Verdict Chauvin: Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice (Homo sapiens is the only species capable of co-operating flexibly in large numbers, but revolutions are rare and can be easily hijacked because it’s not only numbers but flexible organization that counts)

23 avril, 2021

Iran's Leader Future -Nicolae Elena Ceausescu Execution - YouTube

Hold The Front Page: Romania's Ceausescu and Wife Executed (1989)

Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, est plus ou moins interchangeables avec l’infirme.(…) lorsqu’un groupe humain l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité  du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre. (…) On retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives.René Girard
Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. Robespierre (3 décembre 1792)
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Rouget de Lisle
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice. Nancy Pelosi (présidente de la Chambre des Représentants)
Nous devons rester dans la rue et nous devons être plus actifs, nous devons devenir plus conflictuels. Nous devons nous assurer qu’ils savent que nous sommes sérieux. Maxine Waters représentante démocrate de Californie)
Je prie pour que le verdict soit le bon. À mon avis, c’est accablant. Je ne dirais pas cela si le jury ne s’était pas retiré pour délibérer. J’ai appris à connaître la famille de George (…). C’est une famille bien. Joe Biden
Le président Biden a parlé hier (lundi) avec la famille de George Floyd pour prendre de ses nouvelles et lui assurer qu’il priait pour elle. Jen Psaki (porte-parole de l’exécutif américain)
L’heure est venue pour ce pays de se rassembler.  Le verdict de culpabilité ne fera pas revenir George» mais cette décision peut être le moment d’un changement significatif. Joe Biden
Nous sommes tous tellement soulagés – pas seulement pour le verdict, mais parce qu’il a été reconnu coupable des trois chefs d’accusation, pas d’un seul. C’est très important. Nous allons faire beaucoup plus. Nous allons faire beaucoup de choses.C’est peut-être une première étape dans la lutte contre ce qui relève véritablement du racisme systémique. Joe Biden
Nous sommes tous tellement soulagés. J’aurais aimé être là pour vous prendre dans mes bras. Joe Biden
Aujourd’hui, nous poussons un soupir de soulagement. Cela n’enlève toutefois pas la douleur. Une mesure de justice n’est pas la même chose qu’une justice équitable. Ce verdict est un pas dans la bonne direction. Et, le fait est que nous avons encore du travail à faire. Nous devons encore réformer le système. Kamala Harris
Justice est faite. Adam Silver (patron de la NBA)
Je vais vous dire que la membre du Congrès Waters vous a peut-être donné quelque chose en appel qui pourrait entraîner l’annulation de tout ce procès. Juge Peter Cahill
L’avocat de Derek Chauvin a pour sa part demandé l’acquittement de son client. L’accusation «a échoué à apporter la preuve au-delà du doute raisonnable et Derek Chauvin doit par conséquent être déclaré non-coupable», a affirmé l’avocat du policier, Eric Nelson, après près de trois heures de plaidoirie. Le procès se tient dans un climat de fortes tensions, après la mort récente d’un jeune homme noir lors d’un contrôle routier près de Minneapolis. (…) Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol. D’après la défense, le policier a utilisé une procédure autorisée pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol. Elle évoque aussi une «foule hostile» qui représentait une «menace» et aurait détourné l’attention du policier du sort de George Floyd. Le jury, qui s’est retiré lundi pour délibérer, doit rendre un verdict unanime sur chacune des trois charges. «Vous devez être absolument impartiaux», leur a dit le juge Peter Cahill, qui les a invités à «examiner les preuves, de les soupeser et d’appliquer la loi». Cela pourrait prendre des heures, des jours, voire des semaines. Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute. Si le jury ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’ensemble des charges, le procès sera déclaré «nul». Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales. La tension est très forte à Minneapolis, qui s’était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Plus de 400 personnes ont défilé lundi dans les rues de la ville pour demander la condamnation de Derek Chauvin, chantant «le monde observe, nous observons, faites ce qui est juste». Marchant derrière une banderole réclamant «justice pour George Floyd», ils ont croisé sur leur chemin des soldats de la Garde nationale, les observant près de véhicules blindés. Tenue de camouflage, et fusil mitrailleur en bandoulière, ces militaires patrouillent depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville. La mort récente de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain d’une vingtaine d’années tué par une policière blanche lors d’un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n’a fait qu’ajouter à la tension qui règne depuis le début du procès. Le Figaro
Cops are forming a conga line down at the pension section and I don’t blame them. NYPD cops are looking for better jobs with other departments or even embarking on new careers. Joseph Giacalone (retired NYPD sergeant and adjunct professor at John Jay College of Criminal Justice)
More than 5,300 NYPD uniformed officers retired or put in their papers to leave in 2020 — a 75 percent spike from the year before, department data show. The exodus — amid the pandemic, anti-cop hostility, riots and a skyrocketing number of NYC shootings — saw 2,600 officers say goodbye to the job and another 2,746 file for retirement, a combined 5,346. In 2019, the NYPD had 1,509 uniformed officers leave and 1,544 file for retirement, for a total of 3,053. The departures and planned departures of 5,300 officers represents about 15 percent of the force. Already, as of April 5, the NYPD headcount of uniformed officers has dropped to 34,974 from 36,900 in 2019. Through April 21 of this year, 831 cops have retired or filed to leave — and many more are expected to follow suit in the current anti-cop climate, according to Joseph Giacalone, a retired NYPD sergeant and adjunct professor at John Jay College of Criminal Justice. NYPost
Nous ne tolérons pas l’usage d’un langage raciste, qu’il soit intentionnel ou non. Le NYT
Qui d’entre nous veut vivre dans un monde, ou travailler dans un domaine, où l’intention est catégoriquement exclue comme circonstance atténuante ? Bret Stephens
I have never taken a salary from the Black Lives Matter Global Network Foundation and that’s important because what the right-wing media is trying to say is the donations that people have made to Black Lives Matter went toward my spending and that is categorically untrue and incredibly dangerous. I’m a college professor first of all, I’m a TV producer and I have had two book deals…. and also have had a YouTube deal. So all of my income comes directly from the work that I do. Organizers should get paid for the work that they do. They should get paid a living wage. And the fact that the right-wing media is trying to create hysteria around my spending is, frankly, racist and sexist and I also want to say that many of us that end up investing in homes in the black community often invest in homes to take care of their family. You can talk to so many black people and black women particularly that take care of their families, take care of their loved ones especially when they’re in a position to. The homes I have bought ‘directly support the people that I love and care about and I’m not ‘renting them out in some Airbnb operation. The way that I live my life is a direct support to black people, including my black family members, first and foremost. For so many black folks who are able to invest in themselves and their communities they choose to invest in their family and that is what I have chosen to do. I have a child, I have a brother who has a severe mental illness that I take care of, I support my mother, I support many other family members of mine and so I see my money as not my own. I see it as my family’s money, as well. The whole point of these articles and these attacks against me are to discredit me, but also to discredit the movement.We have to stay focused on white supremacy and see through the right-wing lies. I have not just been a target of white supremacists and the right in this moment but obviously since the beginning of when I started Black Lives Matter I have been a target and these folks have created a much more dangerous situation for me and my family. It is very serious. The minute we started to receive funding I looked at my team and said we have to get these dollars out the door now. Now that Black Lives Matter has money, we have to be a grantmaking body as well as a think tank, act tank. And so much of the work that BLM specifically has done has been reinvesting into the black community. (…) a quarter of our budget [is] going back into the community and also we have to build an organization,’. It’s the first time we’ve ever had real dollars and we have to build a black institution that can challenge policing, that can take care of the black community. [But] the organization is not a ‘charity'(….) I do understand why people expect that from us. But I think it’s important that people recognize there are other places they can also get grants. There are other places they can also get resources. And, most importantly, our target should be the United States government. Our target should be calling on Congress to pass reparations.’ Patrisse Cullors (BLM cofounder)
Les dirigeants noirs actuels en sont réduits à vivre des dernières bribes d’autorité morale qui leur restent de leurs jours de gloire des années 50 et 60. (…) Ce ne serait pas la première fois qu’un mouvement initié dans une profonde clarté morale, et qui avait atteint la grandeur, finirait par se perdre en une parodie de lui-même – terrassé non par l’échec mais par son succès même. Les dirigeants des droits civiques d’aujourd’hui refusent de voir l’évidence: la réussite de leurs ancêtres dans la réalisation de la transformation de la société américaine leur interdit aujourd’hui l’héroïsme alors inévitable d’un Martin Luther King, d’un James Farmer ou d’un Nelson Mandela. Jesse Jackson et Al Sharpton ne peuvent nous réécrire la lettre mémorable de la prison de Birmingham ou traverser à nouveau, comme John Lewis en 1965, le pont Edmund Pettus à Selma, en Alabama, dans un maelström de chiens policiers et de matraques. Cette Amérique n’est plus (ce qui ne veut pas dire que toute trace d’elle a disparu). Les Revs. Jackson et Sharpton sont voués à un destin difficile: ils ne peuvent plus jamais être que d’inutiles redondances, des échos des grands hommes qu’ils imitent parce que l’Amérique a changé. Difficile d’être un King ou un Mandela aujourd’hui alors que votre monstrueux ennemi n’a plus que le visage poupin d’un George Zimmerman. Le but de l’establishment des droits civiques d’aujourd’hui n’est pas de rechercher la justice, mais de rechercher le pouvoir des Noirs dans la vie américaine sur la base de la présomption qu’ils sont toujours, de mille manières subtiles, victimes du racisme blanc. Shelby Steele
Avant les années 1960, l’identité des noirs-américains (bien que personne n’ait jamais utilisé le mot) était basée sur notre humanité commune, sur l’idée que la race était toujours une division artificielle et abusive entre les gens. Après les années 60, dans une société coupable d’avoir abusé de nous depuis longtemps, nous avons pris notre victimisation historique comme le thème central de notre identité de groupe. Nous n’aurions pu faire de pire erreur. Cela nous a donné une génération de chasseurs d’ambulances et l’illusion que notre plus grand pouvoir réside dans la manipulation de la culpabilité blanche. Shelby Steele
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
La Wokeité est la nouvelle religion, qui grandit plus vite et plus fort que le christianisme lui-même. Son sacerdoce dépasse le clergé et exerce beaucoup plus de pouvoir. La Silicon Valley est le nouveau Vatican et Amazon, Apple, Facebook, Google et Twitter les nouveaux évangiles. Victor Davis Hanson
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. (…) Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. (…) Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %!  (…) Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…)  mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum
Le facteur crucial de notre conquête du monde a plutôt été notre capacité de relier de nombreux humains les uns aux autres. Si, de nos jours, les humains dominent sans concurrence la planète, ce n’est pas que l’individu humain soit plus malin et agile de ses dix doigts que le chimpanzé ou le loup, mais parce qu’Homo sapiens est la seule espèce sur terre capable de coopérer en masse et en souplesse. L’intelligence et la fabrication d’outils ont été aussi manifestement très importants. (…) Si la coopération est la clé, pourquoi les fourmis et les abeilles n’ont-elles pas inventé la bombe atomique avant nous, alors même qu’elles ont appris à coopérer toutes ensemble des millions d’années plus tôt ? Parce que leur coopération manque de souplesse. Les abeilles coopèrent avec une grande sophistication, mais sont incapables de réinventer leur système social du jour au lendemain. Si une ruche faisait face à une nouvelle menace ou à une nouvelle opportunité, les abeilles seraient par exemple incapables de guillotiner la reine ou d’instaurer une République. Des mammifères sociaux comme les éléphants et les chimpanzés coopèrent bien plus souplement que les abeilles, mais ils ne le font qu’avec un petit nombre de camarades et de membres de leur famille. Leur coopération repose sur ce lien personnel. (…) Pour autant qu’on le sache, seul Sapiens est en mesure de coopérer très souplement avec d’innombrables inconnus. Yuval Noah Harari
La Roumanie communiste s’effondra quand 80 000 personnes, sur la place centrale de Bucarest, comprirent qu’elles étaient beaucoup plus fortes que le vieil homme à la toque de fourrure sur le balcon. Ce qui est vraiment stupéfiant, cependant, ce n’est pas cet instant où le système s’est effondré, mais qu’il ait réussi à survivre des décennies durant. Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? Pourquoi les masses passent-elles des siècles à applaudir et acclamer, à faire tout ce que leur ordonne l’homme au balcon, alors même qu’elles pourraient en théorie charger à tout moment et le tailler en pièces ? Ceauşescu et les siens dominèrent trois décennies durant vingt millions de Roumains en remplissant trois conditions incontournables. Premièrement, ils placèrent de fidèles apparatchiks communistes à la tête de tous les réseaux de coopération, comme l’armée, les syndicats et même les associations sportives. Deuxièmement, ils empêchèrent la création d’organisations rivales – politiques, économiques et sociales – susceptibles de servir de base à une coopération anticommuniste. Troisièmement, ils comptèrent sur le soutien des partis frères d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. (…) Ceauşescu ne perdit le pouvoir que le jour où ces trois conditions cessèrent d’être réunies. À la fin des années 1980, l’Union soviétique retira sa protection, et les régimes communistes commencèrent à tomber comme des dominos. En décembre 1989, Ceauşescu ne pouvait espérer aucune aide extérieure. Bien au contraire, les révolutions des paysans voisins donnèrent du cœur à l’opposition locale. Deuxièmement, le parti communiste lui-même commença à se scinder en camps rivaux, les modérés souhaitant se débarrasser de Ceauşescu et initier des réformes avant qu’il ne fût trop tard. Troisièmement, en organisant la réunion de soutien de Bucarest et en la diffusant à la télévision, Ceauşescu fournit aux révolutionnaires l’occasion idéale de découvrir leur pouvoir et de manifester contre lui. Quel moyen plus rapide de propager la révolution que de la montrer à la télévision ? Pourtant, quand le pouvoir échappa aux mains de l’organisateur maladroit sur son balcon, ce ne sont pas les masses populaires de la place qui le récupérèrent. (…) de même que dans la Russie de 1917, le pouvoir échut à un petit groupe d’acteurs politiques qui avaient pour seul atout d’être organisés. La révolution roumaine fut piratée par le Front de salut national (FSN) autoproclamé, qui n’était en réalité qu’un écran de fumée dissimulant l’aile modérée du parti communiste. (…) formé de cadres moyens du parti et dirigé par Ion Iliescu, ancien membre du Comité central du PC et un temps responsable de la propagande. Iliescu et ses camarades du FSN se métamorphosèrent en démocrates, proclamèrent devant tous les micros qu’ils étaient les chefs de la révolution, puis usèrent de leur longue expérience et de leurs réseaux de copains pour prendre le contrôle du pays et se mettre ses ressources dans la poche. (…) Ion Iliescu fut élu président ; ses collègues devinrent ministres, parlementaires, directeurs de banque et multimillionnaires. La nouvelle élite roumaine qui contrôle aujourd’hui encore le pays se compose essentiellement des anciens communistes et de leurs familles. Yuval Harari

Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice !

Au lendemain d’un verdict qui par son unanimité, sa rapidité, sa prédictiblité, son effet cathartique

Comme, sur fond de crise sanitaire en ces temps où la blancheur de peau et la profession de policier sont devenues les pires tares, les traits distinctifs de sa victime …

Au terme de mois d’émeutes et de pillage et d’une campagne médiatico-politique proprement orchestrée jusqu’au plus haut niveau de l’appareil d’Etat

Pour comme souvent, couleur de l’impétrant comprise, un banal refus d’optempérer tournant à la tragédie, suite à la malheureuse combinaison de certaines fragilités latentes et de la suringestion de drogues de celui-ci …

Avec les conséquences, que l’on sait, sur les forces de police et les résidents des quartiers les plus vulnérables

Aura jusqu’au dernier jour, au point même d’en inquiéter le juge et selon les mots mêmes de la présidente de la Chambre des représentants

Pris toutes les caractéristiques d’une expulsion de bouc émissaire réussie …

Comment ne pas voir …

Quelques mois après son accession aux pleins pouvoirs politiques …

Via l’instrumentalisation du virus chinois et de la mort accidentelle de George Floyd …

Et, entre deux mascarades de procédures de destitution, l’élection volée de Joe Biden

L’apothéose de cette  idéologie « woke » du racisme antiraciste et de la censure politiquement correcte …

Qui fonds de commerce d’une véritable « génération de chasseurs d’ambulances » condamnée à rejouer éternellement les luttes du passé

Avait patiemment pendant des décennies conquis l’université et les grands médias, puis ces dernières années les réseaux sociaux ?

Et comment ne pas repenser …

Avec le dernier best-seller de l’historien israélien Yuval Harari (« Homo deus »)…

Même si en bon postmoderne il en évacue totalement la dimension pourtant évidemment sacrificielle et quasi-religieuse …

A cette singulière capacité humaine de coopérer en masse et en souplesse …

Qui permet en certes de rares occasions et via une simple poignée d’hommes …

De produire le meilleur comme avec le processus civilisateur introduit par la révélation judéo-chrétienne …

Mais aussi pour peu que l’organisation soit suffisamment efficace et flexible ….

Comme avec leurs lots d’exécutions et de purges l’a tant de fois montré l’histoire …

De la France de 1789 et la Russie de 1917 …

A la Roumanie de 1989 ou l’Egypte de 2011 …

Etre si facilement détournée ?

VIVE LA REVOLUTION !

Yuval Noah Harari

Homo deus

2015

Pour monter une révolution, le nombre ne suffit jamais. Les révolutions sont généralement l’œuvre de petits réseaux d’agitateurs, non des masses. Si vous voulez lancer une révolution, ne vous demandez pas : « Combien de gens soutiennent mes idées ? », mais plutôt : « Parmi mes partisans, combien sont capables de coopérer efficacement ? » La révolution russe a fini par éclater non pas le jour où 180 millions de paysans se sont soulevés contre le tsar, mais quand une poignée de communistes se sont trouvés au bon endroit au bon moment. Début 1917, alors que l’aristocratie et la bourgeoisie russes comptaient au moins trois millions de personnes, la fraction bolchévique de Lénine (qui deviendrait le parti communiste) ne dépassait pas les 23 000 militants. Les communistes n’en prirent pas moins le contrôle de l’immense Empire russe, parce qu’ils surent s’organiser. Quand l’autorité échappa aux mains décrépites du tsar et à celles tout aussi tremblantes du gouvernement provisoire de Kerenski, les communistes s’en saisirent sans attendre, s’emparant des rênes du pouvoir tel un bulldog qui referme ses crocs sur un os.

Les communistes ne devaient relâcher leur emprise qu’à la fin des années 1980. L’efficacité de leur organisation leur permit de conserver le pouvoir plus de sept longues décennies, et s’ils finirent par tomber, ce fut en raison de leur organisation défaillante. Le 21 décembre 1989, Nicolae Ceauşescu, le dictateur roumain, organisa une grande manifestation de soutien au centre de Bucarest. Au cours des mois précédents, l’Union soviétique avait retiré son soutien aux régimes communistes d’Europe de l’Est, le mur de Berlin était tombé, et des révolutions avaient balayé la Pologne, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie. Ceauşescu, qui dirigeait son pays depuis 1965, pensait pouvoir résister au tsunami, alors même que des émeutes contre son régime avaient éclaté dans la ville de Timişoara le 17 décembre. Voulant contre-attaquer, Ceauşescu organisa un vaste rassemblement à Bucarest afin de prouver aux Roumains et au reste du monde que la majorité de la population continuait de l’aimer, ou tout au moins de le craindre. L’appareil du parti qui se fissurait mobilisa 80 000 personnes sur la place centrale de la ville ; les citoyens roumains reçurent pour consigne de cesser toute activité et d’allumer leur poste de radio ou de télévision.

Sous les vivats d’une foule apparemment enthousiaste, Ceauşescu se présenta au balcon dominant la place, comme il l’avait fait à maintes reprises au cours des précédentes décennies. Flanqué de son épouse Elena, de dirigeants du parti et d’une bande de gardes du corps, il se mit à prononcer un de ces discours monotones qui étaient sa marque de fabrique, regardant d’un air très satisfait la foule qui applaudissait mécaniquement. Puis quelque chose dérapa. Vous pouvez le voir sur YouTube. Il vous suffit de taper « Ceauşescu, dernier discours », et de regarder l’histoire en action.

La vidéo YouTube montre Ceauşescu qui commence une énième longue phrase : « Je tiens à remercier les initiateurs et organisateurs de ce grand événement à Bucarest, y voyant un… » Puis il se tait, les yeux grands ouverts, et se fige, incrédule. Dans cette fraction de seconde, on assiste à l’effondrement de tout un monde. Dans le public, quelqu’un a hué. On débat encore aujourd’hui de l’identité de celui qui, le premier, a osé huer. Puis une autre personne a fait de même, puis une autre, et encore une autre ; quelques secondes plus tard, la masse se mit à siffler, crier des injures et scander « Ti-mi-şoa-ra ! Ti-mi-şoa-ra ! »

Tout cela se produisit en direct à la télévision roumaine sous les yeux des trois quarts de la population, scotchée au petit écran, le cœur battant la chamade. La Securitate, la sinistre police secrète, ordonna aussitôt l’arrêt de la retransmission, mais les équipes de télévision refusèrent d’obtempérer et l’interruption fut très brève. Le cameraman pointa la caméra vers le ciel, en sorte que les téléspectateurs ne puissent pas voir la panique gagnant les dirigeants du parti sur le balcon, mais le preneur de son continua d’enregistrer, et les techniciens de retransmettre la scène après un arrêt d’à peine plus d’une minute. La foule continuait à huer et Ceauşescu à crier « Hello ! Hello ! Hello ! », comme si le problème venait du micro. Sa femme Elena se mit à réprimander le public :« Taisez-vous ! Taisez-vous ! », jusqu’à ce que Ceauşescu se tourne vers elle et lui crie au vu et au su de tous : « Tais-toi ! » Après quoi il en appela à la foule déchaînée de la place en l’implorant : « Camarades ! Camarades ! Du calme, camarades ! »

Mais les camarades ne voulaient pas se calmer. La Roumanie communiste s’effondra quand 80 000 personnes, sur la place centrale de Bucarest, comprirent qu’elles étaient beaucoup plus fortes que le vieil homme à la toque de fourrure sur le balcon. Ce qui est vraiment stupéfiant, cependant, ce n’est pas cet instant où le système s’est effondré, mais qu’il ait réussi à survivre des décennies durant. Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? Pourquoi les masses passent-elles des siècles à applaudir et acclamer, à faire tout ce que leur ordonne l’homme au balcon, alors même qu’elles pourraient en théorie charger à tout moment et le tailler en pièces ?

Ceauşescu et les siens dominèrent trois décennies durant vingt millions de Roumains en remplissant trois conditions incontournables. Premièrement, ils placèrent de fidèles apparatchiks communistes à la tête de tous les réseaux de coopération, comme l’armée, les syndicats et même les associations sportives. Deuxièmement, ils empêchèrent la création d’organisations rivales – politiques, économiques et sociales – susceptibles de servir de base à une coopération anticommuniste. Troisièmement, ils comptèrent sur le soutien des partis frères d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. Malgré des tensions occasionnelles, ces partis s’entraidèrent en cas de besoin ou, tout au moins, veillèrent à ce qu’aucun intrus ne vienne perturber le paradis socialiste. Dans ces conditions, malgré les épreuves et les souffrances que leur infligea l’élite dirigeante, les vingt millions de Roumains ne réussirent à organiser aucune opposition efficace.

Ceauşescu ne perdit le pouvoir que le jour où ces trois conditions cessèrent d’être réunies. À la fin des années 1980, l’Union soviétique retira sa protection, et les régimes communistes commencèrent à tomber comme des dominos. En décembre 1989, Ceauşescu ne pouvait espérer aucune aide extérieure. Bien au contraire, les révolutions des paysans voisins donnèrent du cœur à l’opposition locale. Deuxièmement, le parti communiste lui-même commença à se scinder en camps rivaux, les modérés souhaitant se débarrasser de Ceauşescu et initier des réformes avant qu’il ne fût trop tard. Troisièmement, en organisant la réunion de soutien de Bucarest et en la diffusant à la télévision, Ceauşescu fournit aux révolutionnaires l’occasion idéale de découvrir leur pouvoir et de manifester contre lui. Quel moyen plus rapide de propager la révolution que de la montrer à la télévision ?

Pourtant, quand le pouvoir échappa aux mains de l’organisateur maladroit sur son balcon, ce ne sont pas les masses populaires de la place qui le récupérèrent. Bien que nombreuse et enthousiaste, la foule ne savait pas s’organiser. Dès lors, de même que dans la Russie de 1917, le pouvoir échut à un petit groupe d’acteurs politiques qui avaient pour seul atout d’être organisés. La révolution roumaine fut piratée par le Front de salut national (FSN) autoproclamé, qui n’était en réalité qu’un écran de fumée dissimulant l’aile modérée du parti communiste. Le Front n’avait pas de lien véritable avec la foule des manifestants. Il était formé de cadres moyens du parti et dirigé par Ion Iliescu, ancien membre du Comité central du PC et un temps responsable de la propagande. Iliescu et ses camarades du FSN se métamorphosèrent en démocrates, proclamèrent devant tous les micros qu’ils étaient les chefs de la révolution, puis usèrent de leur longue expérience et de leurs réseaux de copains pour prendre le contrôle du pays et se mettre ses ressources dans la poche.

Dans la Roumanie communiste, l’État possédait presque tout. La Roumanie démocratique s’empressa de privatiser tous ses actifs, les vendant à des prix sacrifiés aux anciens communistes qui furent les seuls à comprendre ce qui se passait et s’aidèrent mutuellement à constituer leur magot. Les entreprises d’État qui contrôlaient l’infrastructure et les ressources naturelles furent bradées à d’anciens cadres communistes, tandis que les fantassins du parti achetaient maisons et appartements pour quelques sous.

Ion Iliescu fut élu président ; ses collègues devinrent ministres, parlementaires, directeurs de banque et multimillionnaires. La nouvelle élite roumaine qui contrôle aujourd’hui encore le pays se compose essentiellement des anciens communistes et de leurs familles. Les masses qui ont risqué leur peau à Timişoara et Bucarest ont dû se contenter des restes parce qu’elles n’ont pas su coopérer ni créer une organisation efficace pour prendre en main leurs intérêts.

La révolution égyptienne de 2011 a connu le même destin. Ce que la télévision avait fait en 1989, Facebook et Twitter l’ont fait en 2011. Les nouveaux médias ont aidé les masses à coordonner leurs activités : des milliers de gens ont inondé les rues et les places au bon moment et renversé le régime de Moubarak. Toutefois, faire descendre 100 000 personnes sur la place Tahrir est une chose ; c’en est une autre de s’emparer de la machine politique, de serrer les bonnes mains dans les bonnes arrière-salles et de diriger efficacement un pays. Dès lors, quand Moubarak est tombé, les manifestants n’ont pas pu combler le vide. L’Égypte n’avait que deux institutions assez organisées pour diriger le pays : l’armée et les Frères musulmans. La révolution a donc été récupérée d’abord par les Frères musulmans, puis par l’armée.

Les ex-communistes roumains et les généraux égyptiens n’étaient pas plus intelligents ou habiles que les anciens dictateurs ou les manifestants de Bucarest ou du Caire. Leur avantage résidait dans une coopération tout en souplesse. Ils coopéraient mieux que les foules et étaient disposés à se montrer bien plus souples que des hommes rigides comme Ceauşescu et Moubarak.

Voir aussi:

Mort de George Floyd : l’avocat de Derek Chauvin demande l’acquittement

Après l’ultime journée du procès, les jurés se sont retirés pour délibérer. Ils devront rendre un verdict unanime pour chacun des trois chefs d’inculpation. Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales.

George Floyd «a appelé à l’aide dans son dernier souffle» avant de mourir sous le genou de Derek Chauvin, a affirmé lundi 19 avril le procureur dans son réquisitoire contre le policier accusé d’avoir tué le quadragénaire afro-américain le 25 mai 2020 à Minneapolis. «George Floyd a supplié jusqu’à ce qu’il ne puisse plus parler», a dit Steve Schleicher au jury. «Il fallait juste un peu de compassion, et personne n’en a montré ce jour-là», a ajouté le procureur.

Le policier blanc de 45 ans est jugé pour meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort de George Floyd, qui avait été interpellé pour une infraction mineure. Pendant plus de neuf minutes, il avait maintenu un genou sur le cou du quadragénaire qui était allongé sur le ventre, les mains menottées dans le dos. Sa mort a suscité des manifestations antiracistes d’une ampleur historique et une vague d’indignation mondiale contre les brutalités policières.

«Il a appelé à l’aide dans son dernier souffle mais l’agent n’a pas aidé, l’accusé est resté sur lui», a rappelé le procureur, affirmant que le policier avait enfreint le code de la police de Minneapolis en matière d’usage de la force. «George Floyd n’était une menace pour personne, il ne tentait de faire de mal à personne», a-t-il dit. Il a aussi fustigé l’inaction du policier, qui n’a rien fait pour ranimer George Floyd. «En tant que premier secours, vous devez faire un massage cardiaque, il ne l’a pas fait alors qu’il était formé à cela», a lancé le procureur. «L’accusé n’est pas jugé parce qu’il est policier» mais «il est jugé pour ce qu’il a fait», a souligné Steve Schleicher, estimant que Derek Chauvin avait «trahi son insigne».

L’avocat de Derek Chauvin a pour sa part demandé l’acquittement de son client. L’accusation «a échoué à apporter la preuve au-delà du doute raisonnable et Derek Chauvin doit par conséquent être déclaré non-coupable», a affirmé l’avocat du policier, Eric Nelson, après près de trois heures de plaidoirie. Le procès se tient dans un climat de fortes tensions, après la mort récente d’un jeune homme noir lors d’un contrôle routier près de Minneapolis. «C’était un meurtre, l’accusé est coupable des trois chefs d’accusation et il n’y a aucune excuse», a asséné le procureur en conclusion de son réquisitoire, qui a duré plus d’une heure et demie.

Le risque d’un verdict «nul»

Pour l’accusation, qui a appelé à la barre près de 40 témoins, c’est bien le policier qui a tué George Floyd, qui ne «pouvait pas respirer». Il est mort d’un «manque d’oxygène» provoqué par la pression de Derek Chauvin sur son cou et son dos, ont expliqué plusieurs médecins. L’Afro-Américain avait des problèmes cardiaques mais même une personne en bonne santé «serait morte de ce que George Floyd a subi», a affirmé le pneumologue Martin Tobin. Pour David Schultz, professeur de droit à l’université du Minnesota, les procureurs «ont fait du très bon travail» pour démontrer que le policier n’avait pas agi «de manière raisonnable».

Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol. D’après la défense, le policier a utilisé une procédure autorisée pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol. Elle évoque aussi une «foule hostile» qui représentait une «menace» et aurait détourné l’attention du policier du sort de George Floyd. Derek Chauvin, lui, a refusé de s’expliquer, usant du droit de tout accusé aux États-Unis à ne pas apporter de témoignage susceptible de l’incriminer.

Le jury, qui s’est retiré lundi pour délibérer, doit rendre un verdict unanime sur chacune des trois charges. «Vous devez être absolument impartiaux», leur a dit le juge Peter Cahill, qui les a invités à «examiner les preuves, de les soupeser et d’appliquer la loi». Cela pourrait prendre des heures, des jours, voire des semaines. Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute. Si le jury ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’ensemble des charges, le procès sera déclaré «nul». Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales.

La tension est très forte à Minneapolis, qui s’était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Plus de 400 personnes ont défilé lundi dans les rues de la ville pour demander la condamnation de Derek Chauvin, chantant «le monde observe, nous observons, faites ce qui est juste». Marchant derrière une banderole réclamant «justice pour George Floyd», ils ont croisé sur leur chemin des soldats de la Garde nationale, les observant près de véhicules blindés. Tenue de camouflage, et fusil mitrailleur en bandoulière, ces militaires patrouillent depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville. La mort récente de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain d’une vingtaine d’années tué par une policière blanche lors d’un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n’a fait qu’ajouter à la tension qui règne depuis le début du procès.

Rodney Floyd, l’un des frères de George, a fait part plus tôt dans la journée, de sa gratitude pour les messages de soutien «venus du monde entier» à sa famille, dont plusieurs membres ont suivi les débats depuis le 29 mars. «J’espère que les jurés vont rendre le bon verdict», déclare Courtenay Carver, un travailleur social afro-américain de 56 ans. «Nous nous préparons au pire», confiait Janay Clanton, une habitante de Minneapolis. «Tout va exploser», a même prédit la sexagénaire, si Derek Chauvin n’est pas reconnu coupable. L’issue du procès aura aussi un impact sur celui de trois autres agents qui doivent être jugés en août pour «complicité de meurtre».


Première conférence de presse de Joe Biden: Parce que je suis un mec sympa (What brave new world of alternative facts and post-truth as protected by a lapdog press, our puppet leaders exploit the migrants for money and power while the rest of us are supposed to celebrate having our countries turned upside down ?)

28 mars, 2021


The number of the beast is 666 (William Blake, 1805)

Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Lettre aux Galates 3: 28)
Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. Jean (Apocalypse 13: 11-18)
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. Pascal (1670)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton (1908)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King (1963)
C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le réduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La glorification d’une race et le dénigrement corollaire d’une autre ou d’autres a toujours été et sera une recette de meurtre. Ceci est une loi absolue. Si on laisse quelqu’un subir un traitement particulièrement défavorable à un groupe quelconque d’individus en raison de leur race ou de leur couleur de peau, on ne saurait fixer de limites aux mauvais traitements dont ils seront l’objet et puisque la race entière a été condamnée pour des raisons mystérieuses il n’y a aucune raison pour ne pas essayer de la détruire dans son intégralité. C’est précisément ce que les nazis auraient voulu accomplir (…) J’ai beaucoup à cœur de voir les noirs conquérir leur liberté aux Etats Unis. Mais leur dignité et leur santé spirituelle me tiennent également à cœur et je me dois de m’opposer à toutes tentatives des noirs de faire à d’autres ce qu’on leur a fait. James Baldwin
You cannot understand the Left if you do not understand that leftism is a religion. It is not God-based (some left-wing Christians’ and Jews’ claims notwithstanding), but otherwise it has every characteristic of a religion. The most blatant of those characteristics is dogma. People who believe in leftism have as many dogmas as the most fundamentalist Christian. One of them is material equality as the preeminent moral goal. Another is the villainy of corporations. The bigger the corporation, the greater the villainy. Thus, instead of the devil, the Left has Big Pharma, Big Tobacco, Big Oil, the “military-industrial complex,” and the like. Meanwhile, Big Labor, Big Trial Lawyers, and — of course — Big Government are left-wing angels. And why is that? Why, to be specific, does the Left fear big corporations but not big government? The answer is dogma — a belief system that transcends reason. No rational person can deny that big governments have caused almost all the great evils of the last century, arguably the bloodiest in history. Who killed the 20 to 30 million Soviet citizens in the Gulag Archipelago — big government or big business? Hint: There were no private businesses in the Soviet Union. Who deliberately caused 75 million Chinese to starve to death — big government or big business? Hint: See previous hint. Did Coca-Cola kill 5 million Ukrainians? Did Big Oil slaughter a quarter of the Cambodian population? Would there have been a Holocaust without the huge Nazi state? Whatever bad things big corporations have done is dwarfed by the monstrous crimes — the mass enslavement of people, the deprivation of the most basic human rights, not to mention the mass murder and torture and genocide — committed by big governments. (…) Religious Christians and Jews also have some irrational beliefs, but their irrationality is overwhelmingly confined to theological matters; and these theological irrationalities have no deleterious impact on religious Jews’ and Christians’ ability to see the world rationally and morally. Few religious Jews or Christians believe that big corporations are in any way analogous to big government in terms of evil done. And the few who do are leftists. That the Left demonizes Big Pharma, for instance, is an example of this dogmatism. America’s pharmaceutical companies have saved millions of lives, including millions of leftists’ lives. And I do not doubt that in order to increase profits they have not always played by the rules. But to demonize big pharmaceutical companies while lionizing big government, big labor unions, and big tort-law firms is to stand morality on its head. There is yet another reason to fear big government far more than big corporations. ExxonMobil has no police force, no IRS, no ability to arrest you, no ability to shut you up, and certainly no ability to kill you. ExxonMobil can’t knock on your door in the middle of the night and legally take you away. Apple Computer cannot take your money away without your consent, and it runs no prisons. The government does all of these things. Of course, the Left will respond that government also does good and that corporations and capitalists are, by their very nature, “greedy.” To which the rational response is that, of course, government also does good. But so do the vast majority of corporations, private citizens, church groups, and myriad voluntary associations. On the other hand, only big government can do anything approaching the monstrous evils of the last century. As for greed: Between hunger for money and hunger for power, the latter is incomparably more frightening. It is noteworthy that none of the twentieth century’s monsters — Lenin, Hitler, Stalin, Mao — were preoccupied with material gain. They loved power much more than money. And that is why the Left is much more frightening than the Right. It craves power.  Dennis Prager
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. Norman Mailer a dit un jour que toute la sociologie américaine avait été un effort désespéré pour essayer de dire quelque chose sur l’Amérique que Tocqueville n’avait pas dit! C’est vrai! Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. Dans mon livre, je consacre deux chapitres à Walter Rauschenbusch, la figure clé. Mais il faut comprendre que le déclin des Églises européennes a aussi joué. L’une des sources d’autorité des Églises américaines venait de l’influence de théologiens européens éminents comme Wolfhart Pannenberg ou l’ancien premier ministre néerlandais Abraham Kuyper, esprit d’une grande profondeur qui venait souvent à Princeton donner des conférences devant des milliers de participants! Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %! Cet effondrement est le changement sociologique le plus fondamental des 50 dernières années, mais personne n’en parle. Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Mais je vois potentiellement une guerre civile à feu doux éclater si Trump gagne cette élection! Car les parties sont polarisées sur le plan spirituel. Si Trump gagne, pour les gens qui sont dans la rue, ce ne sera pas le triomphe des républicains, mais celui du mal. Rauschenbusch, dans son Évangile, dit que nous devons accomplir la rédemption de notre personnalité. Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Avant même que Trump ne surgisse, avec Sarah Palin, et même sous Reagan, on a vu émerger à droite le sentiment que tout ce que faisaient les républicains pour l’Amérique traditionnelle, c’était ralentir sa disparition. Il y avait une immense exaspération car toute cette Amérique avait le sentiment que son mode de vie était fondamentalement menacé par les démocrates. Reagan est arrivé et a dit: «Je vais m’y opposer». Et voilà que Trump arrive et dit à son tour qu’il va dire non à tout ça. Je déteste le fait que Trump occupe cet espace, parce qu’il est vulgaire et insupportable. Mais il est vrai que tous ceux qui s’étaient sentis marginalisés ont voté pour Trump parce qu’il s’est mis en travers de la route. C’est d’ailleurs ce que leur dit Trump: «Ils n’en ont pas après moi, mais après vous.» Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…) La France a fait beaucoup de choses bonnes et glorieuses pour faire avancer la civilisation, mais elle a fait du mal. Si on croit au projet historique français, on peut démêler le bien du mal. Mais mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum
On s’attendait à ce qu’avec le gouvernement du président Biden, il y ait un meilleur traitement des migrants. Et cela a poussé les migrants d’Amérique centrale, et aussi de notre pays, à vouloir traverser la frontière en pensant que c’était plus facile de le faire. Andrés Manuel López Obrador (président mexicain)
S’il y a une reprise aux États-Unis, il est plus facile d’y aller et de trouver du travail. Beaucoup avaient peur de Trump et la plupart ne voulaient pas essayer de traverser la frontière. Mais maintenant, nombreux sont ceux qui envisagent d’émigrer aux États-Unis. Adrián Cahun
Je suppose que je devrais être flatté que les gens viennent parce que je suis un mec sympa; c’est la raison pour laquelle cela arrive – que je suis un homme honnête ou quelle que soit sa formulation. C’est – vous savez, c’est pourquoi ils viennent, parce qu’ils savent que Biden est un bon gars. La vérité est que rien n’a changé. Comme beaucoup de gens sont venus – 28 pour cent d’augmentation du nombre d’enfants à la frontière dans mon administration; 31% au cours de la dernière année de – en 2019, avant la pandémie, dans l’administration Trump. Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière pendant les mois d’hiver de janvier, février et mars. Cela arrive chaque année. En plus de cela, il y a un – et personne – et, au fait, est-ce que quelqu’un suggère qu’il y a eu une augmentation de 31% sous Trump parce qu’il était un gars sympa et qu’il faisait de bonnes choses à la frontière? Ce n’est pas la raison pour laquelle ils viennent. La raison pour laquelle ils viennent est que c’est le moment où ils ont le moins de chances de mourir de chaleur dans le désert. Joe Biden
C’est juste un monde différent. C’est triste de les voir ainsi lui servir les questions. C’est des questions faciles. Et son entourage prêt à lui arracher le micro si quelqu’un commençait à se montrer un peu désobligeant. Tout ça est ridicule.[Sur la capitale américaine après le 6 janvier devenue une forteresse avec barbelés] Je pense que c’est honteux – il semble que le monde regarde – absolument, c’est une manœuvre politique qu’ils font. Il y avait zéro menace depuis le début , il n’y avait aucune menace. Ecoutez – ils sont entrés, ils n’auraient pas dû le faire. Certains d’entre eux sont entrés et ils embrassent la police et les gardes. Ils avaient une excellente relation. Et pour beaucoup d’entre eux, on les a laissé rentrer sans problème et puis ils sont entrés et ils sont sortis. Ils persécutent beaucoup de ces gens. Et certains d’entre eux devraient être punis, mais quand je regarde les antifas à Washington même, ce qu’ils ont fait à Washington et ce qu’ils ont fait dans d’autres endroits et la destruction et franchement les meurtres et le passage à tabac des gens … pourquoi ils ne s’en prennent pas aux antifas ? (…) [sur HR1] Ils essaient d’obtenir quelque chose sans pièce d’identité pour voter, pas de vérification de signature, on envoie tous les bulletins de vote qu’on peut. Vous n’aurez plus jamais une élection équitable dans ce pays. Comme pour les dernières élections, c’était honteux. C’était une élection du tiers-monde. (…) Il y a beaucoup de choses qui se sont passées que les législatures n’ont pas approuvé. Notre Cour suprême devrait avoir honte. En vertu de la Constitution, tout ce qu’ils ont fait aurait dû être approuvé par les législatures. Donald Trump
Les Américains ont eu un mérite dès l’été 2020, ils ont dit : « On met le paquet et on y va. » Et donc ils ont plus. Ils ont eu plus d’ambition que nous. Et le quoi qu’il en coûte qu’on a appliqué pour les mesures d’accompagnement, eux l’ont appliqué pour les vaccins et la recherche. Nous, on n’a pas été assez vite, assez fort là-dessus. C’est tout à fait vrai et on a pensé que le vaccin mettrait du temps à décoller. (…) Et donc on a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d’ambition, j’allais dire de folie, de dire : « C’est possible et on y va. » On est trop rationnel peut-être. Emmanuel Macron
Écoutez, vous avez un ancien président Trump, qui est raciste, sexiste, homophobe, xénophobe, menteur pathologique, autoritaire, quelqu’un qui ne croit pas à l’état de droit. Il est vraiment dangereux. Mais si vous me demandez si je me sens particulièrement à l’aise que le président, à ce moment-là, des États-Unis, ne puisse exprimer son point de vue sur Twitter ? Je ne me sens pas à l’aise à ce sujet. Maintenant, je n’ai pas la réponse. Vous voulez que les discours de haine et les théories du complot circulent dans tout le pays ? Non. Vous voulez qu’Internet soit utilisé à des fins autoritaires et insurrectionnelles, si vous voulez? Non, bien sûr. Alors, comment trouver le bon équilibre ? Je ne sais pas, mais c’est une question à laquelle nous devons réfléchir.  Parce que s’il y a quelqu’un qu pense qu’hier, c’est Donald Trump qui a été interdit, demain, ça pourrait être quelqu’un d’autre qui a un point de vue très différent et je n’aime donc pas donner autant de pouvoir à une poignée de personnes de la high tech, mais le diable est évidemment dans les détails et c’est quelque chose sur laquelle nous allons devoir réfléchir longuement, et c’est ainsi que vous préservez les droits du premier amendement sans faire basculer ce pays dans une mentalité de mensonge et les théories du complot. Bernie Sanders
Les Américains méritent la vérité sur ce qui se passe à la frontière et ils méritent également une évaluation lucide de l’administration Biden sur la façon dont ils vont gérer cela à l’avenir. Mais les événements d’aujourd’hui ont confirmé que l’équipe Biden ne nous dira jamais la vérité sur la frontière et que le flux humain massif entrant dans notre pays ne s’arrêtera pas tant que les Républicains n’auront pas battu les Démocrates à plate couture en 2022. Juste parce que le pauvre Joe Biden perd le fil de ses pensées, ne pensez pas une seconde que les gens qui tirent ses ficelles ne savent pas ce qu’ils font, ils le savent. Ils ont l’intention d’inonder ce pays d’autant de travailleurs à bas salaires et de futurs électeurs démocrates qu’ils le peuvent, et aussi vite que possible. Les Démocrates, tout comme les cartels, exploitent les migrants pour l’argent et le pouvoir. Quant au reste d’entre nous, nous sommes simplement censés nous réjouir du fait que notre pays soit complètement déstabilisé. Laura Ingraham
The president so far has surprised some of his former colleagues and allies with a largely gaffe-free White House debut after a lifetime of verbal stumbles. Politico
It’s early, but not too early to give Politico the scoop-of-the-year award for this: “The president so far has surprised some of his former colleagues and allies with a largely gaffe-free White House debut after a lifetime of verbal stumbles.” The hoops you have to jump through — and with your eyes closed! — to reach a sweeping conclusion like that is what makes it award-winning. First, you must, at least temporarily, steel your mind to reject any contrary facts, including that President Biden has not held a press conference, meaning the chance for gaffes and inanities is basically zero because he always gets to read from a TelePrompter. You also have to overlook the fact that he is only slightly more willing to agree to interview requests, which also reduces his chances to screw up. Finally, you have to pretend that he didn’t commit the many gaffes he committed when he did venture to talk with the media. Other than that, good job. That’s how you win the big prizes in Washington. Only later, in an on-the-other-hand sequence, do the Politico writers admit the contradictions that obliterate their opening. The most notable is that they point out that after Biden’s lone interview since taking office, with CBS, the White House “had to clarify his comments on whether Trump would receive intelligence briefings, the fate of the $15 minimum wage, and what Iran needed to do in negotiations surrounding the country’s nuclear program.” No wonder he’s hiding — three major “clarifications” after one interview is a good reason not to do another. But hey, no gaffes, no worries. The story is in some ways typical of the big picture that shows, now that Donald Trump is gone, the media are free to return to trivial pursuits to protect their chosen president. For four years, we were assured that journalism was about saving American democracy. Now journalism is about … nothing. That might be reasonable if there were nothing to cover. But the willful blindness illustrates how most of the Washington press corps has put aside the brass knuckles it used on Trump and taken out the pom-poms to cheerlead for another Democrat in the White House. If they were serious about covering Biden seriously, the media would examine the elephant in the room instead of just mentioning it. Why exactly isn’t the president of the United States available for questions? After all, he just signed one of the largest stimulus bills in history, a $1.9 trillion monster that throws money around like a tooth fairy on a drunken binge. It did not get a single GOP vote in either house despite Biden’s claims he wants bipartisanship. (…) Ten Republican senators got the brushoff when they offered to work with him, and then were insulted by the White House. Does he regret that? (…) The stimulus supporters are making wild claims for what it will achieve, saying it will reduce poverty by a third this year and ultimately cut child poverty in half. Can Biden explain and defend those claims, which seem preposterous on their face? Then there’s the border crisis, which is causing Biden’s team to do mental gymnastics to avoid admitting it’s a crisis. Trump had faced similar problems, but a series of measures, including agreements with Mexico and other nations, finally helped stem the tide of caravans. Biden intentionally broke those agreements and effectively invited all of Central America to come on in. A fair and functioning media would demand to hear the president himself discuss the disaster he created, which has put thousands of unaccompanied children in overcrowded custody facilities. Naturally, the press doesn’t bewail the lockdowns as “kids in cages” as they did with Trump. How about the Mideast — what are Biden’s plans? He wants a new deal with Iran and as a sweetener, removed the terrorist designation Trump slapped on the Houthis, an Iranian proxy group attacking Saudi Arabia from Yemen. The Houthis responded with even more sophisticated missile attacks on Saudi oil installations. And who knows what happened to the Hunter Biden story? This is, after all, the president’s son and the FBI has admitted he is a subject in an ongoing criminal tax case, and maybe more. [or] whether there is any reason to be concerned about Biden’s mental acuity. The fact that he’s been largely invisible tells me there is. To deny that is to glibly assume that everything is fine with a 78-year-old man who is obviously not as sharp as he was just a few years ago and who is being hidden from the public in ways that are unprecedented, especially at the start of a new administration. With its timid acquiescence, the media has participated by treating the president’s absence as no big deal. It is a big deal. A very big deal. Michael Goodwin
Three big things stood out in President Biden’s first press conference. 1. The leader of the free world is often lost at sea and says many things that are blatantly false. 2. The media is in the tank and cannot be trusted to hold him accountable. 3. Because of Nos. 1 and 2, America is headed for serious trouble. For this sickening spectacle we had to wait 64 days? Still, the event was meaningful in one distressing way. Now we know beyond all doubt there is no way to deny the terrifying truth. This was Biden’s coming out party, and the nation faces a mess that will only grow worse with time. The man who campaigned on unity is hell-bent on permanent polarization, meaning cancel culture and the supercharged racial climate are here to stay. Biden gave license to the worst instincts on the left with his repeated sneering references to all Republicans and especially Donald Trump. At one point, he actually accused Trump of letting immigrant children “starve to death on the other side” of the Mexican border. He said it in a room full of 30 supposed journalists and not a single one challenged him or even asked whether he meant it literally. In fact, not a single one challenged him on any of his falsehoods. Nor did anyone ask him why he read from prepared talking points during answers to three questions on foreign policy. No recent president has felt the need to do that. There also were moments when he talked himself into dead ends, yet there were no questions about when he would release the health reports he’s been hiding. Regarding his agenda, a report that Biden sees himself as the new FDR gives credence to the idea that he’s all in for every big, crazy idea left-wing Dems can cook up. The Green New Deal, open borders, removing voting safeguards, endless tax hikes, statehood for DC — they’re all on track and bound for glory. The only obstacle is the Senate filibuster, which requires 60 votes to pass legislation, but Biden left no doubt he would be willing to do away with it. (…) The facts of illegal immigration are fairly simple. Trump campaigned on the issue and after false starts and despite unified Democratic opposition, eventually stitched together a series of policies and actions that stemmed the tide. He built large sections of wall, deported criminal aliens and struck an agreement with Mexico that those making asylum claims would have to wait in Mexico. It is also a fact that Biden blew up each of those pillars, yet now claims he inherited a mess. Strangely, he also insisted that the numbers surging now “happens every single, solitary year. Nothing has changed.” He’s either misinformed or lying. Record numbers of arrivals are being reported daily, and NBC recently called the crossings the highest in 20 years. Again, Biden was not challenged. The final proof that the press has abdicated its role was clinched when the president refused to say when he would allow more media access to the border detention facilities. He said it would have to wait until his team got its new programs working. If Trump had said that, the sky would have fallen and democracy would be declared dead. But when Biden says it, the media rolls over. So add transparency to the list of things that don’t matter anymore. Michael Goodwin
HR1 regroupe dans un projet de loi de 791 pages toutes les mauvaises idées en matière d’organisation des élections qui ont fait de l’élection de 2020 un tel désastre, et inclut tous les plus ‘grands succès’ de 2020: l’envoi massif de bulletins de vote par correspondance, l’acceptation de bulletins de vote par correspondance reçus sans cachet de la poste, l’acceptation de bulletins de vote arrivant tardivement, la possibilité de voter dans des circonscriptions où vous ne vivez pas.  Il contient tellement de mauvaises idées qu’aucune publication ne dispose d’un espace satisfaisant pour les couvrir toutes. Le projet de loi d’accompagnement du Sénat, S.1, pourrait être encore pire. Ces projets de loi réorganisent les relations entre les États et le gouvernement fédéral. La Constitution suppose que les États réglementent leurs propres élections, mais la Constitution ajoute un gros «mais» dans ce qu’on appelle la clause électorale. La Constitution dit, « mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements. » Pendant plus de 200 ans, le Congrès a rarement utilisé ce pouvoir. Après tout, le pouvoir a été mis dans la Constitution uniquement pour empêcher les États d’étouffer le gouvernement fédéral en ne tenant jamais d’élections fédérales. Ne présumez pas que les projets de loi vont s’enliser toutes seules au cours du processus. On les a nommés H.R.1 et S.1 pour une raison. Les projets de loi sont la priorité absolue des Démocrates nouvellement habilités au Congrès. Insatisfait de l’efficacité du dernier mandat fédéral – la loi sur les électeurs automobiles de 1993 – H.R.1 fait fi de l’idée qu’un Américain devrait explicitement s’inscrire pour voter. En 2020, des États tels que le Nevada et le New Jersey ont envoyé des bulletins de vote par courrier à toute personne inscrite sur leurs listes d’inscription malgré des listes électorales pleines d’erreurs. La Public Interest Legal Foundation a documenté des milliers d’inscriptions non éligibles dans le seul Nevada qui ont reçu des bulletins de vote par correspondance. Certains ont été envoyés dans des terrains vagues, des mines abandonnées, des casinos et même des magasins d’alcools. Les États seraient également bloqués par H.R.1 des procédures de vérification de signature. H.R.1 truque le système pour toute action en justice contestant la constitutionnalité de la loi. Toutes les poursuites ne pourraient être déposées que devant un seul tribunal – le tribunal fédéral du district de Columbia. Et toute opposition devraiit être regroupée en un seul mémoire, un seul avocat étant en mesure d’en faire valoir le bien-fondé. Il accorde également une intervention automatique à tout législateur qui souhaite se joindre à la lutte contre la seule opposition. Il interdit aux États de procéder à la mise à jour des listes sur les listes électorales. Cela signifie que le bois mort et les enregistrements obsolètes s’empileraient. (…) L’enregistrement automatique universel des électeurs est, depuis des années, une priorité absolue de la gauche institutionnelle. En fait, H.R.1 supprimerait l’inscription réelle des électeurs et ferait plutôt des listes électorales simplement une copie de toute personne déjà inscrite sur une liste gouvernementale – comme les bénéficiaires de l’aide sociale et d’autres bénéficiaires des services sociaux. Les projets de loi s’étendraient bien au-delà des entités fédérales telles que l’Administration de la sécurité sociale, le ministère de la Défense, des douanes et de l’immigration et des éléments de la santé et des services sociaux. Naturellement, une base de données fédérale géante servirait de foyer à cette liste de personnes qui devraient être automatiquement inscrites pour voter, qu’elles le sachent ou non. Imaginez le nombre de bases de données gouvernementales dans lesquelles vos informations sont contenues. Vos noms et adresses correspondent-ils tous? La sécurité sociale sait-elle que vous avez quitté votre état de naissance? Vos noms de mariée et de jeune fille sont-ils différents? Avez-vous obtenu un permis de conduire avant d’obtenir la citoyenneté américaine? Vous pouvez voir les pièges. Une personne serait «inscrite» pour voter plusieurs fois, avec une légère variation dans les noms, et peut-être une plus grande variation dans les adresses de résidence. Faciliter l’inscription électorale grâce à l’inscription automatique à partir de listes gouvernementales peut sembler attrayant, jusqu’à ce que vous envisagiez le désastre du vote automatique universel comme nous l’avons vu en 2020. HR1 et S.1 obligeraient les États à systémtiser les bulletins de vote dans le courrier. Cela créerait du mou dans le système électoral. Les élections décentralisées par courrier introduisent une erreur en raison de listes remplies d’erreurs. Les bulletins de vote par la poste retardent les résultats, créent de l’incertitude et repoussent les élections dans les cuisines et les chambres à coucher où les responsables électoraux ne peuvent observer le processus de vote et ne peuvent protéger l’électeur de la coercition. H.R.1 prend les pires changements de règles d’urgence absolus de 2020 et les consacre en tant que loi fédérale. Finies les exigences relatives aux témoins d’État et aux notaires lors du processus de demande de vote par correspondance. Les États ne peuvent pas non plus édicter d’exigences d’identification de «quelque forme que ce soit» pour ceux qui demandent un bulletin. Cela signifie qu’il n’y a plus d’identification des électeurs en vertu de la loi fédérale. Pire encore, le projet de loi de 791 pages criminalise également (…) quiconque utilise les lois de contestation des États pour remettre en question l’éligibilité des inscrits. La peine peut aller jusqu’à un an de prison par exemple. Il interdit aux États de procéder à la mise à jour des listes électorales. Cela signifie que le bois mort et les enregistrements obsolètes vont s’empiler. (…) Et au cas où il n’était pas clair que HR1 prétendait démanteler le pouvoir de chaque État de tenir ses propres élections, le projet de loi indique clairement: (…) les lois de l’État qui ont le pouvoir constitutionnel de déterminer l’éligibilité au vote de ses résidents, seront soumis à une norme uniforme fédérale. Ce n’est pas tout. Dans tout le pays, les États devront accepter les bulletins de vote par correspondance plus de 10 jours après le jour du scrutin. Les États seront autorisés à ajouter du temps supplémentaire. Plus de jour d’élection. Ce sera la saison des élections, avec un mois de vote anticipé et des semaines de bulletins de vote arrivant et dépouillés. Et bien sûr, la collecte illimitée des bulletins de vote – l’aide d’un tiers pour remplir et rassembler les bulletins de vote, puis les déposer dans un bureau de vote ou un autre bureau désigné – est garantie. La désinformation, les manifestations, les émeutes et même la violence ont tous été des symptômes du traumatisme de 2020. Les groupes d’activistes et les responsables complices en 2020 ont transformé les tribunaux en armes pour transformer les lois de l’État en procédures électorales favorables à un parti en particulier. H.R.1 finirait le travail et fédéraliserait les politiques et les procédures électorales qui ont fait de 2020 un tel gâchis. (…) Il y a un mandat fédéral, adopté au 19e siècle, pour avoir un seul jour d’élection. Les bureaucrates de Washington chargés de faire appliquer cette loi ignorent cette loi. Les mandats fédéraux sont un cliquet politique à sens unique. Ils aident toujours un seul parti politique. La nation a déjà vu cette ligne de pensée. Comme Obamacare avant lui, H.R.1 fait passer notre République fédéraliste à un autre nouveau meilleur des systèmes qui prétend corriger des générations de torts structurels, tout en renforçant en même temps d’autres torts. Unifier les expériences américaines telles que se rassembler pour voter lors d’un seul jour d’élection, régi par des règles adoptées par les législateurs des États, eh bien, aux auteurs de H.R.1, c’est tout simplement démodé. J. Christian Adams
Joe Biden (…) descendant de migrants irlandais catholiques [et Kamala Harris] fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne (…) ont incarné le camp des minorités américaines, marquant une rupture nette avec le mandat de Donald Trump, accusé par certains démocrates d’être le président des suprémacistes blancs. Le plan a fonctionné, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus à la Maison-Blanche. Les Noirs américains ont voté pour eux à près de 90 %, les latinos à plus de 65 % et les Asiatiques à 63 %. Ils ont su s’en souvenir au moment de nommer leurs conseillers et les membres du gouvernement. Le Sénat, qui doit confirmer un à un les membres de la future équipe du président, n’aura jamais vu passer autant de candidats issus de minorités. Une ministre de l’Intérieur amérindienne, un ministre de la Défense noir, un patron de la Sécurité intérieure d’origine cubaine, un ministre des Transports homosexuel, une sous-secrétaire à la Santé transgenre… Chaque minorité à son représentant dans cette administration arc-en-ciel, symbole du creuset américain, de sa diversité et de sa richesse. Mais à vouloir servir tout le monde, on en oublie forcément quelques-uns. À tort ou à raison, les AAPI se sentent lésés. Derrière ce sigle sont regroupés les Américains ayant des origines asiatiques ou venant des îles du Pacifique (Asian Americans/Pacific Islanders). (…) Victimes de préjugés raciaux, les Asio-Américains estiment qu’ils sont mal représentés dans les sphères du pouvoir, en particulier dans le gouvernement Biden. C’est la sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, d’origine thaïlandaise, qui porte leur combat à Washington, bientôt rejointe par sa collègue de Hawaï, Mazie Hirono. Elles ont signifié à l’establishment démocrate leur refus de voter en faveur de tout nouveau prétendant qui ne serait pas asiatique. De quoi bloquer le processus de nomination au Sénat, puisque la chambre haute du Congrès est plus divisée que jamais depuis les élections de novembre 2020. Elle compte 50 élus démocrates et 50 républicains. Le camp Biden a besoin de faire le plein à chaque fois qu’il veut faire passer une loi ou qu’il souhaite faire valider la nomination d’un officiel. Quand la Maison-Blanche fait valoir aux deux sénatrices que la vice-présidente Kamala Harris est d’origine indienne par sa mère, leur réponse est cinglante. « C’est insultant ! Diraient-ils aux Afro-Américains que Kamala Harris est noire et qu’il n’y a pas besoin d’autres Afro-Américains au sein de l’administration ? » Elles tiennent bon et leur chantage va fonctionner. (…) Sur les 23 membres désignés du cabinet Biden – tous ne sont pas encore confirmés – un seul est d’origine asiatique à ce jour : Katherine Tai, représentante au Commerce, qui a grandi à Taïwan et dont les deux parents sont chinois. Un sur 23, soit environ 4,5 % du cabinet, un nombre assez proche des 5,5 % que les Asiatiques pèsent au sein de la population américaine. Insuffisant pour les leaders d’AAPI. Mais en nommant un nouveau membre d’origine asiatique, le président américain fera passer cette proportion à 18 %… Quelle autre minorité montera alors au créneau en s’estimant sous-représentée ? S’ils permettent de conforter chaque groupe, ces arrangements font peser un soupçon sur l’équipe Biden. Serait-elle davantage un casting politiquement correct qu’une équipe recrutée pour ses compétences ? Ironie de l’histoire, les Asio-Américains comptaient encore récemment sur une porte-drapeau dans l’équipe Biden. Neera Tanden, née de parents indiens, avait été désignée pour occuper la fonction importante de ministre du Budget. Mais d’anciens tweets polémiques retrouvés par la presse ont eu raison de sa candidature. Preuve qu’outre les origines ethniques, les opinions politiques comptent encore en Amérique. Julien Peyron
20 janvier 2021. Joe Biden prête serment et devient 46ème président des États-Unis. La scène est quasiment dépourvue de toute présence humaine. Les rues de Washington DC sont vides. Les habitants de la ville avaient été exhortés à rester chez eux et ceux du reste du pays s’étaient vus demander de ne pas venir. La ville est placée sous la protection de 25.000 membres de la Garde nationale, lourdement armés. De hautes barrières surmontées de barbelés entourent la zone du Capitole. Dans les rues que doit emprunter le défilé inaugural, des barrières séparent les trottoirs de la chaussée. Les seules personnes visibles le long des rues sont des hommes en uniforme portant des fusils. Un jour qui est en général un jour de fête aux États-Unis est, cette année, étrange et triste. L’explication donnée par les responsables de la ville et le FBI est qu’il y avait un risque de perturbation grave. Des inaugurations précédentes ont connu des risques de perturbation, mais la ville n’avait pas été mise en état de siège. Le 20 janvier 2017, lors de l’inauguration du président Donald J.Trump, des manifestants hostiles étaient venus à Washington DC, et avaient brûlé des voitures et brisé des vitres. La police avait protégé la cérémonie, sans barbelés ni soldats. Des centaines de milliers de personnes avaient pu venir applaudir le nouveau président. Le 6 janvier, répondant aux appels du président Trump, une foule immense s’était rassemblée à l’emplacement appelé l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Ceux venus écouter le discours de Trump l’avaient fait, puis étaient rentrés chez eux. Pendant que Trump parlait, des milliers de personnes étaient devant le Capitole, à 30 minutes à pied de ceux venus écouter Trump, et un groupe de gens bien organisés a brisé des fenêtres du bâtiment et y est entré. Il n’y a eu aucun saccage, et juste le vol de quelques objets. Une femme non armée a été tuée d’une balle dans la tête par un policier. Deux manifestants sont morts de crises cardiaques. Une personne est tombée au sol et a été piétinée. Un membre de la police du Capitole est décédé le lendemain, apparemment victime d’un accident vasculaire cérébral. Bien que l’incident ait été grave, il n’a ressemblé en rien aux scènes de pillage, aux incendies criminels et aux violences extrêmes qui ont eu lieu dans de nombreuses grandes villes du pays pendant l’été. La différence a été que ce qui s’est passé a touché de près la classe politique. L’incident a été unanimement condamné, y compris par Trump. Ceux qui étaient venus écouter Trump et ceux qui ont perpétré l’incident n’étaient pas les mêmes. Les premiers avaient exercé leurs droits constitutionnels de libre réunion; les seconds avaient commis des actes criminels. La police aurait pu procéder à des arrestations et la justice aurait pu être rendue. La page aurait été tournée. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Des incursions dans le Capitole ont eu lieu plusieurs fois dans le passé: le 1er mars 1954, des Américains d’origine portoricaine avaient tiré à l’arme à feu au sein du bâtiment, et blessé cinq membres du Congrès; le 1er mars 1971, des membres du mouvement radical Weather Underground y avaient placé une bombe ; le 7 novembre 1983, les membres d’un groupe se faisant appeler « l’unité de résistance armée » avaient également placé une bombe dans le bâtiment; le 6 octobre 2018, des personnes étaient venues protester contre le vote de confirmation du juge à la Cour suprême Brett Kavanaugh. Semblant ignorer tout cela, le 7 janvier, Joe Biden a décrit ce qui s’était passé la veille comme une « attaque » très grave et sans précédent: « Ce dont nous avons été témoins hier n’était pas un acte de désaccord. Ce n’était pas un acte de désordre. Ce n’était pas un acte de protestation. C’était un acte de chaos. Ceux qui étaient là n’étaient pas des manifestants. Ne les appelez pas manifestants. C’était une émeute. Une insurrection. Un acte de terrorisme intérieur. C’est fondamental, c’est aussi simple que cela.  » Les grands médias américains ont parlé d’une attaque contre la « citadelle de la démocratie » et du signal d’une « volonté de renverser la république ». Les partisans de Trump – dans leur ensemble – ont été décrits comme des personnes dangereuses. La contestation du résultat des élections du 3 novembre par Trump était déjà présentée depuis des semaines comme une tentative d’inverser le résultat d’une élection parfaitement valide et comme relevant du « grand mensonge ». L’incident a été décrit comme la « transformation des Etats-Unis en une zone de guerre ». Le 8 janvier, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir demandé au Président Trump de quitter « immédiatement et volontairement » ses fonctions avant l’investiture du président élu Biden, a lancé une procédure de destitution à son encontre. Insinuant que Trump était mentalement inapte, elle a annoncé qu’elle avait parlé au chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, « pour discuter des mesures de précaution disponibles permettant d’empêcher un président instable de déclencher des hostilités militaires ou d’accéder aux codes d’utilisation des armes nucléaires ». Sa demande, qui a enfreint la chaîne de commandement, a été décrite comme séditieuse. Le 13 janvier, violant toute procédure régulière, la Chambre des représentants a voté à la hâte un article de destitution accusant le président Trump d ‘ »incitation à l’insurrection ». Lors de son investiture le 20 janvier, tout en parlant d ‘ »unité », Joe Biden a fait écho aux propos qu’il avait employé le 7 janvier, et a parlé d' »une montée de l’extrémisme politique, de la suprématie blanche, du terrorisme intérieur que nous devons affronter, et que nous vaincrons. « . Depuis, l’administration Biden mène un combat contre ceux que Joe Biden a désignés comme tels. « Le président Biden », a dit très vite un communiqué de la Maison Blanche, « utilisera le Conseil de sécurité nationale pour traquer et combattre l’extrémisme politique et le terrorisme intérieur ». Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a donné un ordre de pause à l’ensemble de l’armée américaine pour que les officiers s’attaquent à « l’extrémisme » au sein des troupes. « Le suprémacisme blanc », a annoncé John Kirby, principal porte-parole du Pentagone, « pose un problème particulier » à l’armée américaine. Au Sénat, la procédure de destitution contre Trump s’est poursuivie. Les responsables officiels de la mise en accusation ont décrit les événements du 6 janvier comme une « insurrection armée » qui a menacé la vie de représentants du peuple. Ils ont décrit de prétendus « crimes et délits graves » – sans preuves et témoins, bien sûr – et ont déclaré que c’était là le résultat direct du discours de Trump le 6 janvier, et le résultat aussi de sa contestation du résultat de l’élection – qu’ils ont présentée comme une « incitation à la violence ». Ils ont ainsi laissé de coté le fait que les résultats des élections présidentielles sont contestés depuis des décennies sans que cela semble inadmissible. Ils ont également affirmé que les événements du 6 janvier avaient fait cinq morts, et n’ont pas dit qu’un seul décès – celui d’Ashli ​​Babbitt, une manifestante abattue par un policier – pouvait être directement lié à l’événement. Les avocats de Trump n’ont eu aucun mal à réfuter les accusations énoncées. Ils ont rappelé que Trump avait demandé aux gens venus l’écouter le 6 janvier de se rassembler « pacifiquement et patriotiquement » et que le discours qu’il avait prononcé était pleinement protégé par le premier amendement. Ils ont présenté des preuves montrant que ceux qui avaient initié l’irruption dans le Capitole avaient préparé leur action pendant des semaines et avaient agi pendant que Trump parlait encore. Ils ont montré qu’ il n’existait aucune relation de cause à effet entre le discours de Trump du 6 janvier et ce qui s’est passé au Capitole. Ils ont souligné que la procédure de destitution avait été menée en violation de la Constitution, et que le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, avait refusé de superviser la procédure. Ils ont dit que Trump ayant quitté ses fonctions, il n’était plus au moment de la procédure le président Trump, mais seulement le citoyen Trump, et ils ont demandé si les États-Unis voulaient vraiment commencer à « destituer » leurs citoyens. Ils ont souligné que les éléments de « preuve » présentés étaient une fois de plus (comme dans l’affaire de la « pseudo collusion avec la Russie ») des éléments falsifiés. Ils ont affirmé que ce qui s’était passé n’était pas une insurrection – action définie comme une action violente et organisée visant à renverser le pouvoir établi, et rappelé qu’aucun de ceux qui ont pénétré dans le Capitole n’était armé. Sans surprise, Trump a été acquitté. L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits. (…) Les appels à des purges politiques se poursuivent. L’organisation de gauche MoveOn.org a lancé une campagne contre ce qu’elle appelle le « Caucus de la trahison » et demande que des sénateurs, qu’elle décrit comme « complices de l’insurrection meurtrière lancée par Trump », soient expulsés du Congrès. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi – tentant apparemment de créer une équivalence entre le 11 septembre 2001, la pire attaque terroriste subie par les États-Unis et les événements du 6 janvier, et tentant aussi, semble-t-il, d’inciter à supprimer la liberté d’expression – a annoncé que le Congrès allait créer une commission du type de celle créée concernant l’attaque du 11 septembre. Un membre du Comité national démocrate, David. O. Atkins, a demandé, « comment serait-il possible de déprogrammer 75 millions de personnes? Par où commencer? » et « Nous devons commencer à penser à ce qui a été fait en Allemagne ou au Japon après la guerre. » « Les suprémacistes blancs », a déclaré le président Biden, « sont la plus grande menace terroriste intérieure aux États-Unis. Le problème est complexe, il est vaste et il est réel. » Le journaliste Kyle Daly, dans un article intitulé « Comment déprogrammer les extrémistes américains », décrit une mesure qui, à ses yeux, « pourrait faire la différence: empêcher les extrémistes d’entrer dans les institutions où ils pourraient faire le plus de dégâts – l’armée, les services de police et les législatures… Les États-Unis ont besoin d’un plan Marshall contre l’extrémisme intérieur.  » Le journaliste Kevin Roose, du New York Times, dans un article appelé « Comment l’administration Biden peut contribuer à résoudre la crise dans laquelle nous sommes », a proposé ce qui ressemble à la création du « Ministère de la vérité » décrit dans le 1984 de George Orwell: « Plusieurs experts avec lesquels j’ai parlé ont recommandé que l’administration Biden mette sur pied un groupe de travail interinstitutions pour lutter contre la désinformation et l’extrémisme intérieur, qui serait dirigé par une sorte de ‘tsar de la réalité ‘. » Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. (…) Dans un long article publié par Time Magazine, « L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé l’élection de 2020″, Molly Ball, correspondante politique nationale de la publication, démontre en détail qu’une coterie très bien financée, composée de gens puissants, venus de secteurs et de courants d’idées différents, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations  » a agi, et elle ajoute que l’action de cette coterie « a touché tous les aspects de l’élection « , y compris les lois électorales, et a constitué une coalition juridique qui est parvenue à modifier les lois et les systèmes électoraux « . Ball, également auteur d’une biographie extrêmement élogieuse de Nancy Pelosi – qu’elle décrit comme une « icône de la résistance » à Trump – a affirmé que le but de la coterie n’était pas de truquer l’élection, mais de la « fortifier « . Les organisations qui ont ravagé les grandes villes américaines pendant l’été, ajoute-t-elle, ont été utilisées par la coterie: « la gauche contrôlait en réalité les activités de groupes tels Antifa, Black Lives Matter ». Dans un autre article, elle a écrit que ce qui a été fait consistait à « sauver la démocratie » et elle dit, donc, que l’utilisation de moyens non démocratiques pour fausser une élection démocratique « sauve » la démocratie. (…) Des opérations ont été menées pour détruire et nier la légitimité de la présidence de Trump et ont été enclenchées avant même qu’il soit élu, ainsi l’opération « Crossfire Hurricane », et les abus du recours à la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Dix-neuf minutes après son investiture, le Washington Post a publié un article intitulé « La campagne pour destituer le président Trump a commencé ». Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État. Trump a été ensuite accusé de « mettre en danger la sécurité du pays », sur la base d’une conversation téléphonique anodine avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour que l’accusation paraisse plausible, l’un de ses accusateurs a dû réinventer la conversation. La première tentative de destitution qui a suivi a été décrite, à juste titre, comme une « parodie de justice » et comme « l’équivalent des procès-spectacle menés sous Staline ». Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue. Une large partie des grands médias américains ont cessé d’être des médias d’information et sont devenus des organes militants anti-Trump. La diffusion de fausses nouvelles a valu au New York Times et au Washington Post de recevoir le prix Pulitzer. Quand, pendant l’été 2020, des émeutes destructrices ont eu lieu, et que Trump a évoqué le recours à l’armée pour rétablir l’ordre et protéger les biens et les personnes, ses opposants politiques l’ont comparé à Hitler et à Goebbels, se sont indignés et ont défendu les émeutiers en disant qu’ils étaient essentiellement des « manifestants pacifiques » agissant au nom des griefs légitimes. Ces gens ont apparemment oublié que la loi sur l’insurrection invoquée par Trump avait été invoquée dejà par d’autres présidents, ainsi George H.W. Bush en 1992, qui avait répondu à la demande d’aide du gouverneur de Californie Pete Wilson confronté aux émeutes de Los Angeles. Plusieurs mois avant les élections de 2020, les opposants politiques de Trump ont étrangement anticipé sa défaite et l’ont accusé – par avance, et là encore sans aucune preuve – de se préparer à enfreindre la loi. Nancy Pelosi, suggérant que Trump ne quitterait pas la Maison Blanche, a laissé entendre qu’il serait nécessaire de recourir à une « fumigation ». Joe Biden a prédit que l’armée interviendrait. « Je suis », a-t-il dit, « absolument convaincu qu’ils l’escorteront avec diligence hors de la Maison Blanche « . Les racines de ce qui se passe présentement sont, en fait, plus anciennes. (…) Ce courant s’est inspiré aussi des écrits des principaux penseurs de ce qu’on appelle aux Etats-Unis la « théorie française »: Jacques Derrida et Michel Foucault. Derrida parlait de « déconstruction », et en particulier de la déconstruction de l’idée de vérité. Foucault a défini les structures de pouvoir existantes comme des formes d’oppression, à abolir. (…) Avant son élection, le président Trump avait promis de « drainer le marécage » – qui avait effectivement besoin d’être drainé. Les habitants du marécage l’ont vu comme une menace pour leurs projets. Faire tomber Trump à tout prix et reprendre le pouvoir est devenu un impératif pour eux. Ils ont utilisé tous les moyens à leur disposition – et ils ont atteint leur objectif. Dans les premières semaines de sa présidence, Biden a signé une série de décrets, dont certains violent la Constitution et la Déclaration des droits, et qui ont réduit des milliers de gens au chômage, et aidé la Russie et la Chine. La Chambre des représentants et le Sénat n’ont pas été consultés. 74 millions d’Américains respectueux des lois sont décrits comme des terroristes et des racistes qui ont besoin d’être « rééduqués », et la tolérance pour des idées différentes est clairement en train de disparaître. Des appels sont lancés que soient fermées des chaines de télévision qui offrent une version différente de « la vérité ». La première proposition de loi présentée à la Chambre des représentants pour 2021, HR1, ou la loi « pour le peuple », a été adoptée par la Chambre le 5 mars. (…) Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes électorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. (…)  Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre. Le président Biden a présenté un projet de loi de réforme de l’immigration. Ce projet a été décrit comme un moyen de laisser entrer des étrangers traversant illégalement la frontière américaine, de légaliser leur présence et de les faire accéder à la nationalité, et comme un instrument destiné à tenter de créer une majorité permanente unipartite.  (…) L’une des premières décisions de Biden a été de dissoudre la Commission de 1776, qui avait été créée pour « revenir aux idées fondatrices énoncées dans la Déclaration d’indépendance ». Le projet 1619, qui décrit les États-Unis comme fondés sur l’esclavage, « structurellement racistes », et donc illégitimes, a été critiqué par d’éminents historiens pour son manque total de respect des faits fondamentaux. Bien qu’il soit une distorsion de l’histoire, et ignore totalement ce que l’Amérique a fait de positif, il est désormais enseigné aux enfants dans les écoles publiques et leur apprend dès lors à haïr leur pays. Guy Millière
Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux. Que reste-t-il de leurs valeurs lorsque, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grands coups de ‘race blanche? Cette droite n’a plus grand chose de républicain. Claude Bartolone (candidat PS aux régionales d’Ile de France, 2015)
Cette charte, pourquoi on a fait cette charte ? Parce qu’elle est engageante. L’idée, ce n’est pas de mettre sa signature, c’est de dire comment on s’engage pour l’égalité femme-homme, pour la lutte contre l’homophobie. Est-ce que ça veut dire que dans les prêches, on considérera que deux hommes ont le droit de s’aimer, de se marier, que deux femmes ont le droit de s’aimer, de se marier, comme le disent les lois de la République française? C’est cela que dit cette Charte. Marlène Schiappa
Il y a une explosion des actes antisémites, mais aussi homophobes. Ce sont deux catégories de la population soupçonnées d’être riches. (…) Il y a une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes, qui s’unissent de fait dans ce combat. Il y a des slogans de La Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues. (…) Les slogans et l’agressivité de la “manif pour tous” ont nourri la recrudescence de violences homophobes : + 64 % l’année dernière. L’homophobie se nourrit des messages de haine proférés par La Manif pour tous. Marlène Schiappa
Il y a tout un pan de cette loi qui vise à protéger la liberté de conscience et lutter contre les dérives sectaires. Par exemple, les certificats de virginité, il y a de plus en plus de famille qui sont influencées par les courants évangélistes venant des Etats-Unis, qui demandent, comme aux Etats-Unis, des certificats de virginité. Marlène Schiappa (France 3)
Nous avons rappelé le principe d’égalité entre tous les êtres humains (…) et nous avons clairement dit que cela impliquait le refus de toute discrimination liée à l’homosexualité. Cette charte est notre affaire et je dénie à un ministre la capacité de dicter les prêches des imams. Que resterait-il de la liberté de religion ? Que resterait-il de la laïcité ? Et puis, il y a une grande différence entre refuser toute discrimination notamment pour un motif d’orientation sexuelle et adhérer au mariage homosexuel. Comme les autres religions monothéistes, l’islam ne reconnaît le mariage qu’entre les personnes de sexe différent. Aucune autorité publique ou politique ne peut dicter une doctrine religieuse. Chems-eddine Hafiz (recteur de la mosquée de Paris)
Le chemin est long en tant que femme noire, le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société, oubliée de la culture. Le chemin est long et sinueux, mais on va y arriver. Ça mettra dix ans, ça mettra quinze ans, on ne veut pas nous laisser prendre l’ascenseur, il n’y a pas de souci, on est endurant, on va prendre les escaliers. C’était important de faire cette victoire avec vous, d’être avec des personnes qui me ressemblent, qui sont comme moi, qui m’entendent et qui me comprennent, qui comprennent ma colère. Ma colère qui est légitime, notre colère est légitime, et j’aimerais que ce soir toute la France l’entende. Yseult Onguinet
Nous, les personnes faisant partie des minorités, des personnes racisées, on est dans un délire de devoir quelque chose à la France, mais qu’est-ce que l’on doit en fait ? On leur a pris la dignité, le respect, l’empathie. On est des êtres humains, on a un cœur, je suis une citoyenne à part entière.  Ca me casse les couilles de devoir en permanence être redevable, d’être moi-même dans l’empathie de personnes non-racisées alors que ça devrait être le contraire. Qu’on arrête de nous  chier dessus. Yseult
Au moment de recevoir sa récompense de révélation féminine de l’année samedi 13 février, lors de la 36ème cérémonie des Victoires de la musique, la chanteuse Yseult se lance, sans surprise, dans un discours engagé. La jeune artiste se vit en effet comme l’un des porte-étendard de la lutte contre les discriminations. (…) Épaulée par ses « sœurs » Adèle Haenel, Assa Traoré et Aïssa Maïga, la chanteuse reprend à son compte le vocabulaire et les notions utilisés par le mouvement intersectionnel. Yseult est « woke », éveillée aux enjeux d’une société qui opprimerait systématiquement ses minorités. Si on pardonnera volontiers cette candeur à une chanteuse dont le débat d’idées n’est pas le métier, la sortie d’Yseult aux Victoires de la musique, même pour un spectateur n’ignorant rien de la réalité des phénomènes racistes, sexistes et discriminants, mérite tout de même qu’on s’y attarde. Notamment compte tenu de ses états de service : ancienne finaliste de la Nouvelle Star signée chez Universal, fondatrice de son propre label après le four de son premier album, compositrice pour Jenifer et Chimène Badi, première partie d’Angèle et, finalement, lauréate à 26 ans d’une première Victoire de la musique. On a vu pire chemin de croix. Si bien que, sans minimiser les difficultés qu’elle a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle la camarade Yseult. Ni de souligner que son militantisme dans l’ère du temps, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ». Force est de constater qu’il existe une disjonction entre le discours victimaire qui jalonne la carrière d’Yseult d’une part, et son succès au sein de l’industrie musicale d’autre part. Industrie à ce point oppressive et raciste qu’elle a nommé – peut-être pour se donner bonne conscience – trois femmes noires aux Victoires de la musique : Aya Nakamura, Lous and the Yakuza et Yseult. On nous rétorquera que Nakamura et Lous sont les exceptions, qu’Yseult a raison de s’engager en faveur de ceux que le racisme et le sexisme priveraient de carrière. Certes, mais à l’heure où le récit de soi et la mise en scène de sa singularité sont devenus des dimensions incontournables de la communication d’un artiste, c’est bien de sa personne dont parle constamment Yseult. Dès 2015, cette dernière imputait sa défaite en finale du télé-crochet Nouvelle Star à la société, plutôt qu’au talent de son adversaire ou à ses propres défauts : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement », expliquait-elle. (…) Mais est-ce encore la société qui impose ce regard sur elle-même à Yseult, ou est-ce Yseult qui se présente au monde à travers ce prisme ? (…) Que la chanteuse ait souffert du regard des autres, comme tant et tant d’adolescents, est une première chose. Qu’Yseult ait subi le racisme, la grossophobie et le sexisme, c’en est une deuxième. C’est à elle de le dire, de la manière la plus circonstanciée possible, étant donnée la gravité des faits. Il y a toutefois une troisième dimension dans ses propos, directement déduite des deux précédentes : l’idée, pourtant démentie par l’expérience, selon laquelle « on ne v[oudrait] pas nous laisser prendre l’ascenseur » – comprendre : parce que « nous » sommes femmes, noires ou grosses. C’est ainsi que le décalage entre le parcours d’Yseult et le discours « woke » qu’elle porte maladroitement se révèle cruellement : alors qu’il n’y a de vérité que celle du « je » aux yeux de certains militants, la jeune femme, bien qu’elle se décrive en « oubliée de la culture », n’a pas vraiment de quoi se plaindre personnellement en terme d’intégration sociale. (…) « Je pense qu’il faut aussi reconnaître ses privilèges, et au-delà de ses privilèges, faut aussi aider ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges », concluait Yseult, reprenant à son compte une notion selon laquelle ceux qui bénéficient d’une situation normale dans un Etat de droit – ne pas subir de discrimination en raison de son sexe ou de sa couleur de peau – jouiraient d’un avantage indu. On pourrait toutefois inviter la chanteuse à faire son propre examen de conscience, en la renvoyant au point aveugle de l’immense majorité de ses prises de parole publique : les inégalités économiques. Eh oui, revoilà la lutte des classes. Et Yseult se classe indéniablement du côté des dominés. Fille d’un cadre supérieur chez Land Rover, Yseult a passé sa scolarité dans le privé, à Agen. « Matériellement, je n’ai pas à me plaindre, mon père gagnait beaucoup d’argent. On changeait de voiture tous les deux jours, on me conduisait à la maternelle en Mercedes. Ma mère s’achetait des sacs griffés », racontait-elle en 2015 dans un entretien au magazine suisse Femina. Une enfance plus que confortable, marqué par des voyages en Jamaïque, aux Etats-Unis, en Indonésie, ou encore à Cuba. Louis Nadau
Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, écrivait Corneille. Pourtant, Yseult aura étrangement patienté sept longues années, depuis sa participation au télécrochet Nouvelle Star avant d’être opportunément (re)découverte par l’industrie musicale qui vient de la sacrer « révélation féminine » aux victoires de la musique. Pour enfin percer dans le monde de la musique, Yseult a fait de la victimisation son cheval de bataille. Éternelle victime, Yseult est le parfait exemple de ceux qui se vautrent dans la complainte victimaire permanente dans laquelle l’autre est la source exclusive de tous leurs problèmes. Finaliste malheureuse de la Nouvelle Star 2014, Yseult se plaignait (déjà) de l’impossibilité de s’épanouir face à un public qui ne l’acceptait pas. Quand un artiste ne reçoit pas les hommages d’un public, il dispose de deux options : chercher son public ailleurs ou se remettre en question. Mais Yseult a choisi, comme tant d’autres, la carte racialiste et victimaire pour expliquer sa défaite en finale : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement ». Ce qu’elle présentait comme un regret et un handicap en 2014 devient soudain une force et une fierté en 2021. Yseult avait trouvé son crédo : la chanson servirait d’alibi à son militantisme, et son militantisme servirait de faire-valoir à ses chansons. Pourtant, elle avait déjà tout faux. Etre une femme noire n’a jamais empêché le talent de Whitney Houston d’être reconnu, ni Dee Dee Bridgewater, Billie Holiday ou Nina Simone de briller en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis. Etre une femme noire et obèse n’a jamais interdit à Ella Fitzgerald, Ruby Wilson ou Ruth Brown, la Queen du R&B, d’être aimé par un large public. Valeurs actuelles
Si c’est un groupe de travail consacré aux discriminations dont sont l’objet les personnes noires ou métisses (…) Moi, je ne dis pas qu’il faille que ça soit interdit. Mais si il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, etc, etc, j’aurais tendance à dire qu’il n’est pas question de le ou la jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire, d’être spectatrice ou spectateur silencieux. Audrey Pulvar (adjointe à la mairie de Paris, candidate aux élections régionales d’Ile de France)
Une tuerie s’est déroulée mi-mars 2021 dans un supermarché à Boulder dans le Colorado (États-unis),10 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. Les médias de grand chemin se jettent-ils sur l’occasion pour informer en fonction des faits ? Ou pour les déformer ? Sur les premières images, le tueur interpellé est blanc. Le massacre de 10 civils se transforme instantanément en un procès de l’homme blanc armé d’un fusil AR-15. Plusieurs personnalités politiques s’en donnent à cœur joie pour faire de la récupération. Et puis… Dans un premier temps, le meurtrier est blessé à la jambe puis interpellé par la police qui l’emmène. Toutes les caméras ne retiennent alors plus qu’une seule chose : le tueur est blanc. C’est l’information principale que décident de relayer plusieurs grands médias tels que RTL, 20 Minutes ou le Huffington Post et d’autres encore. Dès lors, Twitter va se déchaîner. Avalanche de tweets haineux pour dénoncer la violence de l’homme blanc. Meena Harris, la nièce de Kamala Harris (vice-présidente des États-Unis) tweetait « Violent white men are the greatest terrorist threat to our country » (les hommes blancs violents sont la plus grande menace terroriste pour notre pays). Elle a par la suite rapidement supprimé son tweet. Un journaliste de l’AFP du service « vérification des faits » avait également tweeté « He was only apprehended and not chocked or shot to death because he was not brown, black or muslim” (il a été appréhendé et non tué parce qu’il n’était pas brun, noir ou musulman). Beaucoup d’autres tweets ont relayé que le tueur était un homme blanc et que s’il n’a pas été immédiatement abattu par la police c’était en vertu de sa couleur de peau. Quelques jours plus tôt, en Géorgie, avait eu lieu une autre tuerie où un meurtrier blanc avait pris pour cible des femmes asiatiques dans leur salon de massage. Toute la presse avait crié au racisme mais le coupable, manifestement dérangé, déclarait qu’il souffrait « d’addiction sexuelle » et qu’il voyait ces salons de massage comme une tentation à éliminer. Certains médias surfent sur cette vague pour relancer la machine avec ce nouvel évènement macabre. Problème : le tueur est en réalité un Syrien musulman âgé de 21ans, anti-Trump, Ahmad Al Aliwi Alissa. L’information est tombée comme un coup de tonnerre et a forcé quelques personnalités à réagir par rapport à ce qu’elles avaient d’abord dénoncé. À titre d’exemple, la militante et écrivain américaine (Amy Siskind — sur Twitter) qui avait participé à la première vague de désinformation a déclaré, en apprenant le nom et la religion du tueur, qu’il ne fallait pas répandre cette nouvelle, ne pas lui faire de publicité. La publicité n’est en effet autorisée que si elle va dans le bon sens. Beaucoup d’autres ont simplement arrêté de tweeter à ce sujet lorsqu’ils ne se sont pas simplement enfoncés dans le mensonge. (…) Le président des États-Unis, Joe Biden, s’est exprimé en appelant le congrès à agir « maintenant » pour limiter la circulation des armes à feu dans le pays. Biden sait bien qu’il n’a pas de majorité pour changer quoi que ce soit à ce sujet, il est douteux qu’il fasse mieux que ses prédécesseurs, mais il est de bon ton de dénoncer le peuple qui pourrait oser prendre la responsabilité de sa propre défense. In fine, une information passe à la trappe au milieu de ce pugilat médiatique : les dix victimes de cet odieux carnage sont tous des blancs. Observatoire du journalisme
None of them mentioned that he killed two white people as well — a weird thing for a white supremacist to do — and injured a Latino. None pointed out that the connection between the spas was that the killer had visited them. None explained why, if he were associating Asian people with Covid19, he would nonetheless expose himself to the virus by having sex with them, or regard these spas as “safer” than other ways to have quick sex. They didn’t because, in their worldview, they didn’t need to. What you see here is social justice ideology insisting, as Dean Baquet temporarily explained, that intent doesn’t matter. What matters is impact. The individual killer is in some ways irrelevant. His intentions are not material. He is merely a vehicle for the structural oppressive forces critical theorists believe in. And this “story” is what the media elites decided to concentrate on: the thing that, so far as we know, didn’t happen. We don’t know all the nuances of this case. Again, we shouldn’t take a killer’s confession at face value. Or his roommates’ memories. We may yet be surprised by some other factor — including perhaps anti-Asian bias that has so far been missing. (One rumor aired in Korean media, but unconfirmed anywhere else, is that the killer conveniently cried “I want to kill all Asians!” before the murder spree.) But notice how CRT operates. The only evidence it needs it already has. Check out the identity of the victim or victims, check out the identity of the culprit, and it’s all you need to know. If the victims are white, they don’t really count. Everything in America is driven by white supremacist hate of some sort or other. You can jam any fact, any phenomenon, into this rubric in order to explain it. The only complexity the CRT crowd will admit is multiple, “intersectional” forms of oppression: so this case is about misogyny and white supremacy. The one thing they cannot see are unique individual human beings, driven by a vast range of human emotions, committing crimes with distinctive psychological profiles, from a variety of motives, including prejudices, but far, far more complicated than that. There’s a reason for this shift. Treating the individual as unique, granting him or her rights, defending the presumption of innocence, relying on provable, objective evidence: these core liberal principles are precisely what critical theory aims to deconstruct. And the elite media is in the vanguard of this war on liberalism. This isn’t in any way to deny increasing bias against Asian-Americans. It’s real and it’s awful. Asians are targeted by elite leftists, who actively discriminate against them in higher education, and attempt to dismantle the merit-based schools where Asian-American students succeed — precisely and only because too many Asians are attending. And Asian-Americans are also often targeted by envious or opportunistic criminal non-whites in their neighborhoods. The more Asian-Americans succeed, the deeper the envy and hostility that can be directed toward them. The National Crime Victimization Survey notes that “the rate of violent crime committed against Asians increased from 8.2 to 16.2 per 1000 persons age 12 or older from 2015 to 2018.” Hate crimes? “Hate crime incidents against Asian Americans had an annual rate of increase of approximately 12% from 2012 to 2014. Although there was a temporary decrease from 2014 to 2015, anti-Asian bias crimes had increased again from 2015 to 2018.” Asians are different from other groups in this respect. “Comparing with Black and Hispanic victims, Asian Americans have relatively higher chance to be victimized by non-White offenders (25.5% vs. 1.0% for African Americans and 18.9% for Hispanics). … Asian Americans have higher risk to be persecuted by strangers … are less likely to be offended in their residence … and are more likely to be targeted at school/college.” Of those committing violence against Asians, you discover that 24 percent such attacks are committed by whites; 24 percent are committed by fellow Asians; 7 percent by Hispanics; and 27.5 percent by African-Americans. Do the Kendi math, and you can see why Kendi’s “White Supremacist domestic terror” is not that useful a term for describing anti-Asian violence. But what about hate crimes specifically? In general, the group disproportionately most likely to commit hate crimes in the US are African-Americans. At 13 percent of the population, African Americans commit 23.9 percent of hate crimes. But hate specifically against Asian-Americans in the era of Trump and Covid? Solid numbers are not yet available for 2020, which is the year that matters here. There’s data, from 1994 to 2014, that finds little racial skew among those committing anti-Asian hate crimes. Hostility comes from every other community pretty equally. The best data I’ve found for 2020, the salient period for this discussion, are provisional data on complaints and arrests for hate crimes against Asians in New York City, one of two cities which seem to have been most affected. They record 20 such arrests in 2020. Of those 20 offenders, 11 were African-American, two Black-Hispanic, two white, and five white Hispanics. Of the black offenders, a majority were women. The bulk happened last March, and they petered out soon after. If you drill down on some recent incidents in the news in California, and get past the media gloss to the actual mugshots, you also find as many black as white offenders. This doesn’t prove much either, of course. Anti-Asian bias, like all biases, can infect anyone of any race, and the sample size is small and in one place. But it sure complicates the “white supremacy” case that the mainstream media simply assert as fact. And, given the headlines, the other thing missing is a little perspective. Here’s a word cloud of the victims of hate crimes in NYC in 2020. You can see that anti-Asian hate crimes are dwarfed by those against Jews, and many other minorities. And when you hear about a 150 percent rise in one year, it’s worth noting that this means a total of 122 such incidents in a country of 330 million, of which 19 million are Asian. Even if we bring this number up to more than 3,000 incidents from unreported and far less grave cases, including “shunning”, it’s small in an aggregate sense. A 50 percent increase in San Francisco from 2019 – 2020, for example, means the number of actual crimes went from 6 to 9. Is it worse than ever? No. 2020 saw 122 such hate incidents. In 1996, the number was 350. Many incidents go unreported, of course, and hideous comments, slurs and abuse don’t count as hate “crimes” as such. But the theory behind hate crimes law is that these crimes matter more because they terrify so many beyond the actual victim. And so it seems to me that the media’s primary role in cases like these is providing some data and perspective on what’s actually happening, to allay irrational fear. Instead they contribute to the distortion by breathlessly hyping one incident without a single provable link to any go this — and scare the bejeezus out of people unnecessarily. The media is supposed to subject easy, convenient rush-to-judgment narratives to ruthless empirical testing. Now, for purely ideological reasons, they are rushing to promote ready-made narratives, which actually point away from the empirical facts. To run sixteen separate pieces on anti-Asian white supremacist misogynist hate based on one possibly completely unrelated incident is not journalism. It’s fanning irrational fear in the cause of ideological indoctrination. And it appears to be where all elite media is headed. » Andrew Sullivan
La croyance en un monde meilleur motive les luttes et les programmes des partis, révolutions et régimes politiques depuis trois siècles. (…) Au stade actuel du « politiquement correct » à l’américaine, les éveillés du mouvement Woke ne s’en doutent pas, mais leur combat s’inscrit dans ce que les spécialistes appellent augustinisme politique (saint Augustin doit se retourner dans sa tombe) : on observe en effet le même genre de comportement, vertueux et vindicatif, chaque fois que des croyants entreprennent d’instaurer ici-bas, sinon la cité de Dieu augustinienne, tout au moins une cité purifiée du mal radical qui affecte la cité des hommes vouée au démon (l’homme blanc, en l’occurrence). (…) Ladite croyance a motivé les « luttes » et les « programmes » des partis, révolutions et régimes politiques qui se sont succédé depuis lors en Occident et dans le reste du monde – étant entendu que le « bien » ou le « juste » visé par l’un ou l’autre ne sont pas les mêmes (ceux des démocraties libérales ne sont pas ceux des régimes totalitaires). Exacerbé par la passion et le ressentiment contre le pécheur originel (blanc), et viralisée par les réseaux sociaux, le mouvement Woke serait comme une caricature finale de ce mouvement général (…) Un monde meilleur, « changer la vie », engendrer un « homme nouveau … ces choses-là sont plutôt, en effet, affaire de religion, fût-ce dans un monde moderne qui se croit affranchi de la religion, sécularisé, laïque… alors qu’il est encore tout imprégné d’une religiosité qui motive encore et toujours le projet d’instaurer le Bien, fût-ce par la guerre, la conquête et la violence quand les prêches et le catéchisme ne suffisent pas… (…) L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous ! Paul Soriano

Mensonges sur l’origine d’un bilan vaccinal lancé en fait par son prédécesseur, mensonges sur l’origine de la crise migratoire actuelle à la frontière mexicaine (plus de 42% d’appréhensions par rapport à 2019) , antisèches, nombre de journalistes – pandémie oblige – limité à 25, liste et photos de journalistes à interroger, nombre de questions limité à 20, refus de répondre aux dernières questions, projets liberticides de supprimer le vote qualifié au Sénat et d’entériner la levée de tous les garde-fous qui apermis …

Au lendemain d’une première et longuement attendue conférence de presse du nouveau président américain …

Qui a vu malgré les antisèches apparentes, les mensonges éhontés et les pénibles bafouillages …

Nos journalistes si pointilleux sur ces quatre dernières années …

Rivaliser de complaisance pour saluer les « premiers pas réussis » …

D’un président qui après le holdup du siècle que l’on sait …

Se voit protégé tant par des médias traditionnels aux ordres et l’implacable censure des plateformes numériques pour ses adversaires …

Que sous prétexte d’une menace terroriste intérieure inventée de toutes pièces

Par une véritable armée de soldats en arme et les barbelés qui vont avec dans une capitale littéralement bunkerisée …

Tandis qu’à l’instar d’un Musulman d’origine syrienne qui abat des clients d’un supermarché

Et contre toutes les statistiques qui montrent la sur-représentation des noirs dans les crimes de haine en général et contre les Asiatiques en particulier …

L’auteur d’une fusillade qui tue non seulement deux blancs et un latino, mais s’avère être un client régulier des spas asiatiques pour un « sexe plus sûr  » est présenté comme un suprémaciste blanc anti-asiatique

Alors qu’à l’instar d’une Administration Biden désormais otage de ses minorités

A la fois, inversant totalement l’ancien rêve du pasteur King, par la couleur de peau…

Mais aussi par les opinions (correctement) politiques …

Nos nouveaux damnés de la terre atteignent, à travers à présent l’ensemble de l’Occident, des sommets dans la geignerie communautaire …

Et dans le vomissement du nouveau bouc émissaire que constitue l‘Homme blanc

Pendant que nos gouvernants prétendent à présent dicter les prêches de nos églises …

Ou réduire au silence les paroles dont la couleur ne leur reviendrait pas …

Comment ne pas voir …

Non sans inquiétude …

Dans ce nouveau meilleur des mondes et cette nouvelle post-vérité qui vont apparemment désormais nous tenir lieu de réalité…

L’avènement à la tête même du Monde libre …

Et bientôt de proche en proche à l’ensemble de nos démocraties …

Prophétisé par Chesterton il y a plus d’un siècle …

A l’image de la fameuse bête de notre Pascal national …

Ou de celle, avec ses cornes d’agneau et sa parole de dragon, de l’Apocalypse ….

De ce « monde moderne rempli d’idées chrétiennes devenues folles » ?

« Le mouvement woke, dernière croisade : et si on arrêtait enfin de rendre le monde meilleur ? »
Paul Soriano
Marianne
26/03/2021

« L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… » explique, par la médiologie, Paul Soriano.

La croyance en un monde meilleur motive les luttes et les programmes des partis, révolutions et régimes politiques depuis trois siècles. Au vu du bilan, l’état du monde suggère d’en finir avec l’empire du Bien pour en revenir au seul bien des nations : la vertu civique, tendue vers la paix civile. Une Realpolitik, intégralement « laïque », à l’égard des croyances religieuses avouées ou clandestines (les idéologies).

Au stade actuel du « politiquement correct » à l’américaine, les éveillés du mouvement Woke ne s’en doutent pas, mais leur combat s’inscrit dans ce que les spécialistes appellent augustinisme politique (saint Augustin doit se retourner dans sa tombe) : on observe en effet le même genre de comportement, vertueux et vindicatif, chaque fois que des croyants entreprennent d’instaurer ici-bas, sinon la cité de Dieu augustinienne, tout au moins une cité purifiée du mal radical qui affecte la cité des hommes vouée au démon (l’homme blanc, en l’occurrence). Ce fut le cas au XVIe siècle dans la Genève de Calvin et en Allemagne, pendant la Guerre des paysans, ou un peu plus tard, en Amérique. Entre autres…

Au XVIIIe siècle, c’est dans toute l’Europe que des hommes éclairés se sont mis à croire en un monde meilleur gouverné par la Raison et tendu vers le Progrès, et ont assigné cet objectif au politique ; car ce siècle de la Raison est aussi le siècle de la Morale : comme dans la philosophie de Kant, la raison « pratique » (morale) suit de près la raison pure. Auparavant on entendait plus modestement gouverner par le sens commun, tendu vers le bien commun, raisonnablement plutôt que rationnellement.

Lutte contre le péché l’originel

Ladite croyance a motivé les « luttes » et les « programmes » des partis, révolutions et régimes politiques qui se sont succédé depuis lors en Occident et dans le reste du monde – étant entendu que le « bien » ou le « juste » visé par l’un ou l’autre ne sont pas les mêmes (ceux des démocraties libérales ne sont pas ceux des régimes totalitaires). Exacerbé par la passion et le ressentiment contre le pécheur originel (blanc), et viralisée par les réseaux sociaux, le mouvement Woke serait comme une caricature finale de ce mouvement général : il a le mérite de nous éclairer sur nous-mêmes et sur le bilan de trois siècles de « progrès », deux guerres mondiales, des « crimes contre l’humanité », et des tyrannies comme on n’en avait jamais connu…

Les premiers penseurs de la politique la définissent pour leur part comme une activité destinée à assurer la pérennité de la cité et, à cette fin, la paix civile, face aux divisions qui résultent de la diversité des opinions et des intérêts ; ils ne se préoccupent nullement d’instaurer le règne de la vertu, sinon de la seule vertu civique, requise par ladite paix civile. Cette définition n’est pas amorale, mais elle vise le bien commun plutôt que le Bien (majuscule), et s’inspire du sens commun plutôt que de la Raison (majuscule… L’idée saugrenue de convertir le reste du monde lui est étrangère.

C’est le christianisme qui va tout changer, au risque de subordonner la politique à la morale, le pouvoir temporel au pouvoir spirituel, inventant du même coup la « théocratie », absente de la liste des régimes politiques recensés par Aristote.

Un monde meilleur, « changer la vie », engendrer un « homme nouveau … ces choses-là sont plutôt, en effet, affaire de religion, fût-ce dans un monde moderne qui se croit affranchi de la religion, sécularisé, laïque… alors qu’il est encore tout imprégné d’une religiosité qui motive encore et toujours le projet d’instaurer le Bien, fût-ce par la guerre, la conquête et la violence quand les prêches et le catéchisme ne suffisent pas…

L’Empire du Bien

En d’autres termes, alors que la politique selon les Anciens est « laïque » par définition (et n’a donc pas besoin de mot pour le dire), nos libres penseurs fanatisés (radicalisés ?) vont devoir inventer une « laïcité » sur mesure qui ne guette que les signes extérieurs (la croix, le voile, etc.) et ne voit donc pas mais cette religion intériorisée qui vous possède inconsciemment, en dépit des exorcismes critiques ou psychanalytiques ; d’où les difficultés d’application, notamment dans nos vertueuses républiques.

L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous !

La bonne nouvelle, peut-être, c’est que la décomposition accélérée du théologico-politique, la fin de la « fin l’histoire » entendue comme conversion définitive du monde aux « valeurs occidentales », pourrait annoncer un retour de la politique à l’ancienne, la politique tout court, dans un monde multipolaire, où la notion même d’Occident n’aurait plus cours, un monde toujours conflictuel mais assurément moins « fanatique ».

Après la funeste mondialisation, l’inter-national sera enfin le genre humain !

Voir aussi:

Ingraham: Biden press conference a continuation of campaign strategy to protect from tough questions

‘Team Biden will never tell us the truth about the border’

Fox News host Laura Ingraham opened her show « The Ingraham Angle » on Thursday reacting to President Biden’s news conference performance and the White House’s efforts to protect him from tough questioning.

INGRAHAM: The White House used the excuse of COVID, of course, to limit the number of reporters in attendance — never mind that they could have held the event outside in the Rose Garden, wouldn’t have had to worry about any of that. And of course Biden’s handlers didn’t dare open the president up to a question from our own Peter Doocy. So this is basically a continuation of Biden’s basement strategy on the campaign trail — limit the off the cuff interactions, keep him on note cards, stay away from numbers unless scripted.  

Ingraham also slammed Biden for his continued lack of transparency on the immigration crisis at the southern border.

INGRAHAM: The American people deserve the truth about what’s happening at the border and they also deserve a clear-eyed assessment from the Biden administration on how they’re going to handle this going forward. But the events of today confirmed that Team Biden will never tell us the truth about the border and that the massive flow of humanity entering our country will not stop until Republicans beat Democrats like a drum in 2022.  

Voir également:

Biden lies, and the media doesn’t question it

Three big things stood out in President Biden’s first press conference.

 

1. The leader of the free world is often lost at sea and says many things that are blatantly false.

2. The media is in the tank and cannot be trusted to hold him accountable.

3. Because of Nos. 1 and 2, America is headed for serious trouble.

For this sickening spectacle we had to wait 64 days?

Still, the event was meaningful in one distressing way. Now we know beyond all doubt there is no way to deny the terrifying truth.

This was Biden’s coming out party, and the nation faces a mess that will only grow worse with time. The man who campaigned on unity is hell-bent on permanent polarization, meaning cancel culture and the supercharged racial climate are here to stay.

Biden gave license to the worst instincts on the left with his repeated sneering references to all Republicans and especially Donald Trump. At one point, he actually accused Trump of letting immigrant children “starve to death on the other side” of the Mexican border.

He said it in a room full of 30 supposed journalists and not a single one challenged him or even asked whether he meant it literally. In fact, not a single one challenged him on any of his falsehoods.

Nor did anyone ask him why he read from prepared talking points during answers to three questions on foreign policy. No recent president has felt the need to do that.

There also were moments when he talked himself into dead ends, yet there were no questions about when he would release the health reports he’s been hiding.

Regarding his agenda, a report that Biden sees himself as the new FDR gives credence to the idea that he’s all in for every big, crazy idea left-wing Dems can cook up.

The Green New Deal, open borders, removing voting safeguards, endless tax hikes, statehood for DC — they’re all on track and bound for glory. The only obstacle is the Senate filibuster, which requires 60 votes to pass legislation, but Biden left no doubt he would be willing to do away with it.

“I want to get things done,” he said.

Each piece of his party’s planned utopia is unprecedentedly radical in its own way, but not nearly radical enough for the media. Their performance was pathetic not just in what questions they asked and didn’t ask, but how they asked them. The dominant theme was that Biden and his team are not moving fast enough to turn America upside down and inside out.

Why don’t you, when will you, why haven’t you? Over and over, the aim was not to ask a question but to speed up an agenda.

Naturally, this was the complete opposite of the way some of the same people behaved during the Trump presidency. Then the questions were outraged expressions that aimed at stopping the administration. Now they are pleas aimed at pushing this one forward faster.

As such, the 10 people Biden called on generally followed the script laid out in the Washington Post and elsewhere. Columnist Margaret Sullivan had warned reporters not to try to “show how tough” they were being on Biden to please “Trump allies.” She even downplayed the border crisis, suggesting it was getting too much attention.

It got the most attention Thursday, but only in ways that reinforced the idea that it is the milk of human compassion to invite Central Americans to make the long trek north. Violence is rampant and coyotes, human traffickers and the cartels are making a mint, but not a peep about that from the president or his media helpers.

Nor was there any hint that perhaps stricter enforcement was compassionate to Americans in border towns and taxpayers everywhere. Instead, the underlying assumption seemed to be that any suffering experienced by migrants once they got to the border was proof of heartlessness and had to be remedied as quickly as possible.

As for the pandemic, apparently it’s no longer a problem. Pictures showing migrants crowded together in cages and reports that many are released despite testing positive for COVID never came up. No sense spoiling the good vibes.

The facts of illegal immigration are fairly simple. Trump campaigned on the issue and after false starts and despite unified Democratic opposition, eventually stitched together a series of policies and actions that stemmed the tide. He built large sections of wall, deported criminal aliens and struck an agreement with Mexico that those making asylum claims would have to wait in Mexico.

It is also a fact that Biden blew up each of those pillars, yet now claims he inherited a mess. Strangely, he also insisted that the numbers surging now “happens every single, solitary year. Nothing has changed.”

He’s either misinformed or lying. Record numbers of arrivals are being reported daily, and NBC recently called the crossings the highest in 20 years.

Again, Biden was not challenged.

The final proof that the press has abdicated its role was clinched when the president refused to say when he would allow more media access to the border detention facilities. He said it would have to wait until his team got its new programs working.

If Trump had said that, the sky would have fallen and democracy would be declared dead. But when Biden says it, the media rolls over.

So add transparency to the list of things that don’t matter anymore.

Voir de même:

Men Looking for Work Drive Surge in Illegal Crossings at the U.S. Border

Most of those apprehended are men in search of jobs, with the pandemic easing in the U.S. and fewer opportunities at home

Juan Montes and Alicia J. Caldwell

The surge in illegal immigration across the southern U.S. border is shaping up to be the biggest in 20 years. Unlike migrant surges in 2019 and 2014, which were predominantly made up of Central American families and unaccompanied children, so far this one is being driven by individual adults.

Most of the migrants are Mexicans, often men in search of work with the pandemic easing and the U.S. economy set to boom. Apprehensions at the southern border totaled 382,000 from the beginning of the fiscal year in October through February, up 42% compared to the same period of 2019—a year that saw the highest number of apprehensions since 2007. In 2020, the influx of migrants plummeted due to the pandemic.

Migrants detained at the Mexican border

Single adults account for 82% of the apprehensions so far this fiscal year, according to U.S. Customs and Border Protection data. Some 60% of all single adults apprehended were Mexicans. Border patrol agents say the majority of single adults they catch are men, entering to look for work such as picking fruits and vegetables, roofing and dishwashing.

The influx of children arriving alone at the border has captured broad attention. While apprehensions of mostly Central American families and unaccompanied minors have grown in the past few months, their numbers overall are still much smaller than those of adults.

The number of families caught trying to cross the border rose to 39,000 during the first five months of this fiscal year, from just over 37,000 during the same period in 2020. During the same period in 2019, more than 136,000 families were arrested at the border.

Some are camping out at the border in hopes that the Biden administration will soon allow them the chance to come into the U.S. legally.

José Antonio Cruz had lived in the U.S. illegally for 18 years before he was deported after being detained for speeding in 2018. He left his hometown in central Mexico last week in hopes of crossing the border in coming weeks and restarting his small construction business in Texas.

“The economy is going to reactivate very quickly in the U.S. They are already reopening, so it is a very good moment to be there,” Mr. Cruz, 41, said by telephone from a Catholic shelter in northern Mexico.

It’s unclear how many people are making it into the U.S. by crossing the border illegally. Estimates compared with how many are apprehended vary widely. A 2017 Homeland Security report estimated that between 55% to 85% of immigrants crossing the border illegally in 2016 were apprehended.

During the past seven days, border officials estimated that about 6,500 people evaded detection while entering the U.S., according to a person familiar with the government’s internal estimates. A week ago, border agents had recently averaged about 5,000 arrests a day, according to internal Homeland Security documents reviewed by The Wall Street Journal.

Migrants and immigration analysts offer several explanations for this year’s surge. The U.S. is hiring after a long and brutal pandemic, while Mexico lost some 2.4 million jobs last year.

Additionally, some migrants say there is a widespread perception that it’s become easier—and more inviting—to enter the U.S. under President Biden than under former President Donald Trump.

“Expectations were created that with the government of President Biden there would be a better treatment of migrants,” Mexican President Andrés Manuel López Obrador said at his daily press conference on Tuesday. “And this has caused Central American migrants, and also from our country, wanting to cross the border thinking that it is easier to do so.”

The Department of Homeland Security said in a statement, “There is no change in policy: the border remains closed. Families and single adults are being expelled under Title 42 and should not attempt to cross illegally.” The department added that some families will be released into the U.S. if Mexico doesn’t accept their return and there is no bed space available at Immigration and Customs Enforcement facilities.

Title 42 refers to a public-health law used by the Trump administration at the beginning of the pandemic to turn nearly all single adults back at the border rather than detaining or formally deporting them. That makes it easier to try to cross again—leading to another factor in the increase.

The Biden administration has curtailed many of the Trump administration’s enforcement policies focused on those already in the U.S. Immigration and Customs Enforcement officers and agents have been told to focus their resources on recent border crossers, serious criminals and those who pose a threat to national security or public safety.

The pandemic and stay-at-home policies throughout the region have created pent-up demand to migrate, said Theresa Cardinal Brown, director of immigration and cross-border policy at the Bipartisan Policy Center, a Washington think tank. She said the factors that cause people to migrate, such as poverty, have only gotten worse during the pandemic.

“The policies at the border have come and gone and changed, but the migrants keep coming,” she said.

Adrián Cahun, who came to the U.S. illegally and worked in San Francisco restaurants as a dishwasher and bartender for six years before returning to his rural hometown of Oxkutzcab in 2008, said he plans to again cross the border as soon as the pandemic ends.

“If there’s a recovery in the U.S., it’s easier to go there and find work,” said Mr. Cahun. He had saved enough money while he was in the U.S. to build a house and open a cafeteria in Oxkutzcab. With few affluent customers there, he said, he closed the cafeteria a few years ago. He currently works filling shelves at a supermarket.

“Many were afraid of Trump and most didn’t want to try to cross the border,” he added. “But now many here are thinking of emigrating to the U.S.”

Last March, as the pandemic took hold, the Trump administration invoked a 1944 public-health law, Title 42, to immediately expel any migrant caught crossing the border back to Mexico without processing them at cramped detention facilities, where Covid could spread.

The change, particularly for single adult males, marked a departure from border policies under former presidents since George W. Bush.

Before the 2000s, most Mexicans caught at the border had been allowed to return home with little consequence, and other migrants were typically allowed into the U.S. with orders to report back to immigration authorities later.

Then the U.S. started formally deporting most migrants caught at the border. In some Border Patrol sectors, adult crossers were charged with a criminal offense and often spent weeks or months in jail before being deported. Any further attempt to cross could result in more jail time in the U.S.

During the Obama administration, migrants from Mexico were often sent to border cities far from where they had been caught, or flown to the interior of Mexico. Migrants from countries other than Mexico were often flown back home.

Under Title 42, nearly all single adult migrants remain at the border after being turned away. Many try to re-enter. The percentage of migrants caught at the border who had already been caught once grew to nearly 40% during the past six months, compared with 7% in 2019.

“That’s the wonderful thing now. You have the opportunity to bat again and again. That’s better for us,” said Lucio Portillo, a 44-year-old Honduran migrant who is now in Mexico planning to cross to the U.S. in search of work.

Sara Abdala, who manages a shelter in Altar, a migrant hub some 70 miles from the Arizona border, said she knew a Honduran migrant who recently tried six times in two weeks until he managed to enter the U.S. without being detected.

“The town has come back to life in recent months after it was almost empty during the pandemic. The business of migration has become hot again,” she said.

Victor Manjarrez, a former chief patrol agent in both El Paso and Tucson, said reports from the border remind him of his days patrolling southern Arizona in the early 2000s, when that sector was the border’s busiest. The majority of illegal border crossers then were single adults from Mexico.

“There isn’t that idea of an impact, of a consequence,” said Mr. Manjarrez, now an associate director at the University of Texas and El Paso’s Center for Law & Human Behavior. “That’s what I would be telling my troops—that consequences work.”

The Biden administration hasn’t announced plans for the fate of Title 42. The American Civil Liberties Union has sued the government, arguing the practice illegally blocks migrants from asking for asylum or other protections in the U.S. Both sides are trying to negotiate a settlement.

The Biden administration had initially followed the Trump administration approach of returning families caught at the border back to Mexico, too. But that changed after Mexico’s government, at the request of Unicef, barred the practice of holding the children and families at Mexican federal detention centers, handing them over instead to a family welfare agency that has far less capacity.

Though some families are still being returned to Mexico, most are being released into the U.S., where federal law prohibits families with children from being held more than about 20 days. Space in family detention centers has been limited because of the pandemic, though Immigration and Customs Enforcement announced this week a new $86.9 million contract for about 1,200 beds.

Acting ICE Director Tae D. Johnson said in a statement that the contract includes money for Covid-19 testing and other health screenings.

Most released migrants are given orders to return to an immigration court at a later date and face possible deportation. But because the flow of families has increased in recent weeks, border agents in the Rio Grande Valley are now releasing some families with children age 6 or younger without a court date, leaving them effectively free to move within the U.S.

Analysts often describe factors that “pull” migrants north—such as a strong U.S. economy or lax U.S. immigration enforcement—and “push” factors that drive them out of their own countries, such as poverty and violence.

Illegal immigration from Mexico to the U.S. peaked in 2001 at an estimated 1.6 million, after years of steady growth, according to Border Patrol statistics. But migration began to slow under a combination of stricter border enforcement, a more stable Mexican economy and demographic changes in Mexico that meant fewer younger males entering the workforce every year.

Now, not only is the U.S. economy expected to grow about 6% to 7% this year, but Mexico’s economy is also in particularly bad shape amid the pandemic. The country’s economy contracted about 8% last year. Mexico’s populist president has implemented the smallest stimulus of any major developing economy.

While the U.S. has vaccinated roughly a third of its population, Mexico has inoculated under 5%, which means the pandemic is likely to last far longer.

Illegal border crossings by adult males are often an indicator of a U.S. economic recovery. Over the past three decades, links between communities in Mexico and the U.S. have strengthened through networks of relatives and acquaintances who have emigrated from rural villages. So when a restaurant in San Francisco is hiring, word gets back quickly to Mexico.

Friends and relatives in the U.S. provide lodging to newcomers and help finance the $10,000 that coyotes currently charge for a trip that is likely to cross the Sonoran Desert, which stretches from Mexico through Arizona and California.

Some who settled in the U.S. decades ago and were deported are also trying to reunite with their families.

That includes Mr. Cruz, who said his wife and American-born 9-year-old daughter are waiting for him in San Antonio. He said he has been in regular contact with a dozen relatives in Texas, some of them undocumented, who have encouraged him to come. Two young cousins have recently been hired at a local restaurant after being unemployed for months, he said. A 55-year-old brother-in-law was vaccinated last week and has restarted his work at a shopping mall in Dallas.

He said migration to the U.S. won’t ever change unless Mexico develops economically.

“Your work doesn’t yield much in Mexico,” he said. “In the U.S. you work hard, but you see the benefits quickly. That’s why I want to return.”

Voir de même:

Une tempête sur la République américaine
Guy Millière
Gatestone institute
26 mars 2021
Traduction du texte original: A Storm Over the American Republic

    • L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits.
    • Le droit de contester et de critiquer, qui est partie intégrante de la liberté de parole garantie par le premier amendement, semble sérieusement menacé. Le droit de se défendre contre des accusations semble lui aussi menacé, et la profession d’avocat devenir dangereuse à exercer.
    • Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. L’économiste américain Peter Navarro, à titre privé, a rédigé trois analyses minutieuses de ce qui s’est passé: « La tromperie immaculee », « L’art du vol » et « Le rapport Navarro ». Ces analyses ont été décrites comme absurdes, douteuses, et discréditées –de manière sans aucun doute arbitraire.
    • Certains analystes décrivent ce qui se passe comme un glissement vers l’autoritarisme. Ils notent que de nombreux Américains, tout en se comportant, eux, d’une manière de plus en plus autoritaire, accusent leurs adversaires de se comporter de manière autoritaire – et blâment donc leurs adversaires pour ce dont ils sont eux-mêmes coupables.
    • Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État.
    • Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue.
    • Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes electorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. Comme le concluait un rapport bipartisan de 2005 établi par la Commission fédérale de réforme électorale, présidée par l’ancien président Jimmy Carter et l’ancien secrétaire d’État James Baker III: les bulletins de vote par correspondance « restent la principale source de fraude électorale potentielle ». Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre.

20 janvier 2021. Joe Biden prête serment et devient 46ème président des États-Unis. La scène est quasiment dépourvue de toute présence humaine. Les rues de Washington DC sont vides. Les habitants de la ville avaient été exhortés à rester chez eux et ceux du reste du pays s’étaient vus demander de ne pas venir. La ville est placée sous la protection de 25.000 membres de la Garde nationale, lourdement armés. De hautes barrières surmontées de barbelés entourent la zone du Capitole. Dans les rues que doit emprunter le défilé inaugural, des barrières séparent les trottoirs de la chaussée. Les seules personnes visibles le long des rues sont des hommes en uniforme portant des fusils. Un jour qui est en général un jour de fête aux États-Unis est, cette année, étrange et triste.

L’explication donnée par les responsables de la ville et le FBI est qu’il y avait un risque de perturbation grave. Des inaugurations précédentes ont connu des risques de perturbation, mais la ville n’avait pas été mise en état de siège. Le 20 janvier 2017, lors de l’inauguration du président Donald J.Trump, des manifestants hostiles étaient venus à Washington DC, et avaient brûlé des voitures et brisé des vitres. La police avait protégé la cérémonie, sans barbelés ni soldats. Des centaines de milliers de personnes avaient pu venir applaudir le nouveau président.

Le 6 janvier, répondant aux appels du président Trump, une foule immense s’était rassemblée à l’emplacement appelé l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Ceux venus écouter le discours de Trump l’avaient fait, puis étaient rentrés chez eux.

Pendant que Trump parlait, des milliers de personnes étaient devant le Capitole, à 30 minutes à pied de ceux venus écouter Trump, et un groupe de gens bien organisés a brisé des fenêtres du bâtiment et y est entré. Il n’y a eu aucun saccage, et juste le vol de quelques objets. Une femme non armée a été tuée d’une balle dans la tête par un policier. Deux manifestants sont morts de crises cardiaques. Une personne est tombée au sol et a été piétinée. Un membre de la police du Capitole est décédé le lendemain, apparemment victime d’un accident vasculaire cérébral.

Bien que l’incident ait été grave, il n’a ressemblé en rien aux scènes de pillage, aux incendies criminels et aux violences extrêmes qui ont eu lieu dans de nombreuses grandes villes du pays pendant l’été. La différence a été que ce qui s’est passé a touché de près la classe politique.

L’incident a été unanimement condamné, y compris par Trump.

Ceux qui étaient venus écouter Trump et ceux qui ont perpétré l’incident n’étaient pas les mêmes. Les premiers avaient exercé leurs droits constitutionnels de libre réunion; les seconds avaient commis des actes criminels.

La police aurait pu procéder à des arrestations et la justice aurait pu être rendue. La page aurait été tournée. Ce n’est pas ce qui s’est passé.

Des incursions dans le Capitole ont eu lieu plusieurs fois dans le passé: le 1er mars 1954, des Américains d’origine portoricaine avaient tiré à l’arme à feu au sein du bâtiment, et blessé cinq membres du Congrès; le 1er mars 1971, des membres du mouvement radical Weather Underground y avaient placé une bombe ; le 7 novembre 1983, les membres d’un groupe se faisant appeler « l’unité de résistance armée » avaient également placé une bombe dans le bâtiment; le 6 octobre 2018, des personnes étaient venues protester contre le vote de confirmation du juge à la Cour suprême Brett Kavanaugh. Semblant ignorer tout cela, le 7 janvier, Joe Biden a décrit ce qui s’était passé la veille comme une « attaque » très grave et sans précédent:

« Ce dont nous avons été témoins hier n’était pas un acte de désaccord. Ce n’était pas un acte de désordre. Ce n’était pas un acte de protestation. C’était un acte de chaos. Ceux qui étaient là n’étaient pas des manifestants. Ne les appelez pas manifestants. C’était une émeute. Une insurrection. Un acte de terrorisme interieur. C’est fondamental, c’est aussi simple que cela. « 

Les grands médias américains ont parlé d’une attaque contre la « citadelle de la démocratie » et du signal d’une « volonté de renverser la républiqe ». Les partisans de Trump – dans leur ensemble – ont été décrits comme des personnes dangereuses. La contestation du résultat des élections du 3 novembre par Trump était déjà présentée depuis des semaines comme une tentative d‘inverser le résultat d’une élection parfaitement valide et comme relevant du « grand mensonge« . L’incident a été décrit comme la « transformation des Etats-Unis en une zone de guerre ».

Le 8 janvier, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir demandé au Président Trump de quitter « immédiatement et volontairement » ses fonctions avant l’investiture du président élu Biden, a lancé une procédure de destitution à son encontre. Insinuant que Trump était mentalement inapte, elle a annoncé qu’elle avait parlé au chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, « pour discuter des mesures de précaution disponibles permettant d’empêcher un président instable de déclencher des hostilités militaires ou d’accéder aux codes d’utilisation des armes nucléaires ». Sa demande, qui a enfreint la chaîne de commandement, a été décrite comme séditieuse. Le 13 janvier, violant toute procédure régulière, la Chambre des représentants a voté à la hâte un article de destitution accusant le président Trump d ‘ »incitation à l’insurrection ».

Lors de son investiture le 20 janvier, tout en parlant d ‘ »unité », Joe Biden a fait écho aux propos qu’il avait employé le 7 janvier, et a parlé d' »une montée de l’extrémisme politique, de la suprématie blanche, du terrorisme intérieur que nous devons affronter, et que nous vaincrons. « .

Depuis, l’administration Biden mène un combat contre ceux que Joe Biden a désignés comme tels. « Le président Biden », a dit très vite un communiqué de la Maison Blanche, « utilisera le Conseil de sécurité nationale pour traquer et combattre l’extrémisme politique et le terrorisme intérieur ».

Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a donné un ordre de pause à l’ensemble de l’armée américaine pour que les officiers s’attaquent à « l’extrémisme » au sein des troupes. « Le suprémacisme blanc », a annoncé John Kirby, principal porte-parole du Pentagone, « pose un problème particulier » à l’armée américaine.

Au Sénat, la procédure de destitution contre Trump s’est poursuivie. Les responsables officiels de la mise en accusation ont décrit les événements du 6 janvier comme une « insurrection armée » qui a menacé la vie de représentants du peuple. Ils ont décrit de prétendus « crimes et délits graves » – sans preuves et témoins, bien sûr – et ont déclaré que c’était là le résultat direct du discours de Trump le 6 janvier, et le résultat aussi de sa contestation du résultat de l’élection – qu’ils ont présentée comme une « incitation à la violence ». Ils ont ainsi laissé de coté le fait que les résultats des élections présidentielles sont contestés depuis des décennies sans que cela semble inadmissible.

Ils ont également affirmé que les événements du 6 janvier avaient fait cinq morts, et n’ont pas dit qu’un seul décès – celui d’Ashli ​​Babbitt, une manifestante abattue par un policier – pouvait être directement lié à l’événement.

Les avocats de Trump n’ont eu aucun mal à réfuter les accusations énoncées. Ils ont rappelé que Trump avait demandé aux gens venus l’écouter le 6 janvier de se rassembler « pacifiquement et patriotiquement » et que le discours qu’il avait prononcé était pleinement protégé par le premier amendement. Ils ont présenté des preuves montrant que ceux qui avaient initié l’irruption dans le Capitole avaient préparé leur action pendant des semaines et avaient agi pendant que Trump parlait encore. Ils ont montré qu’ il n’existait aucune relation de cause à effet entre le discours de Trump du 6 janvier et ce qui s’est passé au Capitole.

Ils ont souligné que la procédure de destitution avait été menée en violation de la Constitution, et que le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, avait refusé de superviser la procédure. Ils ont dit que Trump ayant quitté ses fonctions, il n’était plus au moment de la procédure le président Trump, mais seulement le citoyen Trump, et ils ont demandé si les États-Unis voulaient vraiment commencer à « destituer » leurs citoyens. Ils ont souligné que les éléments de « preuve » présentés étaient une fois de plus (comme dans l’affaire de la « pseudo collusion avec la Russie ») des éléments falsifiés.

Ils ont affirmé que ce qui s’était passé n’était pas une insurrection – action définie comme une action violente et organisée visant à renverser le pouvoir établi, et rappelé qu’aucun de ceux qui ont pénétré dans le Capitole n’était armé.

Sans surprise, Trump a été acquitté.

L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits (ici, ici et ici).

Les actions contre le prétendu « extrémisme intérieur » et le « terrorisme intérieur » – autrement dit les 74 millions de personnes soutenant Trump – se poursuivent. Et les personnes qualifiées d' »extrémistes » et de « terroristes » font face à des menaces constantes. Les avocats de la défense de Trump ont reçu des menaces. Michael van der Veen, par exemple, a déclaré qu’il avait dû engager des gardes du corps armés et envoyer sa famille dans un lieu inconnu. Sa maison a été vandalisée.

Le droit de contester et de critiquer, qui est partie intégrante de la liberté de parole garantie par le premier amendement, semble sérieusement menacé. Le droit de se défendre contre des accusations semble lui aussi menace, et la profession d’avocat devenir dangereuse à exercer.

Les appels à des purges politiques se poursuivent. L’organisation de gauche MoveOn.org a lancé une campagne contre ce qu’elle appelle le « Caucus de la trahison » et demande que des sénateurs, qu’elle décrit comme « complices de l’insurrection meurtrière lancée par Trump », soient expulsés du Congrès. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi – tentant apparemment de créer une équivalence entre le 11 septembre 2001, la pire attaque terroriste subie par les États-Unis et les événements du 6 janvier, et tentant aussi, semble-t-il, d’inciter à supprimer la liberté d’expression – a annoncé que le Congrès allait créer une commission du type de celle créée concernant l’attaque du 11 septembre.

Un membre du Comité national démocrate, David. O. Atkins, a demandé, « comment serait-il possible de déprogrammer 75 millions de personnes? Par où commencer? » et « Nous devons commencer à penser à ce qui a été fait en Allemagne ou au Japon après la guerre. »

« Les suprémacistes blancs », a déclaré le président Biden, « sont la plus grande menace terroriste intérieure aux États-Unis. Le problème est complexe, il est vaste et il est réel. »

Le journaliste Kyle Daly, dans un article intitulé « Comment déprogrammer les extrémistes américains », décrit une mesure qui, à ses yeux, « pourrait faire la différence: empêcher les extrémistes d’entrer dans les institutions où ils pourraient faire le plus de dégâts – l’armée, les services de police et les législatures… Les États-Unis ont besoin d’un plan Marshall contre l’extrémisme intérieur.  »

Le journaliste Kevin Roose, du New York Times, dans un article appelé « Comment l’administration Biden peut contribuer à résoudre la crise dans laquelle nous sommes », a proposé ce qui ressemble à la création du « Ministère de la vérité » décrit dans le 1984 de George Orwell:

« Plusieurs experts avec lesquels j’ai parlé ont recommandé que l’administration Biden mette sur pied un groupe de travail interinstitutions pour lutter contre la désinformation et l’extrémisme intérieur, qui serait dirigé par une sorte de ‘tsar de la réalité ‘. »

Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. L’économiste américain Peter Navarro, à titre privé, a rédigé trois analyses minutieuses de ce qui s’est passé: « La tromperie immaculée« , « L’art du vol » et « Le rapport Navarro« . Ces analyses ont décrites comme absurdes, douteuses, et discréditées –de manière sans aucun doute arbitraire (voir ici, ici et ici).

Dans un long article publié par Time Magazine, « L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé l’élection de 2020″, Molly Ball, correspondante politique nationale de la publication, démontre en détail qu’une coterie très bien financée, composée de gens puissants, venus de secteurs et de courants d’idées différents, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations  » a agi, et elle ajoute que l’action de cette coterie « a touché tous les aspects de l’élection « , y compris les lois électorales, et a constitué une coalition juridique qui est parvenue à modifier les lois et les systèmes électoraux « .

Ball, également auteur d’une biographie extrêmement élogieuse de Nancy Pelosi – qu’elle décrit comme une « icône de la résistance » à Trump – a affirmé que le but de la coterie n’était pas de truquer l’élection, mais de la « fortifier « .

Les organisations qui ont ravagé les grandes villes américaines pendant l’été, ajoute-t-elle, ont été utilisées par la coterie: « la gauche contrôlait en réalité les activités de groupes tels Antifa, Black Lives Matter ». Dans un autre article, elle a écrit que ce qui a été fait consistait à « sauver la démocratie » et elle dit, donc, que l’utilisation de moyens non démocratiques pour fausser une élection démocratique « sauve » la démocratie.

Une dérive inquiétante semble éloigner les États-Unis des institutions qui en ont fait une république et de ce que l’on peut attendre d’une démocratie digne de ce nom. Certains analystes décrivent ce qui se passe comme un glissement vers l’autoritarisme. Ils notent que de nombreux Américains, tout en se comportant, eux, d’une manière de plus en plus autoritaire, accusent leurs adversaires de se comporter de manière autoritaire – et blâment donc leurs adversaires pour ce dont ils sont eux-mêmes coupables.

Des opérations ont été menées pour détruire et nier la légitimité de la présidence de Trump et ont été enclenchées avant même qu’il soit élu, ainsi l’opération « Crossfire Hurricane« , et les abus du recours à la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Dix-neuf minutes après son investiture, le Washington Post a publié un article intitulé « La campagne pour destituer le président Trump a commencé ».

Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État.

Trump a été ensuite accusé de « mettre en danger la sécurité du pays », sur la base d’une conversation téléphonique anodine avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour que l’accusation paraisse plausible, l’un de ses accusateurs a dû réinventer la conversation. La première tentative de destitution qui a suivi a été décrite, à juste titre, comme une « parodie de justice » et comme « l’équivalent des procès-spectacle menés sous Staline ».

Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue.

Une large partie des grands médias américains ont cessé d’être des médias d’information et sont devenus des organes militants anti-Trump. La diffusion de fausses nouvelles a valu au New York Times et au Washington Post de recevoir le prix Pulitzer.

Quand, pendant l’été 2020, des émeutes destructrices ont eu lieu, et que Trump a évoqué le recours à l’armée pour rétablir l’ordre et protéger les biens et les personnes, ses opposants politiques l’ont comparé à Hitler et à Goebbels, se sont indignés et ont défendu les émeutiers en disant qu’ils étaient essentiellement des « manifestants pacifiques » agissant au nom des griefs légitimes. Ces gens ont apparemment oublié que la loi sur l’insurrection invoquée par Trump avait été invoquée dejà par d’autres présidents, ainsi George H.W. Bush en 1992, qui avait répondu à la demande d’aide du gouverneur de Californie Pete Wilson confronté aux émeutes de Los Angeles.

Plusieurs mois avant les élections de 2020, les opposants politiques de Trump ont étrangement anticipé sa défaite et l’ont accusé – par avance, et là encore sans aucune preuve – de se préparer à enfreindre la loi. Nancy Pelosi, suggérant que Trump ne quitterait pas la Maison Blanche, a laissé entendre qu’il serait nécessaire de recourir à une « fumigation« . Joe Biden a prédit que l’armée interviendrait. « Je suis », a-t-il dit, « absolument convaincu qu’ils l’escorteront avec diligence hors de la Maison Blanche « .

Les racines de ce qui se passe présentement sont, en fait, plus anciennes.

Le Parti communiste américain n’a jamais réussi à obtenir une large influence politique. Il a semblé gagner du terrain après la Seconde Guerre mondiale, mais a été écrasé dans les années 1950, après que soit découvert le fait que certains de ses membres avaient espionné le pays pour l’Union soviétique.

Un courant politique a pris forme dans les années 1960 et a recouru à une stratégie définie par un activiste allemand, Rudi Dutschke – disciple du marxiste italien Antonio Gramsci – comme « la longue marche à travers les institutions ». Comme l’a écrit l’essayiste Roger Kimball, ce courant s’est progressivement emparé du secteur des sciences humaines dans les universités, puis s’est répandu dans tout le système éducatif, le secteur de la culture, les grands médias, puis la sphère politique.

Il s’est inspiré des écrits du philosophe Herbert Marcuse, qui parlait de la nécessité d’un « grand refus » et d’une « protestation contre ce qui est ». Marcuse suggérait de pratiquer ce qu’il a appelé la « tolérance repressive » – qui consiste en une « intolérance envers les mouvements de droite », menée jusqu’à ce qu’ils soient réduits à l’inexistence. Marcuse ajoutait que les « forces des minorités non intégrées » devaient être utilisées.

Ce courant s’est inspiré aussi des écrits des principaux penseurs de ce qu’on appelle aux Etats-Unis la « théorie française« : Jacques Derrida et Michel Foucault. Derrida parlait de « déconstruction« , et en particulier de la déconstruction de l’idée de vérité. Foucault a défini les structures de pouvoir existantes comme des formes d’oppression, à abolir.

Les méthodes utilisées ont été celles du théoricien politique Saul Alinsky, qui recommandait que les radicaux deviennent des « organisateurs de communauté ». « Le travail de l’organisateur de communauté », ajoutait-il, « est de manœuvrer et d’appâter les gens au pouvoir ». Alinsky a publié en 1971 Rules for Radicals, un livre décrivant comment les radicaux peuvent s’emparer du pouvoir en utilisant treize règles. Il disait qu’accuser ses ennemis de ce dont on est coupable peut se révéler extrêmement efficace.

Ce courant a agi pour répandre le « grand refus » défini par Marcuse, a disséminé les idées de la « théorie française » et utilisé les méthodes de Saul Alinsky. Il a recouru à la « tolérance repressive » pour éroder les institutions de l’intérieur et éradiquer l’idée de vérité. Certains de ses adeptes sont devenus des « organisateurs de communauté », ont agi pour abolir les structures de pouvoir et accusé leurs ennemis de faire ce qu’ils faisaient, eux.

Le président Barack Obama, avant d’entrer en politique, a travaillé comme « organisateur de communauté » à Chicago. Peu de temps avant d’être élu président en 2008, il a déclaré: « Nous sommes à cinq jours de la transformation fondamentale des États-Unis d’Amérique ». Il n’a pas dit en quoi la transformation allait consister.

Avant son élection, le président Trump avait promis de « drainer le marécage » – qui avait effectivement besoin d’être drainé. Les habitants du marécage l’ont vu comme une menace pour leurs projets. Faire tomber Trump à tout prix et reprendre le pouvoir est devenu un impératif pour eux. Ils ont utilisé tous les moyens à leur disposition – et ils ont atteint leur objectif.

Dans les premières semaines de sa présidence, Biden a signé une série de décrets, dont certains violent la Constitution et la Déclaration des droits, et qui ont réduit des milliers de gens au chômage, et aidé la Russie et la Chine. La Chambre des représentants et le Sénat n’ont pas été consultés.

74 millions d’Américains respectueux des lois sont décrits comme des terroristes et des racistes qui ont besoin d’être « rééduqués », et la tolérance pour des idées différentes est clairement en train de disparaître. Des appels sont lancés que soient fermées des chaines de télévision qui offrent une version différente de « la vérité ».

La première proposition de loi présentée à la Chambre des représentants pour 2021, HR1, ou la loi « pour le peuple« , a été adoptée par la Chambre le 5 mars. L’ avocat J. Christian Adams, président de la Public Interest Legal Foundation et fondateur du Election Law Center, a noté:

« HR1 regroupe dans un projet de loi de 791 pages toutes les mauvaises idées en matière d’organisation des élections qui ont fait de l’élection de 2020 un tel désastre, et inclut tous les plus ‘grands succès’ de 2020: l’envoi massif de bulletins de vote par correspondance, l’acceptation de bulletins de vote par correspondance reçus sans cachet de la poste, l’acceptation de bulletins de vote arrivant tardivement, la possibilité de voter dans des circonscriptions où vous ne vivez pas. « 

Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes électorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. Comme le concluait un rapport bipartisan de 2005 établi par la Commission fédérale de réforme électorale, présidée par l’ancien président Jimmy Carter et l’ancien secrétaire d’État James Baker III: les bulletins de vote par correspondance « restent la principale source de fraude électorale potentielle ». Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre.

Le président Biden a présenté un projet de loi de réforme de l’immigration. Ce projet a été décrit comme un moyen de laisser entrer des étrangers traversant illégalement la frontière américaine, de légaliser leur présence et de les faire accéder à la nationalité, et comme un instrument destiné à tenter de créer une majorité permanente unipartite. Si le projet est adopté, il pourrait, comme l’a dit l’ancien conseiller principal du président Trump Stephen Miller, « effacer fondamentalement l’essence même de la nation américaine ».

Les propositions économiques telles que l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars, si elles sont mises en œuvre, coûteront des centaines de milliers d’emplois, et créeront d’immenses difficultés pour les petites entreprises déjà durement touchées par les fermetures ayant résulté de la pandémie et pour les personnes non qualifiées qui cherchent du travail. Il en résulterait un moins grand nombre d’emplois disponibles et un plus grand nombre de personnes cherchant un emploi – ce sans compter l’effet du flot potentiel de nouveaux arrivants « sans papiers ».

Ce résultat serait peut-être voulu: il conviendrait aux grands entrepreneurs qui sont aussi de grands donateurs à la campagne démocrate, éliminerait leurs concurrents plus petits qui ne pourraient assumer la charge supplémentaire, et créerait davantage de personnes désespérées continuant à tendre la main vers le gouvernement et dépendant de l’aide qu’ils pourront obtenir de lui.

L’une des premières décisions de Biden a été de dissoudre la Commission de 1776, qui avait été créée pour « revenir aux idées fondatrices énoncées dans la Déclaration d’indépendance ». Le projet 1619, qui décrit les États-Unis comme fondés sur l’esclavage, « structurellement racistes », et donc illégitimes, a été critiqué par d’éminents historiens pour son manque total de respect des faits fondamentaux. Bien qu’il soit une distorsion de l’histoire, et ignore totalement ce que l’Amérique a fait de positif, il est désormais enseigné aux enfants dans les écoles publiques et leur apprend dès lors à haïr leur pays.

L’essayiste Dennis Prager a déclaré l’an dernier:

« La civilisation peut être détruite en une seule génération. L’Allemagne était le pays le plus avancé d’Europe en termes d’art et de culture. Des gens se demandent comment le pays qui nous a donné Beethoven et Bach et Schiller et Heine a pu nous donner Auschwitz? C’est une question courante. Ce n’est pas une question qui se trouve posée dans les collèges aujourd’hui parce que ceux qui y sont n’ont jamais entendu parler de Beethoven, Bach, Schiller, Heine ou d’Auschwitz. Néanmoins, ceux qui en ont entendu parler posent la question, et la réponse est que ce qui est arrivé peut arriver n’importe où. Nous assistons à la destruction de la liberté aux Etats-Unis en une génération: dans ce cas, par ceux qui se disent progressistes. »

Après la Convention constitutionnelle de 1787, une certaine Madame Powell, de Philadelphie, a demandé à Benjamin Franklin: « Eh bien, docteur, qu’avons-nous, une république ou une monarchie? » Franklin a répondu: « Une république, si vous pouvez la préserver. »

« Une partie de l’Amérique a « déclaré la guerre » et « a l’intention de détruire la société la plus tolérante, la plus inclusive et la plus égalitaire jamais créée », a écrit récemment l’auteur américain David Horowitz. « La bonne nouvelle », a-t-il ajouté, « est qu’un mouvement patriotique s’est levé, et se tourne à nouveau vers l’idée que tous les hommes sont créés égaux et dotés des droits divins à la vie et à la liberté, et sont prêts à les défendre ».

Une tempête plane actuellement sur les États-Unis. Les mois à venir révéleront si le mouvement patriotique ainsi décrit la dissipera.

Voir de plus:

If You Thought the 2020 Elections Were Chaotic, Just Wait
J. Christian Adams
The Gatestone institute
February 8, 2021

  • H.R.1 packs into one 791-page bill every bad idea about how to run elections and mandates that the states must adopt the very things that made the election of 2020 such a mess. It includes all of the greatest hits of 2020: Mandatory mail ballots, ballots without postmarks, late ballots, voting in precincts where you do not live…. The Senate companion bill, S.1, might be even worse.
  • In 2020, states such as Nevada and New Jersey sent ballots through the mail to anyone on their registration lists despite having voter rolls full of errors. The Public Interest Legal Foundation documented thousands of ineligible registrations in Nevada alone that received mail ballots. Some were sent to vacant lots, abandoned mines, casinos and even liquor stores.
  • States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.
  • H.R.1 rigs the system for any lawsuits challenging the constitutionality of the law. All lawsuits can only be filed in one court — federal court in the District of Columbia. And all opposition must be consolidated into one brief with only one attorney being able to argue the merits.
  • There is a federal mandate, passed in the 19th Century, to have one single election day…. Like Obamacare earlier, H.R.1 transitions our federalist Republic to some other brave new system that purports to right generations of structural wrongs, while at the same time entrenching other wrongs.

H.R.1 packs into one 791-page bill every bad idea about how to run elections and mandates that the states must adopt — the very things that made the election of 2020 such a mess. It includes all of the greatest hits of 2020: Mandatory mail ballots, ballots without postmarks, late ballots and voting in precincts where you don’t live. It includes so many bad ideas that no publication has satisfactory space to cover all of them. The Senate companion bill, S.1, might be even worse.

These bills rearrange the relationship between the states and the federal government. The Constitution presumes that states regulate their own elections, but the Constitution has a big « but » in what is called the Elections Clause. The Constitution says, « but the Congress may at any time by Law make or alter such Regulations. » For over 200 years, Congress rarely used this power. After all, the power was put in the Constitution only to prevent the states from suffocating the federal government out of existence by never holding federal elections.

Do not assume that the bills will stall and wither in the process. They are named H.R.1 and S.1 for a reason. The bills are the top priority of the newly empowered Democrats in Congress.

Dissatisfied with the effectiveness of the last federal mandate — 1993’s Motor Voter law — H.R.1 dispenses with the idea that an American should go affirmatively register to vote.

In 2020, states such as Nevada and New Jersey sent ballots through the mail to anyone on their registration lists despite having voter rolls full of errors. The Public Interest Legal Foundation documented thousands of ineligible registrations in Nevada alone that received mail ballots. Some were sent to vacant lots, abandoned mines, casinos and even liquor stores.

States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.

H.R.1 rigs the system for any lawsuits challenging the constitutionality of the law. All lawsuits can only be filed in one court – federal court in the District of Columbia. And all opposition must be consolidated into one brief with only one attorney being able to argue the merits. It also grants automatic intervention to any legislators who want to join in the fight against the lone opposition.

It prohibits states from conducting list maintenance on the voter rolls. That means deadwood and obsolete registrations will stack up.

HR.1 and S.1 are omnibus bills that would change every American citizen’s — and foreigner’s — relationship to voter registration.

Universal automatic voter registration has, for years, been a top priority of the institutional left. In fact, H.R.1 would do away with actual voter registration and instead make the voter rolls merely a copy of anyone already on a government list — such as welfare recipients and other social service beneficiaries. The bills would expand well beyond to federal entities like the Social Security Administration, Department of Defense, Customs and Immigration, and elements of Health and Human Services.

Naturally, a giant federal database would serve as the home for this list of people who must be automatically registered to vote, whether they know it or not.

Imagine the number of government databases in which your information is contained. Do your names and addresses all match? Does Social Security know you moved out of your birth state? Are your married and maiden names different? Did you get a driver’s license before obtaining American citizenship?

You can see the pitfalls. One person will be « registered » to vote multiple times, with slight variation in names, and perhaps greater variation in residence addresses.

Making it « easier » to get registered to vote through automatic registration from government lists might seem attractive, until you consider the disaster of universal auto-mail voting as we saw in 2020.

H.R.1 and S.1 will force states to push ballots into the mail. It builds slack into the election system. Decentralized mail elections introduce error because of error-filled rolls. Mail-in ballots delay results, create uncertainty and push the elections into kitchens and bedrooms where election officials cannot observe the voting process and cannot protect the voter from coercion.

H.R.1 takes the absolute worst emergency rule changes of 2020 and enshrines them as federal law. Gone also are state witness and notary requirements during the mail ballot application process. Nor may states enact identification requirements of « any form » for those requesting a ballot. That means no more voter ID as a matter of federal law.

States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.

It gets worse. The 791-page bill also includes:

  • « Congress can reduce a state’s representation in Congress when the right to vote is denied. » Without qualification or definition, Congress could rely on this sentence unilaterally to cut the number of House members from any state it claims is denying the right to vote.
  • It criminalizes anyone who uses state challenge laws to question the eligibility of registrants wrongly. The penalty is up to one year in prison per instance.
  • It prohibits states from conducting list maintenance on the voter rolls. That means deadwood and obsolete registrations will stack up.
  • It criminalizes publishing « false statements » about qualifications to vote and « false statements » about which groups have endorsed which candidates. Information banned from being published includes false qualifications to vote and the penalties for doing so. What is a false statement will apparently be in the minds of the Justice Department lawyers who bring the charges. And if they do not act, the law provides a private right of action to individual plaintiffs to drag speakers to court. You can be sure this provision would be used as a merciless weapon against political opponents.
  • And in case it was not clear that H.R.1 was dismantling state power to run their own elections, the bill makes it clear: « The lack of a uniform standard for voting in Federal elections leads to an unfair disparity and unequal participation in Federal elections based solely on where a person lives. » In other words, state laws which have the Constitutional authority to determine the voting eligibility of its residents, will be preempted by a federal uniform standard.

That is not all. Nationwide, states must accept mail ballots on Election Day plus 10 days later. States are allowed to add extra time to the window. No more election day. It will be election season, with a month of early voting and weeks of ballots arriving and being counted.

And of course, unlimited ballot harvesting — having a third party « help » to fill in and gather up ballots, then drop them off at a polling station or other designated station — is guaranteed.

Misinformation, protests, unrest, and even violence were all symptoms of the trauma of 2020. Activist groups and collusive officials in 2020 turned courts into weapons to transform state laws into election procedures that were favorable to one particular party. H.R.1 would finish the job, and federalize the policies and election procedures that made 2020 such a mess.

It is no solution to presume that federal rules, even if they were crafted the right way, would solve the problem. When Washington D.C. gets control over elections, the policy always skews in one direction.

I worked at the Justice Department, where career staff ignored federal laws they didn’t like, and only enforced the ones they thought would help advance their political beliefs. Motor Voter, for example, had a federal mandate that states clean voter rolls. Guess what happened after that rule passed in 1993? No private enforcement actions were brought for two decades until I brought one against Indiana.

There is a federal mandate, passed in the 19th Century, to have one single election day. The bureaucrats in Washington in charge of enforcing that law ignore that law. Federal mandates are a one-way political ratchet. They always and only help one political party.

The nation has seen this line of thinking before. Like Obamacare earlier, H.R.1 transitions our federalist Republic to some other brave new system that purports to right generations of structural wrongs, while at the same time entrenching other wrongs. Unifying American experiences such as coming together to vote on one single Election Day, governed by rules passed by state legislators, well, to the authors of H.R.1, that is just old fashioned.

J. Christian Adams is the President and General Counsel for the Public Interest Legal Foundation and a former Justice Department lawyer. He also served on the Presidential Advisory Commission for Election Integrity and currently is a Presidentially appointed Commissioner on the United States Commission on Civil Rights.

Is Racism Moral Now?

Victor Davis Hanson
American greatness
Whiteness is a public health crisis. It shortens life expediencies, it pollutes air, it constricts equilibrium, it devastates forests, it melts ice caps, it sparks (and funds) wars, it flattens dialects, it infests consciousnesses, and it kills people »… — Damon Young, New York Times contributor
Over the past year, I have, of course, still had to interact with white people on Zoom or watch them on television or worry about whether they would succeed in reelecting a white-supremacist president. But white people aren’t in my face all of the time. I can, more or less, only deal with whiteness when I want to . . . White people haven’t improved; I’ve just been able to limit my exposure to them.
—Elie Mystal, The Nation    
Racism is the deductive bias against, and often hatred of, an entire racial group. It is often birthed by dislike of particular individuals of a given group that supposedly justifies, by extension, disliking or indeed hating all of them. The popular reaction against this widespread toxic pathology shown African Americans birthed the anti-slavery movement, the Civil War, the resistance to Jim Crow, and the modern Civil Rights movement.
But now there grows a strange new ahistorical “antiracism” racism.
One variety encourages holistic hatred, blaming all of one’s own unhappiness, indeed all of the cosmic injustice in the manmade and natural world—the very air, water, and earth—on a white racial collective.
Another constructs a purported racial pathology to encourage segregation and separation from all members of the white race, thereby limiting all “exposure” to a toxic people.
These are not just the idle critical race theory rants of intellectuals. They now are reified in racially segregated graduations and dorms and in systemic racialist reeducation and confessional workshops in government, the military, and private enterprise. In fact, the new antiracism racism is flagrantly directed at “whiteness”—the obsession of an America gone mad.
Barack Obama who, when a senator, filibustered the 2006 Supreme Court nominee Samuel Alito now claims, falsely, the filibuster is a racist relic of Jim Crow, which it predated by at least 30-40 years. On the Senate floor, U.S. Senator Tammy Duckworth (D-Ill.) vowed to block confirmation of nominees based solely on their white skin color.
In violation of the Equal Protection Clause of the 14th Amendment, the mayor of Oakland just announced race-based grants of $500 per month to be given only to poor “BIPOC” (“black, indigenous, and people of color”) families, excluding the white poor.
The latest multibillion-dollar stimulus/farm aid bill is targeted for all those in need—as long as they are not white. The latter are all ineligible.
The new antiracism racism, whatever its original intentions, unfortunately exhibits the historical telltale signs of its noxious genre: an a priori negative stereotyping of all whites that can then be applied to individuals deemed undeserving because they are white. It is a deductive doctrine used to justify racial bias and racial preferences, to enhance careers and profits, and to excuse and contextualize racist language and behavior.
Antiracism’s implicit defense is that the nonwhite have less power to act out their biases than do whites, while it “rights” an historical wrong. Therefore even crude antiracists cannot be harmful racists. Consult the government data on hate crimes, however, and one learns some non-white groups have a greater proportional tendency to commit such crimes against others than so-called whites. And how has a white lower-middle-class generation, born in the post-Civil Rights movement and the age of affirmative action, continued to enjoy so-called white privilege?
The Convenient Vocabularies of Whiteness
Notice how the term “white racism” began metamorphosing into “white supremacy.” The latter is a linguistic means of stating, without evidence, that “they” control everything and thus there is little need for demonstrable examples of white racism.
But “supremacy” itself proves a problematic rubric. What does one do when Asian Americans as a group make far more per capita than do whites? Or the 44th president of the United States was black—as is the current vice president? Or both the recent Democratic and Republican candidates for lieutenant governor in South Carolina, the first slave state to secede from the Union, were black?
After all, a true “Islamic supremacy” state such as Iran or Saudi Arabia, does not allow a Christian or Jew access to such power in their country. A racially supremacist nation such as we see in communist China cannot allow a black or white immigrant to be premier—any more than can North Korea. Even South Korea or Japan may not any day soon see a Korean president or Japanese prime minister of Mexican or Irish ancestry.
And yet “white supremacy” itself is devolving into “white privilege.” The newer term no longer requires proof that all whites are always supreme—only that they all, by use of the collective “white,” enjoyed innately unfair advantages over all others based solely on their race.
But finally “white privilege” will itself prove an unsustainable rubric, given the clear privileges enjoyed by millions of non-white Americans in business, politics, popular culture, sports, entertainment, the professions, and among the elite. Surely one should not have to argue that a white Dayton, Ohio tire-changer is innately blessed in a way an unfortunate Eric Holder or Jay-Z purportedly is not?
So “white privilege” is now morphing into just “whiteness” in a malignant stereotyping hauntingly reminiscent of the 1930 theories of insidious “Jewishness,” a term denoting a mythical and underhanded power that warped and “controlled” Western Europe—even as no believable charge could be leveled against individual Jews.
Infectious “whiteness” supposedly is what explains why the privileged Meghan Markle is unhappy with, or rather furious at, the royal family and the psychodramatic injustices allegedly done to her—as the former royal couple lecture the public on its sins from their $14 million Montecito estate.
The “whiteness” conspiracy similarly explains why multibillionaire Oprah Winfrey, who interviewed the couple from her nearby $90 million estate, not long ago was—or so she complained—treated rudely by a clerk in a Swiss boutique who committed the mortal sin of not recognizing Oprah, and thus not purportedly retrieving a $38,000 crocodile bag out of its secure case quickly enough to Oprah’s liking.
“Whiteness” often towers over even 5’11” Michelle Obama. Even as First Lady, when incognito in a Target store, she complained that a much shorter white woman did not recognize her and asked her, a taller stranger, to help lift down an item from an upper shelf—a phenomenon that millions of Americans encounter weekly.
Racist White Male Mass Shooters Everywhere?
It took the media and the Left about a nanosecond, and without any evidence other than a grainy video, to falsely label the recent Colorado mass shooter—later revealed as a Trump-hating Syrian-born Muslim—a “white supremacist.”
And it only took a second for the online mob and media to use his now falsely assumed identification to fuel a grand indictment against all “white men” in general—in the same old, same old unapologetic Duke lacrosse, Covington Catholic kids, and Jussie Smollett style.
Next, the Colorado mass murderer was immediately lumped in with the recent Georgia mass killer—as if that monstrous shooter was, unquestionably, a similar white supremacist. The two together proved a “pattern” of systemic white violence, most notably against Asian Americans.
All of these narratives, which are still floating around and widely accepted, are false.
It mattered little that the prior Georgia “white supremacist” mass-murderer was a disturbed psychopath and sexual deviant. In an initial questioning, the FBI found him unhinged rather than acting out a racist agenda. Sexual deviance rather than racism more likely fueled his attacks on massage parlors, where he killed six Asian and two white women, and seriously wounded a Hispanic male.
As far as the deviant Atlanta shooter being illustrative of an epidemic of white-inspired, anti-Asian-American crimes, the majority of such hate crimes against Asians have not been found, by a variety of metrics, to have been committed inordinately by whites. Indeed, in many surveys, African American males are proportionally more likely to commit such hate offenses against Asians. Nor do whites commit hate crimes in general disproportionally. Nor in the case of mass shootings, are whites “overrepresented” in the data.
The First Stone
Barack Obama was also quick to inflame the dramas—in the fashion of his unfortunate Trayvon Martin commentaries—by weighing in falsely that racism was one of the Georgia shooter’s stimulants.
Meena Harris—a Dr. Seuss canceller, Kamala Harris’s niece and campaign advisor, and the would-be Harris family memorialist—before the Colorado shooter had even been identified, immediately tweeted out: “The Atlanta shooting was not even a week ago. Violent white men are the greatest terrorist threat to our country”
Note the Harris logic: a suspect mows down ten innocents, and presto “white men are the greatest terrorist threat to our country”—never mind that the shooter turns out to have been a Syrian Muslim who emigrated to America in the early 2000s. The subtext of Harris’ thoughtless comments is something like “and we better do something about those white people.”
Her later “apology” for her judge-jury-executioner disinformation tweet proved far worse than her original libel: “I deleted a previous tweet about the suspect in the Boulder shooting. I made an assumption based on his being taken into custody alive and the fact that the majority of mass shootings in the U.S. are carried out by white men.”
Aside from the fact that Harris offered no apology for her lie, and had no compunction in stereotyping an entire group on the false assumption that the murderer was white, she also was entirely misinformed about her data. Again, according to most information on mass murderers, there is no evidence that whites are more likely proportionally to be the culprits than are members of other racial categories. In terms of interracial violent crime, whites both proportionally and in absolute numbers, are more likely, in comparison to both blacks and Hispanics, to be victims than perpetrators.
Why have we given up on the dream of Martin Luther King, Jr, that content of character rather than the color of our skins will arbitrate how we treat other individual Americans in a multiracial United States? And is the rejection of that vision the foundation of the new racism?
The Utility of Anti-Racism
What is driving this new antiracism racism? Cui bono? After all, a number of ethnic groups enjoy higher per capita income than whites. The number of white poor in absolute numbers is larger than any other impoverished minority group. The two most common interracial marriage profiles are white and Hispanic, and white and Asian.
For one thing, the new antiracism racialism is driven mostly by elite, white, progressive, careerists. Yet why, in white bastions like Silicon Valley or Manhattan, is there an explosion of elite private academies and a mass flight from the public schools? Is there real integration inside the nation’s richest and bluest ZIP codes, where support for public charter schools is low but high for teachers’ unions?
Medievalism offers some guidance. If a guilty party still wishes to enter woke heaven—or more mundanely to get a promotion or avoid being fired—but is reluctant to sacrifice his own privileged and tribal ways, he can still find cosmic recompense through the abstract: our version of a contractual endowment to the Church that once erased away usury or profligacy.
In other words, very privileged, very wealthy white people virtue signal anger over “white supremacy” as both a psychological and practical way of squaring the circle of their own largely unbothered separate and segregated lives. The irony is that by doing so, those with privilege castigate those without it.
By dreaming up an ever-growing vocabulary of clingers, deplorables, irredeemables, chumps, dregs, and Neanderthals for the white underclass, the elite—both black and white—squares the circle of owning an estate on the cliff above Martha’s Vineyard, or a D.C. mansion.
The Clintons, the Bidens, and the Obamas can live guilt-free and in splendor on the metaphorical barricades, faced off against the less virtuous, Bible-thumping, racist losers who never got with it and learned to code or follow the fracking rigs. This morality offset credit is the racial equivalent of the climate activist John Kerry’s carbon-spewing private jet, so necessary to ferry him from one green conference to another.
Call it exemption, penance, indulgence, or any other variety of medieval quid pro quo, but the white elite’s virtue signaling is as easy to spot as it is pretentious, opportunistic, and hypocritical.
Just as deploring whiteness or confessing to “unearned” privilege exempts the concrete behavior of white elites, so too does it exempt elite blacks from addressing existential crises in the black community that transcend white racism.
Or is it more troublesome than that? Do elites claim that it is racist to suggest the elite woke should at least channel some of their outrage and concern to the mass killing of the urban young (so often African American youth), the pandemic of fatherless black households and illegitimacy, and inordinate rates of criminality? Meghan Markle, as one of the new self-appointed voices of the oppressed, seems more fixated on royal insensitivities than she does on the soaring murder rate in Chicago.
There were other catalysts that shipwrecked the King dream and are supplanting it with Balkans-style tribalism and intersectional hatred. Under Barack Obama, the new idea of “diversity” came into its own. The old binary of white/black and the ecumenical effort to heal the legacy wounds of slavery, Jim Crow and de facto discrimination suddenly invited in a host of new participants, many of them with little record of discrimination, economic inequality, or historical grievance.
Diversity, in other words, redefined the victimized as those with a claim on non-whiteness and on the basis of superficial appearance expanded those with purported grievances from 12 percent of the population to over 30 percent.
Suddenly the impoverished undocumented Oaxacan, subject to years of maltreatment in his native Mexico, became a victim deserving American reparatory consideration the moment he crossed by his own volition into the United States.
So did the children of the multimillionaire Punjabi cardiologist, now dubbed “Asian” as if Indians, too, were indistinguishable from Japanese and Chinese-American who had experienced historical discrimination inside the United States. The Brazilian aristocrat, the one-third “this” and the one-eighth “that” brought millions into the equation, including Elizabeth Warren, Rachel Dolezal, Ward Churchill, Alec Baldwin’s wife, and legions of other socially constructed diverse people.
Class: The Forgotten, Ecumenical Divide
The explosive gains in bicoastal wealth in tech, corporations, entertainment, media, the professions, and sports increasingly rendered less important the connections between class and race. A LeBron James, by traditional class definitions, was a privileged near-billionaire elite who often shilled for the Chinese government—not a victimized truth-teller entrusted to lecture us about the pathologies of whiteness. So as the nonwhite were now often elites, racial identity became more, not less emphasized, to avoid the perception that prior racial victims were now class beneficiaries or even oppressors.
Soon some minorities began questioning the racial fides of other, usually more conservative Latinos and blacks—inventing all sorts of philological categories such as “white Hispanic” and “multiracial whites.” They were reminiscent of the old white racists of the past who had strained to detect “white blacks” who successfully passed into white society, and thereby threatened to expose the entire absurdity of racial castes. After claiming that race was not a construct but immutable, the Left began contextualizing and rebranding and re-cataloging Trump-voting Cubans, George Zimmerman, and any who did not meet their own benchmarks for racial authenticity.
Soon we were left with the silliness of multimillionaire CNN anchor Don Lemon pontificating, without evidence, that “the biggest terror threat in this country is white men, or the far richer, Colin Kaepernick, of mixed ancestry, raised by two white parents, and previously fined for using the N-word on the playing field, now scapegoating his athletic descent onto a white racist society that ruined his career, even as “it” enriched him beyond the imagination of 329 million other Americans.
There are inequalities in the United States. Many of them dovetail with racial differences. But 21st-century cause-and-effect remains unclear. And the chief dividing line in the age of bicoastal globalism is now class—the new-old word we dare not speak.
In truth, the Mexican American tractor driver in Gilroy has more in common with the white auto-mechanic, and both with the black truck driver, than any of the three has with the woke Jorge Ramos, Oprah Winfrey, Mark Zuckerberg, or the Antifa and Black Lives Matter hierarchy.

America is not a sinful racist mess, but a great experiment as the only multiracial, self-reflecting, and self-critical democracy in history that did not—yet—descend into tribal chaos and violence.Voir encore:

Le chantage (payant) de deux sénatrices à Joe Biden

Des élues démocrates menaçaient le président américain d’obstruction s’il ne prenait pas plus d’Asiatiques dans son gouvernement.
Julien Peyron
Le Point
27/03/2021

« Quand Joe Biden m’a demandé d’être sa colistière, il s’est engagé à choisir une administration qui ressemble à l’Amérique, qui reflète le meilleur de notre nation. » La confidence est de Kamala Harris, aujourd’hui vice-présidente des États-Unis. C’est ainsi que le futur président américain, descendant de migrants irlandais catholiques, est parvenu à convaincre cette fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne de figurer sur son « ticket ». À eux deux, ils ont incarné le camp des minorités américaines, marquant une rupture nette avec le mandat de Donald Trump, accusé par certains démocrates d’être le président des suprémacistes blancs.

Le plan a fonctionné, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus à la Maison-Blanche. Les Noirs américains ont voté pour eux à près de 90 %, les latinos à plus de 65 % et les Asiatiques à 63 %. Ils ont su s’en souvenir au moment de nommer leurs conseillers et les membres du gouvernement. Le Sénat, qui doit confirmer un à un les membres de la future équipe du président, n’aura jamais vu passer autant de candidats issus de minorités. Une ministre de l’Intérieur amérindienne, un ministre de la Défense noir, un patron de la Sécurité intérieure d’origine cubaine, un ministre des Transports homosexuel, une sous-secrétaire à la Santé transgenre… Chaque minorité à son représentant dans cette administration arc-en-ciel, symbole du creuset américain, de sa diversité et de sa richesse.

Mais à vouloir servir tout le monde, on en oublie forcément quelques-uns. À tort ou à raison, les AAPI se sentent lésés. Derrière ce sigle sont regroupés les Américains ayant des origines asiatiques ou venant des îles du Pacifique (Asian Americans/Pacific Islanders). Les Asio-Américains sont au cœur des préoccupations depuis la tuerie d’Atlanta survenue le 16 mars. Ce jour-là, un homme tue huit personnes, dont six femmes asiatiques, dans des salons de massage de la grande ville de Géorgie. Bien qu’on ignore si les motivations de l’assaillant étaient racistes, la minorité asiatique américaine s’émeut et dénonce une recrudescence des attaques contre elle depuis le début de l’épidémie de Covid, appelé « virus chinois » par Donald Trump.

Risque de blocus

Victimes de préjugés raciaux, les Asio-Américains estiment qu’ils sont mal représentés dans les sphères du pouvoir, en particulier dans le gouvernement Biden. C’est la sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, d’origine thaïlandaise, qui porte leur combat à Washington, bientôt rejointe par sa collègue de Hawaï, Mazie Hirono. Elles ont signifié à l’establishment démocrate leur refus de voter en faveur de tout nouveau prétendant qui ne serait pas asiatique. De quoi bloquer le processus de nomination au Sénat, puisque la chambre haute du Congrès est plus divisée que jamais depuis les élections de novembre 2020. Elle compte 50 élus démocrates et 50 républicains. Le camp Biden a besoin de faire le plein à chaque fois qu’il veut faire passer une loi ou qu’il souhaite faire valider la nomination d’un officiel.

Quand la Maison-Blanche fait valoir aux deux sénatrices que la vice-présidente Kamala Harris est d’origine indienne par sa mère, leur réponse est cinglante. « C’est insultant ! Diraient-ils aux Afro-Américains que Kamala Harris est noire et qu’il n’y a pas besoin d’autres Afro-Américains au sein de l’administration ? » Elles tiennent bon et leur chantage va fonctionner. Avant même d’avoir eu à voter contre leur camp, les deux sénatrices assurent avoir eu l’assurance que Joe Biden allait « faire monter des voix asiatiques » au sein du gouvernement fédéral. Le porte-parole de Tammy Duckworth s’est aussitôt réjoui de la bonne nouvelle : « Comme annoncé, nous ne bloquerons pas la route aux candidats du président Biden, qui comprendront donc davantage de leaders AAPI. »

5,5 % d’Asiatiques dans la population américaine

Sur les 23 membres désignés du cabinet Biden – tous ne sont pas encore confirmés – un seul est d’origine asiatique à ce jour : Katherine Tai, représentante au Commerce, qui a grandi à Taïwan et dont les deux parents sont chinois. Un sur 23, soit environ 4,5 % du cabinet, un nombre assez proche des 5,5 % que les Asiatiques pèsent au sein de la population américaine. Insuffisant pour les leaders d’AAPI. Mais en nommant un nouveau membre d’origine asiatique, le président américain fera passer cette proportion à 18 %… Quelle autre minorité montera alors au créneau en s’estimant sous-représentée ?

S’ils permettent de conforter chaque groupe, ces arrangements font peser un soupçon sur l’équipe Biden. Serait-elle davantage un casting politiquement correct qu’une équipe recrutée pour ses compétences ? Ironie de l’histoire, les Asio-Américains comptaient encore récemment sur une porte-drapeau dans l’équipe Biden. Neera Tanden, née de parents indiens, avait été désignée pour occuper la fonction importante de ministre du Budget. Mais d’anciens tweets polémiques retrouvés par la presse ont eu raison de sa candidature. Preuve qu’outre les origines ethniques, les opinions politiques comptent encore en Amérique.

Voir encore:

Bartolone sur la droite : « Ils veulent mettre l’Ile-de-France en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux »

REPORTAGE – Claude Bartolone a tenu, mercredi soir, son dernier meeting avant un second tour qui s’annonce très serré. Le socialiste et ses nouveaux alliés ont tenté de montrer une unité que la gauche n’a plus au niveau national.

Il y a les applaudissements automatiques des meetings de fin de campagne. Et puis il y a les embrassades et les sourires qu’on ne voyait plus à gauche ces derniers temps. « Ça sent bon », souffle Benoît Hamon dans les couloirs du palais des sports de Créteil pour le dernier meeting de Claude Bartolone. Ici, les socialistes croient de plus en plus à une victoire à l’arrachée dimanche face à Valérie Pécresse.

Pour ce second tour, Bartolone a réussi à rapidement rassembler la gauche. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu côte à côte cette gauche arc-en-ciel allant du chef du PCF Pierre Laurent à celui du PS Jean-Christophe Cambadélis en passant par Benoit Hamon, Christiane Taubira et finissant par les écolos Emmanuelle Cosse et Cécile Duflot. Tous sont là pour soutenir Claude Bartolone, le seul aujourd’hui à gauche à pouvoir rassembler une telle brochette quand le spectre du gouvernement, lui, s’est singulièrement réduit depuis le départ de Jean-Marc Ayrault. Assise au premier rang, Cécile Duflot immortalise l’instant avec son téléphone portable.

« Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux »

Dernier à parler, Bartolone s’en prend logiquement à son adversaire Valérie Pécresse. Le résultat s’annonce serré, aucun coup ne sera épargné. « Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux », attaque Bartolone qui plus largement pointe l’attitude de la droite.

« Que reste-t-il de leurs valeurs lorsque, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grands coups de ‘race blanche?' » demande-t-il avant de livrer sa réponse. « Cette droite n’a plus grand chose de républicain ». Comme s’il voulait donner des gages à ses alliés de gauche et s’éloigner de ces socialistes qui ne parlent que de redressement économique et de taux de croissance, Bartolone promet vouloir avant tout « donner du sens ». « Nous ne sommes pas des experts comptables en charge d’aligner des colonnes de dépenses à des colonnes de recettes », poursuit-il.

En début de soirée, après ce qui devait être un sketch de Gérald Dahan, le rappeur Rost prend le micro, glisse quelques mots sur les scores élevés du FN qui lui fond mal au coeur puis, le poing levé, se met à chanter Le temps des résistants. La salle pourtant remplie de socialistes se surprend à elle aussi lever le poing, comme au temps où la gauche n’était pas encore social-démocrate. Sur scène, les Yeux Noirs enchaînent et jouent une musique tzigane si entrainante que Cambadélis frétille pendant Jean-Paul Huchon s’adonne à quelques mouvements de air guitar avec en prime un subtil jeu d’épaule.

Gauche francilienne contre gauche nationale

Alors que les communistes et les écologistes ont fusionné avec la liste de Claude Bartolone, c’est à Pierre Laurent qu’est revenu le soin d’entamer le meeting. Jean-Luc Mélenchon veut incarner la gauche d’opposition au PS mais ce mercredi soir son partenaire au sein du Front entonne un autre chant : « Ensemble battre la droite ». Mais s’il souhaite une victoire de « la gauche » – Laurent ne va pas jusqu’à dire « de Bartolone » – le patron du PCF promet qu’il ne s’en tiendra pas là : « Lundi il faudra reconstruire la gauche », « il faudra se dire des choses, se dire des vérités, discuter des responsabilités des uns et des autres ».

Après Laurent, Cosse garde ce même équilibre. Soutien régional, critique nationale. « Si l’Etat a renoncé face aux lobbies à mettre de oeuvre l’écotaxe, nous le mettrons en Ile-de-France avec son juste nom : la pollutaxe », assène-t-elle. Visant, le gouvernement et singulièrement Manuel Valls bien qu’elle se garde de prononcer son nom, elle poursuit : « Le renoncement et l’autoritarisme ne sont pas des mots que conjuguent les Huchon, les Hidalgo, les Bartolone, les Laurent ». En somme, Cosse veut « faire de l’Ile-de-France le creuset d’une nouvelle gauche, qui tient ses engagements, qui n’a pas peur de son ombre ». Jusqu’à dimanche cette gauche avance unie. Lundi sera un autre jour.

Voir aussi:

Observatoire du journalisme

27 mars 2021

Une tuerie s’est déroulée mi-mars 2021 dans un supermarché à Boulder dans le Colorado (États-unis),10 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. Les médias de grand chemin se jettent-ils sur l’occasion pour informer en fonction des faits ? Ou pour les déformer ? Sur les premières images, le tueur interpellé est blanc. Le massacre de 10 civils se transforme instantanément en un procès de l’homme blanc armé d’un fusil AR-15. Plusieurs personnalités politiques s’en donnent à cœur joie pour faire de la récupération. Et puis…

Homme, blanc, violent

Dans un premier temps, le meurtrier est blessé à la jambe puis interpellé par la police qui l’emmène. Toutes les caméras ne retiennent alors plus qu’une seule chose : le tueur est blanc. C’est l’information principale que décident de relayer plusieurs grands médias tels que RTL, 20 Minutes ou le Huffington Post et d’autres encore. Dès lors, Twitter va se déchaîner. Avalanche de tweets haineux pour dénoncer la violence de l’homme blanc.

Meena Harris, la nièce de Kamala Harris (vice-présidente des États-Unis) tweetait « Violent white men are the greatest terrorist threat to our country » (les hommes blancs violents sont la plus grande menace terroriste pour notre pays). Elle a par la suite rapidement supprimé son tweet.

Un journaliste de l’AFP du service « vérification des faits » avait également tweeté « He was only apprehended and not chocked or shot to death because he was not brown, black or muslim” (il a été appréhendé et non tué parce qu’il n’était pas brun, noir ou musulman).

Beaucoup d’autres tweets ont relayé que le tueur était un homme blanc et que s’il n’a pas été immédiatement abattu par la police c’était en vertu de sa couleur de peau.

Quelques jours plus tôt, en Géorgie, avait eu lieu une autre tuerie où un meurtrier blanc avait pris pour cible des femmes asiatiques dans leur salon de massage. Toute la presse avait crié au racisme mais le coupable, manifestement dérangé, déclarait qu’il souffrait « d’addiction sexuelle » et qu’il voyait ces salons de massage comme une tentation à éliminer.

Le tueur est un syrien musulman, Ahmad Al Aliwi Alissa

Certains médias surfent sur cette vague pour relancer la machine avec ce nouvel évènement macabre. Problème : le tueur est en réalité un Syrien musulman âgé de 21ans, anti-Trump, Ahmad Al Aliwi Alissa.

L’information est tombée comme un coup de tonnerre et a forcé quelques personnalités à réagir par rapport à ce qu’elles avaient d’abord dénoncé.

À titre d’exemple, la militante et écrivain américaine (Amy Siskind — sur Twitter) qui avait participé à la première vague de désinformation a déclaré, en apprenant le nom et la religion du tueur, qu’il ne fallait pas répandre cette nouvelle, ne pas lui faire de publicité. La publicité n’est en effet autorisée que si elle va dans le bon sens.

Beaucoup d’autres ont simplement arrêté de tweeter à ce sujet lorsqu’ils ne se sont pas simplement enfoncés dans le mensonge. À ce propos, le compte Tweeter de Caleb Hull est édifiant, ce militant républicain a relevé un bon nombre des tentatives de récupération et de désinformation au sujet de cette tragédie.

Le président des États-Unis, Joe Biden, s’est exprimé en appelant le congrès à agir « maintenant » pour limiter la circulation des armes à feu dans le pays. Biden sait bien qu’il n’a pas de majorité pour changer quoi que ce soit à ce sujet, il est douteux qu’il fasse mieux que ses prédécesseurs, mais il est de bon ton de dénoncer le peuple qui pourrait oser prendre la responsabilité de sa propre défense.

In fine, une information passe à la trappe au milieu de ce pugilat médiatique : les dix victimes de cet odieux carnage sont tous des blancs.

Voir de même:

When The Narrative Replaces The News
How the media grotesquely distorted the Atlanta massacres
Andrew Sullivan
Mar 19 2021

The massacres at three massage parlors in the Atlanta area this week, leaving eight human beings dead, others injured, and their families scarred, were horrifying. Read this deeply moving story about the son of one of the women killed to remind yourself of this. It’s brutal. The grief will spread and resonate some more.

But this story has also been deeply instructive about our national discourse and the state of the American mainstream and elite media. This story’s coverage is proof, it seems to me, that American journalists have officially abandoned the habit of attempting any kind of “objectivity” in reporting these stories. We are now in the enlightened social justice world of “moral clarity” and “narrative-shaping.”

Here’s the truth: We don’t yet know why this man did these horrible things. It’s probably complicated, or, as my therapist used to say, “multi-determined.” That’s why we have thorough investigations and trials in America. We only have one solid piece of information as to motive, which is the confession by the mass killer to law enforcement: that he was a religious fundamentalist who was determined to live up to chastity and repeatedly failed, as is often the case. Like the 9/11 bombers or the mass murderer at the Pulse nightclub, he took out his angst on the source of what he saw as his temptation, and committed mass murder. This is evil in the classic fundamentalist sense: a perversion of religion and sexual repression into violence.

We should not take the killer’s confession as definitive, of course. But we can probe it — and indeed, his story is backed up by acquaintances and friends and family. The New York Times originally ran one piece reporting this out. The Washington Post also followed up, with one piece citing contemporaneous evidence of the man’s “religious mania” and sexual compulsion. It appears that the man frequented at least two of the spas he attacked. He chose the spas, his ex roommates said, because he thought they were safer than other ways to get easy sex. Just this morning, the NYT ran a second piece which confirms that the killer had indeed been in rehab for sexual impulses, was a religious fanatic, and his next target was going to be “a business tied to the pornography industry.”

We have yet to find any credible evidence of anti-Asian hatred or bigotry in this man’s history. Maybe we will. We can’t rule it out. But we do know that his roommates say they once asked him if he picked the spas for sex because the women were Asian. And they say he denied it, saying he thought those spas were just the safest way to have quick sex. That needs to be checked out more. But the only piece of evidence about possible anti-Asian bias points away, not toward it.

And yet. Well, you know what’s coming. Accompanying one original piece on the known facts, the NYT ran nine — nine! — separate stories about the incident as part of the narrative that this was an anti-Asian hate crime, fueled by white supremacy and/or misogyny. Not to be outdone, the WaPo ran sixteen separate stories on the incident as an antiAsian white supremacist hate crimeSixteen! One story for the facts; sixteen stories on how critical race theory would interpret the event regardless of the facts. For good measure, one of their columnists denounced reporting of law enforcement’s version of events in the newspaper, because it distracted attention from the “real” motives. Today, the NYT ran yet another full-on critical theory piece disguised as news on how these murders are proof of structural racism and sexism — because some activists say they are.

Mass killers, if they are motivated by bigotry or hate, tend to let the world know:

The suspected attacker in Pittsburgh allegedly said he wanted to “kill Jews” while rampaging inside a synagogue. Police said the man charged with killing people at an El Paso Walmart told them that he was targeting “Mexicans” that day. And the man who massacred Black parishioners inside a Charleston church detailed his racist motivations at length.

This mass murderer in Atlanta actually denied any such motive, and, to repeat myself, there is no evidence for it — and that has been true from the very start. And yet, a friend forwarded me the note swiftly sent to students and faculty at Harvard, which sums up the instant view of our elite:

Many of us woke up yesterday to the horrific news of the vicious and deadly attack in Atlanta, the latest in a wave of increasing violence targeting the Asian, Asian-American, and Pacific Islander community … This violence has a history. From Chinese Exclusion to the nativist rhetoric amplified during the pandemic, anti-Asian hostility has deep roots in American culture.

And on and on. It was almost as if they had a pre-existing script to read, whatever the facts of the case! Nikole Hannah-Jones, the most powerful journalist at the New York Times, took to Twitter in the early morning of March 17 to pronounce: “Last night’s shooting and the appalling rise in anti-Asian violence stem from a sick society where nationalism has been stoked and normalized.” Ibram Kendi tweeted: “Locking arms with Asian Americans facing this lethal wave of anti-Asian terror. Their struggle is my struggle. Our struggle is against racism and White Supremacist domestic terror.”

When the cops reported the killer’s actual confession, left-Twitter went nuts. One gender studies professor recited the litany: “The refusal to name anti-Asianess [sic], racism, white supremacy, misogyny, or class in this is whiteness doing what it always does around justifying its death-dealing … To ignore the deeply racist and misogynistic history of hypersexualization of Asian women in this ‘explication’ from law enforcement of what emboldened this killer is also a willful erasure.”

In The Root, the real reason for the murders was detailed: “White supremacy is a virus that, like other viruses, will not die until there are no bodies left for it to infect. Which means the only way to stop it is to locate it, isolate it, extract it, and kill it.”

Trevor Noah insisted that the killer’s confession was self-evidently false: “You killed six Asian people. Specifically, you went there. Your murders speak louder than your words. What makes it even more painful is that we saw it coming. We see these things happening. People have been warning, people in the Asian communities have been tweeting, they’ve been saying, ‘Please help us. We’re getting punched in the street. We’re getting slurs written on our doors.’” Noah knew the killer’s motive more surely than the killer himself.

None of them mentioned that he killed two white people as well — a weird thing for a white supremacist to do — and injured a Latino. None pointed out that the connection between the spas was that the killer had visited them. None explained why, if he were associating Asian people with Covid19, he would nonetheless expose himself to the virus by having sex with them, or regard these spas as “safer” than other ways to have quick sex.

They didn’t because, in their worldview, they didn’t need to. What you see here is social justice ideology insisting, as Dean Baquet temporarily explained, that intent doesn’t matter. What matters is impact. The individual killer is in some ways irrelevant. His intentions are not material. He is merely a vehicle for the structural oppressive forces critical theorists believe in. And this “story” is what the media elites decided to concentrate on: the thing that, so far as we know, didn’t happe

But notice how CRT operates. The only evidence it needs it already has. Check out the identity of the victim or victims, check out the identity of the culprit, and it’s all you need to know. If the victims are white, they don’t really count. Everything in America is driven by white supremacist hate of some sort or other. You can jam any fact, any phenomenon, into this rubric in order to explain it.

The only complexity the CRT crowd will admit is multiple, “intersectional” forms of oppression: so this case is about misogyny and white supremacy. The one thing they cannot see are unique individual human beings, driven by a vast range of human emotions, committing crimes with distinctive psychological profiles, from a variety of motives, including prejudices, but far, far more complicated than that.

There’s a reason for this shift. Treating the individual as unique, granting him or her rights, defending the presumption of innocence, relying on provable, objective evidence: these core liberal principles are precisely what critical theory aims to deconstruct. And the elite media is in the vanguard of this war on liberalism.

This isn’t in any way to deny increasing bias against Asian-Americans. It’s real and it’s awful. Asians are targeted by elite leftists, who actively discriminate against them in higher education, and attempt to dismantle the merit-based schools where Asian-American students succeed — precisely and only because too many Asians are attending. And Asian-Americans are also often targeted by envious or opportunistic criminal non-whites in their neighborhoods. For Trump to give these forces a top-spin with the “China virus” made things even worse, of course. For a firsthand account of a Chinese family’s experience of violence and harassment, check out this piece.

The more Asian-Americans succeed, the deeper the envy and hostility that can be directed toward them. The National Crime Victimization Survey notes that “the rate of violent crime committed against Asians increased from 8.2 to 16.2 per 1000 persons age 12 or older from 2015 to 2018.” Hate crimes? “Hate crime incidents against Asian Americans had an annual rate of increase of approximately 12% from 2012 to 2014. Although there was a temporary decrease from 2014 to 2015, anti-Asian bias crimes had increased again from 2015 to 2018.”

Asians are different from other groups in this respect. “Comparing with Black and Hispanic victims, Asian Americans have relatively higher chance to be victimized by non-White offenders (25.5% vs. 1.0% for African Americans and 18.9% for Hispanics). … Asian Americans have higher risk to be persecuted by strangers … are less likely to be offended in their residence … and are more likely to be targeted at school/college.” Of those committing violence against Asians, you discover that 24 percent such attacks are committed by whites; 24 percent are committed by fellow Asians; 7 percent by Hispanics; and 27.5 percent by African-Americans. Do the Kendi math, and you can see why Kendi’s “White Supremacist domestic terror” is not that useful a term for describing anti-Asian violence.

But what about hate crimes specifically? In general, the group disproportionately most likely to commit hate crimes in the US are African-Americans. At 13 percent of the population, African Americans commit 23.9 percent of hate crimes. But hate specifically against Asian-Americans in the era of Trump and Covid? Solid numbers are not yet available for 2020, which is the year that matters here. There’s data, from 1994 to 2014, that finds little racial skew among those committing anti-Asian hate crimes. Hostility comes from every other community pretty equally.

The best data I’ve found for 2020, the salient period for this discussion, are provisional data on complaints and arrests for hate crimes against Asians in New York City, one of two cities which seem to have been most affected. They record 20 such arrests in 2020. Of those 20 offenders, 11 were African-American, two Black-Hispanic, two white, and five white Hispanics. Of the black offenders, a majority were women. The bulk happened last March, and they petered out soon after. If you drill down on some recent incidents in the news in California, and get past the media gloss to the actual mugshots, you also find as many black as white offenders.

This doesn’t prove much either, of course. Anti-Asian bias, like all biases, can infect anyone of any race, and the sample size is small and in one place. But it sure complicates the “white supremacy” case that the mainstream media simply assert as fact.

And, given the headlines, the other thing missing is a little perspective. Here’s a word cloud of the victims of hate crimes in NYC in 2020. You can see that anti-Asian hate crimes are dwarfed by those against Jews, and many other minorities. And when you hear about a 150 percent rise in one year, it’s worth noting that this means a total of 122 such incidents in a country of 330 million, of which 19 million are Asian. Even if we bring this number up to more than 3,000 incidents from unreported and far less grave cases, including “shunning”, it’s small in an aggregate sense. A 50 percent increase in San Francisco from 2019 – 2020, for example, means the number of actual crimes went from 6 to 9.

Is it worse than ever? No. 2020 saw 122 such hate incidents. In 1996, the number was 350. Many incidents go unreported, of course, and hideous comments, slurs and abuse don’t count as hate “crimes” as such. I’m not discounting the emotional scars of the kind of harassment this report cites. I’m sure they’ve increased. They’re awful. Despicable. Disgusting.

But the theory behind hate crimes law is that these crimes matter more because they terrify so many beyond the actual victim. And so it seems to me that the media’s primary role in cases like these is providing some data and perspective on what’s actually happening, to allay irrational fear. Instead they contribute to the distortion by breathlessly hyping one incident without a single provable link to any go this — and scare the bejeezus out of people unnecessarily.

The media is supposed to subject easy, convenient rush-to-judgment narratives to ruthless empirical testing. Now, for purely ideological reasons, they are rushing to promote ready-made narratives, which actually point away from the empirical facts. To run sixteen separate pieces on anti-Asian white supremacist misogynist hate based on one possibly completely unrelated incident is not journalism. It’s fanning irrational fear in the cause of ideological indoctrination. And it appears to be where all elite media is headed.

Voir par ailleurs:

Yseult : les angles morts de la nouvelle égérie progressiste
Louis Nadau
Marianne
17/02/2021

Sans minimiser les difficultés que la révélation féminine des dernières Victoires de la musique a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle Yseult. Ni de souligner que son militantisme, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ».

« Le chemin est long en tant que femme noire, le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société, oubliée de la culture. » Au moment de recevoir sa récompense de révélation féminine de l’année samedi 13 février, lors de la 36ème cérémonie des Victoires de la musique, la chanteuse Yseult se lance, sans surprise, dans un discours engagé. La jeune artiste se vit en effet comme l’un des porte-étendard de la lutte contre les discriminations. « Le chemin est long et sinueux, mais on va y arriver. Ça mettra dix ans, ça mettra quinze ans, on ne veut pas nous laisser prendre l’ascenseur, il n’y a pas de souci, on est endurant, on va prendre les escaliers« , continue-t-elle.

S’adressant à ses amis présents dans le public clairsemé, eux aussi « racisés », elle conclut : « C’était important de faire cette victoire avec vous, d’être avec des personnes qui me ressemblent, qui sont comme moi, qui m’entendent et qui me comprennent, qui comprennent ma colère. Ma colère qui est légitime, notre colère est légitime, et j’aimerais que ce soir toute la France l’entende. » Que défend donc Yseult ? Épaulée par ses « sœurs » Adèle Haenel, Assa Traoré et Aïssa Maïga, la chanteuse reprend à son compte le vocabulaire et les notions utilisés par le mouvement intersectionnel. Yseult est « woke », éveillée aux enjeux d’une société qui opprimerait systématiquement ses minorités.

Rodage

Là où d’autres militantes s’appuient sur un bagage théorique riche et cohérent, la chanteuse est encore, de son propre aveu, en période de rodage. Ça se voit. Morceaux choisis de ce bingo progressiste : « Ma couleur de peau est politique, mes cheveux sont politiques, mon corps est politique, je n’ai donc pas le choix » – Gala le 23 janvier. « On dit ‘minorités’, mais en fait on est beaucoup. Je pense que même le mot minorités… On est minoritaire, mini, ça c’est vraiment quelque chose qui aujourd’hui me pique et m’intrigue beaucoup (…). Je pense qu’on devrait trouver un autre mot » – « 6 à la maison », le 25 novembre 2020. « Aujourd’hui je crois en la sororité, et je crois qu’il faut qu’on s’organise et qu’on aille en urgence dans une convergence des luttes, et qu’on crée une sorte de synergie pour tout péter » – « Clique », le 7 février dernier.

Si on pardonnera volontiers cette candeur à une chanteuse dont le débat d’idées n’est pas le métier, la sortie d’Yseult aux Victoires de la musique, même pour un spectateur n’ignorant rien de la réalité des phénomènes racistes, sexistes et discriminants, mérite tout de même qu’on s’y attarde. Notamment compte tenu de ses états de service : ancienne finaliste de la Nouvelle Star signée chez Universal, fondatrice de son propre label après le four de son premier album, compositrice pour Jenifer et Chimène Badi, première partie d’Angèle et, finalement, lauréate à 26 ans d’une première Victoire de la musique. On a vu pire chemin de croix. Si bien que, sans minimiser les difficultés qu’elle a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle la camarade Yseult. Ni de souligner que son militantisme dans l’ère du temps, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ».

Singularité

Force est de constater qu’il existe une disjonction entre le discours victimaire qui jalonne la carrière d’Yseult d’une part, et son succès au sein de l’industrie musicale d’autre part. Industrie à ce point oppressive et raciste qu’elle a nommé – peut-être pour se donner bonne conscience – trois femmes noires aux Victoires de la musique : Aya Nakamura, Lous and the Yakuza et Yseult. On nous rétorquera que Nakamura et Lous sont les exceptions, qu’Yseult a raison de s’engager en faveur de ceux que le racisme et le sexisme priveraient de carrière. Certes, mais à l’heure où le récit de soi et la mise en scène de sa singularité sont devenus des dimensions incontournables de la communication d’un artiste, c’est bien de sa personne dont parle constamment Yseult.

Dès 2015, cette dernière imputait sa défaite en finale du télé-crochet Nouvelle Star à la société, plutôt qu’au talent de son adversaire ou à ses propres défauts : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement« , expliquait-elle. Cinq ans plus tard, ces questions identitaires agitaient toujours Yseult. Interrogée dans l’émission de France 5 6 à la maison, elle expliquait : « Je pense que quand on est unique – parce que je n’ai plus envie de dire qu’on est différent -, ça gêne, ça intrigue, ça provoque, ça excite. C’est vrai que si je dois parler en tant que femme noire, en tant que femme grosse, c’est difficile de faire abstraction de tout ça, parce qu’on est noire et on est grosse et on est unique du lundi au lundi.« 

Mais est-ce encore la société qui impose ce regard sur elle-même à Yseult, ou est-ce Yseult qui se présente au monde à travers ce prisme ? On l’a vu, le discours de la chanteuse manque de cohérence, et il est difficile de trancher la question en se fondant sur ses déclarations. Le 7 févier sur Canal +, elle affirmait tantôt qu’il fallait « qu’on arrête de parler de nous comme des victimes« , tantôt « qu’on arrête de s’acharner sur nous, et qu’on arrête de nous chier dessus« . « On demande du respect, on demande surtout de l’empathie« , insistait-elle.

Que la chanteuse ait souffert du regard des autres, comme tant et tant d’adolescents, est une première chose. Qu’Yseult ait subi le racisme, la grossophobie et le sexisme, c’en est une deuxième. C’est à elle de le dire, de la manière la plus circonstanciée possible, étant donnée la gravité des faits. Il y a toutefois une troisième dimension dans ses propos, directement déduite des deux précédentes : l’idée, pourtant démentie par l’expérience, selon laquelle « on ne v[oudrait] pas nous laisser prendre l’ascenseur » – comprendre : parce que « nous » sommes femmes, noires ou grosses.

Fierté

C’est ainsi que le décalage entre le parcours d’Yseult et le discours « woke » qu’elle porte maladroitement se révèle cruellement : alors qu’il n’y a de vérité que celle du « je » aux yeux de certains militants, la jeune femme, bien qu’elle se décrive en « oubliée de la culture », n’a pas vraiment de quoi se plaindre personnellement en terme d’intégration sociale. Ce qui ne l’empêche pas de le faire, comme dans Clique, le 7 février dernier : « Je ne vais pas bien. Je ne me sens pas bien parce que j’ai l’impression d’être une sorte de vieille âme, et d’être une personne qui est hypersensible et consciente de tout ce qui se passe, des maux de notre société, de l’univers, de tout, et que pour une personne comme moi c’est hyper compliqué de me contrôler émotionnellement (…)« , se lamentait-elle lors d’un long monologue.

Au-delà de ces belles envolées, il y a bien sûr une forme de marketing communautaire, venant d’une artiste pour qui chanter ne suffit plus : comme Beyoncé, il faut devenir une icône. « I’m fucking black, fat, beautiful, and I’m confident, and I’m proud of it, bitch !« , lançait-elle ainsi le 5 février dernier dans la « boîte à questions » de Canal +. A Gala, elle déclarait : « Mon objectif, en toute humilité, est de tenter de créer de nouvelles références pour ma communauté. Dans l’art, comme dans tout le milieu culturel d’ailleurs, les noirs sont toujours représentés de la même manière.« 

Yseult n’échappe pas d’ailleurs à quelques contradictions sur ce sujet : alors qu’une bonne partie de son œuvre parle de son identité et des traumatismes qui y sont liés, elle refuse catégoriquement cette grille de lecture. Oui, son EP s’appelle Noir, oui, sa pochette montre « ses trois bourrelets » – dixit l’intéressée – en gros plan, oui le refrain de la chanson éponyme est « noire et fière de l’être, ça c’est toute ma life« , et oui, son clip montre un homme noir tenant dans ses bras un enfant noir, mais non, il ne faut y voir aucun message : « Moi j’en ai marre qu’on voit comme un symbole le fait de mettre plusieurs danseurs noirs. Pour moi ce n’est pas un symbole, c’est normal. J’ai pas fait ce clip en mode ‘vous allez voir’ (…)« , assurait-elle dans Clique en novembre 2019.

On pourrait applaudir ces propos universalistes, s’ils n’étaient pas totalement contradictoires avec le reste de la démarche d’Yseult. « Moi je veux que les gens le voient comme ça, parce que quand c’est le contraire, il n’y a pas le délire de : ‘Alors du coup c’est un homme blanc avec un enfant blanc. C’est un statement ce qui se passe.’ On aura jamais ce genre de question« , avance la jeune femme. On se demande tout de même comment les médias accueilleraient un artiste chantant « blanc et fier de l’être, ça c’est toute ma life ».

Privilèges

Loin d’envisager qu’elle ait pu bénéficier d’un effet pervers de rattrapage dans l’industrie audiovisuelle et musicale, Yseult brandit sans cesse son CV d’opprimée (et fière de l’être, donc) : « Moi j’avoue que dans ma carrière – maintenant ça va faire huit ans – on m’a toujours reproché quelque chose, c’est mon culot. (…) Autour de moi, on ne comprenait pas pourquoi j’avais cette aigreur, cette rage, cette frustration. Dans mon combat, on est tous sur la ligne de départ, mais dans notre parcours, il y a des embûches. Moi y’a du béton, y’a de l’eau, y’a des trous, et pour d’autres, il n’y a pas tout ça« , se plaignait-t-elle déjà dans 6 à la maison. Rappelons au passage que certains, aussi talentueux qu’Yseult, passent une vie à chanter sans percer.

« Je pense qu’il faut aussi reconnaître ses privilèges, et au-delà de ses privilèges, faut aussi aider ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges« , concluait Yseult, reprenant à son compte une notion selon laquelle ceux qui bénéficient d’une situation normale dans un Etat de droit – ne pas subir de discrimination en raison de son sexe ou de sa couleur de peau – jouiraient d’un avantage indu. On pourrait toutefois inviter la chanteuse à faire son propre examen de conscience, en la renvoyant au point aveugle de l’immense majorité de ses prises de parole publique : les inégalités économiques. Eh oui, revoilà la lutte des classes. Et Yseult se classe indéniablement du côté des dominés.

Fille d’un cadre supérieur chez Land Rover, Yseult a passé sa scolarité dans le privé, à Agen. « Matériellement, je n’ai pas à me plaindre, mon père gagnait beaucoup d’argent. On changeait de voiture tous les deux jours, on me conduisait à la maternelle en Mercedes. Ma mère s’achetait des sacs griffés« , racontait-elle en 2015 dans un entretien au magazine suisse Femina. Une enfance plus que confortable, marqué par des voyages en Jamaïque, aux Etats-Unis, en Indonésie, ou encore à Cuba.

En 2019, lors de son premier passage dans l’émission Clique de Canal +, elle affirmait : « Qu’on soit ou pas dans la musique, on court après les thunes. C’est tellement fatiguant. Payer son loyer, on a des enfants, faut les nourrir, faut les machin et tout. Moi y’a que aujourd’hui, depuis que j’ai 25 ans, que je me dis : ‘Mince, donc ma mère elle a vécu tout ça ? Mon père, c’était pour ça ?’ » Certains n’attendent pas 25 pour prendre conscience de ces réalités sociales, mais ceux-là ne semblent pas prioritaires aux yeux d’Yseult.

« La discrimination est partout et touche tout le monde, que l’on soit une femme noire ou blanche, que l’on soit trans, bi, gay, lesbienne, etc.« , professait Yseult dans Gala dernier. Les pauvres, eux, brillent par leur absence, y compris lorsque la chanteuse explique « qu’il faut tendre vers une convergence des luttes« , « que l’on s’allie tous et toutes afin de combattre notre ennemi qui au final nous est commun, celui que je nommerais l’intolérant« . Profiteurs et exploiteurs peuvent donc dormir tranquilles.

Il faut éplucher le fil Twitter d’Yseult pour trouver, à l’égard des pauvres, une once de « l’empathie » qu’elle réclamait pour elle-même à corps et à cri sur le plateau de Clique le 7 février. En quelques mois, on le trouve sur une seule mention, qui remonte au 30 janvier de cette année. « Je pense à ceux et celles qui n’arrive pas à s’en sortir financièrement durant cette période qui est extrêmement difficile sincèrement je pense très très très très très fort à vous courage et force« , écrivait-elle. Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.


Intrusion au Capitole: Attention, une insurrection peut en cacher une autre ! (What selective outrage when behind the unanimous blaming of president Trump for the Capitol rally’s excesses, our short-memoried media and commentators conveniently forget four long years of nothing less than a generalized insurrection against the president himself ?)

8 janvier, 2021

Image result for burning cities meme pelosi HarrisDog owners are like - 9GAGThe site of a car dealership in Kenosha, Wisconsin set on fire by rioters last week. Photo: Amy Katz/Zuma Press
The Wages of Our Recklessness

FreedomIndividualRightsCapitalism (@RadsDocDancer) | TwitterPro-life women criticize actress Busy Philipps' praise for abortion: 'Women deserve better' | Fox NewsAcross U.S., activists protest new wave of abortion bans | The Seattle TimesPeople take part in an "Not My President's Day" rally in Manhattan, New York, Feb. 20, 2017.Anti-Trump protesters chant during swearing-in ceremony - The Washington PostOpinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesThe Embarrassment of Democrats Wearing Kente-Cloth Stoles | The New YorkerNancy Pelosi viral memes defiantly respond to Trump's rhetoric - The Washington Post

Amazon.fr - In Defense of Looting: A Riotous History of Uncivil Action - Osterweil, Vicky - Livres
Ce que nous voulons, c’est la liberté par tous les moyens, la justice par tous les moyens et  l’égalité par tous les moyens. Malcolm X (1964)
Les émeutes sont destructrices, dangereuses et effrayantes, mais peuvent conduire à d’importantes réformes sociales. Vox.com
That people would take action into their own hands and try to take over the [US] Capitol and potentially commit violent acts is a natural outcome of this sort of behavior. It’s an example of the best of American traditions, and one cannot say that of this riot that has been spurred by the president of the United States. Robert Kraig (Citizen Action of Wisconsin Executive Director)
Le Capitole envahi chaque jour par des milliers de personnes, 100.000 protestataires pendant les week-ends… C’est incroyable pour notre État, on n’avait jamais rien vu de pareil, en tout cas pas depuis l’époque des droits civiques ou du Vietnam. Scott
Le gouverneur a été élu, pourquoi ne pas le laisser travailler, les élections, cela a un sens. Policier du Capitole du Wisconsin (2011)
On n’est pas en Europe ici, et les syndicats n’ont cessé de perdre de leur influence, ce qui rend le phénomène d’autant plus impressionnant. (…) Le spectacle a été surréaliste, on a tout vu ici, même un chameau sous la rotonde. Jason Stein (The Sentinel)
Pour moi, il s’agit de casser la machine électorale du Parti démocrate. John Vander Meer (ex-conseiller d’un élu de gauche)
Quand on a tracé des lignes aussi intransigeantes, on se demande quelle peut être la sortie de crise, c’est comme la guerre de Corée ! Scott Becher (stratège républicain)
Ce mouvement a indéniablement redynamisé la base démocrate. Ce qui se profile, c’est un discours de guerre de classe pour 2012, avec d’un côté les démocrates dénonçant Wall Street et les intérêts spéciaux, de l’autre les républicains fustigeant les syndicats. (…) Cela en dit long sur le fonctionnement politique général de notre pays. Nous ne cessons de recommencer les batailles du passé. Chaque nouvel élu se sent investi d’un mandat idéologique, alors que les gens veulent seulement que les partis s’allient pour résoudre les problèmes profonds qui se posent. Adam Schrager (journaliste de télévision local)
De l’intérieur de l’imposante bâtisse du Parlement de cet État politiquement crucial dans l’Amérique du Midwest, que se disputent régulièrement démocrates et républicains, parvient le bruit assourdissant de tam-tam africains sur lesquels des manifestants tapent en cadence. (…) Depuis trois semaines, le Wisconsin vit en état de guerre politique et de paralysie législative. L’homme qui a déclenché la tempête est le nouveau gouverneur républicain, Scott Walker, un brun et fringant conservateur, fils de prêcheur baptiste soutenu par les Tea Party, qui se voit comme un «nouveau Reagan», investi d’une mission historique de rééquilibrage des finances publiques. Dopé par sa victoire en novembre, avec quelque 52% des suffrages (les républicains ont également pris les deux Chambres du Congrès local), il a tenté de faire passer en force une loi d’ajustement budgétaire qui coupe dans le vif des avantages accordés aux employés du secteur public. Invoquant la nécessité de partager l’effort budgétaire, le projet Walker prévoit de forcer les fonctionnaires à payer de leur poche 12,6% de leurs primes d’assurance-maladie, alors qu’ils cotisent à hauteur de 6% – et les salariés du privé de 29%. Ils devraient aussi contribuer pour leurs retraites à hauteur de 5,6% (zéro aujourd’hui). » La mesure n’aurait sans doute pas ému grand monde, dans une Amérique qui affectionne peu l’État-providence, les fonctionnaires comme les syndicats et comprend l’urgence de combler ses trous budgétaires, évalués par le gouverneur pour le seul Wisconsin à 137 millions de dollars cette année – 3,6 milliards pour les deux prochaines. Mais, en décidant de priver carrément les fonctionnaires locaux de leurs droits de négociation collectifs, le gouverneur a franchi une ligne rouge. (…) Les coupes sombres prévues dans le budget de l’éducation (834 millions de dollars), point sensible dans un État qui se vante d’avoir des universités publiques créatrices d’activité économique à haute valeur ajoutée, ont décuplé les inquiétudes, de même que l’annonce par le gouverneur de la vente des 37 centrales productrices d’électricité à des intérêts privés, décision qui fait craindre des licenciements massifs. La gauche a lu aussi avec effroi dans cette volonté de casser les syndicats, l’amorce d’une offensive républicaine destinée à priver le parti d’Obama de l’un de ses plus puissants contributeurs à un an de la présidentielle. (…) Résultat, le projet Walker est devenu l’étincelle qui a embrasé le Wisconsin, suscitant une protestation qui a débouché sur une occupation pacifique du Parlement. Des pancartes notant que «l’éducation qui est l’avenir de nos enfants» tapissent les murs. Des milliers de post-it multicolores signés par les manifestants ont été collés sur les lourdes portes de bois du bâtiment. À l’intérieur, sous la Coupole, des happenings tenant autant du cirque que du combat politique, ont ameuté enseignants, pompiers et étudiants, ainsi que des centaines d’ex-activistes chevelus et barbus, qui semblent tout droit sortis de manifestations contre la guerre au Vietnam. (…) Bonnet de laine sur la tête, enveloppée dans son manteau car il ne fait pas chaud sur la couverture qui lui tient lieu de QG, Sarah rêve d’une douche. Cette étudiante en médecine, qui est là «par solidarité avec ses professeurs», et parce qu’elle craint «un effondrement économique de l’État si on touche aux universités», a passé six jours et six nuits au pied d’un pilier de marbre vert. Elle montre les matelas, les réserves de pommes, d’oranges et de céréales offertes par des bénévoles. Il y a même un «coin calme» réservé aux enfants des protestataires. «Chacun a ses raisons d’être là», dit Sarah. Elle salue les policiers, qui gardent patiemment les lieux, des boules Quies dans les oreilles à cause du tam-tam. (…) Le projet de Walker a été voté à la Chambre des représentants du Wisconsin, mais les sénateurs démocrates, invoquant le caractère «exceptionnel» de la situation, ont fui vers l’Illinois pour empêcher un vote au Sénat. Furieux, le gouverneur a menacé de lancer la police à leurs trousses, initié un blocage du versement de leurs salaires et annoncé le compte à rebours pour 12.000 licenciements dans le secteur public si la loi ne passe pas. Son pari est que les mouvements ne sont qu’un baroud d’honneur des syndicats minoritaires et que la majorité silencieuse le soutient. De leur côté, les élus démocrates invoquent de récents sondages pour «souligner la légitimité de la politique de la chaise vide». Selon une enquête de l’Institut Rasmussen, près de 57% de la population de l’État seraient hostiles à la politique de Walker concernant les droits de négociation collectifs, alors qu’il est soutenu sur les augmentations des contributions à la santé et aux retraites. Résultat, l’impasse est totale. Les élus démocrates ont indiqué leur volonté de revenir à Madison, mais il est difficile de passer à l’acte sans avoir l’impression de capituler. «Quand on a tracé des lignes aussi intransigeantes, on se demande quelle peut être la sortie de crise, c’est comme la guerre de Corée!», note le stratège républicain Scott Becher. Il dit ne jamais avoir vu une telle division, malgré la tradition de combat social du Wisconsin, un État manufacturier pionnier dans la promotion des droits syndicaux. De Madison à Washington, les observateurs se demandent si la bataille du Wisconsin va faire «tache d’huile», au-delà de la victoire probable du gouverneur à court terme. Certains prédisent que son courage politique lui vaudra au minimum une place de vice-président sur un ticket républicain. D’autres pensent au contraire qu’il surestime sa «main» et qu’il sera «révoqué» d’ici à un an, selon une procédure lancée par les démocrates visant à rassembler les signatures de 25% des votants, pour convoquer une nouvelle élection… Des révoltes sociales très comparables ont en tout cas éclaté dans l’Ohio et l’Indiana, mettant leurs gouverneurs républicains sur la défensive. Le conflit intéresse aussi les gouverneurs du Texas, Rick Perry, et du New Jersey, Chris Christie, qui se sont bien gardés, malgré leurs promesses de rigueur budgétaire, de toucher aux conventions collectives du secteur public. «Ce mouvement a indéniablement redynamisé la base démocrate», note Adam Schrager, journaliste de télévision local, qui se demande si la bataille du Wisconsin pourrait avoir le même «effet boule de neige» que la bataille de la santé a eu pour la mobilisation des Tea Party. «Ce qui se profile, c’est un discours de guerre de classe pour 2012, avec d’un côté les démocrates dénonçant Wall Street et les intérêts spéciaux, de l’autre les républicains fustigeant les syndicats.» Conscient de l’importance de l’affrontement, mais soucieux de ne pas se mêler d’un combat dont l’issue reste incertaine, le président Obama est resté relativement discret. «Le président a d’autres chats à fouetter, il doit gérer les révoltes du Middle-East (Moyen-Orient). Nous nous occuperons du Midwest», dit Céleste en agitant le poing. Le journaliste Adam Schrager s’inquiète, quant à lui, de cette ambiance guerrière. Il a été stupéfait qu’un seul élu, le républicain Dale Schultz – «le seul adulte de toute cette histoire» – ait proposé un compromis. «Cela en dit long sur le fonctionnement politique général de notre pays, dit le reporter frustré. Nous ne cessons de recommencer les batailles du passé. Chaque nouvel élu se sent investi d’un mandat idéologique, alors que les gens veulent seulement que les partis s’allient pour résoudre les problèmes profonds qui se posent. » Laure Mandeville (08.03.2011)
No place is hotter than Wisconsin. The leaders there have done everything possible to maximize conflict. Gov. Scott Walker, a Republican, demanded cuts only from people in the other party. The public sector unions and their allies immediately flew into a rage, comparing Walker to Hitler, Mussolini and Mubarak. Walker’s critics are amusingly Orwellian. They liken the crowd in Madison to the ones in Tunisia and claim to be fighting for democracy. Whatever you might say about Walker, he and the Republican majorities in Wisconsin were elected, and they are doing exactly what they told voters they would do. It’s the Democratic minority that is thwarting the majority will by fleeing to Illinois. It’s the left that has suddenly embraced extralegal obstructionism. (…) Everybody now seems to agree that Governor Walker was right to ask state workers to pay more for their benefits. Even if he gets everything he asks for, Wisconsin state workers would still be contributing less to their benefits than the average state worker nationwide and would be contributing far, far less than private sector workers. The more difficult question is whether Walker was right to try to water down Wisconsin’s collective bargaining agreements. Even if you acknowledge the importance of unions in representing middle-class interests, there are strong arguments on Walker’s side. In Wisconsin and elsewhere, state-union relations are structurally out of whack. That’s because public sector unions and private sector unions are very different creatures. Private sector unions push against the interests of shareholders and management; public sector unions push against the interests of taxpayers. Private sector union members know that their employers could go out of business, so they have an incentive to mitigate their demands; public sector union members work for state monopolies and have no such interest. (…) Most important, public sector unions help choose those they negotiate with. Through gigantic campaign contributions and overall clout, they have enormous influence over who gets elected to bargain with them, especially in state and local races. As a result of these imbalanced incentive structures, states with public sector unions tend to run into fiscal crises. David Brooks
Is it the same as people in the Middle East overthrowing years of dictatorship?  Or is that just the last story you saw on the news? (…) Do you see what’s happening here?!  The Wisconsin union protest is the bizarro Tea Party!  Jon Stewart
C’est une inspiration pour nous que cette énergie et ce militantisme des nombreux jeunes militants et défenseurs de l’environnement qui ouvrent la voie pour la crise climatique, qui menace la santé, la sécurité économique et l’avenir de toutes nos communautés. Nous nous félicitons de la présence de ces militants. Nancy Pelosi (novembre 2018)
Hundreds of young protesters stormed Capitol Hill on Monday, taking over the offices of three House Democratic leaders to call for an immediate climate change plan. The activists with the Sunrise Movement, a group that’s pushing House Democrats to create a special committee next year focused entirely on climate change initiatives, engaged in three sit-ins inside the offices of the likely next Speaker, Rep. Nancy Pelosi (D-Calif), as well as incoming Majority Leader Steny Hoyer (D-Md.) and Rep. Jim McGovern (D-Mass.), who is in line to chair the House Rules Committee. Most of the protesters, who ranged in age from their teens to their late 20s, were eventually pushed out by Capitol Police after threat of arrest. Officers did arrest 138 protesters on charges of blocking hallways, Capitol Police said. The protests are the second wave organized by the Sunrise Movement to disrupt the Capitol since the midterm elections. The Hill
Tout a commencé par “un sit-in dans les bureaux de la (future) présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en novembre 2018, six jours seulement après la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat”, à l’issue desquelles ils ont regagné la majorité à la Chambre des représentants, rapporte le magazine californien Mother Jones. Quelque “150 militants”, peu convaincus par les belles paroles des nouveaux élus démocrates sur la nécessité de faire avancer la législation en matière de lutte contre le changement climatique, se sont alors mobilisés pour les contraindre “à respecter leurs promesses”. Ce sit-in “serait passé relativement inaperçu sans la présence de la jeune députée de New York Alexandria Ocasio-Cortez venu prêter main-forte aux activistes”, note le magazine californien. Mais la couverture médiatique s’est alors emballée. Si le mouvement Sunrise ne s’est fait connaître du grand public qu’à la fin de l’année 2018, “ses racines sont plus profondes”, poursuit Mother Jones. Dès 2014, ses fondateurs ont en effet commencé à participer, à New York, aux séances d’un organisme baptisé “Momentum” créé par deux frères, Mark et Paul Engler, coauteurs du livre This Is an Uprising. How Nonviolent Revolt Is Shaping the Twenty-First Century [“Ceci est un soulèvement. Comment la révolte non violente définit le XXIe siècle”, non traduit]. Leur credo ? S’inspirer de l’histoire moderne des mouvements de résistance et de désobéissance civile, “depuis la lutte pour les droits civiques de Martin Luther King au mouvement Occupy Wall Street, en passant par les soulèvements des printemps arabes”, pour créer de nouvelles formes de mobilisation plus durables et efficaces selon deux piliers stratégiques : le principe de “l’escalade” et celui de “l’absorption” avec pour objectif de recruter de nouveaux membres à chaque nouvelle action. La journaliste du magazine Mother Jones confie avoir été sceptique, dans un premier temps, face à l’enthousiasme juvénile et jargonnant des militants du mouvement Sunrise, capables de “citer dans une même phrase le pasteur Martin Luther King, la célèbre militante africaine-américaine Ella Baker ou l’universitaire engagé Charles Payne”. Elle relève également que la directrice exécutive du mouvement, Varshini Prakash, “n’est âgée que de 26 ans”. Mais force est de reconnaître, ajoute la journaliste, que “depuis ses débuts le mouvement a remporté un succès certain : lors d’actions ciblées, de débrayages lycéens à travers tout le pays et de grandes manifestations” (notamment au moment des marches pour le climat qui se sont déroulées dans de nombreux pays à la fin du mois de janvier 2019) et peut se targuer aujourd’hui de “rassembler plus de 15 000 membres dans quelque 200 sections disséminées dans le pays”… Courrier international (2018)
Vendredi soir, des agents des Services secrets ont précipité le président américain Donald Trump dans un bunker de la Maison Blanche alors que des centaines de manifestants se rassemblaient devant le manoir exécutif, certains d’entre eux jetant des pierres et tirant sur les barricades de la police. Trump a passé près d’une heure dans le bunker, qui a été conçu pour être utilisé dans des situations d’urgence telles que des attaques terroristes, selon un républicain proche de la Maison Blanche qui n’était pas autorisé à discuter publiquement de questions privées et a parlé sous couvert d’anonymat. (…) La décision abrupte des agents a souligné l’humeur agitée à l’intérieur de la Maison Blanche, où les chants des manifestants à Lafayette Park ont ​​pu être entendus tout le week-end et les agents des services secrets et les forces de l’ordre ont eu du mal à contenir la foule. Les manifestations de vendredi ont été déclenchées par la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été coincé au cou par un policier blanc de Minneapolis. Les manifestations à Washington sont devenues violentes et ont semblé surprendre les officiers. Ils ont déclenché l’une des alertes les plus élevées sur le complexe de la Maison Blanche depuis les attentats du 11 septembre 2001. (…)  Le déménagement du président dans le bunker a été signalé pour la première fois par le New York Times. Le président et sa famille ont été ébranlés par la taille et le venin de la foule, selon le républicain. Il n’était pas immédiatement clair si la première dame Melania Trump et le fils de 14 ans du couple, Barron, avaient rejoint le président dans le bunker. Le protocole des services secrets aurait exigé que toutes les personnes sous la protection de l’agence soient dans l’abri souterrain. France 24 (
Beyond being unnecessary, using our military to quell protests across the country would also be unwise. This is not the mission our armed forces signed up for: They signed up to fight our nation’s enemies and to secure — not infringe upon — the rights and freedoms of their fellow Americans. In addition, putting our servicemen and women in the middle of politically charged domestic unrest risks undermining the apolitical nature of the military that is so essential to our democracy. It also risks diminishing Americans’ trust in our military — and thus America’s security — for years to come. As defense leaders who share a deep commitment to the Constitution, to freedom and justice for all Americans, and to the extraordinary men and women who volunteer to serve and protect our nation, we call on the president to immediately end his plans to send active-duty military personnel into cities as agents of law enforcement, or to employ them or any another military or police forces in ways that undermine the constitutional rights of Americans. The members of our military are always ready to serve in our nation’s defense. But they must never be used to violate the rights of those they are sworn to protect. Leon E. Panetta, Chuck Hagel, Ashton B. Carter (and 86 former defense officials)
As former American ambassadors, generals and admirals, and senior federal officials, we are alarmed by calls from the President and some political leaders for the use of U.S. military personnel to end legitimate protests in cities and towns across America. (…) Cities and neighborhoods in which Americans are assembling peacefully, speaking freely, and seeking redress of their grievances are not “battlespaces.” Federal, state, and local officials must never seek to “dominate” those exercising their First Amendment rights. Rather they have a responsibility to ensure that peaceful protest can take place safely as well as to protect those taking part. We condemn all criminal acts against persons and property, but cannot agree that responding to these acts is beyond the capabilities of local and state authorities. Our military is composed of and represents all of America. Misuse of the military for political purposes would weaken the fabric of our democracy, denigrate those who serve in uniform to protect and defend the Constitution, and undermine our nation’s strength abroad. There is no role for the U.S. military in dealing with American citizens exercising their constitutional right to free speech, however uncomfortable that speech may be for some. We are concerned about the use of U.S. military assets to intimidate and break up peaceful protestors in Washington, D.C. (…) The stationing of D.C. Air National Guard troops in full battle armor on the steps of the Lincoln Memorial is inflammatory and risks sullying the reputation of our men and women in uniform in the eyes of their fellow Americans and of the world.Declaring peaceful protestors “thugs” and “terrorists” and falsely seeking to divide Americans into those who support “law and order” and those who do not will not end the demonstrations. The deployment of military forces against American citizens exercising their constitutional rights will not heal the divides in our society. We urge the President and state and local governments to focus their efforts on uniting the country and supporting reforms to ensure equal police treatment of all citizens, regardless of race or ethnicity. Ultimately, the issues that have driven the protests cannot be addressed by our military. They must be resolved through political processes. Former US generals, admirals and national security officials
Si au combat, ils apportent un couteau, on apporte un pistolet ! Barack Obama
Oui, je suis scandalisée. Oui, j’ai songé à de nombreuses reprises à faire exploser la Maison Blanche. Mais je sais que cela ne changera rien. Madonna (23.01.2017)
Il est temps de tuer le président. Monisha Rajesh (journaliste britannique, 08.11.2016)
Trump c’est le candidat qui redonne aux Américains l’espoir, l’espoir qu’il soit assassiné avant son investiture. Pablo Mira (chroniqueur français, France Inter, 15.11.2016)
Je sais que tout le monde ici marchera bientôt vers le Capitole, pour pacifiquement et patriotiquement faire entendre vos voix. Président Trump (06.01.2021)
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (06.05. 2019)
Souvenez-vous, Joe et Kamala peuvent remporter 3 millions de voix et perdre quand même. Alors, croyez-moi. Nous avons besoin d’un nombre de voix tellement écrasant que Trump ne pourra pas nous subtiliser ou nous voler la victoire. Hillary Clinton (20.08.2020)
Trump sait qu’il est un président illégitime. Hillary Clinton (29.09.2019)
Notre élection a été détournée. Ca ne fait aucun doute. Le Congrès a un devoir de protéger notre démocratie et de s’en tenir aux faits. Nancy Pelosi (16.05. 2017)
Si vous le pouvez, envoyez votre contribution au @MNFreedomFund pour aider à payer la caution de ceux qui manifestent sur le terrain dans le Minnesota. Kamala Harris (01.06.2020)
Je ne considère pas le président-élu comme un président légitime. Je pense que les Russes ont aidé cet homme à se faire élire. Et ils ont contribué à détruire la candidature d’Hillary Clinton. John Lewis (héros des droits civiques, représentant démocrate, Géorgie, 13.01. 2017)
Nous allons destituer ce fils de pute ! Rashida Tlaib (députée palestino-américaine, 04.01.2019)
Je veux vous dire, Gorsuch; je veux vous dire, Kavanaugh. Vous avez déchainé la tempête. Et vous en paierez le prix. Vous ne saurez pas ce qui vous a frappé si vous prenez ces terribles décisions. Charles Schumer (Senate Minority Leader, D-N.Y., 04.03.2020)
Je n’aurais pas dû utiliser les mots que j’ai utilisés hier. Ils ne sont pas sortis comme je l’avais prévu. Je viens de Brooklyn. On utilise des mots forts. Charles Schumer
Ce matin, le sénateur Schumer s’est exprimé lors d’un rassemblement devant la Cour suprême alors qu’une affaire était débattue à l’intérieur. Le sénateur Schumer a cité deux membres de la Cour par leur nom et a dit qu’il voulait leur dire: «Vous avez déchainé la tempête, et vous en paierez le prix. Vous ne saurez pas ce qui vous a frappé si vous prenez ces terribles décisions. Les juges savent que la critique fait partie de leur fonction, mais les déclarations menaçantes de ce genre de la part des plus hauts niveaux de gouvernement ne sont pas seulement inappropriées, elles sont dangereuses. Tous les membres de la Cour continueront à faire leur travail, sans crainte ni faveur, d’où qu’elles viennent. Chief Justice John G. Roberts (March 4, 2020)
This is as much about public outcry and organizing and mobilizing and applying pressure so that this GOP-led Senate and these governors that continue to carry water for this administration, putting the American people in harm’s way, turning a deaf ear to the needs of our families and our communities — hold them accountable. Make the phone calls, send the emails, show up. You know, there needs to be unrest in the streets for as long as there’s unrest in our lives. U.S. Rep. Ayanna Pressley (Aug; 18, 2020)
They’re not going to stop. This is a movement, I’m telling you, they’re not going to stop, and everyone beware because they’re not going to stop before Election Day in November, and they’re not going to stop after Election Day. And everyone should take note of that, on both levels, that they’re not going to let up, and they should not, and we should not. Kamala Harris (June 18, 2020)
You think we’re rallying now? You ain’t seen nothing yet. Already you have members of your Cabinet that are being booed out of restaurants … protesters taking up at their house saying ‘no peace, no sleep.’ If you see anybody from that Cabinet in a restaurant, in a department store, at a gasoline station, you get out and you create a crowd and you push back on them and you tell them they’re not welcome anymore, anywhere. Rep. Maxine Waters (D-Calif., June 23, 2018)
I have no sympathy for these people that are in this administration who know it is wrong what they’re doing … but they tend to not want to confront this president. Cabinet members who defend him are “not going to be able to go to a restaurant, stop at a gas station, shop at a department store. The people are going to turn on them, they’re going to protest, they’re going to absolutely harass them until they decide that they’re going to tell the president: ’No … this is wrong, this is unconscionable; we can’t keep doing this to children.’ Rep. Maxine Waters (D-Calif., June 24, 2018)
This was act of the administration. They had been planning this for a while. As a mother of five children, grandmother of nine, I’m sure any parents here, mother or father, knows that this is barbaric. This is not what America is. But this is the policy of the Trump administration. (…) When we had a hearing on a subject related to this, asylum-seeker refugees (…) the American (…) Association of Evangelicals (…) testified that asylum refugees (…) they called it the crown jewel of America’s humanitarianism. (…) And in order to do away with that crown jewel, they’re doing away with children being with their moms. (…) I just don’t even know why there aren’t uprisings all over the country. And maybe there will be, when people realize that this is a policy that they defend. Nancy Pelosi (House Speaker, D-Calif., June 14, 2018)
Si ça avait été des militants Black Lives Matter hier, ils auraient été traités très différemment. Joe Biden
[It was] a well-funded cabal of powerful people, ranging across industries and ideologies, working together behind the scenes to influence perceptions, change rules and laws, steer media coverage and control the flow of information. They were not rigging the election; they were fortifying it. (…)  » In the end, nearly half the electorate cast ballots by mail in 2020, practically a revolution in how people vote. About a quarter voted early in person. Only a quarter of voters cast their ballots the traditional way: in person on Election Day. (…) Private philanthropy stepped into the breach. An assortment of foundations contributed tens of millions in election-administration funding. The Chan Zuckerberg Initiative chipped in $300 million (…) The racial-justice uprising sparked by George Floyd’s killing in May was not primarily a political movement. The organizers who helped lead it wanted to harness its momentum for the election without allowing it to be co-opted by politicians. Many of those organizers were part of Podhorzer’s network, from the activists in battleground states who partnered with the Democracy Defense Coalition to organizations with leading roles in the Movement for Black Lives. (…) The summer uprising had shown that people power could have a massive impact. Activists began preparing to reprise the demonstrations if Trump tried to steal the election. “Americans plan widespread protests if Trump interferes with election,” Reuters reported in October, one of many such stories. More than 150 liberal groups, from the Women’s March to the Sierra Club to Color of Change, from Democrats.com to the Democratic Socialists of America, joined the “Protect the Results” coalition. The group’s now defunct website had a map listing 400 planned postelection demonstrations, to be activated via text message as soon as Nov. 4. To stop the coup they feared, the left was ready to flood the streets. (…) Fox News surprised everyone by calling Arizona for Biden. The public-awareness campaign had worked: TV anchors were bending over backward to counsel caution and frame the vote count accurately. Time
November 3rd. After You Vote, Hit the Streets For months, Donald Trump and his enablers have waged an attack on the democratic process. They’re mobilizing an army of thugs to intimidate voters at the polls, they’re trying to limit access to early voting, and they even tried to dismantle the US Postal Service. During this triple crisis—the COVID-19 pandemic, the recession, and the crisis of police violence and institutional racism—the stakes are simply too high to sit at home and watch the results play out. On November 3rd, after you vote, volunteer at the polls or do get out the vote, come to Black Lives Matter Plaza. Thousands of us are planning to come together to defend democracy and ensure that Trump isn’t able to steal the 2020 Presidential Election. We’re going to start this next phase of the election cycle in the streets. We’ll have GoGo bands, salsa dancers, artists, cultural workers, and much more. We’ll also be watching the election results coming in on big screens. Votes will still be coming in, so this will (probably) not be the time we need to create disruption to stop a coup – yet. But we’ll be in a good place to respond to whatever might happen. This has been a really long and dark era so we’re going to be together to process our feelings of hope, anger, fear and exhaustion as a community.   Regardless of the results, election-night programming will probably wrap up around midnight so we can be energized and ready to hit the streets again on the 4th. Shutdown DC
Concerned about the possibility of unrest on Election Day, or in the days that follow, businesses in some areas of D.C. are boarding their windows. Officials are advising shop owners to sign up for crime alerts and to keep their insurance information handy. D.C. police have limited leave for officers starting this weekend to ensure adequate staffing, and the District spent $100,000 on less-lethal munitions and chemical irritants for riot control to replenish a stockpile depleted by clashes over the summer. As a turbulent election season draws to a close, authorities across the country worry frustration may spill onto the streets, and officials are watching for disturbances at the polls or protests in their communities. That tension is heightened in the nation’s capital, where the White House and other symbols of government regularly draw demonstrators. “It is widely believed that there will be civil unrest after the November election regardless of who wins,” D.C. Police Chief Peter Newsham told lawmakers this month. “It is also believed that there is a strong chance of unrest when Washington, D.C., hosts the inauguration in January.” (…) Officials have not recommended that shop owners board up their buildings, according to a resource guide for businesses distributed by city leaders this week. Some small-business owners are heeding their guidance, focused on bolstering sales as winter approaches. Others are boarding anyway, and concrete barriers were being installed outside the U.S. Chamber of Commerce building across from Lafayette Square. “We do not have any intelligence on planned activity to suggest the need to board up; however, we remain vigilant,” John Falcicchio, the deputy mayor for planning and economic development, said in a statement. “We understand the difficult position building owners and operating businesses are in, and we call upon all who participate in First Amendment activities to denounce violence and report it immediately should it occur.” Officials say they are concerned that a politically polarized electorate coupled with divisive rhetoric and President Trump questioning the integrity of the election could create flash points in the District and elsewhere. Newsham said several groups have applied for demonstration permits starting Sunday and for days after the election. The National Park Service is considering permit applications from several organizations with various views on the election. Shutdown DC is planning weeks’ worth of demonstrations around the White House and Black Lives Plaza starting Tuesday. “After you vote, hit the streets,” the group posted on its website. (…) The District endured months of sustained demonstrations after the death of George Floyd in police custody in Minneapolis, which targeted areas outside the White House but also impacted the downtown business district and neighborhoods such as Georgetown, Adams Morgan and Shaw. The demonstrations were mostly peaceful, but outbreaks of violence — much of it attributed to agitators more intent on destruction than protest — resulted in hundreds of arrests after nights of fires, looted stores and clashes with police. D.C. police said that on May 30 and May 31, the two most volatile days, 204 businesses were burglarized and 216 properties were damaged. The Washington Post
The Manhattan real estate world is a world unto its own. The competition is very fierce, you’re dealing with many, many clever people. I think it was Tom Klingenstein who said he always thought Trump was Jewish because he fit in so well with the real-estatenicks in Manhattan, most of whom were, and are, Jewish. (…) He had the qualities that all those guys had in common, and you might have thought, other things being equal, that he was one of them. And in a certain sense he was, but not entirely. I know a few of those guys and they’re actually very impressive. You have to get permits, and you have to deal with the mob, and you have to know how to handle workers who are very recalcitrant, many of whom are thuggish. You’re in a battlefield there, so you have to know how to operate politically as well as in a managerial capacity, and how to sweet talk and also how to curse. It’s not an easy field to master.(…) I think Trump has, in that sense, the common touch. That’s one of the things—it may be the main thing—that explains his political success. It doesn’t explain his success in general, but his political success, yes. (…) Trump fights back. The people who say: “Oh, he shouldn’t lower himself,” “He should ignore this,” and “Why is he demeaning himself by arguing with some dopey reporter?” I think on the contrary—if you hit him, he hits back; and he is an equal opportunity counter puncher. It doesn’t matter who you are. (…) when he first appeared on the scene (…) I said to my wife: “This guy is Buchanan without the anti-Semitism,” because he was a protectionist, a nativist, and an isolationist. And those were the three pillars of Pat Buchanan’s political philosophy. How did I know he wasn’t an anti-Semite? I don’t know—I just knew. And he certainly wasn’t and isn’t, and I don’t think he’s a racist or any of those things. (…) however, I began to be bothered by the hatred that was building up against Trump from my soon to be new set of ex-friends. It really disgusted me. I just thought it had no objective correlative. You could think that he was unfit for office—I could understand that—but my ex-friends’ revulsion was always accompanied by attacks on the people who supported him. They called them dishonorable, or opportunists, or cowards—and this was done by people like Bret Stephens, Bill Kristol, and various others. And I took offense at that. So that inclined me to what I then became: anti-anti-Trump. By the time he finally won the nomination, I was sliding into a pro-Trump position, which has grown stronger and more passionate as time has gone on. On the question of his isolationism, he doesn’t seem to give a damn. He hires John Bolton and Mike Pompeo who, from my point of view, as a neoconservative (I call myself a “paleo-neoconservative” because I’ve been one for so long), couldn’t be better. And that’s true of many of his other cabinet appointments. He has a much better cabinet than Ronald Reagan had, and Reagan is the sacred figure in Republican hagiography. Trump is able to do that because, not only is he not dogmatic, he doesn’t operate on the basis of fixed principles. Now some people can think that’s a defect—I don’t think it’s a defect in a politician at a high level. I remember thinking to myself once on the issue of his embrace of tariffs, and some of my friends were very angry. I said to myself for the first time, “Was thou shalt not have tariffs inscribed on the tablets that Moses brought down from Sinai? Maybe Trump has something on this issue, in this particular”—and then I discovered to my total amazement that there are a hundred tariffs (I think that’s right) against America from all over the world. So the idea that we’re living in a free trade paradise was itself wrong, and in any case, there was no reason to latch onto it as a sacred dogma. And that was true of immigration. I was always pro-immigration because I’m the child of immigrants. (…) So I was very reluctant to join in Trump’s skepticism about the virtues of immigration. (…) We weren’t arguing about illegal immigration. We were arguing about immigration. (…) What has changed my mind about immigration now—even legal immigration—is that our culture has weakened to the point where it’s no longer attractive enough for people to want to assimilate to, and we don’t insist that they do assimilate. (…) as I watched the appointments he was making even at the beginning, I was astonished. And he couldn’t have been doing this by accident. So that everything he was doing by way of policy as president, belied the impression he had given to me of a Buchananite. He was the opposite of a Buchananite in practice. The fact is he was a new phenomenon. And I still to this day haven’t quite figured out how he reconciled all of this in his own head. Maybe because, as I said earlier, he was not dogmatic about things. He did what he had to do to get things done. (…) he had something—he had instincts. And he knew, from my point of view, who the good guys were. Now, he made some mistakes, for example, with Secretary of State Tillerson, but so did Reagan. I used to point out to people that it took Lincoln three years to find the right generals to fight the civil war, so what did you expect from George W. Bush? In Trump’s case, most of his appointments were very good and they’ve gotten better as time’s gone on. And even the thing that I held almost sacred, and still do really, which is the need for American action abroad—interventionism—which he still says he’s against. I mean, he wants to pull out all our troops from Syria and I think it was probably Bolton who talked him out of doing it all in one stroke. Even concerning interventionism, I began to rethink. I found my mind opening to possibilities that hadn’t been there before. And in this case it was a matter of acknowledging changing circumstances rather than philosophical or theoretical changes. (…)[Trump] was against what he called stupid wars or unnecessary wars. But I think that, again, he’s willing to be flexible under certain circumstances. I think that if we were hit by any of those people, he would respond with a hydrogen bomb. (…) some of [my ex-friends] have gone so far as to make me wonder whether they’ve lost their minds altogether. I didn’t object to their opposition to Trump. There was a case to be made, and they made it—okay. Of course, they had no reasonable alternative. A couple of them voted for Hillary, which I think would have been far worse for the country than anything Trump could have done. But, basically, I think we’re all in a state of confusion as to what’s going on. Tom Klingenstein has made a brilliant effort to explain it, in terms that haven’t really been used before. He says that our domestic politics has erupted into a kind of war between patriotism and multiculturalism, and he draws out the implications of that war very well. I might put it in different terms—love of America versus hatred of America. But it’s the same idea. We find ourselves in a domestic, or civil, war almost. (…) The long march through the institutions, as the Maoists called it, was more successful than I would have anticipated. The anti-Americanism became so powerful that there was virtually nothing to stop it. Even back then I once said, and it’s truer now: this country is like a warrior tribe which sends all its children to a pacifist monk to be educated. And after a while—it took 20 or 40 years—but little by little it turned out that Antonio Gramsci—the Communist theoretician who said that the culture is where the power is, not the economy—turned out to be right; and little by little the anti-Americanism made its way all the way down to kindergarten, practically. And there was no effective counterattack. (…) The crack I make these days is that the Left thinks that the Constitution is unconstitutional. When Barack Obama said, “We are five days away from fundamentally transforming this country,” well it wasn’t five days, but he was for once telling the truth. He knew what he was doing. I’ve always said that Obama, from his own point of view, was a very successful president. (…) Far from being a failure, within the constraints of what is still the democratic political system, he had done about as much as you possibly could to transform the country into something like a social democracy. The term “social democrat,” however, used to be an honorable one. It designated people on the Left who were anti-Communist, who believed in democracy, but who thought that certain socialist measures could make the world more equitable. Now it’s become a euphemism for something that is hard to distinguish from Communism. And I would say the same thing about anti-Zionism. (…) two years or so after the Six Day War (…) anti-Semitism has migrated from the Right, which was its traditional home, to the Left, where it is getting a more and more hospitable reception. (…) Today, anti-Semitism, under the cover of anti-Zionism, has established itself much more firmly in the Democratic Party than I could ever have predicted, which is beyond appalling. The Democrats were unable to pass a House resolution condemning anti-Semitism, for example, which is confirmation of the Gramscian victory. I think they are anti-American—that’s what I would call them. They’ve become anti-American. (…) some of them say they’re pro-socialism, but most of them don’t know what they’re talking about. They ought to visit a British hospital or a Canadian hospital once in a while to see what Medicare for All comes down to. They don’t know what they’re for. I mean, the interesting thing about this whole leftist movement that started in the ’60s is how different it is from the Left of the ’30s. The Left of the ’30s had a positive alternative in mind—what they thought was positive—namely, the Soviet Union. So America was bad; Soviet Union, good. Turn America into the Soviet Union and everything is fine. The Left of the ’60s knew that the Soviet Union was flawed because its crimes that had been exposed, so they never had a well-defined alternative. One day it was Castro, the next day Mao, the next day Zimbabwe, I mean, they kept shifting—as long as it wasn’t America. Their real passion was to destroy America and the assumption was that anything that came out of those ruins would be better than the existing evil. That was the mentality—there was never an alternative and there still isn’t. (…) Things have gone so haywire, [Bernie Sanders] was able to revive the totally discredited idea of socialism, and others were so ignorant that they picked it up. As for attitudes toward America, I believe that Howard Zinn’s relentlessly anti-American People’s History of the United States sells something like 130,000 copies a year, and it’s a main text for the study of American History in the high schools and in grade schools. So, we have miseducated a whole generation, two generations by now, about almost everything. (…) The only way I know out of this is to fight it intellectually, which sounds weak. But the fact that Trump was elected is a kind of miracle. I now believe he’s an unworthy vessel chosen by God to save us from the evil on the Left. And he’s not the first unworthy vessel chosen by God. There was King David who was very bad—I mean he had a guy murdered so he could sleep with his wife, among other things. And then there was King Solomon who was considered virtuous enough—more than his father—to build the temple, and then desecrated it with pagan altars; but he was nevertheless considered a great ancestor. So there are precedents for these unworthy vessels, and Trump, with all his vices, has the necessary virtues and strength to fight the fight that needs to be fought. And if he doesn’t win in 2020, I would despair of the future. I have 13 grandchildren and 12 great grandchildren, and they are hostages to fortune. So I don’t have the luxury of not caring what’s going to happen after I’m gone. (…) His virtues are the virtues of the street kids of Brooklyn. You don’t back away from a fight and you fight to win. That’s one of the things that the Americans who love him, love him for—that he’s willing to fight, not willing but eager to fight. And that’s the main virtue and all the rest stem from, as Klingenstein says, his love of America. I mean, Trump loves America. He thinks it’s great or could be made great again. Eric Holder, former attorney general, said, “When was it ever great?” And Michelle Obama says that the first time she was ever proud of her country was when Obama won. (…) Mainly they think [Trump]’s unfit to be president for all the obvious reasons—that he disgraces the office. I mean, I would say Bill Clinton disgraced the office. I was in England at Cambridge University when Harry Truman was president, and there were Americans there who were ashamed of the fact that somebody like Harry Truman was president. (…) [A haberdasher] and no college degree. And, of course, Andrew Jackson encountered some of that animosity. There’s snobbery in it and there’s genuine, you might say, aesthetic revulsion. It’s more than disagreements about policy, because the fact of the matter is they have few grounds for disagreement about policy. I mean, I’ve known Bill Kristol all his life, and I like him. But I must say I’m shocked by his saying that if it comes to the deep state versus Trump, he’ll take the deep state. You know, I was raised to believe that the last thing in the world you defend is your own, and I am proud to have overcome that education. I think the first thing in the world you defend is your own, especially when it’s under siege both from without and within. So the conservative elite has allowed its worst features—its sense of superiority—to overcome its intellectual powers, let’s put it that way. I don’t know how else to explain this. (…) I often quote and I have always believed in Bill Buckley’s notorious declaration that he would rather be governed by the first 2,000 names in the Boston telephone book than by the faculty of Harvard University. That’s what I call intelligent populism. And Trump is Exhibit A of the truth of that proposition. Norman Podhoretz (2019)
Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution. Victor Davis Hanson
What makes such men and women both tragic and heroic is their knowledge that the natural expression of their personas can lead only to their own destruction or ostracism from an advancing civilization that they seek to protect. And yet they willingly accept the challenge to be of service . . . Yet for a variety of reasons, both personal and civic, their characters not only should not be altered, but could not be, even if the tragic hero wished to change . . . In the classical tragic sense, Trump likely will end in one of two fashions, both not particularly good: either spectacular but unacknowledged accomplishments followed by ostracism . . . or, less likely, a single term due to the eventual embarrassment of his beneficiaries. Victor Davis Hanson
Trump’s own uncouthness was in its own manner contextualized by his supporters as a long overdue pushback to the elite disdain and indeed hatred shown them. (…) Trumpism was the idea that there were no longer taboo subjects. Everything was open for negotiation; nothing was sacred. Victor Davis Hanson
The very idea that Donald Trump could, even in a perverse way, be heroic may appall half the country. Nonetheless, one way of understanding both Trump’s personal excesses and his accomplishments is that his not being traditionally presidential may have been valuable in bringing long-overdue changes in foreign and domestic policy. Tragic heroes, as they have been portrayed from Sophocles’ plays (e.g., Ajax, Antigone, Oedipus Rex, Philoctetes) to the modern western film, are not intrinsically noble. Much less are they likeable. Certainly, they can often be obnoxious and petty, if not dangerous, especially to those around them. These mercurial sorts never end well — and on occasion neither do those in their vicinity. Oedipus was rudely narcissistic, Hombre’s John Russell (Paul Newman) arrogant and off-putting. Tragic heroes are loners, both by preference and because of society’s understandable unease with them. Ajax’s soliloquies about a rigged system and the lack of recognition accorded his undeniable accomplishments are Trumpian to the core — something akin to the sensational rumors that at night Trump is holed up alone, petulant, brooding, eating fast food, and watching Fox News shows. Outlaw leader Pike Bishop (William Holden), in director Sam Peckinpah’s The Wild Bunch, is a killer whose final gory sacrifice results in the slaughter of the toxic General Mapache and his corrupt local Federales. A foreboding Ethan Edwards (John Wayne), of John Ford’s classic 1956 film The Searchers, alone can track down his kidnapped niece. But his methods and his recent past as a Confederate renegade make him suspect and largely unfit for a civilizing frontier after the expiration of his transitory usefulness. These characters are not the sorts that we would associate with Bob Dole, Paul Ryan, Mitch McConnell, or Mitt Romney. The tragic hero’s change of fortune — often from good to bad, as Aristotle reminds us — is due to an innate flaw (hamartia), or at least in some cases an intrinsic and usually uncivilized trait that can be of service to the community, albeit usually expressed fully only at the expense of the hero’s own fortune. The problem for civilization is that the creation of those skill sets often brings with it past baggage of lawlessness and comfortability with violence. Trump’s cunning and mercurialness, honed in Manhattan real estate, global salesmanship, reality TV, and wheeler-dealer investments, may have earned him ostracism from polite Washington society. But these talents also may for a time be suited for dealing with many of the outlaws of the global frontier. (…) So what makes such men and women both tragic and heroic is their full knowledge that the natural expression of their personas can lead only to their own destruction or ostracism. Yet for a variety of reasons, both personal and civic, their characters not only should not be altered but could not be, even if the tragic hero wished to change, given his megalomania and Manichean views of the human experience. Clint Eastwood’s Inspector “Dirty” Harry Callahan cannot serve as the official face of the San Francisco police department. But Dirty Harry alone has the skills and ruthlessness to ensure that the mass murderer Scorpio will never harm the innocent again. So, in the finale, he taunts and then shoots the psychopathic Scorpio, ending both their careers, and walks off — after throwing his inspector’s badge into the water. Marshal Will Kane (Gary Cooper) of High Noon did about the same thing, but only after gunning down (with the help of his wife) four killers whom the law-abiding but temporizing elders of Hadleyville proved utterly incapable of stopping. (…) In other words, tragic heroes are often simply too volatile to continue in polite society. In George Stevens’s classic 1953 western Shane, even the reforming and soft-spoken gunslinger Shane (Alan Ladd) understands his own dilemma all too well: He alone possesses the violent skills necessary to free the homesteaders from the insidious threats of hired guns and murderous cattle barons. (And how he got those skills worries those he plans to help.) Yet by the time of his final resort to lethal violence, Shane has sacrificed all prior chances of reform and claims on reentering the civilized world of the stable “sodbuster” community. (…) Trump could not cease tweeting, not cease his rallies, not cease his feuding, and not cease his nonstop motion and unbridled speech if he wished to. It is his brand, and such overbearing made Trump, for good or evil, what he is — and will likely eventually banish him from establishment Washington, whether after or during his elected term. His raucousness can be managed, perhaps mitigated for a time — thus the effective tenure of his sober cabinet choices and his chief of staff, the ex–Marine general, no-nonsense John Kelly — but not eliminated. His blunt views cannot really thrive, and indeed can scarcely survive, in the nuance, complexity, and ambiguity of Washington. Trump is not a mannered Mitt Romney, who would never have left the Paris climate agreement. He is not a veteran who knew the whiz of real bullets and remains a Washington icon, such as John McCain, who would never have moved the American embassy to Jerusalem. Marco Rubio or Jeb Bush certainly would never have waded into no-win controversies such as the take-a-knee NFL debacle and unvetted immigration from suspect countries in the Middle East and Africa, or called to account sanctuary cities that thwarted federal law. Our modern Agamemnon, Speaker Paul Ryan, is too circumspect to get caught up with Trump’s wall or a mini-trade war with China. Trump does not seem to care whether he is acting “presidential.” The word — as he admits — is foreign to him. He does not worry whether his furious tweets, his revolving-door firing and hiring, and his rally counterpunches reveal a lack of stature or are becoming an embarrassing window into his own insecurities and apprehensions as a Beltway media world closes in upon him in the manner that, as the trapped western hero felt, the shrinking landscape was increasingly without options in the new 20th century. The real moral question is not whether the gunslinger Trump could or should become civilized (again, defined in our context as becoming normalized as “presidential”) but whether he could be of service at the opportune time and right place for his country, crude as he is. After all, despite their decency, in extremis did the frontier farmers have a solution without Shane, or the Mexican peasants a realistic alternative to the Magnificent Seven, or the town elders a viable plan without Will Kane? Perhaps we could not withstand the fire and smoke of a series of Trump presidencies, but given the direction of the country over the last 16 years, half the population, the proverbial townspeople of the western, wanted some outsider, even with a dubious past, to ride in and do things that most normal politicians not only would not but could not do — before exiting stage left or riding off into the sunset, to the relief of most and the regrets of a few. The best and the brightest résumés of the Bush and Obama administrations had doubled the national debt — twice. Three prior presidents had helped to empower North Korea, now with nuclear-tipped missiles pointing at the West Coast. Supposedly refined and sophisticated diplomats of the last quarter century, who would never utter the name “Rocket Man” or stoop to call Kim Jong-un “short and fat,” nonetheless had gone through the “agreed framework,” “six-party talks,” and “strategic patience,” in which three administrations gave Pyongyang quite massive aid to behave and either not to proliferate or at least to denuclearize. And it was all a failure, and a deadly one at that. For all of Obama’s sophisticated discourse about “spread the wealth around” and “You didn’t build that,” quantitative easing, zero interest rates, massive new regulations, the stimulus, and shovel-ready, government-inspired jobs, he could not achieve 3 percent annualized economic growth. Half the country, the more desperate half, believed that the remedy for a government in which the IRS, the FBI, the DOJ, and the NSA were weaponized, often in partisan fashion and without worry about the civil liberties of American citizens, was not more temporizing technicians but a pariah who cleaned house and moved on. Certainly Obama was not willing to have a showdown with the Chinese over their widely acknowledged cheating and coerced expropriation of U.S. technology, with the NATO allies over their chronic welching on prior defense commitments, with the North Koreans after they achieved the capability of hitting U.S. West Coast cities, or with the European Union over its mostly empty climate-change accords. Moving on, sometimes fatally so, is the tragic hero’s operative exit. Antigone certainly makes her point about the absurdity of small men’s sexism and moral emptiness in such an uncompromising way that her own doom is assured. Tom Doniphon (John Wayne), in John Ford’s The Man Who Shot Liberty Valance, unheroically kills the thuggish Liberty Valance, births the career of Ranse Stoddard and his marriage to Doniphon’s girlfriend, and thereby ensures civilization is Shinbone’s frontier future. His service done, he burns down his house and degenerates from feared rancher to alcoholic outcast. (…) He knows that few appreciate that the tragic heroes in their midst are either tragic or heroic — until they are safely gone and what they have done in time can be attributed to someone else. Worse, he knows that the tragic hero’s existence is solitary and without the nourishing networks and affirmation of the peasant’s agrarian life. (…) By his very excesses Trump has already lost, but in his losing he might alone be able to end some things that long ago should have been ended. Victor Davis Hanson
That is how human nature is. (…) if you talk to people in the military, the diplomatic corps, the academic world, and, just to take one example, China, they will tell you in the last two years they have had an awakening. They feel that Chinese military superiority is now to deny help to America’s allies. They believe that the trade deficit is unsustainable. They will tell you all of that, and you are almost listening to Donald Trump in 2015, but they won’t mention the word “Trump,” because to do so would contaminate that argument. What I am getting at is he looked at the world empirically. (…) he said, “This is what’s wrong, and this is what we would have to do to address this problem.” And he said it in such a way—whether he wanted to say it in that way or whether he was forced to say it in that way, I don’t know—but he said it in such a way that was designed to grab attention, to be polarizing, to get through bureaucratic doublespeak. So now he succeeded, but if I were to ask anybody at Stanford University, or anybody that I know is a four-star general or a diplomat, “What caused your sudden change about China?,” they would not say Donald Trump, and yet we know who it was. [Like a hero out of Greek myth] as long as we understand the word “hero.” Americans don’t know what that word means. They think it means you live happily ever after or you are selfless. Whether it is Achilles or Sophocles’s Ajax or Antigone, they can act out of insecurity, they can act out of impatience—they can act out of all sorts of motives that are less than what we say in America are heroic. But the point that they are making is, I see a skill that I have. I see a problem. I want to solve that problem, and I want to solve that problem so much that the ensuing reaction to that solution may not necessarily be good for me. And they accept that. (…) I tried to use as many examples as I could of the classic Western, whether it was “Shane” or “High Noon” or “The Magnificent Seven.” They all are the same—the community doesn’t have the skills or doesn’t have the willpower or doesn’t want to stoop to the corrective method to solve the existential problem, whether it is cattle barons or banditos. So they bring in an outsider, and immediately they start to be uneasy because he is uncouth—his skills, his attitude—and then he solves the problem, and they declare to him, whether it is Gary Cooper in “High Noon” or Alan Ladd in “Shane,” “I think it’s better you leave. We don’t need you anymore. We feel dirty that we ever had to call you in.” I think that is what is awaiting Trump. (…) I think Trump really did think that there were certain problems and he had particular skills that he could solve. Maybe in a naïve fashion. But I think he understood, for all the emoluments-clause hysteria, that he wasn’t going to make a lot of money from it or be liked for it. (…) I look at everything empirically. I know what the left said, and the media said, but I ask myself, “What actually happened?” There are a billion Muslims in the world, and he has, I think, six countries who were not able to substantiate that their passports were vetted. [Trump’s final travel plan limits or prevents travel from seven countries.] We didn’t even, in the final calibration, base it on religion. I think we have two countries that are not predominantly Muslim. (…) As far as separation, I remember very carefully that the whole child separation was started during Barack Obama. (…) It was unapologetically said this came from Obama and we are going to continue to practice deterrence. As someone who lives in a community that is ninety per cent Hispanic, probably forty per cent undocumented, I can tell you that it’s a very different world from what people are talking about in Washington. I have had people knock on my door and ask me where the ob-gyn lives, because they got her name in Oaxaca. And the woman in the car is six months pregnant and living across the border and given the name of a nice doctor in Selma, California, that will deliver the baby. (…) It has happened once, but I know people who come from Mexico with the names of doctors and clinics in Fresno County where they know they will get, for free, twenty to thirty thousand dollars of medical care and an anchor baby. I know that’s supposed to be an uncouth thing to say. (…) As I am talking right now, I have a guy, a U.S. citizen, tiling my kitchen, and he does not like the idea that people hire people illegally for twelve dollars an hour in cash, when he should be getting eighteen, nineteen, twenty dollars. But, when you make these arguments, they are just brushed aside by the left or the media, by saying, oh, these are anecdotal or racist or stereotype. (…) [Trump saying there were good people on both sides] was very clumsy (…) But there wasn’t a monolithic white racist protest movement. There were collections of people. Some of them were just out there because maybe they are deluded and maybe they are not. I don’t know what their hearts are like, but they did not want statues torn down or defaced. (…) You can argue that what was O.K. in 2010 suddenly was racist in 2017. But, in today’s polarized climate, Trump should have said, “While both groups are demonstrating, we can’t have a group on any side that identifies by race.” He should have said that. He just said there were good people on both sides. It was clumsy. (…) I was trying to look at Trump in classical terms, so words like eirôneia, or irony—how could it be that the Republican Party supposedly was empathetic, but a millionaire, a billionaire Manhattanite started using terms I had never heard Romney or McCain or Paul Ryan say? He started saying “our.” Our miners. And then, on the left, every time Hillary Clinton went before a Southern audience, she started speaking in a Southern accent. And Barack Obama, I think you would agree, when he gets before an inner-city audience, he suddenly sounded as if he spoke in a black patois. When Trump went to any of these groups, he had the same tie, the same suit, the same accent. What people thought was that, whatever he is, he is authentic. (…) I read a great deal about the Mar-a-Lago project, and I was shocked that the people who opposed that on cultural and social grounds were largely anti-Semitic. Trump had already announced that he was not going to discriminate against Jews and Mexicans and other people. He said, “I want wealthy people.” I went to Palm Beach and talked to wealthy Jewish donors and Cubans, and they said the same thing to me—“He likes rich people. He doesn’t care what you look like.” (…) I don’t know what the driving force was, but I found that he was indifferent. And I think the same thing is true of blacks and Hispanics. (…)  [using birtherism as a way of discrediting Obama]  was absurd. I think it was demonstrable that Obama was born in the United States. The only ambiguity was that two things gave rise to the conspiracy theorists. One was—and I think this is a hundred-per-cent accurate—an advertising group that worked in concert with his publisher put on a booklet that Obama was born in Kenya. That gave third-world cachet to “Dreams from My Father.” And he didn’t look at it or didn’t change it. [In 1991, four years before Obama’s first book was published, his literary agency incorrectly stated on a client list that Obama was born in Kenya.] And he left as a young kid and went to Indonesia and applied when he came back as a Fulbright Fellow, and I don’t know if this is substantiated or just rumor, but he probably was given dual citizenship. [The claim that Obama was a Fulbright Fellow from Indonesia, and therefore had Indonesian citizenship, originated in a hoax e-mail, from April 1, 2009, and has been discredited.] (…) What I am getting at is, here you have a guy named Barack Obama, who grew up in Hawaii, and there were indications in his past that there was ambiguity. (…) I think Trump was doing what Trump does, which is trying to sensationalize it. I don’t think it was racial. I think it was political. (…) I mean carefully calibrated in a political sense. That’s my point. Not that it was careful in the sense of being humane or sympathetic. By that I mean, there were elements in Ted Cruz’s personality that offended people. And he got Ted Cruz really angry, and Ted Cruz doesn’t come across well. (…) if you go back and look at the worst tweets, they are retaliatory. What he does is he waits like a coiled cobra until people attack him, and then he attacks them in a much cruder, blunter fashion. And he has an uncanny ability to pick people that have attacked him, whether it’s Rosie O’Donnell, Megyn Kelly—there were elements in all those people’s careers that were starting to bother people, and Trump sensed that out. I don’t think he would have gotten away with taking on other people that were completely beloved. Colin Kaepernick. People were getting tired of him, so he took him on. All that stuff was calibrated. Trump was replying and understood public sympathy would be at least fifty-fifty, if not in his favor. Victor Davis Hanson
C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
En 2016, Hillary Clinton traitait les électeurs de son opposant républicain, c’est-à-dire l’ancienne classe moyenne américaine déclassée, de « déplorables ». Au-delà du mépris de classe que sous-tend une expression qui rappelle celle de l’ancien président français François Hollande qui traitait de « sans-dents » les ouvriers ou employés précarisés, ces insultes (d’autant plus symboliques qu’elles étaient de la gauche) illustrent un long processus d’ostracisation d’une classe moyenne devenue inutile. (…) Depuis des décennies, la représentation d’une classe moyenne triomphante laisse peu à peu la place à des représentations toujours plus négatives des catégories populaires et l’ensemble du monde d’en haut participe à cette entreprise. Le monde du cinéma, de la télévision, de la presse et de l’université se charge efficacement de ce travail de déconstruction pour produire en seulement quelques décennies la figure répulsive de catégories populaires inadaptées, racistes et souvent proches de la débilité. (…) Des rednecks dégénérés du film « Deliverance » au beauf raciste de Dupont Lajoie, la figure du « déplorable » s’est imposée dès les années 1970 dans le cinéma. La télévision n’est pas en reste. En France, les années 1980 seront marquées par l’émergence de Canal +, quintessence de ll’idéologie libérale-libertaire dominante. (…) De la série « Les Deschiens », à la marionnette débilitante de Johnny Hallyday des Guignols de l’info, c’est en réalité toute la production audiovisuelle qui donne libre cours à son mépris de classe. Christophe Guilluy
Étant donné l’état de fragilisation sociale de la classe moyenne majoritaire française, tout est possible. Sur les plans géographique, culturel et social, il existe bien des points communs entre les situations françaises et américaines, à commencer par le déclassement de la classe moyenne. C’est « l’Amérique périphérique » qui a voté Trump, celle des territoires désindustrialisés et ruraux qui est aussi celle des ouvriers, employés, travailleurs indépendants ou paysans. Ceux qui étaient hier au cœur de la machine économique en sont aujourd’hui bannis. Le parallèle avec la situation américaine existe aussi sur le plan culturel, nous avons adopté un modèle économique mondialisé. Fort logiquement, nous devons affronter les conséquences de ce modèle économique mondialisé : l’ouvrier – hier à gauche –, le paysan – hier à droite –, l’employé – à gauche et à droite – ont aujourd’hui une perception commune des effets de la mondialisation et rompent avec ceux qui n’ont pas su les protéger. La France est en train de devenir une société américaine, il n’y a aucune raison pour que l’on échappe aux effets indésirables du modèle. (…) Dans l’ensemble des pays développés, le modèle mondialisé produit la même contestation. Elle émane des mêmes territoires (Amérique périphérique, France périphérique, Angleterre périphérique… ) et de catégories qui constituaient hier la classe moyenne, largement perdue de vue par le monde d’en haut. (…) la perception que des catégories dominantes – journalistes en tête – ont des classes populaires se réduit à leur champ de vision immédiat. Je m’explique : ce qui reste aujourd’hui de classes populaires dans les grandes métropoles sont les classes populaires immigrées qui vivent dans les banlieues c’est-à-dire les minorités : en France elles sont issues de l’immigration maghrébine et africaine, aux États-Unis plutôt blacks et latinos. Les classes supérieures, qui sont les seules à pouvoir vivre au cœur des grandes métropoles, là où se concentrent aussi les minorités, n’ont comme perception du pauvre que ces quartiers ethnicisés, les ghettos et banlieues… Tout le reste a disparu des représentations. Aujourd’hui, 59 % des ménages pauvres, 60 % des chômeurs et 66 % des classes populaires vivent dans la « France périphérique », celle des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux. (…) Faire passer les classes moyennes et populaires pour « réactionnaires », « fascisées », « pétinisées » est très pratique. Cela permet d’éviter de se poser des questions cruciales. Lorsque l’on diagnostique quelqu’un comme fasciste, la priorité devient de le rééduquer, pas de s’interroger sur l’organisation économique du territoire où il vit. L’antifascisme est une arme de classe. Pasolini expliquait déjà dans ses Écrits corsaires que depuis que la gauche a adopté l’économie de marché, il ne lui reste qu’une chose à faire pour garder sa posture de gauche : lutter contre un fascisme qui n’existe pas. C’est exactement ce qui est en train de se passer. (…) Il y a un mépris de classe presque inconscient véhiculé par les médias, le cinéma, les politiques, c’est énorme. On l’a vu pour l’élection de Trump comme pour le Brexit, seule une opinion est présentée comme bonne ou souhaitable. On disait que gagner une élection sans relais politique ou médiatique était impossible, Trump nous a prouvé qu’au contraire, c’était faux. Ce qui compte, c’est la réalité des gens depuis leur point de vue à eux. Nous sommes à un moment très particulier de désaffiliation politique et culturel des classes populaires, c’est vrai dans la France périphérique, mais aussi dans les banlieues où les milieux populaires cherchent à préserver ce qui leur reste : un capital social et culturel protecteur qui permet l’entraide et le lien social. Cette volonté explique les logiques séparatistes au sein même des milieux modestes. Une dynamique, qui n’interdit pas la cohabitation, et qui répond à la volonté de ne pas devenir minoritaire. (…) La bourgeoisie d’aujourd’hui a bien compris qu’il était inutile de s’opposer frontalement au peuple. C’est là qu’intervient le « brouillage de classe », un phénomène, qui permet de ne pas avoir à assumer sa position. Entretenue du bobo à Steve Jobs, l’idéologie du cool encourage l’ouverture et la diversité, en apparence. Le discours de l’ouverture à l’autre permet de maintenir la bourgeoisie dans une posture de supériorité morale sans remettre en cause sa position de classe (ce qui permet au bobo qui contourne la carte scolaire, et qui a donc la même demande de mise à distance de l’autre que le prolétaire qui vote FN, de condamner le rejet de l’autre). Le discours de bienveillance avec les minorités offre ainsi une caution sociale à la nouvelle bourgeoisie qui n’est en réalité ni diverse ni ouverte : les milieux sociaux qui prônent le plus d’ouverture à l’autre font parallèlement preuve d’un grégarisme social et d’un entre-soi inégalé. (…) Nous, terre des lumières et patrie des droits de l’homme, avons choisi le modèle libéral mondialisé sans ses effets sociétaux : multiculturalisme et renforcement des communautarismes. Or, en la matière, nous n’avons pas fait mieux que les autres pays. (…) Le FN n’est pas le bon indicateur, les gens n’attendent pas les discours politiques ou les analyses d’en haut pour se déterminer. Les classes populaires font un diagnostic des effets de plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie mondiale et utilisent des candidats ou des référendums, ce fut le cas en 2005, pour l’exprimer. Christophe Guilluy
A chaque fois, la grogne vient de territoires qui sont moins productifs économiquement, où le chômage est très implanté. Ce sont des territoires ruraux, des petites et moyennes villes souvent éloignées des grandes métropoles : ce que j’appelle la « France périphérique ». Ce sont des lieux où vivent les classes moyennes, les ouvriers, les petits salariés, les indépendants, les retraités. Cette majorité de la population subit depuis 20 à 30 ans une recomposition économique qui les a desservis. (…) La colère de ces populations vient de beaucoup plus loin. Cela fait des années que ces catégories de Français ne sont plus intégrées politiquement et économiquement. Il y a eu la fermeture progressive des usines puis la crise du monde rural. Pour eux, le retour à l’emploi est très compliqué. En plus, ils ont subi la désertification médicale et le départ des services publics. Idem pour les commerces qui quittent les petites villes. Tout cela s’est cristallisé autour de la question centrale du pouvoir d’achat. Mais le mouvement des Gilets jaunes est une conséquence de tout cela mis bout à bout. (…) le ressentiment est gigantesque. Ce qui est certain c’est que les problèmes sont désormais sur la table. Et si la contestation des Gilets jaunes ne perdure pas dans le temps, un autre mouvement émergera de ces territoires un peu plus tard, car rien n’aura été réglé. (…) Le monde d’en haut ne parle plus au monde d’en bas. Et le monde d’en bas n’écoute plus le monde d’en haut. Les élites sont rassemblées géographiquement dans des métropoles où il y a du travail et de l’argent. Elles continuent de s’adresser à une classe moyenne et à une réalité sociale qui n’existent plus. C’est un boulevard pour les extrêmes… (…) Ils s’adaptent à la demande, comme toujours ! (…) Les réponses apportées par le gouvernement sont à côté de la plaque. Les gens ne demandent pas des solutions techniques pour financer un nouveau véhicule. Ils attendent des réponses de fond où on leur explique quelle place ils ont dans ce pays. De nombreux élus locaux ont des projets pour relancer leur territoire, mais ils n’ont pas d’argent pour les mettre en place. Il faut se retrousser les manches pour développer ces régions, partir du peuple plutôt que de booster en permanence les premiers de cordée. Christophe Guilluy
Je dis depuis quinze ans qu’il y a un éléphant malade (la classe moyenne) dans le magasin de porcelaine (l’Occident) et qu’on m’explique qu’il n’y a pas d’éléphant. Les « gilets jaunes » correspondent effectivement à la sociologie et à la géographie de la France périphérique que j’observe depuis des années. Ouvriers, employés ou petits indépendants, ils ont du mal à boucler leurs fins de mois. Socialement précarisées, ces catégories modestes vivent dans les territoires (villes, moyennes ou petites, campagnes) qui créent le moins d’emplois. Ces déclassés illustrent un mouvement enraciné sur le temps long : la fin de la classe moyenne dont ils formaient hier encore le socle. (…) Du paysan historiquement de droite à l’ouvrier historiquement de gauche, les « gilets jaunes » constatent que le modèle mondialisé ne les intègre plus. Ils roulent en diesel parce qu’on leur a dit de le faire, mais se font traiter de pollueurs par les élites des grandes métropoles. Alors que le monde d’en haut réaffirme sans cesse son identité culturelle (la ville mondialisée, le bio, le vivre-ensemble…), les « gilets jaunes » n’entendent pas se plier au modèle économique et culturel qui les exclut. (…) Plus que l’exclusion des plus modestes, c’est d’abord la sécession du monde d’en haut qui a joué. La rupture entre le haut et le bas de la société se creuse à mesure que les élites ostracisent le peuple. Macron a beau avoir fait le bon diagnostic quand il a déclaré : « Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants », son camp s’est empressé de traiter les « gilets jaunes » de racistes, d’antisémites et d’homophobes. Ça ne favorise pas la réconciliation ! Pourtant majoritaire, puisqu’elle constitue 60 % de la population, la France périphérique est rejetée par le monde d’en haut qui ne se reconnaît plus dans son propre peuple. L’importance du mouvement et surtout du soutien de l’opinion (huit Français sur dix) révèle l’isolement du monde d’en haut et des représentations sociales et territoriales totalement erronées. Ce divorce soulève un véritable problème démocratique, car les classes moyennes ont toujours été le référent culturel de la classe dirigeante. (…) Certes, il y a des manifestants de droite, de gauche, d’extrême droite et d’extrême gauche qui structurent assez mal leurs discours. Mais tous souhaitent la même chose : du travail et la préservation de ce qu’ils sont. La question du respect est fondamentale, mais le pouvoir y répond par l’insulte ! (…) Tout est possible. Il y a un tel déficit d’offre politique qu’un leader populiste pourrait surgir aussi vite que Macron a émergé. La demande existe. Dans le reste du monde, les populistes réussissent en adaptant leur idéologie à la demande. Il y a quelques années, Salvini défendait des positions sécessionnistes, libérales et racistes en s’attaquant aux Italiens du Sud. Aujourd’hui ministre, il se fait acclamer à Naples, devient étatiste, prône l’unité italienne et vote un budget quasiment de gauche. Quant à Trump, c’est un membre de l’hyperélite new-yorkaise qui a écouté les demandes de l’Amérique périphérique. Ces leaders ne se disent pas qu’il faut rééduquer le peuple. Au contraire, ce sont les demandes de la base qui leur indiquent la voie à suivre. Ainsi, un Mouvement 5 étoiles pourra émerger en France s’il répond aux demandes populaires de régulation (économique, migratoire). (…) Dans tous les pays occidentaux, la classe moyenne est en train d’exploser par le bas. Cette évolution a démarré dans les années 1970-1980 par la crise du monde ouvrier, avec les restructurations industrielles, puis a touché les paysans, les employés du secteur tertiaire, et enfin des territoires ruraux et des villes moyennes. Si on met bout à bout toutes ces catégories, cela touche le cœur de la société. Sur les décombres des classes moyennes telles qu’elles existaient pendant les Trente Glorieuses, les nouvelles classes populaires – ouvriers, employés, paysans, petits commerçants – forment partout l’immense majorité de la population. (…) Maintenant que la classe moyenne a explosé, deux grandes catégories sociales s’affrontent avec comme arrière-plan un nouveau modèle économique de polarisation de l’emploi. D’un côté, les catégories supérieures – 20 à 25 % de la population –, qui occupent des emplois extrêmement qualifiés et hyper intégrés, se concentrent dans les métropoles. De l’autre, une grosse masse de précaires dont les salaires ne suivent pas, vit dans des zones périphériques. Même dans une région riche comme la Bavière, l’électorat AfD recoupe une sociologie et une géographie plutôt populaires réparties dans des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. (…) La classe moyenne n’est absolument pas une catégorie ethnique. Dans mon dernier livre, je critique l’ethnicisation du concept qui, contrairement à ce qu’on croit, est venue de l’intelligentsia de gauche. Depuis quelques années, il y a un glissement sémantique : quand certains parlent des banlieues ou de la politique de la ville, ils désignent les populations issues de l’immigration récente, et quand ils évoquent la « classe moyenne », ils veulent dire « Blancs ». C’est une bêtise. La classe moyenne est le produit d’une intégration économique et culturelle qui a fonctionné pour les Antillais ainsi que pour les premières vagues d’immigration maghrébine qui en épousaient les valeurs, quelle que fût leur origine ou leur religion. Faut-il le rappeler, les DOM-TOM font partie de la France périphérique. Dans ces territoires, les demandes de régulation (économique et migratoire) émanent des mêmes catégories. Cette dynamique est aujourd’hui cassée car le modèle occidental n’intègre plus ces catégories, ni économiquement, ni socialement, ni culturellement. Même dans des régions du monde prospères comme la Scandinavie, les petites gens sont fragilisées culturellement. Cette explosion des classes moyennes entraîne la crise des valeurs culturelles qu’elles portaient, donc des systèmes d’assimilation. (…) Si les classes moyennes, socle populaire du monde d’en haut, ne sont plus les référents culturels de celui-ci, qui ne cesse de les décrire comme des déplorables, elles ne peuvent plus mécaniquement être celles à qui ont envie de ressembler les immigrés. Hier, un immigré qui débarquait s’assimilait mécaniquement en voulant ressembler au Français moyen. De même, l’American way of life était porté par l’ouvrier américain à qui l’immigré avait envie de ressembler. Dès lors que les milieux modestes sont fragilisés et perçus comme des perdants, ils perdent leur capacité d’attractivité. C’est un choc psychologique gigantesque. Cerise sur le gâteau, l’intelligentsia vomit ces gens, à l’image d’Hillary Clinton qui traitait les électeurs de Trump de « déplorables ». Personne n’a envie de ressembler à un déplorable ! (…) La dynamique populiste joue sur deux ressorts à la fois : l’insécurité sociale et l’insécurité culturelle. L’insécurité culturelle sans l’insécurité économique et sociale, cela donne l’électorat Fillon, qui a logiquement voté Macron au second tour : il n’a aucun intérêt à renverser le modèle dont il bénéficie. On l’a vu avec l’élection de Trump, aucun vote populiste n’émerge sans la conjonction de fragilités identitaire et sociale. Il est donc vain de se demander si c’est l’une ou l’autre de ces composantes qui joue. Raison pour laquelle les débats sur la prétendue influence d’Éric Zemmour sont idiots. Zemmour exprime un mouvement réel de la société, qui explique qu’avec 11 millions d’électeurs pour Marine Le Pen, le Front national ait battu son record absolu de voix au second tour en 2017. Malgré tout, la redistribution reste très forte et les protégés sont nombreux. Emmanuel Macron n’a pas seulement été élu par le monde d’en haut. Il a aussi été largement soutenu par les protégés, c’est-à-dire les retraités – notamment de la classe moyenne – et les fonctionnaires. Là est le paradoxe français : ce qui reste de l’État providence protège le monde d’en haut… (…) Cela explique son effondrement dans les sondages. Ceci dit, le niveau de pension reste relativement correct et ne pousse pas les retraités français à renverser la table, même ceux qui estiment qu’il y a des problèmes avec l’immigration. Mais cela pourrait changer aux États-Unis et en Grande-Bretagne, l’État providence étant fragilisé depuis les années 1980, les retraités ne craignent pas de bousculer le système. Ils ont voté pour le Brexit parce qu’ils n’ont rien à perdre. Si demain le gouvernement fragilise les retraités français, ils ne cautionneront pas éternellement le système. En détricotant tous les filets sociaux, comme la redistribution en faveur des retraités, on prend de très gros risques pour la suite des opérations. (…) Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le gouvernement a fait marche arrière sur la CSG. La pension de retraite médiane en France tourne autour de 1 000, 1 100 euros par mois ! En dessous de 1 000 euros par mois, cela commence à être très compliqué. La majorité des retraités sont issus des catégories populaires. Et ils sont les seuls, au sein de celles-ci, à n’avoir pas majoritairement basculé dans l’abstention ou dans le vote populiste. Le jour où eux aussi basculeront, le choc sera comparable au Brexit. Regardez aussi la rapidité avec laquelle les populistes ont gagné en Italie. (…) Qu’on le veuille ou non, le mouvement est là et il suffit d’attendre. Partout en Occident, il y a une très forte demande de régulation : économique, sociale, migratoire. Pour toute réponse à cette demande populaire, on la traite de fasciste – je suis bien placé pour le savoir. Le résultat de cette stratégie de diversion, c’est que la fracture entre l’élite et les classes supérieures, d’une part, et le peuple d’autre part, ne cesse de se creuser. Jamais dans l’histoire ces deux mondes n’avaient été aussi étrangers l’un à l’autre. (…) Ce monde d’en haut ne tient pas seulement avec le 1 % ou les hyper riches, mais avec des catégories supérieures et une technostructure – les énarques, mais aussi les technocrates territoriaux issus de l’INET. Ses membres viennent tous des mêmes milieux et partagent exactement la même vision de la société. À l’inverse, quand je me balade en France, je rencontre des élus de gauche ou de droite qui partagent mon diagnostic. Et qui se désolent de voir qu’au sommet de leur parti, domine le modèle mondialisé structuré autour des métropoles. (…) Quand la pensée est vraiment en décalage avec le réel, les tentatives de déni et de diabolisation ne marchent plus. Cependant, avec toute la volonté politique du monde, sans l’appui de la technostructure, aucun changement n’est possible. La même question se pose dans les territoires : comment initier des politiques différentes avec la même technostructure ? Peu importe qui est maire de Paris ou Bordeaux, ces villes créent de la richesse grâce au libre jeu du marché. En revanche, il faut être sacrément doué pour sortir Guéret ou Vierzon de l’impasse. (…) Actuellement, on traite la France périphérique à coups de subventions. On redistribue un peu, beaucoup, passionnément, de façon à ce que les gens puissent remplir leur caddie au supermarché. On est arrivé au bout de ce modèle, notamment parce que l’État et les ménages sont surendettés. Mais lorsque des élus locaux et des entreprises privées se réunissent autour d’une table pour impulser un projet économique, cela réussit. Je pense par exemple à la relance des couteaux de Laguiole, dans l’Aveyron. (…) Comme le démontre l’exemple de Laguiole, on ne peut plus penser l’organisation territoriale uniquement à travers une volonté imposée d’en haut par les pouvoirs publics. C’est du bas vers le haut qu’il faut penser ces territoires. Dans des départements ruraux comme la Nièvre, les élus réclament la compétence économique pour initier des projets. Les présidents de conseils départementaux connaissent parfaitement leur territoire, les entreprises qui marchent et la raison de leur succès, la ville où il y a des pauvres et des chômeurs. Ils sont souples, inventifs, pragmatiques et ont à leur disposition des fonctionnaires départementaux issus du cru. Mais les hauts fonctionnaires qui forment l’administration régionale ou étatique cherchent à leur retirer de plus en plus de compétences économiques. Quoique majoritaire, la France des territoires n’existe pas politiquement. Les élus locaux sont marginalisés au sein de leurs partis, contrairement aux élus des grandes villes. Tout doit donc commencer par un rééquilibrage démocratique. Christophe Guilluy
Most astonishing is to see those involved in this violence not waving Antifa flags but, instead, Trump and MAGA banners. It’s only Jan. 6, but the 2021 Nobel Prizes for Unforced Errors and a Suicidal Leap from the Moral High Ground go to the pro-Trump protesters marauding through the halls of The People’s House. It would be bad enough if the acts of terrorism now being perpetrated by this mob were underway while House Speaker Nancy Pelosi, D-Calif., banged her gavel and shut down any objections to Electoral College votes that many of my fellow Trump fans believe are tainted by ballot irregularities. On the contrary, 180 degrees, the House and Senate were debating Republican objections to Arizona’s Electoral College votes. Sen. Ted Cruz R-Texas, was making his case to his colleagues, with his usual eloquence. Rep. Andy Biggs, R-Ariz., head of the Freedom Caucus, rose to state his concerns about his own state’s Electoral College votes. He even presented something that should not have existed: A stack of voter registrations that were recorded after the Grand Canyon State’s statutory deadline. This is precisely the sort of evidence that the president’s supporters have wanted for weeks to be aired in public. Thus, the sheer mind-blowing stupidity of the buffoons who stormed the Capitol. They attacked Congress exactly as it was doing precisely what these people wanted done. This would be akin to Antifa breaking through the windows of the Capitol just as a Democratic U.S. Senate voted on final passage of Vermont socialist Sen. Bernie Sanders’ « Medicare-for-all » legislation. (…) In an astonishing act of self-sabotage, these idiots now have made it enormously difficult for those of us who admire President Trump for his enormous domestic and international policy victories. Instead, any discussion of the highest median household income in American history, the lowest poverty rate ever, the complete liquidation of ISIS, and two COVID-19 vaccines in nine months will be answered with, « Oh, you mean the boob whose people assaulted the U.S. Capitol? » These un-American anarchists have performed an enormous disservice to President Trump, the America First movement, the more than 74 million voters who cast our ballots for him in November, and our beloved United States of America. (…) President Trump did the right thing Wednesday afternoon. He issued a video statement from the White House via Twitter and told his overzealous backers to beat it. They should heed his words at once: « I know how you feel. But go home and go home in peace. » Deroy Murdock
SUITE A UNE MANIFESTATION MAJORITAIREMENT PACIFIQUE, UN GROUPUSCULE VANDALISE UN POSTE DE POLICE ET INCENDIE UN PALAIS DE JUSTICE. NBC news
Troisième nuit de pillage suite à une troisième nuit de manifestation majoritairement pacifique. The Wisconsin State Journal
Trump’s effort to label what is happening in major cities as ‘riots’ speaks at least somewhat to his desperation, politically speaking. Chris Cillizza (CNN)
It’s mostly a protest that is not, generally speaking, unruly. There is a deep sense of grievance and complaint here, and that is the thing. That when you discount people who are doing things to public property that they shouldn’t be doing, it does have to be understood that this city has got, for the last several years, an issue with police, and it’s got a real sense of the deep sense of grievance of inequality. Ali Velshi  (MSNBC, Minneapolis, May 29, 2020)
The entire journalistic frame of ‘objectivity’ and political neutrality is structured around white supremacy. E. Alex Jung (New York magazine)
From large metro areas like Chicago and Minneapolis/St. Paul, to small and mid-sized cities like Fort Wayne, Indiana, and Green Bay, Wisconsin, the number of boarded up, damaged or destroyed buildings I have personally observed—commercial, civic, and residential—is staggering. Michael Tracey
Joe Biden claims he wants to take Trump behind the gym and beat him up. Senator Kamala Harris (D-Calif.) jokes that she would like to go into an elevator with him and see Trump never come out alive. Robert De Niro has exhausted the ways in which he dreams of punching Trump out and the intonations in which he yells to audiences, “F—k Trump!” The humanists and social justice warriors of Hollywood, from Madonna to Johnny Depp, cannot agree whether their elected president should be beheaded, blown up, stabbed, shot, or incinerated. All the Democratic would-be presidential nominees agree that Trump is the worst something-or-other in history—from human being to mere president. Former subordinates like Anthony Scaramucci, Omarosa, and Michael Cohen insist that he is a racist, a sexist, a crook, a bully, or mentally deranged—and they all support their firsthand appraisals on the basis they eagerly worked for him and were unceremoniously fired by him. The so-called deep state detests him. An anonymous op-ed writer in the September 5, 2018 New York Times bragged about the bureaucracy’s successful efforts to ignore Trump’s legal mandates—a sort of more methodical version of the comical Rosenstein-McCabe attempt to stage a palace coup and remove Trump, or the Democrats efforts to invoke the 25th Amendment and declare Trump crazy, bolstered by an array of Ivy League psychiatrists who had neither met nor examined him. Decorated retired U.S. Navy Admiral William McRaven wrote another New York Times op-ed blasting Trump and fretting that it is time for a new person in the Oval Office—Republican, Democrat or independent—“the sooner, the better.” One wonders what McRaven meant with the adverb “sooner,” given that an election is scheduled in about a year and even retired officers are subject to the code of military justice not to attack, despite perceived taunts, their current commander-in-chief, much less wink and nod about his apparent removal (in what way?) from office. Do we really want a county in which retired admirals and intelligence officials publicly damn the current commander in chief over policy differences and advocate his removal, “the sooner the better”? The House Democrats simply want him impeached first, and later will fill in the blanks with the necessary high crimes and misdemeanors. Victor Davis Hanson
When I use the word looting, I mean the mass expropriation of property, mass shoplifting during a moment of upheaval or riot. That’s the thing I’m defending. I’m not defending any situation in which property is stolen by force. It’s not a home invasion either. It’s about a certain kind of action that’s taken during protests and riots. (…) « Rioting » generally refers to any moment of mass unrest or upheaval. Riots are a space in which a mass of people has produced a situation in which the general laws that govern society no longer function, and people can act in different ways in the street and in public. I’d say that rioting is a broader category in which looting appears as a tactic. Often, looting is more common among movements that are coming from below. It tends to be an attack on a business, a commercial space, maybe a government building — taking those things that would otherwise be commodified and controlled and sharing them for free. (…) It does a number of important things. It gets people what they need for free immediately, which means that they are capable of living and reproducing their lives without having to rely on jobs or a wage — which, during COVID times, is widely unreliable or, particularly in these communities is often not available, or it comes at great risk. That’s looting’s most basic tactical power as a political mode of action. It also attacks the very way in which food and things are distributed. It attacks the idea of property, and it attacks the idea that in order for someone to have a roof over their head or have a meal ticket, they have to work for a boss, in order to buy things that people just like them somewhere else in the world had to make under the same conditions. It points to the way in which that’s unjust. And the reason that the world is organized that way, obviously, is for the profit of the people who own the stores and the factories. So you get to the heart of that property relation, and demonstrate that without police and without state oppression, we can have things for free. Importantly, I think especially when it’s in the context of a Black uprising like the one we’re living through now, it also attacks the history of whiteness and white supremacy. The very basis of property in the U.S. is derived through whiteness and through Black oppression, through the history of slavery and settler domination of the country. Looting strikes at the heart of property, of whiteness and of the police. It gets to the very root of the way those three things are interconnected. And also it provides people with an imaginative sense of freedom and pleasure and helps them imagine a world that could be. And I think that’s a part of it that doesn’t really get talked about — that riots and looting are experienced as sort of joyous and liberatory. (…) One of the ([myths] that’s been very powerful, that’s both been used by Donald Trump and Democrats, has been the outside agitator myth, that the people doing the riots are coming from the outside. This is a classic. This one goes back to slavery, when plantation owners would claim that it was Freedmen and Yankees coming South and giving the enslaved these crazy ideas — that they were real human beings — and that’s why they revolted. Another trope that’s very common is that looters and rioters are not part of the protest, and they’re not part of the movement. That has to do with the history of protesters trying to appear respectable and politically legible as a movement, and not wanting to be too frightening or threatening. Another one is that looters are just acting as consumers: Why are they taking flat-screen TVs instead of rice and beans? Like, if they were just surviving, it’d be one thing, but they’re taking liquor. All these tropes come down to claiming that the rioters and the looters don’t know what they’re doing. They’re acting, you know, in a disorganized way, maybe an « animalistic » way. But the history of the movement for liberation in America is full of looters and rioters. They’ve always been a part of our movement. (…) The popular understanding of the civil rights movement is that it was successful when it was nonviolent and less successful when it was focused on Black power. It’s a myth that we get taught over and over again from the first moment we learn about the civil rights movement: that it was a nonviolent movement, and that that’s what matters about it. And it’s just not true. Nonviolence emerged in the ’50s and ’60s during the civil rights movement, [in part] as a way to appeal to Northern liberals. When it did work, like with the lunch counter sit-ins, it worked because Northern liberals could flatter themselves that racism was a Southern condition. This was also in the context of the Cold War and a mass anticolonial revolt going on all over Africa, Southeast Asia and Latin America. Suddenly all these new independent nations had just won liberation from Europe, and the U.S. had to compete with the Soviet Union for influence over them. So it was really in the U.S.’ interests to not be the country of Jim Crow, segregation and fascism, because they had to appeal to all these new Black and brown nations all over the world. Those two things combined to make nonviolence a relatively effective tactic. Even under those conditions, Freedom Riders and student protesters were often protected by armed guards. We remember the Birmingham struggle of ’63, with the famous photos of Bull Connor releasing the police dogs and fire hoses on teenagers, as nonviolent. But that actually turned into the first urban riot in the movement. Kids got up, threw rocks and smashed police cars and storefront windows in that combat. There was fear that that kind of rioting would spread. That created the pressure for Robert F. Kennedy to write the civil rights bill and force JFK to sign it. But there’s also another factor, which is anti-Blackness and contempt for poor people who want to live a better life, which looting immediately provides. One thing about looting is it freaks people out. But in terms of potential crimes that people can commit against the state, it’s basically nonviolent. You’re mass shoplifting. Most stores are insured; it’s just hurting insurance companies on some level. It’s just money. It’s just property. It’s not actually hurting any people. (…) People who made that argument for Minneapolis weren’t suddenly celebrating the looters in Chicago, who drove down to the richest part of Chicago, the Magnificent Mile, and attacked places like Tesla and Gucci — because it’s not really about that. It’s a convenient way of positioning yourself as though you are sympathetic. But looters and rioters don’t attack private homes. They don’t attack community centers. In Minneapolis, there was a small independent bookstore that was untouched. All the blocks around it were basically looted or even leveled, burned down. And that store just remained untouched through weeks of rioting. To say you’re attacking your own community is to say to rioters, you don’t know what you’re doing. But I disagree. I think people know. They might have worked in those shops. They might have shopped and been followed around by security guards or by the owner. You know, one of the causes of the L.A. riots was a Korean small-business owner [killing] 15-year-old Latasha Harlins, who had come in to buy orange juice. And that was a family-owned, immigrant-owned business where anti-Blackness and white supremacist violence was being perpetrated. (…) When it comes to small business, family-owned business or locally owned business, they are no more likely to provide worker protections. They are no more likely to have to provide good stuff for the community than big businesses. It’s actually a Republican myth that has, over the last 20 years, really crawled into even leftist discourse: that the small-business owner must be respected, that the small-business owner creates jobs and is part of the community. But that’s actually a right-wing myth. A business being attacked in the community is ultimately about attacking like modes of oppression that exist in the community. It is true and possible that there are instances historically when businesses have refused to reopen or to come back. But that is a part of the inequity of the society, that people live in places where there is only one place where they can get access to something [like food or medicine]. That question assumes well, what if you’re in a food desert? But the food desert is already an incredibly unjust situation. There’s this real tendency to try and blame people for fighting back, for revealing the inequity of the injustice that’s already been formed by the time that they’re fighting. (…) There’s a reason that Trump has embraced the « white anarchist » line so intensely. It does a double service: It both creates a boogeyman around which you can stir up fear and potential repression, and it also totally erases the Black folks who are at the core of the protests. It makes invisible the Black people who are rising up and who are initiating this movement, who are at its core and its center, and who are doing its most important and valuable organizing and its most dangerous fighting. (…) Obviously, we object to violence on some level. But it’s an incredibly broad category. As you pointed out, it can mean both breaking a window, lighting a dumpster on fire, or it can mean the police murdering Tamir Rice. That word is not strategically helpful. The word that can mean both those things cannot be guiding me morally. There’s actually a police tactic for this, called controlled management. Police say, « We support peaceful, nonviolent protesters. We are out here to protect them and to protect them from the people who are being violent. » That’s a police strategy to divide the movement. So a nonviolent protest organizer will tell the police their march route. Police will stop traffic for them. So you’ve got a dozen heavily armed men standing here watching you march. That doesn’t make me feel safe. What about that is nonviolent? Activists themselves are doing no violence, but there is so much potential violence all around them. Ultimately, what nonviolence ends up meaning is that the activist doesn’t do anything that makes them feel violent. And I think getting free is messier than that. We have to be willing to do things that scare us and that we wouldn’t do in normal, « peaceful » times, because we need to get free. Vicky Osterweil
What happened was certainly not an attempted coup d’état (…) Given all these exclusions, only one description remains: a venting of accumulated resentments. Those who voted for President Trump saw his electoral victory denied in 2016 by numerous loud voices calling for “resistance” as if the president-elect were an invading foreign army. These voices were eagerly relayed and magnified by mass media, emphatically including pro-Trump media. Then they saw his victory sullied by constantly repeated accusations of collusion with Russia from chairmen of intelligence committees and ex-intelligence chiefs who habitually accused Mr. Trump of being Vladimir Putin’s agent, claiming they had secret information, which, alas, they could not disclose. They deplored Mr. Trump’s “subservience” to Mr. Putin weekly for four years while refusing to entertain the possibility that in a confrontation with China, it might be a good idea to overlook Mr. Putin’s sins, as Nixon embraced Mao to counter the Soviet Union. (…) Overwrought talk of a coup attempt or an insurrectional threat seems to induce a pleasurable shiver in some people. But on Wall Street the market was supremely unimpressed: Stocks went up, because investors know it will all be over in two weeks. Edward Luttwark
In late August, when riots erupted in Kenosha, Wisconsin, CNN featured a reporter standing in front of a burning car lot above a chyron that read: “Fiery but mostly peaceful protests after police shooting.” The use of the chyron was striking in its peculiar earnestness, considering that the words “mostly peaceful protest” had long since become a bitter in-joke for right-leaning social media. Indeed, from the moment the first protests began in late May, mainstream media outlets have downplayed or ignored instances of violence or destructive looting. On May 29, MSNBC’s Ali Velshi was reporting from Minneapolis in the aftermath of the killing of George Floyd when he insisted he was seeing “mostly a protest” that “is not, generally speaking, unruly” despite the fact that he was literally standing in front of a burning building at the time. Yet Velshi was hesitant to ascribe blame to the arsonists and looters. “There is a deep sense of grievance and complaint here, and that is the thing,” he explained. “That when you discount people who are doing things to public property that they shouldn’t be doing, it does have to be understood that this city has got, for the last several years, an issue with police, and it’s got a real sense of the deep sense of grievance of inequality.” Reporters such as the New York Times’ Julie Bosman openly struggled to describe what happened in places like Kenosha by using words like “riots” or “violence.” “And there was also unrest. There were trucks that were burned. There were fires that were set,” Bosman said, relying on the passive voice in an appearance on The Daily, the Times’ podcast. “People were throwing things at the police. It was a really tense scene.” So tense, in fact, that the next night, when protestors clashed with volunteer militia members and a 17-year-old named Kyle Rittenhouse shot three of them, killing two, Bosman wasn’t there to cover it. “It felt like the situation was a little out of control. So I decided to get in my car and leave,” she explained. Why would a Times journalist need to flee from a “mostly peaceful” protest? A few days after his network’s “mostly peaceful” chryron, CNN’s Chris Cillizza tweeted, “Trump’s effort to label what is happening in major cities as ‘riots’ speaks at least somewhat to his desperation, politically speaking.” Cillizza then linked to a CNN story whose featured image was a police officer in riot gear standing in front of a burning building in Kenosha. In July, NBC’s local television station in Oakland featured a headline that read: “Group Breaks Off of Mostly Peaceful Protest, Vandalizes Police Station, Sets Courthouse on Fire.” On June 3, the Wisconsin State Journal in Madison actually ran this headline: “Third night of looting follows third night of mostly peaceful protest.” Despite the media’s strenuous effort to downplay their existence, the destructive riots and looting this summer were easily found by anyone willing to look. Six weeks into the summer’s protests, independent journalist Michael Tracey drove across the country documenting them. As he wrote in the UK digital magazine, Unherd: “From large metro areas like Chicago and Minneapolis/St. Paul, to small and mid-sized cities like Fort Wayne, Indiana, and Green Bay, Wisconsin, the number of boarded up, damaged or destroyed buildings I have personally observed—commercial, civic, and residential—is staggering.” Andy Ngo and other nonmainstream types have spent months documenting the destruction in cities like Portland and Seattle. And yet, the “peaceful protest” mantra has remained ubiquitous. Moreover, when media outlets did acknowledge protest-related violence, they often implied that it was instigated by the members of law enforcement sent to respond to it. In a roundup about protests on a single day in early June, for example, the New York Times featured headlines such as “Police crack down after curfew in the Bronx” and “Police use tear gas to break up protest in Atlanta.” Later that month, the New York Times featured a tweet thread with video of protests in Seattle that included images of police in tactical gear and the statement: “Officers dressed for violence sometimes invite it.” Some journalists sought not to deny that violence was happening, but to engage in whataboutism regarding its effects. GQ correspondent Julia Ioffe tweeted, “So in case you’re keeping track, being very frustrated by the continual and unpunished killing of Black people by police that you decide to burn and loot—bad. If you’re so frustrated by some protesters burn and loot that you decide to kill some of them—totally understandable.” Reporters invested in the “mostly peaceful” narrative mocked people who were concerned about increases in violent crime and civil unrest. In September, CNN correspondent Josh Campbell tweeted a bucolic scene from a park in Portland and wrote, “Good morning from wonderful Portland, where the city is not under siege and buildings are not burning to the ground. I also ate my breakfast burrito outside today and so far haven’t been attacked by shadowy gangs of Antifa commandos.” At that point, nearby parts of the city had been effectively under siege by antifa and Black Lives Matter rioters for months, and a protestor had recently shot and killed a Trump supporter in cold blood. Paul Krugman of the New York Times joined in, tweeting, “I went for a belated NYC run this morning, and am sorry to report that I saw very few black-clad anarchists. Also, the city is not yet in flames…claims of urban anarchy are almost entirely fantasy.” Worse, journalists committed to the “mostly peaceful” narrative have targeted fellow journalists who don’t fall into line with the messaging. The most outrageous example came when the Intercept’s Lee Fang was denounced on social media as a racist by fellow staffer Akela Lacy after he reported on communities of color negatively affected by the rioting and looting. Lacey described Fang’s reporting as “continuing to push racist narratives” when Fang allowed a black resident of a looted neighborhood to raise concerns about the damage. Fang was forced to apologize. The journalists who attempt to explain away or justify the violence that erupted during some protests do so because they believe the cause is righteous. As E. Alex Jung of New York magazine argued, “the entire journalistic frame of ‘objectivity’ and political neutrality is structured around white supremacy.” How can a good journalist do anything but promote a narrative sympathetic to protestors supposedly fighting it? Needless to say, such justifications and excuse-making would never happen if pro-life or pro–Second Amendment protestors turned to looting and violence. The problem with such ideologically motivated narratives is that, once crafted, they require strenuous effort and often outrageous contortions to maintain. Ultimately, they have the effect of legitimizing extremism and lawlessness, which undermine whatever cause the majority of protestors who don’t partake in violence are promoting. It’s also offensive to those who must suffer the costs of the destruction. One assessment by the Andersen Economic Group of just one week of rioting and looting in major cities (from May 29 to June 3) placed the costs of the destruction at $400 million, an estimate that did not include the costs to state and local governments or the damage done in smaller cities and towns. Social scientists swooped in to try and save the day for the “mostly peaceful” argument. A report by the Armed Conflict Location and Event Data Project, issued in September in partnership with Princeton University’s Bridging Divides Initiative, concluded that 93 percent of the summer’s protests were peaceful. The ACLED had made its agenda clear in June, when it issued a statement of solidarity with the same protests its report purports to analyze and called for “systemic and peaceful change.” Nonetheless, the report cannot suppress the facts it gathered; by the researchers’ own estimates, there were more than 500 violent riots related to Black Lives Matter gatherings across the country this summer. But at least the others were “mostly peaceful.” Christine Rosen
This was not an organic and spontaneous expression of rage. It was a planned, organized, and orchestrated attack on the U.S. government. The rioters were in constant communication with one another. They targeted specific members of government with violence. And as police later learned, the plotters were armed with improvised explosive devices and Molotov cocktails, which were strategically stationed around Washington D.C.—including at both the Republican and Democratic National Committee offices. The collection of violent nihilists who descended on the Capitol building had no coherent political program beyond violence and mayhem. They are no one’s constituency, and they deserve to be treated like the contemptible political orphans they are. But we have not done that. Cretins and fools who fear nothing as much as they do a comprehensive theory of events that indicts anyone other than their political adversaries will reject this notion, but prominent actors from both parties—yes, both sides—have for years found the mob a useful tool. And because of that recklessness, what happened yesterday could be just a sign of what is to come. (…) Democrats, too, countenanced their share of violence. Just as Trump declined to condemn those who committed violence in his name in 2016, Democrats looked the other way as vicious counter-demonstrators descended on Trump-campaign events, assaulting peaceable rally-goers and vandalizing the surrounding property. Democratic lawmakers and their allies in media heaped praise on the conglomeration of malcontents calling itself Antifa merely because it nominally claimed to be “fighting fascism.” And as city after city was engulfed by riots last summer, Democrats declined to condemn the excesses to which demonstrators appealed in the name of racial justice. Indeed, when the chaos in American streets was addressed at all, it was framed as a wholly righteous and unblemished demand for historical rectitude. And while Democrats looked the other way, left-leaning media embraced the utility of street violence. “Riots are destructive, dangerous, and scary,” Vox.com observed, “but can lead to serious social reforms.” In an unusually soft interview with NPR, author Vicky Osterweil insisted that “looting is a powerful tool to bring about real, lasting change in society.” As COMMENTARY‘s Christine Rosen observed at the time, excusing the violence as though it was an anomaly and not a consistent feature of these demonstrations became a media fixation. “Group Breaks Off of Mostly Peaceful Protest, Vandalizes Police Station, Sets Courthouse on Fire,” read one NBC News headline. “Third night of looting follows third night of mostly peaceful protest,” asserted another from the Wisconsin State Journal. To even call what municipal police routinely deemed riots “riots” was, in the estimation of CNN’s Chris Cillizza, an act of “desperation” by embattled Republicans. If anyone wants to know how we arrived at this lamentable time in American history, the place to look for answers is in the mirror. Violence does not happen in a vacuum. One side’s menace feeds off the other’s and justifies its own actions based on those of its opponents. You cannot excise one but not the other⁠—both must be anathematized. This shameful past does not have to be a portent of a violent and unstable future, but that will be our fate if responsible politicians continue to see disturbed and impressionable people as a weapon to be harnessed and directed at their domestic political opponents. If cynical politicians continue to lie to their constituents, feeding them comforting fictions about how the country’s institutions are tainted and arrayed against their interests, we will endure more insurrections, more violence, and more instability. And that will have profound consequences. As I wrote in my book, published two years ago this month, condemning political violence in whatever form it takes isn’t evasive. It’s consistent. Anything less is a corruption of the sort that “eats away at the foundations of a healthy society. And one day, when the rot has been ignored for so long that no one believes it can be expunged, another mob will come along. And that time, the republic’s weakened edifice may not withstand the pressure.” Let January 6 be a wake-up call. Orphan your violent. Noah Rothman
Ces objections sont essentielles car elles vont inscrire dans l’histoire le fait que l’élection présidentielle de 2020 a été entachée d’irrégularités, de fraudes, et de manipulations, et que Biden n’est pas forcément le président « légitime » ! Le  6 janvier,  le résultat du vote du Collège électoral sera présenté devant une session extraordinaire du Congrès (les deux chambres réunies) présidée par le vice-président Mike Pence. Quiconque conteste le résultat peut profiter de la circonstance pour présenter une objection. Celle-ci peut porter sur le vote d’un seul « grand électeur », ou sur celui de tout un Etat, ou sur l’ensemble des votes. Une objection doit être soumise par écrit et être soutenue par au moins un élu de chaque chambre. A ce jour  plusieurs Représentants et au moins un Sénateur (Josh Hawley, Républicain du Missouri) ont annoncé qu’ils soulèveraient une ou plusieurs objections, notamment concernant le résultat de la Pennsylvanie. Cela obligera les élus à se retirer pour débattre et à voter sur l’objection. Il faudrait alors un vote majoritaire dans chaque chambre pour invalider le vote du Collège électoral et renvoyer l’élection présidentielle devant la Chambre des Représentants. Ce cas de figure est hautement improbable parce que les Démocrates ont la majorité des voix à la Chambre et parce que plusieurs Sénateurs Républicains désapprouvent des objections envisagées. Celles-ci risquent donc plutôt d’être rejetées par les deux chambres… Il n’empêche! Pour l’histoire, et pour leur devenir immédiat,  les Républicains doivent clairement affirmer, et ce devant le monde entier, que les Démocrates ont triché lors du scrutin présidentiel. De telles tricheries doivent être condamnées et éliminées. L’avenir de la Démocratie américaine en dépend.  (…) Autant que ces irrégularités, qui ne sont souvent que de simples manipulations politiques, l’autre scandale post-électoral aux Etats-Unis, est l’omerta décidée par les principaux médias américains sur le sujet. L’ensemble de la classe médiatique bien-pensante a nié leur existence et a refusé catégoriquement d’accorder la moindre attention aux multiples témoignages et preuves de leur réalité. Un silence, à  l’unanimité quasi-soviétique, qui en dit long sur le délabrement des médias et le délitement de la liberté d’expression aux Etats-Unis. (…) Dans au moins six Etats – l’Arizona, la Géorgie,  le Michigan, le Nevada,  la Pennsylvanie,  le Wisconsin – qui sont tous des Etats « décisifs », c’est-à-dire des Etats où le résultat s’annonçait serré et incertain, des irrégularités multiples ont eu lieu. Donald Trump et ses avocats en ont révélé certaines. Peter Navarro, conseiller du président sur le commerce, a publié un rapport récapitulant l’ensemble de ces fraudes. Justement parce que les médias s’évertuaient à les nier. Concrètement  Peter Navarro distingue cinq types de fraudes : Bulletins frauduleux, décomptes et dépouillements frauduleux, violation des règles de procédure, violations du principe d’égalité devant le vote, erreurs provenant des machines de vote. Et il ajoute une  mention spéciale pour ce qu’il appelle des «anomalies statistiques ».  (…)  Biden l’a emporté alors que les Démocrates ont été battus dans toutes les autres élections. Les Démocrates ont perdu quinze sièges à la Chambre des Représentants.  Ils ont échoué à reprendre la majorité au Sénat ne gagnant qu’un seul siège au lieu de six ou sept escomptés. Ils ont perdu chez les gouverneurs. Ils ont perdu dans la bataille pour remporter les législatures de certains Etats qu’ils avaient pourtant spécifiquement ciblés, comme le Texas,  et où ils avaient dépensé des sommes sans précédent… Une telle réalité implique que des électeurs ont voté pour Biden comme président et pour les candidats républicains à tous les autres postes. C’est à la fois peu vraisemblable et totalement contre nature. Surtout vue la popularité de Donald Trump au sein du camp Républicain. Ce qui est plus probable est que des millions de bulletins n’ont comporté qu’un seul vote, celui pour président, laissant tous les autres postes à élire en blanc. Cela est possible et même parfaitement légal, mais cela éveille inévitablement des soupçons car un bulletin coché pour la seule case du président est la configuration classique d’un faux bulletin… Biden a également gagné en défiant l’histoire et les traditions. Ainsi, il existe aux Etats-Unis des comtés où celui des deux candidats qui l’emporte s’avère être toujours le vainqueur final. On les appelle des « comtés baromètres » (bellwhether counties) parce qu’ils illustrent la tendance. Ils votent systématiquement pour le vainqueur. Au cours des quarante dernières années, dix-neuf comtés ont ainsi toujours correctement prédit le vainqueur, Donald Trump a remporté dix-huit d’entre eux ! Etrange ! L’histoire montre également qu’un président arrive difficilement à être élu s’il ne remporte pas certains Etats, du fait de leur importance démographique. La Floride et l’Ohio sont de ces Etats. Tous deux ont été remportés par Trump. Tous les candidats Républicains qui ont remporté l’Ohio ont été élus. Sauf Trump en 2020. Depuis 1960 -au passage la dernière élection pour laquelle la quasi-certitude de fraudes existe également- aucun président n’a été élu en perdant à la fois en Floride, dans l’Ohio et dans l’Iowa, sauf Joe Biden en 2020. De toute l’histoire des Etats-Unis Biden est le second président après John Kennedy, à connaître ce cas de figure. (…) Biden a donc bénéficié d’une mobilisation extraordinaire. De fait la participation a battu des records en 2020. Dans le Minnesota, où Biden l’a emporté 52% contre 45%, le taux de participation a dépassé 80%. Du jamais vu. Dans le Wisconsin il a été de 76% en moyenne et de 95% dans certains comtés. Cela signifie que dans ces endroits quasiment toutes les personnes en droit de voter l’ont fait. Les dix Etats avec la participation électorale la plus forte ont tous été remportés par Joe Biden. Comme si cette participation s’accompagnait inévitablement d’un surcroit de votes en sa faveur… Il ne s’agit là que d’anomalies statistiques. Ce sont des chiffres surprenants qui incitent à s’interroger mais ne constituent pas des preuves de fraudes. Il en va autrement d’un certain nombre d’incidents, détaillés par Peter Navarro dans son rapport. En voici un florilège. -Dans le Nevada des tribus indiennes se sont vu offrir des cartes de crédit et divers cadeaux en échange de leur vote. La pratique est évidemment illégale, même au Nevada. -Un employé des postes a témoigné sous serment (donc sous peine de dix ans de prison en cas de parjure) avoir transporté des bulletins de votes déjà remplis de l’Etat de New York à l’Etat de Pennsylvanie. Façon classique de bourrer les urnes.  Son chargement contenait 288 000 bulletins. Soit quatre fois l’écart de voix séparant Joe Biden de Donald Trump en Pennsylvanie. -En Pennsylvanie et en Géorgie des personnes âgées ou handicapées ont découvert en allant voter en personne le 3 novembre que quelqu’un avait usurpé leur identité pour voter à leur place par courrier. Elles n’ont pas été autorisées à voter et c’est le vote de l’usurpateur qui a été compté. -Dans le Wisconsin 130 000 bulletins de votes ont été acceptés sans vérification d’identité. C’est cinq fois plus que l’écart de voix en faveur de Biden dans cet Etat. -En Géorgie, vingt mille électeurs ayant indiqué avoir déménagé dans un autre Etat, ont néanmoins voté en Géorgie. -En Pennsylvanie huit mille votes proviennent de personnes décédées. -En Pennsylvanie les bulletins de vote reçus par correspondance ont été acceptés et comptabilisés en l’absence de l’enveloppe permettant de vérifier la signature et d’identifier l’électeur. Cela a été fait à la demande du secrétaire d’Etat, alors que c’est la législature des Etats qui est supposée établir la loi électorale. Cette seule infraction pourrait justifier d’invalider le résultat de cet Etat. -Dans le Wisconsin la commission électorale fit installer cinq cents boites à lettres afin de réceptionner des bulletins de vote par correspondance. Alors même que la pratique (appelée « ballot harvesting ») est interdite par la loi du Wisconsin. Dès lors l’ensemble des bulletins recueillis dans ces boites à lettres auraient dû être invalidé, ce qui n’a pas été lé cas. -Dans le Wisconsin des bulletins par correspondance ont été livrés au central de dépouillement avec l’enveloppe extérieure déjà ouverte, indiquant que ces bulletins avaient pu faire l’objet d’une manipulation. -Dans le Wisconsin cent mille bulletins de vote reçus au-delà de la date limite ont été antidatés pour être comptabilisés, en violation des règles électorales. -En Géorgie trois cent mille personnes ont été autorisées à voter en personne alors qu’elles avaient demandé un bulletin de vote par correspondance. -En Pennsylvanie les bulletins de vote ont été acceptés jusqu’à trois jours après la date limite de vote. En violation de la loi de l’Etat et d’une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis. -Toujours en Pennsylvanie des personnes non inscrites sur les listes électorales ont été autorisées à voter en utilisant une autre identité, sur les conseils de juristes mobilisés par les autorités électorales. -Toujours en Pennsylvanie, 4 500 bulletins reçus par correspondance et improprement remplis ont été corrigés par les employés électoraux. Cette pratique est illégale et ces bulletins auraient dû être invalidés. -La présence de militants, portant des T-Shirts « Black Lives Matter » ou d’autres affiliations démocrates a été observée aux abords de centres de vote et jusque  dans les centres de dépouillement. Cela constitue une forme d’intimidation interdite par la loi américaine. (…) Quoi qu’en disent les Démocrates et leurs alliés dans les médias, les problèmes de l’élection présidentielle 2020 sont liés dans 99% des cas au vote par correspondance. Celui-ci a été massivement étendu et a effectivement ouvert la porte à des manipulations massives et des fraudes destinées à favoriser Joe Biden et les Démocrates. C’est le cas concernant le processus de vérification des signatures. Dans certains Etats, dont le Nevada et la Géorgie, les réglages des machines destinées à vérifier les signatures ont été abaissés de manière à ne rejeter quasiment aucun bulletin. Rien de techniquement illégal, mais une volonté évidente d’enregistrer le maximum de votes, légaux et valides ou pas. Dans le seul comté de Clark au Nevada, bastion favorable à Biden, 130 000 bulletins supplémentaires ont pu être validés soit près de trois fois l’écart des voix en faveur de Biden.  Même chose en Géorgie. Le taux d’invalidation des votes a été de 0,3% en 2020 contre 6% en 2016 et les années précédentes. Alors même que la quantité de votes par correspondance était annoncée comme particulièrement élevée du fait de la pandémie, les autorités ont décidé de baisser la garde, ouvrant la porte à de massives fraudes potentielles. Il ne sert malheureusement à rien de se lamenter sur le lait renversé. L’élection a eu lieu, Biden a été déclaré vainqueur, les Démocrates ont réussi leur coup. A défaut d’inverser le résultat, les objections qui seront soulevées devant le Congrès serviront à affirmer haut et fort qu’ils ont été pris en flagrant délit et que si l’expérience démocratique américaine veut se poursuivre ils doivent être empêchés de récidiver. Gérald Olivier
Les manifestations et les émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd ont largement débordé la question raciale et les brutalités policières. Elles constituent une insurrection organisée contre Donald Trump. Alors que le calme revient dans les rues des métropoles américaines, désormais patrouillées par des soldats de la Garde Nationale, il devient clair que les violences des derniers jours ne peuvent être réduites à des simples émeutes raciales comme le pays a pu en connaître. Les Etats-Unis ne viennent pas de vivre une flambée de violence communautaire. Le pays vient d’être confronté à une insurrection populaire. Le mouvement est parti de la mort de George Floyd. Mais celle-ci ne fut qu’un prétexte.  Très vite les protestations sont sorties de ce cadre et la violence s’est propagée à travers le territoire américain en prenant une ampleur sans précédent. La mort de George Floyd n’avait pas grand-chose à voir avec les pillages observés à New York, Atlanta, Nashville, Los Angeles et ailleurs, six jours plus tard, pas plus qu’avec les actes de vandalisme perpétrées la même nuit à Washington D.C., la capitale américaine.  Dans ces actes de haine et d’anarchie se mêlaient la colère sauvage de certains Américains contre le système en général et le président Trump en particulier, et les actions ciblées de groupes radicaux motivés par une idéologie anti-capitaliste et libertaire, et cherchant à abattre la civilisation américaine par le chaos. Ensemble ces deux forces ont tenté de renverser le pouvoir. Ces journées et surtout ces nuits ont constitué l’insurrection la plus étendue et la plus menaçante aux Etats-Unis depuis 1968, quand la démocratie américaine avait été ébranlée par la conjonction de trois mouvements : une révolte estudiantine, l’opposition à la guerre du Vietnam,  et la radicalisation de la communauté noire. (…) Par leur ampleur les émeutes des derniers jours rappellent les émeutes raciales des années 1965-1968. Jamais en plus de cinquante les Etats-Unis n’avaient connu pareille destruction. Toutefois elles en diffèrent par leur nature et par leurs objectifs. Cela se voit dans le déroulé des événements. Les choses se sont passées en deux temps. Premier temps : la diffusion de la vidéo de l’arrestation de George Floyd. Les images d’un policier blanc un genou sur le cou d’un homme noir, menotté, à plat ventre et qui se plaint de ne pouvoir respirer, allant même jusqu’à gémir « vous êtes en train de me tuer »,  provoquent une colère généralisée, au sein de la communauté noire et bien au-delà. Toute l’Amérique est choquée par ce qu’elle voit. Le président Trump en tête, qui se dit révolté par les images. Il appelle la famille Floyd au téléphone pour leur dire son dégoût devant de tels actes et leur présenter ses condoléances personnelles et celles de la nation. Le monde politique dans son ensemble est également sous le choc. De même que les forces de police des différentes métropoles qui ne se reconnaissent pas dans le geste de leur collègue. Aussi quand les Noirs de Minneapolis descendent dans la rue pour crier leur colère, tout le monde trouve cela justifier. Sur instruction du maire de Minneapolis les forces de l’ordre restent en retrait. Il faut laisser la colère s’exprimer, ne pas l’attiser par une présence policière hostile, puisque l’incident qui vient de tout déclencher est une brutalité policière. Mais la colère ne retombe pas. Au contraire. Elle s’amplifie et se nourrit d’elle-même. Quelques voitures sont brûlées des magasins incendiés. Le lendemain soir quand des manifestants se dirigent vers le commissariat du quartier, le maire donne l’ordre de l’évacuer. Mauvaise décision sans doute. Les manifestants envahissent les lieus et saccagent tout, puis mettent le feu au bâtiment.  La manifestation vient de basculer. C’est le début des émeutes. Cela va durer toute la nuit et les nuits suivantes. Le lendemain le gouverneur de l’Etat du Minnesota essaye ramener la sérénité. Il appelle au calme, au sens civique, souligne que les commerces dévastés appartiennent à des membres des minorités, des noirs, des hispaniques, des coréens, etc. Mais il est trop tard. Les émeutiers ont compris quelque chose de fondamental. Vues les circonstances- le meurtre d’un noir par un policier blanc – la police est en position de faiblesse et c’est le moment d’en profiter. C’est alors que commence le deuxième temps des émeutes. Nous sommes vendredi, quatre jours après la mort de George Floyd.  Les professionnels de la contestation urbaine se sont mobilisés. Deux organisations vont être particulièrement actives, Black Lives Matter et les Antifas. Black Lives Matter (BLM, dont le nom signifie “les vies de Noirs comptent ») est une organisation internationale pour la promotion des droits humains et la protection des minorités, ethniques ou sexuelles. BLM fut fondé en 2013 par trois femmes noires:  Alicia Garza, Opal Tometi et Patrisse Cullors. Le mouvement revendique une lutte internationale contre « la suprématie blanche » et prône une société alternative, anti-capitaliste.  et non patriarcale. Le mouvement « Antifa » (pour « anti-fasciste ») est une mouvance internationale d’extrême gauche qui affirme lutter contre les suprémacistes blancs et toutes les tendances « fascisantes » au sein de la société. Ses membres s’habillent tout de noir, avec casques et foulards pour ne pas être reconnus, d’où leur surnom de « black bloc ». Ils abordent les manifestations publiques comme des opportunités de guerilla urbaine. L’organisation n’a ni chef, ni structure, mais peut mobiliser ses membres par les réseaux sociaux, y compris par des communications cryptées. Ses membres maitrisent à la fois les tactiques de guerilla, les techniques de combat individuel, les technologies de l’information, et les principes de la désinformation. La destruction de la civilisation capitaliste et de ses symboles est sa raison d’être, la violence et la terreur, son mode opératoire. Vendredi, c’est aussi le début du week-end. En ces temps de confinement (pour cause de pandémie de coronavirus), beaucoup de jeunes urbains sont encore plus désœuvrés et plus sur les nerfs que d’habitude. Ils vont aller se défouler, passer leur colère, et se refaire une garde-robe à l’œil, au passage. Confiants qu’ils ne craignent pas grand-chose d’une police qui a reçu l’ordre de laisser faire. Le gouverneur du Minnesota, qui la veille déclarait comprendre les manifestants, affirme à présent que «de mauvais acteurs » se sont glissés parmi les protestataires. De fait les images des différentes émeutes dans le pays présentent tantôt des adolescents en T-Shirts ou capuches affairés à briser des vitrines à coup de skateboard et tantôt des individus casqués, vêtus de noirs, et armés de marteaux qui ciblent les véhicules de police pour en tabasser les occupants et les incendier. (…) A Los Angeles, ville tentaculaire s’il en est, les émeutiers se déplacent sur des dizaines de kilomètres, loin des quartiers populaires jusqu’à West Hollywood ou Beverly Hills, pour aller dévaliser les boutiques de luxe de la fameuse Rodeo Drive. Quand les émeutiers ne s’en prennent pas aux commerces, ils attaquent les bâtiments publics et ceux qui les protègent. A Saint Louis un policier noir de 38 ans est tué, sous l’œil des caméras ! Quatre autres sont blessés par balles. A Las Vegas un autre policier reçoit une balle, en pleine tête. A Oakland, en Californie, deux policiers noirs postés devant le palais de justice, sont visés par balle, l’un meurt, l’autre est hospitalisé. A New York les pillages se prolongent jusqu’à lundi. Le grand magasin Macy’s de la 34e rue est pris d’assaut. Une enseigne Rolex est dévalisée par des dizaines d’individus cagoulés. Une boutique Nike est mise à sac. Des femmes sont agressées. Officiellement il n’y pas eu de plaintes pour viols, mais la situation tourne à l’anarchie. La police est absente ou passive. Par endroit quelques manifestants, souvent Noirs, tentent de raisonner les casseurs et d’arrêter les pillages. En vain… Le gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo, un Démocrate, souligne que les voyous qui ont envahi les rues de la ville « ne peuvent masquer la  nature de leurs actes en se drapant dans une indignation vertueuse justifiée par le meurtre de George Floyd. » Il s’en prend au maire Bill De Blasio, Démocrate aussi, pour ne pas avoir mobilisé suffisamment de forces de police, alors que la ville dispose de 38 000 agents. Comment aurait-il pu le faire ? Sa propre fille, âgée de 25 ans, avait été arrêtée la veille parmi les émeutiers. A l’annonce de son arrestation De Blasio avait affirmé : « je suis fier d’elle ». Quand les élites et représentants de l’autorité prennent le parti des émeutiers, on n’a plus à faire à une simple manifestation mais bien à une insurrection généralisée. A travers le pays, célébrités et intellectuels se relaient sur les antennes pour trouver des excuses aux manifestants. Certains mettent en place un fond de soutiens pour payer la caution des casseurs arrêtés. George Floyd est oublié. Pour tous, le responsable du désordre s’appelle Donald Trump, c’est lui qu’il faut virer. On retrouve le même discours dans la bouche de journalistes qui s’emploient à jeter de l’huile sur le feu. CNN prend le parti des casseurs. Ses reporters dénoncent « la dictature » Trump, et soutiennent « ceux qui se battent pour leurs droits ». Mais de quels droits s’agit-il ? La foule déchainée ne présente aucune revendication. Son seul but est de détruire et de renverser le pouvoir. A Washington les manifestants mettent le feu à l’église épiscopale Saint John, un des monuments historiques de la ville, située juste à côté de la Maison Blanche. On l’appelle « l’église des présidents », car depuis sa construction en 1812, tous, ou presque, y ont prié. Au contraire de la Maison Blanche elle ne bénéficiait d’aucune protection particulière. A travers sa destruction c’est bien le pouvoir exécutif qui est visé. (…) La personne de Donald Trump dérange toujours autant. Président depuis janvier 2017 et pour encore huit mois au moins, il est toujours détesté par la bourgeoisie socio-libérale, par une partie de la jeunesse, et par les élites médiatiques et l’establishment Démocrate. Loin de laisser les institutions démocratiques américaines jouer leur rôle, les plus radicaux de ces opposants ont pris prétexte de la mort de George Floyd, pour tenter de le renverser. Après la tentative de coup d’Etat institutionnel qu’a constitué l’enquête sur une « collusion avec la Russie », après la mascarade politique que fut la procédure de destitution menée contre lui, après le désastre économique infligé par le confinement en réponse à la pandémie de coronavirus, les « anti-Trumps » ont tenté de le faire tomber par la plus vieille des méthodes, une insurrection populaire. Gérald Olivier

Attention, une insurrection peut en cacher une autre !

Fuites organisées du faux dossier Steele sur la prétendue « collusion russe » (douches dorées avec prostituées dans un hôtel de Moscou, via CIA, FBI et élus comme John McCain), appels à la destitution (nov 2016); appels à l’assassinat (Madonna, jan. 2017); appels à la « Résistance »; mouvement « Pas mon président »; fuites incessantes du Deep state; multiplication des livres y compris anonymes dénonçant le président; tentative de coup d’Etat institutionnel (enquête sur la fausse accusation de « collusion avec la Russie », déchirement du discours présidentiel par la présidente démocrate de la Chambre des représentants, mascarade politique de la  procédure de destitution; instrumentalisation, via le confinement et le désastre économique concommitent, de la lutte contre la pandémie de coronavirus; véritable insurrection populaire suite à la mort de George Floyd (plus grave campagne d’émeutes depuis 50 ans à travers tout le pays, départ de feu de l’église des présidents, tentative d’intrusion dans le périmétre de la Maison blanche), matraquage médiatique anti-Trump; censure des informations défavorables à Joe Biden (accusations de harcèlement sexuel et de corruption de sa famille); multiplication des sondages surévaluant systématiquement l’opposition au président sortant; dévoiement de l’élection présidentielle (véritable crime parfait via un tsunami de 100 millions de bulletins par correspondance et la relaxation de toutes les vérifications d’identité, signatures, dates, etc.); menaces de nouvelles émeutes post-élection  …

Au lendemain des dérives et de l’intrusion du Capitole qui ont suivi le dernier « Rassemblement pour Sauver l’Amérique » des partisans du président Trump …

Suite au dévoiement que l’on sait de l’élection présidentielle du 3 novembre …

Comment ne pas voir non seulement l’incroyable indignation sélective …

De médias et commentateurs, Joe Biden et Kamala Harris compris …

Qui sans compter leur célébration d’une action similaire, il y a dix ans mais des syndicats cette fois, au capitole du Wisconsin pour bloquer un projet de loi du « Moubarak du midwest », le gouverneur républicain Scott Walker, dûment voté à la Chambre des représentants de l’Etat …

Ou il y a deux ans au Capitole de Washington même avec l’invasion du bureau et avec la bénédiction de Nancy Pelosi par une centaine de militants du climat …

Dénoncent à qui mieux mieux et à l’unanimité le président Trump pour les excès – retour de bâton, comme avec les Brexiters anglais ou les gilets jaunes français, de décennies de mépris généralisé – il y a deux jours, du rassemblement du Capitole …

Après avoir fermé les yeux mais activement encouragé ces quatre dernières années …

Comme « outil puissant pour provoquer un changement réel et durable dans la société »

Via, y compris celles annoncées en cas de victoire de Trump, les agressions les plus graves des contre-manifestants BLM et antifas contre les partisans pacifiques des rassemblements pro-Trump …

Vandalisant et brûlant au passage des quartiers entiers de centre-villes américains …

Privant du coup de supermarchés comme de protection policière…

Les populations principalement minoritaires et les plus démunies …

Qu’ils prétendaient défendre …

Mais derrière tout ça avec le journaliste franco-américain Gérald Olivier

Comme l’a confirmé après les appels, dès son élection, à la destitution et à l’assassinat

Et du début à la fin, la délégitimation permanente de sa présidence …

La tentative d’intrusion, après un départ de feu dans la fameuse « église des présidents » toute proche, dedits opposants dans le périmètre de la Maison blanche …

Ayant forcé en juin dernier et pour la première fois depuis le 11 septembre 2001 …

Les services de protection rapprochée du président à faire descendre celui-ci dans son bunker souterrain …

Rien de moins, quand anciens généraux et admiraux compris …

« Les élites et représentants de l’autorité prennent le parti des émeutiers » …

Qu’une insurrection généralisée contre l’exécutif lui-même ?

Alors que le calme revient dans les rues des métropoles américaines, désormais patrouillées par des soldats de la Garde Nationale, il devient clair que les violences des derniers jours ne peuvent être réduites à des simples émeutes raciales comme le pays a pu en connaître. Les Etats-Unis ne viennent pas de vivre une flambée de violence communautaire. Le pays vient d’être confronté à une insurrection populaire.

Le mouvement est parti de la mort de George Floyd. Mais celle-ci ne fut qu’un prétexte.  Très vite les protestations sont sorties de ce cadre et la violence s’est propagée à travers le territoire américain en prenant une ampleur sans précédent. La mort de George Floyd n’avait pas grand-chose à voir avec les pillages observés à New York, Atlanta, Nashville, Los Angeles et ailleurs, six jours plus tard, pas plus qu’avec les actes de vandalisme perpétrées la même nuit à Washington D.C., la capitale américaine.  Dans ces actes de haine et d’anarchie se mêlaient la colère sauvage de certains Américains contre le système en général et le président Trump en particulier, et les actions ciblées de groupes radicaux motivés par une idéologie anti-capitaliste et libertaire, et cherchant à abattre la civilisation américaine par le chaos. Ensemble ces deux forces ont tenté de renverser le pouvoir. Ces journées et surtout ces nuits ont constitué l’insurrection la plus étendue et la plus menaçante aux Etats-Unis depuis 1968, quand la démocratie américaine avait été ébranlée par la conjonction de trois mouvements : une révolte estudiantine, l’opposition à la guerre du Vietnam,  et la radicalisation de la communauté noire.

Les émeutes raciales, ou ethniques, sont un phénomène ancien et récurrent de l’histoire américaine. Au XIXe siècle les batailles rangées contre des communautés irlandaises, italiennes, catholiques, juives, chinoises ou autres étaient fréquentes. Toutes les décennies depuis l’abolition de l’esclavage et l’émancipation des esclaves (1865) ont connu des incidents de violence collective impliquant la minorité noire. La plupart du temps, les Noirs n’étaient pas les instigateurs de ces émeutes, mais les victimes.  Parce qu’ils concurrençaient les derniers immigrants, les plus pauvres, sur le marché du travail, et parce que le racisme, qui s’appelait alors « préjugé de race », était profondément ancré dans les mentalités.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la déségrégation forcée dans le Sud, couplée aux revendications de la communauté noire pour la reconnaissance de leurs droits civiques – à savoir que les droits des citoyens noirs américains ne soient plus seulement des mots écrits dans la Constitution mais deviennent des réalités concrètes dans la vie quotidienne – engendra deux décennies de fortes tensions avec des éruptions de violence régulières. Les années 1960 virent les ghettos s’embraser chaque été en 1965, 1966, 1967, et 1968 après l’assassinat de Martin Luther King, faisant à chaque fois des dizaines, voire des centaines de tués.

Ces émeutes étaient véritablement des émeutes raciales. Elles mettaient face à face une communauté homogène, les Noirs (flanqués de quelques étudiants et intellectuels blancs, mais très minoritaires) face à la police ou face à la majorité blanche. Elles se déroulaient dans un contexte politique, économique et social, particulier avec des aspirations réelles – le « I have a Dream » de Martin Luther King – et des revendications concrètes – la fin de la ségrégation dans les transports, de la discrimination à l’embauche, ou au logement, etc. Elles exprimaient la colère d’une communauté face à la lenteur, ou au refus, des changements politiques.

Par leur ampleur les émeutes des derniers jours rappellent les émeutes raciales des années 1965-1968. Jamais en plus de cinquante les Etats-Unis n’avaient connu pareille destruction.  Toutefois elles en diffèrent par leur nature et par leurs objectifs. Cela se voit dans le déroulé des événements. Les choses se sont passées en deux temps.

Premier temps : la diffusion de la vidéo de l’arrestation de George Floyd. Les images d’un policier blanc un genou sur le cou d’un homme noir, menotté, à plat ventre et qui se plaint de ne pouvoir respirer, allant même jusqu’à gémir « vous êtes en train de me tuer »,  provoquent une colère généralisée, au sein de la communauté noire et bien au-delà. Toute l’Amérique est choquée par ce qu’elle voit. Le président Trump en tête, qui se dit révolté par les images. Il appelle la famille Floyd au téléphone pour leur dire son dégoût devant de tels actes et leur présenter ses condoléances personnelles et celles de la nation. Le monde politique dans son ensemble est également sous le choc. De même que les forces de police des différentes métropoles qui ne se reconnaissent pas dans le geste de leur collègue.

Aussi quand les Noirs de Minneapolis descendent dans la rue pour crier leur colère, tout le monde trouve cela justifier. Sur instruction du maire de Minneapolis les forces de l’ordre restent en retrait. Il faut laisser la colère s’exprimer, ne pas l’attiser par une présence policière hostile, puisque l’incident qui vient de tout déclencher est une brutalité policière. Mais la colère ne retombe pas. Au contraire. Elle s’amplifie et se nourrit d’elle-même. Quelques voitures sont brûlées des magasins incendiés. Le lendemain soir quand des manifestants se dirigent vers le commissariat du quartier, le maire donne l’ordre de l’évacuer. Mauvaise décision sans doute. Les manifestants envahissent les lieus et saccagent tout, puis mettent le feu au bâtiment.  La manifestation vient de basculer. C’est le début des émeutes. Cela va durer toute la nuit et les nuits suivantes.

Le lendemain le gouverneur de l’Etat du Minnesota essaye ramener la sérénité. Il appelle au calme, au sens civique, souligne que les commerces dévastés appartiennent à des membres des minorités, des noirs, des hispaniques, des coréens, etc. Mais il est trop tard. Les émeutiers ont compris quelque chose de fondamental. Vues les circonstances- le meurtre d’un noir par un policier blanc – la police est en position de faiblesse et c’est le moment d’en profiter.

C’est alors que commence le deuxième temps des émeutes. Nous sommes vendredi, quatre jours après la mort de George Floyd.  Les professionnels de la contestation urbaine se sont mobilisés. Deux organisations vont être particulièrement actives, Black Lives Matter et les Antifas.

Black Lives Matter (BLM, dont le nom signifie “les vies de Noirs comptent ») est une organisation internationale pour la promotion des droits humains et la protection des minorités, ethniques ou sexuelles. BLM fut fondé en 2013 par trois femmes noires:  Alicia Garza, Opal Tometi et Patrisse Cullors. Le mouvement revendique une lutte internationale contre « la suprématie blanche » et prône une société alternative, anti-capitaliste.  et non patriarcale.

Le mouvement « Antifa » (pour « anti-fasciste ») est une mouvance internationale d’extrême gauche qui affirme lutter contre les suprémacistes blancs et toutes les tendances « fascisantes » au sein de la société. Ses membres s’habillent tout de noir, avec casques et foulards pour ne pas être reconnus, d’où leur surnom de « black bloc ». Ils abordent les manifestations publiques comme des opportunités de guerilla urbaine. L’organisation n’a ni chef, ni structure, mais peut mobiliser ses membres par les réseaux sociaux, y compris par des communications cryptées. Ses membres maitrisent à la fois les tactiques de guerilla, les techniques de combat individuel, les technologies de l’information, et les principes de la désinformation. La destruction de la civilisation capitaliste et de ses symboles est sa raison d’être, la violence et la terreur, son mode opératoire.

Vendredi, c’est aussi le début du week-end. En ces temps de confinement (pour cause de pandémie de coronavirus), beaucoup de jeunes urbains sont encore plus désœuvrés et plus sur les nerfs que d’habitude. Ils vont aller se défouler, passer leur colère, et se refaire une garde-robe à l’œil, au passage. Confiants qu’ils ne craignent pas grand-chose d’une police qui a reçu l’ordre de laisser faire.

Le chaos peut commencer.

Le gouverneur du Minnesota, qui la veille déclarait comprendre les manifestants, affirme à présent que «de mauvais acteurs » se sont glissés parmi les protestataires. De fait les images des différentes émeutes dans le pays présentent tantôt des adolescents en T-Shirts ou capuches affairés à briser des vitrines à coup de skateboard et tantôt des individus casqués, vêtus de noirs, et armés de marteaux qui ciblent les véhicules de police pour en tabasser les occupants et les incendier.

Le garde des sceaux (Attorney General) William Barr intervient pour dénoncer la présence des « antifas » parmi les manifestants. Il souligne que passer les limites d’un Etat, pour aller semer la destruction dans un autre est un crime fédéral. Signifiant que les personnes dans cette situation s’exposent à des sanctions plus sévères.

A Los Angeles, ville tentaculaire s’il en est, les émeutiers se déplacent sur des dizaines de kilomètres, loin des quartiers populaires jusqu’à West Hollywood ou Beverly Hills, pour aller dévaliser les boutiques de luxe de la fameuse Rodeo Drive.

Quand les émeutiers ne s’en prennent pas aux commerces, ils attaquent les bâtiments publics et ceux qui les protègent. A Saint Louis un policier noir de 38 ans est tué, sous l’œil des caméras ! Quatre autres sont blessés par balles. A Las Vegas un autre policier reçoit une balle, en pleine tête. A Oakland, en Californie, deux policiers noirs postés devant le palais de justice, sont visés par balle, l’un meurt, l’autre est hospitalisé.

A New York les pillages se prolongent jusqu’à lundi. Le grand magasin Macy’s de la 34e rue est pris d’assaut. Une enseigne Rolex est dévalisée par des dizaines d’individus cagoulés. Une boutique Nike est mise à sac. Des femmes sont agressées. Officiellement il n’y pas eu de plaintes pour viols, mais la situation tourne à l’anarchie. La police est absente ou passive. Par endroit quelques manifestants, souvent Noirs, tentent de raisonner les casseurs et d’arrêter les pillages. En vain… Le gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo, un Démocrate, souligne que les voyous qui ont envahi les rues de la ville « ne peuvent masquer la  nature de leurs actes en se drapant dans une indignation vertueuse justifiée par le meurtre de George Floyd. » Il s’en prend au maire Bill De Blasio, Démocrate aussi, pour ne pas avoir mobilisé suffisamment de forces de police, alors que la ville dispose de 38 000 agents. Comment aurait-il pu le faire ? Sa propre fille, âgée de 25 ans, avait été arrêtée la veille parmi les émeutiers. A l’annonce de son arrestation De Blasio avait affirmé : « je suis fier d’elle ».

Quand les élites et représentants de l’autorité prennent le parti des émeutiers, on n’a plus à faire à une simple manifestation mais bien à une insurrection généralisée.

A travers le pays, célébrités et intellectuels se relaient sur les antennes pour trouver des excuses aux manifestants. Certains mettent en place un fond de soutiens pour payer la caution des casseurs arrêtés. George Floyd est oublié. Pour tous, le responsable du désordre s’appelle Donald Trump, c’est lui qu’il faut virer.

On retrouve le même discours dans la bouche de journalistes qui s’emploient à jeter de l’huile sur le feu. CNN prend le parti des casseurs. Ses reporters dénoncent « la dictature » Trump, et soutiennent « ceux qui se battent pour leurs droits ».

Mais de quels droits s’agit-il ? La foule déchainée ne présente aucune revendication. Son seul but est de détruire et de renverser le pouvoir. A Washington les manifestants mettent le feu à l’église épiscopale Saint John, un des monuments historiques de la ville, située juste à côté de la Maison Blanche. On l’appelle « l’église des présidents », car depuis sa construction en 1812, tous, ou presque, y ont prié. Au contraire de la Maison Blanche elle ne bénéficiait d’aucune protection particulière. A travers sa destruction c’est bien le pouvoir exécutif qui est visé.

Le président Donald Trump s’est exprimé plusieurs fois pour condamner les violences. Il demande aux gouverneurs d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour rétablir l’ordre, et si nécessaire de déployer la Garde Nationale, ainsi qu’ils ont l’autorité pour le faire afin de ramener le calme. Et s’ils ne le font pas, c’est lui-même qui s’en chargera ainsi que la loi l’y autorise. Mettant cette menace à exécution il déploie les patrouilles des Douanes et Frontières (Customs and Border Patrol) dans les rues de la capitale, Washington D.C. Ses agents sont sous l’autorité du Département de la Sécurité Intérieure, et sont près de quarante mille à travers le pays.

Cette affirmation d’autorité a permis de ramener un calme relatif. Pour combien de temps ?

La personne de Donald Trump dérange toujours autant. Président depuis janvier 2017 et pour encore huit mois au moins, il est toujours détesté par la bourgeoisie socio-libérale, par une partie de la jeunesse, et par les élites médiatiques et l’establishment Démocrate. Loin de laisser les institutions démocratiques américaines jouer leur rôle, les plus radicaux de ces opposants ont pris prétexte de la mort de George Floyd, pour tenter de le renverser. Après la tentative de coup d’Etat institutionnel qu’a constitué l’enquête sur une « collusion avec la Russie », après la mascarade politique que fut la procédure de destitution menée contre lui, après le désastre économique infligé par le confinement en réponse à la pandémie de coronavirus, les « anti-Trumps » ont tenté de le faire tomber par la plus vieille des méthodes, une insurrection populaire.

Il ne faut pas s’y tromper. Il existe bien un problème racial aux Etats-Unis. Il existe bien aussi des cas de brutalité policière. Mais les émeutes des derniers jours ne relevaient pas de ces problèmes et n’ont contribué  en rien à les résoudre.

Voir aussi:

(Alvin Chang/Vox)

Higher crime in black communities doesn’t fully explain the disparities. A 2015 study by researcher Cody Ross found, « There is no relationship between county-level racial bias in police shootings and crime rates (even race-specific crime rates), meaning that the racial bias observed in police shootings in this data set is not explainable as a response to local-level crime rates. » That suggests something else — such as, potentially, racial bias — is going on.

But Thompson said it also takes years of neglect, despite peaceful calls for change, for discontent to turn into violence. « Riots never come first, » she said. « They only come after a sustained attempt to change whatever is the problem through other means. »

In the 1960s, people engaged in nonviolent protests as part of the Civil Rights Movement, filed complaints through the NAACP, complained to media, and threatened litigation, Thompson said.

In Baltimore, locals complained to media, filed lawsuits over police abuse, and, finally, protested peacefully for weeks before the protests turned violent. In Charlotte, black communities have long complained about mistreatment by police — including, previously, the 2013 police shooting of Jonathan Ferrell, an unarmed 24-year-old black man who was shot 10 times and killed by a white police officer after he crashed his car.

It was only when these attempts at drawing attention to systemic problems failed that demonstrators rose up in violence, including in modern-day Baltimore and Charlotte.

« I was one of the ones who started the peaceful protests … the first seven days [after Gray’s death], when it was fine and dandy, » William Stewart, a West Baltimore resident who didn’t participate in the riots, told Jenée Desmond-Harris for Vox. « I walked about 101 miles in peace. But if you protest peacefully, they don’t give a shit. »

Violent demonstrations can and have spurred change

Social justice riots are often depicted as people senselessly destroying their own communities to no productive means. President Barack ObamaBaltimore Mayor Stephanie Rawlings-Blake, and members of the media all used this type of characterization to describe the riots in Baltimore. It was a widespread sentiment online after the Charlotte protests, too.

But riots can and have led to substantial reforms in the past, indicating that they can be part of a coherent political movement. By drawing attention to some of the real despair in destitute communities, riots can push the public and leaders to initiate real reforms to fix whatever led to the violent rage.

« When you have a major event like this, the power structure has to respond, » Hunt of UCLA said. « Some very concrete, material things often come out of these events. »

The 1960s unrest, for example, led to the Kerner Commission, which reviewed the cause of the uprisings and pushed reforms in local police departments. The changes to police ended up taking various forms: more active hiring of minority police officers, civilian review boards of cases in which police use force, and residency requirements that force officers to live in the communities they police.

« This is one of the greatest ironies. People would say that this kind of level of upheaval in the streets and this kind of chaos in the streets is counterproductive, » Thompson said. « The fact of the matter is that it was after every major city in the urban north exploded in the 1960s that we get the first massive probe into what was going on — known as the Kerner Commission. »

Sugrue agreed. « It’s safe to say some changes would have happened a lot more slowly had there not been disruptive protests, » he said.

Similarly, in Los Angeles, the 1992 riots led the Los Angeles Police Department to implement reforms that put more emphasis on community policing and diversity. The reforms appear to have worked, to some extent: Surveys from the Los Angeles Times found approval of the LAPD rose from 40 percent in 1991 to 77 percent in 2009 — although approval among Hispanic and black residents was lower, at 76 percent and 68 percent respectively. It’s hard to say, but these types of changes might have prevented more riots over policing issues in Los Angeles.

« It’s not perfect — far from that, » Hunt said. « But it’s better. »

But there’s always the threat of backlash to riots

Rioting can spur change, but it can also lead to destructive backlash.

In the immediate aftermath, riots can scare away investment and business from riot-torn communities. This is something that remains an issue in West Baltimore, where some buildings are still scarred by the 1968 riots.

In the long term, they can also motivate draconian policy changes that emphasize law and order above all else. The « tough on crime » policies enacted in the 1970s through 1990s are mostly attributed to urban decay brought on by suburbanization, a general rise in crime, and increasing drug use, but Thompson and Sugrue argued that the backlash to the 1960s riots was also partly to blame.

« Riots cut both ways, » Sugrue said. « They do give a voice to the voiceless, but they can also lead to consequences that those who are challenging the system don’t intend. »

The « tough on crime » policies pushed a considerably harsher approach in the criminal justice system, with a goal of deterring crime with the threat of punishment. Police were evaluated far more on how many arrests they carried out, even for petty crimes like loitering. Sentences for many crimes dramatically increased. As a result, levels of incarceration skyrocketed in the US, with black men at far greater risk of being jailed or imprisoned than other segments of the population.

The irony is that many of these « tough on crime » policies led to the current distrust of police in cities like Baltimore, as David Simon, creator of The Wire and former Baltimore crime reporter, explained to the Bill Keller at the Marshall Project:

[I]t’s time to make new sergeants or lieutenants, and so you look at the computer and say: Who’s doing the most work? And they say, man, this guy had 80 arrests last month, and this other guy’s only got one. Who do you think gets made sergeant? And then who trains the next generation of cops in how not to do police work? I’ve just described for you the culture of the Baltimore police department amid the deluge of the drug war, where actual investigation goes unrewarded and where rounding up bodies for street dealing, drug possession, loitering such — the easiest and most self-evident arrests a cop can make — is nonetheless the path to enlightenment and promotion and some additional pay.

So by viewing riots as criminal acts instead of legitimate political displays of anger at systemic failures, the politicians of the 1970s, ’80s, and ’90s pushed some policies that actually fostered further anger toward police — even as other, positive reforms were simultaneously spurred by urban uprisings. By misunderstanding the purpose of the riots, public officials made events like them more likely.

« By having done that, these communities are far worse off, » Thompson said. « The crisis of police brutality, poverty, exploitation, and black citizens not feeling like full citizens have all gotten much, much worse in 40 years. »

Voir de même:

Natalie Escobar
NPR

In the past months of demonstrations for Black lives, there has been a lot of condemnation of looting. Whether it was New York Gov. Andrew Cuomo saying that stealing purses and sneakers from high-end stores in Manhattan was « inexcusable, » or St. Paul, Minn., Mayor Melvin Carter saying looters were « destroy[ing] our community, » police officers, government officials and pundits alike have denounced the property damage and demanded an end to the riots. And just last week, rioters have burned buildings and looted stores in Kenosha, Wis., following the police shooting of Jacob Blake, to which Sen. Ron Johnson, R-Wis., has said: « Peaceful protesting is a constitutionally protected form of free speech. Rioting is not. »

Writer Vicky Osterweil’s book, In Defense of Looting, came out on Tuesday. Osterweil is a self-described writer, editor and agitator who has been writing about and participating in protests for years. And her book arrives as the continued protests have emerged as a bitter dividing point in the presidential race.

When she finished it, back in April, she wrote that « a new energy of resistance is building across the country. » Now, as protests and riots continue to grip cities, she stakes out a provocative position: that looting is a powerful tool to bring about real, lasting change in society. The rioters who smash windows and take items from stores, she claims, are engaging in a powerful tactic that questions the justice of « law and order, » and the distribution of property and wealth in an unequal society.

I spoke with Osterweil, and our conversation has been edited and condensed for clarity.


For people who haven’t read your book, how do you define looting?

When I use the word looting, I mean the mass expropriation of property, mass shoplifting during a moment of upheaval or riot. That’s the thing I’m defending. I’m not defending any situation in which property is stolen by force. It’s not a home invasion either. It’s about a certain kind of action that’s taken during protests and riots.

Looting is a highly racialized word from its very inception in the English language. It’s taken from Hindi, lút, which means « goods » or « spoils, » and it appears in an English colonial officer’s handbook [on « Indian vocabulary »] in the 19th century.

During the uprisings of this past summer, rioting and looting have often gone hand in hand. Can you talk about the distinction you see between the two?

« Rioting » generally refers to any moment of mass unrest or upheaval. Riots are a space in which a mass of people has produced a situation in which the general laws that govern society no longer function, and people can act in different ways in the street and in public. I’d say that rioting is a broader category in which looting appears as a tactic.

Often, looting is more common among movements that are coming from below. It tends to be an attack on a business, a commercial space, maybe a government building — taking those things that would otherwise be commodified and controlled and sharing them for free.

Can you talk about rioting as a tactic? What are the reasons people deploy it as a strategy?

It does a number of important things. It gets people what they need for free immediately, which means that they are capable of living and reproducing their lives without having to rely on jobs or a wage — which, during COVID times, is widely unreliable or, particularly in these communities is often not available, or it comes at great risk. That’s looting’s most basic tactical power as a political mode of action.

It also attacks the very way in which food and things are distributed. It attacks the idea of property, and it attacks the idea that in order for someone to have a roof over their head or have a meal ticket, they have to work for a boss, in order to buy things that people just like them somewhere else in the world had to make under the same conditions. It points to the way in which that’s unjust. And the reason that the world is organized that way, obviously, is for the profit of the people who own the stores and the factories. So you get to the heart of that property relation, and demonstrate that without police and without state oppression, we can have things for free.

Importantly, I think especially when it’s in the context of a Black uprising like the one we’re living through now, it also attacks the history of whiteness and white supremacy. The very basis of property in the U.S. is derived through whiteness and through Black oppression, through the history of slavery and settler domination of the country. Looting strikes at the heart of property, of whiteness and of the police. It gets to the very root of the way those three things are interconnected. And also it provides people with an imaginative sense of freedom and pleasure and helps them imagine a world that could be. And I think that’s a part of it that doesn’t really get talked about — that riots and looting are experienced as sort of joyous and liberatory.

What are some of the most common myths and tropes that you hear about looting?

One of the ones that’s been very powerful, that’s both been used by Donald Trump and Democrats, has been the outside agitator myth, that the people doing the riots are coming from the outside. This is a classic. This one goes back to slavery, when plantation owners would claim that it was Freedmen and Yankees coming South and giving the enslaved these crazy ideas — that they were real human beings — and that’s why they revolted.

Another trope that’s very common is that looters and rioters are not part of the protest, and they’re not part of the movement. That has to do with the history of protesters trying to appear respectable and politically legible as a movement, and not wanting to be too frightening or threatening.

Another one is that looters are just acting as consumers: Why are they taking flat-screen TVs instead of rice and beans? Like, if they were just surviving, it’d be one thing, but they’re taking liquor. All these tropes come down to claiming that the rioters and the looters don’t know what they’re doing. They’re acting, you know, in a disorganized way, maybe an « animalistic » way. But the history of the movement for liberation in America is full of looters and rioters. They’ve always been a part of our movement.

In your book, you note that a lot of people who consider themselves radical or progressive criticize looting. Why is this common?

I think a lot of that comes out of the civil rights movement. The popular understanding of the civil rights movement is that it was successful when it was nonviolent and less successful when it was focused on Black power. It’s a myth that we get taught over and over again from the first moment we learn about the civil rights movement: that it was a nonviolent movement, and that that’s what matters about it. And it’s just not true.

Nonviolence emerged in the ’50s and ’60s during the civil rights movement, [in part] as a way to appeal to Northern liberals. When it did work, like with the lunch counter sit-ins, it worked because Northern liberals could flatter themselves that racism was a Southern condition. This was also in the context of the Cold War and a mass anticolonial revolt going on all over Africa, Southeast Asia and Latin America. Suddenly all these new independent nations had just won liberation from Europe, and the U.S. had to compete with the Soviet Union for influence over them. So it was really in the U.S.’ interests to not be the country of Jim Crow, segregation and fascism, because they had to appeal to all these new Black and brown nations all over the world.

Those two things combined to make nonviolence a relatively effective tactic. Even under those conditions, Freedom Riders and student protesters were often protected by armed guards. We remember the Birmingham struggle of ’63, with the famous photos of Bull Connor releasing the police dogs and fire hoses on teenagers, as nonviolent. But that actually turned into the first urban riot in the movement. Kids got up, threw rocks and smashed police cars and storefront windows in that combat. There was fear that that kind of rioting would spread. That created the pressure for Robert F. Kennedy to write the civil rights bill and force JFK to sign it.

But there’s also another factor, which is anti-Blackness and contempt for poor people who want to live a better life, which looting immediately provides. One thing about looting is it freaks people out. But in terms of potential crimes that people can commit against the state, it’s basically nonviolent. You’re mass shoplifting. Most stores are insured; it’s just hurting insurance companies on some level. It’s just money. It’s just property. It’s not actually hurting any people.

During recent riots, a sentiment I heard a lot was that looters in cities like Minneapolis were hurting their own cause by destroying small businesses in their own neighborhoods, stores owned by immigrants and people of color. What would you say to people who make that argument?

People who made that argument for Minneapolis weren’t suddenly celebrating the looters in Chicago, who drove down to the richest part of Chicago, the Magnificent Mile, and attacked places like Tesla and Gucci — because it’s not really about that. It’s a convenient way of positioning yourself as though you are sympathetic.

But looters and rioters don’t attack private homes. They don’t attack community centers. In Minneapolis, there was a small independent bookstore that was untouched. All the blocks around it were basically looted or even leveled, burned down. And that store just remained untouched through weeks of rioting.

To say you’re attacking your own community is to say to rioters, you don’t know what you’re doing. But I disagree. I think people know. They might have worked in those shops. They might have shopped and been followed around by security guards or by the owner. You know, one of the causes of the L.A. riots was a Korean small-business owner [killing] 15-year-old Latasha Harlins, who had come in to buy orange juice. And that was a family-owned, immigrant-owned business where anti-Blackness and white supremacist violence was being perpetrated.

What would you say to people who are concerned about essential places like grocery stores or pharmacies being attacked in those communities?

When it comes to small business, family-owned business or locally owned business, they are no more likely to provide worker protections. They are no more likely to have to provide good stuff for the community than big businesses. It’s actually a Republican myth that has, over the last 20 years, really crawled into even leftist discourse: that the small-business owner must be respected, that the small-business owner creates jobs and is part of the community. But that’s actually a right-wing myth.

A business being attacked in the community is ultimately about attacking like modes of oppression that exist in the community. It is true and possible that there are instances historically when businesses have refused to reopen or to come back. But that is a part of the inequity of the society, that people live in places where there is only one place where they can get access to something [like food or medicine]. That question assumes well, what if you’re in a food desert? But the food desert is already an incredibly unjust situation. There’s this real tendency to try and blame people for fighting back, for revealing the inequity of the injustice that’s already been formed by the time that they’re fighting.

I have heard a lot of talk about white anarchists who weren’t part of the movement, but they just came in to smash windows and make a ruckus.

It’s a classic trope, because it jams up people who might otherwise be sort of sympathetic to looters. There’s a reason that Trump has embraced the « white anarchist » line so intensely. It does a double service: It both creates a boogeyman around which you can stir up fear and potential repression, and it also totally erases the Black folks who are at the core of the protests. It makes invisible the Black people who are rising up and who are initiating this movement, who are at its core and its center, and who are doing its most important and valuable organizing and its most dangerous fighting.

One thing that you’re really careful about in your book is how you talk about violence at riots. You make the distinction between violence against property, like smashing a window or stealing something, versus violence against a human body. And I’m wondering if you can talk a little bit about why making that distinction is important to you.

Obviously, we object to violence on some level. But it’s an incredibly broad category. As you pointed out, it can mean both breaking a window, lighting a dumpster on fire, or it can mean the police murdering Tamir Rice. That word is not strategically helpful. The word that can mean both those things cannot be guiding me morally.

There’s actually a police tactic for this, called controlled management. Police say, « We support peaceful, nonviolent protesters. We are out here to protect them and to protect them from the people who are being violent. » That’s a police strategy to divide the movement. So a nonviolent protest organizer will tell the police their march route. Police will stop traffic for them. So you’ve got a dozen heavily armed men standing here watching you march. That doesn’t make me feel safe. What about that is nonviolent? Activists themselves are doing no violence, but there is so much potential violence all around them.

Ultimately, what nonviolence ends up meaning is that the activist doesn’t do anything that makes them feel violent. And I think getting free is messier than that. We have to be willing to do things that scare us and that we wouldn’t do in normal, « peaceful » times, because we need to get free.

Voir de plus:

In late August, when riots erupted in Kenosha, Wisconsin, CNN featured a reporter standing in front of a burning car lot above a chyron that read: “Fiery but mostly peaceful protests after police shooting.” The use of the chyron was striking in its peculiar earnestness, considering that the words “mostly peaceful protest” had long since become a bitter in-joke for right-leaning social media. Indeed, from the moment the first protests began in late May, mainstream media outlets have downplayed or ignored instances of violence or destructive looting. On May 29, MSNBC’s Ali Velshi was reporting from Minneapolis in the aftermath of the killing of George Floyd when he insisted he was seeing “mostly a protest” that “is not, generally speaking, unruly” despite the fact that he was literally standing in front of a burning building at the time.

Yet Velshi was hesitant to ascribe blame to the arsonists and looters. “There is a deep sense of grievance and complaint here, and that is the thing,” he explained. “That when you discount people who are doing things to public property that they shouldn’t be doing, it does have to be understood that this city has got, for the last several years, an issue with police, and it’s got a real sense of the deep sense of grievance of inequality.”

Reporters such as the New York Times’ Julie Bosman openly struggled to describe what happened in places like Kenosha by using words like “riots” or “violence.” “And there was also unrest. There were trucks that were burned. There were fires that were set,” Bosman said, relying on the passive voice in an appearance on The Daily, the Times’ podcast. “People were throwing things at the police. It was a really tense scene.” So tense, in fact, that the next night, when protestors clashed with volunteer militia members and a 17-year-old named Kyle Rittenhouse shot three of them, killing two, Bosman wasn’t there to cover it. “It felt like the situation was a little out of control. So I decided to get in my car and leave,” she explained.

Why would a Times journalist need to flee from a “mostly peaceful” protest?

A few days after his network’s “mostly peaceful” chryron, CNN’s Chris Cillizza tweeted, “Trump’s effort to label what is happening in major cities as ‘riots’ speaks at least somewhat to his desperation, politically speaking.” Cillizza then linked to a CNN story whose featured image was a police officer in riot gear standing in front of a burning building in Kenosha. In July, NBC’s local television station in Oakland featured a headline that read: “Group Breaks Off of Mostly Peaceful Protest, Vandalizes Police Station, Sets Courthouse on Fire.” On June 3, the Wisconsin State Journal in Madison actually ran this headline: “Third night of looting follows third night of mostly peaceful protest.”

Despite the media’s strenuous effort to downplay their existence, the destructive riots and looting this summer were easily found by anyone willing to look. Six weeks into the summer’s protests, independent journalist Michael Tracey drove across the country documenting them. As he wrote in the UK digital magazine, Unherd: “From large metro areas like Chicago and Minneapolis/St. Paul, to small and mid-sized cities like Fort Wayne, Indiana, and Green Bay, Wisconsin, the number of boarded up, damaged or destroyed buildings I have personally observed—commercial, civic, and residential—is staggering.” Andy Ngo and other nonmainstream types have spent months documenting the destruction in cities like Portland and Seattle. And yet, the “peaceful protest” mantra has remained ubiquitous.

Moreover, when media outlets did acknowledge protest-related violence, they often implied that it was instigated by the members of law enforcement sent to respond to it. In a roundup about protests on a single day in early June, for example, the New York Times featured headlines such as “Police crack down after curfew in the Bronx” and “Police use tear gas to break up protest in Atlanta.” Later that month, the New York Times featured a tweet thread with video of protests in Seattle that included images of police in tactical gear and the statement: “Officers dressed for violence sometimes invite it.”

Some journalists sought not to deny that violence was happening, but to engage in whataboutism regarding its effects. GQ correspondent Julia Ioffe tweeted, “So in case you’re keeping track, being very frustrated by the continual and unpunished killing of Black people by police that you decide to burn and loot—bad. If you’re so frustrated by some protesters burn and loot that you decide to kill some of them—totally understandable.”

Reporters invested in the “mostly peaceful” narrative mocked people who were concerned about increases in violent crime and civil unrest. In September, CNN correspondent Josh Campbell tweeted a bucolic scene from a park in Portland and wrote, “Good morning from wonderful Portland, where the city is not under siege and buildings are not burning to the ground. I also ate my breakfast burrito outside today and so far haven’t been attacked by shadowy gangs of Antifa commandos.” At that point, nearby parts of the city had been effectively under siege by antifa and Black Lives Matter rioters for months, and a protestor had recently shot and killed a Trump supporter in cold blood.

Paul Krugman of the New York Times joined in, tweeting, “I went for a belated NYC run this morning, and am sorry to report that I saw very few black-clad anarchists. Also, the city is not yet in flames…claims of urban anarchy are almost entirely fantasy.”

Worse, journalists committed to the “mostly peaceful” narrative have targeted fellow journalists who don’t fall into line with the messaging. The most outrageous example came when the Intercept’s Lee Fang was denounced on social media as a racist by fellow staffer Akela Lacy after he reported on communities of color negatively affected by the rioting and looting. Lacey described Fang’s reporting as “continuing to push racist narratives” when Fang allowed a black resident of a looted neighborhood to raise concerns about the damage. Fang was forced to apologize.

The journalists who attempt to explain away or justify the violence that erupted during some protests do so because they believe the cause is righteous. As E. Alex Jung of New York magazine argued, “the entire journalistic frame of ‘objectivity’ and political neutrality is structured around white supremacy.” How can a good journalist do anything but promote a narrative sympathetic to protestors supposedly fighting it? Needless to say, such justifications and excuse-making would never happen if pro-life or pro–Second Amendment protestors turned to looting and violence.

The problem with such ideologically motivated narratives is that, once crafted, they require strenuous effort and often outrageous contortions to maintain. Ultimately, they have the effect of legitimizing extremism and lawlessness, which undermine whatever cause the majority of protestors who don’t partake in violence are promoting. It’s also offensive to those who must suffer the costs of the destruction. One assessment by the Andersen Economic Group of just one week of rioting and looting in major cities (from May 29 to June 3) placed the costs of the destruction at $400 million, an estimate that did not include the costs to state and local governments or the damage done in smaller cities and towns.

Social scientists swooped in to try and save the day for the “mostly peaceful” argument. A report by the Armed Conflict Location and Event Data Project, issued in September in partnership with Princeton University’s Bridging Divides Initiative, concluded that 93 percent of the summer’s protests were peaceful. The ACLED had made its agenda clear in June, when it issued a statement of solidarity with the same protests its report purports to analyze and called for “systemic and peaceful change.” Nonetheless, the report cannot suppress the facts it gathered; by the researchers’ own estimates, there were more than 500 violent riots related to Black Lives Matter gatherings across the country this summer.

But at least the others were “mostly peaceful.”

Voir encore:

Trump s’est réfugié dans un bunker de la Maison Blanche alors que les manifestations faisaient rage

Vendredi soir, des agents des Services secrets ont précipité le président américain Donald Trump dans un bunker de la Maison Blanche alors que des centaines de manifestants se rassemblaient devant le manoir exécutif, certains d’entre eux jetant des pierres et tirant sur les barricades de la police.Trump a passé près d’une heure dans le bunker, qui a été conçu pour être utilisé dans des situations d’urgence telles que des attaques terroristes, selon un républicain proche de la Maison Blanche qui n’était pas autorisé à discuter publiquement de questions privées et a parlé sous couvert d’anonymat. Le récit a été confirmé par un responsable de l’administration qui s’est également exprimé sous couvert d’anonymat.

La décision abrupte des agents a souligné l’humeur agitée à l’intérieur de la Maison Blanche, où les chants des manifestants à Lafayette Park ont ​​pu être entendus tout le week-end et les agents des services secrets et les forces de l’ordre ont eu du mal à contenir la foule.

Les manifestations de vendredi ont été déclenchées par la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été coincé au cou par un policier blanc de Minneapolis. Les manifestations à Washington sont devenues violentes et ont semblé surprendre les officiers. Ils ont déclenché l’une des alertes les plus élevées sur le complexe de la Maison Blanche depuis les attentats du 11 septembre 2001.

« La Maison Blanche ne commente pas les protocoles et décisions de sécurité », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Judd Deere. Les services secrets ont déclaré ne pas discuter des moyens et méthodes de ses opérations de protection. Le déménagement du président dans le bunker a été signalé pour la première fois par le New York Times.

Le président et sa famille ont été ébranlés par la taille et le venin de la foule, selon le républicain. Il n’était pas immédiatement clair si la première dame Melania Trump et le fils de 14 ans du couple, Barron, avaient rejoint le président dans le bunker. Le protocole des services secrets aurait exigé que toutes les personnes sous la protection de l’agence soient dans l’abri souterrain.

Trump a déclaré à ses conseillers qu’il s’inquiétait pour sa sécurité, tout en louant en privé et en public le travail des services secrets.

Trump s’est rendu en Floride samedi pour voir le premier lancement spatial habité des États-Unis en près d’une décennie. Il est retourné dans une Maison Blanche sous siège virtuel, avec des manifestants – certains violents – rassemblés à quelques centaines de mètres de là pendant une grande partie de la nuit.

Les manifestants sont revenus dimanche après-midi, affrontant la police à Lafayette Park dans la soirée.

Trump a poursuivi ses efforts pour projeter sa force, en utilisant une série de tweets incendiaires et en livrant des attaques partisanes pendant une période de crise nationale.

Alors que les villes brûlaient nuit après nuit et que les images de violence dominaient la couverture télévisée, les conseillers de Trump ont discuté de la perspective d’une adresse au bureau ovale afin d’atténuer les tensions. L’idée a été rapidement abandonnée faute de propositions politiques et du désintérêt apparent du président pour délivrer un message d’unité.

Trump n’est pas apparu en public dimanche. Au lieu de cela, un responsable de la Maison Blanche qui n’était pas autorisé à discuter des plans à l’avance a déclaré que Trump devrait établir dans les prochains jours une distinction entre la colère légitime des manifestants pacifiques et les actions inacceptables des agitateurs violents.

Dimanche, Trump a retweeté un message d’un commentateur conservateur encourageant les autorités à répondre avec plus de force.

« Cela ne va pas s’arrêter tant que les gentils ne seront pas prêts à utiliser une force écrasante contre les méchants », a écrit Buck Sexton dans un message amplifié par le président.

Ces derniers jours, la sécurité à la Maison Blanche a été renforcée par la Garde nationale et du personnel supplémentaire des services secrets et de la police des parcs américains.

Dimanche, le ministère de la Justice a déployé des membres du US Marshals Service et des agents de la Drug Enforcement Administration pour compléter les troupes de la Garde nationale à l’extérieur de la Maison Blanche, selon un haut responsable du ministère de la Justice. Le fonctionnaire n’a pas pu discuter de la question en public et a parlé sous couvert d’anonymat.

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Lemire a rapporté de New York. L’écrivain d’Associated Press Michael Balsamo a contribué à ce rapport

Insurrections are common but Wednesday’s aborted insurrection on Capitol Hill was unique. The usual purpose of mobilizing a mass of people and deploying their sheer momentum against the edifices of power, a royal or presidential palace, or a parliament is to seize power—through the act of seizing that iconic building. But that is logically impossible when the ruler is not the enemy to be replaced but rather the intended beneficiary of the insurrection.

What happened was certainly not an attempted coup d’état, either. Coups must be subterranean, silent conspiracies that emerge only when the executors move into the seats of power to start issuing orders as the new government. A very large, very noisy and colorful gathering cannot attempt a coup.

There have been quite a few cases around the world of what is best described as mass intimidation directed against parliaments. But in all such cases it was some specific law that was wanted or not wanted, which legislators under the gun might then vote for or against. For that to happen, the legislators have to be all gathered in the legislature and kept there to be coerced. Most recently in Beirut last August, Lebanon’s Parliament was besieged by a crowd demanding and forcing the government’s resignation. This conspicuously did not happen in Washington on Wednesday because it was a crowd that invaded the building, not snatch teams sent to seize individual legislators to be cajoled or forced into their seats.

Given all these exclusions, only one description remains: a venting of accumulated resentments. Those who voted for President Trump saw his electoral victory denied in 2016 by numerous loud voices calling for “resistance” as if the president-elect were an invading foreign army. These voices were eagerly relayed and magnified by mass media, emphatically including pro-Trump media.

When Joe Biden is inaugurated on Jan. 20, Wednesday’s venting of resentments may prove to have been beneficial. Mr. Biden’s own conspicuous refusal to adopt the language of resistance in 2016—and his abstention from false accusations of collusion with Russia, even under extreme provocation about his son—makes it that much easier for the new president to be the healer he convincingly promised to be.

Overwrought talk of a coup attempt or an insurrectional threat seems to induce a pleasurable shiver in some people. But on Wall Street the market was supremely unimpressed: Stocks went up, because investors know it will all be over in two weeks.

Mr. Luttwak’s books include “Coup d’État: A Practical Handbook” (1968) and “The Endangered American Dream” (1993).

Voir aussi:

Le dernier front des syndicats américains

Le Midwest est le théâtre d’un bras de fer épique entre gouverneurs républicains et syndicats. Reportage dans le Wisconsin, épicentre de cette bataille qui préfigure la présidentielle de 2012.

À Madison (Wisconsin)

Arpentant jeudi dernier la place centrale de Madison, où trône le Capitole, un bâtiment d’un blanc éclatant coiffé d’une coupole qui rappelle le Congrès de Washington, le conseiller en stratégie politique républicain Scott Becher désigne du doigt les manifestants armés de pancartes et les camions des grandes chaînes de télé américaines garés sur le parvis. «Regardez-moi ça! CNN, ABC, NPR… Ils sont tous là et depuis trois semaines. Madison est devenu l’épicentre de la politique américaine. Peut-être l’élection présidentielle de 2012 vient-elle de commencer dans le Wisconsin.»

De l’intérieur de l’imposante bâtisse du Parlement de cet État politiquement crucial dans l’Amérique du Midwest, que se disputent régulièrement démocrates et républicains, parvient le bruit assourdissant de tam-tam africains sur lesquels des manifestants tapent en cadence. «Le Capitole envahi chaque jour par des milliers de personnes, 100.000 protestataires pendant les week-ends… C’est incroyable pour notre État, on n’avait jamais rien vu de pareil, en tout cas pas depuis l’époque des droits civiques ou du Vietnam», insiste Scott, abasourdi. «On n’est pas en Europe ici, et les syndicats n’ont cessé de perdre de leur influence, ce qui rend le phénomène d’autant plus impressionnant», confirme le journaliste Jason Stein, accrédité au Parlement pour le Journal Sentinel.

Depuis trois semaines, le Wisconsin vit en état de guerre politique et de paralysie législative. L’homme qui a déclenché la tempête est le nouveau gouverneur républicain, Scott Walker, un brun et fringant conservateur, fils de prêcheur baptiste soutenu par les Tea Party, qui se voit comme un «nouveau Reagan», investi d’une mission historique de rééquilibrage des finances publiques. Dopé par sa victoire en novembre, avec quelque 52% des suffrages (les républicains ont également pris les deux Chambres du Congrès local), il a tenté de faire passer en force une loi d’ajustement budgétaire qui coupe dans le vif des avantages accordés aux employés du secteur public. Invoquant la nécessité de partager l’effort budgétaire, le projet Walker prévoit de forcer les fonctionnaires à payer de leur poche 12,6% de leurs primes d’assurance-maladie, alors qu’ils cotisent à hauteur de 6% – et les salariés du privé de 29%. Ils devraient aussi contribuer pour leurs retraites à hauteur de 5,6% (zéro aujourd’hui).

Droits de négociation collectifs

La mesure n’aurait sans doute pas ému grand monde, dans une Amérique qui affectionne peu l’État-providence, les fonctionnaires comme les syndicats et comprend l’urgence de combler ses trous budgétaires, évalués par le gouverneur pour le seul Wisconsin à 137 millions de dollars cette année – 3,6 milliards pour les deux prochaines. Mais, en décidant de priver carrément les fonctionnaires locaux de leurs droits de négociation collectifs, le gouverneur a franchi une ligne rouge. «Même si beaucoup de gens sont méfiants à l’égard des syndicats, les milliers d’enseignants et d’employés concernés ont tiqué à l’idée de se retrouver sans recours, alors qu’ils ont été paupérisés par la crise financière de 2008», note la jeune représentante démocrate Kelda Helen Roys, installée dans son bureau où des activistes ont placardé des posters la remerciant de son soutien. «Les professeurs avaient conservé leur statut de membres des classes moyennes exclusivement grâce à leur endettement. Mais, avec la tempête financière qui a dévasté le secteur immobilier, la façade est tombée, dévoilant leur condition véritable», poursuit-elle, jugeant cet élément «capital» pour expliquer la mobilisation.

Les coupes sombres prévues dans le budget de l’éducation (834 millions de dollars), point sensible dans un État qui se vante d’avoir des universités publiques créatrices d’activité économique à haute valeur ajoutée, ont décuplé les inquiétudes, de même que l’annonce par le gouverneur de la vente des 37 centrales productrices d’électricité à des intérêts privés, décision qui fait craindre des licenciements massifs. La gauche a lu aussi avec effroi dans cette volonté de casser les syndicats, l’amorce d’une offensive républicaine destinée à priver le parti d’Obama de l’un de ses plus puissants contributeurs à un an de la présidentielle. «Pour moi, il s’agit de casser la machine électorale du Parti démocrate», affirme John Vander Meer, ex-conseiller d’un élu libéral.

Résultat, le projet Walker est devenu l’étincelle qui a embrasé le Wisconsin, suscitant une protestation qui a débouché sur une occupation pacifique du Parlement. Des pancartes notant que «l’éducation qui est l’avenir de nos enfants» tapissent les murs. Des milliers de post-it multicolores signés par les manifestants ont été collés sur les lourdes portes de bois du bâtiment. À l’intérieur, sous la Coupole, des happenings tenant autant du cirque que du combat politique, ont ameuté enseignants, pompiers et étudiants, ainsi que des centaines d’ex-activistes chevelus et barbus, qui semblent tout droit sortis de manifestations contre la guerre au Vietnam. «Le spectacle a été surréaliste, on a tout vu ici, même un chameau sous la rotonde», confie Jason, correspondant du Sentinel.

«Chacun a ses raisons d’être là»

Bonnet de laine sur la tête, enveloppée dans son manteau car il ne fait pas chaud sur la couverture qui lui tient lieu de QG, Sarah rêve d’une douche. Cette étudiante en médecine, qui est là «par solidarité avec ses professeurs», et parce qu’elle craint «un effondrement économique de l’État si on touche aux universités», a passé six jours et six nuits au pied d’un pilier de marbre vert. Elle montre les matelas, les réserves de pommes, d’oranges et de céréales offertes par des bénévoles. Il y a même un «coin calme» réservé aux enfants des protestataires. «Chacun a ses raisons d’être là», dit Sarah. Elle salue les policiers, qui gardent patiemment les lieux, des boules Quies dans les oreilles à cause du tam-tam. L’un d’eux glisse qu’il soutient les protestations. Un autre est au contraire favorable à un retour de l’ordre. «Le gouverneur a été élu, pourquoi ne pas le laisser travailler, les élections, cela a un sens», dit-il. «Le gouverneur n’avait jamais dit qu’il toucherait à ces droits syndicaux pendant sa campagne; nous ne pouvons le laisser casser 50 ans de d’acquis sociaux», réplique Céleste, une employée du privé, qui arbore un tee-shirt «Kill the bill», («Tuons la loi»).

Le projet de Walker a été voté à la Chambre des représentants du Wisconsin, mais les sénateurs démocrates, invoquant le caractère «exceptionnel» de la situation, ont fui vers l’Illinois pour empêcher un vote au Sénat. Furieux, le gouverneur a menacé de lancer la police à leurs trousses, initié un blocage du versement de leurs salaires et annoncé le compte à rebours pour 12.000 licenciements dans le secteur public si la loi ne passe pas. Son pari est que les mouvements ne sont qu’un baroud d’honneur des syndicats minoritaires et que la majorité silencieuse le soutient. De leur côté, les élus démocrates invoquent de récents sondages pour «souligner la légitimité de la politique de la chaise vide». Selon une enquête de l’Institut Rasmussen, près de 57% de la population de l’État seraient hostiles à la politique de Walker concernant les droits de négociation collectifs, alors qu’il est soutenu sur les augmentations des contributions à la santé et aux retraites.

«C’est comme la guerre de Corée!»

Résultat, l’impasse est totale. Les élus démocrates ont indiqué leur volonté de revenir à Madison, mais il est difficile de passer à l’acte sans avoir l’impression de capituler. «Quand on a tracé des lignes aussi intransigeantes, on se demande quelle peut être la sortie de crise, c’est comme la guerre de Corée!», note le stratège républicain Scott Becher. Il dit ne jamais avoir vu une telle division, malgré la tradition de combat social du Wisconsin, un État manufacturier pionnier dans la promotion des droits syndicaux.

De Madison à Washington, les observateurs se demandent si la bataille du Wisconsin va faire «tache d’huile», au-delà de la victoire probable du gouverneur à court terme. Certains prédisent que son courage politique lui vaudra au minimum une place de vice-président sur un ticket républicain. D’autres pensent au contraire qu’il surestime sa «main» et qu’il sera «révoqué» d’ici à un an, selon une procédure lancée par les démocrates visant à rassembler les signatures de 25% des votants, pour convoquer une nouvelle élection… Des révoltes sociales très comparables ont en tout cas éclaté dans l’Ohio et l’Indiana, mettant leurs gouverneurs républicains sur la défensive. Le conflit intéresse aussi les gouverneurs du Texas, Rick Perry, et du New Jersey, Chris Christie, qui se sont bien gardés, malgré leurs promesses de rigueur budgétaire, de toucher aux conventions collectives du secteur public. «Ce mouvement a indéniablement redynamisé la base démocrate», note Adam Schrager, journaliste de télévision local, qui se demande si la bataille du Wisconsin pourrait avoir le même «effet boule de neige» que la bataille de la santé a eu pour la mobilisation des Tea Party. «Ce qui se profile, c’est un discours de guerre de classe pour 2012, avec d’un côté les démocrates dénonçant Wall Street et les intérêts spéciaux, de l’autre les républicains fustigeant les syndicats.»

Conscient de l’importance de l’affrontement, mais soucieux de ne pas se mêler d’un combat dont l’issue reste incertaine, le président Obama est resté relativement discret. «Le président a d’autres chats à fouetter, il doit gérer les révoltes du Middle-East (Moyen-Orient). Nous nous occuperons du Midwest», dit Céleste en agitant le poing. Le journaliste Adam Schrager s’inquiète, quant à lui, de cette ambiance guerrière. Il a été stupéfait qu’un seul élu, le républicain Dale Schultz – «le seul adulte de toute cette histoire» – ait proposé un compromis. «Cela en dit long sur le fonctionnement politique général de notre pays, dit le reporter frustré. Nous ne cessons de recommencer les batailles du passé. Chaque nouvel élu se sent investi d’un mandat idéologique, alors que les gens veulent seulement que les partis s’allient pour résoudre les problèmes profonds qui se posent.»

Voir encore:

Cairo in Wisconsin
Andy Kroll
CBS news
February 27, 2011

The call reportedly arrived from Cairo. Pizza for the protesters, the voice said. It was Saturday, February 20th, and by then Ian’s Pizza on State Street in Madison, Wisconsin, was overwhelmed.

One employee had been assigned the sole task of answering the phone and taking down orders. And in they came, from all 50 states and the District of Columbia, from Morocco, Haiti, Turkey, Belgium, Uganda, China, New Zealand, and even a research station in Antarctica. More than 50 countries around the globe.  Ian’s couldn’t make pizza fast enough, and the generosity of distant strangers with credit cards was paying for it all.

Those pizzas, of course, were heading for the Wisconsin state capitol, an elegant domed structure at the heart of this Midwestern college town. For nearly two weeks, tens of thousands of raucous, sleepless, grizzled, energized protesters have called the stately capitol building their home. As the police moved in to clear it out on Sunday afternoon, it was still the pulsing heart of the largest labor protest in my lifetime, the focal point of rallies and concerts against a politically-charged piece of legislation proposed by Wisconsin Governor Scott Walker, a hard-right Republican.

That bill, officially known as the Special Session Senate Bill 11, would, among other things, eliminate collective bargaining rights for most of the state’s public-sector unions, in effect eviscerating the unions themselves. »Kill the bill! » the protesters chant en masse, day after day, while the drums pound and cowbells clang. « What’s disgusting? Union busting! »

One world, one pain

The spark for Wisconsin’s protests came on February 11th.  That was the day the Associated Press published a brief story quoting Walker as saying he would call in the National Guard to crack down on unruly workers upset that their bargaining rights were being stripped away. Labor and other left-leaning groups seized on Walker’s incendiary threat, and within a week there were close to 70,000 protesters filling the streets of Madison.

Six thousand miles away, February 11th was an even more momentous day. Weary but jubilant protesters on the streets of Cairo, Alexandria, and other Egyptian cities celebrated the toppling of Hosni Mubarak, the autocrat who had ruled over them for more than 30 years and amassed billions in wealth at their expense. « We have brought down the regime, » cheered the protesters in Cairo’s Tahrir Square, the center of the Egyptian uprising. In calendar terms, the demonstrations in Wisconsin, you could say, picked up right where the Egyptians left off.

I arrived in Madison several days into the protests. I’ve watched the crowds swell, nearly all of those arriving — and some just not leaving — united against Governor Walker’s « budget repair bill. » I’ve interviewed protesters young and old, union members and grassroots organizers, students and teachers, children and retirees. I’ve huddled with labor leaders in their Madison « war rooms, » and sat through the governor’s press conferences. I’ve slept on the cold, stone floor of the Wisconsin state capitol (twice). Believe me, the spirit of Cairo is here. The air is charged with it.

It was strongest inside the Capitol. A previously seldom-visited building had been miraculously transformed into a genuine living, breathing community.  There was a medic station, child day care, a food court, sleeping quarters, hundreds of signs and banners, live music, and a sense of camaraderie and purpose you’d struggle to find in most American cities, possibly anywhere else in this country. Like Cairo’s Tahrir Square in the weeks of the Egyptian uprising, most of what happens inside the Capitol’s walls is protest.

Egypt is a presence here in all sorts of obvious ways, as well as ways harder to put your finger on.  The walls of the capital, to take one example, offer regular reminders of Egypt’s feat. I saw, for instance, multiple copies of that famous photo on Facebook of an Egyptian man, his face half-obscured, holding a sign that reads: « EGYPT Supports Wisconsin Workers: One World, One Pain. » The picture is all the more striking for what’s going on around the man with the sign: a sea of cheering demonstrators are waving Egyptian flags, hands held aloft. The man, however, faces in the opposite direction, as if showing support for brethren halfway around the world was important enough to break away from the historic celebrations erupting around him.

Similarly, I’ve seen multiple copies of a statement by Kamal Abbas, the general coordinator for Egypt’s Center for Trade Unions and Workers Services, taped to the walls of the state capitol. Not long after Egypt’s January Revolution triumphed and Wisconsin’s protests began, Abbas announced his group’s support for the Wisconsin labor protesters in a page-long declaration that said in part: « We want you to know that we stand on your side. Stand firm and don’t waiver. Don’t give up on your rights. Victory always belongs to the people who stand firm and demand their just rights. »

Then there’s the role of organized labor more generally. After all, widespread strikes coordinated by labor unions shut down Egyptian government agencies and increased the pressure on Mubarak to relinquish power. While we haven’t seen similar strikes yet here in Madison — though there’s talk of a general strike if Walker’s bill somehow passes — there’s no underestimating the role of labor unions like the AFL-CIO, the Service Employees International Union (SEIU), the American Federation of State, County, and Municipal Employees, and the American Federation of Teachers in organizing the events of the past two weeks.

Faced with a bill that could all but wipe out unions in historically labor-friendly states across the Midwest, labor leaders knew they had to act — and quickly. « Our very labor movement is at stake, » Stephanie Bloomingdale, secretary-treasurer of Wisconsin’s AFL-CIO branch, told me. « And when that’s at stake, the economic security of Americans is at stake. »

« The Mubarak of the midwest »

On the Sunday after I arrived, I was wandering the halls of the Capitol when I met Scott Graham, a third-grade teacher who lives in Lacrosse, Wisconsin. Over the cheers of the crowd, I asked Graham whether he saw a connection between the events in Egypt and those here in Wisconsin. His response caught the mood of the moment. « Watching Egypt’s story for a week or two very intently, I was inspired by the Egyptian people, you know, striving for their own self-determination and democracy in their country, » Graham told me. « I was very inspired by that. And when I got here I sensed that everyone’s in it together. The sense of solidarity is just amazing. »

A few days later, I stood outside the capitol building in the frigid cold and talked about Egypt with two local teachers. The most obvious connection between Egypt and Wisconsin was the role and power of young people, said Ann Wachter, a federal employee who joined our conversation when she overheard me mention Egypt. There, it was tech-savvy young people who helped keep the protests alive and the same, she said, applied in Madison. « You go in there everyday and it’s the youth that carries it throughout hours that we’re working, or we’re running our errands, whatever we do.  They do whatever they do as young people to keep it alive. After all, I’m at the end of my working career; it’s their future. »

And of course, let’s not forget those almost omnipresent signs that link the young governor of Wisconsin to the aging Hosni Mubarak. They typically label Walker the « Mubarak of the Midwest » or « Mini-Mubarak, » or demand the recall of « Scott ‘Mubarak.' » In a public talk on Thursday night, journalist Amy Goodman quipped, « Walker would be wise to negotiate. It’s not a good season for tyrants. »

One protester I saw on Thursday hoisted aloft a « No Union Busting! » sign with a black shoe perched atop it, the heel facing forward — a severe sign of disrespect that Egyptian protesters directed at Mubarak and a symbol that, before the recent American TV blitz of « rage and revolution » in the Middle East, would have had little meaning here.

Which isn’t to say that the Egypt-Wisconsin comparison is a perfect one. Hardly. After all, the Egyptian demonstrators massed in hopes of a new and quite different world; the American ones, no matter the celebratory and energized air in Madison, are essentially negotiating loss (of pensions and health-care benefits, if not collective bargaining rights). The historic demonstrations in Madison have been nothing if not peaceful. On Saturday, when as many as 100,000 people descended on Madison to protest Walker’s bill, the largest turnout so far, not a single arrest was made.  In Egypt, by contrast, the protests were plenty bloody, with more than 300 deaths during the 29-day uprising.

Not that some observers didn’t see the need for violence in Madison. Last Saturday, Jeff Cox, a deputy attorney general in Indiana, suggested on his Twitter account that police « use live ammunition » on the protesters occupying the state Capitol. That sentiment, discovered by a colleague of mine, led to an outcry. The story broke on Wednesday morning; by Wednesday afternoon Cox had been fired.

New York Times columnist David Brooks was typical of mainstream coverage and punditry in quickly dismissing any connection between Egypt (or Tunisia) and Wisconsin.  On the Daily Show, Jon Stewart spoofed and rejected the notion that the Wisconsin protests had any meaningful connection to Egypt. He called the people gathered here « the bizarro Tea Party. » Stewart’s crew even brought in a camel as a prop. Those of us in Madison watched as Stewart’s skit went horribly wrong when the camel got entangled in a barricade and fell to the ground.

As far as I know, neither Brooks nor Stewart spent time here.  Still, you can count on one thing: if the demonstrators in Tahrir Square had been enthusiastically citing Americans as models for their protest, nobody here would have been in such a dismissive or mocking mood.  In other parts of this country, perhaps it still feels less than comfortable to credit Egyptians or Arabs with inspiring an American movement for justice. If you had been here in Madison, this last week, you might have felt differently.

Pizza town protest

Obviously, the outcomes in Egypt and Wisconsin won/t be comparable. Egypt toppled a dictator; Wisconsin has a democratically elected governor who, at the very earliest, can’t be recalled until 2012. And so the protests in Wisconsin are unlikely to transform the world around us. Still, there can be no question, as they spread elsewhere in the Midwest, that they have reenergized the country’s stagnant labor movement, a once-powerful player in American politics and business that’s now a shell of its former self. « There’s such energy right now, » one SEIU staffer told me a few nights ago. « This is a magic moment. »

Not long after talking with her, I trudged back to Ian’s Pizza, the icy snow crunching under my feet. At the door stood an employee with tired eyes, a distinct five o’clock shadow, and a beanie on his head.

I wanted to ask him, I said, about that reported call from Cairo. « You know, » he responded, « I really don’t remember it. » I waited while he politely rebuffed several approaching customers, telling them how Ian’s had run out of dough and how, in any case, all the store’s existing orders were bound for the capitol. When he finally had a free moment, he returned to the Cairo order.  There had, he said, been questions about whether it was authentic or not, and then he added, « I’m pretty sure it was from Cairo, but it’s not like I can guarantee it. » By then, another wave of soon-to-be disappointed customers was upon us, and so I headed back to the capitol and another semi-sleepless night.

The building, as I approached in the darkness, was brightly lit, reaching high over the city. Protesters were still filing inside with all the usual signs. In the rotunda, drums pounded and people chanted and the sound swirled into a massive roar. For this brief moment at least, people here in Madison are bound together by a single cause, as other protesters were not so long ago, and may be again, in the ancient cities of Egypt.

Right then, the distance separating Cairo and Wisconsin couldn’t have felt smaller. But maybe you had to be there.

Bio:Andy Kroll is a reporter in the D.C. bureau of Mother Jones magazine and an associate editor at TomDispatch.com. This piece originally appeared on TomDispatch.

The opinions expressed in this commentary are solely those of the author.

Voir enfin:

The Washington Post
Oct. 30, 2020

Concerned about the possibility of unrest on Election Day, or in the days that follow, businesses in some areas of D.C. are boarding their windows. Officials are advising shop owners to sign up for crime alerts and to keep their insurance information handy.

D.C. police have limited leave for officers starting this weekend to ensure adequate staffing, and the District spent $100,000 on less-lethal munitions and chemical irritants for riot control to replenish a stockpile depleted by clashes over the summer.

As a turbulent election season draws to a close, authorities across the country worry frustration may spill onto the streets, and officials are watching for disturbances at the polls or protests in their communities. That tension is heightened in the nation’s capital, where the White House and other symbols of government regularly draw demonstrators.

“It is widely believed that there will be civil unrest after the November election regardless of who wins,” D.C. Police Chief Peter Newsham told lawmakers this month. “It is also believed that there is a strong chance of unrest when Washington, D.C., hosts the inauguration in January.”

Mayor Muriel E. Bowser (D) said the District’s public safety officials have been discussing plans for post-election unrest “for many weeks if not months.” The D.C. National Guard is already called up because of the coronavirus crisis and could be deployed, though Bowser expects to use them only for traffic control, if at all.

On Thursday, D.C. police announced possible street closures and parking restrictions that are expected to cover much of downtown Washington on Tuesday and Wednesday.

Officials have not recommended that shop owners board up their buildings, according to a resource guide for businesses distributed by city leaders this week. Some small-business owners are heeding their guidance, focused on bolstering sales as winter approaches. Others are boarding anyway, and concrete barriers were being installed outside the U.S. Chamber of Commerce building across from Lafayette Square.

“We do not have any intelligence on planned activity to suggest the need to board up; however, we remain vigilant,” John Falcicchio, the deputy mayor for planning and economic development, said in a statement. “We understand the difficult position building owners and operating businesses are in, and we call upon all who participate in First Amendment activities to denounce violence and report it immediately should it occur.”

Officials say they are concerned that a politically polarized electorate coupled with divisive rhetoric and President Trump questioning the integrity of the election could create flash points in the District and elsewhere.

Newsham said several groups have applied for demonstration permits starting Sunday and for days after the election. The National Park Service is considering permit applications from several organizations with various views on the election.

Shutdown DC is planning weeks’ worth of demonstrations around the White House and Black Lives Plaza starting Tuesday. “After you vote, hit the streets,” the group posted on its website.

George Washington University sent students a message recommending they prepare for Election Day as they would for a snowstorm or hurricane and stockpile a week’s worth of food, supplies and medicine.

Federal and local authorities in and around the District are also taking pains to reassure the public they are working for a secure and safe election. Maryland Gov. Larry Hogan (R) joined state and federal officials to say a “confident public is more likely to vote” and trust the outcome. D.C. Attorney General Karl A. Racine (D) reminded residents that destroying election signs is illegal. And Baltimore State’s Attorney Marilyn J. Mosby is telling prosecutors to pay close attention to crimes that “occur in the context of the election.”

The acting U.S. attorney for the District, Michael R. Sherwin, announced that a federal prosecutor will oversee election-related complaints and allegations of election fraud in D.C.

The District endured months of sustained demonstrations after the death of George Floyd in police custody in Minneapolis, which targeted areas outside the White House but also impacted the downtown business district and neighborhoods such as Georgetown, Adams Morgan and Shaw.

The demonstrations were mostly peaceful, but outbreaks of violence — much of it attributed to agitators more intent on destruction than protest — resulted in hundreds of arrests after nights of fires, looted stores and clashes with police. D.C. police said that on May 30 and May 31, the two most volatile days, 204 businesses were burglarized and 216 properties were damaged.

In recent days, crowds gathered outside a police station in Northwest Washington to protest the death of a young man in a moped crash after police attempted to stop him because he was not wearing a helmet. Those protests resulted in clashes with police, broken windows and damaged police cars.

There also were store windows smashed in Georgetown on Wednesday night, casting some doubt on the city’s recommendations for business owners to maintain calm in advance of the election. It was unclear whether those causing the damage, which business leaders described as attempted looting, had any link to those demonstrating at the police station.

A handful of Georgetown businesses requested plywood after Wednesday night’s events. One boarded up overnight.

“It seems like we are sitting on a tinderbox, and there are so many different things that could potentially cause problems,” said Rachel Shank, executive director of Georgetown Main Street. “We saw some serious devastation back in May and June, and we are trying to avoid that, but we are also trying to avoid Georgetown looking like a ghost town.”

Business improvement district leaders across the city are working with contractors to implement what they describe as standard protocol in advance of any anticipated large gathering in the area, which includes tying up loose ends at construction sites to remove material that could easily be used for destruction.

Josh Turnbull, a general manager at Oxford Properties Group, oversees three buildings in downtown D.C., including one on the edge of Black Lives Matter Plaza. He never removed plywood from the property closest to the White House and said he planned to board up the other two this week in anticipation of unrest around the election.

“It’s really like an insurance policy,” he said. “The cost-benefit analysis here just makes sense.”

On Monday, security contractors were hard at work down 17th Street, fastening plywood to open glass. By Friday, businesses could be seen boarded up along K and L streets downtown.

Other business owners are planning to avoid fortification, putting faith in D.C. leadership to guide them through the next few weeks and hoping that keeping their windows open may contribute to a more peaceful November.

“It has been such a difficult year, so financially challenging, that the attitude right now is we will wait until the last possible moment or until we hear something definitive from the government,” said Alexander Padro, executive director of Shaw Main Streets, where more than three dozen businesses were damaged in late May and June.

In May, rioters smashed windows at Dan Simons’s downtown restaurant, Founding Farmers. When a member of his team emailed him asking whether he planned to reinstall plywood on his windows in advance of Election Day, he balked.

“Sometimes, by preparing for war, you create war,” he said recently, providing insight into his decision, at least for now, to avoid fortification. “And I am not that guy. Might that make me a fool? Yes. But that is probably a risk worth taking.”

A few blocks away, Michelle Brown stood in her downtown restaurant, Teaism, which was still charred and damaged from when rioters set it on fire one night in May. Four months later, on the last Monday in October, there was still no HVAC unit, no 20-year-old tea chest that greeted customers on the back wall and no stream of revenue to help her through the daily slog of pandemic-time entrepreneurship.

Brown supports the Black Lives Matter movement (a sentiment she shared in a series of viral tweets after the restaurant was damaged). Now, anticipating a month that could bring about even more unrest, she harbors the same steady focus on the importance of free expression.

“This is just part and parcel of being a neighbor to the White House,” she said.

Brown said the owner of her building added fencing to brace for Election Day. But like many of her neighbors near the White House, she is listening carefully for guidance from city officials and “rumorville on the street” to determine whether she should take additional precautions.

“It’s all just wait and see now,” Brown said, watching a truck full of red cones and plywood drive past her shuttered store.

Julie Zauzmer and Susan Svrluga contributed to this report.

Voir par ailleurs:

Majority of Young Americans View Trump as Illegitimate President: Poll

Jermaine Anderson keeps going back to the same memory of Donald Trump, then a candidate for president of the United States, referring to some Mexican immigrants as rapists and murderers.

« You can’t be saying that (if) you’re the president, » said Anderson, a 21-year-old student from Coconut Creek, Florida.

That Trump is undeniably the nation’s 45th president doesn’t sit easily with young Americans like Anderson who are the nation’s increasingly diverse electorate of the future, according to a new poll.

A majority of young adults — 57 percent — see Trump’s presidency as illegitimate, including about three-quarters of blacks and large majorities of Latinos and Asians, the GenForward poll found.

GenForward is a poll of adults age 18 to 30 conducted by the Black Youth Project at the University of Chicago with The Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research.

A slim majority of young whites in the poll, 53 percent, consider Trump a legitimate president, but even among that group 55 percent disapprove of the job he’s doing, according to the survey.

« That’s who we voted for. And obviously America wanted him more than Hillary Clinton, » said Rebecca Gallardo, a 30-year-old nursing student from Kansas City, Missouri, who voted for Trump.

Trump’s legitimacy as president was questioned earlier this year by Rep. John Lewis, D-Ga.: « I think the Russians participated in helping this man get elected. And they helped destroy the candidacy of Hillary Clinton. »

Trump routinely denies that and says he captured the presidency in large part by winning states such as Michigan and Wisconsin that Clinton may have taken for granted.

Overall, just 22 percent of young adults approve of the job Trump is doing as president, while 62 percent disapprove.

Trump’s rhetoric as a candidate and his presidential decisions have done much to keep the question of who belongs in America atop the news, though he’s struggling to accomplish some key goals. Powered by supporters chanting, « build the wall, » Trump has vowed to erect a barrier along the southern U.S. border and make Mexico pay for it — which Mexico refuses to do. Federal judges in three states have blocked Trump’s executive orders to ban travel to the U.S. from seven — then six — majority-Muslim nations.

In Honolulu, U.S. District Judge Derrick Watson this week cited « significant and unrebutted evidence of religious animus » behind the travel ban, citing Trump’s own words calling for « a complete shutdown of Muslims entering the United States. »

And yes, Trump did say in his campaign announcement speech on June 6, 2015: « When Mexico sends its people, they’re not sending their best…They’re bringing drugs. They’re bringing crime. They’re rapists. And some, I assume, are good people. » He went farther in subsequent statements, later telling CNN: « Some are good and some are rapists and some are killers. »

Related: Rep. Schiff: ‘Circumstantial Evidence of Collusion’ Between Trump Campaign, Russia

It’s extraordinary rhetoric for the leader of a country where by around 2020, half of the nation’s children will be part of a minority race or ethnic group, the Census Bureau projects. Non-Hispanic whites are expected to be a minority by 2044.

Of all of Trump’s tweets and rhetoric, the statements about Mexicans are the ones to which Anderson returns. He says Trump’s business background on paper is impressive enough to qualify him for the presidency. But he suggests that’s different than Trump earning legitimacy as president.

« I’m thinking, he’s saying that most of the people in the world who are raping and killing people are the immigrants. That’s not true, » said Anderson, whose parents are from Jamaica.

Megan Desrochers, a 21-year-old student from Lansing, Michigan, says her sense of Trump’s illegitimacy is more about why he was elected.

« I just think it was kind of a situation where he was voted in based on his celebrity status verses his ethics, » she said, adding that she is not necessarily against Trump’s immigration policies.

The poll participants said in interviews that they don’t necessarily vote for one party’s candidates over another’s, a prominent tendency among young Americans, experts say. And in the survey, neither party fares especially strongly.

Just a quarter of young Americans have a favorable view of the Republican Party, and 6 in 10 have an unfavorable view. Majorities of young people across racial and ethnic lines hold negative views of the GOP.

The Democratic Party performs better, but views aren’t overwhelmingly positive. Young people are more likely to have a favorable than an unfavorable view of the Democratic Party by a 47 percent to 36 percent margin. But just 14 percent say they have a strongly favorable view of the Democrats.

Views of the Democratic Party are most favorable among young people of color. Roughly 6 in 10 blacks, Asians and Latinos hold positive views of the party. Young whites are somewhat more likely to have unfavorable than favorable views, 47 percent to 39 percent.

As for Trump, 8 in 10 young people think he is doing poorly in terms of the policies he’s put forward and 7 in 10 have negative views of his presidential demeanor.

« I do not like him as a person, » says Gallardo of Trump. She nonetheless voted for Trump because she didn’t trust Clinton. « I felt like there wasn’t much choice. »

The poll of 1,833 adults age 18-30 was conducted Feb. 16 through March 6 using a sample drawn from the probability-based GenForward panel, which is designed to be representative of the U.S. young adult population. The margin of sampling error for all respondents is plus or minus 4 percentage points.

The survey was paid for by the Black Youth Project at the University of Chicago, using grants from the John D. and Catherine T. MacArthur Foundation and the Ford Foundation.

Respondents were first selected randomly using address-based sampling methods, and later interviewed online or by phone.

Voir enfin:

March 5, 2020

Senate Minority Leader Charles E. Schumer (D-N.Y.) is correctly under fire for threatening Supreme Court Justices Neil M. Gorsuch and Brett M. Kavanaugh. But what did Schumer really mean when, on Wednesday, he warned the justices “you won’t know what hit you” if they vote the wrong way on an abortion case?

Here is what Schumer said: “I want to tell you, Gorsuch; I want to tell you, Kavanaugh: You have released the whirlwind, and you will pay the price. You won’t know what hit you if you go forward with these awful decisions.” That drew a rare rebuke from Chief Justice John G. Roberts Jr., who issued a statement declaring that “threatening statements of this sort from the highest levels of government are not only inappropriate, they are dangerous.”

At first, Schumer refused to apologize but rather said through a spokesman that he was making “a reference to the political price Republicans will pay for putting them on the court.” No, he wasn’t. He didn’t say Republicans will “pay the price” or that Republicans “won’t know what hit you.” He directed those threats squarely at the two justices. On Thursday, Schumer said, “I shouldn’t have used the words I did, but in no way was I making a threat.” Of course he was.

So, what was he threatening — what “political price” did Schumer have in mind for the Supreme Court justices? He was almost certainly warning Gorsuch and Kavanaugh that if they did not vote as he saw fit, Senate Democrats, when they are in the majority, would follow through on their threats to “restructure” the court by packing it with liberal justices and eliminating its conservative majority.

It wouldn’t be the first time Senate Democrats have made such threats. Last August, Schumer’s second in command, Sen. Richard J. Durbin (D-Ill.), threatened to restructure the court if the justices took up a gun case. In a legal brief, Durbin, along with Democratic Sens. Sheldon Whitehouse (R.I.), Mazie Hirono (Hawaii), Richard Blumenthal (Conn.) and Kirsten Gillibrand (N.Y.), warned in an amicus brief: “The Supreme Court is not well. And the people know it. Perhaps the Court can heal itself before the public demands it be ‘restructured in order to reduce the influence of politics.’” As all 53 Senate Republicans wrote in a letter to the court, “the implication is as plain as day: Dismiss this case, or we’ll pack the Court.”

In other words, this is the second time in seven months that Senate Democratic leaders have tried to intimidate the court to rule their way on a case, issuing threats of political reprisal. These repeated threats should be taken seriously — because if Democrats win the White House and the Senate in November, they will have the power to follow through.

The election could be one of the most consequential in modern history when it comes to shaping the Supreme Court’s future. Those on the left are apoplectic because they know that if President Trump is reelected and Republicans keep control of the Senate, there is a strong possibility that they will have the chance to expand the court’s conservative majority. The left also knows that if Democrats win, their best hope is to replace liberal Justices Ruth Bader Ginsburg and Stephen G. Breyer — keeping those seats in the court’s liberal bloc.

From the left’s perspective, that isn’t good enough, because it wouldn’t change the court’s ideological makeup. Democrats know that they won’t be able to advance the battle for an activist liberal court unless they expand the court’s size.

Former vice president Joe Biden has said he opposes expanding the court. He also opposed taxpayer funding of abortion until last June, when he realized he could not win the Democratic nomination without changing his position. The judicial left will almost certainly demand that he similarly reverse his position on court-packing. As for Sen. Bernie Sanders (I-Vt.), he has declared his intention, if elected, to push for rotating justices off the Supreme Court and replacing them with lower-court judges. “A federal judge has a lifetime appointment,” Sanders told MSNBC last month, but the Constitution “doesn’t say that lifetime appointment has got to be on the Supreme Court — it’s got to be on a federal court.”

This much is certain. If Democrats win in November, their base will not be satisfied with simply replacing aging liberal justices with younger ones. They have watched with horror as Trump has transformed the federal judiciary. They will not accept the status quo and what they consider an illegitimate conservative majority on the Supreme Court. In other words, regardless of who the Democrats nominate, the future of the Supreme Court is on the ballot in November.

COMPLEMENT:
Molly Ball
Time
February 4, 2021

A weird thing happened right after the Nov. 3 election: nothing.

The nation was braced for chaos. Liberal groups had vowed to take to the streets, planning hundreds of protests across the country. Right-wing militias were girding for battle. In a poll before Election Day, 75% of Americans voiced concern about violence.

Instead, an eerie quiet descended. As President Trump refused to concede, the response was not mass action but crickets. When media organizations called the race for Joe Biden on Nov. 7, jubilation broke out instead, as people thronged cities across the U.S. to celebrate the democratic process that resulted in Trump’s ouster.

A second odd thing happened amid Trump’s attempts to reverse the result: corporate America turned on him. Hundreds of major business leaders, many of whom had backed Trump’s candidacy and supported his policies, called on him to concede. To the President, something felt amiss. “It was all very, very strange,” Trump said on Dec. 2. “Within days after the election, we witnessed an orchestrated effort to anoint the winner, even while many key states were still being counted.”

In a way, Trump was right.

There was a conspiracy unfolding behind the scenes, one that both curtailed the protests and coordinated the resistance from CEOs. Both surprises were the result of an informal alliance between left-wing activists and business titans. The pact was formalized in a terse, little-noticed joint statement of the U.S. Chamber of Commerce and AFL-CIO published on Election Day. Both sides would come to see it as a sort of implicit bargain–inspired by the summer’s massive, sometimes destructive racial-justice protests–in which the forces of labor came together with the forces of capital to keep the peace and oppose Trump’s assault on democracy.

The handshake between business and labor was just one component of a vast, cross-partisan campaign to protect the election–an extraordinary shadow effort dedicated not to winning the vote but to ensuring it would be free and fair, credible and uncorrupted. For more than a year, a loosely organized coalition of operatives scrambled to shore up America’s institutions as they came under simultaneous attack from a remorseless pandemic and an autocratically inclined President. Though much of this activity took place on the left, it was separate from the Biden campaign and crossed ideological lines, with crucial contributions by nonpartisan and conservative actors. The scenario the shadow campaigners were desperate to stop was not a Trump victory. It was an election so calamitous that no result could be discerned at all, a failure of the central act of democratic self-governance that has been a hallmark of America since its founding.

Their work touched every aspect of the election. They got states to change voting systems and laws and helped secure hundreds of millions in public and private funding. They fended off voter-suppression lawsuits, recruited armies of poll workers and got millions of people to vote by mail for the first time. They successfully pressured social media companies to take a harder line against disinformation and used data-driven strategies to fight viral smears. They executed national public-awareness campaigns that helped Americans understand how the vote count would unfold over days or weeks, preventing Trump’s conspiracy theories and false claims of victory from getting more traction. After Election Day, they monitored every pressure point to ensure that Trump could not overturn the result. “The untold story of the election is the thousands of people of both parties who accomplished the triumph of American democracy at its very foundation,” says Norm Eisen, a prominent lawyer and former Obama Administration official who recruited Republicans and Democrats to the board of the Voter Protection Program.

For Trump and his allies were running their own campaign to spoil the election. The President spent months insisting that mail ballots were a Democratic plot and the election would be “rigged.” His henchmen at the state level sought to block their use, while his lawyers brought dozens of spurious suits to make it more difficult to vote–an intensification of the GOP’s legacy of suppressive tactics. Before the election, Trump plotted to block a legitimate vote count. And he spent the months following Nov. 3 trying to steal the election he’d lost–with lawsuits and conspiracy theories, pressure on state and local officials, and finally summoning his army of supporters to the Jan. 6 rally that ended in deadly violence at the Capitol.

The democracy campaigners watched with alarm. “Every week, we felt like we were in a struggle to try to pull off this election without the country going through a real dangerous moment of unraveling,” says former GOP Representative Zach Wamp, a Trump supporter who helped coordinate a bipartisan election-protection council. “We can look back and say this thing went pretty well, but it was not at all clear in September and October that that was going to be the case.”

Biden fans in Philadelphia after the race was called on Nov. 7

Biden fans in Philadelphia after the race was called on Nov. 7
Michelle Gustafson for TIME

This is the inside story of the conspiracy to save the 2020 election, based on access to the group’s inner workings, never-before-seen documents and interviews with dozens of those involved from across the political spectrum. It is the story of an unprecedented, creative and determined campaign whose success also reveals how close the nation came to disaster. “Every attempt to interfere with the proper outcome of the election was defeated,” says Ian Bassin, co-founder of Protect Democracy, a nonpartisan rule-of-law advocacy group. “But it’s massively important for the country to understand that it didn’t happen accidentally. The system didn’t work magically. Democracy is not self-executing.”

That’s why the participants want the secret history of the 2020 election told, even though it sounds like a paranoid fever dream–a well-funded cabal of powerful people, ranging across industries and ideologies, working together behind the scenes to influence perceptions, change rules and laws, steer media coverage and control the flow of information. They were not rigging the election; they were fortifying it. And they believe the public needs to understand the system’s fragility in order to ensure that democracy in America endures.

THE ARCHITECT

Sometime in the fall of 2019, Mike Podhorzer became convinced the election was headed for disaster–and determined to protect it.

This was not his usual purview. For nearly a quarter-century, Podhorzer, senior adviser to the president of the AFL-CIO, the nation’s largest union federation, has marshaled the latest tactics and data to help its favored candidates win elections. Unassuming and professorial, he isn’t the sort of hair-gelled “political strategist” who shows up on cable news. Among Democratic insiders, he’s known as the wizard behind some of the biggest advances in political technology in recent decades. A group of liberal strategists he brought together in the early 2000s led to the creation of the Analyst Institute, a secretive firm that applies scientific methods to political campaigns. He was also involved in the founding of Catalist, the flagship progressive data company.

The endless chatter in Washington about “political strategy,” Podhorzer believes, has little to do with how change really gets made. “My basic take on politics is that it’s all pretty obvious if you don’t overthink it or swallow the prevailing frameworks whole,” he once wrote. “After that, just relentlessly identify your assumptions and challenge them.” Podhorzer applies that approach to everything: when he coached his now adult son’s Little League team in the D.C. suburbs, he trained the boys not to swing at most pitches–a tactic that infuriated both their and their opponents’ parents, but won the team a series of championships.

Trump’s election in 2016–credited in part to his unusual strength among the sort of blue collar white voters who once dominated the AFL-CIO–prompted Podhorzer to question his assumptions about voter behavior. He began circulating weekly number-crunching memos to a small circle of allies and hosting strategy sessions in D.C. But when he began to worry about the election itself, he didn’t want to seem paranoid. It was only after months of research that he introduced his concerns in his newsletter in October 2019. The usual tools of data, analytics and polling would not be sufficient in a situation where the President himself was trying to disrupt the election, he wrote. “Most of our planning takes us through Election Day,” he noted. “But, we are not prepared for the two most likely outcomes”–Trump losing and refusing to concede, and Trump winning the Electoral College (despite losing the popular vote) by corrupting the voting process in key states. “We desperately need to systematically ‘red-team’ this election so that we can anticipate and plan for the worst we know will be coming our way.”

It turned out Podhorzer wasn’t the only one thinking in these terms. He began to hear from others eager to join forces. The Fight Back Table, a coalition of “resistance” organizations, had begun scenario-planning around the potential for a contested election, gathering liberal activists at the local and national level into what they called the Democracy Defense Coalition. Voting-rights and civil rights organizations were raising alarms. A group of former elected officials was researching emergency powers they feared Trump might exploit. Protect Democracy was assembling a bipartisan election-crisis task force. “It turned out that once you said it out loud, people agreed,” Podhorzer says, “and it started building momentum.”

He spent months pondering scenarios and talking to experts. It wasn’t hard to find liberals who saw Trump as a dangerous dictator, but Podhorzer was careful to steer clear of hysteria. What he wanted to know was not how American democracy was dying but how it might be kept alive. The chief difference between the U.S. and countries that lost their grip on democracy, he concluded, was that America’s decentralized election system couldn’t be rigged in one fell swoop. That presented an opportunity to shore it up.

THE ALLIANCE

On March 3, Podhorzer drafted a three-page confidential memo titled “Threats to the 2020 Election.” “Trump has made it clear that this will not be a fair election, and that he will reject anything but his own re-election as ‘fake’ and rigged,” he wrote. “On Nov. 3, should the media report otherwise, he will use the right-wing information system to establish his narrative and incite his supporters to protest.” The memo laid out four categories of challenges: attacks on voters, attacks on election administration, attacks on Trump’s political opponents and “efforts to reverse the results of the election.”

Then COVID-19 erupted at the height of the primary-election season. Normal methods of voting were no longer safe for voters or the mostly elderly volunteers who normally staff polling places. But political disagreements, intensified by Trump’s crusade against mail voting, prevented some states from making it easier to vote absentee and for jurisdictions to count those votes in a timely manner. Chaos ensued. Ohio shut down in-person voting for its primary, leading to minuscule turnout. A poll-worker shortage in Milwaukee–where Wisconsin’s heavily Democratic Black population is concentrated–left just five open polling places, down from 182. In New York, vote counting took more than a month.

Suddenly, the potential for a November meltdown was obvious. In his apartment in the D.C. suburbs, Podhorzer began working from his laptop at his kitchen table, holding back-to-back Zoom meetings for hours a day with his network of contacts across the progressive universe: the labor movement; the institutional left, like Planned Parenthood and Greenpeace; resistance groups like Indivisible and MoveOn; progressive data geeks and strategists, representatives of donors and foundations, state-level grassroots organizers, racial-justice activists and others.

In April, Podhorzer began hosting a weekly 2½-hour Zoom. It was structured around a series of rapid-fire five-minute presentations on everything from which ads were working to messaging to legal strategy. The invitation-only gatherings soon attracted hundreds, creating a rare shared base of knowledge for the fractious progressive movement. “At the risk of talking trash about the left, there’s not a lot of good information sharing,” says Anat Shenker-Osorio, a close Podhorzer friend whose poll-tested messaging guidance shaped the group’s approach. “There’s a lot of not-invented-here syndrome, where people won’t consider a good idea if they didn’t come up with it.”

The meetings became the galactic center for a constellation of operatives across the left who shared overlapping goals but didn’t usually work in concert. The group had no name, no leaders and no hierarchy, but it kept the disparate actors in sync. “Pod played a critical behind-the-scenes role in keeping different pieces of the movement infrastructure in communication and aligned,” says Maurice Mitchell, national director of the Working Families Party. “You have the litigation space, the organizing space, the political people just focused on the W, and their strategies aren’t always aligned. He allowed this ecosystem to work together.”

Protecting the election would require an effort of unprecedented scale. As 2020 progressed, it stretched to Congress, Silicon Valley and the nation’s statehouses. It drew energy from the summer’s racial-justice protests, many of whose leaders were a key part of the liberal alliance. And eventually it reached across the aisle, into the world of Trump-skeptical Republicans appalled by his attacks on democracy.

SECURING THE VOTE

The first task was overhauling America’s balky election infrastructure–in the middle of a pandemic. For the thousands of local, mostly nonpartisan officials who administer elections, the most urgent need was money. They needed protective equipment like masks, gloves and hand sanitizer. They needed to pay for postcards letting people know they could vote absentee–or, in some states, to mail ballots to every voter. They needed additional staff and scanners to process ballots.

In March, activists appealed to Congress to steer COVID relief money to election administration. Led by the Leadership Conference on Civil and Human Rights, more than 150 organizations signed a letter to every member of Congress seeking $2 billion in election funding. It was somewhat successful: the CARES Act, passed later that month, contained $400 million in grants to state election administrators. But the next tranche of relief funding didn’t add to that number. It wasn’t going to be enough.

Private philanthropy stepped into the breach. An assortment of foundations contributed tens of millions in election-administration funding. The Chan Zuckerberg Initiative chipped in $300 million. “It was a failure at the federal level that 2,500 local election officials were forced to apply for philanthropic grants to fill their needs,” says Amber McReynolds, a former Denver election official who heads the nonpartisan National Vote at Home Institute.

McReynolds’ two-year-old organization became a clearinghouse for a nation struggling to adapt. The institute gave secretaries of state from both parties technical advice on everything from which vendors to use to how to locate drop boxes. Local officials are the most trusted sources of election information, but few can afford a press secretary, so the institute distributed communications tool kits. In a presentation to Podhorzer’s group, McReynolds detailed the importance of absentee ballots for shortening lines at polling places and preventing an election crisis.

The institute’s work helped 37 states and D.C. bolster mail voting. But it wouldn’t be worth much if people didn’t take advantage. Part of the challenge was logistical: each state has different rules for when and how ballots should be requested and returned. The Voter Participation Center, which in a normal year would have supported local groups deploying canvassers door-to-door to get out the vote, instead conducted focus groups in April and May to find out what would get people to vote by mail. In August and September, it sent ballot applications to 15 million people in key states, 4.6 million of whom returned them. In mailings and digital ads, the group urged people not to wait for Election Day. “All the work we have done for 17 years was built for this moment of bringing democracy to people’s doorsteps,” says Tom Lopach, the center’s CEO.

The effort had to overcome heightened skepticism in some communities. Many Black voters preferred to exercise their franchise in person or didn’t trust the mail. National civil rights groups worked with local organizations to get the word out that this was the best way to ensure one’s vote was counted. In Philadelphia, for example, advocates distributed “voting safety kits” containing masks, hand sanitizer and informational brochures. “We had to get the message out that this is safe, reliable, and you can trust it,” says Hannah Fried of All Voting Is Local.

At the same time, Democratic lawyers battled a historic tide of pre-election litigation. The pandemic intensified the parties’ usual tangling in the courts. But the lawyers noticed something else as well. “The litigation brought by the Trump campaign, of a piece with the broader campaign to sow doubt about mail voting, was making novel claims and using theories no court has ever accepted,” says Wendy Weiser, a voting-rights expert at the Brennan Center for Justice at NYU. “They read more like lawsuits designed to send a message rather than achieve a legal outcome.”

In the end, nearly half the electorate cast ballots by mail in 2020, practically a revolution in how people vote. About a quarter voted early in person. Only a quarter of voters cast their ballots the traditional way: in person on Election Day.

THE DISINFORMATION DEFENSE

Bad actors spreading false information is nothing new. For decades, campaigns have grappled with everything from anonymous calls claiming the election has been rescheduled to fliers spreading nasty smears about candidates’ families. But Trump’s lies and conspiracy theories, the viral force of social media and the involvement of foreign meddlers made disinformation a broader, deeper threat to the 2020 vote.

Laura Quinn, a veteran progressive operative who co-founded Catalist, began studying this problem a few years ago. She piloted a nameless, secret project, which she has never before publicly discussed, that tracked disinformation online and tried to figure out how to combat it. One component was tracking dangerous lies that might otherwise spread unnoticed. Researchers then provided information to campaigners or the media to track down the sources and expose them.

The most important takeaway from Quinn’s research, however, was that engaging with toxic content only made it worse. “When you get attacked, the instinct is to push back, call it out, say, ‘This isn’t true,’” Quinn says. “But the more engagement something gets, the more the platforms boost it. The algorithm reads that as, ‘Oh, this is popular; people want more of it.’”

The solution, she concluded, was to pressure platforms to enforce their rules, both by removing content or accounts that spread disinformation and by more aggressively policing it in the first place. “The platforms have policies against certain types of malign behavior, but they haven’t been enforcing them,” she says.

Quinn’s research gave ammunition to advocates pushing social media platforms to take a harder line. In November 2019, Mark Zuckerberg invited nine civil rights leaders to dinner at his home, where they warned him about the danger of the election-related falsehoods that were already spreading unchecked. “It took pushing, urging, conversations, brainstorming, all of that to get to a place where we ended up with more rigorous rules and enforcement,” says Vanita Gupta, president and CEO of the Leadership Conference on Civil and Human Rights, who attended the dinner and also met with Twitter CEO Jack Dorsey and others. (Gupta has been nominated for Associate Attorney General by President Biden.) “It was a struggle, but we got to the point where they understood the problem. Was it enough? Probably not. Was it later than we wanted? Yes. But it was really important, given the level of official disinformation, that they had those rules in place and were tagging things and taking them down.”

SPREADING THE WORD

Beyond battling bad information, there was a need to explain a rapidly changing election process. It was crucial for voters to understand that despite what Trump was saying, mail-in votes weren’t susceptible to fraud and that it would be normal if some states weren’t finished counting votes on election night.

Dick Gephardt, the Democratic former House leader turned high-powered lobbyist, spearheaded one coalition. “We wanted to get a really bipartisan group of former elected officials, Cabinet secretaries, military leaders and so on, aimed mainly at messaging to the public but also speaking to local officials–the secretaries of state, attorneys general, governors who would be in the eye of the storm–to let them know we wanted to help,” says Gephardt, who worked his contacts in the private sector to put $20 million behind the effort.

Wamp, the former GOP Congressman, worked through the nonpartisan reform group Issue One to rally Republicans to the effort. “We thought we should bring some bipartisan element of unity around what constitutes a free and fair election,” Wamp says. The 22 Democrats and 22 Republicans on the National Council on Election Integrity met on Zoom at least once a week. They ran ads in six states, made statements, wrote articles and alerted local officials to potential problems. “We had rabid Trump supporters who agreed to serve on the council based on the idea that this is honest,” Wamp says. This is going to be just as important, he told them, to convince the liberals when Trump wins. “Whichever way it cuts, we’re going to stick together.”

The Voting Rights Lab and IntoAction created state-specific memes and graphics, spread by email, text, Twitter, Facebook, Instagram and TikTok, urging that every vote be counted. Together, they were viewed more than 1 billion times. Protect Democracy’s election task force issued reports and held media briefings with high-profile experts across the political spectrum, resulting in widespread coverage of potential election issues and fact-checking of Trump’s false claims. The organization’s tracking polls found the message was being heard: the percentage of the public that didn’t expect to know the winner on election night gradually rose until by late October, it was over 70%. A majority also believed that a prolonged count wasn’t a sign of problems. “We knew exactly what Trump was going to do: he was going to try to use the fact that Democrats voted by mail and Republicans voted in person to make it look like he was ahead, claim victory, say the mail-in votes were fraudulent and try to get them thrown out,” says Protect Democracy’s Bassin. Setting public expectations ahead of time helped undercut those lies.

Amber McReynolds, Zach Wamp and Maurice Mitchell

Amber McReynolds, Zach Wamp and Maurice Mitchell
Rachel Woolf for TIME; Erik Schelzig—AP/Shutterstock; Holly Pickett—The New York Times/Redux

The alliance took a common set of themes from the research Shenker-Osorio presented at Podhorzer’s Zooms. Studies have shown that when people don’t think their vote will count or fear casting it will be a hassle, they’re far less likely to participate. Throughout election season, members of Podhorzer’s group minimized incidents of voter intimidation and tamped down rising liberal hysteria about Trump’s expected refusal to concede. They didn’t want to amplify false claims by engaging them, or put people off voting by suggesting a rigged game. “When you say, ‘These claims of fraud are spurious,’ what people hear is ‘fraud,’” Shenker-Osorio says. “What we saw in our pre-election research was that anything that reaffirmed Trump’s power or cast him as an authoritarian diminished people’s desire to vote.”

Podhorzer, meanwhile, was warning everyone he knew that polls were underestimating Trump’s support. The data he shared with media organizations who would be calling the election was “tremendously useful” to understand what was happening as the votes rolled in, according to a member of a major network’s political unit who spoke with Podhorzer before Election Day. Most analysts had recognized there would be a “blue shift” in key battlegrounds– the surge of votes breaking toward Democrats, driven by tallies of mail-in ballots– but they hadn’t comprehended how much better Trump was likely to do on Election Day. “Being able to document how big the absentee wave would be and the variance by state was essential,” the analyst says.

PEOPLE POWER

The racial-justice uprising sparked by George Floyd’s killing in May was not primarily a political movement. The organizers who helped lead it wanted to harness its momentum for the election without allowing it to be co-opted by politicians. Many of those organizers were part of Podhorzer’s network, from the activists in battleground states who partnered with the Democracy Defense Coalition to organizations with leading roles in the Movement for Black Lives.

The best way to ensure people’s voices were heard, they decided, was to protect their ability to vote. “We started thinking about a program that would complement the traditional election-protection area but also didn’t rely on calling the police,” says Nelini Stamp, the Working Families Party’s national organizing director. They created a force of “election defenders” who, unlike traditional poll watchers, were trained in de-escalation techniques. During early voting and on Election Day, they surrounded lines of voters in urban areas with a “joy to the polls” effort that turned the act of casting a ballot into a street party. Black organizers also recruited thousands of poll workers to ensure polling places would stay open in their communities.

The summer uprising had shown that people power could have a massive impact. Activists began preparing to reprise the demonstrations if Trump tried to steal the election. “Americans plan widespread protests if Trump interferes with election,” Reuters reported in October, one of many such stories. More than 150 liberal groups, from the Women’s March to the Sierra Club to Color of Change, from Democrats.com to the Democratic Socialists of America, joined the “Protect the Results” coalition. The group’s now defunct website had a map listing 400 planned postelection demonstrations, to be activated via text message as soon as Nov. 4. To stop the coup they feared, the left was ready to flood the streets.

STRANGE BEDFELLOWS

About a week before Election Day, Podhorzer received an unexpected message: the U.S. Chamber of Commerce wanted to talk.

The AFL-CIO and the Chamber have a long history of antagonism. Though neither organization is explicitly partisan, the influential business lobby has poured hundreds of millions of dollars into Republican campaigns, just as the nation’s unions funnel hundreds of millions to Democrats. On one side is labor, on the other management, locked in an eternal struggle for power and resources.

But behind the scenes, the business community was engaged in its own anxious discussions about how the election and its aftermath might unfold. The summer’s racial-justice protests had sent a signal to business owners too: the potential for economy-disrupting civil disorder. “With tensions running high, there was a lot of concern about unrest around the election, or a breakdown in our normal way we handle contentious elections,” says Neil Bradley, the Chamber’s executive vice president and chief policy officer. These worries had led the Chamber to release a pre-election statement with the Business Roundtable, a Washington-based CEOs’ group, as well as associations of manufacturers, wholesalers and retailers, calling for patience and confidence as votes were counted.

But Bradley wanted to send a broader, more bipartisan message. He reached out to Podhorzer, through an intermediary both men declined to name. Agreeing that their unlikely alliance would be powerful, they began to discuss a joint statement pledging their organizations’ shared commitment to a fair and peaceful election. They chose their words carefully and scheduled the statement’s release for maximum impact. As it was being finalized, Christian leaders signaled their interest in joining, further broadening its reach.

The statement was released on Election Day, under the names of Chamber CEO Thomas Donohue, AFL-CIO president Richard Trumka, and the heads of the National Association of Evangelicals and the National African American Clergy Network. “It is imperative that election officials be given the space and time to count every vote in accordance with applicable laws,” it stated. “We call on the media, the candidates and the American people to exercise patience with the process and trust in our system, even if it requires more time than usual.” The groups added, “Although we may not always agree on desired outcomes up and down the ballot, we are united in our call for the American democratic process to proceed without violence, intimidation or any other tactic that makes us weaker as a nation.”

SHOWING UP, STANDING DOWN

Election night began with many Democrats despairing. Trump was running ahead of pre-election polling, winning Florida, Ohio and Texas easily and keeping Michigan, Wisconsin and Pennsylvania too close to call. But Podhorzer was unperturbed when I spoke to him that night: the returns were exactly in line with his modeling. He had been warning for weeks that Trump voters’ turnout was surging. As the numbers dribbled out, he could tell that as long as all the votes were counted, Trump would lose.

The liberal alliance gathered for an 11 p.m. Zoom call. Hundreds joined; many were freaking out. “It was really important for me and the team in that moment to help ground people in what we had already known was true,” says Angela Peoples, director for the Democracy Defense Coalition. Podhorzer presented data to show the group that victory was in hand.

While he was talking, Fox News surprised everyone by calling Arizona for Biden. The public-awareness campaign had worked: TV anchors were bending over backward to counsel caution and frame the vote count accurately. The question then became what to do next.

The conversation that followed was a difficult one, led by the activists charged with the protest strategy. “We wanted to be mindful of when was the right time to call for moving masses of people into the street,” Peoples says. As much as they were eager to mount a show of strength, mobilizing immediately could backfire and put people at risk. Protests that devolved into violent clashes would give Trump a pretext to send in federal agents or troops as he had over the summer. And rather than elevate Trump’s complaints by continuing to fight him, the alliance wanted to send the message that the people had spoken.

So the word went out: stand down. Protect the Results announced that it would “not be activating the entire national mobilization network today, but remains ready to activate if necessary.” On Twitter, outraged progressives wondered what was going on. Why wasn’t anyone trying to stop Trump’s coup? Where were all the protests?

Podhorzer credits the activists for their restraint. “They had spent so much time getting ready to hit the streets on Wednesday. But they did it,” he says. “Wednesday through Friday, there was not a single Antifa vs. Proud Boys incident like everyone was expecting. And when that didn’t materialize, I don’t think the Trump campaign had a backup plan.”

Activists reoriented the Protect the Results protests toward a weekend of celebration. “Counter their disinfo with our confidence & get ready to celebrate,” read the messaging guidance Shenker-Osorio presented to the liberal alliance on Friday, Nov. 6. “Declare and fortify our win. Vibe: confident, forward-looking, unified–NOT passive, anxious.” The voters, not the candidates, would be the protagonists of the story.

The planned day of celebration happened to coincide with the election being called on Nov. 7. Activists dancing in the streets of Philadelphia blasted Beyoncé over an attempted Trump campaign press conference; the Trumpers’ next confab was scheduled for Four Seasons Total Landscaping outside the city center, which activists believe was not a coincidence. “The people of Philadelphia owned the streets of Philadelphia,” crows the Working Families Party’s Mitchell. “We made them look ridiculous by contrasting our joyous celebration of democracy with their clown show.”

The votes had been counted. Trump had lost. But the battle wasn’t over.

THE FIVE STEPS TO VICTORY

In Podhorzer’s presentations, winning the vote was only the first step to winning the election. After that came winning the count, winning the certification, winning the Electoral College and winning the transition–steps that are normally formalities but that he knew Trump would see as opportunities for disruption. Nowhere would that be more evident than in Michigan, where Trump’s pressure on local Republicans came perilously close to working–and where liberal and conservative pro-democracy forces joined to counter it.

It was around 10 p.m. on election night in Detroit when a flurry of texts lit up the phone of Art Reyes III. A busload of Republican election observers had arrived at the TCF Center, where votes were being tallied. They were crowding the vote-counting tables, refusing to wear masks, heckling the mostly Black workers. Reyes, a Flint native who leads We the People Michigan, was expecting this. For months, conservative groups had been sowing suspicion about urban vote fraud. “The language was, ‘They’re going to steal the election; there will be fraud in Detroit,’ long before any vote was cast,” Reyes says.

Trump supporters seek to disrupt the vote count at Detroit’s TCF Center on Nov. 4

Trump supporters seek to disrupt the vote count at Detroit’s TCF Center on Nov. 4
Elaine Cromie—Getty Images

He made his way to the arena and sent word to his network. Within 45 minutes, dozens of reinforcements had arrived. As they entered the arena to provide a counterweight to the GOP observers inside, Reyes took down their cell-phone numbers and added them to a massive text chain. Racial-justice activists from Detroit Will Breathe worked alongside suburban women from Fems for Dems and local elected officials. Reyes left at 3 a.m., handing the text chain over to a disability activist.

As they mapped out the steps in the election-certification process, activists settled on a strategy of foregrounding the people’s right to decide, demanding their voices be heard and calling attention to the racial implications of disenfranchising Black Detroiters. They flooded the Wayne County canvassing board’s Nov. 17 certification meeting with on-message testimony; despite a Trump tweet, the Republican board members certified Detroit’s votes.

Election boards were one pressure point; another was GOP-controlled legislatures, who Trump believed could declare the election void and appoint their own electors. And so the President invited the GOP leaders of the Michigan legislature, House Speaker Lee Chatfield and Senate majority leader Mike Shirkey, to Washington on Nov. 20.

It was a perilous moment. If Chatfield and Shirkey agreed to do Trump’s bidding, Republicans in other states might be similarly bullied. “I was concerned things were going to get weird,” says Jeff Timmer, a former Michigan GOP executive director turned anti-Trump activist. Norm Eisen describes it as “the scariest moment” of the entire election.

The democracy defenders launched a full-court press. Protect Democracy’s local contacts researched the lawmakers’ personal and political motives. Issue One ran television ads in Lansing. The Chamber’s Bradley kept close tabs on the process. Wamp, the former Republican Congressman, called his former colleague Mike Rogers, who wrote an op-ed for the Detroit newspapers urging officials to honor the will of the voters. Three former Michigan governors–Republicans John Engler and Rick Snyder and Democrat Jennifer Granholm–jointly called for Michigan’s electoral votes to be cast free of pressure from the White House. Engler, a former head of the Business Roundtable, made phone calls to influential donors and fellow GOP elder statesmen who could press the lawmakers privately.

The pro-democracy forces were up against a Trumpified Michigan GOP controlled by allies of Ronna McDaniel, the Republican National Committee chair, and Betsy DeVos, the former Education Secretary and a member of a billionaire family of GOP donors. On a call with his team on Nov. 18, Bassin vented that his side’s pressure was no match for what Trump could offer. “Of course he’s going to try to offer them something,” Bassin recalls thinking. “Head of the Space Force! Ambassador to wherever! We can’t compete with that by offering carrots. We need a stick.”

If Trump were to offer something in exchange for a personal favor, that would likely constitute bribery, Bassin reasoned. He phoned Richard Primus, a law professor at the University of Michigan, to see if Primus agreed and would make the argument publicly. Primus said he thought the meeting itself was inappropriate, and got to work on an op-ed for Politico warning that the state attorney general–a Democrat–would have no choice but to investigate. When the piece posted on Nov. 19, the attorney general’s communications director tweeted it. Protect Democracy soon got word that the lawmakers planned to bring lawyers to the meeting with Trump the next day.

Reyes’ activists scanned flight schedules and flocked to the airports on both ends of Shirkey’s journey to D.C., to underscore that the lawmakers were being scrutinized. After the meeting, the pair announced they’d pressed the President to deliver COVID relief for their constituents and informed him they saw no role in the election process. Then they went for a drink at the Trump hotel on Pennsylvania Avenue. A street artist projected their images onto the outside of the building along with the words THE WORLD IS WATCHING.

That left one last step: the state canvassing board, made up of two Democrats and two Republicans. One Republican, a Trumper employed by the DeVos family’s political nonprofit, was not expected to vote for certification. The other Republican on the board was a little-known lawyer named Aaron Van Langevelde. He sent no signals about what he planned to do, leaving everyone on edge.

When the meeting began, Reyes’s activists flooded the livestream and filled Twitter with their hashtag, #alleyesonmi. A board accustomed to attendance in the single digits suddenly faced an audience of thousands. In hours of testimony, the activists emphasized their message of respecting voters’ wishes and affirming democracy rather than scolding the officials. Van Langevelde quickly signaled he would follow precedent. The vote was 3-0 to certify; the other Republican abstained.

After that, the dominoes fell. Pennsylvania, Wisconsin and the rest of the states certified their electors. Republican officials in Arizona and Georgia stood up to Trump’s bullying. And the Electoral College voted on schedule on Dec. 14.

HOW CLOSE WE CAME

There was one last milestone on Podhorzer’s mind: Jan. 6. On the day Congress would meet to tally the electoral count, Trump summoned his supporters to D.C. for a rally.

Much to their surprise, the thousands who answered his call were met by virtually no counterdemonstrators. To preserve safety and ensure they couldn’t be blamed for any mayhem, the activist left was “strenuously discouraging counter activity,” Podhorzer texted me the morning of Jan. 6, with a crossed-fingers emoji.

Trump addressed the crowd that afternoon, peddling the lie that lawmakers or Vice President Mike Pence could reject states’ electoral votes. He told them to go to the Capitol and “fight like hell.” Then he returned to the White House as they sacked the building. As lawmakers fled for their lives and his own supporters were shot and trampled, Trump praised the rioters as “very special.”

It was his final attack on democracy, and once again, it failed. By standing down, the democracy campaigners outfoxed their foes. “We won by the skin of our teeth, honestly, and that’s an important point for folks to sit with,” says the Democracy Defense Coalition’s Peoples. “There’s an impulse for some to say voters decided and democracy won. But it’s a mistake to think that this election cycle was a show of strength for democracy. It shows how vulnerable democracy is.”

The members of the alliance to protect the election have gone their separate ways. The Democracy Defense Coalition has been disbanded, though the Fight Back Table lives on. Protect Democracy and the good-government advocates have turned their attention to pressing reforms in Congress. Left-wing activists are pressuring the newly empowered Democrats to remember the voters who put them there, while civil rights groups are on guard against further attacks on voting. Business leaders denounced the Jan. 6 attack, and some say they will no longer donate to lawmakers who refused to certify Biden’s victory. Podhorzer and his allies are still holding their Zoom strategy sessions, gauging voters’ views and developing new messages. And Trump is in Florida, facing his second impeachment, deprived of the Twitter and Facebook accounts he used to push the nation to its breaking point.

As I was reporting this article in November and December, I heard different claims about who should get the credit for thwarting Trump’s plot. Liberals argued the role of bottom-up people power shouldn’t be overlooked, particularly the contributions of people of color and local grassroots activists. Others stressed the heroism of GOP officials like Van Langevelde and Georgia secretary of state Brad Raffensperger, who stood up to Trump at considerable cost. The truth is that neither likely could have succeeded without the other. “It’s astounding how close we came, how fragile all this really is,” says Timmer, the former Michigan GOP executive director. “It’s like when Wile E. Coyote runs off the cliff–if you don’t look down, you don’t fall. Our democracy only survives if we all believe and don’t look down.”

Democracy won in the end. The will of the people prevailed. But it’s crazy, in retrospect, that this is what it took to put on an election in the United States of America.

–With reporting by LESLIE DICKSTEIN, MARIAH ESPADA and SIMMONE SHAH

Voir par ailleurs:

The Washington Post
June 5, 2020

President Trump continues to use inflammatory language as many Americans protest the unlawful death of George Floyd and the unjust treatment of black Americans by our justice system. As the protests have grown, so has the intensity of the president’s rhetoric. He has gone so far as to make a shocking promise: to send active-duty members of the U.S. military to “dominate” protesters in cities throughout the country — with or without the consent of local mayors or state governors.

On Monday, the president previewed his approach on the streets of Washington. He had 1,600 troops from around the country transported to the D.C. area, and placed them on alert, as an unnamed Pentagon official put it, “to ensure faster employment if necessary.” As part of the show of force that Trump demanded, military helicopters made low-level passes over peaceful protesters — a military tactic sometimes used to disperse enemy combatants — scattering debris and broken glass among the crowd. He also had a force, including members of the National Guard and federal officers, that used flash-bang grenades, pepper spray and, according to eyewitness accounts, rubber bullets to drive lawful protesters, as well as members of the media and clergy, away from the historic St. John’s Episcopal Church. All so he could hold a politically motivated photo op there with members of his team, including, inappropriately, Defense Secretary Mark T. Esper and Gen. Mark A. Milley, the chairman of the Joint Chiefs of Staff.

Looting and violence are unacceptable acts, and perpetrators should be arrested and duly tried under the law. But as Monday’s actions near the White House demonstrated, those committing such acts are largely on the margins of the vast majority of predominantly peaceful protests. While several past presidents have called on our armed services to provide additional aid to law enforcement in times of national crisis — among them Ulysses S. Grant, Dwight D. Eisenhower, John F. Kennedy and Lyndon B. Johnson — these presidents used the military to protect the rights of Americans, not to violate them.

As former leaders in the Defense Department — civilian and military, Republican, Democrat and independent — we all took an oath upon assuming office “to support and defend the Constitution of the United States,” as did the president and all members of the military, a fact that Gen. Milley pointed out in a recent memorandum to members of the armed forces. We are alarmed at how the president is betraying this oath by threatening to order members of the U.S. military to violate the rights of their fellow Americans.

President Trump has given governors a stark choice: either end the protests that continue to demand equal justice under our laws, or expect that he will send active-duty military units into their states. While the Insurrection Act gives the president the legal authority to do so, this authority has been invoked only in the most extreme conditions when state or local authorities were overwhelmed and were unable to safeguard the rule of law. Historically, as Secretary Esper has pointed out, it has rightly been seen as a tool of last resort.

Beyond being unnecessary, using our military to quell protests across the country would also be unwise. This is not the mission our armed forces signed up for: They signed up to fight our nation’s enemies and to secure — not infringe upon — the rights and freedoms of their fellow Americans. In addition, putting our servicemen and women in the middle of politically charged domestic unrest risks undermining the apolitical nature of the military that is so essential to our democracy. It also risks diminishing Americans’ trust in our military — and thus America’s security — for years to come.

As defense leaders who share a deep commitment to the Constitution, to freedom and justice for all Americans, and to the extraordinary men and women who volunteer to serve and protect our nation, we call on the president to immediately end his plans to send active-duty military personnel into cities as agents of law enforcement, or to employ them or any another military or police forces in ways that undermine the constitutional rights of Americans. The members of our military are always ready to serve in our nation’s defense. But they must never be used to violate the rights of those they are sworn to protect.

Leon E. Panetta, former defense secretary

Chuck Hagel, former defense secretary

Ashton B. Carter, former defense secretary

William S. Cohen, former defense secretary

Sasha Baker, former deputy chief of staff to the defense secretary

Donna Barbisch, retired major general in the U.S. Army

Jeremy Bash, chief of staff to the defense secretary

Jeffrey P. Bialos, former deputy under secretary of defense for industrial affairs

Susanna V. Blume, former deputy chief of staff to the deputy defense secretary

Ian Brzezinski, former deputy assistant defense secretary for Europe and NATO

Gabe Camarillo, former assistant secretary of the Air Force

Kurt M. Campbell, former deputy assistant defense secretary for Asia and the Pacific

Michael Carpenter, former deputy assistant defense secretary for Russia, Ukraine and Eurasia

Rebecca Bill Chavez, former deputy assistant defense secretary for Western hemisphere affairs

Derek Chollet, former assistant defense secretary for international security affairs

Dan Christman, retired lieutenant general in the U.S. Army and former assistant to the chairman of the Joint Chiefs of Staff

James Clapper, former under secretary of defense for intelligence and director of national intelligence

Eliot A. Cohen, former member of planning staff for the defense department and former member of the Defense Policy Board

Erin Conaton, former under secretary of defense for personnel and readiness

John Conger, former principal deputy under secretary of defense

Peter S. Cooke, retired major general of the U.S. Army Reserve

Richard Danzig, former secretary of the U.S. Navy

Janine Davidson, former under secretary of the U.S. Navy

Robert L. Deitz, former general counsel at the National Security Agency

Abraham M. Denmark, former deputy assistant defense secretary for East Asia

Michael B. Donley, former secretary of the U.S. Air Force

John W. Douglass, retired brigadier general in the U.S. Air Force and former assistant secretary of the U.S. Navy

Raymond F. DuBois, former acting under secretary of the U.S. Army

Eric Edelman, former under secretary of defense for policy

Eric Fanning, former secretary of the U.S. Army

Evelyn N. Farkas, former deputy assistant defense secretary for Russia, Ukraine and Eurasia

Michèle A. Flournoy, former under secretary of defense for policy

Nelson M. Ford, former under secretary of the U.S. Army

Alice Friend, former principal director for African affairs in the office of the under defense secretary for policy

John A. Gans Jr., former speechwriter for the defense secretary

Sherri Goodman, former deputy under secretary of defense for environmental security

André Gudger, former deputy assistant defense secretary for manufacturing and industrial base policy

Robert Hale, former under secretary of defense and Defense Department comptroller

Michael V. Hayden, retired general in the U.S. Air Force and former director of the National Security Agency and CIA

Mark Hertling, retired lieutenant general in the U.S. Army and former commanding general of U.S. Army Europe

Kathleen H. Hicks, former principal deputy under secretary of defense for policy

Deborah Lee James, former secretary of the U.S. Air Force

John P. Jumper, retired general of the U.S. Air Force and former chief of staff of the Air Force

Colin H. Kahl, former deputy assistant defense secretary for Middle East policy

Mara E. Karlin, former deputy assistant defense secretary for strategy and force development

Frank Kendall, former under secretary of defense for acquisition, technology and logistics

Susan Koch, former deputy assistant defense secretary for threat-reduction policy

Ken Krieg, former under secretary of defense for acquisition, technology and logistics

J. William Leonard, former deputy assistant defense secretary for security and information operations

Steven J. Lepper, retired major general of the U.S. Air Force

George Little, former Pentagon press secretary

William J. Lynn III, former deputy defense secretary

Ray Mabus, former secretary of the U.S. Navy and former governor of Mississippi

Kelly Magsamen, former principal deputy assistant defense secretary for Asian and Pacific security affairs

Carlos E. Martinez, retired brigadier general of the U.S. Air Force Reserve

Michael McCord, former under secretary of defense and Defense Department comptroller

Chris Mellon, former deputy assistant defense secretary for intelligence

James N. Miller, former under secretary of defense for policy

Edward T. Morehouse Jr., former principal deputy assistant defense secretary and former acting assistant defense secretary for operational energy plans and programs

Jamie Morin, former director of cost assessment and program evaluation at the Defense Department and former acting under secretary of the U.S. Air Force

Jennifer M. O’Connor, former general counsel of the Defense Department

Sean O’Keefe, former secretary of the U.S. Navy

Dave Oliver, former principal deputy under secretary of defense for acquisition, technology and logistics

Robert B. Pirie, former under secretary of the U.S. Navy

John Plumb, former acting deputy assistant defense secretary for space policy

Eric Rosenbach, former assistant defense secretary for homeland defense and global security

Deborah Rosenblum, former acting deputy assistant defense secretary for counternarcotics

Todd Rosenblum, acting assistant defense secretary for homeland defense and Americas’ security affairs

Tommy Ross, former deputy assistant defense secretary for security cooperation

Henry J. Schweiter, former deputy assistant defense secretary

David B. Shear, former assistant defense secretary for Asian and Pacific security affairs

Amy E. Searight, former deputy assistant defense secretary for South and Southeast Asia

Vikram J. Singh, former deputy assistant defense secretary for South and Southeast Asia

Julianne Smith, former deputy national security adviser to the vice president and former principal director for Europe and NATO policy

Paula Thornhill, retired brigadier general of the Air Force and former principal director for Near Eastern and South Asian affairs

Jim Townsend, former deputy assistant defense secretary for Europe and NATO policy

Sandy Vershbow, former assistant defense secretary for international security affairs

Michael Vickers, former under secretary of defense for intelligence

Celeste Wallander, former deputy assistant defense secretary for Russia, Ukraine and Eurasia

Andrew Weber, former assistant defense secretary for nuclear, chemical and biological defense programs

William F. Wechsler, former deputy assistant defense secretary for special operations and combating terrorism

Doug Wilson, former assistant defense secretary for public affairs

Anne A. Witkowsky, former deputy assistant defense secretary for stability and humanitarian affairs

Douglas Wise, former deputy director of the Defense Intelligence Agency

Daniel P. Woodward, retired brigadier general of the U.S. Air Force

Margaret H. Woodward, retired major general of the U.S. Air Force

Carl Woog, former deputy assistant to the defense secretary for communications

Robert O. Work, former deputy defense secretary

Dov S. Zakheim, former under secretary of defense and Defense Department comptroller

Voir enfin:

The Strength of America’s Apolitical Military

Statement by Former U.S. Ambassadors, Military Officers, Senior Officials

First published on June 5, 2020. Updated: June 15, 2020.

Retired members of the U.S. diplomatic corps, many of whom had seen first-hand in non-democratic countries the use of the military as a tool to suppress public protest, were alarmed this week at what seemed steps in that direction on the streets of Washington. The following letter expresses their concern at such measures and their support for the U.S. military’s proud tradition of staying outside of politics. It is addressed to national, state, and local leaders, and has been endorsed by 612 former officials from the diplomatic, military, and other services, as listed below.

The Strength of America’s Apolitical Military

The United States is passing through a period unlike any our country has experienced before. Our population, our society, and our economy have been devastated by the pandemic and the resulting depression-level unemployment. We deplore the brutal killing of George Floyd by police officers in Minneapolis which has provoked more widespread protests than the United States has seen in decades.

As former American ambassadors, generals and admirals, and senior federal officials, we are alarmed by calls from the President and some political leaders for the use of U.S. military personnel to end legitimate protests in cities and towns across America.

Many of us served across the globe, including in war zones, diplomats and military officers working side by side to advance American interests and values. We called out violations of human rights and the authoritarian regimes that deployed their military against their own citizens. Our values define us as a nation and as a global leader.

The professionalism and political neutrality of the U.S. military have been examples for people around the world who aspire to greater freedom and democracy in their own societies. They are among our nation’s greatest assets in protecting Americans and asserting American interests across the globe.

Cities and neighborhoods in which Americans are assembling peacefully, speaking freely, and seeking redress of their grievances are not “battlespaces.” Federal, state, and local officials must never seek to “dominate” those exercising their First Amendment rights. Rather they have a responsibility to ensure that peaceful protest can take place safely as well as to protect those taking part. We condemn all criminal acts against persons and property, but cannot agree that responding to these acts is beyond the capabilities of local and state authorities.

Our military is composed of and represents all of America. Misuse of the military for political purposes would weaken the fabric of our democracy, denigrate those who serve in uniform to protect and defend the Constitution, and undermine our nation’s strength abroad. There is no role for the U.S. military in dealing with American citizens exercising their constitutional right to free speech, however uncomfortable that speech may be for some.

We are concerned about the use of U.S. military assets to intimidate and break up peaceful protestors in Washington, D.C. Using the rotor wash of helicopters flying at low altitude to disperse protestors is reckless and unnecessary. The stationing of D.C. Air National Guard troops in full battle armor on the steps of the Lincoln Memorial is inflammatory and risks sullying the reputation of our men and women in uniform in the eyes of their fellow Americans and of the world.

Declaring peaceful protestors “thugs” and “terrorists” and falsely seeking to divide Americans into those who support “law and order” and those who do not will not end the demonstrations. The deployment of military forces against American citizens exercising their constitutional rights will not heal the divides in our society.

We urge the President and state and local governments to focus their efforts on uniting the country and supporting reforms to ensure equal police treatment of all citizens, regardless of race or ethnicity.

Ultimately, the issues that have driven the protests cannot be addressed by our military. They must be resolved through political processes.

Anne H. Aarnes
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Gina Abercrombie-Winstanley
Ambassador (ret)

Edward Abington
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jonathan S. Addleton
Ambassador, USAID (ret)

Terry Adirim
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

James A. Adkins
MG, US Army (ret)

Cynthia H. Akuetteh
Ambassador (ret)

Karl P. Albrecht
Senior Foreign Service Officer (ret)

Leslie Alexander
Ambassador (ret)

Javed Ali
Former Senior Director, National Security Council

Craig Allen
Ambassador (ret)

Jay Anania
Ambassador (ret)

Claudia E. Anyaso
Senior Foreign Service (ret)

Ricardo Aponte
Brigadier General, USAF (ret)

Richard H. Appleton
Senior Foreign Service Officer (ret)

Hilda Arellano
Senior Foreign Service Officer (ret)

Raymond Arnaudo
Senior State Department Official (ret)

Kirk Augustine
Senior Foreign Service Officer (ret)

Liliana Ayalde
Ambassador (ret)

Alyssa Ayres
Former Deputy Assistant Secretary of State

Daniel Baer
Ambassador (ret)

Gary G. Bagley
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jess L. Baily
Ambassador (ret)

Tom Baltazar
Senior Executive Service, USAID (ret)

Robert C. Barber
Ambassador (ret)

Donna Barbisch
Major General, USA (ret)

Denise Campbell Bauer
Ambassador (ret)

James A. Beaver
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Frederick Becker
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robert Mason Beecroft
Ambassador (ret)

Rand Beers
Former Deputy Assistant to the President

Colleen Bell
Ambassador (ret)

William Bellamy
Ambassador (ret)

Daniel Benjamin
Ambassador (ret)

Eric D Benjaminson
Ambassador (ret)

John E. Bennett
United States Ambassador (ret)

Virginia L. Bennett
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jenna Ben-Yehuda
Former Senior Military Advisor, Department of State

Rob Berschinski
Former Deputy Assistant Secretary of State

James Bever
Senior Foreign Service Officer (ret)

John Beyrle
Ambassador (ret)

J.D. Bindenagel
Ambassador (ret)

Jack R. Binns
Ambassador (ret)

James Keogh Bishop
Ambassador (ret)

Rebecca Black
Senior Foreign Service Officer (ret)

Stephen J. Blake
Senior Foreign Service Officer (ret)

James J. Blanchard
Ambassador (ret)
Former Governor of Michigan

Ronald R. Blanck
Lieutenant General (ret)

Beryl Blecher
Senior Foreign Service Officer (ret)

Peter W. Bodde
Ambassador (ret)

Barbara Bodine
Ambassador (ret)

Michael A. Boorstein
Senior Foreign Service Officer (ret)

Michele Thoren Bond
Ambassador (ret)

Eric J. Boswell
Ambassador (ret)

Paul L. Boyd
Senior Foreign Service Officer (ret)

Spencer P. Boyer
Former Deputy Assistant Secretary of State

Aurelia E. Brazeal
Ambassador (ret)

Pamela Bridgewater
Ambassador (ret)

Ken Brill
Ambassador (ret)

Carol Moseley Braun
Ambassador (ret)

Philip J. Breeden, Jr.
Senior Foreign Service Officer (ret)

Peter S. Bridges
Ambassador (ret)

Dolores Marie Brown
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gordon S. Brown
Ambassador (ret)

Sue K. Brown
Ambassador (ret)

Steven A. Browning
Ambassador (ret)

Lee Anthony Brudvig
Senior Foreign Service (ret)

Jennifer Brush
Ambassador (ret)

Judith L. Bryan
Senior Foreign Service Officer (ret)

Todd Buchwald
Ambassador (ret)

Craig Buck
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

David P. Burford
Major General, USA (ret)

Sandy M. Burkholder
Senior Foreign Service (ret)

Peter Burleigh
Ambassador (ret)

Nicholas Burns
Ambassador (ret)

William J. Burns
Ambassador (ret)
Former Deputy Secretary of State

Prudence Bushnell
Ambassador (ret)

Patricia A. Butenis
Ambassador (ret)

Michael A. Butler
Senior Foreign Service Officer (ret)

Anne Callaghan
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robert J. Callahan
Ambassador (ret)

Beatrice Camp
Senior Foreign Service Officer (ret)

Donald M. Campbell, Jr.
Lieutenant General, US Army (ret)

Piper A. W. Campbell
Ambassador (ret)

Glenn L. Carle
Former Deputy National Intelligence Officer, CIA

Lisa M. Carle
Senior Foreign Service (ret)

George Carner
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

James Carouso
Senior Foreign Service Officer (ret)

Steven A. Cash
Former Intelligence Officer, CIA

Ronnie S. Catipon
Senior Foreign Service Special Agent (ret)

John Caulfied
Senior Foreign Service Officer, (ret)

Carey Cavanaugh
Ambassador (ret)

Judith B. Cefkin
Ambassador (ret)

Robert F. Cekuta
Ambassador (ret)

Jeffrey R Cellars
Senior Foreign Service (ret)

Wendy J. Chamberlin
Ambassador (ret)

Peter R Chaveas
Ambassador (ret)

Phil Chicola
Senior Foreign Service Officer (ret)

Karen L. Christensen
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gene Christy
Ambassador (ret)

David A. Cohen
Senior Foreign Service, USAID (ret)

Herman J. Cohen
Ambassador (ret)

Maryruth Coleman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Maura Connelly
Ambassador (ret)

Elinor Constable
Ambassador (ret)

Ellen M. Conway
Senior Foreign Service (ret)

Frances D. Cook
Ambassador (ret)

Frederick B. Cook
Ambassador ret)

Suzan Johnson Cook
Ambassador (ret)

Thomas Countryman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Cindy Courville
Ambassador (ret)

Ertharin Cousin
Ambassador (ret)

Philip E. Coyle III
Former Associate Director, Office of Science and Technology Policy, White House

Gene A. Cretz
Ambassador (ret)

Daniel Thomas Crocker
Senior Foreign Service Officer (ret)

Christopher D. Crowley
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

James Dandridge II
Senior Foreign Service (ret)

John J. Danilovich
Ambassador (ret)

Glyn T. Davies
Ambassador (ret)

John W Davison
Senior Foreign Service Officer (ret)

Luis C. deBaca
Ambassador (ret)

Kimberley J. DeBlauw
Senior Foreign Service Officer (ret)

Carleene Dei
Senior Foreign Service (ret)

Jeffrey DeLaurentis
Ambassador (ret)

Greg Delawie
Ambassador (ret)

Christopher W. Dell
Ambassador (ret)

Anne E. Derse
Ambassador (ret)

Joseph M. DeThomas
Ambassador (ret)

Richard T. Devereaux
Major General, USAF (ret)

James Dickmeyer
Senior Foreign Service Officer (ret)

John Dickson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Elizabeth L. Dibble
Senior Foreign Service Officer (ret)

Dirk Willem Dijkerman
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Anne Chermak Dillen
Senior Foreign Service (ret)

Robert S. Dillon
Ambassador (ret)

John Dinger
Ambassador (ret)

Kathleen A. Doherty
Ambassador (ret)

Shaun Donnelly
Ambassador (ret)

John Douglass
Brigadier General, USAF (ret)
Former Assistant Secretary of the Navy

Mary Draper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Audrey B. Dumentat
Senior Foreign Service Officer (ret.)

David Dunford
Ambassador (ret)

Polly Dunford
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Morton R Dworken
Senior Foreign Service (ret)

Renee M. Earle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Paul D. Eaton
Major General, USA (ret)

William A. Eaton
Ambassador (ret)

Alan W Eastham
Ambassador (ret)

Luigi Einaudi
Ambassador (ret)

Harriet L. Elam-Thomas
Ambassador (ret)

Susan M. Elliott
Ambassador (ret)

Nancy H. Ely-Raphel
Ambassador (ret)

Larry Emery
Senior Executive Service (ret)

Ellen Connor Engels
Senior Foreign Service Officer (ret)

Tom Engle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Andrew Erickson
Senior Foreign Service Officer (ret)

John M. Evans
Ambassador (ret)

John Ewers
Major General, US Marine Corps (ret)

Kenneth Fairfax
Ambassador (ret)

John Feeley
Ambassador (ret)

Gerald M. Feierstein
Ambassador (ret)

Lee Feinstein
Ambassador (ret)

Robert J. Felderman
Brigadier General, USA (ret)

Dan Feldman
Former Special Representative for Afghanistan/Pakistan

Jeffrey Feltman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Judith R. Fergin
Ambassador (ret)

Jose W. Fernandez
Former Assistant Secretary of State for Economic, Energy and Business Affairs

Susan F. Fine
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jon Finer
Former Chief of Staff, Department of State

Thomas Fingar
Former Assistant Secretary of State

Mark Fitzpatrick
former Deputy Assistant Secretary of State

Lauri Fitz-Pegado
Former Director General, Foreign Commercial Service

Stephen J. Flanagan
Former Senior Director, National Security Council

Paul Folmsbee
Ambassador (ret)

Jim Foster
Senior Foreign Service Officer (ret)

Stephenie Foster
Former Counselor, Office of Global Women’s Issues)

Anita Friedt
Senior Executive Service (ret)

Laurie S. Fulton
Ambassador (ret)

Julie Furuta-Toy
Ambassador (ret)

James I. Gadsden
Ambassador (ret)

Larry Garber
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Janet E. Garvey
Ambassador (ret)

O.P. Garza
Ambassador (ret)

Walter E. Gaskin
Lieutenant General, USMC (ret)

Mary Ellen T. Gilroy
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mark Gitenstein
Ambassador (ret)

Robert A. Glacel
Brigadier General, US Army (ret)

Fred S. Glass
Rear Admiral, JAGC, USN (ret)

Edward W. Gnehm
Ambassador (ret)

Robert Goldberg
Senior Foreign Service Officer (ret)

Christopher E. Goldthwait
Ambassador (ret)

Rose Gottemoeller
former Undersecretary of State

Colleen Graffy
Former Deputy Assistant Secretary of State

Gary A. Grappo
Ambassador (ret)

Thomas P. Gratto
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gordon Gray
Ambassador (ret)

Mary A. Gray
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas F. Gray, Jr
Senior Foreign Service Officer (ret)

Ronald Greenberg
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Douglas C. Greene
Senior Foreign Service Officer (ret)

Kevin P. Green
Vice Admiral, USN (ret)

Theresa Grencik
Senior Foreign Service Officer (ret)

Ken Gross
Ambassador (ret)

Charles H. Grover
Senior Foreign Service Officer (ret)

Michael Guest
Ambassador (ret)

Sheila Gwaltney
Ambassador (ret)

Nina Hachigian
Ambassador (ret)

Anne Hall
Ambassador (ret)

Danny Hall
Senior Foreign Service Officer (ret)

Suneta L. Halliburton
Senior Foreign Service Officer (ret)

Pamela Hamamoto
Ambassador (ret)

John R. Hamilton
Ambassador (ret)

William P. Hammink
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

David Harden
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Robert A. Harding
Major General, USA (ret)

Keith M. Harper
Ambassador (ret)

Grant T. Harris
former senior director, National Security Council

Douglas A. Hartwick
Ambassador, (ret)

Jennifer C. Haskell
Senior Foreign Service Officer (ret)

Patricia M. Haslach
Ambassador (ret)

William J. Haugh
Senior Foreign Service Officer (ret)

Patricia M. Hawkins
Ambassador (ret)

John Heffern
Ambassador (ret)

Samuel D. Heins
Ambassador (ret)

Douglas Hengel
Senior Foreign Service Officer (ret)

Christopher R. Hill
Ambassador (ret)

William H. Hill
Ambassador (ret)

Catherine Hill-Herndon
Senior Foreign Service (ret)

Joseph Hilliard
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jim E. Hinds
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

John L Hirsch
Ambassador (ret)

Eric L. Hirschhorn
Former Undersecretary of Commerce

Richard E. Hoagland
Ambassador (ret)

Heather Hodges
Ambassador (ret)

Karl Hoffmann
Ambassador (ret)

Christopher J. Hoh
Senior Foreign Service Officer (ret)

Laura S. H. Holgate
Ambassador (ret)

J. Anthony Holmes
Ambassador (ret)

James H. Holmes
Ambassador (ret)

Jim Hooper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Samuel M. Hoskinson
Former Vice Chairman, National Intelligence Council

Thomas C. Hubbard
Ambassador (ret)

Franklin Huddle
Ambassador (ret)

Vicki J. Huddleston
Ambassador (ret)

William J. Hudson
Ambassador (ret)

Arthur H. Hughes
Ambassador (ret)

Marie T. Huhtala
Ambassador (ret)

Thomas N. Hull
Ambassador (ret)

Cameron R. Hume
Ambassador (ret)

Ravi R. Huso
Ambassador (ret)

Dorothy Senger Imwold
Senior Foreign Service Officer (ret)

Karl F. Inderfurth
Former Assistant Secretary of State for South Asian Affairs
Ambassador (ret)

David R. Irvine
Brigadier General, USA (ret)

Susan S. Jacobs
Ambassador (ret)

Tracey Jacobson
Ambassador (ret)

Jeanine Jackson
Ambassador (ret)

Jeffrey A. Jacobs
MG, US Army (ret)

Morris E. “Bud” Jacobs
Senior Foreign Service Officer (ret)

Les Janka
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

Bonnie Jenkins
Ambassador (ret)

Charles J. Jess
Senior Foreign Service Officer (ret)

Dennis Jett
Ambassador (ret)

David T. Johnson
Ambassador (ret)

Karen E. Johnson
Senior Foreign Service (ret)

Kathy A. Johnson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Susan R. Johnson
Senior Foreign Service Officer (ret)

L. Craig Johnstone
Ambassador (ret)

Elizabeth (Beth) Jones
Ambassador (ret)

Deborah K. Jones
Ambassador (ret)

James R. Jones
Ambassador (ret)

Mosina H. Jordan
Ambassador (ret)

Robert W. Jordan
Ambassador (ret)

Carol Kalin
Senior Foreign Service Officer (ret)

Sid Kaplan
Deputy Assistant Secretary of State (ret)

Ale Karagiannis
Senior Foreign Service Officer (ret)

Steven Kashkett
Senior Foreign Service (ret)

Theodore Kattouf
Ambassador (ret)

Allan J. Katz
Ambassador (ret)

Richard D. Kauzlarich
Ambassador (ret)

David J. Keegan
Senior Foreign Service (ret)

Craig Kelly
Ambassador (ret)

Ian Kelly
Ambassador (ret)

Stephen R. Kelly
Senior Foreign Service Officer (ret)

Barbara Kennedy
Senior Foreign Service (ret)

Laura Kennedy
Ambassador (ret)

Susan Keogh
Senior Foreign Service Officer (ret)

David Killion
Ambassador (ret)

Scott Kilner
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lawrence J. Klassen
Senior Foreign Service (ret)

Elise Kleinwaks
Senior Foreign Service Officer (ret)

Hans Klemm
Ambassador (ret)

Michael Klosson
Ambassador (ret)

John Koenig
Ambassador (ret)

Mary Ellen Noonan Koenig
Senior Foreign Service (ret)

Donald W. Koran
Ambassador (ret)

Ann K. Korky
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eleni Kounalakis
Ambassador (ret)
Lt. Governor of California

Roland Kuchel
Ambassador (ret)

Eric A. Kunsman
Senior Foreign Service Officer (ret)

June H. Kunsman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Daniel C. Kurtzer
Ambassador (ret)

Harold Hongju Koh
Former Legal Advisor, Department of State

Christopher Kojm
Former Chairman, National Intelligence Council

Jimmy Kolker
Ambassador (ret)

Karen Kornbluh
Ambassador (ret)

John C. Kornblum
Ambassador (ret)

Thomas C. Krajeski
Ambassador (ret)

David J. Kramer
Former Assistant Secretary of State for Democracy, Human Rights and Labor

Mary A. Kruger
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lisa Kubiske
Ambassador (ret)

Elisabeth Kvitashvili
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Mark P. Lagon
Ambassador (ret)

Joseph E. Lake
Ambassador (ret)

David Lambertson
Ambassador (ret.)

David J. Lane
Ambassador (ret)

Joyce Leader
Ambassador (ret)

Barbara A. Leaf
Ambassador (ret)

Richard LeBaron
Ambassador (ret)

Michael R Lehnert
MG, USMC (ret)

Michael C. Lemmon
Ambassador (ret)

Christopher J. Le Mon
Former Senior Advisor, National Security Council

Steven J. Lepper
Major General, USAF (ret)

Barry Levin
Senior Foreign Service Officer (ret)

Suzi G. LeVine
Ambassador (ret)

Jeffrey D.  Levine
Ambassador (ret)

Melvin Levitsky
Ambassador (ret)

Dawn Liberi
Ambassador (ret)

David C. Litt
Ambassador (ret)

Hugo Llorens
Ambassador (ret)

Carmen Lomellin
Ambassador (ret)

Edward Loo
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lewis Lukens
Ambassador (ret)

Douglas Lute
Lieutenant General, USA (ret)
Ambassador (ret)

Buff Mackenzie
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

John F. Maisto
Ambassador (ret)

Deborah R. Malac
Ambassador (ret)

Eileen A. Malloy
Ambassador (ret)

Steven R. Mann
Ambassador (ret)

Randy Manner
Major General, USA (ret)

Nicholas J. Manring
Senior Foreign Service Officer (ret)

Edward Marks
Ambassador (ret)

Niels Marquardt
Ambassador (ret)

Dana Marshall
Senior Foreign Service (ret)

Frederick H. Martin
Major General, USAF (ret)

Carlos E. Martinez
Brigadier General, USAF (ret)

Vilma S. Martinez
Ambassador (ret)

Dennise Mathieu
Ambassador (ret)

Jack F. Matlock, Jr.
Ambassador (ret)

R. McBrian
Senior Executive Service (ret)

Deborah McCarthy
Ambassador (ret)

Jackson McDonald
Ambassador (ret)

Nancy McEldowney
Ambassador (ret)

Stephen G. McFarland
Ambassador (ret)

Kevin J. McGuire
Ambassador (ret)

James F. McIlmail
Senior Executive Service, Defense Intelligence Agency (ret)

John F. McNamara
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas E. McNamara
Ambassador (ret)

John Medeiros
Senior Foreign Service Officer (ret)

Joseph V. Medina
Brigadier General, USMC (ret)

Thomas O. Melia
former Assistant Administrator, USAID

James D. Melville
Ambassador (ret)

James Michel
Ambassador (ret)

Leo Michel
Senior Executive Service, Department of Defense (ret)

Kevin Milas
Senior Foreign Service Officer (ret)

Richard Miles
Ambassador (ret)

Katherine J.M. Millard
Senior Foreign Service Officer (ret)

Henry Miller-Jones
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gillian Milovanovic
Ambassador (ret)

David B. Monk
Senior Foreign Service (ret)

William Monroe
Ambassador (ret)

Alberto Mora
Former Navy General Counsel

David A. Morris
Major General, USA (ret)

William J. Mozdzierz
Senior Foreign Service Officer (ret)

Kevin J. Mullaly
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Peter F. Mulrean
Ambassador (ret)

Cameron Munter
Ambassador (ret)

Allan Mustard
Ambassador (ret)

Desaix Myers
Senior Foreign Service Officer (ret)

Larry C. Napper
Ambassador (ret)

James D. Nealon
Ambassador (ret)

Richard W. Nelson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Susan B. Niblock
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas M. T. Niles
Ambassador (ret)

Brian H. Nilsson
Former Deputy Assistant Secretary of State

Crystal Nix-Hines
Ambassador (ret)

Edwin R. Nolan
Ambassador (ret)

Walter North
Ambassador (ret)

Suzanne Nossel
Former Deputy Assistant Secretary of State

Gary Oba
Senior Foreign Service (ret)

Karen Ogle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eric T. Olson
MG, US Army (ret)

Richard G. Olson
Ambassador (ret)

Adrienne S. O’Neal
Ambassador (ret)

Robert M. Orr
Ambassador (ret)

Ted Osius
Ambassador (ret)

Susan D. Page
Ambassador (ret)

Beth S. Paige
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Larry L. Palmer
Ambassador (ret)

Alexi Panehal
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Maurice Parker
Ambassador (ret)

Norma Parker
Senior Foreign Service (ret)

Michael Parmly
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lynn Pascoe
Ambassador (ret)

David Passage
Ambassador (ret)

Margaret C. Pearson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robert Pearson
Ambassador (ret)

Willard J. Pearson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Edward L. Peck
Ambassador (ret)

Eric Pelofsky
former Senior Director, National Security Council

June Carter Perry
Ambassador (ret)

William Perry
Former Secretary of Defense

Pete Peterson
Ambassador (ret)

James D. Pettit
Ambassador (ret)

Nancy Bikoff Pettit
Ambassador (ret)

Laurence M Pfeiffer
Former Chief of Staff, CIA

Walter N.S. Pflaumer
Senior Foreign Service Officer (ret)

Annie Pforzheimer
Senior Foreign Service Officer (ret)

John R. Phillips
Ambassador (ret)

William M. Phillips III
Senior Intelligence Officer (ret)

Daniel W Piccuta
Senior Foreign Service (ret)

Thomas R. Pickering
Ambassador (ret)

Stephen Pifer
Ambassador (ret)

H. Dean Pittman
Ambassador (ret)

Joan Plaisted
Ambassador (ret)

Lynne Platt
Senior Foreign Service (ret)

Gale S. Pollock
Major General, USA, CRNA, FACHE, FAAN (ret)

Michael C. Polt
Ambassador (ret)

Marc Polymeropoulos
Senior Intelligence Service, CIA (ret)

Karyn Posner-Mullen
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eric G Postel
Former Associate Administrator, USAID

Phyllis M. Powers
Ambassador (ret)

E. Candace Putnam
Senior Foreign Service Officer (ret)

Monique Quesada
Senior Foreign Service Officer (ret)

Azita Raji
Ambassador (ret)

William C. Ramsay
Ambassador (ret)

David Rank
Senior Foreign Service Officer (ret)

Stephen J. Rapp
Ambassador (ret)

Scott Rauland
Retired SFS officer

Charles Ray
Ambassador (ret)

Evan Reade
Consul General (ret)

Frankie A. Reed
Ambassador (ret)

Helen Reed-Rowe
Ambassador (ret)

Susan Reichle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Arlene Render
Ambassador (ret)

Markham K. Rich
Rear Admiral, US Navy (ret)

Kathleen A. Riley
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gary D. Robbins
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas B. Robertson
Ambassador (ret)

Brooks A. Robinson
Senior Foreign Service (ret)

Harold L. Robinson
Rear Admiral, CHC USN (ret)

Terri Robl
Senior Foreign Service Officer (ret)

Donna G. Roginski
Senior Foreign Service (ret)

Peter F. Romero
Ambassador (ret)

Fernando E. Rondon
Ambassador (ret)

John V. Roos
Ambassador (ret)

Frank Rose
Former Assistant Secretary of State

Gerald S. Rose
Senior Foreign Service Officer (ret)

Doria Rosen
Ambassador (ret)

Sara Rosenberry
Senior Foreign Service (ret)

Christopher W.S. Ross
Ambassador (ret)

Richard Allan Roth
Ambassador (ret)

Leslie V. Rowe
Ambassador (ret)

Stapleton Roy
Ambassador (ret)

Nancy Rubin
Ambassador (ret)

Daniel Rubinstein
Ambassador (ret)

William A. Rugh
Ambassador (ret)

Theodore E. Russell
Ambassador (ret)

Melinda D. Sallyards
Senior Foreign Service Officer (ret)

John F. Sammis
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robin Renee Sanders
Ambassador (ret)

Janet A. Sanderson
Ambassador (ret)

Andrew H. Schapiro
Ambassador (ret)

David J. Scheffer
Ambassador (ret)

Richard J. Schmierer
Ambassador (ret)

James Schumacher
Senior Foreign Service Officer (ret)

John M. Schuster
Brigadier General, USA (ret)

Teresita C. Schaffer
Ambassador (ret)

Thomas Schieffer
Ambassador (ret)

Brenda Brown Schoonover
Ambassador (ret)

Jill Schuker
Former Special Assistant to the President for National Security Affairs

Deborah Schwartz
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eric P. Schwartz
Former Assistant Secretary of State

Stephen Schwartz
Ambassador (ret)

John F Scott
Senior Foreign Service (ret)

Kyle Scott
Ambassador (ret)

Rick Scott
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Stephen A. Seche
Ambassador (ret)

Theodore Sedgwick
Ambassador (ret)

Mark Seibel
Senior Foreign Service Officer (ret)

Raymond G.H. Seitz
Ambassador (ret)

Mike Senko
Ambassador (ret)

Daniel Serwer
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas A. Shannon, Jr.
Ambassador (ret)

Daniel Shapiro
Ambassador (ret)

Mattie R. Sharpless
Ambassador (ret)

John Shattuck
Ambassador (ret)

David B. Shear
Ambassador (ret)

William F. Sheehan
Former General Counsel, Department of Defense

Sally Shelton-Colby
Ambassador (ret)

Wendy R. Sherman
Former Undersecretary of State for Political Affairs

A. Ellen Shippy
Ambassador (ret)

Sandra Shipshock
Senior Foreign Service Officer (ret)

Douglas A. Silliman
Ambassador (ret)

Lawrence R. Silverman
Ambassador (ret)

Mark Silverman
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Paul Simons
Ambassador (ret)

John Sipher
CIA Senior Intelligence Service (ret)

Kristen B. Skipper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas F. Skipper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Emil Skodon
Ambassador (ret)

Kenneth N Skoug Jr.
Senior Foreign Service (ret)

Walter Slocombe
Former Undersecretary of Defense

Dana Shell Smith
Ambassador (ret)

Paul R. Smith
Senior Foreign Service Officer (ret)

Alan Solomont
Ambassador (ret)

Tara D. Sonenshine
Former U.S. Under Secretary of State for Public Diplomacy and Public Affairs

Daniel Speckhard
Ambassador (ret)

John Spilsbury
Senior Foreign Service Officer (ret)

Madelyn E. Spirnak
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas H. Staal
Senior Foreign Service Officer (ret)

Derwood K. Staeben
Senior Foreign Service (ret)

Sylvia G. Stanfield
Ambassador (ret)

Karin Clark Stanton
Ambassador (ret)

Donald K. Steinberg
Ambassador, USAID (ret)

Monica Stein-Olson
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Andrew Steinfeld
Senior Foreign Service Officer (ret)

Barbara Stephenson
Ambassador (ret)

Kathleen Stephens
Ambassador (ret)

Richard W. Stites
Senior Foreign Service (ret)

Cynthia Stroum
Ambassador (ret)

Arsalan Suleman
Former Special Envoy to the Islamic Conference

Joseph G. Sullivan
Ambassador (ret)

Howard J.K. Sumka
Senior Foreign Service Officer (ret)

Paul R. Sutphin
Senior Foreign Service Officer (ret)

William L. Swing
Ambassador (ret)

Christopher J. Szymanski
Senior Foreign Service Officer (ret)

Strobe Talbott
Former Deputy Secretary of State

Mary Tarnowka
Senior Foreign Service Officer (ret)

Francis Taylor
Brigadier General, USAF (ret)
Former DHS Under Secretary

Paul D. Taylor
Ambassador (ret)

Richard W. Teare
Ambassador (ret)

Mary Jane Teirlynck
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mark Tesone
Senior Foreign Service Officer (ret)

Patrick H. Theros
Ambassador (ret)

Harry Thomas
Ambassador (ret)

Daphne Michelle Titus
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mark Tokola
Senior Foreign Service Officer (ret)

Kurt W. Tong
Ambassador (ret)

Gregory F. Treverton
Former Chair, National Intelligence Council

Michael S. Tulley
Senior Foreign Service Officer (ret)

Andrew Turley
Major General, USAF (ret)

Robert H. Tuttle
Ambassador (ret)

Michael H. Van Dusen
Senior Congressional Committee Staff Member (ret)

Alan Van Egmond
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Elizabeth Verville
Former Deputy Assistant Secretary of State

Alexander Vershbow
Ambassador (ret)

Melanne Verveer
Ambassador (ret)

Philip L. Verveer
Former Deputy Assistant Secretary of State

Shari Villarosa
Ambassador (ret)

David G. Wagner
Senior Foreign Service Officer (ret)

Marcelle M. Wahba
Ambassador (ret)

Edward S. Walker
Ambassador (ret)

Howard K. Walker
Ambassador (ret)

Jenonne Walker
Ambassador (ret)

Jake Walles
Ambassador (ret)

Mark S. Ward
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mary Burce Warlick
Ambassador (ret)

John Warner
Senior Foreign Service (ret)

Thomas S. Warrick
Former Deputy Assistant Secretary, Department of Homeland Security

Alexander F. Watson
Ambassador (ret)

Linda E. Watt
Ambassador (ret)

Earl Anthony Wayne
Ambassador (ret)

Janice M. Weber
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

William Weinstein
Senior Foreign Service Officer (ret)

Alice G. Wells
Ambassador (ret)

Melissa Wells
Ambassador (ret)

Mark Wentworth
Senior Foreign Service (ret)

Joseph W. Westphal
Ambassador (ret)
Former Under Secretary of the Army

Bruce Wharton
United States Ambassador (ret)

Pamela White
Ambassador (ret)

Thomas J White
Senior Foreign Service (ret)

Jon A. Wiant
Senior Executive Service (ret)

Bisa Williams
Ambassador (ret)

Molly Williamson
Senior Foreign Service (ret)

Ashley Wills
Ambassador (ret)

Jonathan M. Winer
former Deputy Assistant Secretary of State

Timothy E. Wirth
Former Undersecretary of State

Frank G. Wisner
Ambassador (ret)

John L. Withers II
Ambassador (ret)

Tamara Cofman Wittes
Former Deputy Assistant Secretary of State

John S. Wolf
Ambassador (ret)

Kevin Wolf
Former Assistant Secretary of Commerce

David T. Wolfson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Burke M. Wong
Attorney-Advisor, Department of Justice (ret)

Mark F. Wong
Senior Foreign Service Officer (ret)

Brooks Wrampelmeier
Senior Foreign Service (ret)

Kenneth Yalowitz
Ambassador (ret)

Susumu Ken Yamashita
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

John Yates
Ambassador (ret)

Mary Carlin Yates
Ambassador (ret)

Frank Young
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Johnny Young
Ambassador (ret)

Thomas M. Young
Senior Foreign Service Officer (ret)

Marie L. Yovanovitch
Ambassador (ret)

Alan Yu
Senior Foreign Service Officer (ret)

Joseph Y. Yun
Ambassador (ret)

Uzra Zeya
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jane Zimmerman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Peter D. Zimmerman
Senior Executive Service (ret)

James Zumwalt
Ambassador (ret)

Peter B. Zwack
Brigadier General, US Army (ret)

David Zweifel
Ambassador (ret)


Présidentielle américaine: Attention, une fraude peut en cacher une autre ! (Despite all the money and clout of America’s corrupt Establishment, the people’s rebellion started by Trump will not so easily go away)

7 novembre, 2020

Donald Trump, Counterrevolutionary | AllSidesTJ3 Founder & Writer of the Deloration of Indie. #Jefferson | This or that questions, Lettering, The republicNo, Donald Trump is not Adolf Hitler - New York Daily NewsKing: Donald Trump has gone full blown Nazi on us - New York Daily NewsDonald Trump Has Escalated His Rhetoric. So Has The Press Covering Him : NPR

VoterID | U.S. Embassy in SwedenImage

Nous avons mis en place, je pense, l’organisation d’une fraude électorale la plus vaste et la plus inclusive de l’histoire de la politique américaine. Joe Biden
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces. Aujourd´hui, c´est le meilleur moyen. (Un temps.) Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A qui cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c´est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j´ai les mains sales. Jusqu´aux coudes. je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que tu t´imagines qu´on peut gouverner innocemment? Jean-Paul Sartre (Les mains sales, 1948)
That’s our motto. We want freedom by any means necessary. We want justice by any means necessary. We want equality by any means necessary. Malcom Little alias X
The revolution will not be televised, the revolution will be live. Gil Scott-Heron
Vous semblez … considérer les juges comme les arbitres ultimes de toutes les questions constitutionnelles; doctrine très dangereuse en effet, et qui nous placerait sous le despotisme d’une oligarchie. Nos juges sont aussi honnêtes que les autres hommes, et pas plus. Ils ont, avec d’autres, les mêmes passions pour le parti, pour le pouvoir et le privilège de leur corps. Leur maxime est boni judicis est ampliare jurisdictionem [un bon juge élargit sa compétence], et leur pouvoir est d’autant plus dangereux qu’ils détiennent leur fonction à  vie et qu’ils ne sont pas, comme les autres fonctionnaires, responsables devant un corps électoral. La Constitution n’a pas érigé un tribunal unique de ce genre, sachant que, quelles que soient les mains confiées, avec la corruption du temps et du parti, ses membres deviendraient des despotes. Il a plus judicieusement rendu tous les départements co-égaux et co-souverains en eux-mêmes. Thomas Jefferson (lettre à William Charles Jarvis, 28 septembre 1820)
Si le juge avait pu attaquer les lois d’une façon théorique et générale ; s’il avait pu prendre l’initiative et censurer le législateur, il fût entré avec éclat sur la scène politique ; devenu le champion ou l’adversaire d’un parti, il eût appelé toutes les passions qui divisent le pays à prendre part à la lutte. Mais quand le juge attaque une loi dans un débat obscur et sur une application particulière, il dérobe en partie l’importance de l’attaque aux regards du public. Son arrêt n’a pour but que de frapper un intérêt individuel ; la loi ne se trouve blessée que par hasard. Tocqueville
Qu’on y prenne garde, un pouvoir électif qui n’est pas soumis à un pouvoir judiciaire échappe tôt ou tard à tout contrôle ou est détruit. (…) L’extension du pouvoir judiciaire dans le monde politique doit donc être corrélative à l’extension du pouvoir électif. Si ces deux choses ne vont point ensemble, l’État finit par tomber en anarchie ou en servitude. Tocqueville (1835)
Est-ce qu’une erreur humaine, des bugs informatiques, un piratage ou d’autres problèmes ont modifié l’issue du vote ? Même si, à ce stade, il n’existe aucune preuve, les informations sur le hack [de la campagne démocrate] et l’interférence délibérée [de la Russie] font que cela vaut le coup d’enquêter. Ron Rivest et Philip Star (professeurs au MIT et à l’université de Californie, USA Today, 2016)
Voici un scénario possible. D’abord, les instigateurs enquêtent sur les bureaux de vote très en amont pour trouver comment pénétrer dans les ordinateurs. A l’approche de l’élection, quand les sondages montrent dans quels Etats les résultats seront serrés, ils diffusent un logiciel malveillant dans certaines machines de vote pour favoriser un candidat. Ce logiciel est conçu pour rester inactif pendant les tests préélection, fait son sale boulot le jour du scrutin, puis s’autoefface quand le bureau ferme. Les machines à voter américaines ont de sérieux problèmes de sécurité informatique. Cela fait des années que nous soulignons que ces machines sont des ordinateurs, avec des logiciels reprogrammables, et que si des pirates peuvent les modifier en infectant la machine avec un programme malveillant, ils peuvent lui faire dire absolument ce qu’ils veulent. (…) Je crois que l’explication la plus plausible est que les sondages étaient systématiquement erronés, non que le système électoral a été manipulé. John Alex Halderman (2016)
Et si l’élection surprise de Donald Trump s’expliquait par une fraude ciblée à la machine électronique ? C’est l’hypothèse qu’avancent plusieurs experts aux Etats-Unis, dont l’avocat en droit électoral John Bonifaz et le professeur en informatique de l’université du Michigan John Alex Halderman. Selon un article du New York Magazine du 22 novembre, l’entourage de Hillary Clinton a été alerté de possibles manipulations dans les Etats du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie, et pressé de déposer un recours pour contester les résultats. Selon leurs analyses, dans le Wisconsin, la candidate démocrate a obtenu en moyenne 7 % de voix de moins dans les bureaux de vote équipés de machines électroniques que dans les bureaux pratiquant le décompte manuel. Un écart équivalent à 30 000 électeurs, dans un Etat où l’ancienne première dame des Etats-Unis n’a été battue que de 27 000 voix. Or, plusieurs observateurs relèvent que quelques centaines de bureaux de vote suffisent à faire changer l’issue d’un scrutin serré. Les machines de vote électronique américaines ne sont pas réputées pour leur niveau de sécurité drastique. Comme le rappelle l’ingénieure et mathématicienne Emily Gorcenski sur Twitter, alors qu’un simple capteur de pouls nécessite pas moins d’une dizaine d’étapes de certification, il n’y a ni évaluation du code informatique, ni recherche de faille, ni suivi des versions du logiciel pour les urnes électroniques. Pirater les systèmes informatiques des machines à voter n’a dès lors rien d’impossible, détaille le spécialiste en sécurité informatique John Alex Halderman dans une tribune sur le réseau social Medium (…) Pour cela, la machine n’a pas besoin d’être connectée à Internet : il suffit que l’ordinateur à partir duquel elle a été configurée pour le scrutin du jour soit infecté pour qu’elle puisse l’être à son tour, par l’actualisation de ses données par carte mémoire ou clé USB. (…) Ces doutes se font jour dans un contexte particulièrement tendu, où non seulement la victoire de Donald Trump a fait beaucoup de mécontents, mais aussi où des soupçons d’interventions russes ont pesé dès la primaire démocrate. Des irrégularités et cyberattaques combinées aux positions prorusses du candidat républicain ont rapidement suscité des suspicions d’une interférence de Moscou en faveur de Donald Trump. John Alex Halderman le reconnaît, ce scénario aurait encore relevé de la science-fiction il y a quelques années. Mais pas en 2016, notamment depuis le piratage du Comité national démocrate et de la messagerie électronique de John Podesta, le responsable de campagne de Hillary Clinton. Donald Trump, lors d’une interview en juillet, a publiquement invité la Russie à « fouiller » les e-mails de Mme Clinton afin de révéler au grand jour ceux qu’elles n’auraient pas transmis au FBI. Washington a affirmé voir la main de la Russie derrière ces intrusions, ce dont Moscou s’est défendu. Par ailleurs, dès octobre, l’administration Obama a accusé Moscou d’avoir piraté le système informatique électoral. « Ces vols et ces piratages ont pour but d’interférer dans le processus électoral américain », ont affirmé le département de la sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement américain (ODNI) dans un communiqué commun. Lors des élections elles-mêmes, des dysfonctionnements ont rapidement été observés dans plusieurs Etats. Dans certains bureaux de la banlieue de Pittsburgh, en Pennsylvanie, plusieurs machines ont notamment inversé les votes qui leur étaient soumis. Ce dysfonctionnement a toutefois touché indifféremment les deux partis, et la source du problème a rapidement été identifiée, puis corrigée. D’autres alertes concernant des machines en panne ou défectueuses ont également été signalées dans l’Utah et le Colorado. Même si ce ne furent que des événements courts et isolés, ils ont suffi à éveiller la méfiance des républicains, persuadés que le système leur était hostile et essayerait de leur barrer la route. Certains organes de presse d’extrême droite, comme OnlineMagazin, ont pour leur part diffusé des vidéos de dysfonctionnement de machines de vote en Pennsylvanie, et suggéré un complot ourdi par le milliardaire George Soros. Le jour du scrutin, à l’antenne de Fox News, Donald Trump lui-même s’était montré inquiet des vulnérabilités du vote électronique, quelques heures avant d’apprendre qu’il avait remporté l’élection. « Est-ce qu’une erreur humaine, des bugs informatiques, un piratage ou d’autres problèmes ont modifié l’issue du vote ? Même si, à ce stade, il n’existe aucune preuve, les informations sur le hack [de la campagne démocrate] et l’interférence délibérée [de la Russie] font que cela vaut le coup d’enquêter », affirment à leur tour dans une tribune parue sur USA Today Ron Rivest et Philip Star, professeurs au MIT et à l’université de Californie, et membres du comité d’assistance technique aux élections américaines. Alors que Hillary Clinton a jusqu’à vendredi 25 novembre pour déposer un recours, faut-il croire à une cyberattaque ? A priori non, affirme Nate Silver, analyste et prévisionniste électoral réputé, fondateur du site FiveThirtyEight, à partir d’une analyse non pas informatique ou géopolitique du scrutin, mais sociologique et démographique. Pour tenter d’isoler l’éventuelle influence du système de vote, manuel ou électronique, le statisticien a rapporté les différences de vote dans les comtés du Wisconsin à d’autres critères plus classiques : couleur de peau, niveau d’éducation et revenu. Les résultats, observe-t-il, ne sont généralement pas significativement différents lorsque le bureau fonctionne avec des appareils électroniques et lorsque le vote et le dépouillement se font à la main. Mais alors, pourquoi 7 % de différence dans le vote Clinton, d’un type de vote à un autre ? Là encore, pour Nate Silver, ce sont les différences démographiques entre les comtés équipés de systèmes électroniques et les autres qui pourraient expliquer les écarts de résultats. Selon l’analyste américain, un seul cas de figure très précis pourrait expliquer cette absence de corrélation sans invalider l’hypothèse d’un piratage : que les pirates aient anticipé les variables électorales par couleur de peau, par niveau d’éducation et par revenu, et choisi précisément de viser les bureaux de vote où la sociologie des électeurs rende mathématiquement indétectable l’effet d’une intrusion informatique. Par exemple, si la forte proportion d’individus peu diplômés augmente le score républicain, et que seuls les bureaux de vote de ce type sont piratés, l’impact du piratage est indétectable. Le scientifique J. Alex Halderman lui-même reste prudent, en dépit des multiples indices de vulnérabilité des machines à voter. « Je crois que l’explication la plus plausible est que les sondages étaient systématiquement erronés, non que le système électoral a été manipulé », estime-t-il. Il réclame néanmoins une enquête pour en avoir le cœur net et rappelle que seul le vote papier peut prémunir les électeurs contre le risque d’un détournement du système électronique. Le Monde (25.11.2006)
Plusieurs sites d’extrême droite français ont repris une rumeur sur la supposée découverte d’un ancien enquêteur du FBI censée prouver une triche organisée par le candidat démocrate. Un système de fraude massive à l’occasion de l’élection présidentielle américaine aurait-il été découvert par deux enquêteurs, dont un ancien du FBI ? C’est la rumeur reprise, sans le moindre élément de preuve, par plusieurs médias français pro-Trump. Ce que dit la rumeur. Deux enquêteurs américains, dont un ancien employé du Federal Bureau of Investigation (FBI), auraient découvert, avec « des preuves vidéo, des documents et des témoins » pour l’attester, l’existence d’une « opération illégale de récolte de bulletins de vote [qui] pourrait détourner 700 000 bulletins ». Cette affirmation a notamment été popularisée par les sites d’extrême droite Resistances 2020 et Europe Israël. Cette accusation, très populaire dans les cercles trumpistes américains, s’appuie sur une attestation sur l’honneur qui existe bel et bien. Signée par un détective privé républicain, Charles F. Marler, elle date du mois de septembre. Celui-ci y expliquait qu’un système de fraude avait été mis en place par les démocrates dans le comté de Harris, dans le Texas. Problème : le détective privé prétend posséder de nombreuses preuves et témoignages, mais n’en produit aucun. L’attestation, jugée vague et dépourvue de fondements suffisants, a donc été estimée peu crédible par les responsables du comté, relate le site de vérification américain Snopes. Faute d’élément, rien ne permet d’affirmer que des manipulations électorales ont eu lieu au Texas. Du reste, l’issue du vote n’accrédite pas l’idée qu’une triche de grande ampleur aurait profité au Parti démocrate. L’Etat a en effet été remporté par Donald Trump avec 52,8 % des votes. Les décodeurs du Monde (06.11.2020)
Des soutiens de Donald Trump profitent de l’incertitude qui entoure l’issue du scrutin pour accuser Joe Biden et les démocrates de fraude. (…) L’élection présidentielle américaine de 2020, dont le résultat n’était pas encore connu vendredi 6 novembre dans l’après-midi, a apporté son lot de rumeurs et suspicions sur la bonne tenue du scrutin. Celles-ci vont toutes dans le même sens : reprenant un argumentaire lancé très en amont par Donald Trump, elles accusent le camp démocrate de truquer l’élection pour faire perdre l’actuel président. (…) Une rumeur sur Facebook affirme que les listes électorales dans l’Etat du Michigan, remporté mercredi 4 novembre par le candidat démocrate, Joe Biden, sont frauduleuses. Des soutiens de Donald Trump partagent sur les réseaux sociaux une image diffusée à la télévision américaine, pour confirmer les allégations du président sortant qui dénonce un supposé « vol » du scrutin. La capture d’écran, qui provient de la chaîne locale Fox 2 Detroit, indique qu’une action en justice a été ouverte pour enquêter sur les électeurs de la plus grande ville du Michigan. Elle détaille les irrégularités observées sur les listes électorales : « 4 788 inscriptions en double, 32 519 électeurs inscrits de plus que ce que l’Etat en compte, 2 503 personnes décédées inscrites, un électeur né en 1823. » Pourquoi c’est faux. L’image est authentique, et les informations aussi. Sauf que cette action en justice n’a pas été intentée pendant les élections américaines de 2020. Elle a été initiée en 2019 par la Public Interest Legal Foundation, une organisation conservatrice proche de Donald Trump, et hostile au vote par correspondance, qui a intenté des poursuites judiciaires dans le pays pour s’assurer de la mise à jour des listes électorales, comme l’explique le site américain Politifact. En décembre 2019, la Public Interest Legal Foundation a attaqué la ville de Détroit, l’accusant de détenir des listes électorales frauduleuses. Six mois plus tard, en juin 2020, les poursuites judiciaires ont été abandonnées, car l’organisation a estimé que les listes électorales avaient été finalement corrigées. En résumé, l’image date de 2019 et n’a donc pas été diffusée à la télévision pendant l’élection présidentielle actuelle. De plus, les listes électorales à Détroit ont été mises à jour avant l’élection. A l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun soupçon de fraude électorale n’a été documenté dans le Michigan en ce qui concerne le scrutin du 4 novembre. (…) Dans un court extrait vidéo d’une vingtaine de secondes, repris notamment en France par le site de « réinformation » Dreuz, Joe Biden en personne déclare face caméra (la traduction est de Dreuz) : « Deuxièmement, nous sommes dans une situation où nous avons mis en place – et vous l’avez fait pour notre administration, celle du président Obama, avant celle-ci – nous avons mis en place, je pense, l’organisation de fraude électorale la plus étendue et la plus inclusive de l’histoire de la politique américaine. » L’extrait provient d’un podcast diffusé fin octobre, dans lequel Joe Biden répond aux questions de Crooked Media, un média de gauche fondé par des proches de Barack Obama. Sorti de son contexte, il ressemble à un aveu. Remis dans son contexte, il est tout le contraire : le candidat démocrate explique comment son équipe compte lutter contre les tentatives du camp républicain pour dissuader les électeurs démocrates. Cette stratégie de « suppression des électeurs », fort bien expliquée par Franceinfo, consiste par exemple à refuser les cartes d’étudiants mais à accepter les permis de port d’arme comme pièce d’identité à l’entrée des bureaux de vote pour favoriser les électeurs républicains. Face à ces techniques, qui visent notamment les électeurs noirs, traditionnellement enclins à voter démocrate, Joe Biden explique que son équipe a mis en place un site pour faciliter les démarches des électeurs concernés, Iwillvote.com (Je vais voter). Ce qu’il décrit [au-delà de son lapsus] n’est donc pas un système de fraude, mais au contraire un système de lutte contre la fraude électorale que l’ancien vice-président attribue à son adversaire. (…) 700 000 bulletins en faveur de Joe Bien « seraient apparus miraculeusement ». Selon cette infox, née en août et ravivée depuis début novembre, respectivement 500 000 et 200 000 bulletins auraient été attribués frauduleusement à des personnes mortes et des animaux de compagnie en Virginie et au Nevada. La rumeur s’est diffusée sur les réseaux sociaux en France, où l’on peut lire, par exemple, que « même les morts ont voté pour Biden ». Faux. Ce qui est vrai, c’est que 700 000 bulletins ont été envoyés de manière incorrecte. D’une part, en Virginie, 500 000 bulletins comportaient l’adresse du mauvais bureau de vote sur l’enveloppe de retour : les électeurs étaient encouragés à envoyer leur courrier à la ville de Fairfax, et non au comté de Fairfax, entité administrative compétente pour l’élection. Le comté de Fairfax s’est excusé pour cette erreur et s’est engagé à prendre à ses frais le transport des bulletins vers le bon bureau de vote. Absolument rien ne permet d’affirmer que les votes en question allaient dans le sens du candidat Joe Biden ou de Donald Trump. La seconde erreur s’est produite au Nevada, où des bulletins avaient été envoyés systématiquement à tous les électeurs en raison de la pandémie. 226 000 enveloppes de vote ont été renvoyées aux autorités en charge du processus électoral, car elles étaient arrivées à des adresses où ne résidaient plus leurs destinataires, pour une raison ou une autre (décès, déménagement, erreur administrative, etc.). Certains, dans le lot, ont donc pu arriver chez des personnes mortes. Deb Wake, présidente de la ligue des électrices de Virginie, interrogée par la radio WTop, explique que quelqu’un lui a rapporté qu’un mort et un animal de compagnie avaient reçu un courrier électoral. Le site de vérification américain Politifact rappelle toutefois qu’il s’agit d’un cas de figure très fréquent dans une élection. « Si on envoie un bulletin de vote aujourd’hui et que l’électeur meurt demain, il recevra quand même le courrier », explique Wayne Torley, secrétaire adjoint aux élections du Nevada. Cela ne constitue pas une fraude, sauf si une personne remplit le bulletin au nom du mort – mais rien ne permet d’affirmer que cela a été le cas. (…) La courbe des votes en faveur du candidat démocrate Joe Biden est caractérisée par des envolées abruptes, à la verticale, signe que le scrutin a été truqué pour le faire remonter d’un coup. C’est du moins ce qu’estiment les relais français du candidat républicain. « Les démocrates, quand vous fraudez soyez discrets svp », interpelle ainsi Damien Rieu, figure de la fachosphère française. Le magistrat Charles Prats, ancien soutien de François Fillon, suggère lui aussi un trucage, « ni vu ni connu », dans un Tweet qui reprend les mêmes graphiques. Trompeur. Ces deux graphiques affichant une remontée spectaculaire sont authentiques. Ils ont été publiés par les journalistes de FiveThirtyEight, un site américain d’analyse politique reconnu, sur leur blog de suivi en direct de l’élection. Cette courbe est due à un biais statistique : au lieu d’égrener progressivement les scrutins au fur et à mesure de la journée, certains Etats publient les résultats par à-coups, en faisant remonter en même temps un très grand nombre de votes dépouillés, d’où ce bond. Mais ces augmentations soudaines ne profitent pas au seul camp démocrate, explique Curt Villarosa, responsable des affaires publiques d’ABC News, le média propriétaire de FiveThirtyEight, au site de vérification américain Politifact : « Tous n’étaient pas 100 % pour Biden. Sous la ligne bleue, il y a aussi une ligne rouge représentant les milliers de votes pour Trump. Il y a par ailleurs des contre-exemples où la courbe de Trump explose soudainement quand un lot de scrutins favorables est pris en compte. » En effet, d’autres graphiques publiés par FiveThirtyEight permettent de retrouver le même phénomène d’envolée soudaine de la courbe. Celui-ci est décorrélé du candidat. Ainsi dans Iowa (IA sur le graphique), Biden comme Trump ont vu leur nombre de votes exploser dans des proportions quasi égales en milieu de journée, et relativement similaires en début de journée dans le Kansas (KS). Dans le Montana (MT), les lots tardifs ont plutôt été en faveur de Trump, se traduisant par des bonds à la verticale dans la courbe du président sortant. (…) Alors que l’issue de l’élection américaine demeure incertaine, rien n’est en mesure de corroborer les accusations de fraude de Donald Trump. Les exemples cités plus haut, relayés en nombre par les supporteurs du président américain sortant, sont faux. Comme la vidéo d’un homme qui brûle fièrement des bulletins de vote pro-Trump. En réalité, ces bulletins sont des échantillons qui ne sont pas utilisés pour le vote. Eric Trump, lui, n’a toujours pas supprimé son Tweet. La rumeur sur les 40 000 bulletins de votes non pris en compte en Géorgie est également une infox. Sur Twitter, le comté de DeKalb a qualifié cette information d’« erronée » et expliqué que seuls 200 bulletins, et non pas 40 000, avaient été mis de côté provisoirement. Chacun des électeurs concernés sera contacté afin de confirmer les votes, a assuré le comté. (…) Un autre élément de discours récurrent consiste à s’étonner que des lots entiers de votes soient intégralement en faveur de l’ancien vice-président, comme dans le Michigan, où Joe Biden s’est vu créditer de plus de 138 339 voix d’un coup. Une anomalie statistique qui prouverait une magouille électorale. (…) Vrai, mais l’erreur a été corrigée. La carte qui circule est celle de Decision Desk HQ, une entreprise d’agrégation de résultats électoraux. Celle-ci a reconnu une erreur de saisie dans les données envoyées par l’Etat du Michigan. L’origine précise de l’erreur a été repérée par un internaute : dans le comté de Shiawassee (68 122 habitants), Joe Biden a été crédité de 153 710 votes (notez le zéro à la fin) au lieu de 15 371. Entre les deux chiffres, un différentiel de 138 339, soit pile le nombre de scrutins erronés attribués au niveau du Michigan à Joe Biden. « Cela arrive les nuits d’élection et nous pensons que d’autres agrégateurs de votes du Michigan ont rencontré la même erreur et l’ont corrigée en temps réel comme nous l’avons fait », s’est justifié un porte-parole à BuzzFeed. Les résultats ont depuis été corrigés. Malgré cela, le candidat démocrate a tout de même remporté d’une courte tête les 16 grands électeurs du Michigan. L’actuel locataire de la Maison Blanche a annoncé qu’il déposerait un recours pour contester le résultat. Les décodeurs du Monde
Ce qui est vraiment stupéfiant, c’est l’hubris qui se reflète dans le Putsch judiciaire d’aujourd’hui. Antonio Scalia
J’ai été commis au juge Scalia il y a plus de 20 ans, mais les leçons que j’ai apprises résonnent toujours. Sa philosophie judiciaire est aussi la mienne: un juge doit appliquer la loi telle qu’elle est écrite. Les juges ne sont pas des décideurs politiques, et ils doivent être résolus à mettre de côté toutes les opinions politiques qu’ils pourraient avoir. Amy Coney Barrett
The Court has needlessly created conditions that could lead to serious post-election problems. The Supreme Court of Pennsylvania has issued a decree that squarely alters an important statutory provision enacted by the Pennsylvania Legislature pursuant to its authority under the Constitution of the United States to make rules governing the conduct of elections for federal office, Act 77, which permitted all voters to cast their ballots by mail but unambiguously required that all mailed ballots be received by 8 p.m. on election day. The law also specified that if this provision was declared invalid, much of the rest of Act 77, including its liberalization of mail-in voting, would be void. Yet in the face of Act 77’s deadline, a divided Pennsylvania court “decreed that mailed ballots need not be received by election day.” Instead, it confected a new rule — that ballots “are to be treated as timely if they are postmarked on or before election day and are received within three days thereafter.” Quaker State sages also ordered that a ballot with no postmark must be accepted if received on time. A month ago, the GOP in Pennsylvania and the Quaker State Senate’s leaders asked the U.S. Supreme Court to stay the Pennsylvania’ Supreme Court’s decision. They argued the state court decision violated the U.S. constitution and “the federal statute setting a uniform date for federal elections.” Yet the our high court denied the stay — “by an equally divided vote. Justice Alito (October 28, 2020)
Quelques semaines avant une élection nationale, un juge de district fédéral a décrété que la loi du Wisconsin enfreignait la Constitution en obligeant les électeurs absents à retourner leur bulletin de vote au plus tard le jour du scrutin. Le tribunal a rendu sa décision même si plus de 30 États appliquent depuis longtemps la même date limite de vote par procuration – et pour des raisons compréhensibles: les élections doivent se terminer à un moment donné, une seule date limite fournit un avis clair et l’exigence que les bulletins de vote aient lieu le jour du scrutin met tous les électeurs sur le même pied. «Le bon sens, ainsi que le droit constitutionnel, obligent à la conclusion ce gouvernement doit jouer un rôle actif dans la structuration des élections », et les États ont toujours exigé des électeurs« qu’ils agissent en temps opportun s’ils souhaitent exprimer leur point de vue dans l’isoloir ». Burdick v. Taku-shi, 504 US 428, 433, 438 (1992). Pourquoi le tribunal de district a-t-il cherché à saborder une tradition si ancienne dans ce domaine? COVID. En raison de la pandémie actuelle, le tribunal a suggéré qu’il était libre de substituer sa propre date limite électorale à celle de l’État. Peu importe qu’en réponse à la pandémie, la Commission électorale du Wisconsin ait décidé d’envoyer par courrier aux électeurs inscrits une demande de vote par correspondance et une enveloppe de retour au cours de l’été, de sorte que personne n’ait eu à en demander une. Qu’importe que les électeurs soient également libres de rechercher et de renvoyer les bulletins de vote par correspondance depuis septembre. Peu importe que les électeurs puissent renvoyer leurs bulletins de vote non seulement par la poste, mais aussi en les apportant au bureau du greffier du comté ou dans diverses boîtes de dépôt «sans contact» organisé localement ou dans certains bureaux de vote le jour du scrutin. N’oubliez pas que ceux qui ne sont pas en mesure de voter le jour du scrutin ont encore d’autres options dans le Wisconsin, comme voter en personne pendant une période de vote de deux semaines avant le jour du scrutin. Et n’oubliez pas que le tribunal lui-même a trouvé que la pandémie constituait une menace insuffisante pour la santé et la sécurité des électeurs pour justifier la refonte des procédures du vote en personne de l’État. Il est donc incontestable que le Wisconsin a fait des efforts considérables pour accueillir le vote anticipé et répondre à la COVID. Le seul grief possible du tribunal de district est que l’État n’a pas fait assez. Mais à quel moment en a-t-on fait assez ? Si le délai légal de vote par procuration du Wisconsin peut être écarté du fait du statut de l’État en tant que «hotspot» COVID, qu’en est-il des délais identiques dans 30 autres États? Dans quelle mesure un État (ou peut-être une partie de celui-ci) doit-il être un «point chaud» avant que les juges décident d’improviser une nouvelle législation ? Ensuite, il y a la question de savoir ce que devraient être ces nouvelles échéances ad hoc. Le juge dans cette affaire a ajouté 6 jours à la date limite des élections de l’État, mais pourquoi pas 3, 7 ou 10, et qu’est-ce qui empêcherait différents juges de choisir (comme ils le feraient sûrement) des délais différents dans différentes juridictions? Une politique étatique largement partagée cherchant à concrétiser le jour des élections céderait la place à une Babel de décrets. Et comment empêcher les tribunaux de modifier également les règles du vote en personne? Ce juge a refusé d’aller aussi loin, mais les plaignants pensaient qu’il aurait dû le faire, et il n’est pas difficile d’imaginer que d’autres juges acceptent des invitations à élargir les cartes de la circonscription et à décider si les États devraient ajouter des bureaux de vote, réviser leurs horaires, réorganiser les isoloirs en leur sein, ou peut-être même compléter les protocoles existants de distanciation sociale, de lavage des mains et de ventilation. La Constitution dicte une approche différente de ces questions d’où on met la barre. La Constitution stipule que les législatures des États – et non ni les juges fédéraux, ni les juges des États, ni les gouverneurs des États, ni les autres représentants de l’État – portent la responsabilité principale de l’établissement des règles électorales. Art. I, §4, cl. 1. Et la Constitution offre également un deuxième niveau de protection. Si les règles de l’État doivent être révisées, le Congrès est libre de les modifier. Ibid. («Les heures, les lieux et les modalités de tenue des élections des sénateurs et des représentants sont prescrits dans chaque État par la législature de celui-ci; mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements…»). Rien dans notre document fondateur n’envisage le type d’intervention judiciaire qui a eu lieu en l’espèce, et il n’y a pas non plus de précédent en 230 ans de décisions de cette Cour. Et avec raison. Les législateurs peuvent être tenus responsables par les citoyens des règles qu’ils écrivent ou ne parviennent pas à rédiger; mais généralement, pas les juges. Les législatures élaborent des politiques et mettent en œuvre la sagesse collective de tout le peuple lorsqu’elles le font, tandis que les tribunaux ne rendent le jugement que pour une seule personne ou une poignée d’individus. Les législatures disposent de ressources beaucoup plus importantes pour la recherche et l’établissement des faits sur les questions de science et de sécurité que celles qui peuvent habituellement être réunies dans un litige entre des parties distinctes devant un juge unique. En prenant leurs décisions, les législateurs doivent faire des compromis pour parvenir au large consensus social nécessaire pour promulguer de nouvelles lois, ce qui n’est pas facilement reproductible dans les salles d’audience où généralement une partie doit gagner et l’autre perdre. Bien entendu, les processus démocratiques peuvent s’avérer frustrants. Parce qu’ils ne peuvent pas facilement agir sans un large consensus social, les législatures sont souvent lentes à réagir et tièdes quand elles le font. La clameur pour que les juges interviennent et abordent les problèmes émergents, et la tentation pour les juges individuels de combler le vide de l’inaction perçue peut être grande. Mais ce qui semble parfois être une faute dans la conception constitutionnelle était une caractéristique pour les rédacteurs, un moyen de garantir que tout changement du statu quo ne serait pas fait à la hâte, sans délibération minutieuse, consultation approfondie et consensus social. Nous ne pouvons pas non plus annuler cet arrangement simplement parce que nous pourrions être frustrés. Notre serment de respecter la Constitution est mis à l’épreuve par les temps difficiles, pas par les temps faciles. Et céder à la tentation de contourner les règles constitutionnelles habituelles n’est jamais gratuit. Cela porte atteinte à la foi en la Constitution écrite en tant que loi, au pouvoir du peuple de superviser son propre gouvernement et à l’autorité des législatures, car plus nous assumons leurs devoirs, moins ils sont incités à les remplir. Les modifications de dernière minute des règles électorales de longue date risquent également de générer d’autres problèmes, suscitant la confusion et le chaos et érodant la confiance du public dans les résultats électoraux. Personne ne doute que la tenue d’élections nationales en période de pandémie pose de sérieux défis. Mais rien de tout cela ne signifie que les juges individuels peuvent improviser avec leurs propres règles électorales à la place de celles que les représentants du peuple ont adoptées. Justice Neil Gorsuch (October 26, 2020)
U.S. Supreme Court Justice Samuel Alito on Friday night ordered county election boards in Pennsylvania to comply with a state directive to separate mail-in ballots received after 8 p.m. on Election Day from other ballots. The order came in a case pending before the justices to invalidate a September decision by the state’s highest court that allowed election officials to count mail-in ballots postmarked by Tuesday’s Election Day that are delivered through Friday. Alito granted the request by Pennsylvania Republicans to separate the ballots without first referring the request to the other justices. The decision comes as Democrat Joe Biden edged closer to winning the White House on Friday, expanding his narrow leads over President Donald Trump in battleground states including Pennsylvania. The Supreme Court had twice rebuffed Pennsylvania Republicans in the case, rejecting a request in October to block the lower court ruling and later refusing to fast-track their consideration of an appeal. The justices said they might revisit the case after Nov. 3. In its request on Friday, the Republican Party of Pennsylvania said it was unclear whether all 67 county election boards were complying with Secretary of the Commonwealth Kathy Boockvar’s Oct. 28 directive to separate late-arriving ballots. Late-arriving ballots are a tiny proportion of the overall vote in the state, Boockvar has said. Reuters
Tout au long de l’été, plusieurs cours suprêmes étatiques ont en effet pris des mesures autorisant la réception et le comptage des bulletins de vote même arrivés jusqu’à plusieurs jours après le 3 novembre. Au motif que l’extension permettrait une meilleure prise en compte des votes à distance en période de pandémie, la cour de Pennsylvanie a ainsi autorisé les votes arrivant jusqu’au 6 novembre. Dans le Nevada, le délai court jusqu’au 10 novembre. En Caroline du Nord, c’est jusqu’au 12 novembre que les votes envoyés peuvent être réceptionnés. Environ vingt états ont vu cette tolérance mise en place, parfois contre l’avis des parlements. Des décisions qui avaient été très controversées : pour le parti républicain, le contexte sanitaire ne justifiait en rien une extension du délai de vote à distance, de toute façon sans risque. De plus, selon les équipes de campagne du président en exercice, les cours suprêmes locales outrepassaient leurs pouvoirs, car le choix des modalités de vote revient normalement aux assemblées législatives de chaque État. Les possibilités de fraude électorale par ce biais avaient également été soulevées : dans le Minnesota, les avocats du parti républicain, cités par MPRNews, avaient souligné que les modalités locales «[autorisaient] les votes reçus jusqu’à huit jours après le scrutin et sans cachet postal à être pris en compte». En réponse, plusieurs médias soulignaient que, le vote à distance étant traditionnellement plutôt utilisé par les électeurs démocrates aux États-Unis, les Républicains refusaient un mécanisme défavorable pour eux. Consultée sur la mesure de ce type prise en Pennsylvanie, la Cour suprême des États-Unis a botté en touche le 28 octobre, refusant de bloquer la décision, tout en indiquant qu’elle se réservait le droit de revenir sur sa position après l’élection. Dans le détail, quatre juges conservateurs (Clarence Thomas, Samuel Alito Jr, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) avaient défendu la requête républicaine, tandis que quatre autres juges (les libéraux Stephen H. Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan et le président conservateur de la Cour John Roberts) souhaitaient la rejeter. Précision d’importance, la nouvelle juge Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, n’avait pas pris part à ce débat, selon CNN. Hier mardi, Donald Trump est revenu sur l’affaire et a déclaré dans un tweet que la décision de la Cour suprême était «TRÈS dangereuse […]. Cela va permettre une triche effrénée et incontrôlée et saper l’ensemble de notre État de droit. (…) Donald Trump et son équipe de campagne avaient déjà prévenu qu’ils pourraient entamer une action juridique pour interdire la prise en compte de ces bulletins postaux en retard, en interrogeant la capacité des cours suprêmes locales à imposer ces mécanismes, au regard de la Constitution américaine. Justin Clark, gestionnaire de campagne de Trump, affirmait dès lundi : «Ne vous y trompez pas, le président et son équipe continueront de se battre pour des élections libres et équitables et des résultats fiables que tous les Américains méritent». Selon The Hill , les actions juridiques de contestation devront commencer au niveau local avant d’atteindre, éventuellement, la Cour suprême. Si les votes pris en compte malgré leur retard s’avèrent déterminants pour l’élection, cela pourrait rallonger d’autant la période d’incertitude commencée cette nuit. Luc Lenoir
Contrairement à certaines observations, les protestations de Donald Trump ne se concentrent pas tant sur l’avantage politique du vote par courrier, que sur les risques de fraude. Et il semble qu’il y ait quelques raisons d’organisation à cela. L’actuel président n’est en effet pas opposé à la procédure à distance, mais pourfend la procédure du « mail-in ballot », qu’on peut traduire par scrutin postal, lui préférant l' »absentee ballot » ou vote par procuration. Les détails peuvent varier en fonction des États, mais généralement, le vote par procuration requiert d’abord une demande de vote à distance, puis un renvoi de son bulletin. Dans le scrutin postal, tous les électeurs reçoivent sans la demander une enveloppe, qu’ils doivent simplement renvoyer avec leur choix électoral. Une procédure qui pourrait selon Donald Trump encourager les fraudes : dans une interview à Fox News, le président citait un problème sur des courriers de vote spontané en Virginie avec «500.000 lettres envoyées à n’importe qui. À des chiens, à des morts… Personne ne sait ce qui est arrivé». Ses opposants ont répondu que les lettres frauduleuses ne l’étaient pas et n’étaient viciées que par des erreurs sur l’adresse de retour en cas de problème, différente de l’adresse du destinataire. Si la plupart des États pratiquent avec plus ou moins de restrictions le vote par procuration, cinq d’entre eux utilisent déjà le scrutin postal, et quatre nouveaux (Californie, Nevada, New-Jersey et Vermont) envisagent de le faire. Inscrit sur les listes électorales en Floride mais ne pouvant se rendre sur place le 3 novembre, Donald Trump a défendu le vote par procuration en août, en insistant sur la distinction avec les scrutins postaux, qui «encouragent la fraude électorale». (…) Une affaire récente pourrait donner un écho aux inquiétudes du camp présidentiel : le New York Post a en effet publié la « confession » d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. C’est en évoquant le scrutin postal que le témoin du New York Post affirme que la fraude y « est plus une règle qu’une exception ». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. (…) Le doute subsiste en outre sur les listes utilisées dans le cadre d’un scrutin postal, et l’utilisation qui pourrait être faite d’adresses frauduleuses ou inventées. Sur les réseaux sociaux, des partisans de Donald Trump relèvent des différences visibles entre les enveloppes envoyées aux électeurs enregistrés au parti démocrate et celles des républicains, y voyant des « manœuvres », tandis que plusieurs journalistes soulignent que les fraudes au scrutin postal restent statistiquement faibles. L’affaire du vote par courrier semble donc surtout illustrer le fossé politique et la méfiance qui règne désormais entre camps d’opinion aux États-Unis… et qui pourraient amener à des controverses sérieuses en novembre prochain. Luc Lenoir
Le vol de suffrages est en quelque sorte légalisé depuis l’institution du vote par correspondance et les abus commis en son nom. Joseph Tramoni (maire communiste de Sartène, 1975)
C’est un système qui permet totalement la fraude, car vous n’êtes sûr ni de l’émetteur ni du récepteur. Jean-Pierre Camby (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
J’espère que tout le monde va déménage en Géorgie, vous savez, dans un mois ou deux, et s’inscrire pour voter et voter pour ces deux sénateurs démocrates. Thomas Friedman (NYT)
Evelyn et moi déménageons en Géorgie pour aider @ossoff et @ReverendWarnock à gagner ! Andrew Yang
These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.Eric Levitz (New York Magazine)
I will go to GA to help win these Senate seats. I will get a Covid test every day. I will live at Tyler Perry’s movie studio. I will get re-bar mitzvah’ed at whichever synagogue Jon Ossoff and his wife attend. We MUST win these Senate seats. I WILL DO WHAT NEEDS TO BE DONE! U in? Billy Eichner (Hollywood actor)
Nous allons continuer ce processus sur tous les plans permis par la loi pour garantir que le peuple américain ait confiance en notre gouvernement. Je ne renoncerai jamais au combat pour vous et pour notre nation. Président Trump
I won the largest share of non-white voters of any Republican in 60 years, including historic numbers of Latino, African American, Asian American, and Native American voters — the largest ever in our history. We grew our party by 4 million voters, the greatest turnout in Republican Party history. Democrats are the party of the big donors, the big media, the big tech, it seems. And Republicans have become the party of the American worker, and that’s what’s happened. And we’re also, I believe, the party of inclusion. (…) Democrat officials never believed they could win this election honestly. I really believe that. That’s why they did the mail-in ballots, where there’s tremendous corruption and fraud going on. That’s why they mailed out tens of millions of unsolicited ballots without any verification measures whatsoever. And I’ve told everybody that these things would happen, because I’ve seen it happen. I watched a lot of different elections before they decided to go with this big, massive election with tens of millions of ballots going out to everybody — in many cases, totally unsolicited. This was unprecedented in American history. This was by design. Despite years of claiming to care about the election security, they refuse to include any requirement to verify signatures, identities, or even determine whether they’re eligible or ineligible to vote. (…) In Pennsylvania, partisan Democrats have allowed ballots in the state to be received three days after the election, and we think much more than that. And they are counting those without even postmarks or any identification whatsoever. So you don’t have postmarks; you don’t have identification. (…) I want every legal vote counted. We want openness and transparency — no secret count rooms, no mystery ballots, no illegal votes being cast after Election Day. You have Election Day, and the laws are very strong on that. You have an Election Day. And they don’t want votes cast after Election Day, and they want the process to be an honest one. It’s so important. We want an honest election, and we want an honest count, and we want honest people working back there because it’s a very important job. (…) I have been talking about this for many months with all of you. And I’ve said very strongly that mail-in ballots are going to end up being a disaster. President Trump
Bon, nous voilà encore dans la position inhabituelle de devoir non seulement interrompre le président des États-Unis, mais aussi de le corriger. Il n’y aucun vote illégal selon nos informations. Il n’y a pas non plus de victoire pour Monsieur Trump. Brian Williams (MSNBC)
Quelle triste nuit pour les États-Unis d’Amérique de voir leur président faussement accuser les gens d’essayer de voler l’élection, d’essayer d’attaquer la démocratie de cette façon avec son tissu de mensonges. Jake Tapper
Notre travail est de diffuser la vérité, pas des théories du complot infondées. Nicole Carrol (USA Today)
Il a fait mieux qu’à mon avis, il aurait dû faire avec les hommes noirs et hispaniques, ce qui signifie qu’il faut que nous réfléchissions vraiment dans la communauté des droits civiques, à la fois du côté latino et afro-américain, à une vraie conversation dans nos communautés sur ce que signifie d’être différent en termes de cette aspiration à l’esprit d’entreprise et à l’équité. Al Sharpton
C’est tellement dévastateur pour moi: le vote des hommes noirs pour Trump est passé de 13% en 2016 à 18% cette année. Le vote des femmes noires pour Trump a doublé, passant de 4% en 2016 à 8% cette année. De plus, une fois de plus, les sondages de sortie des urnes montrent qu’une majorité de femmes blanches votent pour Trump. De plus, le pourcentage de LGBT votant pour Trump a doublé par rapport à 2016. DOUBLÉ !!! C’est pourquoi les personnes LGBT de couleur ne font pas vraiment confiance aux homosexuels blancs. Oui, j’ai dit ce que j’ai dit. Un point, c’est tout. En outre, le pourcentage de Latinos et d’Asiatiques votant pour Trump a augmenté par rapport à 2016, selon les sondages de sortie des urnes. Encore plus de preuves que nous ne pouvons pas compter sur le «brunissement de l’Amérique» pour démanteler la suprémacie blanche et effacer l’anti-noirceur. Charles Blow (NYT)
Depuis 2017, David Faris, politologue à l’Université Roosevelt de Chicago, martèle ce message dans des articles, des entrevues et un livre intitulé It’s Time to Fight Dirty. Au cours des 20 dernières années, fait-il valoir, les républicains ont utilisé tous les moyens nécessaires pour renforcer leur représentation au Congrès et à la Cour suprême. Ils ont adopté des mesures pour réduire la participation électorale des minorités, des pauvres et des étudiants, qui tendent à voter pour les démocrates. Ils ont maximisé leur propre vote en découpant les circonscriptions électorales de certains États de façon hyper partisane. Ils ont privé les démocrates d’un siège à la Cour suprême en refusant d’examiner la nomination du juge Merrick Garland pour remplacer Antonin Scalia en 2016. La liste ne s’arrête pas là. Mais ce siège « volé » à la Cour suprême a convaincu David Faris que les démocrates devaient envisager des mesures de représailles. Dans It’s Time to Fight Dirty, publié en 2018, il leur a proposé une série d’actions pour assurer que le système de gouvernement américain reflète la volonté d’une majorité d’électeurs. Figurent parmi ces actions : l’ajout de sièges à la Cour suprême ; l’attribution du statut d’État à la capitale fédérale (le district de Columbia) et à Porto Rico ; l’abolition du « filibuster », technique d’obstruction parlementaire permettant à une minorité de 40 sénateurs de bloquer l’adoption d’un projet de loi. Les propositions de David Faris ont vite gagné des adeptes au sein de la gauche démocrate. Mais elles semblaient d’emblée trop radicales pour les plus modérés. Deux ans plus tard, ce n’est plus tout à fait le cas. Et la détermination des républicains de confirmer la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême avant même l’élection présidentielle n’est pas étrangère à ce changement. (…) Mais David Faris se garde aussi de se réjouir trop vite. Pour que l’une ou l’autre de ses idées se concrétisent, Joe Biden doit succéder à Donald Trump en tant que président, Chuck Schumer doit remplacer Mitch McConnell comme chef de la majorité au Sénat et Nancy Pelosi doit rester présidente de la Chambre des représentants. (…) Comment expliquer la différence entre la façon dont les républicains et les démocrates mènent leurs combats ? (…) David Faris évoque d’abord la menace existentielle que font peser sur le Parti républicain les changements démographiques. Il soulève ensuite la question de la polarisation politique, qui a contribué à son avis à une plus grande radicalisation des républicains que des démocrates. (…) De leur côté, a-t-il ajouté, les démocrates ont tendance à croire que « le temps joue en leur faveur » et que « le public punira l’hypocrisie ». (…)  la Chambre des représentants à majorité démocrate a adopté fin juin un projet de loi destiné à donner le statut d’État à la capitale fédérale. Barack Obama s’est pour sa part montré favorable à l’idée d’abolir le « filibuster » pour permettre l’adoption de nouvelles mesures pour protéger le droit de vote. « Si tout cela demande d’éliminer l’obstruction systématique, une autre relique de Jim Crow, afin de garantir les droits de chaque Américain, alors c’est ce que nous devrions faire », a déclaré l’ancien président lors des funérailles de la figure des droits civiques John Lewis, fin juillet. Il n’y a pas longtemps, Joe Biden écartait la plupart de ces idées du revers de la main, disant notamment se méfier des conséquences imprévues. Aujourd’hui, il qualifie de « légitimes » les questions sur le sujet, mais refuse d’y répondre. Richard Hétu
For four years now, Democrats and their media allies have tarred President Trump as a reprehensible white supremacist leading a dying party. The Trumpian, populist GOP, they claimed, was doomed to become a regional rump party, whose electoral prospects were tied to a shrinking share of bitter, downscale whites. That narrative was always bunk. It finally died, once and for all, on Tuesday evening. Team Trump and Republicans nationwide made unprecedented inroads with black and Hispanic voters. Nationally, preliminary numbers indicated that 26 percent of Trump’s voting share came from nonwhite voters — the highest percentage for a GOP presidential candidate since 1960. In Florida’s Miami-Dade County, the heartland of Cuban America, Trump turned a 30-plus-point Hillary Clinton romp in 2016 into a narrow single-digit Joe Biden win. Texas’ Starr County, overwhelmingly Mexican American and positioned in the heart of the Rio Grande Valley, barely delivered for the Democrats. Biden’s Hispanic support in other key swing states, like Ohio and Georgia, tailed off from Clinton’s 2016 benchmarks. Overall, exit polls indicated that 32 to 35 percent of Latinos voted for the president. And young black men are gravitating to the GOP at a remarkable pace (given the baseline). It turns out that minorities aren’t so infatuated with the brand of unrepentant progressive “woke-ism” now peddled by the Alexandria Ocasio-Cortez wing of the Democratic Party. The political, legal, media, corporate and academic establishments have gone all-in on the woke agenda, peddling a toxic brew of intersectionality, socialism lite and Black Lives Matter anarchism. Latinos and many blacks aren’t buying it. (…) The progressive elites are genuinely incapable of understanding why it is that their nostrums have been rejected by a growing share of the populace. They can’t come to grips with the fact that their shambolic policy initiatives — and their unjust and fundamentally anti-American identity politics — are simply not all that popular with the fly-over country rubes, including “country rubes” of color. The 2020 election, in which the GOP defied the odds by maintaining the Senate and actually picking up seats in the House, was an emphatic rejection of the left-wing vision for America. No one wants AOC’s “Squad” — including Hispanic and black voters. (…) The GOP, which already has its strong base of support among non-college-educated white voters, must learn to govern like a working-class, multiethnic, multiracial party. This more populist variety of conservatism will be unabashedly traditionalist, humbler in its approach to America’s role on the world stage and economically attuned to the aspirations and needs of ordinary Americans — not those of Wall Street, Hollywood or Silicon Valley. It is a vision with real crossover appeal — a vision that can, and will, win. Republicans have every reason to be optimistic about the future. The hectoring “demography-is-destiny” dolts have been shot down. A substantial chunk of minority voters rejected the lies that GOP populism is rooted in racism. They rejected the slanders that the president himself is a white supremacist. The media establishment won’t admit it anytime soon, but the GOP’s future is bright — and browner than many may have previously thought possible. Josh Hammer
In an ideal world, political parties would be about different approaches to governing. Yet too often in our nation’s history they’ve been about tribalism along regional, economic and, most divisively, racial lines. Then came 2020: This Election Day, President Trump garnered the highest percentage of non-white votes for a Republican presidential candidate in 60 years. This movement toward balance should be celebrated by all, but not surprisingly, that is not what is happening. Take MSNBC anchor Joy Reid, who claims that the election showed a “great amount of racism, anti-blackness and anti-wokeness.” Or The New York Times’ Charles Blow, who somehow sees this election as confirming the power of the “White Patriarchy.” Writer Bree Newsome Bass conceded that some white voters had chosen Joe Biden but voted Republican down ballot to preserve “white rule. » These people view everything through a racial lens. They’re convinced Trump is a racist and regard his broad support — half the country voted for him — as proof that the nation, as a whole, is likewise hopelessly racist. A kind way to describe such reactions would be “unhinged.” Another way: terrified. Between 2004 and 2016, black men and women gave between 88 percent and 95 percent of their votes to the Democratic candidate for president. This year, Trump won 18 percent of the vote among black men — a staggering number for a Republican. To put that in visceral terms, of every six black men who voted, one voted for Trump. He also made significant gains with Hispanic voters and even Muslim voters. Trump has had significant accomplishments as president — halting the liberal, activist tilt of the courts, standing up to China, striking peace treaties that offer fresh hope in the Middle East peace, firing up the economy — but perhaps none is as important or has more far-reaching implications than his transformation of the GOP into a multiracial party. For all of his high principles and good hair, the last Republican candidate for president, Mitt Romney, could never have dreamed of such success among non-white voters. So why are so many progressive and black intellectual elites so upset about the American political parties achieving so much more racial balance? Some cynics might see it as simply sour grapes over the left’s loss of power and influence. Democrats assumed only they could speak for minorities, who it now turns out have their own ideas. But it also reflects a fundamental difference between how Americans view race and racism. Over the past few decades, progressives have insisted racism is built into the system and the system must change (in progressive ways) to curb it — though it’s never been clear if they think it can ever be satisfactorily defeated. Those on the right, meanwhile, view racism as an issue of individuals holding irrational beliefs regarding minorities, which can be organically overcome. In the 2020 election, we now see that millions of minority voters rejected the idea that their votes should be bound by identity politics, or as Joe Biden put it, that if you don’t vote Democratic, you ain’t black. That remark didn’t come out of nowhere. He was simply saying out loud what many on the left have long believed. Fact is, Trump made the most direct appeal to non-white voters we’ve seen from a Republican in most of our lifetimes. And it worked. This is also good news for America, and especially minorities. We now have a GOP that will be eager to maintain these gains, and a Democratic Party that can no longer take minority votes for granted. And we can now stop believing the color of a person’s skin gives us certainty about their political affiliation — and that in and of itself strikes a blow at racism. It’s exciting: Individuals can be treated as individuals, rather than lumped into political boxes based on their racial group. Some may find it ironic that it was Trump, of all people, who’s most responsible for this. But what matters is that the body politic has landed in a better, more equal and more promising place. David Marcus
Pennsylvania, Michigan and Wisconsin pose particular challenges because of their ballot-counting rules. None have yet begun tallying millions of mail-in ballots, as other states have done, and election officials in these states say they may report results on Wednesday and beyond. Election law experts warn that any period of uncertainty over the election’s winner could spark legal fights. Adding to the focus on Pennsylvania, Wisconsin and Michigan: They are all split between Democratic governors and Republican-run legislatures, teeing up a partisan clash over counting votes. (…) In a year when Covid-19 upended the rules for ballots, partisan disputes over voting rules and deadlines have resulted in lawsuits in at least 44 states, according to the Stanford-MIT Healthy Elections Project. Minnesota has also emerged as a potential postelection field of battle after a federal appeals court suggested Thursday that its extension of a mail-in vote deadline was unconstitutional. But Pennsylvania, Wisconsin and Michigan stand out for their distinct rules for counting mail-in ballots. All three have received a record number of mail-in ballots, but laws in Pennsylvania and Wisconsin prohibit officials from counting them until Election Day. In Michigan, election officials in larger districts can process ballots—meaning opening and sorting them—during a 10-hour window on Nov. 2. Election officials have said the vote-counting rules mean they won’t know who won the state until the next day or later in the event of a close result. Meanwhile, states like Florida have been tabulating absentee ballots for weeks and will disclose those results on Tuesday evening. In recent weeks, a lawsuit filed by Pennsylvania Republicans reached the U.S. Supreme Court. A 4-4 order let stand a state Supreme Court decision allowing officials to count mail-in ballots received up to three days after Election Day. The court on Wednesday refused Republicans’ second request to hear the case before Election Day, but left open the possibility for postelection litigation. Justice Samuel Alito, who backed the Pennsylvania Republicans’ position, suggested in a statement accompanying the order that considering those mail-in votes valid would allow state courts to undercut election rules set by the state’s GOP-controlled Legislature. Newly sworn-in Justice Amy Coney Barrett could be a decisive vote when she begins hearing cases. Pennsylvania’s attorney general, a Democrat, has directed county election boards to separate ballots received after Nov. 3. Meanwhile, the U.S. Supreme Court rejected Democrats’ request to extend Wisconsin’s ballot-receipt deadline past Election Day. In Michigan, a state appeals court ruled in Republicans’ favor earlier this month and blocked a 14-day extension for votes postmarked by Nov. 2. Lawyers are gaming out what happens if prolonged ballot battles cause Pennsylvania, Wisconsin and Michigan to have no clear result before Dec. 8, the deadline for states to appoint presidential electors, and the Electoral College vote on Dec. 14. If vote counting collides with these deadlines, it is possible for a governor and state legislature to send different electors to Congress. “We’re in uncharted legal territory,” said Mark Medish, co-founder of Keep Our Republic, a nonprofit formed this summer to preserve election integrity. Wall Street Journal
In a week of surprises, California’s rejection of a ballot measure that would have allowed the state to resume its affirmative action program was among the most significant. The measure, known as Proposition 16, wasn’t defeated by shy Trump voters. Polling showed Hispanic and other minority voters evenly split on the measure, and on Tuesday it was defeated in California’s most Latino counties. California’s result is just one piece of the mounting evidence that voters on Tuesday threw a wrench in the progressive plan to leverage a « coalition of the ascendant » and an « emerging Democratic majority » to turn the country into a woke utopia. The 2020 election was in large part a referendum on Democrats’ race baiting and pandering, starting with the party’s own elevation of Biden to the top of the ticket. Democrats’ rejection of Sens. Elizabeth Warren, Bernie Sanders, and Kamala Harris was a leading indicator that the media missed. Millions of voters of all races made clear that they instead prefer the old ideals: equality of opportunity, economic freedom, and a society that judges its citizens not by the color of our skin, but the content of our character. Beyond that, the president whom Democrats have lambasted for four years as a racist and a xenophobe turned out more minority voters than any Republican candidate in decades. It’s not just that right-wing Cubans handed Trump a surprise victory in south Florida; he clinched some of the nation’s most Latino counties, improved his margins with black men and women, and even earned commanding majorities in some Native American counties. And that exit poll data does not account for the shy Trump voters, an effect we presume may well be exaggerated among black and Hispanic voters. Senate races yielded more bad news for the progressive left. Even if Joe Biden wins the White House, Sen. Mitch McConnell (R., Ky.), who easily overcame an $80 million challenge, will serve as a check on the ascendance of socialists such as Sens. Bernie Sanders (I., Vt.) and Elizabeth Warren (D., Mass.) to the Biden cabinet. Voters may have wanted Biden, but there’s a whole wing of his party they’d prefer to do without. Some House Democrats can see the writing on the wall. Rep. Abigail Spanberger (D., Va.) reportedly told her caucus that the progressive push to defund the police and embrace « socialism » almost cost them the majority. Rep. Ruben Gallego (D., Ariz.) advised Democrats to drop the woke speak, starting with the bizarre « Latinx. » Tuesday’s results should shatter the Democratic presumption that their party is destined to command the overwhelming and eternal support of minority voters—but it won’t. The politics fueled by racial grievance and personified by the « squad » of Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, and Rashida Tlaib is a cancer on the Democratic Party that it indulges at its own peril. Free Beacon
Until Donald Trump’s arrival, the globalist revolution was almost solidified and institutionalized—with the United States increasingly its greatest and most “woke” advocate. We know its bipartisan establishment contours. China would inherit the world in 20 or 30 years. The self-appointed task of American elites—many of whom had already been enriched and compromised by Chinese partners and joint ventures—was to facilitate this all-in-the-family transition in the manner of the imperial British hand-off of hegemony to the United States in the late 1940s. Our best and brightest like the Biden family, Senator Dianne Feinstein (D-Calif.), Bill Gates, or Mark Zuckerberg would enlighten us about the “real” China, so we yokels would not fall into Neanderthal bitterness as they managed our foreordained decline. We would usher China into “the world community”—grimacing at, but overlooking the destruction it wrought on the global commercial order and the American interior. We would politely forget about Hong Kong, Taiwan, Tibet, and the Uyghurs. Hollywood would nod as it put out more lucrative comic-book and cartoonish films for the Chinese markets, albeit with mandated lighter-skinned actors. The NBA would nod twice and trash a democratic United States, while praising genocidal China—becoming richer and more esteemed abroad to make up for becoming boring and poorer at home. The universities would nod three times, and see a crime not in Chinese espionage and security breaches, but in the reporting of them as crimes. So our revolutionary role would be to play stuffy and snooty Athenian philosophers to the new muscular Roman legions of China. Given our elites’ superior morality, genius, and sense of self, we would gently chide and cajole our Chinese masters into becoming enlightened world overseers and democrats—all the easier, the richer and more affluent Chinese became. For now, Trump has stopped that revolution. Until Trump’s arrival, Big Tech was three-quarters home on the road to Nineteen Eighty-Four. Five or six companies monopolized most American—and indeed the world’s—access and use of the internet. In cynical fashion, Silicon Valley grandees patronized naïve conservatives that they were the supposed embodiment of Milton Friedman libertarianism and 19th century robber baron daring. Yet to their leftist kindred, the moguls of Menlo Park simultaneously whispered, “Don’t worry about such necessary disinformation: we will enrich only your candidates, only your agendas, only your foundations, only your universities—in exchange for your exemptions.” Antitrust legislation was as much an anathema to good liberals as rigging searches, institutionalizing the cancel culture, and censoring thoughts and ideas were welcomed. For now Trump, almost alone, is battling that revolution. Until Trump’s arrival, there was increasingly no border at all. Fifty-million foreign-born resided, both legally and illegally, in the United States. Nearly a million annually walked northward across the border with ease and without legal sanction or invitation. To object to illegal immigration and decry its deleterious effects on the entry-level wages of our working poor, on the social safety net of the American needy, and on the sanctity of the law was to be smeared as racist, xenophobic, and nativist. More than a quarter of California’s current resident population were not born in the United States. That desirous “new demography” since 1988 had flipped California into a caring blue state. Open borders and the end of immigration law enforcement had pushed Nevada, New Mexico, and Colorado into just Democratic societies, and was supposedly soon to transform Texas and Arizona into enlightened states. For now, Trump—with his soon-to-be 400-mile wall, his beefed up ICE, and his war on sanctuary nullification zones—has nearly stopped the revolution to end borders. Until Trump, the American interior was loser country. In-between the two gilded coasts resided the deplorables, irredeemables, clingers, the smelly Walmart patrons decried in the Page-Strzok text echanges, those John McCain called “crazies,” and Joe Biden has variously called the “dregs,” the “chumps” and the “ugly folks.” They were written off as Morlocks, who were occasionally seen poking about the rotting, rusting skeletons of abandoned steel plants, and for some reason never had proper orthodontics as children. (…) on the eve of the Chinese takeover, our clueless deplorables never learned to code, or to borrow $200,000 to get a woke-studies education, and so deserved the opioids they took and the trailers they crashed in. Few apostates said, “Wait a minute! The United States has cheaper energy than anywhere on earth, a skilled workforce, a huge domestic market, and a still-viable infrastructure. There was a reason why Michigan, Ohio, and Pennsylvania once led the world and why they can again.” Through tax reform, deregulation, trade rebooting, a new foreign policy, and loud jawboning, Trump for a while has stopped the revolution that was destroying our once greatest states. Until Trump, the woke cultural wars were just about won by the elites. Seeking unity was dead; chest-pounding diversity, often the spark that had ignited history’s multiracial societies, was ascendent. The melting pot that sought to make race incidental was deemed racist; the salad bowl that made our superficial appearances essential was celebrated. Quite affluent, self-appointed minority leaders, with their quite wealthy white liberal counterparts, established who is, and who “ain’t,” “really” black—the definition resting on whether one was loyally left-wing or disloyally independent-minded. The success of civil rights was not to be calibrated by black unemployment figures, household income, family businesses, dignity in having leverage over employers, access to competitive parochial and charter schools, or descending abortion rates, but in electing more activists as progressive mayors, liberal city councilmembers, and leftist district attorneys to garner more redistributive state money to hire more careerists like themselves. Trump, branded a bigot and racist, for now has sought to end that revolution, and measure race relations not by how many minority elites have choice jobs and high incomes, but by how well the entire minority community reaches income and employment parity with the general population—an idea that will earn the “racist” Trump far greater minority support than was expressed for John McCain and Mitt Romney. We are in the midst of a cultural revolution, for the most part driven by angry middle-and upper-class white youth of Antifa and its sympathizers, wannabes, and enablers. Many are humiliated that they have college pedigrees, lots of multi thousand-dollar debt, plenty of woke-studies classes to their credit, but still have no real jobs, no real knowledge, and no real immediate chances of buying a house, marrying, and raising a family in their 20s. Nothing in history is more dangerous than the underemployed wannabe intellectual or college graduate, whose cultivated sense of superiority is not matched by his income or standard of living, but who blames “them” for his own self-inflicted miseries and unappreciated genius. The revolution toppled statues, renamed what it did not like, Trotskyized the past, photoshopped the present, and used language, government, and cultural intimidation to do its best to make America into Animal Farm. Corporate CEOs in terror washed the feet of the woke. University presidents, fearful for their status and careers, wrote incomprehensible memos admitting their past sins and asking how best to do present penance. Hollywood studio owners promised race and gender quotas, with ample provisions that—in the manner of NBA and NFL owners—adjustments and exceptions could be worked out for themselves. Somewhere, somehow graduations, dorms, and campus spaces, all segregated by race, became “liberal.” Intermarriage, integration, and assimilation were shamefully illiberal. Standing for the National Anthem was unpatriotic; sitting in disdain for it, cool. Donald Trump fought that revolution too. What tools did Donald Trump have to wage these many counterrevolutions? The media? America’s Fortune 400? Academia? The great foundations? The nation’s think tanks? The bipartisan government establishment? The international community? The banks? Wall Street? Corporate CEOs? Silicon Valley? Professional sports? The entertainment industry? Hollywood? The intelligence community? The current and retired top military brass? (…) Against all that money and clout, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people. He had solely the under-polled and the written-off. They came out to his rallies in the tens of thousands, deluded the pollsters, and told the media less than nothing, but voted and will vote in waves to save America from what it was becoming. Victor Davis Hanson
When a man takes on the role of the gunslinger arriving in the town to clean up the mess, one must expect that his methods and comportment will offend his supporters as much as they terrified his adversaries, all the more so as he succeeds and thus the beneficiaries see an end on the horizon to their embarrassing need to have called in the unorthodox to do what their own polite conventionality should have done, but choose not (or did not have the courage) to do. We can sense the viability of Trumpism by the current lack of coherent attacks on its principles and achievements. (…) Biden most certainly would raise taxes, restore cumbersome regulations, strangle the fossil fuel industry, and return to identity politics pandering. But after the 2017-20 Trump boom, he would do so without any expectation that the economy would grow or the country would heal or the world would suddenly cool down and the seas cease to rise. (…) And what about the NeverTrumper (…) At the end of Trump, whether in 2020 and 2024, (…) Elite Republicanism would fail because the white working classes would return either to political hibernation in the swing states or rejoin the Democratic Party. Growing minority support would vanish because blacks and Latinos would see platitudinous and pandering Republicans as far more injurious to their futures than was a crudely talking, Queens-accented populist Trump. Trumpism did not dismantle Republican conservatism. It simply enhanced conservative appeal by closing the border, confronting China, demanding fair trade, avoiding optional military expeditions, emphasizing the concerns of the working class, and redefining presidential behavior as boisterously honoring promises rather than mellifluously reneging on them. Whatever Trump’s fate, the NeverTrump faction will not succeed in rebuilding a new-old Republican Party under the Bush-McCain-Romney paradigm. Biden and his leftist masters would not be able to lower minority unemployment to Trump levels. Neither would they declare an end to containing China and claim such past confrontation was an unnecessary provocation. Like it or not, Trump hit on a great truth that no leader can write off his country’s vast industrial interior, destroy his nation’s borders, willingly cede global leadership to a Communist dictatorship, manipulate intelligence agencies to destroy political opponents, prefer to manage decline rather than to seek renewal, and meanwhile, as he did all that, call himself moral and presidential. Victor Davis Hanson
Le décalage entre les attentes grandioses d’une vague bleue annoncée par les sondages à grand renfort de médias comme en 2016 et l’incertitude caractérisée qui a régné hier rapporte la preuve éclatante qu’aucune des leçons de l’élection de 2016 n’ont été apprises. Pire, le zèle appliqué à ne pas comprendre ce qui s’est passé il y a quatre ans a conduit tous les leviers d’influence gravitant autour du Parti démocrate à se persuader qu’ils pouvaient propulser au-delà de la ligne d’arrivée un candidat sans programme, sans faire campagne et à la faveur de la seule détestation de Trump. Faut-il le rappeler? Trump a été élu en tant qu’incarnation d’un rejet d’une grande partie d’Américains de la corruption d’une classe dirigeante fondant son titre à gouverner sur une expertise technocratique, et compensant son manque de légitimité par une revendication de plus en plus stridente d’expertise morale. Contrairement aux craintes maintes et maintes fois exprimées, Trump n’a pas troqué sa dépouille d’animateur de téléréalité pour celle de dictateur, pas même de dictateur d’opérette. De dictature nous n’avons point vu venir. En revanche, nous avons vu la classe dirigeante destituée du bien qu’elle croyait lui revenir de droit se comporter comme un «gouvernement impérial en exil» se drapant dans sa supériorité morale pour se lancer dans une inquisition prolongée mêlant espionnage politique, mensonges constants au public sur des complots inexistants, et remise au goût du jour d’expressions maccarthystes comme la «déloyauté au pays». De toutes les institutions abîmées non pas par Trump, mais plutôt par le sentiment de panique collective des élites nommé «Trump Derangement Syndrome», nulle n’en ressort moins affaiblie que les médias d’informations. Pour preuve du caractère endémique et banal du mensonge installé au cœur d’institutions hier saluées comme des modèles d’éthique journalistique, on citera les propos édifiants d’un chroniqueur du Washington Post à propos des révélations du New York Post sur l’affaire Hunter Biden: «Nous devons traiter les fuites sur Hunter Biden comme s’il s’agissait d’une opération menée par des services de renseignement étrangers – même si ça n’est probablement pas le cas.» (…) le rôle de la presse avait été reformulé dès l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de l’intellectuel néolibéral Walter Lippmann comme une mission de «manufacture du consentement des masses» à des choix publics décidés de façon de plus en plus technocratique du fait de la complexité croissante de la «grande société» advenue avec l’ère industrielle. A une presse d’opinion très marquée au XIXe siècle et au début du XXe siècle succédait une presse se revendiquant de l’autorité de la science, organisée autour d’une éthique de «neutralité objective» qui a survécu cahin-caha jusqu’en 2016. La victoire de Trump à la primaire républicaine de 2016 a fait voler cet équilibre en éclats pour des raisons autant éthiques que commerciales. Sur le plan éthique, ce changement est méthodiquement explicité dans un article de Jim Rutenberg paru dans le New York Times le 7 août 2016 intitulé «Trump met à l’épreuve les normes d’objectivité dans le journalisme». Selon Rutenberg, la perspective d’une présidence Trump était si dangereuse que le rôle du journaliste n’était plus de présenter les faits de façon neutre, mais «de se conformer aux attentes de vérité de ses lecteurs et spectateurs, et à la vérité factuelle, d’une façon qui tienne face au jugement de l’histoire.» Il s’agissait d’un abandon pur et simple du critère de la neutralité objective au profit de celui de la clarté morale. Ce choix éthique était d’autant plus facile à faire qu’il se justifiait commercialement pour des médias alors menacés existentiellement du fait de l’éclatement du paysage médiatique en bulles cognitives partisanes consécutif à l’apparition de l’information en continu et de l’internet. Traiter copieusement du phénomène Trump tout en dénonçant l’installation de l’Antéchrist à la Maison-Blanche s’est révélé un extraordinaire gisement de contenus et de profits pour les médias mainstream. Un autre article du New York Times daté du 23 juin 2020 signé de Wesley Lowery titré «Une redéfinition de l’objectivité, dirigée par des journalistes noirs», permet d’en comprendre les aboutissants. Son auteur expose que l’objectivité est toujours jugée à l’aune d’un hypothétique lecteur impartial, invariablement assumé comme étant blanc. Appliquant ce traitement à l’Administration Trump, Lowery en déduit que Trump étant ontologiquement un raciste entouré de suprémacistes blancs, la clarté morale impose de traiter toute information concernant la Maison-Blanche, non pas sous l’angle de l’objectivité factuelle ou encore moins du respect d’institutions elles-mêmes souillées par le racisme, mais en prenant en compte à tout moment le racisme indélébile de l’homme occupant la fonction et du parti le soutenant. Complétant les pièces du puzzle, c’est au nom de ce même principe de clarté morale que deux sénateurs démocrates, Mark Warner et Mazie Hirono, ont eu la brillante idée, après les révélations du scandale Cambridge Analytica, de menacer les grandes entreprises de la Silicon Valley de réglementation, à moins qu’elles ne s’engagent à «débusquer» les contenus fomentant la «discorde». Une recommandation que Twitter et Facebook ont appliqué à la lettre en censurant moins de deux semaines avant l’élection les contenus du New York Post rapportant des faits de corruption allégués à l’encontre de Hunter et Joe Biden, alors qu’ils se sont fait depuis quatre ans la chambre d’écho des allégations non vérifiées les plus folles concernant l’influence russe dans la vie politique américaine. Plus que le choix de la personne qui occupera la Maison-Blanche à partir de janvier prochain, c’est cette question du rapport à la vérité que Trump, à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti, est parvenu à inviter au cœur des débats de la dernière ligne droite. Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique. Renaud Beauchard
Alors que la tension monte aux États-Unis autour de l’élection présidentielle, et des risques pesant sur le vote dans le contexte de lutte publique contre le coronavirus, le New York Post a (…) publié la «confession» d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. Essentiellement dans le New Jersey, où il réside, mais en décrivant un système de manipulation existant dans de nombreux autres États. Le mobile du passage aux aveux ? Le militant serait un soutien acharné de Bernie Sanders et ne se voit pas soutenir la candidature de Joe Biden.Le récit est d’importance car, sous la pression de la lutte contre le coronavirus, de nombreux électeurs annoncent avoir choisi cette année le vote à distance. Celui-ci existe sous deux formes dans les États américains. La première est le vote par procuration, plébiscité par le Président actuel pour sa sécurité, nécessitant une demande de la part du votant. Le second est le scrutin postal, pour lequel il suffit de renvoyer un formulaire dans une enveloppe spécifique prédistribuée. Et c’est dans ce type de votes que le témoin du New York Post affirme que la fraude «est plus une règle qu’une exception». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. La première technique consiste à utiliser l’enveloppe d’un votant, pour y mettre un bulletin obligatoirement démocrate. Il faut au préalable faire le tour des domiciles et convaincre les citoyens de laisser les fraudeurs poster leur courrier de vote à leur place. Une mission «beaucoup plus facile qu’on ne le pense», d’après le fraudeur cité par le journaliste Jonathan Levine, en se faisant passer pour une association de service public. Ensuite, l’enveloppe est ouverte à la vapeur, puis on y glisse un nouveau bulletin en falsifiant la signature. Pour éviter toute suspicion, les enveloppes rouvertes sont ensuite disséminées dans toutes les boîtes postales de la ville. Les employés des postes peuvent également influer facilement sur l’élection, selon le témoin. «Vous avez un facteur qui est un type anti-Trump enragé et travaille à Bedminster ou dans un bastion républicain… Il peut prendre les bulletins de vote [remplis], et sachant que 95% sont en faveur d’un républicain, il peut simplement les jeter à la poubelle», explique-t-il. Un écho à l’histoire de certains lots de courriers électoraux retrouvés après le vote, lors d’élections locales à New York en 2017 ? Autre «mine d’or» de votes à disposition, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles. «Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles», déclare ainsi le lanceur d’alerte. Il suffit alors de remplir le bulletin pour eux et de leur faire signer ce que l’on veut… Enfin, le témoin précise que, la plupart du temps, l’historique de participation aux élections est une information publique aux États-Unis. Une dernière technique, encore plus sauvage, consiste donc à aller voter, un jour d’élection, à la place d’un citoyen recensé comme abstentionniste, et qui ne risque pas de venir. Certains États ne demandent en effet pas de pièce d’identité. Une information déconcertante vue de France qui légitime la méfiance de certains observateurs pour ce type de scrutin. Le Figaro
Dans le secret du confessionnal médiatique, un fidèle citoyen américain, démocrate convaincu, est venu avouer au NewYork Post avoir truqué de nombreuses élections fédérales, relate Le Figaro. Le sacripant se prétend soutien inconditionnel de Bernie Sanders, candidat battu aux primaires par Joe Biden. Et plutôt tout révéler que suivre cet oiseau de malheur. Ainsi, coronavirus oblige, le bidouillage aurait sévi au sein du vote par correspondance, particulièrement massif en ces temps de contagion. Selon le faussaire repenti, le camp anti-Trump se serait livré à diverses combines que voici que voilà. La première triche aurait consisté, pour les fraudeurs, à faire la tournée des votants à distance en se faisant passer pour membres d’une association de service public, puis à les convaincre de poster leur enveloppe électorale à leur place. Opération qui serait « beaucoup plus facile qu’on ne le pense », d’après le traître démocrate. Il ne restait plus, à ces gens très serviables, qu’à falsifier la signature et remplacer l’éventuel vote Trump par un bulletin Biden. Et hop ! Pour éviter toute suspicion, les enveloppes trafiquées auraient été disséminées sur l’ensemble des boîtes à lettres des villes concernées. Le souci du détail. L’autre technique, plus directe, concerne les facteurs anti-Trump qui, travaillant dans un secteur républicain, se seraient contentés de jeter à la poubelle les enveloppes contenant, par définition, 95 % de bulletins en faveur du président en place. Pourquoi faire compliqué ? L’histoire ne dit pas si ces éboueurs électoraux de gauche prenaient soin de sauver la planète en déversant leur butin dans la poubelle papier-carton du pléonasmant « tri sélectif ». Par ailleurs, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles auraient été particulièrement choyés. « Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles », affirme le délateur anonyme. Tour de passe-passe… Signez ici. Merci et bonjour chez vous. Re-hop ! Pour clore son inventaire des trucages utilisés lors de cette l’élection, le vengeur masqué de Bernie Sanders affirme qu’à partir de l’historique de participation consultable à loisir, de vaillants partisans de Joe Biden auraient usurpé l’identité d’abstentionnistes pour glisser les bulletins ad hoc « into the box ». La présentation d’une pièce d’identité n’étant pas demandée dans de nombreux États, ces ersatz d’électeurs s’en seraient donné à cœur joie. Boulevard Voltaire
Au moment d’écrire ces lignes, les États de la ceinture rouillée des États-Unis, Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, comptabilisaient leurs derniers bulletins pour départager un scrutin nettement plus serré que ne l’avaient prédit experts et sondeurs. Une fois de plus, l’élection sera déterminée par ces électeurs d’une classe ouvrière blanche autrefois acquise au Parti démocrate, victimes de la désindustrialisation, de la concurrence asiatique, qui avaient offert la victoire il y a quatre ans à Donald Trump, sensibles à son discours protectionniste et antiglobalisation, à rebours du consensus libre-échangiste des deux partis. Si Joe Biden est toujours plutôt favori pour remporter l’élection présidentielle américaine, les quatre dernières années et ce scrutin indécis légueront un héritage qui ne devrait pas laisser les Européens indifférents. Vainqueur ou vaincu, Donald Trump aura changé le monde et le rapport des États-Unis à celui-ci. Il aura servi d’accélérateur et de révélateur de tendances profondes. L’Amérique abandonne progressivement son universalisme, se comportant comme une puissance normale défendant ses intérêts sur une scène internationale morcelée, dans un système multilatéral inopérant, actant la fin des espoirs de la mondialisation triomphante et de l’après-guerre froide. Au Moyen-Orient, en Asie, dans la relation transatlantique, il aura fait voler en éclat mythes et antiennes des chancelleries diplomatiques. Dans un entretien au Financial Times, en 2018, Henry Kissinger décrivait Trump comme une de ces figures «qui apparaissent dans l’histoire de temps en temps pour marquer la fin d’une époque et la forcer à abandonner ses vieilles prétentions. Ça ne veut pas dire qu’il s’en rende compte ou qu’il ait envisagé des alternatives.» Sur de nombreux sujets, les années Trump lieront Biden. Joe Biden a fait campagne contre le bilan de politique étrangère de Trump, lui reprochant son hostilité aux alliances traditionnelles et sa proximité avec les adversaires autoritaires de l’Amérique, comme la Russie. À n’en pas douter, les prochaines semaines d’une Administration Biden marquerait une embellie des relations transatlantiques: retour dans l’accord de Paris sur le climat, grands discours sur les valeurs communes, l’Otan, etc. Le candidat Biden a même promis la tenue d’un «sommet des démocraties» dans les premiers mois de son mandat. Son Administration ne montrerait pas l’hostilité idéologique vis-à-vis de l’Union européenne manifestée par le président Trump. Si les différends commerciaux sur des sujets comme les Gafa perdureront, on ne verra probablement pas la même instrumentalisation de l’arme des tarifs douaniers dans la relation transatlantique. Pour autant, la nouvelle carte électorale américaine et le succès des candidats populistes des deux bords, de Trump à Bernie Sanders, ont forcé les élites américaines à prendre conscience des conséquences négatives des accords de libre-échange sur certaines régions. Le mandat de Trump aura mis fin au mythe de la «convergence» de la Chine, l’idée d’une ouverture politique qui aurait suivi la libéralisation économique du pays. C’était l’espoir de ceux qui, comme Joe Biden, avait soutenu l’intégration de la Chine dans l’OMC: faire de Beijing un acteur responsable (responsible stakeholder) des relations internationales. Le durcissement autoritaire du régime sous Xi Jinping, les ambitions géopolitiques annoncées par les «nouvelles routes de la soie», les abus dans le comportement commercial comme les mensonges des premières semaines de la pandémie ont fait voler en éclats ces espoirs. Biden, longtemps favorable à une coopération prudente avec Beijing, comme une grande partie de l’élite américaine, qualifie aujourd’hui le dirigeant chinois de «voyou». La doctrine stratégique de l’Administration Trump, qui assumait la «compétition de grandes puissances» avec Beijing, fait aujourd’hui l’objet d’un consensus bipartisan à Washington. Une Administration Biden placera elle aussi la rivalité stratégique avec la Chine au centre de ses priorités et attendra, à cet égard, un alignement des Européens sur le plan commercial, technologique ou militaire. Au Moyen-Orient, qui peut douter que la politique de Donald Trump a rebattu les cartes régionales? Joe Biden ne redéplacera certainement pas l’ambassade des États-Unis en Israël à Tel-Aviv. De nombreux commentateurs avaient prédit un embrasement régional en cas de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il n’en a rien été. Au contraire, l’Administration Trump a profité du rapprochement entre puissances arabes sunnites, autour de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, et d’Israël face à la menace commune iranienne pour faire signer des accords de reconnaissance mutuels, là aussi un bilan durable. Les experts avaient prédit l’impossibilité de tels accords sans processus de paix israélo-palestinien. La méthode transactionnelle et le rapport de force établi avec l’Iran (brutalement comme l’a montré la mort du général Soleimani) aura peut-être mieux fonctionné que les politiques de ses prédécesseurs. Au détriment peut-être durable de la cause palestinienne.Enfin, la présidence Trump aura révélé les limites de la relation transatlantique, là aussi un accélérateur du désintérêt marqué par Obama pour l’Europe et ses enjeux de sécurité, en Syrie par exemple. Il aura répété, avec brutalité, les critiques de ses prédécesseurs sur le partage de fardeau et le comportement «passager clandestin» vis-à-vis de la puissance américaine. Les Européens peuvent-ils vraiment laisser la sécurité de leurs citoyens entre les mains de quelques dizaines de milliers d’électeurs de Pennsylvanie tous les quatre ans? En Libye, en Méditerranée orientale face à la Turquie, face au terrorisme, l’Europe a ses propres enjeux de sécurité et doit se donner les moyens d’assumer sa puissance. Trump a changé le monde ; aux Européens de ne pas devenir les derniers gardiens du monde d’hier. Benjamin Haddad
Cela avait commencé comme un mauvais remake pour les démocrates. Celui qui ne pouvait pas être élu allait être réélu. Après une improbable remontée de Biden dans les États clés du Wisconsin et du Michigan, Trump pourrait finalement échouer à prolonger son bail à la Maison-Blanche. Mais, si défaite il y a, elle se sera jouée sur le fil au terme d’une des batailles électorales les plus disputées de ces cinquante dernières années. Et contre tous les pronostics, les Républicains devraient conserver leur majorité au Sénat, notamment grâce à l’élection de proches du président sortant. Une fois encore les sondeurs et les médias se sont donc trompés. Loin d’être rejeté par l’ensemble des Américains, Trump a été porté par une lame de fond qui a toutes les chances de s’avérer durable. D’autant qu’il est permis d’imaginer qu’elle a été atténuée par la crise sanitaire sans laquelle Donald Trump aurait probablement été aisément victorieux. Battu par Biden en termes de vote populaire, le président sortant progresse néanmoins en nombre de voix par rapport à 2016. Fait notable, il améliore ses scores auprès de toutes les «minorités», y compris les hommes et les femmes noirs, ce qui confirme les limites de la politique des identités démocrate et montre que le phénomène Trump n’est pas réductible à un vote de «petits blancs». Son élection de 2016, comme le Brexit en 2015, n’était pas un accident de l’Histoire et sera sans doute bien plus qu’une parenthèse dans la marche que d’aucuns pensent inéluctable vers un monde toujours plus globalisé. L’élection américaine est un nouveau symptôme de la recomposition politique occidentale, qui, depuis la crise financière de 2008 bouleverse les clivages traditionnels au sein des démocraties libérales et dont les mouvements dits «populistes» sont souvent la traduction. Au clivage droite-gauche se substitue l’opposition «Anywhere» – «Somewhere», théorisée par le politologue britannique David Goodhart, c’est-à-dire l’affrontement entre ceux qui sont à l’aise dans «le village global» et adhèrent au multiculturalisme et ceux pour qui la mondialisation est source d’insécurité économique et culturelle. Le fait que les électeurs de Biden aient massivement voté par correspondance tandis que ceux de Trump se déplaçaient physiquement dans les urnes sonne comme un symbole de cette séparation entre «mondialisés» et «enracinés». Dans son nouvel essai, Le Temps des gens ordinaires (Flammarion), Christophe Guilluy montre que les «invisibles» sont en train de devenir «incontournables». Ces derniers forment désormais, selon lui, «un bloc autonome, puissant et sûr de son diagnostic. Un socle solide né de l’implosion de la classe moyenne»… C’est ce dont semble témoigner la spectaculaire résistance du vote Trump. Il serait donc simpliste et illusoire de voir dans une éventuelle victoire de Biden le début de la fin de l’ère populiste et le retour à l’époque antérieure. Bien au contraire, la parenthèse de la mondialisation heureuse est définitivement refermée. D’autant que si la crise sanitaire, peut, à court terme, déstabiliser certains «populistes» au pouvoir, à moyen et long terme, elle débouchera sur une crise économique et sociale qui ne fera qu’exacerber les fractures. L’édito du Time ce jeudi résumait bien la situation: «Même si Joe Biden gagne, il gouvernera dans l’Amérique de Donald Trump ». Alexandre Devecchio
Quand vous avez réussi à corrompre la quasi totalité des grands médias, quand vous avez dans la poche les milliardaires de Wall Street, Hollywood et Silicon Valley, quand vous avez réussi à laver le cerveau des masses en vous faisant passer pour le camp du bien et de la générosité, quand pendant huit ans, sous la direction d’un Islamiste antisémite avoué qui s’est fait passer pour un Chrétien libéral, vous avez installé des agents dans toutes les administrations, créant de la sorte un « Etat Profond » impossible à contourner, il ne vous reste plus qu’à emporter les élections par tous moyens, au détriment du peuple et pour le plus grand profit de vos alliés. Les fascistes corrompus démocrates ont pu bénéficier, comme c’est étrange, d’une épidémie à l’échelle mondiale provoquée par leur allié principal, la Chine, pour infliger une peur panique quotidienne au peuple américain et leur faire croire que leur président légalement élu était responsable des morts qu’ils avaient eux-mêmes provoquées, parfois volontairement (gestion criminelle de la crise par Cuomo et De Blazio à New York par exemple), ou inventées. (Les chiffres officiels des morts dues au COVID19 restent sujets à caution). Ils ont évidemment créé un tel niveau de panique que l’économie américaine, en plein essort grâce au président Trump, s’est brusquement effondrée (avant de se reprendre et de remonter). Cette panique leur a permis de convaincre les Américains de rester chez eux et de voter par correspondance, sans preuve d’identité, ouvrant ainsi la porte à une fraude massive, préparée  et organisée dans les moindres détails. (…) Ce vol de l’élection a ciel ouvert n’a pu être organisé que grâce à la complicité des médias et des GAFA, aux ordres des fascistes corrompus démocrates car c’est l’intérêt de leurs dirigeants de transformer la planète en un camp d’aliénés géant, au sein duquel seul leur groupe de privilégiés pourrait continuer à tirer des profits. Travaillez, rentrez chez vous, regardez les plus absurdes programmes télévisés, gavez vous de fausses nouvelles, payez vos impôts, de plus en plus d’impôts, métissez-vous, oubliez votre genre sexuel, sentez-vous honteux d’aller à l’église, construisez des mosquées, propagez l’antisémitisme dans les universités, acceptez la domination de la Chine, soyez indulgent avec l’Iran, crachez sur Israël, et, surtout, soyez soumis. (…) Si le président Trump ne parvient pas à démontrer l’ampleur de cette tricherie qui a pris la forme d’un coup d’état, les années à venir seront de plus en plus sombres tandis que le bien le plus précieux de chaque être humain sera progressivement confisqué : sa liberté. Pierre Rehov
Attention: une fraude peut en cacher un autre !
A l’heure où au lendemain d’une des élections américaines les plus disputées …
Qui a vu en une rare unanimité digne des expulsions les plus réussies de bouc émissaire …
Y compris de médias français comme le Monde qu’on avait connu en d’autre temps moins catégorique
Celui que pendant quatre ans une presse ayant troqué l’objectivité pour le miltantisme
Mais aussi, malgré les risques de perte du Sénat, des transfuges républicains au sein de son propre camp comme Romney ou Bush …
Ont tenté, entre le faux dossier de collusion russe et l’instrumentalisation de l’épidémie et des émeutes anti-policiers, de diaboliser comme « marionnette de Moscou » et raciste champion du suprémacisme blanc
Tout en « protégeant » le grand public tant de ses points forts que des fragilités de leur propre candidat …
Mobiliser sept millions de nouveaux républicains dans les urnes, conserver le Sénat, renforcer son camp à la Chambre, complètement révolutionner la carte électorale en attirant vers lui 33 % des Latinos et 18 % des Noirs…
Et à la fin, crime ultime de lèse-majesté, leur contester leur victoire dans des machines électorales notoirement corrompues …
Comment ne pas voir …
Au-delà des probables erreurs de lecture et magouilles de bas niveau
Mais à l’image d’un particulièrement révélateur lapsus du candidat démocrate …
Ou même, d’appels explicites à la fausse résidence dans un état-pivot, de la part d’un journaliste réputé ou d’un ancien candidat démocrate
Le véritable casse du siècle et nouveau putsch judiciaire
Consistant à faire sauter, selon la formule de Malcolm X empruntée à Sartre du « tous les moyens sont bons », à quelques mois de l’élection sous couvert de coronavirus …
Entre envois non sollicités et collecte de bulletins, non-contrôle des signatures ou des pièces d’identité
Dans des états-clé au fonctionnement, entre gouverneurs républicains et législatures démocrates ou l’inverse, particulièrement compliqué …
Sans compter les menaces d’abolir le Collège électoral, doubler ou tripler le nombre de juges à la Cour suprême et même, pour avoir plus de sénateurs à leur botte, d’ « étatifier » le District of Columbia et Porto Rico …

Tout un ensemble de règles centenaires protégeant l’intégrité du scrutin

Pour déverser massivement, y compris après le scrutin lui-même, quelque 70 millions de bulletins postaux (d’ailleurs interdits en France depuis 45 ans) sur des centres de votes impréparés …
Sans compter depuis quatre ans, entre médias partisans et sondages idoines …
Un véritable tsunami de propagande et de censure anti-Trump et pro-Biden digne des plus beaux jours des régimes communistes …
Tendant à faire passer pour fascisme contre toute évidence et à leurs risques et périls
Le rappel proprement révolutionnaire qu’aucun pays digne de ce nom …
Ne pourra désormais recommencer à faire passer par pertes et profits son vaste intérieur industriel, détruire ses frontières ou préférer au renouveau la résignation au déclin ?
Anatomie de l’escroquerie du siècle
Pendant 4 ans, les Démocrates ont pu impunément insulter, attaquer, mentir, voler, tout en vous préparant au plus grand vol d’élection de l’histoire du monde libre. Ils ont transformé tranquillement le système électoral américain et organisé, comme Joe le senile l’a annoncé lors d’une de ses fameuses gaffes, « la plus grande machine à tricher de l’histoire »
Pierre Rehov
Dreuz
7 novembre 2020

Quand vous avez réussi à corrompre la quasi totalité des grands médias, quand vous avez dans la poche les milliardaires de Wall Street, Hollywood et Silicone Valley, quand vous avez réussi à laver le cerveau des masses en vous faisant passer pour le camp du bien et de la générosité, quand pendant huit ans, sous la direction d’un Islamiste antisémite avoué qui s’est fait passer pour un Chrétien libéral, vous avez installé des agents dans toutes les administrations, créant de la sorte un « Etat Profond » impossible à contourner, il ne vous reste plus qu’à emporter les élections par tous moyens, au détriment du peuple et pour le plus grand profit de vos alliés.

Les fascistes corrompus Démocrates ont pu bénéficier, comme c’est étrange, d’une épidémie à l’échelle mondiale provoquée par leur allié principal, la Chine, pour infliger une peur panique quotidienne au peuple américain et leur faire croire que leur président légalement élu était responsable des morts qu’ils avaient eux-mêmes provoquées, parfois volontairement (gestion criminelle de la crise par Cuomo et De Blazio à New York par exemple), ou inventées. (Les chiffres officiels des morts dues au COVID19 restent sujets à caution).

Ils ont évidemment créé un tel niveau de panique que l’économie américaine, en plein essort grâce au président Trump, s’est brusquement effondrée (avant de se reprendre et de remonter). Cette panique leur a permis de convaincre les Américains de rester chez eux et de voter par correspondance, sans preuve d’identité, ouvrant ainsi la porte à une fraude massive, préparée  et organisée dans les moindres détails.

Les fascistes corrompus démocrates auraient donc convaincu les Américains de voter pour eux parce qu’ils allaient :

  • Augmenter les impôts
  • Légaliser 11 millions d’immigrés illégaux (autant de votants pour eux)
  • Arrêter l’exploitation des énergies fossiles et rendre de nouveau l’Amérique dépendante du pétrole étranger
  • Reprendre date avec la Chine et laisser les emplois de nouveau s’évader dans les camps de travaux forcés communistes
  • Arrêter le processus de paix au Moyen Orient et recommencer à financer les organisations terroristes dirigées par Mahmud Abbas
  • Revenir à l’accord infernal qui autoriserait l’Iran à obtenir la bombe atomique dans moins d’une décennie tout en poursuivant son hégémonie régionale et en finançant le terrorisme
  • Effacer le second amendement et confisquer les armes individuelles de sorte que plus personne ne puisse se défendre

Et il est vrai que des millions d’idiots utiles, au sens léninien du terme, se sont laissé suffisamment laver le cerveau pour tomber dans le panneau et accepter béatement de devenir un troupeau d’esclaves, avec le sentiment d’appartenir au camp du bien et de la générosité. Un peu comme certains allemands qui, dans les années 30, ont voté pour Hitler de bonne foi, sans comprendre à qui ils avaient affaire ni savoir ce qu’ils faisaient.

Biden n’est pas Hitler, c’est vrai. Ce n’est qu’un pantin corrompu jusqu’à la moëlle et sénile, qui s’est enrichi pendant 47 ans sur le dos des travailleurs américains. Le système qui le protège n’est pas un système nazi, même si le National Socialisme était une idéologie de gauche contrairement aux « libéraux » qui s’acharnent à réécrire l’Histoire à leur profit. Il ressemblerait plutôt aux systèmes qui ont été mis en place dans les républiques bananières d’Afrique ou d’Amérique du Sud avec la bénédiction des grands profiteurs et des partis communistes.

Malheureusement pour les fascistes corrompus démocrates, une fraude à telle échelle ne peut exister sans quelques couacs. Les racailles et les idiots utiles qui ont participé à cette fraude n’ont pas tous le cerveau d’Einstein. Ce n’est qu’un doux euphémisme…  Quand on dit à une racaille qu’il a les mains libres pour tricher ou voler, le ciel est la limite de ce qu’il est capable de faire.

C’est la raison pour laquelle des tonnes d’erreurs ont été commises: de l’apparition magique du nombre exact de bulletins de votes dont les fascistes corrompus démocrates avaient besoin pour voler les élections dans certains états, au blocage d’observateurs républicains ou impartiaux malgré les jugements dans certains centres de tris, en passant par l’envoi massif de bulletins à des fausses adresses, au vote des morts, des plus que centenaires et des immigrés illégaux. Pour ne citer, évidemment, que quelques-unes des manipulations honteuses qui ont été découvertes.

Ce vol de l’élection a ciel ouvert n’a pu être organisé que grâce à la complicité des médias et du GAFA, aux ordres des fascistes corrompus Démocrates car c’est l’intérêt de leurs dirigeants de transformer la planète en un camp d’aliénés géant, au sein duquel seul leur groupe de privilégiés pourrait continuer à tirer des profits.

Travaillez, rentrez chez vous, regardez les plus absurdes programmes télévisés, gavez vous de fausses nouvelles, payez vos impôts, de plus en plus d’impôts, métissez-vous, oubliez votre genre sexuel, sentez-vous honteux d’aller à l’église, construisez des mosquées, propagez l’antisémitisme dans les universités, acceptez la domination de la Chine, soyez indulgent avec l’Iran, crachez sur Israël, et, surtout, soyez soumis.

« BIG BROTHER veille sur votre sécurité et sur bonheur. Nous sommes les Démocrates ! »

Si le président Trump ne parvient pas à démontrer l’ampleur de cette tricherie qui a pris la forme d’un coup d’état, les années à venir seront de plus en plus sombres tandis que le bien le plus précieux de chaque être humain sera progressivement confisqué : sa liberté.

Les multinationales ne veulent pas de la liberté d’entreprendre qui nuit à leurs profits.

Le GAFA ne veut pas de la liberté de s’exprimer qui nuit à leur main prise totale sur chaque humain hypnotisé par son ordinateur et son téléphone portable.

Les médias ne veulent pas de la liberté de penser qui nuit à leur traitement inique de l’information au profit de leurs commanditaires.

Les Démocrates ne veulent pas de la liberté tout court, qui nuit à leurs malversations, à leurs alliances avec les dictatures, à leur programme « social » destiné à provoquer davantage de soumission et de dépendance.

Contre cette « vague bleue » qui ressemble davantage au remugle vomi par l’antre infernal des privilégiés, il n’y a qu’un homme pour se battre envers et contre tous. Cet homme n’était pas un politicien mais un courageux patriote amoureux de son pays et de son peuple. Un homme qui s’était fait élire pour nettoyer le marécage infesté par les bactéries du parti de l’esclavage et qui était bien près d’y arriver.

Il reste encore une chance d’empêcher ce scénario catastrophe de se produire.  Elle passe par un combat juridique avec le soutien de tout le peuple.

  • Contre les médias
  • Contre le GAFA
  • Contre BLM et Antifa
  • Contre le Big Tech
  • Contre Wall Street
  • Contre les Islamistes aux visages d’ange
  • Contre les soit disant « bien-pensants »

Le peuple américain doit se dresser sur ses jambes et crier : LIBERTE

Voir aussi:

Donald Trump, Counterrevolutionary
Against all the money and clout of America’s revolutionary forces, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people.
Victor Davis Hanson
American greatness
November 1, 2020

Until Donald Trump’s arrival, the globalist revolution was almost solidified and institutionalized—with the United States increasingly its greatest and most “woke” advocate. We know its bipartisan establishment contours.

China would inherit the world in 20 or 30 years. The self-appointed task of American elites—many of whom had already been enriched and compromised by Chinese partners and joint ventures—was to facilitate this all-in-the-family transition in the manner of the imperial British hand-off of hegemony to the United States in the late 1940s.

Our best and brightest like the Biden family, Senator Dianne Feinstein (D-Calif.), Bill Gates, or Mark Zuckerberg would enlighten us about the “real” China, so we yokels would not fall into Neanderthal bitterness as they managed our foreordained decline.

We would usher China into “the world community”—grimacing at, but overlooking the destruction it wrought on the global commercial order and the American interior.

We would politely forget about Hong Kong, Taiwan, Tibet, and the Uyghurs. Hollywood would nod as it put out more lucrative comic-book and cartoonish films for the Chinese markets, albeit with mandated lighter-skinned actors.

The NBA would nod twice and trash a democratic United States, while praising genocidal China—becoming richer and more esteemed abroad to make up for becoming boring and poorer at home. The universities would nod three times, and see a crime not in Chinese espionage and security breaches, but in the reporting of them as crimes.

So our revolutionary role would be to play stuffy and snooty Athenian philosophers to the new muscular Roman legions of China.

Given our elites’ superior morality, genius, and sense of self, we would gently chide and cajole our Chinese masters into becoming enlightened world overseers and democrats—all the easier, the richer and more affluent Chinese became.

For now, Trump has stopped that revolution.

Internal Counterrevolutions
Until Trump’s arrival, Big Tech was three-quarters home on the road to Nineteen Eighty-Four. Five or six companies monopolized most American—and indeed the world’s—access and use of the internet. In cynical fashion, Silicon Valley grandees patronized naïve conservatives that they were the supposed embodiment of Milton Friedman libertarianism and 19th century robber baron daring. Yet to their leftist kindred, the moguls of Menlo Park simultaneously whispered, “Don’t worry about such necessary disinformation: we will enrich only your candidates, only your agendas, only your foundations, only your universities—in exchange for your exemptions.”

Antitrust legislation was as much an anathema to good liberals as rigging searches, institutionalizing the cancel culture, and censoring thoughts and ideas were welcomed. For now Trump, almost alone, is battling that revolution.

Until Trump’s arrival, there was increasingly no border at all. Fifty-million foreign-born resided, both legally and illegally, in the United States. Nearly a million annually walked northward across the border with ease and without legal sanction or invitation. To object to illegal immigration and decry its deleterious effects on the entry-level wages of our working poor, on the social safety net of the American needy, and on the sanctity of the law was to be smeared as racist, xenophobic, and nativist.

More than a quarter of California’s current resident population were not born in the United States. That desirous “new demography” since 1988 had flipped California into a caring blue state. Open borders and the end of immigration law enforcement had pushed Nevada, New Mexico, and Colorado into just Democratic societies, and was supposedly soon to transform Texas and Arizona into enlightened states. For now, Trump—with his soon-to-be 400-mile wall, his beefed up ICE, and his war on sanctuary nullification zones—has nearly stopped the revolution to end borders.

Until Trump, the American interior was loser country. In-between the two gilded coasts resided the deplorables, irredeemables, clingers, the smelly Walmart patrons decried in the Page-Strzok text echanges, those John McCain called “crazies,” and Joe Biden has variously called the “dregs,” the “chumps” and the “ugly folks.” They were written off as Morlocks, who were occasionally seen poking about the rotting, rusting skeletons of abandoned steel plants, and for some reason never had proper orthodontics as children.

Obama laughed about the “magic wand” needed to revive these unrevivable people. Larry Summers reportedly called such an idea a “fantasy.” He was said to have  praised the meritocracy that properly gives to such losers what they justly deserve. Very caring and very humane elites felt very little for supposedly very expendable riffraff.

Translated, that meant on the eve of the Chinese takeover, our clueless deplorables never learned to code, or to borrow $200,000 to get a woke-studies education, and so deserved the opioids they took and the trailers they crashed in.

Few apostates said, “Wait a minute! The United States has cheaper energy than anywhere on earth, a skilled workforce, a huge domestic market, and a still-viable infrastructure. There was a reason why Michigan, Ohio, and Pennsylvania once led the world and why they can again.” Through tax reform, deregulation, trade rebooting, a new foreign policy, and loud jawboning, Trump for a while has stopped the revolution that was destroying our once greatest states.

Until Trump, the woke cultural wars were just about won by the elites. Seeking unity was dead; chest-pounding diversity, often the spark that had ignited history’s multiracial societies, was ascendent.

The melting pot that sought to make race incidental was deemed racist; the salad bowl that made our superficial appearances essential was celebrated. Quite affluent, self-appointed minority leaders, with their quite wealthy white liberal counterparts, established who is, and who “ain’t,” “really” black—the definition resting on whether one was loyally left-wing or disloyally independent-minded.

The success of civil rights was not to be calibrated by black unemployment figures, household income, family businesses, dignity in having leverage over employers, access to competitive parochial and charter schools, or descending abortion rates, but in electing more activists as progressive mayors, liberal city councilmembers, and leftist district attorneys to garner more redistributive state money to hire more careerists like themselves.

Trump, branded a bigot and racist, for now has sought to end that revolution, and measure race relations not by how many minority elites have choice jobs and high incomes, but by how well the entire minority community reaches income and employment parity with the general population—an idea that will earn the “racist” Trump far greater minority support than was expressed for John McCain and Mitt Romney.

Can the Revolution Be Stopped?
We are in the midst of a cultural revolution, for the most part driven by angry middle-and upper-class white youth of Antifa and its sympathizers, wannabes, and enablers. Many are humiliated that they have college pedigrees, lots of multi thousand-dollar debt, plenty of woke-studies classes to their credit, but still have no real jobs, no real knowledge, and no real immediate chances of buying a house, marrying, and raising a family in their 20s.

Nothing in history is more dangerous than the underemployed wannabe intellectual or college graduate, whose cultivated sense of superiority is not matched by his income or standard of living, but who blames “them” for his own self-inflicted miseries and unappreciated genius.

The revolution toppled statues, renamed what it did not like, Trotskyized the past, photoshopped the present, and used language, government, and cultural intimidation to do its best to make America into Animal Farm.

Corporate CEOs in terror washed the feet of the woke. University presidents, fearful for their status and careers, wrote incomprehensible memos admitting their past sins and asking how best to do present penance. Hollywood studio owners promised race and gender quotas, with ample provisions that—in the manner of NBA and NFL owners—adjustments and exceptions could be worked out for themselves.

Somewhere, somehow graduations, dorms, and campus spaces, all segregated by race, became “liberal.” Intermarriage, integration, and assimilation were shamefully illiberal. Standing for the National Anthem was unpatriotic; sitting in disdain for it, cool. Donald Trump fought that revolution too.

What tools did Donald Trump have to wage these many counterrevolutions?

The media? America’s Fortune 400? Academia? The great foundations? The nation’s think tanks? The bipartisan government establishment? The international community? The banks? Wall Street? Corporate CEOs? Silicon Valley? Professional sports? The entertainment industry? Hollywood? The intelligence community? The current and retired top military brass?

In fact, none of them. All had joined or enabled the revolution, on the theory either that their wealth and influence would shield them and their own from its excesses, or like naïve Kerenskyites their status would impress and win over even those who targeted them, or they were inner revolutionaries themselves all along, just waiting to be freed at last by BLM and Antifa.

Against all that money and clout, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people. He had solely the under-polled and the written-off. They came out to his rallies in the tens of thousands, deluded the pollsters, and told the media less than nothing, but voted and will vote in waves to save America from what it was becoming.

Voir également:

Trumpism: Then, Now—and in the Future?
Victor Davis Hanson

What was, is, and will be the Trump agenda?

Against all odds, what elected Trump in 2016 was a recalibration of American foreign and domestic policy—and the art of politicking itself.

Doctrine and Policy

In foreign affairs, the United States would no longer adhere to every aspect of the 75-year-old postwar order it created—given the world now bore little resemblance to the world of 1945.

Prior bipartisan foreign policy had often ossified to the point of enhancing the power of our enemies, weakening our complacent friends, and terribly damaging our own power. When Trump entered office, ISIS was proving that it was hardly a “JV” organization. North Korea was recklessly testing missiles and bragging of its nuclear-tipped rockets pointed at our West Coast.

Israel and the moderate Arab regimes were ostracized as part of the insane Obama empowerment of theocratic Iran and its quest for a radical crescent encompassing Syria, Lebanon, Hezbollah, and Hamas.

Russian reset was an utter failure. Unhinged, we were hectoring Vladimir Putin on human rights while agreeing to dismantle missile defense in Europe, if he would just please behave for a bit, and give Obama space during his 2012 reelection bid. The Asian pivot was laughable. Our friendly and hostile trading partners praised the Obama Administration in direct proportion to their manipulation of it.

In the 1950s, it was understandable that the United States would spend blood and treasure abroad to resurrect the destroyed economies after World War II and contain Soviet Communism. Its policy of allowing recovering allies to run up huge trade deficits to reenter the world community was seen both as desirable and affordable, as was putting down Communist insurrections the world over to contain the Soviet Union.

Western Europe, Japan, Taiwan, and South Korea became powerhouses, often with wide open, one-sided access to U.S. markets. China would never have achieved its 40-year stunning ascendence had America applied to Chinese trade the same mercantilism that China applied to the United States.

By 2016, it was clear that a host of world and international trade and development organizations took for granted U.S. moral and financial support, while assuming wide open entrance for all into the U.S. market.

The result of the globalist project was the destruction of much of the American interior’s manufacturing and assembly industries. Those whose labor could not be so easily xeroxed—Silicon Valley, Wall Street, banking and insurance, big law, the media, entertainment, professional sports, and large research universities—saw their markets expand to 7 billion consumers. Coastal elites got rich. Interior deplorables and clingers were said to have deserved their fate by not going to college or failing to learn how to code.

They were lectured that not even a magic wand could save their jobs, or, in the words of Lawrence Summers, former Harvard president and the architect of President Obama’s team of economic advisers, they deserved their unfortunate fates, which in our meritocracy matched their meager abilities. “One of the challenges in our society is that the truth is a kind of disequalizer,”  Summers reportedly once said. “One of the reasons that inequality has probably gone up in our society is that people are being treated closer to the way that they’re supposed to be treated.”.

Into that comfortable matrix of easing into decline, Trump stormed in. He damned globalists as elites who cared more about abstractions abroad than unfairness and the poor at home right under their noses.

To restore U.S. primacy, he greenlighted gas and oil production. When the United States became the largest producer of both, much of the world changed. The Middle East no longer had a political stranglehold over U.S. foreign policy. Russia, and illiberal regimes like Iran, lost hundreds of billions in carbon income. American consumers and industry enjoyed the cheapest energy prices in the Westernized world. And the elite dismissed all that as too damaging to the planet.

Tax reform and deregulation lured back to U.S. shores offshored money and opened up trillions of dollars for investment that had been inert—the owners of which had been understandably worried by the redistributionist rhetoric and policies of the increasingly leftwing second-term Obama Administration and its recalibration of the Democratic Party.

Closing the border with Mexico slowly tapered off the once-endless supplies of cheap imported labor. For the first time in a half-century, the American worker was courted by needy employers who paid record entry-level wages, as unemployment fell to near historic peacetime lows.

Minority youth were no longer begging employers for a chance of a job, but rather were being begged by them to come to work. Ancient fights over unions and minimum wages faded as an increasingly wealthy America saw middle-class income soar for the first time in years as employers paid whatever was necessary to land American workers.

Trump stopped most optional military interventions that did not pencil out in a cost-benefit advantage for the United States—or for regional stability. Instead, don’t-tread-on-me realism bombed ISIS out of existence and took out the terrorist Iranian mastermind Qasem Soleimani, or threatened Kim Jong-un with massive retaliation if he dared launch a missile toward the United States.

At no time did Trump think he should remove Bashar al-Assad and try to create a Western democracy in Syria, or invade and overthrow the Iranian regime—as opposed to slowly strangle them with sanctions, new alliances, and military deterrence. There was no desire to return to spend money or lives in Libya or Iraq to establish or reboot democratic institutions.

There were two final pillars of the new Trump foreign policy. One was to talk honestly to allies about investing in their own defense as promised. Most not only counted on U.S. protection but often loudly seemed to resent their ensuing dependence by opportunistically ankle-biting the United States for its global policeman role.

Western Europe and Asia, and especially Germany and Japan, were told that if Russia and China really were existential threats, then such front-line states had to commensurately invest in their own defense first—at least if they to expected 19-year-olds from rural Michigan or northern Florida to fly over to their defense.

Unpredictability was seen as safer deterrence in a dangerous world than predictable and ossified policy.

So, against all advice, Trump called China to account for its commercial cheating and insidious infiltration into Western banking, corporate, media, entertainment, and academic institutions. He cut off aid to Palestinians who refused to recognize Israel, moved the U.S. embassy to Jerusalem, reminded the Assad regime that it would never recover the Golan Heights to launch another war on Israel, encouraged the moderate Arab world to ally with Israel to protect against revolutionary Shiite Iran, and reminded Canada and Mexico that one reason why they had small militaries, and growing economies, was their proximity to the United States—and thus such magnanimity should be reciprocated with symmetry rather than seen as naïveté that explained its continuance.

Class, Not Race

The second pillar of Trumpism was a shift in Republican orthodoxy to reemphasize class differences and in radically different ways.

No longer was there talk of privatizing Social Security, institutionalizing free (but not fair) trade, or following international commercial accords against the interest of an increasingly hollowed out American middle class. Deregulation and cuts in corporate taxes galvanized the economy and indeed profits “trickled down” to the hoi polloi. But such necessary free-market reforms were not the be-all and end-all of Republican orthodoxy, which was now readjusted to be more in the interest of the factory worker, not just the Wall Street investor.

Closing the border cut off the easy supply of cheap labor for corporations. Only that way would wages of entry-level and largely minority workers rise. More radially, Trumpism did not see the middle classes as spent, addicted, eroding and doomed, much less as deplorables, clingers, irredeemables, dregs, and chumps as the coastal elites increasingly liked to smear them. And Trump certainly did not see poor whites, without much influence, as privileged, and thus in need of making atonement for supposed sins of the past or the present.

One reason why Trump is libeled as a racist is that he saw through the white elite con of blaming those without advantage for bias and prejudice, in order to win psychological exemption for the elite’s own near-monopoly on blue-chip university admissions, corporate, media and academic old-boy access and cultural influence.

Bull-in-the-China-Shopism

Aside from fundamental changes in foreign and democratic policy, and renewed emphasis on class instead of race, Trumpism changed the political dialectic.

Of course, Trump could be crude, even at times bullying and profane. But much of his braggadocio and vulgarity were designed as chemotherapy to kill the cancer of the administrative state and the lock-hold on permanent government by the revolving-door, bipartisan coastal elite.

The reasons why Trump just days after his inauguration faced a failed impeachment, or calls for his removal by the 25th Amendment, or even talk of a military coup, or the Steele dossier hoax that led to a $40 million, 22-month effort by progressives to destroy his presidency, his person and his family, were manifold. But one cause surely was that Trump was orphaned from the hard-Left Democratic Party and the Republican establishment and seemed either to welcome the ostracism or not be fully cognizant of the cost that it entailed.

True, Trump may have defined presidential comportment down with his “sleepy,” “crooked,” “lying,” and “low-energy” epithets and with his crowds cheering to “lock her up.” But then again, what was so moral in the past about mellifluously assuring Americans they would lose neither their doctor nor their health plan—to the amusement of the likes of Jonathan Gruber who knew all along that they would? Or ramming through the Iran Deal by bypassing the treaty duties of the U.S. Senate, while deluding the country with a “know-nothing” media echo chamber? If we learned anything from the Obama years, supposedly “scandal-free” presidents might do anything from weaponizing the IRS and siccing the FBI on opponents to dismantling viable allied missile defense to leverage foreign leaders to aid their reelection campaigns—and then call all that moral, with a chorus of media assent.

When a man takes on the role of the gunslinger arriving in the town to clean up the mess, one must expect that his methods and comportment will offend his supporters as much as they terrified his adversaries, all the more so as he succeeds and thus the beneficiaries see an end on the horizon to their embarrassing need to have called in the unorthodox to do what their own polite conventionality should have done, but choose not (or did not have the courage) to do.

The Fate of Trumpism 

We can sense the viability of Trumpism by the current lack of coherent attacks on its principles and achievements. Would a President Mitt Romney demand that the U.S. embassy now leave Jerusalem? Would a President Nikki Haley cease the new containment of China? Would a President Marco Rubio return to the Bush-Obama coaxing of NATO partners to please, pretty please pay up what they had promised?

Or alternatively, would a President Joe Biden warn the Arab countries to cease their “destabilizing” new partnership with Israel?

Would he jawbone them to return the autocratic Palestinians to front and center of the Middle East “peace” plan? Would a President Biden begin dismantling 400 miles of border wall and return to open borders?

At home, Biden most certainly would raise taxes, restore cumbersome regulations, strangle the fossil fuel industry, and return to identity politics pandering. But after the 2017-20 Trump boom, he would do so without any expectation that the economy would grow or the country would heal or the world would suddenly cool down and the seas cease to rise.

Biden knows that under Obama a natural recovery stagnated, a uniter president ignited the country with his team of racial arsonists, and the government wasted billions of dollars in green boondoggles even as a hamstrung private sector did far more than Washington to expand the use of solar energy and electric cars.

And what about the NeverTrumper—always wrong that Trump would not be nominated or not be elected or be destroyed by “Russian collusion”? At the end of Trump, whether in 2020 and 2024, would they resurrect the Weekly Standard or return to the Sunday talk shows? Would the legions of handlers, operatives and advisors return to recalibrate all the party Senate and House races along the lines of a Mitt Romney or John McCain orthodoxy? Would the NeverTrump Phoenix arise to save the Republican Party from the ashes of Trumpism—on the principle that deplorables would always support RINO candidates, but RINOS would bolt the minute a deplorable candidate appeared. Could a Jeff Flake or a Ben Sasse or a John Kasich candidacy shatter the Blue Wall?

Probably not at all. Elite Republicanism would fail because the white working classes would return either to political hibernation in the swing states or rejoin the Democratic Party. Growing minority support would vanish because blacks and Latinos would see platitudinous and pandering Republicans as far more injurious to their futures than was a crudely talking, Queens-accented populist Trump.

Trumpism did not dismantle Republican conservatism. It simply enhanced conservative appeal by closing the border, confronting China, demanding fair trade, avoiding optional military expeditions, emphasizing the concerns of the working class, and redefining presidential behavior as boisterously honoring promises rather than mellifluously reneging on them.

Whatever Trump’s fate, the NeverTrump faction will not succeed in rebuilding a new-old Republican Party under the Bush-McCain-Romney paradigm. Biden and his leftist masters would not be able to lower minority unemployment to Trump levels. Neither would they declare an end to containing China and claim such past confrontation was an unnecessary provocation.

Like it or not, Trump hit on a great truth that no leader can write off his country’s vast industrial interior, destroy his nation’s borders, willingly cede global leadership to a Communist dictatorship, manipulate intelligence agencies to destroy political opponents, prefer to manage decline rather than to seek renewal, and meanwhile, as he did all that, call himself moral and presidential.

Voir de même:

Présidentielle américaine : pourquoi Donald Trump veut-il saisir la Cour suprême ?

DÉCRYPTAGE – Après une journée de vote à l’issue très incertaine, le président américain a annoncé vouloir saisir la Cour suprême, pour que «la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée». Explications.

Luc Lenoir
Le Figaro

«C’est une fraude contre le peuple américain» : l’accusation faite par Donald Trump, dans une conférence improvisée à deux heures du matin, est grave. «Franchement, nous avons gagné ces élections. Notre but est d’en assurer l’intégrité, nous allons gagner cela», attaquait le président américain, annonçant dans la foulée saisir la Cour suprême, pour que «la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée». Mais de quoi parlait-il?

L’action juridique que s’apprête à entamer le camp républicain est très concrète : l’enjeu est de faire arrêter la réception des bulletins au jour du vote, dans le cadre de la procédure du vote par correspondance. «Nous souhaitons que les votes soient arrêtés, on ne veut pas qu’ils retrouvent des votes à 4 heures du matin», a ainsi détaillé le candidat dans sa prise de parole, évoquant une controverse juridique qui dure depuis plusieurs mois, et qui pourrait faire basculer l’élection.

Plusieurs cours locales ont autorisé la réception de votes en retard

Tout au long de l’été, plusieurs cours suprêmes étatiques ont en effet pris des mesures autorisant la réception et le comptage des bulletins de vote même arrivés jusqu’à plusieurs jours après le 3 novembre. Au motif que l’extension permettrait une meilleure prise en compte des votes à distance en période de pandémie, la cour de Pennsylvanie a ainsi autorisé les votes arrivant jusqu’au 6 novembre. Dans le Nevada, le délai court jusqu’au 10 novembre. En Caroline du Nord, c’est jusqu’au 12 novembre que les votes envoyés peuvent être réceptionnés. Environ vingt états ont vu cette tolérance mise en place, parfois contre l’avis des parlements.

Des décisions qui avaient été très controversées : pour le parti républicain, le contexte sanitaire ne justifiait en rien une extension du délai de vote à distance, de toute façon sans risque. De plus, selon les équipes de campagne du président en exercice, les cours suprêmes locales outrepassaient leurs pouvoirs, car le choix des modalités de vote revient normalement aux assemblées législatives de chaque État. Les possibilités de fraude électorale par ce biais avaient également été soulevées : dans le Minnesota, les avocats du parti républicain, cités par MPRNews, avaient souligné que les modalités locales «[autorisaient] les votes reçus jusqu’à huit jours après le scrutin et sans cachet postal à être pris en compte». En réponse, plusieurs médias soulignaient que, le vote à distance étant traditionnellement plutôt utilisé par les électeurs démocrates aux États-Unis, les Républicains refusaient un mécanisme défavorable pour eux.

Plusieurs actions juridiques à prévoir

Consultée sur la mesure de ce type prise en Pennsylvanie, la Cour suprême des États-Unis a botté en touche le 28 octobre, refusant de bloquer la décision, tout en indiquant qu’elle se réservait le droit de revenir sur sa position après l’élection. Dans le détail, quatre juges conservateurs (Clarence Thomas, Samuel Alito Jr, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) avaient défendu la requête républicaine, tandis que quatre autres juges (les libéraux Stephen H. Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan et le président conservateur de la Cour John Roberts) souhaitaient la rejeter. Précision d’importance, la nouvelle juge Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, n’avait pas pris part à ce débat, selon CNN.

Hier mardi, Donald Trump est revenu sur l’affaire et a déclaré dans un tweet que la décision de la Cour suprême était «TRÈS dangereuse […]. Cela va permettre une triche effrénée et incontrôlée et saper l’ensemble de notre État de droit. Cela va également entraîner des violences dans les rues. Quelque chose doit être fait!» ajoutait le président candidat.

Donald Trump et son équipe de campagne avaient déjà prévenu qu’ils pourraient entamer une action juridique pour interdire la prise en compte de ces bulletins postaux en retard, en interrogeant la capacité des cours suprêmes locales à imposer ces mécanismes, au regard de la Constitution américaine. Justin Clark, gestionnaire de campagne de Trump, affirmait dès lundi : «Ne vous y trompez pas, le président et son équipe continueront de se battre pour des élections libres et équitables et des résultats fiables que tous les Américains méritent». Selon The Hill , les actions juridiques de contestation devront commencer au niveau local avant d’atteindre, éventuellement, la Cour suprême. Si les votes pris en compte malgré leur retard s’avèrent déterminants pour l’élection, cela pourrait rallonger d’autant la période d’incertitude commencée cette nuit. Les résultats n’ont en effet pas encore été annoncés dans huit États.

La Cour suprême, déjà arbitre de l’élection en 2000

La situation actuelle rappelle naturellement le bras de fer qui avait suivi l’élection présidentielle de 2000, opposant George W. Bush à son rival démocrate Al Gore. Les résultats de la Floride avaient été contestés car l’écart ne dépassait pas quelques centaines de voix. Le code électoral de l’État avait alors permis de relancer de nouveaux décomptes pour vérification. Pendant 36 jours, plusieurs changements de vainqueur avaient eu lieu en fonction des dépouillements des comtés. La Cour suprême avait finalement, le 12 décembre 2000, rendu une décision donnant la victoire à George W. Bush, après avoir interrompu un énième décompte. Les juges s’étaient profondément divisés sur la question, cinq d’entre eux remportant la majorité, les quatre autres ayant fait état de leur dissidence dans le texte final. Le scénario pourrait-il se rejouer ces prochaines semaines ?

Voir de plus:

Aux États-Unis, les confessions d’un «fraudeur électoral» démocrate alimentent les soupçons

Dans un article du New York Post, un militant détaille ses techniques pour trafiquer le vote par correspondance. Des révélations mises en doute par des partisans démocrates.

Luc Lenoir

La démocratie américaine menacée ? Oui, mais par les démocrates ! Voilà une démonstration qui pourrait surprendre bien des spectateurs, habitués aux