Histoire: C’est la colonisation (et le christianisme) qui ont mis fin à l’esclavage!

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Le capital de la France s’est égaré dans les iles productrices de sucre. De quelle démence absolue, de quel aveuglement témoigne une pareille conduite ! Ne pouvons-nous conclure avec raison que la plus grande faveur qu’un ennemi – ou plutôt un ami – pourrait faire à la France, ce serait de s’emparer de ses colonies et, de cette façon, d’arrêter cette misérable de capital ? Si les esclaves noirs chassaient les Européens des Antilles, ils seraient nos meilleurs amis, car les capitaux de la nation trouveraient l’emploi qu’ils auraient dû trouver depuis longtemps. A en croire le sens commun, la possession d’une telle province doit être estimée comme une cause de pauvreté et de faiblesse, non de richesse et de force. Ce n’est pas seulement le capital français employé dans les iles sucrières qui est détourné directement de l’agriculture; on peut en dire autant de tout le capital qui est employé dans le commerce extérieur. La possession d’iles sucrières, aussi riches et aussi prospères que celles de la France et de l’Angleterre, éblouit l’esprit humain, qui n’est apte à voir qu’un côté des choses; il ne considère ici que la navigation, la réexportation, le profit commercial, une grande circulation; il ne voit pas le revers de la médaille, de capitaux détournés du pays, d’une façon nuisible. (…) On ne voit pas que la culture de la Martinique a pour rançon les landes de Bordeaux, la culture de Saint-Domingue les déserts de la Bretagne, la richesse de la Guadeloupe la misère de la Sologne. Si vous acquérez les richesses provenant de l’Amérique au prix de la pauvreté et de la misère de provinces entières, êtes-vous assez aveugles pour penser que le bilan se chiffre par un bénéfice ? Tous les arguments que j’ai employés contre les iles sucrières françaises sont applicables à celles de l’Angleterre; les unes et les autres, je les considère comme des obstacles à la prospérité des deux royaumes, et, autant que puisse valoir l’expérience de la perte de l’Amérique du nord, je suis autorisé par ce fait si grand, si important, à penser qu’un pays peut perdre le monopole d’un empire éloigné, et, par l’effet même de cette perte imaginaire, devenir plus riche, plus puissant et plus prospère. Arthur Young (1788)
La situation d’esclave est d’une telle nature qu’elle n’a pu être instituée pour aucune raison morale ou politique, mais uniquement par une loi promulguée, qui reste en vigueur longtemps après que la raison, l’occasion, et les circonstances mêmes où elle a été créée ont disparu de la mémoire. Cette situation est si odieuse que rien ne peut être invoqué pour la soutenir, sinon la loi. Quels que soient les inconvénients qui pourront être la conséquence de ma décision, il m’est impossible de dire que cette situation est permise ou approuvée par la loi de l’Angleterre, et donc ce Noir doit être considéré comme libre. Lord Mansfield (1772)
La persévérance du gouvernement français à racheter ces esclaves et à protéger notre marine marchande n’eut d’égale que la mauvaise foi des Algériens dans l’exécution des traités. On en fut réduit, après Pontchartrain, à une politique de conciliation vraiment humiliante ; en 1830, il restait encore 122 esclaves, en majeure partie français, dans les bagnes d’Alger. Il fallait en finir. La présence de ce nid de pirates, à trois jours de Marseille, était une honte pour l’Europe et un reproche pour notre gouvernement. Une dernière insulte faite à notre consul par le dey Baba-Hussein, amena la rupture et décida Charles X à tirer le glaive justicier de la France. On sait le reste : la prise d’Alger le 5 juillet 1830. Aujourd’hui l’odjak des corsaires redoutables a fait place à une grande ville de commerce et de plaisance. A la place des bagnes et des marchés aux esclaves s’élèvent des hôtels somptueux et de florissantes écoles et facultés. Et sur la kasbah, cette bastille des Barberousse, flotte le drapeau tricolore, symbole de liberté, de progrès et de justice. Gaston Bonet-Maury (1907)
L’arrivée des navigateurs européens a été providentielle pour le commerce des Etats riverains du golfe de Guinée, trop éloignés du Sahara pour qu’ils y écoulent leur surplus d’esclaves. Les Etats exportateurs d’esclaves de la côte atlantique de l’Afrique noire considéraient ce trafic comme leur commerce naturel. (…) Dès le haut Moyen Age, le monde musulman est devenu le grand importateur d’esclaves. Dans les premiers siècles de l’islam, de nombreux Blancs d’Asie et d’Europe sont déportés en terre musulmane. En particulier, des Slaves (d’où les termes «esclave», «ex-slave») … Il semble qu’au total, entre le milieu du VIIe siècle et la fin du XIXe siècle, les traites musulmanes aient déporté un nombre de Noirs nettement supérieur à la traite européenne. (…) A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. (…) Le mouvement part d’Angleterre, le pays qui a déporté au XVIIIe siècle le plus de Noirs vers l’Amérique. La force du mouvement abolitionniste anglais repose principalement sur la prédication des pasteurs évangélistes. Il en résulte une interdiction de la traite par l’Angleterre (1806) et les autres puissances occidentales (France, 1817), puis une abolition de l’esclavage lui-même dans les colonies anglaises (1833) et françaises (1848). Décidée par l’Europe, la suppression de la traite atlantique est imposée par elle aux Etats pourvoyeurs d’esclaves de l’Afrique occidentale. (…) Cependant, rien de pareil n’a eu lieu dans le monde musulman. L’esclavage étant prévu par l’islam, il eût été impie de le remettre en cause. Aussi, l’autre grande forme de la traite vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient continua de plus belle au XIXe siècle, qui correspondit à son apogée. Et, parallèlement, des Européens continuaient d’être razziés en Méditerranée et réduits en esclavage à Alger, Oran, Tunis ou Salé (Rabat). D’où l’expédition de 1830 à Alger. Finalement, ce fut la colonisation qui mit presque entièrement fin à la traite musulmane. Jean-Louis Harouel 

C’est la colonisation (et le christianisme) qui ont mis fin à l’esclavage!

Nos nouveaux révisionnistes n’ont pas tout à fait tort: il y a bien un lien entre colonisation et esclavage!

Voir l’intéressante mise au point de l’historien Jean-Louis Harouel dans le Figaro d’hier …

« Le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais il ne l’a pas non plus interdit »
Éviter l’amalgame entre colonisation et esclavage
Le malentendu actuel sur l’article 4 de la loi du 23 février 2005 relatif à la reconnaissance des aspects positifs de la colonisation française vient de ce que la plupart des protestataires amalgament l’esclavage, la traite et la colonisation européenne de l’Afrique.
Jean-Louis Harouel*
Le Figaro
30 décembre 2005

Les ancêtres des actuels Antillais n’ont pas été déportés par des Européens colonisateurs de l’Afrique, mais par des marchands européens qui venaient acheter une «marchandise» que produisait et vendait l’Afrique noire : l’esclave noir. La fourniture des quelque 12 millions d’esclaves de la traite atlantique a été une affaire afro-africaine. De longue date sillonné par les voyageurs musulmans, l’intérieur de l’Afrique est demeuré jusqu’au premier tiers du XIXe siècle inconnu aux Européens. Des négriers noirs se chargeaient de la capture des esclaves, de leur acheminement jusqu’à la côte et de leur vente. Les Etats exportateurs d’esclaves de la côte atlantique de l’Afrique noire considéraient ce trafic comme leur commerce naturel.

Les Européens n’ont pas inventé la traite des Noirs, qui existait déjà depuis des siècles à destination du monde musulman. En effet, l’islam, tout en invitant les maîtres à une plus grande bienveillance envers leurs esclaves, a entériné l’institution de l’esclavage. La religion musulmane autorise à posséder des esclaves. Dès le haut Moyen Age, le monde musulman est devenu le grand importateur d’esclaves. Dans les premiers siècles de l’islam, de nombreux Blancs d’Asie et d’Europe sont déportés en terre musulmane. En particulier, des Slaves (d’où les termes «esclave», «ex-slave») sont massivement capturés dans des razzias et, au mépris des excommunications, vendus par les Vénitiens ou les Marseillais aux musulmans d’Egypte. Mais, parallèlement, la demande d’esclaves du monde arabo-musulman entraîne la mise en route de deux courants de traite en provenance d’Afrique noire. L’un, terrestre, conduit les esclaves du subcontinent noir au nord de l’Afrique à travers le Sahara (traite transsaharienne). L’autre, maritime, achemine les esclaves noirs des ports de la côte est de l’Afrique jusqu’au Moyen-Orient (traite orientale). Il semble qu’au total, entre le milieu du VIIe siècle et la fin du XIXe siècle, les traites musulmanes aient déporté un nombre de Noirs nettement supérieur à la traite européenne.

D’ailleurs, outre les traites musulmanes, il existait dans l’Afrique noire de l’époque médiévale et moderne de vastes réductions en esclavage et un important trafic interne d’esclaves (traite interne). L’arrivée des navigateurs européens a été providentielle pour le commerce des Etats riverains du golfe de Guinée, trop éloignés du Sahara pour qu’ils y écoulent leur surplus d’esclaves. Il y avait là une offre d’esclaves prête à satisfaire d’éventuels acquéreurs.

A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. Puis, à partir du milieu du siècle, l’explosion de la monoculture sucrière sur le modèle des Antilles anglaises provoque un recours massif aux esclaves noirs. L’Etat s’incline devant le choix des planteurs : il officialise l’esclavage en fixant le statut des esclaves (ordonnance de 1685). C’est une profonde régression juridique.

Mais la logique égalitaire du christianisme est toujours présente. Elle va faire prévaloir l’idée que l’esclavage est incompatible avec la dignité de l’être humain. Le mouvement part d’Angleterre, le pays qui a déporté au XVIIIe siècle le plus de Noirs vers l’Amérique. La force du mouvement abolitionniste anglais repose principalement sur la prédication des pasteurs évangélistes, dénonçant la traite comme un crime contre l’homme et contre Dieu. Il en résulte une interdiction de la traite par l’Angleterre (1806) et les autres puissances occidentales (France, 1817), puis une abolition de l’esclavage lui-même dans les colonies anglaises (1833) et françaises (1848). Décidée par l’Europe, la suppression de la traite atlantique est imposée par elle aux Etats pourvoyeurs d’esclaves de l’Afrique occidentale.

Cependant, rien de pareil n’a eu lieu dans le monde musulman. L’esclavage étant prévu par l’islam, il eût été impie de le remettre en cause. Aussi, l’autre grande forme de la traite vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient continua de plus belle au XIXe siècle, qui correspondit à son apogée. Et, parallèlement, des Européens continuaient d’être razziés en Méditerranée et réduits en esclavage à Alger, Oran, Tunis ou Salé (Rabat). D’où l’expédition de 1830 à Alger. Finalement, ce fut la colonisation qui mit presque entièrement fin à la traite musulmane. Lorsqu’elle colonise l’Afrique, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Europe est antiesclavagiste. Les puissances européennes abolissent l’esclavage, s’attaquent aux marchands d’esclaves et font cesser l’exportation au départ de leurs colonies.

Même si elle l’a beaucoup pratiqué aux XVIIe et XVIIIe siècles, c’est l’Europe chrétienne qui a détruit l’esclavage des Noirs, d’abord aux Amériques puis en Afrique et au Moyen-Orient. L’Occident ne l’a pas fait sans débats, reculs, déchirements. Mais enfin, il l’a fait, et c’est lui seul qui l’a fait. L’Europe devrait être célébrée pour cela. Au lieu de quoi elle est aujourd’hui seule accusée d’un passé esclavagiste que partagent d’autres civilisations: tout particulièrement le monde musulman, mais aussi l’Afrique noire précoloniale. On oublie trop que la suppression de l’esclavage en Afrique est un des bienfaits majeurs de la colonisation.

* Professeur à l’université de Paris-II.

Sans parler d’un certain nombre de faits et différences souvent oubliés entre les différentes traites, comme le fait que là où les pertes pouvaient atteindre 10% dans la traite atlantique, elles pouvaient dépasser… 80% dans la traite musulmane !

Là où les premiers s’en prenaient surtout aux hommes, les seconds s’en prenaient surtout aux femmes et castraient les hommes
!

Que l’esclavage existait en Amérique du sud bien avant l’arrivée des Européens et que c’est sur la pression de ces derniers qu’il fut aboli au Pérou en… 1968 ! (1942 pour l’Ethiopie, 1962 pour l’Arabie wahhabite, 1976 pour l’Inde et 1980 pour la Mauritanie).

Et que nombre de propriétaires d’esclaves en Amérique du Nord étaient eux-mêmes… noirs !

Et qu’entre 1530 et 1780, les pirates d’Afrique du nord avaient capturé et réduit en esclavage plus d’un million… d’Européens !

Voir: http://www.christianaction.org.za/articles_ca/2004-4-TheScourgeofSlavery.htm

14 Responses to Histoire: C’est la colonisation (et le christianisme) qui ont mis fin à l’esclavage!

  1. […] d’ailleurs on s’en souvient, ne furent arrêtés que par… ladite colonisation? Après l’Italie, la France doit-elle payer une « dette » coloniale? Pierre Haski Rue89 […]

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  2. tunde dit :

    Dites vous que tôt ou tard les exclaves vous guiderons!!si bien l’Islam a mit et a abolit l’exclave ce par ce que ce bien la religion du ciel; et ce bien la vraie religion d’Allah, une fois de plus vous allez goûtter l’exclavagiste par un moyen ou d’autre vous les blancs.In challah.marquez bien ce ci.

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    • Yenamarre Deça dit :

      Non seulement vous ne savez pas écrire, mais de plus vous na savez pas lire, car dans ce rapport il est écrit que c’est l’islam qui a esclavagé le plus d’être humain, et à ce jour l’islam continu l’esclavage et ceci depuis 14 siècles

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  3. chris dit :

    un message pour celui qui a ecrit et publie ce rapport ; est ce que tu remercierai celui qui te vole juste parce que soit disant il a arreté de le faire .
    ps: c’est juste un exemple n’y voit rien de personnel

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  4. jcdurbant dit :

    La question, n’est-ce pas plutôt que le christianisme qu’on accuse de tous les maux avait déjà aboli l’esclavage en son sein et que sa reprise en terre chrétienne semble au départ être le fait de trafiquants profitant du fait de sa non-interdiction en terre d’islam ?

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    • chris dit :

      la question concernant les responsabilités des chretiens ou de l’islam est un autre debat mais moi je trouve injuste et incomprehensible le fait de dire qu’on devrait remercier les europeens parce qu’ils ont aboli l’esclavage.

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  8. […] A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. (…) Le mouvement part d’Angleterre, le pays qui a déporté au XVIIIe siècle le plus de Noirs vers l’Amérique. La force du mouvement abolitionniste anglais repose principalement sur la prédication des pasteurs évangélistes. Il en résulte une interdiction de la traite par l’Angleterre (1806) et les autres puissances occidentales (France, 1817), puis une abolition de l’esclavage lui-même dans les colonies anglaises (1833) et françaises (1848). Décidée par l’Europe, la suppression de la traite atlantique est imposée par elle aux Etats pourvoyeurs d’esclaves de l’Afrique occidentale. (…) Cependant, rien de pareil n’a eu lieu dans le monde musulman. L’esclavage étant prévu par l’islam, il eût été impie de le remettre en cause. Aussi, l’autre grande forme de la traite vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient continua de plus belle au XIXe siècle, qui correspondit à son apogée. Et, parallèlement, des Européens continuaient d’être razziés en Méditerranée et réduits en esclavage à Alger, Oran, Tunis ou Salé (Rabat). D’où l’expédition de 1830 à Alger. Finalement, ce fut la colonisation qui mit presque entièrement fin à la traite musulmane. Jean-Louis Harouel […]

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  9. […] A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. (…) Le mouvement part d’Angleterre, le pays qui a déporté au XVIIIe siècle le plus de Noirs vers l’Amérique. La force du mouvement abolitionniste anglais repose principalement sur la prédication des pasteurs évangélistes. Il en résulte une interdiction de la traite par l’Angleterre (1806) et les autres puissances occidentales (France, 1817), puis une abolition de l’esclavage lui-même dans les colonies anglaises (1833) et françaises (1848). Décidée par l’Europe, la suppression de la traite atlantique est imposée par elle aux Etats pourvoyeurs d’esclaves de l’Afrique occidentale. (…) Cependant, rien de pareil n’a eu lieu dans le monde musulman. L’esclavage étant prévu par l’islam, il eût été impie de le remettre en cause. Aussi, l’autre grande forme de la traite vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient continua de plus belle au XIXe siècle, qui correspondit à son apogée. Et, parallèlement, des Européens continuaient d’être razziés en Méditerranée et réduits en esclavage à Alger, Oran, Tunis ou Salé (Rabat). D’où l’expédition de 1830 à Alger. Finalement, ce fut la colonisation qui mit presque entièrement fin à la traite musulmane. Jean-Louis Harouel […]

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  10. jcdurbant dit :

    QUEL ESCLAVAGE MUSULMAN DE L’AFRIQUE ? (Quand les nations arabo-musulmanes se pencheront-elles enfin sur leurs traites négrières auxquelles seule la colonisation européenne a mis fin ?)

    La conquête arabe du continent s’était déroulée à l’Est et au Nord. Selon des sources orales que nous avons difficilement vérifiées, il semblerait qu’au moment où, sous le commandement du gouverneur Hasan, les Arabes occupaient l’Afrique du Nord en 703, une autre tentative d’invasion militaire ait eu lieu vers le Sud du continent. Mais elle fut stoppée par la mouche tsé-tsé, qui sévit dans les forêts. Si cette bestiole a la particularité de transmettre la maladie du sommeil à l’homme, elle tue les chevaux. Ainsi, l’action des forces d’invasion arabes s’arrêtera, dans un premier temps, aux territoires situés à la limite du Sahara et, d’une façon marginale, à l’Est africain. Par la suite, les Arabes, ayant conquis l’Égypte, allaient y asservir de nombreux peuples venant de la Nubie, de Somalie et du Mozambique ou d’ailleurs, au cours de la première expansion islamique.

    Pour les soldats de la guerre sainte islamique, le monde est divisé en deux parties : il y a les territoires de l’Islam et le reste. Pour ces fous de Dieux, il était du devoir des musulmans de soumettre et de convertir tous ceux qui ne l’étaient pas. Aussi, devant les assauts répétés des « djihadistes » arabes, les Nubiens préférèrent négocier la paix en concluant en 652 un traité connu sous le nom de « Bakht ». Ce traité inaugurait une traite négrière en grand, car l’émir et général Abdallah ben Saïd imposa aux Nubiens, par ce « Bakht », la livraison annuelle et forcée de 360 esclaves. La majorité des hommes objets de ce contrat, était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui sera effectuée non seulement dans toute la bande soudanaise, mais aussi de l’océan Atlantique à la mer Rouge passant par l’Afrique orientale. Cette ponction se répartira soit localement, soit beaucoup plus loin que toutes les régions du monde musulman et ce, du VIIe au XXe siècle.

    Un tel génocide, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient le voir recouvert à jamais du voile de l’oubli, souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse voire politique. L’Afrique compte aujourd’hui entre 500 et 600 millions de musulmans. Raison pour laquelle la plupart des historiens africains ou autres, ont restreint le champ de leurs recherches sur les traites négrières à celle pratiquée par les nations occidentales. Notre propos n’a rien de moralisateur, car comment comparer ce qui fut, compte tenu des mentalités et des sensibilités de l’époque, avec notre présent. Le souhait est que les générations futures soient informées de l’antériorité et de la dimension de la traite transsaharienne et orientale. Et que les nations arabo-musulmanes se penchent enfin sur cette sinistre page de leur histoire, assument leur responsabilité pleine, entière et prononcent un jour leur aggiornamento comme les autres et c’est cela aussi, l’Histoire.

    Après les abolitions occidentales, des traités furent signés pour éradiquer cette ignominie. Au congrès de Vienne, en 1815, et à celui de Vérone, en 1822, l’horreur de la traite négrière fut dénoncée comme « un fléau qui a longtemps désolé l’Afrique, dégradé l’Europe et affligé l’humanité ». Par la suite, la publication des récits de voyages de David Livingstone et de Henry Stanley incita sans doute le roi des Belges, Léopold II, à agir. Du moment que la traite arabe ne pouvait plus trouver de débouchés sur l’océan Indien, le souverain belge se proposait d’en extirper les dernières racines dans l’Est du Congo. Il entreprit d’inviter à Bruxelles la Conférence internationale de Géographie. Préparée par Émile Banning, cette rencontre se déroula du 12 au 19 septembre 1876 et rassemblait des personnalités aussi éminentes que Georg Schweinfurth (Allemagne), Verney Cameron (Grande-Bretagne) et le vice-amiral de la Roncière-le Noury (France). Une « Association Internationale pour l’Exploration et la Civilisation de l’Afrique centrale » fut créée. Les Arabes seront battus et chassés du Congo. Le 1er aout 1890, les Anglais poussèrent officiellement – comme les Français en Afrique du Nord – le sultan de Zanzibar à promulguer un décret, interdisant la traite et l’esclavage.qu

    Au XIXe siècle, l’Europe était en pleine révolution industrielle et urbaine. Ses puissances tentaient de convaincre qu’un tel tournant dans l’histoire de l’humanité était lié au triomphe de leur civilisation. Du fait de la toute nouvelle industrialisation, comme des avancées scientifiques et techniques, elles prétendaient apporter le progrès à des « peuples attardés ». Alors qu’après l’abolition de l’esclavage, l’intérêt que ces pays portaient encore à l’Afrique, était éminemment mercantile. L’horreur passée, que des raisons économiques avaient engendrée, les mêmes raisons aidèrent tout simplement à la défaire. L’abolition de l’esclavage devait beaucoup plus à l’économie qu’à la morale. Elle intervenait, à un moment où la révolution industrielle opérait une grande mutation. Et les industries de transformations nées de cette révolution avaient besoin d’autres choses que de bras serviles à mener par le fouet. Elles étaient tributaires d’un nouveau type de main-d’œuvre, de matières premières et de débouchés. Comme par malédiction, tous ces éléments indispensables à la nouvelle économie se trouvaient encore en Afrique. Les rapports entre Européens et Africains seront donc pendant longtemps ceux de dominants à dominés.

    Dans l’inconscient des Maghrébins, cette histoire a laissé tellement de traces que, pour eux, un « nègre » reste un esclave. Ils ne peuvent pas concevoir de noirs chez eux. Regardons ce qui se passe en Lybie, au Maroc ou ailleurs dans les pays du Golfe. On retrouve des marchés d’esclaves en Libye ! Seul le débat permettrait de dépasser cette situation-là. En France, pendant la traite et l’esclavage, il y a eu des philosophes des Lumières, comme l’abbé Grégoire ou même Montesquieu, qui ont pris la défense des noirs alors que, dans le monde arabo-musulman, les intellectuels les plus respectés, comme Ibn Khaldoun, étaient aussi des plus obscurantistes et affirmaient que les « nègres » étaient des animaux. Cette posture a survécu au temps et dans l’esprit des arabo-musulmans en général…

    Tidiane N’Diaye

    https://www.causeur.fr/traites-negrieres-arabes-tidiane-ndiaye-158860

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  11. jcdurbant dit :

    QUELLE FALSIFICATION INTERESSEE DE L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE ? (Devinez à qui profite actuellement la falsifiation de l’histoire africaine imposée après guerre, pour bouter les capitalistes hors d’Afrique, par l’Union soviétique et ses affidés occidentaux comme africains ?)

     » Il est important de souligner que toute l’histoire de l’humanité est faite de colonisation, et que l’Afrique noire n’a rien subi de particulier. Par ailleurs, contrairement à l’intoxication communiste, la colonisation fut globalement très bénéfique à l’Afrique. (…) Quand une communauté connaît la régression socio-économique pendant de nombreuses décennies, il ne faut pas aller chercher les principales causes ailleurs que dans les capacités de ses élites politiques et intellectuels. Cette simple vérité est valable pour toute société y compris l’Afrique. (…) Peu importent les mensonges, l’appui de Moscou donne la notoriété internationale. Il faut répéter que l’Afrique n’est pas responsable de son sort, y compris après les indépendances du fait du néocolonialisme ou que pendant des siècles les Blancs sont allés capturer des Noirs pour les déporter et les réduire en esclavage. »

    Kakou Ernest Tigori

    ERNEST TIGORI DÉMONTE L’ESCROQUERIE DE LA REPENTANCE DE LA COLONISATION DES EUROPÉENS EN AFRIQUE
    Discours d’Ernest Tigori, écrivain ivoirien et homme politique, aux 13ème Journées de Synthèse Nationale, le dimanche 13 octobre 2019 à Rungis.

    L’Afrique combattante sous la tutelle de la gauche révolutionnaire
    Un bref rappel bien documenté de l’histoire des décennies précédant les indépendances rappelle le règne intellectuel de la gauche « internationaliste » française. Cette dernière forme les futurs intellectuels et politiques africains dans la décennie 1940, alors que la gestion coloniale n’avait alors pas duré plus de 30 ans en général (les dates sont variables selon les pays).

    S’ensuit la guerre froide : L’URSS et les États-Unis essaient de dépecer l’héritage colonial de l’Europe affaiblie par les 2 guerres mondiales, et se concurrencent en Afrique jusqu’à l’écroulement de l’URSS en 1990.

    L’URSS s’appuie sur les intellectuels communistes français, après un début de prosélytisme communiste par certains fonctionnaires coloniaux (dont mon grand-père, qui me l’a raconté en détail). Dans toutes les grandes villes africaines se créent des cercles d’études marxistes où l’on retrouvera les acteurs des indépendances.

    La conférence de Brazzaville organisé par De Gaulle en 1944 autorise la création de syndicats par des Africains ainsi que leur implication progressive dans la conduite de leurs affaires. C’est ainsi qu’André Latrille, gouverneur de la Côte d’Ivoire et sympathisant communiste aide Houphouët-Boigny à fonder le syndicat agricole africain.

    La valeur de ce chapitre vient des innombrables citations des « instructeurs » et des « convertis ». Chaque pays de l’Afrique « française » était bien encadré. Le Parti Communiste Français redouble sa pression sur ces « élèves » lorsqu’il se voit chassé du pouvoir en France et cherche un relais en Afrique.

    Mais le rêve de transformer l’Union française en nouveau Vietnam va échouer dans la plupart des pays lorsque beaucoup de « convertis » rompent avec Moscou : Senghor dès 1946, puis bien d’autres, dont Houphouët-Boigny, grâce notamment à l’action du sénateur Étienne Djaument, aujourd’hui oublié.

    De même pour les intellectuels
    Le Parti Communiste Français a également formaté les intellectuels « phares » à partir des années 1940, dont Aimé Césaire, qui a lancé des formules toujours en usage aujourd’hui du « colonialisme, exploitation éhontée de pillage des ressources » et laissant supposer une ancienne Afrique Noire édénique et pacifique, sans esclavage ni trafics humains… alors qu’à l’époque de ces textes, les Africains un peu âgés se souvenaient de l’interdiction de l’esclavage et des sacrifices humains par les Européens.

    Comme ses amis politiques, Césaire rompt avec le communisme en 56, « plongé dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte » et devient un adepte de la départementalisation, mais ses discours précédents restent toujours diffusés dans les programmes scolaires et universitaires.

    Mais pour les intellectuels, « Peu importent les mensonges, l’appui de Moscou donne la notoriété internationale. Il faut répéter que l’Afrique n’est pas responsable de son sort, y compris après les indépendances du fait du néocolonialisme », ou que « pendant des siècles les Blancs sont allés capturer des Noirs pour les déporter et les réduire en esclavage ».

    Le livre du Malien Yambo Ouolguem, Le devoir de violence, prix Renaudot 1968, est retiré de la vente sous la pression du Parti Communiste Français parce que plus nuancé, évoquant notamment les chefs locaux qui vendent leurs sujets aux marchands arabes et occidentaux. Son auteur est harcelé jusqu’à la dépression.

    Mésaventure analogue pour Axel Kabou. Les Européens se sont même accusés d’avoir créé de toutes pièces les divisions tribales (je l’ai effectivement entendu de mes oreilles). Ce courant est représenté en France par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

    Autre témoignage que je partage avec Ernest Tigori : dans les années 1960, on entend : « Quand est-ce que ça finit l’indépendance ? ». C’est oublié aujourd’hui, mais mourir traversant la Méditerranée traduit la même déception.

    Une avalanche de citations de ses discours permet de suivre la carrière de Kwame N’Krumah et notamment de ses tentatives répétées d’instaurer un panafricanisme marxiste dont il serait le chef. Nouvel échec. Par contre N’Krumah dirigera et ruinera le Ghana. Même Frantz Fanon finit par le désavouer ! Néanmoins ses discours flamboyants sont encore rappelés avec émotion aujourd’hui.

    La conclusion de cette première partie du livre est que, pour le malheur de l’Afrique, cette vision d’histoire est officielle et enseignée, avec l’appui intellectuel d’une bonne partie des universitaires du Nord, et notamment des Français.

    D’où une vision du monde et de la France largement contraire à la réalité, ce qui conduit beaucoup de dirigeants africains à faire des erreurs stratégiques (je rajoute : comme aujourd’hui les réactions des populations du Sahel gobant la propagande disant que les troupes françaises qui défendent « sont là pour voler notre or »).

    Une histoire africaine « désintoxiquée » de la colonisation
    A ces fables devenues officielles, l’auteur oppose une histoire que je vais schématiser, mais qui est appuyée également par de nombreuses citations et témoignages.

    Les Européens s’implantent pacifiquement sur la côte africaine, en général en louant le terrain sur lequel s’installent, et développent le commerce avec les dirigeants locaux, commerce qui comprend certes l’achat d’esclaves à ces derniers. S’ensuit un intérêt des populations pour ces nouveaux venus, et particulièrement de la part des tribus vassalisées par des empires locaux (que l’histoire officielle idéalise). Ces tribus finissent par demander la protection des Européens et apprécient la fin de l’esclavage et un début d’administration.

    Les très rares combats menés par les Européens ont lieu à l’occasion de la réaction des autorités de ces empires. Tout un chapitre développant ces idées traite, à titre d’exemple, de l’histoire de « l’espace culturel des Akans » et notamment du royaume ashanti.

    Il « dédramatise » ainsi le terme de colonisation : « Il est important de souligner que toute l’histoire de l’humanité est faite de colonisation, et que l’Afrique noire n’a rien subi de particulier. Par ailleurs, contrairement à l’intoxication communiste, la colonisation fut globalement très bénéfique à l’Afrique ».

    Il rappelle que la défense des intérêts de chaque pays (dont la France) dans d’autres pays est un comportement naturel et universel (comme à mon avis en témoignent les actions américaines, puis chinoises, russes et autres en Afrique aujourd’hui). Il rappelle que le néocolonialisme est un terme inventé par N’Krumah en 1965 pour cacher son échec à la tête du Ghana.

    Dans ce contexte, les termes du néocolonialisme et de Françafrique perdent leur caractère « scandaleux ».

    Autre « désintoxication » historique : l’esclavage et la traite

    Un autre chapitre relativise la traite négrière en rappelant l’histoire de l’esclavage dans le monde et en Afrique, où il décrit des traites très antérieures à l’arrivée des Européens.

    Traite inter-africaine d’abord, avec par exemple le cas de deux bisaïeules de l’auteur, qui étaient des esclaves Sénoufo achetés par des Agnis dans l’actuelle Côte d’Ivoire.

    Traite également vers le Maghreb (la traite arabe en Afrique orientale, plus massive que celle vers le Maghreb ne concerne pas les pays traités dans ce livre).

    Traite européenne enfin, qui s’est faite en commerçant avec des États africains indépendants, aujourd’hui magnifiés par l’histoire officielle.

    Il souligne également que les Européens ont été les premiers anti-esclavagistes, intellectuellement d’abord, puis concrètement à partir de la première moitié du XIXe siècle pour ceux qui intervenaient en Afrique, des États-Unis étant retard dans ce domaine.

    Au passage, il salue l’histoire telle qu’elle est enseignée au Nord où aucun pays ne cache ses « faces sombres » et exhorte les Africains à faire de même pour l’histoire précoloniale et postcoloniale.

    La « désintoxication » de l’histoire économique
    Concernant le rôle réputé négatif du Fond Monétaire International (FMI) en Afrique, il développe les rapports de cette institution avec Samora Machel, dirigeant du Mozambique à partir de 1974, pour illustrer que c’est ce dernier qui est responsable du mauvais état de son pays… qui a fini par abandonner plus tard le socialisme.

    Suit un panorama des échecs économiques des gouvernements africains. Échec nié car « les indicateurs économiques (notamment ceux du FMI) sont inadaptés à l’Afrique, ce qui compte pour la population c’est d’avoir un sentiment de plénitude »… sentiment qui ne semble pas général, comme en témoignent les risques que prennent les migrants pour rejoindre l’Europe.

    De même pour les religions importées et la balkanisation de l’Afrique
    Quant aux méfaits « des religions imposées par les Européens », il remarque que le christianisme n’a pas empêché la Corée de se développer (et je rajouterai que les côtes chrétiennes du golfe de Guinée sont plus développées que l’intérieur animiste puis musulman).

    Concernant les méfaits du racisme qui aurait plombé l’Afrique, il rappelle que ce dernier est une attitude générale dans le monde et qui ne vise pas seulement les noirs, comme l’a illustré l’épisode nazi.

    Enfin, pour ce qui concerne « la balkanisation » de l’Afrique tant reprochée aux Européens, il rappelle que ces pays étaient parfaitement libres de s’unir après les indépendances, qu’il y a eu quelques essais, mais qu’ils se sont heurtés aux équipes ayant pris le pouvoir dans chaque pays, et qui voulaient le garder. Ce sont ces équipes, et non des Européens, qu’il faut blâmer pour cela.

    On est évidemment très loin du récit anticolonial dominant ! « Dominant » rajoute l’auteur, car beaucoup d’Européens et d’Africains s’aperçoivent qu’il est utile à leur carrière et leur donne notamment l’accès aux médias.

    La stratégie de la gauche révolutionnaire
    Les échecs économiques du marxisme et l’attachement des Africains à leurs religions (les traditionnelles, l’islam, le catholicisme et les divers protestantismes) obligent la gauche révolutionnaire à mettre en avant d’autres thèmes que le développement et l’athéisme. Elle a choisi l’anticolonialisme, et semé la haine de la France auprès des Africains qui sont maintenant piégés psychologiquement et cela non seulement en Afrique, mais aussi en France où on apprend aux migrants que c’est la France qui est responsable de la misère de leur pays d’origine.

    L’auteur voit là une des origines du terrorisme, beaucoup plus importante que la religion musulmane. La gauche révolutionnaire est donc une menace pour la nation française tout autant que pour l’Afrique.

    Une administration coloniale non remplacée
    Le livre « L’étrange destin de Wangrin » d’Amadou Hampaté Bâ décrit l’administration coloniale comme « une affaire de blancs » étrange et bienveillante. La motivation de l’indépendance était davantage la fierté et la dignité que la prise en charge du travail de cette administration.

    Or à l’indépendance, il a fallu remplacer brusquement les anciens cadres. Les nouveaux venus, souvent incompétents, ont fait de l’administration une affaire privée. Il n’y a aucune responsabilité des Européens dans ce fait. L’auteur estime donc nécessaire « la nationalisation de l’État » et le retour à un État de droit, occidental ou coutumier.

    Le fait de constater que les plus riches sont les agents de l’État devrait faire réfléchir. Les élites africaines ne font que semblant de faire fonctionner l’État et de pratiquer la démocratie, notamment pour plaire aux bailleurs de fonds.

    Il faudrait donc rapidement d’importantes réformes.

    Les réformes à entreprendre d’urgence
    Le plus important serait le retour du civisme, puis la mise en place de l’État de droit. À partir de là on pourra envisager des réformes précises, comme le droit de demander un référendum en cas de dérive des gouvernants, ou la réaffirmation des droits des parlements et du pouvoir judiciaire.

    Sur le plan économique, l’Afrique allait bien mieux à la fin de la colonisation qu’aujourd’hui, comparativement au reste du monde (l’exemple plus célèbre est celui de la Corée du Sud qui était au niveau de l’Afrique au début de l’après-guerre).

    Cet effondrement est en général évalué monétairement, mais c’est un effet et non une cause. Les causes profondes sont les dévalorisations des métiers de base : boucher, mécanicien, électricien, instituteur, menuisier, chauffeur, maçon… On essaie d’échapper à cette dévalorisation par une course ruineuse aux diplômes, mais ces derniers ne correspondent pas aux besoins de l’économie.

    Dans le même esprit, il faudrait cesser de confisquer les revenus de l’agriculture qui était et reste encore largement la base de la production.

    Il faudrait enfin s’occuper des infrastructures et de la démographie. Beaucoup de « responsables » attendent avec orgueil les 2 milliards d’Africains prévus pour 2050, au lieu de penser aux infrastructures notamment scolaires que cela demandera. Et de toute façon ce n’est pas le nombre en lui-même qui leur apportera la prospérité ou l’influence dans le monde.

    En conclusion : retour à la réalité historique, ouverture et tolérance
    Toutes les civilisations ne se valent pas, comme c’est illustré à toutes les époques par l’appel à des spécialistes étrangers, par exemple égyptiens en Israël sous le règne du roi Salomon (et spécialistes chrétiens européens dans l’empire turc).

    C’est également illustré à la Renaissance par les emprunts intellectuels de l’Europe occidentale à l’Antiquité. Il n’y aura donc rien d’anormal à ce que les Africains empruntent à la civilisation européenne.

    Et pour cela il faut éradiquer la haine semée par la propagande anticoloniale, et donc sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme.

    Le « décolonial » est à la mode » dans l’intelligentsia française, plus que jamais avec la nomination récente du professeur Fauvelle et d’Emilie Delorme, respectivement au Collège de France et au Conservatoire national de musique. Mais aussi dans les faubourgs de Bamako, dans les programmes scolaires du Nord comme du Sud. Et dans la bouche président français avec la formule « Le colonialisme a été une faute de la république ».

    … Il est donc intéressant d’écouter un Africain disant exactement le contraire !

    Chronique de « L’Afrique à désintoxiquer : sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme » de Kakou Ernest Tigori.

    Kakou Ernest Tigori, l’auteur
    Kakou Ernest Tigori est né en 1961 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Détenteur d’un diplôme d’ingénieur à l’Inset de Yamoussoukro, il travaille dans les transports publics à Abidjan jusqu’en 2008 où il est, dit-il, « licencié sans droits, condamné et persécuté pour avoir dénoncé publiquement les détournements massifs des deniers publics organisés par les dirigeants de la Sotra (Société des transports abidjanais) ». Il obtient son « salut » grâce à un visa Compétences et Talents lui permettant de gagner la France en 2009. Il se « considère en exil, dans l’attente d’opportunités pour un retour en toute sécurité en Côte d’Ivoire ».

    Sélection d’ouvrages de Tigori

    « Pour la Côte d’Ivoire », essai, 1999,
    « Pauvre Afrique », essai, 2005,
    « Le Souverain noir », roman, 2013 (Prix Mandela de littérature 2017)

    et le livre que je présente ici : « L’Afrique à désintoxiquer », essai de 2018, paru en janvier 2019 aux Éditions Dualpha dans la Collection « Vérités pour l’Histoire » et pour lequel il était interviewé par TV Libertés en février 2019 :

    « L’Afrique à désintoxiquer » en résumé
    Ce qui suit en est un résumé le plus fidèle possible. J’ai rajouté d’éventuelles précisions ou exemples entre parenthèses.

    Sauf indication contraire, les pays évoqués sont ceux des anciennes colonies françaises de l’Afrique subsaharienne et leurs voisins, principalement le Ghana.

    Carte colonisation en Afrique
    Fil conducteur
    L’idée générale de l’ouvrage est que l’histoire de l’Afrique est ignorée, non pas, comme beaucoup le disent actuellement, par ignorance et dédain des Européens, mais pour une raison totalement différente : l’action de « la gauche révolutionnaire instrumentalisée par les stratèges staliniens à partir de la décennie 1940. ».

    Or rétablir l’histoire réelle renverse totalement le point de vue aujourd’hui dominant.

    En effet, cette histoire a été établie par la propagande soviétique pour « contourner le capitalisme par le sud », l’Europe étant censée être ruinée si elle perdait ses colonies. Cette propagande a visé la génération des futurs dirigeants des pays africains indépendants. Certains pour le malheur de leur pays ont gardé leurs convictions « révolutionnaires », tandis que d’autres rompaient avec Moscou.

    Partant de là, la période précoloniale, la colonisation et les indépendances prennent une tout autre figure. Mais les programmes scolaires et discours politiques restent sur la vision soviétique lancée à cette époque.

    Ouvrons maintenant le livre.

    Les remerciements et l’introduction
    Les remerciements sont significatifs : les dirigeants de Singapour, du Botswana, du Ghana post N’Krumah «gouvernants vertueux » et, parmi les intellectuels, René Dumont et Axel Kabou (dont j’avais en son temps apprécié le livre « Et si l’Afrique refusait le développement ») et tout ceux qui « dénoncent l’inconséquence des élites politiques intellectuelles de l’Afrique Noire »

    L’introduction est dans le même ton « quand une communauté connaît la régression socio-économique pendant de nombreuses décennies, il ne faut pas aller (en) chercher les principales causes ailleurs que dans les capacités de ses élites politiques et intellectuels. Cette simple vérité est valable pour toute société y compris l’Afrique.»

    L’Afrique combattante sous la tutelle de la gauche révolutionnaire
    Un bref rappel bien documenté de l’histoire des décennies précédant les indépendances rappelle le règne intellectuel de la gauche « internationaliste » française. Cette dernière forme les futurs intellectuels et politiques africains dans la décennie 1940, alors que la gestion coloniale n’avait alors pas duré plus de 30 ans en général (les dates sont variables selon les pays).

    S’ensuit la guerre froide : L’URSS et les États-Unis essaient de dépecer l’héritage colonial de l’Europe affaiblie par les 2 guerres mondiales, et se concurrencent en Afrique jusqu’à l’écroulement de l’URSS en 1990.

    L’URSS s’appuie sur les intellectuels communistes français, après un début de prosélytisme communiste par certains fonctionnaires coloniaux (dont mon grand-père, qui me l’a raconté en détail). Dans toutes les grandes villes africaines se créent des cercles d’études marxistes où l’on retrouvera les acteurs des indépendances.

    La conférence de Brazzaville organisé par De Gaulle en 1944 autorise la création de syndicats par des Africains ainsi que leur implication progressive dans la conduite de leurs affaires. C’est ainsi qu’André Latrille, gouverneur de la Côte d’Ivoire et sympathisant communiste aide Houphouët-Boigny à fonder le syndicat agricole africain.

    La valeur de ce chapitre vient des innombrables citations des « instructeurs » et des « convertis ». Chaque pays de l’Afrique « française » était bien encadré. Le Parti Communiste Français redouble sa pression sur ces « élèves » lorsqu’il se voit chassé du pouvoir en France et cherche un relais en Afrique.

    Mais le rêve de transformer l’Union française en nouveau Vietnam va échouer dans la plupart des pays lorsque beaucoup de « convertis » rompent avec Moscou : Senghor dès 1946, puis bien d’autres, dont Houphouët-Boigny, grâce notamment à l’action du sénateur Étienne Djaument, aujourd’hui oublié.

    De même pour les intellectuels
    Le Parti Communiste Français a également formaté les intellectuels « phares » à partir des années 1940, dont Aimé Césaire, qui a lancé des formules toujours en usage aujourd’hui du « colonialisme, exploitation éhontée de pillage des ressources » et laissant supposer une ancienne Afrique Noire édénique et pacifique, sans esclavage ni trafics humains… alors qu’à l’époque de ces textes, les Africains un peu âgés se souvenaient de l’interdiction de l’esclavage et des sacrifices humains par les Européens.

    Comme ses amis politiques, Césaire rompt avec le communisme en 56, « plongé dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte » et devient un adepte de la départementalisation, mais ses discours précédents restent toujours diffusés dans les programmes scolaires et universitaires.

    Mais pour les intellectuels, « Peu importent les mensonges, l’appui de Moscou donne la notoriété internationale. Il faut répéter que l’Afrique n’est pas responsable de son sort, y compris après les indépendances du fait du néocolonialisme », ou que « pendant des siècles les Blancs sont allés capturer des Noirs pour les déporter et les réduire en esclavage ».

    Le livre du Malien Yambo Ouolguem, Le devoir de violence, prix Renaudot 1968, est retiré de la vente sous la pression du Parti Communiste Français parce que plus nuancé, évoquant notamment les chefs locaux qui vendent leurs sujets aux marchands arabes et occidentaux. Son auteur est harcelé jusqu’à la dépression.

    Mésaventure analogue pour Axel Kabou. Les Européens se sont même accusés d’avoir créé de toutes pièces les divisions tribales (je l’ai effectivement entendu de mes oreilles). Ce courant est représenté en France par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

    Autre témoignage que je partage avec Ernest Signori : dans les années 1960, on entend : « Quand est-ce que ça finit l’indépendance ? ». C’est oublié aujourd’hui, mais mourir traversant la Méditerranée traduit la même déception.

    Une avalanche de citations de ses discours permet de suivre la carrière de Kwame N’Krumah et notamment de ses tentatives répétées d’instaurer un panafricanisme marxiste dont il serait le chef. Nouvel échec. Par contre N’Krumah dirigera et ruinera le Ghana. Même Frantz Fanon finit par le désavouer ! Néanmoins ses discours flamboyants sont encore rappelés avec émotion aujourd’hui.

    La conclusion de cette première partie du livre est que, pour le malheur de l’Afrique, cette vision d’histoire est officielle et enseignée, avec l’appui intellectuel d’une bonne partie des universitaires du Nord, et notamment des Français.

    D’où une vision du monde et de la France largement contraire à la réalité, ce qui conduit beaucoup de dirigeants africains à faire des erreurs stratégiques (je rajoute : comme aujourd’hui les réactions des populations du Sahel gobant la propagande disant que les troupes françaises qui défendent « sont là pour voler notre or »).

    Une histoire africaine « désintoxiquée » de la colonisation
    A ces fables devenues officielles, l’auteur oppose une histoire que je vais schématiser, mais qui est appuyée également par de nombreuses citations et témoignages.

    Les Européens s’implantent pacifiquement sur la côte africaine, en général en louant le terrain sur lequel s’installent, et développent le commerce avec les dirigeants locaux, commerce qui comprend certes l’achat d’esclaves à ces derniers. S’ensuit un intérêt des populations pour ces nouveaux venus, et particulièrement de la part des tribus vassalisées par des empires locaux (que l’histoire officielle idéalise). Ces tribus finissent par demander la protection des Européens et apprécient la fin de l’esclavage et un début d’administration.

    Les très rares combats menés par les Européens ont lieu à l’occasion de la réaction des autorités de ces empires. Tout un chapitre développant ces idées traite, à titre d’exemple, de l’histoire de « l’espace culturel des Akans » et notamment du royaume Ashanti.

    Il « dédramatise » ainsi le terme de colonisation : « Il est important de souligner que toute l’histoire de l’humanité est faite de colonisation, et que l’Afrique noire n’a rien subi de particulier. Par ailleurs, contrairement à l’intoxication communiste, la colonisation fut globalement très bénéfique à l’Afrique ».

    Il rappelle que la défense des intérêts de chaque pays (dont la France) dans d’autres pays est un comportement naturel et universel (comme à mon avis en témoignent les actions américaines, puis chinoises, russes et autres en Afrique aujourd’hui). Il rappelle que le néocolonialisme est un terme inventé par N’Krumah en 1965 pour cacher son échec à la tête du Ghana.

    Dans ce contexte, les termes du néocolonialisme et de Françafrique perdent leur caractère « scandaleux ».

    Autre « désintoxication » historique : l’esclavage et la traite

    Un autre chapitre relativise la traite négrière en rappelant l’histoire de l’esclavage dans le monde et en Afrique, où il décrit des traites très antérieures à l’arrivée des Européens.

    Traite inter-africaine d’abord, avec par exemple le cas de deux bisaïeules de l’auteur, qui étaient des esclaves Sénoufo achetés par des Agnis dans l’actuelle Côte d’Ivoire.

    Traite également vers le Maghreb (la traite arabe en Afrique orientale, plus massive que celle vers le Maghreb ne concerne pas les pays traités dans ce livre).

    Traite européenne enfin, qui s’est faite en commerçant avec des États africains indépendants, aujourd’hui magnifiés par l’histoire officielle.

    Il souligne également que les Européens ont été les premiers anti-esclavagistes, intellectuellement d’abord, puis concrètement à partir de la première moitié du XIXe siècle pour ceux qui intervenaient en Afrique, des États-Unis étant retard dans ce domaine.

    Au passage, il salue l’histoire telle qu’elle est enseignée au Nord où aucun pays ne cache ses « faces sombres » et exhorte les Africains à faire de même pour l’histoire précoloniale et postcoloniale.

    La « désintoxication » de l’histoire économique
    Concernant le rôle réputé négatif du Fond Monétaire International (FMI) en Afrique, il développe les rapports de cette institution avec Samora Machel, dirigeant du Mozambique à partir de 1974, pour illustrer que c’est ce dernier qui est responsable du mauvais état de son pays… qui a fini par abandonner plus tard le socialisme.

    Suit un panorama des échecs économiques des gouvernements africains. Échec nié car « les indicateurs économiques (notamment ceux du FMI) sont inadaptés à l’Afrique, ce qui compte pour la population c’est d’avoir un sentiment de plénitude »… sentiment qui ne semble pas général, comme en témoignent les risques que prennent les migrants pour rejoindre l’Europe.

    De même pour les religions importées et la balkanisation de l’Afrique
    Quant aux méfaits « des religions imposées par les Européens », il remarque que le christianisme n’a pas empêché la Corée de se développer (et je rajouterai que les côtes chrétiennes du golfe de Guinée sont plus développées que l’intérieur animiste puis musulman).

    Concernant les méfaits du racisme qui aurait plombé l’Afrique, il rappelle que ce dernier est une attitude générale dans le monde et qui ne vise pas seulement les noirs, comme l’a illustré l’épisode nazi.

    Enfin, pour ce qui concerne « la balkanisation » de l’Afrique tant reprochée aux Européens, il rappelle que ces pays étaient parfaitement libres de s’unir après les indépendances, qu’il y a eu quelques essais, mais qu’ils se sont heurtés aux équipes ayant pris le pouvoir dans chaque pays, et qui voulaient le garder. Ce sont ces équipes, et non des Européens, qu’il faut blâmer pour cela.

    On est évidemment très loin du récit anticolonial dominant ! « Dominant » rajoute l’auteur, car beaucoup d’Européens et d’Africains s’aperçoivent qu’il est utile à leur carrière et leur donne notamment l’accès aux médias.

    La stratégie de la gauche révolutionnaire
    Les échecs économiques du marxisme et l’attachement des Africains à leurs religions (les traditionnelles, l’islam, le catholicisme et les divers protestantismes) obligent la gauche révolutionnaire à mettre en avant d’autres thèmes que le développement et l’athéisme. Elle a choisi l’anticolonialisme, et semé la haine de la France auprès des Africains qui sont maintenant piégés psychologiquement et cela non seulement en Afrique, mais aussi en France où on apprend aux migrants que c’est la France qui est responsable de la misère de leur pays d’origine.

    L’auteur voit là une des origines du terrorisme, beaucoup plus importante que la religion musulmane. La gauche révolutionnaire est donc une menace pour la nation française tout autant que pour l’Afrique.

    Une administration coloniale non remplacée
    Le livre « L’étrange destin de Wangrin » d’Amadou Hampaté Bâ décrit l’administration coloniale comme « une affaire de blancs » étrange et bienveillante. La motivation de l’indépendance était davantage la fierté et la dignité que la prise en charge du travail de cette administration.

    Or à l’indépendance, il a fallu remplacer brusquement les anciens cadres. Les nouveaux venus, souvent incompétents, ont fait de l’administration une affaire privée. Il n’y a aucune responsabilité des Européens dans ce fait. L’auteur estime donc nécessaire « la nationalisation de l’État » et le retour à un État de droit, occidental ou coutumier.

    Le fait de constater que les plus riches sont les agents de l’État devrait faire réfléchir. Les élites africaines ne font que semblant de faire fonctionner l’État et de pratiquer la démocratie, notamment pour plaire aux bailleurs de fonds.

    Il faudrait donc rapidement d’importantes réformes.

    Les réformes à entreprendre d’urgence
    Le plus important serait le retour du civisme, puis la mise en place de l’État de droit. À partir de là on pourra envisager des réformes précises, comme le droit de demander un référendum en cas de dérive des gouvernants, ou la réaffirmation des droits des parlements et du pouvoir judiciaire.

    Sur le plan économique, l’Afrique allait bien mieux à la fin de la colonisation qu’aujourd’hui, comparativement au reste du monde (l’exemple plus célèbre est celui de la Corée du Sud qui était au niveau de l’Afrique au début de l’après-guerre).

    Cet effondrement est en général évalué monétairement, mais c’est un effet et non une cause. Les causes profondes sont les dévalorisations des métiers de base : boucher, mécanicien, électricien, instituteur, menuisier, chauffeur, maçon… On essaie d’échapper à cette dévalorisation par une course ruineuse aux diplômes, mais ces derniers ne correspondent pas aux besoins de l’économie.

    Dans le même esprit, il faudrait cesser de confisquer les revenus de l’agriculture qui était et reste encore largement la base de la production.

    Il faudrait enfin s’occuper des infrastructures et de la démographie. Beaucoup de « responsables » attendent avec orgueil les 2 milliards d’Africains prévus pour 2050, au lieu de penser aux infrastructures notamment scolaires que cela demandera. Et de toute façon ce n’est pas le nombre en lui-même qui leur apportera la prospérité ou l’influence dans le monde.

    En conclusion : retour à la réalité historique, ouverture et tolérance
    Toutes les civilisations ne se valent pas, comme c’est illustré à toutes les époques par l’appel à des spécialistes étrangers, par exemple égyptiens en Israël sous le règne du roi Salomon (et spécialistes chrétiens européens dans l’empire turc).

    C’est également illustré à la Renaissance par les emprunts intellectuels de l’Europe occidentale à l’Antiquité. Il n’y aura donc rien d’anormal à ce que les Africains empruntent à la civilisation européenne.

    Et pour cela il faut éradiquer la haine semée par la propagande anticoloniale, et donc sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme.

    Yves Montenay

    https://www.revueconflits.com/afrique-colonialisme-kakou-ernest-tigori/

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