Antifas: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (It is time to confront the violent extremism on the left by treating black-clad Antifa protesters as a gang, says Berkeley mayor Jesse Arreguin)

1 octobre, 2020

Antifa face off against white supremacists in Charlottesville, VA

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Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Winston Churchill (?)
Police: A toujours tort. Flaubert (Dictionnaire des idées reçues ou catalogue des opinions chics, 1913)
Vous avez des gueules de fils à papa. Je vous haïs, comme je hais vos papas. Bon sang ne saurait mentir. (…) Lorsque hier, à Valle Giulia, vous vous êtes battus avec les policiers, moi, je sympathisais avec les policiers. Car les policiers sont fils de pauvres. Ils viennent de sub-utopies, paysannes ou urbaines. (…) Ils ont vingt ans, le même âge que vous, chers et chères. Evidemment, nous sommes d’accord contre l’institution de la police. Mais prenez-vous-en à la Magistrature, et vous verrez ! Les garçons policiers que vous, par pur vandalisme (attitude dignement héritée du Risorgimento), de fils à papa, avez tabassés, appartiennent à l’autre classe sociale. À Valle Giulia, hier, il y a eu ainsi un fragment de lutte de classe : et vous, très chers (bien que du côté de la raison) vous étiez les riches, tandis que les policiers (qui étaient du côté du tort) étaient les pauvres. Belle victoire, donc, que la vôtre ! Dans ces cas-là, c’est aux policiers qu’on donne des fleurs, très chers. La Stampa et Il Corriere della Sera, NewsWeek et Le Monde vous lèchent le cul. Vous êtes leurs fils, leur espérance, leur futur : s’il vous font des reproches il ne se prépareront pas, c’est sûr, à une lutte de classe contre vous ! Au contraire, il s’agit plutôt d’une lutte intestine. Pour celui qui, intellectuel ou ouvrier, est extérieur à votre lutte, l’idée est très divertissante qu’un jeune bourgeois cogne un vieux bourgeois, et qu’un vieux bourgeois condamne un jeune bourgeois. (…) Allez occuper les universités, chers fils, mais donnez la moitié de vos revenus paternels, aussi maigres soient-ils, à de jeunes ouvriers afin qu’ils puissent occuper, avec vous, leurs usines. Pier Palo Pasolini (1968)
Frapper vite, frapper fort, un bon flic est un flic mort. Pekatralatak (Flics porcs assassins, Pour un Djihad de Classe, 2008)
A riot is the language of the unheard. ​I hope we can avoid riots because riots are self-defeating and socially destructive. Martin Luther King
On se demande souvent quelle idéologie va remplacer le socialisme. Mais elle est déjà là, sous nos yeux : c’est l’antiracisme (…) Comme toutes les idéologies, celle de l’antiracisme se propose non de servir ceux qu’elle prétend délivrer, mais d’asservir ceux qu’elle vise à enrôler (…) Agissant par la terreur et non par la raison, cet antiracisme fabrique plus de racistes qu’il n’en guérit […] L’antiracisme idéologique, qu’il faut soigneusement distinguer de l’antiracisme effectif et sincère, attise les divisions entre les humains au nom de leur fraternité proclamée.  Jean-François Revel (1999)
C’est une sphère très difficile à cerner, qui a parfois des réactions surréalistes et des actions très violentes. On les reconnait à leur «dress code»: «des vêtements noirs, des bottes hautes… Comme les militants de l’extrême droite, à la différence que les gauchistes ont des lacets rouges et les autres, des lacets blancs. Ce sont des militants chevronnés, proches des milieux libertaires et anarchistes, qui viennent des ZAD (Zones à défendre, ndlr) de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Turin… et que l’on voit aujourd’hui aux avant-postes des manifestations sauvages. (…) Cette ultragauche est à l’affût de toutes les luttes: il y a trente ans, les redskins tapaient contre les fascistes, au début des années 2000 on retrouvait ces groupes sur les manifestations contre les sommets gouvernementaux et aujourd’hui, ils se rassemblent contre la loi travail. Même si ce ne sont pas les mêmes générations militantes qui agissent, il y a eu comme un passage de témoin. (…) beaucoup de slogans, d’affiches de [Mai 8] sont repris aujourd’hui dans les cortèges avec des appels pour les «grèves, blocages et manifestations sauvages. (…) Globalement, les antifascistes d’aujourd’hui sont moins violents, plus politisés et plus composites que dans les années 80. Ils sont souvent surdiplômés, viennent de milieux plus bourgeois mais ne trouvent pas de raison d’être à travers le travail. La société plonge avec eux dans un cycle offensif: une action violente, suivie d’une répression forte. L’ultragauche cherche ainsi à créer plus de solidarité entre groupes, et recruter de nouveaux militants dans les rangs des défenseurs de liberté. Jacques Leclercq (2016)
L’insécurité sociale et culturelle dans laquelle ont été plongées les classes populaires, leur relégation spatiale, débouchent sur une crise politique majeure. L’émergence d’une « France périphérique », la montée des radicalités politiques et sociales sont autant de signes d’une remise en cause du modèle économique et sociétal dominant. Face à ces contestations, la classe dominante n’a plus d’autre choix que de dégainer sa dernière arme, celle de l’antifascisme. Contrairement à l’antifascisme du siècle dernier, il ne s’agit pas de combattre un régime autoritaire ou un parti unique. Comme l’annonçait déjà Pier Paolo Pasolini en 1974, analysant la nouvelle stratégie d’une gauche qui abandonnait la question sociale, il s’agit de mettre en scène « un antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existe plus et n’existera plus jamais ». C’est d’ailleurs en 1983, au moment où la gauche française initie son virage libéral, abandonne les classes populaires et la question sociale, qu’elle lance son grand mouvement de résistance au fascisme qui vient. Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n’a été que du théâtre » et même que « le Front national n’a jamais été un parti fasciste ». Ce n’est pas un hasard si les instigateurs et financeurs de l’antiracisme et de l’antifascisme sont aussi des représentants du modèle mondialisé. De Bernard-Henri Lévy à Pierre Bergé, des médias (contrôlés par des multinationales), du Medef aux entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal Plus, l’ensemble de la classe dominante se lance dans la résistance de salon. « No pasaràn » devient le cri de ralliement des classes dominantes, économiques ou intellectuelles, de gauche comme de droite. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de constater, comme le fait le chercheur Jacques Leclerq, que les groupes « antifa » (qui s’étaient notamment fait remarquer pendant les manifestations contre la loi Travail par des violences contre des policiers), recrutent essentiellement des jeunes diplômés de la bourgeoisie. Véritable arme de classe, l’antifascisme présente en effet un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste. Mais, pour être durable, cette stratégie nécessite la promotion de l’« ennemi fasciste » et donc la surmédiatisation du Front national… Aujourd’hui, on lutte donc contre le fascisme en faisant sa promotion. Un « combat à mort » où on ne cherche pas à détruire l’adversaire, mais à assurer sa longévité. Il est en effet très étrange que les républicains, qui sauf erreur détiennent le pouvoir, n’interdisent pas un parti identifié comme « fasciste ». À moins que ces nouveaux partisans n’aient pas véritablement en ligne de mire ce petit parti, cette « PME familiale », mais les classes populaires dans leur ensemble. Car le problème est que ce n’est pas le Front national qui influence les classes populaires, mais l’inverse. Le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de délégitimer leur diagnostic, un « diagnostic d’en bas » qu’on appelle « populisme ». Cette désignation laisse entendre que les plus modestes n’ont pas les capacités d’analyser les effets de la mondialisation sur le quotidien et qu’elles sont aisément manipulables. Expert en « antifascisme », Bernard-Henri Lévy a ainsi ruiné l’argumentaire souverainiste, celui de Chevènement, en l’assimilant à une dérive nationaliste – lire : fasciste. Du refus du référendum européen à la critique des effets de la dérégulation, du dogme du libre-échange, toute critique directe ou indirecte de la mondialisation est désormais fascisée. Le souverainisme, une « saloperie », nous dit Bernard-Henri Lévy. Décrire l’insécurité sociale et culturelle en milieu populaire, c’est « faire le jeu de ». Dessiner les contours d’une France fragilisée, celle de la France périphérique, « c’est aussi faire le jeu de ». Illustration parfaite du « fascisme de l’antifascisme », l’argument selon lequel il ne faudrait pas dire certaines vérités, car cela « ferait le jeu de », est régulièrement utilisé. Il faut dire que les enjeux sont considérables. Si elle perd la guerre des représentations, la classe dominante est nue. Elle devra alors faire face à la question sociale et assumer des choix économiques et sociétaux qui ont précarisé les classes populaires. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la multiplication des procès en sorcellerie et le nouveau maccarthysme des « libéraux-godwiniens ». L’expression du philosophe Jean-Claude Michéa vise à dénoncer l’utilisation systématique par les libéraux de la théorie du juriste Mike Godwin selon laquelle « plus une discussion en ligne dure longtemps (sur Internet), plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1 ». Pour la classe dominante, la défense même de gens ordinaires devient suspecte. (…) On pourrait multiplier les exemples, mais la méthode est toujours la même : fasciser ceux qui donnent à voir la réalité populaire. Face à une guerre des représentations qu’elle est en train de perdre, la classe dominante en arrive même à fasciser les territoires ! La « France périphérique » est ainsi présentée comme une représentation d’une France blanche xénophobe opposée aux quartiers ethnicisés de banlieue. Peu importe que la distinction entre les territoires ruraux, les petites villes et les villes moyennes et les métropoles n’ait jamais reposé sur un clivage ethnique, peu importe que la France périphérique, qui comprend les DOM-TOM, ne soit pas homogène ethniquement et culturellement, l’objectif est avant tout d’ostraciser et de délégitimer les territoires populaires. Et, inversement, de présenter la France des métropoles comme ouverte et cosmopolite. La France du repli d’un côté, des ploucs et des ruraux, la France de l’ouverture et de la tolérance de l’autre. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cet « antiracisme de salon » ne vise absolument pas à protéger l’« immigré », le « musulman », les « minorités » face au fascisme qui vient, il s’agit d’abord de défendre des intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie. Si l’arme de l’antifascisme permet à moyen terme de décrédibiliser toute proposition économique alternative et de contenir la contestation populaire, elle révèle aussi l’isolement des classes dominantes et supérieures. Cette stratégie de la peur n’a en effet plus aucune influence sur les catégories modestes, ni dans la France périphérique, ni en banlieue. C’est terminé. Les classes populaires ne parlent plus avec les « mots » de l’intelligentsia. Le « théâtre de la lutte antifasciste » se joue devant des salles vides. En ostracisant, et en falsifiant, l’idéologie antifasciste vise à isoler, atomiser les classes populaires et les opposants au modèle dominant en créant un climat de peur. Le problème est que cette stratégie de défense de classe devient inopérante et, pire, est en train de se retourner contre ses promoteurs. La volonté de polariser encore plus le débat public entre « racistes et antiracistes », entre « fascistes et antifascistes » semble aussi indiquer la fuite en avant d’une classe dominante qui n’est pas prête à remettre en question un modèle qui ne fait plus société. Réunie sous la bannière de l’antifascisme, partageant une représentation unique (de la société et des territoires), les bourgeoisies de gauche et de droite sont tentées par le parti unique. Si les « intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires », une tentation totalitaire semble aussi imprégner de plus en plus une classe dominante délégitimée, et ce d’autant plus qu’elle est en train de perdre la bataille des représentations. Ainsi, quand la fascisation ne suffit plus, la classe dominante n’hésite plus à délégitimer les résultats électoraux lorsqu’ils ne lui sont pas favorables. La tentation d’exclure les catégories modestes du champ de la démocratie devient plus précisé. L’argument utilisé, un argument de classe et d’autorité, est celui du niveau d’éducation des classes populaires. Il permet de justifier une reprise en main idéologique. En juin 2016, le vote des classes populaires britanniques pour le Brexit a non seulement révélé un mépris de classe, mais aussi une volonté de restreindre la démocratie. Quand Alain Mine déclare que le Brexit, « c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués » ou lorsque Bernard-Henri Lévy insiste sur la « victoire du petit sur le grand, et de la crétinerie sur l’esprit », la volonté totalitaire des classes dominantes se fait jour. Les mots de l’antifascisme sont ceux de la classe dominante, les catégories modestes l’ont parfaitement compris et refusent désormais les conditions d’un débat tronqué. Christophe Guilluy
Ce qui s’appelle tour à tour Antifa et Black Blocks est une unique nébuleuse d’anarchistes ; d’usage, des gosses de riches en révolte pubertaire. Gauchistes à 20 ans, ils combattent fictivement un fascisme onirique – et à 40 ans, dirigent les boîtes de com’ ou médias du système. Ces casseurs sont connus. A Paris et autour (92, 93, 94) opère la DRPP, Direction du renseignement de la préfecture de police, très affutée sur son territoire. L’auteur est formel : la DRPP connaît un par un les deux ou trois cents pires Black blocks et peut les cueillir au nid avant toute émeute (dans les beaux quartiers ou des squats…) puis les isoler quelques heures ; les codes en vigueur le permettent. En prime, ces milieux anarchistes grouillent d’indicateurs. En Ile-de-France, la PP connaît ainsi les préparatifs d’une émeute. Enfin, l’Europe du renseignement existe : quand trente émeutiers allemands, belges ou italiens, vont à Paris se joindre à la « fête », un signalement est fourni. Ces alertes donnent des itinéraires, l’immatriculation des véhicules, etc. (les « indics », toujours…). Là, un barrage filtrant règle le problème. Ainsi, L’Intérieur peut, sinon neutraliser une émeute – du moins, en limiter à 90% les dégâts. Exemple : avant l’élection présidentielle, les Black blocks veulent attaquer une réunion du Front national au Zénith le 17 avril 2017. Comme d’usage prévenue, la police agit et l’affaire avorte. Cela, elle le peut toujours – même en mars 2019. (…) Ce qui est advenu samedi 16 mars sur les Champs-Elysées n’a rien à voir avec la population française, et fort marginalement, avec les Gilets jaunes eux-mêmes. Bien plutôt, la Mairie de Paris et les gouvernements Hollande-Macron doivent s’en prendre à eux-mêmes. Depuis dix ans, ils considèrent les Antifa comme de preux hérauts de la démocratie – certes un tantinet excités mais n’est-ce pas, il faut que jeunesse se passe. Ici règne la connivence : ces anarchistes sont leurs fils ou les copains de ceux-ci. Certes moins gravement, c’est le cas de figure Maison-Blanche – Moudjahidine afghans. Utiles pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan – mais l’URSS disparue, ils ne rentrent pas docilement à la niche – ils suscitent Oussama ben Laden. Ici pareil, les Antifa chouchous-Bobos sont en même temps des Black Block. Là, catastrophe ! On ne sait que dire, on se borne à gémir sur la violence qui doit cesser et à édicter des lois futiles. Car bien sûr, chacun sait qu’au rayon répression ferme, le chien Hollande-Macron n’a pas de crocs. Et comment se montrer féroce envers ses propres enfants ? Il y a des exemples récents de cela ; des noms, des faits. Si un Antifa est par hasard arrêté, il est peu après relâché en douce. (…) L’impéritie de ce gouvernement, son ignorance des élémentaires normes du maintien de l’ordre éclatent au grand jour. Et l’isolement de M. Macron, tout autant. M. Castaner d’abord. Dans le petit milieu politiciens-médias, là où se recrutent confidents, amants et associés, on sait que le ministre de l’Intérieur est un farceur, occupant ce poste car M. Macron n’avait nul candidat fiable à y mettre. Alors que la France vit sa pire crise de violence sociale en un siècle, M. Castaner fait la noce en boîte de nuit, où – je cite la presse people, il « embrasse une inconnue sur la bouche « . Ebahis, toutes les racailles, narcos et Antifa soupirent d’aise. On connaît le proverbe « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». On a vu le bal samedi 16 mars sur les Champs-Elysées. M. Macron, lui, skie. A mesure où la situation s’aggrave ; à mesure où, certains jours, la France frôle la guerre civile ; M. Macron renforce son contrôle – chaque jour plus tatillon – sur les médias, notamment l’information des radios-télévisions, tenues à la laisse courte. Le président croit ainsi visiblement que l’actuel chaos est affaire de communication. Or bien sûr, c’est tout sauf ça. Une telle erreur de diagnostic n’augure rien de bon pour la suite de son quinquennat. Xavier Raufer
Vous savez, le respect de la loi n’est pas une catégorie pertinente pour moi, ce qui compte c’est la justice et la pureté, ce n’est pas la loi. (…) La personne la plus condamnée de France, c’est le préfet de police de Paris, qui a 135 condamnations au tribunal administratif pour des manœuvres dilatoires sur la question de la demande d’asile, donc je ne crois pas que les gouvernants obéissent beaucoup à la loi. Je ne vois pas pourquoi nous on devrait le faire. (…)  C’est l’analyse sociologique. C’est-à-dire que vous pouvez établir dans le monde social qu’il y a un certain nombre de mécanismes qui produisent de la persécution ou la mise à mort prématurée d’un certain nombre de populations. Si jamais vous produisez une action qui lève ces systèmes de persécution, qui soulagent les corps de la souffrance, vous produisez une action qui est juste et qui est pure. Et si à l’inverse vous prenez des mesures qui renforcent l’exposition des corps à la persécution, alors vous êtes impur et vous êtes injuste. (…) C’est objectif, tout le monde le sait. Tout le monde sait très bien ce que c’est qu’un corps qui souffre, tout le monde sait très bien qu’il y a des clochards dans la rue. Quand Macron dit qu’il n’y a pas de pénibilité du travail, il le sait qu’il y a de la pénibilité. (…) Quand il dit qu’il n’y a pas de violences policières et qu’on voit les vidéos du Burger King pendant les gilets jaunes (…). Il voit très bien qu’en niant ces réalités, il active des systèmes de pouvoir de dénégation qui permettent de perpétuer des systèmes de persécution. (…) Moi je pense que le but de la gauche, c’est de produire des fractures, des gens intolérables et des débats intolérables dans le monde social. Il faut savoir qu’il y a des paradigmes irréconciliables. Moi, je suis contre le paradigme du débat, contre le paradigme de la discussion. Je pense que nous perdons notre temps lorsque nous allons sur des chaînes d’info débattre avec des gens qui sont de toute façon pas convaincables. En fait, nous ratifions la possibilité qu’il fasse partie de l’espace du débat. Je pense que la politique est de l’ordre de l’antagonisme et de la lutte et j’assume totalement le fait qu’il faille reproduire un certain nombre de censures dans l’espace public, pour rétablir un espace où les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes. (…) Plus que la censure – parce que je ne suis pas favorable à l’appareil d’Etat -, je suis favorable à une forme de mépris que la gauche doit avoir pour les opinions de droite. Quand vous avez sur une chaîne d’info en continu des débats d’extrême droite ou semi racistes, tout le monde sait que c’est fait pour ça, et tout le monde va se mettre à réagir ça. (…) On se met à être contaminé dans nos espaces de gauche par ces prises de parole complètement délirantes plutôt que les laisser tranquilles dans leur coin à faire le silence, les renvoyer à leur insignifiance. Geoffroy de Lagasnerie
Beaucoup de gens ici font profil bas. Je connais au moins 25 personnes dans la rue qui sont des partisans de Trump, mais qui sortent pas leurs pancartes. C’est une bataille constante et lorsque vous avez des pancartes, il y a un facteur d’intimidation. Ma femme et ma fille de 3 ans sont sorties et des gars sont passés en voiture et ont baissé leur vitre et leur ont crié des obscénités. C’est dégoûtant mais c’est juste le genre de trucs merdiques qui se passent. Ma fille a été isolée des enfants des voisins. L’été dernier, ils jouaient tous ensemble. Cet été, ils ne vont pas jouer avec elle. C’est méchant. Je ne peux pas l’expliquer mais c’est le comportement que nous constatons. Tom Moran (Scranton, Pennsylvania)
Dans un monde turbulent sous la menace de prédateurs comme le président chinois Xi Jinping, sur qui comptez-vous pour défendre l’Amérique ? Un pitbull agressif prêt à faire n’importe quoi pour gagner, ou un faiblard souriant qui lance des insultes de cour de récréation ? Ce point de vue est probablement derrière le fait que 66% des téléspectateurs hispanophones de Telemundo ont jugé Trump vainqueur du débat, le résultat inverse de sondages similaires sur CNN et CBS News. Après tout, si vous avez vécu sous une dictature socialiste ou la tyrannie de gangs tueurs, vous appréciez un leader costaud pour vous protéger. Les Américains ont voté pour Trump en 2016 précisément parce que c’est un pitbull, un barbare, un franc-tireur qu’ils ont engagé pour combattre la gauche corrompue, drainer le marécage, ramener leurs emplois de Chine et défendre le drapeau, la famille et le bon sens. (…) Ils n’ont que faire de sa « présidentialité » tant qu’il se bat pour eux. Miranda Devine
We’re a drinking club with a patriot problem. As Proud Boys, I think our main objective is to defend the West. Enrique Tarrio
I am not taking this as a direct endorsement from the President. He did an excellent job and was asked a VERY pointed question. The question was in reference to WHITE SUPREMACY…which we are not. Enrique Tarrio
Gotta say: the Proud Boys aren’t white supremacists. Enrique Tarrio, their overall leader, is a Black Cuban dude. The Proud Boys explicitly say they’re not racist. They are an openly right-leaning group and they’ll openly fight you — they don’t deny any of this — but saying they’re white supremacist: If you’re talking about a group of people more than 10% people of color and headed by an Afro-Latino guy, that doesn’t make sense. Wilfred Reilly (Kentucky State University)
Unbelievable. Every person in America knows these riots are being orchestrated by black lives matter and Antifa. Chris Wallace asks the President to condemn white supremacists but did not think to ask Joe Biden to condemn Antifa or BLM. Candice Owens
Good people can go to Charlottesville. Michelle Piercy
We came to Charlottesville, Virginia, to tell both sides, the far right and the far left, listen, whether we agree with what you have to say or not, we agree with your right to say it, without being in fear of being assaulted by the other group. But what happened when we came here? We were the one who were assaulted. Joshua Shoaff (American Warrior Revolution)
You had some very bad people in that group, but you also had people that were very fine people, on both sides. You had people in that group … There were people in that rally — and I looked the night before — if you look, there were people protesting very quietly the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day it looked like they had some rough, bad people — neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest, and very legally protest. President Trump, Aug. 15, 2017
I was talking about people that went because they felt very strongly about the monument to Robert E. Lee, a great general. Trump, April 26, 2019
By and large, in my experience militia groups are not any more racist than any other group of middle-aged white men. Militias are not about whiteness, not about racism, but their anti-Islam feelings spring from fear and ignorance of Muslims. Amy Cooter (Vanderbilt University)
Militias started showing up at events where left-wing elements would be, and that includes white-supremacist events. They aren’t white supremacists. They are there opposing the people opposing the white supremacists. Mark Pitcavage (Anti-Defamation League)
Militia leaders … emphasize their defense of free speech and depict themselves as peacekeepers. But they never go out and protect the free speech rights of antifa and left-wing groups. Sam Jackson (University at Albany)
Militia groups purported to be there to protect the First Amendment rights of the protesters. The real goal, the evidence showed, was to provoke violent confrontations with counterprotesters and make a strong physical showing of white supremacy and white nationalism. I certainly think that AWR knew which side it was ‘protecting,’ and made that choice willingly. Mary McCord (Georgetown’s Institute for Constitutional Advocacy and Protection)
The Charlottesville City Council in February 2017 had voted to remove a statue of Confederate Gen. Robert E. Lee that had stood in the city since 1924, but opponents quickly sued in court to block the decision. In June 2017, the City Council voted to give Lee Park, where the statue stood, a new name — Emancipation Park. (In 2018, the park was renamed yet again to Market Street Park.) The city’s actions inspired a group of neo-Nazis, white supremacists and related groups to schedule the “Unite the Right” rally for the weekend of Aug. 12, 2017, in Charlottesville. There is little dispute over the makeup of the groups associated with the rally. A well-known white nationalist, Richard Spencer, was involved; former Ku Klux Klan head David Duke was a scheduled speaker. “Charlottesville prepares for a white nationalist rally on Saturday,” a Washington Post headline read. Counterdemonstrations were planned by people opposed to the alt-right, such as church groups, civil rights leaders and anti-fascist activists known as “antifa,” many of whom arrived with sticks and shields. Suddenly, a militia group associated with the Patriot movement announced it was also going to hold an event called 1Team1Fight Unity in Charlottesville on Saturday, Aug. 12, rescheduling an event that has been planned for Greenville, S.C., 370 miles away. Other militia groups also made plans to attend. On the night of Aug. 11, the neo-Nazi and white-supremacist groups marched on the campus of the University of Virginia, carrying flaming torches and chanting anti-Semitic slogans. This is where Trump got into trouble. While he condemned right-wing hate groups — “those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans” — he appeared to believe there were peaceful protesters there as well. (…) But there were only neo-Nazis and white supremacists in the Friday night rally. Virtually anyone watching cable news coverage or looking at the pictures of the event would know that. It’s possible Trump became confused and was really referring to the Saturday rallies. But he asserted there were people who were not alt-right who were “very quietly” protesting the removal of Lee’s statue. But that’s wrong. There were white supremacists. There were counterprotesters. And there were heavily armed anti-government militias who showed up on Saturday. “Although Virginia is an open-carry state, the presence of the militia was unnerving to law enforcement officials on the scene,” The Post reported. The day after Trump’s Aug. 15 news conference, the New York Times quoted a woman named Michelle Piercy and described her as “a night shift worker at a Wichita, Kan., retirement home, who drove all night with a conservative group that opposed the planned removal of a statue of the Confederate general Robert E. Lee.” She told the Times: “Good people can go to Charlottesville.” Some Trump defenders, such as in a video titled “The Charlottesville Lie,” have prominently featured Piercy’s quote as evidence that Trump was right — there were protesters opposed to the removal of the statue. (…) As far as we can tell, Piercy gave one other interview about Charlottesville, with the pro-Trump website Media Equalizer, which described AWR as “a group that stands up for individual free speech rights and acts as a buffer between competing voices.” Piercy told Media Equalizer: “We were made aware that the situation could be dangerous, and we were prepared.” That is confirmed by Facebook videos, streamed by AWR, that show roughly three dozen militia members marching through the streets of Charlottesville, armed and dressed in military-style clothing, supposedly seeking people whose rights were being infringed. Police encouraged them to leave, according to an independent review of the day’s events commissioned by Charlottesville, but they attracted attention from counterprotesters. One militia member then was hit in the head by a rock, halting their retreat. “The militia members apparently did not realize that they had stopped directly across the street from Friendship Court, a predominantly African-American public housing complex,” the review said. A video posted on YouTube shows Heyer briefly crossing paths with AWR after the militia group was challenged by residents and counterprotesters to leave the area. Two revealing Facebook videos posted by the group have been deleted but were obtained by The Fact Checker. One, titled “The Truth about Charlottesville,” was posted on Aug. 12, immediately after law enforcement shut down the rally. It lasts about 25 minutes, and it is mostly narrated by Joshua Shoaff, also known as Ace Baker, the leader of AWR. Members of other militia groups also speak in the video. There’s no suggestion the militias traveled to Charlottesville because of the Lee statue, though late in the video a couple of militia members make brief references to the Confederate flag and Confederate monuments. (The 207-page independent review commissioned by Charlottesville also makes no mention of peaceful pro-statue demonstrators.) “We came to Charlottesville, Virginia, to tell both sides, the far right and the far left, listen, whether we agree with what you have to say or not, we agree with your right to say it, without being in fear of being assaulted by the other group,” Shoaff says. But he complains, “What happened when we came here? We were the one who were assaulted.” During the video, a militia member who is black appears on screen, and Shoaff sarcastically says, “Hey, look, hey, there’s black guy in here, oh, my God.” At another point, an unidentified militia member says: “We are civil nationalists. We love America. We love the Constitution. We respect any race, any color. We are all about respecting constitutional values.” After the city of Charlottesville sued AWR and other militia groups, Baker on Oct. 12 posted another video obtained by The Fact Checker. “We had long guns. We had pistols. We were pelted with bricks, and could have f—ing used deadly force. But we didn’t,” he declares. “We had the justification to use deadly force that day and mow people f—ing down. But we didn’t.” So what’s going on here? Anti-government militia groups are not racist but tend to be wary of Muslims and immigrants, according to experts who study the Patriot movement. (…) Militias are strongly pro-Trump, but his election posed a conundrum: They had always been deeply suspicious of the federal government, but now it was headed by someone they supported. So they started to build up antifa as an enemy, falsely believing the activists are bankrolled by billionaire investor George Soros, according to Mark Pitcavage, senior research fellow at the Center on Extremism of the Anti-Defamation League. Antifa, short for anti-fascist, sprung up to challenge neo-Nazis. “Militias started showing up at events where left-wing elements would be, and that includes white-supremacist events,” Pitcavage said. “They aren’t white supremacists. They are there opposing the people opposing the white supremacists.” Sam Jackson, a University at Albany professor who studies anti-government extremism, said that militia leaders have “strategic motivations to frame things in certain ways and it may not match real motivations.” That’s why they emphasize their defense of free speech and depict themselves as peacekeepers. But, he noted, “they never go out and protect the free speech rights of antifa and left-wing groups.” Militia groups “purported to be there to protect the First Amendment rights of the protesters,” said Mary McCord, legal director at Georgetown’s Institute for Constitutional Advocacy and Protection and counsel for Charlottesville in a lawsuit. The “real goal, the evidence showed, was to provoke violent confrontations with counterprotesters and make a strong physical showing of white supremacy and white nationalism. I certainly think that AWR knew which side it was ‘protecting,’ and made that choice willingly.” In recent weeks, Trump has echoed the language he used regarding the Charlottesville attendees to encourage protests against social distancing orders. “These are very good people, but they are angry,” Trump tweeted on May 1. In other tweets, he urged governors to “liberate” states. That’s the language of militias, McCord said — code for liberation from a tyrannical government. And who has been showing up at the rallies opposing shutdown orders? Armed militias associated with the Patriot movement. (…) The evidence shows there were no quiet protesters against removing the statue that weekend. That’s just a figment of the president’s imagination. The militia groups were not spurred on by the Confederate statue controversy. They arrived in Charlottesville heavily armed and, by their own account, were prepared to use deadly force (?) — because of a desire to insert themselves in a dangerous situation that, in effect, pitted them against the foes of white supremacists. Trump earns Four Pinocchios. The Washinton Post
Our domestic violent extremists include everything from racially motivated violent extremists, which we’ve talked about here in this Committee before, I think when I testified last year, for example, all the way to antigovernment, anti-authority violent extremists, and that includes people ranging from anarchist violent extremists, people who subscribe to Antifa or other ideologies, as well as militia types, and those kinds. (…) We look at Antifa as more of an ideology or a movement than an organization. To be clear, we do have quite a number of properly predicated domestic terrorism investigations into violent anarchist extremists, any number of whom self identify with the Antifa movement. And that’s part of this broader group of domestic violent extremists that I’m talking about, but it’s just one part of it. We also have the racially motivated violence extremists, the militia types, and others. (…) I think one of the things a lot of people don’t understand about people who subscribe to this Boogaloo thinking is that their main focus is just dismantling, tearing down government. They’re less clear on what it is they think they’re going to replace government with. I’m not even sure they would all agree with each other (…) Antifa is a real thing. It’s not a group or an organization, it’s a movement or an ideology, may be one way of thinking of it. (…) as I think I said in response to an earlier question, Antifa is a real thing. It’s not a fiction, but it’s not an organization, or a structure. We understand it to be more of a movement, or maybe you could call it an ideology. (…) And we have seen individuals, I think I’ve mentioned this in response to one of the earlier questions, identified with the Antifa movement, coalescing regionally into what you might describe as small groups, or nodes. And we are actively investigating the potential violence from those regional nodes, if you will. (…) I think what I would say is that we have seen folks who subscribe to or self identify with the Antifa movement who coalesce regionally into what we refer to or think of as more as small groups or nodes. And they’re certainly organized at that level, those individuals. Chris Wray (FBI, 17.09.2020)
When you look across the country, you have got three broad categories. You have the peaceful protesters, which is maybe the biggest number of people. Then, you have the criminal opportunists who engage in looting, low-level vandalism, etc. Then, you have a third group. While it numerically might be the smallest, it is the most serious and the one we have to go after most aggressively, the ones who are violating federal law. Ied’s, molotov cocktails, arsons of government facilities. Who those people are, that is our priority. That is our focus. However, we have certainly seen a number of violent and anarchist extremists participating in that mix. I have gotten questions about antifa, for example, so let me try to be as clear as I can. Antifa is a real thing, it is not a fiction. We have seen organized, tactical activity at both the local and regional level. We have seen antifa adherents coalescing and working together in what I would describe as small groups. All of this I said last week, but some of it got more clearly conveyed than others. We had a number of predicated investigations into some anarchists, some of whom operate through these nodes and to subscribe to our self identify with anarchists extremism, including antifa, and we will not hesitate, will not hesitate to aggressively investigate that kind of activity. So we are going to be looking at, and will look at, their funding, their tactics, their logistics, their supply chains. We are going to pursue all available charges. There are also what i would describe as the militia types, and we have had plenty of those and we have a number of investigations into those as well. But I have been trying to put a lot of these things into nice, neat, clean buckets. It is a challenge because one of the things we see more and more in the counterterrorism space is people who assemble together in some kind of mishmash, a whole bunch of different ideologies. We sometimes refer to it as a salad bar of ideologies, a little bit of this, a little bit of that, and what they are really about is the violence. Chris Wray (FBI, 24.09.2020)
C’est une idée, pas une organisation. Joe Biden
Presque tout ce que je vois vient de l’aile gauche, pas de l’aile droite. (…) Proud Boys, restez en retrait et à l’écart de tout ça. Mais je vais vous dire (…) quelqu’un doit faire quelque chose contre les antifas et la gauche parce que ce n’est pas un problème de droite. Président Trump
I don’t know who the Proud Boys are. I mean, you’ll have to give me a definition, because I really don’t know who they are. I can only say they have to stand down, let law enforcement do their work. (…) I’ve always denounced any form of that (…) Any form of any of that, you have to denounce. But I also — and Joe Biden has to say something about Antifa. It’s not a philosophy. These are people that hit people over the head with baseball bats. He’s got to come out and he’s got to be strong, and he’s got to condemn Antifa. And it’s very important that he does that. Président Trump
We look at Antifa as more of an ideology or a movement than an organization. To be clear, we do have quite a number of properly predicated domestic terrorism investigations into violent anarchist extremists, any number of whom self-identify with the Antifa movement. And that’s part of this broader group of domestic violent extremists that I’m talking about, but it’s just one part of it. We also have the racially motivated violence extremists, the militia types, and others. (…) Antifa is a real thing. It’s not a group or an organization, it’s a movement or an ideology, maybe one way of thinking of it, and we have quite a number and I’ve said this consistently since my first time appearing before this committee, we have any number of properly predicated investigations into what we would describe as violent anarchist extremists. Some of those individuals self-identify with Antifa (…) we have seen individuals, I think I’ve mentioned this in response to one of the earlier questions, identified with the Antifa movement, coalescing regionally into what you might describe as small groups, or nodes. And we are actively investigating the potential violence from those regional nodes, if you will. (…) I want to be clear that by describing it as an ideology or movement, I by no means mean to minimize the seriousness of the violence and criminality that is going on across the country. Some of which is attributable to that people inspired by, or who self-identify with that ideology and movement. We’re focused on that violence on that criminality. And some of it is extremely serious. Christopher Wray (FBI Director)
The FBI tried to characterize the potential threat from individuals within that group. The bureau doesn’t designate groups but does investigate violent conspiracies. We do not intend and did not intend to designate the group as extremist. I can see where Clark County representatives came to that conclusion. That was not our intention. That’s not what we do. We will not open a case if someone belongs to antifa or even the Proud Boys. There has to be a credible allegation or a threat of violence before someone opens a case. Renn Cannon (Oregon FBI)
As I said on Saturday, we condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry, and violence. It has no place in America. And as I have said many times before: No matter the color of our skin, we all live under the same laws, we all salute the same great flag, and we are all made by the same almighty God. We must love each other, show affection for each other, and unite together in condemnation of hatred, bigotry, and violence. We must rediscover the bonds of love and loyalty that bring us together as Americans. Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans. We are a nation founded on the truth that all of us are created equal. We are equal in the eyes of our Creator. We are equal under the law. And we are equal under our Constitution. Those who spread violence in the name of bigotry strike at the very core of America.  (…) Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans. President Trump (Aug. 14, 2017)
Yes, I think there’s blame on both sides. You look at, you look at both sides. I think there’s blame on both sides, and I have no doubt about it, and you don’t have any doubt about it either. And, and, and, and if you reported it accurately, you would say. (…) Excuse me, ([the neonazis] didn’t put themselves down as neo — and you had some very bad people in that group. But you also had people that were very fine people on both sides. You had people in that group – excuse me, excuse me. I saw the same pictures as you did. You had people in that group that were there to protest the taking down, of to them, a very, very important statue and the renaming of a park from Robert E. Lee to another name. … It’s fine, you’re changing history, you’re changing culture, and you had people – and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally – but you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists, okay? And the press has treated them absolutely unfairly. Now, in the other group also, you had some fine people, but you also had troublemakers and you see them come with the black outfits and with the helmets and with the baseball bats – you had a lot of bad people in the other group too. (…) There were people in that rally, and I looked the night before. If you look, they were people protesting very quietly, the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day, it looked like they had some rough, bad people, neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest and very legally protest, because you know, I don’t know if you know, they had a permit. The other group didn’t have a permit. So I only tell you this: There are two sides to a story. President Trump (Aug. 15, 2017)
The shooter in El Paso posted a manifesto online consumed by racist hate. In one voice, our nation must condemn racism, bigotry, and white supremacy. These sinister ideologies must be defeated. Hate has no place in America. Hatred warps the mind, ravages the heart, and devours the soul. We have asked the FBI to identify all further resources they need to investigate and disrupt hate crimes and domestic terrorism — whatever they need.  President Trump (Aug. 5, 2019)
Only three things happened, for me, tonight: Number one, Donald Trump refused to condemn white supremacy. Number two, the president of the United States refused to condemn white supremacy. Number three, the commander-in-chief refused to condemn white supremacy on the global stage, in front of my children, in front of everybody’s families. And he was given the opportunity multiple times to condemn white supremacy, and he gave a wink and a nod to a racist, Nazi, murderous organization that is now celebrating online, that is now saying “We have a go-ahead.” Look at what they’re saying, look at what the Proud Boys are doing right now online, because the president of the United States refused to condemn white supremacy. Van Jones (CNN)
We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible. Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals. The Ex-Worker
Black people get shot for doing ordinary law-abiding things. They don’t have the luxury of anarchy. Andrè Taylor
Establishment media still continues to overlook trending Anarchist black bloc tactics especially in DC, Portland & Seattle with satellite activity in Denver, Sacramento and San Diego. (…) But (…) They’re real – but localized without a major event to capitalize on. Insurrectionary Anarchist ideology & rhetoric however has permeated into the social justice movement with blazing efficiency. Jeremy Lee Quinn (Sep 17, 2020)
As for Anarchism, there are several schools of thought in Anarchism. Consider these 3 in the US. Mainstream Anarchism​ (left wing) intersects with music, film, art & comics in pop culture and holds intellectual reverence to its historic ideals aligning on the left with Antifascism. Insurrectionary Anarchism​​ (fringe left)​ maintains a strong presence in the Northwest and via ​ CrimethInc​ holds itself to instigating revolutionary absolutes ie. abolish all police & prisons. Employs black bloc tactics to disrupt the system. National Anarchism​​(fringe right)​ is a racist iteration of the political philosophy that was a minor presence over the last decade in Idaho & the San Francisco Bay Area where “entryism” was espoused, the technique of infiltrating another group to convert its followers. (…) The comfort narrative from the mainstream has been that a right wing iteration has been responsible for provoking chaos. We have found no evidence of this on the ground. The Proud Boys are referenced most often. They are anti – Anarchist (commonly labeled Antifa) but not white supremacists, nor is there evidence that they have worked under the cover of protests. Rather, it is the Anarchist – Antifascists consistently showing up at rightwing rallies which results in confrontations with the Proud Boys. Thus, our current situation appears to involve the first two categories. Media outlets since the end of May have gravitated towards a benign pop culture interpretation of anarchism. Meanwhile in the streets, the more extreme version has been developing with strident fanaticism, especially in the Pacific Northwest. (…) Anarchists at their core seek ultimately to abolish hierarchy and in these last months we have seen them welcome synonymous Antifascist minded groups and autonomous rioters under their umbrella. The most dogmatic Anarchism opposes reform of any kind. It’s the entire system the Anarchist wishes to bring down, whether it is Capitalist or Communist. (…) All of this is irrelevant to the Anarchist. “We don’t care who is fucking shit up, as long as they’re fucking shit up,” a self identifying Anarchist wrote online after following an inquiry about possible right wing infiltrators at BLM protests in Minnesota. Anarchy it would seem is the point, as is the anonymity of all. (…) That fanaticism takes a different form in Portland where kids ages 15-25 have been recruited by the Youth Liberation Front and maintained a pattern of harassment and aggression against both Law enforcement and Nationalist or Patriot identifying citizens. At their most coherent, they are acting in the name of Antifascism against those they believe to be white supremacists. The Northwest YLF brought “Direct Action” to a fever pitch in Portland at the Federal Courthouse. The government responded with an iron first. As in Minneapolis, activists were eager to expose the nation’s militaristic itch. (…) Shellshocked confusion from the DHS is understandable. To those who have not followed the rise of modern Anarchism in street art, films, graphic novels, activism & counter culture – including its online integration with protest culture internationally- these mostly young men dressed in cartoonish masks & ninja outfits must seem alien. It started in Germany during a recession in the late 80s. The black bloc was born, an Anarchic method of anonymizing oneself at protests so acts of dissent might be committed free from criminality. The practice migrated to Seattle at the WTO riots of 1999. By the late 2000s black bloc tactics would be permeating sub culturally across the nation. The Anarchist movement is preached worldwide via ​“Crimethinc. The Ex-Worker”​, a collective formed by 1996. They published a modern Anarchist Cookbook “Recipe for Disasters” and other works by 2003. They joined twitter in 2008. At Occupy Wall Street in 2011, the masks came out. Alan Moore, the English Anarchist and comic book auteur (Watchmen, V for Vendetta) ​was involved with the publication of “Occupy Comics” romanticizing the Anarchist struggle in the wake of the New York action. Then came Ferguson. At the 2014 Ferguson riots, Anarchists took to the streets within the Community. CrimethInc will always have plausible deniability of direct involvement. They are the messengers of an idea they insist, which can never be defeated now that it is out in the ether. In their view they are mere scribes of the struggle which dates back to the 1800s. In agile doublespeak, CrimethInc dispels “outside agitator” myths at riots under the rationale that Anarchists are a part of any community movement fighting oppression rather than outsiders looking in. (…) New alliances were made May 26th 2020, the first day of the George Floyd protests in Minneapolis. What we still see on Twitter is only a snapshot. Direct messaging and private online Discord, Signal or Telegram app chats make it easy these days for like-minded collectives to share techniques, ideas and intentions privately. Purists to the portrayal of a 100% street revolution will argue techniques are applied organically with parallel thinking, rather than widespread coordination. Crimethinc would later post observations in a post mortem Minneapolis including a breakdown of the most effective “ballistics” and use of “peaceful protesters as shields.” CrimethInc often also extols tactics of looting and burning down businesses to divert police resources in ​“The Siege of the Third Precinct in Minneapolis, an Account & Analysis.”​ In this excerpt CrimethInc gives a rare direct address to rebels about using end to end encryption apps like Telegram. (…) It is significant to note that Anarchist methods could not be employed without a population of active participants reaching critical mass. On May 26th, that mass began to form. (…) May 27th Second day of Minneapolis protests: Anarchist website  ​CrimethInc ​begins tweeting blackbloc dress code tips for protesters. Several that day participate in riot actions breaking windows at the 3rd precinct dressed in all black. Several men carry umbrellas, a suggested accessory to shield rioters from overhead cameras. (…) In weeks to come more advanced tactics such as “ballistics” and using “peaceful protesters” as shields are shared via CrimethInc with its following. (…) A riot is the language of the unheard” ​begins to be passed around on social media omitting King’s conclusion in the clip ​“I hope we can avoid riots because riots are self-defeating and socially destructive. Jeremy Lee Quinn
The ability to continue to spread and to eventually bring more violence, including a violent insurgency, relies on the ability to hide in plain sight — to be confused with legitimate protests, and for media and the public to minimize the threat. Pamela Paresky (Rutgers university)
On the last Sunday in May, Jeremy Lee Quinn, a furloughed photographer in Santa Monica, Calif., was snapping photos of suburban moms kneeling at a Black Lives Matter protest when a friend alerted him to a more dramatic subject: looting at a shoe store about a mile away. He arrived to find young people pouring out of the store, shoeboxes under their arms. But there was something odd about the scene. A group of men, dressed entirely in black, milled around nearby, like supervisors. One wore a creepy rubber Halloween mask. The next day, Mr. Quinn took pictures of another store being looted. Again, he noticed something strange. A white man, clad in black, had broken the window with a crowbar, but walked away without taking a thing. Mr. Quinn began studying footage of looting from around the country and saw the same black outfits and, in some cases, the same masks. He decided to go to a protest dressed like that himself, to figure out what was really going on. He expected to find white supremacists who wanted to help re-elect President Trump by stoking fear of Black (sic) people. What he discovered instead were true believers in “insurrectionary anarchism.” (…) Mr. Quinn (…) has spent the past four months marching with “black bloc” anarchists in half a dozen cities across the country, chronicling the experience on his website, Public Report. He says he respects the idealistic goal of a hierarchy-free society that anarchists embrace, but grew increasingly uncomfortable with the tactics used by some anarchists, which he feared would set off a backlash that could help get President Trump re-elected. In Portland, Ore., he marched with people who shot fireworks at the federal court building. In Washington, he marched with protesters who harassed diners. (…) While talking heads on television routinely described it as a spontaneous eruption of anger at racial injustice, it was strategically planned, facilitated and advertised on social media by anarchists who believed that their actions advanced the cause of racial justice. In some cities, they were a fringe element, quickly expelled by peaceful organizers. But in Washington, Portland and Seattle they have attracted a “cultlike energy,” Mr. Quinn told me. Don’t take just Mr. Quinn’s word for it. Take the word of the anarchists themselves, who lay out the strategy in Crimethinc, an anarchist publication: Black-clad figures break windows, set fires, vandalize police cars, then melt back into the crowd of peaceful protesters. When the police respond by brutalizing innocent demonstrators with tear gas, rubber bullets and rough arrests, the public’s disdain for law enforcement grows. It’s Asymmetric Warfare 101. An anarchist podcast called “The Ex-Worker” explains that while some anarchists believe in pacifist civil disobedience inspired by Mohandas Gandhi, others advocate using crimes like arson and shoplifting to wear down the capitalist system. (…) If that is not enough to convince you that there’s a method to the madness, check out the new report by Rutgers researchers that documents the “systematic, online mobilization of violence that was planned, coordinated (in real time) and celebrated by explicitly violent anarcho-socialist networks that rode on the coattails of peaceful protest,” according to its co-author Pamela Paresky. She said some anarchist social media accounts had grown 300-fold since May, to hundreds of thousands of followers. (…) the scale of destruction caught the media’s attention in a way that peaceful protests hadn’t. How many articles would I have written about a peaceful march? How many months would Mr. Quinn have spent investigating suburban moms kneeling? That’s on us. While I feared that the looting and arson would derail the urgent demands for racial justice and bring condemnation, I was wrong, at least in the short term. Support for Black Lives Matter soared. Corporations opened their wallets. (…) But as the protests continue, support has flagged. The percentage of people who say they support the Black Lives Matter movement has dropped from 67 percent in June to 55 percent, according to a recent Pew poll. “Insurrectionary anarchy” brings diminishing returns, especially as anarchists complicate life for those working within the system to halt police violence. (…)That’s the thing about “insurrectionary anarchists.” They make fickle allies. If they help you get into power, they will try to oust you the following day, since power is what they are against. Many of them don’t even vote. They are experts at unraveling an old order but considerably less skilled at building a new one. That’s why, even after more than 100 days of protest in Portland, activists do not agree on a set of common policy goals. Even some anarchists admit as much. “We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible,” a voice on “The Ex-Worker” podcast intones. “Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals.” In other words, it’s not really about George Floyd or Black lives, but insurrection for insurrection’s sake. Farah Stockman
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne (« Qu’ils s’en aillent tous ») ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifas qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
Dans les années 60, les mods anglais, incarnés par les Kinks ou les Who, s’emparent des vêtements bourgeois destinés aux élites (celles qui jouent au tennis, notamment) : le polo Fred Perry, le blouson Harrington ou les chemises Ben Sherman. Avec la fin des mods à l’aube des années 70, l’image de ces maisons se trouble : les skinheads, nés en réaction au mouvement hippie, se les approprient. Parmi eux, certains sont apolitiques, d’autres d’extrême gauche, beaucoup sont fascistes. Si bien que dans les années 70 et 80, le vestiaire en descendance mods est davantage associé aux militants extrémistes qu’à la musique. La succession d’artistes anglo-saxons s’affichant en Fred Perry (les Pogues, époque punk ; les Specials, version ska ; les Blur et Oasis, à l’ère brit-pop, ou les Strokes et Franz Ferdinand, plus rock), n’a pas suffi à dissiper l’image ambiguë de la marque. Aujourd’hui, Fred Perry ne communique pas sur sa stratégie marketing, mais les activités de ces dix dernières années montrent sa volonté de se distinguer en tant que maison de mode versée dans la créativité, et la musique. (…) Autre signe d’une volonté d’assainissement de son image : Fred Perry inaugure en 2008 sa première boutique française à Paris, dans le quartier du Marais. Une enseigne proprette, à côté de Zadig & Voltaire, Maje et Sandro, où règne une ambiance bien différente des petites boutiques multimarques à l’ambiance un peu tendue, spécialisées dans les griffes qu’aiment certains militants d’extrême droite, comme Ben Sherman ou Lonsdale. Si Fred Perry et Ben Sherman ont pu compenser de troubles associations politiques par une cool attitude, la marque anglaise Lonsdale a été clairement associée aux groupuscules d’extrême droite. Les néonazis l’auraient «récupérée» à cause des lettres «NSDA» au cœur du mot «Lonsdale» (NSDA pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti nazi). Au milieu des années 2000, la griffe a ainsi été bannie dans plusieurs établissements scolaires en Allemagne, et surtout aux Pays-Bas, ou l’expression «jeunesse Lonsdale» était apparue pour évoquer la résurgence néonazie dans le pays. Plusieurs points de vente, trop marqués politiquement, ont dû être fermés, et les campagnes de communication de la marque martèlent désormais le slogan «Lonsdale loves all colours». Libération
La tragique mort de Clément Méric réveille une image que la marque anglaise avait réussi à faire un peu oublier. Il faudra qu’elle redouble d’effort pour éloigner ces clients aussi fidèles que gênants. Un peu comme Lacoste avait tenté de le faire en son temps avec les rappeurs des cités. Huffington post
Antifa (…) est le nom collectif utilisé par différents groupes autonomes et souvent informels se réclamant de l’antifascisme. Les groupes Antifa sont connus pour leur recours à l’action directe pour s’opposer à l’extrême droite, pouvant aller jusqu’à la destruction de biens matériels et la violence physique lorsqu’ils le jugent nécessaire. La plupart de ces groupes sont anti-gouvernement et anti-capitalistes, et appartiennent à des mouvances d’extrême gauche anarchistes, communistes ou socialistes. Ils mettent l’accent notamment sur la lutte directe contre l’extrême droite et les mouvements prônant la suprématie de la race blanche. Le terme Antifa tient son origine de l’Action antifasciste, un nom employé par des mouvements politiques européens des années 1920 et 1930 qui ont lutté contre les fascistes en Allemagne, en Italie et en Espagne. En réponse à l’importance du néonazisme après la chute du Mur de Berlin, des manifestants antifascistes ont réapparu en Allemagne. Peter Beinart, un journaliste américain, écrit que « à la fin des années 1980 aux États-Unis, des fans de punk appartenant à des mouvances de gauche leur ont emboîté le pas mais sous le nom d’Anti-Racist Action (« Action antiraciste »), pensant que les Américains seraient plus familiers avec la lutte contre le racisme qu’avec celle contre le fascisme ». Le militantisme antifasciste remonte aux années 1920, années durant lesquelles les anti-fascistes ont été impliqués dans des batailles de rue contre les Chemises noires de Benito Mussolini ou celles brunes d’Adolf Hitler, l’Union britannique des fascistes d’Oswald Mosley et des organisations américaines pro-nazies telles que les Amis de la Nouvelle-Allemagne. Bien qu’il n’existe pas de réelle connexion entre les organisations antifascistes, on peut remonter la généalogie de l’Antifa américaine jusqu’à l’Allemagne de Weimar, où fut créé en 1932 le premier groupe décrit comme « antifa », Antifaschistische Aktion, avec la participation du Parti communiste d’Allemagne. Le logo aux deux drapeaux d’Antifaschistische Aktion est le symbole le plus couramment utilisé par l’Antifa américaine, avec le cercle antifasciste aux trois flèches du mouvement social-démocrate Front de fer (créé en 1931 puis dirigé par les sociaux-démocrates). L’Anti-Racist Action, née des mouvements punk et d’une partie du mouvement skinhead de la fin des années 1980, est le précurseur direct de beaucoup, sinon de la plupart des mouvements antifa américains actuels. D’autres groupes antifa ont cependant d’autres ascendances, comme les Baldies de Minneapolis, dans le Minnesota, un groupe formé en 1987, avec l’intention de combattre le néonazisme. Le mouvement Antifa est constitué de groupes autonomes, et n’a donc pas d’organisation formelle. Ces groupes forment des réseaux de soutien, comme le NYC Antifa, ou fonctionnent de façon indépendante. L’organisation de manifestations se fait généralement via les médias sociaux, des sites web et des listes de diffusion. Bien que le nombre d’affiliés aux mouvements Antifa ne puisse être estimé avec précision, le mouvement a pris plus d’ampleur depuis l’élection de Donald Trump : environ 200 groupes, de taille et niveau d’engagement variables, existent actuellement aux États-Unis. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision CNN en août 2017, un membre de Rose City Antifa (un groupe de Portland, dans l’Oregon), explique que « les membres de notre groupe viennent de toute la gauche : nous avons des anarchistes, nous avons des socialistes, nous avons même des libéraux et des sociaux-démocrates ». Bien que les militants Antifa puissent pratiquer l’entraide, comme ils le firent après l’ouragan Harvey, ils ont surtout été associés aux démonstrations de violence à l’encontre de la police et des personnes dont les opinions politiques sont jugées nauséabondes. Ils sont généralement perçus comme n’hésitant pas à recourir à des démonstrations de force. Un manuel publié sur It’s Going Down, un site anarchiste, met pourtant en garde contre « ceux qui ont seulement envie de se battre ». Il note en outre que « se confronter physiquement aux fascistes est un aspect nécessaire de la lutte anti-fasciste, mais ce n’est pas le seul ni même nécessairement le plus important ». Selon Peter Beinart, les militants Antifa « luttent contre le suprémacisme blanc, non en essayant de changer la politique du gouvernement, mais par l’action directe. Ils essaient d’identifier publiquement les suprémacistes pour les faire licencier ou leur faire perdre leur logement », en plus de « perturber leurs rassemblements, y compris par la force ». Les groupes Antifa ont participé activement aux protestations et manifestations contre l’élection de Donald Trump en 2016. Ils ont également participé aux manifestations de février 2017 à Berkeley contre le porte-parole de l’alt-right Milo Yiannopoulos. Ces manifestations ont attiré l’attention du public, les médias ayant rapporté que les Antifa ont « lancé des cocktails Molotov et brisé des fenêtres » et causé 100 000 $ de dommages. Le 15 juin 2017, des membres d’Antifa se sont joints aux manifestants de l’Evergreen State College, qui s’opposaient à un événement organisé par le Patriot Prayer, un mouvement de droite libérale suspecté de liens avec le suprémacisme blanc. Lors des contre-manifestations au rassemblement « Unir la droite » de Charlottesville en août 2017, les Antifa ont « certainement utilisé des battes et des marqueurs à air comprimé contre les manifestants suprémacistes ». Selon un Antifa interrogé par la journaliste Adele Stan, les battes utilisées par les manifestants antifascistes sont justifiées par la présence de « goon squads » (sortes de groupes mercenaires) dans l’autre camp. Lors de cet événement, des Antifa ont protégé Cornel West et divers membres du clergé de l’attaque de suprémacistes. Cornel West a plus tard déclaré qu’il estimait que les Antifa lui avaient « sauvé la vie ». Selon un militant d’extrême droite, les manifestants Antifa n’étaient pas cantonnés au périmètre qui leur avait été alloué par la ville, mais arpentaient les rues et ont bloqué le passage aux manifestants d’extrême-droite avant de lancer une attaque sur eux avec des masses, des sprays au poivre, des briques, des bâtons et du liquide sale. À Berkeley, le 27 août 2017, une centaine de manifestants Antifa auraient rejoint les 2 000 à 4 000 contre-manifestants présents pour s’opposer à ce qui a été décrit comme une « poignée » de manifestants de l’alt-right et de supporters du président Trump, réunis pour un rally « Say No to Marxism » (« Non au marxisme ») qui avait été annulé pour des raisons de sécurité. Il est décrit que certains militants Antifa ont donné des coups de pied à des manifestants non armés et ont menacé de casser les caméras des journalistes. Le maire de Berkeley Jesse Arreguin a suggéré de classer les Antifa de la ville comme « gang ». Lors de nouvelles contre-manifestations en opposition au rassemblement « Unir la droite » à Charlottesville en août 2018, des Antifas ont invectivé et attaqué des journalistes et des policiers, leur lançant notamment des œufs et des bouteilles d’eau, et en tirant des feux d’artifice dans leur direction. Des journalistes rapportent aussi que des Antifa les ont harcelés pour les empêcher de filmer. Selon la National Public Radio, « ceux qui parlent au nom du mouvement Antifa reconnaissent qu’ils ont parfois des battes et des massues » et leur « méthode repose sur la confrontation ». CNN affirme que les Antifa sont « connus pour causer des dégradations matérielles lors des manifestations ». Scott Crow, un membre de longue date d’un groupe Antifa et impliqué dans l’organisation du mouvement selon CNN, fait valoir que la destruction de la propriété n’est pas une forme de violence. Selon Brian Levin, directeur du Centre pour l’Étude de la Haine et de l’Extrémisme à l’Université d’État de Californie de San Bernardino, les Antifa ont recours à la violence car « ils croient que les élites contrôlent le gouvernement et les médias. Ils ont donc besoin de s’opposer frontalement à ceux qu’ils considèrent comme racistes ». Selon Mark Bray, maître de conférences à l’Institut de recherche sur le genre de Dartmouth et auteur d’Antifa: The Anti-Fascist Handbook (Antifa: Le Manuel des antifascistes), les adhérents au mouvement sont pour la plupart socialistes, anarchistes ou communistes et « refusent de faire appel à la police ou à l’État pour freiner l’avancée du suprémacisme blanc. Ils préconisent à la place l’opposition populaire au fascisme telle que nous avons pu le voir à Charlottesville ». En rapport avec cet ouvrage, Carlos Lozada a déclaré que les groupes Antifa ne respectent pas la liberté d’expression. Selon Bray, l’atteinte à la liberté d’expression « est justifiée par son rôle dans la lutte politique contre le fascisme ». Selon Scott Crow, cette justification se fonde sur le principe de l’action directe : « L’incitation à la haine ne relève pas de la liberté d’expression. Si vous mettez en danger des personnes avec ce que vous dites et les actes que vos paroles impliquent, alors vous n’avez pas le droit de le dire. C’est pour cela que nous allons au conflit, pour les faire taire, parce que nous croyons que les nazis et les fascistes de tout poil ne devraient pas avoir droit à la parole ». En juin 2017, la mouvance Antifa a été rattachée à l’anarchisme par le Département de la sécurité intérieure du New Jersey, qui avec le FBI a classé leurs activités comme terrorisme domestique. Le FBI et le DSI ont également reconnu être incapables d’infiltrer « l’organisation diffuse et décentralisée » de ces groupes. À la suite des violences de Berkeley le 27 août 2017, les actions des Antifa ont fait l’objet de critiques de la part de Républicains, de Démocrates et des commentateurs politiques des médias américains: la chef de l’opposition Nancy Pelosi condamne la violence des militants Antifa à Berkeley dans un communiqué de presse, l’animatrice de talk-show conservatrice et contributrice à Fox News Laura Ingraham a proposé de déclarer le mouvement Antifa comme organisation terroriste, Trevor Noah, humoriste et animateur de The Daily Show, a qualifié l’Antifa de « vegan ISIS » (« Daesh végétalien »). En août 2017, une pétition appelant à ce que les Antifa soient classés par le Pentagone comme une organisation terroriste a été lancée via la plate-forme de la Maison-Blanche We The People. Elle a recueilli plus de 100 000 signatures en trois jours, et par conséquent – en vertu de la politique définie par l’administration Obama – aurait dû recevoir un examen officiel et une réponse par la Maison-Blanche. Avec plus de 300 000 signatures à la fin du mois d’août, c’était la troisième pétition la plus signée de la plate-forme. Toutefois, cette politique n’a pas été poursuivie par l’administration Trump, qui n’a répondu à aucune des pétitions de la plate-forme. L’auteur de la pétition, connu sous le pseudonyme de Microchip, a expliqué à Politico que le but de celle-ci n’était pas nécessairement de provoquer une quelconque action concrète de la part du gouvernement, mais simplement de pousser les conservateurs à la partager et à en débattre. En mai 2020, en réaction aux manifestations faisant suite à la mort de George Floyd, Donald Trump annonce sur Twitter que les États-Unis « désigneront Antifa comme une organisation terroriste ». (…) Les anti-antifas sont les opposants à l’Action Antifasciste. Il ne s’agit pas du nom d’une quelconque organisation. Les anti-antifas sont souvent composés de militants d’extrême droite radicaux tels des néofascistes, néonazis, skinhead d’extrême droite, ainsi que de suprémacistes blancs et noirs. Wikipedia
This whole event should be seen through the context of what it is…an information war. A number of people who go to these protests are looking for fights or to document them. they’re all livestreaming. When tensions boil over, it’s meant to be ammunition for a culture war. Charlie Warzel (Jun 30, 2019)
It’s not ‘both sides-ing’ to note that both parties…& many of the ppl who cover them (journalists, provacateurs, activists) know what’s going on. They know the risks & they know how it can be weaponized. Which is why talking about this like it’s a 20th century protest is stupid. Charlie Warzel
But we know, as filmmakers long have, that footage doesn’t convey the objective reality of a situation; it reveals certain things and obscures others. Moreover, the meaning of filmed events is entirely open to contestation. The mere fact that Ngo was assaulted doesn’t say what the meaning of that assault is, or what the broader context is that’s necessary to understand it. The result is a never-ending stream of Rorschach test controversies pushed on social media, in which either the meaning of events on film or even the very facts of what’s being depicted are litigated endlessly and tied to our right-versus-left culture war. All forms of antifa violence are problematic,” the Anti-Defamation League, a Jewish anti-hate group, writes in its primer on the group. “That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose.” The guide continues: Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone. To date, there have not been any known antifa-related murders. Anti-fascism originated in response to early European fascism, and when Mussolini’s Blackshirts and Hitler’s Brownshirts were ascendant in Europe, various socialist, communist, and anarchist parties and groups emerged to confront them. When I talk about anti-fascism in the book and when we talk about it today, it’s really a matter of tracing the sort of historical lineage of revolutionary anti-fascist movements that came from below, from the people, and not from the state. The sort of militant anti-fascism that antifa represents reemerged in postwar Europe in Britain, where fascists had broad rights to organize and demonstrate. You started to see these groups spring up in the 1940s and ’50s and ’60s and ’70s. You saw similar movements in Germany in the ’80s around the time the Berlin Wall falls, when a wave of neo-Nazism rolled across the country targeting immigrants. There, as elsewhere, leftist groups emerged as tools of self-defense. The whole point was to stare down these fascist groups in the street and stop them by force if necessary. These groups in the ’80s adopted the name antifa, and it eventually spread to the United States in the late ’80s and into the ’90s. Originally, it was known as the Anti-Racist Action Network. That kind of faded in the mid-2000s; the recent wave we’re seeing in the US developed out of it, but has taken on more of the name and the kind of aesthetics of the European movement. (…) The basic principle of antifa is “no platform for fascism.” If you ask them, they’ll tell you that they believe you have to deny any and all platforms to fascism, no matter how big or small the threat. The original fascist groups that later seized power in Europe started out very small. You cannot, they argue, treat these groups lightly. You need to take them with the utmost seriousness, and the way to prevent them from growing is to prevent them from having even the first step toward becoming normalized in society. (…) Much of what they do does not involve physical confrontation. They also focus on using public opinion to expose white supremacists and raise the social and professional costs of their participation in these groups. They want to see these people fired from their jobs, denounced by their families, marginalized by their communities. But yes, part of what they do is physical confrontation. They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists. They also see this as a preventative action. They look at the history of fascism in Europe and say, “we have to eradicate this problem before it gets any bigger, before it’s too late.” Sometimes that involves physical confrontation or blocking their marches or whatever the case may be. It’s also important to remember that these are self-described revolutionaries. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. They’re not interested in and don’t feel constrained by conventional norms. (…) The other thing that’s worth clarifying is that anti-fascist groups don’t only organize against textbook fascists. There is, first of all, a lot of debate about what constitutes fascism. And it’s a legitimate question to ask — where does one draw the line, and how does one see this kind of organizing? Of course, there is no central command for a group like antifa. There is no antifa board of directors telling people where that line is, and so of course different groups will assess different threats as they see fit. But I suppose the question you’re raising has to do with the slippery-slope argument, which is that if you start calling everyone a fascist and depriving them of a platform, where does it end? One of the arguments I make in the book is that while analytically that’s a conversation worth having, I don’t know of any empirical examples of anti-fascists successfully stopping a neo-Nazi group and then moving on to other groups that are not racist but merely to the right. What tends to happen is they disband once they’ve successfully marginalized or eliminated the local right-wing extremist threat, and then return to what they normally do — organizing unions, doing environmental activism, etc. (…) Whenever we look at the question of causation in history, you can never isolate one variable and make grand or definitive conclusions. So I don’t want to overstate any of the causal claims being made here. But Norway is an interesting example. In the ’90s, they had a pretty violent neo-Nazi skinhead movement, and the street-level anti-fascist groups there seemed to play a significant role in marginalizing the threat. By the end of ’90s it was pretty much defunct, and subsequently there hasn’t been a serious fascist [movement] in Norway. Another example you can look at is popular responses to the National Front [a far-right political party formed in Britain in 1967] in the late ’70s in Britain. The National Front was pretty huge, and the Anti-Nazi League, through both a combination of militant anti-fascist tactics and also some more popular organizing and electoral strategies, managed to successfully deflate the National Front momentum. One of the most famous moments of that era was the Battle of Lewisham in 1977 where the members of this largely immigrant community physically blocked a big National Front march and that sort of stopped their aggressive efforts to target that community. (…) First, they argue that in Europe you can see that parliamentary democracy did not always stop the advance of fascism and Nazism — and in the cases of both Germany and Italy, Hitler and Mussolini were appointed and gained their power largely through democratic means. When Hitler took his final control through the [1933] Enabling Act, it was approved by parliament. They also say that rational discourse is insufficient on its own because a lot of good arguments were made and a lot of debates were had but ultimately that was insufficient during that period, and so the view that good ideas always prevail over bad ideas isn’t very convincing. Their other key point, which probably isn’t made enough, is that these are revolutionary leftists. They’re not concerned about the fact that fascism targets liberalism. These are self-described revolutionaries. They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. (…) anti-fascists will concede that most of the time nonviolence is certainly the way to go. Most antifa members believe it’s far easier to use nonviolent methods than it is to show up and use direct action methods. But they argue that history shows that it’s dangerous to take violence and self-defense off the table. (…) I think the people who showed up in Charlottesville to square off against self-identified neo-Nazis did the world a service, and I applaud them. But when I see antifa showing up at places like UC Berkeley and setting fire to cars and throwing rocks through windows in order to prevent someone like Milo Yiannopoulos from speaking, I think they’ve gone way too far. Milo isn’t a Nazi, and he isn’t an actual threat. He’s a traveling clown looking to offend social justice warriors. I think that reasonable people can disagree about this. I can’t speak for the individuals who committed these political actions, but the general defense is that the rationale for shutting down someone like Milo has to do with the fact that his kind of commentary emboldens actual fascists. The Berkeley administrators issued a statement in advance that they feared he was going to out undocumented students on campus, and previously he had targeted a transgender student at the University of Milwaukee Wisconsin. Antifa regards this as an instigation to violence, and so they feel justified in shutting it down. Again, though, this is much easier to understand when you remember that antifa isn’t concerned with free speech or other liberal democratic values. (…) For the most part, these are pan-leftist groups composed of leftists of different stripes. They all seem to have different views of what they think the ideal social order looks like. Some of them are Marxists, some are Leninists, some are social democrats or anarchists. But they cohere around a response to what they perceive as a common threat. (…) As I said before, anti-fascists don’t have any allegiance to liberalism, so that’s not the question that they are focused on. The question is also how much of a threat do we think white supremacists or neo-Nazis pose, both in a literal or immediate sense but also in terms of their ability to influence broader discourses or even the Trump administration. I believe that for people who are feeling the worst repercussions of this, they are already experiencing a kind of illiberalism in terms of their lack of access to the kinds of freedoms that liberalism promotes and tries to aspire to; and so for me, that’s more of a focus, in terms of trying to mitigate those kinds of problems, than the fears of people who, prior to Trump, thought that everything was fine in the US. (…) The first thing to point out is that being part of one of these groups is a huge time commitment, and the vetting process that these groups have for bringing in new people is very strenuous. You have to really commit — it’s basically like a second job. This limits the number of people that are going to be willing to put their time into it. I don’t think the antifa movement is going to explode as much as some do. But I do think that antifa can influence where leftist politics in America is going. They are aggressive, loud, and fiercely committed. They’re having a wider influence on the radical left in this country, particularly on campuses and with other groups like Black Lives Matter. But I don’t want to overstate antifa’s role in these shifts. (…) they don’t care about the Democratic Party. (…) Will a lot of people see antifa and their methods as a poor reflection of the left? Absolutely. But I also think that these are not people who were going to vote Democrat anyway. If you read the news or pay attention to what’s happening, you know that Nancy Pelosi has nothing to do with antifa. This group loathes the Democratic Party, and they don’t hide that. So anyone who blames the Democrats for antifa is likely already disposed to vote Republican anyway. Mark Bray
The lack of formal structure and leadership doesn’t mean antifa is unorganized. Individual activists often issue “calls for action” on social media, urging like-minded people to join them in the streets. The rallying cry is boosted by anarchists, socialists, social-justice activists, far-left nonprofits, clergy and others—some of whom call themselves antifa and some not. Turnout at protests or rallies is spontaneous, and to the extent that there are antifa groups, they’re small and intimate. “The phrase that leftists use is ‘affinity groups,’ ” says Mark Bray, author of “Antifa: The Anti-Fascist Handbook” a sympathetic history. “They are basically people who know each other well and can plan to attend actions together and sometimes will have a division of tasks.” It’s no coincidence that many antifa demonstrations occur at police stations and courthouses. Antifa generally “refuses to put faith in the courts or the police to stop the far right,” Mr. Bray says. “Part of the reason for that is a kind of radical critique of the system as being a fertile ground for fascism to grow.” Instead of seeking legal redress, antifa activists embrace what they euphemistically describe as a “diversity of tactics.” (…) Not all antifa adherents engage in violence, but they universally refuse to disavow it. Other antifa tactics include the heckler’s veto and doxxing—publicizing information about opponents’ identity in the hope that they will lose their jobs or suffer other social consequences. Who’s funding antifa? “The question, honestly, is silly, because it’s based on the assumption that there’s a whole lot of expensive things that require funding,” says George Ciccariello-Maher, a self-professed supporter of antifa and author of the forthcoming “A World Without Police.” Instead, “it’s just people showing up” and participating in “a shoestring operation.” It doesn’t cost much to print posters, and activists can rent a U-Haul and drop off a load of protest supplies for a couple of hundred dollars. The little fund-raising that is done is usually crowd-sourced, both Messrs. Bray and Ciccariello-Maher say. Supporters of far-left protests make contributions through GoFundMe to bail-out funds or legal-defense funds for those arrested, and more-established progressive groups sometimes help promote these efforts. In June, Kamala Harris tweeted in support of the Minnesota Freedom Fund, and Reuters reported that at least 13 Biden staffers gave to it. (…) Antifa’s complexity was part of what Federal Bureau of Investigation Director Chris Wray tried to explain during the congressional testimony Mr. Biden cited in the debate. “Antifa is a real thing. It is not a fiction,” Mr. Wray said. “Trying to put a lot of these things into nice, neat, clean buckets” is “a bit of a challenge, because one of the things that we see more and more in the counterterrorism spaces [is] people who assemble together in some kind of mishmash, a bunch of different ideologies. All—we sometimes refer to it as almost like a salad bar of ideologies, a little bit of this, a little bit of that, and what they’re really about is the violence.” Mr. Wray vowed that “we are not going to stand for the violence” and said the FBI is investigating “anarchist violent extremists” and “their funding, their tactics, the logistics, their supply chains.” Antifa’s lack of a central structure is what makes it effective at imposing disorder on American cities. Without leadership, no one can moderate the movement or prevent a protest from becoming a riot. If antifa were a conventional organization, the government could cripple it by bringing criminal charges against its leaders and financial backers. Instead, it can only prosecute low-level activists who commit street crimes. Even that often proves difficult, since antifa has adopted a “black bloc” uniform that makes it difficult to tell rioters apart. Instead of a hierarchy, law enforcement is now contending with a hydra. Jillian Kay Melchior
I think we should classify them as a gang. They come dressed in uniforms. They have weapons, almost like a militia, and I think we need to think about that in terms of our law enforcement approach. I think we are going to have to think ‘big picture’ about what is the strategy for how we are going to deal with these violent elements on the left as well. We also need to hold accountable and encourage people not to associate with these extremists because it empowers them and gives them cover. Berkeley Mayor Jesse Arreguin
Under California law, a gang is defined as an organization of at least three persons, with a common name, or identifying mark or symbol, which engages in criminal activity. Criminals who commit offenses for gangs can face tougher sentences in the state. Newsweek

Attention, un extrémisme peut en cacher un autre !

Alors qu’au lendemain d’un premier débat présidentiel américain …

Nos médias nous bassinent d’articles à charge sur un groupuscule nationaliste américain …

Fondé il y a quatre ans à New York par un hipster canado-britannique et cofondateur du magazine « Vice », un certain Gavin McInnes, mais dirigé aujourd’hui par un Afro-cubain

Auquel aurait prétendument apporté son soutien un président américain …

Qui a par ailleurs maintes fois dénoncé le racisme des néonazis et suprémacistes blancs …

Auxquels nos médias assimilent tous les groupes nationalistes

Tout en célébrant comme « antiracisme » le racisme inversé des Black Lives Matter

Et qu’après des semaines de confinement, de casse et d’émeutes – et de refus de l’aide fédérale dont elle se plaint aujourd’hui de ne pas avoir reçu – la plus grande ville américaine se retrouve au bord du gouffre financier

Pendant que chez nous sur une radio publique, un sociologue appelle ouvertement à la censure des pensées « injustes et impures »

Comment ne pas voir ….

Sans compter l’extrême corruption d’une presse qui depuis quatre ans non seulement instruit et conduit à charge uniquement un véritable procès de Moscou permanent pour délégitimer par tous les moyens, faux dossiers du FBI compris, l’élu des « deplorables …

Mais se prépare avec une élection par correspondance (avec le vote-harvesting) – où certains états ont déjà prévu de comptabiliser les envois jusqu’à deux semaines après le vote officiel ! – à torpiller la prochaine élection et, si le président sortant arrive à passer toutes ces embûches, la totalité de son prochain mandat …

L’incroyable hypocrisie de la gauche et des médias en général là-bas comme ici

Qui font totalement l’impasse sur les violences, nettement plus coûteuses en termes de dégâts matériels, générées par l’extrême gauche des antifas et BLM …

Quand à l’instar d’un Biden, bien loin de la condamnation que le modérateur du débat s’est bien gardé de lui demander, ils ne les réduisent pas à une « idée » …

De la part de groupuscules qui comme le suggérait il y a trois ans le maire de Berkeley …

Ont toutes les caractéristiques de gangs …

D’où aussi le risque comme semblent l’indiquer sa remontée dans les sondages des minorités noires et hispaniques

De renforcer « l‘éléphant nécessaire dans le magasin de porcelaine poussiéreux de la politique » qu’a depuis le début été Trump ?

BERKELEY (CBS SF) — Mayor of Berkeley Jesse Arreguin on Monday said it is time to confront the violent extremism on the left by treating black-clad Antifa protesters as a gang.

A large number of masked Antifa activists were seen jumping the barriers at a largely peaceful demonstration in Berkeley’s Martin Luther King Civic Center Park on Sunday.

Some began attacking Trump supporters at the rally.

“I think we should classify them as a gang,” said Arreguin. “They come dressed in uniforms. They have weapons, almost like a militia and I think we need to think about that in terms of our law enforcement approach.”

Arreguin said that while he does not support the far right, it was time to draw the line on the left as well, especially on the black-clad activists who showed up in force and took over both the protests and the park, and played a part in Sunday’s violent clashes.

“I think we are going to have to think ‘big picture’ about what is the strategy for how we are going to deal with these violent elements on the left as well,” said the mayor.

The mayor said it was also time for the non-violent protesters to take a stand.

“We also need to hold accountable and encourage people not to associate with these extremists because it empowers them and gives them cover,” said Arreguin.

On Monday, protest organizers defended Antifa’s presence.

“White supremacists and fascists are not welcome. And if the state is not going to protect us — and if they do not — then we are going to protect ourselves and welcome those who stand with us,” said Sara Kershner with the National Lawyers Guild.

KPIX 5 news crews observed that most of the conservative demonstrators in the park were Trump supporters who repeatedly denounced Nazis and racists.

And while it didn’t look good, the mayor also praised Berkeley police for holding back and ceding the park to the anarchists when the group jumped the barriers.

“Black Bloc was trying to provoke the police,” said Arreguin. “I think some of the more conservative protesters had already left or had been escorted out.”

When asked what he would say to a Trump supporter who was chased down the street, the mayor replied, “It’s unacceptable. Anyone who was injured… it’s completely unacceptable and we are going to be looking at video and identifying people.”

In the wake of Charlottesville and Sunday’s troubles in Berkeley, the mayor also called on UC Berkeley to call off next month’s Free Speech Week featuring Milo Yiannopoulos.

It was an appearance by Yiannopoulos in February that triggered a riot in Sproul Plaza on campus.

“I believe that is the right thing to do,” said Arreguin. “And if they don’t do that, then they need to work with the city and potentially assist the city through resources to be able to adequately police what we know is going to be a large protest that will spill out onto the city streets.”

Voir aussi:

Biden and Trump Are Both Right on Antifa

It’s an idea, not a group, and its radical leftist adherents refuse to disavow violence.

What is antifa? “An idea, not an organization,” Joe Biden said during Tuesday’s debate. “When a bat hits you over the head, that’s not an idea,” President Trump countered. “Antifa is a dangerous, radical group.” Both men are right—Mr. Biden that antifa is foremost an ideology, and Mr. Trump about its propensity for violence.

Some adherents I’ve interviewed describe antifa as a radical leftist political affiliation or movement. They pride themselves on being leaderless and not hierarchical, and “membership” is more a matter of self-profession than enlistment. The core belief is a duty to oppose “fascists,” “bigots” and the “alt-right,” though these terms are seldom defined. Some adherents fall back on a definist fallacy: Antifa is short for “antifascist,” so anyone who doesn’t support it must be pro-fascist.

The lack of formal structure and leadership doesn’t mean antifa is unorganized. Individual activists often issue “calls for action” on social media, urging like-minded people to join them in the streets. The rallying cry is boosted by anarchists, socialists, social-justice activists, far-left nonprofits, clergy and others—some of whom call themselves antifa and some not. Turnout at protests or rallies is spontaneous, and to the extent that there are antifa groups, they’re small and intimate. “The phrase that leftists use is ‘affinity groups,’ ” says Mark Bray, author of “Antifa: The Anti-Fascist Handbook” a sympathetic history. “They are basically people who know each other well and can plan to attend actions together and sometimes will have a division of tasks.”

It’s no coincidence that many antifa demonstrations occur at police stations and courthouses. Antifa generally “refuses to put faith in the courts or the police to stop the far right,” Mr. Bray says. “Part of the reason for that is a kind of radical critique of the system as being a fertile ground for fascism to grow.” Instead of seeking legal redress, antifa activists embrace what they euphemistically describe as a “diversity of tactics.”

Who’s funding antifa? “The question, honestly, is silly, because it’s based on the assumption that there’s a whole lot of expensive things that require funding,” says George Ciccariello-Maher, a self-professed supporter of antifa and author of the forthcoming “A World Without Police.” Instead, “it’s just people showing up” and participating in “a shoestring operation.” It doesn’t cost much to print posters, and activists can rent a U-Haul and drop off a load of protest supplies for a couple of hundred dollars.

The little fund-raising that is done is usually crowd-sourced, both Messrs. Bray and Ciccariello-Maher say. Supporters of far-left protests make contributions through GoFundMe to bail-out funds or legal-defense funds for those arrested, and more-established progressive groups sometimes help promote these efforts. In June, Kamala Harris tweeted in support of the Minnesota Freedom Fund, and Reuters reported that at least 13 Biden staffers gave to it.

Some conservatives have claimed George Soros funds antifa, a suggestion Mr. Bray finds laughable: “First of all, these are radical anticapitalists who would not accept an offer of funds from a billionaire. And I don’t know of any billionaires who want to fund revolutionary anticapitalists anyway.” Laura Silber, chief communications officer of the Open Society Foundations, says that while Mr. Soros and his group supports the right to peaceful protest, “we abhor violence of any kind” and “we do not now nor have we ever funded ‘antifa.’ ”

Antifa’s complexity was part of what Federal Bureau of Investigation Director Chris Wray tried to explain during the congressional testimony Mr. Biden cited in the debate. “Antifa is a real thing. It is not a fiction,” Mr. Wray said. “Trying to put a lot of these things into nice, neat, clean buckets” is “a bit of a challenge, because one of the things that we see more and more in the counterterrorism spaces [is] people who assemble together in some kind of mishmash, a bunch of different ideologies. All—we sometimes refer to it as almost like a salad bar of ideologies, a little bit of this, a little bit of that, and what they’re really about is the violence.” Mr. Wray vowed that “we are not going to stand for the violence” and said the FBI is investigating “anarchist violent extremists” and “their funding, their tactics, the logistics, their supply chains.”

Antifa’s lack of a central structure is what makes it effective at imposing disorder on American cities. Without leadership, no one can moderate the movement or prevent a protest from becoming a riot. If antifa were a conventional organization, the government could cripple it by bringing criminal charges against its leaders and financial backers. Instead, it can only prosecute low-level activists who commit street crimes. Even that often proves difficult, since antifa has adopted a “black bloc” uniform that makes it difficult to tell rioters apart. Instead of a hierarchy, law enforcement is now contending with a hydra.

Ms. Melchior is an editorial page writer for the Journal.

Voir également:

“Insurrectionary anarchists” have been protesting for racial justice all summer. Some Black leaders wish they would go home.

Ms. Stockman is a member of the editorial board.

The New York Times

On the last Sunday in May, Jeremy Lee Quinn, a furloughed photographer in Santa Monica, Calif., was snapping photos of suburban moms kneeling at a Black Lives Matter protest when a friend alerted him to a more dramatic subject: looting at a shoe store about a mile away.

He arrived to find young people pouring out of the store, shoeboxes under their arms. But there was something odd about the scene. A group of men, dressed entirely in black, milled around nearby, like supervisors. One wore a creepy rubber Halloween mask.

The next day, Mr. Quinn took pictures of another store being looted. Again, he noticed something strange. A white man, clad in black, had broken the window with a crowbar, but walked away without taking a thing.

Mr. Quinn began studying footage of looting from around the country and saw the same black outfits and, in some cases, the same masks. He decided to go to a protest dressed like that himself, to figure out what was really going on. He expected to find white supremacists who wanted to help re-elect President Trump by stoking fear of Black people. What he discovered instead were true believers in “insurrectionary anarchism.”

To better understand them, Mr. Quinn, a 40-something theater student who worked at Univision until the pandemic, has spent the past four months marching with “black bloc” anarchists in half a dozen cities across the country, chronicling the experience on his website, Public Report.

He says he respects the idealistic goal of a hierarchy-free society that anarchists embrace, but grew increasingly uncomfortable with the tactics used by some anarchists, which he feared would set off a backlash that could help get President Trump re-elected. In Portland, Ore., he marched with people who shot fireworks at the federal court building. In Washington, he marched with protesters who harassed diners.

Mr. Quinn discovered a thorny truth about the mayhem that unfolded in the wake of the police killing of George Floyd, an unarmed Black man in Minneapolis. It wasn’t mayhem at all.

While talking heads on television routinely described it as a spontaneous eruption of anger at racial injustice, it was strategically planned, facilitated and advertised on social media by anarchists who believed that their actions advanced the cause of racial justice. In some cities, they were a fringe element, quickly expelled by peaceful organizers. But in Washington, Portland and Seattle they have attracted a “cultlike energy,” Mr. Quinn told me.

Don’t take just Mr. Quinn’s word for it. Take the word of the anarchists themselves, who lay out the strategy in Crimethinc, an anarchist publication: Black-clad figures break windows, set fires, vandalize police cars, then melt back into the crowd of peaceful protesters. When the police respond by brutalizing innocent demonstrators with tear gas, rubber bullets and rough arrests, the public’s disdain for law enforcement grows. It’s Asymmetric Warfare 101.

An anarchist podcast called “The Ex-Worker” explains that while some anarchists believe in pacifist civil disobedience inspired by Mohandas Gandhi, others advocate using crimes like arson and shoplifting to wear down the capitalist system. According to “The Ex-Worker,” the term “insurrectionary anarchist” dates back at least to the Spanish Civil War and its aftermath, when opponents of the fascist leader Francisco Franco took “direct action” against his regime, including assassinating policemen and robbing banks.

If that is not enough to convince you that there’s a method to the madness, check out the new report by Rutgers researchers that documents the “systematic, online mobilization of violence that was planned, coordinated (in real time) and celebrated by explicitly violent anarcho-socialist networks that rode on the coattails of peaceful protest,” according to its co-author Pamela Paresky. She said some anarchist social media accounts had grown 300-fold since May, to hundreds of thousands of followers.

“The ability to continue to spread and to eventually bring more violence, including a violent insurgency, relies on the ability to hide in plain sight — to be confused with legitimate protests, and for media and the public to minimize the threat,” Dr. Paresky told me.

Her report will almost certainly catch the attention of conservative media and William Barr’s Department of Justice, which recently declared New York, Portland and Seattle “anarchist jurisdictions,” a widely mocked designation accompanied by the threat of withholding federal funds.

There’s an even thornier truth that few people seem to want to talk about: Anarchy got results.

Don’t get me wrong. My heart broke for the people in Minneapolis who lost buildings to arson and looting. Migizi, a Native American nonprofit in Minneapolis, raised more than $1 million to buy and renovate a place where Native American teenagers could learn about their culture — only to watch it go up in flames, alongside dozens of others, including a police station. It can take years to build a building — and only one night to burn it down.

And yet, I had to admit that the scale of destruction caught the media’s attention in a way that peaceful protests hadn’t. How many articles would I have written about a peaceful march? How many months would Mr. Quinn have spent investigating suburban moms kneeling? That’s on us.

While I feared that the looting and arson would derail the urgent demands for racial justice and bring condemnation, I was wrong, at least in the short term. Support for Black Lives Matter soared. Corporations opened their wallets. It was as if the nation rallied behind peaceful Black organizers after it saw the alternative, like whites who flocked to the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. after they got a glimpse of Malcolm X.

But as the protests continue, support has flagged. The percentage of people who say they support the Black Lives Matter movement has dropped from 67 percent in June to 55 percent, according to a recent Pew poll.

“Insurrectionary anarchy” brings diminishing returns, especially as anarchists complicate life for those working within the system to halt police violence.

In Louisville, Ky., Attica Scott, a Black state representative who sponsored a police reform bill, was arrested last week and charged with felony rioting after someone threw a road flare inside a library.

In Portland, Jo Ann Hardesty, an activist turned city councilor, has pushed for the creation of a pilot program of unarmed street responders to handle mental illness and homelessness, a practical step to help protect populations that experience violence at the hands of police. Yet Ms. Hardesty is shouted down at protests by anarchists who want to abolish the police, not merely reform or defund them.

“As a Black woman who has been working on this for 30 years, to have young white activists who have just discovered that Black lives matter yelling at me that I’m not doing enough for Black people — it’s kind of ironic, is what it is,” Ms. Hardesty told me.

In Seattle, Andrè Taylor, a Black man who lost his brother to police violence in 2016, helped change state law that made it nearly impossible to prosecute officers for killing civilians. But he has been branded a “pig cop” by young anarchists because his nonprofit organization receives funds from the city, and because he cooperates with the police.

“When they say, ‘You are working with the police,’ I say, ‘I have worked with police and I will continue to work for reform,’” Mr. Taylor told me. “Remember, I lost a brother.”

Black people get shot for doing ordinary law-abiding things. They don’t have the luxury of anarchy, he told me.

That’s the thing about “insurrectionary anarchists.” They make fickle allies. If they help you get into power, they will try to oust you the following day, since power is what they are against. Many of them don’t even vote. They are experts at unraveling an old order but considerably less skilled at building a new one. That’s why, even after more than 100 days of protest in Portland, activists do not agree on a set of common policy goals.

Even some anarchists admit as much.

“We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible,” a voice on “The Ex-Worker” podcast intones. “Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals.”

In other words, it’s not really about George Floyd or Black lives, but insurrection for insurrection’s sake.

Voir de même:

Since 1907, Portland, Oregon, has hosted an annual Rose Festival. Since 2007, the festival had included a parade down 82nd Avenue. Since 2013, the Republican Party of Multnomah County, which includes Portland, had taken part. This April, all of that changed.

In the days leading up to the planned parade, a group called the Direct Action Alliance declared, “Fascists plan to march through the streets,” and warned, “Nazis will not march through Portland unopposed.” The alliance said it didn’t object to the Multnomah GOP itself, but to “fascists” who planned to infiltrate its ranks. Yet it also denounced marchers with “Trump flags” and “red maga hats” who could “normalize support for an orange man who bragged about sexually harassing women and who is waging a war of hate, racism and prejudice.” A second group, Oregon Students Empowered, created a Facebook page called “Shut down fascism! No nazis in Portland!”

Next, the parade’s organizers received an anonymous email warning that if “Trump supporters” and others who promote “hateful rhetoric” marched, “we will have two hundred or more people rush into the parade … and drag and push those people out.” When Portland police said they lacked the resources to provide adequate security, the organizers canceled the parade. It was a sign of things to come.

For progressives, Donald Trump is not just another Republican president. Seventy-six percent of Democrats, according to a Suffolk poll from last September, consider him a racist. Last March, according to a YouGov survey, 71 percent of Democrats agreed that his campaign contained “fascist undertones.” All of which raises a question that is likely to bedevil progressives for years to come: If you believe the president of the United States is leading a racist, fascist movement that threatens the rights, if not the lives, of vulnerable minorities, how far are you willing to go to stop it?In Washington, D.C., the response to that question centers on how members of Congress can oppose Trump’s agenda, on how Democrats can retake the House of Representatives, and on how and when to push for impeachment. But in the country at large, some militant leftists are offering a very different answer. On Inauguration Day, a masked activist punched the white-supremacist leader Richard Spencer. In February, protesters violently disrupted UC Berkeley’s plans to host a speech by Milo Yiannopoulos, a former Breitbart.com editor. In March, protesters pushed and shoved the controversial conservative political scientist Charles Murray when he spoke at Middlebury College, in Vermont.As far-flung as these incidents were, they have something crucial in common. Like the organizations that opposed the Multnomah County Republican Party’s participation in the 82nd Avenue of Roses Parade, these activists appear to be linked to a movement called “antifa,” which is short for antifascist or Anti-Fascist Action. The movement’s secrecy makes definitively cataloging its activities difficult, but this much is certain: Antifa’s power is growing. And how the rest of the activist left responds will help define its moral character in the Trump age.

Antifa traces its roots to the 1920s and ’30s, when militant leftists battled fascists in the streets of Germany, Italy, and Spain. When fascism withered after World War II, antifa did too. But in the ’70s and ’80s, neo-Nazi skinheads began to infiltrate Britain’s punk scene. After the Berlin Wall fell, neo-Nazism also gained prominence in Germany. In response, a cadre of young leftists, including many anarchists and punk fans, revived the tradition of street-level antifascism.

In the late ’80s, left-wing punk fans in the United States began following suit, though they initially called their groups Anti-Racist Action, on the theory that Americans would be more familiar with fighting racism than fascism. According to Mark Bray, the author of the forthcoming Antifa: The Anti-Fascist Handbook, these activists toured with popular alternative bands in the ’90s, trying to ensure that neo-Nazis did not recruit their fans. In 2002, they disrupted a speech by the head of the World Church of the Creator, a white-supremacist group in Pennsylvania; 25 people were arrested in the resulting brawl.

By the 2000s, as the internet facilitated more transatlantic dialogue, some American activists had adopted the name antifa. But even on the militant left, the movement didn’t occupy the spotlight. To most left-wing activists during the Clinton, Bush, and Obama years, deregulated global capitalism seemed like a greater threat than fascism.Trump has changed that. For antifa, the result has been explosive growth. According to NYC Antifa, the group’s Twitter following nearly quadrupled in the first three weeks of January alone. (By summer, it exceeded 15,000.) Trump’s rise has also bred a new sympathy for antifa among some on the mainstream left. “Suddenly,” noted the antifa-aligned journal It’s Going Down, “anarchists and antifa, who have been demonized and sidelined by the wider Left have been hearing from liberals and Leftists, ‘you’ve been right all along.’ ” An article in The Nation argued that “to call Trumpism fascist” is to realize that it is “not well combated or contained by standard liberal appeals to reason.” The radical left, it said, offers “practical and serious responses in this political moment.”Those responses sometimes spill blood. Since antifa is heavily composed of anarchists, its activists place little faith in the state, which they consider complicit in fascism and racism. They prefer direct action: They pressure venues to deny white supremacists space to meet. They pressure employers to fire them and landlords to evict them. And when people they deem racists and fascists manage to assemble, antifa’s partisans try to break up their gatherings, including by force.Such tactics have elicited substantial support from the mainstream left. When the masked antifa activist was filmed assaulting Spencer on Inauguration Day, another piece in The Nation described his punch as an act of “kinetic beauty.” Slate ran an approving article about a humorous piano ballad that glorified the assault. Twitter was inundated with viral versions of the video set to different songs, prompting the former Obama speechwriter Jon Favreau to tweet, “I don’t care how many different songs you set Richard Spencer being punched to, I’ll laugh at every one.”The violence is not directed only at avowed racists like Spencer: In June of last year, demonstrators—at least some of whom were associated with antifa—punched and threw eggs at people exiting a Trump rally in San Jose, California. An article in It’s Going Down celebrated the “righteous beatings.”Antifascists call such actions defensive. Hate speech against vulnerable minorities, they argue, leads to violence against vulnerable minorities. But Trump supporters and white nationalists see antifa’s attacks as an assault on their right to freely assemble, which they in turn seek to reassert. The result is a level of sustained political street warfare not seen in the U.S. since the 1960s. A few weeks after the attacks in San Jose, for instance, a white-supremacist leader announced that he would host a march in Sacramento to protest the attacks at Trump rallies. Anti-Fascist Action Sacramento called for a counterdemonstration; in the end, at least 10 people were stabbed.
A similar cycle has played out at UC Berkeley. In February, masked antifascists broke store windows and hurled Molotov cocktails and rocks at police during a rally against the planned speech by Yiannopoulos. After the university canceled the speech out of what it called “concern for public safety,” white nationalists announced a “March on Berkeley” in support of “free speech.” At that rally, a 41-year-old man named Kyle Chapman, who was wearing a baseball helmet, ski goggles, shin guards, and a mask, smashed an antifa activist over the head with a wooden post. Suddenly, Trump supporters had a viral video of their own. A far-right crowdfunding site soon raised more than $80,000 for Chapman’s legal defense. (In January, the same site had offered a substantial reward for the identity of the antifascist who had punched Spencer.) A politicized fight culture is emerging, fueled by cheerleaders on both sides. As James Anderson, an editor at It’s Going Down, told Vice, “This shit is fun.”

Portland offers perhaps the clearest glimpse of where all of this can lead. The Pacific Northwest has long attracted white supremacists, who have seen it as a haven from America’s multiracial East and South. In 1857, Oregon (then a federal territory) banned African Americans from living there. By the 1920s, it boasted the highest Ku Klux Klan membership rate of any state.

In 1988, neo-Nazis in Portland killed an Ethiopian immigrant with a baseball bat. Shortly thereafter, notes Alex Reid Ross, a lecturer at Portland State University and the author of Against the Fascist Creep, anti-Nazi skinheads formed a chapter of Skinheads Against Racial Prejudice. Before long, the city also had an Anti-Racist Action group.

Now, in the Trump era, Portland has become a bastion of antifascist militancy. Masked protesters smashed store windows during multiday demonstrations following Trump’s election. In early April, antifa activists threw smoke bombs into a “Rally for Trump and Freedom” in the Portland suburb of Vancouver, Washington. A local paper said the ensuing melee resembled a mosh pit.

When antifascists forced the cancellation of the 82nd Avenue of Roses Parade, Trump supporters responded with a “March for Free Speech.” Among those who attended was Jeremy Christian, a burly ex-con draped in an American flag, who uttered racial slurs and made Nazi salutes. A few weeks later, on May 25, a man believed to be Christian was filmed calling antifa “a bunch of punk bitches.”

The next day, Christian boarded a light-rail train and began yelling that “colored people” were ruining the city. He fixed his attention on two teenage girls, one African American and the other wearing a hijab, and told them “to go back to Saudi Arabia” or “kill themselves.” As the girls retreated to the back of the train, three men interposed themselves between Christian and his targets. “Please,” one said, “get off this train.” Christian stabbed all three. One bled to death on the train. One was declared dead at a local hospital. One survived.

The cycle continued. Nine days after the attack, on June 4, Trump supporters hosted another Portland rally, this one featuring Chapman, who had gained fame with his assault on the antifascist in Berkeley. Antifa activists threw bricks until the police dispersed them with stun grenades and tear gas.What’s eroding in Portland is the quality Max Weber considered essential to a functioning state: a monopoly on legitimate violence. As members of a largely anarchist movement, antifascists don’t want the government to stop white supremacists from gathering. They want to do so themselves, rendering the government impotent. With help from other left-wing activists, they’re already having some success at disrupting government. Demonstrators have interrupted so many city-council meetings that in February, the council met behind locked doors. In February and March, activists protesting police violence and the city’s investments in the Dakota Access Pipeline hounded Mayor Ted Wheeler so persistently at his home that he took refuge in a hotel. The fateful email to parade organizers warned, “The police cannot stop us from shutting down roads.”All of this fuels the fears of Trump supporters, who suspect that liberal bastions are refusing to protect their right to free speech. Joey Gibson, a Trump supporter who organized the June 4 Portland rally, told me that his “biggest pet peeve is when mayors have police stand down … They don’t want conservatives to be coming together and speaking.” To provide security at the rally, Gibson brought in a far-right militia called the Oath Keepers. In late June, James Buchal, the chair of the Multnomah County Republican Party, announced that it too would use militia members for security, because “volunteers don’t feel safe on the streets of Portland.”Antifa believes it is pursuing the opposite of authoritarianism. Many of its activists oppose the very notion of a centralized state. But in the name of protecting the vulnerable, antifascists have granted themselves the authority to decide which Americans may publicly assemble and which may not. That authority rests on no democratic foundation. Unlike the politicians they revile, the men and women of antifa cannot be voted out of office. Generally, they don’t even disclose their names.Antifa’s perceived legitimacy is inversely correlated with the government’s. Which is why, in the Trump era, the movement is growing like never before. As the president derides and subverts liberal-democratic norms, progressives face a choice. They can recommit to the rules of fair play, and try to limit the president’s corrosive effect, though they will often fail. Or they can, in revulsion or fear or righteous rage, try to deny racists and Trump supporters their political rights. From Middlebury to Berkeley to Portland, the latter approach is on the rise, especially among young people.Revulsion, fear, and rage are understandable. But one thing is clear. The people preventing Republicans from safely assembling on the streets of Portland may consider themselves fierce opponents of the authoritarianism growing on the American right. In truth, however, they are its unlikeliest allies.
Peter Beinart is a contributing writer at The Atlantic and a professor of journalism and political science at the City University of New York.

Voir de plus:

Black professor insists ‘Proud Boys aren’t white supremacists’ as Trump takes flak
Valerie Richardson
The Washington Times
September 30, 2020

It turns out not everybody believes the Proud Boys are white supremacists, including a prominent Black professor at a historically Black university.

Wilfred Reilly, associate professor of political science at Kentucky State University, said Wednesday that “the Proud Boys aren’t white supremacists,” describing the right-wing group’s beliefs as “Western chauvinist” and noting that their international chairman, Enrique Tarrio, is Black.

“Gotta say: the Proud Boys aren’t white supremacists,” tweeted Mr. Reilly, author of “Hate Crime Hoax.”

Mr. Reilly said that about 10% to 20% of Proud Boys activists are people of color, a diverse racial composition that is “extremely well-known in law enforcement,” based on his research.

Enrique Tarrio, their overall leader, is a Black Cuban dude. The Proud Boys explicitly say they’re not racist,” Mr. Reilly told The Washington Times. “They are an openly right-leaning group and they’ll openly fight you — they don’t deny any of this — but saying they’re White supremacist: If you’re talking about a group of people more than 10% people of color and headed by an Afro-Latino guy, that doesn’t make sense.
Senate Minority Leader Charles E. Schumer accused Mr. Trump of refusing to condemn white supremacy, tweeting, “He told white supremacists to ‘stand back and stand by.’ President Trump is a national disgrace, and Americans will not stand for it.”

Democratic presidential nominee Joseph R. Biden told reporters Wednesday: “My message to the Proud Boys and every other White supremacist group is: cease and desist. That’s not who we are.”

White House spokeswoman Alysa Farah pushed back on the criticism, saying, “I don’t think there’s anything to clarify. He’s told them to stand back.”

Black Trump supporter Melissa Tate also challenged the “white supremacist” label, posting a video in which she and Beverly Beatty said that the Proud Boys helped provide security for them at a Christian prayer event.

“STOP THE LIES,” tweeted Ms. Tate, who has 440,700 followers. “Proud Boys are NOT White Supremacist. They are Christian men many of them hispanic & some black.”

Voir encore:
In his Tuesday press conference, Donald Trump talked at length about what he called “the alt left.” White supremacists, he claimed, weren’t the only people in Charlottesville last weekend that deserved condemnation. “You had a group on the other side that was also very violent,” he declared. “Nobody wants to say that.”I can say with great confidence that Trump’s final sentence is untrue. I can do so because the September issue of The Atlantic contains an essay of mine entitled “The Rise of the Violent Left,” which discusses the very phenomenon that Trump claims “nobody wants” to discuss. Trump is right that, in Charlottesville and beyond, the violence of some leftist activists constitutes a real problem. Where he’s wrong is in suggesting that it’s a problem in any way comparable to white supremacism.What Trump calls “the alt left” (I’ll explain why that’s a bad term later) is actually antifa, which is short for anti-fascist. The movement traces its roots to the militant leftists who in the 1920s and 1930s brawled with fascists on the streets of Germany, Italy, and Spain. It revived in the 1970s, 1980s, and 1990s, when anti-racist punks in Britain and Germany mobilized to defeat neo-Nazi skinheads who were infiltrating the music scene. Via punk, groups calling themselves anti-racist action—and later, anti-fascist action or antifa—sprung up in the United States. They have seen explosive growth in the Trump era for an obvious reason: There’s more open white supremacism to mobilize against.
As members of a largely anarchist movement, antifa activists generally combat white supremacism not by trying to change government policy but through direct action. They try to publicly identify white supremacists and get them fired from their jobs and evicted from their apartments. And they disrupt white-supremacist rallies, including by force.As I argued in my essay, some of their tactics are genuinely troubling. They’re troubling tactically because conservatives use antifa’s violence to justify—or at least distract from—the violence of white supremacists, as Trump did in his press conference. They’re troubling strategically because they allow white supremacists to depict themselves as victims being denied the right to freely assemble. And they’re troubling morally because antifa activists really do infringe upon that right. By using violence, they reject the moral legacy of the civil-rights movement’s fight against white supremacy. And by seeking to deny racists the ability to assemble, they reject the moral legacy of the ACLU, which in 1977 went to the Supreme Court to defend the right of neo-Nazis to march through Skokie, Illinois.Antifa activists are sincere. They genuinely believe that their actions protect vulnerable people from harm. Cornel West claims they did so in Charlottesville. But for all of antifa’s supposed anti-authoritarianism, there’s something fundamentally authoritarian about its claim that its activists—who no one elected—can decide whose views are too odious to be publicly expressed. That kind of undemocratic, illegitimate power corrupts. It leads to what happened this April in Portland, Oregon, where antifa activists threatened to disrupt the city’s Rose Festival parade if people wearing “red maga hats” marched alongside the local Republican Party. Because of antifa, Republican officials in Portland claim they can’t even conduct voter registration in the city without being physically threatened or harassed.So, yes, antifa is not a figment of the conservative imagination. It’s a moral problem that liberals need to confront.But saying it’s a problem is vastly different than implying, as Trump did, that it’s a problem equal to white supremacism. Using the phrase “alt-left” suggests a moral equivalence that simply doesn’t exist.For starters, while antifa perpetrates violence, it doesn’t perpetrate it on anything like the scale that white nationalists do. It’s no coincidence that it was a Nazi sympathizer—and not an antifa activist—who committed murder in Charlottesville. According to the Anti-Defamation League, right-wing extremists committed 74 percent of the 372 politically motivated murders recorded in the United States between 2007 and 2016. Left-wing extremists committed less than 2 percent.Second, antifa activists don’t wield anything like the alt-right’s power. White, Christian supremacy has been government policy in the United States for much of American history. Anarchism has not. That’s why there are no statues of Mikhail Bakunin in America’s parks and government buildings. Antifa boasts no equivalent to Steve Bannon, who called his old publication, Breitbart, “the platform for the alt-right,” and now works in the White House. It boasts no equivalent to Attorney General Jefferson Beauregard Sessions III, who bears the middle name of a Confederate general and the first name of the Confederacy’s president, and who allegedly called the NAACP “un-American.” It boasts no equivalent to Alex Jones, who Donald Trump praised as “amazing.” Even if antifa’s vision of society were as noxious as the “alt-right’s,” it has vastly less power to make that vision a reality.
And antifa’s vision is not as noxious. Antifa activists do not celebrate regimes that committed genocide and enforced slavery. They’re mostly anarchists. Anarchism may not be a particularly practical ideology. But it’s not an ideology that depicts the members of a particular race or religion as subhuman.If Donald Trump really wants to undermine antifa, he should do his best to stamp out the bigotry that antifa—counterproductively—mobilizes against. Taking down Confederate statues in places like Charlottesville would be a good start.

Peter Beinart is a contributing writer at The Atlantic and a professor of journalism and political science at the City University of New York.

“They have no allegiance to liberal democracy”: An expert on antifa explains the group

The left-wing group is back in the news. An expert explains where they come from and what they want.

As protests against the killing of George Floyd rage across the country, the left-wing group “antifa” (short for anti-fascist) is back in the news. Although antifa’s role remains unclear, President Trump (and others) are blaming them for helping to incite violence. Antifa became a national story back in 2017 when it collided with neo-Nazis in Charlottesville. Shortly after that incident, I reached out to Mark Bray, a historian at Dartmouth College and author of Antifa: The Anti-Fascist Handbook. We discussed the group’s origins, aims, and tactics. You can read our full exchange, which feels newly relevant, below.


When Donald Trump used the phrase “alt-left” to describe the anti-neo-Nazi protesters in Charlottesville last year, most people had no idea what he meant. I’m actually not sure he knew what he meant.

“What about the alt-left that came charging at the, as you say, the ‘alt-right’? Do they have any assemblage of guilt?” Trump said during a rambling press conference.

If the alt-left exists, it’s probably best represented by “antifa” (short for “anti-fascist”) — a loose network of left-wing activists who physically resist people they consider fascists. These are often the scruffy, bandana-clad people who show up at alt-right rallies or speaking events in order to shut them down before they happen, and they openly embrace violence as a justifiable means to that end.

Antifa is not a monolithic organization, nor does it have anything like a hierarchical leadership structure. It’s an umbrella group that shares a number of causes, the most important of which is resisting white nationalist movements. Adherents are mostly socialists, anarchists, and communists who, according to Mark Bray, a historian at Dartmouth College and author of Antifa: The Anti-Fascist Handbook, “reject turning to the police or the state to halt the advance of white supremacy. Instead they advocate popular opposition to fascism as we witnessed in Charlottesville.”

I reached out to Bray to discuss the group and its burgeoning impact on American politics. He’s sympathetic to antifa’s cause and makes no effort to hide that. He describes the book as “an unabashedly partisan call to arms that aims to equip a new generation of anti-fascists with the history and theory necessary to defeat the resurgent far right.”

In this interview, we talk about the ethics of “militant anti-fascism,” why groups like antifa don’t care if they hurt the Democratic Party, and why resisting fascism in a liberal democracy poses a unique challenge to conventional political norms.

Our conversation, lightly edited for clarity, follows.

The roots of antifa

Sean Illing

What is “antifa”? Where did it come from?

Mark Bray

Anti-fascism originated in response to early European fascism, and when Mussolini’s Blackshirts and Hitler’s Brownshirts were ascendant in Europe, various socialist, communist, and anarchist parties and groups emerged to confront them. When I talk about anti-fascism in the book and when we talk about it today, it’s really a matter of tracing the sort of historical lineage of revolutionary anti-fascist movements that came from below, from the people, and not from the state.

The sort of militant anti-fascism that antifa represents reemerged in postwar Europe in Britain, where fascists had broad rights to organize and demonstrate. You started to see these groups spring up in the 1940s and ’50s and ’60s and ’70s. You saw similar movements in Germany in the ’80s around the time the Berlin Wall falls, when a wave of neo-Nazism rolled across the country targeting immigrants. There, as elsewhere, leftist groups emerged as tools of self-defense. The whole point was to stare down these fascist groups in the street and stop them by force if necessary.

These groups in the ’80s adopted the name antifa, and it eventually spread to the United States in the late ’80s and into the ’90s. Originally, it was known as the Anti-Racist Action Network. That kind of faded in the mid-2000s; the recent wave we’re seeing in the US developed out of it, but has taken on more of the name and the kind of aesthetics of the European movement.

Sean Illing

And this is largely a response to Trump?

Mark Bray

I think so. The basic principle of antifa is “no platform for fascism.” If you ask them, they’ll tell you that they believe you have to deny any and all platforms to fascism, no matter how big or small the threat. The original fascist groups that later seized power in Europe started out very small. You cannot, they argue, treat these groups lightly. You need to take them with the utmost seriousness, and the way to prevent them from growing is to prevent them from having even the first step toward becoming normalized in society.

Why they embrace violence

Sean Illing

What’s their strategic logic? Why do they think physical violence, as opposed to nonviolent resistance, is both justifiable and effective?

Mark Bray

That’s a very good question. Much of what they do does not involve physical confrontation. They also focus on using public opinion to expose white supremacists and raise the social and professional costs of their participation in these groups. They want to see these people fired from their jobs, denounced by their families, marginalized by their communities.

But yes, part of what they do is physical confrontation. They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists. They also see this as a preventative action. They look at the history of fascism in Europe and say, “we have to eradicate this problem before it gets any bigger, before it’s too late.” Sometimes that involves physical confrontation or blocking their marches or whatever the case may be.

It’s also important to remember that these are self-described revolutionaries. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. They’re not interested in and don’t feel constrained by conventional norms.

Sean Illing

You say one of the principles of antifa is “no platform for fascism.” How do they define fascism? Where’s the threshold?

Mark Bray

Good question. The other thing that’s worth clarifying is that anti-fascist groups don’t only organize against textbook fascists. There is, first of all, a lot of debate about what constitutes fascism. And it’s a legitimate question to ask — where does one draw the line, and how does one see this kind of organizing?

Of course, there is no central command for a group like antifa. There is no antifa board of directors telling people where that line is, and so of course different groups will assess different threats as they see fit. But I suppose the question you’re raising has to do with the slippery-slope argument, which is that if you start calling everyone a fascist and depriving them of a platform, where does it end?

One of the arguments I make in the book is that while analytically that’s a conversation worth having, I don’t know of any empirical examples of anti-fascists successfully stopping a neo-Nazi group and then moving on to other groups that are not racist but merely to the right. What tends to happen is they disband once they’ve successfully marginalized or eliminated the local right-wing extremist threat, and then return to what they normally do — organizing unions, doing environmental activism, etc.

Do antifa’s tactics actually work?

Sean Illing

You’re a historian. You’ve looked at the data. Is there evidence that the tactics adopted by antifa work? Are there cases of these sorts of groups successfully undercutting fascist movements?

Mark Bray

Another good question. Whenever we look at the question of causation in history, you can never isolate one variable and make grand or definitive conclusions. So I don’t want to overstate any of the causal claims being made here. But Norway is an interesting example. In the ’90s, they had a pretty violent neo-Nazi skinhead movement, and the street-level anti-fascist groups there seemed to play a significant role in marginalizing the threat. By the end of ’90s it was pretty much defunct, and subsequently there hasn’t been a serious fascist [movement] in Norway.

Another example you can look at is popular responses to the National Front [a far-right political party formed in Britain in 1967] in the late ’70s in Britain. The National Front was pretty huge, and the Anti-Nazi League, through both a combination of militant anti-fascist tactics and also some more popular organizing and electoral strategies, managed to successfully deflate the National Front momentum.

One of the most famous moments of that era was the Battle of Lewisham in 1977 where the members of this largely immigrant community physically blocked a big National Front march and that sort of stopped their aggressive efforts to target that community.

They don’t care about liberal democracy

Sean Illing

So antifa’s logic is that fascism is a rejection of liberal democratic norms, and therefore it can’t be defeated with what we’d consider conventional liberal democratic tactics?

Mark Bray

Well, certainly the latter is correct. They argue a couple of things. First, they argue that in Europe you can see that parliamentary democracy did not always stop the advance of fascism and Nazism — and in the cases of both Germany and Italy, Hitler and Mussolini were appointed and gained their power largely through democratic means. When Hitler took his final control through the [1933] Enabling Act, it was approved by parliament.

They also say that rational discourse is insufficient on its own because a lot of good arguments were made and a lot of debates were had but ultimately that was insufficient during that period, and so the view that good ideas always prevail over bad ideas isn’t very convincing.

They other key point, which probably isn’t made enough, is that these are revolutionary leftists. They’re not concerned about the fact that fascism targets liberalism. These are self-described revolutionaries. They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum.

Sean Illing

Scholars of nonviolence will say the worldwide abolition of slavery was achieved almost entirely with nonviolent means (our Civil War being an obvious exception), that great strides in women’s rights were made, that nonviolent revolutions in Eastern Europe, South Africa, Chile, Egypt, the Philippines, and elsewhere were all accomplished without the use of force. What’s different about antifa’s mission? Why do they believe violence is more effective in this context?

Mark Bray

As I said earlier, no single factor in history can explain an outcome. It’s always more complicated than that. Certainly that’s true in terms of the abolition of slavery. In Latin America, for example, a lot of the abolition of slavery happened through gradual emancipation laws, and a lot of those laws were enacted in explicit response to the Haitian Revolution and out of fear that if they didn’t start to adjust, they’d have an uprising on their hands.

This is also true of the civil rights movement, where the threat of race riots and Black Panthers and so forth made a lot of white America more sympathetic to the kinds of things that Martin Luther King and his allies were saying than they might have otherwise been.

The case of Nazism is obviously one of those intractable historical problems for advocates of pacifism. Even the school of strategic nonviolence that puts aside the ethical questions in favor of the strategic questions still fails, in my view, to show how nonviolence might have worked in that situation.

But look, anti-fascists will concede that most of the time nonviolence is certainly the way to go. Most antifa members believe it’s far easier to use nonviolent methods than it is to show up and use direct action methods. But they argue that history shows that it’s dangerous to take violence and self-defense off the table.

Why shut down speech?

Sean Illing

Here’s my problem. I think the people who showed up in Charlottesville to square off against self-identified neo-Nazis did the world a service, and I applaud them. But when I see antifa showing up at places like UC Berkeley and setting fire to cars and throwing rocks through windows in order to prevent someone like Milo Yiannopoulos from speaking, I think they’ve gone way too far. Milo isn’t a Nazi, and he isn’t an actual threat. He’s a traveling clown looking to offend social justice warriors.

Mark Bray

I think that reasonable people can disagree about this. I can’t speak for the individuals who committed these political actions, but the general defense is that the rationale for shutting down someone like Milo has to do with the fact that his kind of commentary emboldens actual fascists. The Berkeley administrators issued a statement in advance that they feared he was going to out undocumented students on campus, and previously he had targeted a transgender student at the University of Milwaukee Wisconsin. Antifa regards this as an instigation to violence, and so they feel justified in shutting it down.

Again, though, this is much easier to understand when you remember that antifa isn’t concerned with free speech or other liberal democratic values.

What does antifa actually want?

Sean Illing

Antifa defines itself in purely negative terms, in terms of what they’re against. But what do they want? Do they have any concrete political goals?

Mark Bray

That’s a great question, and one that often gets overlooked. For the most part, these are pan-leftist groups composed of leftists of different stripes. They all seem to have different views of what they think the ideal social order looks like. Some of them are Marxists, some are Leninists, some are social democrats or anarchists. But they cohere around a response to what they perceive as a common threat.

Sean Illing

Do you think people are right to be concerned that this type of illiberalism will only occasion more illiberalism in response to it, and that the result will be a spiral of competing illiberalisms?

Mark Bray

As I said before, anti-fascists don’t have any allegiance to liberalism, so that’s not the question that they are focused on. The question is also how much of a threat do we think white supremacists or neo-Nazis pose, both in a literal or immediate sense but also in terms of their ability to influence broader discourses or even the Trump administration.

I believe that for people who are feeling the worst repercussions of this, they are already experiencing a kind of illiberalism in terms of their lack of access to the kinds of freedoms that liberalism promotes and tries to aspire to; and so for me, that’s more of a focus, in terms of trying to mitigate those kinds of problems, than the fears of people who, prior to Trump, thought that everything was fine in the US.

Sean Illing

Do you anticipate antifa becoming larger and more active? And if so, what does that mean for American politics moving forward?

Mark Bray

The first thing to point out is that being part of one of these groups is a huge time commitment, and the vetting process that these groups have for bringing in new people is very strenuous. You have to really commit — it’s basically like a second job. This limits the number of people that are going to be willing to put their time into it. I don’t think the antifa movement is going to explode as much as some do.

But I do think that antifa can influence where leftist politics in America is going. They are aggressive, loud, and fiercely committed. They’re having a wider influence on the radical left in this country, particularly on campuses and with other groups like Black Lives Matter. But I don’t want to overstate antifa’s role in these shifts.

Sean Illing

Well, that dovetails with my final question, which is: Do you think the influence antifa is having on the American left will ultimately hurt the Democratic Party — and by extension help the Republicans?

Mark Bray

Not to be repetitive here, but they don’t care about the Democratic Party. But it’s still an interesting question to consider. Given the disaster that is the Trump presidency, I just think it would be a colossal failure of the Democratic Party not to win the next presidential election and gain a majority in Congress. If they can’t do that given this craziness, then they need to really rethink what they’re doing.

Will a lot of people see antifa and their methods as a poor reflection of the left? Absolutely. But I also think that these are not people who were going to vote Democrat anyway. If you read the news or pay attention to what’s happening, you know that Nancy Pelosi has nothing to do with antifa. This group loathes the Democratic Party, and they don’t hide that.

So anyone who blames the Democrats for antifa is likely already disposed to vote Republican anyway.

Voir encore:

Who are Antifa?

ADL

Antifa: Definition and History:

The anti-fascist protest movement known as antifa gained new prominence in the United States after the white supremacist Unite the Right rally in Charlottesville, VA, in August 2017. In Charlottesville and at many subsequent events held by white supremacists or right-wing extremists, antifa activists have aggressively confronted what they believe to be authoritarian movements and groups. While most counter-protestors tend to be peaceful, there have been several instances where encounters between antifa and the far-right have turned violent.

These violent counter-protesters are often part of “antifa” (short for “antifascist”), a loose collection of groups, networks and individuals who believe in active, aggressive opposition to far right-wing movements. Their ideology is rooted in the assumption that the Nazi party would never have been able to come to power in Germany if people had more aggressively fought them in the streets in the 1920s and 30s. Most antifa come from the anarchist movement or from the far left, though since the 2016 presidential election, some people with more mainstream political backgrounds have also joined their ranks.

These antifa sometimes use a logo with a double flag, usually in black and red. The antifa movement began in the 1960s in Europe, and had reached the US by the end of the 1970s.  Most people who show up to counter or oppose white supremacist public events are peaceful demonstrators, but when antifa show up, as they frequently do, they can increase the chances that an event may turn violent.

Today, antifa activists focus on harassing right wing extremists both online and in real life.  Antifa is not a unified group; it is loose collection of local/regional groups and individuals. Their presence at a protest is intended to intimidate and dissuade racists, but the use of violent measures by some antifa against their adversaries can create a vicious, self-defeating cycle of attacks, counter-attacks and blame. This is why most established civil rights organizations criticize antifa tactics as dangerous and counterproductive.

The current political climate increases the chances of violent confrontations at protests and rallies. Antifa have expanded their definition of fascist/fascism to include not just white supremacists and other extremists, but also many conservatives and supporters of President Trump.  In Berkeley, for example, some antifa were captured on video harassing Trump supporters with no known extremist connections.  Antifa have also falsely characterized some recent right wing rallies as “Nazi” events, even though they were not actually white supremacist in nature.

Another concern is the misapplication of the label “antifa” to include all counter-protesters, rather than limiting it to those who proactively seek physical confrontations with their perceived fascist adversaries.  It is critical to understand how antifa fit within the larger counter-protest efforts. Doing so allows law enforcement to focus their resources on the minority who engage in violence without curtailing the civil rights of the majority of peaceful individuals who just want their voices to be heard.

All forms of antifa violence are problematic. Additionally, violence plays into the “victimhood” narrative of white supremacists and other right-wing extremists and can even be used for recruiting purposes.  Images of these “free speech” protesters being beaten by black-clad and bandana-masked antifa provide right wing extremists with a powerful propaganda tool.

That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose. Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone.  To date, there have not been any known antifa-related murders.

Antifa: Scope and Tactics:

Today’s antifa argue they are the on-the-ground defense against individuals they believe are promoting fascism in the United States.  However, antifa, who have many anti-police anarchists in their ranks, can also target law enforcement with both verbal and physical assaults because they believe the police are providing cover for white supremacists.  They will sometimes chant against fascism and against law enforcement in the same breath.

While some antifa use their fists, other violent tactics include throwing projectiles, including bricks, crowbars, homemade slingshots, metal chains, water bottles, and balloons filled with urine and feces.  They have deployed noxious gases, pushed through police barricades, and attempted to exploit any perceived weakness in law enforcement presence.

Away from rallies, they also engage in “doxxing,” exposing their adversaries’ identities, addresses, jobs and other private information. This can lead to their opponents being harassed or losing their jobs, among other consequences. Members of the alt right and other right wing extremists have responded with their own doxxing campaigns, and by perpetuating hateful and violent narratives using fake “antifa” social media accounts.

Because there is no unifying body for antifa, it is impossible to know how many “members” are currently active.  Different localities have antifa populations of different strengths, but antifa are also sometimes willing to travel hundreds of miles to oppose a white supremacist event.

Voir enfin:

The assault on conservative journalist Andy Ngo, explained

An unjustifiable attack — and a subsequent controversy spotlighting the militant left-wing group antifa.

Last Saturday, the far-right Proud Boys group held a rally in Portland, Oregon. Left-wing groups, including the Portland branch of the militant antifa group, put together a counterprotest — whose attendees clashed with the Proud Boys. But the most notable instance of violence had nothing to do with the Proud Boys: It was an attack by counterprotesters on the conservative journalist Andy Ngo that reportedly sent him to the hospital.

In footage captured by Portland-based reporter Jim Ryan, demonstrators douse Ngo in milkshake, punch him, and yell at him. In short, it looks a lot like an unprovoked, unjustified, reprehensible assault on an observer — a journalist — merely because the protesters don’t like him.

But the aftermath of the attack — the narratives both sides have spun out of the basic facts established by the footage — is much trickier to assess.

In the dominant narrative, pushed by the conservative and mainstream media alike, the attack on Ngo is evidence of a serious left-wing violence problem in America. Antifa, they argue, is a group of street thugs that has repeatedly attacked journalists and poses a genuine threat to public safety. The fact that the left tolerates antifa, or even celebrates them, is proof of a serious rot; Sen. Ted Cruz (R-TX) has called for an investigation into the events in Portland.

“I pray for full and speedy recovery for journalist Andy Ngo,” writes Kevin McCarthy, the House minority leader. “The hate and violence perpetrated by Antifa must be condemned in the strongest possible way by all Americans.”

But according to a second narrative, offered primarily by less well-known left-liberal writers and social media accounts, the mainstream media is getting it all wrong. Ngo is not an innocent victim but a far-right sympathizer who has doxxed antifa members in the past, potentially facilitating their harassment, and provokes them so that he can broadcast the result. The outpouring of sympathy for Ngo, in this account, is actually evidence that the mainstream media is falling for Ngo’s grift — funneling money to his Patreon and legitimizing a right-wing smear campaign against a group that’s working to protect people from the threat of violence from groups like the Proud Boys.

The two main figures in these events are Ngo and antifa.

The publication where Ngo is an editor, Quillette, is widely seen as a major hub of the “intellectual dark web” — a loose collection of anti-political correctness, anti-identity politics, anti-left media figures and reporters. Ngo is the closest thing the intellectual dark web has to a gonzo journalist, someone who goes into allegedly hostile places and documents them for his more than 200,000 Twitter followers to illustrate that the IDW is right about the threat from multiculturalism and the left.

Last year, for example, Ngo went to the UK to chronicle the supposed threat the rising Muslim population posed to British society. The resulting article, “A Visit to Islamic England,” claimed England was being quietly conquered by fundamentalist Islam.

The piece was shredded by actual Brits. Most amusingly, Ngo presented a London sign reading “alcohol restricted zone” as evidence of Islamic dominance in the Whitechapel neighborhood; it was actually a public safety ordinance designed to discourage public acts of drunkenness from patrons of nearby pubs, bars, and strip clubs.

Ngo’s coverage of left-wing protesters is similarly ideological. He views left-wing activists, like Muslim immigrants to the West, as a threat to free and open societies. His reporting plays up acts of vandalism, violence, and hostility to free speech without a comparable focus on the much more frequent and deadly actions of right-wing extremists.

Antifa is a perfect foil for Ngo. The group of typically black-clad activists are radicals who believe the best way to deal with the rise of white supremacy and hate groups in the Trump era is by confronting them on the street. Sometimes, this means organizing demonstrations against them; other times, it means brawling in the streets.

“They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists,” Mark Bray, a Dartmouth historian who studies antifa, told my colleague Sean Illing in a 2017 interview. “They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum.”

Antifa does not have a central command structure, and its members are typically anonymous. While not all antifa activities involve physical confrontation, some do have a nasty habit of assaulting people — including journalists, as some reporter friends of mine like Taylor Lorenz, who were attacked while live-streaming in Charlottesville, Virginia, can speak to.

Portland, where Ngo lives, has seen a particularly notable number of brawls between antifa and far-right groups in recent years. Ngo has not only documented antifa activities but published at least one member’s full name alongside a picture — “doxxing” her, in internet parlance, and exposing her to retaliation. Ngo’s work on this front had made him well-known to antifa, and profoundly despised — he claims, for example, that an antifa member assaulted and robbed him at his gym.

In mid-June, he reported advance news of an event on June 29 in Portland by the “Proud Boys” — a far-right group who describe themselves as “Western chauvinists” and are a major antifa nemesis. Portland antifa, who organized a counterprotest, issued a statement warning about the event that criticized Ngo by name.

The stage was set for a major confrontation between Ngo and antifa. And when he showed up at their event over the weekend, that’s exactly what happened.

What the right and left narratives of the attack reveal

The attack on Ngo appeared to be taking place at a left-wing counter-rally to the Proud Boys event. It was a march, and while there was at least one scuffle between left-wingers and Proud Boys at one point, the situation where Ngo was filming with his GoPro did not appear violent prior to the attack on him.

The footage is only 30 seconds long, so it doesn’t show whether Ngo was antagonizing the demonstrators in some other way. But if you watch it, Ngo clearly comes across as the victim of an attack:

Ngo was recognized by the crowd, as people yell things like, “Fuck you, Andy Ngo!” He was punched without any attempt to retaliate, covering his face with his hands in a defensive posture. You can see him being hit with a milkshake (a common tactic used against right-wing figures in the UK), egged, and sprayed with silly string.

Footage from the aftermath, taken by Ngo himself, shows his face battered and bloody. According to a statement by Quillette’s editors, the attack produced “a brain hemorrhage that required Ngo’s overnight hospitalization.”

It’s important to reiterate: Beating people up is reprehensible. Whoever punched Ngo, antifa or otherwise, committed a crime.

The right/center and left narratives go beyond that central point to claim Saturday’s events for their team. In the process, they tend to distort the facts, trying to make it fit their worldview when it doesn’t quite conform.

CNN’s Jake Tapper, for example, argued that this was part of a broader pattern of antifa violence — retweeting an interview with Ngo in which he compares antifa to the neo-Nazi who killed Heather Heyer in Charlottesville in 2017.

But antifa has not committed a single murder, at least that we’re aware of. We don’t yet have proof that the people who assaulted Ngo were antifa members (though it seems likely given their history). And the attack on Ngo seems less like a part of a broader pattern of attacks on journalists than it does part of a specific feud between Portland antifa and Ngo; they didn’t appear to target other journalists at the rally in the same fashion (which doesn’t excuse the attack on Ngo).

The problem with this narrative is not that antifa is blameless. Some of its members clearly have crossed the line. It’s that hyping the threat they pose paints a decentralized group with a broad and simple brush, and contributes to a disproportionate right-wing panic in the process.

Portland police, based on a theory developed by one officer, tweeted that the milkshakes being thrown by protesters may have been mixed with quick-dry cement. There is at best flimsy evidence for this claim, which is hard to believe as a matter of sheer physics (sugar slows the process of concrete setting). There’s also footage of people drinking the milkshakes, which you wouldn’t do if it were a hidden cement vector. But that didn’t stop the quick-dry cement claim from being reported as fact in right-wing outlets, including Fox News.

This is part of a broader narrative, largely sold on the right, designed to paint antifa as an equal-and-opposite number to neo-Nazi groups — Fox’s Laura Ingraham has even proposed labeling antifa as terrorists. The idea is to paint a picture of symmetrical radicalization, one in which both sides have extremist flanks that pose a major threat to civil peace.

But that’s simply inaccurate. As bad as antifa’s transgressions have been, the far right has been worse. There is no antifa equivalent to Heyer’s murder, or the Charleston church shooting, or the attack on a Pittsburgh synagogue. Antifa has no relationship with the Democratic Party nor do its members really support the party; alt-right activists are Trump fans, and at times seem to get tacit support from the White House (again, see Charlottesville). A national focus on antifa can distract from the much greater problem of far-right extremism — as watchdog groups have argued.

“All forms of antifa violence are problematic,” the Anti-Defamation League, a Jewish anti-hate group, writes in its primer on the group. “That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose.” The guide continues:

Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone. To date, there have not been any known antifa-related murders.

But the left-wing narrative of events where Ngo is the real villain has serious problems too. It’s indicative of a hunger on the left, amid administration horrors like child detention camps and the scary rise in far-right non-state violence, to create a “with us or against us” mentality.

It’s fine to dislike Ngo’s journalism (I do), and to argue that he has intentionally antagonized antifa in order to provoke them. But just because Ngo has filmed Portland leftists, or even doxxed them, doesn’t mean they are justified in using physical force against him.

Antifa members aren’t morally inert forces of nature. They have agency, and they don’t need to respond to Ngo’s antagonism with violence. The fact that some in the group seem to have done so exposes that some who identify as antifa aren’t nearly as purely anti-fascist as they want observers to think. Antifa may oppose the alt-right first and foremost, but members direct their clashes at a broader set of targets than anyone who can fairly be called a “fascist.”

There’s also a strange meme emerging in some antifa-sympathetic quarters that Ngo is somehow “not a journalist.”

This is clearly incorrect. Ngo is a writer and photographer who contributes to journalistic outlets. That’s journalism, even if you don’t like the content.

Street confrontations and the culture war

The divergent interpretations of the Ngo situation, based on limited evidence, reminds me of the Covington Catholic controversy in January.

In that incident, a short viral video showed a group of white teens in “Make America Great Again” hats surrounding a small group of Native American demonstrators, including an elder from the Omaha tribe named Nathan Phillips. One of the kids, identified as Covington Catholic High School student Nick Sandmann, stands in Phillips’s face and smirks, unaffected by the drumming. It looks like a straightforward story of privileged racist white kids harassing a peaceful Native protester.

But shortly after the clip went viral, to universal and at times vitriolic condemnation, a pushback began in right-of-center media. Some argued that mainstream media and left-wing activists alike were being unfair to the kids, who were actually defending themselves from insults and harassment from a separate group of protesters, members of the fringe Black Israelite movement.

There was far more footage of this incident than the Ngo one, yet it was difficult to be certain which side had a more accurate read of the situation. It’s clear some of the kids were confused by Phillips; it’s equally clear some of the kids were making racist gestures. We don’t know what was in Sandmann’s head when he was standing in front of Phillips.

But the Covington incident dominated American politics for days because both sides saw what they wanted to in the footage. The left, which sees white supremacy as one of its fundamental enemies, was quick — in some cases, too quick — to identify Sandmann and his classmates as villains.

The right’s reaction, in turn, revealed several of its core assumptions that white Christians are persecuted minorities, that overzealous social justice warriors represent an existential threat to a free society, and that the media is on their enemies’ side.

A related dynamic seems to be shaping up in the Ngo case: The right sees proof that the left is radicalizing, a threat to them and their safety, and hypes up the risk they pose. The left sees a hostile journalist trying to gin up sympathy and dollars via his Patreon account, and warns that he’s trying to trick the public into excusing his anti-left propaganda work.

It’s never been easier to capture footage of a confrontation at a rally or other public event. Social media, particularly Twitter, can amplify an ideologically particular interpretation of events before all the evidence is in — allowing a contradictory narrative to form on the other side in response, highlighting its own selective interpretation of what happened.

This is particularly likely to happen at heated events like protests. As the New York Times’s Charlie Warzel points out, Ngo is not the only person who goes to such events with the intent of filming something notable:

But we know, as filmmakers long have, that footage doesn’t convey the objective reality of a situation; it reveals certain things and obscures others. Moreover, the meaning of filmed events is entirely open to contestation. The mere fact that Ngo was assaulted doesn’t say what the meaning of that assault is, or what the broader context is that’s necessary to understand it.

The result is a never-ending stream of Rorschach test controversies pushed on social media, in which either the meaning of events on film or even the very facts of what’s being depicted are litigated endlessly and tied to our right-versus-left culture war.

The attack on Andy Ngo is not the first situation where political factions have used a high-profile video to claim that the other side is the real threat to the public — nor will it be the last.

Voir par ailleurs:

Trump is a pit bull fighting for America: Devine

The New York Post

Quick! Get out the smelling salts for all the faint hearts hyperventilating about President Trump’s “lack of decorum” at Tuesday night’s debate.

Did they really expect him to play by Marquess of Queensberry rules?

Jake Tapper on CNN lamented that a friend’s sixth-grade daughter “burst into tears, had to run to bed” because she was “so appalled” by Trump’s behavior.

Debate reviews by media bien pensants were summarized in a Joe Biden campaign email Wednesday morning, titled, “Trump Blew it, Bigly.”

It quoted columnists at the Washington Post and the New York Times excoriating Trump’s “nihilism,” “norm-busting” and “nasty, unsettling meanness.”

Never-Trumper Max Boot was typical: “Trump showed no respect for time limits, human decency or the truth.”

Frank Bruni’s take at the Times was: “After that fiasco, Biden should refuse to debate Trump again.”

Entertainer Bette Midler took to Twitter to call Trump “a pig” and demand “a kill switch on the microphone or there’s no reason to do this again.”

Bob Woodward told MSNBC that Trump “is assassinating the presidency.”

Mika Brzezinski was apoplectic: “Why in the hell should [Biden] get back on stage with that fool.”

Sure enough, the Commission on Presidential Debates announced Wednesday that future moderators will be given a kill switch to cut candidates’ microphones.

But if Democrats are so certain their man won, why are they so anxious for him not to participate in more debates, and why do they want a kill switch to control the ­debaters?

As for all the sad sacks in the ­media lamenting Trump’s trampling of “norms,” what have they been doing the past four years but trashing norms by promoting rancid lies about the president, lies pursued by the FBI and CIA to strangle his presidency at birth.

In any case, the Democratic candidate supposedly running a “decorum” ticket let loose a string of Tourette’s-style schoolyard insults, calling the president a “liar,” “fool,” “clown,” “racist” and “stupid.”

“Shut up, man,” said Biden.

Trump’s goading succeeded in ripping off Biden’s “nice guy” mask and forcing him to fight in the ­gutter.

Instinctively, or deliberately, the president engaged in a winning fighting strategy deployed by the best national rugby team in the world, New Zealand’s All Blacks. They come out hard in the first phase of the game, using sheer brute violence to probe their opponents’ weaknesses. It’s not pretty but it’s effective if your goal is to win.

So if Biden gives it his best effort in the next two debates rather than using Trump’s lack of decorum as an excuse not to engage, then you’ll see the president calibrating his ­attacks to zero in on Biden’s vulnerabilities.

Sure, the debate was a chaotic mess. But the emotional takeaway was this: In a turbulent world with circling predators like Chinese President Xi Jinping, whom do you want defending America? An aggressive pit bull who will do anything to win, or a smirking milquetoast hurling schoolyard insults.

This view probably is behind the fact that 66 percent of Spanish-speaking viewers of Telemundo judged Trump the winner of the debate, the opposite result of similar insta-polls on CNN and CBS News.

After all, if you’ve lived through a socialist dictatorship or MS-13 tyranny, you appreciate a tough leader to protect you.

Americans voted for Trump in 2016 precisely because he is a pit bull, a barbarian, a gun-slinger they hired to fight the dirty left, drain the swamp, bring back their jobs from China and stand up for the flag, family and common sense.

They don’t care that he doesn’t act “presidential” as long as he fights for them.

Of course, it would have been better for the president to tone down the interruptions and give Biden enough slack to lose his train of thought and say something ridiculous, as he usually does when talking without a teleprompter.

But we should not be surprised by the rancor of the debate.

It reflects the rancor tearing apart this country, pitting neighbor against neighbor, children against parents, friend against friend.

You can see it in the street in Scranton, Pa., where Biden spent his first 10 years.

At first sight, tree-lined North Washington Avenue is an all-Democrat enclave, with a “Biden 2020” or “Scranton Loves Joe” yard sign in front of about every third house.

But that’s not because Trump supporters don’t live on the street. It’s because their signs get stolen.

“A lot of people here are under the radar,” says financial planner Tom Moran, 61, whose Dutch Tudor home down the road from Biden’s childhood home is adorned with a giant Trump flag.

“I know at least 25 people on the street who are Trump supporters, but they don’t have signs up.”

He has lost three signs and neighbors down the road have lost two. The only other Trump sign on the street is tucked safely behind a window.

“It’s been a constant battle and when you have the signs out, there’s an intimidation factor.”

The animosity between Trump’s and Biden’s supporters is like nothing he’s seen before.

“My wife and my 3-year-old daughter have been outside, and guys have driven by and rolled their window down and yelled obscenities. It’s disgusting but it’s just the kind of crappy stuff that’s happening.

“My daughter’s been isolated from the neighbors’ kids. Last summer they were all playing together. This summer they won’t play with her.

“It is mean. I can’t explain it but this is the behavior we’re seeing.”

As we speak, a neighbor walks by with his dog, raises his fist and yells, “Trump all the way. Biden is a loser.”

It’s not the fault of the president or Biden or moderator Chris Wallace that Tuesday’s debate was an acrimonious shambles.

It’s the way the country is right now.

Voir aussi:

‘Will You Shut Up, Man?’

Amazing that just five words from the debate may tip voters who are undecided between Joe Biden and Donald Trump.

The Wall Street Journal

A reader emailed me before dawn Wednesday to say that in more than 60 years of presidential debates, he had never seen anything like what happened hours earlier. Yes, it’s true, we’re still in Trump Land, Toto.

One can imagine analysis will arrive from Trump Land that blowing up the debate was Mr. Trump’s plan going in. What other than a thought-out strategy, perhaps to capture the so-called secret Trump voters, could explain the president dynamiting it from start to finish?

Conventional wisdom is that because it was a debacle, the debate didn’t change any minds. But the high percentage of committed party-line voters has been a reality for months. Other than driving turnout from a polarized electorate, these presidential debates are about winning at the margin by pulling over undecided or leaning voters.

This especially includes women, with whom Mr. Trump lately has been underwater and sinking in battleground-state polls. Here’s guessing few women migrated to the Trump column Tuesday evening.

The second, policy-based prong is to drive the perception of Mr. Trump that is freshest in the public’s mind—that he mishandled the coronavirus, the biggest public-health threat of our lifetimes. Set aside how little the reality comports with this charge. Reality is irrelevant to an opposition election strategy.

Polls have put public disapproval of Mr. Trump on the virus at nearly 57%, a high number given that most governors have strong approval ratings on the virus. This is almost entirely a function of the early, ill-run coronavirus news conferences, which consisted mainly of Mr. Trump promoting himself and picking fights with reporters, when the country was tuning in daily for straight information about the emerging crisis. If Mr. Trump loses, those press conferences will be the straw that did it.

Central to the Biden team’s strategy is their recognition that Mr. Trump’s Achilles’ heel is personal criticism. He can’t take it. Ever. His instinct to crack back is hair-trigger.

This worked for him in the 2016 GOP primary debates against Low Energy Jeb, Lyin’ Ted, Little Marco and the rest. It sort of worked because the jammed stage minimized his time on target. Though not to everyone’s taste, his primary debate performances established Mr. Trump in many voters’ minds as the Anti-Politician.

The crack-back compulsion continued with the White House press corps, and in time became less amusing. Instead of opportunities to explain his policies, the exchanges turned into tiresome, predictable cat fights. Goading Mr. Trump became a press routine, like working out at the gym.

Mr. Trump has been called, not without justification, a necessary bull in the dusty china shop of politics. But Tuesday night he looked like a bull on the floor of an arena, tiring and turning first to face picador Chris Wallace and then lurching back at Mr. Biden’s toreador. It got hard to watch.

Mr. Biden proved he isn’t Mel Brooks’s 2,000-year-old man, but he is an aging politician, unable to sustain a normal campaign and struggling to reconcile or explain his party’s abrupt drift to the edge of socialism. But with 47 years in the trenches, Mr. Biden is a political pro, which means being case-hardened against personal criticism.

The debate was 90 minutes of maybe the only thing Joe Biden is still good at—parrying attacks, whether from former presidential candidate Kamala Harris or Mr. Trump. When Mr. Trump finally played the Hunter Biden card and “cocaine use,” Mr. Biden said his son, “like a lot of people at home,” was fixing the problem—and millions of moms nodded in sympathy.

Mr. Biden ran through his talking points, however preposterous, such as suggesting cops take along a psychiatrist on 911 calls. The biggest Biden vulnerability came when he asserted, “You can’t fix the economy until you fix the Covid crisis.” Lockdowns to the horizon.

The president’s response—that people want their schools and restaurants open and that he restarted Big Ten football—was OK but not enough on an issue central to his re-election.

Mr. Trump has a good story to tell. The speakers at the impressive GOP convention created a narrative template for the campaign, but that story wasn’t told Tuesday night.

When asked to address race in the U.S., giving Mr. Trump a chance to talk about his prison releases and minority job creation, he segued into a 25-year-old anecdote about Mr. Biden and “superpredators.” Even sympathetic voters have difficulty absorbing a good political record if it’s conveyed to them in random semi-soundbites.

This first presidential debate will be remembered for five words: “Will you shut up, man?” Amazing to think that may be what turns deciding votes in this election.

Voir également:

Trump Has Condemned White Supremacists

Former Vice President Joe Biden wrongly claimed President Donald Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis.”

Trump drew criticism for his condemnation of “hatred, bigotry and violence on many sides” after a rally organized by a white nationalist in Charlottesville in 2017, and for saying there were “very fine people on both sides.” But, contrary to Biden’s claim, the president twice specifically condemned white supremacists and neo-Nazis, and he has repeated that condemnation since.

On ABC’s “This Week,” Biden was asked what the consequences would be of a Trump victory in 2020. Biden responded that Trump would “go on dividing us based on race.”

Biden, Feb. 9: George, I, honest to God believe, they’re going to change the nature of who we are for a long, long time. Our children are listening. The idea — the man who can belittle people, go on dividing us based on race, religion, ethnicity, based on all the things that, in fact, make up America is just incredibly divisive. You see these white supremacists coming out from under the rocks. He’s yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis. He hasn’t condemned a darn thing. He has given them oxygen. And that’s what’s going to continue to happen. That’s who this guy is. He has no basic American values — he doesn’t understand the American code.

Biden has said that Trump’s comments in the aftermath of the Charlottesville rally convinced him to run for president. In a video announcing his candidacy, Biden said Trump’s “very fine people on both sides” comment “assigned a moral equivalence between those spreading hate and those with the courage to stand against it” and “shocked the conscience of the nation.”

Trump has said his “very fine people” comment referred not to white supremacists and neo-Nazis but to “people that went because they felt very strongly about the monument to Robert E. Lee — a great general, whether you like it or not.” Some have argued that explanation doesn’t hold up, because Trump referred in that statement to a protest “the night before” when — it was widely reported white nationalists burned tiki torches and chanted anti-Semitic and white nationalist slogans. We’ll leave it to readers to make up their minds on Trump’s remarks, but Biden’s comment that Trump has “yet once to condemn white supremacy” is not accurate.

Let’s revisit Trump’s comments in the days after the Charlottesville rally. That rally turned violent, and one person, Heather Heyer, was killed and many others injured, when a man with a history of making racist comments plowed his car into a group of counterprotesters.

The day of that incident Trump said, “We condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry and violence, on many sides. On many sides.” Trump said he had spoken to Virginia Gov. Terry McAuliffe, and “we agreed that the hate and the division must stop, and must stop right now. We have to come together as Americans with love for our nation and true affection — really — and I say this so strongly — true affection for each other.”

Two days later, on Aug. 14, 2017, Trump issued a statement from the White House, and referred to “KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.”

Trump, Aug. 14, 2017: As I said on Saturday, we condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry, and violence. It has no place in America.

And as I have said many times before: No matter the color of our skin, we all live under the same laws, we all salute the same great flag, and we are all made by the same almighty God. We must love each other, show affection for each other, and unite together in condemnation of hatred, bigotry, and violence. We must rediscover the bonds of love and loyalty that bring us together as Americans.

Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.

We are a nation founded on the truth that all of us are created equal. We are equal in the eyes of our Creator. We are equal under the law. And we are equal under our Constitution. Those who spread violence in the name of bigotry strike at the very core of America.

During a press conference the following day, Aug. 15, 2017, Trump explained his initial “many sides” comment.

“You had a group on one side that was bad,” Trump said. “And you had a group on the other side that was also very violent.” He added, “I’ve condemned neo-Nazis. I’ve condemned many different groups, but not all of those people were neo-Nazis, believe me. Not all of those people were white supremacists by any stretch.”

Here’s the relevant portion when the president said some in the group protesting the removal of the Lee statue were “very fine people”:

Reporter, Aug. 15, 2017: You said there was hatred, there was violence on both sides …

Trump: Well, I do think there’s blame – yes, I think there’s blame on both sides. You look at, you look at both sides. I think there’s blame on both sides, and I have no doubt about it, and you don’t have any doubt about it either. And, and, and, and if you reported it accurately, you would say.

Reporter: The neo-Nazis started this thing. They showed up in Charlottesville. …

Trump: Excuse me, they didn’t put themselves down as neo — and you had some very bad people in that group. But you also had people that were very fine people on both sides. You had people in that group – excuse me, excuse me. I saw the same pictures as you did. You had people in that group that were there to protest the taking down, of to them, a very, very important statue and the renaming of a park from Robert E. Lee to another name. …

It’s fine, you’re changing history, you’re changing culture, and you had people – and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally – but you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists, okay? And the press has treated them absolutely unfairly. Now, in the other group also, you had some fine people, but you also had troublemakers and you see them come with the black outfits and with the helmets and with the baseball bats – you had a lot of bad people in the other group too.

Reporter: I just didn’t understand what you were saying. You were saying the press has treated white nationalists unfairly? …

Trump: No, no. There were people in that rally, and I looked the night before. If you look, they were people protesting very quietly, the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day, it looked like they had some rough, bad people, neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest and very legally protest, because you know, I don’t know if you know, they had a permit. The other group didn’t have a permit. So I only tell you this: There are two sides to a story.

So, contrary to Biden’s claim that Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis,” in the course of two days, Trump did it twice.

Trump, Aug. 14, 2017: Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.

Trump, Aug. 15, 2017: I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally.

Nor was that the last time Trump condemned white supremacy by name.

After nearly two dozen people were killed on Aug. 3, 2019, in a shooting at a Wal-Mart in El Paso, Trump said: “The shooter in El Paso posted a manifesto online consumed by racist hate. In one voice, our nation must condemn racism, bigotry, and white supremacy. These sinister ideologies must be defeated. Hate has no place in America. Hatred warps the mind, ravages the heart, and devours the soul. We have asked the FBI to identify all further resources they need to investigate and disrupt hate crimes and domestic terrorism — whatever they need.”

Biden said that since Trump took office, “You see these white supremacists coming out from under the rocks.” Last March, we looked into that issue, and experts told us there are a number of indicators that suggest white nationalism and white supremacy — and violence inspired by them — are on the rise, in the U.S. and around the world.

It’s Biden’s opinion that Trump’s comments have “given them oxygen,” as he said. But Biden went too far when he said Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis. He hasn’t condemned a darn thing.” He has, although perhaps not as often or as quickly as Biden would like.

Voir de plus:

The original antifa had a pragmatic streak.

Oct. 31, 2020

Ever since Donald Trump became president, public officials, academics and media columnists have debated the similarities between the right-wing authoritarian turn in the United States and other countries and the history of fascism in Europe in the 1930s. The term antifascism has received comparably less public analysis, even though — in its Twitter-friendly short form “antifa” — the term has come to play a key role in this year’s electoral politics.

For Trump and his supporters on Fox News and conservative talk radio, antifa is the symbol and shorthand for urban violence and rioting, anarchist revolution and left-wing terrorism. Trump has continually relativized right-wing violence and white supremacy by shifting attention to the supposedly far greater menace of antifa. At a rally in Tampa on Thursday, Trump reminded attendees that Joe Biden had called antifa an idea, to which the president responded “No, when you get hit over the head behind your back with a baseball bat, that’s not an idea. That’s not an idea.”

At the same time, the usually loosely organized groups of left-wing protesters in Portland, Ore., and other U.S. cities that have adopted the name antifa — which the FBI indicates is nowhere as great a terrorist threat as right-wing groups — position themselves as outside the moderate liberal mainstream.

For both the right and the left, antifa connotes an uncompromising radicalism. However, a look at the historical roots of the antifa movement reveal much more prevalent strands of pragmatism, compromise and coalition-building. In some cases, the movement also reflected a surprising embrace of moderation and reconciliation. This is especially true for German antifascism between the 1930s and the early Cold War. This is noteworthy especially since Germany often provides the reference point for contemporary discussions of fascism.

Who were the original antifa? The term was used during the last months of World War II as a short form for Antifascist Committees, small resistance groups that took over local administrations in Germany in 1944 and 1945, between the collapse of the Third Reich and the establishment of the Allied occupation zones. In most cases, the core of these antifa committees, such as the National Committee Free Germany (NKFD) in Leipzig, were Communist Party cells that had survived underground in Nazi Germany. However, many antifas were local grass-roots groups that incorporated broad coalitions of social democrats, trade union activists and even conservative Hitler opponents.

The emergence of these antifa groups did not correlate to street violence, despite styling themselves as “fighting groups” and sporting revolutionary rhetoric and symbolism that harked back to the workers councils of the early Weimar Republic.

Local antifas organized rudimentary municipal administration, reconstruction and basic police functions. They provided for law and order in the absence of organized government. The most radical and revolutionary act was often the temporary takeover of factories and the establishment of workers councils — an act that led directly to the concept of Mitbestimmung (co-determination) of workers and trade union representatives in factory management in the decidedly capitalist and non-revolutionary postwar West Germany.

Rather than engaging in street fighting, the antifas distributed leaflets appealing to the unity of workers “of all parties and confessions.” The KGF in Bremen — the German acronym stood for Fighting Association against Fascism — organized neighborhood discussion groups, triggering early discussions about Germans’ complicity in the Nazi regime and its crimes — a debate that prefigured postwar Germany’s practice of Vergangenheitsbewältigung, or “coming to terms with the past.”

The local antifa in the Ruhr city of Duisburg made Nazi party members clean up bomb damage, but unlike in other European countries, there was little violence or ad hoc executions of people suspected of Nazi sympathies. This reflected the still substantial support for the regime among the population as well as the fact that non-Jewish Germans suffered much less from the Nazis than the rest of Europe, but it also testifies to a general attitude of constraint, moderation and acceptance of the rule of law. There was no resistance by any of the armed antifa “fighting groups” against their dissolution by the occupation authorities in East and West Germany in the course of 1945 and 1946.

If the original antifas in Germany were overall moderate organizations, it reminds us that antifascism — as a movement and ideology — was based on a compromise.

At the VII Comintern Congress in Moscow in 1935, Joseph Stalin rescinded his previous policy of forced noncooperation between European communist and democratic parties (a policy that bears significant responsibility for Adolf Hitler’s electoral success in 1933). After years of downplaying the threat of fascism, and of denouncing social democracy as “social fascism,” Stalin’s about-face enabled coalitions between communists, social democrats, liberals and conservatives — even former archconservatives such as the writer Thomas Mann counted themselves part of the movement.

These “popular front” coalitions and alliances helped prevent fascism from coming to power in a number of countries in the second half of the 1930s. German antifascism, in particular, flourished in exile groups that focused less on revolutionary violence than on a “cultural renewal” of humanist values, which included a reevaluation of the country’s history.

After 1945, with the beginning of the Cold War, the term “antifascism” was quickly co-opted and instrumentalized by the Soviet-controlled regimes in Eastern Europe, with many former antifascists falling victim to show trials and purges. The inclusive and nonpartisan antifascism of the prewar and World War II period did not fit into a Stalinist system that was based on the power monopoly of communist parties.

In the German Democratic Republic (East Germany), antifascism became a rhetorical device that legitimized the ruling party’s claim to moral superiority over its Western counterpart — the official GDR term for the Berlin Wall constructed in 1961 was “anti-fascist protection wall.” This affected the memory — or lack of it — of the short-lived antifa groups during the Cold War. Largely ignored or forgotten in the West, they were selectively memorialized and glorified as precursors to communist rule in the East, with their history of diversity and inclusion suppressed.

But this should not let us forget that the original antifa were neither the terrorist arsonists of Trump’s propaganda nor uncompromising, dogmatic revolutionaries rejecting any liberal compromises. The authoritarian sympathies of Trump and the Republican Party fall short of the fascism of the 1930s, but it is safe to say that the success of the Biden and Harris campaign will depend on the kinds of compromise and undogmatic coalition-building that characterized the original antifa of 80 years ago. Trump’s desperate attempts to tie Biden to the term “antifa” thus contains an ironic and unintended grain of truth.

Voir aussi:

Qui sont les «Proud Boys», que Donald Trump appelle à se tenir «prêts»?

Interrogé lors du débat avec Joe Biden sur le nationalisme blanc, le président américain a adressé un message à l’organisation d’extrême droite: «Proud Boys, mettez-vous en retrait, tenez-vous prêts».

Stanislas Poyet

30 septembre 2020

Alors que le présentateur lui demandait s’il condamnait les suprémacistes blancs lors de son premier débat face à Joe Biden, Donald Trump s’est fendu d’une réponse énigmatique. «Proud Boys, mettez-vous en retrait, tenez-vous prêts», a déclaré le président des États-Unis, avant d’accuser les milices antifa d’extrême gauche de l’essentiel des violences observées en manifestation. Il a finalement fait volte-face mercredi appelant les milices d’extrême droite à «laisser la police faire son travail». «Je ne sais pas qui sont les Proud Boys», a-t-il également affirmé.

Alors, qui sont ces «Proud boys» («fiers garçons», en anglais) dont Donald Trump a fait mention? Il s’agit d’une organisation d’extrême droite américaine, qui se décrit comme une fraternité, un «club d’homme», qui assume ses positions pro-Trump. L’organisation a été décrite comme «un groupe de haine» par le Southern Poverty Law Center, une association qui observe les groupes d’extrême droite.

Fin novembre 2018, il a été rapporté, sur la base d’une note interne de la police du comté de Clark, que le FBI avait classé les «Proud Boys» comme «un groupe extrémiste lié au nationalisme blanc». L’information a été plus tard démentie par un responsable du FBI, précisant que la police fédérale américaine surveillait simplement ce groupe.

Violence, misogynie et arme à feu

Les «Proud Boys» cultivent un idéal de force, largement emprunt de misogynie, et de racisme – ce dont ils se défendent. Le groupe s’adresse aux hommes qui «refusent de s’excuser d’avoir créé le monde moderne». Il défend le port d’armes à feu, «l’entreprenariat» et la «femme au foyer», tout en s’opposant au «politiquement correct» et à l’immigration.

Pour défendre les «valeurs occidentales», les «Proud Boys» revendiquent le recours à la violence. «Je veux de la violence, je veux des coups de poing au visage. Je suis déçu que les partisans de Trump n’aient pas suffisamment frappé», déclarait ainsi Gavin McInnes, le fondateur du groupe. Pour Heidi Beirich, directrice du projet de renseignement pour le Southern Poverty Law Center, assumer la violence à ce point n’est pas commun chez les groupes d’extrême droite.

Je veux de la violence, je veux des coups de poing au visage. Je suis déçu que les partisans de Trump n’aient pas suffisamment frappé

Gavin McInnes, fondateur des «Proud Boys»

Selon le rapport interne de la police du comté de Clark se référant au FBI, le groupe «a contribué à l’escalade récente de la violence lors de rassemblements politiques organisés sur les campus universitaires et dans des villes comme Charlottesville, Virginie, Portland, Oregon et Seattle, Washington».

«Hipster raciste»

Le média américain Vox a affublé les «Proud boys» du sobriquet de «hipster racistes». Le mouvement tient en effet fortement à la personnalité charismatique et fantasque de son fondateur, Gavin McInnes, un canado-britannique résidant au États-Unis, considéré comme l’un des initiateurs du mouvement hipster, qui cofonda le magazine Vice en 1994. En 2018, il quitte officiellement la présidence du groupe, mais il y reste fortement impliqué.

S’ils ne portent pas à proprement parler d’uniformes, les «Proud Boys» se reconnaissent à leurs polos de la marque Fred Perry noirs et jaunes. La marque, déjà primée par les groupes skinhead, a plusieurs fois jugé nécessaire de se démarquer du groupe, en demandant à ses membres de cesser de porter leurs polos. En septembre 2020, Fred Perry a annoncé qu’il cessait de vendre ses polos noirs et jaunes en Amérique du Nord et au Canada.

Ce mardi, le noir et le jaune se retrouvaient sur les pages Facebook «Proud Boys». L’adresse de Donald Trump lors du débat a été récupérée pour en faire un logo: «Stand Back, Stand By», «Reculez, tenez-vous prêts».

Voir également:

Aux Etats-Unis, les Proud Boys, miliciens d’extrême droite, fiers d’être cités par le président

Donald Trump leur a enjoint, lors du débat télévisé de mardi soir, de se « mettre en retrait » et de « se tenir prêt ».

Corine Lesnes

Le Monde

30 septembre 2020

Les membres de la milice d’extrême droite des Proud Boys n’ont pas été peu fiers de s’entendre donner des consignes par le président des Etats-Unis. Pendant son débat contre Joe Biden, mardi 29 septembre, Donald Trump a été invité par le modérateur Chris Wallace à répudier solennellement la violence d’extrême droite. « Etes-vous prêt ce soir à condamner les suprémacistes blancs et les milices et à dire qu’ils doivent rentrer dans le rang et ne pas ajouter à la violence ? », a invité le journaliste.

« J’y suis tout à fait disposé », a répondu M. Trump, avant d’ajouter que la violence émanait surtout de l’extrême gauche, « et non de l’aile droite ». Le présentateur ayant insisté, le président a fait mine de s’exécuter et, puisque Joe Biden avait mentionné les Proud Boys, c’est à eux qu’il s’est adressé : « Proud Boys, mettez-vous en retrait et tenez-vous prêts », a-t-il lancé. « Mais il faut que quelqu’un fasse quelque chose au sujet de ces antifas et de la gauche. Ce n’est pas un problème de l’aile droite. C’est la gauche. » La mouvance d’extrême gauche, dite antifa, a été rendue responsable de nombre de violences urbaines, notamment à Portland (Oregon) en marge des manifestations antiracistes de Black Lives Matter.

Le débat présidentiel n’était pas encore terminé que les membres du groupe célébraient, sur les réseaux sociaux, cette légitimation qualifiée d’« historique ». Quelques heures plus tard l’expression de M. Trump – « stand back and stand by » – était ajoutée au logo des « Boys ». « Ce que le président a dit, c’est qu’on pouvait se payer » les antifas, a commenté sur Twitter Joe Biggs, l’une des figures du groupe, en se déclarant « ravi » de poursuivre l’affrontement. « Sir, a-t-il ajouté, emphatique. Nous sommes prêts ! »

« Caravanes pour Trump »

Les Proud Boys, groupuscule qui n’accepte pas de femmes, fondé en 2016 par le cofondateur de Vice Media Gavin McInnes, en même temps que l’apparition de la mouvance identitaire, nationaliste et islamophobe de l’alt-right, pour « alternative right », sont considérés comme un « groupe de haine » (« hate group ») par le SPLC (Southern Poverty Law Center), qui fait autorité dans l’analyse des extrémistes. Jusqu’à la victoire de M. Trump, ils se cantonnaient à une présence sur Internet. Cette année, ils font bruyamment campagne pour la réélection du républicain. Pendant l’été, ils ont organisé des « caravanes pour Trump », cortèges de 4 × 4 qu’ils aiment amener, armés de fusils d’assaut ou de paintballs, au cœur des villes progressistes.

Ce n’est pas la première fois que le président manifeste de l’indulgence pour l’extrême droite. Après les affrontements de Charlottesville, en Virginie, en août 2017 lors d’une manifestation à laquelle avaient participé les mêmes Proud Boys, il avait renvoyé suprémacistes blancs et manifestants antiracistes dos à dos, estimant qu’il y avait « des gens bien des deux côtés ». Alors que la société américaine accepte de plus en plus largement l’idée de racisme structurel, le débat de mardi a montré que Donald Trump n’avait pas évolué.

Voir par ailleurs:

Are Anarchists for Real

Or just a sideshow barometer for social breakage?

Jeremy Lee Quinn

Public report

September 17, 2020

Establishment media still continues to overlook trending Anarchist black bloc tactics especially in DC, Portland & Seattle with satellite activity in Denver, Sacramento and San Diego.

AdBusters – Blackspot, the Vancouver collective that organized Occupy Wall Street, announced over the summer big plans for a DC Occupation.

But aligned groups & Northwest elements of Insurrectionary Anarchism have yet to join in. Do Anarchists have the cohesion and apparatus outside of BLM for anything other than constant agitation from within?

NOTE: We’ve been undercover marching with self described Insurrectionary Anarchists in DC, Seattle, Portland & beyond.

So yes. They’re real – but localized without a major event to capitalize on. Insurrectionary Anarchist ideology & rhetoric however has permeated into the social justice movement with blazing efficiency.

Voir aussi:

Loi travail: les groupes antifascistes de l’ultragauche au devant de la scène

  • AFP/La Croix

«Plus politisés» et «plus composites» qu’autrefois, selon le chercheur Jacques Leclercq, les groupes antifascistes de l’ultragauche, peu nombreux mais parfois très violents, sont revenus au devant de la scène avec la mobilisation contre la loi travail.

Depuis la première manifestation contre le projet de loi El Khomri le 9 mars, ces militants de l’ultragauche n’ont cessé de faire parler d’eux. Ils prennent systématiquement la tête des cortèges parisiens, sous l’oeil parfois agacé des traditionnelles organisations syndicales (CGT, FO, Unef…), et scandent des slogans hostiles aux forces de l’ordre comme: «Tout le monde déteste la police».

«C’est une sphère très difficile à cerner, qui a parfois des réactions surréalistes et des actions très violentes», explique Jacques Leclercq, auteur de l’ouvrage «Ultragauche, autonomes, émeutiers et insurrectionnels», dans un entretien avec l’AFP. On les reconnait à leur «dress code»: «des vêtements noirs, des bottes hautes… Comme les militants de l’extrême droite, à la différence que les gauchistes ont des lacets rouges et les autres, des lacets blancs».

Ils semblent peu nombreux, mais leurs actions (vitrines cassées, murs tagués, pavés arrachés, voitures vandalisées) en marge des manifestations et leurs échauffourées avec les forces de l’ordre viennent régulièrement brouiller le message des syndicats.

Sur leur site, les «antifas» de l’AFPB (Antifascistes Paris Banlieue) se disent «dans le viseur du ministère de l’Intérieur».

Un épisode violent a de fait marqué les esprits. Alors que des policiers manifestent à Paris le 18 mai contre «la haine anti-flics» de plus en plus répandue selon eux lors de la mobilisation contre la loi travail, une poignée d’autonomes s’en prennent à une voiture de police, d’où deux agents sortiront légèrement blessés.

Les vidéos montrent plusieurs personnes cagoulées jetant de lourds projectiles sur le véhicule, cherchant à frapper l’un des deux policiers, puis tirant un fumigène dans l’habitacle avant que le voiture s’embrase. Des suspects mis en examen dans cette affaire sont des membres connus de la mouvance des «antifas».

«Ce sont des militants chevronnés, proches des milieux libertaires et anarchistes, qui viennent des ZAD (Zones à défendre, ndlr) de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Turin… et que l’on voit aujourd’hui aux avant-postes des manifestations sauvages», explique Jacques Leclercq.

– «Un cycle offensif» –

Sur leur site, ces militants se présentent avant tout comme «une organisation antifasciste et anticapitaliste». Une définition assez large, qui permet d’attirer vers eux «pour la première fois (…) des militants traditionnels, d’associations de gauche, des syndicalistes ou des écologistes mobilisés contre la COP21».

Une alliance entamée avec l’instauration de l’état d’urgence, lors des attentats du 13 novembre, et qui se poursuit à travers la mobilisation sociale. «Cette ultragauche est à l’affût de toutes les luttes: il y a trente ans, les redskins tapaient contre les fascistes, au début des années 2000 on retrouvait ces groupes sur les manifestations contre les sommets gouvernementaux et aujourd’hui, ils se rassemblent contre la loi travail».

C’est aussi le résultat des rassemblements successifs contre le CPE (2006), pour les retraites (2010) ou, plus récemment, pour les migrants. «Même si ce ne sont pas les mêmes générations militantes qui agissent, il y a eu comme un passage de témoin», observe Jacques Leclercq.

A deux ans du premier cinquantenaire de «Mai 68», le chercheur relève que «beaucoup de slogans, d’affiches de cette époque sont repris aujourd’hui dans les cortèges» avec des appels pour les «grèves, blocages et manifestations sauvages».

Alors qu’on croyait le mouvement antifasciste «atone» depuis le décès d’un de ses membres, Clément Méric, il y a trois ans, le 5 juin 2013 au cours d’une bagarre avec des skins d’extrême droite, l’ultragauche reprend des couleurs.

«Globalement, les antifascistes d’aujourd’hui sont moins violents, plus politisés et plus composites que dans les années 80», relève le chercheur. «Ils sont souvent surdiplômés», viennent de «milieux plus bourgeois» mais «ne trouvent pas de raison d’être à travers le travail».

La société plonge avec eux dans «un cycle offensif»: «une action violente, suivie d’une répression forte». L’ultragauche cherche ainsi «à créer plus de solidarité entre groupes, et recruter de nouveaux militants dans les rangs des défenseurs de liberté».

Voir également:

L’antifascisme, une arme de classe

Christophe Guilluy

Le Crépuscule de la France d’en haut (p. 171-179)

2016

L’insécurité sociale et culturelle dans laquelle ont été plongées les classes populaires, leur relégation spatiale, débouchent sur une crise politique majeure. L’émergence d’une « France périphérique », la montée des radicalités politiques et sociales sont autant de signes d’une remise en cause du modèle économique et sociétal dominant. Face à ces contestations, la classe dominante n’a plus d’autre choix que de dégainer sa dernière arme, celle de l’antifascisme. Contrairement à l’antifascisme du siècle dernier, il ne s’agit pas de combattre un régime autoritaire ou un parti unique. Comme l’annonçait déjà Pier Paolo Pasolini en 1974, analysant la nouvelle stratégie d’une gauche qui abandonnait la question sociale, il s’agit de mettre en scène « un antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existe plus et n’existera plus jamais » (1). C’est d’ailleurs en 1983, au moment où la gauche française initie son virage libéral, abandonne les classes populaires et la question sociale, qu’elle lance son grand mouvement de résistance au fascisme qui vient. Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n’a été que du théâtre » et même que « le Front national n’a jamais été un parti fasciste » (2). Ce n’est pas un hasard si les instigateurs et financeurs de l’antiracisme et de l’antifascisme sont aussi des représentants du modèle mondialisé. De Bernard-Henri Lévy à Pierre Bergé, des médias (contrôlés par des multinationales), du Medef aux entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal Plus, l’ensemble de la classe dominante se lance dans la résistance de salon. « No pasaràn » devient le cri de ralliement des classes dominantes, économiques ou intellectuelles, de gauche comme de droite. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de constater, comme le fait le chercheur Jacques Leclerq (3), que les groupes « antifa » (qui s’étaient notamment fait remarquer pendant les manifestations contre la loi Travail par des violences contre des policiers), recrutent essentiellement des jeunes diplômés de la bourgeoisie (4).

Véritable arme de classe, l’antifascisme présente en effet un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste. Mais, pour être durable, cette stratégie nécessite la promotion de l’« ennemi fasciste » et donc la surmédiatisation du Front national… Aujourd’hui, on lutte donc contre le fascisme en faisant sa promotion. Un « combat à mort » où on ne cherche pas à détruire l’adversaire, mais à assurer sa longévité. Il est en effet très étrange que les républicains, qui sauf erreur détiennent le pouvoir, n’interdisent pas un parti identifié comme « fasciste ». À moins que ces nouveaux partisans n’aient pas véritablement en ligne de mire ce petit parti, cette « PME familiale », mais les classes populaires dans leur ensemble. Car le problème est que ce n’est pas le Front national qui influence les classes populaires, mais l’inverse. Le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de délégitimer leur diagnostic, un « diagnostic d’en bas » qu’on appelle « populisme ». Cette désignation laisse entendre que les plus modestes n’ont pas les capacités d’analyser les effets de la mondialisation sur le quotidien et qu’elles sont aisément manipulables.

Expert en « antifascisme », Bernard-Henri Lévy a ainsi ruiné l’argumentaire souverainiste, celui de Chevènement, en l’assimilant à une dérive nationaliste – lire : fasciste. Du refus du référendum européen à la critique des effets de la dérégulation, du dogme du libre-échange, toute critique directe ou indirecte de la mondialisation est désormais fascisée. Le souverainisme, une « saloperie », nous dit Bernard-Henri Lévy. Décrire l’insécurité sociale et culturelle en milieu populaire, c’est « faire le jeu de ». Dessiner les contours d’une France fragilisée, celle de la France périphérique, « c’est aussi faire le jeu de ».

Illustration parfaite du « fascisme de l’antifascisme (5) », l’argument selon lequel il ne faudrait pas dire certaines vérités, car cela « ferait le jeu de », est régulièrement utilisé. Il faut dire que les enjeux sont considérables. Si elle perd la guerre des représentations, la classe dominante est nue. Elle devra alors faire face à la question sociale et assumer des choix économiques et sociétaux qui ont précarisé les classes populaires. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la multiplication des procès en sorcellerie et le nouveau maccarthysme des « libéraux-godwiniens ». L’expression du philosophe Jean-Claude Michéa vise à dénoncer l’utilisation systématique par les libéraux de la théorie du juriste Mike Godwin selon laquelle « plus une discussion en ligne dure longtemps (sur Internet), plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1 ».

Pour la classe dominante, la défense même de gens ordinaires devient suspecte. Pour avoir évoqué la « décence commune des gens ordinaires », leurs valeurs traditionnelles d’entraide et de solidarité, le philosophe s’est retrouvé sur la liste des dangereux « réactionnaires » (autre synonyme de fasciste), bref, de ceux qui « font le jeu de » (6). La technique est d’ailleurs utilisée pour tous les chercheurs ou intellectuels qui auraient l’audace de proposer une autre représentation du peuple et de ses aspirations. De la démographe Michèle Tribalat au philosophe Michel Onfray, la liste des « fascisés » s’allonge inexorablement au rythme de la délégitimation de la classe dominante. On pourrait multiplier les exemples, mais la méthode est toujours la même : fasciser ceux qui donnent à voir la réalité populaire.

Face à une guerre des représentations qu’elle est en train de perdre, la classe dominante en arrive même à fasciser les territoires ! La « France périphérique » est ainsi présentée comme une représentation d’une France blanche xénophobe opposée aux quartiers ethnicisés de banlieue. Peu importe que la distinction entre les territoires ruraux, les petites villes et les villes moyennes et les métropoles n’ait jamais reposé sur un clivage ethnique, peu importe que la France périphérique, qui comprend les DOM-TOM, ne soit pas homogène ethniquement et culturellement, l’objectif est avant tout d’ostraciser et de délégitimer les territoires populaires. Et, inversement, de présenter la France des métropoles comme ouverte et cosmopolite. La France du repli d’un côté, des ploucs et des ruraux, la France de l’ouverture et de la tolérance de l’autre. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cet « antiracisme de salon » ne vise absolument pas à protéger l’« immigré », le « musulman », les « minorités » face au fascisme qui vient, il s’agit d’abord de défendre des intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie.

Si l’arme de l’antifascisme permet à moyen terme de décrédibiliser toute proposition économique alternative et de contenir la contestation populaire, elle révèle aussi l’isolement des classes dominantes et supérieures. Cette stratégie de la peur n’a en effet plus aucune influence sur les catégories modestes, ni dans la France périphérique, ni en banlieue. C’est terminé. Les classes populaires ne parlent plus avec les « mots » de l’intelligentsia. Le « théâtre de la lutte antifasciste » (7) se joue devant des salles vides.

En ostracisant, et en falsifiant, l’idéologie antifasciste vise à isoler, atomiser les classes populaires et les opposants au modèle dominant en créant un climat de peur. Le problème est que cette stratégie de défense de classe devient inopérante et, pire, est en train de se retourner contre ses promoteurs. La volonté de polariser encore plus le débat public entre « racistes et antiracistes », entre « fascistes et antifascistes » semble aussi indiquer la fuite en avant d’une classe dominante qui n’est pas prête à remettre en question un modèle qui ne fait plus société. Réunie sous la bannière de l’antifascisme, partageant une représentation unique (de la société et des territoires), les bourgeoisies de gauche et de droite sont tentées par le parti unique. Si les « intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires », une tentation totalitaire semble aussi imprégner de plus en plus une classe dominante délégitimée, et ce d’autant plus qu’elle est en train de perdre la bataille des représentations.

Ainsi, quand la fascisation ne suffit plus, la classe dominante n’hésite plus à délégitimer les résultats électoraux lorsqu’ils ne lui sont pas favorables. La tentation d’exclure les catégories modestes du champ de la démocratie devient plus précisé. L’argument utilisé, un argument de classe et d’autorité, est celui du niveau d’éducation des classes populaires. Il permet de justifier une reprise en main idéologique. En juin 2016, le vote des classes populaires britanniques pour le Brexit a non seulement révélé un mépris de classe, mais aussi une volonté de restreindre la démocratie. Quand Alain Mine déclare que le Brexit, « c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués » (9) ou lorsque Bernard-Henri Lévy insiste sur la « victoire du petit sur le grand, et de la crétinerie sur l’esprit » (10), la volonté totalitaire des classes dominantes se fait jour. Les mots de l’antifascisme sont ceux de la classe dominante, les catégories modestes l’ont parfaitement compris et refusent désormais les conditions d’un débat tronqué.

Notes

1. L’Europeo, 26 décembre 1974, interview de Pasolini publiée par la suite dans le livre Écrits corsaires, Champs- Flammarion, 2009.
2. « Répliques », France Culture, 29 septembre 2007 et Lionel Jospin, Lionel raconte Jospin, Seuil, 2009.
3. Auteur de « Ultragauche, autonomes, émeutiers et insurrectionnels », AFP, 3 juin 2016.
4. Un constat qui fait écho à l’analyse de Pasolini de 1968 Dans ses Écrits corsaires, l’écrivain disait se sentir plus proche du « CRS fils d’ouvriers ou de paysans » que de « l’étudiant fils de notaire ».
5. Pasolini, Écrits corsaires, op. cit.
6. Frédéric Lordon, « Impasse Michéa », La Revue des livres, septembre 2013.
7. « Répliques », France Culture, 29 septembre 2007 et Lionel Jospin, Lionel raconte Jospin, Seuil, 2009.
8. Simon Leys, Orwell ou l’horreur de la politique, Champs/Flammarion, 1984.
9. Marianne, 29 juin 2016.
10. Le Monde, 26 juin 2016.

Voir encore:

Fact Checker

Analysis

The ‘very fine people’ at Charlottesville: Who were they?

May 8, 2020

“You had some very bad people in that group, but you also had people that were very fine people, on both sides. You had people in that group … There were people in that rally — and I looked the night before — if you look, there were people protesting very quietly the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day it looked like they had some rough, bad people — neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest, and very legally protest.”

— President Trump, Aug. 15, 2017

“I was talking about people that went because they felt very strongly about the monument to Robert E. Lee, a great general.”

— Trump, April 26, 2019

The violence in Charlottesville in the summer of President Trump’s first year in office continues to be a flash point in the presidential campaign. After one woman, 32-year-old Heather Heyer, was killed by a white supremacist while she protested a rally of alt-right groups, Trump made a series of statements that politically backfired on him. In his first remarks, he condemned racism but suggested “both sides” were equally at fault. Members of his CEO manufacturing council resigned in protest, and Gary Cohn, a top economic aide at the time who is Jewish, also considered resigning.

Joe Biden, the presumptive Democratic presidential nominee, has made Trump’s response to Charlottesville a central part of his argument that Trump is unfit to be president. Trump “assigned a moral equivalence between those spreading hate and those with the courage to stand against it,” Biden said in his presidential announcement speech a year ago. “And in that moment, I knew the threat to this nation was unlike any I had ever seen in my lifetime.”

But memories fade and new narratives take hold. Over the course of several days, Trump did not speak with precision and he made a number of contradictory remarks, permitting both his supporters and foes to create their own version of what happened.

This fact check, and the video above, will set the record straight on who was in Charlottesville that weekend. We wanted to put this issue to rest before it emerged again in the presidential campaign.

The Facts

The Charlottesville City Council in February 2017 had voted to remove a statue of Confederate Gen. Robert E. Lee that had stood in the city since 1924, but opponents quickly sued in court to block the decision. In June 2017, the City Council voted to give Lee Park, where the statue stood, a new name — Emancipation Park. (In 2018, the park was renamed yet again to Market Street Park.)

The city’s actions inspired a group of neo-Nazis, white supremacists and related groups to schedule the “Unite the Right” rally for the weekend of Aug. 12, 2017, in Charlottesville. There is little dispute over the makeup of the groups associated with the rally. A well-known white nationalist, Richard Spencer, was involved; former Ku Klux Klan head David Duke was a scheduled speaker. “Charlottesville prepares for a white nationalist rally on Saturday,” a Washington Post headline read.

Counterdemonstrations were planned by people opposed to the alt-right, such as church groups, civil rights leaders and anti-fascist activists known as “antifa,” many of whom arrived with sticks and shields.

Suddenly, a militia group associated with the Patriot movement announced it was also going to hold an event called 1Team1Fight Unity in Charlottesville on Saturday, Aug. 12, rescheduling an event that has been planned for Greenville, S.C., 370 miles away. Other militia groups also made plans to attend.

On the night of Aug. 11, the neo-Nazi and white-supremacist groups marched on the campus of the University of Virginia, carrying flaming torches and chanting anti-Semitic slogans.

This is where Trump got into trouble. While he condemned right-wing hate groups — “those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans” — he appeared to believe there were peaceful protesters there as well.

“You had people — and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists — because they should be condemned totally,” Trump said on Aug. 15, several days after the rally. “But you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists.”

He added: “There were people in that rally — and I looked the night before — if you look, there were people protesting very quietly the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones.”

But there were only neo-Nazis and white supremacists in the Friday night rally. Virtually anyone watching cable news coverage or looking at the pictures of the event would know that.

It’s possible Trump became confused and was really referring to the Saturday rallies. But he asserted there were people who were not alt-right who were “very quietly” protesting the removal of Lee’s statue.

But that’s wrong. There were white supremacists. There were counterprotesters. And there were heavily armed anti-government militias who showed up on Saturday. “Although Virginia is an open-carry state, the presence of the militia was unnerving to law enforcement officials on the scene,” The Post reported.

The day after Trump’s Aug. 15 news conference, the New York Times quoted a woman named Michelle Piercy and described her as “a night shift worker at a Wichita, Kan., retirement home, who drove all night with a conservative group that opposed the planned removal of a statue of the Confederate general Robert E. Lee.” She told the Times: “Good people can go to Charlottesville.”

Some Trump defenders, such as in a video titled “The Charlottesville Lie,” have prominently featured Piercy’s quote as evidence that Trump was right — there were protesters opposed to the removal of the statue.

Piercy did not respond to requests for an interview. On her Facebook page, Piercy a few days before the rally changed her cover photo to the logo of American Warrior Revolution (AWR), a militia group that attended the rally.

As far as we can tell, Piercy gave one other interview about Charlottesville, with the pro-Trump website Media Equalizer, which described AWR as “a group that stands up for individual free speech rights and acts as a buffer between competing voices.” Piercy told Media Equalizer: “We were made aware that the situation could be dangerous, and we were prepared.”

That is confirmed by Facebook videos, streamed by AWR, that show roughly three dozen militia members marching through the streets of Charlottesville, armed and dressed in military-style clothing, supposedly seeking people whose rights were being infringed. Police encouraged them to leave, according to an independent review of the day’s events commissioned by Charlottesville, but they attracted attention from counterprotesters. One militia member then was hit in the head by a rock, halting their retreat. “The militia members apparently did not realize that they had stopped directly across the street from Friendship Court, a predominantly African-American public housing complex,” the review said.

A video posted on YouTube shows Heyer briefly crossing paths with AWR after the militia group was challenged by residents and counterprotesters to leave the area.

Two revealing Facebook videos posted by the group have been deleted but were obtained by The Fact Checker. One, titled “The Truth about Charlottesville,” was posted on Aug. 12, immediately after law enforcement shut down the rally. It lasts about 25 minutes, and it is mostly narrated by Joshua Shoaff, also known as Ace Baker, the leader of AWR. Members of other militia groups also speak in the video.

There’s no suggestion the militias traveled to Charlottesville because of the Lee statue, though late in the video a couple of militia members make brief references to the Confederate flag and Confederate monuments. (The 207-page independent review commissioned by Charlottesville also makes no mention of peaceful pro-statue demonstrators.)

“We came to Charlottesville, Virginia, to tell both sides, the far right and the far left, listen, whether we agree with what you have to say or not, we agree with your right to say it, without being in fear of being assaulted by the other group,” Shoaff says. But he complains, “What happened when we came here? We were the one who were assaulted.”

During the video, a militia member who is black appears on screen, and Shoaff sarcastically says, “Hey, look, hey, there’s black guy in here, oh, my God.” At another point, an unidentified militia member says: “We are civil nationalists. We love America. We love the Constitution. We respect any race, any color. We are all about respecting constitutional values.”

After the city of Charlottesville sued AWR and other militia groups, Baker on Oct. 12 posted another video obtained by The Fact Checker. “We had long guns. We had pistols. We were pelted with bricks, and could have f—ing used deadly force. But we didn’t,” he declares. “We had the justification to use deadly force that day and mow people f—ing down. But we didn’t.”

Shoaff, on behalf of the group, signed a consent decree in May 2018 promising members would not to come to Charlottesville again “while armed with a firearm, weapon, shield, or any item whose purpose is to inflict bodily harm, at any demonstration, rally, protest, or march.” He did not respond to requests for an interview.

So what’s going on here? Anti-government militia groups are not racist but tend to be wary of Muslims and immigrants, according to experts who study the Patriot movement. “By and large, in my experience militia groups are not any more racist than any other group of middle-aged white men,” said Amy Cooter, a Vanderbilt University scholar who has interviewed many militia members. “Militias are not about whiteness, not about racism,” but their anti-Islam feelings spring from fear and ignorance of Muslims, she said.

Militias are strongly pro-Trump, but his election posed a conundrum: They had always been deeply suspicious of the federal government, but now it was headed by someone they supported. So they started to build up antifa as an enemy, falsely believing the activists are bankrolled by billionaire investor George Soros, according to Mark Pitcavage, senior research fellow at the Center on Extremism of the Anti-Defamation League.

Antifa, short for anti-fascist, sprung up to challenge neo-Nazis.

“Militias started showing up at events where left-wing elements would be, and that includes white-supremacist events,” Pitcavage said. “They aren’t white supremacists. They are there opposing the people opposing the white supremacists.”

Sam Jackson, a University at Albany professor who studies anti-government extremism, said that militia leaders have “strategic motivations to frame things in certain ways and it may not match real motivations.” That’s why they emphasize their defense of free speech and depict themselves as peacekeepers. But, he noted, “they never go out and protect the free speech rights of antifa and left-wing groups.”

Militia groups “purported to be there to protect the First Amendment rights of the protesters,” said Mary McCord, legal director at Georgetown’s Institute for Constitutional Advocacy and Protection and counsel for Charlottesville in a lawsuit. The “real goal, the evidence showed, was to provoke violent confrontations with counterprotesters and make a strong physical showing of white supremacy and white nationalism. I certainly think that AWR knew which side it was ‘protecting,’ and made that choice willingly.”

In recent weeks, Trump has echoed the language he used regarding the Charlottesville attendees to encourage protests against social distancing orders. “These are very good people, but they are angry,” Trump tweeted on May 1. In other tweets, he urged governors to “liberate” states.

That’s the language of militias, McCord said — code for liberation from a tyrannical government. And who has been showing up at the rallies opposing shutdown orders? Armed militias associated with the Patriot movement.

The White House did not respond to a request for a comment on our findings.

The Pinocchio Test

The evidence shows there were no quiet protesters against removing the statue that weekend. That’s just a figment of the president’s imagination. The militia groups were not spurred on by the Confederate statue controversy. They arrived in Charlottesville heavily armed and, by their own account, were prepared to use deadly force — because of a desire to insert themselves in a dangerous situation that, in effect, pitted them against the foes of white supremacists.

Trump earns Four Pinocchios.

Voir enfin:

« Je vous hais chers étudiants » : quand Pasolini fustigeait Mai-68

Le 16 juin 1968, le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini publiait dans l’hebdomadaire « L’Espresso » un poème virulent à l’encontre des étudiants, emblèmes de Mai 68.

« La bourgeoisie aime se punir de ses propres mains. » Ces mots forts proviennent d’un poème retentissant du cinéaste Pier Paolo Pasolini, publié le 16 juin 1968 dans « l’Espresso » sous le titre « Il PCI ai giovani ! » (« le Parti communiste italien aux jeunes ! »). Dans ce texte qui fit scandale à l’époque, celui qui était connu pour adhérer au marxisme et défendre les classes populaires, critique de façon extrêmement virulente les révoltes étudiantes qui secouent l’Italie.

A la fois révolutionnaire, communiste et chrétien, le cinéaste prend le contre-pied de cette mémoire collective qui voit dans Mai-68 la révolte du peuple contre l’autorité en place. Dans les livres d’histoire, la position paradoxale de l’artiste est aujourd’hui encore qualifiée de « singulière ».

« Les policiers étaient les pauvres « 

Surnommé le « mai rampant », en raison de sa durée, le mouvement des étudiants italiens se soulève dès 1967. Le système scolaire, en retard et inadapté aux évolutions de l’époque, nourrit le malaise générationnel. A Rome, début mars 1968, la faculté d’architecture de Valle Giulia lance le premier « sessantotto » (« soixante-huit ») de la capitale.

En juin,  à l’issue d’une révolte qui a fait plusieurs centaines de blessés, Pier Paolo Pasolini, surnommé « P.P.P », lance une invective aux manifestants :

« Lorsque hier, […] vous vous êtes battus avec les policiers, moi je sympathisais avec les policiers. Car les policiers sont fils de pauvres. Ils viennent de sous-utopies, paysannes ou urbaines. »A l’université Valle Giulia, les étudiants se sont élevés contre leurs aînés. Mais P.P.P. est plus sensible à la lutte des classes qu’à la lutte des générations : « Et vous, très chers (bien que du côté de la raison) vous étiez les riches, tandis que les policiers (qui étaient du côté du tort) étaient les pauvres. »

Le poète ne se reconnaît plus dans une gauche qui s’est tournée vers les classes favorisées. Interpellant, plein d’amertume, le Parti communiste officiel, il lance : « Vous abandonnez le langage révolutionnaire ». Davide Luglio, spécialiste de la littérature italienne moderne et contemporaine à l’université Paris-Sorbonne, analyse :

« Pour lui, les appareils politiques qui représentent cette idéologie ne se rangent plus du côté des défavorisés. Et délaissent un idéal révolutionnaire de changement. »

Contre la position dominante

Le poème est à l’image de l’artiste : celle d’homme révolté et écorché. « Oh mon Dieu ! Vais-je devoir prendre en considération l’éventualité de faire à vos côtés la Guerre Civile et mettre de côté ma vieille idée de Révolution ? », questionne l’éternel incompris, figure de l’anti-système. La révolte étudiante n’a rien de la lutte des classes qu’il appelle de ses voeux et ça le désespère :

« Il martèle que ce sont les fils qui se révoltent contre leurs pères. La grogne a lieu à l’intérieur d’une même classe dominante qu’est la bourgeoisie », explique Davide Luglio.Dès lors, il fustige également les médias du monde entier qui encouragent ces révoltes : « Doucement, le temps d’Hitler revient », prévient avec un sens violent de la provocation celui qui, né en 1922, a vécu sous le fascisme. La phrase a beau faire polémique, il l’assume. C’est sa façon d’exprimer son opposition viscérale au système néocapitaliste qu’il juge beaucoup plus puissant que les totalitarismes d’avant-guerre. Davide Luglio explique :

« Pasolini accuse le modèle consumériste de standardiser tous les modes de vie de manière sournoise. Un paysan par exemple poursuit dorénavant le même idéal bourgeois : acheter un frigo, une télévision… »P.P.P. voit dans Mai 68 l’apothéose des années 60, qu’il exècre. Le capitalisme libéral qui émerge n’est pour lui qu’une homologation de la pensée unique qu’il s’attache à combattre, jusqu’à s’opposer à l’avortement. Pour lui,

« La vieille société traditionnelle, avec une diversité linguistique, culturelle, disparaît au profit d’un seul modèle préconçu », pointe le professeur à l’université Paris-Sorbonne.Assassiné dans des conditions mystérieuses en 1975, Pasolini couche sur papier ses indignations : « Vous êtes en retard, mes chers », glisse-t-il avec malice. La lutte, à ses yeux, doit désormais être sociale :

« Donnez la moitié de vos revenus paternels, aussi maigres soient-ils, à de jeunes ouvriers afin qu’ils puissent occuper, avec vous, leurs usines », conseille-t-il.Cinquante ans après, en pleine période de conflit social, l’œil acéré du cinéaste maudit, même s’il est certainement manichéen et excessif, soulève des questions terriblement actuelles.


Guerres culturelles: La ‘wokeité’ serait-elle le christianisme des imbéciles ? (Purer-than-thou: Behind the fourth Great Awakening we now see taking to our streets once again is nothing but the Girardian escalation of mimetic rivalry, former Weekly Standard literary editor Joseph Bottum says)

26 septembre, 2020
Classic Lincoln & Hamlin Wide Awakes 1860 Campaign Ribbon, white | Lot #25784 | Heritage Auctions
Woke | Know Your MemeDictionary.com Adds Words: 'Woke,' 'Butthurt' and 'Pokemon' | Time
PNG - 393.4 koL’antisémitisme est le socialisme des imbéciles. Ferdinand Kronawetter ? (attribué à August Bebel)
Je les ai foulés dans ma colère, Je les ai écrasés dans ma fureur; Leur sang a jailli sur mes vêtements, Et j’ai souillé tous mes habits. Car un jour de vengeance était dans mon coeur (…) J’ai foulé des peuples dans ma colère, Je les ai rendus ivres dans ma fureur, Et j’ai répandu leur sang sur la terre. Esaïe 63: 3-6
Et l’ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu. Et la cuve fut foulée hors de la ville; et du sang sortit de la cuve, jusqu’aux mors des chevaux, sur une étendue de mille six cents stades. Apocalypse 14: 19-20
Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur; Il piétine le vignoble où sont gardés les raisins de la colère; Il a libéré la foudre fatidique de sa terrible et rapide épée; Sa vérité est en marche. (…) Dans la beauté des lys Christ est né de l’autre côté de l’océan, Avec dans sa poitrine la gloire qui nous transfigure vous et moi; Comme il est mort pour rendre les hommes saints, mourons pour rendre les hommes libres; Tandis que Dieu est en marche. Julia Ward Howe (1861)
La colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines. John Steinbeck (1939)
La civilisation atteindra la perfection le jour où la dernière pierre de la dernière église aura assommé le dernier prêtre. Attribué à Zola
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera. C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. A l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’Etat. Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis «musulmane» je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur. Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard ! Les «misérables» ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race. L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution. André Malraux (1956)
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La glorification d’une race et le dénigrement corollaire d’une autre ou d’autres a toujours été et sera une recette de meurtre. Ceci est une loi absolue. Si on laisse quelqu’un subir un traitement particulièrement défavorable à un groupe quelconque d’individus en raison de leur race ou de leur couleur de peau, on ne saurait fixer de limites aux mauvais traitements dont ils seront l’objet et puisque la race entière a été condamnée pour des raisons mystérieuses il n’y a aucune raison pour ne pas essayer de la détruire dans son intégralité. C’est précisément ce que les nazis auraient voulu accomplir (…) J’ai beaucoup à cœur de voir les noirs conquérir leur liberté aux Etats Unis. Mais leur dignité et leur santé spirituelle me tiennent également à cœur et je me dois de m’opposer à toutes tentatives des noirs de faire à d’autres ce qu’on leur a fait. James Baldwin
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
We disrupt the Western-prescribed nuclear family structure requirement by supporting each other as extended families and “villages” that collectively care for one another, especially our children, to the degree that mothers, parents, and children are comfortable.We foster a queer‐affirming network. When we gather, we do so with the intention of freeing ourselves from the tight grip of heteronormative thinking, or rather, the belief that all in the world are heterosexual (unless s/he or they disclose otherwise). Black Lives Matter
BLM’s « what we believe » page, calling for the destruction of the nuclear family among many other radical left wing agenda items, has been deleted » pic.twitter.com/qCZxUFMZH4 Matt Walsh
Correction: This article’s headline originally stated that People of Praise inspired ‘The Handmaid’s Tale’. The book’s author, Margaret Atwood, has never specifically mentioned the group as being the inspiration for her work. A New Yorker profile of the author from 2017 mentions a newspaper clipping as part of her research for the book of a different charismatic Catholic group, People of Hope. Newsweek regrets the error. Newsweek
Je conseille à tout le monde d’être un peu prudent quand ils passent par là, rester éveillé, garder les yeux ouverts. Leadbelly (« Scottsboro Boys », 1938)
If You’re Woke You Dig It. William Melvin Kelley (1962)
I been sleeping all my life. And now that Mr. Garvey done woke me up, I’m gon’ stay woke. And I’m gon help him wake up other black folk. Barry Beckham (1972)
I am known to stay awake A beautiful world I’m trying to find I’ve been in search of myself (…) I am in the search of something new (A beautiful world I’m trying to find) Searchin’ me Searching inside of you And that’s fo’ real What if it were no niggas Only master teachers? I stay woke. Erykah Badu (2008)
La vérité ne nécessite aucune croyance. / Restez réveillé. Regardez attentivement. / #FreePussyRiot. Erykah Badu
Wikipédia est-il  assez woke ? Bloomberg Businessweek
L’énigme est intégrée. Lorsque les Blancs aspirent à obtenir des points pour la conscience, ils marchent directement dans la ligne de mire entre l’alliance et l’appropriation. Amanda Hess
WOKE: Adjectif dérivé du verbe anglais awake (« s’éveiller »), il désigne un membre d’un groupe dominant, conscient du système oppressant les minorités et n’hésitant pas à dénoncer les discriminations en utilisant le vocabulaire intersectionnel. Marianne
Le grand réveil (Great Awakening) correspond à une vague de réveils religieux dans le Royaume de Grande-Bretagne et ses colonies américaines au milieu du XVIIIe siècle. Le terme de Great Awakening est apparu vers 1842. On le retrouve dans le titre de l’ouvrage consacré par Joseph Tracy au renouveau religieux qui débuta en Grande-Bretagne et dans ses colonies américaines dans les années 1720, progressa considérablement dans les années 1740 pour s’atténuer dans les années 1760 voire 1770. Il sera suivi de nouvelles vagues de réveil, le second grand réveil (1790-1840) et une troisième vague de réveils entre 1855 et les premières décennies du XXe siècle. Ces réveils religieux dans la tradition protestante et surtout dans le contexte américain sont compris comme une période de redynamisation de la vie religieuse. Le Great Awakening toucha des églises protestantes et des églises chrétiennes évangéliques et contribua à la formation de nouvelles Églises. Wikipedia
Woke est un terme apparu durant les années 2010 aux États-Unis, pour décrire un état d’esprit militant et combatif pour la protection des minorités et contre le racisme. Il dérive du verbe wake (réveiller), pour décrire un état d’éveil face à l’injustice. Il est dans un premier temps utilisé dans le mouvement de Black Lives Matter, avant d’être repris plus largement. Depuis la fin des années 2010, le terme Woke s’est déployé et aujourd’hui une personne « woke » se définit comme étant consciente de toutes les injustices et de toutes les formes d’inégalités, d’oppression qui pèsent sur les minorités, du racisme au sexisme en passant par les préoccupations environnementales et utilisant généralement un vocabulaire intersectionnel. Son usage répandu serait dû au mouvement Black Lives Matter. Le terme Woke est non seulement associé aux militantismes antiraciste, féministe et LGBT mais aussi à une politique de gauche dite progressiste et à certaines réflexions face aux problèmes socioculturels (les termes culture Woke et politique Woke sont également utilisés). (…) Les termes Woke et wide awake (complètement éveillé) sont apparus pour la première fois dans la culture politique et les annonces politiques lors de l’ élection présidentielle américaine de 1860 pour soutenir Abraham Lincoln. Le Parti républicain a cultivé le mouvement pour s’opposer principalement à la propagation de l’esclavage, comme décrit dans le mouvement Wide Awakes. Les dictionnaires d’Oxford enregistrent  une utilisation politiquement consciente précoce en 1962 dans l’article « If You’re Woke You Dig It » de William Melvin Kelley dans le New York Times et dans la pièce de 1971 Garvey Lives! de Barry Beckham (« I been sleeping all my life. And now that Mr. Garvey done woke me up, I’m gon’ stay woke. And I’m gon help him wake up other black folk. »). Garvey avait lui-même exhorté ses auditoires du début du XXe siècle, « Wake up Ethiopia! Wake up Africa! » (« Réveillez-vous Éthiopie! Réveillez-vous Afrique! »en français). Auparavant, Jay Saunders Redding avait enregistré un commentaire d’un employé afro-américain du syndicat United Mine Workers of America en 1940 (« Laissez-moi vous dire, mon ami. Se réveiller est beaucoup plus difficile que de dormir, mais nous resterons éveillés plus longtemps. »). Leadbelly utilise la phrase vers la fin de l’enregistrement de sa chanson de 1938 « Scottsboro Boys », tout en expliquant l’incident du même nom, en disant « Je conseille à tout le monde d’être un peu prudent quand ils passent par là, rester éveillé, garder les yeux ouverts ». La première utilisation moderne du terme « Woke » apparaît dans la chanson « Master Teacher » de l’album New Amerykah Part One (4th World War) (2008) de la chanteuse de soul Erykah Badu. Tout au long de la chanson, Badu chante la phrase: « I stay woke ». Bien que la phrase n’ait pas encore de lien avec les problèmes de justice, la chanson de Badu est créditée du lien ultérieur avec ces problèmes. To « stay woke » (Rester éveillé) dans ce sens exprime l’aspect grammatical continu et habituel intensifié de l’anglais vernaculaire afro-américain : en substance, être toujours éveillé, ou être toujours vigilant. David Stovall a dit: « Erykah l’a amené vivant dans la culture populaire. Elle veut dire ne pas être apaisée, ne pas être anesthésiée. » Le concept d’être Woke (réveillé en anglais) soutient l’idée que ce type de prise de conscience doit être acquise. Le rappeur Earl Sweatshirt se souvient d’avoir chanté « I stay woke » sur la chanson et sa mère a refusé la chanson et a répondu: « Non, tu ne l’es pas. » En 2012, les utilisateurs de Twitter, y compris Erykah Badu, ont commencé à utiliser « Woke » et « stay Woke » en relation avec des questions de justice sociale et raciale et #StayWoke est devenu un mot-dièse largement utilisé. Badu a incité ceci avec la première utilisation politiquement chargée de l’expression sur Twitter. Elle a tweeté pour soutenir le groupe de musique féministe russe Pussy Riot : « La vérité ne nécessite aucune croyance. / Restez réveillé. Regardez attentivement. / #FreePussyRiot. » Le terme Woke s’est répandu dans un usage courant dans le monde anglo-saxon par les médias sociaux et des cercles militants. Par exemple, en 2016, le titre d’un article de Bloomberg Businessweek demandait « Is Wikipedia Woke? » (« Est-ce que Wikipédia est Woke ? »), en faisant référence à la base de contributeurs largement blancs de l’encyclopédie en ligne. Enfin, le terme Woke s’est étendu à d’autres causes et d’autres usages, plus mondains. Car, en effet, tout semble maintenant ainsi « éveillé » : la 75ème cérémonie des Golden Globes, marquée par l’affaire Weinstein et la volonté d’en finir avec le harcèlement sexuel, était en partie Woke, selon le New York Times. Le magazine London Review of Books affirme même que la famille royale britannique est désormais Woke d’après les récentes fiançailles du prince Harry avec l’actrice métisse Meghan Markle, dont les positions anti-Donald Trump sont bien connues. À la fin des années 2010, le terme « Woke » avait pris pour indiquer « une paranoïa saine, en particulier sur les questions de justice raciale et politique » et a été adopté comme un terme d’argot plus générique et a fait l’objet de mèmes. Par exemple, MTV News l’a identifié comme un mot-clé d’argot adolescent pour 2016. Dans le New York Times, Amanda Hess a exprimé des inquiétudes quant au fait que le mot Woke a été culturellement approprié, écrivant: « L’énigme est intégrée. Lorsque les Blancs aspirent à obtenir des points pour la conscience, ils marchent directement dans la ligne de mire entre l’alliance et l’appropriation. Wikipedia
On ne peut comprendre la gauche si on ne comprend pas que le gauchisme est une religion. Dennis Prager
You cannot understand the Left if you do not understand that leftism is a religion. It is not God-based (some left-wing Christians’ and Jews’ claims notwithstanding), but otherwise it has every characteristic of a religion. The most blatant of those characteristics is dogma. People who believe in leftism have as many dogmas as the most fundamentalist Christian. One of them is material equality as the preeminent moral goal. Another is the villainy of corporations. The bigger the corporation, the greater the villainy. Thus, instead of the devil, the Left has Big Pharma, Big Tobacco, Big Oil, the “military-industrial complex,” and the like. Meanwhile, Big Labor, Big Trial Lawyers, and — of course — Big Government are left-wing angels. And why is that? Why, to be specific, does the Left fear big corporations but not big government? The answer is dogma — a belief system that transcends reason. No rational person can deny that big governments have caused almost all the great evils of the last century, arguably the bloodiest in history. Who killed the 20 to 30 million Soviet citizens in the Gulag Archipelago — big government or big business? Hint: There were no private businesses in the Soviet Union. Who deliberately caused 75 million Chinese to starve to death — big government or big business? Hint: See previous hint. Did Coca-Cola kill 5 million Ukrainians? Did Big Oil slaughter a quarter of the Cambodian population? Would there have been a Holocaust without the huge Nazi state? Whatever bad things big corporations have done is dwarfed by the monstrous crimes — the mass enslavement of people, the deprivation of the most basic human rights, not to mention the mass murder and torture and genocide — committed by big governments. (…) Religious Christians and Jews also have some irrational beliefs, but their irrationality is overwhelmingly confined to theological matters; and these theological irrationalities have no deleterious impact on religious Jews’ and Christians’ ability to see the world rationally and morally. Few religious Jews or Christians believe that big corporations are in any way analogous to big government in terms of evil done. And the few who do are leftists. That the Left demonizes Big Pharma, for instance, is an example of this dogmatism. America’s pharmaceutical companies have saved millions of lives, including millions of leftists’ lives. And I do not doubt that in order to increase profits they have not always played by the rules. But to demonize big pharmaceutical companies while lionizing big government, big labor unions, and big tort-law firms is to stand morality on its head. There is yet another reason to fear big government far more than big corporations. ExxonMobil has no police force, no IRS, no ability to arrest you, no ability to shut you up, and certainly no ability to kill you. ExxonMobil can’t knock on your door in the middle of the night and legally take you away. Apple Computer cannot take your money away without your consent, and it runs no prisons. The government does all of these things. Of course, the Left will respond that government also does good and that corporations and capitalists are, by their very nature, “greedy.” To which the rational response is that, of course, government also does good. But so do the vast majority of corporations, private citizens, church groups, and myriad voluntary associations. On the other hand, only big government can do anything approaching the monstrous evils of the last century. As for greed: Between hunger for money and hunger for power, the latter is incomparably more frightening. It is noteworthy that none of the twentieth century’s monsters — Lenin, Hitler, Stalin, Mao — were preoccupied with material gain. They loved power much more than money. And that is why the Left is much more frightening than the Right. It craves power.  Dennis Prager
What I found most interesting and provocative is Bottum’s thesis that although it seems that the moral core of modern American society has been entirely secularized, and religion and religious institutions play little role in shaping those views, in fact the watered-down gruel of moral views served up by elite establishment opinion (recycling, multiculturalism, and the like) is a remnant of the old collection of Protestant mainline views that dominated American society for decades or even centuries. To highlight the important sociological importance of religion in American society, Bottum uses the now-familiar metaphor of a three-legged stool in describing American society (one that I and others have used as well): a balance between constitutional democracy, free market capitalism, and a strong and vibrant web of civil society institutions where moral lessons are taught and social capital is built. In the United States, the most important civil society organizations traditionally have been family and churches. And, among the churches, by far the most important were those that Bottum deems as the “Protestant Mainline” — Episcopalian, Lutheran, Baptist (Northern), Methodist, Presbyterian, Congregationalist/United Church of Christ, etc. The data on changing membership in these churches is jaw-dropping. In 1965, for example, over half of the United States population claimed membership in one of the Protestant mainline churches. Today, by contrast, less than 10 percent of the population belongs to one of these churches. Moreover, those numbers are likely to continue to decline — the Protestant Mainline (“PM”) churches also sport the highest average age of any church group. Why does the suicide of the Protestant Mainline matter? Because for Bottum, these churches are what provided the sturdy third leg to balance politics and markets in making a good society. Indeed, Bottum sees the PM churches as the heart of American Exceptionalism — they provided the moral code of Americanism. Probity, responsibility, honesty, integrity — all the moral virtues that provided the bedrock of American society and also constrained the hydraulic and leveling tendencies of the state and market to devour spheres of private life. The collapse of this religious-moral consensus has been most pronounced among American elites, who have turned largely indifferent to formal religious belief. And in some leftist elite circles it has turned to outright hostility toward religion — Bottum reminds us of Barack Obama’s observation that rural Americans today cling to their “guns and Bibles” out of bitterness about changes in the world. Perhaps most striking is that anti-Catholic bigotry today is almost exclusively found on “the political Left, as it members rage about insidious Roman influence on the nation: the Catholic justices on the Supreme Court plotting to undo the abortion license, and the Catholic racists of the old rust belt states turning their backs on Obama to vote for Hillary Clinton in the 2008 Democratic primaries. Why is it no surprise that one of the last places in American Christianity to find good, old-fashioned anti-Catholicism is among the administrators of the dying Mainline…. They must be anti-Catholics precisely to the extent that they are also political leftists.” As the recent squabbles over compelling practicing Catholics to toe the new cultural line on same-sex marriage at the risk of losing their jobs or businesses, the political Left today is increasingly intolerant of recognizing a private sphere of belief outside of the crushing hand of political orthodoxy. Yet as Bottum notes, the traditional elite consensus has been replaced by a new spiritual orthodoxy of “morality.” The American elite (however defined) today does subscribe to a set of orthodoxies of what constitutes “proper” behavior: proper views on the environment, feminism, gay rights, etc. Thus, Bottum provocatively argues, the PM hasn’t gone away, it has simply evolved into a new form, a religion without God as it were, in which the Sierra club, universities, and Democratic Party have supplanted the Methodists and Presbyterians as the teachers of proper values. (…) Bottum points to the key moment as the emergence of the Social Gospel movement in the early 20th Century. Led by Walter Rauschenbusch, the Social Gospel movement reached beyond the traditional view that Christianity spoke to personal failings such as sin, but instead reached “the social sin of all mankind, to which all who ever lived have contributed, and under which all who ever lived have suffered.” As Bottum summarizes it, Rauschenbusch identified six social sins: “bigotry, the arrogance of power, the corruption of justice for personal ends, the madness [and groupthink] of the mob, militarism, and class contempt.” As religious belief moved from the pulpit and pew to the voting booth and activism, the role of Jesus and any religious belief became increasingly attenuated. And eventually, Bottum suggests, the political agenda itself came to overwhelm the increasingly irrelevant religious beliefs that initially supported it. Indeed, to again consider contemporary debates, what matters most is outward conformity to orthodox opinion, not persuasion and inward acceptance of a set of particular views–as best illustrated by the lynch mobs that attacked Brendan Eich for his political donations (his outward behavior) and to compel conformity of behavior among wedding cake bakers and the like, all of which bears little relation to (and in fact is likely counterproductive) to changing personal belief. (Of course, that too is an unstable equilibrium–in the future it won’t be sufficient to not merely not be politically opposed to same-sex marriage, it will be a litmus test to be affirmatively in favor of it.). Thus, while the modern elite appears to be largely non-religious, Bottum argues that they are the subconscious heirs to the old Protestant Mainline, but are merely Post-Protestant — the same demographic group of people holding more or less the same views and fighting the same battles as the advocates of the social gospel. In the second part of the book, Bottum turns to his second theme — the effort beginning around 2000 of Catholics and Evangelical Christians to form an alliance to create a new moral consensus to replace the void left by the collapse Protestant Mainline churches. Oversimplified, Bottum’s basic point is that this was an effort to marry the zeal and energy of Evangelical churches to the long, well-developed natural law theory of Catholicism, including Catholic social teaching. Again oversimplified, Bottum’s argument is that this effort was doomed on both sides of the equation–first, Catholicism is simply too dense and “foreign” to ever be a majoritarian church in the United States; and second, because evangelical Christianity itself has lost much of its vibrant nature. Bottum notes, which I hadn’t realized, that after years of rapid growth, evangelical Christianity appears to be in some decline in membership. Thus, the religious void remains. The obvious question with which one is left is if Bottum is correct that religious institutions uphold the third leg of the American stool, and if (as he claims) religion is the key to American exceptionalism, can America survive without a continued vibrant religious tradition? (…) Campus protests today, for example, often seem to be sort of a form of performance art, where the gestures of protest and being seen to “care” are ends in themselves, as often the protests themselves have goals that are somewhat incoherent (compared to, say, protests against the Vietnam War). Bottum describes this as a sort of spirtual angst, a vague discomfort with the way things are and an even vaguer desire for change. On this point I wonder whether he is being too generous to their motives. (…) But there is one thesis that he doesn’t consider that I think contributes much of the explanation of the decline of the importance of the Protestant Mainline, which is the thesis developed by Shelby Steele is his great book “White Guilt.” I think Steele’s argument provides the key to unlocking not only the decline of the Protestant Mainline but also the timing, and why the decline of the Protestant Mainline has been so much more precipitous than Evangelicals and Catholics, as well as why anti-Evangelical and anti-Catholic bigotry is so socially acceptable among liberal elites. Steele’s thesis, oversimplified, is that the elite institutions of American society for many years were complicit in a system that perpetrated injustices on many Americans. The government, large corporations, major universities, white-show law firms, fraternal organizations, etc.–the military being somewhat of an exception to this–all conspired explicitly or tacitly in a social system that supported first slavery then racial discrimination, inequality toward women, anti-Semitism, and other real injustices. Moreover, all of this came to a head in the 1960s, when these long-held and legitimate grievances bubbled to the surface and were finally recognized and acknowledged by those who ran these elite institutions and efforts were taken to remediate their harms. This complicity in America’s evils, Steele argues, discredited the moral authority of these institutions, leaving not only a vacuum at the heart of American society but an ongoing effort at their redemption. But, Steele argues, this is where things have become somewhat perverse. It wasn’t enough for, say, Coca-Cola to actually take steps to remediate its past sins, it was crucial for Coca-Cola to show that it was acknowledging its guilty legacy and, in particular, to demonstrate that it was now truly enlightened. But how to do that? Steele argues that this is the pivotal role played by hustlers like Jesse Jackson and Al Sharpton — they can sell the indulgences to corporations, universities, and the other guilty institutions to allow them to demonstrate that they “understand” and accept their guilt and through bowing to Jackson’s demands, Jackson can give them a clean bill of moral health. Thus, Steele says that what is really going on is an effort by the leaders of these institutions to “dissociate” themselves from their troubled past and peer institutions today that lack the same degree of enlightenment. Moreover, it is crucially important that the Jackson’s of the world set the terms–indeed, the more absurd and ridiculous the penance the better from this perspective, because more ridiculous penances make it easier to demonstrate your acceptance of your guilt. One set of institutions that Steele does not address, but which fits perfectly into his thesis, is the Protestant Mainline churches that Bottum is describing. It is precisely because the Protestant Mainline churches were the moral backbone of American society that they were in need of the same sort of moral redemption that universities, corporations, and the government. Indeed, because of their claim to be the moral exemplar, their complicity in real injustice was especially bad. Much of the goofiness of the Mainline Protestant churches over the past couple of decades can be well-understood, I think, through this lens of efforts to dissociate themselves from their legacy and other less-enlightened churches. In short, it seems that often their religious dogma is reverse-engineered–they start from wanting to make sure that they hold the correct cutting-edge political and social views, then they retrofit a thin veil of religious belief over those social and political opinions. Such that their religious beliefs today, as far as one ever hears about them at all, differ little from the views of The New York Times editorial page. This also explains why Catholics and Evangelicals are so maddening, and threatening, to the modern elites. Unlike the Protestant Mainline churches that were the moral voice of the American establishment, Catholicism and Evangelicals have always been outsiders to the American establishment. Thus they bear none of the guilt of having supported unjust political and social systems and refuse to act like they do. They have no reason to kowtow to elite opinion and, indeed, are often quite populist in their worldview (consider the respect that Justices Scalia or Thomas have for the moral judgments of ordinary Americans on issues like abortion or same-sex marriage vs. the views of elites). Given the sorry record of American elites for decades, there is actually a dividing line between two world views. Modern elites believe that the entire American society was to blame, thus we all share guilt and must all seek forgiveness through affirmative action, compulsory sensitivity training, and recycling mandates. Others, notably Catholics and Evangelicals, refuse to accept blame for a social system that they played no role in creating or maintaining and which, in fact, they were excluded themselves. To some extent, therefore, I think that the often-remarked political fault line in American society along religious lines (which Bottum discusses extensively), is as much cultural and historical (in Steele’s sense) as disagreements over religion per se. At the same time, the decline of its moral authority hit the Protestant Mainline churches harder than well-entrenched universities, corporations, or the government, in part because the embrace of the Social Gospel had laid the foundations for their own obsolescence years before. This also explains why if a religious revival is to occur, it would come from the alliance of Catholics and Evangelicals that he describes in the second half of the book. Mainline Protestantism seems to simply lack the moral authority to revive itself and has essentially made itself obsolete. There appears to be little market for religions without God.
In the end, Bottum leaves us with no answer to his central question–can America, which for so long relied on the Protestant Mainline churches to provide a moral and institutional third leg to the country, survive without it. Can the thin gruel of the post-Protestant New York Times elite consensus provide the moral glue that used to hold the country together? Perhaps, or perhaps not — that is the question we are left with after reading Bottum’s fascinating book. Finally, (…) I wanted to call attention to Jody’s new essay at the Weekly Standard “The Spiritual Shape of Political Ideas” that touches on many of the themes of the book and develops them in light of ongoing controversies, especially on the parallels between the new moral consensus and traditional religious thinking (and, in fact, his comments on “original sin” strike me as similar to the points about Shelby Steele that I raised above).
Todd Zywicki
I was simply going to take up the fact that America was in essence a Protestant nation from its founding, from the arrival of the Puritans—and well, it’s a little more sophisticated than that, really from William and Mary on this was a Protestant country—and that we needed to sort of describe what Tocqueville called the main current of that. Now mainline is a word from much later, from the 1930s, but there always was a kind of main current of a general Protestantism. And I wanted to look at its political consequences and cultural consequences. However much the rival Protestant denominations feuded with one another, disagreed with one another, I thought they gave a tone to the nation. And one of the things that they did particularly from the Civil War on was constrain social and political demons. They corralled them. They gave a shape to America, which was the marriage culture, the shape of funerals, life and death, birth, the family. They gave a shape to the cultural and sociological condition of America. And it struck me at the time, so I followed up that essay on the death of Protestant America with a whole book. And then subsequently applying it to the political situation that I saw emerging then in a big cover story for The Weekly Standard, called “The Spiritual Shape of Political Ideas.” And in that kind of threefold push, I thought, “No one that I know is taking seriously the massive sociological change, perhaps the biggest in American history.” From 1965 when the Protestant churches, the mainline churches, by which I mean the founding churches in the National Council of Churches and the God box up on Riverside Drive—those churches, and their affiliated black churches, constituted or had membership that was just over fifty percent of America, as late as 1965. Today that number is well under 10 percent and that’s a huge sociological change that nobody to me seems to be paying sufficient attention to. (…) in (…) mainstream sociological discussions of America that just was not appearing as anything significant, and I thought it was profoundly significant and that the attempt of some of our neoconservative Catholic friends—and I was in the belly of that beast in those days—to substitute Catholicism for the failed American cultural pillar of the mainline Protestant churches—that project, interesting as it was, failed, and that consequently, I predicted, we were going to see ever-larger sociological and cultural and political upset. Because there was no turning these demons of the human condition into an understanding of their personal application. Instead they just became cultural. And I trace this move, perhaps unfairly, but I traced it to Rauschenbusch. And said when you say that it’s not individual sin, it’s social sin. And he lists six of them and they are exactly what the protestors are out in the street against right now. It’s what he called bigotry, which we used the word racism for, its militarism, its authoritarianism, and he names these six social sins and they are exactly the ones that the protesters are out against. But I said the trouble with Rauschenbusch, who was a believer—I think he was a serious Christian and profoundly biblically educated so that his speech was just ripe with biblical quotations—the problem with him is the subsequent generations don’t need the church anymore. They don’t need Jesus anymore. He thinks of Jesus—in the metaphor I use—for the social gospel movement as it developed into just the social movement. Christ is the ladder by which we climb to the new ledge of understanding, but once we’re on that ledge, we don’t need the ladder anymore. The logic of it is quite clear. We’ve reached this new height of moral and ethical understanding. Yes, thank you, Jesus Christ and the revelations taught it to us, but we’re there now. What need have we for a personal relationship with Jesus, what we need have we for a church? Having achieved this sentiment that knows that sin is these social constructs of destructiveness and our anxiety, the spiritual anxiety that human beings always feel, just by being human, is here answered. How do you know that you are saved today? You know that you are saved because you have the right attitude toward social sins. That’s how you know. Now they wouldn’t say saved; they would say, “How do you know you’re a good person?” But that’s just the logic. The logical pattern is the same. And I develop that in the essay, “The Spiritual Shape of Political Ideas” by analyzing as tightly as I could the way in which white guilt is original sin. It’s original sin divorced from the theology that let it make sense. But the pattern of internal logic is exactly the same. It produces the same need to find salvation. It produces the same need to know that you are good by knowing that you are bad. It produces the same logic by which Paul would say, “Before the law there was no sin.” It has all of the same patterns of reason, except as you pointed out in your introduction, there’s no atonement. It’s as though (…) we’re living in St. Augustine’s metaphysics, but with all the Christ stuff stripped out. It’s a dark world; it’s a grim world. We’re inherently guilty and there’s no salvation. There’s no escape from it. Except for the destruction of all. Which is why I then moved in that essay to talk about shunning in its modern forms, again divorced from the structures that once made it make sense, and apocalypse. The sense that we’re living at the end of the world and things are so terrible and so destructive that all the ordinary niceties of manners, of balancing judgment and so on, those are—if someone says, “We are destroying the planet and we’re all going to die unless you do what I want,” if I say, “Well we need to hear other voices,” they say, “That’s complicity with evil.” Right? The end of the world is coming; this is this apocalyptic imagination. Now all of that I think was once upon a time in America—and I’m speaking only politically and sociologically—all of that was corralled, or much of it was corralled in the churches. You were taught a frame to understand your dissatisfactions with the world. You were taught a frame to understand the horror, the metaphysical horror that is the fact (…) that you and I are going to die. You were taught this frame that made it bearable and made it possible to move somewhere with it. With the breaking of that, these demons are let loose and now they’re out there. I’ve often said (…) that the history of America since World War II is a history of a fourth Great Awakening that never quite happened. In a sense what I’ve seen for some years building and is now taking to the streets once again is the fourth Great Awakening except without the Christianity. I see in other words what’s happening out there as spiritual anxiety. But spiritual anxiety occurring in a world in which these people have no answer. They just have outrage. And it’s an escalating outrage. This is where the single most influential thinker in my thought—a modern thinker—is Rene Girard, and Rene Girard’s idea of the escalation of mimetic rivalry. The ways in which we get ever purer and we seek ever more tiny examples of evil that we can scapegoat and we enter into competition, this rivalry, to see who is more pure. This is exactly the motor, the Girardian motor, on which my idea of the spiritual anxiety runs. And so, statues of George Washington are coming down now. And once upon a time, in the generation that I grew up in, and the generation that you grew up in, George Washington was—there were things bad things to say about him—but this was tantamount to saying America was a mistake. And of course these people think America was a mistake, because they think the whole history of the world is a mistake. There’s this outrage. And the outrage I think is spiritual. And that’s why it doesn’t get answered when voices of calm reason say, “Well, let’s consider all sides. Yes, there were mistakes that were made and evils that were done, but let’s try to fix them.” Spiritual anxiety doesn’t get answered by, “Oh well, let’s fix something.” It gets answered by the flame. It gets answered by the looting. It gets answered by the tearing down. (…) But creation appears to us in concrete guises, and the concrete guise right now is America. So, this is why you’ll get praise of ancient civilizations. Or you get the historical insanity of a US senator standing up on the well of the Senate and saying America invented slavery, that there was no slavery before the United States. That’s historically insane, but it’s not unlearned because we’ve passed beyond ignorance here. There’s something willful about it. And that’s what’s extraordinary, I think. And yeah, I’m glad you look back to my 10-year-old book now because I think I did predict some of this, although obviously not in its particulars. But there was a warning there that the collapse of the mainline Protestant churches was going to introduce a demonic element into American life. And lo and behold, it has. (…) there are multiple questions there (…). Why Catholicism failed, why the evangelicals and Catholics together failed. So Catholicism by itself failed. The evangelicals and Catholics together project failed to provide this moral pillar to American discourse. And then there are a variety of reasons for that, beginning with the fact that Catholicism is an alien religion, alien to America. Jews and Catholics were more or less welcome to live here, but we understood that we lived on the banks of a great Mississippi of Protestantism that poured down the center of this country. But the question of why it failed is one thing. The question of why the mainline Protestant churches failed is yet another part of your question. And although I list several examples that people have offered, I don’t make a decision about that in part because I am a Catholic. I have a suspicion that Protestantism with a higher sense of personal salvation, but a less thick metaphysics, was more susceptible to the line of the social gospel movement. But I don’t know that for certain so in the book I’m merely presenting these possibilities. And then evangelicalism, Catholicism, was under attack for wounds, some of which it committed itself. Evangelicalism is in decline in America. The statistics show that this period when it seemed to be going from strength to strength may have been fueled most of all by the death of the mainline churches. They were just picking up those members. Instead of going to the Methodist Church, they were going to the Bible church out on the prairie. But regardless, that Christian discourse, that slightly secularized Christian discourse, that would allow Abraham Lincoln to make his speeches, that would provide the background to political rhetoric and so on, that’s all gone. And as a consequence, it seems to me we don’t have a shared culture and that’s part of what allows these protests. But also I think (…) a culture that no longer believes in itself, that no longer has horizons, and targets, and goals, that no longer has even the vaguest sense of a telos towards which we ought to move, a culture like that, if we look at it, we no longer have a measure of progress. We can’t say what an advance is along the way. All we can do is look at our history and see it as a catalog of crimes that we perpetrated in order to reach this point that we’re at. And we can’t see the good that came out of it. Because we don’t know what the good is, we don’t know what the telos is, the target, so we have no measure for that. So, we can’t celebrate the Civil War victory that ended slavery. All we can do is condemn slavery. We can’t celebrate the victory over the Nazis. We have to end World War II; all we can do is decry militarism and the crimes we committed to win that war, like the firebombing of Dresden, or  Hiroshima. And I think that that reasoning is quite exact because the young people that I hear speak—now I haven’t spent as much time on this as I perhaps should have, following the ins and outs of every protestor alive today—but what I’ve heard suggests that they condemn America to the core—the whole of America, of American history. There is nothing good about this nation. And there it seems to me the reasoning is quite exact. Unable to see a point to America, unable to see a goal. They are quite right that all they can see are the crimes. Whereas you and I are capable of saying, yes slavery was a great sin, and we got over it, and then the post-reconstruction settlement of Jim Crow was a great sin, but we got over it, and we still are committing sins to this day but the optimism of America is that we’ll get over it, we will find solutions to these because we feel that we are a city on a hill. We feel that we are heading somewhere. The telos may be vague, maybe inchoate, but its pull is real for people like you and me, Mark. These young people—who, I think partly because they’ve been systematically miss-educated—don’t have any feeling for that at all. And because they don’t, I think they are actually being quite rational in saying America is just evil, it’s a history of sin. (…) I think it’ll pass. These things pass. There are various rages that take to the streets, but they are to some degree victims of their own energy. They burn out, and I think this one will burn out. The thing that we are not seeing now—in fact we’re seeing the opposite—is someone standing up to them. The New York Times firing of its op-ed page editor over publication of an op-ed from a sitting US senator is really quite extraordinary if we think about it. But I don’t believe institutions can survive if they pander in this way. And I think eventually we’ll get one standing up. I haven’t heard yet from the publisher of J.K. Rowling, the Harry Potter author, who the staff of her publishing house has declared themselves unwilling to work at a publisher that would publish a woman with such reprobate views of transgenderism. If the publisher doesn’t stand up to her, I think we may be in for another year of this. But I have a feeling she sells so well, that I don’t believe the publisher is going to give in. And if we have one person saying “That’s interesting, but if you can’t work here, you can’t work here, goodbye.” The first time we see that and they survived the subsequent Twitter outrage, I think we’ll see an end to the current cancel culture, which is of course the most insidious of the general social—the burning and the breaking of statues is physical, but the most destructive cultural thing right now is the cancel culture that gets people fired and their relatives fired and the rest of it. I think that has to end and I imagine it will, the first time somebody stands up to them and survives. Joseph Bottum
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. Norman Mailer a dit un jour que toute la sociologie américaine avait été un effort désespéré pour essayer de dire quelque chose sur l’Amérique que Tocqueville n’avait pas dit! C’est vrai! Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. Dans mon livre, je consacre deux chapitres à Walter Rauschenbusch, la figure clé. Mais il faut comprendre que le déclin des Églises européennes a aussi joué. L’une des sources d’autorité des Églises américaines venait de l’influence de théologiens européens éminents comme Wolfhart Pannenberg ou l’ancien premier ministre néerlandais Abraham Kuyper, esprit d’une grande profondeur qui venait souvent à Princeton donner des conférences devant des milliers de participants! Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %! Cet effondrement est le changement sociologique le plus fondamental des 50 dernières années, mais personne n’en parle. Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Je n’ai pas voté pour Trump. Bien que conservateur, je fais partie des «Never Trumpers». Mais je vois potentiellement une guerre civile à feu doux éclater si Trump gagne cette élection! Car les parties sont polarisées sur le plan spirituel. Si Trump gagne, pour les gens qui sont dans la rue, ce ne sera pas le triomphe des républicains, mais celui du mal. Rauschenbusch, dans son Évangile, dit que nous devons accomplir la rédemption de notre personnalité. Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Avant même que Trump ne surgisse, avec Sarah Palin, et même sous Reagan, on a vu émerger à droite le sentiment que tout ce que faisaient les républicains pour l’Amérique traditionnelle, c’était ralentir sa disparition. Il y avait une immense exaspération car toute cette Amérique avait le sentiment que son mode de vie était fondamentalement menacé par les démocrates. Reagan est arrivé et a dit: «Je vais m’y opposer». Et voilà que Trump arrive et dit à son tour qu’il va dire non à tout ça. Je déteste le fait que Trump occupe cet espace, parce qu’il est vulgaire et insupportable. Mais il est vrai que tous ceux qui s’étaient sentis marginalisés ont voté pour Trump parce qu’il s’est mis en travers de la route. C’est d’ailleurs ce que leur dit Trump: «Ils n’en ont pas après moi, mais après vous.» Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…) La France a fait beaucoup de choses bonnes et glorieuses pour faire avancer la civilisation, mais elle a fait du mal. Si on croit au projet historique français, on peut démêler le bien du mal. Mais mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum

C’est ce qui reste du christianisme quand on a tout oublié, imbécile !

Racisme d’état, racisé, cisgenre/cishet, blantriarcat, privilège blanc, appropriation culturelle, larmes blanches, larmes males, biais de confirmation, woke…

A l’heure où après des mois d’émeutes et de casse et l’inévitable retour de bâton et remontée de leur Trump honni dans les sondages …

Les nouveaux protestants de Black lives matter en sont, signe des temps, à effacer leur profession de foi sur leur site …

Mais où leur vocabulaire semble en train d’entrer dans la langue courante …

Tandis que, de la part des médias dits sérieux, tout est bon pour discréditer le catholicisme de la candidate du président Tump pour remplacer une juge de la Cour suprême récemment décédée …

Comment ne pas voir …

Avec le spécialiste du phénomène religieux en politique et girardien Joseph Bottum

Entre iconoclasme, génuflexions, auto-flagellations, lavements des pieds, liturgie, procession, croisades, inquisition, textes sacrés, tabous, catéchisme, dogmatisme, moralisme, excommunications, saints, martyrs…

La dimension proprement religieuse de, pour reprendre le mot attribué à Bebel pour l’antisémitisme en ces temps de décérébration universitaire, cette sorte de « christianisme des imbéciles » …

Suite au fait sociologique central mais sous-estimé des 50 dernières années …

De l’effondrement, à partir du milieu des années 1960, du modèle et socle commun fait de mariages, baptêmes, funérailles, familles et politique, que leur avaient légué les églises protestantes américaines …

Et son remplacement, à partir du mouvement de l’Évangile social d’un Walter Rauschenbusch, par une sorte de version sécularisée que n’ont que compensé partiellement les églises évangéliques et catholique…

Avec ses péchés sociaux à rejeter pour accéder à la rédemption que seraient l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe…

Sauf que derrière ce « Mississippi protestant qui avait arrosé le pays’, c’est en fait de Dieu qu’ils se sont  débarrassés …

Via la sanctification de l’ultime victime du péché originel de l’esclavage, à savoir les noirs …

D’où leur reprise – ô combien transparente et significative – du terme d’argot noir « woke » …

Pour apporter à l’Amérique et au monde une sorte de quatrième Grand Réveil comme l’Amérique les multiplie depuis le milieu du 19e siècle …

Sauf que derrière cette nouvelle église du Christ sans le Christ, il n’y a plus de pardon possible …

Que l’indécrottable péché originel, derrière l’impardonnable privilège blanc, de la culpabilité blanche et du racisme systémique…

Et in fine, libérée du cadre des églises qui avaient autrefois canalisé cette sainte colère, que l’escalade, proprement mimétique, de la course à la pureté idéologique que l’on voit actuellment dans leurs rues et déjà en partie dans les nôtres …

Autrement dit, jusqu’à ce que pourrait peut-être y mettre fin la réaction de la majorité silencieuse que comme nombre de Never-Trumpers, Bottum se refuse à voir derrière la vulgarité d’un Trump …

La démolition pure et simple, entrevue déjà par Malraux comme Girard, de l’essentiel de la culture et du projet non seulement américain mais occidental …

Et donc l’ouverture, derrière cette remise en cause de toutes valeurs partagées et but commun, à la guerre civile  ?

« La passion religieuse a échappé au protestantisme et met le feu à la politique »

GRAND ENTRETIEN – Professeur à l’université du Dakota du Sud, Joseph Bottum est essayiste et spécialiste du phénomène religieux en politique. Il offre un éclairage saisissant sur les élections américaines, dont il craint qu’elles ne dégénèrent en guerre civile si Trump est réélu.
Laure Mandeville
Le Figaro
24 septembre 2020

Dans son livre An Anxious Rage, the Post-Protestant Ethic and the Spirit of America, écrit il y a six ans, il explique qu’on ne peut comprendre la fureur idéologique qui s’est emparée de l’Amérique, si on ne s’intéresse pas à la centralité du fait religieux et à l’effondrement du protestantisme, «ce Mississippi» qui a arrosé et façonné si longtemps la culture américaine et ses mœurs.

Bottum décrit la marque laissée par le protestantisme à travers l’émergence de ce qu’il appelle les «post-protestants», ces nouveaux puritains sans Dieu qui pratiquent la religion de la culture «woke» et de la justice sociale, et rejettent le projet américain dans son intégralité. Il voit à l’œuvre une entreprise de «destruction de la modernité» sur laquelle sont fondés les États-Unis.

LE FIGARO. – Dans votre livre An Anxious Age, vous revenez sur l’importance fondamentale du protestantisme pour comprendre les États-Unis et vous expliquez que son effondrement a été le fait sociologique central, mais sous-estimé, des 50 dernières années. Vous dites que ce déclin a débouché sur l’émergence d’un post-protestantisme qui est un nouveau puritanisme sans Dieu, qui explique la rage quasi-religieuse qui s’exprime dans les rues du pays. De quoi s’agit-il?

Joseph BOTTUM. –Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. Norman Mailer a dit un jour que toute la sociologie américaine avait été un effort désespéré pour essayer de dire quelque chose sur l’Amérique que Tocqueville n’avait pas dit! C’est vrai! Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960.

Qu’est-ce qui a précipité le déclin du protestantisme? La libération des mœurs des années 1960, l’émergence de la théologie de la justice sociale?

Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. Dans mon livre, je consacre deux chapitres à Walter Rauschenbusch, la figure clé. Mais il faut comprendre que le déclin des Églises européennes a aussi joué. L’une des sources d’autorité des Églises américaines venait de l’influence de théologiens européens éminents comme Wolfhart Pannenberg ou l’ancien premier ministre néerlandais Abraham Kuyper, esprit d’une grande profondeur qui venait souvent à Princeton donner des conférences devant des milliers de participants! Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %! Cet effondrement est le changement sociologique le plus fondamental des 50 dernières années, mais personne n’en parle.

Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques.

La génération «woke» est une nouvelle version du puritanisme?

Absolument! Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent.

Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde».

C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas.

Les post-protestants peuvent-ils être comparés aux nihilistes russes qui cherchaient aussi un sens dans la lutte révolutionnaire et le marxisme?

Oui et non. Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui.

Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui.

Trump se présente comme le protecteur du projet américain, ses adversaires le diabolisent… Comment jugez-vous la tournure religieuse prise par la campagne?

Je n’ai pas voté pour Trump. Bien que conservateur, je fais partie des «Never Trumpers». Mais je vois potentiellement une guerre civile à feu doux éclater si Trump gagne cette élection! Car les parties sont polarisées sur le plan spirituel. Si Trump gagne, pour les gens qui sont dans la rue, ce ne sera pas le triomphe des républicains, mais celui du mal. Rauschenbusch, dans son Évangile, dit que nous devons accomplir la rédemption de notre personnalité. Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale.

Trump a-t-il gagné en 2016 parce qu’il s’est dressé contre ce nouveau catéchisme?

Avant même que Trump ne surgisse, avec Sarah Palin, et même sous Reagan, on a vu émerger à droite le sentiment que tout ce que faisaient les républicains pour l’Amérique traditionnelle, c’était ralentir sa disparition. Il y avait une immense exaspération car toute cette Amérique avait le sentiment que son mode de vie était fondamentalement menacé par les démocrates. Reagan est arrivé et a dit: «Je vais m’y opposer». Et voilà que Trump arrive et dit à son tour qu’il va dire non à tout ça. Je déteste le fait que Trump occupe cet espace, parce qu’il est vulgaire et insupportable. Mais il est vrai que tous ceux qui s’étaient sentis marginalisés ont voté pour Trump parce qu’il s’est mis en travers de la route. C’est d’ailleurs ce que leur dit Trump: «Ils n’en ont pas après moi, mais après vous.» Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines.

Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage.

Vous dites qu’à cause de la disparition des Églises, il n’y a plus de valeurs partagées et donc plus de but commun. Cela explique-t-il la remise en cause du projet américain lui-même?

La France a fait beaucoup de choses bonnes et glorieuses pour faire avancer la civilisation, mais elle a fait du mal. Si on croit au projet historique français, on peut démêler le bien du mal. Mais mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne.

Comment sort-on de cette impasse?

Je n’en sais rien. Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé.

Voir aussi:

America amid Spiritual Anxiety: A Conversation with Joseph Bottum
Mark Tooley & Joseph Bottum
Providence
June 19, 2020

Here’s my interview with Jody Bottum, author of An Anxious Age: The Post-Protestant Ethic and the Spirit of America, who applies his insights about post-Protestant America to contemporary protests.

Bottum theorizes that Mainline Protestantism’s collapse left a spiritual vacuum in American culture that loosed myriad social demons. Post-Protestantism wants to wage war on social sins, but not personal sins. It identifies redemption with having politically correct opinions. And it finds sanctification in denouncing others who lack its spiritual and political insights.

Of course, the post-Protestant theory of salvation is not satisfying, which leads to despair and deconstruction. From its perspective, absent Providence and eschatology, there is no destination, which potentially leads to destruction and nihilism. Bottum warns that a society without a shared culture cannot measure progress or purpose and no longer believes in itself, causing it to see its history as a long list of crimes.

Bottum published his book six years ago, yet its message is so timely today.


Rough Transcript of the Conversation:

TOOLEY: Hello, this is Mark Tooley, president of the Institute on Religion and Democracy here in Washington, DC, and also editor of Providence, a journal of Christianity and American foreign policy. Today I have the great pleasure of conversing with Jody Bottum, whose important book, of, I believe six years ago, called An Anxious Age, has a great application to contemporary events in terms of where America is spiritually and how we’re responding to today’s protests. So, I’m going to ask Jody to expound on that topic. But it’s a great pleasure to talk with you again, Jody.

BOTTUM: Thanks for having me, Mark.

TOOLEY: Well as I mentioned, your book An Anxious Age—and I need to recall the full title of it, it was An Anxious Age: The Post Protestant Ethic and The Spirit of America, quite a mouthful and a mindful. But you address the post-Protestant culture that has become paramount in American culture which continues the habits of the old wasp elite without the core theology of course. And it seems to pertain to contemporary events, among other reasons, and that these post Protestant elites want to contend against sinful forces which in their mind are almost amorphous and impersonal. And certainly, institutional and systemic racism would have ranked among them. They went to atone for this sense of guilt, but they really have no definition of atonement, so they seem to be trapped in a cycle without any conclusion. Do you think I’m understanding your thesis correctly?

BOTTUM: Yeah… now the direction I took that was not theological, but sociological and political. Because it struck me at the time that I wrote the first essay of what would become the book, which was a political theory of the Protestant mainline. And I meant the words political theory quite deliberately—that I wasn’t going to take up the question of a Christian metaphysics and who has a better account of it, whether Protestants or Catholics. I wasn’t going to do that. I was simply going to take up the fact that America was in essence a Protestant nation from its founding, from the arrival of the Puritans—and well, it’s a little more sophisticated than that, really from William and Mary on this was a Protestant country—and that we needed to sort of describe what Tocqueville called the main current of that. Now mainline is a word from much later, from the 1930s, but there always was a kind of main current of a general Protestantism. And I wanted to look at its political consequences and cultural consequences.

However much the rival Protestant denominations feuded with one another, disagreed with one another, I thought they gave a tone to the nation. And one of the things that they did particularly from the Civil War on was constrain social and political demons. They corralled them. They gave a shape to America, which was the marriage culture, the shape of funerals, life and death, birth, the family. They gave a shape to the cultural and sociological condition of America. And it struck me at the time, so I followed up that essay on the death of Protestant America with a whole book. And then subsequently applying it to the political situation that I saw emerging then in a big cover story for The Weekly Standard, called “The Spiritual Shape of Political Ideas.”

And in that kind of threefold push, I thought, “No one that I know is taking seriously the massive sociological change, perhaps the biggest in American history.” From 1965 when the Protestant churches, the mainline churches, by which I mean the founding churches in the National Council of Churches and the God box up on Riverside Drive—those churches, and their affiliated black churches, constituted or had membership that was just over fifty percent of America, as late as 1965. Today that number is well under 10 percent and that’s a huge sociological change that nobody to me seems to be paying sufficient attention to.

Now of course for someone like you, Mark, this is old news. You’ve been following this story for decades. But in kind of mainstream sociological discussions of America that just was not appearing as anything significant, and I thought it was profoundly significant and that the attempt of some of our neoconservative Catholic friends—and I was in the belly of that beast in those days—to substitute Catholicism for the failed American cultural pillar of the mainline Protestant churches—that that project, interesting as it was, failed, and that consequently, I predicted, we were going to see ever-larger sociological and cultural and political upset. Because there was no turning these demons of the human condition into an understanding of their personal application. Instead they just became cultural.

And I trace this move, perhaps unfairly, but I traced it to Rauschenbusch. And said when you say that it’s not individual sin, it’s social sin. And he lists six of them and they are exactly what the protestors are out in the street against right now. It’s what he called bigotry, which we used the word racism for, its militarism, its authoritarianism, and he names these six social sins and they are exactly the ones that the protesters are out against.

But I said the trouble with Rauschenbusch, who was a believer—I think he was a serious Christian and profoundly biblically educated so that his speech was just ripe with biblical quotations—the problem with him is the subsequent generations don’t need the church anymore. They don’t need Jesus anymore. He thinks of Jesus—in the metaphor I use—for the social gospel movement as it developed into just the social movement. Christ is the ladder by which we climb to the new ledge of understanding, but once we’re on that ledge, we don’t need the ladder anymore.

The logic of it is quite clear. We’ve reached this new height of moral and ethical understanding. Yes, thank you, Jesus Christ and the revelations taught it to us, but we’re there now. What need have we for a personal relationship with Jesus, what we need have we for a church? Having achieved this sentiment that knows that sin is these social constructs of destructiveness and our anxiety, the spiritual anxiety that human beings always feel, just by being human, is here answered. How do you know that you are saved today? You know that you are saved because you have the right attitude toward social sins. That’s how you know. Now they wouldn’t say saved; they would say, “How do you know you’re a good person?” But that’s just the logic. The logical pattern is the same.

And I develop that in the essay, “The Spiritual Shape of Political Ideas” by analyzing as tightly as I could the way in which white guilt is original sin. It’s original sin divorced from the theology that let it make sense. But the pattern of internal logic is exactly the same. It produces the same need to find salvation. It produces the same need to know that you are good by knowing that you are bad. It produces the same logic by which Paul would say, “Before the law there was no sin.” It has all of the same patterns of reason, except as you pointed out in your introduction, there’s no atonement. It’s as though, Mark, we’re living in St. Augustine’s metaphysics, but with all the Christ stuff stripped out. It’s a dark world; it’s a grim world. We’re inherently guilty and there’s no salvation. There’s no escape from it.

Except for the destruction of all. Which is why I then moved in that essay to talk about shunning in its modern forms, again divorced from the structures that once made it make sense, and apocalypse. The sense that we’re living at the end of the world and things are so terrible and so destructive that all the ordinary niceties of manners, of balancing judgment and so on, those are—if someone says, “We are destroying the planet and we’re all going to die unless you do what I want,” if I say, “Well we need to hear other voices,” they say, “That’s complicity with evil.” Right? The end of the world is coming; this is this apocalyptic imagination.

Now all of that I think was once upon a time in America—and I’m speaking only politically and sociologically—all of that was corralled, or much of it was corralled in the churches. You were taught a frame to understand your dissatisfactions with the world. You were taught a frame to understand the horror, the metaphysical horror that is the fact, Mark, that you and I are going to die. You were taught this frame that made it bearable and made it possible to move somewhere with it. With the breaking of that, these demons are let loose and now they’re out there.

I’ve often said, Mark, that the history of America since World War II is a history of a fourth Great Awakening that never quite happened. In a sense what I’ve seen for some years building and is now taking to the streets once again is the fourth Great Awakening except without the Christianity. I see in other words what’s happening out there as spiritual anxiety. But spiritual anxiety occurring in a world in which these people have no answer. They just have outrage. And it’s an escalating outrage.

This is where the single most influential thinker in my thought—a modern thinker—is Rene Girard, and Rene Girard’s idea of the escalation of memetic rivalry. The ways in which we get ever purer and we seek ever more tiny examples of evil that we can scapegoat and we enter into competition, this rivalry, to see who is more pure. This is exactly the motor, the Girardian motor, on which my idea of the spiritual anxiety runs.

And so, statues of George Washington are coming down now. And once upon a time, in the generation that I grew up in, and the generation that you grew up in, George Washington was—there were things bad things to say about him—but this was tantamount to saying America was a mistake. And of course these people think America was a mistake, because they think the whole history of the world is a mistake. There’s this outrage. And the outrage I think is spiritual. And that’s why it doesn’t get answered when voices of calm reason say, “Well let’s consider all sides. Yes, there were mistakes that were made and evils that were done, but let’s try to fix them.” Spiritual anxiety doesn’t get answered by, “Oh well let’s fix something.” It gets answered by the flame. It gets answered by the looting. It gets answered by the tearing down.

TOOLEY: So, it’s not just America that’s the mistake or Western civilization, its creation itself that’s the mistake.

BOTTUM: I think so. But creation appears to us in concrete guises, and the concrete guise right now is America. So, this is why you’ll get praise of ancient civilizations. Or you get the historical insanity of a US senator standing up on the well of the Senate and saying America invented slavery, that there was no slavery before the United States. That’s historically insane, but it’s not unlearned because we’ve passed beyond ignorance here. There’s something willful about it. And that’s what’s extraordinary, I think.

And yeah, I’m glad you look back to my 10-year-old book now because I think I did predict some of this, although obviously not in its particulars. But there was a warning there that the collapse of the mainline Protestant churches was going to introduce a demonic element into American life. And lo and behold, it has.

TOOLEY: Now it’s interesting what you described—the collapse in the mainline churches and the social consequences—the inability of Catholicism or evangelicals to fill that social and cultural vacuum and the inability of evangelicals and Catholics, seemingly, to diagnose our current crisis in the way that you just described. Why is that do you think?

BOTTUM: Well there are multiple questions there, Mark. Why Catholicism failed, why the evangelicals and Catholics together failed. So Catholicism by itself failed. The evangelicals and Catholics together project failed to provide this moral pillar to American discourse. And then there are a variety of reasons for that, beginning with the fact that Catholicism is an alien religion, alien to America. Jews and Catholics were more or less welcome to live here, but we understood that we lived on the banks of a great Mississippi of Protestantism that poured down the center of this country.

But the question of why it failed is one thing. The question of why the mainline Protestant churches failed is yet another part of your question. And although I list several examples that people have offered, I don’t make a decision about that in part because I am a Catholic. I have a suspicion that Protestantism with a higher sense of personal salvation, but a less thick metaphysics, was more susceptible to the line of the social gospel movement. But I don’t know that for certain so in the book I’m merely presenting these possibilities.

And then evangelicalism, Catholicism, was under attack for wounds, some of which it committed itself. Evangelicalism is in decline in America. The statistics show that this period when it seemed to be going from strength to strength may have been fueled most of all by the death of the mainline churches. They were just picking up those members. Instead of going to the Methodist Church, they were going to the Bible church out on the prairie.

But regardless, that Christian discourse, that slightly secularized Christian discourse, that would allow Abraham Lincoln to make his speeches, that would provide the background to political rhetoric and so on, that’s all gone. And as a consequence, it seems to me we don’t have a shared culture and that’s part of what allows these protests. But also I think, if there’s a way to put this, a culture that no longer believes in itself, that no longer has horizons, and targets, and goals, that no longer has even the vaguest sense of a telos towards which we ought to move, a culture like that, if we look at it, we no longer have a measure of progress. We can’t say what an advance is along the way. All we can do is look at our history and see it as a catalog of crimes that we perpetrated in order to reach this point that we’re at. And we can’t see the good that came out of it. Because we don’t know what the good is, we don’t know what the telos is, the target, so we have no measure for that.

So, we can’t celebrate the Civil War victory that ended slavery. All we can do is condemn slavery. We can’t celebrate the victory over the Nazis. We have to end World War II; all we can do is decry militarism and the crimes we committed to win that war, like the firebombing of Dresden, or the Hiroshima.

And I think that that reasoning is quite exact because the young people that I hear speak—now I haven’t spent as much time on this as I perhaps should have, following the ins and outs of every protestor alive today—but what I’ve heard suggests that they condemn America to the core—the whole of America, of American history. There is nothing good about this nation. And there it seems to me the reasoning is quite exact. Unable to see a point to America, unable to see a goal. They are quite right that all they can see are the crimes. Whereas you and I are capable of saying, yes slavery was a great sin, and we got over it, and then the post-reconstruction settlement of Jim Crow was a great sin, but we got over it, and we still are committing sins to this day but the optimism of America is that we’ll get over it, we will find solutions to these because we feel that we are a city on a hill. We feel that we are heading somewhere. The telos may be vague, maybe inchoate, but its pull is real for people like you and me, Mark. These young people—who, I think partly because they’ve been systematically miss-educated—don’t have any feeling for that at all. And because they don’t, I think they are actually being quite rational in saying America is just evil, it’s a history of sin.

TOOLEY: So these protests seem to lack any sense of redemption, personal or social, and no sense of providence, there is no historical destination for them. You and I do believe in redemption and in providence, so in conclusion, what words of hope would you have in terms of surviving and coming out of the present moment?

BOTTUM: I think it’ll pass. These things pass. There are various rages that take to the streets, but they are to some degree victims of their own energy. They burn out, and I think this one will burn out. The thing that we are not seeing now—in fact we’re seeing the opposite—is someone standing up to them. The New York Times firing of its op-ed page editor over publication of an op-ed from a sitting US senator is really quite extraordinary if we think about it. But I don’t believe institutions can survive if they pander in this way. And I think eventually we’ll get one standing up. I haven’t heard yet from the publisher of J.K. Rowling, the Harry Potter author, who the staff of her publishing house has declared themselves unwilling to work at a publisher that would publish a woman with such reprobate views of transgenderism. If the publisher doesn’t stand up to her, I think we may be in for another year of this. But I have a feeling she sells so well, that I don’t believe the publisher is going to give in. And if we have one person saying “That’s interesting, but if you can’t work here, you can’t work here, goodbye.” The first time we see that and they survived the subsequent Twitter outrage, I think we’ll see an end to the current cancel culture, which is of course the most insidious of the general social—the burning and the breaking of statues is physical, but the most destructive cultural thing right now is the cancel culture that gets people fired and their relatives fired and the rest of it. I think that has to end and I imagine it will, the first time somebody stands up to them and survives.

TOOLEY: Jody Bottum, author and commentator, thank you for a fascinating conversation about our current anxious age.

BOTTUM: Thanks Mark.

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Dec. 2, 2014

I recently read Joseph Bottum’s marvelous book, “An Anxious Age: The Post-Protestant Ethic and the Spirit of America.” This is one of the most fascinating books I’ve read in some time.

Bottum will be familiar to many readers through his many essays in the Weekly Standard and elsewhere (this one is one of my favorites, which anticipates some of the ideas in this book) and his term at the helm of First Things. In fact, the prototype for “An Anxious Age” was a First Things cover story that Bottum wrote in 2008, “The Death of Protestant America: A Political Theory of the Protestant Mainline.” That article made a large impression on me when it first came out, and I was happy to learn that Bottum was planning to develop those ideas into a book.

“An Anxious Age” is probably best described as a work of religious sociology — both how society impacts religious practice (and how religious views evolve over time) as well as how religious views impact society. But it is written as an extended essay, not a data-focused academic tome, as is, for example, Charles Murray’s “Coming Apart,” to which the themes of “An Anxious Age” bear a good deal of resemblance.

The book is actually two relatively distinct essays, which bear a somewhat loose but useful connection. Part I of the book deals with the formal decline of the Protestant mainline churches as the moral center of American society, but also the continued rump effect those churches have on American society’s subconscious (if society can have a subconscious). Part II of the book addresses what Bottum characterizes as an effort — ultimately unsuccessful — by Catholics and evangelicals beginning in the mid-2000s to form a sort of alliance to try to create a new moral code and religious institutional ballast to fill the void left in American society by the decline of the Protestant mainline churches that he describes in the first part of the book. What I found most interesting and provocative is Bottum’s thesis that although it seems that the moral core of modern American society has been entirely secularized, and religion and religious institutions play little role in shaping those views, in fact the watered-down gruel of moral views served up by elite establishment opinion (recycling, multiculturalism, and the like) is a remnant of the old collection of Protestant mainline views that dominated American society for decades or even centuries.

To highlight the important sociological importance of religion in American society, Bottum uses the now-familiar metaphor of a three-legged stool in describing American society (one that I and others have used as well): a balance between constitutional democracy, free market capitalism, and a strong and vibrant web of civil society institutions where moral lessons are taught and social capital is built. In the United States, the most important civil society organizations traditionally have been family and churches. And, among the churches, by far the most important were those that Bottum deems as the “Protestant Mainline” — Episcopalian, Lutheran, Baptist (Northern), Methodist, Presbyterian, Congregationalist/United Church of Christ, etc.

The data on changing membership in these churches is jaw-dropping. In 1965, for example, over half of the United States population claimed membership in one of the Protestant mainline churches. Today, by contrast, less than 10 percent of the population belongs to one of these churches. Moreover, those numbers are likely to continue to decline — the Protestant Mainline (“PM”) churches also sport the highest average age of any church group.

Why does the suicide of the Protestant Mainline matter? Because for Bottum, these churches are what provided the sturdy third leg to balance politics and markets in making a good society. Indeed, Bottum sees the PM churches as the heart of American Exceptionalism — they provided the moral code of Americanism. Probity, responsibility, honesty, integrity — all the moral virtues that provided the bedrock of American society and also constrained the hydraulic and leveling tendencies of the state and market to devour spheres of private life.

The collapse of this religious-moral consensus has been most pronounced among American elites, who have turned largely indifferent to formal religious belief. And in some leftist elite circles it has turned to outright hostility toward religion — Bottum reminds us of Barack Obama’s observation that rural Americans today cling to their “guns and Bibles” out of bitterness about changes in the world. Perhaps most striking is that anti-Catholic bigotry today is almost exclusively found on “the political Left, as it members rage about insidious Roman influence on the nation: the Catholic justices on the Supreme Court plotting to undo the abortion license, and the Catholic racists of the old rust belt states turning their backs on Obama to vote for Hillary Clinton in the 2008 Democratic primaries. Why is it no surprise that one of the last places in American Christianity to find good, old-fashioned anti-Catholicism is among the administrators of the dying Mainline…. They must be anti-Catholics precisely to the extent that they are also political leftists.” As the recent squabbles over compelling practicing Catholics to toe the new cultural line on same-sex marriage at the risk of losing their jobs or businesses, the political Left today is increasingly intolerant of recognizing a private sphere of belief outside of the crushing hand of political orthodoxy.

Yet as Bottum notes, the traditional elite consensus has been replaced by a new spiritual orthodoxy of “morality.” The American elite (however defined) today does subscribe to a set of orthodoxies of what constitutes “proper” behavior: proper views on the environment, feminism, gay rights, etc. Thus, Bottum provocatively argues, the PM hasn’t gone away, it has simply evolved into a new form, a religion without God as it were, in which the Sierra club, universities, and Democratic Party have supplanted the Methodists and Presbyterians as the teachers of proper values.

How did this occur? I am Catholic, so this part of the story was one of the elements of the book that struck me as particularly interesting, as much of the history was new to me. Bottum points to the key moment as the emergence of the Social Gospel movement in the early 20th Century. Led by Walter Rauschenbusch, the Social Gospel movement reached beyond the traditional view that Christianity spoke to personal failings such as sin, but instead reached “the social sin of all mankind, to which all who ever lived have contributed, and under which all who ever lived have suffered.” As Bottum summarizes it, Rauschenbusch identified six social sins: “bigotry, the arrogance of power, the corruption of justice for personal ends, the madness [and groupthink] of the mob, militarism, and class contempt.” As religious belief moved from the pulpit and pew to the voting booth and activism, the role of Jesus and any religious belief became increasingly attenuated. And eventually, Bottum suggests, the political agenda itself came to overwhelm the increasingly irrelevant religious beliefs that initially supported it. Indeed, to again consider contemporary debates, what matters most is outward conformity to orthodox opinion, not persuasion and inward acceptance of a set of particular views–as best illustrated by the lynch mobs that attacked Brendan Eich for his political donations (his outward behavior) and to compel conformity of behavior among wedding cake bakers and the like, all of which bears little relation to (and in fact is likely counterproductive) to changing personal belief. (Of course, that too is an unstable equilibrium–in the future it won’t be sufficient to not merely not be politically opposed to same-sex marriage, it will be a litmus test to be affirmatively in favor of it.).

Thus, while the modern elite appears to be largely non-religious, Bottum argues that they are the subconscious heirs to the old Protestant Mainline, but are merely Post-Protestant — the same demographic group of people holding more or less the same views and fighting the same battles as the advocates of the social gospel.

In the second part of the book, Bottum turns to his second theme — the effort beginning around 2000 of Catholics and Evangelical Christians to form an alliance to create a new moral consensus to replace the void left by the collapse Protestant Mainline churches. Oversimplified, Bottum’s basic point is that this was an effort to marry the zeal and energy of Evangelical churches to the long, well-developed natural law theory of Catholicism, including Catholic social teaching. Again oversimplified, Bottum’s argument is that this effort was doomed on both sides of the equation–first, Catholicism is simply too dense and “foreign” to ever be a majoritarian church in the United States; and second, because evangelical Christianity itself has lost much of its vibrant nature. Bottum notes, which I hadn’t realized, that after years of rapid growth, evangelical Christianity appears to be in some decline in membership. Thus, the religious void remains. The obvious question with which one is left is if Bottum is correct that religious institutions uphold the third leg of the American stool, and if (as he claims) religion is the key to American exceptionalism, can America survive without a continued vibrant religious tradition?

Herewith a few of my own thoughts after reading the book:

The first is simply that this is an immensely interesting and readable book. I read almost the whole thing on a plane trip from California and Jody’s writing style just carries you along effortlessly. His writing is high stylistic without be overstylized and is just an absolute joy to read. He has a gift for weaving together larger ideas with anecdotes and exemplars of his point. He has a light touch in making his point that rarely offends (even on controversial issues) and always illuminates.

Second, is that I largely find Bottum’s argument persuasive. The absence of the Protestant Mainline as a central moral force in American society today is largely taken for granted, such that the implications are largely ignored–as if it has always been this way. To the extent that leaders of Mainline Protestant churches are ever noticed in public, my impression is they are viewed as somewhat buffoonish figures trotted out occasionally to add a veneer of religious window-dressing to the elite’s preexisting views on various political issues such as same-sex marriage and the size of the welfare state. I say “buffoonish” because they often seem to come across as intellectual lightweights, to shallow intellectually to be taken seriously by secular analysts and too shallow theologically to be taken seriously by religious analysts. As a result, they seem to have little influence over public life today. They’ve essentially made themselves irrelevant. (My apologies for painting with an overly-broad brush, and I realize that this is a contestable assertion. It just reflects my impression of how leaders of the Mainline Protestant churches are often treated in news coverage and the like).

Third, one  aspect of the modern post-Protestant morality that struck me after reading the book is its ostentatious and somewhat self-congratulatory nature. In the Preface to the book, Bottum explains that the proximate genesis of the book was an experience he had in 2011 when he was commissioned to write an article about the Occupy Wall Street protest movement. Bottum sensed in these young and clueless youth a deep spiritual anxiety. But it was not linked to any coherent political platform or reform agenda–instead, the goal was “change” of some sort and an assertion of the protesters moral rectitude; and, perhaps equally important (as Bottum describes it), an anxiety to be publicly congratulated for their moral rectitude. Campus protests today, for example, often seem to be sort of a form of performance art, where the gestures of protest and being seen to “care” are ends in themselves, as often the protests themselves have goals that are somewhat incoherent (compared to, say, protests against the Vietnam War). Bottum describes this as a sort of spirtual angst, a vague discomfort with the way things are and an even vaguer desire for change. On this point I wonder whether he is being too generous to their motives.

Fourth, and to my mind the most important thought I had while reading it, was that I found Bottum’s description of the causal decline of the Protestant Mainline incomplete. He briefly pauses to address the question: “The question, of course, is why it happened–this sudden decline of the Mainline, this collapse of the Great Church of America, this dwindling of American Protestantism even as it has now found the unity that it always lacked before.” He discusses a few of the hypotheses (at pages 104-107) but simply defers to the work of others.

But there is one thesis that he doesn’t consider that I think contributes much of the explanation of the decline of the importance of the Protestant Mainline, which is the thesis developed by Shelby Steele is his great book “White Guilt.” I think Steele’s argument provides the key to unlocking not only the decline of the Protestant Mainline but also the timing, and why the decline of the Protestant Mainline has been so much more precipitous than Evangelicals and Catholics, as well as why anti-Evangelical and anti-Catholic bigotry is so socially acceptable among liberal elites.

Steele’s thesis, oversimplified, is that the elite institutions of American society for many years were complicit in a system that perpetrated injustices on many Americans. The government, large corporations, major universities, white-show law firms, fraternal organizations, etc.–the military being somewhat of an exception to this–all conspired explicitly or tacitly in a social system that supported first slavery then racial discrimination, inequality toward women, anti-Semitism, and other real injustices. Moreover, all of this came to a head in the 1960s, when these long-held and legitimate grievances bubbled to the surface and were finally recognized and acknowledged by those who ran these elite institutions and efforts were taken to remediate their harms. This complicity in America’s evils, Steele argues, discredited the moral authority of these institutions, leaving not only a vacuum at the heart of American society but an ongoing effort at their redemption.

But, Steele argues, this is where things have become somewhat perverse. It wasn’t enough for, say, Coca-Cola to actually take steps to remediate its past sins, it was crucial for Coca-Cola to show that it was acknowledging its guilty legacy and, in particular, to demonstrate that it was now truly enlightened. But how to do that? Steele argues that this is the pivotal role played by hustlers like Jesse Jackson and Al Sharpton — they can sell the indulgences to corporations, universities, and the other guilty institutions to allow them to demonstrate that they “understand” and accept their guilt and through bowing to Jackson’s demands, Jackson can give them a clean bill of moral health.

Thus, Steele says that what is really going on is an effort by the leaders of these institutions to “dissociate” themselves from their troubled past and peer institutions today that lack the same degree of enlightenment. Moreover, it is crucially important that the Jackson’s of the world set the terms–indeed, the more absurd and ridiculous the penance the better from this perspective, because more ridiculous penances make it easier to demonstrate your acceptance of your guilt.

One set of institutions that Steele does not address, but which fits perfectly into his thesis, is the Protestant Mainline churches that Bottum is describing. It is precisely because the Protestant Mainline churches were the moral backbone of American society that they were in need of the same sort of moral redemption that universities, corporations, and the government. Indeed, because of their claim to be the moral exemplar, their complicity in real injustice was especially bad. Much of the goofiness of the Mainline Protestant churches over the past couple of decades can be well-understood, I think, through this lens of efforts to dissociate themselves from their legacy and other less-enlightened churches. In short, it seems that often their religious dogma is reverse-engineered–they start from wanting to make sure that they hold the correct cutting-edge political and social views, then they retrofit a thin veil of religious belief over those social and political opinions. Such that their religious beliefs today, as far as one ever hears about them at all, differ little from the views of The New York Times editorial page.

This also explains why Catholics and Evangelicals are so maddening, and threatening, to the modern elites. Unlike the Protestant Mainline churches that were the moral voice of the American establishment, Catholicism and Evangelicals have always been outsiders to the American establishment. Thus they bear none of the guilt of having supported unjust political and social systems and refuse to act like they do. They have no reason to kowtow to elite opinion and, indeed, are often quite populist in their worldview (consider the respect that Justices Scalia or Thomas have for the moral judgments of ordinary Americans on issues like abortion or same-sex marriage vs. the views of elites). Given the sorry record of American elites for decades, there is actually a dividing line between two world views. Modern elites believe that the entire American society was to blame, thus we all share guilt and must all seek forgiveness through affirmative action, compulsory sensitivity training, and recycling mandates. Others, notably Catholics and Evangelicals, refuse to accept blame for a social system that they played no role in creating or maintaining and which, in fact, they were excluded themselves. To some extent, therefore, I think that the often-remarked political fault line in American society along religious lines (which Bottum discusses extensively), is as much cultural and historical (in Steele’s sense) as disagreements over religion per se. At the same time, the decline of its moral authority hit the Protestant Mainline churches harder than well-entrenched universities, corporations, or the government, in part because the embrace of the Social Gospel had laid the foundations for their own obsolescence years before.

This also explains why if a religious revival is to occur, it would come from the alliance of Catholics and Evangelicals that he describes in the second half of the book. Mainline Protestantism seems to simply lack the moral authority to revive itself and has essentially made itself obsolete. There appears to be little market for religions without God.

In the end, Bottum leaves us with no answer to his central question–can America, which for so long relied on the Protestant Mainline churches to provide a moral and institutional third leg to the country, survive without it. Can the thin gruel of the post-Protestant New York Times elite consensus provide the moral glue that used to hold the country together? Perhaps, or perhaps not — that is the question we are left with after reading Bottum’s fascinating book.

Finally, I drafted this over the weekend, but I wanted to call attention to Jody’s new essay at the Weekly Standard “The Spiritual Shape of Political Ideas” that touches on many of the themes of the book and develops them in light of ongoing controversies, especially on the parallels between the new moral consensus and traditional religious thinking (and, in fact, his comments on “original sin” strike me as similar to the points about Shelby Steele that I raised above).

He traces this to the early 20th-century Social Gospel movement and the Protestant writer Walter Rauschenbusch. This movement has created a post-Protestant class: “Christian in the righteous timbre of its moral judgments, without any actual Christianity; middle class in social flavor, while ostensibly despising middle-class norms; American in cultural setting, even as [they believe] American history is a tale of tyranny.”

Voir de plus:

« An Anxious Age: The Post-Protestant Ethic and the Spirit of America »


An Anxious Age: The Post-Protestant Ethic and the Spirit of America, by Joseph Bottum. Image Books (February 11, 2014)

We live in a profoundly spiritual age–but in a very strange way, different from every other moment of our history. Huge swaths of American culture are driven by manic spiritual anxiety and relentless supernatural worry. Radicals and traditionalists, liberals and conservatives, together with politicians, artists, environmentalists, followers of food fads, and the chattering classes of television commentators: America is filled with people frantically seeking confirmation of their own essential goodness. We are a nation desperate to stand on the side of morality–to know that we are righteous and dwell in the light.

Or so Joseph Bottum argues in An Anxious Age, an account of modern America as a morality tale, formed by its spiritual disturbances. And the cause, he claims, is the most significant and least noticed historical fact of the last fifty years: the collapse of the Mainline Protestant churches that were the source of social consensus and cultural unity. Our dangerous spiritual anxieties, broken loose from the churches that once contained them, now madden everything in American life.

Updating The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism, Max Weber’s sociological classic, An Anxious Age undertakes two case studies in contemporary social class, adrift in a nation without the religious understandings that gave it meaning. Looking at the college-educated elite he calls “The Poster Children,” Bottum sees the post-Protestant heirs of the old Mainline Protestant domination of culture: dutiful descendants who claim the high social position of their Christian ancestors even while they reject their ancestors’ Christianity. Turning to “The Swallows of Capistrano,” the Catholics formed by the pontificate of John Paul II, Bottum evaluates the early victories–and later defeats–of the attempt to substitute Catholicism for the dying Mainline voice in public life.

Sweeping across American intellectual and cultural history, An Anxious Age traces the course of national religion and warns about the strange angels and even stranger demons with which we now wrestle. Insightful and contrarian, wise and unexpected, An Anxious Age ranks among the great modern accounts of American culture.

Voir encore:

The New York Times magazine

There is a strange little cultural feedback loop that’s playing out again and again on social media. It begins with, say, a white American man who becomes interested in taking an outspoken stand against racism or misogyny. Maybe he starts by attending a Black Lives Matter demonstration. Or by reading the novels of Elena Ferrante. At some point, he might be asked to “check his privilege,” to acknowledge the benefits that accrue to him as a white man. At first, it’s humiliating — there’s no script for taking responsibility for advantages that he never asked for and that he can’t actually revoke. But soon, his discomfort is followed by an urge to announce his newfound self-­awareness to the world. He might even want some public recognition, a social affirmation of the work he has done on himself.

These days, it has become almost fashionable for people to telegraph just how aware they have become. And this uneasy performance has increasingly been advertised with one word: “woke.” Think of “woke” as the inverse of “politically correct.” If “P.C.” is a taunt from the right, a way of calling out hypersensitivity in political discourse, then “woke” is a back-pat from the left, a way of affirming the sensitive. It means wanting to be considered correct, and wanting everyone to know just how correct you are.

In the ’70s, Americans who styled themselves as “radical chic” communicated their social commitments by going to cocktail parties with Black Panthers. Now they photograph themselves reading the right books and tweet well-­tuned platitudes in an effort to cultivate an image of themselves as politically engaged. Matt McGorry, the actor who plays a sweetly doofy prison guard in “Orange Is the New Black,” is a helpful case study of this phenomenon. McGorry’s Instagram presence was once blithely ­bro-ey — yacht shots, tank tops, a tribute to coconut water. Then he watched the actress Emma Watson brief the United Nations on the importance of men’s involvement in the feminist movement, and he took it to heart. Now he presents his muscular selfies and butt jokes alongside iconography of feminism and anti-­racism. In one snap, he holds a copy of “The New Jim Crow: Mass Incarceration in the Age of Colorblindness,” in bed, shirtless. In December, BuzzFeed nodded at McGorry with a listicle titled: “Can We Talk About How Woke Matt McGorry Was in 2015?”

Earning the “woke” badge is a particularly tantalizing prospect because it implies that you’re down with the historical fight against prejudice. It’s a word that arose from a specific context of black struggle and has recently assumed a new sense of urgency among activists fighting against racial injustices in Ferguson, Sanford, Baltimore and Flint. When Black Lives Matter activists started a website to help recruit volunteers to the cause, they called it StayWoke.org. “Woke” denotes awareness, but it also connotes blackness. It suggests to white allies that if they walk the walk, they get to talk the talk.

The most prominent pop touchstone for “stay woke” is Erykah Badu’s 2008 track “Master Teacher,” in which she sings the refrain “I stay woke.” “Erykah brought it alive in popular culture,” says David Stovall, a professor of African-­American studies at the University of Illinois at Chicago. “She means not being placated, not being anesthetized. She brought out what her elders and my elders had been saying for hundreds of years.” In turn, the track has helped shepherd the next generation into its own political consciousness. In an interview with NPR last year, the rapper Earl Sweatshirt described listening to “Master Teacher” in the car with his mother as a teenager. “I was singing the hook, like, ‘I stay woke,’ ” he said. His mother turned down the music, and “she was like, ‘No you’re not.’ ”

Earl Sweatshirt’s mom was cautioning her son against brandishing a word without understanding its history and power. He got the message years later, he said, and called her up and announced: “I’m grown.” Such reflectiveness is often absent from the promiscuous spread of “woke” online. The word has now been recycled by people hoping to add splashes of drama to their own inconsequential obsessions, tweeting “Raptors will win it all #STAYWOKE” or “new bio … #staywoke.” The new iteration of radical chic is the guy on Tinder who calls himself a “feminist artist in Brooklyn” and then says he’s “looking for the you-know-what in the you-know-where” — the performance of “wokeness” is so conspicuous that it breeds distrust.

In a 2012 paper about race relations on Twitter, Dr. André Brock, a University of Michigan communications professor, wrote about how the surfacing of popular hashtags and trending topics “brought the activities of tech-­literate blacks to mainstream attention,” creating a space where the expressions of black identity are subject to “intense monitoring” by white people — a kind of accelerator for cultural appropriation. When black activists used “stay woke” in their Twitter campaigns against police violence, the term appeared alongside a host of trending hashtags — #ICantBreathe, #IfTheyGunnedMeDown — and was thus flagged for white people who have never listened to a Badu album or joined the crowd at a rally.

Defanged of its political connotations, “stay woke” is the new “plugged in.” In January, MTV announced “woke” as a trendy new slice of teen slang. As Brock said, “The original cultural meaning of ‘stay woke’ gets lost in the shuffle.”

And so those who try to signal their wokeness by saying “woke” have revealed themselves to be very unwoke indeed. Now black cultural critics have retooled “woke” yet again, adding a third layer that claps back at the appropriators. “Woke” now works as a dig against those who claim to be culturally aware and yet are, sadly, lacking in self-awareness. In a sharp essay for The Awl, Maya Binyam coined the term “Woke Olympics,” a “kind of contest” in which white players compete to “name racism when it appears” or condemn “fellow white folk who are lagging behind.”

The latest revolution of “woke” doesn’t roll its eyes at white people who care about racial injustice, but it does narrow them at those who seem overeager to identify with the emblems and vernacular of the struggle. For black activists, there is a certain practicality in publicly naming white allies. Being woke, Stovall says, means being “aware of the real issues” and willing to speak of them “in ways that are uncomfortable for other white folks.” But identifying allies poses risks, too. “There are times when people have been given the ‘black pass,’ and it hasn’t worked out so well,” Stovall says. “Like Clinton in the ’90s.” A white person who gains a kind of license to use power on behalf of black people can easily wield that power on behalf of themselves.

“Woke” feels a little bit like Macklemore rapping in one of his latest tracks about how his whiteness makes his rap music more acceptable to other white people. The conundrum is built in. When white people aspire to get points for consciousness, they walk right into the cross hairs between allyship and appropriation. These two concepts seem at odds with each other, but they’re inextricable. Being an ally means speaking up on behalf of others — but it often means amplifying the ally’s own voice, or centering a white person in a movement created by black activists, or celebrating a man who supports women’s rights when feminists themselves are attacked as man-haters. Wokeness has currency, but it’s all too easy to spend it.

The Puritans Among Us

Mary Eberstadt

National Review

April 21, 2014

Review of An Anxious Age: The Post-Protestant Ethic and the Spirit of America, by Joseph Bottum (Image, 320 pp., $25).

Some writers are “Catholic writers” in the sense that they do their work qua Catholics, and their main subject is the immense intellectual, social, and aesthetic patrimony of the Catholic Church. But there also exists a rarer kind of Catholic writer: the one who is multilingual in secular as well as religious tongues, whose Catholicism nonetheless runs so deep that it cannot help but shape and suffuse his every line.

Joseph Bottum, fortunately for American letters, is an example of the latter sort. In fact, it’s safe to say that if Mr. Bottum were anything but a writer who is also known to be Catholic, his name would be mandatory on any objective short list of public intellectuals, if there were such a thing. He is the author of several books, including a volume of poetry (The Fall & Other Poems), a work of verse set to music (The Second Spring), a bestselling memoir (The Christmas Plains), and now, with An Anxious Age, an immensely ambitious work of sociological criticism. His essays have garnered awards and are included in notable collections. He has also worn the hats of literary critic, columnist, editor, books editor, short-story writer, autobiographer, eulogist, public speaker, television pundit, Amazon author (via the groundbreaking Kindle Singles series), and visiting professor. If there were milliners for intellectuals, his would be the busiest in town.

Yet, as is not widely understood despite this prodigious body of work, Bottum is also, at heart, a storyteller — meaning that he is preoccupied not only with syllogism and validity but also with literary characters and creations. Once in a while, this absorption with dramatis personae ends up confounding readers — as happened just last year, when a long essay of his, published in Commonweal, arguing the futility of continuing Church opposition to same-sex marriage, combusted as instantly and widely as a summer brushfire. That piece, too, as was perhaps insufficiently noted at the time, began with and meandered around a literarycharacter: a former friend and foil with whom the piece amounts to an imaginary conversation.

To observe as much isn’t to say that fiction always trumps. It’s rather to note that with poets and poetry, for better or worse, comes license — including license to chase arguments into places where other people, rightly or wrongly, fear to tread.

That same singular gift is now turned to brilliant advantage in Bottum’s new book. A strikingly original diagnosis of the national moral condition, An Anxious Age bears comparison for significance and scope to only a handful of recent seminal works. Deftly analytical and also beautifully written, it has the head of Christopher Lasch and the heart of Flannery O’Connor. Anyone wishing to chart the deeper intellectual and religious currents of this American time, let alone anyone who purports to navigate them for the rest of the public, must first read and reckon withAn Anxious Age.

The book begins in territory that’s familiar enough: the well-known and ongoing collapse of the Protestant mainline churches, whose floor-by-floor implosion the author traced first in a seminal 2008 essay for First Things on “The Death of Protestant America.” This starting point soon widens dramatically onto a 180-degree view of the national milieu. Contrary to the widely held secularization thesis, according to which the decline of Christianity is inevitable, Bottum argues instead that the Puritans and Protestants of yesteryear still walk the country in new and rarely recognized “secular” guises. Bonnie Paisley of Oregon, Gil Winslow of upstate New York, Ellen Doorn of Texas — these and other characters conjured as the “Poster Children of Post-Protestantism” illustrate via their individual stories the author’s central point: The mainline hasn’t so much vanished as gone underground to become what O’Connor once derisively called “the Church without Christ.”

To be sure, the idea that secularization has not so much killed God as repurposed Him into seemingly secular shapes is not in itself new. It’s the key point in philosopher Charles Taylor’s work, especially in his prodigious book A Secular Age. No author, however, has brought this idea to life as Bottum does in An Anxious Age — whose very title, obviously, suggests the amendment that it is to Taylor’s thesis. Throughout, the Poster Children spring from the pages like so many impish holograms, turning two-dimensional arguments over “believing” and “belonging” into recognizable and ultimately persuasive companions at the reader’s elbow.

These Poster Children, the author argues, are direct descendants of the “social gospel” of Protestant theologian Walter Rauschenbusch: the notion that sin has a social and not merely individual dimension. “Social nature abhors a vacuum,” notes Bottum in a key passage,

and the past thirty years have seen many attempts to fill the space where Protestantism used to stand. Feminism in the 1980s, homosexuality in the 1990s, environmentalism in the 2000s, the quadrennial presidential campaigns that promise to reunify the nation . . . [these] movements have all posed themselves as partial Protestantisms, bastard Christianities, determined not merely to win elections but to be the platform by which all other platforms are judged.

Once again, the millenarian character of contemporary politics — particularly today’s politics of the Left — has been noted before. But once again, Bottum digs deeper here to yield truths not hitherto inspected.Partial Protestantisms, bastard Christianities: It isn’tonly that ostensibly secular leftism is Christianity in some unexpected, other guise. It’s rather that ostensibly secular leftism is a particular kind of truncated Christianity: the theological and sociological equivalent of the fatherless home.

And so, for example, Occupy Wall Street, for all its grubby pretension, is in essence just one more “protest against the continuing reign of Satan and a plea for the coming of the Kingdom of God, with a new heaven and a new earth.” Related yearnings for personal redemption, the author argues, also unite certain ardent young Catholics drawn to “lifeboat theology, escaping the rising sea of evil on small arks of the saved.” These groups are joined, he argues, at the sociological root — proof of what, in a bow to Max Weber, the book calls our “Anxious Age” created by “the catastrophic decline of the mainline Protestant churches that had once been central institutions in public life.”

In a curious way, An Anxious Age also amounts to a limited reenchantment of the intellectual world. When conservatives in particular attack “the elites,” Bottum argues, they “focus entirely on non-spiritual causes.” In this they overlook the essential link between these “elites” and their Puritan forebears, for “the one social ascendency they truly feel, the one deepest in their souls, is the superiority of the spiritually enlightened to those still lost in darkness.” Contrary to what both the Poster Children and their religious critics seem to think, all are leaning toward the same end: a sense of redemption. “Elite or not,” he observes, “they are the elect — people who understand themselves primarily in spiritual terms,” whether they darken the doors of churches or not.

An Anxious Age abounds in logic and clarification (and for that reason among others, it was derelict of the book’s publisher to omit footnotes and an index, both of which would have helped to signal its scholarly nature). Even so, it is the book’s metaphors that will haunt the reader after he puts it down. Who else would describe Protestantism in the United States as “our cultural Mississippi, rolling through the center of the American landscape”? Likely no one — but the image brings to vivid and unexpected life a thousand Pew Research reports on declining attendance and the rise in “nones.” Similarly, the author’s unspooling of the story of the swallows of San Juan Capistrano as a metaphor for explaining what has happened to Catholicism in America is not only arresting but convincing, succeeding both as religious sociology and as literary trope.

None of which is to say that the book’s every fillip and expostulation amounts to the last word. Like any serious work, this one excites demurrals, objections, and second and third thoughts. In particular, one wants to hear more about the other and less cerebral forces that were obviously at work in the implosion of mainline Protestantism and its fallout.

After all, not every religious movement emerging from the “burned-over district” in upstate New York suffered the same communal fate. The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, to take one salient example, went on to become one of the most ascendant faiths of the next century. Why did mainline Presbyterianism, say, fall one way on history’s divide, while Protestant evangelicalism and Mormonism, say, fell another? One likely answer is that the mainline’s doctrinal neglect and practical abandonment of the family led eventually to demographic disaster in the pews. In similar fashion, one can argue, Catholics who have behaved like Catholics have seen their own corners of the religious world prosper — and Catholics who have behaved like mainline Protestants have not.

Other points invite similar friendly debate, including the author’s claim that tomorrow’s Catholicism is necessarily less robust than yesterday’s because it is no longer as “inherited.” And of course one can also question ad infinitum why Bottum chose to discuss some of the thinkers in these pages, and not others. But no shortcomings gainsay the superb achievement here. As his friend and sometime collaborator, the author David P. Goldman, once put it, “One often learns more about the underlying issues from Jody Bottum’s mistakes than from the dutiful plodding of many of his peers.”

Readers who find the Poster Children stalking their imaginations might also hope to see more overt works of fiction from the talented Mr. Bottum down the road. Meanwhile, the daring achievement of the author of An Anxious Age — bringing sociology to unique fictional life — is something that the rest of us will be thinking about for a long time to come.

– Mary Eberstadt is a senior fellow at the Ethics and Public Policy Center and the author of How the West Really Lost God: A New Theory of Secularization.

Voir enfin:
Delphine Le Goff
Stratégies
16/12/2019

C’est le nouveau buzzword, une nouvelle forme de coolitude : être « woke » ou ne pas être. Le terme, dérivé de l’argot afro-américain, désigne l’état d’éveil aux injustices de la société au sens large. Une nouvelle forme de bien-pensance ?

Tenez-vous prêts. Il paraît que dans les mois à venir, on n’aura que ce mot à la bouche. Ringardisée, la bienveillance, mot de l’année 2018 selon Le Robert, utilisée jusqu’à l’écœurement – d’ailleurs bien souvent par des personnes en réalité tout sauf bienveillantes. 2019, paraît-il, sera l’année du « woke ». Même Le Monde, il y a quelques mois, donnait en avant-première ce sage conseil : « Ne soyez plus cool, soyez woke. » Voilà autre chose !
« Woke, c’est le nouveau buzzword, reconnaît Martin Lagache, planneur stratégique chez BETC, qui se lance dans une exégèse du terme, issu de l’argot afro-américain. C’est la chanteuse Erykah Badu qui l’a popularisé il y a une dizaine d’années, avec sa chanson “Master Teacher (I stay woke)”, puis en 2012, en utilisant la phrase “Stay woke” dans un message public de soutien aux Pussy Riot [groupe de rock féministe russe dissident]. » Woke, comme « éveillé », un terme repris à l’envi pendant le mouvement #Blacklivesmatter en 2013. Le terme s’est déployé et désigne aujourd’hui le fait d’être conscient de toutes les formes d’inégalités, du racisme au sexisme en passant par les préoccupations environnementales. En somme, résume Martin Lagache, « le “woke” est le terme étendard de la bien-pensance libérale [au sens anglo-saxon] américaine de gauche. Est-ce que les Gilets jaunes sont woke ? Tout le monde peut être woke. »

Atout séduction

Le terme infuse irrésistiblement, y compris dans les replis de la vie privée. À telle enseigne qu’être « woke » peut même faire de vous un prince ou une princesse de l’amour. Il est désormais de bon ton, dans les pays anglo-saxons, de proclamer que l’on est un « woke bae », c’est-à-dire un(e) petit(e) ami(e) progressiste et averti(e) des injustices de notre triste monde. Pour certains, il ne s’agit plus de débusquer Mr Right, mais Mr Woke : une journaliste du Guardian relatait ainsi, en août dernier, sa recherche éperdue de ce nouveau spécimen hautement désirable dans un déchirant article titré « My search for Mr Woke : a dating diary. » La rédactrice confie gentiment aux lecteurs ses trucs et astuces pour draguer « woke ». À faire : prononcer des phrases comme « la pauvreté n’est pas de la faute des pauvres ». À éviter : la complainte du « on ne peut plus rien dire ». C’est noté.

Grande recycleuse devant l’éternel, la publicité ne pouvait rester immune aux charmes du « woke ». Avec la récente campagne Gillette, « We believe : The best men can be », galerie d’hommes qui expriment leur aversion du sexisme ordinaire, des violences faites aux femmes, du mansplaining, du harcèlement scolaire – en bref, de ce que la marque désigne comme « la masculinité toxique » –, n’atteindrait-on pas un sommet de « wokeité » ? Sans l’ombre d’un doute, selon Olivier et Hervé Bienaimé, directeurs de la création de 84.Paris : « Pour ce qui est du combat contre le machisme et le patriarcat, le message est ultra-positif. » Et archi-opportuniste, aussi ? « Gillette change tout à coup de braquet, après nous avoir vendu pendant des années le modèle de l’homme blanc musclé en pleine réussite sociale », soulignent les créatifs.

Plus engagé que le cool

C’est bien d’être éveillé. Mais trop le faire savoir, ne serait-ce pas suspect ? « Le cool était une attitude anti-mainstream, un peu rebelle mais farouchement individualiste, souligne Martin Lagache. Avec le “woke”, on se situe dans une posture plus engagée. Mais bien souvent, c’est plus une posture qu’autre chose. Et dans la plupart des cas, une posture paresseuse de valorisation personnelle… » Dans une tribune pour le New York Times titrée « The Problem With Wokeness », l’éditorialiste David Brooks pointe les dérives du phénomène : « Le plus grand danger de la “wokeness” extrême est qu’elle rend plus difficile de pratiquer la dextérité nécessaire à toute vie en société, c’est-à-dire la faculté à appréhender deux vérités dans le même temps. »
Marie Nossereau, directrice du planning stratégique de Publicis Sapient, affiche carrément de la défiance par rapport à tout ce qui se prétend « woke ». « Les gens qui se disent plus éveillés que les autres, ça a toujours existé. C’est assez méprisant, cela sous-entend que tous les autres dorment, sont aux mains des multinationales… Le terme “woke” m’évoque aussi le discours de l’Église de Scientologie, dont les adeptes se disent “clear” [clairs]. Selon moi, cela fait partie de la même dialectique, je n’aime pas trop ça. In fine, ça ne me paraît pas très clean. »

Un brin hypocrite

Pas clean, peut-être pas, mais hypocrite, sans doute un peu trop souvent. On revient à Gillette : « Dans les faits, la marque continue à vendre des rasoirs pour les femmes plus chers que les rasoirs pour les hommes… », grince Martin Lagache. Gillette, au passage, s’est félicitée publiquement d’avoir vu les ventes de ses rasoirs bondir après sa campagne… Les frères Bienaimé de l’agence 84.Paris rappellent quant à eux « le film “The Talk” de Procter & Gamble qui a raflé des tonnes de prix, pour une marque qui n’a pas vraiment été “woke” pendant des décennies. Une conscience éveillée, OK, si les produits suivent. »
Et si, malgré tout, l’éveil n’en était qu’à ses prémices ? La sociologue Irène Pereira et l’historienne Laurence De Cock ont publié en janvier un ouvrage, Les pédagogies critiques (Éd. Agone contre-feux), qui prône une éducation inspirée des travaux du pédagogue brésilien Paulo Freire et du pédagogue français Célestin Freinet. Il s’agirait non pas de préparer les élèves à devenir des bêtes à concours ou de futurs soldats des entreprises, mais plutôt de leur enseigner les rapports de domination qui régissent le monde pour mieux les réduire à néant. Pour une future génération woke ?

Voir enfin:

Against Moralistic Therapeutic Totalitarianism

 

I have received some of the best comments from readers about retired Catholic theologian Larry Chapp’s short essays, which I’ve published in this space. I was pleased to wake up this morning and find another one from him in my in-box. I count myself fortunate to be in a position of publishing them in this space.

Below is an essay Larry titles “The Collective Of Concupiscence.” In it, he pretty much sums up my take on the current political and social situation, though I have some post-election thoughts to add at the end. First, here’s Larry:

There is talk in some quarters of Oprah Winfrey running for President in 2020. My response to this is, why not? If Donald Trump can be President ­ a man whose only qualification for the job seems to be that he is a rich celebrity, then any rich celebrity can be President I guess.

What all of this probably points to, sadly, is how utterly exhausted and bankrupt our politics has become, with Americans by the millions turning away from the more experienced political insiders in favor of outsiders who promise us that they alone can provide the radical change that is needed. And everyone seems to agree that radical change is indeed needed, so long as “radical change” means ripping the Band-Aids off of everyone else’s scabs but mine. Radical change can also mean, rather simply, that you want the power that the ruling party possesses transferred to your party. Which is to say, no change at all, which is why you have to lie about it.

For example, in our last election, “Drain the swamp!” was the mantra of the Trump supporters. But did anyone really expect that the man we elected, a swamp creature if ever there were one, would be able to do this? And what, exactly, does one do with a drained swamp anyway? Probably sell it to developers who would build overpriced, poorly made, beige and boring condos, nicely accessorized with a strip mall complete with a Dunkin Donuts and a Vape shop. In other words, just a different kind of swamp. The Democrats prefer the fevered swamp of coercive governmental power, whereas the Republicans prefer the fetid swamp of corporate greed. So all we have really done is trade Lenin for Bezos.

Oh, I can hear people now… “Damn it Chapp, you are always so negative about politics and America. You have to live in the real world and the real world is never perfect!” If you are in that cloud of critics, then I can say to you that you are correct about one thing: nothing in this world is wholly perfect. But that does not mean that there aren’t degrees of imperfection. To deny this is to deny that there is such a thing as truth ­ ­– a truth that acts as the barometer for all of our actions, political or otherwise.

Therefore, my claim is this, a claim that you can take or leave as you see fit, but a claim I stand by with full conviction: the contemporary American socio­ economic­-political system is predicated in a foundational way on a profound and tragic falsehood. It is a false first principle shared by every major governmental and economic institution in this country and it stands in total contradiction to the Christian faith.

This false first principle can be stated simply and then its logical conclusions can be teased out as follows: God is irrelevant to the construction of government and our public life together, which is to say, God does not exist, which is to say, nothing spiritual or supernatural exists, which is to say that we are all purely material beings with no purpose or goal or end beyond the satisfaction of our individual desires, which is to say that pleasure (the satisfaction of our base desires) is more rooted in reality than happiness (the joy and peace that comes from pursuing the higher spiritual realities like the moral good). Indeed, according to this false principle, the spiritual dimension of life and the moral good are, at best, “noble lies,” and at worst repressive illusions ­­– repressive, since their pursuit often inhibits the attainment of pleasure.

The late Italian philosopher Augusto del Noce, building on this same insight (that our culture is founded on a false first principle: God does not matter), points out that the ruling philosophy that our culture has adopted as a replacement for God and religion is the philosophy known as “scientism”. In a nutshell, scientism is the belief that only the hard, empirical sciences give us access to truth. Everything else is an illusion. Therefore, when it comes to our common life together as a people ­ — a life that comes to be defined, regulated and controlled by government and corporate elites — there is only one form of reason that is “allowed in” as proper public discourse. And that is the language of science.

Furthermore, given our reduction of life to economics, what the elevation of science really means is the ascendency of “applied science” (technology) to pride of place. Every aspect of our social life thus comes under the purview of governmental control, and all culture and every form of reason becomes a function of politics. And this final step, the submission of culture to politics, is the very heart of totalitarianism. Only, in this case, it is not the totalitarianism of the Nazis or the Stalinists or the Maoists ­– ­brutal, bloody, and quite vulgar in its unsubtle use of blunt violence ­– but rather the much more seductive totalitarianism of techno-­nihilism, where our base bodily desires form what I call a “Collective of Concupiscence” which the government regulates, and the economy inflames.

Our future is thus most likely to be a dystopian one. But it won’t be the dystopia of the concentration camp. Rather, it will be Huxley’s Brave New World with a Disneyland aesthetic. Because… you know… “family values”.

You might think this is an exaggeration. I don’t think it is. It is the logical conclusion of scientism no matter what our elites might say about our bold new future. Because, despite what scientism’s popularizers (such as Carl Sagan and Richard Dawkins) might say in their more poetic moments when speaking about the “beauty” of the cosmos and of science, the fact is, if I am just an ape with a big brain, and an accidental byproduct of the cosmic chemistry of stardust remnants, then I really don’t give a shit about some gaseous blob, or even a vast number of “billions and billions” of gaseous blobs, ten million light years away; or the “fascinating” mating rituals of fruit bats; or the “poetry” of soil regeneration through dung beetle digestive cycles. In other words, when you are told endlessly that there is no meaning to existence, then guess what? You actually start to think that way. And then everything loses its flavor. Everything starts to taste like rice cakes.

Therefore, you cannot have it both ways. You cannot bleach divinity and Transcendence out of the cosmos and tell everyone that the whole affair is just an aimless and pointless accident, and then turn around and talk to us about the “moral necessity” of this or that urgent social cause. Why should I even care about the future of humanity itself? Why should I care about the ultimate destiny of ambulatory, bipedal, chemistry sets?

So really, it doesn’t matter who is in power … Democrats or Republicans, Trump or Oprah, and it does not matter if we place more emphasis on the government to solve our problems or free enterprise economics. Because our entire society operates according to the false premise I articulated above. In that sense we are all Marxists now, insofar as Marx’s controlling idea was the notion that the material world is all that exists and that economics drives everything.

And try as we might to deny that this materialistic view of existence is death to the higher functions of our soul, there is no escaping the fact that fewer and fewer people will devote themselves to higher pursuits, once the notions of God, Transcendence, purpose, meaning, the Good, and so on, are banished from our lexicon of acceptable ideas. We will increasingly privilege pleasure over happiness, which is to say, we will privilege opioids, techno gadgets, virtual reality stimulation, porn, and various other forms of addiction. We will be, if we aren’t already, a nation of addicts. Because if there is one thing we know about our bodily appetites it is that they are insatiable, requiring ever more of the same things to slake our rapacious desires. But partaking of the same thing, addictively, over and over and over, is boring. It crushes and kills the soul. And so what we will really end up with is not a society of liberated selves, but a society of bored, libidinous, pleasure addicts trending toward suicidal despair.

Furthermore, the fact of the matter is that we all share the same basic bodily appetites. It does not matter if you are rich or poor, gay or straight, fat or skinny, old or young, or what race you are, or your ethnicity, or your political party, or if you prefer the vapid and brain-dead banter of “Fox and Friends” over the vicious and pompous self­-importance of the moronic ladies on “The View”. Once you take away the idea that human nature has a spiritual side that, you know, “trends upward”, you are left with staring at your crotch or your gut or your veins. This is, of course, absolutely true, but we ignore the downward spiral of our culture into techno­pagan bacchanalia because our affluent elites, the poor dears, have confused despairing addiction and the “dark” view of life it spawns, with sophistication, and count as “enlightenment” a cultivated anti-intellectual stupidity.

I am struck, for example, by how many of the lead characters in shows made by Netflix or Amazon (especially detective shows) are depressive and “dark” souls, haunted by some hidden pain in their past that is the irritant in the oyster that creates the pearl of their genius. So far so good, since we all have hidden pain in our lives, and the various things we all suffer from really are, quite often, the genesis of much depth and creativity.

But these characters are different. They are nihilistic, often cruel, morally ambiguous, irreligious of course (duh), self­-destructive, and live as radically atomized, alienated and isolated individuals devoid of love or meaningful relationships. And if they do develop a relationship, it usually flounders on the shoals of the lead character’s unfathomably dark pain. Or worse, the love interest is killed off, with a hefty dose of complicit guilt on the part of the lead character, further adding to his or her morose self-­immolation. And all of this is portrayed as “sophisticated”. (There are exceptions of course, but this is just an anecdotal and subjective impression I have of many of these shows).

The irritating thing about all of this, of course, is that it is just so puerile and shallow, with little justification for its pretentious dismissal of “God” or “the Good”. And it is unbearably boring and drab. Is there anything more pitifully awful than being forced to listen to someone drone on and on about their “sexuality”?

By contrast, people only really become interesting when they differentiate themselves from one another, as true individuals, by cultivating the higher levels of the soul. And this is done in many ways, even still today, because the fact is we ARE spiritual beings and the spiritual dimension of our existence cannot be snuffed out. But those among us who still seek these things are becoming ever rarer and are being forced into ghettos or isolated enclaves of activity, and frequently branded as bigots because we adhere to traditional religious views about God and such things. It does appear, in other words, that the Collective of Concupiscence has fangs and claws, because at the end of the day, we are all “God haunted”, which is why members of the Collective view traditional religious believers as their tormentors

However, sadly, gradually the creative power of the majority of people is being perverted and bent to serve the needs of the emerging political and economic collective ­ ­– the Collective of Concupiscence ­ — wherein the true “liberation” of your “identity” can only come about when all of those institutions that represent the values of the Spirit are branded as oppressors. We WILL be liberated, and we WILL use government to enforce that liberation, and we WILL demand that the economy provide us with the means to enjoy the fruits of that liberation. Indeed, we will demand that the economy provide us with all of the gadgets and accouterments that we need to enhance our pleasures to unimaginable heights. Welcome to the wacky, upside down world of the new “sophistication”: mass ­produced individualism where radical “nonconformity” means all public and, increasingly, private speech, will be policed, looking for any sign that someone has breached the canons of non­conforming orthodoxy. So “individualism” here appears to mean its exact opposite.

But that is what you get in the Collective of Concupiscence. Somewhere Orwell is smiling.

Peter Maurin lived before all of this technological wizardry was real. But he lived in an age of totalitarianisms. And he was a thinking Catholic. Which means he had a deep prophetic insight into what was around the corner, so to speak. And just as Rod Dreher, in his wonderful book, The Benedict Option, calls orthodox Christians to a deeper awareness of the profoundly anti­ Christian challenges our culture is putting before us, so too did Peter Maurin warn us that the only way we will endure the coming storm of cultural barbarity is to form deeply intentional communities of Christian intellectual discourse, moral ecology, and liturgical practice. Not so that we can “escape” the world and shun our brothers and sisters who remain within it. But so that we can know ourselves better and come closer to God so as to be better able to serve our neighbor in love.

The members of the Collective of Concupiscence are not our “enemies”. Indeed, we are, if we are honest, infected with the same bacillus as everyone else. We are all in the Collective in one­ way or another. And so there is no question of abandoning the culture because that is, quite simply, neither desirable nor possible.

But we cannot drink from the same poisonous well and so we must cultivate new sources of “living water” in order to share it with everyone. And “everyone” means, literally, “everyone”. So please do not accuse me of “us vs. them” thinking. That kind of approach is not an option for a Christian. But if you do not “have” a Christian sensibility of the big questions of life, then by default you will “have” the template provided by our culture. I will end therefore with an old Latin phrase: “Nemo dat quod non habet”: You cannot give what you do not have.

Larry Chapp writes from the Dorothy Day Catholic Worker Farm in rural Pennyslvania that he runs with his wife, Carmina. You can visit the farm; follow the link for more information.

Larry’s essay made me reflect on why the only thing in politics that seriously engages my interest these days is the appointment of federal judges. I believe that the dystopia Larry Chapp envisions in this essay — this present dystopia, and the dystopia to come — is unstoppable in the short run. The question is only whether or not we will have a right-wing or a left-wing version of it. I care so much about federal judges because I see them as the only institution that can protect the rights of dissenters to be left alone in this new America.

Don’t get me wrong. Leaving aside the courts, it’s not a matter of total indifference whether or not there’s an R or a D sitting in the White House. Despite all his sins and failings, President Trump is not going to sic the Justice Department on Christian schools that fail to Celebrate Diversity — Or Else™. A Democratic president almost certainly would — and almost certainly will. As America secularizes, though — a process that includes professing Christians changing their minds on moral issues that conflict with liberalism — people will cease to understand why the trad holdouts believe what they believe, and do what they do. It is possible that there will be enough libertarian sentiment left in the country to leave us alone — but I very much doubt that. The only exterior protection we can rely on will be a federal judiciary, especially the Supreme Court — that holds strong First Amendment convictions about protecting religious minorities.

Some Benedict Option critics think they’re making a meaningful argument against it when they say some version of, “Ah ha, what do you think is going to happen to your little communities when the State decides they are a public danger, huh?” It’s a reasonable point, but a weak one. It is precisely when the State decides that traditional Christians are a danger to it that the Benedict Option is going to be most needed. But it is still needed up until that time — which may never come — because our faith is not being taken away from us by the State; it is being dissolved by the ambient culture. For example, Washington is not compelling Christian parents to let their children be absorbed by social media and catechized by the Internet.

I see getting good federal judges in place to be an entirely defensive political act, designed to gain more time for religious minorities to develop resilient practices and institutions capable of enduring what’s to come, and keeping the faith alive.

I also see nothing at all wrong with traditional Christians engaging in politics for other reasons. My only caution — and it’s a strong caution — is that they not fool themselves into thinking that by doing so, they are meaningfully addressing the most severe crisis upon us. Let me put it like this: in the Book of Daniel, the Hebrew captives Shadrach, Meshach, and Abednego served the King in high positions of state. You could say that they worked in politics, though they were outsiders. But when it came down to it, those men chose the prospect of martyrdom to the apostasy the King demanded of them. What practices did the three Hebrew men live by in their everyday lives as Jews in Babylon that gave them the presence of mind, and the strength, to choose God over Nebuchadnezzar? That’s the question that ought to be first on the minds of every traditional Christian thinking of going into public service. It’s the same with Sir Thomas More, who went to his martyrdom proclaiming that he was the King’s good servant — but God’s first.

One of the most important lines in Larry Chapp’s essay is his point that we traditional Christians “are infected with the same bacillus as everyone else.” It brought to mind the insufficiency of institutions and habits to protect us fully from the malaise of the broader culture. To be clear: these things are necessary, but not sufficient.

An example: at the Notre Dame conference, I spoke with an academic from a conservative Christian college. He told me that the student body there is quite conservative and observant. They are overwhelmingly pro-life. But they also do not understand at all what’s wrong with gay marriage. There are strong arguments from Scripture and from the authoritative Christian tradition, but these make no sense to them. Mind you, most of these young people were raised in optimal environments for the passing down of the faith and its teachings, and yet, on the key matter of the meaning of sex, marriage, and family, they … don’t get it.

I asked my interlocutor why. He shrugged, and said, “The culture is just too powerful.”

The problem with this is that in order to arrive at the point where one, as a Christian, rejects the Church’s teaching on the interrelated meaning of sex, marriage, and family, one has to reject both the authority of Scripture (and, for Catholics, the Church), and the anthropological core of Christianity — that is, the Biblical model of what man is. Ultimately, you have to reject traditional Christian metaphysics. I cover this all in my Sex and Sexuality chapter of The Benedict Option, but the heart of it is in this 2013 essay, “Sex After Christianity.” The gist of it is that the gay marriage revolution is really a cosmological revolution, and that to affirm gay marriage, as a Christian, means surrendering far more than many Christians think. It means, ultimately, that you see the world through the post-Christian culture’s template, not Christianity’s. What is likely happening with these young people is that they’re pro-life because they see the unborn child as a bearer of rights, including the right to life. And they’re not wrong! But that’s essentially a liberal position, one that is entirely amenable to gay marriage and the rest. The “bacillus” of materialism and radical individualism may find more resistance within the Body of Christ, but it still compromises its health.

Here’s another reason to be concerned, and to resist hoping in politics. It’s from an interview with Sir Roger Scruton:

How do current right-wing populist politics fit (or not) into your conception of conservative thought and conservative politics?

Well, I’m not a populist. I’m a believer in institutions. I think that institutions are the only guarantee we have of continuity and freedom. If you make direct appeals to the people all the time, the result is totally unstable and unpredictable, like the French Revolution. The revolutionaries made direct appeal to the people, and then discovered that they hated the people. So, they cut off their heads.

I believe [British historian] Simon Schama wrote a book on the topic…

Yes, Simon Schama’s book on the French Revolution is very revealing about this. The attempts to get rid of all mediating institutions just leaves the people in a dangerous condition, and a demagogue in charge. You can see this in Robespierre and Saint Just. And the only good thing about the French Revolution is that the demagogue gets his head chopped off as well.

So, I believe in institutions, and in using institutions to direct the people towards the kind of continuity and stability that they actually need, but doing it with their consent, obviously. That’s where the democratic process comes in.

What are your thoughts on the balance between consent and stability?

Well, first of all, stability requires legitimacy of opposition. There has to be a discussion of all the issues. That means that there must be a voice for the opponent, that’s what Congress and Parliament are about. And the first victim of real populism is the opponent, who is shut up. The press is taken away from him, parliamentary positions are taken away from him, so that the leading power has no voice opposed to it. …

It is no secret now that Americans have lost faith in institutions across the board. As Bill Bishop puts it, this is not Trump’s fault; the way we live in modernity all but guarantees it. Trump is not the cause of this, but rather an effect — though of course he also serves as a cause. The fact that a man can be elected President of the United States despite having violated so many institutional norms tells us something about the presidency, and the American people today. We are losing, and in many cases have already lost, mediating institutions. America is quite vulnerable to a demagogue — and there’s no guarantee that the demagogue will always be from the political right. Huey P. Long, for example, was a very effective left-wing demagogue — and he emerged almost a century ago, when the power of American institutions was much, much stronger than it is today.

We see in Trump a desire to delegitimize the opposition. For example, the media isn’t simply biased — a standard conservative politician’s critique, because it’s usually true — but is illegitimate. That’s what “fake news” means. The thing is, on college campuses, the urge to delegitimize opposition as racist, sexist, homophobic, and so forth, is exactly the same thing. Ultimately it will become more powerful, because this mentality is conquering the hearts and minds of the kind of people who will be running the institutions that, however attenuated their influence, will be shaping the perceptions and beliefs of Americans.

The power of Google and Facebook to determine which opinions are legitimate and which ones are not is going to be massively important. And I would be shocked if some form of the Chinese “social credit” system were not introduced into this country. What does that mean? From the National Interest:

The Chinese government has  unveiled a new program that it dubbed the “social credit system.” The system won’t be fully operational until 2020, but already it has generated as many as  7 million  punishments.

The system would rate the “trustworthiness” of Chinese citizens according to a wide variety of factors, such as what they buy, how they spend their time, and who their friends are, just to name a few.

The government would then take those deemed untrustworthy and punish them by not letting their children attend prestigious private schools, not allowing them to travel, and shutting down their internet presence.

The Chinese Communist government  promises that the social credit system will “allow the trustworthy to roam freely under heaven while making it hard for the discredited to take a single step.”

However, one must ask what it means to be “untrustworthy.”

In the  case of journalist Liu Hu, it could mean trying to expose government corruption. Other offenses could be things such as jaywalking, smoking on a train, criticizing the government, or having friends or family that speak ill of the government, all things that can lower one’s score.

In a future America in which opposition is deemed illegitimate, and in which personal data is widely available, how long do you think we can hold out against the temptation to institute a social credit score system? In China, it is being imposed from the top. In the US, our population is being acculturated by online norms, as well by an ethos that regards opponents not simply as wrong, but evil. We are being conditioned to accept this, and even, within the next couple of generations, to demand it.

It might come from the right, in which case I believe conservatives would bear a special responsibility for fighting it. But looking at the demographic data about the political and cultural beliefs of younger Americans, I think it is far, far more likely that it will come from the left — and that it will primarily be directed towards thought criminals like traditional Christians and social conservatives.

In that case, the best chance we have to protect ourselves from that all-encompassing tyranny would be a Supreme Court that defends the First Amendment. The greater concern for us, however, is that there would be no need for traditional Christians to be protected from a tyrannical social-credit-score government, because all Christians will have conformed internally, like so many “good German Christians” of the 1930s, to the regime — in our case, a regime of Moralistic Therapeutic Totalitarianism.

Larry Chapp:

…so too did Peter Maurin warn us that the only way we will endure the coming storm of cultural barbarity is to form deeply intentional communities of Christian intellectual discourse, moral ecology, and liturgical practice. Not so that we can “escape” the world and shun our brothers and sisters who remain within it. But so that we can know ourselves better and come closer to God so as to be better able to serve our neighbor in love.

We have to build this now — while there is still time.

UPDATE: Former San Francisco mayor Gavin Newsom was elected Governor of California last night. Note this:

https://platform.twitter.com/widgets.js

The old liberals — Jerry Brown, say — who respected institutions are dying out. Newsom is the next generation. Damon Linker is right to point to Newsom’s willingness to openly defy the law to achieve a liberal goal as a harbinger of what’s to come from the left. He was eager to cut down the law to get to the devil of homophobia. This kind of thing is coming.


Anti-américanisme: Vous avez dit ‘étatsunien’ ? (Forget statues – let’s rename the whole map, starting with America’s very name !)

20 juillet, 2020

The 1619 Project | 1A

5 things you need to know now - No agreement on recovery plan yet ...jcdurbant (@jcdurbant) | Twitter
Don’t know much about history (…) Don’t know much about geography … Sam Cooke
Faut-il détruire l’Occident ? Le mettre à feu et à sang pour mieux le reconstruire ou mieux le piétiner dans ses ruines ? Cette géographie, qui participe autant de l’histoire que des imaginaires, partage les avis et divise les ardeurs des anti-tout qui y habitent. Entre ceux qui y craignent la fin du monde et ceux qui la veulent, ceux qui la fabriquent et ceux qui la redoutent. Collapsologues, écologistes messianiques, antiracistes radicaux, populistes, tiers-mondistes nostalgiques et populistes du victimaire, ardents de la « souche » et racialistes inversés : ils sont foule et la foule fait désormais effet d’armées. On aura beau le nier et le relativiser, il y a déjà un instinct de mort dans les airs de la révolution totale imaginée par chacun. L’Occident étant coupable par définition selon certains, on se retrouve non dans la revendication du changement mais, peu à peu, dans celle de la destruction, la restauration d’une barbarie de revanche. Les raisons ? Elles sont diverses. La colère longtemps tue, la culpabilité chez les élites occidentales « de souche », la fin d’un sursis obscur donné aux démocraties traditionnelles, les populismes rageurs et les réseaux sociaux. Il ne faut jamais oublier qu’Internet a réveillé les foules comme le firent les imprimeries il y a des siècles, ou les papyrus il y a si longtemps. On ne change pas de moyens d’impression et de diffusion sans changer la manière de faire les révolutions ou de réveiller les foules. Les armuriers viennent après les écrans, pas avant, rappelons-le. De fait, il y a comme une convergence des luttes pour la meilleure fin d’un monde : victimaires, antiracistes, mais aussi masochistes intellectuels et sceptiques professionnels, suprémacistes et défaitistes esthètes. Le vœu de changer l’Occident se retrouve contaminé, profondément, par celui de le voir mourir dans la souffrance. Et, dans l’élan, on gomme cette conséquence suicidaire que par sa mort on se tuera soi-même, on tuera le rêve d’y vivre ou d’y aller par chaloupes ou par avions, on tue le seul espace où il est justement possible de crier sa colère. D’ailleurs, le fait même de défendre l’Occident comme espace de liberté, certes incomplète et imparfaite, est jugé blasphématoire dans cette nouvelle lutte des classes et des races. Il est interdit de dire que l’Occident est aussi le lieu vers où l’on fuit quand on veut échapper à l’injustice de son pays d’origine, à la dictature, à la guerre, à la faim, ou simplement à l’ennui. Il est de bon ton de dire que l’Occident est coupable de tout pour mieux définir sa propre innocence absolue. L’Occident sera alors crucifié pour notre salut à tous en quelque sorte, confondu, dans le même corps blanc, dans une trinité horizontale, avec les deux autres voleurs à la gauche et à la droite de ce Christ géant. Erreurs et illusions coûteuses. L’Occident est à la fois coupable et innocent. Or, tuer un coupable ne brise pas la chaîne de la douleur. Elle fait échanger les robes des victimes et des bourreaux. On le sait tous, et c’est une banalité utile à remémorer. Il est urgent de rappeler que sur les colères d’aujourd’hui se greffent trop de radicalités pour qu’on puisse éviter la violence si on continue dans le même aveuglement. Brûler l’Occident, ce rêve si facile qu’Internet et ces militants agitateurs des réseaux commercialisent en guise de « néopureté » et de légitimité, est une erreur qui aura de lourdes conséquences. On se retrouvera, dans quelques décennies, à vivre dans ces champs nus, à construire la barbarie qu’on a cru dénoncer. Ces procès anti-Occident à la soviétique, si faciles et si confortables, à peine coûteux quand on ne vit pas dans la dictature qu’on a fuie, menés par les intellectuels du sud en exil confortable en Occident ou par des fourvoyés locaux sont une impasse, une parade ou une lâcheté. Ils n’ont ni courage, ni sincérité, ni utilité. Il n’est même plus besoin de relire les insanités d’un journaliste qui a fui son pays du Maghreb il y a vingt ans, se contentant de dénoncer la dictature « locale » sans y mettre les pieds, tout en passant son temps à fustiger les démocraties qui l’ont accueilli. La règle de ce confort est qu’il est plus facile de déboulonner la statue d’un tyran, au nord, sous les smartphones, que de déboulonner un vrai tyran vivant au « sud ». Et il n’est pas même utile de répondre à ceux qui, lorsque vous tenez ces propos pourtant réalistes, vous accusent de servilité intellectuelle. (…) l’Occident est ce qu’il est : imparfait et à parfaire. Il n’est pas à détruire. Ceux qui en rêvent sont ceux qui n’ont pas su avoir de rêve meilleur que la barbarie de revanche, pas su dépasser des rancunes intimes. C’est, à mon avis, ce qu’il faut rappeler pour éviter aux colères justes des assouvissements faciles et détestables. L’antiracisme est un combat juste. Il ne doit pas devenir un acte de vandalisme intellectuel ou de désordre dans ce monde si fragile. Son but est un avenir meilleur, pas un passé aveuglant. Pour tous. Kamel Daoud
Il faut garder à l’autodafé ses racines : jugement, inquisition, acte de foi, pénitence publique, exécutions d’hérétiques. Il faut encore une fois le rappeler pour alerter des esprits : on ne brûle pas de livres, on ne censure pas des œuvres, on ne déboulonne pas des statues uniquement parce qu’on a raison, mais parce qu’on le croit absolument. Ce qui suffit pour se tromper avec enthousiasme et inaugurer de nouveaux tribunaux d’opinion. Car, avec le grand élan de l’antiracisme, l’autodafé est de retour. On l’a connu, il y a quelques décennies, d’abord sous forme d’un fascisme (ou totalitarisme) qui brûle des livres, puis un demi-siècle après sous celle d’un livre (sacré) qui brûle le monde, aujourd’hui il se fait au nom d’une cause juste avec quelques effets mauvais : celle de la lutte contre le racisme dont certains profitent pour revisiter la littérature et les représentations, mais avec des torches incendiaires et pas avec des consciences calmes. Le chroniqueur est de ceux qui croient que le racisme est un crime et qu’au crime il faut réparation et justice. Mais il croit aussi, pour l’avoir vécu chez lui et pour le subir encore sous forme de meutes idéologiques adverses, qu’on se trompe en imaginant que construire l’avenir, c’est déboulonner les statues du passé et les remplacer par les siennes. Un révisionnisme « culturel » au nom de la lutte antiraciste est dangereux. Il ouvre la voie à des radicalités et pousse à juger les vivants pour le crime des morts, il nourrit du coup une radicalité adverse, mue par la peur. Le déboulonnage des statues, sous les hourras des foules, n’est jamais un moment de sérénité, mais de danger : on sait souvent où il mène. Et pour être un homme du « sud », né entre les enthousiasmes détournés pour les indépendances et l’esprit « décolonial » permanent, il sait de quoi on peut fabriquer des conforts et des facilités puis des féodalités. Autant de raisons qui font qu’aujourd’hui le révisionnisme culturel, l’autodafé des héritages parfois ambigus des siècles passés, l’effet de foule et les contre-inquisitions par l’épiderme provoquent un malaise. Il s’agit pourtant d’illusions à combattre. Celles qui font croire que parce qu’on a une couleur de peau, on est nanti d’une supériorité ou parce qu’on en a une autre, celle de la victime, on est excusé de tout tort et investi d’une grande mission révolutionnaire. Le déboulonnage est un moment d’illusion. Il fait croire qu’en abattant des pierres on est dispensé d’un travail commun sur la mémoire, d’un retour apaisé sur les erreurs monstrueuses du passé. Il fait croire qu’il s’agit d’un acte meilleur que celui de brûler une voiture alors qu’il procède de la même myopie juvénile. Le déboulonnage et l’autodafé sont toujours un fourvoiement : ils perpétuent l’idée que la lecture du passé ne peut se faire que selon la force. On ne sort pas du cycle. Et on ne peut le réussir que par une pédagogie de la mémoire. Le débat sur le racisme est vital. Mais il sera vite rattrapé par les castes et les haines sélectives s’il se limite au procès de l’Occident. Car, à dénoncer aussi le racisme dans le « sud » et à souhaiter un débat sur les histoires locales de l’esclavage, on est vite accusé de vouloir diluer le crime de l’Occident et de participer à l’excuser. Et on se retrouve avec des slogans qui veulent la fin de l’Occident où l’on vit et où, au moins, on rêve de vivre. (…) déboulonner n’est pas construire, censurer n’est pas relire, lutter contre le racisme n’est pas lutter contre l’Occident. Car ce lieu, s’il est coupable de crimes, est aussi l’espace où l’on peut crier sa colère ou transformer ses visions d’avenirs. Il reste l’espace d’une démocratie à parfaire et non à détruire. Car ailleurs, osons le dire, le racisme « n’existe pas », il faut vivre un tant soit peu en démocratie pour pouvoir le dénoncer. Ne l’oublions pas. Il s’agit de construire un monde (meilleur), pas une fin du monde. Kamel Daoud
The 1619 project is a major initiative from The New York Times observing the 400th anniversary of the beginning of American slavery. It aims to reframe the country’s history, understanding 1619 as our true founding, and placing the consequences of slavery and the contributions of black Americans at the very center of our national narrative. 1619 Project (2019)
The 1619 Project is an ongoing initiative from The New York Times Magazine that began in August 2019, the 400th anniversary of the beginning of American slavery. It aims to reframe the country’s history by placing the consequences of slavery and the contributions of black Americans at the very center of our national narrative. 1619 Project (2020)
1619. It is not a year that most Americans know as a notable date in our country’s history. Those who do are at most a tiny fraction of those who can tell you that 1776 is the year of our nation’s birth. What if, however, we were to tell you that this fact, which is taught in our schools and unanimously celebrated every Fourth of July, is wrong, and that the country’s true birth date, the moment that its defining contradictions first came into the world, was in late August of 1619? 1619 Project (2019)
1619 is not a year that most Americans know as a notable date in our country’s history. Those who do are at most a tiny fraction of those who can tell you that 1776 is the year of our nation’s birth. What if, however, we were to tell you that the moment that the country’s defining contradictions first came into the world was in late August of 1619? 1619 Project (2020)
In August of 1619, a ship appeared on this horizon, near Point Comfort, a coastal port in the British colony of Virginia. It carried more than 20 enslaved Africans, who were sold to the colonists. America was not yet America, but this was the moment it began. No aspect of the country that would be formed here has been untouched by the 250 years of slavery that followed. 1619 Project (2019)
In August of 1619, a ship appeared on this horizon, near Point Comfort, a coastal port in the English colony of Virginia. It carried more than 20 enslaved Africans, who were sold to the colonists. No aspect of the country that would be formed here has been untouched by the years of slavery that followed. 1619 Project (2020)
The history of the American Revolution isn’t the only thing the New York Times is revising through its 1619 Project. The “paper of record” has also taken to quietly altering the published text of the project itself after one of its claims came under intense criticism. (…) Throughout the controversy, the line about the year 1619 being “our true founding” continued to haunt the Times. This criticism did not aim to denigrate the project’s titular date or the associated events in the history of slavery. Rather, the passage came to symbolize the Times’s blurring of historical analysis with editorial hyperbole. The announced intention of reframing the country’s origin date struck many readers across the political spectrum as an implicit repudiation of the American revolution and its underlying principles. Rather than address this controversy directly, the Times—it now appears—decided to send it down the memory hole—the euphemized term for selectively editing inconvenient passages out of old newspaper reports in George Orwell’s dystopian novel 1984. Without announcement or correction, the newspaper quietly edited out the offending passage (…) Discovery of this edit came about earlier this week when Nikole Hannah-Jones went on CNN to deny that she had ever sought to displace 1776 with a new founding date of 1619. She repeated the point in a now-deleted tweet: “The #1619Project does not argue that 1619 was our true founding. We know this nation marks its founding at 1776.” It was not the first time that Hannah-Jones had tried to alter her self-depiction of the project’s aims on account of the controversial line. She attempted a similar revision a few months ago during an online spat with conservative commentator Ben Shapiro. But this time the brazen rewriting of her own arguments proved too much. Hannah-Jones’s readers scoured her own Twitter feed and public statements over the previous year, unearthing multiple instances where she had in fact announced an intention to displace 1776 with 1619. The foremost piece of evidence against Hannah-Jones’s spin, of course, came from the opening passage of from the Times’s own website where it originally announced its aim “to reframe the country’s history” around the year “1619 as our true founding.” When readers returned to that website to cite the line however, they discovered to their surprise that it was no longer there. The Times quietly dropped the offending passage at some point during the intervening year, although multiple screencaps of the original exist. The Internet Archive’s Wayback Machine suggests the alteration came around late December 2019, when the 1619 Project was facing an onslaught of criticism over this exact point from several distinguished historians of the American founding. It wasn’t the only edit that the newspaper made to further conceal its previous denigration of 1776. Prompted by the discovery of the first deletion, Twitter users noticed another suspicious change to the project’s text. The print edition of the 1619 Project from August 2019 contained an introductory passage [in which an] additional reference to the 1619 origin point, underlined in the original print version, is no more. Whatever the exact occasion for the changes, the Times did not disclose its edits or how they obscured one of the most controversial claims in the entire 1619 Project. They simply made the problematic passages disappear, hoping that nobody would notice. Phillip W. Magness
As many of you know, my name is Lilith Sinclair. I’m an Afro-indigenous, non-binary local organizer here in Portland, organizing for the abolition of not just the militarized police state, but also the United states as we know it. Lilith Sinclair
Someone from a country that calls itself Ecuador may not be in a very strong position to object to the appropriation of geography in the cause of national identity. John Ryle
J’emploie ici le mot américain au sens « noble ». Animateur de Radio-Canada
Some people would restrict the use of the word « American » to indicate any inhabitant of the Americas (which Europeans tend to consider a single continent, called « America ») rather than specifically a citizen of the United States; and perceive the latter usage of « American » to be potentially ambiguous, and perhaps aggressive in tone or imperialistic, a rather widespread view in Latin America. However, many in the US assert that the word « America » in « United States of America » denotes the country’s proper name, and is not a geographical indicator. They argue that the interpretation of United States of America to mean a country named United States located in the continent of America is mistaken. Instead, they argue that the preposition of is equivalent to the of in Federative Republic of Brazil, Commonwealth of Australia, Federal Republic of Germany. That is, the of indicates the name of the state. In addition, other countries use « United » or « States » in their names as well. Indeed, the formal name of Mexico is Estados Unidos Mexicanos, currently officially translated as « United Mexican States » but in the past translated as « United States of Mexico ». Regardless, many question a nation’s right to formally appropriate the name of a continent for itself, citing the fact that America existed long before the United States of America. Indeed, Amerigo Vespucci (who travelled extensively throughout the Caribbean basin) never set foot on present US territory One counter-argument is that the United States of America is the first sovereign American state to arise from the European colonies, and therefore is perfectly entitled to lay claim to this name for itself, although the appropriation of a continental name by a single country has no historical precedent. The rebellious colonies perceived themselves, in their quest for independence, as moral representatives of all the colonized European inhabitants of the continent. This view is evident in the name of the colonial allied government, the Continental Congress. Another counter-argument is that it is not particularly unusual for a nation or organization to name itself after a geographical feature, even one that it does not uniquely occupy. Ecuador is the Spanish word for the equator, which runs through the country of Ecuador, athough other countries also lie on the equator. In addition, the United States of America is not the only entity which shares a name with a larger entity, yet is considered more well-known than the larger entity. The City of New York lies within the State of New York. However, the term New Yorker is generally used to refer to a resident of New York City. Most proponents of the « US citizen = American » nomenclature have no problem with the simultaneous usage of « American » as an adjective for all inhabitants of the Americas, and make the distinction between the demonym for a country and the demonym for a continent (or continents). They argue that there is no reason the two cannot share the term if it is used in distinct but equally legitimate contexts. In other cases, the motivation is not so much political as it is academic, to avoid a perceived ambiguity. For instance, in legal circles a citizen of the United States is usually referred to as a ‘U.S. citizen’, not an ‘American citizen’, which could arguably apply to citizens of other American nation states as well. Wikipedia
As many people from the various nations throughout the New World consider themselves to be « Americans », some people think the common usage of « American » to refer to only people from the U.S. should be avoided in international contexts where it might be ambiguous. Many neologisms have been proposed to refer to the United States instead of « American ». However, they are virtually unused, and most commentators feel that it is unlikely that they will catch on. Encyclopedia
Il n’y a pas de plus grand monument à l’assujettissement colonial des peuples autochtones que le Mont Rushmore, et le projet du président de profaner davantage ce sol sacré avec des feux d’artifice et sa propre présence sans avoir été convié est un autre affront impardonnable. Il est temps de récupérer ou de démolir tous les monuments racistes. En tant que société, nous devons nous engager à respecter en permanence les populations marginalisées. Lakota People’s Law Project
Over the past month, I have been spellbound by the actions of activists determined to compel America to confront the ugliness of its past. The protests at the Emancipation Memorial, the removal of Teddy Roosevelt’s statue in New York, and now even the bold calls for rethinking Mount Rushmore on the site of Lakota land reveal that our country has more learning to do about what we choose to glorify. But last week, as many celebrated the Supreme Court’s ruling that Oklahoma—almost half of it at least—belongs to the jurisdiction of the Muscogee (Creek) Nation, I have also been thinking about the relics of our past that are so ingrained in our present that we misremember our history. One such relic is the names of the very places in which we live. (…) On July 3, in the shadow of Mt. Rushmore, President Trump said, “As we meet here tonight there is a growing danger that threatens every blessing our ancestors fought so hard for.” He then doubled down, saying, “Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values and indoctrinate our children.” Children are being indoctrinated, but not in the way Trump suggests. Instead, they are being fed an uncomplex version of history—one that minimizes the experiences of those on the margins to turn white men who did evil things into heroes. The name Bixby had become so common in my area that we didn’t think about where it came from. That’s why we tear down, rename and rethink. We do it to tell the whole story, not just the parts that make us feel good. Perhaps we need to do this not just for statues and monuments and schools and sports teams but for cities and counties too. Perhaps we should begin again with the full weight of history upon which we stand. (…) People who marginalized and oppressed didn’t just affect those who lived at the time–Bixby’s actions, along with so many others’, caused the Creek Nation to lose the jurisdictional power they just, in part, won back–and the places that bear their names should no longer remain without scrutiny. History demands that we remember all of it or it isn’t true history at all. Caleb Gayle
[L’appellation américain] n’est pas non plus confondante. Lorsqu’on parle des Américains, on sait bien qu’il ne s’agit pas des Canadiens ou des Mexicains. Le français dispose d’ailleurs du terme Nord-Américain, qui englobe tous les habitants de l’Amérique du Nord, et du terme Sud-Américain, qui désigne ceux de l’Amérique du Sud. Paul Roux
Plusieurs ont remarqué que le mot a repris du poil de la bête depuis l’an 2000. Certains pensent qu’il est revenu dans la foulée du 11-Septembre; c’est une possibilité. Il y a six ou sept ans, il était à peine employé. Si Robert Solé a pris la peine d’en parler dans une chronique de langue du Monde le 10 novembre 2003, pour dire que « le terme ne passe pas », c’est que le mot commençait à se rencontrer plus souvent tout en restant assez discret. Si on traçait un graphique de son emploi depuis le début, on verrait le terme monter, atteindre un plateau, descendre un peu plus tard, puis remonter tranquillement après une longue absence. On peut se demander s’il ne connaît pas un regain passager, avant de retomber à nouveau hors d’usage. Bien des facteurs entrent en jeu. Il y a notamment le contraste entre l’usage québécois et l’usage français, et aussi celui entre les grands médias et les sources plus marquées politiquement, notamment sur le Web. (…) Et le mot revient souvent sous la plume des mêmes journalistes. À la Presse, Joneed Khan s’en est fait le champion. Il parle du président états-unien, du Congrès états-unien, du retrait états-unien d’Irak, du projet états-unien de Zone de libre-échange des Amériques. Il est frappant de voir que même lui n’a pas renoncé à américain : il a mentionné le Congrès américain en juillet dernier et le secrétaire d’État américain le 13 septembre. Moments d’inattention? Dans les grandes encyclopédies électroniques comme l’Universalis ou Encarta, les occurrences se comptent sur les doigts de la main. Wikipédia renferme quelque deux mille états-unien, par exemple il est question de la « guerre de sécession états-unienne » à l’article sur le film Le bon, la brute et le truand. Mais ces états-unien font face à cent mille américain. En outre, un bon nombre d’entre eux viennent de pages où les collaborateurs poursuivent justement des discussions, parfois musclées, sur l’opportunité d’accepter le mot dans l’encyclopédie. C’est un peu la cour du roi Pétaud dans cette merveilleuse encyclopédie, mais il n’est pas du tout sûr que le mot s’y imposera. C’est véritablement dans les médias et les sites contestataires ou militants qu’états-unien fleurit. Le réseau Voltaire, « réseau de presse non alignée », est exemplaire à cet égard : les rédacteurs l’emploient deux fois plus souvent qu’américain. On le rencontre souvent sur le site des « Amis de la Terre », groupe de défense de l’environnement, et sur « Grand Soir », « un journal alternatif d’information militante ». Mais américain reste quand même plus fréquent : on continue de parler des élections américaines, on n’en est pas encore aux élections états-uniennes. Il ne fait pas de doute que le mot est marqué à gauche sur l’échiquier politique. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’oeil sur le journal communiste français L’Humanité : 118 occurrences d’états-unien en 2007, un net contraste avec le reste de la presse française. Mais la pente n’est pas à pic là non plus : 127 occurrences en 2005, 105 en 2006 – contre des milliers d’américain. On s’attendrait à le rencontrer souvent dans les pages de publications comme Courrier international, mais l’une des rares occurrences que j’y ai trouvées apparaissait dans un article reproduit du Devoir! Je note enfin qu’un wikipédiste a affirmé que le mot figurait dans certains manuels scolaires de géographie. On peut résumer la situation comme suit. Dans la presse en général, le terme s’est mis à grimper des deux côtés de l’Atlantique il y a quelques années, pour atteindre assez vite un plateau. Il semble avoir déjà amorcé sa descente en France. Il reste plus fréquent chez nous, mais il serait exagéré de dire qu’il a le vent dans les voiles. Pour le reste, l’usage est assez circonscrit. En fait, l’avenir du terme dépendra en grande partie de l’influence qu’exerceront des sites comme ceux que j’ai mentionnés, et ils ne sont pas négligeables, ainsi que de la détermination des blogueurs et autres internautes à l’employer. Il faut avouer que cinquante ans d’allées et venues dans les dictionnaires et une fréquence encore relativement faible dans l’usage lui donnent un peu l’air d’un néologisme attardé. Mais qui sait, peut-être que la diffusion de l’article du New York Times et le blogue du Monde lui donneront un nouvel élan. Avec Internet les choses peuvent changer vite. Il faudrait quand même toute une rééducation pour en généraliser l’emploi. Pensons à tout ce qu’il faudrait rebaptiser. Ne dites pas : la guerre américano-mexicaine, dites : la guerre mexicano-états-unienne. Ne dites pas : la révolution américaine, les relations canado-américaines, le vin américain, etc. Dites : l’armée états-unienne, les Noirs états-uniens, Je me suis acheté une voiture états-unienne. Et n’oublions pas les cinquante États états-uniens. Nul ne contestera que la logique plaide pour états-unien. Mais en face il y a l’histoire, l’usage, la langue, l’euphonie, les habitudes. C’est beaucoup. Pour être efficace, il faudrait en même temps intensifier l’emploi géographiquement correct d’américain, ce qui ferait surgir l’ambiguïté de partout. Remarquons que les États-Uniens continueraient d’être des Américains – comme nous! Combien parmi nous sont prêts à se définir comme « Américains »? On peut prédire une certaine résistance. De plus, s’il y a un brin d’anti-américanisme dans la promotion d’états-unien, forcément il sera lui aussi péjoratif. C’est comme si on remettait chaque fois sous le nez des Américains la carte du continent. Plusieurs ont rappelé qu’il serait abusif d’accuser ces derniers de s’être appelés ainsi à cause de prétentions hégémoniques. Comme le rappelle le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, ils ont formé leur gentilé à partir du nom de leur pays, États-Unis d’Amérique, de la même manière que, plus tard, les Mexicains à partir d’États-Unis du Mexique. Il faut revenir au point de départ et se demander où est le problème. Nous arrive-t-il souvent de rester perplexes parce que le mot américain devant nos yeux est ambigu? Prend-on les Canadiens pour des habitants des États-Unis? Paul Roux a répondu à la question dans son blogue « Les amoureux du français » sur le site de la Presse le 9 novembre 2006 : (…) « Lorsqu’on parle des Américains, on sait bien qu’il ne s’agit pas des Canadiens ou des Mexicains. Le français dispose d’ailleurs du terme Nord-Américain, qui englobe tous les habitants de l’Amérique du Nord, et du terme Sud-Américain, qui désigne ceux de l’Amérique du Sud. » Les Américains en ont attrapé eux-mêmes un complexe et ont cherché d’autres noms. (…) Quelques exemples des termes qui ont été proposés au fil du temps : Usian, Usanian, USAian, Usonian, Columbard, Fredonian, United Statesian, Colonican, U-S-ian, USAn, etc. Du côté espagnol, la situation est bien différente. Le Diccionario Panhispánico de Dudas de la Real Academia Española, qui recueille l’usage de l’ensemble des pays hispanophones, recommande d’employer estadounidense, et non americano, pour désigner nos voisins du Sud. Dans son Diccionario de la Lengua Española, l’académie précise que estadounidense veut dire « Natural de los Estados Unidos de América », tandis que americano est défini comme « Natural de América ». Mais il est normal que le monde hispanophone et les Latino-Américains en particulier soient plus sensibles à l’emploi du mot americano. Estadounidense est aussi très euphonique. On m’a fait remarquer par ailleurs que l’agence de presse espagnole EFE, qui recommande aussi l’emploi de estadounidense dans son vade-mecum, incline à penser que norteamericano reste plus fréquent dans l’usage (« Norteamericanos es tal vez el más usado, si bien no es el más preciso »). Norteamericano? On dirait que, vu d’Europe ou d’Amérique latine, le Canada se retrouve toujours dans un angle mort. Jacques Desrosiers

Vous avez dit ‘étatsunien’ ?

A l’heure où après l’hystérie collective du virus chinois

Le psychodrame racialiste des Vies noires qui comptent …

Nos nouveaux iconoclastes et flagellants s’attaquent …

Quand ce n’est pas à leurs propres propagandistes

Non seulement à la police …

Mais, entre noms de rue et statues, à notre histoire

Quitte, quand c’est trop gros à l’instar du « quotidien de référence » américain, à supprimer discrètement des passages controversés de leur révisionnisme en espérant que personne ne remarque …

Et à présent à notre géographie

Retour sur ce nouveau tic de nos anti-américains …

Où, entre médias et universitaires, le dernier chic est le barbarisme « étatsunien » …

Nos voisins les « États-Uniens »
Jacques Desrosiers
L’Actualité langagière, volume 4, numéro 4
BTB
2007

Mon collègue André Racicot a discuté du mot états-unien dans sa chronique de L’Actualité terminologique il y a sept ans1. Il arrivait à la conclusion qu’il était trop tard pour renverser un usage solidement établi. Je ne suis pas plus optimiste que lui sur l’avenir de ce drôle de gentilé, mais il est intéressant de revenir sur la question, parce que le mot s’est gagné des partisans depuis l’an 2000, et que le débat a même fait surface l’été dernier dans rien de moins que le New York Times.

L’article du Times – plaisamment intitulé « There’s a Word for People Like You » – était une traduction maison d’un topo que venaient de faire paraître les deux correcteurs du journal Le Monde sur leur blogue « Langue sauce piquante2  ». Ils n’apportaient pas de solution au problème, si problème il y a, mais expliquaient aux lecteurs du Times qu’en français le mot américain désignait les habitants des États-Unis de façon maladroite – n’y a-t-il pas aussi sur le continent « américain » des Canadiens, des Mexicains, des Argentins…? – et qu’un concurrent, états-unien, avait pris place à ses côtés, sans vraiment annoncer sa mort, puisque américain avait une légitimité historique.

Il aurait été audacieux de proposer autre chose que la cohabitation. Leur topo leur avait d’ailleurs valu des volées de bois vert des nombreux internautes qui fréquentent leur site. Beaucoup y décelaient une marque d’anti-américanisme, certains voyaient même se pointer la « machine de guerre altermondialiste ». Difficile de nier qu’états-unien dissimule mal une certaine réserve à l’égard des États-Unis. Récemment un animateur de Radio-Canada précisait en posant une question à son invité au sujet des relations Québec-Mexique : « J’emploie ici le mot américain au sens « noble ». » Il évoquait le continent. Américain au sens courant est presque péjoratif aux yeux de certains. Les correcteurs du Monde s’étaient défendus en affirmant que « les Québécois et les autres francophones canadiens utilisent depuis bien avant la naissance du mouvement altermondialiste le terme « états-uniens » ». C’était beaucoup nous prêter.

Mais l’article avait le singulier mérite de rappeler que le mot a été inventé au Québec il y a une soixantaine d’années, sans donner de source. Sa fréquence a d’ailleurs été plus élevée de ce côté-ci de l’Atlantique. Ce n’est pas étonnant : nous sommes les premiers concernés. Gaston Dulong le fait d’ailleurs figurer dans son Dictionnaire des canadianismes publié chez Larousse, ainsi que Sinclair Robinson et Donald Smith dans le Dictionnaire du français canadien, bien qu’étrangement ces derniers le classent dans la langue « populaire et familière ».

Le mot a eu une présence erratique dans les dictionnaires français depuis quelques décennies. Il a fait une première apparition, sans trait d’union, dans le Grand Larousse encyclopédique en 1961. Pierre Gilbert le notait dans son Dictionnaire des mots nouveaux en 19713. Il en avait trouvé trois occurrences, dont l’une de 1955 dans Esprit, les deux autres des années soixante. Dupré en recommandait l’emploi en 1972 dans l’Encyclopédie du bon français, « lorsque américain serait absurde et ambigu, et qu’on ne peut employer « des États-Unis », par exemple lorsqu’il y a un autre complément par de : la politique états-unienne d’aide à l’Amérique latine ». On ne peut pas dire que cet avis ait provoqué une révolution. Pourquoi d’ailleurs ne pourrait-on dire : la politique d’aide des États-Unis à l’Amérique latine?

Il est absent du Grand dictionnaire encyclopédique Larousse (le GDEL) publié en 1983, mais réapparaît en 1995 dans son successeur, le Grand Larousse universel. En 1985, la deuxième édition du Grand Robert le donnait encore comme rare. Aujourd’hui il figure à peu près partout, mais je note que le Petit Robert ne l’a pas gardé dans son édition de poche 2008.

Le Petit Robert le fait remonter à 1955. Il s’appuie sans doute sur la citation dénichée par Pierre Gilbert. Un traducteur du Bureau m’avait pourtant signalé que le mot avait été à la mode au Québec aux alentours de la Deuxième Guerre mondiale. Or dans une page d’archives reproduite par le Devoir en mai 2007, je suis tombé sur un article du 7 mai 1945 résumant une conférence d’André Laurendeau, qui déclarait dans un débat sur la langue :

« Vous auriez d’un côté une langue solidement assise, bien enracinée, parlée par huit millions de Canadiens et 140 millions d’États-Uniens, et comprise par trois millions et demi de Canadiens jadis d’expression française4… »

Un wikipédiste a trouvé une occurrence plus vieille encore, dans un article paru en 1942 dans la French Review, « La Vie Intellectuelle au Canada Français », sous la plume de Marine Leland :

« Le roman canadien-français ne peut se comparer, ni du point de vue de la qualité ni de celui de la quantité, à la poésie ou à l’histoire canadienne. Il ne peut se comparer non plus au roman états-unien5. »

Leland, une Franco-Américaine d’origine québécoise, était une éminente spécialiste des études canadiennes-françaises. D’après la page reproduite en fac-similé dans Internet, l’article avait d’abord paru dans Le Travailleur, un hebdo publié au Massachusetts. Le mot était donc connu des Franco-Américains, du moins dans les milieux intellectuels.

Mais la plus vieille référence est celle mentionnée par le Dictionnaire culturel en langue française, publié par les éditions Le Robert en 2005 sous la direction d’Alain Rey, qui a retracé états-unien dans un article d’André Laurendeau (encore lui!) paru en 1941, « L’Enseignement secondaire », sans préciser davantage la source. Il doit s’agir de L’Action nationale, dont Laurendeau était le directeur à l’époque.

Ces références montrent que le mot était en vogue dans les années 40. Pourtant, à ma connaissance, Bélisle ne le fera entrer dans son Dictionnaire général de la langue française au Canada qu’au moment de la deuxième édition en 1971, en le faisant précéder d’une petite fleur de lys pour indiquer que c’était un québécisme, avec l’exemple : la marine états-unienne. Son usage a sans doute été marginal, même pendant la guerre. Laurendeau lui-même était loin de l’employer systématiquement. Plus tard, dans un éditorial du Devoir du 16 mars 1955 portant sur les relations canado-américaines, il emploie exclusivement américain6. La vogue était passée, semble-t-il.

Plusieurs ont remarqué que le mot a repris du poil de la bête depuis l’an 2000. Certains pensent qu’il est revenu dans la foulée du 11-Septembre; c’est une possibilité. Il y a six ou sept ans, il était à peine employé. Si Robert Solé a pris la peine d’en parler dans une chronique de langue du Monde le 10 novembre 2003, pour dire que « le terme ne passe pas », c’est que le mot commençait à se rencontrer plus souvent tout en restant assez discret. Si on traçait un graphique de son emploi depuis le début, on verrait le terme monter, atteindre un plateau, descendre un peu plus tard, puis remonter tranquillement après une longue absence. On peut se demander s’il ne connaît pas un regain passager, avant de retomber à nouveau hors d’usage.

Bien des facteurs entrent en jeu. Il y a notamment le contraste entre l’usage québécois et l’usage français, et aussi celui entre les grands médias et les sources plus marquées politiquement, notamment sur le Web.

Prenons l’usage français. Pour le Monde, les moteurs de recherche relèvent dans les cinq dernières années une vingtaine d’articles où apparaît le terme (en tenant compte du féminin et du pluriel). Ce n’est pas beaucoup. En 2007, de janvier à la fin octobre, on n’en trouve que quelques-uns. Quand on restreint le domaine à lemonde.fr et à l’année écoulée, Google recense une centaine de pages, mais en regardant de près on verra que presque toutes les occurrences viennent de blogues ou de réactions d’abonnés à des articles, et non des journalistes maison. Dans les archives de L’Express, une dizaine en tout, et en 2007 deux seulement. Et tout comme dans le Monde, ces occurrences isolées sont écrasées par un millier d’américain. Tout se passe comme si, en France, états-unien avait essayé de se tailler une place dans les années 2002 à 2006, mais qu’il était déjà sur une pente descendante.

Du côté québécois, la fréquence est plus élevée, mais encore modeste toutes proportions gardées. Dans la Presse, le terme revient dans 200 articles de janvier à octobre 2007. Le chiffre est constant depuis quelques années. Dans le Devoir, si l’on interroge le moteur de recherche du site, on passe de quelques articles par année avant l’an 2000, à une soixantaine par année de 2001 à 2004, puis à une centaine de 2005 à 2007. J’ai noté plus précisément : 90 de janvier à octobre 2005, 90 de janvier à octobre 2006, et 105 de janvier à octobre 2007. Ce n’est pas une montée vertigineuse. De plus, il faut mettre ces chiffres en perspective : dans le cas de la Presse, américain apparaît dans plus de 20 000 articles par année. L’autre ne lui fait pas beaucoup d’ombre.

Et le mot revient souvent sous la plume des mêmes journalistes. À la Presse, Joneed Khan s’en est fait le champion. Il parle du président états-unien, du Congrès états-unien, du retrait états-unien d’Irak, du projet états-unien de Zone de libre-échange des Amériques. Il est frappant de voir que même lui n’a pas renoncé à américain : il a mentionné le Congrès américain en juillet dernier et le secrétaire d’État américain le 13 septembre. Moments d’inattention?

Dans les grandes encyclopédies électroniques comme l’Universalis ou Encarta, les occurrences se comptent sur les doigts de la main. Wikipédia renferme quelque deux mille états-unien, par exemple il est question de la « guerre de sécession états-unienne » à l’article sur le film Le bon, la brute et le truand. Mais ces états-unien font face à cent mille américain. En outre, un bon nombre d’entre eux viennent de pages où les collaborateurs poursuivent justement des discussions, parfois musclées, sur l’opportunité d’accepter le mot dans l’encyclopédie. C’est un peu la cour du roi Pétaud dans cette merveilleuse encyclopédie, mais il n’est pas du tout sûr que le mot s’y imposera.

C’est véritablement dans les médias et les sites contestataires ou militants qu’états-unien fleurit. Le réseau Voltaire, « réseau de presse non alignée », est exemplaire à cet égard : les rédacteurs l’emploient deux fois plus souvent qu’américain7. On le rencontre souvent sur le site des « Amis de la Terre », groupe de défense de l’environnement, et sur « Grand Soir », « un journal alternatif d’information militante ». Mais américain reste quand même plus fréquent : on continue de parler des élections américaines, on n’en est pas encore aux élections états-uniennes8.

Il ne fait pas de doute que le mot est marqué à gauche sur l’échiquier politique. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’oeil sur le journal communiste français L’Humanité : 118 occurrences d’états-unien en 2007, un net contraste avec le reste de la presse française. Mais la pente n’est pas à pic là non plus : 127 occurrences en 2005, 105 en 2006 – contre des milliers d’américain9. On s’attendrait à le rencontrer souvent dans les pages de publications comme Courrier international, mais l’une des rares occurrences que j’y ai trouvées apparaissait dans un article reproduit du Devoir10!

Je note enfin qu’un wikipédiste a affirmé que le mot figurait dans certains manuels scolaires de géographie.

On peut résumer la situation comme suit. Dans la presse en général, le terme s’est mis à grimper des deux côtés de l’Atlantique il y a quelques années, pour atteindre assez vite un plateau. Il semble avoir déjà amorcé sa descente en France. Il reste plus fréquent chez nous, mais il serait exagéré de dire qu’il a le vent dans les voiles. Pour le reste, l’usage est assez circonscrit. En fait, l’avenir du terme dépendra en grande partie de l’influence qu’exerceront des sites comme ceux que j’ai mentionnés, et ils ne sont pas négligeables, ainsi que de la détermination des blogueurs et autres internautes à l’employer. Il faut avouer que cinquante ans d’allées et venues dans les dictionnaires et une fréquence encore relativement faible dans l’usage lui donnent un peu l’air d’un néologisme attardé. Mais qui sait, peut-être que la diffusion de l’article du New York Times et le blogue du Monde lui donneront un nouvel élan. Avec Internet les choses peuvent changer vite.

Il faudrait quand même toute une rééducation pour en généraliser l’emploi. Pensons à tout ce qu’il faudrait rebaptiser. Ne dites pas : la guerre américano-mexicaine, dites : la guerre mexicano-états-unienne. Ne dites pas : la révolution américaine, les relations canado-américaines, le vin américain, etc. Dites : l’armée états-unienne, les Noirs états-uniens, Je me suis acheté une voiture états-unienne. Et n’oublions pas les cinquante États états-uniens.

Nul ne contestera que la logique plaide pour états-unien. Mais en face il y a l’histoire, l’usage, la langue, l’euphonie, les habitudes. C’est beaucoup. Pour être efficace, il faudrait en même temps intensifier l’emploi géographiquement correct d’américain, ce qui ferait surgir l’ambiguïté de partout. Remarquons que les États-Uniens continueraient d’être des Américains – comme nous! Combien parmi nous sont prêts à se définir comme « Américains »? On peut prédire une certaine résistance. De plus, s’il y a un brin d’anti-américanisme dans la promotion d’états-unien, forcément il sera lui aussi péjoratif. C’est comme si on remettait chaque fois sous le nez des Américains la carte du continent.

Plusieurs ont rappelé qu’il serait abusif d’accuser ces derniers de s’être appelés ainsi à cause de prétentions hégémoniques. Comme le rappelle le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, ils ont formé leur gentilé à partir du nom de leur pays, États-Unis d’Amérique, de la même manière que, plus tard, les Mexicains à partir d’États-Unis du Mexique.

Il faut revenir au point de départ et se demander où est le problème. Nous arrive-t-il souvent de rester perplexes parce que le mot américain devant nos yeux est ambigu? Prend-on les Canadiens pour des habitants des États-Unis? Paul Roux a répondu à la question dans son blogue « Les amoureux du français » sur le site de la Presse le 9 novembre 2006 :

« [l’appellation américain] n’est pas non plus confondante. Lorsqu’on parle des Américains, on sait bien qu’il ne s’agit pas des Canadiens ou des Mexicains. Le français dispose d’ailleurs du terme Nord-Américain, qui englobe tous les habitants de l’Amérique du Nord, et du terme Sud-Américain, qui désigne ceux de l’Amérique du Sud. »

Les Américains en ont attrapé eux-mêmes un complexe et ont cherché d’autres noms. L’Encyclopedia4u.com résume ainsi le problème :

« As many people from the various nations throughout the New World consider themselves to be « Americans », some people think the common usage of « American » to refer to only people from the U.S. should be avoided in international contexts where it might be ambiguous. Many neologisms have been proposed to refer to the United States instead of « American ». However, they are virtually unused, and most commentators feel that it is unlikely that they will catch on. »

Quelques exemples des termes qui ont été proposés au fil du temps : Usian, Usanian, USAian, Usonian, Columbard, Fredonian, United Statesian, Colonican, U-S-ian, USAn, etc.

Du côté espagnol, la situation est bien différente. Le Diccionario Panhispánico de Dudas de la Real Academia Española, qui recueille l’usage de l’ensemble des pays hispanophones, recommande d’employer estadounidense, et non americano, pour désigner nos voisins du Sud. Dans son Diccionario de la Lengua Española, l’académie précise que estadounidense veut dire « Natural de los Estados Unidos de América », tandis que americano est défini comme « Natural de América ». Mais il est normal que le monde hispanophone et les Latino-Américains en particulier soient plus sensibles à l’emploi du mot americano. Estadounidense est aussi très euphonique. On m’a fait remarquer par ailleurs que l’agence de presse espagnole EFE, qui recommande aussi l’emploi de estadounidense dans son vade-mecum, incline à penser que norteamericano reste plus fréquent dans l’usage (« Norteamericanos es tal vez el más usado, si bien no es el más preciso11 »). Norteamericano? On dirait que, vu d’Europe ou d’Amérique latine, le Canada se retrouve toujours dans un angle mort12.

NOTES

REMARQUE

Après la date de tombée de cet article, j’ai relevé sur le site de L’Action nationale, qui reproduit maintenant le contenu complet de ses numéros depuis 1933, une occurrence d’états-unien dans un article d’octobre 1934, « La radio », signé par Arthur Laurendeau. Un article de 1936 attribue la paternité du mot à Paul Dumas, membre du mouvement Jeune-Canada. Le mot revient dans une soixantaine d’articles de 1934 à 1945. Ensuite il apparaît de façon plus éparse. – J. D.

Voir aussi:

Etats-Uniens

Langue sauce piquante

Le blog des correcteurs du Monde

Le continent américain est vaste, et il est tout de même étrange de faire d’un pays un continent, répondions-nous à un lecteur abonné et étonné de lire dans la lettre matinale du Monde.fr (baptisée « Check-List ») le terme « Etats-Uniens » pour désigner les habitants… des Etats-Unis. Et nous ajoutions : « Il ne faut pas voir dans le choix de ce terme la patte de l’altermondialisme ou une marque d’anti-américanisme. Car parler des ‘Américains’ pour désigner les seuls habitants des Etats-Unis, cela ne fait-il pas aussi Grand Satan ? » Martine Jacot, journaliste au Monde et ancienne correspondante du journal à Montréal, rappelle que « les Québécois et autres francophones canadiens utilisent depuis bien avant la naissance du mouvement altermondialiste le terme ‘états-uniens’ ». Si l’on persiste à appeler « Américains » les Etats-Uniens, il faudra alors faire de même pour les Mexicains par exemple, puisque géographiquement parlant, le Mexique fait partie de l’Amérique… du Nord.

Reconnaissons qu’ »Etats-Uniens » a contre lui la coalition de deux mots renforcés par une div’, un combat inégal avec la puissance toute nue du Ricain.

Voir également:

Canada. “Anglos” et “francos”, compatriotes malgré tout

Josée Blanchette
Le Devoir – Montréal
02/03/2005

Chaque samedi, une chaîne anglophone diffuse une émission sur le Québec présentée par une chanteuse à la mode. L’occasion pour une chroniqueuse du Devoir de s’interroger avec humour sur l’identité canadienne

Pauvre Mitsou. Une partie des médias s’acharne sur son cas parce qu’elle représentera tout le Canada français le samedi soir sur la CBC [télévision publique canadienne anglophone]. L’émission [destinée à présenter l’actualité du Québec aux anglophones] s’intitule Au Courant…
et la moitié du bottin de l’Union des artistes a été sollicitée pour animer cette vitrine de nos mœurs et de notre culture à l’intention du ROC (rest of Canada).
Allez comprendre quelque chose aux “anglos”. Ils éprouvent un je-ne-sais-quoi devant les avantages de Mitsou. Why not, coconut ? She’s so French ! A mon avis, il faut tirer parti de cet émoi visuel et simplement aiguiller l’aiguillon en aidant Mitsou à mieux représenter les “francos” du Canada. Elle est charmante, son sourire ferait craquer la Joconde, elle va faire grimper les cotes d’écoute et c’est ce qu’on attend d’une émission, même plate. Comme animatrice, elle s’inscrit parfaitement dans la tendance télévisuelle des émissions d’information : format sexy et contenu mou. De la part d’un pays qui subventionne les danseuses roumaines, donne sa bénédiction au mariage homosexuel et paie des pushers [revendeurs] de marijuana à des fins médicales, il ne faut pas s’attendre à beaucoup plus de sérieux.
Mitsou devra d’abord apprendre à connaître ceux à qui elle s’adresse, l’autre solitude [“les deux solitudes” est l’expression consacrée pour désigner les francos et les anglos au Canada], et s’abonner à Canadian Geographic. Les Canadiens du ROC sont aussi différents de Terre-Neuve à Vancouver qu’un Gaspésien peut l’être d’un Cayen. L’ancien Premier ministre Mackenzie King disait que certains pays avaient trop d’histoire et que le Canada avait trop de géographie. Du moins, c’est un pays horizontal. En général, les Canadiens sont fiers de l’être et ne comprennent pas l’indifférence, entretenue ou viscérale, à l’endroit de l’unifolié [le drapeau national, avec sa feuille d’érable].
Un journaliste de la CBC m’a appelée “from Toronto” l’autre jour pour me demander de lui résumer de quelle façon je me sentais canadienne.
“Mais d’aucune façon ! Le programme des commandites [programme fédéral destiné à promouvoir le Canada auprès des Québécois, qui s’est terminé par un scandale] a été un échec, faut croire !
— Vous n’êtes pas fière de [l’astronaute] Julie Payette ? a-t-il insisté.
— J’espère que ses parents le sont. Pas moi. Je n’ai rien à voir là-dedans. D’ailleurs, je n’ai rien à voir dans le fait que mes propres parents aient baisé au Canada plutôt qu’au Tibet pour me concevoir.”

Six fuseaux horaires multiculturels

Les Canadiens ont bien des marottes, dont celle de visiter leur pays et de traverser ses six fuseaux horaires en entier, a mari usque ad mare [de la mer à la mer]. Ils ne le feront probablement jamais, mais c’est une façon de montrer qu’ils tiennent très fort à leur peu d’attachement les uns pour les autres. Ça, je l’ai puisé dans mon guide de voyage préféré en terre canadienne : Xenophobe’s Guide to the Canadians. La mosaïque culturelle qui nous tient lieu de pays y est dépeinte avec beaucoup d’éloquence.
On y apprend que nos obsessions nationales sont le hockey et la feuille d’érable (que bien des Etats-Uniens épinglent sur leur sac à dos lorsqu’ils voyagent), que les maisons canadiennes sont équipées de deux portes d’entrée, voire d’une troisième qui ferme le vestibule, et que les Canadiens sont extrêmement polis. On a même retrouvé une femme Alzheimer errant à Los Angeles. Les policiers ont déduit qu’elle était canadienne parce qu’elle s’excusait lorsqu’on lui marchait sur les pieds.
On ajoute aussi que le ROC a peur de perdre le Québec à cause de toutes ces années à bûcher pour apprendre le français. Oh yeah ? Call me stupid ! Et, plus que tout, les Canadiens ne sont pas des Etats-Uniens, même si 90 % de la population vit à moins de 300 kilomètres de la frontière. [Le Premier ministre] Paul Martin est un béni-oui-oui qui couche avec un éléphant [le symbole des républicains américains], c’est tout. En raison de son multiculturalisme, la devise du Canada est : “Take the best, leave the rest” [Prenons le meilleur, laissons le reste].
Quelques sujets qui plairont aux anglos :
– La poutine [plat typique composé de frites, de sauce brune et de cheddar] au foie gras du restaurant Au pied de cochon. Même la poutine peut être snob et le foie gras prolo.
– Comment traverser un passage piétonnier sans se faire tuer à Montréal. “Vive la différence !” – Notre cidre de glace, qui figure même sur la carte des vins du George V à Paris. Those crazy French !
– Référendum : la seule fois que les Québécois ont voté oui, c’était en 1919, pour savoir si la prohibition devait prendre fin. La seule fois qu’ils étaient sobres pour y répondre, aussi…
– Le Québec, dernier cendrier du Canada. Notre attachement viscéral au mégot et à la fumée secondaire.
– L’avortement, en hausse constante au Québec : 30 000 l’an dernier (contre 73 000 naissances). Notre mort la plus certaine et notre peu d’enthousiasme à nous reproduire au Canada.

Voir de même:

The trouble with Americans
John Ryle
The Guardian
7 September 1998

A reader in Ecuador takes me to task for my use of the word ‘American’. Why, asks Lincoln Reyes, is it routine to use this word, without qualification, as a synonym for ‘citizen of the United States’ when the majority of Americans, properly speaking, are not from there, but from other countries in North, South or Central America? If you are a Latin American like him, he says, it is galling to be consistently written out of the geography of the continent that gave you birth. No wonder people regard the US as imperialist, when it appropriates the entire hemisphere for its own exclusive domain name. How do I think it feels to be Mexican, Chilean or Canadian, confronted every day with such linguistic chauvinism? What I think is that Mexicans and Canadians have got used to it. They’ve had to. It is not impossible to change the name of a country. (Where, we may ask, are the Zaires of yesteryear?) But renaming the most powerful country in the world is not on the agenda. When Osama bin Laden declares war on ‘America’, we know he does not include Ecuador or Mexico. The usage is worldwide and unlikely to change. This column, though, has never been one to turn its back on lost causes. So let us ask why it is that, in an age of political correctness, of sedulous public avoidance of terms that can cause offence to nations and ethnic groups, America has been exempted from reproach? The US is the home of political correctness. What Lincoln Reyes is suggesting is that it take a dose of its own medicine. Does the US have some proprietorial claim on the name of the continent it occupies? Some kind of historical precedence? Not at all. Amerigo Vespucci was an Italian who almost certainly never set foot in North America. He did explore the coast of South America, however, and in the 16th century a German cartographer named the southern part of the continent after him; only later was the term extended to include the north. So the US calling itself ‘America’ is something like South Africa calling itself ‘Africa’, or the Federal Republic of Germany ‘Europa’. Even the phrase ‘United States’ is not the preserve of the authors of the US Constitution: Brazil’s official name is the United States of Brazil.

Luckily, since there’s no other claimant for the name ‘Brazil’, it is seldom used. Even Lincoln Reyes would permit the USA to call itself the United States. But there is a problem when it comes to US citizens. United Statespersons? Usanians? Hardly. If we are to follow the Reyes Rule we will have to refer to them as ‘people from’ or ‘citizens of’ the US. Both take up a lot of breath. Since we talk about the US so much, we need short words and synonyms to avoid monotony. And synecdoche to avoid redundancy: ‘Washington’ is used to stand for the US government and ‘America’ stands for the country itself – the whole represents the part. But it seems there is no figure of speech that can produce a concise and acceptable term in English for its inhabitants.

There’s a word in Spanish, estadounidense, but it is hard to get your tongue around. ‘Gringo’, of course, is the word most Spanish speakers use. But apart from its pejorative overtones, the word ‘gringo’ is not specific enough. Canadians are gringos; and you and I, if we are anglophone, are probably gringos too, whether we are white or black or brown.

Contrariwise, in some parts of South America ‘gringo’ is used for anyone, even a native, who is fair in colouring. What about ‘yanqui’? It is also pejorative, of course. And the word means something different and more specific within the US. The use of ‘yanqui’ in South America is a reversal, in fact, of the rhetorical move that enshrines ‘American’ as a synonym for US citizen. Where people in the US, in calling themselves Americans, have taken the whole for the part; Spanish speakers, in borrowing ‘yankee’ for a New Englander, and extending it to the whole of the United States, have used the part for the whole. The negative connotation of ‘yanqui’ in Spanish reflects the distaste for US hegemony that my Ecuadorian correspondent exemplifies. ‘Yankee’, its equivalent in British English, has a weird, jocular air. We haven’t used ‘yank’ for yonks. It belongs with ‘Old Blighty’ and ‘Johnny Foreigner’. If political correctness does not proscribe such terms, good taste surely does.

Let us, then, register Lincoln Reyes’s proposal. But someone from a country that calls itself Ecuador may not be in a very strong position to object to the appropriation of geography in the cause of national identity. There are other countries that lie on the Equator; any of them could claim the name for their own. I don’t suppose people in Equatorial Guinea are too upset about Ecuador’s bid for nominal rights over the noughth parallel, but if Lincoln Reyes is serious about curtailing US linguistic imperialism, he may have to look at changing the name of his own country as well.

Voir de plus:

Caleb Gayle
Time
July 13, 2020
Caleb Gayle is a writer and author of forthcoming book, Cow Tom’s Cabin (under contract with Riverhead Books), a narrative account of how many Black Native Americans, including Cow Tom’s descendants, were marginalized by white supremacy in America

When I was growing up in Tulsa, my teachers would move quickly from the Trail of Tears that began in the 1830s to the oil boom in Oklahoma of the first half of the 20th century. During the early 19th century, the state of Oklahoma became the destination for Native American Nations who were forcibly removed from the south and southeastern United States, but no one drew a straight line from the marginalization of Native Americans to white men’s accumulation of land on which they could profit. The way history was taught, I assumed that the devastation happened so many years ago that it wasn’t relevant. I even had one teacher mention that Native Americans were “standing in the way of progress.” I didn’t know that that teacher was echoing the sentiments of the namesake of the town, Bixby.

Over the past month, I have been spellbound by the actions of activists determined to compel America to confront the ugliness of its past. The protests at the Emancipation Memorial, the removal of Teddy Roosevelt’s statue in New York, and now even the bold calls for rethinking Mount Rushmore on the site of Lakota land reveal that our country has more learning to do about what we choose to glorify. But last week, as many celebrated the Supreme Court’s ruling that Oklahoma—almost half of it at least—belongs to the jurisdiction of the Muscogee (Creek) Nation, I have also been thinking about the relics of our past that are so ingrained in our present that we misremember our history. One such relic is the names of the very places in which we live.

Tams Bixby, a Minnesotan, became chairman of something called the Dawes Commission in 1903, as its founder Henry Dawes took ill. “Henry Dawes may have given the commission its name, but Tams Bixby defined its character and would serve as its leader during the critical period of enrollment and allotment, and he would make the daily decisions that affected the life and future of all of the people in Indian Territory,” Kent Canter wrote in the Dawes Commission And the Allotment of the Five Civilized Tribes, 1893-1914.

The Dawes Commission was a government body designed to persuade the Creek, Cherokee, Seminole, Chickasaw and Choctaw Nations (once called the Five Civilized Tribes) to abandon the communal land ownership system they had long used and to divide the land into allotments that would belong to individuals. In order to complete that process, the commission had to determine who belonged to each tribe, a question Dawes and then Bixby sought to answer using ancestral bloodlines. But, as Sandy Grande, director of the Center for the Critical Study of Race and Ethnicity at Connecticut College, wrote in Red Pedagogy: Native American Social and Political Thought, “Since there was no ‘scientific’ means of determining precise bloodlines, commission members often ascribed blood status based on their own racist notions of what it meant to be Indian—designating full-blood status to ‘poorly assimilated’ Indians and mixed blood status to those who most resembled whites.” The decisions, made by the commission and not by members of the tribe, determined who got which land, and still have ramifications for tribal membership today. Crucially, any land left over once the tribal territories were divided would be available for the U.S. government, and in turn to white settlers. This process would lead to these Nations losing more than 100 million acres of land—land they were promised would be theirs and theirs alone.

Until I started writing a book about the history of Black citizens of the Creek Nation, I did not know that the town of Bixby, on the outskirts of my childhood home, was named in honor of the man who led this devastating effort. My teachers never told me about him, likely because they weren’t given the chance to weigh the full measure of history either.

On July 3, in the shadow of Mt. Rushmore, President Trump said, “As we meet here tonight there is a growing danger that threatens every blessing our ancestors fought so hard for.” He then doubled down, saying, “Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values and indoctrinate our children.”

Children are being indoctrinated, but not in the way Trump suggests. Instead, they are being fed an uncomplex version of history—one that minimizes the experiences of those on the margins to turn white men who did evil things into heroes. The name Bixby had become so common in my area that we didn’t think about where it came from. That’s why we tear down, rename and rethink. We do it to tell the whole story, not just the parts that make us feel good. Perhaps we need to do this not just for statues and monuments and schools and sports teams but for cities and counties too. Perhaps we should begin again with the full weight of history upon which we stand.

It’s not just Bixby, of course. In Oklahoma, Jackson County is named for Confederate General Stonewall Jackson, while Roger Mills County is named for Roger Q. Mills, a U.S. senator who served in the Confederate Army and had ties to the Ku Klux Klan. I’ve driven through both of them without even thinking about the origins of their names. Likewise, Stephens County, Texas, was named after Alexander Stephens, the Vice President of the Confederate States, and his boss, Jefferson Davis, has counties named in Texas, Georgia and Mississippi as well as a parish in Louisiana. People who marginalized and oppressed didn’t just affect those who lived at the time–Bixby’s actions, along with so many others’, caused the Creek Nation to lose the jurisdictional power they just, in part, won back–and the places that bear their names should no longer remain without scrutiny.

History demands that we remember all of it or it isn’t true history at all.

When I was growing up in Tulsa, my teachers would move quickly from the Trail of Tears that began in the 1830s to the oil boom in Oklahoma of the first half of the 20th century. During the early 19th century, the state of Oklahoma became the destination for Native American Nations who were forcibly removed from the south and southeastern United States, but no one drew a straight line from the marginalization of Native Americans to white men’s accumulation of land on which they could profit. The way history was taught, I assumed that the devastation happened so many years ago that it wasn’t relevant. I even had one teacher mention that Native Americans were “standing in the way of progress.” I didn’t know that that teacher was echoing the sentiments of the namesake of the town, Bixby.
Over the past month, I have been spellbound by the actions of activists determined to compel America to confront the ugliness of its past. The protests at the Emancipation Memorial, the removal of Teddy Roosevelt’s statue in New York, and now even the bold calls for rethinking Mount Rushmore on the site of Lakota land reveal that our country has more learning to do about what we choose to glorify. But last week, as many celebrated the Supreme Court’s ruling that Oklahoma—almost half of it at least—belongs to the jurisdiction of the Muscogee (Creek) Nation, I have also been thinking about the relics of our past that are so ingrained in our present that we misremember our history. One such relic is the names of the very places in which we live.
Tams Bixby, a Minnesotan, became chairman of something called the Dawes Commission in 1903, as its founder Henry Dawes took ill. “Henry Dawes may have given the commission its name, but Tams Bixby defined its character and would serve as its leader during the critical period of enrollment and allotment, and he would make the daily decisions that affected the life and future of all of the people in Indian Territory,” Kent Canter wrote in the Dawes Commission And the Allotment of the Five Civilized Tribes, 1893-1914.
The Dawes Commission was a government body designed to persuade the Creek, Cherokee, Seminole, Chickasaw and Choctaw Nations (once called the Five Civilized Tribes) to abandon the communal land ownership system they had long used and to divide the land into allotments that would belong to individuals. In order to complete that process, the commission had to determine who belonged to each tribe, a question Dawes and then Bixby sought to answer using ancestral bloodlines. But, as Sandy Grande, director of the Center for the Critical Study of Race and Ethnicity at Connecticut College, wrote in Red Pedagogy: Native American Social and Political Thought, “Since there was no ‘scientific’ means of determining precise bloodlines, commission members often ascribed blood status based on their own racist notions of what it meant to be Indian—designating full-blood status to ‘poorly assimilated’ Indians and mixed blood status to those who most resembled whites.” The decisions, made by the commission and not by members of the tribe, determined who got which land, and still have ramifications for tribal membership today. Crucially, any land left over once the tribal territories were divided would be available for the U.S. government, and in turn to white settlers. This process would lead to these Nations losing more than 100 million acres of land—land they were promised would be theirs and theirs alone.
Until I started writing a book about the history of Black citizens of the Creek Nation, I did not know that the town of Bixby, on the outskirts of my childhood home, was named in honor of the man who led this devastating effort. My teachers never told me about him, likely because they weren’t given the chance to weigh the full measure of history either.
On July 3, in the shadow of Mt. Rushmore, President Trump said, “As we meet here tonight there is a growing danger that threatens every blessing our ancestors fought so hard for.” He then doubled down, saying, “Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values and indoctrinate our children.”
Children are being indoctrinated, but not in the way Trump suggests. Instead, they are being fed an uncomplex version of history—one that minimizes the experiences of those on the margins to turn white men who did evil things into heroes. The name Bixby had become so common in my area that we didn’t think about where it came from. That’s why we tear down, rename and rethink. We do it to tell the whole story, not just the parts that make us feel good. Perhaps we need to do this not just for statues and monuments and schools and sports teams but for cities and counties too. Perhaps we should begin again with the full weight of history upon which we stand.
It’s not just Bixby, of course. In Oklahoma, Jackson County is named for Confederate General Stonewall Jackson, while Roger Mills County is named for Roger Q. Mills, a U.S. senator who served in the Confederate Army and had ties to the Ku Klux Klan. I’ve driven through both of them without even thinking about the origins of their names. Likewise, Stephens County, Texas, was named after Alexander Stephens, the Vice President of the Confederate States, and his boss, Jefferson Davis, has counties named in Texas, Georgia and Mississippi as well as a parish in Louisiana. People who marginalized and oppressed didn’t just affect those who lived at the time–Bixby’s actions, along with so many others’, caused the Creek Nation to lose the jurisdictional power they just, in part, won back–and the places that bear their names should no longer remain without scrutiny.
History demands that we remember all of it or it isn’t true history at all.

Voir encore:

There’s a Word for People Like You
Martine Rousseau and Olivier Houdart
The New York Times
July 6, 2007

Paris
WHAT is the proper term to refer to those of you who live in the United States of America? The word “American” is so deeply embedded in your nation’s identity that it may seem curious to you that there could be any discussion about it, but some people — in Latin America, for example — find it offensive, while others, including some in France, simply find it imprecise.

“Américain” (in French the ethnonym is capitalized, the adjective is lower case) is a word with many meanings, depending on context: “américains” applies to all Américains (from the United States), yet all Américains (from North and South America) are not necessarily américains.

That’s why “Américain,” which first appeared in French as early as the 16th century and is applicable to groups other than just the inhabitants of the United States (in contrast to Canadien, Mexicain, Argentin, etc.), has a certain unsatisfactory quality about it, and it would be preferable to find something more precise. The French do use certain diminutives — like “Ricains” (first attestation in 1918), “Amerlos” (1936) and “Amerloques” (1945) — that refer to only the United States, but the news media can’t use them; they aren’t necessarily hostile but they did take on a pejorative tinge during the cold war.

Helpfully, though, in Quebec about six decades ago the word États-Unien, derived from the French for United States, États-Unis, was born. Its spread was modest at first, but today it’s frequent in the news media, and there’s even a radio program here that uses it exclusively. In ordinary conversation, though, the French still say “Américains.” A recent occurrence of “États-Uniens” (though far from the first) on the Web site of our newspaper, Le Monde, provoked the ire of readers who saw anti-American and anti-globalist sentiment behind it.

When we published a note on our language blog defending the use of États-Uniens — the word is neither pretty nor musical, but it answers a certain need — we had an outpouring of responses. They ranged from absolute opposition to the word (because of its supposed anti-Americanism, its ugliness, its snobbishness, its sarcastic tone, its lack of usefulness for anyone but academics — and because it sounds like space aliens) to enthusiastic approval, notably as a counter to the “imperialist” appropriation of a whole continent by one country’s ethnonym.

Readers also suggested similar terms that they considered more melodic, like Usaniens or Usiens (following the example of the Greek word Usanos, derived from U.S.A., even though those initials are actually the equivalent of I.P.A. in that language).

One reader even declared, “The United States of America is the only country in the world that doesn’t have a name: the first two words define its political organization, the last the continent it sits on.” That doesn’t seem entirely fair: while the United States at least mentions a continent, the old Soviet Union had no geographic anchorage at all.

As for us, although we’d be delighted to be the founders of a new linguistic mandate, we find that Américain has historical legitimacy, while États-Unien, its challenger, solves a lexical problem — indeed, they complement each other and we should let the two of them cohabit. Besides, we can then prove wrong Pierre Bayle, the great French historian of the 17th century, who wrote that as in nature, “the birth of one word is usually the death of another.” Therefore we say, during the week of your national holiday, vive l’Américain — and l’États-Unien.

Voir par ailleurs:

« L’Occident est imparfait et à parfaire, il n’est pas à détruire »

L’antiracisme ne doit pas devenir « un acte de vandalisme », juge l’écrivain Kamel Daoud dans une tribune au « Monde ». A vouloir juger l’Occident coupable de tout, on risque de donner naissance à une « barbarie de revanche ».

Kamel Daoud

Le Monde

22 juin 2020

Tribune. Faut-il détruire l’Occident ? Le mettre à feu et à sang pour mieux le reconstruire ou mieux le piétiner dans ses ruines ? Cette géographie, qui participe autant de l’histoire que des imaginaires, partage les avis et divise les ardeurs des anti-tout qui y habitent. Entre ceux qui y craignent la fin du monde et ceux qui la veulent, ceux qui la fabriquent et ceux qui la redoutent. Collapsologues, écologistes messianiques, antiracistes radicaux, populistes, tiers-mondistes nostalgiques et populistes du victimaire, ardents de la « souche » et racialistes inversés : ils sont foule et la foule fait désormais effet d’armées.

On aura beau le nier et le relativiser, il y a déjà un instinct de mort dans les airs de la révolution totale imaginée par chacun. L’Occident étant coupable par définition selon certains, on se retrouve non dans la revendication du changement mais, peu à peu, dans celle de la destruction, la restauration d’une barbarie de revanche.

Un espace de liberté

Les raisons ? Elles sont diverses. La colère longtemps tue, la culpabilité chez les élites occidentales « de souche », la fin d’un sursis obscur donné aux démocraties traditionnelles, les populismes rageurs et les réseaux sociaux. Il ne faut jamais oublier qu’Internet a réveillé les foules comme le firent les imprimeries il y a des siècles, ou les papyrus il y a si longtemps. On ne change pas de moyens d’impression et de diffusion sans changer la manière de faire les révolutions ou de réveiller les foules. Les armuriers viennent après les écrans, pas avant, rappelons-le.

De fait, il y a comme une convergence des luttes pour la meilleure fin d’un monde : victimaires, antiracistes, mais aussi masochistes intellectuels et sceptiques professionnels, suprémacistes et défaitistes esthètes. Le vœu de changer l’Occident se retrouve contaminé, profondément, par celui de le voir mourir dans la souffrance. Et, dans l’élan, on gomme cette conséquence suicidaire que par sa mort on se tuera soi-même, on tuera le rêve d’y vivre ou d’y aller par chaloupes ou par avions, on tue le seul espace où il est justement possible de crier sa colère.

« Sur les colères d’aujourd’hui se greffent trop de radicalités pour qu’on puisse éviter la violence si on continue dans le même aveuglement »

D’ailleurs, le fait même de défendre l’Occident comme espace de liberté, certes incomplète et imparfaite, est jugé blasphématoire dans cette nouvelle lutte des classes et des races. Il est interdit de dire que l’Occident est aussi le lieu vers où l’on fuit quand on veut échapper à l’injustice de son pays d’origine, à la dictature, à la guerre, à la faim, ou simplement à l’ennui. Il est de bon ton de dire que l’Occident est coupable de tout pour mieux définir sa propre innocence absolue. L’Occident sera alors crucifié pour notre salut à tous en quelque sorte, confondu, dans le même corps blanc, dans une trinité horizontale, avec les deux autres voleurs à la gauche et à la droite de ce Christ géant.

Erreurs et illusions coûteuses. L’Occident est à la fois coupable et innocent. Or, tuer un coupable ne brise pas la chaîne de la douleur. Elle fait échanger les robes des victimes et des bourreaux. On le sait tous, et c’est une banalité utile à remémorer.

Il est urgent de rappeler que sur les colères d’aujourd’hui se greffent trop de radicalités pour qu’on puisse éviter la violence si on continue dans le même aveuglement. Brûler l’Occident, ce rêve si facile qu’Internet et ces militants agitateurs des réseaux commercialisent en guise de « néopureté » et de légitimité, est une erreur qui aura de lourdes conséquences. On se retrouvera, dans quelques décennies, à vivre dans ces champs nus, à construire la barbarie qu’on a cru dénoncer.

Ne pas confondre antiracisme et vandalisme

Ces procès anti-Occident à la soviétique, si faciles et si confortables, à peine coûteux quand on ne vit pas dans la dictature qu’on a fuie, menés par les intellectuels du sud en exil confortable en Occident ou par des fourvoyés locaux sont une impasse, une parade ou une lâcheté. Ils n’ont ni courage, ni sincérité, ni utilité. Il n’est même plus besoin de relire les insanités d’un journaliste qui a fui son pays du Maghreb il y a vingt ans, se contentant de dénoncer la dictature « locale » sans y mettre les pieds, tout en passant son temps à fustiger les démocraties qui l’ont accueilli. La règle de ce confort est qu’il est plus facile de déboulonner la statue d’un tyran, au nord, sous les smartphones, que de déboulonner un vrai tyran vivant au « sud ». Et il n’est pas même utile de répondre à ceux qui, lorsque vous tenez ces propos pourtant réalistes, vous accusent de servilité intellectuelle.

Monstrueux quand il a faim, selon l’expression d’un internaute, injuste et au passé vandale, beau, fascinant dans la nuit du monde, nimbé dans le rêve et le fantasme pour le migrant, vertueux par une démocratie inachevée, hypocrite à cause de sa prédation des ressources, son passé colonial tueur, inconscient et heureux, l’Occident est ce qu’il est : imparfait et à parfaire. Il n’est pas à détruire. Ceux qui en rêvent sont ceux qui n’ont pas su avoir de rêve meilleur que la barbarie de revanche, pas su dépasser des rancunes intimes.

C’est, à mon avis, ce qu’il faut rappeler pour éviter aux colères justes des assouvissements faciles et détestables. L’antiracisme est un combat juste. Il ne doit pas devenir un acte de vandalisme intellectuel ou de désordre dans ce monde si fragile. Son but est un avenir meilleur, pas un passé aveuglant. Pour tous. Telle est ma conviction.

Kamel Daoud est écrivain et journaliste. Il est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014, prix Goncourt du premier roman en 2015), et de Le Peintre dévorant la femme (Stock, 2018). Il tient une chronique au Monde des religions depuis janvier 2019.

Voir enfin:

Kamel Daoud – Déboulonner n’est pas construire

Racisme, antiracisme, autodafé et révisionnisme culturel : attention danger. En sortir n’est posible que grâce à une pédagogie de la mémoire.

Kamel Daoud

 Le Point
Il faut garder à l’autodafé ses racines : jugement, inquisition, acte de foi, pénitence publique, exécutions d’hérétiques. Il faut encore une fois le rappeler pour alerter des esprits : on ne brûle pas de livres, on ne censure pas des œuvres, on ne déboulonne pas des statues uniquement parce qu’on a raison, mais parce qu’on le croit absolument. Ce qui suffit pour se tromper avec enthousiasme et inaugurer de nouveaux tribunaux d’opinion. Car, avec le grand élan de l’antiracisme, l’autodafé est de retour. On l’a connu, il y a quelques décennies, d’abord sous forme d’un fascisme (ou totalitarisme) qui brûle des livres, puis un demi-siècle après sous celle d’un livre (sacré) qui brûle le monde, aujourd’hui il se fait au nom d’une cause juste avec quelques effets mauvais : celle de la lutte contre le racisme dont certains profitent pour revisiter la littérature et les représentations, mais avec des torches incendiaires et pas avec des consciences calmes.

Guerre culturelle: L’Amérique a la rage – et c’est nous qui lui avons donnée ! (From Plato to NATO, Western Civ has got to go: Was it the course in Western civilization or Western civilization itself that had to go ?)

4 juillet, 2020

From Plato to NATO: The Idea of the West and Its Opponents: Gress ...https://mobile.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L768xH1047/French_Theory-b41ed.jpg

The star athlete and activist took to Twitter to share the powerful rejection, along with a video of actor James Earl Jones reciting Frederick Douglass's renowned speech 'What to the Slave Is the 4th of July?'
Pres. Trump to visit Mt. Rushmore for July 4th - CBSN Live Video ...
President Trump at Mount Rushmore on Friday.Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le rérduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Attention, l’Amérique a la rage (…) La science se développe partout au même rythme et la fabrication des bombes est affaire de potentiel industriel. En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement essayé d’arrêter les progrès de la science. (…) Vous nous avez déjà fait le coup avec Sacco et Vanzetti et il a réussi. Cette fois, il ne réussira pas. Vous rappelez-vous Nuremberg et votre théorie de la responsabilité collective. Eh bien ! C’est à vous aujourd’hui qu’il faut l’appliquer. Vous êtes collectivement responsables de la mort des Rosenberg, les uns pour avoir provoqué ce meurtre, les autres pour l’avoir laissé commettre. Jean-Paul Sartre (« Les animaux malades de la rage », Libération, 22 juin 1953)
Notre nation fait face à une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants. (…) Le désordre violent que nous avons vu dans nos rues et nos villes qui sont dirigées par des libéraux démocrates dans tous les cas est le résultat d’années d’endoctrinement extrême et de partialité dans l’éducation, le journalisme et d’autres institutions culturelles. (…) Nous croyons en l’égalité des chances, une justice égale et un traitement égal pour les citoyens de toutes races, origines, religions et croyances. Chaque enfant, de chaque couleur – né et à naître – est fait à l’image sainte de Dieu. Donald Trump
Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values, and indoctrinate our children. Angry mobs are trying to tear down statues of our Founders, deface our most sacred memorials, and unleash a wave of violent crime in our cities. Many of these people have no idea why they are doing this, but some know exactly what they are doing. They think the American people are weak and soft and submissive. But no, the American people are strong and proud, and they will not allow our country, and all of its values, history, and culture, to be taken from them. One of their political weapons is “Cancel Culture” — driving people from their jobs, shaming dissenters, and demanding total submission from anyone who disagrees. This is the very definition of totalitarianism, and it is completely alien to our culture and our values, and it has absolutely no place in the United States of America. (…) In our schools, our newsrooms, even our corporate boardrooms, there is a new far-left fascism that demands absolute allegiance. If you do not speak its language, perform its rituals, recite its mantras, and follow its commandments, then you will be censored, banished, blacklisted, persecuted, and punished. (…) Make no mistake: this left-wing cultural revolution is designed to overthrow the American Revolution. In so doing, they would destroy the very civilization that rescued billions from poverty, disease, violence, and hunger, and that lifted humanity to new heights of achievement, discovery, and progress. To make this possible, they are determined to tear down every statue, symbol, and memory of our national heritage. Our people have a great memory. They will never forget the destruction of statues and monuments to George Washington, Abraham Lincoln, Ulysses S. Grant, abolitionists, and many others. The violent mayhem we have seen in the streets of cities that are run by liberal Democrats, in every case, is the predictable result of years of extreme indoctrination and bias in education, journalism, and other cultural institutions. Against every law of society and nature, our children are taught in school to hate their own country, and to believe that the men and women who built it were not heroes, but that were villains. The radical view of American history is a web of lies — all perspective is removed, every virtue is obscured, every motive is twisted, every fact is distorted, and every flaw is magnified until the history is purged and the record is disfigured beyond all recognition. This movement is openly attacking the legacies of every person on Mount Rushmore. They defile the memory of Washington, Jefferson, Lincoln, and Roosevelt. Today, we will set history and history’s record straight. (….) We believe in equal opportunity, equal justice, and equal treatment for citizens of every race, background, religion, and creed. Every child, of every color — born and unborn — is made in the holy image of God. We want free and open debate, not speech codes and cancel culture. We embrace tolerance, not prejudice. We support the courageous men and women of law enforcement. We will never abolish our police or our great Second Amendment, which gives us the right to keep and bear arms. We believe that our children should be taught to love their country, honor our history, and respect our great American flag. We stand tall, we stand proud, and we only kneel to Almighty God. This is who we are. This is what we believe. And these are the values that will guide us as we strive to build an even better and greater future. President Trump
Hey, hey, ho, ho, Western Civ has got to go!  Jesse Jackson (1987)
By focusing these ideas on all of us they are crushing the psyche of those others to whom Locke, Hume, and Plato are not speaking. . . . The Western culture program as it is presently structured around a core list and an outdated philosophy of the West being Greece, Europe, and Euro-America is wrong, and worse, it hurts people mentally and emotionally. Bill King (Stanford Black Student Union,1988)
Still nominally very much part of an atheistic, anti-foundational, French academic avant-garde in the United States, and now increasingly prominent in his position at Johns Hopkins, Girard was even one of the chief organizers of “The Languages of Criticism and the Sciences of Man,” the enormously influential conference, in Baltimore in October 1966, that brought to America from France skeptical celebrity intellectuals including Jacques Lacan, Lucien Goldmann, Roland Barthes, and, most consequentially, the most agile of Nietzschean nihilists, Jacques Derrida, still obscure in 1966 (and always bamboozlingly obscurantist) but propelled to fame by the conference and his subsequent literary productivity and travels in America: another glamorous, revolutionary “Citizen Genet,” like the original Jacobin visitor of 1793–94. After this standing-room-only conference, Derrida and “deconstructionism,” left-wing Nietzscheanism in the high French intellectual mode, took America by storm, which is perhaps the crucial story in the subsequent unintelligibility, decline, and fall of the humanities in American universities, in terms both of enrollments and of course content. The long-term effect can be illustrated in declining enrollments: at Stanford, for example, in 2014 alone “humanities majors plummeted from 20 percent to 7 percent,” according to Ms. Haven. The Anglo-American liberal-humanistic curricular and didactic tradition of Matthew Arnold (defending “the old but true Socratic thesis of the interdependence of knowledge and virtue”), Columbia’s Arnoldian John Erskine (“The Moral Obligation to Be Intelligent,” 1913), Chicago’s R. M. Hutchins and Mortimer Adler (the “Great Books”), and English figures such as Basil Willey (e.g., The English Moralists, 1964) and F. R. Leavis (e.g., The Living Principle: “English” as a Discipline of Thought, 1975) at Cambridge, and their successor there and at Boston University, Sir Christopher Ricks, was rapidly mocked, demoted, and defenestrated, with Stanford students eventually shouting, “Hey, hey, ho, ho! / Western civ has got to go!” The fundamental paradox of a relativistic but left-wing, Francophile Nietzscheanism married to a moralistic neo-Marxist analysis of cultural traditions and power structures — insane conjunction! — is now the very “gas we breathe” on university campuses throughout the West (…). Girard quietly repented his role in introducing what he later called “the French plague” to the United States, with Derrida, Foucault, and Paul DeMan exalting ludicrous irrationalism to spectacular new heights. M. D. Aeschliman
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
You always told us not to boast. Gisela Warburg
How can the proposed Declaration be applicable to all human beings and not be a statement of rights conceived only in terms of the values prevalent in the countries of Western Europe and America?” Melville J. Herskovits  (The American Anthropological Association, 1947)
Nelson (…) was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends. It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest. The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. (…)  Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact. And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent. We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not. The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over. But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen. Afua Hirsch
Why are we experiencing the worst civil disturbances in decades? It is because the proponents of radical change won’t have it any other way. Early 20th Century Italian Marxist Antonio Gramsci theorized that the path to a communist future came through gradually undermining the pillars of western civilization. We are now seeing the results of decades of such erosion, in education, in faith, in politics and in the media. The old standards of freedom, individual responsibility, equality and civic order are being assaulted by proponents of socialism, radical deconstruction and mob rule. Those who charge that institutional racism is rampant in America are the same as those who run the country’s major institutions – city governments, academe, the media, Hollywood, major sports leagues and the Washington, D.C. deep state bureaucracy. Accountability? None.  The irony is rich. At the same time, the only legal and institutional structures that mandate racially based outcomes do so in favor of other-than-majority groups. Anyone who questions this arrangement winds up cancelled. The public debate is hardwired for disunity, making the former language of inclusion the new dog whistle of racism. The exclusionary slogan “black lives matter” is sanctified while the more unifying “all lives matter” is called divisive. People who say they want a colorblind society are called bigots even as progressives push for segregated events and housing on college campuses and “CHOP” protesters demand Black-only hospitals. Martin Luther King’s dream that people will “live in a nation where they will not be judged by the color of their skin, but by the content of their character” is judged by today’s progressives as a call for white supremacy. The media goes out of its way to coddle violent protesters, calling them peaceful even as they verbally abuse and then throw bottles at police, saying they are not “generally speaking, unruly” standing in front of a burning building. Political leaders who benefit from disunity keep fanning the flames. For example House Speaker Nancy Pelosi’s reckless charge that the Senate police reform bill is “trying to get away with the murder of George Floyd” is irresponsibly divisive, especially since it was drafted by African American Senator Tim Scott (R-SC). Public monuments have borne the brunt of the violence in recent weeks. As President Trump predicted, the vandalism has moved well beyond statues of Confederates. Practically any statue is fair game. Washington, Jefferson, even Ulysses S. Grant, the man who defeated Lee’s army, all have been toppled by the mobs. And liberal city governments are taking down statues at least as fast as the rioters. But it would be a mistake to think that the statues themselves are at issue, or even what they symbolize. Rather it is the need for the radicals not just to cleanse American history but to make people feel ashamed of every aspect of it. In this way they clear a path for a radical future, buttressed by an unwavering sense of moral superiority that entitles them to smack down any dissent, usually gagging people in the name of “free speech.” We were told for years that anything the Trump administration did that was remotely controversial was an attempt to divide the country. Democrats frequently blamed insidious foreign influence, using expressions like “right out of Putin’s playbook” to keep the Russian collusion canard alive. But they are the ones who are weakening and dividing the country, to the evident glee of our Russian and Chinese adversaries. They have completely adopted longstanding Russian and Chinese propaganda lines about the United States being a country of endemic racism, poverty and oppression, when in fact America is an opportunity society and one of the most racially diverse and tolerant countries in the world. The protesters, their political allies and media backers are working hard to create the very sort of divisions they claim to oppose, because a weak, divided and ashamed America is their pathway to power. Chris Farrell
Il n’y a pas de plus grand monument à l’assujettissement colonial des peuples autochtones que le Mont Rushmore, et le projet du président de profaner davantage ce sol sacré avec des feux d’artifice et sa propre présence sans avoir été convié est un autre affront impardonnable. Il est temps de récupérer ou de démolir tous les monuments racistes. En tant que société, nous devons nous engager à respecter en permanence les populations marginalisées. Lakota People’s Law Project
The statue of Columbus sat in front of Columbus City Hall for 65 years. It was a gift from the people of Genoa, Italy. Now the mayor’s office says it’s “in safekeeping at a secure city facility.” What a blow to U.S.-Italy relations. At least he could offer to give the statue back. A second Columbus likeness, a marble of the navigator pointing west, was booted last month by Columbus State Community College, where it used to stand in the downtown Discovery District. The mayor’s office says the unelected Columbus Art Commission will launch a “participatory process” to find new art that “offers a shared vision for the future.” Good luck. “Let’s just leave the space empty,” one Dispatch letter suggested, “because if not everyone is happy should anyone be happy?” What a sad sign of the times. WSJ
ABC News published a report this week titled “New government data, shared first with ABC News, shows the country’s premier outdoor spaces – the 419 national parks – remain overwhelmingly white.” The story’s headline reads, “America’s national parks face existential crisis over race,” adding in the subhead, “A mostly white workforce, visitation threatens parks‘ survival and public health.” “Just 23% of visitors to the parks were people of color,” the report adds, “77% were white. Minorities make up 42% of the U.S. population.” As it turns out, white people really enjoy hiking and camping, and that is a problem for the parks, the ABC News report claims, because people of color will be a majority in America by 2044. The article then goes on to quote outdoor enthusiasts of color who say they do not feel welcome at the “overwhelmingly white” national parks. These advocates, the article reads, “say they hope the moment since George Floyd’s death in police custody brings attention to systemic racism in the outdoors as well as other parts of society and translates into a long-term change in attitudes and behavior.” Sorry, everyone. Even national parks are racist now. This is not normal behavior from our press. This is a mental breakdown in the works. People of the future will look at all this and wonder how on earth these stories made it into print. The best thing that can happen now for the news industry is for the pandemic to pass, the lockdowns to lift, and for everyone to go outside and get some fresh air. Because the way nearly everyone in the press is behaving now, it seems clear that cabin fever has set in hard, and it is an epidemic we may not shake as quickly as the coronavirus. Becket Adams
People have said for decades that America needs to have “an honest conversation about race.” Is this what they had in mind—this drama of marches, riots, witness videos, tear-gassings, surging police lines, Trump tweets, Zoom pressers, statue-topplings, Facebook screeds, cable television rants, window-smashings, shop-burnings, police-defundings, escalating murder rates and the distant thunder of editorial boards? Veterans in the field of less-than-revolutionary race relations learned that a certain amount of truth-suppression is actually helpful—preferable to the “honesty” of hatred, for example. Much progress has been accomplished under cover of hypocrisy—or, if you like, civility. Good manners and artful hypocrisy were Booker T. Washington’s game, but he was written off as an Uncle Tom long ago. We live now in the regime and culture of confrontation—ideology as performance, anger as proof of authenticity. You remember how much trouble Joe Biden got into when he bragged about his ability to get along with segregationists in the 1970s. Mr. Biden was preening thoughtlessly on his skill in the arts of the old hypocrisy. Now he has learned his lesson and embraces the left’s idea of honesty—no deviation from the party line or from the officially approved emotions. How do you judge a moment of history when you are in the thick of it? How can you tell if all of this will be remembered as historic or will be superseded and forgotten as another momentary sensation, another self-important mirage? The current moment feels intensely historic now, but we shall see. Black Lives Matter has ambitions to abolish its own version of the Chinese Cultural Revolution’s “Four Olds”—old customs, old culture, old habits, old ideas—and to add a fifth, old statues. Yet this summer the titanic racial theme competes and fuses with other superstories—the pandemic and its economic consequences, the presidential race, America’s long-running politico-religious civil war. Raw emotion pours out of social media and into the streets—outrage, with a touch of holiday. On the other side is an oddly silent majority. It seems eerie that so much of the country—the land of “white supremacy,” as the left likes to think of it—gives the appearance of having almost acquiesced, as if it has conceded that the eruptions might be justified and even overdue. Can it be that the silenced majority has had an epiphany, that in its heart it acknowledges the justice of black Americans calling in Thomas Jefferson’s IOU, “I tremble for my country when I reflect that God is just, and that his justice cannot sleep forever”? There’s some of that—changed minds, old prejudice grown reflective. In any case, the silenced majority, out of moral courtesy, has been reluctant to criticize people demonstrating in the wake of George Floyd’s killing. At the same time, it recoils—more indignantly and incredulously each day—from the left’s overall program and mind-set, which it considers insidious if not crazy. When major cities propose to cut off funds for their police departments or to abolish them altogether, that Swiftian absurdity makes a deep impression, confirming a broader doubt about the left’s intentions and mental health. The most tragic impediment to an honest conversation about race in America is fear—an entirely realistic fear of being slain by the cancel culture. This fear to speak is a civic catastrophe and an affront to the Constitution. It induces silent rage in the silenced. It is impossible to exaggerate the corrupting effect that the terror of being called a “racist”—even a whiff of the toxin, the slightest hint, the ghost of an imputation—has on freedom of discussion and the honest workings of the American public mind. Racism in America is no longer totalitarian, as it once was, especially in the South. The cancel culture is the new totalitarianism, a compound of McCarthyism, the Inquisition, the Cultural Revolution, the Taliban and what has become a lethal and systemic ignorance of history—almost a hatred of it. All that wild, unearned certainty, all that year-zero zealotry, discredits those who associate themselves with the cause and makes a mockery of their sweet intentions. Much of the white woke rage is radiant with mere self-importance. And it’s going to backfire. Newton’s Third Law of Motion hasn’t been repealed: For every action there is still an equal and opposite reaction. My sense is that there is quietly building a powerful backlash, which will express itself on Nov. 3, if not before. My guess is that polls now showing Mr. Biden far ahead don’t reflect reality. It may be impossible for President Trump to win; for some reason, he collaborates daily with his enemies to sabotage his chances. But the outcome is by no means as certain as the polls now suggest. Lance Morrow
Lorsqu’on fait l’expérience de la montée fulgurante de la violence comme j’en ai été témoin en Algérie, au début des années 1990, on ne peut que chérir la liberté. J’ai pris, soudainement, conscience dans la jeune vingtaine du privilège que j’avais de vivre. Résister à l’islam politique est devenu le combat de ma vie. Soutenir Mila s’inscrit, naturellement, dans cette démarche. Lorsque tout fout le camp, il ne reste que les fondamentaux pour donner un sens à l’existence. (…) En réalité, j’ai très vite déchanté en arrivant en France avec ma famille, mes parents, professeurs d’université, et mon frère, jeune lycéen. Nous nous sommes installés à Saint-Denis, ville cosmopolite, à l’époque, qui avait une tradition dans l’accueil des réfugiés politiques. Je pense, notamment, à nos camarades espagnols, italiens, grecs et portugais qui avaient fui le fascisme. Quant à nous, notre situation était considérée comme différente de la leur. Nous étions hors champ. Je pense que c’est autour de cette ambiguïté de notre statut que sont nés d’abord les malentendus, puis les dérives. En d’autres mots, nous reconnaître ne serait-ce que, symboliquement, le statut de réfugié politique revenait à placer l’islam politique dans l’histoire et le considérer comme une menace planétaire. Or, il n’en a rien été. Les États occidentaux et leurs élites intellectuelles dominantes ne se sont pas sentis concernés par ce qui s’est joué en Algérie dans les années 1990, tout comme en Iran en 1979. Certains prétendaient que la menace islamiste allait rester confinée aux frontières de ces pays, d’autres, comme les États-uniens (sic), étaient convaincus de pouvoir «domestiquer» l’islamisme. Depuis, il n’a cessé de progresser et de muter. Pour trois raisons principalement. La puissance de son idéologie, sa capacité à s’adapter à n’importe quel environnement institutionnel et, finalement, sa force mobilisatrice. Pour revenir à votre question de départ, ceux qui menacent nos libertés ne sont pas seulement les islamistes. Mais ceux qui ont renoncé à les exercer et à les défendre. (…) La France était pour moi un havre de paix qui m’a permis de me reconstruire. Je n’oublierai jamais de ma vie cette sensation de marcher librement dans la rue, cheveux au vent, sans avoir à vérifier s’il y avait, au coin d’une rue, un salaud pour me buter. La sécurité est, en ce sens, la première des libertés. Comment dire? Pour une femme, c’est encore plus vrai. Ceux qui, comme moi, en ont été privés en mesurent toute l’importance. Je pense à mes amies afghanes, iraniennes et saoudiennes qui sont en première ligne. Évoquer cette période c’est aussi parler des solidarités. La France, à travers un tissu associatif dynamique, des syndicats, universitaires, artistes et simplement des gens d’une grande générosité, a participé à atténuer nos blessures et à nous rattacher à notre humanité. Ultimement, pour sortir de nos vies cabossées et de nos destins fracassés, nous ne pouvions compter que sur notre résilience. Sur le plan politique, c’était beaucoup plus compliqué. L’asile politique a été offert en France, en Europe, aux États-Unis et au Canada aux chefs du FIS et du GIA et à leurs militants, ceux-là même dont les mains étaient entachées de sang. Il se trouvait des journalistes comme Edwy Plenel ou des universitaires comme François Burgat pour les absoudre de leurs crimes. Vous vous souvenez du petit jeu du «Qui tue qui?» («On ne sait pas qui tue qui?»: durant la tragique décennie noire en Algérie, cette formule en vogue était employée par certains observateurs, en particulier en Europe et en France, pour désigner l’armée algérienne comme seule responsable des massacres sur les civils alors que ces derniers étaient perpétrés par des groupes islamistes, NDLR) en Algérie qui a donné, plus tard, le «je ne suis pas Charlie»? Toujours les mêmes aux commandes pour faire courir des «si», multiplier des «mais» et évacuer toute la dimension idéologique et politique de notre combat. Pour eux, les islamistes, à bien y regarder, n’étaient pas vraiment des islamistes, et surtout pas des assassins. Et ceux qui s’opposaient à leurs desseins fascistes n’étaient pas des résistants. La régression? Elle n’est qu’une simple conséquence de cette confusion. Mais attention! N’allez pas imaginer que nous nous sommes tus. Même si cette thèse du «Qui tue qui?» nous était insupportable, nous l’avons confrontée. Dénoncée. Nous ne nous sommes jamais résignés. Jamais. Nous avons continué à parler, écrire, militer et mettre en garde contre la contagion islamiste, ici comme ailleurs. Nous, nous n’habitions pas les beaux quartiers. Encore là, le discours dominant dans le milieu médiatique était à la victimisation des musulmans. Notre parole était pratiquement inaudible. (..) Je remercie, vivement, Marianne d’avoir été à nos côtés depuis le début. Mon père est le premier à avoir osé lever le voile sur les graves dérives qui touchent Saint-Denis, qui n’est pas n’importe quelle ville. Elle est au cœur du dispositif indigéniste. Tout comme elle est au centre de la stratégie de l’internationale islamiste. Tout cela est largement documenté dans le livre «Quatre-vingt-treize», de Gilles Kepel… depuis 2012. Il n’était plus possible pour mon père de se taire. Ne pensez pas que ce geste a été sans conséquence pour lui. Vivre au quotidien dans la gueule du loup ça use. Même les plus courageux parmi nous. À l’évidence, ceux qui, comme mon père, habitent dans les quartiers populaires et résistent aux islamistes et à la mafia ne bénéficient d’aucune protection et n’ont pas le soutien des élus locaux. En 2009, avec quelques Dionysiens nous avons mis en place l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis (qui n’a rien à voir avec celui de Bianco, qui a détourné notre nom). Nous avons reçu deux cacahuètes de subside alors que l’association de Rokhaya Diallo, qui n’y est pas domiciliée, est grassement subventionnée pour offrir des ateliers sur les cheveux frisés. On se moque de qui? À Saint-Denis, il y a pourtant beaucoup d’initiatives citoyennes à encourager, comme l’association Les Résilientes. (…) loin de l’islamisme que j’avais retrouvé en France. (…) j’ai choisi le Québec, pays francophone, ouvert à l’immigration, véritable démocratie où il fait bon vivre pour les femmes. Puis, il y a eu le 11 Septembre 2001. J’étais correspondante de presse pour le journal algérien El-Watan, je me suis rendue, tout de suite, à New York avec mon amoureux qui était lui aussi journaliste. Nous sommes revenus de ce voyage bouleversés. En effet, tout avait basculé! (…) au cœur du dispositif législatif canadien il existe, depuis 1985, une possibilité de se soustraire aux règles communes en faisant valoir ses croyances religieuses. C’est ce qu’on appelle l’accommodement raisonnable devenu célèbre depuis le début des années 2000. Une simple demande faite «de bonne foi» suffit à obtenir une dérogation. Et ça peut aller très loin. Une enfant de maternelle dont les parents musulmans obligent l’école à lui mettre sur la tête un casque insonorisé pour la prémunir des chants de Noël. Paraît-il que c’est dans leur religion! Un jeune adolescent sikh autorisé à porter le kirpan (un poignard) à l’école après une bataille judiciaire qui est allée jusqu’en Cour suprême et a duré quatre ans. Des milliers de dollars pour faire plier une école et renverser deux décisions de justice. Théoriquement, il y a quelques garde-fous. Dans la pratique, les institutions qui refusent les accommodements se font traîner en justice. Ça coûte un fric fou! Ce qu’il faut comprendre par là c’est que les lobbies politico-religieux, riches et puissants, ont trouvé dans les accommodements un boulevard pour défaire ce qui a été chèrement acquis avec la Révolution tranquille. Il me paraissait urgent de proposer une charte de la laïcité pour retrouver le sens du commun. C’est ce que j’ai fait à travers mon engagement au Parti québécois où j’ai obtenu l’appui de deux femmes remarquables, Pauline Marois (ancienne première ministre) et Louise Beaudoin, et de notre ancien premier ministre, le regretté Bernard Landry. Cette loi qui a été adoptée en juin dernier est l’aboutissement d’un long combat. Il est, surtout, une claque à la face du multiculturalisme canadien.(…) La censure et l’autocensure dans les universités, les médias, le monde culturel sont désormais une réalité qu’il est difficile de déjouer. Nous manquons cruellement d’espace pour la confrontation des idées. Le débat est très mal vu. La recherche permanente d’un consensus valide l’idée selon laquelle la meilleure posture est une moyenne de toutes les postures. Nous n’avons pas de service public digne de ce nom. Nous avons une télévision et une radio d’État, Radio-Canada, au service d’une idéologie: le multiculturalisme qui a expurgé les laïques du débat public. Tout ce qui concerne l’islam et les musulmans relève du tabou. Alors vous imaginez ce livre avec un tel titre? (« Ma vie à contre-Coran ») Il y a encore des courageux qui osent. Mais à quel prix? Heureusement que nous avons encore Denise Bombardier et ses collègues du Journal de Montréal pour élargir nos horizons. (…) Justin Trudeau est convaincu de la supériorité morale du Canada sur les États-Unis et sur l’Europe. Pour lui, les attentats terroristes islamistes sont le résultat d’une mauvaise intégration des immigrants. Sa devise est simple: il n’y a qu’à être gentil pour susciter les bons sentiments. Sauf que les premiers réseaux terroristes au Canada sont apparus dans les années 1990. Ils étaient l’œuvre d’anciens militants du FIS. Il n’y a plus aucun journaliste pour le rappeler. (…) (le multiculturalisme)Tariq Ramadan le considère comme le meilleur système. En 2012, lorsque je me suis présentée aux élections, il a animé un grand meeting, à Montréal, pour appeler ses partisans à me barrer la route. À moi, mes collègues, mon parti. Ceux qui s’étaient faufilés en haut de la liste sont les porte-paroles d’un parti islamo-gauchiste, Québec solidaire, qui n’a plus rien de solidaire. Vous voyez bien que ce n’est pas très différent de la France. La trahison de la gauche communautariste permet aux islamistes de gagner du terrain. Demila Benhabib
We must resist the temptation to romanticize history’s losers. The other civilizations overrun by the West’s, or more peacefully transformed by it through borrowings as much as by impositions, were not without their defects either, of which the most obvious is that they were incapable of providing their inhabitants with any sustained improvement in the material quality of their lives. (…)  civilization is much more than just the contents of a few first-rate art galleries. It is a highly complex human organization (…) as much about sewage pipes as flying buttresses.”  Niall Ferguson French postmodern theory refuses to distinguish between high and low culture, attempting to make it futile even to discuss whether this or that work of art is or is not lovely or important. If you want to argue that Kanye West’s lyrics are as good as Shakespeare, or Mongolian yurts are as sophisticated a form of architecture as Bauhaus, then Foucault will support you all the way. But if you want to understand why we do not have child slavery in the West, or disenfranchised women, or imprisonment without trial, or the imprisonment of newspaper editors, you simply have to study the cultural history that produced such an unusual and extraordinary situation in human history. It is inescapable and not susceptible to postmodernist analysis. It’s not about the aesthetic or literary superiority of certain artworks, but about the unequivocal good of human dignity. If Ms. Rashatwar finds the idea of losing her human rights so “romantic,” she is always welcome to move to Saudi Arabia, which is still awaiting its Enlightenment. The late, very great Gertrude Himmelfarb identified three separate Enlightenments — English, French, and Scottish — at different though overlapping stages of the 18th century, with different emphases in different places at different times. Chartres Cathedral was not dedicated until 1260, so there were five centuries between then and the Enlightenments, but they were the moments when people began to throw off superstition and belief in magic and witchcraft, to look at the world afresh, unafraid of what they might find and where it might take them, even at the risk of unbelief. If the Islamic world had had such a moment, it would not have been left behind in so many areas of accomplishment since it was turned back from the gates of Vienna in 1683, with the result that its fascist-fundamentalist wing might not have existed to lash out in such fury and resentment on 9/11. The recent Security Conference in Munich took as its theme and title “Westlessness” — an ugly word in English, worse in German — intending to prompt international decision-makers into thinking about what might happen if the Trump administration were ever to get as tough over NATO underfunding as it has long threatened to do. Another fear of Westlessness, however, should be about the eclipse of Western civilization as a subject for study, as a result of a hugely successful Gramscian march through the institutions that started long before Jesse Jackson and his megaphone visited Stanford. For far from becoming a Kumbaya touchy-feely place, a truly Westless world would be a neo-Darwinian free-for-all in which every state merely grabbed what it could, a return to the world Hobbes wrote about in Leviathan. The Left should beware what it claims to wish for, and Western civilization should be taught once more in our schools and colleges. For as Churchill knew as the bombs were falling and London was burning in December 1940, it is worth fighting for. Andrew Roberts

C’est la faute à Foucault ! (Après la peste… la rage !)

En ces temps étranges …

Où après l’hystérie collective du virus chinois

Et le psychodrame – de Colomb et la fête nationale jusqu’aux… parcs nationaux ! – du prétendu « racisme systémique » …

L’Amérique semble à nouveau emportée – et tout l’Occident peut-être avec elle ?

Par une de ces vagues périodiques de furie auto-purificatrice

Et où en ce singulier 244e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine …

Le président américain se voit contraint …

Entre deux manifestations ou déboulonnages de statues …

A en rappeler toute l’importance au pied même d’un de ses plus imposants symboles  …

Comment ne pas repenser …

Avec la National Review

A ces alors bien innocents jours il y a trente ans à peine …

Où reprenant les nouveaux diktats de la French theory de nos Foucault et Derrida …

Jessie Jackson et ses amis appelaient au sein même de l’université Stanford

A rien de moins que… la fin de la Civilisation occidentale ?

Why We Must Teach Western Civilization

Andrew Roberts National Review April 30, 2020 Tuesday, December 3, 1940, Winston Churchill read a memorandum by the military strategist Basil Liddell Hart that advocated making peace with Nazi Germany. It argued, in a summary written by Churchill’s private secretary, Jock Colville, that otherwise Britain would soon see “Western Europe racked by warfare and economic hardship; the legacy of centuries, in art and culture, swept away; the health of the nation dangerously impaired by malnutrition, nervous strains and epidemics; Russia . . . profiting from our exhaustion.” Colville admitted it was “a terrible glimpse of the future,” but nonetheless courageously concluded that “we should be wrong to hesitate” in rejecting any negotiation with Adolf Hitler.

It is illuminating — especially in our own time of “nervous strains and epidemics” — that in that list of horrors, the fear of losing the “legacy of centuries” of Western European art and culture rated above almost everything else. For Churchill and Colville, the prospect of losing the legacy of Western civilization was worse even than that of succumbing to the hegemony of the Soviet Union. 

Yet today, only eight decades later, we have somehow reached a situation in which Sonalee Rashatwar, who is described by the Philadelphia Inquirer as a “fat-positivity activist and Instagram therapist,” can tell that newspaper, “I love to talk about undoing Western civilization because it’s just so romantic to me.” Whilst their methods are obviously not so appallingly extreme, Ms. Rashatwar and the cohorts who genuinely want to “undo” Western civilization are now succeeding where Adolf Hitler and the Nazis failed.

 The evidence is rampant in the academy, where a preemptive cultural cringe is “decolonizing” college syllabuses — that is, wherever possible removing Dead White European Males (DWEMs) from it — often with overt support from deans and university establishments. Western Civilization courses, insofar as they still exist under other names, are routinely denounced as racist, “phobic,” and generally so un-woke as to deserve axing. 

Western civilization, so important to earlier generations, is being ridiculed, abused, and marginalized, often without any coherent response. Of course, today’s non-Western colonizations, such as India’s in Kashmir and China’s in Tibet and Uighurstan, are not included in the sophomores’ concept of imperialism and occupation, which can be done only by the West. The “Amritsar Massacre” only ever refers to the British in the Punjab in 1919, for example, rather than the Indian massacre of ten times the number of people there in 1984. Nor can the positive aspects of the British Empire even be debated any longer, as the closing down of Professor Nigel Biggar’s conferences at Oxford University on the legacy of colonialism eloquently demonstrates.

We all know the joke that Mahatma Gandhi supposedly made when he was asked what he thought about Western civilization: “I think it might be a good idea.” The gag is apocryphal, in fact, first appearing two decades after his death. But very many people have taken it literally, arguing that there really is no such thing as Western civilization, from ideologues such as Noam Chomsky to the activists of the Rhodes Must Fall movement at Oxford University, who demand the removal from Oriel College of the statue of the benefactor of the Rhodes Scholarships.

Increasingly clamorous demands by African and Asian governments for the restitution of artifacts “stolen” from their countries during colonial periods are another aspect of the attack, an attempt to guilt-shame the West. It also did not help that for eight years before 2016, the United States was led by someone who was constantly searching for aspects of Western behavior for which to apologize.

This belief that Western civilization is at heart morally defective has recently been exemplified by the New York Times’ inane and wildly historically inaccurate “1619 Project,” which essentially attempts to present the entirety of American history from Plymouth Rock to today solely through the prism of race and slavery. “America Wasn’t a Democracy until Black Americans Made It One” was the headline of one essay in the New York Times Magazine launching the project, alongside “American Capitalism Is Brutal: You Can Trace That to the Plantation” and “How Segregation Caused Your Traffic Jam.” When no fewer than twelve — in the circumstances very brave — American Civil War historians sent a letter itemizing all the myriad factual errors in the project’s founding document, the New York Times refused to print it. Yet the Project plans to create and distribute school curriculums that will “recenter” America’s memory.

None of this would amount to much if only schools and colleges were not so keen to apologize for and deny Western civilization, and to abolish or dumb down the teaching of important aspects of it. The classics faculty at Oxford University, to take one example of many, has recently recommended that Homer’s Iliad and Virgil’s Aeneid be removed from the initial module of the literae Humaniores program in ancient literature, history, and philosophy, giving as their reason the difference in recent exam results between male and female undergraduates, and the difference in expertise in Latin and Greek between privately and publicly educated students. The supposed guardians of the discipline are therefore willing to put social experimentation and social leveling before the best possible teaching of the humanities, a disgraceful position for one of the world’s greatest universities to have adopted.

A glance at the fate of “Western Civ” courses in the United States suggests that there is a deep malaise in our cultural self-confidence. The origin of the concept of Western civilization as a subject is found in the “War Issues” course offered to students at Columbia University in 1918, just after the United States’ entry into World War I. By learning the politics, history, philosophy, and culture of the Western world, students were given the opportunity to understand the values for which they were about to be asked to risk their lives. In 1919, the Columbia course was developed into “An Introduction to Contemporary Civilization,” which was followed by a similar innovation at the University of Chicago in 1931.

By 1964, no fewer than 40 of the 50 top American colleges required students to take such a class, which, to take Stanford University as an example, had evolved into a core canon of around 15 works, including those by Homer, Virgil, Plato, Dante, Milton, and Voltaire. While the content of the Western Civ courses was considerably more flexible, complex, and diverse than subsequent critics have suggested (as Herbert Lindenberger’s study The History in Literature: On Value, Genre, Institutions explains), the courses did indeed treat Western civilization as a uniform entity. In the last decade, that was derided as so inherently and obviously evil that Western Civ courses had disappeared altogether, miraculously holding out in their Columbia birthplace and in few other places, including brave, non-government-funded outposts of sanity such as Hillsdale College in Michigan and the incipient Ralston College in Savannah.

For all that we must of course take proper cognizance of other cultures, the legacy of Western culture, in terms of both its sheer quality and its quantity, is unsurpassed in human history. We are deliberately underplaying many of the greatest contributions made to poetry, architecture, philosophy, music, and art by ignoring that fact, often simply in order to try to feel less guilty about imperialism, colonialism, and slavery, even though the last was a moral crime committed by only a minority of some few people’s great-great-great-grandparents.

As a result, future generations cannot be certain that they will be taught about the overwhelmingly positive aspects of Western civilization. They might not now be shown the crucial interconnection between, for example, the Scrovegni Chapel by Giotto at Padua, which articulates the complex scholasticism of Saint Augustine in paint; Machiavelli’s The Prince, the first work of modern political theory; Botticelli’s Primavera, the quintessence of Renaissance humanism in a single painting; the works of Teresa of Ávila and Descartes, which wrestle with the proof of discrete individual identity; Beethoven’s symphonies, arguably the most complex and profound orchestral works ever written; and Shakespeare, whose plays Harold Bloom has pointed out, “remain the outward limit of human achievement: aesthetically, cognitively, in certain ways morally, even spiritually.” Even if students are taught about these works individually, they will not be connected in a context that makes it clear how important they are to Western civilization.

We cannot therefore know, once the present campaign against Western civilization reaches its goal, that our children and grandchildren will be taught about the living thing that intimately connects Europe’s Gothic cathedrals, which are mediations in stone between the individual and the sublime; the giants of the 19th-century novel, from Dickens to Flaubert to Tolstoy, in whose works contemporary life realistically observed becomes a fit subject for art; the Dutch masters of the 17th century such as Rembrandt, who wrestled visually with the human condition in a fashion that still speaks to us across the centuries; Versailles, the Hermitage, and the Alhambra, which, though bombastic, are undeniably ravishing expressions of the human will. Faced with the argument that Western culture is no longer relevant, it’s tempting to adopt Dr. Johnson’s argument, aim a good kick at the nearest neoclassical building, and announce, “I refute it thus.”

Mention of the Alhambra in Granada prompts the thought that any course in Western civilization worth its name ought also to include the Umayyad Caliphate, of which Córdoba  in modern-day Spain was the capital between 756 and 929. In the wake of the conquest of Spain and the establishment of the Muslim confederacy of Al-Andalus, Córdoba  became a flourishing, polyglot, multicultural environment in which religious tolerance, despite Jews’ and Christians’ being obliged to pay a supplementary tax to the state, produced an atmosphere of intellectual progressiveness that made it one of the most important cities in the world. Discoveries in trigonometry, pharmacology, astronomy, and surgery can all be traced to Córdoba. At a certain point, then, a very particular set of historical circumstances produced an equally particular set of intellectual ideas, which had significant material consequences. The study of Western civilization is therefore emphatically not solely that of Christian DWEMs.

In 1988, Jesse Jackson led Stanford students in the chant, “Hey, hey, ho, ho, Western Civ has got to go!” The protests attracted national headlines and inspired a television debate between the university’s president and William Bennett, then secretary of education. Bill King, the president of the Stanford Black Student Union, claimed at that time, “By focusing these ideas on all of us they are crushing the psyche of those others to whom Locke, Hume, and Plato are not speaking. . . . The Western culture program as it is presently structured around a core list and an outdated philosophy of the West being Greece, Europe, and Euro-America is wrong, and worse, it hurts people mentally and emotionally.” He presented no actual evidence that reading Locke, Hume, or Plato has ever hurt anyone mentally or emotionally, and that was of course decades before the snowflake generation could proclaim themselves offended by the “micro-aggression” of a raised eyebrow. 

In 2016, over 300 Stanford students signed a petition requesting a ballot on the restoration of the Western Civ course. Fewer people voted for the ballot than voted to have it in the first place. In his book The Lost History of Western Civilization, Stanley Kurtz places the events at Stanford center stage for what went so badly wrong later across America, as the skewed thinking behind the deconstructionist, multiculturalist, postmodern, and intersectional movements caused so much damage to education for so long. 

Kurtz reminds us that what the Western Civ courses really did was to root a people in their past and their values. The trajectory of Western culture was shown to have run from Greece via Rome to Christendom, infused by Judaic ideas and morality along the way via Jerusalem, but then detouring briefly through the Dark Ages, recovering in the Renaissance, which led to the Reformation, the Enlightenment, and thus the scientific, rational, and politically liberated culture of Europe and European America. “From Plato to NATO,” as the catchphrase went. 

At the center of this transference of values across time and space was democracy, of which Winston Churchill famously said, “Many forms of government have been tried, and will be tried in this world of sin and woe. No one pretends that democracy is perfect or all-wise. Indeed, it has been said that democracy is the worst form of government, except for all those other forms that have been tried from time to time.” The generations who grew up knowing that truth, rather than weltering in guilt and self-doubt about “false consciousness” and so on, were the lucky ones, because they were allowed to study the glories of Western civilization in a way that was unembarrassed, unashamed, and not saddled with accusations of guilt in a centuries-old crime that had absolutely nothing to do with them. They could learn about the best of their civilization, and how it benefited — and continues to benefit — mankind. 

As Ian Jenkins, the senior curator of the Ancient Greek collection at the British Museum, put it in his book on the Elgin Marbles — politically correctly entitled “The Parthenon Sculptures” — “Human figures in the frieze are more than mere portraits of the Athenian people of the day. Rather they represent a timeless humanity, one which transcends the present to encompass a universal vision of an ideal society.” The Parthenon itself set out the architectural laws of proportion that still obtain to this day, and later in the book Jenkins points out how the sculptures “transcend national boundaries and epitomize universal and enduring values of excellence.” It was no coincidence that interest in them permeated the Western Enlightenments of the 18th century. 

While the Parthenon was being built, Pericles contrasted the openness and moderation of Athenian civic life with the militaristic, secretive, dictatorial Spartans in his Funeral Speech of 430 b.c., and this struck a chord with the Enlightenment thinkers of 23 centuries later, just as it should continue to do with us today, reminding us why Western values are indeed superior to those that actuate the leaders of modern China, Russia, Iran, Venezuela, North Korea, and Zimbabwe. Marxism-Leninism began as a Western concept but was overthrown in the West, whereas it tragically still thrives in other parts of the world. And yes, we know that the architect Phidias employed slaves and metics (foreigners) in building the Parthenon, not just Athenian freemen.

“Carved around the middle of the fifth century bc,” writes Neil MacGregor, former director of the British Museum, the Elgin Marbles “are the product of a creative culture that is credited with the invention of such aspects of modern Western civilization as democracy, philosophy, history, medicine, poetry and drama.” Of course, no one is claiming that Oriental, Persian, and Arab civilizations did not have all of those listed — except democracy, which they did not have then and most still do not today — and no one suggests that Aboriginal Australians, South Sea Islanders, the Aztecs and Incas, ancient Egyptians, or the Khmer Empire that built Angkor Wat for the god Vishnu did not have their own worthy civilizations, too. 

Yet even the very greatest achievements and physical creations of those other civilizations simply cannot compare to what the Greco-Roman and Judeo-Christian Western civilization has produced in philosophy, history, medicine, poetry, and drama, let alone democracy. 

Anyone reading Charles Murray’s superb and unanswerable book Human Accomplishment cannot but accept that the contribution made to mankind — the whole of it, not just the West — by DWEMs has statistically utterly dwarfed that made by the whole of the rest of the world combined. Whilst the transformative powers of cathedrals and concertos are relatively debatable, Nobel prizes for science and medical breakthroughs can be numerically compared, as can the fact that there is no one in any other civilization who can objectively match the sheer volume and density of the poetic and dramatic work of Shakespeare. To deny that is to start going down the route of the discredited Afrocentrist historians who were reduced to claiming that ancient African civilizations had visited Latin America and significantly influenced the cultures they found there.

“From the constitution drafted by the founding fathers of the American republic to the war-time speeches of Winston Churchill,” Jenkins writes, “many have found inspiration for their brand of liberal humanism, and for a doctrine of the open society, in the Funeral Speech of Perikles.” If Pericles had lost an election or been ostracized in the annual vote of Athenians, he would have stood down from office in the same way that Boris Johnson, Donald Trump, and Emmanuel Macron would after a defeat in a free and fair election in their countries, whereas that is inconceivable in many totalitarian countries not infused by the ethics of the West. That is ultimately why we should not apologize for Western civilization, why it should be proselytized around the world and certainly taught as a discrete discipline in our schools and universities. 

Western Civilization courses never pretended that the West invented civilization, as the French anthropologist Claude Lévi-Strauss emphasized in his foreword to the UNESCO International Social Science Bulletin in 1951. Considering some of the most ancient sites of human habitation in the world, such as Mohenjo-daro and Harappa in the Indus Valley, he observed straight streets intersecting at right angles, industrial workshops, utilitarian housing for workers, public baths, drains and sewers, pleasant suburbs for the wealthier classes; in short, what he called “all the glamour and blemishes of a great modern city.” Five thousand years ago, therefore, the most ancient civilizations of the old world were giving their lineaments to the new. As a new history of the world by the British historian Simon Sebag Montefiore will shortly demonstrate, the inhabitants of Egypt, China, and Persia were creating sophisticated art and architecture, legal and numerical systems, and literary and musical traditions while the peoples of Europe were still covered in woad and living in mud huts. 

What might Homer have to say about being civilized? The Iliad, which describes the clash between the Greeks and the Trojans, is not a description of a conflict between two nation-states. Adam Nicolson characterizes the conflict in The Mighty Dead: Why Homer Matters as “the deathly confrontation of two ways of understanding the world.” In this 4,000-year-old scenario, the Greeks are the barbarians. They are northern warriors, newly technologically empowered with ships and bronze spears, who want what the Trojans have got. They are pirates: coarse, animalistic, in love with violence. They are savage, rootless nomads who trade women as commodities (a three-legged metal tripod to put vases on is worth twelve oxen; a woman, four) and lust after the treasure hidden within Troy’s walls.

The city of Troy is wealthy, ordered, graceful, and stable, and the Greeks covet it. In the climax of the poem, Achilles, the ultimate man of the plains, confronts Hector of Troy, the man of the city. In disarmingly exhilarating and violent poetry, the outsider slaughters the insider. The barbarians have won. Or have they? After the battle, Priam, Hector’s grieving father, visits Achilles in his tent. Troy is doomed but Achilles marvels at Priam’s humility, at his ability to respect the man who has murdered his beloved son. From the “mutuality and courage of that wisdom,” writes Nicolson, “its blending of city and plain, a vision of the future might flower.”

Our word “civilization” derives from the Latin “civilis,” from “civis” (citizen) via “civitas” (city). The city is the locus for human encounter and understanding, for exchange and connection, for the development of communal and peaceful coexistence, for the flourishing of both everyday exchange and sophisticated arts. Opponents of the teaching of Western civilization object that European countries built their wealth and cultural achievements on the colonial exploitation and enslavement of non-European peoples. Yet as Homer demonstrates, the development of civilization has always been predicated upon darker forces. 

The Crusaders of medieval Europe were no more bloody and cruel than the wars of conversion enacted by the expanding Islamic world in the seventh and eighth centuries. The Ethiopian Empire (1270–1974) was founded upon slavery, as was the Ottoman Empire (1299–1924). If the history of the West needs to be taught critically, then so too does that of the East or the so-called global South. No civilization has been morally pure. 

“Competition and monopoly,” writes Niall Ferguson sagely in his book Civilization: The West and the Rest, “science and superstition; freedom and slavery; curing and killing; hard work and laziness — in each case, the West was the father to both the good and the bad.” Those early Western Civ courses never tried to argue that it was flawless — Karl Marx sometimes used to be taught in them, after all — but in the 20th century, students had more common sense and took that for granted, and were not looking for ever-new ways to be offended.

Christianity, for all its schisms and intolerance, its occasionally obnoxious obscurantism and iconoclasm, has been overall an enormous force for good in the world. The Sermon on the Mount was, as Churchill put it, “the last word in ethics.” 

Christians abolished slavery in the 1830s (or three decades later in America’s case), whereas outside Christendom the practice survived for much longer, and identifiable versions of it still exist in some non-Christian and anti-Christian countries today. 

The abolition of slavery did not merely happen by votes in Parliament and proclamations from presidents; it was fought for by (and against) Christians with much blood spilt on both sides. That would not have happened without the Judeo-Christian values and the Western Enlightenment that are so central to Western civilization. The Royal Navy ran its West Africa Preventive Squadron for over 60 years with the sole task of fighting slavery, during which time it freed around 160,000 slaves, and an estimated 17,000 British seamen died of disease or in battle achieving that. 

When considering “the rest” — those civilizations that did not produce what Western civilization has — Ferguson is unblushingly honest. “We must resist the temptation to romanticize history’s losers,” he writes. “The other civilizations overrun by the West’s, or more peacefully transformed by it through borrowings as much as by impositions, were not without their defects either, of which the most obvious is that they were incapable of providing their inhabitants with any sustained improvement in the material quality of their lives.” For all my earlier concentration on art and architecture, poetry and music, Ferguson is also correct to point out that “civilization is much more than just the contents of a few first-rate art galleries. It is a highly complex human organization,” which is why his book is “as much about sewage pipes as flying buttresses.” 

In response to the issuing of the United Nations’ Universal Declaration of Human Rights in 1948, the American Anthropological Association released a critique that asked, “How can the proposed Declaration be applicable to all human beings and not be a statement of rights conceived only in terms of the values prevalent in the countries of Western Europe and America?” The question assumes that the 30 articles of the Declaration could not be universal, since universality of human rights was of necessity a “Western” assumption. This was intended as a criticism, not an endorsement.

Yet the West has not stolen these values, as the Greeks stole the Trojans’ gold; it has not appropriated or co-opted them. Rather they are seen as objectionable because they do, indeed, according to their detractors, inhere in Western culture. So, given that a belief in human rights is, apparently, predicated on Western culture, is not that culture worth examining and teaching? 

Instead, there is an entire industry devoted to trying to topple DWEM heroes from their pedestals — literally, in the case of the British activist Afua Hirsch’s attempt to have Admiral Nelson removed from his column in Trafalgar Square in London on the grounds that he did not campaign to abolish the slave trade (which was not abolished by Britain until two years after his death in 1805). 

The climate-change movement is similarly riddled with anti-Western assumptions, whereby capitalism, development, and growth are demonized, all of them supposedly primarily Western concepts. A glance at the actual carbon emissions from the new coal-fired power stations still being built every month in China should put Western climate self-haters right about the importance of development and growth, but campaigning against democratic, guilt-ridden Western governments is far easier than taking the fight to Beijing and Delhi, which now is where the real difference can be made. When Greta Thunberg denounces Xi Jinping and the Chinese Communist Party outside the Great Hall of the People, she will be worthy of our respect; until then, she is merely playing on Western guilt, like every other demagogic critic of the West so beloved of the Left. 

The self-hatred virus is a particularly virulent and infectious one, and has almost entirely overtaken the academy in its attitude towards Western civilization. We all know the concept of the self-hating Jew who instinctively and immediately blames Israel for everything bad that happens in the Middle East (and often in the wider world, too). If the term is unfamiliar, look at some of the lobbying organizations on Washington’s K Street, or the equally virulent “Jews for Corbyn” movement inside the ultra-left Momentum organization in Britain. 

Western self-hatred, which is quite different from healthy self-criticism, has gone far too far in our society. American self-haters such as Noam Chomsky and Michael Moore have made hugely successful careers out of a knee-jerk reaction that whatever ill befalls the West is solely its own fault. They argue, of course, that they in fact like their country — rarely “love,” as that would differentiate it from other countries — and it’s only one particular administration or policy with which they take issue rather than the whole culture. Yet this is false. If after a lifetime one has never — as in Jeremy Corbyn’s case — once supported a single Western military operation under any circumstance, and always had a good word for every opponent of the West, whether it be a state actor or a leftist terrorist group, then the truth becomes obvious.

British self-hatred goes back a long way, via Thomas Paine and Kim Philby, but today it is not enough for the Chomskys and Corbyns merely to hate their own country; they must hate the West in general, which for them tends to mean NATO, the special relationship, the Anglo-American form of (relatively) free markets and free enterprise, and of course the concept of Western civilization itself, which they consider an artificial construct. Recently Seumas Milne, Jeremy Corbyn’s spin doctor, tried to argue that capitalism has killed more people than Communism, although of course he did not accept the figure of 100 million that most responsible historians recognize was Communism’s death toll in the 20th century. 

Mention of Corbyn and Milne prompts the thought that all too often consideration of the contribution of Judeo-Christian thought to Western civilization tends to underplay the first — Judeo — part of the conjoined twins. It is impossible not to spot an enormous overlap — the shaded area in the Venn diagram — between hatred of the concept of Western civilization on one side and at least a certain haziness over anti-Semitism on the other. In America, there are unfortunately still those who believe that Western civilization is at risk from Jewish culture. This view is as ignorant as it is obnoxious. For without the “Judeo” half of the phenomenon, Western civilization would simply not exist. 

Once again, Charles Murray is invaluable here in enumerating in numbers and places and names and statistics the contribution made in every field by Jews over the millennia, around 100 times what it ought to be in relation to their demographic numbers on the planet. Writing of Max Warburg’s daughter Gisela in his book The Warburgs, Ron Chernow recalls how, “once asked at a birthday party whether she was Jewish, Gisela refused to answer. When Alice [her mother] asked why, Gisi stammered confusedly, ‘You always told us not to boast.’” That might be true of her, but philo-Semitic Gentiles such as I enjoy boasting about the contribution the Jews have made to Western civilization in every sphere. Beware the hater of Western civilization; very often there’s an anti-Semite not very far away.

French postmodern theory refuses to distinguish between high and low culture, attempting to make it futile even to discuss whether this or that work of art is or is not lovely or important. If you want to argue that Kanye West’s lyrics are as good as Shakespeare, or Mongolian yurts are as sophisticated a form of architecture as Bauhaus, then Foucault will support you all the way. But if you want to understand why we do not have child slavery in the West, or disenfranchised women, or imprisonment without trial, or the imprisonment of newspaper editors, you simply have to study the cultural history that produced such an unusual and extraordinary situation in human history. It is inescapable and not susceptible to postmodernist analysis. It’s not about the aesthetic or literary superiority of certain artworks, but about the unequivocal good of human dignity. If Ms. Rashatwar finds the idea of losing her human rights so “romantic,” she is always welcome to move to Saudi Arabia, which is still awaiting its Enlightenment.

The late, very great Gertrude Himmelfarb identified three separate Enlightenments — English, French, and Scottish — at different though overlapping stages of the 18th century, with different emphases in different places at different times. Chartres Cathedral was not dedicated until 1260, so there were five centuries between then and the Enlightenments, but they were the moments when people began to throw off superstition and belief in magic and witchcraft, to look at the world afresh, unafraid of what they might find and where it might take them, even at the risk of unbelief. If the Islamic world had had such a moment, it would not have been left behind in so many areas of accomplishment since it was turned back from the gates of Vienna in 1683, with the result that its fascist-fundamentalist wing might not have existed to lash out in such fury and resentment on 9/11.

The recent Security Conference in Munich took as its theme and title “Westlessness” — an ugly word in English, worse in German — intending to prompt international decision-makers into thinking about what might happen if the Trump administration were ever to get as tough over NATO underfunding as it has long threatened to do. Another fear of Westlessness, however, should be about the eclipse of Western civilization as a subject for study, as a result of a hugely successful Gramscian march through the institutions that started long before Jesse Jackson and his megaphone visited Stanford. 

For far from becoming a Kumbaya touchy-feely place, a truly Westless world would be a neo-Darwinian free-for-all in which every state merely grabbed what it could, a return to the world Hobbes wrote about in Leviathan. The Left should beware what it claims to wish for, and Western civilization should be taught once more in our schools and colleges. For as Churchill knew as the bombs were falling and London was burning in December 1940, it is worth fighting for.

— This essay is sponsored by National Review Institute.

Voir aussi:

‘Hey, Hey, Ho, Ho, Western Civ Has Got to Go’

Robert Curry American Greatness June 10, 2019

On January 15, 1987, Jesse Jackson and around 500 protesters marched down Palm Drive, Stanford University’s grand main entrance, chanting “Hey hey, ho ho, Western Civ has got to go.”

They were protesting Stanford University’s introductory humanities program known as “Western Culture.” For Jackson and the protesters, the problem was its lack of “diversity.” The faculty and administration raced to appease the protesters, and “Western Culture” was formally replaced with “Cultures, Ideas, and Values.”

The new program included works on race, class, and gender and works by ethnic minority and women authors. Western culture gave way to multi-culture. The study of Western civilization succumbed to the Left’s new dogma, multiculturalism.

When I attended college in the 1960s, taking and passing the year-long course in the history of Western civilization was required for graduation. The point of the requirement was perfectly clear. Students were expected to be proficient with the major works of their civilization if they were to be awarded a degree. It was the mark of an educated person to know these things.

Because it was a required course, it was taught by a senior professor in a large lecture hall with hundreds of students. The course was no walk in the park. When I took the course, only one student got an A grade for the first semester. Students went down in wave after wave. Many dropped out of the course, planning to try again later. Others dropped out of school or transferred to another college or university.

Student protests were all the rage on campus in those days, too. But nobody protested the Western Civ course, its contents, the difficulty involved, or the fact that it was required. Students evidently accepted the idea that studying the story of how we got here and who shaped that story was essential to becoming an educated person.

It is also not at all clear that the faculty in those days would have raced to appease student protesters chanting “Hey, hey, ho, ho, Western Civ has got to go.”

Many of the faculty, after all, had served in World War II. My best friends on the faculty had all served either in the European or the Pacific theater. They had put their lives on the line to defend Western civilization, and served with others who had lost their lives in that fight. Whether they were teaching Plato or Italian art of the Renaissance and the Baroque eras, they taught with the passion of men who had fought as soldiers and were working as teachers to preserve Western culture. Perhaps my fellow students would not have dared to present our teachers with that particular protest.

The protesting students at Stanford in 1987 were pushing against an open door. Radicalized professors, products of the student protests of the 1960s, welcomed the opportunity to do what they already wanted done. The protesters provided the excuse. Instead of doing the hard work of teaching Western civilization, they were free to preach multiculturalism—and the change was presented to the world as meeting the legitimate demands of students.

It is worth noting, I think, that the chant has an interesting ambiguity. Was it the course in Western civilization or Western civilization itself that had to go? Clearly, Jackson was leading the protesters in demanding a change in the curriculum at Stanford, but the Left, having gotten rid of “Western Civ” at Stanford and at most other colleges, is reaching for new extremes. Today, ridding the world of Western civilization as a phenomenon doesn’t seem like such a stretch.

In the wee hours of the morning recently, in a nearly deserted international airport terminal, I got into conversation with a fellow passenger while we waited for our luggage. He told me he was returning from a stay at an eco-resort. He said because of cloudy weather there had been no hot water on most days—and little hot water when there was any—and the electric light ran out every night soon after nightfall.

The worst part for him, he said, was the requirement to put used toilet paper in a special container provided for that purpose. When I remarked that what he had experienced at the resort was what the Greens have planned for all of us, he cheerfully agreed. He went on to say that he believed the real purpose of the Greens’ plan is population control, that a truly green future would only be able to support a much smaller population.

The amazing part is this: he conveyed a complete agreement with the environmentalist project and what he believed to be its underlying purpose. It seemed that what he had experienced at the resort had not caused him to re-think his attitude, or even to consider that there was a risk he might not survive the transition to a much smaller population.

As he spoke, I easily imagined him as a younger person chanting “Hey, hey, ho, ho, Western Civ has got to go.”

Voir également:

‘An Honest Conversation About Race’?

Is confrontation wise? Much progress has been accomplished under cover of hypocrisy—or civility.

Lance Morrow
The Wall Street Journal
July 2, 2020

People have said for decades that America needs to have “an honest conversation about race.” Is this what they had in mind—this drama of marches, riots, witness videos, tear-gassings, surging police lines, Trump tweets, Zoom pressers, statue-topplings, Facebook screeds, cable television rants, window-smashings, shop-burnings, police-defundings, escalating murder rates and the distant thunder of editorial boards?

Veterans in the field of less-than-revolutionary race relations learned that a certain amount of truth-suppression is actually helpful—preferable to the “honesty” of hatred, for example. Much progress has been accomplished under cover of hypocrisy—or, if you like, civility. Good manners and artful hypocrisy were Booker T. Washington’s game, but he was written off as an Uncle Tom long ago.

We live now in the regime and culture of confrontation—ideology as performance, anger as proof of authenticity. You remember how much trouble Joe Biden got into when he bragged about his ability to get along with segregationists in the 1970s. Mr. Biden was preening thoughtlessly on his skill in the arts of the old hypocrisy. Now he has learned his lesson and embraces the left’s idea of honesty—no deviation from the party line or from the officially approved emotions.

How do you judge a moment of history when you are in the thick of it? How can you tell if all of this will be remembered as historic or will be superseded and forgotten as another momentary sensation, another self-important mirage? The current moment feels intensely historic now, but we shall see.

Black Lives Matter has ambitions to abolish its own version of the Chinese Cultural Revolution’s “Four Olds”—old customs, old culture, old habits, old ideas—and to add a fifth, old statues. Yet this summer the titanic racial theme competes and fuses with other superstories—the pandemic and its economic consequences, the presidential race, America’s long-running politico-religious civil war.

Raw emotion pours out of social media and into the streets—outrage, with a touch of holiday. On the other side is an oddly silent majority. It seems eerie that so much of the country—the land of “white supremacy,” as the left likes to think of it—gives the appearance of having almost acquiesced, as if it has conceded that the eruptions might be justified and even overdue. Can it be that the silenced majority has had an epiphany, that in its heart it acknowledges the justice of black Americans calling in Thomas Jefferson’s IOU, “I tremble for my country when I reflect that God is just, and that his justice cannot sleep forever”?

There’s some of that—changed minds, old prejudice grown reflective. In any case, the silenced majority, out of moral courtesy, has been reluctant to criticize people demonstrating in the wake of George Floyd’s killing. At the same time, it recoils—more indignantly and incredulously each day—from the left’s overall program and mind-set, which it considers insidious if not crazy. When major cities propose to cut off funds for their police departments or to abolish them altogether, that Swiftian absurdity makes a deep impression, confirming a broader doubt about the left’s intentions and mental health.

The most tragic impediment to an honest conversation about race in America is fear—an entirely realistic fear of being slain by the cancel culture. This fear to speak is a civic catastrophe and an affront to the Constitution. It induces silent rage in the silenced. It is impossible to exaggerate the corrupting effect that the terror of being called a “racist”—even a whiff of the toxin, the slightest hint, the ghost of an imputation—has on freedom of discussion and the honest workings of the American public mind.

Racism in America is no longer totalitarian, as it once was, especially in the South. The cancel culture is the new totalitarianism, a compound of McCarthyism, the Inquisition, the Cultural Revolution, the Taliban and what has become a lethal and systemic ignorance of history—almost a hatred of it. All that wild, unearned certainty, all that year-zero zealotry, discredits those who associate themselves with the cause and makes a mockery of their sweet intentions. Much of the white woke rage is radiant with mere self-importance.

And it’s going to backfire. Newton’s Third Law of Motion hasn’t been repealed: For every action there is still an equal and opposite reaction. My sense is that there is quietly building a powerful backlash, which will express itself on Nov. 3, if not before. My guess is that polls now showing Mr. Biden far ahead don’t reflect reality. It may be impossible for President Trump to win; for some reason, he collaborates daily with his enemies to sabotage his chances. But the outcome is by no means as certain as the polls now suggest.

Mr. Morrow is a senior fellow at the Ethics and Public Policy Center.

Voir de plus:

Amid a pandemic, the woke-ist media are experiencing a psychotic break

Becket Adams
Washington Examiner
July 03, 2020
 
If the press suffered a nervous breakdown after the 2016 election ⁠— and they did ⁠— they are experiencing a full-on psychotic break amid the COVID-19 pandemic and the George Floyd protests.

It is as if the lockdowns and nationwide demonstrations caused media executives to snap, leaving them in a wide-eyed, obsessive frenzy to cleanse society of all problematics, screaming all the while, “Out, damned spot!”

CNN, for example, engaged in explicit political activism this week when it sought to shame companies that have yet to pull ads from Facebook over CEO Mark Zuckerberg’s persistent refusal to censor problematic speech.

“These are the big brands that haven’t pulled ads from Facebook yet,” reads the headline. The report then goes on to name and shame the businesses that have had the temerity to continue to advertise on one of the biggest social media platforms in the world.

This is not news reporting. This is activism. It is a poorly disguised effort by a major newsroom to pressure companies into boycotting a social media platform that is too committed to political neutrality and too opposed to political censorship for the media’s taste. In any other time and place, the press would have mocked and condemned the CNN article. But these are unusual times. Many journalists today agree with CNN’s shaming tactics and the reasons behind them, and so the Facebook report came and went this week with barely a whimper of objection from our brave Fourth Estate.

Over at the New York Times, the occupied opinion section, which claims to have standards against “needlessly harsh” commentaries that fall “short of the thoughtful approach that advances useful debate,” published an especially unhinged article this week titled “America’s Enduring Caste System.”

“Throughout human history, three caste systems have stood out,” writes contributor Isabel Wilkerson. “The lingering, millenniums-long caste system of India. The tragically accelerated, chilling and officially vanquished caste system of Nazi Germany. And the shape-shifting, unspoken, race-based caste pyramid in the United States.”

She adds, “Each version relied on stigmatizing those deemed inferior to justify the dehumanization necessary to keep the lowest-ranked people at the bottom and to rationalize the protocols of enforcement. A caste system endures because it is often justified as divine will, originating from sacred text or the presumed laws of nature, reinforced throughout the culture and passed down through the generations.”

Yes, it seems a bit off for Wilkerson to lump the U.S. in with Nazi Germany, but that is not even the craziest part. That distinction goes to her exceptionally ignorant assertion that 2 of the 3 most notable caste systems in history come from the last 250 years. Several ancient empires would beg to differ. Then again, if your viewpoint is the right one, New York Times editors will not be sticklers for facts.

Elsewhere at the New York Times, the news section decided this week that now is a good time to remind its readers that Mount Rushmore is very problematic.

“Mount Rushmore was built on land that belonged to the Lakota tribe and sculpted by a man who had strong bonds with the Ku Klux Klan,” the paper reported. “It features the faces of 2 U.S. presidents who were slaveholders.”

All true. Also, while we are on the topic of unjustly seized land, please enjoy this excerpt from Reason magazine explaining how the New York Times Building in midtown Manhattan came to be built:

On September 24, 2001, as New York firefighters were still picking their comrades’ body parts out of the World Trade Center wreckage, New York Times Co. Vice Chairman and Senior Vice President Michael Golden announced that the Gray Lady was ready to do its part in the healing.

« We believe there could not be a greater contribution, » Golden told a clutch of city officials and journalists, « than to have the opportunity to start construction of the first major icon building in New York City after the tragic events of Sept. 11. » Bruce Ratner, president of the real estate development company working with the Times on its proposed new Eighth Avenue headquarters, called the project a « very important testament to our values, culture and democratic ideals. »

Those « values » and « democratic ideals » included using eminent domain to forcibly evict 55 businesses–including a trade school, a student housing unit, a Donna Karan outlet, and several mom-and-pop stores–against their will, under the legal cover of erasing « blight, » in order to clear ground for a 52-story skyscraper. The Times and Ratner, who never bothered making an offer to the property owners, bought the Port Authority-adjacent property at a steep discount ($85 million) from a state agency that seized the 11 buildings on it; should legal settlements with the original tenants exceed that amount, taxpayers will have to make up the difference. On top of that gift, the city and state offered the Times $26 million in tax breaks for the project, and Ratner even lobbied to receive $400 million worth of U.S. Treasury-backed Liberty Bonds–instruments created by Congress to help rebuild Lower Manhattan. Which is four miles away.

The New York Times report this week claims that the history of Mount Rushmore is of particular relevance now because President Trump plans to attend July Fourth festivities at the South Dakota monument. Curious, then, that the New York Times did not think that history worth reevaluating when former President Barack Obama visited the exact same site during the 2008 campaign or when the New York Times’s own Maureen Dowd wondered in 2016 whether Obama would qualify as a “Mount Rushmore president. »

Lastly, ABC News published a report this week titled “New government data, shared first with ABC News, shows the country’s premier outdoor spaces – the 419 national parks – remain overwhelmingly white.”

The story’s headline reads, “America’s national parks face existential crisis over race,” adding in the subhead, “A mostly white workforce, visitation threatens parks’ survival and public health.”

“Just 23% of visitors to the parks were people of color,” the report adds, “77% were white. Minorities make up 42% of the U.S. population.”

As it turns out, white people really enjoy hiking and camping, and that is a problem for the parks, the ABC News report claims, because people of color will be a majority in America by 2044. The article then goes on to quote outdoor enthusiasts of color who say they do not feel welcome at the “overwhelmingly white” national parks. These advocates, the article reads, “say they hope the moment since George Floyd’s death in police custody brings attention to systemic racism in the outdoors as well as other parts of society and translates into a long-term change in attitudes and behavior.”

Sorry, everyone. Even national parks are racist now.

This is not normal behavior from our press. This is a mental breakdown in the works. People of the future will look at all this and wonder how on earth these stories made it into print.

The best thing that can happen now for the news industry is for the pandemic to pass, the lockdowns to lift, and for everyone to go outside and get some fresh air. Because the way nearly everyone in the press is behaving now, it seems clear that cabin fever has set in hard, and it is an epidemic we may not shake as quickly as the coronavirus.

Voir encore:

FARRELL: The Left Is Clearing A Pathway To Power

Chris Farrell Daily Caller June 25, 2020

Why are we experiencing the worst civil disturbances in decades? It is because the proponents of radical change won’t have it any other way.

Early 20th Century Italian Marxist Antonio Gramsci theorized that the path to a communist future came through gradually undermining the pillars of western civilization. We are now seeing the results of decades of such erosion, in education, in faith, in politics and in the media. The old standards of freedom, individual responsibility, equality and civic order are being assaulted by proponents of socialism, radical deconstruction and mob rule.

Those who charge that institutional racism is rampant in America are the same as those who run the country’s major institutions – city governments, academe, the media, Hollywood, major sports leagues and the Washington, D.C. deep state bureaucracy. Accountability? None.  The irony is rich.

At the same time, the only legal and institutional structures that mandate racially based outcomes do so in favor of other-than-majority groups. Anyone who questions this arrangement winds up cancelled.

The public debate is hardwired for disunity, making the former language of inclusion the new dog whistle of racism. The exclusionary slogan “black lives matter” is sanctified while the more unifying “all lives matter” is called divisive. People who say they want a colorblind society are called bigots even as progressives push for segregated events and housing on college campuses and “CHOP” protesters demand Black-only hospitals. Martin Luther King’s dream that people will “live in a nation where they will not be judged by the color of their skin, but by the content of their character” is judged by today’s progressives as a call for white supremacy.

The media goes out of its way to coddle violent protesters, calling them peaceful even as they verbally abuse and then throw bottles at police, saying they are not “generally speaking, unruly” standing in front of a burning building. Political leaders who benefit from disunity keep fanning the flames. For example House Speaker Nancy Pelosi’s reckless charge that the Senate police reform bill is “trying to get away with the murder of George Floyd” is irresponsibly divisive, especially since it was drafted by African American Senator Tim Scott (R-SC).

Public monuments have borne the brunt of the violence in recent weeks. As President Trump predicted, the vandalism has moved well beyond statues of Confederates. Practically any statue is fair game. Washington, Jefferson, even Ulysses S. Grant, the man who defeated Lee’s army, all have been toppled by the mobs. And liberal city governments are taking down statues at least as fast as the rioters. But it would be a mistake to think that the statues themselves are at issue, or even what they symbolize. Rather it is the need for the radicals not just to cleanse American history but to make people feel ashamed of every aspect of it. In this way they clear a path for a radical future, buttressed by an unwavering sense of moral superiority that entitles them to smack down any dissent, usually gagging people in the name of “free speech.”

We were told for years that anything the Trump administration did that was remotely controversial was an attempt to divide the country. Democrats frequently blamed insidious foreign influence, using expressions like “right out of Putin’s playbook” to keep the Russian collusion canard alive. But they are the ones who are weakening and dividing the country, to the evident glee of our Russian and Chinese adversaries. They have completely adopted longstanding Russian and Chinese propaganda lines about the United States being a country of endemic racism, poverty and oppression, when in fact America is an opportunity society and one of the most racially diverse and tolerant countries in the world. The protesters, their political allies and media backers are working hard to create the very sort of divisions they claim to oppose, because a weak, divided and ashamed America is their pathway to power.

Chris Farrell is director of investigations and research for Judicial Watch, a nonprofit government watchdog organization. He is a former military intelligence officer.

Voir encore:

Columbus Is Racist, Says Columbus

The explorer is ejected from a city that—for now—bears his name

Wall Street Journal

July 2, 2020

The city of Columbus, Ohio, this week unceremoniously evicted a 16-foot bronze statue . . . of Christopher Columbus. “For many people in our community, the statue represents patriarchy, oppression and divisiveness,” said Mayor Andrew Ginther, giving the removal order two weeks ago. “That does not represent our great city.”

Which great city, precisely? He forgot to mention. Or perhaps the mayor is going to start referring to his town euphemistically as “Ohio’s capital” and so forth, the way some people refuse to say the name of the Washington Redskins football team. This could make campaigning for his re-election rather awkward: Vote Ginther for mayor of [Unmentionable Racist].

Don’t laugh, because a petition at change.org has 118,000 signatures—an eighth of Columbus’s population—to rechristen the city Flavortown. That would reflect the region’s status as “one of the nation’s largest test markets for the food industry,” while honoring the enduring legacy of a Columbus native, the celebrity chef Guy Fieri. Alas, the petition’s creator has since apologized. Renaming the city, he says, “should be a fight led by those most affected,” and “as a white male, I don’t have a say in this.”

A columnist for the Columbus Dispatch noodled—jokingly?—that because “it’s always dangerous to name something after humans,” how about: Pleistocene, Ohio. Is the unpronounceable symbol once used by the musician Prince available again, or would that be cultural appropriation of Minnesota? A letter to the Dispatch had a bold idea: “Cowed, Ohio.”

The statue of Columbus sat in front of Columbus City Hall for 65 years. It was a gift from the people of Genoa, Italy. Now the mayor’s office says it’s “in safekeeping at a secure city facility.” What a blow to U.S.-Italy relations. At least he could offer to give the statue back. A second Columbus likeness, a marble of the navigator pointing west, was booted last month by Columbus State Community College, where it used to stand in the downtown Discovery District.

The mayor’s office says the unelected Columbus Art Commission will launch a “participatory process” to find new art that “offers a shared vision for the future.” Good luck. “Let’s just leave the space empty,” one Dispatch letter suggested, “because if not everyone is happy should anyone be happy?” What a sad sign of the times.

Voir par ailleurs:

STATEMENT ON HUMAN RIGHTS

SUBMITTED TO THE COMMISSION ON HUMAN RIGHTS, UNITED NATIONS BY THE EXECUTIVE BOARD, AMERICAN ANTHROPOLOGICAL ASSOCIATION

American Anthropologist

NEW SERIES Vol. 49 OCTOBER-DECEMBER, 1947 No. 4

The problem faced by the Commission on Human Rights of the United Nations in preparing its Declaration on the Rights of Man must be approached from two points of view. The first, in terms of which the Declaration is ordinarily conceived, concerns the respect for the personality of the individual as such, and his right to its fullest development as a member of his society. In a world order, however, respect for the cultures of differing human groups is equally important.

These are two facets of the same problem, since it is a truism that groups are composed of individuals, and human beings do not function outside the societies of which they form a part. The problem is thus to formulate a statement of human rights that will do more than just phrase respect for the indi- vidual as an individual. It must also take into full account the individual as a member of the social group of which he is a part, whose sanctioned modes of life shape his behavior, and with whose fate his own is thus inextricably bound.

Because of the great numbers of societies that are in intimate contact in the modern world, and because of the diversity of their ways of life, the primary task confronting those who would draw up a Declaration on the Rights of Man is thus, in essence, to resolve the following problem: How can the pro- posed Declaration be applicable to all human beings, and not be a statement of rights conceived only in terms of the values prevalent in the countries of Western Europe and America?

Before we can cope with this problem, it will be necessary for us to outline some of the findings of the sciences that deal with the study of human culture, that must be taken into account if the Declaration is to be in accord with the present state of knowledge about man and his modes of life.

If we begin, as we must, with the individual, we find that from the moment of his birth not only his behavior, but his very thought, his hopes, aspirations, the moral values which direct his action and justify and give meaning to his life in his own eyes and those of his fellows, are shaped by the body of custom of the group of which he becomes a member. The process by means of which this is accomplished is so subtle, and its effects are so far-reaching, that only after considerable training are we conscious of it. Yet if the essence of the Declaration is to be, as it must, a statement in which the right of the individual to develop his personality to the fullest is to be stressed, then this must be based on a recognition of the fact that the personality of the individual can develop only in terms of the culture of his society.

Over the past fifty years, the many ways in which man resolves the prob- lems of subsistence, of social living, of political regulation of group life, of reaching accord with the Universe and satisfying his aesthetic drives has been widely documented by the researches of anthropologists among peoples living in all parts of the world. All peoples do achieve these ends. No two of them, however, do so in exactly the. same way, and some of them employ means that differ, often strikingly, from one another.

Yet here a dilemma arises. Because of the social setting of the learning process, the individual cannot but be convinced that his own way of life is the most desirable one. Conversely, and despite changes originating from within and without his culture that he recognizes as worthy of adoption, it becomes equally patent to him that, in the main, other ways than his own, to the degree they differ from it, are less desirable than those to which he is accustomed. Hence valuations arise, that in themselves receive the sanction of accepted belief.

The degree to which such evaluations eventuate in action depends on the basic sanctions in the thought of a people. In the main, people are willing to live and let live, exhibiting a tolerance for behavior of another group different than their own, especially where there is no conflict in the subsistence field. In the history of Western Europe and America, however, economic expansion, control of armaments, and an evangelical religious tradition have translated the recognition of cultural differences into a summons to action. This has been emphasized by philosophical systems that have stressed absolutes in the realm of values and ends. Definitions of freedom, concepts of the nature of human rights, and the like, have thus been narrowly drawn. Alternatives have been decried, and suppressed where controls have been established over non- European peoples. The hard core of similarities between cultures has con- sistently been overlooked.

The consequences of this point of view have been disastrous for mankind. Doctrines of the « white man’s burden » have been employed to implement economic exploitation and to deny the right to control their own affairs to millions of peoples over the world, where the expansion of Europe and America has not meant the literal extermination of whole populations. Rationalized in terms of. ascribing cultural inferiority to these peoples, or in conceptions of their backwardness in development of their ‘ »primitive mentality, » that justified their being held in the tutelage of their superiors, the history of the ex- pansion of the western world has been marked by demoralization of human personality and the disintegration of human rights among the peoples over whom hegemony has been established.

The values of the ways of life of these peoples have been consistently misunderstood and decried. Religious beliefs that for untold ages have carried conviction, and permitted adjustment to the Universe have been attacked as superstitious, immoral, untrue. And, since power carries its own conviction, this has furthered the process of demoralization begun by economic exploita- tion and the loss of political autonomy. The white man’s burden, the civilizing mission, have been heavy indeed. But their weight has not been borne by those who, frequently in all honesty, have journeyed to the far places of the world to uplift those regarded by them as inferior.

We thus come to the first proposition that the study of human psychology and culture dictates as essential in drawing up a Bill of Human Rights in terms of existing knowledge:

1. The individual realizes his personality through his culture, hence respect for individual differences entails a respect for cultural differences. There can be no individual freedom, that is, when the group with which the individual indentifies himself is not free. There can be no full development of the individual personality as long as the individual is told, by men who have the power to enforce their commands, that the way of life of his group is in- ferior to that of those who wield the power.

This is more than an academic question, as becomes evident if one looks about him at the world as it exists today. Peoples who on first contact with European and American might were awed and partially convinced of the superior ways of their rulers have, through two wars and a depression, come to re-examine the new and the old. Professions of love of democracy, of devotion to freedom have come with something less than conviction to those who are themselves denied the right to lead their lives as seems proper to them. The religious dogmas of those who profess equality and practice discrimination, who stress the virtue of humility and are themselves arrogant in insistence on their beliefs have little meaning for peoples whose devotion to other faiths makes theseinconsistencies as clear as the desert landscape at high noon. Small wonder that these peoples, denied the right to live in terms of their own cultures, are discovering new values in old beliefs they had been led to question.

No consideration of human rights can be adequate without taking into account the related problem of human capacity. Man, biologically, is one. Homo sapiens is a single species, no matter how individuals may differ in their aptitudes, their abilities, their interests. It is established that any normal individual can learn any part of any culture other than his own, provided only he is afforded the opportunity to do so. That cultures differ in degree of complexity, of richness of content, is due to historic forces, not biological ones. All existing ways of life meet the test of survival. Of those cultures that have disappeared, it must be remembered that their number includes some that were great, powerful, and complex as well as others that were modest, content with the status quo, and simple. Thus we reach a second principle:

2. Respect for differences between cultures is validated by the scientific fact that no iechnique of qualitatively evaluating cultures has been discovered.

This principle leads us to a further one, namely that the aims that guide the life of every people are self-evident in their significance to that people. It is the principle that emphasizes the universals in human conduct rather than the absolutes that the culture of Western Europe and America stresses. It recognizes that the eternal verities only seem so because we have been taught to regard them as such; that every people, whether it expresses them or not, lives in devotion to verities whose eternal nature is as real to them as are those of Euroamerican culture to Euroamericans. Briefly stated, this third principle that must be introduced into our consideration is the following,:

3. Standards and values are relative to the culture from which they de- rive so that any attempt to formulate postulates that grow out of the beliefs or moral codes of one culture must to that extent detract from the applicability of any Declaration of Human Rights to mankind as a whole.

Ideas of right and wrong, good and evil, are found in all societies, though they differ in their expression among different peoples. What is held to be a human right in one society may be regarded as anti-social by another people, or by the same people in a different period of their history. The saint of one epoch would at a later time be confined as a man not fitted to cope with reality. Even the nature of the physical world, the colors we see, the sounds we hear, are conditioned by the language we speak, which is part of the culture into which we are born.

The problem of drawing up a Declaration of Human Rights was relatively simple in the Eighteenth Century, because it was not a matter of human rights, but of the rights of men within the framework of the sanctions laid by a single society. Even then, so noble a document as the American Declaration of Independence, or the American Bill of Rights, could be written by men who themselves were slave-owners, in a country where chattel slavery was a part of the recognized social order. The revolutionary character of the slogan « Liberty, Equality, Fraternity » was never more apparent than in the struggles to imple- ment it by extending it to the French slave-owning colonies.

Today the problem is complicated by the fact that the Declaration must be of world-wide applicability. It must embrace and recognize the validity of many different ways of life. It will not be convincing to the Indonesian, the African, the Indian, the Chinese, if it lies on the same plane as like docu- ments of an earlier period. The rights of Man in the Twentieth Century can- not be circumscribed by the standards of any single culture, or be dictated by the aspirations of any single people. Such a document will lead to frustration, not realization of the personalities of vast numbers of human beings.

Such persons, living in terms of values not envisaged by a limited Declaration, will ‘thus be excluded from the freedom of full participation in the only right and proper way of life that can be known to them, the institutions, sanctions and goals that make up the culture of their particular society.

Even where political systems exist that deny citizens the right of participation in their government, or seek to conquer weaker peoples, underlying cultural values may be called on to bring the peoples of such states to a realization of the consequences of the acts of their governments, and thus enforce a brake upon discrimination and conquest. For the political system of a people is only a small part of their total culture.

World-wide standards of freedom and justice, based on the principle that man is free only when he lives as his society defines freedom, that his rights are those he recognizes as a member of his society, must be basic. Conversely, an effective world-order cannot be devised except insofar as it permits the free play of personality of the members of its constituent social units, and draws strength from the enrichment to be derived from the interplay of varying personalities.

The world-wide acclaim accorded the Atlantic Charter, before its restricted applicability was announced, is evidence of the fact that freedom is under- stood and sought after by peoples having the most diverse cultures. Only when a statement of the right of men to live in terms of their own traditions is incorporated into the proposed Declaration, then, can the next step of defining the rights and duties of human groups as regards each other be set upon the firm foundation of the present-day scientific knowledge of Man.

JUNE 24, 1947

Voir aussi:

LA LEÇON DE LA FRENCH THEORY

FRENCH THEORY FOUCAULT, DERRIDA, DELEUZE ET CIE ET LES MUTATIONS DE LA VIE INTELLECTUELLE AUX ETATS-UNIS de François Cusset La Découverte, 367 p.

Sylvano Santini

Spirale

3 mars 2010

CERTAINS penseurs français irrationnels, transgressifs, libidinaux, obscurs, géniaux, etc. ont fait fortune aux États-Unis avec leur spirale théorique. Qu’on les ait repris ou rejetés, aimés ou détestés, tant à l’université que dans les milieux artistiques underground, le fait est indéniable : une frange de la pensée française a contaminé et assaini l’Amérique. Ce paradoxe évidemment volontaire rejoue assez bien l’extrémisme étatsunien quant aux affaires intellectuelles : Baudrillard, Deleuze, Foucault, Derrida et con-sorts sont des démons fascistes pour les uns, des prophètes pour les autres. Y a-t-il un juste mi-lieu? Interrogation hasardeuse, car justement, aux États-Unis, c’est de lui qu’il n’est jamais question.

Les Américains ont créé quelque chose ces dernières décennies, n’en déplaise à ceux qui les perçoivent comme les conservateurs du musée européen. Mais ne s’agit-il pas ici encore de l’Europe? Il serait donc plus prudent de dire qu’ils ont recréé quelque chose sous le nom original de French Theory en accueillant, hors de la France, la théorie française. Incontestable phénomène qui persiste depuis ses débuts bigarrés dans les années soixante-dix jusqu’à son épuration universitaire qui se poursuit encore aujourd’hui. L’heure des bilans est arrivée au tournant du millénaire : que s’est-il donc passé ces trente dernières années pour qu’on demande à Baudrillard de participer au scénario de la saga Matrix ou pour qu’un DJ techno cite Deleuze ? Les Américains ont fait leur propre bilan en 2001 (French Theoryin America, Routledge), les Fran-çais, en 2003 (French Theory. Foucault, Derrida, Deleuze et Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux États- Unis, La Découverte) et plus curieusement, un certain réseau canadien s’est interposé comme arbitre en 2002 (« The American Production of French Theory », Substance, n » 97). Si les premiers s’évertuent à présenter les thèses caractéristiques qu’a laissées la théorie française dans la pensée américaine, et les derniers, un écho lointain de ce qui s’est véritable-ment passé, le bilan mis au point par François Cusset est de loin le plus satisfaisant et ce, autant pour ceux qui raillent le phénomène que pour ceux qui le respectent.

La fête et la caricature de la théorie française

Cusset connaît bien les États-Unis et encore mieux le monde de l’édition dans lequel il a œuvré et où a été inventé en partie le phénomène. Que des intellectuels américains adaptent les thèses de penseurs français, ce n’est pas un précédent, on l’avait fait déjà avec le surréalisme et l’existentialisme. Ce qui est toutefois nouveau ici, c’est qu’il ne s’agit pas d’une simple adaptation mais d’une véritable appropriation qui dé-bouche sur l’invention de perspectives théoriques non négligeables : la French Theory. Si cette appropriation positive s’est déroulée sur les campus universitaires, ce n’est pas exactement par là que la théorie française s’est fait connaître aux États-Unis. Dans les seventies, années profondément marquées par un désir libératoire qui prenait la forme d’expériences individuelles de désubjectivation (la Sainte Trinité : drogue, sexe, rock), certains universitaires, dont Sylvère Lotringer, ont introduit la théorie française dans la contre-culture américaine. Moment festif et joyeux, fait de rencontres inusitées entre intellectuels et artistes (Deleuze et Guattari ont ren-contré Bob Dylan backstage’.), cet « entre-deux » est typique, selon Cusset, de la première vague de French Theorists. La popularité non universitaire de la théorie française continue à persister au-delà des seventies dans les milieux artistiques, alternatifs, informatiques, etc. où l’on cite allègrement des passages de Mille Plateaux ou de l’indécidable déconstruction de Derrida. Cusset reconnaît tout de même l’intérêt de ces récupérations qui tournent souvent à la caricature, car si certains artistes y ont trouvé une manière légitime de parler de leur art, la théorie, elle, y est devenue vivante. Encore que la pensée des philosophes français y ait été entièrement pervertie (les contre-sens avec Baudrillard sont éloquents), l’union entre la théorie et l’œuvre a représenté peut-être la meilleure réponse qu’on leur a donnée. Mais tout le monde avait déjà compris que c’était par l’université que la théorie française devait passer pour rester.

L’incidence politique de la théorie

Autre lieu, autre réception. Les départements de français et plus largement ceux de littérature ont ouvert les portes des campus universitaires à la théorie française, tout en se hissant au sommet des humanités en maniant des concepts nouveaux mais flous, flexibles et surtout tellement poreux que les autres disciplines y trouvaient leur compte : en quelques années, les littéraires étaient devenus les dépositaires de l’« éthos universitaire ». Des mégastars naissaient sur son crédit ; tout un domaine de recherches y trouvait 42 son impulsion (les cult’studs’) ; les étudiants l’utilisaient pour affirmer haut et fort leur pas-sage à l’âge adulte. On récupérait, sans retour, ce que des stratégies éditoriales avaient fabriqué de toutes pièces en publiant côte à côte les vedettes de l’heure : portrait d’une famille française née à l’étranger que Ton a appelée, selon les milieux et les humeurs, poststructuraliste, postmoderne, et plus récemment postmarxiste. Si les études universitaires n’étaient pas en reste de récupéra-tions mimétiques et caricaturales qui se limitaient trop souvent à une clique de campus qui défendait complaisamment son auteur fétiche — concurrence typiquement américaine entre universités —, il y a des domaines où la lecture des auteurs français a été fine et de grand intérêt. La palme revient ici aux études postcoloniales et aux politiques identitaires qui, selon Cusset, ont réussi à sortir la théorie française du marasme textualiste en reconnaissant ses inci-dences politiques. Il n’invoque pas d’ailleurs les moindres penseurs en parlant de Spivak, Saïd, Butler, etc. Tous et toutes, d’une manière ou d’une autre, ont reconnu l’apport considérable de la théorie française quant aux vives réflexions sur la question du statut des minorités qui avaient atteint un sommet avec le débat concernant le « politically correct » dans les années quatre-vingt. Pour la première fois peut-être, les débats universitaires s’étendaient dans les grands médias américains : les noms de Derrida, de Foucault, de Baudrillard, etc., étaient dorénavant connus du grand public.

Mais ce qui est à retenir de ces débats parfois houleux, c’est que les penseurs des minorités ont déplacé le paradigme marxiste et la théorie cri-tique inspirée de l’école de Francfort (deux piliers dans les études politiques universitaires américaines qui critiquaient l’apolitisme de la French Theory) en reconnaissant la validité de la théorie française dans les luttes hors campus, c’est-à-dire celles qui ont lieu dans la rue. Mais cette validité, souligne Cusset, a également sa limite, car, quoiqu’elle ait servi à rendre compte des différences, elle a surtout démontré qu’il était difficile d’éviter l’illusion marxienne d’une prise directe de la théorie sur la pratique. Pour justifier ainsi l’incapacité des penseurs de la minorité à unir la théorie française avec les luttes sociales concrètes, il souligne leur aveuglement et le silence qui en découle face aux phénomènes de récupération capitaliste des minorités qui a eu lieu aux yeux de tous sous la bannière marketing Benetton. Si la moitié du chemin semble parcouru en alliant la théorie française avec la n’a pas encore été entièrement déployé : il semble que les Américains aient mal politisé la théorie française, ne retenant qu’une partie de la complexité des rapports interhumains et les microfascismes qui peuvent en découler dans l’ordre du monde orienté non plus par la domination mais par le contrôle.

La limite d’un travail de déblayage

Cusset a fait un travail assez remarquable en repérant et en présentant tous les lieux qui ont servi à introduire et à répandre la théorie française aux États-Unis : des fanzines aux publications prestigieuses, en passant par le scratching, l’art new-yorkais et les débats universitaires, le terrain est pour ainsi dire déblayé. De plus, en remontant chronologiquement l’histoire de cette réception, il montre les mutations du champ intellectuel américain qui se jouent d’abord dans les départements de littérature et ensuite dans les études plus spécifiques sur les minorités. Sa pré-sentation est claire et agréable à lire. Cusset ne cherche pas à renouveler le genre de l’histoire d’un courant de pensées en s’alignant sur la ma-nière de faire de François Dosse avec le structu-ralisme ou de Didier Eribon avec Foucault. Tout comme eux du reste, il ne manque pas de saler sa mise en récit d’anecdotes et de dérapages ridicules qui font sourire et qui donneront surtout satisfaction aux professeurs qui cherchent à in-valider la joyeuse pensée post-nietzschéenne française qui plaît tant à quelques étudiants. Mais le travail de Cusset dévoile ses limites, qui sont aussi celles du genre, lorsqu’il présente les penseurs américains qui se sont le mieux approprié, selon lui, la théorie française. On remarque assez vite qu’il n’a pas lu tous leurs ouvrages, paraphrasant et citant les petits readers qu’il critique par ailleurs : « De même qu’à l’instar de sa consœur Gayatri Spivak, il [E. Saïd[ se méfie des « méthodes » générales et des « systèmes » explicatifs, qui en devenant « souverains » font perdre à leurs praticiens « tout contact avec la résistance et l’hétérogénéité propres à la société ci-vile », laquelle peut mettre à meilleur profit une cri-tique ponctuelle, qui doit « être toujours en situation ». » Mots ou concepts clés insérés dans une phrase qui a la vertu de synthétiser toute la pensée d’un auteur (ici de deux auteurs), telle est la marque des readers fort populaires auprès des undergraduates. Mais peut-on reprocher ce raccourci à Cusset? La tâche qu’il s’est donnée était énorme en voulant tout couvrir, tout présenter. En avouant la limite de son travail et en ouvrant le chantier à la fin du livre, il semble régler ses comptes avec le lecteur qui, l’ayant suivi jusque-là, était peut-être déçu de ne pas avoir eu droit à un véritable dialogue entre les textes français et américains : « De ces mécomptes providentiels, de ces trahisons créatrices, sinon performatives, l’histoire mouvementée, retracée parfois ici et là, reste encore à écrire. » Mais la raison en est aussi ailleurs, puisque, avec son travail, il veut remuer la France.

À l’heure de la « théorie-monde »

Cusset ne cache pas l’intention de son travail en l’énonçant dès l’introduction et en la rappelant ici et là dans l’ouvrage. Et « Pendant ce temps-là en France », titre du dernier chapitre, en donne un assez bon indice : les nouveaux philosophes français autoproclamés en 1977 (BHL, Glucksmann et Clavel) et extrêmement critiques à l’égard de la Pensée 68 ont bloqué le champ intellectuel français en recentrant le débat sur les enjeux humanitaires et les droits de l’homme et en ayant recours au gros concept de l’État. Si l’on en croit Cusset, il s’agit pratiquement d’une régression qui semble avoir fait prendre du retard à la pensée française en ce qu’elle a rejeté les plus prolifiques penseurs des dernières décennies. « Pendant ce temps-là en France », en effet, car ailleurs, de New York à Sidney ou de Rome à Buenos Aires, une nouvelle « classe d’intellectuels transnationale » centrée sur la théorie française (et convergente sur certains points avec la théorie critique) se forge une « théorie-monde », selon l’expression de François Cusset. Si la démonstration d’une telle théorie reste encore à faire, l’évidence de sa nécessité, elle, semble acquise. Car la complexité du monde actuel demande 43 autre chose que la bonne conscience rationnelle des nouveaux philosophes qui, au demeurant, accumulent aux yeux de tous les succès de librairie en utilisant la stratégie marketing qui sied tant au capital. La « théorie-monde », celle peut-être de Bruno Latour avec ses Sciences studies qui a le mérite, selon Cusset, de s’opposer à la ferveur rationaliste des Français et à la textualisa-tion outrancière des Américains, mais qu’il ré-duit à peu près au programme de Foucault : analyser les effets de pouvoir dans les formations discursives et ceux du discours dans les pratiques.

Si Cusset ne cache pas sa hargne, c’est qu’il veut que la France retrouve l’enfant qu’elle a mis au monde mais qui a grandi ailleurs. C’est peut-être pour cette raison qu’il exagère l’importance des nouveaux philosophes et qu’il passe à peu près sous silence les héritiers discrets de la théorie française en France. On pense par exemple à Jacques Rancière qui marche à différents moments de son œuvre dans les pistes ouvertes par elle. Mais aussi à ceux qui travaillent au Centre Michel Foucault à Paris et qui ont organisé deux colloques sur sa pensée ces dernières années en France et qui font suite aux Dits et Écrits; à ceux plus souterrainement qui ont ouvert le Chantier-Deleuze à Nanterre, qui organisent des colloques (Paris et Lyon à l’automne 2003), qui en discutent dans Les Cahiers de Nœsis (Nice) et qui poursuivent parallèlement la pensée du philosophe dont on vient de publier tous les écrits quelques années après le succès de L’abécédaire. Tout cela est marginal évidemment, trop creux ou trop discret ! Certes, mais le réveil n’aura pas lieu tel que le désire Cusset. Les débats qu’il a peut-être voulu susciter n’ont pas eu lieu, et à lire les quelques comptes rendus parus dans les quotidiens et les revues en France, rien ne les laisse présager. Ça ne sert strictement à rien de vouloir donner des leçons à quiconque en espérant haut et fort une résurrection de la théorie française en France. Les « trahisons créatrices restent à écrire », dit-il. On attend impatiemment son prochain ouvrage, sa trahison.

Voir enfin:

Journée « Autour du livre de François Cusset French Theory » et des Cultural Studies

Transatlantica

[19 novembre 2004]
Compte rendu coordonné par Marie-Jeanne Rossignol (Paris VII) et Pierre Guerlain (Paris X)


Introduction

La parution du livre de François Cusset, French Theory. Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux Etats-Unis en 2003, à La Découverte, a soudain donné une plus grande visibilité en France aux Cultural Studies et autres mouvements intellectuels inspirés de théoriciens européens (et non seulement français) qui ont fleuri aux Etats-Unis pendant les vingt années passées. Ce livre tout à fait passionnant, érudit et ancré dans une expérience personnelle (l’auteur, sociologue, travaillait aux Services culturels français à New York pendant la période) a engagé quelques américanistes curieux de ces mouvements intellectuels à se réunir pour discuter des thèses de Cusset et à élargir le débat aux Cultural Studies et à leur inscription universitaire ainsi qu’à leur impact politique. Organisé à l’initiative de Marie-Jeanne Rossignol et Pierre Guerlain, ce forum Paris7/Paris X s’est tenu le 19 novembre à l’Université Paris X-Nanterre. Il a réuni les participants suivants : Françoise-Michèle Bergot, Cornelius Crowley, Paris X-Nanterre, Craig Carson, Nanterre, Marc Deneire, Nancy 2, Pierre Guerlain, Paris X – Nanterre, André Kaenel, Nancy 2, Alison Halsz, Paris X-Nanterre, Thierry Labica, Paris X-Nanterre, Hélène Le Dantec-Lowry, Paris III-Sorbonne Nouvelle, Catherine Lejeune, Paris 7-Denis Diderot, Guillaume Marche, Paris XII-Val de Marne, Brigitte Marrec, Paris X-Nanterre, Jean-Paul Rocchi, Paris 7-Denis Diderot, Marie-Jeanne Rossignol, Paris 7-Denis Diderot. Les intervenants ont souvent tenu à mêler rappel de leur expérience personnelle, analyse de l’ouvrage et réflexion sur les Cultural Studies lors de ce forum de réflexion, dont vous est ici livré ici un compte rendu légèrement révisé, où alternent brèves interventions et développements plus étoffés.

La parole a été passée tout d’abord à Marie-Jeanne Rossignol :

Pour résumer rapidement sa thèse, on peut dire que selon François Cusset, de remarquables intellectuels comme Foucault, Deleuze et autres brillants penseurs des années 1970 ont trouvé un meilleur accueil aux Etats-Unis qu’en France à partir des années 1980 : ce sont les campus américains qui ont profité de l’incroyable fermentation intellectuelle présente dans leurs travaux, pour diverses raisons, et en particulier, la structure du milieu universitaire américain. Aux Etats-Unis, les idées et l’imagination ; à la France, de bien ennuyeux « nouveaux philosophes » qui ont paradoxalement accompagné les années de gauche au pouvoir.

Il est vrai que, pour la génération d’après 1968, les auteurs dont parle Cusset, par exemple Foucault, Derrida, Kristeva ou Cixous, ont effectivement très vite disparu de l’écran des références intellectuelles indispensables, à partir des années 1980, c’est-à-dire quand une certaine jeunesse universitaire aurait dû s’emparer d’eux. Foucault, lecture de lycée, est quand même resté incontournable dans les années qui ont suivi, en particulier grâce à la présence dominante d’Arlette Farge dans les études sur le XVIIIè français ; mais c’est effectivement surtout aux Etats-Unis, en 1988 et après, que je les ai retrouvés, évidemment sous leur forme américaine (19). D’où un retour « en décalage » en France en 1989, après un séjour d’un an, face à un monde intellectuel et politique dont les références paraissaient quelque peu désuètes. Et qui le paraissent encore aujourd’hui.

Alors que j’étais naturellement assez éloignée de la théorie, l’atmosphère américaine très « théorique » m’a énormément apporté, car comme le dit Cusset (21), elle se doublait d’une « pragmatique des textes », c’est-à-dire leur « aptitude à l’usage, à l’opération » : on y puisait « des idées nouvelles » sans avoir besoin de lire Deleuze, Derrida. Les concepts rebondissaient d’un texte à l’autre et créaient une fermentation véritable par rapport à laquelle, au retour, les problématiques de l’histoire française paraissaient ternes et habituelles. C’est là un des points forts du livre de Cusset : avoir rappelé que ces lecteurs américains des philosophes français de la génération 68 ont su écouter « ces fulgurances d’il y a trois décennies, étiquetées par l’histoire des idées »(23).

Un autre mérite de cet ouvrage est de souligner les défauts de cette approche : l’inspiration française est devenue « la respiration » française par un processus de citation perpétuelle, de « scansion » sans « explicitation » (104, 234). En histoire, où les chercheurs sont souvent peu attirés par des lectures philosophiques, ce fut particulièrement le cas : des concepts complexes tels qu’ « autorité » ou « patriarcat » étaient assénés plus que véritablement intégrés. Les plus grandes réussites de la période auront concerné des sujets qui étaient également portés par l’histoire culturelle des années 60 et 70, l’histoire afro-américaine et l’histoire des femmes, en plein essor, mais qui ont trouvé un deuxième souffle dans cette injection de concepts. Etudiants ou grands penseurs, les Américains sont devenus les « usagers » des textes : en disant cela, Cusset s’inscrit lui-même dans une lecture post-moderne de l’acte de lecture (292) : « La part d’ « invention » américaine désigne dès lors l’aptitude à faire dire aux auteurs français ce qu’on en comprend, ou du moins ce qu’on a besoin d’en tirer ».

Ce sentiment de décalage entre une réalité française terne et les bouleversements américains est d’autant plus net, dans les années qui suivent mon retour, en 1989, lorsque se répand en histoire américaine un débat sur l’histoire, récits subjectifs ou science objective, qui n’a presque aucun écho en France. C’est qu’en effet, comme Cusset l’explique bien, les philosophes français ont été captés tout d’abord par la discipline littéraire aux Etats-Unis. Alors qu’en France, leur lecture et leur interprétation relevaient de la philosophie, aux Etats-Unis ils s’épanouissent dans les départements de lettres ; cette appropriation, renforcée des analyses de J. Derrida, conduit à ramener tout texte et toute interprétation au cadre littéraire. En histoire américaine, cela conduit à des clivages et à des ruptures entre anciens et modernes : les anciens, parfois à gauche comme Eugene Genovese, sont des tenants de l’objectivité en histoire : les modernes, du relativisme narratif (88, 93). Mais sur ces débats en histoire, Cusset paraît peu renseigné ou cela lui paraît périphérique. En tout cas, il est clair qu’aux Etats-Unis, dans les années 1980, la subversion, l’imagination, la résistance aux autorités tirent leur inspiration des départements de français. A Duke, on compare les fauteuils confortables du département d’anglais (celui où officie alors Stanley Fish) aux sièges effondrés du département d’histoire, longtemps dominé par les historiens du sud et de l’armée. Les spécialistes d’histoire afro-américaine mènent la guerre à ces derniers, choisissent des bureaux dans un autre coin du campus et soutiennent une jeune collègue qui propose un nouveau champ, les « théories ». En France, pendant ce temps, l’histoire ne connaît pas de tels renouvellements théoriques, à l’image des études cinématographiques dont parle Cusset (95).

La différence persistante entre France et Etats-Unis, si Cusset avait davantage envisagé le cas de l’histoire, aurait été encore plus saisissante. Il n’aurait pu écrire (143) : « Qu’on parle le patois derridien ou le dialecte foucauldien, la chose est entendue, peut-être même mieux qu’elle ne l’a jamais été en France : il n’y a plus désormais de discours de vérité, mais seulement des dispositifs de vérité, transitoires, tactiques, politiques ». Rien de moins accepté en France, rien de plus entendu aux Etats-Unis : même des milieux très traditionalistes sur le plan méthodologique, comme l’histoire des relations internationales, ont remis en cause leurs sources, leurs postulats, leurs angles d’approche. Il n’est que de lire la revue Diplomatic History des années 1990 à 2004 : alors que ce champ était considéré comme ancien, en perte de vitesse, la revue a su publier des numéros entiers sur les Africains-Américains et la politique étrangère des Etats-Unis ; l’environnement et les relations internationales ; récemment son rédacteur en chef s’est rendu au congrès d’American Studies, haut lieu de la theory, pour un rapprochement hautement improbable naguère. (Robert D. Schulzinger, « Diplomatic History and American Studies, » Passport vol. 35:2 (August 2004), 21-23).

L’influence du post-colonialisme sur l’écriture de l’histoire américaine est bien notée par Cusset (155) et là aussi la différence avec l’histoire de France ne saurait être plus saisissante, à l’exception de Nathan Wachtel et même si l’histoire coloniale s’est quand même considérablement développée dans les vingt dernières années. Mais sur ce point encore, il ne faut pas négliger le rôle des historiens radicaux, militants politiques des années 60, influencés par l’histoire culturelle de E. P. Thompson, qui ont réécrit le récit national américain en donnant une place importante aux Noirs, aux Indiens. Dès les années 1980, les manuels universitaires sont rédigés sous leur direction et reprennent cette vision d’un passé contrasté.

Sur les Cultural Studies, Cusset s’attarde peu (145-148), alors que sous ce vocable se réunit une nébuleuse d’origines disciplinaires, touchant aussi bien à la littérature populaire qu’à la littérature classique, au canon relu et corrigé qu’au contre-canon minoritaire ou ethnique. Il lui donne une acception étroite et donc réductrice, voire caricaturale, un peu décevante. Que lui-même remet en question (153) en ajoutant qu’elles « peuvent elles-mêmes avoir pour objet la question identitaire et non plus la pop culture, avec les Black, Chicano ou même French Cultural Studies ». A ce sujet, F. Cusset va dans le sens commun qui consiste à critiquer les CS et toute la «théorie» américaine au motif qu’elles auraient perdu de vue l’argument politique qui sous-tendait le travail des philosophes français.

Certes, en même temps, ce mouvement intellectuel s’est inscrit dans une tradition de combats pour les droits initiés par le Civil Rights movement puis repris par les féministes. Sur les campus, l’ambiance était au « personal is political », peut-être moins hérité de Foucault que des féministes américaines. Mais pourquoi ne serait-il pas « politique » de s’indigner que seuls des Blancs écrivent l’histoire des Noirs, que seuls des hommes prennent des décisions dans les entreprises et les administrations ? Est-ce réduire le politique au symbolique ? (186-188, 200-202). Les limites politiques du mouvement intellectuel américain ne doivent-elles pas être jugées à l’aune des grandes tendances politiques aux Etats-Unis ces 50 dernières années, un éloignement de la question sociale et un fort accent sur la question des droits individuels mais aussi communautaires ?

Le tableau du milieu universitaire est excellent. La description de ce qui en constitue l’originalité en particulier (208) mérite que l’on s’y appesantisse au moment où le milieu universitaire français tombe sous la coupe des critères américains et globaux de recherche et de publication. Les années d’après 1970 sont également celles d’une explosion des postes dans les universités américaines, donc d’une explosion des publications dans un contexte concurrentiel qui se ferme : à partir de la fin des années 1980, peu de recrutements. Un marché problématique sur certains créneaux étroits comme l’histoire américaine : 50% des historiens américains, mais un terrain bien mince en termes de sources et de durée. Parlant de la littérature (235), Cusset signale que les étudiants passent moins de temps à lire les textes qu’à comparer les critiques des textes : il en va ainsi en histoire où la lecture de l’historiographie est au centre du travail, bien plus que la lecture de documents.

Utile et même essentiel, ce rappel de la domination planétaire des modes intellectuels américaines et de ses méthodes : être professionnel, c’est travailler à la manière des Américains. Les auteurs français sont lus par le prisme de leurs interprètes (302-303) ; l’internationale des idées devient l’internationale des campus, dont sont absents les Français.

Catherine Lejeune:

Indéniablement, French Theory donne un socle théorique aux Cultural Studies. Cependant François Cusset, à l’instar d’autres penseurs marxistes, ne manque pas de les critiquer (qu’il qualifie, au passage, de « disciplines abâtardies »).
A mon sens, il réduit un peu trop les CS à l’étude textuelle et stylistique de la pop culture, même s’il reconnaît à l’occasion qu’elles peuvent avoir pour objet d’étude la question identitaire, et non plus la pop culture, comme c’est le cas des African American Studies, des Chicano Studies etc…. En effet les Cultural Studies ont contribué à revitaliser les études ethniques, les études post-coloniales ou encore les plus récentes Subaltern Studies. Il faut mettre ce renouvellement des problématiques identitaires à leur crédit, ce que ne fait pas l’auteur. D’une manière générale, si l’on peut accepter que Cusset se limite à un survol de la question des Cultural Studies même s’il y fait souvent référence, on peut regretter qu’il en sous-estime l’impact et qu’il néglige leurs rapports avec l’histoire, la sociologie, l’anthropologie (disciplines que les Cultural Studies ont soit ébranlées soit renouvelées sur le plan épistémologique).

Pour François Cusset, les seules études ethniques qui valent sont celles qui concernent les Africains-Américains. Elles seules ont acquis leurs lettres de noblesse. « La question afro-américaine », dit-il, « justifiant une étude des ségrégations est un cas à part, plus ancien, plus impératif, chargé d’une plus lourde histoire : de fait, elle relève moins d’une création universitaire que les Chicano, Asian-American, Native-American Studies ou même les Gay/Women Studies ». Nul ne contestera la centralité, la primordialité de la question afro-américaine, mais le survol est là trop rapide, et de ce fait réducteur. Peut-on ainsi mettre tous les groupes ethniques sur le même plan compte tenu de la différence des situations d’un groupe à l’autre, qu’il s’agisse de la nature et de l’ampleur de la discrimination ou de la teneur des combats pour les droits civiques passés et présents ? De surcroît, chacun de ces groupes a eu sa part de réalité ségrégationniste. Il y a donc une histoire raciste et/ou discriminatoire de ces populations dont on ne peut réduire l’étude, contrairement à ce qu’affirme Cusset, au seul besoin d’existence intellectuelle au sein de l’université.

Jean-Paul Rocchi:

Dés le début de French Theory, François Cusset définit l’enjeu d’une étude à la fois riche et synthétique. Il s’agit en fait « [d’] explorer la généalogie politique et intellectuelle, et les effets, jusque chez nous et jusqu’à aujourd’hui, d’un malentendu proprement structural » entre théories françaises et universités américaines (15). C’est l’occasion pour Cusset de se pencher sur les conditions de production de la théorie, du difficile rapport entre émission nationale et réception étrangère dans lequel elle s’inscrit, mais aussi de porter un regard critique sur l’universalisme français et le communautarisme américain. French Theory reflète bien en effet la crispation identitaire française dont est symptomatique la fortune américaine de théoriciens tels que Foucault, Derrida ou Deleuze. Ce sont en effet ceux-là même qui ont le plus radicalement critiqué le monolithisme identitaire et la domination du sujet qui ont eu une reconnaissance transatlantique appuyée.

Bien que l’auteur s’interroge sur le fracture hexagonale entre théorie et sphère politique, son argumentation ne va pas jusqu’à examiner la question complexe d’une identité française souvent réduite avec commodité à celle seule de la citoyenneté. Se dessine alors, sous-jacente à sa thèse d’une différance entre théories françaises et pratiques identitaires américaines, la nostalgie d’un logocentrisme et d’une lecture théorique légitime déclinée sur le double mode du « ce que certes nous ne faisons pas mais que les autres font bien mal »; une nostalgie dont était déjà empreint son précédent ouvrage, Queer Critics, la littérature française déshabillée par ses homos-lecteurs (PUF, 2002), consacré au cadre théorique queer anglo-saxon appliqué à la littérature française.

Ce complexe de la lecture légitime est particulièrement perceptible dans l’analyse de l’utilisation « utilitariste » que les politiques identitaires américaines auraient faite de Derrida, un dévoiement que Christian Delacampagne qualifiait de « malentendu » dans un récent article publié à l’occasion de la mort du philosophe (« Histoire d’une success story », Le Monde, 11.10.04). Une perversion qui procèderait selon Cusset du hiatus entre l’enjeu de la déconstruction, comprise comme critique de la structure, de la connaissance et du rapport entre loi et écriture, et « la très vague définition littéraro-institutionnelle qui prévaut aux Etats-Unis : ‘terme dénotant un style de lecture analytique qui tient pour suspect le contenu manifeste des textes’ » (121). Plus loin, dans son chapitre consacré aux « Chantiers de la déconstruction », Cusset poursuit sa critique en soulignant que peu de réflexions politiques peuvent se réclamer de Derrida, tant sa pensée, déployée « en deçà du vrai et du faux » s’accommode mal de positionnements tranchés, de choix pratiques arrêtés ou d’engagements effectifs (136-137).

Pourtant, ne peut-on pas se demander si les politiques identitaires à l’université n’ont pas constitué aux États-Unis, plutôt que le supposé dévoiement que Cusset stigmatise, le terreau favorable à l’épanouissement de la pensée de celui qui se décrivait comme « étant en synchronie avec la postcolonialité » (Arte, 13/10/04) et dont la critique de la métaphysique occidentale n’est pas sans lien avec sa propre histoire algérienne ? N’y a-t-il pas dans le développement des départements et programmes d’Etudes afro-américaines aux Etats-Unis une même remise en cause du logocentrisme, de la métaphysique occidentale, et de leur expression américaine à travers la question raciale ? Le hiatus ne semble pas si profond, si tant est que l’on comprenne l’étude des textes comme l’occasion de mettre au jour les liens entre philosophie, histoire et idéologie, une pratique dont la tradition afro-américaine fait tôt l’épreuve à travers la maîtrise de l’écriture par les esclaves. Par ailleurs, et pour ce qui est de l’inadéquation entre la philosophie dérridienne et le politique, l’argument est contredit par Derrida lui-même et notamment dans ses textes « Racism’s Last Word » et « But, beyond…(Open Letter to Anne McClintock and Rob Nixon) » qui étudient les discours et l’idéologie du régime de l’apartheid (in Henry Louis Gates, Jr, «Race», Writing and Difference, 1986).

Il est en outre surprenant de considérer que toute « structure d’opposition [étant] irréductible aux référents qu’elle affiche » empêche, si ce n’est de réduire à néant la dite structure, d’y infléchir les rapports d’inégalités. N’est-ce pas ce à quoi W. E. B. Du Bois et Frantz Fanon se sont attelés en rétablissant un sujet noir réaffirmé à la place de l’antithèse de la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, la négation de la négation ?

La philosophie aussi est affaire de politique. A moins que l’on entende par « politique », le seul terrain social, la seule matérialité. Cette conception a cependant déjà montré ses limites. C’est au nom de la seule matérialité que le marxisme, péchant par excès d’idéalisme, a analysé le racisme comme une mystification de la bourgeoisie destinée à diviser la lutte prolétarienne, jugeant a priori que les classes populaires ne pouvaient avoir de préjugés (cf Varet, Racisme et philosophie, essai sur une limite de la pensée, 1973, 352-362).

Le hiatus est-il entre une définition réductrice et l’enjeu ambitieux de la déconstruction, ou en encore entre philosophie et action politique ? Peut-être est-il en fait inhérent au rapport entre théorie et expérience, dans la difficulté de leur ordonnance dans le temps tout comme la description de leur interaction. Ces difficultés peuvent conduire à une lecture partielle voire partiale qui, d’une part fait de l’expérience le lieu et l’occasion d’un asservissement et d’une perversion de la théorie et d’autre part tend à minimiser le poids de l’expérience indigène / communautaire.

C’est ainsi que French Theory présente également la faiblesse d’arrimer les penseurs des identités américaines et les critiques de la différence à une théorie française dont l’influence est postérieure à celle de larges mouvements sociaux de la dissidence et de la marginalité américains. Les Afro-Américains ont-ils attendu Derrida pour « déconstruire » la réalité matérielle et la métaphysique blanche américaine que la ségrégation leur renvoyait au visage ? « On Being Crazy » (1923) de Du Bois, qui s’attache à décrire le lien entre matérialité, langage et idéologie, est en cela un démenti frappant. En outre, lorsque Cusset fustige les départements de littérature américains pour avoir transformé la théorie française en un métadiscours subversif destiné à remettre les sciences en cause plutôt qu’à porter un regard sur le réel (chapitre « Littérature et théorie »), on touche à la limite du cadre interculturel. La distinction occidentale entre théorie / philosophie d’une part et littérature d’autre part est elle pertinente dans le cadre de la tradition afro-américaine pour laquelle la systématisation théorique, fût-elle littéraire, artistique, philosophique ou politique, s’ancre dans l’expérience, une subjectivité réflexive et non dans la connaissance objective du monde ?

C’est là où, de façon assez ironique, French Theory, outre de révéler en creux les crispations actuelles de la scène intellectuelle française, reproduit parfois dans son approche de l’objet américain la même transformation culturelle dont il souligne les travers au sein des universités américaines.

On peut dès lors conclure avec prudence que, pour offrir des éclairages différents et significatifs, l’approche comparatiste ne saurait prétendre à l’exhaustivité.

P. Guerlain:

Le livre n’aborde pas suffisamment le paradoxe entre ce ferment politique de gauche sur les campus et la montée de la droite politique. Les catégories du multiculturalisme, qui découlent en partie de la French Theory, ont d’abord servi à rendre certains groupes et certaines méthodologies visibles et ont donc eu, dans les années 60 et 70, un effet positif indéniable mais elles favorisent aujourd’hui une réduction du politique aux catégories du marketing. Les « market niches » s’accommodent fort bien d’un découpage identitaire, en grande partie ethnique. Le multiculturalisme communautariste a été coopté par l’ultra-droite sans grande difficulté. L’hégémonie de l’ultra-droite américaine sur le champ politique s’accommode fort bien d’une politique de la différence qui ne va pas plus loin que la surface. Un Colin Powell ou une Condolezza Rice au gouvernement et la question du racisme est balayée. La politique de rélégation sociale dont sont victimes les pauvres, tous les pauvres mais les Noirs sont sur-représentés parmi les pauvres, disparaît de l’espace du débat politique derrière des querelles sémantiques, en partie inspirées par les débats universitaires liés aux nouvelles théories. (Lire Loïc Wacquant, Punir les Pauvres, sur ce point). Il ne s’agit pas tellement ici de parler de dépasser le marxisme ou non (il n’y a pas de théorie ou d’horizon indépassables) mais de ne pas rejeter la réflexion en termes de classes sociales et de fonctionnement socio-économique global au profit de logiques communautaires qui desservent toujours les communautés les plus marginalisées. L’université et la French theory ont participé à la déconstruction de tout universalisme, jugé abstrait, français et xénophobe, au profit d’un particularisme qui pourtant renouait avec des racines conservatrices et qui contribue à enfermer les groupes dans leurs appartenances communautaires et à gommer les liens qui peuvent exister entre groupes ethniques différents mais semblables sur le plan socio-économique.

On peut donc se poser la question de savoir si les militants des campus ont vraiment fait de la politique ? Derrida, auteur érudit et multilingue dont les positions politiques sont respectables, était-il un penseur authentiquement politique ? Sa créativité et son intervention ne sont-elles pas d’abord littéraires ? Contrairement à Saïd, il n’a pas de prolongement dans le monde des acteurs de la politique. C’est d’ailleurs à l’université et dans les départements de littérature que Derrida a connu un grand succès, pas ailleurs, notamment dans les départements de philosophie ou de sociologie ou dans l’espace du débat public.

La désignation de French theory isole dans un cadre national ce qui est en fait une construction théorique qui est d’abord américaine et va bien au-delà d’un échange franco-américain puisque certains auteurs indiens, palestinien et américain dans le cas de Saïd, mais aussi britanniques ont joué un rôle dans la dissémination de cette French theory. La réintroduction d’une catégorie nationale a peut-être valeur de symptôme car le postmodernisme a cherché à abolir les frontières et la référence à l’Etat-nation. De même que les théoriciens de la mondialisation dite néo-libérale ont un peu vite enterré les Etats-nations, les postmodernes ont oublié ou marginalisé les références nationales qui font figure ici de retour de refoulé. Dans le cas des Etats-Unis, pays où le nationalisme bien affirmé se vit souvent sur un mode exceptionnaliste et expansionniste, l’abandon de la référence à l’état-nation a des effets d’aveuglement.

Il faut aussi appréhender la question suivante : que fait la théorie ou à quoi sert la théorie ? Pour les artistes et les spécialistes de littérature, la théorie est peut-être une relance de la créativité, en histoire et sciences sociales la théorie peut et même doit interroger l’écriture et les biais d’écriture pour échapper aux tentatives toujours renaissantes du positivisme sans que l’on puisse évacuer la catégorie du réel et donc l’adéquation au réel de la théorie. Les sciences sociales ne peuvent scier la branche du réel sur laquelle elles sont assises, alors que la littérature n’a pas à affronter cette question. Il y a dans la confusion entre les registres théoriques une difficulté particulière car ce qui vaut pour le texte de fiction ne s’applique pas forcément à la sociologie ou à l’histoire.

Le singulier de French Theory pose problème car les divers auteurs abordés par Cusset n’ont pas forcément grand-chose à voir entre eux. Il y a là un effet « rag-bag » qu’il faut aussi comprendre en termes d’enjeux de carrière ou de positionnement dans l’univers de la mode universitaire. Dans un cadre de célébration de la diversité et de la différence, afficher une origine française à un groupe de théories permet de se singulariser et de se démarquer d’un anti-intellectualisme ambiant. Dans de nombreux cas, la théorie est un substitut de religion, quelque chose qui permet de tenir pour des raisons fort personnelles et qui n’ont rien à voir avec les « vérités d’adéquation » dont parle Todorov dans Critique de la critique.

Le livre de Cusset fait le point sur une influence culturelle donnée de façon magistrale mais souvent trop rapide. Ainsi, il aborde des thématiques essentielles sans les traiter (négation du social, 106, dépolitisation par les CS, 149), fait de Chomsky un marxiste orthodoxe (139) ce qui indique qu’il ne connaît rien à Chomsky et aux marxistes orthodoxes mais répète des a priori glanés ici ou là, il ne connaît pas bien l’affaire Sokal et termine par une violence anti-française quelque peu surprenante. Son livre a néanmoins le mérite de signaler de nombreuses apories du passage des idées d’un champ à l’autre (ici on aimerait plus de références à Bourdieu) ou d’un paysage intellectuel national à un autre ainsi que les glissements contradictoires d’un champ intellectuel, celui des CS, d’une origine marxiste britannique à une adaptation américaine qui passe par des théoriciens français en rupture de marxisme. Il y a du « food for thought » pour des penseurs fort éloignés les uns des autres dans ce livre qui doit donc être salué comme un grand moment de remue-méninges.

Thierry Labica:

Pouvait-on s’attendre à ce que les idées de Derrida soient politiques au sens traditionnel du terme ? Quant aux idées françaises, quel que soit le terreau d’accueil aux USA, elles bénéficiaient d’une écoute traditionnelle dans les milieux intellectuels américains, et ce depuis toujours. Le débat intellectuel français, sophistiqué et provocateur, fertilise les autres. En France, en revanche, les années 1980 et 1990 ont été celles du règlement de l’héritage intellectuel du PC, avec le rôle de Furet en particulier : les Français été occupés à autre chose.

Cornelius Crowley:

Quelle est la bonne définition du politique ? La décision ? L’acte d’opposition ? Qu’est-ce qu’une bonne position politique ? Agir ? Penser ? Tout ce travail hypertextualisé est éminemment politique. L’idée d’une autre politique à venir est bien chez Derrida. Il permet de dépasser les oppositions manichéennes, de voir le lien entre l’Amérique et le monde musulman. D’entrevoir un autre engagement.

P. Guerlain :

On ne peut nier une différence entre Derrida et des intellectuels comme Chomsky ou Saïd qui sont impliqués dans la politique du « réel ».

André Kaenel :

Le livre de FC est d’abord un bon livre d’histoire intellectuelle et culturelle comparée. C’est le genre de livre que la plupart de ceux qui, comme moi, enseignent les études américaines en France n’auront aucune peine à reconnaître comme le produit d’une véritable réflexion croisée sur les Etats-Unis. En même temps, comme toute réflexion croisée exercée à partir d’un point précis, en l’occurrence la France, le livre de F. Cusset propose également une réflexion sur nous-mêmes, intellectuels et chercheurs français ou européens, et sur nos pratiques. Le regard à la fois critique et admiratif que porte F. Cusset sur les appropriations et les détournements de la théorie française aux USA se double, dans son avant-dernier chapitre, d’une jérémiade, rhétorique politique bien américaine analysée par Sacvan Bercovitch, sur les résistances et l’hermétisme, de ce côté-ci de l’Atlantique, face au foisonnement théorique issu de ces appropriations et détournements. Le fait que French Theory ne soit cependant pas l’ouvrage d’un américaniste (sauf erreur) mais qu’il éclaire néanmoins les pratiques des enseignants-chercheurs travaillant sur les USA constitue un autre décalage à ajouter à ceux que le livre de F. Cusset éclaire si utilement. En effet, il nous explique qu’il n’y a pas eu de retour de théorie en France pour la French Theory pour des raisons qu’il énumère en fin de volume. Du moins n’y a-t-il pas eu de retour de l’ampleur du transfert vers les USA qui a eu lieu à partir du milieu des années 60.

Toutefois, depuis quelques temps, un retour a lieu, modestement. Outre le livre de F. Cusset, cette journée d’étude en est un exemple. Ce retour s’opère, de façon significative, par le biais de la langue : sans la connaissance de l’anglais de son auteur, le livre de F. Cusset n’aurait pas vu le jour, du moins pas sous une forme aussi complète et réussie ; de même, la plupart de personnes qui interviennent lors de cette journée relèvent de la 11ème section du CNU (nos spécialités sont la littérature, la civilisation, l’histoire, l’anthropologie ou la sociolinguistique) et travaillent sur le domaine nord-américain. La langue anglaise, et les différentes spécialisations qui s’appuient sur elle, forment donc la passerelle première qui permet le retour de la French Theory, son appropriation et ses détournements par l’université française. On peut ici noter que c’était déjà la langue, mais le français cette fois, qui avait permis à l’origine le passage des idées de Derrida et Foucault aux USA, où elles avaient d’abord fait leur chemin dans des départements de français, avant de passer dans des départements d’anglais, puis de littérature comparée (Cusset, 89). Il en allait de même pour le volume Cultural Studies/Etudes culturelles publié aux PUN en début d’année, qui était l’œuvre d’anglicistes au sens large. J’ajoute que la communauté des anglicistes n’a pas le monopole des Cultural Studies, comme en témoignent les travaux effectués en France dans les domaines des études filmiques (cf. G. Sellier et N. Burch) ou dans celui de la sociologie des médias (cf. l’introduction aux CS de Mattelart et Neveu, publié en 2003 à La Découverte, chez le même éditeur que French Theory).

Mais la connaissance de langue anglaise ne permet pas à elle seule d’expliquer les passages, transferts et appropriations de la théorie entre l’Europe et les USA — dans un sens comme dans l’autre. Le livre de François Cusset nous rappelle l’importance capitale des personnes et des institutions dans la transmission des savoirs et des idées. Plutôt que de parler au nom des autres collègues, je mentionnerai ici, au travers de quelques jalons de ma propre histoire intellectuelle, les circonstances dans lesquelles je me suis trouvé à trafiquer avec la théorie dans le cadre de mes recherches sur la littérature et la culture américaines.

Il m’est difficile de traiter séparément les relais institutionnels et personnels. C’est à l’Université de Genève, dans le département d’anglais, vers le milieu des années 1980, que le vent de la French Theory a commencé à souffler sur mes travaux en littérature américaine. Une thèse de doctorat sur la figure de l’auteur dans l’œuvre de Melville m’avait amené a m’intéresser à la manière dont l’espace public américain au milieu du XIXè siècle concevait la figure de l’auteur, comment un discours public (et politique) sur l’auteur se faisait jour dans un contexte de nationalisme culturel exacerbé. Les enseignants du département d’anglais, professeurs ou assistants, comme moi, étaient alors majoritairement anglophones, issus des meilleures universités britanniques et américaines. Les débats sur le canon littéraire qui avaient commencé à agiter Cambridge et Yale trouvaient naturellement un écho dans leurs pratiques pédagogiques, fortement marquées par l’influence de la déconstruction et par l’impact des Cultural Studies en Grande-Bretagne (son impact américain devait se faire sentir quelques années plus tard). C’est un plaisir pour moi que de rendre hommage, pour la première fois publiquement, à ces collègues et passeurs d’exception, parmi lesquels John Higgins, Pete de Bolla, Tom Ferraro, Bill Readings (l’auteur de The University in Ruins, mort dans un accident d’avion il y a tout juste 10 ans). A la faveur de cours parfois assurés en commun, de discussions informelles, de séminaires de type work in progress, et encouragé par la liberté que nous laissait l’institution d’offrir les enseignements de notre choix, mes cours et ma recherche se sont ouverts à certaines des idées alors en vogue aux USA et en Grande-Bretagne. C’est dans ce milieu intellectuel, extrêmement fertile sur les plans personnel et académique, que je me suis tourné vers les travaux de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu pour comprendre l’enchevêtrement, dans le champ littéraire américain au XIXè siècle, des discours (juridiques, moraux ou politiques) et des institutions (la question du droit d’auteur, par exemple). Et pour comprendre comment, à l’intérieur de ce champ en mutation, et souvent contre ses règles, Melville construisit sa trajectoire d’écrivain. La théorie française, qui ne s’appelait pas encore ainsi, opérait là, pour moi, un retour dans une contexte cosmopolite francophone, mais non français, après un détour par Cambridge, Oxford, Duke ou Yale.

Yale, justement, où je devais passer une année en tant que chercheur invité en 1988-1989, pour poursuivre mes recherches sur Melville, était alors secouée par l’affaire Paul de Man, à laquelle FC consacre plusieurs pages. Je rappelle ici ces révélations, faites en 1986, selon lesquelles le critique d’origine belge, professeur à Yale jusqu’à sa mort en 1983, avait signé des articles à teneur antisémite dans un journal bruxellois durant la Seconde Guerre mondiale. Il y eut à l’époque un colloque tendu consacré à l’héritage de de Man en présence de ses anciens collègues et amis : nombreux étaient les enseignants et les collègues à voir alors dans l’affaire de Man le début de la fin de la « déconstruction ». Autre souvenir de cette année : le nom « Derrida » écrit en grand à la mousse à raser sur un sentier du campus et dont il ne restait déjà plus qu’une trace à peine lisible.

En quittant il y a une dizaine d’années l’Université de Genève pour l’Education nationale, la Suisse pour l’Europe, c’est un autre déplacement que j’ai opéré, d’une réflexion centrée sur la littérature américaine à une autre sur un objet que je découvrais alors, la « civilisation ». Ce champ non disciplinaire qu’on disait transdisciplinaire, reposait (repose ?) sur des fondements positivistes étroits et envisageait l’étude de la civilisation britannique ou américaine dans une optique principalement entomologique (il s’agissait d’épingler le système politique, les institutions, la population, l’immigration, etc.) — d’où la réflexion sur le champ lui-même était absente. Ceci alors que les Etudes américaines aux USA étaient en train de prendre un tournant théorique sous les coups de butoir des « Nouveaux américanistes » (New Americanists). Autour de la figure de Donald Pease, ces nouveaux américanistes insufflaient à un champ jusqu’alors hostile à la théorie et historiquement centré sur la nation américaine, un parfum continental, dont le canal privilégié était Althusser et la critique idéologique. Certains de leurs textes, d’un abord souvent difficile, ont nourri ma réflexion sur l’exportation culturelle américaine à l’époque de la Guerre froide, dont participaient d’ailleurs l’encouragement en Europe des American Studies dès la fin des années quarante. D’autres projets de recherche, en cours ou en veilleuse, sur le cinéma américain se sont nourris de travaux dans la mouvance des Cultural Studies américains sur l’identité nationale et post-nationale dans un contexte de mondialisation, ou sur la réception des produits culturels (e.g. sur l’apocalypse nucléaire dans le cinéma de la Guerre froide, sur l’image du pouvoir et de la Présidence américaine, ou sur le « siècle américain au cinéma entre Pearl Harbor et le 11 septembre »).

A chacune de ces étapes du parcours (Melville, l’exportation des études américaines ou le cinéma) la théorie, qu’elle soit française ou non, a fait partie de ma boîte à outil. Si je n’étais pas si maladroit avec le marteau ou l’équerre, je revendiquerais volontiers la définition que donnait Laurence Grossberg des Cultural Studies comme « bricolage ». En tous les cas, ma démarche intellectuelle doit beaucoup aux déplacements, aux décrochages et aux décalages qu’analyse si bien F. Cusset dans son livre. Les CS, en particulier, me paraissent fournir un ensemble de textes, de protocoles intellectuels, de démarches, et de concepts fertiles pour penser une pratique d’enseignant et de chercheur en « civilisation » américaine dans le contexte institutionnel précis de l’Université française. Ce qui ne revient pas à dire que tout est bon à prendre dans les CS (cerner ce « tout » me paraît d’ailleurs difficile). Les dérives textualistes relevées par F. Cusset sont réelles (ce que Mattelart et Neveu appellent dans l’un des sous-titres de leur livre le « théoricisme chic et choc comme ersatz d’engagement »). En même temps, la vitalité du champ des CS, son bouillonnement et les possibilités de croisements qu’il ouvre en font un outil utile pour fendiller la gangue positiviste des études de « civilisation »).

Dans un essai institulé «Traveling Theory,» repris dans The World, the Text, and the Critic (1983), Edward Saïd analyse les convergences et les divergences entre les idées de Georg Lukacs, Lucien Goldman et Raymond Williams. Il y défend une vision de la théorie comme un projet nécessairement partiel, incomplet. La théorie est selon lui inévitablement affaire de transfert, de voyage et d’emprunt. Et Saïd d’ajouter : « Car nous sommes obligés d’emprunter si nous voulons échapper aux contraintes de notre environnement intellectuel immédiat » (241). C’est l’enseignement principal que je tirerais de l’ébauche de biographie intellectuelle que j’ai esquissé ici aujourd’hui. C’est aussi, me semble-t-il, celui qu’on peut tirer des pérégrinations de la théorie française analysées par FC.

Guillaume Marche :

Il s’agit d’un livre très érudit, qui situe de manière utile la genèse en France et le devenir aux Etats-Unis de la « French Theory ». L’auteur fait une sociologie des savoirs — notamment philosophiques — et de la vie universitaire américaine très convaincante. Mais son traitement des références sociologiques l’est moins : il va trop vite en besogne pour réduire « la » sociologie américaine à un « héritage positiviste » (106). Le chapitre 13 et la conclusion donnent néanmoins à réfléchir sur la dichotomie texte/société, dont certains usages de la « French Theory » cherchent à dépasser le caractère bloquant. Dans les pages 343 et suivantes, Cusset formule même les termes d’un dépassement indispensable de la dichotomie universalisme/différentialisme, qui tend à assimiler — à tort — différentialisme, essentialisme et séparatisme. Se pose in fine la question de l’usage de la théorie : c’est surtout selon qu’elle est descriptive ou prescriptive qu’elle s’avère en phase ou en décalage avec le terrain et l’expérience des acteurs : là se situe, par exemple, l’un des écueils de la théorie queer, qui a tendance à traiter les mobilisations sur le terrain comme si elles étaient, pour ainsi dire, en retard sur la théorie (164-167). D’autres auteurs se proposent plutôt de rendre compte des mobilisations fondées sur l’expérience afin d’en explorer le sens tout en les accompagnant (cf. Kath Weston. Long Slow Burn : Sexuality and Social Science. Routledge 1998).

Marc Deneire :

Avoir vécu sur différents campus américains de 1986 à 1998, c’est avoir participé à une immense conversation, un aller-retour entre les contacts personnels et les textes. D’une université à l’autre, d’un département à l’autre, des références communes (comme Michel de Certeau), qui n’étaient d’ailleurs pas seulement françaises (Habermas en faisait partie). A la fin des années 1980, c’était la fin du New Criticism et la découverte de Derrida a permis un renouvellement autour de la déconstruction. La théorie a permis de se positionner dans le cadre d’une pratique discursive, et également de « s’éclater », se faire plaisir et éclater les points de vue, les identités. Pour ceux qui ont eu cette expérience américaine, tout retour en France est difficile : l’anti-multiculturalisme est dominant. Autre différence : si les universitaires et intellectuels américains sont séparés de leur base, ils sont au moins unis dans leur communauté par cette conversation.

Cornelius Crowley :

Les années 1980 ont vu en France la non-rencontre de cette théorie française, de la réflexion politique telle que Derrida et Foucault avaient pu l’imaginer, et de la gauche enfin au pouvoir.

P-Guerlain et T. Labica s’interrogent pour finir sur ce paysage intellectuel et universitaire français depuis les années 1980, champ occupé également par Lacan en matière de mode intellectuelle dans les années 70 ou Bourdieu (dont Cusset parle peu). La mode ne laisse pas forcément toujours de la place à tous les penseurs importants et parfois met en lumière des penseurs plus médiatiques ou flamboyants que profonds. Bourdieu est finalement peut-être plus important sur le plan scientifiques que d’autres qui ont eu plus de succès à un moment donné sur les campus américains.

Indications bibliographiques:CHAMOISEAU, Patrick. Ecrire en pays dominé. Paris : Gallimard, 1997.

CUSSET, François. French Theory, Foucault, Derrida, Deleuze et Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux Etats-Unis. Paris : La Découverte, 2003.

CUSSET, François. Queer Critics, la littérature française déshabillée par ses homos-lecteurs. Paris : PUF, 2002.

DU BOIS, W. E. B., « On Being Crazy » in Nathan Huggins (ed.), Du Bois, Writings. New York : The Library of America, 1986.

DERRIDA, Jacques, « But, beyond…(Open Letter to Anne McClintock and Rob Nixon) » in Henry Louis, Gates, Jr (ed.), « Race », Writing, and Difference. Chicago : The University of Chicago Press, 1986.

DERRIDA, Jacques, « Racism’s Last Word » in Henry Louis, Gates, Jr (ed.), « Race », Writing, and Difference. Chicago : The University of Chicago Press, 1986.

DUBOIS, Laurent, « Republic at Sea » in Transition, n° 79.

EAGLETON, Terry. After Theory. New York : Basic Books, 2003.

FANON, Frantz. Peau noire, masques blancs. Paris : Le Seuil, 1952.

GROSSBERG, Lawrence, Cary NELSON, and Paula A. TREICHLER (eds.). Cultural Studies. London : Routledge, 1992.

GUERLAIN, Pierre, « Affaire Sokal : Swift sociologue ; les cultural studies entre jargon, mystification et recherche », Annales du Monde Anglophone, N° 9 (1er semestre 1999), 141-160.

Iris n° 26, SELLIER, Geneviève (dir.), « Cultural Studies, Gender Studies et études filmiques ». Paris, 1998.

KAENEL, André, Catherine LEJEUNE et Marie-Jeanne ROSSIGNOL. Cultural Studies. Etudes Culturelles. Nancy : Presses Universitaires de Nancy, 2003. Sur ce livre voir également dans TransatlanticA le compte-rendu de Pierre Guerlain :
http://etudes.americaines.free.fr/TRANSATLANTICA/CR/kaenel_lejeune_rossignol.html
La bibliographie de cet ouvrage est étendue et pédagogique.

KAENEL, André. ‘Words are Things’: Herman Melville and the Invention of Authorship in Nineteenth-Century America. Berne : Peter Lang, 1992.

MATTELART, Armand et Erik NEVEU. Introduction aux Cultural Studies. Paris : La Découverte, 2003

PEASE, Donald E. (ed.), « New Americanists : Revisionist Interventions into the Canon, » Boundary 2 :17 (Spring 1990) & « New Americanists 2: National Identities and Postnational Narratives,» Boundary 2:19 (Spring 1992).

READINGS, Bill. The University in Ruins. Cambridge : Harvard UP, 1996.

SAID, Edward. The World, the Text, and the Critic. New York : Columbia UP, 1982.

TODOROV, Tzvetan. Critique de la critique, Un roman d’apprentissage. Paris : Seuil, 1984.

VARET, Gilbert. Racisme et philosophie. Essai sur une limite de la pensée. Paris : Denoël, 1973.

WACQUANT, Loïc. Punir les pauvres. Marseille : Agone, 2004.

WESTON, Kath. Long Slow Burn : Sexuality and Social Science. Londres : Routledge 1998.

WRIGHT, Michelle, M.. Becoming Black. Creating Identity in the African Diaspora. Durham : Duke University Press, 2004.

A consulter également la revue publiée par Routledge Cultural Studies :
http://www.unc.edu/depts/cultstud/journal

ou l’International Journal of Cultural Studies publié par Sage :
http://ics.sagepub.com

et un site recensant les liens possibles vers des sites de Cultural Studies :
http://www.blackwellpublishing.com/Cultural/Default.asp

et chez Duke UP une revue féministe de Cultural Studies :
http://muse.jhu.edu/journals/differences

Voir par ailleurs:

Djemila Benhabib: «Les islamistes considèrent le multiculturalisme comme le meilleur système»

GRAND ENTRETIEN – L’essayiste Djemila Benhabib a participé aux côtés de 50 personnalités au livre #JeSuisMila (Seramis éditions). Un manifeste en faveur de la liberté d’expression et de la laïcité. L’occasion de revenir sur le parcours hors du commun de cette femme engagée qui a fui l’Algérie, en guerre civile, pour la France puis pour le Québec. Deux pays où elle ne s’attendait pas à croiser de nouveau la route de l’islam radical.

Par Alexandre Devecchio

Pourquoi avoir accepté de participer à ce livre collectif intitulé «#JeSuisMila ?» En quoi cette affaire vous touche-t-elle personnellement?

Lorsqu’on fait l’expérience de la montée fulgurante de la violence comme j’en ai été témoin en Algérie, au début des années 1990, on ne peut que chérir la liberté. J’ai pris, soudainement, conscience dans la jeune vingtaine du privilège que j’avais de vivre. Résister à l’islam politique est devenu le combat de ma vie. Soutenir Mila s’inscrit, naturellement, dans cette démarche. Lorsque tout fout le camp, il ne reste que les fondamentaux pour donner un sens à l’existence.

Vous seriez-vous imaginée devoir défendre ainsi la liberté d’expression d’une jeune Française contre les islamistes lorsqu’en 1994 vous avez quitté l’Algérie en pleine guerre civile?

Certainement pas. En réalité, j’ai très vite déchanté en arrivant en France avec ma famille, mes parents, professeurs d’université, et mon frère, jeune lycéen. Nous nous sommes installés à Saint-Denis, ville cosmopolite, à l’époque, qui avait une tradition dans l’accueil des réfugiés politiques. Je pense, notamment, à nos camarades espagnols, italiens, grecs et portugais qui avaient fui le fascisme. Quant à nous, notre situation était considérée comme différente de la leur. Nous étions hors champ. Je pense que c’est autour de cette ambiguïté de notre statut que sont nés d’abord les malentendus, puis les dérives. En d’autres mots, nous reconnaître ne serait-ce que, symboliquement, le statut de réfugié politique revenait à placer l’islam politique dans l’histoire et le considérer comme une menace planétaire. Or, il n’en a rien été. Les États occidentaux et leurs élites intellectuelles dominantes ne se sont pas sentis concernés par ce qui s’est joué en Algérie dans les années 1990, tout comme en Iran en 1979. Certains prétendaient que la menace islamiste allait rester confinée aux frontières de ces pays, d’autres, comme les États-uniens, étaient convaincus de pouvoir «domestiquer» l’islamisme. Depuis, il n’a cessé de progresser et de muter. Pour trois raisons principalement. La puissance de son idéologie, sa capacité à s’adapter à n’importe quel environnement institutionnel et, finalement, sa force mobilisatrice. Pour revenir à votre question de départ, ceux qui menacent nos libertés ne sont pas seulement les islamistes. Mais ceux qui ont renoncé à les exercer et à les défendre.

Que représentait alors la France pour vous? Parleriez-vous de régression à son sujet?

La France était pour moi un havre de paix qui m’a permis de me reconstruire. Je n’oublierai jamais de ma vie cette sensation de marcher librement dans la rue, cheveux au vent, sans avoir à vérifier s’il y avait, au coin d’une rue, un salaud pour me buter. La sécurité est, en ce sens, la première des libertés. Comment dire? Pour une femme, c’est encore plus vrai. Ceux qui, comme moi, en ont été privés en mesurent toute l’importance. Je pense à mes amies afghanes, iraniennes et saoudiennes qui sont en première ligne. Évoquer cette période c’est aussi parler des solidarités. La France, à travers un tissu associatif dynamique, des syndicats, universitaires, artistes et simplement des gens d’une grande générosité, a participé à atténuer nos blessures et à nous rattacher à notre humanité. Ultimement, pour sortir de nos vies cabossées et de nos destins fracassés, nous ne pouvions compter que sur notre résilience. Sur le plan politique, c’était beaucoup plus compliqué. L’asile politique a été offert en France, en Europe, aux États-Unis et au Canada aux chefs du FIS et du GIA et à leurs militants, ceux-là même dont les mains étaient entachées de sang. Il se trouvait des journalistes comme Edwy Plenel ou des universitaires comme François Burgat pour les absoudre de leurs crimes. Vous vous souvenez du petit jeu du «Qui tue qui?» («On ne sait pas qui tue qui?»: durant la tragique décennie noire en Algérie, cette formule en vogue était employée par certains observateurs, en particulier en Europe et en France, pour désigner l’armée algérienne comme seule responsable des massacres sur les civils alors que ces derniers étaient perpétrés par des groupes islamistes, NDLR) en Algérie qui a donné, plus tard, le «je ne suis pas Charlie»? Toujours les mêmes aux commandes pour faire courir des «si», multiplier des «mais» et évacuer toute la dimension idéologique et politique de notre combat. Pour eux, les islamistes, à bien y regarder, n’étaient pas vraiment des islamistes, et surtout pas des assassins. Et ceux qui s’opposaient à leurs desseins fascistes n’étaient pas des résistants. La régression? Elle n’est qu’une simple conséquence de cette confusion. Mais attention! N’allez pas imaginer que nous nous sommes tus. Même si cette thèse du «Qui tue qui?» nous était insupportable, nous l’avons confrontée. Dénoncée. Nous ne nous sommes jamais résignés. Jamais. Nous avons continué à parler, écrire, militer et mettre en garde contre la contagion islamiste, ici comme ailleurs. Nous, nous n’habitions pas les beaux quartiers. Encore là, le discours dominant dans le milieu médiatique était à la victimisation des musulmans. Notre parole était pratiquement inaudible.

Votre père, l’universitaire Fewzi Benhabib, qui vit toujours à Saint-Denis, a écrit, dans une tribune publiée dans Marianne le lendemain des attentats du 13 Novembre, que cette ville était plus communautarisée qu’Oran. Partagez-vous son point de vue?

Bien entendu. Je remercie, vivement, Marianne d’avoir été à nos côtés depuis le début. Mon père est le premier à avoir osé lever le voile sur les graves dérives qui touchent Saint-Denis, qui n’est pas n’importe quelle ville. Elle est au cœur du dispositif indigéniste. Tout comme elle est au centre de la stratégie de l’internationale islamiste. Tout cela est largement documenté dans le livre «Quatre-vingt-treize», de Gilles Kepel… depuis 2012. Il n’était plus possible pour mon père de se taire. Ne pensez pas que ce geste a été sans conséquence pour lui. Vivre au quotidien dans la gueule du loup ça use. Même les plus courageux parmi nous. À l’évidence, ceux qui, comme mon père, habitent dans les quartiers populaires et résistent aux islamistes et à la mafia ne bénéficient d’aucune protection et n’ont pas le soutien des élus locaux. En 2009, avec quelques Dionysiens nous avons mis en place l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis (qui n’a rien à voir avec celui de Bianco, qui a détourné notre nom). Nous avons reçu deux cacahuètes de subside alors que l’association de Rokhaya Diallo, qui n’y est pas domiciliée, est grassement subventionnée pour offrir des ateliers sur les cheveux frisés. On se moque de qui? À Saint-Denis, il y apourtant beaucoup d’initiatives citoyennes à encourager, comme l’association Les Résilientes.

Pourquoi avoir quitté la France pour le Québec en 1997?

Je voulais entamer ma vie d’adulte sur un choix. La France, je ne l’avais pas choisie. À mon âge, il y avait certainement la curiosité, l’ouverture au monde et le goût du dépassement qui ont motivé ce nouveau départ. Pour guérir, il fallait partir. Partir le plus loin possible de façon à pouvoir déployer mes ailes. Surtout, loin de l’islamisme que j’avais retrouvé en France. Alors, j’ai choisi le Québec, pays francophone, ouvert à l’immigration, véritable démocratie où il fait bon vivre pour les femmes. Puis, il y a eu le 11 Septembre 2001. J’étais correspondante de presse pour le journal algérien El-Watan, je me suis rendue, tout de suite, à New York avec mon amoureux qui était lui aussi journaliste. Nous sommes revenus de ce voyage bouleversés. En effet, tout avait basculé!

La censure et l’autocensure dans les universités, les médias, le monde culturel sont désormais une réalité qu’il est difficile de déjouer.

Vous militez pour le Parti québécois. Vous y avez proposé l’idée d’une charte de la laïcité. Pourquoi?

Pour la simple raison qu’au cœur du dispositif législatif canadien il existe, depuis 1985, une possibilité de se soustraire aux règles communes en faisant valoir ses croyances religieuses. C’est ce qu’on appelle l’accommodement raisonnable devenu célèbre depuis le début des années 2000. Une simple demande faite «de bonne foi» suffit à obtenir une dérogation. Et ça peut aller très loin. Une enfant de maternelle dont les parents musulmans obligent l’école à lui mettre sur la tête un casque insonorisé pour la prémunir des chants de Noël. Paraît-il que c’est dans leur religion! Un jeune adolescent sikh autorisé à porter le kirpan (un poignard) à l’école après une bataille judicaire qui est allée jusqu’en Cour suprême et a duré quatre ans. Des milliers de dollars pour faire plier une école et renverser deux décisions de justice. Théoriquement, il y a quelques garde-fous. Dans la pratique, les institutions qui refusent les accommodements se font traîner en justice. Ça coûte un fric fou! Ce qu’il faut comprendre par là c’est que les lobbies politico-religieux, riches et puissants, ont trouvé dans les accommodements un boulevard pour défaire ce qui a été chèrement acquis avec la Révolution tranquille. Il me paraissait urgent de proposer une charte de la laïcité pour retrouver le sens du commun. C’est ce que j’ai fait à travers mon engagement au Parti québécois où j’ai obtenu l’appui de deux femmes remarquables, Pauline Marois (ancienne première ministre) et Louise Beaudoin, et de notre ancien premier ministre, le regretté Bernard Landry. Cette loi qui a été adoptée en juin dernier est l’aboutissement d’un long combat. Il est, surtout, une claque à la face du multiculturalisme canadien.

Vous estimez que votre premier essai «Ma vie à contre-Coran», publié en 2009, ne pourrait plus être édité aujourd’hui?

La censure et l’autocensure dans les universités, les médias, le monde culturel sont désormais une réalité qu’il est difficile de déjouer. Nous manquons cruellement d’espace pour la confrontation des idées. Le débat est très mal vu. La recherche permanente d’un consensus valide l’idée selon laquelle la meilleure posture est une moyenne de toutes les postures. Nous n’avons pas de service public digne de ce nom. Nous avons une télévision et une radio d’État, Radio-Canada, au service d’une idéologie: le multiculturalisme qui a expurgé les laïques du débat public. Tout ce qui concerne l’islam et les musulmans relève du tabou. Alors vous imaginez ce livre avec un tel titre? Il y a encore des courageux qui osent. Mais à quel prix? Heureusement que nous avons encore Denise Bombardier et ses collègues du Journal de Montréal pour élargir nos horizons.

La politique menée par Justin Trudeau au Canada est regardée en Europe comme un modèle de tolérance ou, au contraire, comme la quintessence du politiquement correct. Qu’en pensez-vous?

Justin Trudeau est convaincu de la supériorité morale du Canada sur les États-Unis et sur l’Europe. Pour lui, les attentats terroristes islamistes sont le résultat d’une mauvaise intégration des immigrants. Sa devise est simple: il n’y a qu’à être gentil pour susciter les bons sentiments. Sauf que les premiers réseaux terroristes au Canada sont apparus dans les années 1990. Ils étaient l’œuvre d’anciens militants du FIS. Il n’y a plus aucun journaliste pour le rappeler.

Le multiculturalisme est-il devenu un cheval de Troie pour les islamistes?

Tariq Ramadan le considère comme le meilleur système. En 2012, lorsque je me suis présentée aux élections, il a animé un grand meeting, à Montréal, pour appeler ses partisans à me barrer la route. À moi, mes collègues, mon parti. Ceux qui s’étaient faufilés en haut de la liste sont les porte-paroles d’un parti islamo-gauchiste, Québec solidaire, qui n’a plus rien de solidaire. Vous voyez bien que ce n’est pas très différent de la France. La trahison de la gauche communautariste permet aux islamistes de gagner du terrain.


Après l’hystérie collective du virus chinois, le psychodrame du racisme policier ! (Spot the error when against all evidence, our new flagellants demonize an imaginary systemic racism and add to both our divisions and the killings when the police withdraw from where they’re most needed)

10 juin, 2020
Jews of color on what MLK Day means to them in 2019 – J.Opinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesOpinion | The Civil Rights Act of 2020 - The New York TimesViolent protests in Los Angeles tear through Jewish neighborhood – The ForwardPétition · Eric Zemmour, xénophobe, doit être banni des médias ! · Change.orgDéboulonnage statue esclavagiste BristolChurchill statue defaced with 'was a racist' graffiti during Black Lives Matter protests - Republic World
Shocking footage shows US police officers laughing, mocking restrained man who died in custodyHer Name Is Justine Damond: In 2017, A Somalian Minneapolis Police Officer Murdered A White Woman Reporting A Possible Sexual Assault | Blog Posts | VDARE.com

4 Minneapolis cops now charged in George Floyd's death

 

Un conciliateur, c’est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé. Churchill
Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi, des Noirs ? Ce sont des hommes comme les autres. Je ne suis pas raciste. Roland Gary
La glorification d’une race et le dénigrement corollaire d’une autre ou d’autres a toujours été et sera toujours une recette de meurtre. (…) Quiconque avilit les autres s’avilit soi-même. James Baldwin
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Les Flagellants (nommés disciplinati ou battuti au Moyen Âge) étaient des groupes ambulants de fidèles qui se donnaient la discipline collectivement en public. Leur mouvement atteignit son apogée durant le XIIIe siècle et le XIVe siècle en Europe occidentale. Ceux qui y prenaient part pensaient que la pratique de la flagellation leur permettrait d’expier leurs péchés, atteignant ainsi la perfection, de manière à être acceptés au royaume des cieux après l’Apocalypse. Ils allaient en procession par les villes, nus jusqu’à la ceinture et armés d’un fouet dont ils se flagellaient publiquement, en chantant des cantiques, pour expier leurs péchés.(…) Les circonstances dans lesquelles les premières manifestations massives de flagellants ont eu lieu sont significatives. À la suite de la famine de 1258 et de ce qu’on supposera être une manifestation de la peste en 1259, la situation de l’Italie était particulièrement difficile à l’époque. (…) Le mouvement des flagellants avait repris des proportions considérables en 1349. Ceci était dû à l’une des plus grandes épidémies de peste du Moyen Âge : la dite Peste noire (introduite par des hordes mongoles en 1346-1347). Celle-ci fut interprétée, dans la perspective médiévale, comme un châtiment divin contre les pêchés commis par les humains. Les processions de flagellants étaient mises en avant comme un effort pour détourner ce châtiment. La zone de développement du mouvement se situa principalement en Europe centrale, de la Pologne à l’Allemagne et jusqu’aux Pays-Bas et à la France. Les flagellants se déplaçaient entre villes par bandes de cinquante à cinq cents hommes ou plus. Plusieurs régions furent prises l’une après l’autre d’une grande agitation où le mouvement prenait une grande importance avant de s’éteindre peu à peu. (…) Les Juifs furent aussi victimes des mêmes persécutions que les clercs, mais sur une tout autre échelle. Durant le grand massacre des Juifs qui suivit la Peste Noire (cf par exemple le Pogrom de Strasbourg), les flagellants jouèrent un rôle considérable. Les premiers massacres ont eu lieu en fin mars 1349 lorsqu’une partie de la population porta des accusations d’empoisonnement des puits contre les Juifs. Une seconde vague de terreur fut déclenchée par la propagande des flagellants quatre mois plus tard en juillet 1349. Des groupes de flagellants pénétrèrent à Francfort où ils se ruèrent sur le quartier juif et massacrèrent des juifs avec l’aide de la population locale. Les autorités municipales étaient si troublées par cet incident qu’elles expulsèrent les pénitents de la ville et renforcèrent les portes afin que cela ne se reproduise pas. Wikipedia
Les aspirations nationales doivent être respectées, les peuples ne peuvent être dominés et gouvernés que par leur propre consentement. L’auto-détermination n’est pas simplement un mot, c’est un principe d’action impératif que les hommes d’État ignoreront désormais à leurs risques et périls. Woodrow Wilson
La paix à laquelle nous invitent les Anglo-Américains n’est rien moins qu’un statu quo destiné à servir leurs intérêts… La vraie nature du conflit actuel est une lutte entre des puissances établies et des puissances non encore établies… Au début, l’Angleterre et la France colonisèrent des régions du monde « moins civilisées » et ont entretenu une situation de monopole sur leur exploitation. La conséquence fut que l’Allemagne et les nations venues après furent laissées sans terre à acquérir ni espace pour s’agrandir.(…) Si leur politique prévaut, le Japon qui est un petit pays sans ressource et incapable de consommer ses propres productions n’aura pas d’autre choix que de détruire ce statu quo pour espérer survivre, exactement comme l’Allemagne… Nous devons exiger tous les pouvoirs pour ouvrir les portes de leurs colonies aux autres, de sorte que toutes les nations puissent avoir un accès égal aux marchés et aux ressources naturelles des zones colonisées. Il est également impératif que le Japon insiste sur l’éradication des discriminations raciales. Prince Konoe
Je veux bien admettre l’égalité des Japonais en tant que nation, et aussi l’égalité des individus d’homme à homme. Mais je ne peux admettre les conséquences auxquelles nous devrons faire face si nous vous ouvrons notre pays. Ce n’est pas que nous ne les tenons pour être inférieurs à nous mais simplement parce que nous ne les voulons pas. Économiquement, ce sont des facteurs perturbants parce qu’ils acceptent des salaires bien inférieurs au minimum pour lequel nos compatriotes acceptent de travailler. Peu importe s’ils se mélangent bien avec notre peuple. Nous ne voulons donc pas qu’ils puissent épouser nos femmes. Ceci est une opinion personnelle. Je ne veux pas vous offenser. Notre législation n’est pas dirigée spécialement contre les Japonais. Les sujets britanniques en Inde subissent cela de la même manière. Il est impossible que nous puissions formuler une modification à votre amendement parce qu’aucune modification concevable ne saura jamais satisfaire chacun d’entre nous. W. M. Hughes
Versailles’ mixed legacy is even further complicated by a little-known attempt by Japan, one of the emerging players at the table, to move the world forward on the issue of racial equality. Japan asked for, and nearly got approved, a clause in the treaty that would have affirmed the equality of all nations, regardless of race. For all of the history forged, some historians believe the great powers missed a pivotal opportunity to fashion a much different 20th century. A driving force behind that vision for the future and the lofty ambitions of the treaty was U.S. President Woodrow Wilson, the lead negotiator at the Paris Peace Conference. In 1918, a few months before he set sail for Paris, Wilson addressed Congress to lay out his now-famous principle of self-determination, an idea that would guide the Versailles negotiations and the final treaty that emerged: « National aspirations must be respected; peoples may now be dominated and governed only by their own consent. ‘Self-determination’ is not a mere phrase. It is an imperative principle of actions which statesmen will henceforth ignore at their peril. » Looking back, contradictions abound in Wilson’s decree. Japan’s Racial Equality Proposal would have strengthened Wilson’s call for self-governance and equal opportunity. Yet, when the victors signed the treaty, that language was nowhere to be found. « At the bottom of all of this is the idea that certain people of color cannot be trusted and people of color do not deserve a place, not only on the world stage but also in our own communities, » says professor Chris Suh who studies Asian American history. (…) Following its victory in the Russo-Japanese War in 1905 and then its participation as an Allied power during World War I, Japan rose as a mighty player on the world stage. Seeking to solidify that new power, the Japanese delegation at the Versailles negotiations sought to add language about racial equality into the proposed treaty’s preamble. Its immediate goals were to strengthen its diplomatic standing and earn an equal seat at the table. (…) To be clear, historians say the Japanese were not seeking universal racial suffrage or improving the plight of black Americans, for example. But, the added language would have meant that Japanese immigrants coming to the U.S. could be treated the same as white European immigrants. France got behind the proposal. Italy championed it. Greece voted in favor. But Australia pushed back. The British dominion had instituted a White Australia Policy in 1901 limiting all nonwhite immigration. Australian Prime Minister William Morris Hughes strong-armed the rest of the British delegation into opposing the proposed clause and eventually got Wilson’s support too. Wilson came up with a way of killing the proposal without ever openly saying he opposed it. The U.S. president imposed a « unanimity ruling » that effectively squashed the racial equality language even though a majority of the nations supported it. As chairman of the League of Nations Commission, Wilson had approved a number of other issues at the conference without such a unanimous vote. His call for consensus was not a petition for democracy. It was a shrewd calculation. Wilson’s top priority at the conference was seeing the League of Nations created and the treaty ratified. The last thing he wanted was to alienate the British delegation, and he was not willing to let the Racial Equality Proposal derail those efforts. But, in a nod to appease Japan, he supported its demand to keep war-acquired territories like Shantung. Though scholars disagree on the exact reasons for the opposition by Australia and the U.S., many say the key factor was migration. The racial equality clause represented « one of the first attempts to establish … the unprecedented principle of free and open migration, » says Frederick Dickinson, a University of Pennsylvania professor of Japanese history. Japan’s industrialization and falling mortality rates created an overpopulation problem. Following the 1882 Chinese Exclusion Act, which prohibited Chinese laborers from immigrating to America, contractors on the West Coast brought Japanese migrants over to fill their need for inexpensive labor. In 1907, the U.S. and Japan had negotiated the « Gentlemen’s Agreement, » which was designed to address the growing Japanese emigration rate. In it, Japan agreed to curb how many migrants it sent over, if the U.S. would desegregate Asian and white children in San Francisco public schools. Unlike the unilateral Chinese Exclusion Act, the Gentleman’s Agreement gave Japan some say in Japanese immigration to the United States. This agreement didn’t maintain order for long. Anti-Japanese sentiment was spreading up and down the West Coast, and lawmakers there called for stricter legislation. California passed the Alien Land Law of 1913, which prohibited Japanese immigrants from owning land. And so, by the end of World War I and the negotiations in Paris, Americans feared waves of Japanese immigrants. When word of the Japanese proposal reached Washington, pressure mounted from lawmakers to reject the clause. Democratic California Sen. James Phelan sent a telegram to the U.S. delegation in Paris, writing: « Believe western Senators and others will oppose any loophole by which oriental people will possess such equality with white race in United States. It is vital question of self-preservation. » With mounting pressure on the homefront and from Britain and its dominions, Wilson killed the proposal. The Japanese lost their bid for racial equality. Ultimately, the treaty Wilson had staked his presidency on was rejected by Congress. He suffered a stroke later in 1919, did not seek a third term and died three years after leaving office. The same year as Wilson’s death, in 1924, President Calvin Coolidge unilaterally banned all Japanese immigration with the Johnson-Reed Act. (…) The interwar years saw increased Japanese aggression as it attempted to gobble up more land and further assert its power on a global level. Japan became an imperial power consumed with nationalism and militarism. Japan struggled to resettle its burgeoning population. Its invasion of Manchuria, a region in China, in 1931, led to the resettlement of hundreds of thousands of farmers and migrants there. Ishiwara Kanji, the architect of the invasion, called for a « racial paradise » in this newly established puppet state. (…) Beyond the bloodshed in the Pacific, the domestic toll waged on Japanese Americans has lived on in infamy. More than 100,000 Japanese Americans were forcibly relocated from their homes and incarcerated during what has been called Japanese internment. The U.S. later acknowledged that it was on the wrong side of history, betraying its values of justice and liberty: The 1988 Civil Liberties Act, enacted by Congress, said that the government’s actions against Japanese Americans « were motivated largely by racial prejudice, wartime hysteria, and a failure of political leadership. » « Obviously whenever people think of Japanese American discrimination in the United States, the big thing that comes to mind is the World War II incarceration, » says David Inoue, executive director of the Japanese American Citizens League. But the Racial Equality Proposal demonstrates that incarceration camps are not the whole story. He sees this proposal as « part of a whole continuum of discrimination that had begun years before and even we see it continuing today … in other communities that are discriminated against. » NPR
Peut-être que la prise de conscience la plus tragique de la réalité survint lorsqu’il devint clair pour moi que la guerre ne se contentait pas de dévaster les espoirs des pauvres dans le pays. Elle envoyait aussi leurs fils, leurs Frères et leurs maris combattre et mourir dans des proportions extraordinairement élevées par rapport au reste de la Population. Nous prenions de jeunes noirs, estropiés par notre société, et nous les envoyions à 10 000 kilomètres de là pour garantir des libertés en Asie du Sud Est dont ils ne bénéficient pas eux-mêmes dans le sud-ouest de la Géorgie ou dans Harlem Est. Nous avons été placés de manière répétée devant l’ironie cruelle de regarder sur nos écrans des jeunes garçons noirs et blancs tuer et mourir ensemble pour un pays où il ne leur était pas permis de s’asseoir côte à côte dans les mêmes écoles. Nous les avons vus, dans une même solidarité brutale, mettre le feu aux huttes d’un pauvre village, mais nous réalisons qu’ils ne vivraient jamais dans le même bloc à Détroit. Je ne pouvais pas rester silencieux devant une si cruelle manipulation des pauvres. Ma troisième raison provient de mon expérience dans les ghettos du Nord durant ces trois dernières années et notamment, ces trois derniers étés. En marchant parmi les jeunes gens en colère, rejetés et désespérés, je leur ait dit que les cocktails Molotov et les fusils ne résoudraient pas leurs problèmes. J’ai essayé de leur offrir ma plus profonde compassion tout en conservant ma conviction que le changement social le plus significatif vient à travers l’action non violente. Mais, demandaient-ils, et le Vietnam ? Ils demandaient si notre pays n’utilisaient pas lui-même une dose massive de violence pour résoudre ses problèmes, pour apporter les changements qu’il souhaitait. Leurs questions ont fait mouche, et j’ai su que je ne pourrai jamais plus élever ma voix contre la violence des opprimés dans les ghettos sans avoir auparavant parlé haut et clair au plus grand pourvoyeur de violence du monde aujourd’hui – mon propre gouvernement. (…) Si l’âme de l’Amérique était empoisonnée, l’autopsie, en partie, révélerait le mot « Vietnam ». L’âme de l’Amérique ne sera pas sauvée aussi longtemps que le pays détruira les espoirs des hommes à travers le monde. Que pensent les paysans vietnamiens lorsque nous nous allons avec les propriétaires terriens et que nous refusons de traduire en actes nos nombreux discours concernant une réforme agraire ? Que pensent-ils alors que nous essayons nos dernières armes sur eux, tout comme les Allemands ont essayé leurs nouveaux médicaments et tortures dans les camps de concentration en Europe ? Martin Luther King
In recent speeches and statements the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. has linked his personal opposition to the war in Vietnam with the cause of Negro equality in the United States. The war, he argues, should be stopped not only because it is a futile war waged for the wrong ends but also because it is a barrier to social progress in this country and therefore prevents Negroes from achieving their just place in American life. This is a fusing of two public problems that are distinct and separate. By drawing them together, Dr. King has done a disservice to both. The moral issues in Vietnam are less clear-cut than he suggests; the political strategy of uniting the peace movement and the civil rights movement could very well be disastrous for both causes. Because American Negroes are a minority and have to overcome unique handicaps of racial antipathy and prolonged deprivation, they have a hard time in gaining their objectives even when their grievances are self-evident and their claims are indisputably just. As Dr. King knows from the Montgomery bus boycott and other civil rights struggles of the past dozen years, it takes almost infinite patience, persistence and courage to achieve the relatively simple aims that ought to be theirs by right. The movement toward racial equality is now in the more advanced and more difficult stage of fulfilling basic rights by finding more jobs, changing patterns of housing and upgrading education. The battle grounds in this struggle are Chicago and Harlem and Watts. The Negroes on these fronts need all the leadership, dedication and moral inspiration that they can summon; and under these circumstances to divert the energies of the civil rights movement to the Vietnam issue is both wasteful and self-defeating. Dr. King makes too facile a connection between the speeding up of the war in Vietnam and the slowing down of the war against poverty. The eradication of poverty is at best the task of a generation. This « war » inevitably meets diverse resistance such as the hostility of local political machines, the skepticism of conservatives in Congress and the intractability of slum mores and habits. The nation could afford to make more funds available to combat poverty even while the war in Vietnam continues, but there is no certainly that the coming of peace would automatically lead to a sharp increase in funds. Furthermore, Dr. King can only antagonize opinion in this country instead of winning recruits to the peace movement by recklessly comparing American military methods to those of the Nazis testing « new medicine and new tortures in the concentration camps of Europe. » The facts are harsh, but they do not justify such slander. Furthermore, it is possible to disagree with many aspects of United States policy in Vietnam without whitewashing Hanoi. As an individual, Dr. King has the right and even the moral obligation to explore the ethical implications of the war in Vietnam, but as one of the most respected leaders of the civil rights movement he has an equally weighty obligation to direct that movement’s efforts in the most constructive and relevant way. There are no simple or easy answers to the war in Vietnam or to racial injustice in this country. Linking these hard, complex problems will lead not to solutions but to deeper confusion. Walter Lippmann (NYT, April 7, 1967)
Le président vient d’utiliser une Bible… et l’une des églises de mon diocèse, sans autorisation, comme décor pour un message contraire aux enseignements de Jésus et à tout ce que nos églises représentent… Je ne peux pas croire ce que mes yeux ont vu […] Je suis scandalisée. Et je veux juste que le monde sache que nous, dans le diocèse de Washington, conformément à Jésus et sa voie d’amour… nous nous éloignons du langage incendiaire de ce président. Nous suivons quelqu’un qui a vécu une vie de non-violence et d’amour sacrificiel […] Nous sommes du côté de ceux qui demandent justice pour la mort de George Floyd et d’innombrables autres. Mgr Mariann Edgar Budde (diocèse épiscopal de Washington)
Budde and Curry are among the pantheon of progressive religious leaders who have long been critical of Trump’s political agenda. The Episcopal Church’s policies include supporting abortion rights, refugee resettlement, an expansion of health care and other issues that Trump has opposed or not embraced. According to the Pew Research Center, 49 percent of Episcopalians are Democrats or lean Democratic, compared with 39 percent of church members who are Republican or lean Republican. (…) Trump’s longtime religious allies, who are far more conservative on both domestic and foreign policy, saw his walk to St. John’s much differently. “What kind of church I need PERMISSION to attend,” tweeted Pastor Mark Burns of South Carolina after Budde and others said Trump should have let them know he was coming. “Jesus welcomes All. » Johnnie Moore, a spokesman for several of Trump’s evangelical religious advisers, tweeted favorably about the incident as well. “I will never forget seeing @POTUS @realDonaldTrump slowly & in-total-command walk from the @WhiteHouse across Lafayette Square to St. John’s Church defying those who aim to derail our national healing by spreading fear, hate & anarchy,” he wrote. “After just saying, ‘I will keep you safe.’ ” (…) Following a tradition set by President Franklin D. Roosevelt, Trump attended a service at St. John’s before his swearing-in ceremony in 2017. He visited the church again that year to mark a national day of prayer for victims of Hurricane Harvey and in 2019 on St. Patrick’s Day. (…) Earlier in the day, Fisher said, he and other clergy were outside the church handing out water bottles and granola bars to protesters, and expressing solidarity with their cause. He said he left the area to be interviewed on television about the damage from the fire the previous night and later watched images of the protest being dismantled “with disbelief.” Fisher, 44, became the rector of St. John’s in June 2019 and has not yet hosted a presidential visit. The church usually draws about 400 people on a typical weekend. But it has been closed since mid-March due to the broad shutdown restrictions in place to combat the novel coronavirus. Damage to the building from Sunday night’s fire and vandalism will cost at least $20,000, Fisher said. But he said the destruction should not become the focus of what has been happening in the streets outside the White House. Fisher said that when people have talked about the church being burned, he has tried to redirect them, saying it was likely one person who does not represent the majority of people protesting. “That has pulled away from the more important message that we have to address racism in this country,” he said. Michelle Boorstein and Sarah Pulliam Bailey
Budde herself is engaged in advocacy for firearms restrictions and even weighed in on changing the name of the city’s floundering NFL franchise. Within the Diocese of Washington, Budde defended a push for “gender-inclusive” language “to avoid the use of gendered pronouns for God.” The Post report noted both Budde and Curry “are among the pantheon of progressive religious leaders who have long been critical of Trump’s political agenda.” I was last present in the now-damaged St. John’s parish house as it hosted a press conference for the Religious Coalition on Reproductive Choice, a progressive lobby that voices approval from religious officials for unrestricted abortion-on-demand, and which counts the Episcopal Church as a member. Post religion reporters Michelle Boorstein and Sarah Pulliam Bailey cite data from the Pew Research Center showing 49 percent of Episcopalians are Democrats or lean Democratic, compared with 39 percent of church members who are Republican or lean Republican. Episcopalians have increasingly found themselves in roles difficult to maintain. Church officials simultaneously embrace leftist causes, while also serving as a boutique chaplaincy to the affluent and as presiders over American civil religion in events of national importance including state funerals. Jeffrey Walton
American history is not all glorious… George Washington was a slave owner. We need to call slave owners out for what they are. Whether we think they were protecting American freedom or not, he wasn’t protecting my freedoms. To me, I don’t care if it’s a George Washington statue or Thomas Jefferson, they all need to come down. Angela Rye (CNN)
Le racisme anti-noir se trouve dans l’ADN même de ce pays. Nikole Hannah-Jones
Je voterais pour Joe Biden même s’il faisait bouillir des bébés et les mangeait. Ce n’était pas mon candidat, mais reprendre la Maison Blanche est si important. (…) Que vous croyiez ou non Tara Reade… vous devriez voter pour Joe Biden s’il est le candidat. … Nous n’avons pas le luxe de ne pas participer aux élections pour nous sentir moralement purs ou pour envoyer un message sur les agressions sexuelles et #BelieveWomen. Cela n’aidera en rien les femmes. Ou n’importe qui d’autre. Katha Pollitt
I know that [concerns over having no law enforcement] comes from a place of privilege. For those of us for whom the system is working, I think we need to step back and imagine what it would feel like to already live in that reality where calling the police may mean more harm is done. Lisa Bender (Minneapolis city council president)
I remember when I was being gang-raped & beaten by a mob in Egypt, would have been great to have a police force to call then. Would that have been my white privilege talking? Lara Logan (CNN)
Over the years, I have repeatedly warned in these columns that the refusal of the political establishment to defend the integrity of the western nation and its culture has opened the way for noxious forces to occupy the vacuum. We’ve seen this in both the spread through the west of jihadi Islam and the rise across Europe of political parties and groups with racist or fascist backgrounds and antecedents. In the current convulsions triggered by the violent death of George Floyd in American police custody, this baleful development has reached a crisis point. As The Times reports today, thuggish groups across the country have begun organising to “protect” monuments and war memorials after statues of Winston Churchill and Queen Victoria were defaced, the Cenotaph in London attacked and other statues, including the one of Sir Francis Drake in Plymouth, vandalised. This isn’t remotely surprising. The establishment is effectively standing back from, or even condoning or actively assisting, a sustained and organised onslaught which is taking place against not just a number of stone images but a culture’s historic memory. The stage is therefore set for a confrontation in which violent thugs from the right pitch themselves against violent thugs from the left – with the political establishment having fled the cultural battleground in order to cower, wringing its hands, at a distance. Following the toppling and dumping in Bristol harbour of the statue of slave trader and philanthropist Edward Colston, an act of vandalism and criminal damage with which the area’s police superintendent sympathised and about which he said the police were right to do nothing, an activist group called “Topple the Racists” has drawn up a list of about 60 memorials associated with slavery or colonialism which it wants destroyed. Falling meekly or even enthusiastically into line, 130 local councils run by the Labour party are to consider which ones they think should be removed on the grounds of “inappropriateness”. In 2001 in Afghanistan, the Taliban pulled down ancient statues including the world’s tallest standing Buddhas. This was greeted with utter horror in the west. It rightly described the outrage as a crime against historical memory, an attempt to destroy a culture by erasing the evidence of its history and replacing that culture by a fanatical dogma that brooked no challenge. Yet now the British establishment is kow-towing to a movement which is behaving like the Taliban, pulling down statues and other artefacts in order to erase aspects of British history as the product of a rotten society that’s institutionally racist and so must be supplanted by another. The death of Floyd, under the the knee of a police officer who pressed down on his neck for almost nine minutes, was shocking and it’s right that this officer and three others involved in this death are being brought to justice. And of course there’s racial prejudice in Britain. But so there is in every single society, in the developing world as well as in the west. Slavery was not invented by the west but has been practised across the world. It was the British and Americans who, having participated in it, eventually abolished it in their societies, while it remains practised in parts of the developing world even today. The smear that the west is institutionally racist is designed to both facilitate and obscure the real agenda of overturning capitalist society because it is white and therefore deemed intrinsically evil – which of course is itself a racist agenda. Yet instead of resisting this ignorant and wicked movement, its appeasers have been literally abasing themselves before the mob. In the past, violent anti-white racism was represented by the black power movement. Despite the support of certain posturing celebrities, black power activists were generally perceived as dangerous, violent, far-left troublemakers. It would have been unthinkable for mainstream British politicians, let alone the police, to give the clenched fist black power salute. That would have been regarded as treasonous insurrection. Yet an updated version of this is precisely what’s been happening in Britain. The new Labour Party leader, Sir Keir Starmer, and his deputy, Angela Rayner, released a picture of themselves supporting Black Lives Matter, the activist group behind many of these demonstrations, by “taking the knee”, the gesture promoted by certain black American footballers to show their contempt for white society and America. (…) These people have all been literally kneeling down in submission to an ideology which is anti-white and anti-west – and at the direction of Black Lives Matter, a racist, anti-white, anti-west violent revolutionary movement whose aim is the overthrow of white western society. These images of the British police symbolically capitulating to the erasure of British history and the defamation of the west have furnished sickening evidence that many of those tasked with protecting society have surrendered instead to cultural terrorism. Meanwhile, anyone who opposes this dogma of black victimology and points out the defamatory lies at its core will be called a racist and their livelihood placed in jeopardy. In America, people are losing their jobs for even questioning any of this. The prominent footballer Drew Brees, who despite publicly opposing racism also opposed taking a knee during the playing of the national anthem on the grounds that he would “never agree with anybody disrespecting the flag of the United States of America”, was forced to apologise in a display of ritual humiliation On Twitter, the malevolent, the moronic and the mentally unhinged are out in force similarly seeking to intimidate, smear and ruin any who stand up to this cultural totalitarianism. And then there’s the deeply sinister Commission for Diversity in the Public Realm set up by London’s mayor, Sadiq Khan, to consider the appropriateness of the capitals’ statues, murals, street names and other memorials. Channelling Mao, the Taleban and the French revolutionary terror, Mayor Khan can surely leave no-one in any doubt that this committee will reduce diversity by aiming selectively to erase those bits of British history of which it disapproves. In Khan’s words: “…our statues, road names and public spaces reflect a bygone era. It is an uncomfortable truth that our nation and city owes a large part of its wealth to its role in the slave trade…” (…) So will this commission erase memorials to all historic British figures with an obnoxious side to their achievements? Will its destroy the statues of the Labour politicians Keir Hardie or Ernest Bevin, or Karl Marx, who were all antisemites? Or the playwright George Bernard Shaw who promoted eugenics? Or the parliamentary titan Oliver Cromwell who massacred the Irish? Or Britain’s greatest Liberal prime minister, William Gladstone, whose family, like so many prominent people in previous, very different era was involved in slavery? That last question already has an answer. Liverpool university has agreed yesterday to rename its Gladstone Hall, which houses student accommodation. Bim Afolami, the Tory MP for Hitchin and Harpenden, tweeted in response: “This is all going completely nuts. When will this stop??” When indeed. As George Orwell wrote in 1984 about a state under totalitarian tyranny: “Every record has been destroyed or falsified, every book rewritten, every picture has been repainted, every statue and street building has been renamed, every date has been altered. And the process is continuing day by day and minute by minute. History has stopped. Nothing exists except an endless present in which the Party is always right. » Or as the future US president Ronald Reagan said even more pertinently in 1975: ‘If fascism ever comes to America, it will come in the name of liberalism”. (…) Bad things happen not just because bad people do them but because otherwise decent people lack the courage to stop them; or because they indulge in fantasies that the agenda is basically good but has been “hijacked” by a few thugs; or that they agree with the ends but purse their lips at the violent means; or because of a myriad other excuses that the spineless and the misguided always provide for “taking a knee” to the destroyers of worlds. Melanie Phillips
La cause du décès a été répertoriée comme ‘arrêt cardio-pulmonaire compliquant l’immobilisation, la contention et la compression du cou par les forces de l’ordre’. Le rapport énumère ensuite ‘d’autres affections importantes: cardiopathies artérioscléreuses et hypertensives; intoxication au fentanyl; consommation récente de méthamphétamine’. En d’autres termes, George Floyd correspond à la description de ce que la loi appelle une victime à la vulnérabilité latente. Selon la doctrine de la victime à la vulnérabilité latente, un suspect est entièrement responsable des blessures qu’il inflige à une victime, même si celle-ci avait une condition préexistante qui la rendait plus susceptible d’être blessée. Mais pour que cette doctrine s’applique, il faut démontrer que le suspect a agi illégalement lorsqu’il a causé le dommage. C’est là que les choses deviennent troubles et commencent à échapper aux limites du récit. Contrairement à la plupart des gens, les policiers savent que « je n’arrive plus à respirer » est la plainte type de l’interpellé qui résiste. De même, peu de non-policiers savent que les suspects menottés peuvent se débattre et s’échapper, en particulier quand les policiers sont confrontés à des spectateurs hostiles. Les avocats de la défense soutiendront, non sans fondement, que Floyd est mort non pas à cause de l’application de force illégitime, mais plutôt que c’est sa propre résistance à la force légitime, exacerbée par ses conditions médicales documentées et sa consommation de drogue, qui a déclenché une crise cardiaque mortelle. Le fentanyl et les méthamphétamines peuvent provoquer et provoquent souvent des arythmies mortelles, même en l’absence du type d’efforts attribués à Floyd dans la plainte. Oui, il est arrivé un moment où Floyd a cessé de lutter et aurait dû être mis en position assise. Est-ce ce non-respect de ce qui a été pendant des décennies la procédure policière standard qui a causé la mort de Floyd, ou est-ce que ses difficultés n’ont cessé que lorsque la crise cardiaque mortelle s’est produite? Ce sont des questions sur lesquelles les experts médicaux des deux côtés vont témoigner au procès, mais pour les condamnations, les procureurs doivent apporter les preuves propres à établir l’intime conviction que Chauvin était bien la cause immédiate de la mort de Floyd et que ses collègues y ont contribué. Dans toute mon expérience de policier, je n’ai jamais vu comme ici les germes d’un doute raisonnable plantés dans les pages mêmes d’une plainte criminelle. Comme je l’ai écrit à propos de Michael Slager il y a quatre ans, il ne s’agit pas de savoir si Chauvin et ses collègues avaient raison ou tort, mais plutôt leur degré de culpabilité. Le meurtre est une accusation grave qui nécessite des preuves sérieuses. Dans l’état actuel des choses, je ne pense pas que les procureurs disposent de telles preuves. Jack Dunphy
We’ve never seen anything like it, at all. … I don’t even know how to put it into context. It’s beyond anything that we’ve ever seen before. When CPD has to turn its attention elsewhere and there’s suddenly this vacuum that opens up, you also unfortunately see a picture like you saw with [last] weekend where you see an absurd amount of carnage, people getting injured and killed. Max Kapustin (senior research director at the Chicago crime lab)
We didn’t find evidence for anti-Black or anti-Hispanic disparity in police use of force across all shootings, and, if anything, found anti-White disparities when controlling for race-specific crime. Researchers at the University of Maryland and Michigan State University
When I look at cities in which the investigation was preceded by a viral event, homicide goes up considerably. Total crime goes up considerably.” What happens is that police effectively pull back. They don’t stop doing their jobs, but they become less proactive and curb their interactions with civilians. In Chicago, there was a 90% drop in police-civilian contacts immediately after the announcement of an investigation, and “Baltimore literally went to zero” after a probe was announced there. In cities where these contacts fell the most, homicides increased the most. Sadly, the decision to launch departmentwide state and federal inquiries into the deaths of Brown, McDonald and Gray resulted in numerous additional deaths. Mr. Fryer said that because of changes in police behavior following investigations in these and other cities, “my estimates show that we lost a thousand more lives, most of them black as well, because of an increase in homicides. I never would have guessed that if police stopped putting in the effort, that homicides would change like this. You hear some people say ‘Oh, we want to police our own neighborhoods, get out.’ No, you don’t want that. I guess I always knew it was a foolish idea, but I didn’t realize it was this deadly. Roland Fryer (Harvard)
Des hommes et des femmes se font massacrer (par la police) quotidiennement en France, pour nulle autre raison que leur couleur de peau. Camélia Jordana
Le privilège, c’est avoir le choix d’y penser, ou pas. Je ne peux pas oublier que je suis une femme. Mais je peux oublier que je suis blanche. Ça, c’est être blanche. Y penser, ou ne pas y penser, selon l’humeur. Virginie Despentes
Hourra ! Le peuple des États-Unis est en ébullition. Eh ! Vous ! Ceux qui avez trouvé la révolution citoyenne au Soudan trop exotique pour vous concerner, la révolution citoyenne à Beyrouth et à Alger trop arabes, celle du Chili trop latino, celle de Hong-Kong trop asiatique pour vous représenter ! Vous qui ne savez pas qu’il existe des synchronies discrètes mais avérées entre l’Argentine ou le Chili et la France, entre les Caraïbes et l’Île-de-France, entre Dakar et Paris, voyez ! voyez ! L’ère du peuple joue de la grosse caisse à Washington et la révolution citoyenne est dans les rues de New York. La gilet-jaunisation est entrée au cœur de l’Empire. Voici que surgissent des millions de chômeurs, des abandonnés privés de tout accès aux réseaux collectifs sans lesquels la vie est impossible, humiliés à longueur d’année par des flics racistes, manipulés par des politiciens sans conscience. Ils forment désormais un volcan qui vient de faire sa première éruption. Et ce n’est que le début d’une histoire qui va durer. Non, les USA ne sont pas le roc qu’ils donnent à voir. (…) Bon d’accord, je ne retiens pas ce rire moqueur qui me vient. C’est celui d’un « Frenchie surrender », putois notoire et ses French fries. Car c’est ainsi que nous avons été caricaturés aux USA depuis notre refus de participer à leur lamentable deuxième guerre du Golfe. L’état d’esprit anti-français se déchaina alors jusqu’à l’absurde : vider des bouteilles de vin dans les égouts et vouloir rebaptiser les frites, de « French fries » en je ne sais quoi. Oui la rigolade : voir la Maison blanche s’éteindre pour devenir invisible pendant que le président Trump se cache à la cave ! « Salut Trump tu as le bonjour de Cuba, de Venezuela, de Salvador Allende, de Patrice Lumumba, et même du Che » ! Sans oublier Edgard Snowden, Julian Assange et les torturés de Guantanamo, les asphyxiés du waterboarding, le supplice de la baignoire, qui ne serait pas une torture puisque l’actuelle cheffe de la CIA la pratiquait elle-même il y a peu ! À son tour : à la cave ! Le persécuteur des peuples dans le noir ! Ce n’est pas cher payé pour l’instant. Retenez ceci comme un avis d’observateur de longue date : tout ce qui advient aux USA arrive ensuite chez nous dans la décennie qui suit. Parfois plus vite. Qu’il s’agisse des modes, de la politique ou de faits sociaux. Le fin tissu qui nous unit n’est pas seulement économique, militaire ou ce que l’on voudra. Il est continuellement alimenté par les séries télévisées, le cinéma, les matrices narratives, les images de référence. Que cela plaise ou non, qu’on soit d’accord ou pas, il s’agit d’un effet de système profondément ancré. On peut ne pas s’être rendu compte que toutes les social-démocraties européennes répétaient soudainement les mantras clintonistes, ne pas avoir vu Sarkozy répéter en boucle à Rome et à Ryad les absurdités du « choc des civilisations » et ne pas savoir que l’autrice qui écrivait les discours, Emmanuelle Mignon les recopiait directement de Samuel Huntington, ne pas avoir vu le sommet du quai d’Orsay virer néo-conservateur. Mais quand les émeutes urbaines ont éclaté en France, quand on a vu Halloween et Black Friday occuper des millions d’esprits superficiels qui voudraient vivre comme dans une série US ? Non : rien ? Peut-être même qu’il en est encore pour ne pas savoir que Cédric Chouviat est mort d’un geste de policier comme celui commis contre Georges Floyd et que personne n’a été ni suspendu ni inculpé de quoi que ce soit. Et Adama Traoré et… et… Zineb Redouane, vieille dame abattue à sa fenêtre et qui est morte parait-il non de la grenade qu’elle a reçue dans la figure au quatrième étage à Marseille mais d’un arrêt du cœur imprévisible sur la table d’opération !… Peut-être d’autres n’ont-ils pas remarqué que les éborgnements de manifestants ne sont pas des bavures mais un fait désormais universel. Au fond, peu importe. Aucune alerte, aucune mise en garde n’aura jamais rien produit dans notre pays à part des heures de prêchi-prêcha haineux contre toute forme d’opposition et de dénigrement personnalisé contre les fortes têtes pourchassées sans répit les Jérôme Rodriguez, Taha Bouhafs, Drouet, Dufresne, Wamen et ainsi de suite et pour finir avec Camélia Jordana. Je ne sais comment dire combien cela me désole. Car la suite est écrite. Et ceux qui me lisent savent la lire. Aux USA, le fil des révolutions citoyennes est resté net : fermentation politique longue depuis Occupy et les Anonymous, évènement fortuit (la mort de Georges Floyd), union sans parti ni représentant, revendication égalitaire (« la vie des Noirs compte »), mobilisation universaliste, non communautaire pour la première fois depuis longtemps, mot d’ordre polysémique fédérateur (« je ne peux plus respirer »). Oui mais voilà : il s’agit des USA et de la première saison de l’après Covid-19. Elle ouvre la crise sociale monstrueuse qui va déferler. Les USA déjà désemparés, inondés de dollars de planche à billets, sans projet collectif, labourés par les socs contraires du petit peuple social et du petit peuple facho. Les USA paralysés par la gélatine du parti démocrate qui a eu la peau de Sanders pour ce néant qu’est Joe Biden. Les USA où les latinos seront dans une poignée d’années la plus importante minorité devant les afro-américains et les beaux blancs protestants. Les USA où le catholicisme sera bientôt la première religion chrétienne du pays modifiant ainsi la matrice spirituelle d’un pays où la religion est sur chaque billet de banque avec la formule « in God we trust ». Les USA et leur dollar bidon, leur État fédéral bringuebalant. Bref, les USA chancelant vont faire vaciller le monde. Trump voudrait interdire les anti-Fas, pendant que des miliciens d’extrême-droite en armes défilent dans les rues. Ils contrôlent ici ou là et les passants, comme nos identitaires dans le métro de Lyon et dans des bus à Lille pendant que les castors pyromanes pérorent loin de toute réalité « faire barrage ! faire barrage ! ». Les événements nord-américains sont décisifs. Ils nous obligent à faire un point réaliste. Si l’extrême droite « suprémaciste » l’emporte aux USA, ce sera bien autre chose que ce qu’elle a déjà fait en Pologne, Hongrie, Autriche, au Brésil, en Inde ou aux Philippines. Si les nôtres se donnent une expression politique capable d’être majoritaire, tout devient possible dans la civilisation humaine. Ayez grand soin de vous monsieur Bernie Sanders ! L’Histoire ne ferme jamais boutique. Jean-Luc Mélenchon
En réponse aux dérives identitaristes de la gauche américaine, une cinquantaine d’intellectuels essentiellement afro-américains sonnent la révolte. C’est le premier grand coup porté à la gauche racialiste américaine. Depuis les années 1970, ses représentants, universitaires et militants (les deux vont souvent de pair), ne ménagent pas leur peine pour imposer leurs représentations comme grille de lecture exclusive des phénomènes sociaux. Si, depuis lors, leurs idées ont incontestablement progressé, allant jusqu’à irriguer le débat public en France, elles se heurtent aujourd’hui à la résistance d’un projet intellectuel ambitieux. 1776, en référence à la déclaration d’indépendance des États-Unis, est une réponse d’intellectuels essentiellement afro-américains à une initiative commune du New-York Times et de plusieurs historiens noirs, visant à réécrire l’histoire américaine à la lumière de l’esclavage Tout commence au mois d’août 2019, lorsque le quotidien new-yorkais aux opinions très-avancées développe le projet 1619. Dans une édition spéciale de 100 pages, publiée à l’occasion des 400 ans de l’arrivée des esclaves africains en Amérique, le New York Times Magazine propose une relecture de la fondation des États-Unis « telle qu’elle s’est véritablement déroulée » — le ton est donné. Cette vaste entreprise de rééducation idéologique, bouffie de repentance, entend faire de l’arrivée en bateau d’une vingtaine d’esclaves africains à Port Comfort en Virginie (Colonie britannique d’Amérique du Nord, NDLR), « le véritable acte de naissance de l’Amérique ». Dans la classe politique et les cénacles académiques, le projet reçoit un accueil mitigé. De nombreux historiens s’émeuvent d’un détournement voire d’une falsification de l’histoire au nom de l’idéologie raciale. Toutefois, l’influence du Times est telle que ces observations critiques sont remisées à l’arrière-plan. Conçu à l’origine comme un projet médiatique interactif, composé de productions diverses (essais, poésies, photographies, articles…), 1619 se mue en une puissante machine à propagande. Le journal noue ainsi une collaboration avec le très “inclusif” Pulitzer center pour porter ce projet dans les écoles, bibliothèques et musées ; plusieurs centaines de milliers d’exemplaires du magazine et un supplément spécial y ont été distribués gratuitement. Last but no least, l’initiatrice du projet Nikole Hannah-Jones, réalise une tournée nationale de conférences dans les écoles pour expliquer à son jeune public que « le racisme anti-noir se trouve dans l’ADN même de ce pays ». Pendant plusieurs mois, à grand renfort de matraquage publicitaire, 1619 impose son point de vue à la société américaine : l’histoire des États-Unis doit être exclusivement comprise comme une lutte des Blancs pour l’hégémonie et une dévalorisation systémique des noirs. Naturellement, quiconque récuse ce récit mythologique raciste passe pour blasphémateur. Devant la réécriture et la confiscation de l’histoire des États-Unis par des idéologues obnubilés par la question raciale, une cinquantaine d’intellectuels, essentiellement afro-américains, ont décidé de se soulever. En janvier 2020, Robert Woodson, figure chrétienne conservatrice et ancien conseiller de campagne George W. Bush lance le projet 1776 en réponse à 1619. Cette fois, les grands médias ne se pressent pour relayer cette initiative portée en partie par des historiens universitaires. Loin d’eux l’idée de nier le passé esclavagiste des États-Unis, simplement, ils contestent l’idée selon laquelle l’asservissement des noirs constitue l’alpha et l’oméga de l’histoire du pays. Car pour parvenir à une telle conclusion, les promoteurs du projet 1619 ont eu recours à un grand nombre de sophismes et de falsifications. Entre autres contre-vérités, l’on apprend ainsi que, de tout temps, les noirs Américains ont combattu seuls pour leur liberté, que la guerre de Sécession est sans lien avec la libération des esclaves ou encore que le maintien de l’esclavage est le principal moteur de la guerre d’indépendance – cette liste n’est pas exhaustive. Les auteurs du contre-projet 1776 soutiennent a contrario que les inégalités structurelles qui persistent aux États-Unis résultent moins d’un problème de race que d’une logique de classes. Aussi, sont-ils pour le moins hostiles à un mouvement comme Black Lives Matter et les concepts qu’il charrie : appropriation culturelle, privilège blanc, racisme institutionnel, fragilité blanche. Selon eux, cette grille de lecture ethnocentrée est une machine à créer du ressentiment et de la culpabilité, là où la solution se trouve dans la solidarité interraciale. Deux semaines après la mort de George Floyd et les émeutes raciales qui s’en sont ensuivies, la confrontation entre ces deux visions résonne avec une certaine acuité. Au fond, les États-Unis ont désormais le choix entre deux projets de société : le premier, pétri de “bonnes intentions” — donc de racisme compassionnel – considère les afro-américains comme un bloc monolithique d’individus, victimes par essence et mus par les mêmes aspirations. Le second, refuse les assignations identitaires, croit au libre arbitre et défend une vision unitaire de la société. Entre le New York Times et l’universalisme, il faut choisir. Victor-Isaac Anne
Puisque nous en sommes au chapitre de la comptabilité morbide et raciale, la même journaliste révélait le 9 mai qu’en 2018, 2925 noirs étaient tués et que 2600 de leurs meurtriers étaient noirs. Mme Owens précisait également que «les hommes noirs tuaient deux fois plus les blancs que les hommes blancs tuaient des noirs». Puisqu’on doit apparemment sombrer dans ce racialisme permanent et obsessionnel, pourquoi donc les chiffres que je viens de livrer relèveraient-il de l’indicible? Avançons donc plus avant dans ce système pervers et sélectif, et souvenons-nous par exemple de la mort de Tony Timpa. Comme le pauvre George Floyd, il a été étouffé à mort par des flics très rigolards en dépit de ses supplications: «Vous êtes en train de me tuer». Exactement la même abomination. Mais dans ce dernier cas, ni violences, ni pillages. Ni foule médiatique déchaînée. C’est que Tony était blanc. Il faut également évoquer cet anti-trumpisme primaire qui fait que dans les premières heures du chaos, beaucoup ici en France auraient aimé lui faire porter le chapeau. Difficile quand on sait que l’appareil d’État du Minnesota est démocrate et que le mouvement Black Lives Matters est une réaction à la violence policière déplorée sous Obama. Puis-je également, sans offenser le courant médiatique principal, faire observer que les mêmes, il y a quelques jours, taxaient d’extrême-droitistes dangereux ceux qui, en Amérique, au nom de la liberté, refusaient tout confinement? À croire que le virus, malin mais compatissant, respecterait une sainte trêve en permettant les rassemblements en nombre. La même licence aura été accordée aux milliers d’étrangers sans papiers qui ont défilé sans entraves samedi dans les rues de Paris dans un silence médiatique impeccable. Ainsi, en France, lorsque des Français sont massacrés par centaines par le fanatisme ou le racisme, parfois antisémite, de l’islamisme, s’ensuivent des marches blanches forcément «dignes et silencieuses». Point de colères noires avec violences et pillages obligatoires. Je voudrais enfin écrire les lignes qui viennent pour faire réfléchir. Je n’aurais pas la stupidité de vouloir ignorer, au-delà de sa violence, un courant raciste dans la police américaine. Mais à quoi sert une généralisation abusive sauf à déclencher la guerre des races? Ici en France, par un mimétisme stupide, une artiste a évoqué les massacres que la police française commettrait à raison de la couleur de peau. Si on se regarde les choses rationnellement, imagine-t-on la réaction encolérée de certains policiers français qui, pour ne pas être racistes, ne sont pas tous des pianistes distingués? Sartre, dans ses Réflexions sur la question juive, a écrit des lignes pénétrantes sur la propension de l’être injustement caricaturé à vouloir parfois ressembler à sa caricature. Le racialisme pervers gagne chaque jour un peu plus, par mimétisme, la société française. Montre-moi de quelle couleur de peau tu es, et je te dirai si je te hais. La différence raciale devient obsessionnelle. Et le racisme, très équitablement partagé sur la planète, serait pourtant la propriété monopolistique du blanc. Déjà, sur la radio d’État, la racialisation devient un outil d’investigation journalistique. C’est ainsi que le 27 mai, le rédacteur en chef numérique de France Inter écrivait tranquillement: «Nous avons demandé à neuf personnes racisées de réagir aux propos de Camélia Jordana». Et à la suite, les photos et réactions de neuf personnes noires ou maghrébines. Je voudrais, pour conclure, écrire que je ne me fais aucune illusion sur la portée d’un raisonnement qui s’adresse à la raison. Le racialisme sélectif s’adresse aux bas instincts alimentés par cette rage idéologique que suit la foule médiatique déchaînée avec un plaisir hystérique. La race est de retour, via l’antiracisme sélectif gauchisant qui est au XXIe siècle ce que le racisme droitisant était au XIXe siècle. La guerre des races est avancée. Gilles-William Goldnadel
L’émotion doit inspirer la réflexion, mais elle ne peut pas dispenser de la connaissance. Car il y a les chiffres: selon la base de données du Washington Post, deux fois plus de Blancs (2416) que de Noirs (1263) ont été tués par la police depuis le 1er janvier 2015. Certes, comme le souligne très justement le journal Libération, le rapport s’inverse totalement en proportion de la population: les Noirs représentent 13 % de la population américaine, et les Blancs 76 %. Mais dans ce pays où les policiers ont la gâchette d’autant plus facile que les armes sont partout, on ne saurait parler d’un «racisme systémique» ou structurel des forces de l’ordre. Il y a aussi l’histoire: la guerre de Sécession, le mouvement des droits civiques qui a aboli la ségrégation, l’Affirmative Action dans les universités pour asseoir dans les faits l’égalité formelle des droits, l’apologie des minorités par le politiquement correct, les deux mandats à la Maison-Blanche de Barack Obama. Il y a enfin ces autres images: le maire afro-américain de Houston annonçant les obsèques dans sa ville de George Floyd ou encore la maire afro-américaine d’Atlanta apostrophant avec véhémence les émeutiers qui discréditaient la protestation par le pillage des magasins de vêtements ou de matériel informatique. Des élus noirs dirigent aujourd’hui deux anciens bastions du ségrégationnisme. Les suprémacistes ont bien perçu ce grand basculement: s’ils sortent aujourd’hui du bois, s’ils hurlent «You will not replace us!», c’est qu’ils craignent de voir l’Amérique leur échapper et de devenir tôt ou tard minoritaires. (…) Saisis d’une véritable frénésie mimétique, des manifestants, à Paris et dans la plupart des villes françaises, brandissent les mêmes pancartes qu’en Amérique: «I can’t breathe», «No Justice, no Peace», «Black Lives Matter». Il y a certes des racistes dans la police et ils doivent être sévèrement sanctionnés, car, forts du pouvoir que leur confère l’uniforme, ils ne se privent pas de harceler et de nuire. Sur ce point, le ministre de l’Intérieur a raison: on ne saurait tolérer l’intolérable. Mais il faut être d’une insigne mauvaise foi pour en conclure que la police dans notre pays exerce une terreur raciste sur les populations issues de l’immigration africaine ou maghrébine. La réalité, en effet, est tout autre. Dans les quartiers dits populaires, ce sont les policiers qui ont peur: ils sont attirés, comme les pompiers dans des guets-apens, victimes de tirs de mortiers, attaqués à coups de barres de fer, de jets de pierre du haut des toits, ou de plaques d’égouts du haut des passerelles. Lorsque en 2007, à Villiers-le-Bel, des «jeunes» ont tiré sur eux à balles réelles, ils n’ont pas riposté. Résultat: des dizaines de blessés parmi les policiers, aucun parmi les manifestants. Hantée par les émeutes de 2005 qui ont embrasé le pays, leur hiérarchie demande aux hommes de terrain de tout faire pour éviter l’accident ou la bavure: tout faire, c’est-à-dire ne rien faire contre les rodéos urbains ou les matchs de foot sauvages dans les dernières semaines du confinement. Ce qui caractérise notre temps, ce n’est pas l’omniprésence et l’omnipotence de l’État policier, c’est la faiblesse et la démission de l’État dans ce qu’on n’appelle pas pour rien les territoires perdus de la République. Et puis enfin, si racisme institutionnel il y avait, les manifestants crieraient-ils «policiers assassins!» au nez et à la barbe des forces de l’ordre? Si l’État était autoritaire, ou simplement s’il faisait respecter ses lois, des clandestins défileraient-ils dans Paris sans craindre d’être mis en garde à vue, ni a fortiori renvoyés manu militari dans leur pays d’origine? S’ils ne jouissaient pas d’une totale impunité, des rappeurs raconteraient-ils comment Brigitte, femme de flic, se fait gaiement «éclaté la teush» par «tous les jeunes de la cité» ? L’aptitude des êtres humains à se raconter des histoires et à se croire autres qu’ils ne sont, est sans limite. Sous l’effet d’un meurtre atroce commis à Minneapolis, Minnesota, on interviewe avec déférence le membre du groupe La Rumeur qui évoquait, en 2002 «les centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété», et on en vient à prendre pour argent comptant la déclaration éhontée de la chanteuse Camélia Jordana: «Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie. Je ne parle pas des manifestants, mais des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau.» Des violences policières ont certes émaillé l’année 2019, en réponse à la violence extrême de certains manifestants. Mais qui visaient-elles? Qui ont-elles mutilé ou éborgné? Des «gilets jaunes», c’est-à-dire des Français d’origine française, gentiment désignés sous le nom de «souchiens» par la porte-parole des Indigènes de la République. À l’image de ce qui se passe à Yale, à Columbia ou à Berkeley, la civilisation occidentale est désormais sur la sellette dans la plupart des universités du Vieux Continent. Les Dead White European Males sont pointés du doigt. D’eux et de leur culture vient tout le mal qui s’est répandu sur la terre: l’esclavage, le colonialisme, le sexisme et la LGBTphobie. Étudier cette culture, c’est désormais la mettre en accusation, la déconstruire, ruiner son prestige, pour permettre aux minorités de retrouver leur fierté et à la diversité culturelle de s’épanouir sans entraves. D’où l’écho rencontré par la mort de George Floyd, à Paris, aussi bien qu’à Stockholm ou à Montréal. Les nouvelles générations ont cru reconnaître dans le flegme féroce de l’assassin le visage de l’Occident qu’ils avaient appris à honnir. Mathieu Bock-Côté rappelle dans son dernier livre, que des étudiants du King’s College de Londres, ayant dénoncé «la collection d’hommes blancs de plus de 50 ans portant la barbe» qui formait le grand statuaire à la porte de l’établissement, celui-ci a été remplacé par «un statuaire conforme à l’idéologie diversitaire». Et dans un article de David Haziza, j’apprends que les élèves les plus avancés de Columbia proclamaient tout récemment qu’il fallait en finir avec un programme d’enseignement dont la blanchité, à les en croire, expliquait la persistance des meurtres racistes. Combattre l’hégémonie occidentale à l’intérieur même de l’Occident: tel est, par-delà la révolte contre les violences policières, l’objectif que s’assigne le nouvel antiracisme. (…) L’antiracisme n’est plus, hélas, la défense de l’égale dignité des personnes, mais une idéologie, une vision du monde. Dans cette vision, les traites négrières non occidentales n’ont pas leur place, ni l’antisémitisme arabo-musulman, ni celui d’une partie de la communauté noire américaine, ni les manifestations de Chinois et de Vietnamiens de Paris contre des insultes et des agressions où les Blancs n’avaient aucune part. Le raciste devient celui qui voit ce qu’il voit au lieu de fermer les yeux sur le scandale de l’impensable. Entre la réalité et le système idéologique, on a intérêt, pour ne pas être frappé d’infamie, à choisir le système. L’antiracisme s’est donc transformé de fond en comble et l’hospitalité a changé de sens: à l’heure de la grande migration, il ne s’agit plus d’accueillir les nouveaux venus en les intégrant dans la civilisation européenne, il s’agit d’exposer les tares de cette civilisation pour rendre justice à ceux qu’elle a si longtemps traités par le mépris et exploités sans vergogne. (…) La mauvaise conscience bourgeoise a conduit un grand nombre d’intellectuels à se ranger dans le camp de la classe ouvrière. Ils expiaient ainsi leurs privilèges et trouvaient une rédemption dans le combat pour l’égalité. Dans la gauche radicale d’aujourd’hui, la honte d’être blanc a supplanté la mauvaise conscience bourgeoise mais ce privilège-là colle à la peau. La honte est donc inexpiable. Pour elle, il n’y a pas de rédemption. Et ceux qu’elle affecte mettent un point d’honneur à rester confinés à la date où leur université célèbre la disparition des Blancs de l’espace public en organisant pour eux, ou plutôt contre eux, une «journée d’absence». Le soupçon de condescendance entachant toutes leurs paroles et toutes leurs actions, ils n’ont d’autres issues que de se taire, de s’effacer, ou de réciter indéfiniment le catéchisme qui les condamne. Cet autoracisme est la pathologie la plus consternante et la plus grotesque de notre époque. (…) On parle beaucoup, depuis le début de la pandémie, du monde d’avant et du monde d’après. Mais on oublie, en annonçant cette grande césure, que le monde d’avant était déjà très engagé dans la liquidation culturelle du vieux monde. À la sortie du confinement, le processus se poursuit, et même s’accélère. Alain Finkielkraut
Que font des Blancs qui s’agenouillent devant des Noirs pour leur demander pardon ? Ils se reprochent d’avoir jusque-là bénéficié, à leur insu, de droits qui étaient refusés à leurs frères de couleur. Or, ces « droits », s’il existent, ne sont pas légaux. La ségrégation est révolue depuis longtemps aux Etats-Unis. Les « droits » dont ils parlent sont des usages, des moeurs, des pratiques et toutes les manies d’une société dont les couleurs se sont toujours vécues comme séparables. Il y a peut-être tout à changer dans la société américaine, mais il n’y a rien à abolir ici. L’ennemi n’est pas une loi. L’ennemi est une attitude. Et contrairement à une loi injuste qu’on peut abroger, une attitude est indéfiniment renouvelable. Il y aura toujours des Blancs racistes et des flics violents. De sorte que le sentiment d’un « racisme systémique » trouvera toujours, dans une sortie déplorable ou dans un crime abject, une raison d’être et de s’enflammer. Pour le dire autrement : la faute dont les « Blancs » croient endosser le fardeau est très exactement insoluble. Elle ne se dissout pas dans un changement qu’on pourrait identifier et qui permettrait de passer à autre chose. Au Blanc qu’on accuse (ou qui s’accuse) en tant que blanc d’être le complice de l’oppression systémique des noirs, aucune rédemption n’est promise. La plainte est infinie. (…) Que font des Noirs qui reçoivent, debout, les supplications et les macérations de leurs frères blancs ? Et qui accordent leur pardon à des gens dont le crime n’est pas d’être coupables mais d’être blancs ? Ils accréditent l’idée que leur couleur est une faute. (…) Le but d’un tel pardon n’est pas le pardon. Le but d’un tel « pardon » est d’étendre la culpabilité à l’infini, d’ancrer l’idée que la couleur des autres est une faute universelle (pour le dire comme l’impitoyable loup de La Fontaine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. – Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens… ») et d’ajouter à la misère du pénitent la splendeur de leur propre clémence. Qui dit « je te pardonne » au type qui n’est pas coupable ne pardonne rien du tout, mais fabrique de toutes pièces une culpabilité infinie dont lui seul, par la grâce du pardon qu’il adore accorder, se trouve créditeur. (…) Dans ce combat déguisé en déclaration d’amour, les pénitents blancs n’ont pas dit leur dernier mot. Car de même qu’on écrase celui qu’on pardonne, on continue de traiter en enfant celui dont on implore le pardon. Que laissent-ils entendre, ces gentils blancs, en se sentant eux-mêmes coupables des crimes d’un autre blanc ? Qu’ils sont encore, en tant que blancs, responsables des malheurs de la communauté noire, qu’en somme ils sont de mauvais maîtres dont les anciennes victimes ont raison de se sentir irresponsables. Sous la génuflexion des Blancs, c’est la condescendance qui s’exprime. Sous cette pénitence monocolore, c’est encore le paternalisme qui parle. Bref, sous le spectacle merveilleux de gens qui se promettent de s’aimer, sous la contrition des repentants qui reçoivent l’absolution des mains de leurs victimes présumées, on assiste en vérité à la continuation de la guerre, sous d’autres formes, entre des communautés qui se prennent pour des identités. Toutes les conditions de la haine sont réunies dans cette image irénique. Tous les éléments du problème se trouvent à vif dans ce moment qui se vit comme une solution. En tout cas, on est bien loin de Martin Luther King, de sa génuflexion libératrice et, surtout, de « l’armée bi-raciale » qu’il appelle de ses voeux… (…) Le problème en France vient du fait qu’il existe objectivement des discriminations (sociales, morales et ethniques) à l’embauche, à la location ou à l’entrée des boîtes de nuit, mais que, comme par ailleurs, en République, sur le papier, « l’identité » sexuelle, religieuse ou ethnique n’est pas une sorte de handicap qui ouvre l’accès à des droits spécifiques, les gens qui sont victimes de discrimination ont l’impression – et en un sens à juste titre – que l’Etat les abandonne à leur sort. Et ils demandent à la loi de corriger ce qu’elle corrige déjà (mais qu’elle peine à rectifier en profondeur) en faisant du racisme un délit. En somme, ils demandent à la loi d’aller plus loin que l’affirmation abstraite de l’égalité entre tous les citoyens, pour s’en prendre à nos consciences de blancs et en extirper le racisme à la racine. Seulement, pour ce faire, pour qu’ils aient le sentiment que la loi s’attaque au « racisme systémique » en tuant nos « moeurs coloniales », il faudrait supprimer la présomption d’innocence, il faudrait systématiquement condamner pour racisme toute personne refusant un logement ou un emploi à une personne de couleur, imposer une parité sur fond de mélanine, et nantir légalement certains Français de privilèges qu’on refuserait aux autres. Bref, nous cesserions collectivement, et légalement, d’être libres et égaux. Comme tous les extrémismes dopés aux bons sentiments, ces adeptes croient démocratiser notre démocratie en la présentant comme un « Etat totalitaire et esclavagiste », alors qu’en demandant à la loi de corriger des consciences ou de réprimer des réflexes, c’est très exactement une dictature qu’ils appellent de leurs voeux. Si la « communauté juive », par exemple, avait raisonné comme les manifestants du 2 juin, elle aurait vu dans les assassinats de Mireille Knoll, d’Ilan Halimi ou de Sarah Halimi l’expression d’un « antisémitisme systémique », et dans les atermoiements du Parquet la preuve qu’il n’y a aucune différence entre le régime de Vichy et la République. Or si, comme la négrophobie, l’antisémitisme est viscéral et éternel en France, il n’est pas douteux qu’il vaut mieux y être Juif (ou Noir) en 2020 qu’en 1940. Et que, si combat il y a, c’est un combat judiciaire et juridique qu’il faut mener. En France, l’antisémitisme est virulent, mais un policier juif n’est pas vu pour autant par d’autres Juifs comme un « vendu » qui travaille avec « l’Etat antisémite ». (…) Au début de son sketch sur le « CRS arabe », mimant un poivrot franchouillard, Coluche fait valoir qu’ « un bougnoule, c’est toujours un bougnoule, même en CRS ». Quelle différence avec les manifestants qui disent « Un flic, c’est toujours un flic, même noir » ? Comme, sous prétexte de « convergence des luttes », la guerre des races a remplacé, à gauche, la guerre des classes, la police qui a longtemps été présentée comme le bras armé d’un « Etat bourgeois » est devenue, aux yeux des mêmes et de leurs successeurs, le bras armé d’un « Etat raciste ». Un tel dogme a besoin d’un sophisme. Le sophisme est : il y a des crimes racistes dans la police française (ce qui est incontestable), donc LA police française est « systémiquement » raciste (ce qu’une grande majorité d’interpellations démentent). Un tel raisonnement n’est pas un raisonnement, mais l’érection illégitime de cas particuliers en une vérité générale et a priori qui ne voit dans les contre-exemples aucune objection mais qui, en revanche, à chaque drame, s’exclame « je vous l’avais bien dit ! » En cela, il est symptomatique que le comité « Justice et vérité pour Adama » reprenne le nom du « Comité pour la vérité et la justice » crée par les maoïstes François Ewald et Serge July au moment de l’affaire de Bruay-en-Artois. Le but d’Ewald et July, à l’époque, était d’appeler au lynchage, et d’ancrer dans les consciences, à coup de témoignages de procès d’intention (« Il n’y a qu’un bourgeois pour faire ça ») et grâce aux sales méthodes du juge Pascal (qui, opposé au secret de l’instruction, diffusait les photos de l’arrestation du coupable présumé), le sentiment que le notaire Pierre Leroy était « par définition » le meurtrier de Brigitte Dewevre. Or, quel est le but du nouveau comité « vérité et justice » ? D’ancrer dans les consciences, à coup de manifestations aux slogans abstraits (« Pas de justice, pas de paix ! ») le sentiment que la police française est raciste et meurtrière. Chaque fois qu’un comité mélange les termes de « justice » et de « vérité », c’est que la vérité lui déplaît, et qu’il appelle « justice » l’autre vérité, la vérité qu’il exige, que cette « vérité » soit vraie ou non. Reste qu’au-delà de sa sottise, le geste de traiter de collabo un flic noir est, de la part des manifestants, parfaitement contradictoire. Comment peuvent-ils déplorer la sous-représentation des Noirs dans les médias ou dans la fonction publique, tout en tenant un policier noir pour un vendu ou un « bounty » (noir dehors, blanc dedans) ? Là encore, le problème qu’ils posent est insoluble ! Comme une houle qui ne croise aucun récif, une telle plainte – qui laisse le choix entre le sentiment de ne pas être représenté et l’exclusion de ceux dont la carrière invalide ce sentiment – s’est arrangée pour ne rencontrer aucun obstacle sur le chemin de sa colère, et pour balayer comme autant d’apparences trompeuses et de trahisons discrètes l’ensemble des objections qu’elle reçoit. On peut le comprendre : le problème des manifestants n’est pas que la France soit raciste. Leur problème est qu’elle ne l’est pas suffisamment. Et que, loin d’être l’avant-garde d’un monde meilleur, ils sont les fossoyeurs d’une démocratie qui n’a rien contre eux. On a tort, en cela, de qualifier de « débordements » les incidents qui ont émaillé ce rassemblement car, sans être planifiée bien sûr, la violence est inscrite dans l’esprit-même d’un telle manifestation. Pour une raison simple : celui qui manifeste contre un (imaginaire) « Etat raciste » ne vit pas sa propre violence comme un crime mais comme un geste libérateur. En réalité, plus que libératrice, la violence est créatrice. Comme le pardon du Noir au Blanc a aussi pour but de fabriquer l’éternelle culpabilité de ce dernier, la violence du manifestant ne sert qu’à témoigner de la violence qu’il a subie. Plus on casse des vitres, plus cela signifie qu’on est la victime d’un Etat raciste. Comme dit Virginie Despentes dans sa « Lettre à ses amis blancs » : « Comme si la violence ce n’était pas ce qui s’est passé le 19 juillet 2016. Comme si la violence ce n’était pas les frères de Assa Traoré emprisonnés… » C’est l’un des paradoxes, et pas le moindre, de l’hyper-démocratie victimaire où chacun voit ce qu’il veut : la violence réelle est masquée par la violence dont elle se prétend la conséquence… Pour le dire simplement : si je vous agresse, ça veut dire que VOUS êtes coupables et que JE suis victime, et que, pour cette raison, vous devez me comprendre avant de me juger, sous peine d’être un fasciste ! C’est parfait. (…) Madame Jordana a tout à tort, à mon avis, d’en faire une loi, et d’ériger de rares tragédies en considérations générales sur l’âme du flic Français. Le problème n’est pas ce qu’elle dit, mais la valeur de vérité absolue qu’elle donne à ce qui (en ce qui la concerne) n’est même pas un témoignage. Car ce faisant, tout comme les blancs pénitents ou les manifestants du 2 juin, elle raisonne à l’envers : son diagnostic n’est pas un diagnostic mais une vérité a priori qui, pour cette raison, se donne comme infalsifiable. Comment voulez-vous contredire un sentiment ? Comment voulez-vous dire qu’elle a tort à une personne qui prend son impression pour la règle ? Un sentiment qui se prend pour une vérité dégénère inévitablement en dogme. Et un dogme est immunisé contre les objections. En particulier un dogme bien-pensant qui, pour devancer les coups, présente toute objection comme une abjection : si vous dites que Camelia Jordana a tort, c’est que vous fermez les yeux sur la violence que vous ne subissez pas. Bing. Que répondre à ça ? Camelia Jordana s’est proposée de débattre avec le ministre de l’Intérieur en personne, mais elle n’a pas ouvert le débat, elle a tué le débat en le réduisant à la défense (ou l’attaque) d’une opinion péremptoire ! Si, dans les échanges qui ont suivi ce qu’elle a dit, chacun est resté fermement campé sur son catéchisme et, loin de dialoguer, les antipodes n’ont fait qu’affirmer leur détestation mutuelle, c’est que les conditions du débat étaient absentes du débat. Débattre, ce n’est pas présenter ce qu’on croit comme une vérité absolue, pour mettre les autres, ensuite, au défi de nous donner tort. Débattre, c’est douter de ce qu’on croit au point d’écouter un autre discours que le sien. Peine perdue. (…) Si Virginie Despentes se promène dans les rues de Dakar, Bamako ou Kingston, elle aura plus de mal à oublier qu’elle est blanche. Est-ce à dire que le Sénégal, le Mali ou la Jamaïque sont racistes ? Et que les Noirs y sont privilégiés ? Il y a d’autres choses, plus intéressantes, dans sa lettre. D’abord, cette phrase en apparence absurde : « En France nous ne sommes pas racistes mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. » Les gens qui lui ont répondu en dressant la liste de tous ceux, de Gaston Monerville à Sibeth N’Diaye, dont le parcours contredit Virginie Despentes, commettent deux erreurs. La première est de rentrer dans son jeu, et de compter les noirs ministres (comme on compte les noirs à la télé, ou à la cérémonie des Césars), autrement dit : de transformer la couleur en critère d’évaluation. L’autre erreur est de la prendre au sérieux. Virginie Despentes n’est pas née demain. Elle sait très bien qu’il y a eu et qu’il y a des ministres « noirs » dans un pays où la couleur n’est pas une compétence. Seulement, elle ne les « voit » pas. La couleur de leur peau est masquée par leur costume républicain. Pour le dire simplement : puisqu’être noir empêche d’être ministre dans notre « France raciste », alors en devenant ministre, un noir cesse d’être noir. Comme le jour et la nuit, la fonction de ministre et la noirceur de la peau s’excluent aux yeux de la manichéo-daltonienne. On ne peut pas être l’un et l’autre. En cela, Virginie Despentes est bien fondée à dire qu’elle n’a « jamais vu » de ministre noir. Son erreur n’est pas de dire ce qu’elle sent, mais, comme Camelia Jordana, d’ériger sa propre cécité en perception universelle. (…) ce serait drôle si ce n’était désolant pour Madame El Moaddem, que BFM a traitée comme une vieille chaussette. Mais à toute chose, malheur est bon : une telle mésaventure est aussi l’occasion donnée, pour l’intéressée, de comprendre qu’elle est exactement la victime de la logique identitaire qui lui fait dire, ordinairement, qu’on devrait inviter les « concernés » sur les plateaux de télé, qu’on est mal placé pour parler des problèmes qu’on ne rencontre pas, et qu’en somme, la couleur des gens est en elle-même une compétence. A ce compte-là, dans un monde où la couleur (appelée « identité ») est une garantie de l’opinion, il est normal qu’on désinvite Nassira El Moaddem au profit de Maboula Soumahoro, qui (aux yeux de certains) est une meilleure interprète dans le même rôle. Madame El Moaddem s’indigne qu’on lui dise que sa présence en plateau eût fait « doublon ». Elle a raison. C’est scandaleux. D’autant qu’elle avait certainement d’autres choses à dire que Madame Soumahoro. Mais quand on invite les gens à raison de leur allure et non de leur compétence, on se moque de ce qu’ils ont à dire, et des nuances éventuelles. « Noire, arabe, on s’en fout, tant que ça fait concerné » se dit-on dans les rédacs attentives à draguer une clientèle identitaire… Bref, c’est l’arroseuse arrosée. Madame El Moadden, qui a souvent été la victime du racisme, est pour la première fois peut-être, victime du racialisme. J’avoue ne pas voir la différence entre les deux, mais c’est probablement que je ne suis pas concerné. « Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi, des Noirs ? disait Gary dans Chien Blanc. Ce sont des hommes comme les autres. Je ne suis pas raciste. » Si les journalistes avaient lu cette phrase, peut-être se seraient-ils mieux conduits ? Raphaël Enthoven
Nous avons tendance à imaginer, contre toute évidence, que la socialisation peut tous nous débarrasser de l’intolérance et nous apprendre un plus grand respect de la différence, si seulement nous avions la volonté, les ressources et la possibilité de fournir les bonnes expériences. (…) Selon cette compréhension de la réalité, les différents peuvent rester aussi différents qu’ils le souhaitent et les intolérants finiront tolérants par les vertus de l’éducation. Mais tous les indicateurs montrent que l’exposition à la différence, les discours sur la différence et le fait d’applaudir la différence – autant de marques de fabrique de la démocratie libérale – sont les meilleurs moyens d’exaspérer ceux qui sont foncièrement intolérants et de garantir l’expression accrue de leurs prédispositions dans des attitudes et des comportements manifestement intolérants. (…) Paradoxalement, il semblerait donc que le meilleur moyen de juguler l’intolérance envers la différence soit d’exhiber nos ressemblances, d’en discuter, de les applaudir. (…) Au bout du compte, rien n’inspire plus la tolérance chez l’intolérant qu’une abondance de croyances, de pratiques, de rituels, d’institutions et de processus communs et fédérateurs. (…) En définitive, rien n’inspire une plus grande tolérance de la part des intolérants qu’une abondance de croyances, pratiques, rituels, institutions et processus communs et unificateurs. Et malheureusement, rien n’est plus sûr de susciter une expression accrue de leurs prédispositions latentes que ‘l’éducation multiculturelle’, les politiques bilingues et la non-assimilation. En fin de compte, notre célébration criante et notre insistance absolue sur l’autonomie individuelle et la diversité sans contrainte poussent ceux qui sont par nature les moins équipés à vivre confortablement dans une démocratie libérale non pas aux limites de leur tolérance, mais à leurs extrêmes intolérants. Karen Stenner
Si vous avez des tirs de policiers qui deviennent viraux en ligne, mais qui ne sont pas suivis d’enquête (…), rien ne change – les niveaux d’activité policière et de criminalité sont à peu près les mêmes. Mais si vous avez des tirs de policiers qui deviennent viraux et qui font l’objet d’une enquête, les activités de la police chutent et la criminalité augmente de façon spectaculaire. Roland Fryer (Harvard)
Trump est le seul à attirer l’attention sur cette violence qui touche majoritairement les Noirs. Cela dit, il surestime le rôle du gouvernement fédéral dans la lutte contre le crime. La police est avant tout une affaire locale. (…) 26% des personnes tuées par la police aux Etats-Unis sont des Afro-Américains, alors qu’ils ne représentent que 13% de la population. Doit-on en déduire que les flics sont racistes? Non. Simplement, ils interviennent avant tout dans les quartiers en proie à la criminalité. Or c’est là que résident les minorités. D’où un risque accru de confrontation avec la population noire ou latino. A Chicago, les Afro-Américains représentent un tiers de la population, mais sont responsables de 75% des fusillades. Ce n’est pas un jugement, juste une statistique. (…) Depuis qu’un jeune Noir a été abattu par la police à Ferguson, en 2014, l’association Black Lives Matter « vend » l’idée que les policiers sont intrinsèquement racistes. Le débat est pollué par le tabou sur la criminalité noire. Alors sommes-nous autorisés à parler des victimes?  Les Blacks sont six fois plus souvent victimes d’homicides que les Blancs et les Latinos. En 2016, 20 enfants noirs ont été blessés ou tués à Chicago. S’ils avaient été blancs, le scandale aurait été énorme. Mais comme ce sont des Noirs tués par des Noirs, tout le monde s’en fiche… Heather Mac Donald
Les Blancs et Hispaniques représentent par exemple 58,9% des personnes arrêtées pour «crime grave». Les mêmes couleurs de peau constituent 56,7% des personnes tuées par la police, selon les données du portail statistique Statista, compilant quatre années jusqu’à juin 2020*. Les pourcentages sont proches, tendant à indiquer que les drames lors d’arrestations ne concernent pas spécifiquement les personnes de ces deux ethnies. Les Afro-Américains constituent quant à eux 37,5% des prévenus pour crime grave, et 22,1% des personnes que la police a tuées en voulant procéder à leur arrestation. Le pourcentage de victimes de police est donc plus faible chez les Afro-Américains, par rapport à leur proportion lors des arrestations. Bien sûr, les tirs létaux par les forces de l’ordre recouvrent des situations très différentes (bavures, individus armés ou non, etc.). Nul ne saurait déduire, à l’aune de ces pourcentages, à l’innocence ou la culpabilité présumée d’un policier tueur. Mais si l’on s’en tient aux chiffres de la criminalité et des arrestations, il semble difficile de conclure à un quelconque racisme systémique de la part des forces de l’ordre américaines. (…) la spécialiste Heather MacDonald (…) prend appui sur une analyse judiciaire des données de la police de Philadelphie, ayant établi en 2015 que les policiers blancs étaient moins susceptibles de tirer sur des suspects noirs non-armés que leurs collègues noirs et hispaniques. D’autres études vont en ce sens, comme celle de l’économiste d’Harvard Roland G. Fryer qui concluait en 2016 (puis à nouveau en 2018) à l’absence de preuves d’une «discrimination raciale lors des tirs de police». Pour Heather MacDonald, «toutes les analyses contraires oublient de prendre en compte les taux de crime et le comportement des civils, avant et pendant les interactions avec la police. Luc Lenoir
90% des meurtres de Noirs sont commis par d’autres Noirs, là est le vrai drame! A la violence extrême des délinquants répond celle des policiers, brutaux envers tout le monde sans distinction. C’est la violence globale de ce pays qui est à prendre en compte : n’importe quel retraité de 75 ans peut sortir une arme lors d’un contrôle! Ecoutez le Drill, la musique des gangs juvéniles ethniques des États-Unis. Ce sont des appels au meurtre par des rappeurs rendus fous par un usage massif d’alcool et de Concentrate (marijuana ultra-puissante). Tels sont les angelots qu’affrontent au quotidien les polices des métropoles américaines. Xavier Raufer
La vie de la population noire des États-Unis n’a jamais été facile et ne l’est pas plus aujourd’hui. (…) Mais aux difficultés qu’éprouve cette population, se surajoute l’attitude de la gauche académique et médiatique qui, par pur moralisme, ne s’indigne que des seuls homicides de Noirs commis par la police américaine ou par des Blancs ; considérant donc – absurdement – que les non-Noirs du pays constituent un meurtrier et tout-puissant Ku-Klux-Klan, voué à exterminer les Afro-Américains. Récemment encore, L’Express souligne ainsi que 1,5% des Noirs américains de 20 à 24 ans meurent sous les tirs de la police – fait consternant – mais tait que, constamment et de longue date, ± 90% des Noirs américains sont assassinés par d’autres Noirs. Sans doute y-a-t-il des raisons à cela, mais l’énormité même du pourcentage devrait pousser les commentateurs à exposer cet essentiel fait brut. Or la théorie du”privilège blanc” tient justement à cela : pour qu’elle soit vraie, il faut et il suffit que TOUTE la police et TOUTE la justice des États-Unis soient implicitement ou ouvertement racistes, agissant et jugeant à 100% contre les Noirs. Soulignons ici que cette idéologie du”privilège blanc” n’est pas celle de la population noire en général ; certes, soucieuse de ne pas servir de cible à tout propos, elle est sinon (sous l’influence de ses puissantes Églises) plutôt conservatrice et répressive en matière de sécurité et de justice, maints sondages le montrent. Le « privilège blanc » est plutôt l’apanage de jeunes gens riches, blancs mais torturés de haine de soi et de ludions médiatiques de toutes couleurs. Avant d’examiner les faits et données disponibles, rappelons aussi que depuis une décennie, toute la société américaine, justice et polices incluses, subit l’étouffant tsunami du « politiquement correct »… diversité… inclusif… etc.; tout fait ethnique y éprouvant le sourcilleux contrôle (sans doute bénéfique, vu le passé du pays) de Black Lives Matter et cent groupes analogues; quand cependant, les statistiques ethniques-raciales y restent permises. (…) à l’échelle des États-Unis entiers, de méticuleuses recherches des analystes du ministère fédéral de la Justice et du FBI sur la période 1976-2005, établissent le fait terrible que dans plus de 90% des cas, l’assassin d’un Noir est un autre Noir; et que les jeunes hommes afro-américains ont 20 fois plus de morts que leur proportion dans la pyramide américaine des âges et des ethnies. Et si les choses ont évolué depuis 2005, c’est plutôt en pire. Imaginons que les injonctions médiatico-académiques soient à 100% suivies d’effet et qu’on en finisse, par la prévention ou la répression, avec les meurtres commis par des policiers ou des Blancs racistes: sur cent homicides de Noirs, on en supprimerait 8 ou 9; sinon, la tuerie continuerait comme avant. Est-ce un objectif décent ? Ou faut-il, sur la base de faits réels, traiter ce drame dans sa profondeur humaine ? Xavier Raufer

Après l’hystérie collective du coronavirus, le psychodrame du racisme systémique !

Au lendemain d’un confinement aveugle qui a vu, sans compter les dommages économiques et sociaux, des sommets d’hystérie et de psychose collective

Comment ne pas voir …

Suite à l’interpellation ayant mal tourné (pour des raisons personnelles et donc non « systémiques »), d’un ancien délinquant multirécidiviste ayant tenté de faire passer un faux billet et ayant résisté à son arrestation …

Mais peut-être fragilisé, cas typique des « victimes à vulnérabilités latentes » comme en France Mohamed Gabsi avant lui, par ses problèmes de circulation et les drogues ingérées

Sous prétexte qu’il était noir et que le principal policier était blanc alors que ce dernier était accompagné d’un autre blanc mais aussi d’un noir et d’un asiatique

La nouvelle hystérie collective qui revient entre déboulonnages de statues, autodafés matériels et culturels et appels au démantèlement de la police mais aussi meurtres

Avec cette nouvelle génération, leaders religieux « progressistes » compris, de génuflexants et flagellants qui avec son lot d’antisémitisme comme au Moyen-Age …

Après la France et maintenant l‘Espagne, suit périodiquement les épidémies …

Et qui, contre l’évidence des faits mais année électorale oblige, n’a plus que le mot racisme à la bouche …

Alors qu’étude après étude, l’on sait qu’il n’y a pas de discrimination raciale lors des tirs de police et même que les policiers blancs sont moins susceptibles de tirer sur des suspects noirs non-armés que leurs collègues noirs ou hispaniques …

Et que, loin de faire diminuer la violence, la diabolisation de la police qui suit les quelques cas d’usage disproportionné de la force par celle-ci la fait augmenter en poussant lesdits policiers au retrait dans les zones où elles sont le plus nécessaires …

Sans compter, comme l’a montré la psychologue Karen Stenner …

Que loin de mettre un terme à l’intolérance …

Les célébrations de la différence et de la diversité comme ‘l’éducation multiculturelle’, les politiques bilingues ou la non-assimilation ne font que l’exaspérer …

Alors que comme l’avait montré le pasteur Martin Luther King avant de se fourvoyer dans le pacifisme radical

Oubliant qu’au Vietnam comme au Japon, les races de couleur ont elles aussi leur volonté de puissance …

Ce sont nos ressemblances et l’ensemble des croyances, pratiques, rituels et institutions que nous avons en commun …

Qu’il faudrait, au lieu de les fouler au pied comme nos enfants gâtés à la Kaepernick avec le drapeau national, les mettre en avant … ?

Homicides, États-Unis et « privilège blanc » criminel
Xavier Raufer
Sécurité globale
Cairn
2019/4 (N° 20)

La vie de la population noire des États-Unis n’a jamais été facile et ne l’est pas plus aujourd’hui. Pour s’en persuader, il suffit de visiter les lieux où d’usage elle vit, quartiers où, comme à Chicago, son espoir de vie peut être de trente ans plus bref que dans les secteurs blancs-riches de la ville ; et de voir qu’en 2017 encore, 38% des enfants noirs fréquentent des écoles où moins de 10% des élèves sont blancs (l’apartheid, c’est ça).

Mais aux difficultés qu’éprouve cette population, se surajoute l’attitude de la gauche académique et médiatique qui, par pur moralisme, ne s’indigne que des seuls homicides de Noirs commis par la police américaine ou par des Blancs ; considérant donc – absurdement – que les non-Noirs du pays constituent un meurtrier et tout-puissant Ku-Klux-Klan, voué à exterminer les Afro-Américains.

Récemment encore, L’Express souligne ainsi que 1,5% des Noirs américains de 20 à 24 ans meurent sous les tirs de la police – fait consternant – mais tait que, constamment et de longue date, ± 90% des Noirs américains sont assassinés par d’autres Noirs. Sans doute y-a-t-il des raisons à cela, mais l’énormité même du pourcentage devrait pousser les commentateurs à exposer cet essentiel fait brut. Or la théorie du”privilège blanc” tient justement à cela : pour qu’elle soit vraie, il faut et il suffit que TOUTE la police et TOUTE la justice des États-Unis soient implicitement ou ouvertement racistes, agissant et jugeant à 100% contre les Noirs.

Soulignons ici que cette idéologie du”privilège blanc” n’est pas celle de la population noire en général ; certes, soucieuse de ne pas servir de cible à tout propos, elle est sinon (sous l’influence de ses puissantes Églises) plutôt conservatrice et répressive en matière de sécurité et de justice, maints sondages le montrent. Le « privilège blanc » est plutôt l’apanage de jeunes gens riches, blancs mais torturés de haine de soi et de ludions médiatiques de toutes couleurs.

Avant d’examiner les faits et données disponibles, rappelons aussi que depuis une décennie, toute la société américaine, justice et polices incluses, subit l’étouffant tsunami du « politiquement correct »… diversité… inclusif… etc.; tout fait ethnique y éprouvant le sourcilleux contrôle (sans doute bénéfique, vu le passé du pays) de Black Lives Matter et cent groupes analo-gues; quand cependant, les statistiques ethniques-raciales y restent permises.

Reste que dans la statistique américaine, « race », « ethnicité » ou « origine » ne vont pas de soi, recensements ou sondages opérant par auto-déclaration. On dit par exemple « X personnes se considèrent comme d’origine hispanique », mais un Hispanique peut aussi se déclarer Blanc. Et ceux qu’évidemment, nous dirions métis en Europe, comptent comme Noirs aux États-Unis.

Voici donc, pour éclairer le débat, l’éventail racial donné par le dernier recensement national des États-Unis (1/07/2016):

•Blancs (hors hispaniques): 61,3%

•Hispaniques/Latinos: 17,8%

•Noirs/Afro-Américains: 13,3%

•Asiatiques: 5,7%

•Amérindiens: 1,3%

•Métis, NSP: 0,4%

•Insulaires du Pacifique: 0,2%.

Dernier point méthodologique: nous comptons plus bas des individus, interpellés, mis en cause ou inculpés, ce qui ne préjuge bien sûr pas de leur culpabilité.

Mais aux États-Unis, les Cours fédérales jugeant les serious crimes, homicides, viols, vols avec armes, etc., ont en 2016 condamné 91,2% des inculpés, 8,8% étant innocentés – donc, taux d’adéquation correct1.

Qui plus est, deux taux, élucidation des crimes dans un sens, récidives dans l’autre, renforcent le tableau général mis en cause-culpabilité:

• Taux d’élucidation des crimes graves (« serious crimes ») aux États-Unis en 2017:

•Homicides: 61,6% (chiffre noir, 38,4%)

•Viols: 34,5% (chiffre noir, 65,5%)

•Vols avec armes: 29,7% (chiffre noir, 70,3%)

• Taux de récidive après trois ans:•États-Unis: 68%

•Comparaison avec la France et l’Allemagne: respectivement 48 et 46%.

Surreprésentation des Noirs dans les statistiques criminelles américaines2(FBI-UCR, 2016)

Total des arres