. For personal crimes (which in this report include assault, robbery and sex crime), it is expressed as a rate based on the number of victimizations per 100,000 U.S. residents ages 12 and older. See the Methodology appendix for more details.Acknowledgments
Many researchers and scholars contributed to this report. Senior writer D’Vera Cohn wrote the body of the report. Paul Taylor, senior vice president of the Pew Research Center, provided editorial guidance. Mark Hugo Lopez, senior researcher and associate director of the Pew Hispanic Center, managed the report’s data analysis and wrote the report’s methodology appendix. Catherine A. Gallagher, director of the Cochrane Collaboration of the College for Policy at George Mason University, provided guidance on the report’s data analysis and comments on earlier drafts of the report. Lopez and Kim Parker, associate director of the Center’s Social & Demographic Trends project, managed the report’s development and production. Kevin T. Maass, research associate at the Cochrane Collaboration at George Mason University’s College for Policy, provided analysis of the FBI’s Uniform Crime Reports. Research Assistants Eileen Patten and Anna Brown number-checked the report and prepared charts and tables. Patten also conducted background research on trends in crime internationally. The report was copy-edited by Marcia Kramer of Kramer Editing Services.The report also benefited from a review by Professor Richard Felson of Pennsylvania State University. The authors also thank Andrew Kohut and Scott Keeter for their comments on an earlier draft of the report. In addition, the authors thank Kohut, Michael Dimock, Keeter and Alec Tyson, our colleagues at the Pew Research Center, for guidance on the crime knowledge public opinion survey questionnaire. Jeffrey Passel, senior demographer at the Pew Research Center, provided computational assistance for the report’s analysis of homicide rates by race and ethnicity.Finally, Michael Planty and Jennifer Truman of the Bureau of Justice Statistics at the U.S. Department of Justice provided data, invaluable guidance and advice on the report’s analysis of the National Crime Victimization Survey.See Cooper and Smith, 2011. The rate declined through at least 2010. ↩
A USA Today analysis in 2013 found that 934 people died since 2006 in mass shootings, defined as claiming at least four victims, and that most were killed by people they knew: http://www.usatoday.com/story/news/nation/2013/02/21/mass-shootings-domestic-violence-nra/1937041/
Much of this section draws from Blumstein and Rosenfeld, 2008. ↩
The diversity of homicide trend by city was the topic of a recent forum, “Putting Homicide Rates in Their Place,” sponsored by the Urban Institute. ↩
There were 11,101 gun homicide deaths in 2011 and the gun homicide rate remained 3.6 per 100,000 people, according to preliminary CDC data. ↩

The Problem Isn’t Guns or White Men
The ticking time bombs that the Left lets loose among us
Ann Coulter
Front Page magazine
October 8, 2015

The media act as if they’re performing a public service by refusing to release details about the perpetrator of the recent mass shooting at a community college in Oregon. But we were given plenty of information about Dylan Roof, Adam Lanza, James Holmes and Jared Loughner.

Now, quick: Name the mass shooters at the Chattanooga military recruitment center; the Washington Navy Yard; the high school in Washington state; Fort Hood (the second time) and the Christian college in California. All those shootings also occurred during the last three years.

The answers are: Mohammad Youssuf Abdulazeez, Kuwaiti; Aaron Alexis, black, possibly Barbadian-American; Jaylen Ray Fryberg, Indian; Ivan Antonio Lopez, Hispanic; and One L. Goh, Korean immigrant. (While I’m here: Why are we bringing in immigrants who are mentally unstable?)

There’s a rigid formula in media accounts of mass shootings: If possible, blame it on angry white men; when that won’t work, blame it on guns.

The perpetrator of the latest massacre, Chris Harper-Mercer, was a half-black immigrant, so the media are refusing to get too specific about him. They don’t want to reward the fiend with publicity!

But as people hear details the media are not anxious to provide, they realize that, once again: It’s a crazy person. How long is this going to go on?

When will the public rise up and demand that the therapeutic community stop loosing these nuts on the public? After the fact, scores of psychiatrists are always lining up to testify that the defendant was legally insane, unable to control his actions. That information would be a lot more helpful before the wanton slaughter.

Product manufacturers are required by law to anticipate that some idiot might try to dry his cat in the microwave. But a person whose job it is to evaluate mental illness can’t be required to ascertain whether the person sitting in his office might be unstable enough to kill?

Maybe at their next convention, psychiatrists could take up a resolution demanding an end to our absurd patient privacy and involuntary commitment laws.

True, America has more privately owned guns than most other countries, and mass shootings are, by definition, committed with guns. But we also make it a lot more difficult than any other country to involuntarily commit crazy people.

Since the deinstitutionalization movement of the 1960s, civil commitment in the United States almost always requires a finding of dangerousness — both imminent and physical — as determined by a judge. Most of the rest of the world has more reasonable standards — you might almost call them « common sense » — allowing family, friends and even acquaintances to petition for involuntarily commitment, with the final decision made by doctors.

The result of our laissez-faire approach to dangerous psychotics is visible in the swarms of homeless people on our streets, crazy people in our prison populations and the prevalence of mass shootings.

According to a 2002 report by Central Institute of Mental Health for the European Union, the number of involuntarily detained mental patients, per 100,000 people, in other countries looks like this:

— Austria, 175

— Finland, 218

— Germany, 175

— Sweden, 114

— England, 93

The absolute maximum number of mental patients per 100,000 people who could possibly be institutionalized by the state in the U.S. — voluntarily or involuntarily — is: 17. Yes, according to the Treatment Advocacy Center, there are a grand total of 17 psychiatric beds even available, not necessarily being used. In 1955, there were 340.

After every mass shooting, the left has a lot of fun forcing Republicans to defend guns. Here’s an idea: Why not force Democrats to defend the right of the dangerous mentally ill not to take their medicine?

Liberals will howl about « stigmatizing » the mentally ill, but they sure don’t mind stigmatizing white men or gun owners. About a third of the population consists of white men. Between a third and half of all Americans have guns in the home. If either white men or guns were the main cause of mass murder, no one would be left in the country.

But I notice that every mass murder is committed by someone who is mentally ill. When the common denominator is a characteristic found in about 0.1 percent of the population — I think we’ve found the crucial ingredient!

Democrats won’t be able to help themselves, but to instantly close ranks and defend dangerous psychotics, hauling out the usual meaningless statistics:

— Most mentally ill are not violent!

Undoubtedly true. BUT WE’RE NOT TALKING ABOUT ANOREXICS, AGORAPHOBICS OR OBSESSIVE COMPULSIVES. We were thinking of paranoid schizophrenics.

— The mentally ill are more likely to be victims than perpetrators of violence!

I’ll wager that the percentage of the nation’s 310 million guns that are ever used in a crime is quite a bit lower than the percentage of mentally ill to ever engage in violence.

As with the « most Muslims are peaceful » canard, while a tiny percentage of mentally ill are violent, a gigantic percentage of mass shooters are mentally ill.

How can these heartless Democrats look the parents of dead children in the eye and defend the right of the mentally deranged to store their feces in a shoebox, menace library patrons — and, every now and then, commit mass murder?

Voir de plus:

The Reasons for the Decline in Support for Gun Control

The gun debate in the United States has changed a lot over the last 20 years. Support for gun control has declined sharply as support for gun rights has risen, as we noted earlier this week. Those trends are evident in data from a range of sources including Gallup and the Pew Research Center.
A complicated mix of emotions, attitudes and perceptions go into how people feel about guns, but when you look at the data, two points help explain the drop in support for gun control. Over the same period of time the violent crime rate has also dropped sharply. And the partisan divides that have come to define U.S. politics have pushed into the gun control debate.
The decline in violent crime over the past 25 years has been remarkable. In 1990, there were 729 violent crimes reported for every 100,000 people in the United States, according to the FBI’s Uniform Crime Statistics. The number got as high as 757 in 1992 – and then it began to fall steadily over the next 20 years.
By 2012, the figure was down to 386 violent crimes per 100,000 people.

Caldwell, Leigh (206448258) / NBC News

(This trend is also true for the U.S. murder rate. In 1990, there were 9.4 murders for every 100,000 people, according to the Uniform Crime Statistics. In 2012, there were only 4.7 for every 100,000.)
These numbers aren’t meant to suggest that people’s attitudes about guns affected the violent crime rate, but it could be the other way around.
Despite the headlines about mass shootings, like last week’s in Oregon, in terms of people’s day-to-day lives and the stories in local media, violent crime is less of an issue today than it was in the United States in 1994. The numbers are still high when compared to other developed countries, but low compared to where the country used to be.
That may have played a role in peoples’ attitudes about gun control. The epidemic of violence that dominated news coverage in the late-1980s and early-1990s gave way to news stories about dropping crime rates and safer cities. That’s become the dominant crime story over the past two decades. It’s one thing see coverage of a senseless horrific shooting somewhere far away from you. It’s another thing to see crime scene tape a few blocks away and personally know victims.
The latest data suggest those declines may be starting to reverse themselves, particularly in big cities and if that rising trend continues, attitudes on gun control may shift.
But there is also a political factor in the gun debate that could be harder to change. As the nation has become more politically polarized and voters have retreated into their red and blue camps, the partisan differences on gun control have become much more pronounced.
Overall, support for gun control has indeed dropped, but Democrats and Republicans have moved in different directions.
In 1993, 47% of Republicans and 65% of Democrats supported gun control, according to Pew Research data. That’s an 18-point gap between members of the two parties, with Republicans sitting near 50%.
In 2015, only 26% of Republicans support gun control, in the Pew Research data. But the Democrats have moved in the other direction – 73% now favor gun control. That’s an enormous 47-point gap with the parties at opposite ends of the spectrum on the question.
In other words, the gun control issue has become deeply intertwined with political identity and as we see on other issues – from abortion to gay marriage – overcoming factors tied to political identity to find consensus can be extremely difficult.
Even if Democratic support for gun control grows and even if independents, who tend to hover around the middle, move back above 50% supporting, it’s unlikely the numbers will show support for it climbing in a significant way.

Voir de même:

Voir aussi:

U.S. Gun Policy: Global Comparisons

Jonathan Masters, Deputy Editor

Council on Foreign Relations
June 24, 2015

Introduction
The debate over gun control in the United States has waxed and waned over the years, stirred by a series of mass killings by gunmen in civilian settings. In particular, the killing of twenty schoolchildren in Newtown, Connecticut, in December 2012 fueled a national discussion over gun laws and calls by the Obama administration to limit the availability of military-style weapons. However, compromise legislation that would have banned semiautomatic assault weapons and expanded background checks was defeated in the Senate in 2013, despite extensive public support.

Gun control advocates sought to rekindle the debate following the shooting deaths of nine people at a South Carolina church in June 2015. These advocates highlight the stricter gun laws and lower incidents of gun violence in several other democracies, like Japan and Australia, but many others say this correlation proves little and note that rates of gun crime in the United States have plunged over the last two decades.

United States
The Second Amendment of the U.S. Constitution states: « A well-regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed. » Supreme Court rulings, citing this amendment, have upheld the right of states to regulate firearms. However, in a 2008 decision (District of Columbia v. Heller [PDF]) confirming an individual right to keep and bear arms, the court struck down Washington, DC, laws that banned handguns and required those in the home to be locked or disassembled.

A number of gun advocates consider ownership a birthright and an essential part of the nation’s heritage. The United States, with less than 5 percent of the world’s population, has about 35–50 percent of the world’s civilian-owned guns, according to a 2007 report by the Switzerland-based Small Arms Survey. It ranks number one in firearms per capita. The United States also has the highest homicide-by-firearm rate among the world’s most developed nations.

But many gun rights proponents say these statistics do not indicate a cause-and-effect relationship and note that the rates of gun homicide and other gun crimes in the United States have dropped since highs in the early 1990s.

Federal law sets the minimum standards for firearm regulation in the United States, but individual states have their own laws, some of which provide further restrictions, others which are more lenient. Some states, including Idaho, Alaska, and Kansas, have passed laws designed to circumvent federal policies, but the Constitution (Article VI, Paragraph 2) establishes the supremacy of federal law.

The Gun Control Act of 1968 prohibited the sale of firearms to several categories of individuals, including persons under eighteen years of age, those with criminal records, the mentally disabled, unlawful aliens, dishonorably discharged military personnel, and others. In 1993, the law was amended by the Brady Handgun Violence Prevention Act, which mandated background checks for all unlicensed persons purchasing a firearm from a federally licensed dealer.

However, critics maintain that a so-called « gun show loophole, » codified in the Firearm Owners Protection Act of 1986, effectively allows anyone, including convicted felons, to purchase firearms without a background check.

As of 2015, there were no federal laws banning semiautomatic assault weapons, military-style .50 caliber rifles, handguns, or large-capacity ammunition magazines, which can increase the potential lethality of a given firearm. There was a federal prohibition on assault weapons and high-capacity magazines between 1994 and 2004, but Congress allowed these restrictions to expire.

The United States, with less than 5 percent of the world’s population, has about 35–50 percent of the world’s civilian-owned guns, according to a 2007 report by the Switzerland-based Small Arms Survey.

Canada
Many analysts characterize Canada’s gun laws as strict in comparison to the United States, while others say recent developments have eroded safeguards. Ottawa, like Washington, sets federal gun restrictions that the provinces, territories, and municipalities can supplement. Federal regulations require all gun owners, who must be at least eighteen years of age, to obtain a license that includes a background check and a public safety course.

There are three classes of weapons: nonrestricted (e.g., ordinary rifles and shotguns), restricted (e.g., handguns, semiautomatic rifles/shotguns, and sawed-offs), and prohibited (e.g., automatics). A person wishing to acquire a restricted firearm must obtain a federal registration certificate, according to the Royal Canadian Mounted Police.

Modern Canadian gun laws have been driven by prior gun violence. In December 1989, a disgruntled student walked into a Montreal engineering school with a semiautomatic rifle and killed fourteen students and injured over a dozen others. The incident is widely credited with driving subsequent gun legislation, including the 1995 Firearms Act, which required owner licensing and the registration of all long guns (i.e., rifles and shotguns) while banning more than half of all registered guns. However, in 2012, the government abandoned the long-gun registry, citing cost concerns.

Australia
The inflection point for modern gun control in Australia was the Port Arthur massacre of April 1996, when a young man killed thirty-five people and wounded twenty-three others. The rampage, perpetrated with a semiautomatic rifle, was the worst mass shooting in the nation’s history. Less than two weeks later, the conservative-led national government pushed through fundamental changes to the country’s gun laws in cooperation with the various states, which regulate firearms.

The National Agreement on Firearms all but prohibited automatic and semiautomatic assault rifles, stiffened licensing and ownership rules, and instituted a temporary gun buyback program that took some 650,000 assault weapons (about one-sixth of the national stock) out of public circulation. Among other things, the law also required licensees to demonstrate a « genuine need » for a particular type of gun and take a firearm safety course. After another high-profile shooting in Melbourne in 2002, Australia’s handgun laws were tightened as well.

Many analysts say these measures have been highly effective, citing declining gun-death rates, and the fact that there have been no gun-related mass killings in Australia since 1996. Many also suggest the policy response in the wake of Port Arthur could serve as a model for the United States.
Israel
Military service is compulsory in Israel and guns are very much a part of everyday life. By law, most eighteen-year-olds are drafted, psychologically screened, and receive at least some weapons training after high school. After serving typically two or three years in the armed forces, however, most Israelis are discharged and must abide by civilian gun laws.

The country has relatively strict gun regulations, including an assault-weapons ban and a requirement to register ownership with the government. To become licensed, an applicant must be an Israeli citizen or a permanent resident, be at least twenty-one-years-old, and speak at least some Hebrew, among other qualifications. Notably, a person must also show genuine cause to carry a firearm, such as self-defense or hunting.

However, some critics question the efficacy of these measures. « It doesn’t take much of an expert to realize that these restrictions, in and of themselves, do not constitute much by the way of gun control, » writes Liel Leibovitz for the Jewish magazine Tablet. He notes the relative ease with which someone can justify owning a gun, including residing in an Israeli settlement, employment as a security guard, or working with valuables or large sums of money. Furthermore, he explains that almost the entire population has indirect access to an assault weapon by either being a soldier or a reservist or a relative of one. Israel’s relatively low gun-related homicide rate is a product of the country’s unique « gun culture, » he says.
United Kingdom

Modern gun control efforts in the United Kingdom have been precipitated by extraordinary acts of violence that sparked public outrage and, eventually, political action. In August 1987, a lone gunman armed with two legally owned semiautomatic rifles and a handgun went on a six-hour shooting spree roughly seventy miles west of London, killing sixteen people and then himself. In the wake of the incident, known as the Hungerford massacre, Britain introduced the Firearms (Amendment) Act, which expanded the list of banned weapons, including certain semiautomatic rifles, and increased registration requirements for other weapons.

A gun-related tragedy in the Scottish town of Dunblane, in 1996, prompted Britain’s strictest gun laws yet. In March of that year, a middle-aged man armed with four legally purchased handguns shot and killed sixteen young schoolchildren and one adult before committing suicide in the country’s worst mass shooting to date. The incident sparked a public campaign known as the Snowdrop Petition, which helped drive legislation banning handguns, with few exceptions. The government also instituted a temporary gun buyback program, which many credit with taking tens of thousands of illegal or unwanted guns out of supply.

However, the effectiveness of Britain’s gun laws in gun-crime reduction over the last twenty-five years has stirred ongoing debate. Analysts note that the number of such crimes grew heavily in the late 1990s and peaked in 2004 before falling with each subsequent year. « While tighter gun control removes risk on an incremental basis, » said Peter Squires, a Brighton University criminologist, in an interview with CNN, « significant numbers of weapons remain in Britain. »
Norway
Gun control had rarely been much of a political issue in Norway—where gun laws are viewed as tough, but ownership rates are high—until right-wing extremist Anders Behring Breivik killed seventy-seven people in an attack on an island summer camp in July 2011. Though Norway ranked tenth worldwide in gun ownership, according to the Small Arms Survey, it placed near the bottom in gun-homicide rates. (The U.S. rate is roughly sixty-four times higher.) Most Norwegian police, much like the British, do not carry firearms.

In the wake of the tragedy, some analysts in the United States cited Breivik’s rampage as proof that strict gun laws—which in Norway include requiring applicants to be at least eighteen years of age, specify a « valid reason » for gun ownership, and obtain a government license—are ineffective. « Those who are willing to break the laws against murder do not care about the regulation of firearms, and will get a hold of weapons whether doing so is legal or not, » wrote Charles C. W. Cooke in National Review. Other gun-control critics have argued that had other Norwegians, including the police, been armed, Breivik might have been stopped earlier and killed fewer victims. An independent commission after the massacre recommended tightening Norway’s gun restrictions in a number of ways, including prohibiting pistols and semiautomatic weapons.

Japan
Gun-control advocates regularly cite Japan’s highly restrictive firearm regulations in tandem with its extraordinarily low gun-homicide rate, which is the lowest in the world at one in ten million, according to the latest data available. Most guns are illegal in the country and ownership rates, which are quite small, reflect this.

Under Japan’s firearm and sword law [PDF], the only guns permitted are shotguns, air guns, guns that have research or industrial purposes, or those used for competitions. However, before access to these specialty weapons is granted, one must obtain formal instruction and pass a battery of written, mental, and drug tests and a rigorous background check. Furthermore, owners must inform the authorities of how the weapon and ammunition is stored and provide the firearm for annual inspection.

Some analysts link Japan’s aversion to firearms with its demilitarization in the aftermath of World War II. Others say that because the overall crime rate in the country is so low, most Japanese see no need for firearms.

Voir par ailleurs:

Volkswagen, ce coupable qui en cache un autre
Contrepoints

25 septembre 2015

C’est à un tsunami de surprise feinte que nous avons eu droit la semaine passée : oh, vertuchou, Volkswagen a bricolé les logiciels embarqués dans ses voitures pour obtenir des résultats brillants aux tests anti-pollution aux États-Unis ! Le constructeur a menti, et il a même reconnu l’avoir fait ! Oh ! La pseudo-consternation a atteint rapidement la bourse, où l’action du constructeur a dévissé, et s’étend maintenant sur le marché européen, en touchant rapidement tous les autres constructeurs. Quel monde, mes amis, quel monde !

Ceci posé, revenons un peu sur Terre. Et si je parle de surprise feinte, c’est bien parce que les petites bidouilles des constructeurs pour faire passer leurs engins pour plus propres qu’ils ne le sont étaient connues de pas mal de monde. L’État, déjà, qui a savamment construit les normes, main dans la main avec les fabricants eux-mêmes, et qui devait bien se douter qu’il y aurait le cas des tests bâtis pour permettre aux modèles de remporter de bonnes notes, et les conditions réelles, franchement éloignées. Les automobilistes ensuite, dont l’écrasante majorité a pu constater l’écart entre la consommation affichée publicitairement, et qu’on ne peut obtenir que dans des conditions de roulage qui frôle la crédibilité par le mauvais côté de la tangente. Les associations écolo enfin, qui, toutes largement subventionnées par l’État, ont su tourner les yeux ailleurs le temps qu’il fallait pour ne pas voir les petits soucis de certaines motorisations.

Avant d’aller plus loin, cela ne retire, évidemment, absolument rien à la faute initiale de Volkswagen dans le cas qui nous occupe. Comme le précise avec raison Vincent Bénard dans son dernier article à ce sujet, le constructeur allemand a bel et bien fraudé, en masquant (de façon logicielle, donc) une production de gaz polluants (des oxydes d’azote, dans ce cas-là) bien au-dessus des normes admises en condition de conduite normale. Il mérite donc ce qui lui arrive actuellement.

Maintenant, ce constat ne permet pas d’éviter de rappeler quelques évidences bien trop vite oubliées tant par la plupart des journalistes que, surtout, par ces politiciens qui commentent l’actualité du haut de leur morale irréprochable et de leur parcours dans leur domaine généralement exempt de toute fraude.

On pourra ainsi pouffer en lisant la demande péremptoire et assez gonflée de « totale transparence » de la part de la ministre de l’Écologie, par exemple. C’est bien joli de réclamer la transparence, mais il faudrait aussi pousser les explications techniques un tantinet pour bien faire comprendre exactement l’enjeu, du côté des constructeurs, de respecter des normes anti-CO2 toujours plus drastiques.

En effet, et n’importe quel chimiste pourra le confirmer, l’apparition des oxydes d’azote (NOx) en combustion signifie que le carburant a été brûlé à des températures et des pressions élevées, qui certes contribuent à une diminution de la production de CO2, mais favorisent aussi l’augmentation de la production des NOx. Pour les constructeurs, chaque effort fait pour baisser la quantité de dioxyde de carbone aura donc tendance à augmenter la production des NOx. Cette augmentation est en partie absorbée par des systèmes de catalyse en sortie (notamment à base d’urée), mais on comprend qu’il est très complexe, chimiquement parlant, d’avoir à la fois une baisse constante des émissions d’un gaz qui, rappelons-le, n’est absolument pas nocif comme le CO2, et dans le même temps, une diminution des NOx (qui eux, sont effectivement nocifs pour la santé).

À ce point, on comprend que la course à l’homologation étatique des moteurs provoque le renchérissement des mécaniques vendues (avec l’introduction de systèmes progressivement de plus en plus complexes), ou, moins honnêtement, l’apparition de trucs et astuces pour réussir les conditions, bien calibrées, de tests connus à l’avance. Si la dernière option est clairement punissable, la première laisse songeur quant au bilan de l’action de l’État dans le domaine automobile.

On pourrait évoquer, par exemple, l’apparition de voitures électriques badigeonnées de massives subventions qui, si elles permettent à certains de frimer dans des Tesla agréables à regarder, n’ont toujours pas permis de régler les problèmes d’autonomie (et loin s’en faut), de recharges (longues et épuisantes pour le réseau électrique) ou de recyclage en fin de vie. D’autant que l’État qui subventionne les lubies électriques, c’est d’autant moins pour d’autres technologies, parfois prometteuses mais enterrées.

On pourrait rappeler que le développement en fanfare du diesel sur le sol européen ne doit à peu près rien au hasard et tout à la patte de l’État qui a sciemment encouragé son ascension par des taxations de plus en plus vexatoires sur l’essence. Ici, l’État stratège a bien frappé, et frappe encore : croyant soutenir une industrie automobile en concurrence avec le reste du monde en tabassant l’essence, l’État a introduit un biais énorme en faveur du diesel qui s’est effectivement révélé lucratif pour les constructeurs français… Jusqu’au moment où l’écart fiscal est devenu palpable (la Cour des Comptes évalue le – fameux – manque à gagner à 8 milliard d’euros) et où l’on s’est rendu compte que le diesel était particulièrement médiocre pour l’atmosphère.

On pourrait se rappeler qu’ensuite, l’écologie entrant dans les mœurs et la politique, les normes antipollution se sont mises à pulluler. L’État, toujours aussi stratège, s’est retrouvé avec d’un côté un diesel favorisé et de l’autre une atmosphère à dépolluer, à coup de normes de plus en plus drastiques, et des tests d’homologation idoines (et négociés avec les constructeurs). Là encore, on a du mal à oublier complètement la part de responsabilité de l’État. On pourrait en effet se rappeler qu’il n’y a pas de lobbying sans des individus, des administrations, des élus à « lobbyiser » surtout lorsqu’ils ont un grand pouvoir sur l’avenir d’une filière.

On pourrait enfin se rappeler que c’est encore l’État, au travers de la loi DMCA (protection des droits d’auteurs) qui a directement empêché que la tricherie soit révélée plus tôt : eh oui, selon cette loi, les constructeurs automobiles affirment qu’il est illégal pour des chercheurs indépendants de vérifier le code du logiciel contrôlant les véhicules, et ceci sans l’autorisation du fabricant, et cette interdiction a permis à Volkswagen de conserver ses manipulations à l’abri pendant des années.

L’État qui édicte des normes, l’État qui édicte des interdits, l’État qui pousse certaines motorisations au détriment d’autres … Volkswagen est évidemment coupable (et il l’a reconnu), mais oublier l’État n’est pas oublier un détail de la pièce qui s’est jouée, c’est oublier le décor, la musique et le metteur en scène.

Alors, quand, sur tout ce bazar déjà bien glauque, on apprend que l’État envisagerait de redresser les torts causés avec … une bonne grosse interdiction des diesels d’ici 2025 (parce que ça marche, ces trucs là, qu’on vous dit : c’est efficace et ça n’apporte jamais d’intéressants effets de bords), on sait que là, on tient la solution, c’est évident ! Bingo !

Toute cette affaire pue. Elle pue le capitalisme de connivence. Elle pue le lobbyisme débridé. Elle pue les petits arrangements, les compromis douteux, les arrangements entre copains et coquins. Elle pue de l’odeur âcre d’un diesel mal brûlé, elle pue d’une écologie politisée à mort et utilisée à des fins protectionnistes (ici, des USA contre l’Europe, jusqu’au prochain retour de bâton), elle pue l’interventionnisme de l’État à tous les niveaux.

Volkswagen paiera, cher, sa fraude, et c’est tant mieux. Mais cette affaire montre de façon éclatante l’incohérence des pouvoirs publics, tiraillés entre leurs lubies, leurs compromissions et les petits intérêts bien compris de ceux qui les dirigent. Tout ceci démontre encore une fois que la régulation étatique ne marche pas. Ceci montre à quel point on est éloigné d’un marché libre où les fraudeurs n’auraient jamais eu la possibilité de faire durer leurs manigances aussi longtemps, où l’État n’aurait jamais pu imposer des normes débiles et des tests ridicules, où le consommateur aurait pu se faire flouer sans rien pouvoir dire.

L’État stratège, quelle bouffonnerie !

Voir enfin:

UN Report 2014

Some 437,000 people murdered worldwide in 2012, according to new UNODC study.
Men made up almost 8 out of every 10 homicide victims, women accounted for vast majority of domestic violence fatalities
10 April 2014 – (London/Vienna)
– Almost half a million people (437,000) across the world lost their lives in 2012 as a result of intentional homicide, according to a new study by the United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC).
Launching the Global Study on Homicide 2013 in London today, Jean-Luc Lemahieu, Director for Policy Analysis and Public Affairs, said: “Too many lives are being tragically cut short, too many families and communities left shattered. There is an urgent need to understand how violent crime is plaguing countries around the world, particularly affecting young men but also taking a heavy toll on women.”
Globally, some 80 per cent of homicide victims and 95 per cent of perpetrators are men. Almost 15 per cent of all homicides stem from domestic violence (63,600). However, the overwhelming majority – almost 70 per cent – of domestic violence fatalities are women (43,600). “Home can be the most dangerous place for a woman,” said Mr. Lemahieu. “It is particularly heart-breaking when those who should be protecting their loved ones are the very people responsible for their murder.”Over half of all homicide victims are under 30 years of age, with children under the age of 15 accounting for just over 8 per cent of all homicides (36,000), the Study highlighted.
The regional picture
Almost 750 million people live in countries with the highest homicide rates in the world – namely the Americas and Africa –
meaning that almost half of a
ll homicide occurs in countries
that are home to just 11
per cent of the earth’s
population. At the opposite end of the spectrum, 3
billion people – mainly in Europe, Asia and Oceania- live in countries where homicide rates are
relatively low.
The global average murder rate stands at
6.2 per 100,000 population, but Southern Africa and
Central America recorded more than four
times that number (30 and 26 victims per 100,000
population respectively), the highest in the world. Meanwhile, with rates some five times lower
than the global average, East Asia, Southern
Europe and Western Europe recorded the lowest
homicide levels in 2012. Worryingl
y, homicide levels in North Af
rica, East Africa and parts of
South Asia are rising amid social
and political instability. In an
encouraging trend,
South Africa,
which has consistently high rates of homicide
, saw the homicide rate
halve from 64.5 per 100,000
in 1995 to 31.0 per 100,000 in 2012.
Homicides linked to gangs and organized crim
inal groups accounted for 30 per cent of all
homicides in the Americas compared to below
1 per cent in Asia, Europe and Oceania. While
surges in homicide are often linked to this type
of violence, the Americas saw homicide levels
five to eight times higher than Eu
rope and Asia since the 1950s.
2
The gender bias
Globally, the male homicide rate
is almost four times higher than for females (9.7 versus 2.7 per
100,000) and is highest in the Americas (29.3 pe
r 100,000 males), where it is almost seven times
higher than in Asia, Europe and Oceania (a
ll under 4.5 per 100,000 males). In particular, the
homicide rate for male victims aged 15-29 in S
outh and Central America is over four times the
global average rate for that age
group. More than 1 in 7 of a
ll homicide victims globally is a
young male aged 15-29 in the Americas.
While men are mostly killed by someone they ma
y not even know, almost half of all female
victims are killed by those closest to them. In As
ia, Europe and Oceania the share of victims from
domestic violence is particularly important. In a
ll these regions, the majority of female homicide
victims are killed at the hands of their intimat
e partners/family members (in Asia and Europe, 55
per cent, and in Oceania, 73 per cent). For example, in Asia, 19,700 women were killed by their
intimate partners or family members in 2012. When
only looking at intimat
e partner violence, the
overwhelming majority of homicide victim
s are women (79 per cent in Europe).
The causes of homicide
The consumption of alcohol and/or
illicit drugs increases the risk
of perpetrating homicide. In
some countries, over half of homicide offenders
acted under the influence of alcohol. Although
the effects of illicit drugs are less well docum
ented, cocaine and amphetamine-type stimulants
have been associated with vi
olent behaviour and homicide.
Firearms are the most widely used murder w
eapons, causing 4 in 10 homicides globally, whereas
about a quarter of victims are ki
lled with blades and sharp object
s and just over a third die though
other means (such as strangulation, poisoning etc.).
The use of firearms is particularly prevalent
in the Americas, where two thirds of homicide
s are committed with guns, while sharp objects are
used more frequently in Oceania and Europe.
Post-conflict societies awash in arms and gra
ppling with weak rule of law and impunity are
conducive to organized crime and interpersonal vi
olence. Haiti, for example, saw homicide rates
double from 5.1 in 2007 to 10.2 per 100,000 in 2012.
In South Sudan, the homicide rate in 2013
was, at over 60 per 100,000 people, among the highest
in the world. In contrast, in Sierra Leone
and Liberia, where reconciliation processes and anti
-crime strategies are taking root, security is
gradually improving.
Conviction rates
The global conviction rate for intentional hom
icide is of 43 convictions per 100 homicides.
However, disparities exist across regions, with a
conviction rate of 24 per cent in the Americas,
48 per cent in Asia and 81 per cent in Europe.
For more information please contact:
In Vienna: Preeta Bannerjee, Public
Information Officer, Phone: +43 699 1459 5764
Email:
preeta.bannerjee [at] unodc.org
For media interviews in London: Karen Davies
, Communications Officer for the UK and Ireland
United Nations Regional Information Centre (UNRIC),
Mobile: +32 473 26 22 55
Email:
davies [at] unric.org

Corée du nord: Pourquoi vous ne connaissez pas la Division 39 (As China-supported North Korean butcher and starver of his own people puts on his yearly show for the West’s complicit media, who bothers to investigate the world’s largest state criminal organization ?)

10 octobre, 2015
office38KimLe jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times

Attention: une désinformation peu en cacher une autre !

A l’heure où « l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire » dont l’effondrement, comme le rappelait Thérèse Delpech, fera un jour la honte d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Fête ignomineusement, avec la Chine sans laquelle il  ne tiendrait pas une semaine,  70 ans d’oppression et de famine systématique de sa population …

Pendant qu’avec les 16 mois restants, à la tête du monde libre, de l’incroyable vacance du pouvoir introduite par l’Administration Obama …

Toutes sortes d’Etats voyous ou faillis, et leurs affidés, de l’Iran à la Russie et l’Etat islamique aux Palestiniens, mettent le Moyen-Orient à feu et à sang et menacent d’invasion l’Europe et le reste du monde …

Combien, parmi nos journalistes qui, tout en diffusant sans la moindre vérification « buzz » oblige les rumeurs les plus folles, accourent régulièrement dans ses hôtels cinq étoiles pour l’occasion …

Prennent la peine de rappeler la vérité d’un régime proprement criminel …

Et notamment de la tristement célèbre Division 39 ..

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue …

Permet au régime le plus isolé au monde, dans la plus grande opacité et avec le soutien de tout ce que la planète compte de pays et d’individus peu recommandables comme le rapportait cet été le Financial Times, de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises ?

Mais aussi fournit à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran non seulement les moyens de construire leurs armes de destruction massive …

Mais sert d’inspiration et de modèle pour tous dans l’art, pour se maintenir au pouvoir, de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Enquête. Division 39 : la botte secrète de la Corée du Nord pour déjouer les sanctions
Tom Burgis (avec Tan-jun Kang à Séoul)

Financial Times
traduit par Courrier international
06/08/2015

A l’été dernier, les habitants de Pyongyang ont commencé à remarquer une nouvelle flotte de taxis dans la capitale nord-coréenne. Avec leur carrosserie brun et or, les rutilantes berlines ne passaient pas inaperçues dans les rues pratiquement désertes de la ville. Les voitures étaient estampillées du logo de la compagnie de taxi : KKG. La compagnie KKG a si rapidement évincé ses concurrents que l’on ne pouvait manquer de se demander qui se cachait derrière cette nouvelle entreprise. Le même logo a été repéré sur des 4×4, sur un panneau publicitaire vantant un projet résidentiel en bordure du fleuve et des autobus à l’aéroport de Pyongyang. Comme d’autres chauffeurs de taxi nord-coréens, ceux de KKG faisaient payer leurs courses en devises – essentiellement en renminbis chinois, mais aussi en euros ou en dollars. De quoi mettre la puce à l’oreille.

En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international.

Un royaume plus isolé que jamais

L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. “KKG est l’une des plus grandes joint-ventures établies en Corée du Nord”, confie un haut fonctionnaire asiatique qui, pour commenter cette affaire sensible, a souhaité conserver l’anonymat [ancienne colonie britannique, Hong Kong a conservé un système économique particulier : les sociétés étrangères qui y sont enregistrées ne versent pas de taxes, l’identité des actionnaires peut rester cachée, et les transferts de fonds avec l’étranger ne sont soumis à aucune restriction].

“La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.”

A l’heure où les relations des puissances occidentales avec l’Iran et Cuba semblent se réchauffer, le royaume est politiquement plus isolé que jamais. Même la Chine, qui a longtemps été une alliée, prend depuis quelques années ses distances avec Pyongyang. L’année dernière, un rapport des Nations unies décrivait“d’innommables atrocités” perpétrées à l’encontre des détenus des camps de prisonniers nord-coréens. Les démonstrations de force orchestrées par le régime de Kim Jong-un – dont une cyber-attaque contre Sony que Washington a attribuée à Pyongyang, et le tir d’essai d’un missile balistique depuis un sous-marin [en mai dernier] – ont relancé les efforts visant à comprendre comment le régime parvient à se raccorder à l’économie internationale.

Selon des estimations du gouvernement de Séoul fondées sur des données limitées, ces dernières années, l’économie intérieure nord-coréenne aurait soit ralenti, soit enregistré une croissance de 1 %. Toujours est-il que le volume annuel d’exportations, d’environ 3 milliards de dollars, est loin de compenser la facture des importations. Avec la baisse du cours du charbon et d’autres matières premières que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) exporte vers la Chine, les réseaux d’entreprises comme celui qui est derrière KKG risquent de devenir de plus en plus vitaux pour apporter au régime des devises indispensables au fonctionnement de l’économie.

Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent.

La “caisse noire” du régime

Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”.

En 2010, les Etats-Unis ont ajouté la Division 39 à leur liste d’entités soumises aux sanctions. L’Union européenne a suivi. Entre temps, la Corée du Nord a engrangé des devises étrangères en exportant des armes, des méthamphétamines, de champignons et de la main-d’œuvre à bas coût. Ses ventes de textiles, de charbon et de minéraux à la Chine lui rapportent peut-être davantage.

Le Conseil de l’Union européenne affirme que la Division 39 était placée sous l’autorité directe de Kim Jong-il, président de Corée du Nord de 1994 à sa mort en 2011, date à laquelle son fils Kim Jong-un lui a succédé. La Division 39 “figure parmi les plus importantes organisations chargées de l’achat de devises et de marchandises”, précise-t-il. Les Etats-Unis et l’UE ont également imposé des sanctions à ce qu’ils considèrent comme des sociétés écrans agissant en faveur de la Division 39. L’une de ces entités, la Korea Daesong General Trading Corporation, également connue sous plusieurs autres noms comparables, “est utilisée pour faciliter les transactions étrangères pour le compte de la Division 39”, a déclaré le Trésor américain. L’entreprise n’a pas souhaité commenter cette information. L’UE la décrit comme une filiale du groupe Daesong, “le plus grand groupe d’entreprises du pays”.

Le rôle du groupe Queensway

Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa.

L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres.

M. Pa s’est refusé à tout commentaire. De tous les dirigeants des diverses sociétés du groupe Queensway, un seul a accepté de répondre à nos questions. Jee Kin-wee, directeur du service juridique du groupe à la succursale singapourienne de China Sonagol, assure que son entreprise et KKG “sont des entités distinctes qui n’ont aucun rapport entre elles”. Il n’a toutefois pas précisé la nature des relations unissant son entreprise de Singapour et sa société-sœur, China Sonangol International Holding, enregistrée à l’adresse de Queensway à Hong Kong. Cette entité est détenue conjointement par les associés de M. Pa et le groupe pétrolier national d’Angola. Elle est citée dans des procès-verbaux des tribunaux de Hong Kong pour avoir effectué des versements destinés à des projets de KKG.

Jee Kin-wee n’a pas voulu s’exprimer au sujet des activités commerciales du groupe Queensway en Corée du Nord, se bornant à rappeler que “la Chine entretient des relations diplomatiques et économiques normales avec la Corée du Nord et que […] des dizaines de pays dans le monde, dont plusieurs pays de l’UE, ont des relations diplomatiques bilatérales avec la RPDC”. M. Pa a conclu un contrat avec Daesong pour toute une série de projets en Corée du Nord, concernant aussi bien des centrales électriques que l’extraction minière et la pêche, affirme toutefois le haut fonctionnaire asiatique.
L’argent a commencé à affluer – mais on ne sait pas exactement quelles sommes ont atterri directement dans les caisses de Corée du Nord. Un livret de comptes publié dans une décision de 2013 de la Cour suprême de Hong Kong dans le cadre d’un différend opposant des associés de M. Pa comporte plusieurs références à des versements du groupe Queensway : “réseau d’autobus urbains de Pyongyang”, “Aéroport de Pyongyang”, “Corée : 5 000 tonnes d’huile de soja” et “exposition sponsorisée par le consul coréen”, lit-on dans ce document, sans plus de détails. Mais la liste des paiements comporte également des références à KKG.

Les habitants de Pyongyang ont commencé à entendre parler de KKG, dès 2008. Cette année-là, des photographies en ligne montraient un immense panneau publicitaire représentant la maquette d’un projet spectaculaire de constructions résidentielles à Pyongyang. Dans une présentation PowerPoint de 2014, le groupe Hawtai Motor, constructeur automobile privé chinois basé à Tianjin, décrivait KKG comme l’une “des plus grandes entreprises publiques de Corée du Nord”. Les dirigeants de Hawtai ont refusé de commenter cette déclaration. Certains observateurs qui ont assisté à la percée de Queensway en Corée du Nord estiment que le groupe cherche à reproduire un modèle qu’il a déjà expérimenté en Afrique : le groupe y a conclu des contrats “infrastructures contre ressources naturelles” avec des régimes répressifs comme ceux de l’Angola, du Zimbabwe et une junte militaire qui a brièvement dirigé la Guinée. Pour la Corée du Nord, le groupe semble avoir jeté son dévolu sur le potentiel pétrolier inexploité du pays.
“Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Comme l’entreprise de taxis et le projet immobilier de Pyongyang, il semblerait que la prospection pétrolière se fasse au moins en partie par l’intermédiaire de KKG, qui fait office de maillon entre Queensway et la Division 39. Selon le haut fonctionnaire asiatique et un intervenant du secteur pétrolier connaissant bien la Corée du Nord, KKG a recherché du pétrole dans plusieurs régions du pays, sans succès pour l’instant.

Le désir de faire des affaires

En novembre 2013, la télévision d’Etat nord-coréenne a diffusé un reportage surune cérémonie organisée dans la ville de Kaesong, non loin de la zone démilitarisée séparant les deux Corées depuis 1953 (DMZ). Des dignitaires saluaient l’inauguration du chantier d’un “parc industriel high-tech”. Selon les médias officiels, le parc devait accueillir un centre de technologies de l’information, un hôtel, des résidences, une école et une centrale électrique. L’un des orateurs était un homme en costume sombre et aux cheveux coupés court, identifié par les médias locaux sous le nom de Jang Su-nam. Il est présenté comme le représentant du “Groupe pour la paix et le développement économique.” Or, d’après M. Mailey, M. Jang a autrefois travaillé pour Daesong. M. Jang n’a pu être contacté pour répondre à nos questions.

La caméra du reportage balayait les autres personnalités invitées : des ambassadeurs de pays africains dans lesquels le groupe Queensway a des intérêts. A côté d’eux, se tenait Nik Zuks, le fondateur australien de la société minière Bellzone, cotée sur le marché alternatif de Londres et opérant en Afrique orientale, et qui a cédé une part majoritaire de son capital à la Chine. M. Zuks n’a pas voulu répondre à nos demandes de commentaires. Selon un haut fonctionnaire asiatique, M. Pa se trouvait à Pyongyang en décembre dernier et a envoyé une carte d’anniversaire personnelle à Kim Jong-un en janvier. Les deux hommes ont en commun autre chose que leur désir de faire des affaires : M. Pa est tombé sous le coup des sanctions américaines l’année dernière pour ses transactions au Zimbabwe, où il a été accusé de financer la police secrète de Robert Mugabe en échange de concessions dans les mines de diamants. Des allégations “infondées” selon M. Pa. “Le rôle de Sam Pa est d’être une vitrine pour le régime de Pyongyang sur les marchés capitalistes, résume un haut fonctionnaire asiatique. Je pense qu’à ce titre, il a un bel avenir devant lui.”

North Korea: The secrets of Office 39

Shadowy organisation’s alliance with Queensway Group helps Pyongyang bring in cash
Tom Burgis
The Financial Times

June 24, 2015

The businessman Sam Pa in front of the Pyongyang skyline. His Queensway Group is linked with KKG, a North Korean enterprise

in the middle of last year, the residents of Pyongyang began to notice a new fleet of taxis operating in the North Korean capital. With their maroon and gold bodywork, the gleaming sedans were easy to spot as they cruised the city’s orderly streets. The cars bore the taxi company’s logo: KKG.

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The swiftness with which KKG edged out rival taxi operators — one of which was rumoured to be linked to the security services — piqued curiosity about who was behind the new outfit. The same logo has been spotted on 4x4s, on a billboard displaying a planned riverside property development and on buses at Pyongyang airport. Like other North Korean cabbies, the drivers of the KKG taxis asked their fares to pay in foreign currency: mainly Chinese renminbi, but also euros or dollars. And therein lay a clue.

For all their rhetoric about the paramount need to develop a nuclear arsenal, North Korea’s rulers have no more pressing task than bringing in foreign exchange. Without it, experts say, the regime would be at risk of crumbling under international sanctions. Taxi fares alone could hardly fill the gap. But the KKG cabs are just a small part of a much larger endeavour.

The KKG taxi fleet is one product of a partnership between a group of Hong Kong-based investors and a secretive arm of the North Korean state that seeks to cut international business deals, a Financial Times investigation has found.

The North Korean government’s alliance with the so-called Queensway Group, a syndicate of businesspeople with a record of forging ties with pariah states, is opaque. But it seems clear that it is one of a handful of crucial business ventures that allow the world’s most isolated regime to sustain itself.

“KKG is one of several joint ventures in North Korea and it’s one of the biggest ones,” says an Asian official who asked not to be named because of the sensitivity of the matter. “Most North Korean companies are under US or EU or UN sanctions. They always change names, like their ships change flags. But most of the companies belong to military leaders or the ruling Workers’ party of Korea. And they are on the sanctions list. So they need any foreign company that could give them an opportunity to trade with foreign countries.”

While western powers’ relations with Iran and Cuba appear to be thawing, the hermit kingdom’s political isolation is as deep as ever. Even China, long an ally, has grown frostier with Pyongyang in recent years. A UN investigation last year described “unspeakable atrocities” perpetrated against the inmates of its prison camps. The sabre-rattling under Kim Jong Un — including a cyber attack against Sony that Washington blamed on Pyongyang and last month’s test-firing of a ballistic missile from a submarine — has added fresh impetus to efforts to understand how the regime plugs itself into the world economy.

The domestic economy has either contracted or grown at 1 per cent in recent years, according to South Korean government estimates based on limited data, with annual exports of about $3bn falling well short of the import bill. As prices for the coal and other commodities that North Korea exports to China fall, business networks such as the one behind KKG are likely to become increasingly vital in garnering crucial foreign exchange for the regime.

The North Korean end of the KKG network leads to a shadowy organisation called Office 39 of the Workers’ party, according to Asian and US officials. The US has described Office 39 as “a secretive branch of the government . . . that provides critical support to [the] North Korean leadership in part through engaging in illicit economic activities and managing slush funds, and generating revenues for the leadership”.

North Korea’s rulers have had to resort to such tactics after years of international sanctions. Imposed in response to nuclear tests in 2006, 2009 and 2013, the sanctions comprise an arms embargo designed to stop North Korea trading weapons and sourcing parts for its atomic programme; an asset freeze to apply financial pressure to the leadership; and a ban on luxury goods that is meant to deprive senior figures of the trappings of power, from lobster and cigarillos to furs and yachts. The UN sets the overall structure of sanctions; states decide what to prohibit.

But annual reports by a UN panel that monitors the sanctions describe a game of cat-and-mouse, as North Korea’s rulers use an ever-shifting web of subterfuge to disguise commercial activities abroad. The most recent UN report, sent to the Security Council in February, documents arms sales in Africa and the use of “flags of convenience” to conceal North Korean control of shipping. The UN report also suggests that “legitimate business structures have been used for illegitimate activities”. In 2010, the US added Office 39 to its sanctions list. The EU followed suit.

North Korea has brought in foreign exchange by exporting guns, methamphetamines, mushrooms and indentured labourers. Perhaps most lucratively, it also sends textiles, coal and minerals across its border with China. Andrea Berger, a North Korea expert at the UK’s Royal United Services Institute, a think-tank, says: “Office 39 is extremely important. It’s generally regarded as the regime slush fund.”

The EU says Office 39 reported directly to Kim Jong Il, North Korea’s ruler from 1994 until his death in 2011, when his son, Kim Jong Un, took over. Office 39 is “among the most important organisations assigned with currency and merchandise acquisition”, the EU says. The US and the EU also imposed sanctions on what they said were Office 39 front companies. One, which is known as Korea Daesong General Trading Corporation and several similar names, “is used to facilitate foreign transactions on behalf of Office 39”, the US Treasury said. The company did not respond to a request for comment. The EU describes it as part of the broader Daesong group, “the largest company group of the country”.

According to the Asian official and JR Mailey, a researcher at the Pentagon’s Africa Center for Strategic Studies, Daesong is one of the backers behind KKG. Another, according to these people and court documents from Hong Kong, is the business network known informally to those who have studied it as Queensway Group, after the address of its headquarters at 88 Queensway in Hong Kong’s financial district.

Global footprint

Over the past decade, the Queensway Group has built a multi-billion-dollar corporate empire that stretches from Zimbabwe to Manhattan.

Tom Burgis looks at North Korea’s alliance with the Queensway Group, a syndicate of Hong Kong based investors. Such ventures as a taxi fleet with the KKG brand are part of a much larger endeavour by Pyongyang to cut international business deals.

The precise nature of the KKG partnership is unclear — whether it is an incorporated joint venture or a more informal arrangement. Searches by the FT yielded no records for a company called KKG that matched the profile of the one active in North Korea. Nor did searches in English and Korean for Kumgang Economic Development Corporation, KKG’s name when written in Korean characters. That suggests that KKG is either simply a brand, or, if it is a company, it is registered within North Korea, which does not keep company records online. The FT was unable to find contact details for KKG.

The relationship between KKG’s backers was formed around the end of 2006. According to the Asian official, details of whose account were corroborated by others, the Queensway Group’s foray into North Korea was spearheaded by the frontman who has advanced its interests in Africa and elsewhere. He goes by at least seven names — but is best known as Sam Pa.

An FT investigation last year found that Mr Pa and his fellow founders of the Queensway Group have connections to powerful interests in Beijing, including Chinese intelligence and state-owned companies. They also have ties to big western groups: Queensway Group companies are in business with BP in Angola, Glencore in Guinea and others.

Mr Pa did not respond to requests for comment. Only one of the Queensway Group figures and companies contacted for comment replied. Jee Kin Wee, group head of legal at China Sonangol’s arm in Singapore, says his company and KKG “are separate and unrelated companies”. He did not clarify the link between his company in Singapore and its sister company, China Sonangol International Holding, registered at the Queensway address in Hong Kong. That company is jointly owned by Mr Pa’s business associates and Angola’s state oil group. It is named in Hong Kong court documents as having made payments related to KKG projects.

Mr Wee did not answer specific questions about the Queensway Group’s dealings in North Korea. But he stressed that “China enjoys full diplomatic and economic relations with North Korea and . . . scores of countries around the world, including EU countries, have bilateral diplomatic relations with North Korea”.

Mr Pa is said to have met senior North Korean officials as he began his courtship of the regime in 2006. At the time, Pyongyang needed new partners. It had found itself increasingly locked out of the global financial system. A year earlier, the US had accused Macau-based Banco Delta Asia of laundering money for the regime, causing the near-collapse of that bank and prompting others to avoid North Korea.

Mr Pa struck a deal with Daesong for an eclectic range of North Korean projects, the Asian official says, ranging from power plants to mining to fisheries. Money started to flow — although it is unclear how much flowed directly into North Korea. A ledger published in a 2013 Hong Kong high court ruling in a dispute between some of Mr Pa’s business associates refers to Queensway Group payments including “Pyongyang city bus system”, “Korea airport”, “Korea: 5,000 tons of soyabean oil” and “exhibition sponsored by the Korean consul”. There are no further details. But the list of payments also contains references to KKG.

Corporate presence

KKG first came to the attention of Pyongyang’s residents around 2008. That year, photographs posted online showed a billboard displaying a spectacular image of a planned property development close to the Pyongyang Mullet Soup Restaurant. Located by a bend in the Taedong River, the planned properties included a pair of shimmering skyscrapers that would not have looked out of place in London’s riverside Canary Wharf business district. The new development was to be called KKG Avenue and bore the same KKG logo that would appear on Pyongyang taxis.

KKG Avenue made little headway beyond some rickety hoardings and preliminary work on foundations, according to foreign officials, visitors to Pyongyang, photos and satellite images.

Despite such setbacks, KKG has been described at least once as a major North Korean company. A 2014 presentation by Hawtai Motor Group, a privately owned Chinese carmaker based in Tianjin, indicates that the company supplied the vehicles for the KKG taxi fleet. The presentation describes KKG as one of “North Korea’s largest state-owned enterprises”. Hawtai declined to comment.

Some who have observed Queensway’s thrust into North Korea say it is seeking to replicate a model it pioneered in Africa: striking infrastructure-for-natural resources deals with oppressive governments such as Angola’s, Zimbabwe’s and a military junta that briefly ruled Guinea. The group appears to have set its sights on North Korea’s untapped potential for oil.

Mr Mailey, who was one of the authors of a 2009 US congressional report who recently published a second detailed study of the group, says: “The KKG taxis might earn the regime some foreign currency from tourists visiting Pyongyang, but most signs point to the oil and mining sectors as the Queensway Group’s true target.”

Voir aussi:

Pourquoi les informations sur la Corée du Nord sont-elles traitées avec tant de légèreté ?
Vincent Glad

L’an 2000

20 mai 2015

L’actualité du pays est souvent couverte en page « info buzz » plutôt que dans la rubrique International.
Le 13 mai tombait sur les smartphones cette alerte info du Point.fr :

Twitter s’est indigné, Twitter a ironisé, mais Twitter s’est peut-être un peu emballé: le «stagiaire» du Point (nom usuel de celui qui doit assumer seul une erreur collective) n’a fait qu’appliquer avec un peu trop de zèle les préceptes du traitement de l’information sur la Corée du Nord. (le titre de l’article a depuis été changé)

Ce pays est une no-go zone de la déontologie journalistique. Les infos sur la Corée du Nord sont reprises dans la presse mondiale le plus souvent sans aucune vérification. C’est pourtant le pays dont les nouvelles sont le plus sujet à caution, les sources les plus partiales: avec la propagande nord-coréenne d’un côté, les services secrets sud-coréens et les réfugiés au Sud de l’autre.

Le ministre exécuté au canon antiaérien

Le 13 mai, donc, on apprenait que Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense nord-coréen, avait été exécuté au canon antiaérien, notamment parce qu’il s’était endormi pendant des célébrations militaires. L’info donnée par les services secrets sud-coréens a fait le tour du monde et occasionné ce superbe push du Point.fr. Avant de passer rapidement au conditionnel, les services secrets sud-coréens n’étant plus si sûrs de leur renseignement.

Evidemment, personne n’avait vérifié l’info, et il sera bien difficile d’avoir le fin mot de l’histoire. La Corée du Nord est un pays totalement fermé, comme le notait le correspondant de l’AFP à Séoul: «Différencier les faits de la fiction est quasi-impossible à propos de la Corée du Nord, dont le régime verrouille tous les canaux d’information et de communication, rendant difficile la vérification des rumeurs. Parallèlement, l’intérêt de la presse internationale est énorme. Surtout lorsqu’il s’agit d’histoires à sensations qui confortent le public dans sa perception de la Corée du Nord comme un pays étrange, brutal et arriéré.»

«Une règle journalistique tacite»

Il y a comme un malaise : derrière l’insolite, le lol et le pittoresque, il y a un régime totalement fermé sur l’extérieur, qui torture ses opposants, détient l’arme nucléaire et reste en guerre latente avec la Corée du Sud. Le démenti des services secrets sud-coréens, obligeant à corriger l’info sur l’exécution du ministre de la Défense, semble avoir été un petit électrochoc dans la presse. France24 a publié un mea cupla sur son site: «C’est une sorte une règle journalistique tacite qui ne s’applique qu’à la Corée du Nord. Presque tous les médias occidentaux – et France24 ne fait pas exception – la respectent scrupuleusement : ignorer l’un des fondamentaux de la profession, la vérification de l’information. Ainsi se retrouvent-ils à relayer les rumeurs (exotiques, cruelles ou insolites) concernant la dictature du leader nord-coréen Kim Jong-un.»

Mais d’où vient cette «règle journalistique tacite», comme l’écrit France 24 ? Sans doute de la rubrique dans laquelle est reléguée l’information sur la Corée du Nord : l’info buzz.

Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed

En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique.

L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord.

Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International.

Une info qui confirme nos fantasmes

La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues.

Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde».

Ce moment où la réalité dépasse la fiction

Dans L’Esprit du Temps en 1962, Edgar Morin donnait une définition parfaite de l’info buzz. Il parlait alors des faits divers dans la presse: «Tout ce qui dans la vie réelle ressemble au roman ou au rêve est privilégié.» C’est exactement ce qui se passe dans le champ de l’info buzz, dans lequel les médias cherchent dans l’actualité, la vie réelle, des récits qui ont des apparences de fiction.

L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un.

Kim Jong-un au milieu des tortues

C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare.

Ainsi, pour faire passer l’austère information que le dirigeant nord-coréen s’active pour améliorer l’élevage dans son pays, le Parti du travail a diffusé dans son journal une photo de Kim Jong-un hurlant sur des dignitaires du régime, au milieu d’un élevage de tortues. Mission accomplie.

Voir également:

Kim Jong Il’s ‘Cashbox’

Claudia Rosett

Forbes

4/15/2010

Despite all the pomp and nuclear summitry, North Korea keeps sliding down President Barack Obama’s to-do list. Yet something must be done. The threat here is not solely North Korea’s own arsenal, or its role, despite U.S. and United Nations sanctions, as a 24/7 convenience store for rogue regimes interested in weapons of mass destruction plus delivery systems. The further problem is that North Korea provides perverse inspiration for other despotisms.

While Obama talks about a world without nuclear weapons, Kim Jong Il sets tyrants everywhere a swaggering example of how to build the bomb and get away with it. Indeed, if recluse weirdo Kim can have the bomb, how on earth could Iran’s ayatollahs face themselves in the mirror every morning if they don’t have one too?

In the new millennium, Pyongyang has been blazing a proliferation trail that includes illicit nuclear tests in 2006 and 2009; illicit tests of ballistic missiles; and such extravagant stuff as help for Syria in building a secret nuclear reactor (which might even now be cranking out plutonium for bombs, had the Israelis not destroyed it with an air strike in 2007). Coupled with such North Korean habits as vending missiles and munitions to the likes of Syria, Iran and Iran’s Lebanon-based terrorist clients, Hezbollah, all this is a wildly dangerous mix.

So what to do about North Korea? Over the past 16 years, nuclear talks and freeze deals have repeatedly failed, under both presidents George W. Bush and Bill Clinton. Asked about North Korea in a press conference at the close of this week’s nuclear summit in Washington, Obama gave the vague reply that he hoped economic pressure would lead to a resumption of the six-party talks. But he ducked the question of why sanctions have failed to halt North Korea’s nuclear program, saying “I’m not going to give you a full dissertation on North Korean behavior.”

OK, it’s not Obama’s job to deliver dissertations on North Korea. But he missed a fat opportunity to say something genuinely informed and useful. The president–and his entire foreign policy team–ought to be reading and talking (loudly) about the material contained in a highly readable 36-page monograph published just last month by the Strategic Studies Institute of the Army War College: “Criminal Sovereignty: Understanding North Korea’s Illicit International Activities.”

This study is co-authored by three men who share an unusually clear-eyed interest in exploring the nitty-gritty of North Korea’s inner workings, Paul Rexton Kan, Bruce E. Bechtol Jr. and Robert Collins. Among them, going back more than three decades, they have more experience observing North Korea than some of the high-profile diplomats who have parleyed with Pyongyang in recent years from the five-star hotels of Beijing and Berlin. For this publication the three analysts draw on congressional testimony, press reports from around Asia and interviews with North Korean defectors (a resource too often ignored or underutilized by Washington officialdom).

“Criminal Sovereignty” focuses not on proliferation per se, but on a curious institution within North Korea’s government, usually referred to as Bureau No, 39. And what, exactly, is Bureau No. 39?

Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.”

The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.”

What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea.

Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific.

Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th.

This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state.

If Office No. 39 enjoys the amenities of operating as part of the North Korean state, it is by the same token an avenue of vulnerability leading straight to Kim Jong Il. That was evident back in 2005, when the U.S. Treasury caused clear pain for Kim by targeting a major hub of Office No. 39 financial activities in Macau–only to be yanked off the case by a State Department desperate to coddle Kim into a nuclear freeze deal, which then flopped.

These days U.S. and U.N. efforts to corral North Korea seem focused narrowly on activities tied directly to nuclear proliferation. It’s been a while since Washington complained loudly about the rest of Kim’s rackets. Obama needs to think bigger, speak up and solicit the world’s help in cracking down much harder on the all the networks of Office No. 39. Emptying Kim’s cashbox could go farther toward ending the North Korean nuclear threat than any amount of six-party talks or summits.

Claudia Rosett, a journalist in residence with the Foundation for Defense of Democracies, writes a weekly column on foreign affairs for Forbes.

Voir encore:

Report: NKorea fires director of Kim’s finances
South Korean Foreign Minister Yu Myung-hwan, right, escorts Kurt Campbell, U.S. assistant secretary of state for East Asian and Pacific Affairs, during a photo call before their meeting at Yu’s office in Seoul, South Korea, Thursday, Feb. 4, 2010. (AP Photo/Lee Jae-won, Pool)
Kwang-Tae Kim
Associated Press

February 4, 2010

SEOUL, South Korea—The director of North Korean leader Kim Jong Il’s secret moneymaking « Room 39 » bureau has been fired, a news report said Thursday. Analysts said the move may be a way to get around international sanctions.

Kim Dong Un, head of the infamous « Room 39 » department said to control Kim’s family enterprises, was replaced by his deputy, Jon Il Chun, South Korea’s Yonhap news agency reported, citing an unidentified source familiar with North Korean affairs.
The National Intelligence Service, Seoul’s top spy agency, said it could not confirm the report. North Korean state media did not mention the personnel change.

Room 39 is described as the lynchpin of the North’s so-called « court economy » centered on the dynastic Kim family. The department is believed to finance his family and top party officials with business ventures — some legitimate and some not — that include counterfeiting and drug-smuggling.
The bureau oversees some 120 trading companies and mines, accounting for some 25 percent of North Korea’s total trade and employing up to 50,000 North Koreans, said Lim Soo-ho, a research fellow at the Samsung Economic Research Institute think tank.
He said the reported move to fire the Room 39 chief may be part of attempts to get around stringent international sanctions imposed on North Korea.
It was unclear which Room 39 companies or officials might be under U.N. sanctions, but North Korean firms frequently change names to evade scrutiny. And Kim, the Room 39 chief who was reportedly fired, had been blacklisted by the European Union in December, making his movements in Europe difficult and prompting the change in personnel, Yonhap said.

U.N. Security Council sanctions were tightened against North Korea after a May 2009 nuclear test. The order bans North Korea from exporting arms, calls for freezing assets, and forbids travel abroad for certain companies and individuals involved in the country’s nuclear and weapons programs.
The report came as the United States renewed its call for North Korea to return to talks aimed at ending the country’s nuclear weapons programs.
Assistant U.S. Secretary of State Kurt Campbell made the comments Thursday during a meeting with South Korean Unification Minister Hyun In-taek in Seoul, according to Hyun’s office.

The North wants a peace treaty with the U.S. formally ending the 1950-53 Korean War as well as the lifting of sanctions before returning to the disarmament negotiations it abandoned last year. Campbell said no discussion about easing sanctions, a peace treaty or diplomatic relations can take place before the disarmament talks are back on track, according to Yonhap.
A military fracas off the west coast last week emphasized the precarious security situation in the region.
The North fired rounds of artillery toward its disputed western sea border with South Korea, prompting the South to fire warning shots. No injuries or damage were reported.

North Korea has designated five new « naval firing zones » — four off the west coast and one off the east coast — effective from Feb. 6-8, Yonhap reported later Thursday citing an unidentified intelligence source.

Seoul’s Joint Chiefs of Staff said it could not confirm the report. It said Wednesday that the North had issued two separate « naval firing zones » off the west coast, effective from Feb. 5-8. Two other no-sail zones, also off the west coast, remain in place through March 29.

Voir enfin:

Trois idées reçues sur la Corée du nord
Claude Fouquet

Les Echos

10/10/15

 Pays peu ouvert en dépit de l’avalanche d’images diffusées depuis quelques jours par les télévisions invitées à venir couvrir l’anniversaire du parti unique, la Corée du nord est l’objet de nombreuses idées reçues.
Pays fermé à toute influence extérieure. Régime particulièrement violent qui exécute à tour de bras. Classe dirigeante qui vit à l’occidentale … les idées toutes faîtes circulent régulièrement sur la Corée du nord qui fête ce weekend les 70 ans de sa création. S’ils ne sont pas infondés, les clichés sur ce pays singulier cachent une réalité souvent plus complexe.

1) La Corée du nord est le pays le plus fermé du monde

C’est sans doute l’une des expressions qui, avec celle de « dictature communiste », revient le plus souvent. Pourtant s’il est de fait toujours difficile de s’y rendre et d’y voyager à son aise, force est de constater la multiplication depuis plusieurs années des sites et blogs photographiques consacrés à la Corée du nord. Et ces derniers ne publient pas que des photos volées et passées sous le manteau.

Afin de paraître moins hostile à l’extérieur, Pyongyang ouvre régulièrement la porte à certains médias. Mi-septembre par exemple, la chaîne américaine CNN a été autorisée à filmer l’un des centres spatiaux du pays. Bien sûr pas question de laisser les caméras pénétrer à l’intérieur. Les officiels, sagement assis sur des chaises à l’extérieur d’un bâtiment dont l’architecture rappelle le vaisseau spatial « Enterprise » dans la série de science-fiction Startrek, y regrettent même de ne pouvoir y guider les journalistes.

Plus anecdotique mais révélateur, le traditionnel marathon de Pyongyang qui était réservé aux coureurs professionnels (nord-coréens et étrangers) jusqu’en 2013 est désormais ouvert à tous. Et, comme ce qui se passe en Corée du nord n’est pas à un paradoxe près, sur les deux principales agences qui font la promotion de cet événement, l’une est anglaise et a ses bureaux à Pékin, et l’autre est américaine et située dans l’Etat du New Jersey.

2) Les exécutions sont plus nombreuses que par le passé

Début juillet, le chiffre a commencé à circuler sur Internet. Kim Jong-un aurait, depuis la fin 2011 et son arrivée au pouvoir, exécuté environ 70 personnes. Bien plus que son père, Kim Jong Il qui n’aurait exécuté par exemple « que 10 personnes » lors de sa première année au pouvoir. Mais cette affirmation, qui ne concerne que les personnalités importantes et les dirigeants, est difficile à vérifier.

Tout d’abord, Pyongyang reconnaît rarement les condamnations et, de ce fait, les exécutions : celle de l’oncle de Kim Jong-un, le vice-président de la Commission de défense nationale, est en effet l’une des rares a avoir été officiellement reconnue. Ensuite, même les sources extérieures réputées les mieux informées reconnaissent parfois des imprécisions. Ainsi, les renseignements sud-coréens (NIS), qui affirmaient le 13 mai dernier que le ministre nord-coréen de la Défense avait été exécuté (au canon anti-aérien ou au missile selon les interprétations qui ont circulé), expliquaient le lendemain ne pas pouvoir vérifier s’il avait bien été passé par les armes.

De même, Ma Won-chun, le directeur du bureau de planification de la Commission de défense nationale, que l’on croyait avoir été purgé, est réapparu en public cette semaine. Presque 11 mois après sa dernière apparition publique.

3) Seule la classe dirigeante profite d’un certain confort économique

Pyongyang n’est pas avare en images montrant ses avancées et son développement (comme par exemple le nouvel aéroport international de Pyongyang) et le sentiment général, y compris en Corée du sud, est que les choses semblent bouger un peu, principalement dans la capitale où la population paraît pouvoir goûter aux délices d’une certaine forme de société de consommation.

En témoignent les images ramenées de la 11ème Foire commerciale de Pyongyang par un photographe de Singapour qui anime le site « DPKR 360 ». L’occasion de constater que certains prix sont libellés en dollars américains (2 dollars pour une paire de lunettes de soleil), qu’un stand d’équipement de cuisine est tenu par une co-entreprise germano-nord coréenne tandis qu’un autre propose des ordinateurs de marque sud-coréenne Asus. Et bien sûr de nombreuses marques locales.

Et plus récemment, une délégation nord-coréenne s’est rendue à Singapour pour comprendre notamment comment aider le développement de start-up.

Mais la photo publiée le 26 septembre dernier sur Twitter par l’astronaute Scott Kelly parle d’elle-même et relativise ces avancées. On y voit en effet la péninsule coréenne de nuit et vue de l’espace. Et la zone sombre de la Corée du nord où le seul point lumineux correspond à la capitale contraste avec la situation des voisins chinois et sud-coréens largement illuminés.

Un signe que la politique d’autosuffisance et d’indépendance nationale, maîtres-mots jusqu’à ces dernières années du développement du pays, ne porte sans doute pas ses fruits.

 


Héritage Obama: Avez-vous embrassé votre dictateur aujourd’hui ? (Pope Francis in Obama’s footsteps: Have you hugged your dictator today ?)

21 septembre, 2015
https://i0.wp.com/images.csmonitor.com/csm/2015/04/0412-Obama-Castro-handshake.jpghttp://www.brookings.edu/~/media/research/images/z/za%20ze/zarif_kerry_jan15_b/zarif_kerry_jan15_b_16x9.jpghttps://i0.wp.com/www.lesechos.fr/medias/2015/08/13/1144213_john-kerry-a-cuba-avec-la-levee-de-lembargo-en-tete-web-tete-021260107201.jpg
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PopeFidelCastrohttps://external-ams3-1.xx.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQDxKAhckyj36Aqu&w=487&h=365&url=https%3A%2F%2Fpbs.twimg.com%2Fmedia%2FCPIeVC4UwAA4P5r.jpgIl n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule une personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord. Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky
L’Amérique est toujours le tueur numéro 1 dans le monde. . . Nous sommes profondément impliqués dans l’importation de la drogue, l’exportation d’armes et la formation de tueurs professionnels. . . Nous avons bombardé le Cambodge, l’Irak et le Nicaragua, tuant les femmes et les enfants tout en essayant de monter l’opinion publique contre Castro et Khaddafi. . . Nous avons mis Mandela en prison et soutenu la ségrégation pendant 27 ans. Nous croyons en la suprématie blanche et l’infériorité noire et y croyons davantage qu’en Dieu. … Nous avons soutenu le sionisme sans scrupule tout en ignorant les Palestiniens et stigmatisé quiconque le dénonçait comme anti-sémite. . . Nous ne nous inquiétons en rien de la vie humaine si la fin justifie les moyens. . . Nous avons lancé le virus du SIDA. . . Nous ne pouvons maintenir notre niveau de vie qu’en nous assurant que les personnes du tiers monde vivent dans la pauvreté la plus abjecte. Rev. Jeremiah Wright ( janvier 2006)
The U.N.—General Assembly or Security Council—has no power to create states or to grant all-important formal « recognition » to state aspirants. The right to recognize statehood is a fundamental attribute of sovereignty and the United Nations is not a sovereign. Those who cite as precedent the General Assembly’s 1947 resolution providing for the partition of Palestine misread that instrument and its legal significance. Resolution 181 outlined a detailed (and rigorous) process whereby the British Mandate in Palestine was to end and two new states, one Jewish and one Arab, were to be established. It recommended that process to Great Britain (as the mandate-holder) and to other U.N. members. It did not create or recognize these states, nor were the proposed states granted automatic admission to the United Nations. Rather, once the two states were established as states, the resolution provided that « sympathetic consideration » should be given to their membership applications. In the event, the Arab countries rejected partition and Israel declared (and successfully defended) its independence. Israel’s statehood was recognized, in accordance with international law, by other states—including the United States and the Soviet Union. The Palestinian Authority, by contrast, does not meet the basic characteristics of a state necessary for such recognition. These requirements have been refined through centuries of custom and practice, and were authoritatively articulated in the 1933 Montevideo Convention on the Rights and Duties of States. As that treaty provides, to be a state an entity must have (1) a permanent population, (2) a defined territory, (3) a government, and (4) the capacity to enter into relations with other states. As of today, the PA has neither a permanent population nor defined territory (both being the subject of ongoing if currently desultory negotiations), nor does it have a government with the capacity to enter into relations with other states. This pivotal requirement involves the ability to enter and keep international accords, which in turn posits that the « government » actually controls—exclusive of other sovereigns—at least some part of its population and territory. The PA does not control any part of the West Bank to the exclusion of Israeli authority, and it exercises no control at all in the Gaza Strip. The PA does not, therefore, qualify for recognition as a state and, concomitantly, it does not qualify for U.N. membership, which is open only to states. All of this is surely understood by the PA and its backers, and is also why the administration has correctly labeled this effort as a distraction— »stunt » being a less diplomatic but even more accurate term in these circumstances. What is unfortunate is that the Obama administration has failed to present the case against a Palestinian statehood resolution in legal rather than tactical terms, even though these arguments are obvious and would greatly reinforce the U.S. position, also providing a thoroughly neutral basis for many of our allies, particularly in Europe, to oppose Mr. Abbas’s statehood bid. The stakes in this battle are high. The PA’s effort to achieve recognition by the U.N., even if legally meaningless, is not without serious consequences. To the extent that state supporters of that measure may themselves have irredentist populations or active border disputes with their neighbors—as do Russia, China, Britain and Turkey—they will certainly store up future trouble for themselves. David B. Rivkin Jr. And Lee A. Casey
Comme le notent Evelyn Gordon commentatrice, et Eugene Kontorovich spécialiste du droit constitutionnel et international, chercheur – les mêmes fonctionnaires de l’UE qui traitent de l’occupation israélienne comme criminelle  » facilitent favorablement l’activité turque dans la partie occupée de Chypre du Nord, l’activité marocaine au Sahara occidental, l’activité chinoise au Tibet occupé , et bien plus ». P. David Hornik
D’autant qu’on n’a jamais coupé les ponts avec l’Iran. La fidélité paie dans une industrie à cycle très long. Source haut placée chez Total
Le président de l’autorité Palestinienne est arrivé dimanche à Paris pour une visite de trois jours au cours de laquelle il doit rencontrer le président François Hollande, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Anne Hidalgo, la maire de Paris. Anne Hidalgo, accueillera à l’hôtel de ville, « Son Excellence Monsieur Mahmoud Président de la Palestine » en visite officielle en France. À cette occasion, la maire de Paris lui remettra la médaille Grand Vermeil, la plus haute distinction de la ville. Apres avoir été l’ange de la Paix du Pape François, Abbas devient une icone de la paix pour la mairie de Paris, le monde marche vraiment sur la tête…qu’a fait Abbas pour la paix ? Telavivre
I would like Pope Francis’ agenda to include a meeting with people who were persecuted for their beliefs, imprisoned, beaten and tortured for their thinking. I wish Pope Francis would embrace women who are beaten every Sunday leaving the church [the so-called « Ladies in White », mothers, sisters, wives who protest every Sunday for the release of their husbands or relatives]. I would love to see the Pope embraces the victims, even before going to greet their torturer. Cuban exile
Nothing says « mercy » and « joy » like a seven-story high neon picture of a communist mass-murderer. Yes folks, it’s the Pope Francis in Cuba show! Brought to you by the Obama administration and Pope no-one-was-ever-merciful-in-the-Catholic-Church-until-I-came-along Francis.
In reality one can say that the young Syrian men are lured to Sweden by the oldest trick in the book – money and girls. Pictures of blonde beauties are published, and that Swedish women require real men … Dala-Demokraten
The Syrian citizens are mainly Muslim and speak Arabic. The refugees have their own culture. Because our school is directly next to where they are staying, modest clothing should be worn in order to avoid disagreements. Revealing tops or blouses, short shorts or miniskirts could lead to misunderstandings. Lettre au parents du lycée allemand Wilhelm-Diess-Gymnasium
When Muslim teenage boys go to open air swimming pools, they are overwhelmed when they see girls in bikinis. These boys, who come from a culture where for women it is frowned upon to show naked skin, will follow girls and bother them without their realizing it. Naturally, this generates fear. German local politician
According to an editorial comment in the newspaper Westfalen-Blatt, police are refusing to go public about crimes involving refugees and migrants because they do not want to give legitimacy to critics of mass migration … Soeren Kern

Avez-vous embrassé votre dictateur aujourd’hui ?

Après la poignée de mains historique du président et du secrétaire d’Etat américains …

Et au lendemain d’une autre visite historique d’un autre des plus notoires dictateurs de la planète …

Par un pape qui n’avait tout récemment pas de mots assez doux pour se féliciter, avec nos hommes d’affaires qui voient leur fidélité enfin récompensée et sur fond de boycott de la seule vraie démocratie du Moyen-Orient, d’un autre accord historique du Monde dit libre …

Légitimant le retour de centaines de milliards d’avoirs gelés et l’accès au nucléaire d’un régime qui non content de semer le fer et le sang sur l’ensemble du Moyen-Orient appelle depuis des décennies à l’annihilation d’un de ses voisins …

Et à la veille d’une autre visite, à Paris cette fois-ci, du dirigeant, élu pour quatre ans en 2005, d’un état-fantôme et d’un mouvement qui lui aussi appelle à l’annihilation d’un de ses voisins …

Alors que, suite à l’abandon de l’Irak puis de la Syrie et de la Libye par le prétendu chef du Monde libre et au coup de folie d’une chancelière allemande jusqu’ici exemplaire,  l’Europe entière est à présent balayée, aux cris d’Allah Akbar et à coups de pierres, par une véritable horde de centaines de milliers de migrants illégaux …

Pendant qu’en Amérique même et  sous prétexte que sa religion appelle ouvertement au massacre des mécréants comme on l’a vu un certain 11 septembre et quasi-quotidiennement au Moyen-orient ou ailleurs, un petit Ahmed est à son tour victime d’autorités scolaires et d’une police sur-protectrices pour avoir pporté en classe un engin qui faisait tic t,ac comme une bombe …

Comment ne pas voir avec ce rapport de l’Institut Galestone …

Sur le silence-radio, pour ne pas légitimer les critiques des migrations de masse, de la police et des autorités allemandes …

A propos de la véritable épidémie de violence et notamment de viols qui sévit actuellement dans le pays non seulement das les camps de réfugiés mais à leurs abords …

Une énième illustration de ces « idées chrétiennes devenues folles » dont le monde moderne est désormais rempli …

Prophétisées il y a un siècle par l’auteur britannique G.K. Chesterton ?


Vandalisme: Il est inadmissible que l’art subisse l’obscurantisme de quelques-uns (How about a giant penis on Washington’s Mall shooting semen right across the Lincoln Memorial ?)

16 septembre, 2015
Anish-Kapoor-“Dirty-Corner”

Indian-born British artist Anish Kapoor's "Shooting into the Corner" creation is seen in the Jeu de Paume at the Chateau de Versailles, in Versailles, France, June 5, 2015. The "Kapoor Versailles" exhibition of the artist's work runs from June 9 to November 1. REUTERS/Charles Platiau

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Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La société du spectacle, [selon] Roger Caillois qui analyse la dimension ludique dans la culture (…), c’est la dimension inoffensive de la cérémonie primitive. Autrement dit lorsqu’on est privé du mythe, les paroles sacrées qui donnent aux œuvres pouvoir sur la réalité, le rite se réduit à un ensemble réglés d’actes désormais inefficaces qui aboutissent finalement à un pur jeu, loedos. Il donne un exemple qui est extraordinaire, il dit qu’au fond les gens qui jouent au football aujourd’hui, qui lancent un ballon en l’air ne font que répéter sur un mode ludique, jocus, ou loedos, société du spectacle, les grands mythes anciens de la naissance du soleil dans les sociétés où le sacré avait encore une valeur. (…) Nous vivons sur l’idée de Malraux – l’art, c’est ce qui reste quand la religion a disparu. Jean Clair
Pourquoi l’avant-garde a-t-elle été fascinée par le meurtre et a fait des criminels ses héros , de Sade aux sœurs Papin, et de l’horreur ses délices, du supplice des Cent morceaux en Chine à l’apologie du crime rituel chez Bataille, alors que dans l’Ancien Monde, ces choses là étaient tenues en horreur? (…) Il en résulte que la fascination des surréalistes ne s’est jamais éteinte dans le petit milieu de l’ intelligentsia parisienne de mai 1968 au maoïsme des années 1970. De l’admiration de Michel Foucault pour ‘l’ermite de Neauphle-le-Château’ et pour la ‘révolution’ iranienne à… Jean Baudrillard et à son trouble devant les talibans, trois générations d’intellectuels ont été élevées au lait surréaliste. De là notre silence et notre embarras. Jean Clair
Tout est parti d’une plaisanterie : à l’origine, je trouvais que le plug anal avait une forme similaire aux sculptures de Brancusi. Après, je me suis rendu compte que cela ressemblait à un arbre de Noël. Mais c’est une œuvre abstraite. Les gens peuvent être offensés s’ils veulent se référer au plug, mais pour moi, c’est plus proche d’une abstraction. Paul McCarthy 
Bien sûr que cette œuvre est polémique, qu’elle joue sur l’ambiguïté entre un arbre de Noël et un plug : ce n’est ni une surprise, ni un secret. Mais il n’y a aucune offense au public, et suffisamment d’ambiguïté pour ne pas choquer les enfants. Cette œuvre a d’ailleurs reçu toutes les autorisations nécessaires : de la Préfecture de police, de la mairie de Paris, et du ministère de la Culture, en lien avec le Comité Vendôme qui regroupe les commerçants de la place. A quoi sert l’art si ce n’est de troubler, de poser des questions, de révéler des failles de la société ?  Jennifer Flay (directrice artistique de la Fiac)
La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son oeuvre, quel que soit le regard que l’on pouvait porter sur elle. Nous devons toujours respecter le travail des artistes. François Hollande
Mais il y a peut-être pire que la bonne conscience suintante: l’exploitation à mauvais escient de la mauvaise conscience. (…) Et si une fois de plus, ceux qui donnent aujourd’hui, profitant de l’effet de sidération qui interdit la réflexion, une leçon de morale humaine n’étaient pas les premiers responsables en Europe du malheur des migrants et de l’impossibilité de leur apporter toute l’aide souhaitée? Les braves gens, qui pleurent sans pudeur sur le sort des Syriens. Pendant des décennies, la presse convenue n’estimait pas convenable de critiquer, sauf à être raciste ou islamophobe, la radicalité arabo – islamique. Ni celle du nationalisme alaouite des Assad qui gazaient déjà sans problèmes les malheureux kurdes et qui bombardent à présent les quartiers rebelles à coups de barils de dynamite, ni celle plus récente d’un islamisme dont l’usage du mot même était jusqu’à peu tabou pour cause de préfixe amalgamant. Depuis le début d’une guerre qui a fait près de 300 000 morts, aucune manifestation d’ampleur n’a été organisée en France en solidarité avec les populations qui souffrent en Syrie. Le sort du peuple kurde, encore moins son destin national, n’a jamais intéressé qui que ce soit en France. Comment se fait-il qu’alors que des milliers de djihadistes français partent en Syrie, aucun jeune et généreux rebelle progressiste , aucun aventurier du macadam parisien, aucun juste de la 25e heure, n’ait seulement l’idée de former une brigade internationale qui irait combattre les premiers responsables de la mort du petit kurde, aux côtés des forces kurdes à Kobané ou ailleurs? La réponse est facile: nos donneurs de leçons de morale se moquent comme d’une guigne du sort des Syriens en Syrie. La seule chose qui les intéresse, sans qu’ils s’en rendent compte eux-mêmes, c’est de pouvoir fustiger les Européens en Europe et les Français en France qui osent, les égoïstes, les rabougris, s’inquiéter que leur pays ne devienne dans une décennie une nouvelle Syrie. (…) Se préoccuper de son pays, de sa sécurité, de sa cohésion, de son identité (et oui, le mot-dit, le mot est dit) du sort de ses enfants, et de la possibilité d’accueil et d’intégration des populations étrangères n’est pas un signe particulier d’indifférence. Il vaut peut-être mieux que les élans du coeur irréfléchis, ou le suivisme conformiste sur fond de parallèle historique hystérique. Car les Français ont payé très cher pour apprendre et ne plus croire le discours des apprentis sorciers. Les déclarations extatiques sur l’immigration «chance pour la France» ou sur l’islam, forcément , toujours et encore «religion de paix». La manière dont on moqua les «fantasmes» de bouleversements démographiques pour expliquer un beau matin qu’il était trop tard pour regarder en arrière la France des clochers, puisque la France était devenue «multiculturelle». Alors oui, les Français ne croient plus dans les paroles verbales de la gauche gauchisante. Ils savent qu’à côté de populations terriblement souffrantes-et à qui ils veulent apporter assistance-se trouvent d’autres populations qui aspirent à profiter d’une Europe aujourd’hui saturée et appauvrie. Ils savent que tous les réfugiés ne sont pas des résistants anti-islamistes, et que certains même sont des djihadistes envoyés par l’État Islamique, comme ces quatre arrêtés il y a quelques jours à la frontière bulgare, et qui pourront peut-être aussi causer des morts à immortaliser sur papier glacé. Ils savent-exactement comme les forceurs de clôtures- l’Europe faible, et ses frontières totalement battues en brèche, enfoncées, niées . Ils savent qu’en dépit ou à cause des quotas accordés (qui en eux-mêmes seraient supportables), les déboutés du droit d’asile, piétineront les frontières délibérément violées et outragées. Ils savent, que les politiciens tétanisés et les fonctionnaires émasculés, n’exécutent plus ou presque les arrêtés d’expulsion qui s’imposent pourtant, précisément pour autoriser, valider et légitimer l’arrivée légale des bénéficiaires du droit au refuge. Ainsi donc, les premiers responsables de l’impossibilité d’accueillir tous ceux qui le mériteraient sont à rechercher chez ceux qui ont fait échouer une immigration bien tempérée et une intégration nécessaire. Ils l’ont fait échouer, parce qu’au fond d’eux-mêmes, même s’ils se refusent encore à le reconnaître, ils récusent la notion éculée à leurs yeux de nation, et obscène d’État-nation disposant de frontières, et de sa corollaire légale, le droit existentiel pour un peuple souverain de réguler souverainement les flux migratoires. (…) Un dernier mot: l’ONU, à l’efficacité bien connue , voudrait imposer à l’Europe l’accueil de 200 000 migrants. Curieusement, elle ne demande aucun effort aux pays arabes du golfe. Depuis deux ans, et notamment dans ces colonnes, je m’épuise régulièrement, mais bien seul, a demander pour quelles raisons ces pays désertiques et richissimes n’accueillent pas chez eux des populations souffrantes avec lesquels les unissent des liens ethniques, linguistiques, religieux et culturels fraternels. Ils devraient être à d’autant plus enclins à le faire, que leur responsabilité dans la montée de l’islamisme est certainement plus grande que tout ce que les esprits les plus torturés en Europe pourraient reprocher aux occidentaux. Gilles-William Goldnadel
Les romans et le cinéma ont déjà tendance à «coller à l’actu» d’une façon qui rend leur propos poisseux de ces sentiments qu’on appelle vendeurs, mais le clip composé par le chanteur Lalanne sous le titre ultra-original «plus jamais ça» (on se demande pourquoi il n’a pas ajouté «Madame Michu») mérite d’être considéré comme le symptôme d’une décadence artistique liée à la tyrannie de l’information. (…) C’est du «sampling» affectif. L’auteur «mixe». Il s’agit de prolonger une émotion déjà éprouvée au lieu de la fabriquer de toutes pièces en utilisant les plus petites briques du grand Lego de la création.Normalement la mission de l’artiste est justement de bâtir un palais inconnu à partir de presque rien, pas d’assembler la maison de Barbie, pas de commenter ce qu’a dit le journal, pas de colorier un album imprimé. Dans le cas qui nous occupe, l’auteur de la chanson plante son drapeau sur une construction déjà prête, fournie par les médias trois jours avant, et dont on a lieu de penser qu’elle a rendu le public réceptif au thème choisi. En termes de marketing on dit que c’est «chaud», ou «chaud-bouillant». Profiter de la noyade d’un enfant syrien, et de l’émotion qu’elle suscite, pour ajouter son filet de voix à la clameur générale, c’est à la fois facile et navrant. Il y a, dans cette hâte, dans cette tentation permanente du scoop émotionnel , quelque chose d’obscène au sens propre . C’est impudique, les intentions cachées dépassent de partout, on voit toutes les coutures, on imagine le producteur téléphonant «c’est bon ça, c’est porteur, mais il faut faire vite, tu vas te faire piquer le sujet». On a beau ménager la part de sincérité de l’artiste, sincérité reconnue même si elle est assez lourdaude, on se dit que le système quant à lui n’en a aucune et qu’il fait feu de tout bois. En tout cas la vigueur des commentaires que suscite ce détournement émotionnel témoigne que les gens n’ont plus aucune patience à l’égard des apitoiements sur ordonnance. Christian Combaz
Les élus socialistes du conseil municipal de Versailles sont profondément indignés par les dégradations commises sur l’œuvre d’Anish Kapoor. Il est inadmissible que l’art, vecteur d’émancipation, subisse l’obscurantisme de quelques-uns. La liberté d’expression est une valeur fondamentale de notre République et toute atteinte qui lui est portée doit être condamnée avec la plus grande fermeté. Isabelle Saint-Jean
Mes racines sont multiples. Je suis Irakien et juif par ma mère, hindou par mon père, Britannique par ma culture, ma vie, ma pratique. Et soudain, on me ramène à une catégorie; Je suis convaincu qu’il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l’antisémitisme que l’on voudrait aussitôt oublier. Désormais, ces mots infamants font partie de mon oeuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels (…) « Dirty Corner » restera donc ainsi, de notre décision commune, et se montrera ainsi aux visiteurs et aux touristes de Versailles. Voilà ce qui conduit à l’exclusion de nos frères et soeurs syriens. Honte sur la France du seul fait d’une minorité pleine de haine!  Anish Kapoor
Les œuvres d’art sont parfois des catalyseurs pour de plus grands malaises de la société. Mon Dirty Corner de Versailles a subi ce destin. Il a été rabaissé dans la presse en «Vagin de la Reine» ou «Vagin sur le Gazon» et a, semble-il, offensé une frange de l’extrême droite française. En art, ce que vous voyez n’est pas ce que pensez voir. La ressemblance exacte de l’objet d’art nous trompe; Ceci n’est pas une pipe de René Magritte nous rappelle qu’une bonne œuvre d’art a quantité d’interprétations et pas une seule. La voix malveillante de quelques-uns a trop dominé le débat et même attiré dans leur camp des gens de bonne volonté. Cela a résulté en un acte de vandalisme. J’hérite d’un débat personnel: comment dois-je réagir? Doit-on retirer la peinture qui a été jetée sur l’ensemble de l’œuvre? Ou doit-elle rester et devenir une part de l’œuvre? Est-ce que cette violence politique qui s’exprime à travers le vandalisme rend plus sale mon Dirty Corner (Coin sale, en anglais)? Est-ce que ce sale acte politique reflète les sales politiques d’exclusion, de marginalisation, d’élitisme, de racisme, d’islamophobie, etc … La question que je me pose est la suivante: Est-ce que moi, artiste, je peux transformer un vil acte de vandalisme politique en acte créatif, esthétique et public? Ne serait-ce pas la meilleure vengeance? En posant cette question, je suis conscient du pouvoir de l’art et de toutes les capacités qu’il offre. Dirty Corner est par certains aspects un acte de violence artistique. Il tente de mettre à nu la surface ordonnée du Versailles de Le Nôtre. Il engage un dialogue qui bouscule la géométrie rigide de Versailles. Il regarde sous le tapis de Le Nôtre, sous son Tapis Vert, et nous permet de voir ce qui y est d’inconfortable, de sexuel. La violence politique n’est pas la même que la violence artistique. Ce vandalisme politique se sert d’un «matériel artistique» (la peinture) pour en faire une violence bien réelle. Cela aurait pu être une bombe ou une cagoule jetée sur la tête de quelqu’on kidnappe. La violence artistique entend générer quelque chose , la violence politique détruit. la violence artistique peut heurter de ses cris la tradition des générations antérieures. Cela peut retourner violemment ce qui existait au préalable , mais en ce faisant, suit une longue tradition de régénération. Toujours, elle fait avancer le langage de l’art. La violence politique cherche à effacer. Son argument est d’effacer une idée offensante, une personne offensante, une pratique offensante ou une chose offensante. Les visions politiques simplistes sont offensées par le désordre de l’art. Dans ce contexte, l’art est vu comme obscène et doit être détruit. Anish Kapoor
 It is as if an unmade bed by Tracey Emin had been installed in this anniversary year at Runnymede with an angled phallus pointing in the presumed direction of Magna Carta’s mediating Archbishop, the thoughtful Stephen Langton, and ejaculating shaving foam every twenty minutes to symbolise pressure from each of the obstreperous barons. (…) I do not accept Kapoor’s argument that Le Nôtre’s master design was itself intrusive on the landscape and so he, Kapoor, is forcing us to recognise Le Nôtre’s art by being monumentally intrusive into Le Nôtre’s own creation. Unlike Le Nôtre, Kapoor is working within a master-design, flanked by classicising white statues of Artemis and the personified figure of Revelry. That design was brilliantly conceived as a unity by Le Nôtre. “VQ” is an execrable intruder, not a forcible wake-up call. Robin Lane Fox
Cette fois, l’Art dit contemporain, l’AC, celui qui est officiel et financier, est pris à son propre piège. Car l’artiste affirme refuser qu’on enlève ces graffitis qui font désormais partie de l’œuvre. Le ministère entend respecter la liberté de création de l’artiste. Voilà donc un artiste qui crée par vandalisme interposé, ce qui est courant dans l‘AC où tout peut devenir art, du moment qu’un artiste le proclame et qu’une autorité ratifie. Nombre de ses confrères, habiles au jeu de la provocation institutionnalisée, ont pris l’habitude de considérer que l’œuvre du vandale complète la leur. Kapoor, star de l’AC, est ici logique: ayant déclaré vouloir semer le chaos à Versailles, il a récolté deux tempêtes peinturlurées. Une agression bien gérée rapporte des dividendes: un acte de vandalisme brandi comme un trophée attire les médias, donc donne de la notoriété qui renforce la cote… Christine Sourgins

Attention: un vandalisme peut en cacher un autre !

A l’heure où, en une Europe submergée par une véritable invasion de migrants irréguliers criant Allah akbar …

Ou en un Etat dont on propose de financer l’annihilation, au nom du même Allah,  par l’un de ses voisins …

Il est désormais considéré raciste et malséant, pour le cobayes forcés que nous sommes, de s’inquiéter des conséquences de plus en plus désastreuses des expériences de sociologie à ciel ouvert de nos apprentis-sorciers de dirigeants …

Comment ne pas voir avec la sociologue Christine Sourgins et la critique d’art du Financial Times Robin Lane Fox …

Le véritable vandalisme d’un art contemporain …

Qui jouant les victimes et la carte de la provocation institutionnalisée pour faire accessoirement monter sa cote …

« Réveille non seulement les vieux démons pour le plaisir de les exhiber » …

Mais profane en fait, à travers le saccage certes temporaire des oeuvres d’un le Nôtre ou d’un Jules Hardouin-Mansart face à la salle du Serment du jeu de paume ou au Ministère de la Justice

(Imagine-t-on la réaction de nos amis anglais ou américains si un pénis géant venait à cracher son sperme sur Buckingham palace ou le Lincoln Memorial ? )

Le passé et les valeurs partagées de tout un peuple  ?

Kapoor à Versailles : le jackpot du scandale
Christine Sourgins
Le Figaro

11/09/2015

Christine Sourgins estime que les inscriptions qui ont défiguré l’installation d’Anish Kapoor à Versailles permettent de faire grimper la cote d’un artiste à qui le scandale bénéficie.
Christine Sourgins est historienne de l’art et médiéviste.

A nouveau la sculpture monumentale d’Anish Kapoor à Versailles «Dirty corner» a été vandalisée. Dans la nuit du 5 septembre, des inscriptions «à caractère antisémite» ont maculé cette trompe d’acier, s’en prenant aussi aux «tradis», tandis que les capitales de «Sacrifice Sanglant» exhibent le sigle SS de sinistre mémoire… Mais cette fois, l’Art dit contemporain, l’AC, celui qui est officiel et financier, est pris à son propre piège.

Car l’artiste affirme refuser qu’on enlève ces graffitis qui font désormais partie de l’œuvre. Le ministère entend respecter la liberté de création de l’artiste. Voilà donc un artiste qui crée par vandalisme interposé, ce qui est courant dans l‘AC où tout peut devenir art, du moment qu’un artiste le proclame et qu’une autorité ratifie. Nombre de ses confrères, habiles au jeu de la provocation institutionnalisée, ont pris l’habitude de considérer que l’œuvre du vandale complète la leur. Kapoor, star de l’AC, est ici logique: ayant déclaré vouloir semer le chaos à Versailles, il a récolté deux tempêtes peinturlurées. Une agression bien gérée rapporte des dividendes: un acte de vandalisme brandi comme un trophée attire les médias, donc donne de la notoriété qui renforce la cote…

Tout cela ne se déroule pas dans le parc d’un milliardaire capricieux et cynique: dans un espace privé on pourrait, à la rigueur, tolérer des entorses à la loi commune (et encore, la jurisprudence ne l’entend pas ainsi). Mais à Versailles, nous sommes dans un monument national, géré par des fonctionnaires au nom du peuple français, lui-même régi par des lois. Dont la loi Gayssot qui réprime fortement toute incitation à la haine raciale ou antisémite: il est donc inimaginable qu’un Etat de droit laisse à la vue de tous des inscriptions qu’il déclare infamantes. Et ce ne sont pas les «panneaux explicatifs», promis par le ministère, qui transmuteront, par la magie du nominalisme, l’offense en pédagogie.

Par conséquent, si on reconnait à l’artiste le droit de continuer à compléter son œuvre en y incorporant des propos punis par la loi, «Dirty corner» doit être immédiatement démontée car elle offense et les citoyens et la loi: elle doit quitter Versailles. Ou bien une palissade pourrait dissimuler le délit, et donc cacher l’œuvre de Kapoor qui s’en fait le support. On voit dans quelle pétaudière juridique se sont mis les organisateurs de ce supposé dialogue entre un certain art contemporain, l’AC, et le patrimoine.

Mais allons plus loin. Quand on nous dit que des actes de vandalismes prouvent qu’une œuvre est réussie car elle fait réagir et donne à penser. «Dirty corner» démontre le contraire: elle réveille les vieux démons pour le plaisir de les exhiber. L’AC sécrète des réactions idiotes, viscérales, chez certains détracteurs mais tout autant chez certains partisans: cet art contemporain-là hystérise la vie sociale. On peine à rapporter qu’un des admirateurs de Kapoor ait osé comparer des injures verbales avec le saccage de Palmyre! Rappelons que Kapoor a encore la tête sur les épaules, tandis que le malheureux archéologue qui défendait le patrimoine antique contre Daech l’a payé de sa vie. Ce genre de comparaison outrancière montre que l’AC est un incitateur à l’exaltation extrémiste. L’artiste lui-même, en déclarant «honte sur la France», sombre dans ce qu’il est convenu d’appeler l’amalgame, jugeant des millions de personnes d’après l’acte d’un seul ou d’une poignée. L’AC nous emporte vers un gouffre de bêtise, grondant comme le vortex que l’artiste a installé dans les jardins du Roi.

Finalement, une profanation fonctionne comme un bon plan média, Kapoor, vandalisé le 5 septembre, démarre une nouvelle exposition le 10 au couvent de la Tourette dans la cadre de la Biennale d’art contemporain de Lyon. Lors de la Fiac 2014, le Plug de McCarthy avait été vandalisé place Vendôme et le brouhaha médiatique avait judicieusement lancé son exposition à la Monnaie…où McCarthy avait, lui aussi, transformé l’attaque en oeuvre.

Invectives et indignations sur-jouées serviraient-elles à cacher les vraies questions? Après le premier acte de vandalisme, l’Etat avait renforcé la surveillance. Il est bizarre qu’un vandale ait pu écrire autant d’inscriptions, car il y en a beaucoup, sans être inquiété dans un pays qui est en alerte rouge avec le plan vigipirate. Cela pose un sérieux problème de sécurité.

Autre question gênante, qu’un artiste désormais martyr de l’AC s’empressera de trouver indécente: celle des conditions de réalisation de l’exposition versaillaise qui semble avoir été ouverte sans autorisation. Kapoor a imposé d’amples travaux de terrassements: une plainte pour dégradation de monument historique a été déposée, une enquête préliminaire est en cours…Vraiment ce second acte de vandalisme tombe à pic. Comment demander des comptes à un malheureux artiste «agressé»? Il serait temps aussi que toutes ces expositions d’AC, dans lesquelles l’argent du contribuable est engagé puisqu’on touche à un monument national, soient accomplies en toute transparence financière…historiens de l’art et sociologues le réclament en vain depuis des années.

Voir aussi:

Le Nôtre’s masterpiece vs Anish Kapoor’s ‘Dirty Corner’
Robin Lane Fox

The Financial Times
July 10, 2015

The artist’s Versailles exhibition caps a bad year for the greatest of landscape gardeners

Ihereby found a Society for the Protection of André Le Nôtre. It has been an awful year for the greatest of landscape designers. He has just been slandered in film. An item crucial to one of his masterpieces is at risk of disfigurement by a car-park. Another has been inaccurately restored in “honour” of the tri-centenary of his death. His most famous vista is being wrecked by misplaced contemporary art. Le Nôtre’s great gardens include many V-words, words such as Versailles or Vaux le Vicomte. Not until this summer’s cultural patronage have they been disfigured by another, an intruder which politely, for reasons explained below, I will abbreviate as VQ.

First, the ordeal by film. In English cinemas it was entitled A Little Chaos, but in French, tellingly, Les Jardins du Roi. Maybe you would smile if you too were represented at the age of 40 when you were actually over 65 and then shown as seducing Kate Winslet at the height of her acting powers. You would, however, sue if you were at the summit of your talent, recently returned from Italy, about to design two brilliant royal bosquets at Versailles but were presented to millions of film-goers as if you needed the inspiration of a pushy young lady designer whose only achievement, a little back garden, intrigued you by resembling a yard in Los Angeles three hundred years after your death.

Patricia Dechin is the celebrated expert on Le Nôtre’s life. She confirms to me that female gardeners did indeed have important official roles in parts of Versailles’s garden, but Le Nôtre would never have delegated to them the right to design for the King. “A missed opportunity,” she magnanimously concludes, while observing that bits of the film were shot at Blenheim Park but not in its formal parterre garden. “Dommage,” she remarks, as the parterre at Blenheim was modelled on designs at Versailles.

At Sceaux, near Paris, the “anniversary restoration” of a Le Nôtre design in 2013 has been much publicised, but it is based on its architect’s reworking of an 18th-century melange and is not the master’s design at all. At Chantilly, the commune has just floated a plan of consummate philistinism, a parking-lot in the remains of Le Nôtre’s original reservoir, an integral part of the original water systems that enabled his beautiful landscape. Above all, consider, but this year, avoid, Versailles.

©Fabrice Seixas‘C-Curve’ (2007), by Anish Kapoor
I fear artworks by Sir Anish Kapoor will be in situ here until November. On the way up to the château, the former Tennis Court, the Jeu de Paume, is one of the holy spaces in all political experience. There, on June 20, 1789, more than six hundred French deputies of the “Third Estate” swore their oath that as a new National Assembly they would continue to reassemble “until the constitution of the Kingdom is established”. Like Magna Carta, this oath was a check on royal power. Like that Charter, its fame increased far beyond the participants’ aims. Push open the Tennis Court door in homage this year, however, and you will find a sort of gun which Kapoor has himself called “phallic”. It is shooting red wax across the floor to symbolise human blood and entrails. It is as if an unmade bed by Tracey Emin had been installed in this anniversary year at Runnymede with an angled phallus pointing in the presumed direction of Magna Carta’s mediating Archbishop, the thoughtful Stephen Langton, and ejaculating shaving foam every twenty minutes to symbolise pressure from each of the obstreperous barons.

The Tennis Court is not the garden. However, on the garden’s main terrace, blocking the view of the greatest royal façade in the world, Kapoor has installed “C-Curve”, a semicircular strip of shining mirror, one side of which makes spectators look as if they are upside down, the other as if they are taller. In my youth, we paid 6d to look into “fat” and “thin” mirrors, never on the terrace of Windsor Castle but at the merry old English circus. Seen from the garden, Kapoor’s gleaming “C-Curve” looks as if GCHQ has installed a dish to monitor rumours that the King’s former mistress, Mme de Pompadour, has been tweeting an Ottoman Turk.

©Fabrice Seixas/Kapoor Studio‘Descension’ (2014), by Anish Kapoor
On Versailles’s main axial view Kapoor is concerned not to detract but to jolt us by ugliness and incongruity so that we think and see differently. Until November 1, his now-infamous installation, “Dirty Corner” will be ruining the line and perspective of this sublime landscape. In an interview, Kapoor is reported as referring to this artwork as “vagina of the Queen”, or “VQ”. Perhaps queens’ v-words were differently shaped before the shock of 1792, but this monstrous metal trumpet is backed by a rusty-coloured drainpipe and flanked by huge heaps of earth and rocks and red plastic blocks to signify yet more entrails. Its fluted entry-point looks like the gramophone-trumpet by which that white dog used to sit in the adverts for old HMV. I doubt if un fox-terrier blanc ever sat by the French queen’s V with an ear cocked, even on a chilly night beneath the blankets while the King was busied elsewhere in Versailles. I do not accept Kapoor’s argument that Le Nôtre’s master design was itself intrusive on the landscape and so he, Kapoor, is forcing us to recognise Le Nôtre’s art by being monumentally intrusive into Le Nôtre’s own creation. Unlike Le Nôtre, Kapoor is working within a master-design, flanked by classicising white statues of Artemis and the personified figure of Revelry. That design was brilliantly conceived as a unity by Le Nôtre. “VQ” is an execrable intruder, not a forcible wake-up call.

Two days after my visit vandals threw paint all over the trumpet. I swear, with a Tennis-court oath, that I did not do it. Vandalism is not the right response to the rape of a defenceless genius. Beyond Kapoor’s dirty tunnel stretches Le Nôtre’s superb pond with a fountain of Apollo in his chariot. In the distance shines his formal sheet of water, but as never before this holy place is thunderously noisy. The rumpus is all Kapoor’s, with his “Descension”, an insolently placed pool of water, swirled around by power as if it is gurgling down a bath plug. The worst of the noise comes from the nearby generator that has to power it. Join my new society and you can ballot for the chance after November 1 to feed bits of the Queen’s V down the bath plug and block it into silence. Meanwhile, give Versailles a miss until 2016.

Read Jackie Wullschlager’s review of Anish Kapoor at Versailles at ft.com/kapoor

Voir également:

Anish Kapoor vandalisé à Versailles: sa «profession de foi»
Valérie Duponchelle
Le Figaro
19/06/2015
INFO LE FIGARO – Alors que l’artiste anglo-indien est venu aujourd’hui de Londres à Versailles pour constater les dégâts causés par les vandales sur son oeuvre Dirty Corner, il fait part au Figaro de son «Statement», une lettre ouverte et une réflexion sur l’art, ses polémiques et leur symbolique.

Anish Kapoor était aujourd’hui à Versailles, comme Le Figaro l’a annoncé hier en exclusivité sur son site. L’artiste anglo-indien dont l’oeuvre polémique Dirty Corner a été vandalisée, vraisemblablement très tôt mercredi matin, est venu constater lui-même les dégâts.

D’après les premières photos prises sur le vif, ces dégâts semblent importants et induisent une quantité non négligeable de peinture jaune qui a maculé une sculpture pourtant gigantesque. Comment est-elle entrée dans le Domaine royal? Sous quelle forme? Par quelles mains et par combien de personnes? L’enquête qui découlera de la plainte déposée par Catherine Pégard, présidente de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, devra établir ces faits.

L’artiste, qui nous avait répondu dès mercredi soir, dans un entretien spontané, mesuré quoique sous le choc de la nouvelle, a décidé d’écrire plus au calme ce que lui inspire ce fait français devenu un fait divers qui interroge le monde de l’art et fait le tour des capitales, du New York Times à The Guardian. Voici donc, en avant-première, ce «Statement» d’un artiste britannique passionné de politique, une expression sacro-sainte chère à l’art contemporain et à ses codes. Une profession de foi, en somme . La voici, in extenso:

«Les œuvres d’art sont parfois des catalyseurs pour de plus grands malaises de la société. Mon Dirty Corner de Versailles a subi ce destin. Il a été rabaissé dans la presse en «Vagin de la Reine» ou «Vagin sur le Gazon» et a, semble-il, offensé une frange de l’extrême droite française.

En art, ce que vous voyez n’est pas ce que pensez voir («What you see is not What you get», littéralement en anglais, NDLR). La ressemblance exacte de l’objet d’art nous trompe; Ceci n’est pas une pipe de René Magritte nous rappelle qu’une bonne œuvre d’art a quantité d’interprétations et pas une seule.

«Est-ce que moi, artiste, je peux transformer un vil acte de vandalisme politique en acte créatif, esthétique et public ? Ne serait-ce pas la meilleure vengeance ?»

Anish Kapoor
La voix malveillante de quelques-uns a trop dominé le débat et même attiré dans leur camp des gens de bonne volonté. Cela a résulté en un acte de vandalisme. J’hérite d’un débat personnel: comment dois-je réagir? Doit-on retirer la peinture qui a été jetée sur l’ensemble de l’œuvre? Ou doit-elle rester et devenir une part de l’œuvre? Est-ce que cette violence politique qui s’exprime à travers le vandalisme rend plus sale mon Dirty Corner (Coin sale, en anglais)? Est-ce que ce sale acte politique reflète les sales politiques d’exclusion, de marginalisation, d’élitisme, de racisme, d’islamophobie, etc …

La question que je me pose est la suivante: Est-ce que moi, artiste, je peux transformer un vil acte de vandalisme politique en acte créatif, esthétique et public? Ne serait-ce pas la meilleure vengeance?

En posant cette question, je suis conscient du pouvoir de l’art et de toutes les capacités qu’il offre. Dirty Corner est par certains aspects un acte de violence artistique. Il tente de mettre à nu la surface ordonnée du Versailles de Le Nôtre. Il engage un dialogue qui bouscule la géométrie rigide de Versailles. Il regarde sous le tapis de Le Nôtre, sous son Tapis Vert, et nous permet de voir ce qui y est d’inconfortable, de sexuel.

La violence politique n’est pas la même que la violence artistique. Ce vandalisme politique se sert d’un «matériel artistique» (la peinture) pour en faire une violence bien réelle. Cela aurait pu être une bombe ou une cagoule jetée sur la tête de quelqu’on kidnappe.

La violence artistique entend générer quelque chose , la violence politique détruit. la violence artistique peut heurter de ses cris la tradition des générations antérieures. Cela peut retourner violemment ce qui existait au préalable , mais en ce faisant, suit une longue tradition de régénération. Toujours, elle fait avancer le langage de l’art.

La violence politique cherche à effacer. Son argument est d’effacer une idée offensante, une personne offensante, une pratique offensante ou une chose offensante. Les visions politiques simplistes sont offensées par le désordre de l’art. Dans ce contexte, l’art est vu comme obscène et doit être détruit».

Anish Kapoor, 19 juin 2015

Voir encore:

Versailles : cinq choses à savoir sur Anish Kapoor
Valérie Duponchelle
Le Figaro

08/06/2015

Portrait en cinq indices de l’artiste star dont l’œuvre Dirty Corner a déclenché le scandale à Versailles en osant mettre au jour le souterrain de l’inconscient au cœur du domaine royal.
De notre envoyée spéciale à Londres

1. Un melting pot à lui tout seul

Anish Kapoor est né à Bombay (aujourd’hui Mumbaï) en 1954 d’un père hindou et d’une mère juive dont la famille a quitté Bagdad, en Irak, lorsqu’elle n’avait que quelques mois. Son grand-père maternel, cantor de la synagogue à Pune (Maharashtra), chantait la liturgie. Le jeune Anish a voyagé en Israël au début des années 1970 avec l’un de ses deux frères et fait l’expérience du kibboutz.

Après avoir commencé des études d’ingénieur, il s’est réorienté vers une vie d’artiste. Il a été recalé aux Beaux-Arts en Israël, d’où son départ pour Londres en 1973 où il a suivi les cours du Hornsey College of Art et de la Chelsea School of Art and Design. Sa rencontre avec l’artiste d’origine roumaine, Paul Neagu, a été déterminante. Il vit à Londres depuis lors et, parfait gentleman, parle d’une belle voix profonde avec un accent «upper class». En 2013, il a été anobli par SM la Reine et est devenu sir Anish Kapoor.

2. Un homme tenace que rien n’arrête

«Ce qui m’étonne quand je vais dans l’atelier d’Anish Kapoor, c’est qu’il y a presque toujours des oeuvres nouvelles, parfois extrêmement désarmantes et mauvaises, comme en 2008, ces petits tas infects de ciment qui me laissaient perplexe. Je lui disais: «c’est raté!». Il me répondait: «oui, ce n’est pas du tout réussi». Et ces petits tas informes sont devenus des sculptures incroyables, des concrétions qui avaient l’air extraites de la nature même. Anish Kapoor, c’est cela, chercher, chercher encore, jusqu’à ce que son idée prenne forme», nous raconte son grand ami Jean de Loisy, PDG du Palais de Tokyo, commissaire de sa rétrospective à la Royal Academy of Arts de Londres en 2009 et de son «Kapoor Monumenta» au Grand Palais en 2011. «Aujourd’hui, il est dans une phase intense de peinture d’une intensité bouleversante, presque charnelle. Au début, c’étaient juste des amas de pâtes rouges. Aujourd’hui, ce sont des toiles admirables, une expression nouvelle qui n’est pas de l’ordre de la peinture ou de la sculpture, mais vraiment de la chair».

3 – Un artiste à double face

Tout artiste, surtout s’il a une vision et l’envergure dévorante qui l’accompagne, est un personnage complexe. Anish Kapoor fait partie de ces Janus surprenants et, soudain, presque inquiétants. Il passe ainsi de la séduction millimétrée d’un disque concave scintillant comme une illusion… au plus organique, au plus souterrain, au plus chaotique des mondes. On le vérifie à Versailles! Son exposition commence par un C-Curve, 2007, un mur miroir posé sur la terrasse du château, et un Sky Mirror, 2013, campé sur le Parterre d’eau, qui reflètent l’architecture et les jardins, le ciel et la terre, les milliers de touristes et leurs selfies. Elle devient plus agressive avec son Dirty Cornerqui «écorche le Tapis Vert» par son savant gigantisme, avec son canon à cire Shooting in the Corner qui met le fracas des armes dans la Salle du Jeu de Paume, avec son Sectional Body Preparing for Monadic Singularity, 2015, dans le Bosquet de l’Etoile, labyrinthe vertical et petit frère cubique du Leviathan monumental au Grand Palais en 2011.

4 – Un infatigable conquistador

Anish Kapoor a représenté la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 1990. Il a remporté le prestigieux Turner Prize en 1991. Son Cloud Gate monumental a marqué la ville de Chicago et son Leviathan au Grand Palais a décroché un succès record pour «Monumenta» en 2011 (500 000 visiteurs!). Le marché de l’art se l’arrache. Au dîner de gala dimanche soir à l’Orangerie de Versailles, quatre galeries pour le représenter et le revendiquer: Kamel Mennour, son allié français qui l’a soutenu, jour après jour pendant un montage digne des Travaux d’Hercule, mais aussi la galerie Continua qui va fêter ses 25 ans en septembre, la Lisson Gallery, référence de Londres, et la galerie Barbara Gladstone, référence de New York. «Anish dit toujours: «I want to go for it!», et il le fait, il ne recule jamais devant l’obstacle. Il est gai, courtois, drôle, séduisant, gourmet… et, soudain, terrible!», nous raconte Jean de Loisy. «J’aime son insistance et son sourire de coquin lorsqu’il a gagné». Les remerciements insistants qu’il a faits dans ses deux discours, lors de la conférence de presse puis lors du dîner de gala, tendent à faire croire que les équipes de Versailles, comme celles de son studio londonien ,ont éprouvé tous les scenario d’un ogre d’artiste. Le syndrome Picasso?

5 – Gloire aux héros de l’art

Outre l’artiste Paul Neagu, guide spirituel du jeune artiste (1938-2004) , Anish Kapoor réitère son admiration pour l’artiste américain de l’Expressionnisme abstrait, Barnett Newman (1905-1970), pour le grand visionnaire italien, Lucio Fontana (1899-1968), et pour le plasticien et théoricien américain du minimalisme, Donald Judd (1928-1994). La rencontre de ce passionné d’architecture et de philosophie avec la philologue, psychanalyste, féministe, et écrivaine française, Julia Kristeva, a débouché sur un entretien sans tabous dans le catalogue «Kapoor Versailles», petite bombe toujours à paraître. Une nouvelle polémique en vue?

Voir enfin:

Les réfugiés premières victimes du fiasco de notre politique d’immigration
Gilles William Goldnadel
Le Figaro

08/09/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Pour Gilles-William Goldnadel, l’échec de notre politique d’immigration et d’intégration explique que beaucoup de Français soient opposés à l’accueil de nouvelles populations.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

En principe, la gauche interdit formellement de réagir à chaud au plus dramatique des événements. C’est ainsi, qu’elle fustige ordinairement toute tentative de durcir les lois pénales à la défaveur d’un assassinat atroce. Elle hurle immédiatement à «l’instrumentalisation politicienne», au cynisme et au populisme primaire.

Mais la gauche, on le sait, piétine allègrement ses propres principes lorsque cela l’arrange.

Ainsi en a aura- t-il été de l’exploitation politique de la photographie du petit corps inerte et solitaire d’un malheureux petit kurde échoué sur une plage turque et dont la vue soulève le coeur et l’âme d’une pitié infinie.

Mais il y a peut-être pire que la bonne conscience suintante: l’exploitation à mauvais escient de la mauvaise conscience. Conscience: le «sursaut des consciences endormies» en Europe qu’imposerait la mort du petit Aylan. Une majorité de Français s’opposeraient à l’accueil sans frein des migrants venus de Syrie et d’ailleurs. Salauds de Français indifférents. Et pendant qu’on y est, salauds de polonais, de hongrois , de tchèques , de slovaques ,de canadiens et d’australiens.

Vive l’Allemagne! Vive l’Autriche! Mme Merkel, hier encore reine des boches, bourreau du peuple grec, héroïne de la nouvelle Europe antinazie.

Heureusement, des milliers de résistants et de justes se dressent, pour que plus jamais ça!

Les braves gens, qui pleurent sans pudeur sur le sort des Syriens. Pendant des décennies, la presse convenue n’estimait pas convenable de critiquer, sauf à être raciste ou islamophobe, la radicalité arabo – islamique.
Chiche. Et si une fois de plus, ceux qui donnent aujourd’hui, profitant de l’effet de sidération qui interdit la réflexion, une leçon de morale humaine n’étaient pas les premiers responsables en Europe du malheur des migrants et de l’impossibilité de leur apporter toute l’aide souhaitée?

Les braves gens, qui pleurent sans pudeur sur le sort des Syriens. Pendant des décennies, la presse convenue n’estimait pas convenable de critiquer, sauf à être raciste ou islamophobe, la radicalité arabo – islamique. Ni celle du nationalisme alaouite des Assad qui gazaient déjà sans problèmes les malheureux kurdes et qui bombardent à présent les quartiers rebelles à coups de barils de dynamite, ni celle plus récente d’un islamisme dont l’usage du mot même était jusqu’à peu tabou pour cause de préfixe amalgamant.

Depuis le début d’une guerre qui a fait près de 300 000 morts, aucune manifestation d’ampleur n’a été organisée en France en solidarité avec les populations qui souffrent en Syrie.

Le sort du peuple kurde, encore moins son destin national, n’a jamais intéressé qui que ce soit en France. Comment se fait-il qu’alors que des milliers de djihadistes français partent en Syrie, aucun jeune et généreux rebelle progressiste , aucun aventurier du macadam parisien, aucun juste de la 25e heure, n’ait seulement l’idée de former une brigade internationale qui irait combattre les premiers responsables de la mort du petit kurde, aux côtés des forces kurdes à Kobané ou ailleurs?

La réponse est facile: nos donneurs de leçons de morale se moquent comme d’une guigne du sort des Syriens en Syrie. La seule chose qui les intéresse, sans qu’ils s’en rendent compte eux-mêmes, c’est de pouvoir fustiger les Européens en Europe et les Français en France qui osent, les égoïstes, les rabougris, s’inquiéter que leur pays ne devienne dans une décennie une nouvelle Syrie.

Se préoccuper de son pays, de sa sécurité, de sa cohésion, de son identité (et oui, le mot-dit, le mot est dit) du sort de ses enfants, et de la possibilité d’accueil et d’intégration des populations étrangères n’est pas un signe particulier d’indifférence. Il vaut peut-être mieux que les élans du coeur irréfléchis, ou le suivisme conformiste sur fond de parallèle historique hystérique.
Et c’est là aussi, que nos donneurs de leçons feraient bien de méditer les conséquences des leçons que leur bêtise inouïe, leur arrogance insondable nous donnaient au détour des années 80.

Peine perdue, je sais, car leur mémoire sélective, n’enregistre jamais les malheurs qu’ils peuvent faire.

Mais une majorité de Français, s’en souvient, raison pourquoi, et en dépit de tous les matraquages médiatiques et idéologiques, on ne leur fera plus prendre des vessies pour des lanternes, ou l’immigration forcée pour une bénédiction.

Écrivons le nettement: les Français qui manifestent leur opposition à l’accueil sans limite ni réserve de nouvelles populations ne sont certainement pas plus racistes ou égoïstes que ceux, qui de manière extatique, voudraient les accueillir sans compter.

Se préoccuper de son pays, de sa sécurité, de sa cohésion, de son identité (et oui, le mot-dit, le mot est dit) du sort de ses enfants, et de la possibilité d’accueil et d’intégration des populations étrangères n’est pas un signe particulier d’indifférence. Il vaut peut-être mieux que les élans du coeur irréfléchis, ou le suivisme conformiste sur fond de parallèle historique hystérique.

Car les Français ont payé très cher pour apprendre et ne plus croire le discours des apprentis sorciers. Les déclarations extatiques sur l’immigration «chance pour la France» ou sur l’islam, forcément , toujours et encore «religion de paix». La manière dont on moqua les «fantasmes» de bouleversements démographiques pour expliquer un beau matin qu’il était trop tard pour regarder en arrière la France des clochers, puisque la France était devenue «multiculturelle».

Les premiers responsables de l’impossibilité d’accueillir tous ceux qui le mériteraient sont à rechercher chez ceux qui ont fait échouer une immigration bien tempérée et une intégration nécessaire.
Alors oui, les Français ne croient plus dans les paroles verbales de la gauche gauchisante. Ils savent qu’à côté de populations terriblement souffrantes-et à qui ils veulent apporter assistance-se trouvent d’autres populations qui aspirent à profiter d’une Europe aujourd’hui saturée et appauvrie.

Ils savent que tous les réfugiés ne sont pas des résistants anti-islamistes, et que certains même sont des djihadistes envoyés par l’État Islamique, comme ces quatre arrêtés il y a quelques jours à la frontière bulgare, et qui pourront peut-être aussi causer des morts à immortaliser sur papier glacé.

Ils savent-exactement comme les forceurs de clôtures- l’Europe faible, et ses frontières totalement battues en brèche, enfoncées, niées . Ils savent qu’en dépit ou à cause des quotas accordés (qui en eux-mêmes seraient supportables), les déboutés du droit d’asile, piétineront les frontières délibérément violées et outragées.

Ils savent, que les politiciens tétanisés et les fonctionnaires émasculés, n’exécutent plus ou presque les arrêtés d’expulsion qui s’imposent pourtant, précisément pour autoriser, valider et légitimer l’arrivée légale des bénéficiaires du droit au refuge.

Ainsi donc, les premiers responsables de l’impossibilité d’accueillir tous ceux qui le mériteraient sont à rechercher chez ceux qui ont fait échouer une immigration bien tempérée et une intégration nécessaire.

Ils l’ont fait échouer, parce qu’au fond d’eux-mêmes, même s’ils se refusent encore à le reconnaître, ils récusent la notion éculée à leurs yeux de nation, et obscène d’État-nation disposant de frontières, et de sa corollaire légale, le droit existentiel pour un peuple souverain de réguler souverainement les flux migratoires.

Les Français qui ont conscience de voir leurs droits foulées aux pieds, sont -ils sans conscience?

Un dernier mot: l’ONU, à l’efficacité bien connue , voudrait imposer à l’Europe l’accueil de 200 000 migrants. Curieusement, elle ne demande aucun effort aux pays arabes du golfe.

Depuis deux ans, et notamment dans ces colonnes, je m’épuise régulièrement, mais bien seul, a demander pour quelles raisons ces pays désertiques et richissimes n’accueillent pas chez eux des populations souffrantes avec lesquels les unissent des liens ethniques, linguistiques, religieux et culturels fraternels. Ils devraient être à d’autant plus enclins à le faire, que leur responsabilité dans la montée de l’islamisme est certainement plus grande que tout ce que les esprits les plus torturés en Europe pourraient reprocher aux occidentaux.

« Je veux que les gouvernements arabes, pas les pays européens, voient ce qui est arrivé à mes enfants et, en leur nom, qu’ils apportent leur aide »

Le père du petit Aylan Kurdi
Mais les malheureux réfugiés ne songent pas un seul instant à frais à frapper à une porte qu’ils savent de bois massif.

On ne voit d’ailleurs pas pourquoi royaumes et émirats se feraient violence, puisque les Européens eux-mêmes préfèrent se fustiger plutôt que de les inviter à l’hospitalité.

Et ceux qui ici osent en France le faire remarquer sont durement rappelés à l’ordre et aux convenances.

C’est ainsi qu’un prénommé Bruno-Roger, que je ne nommerai pas, petit journaliste mais grand dresseur de listes, m’a maudit sur un site, précisément parce que j’avais commis, à la télévision, ce crime de lèse-majesté envers ces potentats manquant d’humanité.

Me traitant d’«avocat réactionnaire» (sans doute pour me plaire) et même de «droitard»… Rien à faire, ce garçon écrit comme un gauchon.

Sur le fond, je me contenterai de citer quelqu’un que j’estime plus qualifié que lui. Le père du petit Aylan Kurdi: «je veux que les gouvernements arabes, pas les pays européens, voient ce qui est arrivé à mes enfants et, en leur nom, qu’ils apportent leur aide» (TF1, reportage de Laurent Hauben le 4 septembre 20h , le Figaro le 5 septembre page5)

Ce vœu d’un père éploré, devant la tombe de son petit , n’accablant pas les seuls occidentaux, n’était sans doute pas suffisamment pieux pour intéresser le reste de cette presse bien-pensante et consciencieuse qui ne pratique que la religion de mortifier les consciences européennes.

Voir par ailleurs:

Le clip de Francis Lalanne pour les réfugiés ou le naufrage du Charity-business
Christian Combaz
Le Figaro

16/09/2015

FIGAROVOX/HUMEUR – Christian Combaz voit dans le tollé suscité par le clip opportuniste de Francis Lalanne à propos de l’enfant syrien noyé, un symptôme de la dérive de l’art qui «colle à l’actu».

Christian Combaz est écrivain et essayiste, auteur des Gens de Campagnol (Flammarion). Son dernier livre, Les Ames douces, paraît ces jours-ci aux éditions Télémaque. Lire également ses chroniques sur son blog.

Les romans et le cinéma ont déjà tendance à «coller à l’actu» d’une façon qui rend leur propos poisseux de ces sentiments qu’on appelle vendeurs, mais le clip composé par le chanteur Lalanne sous le titre ultra-original «plus jamais ça» (on se demande pourquoi il n’a pas ajouté «Madame Michu») mérite d’être considéré comme le symptôme d’une décadence artistique liée à la tyrannie de l’information. Les amateurs de littérature se sont déjà aperçus depuis longtemps que l’art du roman devient de moins en moins abstrait, de moins en moins imaginaire, et qu’il inclut des éléments entiers de la réalité la plus immédiate pêchés à l’épuisette, voire au chalut, avec leur lot de drames récents, d’affaires connues, de commentaires tombés du journal télévisé comme chez Houellebecq. C’est du «sampling» affectif. L’auteur «mixe». Il s’agit de prolonger une émotion déjà éprouvée au lieu de la fabriquer de toutes pièces en utilisant les plus petites briques du grand Lego de la création.

Normalement la mission de l’artiste est justement de bâtir un palais inconnu à partir de presque rien, pas d’assembler la maison de Barbie, pas de commenter ce qu’a dit le journal, pas de colorier un album imprimé. Dans le cas qui nous occupe, l’auteur de la chanson plante son drapeau sur une construction déjà prête, fournie par les médias trois jours avant, et dont on a lieu de penser qu’elle a rendu le public réceptif au thème choisi. En termes de marketing on dit que c’est «chaud», ou «chaud-bouillant». Profiter de la noyade d’un enfant syrien, et de l’émotion qu’elle suscite, pour ajouter son filet de voix à la clameur générale, c’est à la fois facile et navrant. Il y a, dans cette hâte, dans cette tentation permanente du scoop émotionnel , quelque chose d’obscène au sens propre . C’est impudique, les intentions cachées dépassent de partout, on voit toutes les coutures, on imagine le producteur téléphonant «c’est bon ça, c’est porteur, mais il faut faire vite, tu vas te faire piquer le sujet». On a beau ménager la part de sincérité de l’artiste, sincérité reconnue même si elle est assez lourdaude, on se dit que le système quant à lui n’en a aucune et qu’il fait feu de tout bois. En tout cas la vigueur des commentaires que suscite ce détournement émotionnel témoigne que les gens n’ont plus aucune patience à l’égard des apitoiements sur ordonnance.


Emeutes de Baltimore: Attention, un casseur peut en cacher un autre ! (As crime falls and policing shifts more towards social work, America’s police culture at pains to catch up)

2 mai, 2015
https://pbs.twimg.com/media/CD3V4WFWMAEdRHY.jpg:largehttps://i1.wp.com/36.media.tumblr.com/5487a52eb3c4305ec0a2603cdb581552/tumblr_nnh3260nyH1qi4t89o1_1280.jpg A rioter stands atop a burning car as another man pours fuel onto the fire while Baltimore firefighters behind them fight fires in multiple burning buildings set ablaze by rioters during clashes in Baltimore on April 27, 2015. Fan riot after San Francisco Giants 2014 World Series win
Michael Chikliss (The Shield, US TV series, 2002-2008)

Do I look like a social worker ?

https://scontent-cdg.xx.fbcdn.net/hphotos-xtp1/v/t1.0-9/s480x480/11068304_1083447255015533_7201690011362494321_n.jpg?oh=1d4c8ca789db853b58b402182f8674d3&oe=55D193F1

We gonna be burning an a-looting tonight (…) burning all illusion tonight … Bob Marley
Do you know that Negroes are 10 percent of the population of St. Louis and are responsible for 58% of its crimes? We’ve got to face that. And we’ve got to do something about our moral standards. We know that there are many things wrong in the white world, but there are many things wrong in the black world, too. We can’t keep on blaming the white man. There are things we must do for ourselves. Dr. Martin Luther King Jr. (St Louis, 1961)
La notion des années 1960 selon laquelle les mouvements sociaux seraient une réponse légitime à une injustice sociale a créé l’impression d’une certaine rationalité des émeutes. Les foules ne sont toutefois pas des entités rationnelles. Les émeutes de Londres ont démontré l’existence d’un manque de pensée rationnelle des événements du fait de leur caractère tout à fait spontané et irrationnel. Les pillards ont pillé pour piller et pour beaucoup ce n’était pas nécessairement l’effet d’un sentiment d’injustice. Au cours des émeutes danoises il y avait d’un côté un sens de la rationalité dans les manifestations de jeunes dans la mesure où ils étaient mus par une motivation politique. Cependant, les autres jeunes qui n’étaient pas normalement affiliés à  l’organisation « Ungdomshuset » se sont impliqués dans le  conflit et ont participé aux émeutes sans en partager les objectifs. Ils étaient là pour s’amuser et l’adrénaline a fait le reste. Les émeutes peuvent assumer une dynamique auto-entretenue qui n’est pas mue par des motifs rationnels. Lorsque les individus forment une foule, ils peuvent devenir irrationnels et être motivés par des émotions que génèrent  les émeutes elles-mêmes. L’aspect intéressant des émeutes  de Londres était de confirmer l’inutilité du traitement du phénomène de foule par  une stratégie de communication. La méthode rationnelle n’aboutit à rien contrairement à la forme traditionnelle de confinement. Cela montre bien qu’à certains moments, la solution efficace est de ne pas gérer les foules par le dialogue. Christian Borch
Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong
J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! Sienna St-Laurent (14 ans)
Je ne sais pas, je voulais me sentir cool. Sienna St-Laurent (émeutière de Vancouver, juin 2011)
Tous sur les Champs, on va tout casser. Cris de casseurs du Trocadéro (mai 2013)
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Les gens pensaient que parce que nous avions élu Obama, la société américaine était devenue post-raciale, que la couleur de la peau n’avait plus aucune importance. Avec l’affaire Trayvon Martin, nous assistons à un réveil et à une mobilisation. Geraldine Thompson (historienne et représentante démocrate de l’Etat de Floride)
C’est une honte que l’homme n’ai pas été ligoté à une voiture avant d’être traîné le long de la rue. C’est la seule rétribution à offrir à ce genre d’individu (…) Nous devons continuer à twitter, à marcher et à lutter pour Trayvon Martin afin que demain cela n’arrive pas à nos enfants. Ce crime ne doit pas rester impuni (…) Oubliez son arrestation. Le fait qu’il n’ait pas encore été abattu est une vraie honte. Voilà ce que je ressens personnellement à propos de ce sujet. Mike Tyson
Nous avons également donné de l’espace à ceux qui voulaient détruire.  Stephanie Rawlings-Blake (maire de Baltimore)
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
 … virtual hailstorms of racist graffiti and nooses materializ[ed] on college campuses, all of which invariably end up having been put there by the alleged victims, the [mainstream media] didn’t even pause before conjuring a racist plot in the shooting death of Trayvon Martin in Florida last month. Like Captain Ahab searching for the Great White Whale, the [MSM] is constantly on the hunt for proof of America as « Mississippi Burning. »Over St. Patrick’s Day weekend, the month after Martin was killed, gangs in Chicago shot 10 people dead, including a 6-year-old girl, Aliyah Shell, who was sitting with her mother on their front porch. One imagines MSNBC hosts heaving a sign of relief that little Aliyah was not shot by a white man, and was thus spared the horror of being a victim of racism. As it happens, Trayvon Martin wasn’t shot by a white man either, but by George Zimmerman, a mixed-race Hispanic who lives in a diverse (47 percent white) gated community and tutors black kids. But Hispanic is close enough for the NFM. They’re chasing the Great White Whale of racist America and don’t have time to check to see if the whale is actually a guppy.… On the basis of little else, the media conjured a Hollywood script: A « white » man was « stalking » a little black kid — who could be Obama’s son! — confronted him, beat him senseless as the small black child screamed for help, and finally shot the kid dead, « just because he was black. »Two weeks of nonstop hysteria later, it turns out that every part of that gripping plot is based on nothing that could be called a reasonable assumption, much less a fact. Ann Coulter
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Would Trayvon be alive today had he been walking home—Skittles and ice tea in hand—wearing a polo shirt with an alligator logo? Possibly. And does this make the ugly point that dark skin late at night needs to have its menace softened by some show of Waspy Americana? Possibly. (…) Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
We can’t ignore the fact that the city is burning, but we need to be talking about why it’s burning and not romanticize peace and not romanticize marching as the only way to function. I’m not saying we should be hurting, I’m not saying we should be killing people, but we do have to understand that resistance looks different ways to different people and part of what it means to say black lives matter, is to assert our right to have rage – righteous rage, righteous indignation in the face of state violence and extrajudicial killing. Freddie Gray is dead. That’s why the city is burning and let’s make that clear. It’s not burning because of these protesters. The city is burning because the police killed Freddie Gray and that’s a distinction we have to make.(…) I’m not saying we should see the destruction of black communities as positive. I’m saying that we can’t have too narrow a perception of what the destruction of black communities mean and it seems we exhausted more of our moral outrage tonight and not the 364 days before tonight. I think we should be strategic in how we riot. Marc Lamont Hill
The public want us to come up and deal with a neighbour who is mowing their lawn at 3am. They want us to deal with their disruptive child. They want us to deal with the crazy person who is walking down the street shouting. American police officer
We’ve never had a population who are so well-armed. Ron Teachman (chief of police in South Bend, Indiana)
When you go to a police academy, the first thing they say to you is that it’s dangerous and you could get killed out there. Jim Bueermann (retired police chief and head of the Police Foundation)
The public needs to be educated better. We can’t let our guard down because we’re making ourselves less safe. Lieutenant
At some point, Americans decided that the best answer to every social ill lay in the power of the criminal-justice system. (…) Peel back the layers of most of the recent police shootings that have captured attention and you will find a broad societal problem that we have looked at, thrown our hands up, and said to the criminal-justice system, ‘You deal with this’.  Ta Nehisi Coates (The Atlantic)
The ten seconds you see of a man being hit with a baton, it looks horrible, but you don’t always know what that man was doing. Any use of force looks horrible even if it’s completely necessary. American police officer
The media take one incident and they magnify it to the point where people think that must be all law enforcement and it really hurts officers. American police officer
If I take a punch and I’m knocked out, they could take my gun. We need to stay a step ahead of them, so we sometimes use a higher-level of force. American police officer
Another worries that the fear of being criticised or indicted for using force may make cops put themselves in danger. “I think what’s happening now is that some younger officers are more reluctant to use force and they might lose a tactical advantage and be killed. American police officer
If the person is not receptive and is not willing to be coherent, all of the training in the world will fail. American police officer
Sometimes an officer feels they are left with no other choice to use force and they find out after the fact that the person was bipolar or whatever and they didn’t recognise it. American police officer
If somebody is fighting with the police and they end up getting shot, I guarantee you, there is a point where the officer gave lawful orders and you have to stop resisting. American police officer
It’s all about numbers now. Does an officer spend two shifts working on a burglary or does he go out and write 20 speeding tickets? American police officer
The people who get promotions, the people who get specialised jobs, are the people who get arrests. American police officer
It seems to me that the biggest challenge will involve changing America’s police culture. In Britain, and across Europe, police officers also spend a lot of time dealing with mental illness, drug use and the rest of it. But the number of deaths in custody per year across Britain is rarely more than handful. The annual number of people shot and killed by police has, in recent years, typically been zero. Some of this cannot be replicated: Britain is a small country with extremely tight gun-control laws and, as a result, extremely little gun crime. But some of it I think is the result of a better police culture. Since the early 1990s, when the Metropolitan Police in London was accused of being institutionally racist in an official inquiry, police services in Britain have become much more community-oriented. Problems remain, but cops increasingly do think of themselves as performing a social service. Not all of America’s 18,000 police forces suffer from the same problems, and there are certainly good examples of reform. Still, America’s police forces are largely made up of people who think of themselves as “a thin blue line (wand) ” against the bad guys. Only when that mentality changes will policing really be able to move past these scandals. The Economist
The bigger problem for Baltimore is that lawnessness is not limited to nights like tonight. As one young woman standing taking photos said to me, West Baltimore is “always like this. Well not like this, but you know, shootings”. This is a city where a young black man is killed almost every day—not by police officers, but by other young black men. The failure of the police in this city is that they cannot enforce the law even at the best of times. At their worst, as the death of Mr Gray seems to suggest, Baltimore’s police are simply another source of the lawlessness. The Economist
The reality of the job (…) is far less glamorous. (…) As crime has fallen across America since the 1990s, policing has shifted more towards social work than the drama seen on TV. Police culture, however, has not caught up. The gap may help to explain why American police are so embattled. (…) No one knows how many people die in contact with America’s roughly 18,000 law-enforcement agencies. The FBI publishes reports, but police forces are not required to submit data. The incomplete FBI figures show that at least 461 people died in “justifiable homicides” in 2013, an increase of 33% since 2005. Other sources suggest the true number could be as high as twice that. In Britain, by contrast, police shot and killed precisely no one in 2013. American police resort to violence more partly because they meet it more. (…) Twenty-six police officers were killed with guns in the line of duty in 2013, far more than in any other rich country. Yet fewer police officers are killed now than in the past, and the number who are shot is less than the number who die in traffic accidents. Over time, suggests Mr Bueermann, a justified alertness to danger may have warped into a belief that the swift use of force is the only thing keeping cops safe. (…) force is often used to subdue low-level offenders (…), not just dangerous people. And it is unclear that armed policing is the best way to deal with all problems. At least half of all Americans shot and killed by police each year are mentally ill, says a report from the Treatment Advocacy Centre and the National Sheriffs’ Association. Police officers also spend time dealing with drug addicts, domestic disputes and, increasingly, the enforcement of civil penalties against people who have not paid motoring fines or child support. Such people are not muggers or rapists, yet cops often treat everyone as a threat. What is the solution? Many cops are pessimistic: they feel they are scapegoated for social problems (…) But improvements are being made. Sue Rahr, the director of Washington state’s police academy, says that cops need to be taught how to talk to people again. “When you approach a situation like RoboCop, you’re going to create hostility that wasn’t there before”. Since 2012, the state’s training has emphasised that people can be persuaded to obey commands, not just forced to. Military-style drills have been ditched. (…) Sadly, as the Gainesville video shows, not every police force is catching on. And as Ms Rahr admits, if you try to recruit cops by telling them they are social workers, fewer may apply. At least part of the glamour of the job is the promise that you get the chance to use violence against bad people in a way that ordinary civilians never can, except in video games. The Economist

 Attention: un casseur peut en cacher un autre !

En ces temps étranges …

Où le plus rapide prix Nobel de l’histoire peut, dans la plus grande indifférence, commander tranquillement de son bureau l’élimination de milliers de terroristes à des dizaines de milliers de kilomètres de distance …

Tout en prétendant négocier de l’autre côté avec les véritables casseurs du Moyen-Orient …

Et où l’on ne peut plus avoir un suicide réussi sans entrainer 149 autres victimes avec  soi …

Ou, comme l’a bien compris la maire même de Baltimore, regretter ou fêter la défaite ou victoire de son équipe favorite, sans détruire, de Vancouver à San Francisco ou Paris, une partie du quartier de ses voisins …

Comment ne pas voir …

A l’heure où, à l’instar du Pompier-pyromane de la Maison Blanche et de la dernière couverture de Time magazine comparant les émeutes post-mort de Martin Luther King à celles d’aujourd’hui, nos médias et nos habituels chasseurs d’ambulances nous refont le coup  du rien n’a changé en 50 ans …

Et faisant mine d’oublier le simple attrait, pour la plupart des casseurs de nos émeutes, de l’adrénaline ou de l’occasion de pillage impuni …

Tentent de faire passer pour une question de racisme dans une ville à 80% noire, maire, chef de la police, procureur et conseil municipal compris …

Un réel problème, comme le rappelle The Economist, de formation et de changement de conditions de travail d’une bonne partie apparemment de la police américaine …

Où, victime en quelque sorte de son propre succès, une force de police formée et entrainée principalement à combattre la criminalité  avec les techniques et les armes qui vont avec…

Se voit de plus en plus confrontée …

Face à la baisse de ladite criminalité et à des délits se réduisant de plus en plus, malgré certes une population de plus bien armée, à des infractions du code de la route ou des affaires familiales par une part toujours plus grande de déficients mentaux …

A des tâches qui ressemblent de mois en moins à celles que glorifient à longueur de soirée nos séries télévisées …

Et de plus en plus à celles, nettement plus prosaïques mais autrement plus complexes, d’une assistante sociale  ?

Wanted: cops with people skills
When law enforcement is just about force, people are killed
The Economist

Apr 25th 2015

WASHINGTON, DC

To the sound of electric guitars, heavily armed police officers fire assault rifles, drive squad cars fast and pull their guns on fleeing crooks. “Are you qualified to join the thin blue line?” asks a narrator, in the sort of breathless voice you might expect in a trailer for “Fast & Furious 7”. The advert’s aim is not to sell movie tickets, however, but to recruit police officers in Gainesville, a city of 127,000 in Florida.

Would-be cops who take this video seriously are likely to be disappointed. The reality of the job, as one officer from a large west-coast agency explains, is far less glamorous. “The public want us to come up and deal with a neighbour who is mowing their lawn at 3am. They want us to deal with their disruptive child. They want us to deal with the crazy person who is walking down the street shouting.” As crime has fallen across America since the 1990s, policing has shifted more towards social work than the drama seen on TV. Police culture, however, has not caught up.

The gap may help to explain why American police are so embattled. The latest controversy is the death of Freddie Gray, a 25-year-old man from Baltimore who died on April 19th after being arrested (six officers have since been suspended). That followed the killing on April 4th in South Carolina of a 50-year-old man, Walter Scott, who was shot in the back by a police officer after running away from his car (the officer was charged with murder after a video of the killing emerged). In another case in Tulsa on April 2nd, a 73-year-old reserve police officer killed a man when he accidentally fired his gun instead of his taser. All three victims were black.

No one knows how many people die in contact with America’s roughly 18,000 law-enforcement agencies. The FBI publishes reports, but police forces are not required to submit data. The incomplete FBI figures show that at least 461 people died in “justifiable homicides” in 2013, an increase of 33% since 2005. Other sources suggest the true number could be as high as twice that. In Britain, by contrast, police shot and killed precisely no one in 2013.

American police resort to violence more partly because they meet it more. “We’ve never had a population who are so well-armed,” points out Ron Teachman, the chief of police in South Bend, Indiana. Twenty-six police officers were killed with guns in the line of duty in 2013, far more than in any other rich country. “When you go to a police academy, the first thing they say to you is that it’s dangerous and you could get killed out there,” says Jim Bueermann, a retired police chief and the head of the Police Foundation, a think-tank.

Yet fewer police officers are killed now than in the past, and the number who are shot is less than the number who die in traffic accidents. Over time, suggests Mr Bueermann, a justified alertness to danger may have warped into a belief that the swift use of force is the only thing keeping cops safe. At its worst, this manifests itself in a fiercely defensive culture. For example, in Seattle last year more than 100 cops sued the Department of Justice to protest against a revised use-of-force policy, arguing that it would cripple morale and endanger cops (the case, which was not supported by the city’s police union, was thrown out).

Talking about Eric Garner, a bootleg-cigarette-seller who died in New York last year when a policeman put him into a chokehold, one street cop argues that the police should not be blamed: “He was continuously fighting with the officer. What really killed him?” This cop says that officers have to subdue people forcefully, because the alternative is to let criminals do as they please. If there is a problem, he says, it is that too many cops are not well trained in how to use force safely and so rely on brute violence or, worse, their guns. Another, a lieutenant, adds that he thinks that “the public needs to be educated better. We can’t let our guard down because we’re making ourselves less safe.”

Yet force is often used to subdue low-level offenders like Garner, not just dangerous people. And it is unclear that armed policing is the best way to deal with all problems. At least half of all Americans shot and killed by police each year are mentally ill, says a report from the Treatment Advocacy Centre and the National Sheriffs’ Association. Police officers also spend time dealing with drug addicts, domestic disputes and, increasingly, the enforcement of civil penalties against people who have not paid motoring fines or child support. Such people are not muggers or rapists, yet cops often treat everyone as a threat.

What is the solution? Many cops are pessimistic: they feel they are scapegoated for social problems (“You’re all fucking unreasonable!” exclaims one.) But improvements are being made. Sue Rahr, the director of Washington state’s police academy, says that cops need to be taught how to talk to people again. “When you approach a situation like RoboCop, you’re going to create hostility that wasn’t there before”. Since 2012, the state’s training has emphasised that people can be persuaded to obey commands, not just forced to. Military-style drills have been ditched. Ms Rahr now serves on a task force created by Barack Obama to spread such ideas.

Sadly, as the Gainesville video shows, not every police force is catching on. And as Ms Rahr admits, if you try to recruit cops by telling them they are social workers, fewer may apply. At least part of the glamour of the job is the promise that you get the chance to use violence against bad people in a way that ordinary civilians never can, except in video games.

Voir aussi:

Protests in Baltimore
It’s chaos
D.K.

The Economist

Apr 28th 2015

BALTIMORE

WHAT is happening tonight in Baltimore is perhaps best described not as a riot but as anarchy. Though there are police lines, there are few protesters or people fighting the police or hurling stones. Indeed, where the police are lined up, the people standing around are mostly taking photos on their phones. Drive a few blocks in any direction, though, and suddenly it feels lawless. Groups of young men, boys really, wearing bandanas and hoodies, stand on street corners next to derelict buildings, staring at anyone passing, and occasionally throwing projectiles at cars. Young women hurry home carrying bags of stolen loot: food, clothes, and bottles of beer and liquor. On the occasional street here and there cars burn freely. Shops, of which there are not many in this abandoned corner of the inner city, are ravaged, their windows smashed, their shelves picked over. Cars hurtle through red lights at high speed, music blaring, boys leaning out of the windows. And everywhere the intense smell of smoke and the buzz of helicopters overhead.

Tonight’s events began, as riots so often have in American history, as a protest. A week ago Freddie Gray, a 25-year-old black man, died in hospital, a week after he collapsed into a coma after being arrested and aggressively bundled into a police van in West Baltimore. Six police officers have been suspended. Today, at Mr Gray’s funeral, 2,000 people gathered in West Baltimore to hear eulogies to the young man. Hundreds of teenagers marched out of high school in protest at police brutality; within hours, a police cruiser had been set on fire. By late afternoon a branch of CVS, a drug store, had been looted and was alight and hundreds of riot cops were massing in West Baltimore. By 8pm, when darkness set, the fires and looting were spreading. Larry Hogan, Maryland’s new Republican governor, soon signed a state-of-emergency declaration. By 11pm the National Guard was being deployed and the city announced a curfew for all residents.

So far, however, the riots seem both enormous and minor. The scale of the destruction is tremendous. But while scores of people have been injured, and shots have been fired, so far, miraculously, nobody seems to have been killed. Baltimore will be damaged, and many of the businesses that have been burned will never reopen. The flow of people who have been moving back to this long-suffering city, gentrifying its more difficult corners, will surely grow thin. But as bleak as it all looks now, in a few years Baltimore, and this night of sudden lawlessness, will once again disappear from the national consciousness.
America’s police kill too many people. How some police forces are trying to change

The bigger problem for Baltimore is that lawnessness is not limited to nights like tonight. As one young woman standing taking photos said to me, West Baltimore is “always like this. Well not like this, but you know, shootings”. This is a city where a young black man is killed almost every day—not by police officers, but by other young black men. The failure of the police in this city is that they cannot enforce the law even at the best of times. At their worst, as the death of Mr Gray seems to suggest, Baltimore’s police are simply another source of the lawlessness.

Voir également:

American politics : Policing in America
What the cops say
D.K.

The Economist

Apr 27th 2015

WASHINGTON, DC

FEW doubt that there is something seriously wrong with policing in America. Far too many people, chiefly young black men, are dying at the hands of police. Every new police scandal invites more hand-wringing over a law-enforcement system that often seems racist and unjust. In Baltimore over the weekend protests over the mysterious death of Freddie Gray, a 25-year old man who died while in police custody in Baltimore on April 19th, turned violent.

Yet few also doubt that most police officers are decent people who “risk their own safety for ours every single day,” as President Barack Obama put it recently. According to one poll, three quarters of people, including a majority of African Americans, say that they approve of the job being done by their local police department. Police officers in general seem to be thought of as decent people doing good work—and yet policing, as a practice, is widely distrusted.
What explains this contradiction?

In the Atlantic, Ta Nehisi Coates argues that part of the reason is simply that police officers are expected to do too much. “At some point, Americans decided that the best answer to every social ill lay in the power of the criminal-justice system,” he writes. “Vexing social problems” such as homelessness, drug use and mental illness are now handled by armed men and women, who are trained to enforce compliance, not offer therapy. “Peel back the layers of most of the recent police shootings that have captured attention and you will find a broad societal problem that we have looked at, thrown our hands up, and said to the criminal-justice system, ‘You deal with this’,” Mr Coates observes. Naturally this creates problems. In New York over the weekend, police officers killed a robbery suspect with a history of mental illness.

I have a lot of sympathy with Mr Coates’s view. Certainly police officers cannot solve social problems. And better regulation of cops and a proliferation of body cameras will not make America’s dark history of racialised oppression go away. But I think Mr Coates’s take—that the problems of American policing are structural and inevitable—is ultimately too pessimistic. It discounts the importance of police training, which can have a big impact on when and how often officers pull the trigger. So it is worth asking whether there is something in particular about America’s policing culture that leads an over-reliance on violence.

In search of an answer, I set out to interview a rough cross-section of American cops. I wanted to know what they think of the debate about policing that has gripped the country since the protests in Ferguson last year. My research led to this piece in the paper. But having transcribed six or seven hours’ worth of interviews with half a dozen cops from police forces across America, I felt I could add a little more. I particularly wanted to get across what ordinary street-level cops think, because their voice seems so absent from much of this debate. (As an aside, line-level cops are generally barred from speaking to the media; the ones I spoke to insisted on their anonymity, including the force they work for.)

My first, inescapable finding is that almost all cops think they get a hard time from the media. As one lieutenant from an urban Midwestern force put it, “it sometimes feels like the only voice you ever hear is criticising you… If you watch the TV news, our good work only gets two seconds. When we do something bad, it gets two minutes.” Another officer, this one a veteran from a north-eastern suburban force, says that he thinks that the media—and the rise of smart-phones—makes policing look worse than it is. “The ten seconds you see of a man being hit with a baton, it looks horrible,” he says, “but you don’t always know what that man was doing. Any use of force looks horrible even if it’s completely necessary.” A third cop says that media coverage of abuses in some places undermines cops everywhere: “The media take one incident and they magnify it to the point where people think that must be all law enforcement and it really hurts officers”.

Second, cops think that the public underestimates the threats to their life—and why the use of force is sometimes necessary. Most of the officers I interviewed say that guns poison policing in America. “They’re literally everywhere,” says one. “And the problem with dealing with guns is that if I’m talking to you and you’ve got a gun, action always beats reaction.” One female street cop points that having to carry a firearm automatically escalates violent situations. “If I take a punch and I’m knocked out, they could take my gun,” she says. “We need to stay a step ahead of them, so we sometimes use a higher-level of force.” Another worries that the fear of being criticised or indicted for using force may make cops put themselves in danger. “I think what’s happening now is that some younger officers are more reluctant to use force and they might lose a tactical advantage and be killed.”

Third, many cops seem to largely agree with Mr Coates’s view that the public have unrealistic expectations of what they can do. One from a Californian force argues that police officers cannot be expected to deal with social problems, like mental illness or drug addiction, without resorting to force. “If the person is not receptive and is not willing to be coherent, all of the training in the world will fail.” Another says that mental illness is a particular problem because cops do not know how to identify it. “Sometimes an officer feels they are left with no other choice to use force and they find out after the fact that the person was bipolar or whatever and they didn’t recognise it.” Cops who are expected to be tough enforcers of the law are not the right people to deal with people who are mentally ill, most concluded—but they have been made so by cuts to other services.

Several of the half a dozen cops I interviewed argued, in one way or another, that if people did not resist arrest, they would not be hurt by police officers. “If somebody is fighting with the police and they end up getting shot, I guarantee you, there is a point where the officer gave lawful orders and you have to stop resisting,” says one. Another argues that people need to get used to cops acting forcefully: “I would say that we need to train the public.” These cops—a significant minority—seemed to suggest that the use of force is always justified when people resist arrest or disobey orders.

Can things be improved? Part of the problem, admitted one officer, is that a narrow focus on criminal behaviour sometimes misses the big picture. “We arrest drug users and dealers and people who do all of these awful things. The problem is that those people don’t always do those things all of the time. They’re also people who are loved by people,” she says. This would seem to strengthen the argument for community policing, whereby officers get to know not just the criminals on their beat but also the business owners, teachers and local families. This approach to law-enforcement, which often involves getting officers out of their cars and on the streets to mingle with the community they are working to protect, can build trust and reduce crime. But many cops in America are deeply sceptical of community policing (“boutique policing”, one called it to me).

Another problem is that officers are often judged according to how many people they arrest, not how many crimes they prevent. “It’s all about numbers now”, laments one suburban cop. “Does an officer spend two shifts working on a burglary or does he go out and write 20 speeding tickets?” There are few incentives for trying to solve problems, explains another:  “The people who get promotions, the people who get specialised jobs, are the people who get arrests.” New ways for assessing performance, with data that measures crime prevention, could encourage new and less violent forms of law enforcement.

It seems to me that the biggest challenge will involve changing America’s police culture. In Britain, and across Europe, police officers also spend a lot of time dealing with mental illness, drug use and the rest of it. But the number of deaths in custody per year across Britain is rarely more than handful. The annual number of people shot and killed by police has, in recent years, typically been zero. Some of this cannot be replicated: Britain is a small country with extremely tight gun-control laws and, as a result, extremely little gun crime. But some of it I think is the result of a better police culture. Since the early 1990s, when the Metropolitan Police in London was accused of being institutionally racist in an official inquiry, police services in Britain have become much more community-oriented. Problems remain, but cops increasingly do think of themselves as performing a social service.

Not all of America’s 18,000 police forces suffer from the same problems, and there are certainly good examples of reform. Still, America’s police forces are largely made up of people who think of themselves as “a thin blue line (wand) ” against the bad guys. Only when that mentality changes will policing really be able to move past these scandals.

Voir encore:

Baltimore Riots Explode Leftist Race Myths

Ben Shapiro

28 Apr 2015

As rioters rushed through the streets of Baltimore, torching police vehicles, looting local stores, and attacking police officers and reporters alike, some intrepid leftists justified the activity.
Marc Lamont Hill stated on MSNBC, “There shouldn’t be calm tonight. I think there can be resistance to oppression, and when resistance occurs, you can’t circumscribe resistance.” He added that the riots should be called “uprisings. The city is not burning because of those protesters. The city is burning because the police killed Freddie Gray.” Sally Kohn of CNN tweeted, “Looting is a real shame. But FAR MORE shameful is pattern of police violence against black community! Perspective, people. #BaltimoreRising.”

Baltimore’s riots have prompted a state of emergency in the city, as well as the calling of the National Guard. But the riots should also demonstrate conclusively that leftist myths about what drives race riots are just that: myths. It turns out that all the excuses given for the riots in Ferguson simply do not apply to the situation in Baltimore.

The “White Police” Myth. As rioters tore up Ferguson last year in the aftermath of the justifiable shooting of Michael Brown by Officer Darren Wilson, media members rushed to explain that the disproportionate whiteness of the police force was to blame. Media outlet after media outlet after media outlet after media outlet blamed the unrest on the failure of the police department to reflect the community. But as of 2010, “Half of the sworn command staff are minorities,” according to the Baltimore Sun. And in Baltimore County, 55 percent of new applicants to the police department are minority, a number the police department has been attempting to boost. Racially reflecting the community, in other words, doesn’t seem to be helping.

The “Evil Police Chief” Myth. In Ferguson, the media targeted as its chosen villain Chief Thomas Jackson, who is white. After the Department of Justice found that the Ferguson Police Department had serious racial problems thanks in part to its disproportionate whiteness, Jackson stepped down. Media found Jackson particularly galling because Jackson released footage of Michael Brown strong-arm robbing a convenience store minutes before his confrontation with Wilson. It is difficult to blame the riots in Baltimore on similar circumstances. The police chief, Anthony Batts, who is black, said in February that crime should be addressed “through social justice as a whole,” and added that “Leadership should be focused not just on crime-fighting, but tackling racism.” He then stated, “When I go to Baltimore, on the East Coast, I’m dealing with 1950s-level black-and-white racism.”

The “Evil Mayor” Myth. As Ferguson burned, media focused in on Ferguson Mayor James Knowles, a white man. They suggested that Knowles didn’t understand his own community thanks to his race, exacerbating racial tensions. He’s currently at risk of recall. The same is not true in Baltimore, where Mayor Stephanie Rawlings-Blake runs the show. Rawlings-Blake, who is black, said a month ago, “To this day, if I go out with a mixed crowd, people are automatically suspicious, questioning: ‘How do you know this person?’ We have a long way to go…Baltimore, like many other cities, still faces the challenges of racism.” As the riots spun out of control, she infamously commented, “It’s a very delicate balancing act, because, while we tried to make sure that they were protected from the cars and the other things that were going on, we also gave those who wished to destroy space to do that as well.” That didn’t stop the riots.

The “Disproportionate White Power Structure Myth.” The nation watched the recent local elections in Ferguson, Missouri, of the City Council with baited breath. That’s because the media suggested that the power structure in Ferguson, being disproportionately white, had somehow contributed to shadowy racism within the city. The Washington Post complained, “while Ferguson is 67 percent black, five of the six council members and the mayor are all white.” Not so in Baltimore, where the nine of the 15 council members are black. The mayor is black. The police chief is black. Baltimore burns anyway.

The “Not Enough Government” Myth. In Ferguson, the media and governmental actors suggested that lack of governmental intervention led to the riots. Education Secretary Arne Duncan wrote an open letter in December 2014 suggesting just that:

We should take away from Ferguson that we need a conversation to rebuild those relationships, throughout the country, and that need is urgent.  It needs to involve everyone – our young people, our parents, our schools, our faith communities, our government officials, and the police.  It needs to happen now.
Lack of government is not the problem in Baltimore. Every single member of the Baltimore City Council is a Democrat. All 15 of them. The mayor is a Democrat. Baltimore has not had a Republican mayor since 1967. The tax rates in Baltimore are astronomical; the city carries the fourth highest tax rate of any city in the nation. The poverty rate within the city is nearly 25 percent. Households in Baltimore earn approximately 56 percent of the overall state average. Crime rates, of course, are out of control.

Modern race riots do not occur because of the supposed white superstructure or a legacy of governmental underservice. They occur because valueless rioters act in valueless ways. Baltimore is evidence that glossing over lack of values with leftist pabulum about social justice doesn’t stop cities from burning.

Ben Shapiro is Senior Editor-At-Large of Breitbart News and author of the new book, The People vs. Barack Obama: The Criminal Case Against The Obama Administration (Threshold Editions, June 10, 2014). He is also Editor-in-Chief of TruthRevolt.org. Follow Ben Shapiro on Twitter @benshapiro.

Voir de plus:

Black and White No Longer

Richard Thompson Ford

The American interest

August 10, 2012

American society is neither post-racial nor stuck fast in a racist past, but fantasies of monolithic racial communities are distorting our national conversation on race and public policy.

African Americans were once united and to some extent even defined by the experiences of slavery, Jim Crow and the quotidian humiliations dealt out by an overtly and habitually racist society. But today overt racism is almost universally condemned, and Americans grow more racially tolerant with each generation. African Americans now occupy some of the nation’s most coveted and prestigious positions. Black culture, once treated with contempt, now produces much of the nation’s most celebrated popular music and many of its most emulated celebrities. Although racism is an enduring feature of American society, for a growing cadre of successful and well-positioned blacks it is more an annoyance than a serious threat to personal well-being. By contrast, today’s poor blacks endure social conditions that are arguably worse than those of the era of Jim Crow-style racism. For members of the black underclass, broken families, malnutrition, joblessness, crime and entanglement with the criminal justice system are endemic and devastating problems; opportunities for upward social mobility are arguably more limited today than at any time since Reconstruction. But is this because of racism, or other institutional deficiencies?

This divergence in experiences and life chances now divides the black community as sharply as the color line once divided Americans. The fracturing of the black community is a challenge to conventional ways of thinking about race, identity and social justice, even as it opens some new possibilities for human flourishing and for a more just society. Although we still typically think in terms of a single black experience, a unified black community and a common black identity, these assumptions ever more starkly spite the facts of daily life. Our failure to come to grips with the new realities of race in America has distorted our analysis of social problems and undermined our efforts to find viable solutions. Increasingly desperate attempts to cling to outdated ideas of racial identity and solidarity have bred a fundamentally dishonest racial conversation that warps individual psychological development and confounds cross-racial understanding.

Police in New York City stopped more than 680,000 people last year; 84 percent were black or Latino. The overwhelming majority (88 percent) of the stops did not result in an arrest.1 For young men in New York’s tougher neighborhoods, police stops are a regular occurrence. One young man told a New York Timesreporter he was stopped more than sixty times before he turned 18 years old.2 And although some officers are courteous in their questioning and respectful in searches, all too often the stops include insults, threats and physically rough treatment. For instance, when two Latino teenagers stopped by police in Queens complained and asked why, the officers shouted expletives and told them to “shut up”: “Say one word and I’m going to make your parents pick you up in jail. You guys are a bunch of immigrants”, one officer barked.

New York’s controversial stop-and-frisk policy is the new face of racial profiling. Of course, police deny that they target people based on race. Instead the stops focus on high-crime neighborhoods (where a disproportionate number of minorities live) or on specific suspect descriptions (a disproportionate number of which specify a minority race). Police also have probable cause to stop and question anyone they reasonably suspect of committing a crime, such as carrying a concealed weapon or narcotics. Many of the reasons police cite for such suspicions are vague, to say the least: “furtive” movements is the most common. Dress and demeanor also certainly play a role. Young men in baggy pants, basketball shoes and hoodie sweatshirts fit the profile, so to speak, although more conventional attire is no guarantee of immunity. There are good reasons to believe that stop-and-frisk policies reduce crime, to the benefit of the disproportionately minority residents of high crime neighborhoods. But there is also no doubt that the costs of the practice fall disproportionately on innocent minorities living in those neighborhoods, a fact of which the courts are increasingly taking notice.3

The face of racial profiling looked very different three years ago, in the summer of 2009, when Harvard Professor Henry Louis Gates Jr. returned home after an overseas trip and found his front door was jammed. He forced it open with the help of his driver. One of Gates’s neighbors saw the men forcing the door and called the police to report a burglary. Cambridge police officer James Crowley responded to the call and demanded (or “asked”, depending on which account of events you believe) that Gates come outside to answer some questions. Gates refused and a confrontation ensued, which ended in Gates being placed under arrest for disorderly conduct. Predictably, many commentators described the incident as a case of “racial profiling”, connecting it to the controversial traffic and pedestrian stop-and-frisk policies that disproportionately affect racial minorities. But the clash between Gates and Crowley was very different in both its causes and its effects than the stops conducted in poor minority neighborhoods by New York police and countless other police departments. Describing them both as instances of “racial profiling”—with the clear implication that the main cause of both encounters is simply police racism—encourages misleading diagnoses of both kinds of incidents.

Race still matters in casual encounters, long-term relationships, job opportunities and run-ins with the law. But increasingly the way race matters differs depending on one’s wealth, social standing, education and acculturation. The once iron law of racism is now a mesh of flexible guidelines, full of loopholes and exceptions. Yet almost everyone—from politicians to civil rights advocates to academic commentators—continues to think of race as a simple trait and racism as a unified phenomenon. Instead of looking with fresh eyes on the new and more complex racial problems of today, we analyze today’s problems using the ideas, diagnoses and prescriptions of the past. So racial disparities in criminal sentencing and incarceration are a “New Jim Crow” and voter ID laws are like “poll taxes.” Not only do we reflexively think of new racial problems as nothing other than subtler versions of old ones, we also think that all racial problems flow from a singular cause: racism. That’s how a police officer responding to a report of a break-in becomes a case of racial profiling.

The Gates case, of course, did not involve “profiling” at all: The police were responding to a call reporting a possible burglary at Gates’s address. Perhaps Officer Crowley assumed the worst because Gates is black, and maybe he would not have sought to arrest a white man under similar circumstances. But that account doesn’t square easily with the fact that Crowley had been hand-picked by a black police commissioner to teach recruits how to avoid racial profiling.

Moreover, it’s well known that many police demand deference and submission from anyone they encounter while on duty and find reasons to arrest those who challenge them, regardless of race. Those who dare to question or disagree with an officer are held “in contempt of cop” according to the common argot among police and civil libertarians. This is a serious civil rights violation: Police are not entitled to arrest anyone who disagrees with them. All too often they do it anyway, but it is very different from racial profiling, and very different from the type of police racism residents of inner-city neighborhoods confront on a regular basis.

The resentment engendered by traffic stop and stop-and-frisk practices stems from the dysfunctional relationship between police and minority communities. Decades of blatant and pervasive racial discrimination, poor urban planning and failed economic and labor policies have left blacks disproportionately jobless and trapped in poor ghettos across the United States. Faced with few opportunities and sustained by few positive role models, disturbing numbers of people in those neighborhoods turn to gangs and crime for money, protection and esteem. Rather than improving those neighborhoods and helping the people who live in them join the prosperous mainstream, we as a society have given the police the dirty job of quarantining them from the rest of us. Frankly, we shouldn’t be surprised if bigots and power-hungry sadists are drawn to a job with such a mandate. Moreover, even otherwise decent, fair-minded officers, faced with the day-to-day task of controlling some of society’s most isolated, desperate and angry populations, might develop some ugly racial generalizations. In a sense, police racism is as much a symptom as a cause of the larger injustices faced by disadvantaged blacks.

As a result, poor blacks living in inner cities suffer numerous tense and humiliating encounters with police, each run-in made worse in turn by the cumulative effect of past run-ins and by the knowledge that any encounter might end in arrest, violence or death. Contrast this with Professor Gates’s world: It would be surprising if he ever had another negative encounter with the police. And that’s not just because the scandal over the Crowley incident will deter racist officers; it’s because Gates doesn’t live in the kind of neighborhood where most police abuses occur, and because he doesn’t demonstrate the demeanor that provokes police suspicion.

In the retelling, the Gates-Crowley confrontation somehow became a social justice parable crossed with 1970s cinéma vérité, with Gates, played by Sidney Poitier, the dignified African American high achiever, who despite his accomplishments and status faces harassment at the hands of a bigoted cop; or, alternatively, Crowley, played by a young Michael Douglas or Clint Eastwood as an honest, plain-spoken and hard-working public servant besieged by mau-mauing opportunists and cowardly, politically correct politicians. But these morally loaded archetypes don’t describe the most serious racial problems.

Most of the people who used the Gates incident as an example of racial profiling did so with the best of intentions. Their hope was that the arrest of an exemplary black man—well-educated, dignified, refined—would dramatize the long-troubled relationship between police and minority communities and the much more severe problem of police abuse suffered by less fortunate blacks. If even a distinguished Harvard Professor suffers from racial profiling, just imagine how bad it must be for the typical black person! But the Gates encounter, while troubling for its own reasons, lacked almost every feature that is distinctively bad about most encounters between poor blacks and police.

In order to confront today’s racial injustices, we need to move beyond the much-too-neat and false equivalences we have inherited from earlier times. We have to confront the fracturing of the black community and question the idea that race in and of itself explains much of what ails our inner cities and the black and brown people who live in them.

When Barack Obama was inaugurated as the nation’s first black President, a surprising number of people believed the day marked the beginnings of a post-racial society. Several racial scandals and a beer summit later, it’s clear that America is post-racial in the same way the milieu of the television show Mad Menis post-modern: We haven’t moved past race, but our relationship to it has become exaggerated and stylized. We experience racial identity—both our own and that of others—at one remove: hypercritical, affected and self-conscious. We are so afraid of complications we sense but don’t fully understand that we yearn for a script of some kind to play our part. From the predictable racial scandals that are a staple of talk radio and television news to the caricatures of black masculinity offered by professional musicians and athletes, today’s race relations are insincere in a profound but mostly accidental way. We are reciting lines written for characters we were supposed to be, wish we were or are afraid of becoming.

Consider rap music, which sells an “authentic” black experience to a largely white audience. The hip hop subculture’s obsession with racial authenticity—the relentless focus on “street cred” and “keepin’ it real”—amounts to overcompensation for what are basically contrived racial performances. Perhaps it’s enough to point out that the supposedly street-hardened hip hop gangsters telling ever grittier tales of black urban life are, in the final analysis, professional entertainers who are well compensated for selling a mystique. It would all be harmless fun, except that too many impressionable young people, particularly young black men, take the show seriously and seek to act out the romance of the urban primitive. As life imitates art, the persona of the black urban hustler effectively produces its own authenticity. If there weren’t legions of young black men living the dangerous and destructive life depicted in gangster rap music before it became the soundtrack of American youth culture, there are now.

So if the characters in the hip hop narrative are not authentic, which characters are? It’s hard to say what counts as “authentically” black on the other side of this funhouse looking glass. It’s hard even to know what the question could mean. Perhaps this disorientation began after the simple idea of biological race was discredited. Thankfully we’ve rejected the one-drop rule, opening up the possibility of mixed racial identities and some degree of individual choice in racial identification. Most sensible people now agree that race is not a simple matter of biological or genetic inheritance. Anyone who attended a decent liberal arts college or four-year university since the early 1980s has been told repeatedly that race is not a simple biological fact but instead a “social construction.”

This new complexity not only has made race relations more fluid; it has also made racial identity much less certain and thereby weakened the boundaries that defined the black community and the bonds that kept it together. It has given rise to the persistent, nagging suspicion that, stripped of its biological foundation, race is simply a pernicious fiction that we should reject outright; but would that make racial solidarity a holdover from an unfortunate chapter of the past that has outlived its usefulness? It is easy to see the benefits of debunking race as a biological fact—much easier, in fact, than to jettison the psychological stability of racial affinities.

In response to these threats to identity and solidarity, many people settled on the idea that racial identity is a question of culture. The black community is defined not by its common blood but by its common norms, practices and beliefs. But increasingly the idea of a “black culture” looks questionable, too: Given the difference between rich and poor, well-educated and culturally deprived, long-suffering descendants of American slaves and recent immigrants from the West Indies and the African continent, there are, as Professor Gates himself once put it, at least “1,000 ways to be black.”

The new consensus seems to be that what joins these discrete and increasingly divergent black communities is the struggle against racism. For instance, the cultural critic Touré insists that, “There is no consensus on what it means to be black and never has been.” But a few sentences later he assumes just such a consensus, writing that “just because someone gets expelled from the race the way, say, Clarence Thomas has doesn’t mean they don’t continue to battle racism on a daily basis, so what does expulsion really mean?”4 Battling racism, then, is the defining and unifying black experience (even if there is no such factual thing as race).

But is it? As late as the 1980s it would have been reasonable to insist that all black people—even the wealthiest and most powerful, suffered from racism “on a daily basis.” But frankly, it’s hard to imagine that in 2012 most wealthy and socially privileged black people—much less an Associate Justice of the Supreme Court—find much in the way of overt racism to battle. When they do encounter racism, it is typically of the subtle, ambiguous and relatively inconsequential variety—mild slights, snubs or concealed contempt. We can be certain that no bigoted potential employer will deny Clarence Thomas a job, no bigot will call him a nigger, no power-hungry police officer will rough him up for sport, no paranoid vigilante will shoot him as he walks home from the convenience store. These kinds of injustices and indignities, once the defining features of the black experience, are now familiar only to a portion of African Americans.

Today’s race relations are a good news, bad news story. The good news is really pretty good: Since the civil rights legislation of the 1960s, life has gotten much better for blacks with the resources, skills and socialization necessary to enter the American mainstream. Racism has consistently and steadily declined, and opportunities for well-educated blacks have expanded even more quickly than a rapidly expanding economy. American racism is in steady decline as the aging white supremacists influenced by Birth of a Nation or Father Coughlin are replaced by a generation raised on The Cosby Show and Oprah Winfrey. Legally enforced segregation is a thing of the past: Today the law prohibits race discrimination by government, employers and landlords. Wall Street banks, white-shoe law firms and ivy-league universities aggressively seek out minority race applicants. For well-educated blacks, acculturated to the norms of the prosperous American mainstream, racism is rarely a serious impediment to success, esteem and well-being. Yes, there are still the vexations caused by petty insults and slights, but for many blacks the once ubiquitous iron law of white supremacy is now an occasional and petty hindrance; the once arrogant and terrifying bigot is little more than a pathetic annoyance; the menacing Jim Crow has been reduced to an irritating mosquito.

The bad news, as already suggested, is that things have actually gotten worse for those blacks without such advantages—just as, by the way, they have gotten worse for whites without the resources, skills, socialization and education to stick to the mainstream. But it has been worse for poor blacks in large part because the exodus of the more successful blacks left poor blacks without economic capital and positive role models. A changing economy shed many of the once plentiful, well-paid, blue-collar jobs. The War on Poverty morphed into a war on the poor: social welfare programs yielded to a “tough love” that slashed benefits and pushed millions into homelessness and abjection, and a zero-tolerance approach to law enforcement led to the incarceration of unprecedented numbers of black men. Many of America’s cities are as racially divided as they were during the era of southern Jim Crow segregation, racial discrimination in employment and housing stubbornly persists, racial stereotypes are a staple of popular culture, and hardly a month goes by without a new race scandal to occupy the intense if fleeting attention of the mass media. Racist cops, prejudiced employers and bigoted landlords seem to have little trouble knowing whom to discriminate against. In these and many other respects racism and race seem as blatant and implacable as ever.

Yet today “racism” does not describe a single attitude or phenomenon but a number of distinct and often unrelated social problems. The joblessness, isolation and despair that afflicts poor blacks in inner-city ghettos is different in kind, not simply degree, from the subtle bigotry, ambiguous slights and “soft” exclusion encountered by black people lucky enough to write books, teach at elite universities or serve as an Associate Justice of the Supreme Court. The success of the blacks who can tell the good news story does not suggest any improvement in the dire circumstances of the blacks who must live out the bad news story. Nor are the benefits of policy reforms designed to help the former group likely to trickle down to the latter group. The idea of a single American black community is an anachronism. Today there are at least two black communities that are joined by a shared history—no small thing—but increasingly divided by lifestyle, values, norms of behavior and life prospects.

Most middle-class blacks of my generation were taught that all blacks are joined in unavoidable struggle against a common enemy and that we had both a personal interest and a moral obligation to keep faith and solidarity with other blacks, especially the less fortunate. “There but for the grace of God go I”, we said whenever a black person suffered an injustice that we had been spared. This ethos had the considerable virtue of encouraging emotional empathy and political solidarity with the less fortunate. But it also encouraged a distorted image of the contemporary racial landscape. It suggested that it is wise and virtuous to emphasize potential racial threats and, conversely, naive and blameworthy to downplay them. And the imperative of solidarity requires us not only to sympathize with other blacks but also to see our social situation as continuous with theirs, to see their plight as our plight and their injuries and deprivations as our own. This keeps our attention relentlessly focused on the perils of life in a racist society and on the victims of that racism. So we effectively define the black experience as one of constant peril and in terms of the suffering of the most disadvantaged, victimized and unfortunate blacks: poor blacks living in violent inner-city neighborhoods, victims of police harassment and brutality, gang members, criminal recidivists.

At best, this is a useful fiction that encourages us to work to improve the plight of the disadvantaged. But at worst it’s a way of staking a claim to sympathy for injuries suffered by other people. Consequently, public policy too often addresses only the problems faced by the most vocal and influential members of minority groups. For instance, preferences for minority-owned businesses and affirmative action in higher education are thought to help “disadvantaged minorities”, but few of the benefits of these policies trickle down to poorly educated and low-skilled minorities. If such policies are to be defended (and I believe many should be), they must be justified in terms of their true effects and their true beneficiaries—not in terms of “the disadvantaged” or “racial justice” generally. Meanwhile, the truly disadvantaged are in desperate need of policies closely tailored to the unique problems they face.

In the 1970s sociologist Nathan Glazer argued that the black experience was best understood in comparison to the experiences of other distinctive ethnic groups in American society, such as the Irish, Italians or Jews.5 Like blacks, these groups were the targets of pervasive discrimination and prejudice, and yet they eventually assimilated into the prosperous mainstream of American society and have largely shed the stigma they bore in the past. With the benefit of civil rights legislation, the hypothesis went, blacks too would take their place in this nation of minorities, and the distinctive stigma of black race—W.E.B. DuBois’s badge of insult—would fade to insignificance. Time has not been kind to this hypothesis. Indeed, some three decades later, Glazer himself repudiated it: “[E]ven after taking account of substantial progress and change, it is borne upon us how continuous, rooted and substantial the difference between African Americans and other Americans remains.”6

But maybe Glazer’s thesis wasn’t mistaken, just incomplete and premature. Today Americans are learning to distinguish between elite blacks, whom they increasingly treat like members of any other ethnic group, and the underclass, whom they continue to treat as a despised and inferior race. By and large, today’s successful blacks are those who assimilate (or, increasingly, those, like the President, who never picked up distinctively black affectations in the first place.) The patterns of speech, posture and dress of the black underclass, according to Glazer, “suggest the possibility of trouble to the dominant caste” and hence can inspire negative reactions in employers and police officers who might react favorably to blacks with more bourgeois cultural styles.

Ironically, the affectations of poor urban blacks are also the coveted indicia of cool young men of all races, thanks to the popularity of black popular music. The style of society’s most stigmatized and underprivileged group sells luxury goods. It’s the soundtrack of choice on haute couture runways, in exclusive clubs and at fashionable parties. The top rap musicians are among the highest paid celebrities in the world and enjoy the lifestyle once reserved for A-list Hollywood stars, captains of industry and European aristocrats.

All this is despite the fact that much of the point of gangsta rap is to suggest trouble to the dominant caste. Rap lyrics chronicle and often glamorize crime, violence and rough treatment of women; the most popular rap artists emphasize their criminal backgrounds in a competition for all-important “street cred”; rap fashion sense is deliberately rough, slouchy and unrefined; and rap artists are responsible for popularizing the playful use of the racial epithet “nigger”, reminding us of an ugly and overt racism that many people would prefer to forget. Rap’s crowning post-racial victory has been to sell this angry countercultural fantasy image to the mainstream. The black elite and even more so the striving middle classes typically avoid any underclass affectations like a disease, but the clothing and speech patterns of gangster rap are studied and emulated in the leafy suburbs of the privileged classes.

To some extent this is the old story of the glamour of the outlaw and the charisma of the troubadour. Just as Al Capone charmed law-abiding citizens nationwide from a Chicago courtroom, so rapper “thugs” seduce the impressionable with ostentatious wealth, swagger and bravado. And just as young men once copied the style and panache of Rat Pack crooners and rock and roll stars, today’s kids want to be like rappers and ballers. Kids look up to Jay-Z and 50 Cent because they’re first-rate entertainers—like Frank Sinatra, Elvis Presley and John Lennon before them.

That’s show business. But for the young person in search of identity and belonging, it creates an environment filled with mixed signals. On the one hand, mainstream authority figures—teachers, parents, police—discourage such affectations. On the other hand, the media sends the opposite message: The affectations of the ghetto are cool, high status and symbols of wealth, prestige and privilege. For blacks, ghetto cool comes with distinctive risks. The focus on “street cred” and authenticity leads the credulous and the impressionable to try to live out the gangsta lifestyle. Indeed, as economist Roland Fryer has shown, young black men self-consciously cultivate the gangsta image because it offers social status and popularity—ironically, “keeping it real” often begins as a contrived affectation, a deliberate put-on.

Here, perhaps, we have an illuminating gloss on the now well-known phenomenon that black students ostracize and ridicule their high-achieving peers for “acting white.” One explanation for this disturbing trend holds that blacks, convinced that discrimination would render their educational accomplishments largely irrelevant, develop an “oppositional culture” in reaction to white racism. A competing explanation, however, is that blacks, aware of the humiliating under-performance of their race, engage in a self-destructive form of “therapeutic alienation” from mainstream white society and its norms. Harvard economist Roland Fryer has offered a new and more convincing explanation, one that focuses on the fracturing of the black community: The “acting white” insult is an embattled group’s implicit strategy for disciplining members most likely to abandon the group.7 As anti-discrimination laws and the decline of racial prejudice opened new opportunities, blacks with educational credentials and acculturation to mainstream norms could find jobs, housing and companionship outside the group. Assimilation and educational achievement effectively send two signals to two different audiences. For employers, landlords and potential neighbors, the message is, “I am a person who is capable and willing to work hard and conform to mainstream expectations—a good employee, tenant or neighbor.” But to the racial group, many of whom are likely to remain stuck in poverty, the message is, “ I am preparing to leave you behind in favor of better opportunities.” The “acting white” insult discourages blacks from investing in the skills and acculturation that will lead to success and esteem in mainstream society by making those skills a mark of shame within the racial group.

Fryer’s account explains some otherwise puzzling features of the “acting white” idea. For instance, the “acting white” problem is most pronounced in raciallyintegrated public schools. This is hard to understand if the problem stems from an oppositional culture or from therapeutic alienation, both of which should be most pronounced among the most desperate and isolated blacks. But it makes perfect sense if the problem stems from the possible defection of talented members of the group, for it’s precisely in integrated settings that the risk of defection is greatest and most apparent.

These phenomena are not subtler versions of some familiar racial injury that finds in roots in slavery or Jim Crow; they are as much the result of the decline of racism as of its persistence. Black gangsta culture is cool in large part because it has been accepted and embraced by the mainstream. Jay-Z and Kanye West can drink champagne in Paris and wear designer clothing in the company of beautiful women because they are popular with a multiracial audience—an audience that barely existed for black artists in mid-century America and that existed only for a highly assimilated and unthreatening few until very recently.

The defining feature of cool is the ability to transgress but remain just inside the mainstream, to threaten but not truly destabilize, to be intriguing and titillating rather than actually menacing. Gangster rap can strike this balance because racism is still prevalent, but also in decline, because the racial stereotype of the black thug is still in circulation, but is less universally believed in and less thoroughly reviled. Also, of course, at some level everyone understands that it’s all for show: The gangsta rapper offers a controlled and domesticated thrill without real danger, like an amusement park roller coaster or a roaring lion in a circus. But for the unfortunate kids who emulate gangster rappers, the delicate balance is thrown off: They are simply threatening and off-putting living embodiments of a still powerful stereotype that gangsta rap helps to perpetuate.

Similarly, the “acting white” slur emerges as a reaction to expanded opportunities for blacks. It’s only when the more successful blacks might be able to leave the less successful behind that there is the need to reinforce distinctive in-group behavior. Even in today’s unfavorable economic climate, blacks with a good education and socialization to mainstream norms have more and better opportunities than ever before. But those who, through bad luck and bad decisions, don’t have these crucial assets don’t want their more impressive peers to abandon them.

This suggests a remarkable opportunity and a serious challenge for American race relations and racial policies.

The opportunity: For the first time in American history, it’s plausible that a solid majority of Americans actually wants a racially just society. Of course there are many serious disagreements about what that would mean and how to achieve it. But the hard-core racists—those who will fight to defend a social hierarchy based on race—are a rapidly dwindling minority. Many have overestimated the significance of Barack Obama’s election as a barometer of race relations, but just as many have underestimated it. Obama’s election does not suggest that racism is a relic of the past, but it does prove that racists no longer have a stranglehold on American politics as they did during the long ascendency of the Republican Party’s “Southern strategy”, which successfully undermined Democrats by associating them with civil rights and racially tinged social welfare policies.

The challenge: The fracturing of the black community means that simple analyses, policies and prescriptions focused on a monolithic evil called “racism” will not do. A black kid stopped and frisked by aggressive police in Queens is facing a largely different problem than a black professor confronting an overzealous cop near Harvard Square. The success and esteem enjoyed by black rappers tells us very little about the reception that the black high school student who mimics them is likely to receive. The typically subtle and ambiguous racism that well educated and acculturated blacks confront is not of a piece with the racial injustices that keep poor blacks caught in a cycle of poverty, isolation and crime.

We need new ideas based on the more complex and varied nature of racial injustice today. These ideas need to confront the specifics of varied forms of racial inequality rather than painting them all with the same broad brush as simple racism and proposing the familiar but often unworkable civil rights solution of prohibiting “discrimination.” For example, if employers shun and police target young black and Latino men who adopt gang-banger fashions and affectations, there are at least two potential solutions. One is to prohibit the predictable reactions of employers and police as forms of racial discrimination. The other is to try to change the social pressures that lead young men to make self-defeating decisions. So far we have only tried the first approach, with limited enthusiasm and even more limited success. Fryer’s analysis suggests that the latter approach, while more arduous, is much more likely to succeed. But of course looking at the problem in terms of the complex social dynamics of an underprivileged group would undercut the simple solidarity narrative that insists all blacks are united by a struggle against a common enemy, and it would pull the rug out from under the comfortable moral story that blames mean-spirited racists for all racial inequality.

It’s harder than ever before to say what it means to be black in America today. Or more precisely, there are many different answers, which have less and less in common with each passing day. For a black community that has long defined itself in terms of the injustices it has suffered collectively, this threatens an identity crisis, even as it promises new freedoms and broadened horizons.

1Julie Dressner and Edwin Martinez, “The Scars of Stop and Frisk”, New York Times, June 12, 2012.

2Dressner and Martinez, “The Scars of Stop and Frisk.”

3Russ Buettner and William Glaberson, “Courts Putting Stop-and-Frisk Policy on Trial”, New York Times, July 10, 2012.

4Touré, Who’s Afraid of Post-Blackness? (Free Press, 2011), p. 24.

5Glazer, Affirmative Discrimination: Ethnic Inequality and Public Policy (Basic Books, 1975).

6Glazer, “In Defense of Preference”, The New Republic, April 6, 1998.

7Fryer, “‘Acting White’: The social price paid by the best and brightest minority students”,Education Next (Winter 2006); Fryer and Paul Torelli, “An Empirical Analysis of ‘Acting White’”,Journal of Public Economics (June 2010).

Richard Thompson Ford is George E. Osborne Professor at Stanford Law School and author of several books, including Rights Gone Wrong: How Law Corrupts the Struggle for Equality and The Race Card: How Bluffing about Bias Makes Race Relations Worse.

 Voir de plus:

Politics
The Myth of Police Reform

The real problem is the belief that all our social problems can be solved with force.

Ta-Nehisi Coates

The Atlantic

Apr 15, 2015

There is a tendency, when examining police shootings, to focus on tactics at the expense of strategy. One interrogates the actions of the officer in the moment trying to discern their mind-state. We ask ourselves, « Were they justified in shooting? » But, in this time of heightened concern around the policing, a more essential question might be, « Were we justified in sending them? » At some point, Americans decided that the best answer to every social ill lay in the power of the criminal-justice system. Vexing social problems—homelessness, drug use, the inability to support one’s children, mental illness—are presently solved by sending in men and women who specialize in inspiring fear and ensuring compliance. Fear and compliance have their place, but it can’t be every place.

When Walter Scott fled from the North Charleston police, he was not merely fleeing Michael Thomas Slager, he was attempting to flee incarceration. He was doing this because we have decided that the criminal-justice system is the best tool for dealing with men who can’t, or won’t, support their children at a level that we deem satisfactory. Peel back the layers of most of the recent police shootings that have captured attention and you will find a broad societal problem that we have looked at, thrown our hands up, and said to the criminal-justice system, « You deal with this. »

Last week I was in Madison, Wisconsin, where I was informed of the killing of Tony Robinson by a police officer. Robinson was high on mushrooms. The police were summoned after he chased a car. The police killed him. A month earlier, I’d been thinking a lot about Anthony Hill, who was mentally ill. One day last month, Hill stripped off his clothes and started jumping off of his balcony. The police were called. They killed him. I can’t see the image of Tamir Rice aimlessly kicking snow outside the Cleveland projects and think of how little we invest in occupying the minds of children. A bored Tamir Rice decided to occupy his time with a airsoft gun. He was killed.

There is of course another way. Was Walter Scott’s malfunctioning third-brake light really worth a police encounter? Should the state repeatedly incarcerate him for not paying child support? Do we really want people trained to fight crime dealing with someone who’s ceased taking medication? Does the presence of a gun really improve the chance of peacefully resolving a drug episode? In this sense, the police—and the idea of police reform—are a symptom of something larger. The idea that all social problems can, and should, be resolved by sheer power is not limited to the police. In Atlanta, a problem that began with the poor state of public schools has now ending by feeding more people into the maw of the carceral state.
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Blue Lives Matter

There are many problems with expecting people trained in crime-fighting to be social workers. In the black community, there is a problem of legitimacy. In his 1953 book The Quest For Community, conservative Robert Nisbet distinguishes between « power » and « authority. » Authority, claims Nisbet, is a matter of relationships, allegiances, and association and is « based ultimately upon the consent of those under it. » Power, on the other hand, is « external » and « based upon force. » Power exists where allegiances have decayed or never existed at all. « Power arises, » writes Nesbit, « only when authority breaks down. »

African Americans, for most of our history, have lived under the power of the criminal-justice system, not its authority. The dominant feature in the relationship between African Americans and their country is plunder, and plunder has made police authority an impossibility, and police power a necessity. The skepticism of Officer Darren Wilson’s account in the shooting of Michael Brown, for instance, emerges out of lack of police authority—which is to say it comes from a belief that the police are as likely to lie as any other citizen. When African American parents give their children « The Talk, » they do not urge them to make no sudden movements in the presence of police out of a profound respect for the democratic ideal, but out of the knowledge that police can, and will, kill them.

But for most Americans, the police—and the criminal-justice system—are figures of authority. The badge does not merely represent rule via lethal force, but rule through consent and legitimacy rooted in nobility. This is why whenever a liberal politician offers even the mildest criticism of the police, they must add that « the majority of officers are good, noble people. » Taken at face value this is not much of a defense—like a restaurant claiming that on most nights, there really are no rats in the dining room. But interpreted less literally the line is not meant to defend police officers, but to communicate the message that the speaker is not questioning police authority, which is to say the authority of our justice system, which is to say—in a democracy—the authority of the people themselves.

Thus it was not surprising, last week, to see that the mayor of North Charleston ordered the use of body cameras for all officers. Body cameras are the least divisive and least invasive step toward reforming the practices of the men and women we permit to kill in our names. Body cameras are helpful in police work, but they are also helpful in avoiding a deeper conversation over what it means to keep whole swaths of America under the power of the justice system, as opposed to the authority of other branches of civil society.

Police officers fight crime. Police officers are neither case-workers, nor teachers, nor mental-health professionals, nor drug counselors. One of the great hallmarks of the past forty years of American domestic policy is a broad disinterest in that difference. The problem of restoring police authority is not really a problem of police authority, but a problem of democratic authority. It is what happens when you decide to solve all your problems with a hammer. To ask, at this late date, why the police seem to have lost their minds is to ask why our hammers are so bad at installing air-conditioners. More it is to ignore the state of the house all around us. A reform that begins with the officer on the beat is not reform at all. It’s avoidance. It’s a continuance of the American preference for considering the actions of bad individuals, as opposed to the function and intention of systems.

Voir de même:

CNN Tonight
April 27, 2015
10:51 p.m. Eastern

MARC LAMONT HILL: No, there shouldn’t be calm tonight. Black people are dying in the streets. They’ve been dying in the streets for months, years, decades, centuries. I think there can be resistance to oppression and when resistance occurs, you can’t circumscribe resistance. You can’t schedule a planned resistance. You can’t tell people where to die in, where to resist, how to resist and how to protest. Now, I think there should be an ethics attached to this, but we have to watch our own ethics and be careful not to get more upset about the destruction of property than the destruction of black bodies and that seems to be to me – to me what’s happening over the last few hours and that’s very troublesome to me. We also have to be very careful about the language we use to talk about this. I’m not calling these people rioters. I’m calling these uprisings and I think it’s an important distinction to make. This is not a riot. There have been uprisings in major cities and smaller cities around this country for the last year because of the violence against black female and male bodies forever and I think that’s what important here. I agree with you, Don. We can’t ignore the fact that the city is burning, but we need to be talking about why it’s burning and not romanticize peace and not romanticize marching as the only way to function. I’m not saying we should be hurting, I’m not saying we should be killing people, but we do have to understand that resistance looks different ways to different people and part of what it means to say black lives matter, is to assert our right to have rage – righteous rage, righteous indignation in the face of state violence and extrajudicial killing. Freddie Gray is dead. That’s why the city is burning and let’s make that clear. It’s not burning because of these protesters. The city is burning because the police killed Freddie Gray and that’s a distinction we have to make.

(….)

JONES: Well, I think he was taking more of an agnostic view that we need to give some space for a range of tactics. I would say – I would disagree. I think we should be showing moral leadership and saying, you know – I keep hearing riots are the language of the unheard. The reality is, in this situation, the voices, at least about police brutality, have been heard. Certainly CNN and other news agencies have been giving space to those voices. So –

LEMON: For hours and hours and hours of coverage daily.

JONES: And so, it’s going to be a tough conversation to have, but I want to say: Yes it is true. Dr. King said riots are the language of the unheard. It is, in fact true, and important that people recognize that the conditions in Baltimore for black teens are worse than conditions for teens in Nigeria. So, the outrage should be of course about the incredible injustice both from the police, but also the economic deprivation and I want to have a conversation. But I do want to be able to draw a line to say that the righteous outrage – we can take a moral position, as a part of this movement. Black lives matter, but you know what? Black jobs matter, and black businesses matter, and black neighborhoods matter and I don’t think it’s appropriate for us to give any kind of suggestion that the destruction of black communities is a positive or can be positive in this context.

(….)

HILL: I’m not saying we should see the destruction of black communities as positive. I’m saying that we can’t have too narrow a perception of what the destruction of black communities mean and it seems we exhausted more of our moral outrage tonight and not the 364 days before tonight. I think we should be strategic in how we riot.

LEMON: Marc, I got to tell you this. I understand – yes, we should be outraged and we get that, we understand that and we devote so much coverage, not only this network, but other networks that I’ve seen, to talk about all of those issues that we’ve seen. We’ve exhausted many times the viewer with that, and we should continue to, but we’re trying to figure out exactly what is leading to what we’re seeing tonight and I agree with Van Jones, we cannot give credence to people who want to go out and burn down buildings and to hurt people.

(….)

HILL: What I’m saying is we can’t pathologize people who, after decades and centuries of police terrorism, have decided to respond in this way and when we use the language of thugs, when we use the language of riots, we make it seem as if it’s this pathological, dysfunctional, counter-productive –

LEMON: I haven’t heard anybody say thugs.

HILL: Are you serious? That’s all I’ve heard stuff.

LEMON: If anyone said thugs on this air, I haven’t heard that. I’ve haven’t heard thugs and that’s not come out of my mouth.

Voir enfin:

San Francisco Giants fans take to streets after World Series win
Reuters

October 30, 2014

SAN FRANCISCO, Oct 30 (Reuters) – Fans of the San Francisco Giants took to the streets to celebrate on Wednesday night after their team won the baseball World Series, topping the Kansas City Royals, but the festivities were marred by raucous fans and fires.

Hundreds, many clad in the team’s orange and black, flooded Valencia Street in San Francisco’s Mission District after the final out in the seventh game of the baseball championship. Some perched themselves on bus stops, while others set off fireworks, hugged, high-fived and cheered with beer and champagne in the middle of the street.

« (Pitcher Madison) Bumgarner blew my mind tonight! » said Beau Adams, a San Francisco native sporting a Giants tattoo.

« The balance of superstition and belief and pride and confidence makes it all come together, » he added.

As the celebrations dragged on late into the night, fans set fires in the streets while others gawked as people took turns jumping over each other. Police, many in riot gear, were out in force and broke up the more unruly demonstrations.

Fans embrace in the Mission district after the San Francisco Giants beat the Kansas City Royals to w …
KTVU, a local television station, reported police made numerous arrests during the night after some threw bottles at officers, but did not provide an exact tally.

The TV station also said two people were shot in the city during the late-night festivities, though it was unclear whether the shooters or the victims were revelers themselves.

Police department officials could not be immediately reached for comment.

The San Francisco Municipal Transportation Agency late Wednesday suspended all bus service in the city due to safety concerns.

It was the eighth World Series title for the Giants, and the third in five seasons after victories in 2010 and 2012.

Bumgarner was named the Most Valuable Player of the World Series after sealing the Giants’ 3-2 game seven victory over the Royals, with five shutout innings of relief.

« I think (Bumgarner) should be president, » said lifelong Giants fan, Nacho Ramone, after the win. (Writing and additional reporting by Curtis Skinner)


Apartheid social: Nous étions tous en route pour Abilene et nous ne le savions pas ! (France finds the road to Abilene is paved with good intentions)

22 janvier, 2015
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French riots map (Nov. 2005)
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https://pgranof.files.wordpress.com/2011/09/cropped-abilene1.jpg?w=450&h=117Nous appelions l’Amérique de nos voeux et nous sommes exaucés: même nos « problèmes », désormais, sont américains. René Girard
 Here we were, four reasonably sensible people who, of our own volition, had just taken a 106-mile trip across a godforsaken desert in a furnace-like temperature through a cloud-like dust storm to eat unpalatable food at a hole-in-the-wall cafeteria in Abilene, when none of us had really wanted to go. In fact, to be more accurate, we’d done just the opposite of what we wanted to do. The whole situation simply didn’t make sense. At least it didn’t make sense at the time. But since that day in Coleman, I have observed, consulted with, and been a part of more than one organization that has been caught in the same situation. As a result, they have either taken a side-trip, or, occasionally, a terminal journey to Abilene, when Dallas or Houston or Tokyo was where they really wanted to go. And for most of those organizations, the negative consequences of such trips, measured in terms of both human misery and economic loss, have been much greater than for our little Abilene group.(…) Organizations frequently take actions in contradiction to what they really want to do and therefore defeat the very purposes they are trying to achieve. [And] a major corollary of the paradox (…) is that the inability to manage agreement is a major source of organization dysfunction. Jerry B. Harvey (1974)
Dans le cas où un carreau cassé n’est pas remplacé, tous les autres carreaux connaîtront le même sort. John Wilson et George Kelling (Théorie du carreau cassé)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des “Damnés de la terre” de Franz Fanon, 1961)
C’était la guérilla ! On a scié les poteaux téléphoniques. C’était un peu ce que faisaient les fellaghas en Algérie aussi. En Algérie, toutes les nuits, les poteaux étaient coupés… Il fallait faire quelque chose. Ce n’était pas très populaire bien sûr, mais c’était un moyen de semer le désordre (..) Cela marquait, parce que cela créait une ambiance de désordre, de tension » Jean-Marie Saillour (militant paysan et ex-parachutiste en Algérie, 1961)
A Morlaix, c’est moi qu’ai été désigné donc, pour dire « Faites tout ce que vous voulez. Coupez les poteaux téléphoniques ». J’avais voulu faire référence à l’Algérie (..) en disant « là-bas, ça réussit », parce qu’on sentait que ça réussissait déjà (..) Pierre Abéguilé (syndicaliste paysan, 1961)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (avril 2003)
Pendant cinq ans, des musulmans français irrités ont ingurgité un régime régulier de violence ô combien “romantique” – le jihad-Intifada en Israel, le jihad-insurrection en Irak, le jihad-insurrection en Afghanistan. Quand ils ont commencé à brûler des synagogues et à molester des juifs à l’automne 2000, les médias ont dûment signalé que ces voyous étaient les produits de la “frustration” ressentie du fait des traitements des musulmans du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Leur propre gouvernement ne multipliait-il pas au même moment les imprécations contre les Américains? Les protestataires étaient on ne peut plus dans le ton. (…) Au sein des élites françaises, l’ennemi était clairement identifié: non l’slamisme ou l’slamofascisme, non les foules déchainées des banlieues parisiennes, non Saddam Hussein, non Al-Qaeda, mais les troupes britanniques et américaines en Irak. Les voitures et les bâtiments brûlés dont sont pleins les rues françaises sont le résidu intérieur du culte du jihad dont ces musulmans français ont été “drogués” par Al-Jazeera, et qui a été légitimé par une classe intellectuelle française qui a toujours eu une vision si “romantique” de la résistance sous toutes ses formes.(…) Peut-être que certains de ces journalistes, chercheurs, intellectuels et hauts fonctionnaires qui colportaient ces choses pensaient qu’elles resteraient une diversion idéologique abstraite. La France est loin de l’Irak, après tout. Mais maintenant que le militantisme s’est retourné contre l’Etat français lui-même, ils sont brusquement choqués de ce qu’ils ont semé. Nidra Poller
Il semble que le Danemark et tous les autres pays européens auront leurs bandes de Gaza. Etant donné ce trait psychologique fondamental des cultures islamiques -que des cultures et des religions différentes ne peuvent en aucun cas être égales – ces sociétés parallèles ne pourront jamais vivre en harmonie avec leur voisinage. Nicolai Sennels (psychologue danois ayant travaillé dans les quartiers à majorité musulmane)
Ils ont mis le feu à un bâtiment scolaire (…) Ils ont essayé d’incendier le commissariat, d’autres bâtiments ainsi que des voitures, mais essentiellement ils ont jeté des pierres et des briques sur la police et les pompiers. Personne n’a été blessé. Tout a débuté parce qu’un groupe de jeunes adultes s’est vu interdire de pénétrer dans une fête dans un collège. Ils se sont énervés et ont commencé à jeter des pierres à travers les vitres de l’école. Mats Eriksson (porte-parole de la police de l’ouest de Stockholm, 09.06.10)
J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! Sienna St-Laurent (14 ans, Vancouver, Canada, 2011)
Que veut, en fait, Dieudonné ? Il veut un ‘Holocauste’ pour les Arabes et pour les noirs aussi. (…) La noble idée de « la guerre contre le racisme » se transforme graduellement en une idéologie hideusement mensongère. Et cet antiracisme sera, pour le XXIe siècle, ce qu’a été le communisme pour le XXe. Alain Finkielkraut
Contrairement au grand banditisme classique (…) composé d’individus de toutes origines ayant opté seuls pour la voie criminelle, ce nouveau milieu des cités est grégaire, issu de, et implanté dans des secteurs précis ; il est enfin ethnique, car composé d’éléments issus des seconde et troisième générations de flux migratoires venus d’anciennes colonies africaines et nord-africaines de la France. Xavier Raufer (avril 2007)
Les discriminations sont encore plus dommageables quand elles sont implicites. Esther Dufilo
On nous demandait de ne citer aucun prénom. C’était considéré comme trop stigmatisant. Communicant sous Jospin
En France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons, impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas encore en parler. Christian Delorme (dit « curé des Minguettes »)
En vérité, c’est l’échec de l’intégration qui nourrit l’immigration d’aujourd’hui. Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s’ignorent ou se détestent : « Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les caifrans ». Et l’insulte suprême est : « Sale Français ! » Les enfants juifs sont interdits d’école publique dans nombre de banlieues et sont contraints de se replier sur les écoles confessionnelles. Les bandes ethniques s’affrontent à la gare du Nord. Lors de la présidentielle, on a vu à l’oeuvre un terrifiant vote ethnique, comme l’a justement noté Jérôme Jaffré (Le Monde du 8 juin) : 94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy. Eric Zemmour (2007)
Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. Eric Zemmour
Je connais trop la souffrance réelle de mes compatriotes «Arabes et noirs», honnêtes travailleurs, parents intègres, qui se sentent «salis» par les exactions des bandes de jeunes gens qui ont la même origine qu’eux. Je le sais d’autant mieux qu’avec mon patronyme, je me souviens du temps pas si lointain – les années 70- où une bande de truands célèbres – les frères Zemour – défrayaient la chronique criminelle, la honte dans les yeux de mon grand-père; et accessoirement, l’attente interminable dans les aéroports pour la vérification vétilleuse – et sans ordinateur- de mon identité. Mon grand-père souffrait en silence pour «son nom traîné dans la boue», mais il n’a jamais prétendu que nos homonymes n’étaient pas des brigands de grand chemin! Eric Zemmour
Je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce “fait”, la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les Noirs et tous les Arabes ne sont pas des trafiquants, mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Philippe Bliger (Avocat général près la cour d’appel de Paris)
Certes, 80% des jeunes délinquants d’origine maghrébine ont des parents ouvriers ou employés. Mais, à niveau socio-économique équivalent, les enfants d’immigrés sont plus délinquants que les autres. Sébastian Roché
Derrière les mis en cause il existe des victimes, habitant les mêmes espaces, originaires de mêmes pays, et souvent de situation sociale comparable. Alain Bauer
La police, t’es foutue le Hamas est dans la rue! Slogan (manifestation pro-Hamas, Paris, 2009)
C’est finalement très banal qu’un président de la République aille dans un quartier de nos villes. Pourquoi ça devient un événement ? Pourquoi c’est à ce point dangereux qu’il faudrait qu’il n’y ait pas de médias? Pourquoi ça se passe sans que le maire de la commune en soit lui-même informé? C’est une «curieuse conception de la République. (…) il y aurait donc des zones de non-droit où il y aurait presque péril pour le président. François Hollande (Europe 1)
Vas te faire enculer connard, ici t’es chez moi! Jeune de 21 ans (Mot de bienvenue au président Sarkozy à la gare de St Denis)
On baise la France ! (…) Juifs dans les fours ! (…) Sarkozy le petit Juif ! (…) Obama le nègre des Juifs ! (…) Presse sioniste, presse collabo ! Cris de manifestants devant l’ambassade d’Israël, Paris, 31.05.10)
Tous sur les Champs, on va tout casser. Cris de casseurs du Trocadéro (mai 2013)
Paris est à nous ! Cris des émeutiers du Trocadéro
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. (…) On n’est pas là parce qu’on aime la Tour Eiffel. Tribu Ka
Les barbares des cités, il n’y a plus à tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contrôle des territoires qui leur ont été abandonnés par des élus en mal de tranquillité. Et vite ! Malekh Boutih (SOS Racisme)
Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
Les mineurs délinquants cumulent les handicaps, expliquent Monique Dagnaud et Sebastian Roché. L’immigration de fraîche date, associée aux difficultés à trouver un emploi ou à la ghettoïsation de l’habitat, en fait partie, sans qu’il soit possible de mesurer l’importance respective des différents facteurs qui peuvent éclairer les parcours délictueux. D’une façon générale, la pauvreté économique concerne 60 % des familles. Les pères sont, à 26 %, inactifs. Ceux qui ont un travail sont en majorité des ouvriers (59 %), les mères des employées (46 %). Le contexte familial, difficile, éclaire aussi les parcours des mineurs. Les deux tiers sont issus de fratries de quatre frères et soeurs ou plus. Près de 40 % des dossiers judiciaires font état de violence familiale ; 20 % évoquent un père alcoolique. Seuls 54,5 % de ces mineurs vivent avec leurs deux parents ; 11 % sont hébergés en foyer. Dans 9,3 % des cas, ces adolescents ont un de leurs parents décédé. Enfin, leur situation scolaire est sinistrée : 79 % ont redoublé, 55 % plusieurs fois et près de 60 % ont fait l’objet d’une ou de plusieurs exclusions. Les mineurs d’origine étrangère « cumulent encore plus que les autres les traits de désavantage socio-économique », notent les chercheurs. Le Monde
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
L’affaire des abus sexuels commis à Rotherham sur au moins 1 400 enfants est particulièrement choquante par son ampleur, mais aussi du fait de l’inaction des autorités. En cause : leur peur d’être accusées de racisme et leur tendance à dissimuler leurs défaillances. (…) Selon l’ancienne inspectrice des affaires sociales, au moins 1 400 enfants ont été victimes d’exploitation sexuelle entre 1997 et 2013. Nombre d’entre eux ont subi des viols à répétition de la part des membres de bandes dont les agissements étaient connus ou auraient dû l’être. Les enfants qui résistaient étaient battus. Ceux qui osaient parler était traités avec mépris par les adultes censés les protéger. (…) Personne à la mairie, dit-on, n’a osé dénoncer les bandes majoritairement asiatiques qui ont commis ces violences, de crainte d’être accusé de racisme. Force est de reconnaître que le racisme, même inconscient (tout comme le sexisme et l’homophobie), est aujourd’hui montré du doigt dans les services publics. Au point que beaucoup préfèrent fermer les yeux sur des viols d’enfants plutôt que de prendre le risque de subir ce type d’accusations. The Spectator
Ne sommes-nous pas tous en route pour Abilene, persuadés que les autres veulent y aller et que nous serions seuls à exprimer une divergence ? L’évolution actuelle de nos entreprises, de notre monde dans son ensemble, n’est-elle pas, sous bien des aspects, l’autoroute vers une destination dont nous ne voulons pas, dont pas un homme ne veut vraiment ? Thierry Groussin
 Le silence est à la fois un outil très économique de communication et un puissant facteur de décisions absurdes. Christian Morel
Un Américain a observé que les randonnées de ski hors piste avec un guide avaient au moins autant d’accident que sans guide. L’explication est qu’il vaut mieux une discussion de groupe sans leader qu’un leader sans discussion. Christian Morel
Un autre type d’enchaînement vers l’absurde se produit lorsqu’il y a une anticipation croisée défectueuse, par exemple dans l’accident survenu entre deux pétroliers qui, cherchant à s’éviter, se sont détournés de leur trajectoire et sont entrés en collision – accident du reste relativement fréquent. (…) C’est ce qu’a souligné un consultant en management, J.-B. Harvey, à travers ce qu’il appelle le paradoxe d’Abilene. Un dimanche, par une chaleur étouffante, un couple, leur fils et leur belle-fille jouent à un jeu de société sur la terrasse de leur ranch, au frais, en consommant des boissons désaltérantes. Ils prennent collectivement la décision de se rendre à la ville d’Abilene en parcourant deux cents kilomètres dans la chaleur et la poussière, pour avaler un mauvais déjeuner. Quand ils rentrent, ils sont épuisés et maussades ; alors qu’ils se sont affalés dans les fauteuils, l’un d’entre eux avoue qu’il n’a accepté d’aller à Abilene que parce que les autres en avaient envie, mais que lui-même n’y tenait pas du tout ; et ils se rendent alors compte qu’en fait aucun d’entre eux n’en avait envie et qu’ils ont simplement mal anticipé les souhaits les uns des autres. Cet enchaînement vers l’absurde est souvent aggravé par le fait que non seulement les acteurs ont mal anticipé les décisions les uns des autres, mais ils n’ont pas communiqué entre eux lors des réunions ; c’est le cas dans l’apologue d’Abilene, mais c’est également le cas dans l’accident de la navette Challenger : pendant la téléconférence au cours de laquelle a été prise la décision finale de lancer la navette, plusieurs participants, qui étaient conscients des risques de dysfonctionnement des joints, sont restés silencieux.(…) Pourquoi ce silence ? Il arrive qu’il soit dû à la pression exercée par la hiérarchie, mais c’est loin d’être la seule explication. En réalité, le silence des membres du groupe s’explique surtout par un certain nombre de règles de fonctionnement implicites ou explicites des organisations : on n’est autorisé à parler que si on possède une bonne connaissance du problème évoqué ; on ne peut exprimer une opinion qui ne repose pas sur des données ; la répétition d’une objection ou l’insistance risquent d’être perçues comme le témoignage d’un manque de maîtrise de soi ou comme une manifestation d’agressivité ; il faut veiller en toute circonstance à préserver la cohésion du groupe ; on fait de l’information descendante à cause du nombre de participants. Ce mode de fonctionnement, qui entre dans la définition même des organisations bureaucratiques, a pour conséquence de pousser les acteurs à minorer les alertes. C’est particulièrement évident, notamment, dans les échanges entre les pilotes et les contrôleurs aériens : le code de communication veut qu’on ne s’énerve jamais, qu’on conserve un ton neutre, qu’on ne répète pas les informations. (…) Le plus étonnant, dans tout cela, est la grande tolérance collective qu’on observe vis-à-vis des décisions absurdes. Christian Morel

Attention: une fausse unanimité peut en cacher une autre !

A l’heure où, après l’unanimité rassurante du selfie géant du 11 janvier qui a réuni après les massacres de Charlie et de Hyper cacher et l’Administration Obama exceptée, on s’en souvient, une bonne part des pompiers et pyromanes de la planète …

Nos dirigeants semblent enfin se décider à un premier retour d’expérience suite au véritable accident industriel que pointe seul depuis des décennies le parti des bonnes questions et des mauvaises réponses …

Mais, culture de l’excuse et politiquement correct obligent comme l’indique le terme d’ « apartheid social » du premier ministre, ne semblent se résoudre à dépasser l’auto-flagellation …

Pendant qu’en Grande-Bretagne l’on découvre que par peur d’être taxées de racisme et de créer des tensions parmi les immigrés, les autorités d’une petite ville ont fermé les yeux pendant une quinzaine d’années sur les abus sexuels de quelque 1.400 mineures blanches par des migrants d’origine pakistanaise …

Comment ne pas repenser à un phénomène décrit par le consultant en management américain J.-B. Harvey dans les années 70 et repris dans deux passionnants ouvrages par l’ancien DRH de Renault Christian Morel …

A savoir celui de la fausse unanimité, grosse de conséquences potentiellement catastrophiques, dite du « paradoxe d’Abilène » …

Où, persuadés que les autres veulent y aller et qu’ils seraient seuls à exprimer une divergence, un groupe tout entier se retrouve à une destination dont personne ne voulait vraiment …

Et, comme le rappelle Morel, comment un groupe de personnes individuellement intelligentes peut, à l’instar du cas emblématique de l’explosion en vol de la navette Challenger ou de ces collisions de navires en mer du seul fait de leurs manoeuvres d’évitement, arriver à des décisions collectivement stupides et catastrophiques ?

LES DÉCISIONS ABSURDES
Christian Morel
Directeur des ressources humaines
Division Véhicules Utilitaires, Renault
Auteur du livre Les Décisions absurdes
(Gallimard, 2002)

Séance du 7 décembre 2001
Compte rendu rédigé par Élisabeth Bourguinat

En bref

Christian Morel a étudié les décisions absurdes, définies comme des erreurs radicales et persistantes, dont les auteurs agissent avec constance et de façon intensive contre le but qu’ils se sont donné, et ce dans des domaines très divers : erreurs incompréhensibles de pilotage d’avion ou de bateau, actions managériales totalement contraires à l’objectif visé, décisions de copropriété dénuées de sens… Ces cas sont analysés sous trois angles : l’interprétation cognitive qui met en évidence des erreurs élémentaires de raisonnement ; l’explication collective révélant des systèmes d’interactions qui enferment les protagonistes dans une solution absurde ; l’explication téléologique qui montre la perte du sens à différentes étapes de l’action. Le plus étonnant de tout cela, conclut Christian Morel, est la grande tolérance collective qu’on observe
vis-à-vis des décisions absurdes !

EXPOSÉ de Christian MOREL

Mon livre1 a pour objectif de décrire, analyser et comprendre des exemples de décisions absurdes. Pourquoi étudier de telles décisions ? D’une part, parce qu’elles ont un caractère d’étrangeté et même de mystère qui pique la curiosité ; d’autre part, parce qu’elles manifestent de façon éclatante des processus qui sont à l’oeuvre, de façon plus difficile à repérer, dans beaucoup de décisions “normales” que nous prenons chaque jour.

Qu’est-ce qu’une décision absurde ?

Les décisions absurdes ne doivent pas être confondues avec de simples erreurs : il s’agit d’erreurs radicales et persistantes, dont les auteurs agissent avec constance et de façon intensive contre le but qu’ils se sont donné.

Je précise qu’une décision absurde ne peut être jugée telle qu’à l’intérieur d’un cadre de référence donné. Par exemple, le fait que les anciens Égyptiens momifiaient les morts peut nous paraître absurde, mais cela ne l’était pas pour eux, dans la mesure où ils croyaient que la conservation des corps permettait une vie éternelle. En revanche, le fait d’accumuler des objets extrêmement précieux dans les tombeaux peut paraître absurde même à l’intérieur de leur cadre de référence : ces trésors étaient régulièrement pillés, ce qui privait les morts des objets de la vie quotidienne dont ils avaient besoin pendant leur vie éternelle.

Le corpus

J’ai choisi d’étudier une douzaine de cas de décisions absurdes très variés par leur nature et leurs enjeux. Certains ont fait l’objet de rapports d’enquête qu’on peut trouver sur l’internet, par exemple les accidents d’avions de ligne. D’autres sont tirés de l’observation directe, comme les cas de management ou les cas de la vie quotidienne.

Voici quelques exemples de décisions absurdes :
– l’un des deux réacteurs d’un avion présente des signes de dysfonctionnement ; le commandant de bord et son copilote arrêtent celui qui fonctionnait normalement ;
– des pilotes retardent l’atterrissage d’un avion pendant plus d’une heure, et l’appareil finit par s’écraser par manque de carburant ;
– alors qu’ils auraient pu se croiser sans incident, deux pétroliers, cherchant à s’éviter, se détournent de leur trajectoire et entrent en collision ;
– la navette Challenger explose au moment du décollage à cause d’un problème de joints défectueux, qui était pourtant identifié depuis cinq ans mais n’avait toujours pas été résolu ;
– un usage répandu et persistant veut que les orateurs présentent en général des transparents illisibles ;
– une entreprise allemande crée une université d’entreprise qui finalement devient un organisme de formation externe ;
– une entreprise pratique depuis des années des enquêtes d’opinion internes fondées sur des échantillons trop réduits pour avoir une quelconque valeur ;
– pour lutter contre les cambriolages, les copropriétaires d’un immeuble décident durablement de ne fermer qu’un seul des deux accès aux sous-sols, et les cambriolages continuent.

L’explication cognitive
Comment de telles décisions peuvent-elles être prises ? Tout d’abord à cause d’une ou de plusieurs erreurs de raisonnement persistantes, parfois très grossières, et ce même dans des milieux de culture scientifique.

La navette Challenger

Par exemple, l’accident de la navette Challenger est dû, entre autres, au fait que les ingénieurs de Morton Thiokol, la société qui a fabriqué les boosters de la navette, n’ont pas pris en compte le fait que, même si le climat de la Floride est généralement très doux, il se produit parfois des phénomènes climatiques qui font brutalement baisser la température.

Le jour du lancement, celle-ci se situait entre –1° et –2°, et la nuit avait été encore plus froide. Les joints qui devaient éviter que les gaz des fusées d’appoint servant au décollage ne s’échappent et n’aillent enflammer le réservoir principal de la fusée n’avaient pas été conçus en tenant compte de la possibilité d’une température aussi basse ; ils se sont mal détendus, le gaz s’est échappé et la fusée a explosé.

Pourtant, de nombreux essais avaient été réalisés et des dysfonctionnements avaient été repérés sur ces joints ; mais jamais les ingénieurs n’avaient songé à établir une corrélation entre ces dysfonctionnements et le niveau de la température.

Pire, lors d’un lancement précédent, effectué lors d’une vague de froid, les ingénieurs avaient noté que les joints avaient été très endommagés, mais ils avaient estimé qu’une température aussi basse était exceptionnelle, et que cela ne se reproduirait plus.

À chaque fois, ils ont donc suivi le raisonnement de l’homme de la rue : ils ont pris en compte les moyennes climatiques au lieu de s’intéresser aux températures extrêmes ; lorsqu’il s’est produit une vague de froid, ils ont considéré que c’était l’événement du siècle et qu’il ne pouvait pas y en avoir une deuxième. Ces idées fausses étaient tellement ancrées que le standard de la NASA, qui veut que les joints résistent à une température de –1°, n’était pas respecté.

Par ailleurs, la commission d’enquête a révélé que l’estimation de la probabilité d’échec d’un lancement était largement sous-évaluée ; alors que l’un de ses membres a estimé que cette probabilité était de l’ordre de 1 %, les managers de la NASA lui ont donné des évaluations de l’ordre d’un pour dix mille ou d’un pour cent mille.

Ces deux biais cognitifs se sont renforcés mutuellement. Le jour du lancement, certains ingénieurs étaient inquiets à cause du froid ; mais comme cette variable n’avait pas été sérieusement prise en compte pendant les essais, ils ne disposaient pas de preuves chiffrées ; et comme la confiance des managers dans la fiabilité de l’appareil était excessive, ils n’ont pas pris cette inquiétude au sérieux.

L’accident d’avion de Portland en 1978

L’accident de l’avion qui s’est écrasé à Portland en 1978 par manque de carburant alors que l’appareil tournait depuis une heure au-dessus de la piste, s’explique aussi par un biais cognitif, connu sous le nom de raisonnement non conséquentialiste. Par exemple, un étudiant a décidé que juste après les résultats de ses examens il s’offrirait un voyage à Hawaï, soit pour se récompenser en cas de réussite, soit pour se consoler en cas d’échec ; il attend pourtant les résultats avant d’acheter ses billets. Autre exemple : avant l’élection présidentielle américaine, les marchés financiers étaient tout aussi inquiets de l’éventualité de l’élection de Bush que de celle de Dukakis ; ils ont néanmoins attendu le résultat de l’élection pour réagir.

Dans le cas de l’accident de Portland, les pilotes ont détecté un problème de train d’atterrissage : le déploiement de celui-ci ne s’était pas correctement effectué, et ils craignaient qu’il ne soit pas bien verrouillé. Ils ont alors retardé l’atterrissage pour entreprendre diverses vérifications, en négligeant le fait que le niveau de carburant baissait dangereusement ; or, quel que soit l’état du train d’atterrissage, il n’y avait pas d’autre
solution que de tenter de se poser, en essayant de limiter la catastrophe. Finalement, l’avion s’est écrasé à quelques mètres de la piste, faute de carburant.

Décisions conditionnelles en entreprise

D’une façon générale, on observe beaucoup de confusions et d’erreurs chaque fois qu’un individu doit combiner des situations et des décisions dont certaines sont conditionnelles, et même lorsque la problématique est relativement simple. Cette confusion est encore plus grande lorsque la décision est prise collectivement.

Par exemple, j’ai assisté il y a deux ans à une réunion sur le résultat financier d’une entreprise ; pendant toute la réunion, les participants n’ont pas réussi à s’entendre pour savoir si une somme importante, conditionnelle, qui pouvait renverser le signe du résultat financier, devait être ajoutée ou retranchée à la somme du résultat.

Autre exemple : dans une usine, il existe deux portes, dont l’une est fermée et gardée, et l’autre, deux cents mètres plus loin, ouverte et sans gardien. Cette situation est absurde, mais chaque fois que la question est abordée en comité de direction, la discussion entre les différentes options possibles prend rapidement un tour très confus (le gardien doit-il surveiller les deux portes ? doit-il se trouver près de la porte ouverte ou près de la porte fermée ?) ; finalement, la situation est à chaque fois laissée en l’état.

Erreur de symétrie dans une copropriété

Un dernier exemple de biais cognitif concerne la résidence dans laquelle habite un de mes proches. Le parking de cette résidence est muni de portes automatiques qui s’ouvrent lorsqu’un véhicule se présente ; mais ces portes fonctionnent très lentement, et les cambrioleurs en profitent pour entrer dans l’immeuble. L’assemblée générale des copropriétaires a donc décidé de créer une sorte de sas en ajoutant une barrière basculante quelques mètres après la porte d’entrée : avant de poursuivre sa course, le conducteur peut ainsi vérifier qu’un cambrioleur n’est pas entré dans l’immeuble.

Les copropriétaires se sont dit ensuite qu’il fallait faire la même chose pour la sortie du parking, sans quoi ce dispositif resterait inutile ; ils ont donc ajouté une deuxième barrière levante, mais avant la porte automatique de sortie, ce qui la rend totalement inutile : le conducteur du véhicule sortant attend de façon absurde que la barrière se lève, alors qu’aucun voleur ne peut entrer ; dès que la porte de sortie est ouverte, le conducteur s’en va sans attendre qu’elle se referme, puisqu’il n’est pas arrêté par une barrière, laissant ainsi toute latitude aux cambrioleurs pour entrer.

Ce proche, qui est pourtant ingénieur de l’École des Mines, n’a pas repéré cette erreur plus que quiconque lors de l’assemblée des copropriétaires, et pas davantage lorsqu’il faisait la queue inutilement tous les matins avec les autres habitants de l’immeuble. Il ne s’en est rendu compte que le jour où un ami qui sortait avec lui de sa résidence lui a demandé à quoi pouvait bien servir cette barrière.

Cet exemple, comme celui des erreurs de prévision météorologique et de probabilité d’échec dans le cas de la fusée Challenger, montre qu’on peut s’attendre à des erreurs cognitives grossières même dans un contexte de culture scientifique ; et ces erreurs peuvent être durables et donner lieu à des absurdités persistantes, car il est très difficile de sortir d’un piège mental.

L’explication collective

Les décisions absurdes peuvent également être dues à des systèmes d’interactions qui enferment les protagonistes dans une solution absurde, alors que chacun pris individuellement pourrait dire qu’il n’a pas voulu cette décision.

Le manager, l’expert et le candide

En termes de management, lorsqu’on évoque une décision absurde, on pense souvent au modèle technocratique, dans lequel le manager ou l’expert, du haut de leur bureau, prennent des décisions absurdes parce qu’ils n’ont pas consulté les gens du terrain, que j’appellerai les candides.

En réalité, j’ai identifié des modèles très variés, dans lesquels les trois acteurs (manager, expert et candide) exercent différents rôles : opposant, suiveur, demandeur, producteur, absent. J’explique en détail dans mon livre les différents modèles, que je ne peux que résumer ici.

Dans le modèle hiérarchique autonome, par exemple, la décision absurde est produite par le manager, sans consultation d’expert et malgré l’opposition des candides : c’est le cas de l’université d’entreprise transformée en organisme de formation externe.

Dans le modèle hiérarchique validé, le manager prend la décision avec l’accord plus ou moins tacite de l’expert : lors de l’accident de Portland, c’est le commandant de bord qui a demandé les vérifications du train d’atterrissage, mais le copilote et le mécanicien navigant ont en quelque sorte confirmé sa décision de ne pas suivre de façon attentive le niveau de carburant.

Dans le modèle hiérarchique autonome accepté, c’est cette fois l’expert qui est opposant, alors que le candide est d’accord avec la décision absurde : les autorités sanitaires françaises ont ainsi décidé d’appliquer le dépistage génomique viral des virus du sida et de l’hépatite C, à la grande satisfaction du public, alors que les experts y étaient opposés compte tenu de son coût exorbitant.

Dans le modèle hiérarchique démuni, le candide est absent et l’expert est opposé à la décision, mais ne dispose pas d’éléments suffisants à soumettre au manager ; ce fut le cas lors du lancement de la navette Challenger.

Dans le modèle technique autonome, c’est l’expert qui impose sa décision, le manager et le candide étant absents ou opposants : par exemple, les centres de transfusion sanguine ont opéré une sélection totalement défectueuse des donneurs de sang entre 1983 et 1985.

Dans le modèle technique validé, l’expert propose une décision absurde qui est pourtant acceptée par le manager : par exemple, un bureau d’étude persiste à concevoir des produits qui ne plaisent pas, et le manager valide cette politique.

Dans le modèle technique démagogique, c’est sous la pression des candides que l’expert produit des décisions absurdes, qui sont suivies par le manager ; c’est le cas dans cette entreprise étrangère qui persiste, année après année, à procéder à des enquêtes d’opinion internes fondées sur des échantillons trop réduits ; la croyance des salariés dans la validité de ces échantillons est telle que même lorsqu’on change d’expert, celui-ci finit par adopter la même politique d’échantillonnage.

Enfin, dans le modèle décentralisé, ce sont les candides qui produisent la décision absurde, en l’absence d’expert et avec l’accord du manager ; par exemple, l’assemblée des copropriétaires adopte durablement un système de fermeture d’un seul des deux accès des caves pour lutter contre les cambriolages.

Il arrive fréquemment que pour corriger les défauts du modèle dans lequel on se trouve, on adopte un nouveau modèle qui n’aura d’autre effet que de changer le type d’erreur commise.

Par exemple, les pouvoirs publics et l’opinion ayant considéré que les managers étaient responsables de l’accident de Challenger, on est passé d’un modèle hiérarchique à un modèle technique : l’enquête a conclu qu’il fallait augmenter le nombre de qualiticiens et accroître leur pouvoir ; mais dans le cas de la transfusion sanguine, c’est le trop grand pouvoir laissé aux techniciens qui avait été à l’origine de décisions absurdes.

L’enchaînement vers l’absurde

La combinaison de deux biais cognitifs se renforçant mutuellement peut produire une sorte d’enchaînement vers l’absurde, comme dans le cas de la navette Challenger. Autre exemple de processus d’autorenforcement de l’absurde : un grand responsable hiérarchique d’un groupe allemand décide de créer une université d’entreprise ; comme il a des conceptions pédagogiques assez rudimentaires, il se représente les cadres stagiaires comme des plaques photographiques qui doivent assimiler une formation très incantatoire ; les cadres obligés de subir cette formation se rebellent et refusent les cours ; comme la
création de l’université a coûté cher, le groupe décide d’ouvrir ces cours à des clients externes, en rendant les stages beaucoup plus classiques et faciles à suivre ; du coup, les notes pédagogiques deviennent correctes car l’évaluation de ces stages standards se fait de manière assez superficielle ; les clients affluent, l’entreprise y trouve son compte, et l’université d’entreprise est définitivement transformée en organisme de formation externe.

Un autre type d’enchaînement vers l’absurde se produit lorsqu’il y a une anticipation croisée défectueuse, par exemple dans l’accident survenu entre deux pétroliers qui, cherchant à s’éviter, se sont détournés de leur trajectoire et sont entrés en collision – accident du reste relativement fréquent. L’existence d’anticipations croisées est extrêmement rentable pour une organisation, car celle-ci perdrait beaucoup de temps si elle devait tout expliciter et dire à tout moment à chacun des acteurs ce qu’il doit faire. Mais ces anticipations sont aussi une source majeure d’erreurs et de dysfonctionnements.

C’est ce qu’a souligné un consultant en management, J.-B. Harvey, à travers ce qu’il appelle le paradoxe d’Abilene. Un dimanche, par une chaleur étouffante, un couple, leur fils et leur belle-fille jouent à un jeu de société sur la terrasse de leur ranch, au frais, en consommant des boissons désaltérantes. Ils prennent collectivement la décision de se rendre à la ville d’Abilene en parcourant deux cents kilomètres dans la chaleur et la poussière, pour avaler un mauvais déjeuner. Quand ils rentrent, ils sont épuisés et maussades ; alors qu’ils se sont affalés dans les fauteuils, l’un d’entre eux avoue qu’il n’a accepté d’aller à Abilene que parce que les autres en avaient envie, mais que lui-même n’y tenait pas du tout ; et ils se rendent alors compte qu’en fait aucun d’entre eux n’en avait envie et qu’ils ont simplement mal anticipé les souhaits les uns des autres.

Le malentendu provoqué par le silence

Cet enchaînement vers l’absurde est souvent aggravé par le fait que non seulement les acteurs ont mal anticipé les décisions les uns des autres, mais ils n’ont pas communiqué entre eux lors des réunions ; c’est le cas dans l’apologue d’Abilene, mais c’est également le cas dans l’accident de la navette Challenger : pendant la téléconférence au cours de laquelle a été prise la décision finale de lancer la navette, plusieurs participants, qui étaient conscients des risques de dysfonctionnement des joints, sont restés silencieux.

Dans l’entreprise qui faisait des enquêtes à partir d’échantillons insuffisants, un participant qui avait de bonnes connaissances sur les sondages d’opinion est également resté silencieux lors d’une réunion consacrée à ce sujet, et les animateurs de la réunion, qui étaient pourtant désireux de régler le problème, ont laissé la discussion dériver sur un autre thème.

Pourquoi ce silence ? Il arrive qu’il soit dû à la pression exercée par la hiérarchie, mais c’est loin d’être la seule explication.

En réalité, le silence des membres du groupe s’explique surtout par un certain nombre de règles de fonctionnement implicites ou explicites des organisations : on n’est autorisé à parler que si on possède une bonne connaissance du problème évoqué ; on ne peut exprimer une opinion qui ne repose pas sur des données ; la répétition d’une objection ou l’insistance risquent d’être perçues comme le témoignage d’un manque de maîtrise de soi ou comme une manifestation d’agressivité ; il faut veiller en toute circonstance à préserver la cohésion du groupe ; on fait de l’information descendante à cause du nombre de participants.

Ce mode de fonctionnement, qui entre dans la définition même des organisations bureaucratiques, a pour conséquence de pousser les acteurs à minorer les alertes. C’est particulièrement évident, notamment, dans les échanges entre les pilotes et les contrôleurs aériens : le code de communication veut qu’on ne s’énerve jamais, qu’on conserve un ton neutre, qu’on ne répète pas les informations.

Les échanges enregistrés lors de l’accident dû à une panne de carburant, survenue alors que la tour de contrôle demandait à l’avion d’attendre avant d’atterrir, montrent qu’à aucun moment les pilotes ne se sont mis à hurler pour demander qu’on les fasse atterrir d’urgence ; les messages par lesquels ils évoquaient la baisse inquiétante du niveau de carburant étaient exprimés avec une retenue et un sang-froid parfaits ; à deux reprises, le commandant de bord a demandé à son copilote de passer un message d’urgence et celui-ci est resté silencieux.

L’explication téléologique
La prise de décision absurde peut enfin s’expliquer par la perte de sens par rapport à l’intention de départ d’une action. La roue de Deming décrit les quatre étapes idéales d’une action :
– la définition des objectifs (PLAN) ;
– la mise en oeuvre des objectifs (DO) ;
– le contrôle de la conformité aux objectifs (CHECK) ;
– la correction (ACT), après laquelle commence un nouveau cycle.

À chacune de ces étapes peut se produire une perte de sens. Il peut tout d’abord s’agir d’un dysfonctionnement dans la définition de l’objectif : on décide par exemple d’améliorer la qualité, et on ne prend pas la peine d’examiner, de définir ou de décliner plus précisément cet objectif.

La perte de sens peut également intervenir dans la mise en oeuvre des objectifs, avec une autolégitimation des solutions ; c’est le syndrome du Pont de la rivière Kwaï : l’un des personnages souligne d’ailleurs que les Anglais accordent du prix à l’action pour l’action, même si le sens de cette action a été perdu. Dans une entreprise, on admet également très difficilement qu’une situation puisse être sans solution, même provisoirement ; face à un dysfonctionnement qu’on ne parvient pas à expliquer, on décide par exemple d’organiser une formation, même sans objectif précis.

La perte de sens peut aussi se produire au niveau du contrôle de la conformité aux objectifs : il arrive que le contrôle porte sur des éléments secondaires par rapport à l’objectif final. Par exemple, alors qu’une formation est inutile, on va contrôler le fait que les personnes formées sont satisfaites des aspects logistiques de la formation ; ou encore, on vérifie que des entretiens d’évaluation sont faits, et non s’ils sont bien faits ou non.

Enfin, la perte de sens peut se produire par transfert de la solution à un objectif quelconque, parfois très éloigné de l’objectif initial ; ou encore, on rattache cette solution inutile, absurde, non à un objectif précis, mais à une valeur très générale et irréfutable, comme la qualité : du moment que cette solution vide de sens est en principe tournée vers la recherche de la qualité, elle devient elle-même irréfutable, bien qu’elle soit absurde.

L’explication téléologique occupe un seul chapitre dans le livre mais c’est pour moi un chapitre très important

Conclusion

Les décisions absurdes sont généralement le fruit de ces différents processus, avec des dominantes qui varient d’un cas à l’autre : le rôle des biais cognitifs, des mauvaises interactions collectives ou de la perte de sens est plus ou moins important selon les cas.

Par exemple, dans le cas de l’accident d’avion à Portland, on observe à la fois un raisonnement non conséquentialiste et un processus collectif entre le commandant de bord, le copilote et le mécanicien navigant. Dans le cas de Challenger, on trouve les trois composantes : un biais cognitif, un processus collectif, et finalement un processus téléologique, puisque l’objectif devient finalement de faire partir coûte que coûte la navette – d’autant que les plus hautes autorités se sont déplacées en personne – en perdant de vue l’objectif initial de réussite du décollage. Le plus étonnant, dans tout cela, est la grande tolérance collective qu’on observe vis-à-vis des décisions absurdes.

Voir aussi:

« Il existe des règles fiables pour éviter les décisions absurdes »
Propos recueillis par Anne Rodier

Le Monde

02.10.2013

Comment un groupe, constitué d’adultes rationnels, intelligents, hautement qualifiés, qui travaillent ensemble pour un même objectif, peut-il prendre une décision absurde ? Comment, pourquoi et par quel processus des individus deviennent-ils collectivement stupides ?

C’était le sujet du premier tome des Décisions absurdes, de Christian Morel, ancien DRH de Renault, qui a reçu, mardi 1er octobre, le Prix du livre RH 2013 pour le deuxième tome, Les Décisions absurdes II. Comment les éviter ?, qui tire les leçons du premier.

A partir de multiples exemples, il établit des règles de fiabilité des décisions, valables d’un milieu professionnel à l’autre.

Christian Morel, vous avez fait un premier inventaire des erreurs fatales qui mènent aux décisions absurdes, responsables chaque année de milliers de morts. Quelles sont ces erreurs ?

Afin d’identifier les mécanismes qui conduisent aux décisions absurdes et ce qu’il faudrait faire pour les éviter, je me suis intéressé aux activités à risque élevé, car elles mettent en relief les origines de ces erreurs. Un cas emblématique fut celui de la navette Challenger qui, en 1986, a explosé en vol.

Dans le groupe de responsables qui avaient autorisé le décollage, des ingénieurs étaient certains que les joints ne fonctionneraient pas, notamment à cause de la température. Pourtant, ils ont participé à l’autorisation du lancement. Ils étaient tellement sûrs de l’échec qu’en voyant la navette décoller l’un d’entre eux s’est écrié : « Ah, elle n’explose pas ! On s’était trompés. » Quelques secondes après, ce fut le drame.

Une convergence de processus avait fait prendre une mauvaise décision : lors du tour de table, les managers s’étaient exprimés. Mais certains, n’étant pas managers, n’avaient rien dit ; les décideurs de la NASA, en conférence téléphonique, n’avaient pas vu la tête d’enterrement des ingénieurs.

La décision a donc été produite par un mécanisme de fausse unanimité, soit que le contradicteur s’interdise de parler, soit qu’il croie sa position comprise, soit qu’il suive le consensus. J’ai dénombré ainsi une dizaine de dysfonctionnements qui, dans les délibérations, peuvent conduire à faire un choix erroné. Parfois, le risque dans le groupe est l’absence de conflit.

C’est ainsi que fut décidé le fiasco militaire de la baie des Cochons, en 1961. Les participants avaient reçu la consigne de ne rien dire qui pourrait mécontenter la CIA. Le conflit étant éliminé d’emblée, les vrais problèmes ne sont pas apparus.

A la suite de ces drames, des solutions ont été ébauchées dans l’aéronautique, le milieu hospitalier, la marine nucléaire. Vous affirmez que des passerelles ont été construites entre ces secteurs pour mettre en place des processus de fiabilité. De quoi s’agit-il ?

Le meilleur exemple est celui de la check-list (« liste de contrôle ») qui, dans un bloc opératoire, permet de réduire de moitié la mortalité chirurgicale. Elle est directement tirée de l’aéronautique. La check-list du cockpit est aujourd’hui considérée comme un standard du métier.

D’autres processus sont transférables d’un secteur à l’autre. Ainsi la collégialité, dont l’efficacité a été mise en évidence dans les cockpits d’avion après bien des accidents, favorise tout autant la fiabilité des décisions prises au sein du conseil d’administration d’une entreprise, tout simplement parce qu’on se trompe moins à plusieurs que tout seul.

Ce même constat a été fait dans les sous-marins nucléaires, en médecine, et même dans les équipes de randonnées de montagne. Un Américain a observé que les randonnées de ski hors piste avec un guide avaient au moins autant d’accident que sans guide. L’explication est qu’il vaut mieux une discussion de groupe sans leader qu’un leader sans discussion.

Qu’appelez-vous les métarègles de fiabilité ?

Ce sont les principes fondamentaux de fiabilité des décisions qui sont entre autres : la collégialité, le débat contradictoire, le droit de veto de l’expert, la non-punition des erreurs non intentionnelles et le retour d’expérience. Ce sont des règles qui se situent au niveau de la culture, et non au niveau des outils opérationnels.

Pour assurer la fiabilité, les instruments ne suffisent pas, il faut agir en amont. En médecine, par exemple, il existe des « revues morbi-mortalité » : les médecins et infirmières se réunissent régulièrement, font la revue des incidents passés (décès après opération, rechute, etc.) et les analysent afin d’éviter qu’ils se reproduisent.

Mais si une infirmière a peur de la punition, elle ne donnera pas toutes les informations à l’origine de l’incident. Sans l’application des métarègles en amont, ces comités seraient donc peu efficaces.

Ces métarègles sont-elles applicables au management des sociétés du CAC 40 ?

Les entreprises considèrent que c’est vers cela qu’il faut tendre. Mais quantité de responsables se disent encore prisonniers de contraintes traditionnelles de management. Les principes de fiabilité sont compatibles avec un management, même vertical, s’il se remet en cause.

C’est ce qu’a fait la NASA, qui fonctionne un peu comme une grande entreprise. Après les deux accidents de Challenger puis de Columbia en 2003, elle a modifié son management pour être davantage à l’écoute des doutes exprimés.

Les Décisions absurdes. Sociologie des erreurs radicales et persistantes, de Christian Morel. Gallimard, 2002.

Les Décisions absurdes II. Comment les éviter, de Christian Morel. Gallimard, 2012, 286 pages, 19,50 euros.

Voir également:

Christian Morel, sociologue de l’erreur
Directeur des ressources humaines chez Renault, il est le premier étonné du succès de son dernier ouvrage, « Les Décisions absurdes »

Frédéric Lemaître

Le Monde

20.07.02

« LE BUREAU de Monsieur Christian Morel ? demande l’hôtesse. Donnez-moi une pièce d’identité, prenez un badge, passez le portillon, tournez à droite, longez le bâtiment, tournez deux fois à gauche, puis prenez la première à droite. Quand vous serez dans la cour avec un char et une petite maison, entrez dans le bâtiment X : le bureau de Monsieur Morel se trouve au 1er étage. »

En ces temps de redécouverte de Play Time,difficile de ne pas penser à Jacques Tati en essayant de retrouver son chemin dans les bureaux labyrinthiques que Renault a conservés dans le vieux Boulogne. Face à la « petite maison »,une dénomination bien familière pour l’atelier mythique de Louis Renault précieusement conservé dans un écrin de verdure, se dresse en effet le « bâtiment X », l’ancien siège social de la Régie qui abrite aujourd’hui la division véhicules utilitaires du constructeur. Dans son bureau, Christian Morel fait mine de s’inquiéter. « Vous n’allez pas faire mon portrait en tant que directeur des ressources humaines, j’espère. Parce que mon parcours professionnel est on ne peut plus banal. Il y a des centaines de DRH dans ce pays. » Certes, mais, a priori, aucun autre n’est sociologue et auteur d’un livre ardu paru au plus mauvais moment – à quelques jours du premier tour de la présidentielle – mais qui, pourtant, s’est vendu à plus de 5 000 exemplaires en moins de trois mois.

Ironie de l’histoire : dans cette citadelle ouvrière où certains, à la fin des années 1960, rêvaient de voir les intellectuels s’engager aux côtés de la classe ouvrière, Christian Morel mène depuis la fin des années 1980 une double vie : celle d’un intellectuel, membre d’une équipe de direction. « Je suis fier et heureux d’être les deux à la fois », précise cet élégant quinquagénaire qui, comme tous les timides, choisit précieusement ses mots : « Je suis intellectuellement productif car je suis acteur dans une organisation. Je ne suis pas fait pour les réflexions abstraites. »

Fils et petit-fils de militaire, Christian Morel a toujours été passionné par la sociologie et par les liens complexes qu’entretiennent les idées et l’action. Etudiant, il part aux Etats-Unis étudier les relations sociales. Mais parce qu’il se croit « incapable d’écrire autre chose qu’une thèse » et qu’il juge « la carrière universitaire trop lente », l’homme choisit le monde de l’entreprise. Nous sommes au début des années 1970. Les directions, encore sous le coup des accords de Grenelle et de la reconnaissance des sections syndicales, cherchent à humaniser leurs directions du personnel et à remplacer les militaires qui souvent les dirigent par des spécialistes du « social ». Christian Morel fera donc ses classes chez Dunlop avant d’être responsable du département social de Saviem (devenu Renault Véhicules industriels, après la fusion avec Berliet). De cette double expérience naîtra un premier livre : La Grève froide.

« Je l’ai écrit car ce que je vivais de l’intérieur ne correspondait pas à ce que racontaient les sociologues ou les journalistes. Les négociations étaient décrites comme un processus où chacun fait un pas vers l’autre pour parvenir à un accord contractuel. J’avais plutôt le sentiment de vivre des négociations-manifestations. Les syndicats concevaient la négociation comme un moyen d’obtenir des avantages mais refusaient les contreparties. Et, comme dans les manifestations, ils répétaient toujours les mêmes slogans. » Réédité en 1994, ce livre est aujourd’hui un classique dans la profession. « Même si ce modèle n’est plus dominant, il est utile pour comprendre les stratégies d’acteurs », observe-t-il.

Refusant une mutation à Lyon, Christian Morel entre chez Alcatel. Il y reste moins de quatre ans. « J’ai fermé une usine de 300 personnes. Cela s’est bien passé mais quand il a fallu supprimer 2 000 emplois dans une division, j’ai renoncé et préféré rejoindre Renault. » Là aussi il doit fermer des usines : à Creil et Gennevilliers. Mais la direction y met les moyens et, « en partant d’une situation conflictuelle, nous sommes parvenus à signer un accord sur la fermeture avec les syndicats les plus durs : la CFDT à Gennevilliers et la CGT ».

Dans le même temps, il écrit dans la revue Gérer et comprendre (Annales des Mines), un article consacré au « mal chronique de la connaissance ordinaire en entreprise ». « J’ai essayé de montrer que, de l’extérieur, la connaissance du fonctionnement de l’entreprise est très faussée. Du coup, même les cadres ont une représentation injuste de leur entreprise car ils croient que les dysfonctionnements qu’ils observent sont exceptionnels alors que ce n’est pas le cas. »

CONTE DE FÉES

La gestation de Décisions absurdes, sociologie des erreurs radicales et persistantes collectivesprendra plusieurs années. Une première mouture paraîtra en 1997 dans la revue L’Année sociologique. « Je suis passionné de documentation et je me suis toujours demandé pourquoi on commettait des erreurs humaines dans une activité aussi organisée que l’aviation civile. Du coup, j’ai lu une cinquantaine de rapports très détaillés sur des accidents d’avions. Deux m’ont passionné : celui d’un vol où le commandant de bord et son copilote ont arrêté le seul réacteur qui fonctionnait normalement et celui où, pour une raison technique, alors que la piste est en vue, les pilotes retardent l’atterrissage pendant plus d’une heure, et finalement l’avion s’écrase faute de carburant. »

Honnête, Christian Morel reconnaît qu’il n’est pas davantage que les autres à l’abri d’une « erreur radicale persistante et collective », tant il est « difficile de convaincre les autres qu’il y a erreur ». Mais, loyal, il ne mentionne jamais son entreprise même si l’on peut supposer qu’elle n’échappe pas à l’usage répandu de transparents illisibles, qui constitue l’une des parties les plus drôles de cet ouvrage par ailleurs très sérieux.

Vivant « comme un conte de fées » son succès éditorial, Christian Morel qui visait « un public de sociologues et non de management » en déduit que « l’ouverture d’esprit des cadres est plus forte que je ne le pensais. Les cadres et les ingénieurs sont prêts à ce qu’on leur apporte des connaissances et pas seulement des méthodes ».

Une chose est certaine : tous les grands éditeurs qui ont refusé le manuscrit de Christian Morel devraient imposer la lecture de son ouvrage à leur comité de sélection.

Biographie

 1948

Naissance à Waldkirch (Allemagne).

1974

Doctorat en sciences politiques.

1980

« La Grève froide » (Les Editions d’organisation).

 1987

Adjoint du directeur de la formation

chez Renault.

2002

« Les Décisions absurdes » (Gallimard, NRF).

Le paradoxe d’Abilene

Thierry Groussin

Indiscipline intellectuelle

14/06/2011

Imaginez le porche d’une maison texane, un dimanche matin. Il y a là, assises sur les marches, sirotant mollement une citronnade, les trois générations : les parents, les enfants, le père et la mère de Madame. C’est l’été et il fait déjà très chaud. Tout le monde semble s’ennuyer à mourir. Le beau-père lance alors une idée : et si on allait déjeuner à Abilene ? Abilene, c’est la « grande ville » qui se trouve à près de 100 km. Les membres de la famille se regardent et bientôt la décision est prise de suivre la suggestion de bon papa.

La voiture familiale est vieille, elle n’est pas climatisée et le voyage, à la rage du soleil, est pénible. Arrivé à Abilène, le petit groupe erre longuement dans les rues à la recherche d’un restaurant. Il finit par jeter son dévolu sur un établissement où la nourriture se révèle aussi chère que mauvaise. On rentre, toujours à la rage du soleil et, de retour à la maison, une dispute éclate. C’était vraiment une idée stupide d’aller déjeuner à Abilene !

Le beau-père se défend : lui-même n’avait pas le moindre désir de déjeuner à Abilene ! Simplement il avait l’impression que tout le monde s’ennuyait et il a lancé cette idée-là, croyant faire plaisir, comme il en aurait lancé une autre. Une fois que tout le monde s’est exprimé, une évidence s’impose : personne n’avait envie d’aller déjeuner à Abilene !

Cette histoire a été vécue par le sociologue américain Jerry B. Harvey, qui l’a théorisée sous l’intitulé de «paradoxe d’Abilene»*.

Ne sommes-nous pas tous en route pour Abilene, persuadés que les autres veulent y aller et que nous serions seuls à exprimer une divergence ? L’évolution actuelle de nos entreprises, de notre monde dans son ensemble, n’est-elle pas, sous bien des aspects, l’autoroute vers une destination dont nous ne voulons pas, dont pas un homme ne veut vraiment ?

*The Abilene Paradox and Other Meditations on Management (San Francisco: Jossey-Bass, 1988).

Voir encore:

Paris : Barbès « se transforme en Etat de non-droit »
Valeurs actuelles

07 Juillet 2014

Police. C’est dans les colonnes du Parisien que des policiers, sous couvert d’anonymat pour la plupart, livrent des témoignages accablants : le quartier du XVIIIème arrondissement de la Goutte-d’ Or à Paris, déjà classé en Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP), est en passe de devenir une zone de non-droit.

Des témoignages accablants

Le récit que font les policiers de certaines scènes qui se déroulent à Barbès dans le Parisien est édifiant. Les témoignages se passent de commentaire : «Jeudi dernier, on est arrivé à une situation extrême» confie un policier sous couvert d’anonymat. «Un contrôle sur une bagarre au couteau s’est terminé en révolte de rue. Les policiers ont dû dégoupiller une grenade de désencerclement afin de pouvoir rejoindre entiers leur voiture qui était à 30 mètres !» poursuit le fonctionnaire de police. Un témoignage à peine croyable. Manque de moyen, sous-effectif… le commissariat du quartier de la Goutte-d’ Or, dans le XVIIIème arrondissement, est «au bord de l’implosion» selon les mots du Parisien, qui précise que «plusieurs fois, le commissariat de la Goutte d’Or a dû diffuser au micro son appel à toutes les unités». Un policier a précisé : «200 policiers sur tout Paris ont été appelés à la rescousse. Samedi le quartier s’est à nouveau embrasé…»

Le syndicat Unsa-Police est à bout

Le syndicat de policiers, Unsa-Police, dénonce une situation qui ne peut plus durer. Il diffuse depuis vendredi un tract «Etat d’urgence ! ZSP du XVIIIème»  pour dénoncer la situation. «Ce sont des voyous qui tiennent le quartier». Le Parisien décrit des scènes étonnantes en plein Paris, où des «supermarchés à ciel ouvert» se tiennent dans ces quartiers. On peut y acheter drogues, mais aussi «vélos fraîchement volés»  ou encore des «vêtements de marque neuf à même le sol»… Le quotidien révèle aussi le contenu des procès-verbaux des derniers jours. Le constat est sans appel : «ils attestant de ce trafic et de la montée en violence du quartier». La fin de l’article, là encore, se passe de commentaires. Un fonctionnaire de police témoigne que «jeudi dernier, certains policiers ont reçu la consigne de laisser tomber les contrôles des marchés à la sauvette».

Voir par ailleurs:

L’allusion de Manuel Valls à «l’apartheid social» irrite la droite
Tristan Quinault Maupoil
Le Figaro

20/01/2015

LE SCAN POLITIQUE – «Grigny ou Aulnay ne sont pas Soweto», répond le député UMP Pierre Lellouche. Florian Philippot (FN) parle d’une «insulte à la France».

Les vœux de Manuel Valls adressés mardi à la presse ne sont pas passés inaperçus. Une nouvelle fois, le premier ministre a trouvé la formule choc pour commenter les attentats qui ont frappé la France. Fustigeant «les tensions qui couvent depuis trop longtemps et dont on parle peu», le premier ministre a dénoncé «un apartheid territorial, social, ethnique, qui s’est imposé à notre pays».

Une déclaration qui n’a pas échappé au député UMP Pierre Lellouche. «Grigny ou Aulnay ne sont pas Soweto! (un township sud-africain, ndlr) Et Kouachi n’est pas Mandela! À moins que Manuel Valls ne se prenne pour de Klerk (du nom de l’ex-président sud-Africain qui a mis fin à l’apartheid, ndlr)», a réagi l’ex-ministre sur Twitter. Une indignation partagée par le député UDI François Sauvadet: «Les mots ont un sens. Lutter contre les ghettos, oui. Confondre notre État de droit avec ce qui se passait en Afrique du Sud, non.».

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, s’est lui aussi ému de l’utilisation de cette comparaison. Dans un communiqué, le député européen dénonce des «propos aussi irresponsables qu’insultants pour notre pays». «Ses propos ne feront que jeter de l’huile sur le feu, en avivant le ressentiment et la haine entre des groupes de Français incités à se penser en communautés», écrit encore ce proche de Marine Le Pen.

«Le premier ministre pose des mots sur des réalités»
Manuel Valls doit se tourner vers son propre parti pour voir sa déclaration saluée. «Je trouve que c’est très bien que le premier ministre pose des mots sur des réalités, il y a des cités qui sont des ghettos, où on met les plus pauvres, les gens des mêmes origines et ensuite on demande à ces gens de se comporter comme tout un chacun», a déclaré le député PS Patrick Mennucci sur France 3.

Enfin, les communistes prennent l’hôte de Matignon au mot en le priant de rectifier sa politique. «Agissez pour l’égalité et la fraternité en mettant un coup d’arrêt à des politiques injustes, inefficaces dont se nourrissent les monstres», écrit Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF dans un communiqué.

Voir de plus:

L’« apartheid » en France ? Pourquoi les mots de Manuel Valls marquent une rupture
Luc Bronner

Le Monde

20.01.2015

Manuel Valls avait déjà parlé de « ghetto » et de « ségrégation », voire d’« apartheid ». C’était en 2005, et il n’était alors que maire d’Evry (50 000 habitants) et socialiste en rupture idéologique avec son parti sur les enjeux d’intégration et de sécurité. Dix ans plus tard, à l’occasion de ses vœux à la presse, mardi 20 janvier, c’est le premier ministre qui parle. Avec des mots inédits pour qualifier la situation des quartiers sensibles en France, une semaine après les attaques terroristes qui ont fait 17 morts. Pour décrire la gravité de la situation des quartiers français, Manuel Valls parle publiquement de « ghettos » et d’« apartheid territorial, social, ethnique » – chaque mot compte, et le dernier plus que les autres dans un pays où la question ethnique demeure un tabou politique et intellectuel.

L’ancien ministre de l’intérieur a précisé sa pensée, tissant un lien avec les émeutes qui avaient secoué la France pendant trois semaines en 2005 avec plus de 10 000 voitures brûlées, l’incendie de dizaines de bâtiments publics et des centaines de policiers blessés. « Ces derniers jours ont souligné beaucoup des maux qui rongent notre pays ou des défis que nous avons à relever. A cela, il faut ajouter toutes les fractures, les tensions qui couvent depuis trop longtemps et dont on parle uniquement par intermittence », a-t-il expliqué.

« Les émeutes de 2005, qui aujourd’hui s’en rappelle ? Et pourtant les stigmates sont toujours présents », a souligné Manuel Valls, fortement marqué, à l’époque, par le niveau de violence atteint dans les quartiers d’Ile-de-France, y compris dans sa ville d’Evry. Les émeutes avaient alors contraint le gouvernement à mettre en place l’« état d’urgence », une disposition législative exceptionnelle instaurée en 1955 et utilisée une seule fois, avant les émeutes, pendant la guerre d’Algérie.

Frontières invisibles
Le terme de ghetto n’est pas tout à fait neuf, repris notamment par les élus de terrain, dont faisait partie Manuel Valls à l’époque, mais il est resté rare dans la bouche des responsables de l’exécutif français. A l’exception de Nicolas Sarkozy qui, en tant que ministre de l’intérieur, puis de président de la République, l’a utilisé à plusieurs reprises entre 2007 et 2012. Mais l’argument de Nicolas Sarkozy était d’abord policier : le « ghetto » était associé à la notion de « zones de non droit » et donc d’abord à la délinquance.

De son côté, la recherche française, et avec elle le monde intellectuel, ont longtemps critiqué l’usage de cette notion, au motif notamment que ce terme induisait une comparaison avec la situation des Etats-Unis, marqués par un niveau de ségrégation ethnique nettement plus élevé. La sociologie française avait toutefois été bousculée par la publication, en 2008, de Ghetto urbain, écrit par Didier Lapeyronnie (Robert Laffont), qui montrait comment les quartiers se constituaient en véritables « contre-sociétés » et comment s’érigeaient des frontières invisibles au sein des villes françaises.

Le terme d’« apartheid », en revanche, marque une rupture sémantique, et donc politique. Car si l’ancien maire de banlieue pouvait formuler ce type de constat dans une logique de dénonciation, des mots similaires dans la bouche d’un premier ministre prennent un sens différent. D’abord parce que s’il existe une forme d’« apartheid » en France, cela témoigne d’un échec majeur de trente ans de politique de la ville – ce que la gauche, plus que la droite, a toujours eu du mal à reconnaître.

Ensuite, et surtout, parce que si le premier ministre estime que les quartiers sont victimes d’« apartheid », cela signifie que, pour le prendre au mot, les logiques de ségrégation ne sont pas uniquement subies mais qu’elles sont, au moins en partie, construites par les politiques publiques, notamment dans les domaines du logement, de l’éducation et de l’emploi. Ou, dit autrement, que l’« apartheid », qui signifie littéralement « séparation », est le résultat d’une politique volontaire, ou du cumul de différentes politiques – et donc pas uniquement l’effet d’une crise sociale prolongée.

Voir encore:

« Les zones de non-droit » dans la République française, mythe ou réalité ?
Vincent Trémolet de Villers

Diplôme Universitaire de 3ème Cycle
Menaces criminelles contemporaines

Université Paris II Sous la direction de Xavier Raufer et François Haut

Années 2001/2002

Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines – © DRMCC 2002

Introduction

Le 13 juillet 2001, à la cité du Galion à Aulnay-sous-bois (93) : L’électricité vient d’être sabotée. Le quartier entier- 23 000 personnes- est dans le noir. Une voiture défonce le portail de la Protection maternelle et infantile. Peu après le bâtiment prend feu, en même temps que plusieurs voitures. Les pompiers alertés sont pris en embuscade en arrivant sur les lieux, leur camionnette est percutée par une pelleteuse, tandis que les soldats du feu sont attaqués à la barre de fer. Nuit du 17 au 18 septembre 2001 à Amiens(80), dans le quartier du pigeonnier. C’est l’émeute : un véhicule et des poubelles sont en feu, des policiers sont blessés par des jets de pierre, on entend des détonations.

Le 12 janvier 2002, à Bron (69) au quartier de la Caravelle. Trois policiers s’approchent d’un attroupement de vingt jeunes visiblement énervés,  et entament une conversation avec eux. Peu après, une bouche d’égout est lancée sur la voiture des fonctionnaires, qui sont sérieusement blessés et doivent être hospitalisés. Quelques minutes plus tard à Vénissieux(69), tandis que des « jeunes »1 brûlent poubelles et voitures la police se rend sur les lieux. Prise dans un guet-apens la voiture est bloquée. Les forces de l’ordre doivent affronter les insultes et les jets de projectiles.
Le 13 janvier 2002, quartiers nord de Marseille. Quatre contrôleurs de la Régie des Transports Marseillais (RTM) roulent dans une voiture banalisée. Un homme à moto longe le véhicule et vise le pare brise avec un pistolet à balles réelles. Les conducteurs perdent le contrôle de la voiture, qui s’encastre dans un pylône.  Les quatre hommes sont sérieusement blessés. Quartier Fragonard, au Val Fourré à Mantes La Jolie (78) le 6 février 2002. Il est treize heures. Deux bandes, l’une à prédominance maghrébine, l’autre africaine se retrouvent pour s’affronter armées de battes de base-ball, de manches de pioche, de haches et d’armes à feu.
1 Dans ce Mémoire, l’expression jeune entre guillemets ne signifie  pas toute la jeunesse de la société française, ni même la distinction d’un groupe par l’âge de ses membres. Elle n’est qu’un concession à un usage qui par euphémisme a  fait du mot jeune un synonyme de délinquant, malfaiteur, casseur, voire criminel juvénile.
La police qui tente d’intervenir est la cible de jets de pierre, un auxiliaire est blessé à l’œil.

Le 17 mai à la cité des Aubiers dans la banlieue de Bordeaux. Apprenant que deux vitrines viennent d’être brisées et une voiture incendiée, la police  se rend sur les lieux. Arrivée sur place la patrouille est la cible de jets de pierre, de barrières métalliques et de cocktails Molotov de la part d’une quinzaine d’individus cagoulés postés sur une terrasse.

Toulouse, Paris, Lille, Strasbourg : en ces premières années du XXIe siècle,  les violences urbaines semblent s’étendre à tout le pays. Tandis que se multiplient les quartiers où la police et la gendarmerie ne peuvent plus faire respecter l’ordre républicain et même apparaître sans risquer l’affrontement, les projectiles,  voire le coup de feu mortel. « La violence ne cesse de croître depuis une dizaine d’années dans les cités, affirment Sophie Body-Gendrot et Nicole Le Guennec. Les chiffres fournis par les renseignements généraux font état de 684 quartiers qui connaissent au moins des phénomènes d’incivilité au quotidien; 197 d’entre eux voient la police et les institutions locales, comme l’école, aux prises avec une hostilité orchestrée; et 18 sont installés de manière quasi banalisée dans des comportements d’attaques préméditées des forces de l’ordre, avec guet-apens, jets de pavés, de boules de pétanque, de cocktails Molotov, sans compter les pare-choquages et les tirs d’armes à feu. » 1

Ces « zones de non-droit », (selon l’expression usuellement employée) qui parsèment l’hexagone, étaient, il y a quelques années encore considérées comme un fantasme. Elles sont aujourd’hui la représentation la plus inquiétante et la plus spectaculaire de la montée incessante de l’insécurité en France.

Elles seraient aujourd’hui pour nombre d’analystes, de politiques et de haut- fonctionnaires de police les fiefs de la délinquance et parfois même du crime organisé.
1 rapport sur les violences urbaines remis à Jean Pierre Chevènement alors ministre de l’intérieur en avril 2000
Le fait que la police ne s’y rende même plus y développerait un sentiment d’impunité tel que la seule loi serait celle de « la jungle ». Par crainte de représailles, ceux qui y vivent et subissent chaque jour des menaces, des incivilités voire des violences n’oseraient pas porter plainte. L’évaluation statistique de l’insécurité se révèlerait de ce fait particulièrement difficile dans ces quartiers. Un tel climat permettrait aux malfaiteurs de développer leur « business » dans des enclaves à l’abri des surveillances et parfois même à l’abri des plaintes.

« Non-droit »? L’expression exige de toute façon des guillemets, la police pouvant théoriquement continuer ( même si c’est de plus en plus rare et de plus en plus difficile) de s’y rendre.  La formule  est cependant dans toutes les bouches. C’est Guy Pettenati, maire PCF de Chevilly-Larue, qui reconnaissait en novembre 2000 : « Certains quartiers de notre ville sont devenus des zones de non-droit ».1 C’est Malekh Boutih, président de SOS Racisme, qui emploie régulièrement la formule  « zone de non-droit » et multiplie les déclarations alarmantes pour que nos autorités morales réalisent l’existence de ces enclaves. Au début du mois de juin 2002, il déclarait: «  les barbares des cités, il n’y a plus à tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contrôle des territoires qui leur ont été abandonnés par des élus en mal de tranquillité. Et vite ! » 2

C’est Roger Gérard Schwarzentberg, alors ministre de la recherche et président du PRG (Parti Radical de Gauche) qui dans une tribune sonnait l’alerte : « Les quartiers en difficultés ne peuvent devenir des zones de non-droit, inaccessibles aux policiers ».3 C’est Dominique Perben, député UDF (devenu Garde des Sceaux du gouvernement Raffarin), qui tonnait le 29 janvier 2002, au lendemain de la publication des chiffres annuels de la délinquance par le ministère de l’intérieur: « Il faudra renouer avec l’ordre en intervenant énergiquement dans les zones de non-droit où l’impunité a pris le pas sur le respect des lois. »1
C’est Michel Charzat, maire socialiste du XXe arrondissement qui ne cache pas son inquiétude : « Economie souterraine, trafics divers, cela se voit à l’œil nu. Avant, à Belleville, on reconnaissait les truands à leurs grosses voitures américaines. Elles  étaient voyantes mais ne valaient pas plus de quelques milliers de francs. Maintenant, on voit tourner les Mercedes des trafiquants, des voitures à 200 000 francs que je ne pourrais jamais me payer. Il y a des familles, et je pense à l’une d’entre elles en particulier, dans le quartier Saint Blaise, qui arrivent à faire vivre 25 personnes. Depuis deux ou trois ans, on a l’impression que les digues ont cédées. »2 C’est enfin Nicolas Sarkozy qui, à peine arrivé Place Beauvau prenait pour premier objectif la restauration de l’ordre républicain dans les « zones de non-droit », en créant des unités spéciales (groupes d’interventions régionales)3 ayant pour but de restaurer l’ordre dans ces quartiers.

Ce sont ces quartiers et ces cités, l’ordre qui y règne, que nous avons choisi de décrire pour mieux saisir leur rôle dans l’explosion de l’insécurité en France. Ni la Corse, qui présente pourtant par endroits les symptômes d’une « zone de non-droit », ni Chinatown ( XIIIe arrondissement de Paris),  où règne un ordre souterrain, ne seront évoquées dans les pages qui suivent tant ces deux territoires présentent des caractéristiques spécifiques et complexes qui justifient un travail à lui seul.

1 AFP 2 AFP 3 Groupes formés par la fusion de plusieurs services et comportant des policiers de tous horizons. Des agents des Renseignements Généraux, des gendarmes, des hommes des douanes et des agents du fisc. Chaque région possède son groupe, de même que 26 départements de la capitale ou de la banlieue parisienne, soit 28 unités au total.

1 Le Figaro, 6 novembre 2000 2 Cité dans Le Monde du 13 juin 2002, « Malek Boutih, le « Désillusionniste » 3Le Figaro, 29 novembre 2001

Chapitre I Des cités en sécession ?

A ) Qu’est-ce qu’une « zone de non-droit »?

 1°) Symptômes.

A la question « comment on devient une zone de  non-droit ? », policiers et experts répondent à l’unisson, que l’évolution d’un quartier vers l’illégalité est très progressive. Que la scène d’émeute ou les affrontements avec la police, qui font basculer un territoire dans la « sécession », ne sont que l’illustration la plus spectaculaire d’un climat d’impunité qui s’est généralisé depuis longtemps. Les causes profondes qui  entraînent les jeunes dans la délinquance puis le crime, comme la précarité sociale, l’intégration ratée, le culte de l’argent facile et l’urbanisme inhumain, ne sont pas abordées ici. Ces facteurs multiples touchent à des domaines à la fois économiques, sociologiques et sont parfois la conséquence d’un choix de civilisation. Ce débat s’adresse plus à la philosophie politique qu’à l’analyse des menaces criminelles. Nous nous en tiendrons donc aux réalités tangibles, laissant à ceux dont c’est la compétence l’analyse de ces facteurs.

Lors d’une intervention à Anvers, en avril 1998, M. Gilles Leclair chef de l’OCRTIS expliquait, dans le cadre du trafic et de la consommation de drogues par quelles étapes un quartier peu subir progressivement la loi du trafic. Il distinguait six profils de quartiers, précisant que « d’année en année, l’on constate un glissement vers les situations les plus graves ».1
1er profil : consommation et vente visible du cannabis 2ème profil : petit deal par les usagers. Des consommateurs locaux fournissent quelques résidents.
1 24ème réunion européenne des chefs de services nationaux spécialisés dans la lutte contre les drogues. Anvers, Avril 1998
3ème profil : développement du trafic. Il s’organise et se structure (guetteurs). Une clientèle vient sur place s’approvisionner. Des signes de réussite apparaissent.  4ème profil : visibilité du trafic d’héroïne, la consommation d’héroïne devient une réalité  quotidienne, visible et inquiétante pour les parents. La délinquance liée aux besoins d’acheter la dose quotidienne apparaît, le sentiment d’insécurité augmente. 5ème profil : mise en place d’une économie parallèle : le trafic se concentre sur quelques mains.  Des familles dénuées de ressources officielles commencent à manifester des signes extérieures d’aisance. Des caïds imposent leur autorité et assurent parfois la paix sociale (paiement de loyers, fin de provocation…). On est en présence de « supermarchés de la drogue » achalandés en plusieurs produits.  6ème profil : apparition de violences spécifiques liées au trafic de drogue : rixes entre bandes pour le contrôle de la distribution, représailles collectives, règlements de compte entre dealer et consommateur.
Si cette échelle concerne spécifiquement la vente et la consommation, elle montre bien comment la situation se dégrade quand le trafic s’y implante de manière régulière.  Elle se confond presque avec le système d’évaluation institué par Lucienne Bui-Trong qui a défini, pour mieux saisir l’importance de la délinquance dans les quartiers, une échelle de 1 à 8 qui permet de mieux prévoir les explosions et émeutes éventuelles. Elle attribue donc une note à chaque quartier pour mieux le jauger. On verra que des effets de cliquets entraînent quasi systématiquement les quartiers vers le degré 4, celui où les représentants de l’ordre républicain commencent à être la cible de jets de pierre.1 1er degré : Vandalisme et délinquance en bande Ce premier degré comprend les dégradations volontaires, les intimidations devant les caissières, les vols devant les commerçants. Ces actes sont commis par des groupes d’individus liés par l’échec scolaire ou familial. Ils peuvent aller jusqu’au vol de voiture donnant ensuite lieu à un rodéo puis à la mise à feu de la voiture. Ce degré comprend aussi les bagarres et règlements de comptes entre bandes rivales.  2ème degré : attaques furtives, verbales ou gestuelles contre l’autorité.  Ici les commerçants, les adultes du voisinages, les chauffeurs de bus, les facteurs, les  pompiers, les enseignants et les policiers deviennent les cibles d’injures verbales et gestuelles, de crachats. L’école, les voitures des enseignants, les commissariats peuvent être attaqués.

3ème degré : agressions physiques contre les représentants de l’autorité ( militaires, pompiers, professeurs, chauffeurs de bus….) 4ème degré : attroupements et caillassage à l’encontre de la police.  On passe ici « un palier » précise Lucienne Bui-Trong puisque des jeunes se regroupent pour affronter l’autorité policière. « La chasse aux dealers » tient de ce degré puisque la population se substitue à la police pour se faire justice elle-même. 5ème degré : agression physique contre les policiers. Des dizaines d’individus envahissent le commissariat à main nue. On voit apparaître des zones de repli pour les malfaiteurs et de deal à ciel ouvert.  6ème degré : aggravation des agressions physiques et « jeux » meurtriers.  Des policiers sont blessés délibérément : le commissariat est attaqué, alors que le personnel y est présent, par jets de pierres et de cocktails Molotov. Les attaques prennent des allures de guérillas urbaines. Les jeunes organisent des guet-apens et des manœuvres concertées pour s’attaquer à la police. 7ème degré : la mini-émeute Escalade rapide et spectaculaire de la violence (saccage systématique de vitrines et de  voitures, incendies, jets de cocktails Molotov en grand nombre), mais brève et sans lendemain. L’arrivée des renforts policiers suffira à y mettre fin.  8ème degré : l’émeute On voit se rallier de nombreuses autres personnes, habituellement non impliquées dans la délinquance, qui peuvent se livrer au pillage des magasins. Ce degré implique souvent durée et répétition et imprime des marques profondes dans le quartier : deux ou trois nuits consécutives, les mêmes incidents se renouvellent, présentant dès lors un caractère concerté et organisé, ressemblant à la guérilla urbaine.
A comparer ces deux échelles on s’aperçoit que la violence vis à vis des populations et de la police augmente proportionnellement à l’intensité du trafic.

Le premier symptôme d’un quartier à la dérive, c’est donc bien la mise en place d’un commerce de cannabis, puis plus tard de drogue comme l’héroïne . Ce trafic instaure une économie parallèle très lucrative qui développe un sentiment de supériorité chez ceux qui s’enrichissent dans cette activité criminelle. Ceux-ci posent en intouchables en intimidant les habitants du quartier susceptibles de remettre en cause leur « business ». Les dealers concurrents subissent le même sort. Toute forme d’autorité et la police en particulier devient insupportable aux caïds qui tiennent leur quartier. La police peut bien évidemment intervenir épisodiquement dans ces zones avec un effectif étoffé, mais comme le rapporte ce gardien de la paix de Montfermeil :
« S’il y a une intervention aux Bosquets, surtout le soir, à deux, on ne peut pas la faire. On évite les Bosquets quand on est que deux. C’est une humiliation, une frustration, ils le savent ils en abusent. On se laisse insulter par un petit garçon de six ou sept ans. »1

B) Présentations les plus fréquentes

En 1993, Lucienne Bui-Trong, ancienne élève de l’Ecole normale supérieure (philosophie), alors commissaire de police et chef de la section « Villes et banlieues » au Service central des renseignements généraux, n’employait pas encore le terme de zone de « non-droit » mais celui de quartiers « hyper sensibles ». Elle en donnait la définition suivante:« Une trentaine de quartiers, écrivait-elle, dont la moitié se trouve située en région parisienne, peuvent être catalogués comme « hyper sensibles », ou particulièrement à risques, c’est à dire susceptibles de connaître des incidents sérieux, parce qu’ils sont le siège d’une violence au quotidien de niveau égal au moins à quatre (« attroupement et caillassage à l’encontre de la police »), et/ou parce qu’ils ont déjà eu des épisodes de violence paroxystique. La plupart de ces quartiers sont devenus des hypermarchés de la drogue ( haschisch, mais aussi héroïne), dans lesquelles viennent s’approvisionner des toxicomanes des environs( notamment des centre-villes), et desquels se font chasser les vendeurs(…) qui prétendent venir y « casser les prix »1. On pouvait déjà dégager deux caractéristiques de ces territoires : l’agression des forces de l’ordre et la mise en place de règles propres au quartier (notamment pour le trafic).
On retrouvait ces deux éléments dans les propos d’un commissaire des renseignements généraux du Val d’Oise qui, dans un numéro du Parisien consacré aux « Cités Interdites » du département, expliquait que dans ces quartiers « résidait une économie basée sur le commerce de la drogue et le recel. Le patriotisme de cité joue ici à plein. L’étranger devient systématiquement suspect. Que dire des porteurs d’uniforme qui, susceptibles d’enrayer la belle mécanique de la cité , doivent à tout prix en être expulsés. » 2 Jean Marsaudon, maire RPR de Savigny-sur-Orge, faisait le même constat :
« les cités où les bandes règnent en maîtres (…) ne sont pas des zones de non droit, puisque des lois s’appliquent, mais ce ne sont plus les lois de la République ». 3 Des caractéristiques que l’on retrouve dans la définition que donne Olivier Foll, inspecteur général honoraire de la police nationale, ancien directeur de la police judiciaire parisienne. Le contexte urbain, écrit-il : « nourrit les violences et les couve dans des nids que l’on a pris l’habitude d’appeler « quartiers » ou « cités ». L’Etat n’ose y intervenir de peur de les embraser, créant ainsi des zones de non-droit. Ces véritables places fortes de la délinquance sont devenues au fil des années les nouvelles écoles du crime. La violence y est de mise, voire la règle » 4
Le journaliste Jean Marc Leclerc, spécialiste des questions de sécurité, parle, lui, de « cités érigées en zones de non-droit, où des caïds règnent sur de véritables petites armées ». 5 Pour le sociologue Pierre Rimbert, « les zones de non-droit » font, en revanche, partie « des figures imposées du discours sur l’insécurité ». Ce n’est qu’un concept né « de tableaux apocalyptiques qui supplantent toute connaissance réelle de ces quartiers ».1 L’universitaire Laurent Bonelli voit lui dans l’appellation « zones de non-droit »  et dans sa description une résurgence, une « réactivation », de l’ « idéologie de la fin du XIXe siècle : classes populaires, classes dangereuses »2. Pour le sociologue Laurent Muchielli, chercheur au CNRS, ce concept de « non- droit » ne serait qu’un fantasme et  une preuve de plus de la « très grande facilité avec laquelle les propos les plus catastrophiques parviennent à s’imposer »3 en matière de sécurité.

Malgré les réserves qu’elle peut inspirer, cette notion de « zone de non-droit » apparaît cependant dans  la version réactualisée du  Que sais-je? consacré aux Violences Urbaines. On y trouve cette définition : « Par  » non-droit , nous entendons les quartiers ou cités dans lesquels des groupes organisés ont imposé, par l’intimidation ou la force, un ordre parallèle ou concurrent de l’ordre républicain. Bien avant la police, qui éprouve en effet des difficultés à simplement circuler dans ces quartiers, les premières victimes de cette domination en sont les propres habitants eux-mêmes. »4

Le syndicat des commissaires et fonctionnaires de la police nationale, dans une étude parue en 1995, parle de « cités interdites ». « Elles seraient au nombre de cent trente deux, compterait 1, 5 millions d’habitants et se caractériserait par une économie souterraine financée pour l’essentiel par le narco-trafic, et se manifestant par la présence de marchés aux voleurs dans certaines parties communes des cités (cave, halls, parking) alimentés par des biens dérobés ou obtenus de façon frauduleuse et par des bandes organisées liées aux dealers attaquant systématiquement dans une phase de conquête, les représentants de l’autorité lorsque ceux- ci pénètrent dans leur territoire. »1

L’expression « zone de non-droit », même dans les cas où elle traduit une réalité, exige d’être accompagnée de guillemets pour deux raisons essentielles.  La première est que, si la police n’est pas présente dans ces zones, et si elle doit craindre les agressions quand elle s’y rend, aucune de ces parcelles de territoires n’a décidé de l’empêcher coûte que coûte d’y restaurer l’ordre de manière permanente et officielle. La seconde est que, dans le cas où le droit républicain n’y serait pas respecté, il est inexact de parler de non-droit. Ces territoires obéissent à une loi, certes plus près de la loi du plus fort que de celle de la République. Il y règne une ordre ou plutôt « un désordre établi ». Les populations vivant  dans ces quartiers subissent sans l’avoir choisi un certain nombre de ces  règles parallèles. On pourra donc préférer à cette expression usuelle celle de « quartiers en sécession », de « zones à hauts risques » ou encore de «  zones hors-contrôle ». Comme nous l’avons précisé plus haut nous avons choisi d’employer cette formule « non-droit » parce qu’elle est celle que  l’on retrouve dans les propos- pour l’approuver ou la réprouver- des syndicats de policiers en passant pas les autorités civiles, les associations, les experts, les hommes politiques, les journalistes.

B°) Naissance des « quartiers à risque » 1°) Une chronologie de la violence urbaine
Dans son ouvrage 36, Quai Des Orfèvres2, le commissaire Roger Le Taillanter, grande figure de la police d’après-guerre consacrait le début de son ouvrage aux difficultés majeures que la police parisienne a dû affronter depuis la création du Quai des Orfèvres au XVIIe siècle. Ce récit permet aussi de découvrir les « zones de non-droit » célèbres de l’histoire de France depuis quatre siècles. La plus renommée, la
1 L’Economie informelle, De la faillite de l’Etat à l’explosion des trafics, Jean- Paul Gourévitch, Le Pré au Clercs, 2002. p. 136 2 Grancher, Mai 2001
Cour des miracles qui se trouvait en plein Paris n’avait rien à envier aux « quartiers les plus chauds » du début du XXIe siècle. Ainsi au XVIIe siècle, il y avait à Paris des rues entières où régnaient les truands, véritables caïds avant l’heure, qui s’étaient organisés pour que la police n’entre pas sur leur territoire. Boileau écrivait alors : « Le bois le plus funeste et le moins fréquenté est, au prix de Paris, un lieux de sûreté ».
Quand en 1665, Gabriel Nicolas de la Reynie est nommé premier lieutenant de police  de l’histoire de France une « zone de non-droit » concentre en plein Paris les malfrats qui terrorisent les habitants de la capitale, dès la nuit tombée. « Installé sur l’emplacement actuel du passage Sainte Foy, écrit Le Taillanter, du passage du Caire et du passage de la rue du Nil, elle constitue un véritable petit royaume hiérarchisé. Académie du crime, école de tous les vols, tanière des bandits les plus incorrigibles et de plusieurs milliers de mendiants, de prostituées et de faux infirmes, la Cour des miracles était jusque-là interdite à la Police ».1 La Reynie, accompagné de dizaines d’hommes, fera trois brèches dans la muraille. Il proposera aux habitants de la Cour des miracles de s’échapper par ces issues, en précisant que les douze derniers trouvés sur place seront pendus. En quelques minutes la police récupèrera cette parcelle de territoire. Deux siècles plus tard, si la Cour des miracles a disparu Le Taillanter décrit le Paris de 1808 comme une ville où les quartiers en « sécession » persistent : « La population délinquante s’est, elle aussi, considérablement accrue dans ce grouillement urbain où foisonnent les bouges, les tripots, les venelles toujours obscures propices à tous les traquenards ». 2
Dans son ouvrage Classes laborieuses, classes dangereuses, Louis Chevallier dresse lui aussi un tableau particulièrement sombre du Paris du début du XIXe siècle : « Criminel ce Paris de la première moitié du XIXe siècle l’est d’abord par l’accroissement du nombre de faits criminels qu’enregistrent les statistiques, mais qu’évoquent bien plus nettement encore d’autres documents (…) Criminel aussi par la marque du crime sur l’ensemble du paysage urbain. Pas de lieux qu’alors il ne hante : les barrières où les bandits de grands chemins prolongent (…) les quartiers du centre  eux- même, où la croissance complexe et désordonnée de la capitale, enchevêtrant ruelles, passages, cul de sac, a juxtaposé, en en un paysage que nous avons du mal à lire, les zones d’ombres et de lumières, les rues ensoleillées et les cloaques (…). »

S’en suit une litanie des quartiers les plus dangereux : « Pour risquer sa vie (…) point n’est besoin de hanter les environs de la place Maubert et de la Cité, ou de pousser jusqu’aux sinistres boulevards qui bordent le faubourg Saint- Jacques et le faubourg Saint- Marcel ».1

Cette nouvelle criminalité urbaine apparaît vite dans les romans de Balzac à travers la population des faubourgs, mais surtout dans Les Misérables de Victor Hugo puis dans Les Mystères de Paris d’Eugène Sue. On y voit une population nomade où se côtoient le meilleur et le pire, vivant de ce que l’on commence à appeler les bas- fonds et semant la terreur à la nuit tombée. Jules Janin décrit, avec dramaturgie,  ces nouvelles inquiétudes qui apparaissent quand on approchent des ces « quartiers relégués » avant la lettre : « Ces pas que vous entendez retentir tout bas, sur ce pavé fangeux, c’est la patrouille grise qui commence sa chasse acharnée…Dans ces recoins affreux que Paris dissimule derrière ses palais et ses musées…habite une population grouillante et suintante à laquelle on ne peut rien comparer (…) On parle une langue faite au bagne ; on ne s’y entretient que de larcins, de meurtres, de prisons, d’échafauds. Vil monde, bohème, affreux monde, purulente verrue sur la face de cette grande ville. » 2

Dans les années 1930 enfin, avec à Marseille l’apparition du milieu, la Police apprend à vivre avec des groupes d’individus qui s’approprient des quartiers entiers.

« La redoutable fratrie Corse des Guérini va jeter l’ancre dans le Vieux Port. Sa réussite, après qu’elle ait « déboisé » la concurrence, selon le mot réaliste et cruel de l’un des frères, va attirer vers le continent et bientôt vers les lumières de la capitale et ses profits faciles, des hommes, des clans, des bandes, qui vont progressivement  s’emparer, par la persuasion et le revolver, des domaines où coule l’argent. La possession du monde de la nuit, des boîtes, la maîtrise de la prostitution, du racket, du jeu, puis du trafic de la drogue, vont devenir les enjeux d’un conflit sanglant ».1 Certaines rues de Paris, comme la rue de la Goutte d’or, célèbre dans les années 1960, pour les crimes qui pouvaient s’y dérouler « en plein jour » sont traditionnellement des zones à haut risque. Reste que ces parcelles de territoires étaient très isolées et ne se multipliaient pas de manière inquiétante, comme on peut le constater depuis le début  des années 1980.

2°) Caractéristiques de ces quartiers.

Dans une note des SCRG,  datant de 1993, on trouve en annexe une chronologie des quartiers qui ont subi des violences de degré 7 (mini-émeute) et 8 (émeute) depuis  1983. Si ces violences existaient dans les années 1980- notamment celles de l’été 1981 aux Minguettes dans la banlieue de Lyon où durant plusieurs jours « jeunes » et force de l’ordre s’étaient affronté- elles étaient néanmoins très exceptionnelles.  Elles se sont généralisées de manières inquiétantes à partir de 1990. Le 13 juillet 1983 à la Courneuve dans la cité des 4000 : après la mort du petit Toufik Ouanes, 9 ans, tué d’un coup de carabine pendant qu’il faisait éclater des pétards une émeute éclate.  Un incendie prend dans la librairie, des vitrines sont brisées, des voitures de police sont attaquées.

En 1989, le 13 juillet à Cluses en Haute- Savoie, après la mort de Yousef Brakia, tué d’un coup couteau lors d’une rixe opposant un clan de Maghrébins à un clan de Calabrais, la gendarmerie de Cluses est attaquée et le centre-ville saccagé.    Dans la seule année 1990, on compte plus d’émeutes que pendant toute la décennie précédente. Les 6, 7 et 8 octobre 1990 à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue Lyonnaise, le décès accidentel de Thomas Claudio, passager d’une moto, au cours d’une tentative d’interception par la police, déclenche une réaction de plusieurs dizaines de jeunes de la cité du Mas du Taureau et des cités environnantes (commerces brûlés, pillages de magasins, affrontements avec les policiers).  Le 18 novembre 1990 à Argenteuil (Val d’Oise) : une bande d’une cité voisine ne s’étant pas présentée pour une bagarre annoncée alors que les médias et la police étaient présents, une centaine de jeunes du Val d’Argent jettent des cocktails Molotov et saccagent un centre commercial. Dans l’année 1991, on compte douze émeutes du même acabit. A Sartrouville le 26 mars 1991, après que le vigile d’une cafétéria ait abattu Djamel Chettouh, un « jeune » de la cité des Indes, des petits groupes affrontent les forces de police. Aux Ulis le 8 mai 1991, une trentaine de casseurs prennent en embuscade une dizaine de vigiles du Centre Commercial Régional situé près de leur quartier. Trois vigiles sont blessés par armes à feu.

A Mantes la Jolie, les 25 et 26 mai 1991, suite au refus qui leur est opposé d’entrer dans une patinoire où a lieu une fête privée, plusieurs dizaines de « jeunes » du Val Fourré brûlent des voitures de France Télécoms et saccagent plusieurs magasins d’un centre commercial. Des malfaiteurs plus âgés profitent des circonstances pour dévaliser une bijouterie. Le jeune Aissa Ihich interpellé lors des affrontements avec les forces de l’ordre décède d’une crise d’asthme à l’issue de sa garde à vue. L’intervention personnelle du premier ministre auprès de la famille permet que ce décès ne déclenche pas de nouvelles émeutes.  A Meaux en Seine-et-Marne les 4 et 5 juin 1991, une vingtaine de « jeunes » brisent plusieurs vitrines, incendient une voiture et un bureau de l’office des HLM à la suite de la noyade accidentelle d’un jeune beur qui voulait échapper à une patrouille de police en traversant la Marne. A Garges les gonesse, le 27 juin, 200 « jeunes » du quartier des Doucettes affrontent les forces de l’ordre qui les empêchent de lyncher un riverain qui, excédé par le bruit, leur avait tiré dessus.

A Aulnay-sous-Bois, le 17 juillet, des « jeunes » de la Cité Emmaüs dégradent et incendient des voitures, à coups de cocktails Molotov, quatre nuits durant, parce que ceux de la cité limitrophe de la Rose- des- Vents leur avaient interdit d’assister à leur concert de rap.

A Pont-de-Claix, les 7 et 8 septembre, 200 « jeunes » descendent dans la rue, incendient les voitures et jettent des pierres sur les gendarmes.  Dans le quartier du pigeonnier à Amiens les 11 et 12 novembre, plusieurs dizaines de « jeunes » édifient des barricades, y mettent le feu et s’opposent à la police durant plusieurs heures. A Epinay-sur-Seine le 17 novembre, ceux d’Orgemont, envahissent le centre-ville, brisent les voitures à la batte de base-ball et blessent deux riverains.  Aux Francs Moisins, à Saint-Denis le 28 décembre, après la mort accidentelle d’un jeune motocycliste, la famille brutalise le chirurgien qui a tenté de le sauver.  Le quartier s’enflamme. En 1992 et dans les années qui suivent, les émeutes de quartiers ne vont pas cesser de se multiplier pour devenir dans certaines villes de France, comme à Strasbourg chaque 31 décembre, un phénomène qualifié par certains commentateurs de traditionnel, voire « ludique ».

En 1998, Sophie Body-Gendrot, américaniste et politologue, professeur à la Sorbonne et à Sciences-Po, et spécialiste des violences urbaines citait des statistiques des renseignements généraux qui, trois ans plus tôt, faisaient état de 18 quartiers où la violence atteignait l’échelon 8 (saccages et pillages, agressions de particuliers, affrontements avec les forces de l’ordre, Guérilla, émeute). 1 Dans l’édition 2001 du Que sais-je ? sur les violences urbaines, les auteurs font le même constat : « La France comptait un seul de ces quartiers (« zones de non-droit ») en 1993, en 1999 il y en avait dix neuf. » 2
En 2001 ces violences dans les quartiers sensibles n’ont cessé de prendre de l’ampleur.

A tel point que le 15 octobre 2001, aux lendemains des émeutes de Thonon-les-bains  ( à la suite de la mort accidentelle de quatre « jeunes » qui tentaient d’échapper à un  contrôle de police, des dizaines de leurs amis avaient dévasté le centre-ville et tenté d’investir le commissariat ; voir III, 2 )  le syndicat de police Alliance, l’un des deux principaux syndicats, publiait un communiqué affirmant : « Aujourd’hui, la guérilla urbaine est généralisée à toute la France ». 1 De ces quartiers on peut dégager un certain nombre de points communs. Jean-Paul Gourevitch les résume ainsi : « Ils comportent de 15 à 30% de chômeurs connus, entre 40 et 70% de résidents d’origine étrangère, l’origine étant ici différente de la nationalité, un taux d’échec scolaire massif avec des établissements comptant entre 30% et 80% d’enfants issus de familles non francophones, une consommation de drogue touchant près d’un tiers de la population adolescente, toutes caractéristiques qui s’écartent notablement des moyennes de la France métropolitaine. Ces cités sont caractérisées par l’absence de service public et la présence d’une minorité de jeunes en rébellion- souvent larvée, parfois explosive- considérant leur cité comme un territoire et leur bande comme une patrie. » 2
3°) Géographie des quartiers difficiles En février 1999, un quotidien régional publiait « la carte des cités interdites  en Ile-de-France. » 3  Le journal avait mené une enquête auprès des médecins, des postiers, des pompiers, des policiers, des livreurs de pizzas et des distributeurs de prospectus pour tracer les contours des endroits où, à certains moments de la journée, de nombreuses professions se trouvent interdites de séjour. Au total on trouvait 84 quartiers répartis dans 61 villes sur les 1281 communes que compte l’Ile-de-France. Il y a onze millions d’habitants dans cette région et les 84 cités interdites accueillent environ 350 000 habitants. Selon cette étude, il y a donc 3% des franciliens qui, sur leur lieu de vie, ne bénéficient pas de la protection de la loi républicaine. Sans compter ceux qui, habitant près de ces quartiers, en subissent une partie des violences.

En mars 2002, Olivier Foll, avançait ces chiffres : « Il y a 834 zones de non- droit sur notre territoire. Des quartiers dits  » sensibles ». 834 ghettos dans lesquels la hiérarchie administrative recommande aux forces  de police de ne plus intervenir de manière à ne pas provoquer de remous. » 1

L’état des lieux des quartiers réalisé en mars 1999 par la DCRG faisait état de 174 quartiers où ont eu lieu dans l’année des « violences plus ou moins graves, plus ou moins préméditées, contre la personne des policiers ».2 De même, Lucienne Bui-Trong affirmait : « De 106 points chauds identifiés en 1991, on est passé à 818 quartiers sensibles en 1999 ». 3 Selon Xavier Raufer : « En 1993, la Direction Centrale des Renseignements Généraux annonçait que 485 quartiers étaient « sérieusement touchés par les violences urbaines ». En 1998, c’était 818 quartiers. Fin 2000 (officieusement) des experts du ministère de l’Intérieur disaient le  cap des 1000 franchi. On en était à plus de 1100 en 2001. » 4

En 2000, un hebdomadaire publiait un document croisant les données fournies par la DIV (Délégation Interministérielle de la Ville), les services de police (Renseignements Généraux et Sécurité Publique) et la RATP qui établissait la liste des cents points « les plus chauds » de France. Pour établir ce classement, le journal avait suivi cette caractéristique : « là où à une dérive mafieuse constatée ( trafic de stupéfiants, économie parallèle, criminalité organisée…) s’ajoute une violence systématique contre les forces de l’ordre ». 5
On peut ainsi définir une géographie des zones de non-droit en France. Elles sont d’abord situées dans les parties urbaines du territoire. On les trouve sur deux axes : l’un qui part de Roubaix, passe par Paris et Lyon et va jusqu’à Marseille, l’autre qui est presque parallèle au premier et relie Strasbourg, Grenoble et Nice. A l’ouest du pays, seules la Seine-Maritime, l’Eure et l’Eure-et-Loir sont touchées ; au sud les Pyrénées-Atlantiques. On remarquera que les zones à fort taux de criminalité se confondent ou sont proches de ces zones à hauts risques (voir à ce sujet la carte de l’insécurité en France en 2001, présentée en annexe). D’après le Que sais-je? édition 2001 dont les derniers chiffres disponibles sur ces quartiers remontent à 1999 on en comptait donc dix neuf répartis dans toute la France.  La liste est la suivante : 1

Toulouse (31) : Bagatelle, Le Mirail, La Reynerie, Bellefontaine, Empalot.
Hem (59) : Les Hauts-Champs
Roubaix (59) : Alma-Gare, Epeule
Pau (64) : La Ousse-des-Bois
Mulhouse (68) : ZUP de Bourtzviller, cité Brossolette
Dammarie-le-Lys (77) : La Plaine-du-Lys
Mantes la jolie (78) : Val-Fourré
Amiens(80) : ZUP nord
Corbeil- Essonne (91) : Les Tarterêts
Grigny (91) :La Grande Borne
Antony (92) : Grand Ensemble
Bagneux (92) : Les Blagis, Les Tertres
Montfermeil (93) : Les Bosquets
Fontenay-sous-Bois (94) : La ZUP
Cergy (95) : Saint-Christophe Cette liste ne comprend que les quartiers en état de sécession quasi- permanente, c’est à dire où, à aucun moment de la journée, la police, les pompiers ou même un livreur de pizzas ne peuvent entrer sans risquer de se faire agresser. Sans employer le terme de « zone de non- droit », une note de la DCRG de Mars 1999, elle, dégageait 174 quartiers ayant connu dans l’année « des violences visant la personne des policiers. » En 2002, les chiffres variaient entre 200 pour les plus optimistes et plus de 1000 pour les plus pessimistes.
1 Op. cité. Violences Urbaines p 25

1 op. cité, Cahiers de la sécurité intérieure, août-octobre 1993

1 Conversation avec l’auteur

1 L’insécurité des quartiers sensibles : une échelle d’évaluation. Les cahiers de la sécurité intérieure n° 14, août-octobre 1993. 2 Le Parisien Seine-Saint-Denis, 17 février 1999 3 Le Figaro, 29 juin 1999 4 L’insécurité en France, Flammarion 2002, p 17 5 Conversation avec l’auteur

1 Envahissants experts de la tolérance zéro, Le Monde Diplomatique, Février 2001 2 Des quartiers en dangers « aux quartiers dangereux », Le Monde Diplomatique, Février 2001 3 La France, les Etats- Unis et la violence, Le Monde, 17 juillet 2001 4 Violences et insécurités urbaines, Alain Bauer, Xavier Raufer, PUF 2001, p.26

1 op. cité p. 23 2 Quai des Orfèvres op. cité p.62

1 Classes laborieuses, classes dangereuses, 1978, Hachette, p34- 35. 2 Un hiver à Paris, 1845.

1 op. cité, Quai des Orfèvres, p. 212

1 Les villes face à l’insécurité, Bayard éditions, 1998, p 204 2 op. cité, Violences Urbaines, p 25

1 AFP 2 op. cité, L’Economie informelle, p. 137 3  op. cité Le Parisien Seine-Saint-Denis, 17 février 1999

1 La France au bord de la rupture, Le Figaro, 19 mars 2002  2 Rappel de l’état des lieux annuel des quartiers réalisé en mars 1999. Note de la DCRG du lundi 29 novembre 1999 3 Le Figaro, 1 février 2002

 4 L’explosion criminelle, Valmonde éditions, 2002, p 52 5 L’Express, 11- 18 octobre 2000

Chapitre II Vers une définition des « zones de non-droit »

Du Val Fourré (Mantes la jolie, 78) au Mirail (Toulouse, 33) en passant par les quartiers nord de Marseille (13) on peut établir un certain nombre de caractéristiques communes à ces quartiers. Olivier Foll en a tracé les contours : « certains quartiers sont de véritables ghettos dont nous avons perdu le contrôle suite au lâche abandon de l’Etat. Il ne fait pas bon y être policier, gendarme, pompier, professeur ou même postier. Tout représentant d’une forme d’autorité quelle qu’elle soit s’y voit outragé, violenté, caillassé, ou pire encore. Ce sont des « cités-dortoirs » dans lesquelles les habitants, pour l’immense majorité, vivent dans des conditions très difficiles. Ces gens restent cependant attachés à leur cité, à leur quartier, bien qu’ils n’osent esquisser le moindre geste de protestation par peur de représailles (…)  Nos institutions sont reproduites à l’envers dans ces quartiers : il y a des dirigeants, une hiérarchie qu’il faut respectée, des lois, une justice, une école, une économie, des circonscriptions. Ces zones sont comme des états dans l’Etat. Ces circonscriptions et arrondissements appartiennent à des bandes, l’économie se fonde sur le trafic de stupéfiants, l’école est celle du crime, la justice celle des armes, la loi, celle du plus fort, la hiérarchie, des casseurs, voleurs, racketteurs, dealers et dirigeants, des caïds symbole de réussite et de respect pour toute la communauté. »1
Dans un entretien donné au Parisien Malek Boutih président de SOS Racisme affirmait même : « il y a des gens qui tirent un bénéfice direct de la dégradation des banlieues. Ce sont tous ceux qui organisent le trafic de drogue et qui pensent créer des zones hors de la société. » 2

A) L’économie souterraine des cités

1) La drogue Dans les cités, les enfants apprennent dès l’âge de raison à vivre avec la drogue. Il est courant de fumer son premier joint à dix ans. Trois ou quatre ans plus tard on peut entrer dans l’école du deal. On en connaît en quelques mois tous les aspects et toutes les difficultés. Dans une note de la DCPJ, on trouvait il y a déjà presque dix ans une description du développement d’un plan (lieu de vente) dans les quartiers de Toulouse. Des scènes qui depuis se sont multipliées dans bien des banlieues.  On pouvait y lire «  Dans les quartiers de Bagatelle et de la Farouette, l’activité illicite de ces bandes repose essentiellement sur le trafic de stupéfiants et sur les vols(…) Chaque bande tend donc à se spécialiser. Ainsi, le groupe, dans le secteur chemin de Bagatelle-rue du Lot s’adonne au trafic de stupéfiants (…) Chaque bande s’approprie un territoire précis, une cage d’escalier, un immeuble, un bloc d’immeubles, à l’abri d’un système de surveillance, composé de guetteurs rémunérés (…) Les bandes sont soumises à une mobilité permanente (…) Elles sont également en proie à un processus de structuration et de déstructuration permanent (…) Les rivalités entre bandes vont parfois jusqu’à l’affrontement. Cette mosaïque de trafics s’enracine autour de petits commerces maghrébins ou africains ( pâtisserie orientale, vêtements traditionnels, bibelots ou objets artisanaux…) lieux d’échanges et de rencontres privilégiés pour l’écoulement d’importantes quantités de haschich et d’héroïne » 1.

Cinq ans plus tard, le commissaire Gilles Leclair, dans son rapport sur le trafic de drogue dans les cités sensibles, décrivait avec précision le trafic et ses évolutions. « Un réseau de guetteurs et rabatteurs se met en place. Il s’agit souvent de jeunes adolescents qui traînent aux abords des entrées. Ils peuvent parfois être d’un quartier différent pour éviter que la police ne les reconnaisse. Des armes circulent ou sont dissimulées pour faire face notamment à des incursions de concurrents. Il s’agit surtout d’armes blanches et de battes de base-ball mais les armes à feu sont aussi présentes. L’engouement pour les chiens de type pitbull est toujours considérable dans les cités ou c’est une marque extérieur de puissance(…) La drogue est dissimulée pour échapper à toute saisie. Les lieux de cache peuvent être des véhicules sur les parkings, des caves (…) Les modes de transaction répondent au souci prioritaire de ne pas être vus lors des transactions ni reconnus par des toxicomanes pouvant ensuite renseigner les services de police. Le temps où la vente de doses se déroulait à ciel ouvert est révolu ! Dorénavant, les transactions se déroulent dans les halls d’immeuble ou les sous-sols. Les réseaux les plus organisés sont encore plus prudents : des revendeurs différents se succèdent tout au long de la journée, ils travaillent souvent en cagoule et disposent parfois de véritables comptoirs de vente : il s’agit de trous fait dans les murs de cave qui permettent uniquement l’échange de drogue contre l’argent sans qu’un contact physique ou visuel ait lieu entre vendeur et toxicomane. » 1

Ce trafic, s’il est très lucratif, concerne des populations (dealers et toxicomanes) dangereuses. Il ne peut se faire qu’avec l’assentiment tout au moins passif de la cité.  Il a des conséquences directes sur toute la population : un enfant peut, en étant simple guetteur, gagner des sommes importantes, un adolescent peut en vendant récolter plus d’argent que son père, si bien que beaucoup de parents voyant leur niveau de vie s’élever, grâce au « business », finissent par cautionner leurs trafics.  « Les dealers, explique Olivier Foll, opèrent dans des quartiers connus des consommateurs. Durant la vente des enfants âgés en général de neuf à douze ans, que l’on surnomme des « choufs », assurent le guet. Le stock épuisé, les dealers tenus régulièrement informés des arrivages se fournissent chez des semi-grossistes qui achètent à des grossistes aux Pays- Bas, en France ou en Allemagne. Ces derniers acquièrent eux- mêmes la drogue auprès de négociants qui traitent directement avec le producteur (…) Les dealers opérant sur le terrain gagnent en moyenne 2 300 Euros à 3000 Euros par semaine, soit quatre fois le salaire d’un cadre en un mois ». 2 Les stocks peuvent être particulièrement importants. En 2001, on trouvait au mois de mai, puis au mois de juin, à Nanterre, dans le quartier des Canibouts 40 000 pilules d’ecstasy, puis un mois après 120 kg de pollen de cannabis. On estime que plus de 25 tonnes arrivent chaque mois dans les cités chaudes de la petite couronne. On est face à une « gigantesque toile d’araignée parfaitement élaborée où des bandes organisées se partagent chaque territoire de la banlieue tout en mettant sur pied des filières internationales. « Le plan » (lieu de vente de stupéfiant de Massy), vend 200 doses d’héroïne et de cocaïne par jour, par quart de gramme, à 200F la dose. Une recette quotidienne de 30 000 F en moyenne. Le plan tourne de 10 heures du matin jusqu’au soir, sept jours sur sept, dégageant donc un chiffre d’affaire de 10 millions de francs par an » 1.

Pour la seule Région Rhône-Alpes, le trafic de stupéfiant ( drogue douce et drogue dure) générerait 1, 3 milliards d’euros par an.2 Le trafic est donc à l’origine de la prospérité relative de ces cités ( où l’on peut voir des enfants habillés de vêtements très coûteux, et des jeunes adultes au volant de voitures de luxe). Formés aux subtilités de la justice française, les « jeunes » savent qu’hors du flagrant délit ils ne risquent pas grand chose. « Il ne suffit pas de constater qu’un chômeur déclaré roule en Porsche à la Courneuve ou aux Tarterêts, explique un ancien directeur départemental des polices urbaines, encore faut-il pouvoir réunir les éléments constitutifs de l’infraction ».3 Une aisance économique apparente qui entraîne même quelques hauts fonctionnaires résignés ou cyniques à croire que la déshérence des banlieues se réglera par elle même. Que le trafic sera le poumon économique de la cité, et qu’en le laissant se dérouler on obtiendra la paix sociale. Malek Boutih s’attaque avec énergie à ce qu’il considère comme un sophisme : « Il ne faut pas partir dans des raisonnements pervers, qui consistent à dire « les dealers font vivre les familles » et y voir une forme de compensation au chômage qui amène la tranquillité (…)C’est un discours démagogique extrêmement dangereux de la ghettoïsation raciale ». 4

C’est que cette économie parallèle prend vite pour loi celle du plus fort.  Le moindre conflit, la moindre incartade avec un représentant de l’autorité  peut alors donner lieu à des scènes de véritable guérilla urbaine. Si l’Etat réinvesti ces zones explique Pierre Bédier maire (RPR) de Mantes la jolie,  « il y aura forcément des voitures brûlées, des bâtiments publics brûlés, parce que ces voyous vont quand même se défendre. »1
Dès 1991, M. Adil Jalouzi, sociologue, responsable du centre de recherche « banlieuescopies », expliquait lors de l’émission Médiations, que la violence et l’agitation des jeunes issus de l’immigration dans les banlieues sensibles, « n’est que l’écume d’une vague profonde. » Il précisait : « si la police fait du vandalisme et des émeutes sa priorité, alors elle se trompe de cible, néglige l’essentiel : l’existence d’une économie cachée de type mafieux, basée sur le vol, le racket et surtout le trafic de drogue. C’est le résultat d’une situation sociale dégradée du fait du chômage et de l’exclusion, cette économie parallèle de « survie » engendre à son tour une mentalité nocive pour des jeunes déjà non-motivés pour des métiers sous-qualifiés et sous-payés. La priorité de la nécessaire mission répressive de la police devrait donc être la lutte contre le trafic de drogue. » 2 En 2001, Marylise Lebranchu, alors Garde des Sceaux, incitait les magistrats du parquet à combattre cette économie parallèle et leur demandait « d’accentuer les efforts vers la recherche et la répression d’une délinquance(…) qui contribue à l’existence d’économies souterraines dans les quartiers urbains ( trafics locaux de stupéfiants, recels organisés) ».3
2)Trafics d’armes « La banlieue des années 1970, c’est terminé. Aujourd’hui dans les HLM, ils cachent des bazookas dans les caves »4. Les propos désabusés du chanteur Renaud, ex-idole de la banlieue lors de la sortie de son nouvel album, « Boucan d’enfer » en mai 2002, illustre bien l’évolution criminelle de certains quartiers en vingt ans. Les bagarres au couteau, façon West Side Story, appartiennent à l’histoire, aujourd’hui ce sont les armes à feu qui ont remplacé l’arme blanche. Du Luger 99 à grenaille pour les enfants aux lance-roquettes pour les malfaiteurs qui s’attaquent aux fourgons blindés. En France, durant l’année 2001, 22 lance-roquettes ont été saisi par la police 1.

Selon un haut fonctionnaire de la police ce chiffre est particulièrement préoccupant. « Avec onze de ces lance-roquettes, explique-t-il, on met la France à feu et à sang pendant six mois ». 2 En 2000 à Nanterre, la police lors d’une perquisition mettait par hasard la main sur 11 lance-roquettes antichars de fabrication serbe. Un an plus tard, toujours à Nanterre, une perquisition dans le quartier des Canibouts permettait la saisie de deux pistolets mitrailleurs (un de type Mat 49, l’autre de type Scorpio). Le marché de la drogue est l’une des causes principales de l’arrivée des armes dans les quartiers sensibles, « on utilise des fusils à pompe et fusil d’assaut pour sécuriser le trafic de stupéfiant ». 3

Les zones de « non-droit » sont des lieux de stockage et de vente idéaux pour ces armes de 1ère catégorie. « Dix à vingt millions d’armes à feu circuleraient actuellement en France et des informations diverses laissent apparaître que les cités constituent un débouché important pour le trafic (…) L’an dernier, l’existence de trafic d’armes a été établie dans la cité des 4000 à La Courneuve (fusil de chasse et à pompe), ainsi que dans le quartier de Bellevue à Nantes ( pistolet 357 magnum et pistolet mitrailleur de l’armée israélienne UZI). En 1999, il était possible de se procurer des armes de poing ( de style Beretta automatique) dans le quartier de Béligny à Villefranche-sur-Saône, contre la somme de 5000 francs »4 A Amiens au mois de juillet 2001, « une famille au passé délinquant chargé, vivant dans les quartiers nord, vendait des fusils à pompe entre 700 et 800 francs. Certaines armes possédaient des crosses escamotables et des poignées permettant de saisir et de recharger l’arme avec rapidité. » 1

Des faits similaires se constatent autour de Paris et dans toute la France. Le 21 juin 2001, dans les gaines techniques d’un immeuble du quartier du Point-du-Jour à Troyes, on trouvait cinq obus de calibre 20 mm, une fusée éclairante et une cartouche de Winchester Magnum 300. A Metz, toujours dans une gaine technique du quartier Borny se cachait un petit arsenal : un pistolet mitrailleur, un pistolet 9 mm, un fusil calibre 12 à canon scié et un lot de cartouche 9mm Parabellum. A Béziers, le 2 Septembre 2001, après une perquisition chez Safir Bghioua, le criminel qui avait attaqué un fourgon de police au lance-roquette et tué au fusil d’assaut le directeur de cabinet du maire de Béziers, on trouvait un vrai équipement de mercenaire : fusils d’assaut, fusils à pompe, lance-roquette en provenance des balkans. Le 11 octobre, un AK 47, trois chargeurs et une lunette de visée pour fusil étaient retrouvés dans la cité des 4000 à la Courneuve. Début novembre, la police découvrait dans les parties communes d’une cité d’Epinay-sur-Seine une grenade défensive, un pistolet mitrailleur et plusieurs chargeurs.

Ces armes de guerre proviennent le plus souvent de Yougoslavie. Elles prolifèrent  de façon très inquiétante et nourrissent le grand banditisme qui les utilise notamment pour attaquer les transporteur de fonds. Le 23 mai 2002, le braquage manqué d’un fourgon de la Brink’s à Emerainville (Seine-et-Marne) permettait à la police de mettre la main sur un arsenal impressionnant : lance-roquettes, fusils d’assaut de type Kalachnikov (AK 47), pistolets automatiques, munitions de gros calibres à profusion. Les attaques de fourgon, comme un grand nombre de hold-up se font désormais avec armes et parfois uniformes de guerre.
3) Le marché aux voleurs  Selon Hafid Oaudji, jeune habitant de la banlieue lyonnaise, on peut « tout acheter et pour pas cher ». Sur le marché des objets volés : « On trouve absolument de tout . Et s’il n’y a pas ce que vous cherchez, vous passez commande. Exemple : si vous cabossez l’aile de votre voiture, vous allez dans une cité, vous commandez une aile, vous donnez votre prix et le lendemain après vous avez votre aile »1.

Dans la seule région Rhône-Alpes on compte une dizaine de « zones franches ».  A Lyon, ce sont la Duchère, Mermoz-Etats-Unis, Bron-Parilly ; en banlieue, ce sont les Minguettes à Venissieux, le Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin. Dans la banlieue grenobloise : la Villeneuve, le quartier Tesseire, Mistral et dans la banlieue stéphanoise : Montchovet, la Cotonne et Montreynaud qui sont selon un policier stéphanois de « véritables supermarchés où sont recyclées les marchandises volées. »2 On y trouve du « matériels hi-fi, téléphones portables, ordinateurs, vêtements de marque, montre, parfums, pièces détachées d’automobile…Mais aussi cannabis et drogue dure sans oublier les armes. »3  Ces paradis fiscaux, à l’abri de la police,  où les malfaiteurs peuvent écouler leur marchandise génèrent ( mise à part la vente de drogue) près de deux milliards d’euros. Il y a d’abord le trafic de voitures composé en trois créneaux : Le vol utilitaire « qui permet aux délinquants de se déplacer pour exercer leur activité ou pour leurs loisirs ; le trafic de pièces détachés et enfin le vol de grosses cylindrées qui sont ensuite exportées vers des pays du tiers-monde ou les pays de l’Est. Au total plus de 70 000 véhicules sont volés ou détériorés dans l’année. »4

Il y aussi les vols de marchandises « Que ce soit des casses de magasins ou d’entrepôts, les cambriolages de particuliers, les détournements des camions, un commerce qui représente environ 1% du montant des ventes légales. » 5 Il y a enfin les vols d’argent  « 15 000 faits sont constatés officiellement chaque année dans la région , ce qui selon différentes estimations réalisées par des associations d’usagers des banques , permet aux délinquants de réaliser 300 millions d’Euros de chiffre d’affaire dans la région. »1   Dans cette région selon les statistiques de la police, 1, 3% de la population a été mise en cause au cours de l’année 2000 dans des actes de délinquance. Soit 73 000 personnes, dont 15 000 mineurs.

Les interventions de la police n’y changent rien : « Il y a régulièrement des descentes de flics. Ils bouchent les deux entrées, ils saisissent  tout et arrêtent tout le monde. Mais c’est du cinéma, le dimanche suivant ça recommence » dit un jeune lyonnais.

« Les délinquants qu’on arrête sont immédiatement relâchés et quelques jours plus tard les réseaux se reconstituent. » poursuit Pascal Barthélémy du syndicat de police Alliance. Jean Paul Gourevitch donne ainsi l’exemple du Carrefour de Sartrouville qui témoigne de la capacité qu’ont certain malfaiteurs à imposer leur règles, même à des de grandes entreprises. Après la mort d’un jeune habitant de la cité du Plateau et des Indes abattu par un vigile, la direction a embauché des jeunes du quartier pour faire la sécurité et « a ordonné de fermer les yeux sur les passages en force avec des caddies pleins aux caisses, les pitbulls et les scooters pétaradant dans les allées ». 2

Cette mise en place d’une économie parallèle jointe à une intimidation des commerçants fait que ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir alarmes et services de sécurité fiables se voient dans l’obligation de quitter le quartier. Les magasins restant doivent affronter la concurrence des marchés aux voleurs qui se multiplient. Quel intérêt aurait un garagiste à s’installer près de la cité de La Rose-des-Vents à Aulnay-sous-bois. Là, en bas des tours on y bidouille des voitures différentes toutes les semaines qui sont ensuite revendues pour le Maghreb ou aux portes du périphérique. « La ville a essayé de formaliser cette économie informelle- raconte Jean-Paul Gourevitch, en mettant en place un atelier de mécanique qui a été cambriolé et saccagé. »3    Ce business serait entre les mains de bandes faites sur le modèle des bandes américaines comme le 18th street gang de Los Angeles qui regroupe plus de vingt mille membres ou les Bandidos. 4  Ces bandes françaises n’ont ni l’importance, ni l’organisation, ni la capacité de nuisance de leurs grandes sœurs des Etats-Unis mais elles en reproduisent les codes. « La fonction structurante d’une bande  s’affirme dans son « honneur ». A ceux qui n’ont rien ou qui ont tout perdu ou abandonné, il faut redonner une stature qui se cristallisera autour de la fierté ethnique, de l’appartenance au groupe, de l’émergence du chef. Celui qui a « Bac +5 » ( c’est-à­dire qui a affronté cinq fois la brigade anticriminalité) qui totalise les années de prison, qui a massacré un « keuf » ou qui détient le record des remises en liberté après interpellation est perçu comme un caïd. » « Il bénéficie d’une garde rapprochée, des porteurs de serviettes, des guetteurs ( les « choufs »). Chaque bandes est ainsi structurée en cercles concentriques d’un pouvoir qui s’élargit aux limites du territoire(…) Dans le deuxième cercle les soldats ( si possible mineurs), ceux « que l’on expédie au combat ou que l’on place dans les embuscades tendues aux pompiers ou aux policiers. »1

La mise en place de cette économie par des bandes organisées entraîne un certain nombre de va-et-vient, de squats, de réunions tardives qui imprègnent petit à petit toute la vie du quartier. Les incidents avec les commerçants se multiplient allant parfois jusqu’au drame, comme à Longwy en décembre 1998 quand Bellaïd Mellaz a été abattu par un pharmacien pendant qu’il cambriolait sa maison. En représailles la pharmacie fut incendiée, tout comme une boutique de fleuriste, une auto-école et une dizaine de voitures.2

B) La loi de l’intimidation 1) La vie quotidienne des quartiers
Ces ventes d’armes ou de drogue créent un climat qui imprègne toute la vie de la cité . L’argent qu’il procure ajoute au sentiment d’impunité, influe sur la vie quotidienne  et renforce les plus jeunes dans leur culte de l’illégalité. Les règles élémentaires de courtoisie disparaissent alors.

Les seuls critères sont la force, l’argent et la peur. Les parents eux-mêmes subissent la  violence de leurs enfants. A la cité des Sorbiers à Chevilly-Larue, certains jeunes de 15 à 17 ans battent père et mère. Dans ce quartier, les « caillera »1 ont pris l’habitude de bloquer une rue avec leur voiture pour marquer leur territoire. « Il y a des armes partout, explique un habitant, on voit même des fusils ».2

Depuis près de vingt ans, Pierre habite une cité sensible. « A soixante trois ans, il est veuf et retraité après avoir travaillé toute sa vie à la Snecma (Société nationale d’exploitation de matériel auxiliaire). Lorsque l’on s’interroge sur ses conditions de vie, il dit subir « la totale » : les tags dans l’escalier de l’immeuble, les seringues qui jonchent le sol, les voitures qui brûlent en bas de chez lui, les rodéos, les sirènes de pompiers et les interventions musclées des CRS. N’en pouvant plus, Pierre a acheté légalement un fusil de chasse…Pour se défendre » 3 En imprégnant tous les aspects de la vie quotidienne, la violence devient le pivot du quartier. Ainsi à Clichy-sous-Bois à la fin de l’année 1998, le comité directeur du club de football décidait de mettre fin à l’équipe de l’USO Clichy-sous-bois. Une bagarre éclatait à chaque match, les installations avaient été cambriolées dix-sept fois en un an, les vestiaires saccagés, les murs d’enceintes détruits. En 2001, en France, plus d’une cinquantaine d’infrastructures sportives ont été détériorées, voire détruites par des incendies criminels. Le paradoxe est qu’entre deux accès de violence, la vie de la cité peut paraître normale  à un visiteur extérieur.

C’est que l’intimidation assure la loi du silence. Elle peut se faire grâce à des chiens de combats (type pitbull), des regroupements de quatre ou cinq individus dans une cage d’escalier. Ces derniers prennent une attitude mi-méfiante, mi-agressive, interpellent les habitants en parlant fort, exigent que leurs regards se baissent.  Les menaces peuvent être beaucoup plus précises. Cette femme de Vauvert explique que des garçons de douze ans la menacent de viol régulièrement,4 ce jeune lycéen du Val-Fourré avoue qu’il baisse les yeux dès qu’il sort de son immeuble par peur de se faire tabasser pour la moindre attitude qui pourrait paraître arrogante.1 Aux Tarterêts (Corbeil- Essonne, 91) les médecins de ville ne viennent plus depuis longtemps. A la Grande Borne à Grigny (Essonne, 91) à 4h 30 du matin en 1999, un médecin de SOS avait été appelé pour une grippe. Il retrouvera son véhicule désossé. (Voir partie D, 3). Les facteurs même subissent cette violence. Le 20 mai 2001, cinq voitures de la poste étaient incendiées dans le quartier de la Marinière à deux pas de la cité des Indes à Sartrouville. Personne en fait n’est épargné : des commerçants jusqu’aux professeurs, les pharmaciens, les travailleurs sociaux, les examinateurs de permis de conduire.  Un procureur affirme qu’en banlieue « parler d’insécurité avec certains commerçants est tabou, car ils craignent des représailles ». 2

La cité de la rue Saint Fargeau dans le XXe arrondissement n’est pas une zone de « non-droit » mais sans la résistance de certains habitants, elle le deviendrait. Marcel Delclos, surnommé « la Brosse le Bâtard » (il est coiffé en brosse) : « Tous les soirs ils se retrouvent à dix ou quinze à l’entrée de la tour 9. Ils fument du cannabis, provoquent des locataires. Gare à vous s’ils vous voient avec une cigarette et si vous refusez de leur en donner. Ou même si vous osez croiser leur regard (…) il y a des dames handicapées qui ne peuvent plus ouvrir leurs volets, si elles râlent, elles se prennent des pierres. » 3 Les boites aux lettres sont défoncées au pied de biche, les poubelles brûlent régulièrement .

2) Quand le feu devient une arme Depuis quelques années le feu semble être devenu la première arme d’intimidation et de combat des jeunes des cités